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[27 Octobre 1997] Le venin de la haine.

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MessageSujet: [27 Octobre 1997] Le venin de la haine. [27 Octobre 1997] Le venin de la haine.  EmptyMar 30 Mai 2017 - 22:36


[27 Octobre 1997] Le venin de la haine.  Anigif_enhanced-buzz-4835-1386098850-3_preview

Un. Deux. Trois. Trois mots qu'Abigail se répétait en boucle depuis près d'une heure. Un enchaînement qu'elle essayait de perfectionner, pour ne plus revivre l'enfer. Elle refusait de baisser la tête une nouvelle fois, face aux démons, aux ombres se mouvant sur les murs du château, donnant aux étudiants une irrésistible envie de prendre leurs jambes à leur cou, pour ne plus se retourner. Après tout, s'ils ne les regardaient pas, les cauchemars n'existaient pas. La guerre n'avait pas été là, tant qu'elle ne les frappaient pas, ne leur susurrait pas des paroles faussement tendres, pour mieux caresser leurs cheveux à l'aide d'un pieu en bois, qui n'allait pas tarder à rejoindre le cœur palpitant de ses victimes. Combien ? Combien avaient finalement compris la situation dans laquelle ils se trouvaient tous ? Et ce, depuis déjà presque deux ans ? Combien détournaient les yeux, durant la distribution du courrier il y a deux ans ? Combien serraient les dents en lisant ces quelques mots sur le papier jaunis : Potter ment. » ? La brune fit de nouveau un pas sur le côté droit, bras droit contre la hanche, bras gauche dans le dos. Ses émeraudes fixaient sur la cible qu'elle s'évertuait à amocher, elle amorça un nouveau mouvement. Un pas en avant, qui se transforma en course, qui la mena rapidement face au mannequin, qui ne reçut qu'un nouveau coup de poing à ce qui devait-être l'abdomen pour un être humain. Ses phalanges s'écrasèrent sur le bois une seconde fois, avant qu'elle ne bondisse en arrière brutalement, pour que son prochain assaut soit plus fort. Son tibia rencontra l'avant-bras de son adversaire immobile. En un mouvement, elle se retrouva dans son dos, ses bras enserrant son cou fait en chêne. Un coup suffit à le faire se renverser au sol, le bruit de l'impact se répercutant dans la pièce vide de monde. Bien qu’essoufflée, la sixième année hésita à frapper à l'aide de la plante de son pied, la gorge de l'être inanimé, ou bien les côtes. « Fait chier. C'est pas encore ça. », marmonna-t-elle pour elle-même, en remettant l'une de ses courtes mèches qui était venue se perdre sur son visage blafard. Les muscles encore tendus sous l'effort produit, elle eut bien de la peine à sortir sa baguette de la poche de sa veste, qu'elle avait laissé traîné au sol de la salle de duel. Les doigts tremblèrent, elle dut s'y reprendre à deux fois, avant que le mouvement de son poignet soit adéquat pour le sortilège. « Reparo. », le mannequin se redressa, les morceaux qu'il avait perdu durant l'affrontement se ressoudèrent sur son corps, pour mieux lui faire face une dixième fois.

« Bon. On y retourne. Sortilèges cette fois-ci. », Hook repartit un peu plus loin, arborant la posture de duel, qu'elle avait prise la première fois, qu'elle avait eut à se battre. Baguette devant les lèvres, il ne fallut qu'une seconde avant qu'un éclair rouge ne fonce à grande vitesse. Il s'écrasa sur le bois de l'épaule, la faisant éclater sous le choc. Une quinte de toux secoua la jeune fille, pour cause d'informulés qu'elle ne maîtrisait pas suffisamment, ne les voyant que depuis la rentrée. Bien qu'elle se soit décidé à s'entraîner au point de ne plus pouvoir bouger ne serait-ce qu'un orteil, à la suite du combat qui l'avait opposé à Shafiq, puis le recrutement dont elle avait été victime un peu avant la nuit des cauchemars. En parlant de cette fameuse nuit, c'était bien elle, qui l'avait décidé à se mettre au travail. La gorge sèche, un filet de salive coulant le long de son menton, Abigail se redressa, essuyant celle-ci d'un geste sec et sans appel. Pas maintenant. Non. Plus jamais. « Bombarbia ! », cria-t-elle rageusement, en jetant le sortilège sur son vis-à-vis, qui explosa en plusieurs copeaux clairs. Un grognement animal s'échappa de ses lèvres, la colère montant le long de ses entrailles, laissant derrière elle, la sensation d'une traînée de lave en fusion. Un nouveau mouvement de poignet envoya des flammes sur les restes de son ennemi imaginaire, auquel elle avait hésité à rajouter une photographie animée d'Alecto Carrow, la femme qui lui avait valu une cicatrice encore rouge, mais surtout une douleur insupportable. Épuisée, la verte et argent se laissa glisser au sol, ses genoux heurtant la pierre froide douloureusement. Sous ses yeux, un brasier ardent prenait forme, dansant dans ses pupilles dilatées. Une seconde passa, suivit de plusieurs autres, sans qu'elle ne se décide à bouger, préférant le spectacle hypnotisant se déroulant devant elle. Un tableau qu'elle avait elle-même peint. Pour peu, elle pouvait lire dans les tracés, la souffrance de l'artiste, le tourment interne le secouant, la colère le dévorant entièrement avant de finalement s'échapper de son être pour, à la manière d'un prédateur, s'attaquer aux observateurs. C'est le bruit strident des gonds de la porte, qui la fit légèrement tressaillir, ses doigts serrant un peu plus la baguette en sapin, qu'elle avait gardé sur sa cuisse.

« Abigail... », l'arrivant hésita, avant de reprendre. « Je ne pensais pas trouver quelqu'un. Qu'est-ce que tu fais ici ? Tu vas bien ? ». Un soupir lui répondit, avant que le varan ne se relève d'un mouvement oscillant entre la grâce et la fatigue. Elle l'avait reconnu. Ce timbre grave, associé à une timidité maladive, qui plus d'une fois l'avait exaspéré. Elle les détestait, ces gens faussement intimidés, impressionnés et impressionnables, qui n'avaient besoin que de voir une étincelle pour craindre celui l'ayant malencontreusement provoqué. Les hypocrites, les lâches, voilà comment elle les appelait. Et à leur façon, ils ne valaient pas mieux que ceux qu'ils semblaient leur causer une peur sans nom. Elle fit face au septième année qui l'avait interpellé. Pourtant, il en était qu'elle ne pouvait se résoudre à haïr. Miller. McCarthy, celui qui lui faisait présentement face. Alconbury, devant lequel elle n'avait pas hésité à se jeter pour lui épargner d'autres souffrances inutiles. Kaveline, une alliée qui s'était finalement révélée surprenante. « Jack. », le salua-t-elle sèchement, en se baissant pour se saisir de sa veste, avec laquelle elle épongea la pellicule de sueur sur son front. « Alizée m'a demandé d'ouvrir aujourd'hui, j'en ai profité pour m'entraîner un peu, avant que les autres n'arrivent. T'es enfin sorti de l'infirmerie à ce que je vois. Tu as l'air d'aller bien. », d'un mouvement de main, elle désigna la silhouette mince de son camarade de maison, dont les stigmates n'étaient certainement pas visible, elle s'en doutait. Après tout, mis à part une cicatrice, il ne lui restait rien de cette nuit. Pourtant, parvenait-elle à trouver le sommeil ? Arrivait-elle à arpenter les couloirs sans ressentir cette peur, d'être de nouveau la cible d'un sortilège ? Était-elle sourde aux hurlements perpétuels ancrés dans les murs ? Non.

« Je suis sorti ce matin. Madame Pomfresh a décidé qu'il était... », nouvelle pause. « temps, que j'affronte. C'est dingue, j'ai pas envie d'aller dans la grande salle, tu sais, à cause de tout ça. », il se montra, avant de la pointer du doigt rapidement, puis enfin la pièce entière, comme si le fait qu'il soit dans l'enceinte même du bâtiment lui faisait peur. « Je comprends. », répondit-elle simplement, en haussant les épaules. Elle comprenait et ressentait la même chose. « Si tu veux, je peux y aller avec toi. De toute façon, je n'ai pas encore déjeuné et si je ne le fais pas, je vais me faire tuer. », proposa-t-elle, tout en éteignant le feu qu'elle avait provoqué. Jack retient sa respiration, avant de finalement lâcher un soupir, qu'elle interpréta comme du soulagement. Mieux valait être deux, plutôt que seul durant cette période. « Je veux bien. Merci beaucoup, Abigail. », il fit quelques pas en avant, et répara le mannequin qu'elle avait précédemment détruit. « Comme neuf. Dommage que l'on ne puisse pas faire pareil pour tout, pas vrai ? », lui dit-il, en rangeant sa baguette dans la poche de sa robe. Dommage était un faible mot. Si seulement un simple Reparo, suffisait à atténuer leur douleur, il était certain, qu'il serait plus utilisait que n'importe quel autre sort. Abigail se contenta de hausser les épaules en guise de réponse, puis enfila sa veste par-dessus son t-shirt gris délavé. Dans ses poches, elle trouva les clefs qui lui avaient été confiées un peu plus tôt dans la matinée, au levé du jour pour être exact. Va falloir que je les lui rende. Fait chier. « Il est quelle heure ? Sept heures non ? », lui demanda-t-elle, en rangeant le trousseau à sa place, pour finalement y ajouter sa baguette. « Sept heures ? Oui, c'est ça. Les cours commencent dans une heure. Tu as quoi d'ailleurs ? », tous deux sortirent de la salle d'un pas qui se voulait tranquille. Les cours, un sujet de conversation universel qui avait plus d'une fois fait ses preuves. S'il se sentait plus à l'aise dans ce bain-là, plutôt que dans un autre, la brune pouvait faire un effort. « Botanique en première heure et après j'ai le cours de soutien de Shafiq. Et toi ? », ils arrivèrent bien vite dans la cage d'escaliers, devant lesquels il se stoppa. Abigail avala quelques marches, avant de s'arrêter en remarquant que son homologue ne la suivait pas. Un soupir manqua de franchir ses lèvres, mais elle réussit de justesse à le retenir, pour se tourner en direction du plus vieux, dont le visage avait perdu toutes couleurs. Il était fascinant de voir ce que la peur pouvait causer à notre corps. Certains se mettaient à pleurer, d'autres, au contraire, éclataient de rire. Et il y avait ces gens, qui verdissaient ou blanchissaient à vue d’œil.

« Jack. », il ne répondit pas. « Jack. », essaya-t-elle à nouveau, en accrochant leurs regards. Il hocha la tête fébrilement, avant de la rejoindre doucement.

- Désolé, je me suis perdu dans mes pensées. On parlait de quoi ? Des cours ? J'ai sortilèges avec Selwyn. Je ne l'aime pas beaucoup, je ne te cache pas. Je veux dire, je n'aime pas sa manière de faire cours, en soit, le personnage, je m'en fiche un peu. Et après, il me semble que j'ai Potions. Ça va avec Shafiq ? J'ai entendu dire, qu'elle était un peu... - Il hésita- folle, dans son genre. Enfin, ce ne sont que des rumeurs.
- Ce sont tout sauf des rumeurs. Elle est effectivement dérangée. Mais je la préfère de loin, à celui qui nous fait cours habituellement. Ses méthodes me parlent plus disons. Se taper sur la gueule, c'est parlant pour ceux qui vont mettre le feu à un mannequin d'entraînement à sept heures du matin. Pas vrai ?, dit-elle ironiquement.

Un rire lui répondit, qui lui arracha un faible sourire, tandis qu'ils pénétraient dans le grand hall. Avant qu'il n'ait le temps de s'arrêter, elle se saisit de sa main, qu'elle enserra dans une poigne qui se voulait rassurante, mais qui devait en être effrayante compte tenu de la personne l’exerçant. En effet, un frisson parcourut le corps du jeune homme, qui essaya tant bien que mal de se dégager, le regard fixait sur la grande salle s'étendant devant eux. « Je ne veux pas y aller. Ils sont là. », chuchota-t-il, la voix tremblante et les larmes aux yeux. Là ? Qui ? Eux. Devant le brun des yeux de McCarthy, s'étendait une scène qu'il n'avait eu de cesse de se rappelait. Il sentait la fraîcheur sur sa peau, le gelant de l'intérieur, tandis qu'il avançait au milieu de tous, d'une foule emplit de personnes qu'il connaissait, que ce soit de près ou de loin. Des proches, des connaissances, des camarades. Il revoyait l'estrade qu'il avait autrefois contemplée avec admiration, dominée par les deux tyrans, faisant régner une loi dont seul eux comprenaient le sens. « Ils ne sont pas là. », la voix d'Abigail était basse, revêtant un manteau de douceur et de compréhension, qu'elle n'utilisait qu'en de rares occasions. Des moments qui s'étaient faits trop nombreux depuis peu. Le froid avait cédé sa place à la peur, aux cris et aux larmes. La douleur les avait rejoints, enserrant ses pauvres victimes comme s'il s'agissait de simples poupées de chiffon. Les images cauchemardesques se succédèrent dans le noir des yeux de Jack, renvoyant à Hook sa propre expérience. Le souffle coupé durant une seconde, elle secoua la tête de gauche à droite, dissipant de ce simple fait, le nuage qui était venu envelopper ses pensées, les noircissant. Plus jamais. Brusquement, elle attrapa ses bras entre ses mains fines et le secoua aussi vivement que possible. « McCarthy, réveille-toi bordel. », lui ordonna la Serpentard d'une voix dure et froide, tranchant avec le ton qu'elle avait employé précédemment.

« Je ne veux pas y aller. Non, je ne veux pas. », insista le blond, en cherchant à fuir de la prise de la plus jeune. Ses mains tremblantes la repoussèrent, si bien, qu'elle dut reculer d'un pas pour ne pas chuter. Sous le coup de la surprise, Abigail ne bougea pas, se contentant d'observer le regard fou de celui qu'elle avait appris à considérer comme un ami. Ses orbites roulèrent sur elles-mêmes, la démence se lisant sur chacun de ses traits tirés. T'as déraillé. Ce fut sa seule pensée, avant qu'il ne cherche à partir en courant, dans la direction opposée. Un coup à l'arrière de ses jambes le fit cependant tomber en avant. Son nez heurta les dalles, faisant retentir un craquement douloureux, suivit d'un cri, qui se transforma bien vite en gémissement plaintif. Et un nez en moins, un. Un élève passa près d'eux, détaillant le pauvre Serpentard qui s'était redressé pour tenir son visage ensanglanté. « Il est tombé. », répondit-elle, anticipant la question brûlant les lèvres du troisième année au sein de sa maison. Une raison, qui n'était en soit pas tout à fait fausse. Il était réellement tombé, sauf qu'elle l'avait un peu aidé.

- Je crois que j'ai le nez cassé, dit-il d'une voix étouffée, le liquide rouge filtrant à travers ses doigts fermés.
- Si tu ne fais que croire, ça va. C'est bon, tes embrassades avec le sol t'ont remis les idées en place ? Non, parce que sinon, je peux faire en sorte que vous fassiez plus ample connaissances, je suis certaine que tu vas l'adorer, elle croisa les bras.
- Non, c'est bon. Je crois qu'on s'est compris lui et moi, répondit en détachant sa main de son nez, dont la présence d'une bosse ne faisait aucun doute.

Abigail se contenta de hocher la tête, satisfaite de la réponse qui lui fut donnée. La douleur avait deux utilités à ses yeux, surtout en ce moment. Elle avait compris la première durant la torture qui l'avait cloué au sol durant de longues minutes. Deux minutes plus précisément, où elle avait cru mourir à petit feu, tant la brûlure dans son corps n'avait fait qu'allé crescendo. La folie avait failli la gagné, avant que la souffrance ne s'arrête, pour la laisser tremblante et suppliante. Achevez-moi. Je veux mourir. Non. Elle était vivante et tant qu'elle ressentait cette douleur lancinante au creux de sa poitrine, ou bien sûr, ses poings tuméfiés, elle le resterait. la seconde utilité était, qu'elle aidait à se ressaisir, s'échapper des griffes des démons cherchant à les faire sombrer. Combien de fois avait-elle dû avoir recours à cette solution ? Frapper un mur, un mannequin, une personne faîte de chaire et d'os, étaient presque devenus monnaie courante, et ce, depuis sa rentrée en première année. Elle ne comptait plus les heures de colle dont elle avait écopé à la suite d'une bagarre qui avait mal tourné. Pourtant, elle ne pouvait le nier, c'était dans ces moments, qu'elle avait l'impression de vivre, réellement. Ses cauchemars se dissipaient, fondaient même comme neige au soleil, à mesure que la souffrance physique prenait le pas. La réalité reprenait alors ses justes droits, la tirant de son monde imaginaire et secret. Quand leurs regards se croisèrent, Hook comprit qu'elle n'était pas seule dans ce cas, puisque la lueur de folie qui avait habité les prunelles ambrées de Jack, avait laissé sa place à une sorte de flottement. Lentement, elle extirpa sa baguette de sa poche, pour la pointer en direction du visage de l'écossais. « Episkey. », un crac sonore se fit entendre, preuve que le nez venait d'être remis à sa juste place. Par égard pour les oreilles sensibles de la jeune femme, il se mordit les lèvres, pour ne lâcher finalement qu'une plainte étouffée. « Voilà qui est mieux. Bon, on ferait mieux d'aller avaler quelque chose. Je ne tiens pas à arriver en retard en cours. », elle lui tendit la main, dont il finit par se saisir après quelques secondes d'hésitations. « Désolé. - Ne t'excuse pas pour ça. On a tous nos moments de faiblesse. »

Après un bol de porridge, accompagné d'un jus d'orange, saupoudré par un silence embarrassant, Abigail laissa le blond à ses occupations, lui conseillant d'éviter de faire une crise semblable à celle qui l'avait cloué sur place, pour son propre bien et celui des autres. La journée passa rapidement, à la grande surprise de la Londonienne. Le déjeuner du midi, se passa sans encombre, bien qu'elle dût assister à la discussion inintéressante de Ruth, dont l'attention à son égard se faisait de plus en plus étrange. En effet, depuis plusieurs jours, le lutin blond s'évertuait à lui sourire tous les jours, se renseigner sur son état, que ce soit émotionnel ou physique. C'est ainsi que tous les soirs, sans exception, la brune avait la surprise de trouver sur sa table de chevet une tasse de chocolat à la cannelle encore fumante. Si, elle n'avait aucune preuve concernant cette marque d'affection, elle n'était pas dupe. On ne choisit pas sa famille. Un vieux dicton, qui s'était révélé vrai. Si pour Rosenbach, elle était la sœur noyée, à ses yeux, elle était la sœur que l'on ne pouvait s'empêcher d'apprécier et de protéger. Une petite sœur légèrement chiante, mais qu'on aime bien quand même.

- Au revoir, Professeur Flitwick. Je vous remercie de m'avoir écouté, lui dit-elle sincèrement, en posant son sac sur son épaule.
- Je t'en prie, Abigail. Tu sais bien, que si quelque chose te tracasse, tu peux venir m'en parler. Ma porte te sera toujours ouverte. Une dernière sucrerie pour la route ?, il lui tendit un morceau de chocolat au lait et à la noisette, dont elle s'empara avec un sourire en coin. L'homme se recula, satisfait de la voir manger quelque chose, elle qui semblait n'avoir que la peau sur les os. Il s'était dit qu'un peu de sucre ne lui causerait aucun mal. « Autre chose, je suis ravi de te revoir dans la salle du club de duel, toi qui ne venais plus beaucoup. J'espère avoir l'occasion d'admirer tes prouesses en la matière. », son regard bienveillant passa sur les phalanges blessées de son élève, avant qu'il ne tende une main en sa direction. Une chaleur rassurante picota sa peau pâle, les coupures disparaissant en quelques secondes. « Oui, professeur. Je vous remercie pour votre aide. », non sans un dernier sourire, elle tourna les talons, en jouant avec l’aluminium de la tablette de chocolat, qu'il lui avait presque mis dans les mains avant sa sortie de la salle. D'un pas nonchalant, Hook emprunta les escaliers, son pas alourdit volontairement, se répercutant aisément comme un écho. Son nez en trompette se leva, pour mieux admirer le mouvement imprévisible des escaliers au-dessus d'elle.

***

« Pourquoi ? Abigail, je t'en prie, laisse-moi t'emmener à l'infirmerie. Tu en as besoin !, scanda la voix de ténor d'Alexandre au milieu de la salle commune, qu'ils avaient rejoint tant bien que mal. Le corps tremblant, à cause des deux Doloris qu'elle avait reçu, elle parvient à se redresser à bout de bras, le souffle court. L'infirmerie. Un mot qu'il n'avait eu de cesse de répéter depuis qu'il l'avait porté jusque-là. Il pensait bien faire, elle en était certaine. Il s'inquiétait, c'était également une évidence, comme le prouvait les cent pas qu'il faisait devant le divan sur lequel elle était allongée. Elle voyait ses mains s'agitaient de convulsions, tandis les passaient dans ses cheveux bruns. « Rowle pourrait te soigner, après tout, elle l'a déjà fait... », un rire interrompit sa phrase, une quinte de toux secoua la blessée par la suite, la forçant à se rallonger. « Rowle hein ? Plutôt crever que d'être touchée par l'un d'entre eux. »

***

Les dernières marches furent sautées d'un simple bond, avant qu'elle ne presse le pas, pour rejoindre les quartiers des verts et argents. Avec dégoût, elle se força à saluer d'un signe de tête Amycus Carrow, qui sortait tout juste de la grande salle dans le but de la verrouiller. Va en enfer. Le mot de passe donné, elle pu enfin apprécier la chaleur provenant de la cheminée. Avec un sourire, elle jeta son sac sur le sol, avant de s’asseoir en tailleur devant l'âtre fraîchement allumé. L'heure du repas avait sonné, pourtant, il n'était pas dans ses plans de rejoindre ceux de sa tablée. Le varan remonta les manches de sa chemise blanche, avant de sortir son paquet de cigarettes de la poche intérieure de sa veste en jean, qu'elle avait pris soin de rouler en boule sous ses livres de cours avant d'aller s'endormir en Histoire de la magie, à la pause du midi. Le tube rejoint bien vite ses lèvres, avant que le bout ne se mettre à fumer sous l'effet d'un coup de baguette impatient. La première de la journée. La seule qu'elle s'était autorisée depuis son réveil. Avec un soupir, faisant passer la fumée par ses narines, elle se laissa tomber en arrière, sa tête se posant en douceur sur le parquet. Les bras en croix, elle ferma les yeux, profitant de la sensation de plénitude qui envahissait son être entier, détendant ses muscles un à un, pour ne lui laisser que l'impression de flotter au milieu d'un océan paisible. Un sourire fit glisser la cigarette aux coins de ses lèvres, la cendre grise tombant sur le col de sa chemise, pour finalement glisser jusqu'à sa cravate nouée à la va-vite. Seule. Elle était seule, et ce n'était pas pour lui déplaire en cet instant. Le tableau bougea, dévoilant la silhouette élancée de Korsakov, qui alla rapidement à sa rencontre. Sans un bruit superflu, il s'installa sur le divan, dispersant ses livres sur la table basse. Le bruit de la plume sur le parchemin, rejoint bien vite celui du crépitement des flammes, finissant d'apaiser l'orpheline, qui roula sur le côté faisant cogner son front contre le cuir de son sac. « Je t'ai apporté un sandwich, au cas où tu aurais faim dans la soirée ou la nuit. Poulet, crudités, ça te va, j'espère ? », Alexandre se releva, pour déposer la nourriture à côté de son amie. Abigail ouvrit les yeux, pour les poser sur le jeune homme. Il lui sourit, avant de passer une main dans sa chevelure ébène, avec une douceur qu'elle ne lui connaissait pas. Comme un chat appréciant l'attention de son maître, ses paupières se baissèrent à nouveau, un grognement pouvant passer pour un ronronnement faisant vibrer ses cordes vocales.

- C'est que tu ronronnes en plus. C'est mignon, lui lança-t-il en tirant sur une mèche.
- Oui. Je mords aussi. Alors, si tu tiens à tes doigts, cesses de t'amuser comme un gamin. Touches à ton c*l et laisses ma tête tranquille, répondit-elle sereinement, en ouvrant un œil pour guetter la réaction de son camarade. Celle-ci ne se fit pas attendre, puisqu'il se recula en éclatant de rire. Un rire franc, spontané, qui déclencha celui, plus modéré de la brune.
- Elle mord, par Merlin, que vais-je faire ?
- La fermer déjà, ça serait un bon début, espèce d'idiot, rétorqua-t-elle avec un soupçon d'ironie, en roulant des yeux sous ses paupières fermées.

Un rire lui répondit simplement, avant qu'il ne s'éloigne pour rejoindre sa place. Lentement, Abigail se redressa, pour s'emparer du pain que l'on lui avait si gentiment ramené. Elle croqua dedans avec entrain, mâchant bruyamment dans le but de faire râler son ami. Cela ne tarda pas, puisqu'il se retourna pour lui lancer un regard incendiaire, qui fit d'ailleurs lever un sourcil à la plus jeune qui voulait clairement signifier : Ben quoi ? Un rire lui répondit simplement, avant qu'il ne s'éloigne pour rejoindre sa place. Lentement, Abigail se redressa, pour s'emparer du pain que l'on lui avait si gentiment ramené. Elle croqua dedans avec entrain, mâchant bruyamment dans le but de faire râler son ami. Cela ne tarda pas, puisqu'il se retourna pour lui lancer un regard incendiaire, qui fit d'ailleurs lever un sourcil à la plus jeune qui voulait clairement signifier : Ben quoi ? Tu m'as apporté à manger, tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même. En silence, elle se détourna de son ami, pour mieux planter son regard dans le brasier, le deuxième depuis le levé du jour. Une deuxième bouchée vient rejoindre la première, tandis que seul se faisait entendre les bruits de pages que l'on tourne et de mastications. Personne m'a dit qu'c'était si dur dehors, on ne récolte pas toujours ce qu'on sème, j'croyais qu'il fallait juste y penser très fort pour que ton père te dise qu'il t'aime. Il n'y a plus de baguettes magiques, tout s'arrache à la force des bras, que ce soit heureux ou tragique, finit le temps des abracadabras. (Lien pour la musique : https://www.youtube.com/watch?v=X55BuHgRohA ) Une chanson, écrite par une artiste qu'elle avait eu l'occasion de rencontrer durant les vacances d’Été. Un cadeau de Seth, pour les notes qu'elle avait obtenu à ses BUSES plus que correctes et pour le semblant de bon comportement qu'elle avait eu durant l'année. Lindsay, une jolie blonde, à l'air un peu ailleurs, dont la voix l'avait indéniablement charmée à la première écoute. Des paroles pleines de sens à ses yeux, qui l'avait sans qu'elle ne s'en rende véritablement compte, touché en plein cœur. Un père, un membre d'une famille dont l'amour de l'avait jamais atteinte, puisque jamais connut. Quant à la force, elle ne cessait de s'en servir au quotidien, que ce soit pour survivre, s'amuser ou tout simplement réussir. Réussir dans un monde qu'elle ne parvenait pas, même au bout de plusieurs années, à comprendre. Pas besoin de baguette pour faire de grandes choses. La preuve. Abigail tourna son regard en direction d'Alexandre, qui feuilletait son manuel de potions, probablement à la recherche d'une recette en particulier.

- Tu bosses sur quoi ?, demanda-t-elle la bouche pleine.
-  Felix Felicis. La chance liquide. J'essaie de comprendre comment la faire, sans pour autant faire exploser mon chaudron. C'est la deuxième fois que je me rate. Je n'arrive pas à saisir pourquoi. C'est tout, répondit-il, en s'adossant un peu plus, ses pieds rejoignant les parchemins, renversant presque l'encrier qu'il avait déposé à côté.
- Chance liquide ? T'arrives pas à la faire ? Ça m'étonne, t'es pourtant bon en Potions. T'es pas celui qui se vantait d'avoir réussi, le philtre de mort vivante un an avant tout le monde ? Sans parler, que tu nous récitais les ingrédients servant à la confection du Polynectar, sur le temps du midi quand tu étais en troisième année ? Et...
- Oh, ça va hein, l'interrompit-il, en balançant son livre au-dessus de sa tête, espérant sans doute qu'il atterrisse sur sa camarade et la faisant ainsi taire.

Ce fut un échec cuisant, puisqu'il entendit l'ouvrage atterrir un peu plus loin, sur le parquet au vu du bruit produit. Rageusement, il posa ses mains sur ses yeux, serrant les poings quand il entendit le : Raté, prononçait par Abigail. Il l'aimait, énormément, mais il devait s'avouer, que par moments, elle pouvait s'avérer être pire qu'une dragoncelle. Le tableau s'ouvrit une seconde fois, laissant deviner une jeune élève, qu'Hook reconnut d'un simple coup d’œil. Andrée de Kérimel. Une première année, qu'elle savait avoir souffert il y a peu. La petite, qui semblait être aussi renfermée qu'elle avait pu l'être à son âge. Seule, agressive, sur la défensive, méfiante et à sa façon, apeurée. Elle se releva, désintégrant le papier contenant le sandwich se trouvant à présent dans son estomac, d'un simple coup de baguette, faisant de même avec le mégot tout juste éteint. Elle amorça deux pas en direction de la plus jeune, qui devait être pressée de retrouver la sécurité des dortoirs. « Salut. Tu veux venir avec nous ? J'ai du chocolat. », elle lui montra la tablette à moitié entamée, encore enveloppée dans du papier aluminium. Elle l'ouvrit, cassant deux colonnes de trois carrés et en tendit une à Andrée, avant de croquer la sienne du bout des dents. Sans attendre la réponse, elle alla reprendre sa place devant la cheminée, à même le sol, entre sa veste en jean et son sac. « Tu t'es remis du cours avec Shafiq ? Elle est un peu timbrée, mais au fond, je ne pense pas que ce soit la pire que l'on ait cette année. Au fait, tu vas bien ? Je veux dire, mieux ? », elle croqua à nouveau dans le carré chocolaté, avant de jeter le reste à Alexandre, qui l'intercepta sans mal, pour en prendre lui aussi un bout, tout en observant l'échange des deux jeunes filles. Alconbury arriva à son tour, aussi discret qu'à son habitude, suivit d'Elyas Rowle, le cousin de la tant redoutée apprentie potionniste, qui avait pour l'instant remporté un prix : Garce des glaces et non la reine. En parlant de lui, il s'approcha du petit groupe, saluant Korsakov d'un signe de tête poli, avant de lui chuchoter quelques paroles, que seul lui pu entendre.

« Jay. J'espère que Lawford n'a pas été trop dur avec toi, la dernière fois. Il est un peu con. Tu peux venir si tu veux, je mange pas, enfin pas souvent. J'ai du chocolat, enfin, j'avais, c'est lui qui la maintenant. Mais tu peux lui voler. », elle désigna Alexandre du doigt, mais surtout le paquet qu'il tenait entre ses doigts. Elle se décala un peu, de sorte à presque coller son dos aux flammes et ainsi avoir une vue parfaite sur les nouveaux arrivants. « Je voulais aussi te dire.. - elle hésita, ses doigts allant à la rencontre de la cicatrice en dessous de son menton – Je ne regrette pas ce que j'ai fait, cette nuit-là. Alors, pas la peine de t'excuser, je te vois déjà venir. », elle croisa les bras, avant de hausser les épaules d'un air faussement suffisant. D'autres firent leur entrée, certains passèrent leur chemin pour rejoindre leurs dortoirs respectifs, tandis que les autres, à l'instar de ceux étant resté, avaient sûrement besoin d'un moment convivial, bien que ce ne soit pas dans les habitudes de la maison. Un grincement se fit entendre, passant outre le brouhaha qui s'était formé à cause des nombreuses discussions en cours.

« Alors, vous vous amusez bien ? », lança la voix de l'arrivant, qui fit soupirer la sixième année, avant qu'elle ne fasse signe aux autres de se taire d'un simple mouvement de main, tout en se levant. « La situation vous plaît ? Non mais regardez-vous bande de larves, vous êtes pire que des verracrasses comme ça ! Vous vous complaisez dans votre petite vie de m*rde, dans un château de m*rde, dirigé par des m*rdes ! », il s'arrêta pour reprendre une gorgée de whisky pur feu, manquant de trébucher en arrière, quand il rejeta la tête pour aspirer une nouvelle gorgée d'alcool. Mais où diable, avait-il pu se procurer la bouteille ? C'est précisément l'interrogation qui passa dans la tête de beaucoup. Devant leur manque de réaction, Jack s'avança d'un pas chancelant et maladroit. « On est des Serpentard oui ou m*rde ? Elle est passée où votre fierté ? Il est où votre patriotisme ? Vous vous êtes torché avec bande de cons ? », il ouvrit les bras en croix, en pointant Elyas avec le goulot de sa bouteille. « Et toi, le fils de Mangemort, qu'est-ce que tu fous là ? T'as pas honte de te mélanger à ceux qui ont reçu des coups à cause des gens comme toi ? Et toi là – Il pointa du doigt Andrée- Tu es pas un peu en colère contre ces enfoirés ? Ça te dérange pas, qu'ils décident de nous torturer pour les conneries de d'autres ? P*tain, on est des Serpentard, on est les rois de ce château pourrit, l'élite de cette école moisie ! P*tain, on avait tout pour leur plaire, alors pourquoi ? Pourquoi, ils nous font ça à nous aussi ? », sa voix se brisa à la fin de sa dernière question. En titubant plus qu'en marchant réellement, il alla jusqu'au trio qui s'était formé dans un coin, et souffla son haleine chargée sur le visage d'Abigail, qui ne bougea pas d'un pouce. « Ça te fait pas chier toi ? T'as pris des Doloris pour sauver l'un des nôtres, qui n'aurait jamais dû avoir à souffrir. », devant le regard froid de la sixième année, il recula d'un pas, renversant un peu du liquide ambrée dans les cheveux d'Andrée qu'il venait de heurter. « Oups, désolé. » Maladroitement, il fit machine arrière, se cogna le genou contre le coin de la table basse par la même occasion. « Je suis le seul que ça emm*rde ou quoi ? J'en ai ma claque, qu'on nous marche sur la gueule ! J'en peux plus de ces conneries et j'pense pas être le seul à penser comme ça ! »

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Ce à quoi ressemble Jack.

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SERPENTARD1ère année
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SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 01/04/1986 à Rennes
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MessageSujet: Re: [27 Octobre 1997] Le venin de la haine. [27 Octobre 1997] Le venin de la haine.  EmptyMar 6 Juin 2017 - 0:08


Les lieux étaient noirs, gris et blancs. La menace semblait omniprésente, même si elle n’était nulle part inscrite en grand ; dans les bruits de fond qui craquaient au loin, dans les gémissements étouffés qui murmuraient tout près de son oreille, dans les ricanements sadiques qui caquetaient quelque part au-dessus d’elle. C’était un instant d’horreur, d’horreur et de souffrances, de souffrances et de supplices. Quelque chose qu’elle n’avait jamais vécu auparavant, qu’elle n’avait même jamais imaginé, et qu’elle aurait aimé ne jamais connaître également. Quelque chose devant laquelle même les plus forts auraient vacillé.
 
Des yeux apparurent dans son champ de vision. Blancs, laiteux, vides et terrifiants. Ils reflétaient autant de promesses de mort que de fantomatiques illusions. Ils étaient veinés de rouge également, mais il faisait trop sombre – ou peut-être trop clair – pour qu’elle ne puisse réellement le distinguer. Et autour de ces yeux, c’étaient les ténèbres. Il n’y avait pas de visage, encore moins de corps, et partout où son attention se portait les orbes maléfiques la suivaient.
 
Ils s’approchaient.
 
Lentement.
 
Inexorablement.
 
Une baguette surgit de nulle part aux côtés du regard glaçant. Elle flottait, exactement comme si c’était normal alors que – elle l’aurait juré, mais elle n’était plus vraiment sûre de rien – c’était impossible qu’une baguette magique se promène ainsi. Au moment où l’arme se pointa vers elle, elle sut qu’elle ne pourrait échapper à son destin. Il lui était encore inaccessible et mystérieux mais elle était à présent certaine qu’elle souffrirait, beaucoup, qu’elle mourrait peut-être. Elle ouvrit la bouche pour hurler et rien ne sortit. Elle s’étrangla toute seule et les larmes jaillirent.
 
Le bout de la baguette s’éclaira, les yeux s’écarquillèrent. Elle se protégea les yeux avec son bras, parce qu’elle sentait, elle savait que son visage serait visé – elle pouvait tout perdre, mais pas ses yeux pitié, pitié pas ses yeux. Pas ses yeux et pas ses jambes non plus. Pitié Merlin, elle fera tout ce que vous voulez, mais ne lui prenez pas ce qui fait son identité, ne lui prenez pas tout ce qu’elle a. Sans ses jambes, pas de danse, et sans ses yeux pas de danse non plus. Elle ne voulait pas, elle ne veut pas, elle ne sait pas, elle le jure, épargnez-lui tout ça, s’il vous plaît ne lui gâchez pas sa vie.
 
Le bâtonnet s’embrase, sa bouche s’arrondit en un cri silencieux, les pupilles malsaines se teintent d’un éclat malfaisant et puis tout se couvre de blanc, de blanc opaque, de blanc morbide.
 
Dans son lit, Andrée se redressa en hurlant. Autour d’elles des grognements audibles se firent entendre, des bruits de draps qui se froissent murmurèrent dans l’obscurité et un faible « Tout va bien ? » résonna dans la nuit. Le cœur en vrac, les yeux qui débordaient, elle se précipita dans la salle de bain pour rendre les restes du repas de la veille au soir qu’elle n’avait pas encore digérés.
 
Il était urgent qu’elle remédie à ce genre de cauchemar. Depuis plusieurs jours maintenant – depuis beaucoup trop longtemps pour elle, en fait – ses nuits étaient rongées par ses rêves et les cernes s’étiraient comme deux poches sombres sous ses yeux. De méfiante envers les autres, elle était devenue terrifiée par autrui. De réservée de nature elle était devenue presque paranoïaque. Le regard des Carrow qu’elle sentait régulièrement peser sur ses épaules – sur leurs épaules – la faisait comme ployer sous un poids invisible, sous un jugement malsain, sous une souveraineté dominatrice. Ils avaient voulu instaurer la peur et ils avaient parfaitement réussi. Elle se sentait déjà à bout, étriquée dans ses angoisses, les muscles noués par la vigilance constante, la tête martelée par le lavage de cerveau qu’on leur faisait subir.
 
Bien sûr il y avait les autres professeurs, qui appliquaient certes le régime de terreur de Celui-Qui-Ne-Pouvait-Être-Nommé mais qui n’hésitaient pas à leur venir en aide lorsqu’ils en avaient l’occasion. Évidemment, la plupart des élèves étaient révulsés par les idées du Mage Noir et pour ce qu’elle en savait, beaucoup menaient diverses actions de rébellion au sein même de l’école – preuve s’il en fallait était l'existence même de cette insupportable nuit de torture. Mais il était tellement plus facile de voir uniquement le mal, il était tellement plus facile de sombrer dans le doute et dans le tourment, il était tellement plus facile de passer à côté des prémices d’espoir et de faire semblant de ne pas les voir…
 
Il était tellement plus facile d’être lâche.
 
Il était tellement plus facile d’assurer sa sécurité.
 
Elle se consolait en se disant qu’elle n’était qu’une petite fille et que personne n’attendait d’elle moult exploits et au moins autant de bravoure. Elle repensa au regard clair de Lina, qui elle le sentait comme un brouillard au fond de son cœur espérait pour elle, elle songea au visage lumineux d’Alvy qui détestait par-dessus tout les Mangemorts et leurs idéaux… Et elle se représenta les têtes aimées de sa mère et de son père, celle, austère, de Mr Leigh, et elle se convainquit, elle voulut se convaincre, elle tenta de se convaincre, que ce qu’elle faisait n’était pas mal et qu’elle avait raison de se cacher tout au fond de son lit et de pleurer seule dans les toilettes abandonnées du deuxième étage.
 
Lorsqu’elle reposa la tête sur l’oreiller, elle demeura les yeux grands ouverts. Elle savait bien que, une fois endormie, le regard vide reviendrait la hanter. Et elle savait aussi que, récurrence ou non, elle n’était pas prête de s’y habituer.
 
.
 
Il faisait déjà presque noir lorsqu’Andrée sortit des toilettes. Elle était au rez-de-chaussée, tout près du hall d’entrée, mais à cette heure-ci tout le monde était en train de manger et elle ne craignait pas qu’on la surprenne à cette heure-là. Ses yeux rouges parlaient pour elle mais elle n’avait pas l’intention de prendre son repas dans la Grande Salle. En fait, elle n’avait pas l’impression de prendre de repas du tout.
 
Elle maigrissait. Vite. Mal. Elle n’était déjà plus que l’ombre d’elle-même. Entre le manque de sommeil et la malnutrition, elle ressemblait à un cadavre et elle se serait à peine démarquée en arrivant ainsi à la soirée d’Halloween prévue quelques jours plus tard. La seule chose qui la faisait vivre encore un peu, c’était la danse – sport qu’elle s’évertuait à pratiquer en dépit des remontrances qu’elle pourrait subir des Carrow s’ils s’aventuraient à la découvrir. C’était la seule chose pour laquelle elle s’opposerait aux deux Mangemorts – c’était la seule chose pour laquelle elle se sentait capable de se battre.
 
Le hall était vidé de ses élèves. De la Grande Salle aux portes fermées, un bourdonnement incessant s’échappait. La lourde porte d’entrée était ouverte et la lueur diffuse des étoiles naissantes et de la lune encore pâle attira l’attention d’Andrée. Elle esquissa quelques pas dans un état second. Dehors, il faisait déjà froid et le vent lui souleva doucement les cheveux. La masse sombre de la Forêt Interdite, tout au fond du parc, résonnait dans ses yeux comme un appel irrésistible. Le miroitement du Lac Noir paraissait lui envoyer des signaux pour qu’elle s’abandonne à s’enfoncer dedans. Même les grilles aux piques hauts et tranchants semblaient l’appeler à s’enfuir loin, loin de toute cette misère et loin de toute cette douleur.
 
Un nouveau sanglot lui enserra la poitrine mais elle le réprima aussitôt : si elle s’autorisait à pleurer dans les toilettes ou entre les rideaux de son baldaquin, elle se refusait à s’épancher en public. Elle passa sa main sur sa joue et se rassura en constatant qu’elle était encore sèche. « Miss de Kerimel ? » Andrée sursauta en se retournant. Sur les quelques marches qui menaient à l’entrée se tenait le professeur MacGonagall. La fillette, au milieu de l’herbe mouillée et les chaussures trempées, se sentit soudain ridicule. « Merlin, qu’est-ce que vous faites ici habillée comme ça ? Vous allez attraper froid ! Avez-vous mangé, au moins ? Par Godric, le couvre-feu va bientôt sonner, si Alecto ou Amycus vous avaient trouvée ici… » Elle n’acheva pas sa phrase mais la jeune élève sentit parfaitement le frisson qui secoua la vieille femme. Elle reprit un peu trop brusquement : « Alors, ce repas ?
 
- J’ai mangé », marmotta Andrée en dépit de son estomac qui grognait. Elle sentit le regard suspicieux de MacGonagall, se dégagea de son emprise et entreprit de rentrer à l’intérieur.
 
« Je ne vous ai pourtant pas vue dans la Grande Salle », objecta-t-elle. « Et je ne vous en ai pas vue sortir non plus.
 
- Je suis arrivée très tôt et je suis partie juste après. Professeur, je m’apprêtais à rejoindre ma Salle Commune », son regard s’attarda un instant de trop sur le paysage nocturne qui, plus que de raison, l’attirait comme un aimant, « alors si vous permettez j’aimerais y retourner. »
 
MacGonagall plissa les yeux au maximum comme si elle cherchait à déceler son mensonge. Ses lèvres pincées et ses sourcils froncés étaient deux témoins évidents de sa suspicion. Nouveau regard de la fillette vers le parc de l’école et, au moment où elle se disait que, peut-être, elle pourrait à nouveau sortir quand la vieille femme l’aurait laissée tranquille, le professeur reprit la parole : « Très bien, Miss de Kerimel. Permettez-moi de vous raccompagner à votre dortoir. Les professeurs Carrow ont été très clairs sur le fait qu’aucun élève ne doit déambuler seul dans les couloirs. »
 
Andrée fronça le nez, serra les lèvres, mais renonça à répliquer. « Bien, professeur. Merci à vous. » Le trajet jusqu’aux cachots se passa dans un silence étrangement apaisant. La présence de l’adulte, à défaut d’apaiser complètement la fillette, la rassura au moins un peu. Le pincement au cœur qu’elle éprouva en s’éloignant des portes laissa rapidement sa place à une fatigue extrême et à l’envie tout aussi impérieuse de retrouver son lit. Les pas résonnaient sur le sol de pierre. L’humidité latente lui arracha un frisson et son estomac gronda. Finalement, elles arrivèrent devant la tableau de la Salle Commune.
 
MacGonagall prononça le mot de passe et s’écarta pour la laisser passer. « Bien, je vous laisse ici. N’oubliez pas le devoir pour le prochain cours Miss de Kerimel. » Elle sembla hésiter un instant et son regard retraça les traits fatigués d’Andrée. « Je ne devrais pas vous dire ça… Mais même si je sais que vous avez certaines difficultés dans d’autres matières », et Andrée fut persuadée qu’elle parlait des Sortilèges et de l’Art de la Magie Noire, « je me dois de vous féliciter des efforts dont vous faites preuve dans ma matière. » La jeune Serpentard hocha la tête sans un mot et, sans doute relent de sa haute éducation, plia les genoux pour la saluer. Sans un regard en arrière, elle entra dans la Salle Commune.
 
La pièce était presque vide. À part le feu qui ronflait dans la cheminée, les reflets mouvants sur les murs et deux élèves qui travaillaient, tout paraissait mort. En un regard, Andrée reconnut Abigail Hook, une étudiante qu’elle admirait beaucoup mais qu’elle n’osait pas – ô grand jamais – approcher. Son corps se raidit immédiatement et elle avança comme une automate. Encore quelqu’un qu’elle souhaitait impressionner devant laquelle elle se rendait presque toujours ridicule – si toutefois elle lui accordait assez d’importance pour le remarquer.
 
Ce n’était pas ce type de fille que tout le monde adorait parce qu’elle était populaire, extravertie et pleine d’idées farfelues pour mettre à bat le règne noir. Andrée n’était même pas sûre qu’elle soutint la Résistance – en fait, elle ne connaissait pratiquement rien d'elle. Sa fascination prenait sa source dans ses observations purement superficielles – cette nonchalance qui lui faisait croire qu’Abigail se fichait de ce qui l’entourait, ce charme mystérieux qui se dégageait de sa personne, sa capacité à effrayer autrui, cette façon qu’elle avait de tenir sa cigarette lorsqu’elle la surprenait à fumer comme une Moldue… Elle ne savait rien d’elle, mais elle l’attirait comme la lumière au fond du tunnel.
 
Et justement, lorsqu’elle passa à côté du duo, elle se surprit à humer l’odeur du tabac tout juste fumé. « Salut. » Andrée pila net, le regard soigneusement fixé devant elle. Elle n’avait aucun moyen de savoir si c’était réellement à elle qu’elle parlait. « Tu veux venir avec nous ? J’ai du chocolat. » Il n’y avait personne autour et le tableau ne s’était pas rouvert – elle était bien la seule personne à qui Abigail aurait pu s’adresser, n’est-ce pas ? Timide, craintive et intriguée, ou peut-être les trois à la fois, elle esquissa quelques pas timides dans leur direction. La jeune femme ne semblait pas faire beaucoup de cas de la retenue de la fillette et lui donna le chocolat. Son estomac vide prit le dessus et elle l’avala avant même que l’autre n’ait pu toucher à sa part.
 
À côté, toujours assis dans son fauteuil, le deuxième élève l’observait curieusement. Andrée ne connaissait ni son nom ni son année. « Merci », marmonna-t-elle dans sa barbe. Abigail reprit sa place, comme désintéressée. Que pouvait-elle dire d’autre ? Comment pouvait-elle réagir autrement ? Mal-à-l’aise, elle se balança d’un pied sur l’autre en lorgnant sur les escaliers. Cela lui parut un instant inconcevable d’à ce point admirer quelqu’un sans être capable d’aligner deux mots devant cette même personne.
 
« Tu t’es remise du cours avec Shafiq ? » Un frisson parcourut la colonne vertébrale d’Andrée. Si elle avait regretté de s’être inscrite à ces cours de soutien en arrivant en classe, elle avait aussitôt oublié son amertume en découvrant la jeune femme assise derrière l’une des tables devant le tableau noir.
 
« Je… Ça va. » La réponse lui sembla très insuffisante. « Je… J’imagine que ça aurait pu se passer plus mal, pas vrai ?
 
- Elle est un peu timbrée, mais au fond, je ne pense pas que ce soit la pire que l’on ait cette année. » La fillette acquiesça précipitamment. Les paroles d’Abigail lui parurent pleines de bon sens et d’intelligence. « Au fait, tu vas bien ? Je veux dire, mieux ? »
 
Andrée la dévisagea un moment sans comprendre. Et puis les images de la punition collective et de ses cauchemars défilèrent dans sa tête et elle se mit à trembler comme cela lui arrivait si souvent. « Je… » Elle n’avait pas le droit de se plaindre. Elle sentit le regard du jeune homme la brûler et elle redressa la tête en se forçant à arrêter de vaciller. « Oui. Oui, ça va. Je n’ai presque plus mal au visage. » Pensivement, elle passa le dos de sa main sur sa joue. Le nivellement de ses cicatrices de devait pas être très esthétique, mais elle se surprenait à s’y habituer. La douleur physique n’était plus qu’un souvenir, comme le vague coup qu’elle avait eu l’impression de recevoir sur la tête lorsqu’elle était à moitié inconsciente et les relents d’odeur de chèvre qu’elle avait cru sentir après ça. Souvent, elle se disait que ce n’était qu’une hallucination de son esprit embrumé. Elle fit bien attention de taire ses blessures psychologiques : « Merci. J’ai eu très peur… enfin, on a tous eu très peur, mais c’est du passé. Et toi ? », ajouta-t-elle par politesse.
 
Elle entendit le tableau pivoter sur ses gonds derrière elle et des étudiants plus âgés qu’elles entrèrent. Être vue en présence d’Abigail et de son ami lui sembla être particulièrement incongru et elle adressa un signe de tête aux nouveaux arrivants. À reculons, elle s’éloigna du groupe et buta contre le mur qui menait au dortoir. Elle s’assit à même le sol en se glissant contre : elle n’avait certainement pas sa place dans leur conversation.
 
Leurs mots semblèrent glisser sur la peau d’Andrée et elle ferma les yeux en appuyant la tête contre les pierres froides. Un faible sourire vint étirer ses lèvres. Dans l’obscurité ambiante de la journée, elle avait tout de même su apercevoir deux lueurs vacillantes : les compliments de son professeur de Métamorphose et le bref échange qu’elle avait eu avec Abigail. Finalement, peut-être que tout n’était pas perdu… Finalement, peut-être qu’elle n’était pas complètement bonne à rien et qu’elle pouvait encore réussir à survivre dans son école.
 
La porte de la Salle Commune claqua une nouvelle fois, plus fort qu’auparavant. Andrée n’ouvrit les yeux qu’en captant les éclats de voix et les insultes qui perçaient dans le discours du nouveaux venu. Il avait les yeux exorbités, il tanguait sur ses appuis et la bouteille qu’il tenait à la main ressemblait à tout sauf à une bouteille d’eau. Pétrifiée, elle l’observa s’en prendre aux étudiants éberlués. Lorsqu’il se mit à invectiver personnellement les adolescents, et plus particulièrement lorsqu’il la pointa du doigt, Andrée se recroquevilla sur elle-même. « Et toi là, tu es pas un peu en colère contre ces enfoirés ? » Le visage des Carrow lui obscurcit la vue. « Ça te dérange pas, qu’ils décident de nous torturer pour les conneries des autres ? » La baguette de son rêve pointée contre elle refit surface.
 
La fillette se releva, trébuchante. Elle passait ses journées à repousser ces images repoussantes et il venait les lui rappeler, comme si elle n’était pas assez consciente de l’horreur de la situation. Comme si son jeune âge ne lui permettait pas de comprendre qu’ils n’avaient pas le droit, non qu’ils ne pouvaient pas, mais qu’ils le faisaient quand même parce qu’ils aimaient bien faire souffrir les autres et qu’ils s’amusaient et que c’était comme ça qu’ils entendaient régner sur le château, et que même si elle n’avait pas connu ce qu’avait été Poudlard auparavant elle… Le flot de larmes qu’elle s’évertuait à retenir depuis sa sortie des toilettes prit le dessus et elle s’effondra, prise de convulsions. Elle tenta quand même de relever la tête vers lui, le visage tordu pour retenir ses pleurs : « Je- tu- t’as p-pas le droit… de- de dire des choses comme ça ! Comment tu peux pen-penser à dire ça alors que- personne ici n’a guéri, a-alors que tu rouvres les bless-ures auxquelles on-on ne s’est même pas encore ha-habitués ? » Elle croisa le regard d’Abigail et repensa au mensonge éhonté qu’elle lui avait servi cinq minutes plus tôt. Défaite, elle baissa la tête et tenta de calmer ses convulsions.
 
Le jeune homme eut un instant d’hésitation. Andrée ne sut jamais si l’alcool avait altéré sa compréhension ou s’il réfléchissait au bien-fondé des mots de la fillette mais il grogna quelque chose qu’elle ne comprit qu’à moitié : « P*tain, elle comprend rien… » Il reprit une rasade de sa bouteille, le visage déformé : « P*tain, on est des Serpentard, on est les rois de ce château pourri, l’élite de cette école moisie ! P*tain, on avait tout pour leur plaire, alors pourquoi ? Pourquoi, ils nous font ça à nous aussi ? »
 
L’écho des pensées amères qu’Andrée entretenait depuis des jours et des jours envers les Carrow résonna plus que jamais et tout explosa dans sa tête. La suite de la tirade se perdit dans une brume houleuse et elle se sentit à peine s’approcher de l’adolescent ivrogne, elle se sentit à peine s’approcher de ses paroles venimeuses et de son haleine pleine d’alcool.
 
Tout ce qui comptait, c’était que toutes ses phrases sonnaient incroyablement justes.



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SERPENTARD6ème année
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[27 Octobre 1997] Le venin de la haine.  Lumos-4fcd1e6

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MessageSujet: Re: [27 Octobre 1997] Le venin de la haine. [27 Octobre 1997] Le venin de la haine.  EmptySam 10 Juin 2017 - 16:29


- Professeur, je peux entrer ?

Elle venait de frapper à la porte du professeur Flitwick. Les cours de la journée venaient de se terminer et elle espérait très franchement que le petit homme se trouvait dans son bureau. Il lui avait dit qu'elle était la bienvenue, s'il voulait venir le voir. C'était ce qui avait décidé la Serpentard à aller le voir, après deux longues heures d'étude des runes, où sans l'aide de Hook, elle n'aurait encore rien compris. La voix fluette se fit entendre et Alizée ne put retenir un soupir de soulagement, avant de pénétrer dans la pièce. Quand il vit qui était son visiteur, le professeur se leva rapidement de sa chaise - pour ne pas dire qu'il sauta de celle-ci - et vint l'accueillir avec un grand sourire.

- Miss Shafiq, venez, venez, installez-vous. J'espérais avoir votre visite, justement, nous avons encore pas mal de point à voir.

La joie de vivre du semi-gobelin fut contagieuse, la vipère ne retint pas le sourire qui prit place sur son visage, malgré ses traits tirés par la fatigue. Elle s'approcha du bureau et Flitwick vint tirer la chaise sur laquelle elle s'assit, comme le gentleman qu'il savait être en dehors de ses cours. Il prit place rapidement face à elle, lui proposant un thé, des petits gâteaux, même du chocolat, le tout qu'elle refusa poliment. Penser ne serait-ce qu'à manger, ses derniers jours, avait le don de lui retourner l'estomac. Elle se forçait, voulant rester en forme, mais elle évitait à présent tout extra qui aurait pu lui faire rejeter ses repas, les gardant déjà assez difficilement.

- Vous avez amené les parchemins, que je vois si l'organisation sera suffisante ? Nous devons encore convaincre les Carrow et ce ne sera pas aisé, alors je préfère vérifier que tout est en ordre et parfaitement clair, vous comprenez Miss ?

Alizée acquiesça, sans répondre, le regard détourné vers la fenêtre. Elle s'était totalement figée à la mention même des Carrow, blêmissant à vue d’œil. L’humiliation qu'elle avait subie restait encore trop fraîche et elle ne pouvait plus entendre ce nom maudit sans avoir peur de voir surgir le professeur de magie noire dans son dos pour lui lancer à nouveau l'Impero. Elle se rappelait encore, comme si c'était hier soir, de la sensation d'épanouissement et de calme qui l'avait prise, avant qu'une voix douce lui fît remarquer qu'elle était une poule. Elle se rappelait encore des gestes qu'elle avait faits, des pensées illogiques et stupides qu'elle avait eues, de la tenue dans laquelle elle s'était trouvé ou encore, le pire de tout, de son meilleur ami qui l'observait sans réagir, parce que Carrow voulait que ça se passât ainsi. Perdu dans un monde de cauchemar surréaliste, la demoiselle se laissait lentement, mais irrémédiablement attirée par les visions qu'elle gardait de cette soirée. Elle savait qu'elle devait avancer, qu'elle devait affronter le professeur et qu'elle n'allait pas avoir le choix. Pourtant, elle ne parvenait plus à le regarder dans la Grande Salle, elle ne pouvait que se figer quand ses yeux tombaient sur lui, avant de détourner la tête rapidement.

- Miss Shafiq ? Alizée, vous m'écoutez ? demanda Flitwick d'une voix douce.

Il se trouvait devant elle, levée devant sa chaise et la demoiselle ne put que cligner des yeux quand elle remarqua qu'il n'était plus à sa place ou encore qu'il avait déjà lu tous les parchemins.

- Alizée... Vous.. Vous allez bien ?
- Oui Professeur, je suis désolé, j'ai eu un moment d'absence.

Le professeur n'était pas dupe, mais il ne fit aucune remarque supplémentaire. Il se réinstalla devant son bureau, reclassant rapidement les différents parchemins pour les tendre vers la demoiselle.

- Voulez-vous que je m'occupe de parler avec le professeur, miss ? Je pense que ce serait peut-être plus sage.

La voix douce du duelliste accompli fit sourire Alizée, mais elle secoua la tête, doucement au début, puis de plus en plus vite.

- Non, Professeur. J'irai voir le professeur C.. Carrow. Il faut que... je passe outre. Merci quand même, pour votre proposition.
- Vous êtes sure, Miss ?
- Oui, Professeur. Vraiment, merci.

La demoiselle lui sourit. Un sourire qui ne pouvait pas sonner plus faux, mais l'homme fit semblant de ne rien remarquer. Il savait que forcer une élève à parler n'était jamais la solution et il avait confiance en la sixième année. Après tout, s'il ne l'avait pas été, il n'aurait jamais demandé à ce qu'elle devînt la co-présidente du club des duellistes. Il fit glisser les documents à la demoiselle, qui les récupéra et les replaça dans son sac à bandoulière de cuir. Elle se releva, regardant rapidement l'heure qu'il était. Alizée leva un sourcil en voyant qu'elle était déjà restée plus d'une demi-heure dans le bureau, ayant pensé qu'elle n'y était restée qu'une petite dizaine de minutes. Avec des gestes lents, elle sortit du bureau après avoir salué le directeur de la maison Serdaigle. Celui-ci la suivit, l'arrêtant dans le couloir, avant qu'elle ne pût aller plus loin.

- Vous devriez vous reposer, Miss. Je sais que ce n'est pas facile, loin de là, mais vous laissez aller ainsi ne vous servira pas.
- Je le sais bien, monsieur. C'est passager. J'ai simplement un peu de mal à trouver le sommeil ses derniers temps, mais vous pouvez vous rassurer, ce n'est rien de grave.
- Ce n'est pas à vous d'en juger, Miss. Faite un tour à l'infirmerie et demandez de ma part une potion de sommeil sans rêve, vous en avez réellement besoin.

Il lui tendit un parchemin, qui était déjà signé de sa main, pour l'infirmière du château. Ravie, Alizée le récupéra et le plaça dans son sac. Elle inclina la tête, à nouveau, vers le professeur, le saluant une nouvelle fois. Elle n'attendit pas qu'il pût à nouveau l'apostropher et quitta le couloir le plus rapidement possible, avant de s'arrêter dans le suivant. La demoiselle sortit sa baguette, ainsi que le parchemin et, avec un soupir, elle y mit le feu. Elle préférait de loin ne pas dormir plutôt que se retrouver dans un sommeil totalement artificiel qui n'allait certainement pas l'aider. Si elle pouvait apprécier le geste de l'ancien Serdaigle, elle n'en restait pas moins irritée.

Elle se dirigea rapidement vers la salle commune des verts et argents, descendant les étages avec rapidité sans jamais s'arrêter. Quand elle arriva devant le pan de mur qui caché les appartements des serpents, elle donna le mot de passe et partit s'installer dans un coin, avec ses affaires. Le fauteuil qu'elle choisit était le plus éloigné de la cheminée, tournant le dos à toute la pièce et, même s'il était loin d'être le plus confortable, elle préféra de loin s'y installer, lui permettant ainsi une tranquillité relative. Elle ne prit même pas la peine d'écouter réellement ce qui se disait, ni ce qui se passait dans la pièce. Elle avait encore du travail à fournir. Elle ouvrit de fait son sac, assise en tailleur, le dos appuyé contre le dossier, mais n'en extirpa jamais son contenu.

- On est des Serpentard oui ou m*rde ? Elle est passée où votre fierté ? Il est où votre patriotisme ? Vous vous êtes torché avec bande de cons ? Et toi, le fils de Mangemort, qu'est-ce que tu fous là ? T'as pas honte de te mélanger à ceux qui ont reçu des coups à cause des gens comme toi ?

Shafiq s'était totalement figée sur place, écoutant les paroles de son camarade comme s'il ne s'agissait que d'un mauvais rêve et qu'elle allait se réveiller. Elle hésita même à se pincer, ne voulant absolument pas croire qu'un des verts, qu'un des serpents osait s'en prendre aux siens de cette façon. Ils étaient dans la salle commune et s'il existait bien une règle tacite dans cette maison, c'était qu'on ne s'en prenait pas aux siens, aussi ouvertement.

- Et toi là, tu es pas un peu en colère contre ces enfoirés ? Ça te dérange pas, qu'ils décident de nous torturer pour les conneries de d'autres ? P*tain, on est des Serpentard, on est les rois de ce château pourri, l'élite de cette école moisie ! P*tain, on avait tout pour leur plaire, alors pourquoi ? Pourquoi, ils nous font ça à nous aussi ? Ça te fait pas chier toi ? T'as pris des Doloris pour sauver l'un des nôtres, qui n'aurait jamais dû avoir à souffrir. Oups, désolé. Je suis le seul que ça emm*rde ou quoi ? J'en ai ma claque, qu'on nous marche sur la gueule ! J'en peux plus de ces conneries et j'pense pas être le seul à penser comme ça !

Une voix bien plus douce répondit à ses invectives, effaçant à nouveau le silence qui risquait de s'installer. De Kerimel, si elle se souvenait bien de la répartition, une gamine comme il en existait beaucoup chez eux, une gamine qui avait simplement peur. La terreur se lisait dans sa voix et Alizée ne pouvait que comprendre. Elle ne savait pas ce que les autres avaient subi, mais elle se doutait bien qu'elle fût loin d'être la seule.

- Je- tu- t’as p-pas le droit… de- de dire des choses comme ça ! Comment tu peux pen-penser à dire ça alors que- personne ici n’a guéri, a-alors que tu rouvres les bless-ures auxquelles on-on ne s’est même pas encore ha-habitués ?

Courageuse et loin d'être naïve. La pensée s'imposa d'elle-même, malgré la situation. Cela en devenait presque comique. Paradoxalement comique.

- P*tain, elle comprend rien, reprit le plus vieux. P*tain, on est des Serpentard, on est les rois de ce château pourri, l’élite de cette école moisie ! P*tain, on avait tout pour leur plaire, alors pourquoi ? Pourquoi, ils nous font ça à nous aussi ?

À qui la question était-elle posée ? Alizée n'en savait rien, mais la potion commençait sérieusement à bouillir intérieurement et, avec une belle hargne, elle se releva de sa place écartée. Une analyse rapide lui permit de comprendre sans mal que McCarthy était complètement beurré. Super, il ne manquait plus qu'un alcoolique dans les rangs pour compléter l'équipe.

- Et ta fierté à toi, elle est passée où McCarthy ? demanda Alizée, d'une voix doucereuse.

Le jeune homme s’apprêta à répliquer, mais la sixième année ne lui en laissa pas le temps, reprenant la parole d'une voix toujours aussi calme. Beaucoup trop calme. Tout en s'approchant du groupe. Le dos droit, les mains sur le ventre, la tête haute, le visage de glace. Ses yeux restaient malgré tout un point faible, car l'on pouvait y lire la colère froide qui commençait sérieusement à l'animer.

- De Kerimel a très bien résumé la situation. Mais je vais rajouter deux petites choses. La première, c'est que tu devrais réfléchir avec les deux neurones qui te restent pour comprendre que tu devrais très sérieusement penser à fermer ce qu'il te sert de bouche et nous laisser tranquille. La seconde et ça vaut pour tous, c'est que personne n'est à l'abri à Poudlard, plus maintenant. Tu pensais sérieusement que les Serpentards allaient être épargnés ? Non. Nous sommes des serpents, les plus dangereux élèves du château.

Alizée fit une pause. McCarthy l'observait comme s'il s'agissait d'une espèce d'elfe de maison malade et elle soupira. Comprenait-il ne serait-ce qu'un mot de ce qu'elle lui racontait ? Mieux valait le vérifier.

- Sais-tu comment l'on domestique un cheval sauvage ? Il faut d'abord le briser et c'est précisément ce qu'ils veulent faire. Ils veulent nous domestiquer que de vulgaires animaux. Voilà pourquoi, même nous, Serpentard, nous ne sommes pas à l'abri des Carrow.

À ce nom, le septième année fit un pas en arrière, comme s'il venait de voir apparaître devant ses yeux les deux professeurs mangemorts. Il secoua la tête à de nombreuses reprises, avant de reprendre une belle gorgée de sa bouteille. Il pointa ensuite du doigt Alizée, faisant pencher de fait la bouteille dangereusement.

- Qu'est-ce t'en sais, hein ? HEIN ?! T'es une Teletubbies de mangemort toi aussi, pas vrai ? Comme ton sale fils d'enc*lés de cousin, j'en suis sûr ! Alors qu'est-ce t'en sais ? Comment t'oses parler de ça... que t'as rien pris, j'suis sûr !
- Pour ta gouverne, répondit Alizée d'une voix beaucoup plus froide que précédemment. Mon cousin a beau être un mangemort, mon sang à beau être pur et je viens peut-être d'une riche famille, ça n'a pas empêché notre charmant professeur de magie noire de vouloir s'essayer à une petite expérience fort désagréable sur ma personne. Je te conseille donc vivement, McCarthy, de la fermer.

Ne comprenant absolument rien à ce qu'elle racontait, le garçon s'approcha d'Alizée pour venir lui postillonner au visage. Il parla et elle ne put que froncer le nez face à l'odeur nauséabonde qui sortait de sa bouche.

- Ah ouais ? C'est vrai, t'es une sang-pure.. Mais peut-être que tu l'as bien cherché ! Vu ta tenue cette nuit-là, j'imagine qu'il fallait te remettre à ta place et te faire comprendre qu'il fallait arrêter de faire la chaudasse, Sha...

Sa main était partie toute seule. McCarthy se réceptionna comme il put à un siège, avant de se frotter la joue et de regarder Alizée comme s'il venait seulement de comprendre qui elle était. Il y a eu un silence, puis la demoiselle reprit la parole, profitant du moment de frottement pour faire entendre sa voix. Une voix où seule une pointe de menace pouvait être perceptible, en dehors d'une grande dose d'autorité dont elle parvenait, parfois, à avoir le secret.

- Tu vas bien m'écouter, la raclure de fond chaudron valant moins qu'un elfe de maison. Attentivement. Si j'en entends parler encore une seule fois, je t'arrache la langue à main nue. Est-ce que c'est clair ? demanda la sixième année en s'approchant à nouveau de lui, pour venir lui tapoter la joue avec un sourire dangereux.

Son camarade acquiesça de nombreuses reprises, avant de la fuir comme si la vipère était la pire des pestes de ce monde. Avec une belle dignité, Alizée alla récupérer ses affaires sur le fauteuil, avant de s'apprêter à sortir de la pièce. Un geste d'Alexandre finit de la convaincre de rester et elle alla se placer non loin de lui, son sac sur l'épaule et les bras croisés. Son seul regard dissuadait de s'approcher d'elle, tant le serpent devenait lionne présentement.

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MessageSujet: Re: [27 Octobre 1997] Le venin de la haine. [27 Octobre 1997] Le venin de la haine.  EmptyDim 23 Juil 2017 - 11:20

Celui-ci aurait dû être rendu aujourd’hui… Et celui-là avant-hier.

La réunion était terminée, les autres membres du BDE étaient partis, ne laissant que la présidente et lui-même dans la salle ronde. La première était toujours sur sa chaise, triant les papiers relatifs à l’événement qui aurait lieu quelques jours plus tard, le second face à l’étagère dans laquelle sommeillait des trésors de la bibliothèque, feuilletant quelques ouvrages.

Pourquoi cela ne m’étonne-t-il pas…

Murmura-t-il en découvrant le nom de la propriétaire temporaire et définitivement en retard dans ses rendus. Enfin, avec un tp de botanique le lendemain il était sûr que Ruth ne penserait pas à passer par la demeure d’Holbrey, preuve en était s’il y avait besoin que ses possessions se trouvaient toujours là, il les mit donc dans son sac afin de s’y rendre lui-même le lendemain à la première heure. Il ne s’agirait pas que leur responsable animation se fasse coller la mauvaise soirée tout de même…
Tout en fermant son sac il jeta un discret coup d’œil à la fée verte pour voir où elle en était. Son séjour à l’infirmerie lui avait fait autant de mal que de bien, car si de repos elle avait eu grand besoin elle avait dû rattraper ses cours en plus que de se remettre à jour sur l’organisation de la fête et cela n’avait pas été sans quelques difficultés qui se lisaient à présent sur son visage. Si elle apparaissait confiante la plupart du temps, Lysander la savait aussi pointilleuse qu’un auror et particulièrement stressée lorsqu’il s’agissait de négocier avec la nouvelle direction de l’école – surtout après avoir appris les événements de la nuit du dix-sept. Aucun des membres du BDE n’était tranquille à ce sujet, mais le serpent formait une exception dans le sens où il réfrénait sa propre colère et peur pour tenter de calmer le jeu. En cela, Absynthe savait qu’elle pouvait compter sur lui et s’était déjà épanchée de son dégoût et de sa rage lorsque les Carrow avaient imposé que, si Nuncabouc il y avait, leur piñnata soit rempli de verre et de boue en lieu et place des sucreries dont ils avaient fait provision.
Les finances étaient également une partie délicate du problème et celle contre laquelle elle pestait entre ses dents à présent, car le retournement de situation n’allait pas sans une certaine inflation qui portait préjudice à l’association étudiante qu’ils étaient.
Enfin, ils étaient, lui avait surtout été recruté plus ou moins au hasard après une indélicatesse de ladite Ruth Rosenbach.

Il attendait donc celle qui n’avait ni le titre d’amie ni celui de connaissance, mais un étrange mélange des deux dont aucun ne saurait donner une définition précise, préférant ne pas la laisser seule avec l’inspecteur qui, comme toujours, les attendait derrière le battant de la porte.
Gringott hantée est assaillie, avait-il un jour lâché sans que sa remarque ne soit réellement comprise par les autres membres – un surnom qui lui était venu lorsqu’il avait appris que le mot de passe de cette salle changeait chaque semaine et après que sa première entrée lui ai fait découvrir avec une pointe de surprise qu’une salle aussi chaleureuse se laissait découvrir avec un grincement digne d’un film d’horreur moldu.
Un statut qui était d’autant plus vrai que, depuis qu’il avait accès à cette salle et bien conscient que ce privilège n’était que temporaire, Lysander en profitait sans vergogne pour se réfugier entre les murs plaqués de bois rouge qui donnaient à la pièce une atmosphère que l’on ne trouvait nulle part ailleurs dans le château – même plus, à son grand désespoir, dans sa propre salle commune. Ce petit havre de paix – tant que certaines personnes ne s’y trouvaient pas – semblait avoir échappé à la folie de ces derniers mois, preuve en était l’absence de la bannière mauve et grise dans laquelle le jeune homme voyait un discret symbole, et celle-ci se vengeait en assignant à chaque réunion plusieurs inspecteurs à sa porte pour surveiller les allées et venues de ces élèves debout après le couvre-feu. Les entendre rire à travers le battant de la porte avait eu quelque chose de glauque, ce malgré toutes les tentatives d’humour qui avaient fusé à ce sujet – surtout grâce aux pires il fallait le dire – et Absynthe n’avait pas tardé à demander au professeur Flitwick de réactiver l’option d’insonorisation à la commande centrale, discrètement il allait sans dire.
La présidente choisit ce moment pour faire tourner un globe incrusté dans ledit panneau de commande, effaçant les images qui flottaient au-dessus de la table et mouchant les trois-quarts des bougies pour le plus laisser d’une pâle ombre flotter dans la salle et se tourna vers lui. Il attrapa également son sac – alourdi de plusieurs livres en retard – et lui tint la porte alors qu’elle éteignait les derniers chandeliers d’un mouvement de la baguette. La bonne surprise qui venait clore cette soirée se trouvait en la personne d’Henrrryy – comme il était communément appelé – qui se faisait l’honneur de les suivre ce soir. Lysander ne prit même pas la peine et lui adresser un regard sombre et l’ignora avec une superbe qui fit doucement ricaner leur geôlier. Un son d’autant plus terrible que les couloirs étaient déserts et, pour une fois, le jeune serpentard espérait que sa consœur ait quelque chose à dire pour égailler ce silence.
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