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Hissons nos couleurs ! [27 octobre 1997 ; PV élèves inscrits.]

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DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 1 octobre 1976
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MessageSujet: Hissons nos couleurs ! [27 octobre 1997 ; PV élèves inscrits.] Mar 30 Mai 2017 - 17:19


La voix d'Astrid résonnait dans le couloir en même temps que ses pas. Les quatre élèves qui s'étaient inscrits l'attendaient déjà. Carrow n'était pas présent, comme prévu avec lui. Elle lui avait demandé de ne pas venir, se sentant prête à faire cours seule. L'idiot qu'il était avait évidemment accepté, ne pensant pas une seule seconde que sa petite protégée faisait en réalité partie de l'Ordre du Phénix. Après tout, comment pouvait-il deviner tant que Rogue ne lui disait pas ? Il n'y avait aucun risque que l'un des Carrow comprît ce qu'elle faisait, pour le moment et elle n'allait clairement pas s'en plaindre. Loin de là, même.

~ Le roi et ses pairs ont enfermé la reine à bord d'un bateau de plomb. Nous naviguerons et par ses pouvoirs, moi et mes frères vogueront.

Le chant était clairement perceptible, même si elle se trouvait encore à plusieurs dizaines de mètres de la salle. Elle ne se cachait pas, chantant haut et fort. Après tout, ne la prenait-on pas déjà pour une folle ? Ce n'était pas cela qui allait changer quelque chose. Un peu plus ou un peu moins... Elle n'en avait cure. Prenez-la pour une folle, ne vous gênez pas. La demoiselle avait bien d'autres préoccupations. Les élèves, la guerre, sa couverture, l'Ordre du Phénix, ses amis à protéger.

~ Yo ho, sur l'heure... Hissons nos couleurs. Hissez haut, l'âme des pirates, jamais ne mourra. Yo ho, quand sonne l'heure, hissons nos couleurs. Hissez haut, l'âme des pirates, jamais ne mourra.

Astrid arriva près de la porte à ce moment-là, saluant les élèves de la tête, sans pour autant s'arrêter de chanter. Ce chant, c'était le chant de sa famille. Le chant des Shafiq. Le chant des mercenaires. Des nouveaux pirates de ce monde qui avait beaucoup trop évolué pour laisser voguer dans les océans les canailles et les vrais gentlemens. Celui des pirates se retrouvant sur terre à cause d'un monde qui ne leur permettait plus réellement de continuer leurs larcins sur les océans et les mers, en bonne compagnie de leur équipage à commander. C'était sa chanson à elle, celle qu'elle chanterait le jour où elle parviendrait à reprendre le pouvoir à son frère, ce fumier qui avait provoqué directement la mort de leurs parents et d'une grande - trop grande ! - partie de sa famille.

~ Il y a les morts, il y a les vivants, on ne peut fuir le temps. Grâce aux clefs de la cage, il faut payer le diable et piller le levant. Les morts ne peuvent pas faire voile vers les mystères du funeste océan ; mais nous ne sommes et soyons forts et rentrons au port.

Les paroles pouvaient choquer, elle n'en avait cure, continuant sereinement à fredonner. D'un mouvement de baguette, elle déverrouilla la porte de la pièce qui grinça en s'ouvrant. Elle laissa la place aux élèves, les invitants à pénétrer dans son antre d'un mouvement fluide du bras vers elle, accompagné d'une petite courbette idiote pour les détendre. Quand les quatre étudiants furent entrés dans la salle, elle pénétra à son tour dans ce petit paradis et ferma la porte derrière elle, avant de se tourner et de chanter, plus fort encore. Elle observa du fond de la salle les élèves s'installer, attendant qu'ils eussent fini pour s'avancer à nouveau.

~ Yo ho, sur l'heure, hissons nos couleurs. Hissez haut, l'âme des pirates, jamais ne mourra.

D'un pas lent, serein, elle s'avança dans la pièce. Tout en ce faisant, d'un mouvement du poignet habile, visant les tableaux morbides, elle les recouvrit d'un voile blanc, lumineux, créant ainsi une atmosphère bien plus chaleureuse. Le détraqueur enfermé commença même à reculer dans sa cage de verre à cause de la lumière. Pauvre Alfred, pensa ironiquement Astrid, en voyant la masse sombre se ratatiner sur elle-même. Mais elle continua, ne s'arrêtant que quand il ne resta que l'énorme tableau au centre de la pièce, en dessous même des escaliers qui menaient directement à son propre bureau. Un bureau qui n'était que peu investi par les élèves, après tout... La Magie Noire n'attirait pas forcément et c'était bien compréhensible. S'ils savaient, pourtant, qu'en apprenant la magie noire, ils apprenaient aussi à s'en défendre, ils seraient sans doute déjà plus nombreux dans cette pièce et n'iraient plus aux cours de Carrow à reculons. Quoi que, c'était sans doute le personnage qui les dérangeaient plus encore que la matière elle-même.

~ Yo ho, quand sonne l'heure, hissons nos couleurs. Hissez haut, l'âme des pirates, jamais ne mourra.

Enfin, elle arriva jusqu'à son bureau et se tourna vers les élèves. Elle sourit. Un sourire chaleureux et tranquille, qui du faire presque peur aux élèves, tant c'était inhabituel. Elle observa leur réaction à chacun, sans prendre ombrage des expressions ou des chuchotements. Puis, enfin, elle frappa dans ses mains. Le cours commençait véritablement. Un vrai cours. Enfin, ce pourquoi elle voulait faire professeur.

- Aujourd'hui, comme le troll des cavernes puant n'est pas présent, je vais pouvoir réellement exercer mon futur métier, soit la défense contre les forces du mal. Nous allons commencer par une petite série de questions assez simples, puis nous passerons à la pratique.

Nouveau sourire, avant que la femme se retournât vers son "animal de compagnie".

- Bonjour Alfred. Excuse-moi pour le désagrément, mais... Je vais être obligé. Tu comprends, ta présence est ennuyeuse, expliqua tranquillement l'apprenti.

Expecto Patronus. Une magnifique brume argentée sortit de sa baguette, avant de former un beau puma au pelage aussi blanc et lumineux que la plus pure des neiges. L'animal immatériel remarqua rapidement le détraqueur et s'apprêta à lui sauter dessus, mais il fut arrêté à temps par le professeur.

- Sois gentil, ne l'abîme pas trop. Je vais avoir besoin de lui après.

Le puma se replaça alors sur ses appuis, avant de se diriger vers Alfred, s'asseyant juste en face. Sa luminosité fit reculer complètement le détraqueur, qui cherchait à fuir sans en avoir la possibilité. La Shafiq se désintéressa bien vite du spectacle, se retournant à nouveau vers ses quatre élèves. Ce fut d'une voix sereine et maîtrisée qu'elle prit la parole.

- Bien, aujourd'hui, nous allons étudier deux choses. La première est une créature que vous connaissez tous et la seconde est le sortilège de protection le plus puissant qui existe encore à ce jour.

Petite pause, la demoiselle sortit de son bureau une craie et métamorphosa l'énorme tableau représentant un homme mourant à cause du maléfice de la momie en un tableau noir pour écrire, cela, d'un informulé bien placé. Sur celui-ci, avec des gestes souples et précis, elle commença à écrire deux titres, puis différentes questions qui lui passaient par la tête. Ils étaient quatre. Huit questions feraient donc l'affaire, quatre pour chaque catégorie.

Détraqueur.

1 - Qu'est-ce qu'ils sont ?!
2 - Que gardent-ils et pourquoi ?
3 - Comment Celui qui nous emmerde - Hm... Non, elle n'allait tout de même pas écrire ça. Elle effaça et reprit. - Celui-dont-le-nom-ne-doit-pas-être-prononcé à cause de son tabou les contrôle-t-il ?
4 - Quels effets néfastes ont-ils sur les êtres vivants ?

Patronus.

1 - Citez-moi deux manières de faire apparaître un patronus.
2 - Quels genre de créatures peuvent-ils faire fuir en dehors du détraqueur ?
3 - Quel était la forme du patronus de l'ancien directeur de Poudlard, Albus Dumbledore et pourquoi est-il si particulier ?
4 - Quelle peut-être l'utilité d'un patronus si ce n'est pas pour se protéger et donc sa variante directe, inventé par Albus Dumbledore lui-même pour les membres de l'Ordre du Phénix, si vous savez ?


Hm. Bien, voilà, ça donnait bien l'ambiance. Astrid pivota sur un pied telle une danseuse, affichant une mine réjouie. Elle ne l'était pas intérieurement et son regard, plongeait dans les abysses, le démontrait, mais elle n'avait pas le droit de se montrer faible. Pour eux, pour ses quatre élèves qui étaient venus vers elle. Elle se devait de montrer une force et un courage dont ils manquaient cruellement dans ce foutu château*. La carapace était en place, le jeu était joué. Oyez, oyez, venez donc découvrir la nouvelle comédienne sur scène, Astrid Shafiq..!

- Chaque élève doit répondre à deux questions, une de chaque catégorie. Vous pouvez choisir les questions que vous voulez. Sachez que vous ne risquez rien, donc lâchez-vous. Dite ce qui vous passe par la tête.

Astrid passa par-dessus son bureau d'un saut de chat, puis s'installa confortablement dessus, attendant que les filles - il n'y avait que ça, en même temps - commençassent à répondre à ses questions. Elle les observait avec un sourire, alors que de son côté, son patronus continuait de s'amuser à faire peur au détraqueur, le puma allant jusqu'à feuler vers celui-ci. Vraiment, pauvre Alfred. Si tu savais ce qui t'attendait, tu prierais pour que Titi t'achève maintenant, mais non, désolé mon brave. Son sourire s'agrandit quand la première élève leva la main, qu'elle interrogea directement.

- Oui, Miss, dit-elle en hochant la tête.

Quelles seraient ses réponses ? Seul le futur permettrait à Astrid de savoir.

[Hors-jeu : * petit rajout de dernière minute.]

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MessageSujet: Re: Hissons nos couleurs ! [27 octobre 1997 ; PV élèves inscrits.] Lun 12 Juin 2017 - 23:25


 



Sa petite nuit pleine de cauchemards l’avait épuisée. Alors que la journée avait à peine commencé, que les rayons du soleil étaient encore bas et qu’habituellement l’état vaseux du réveil persistait toujours, Andrée tenait à peine debout. Ses yeux, bouffis et cernés, semblaient vouloir se fermer tous seuls. Elle luttait pour deux raisons – elle ne pouvait se permettre de s’endormir en cours et surtout elle savait que ses monstres personnels reviendraient la hanter à peine ses paupières closes. Elle ne pouvait juste pas se le permettre. Elle ne voulait pas montrer sa faiblesse aux autres, ses peurs et ses doutes, ses cris et ses larmes. Certains avaient déjà assisté à tout ça, certains avaient déjà vu comme elle était faible…
 
C’était déjà bien trop.
 
Son père, cet homme sec qui contrôlait ce qu’il montrait en tout lieu toute occasion, aurait honte d’elle. Il lui dirait très certainement qu’elle était une grande fille à présent, bien sûr puisqu’elle était entrée à Poudlard, et que les grandes personnes savaient duper leur entourage et ne leur faire voir que ce qu’elles désiraient leur faire voir – rien de plus et rien de moins. Oh, qu’elle aurait voulu le contenter son papa ! Qu’elle avait autrefois aimé le rendre fier, le rendre heureux d’avoir une fille comme elle, le rendre bavard de compliments et donneur de regards brillants, qu'elle aurait aimé le faire à nouveau ! Elle faisait tout comme il ne fallait pas et pourtant elle faisait de son mieux pour rendre les choses bien. C’était une catastrophe. C’était une succession d’échecs. Elle était nulle.
 
Elle aurait l’occasion de le démontrer une fois de plus un peu plus tard dans la matinée avec le cours de soutien du professeur Shafiq. C’était une alternative que l’école avait mise en place et qui visait à aider les élèves qui avaient du mal avec la matière du frère Carrow. Lorsqu’elle avait vu l’annonce du premier cours, Andrée avait vivement reculé, rebutée par son intitulé. Cours de soutien à l’Art de la Magie Noire, ce n’était certes pas très flatteur comme nom de matière mais cela avait le mérite d’être explicite. Elle en avait eu des échos par la suite en surprenant une ou deux conversations dans sa Salle Commune. À entendre les étudiants, le cours avait été horrible. Entre la présence oppressante de Carrow pendant leurs exercices et les duels contre, et Andrée ne fabulait même pas, la folle enragée, elle avait cru comprendre qu’il ne s’était pas passé dans les meilleures conditions imaginables. « Elle est définitivement tarée », avait-elle surpris un jour – et la réplique avait suivi, acerbe et acide : « Il faudrait l’enfermer ». Après avoir entendu de telles descriptions, il était beaucoup plus facile à la fillette de croire les différentes rumeurs qui couraient sur le professeur dans le château, auxquelles elle n’avait jamais vraiment fait attention – du moins, jamais jusqu’à aujourd’hui.
 
Lorsqu’elle avait vu la deuxième affiche qui annonçait un deuxième cours de soutien, elle avait failli s’enfuir en courant ou passer son chemin en baissant les yeux. Sa main tremblante, témoin de son appréhension, avait néanmoins trouvé la force de sortir plume et encre pour s’y engager. En se forçant à ne pas y penser, elle avait inscrit son nom sur le parchemin noirci. À ce moment, seul un autre élève s’était déjà inscrit, et c’était Aileen. Au moins connaîtrait-elle quelqu’un sur place, songea Andrée avec fatalisme – elle espérait toutefois, sans trop se l’avouer, que d’autres étudiants auraient l’idée lumineuse d’apposer leurs prénoms sur la liste d’inscription. On faisait toujours mieux face à l’adversité à plusieurs, c’était son papa qui le lui avait dit il y avait longtemps.
 
Elle devait le faire.
 
Si elle ne voulait pas finir définitivement défigurée par les Carrow, si elle ne voulait pas écoper de quelque chose de plus grave que de quelques pâles cicatrices sur sa pommette, si elle ne voulait pas perdre plus que sa fierté mal placée, alors elle devait se forcer à aller à ce cours de soutien. Elle était plus que mauvaise en Magie Noire ; ses notes, catastrophiques, oscillaient entre D et A lorsque le professeur Carrow était d’humeur magnanime. Si elle se débrouillait pour ne pas écrire trop d’inepties dans ses devoirs et dans les contrôles théoriques qu’il leur donnait, elle était loin – très loin en vérité – d’être considérée comme bonne lors des exercices pratiques. Une fois, elle avait même récolté un T : à l’humiliation insupportable s’étaient ajoutés les rires moqueurs de ses camarades et la colère noire du Mangemort. Il l’avait collée deux semaines durant, tous les soirs, et l’avait fait récuré plus de salles qu’elle n’aurait aimé l’imaginer. En fait, sortilèges de Métamorphose exceptés, elle était plutôt peu douée pour utiliser sa baguette magique.
 
Évidemment, sa mère n’en savait rien. Elle découvrirait certainement ses notes au moment de recevoir le bulletin final de l’année scolaire, au début de l’été prochain. En attendant, elle lui mentait allègrement. Chère maman, qu’elle écrivait, ne t’inquiète pas pour moi. Les professeurs sont tous très gentils avec moi, je me suis fait quelques amies et mes notes sont bonnes partout. D’ailleurs, j’excelle en métamorphose. Toujours raconter une part de vérité, qu’on lui avait dit un jour, ça faisait mieux passer le mensonge. En l’occurrence, elle était sincère dans sa supplique à ne pas s’en faire pour elle et lorsqu’elle racontait les cours de la vieille MacGonagall.
 
.
 
Assise à la table des Serpentard, Andrée gardait les yeux dans le vide. Ils sautaient d’un élève à l’autre, incapables de se fixer sur un seul point, incapable de se concentrer sur quelque chose de fixe et de concret. Un croissant non-entamé dans son assiette, un bol de chocolat presque plein juste à côté et une pomme encore entière dans sa main gauche – la scène était presque comique. Les autres filles de son dortoir devaient dormir comme des bienheureuses. Elles n’avaient pas cours, elles, et elles ne devaient remonter aucunes de leurs notes, elles. L’amertume rongeait Andrée comme bien trop souvent ces temps-ci, la jalousie également, mais elle avait développé un talent certain pour les dissimuler. Seuls la teinte de ses yeux variait parfois, mais observateur était celui qui différencierait la douce couleur noisette ou bien la rudesse du brun sombre qu’ils pouvaient prendre – elle dirait même mieux : scrutateur était celui qui y parviendrait. Elle discerna quelques visages connus dans la foule, quelques visages méprisés souvent. Rageusement, elle posa sa pomme sur la table et se leva sans qu’elle ne l’ait touchée.
 
Elle n’avait pas faim. Elle n’avait plus faim.
 
La salle du cours de soutien était en réalité la même que celle qu’utilisait le professeur Carrow lors de ses cours de Magie Noire. Elle était située dans les étages et il ne fallait pas beaucoup de temps pour y arriver. Comme souvent, Andrée parvint devant la porte presqu’un quart d’heure en avance. En soupirant, elle s’affala contre le mur : elle ne savait pas ce qui était préférable entre attendre une éternité avant chaque classe ou être vue, esseulée, en train d’errer dans les couloirs ou dans le parc comme une âme en peine. C’était un choix qu’elle devait souvent faire et, à chaque fois, elle décidait que la solitude et le calme valaient mieux que les sifflements moqueurs des Première Année.
 
Bientôt, ceux qui devaient participer au cours avec elle arrivèrent. Elle grimaça lorsqu’elle s’aperçut qu’ils n’étaient que quatre, elle incluse, et elle leva un sourcil en apercevant les couleurs fades de la Nuncabouc qui les avait rejointes. Techniquement, elle n’avait rien contre cette Maison du déshonneur, contre cette sous-Maison, contre cette réunion d’engeances contre-nature – c’étaient les mots même des frère et sœur Carrow. Cela dit, elle évitait d’afficher sa non-haine au grand jour vu comme il était mal perçu de ne pas les mépriser par les temps qui couraient ; elle se contentait d’une froide distance, de regards à la dérobée et d’une pitié soigneusement refoulée. Lorsqu’on leur demandait de s’entraîner dessus, elle serrait les dents et s’exécutait.
 
Elle eut une esquisse de sourire en reconnaissant les deux autres étudiantes : Aileen Phillipson et Abigail Hook. Elle connaissait la première pour l’avoir croisée plusieurs fois et pour s’être faite aider d’elle lors d’une confrontation avec une Deuxième Année. La deuxième, elle ne lui avait jamais adressée la parole mais lui vouait une adoration discrète et fervente : elle se surprenait à l’observer à la dérobée et à imiter certaines de ses mimiques sans qu’elle ne s’en rende compte.
 
Andrée se leva au moment où Aileen arriva devant la porte. « Salut », fit-elle sans vraiment d’enthousiasme. Le stress du cours à venir commençait à lui peser. « Tu veux bien qu’on se mette à côté ? » Elle se détesta un instant pour l’accent geignard qu’elle perçut dans sa voix, mais elle ne pouvait nier qu’elle avait besoin de réconfort.
 
Elles entendirent une sorte de mélopée lointaine, comme un chant aux accents guerriers, et Andrée lança un regard interrogateur à Aileen. On pouvait sans doute y lire quelque chose comme : « Est-ce que c’est elle ? Est-ce que c’est la prof folle ? », mais elle ne dit rien et se contenta de mordiller ses lèvres avec appréhension. Finalement, le professeur Shafiq apparut en chantant avec entrain. La voix qui résonnait dans le couloir faisait comme un écho inquiétant.
 
Le professeur les salua d’une courbette et Andrée leva un sourcil : ça n’avait rien des révérences qu’on leur apprenait dans les bonnes familles françaises. Les quatre filles entrèrent dans la salle et prirent sagement place. Une armoire vitrée trembla et quelque chose de sombre sembla lutter pour en sortir. La silhouette semblait hors d’elle et dangereuse. Pudique, mal-à-l’aise ou effrayée, Andrée détourna les yeux.
 
Elle ne sut dire si l’apparente bonne humeur du professeur était inquiétante, mais c’était au moins très déroutant. Si elle s’attendait à quelque chose en mettant les pieds dans ce cours de soutien, ce n’était assurément pas à cela. Shafiq recouvrit des tableaux aux allures glauques de draps opaques et lumineux et tout fut soudain moins oppressant. La fillette jeta des regards furtifs à droite et à gauche mais n’aperçut nulle part leur professeur habituel de Magie Noire. Comme si elle avait lu dans ses pensées, Shafiq regagna son bureau et leur offrit un sourire plein de dents : « Aujourd’hui, comme le troll des cavernes puant n’est pas présent », et Andrée ouvrit grand les yeux, comme refusant de comprendre de qui elle parlait, « je vais pouvoir réellement exercer mon futur métier, soit la Défense contre les Forces du Mal. » Cette fois, la fillette eut un mouvement de surprise distinct : si la perspective d’un cours supplémentaire de Magie Noire ne l’avait guerre réjouie, il n’en était pas de même pour une classe leur apprenant à s’en défendre. Elle serait très certainement pitoyablement mauvaise, mais l’heure se présentait déjà sous de meilleurs auspices. Elle n’était pas sûre comprendre le revirement de situation, mais qu’importe – elle allait juste tenter de suivre la leçon. « Nous allons commencer par une série de petites questions assez simples, puis nous passerons à la pratique. » Andrée se mordit les lèvres.
 
Elle avait tellement peu d’avance – tellement de retard en réalité – sur ses cours de Magie Noire que c’en était affolant. Arrête de penser ça, se souffla-t-elle sévèrement. C’est un cours de Défense contre les Forces du Mal, pas de Magie Noire. Elle ne s’attend pas à ce que tu réussisses tout sachant que tu n’en as jamais eu auparavant. Elle avait toujours été très douée pour s’auto-persuader et sa litanie mentale la réconforta un peu – juste un peu.
 
Shafiq se mit à parler à l’armoire et Andrée la regarda avec perplexité : visiblement, le dénommé Alfred et la chose enfermée dans le coffre ne faisaient qu’un. L’adulte prononça quelque chose et fit un mouvement de la baguette qui avait l’air très complexe. Un beau nuage lumineux en sortit et les yeux d’Andrée brillèrent. Quelque fut ce sort, il était magnifique. C’était ce genre de magie qu’elle voulait parvenir à accomplir, parce qu’elle était belle, parce qu’il n’avait pas l’air de faire mal, parce qu’il n’était pas zébré d’obscurité qui faisait peur. La brume prit bientôt la forme d’un gros fauve aux déplacements chaloupés. L’animal se mut vers la cage en verre et la grande forme encapuchonnée recula, affolée. C’était comme si elle voulait s’éloigner de cette apparition pure, comme si elle craignait la lumière autant qu’Andrée craignait la nuit.
 
La fillette se reporta son attention sur Shafiq lorsqu’elle commença à leur expliquer le but du cours : les Détraqueurs – ce qu’était, elle le saisissait à présent, le fantôme noir dans le cube incolore – et le sortilège qui permettait de les pulvériser. Elle ne connaissait rien de l’un et était absolument certaine de ne pas parvenir à faire apparaître ne serait-ce qu’une once de fumée blanche. Les épaules d’Andrée s’affaissèrent et elle baissa les yeux, découragée d’avance. Elle évita même de lire les intitulés des sujets sur le tableau noir tout juste métamorphosé. Ce fut un coup de coup de coude d’Aileen et les explications du professeur qui l’incitèrent à relever la tête : « Chaque élève doit répondre à deux questions, une de chaque catégorie », dit-elle d’une voix posée, toujours souriante. Andrée se demanda comment quelqu’un à la réputation si sombre pouvait se montrer aussi joviale. « Vous pouvez choisir les questions que vous voulez. Sachez que vous ne risquez rien, donc lâchez-vous. Dites ce qui vous passe par la tête. »
 
L’enfant parcourut des yeux les différentes questions. Elle connaissait la réponse à très peu d’entre elles, deux en vérité, et elles appartenaient toutes les deux à la même catégorie.
 
Sa maman lui avait parlé des Détraqueurs, quelques fois, mais jamais dans les détails et certainement pas de la manière dont Shafiq voulait qu’elles en parlent. Elle lui avait décrit leur aspect sommaire – fantôme des contes moldus, sans le boulet de canon qui pendait et aux drapés mouvants et noirs – et lui avait expliqué qu’ils gardaient un endroit qui accueillait les gens très méchants pour protéger la communauté sorcière et le monde moldu. Elle avait ajouté, le regard dans le vague et la main jouant distraitement avec ses cheveux, qu’il n’y en avait pas en France. Pas à sa connaissance, en tout cas, avait-elle aussitôt corrigé avec un sourire. Plus tard, Mr Leigh lui apprendrait avec bienveillance que non, qu’elle se trompait, que la France avait juste plus honte de ses méthodes que la Grande-Bretagne et qu’il ne fallait pas croire à toutes les idées véhiculées par le gouvernement français. Si le but avait été de désacraliser son pays aux yeux d’Andrée, il avait lamentablement échoué : au moins, les français ne se vantaient pas de posséder des super-méchants.
 
Elle laissa couler son regard à sa gauche – Aileen paraissait très concentrée sur le tableau – puis à droite – elle ne parvint pas à déchiffrer l’expression d’Abigail Hook. En se mordant les lèvres, très peu sûre d’elle-même, elle leva la main : elle devrait y passer, alors autant se débarrasser de la corvée immédiatement. « S’il vous plaît, professeur, j’aimerais essayer de répondre », dit-elle d’une petite voix. L’adulte l’invita à continuer. Andrée balança ses jambes d’avant en arrière, beaucoup trop nerveuse pour la situation. Elle tenta de se rappeler les paroles de sa mère : « Les Détraqueurs gardent… une prison », regard interrogatif, « dans le but de protéger les sorciers et les Mol... les sorciers des détenus qui y sont enfermés. » Elle attendit une seconde en essayant de savoir si le professeur Shafiq attendait un complément. « Je suis désolée professeur, je n’en sais pas plus. Et je ne sais rien non plus des… Patronus, si ce n’est que votre gros chat devait certainement en être un. » Pour sa défense, elle n’avait jamais eu l’occasion de voir à quoi ressemblait un puma avant ce jour-là.
 
Elle leva son regard sombre vers Shafiq et attendit une réponse. Elle avait bien conscience qu’elle en avait peu dit mais… mais elle ne pouvait pas inventer ce qu’elle ne connaissait pas, n’est-ce pas ? Et ce n’était pas grave, pas vrai ? Tout ce qu’elle espérait à présent, c’est que son ignorance ne froisserait pas la folle-dingue – même si ladite folle-dingue avait l’air de bonne humeur pour le moment.



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NUNCABOUC7ème année
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MessageSujet: Re: Hissons nos couleurs ! [27 octobre 1997 ; PV élèves inscrits.] Jeu 29 Juin 2017 - 17:03

Encore une fois, elle avait signé la feuille. Elle s’était de nouveau inscrite au « Cours de soutien à la Magie Noire ». Elle devait être suicidaire. Ou alors elle aimait souffrir. Mais l’option la plus probable, c’était certainement qu’elle voulait, de nouveau, voir jusqu’où tout cela allait mener. Bien évidemment, elle avait retenu la leçon de la première séance de révision. Se méfier des Carrow, et faire attention aux sortilèges utilisés. Si elle suivait cette règle, elle devrait pouvoir survivre à son année, ou tout du moins à ce cours. Elle n’était tout de même pas sereine… Et si c’était Carrow qui faisait ce cours ? Et s’il la faisait payer pour le dernier cours de soutien ? Encore une fois, elle n’avait pas réfléchi plus loin que le bout de son nez d’ancienne Gryffondor.

Voulant éviter d’être en retard, comme la dernière fois, l’éternelle retardataire se força à prendre de l’avance, si bien qu’elle crut être la première sur les lieux. Mais c’était sans compter une petite Serpentard, affalée contre le mur, près de la porte. Une première année, sans doute. La petite brune lui jeta un regard mi-interrogateur, mi-antipathique. Ariane ne releva même pas, elle était habituée à ce qu’on la considère comme une moins que rien, maintenant. Deux autres élèves arrivèrent ensuite. Ariane les reconnut, elles étaient toutes les deux présentes au premier cours de soutien. C’était certainement l’une des deux qui lui avait dit qu’elle était complètement conne, ou un truc dans le genre. Ariane les regarda à peine. Elle savait que si elle osait poser les yeux trop longtemps sur quelqu’un, on pourrait l’accuser d’affront, ou de provocation. Elle avait du revoir toutes ses attitudes, maintenant…

Les minutes passaient, et plus personne n’arrivait. Mais où étaient les autres ? Les Poufsouffles, ça se comprenait. Les Serdaigles auraient pu venir pour leur culture. Et puis les Gryffondors, où étaient-ils ? Les courageux, les fiers ? Bon. C’était un cours de la Magie Noire, ça pouvait se comprendre au final. Seulement des Serpentards, c’était courru d’avance. Mais que faisait-elle là, alors ? Elle n’avait pas une goutte de serpentard dans ses veines, et elle était quand même là…

Alors qu’elle était en train de s’interroger sur la nécessité de rester pour assister à ce cours, elle entendit une mélodie s’élever du bout du couloir. Quelqu’un chantait, une fille. Ou plutôt une femme, c’était une voix assez grave, pas vraiment celle d’une jeune élève. Ariane tourna sa tête vers l’origine du chant, et elle fut fort surprise de voir que c’était leur professeur de soutien qui chantait une chanson. Décidemment, la jeune femme était pleine de… Surprises ? La Shafiq ne s’arrêta pas de chanter quand les jeunes filles pénétrèrent dans la salle, au contraire, Ariane eut l’impression qu’elle chantait encore plus fort. Et puis, quelle était cette chanson ? Une histoire de pirate, et de drapeau à hisser. La Nuncabouc ne put s’empêcher de lever un sourire interrogateur. Elle s’installa derrière un bureau, et l’Apprentie tapa dans ses mains.

« Aujourd'hui, comme le troll des cavernes puant n'est pas présent, je vais pouvoir réellement exercer mon futur métier, soit la défense contre les forces du mal. Nous allons commencer par une petite série de questions assez simples, puis nous passerons à la pratique. »

C’était quoi ce bordel ? La Shafiq chantait, Carrow n’était pas là, et elles n’étaient que quatre élèves… Et puis… « Troll puant », vraiment ? Ariane ne savait plus sur quel pied danser. C’était vrai qu’Astrid l’avait plus ou moins sauvée lors du dernier cours. Mais la Nuncabouc ne pouvait s’empêcher de craindre un retour de bâton encore plus dur, un jour ou l’autre… C’était aussi pour ça qu’elle s’était inscrite à ce cours. Pour être fixée sur la Shafiq. Cette dernière fit d’ailleurs reculer le détraqueur qui se trouvait dans un coin de la pièce, le faisant garder par son patronus, un puma qui montait la garde tel un chien de berger. Elle transformit ensuite une peinture en un tableau à craie, et nota quelques questions dessus. Ariane cligna des yeux lorsqu’elle vit Celui qui vous emmerde, mais lorsqu’elle les rouvrit, elle lut Celui dont le nom ne doit pas être prononcé. Sûrement une illusion d’optique.

« Chaque élève doit répondre à deux questions, une de chaque catégorie. Vous pouvez choisir les questions que vous voulez. Sachez que vous ne risquez rien, donc lâchez-vous. Dites ce qui vous passe par la tête. »

Certaines questions étaient plus simples que d’autre. Du général au particulier, bien sûr. Ariane tiqua quand même sur la question évoquant l’Ordre du Phénix. Cet Ordre était censé être secret, et même si la majorité des sorciers connaissait son existence, c’était quand même risqué de l’évoquer. Encore plus en cours de Magie Noire… La première Année leva la main en premier. « Les Détraqueurs gardent… une prison dans le but de protéger les sorciers et les Mol... les sorciers des détenus qui y sont enfermés. Je suis désolée professeur, je n’en sais pas plus. Et je ne sais rien non plus des… Patronus, si ce n’est que votre gros chat devait certainement en être un. » Ariane n’aurait sûrement pas pu mieux répondre, à l’âge de la demoiselle. Effectivement, elle n’a entendu parlé de Patronus qu’en troisième ou quatrième année, et en temps qu’élevée par des moldus, elle n’aurait jamais pu savoir ce qu’était un Détraqueur avant de les rencontrer dans le train pour Poudlard quand elle était en Troisième Année.

« Puis-je compléter la réponse ? » Ariane avait levé la main. A croire qu’être à Nuncabouc lui avait enfin appris à être polie et plus ou moins respectueuse. Astrid hocha la tête. « Les Détraqueurs sont des créatures répugnantes, dont le seul but est d’arracher toute sensation de bonheur, tout souvenir agréable à une personne. J’crois qu’ils peuvent aussi priver un sorcier de ses pouvoirs, nan ? » La Nuncabouc fit une pause, attendant l’approbation de l’Apprentie, quand un autre détail lui vint en mémoire. « Ils peuvent aussi aspirer l’âme de quelqu’un. C’pas très étonnant, enfin l’âme de quelqu’un c’est ce qui l’anime, ses souvenirs et ses sentiments. Alors si on supprime tout ce qui est heureux, on n’a plus d’âme. Enfin, c’est c’que j’pense… » C’était peut-être un peu trop personnel, comme interprétation, mais Ariane avait toujours vu les choses de cet angle. Les Détraqueurs l’avaient toujours répugnée, mais plus par leur pouvoir terrifiant que par leur apparence répugnante.

La jeune Nuncabouc laissa ensuite s’exprimer les deux autres Serpentards, au sujet des Détraqueurs et de ce qu’elles savaient à propos du Patronus. Comme Ariane s’y attendait, aucune des deux filles ne put répondre à la dernière question. En même temps, comment savoir cela, sans connaître l’Ordre du Phénix, ou l’Armée de Dumbledore ? Pendant leur cinquième année, Potter leur avait appris à maîtriser ce sortilège, qui n’est normalement enseigné qu’en Septième Année. « Un patronus peut également servir de messager. J’sais plus trop comment ça marche, mais un patronus corporel peut s’éloigner de son propriétaire et aller délivrer un message à quelqu’un. » Ariane n’était pas peu fière de savoir cette information. Parfois, ça avait du bon d’être du côté des faibles, de ceux qui doivent apprendre à se défendre, non ?

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Hey brother, there's an endless road to rediscover. Hey sister, know the water's sweet but blood is thicker. Oh, if the sky comes falling down, for you there's nothing in this world I wouldn't do.


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MessageSujet: Re: Hissons nos couleurs ! [27 octobre 1997 ; PV élèves inscrits.] Ven 30 Juin 2017 - 22:44

10 jours. 240 heures. Cela faisait dix jours qu’elle ne dormait que par intervalles de deux heures chaque nuit. Aileen ne quittait son dortoir et les allées de la bibliothèque que lorsqu'arrivaient ses cours, préférant rester seule, sans personne pour subir leurs regards insistants et plein de pitié. Même le regard d’Heather la gênait parfois. Elle ne se sentait pas digne de croiser leurs regards. Voir leurs sentiments désolés, elle n’en avait pas la force. Son instinct de survie l’incitait à rester là, tapie dans l’ombre, le temps de panser ses blessures morales encore fraîches.
 Aileen marchait vers sa salle de classe en traînant les pieds. Pour être honnête et totalement transparente, elle ne savait pas pourquoi elle s’était inscrite à ce cours. Le premier avait été d'une catastrophe hallucinante, même si Astrid lui avait donné la note d’Effort Exceptionnel, elle s’était trouvée vraiment désolante. Finir ligotée au milieu d'une piste de duel, elle avait connu mieux comme fin triomphante. Dans son fort intérieur, le fait de devoir attaquer son assaillant l'avait toujours rendue nerveuse. Son passé l’ayant affaibli, incapable de caractère de guerrière, tout cela, elle le savait. Et cette nuit du 17 octobre n’avait rien arrangé à son attitude. Quoique … Depuis ces sombres heures, Aileen avait développé une sorte de rage, de soif de vengeance. Dès qu’elle croisait Alecto, sa vision virait entre le sang, la peur et la honte. Parfois, le rouge devenait majoritaire. La jeune femme avait des envies de meurtre. Des visions se faisaient dans son esprit : elle brandissant sa baguette magique pour asséner un Avada Kedavra contre le responsable de ses maux. Mais elle ne faisait rien. « La vengeance est un plat qui se mange froid », comme les gens disaient. Et pour Aileen, elle se dégustait glaciale avec des glaçons et une pinte de bière au beurre à la main.

 Finalement, pour montrer quelle genre de personne elle était, la jeune femme avait décidé de s’inscrire à ce cours qu'elle redoutait tant afin de s’améliorer, de devenir meilleure pour un jour pouvoir devenir victorieuse. En plus, cela lui permettait de quitter les murs de son dortoir qui commençaient à la rendre chèvre. Sans vouloir remuer le couteau dans la plaie … En arrivant devant la salle d’Art de la magie noir, elle se retrouva face à une camarade de sa maison : Abigail Hook. Elle n’avait jamais vraiment eu l’occasion d’apprendre à la connaître, ni d’arriver à la cerner. Elles avaient eu le privilège de partager un cours ensemble avec Shafiq. La jeune femme s’était bien débrouillée lors de son duel, ce qui n’avait pas surpris Aileen, vu qu’elle faisait partie du club de duel depuis plusieurs années.

- Salut.

 Aileen tourna la tête vers la voix qui venait de lui adresser la parole. Elle la reconnu tout de suite, sans même avoir besoin de la voir : c’était la petite Andrée, son amie de première année. Décidément, ce cours allait être totalement composé de prénom en « A », élèves et enseignants compris. C’était … Cocasse. Elle salua son amie à son tour. Elle était contente de voir qu’elle ne serait pas seule face à l’adversité de ce cours.

- Tu veux bien qu’on se mette à côté ?
- Oui bien sûr, on va essayer de s’aider un petit peu comme ça. A dire vrai, elle était un peu rassurée de voir qu’elle avait une épaule -si petite soit elle- pour se reposer. Rien que le fait de la savoir proche d’elle la rendait moins stressée. Aileen entendit alors une voix étouffée lointaine provenant de l'intérieur de la salle. La sonorité semblait ... Chantante ?C'est quoi ça ?

Elle n'eut pas le temps d'avoir de réponse de son amie car la solution vint immédiatement. La porte s’ouvrit alors, grinçant doucement, les invitant à pénétrer dans la salle de classe. Aileen regarda ses quatre camarades, en quête d’un signe pour avancer tandis que l’entrebâillement laissait apparaître l’enseignante qui les invita à entrer dans la salle d’un ample mouvement de bras. Elles pénétrèrent dans la pièce une par une. L’enseignante se mouva pour arriver devant son bureau, visiblement d’une excellente humeur. Ses discours apocalyptiques du dernier cours semblaient bien loin à présent. Les jeunes femmes se rendirent compte que la voix qu'elles avaient perçue provenait d'Astrid. Qui l'aurait un jour crût ? L’enseignante semblait chantonner une chanson dont Aileen se fichait royalement au final. Brusquement, la jeune femme s'arrêta dans sa marche, victime d'une vision qui ne lui plaisait pas : un homme était plantée dans un coin de la pièce, et il ne lui disait rien de bon. Astrid semblait lui parler, mais il ne lui répondait pas. N'était-il qu'une simple illusion ? En observant la scène avec plus d'attention, elle reprit sa marche et suivit les pas de ses camarades.
Aileen s’installa à côté de son amie de première année, comme promis, tout en observant la porte de sortie. Elles n’avaient été que quatre à pénétrer dans la pièce et personne d’autre ne semblait vouloir les rejoindre. Cela allait être un cours intimiste … Pour son plus grand bonheur. Quoi de mieux pour se faire remarquer qu’en faisant partie d’un si petit groupe. En tendant l’oreille, la jeune femme entendit quelques paroles de la chanson que fredonnait avec joie Astrid : hissons nos couleurs. Hissez haut, l’âme des pirates, jamais ne mourra. Fallait-il y chercher un message codé ? Décidément, cette femme était un réel mystère. En vérité, Aileen n’en avait vraiment pas grand-chose à faire de ce qu’elle tramait. Moins elle en serait mieux elle se porterait. Ne pas faire de vague, c’était ce qu’elle s’était promis. La jeune femme baissa les yeux et installa ses affaires sur la table, pour détourner son attention de l’enseignante, lorsque cette dernière frappa dans ses mains. Tous les yeux se tournèrent vers elle, debout devant son bureau.

- Aujourd’hui, comme le troll des montagnes n’est pas présent, Aileen sourit ne pouvant lui donner raison sur ce point-là, je vais pouvoir exercer mon futur métier …

 Alors qu’Astrid leur expliquait comment allait se passer la suite des événements, Aileen réfléchissait, elle était concentrée. A dire vrai, elle était concentrée, sur ce qui se trouvait dans cette pièce. Enfin … Surtout ce qui en était absent : aucun membre de la famille Carrow dans les parages. Cet homme n'était en vérité qu’une créature, ce n’était pas LE vrai Alfred, et elle en était ravie. Astrid avait dû savoir gagner pleinement leur confiance, avec son dernier cours.

- Bien aujourd’hui, nous allons étudier deux choses. La première est une créature que vous connaissez tous et la seconde est le sortilège de protection le plus puissant qui existe à ce jour.

 Un tableau noir apparu sur lequel l’enseignante commença à écrire une liste de question à la craie. Une colonne concernait les détraqueurs et une seconde les patronus. Aileen baissa les yeux sur son tableau avant de les tourner vers sa jeune amie : elle n’y connaissait strictement rien en patronus. Elle était supposée savoir les faire apparaître cette année mais elle en était pour l’instant totalement incapable. C’était incroyablement frustrant. Astrid, visiblement incroyablement heureuse -elle devait avoir passé une bien sympathique soirée-, pivota vers ses étudiantes. Voyant qu’Andrée n’avait pas le regard dans la bonne direction, Aileen poussa son coude contre son avant-bras, de la façon la moins désagréable possible. Elle n’avait pas réellement envie de la voir se faire réprimander par l’enseignante. Cette dernière leur expliqua ensuite que chacune d’entre elle devrait répondre à une question de chaque catégorie.
 Les réponses arrivèrent au compte goutte. La première fut celle de la jeune Andrée, à sa grande surprise. Elle n’en était pas peu fière : cette petite commençait à prendre ses marques dans cette école et à s’affirmer en tant qu’individu à part entière et elle était fière d’elle. Ariane compléta ensuite la réponse de sa jeune amie. Aileen, en entendant les réponses de ses camarades fut surprise de voir qu’aucune de ses camarades n’avait essayé de répondre aux questions dont elle pensait connaître les réponses. N'avaient-ils pas déjà entendu parler de ses créatures sombres auparavant ? Aileen leva alors la main pour prendre la parole à la suite de la nuncabouc.

- Miss ? Puis-je ? Sans vraiment attendre la réponse, la jeune femme commença à donner ses réponses. Les détraqueurs absorbent les ondes positives des êtres vivants, ... toute forme de vie on peut dire. Les gens, les plantes ... Quand ils arrivent, les lacs, fleurs et sols gèlent. Elle n’arrivait pas bien à s’exprimer et cela commençait à l’agacer. Cela arrivait parfois lorsqu’elle était impressionnée, et c'était le cas face à cette femme. Concernant les patronus … Aileen passa une main devant sa bouche. Pour les faire apparaître. Il faut, en théorie, elle insista sur le "en théorie", se concentrer sur un souvenir heureux assez puissant. La jeune femme chercha au plus profond de son esprit pour trouver un nouveau moyen de les faire apparaître. Elle visualisait sa mémoire et tentait d'ouvrir chaque tiroir à la recherche de l'ombre d'une information utile. Mais la jeune femme restait sans réponse. Elle s’avoua vaincue. Et je n’en connais pas d’autre … Malheureusement.

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― Karen Salmansohn
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MessageSujet: Re: Hissons nos couleurs ! [27 octobre 1997 ; PV élèves inscrits.] Sam 1 Juil 2017 - 15:23

Courir. Les pas pressés de la jeune femme foulaient le sol boueux de la forêt, dans laquelle elle se trouvait. Ses cheveux courts se glissaient devant ses yeux, dont l'utilité était plus que limité dans l'obscurité. Poumons en feu, jambes en coton, des symptômes qu'elle ne connaissait que trop bien. Elle était épuisée, mais son assaillant gagnait du terrain, ne lui laissant pas le luxe de se reposer ne serait-ce qu'un instant. Une seconde aurait été nécessaire pourtant. Une quinte de toux secoua la brune avant que la pointe de sa chaussure ne se heurte à une racine, la projetant en avant. De surprise, elle lâcha sa baguette, qu'elle tenait férocement entre ses doigts depuis le début de la traque. Durant sa longue chute, elle regarda son arme rouler au sol, s'humidifiant sur les feuilles et la boue. Son corps frêle toucha la terre avec violence, la faisant grogner de douleur, quand les bouts de bois et les ronces entrèrent dans sa chair. L'esprit embrumé par la panique et l'adrénaline parcourant ses veines, elle se releva prestement, cherchant déjà le sapin du regard. Une seconde s'écoula. Puis une deuxième. Une troisième suivie, sans qu'elle ne retrouve son seul moyen de défense. La peur s'empara d'elle, la clouant sur place quand une présence, une ombre se dessina dans son dos. Elle ferma les yeux, prête à sentir les griffes acérées de la silhouette drapée de noire, mais au lieu de cela, une main osseuse se posa sur son épaule. Une voix doucereuse, semblable au sifflement d'un serpent, retentit à son oreille, la faisant pâlir comme l'Inferi qu'elle avait l'impression d'être.

« Si tu veux survivre, il va falloir faire tes preuves. », lentement, la marionnette s'activa, son corps pivotant en direction de son maître. Les émeraudes rencontrèrent alors à nouveau les deux rubis, glaçant son sang dans ses artères. Le décor se floua, se distendant en arrière-plan, avant de tourner à la façon d'un transplanage. L'odeur de l'herbe fut remplacée par celle des cachots, qu'elle avait appris à apprécier au fur et à mesure des années. L'emprise de la main se relâcha, avant qu'elle ne désigne un corps gémissant à quelques mètres de là. Abigail déglutit, humectant ses lèvres devenues sèches. Avec appréhension, elle fit quelques pas en direction de la victime, plissant les paupières pour pallier à son manque de visibilité. Bientôt, elle put distinguer des contours masculins, des cheveux foncés coupés courts sur les côtés et laissés un peu plus longs sur le dessus. Sur les bras nus de l'homme, éclairés par la faible lueur des bougies, deux tatouages se devinaient. Trois hiéroglyphes formant un prénom égyptien sur l'avant-bras gauche, et sur l'intérieur du poignet droit, une simple date, en dessous de laquelle une phrase en latin la soulignait : 17 / 08 / 97 - Quid autem dicam mortuum ? Non hodie. Ces simples indications l'informèrent sur l'identité de l'inconnu. La vision de la sixième année se floua à la manière d'un objectif sale. Les larmes coulèrent bientôt sur ses joues blafardes. Un prénom s'échappa de ses lèvres. Un murmure si bas, qu'elle crut ne pas l'avoir réellement prononcé. « Seth... » Un rire la fit sangloter un peu plus, ses mains se planquant sur son visage pâle pour échapper à la vision du corps mutilé de son mentor. « Tue le. Ou bien, je tue ton amie. », lui lança une voix féminine d'un ton joueur, en serrant un peu plus le cou d'une jeune femme, dont la voix tremblante se répercuta dans la salle comme un écho. « Abby... », un gémissement rauque secoua la verte et argent, avant qu'elle ne pointe faiblement sa baguette sur l'homme allongé. Il souleva l'une de ses paupières, ses lèvres ensanglantées se relevant en une esquisse faussement enjouée.

- Fais-le. Ne réfléchis pas. Fais-le, simplement, murmura-t-il pour que seul Hook puisse l'entendre.
- Je ne peux pas. Je ne veux pas..., lui répondit-elle, la boule se trouvant dans sa gorge l'empêchant d'articuler.
- Je serais toujours là. Écoute-moi, Abigail. Regardes-moi dans les yeux – Elle obtempéra- ça va aller, sa voix grave et saccadée était rassurante, chaleureuse, tandis qu'il entrait dans l'esprit de la plus jeune, calmant la crise d'hystérie se profilant.
- Non, ça n'ira pas. Je ne veux pas que tu meurs. Pitié, faîtes que ce soit un cauchemar, elle détourna ses prunelles, ne supportant pas de plonger dans les abysses bleutés de l'adulte.
- Abigail, écoute-moi, par Merlin. Il faut que tu le fasses. Ça va aller mon petit lièvre, tu vas voir. Le surnom la fit relever son visage aux joues humides, son cœur se serrant au point qu'elle manqua de vomir. Il était le seul autorisé à l'appeler ainsi. Elle avait tiré un trait sur cette part de sa vie, sur les vols, les combats quand il était arrivé. Survie, je t'en prie. Pour nous deux.

Elle hocha la tête, ses bras qu'elle avait enroulés autour d'elle, retombant le long de son corps. Il articula une dernière phrase, avant qu'elle ne pointe son arme sur son visage auparavant doré. Ses émeraudes s’éteignirent, les lueurs y dansant se figeant pour disparaître. « Avada Kedavra. » L'éclair vert illumina la salle, avant qu'Abigail ne se laisse tomber à genoux, espérant s'effondrer pour ne plus jamais se relever. Ses os rencontrèrent la douceur d'un tapis en laine, et non, les dalles froides et humides des cachots. Une petite fille aux longs cheveux d'ébène se trouvait devant elle. À sa vue, la petite serra un peu plus fort son ours en peluche, ses prunelles identiques aux siennes, s'écarquillant. « Maman ? », lui demanda-t-elle d'une voix fluette et timide. La plus âgée pencha la tête sur le côté, devant son reflet d'elle plus jeune. « Je ne suis pas... », commença Abigail, avant que deux bras ne l'enserrent à son cou, et que des mèches brunes légèrement bouclées ne viennent s'emmêler aux siennes. « Je savais que tu reviendrais, que tu ne pouvais pas m'abandonner. » Une larme s'échappa à nouveau de ses yeux, avant qu'elle ne serre à son tour le corps maigre contre le siens. « Et pourtant, elle nous a abandonnées. Mais ça va aller, mon petit lièvre, je suis là. »




Hook s'éveilla en sursaut, le souffle court et la tête bourdonnant encore des voix qu'elle tentait d'assembler. Les images se mirent en ordre, alors qu'elle passait une main tremblante sur son visage où se mêlait sueur et larmes. La course dans les bois. Elle eut un hoquet, avant que sa bouche ne s'assèche. Les yeux rouges comme le sang. La peur commença à parcourir son corps, le tendant au point qu'elle crut que ses muscles allaient se rompre. La salle des cachots où elle avait torturé Rosier, le corps de Seth trônant au centre, ses bras nus sillonnaient de sang coagulé. Les paroles murmuraient du bout des lèvres, lui arrachèrent un haut-le-cœur, qu'elle essaya de contrôler en posant sa paume sur sa bouche entrouverte. Et enfin, la vision d'une enfant lui ressemblant comme deux gouttes d'eau. Un reflet qui la fit se lever rapidement pour courir sans bruits jusqu'à la salle de bains qu'elle partageait avec ses trois consœurs. Son repas de la veille rejoint le lavabo en céramique d'un blanc virginal. Elle fut prise de plusieurs remontées, qu'elle ne chercha pas à combattre, préférant se libérer du poison parcourant ses veines. Les minutes passèrent, longues et implacables. Prise d'un vertige, la jeune femme se laissa tomber sur le carrelage, les membres tremblants et les lèvres pâteuses. Son débardeur noir collait à sa peau, et son short gris lui donnait l'impression d'étouffer. D'un mouvement hasardeux, elle toucha sa cheville droite, et les lacets qu'elle y avait enroulés avant de se coucher. Ses ongles touchèrent son objectif : sa baguette. Depuis la nuit où tous avaient été torturés, elle prenait soin de cacher et garder sur elle, la seule arme pouvant lui épargner à nouveau des souffrances inutiles. Elle remonta ses genoux contre sa poitrine, ses doigts serrant fermement le bout de bois qu'elle appliqua sur sa peau.

« Allegretto. », murmura-t-elle, avant de sentir une sensation de plénitude envahir son être, chassant les images cauchemardesques durant un instant. Un sourire fleurit sur les lèvres grisâtres de l'adolescente. La joie factice remplaça la terreur et la haine. Le varan qui s'était redressé pu apprécier le placebo que sa maîtresse lui servit en repas. Certains préféraient la drogue, comme cela avait pu être son cas, l'alcool, les mutilations diverses et variées, comme elle avait pu le remarquer sur Korsakov, elle, elle trouvait un semblant d'équilibre en combinant plusieurs solutions. La drogue s'était mutée en sortilège de magie blanche, qu'elle se lançait quand la plaie ouverte sur son âme se faisait trop douloureuse, la violence, quand elle ne pouvait plus refréner cette pulsion dont on avait lâché la laisse pour mieux la tourmenter. Les paupières mi-closes, elle ne sursauta pas au bruit de la porte s'ouvrant pour la seconde fois ce matin-là. Sur le pallier, Alizée, l'une de ses camarades, fronçait les sourcils à cause de la luminosité dégagée par les bougies allumées. Le regard ensommeillé, la sang-pure tourna son visage en direction de l'orpheline siégeant contre le mur entre la douche et le tabouret. La vue de la duelliste dans un état proche de l'apathie, lui arracha un rictus ennuyé. Pas un ennui comme lorsqu'une personne vous assomme de paroles dont vous vous fichez éperdument, mais plutôt celui que vous n'attendiez pas, et qui finalement, contrecarre le quotidien bien installé. Son regard vert-bleu se posa ensuite sur le lavabo souillé, qu'elle nettoya d'un simple coup de baguette.

« Tu peux te lever ? », lui demanda-t-elle, en avalant les enjambées les séparant. La question fit papillonner les cils de la Serpentard. Les pensées volubiles comme de la fumée insaisissable, les mots prononcés par la châtaine ne firent que frôler sa compréhension limitée à cause de l'effet du sortilège. « Finite. », prononça Shafiq calmement, en pointant le visage diaphane de sa camarade. Les volutes de bonheur s'échappèrent entre les doigts de la brune, dont les lumières s'allumèrent dans son regard éteint. La souffrance qu'elle avait endormie se raviva, plus forte que jamais, puisqu'elle n'était plus retenue par les chaînes de l'enchantement. Ses poumons se serrèrent, empêchant l'air d'y pénétrer, faisant ainsi suffoquer Abigail. La panique monta crescendo. Moins elle parvenait à respirer, et plus elle avait peur. Ses mains se posèrent sur sa poitrine, comme si d'une simple pression, elle pouvait garder au sein de sa poitrine, le peu d'oxygène qui lui restait. Ses bronches la brûlèrent, lui rappelant la douleur cuisante ressentie durant sa torture avec Alecto Carrow. Elle toussa, longuement, durement, la bile remontant le long de son œsophage. Une perle salée coula le long de la pommette de Hook. «  Abigail.. », commença Alizée, en se baissant à son niveau, ses mains froides allant se poser sur les joues brûlantes de sa vis-à-vis. « Regarde-moi. Il faut que tu te reprennes. », elle chercha à capter ses émeraudes pour plonger dans un océan déchaîné. « Abigail, écoutes-moi.. » « Abigail, écoute-moi, par Merlin. Il faut que tu le fasses. Ça va aller mon petit lièvre, tu vas voir. » La phrase de son cauchemar, prononcé par son ami et mentor, la ramena sur Terre. La plaie cessa de saigner, pour qu'elle puisse à nouveau prendre un goulet d'air frais. Elle prit un moment pour que la quinte de toux ne s'arrête d'elle-même, l'incendie de ses fibres pulmonaires prenant fin en même temps que la terreur disparaissait de ses iris.

- Ça va mieux ?, les paumes s'écartèrent lentement pour lui laisser de l'espace.
- O-ouais, bégaya-t-elle en retour, sa langue passant rapidement sur ses lèvres sèches.
- Parfait. Tu peux te lever ?, la sang-pure se redressa, passant ses doigts sur le tissu froissée de sa nuisette.
- O-ouais, je pense, la voix enrouée du varan lui sembla étrangère à ses oreilles. Était-ce réellement elle qui venait de parler ?
- Tu le penses, ou bien, tu peux le faire ?, le ton était plus doux qu'à l'accoutumer quand elle s'adressait à elle. Le réveil était encore fragile, et la Shafiq le savait.
- Je .. - elle humecta à nouveau ses lèvres nerveusement- Je peux le faire, répondit Abigail avec plus d'assurance, en joignant la parole aux gestes. Ses mains s'appuyèrent sur le mur, pour l'aider à prendre un appui correct. En quelques secondes, elle était de nouveau debout. Chancelante, certes, mais néanmoins sur ses pieds. J'vais prendre une douche, tu peux attendre dix minutes pour y aller ?

Un hochement de tête lui répondit, avant qu'Alizée ne tourne les talons et ne rejoigne certainement le confort de son lit. Le passage sous l'eau froide fut aussi rapide que salvateur. Les tiraillements de ses muscles s'estompèrent rapidement, et elle put enfin lâcher un profond soupir. Les cheveux encore humides et en bataille, elle sortit calmement. Vêtue d'un simple survêtement noir et d'un débardeur de la même couleur, elle laissa sa place à sa camarade, avant de descendre dans la salle commune. Alexandre, assit sur le divan en cuir releva son visage à son approche. Un sourire fut adressé à la sixième année, qui quant à elle, se contenta d'un simple signe de tête cordial.

- Déjà debout ? Tu me surprends, il étira ses bras au-dessus de lui.
- Et toi ? Déjà dans la salle commune ? Tu y dors ou quoi ?, rétorqua-t-elle en se laissant tomber à ses côtés, ses pieds chaussées de converses s'installant sur les parchemins se trouvant sur la table basse.
- Possible. Le couvre-feu se termine dans cinq minutes, qu'est-ce que tu fous habillé comme ça ?, d'un geste, il abaissa ses manches, cachant ainsi le bandage ensanglanté de son bras droit.
- J'vais demander à Alizée d'ouvrir plus tôt. J'ai besoin de taper sur quelque chose, répondit Abigail neutralement, ses mains s'engouffrant dans les poches de sa veste à capuche.
- Taper sur quelque chose ? Et un Nuncabouc ne ferait pas l'affaire ?, un rire lui échappa, avant qu'il ne s'arrête pour tousser bruyamment.
- Tu vas chopper la crève à force de rester ici, elle posa ses émeraudes sur lui, pour détailler son profil blafard. Il avait toujours eu l'air d'un inferi les lendemains de nuits blanches, elle ignorait pourquoi cela le touchait autant.
- Je sais, il se racla la gorge, avant de se lever pour accueillir la nouvelle arrivante, le septième année souriant de toutes ses dents à sa vision, la fatigue l'ayant vraisemblablement quittée.
- Il serait peut-être temps, que tu ailles à nouveau dormir dans ta chambre, non ?, lui lança-t-elle en allant à leur rencontre.

- Allons, le canapé est bien plus confortable, il plaça ses mains sur sa nuque, dans une attitude fière, qui fit lever les yeux au ciel à Hook. Il avait toujours eu ce don, celui de se mettre dans des ennuis improbables et s'en sortir avec une pirouette bien placée. En un sens, elle l'enviait pour cela. Une toux le prit pour la deuxième fois, le forçant à quitter sa position nonchalante pour tenter d'épargner ses microbes à sa voisine. Il avait froid, terriblement froid et chaque inspirations relevaient de l'exploit. Ses dernières nuits s'étaient révélées plus pénibles qu'il ne l'aurait cru. Son dos était courbaturé, et il sentait sur sa peau brûlante, de longs filets glacés le figeant à chaque mouvement. La morsure tranchante de l'air des cachots avait toujours été douloureuse, pour celui ne la supportant pas. Il ne faisait pas partie des frileux, qui préféraient le confort de leur salle commune, pour finalement rater le spectacle ravissant des étoiles en plein hiver. La Russie lui avait enseigné cela au cours des années. Mais depuis peu, ses insomnies s'étaient aggravées, pour finalement l'obliger à rester éveillé une partie de la nuit, jusqu'à ce qu'évidemment, la fatigue l'emporte sur sa détermination. La peur et la méfiance s'étaient mêlées, pour ne former qu'un tout depuis la nuit où il avait été marqué, d'une manière dont il n'était pas préparé. Un mot résidant sur un avant-bras caché en permanence, sous un bandage fait à la va-vite quand tout le reste du château se repose encore. Mais qui pouvait-être à l’abri d'un coup de froid ? D'un rhume que l'on ne soigne pas, et qui attaque férocement les poumons du malade ? Alexandre ne s'arrêta que lorsqu'il eut l'impression que ses poumons ne résidaient plus à leur place. Alors essoufflé, comme l'avait pu être Abigail un peu plus tôt, il se laissa choir sur le divan aux côtés de son amie, déposant sa tête sur ses cuisses.
- Il l'est sûrement autant qu'un des lits à l'infirmerie, Alexandre. Alors, soit tu vas à l'infirmerie de toi-même pour être soigné, soit je t'y emmène moi-même.

Une longue discussion s'en suivit, de laquelle Abigail s'enleva d'elle-même. Sa main se déposa sur le front chaud et transpirant du plus âgé, ses doigts migrant jusqu'à ses cheveux courts pour les caresser pensivement, tandis qu'il essayait de dissuader la Shafiq de faire quoi que ce soit le concernant. Les attentions sur son crâne le calmèrent, si bien qu'il fermât les yeux, soupirant d'aise, cessant enfin son monologue insensé. « Très bien, je t'accompagne. », finit-il dans un souffle, vaincu. Il se redressa péniblement, son mal de tête s'intensifiant certainement au vu de la grimace qui déforma ses traits. Korsakov passa un bras autour des épaules d'Alizée, se soutenant à elle, plus par envie que par nécessité, l'adolescente en était certaine. « Tu peux ouvrir la salle pendant que je m'occupe de cet idiot ? », elle lui lança le trousseau sans attendre sa réponse, déposant sa main au creux des omoplates de leur ami commun. Un sourire en coin étira les lèvres de la Serpentard, qui se contenta de se lever pour sortir de la salle commune et ainsi, se diriger vers le local de l'ancien club de duel. Les marches furent rapidement gravies au pas de course, comme si son arrêt progressif de tabac commençait à faire son effet. Arrivé à la cage d'escalier, elle marqua un temps d'arrêt en entendant des cris provenant du premier étage. Il était six heures, qui pouvait bien traîner dans les couloirs à cette heure, hormis les lèves tôt dans son genre ? Une chute ? Un banal accident ou bien, une torture improvisée ? Un sifflement passa entre ses dents serrées, avant qu'elle ne se décide à en avoir le cœur net, stoppant ses suppositions mentales. Les escaliers furent avalés à grandes enjambées, la jeune femme sautant plus qu'elle ne marchait. Elle passa sa tête à travers l'embrasure menant au couloir. Enfin, des voix lui parvinrent. Deux voix masculines et une voix féminine si haut perchée, qu'Abigail crut que ses tympans allaient exploser. C'est possible d'avoir une voix pareille ? Elle secoua la tête vivement, avant de se diriger d'un pas nonchalant vers l'embranchement, où des ombres dansaient sur le mur. Un groupe se trouvait là. Quatre personnes, dont une allongée au sol. La couleur violette ne laissait planer aucun doute concernant son appartenance à la maison des parias. Quant aux trois autres, ils se trouvaient être de toutes les couleurs. Un rouge, une jaune et un bleu. Toutes les maisons réunies autour d'une même activité, que l'on attribuait à tort uniquement aux verts.

- Vous vous amusez bien ?, leur demanda-t-elle une fois arrivée à leur hauteur. Le Gryffondor arrêta de rire, pour tourner son visage en direction de l'arrivante. Il arqua un sourcil, ne se débarrassant pas de son sourire pour autant.
- Comme tu peux le voir, on s'éclate, il pointa de nouveau sa baguette sur le Nuncabouc de troisième année, pour l'envoyer à son camarade Serdaigle d'un Expulso bien placé. Posté un peu plus loin, il réceptionna le jeune homme, avant de le laisser s'écrouler violemment sur les dalles.
- Tu es de Serpentard, non ?, lui demanda la jaune et noir, appartenant à l'année supérieure à la sienne, d'un ton suffisant mais néanmoins plus cordial qu'elle ne l'aurait cru.
- Oui, même si je ne porte pas mon uniforme, elle désigna son débardeur noir.
- Tu ne veux pas jouer avec nous ?, lui demanda le bleu et bronze, en renvoyant leur victime en direction de la seule fille du groupe, qui se chargea de le relancer à l'aide d'un Wadiwasi, envoyant le bouc contre le mur. Le craquement qui retentit quand le visage tuméfié heurta la pierre, fit grincer les dents de la brune. Elle était certaine que le nez avait pris.
- Non, j'ai autre chose de plus important à faire que de jouer avec un chien, elle haussa les épaules nonchalamment, avant de pointer du menton la silhouette gémissante s'étendant au sol. Mais merci de la proposition. Elle leur offrit un sourire amical, avant de s'adresser au rouge et, or. Ce n'est pourtant pas dans les habitudes des Gryffondor de faire… - Elle hésita- ce genre de choses.
- Oh, tu sais, je suis un Gryffondor et comme tous ceux de ma maison... -Il pointa son arme sur le né-moldu, qui n'eut pas la force de supplier son agresseur- Je ne rate jamais une occasion de faire une connerie. Et maintenant que c'est autorisé la direction de péter la gueule à quelqu'un t'ayant regardé de travers... - Il haussa les épaules, en prononçant une nouvelle formule qui fit crier sa victime, agrandissant son rictus mauvais- Je ne vais pas me gêner pour en profiter. Quant aux autres, l'un veut apprendre, et l'autre ... J'en sais trop rien, elle en marre d'être la gentille fille à papa.
- C'est logique. Sur ce, je vous laisse vous amuser, essayez de ne pas laisser trop de sang dans le couloir, je ne suis pas certaine que Rusard va apprécier de passer la serpillière après ça, elle montra le violet d'un signe de main, puis elle tourna les talons pour se diriger vers les escaliers.
- Tu es Hook, c'est ça ?, l'interpella néanmoins le lion.
- Oui, c'est ça, et toi, tu es ?, elle ne prit pas la peine de se retourner.
- Duncan m'a parlé de toi. Il paraît que t'es une bonne duelliste. Ça serait cool que tu puisses nous montrer ton « talent » sur un sang-de-bourbe. Pas maintenant, mais un de ces quatre. Mince, comme je suis malpoli. - Il lâcha un rire sonore- Je m'appelle Trystan Brown, et eux se sont – Il lui indiqua tour à tour la Poufouffle et le Serdaigle – Erica Stomson et Julian Wilson.
- Connors a parlé de moi ? Tiens donc, cracha-t-elle avec ironie, avant de reprendre. Abigail Hook, enchantée. N'oubliez pas de bien nettoyer avant de partir.
- T'en fais pas pour ça, ça sera fait, lui confirma Wilson, en chassant la recommandation d'un revers de main.

Sans un mot de plus, elle reprit sa marche, se faufilant dans la cage d'escalier pour grimper à l'étage supérieur. La salle fut ouverte et un entraînement intensif se déroula en son sein. Corps-à-corps, sortilèges, des enchaînements basiques qu'elle s'évertuait à reproduire pour ne plus vivre la défaite cuisante infligeait il y a plusieurs semaines par Astrid Shafiq. En parlant de cette femme aux drôles de méthodes, que lui avait-il pris de signer une nouvelle fois la feuille située dans sa salle commune ? On ne pouvait pas dire, qu'en ce moment, les occasions ne manquaient pas de devenir plus forte, en particulier dans la matière enseignée ; l'image résiduelle de son cauchemar s'incrusta dans ses pupilles durant un instant, les yeux rouges fixés dans son dos broyant sa cage thoracique à la manière d'un géant avec une simple poupée de chiffon. Abigail serra les poings, essuyant la pellicule de sueur maculant son front avec la manche de sa veste. Après un petit-déjeuner composé d'un simple jus d'orange – qu'elle s'était forcée à avaler -, d'un bol de porridge dont le goût commençait à lui donner la nausée, au fur et à mesure que les bouchées s'enchaînaient, elle gratifia le camarade avec lequel elle s'était décidé de s’asseoir, d'un :  « Tu devrais boire du lait, c'est bon pour les os. », elle désigna le nez réparé du jeune homme, qui ne fit que lever les yeux au ciel avec un sourire. « Passe une bonne journée. ». La brune haussa les épaules devant la réponse du blond, se demandant sincèrement comment sa journée pouvait être qualifiée comme étant bonne, compte tenu de la façon dont elle avait commencé. Un cauchemar, suivit d'une crise de panique et enfin d'un entraînement qui avait bien failli la faire rechuter. Pouvait-on appeler ça : Une bonne journée ? Une douche supplémentaire finie de lui remettre les idées en place, et changeant ses habitudes conformément aux indications données par Seth dans l'une de ses lettres, elle délaissa sa veste en jean, pour se saisir de sa cape aux couleurs de sa maison. Elle l'enfila par-dessus sa chemise blanche toujours flottant sur elle comme un drapeau et y attacha sa cravate le mieux possible. Son jean noir slim, fut surmonté de ses Docs de la même couleur. Si elle décidait de faire un effort, il ne fallait pas trop lui en demander. Elle envoya sa jupe sur son lit, London, son chat, alla s'y lover avec un ronronnement sonore.

- Alizée, les clefs, elle lui lança le trousseau rutilant à son arrivée dans les serres pour son premier cours. Comment va l'idiot ?, elle s'installa à sa gauche, ses mains sortant des poches amples pour les déposer sur le plan de travail.
- Il va bien, Madame Pomfresh lui a dit qu'il pourrait sortir avant le dîner, lui répondit-elle d'une voix neutre, en ne prenant pas la peine de lever les yeux de son livre à son arrivée.

C'est en baillant qu'Abigail gagna le hall d'entrée, ses paupières se baissant à un rythme régulier depuis une heure. Le froid de l'eau de sa douche n'avait manifestement pas eu l'effet escompté, si bien qu'elle se posât un instant sur les marches, son visage se nichant dans la paume de ses mains. Elle somnola une dizaine de secondes, avant de se relever, son corps chancelant dangereusement vers l'arrière. Sa main gauche l'empêcha de chuter, en s'agrippant à la rambarde. « P'tain, j'suis morte. », murmura-t-elle d'une voix ensommeillée en commençant l’ascension jusqu'à l'étage où se déroulerait son prochain cours. Contrairement à ses premières montées, ce fut en traînant des pieds qu'elle arriva dans le couloir menant à la salle de classe de défense contre les forces du mal. Le pas lent et sonore, elle passa devant les salles inoccupées, la tête haute et le dos droit. Qu'avait dit Alexandre déjà ? Ce sont ceux qui ont quelque chose à se reprocher qui marche la tête basse. Et, elle n'était pas de ces personnes qui avaient une idéologie en tête pouvant leur valoir un enfermement immédiat, et encore moins, l'arrachage de son blason de sa poitrine. Une fois à destination, elle posa ses émeraudes sur les deux personnes présentes, deux jeunes filles de sa maison qu'elle connaissait plutôt bien. L'une avait été présente durant le premier cours de soutien et s'en était bien sorti, tout au moins, mieux que l'on aurait pu le croire durant les premières secondes de duel. « Salut. », lui murmura-t-elle en passant à ses côtés, avant de faire un signe de tête à la seconde. Une première année dont elle avait entendu parler par le biais de Korsakov. Une suiveuse sans problèmes, qui portait avec fierté le signe des vipères. Ce qui en soit, était tout à son honneur. Elle la dépassa, pour venir se placer contre le mur non loin des deux Serpentard, les bras croisés et les yeux fermés. L'apparition d'Hepburn passa inaperçue jusqu'à ce qu'une voix traînante et enjouée ne résonne dans le couloir, comme un écho dans une salle vide.

- Yo ho, sur l'heure... Hissons nos couleurs. Hissez haut, l'âme des pirates, jamais, ne mourra. Yo ho, quand sonne l'heure, hissons nos couleurs. Hissez haut, l'âme des pirates, jamais, ne mourra, chanta Shafiq en ouvrant la porte. Si l'une d'elles avaient douté du fait que la voix appartenait bien à l'apprentie professeur de magie noire, ce n'était plus possible. Abigail cligna des yeux une dizaine de fois, surprise, avant de suivre le mouvement et venir s'installer dans le coin opposé à toutes ses camarades. Les coudes sur son pupitre, elle écouta les paroles de la chanson que continuait la mercenaire d'une voix de plus en plus forte, comme si le fait d'être arrivée dans la salle avait augmenté sa motivation à les rendre mal à l'aise. Puisque Hook l'était. Les questions se bousculèrent dans son esprit et les hypothèses concernant la raison de l'état de la plus âgée étaient plus abracadabrantesques les unes que les autres. L'utilisation d'un Impero par une personne mal intentionnée, ou bien encore, du Polynectar aurait été volé dans la réserve du directeur. Tout ceci était aussi vraisemblable qu'un strangulot marchant sur la terre ferme, mais il n'était pas impossible que cela soit le cas un jour. La lumière produite par la métamorphose des tableaux lui arracha une grimace, avant qu'elle ne recouvre ses paupières de ses doigts pour préserver ses pupilles sensibles. Le souvenir d'un Lumos Solem s'imposa à elle, la faisant se crisper, ses ongles râpant la chair de son front. Les cris de la rouge et, or étendue au sol des cachots, lui provoqua un haut-le-cœur, avant que le refrain des pirates ne recommencent de plus bel, l'arrachant presque à sa légère torpeur. L'improbabilité de la situation l'emportant sur la détresse s'échappant de ses pensées. Un rire sardonique la secoua, avant qu'elle ne relève finalement son regard sur Shafiq et le tableau noir qu'elle venait de faire apparaître. Ça va être con.

- Aujourd'hui, comme le troll des cavernes puant n'est pas présent, je vais pouvoir réellement exercer mon futur métier, soit la défense contre les forces du mal. Nous allons commencer par une petite série de questions assez simples, puis nous passerons à la pratique.

Le troll des cavernes puant ? Un sourire ironique étira ses lèvres, tandis qu'elle s'adossait plus franchement à son dossier de chaise, ses bras migrants sur ses cuisses. Était-ce une nouvelle ruse pour les forcer à avouer qu'ils étaient – pour certains du moins, du côté des rebelles de l'école ? Amycus Carrow se trouvait-il dans la pièce avec eux, et attendait patiemment qu'une faute soit commise par l'un des élèves pour intervenir ? Était-ce un meuble ? Cette table par exemple ? Les iris verts allèrent se poser sur le dit bureau. Ou bien encore, ce pot de fleurs là-bas. Ce fut au tour du Ficus d'être fixé. Ou peut-être, et l'hypothèse était plus plausible, Alfred le détraqueur se trouvait être certainement le terrible chargé de discipline envoyé par le Lord. Lentement, Abigail tourna son visage pâle en sa direction, un sourcil arqué. Sous une épaisse capuche comme celle-ci, il était impossible de deviner si sa réflexion était la bonne, ou a contrario, de la réfuter. Calmement, elle pianota sur le bois de la table, en écoutant d'une oreille distraite les instructions du cours. Son regard était bien trop ancré sur la masse sombre s'étant ratatiné dans un coin de sa cage de verre. S'il s'agissait réellement de Carrow, il était meilleur acteur que ce que tous auraient pu soupçonner.

- Bien, aujourd'hui, nous allons étudier deux choses. La première est une créature que vous connaissez tous et la seconde est le sortilège de protection le plus puissant qui existe encore à ce jour, commença Shafiq après avoir frappé commençait à écrire sur le grand tableau à craie.

Le plus puissant sortilège de protection ? Abigail cligna des yeux, se détournant de l'objet ou plutôt de la créature de ses pensées, pour venir parcourir les lignes écrites. Des questions sur Alfred / Amycus et enfin, sur un enchantement auquel elle ne s'était plus exercée depuis quelque temps, doutant de sa capacité à le produire comme avant. Son varan géant avait peut-être changé, pour revêtir une forme plus appropriée, ou bien encore disparu pour ne devenir qu'une volute blanchâtre incorporelle. Les lèvres pincées, elle lut chacune des phrases en même temps que la voix étrangement chaleureuse d'Astrid retentissait pour énoncer les consignes. « Chaque élève doit répondre à deux questions, une de chaque catégorie. Vous pouvez choisir les questions que vous voulez. Sachez que vous ne risquez rien, donc lâchez-vous. Dite ce qui vous passe par la tête. » Aucune ne l'inspirait, ce qui la fit grincer des dents. La plupart des réponses allaient certainement être purement théoriques et sujettes à interprétation puisqu'ils ne savaient pas énormément de choses sur ces créatures de l'ombre. Quand à la protection lumineuse, il en était de même. Des légendes étaient disponibles dans certains ouvrages, mais aucune n'avaient été vérifiées. « Les Détraqueurs gardent… une prison. », commença la première année d'une voix hésitante, et imperceptiblement Abigail confirma en hochant la tête, l'encourageant à continuer. « dans le but de protéger les sorciers et les Mol... les sorciers des détenus qui y sont enfermés. » La mention des Moldus fit grimacer la brune. Il n'était jamais bon de parler d'eux dans un cours, surtout cette année. Certains étaient lynchés pour moins que cela. « Je suis désolée professeur, je n’en sais pas plus. Et je ne sais rien non plus des… Patronus, si ce n’est que votre gros chat devait certainement en être un. » Gros chat ? Quel gros chat ? Interloquée, la sixième année se redressa, se relevant presque pour détailler la silhouette brumeuse positionnée à côté de son invocatrice. Un tigre ? Pas assez gros. Un lynx ? Non plus. La demoiselle reprit sa place avec lenteur, tournant ses prunelles vers la violette qui participait à son tour.

- Les Détraqueurs sont des créatures répugnantes, dont le seul but est d’arracher toute sensation de bonheur, tout souvenir agréable à une personne. J’crois qu’ils peuvent aussi priver un sorcier de ses pouvoirs, nan ?
- C'est vrai que tu es bien placée pour juger de ce qui est répugnant…, murmura-t-elle sarcastiquement suffisamment fort pour être entendue par la principale concernée.

Le reste de la réponse la fit soupirer, avant qu'elle ne lève les yeux au ciel en entendant la réponse sur l'Ordre du Phénix, dont le nom ne lui était certes pas étranger, mais en aucun cas connu à ce point. Ils étaient des terroristes, et parler d'eux dans l'enceinte de Poudlard était dangereux, pas seulement pour celui en parlant, mais aussi pour ceux ce trouvant dans la même pièce. Et qui pouvait certifier qu'Astrid Shafiq, comme son sang pouvait l'indiquer, n'était pas une Mangemort ? Son frère l'était, et ce, depuis le retour du Lord selon les confessions d'Alizée. Carrow se trouvait dans la salle, Abigail en était certaine, et il était du rôle de son apprentie de débusquer ceux faisant partie d'une quelconque résistance et puis, de les torturer pour finalement les abandonner dans les cachots durant plusieurs jours. Comment avait-elle pu avoir une information concernant l'Ordre ? La souffrance était une arme efficace, elle le savait pour en avoir fait les frais et avoir fait partie des bourreaux. De l'hypothèse, elle était passée aux affirmations. Si durant le cours précédent, elle avait insulté la Nuncabouc de conne, elle hésita à en faire de même à cet instant. Comment pouvait-on être crédule au point de penser que l'on est à l'abri en compagnie d'une sang-pure ?

- Les détraqueurs absorbent les ondes positives des êtres vivants, ... Toute forme de vie, on peut dire. Les gens, les plantes ... Quand ils arrivent, les lacs, fleurs et sols gèlent.

Abigail hocha la tête à nouveau, avant de lever la main une fois le sujet du Patronus évoqué. « Puis-je ? », commença-t-elle d'une voix calme, avant d'abaisser sa main nonchalamment. « Je souhaiterais compléter la réponse de ma.. -elle tourna son regard vers Ariane, et cracha presque le terme suivant.- camarade. Les Détraqueurs, au-delà d'être répugnants, sont des êtres des ténèbres que l'on peut classifier dans la catégorie des : non-êtres. Ils sont d'apparence humanoïde, pouvant nous faire supposer qu'ils ont été humains avant d'être sous cette forme. Enfin, ce n'est qu'une supposition, compte tenu que l'on ne connaît pas grand chose sur eux. Je pense, que lorsqu'une âme est arrachée du corps d'une personne par l'une de ces créatures, une fois qu'elle est avalée, une transformation s'effectue. Celui qui vient de mourir rejoint les rangs de ceux l'ayant tués. Ce qui pourrait expliquer le fait qu'ils soient aussi nombreux, alors que l'on ne leur connaît pas de moyen de reproductions. A leur façon, je les trouve plus fascinants et effrayants que réellement répugnants. », elle haussa les épaules, avant de marquer une légère pause pour recueillir les remarques de l'apprentie. « Concernant le patronus, je vais me pencher sur la deuxième question. - Elle pointa la dîtes ligne de l'index- Les patronus sont efficaces sur toutes créatures des ténèbres. Selon certains ouvrages, il est le bouclier le plus pur ayant jamais été produit. Il est efficace sur toutes les créatures appartenant aux ténèbres et en particulier, je suppose, sur celles de la catégorie du Détraqueur, les Non-êtres. De ce que je me souviens, il s'y trouve les Esprits frappeurs, les Spectres, les Pitiponks, il me semble aussi. Et les Epouvantards, que l'on a étudiées avec le Professeur Lupin. Trois de ceux que je viens de citer se nourrissent des émotions humaines, la joie, le bonheur, les souvenirs heureux pour survivre et ainsi, vaincre le sorcier se trouvant face à eux, à ceci près que l'Epouvantard se sert de la pire peur de celui ce trouvant contre lui. », elle s'arrêta, satisfaite de sa réponse. La Défense contre les Forces du mal, était bien l'un des seuls cours où elle se documentait à la fin de chaque heures enfermé dans la salle. Elle n'était pas incollable, mais ses longues nuits de lectures portaient leurs fruits. Sa fascination réelle pour les Détraqueurs et toutes créatures de l'ombre, l'avait poussé à s'enquérir de plus d'informations les concernant. Par moment, elle se sentait plus comme eux, que comme un être humain.

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MessageSujet: Re: Hissons nos couleurs ! [27 octobre 1997 ; PV élèves inscrits.] Sam 1 Juil 2017 - 22:39


- S’il vous plaît, professeur, j’aimerais essayer de répondre, commença la plus petite des demoiselles.
- Oui, miss ? interrogea Astrid, se demandant bien si une petite de son âge allait arriver à répondre correctement.
- Les Détraqueurs gardent… une prison, reprit la miss d'une voix timide, dans le but de protéger les sorciers et les Mol... les sorciers des détenus qui y sont enfermés.

l'apprentie fronça légèrement les sourcils, mais ne dit rien. La petite s'était reprise suffisamment vite et ce n'était que mieux. Ici, avec elle, Andrée ne risquait rien, mais ce genre d'erreur pouvait coûter cher quand le professeur de magie noire titulaire était dans les parages.

- Je suis désolée professeur, continua de Kerimel après une légère hésitation, je n’en sais pas plus. Et je ne sais rien non plus des… Patronus, si ce n’est que votre gros chat devait certainement en être un.
- Le gros chat est en réalité un puma, miss et c'est effectivement un patronus, lui répondit Astrid, avant de s'apprêter à répondre.

Elle n'en fit rien, remarquant la main levée d'Ariane. D'un geste serein, la Shafiq l'invita à parler. Elle savait déjà quoi dire de toute façon et mieux valait, en y réfléchissant, faire un résumé de toutes les réponses à la fin des diverses interventions. Elle leva un sourcil quand elle entendit la réponse d'Ariane et ne remarqua pas le murmure de Hook, ni son soupir qui fit écho au siens, quand la Nuncabouc parla des patronus messager. C'était définitivement et irrémédiablement une Gryffondor, il n'y avait pas à dire. Astrid pouvait se montrer réfléchie et pouvait expliquer exactement comment elle pouvait avoir les informations sans forcément faire partie de l'Ordre du Phénix, ce qui — même si elle ne le savait pas encore — allait littéralement lui sauver la vie quelques heures plus tard.

- Puis-je compléter la réponse ? avait demandé l'ancienne lionne, la main levée.
- Allez-y, miss, s'était contentée de dire Astrid, en hochant la tête.
- Les Détraqueurs sont des créatures répugnantes, dont le seul but est d’arracher toute sensation de bonheur, tout souvenir agréable à une personne. J’crois qu’ils peuvent aussi priver un sorcier de ses pouvoirs, non ?

La Nuncabouc arrêta et Astrid se contenta de lever un sourcil, sans répondre. Elle voulait voir jusqu'où pouvait aller les connaissances de ses élèves et leur donner son approbation ou non directement n'était pas une bonne méthode, à son sens. Elle préférait de loin les pousser à réfléchir d'eux-mêmes, surtout pour les plus âgés. Elle se doutait fortement que les plus jeunes, comme Andrée, n'arrivaient pas forcément à trouver les bonnes réponses, même sous la fausse pression d'un professeur se montrant particulièrement froid, tranchant, rigide ou encore sévère. Elle-même en avait bien fait les frais avec Rogue, dans ses plus jeunes années.

- Ils peuvent aussi aspirer l’âme de quelqu’un, reprit Ariane, démontrant que la pensée d'Astrid pouvait parfois être la bonne. C’pas très étonnant, enfin l’âme de quelqu’un, c’est ce qui l’anime, ses souvenirs et ses sentiments. Alors si on supprime tout ce qui est heureux, on a plus d’âme. Enfin, c’est c’que j’pense…

Ce qu'elle pensait oui, en effet, pas forcément la réalité, mais Astrid avait l'intention d'y revenir plus tard. Elle lui fit signe de poursuivre, d'un geste de la main élégant, ce que fit la demoiselle.

- Un patronus peut également servir de messager. J’sais plus trop comment ça marche, mais un patronus corporel peut s’éloigner de son propriétaire et aller délivrer un message à quelqu’un.
- En effet, se contenta de dire la mercenaire.

Sa voix avait perdu son timbre joyeux et la demoiselle se rapprocha de la table d'Ariane avec la lenteur d'un prédateur voulant surprendre sa proie. Avec des gestes d'une lenteur effrayante, le puma posa ses mains sur le bureau de la miss et observa son visage avec un visage de glace, complètement fermé. Un observateur avisé aurait sans doute pu la comparer à Rogue dans ses bons jours, à ce moment précis, surtout sachant qu'elle était, pourtant, de bonne humeur.

- Tenez-vous à la vie, miss ?

La question pouvait sans doute surprendre, mais Astrid ne savait absolument pas à qui elle pouvait faire confiance dans cette salle. Les Serpentard pouvaient très bien être à la solde des mages noirs. Ariane elle-même pouvait courir vers les Carrow pour prévenir de ce qui avait été dit et fait, ne serait-ce que pour espérer une amélioration de sa condition. Astrid devait jouer le jeu. Avec un peu de chance, Hepburn se rappellerait de ce qui s'était passé dans le premier cours, de ce qui avait été dit et, si elle n'était pas une délatrice, qu'elle comprendrait.

- Vous, peut-être pas, reprit Astrid, mais j'imagine que vous tenez à vos proches. Votre famille peut-être, ce genre de personnes.

La sang-pure se redressa et retourna tranquillement à sa place, sans rien ajouter. C'était une menace, très clairement et elle espéra qu'Ariane fut suffisamment intelligente pour comprendre pourquoi elle l'avait proféré. Il fallait être véritablement stupide pour parler d'une connaissance que seuls les membres de l'Ordre du Phénix et leur proche connaissaient, normalement. Astrid pouvait inventer une histoire rapide. Dire qu'elle avait torturé un phénix pour connaître cette information, mais cette gamine, personne ne la croirait. Avec un soupir, Astrid fit signe à la suivante de prendre la parole, tout en essayant d'oublier l'idiotie latente dont les Gryffondor pouvaient parfois faire preuve — elle comprise.

- Miss ? Puis-je ? Les détraqueurs absorbent les ondes positives des êtres vivants, toute forme de vie, on peut dire. Les gens, les plantes... Quand ils arrivent, les lacs, fleurs et sols gèlent. Concernant les patronus, pour les faire apparaître, il faut, en théorie, elle insista sur le "en théorie", se concentrer sur un souvenir heureux assez puissant.
- Autre chose, miss ? lui demanda Astrid en remarquant qu'elle s'était arrêtée.
- Et je n’en connais pas d’autre… Malheureusement.

Shafiq acquiesça, avant de s'installer à nouveau contre son bureau. Elle tourna la tête vers celle qui n'avait pas encore ouvert la bouche et qui s'était montrée particulièrement agressé par l'arrivée de la lumière dans la salle. Elle ne l'avait pas entendu parler à Ariane, bien qu'essayant d'observer les faits et gestes de tous les élèves dans la pièce.

- Puis-je ? commença-t-elle et Astrid acquiesça. Je souhaiterais compléter la réponse de ma camarade. Les Détraqueurs, au-delà d'être répugnants, sont des êtres des ténèbres que l'on peut classifier dans la catégorie des : non-êtres. Ils sont d'apparence humanoïde, pouvant nous faire supposer qu'ils ont été humains avant d'être sous cette forme. Enfin, ce n'est qu'une supposition, compte tenu que l'on ne connaît pas grand chose sur eux. Je pense que lorsqu'une âme est arrachée du corps d'une personne par l'une de ces créatures, une fois qu'elle est avalée, une transformation s'effectue. Celui qui vient de mourir rejoint les rangs de ceux l'ayant tués. Ce qui pourrait expliquer le fait qu'ils soient aussi nombreux, alors que l'on ne leur connaît pas de moyen de reproductions. À leur façon, je les trouve plus fascinants et effrayants que réellement répugnants.

Astrid ne fit aucun commentaire, attendant seulement que la sixième année reprit la parole, ce qui arriva après une légère pause. Les élèves s'attendaient sans doute à ce qu'elle réagît, qu'elle donna son avis sur les différentes réponses, mais elle n'en fit rien.

- Concernant le patronus, je vais me pencher sur la deuxième question, reprit Abigail en montrant le tableau de sa main. Les patronus sont efficaces sur toutes créatures des ténèbres. Selon certains ouvrages, il est le bouclier le plus pur ayant jamais été produit. Il est efficace sur toutes les créatures appartenant aux ténèbres et en particulier, je suppose, sur celles de la catégorie du Détraqueur, les Non-êtres. De ce que je me souviens, il s'y trouve les Esprits frappeurs, les Spectres, les Pitiponks, il me semble aussi. Et les Epouvantards, que l'on a étudiées avec le Professeur Lupin. Trois de ceux que je viens de citer se nourrissent des émotions humaines, la joie, le bonheur, les souvenirs heureux pour survivre et ainsi, vaincre le sorcier se trouvant face à eux, à ceci près que l'Epouvantard se sert de la pire peur de celui se trouvant contre lui.

Astrid acquiesça à nouveau, puis se tourna vers le tableau noir se trouvant dans la pièce. D'un coup de baguette vers celui-ci, elle effaça ce qui y était écrit, avant de replacer les questions avec plus d'espace. Elle avait une idée bien en tête sur ce qu'elle allait dire et faire et, tout en continuant son manège, elle écoutait le silence de la pièce, prête à reprendre les élèves s'ils se mettaient à bavarder. Quand enfin, elle eut terminé, elle se retourna vers les quatre étudiantes.

- Qu'est-ce qu'ils sont ? dit Astrid en pointant sa baguette sur la question, comme elle avait l'intention de le faire avec toutes. En réalité, nous ne le savons pas exactement. Nous pouvons facilement définir qu'ils soient des créatures des ténèbres et, effectivement, dans la catégorie des non-être comme la souligné Miss Hook. C'est une créature que certains trouveront répugnante, d'autres fascinante, terrifiante. Vos réponses, toutefois, ne répondent pas exactement à cette question. En partie seulement. Les détraqueurs sont des armes vivantes, des boucliers particulièrement agressifs, ainsi que de très bons traqueurs.

Astrid fit une pause, faisant glisser sa baguette sur le tableau, jusqu'à s'arrêter sur la seconde question. En dessous de la première, un résumé de ce qu'elle venait de dire apparut : « Créature des ténèbres appartenant à la catégorie des non-être, souvent dépeinte comme répugnante, terrifiante, fascinante. Cette créature est particulièrement dangereuse, mais très utile, autant comme arme que comme gardien. » Elle tourna la tête vers son patronus, qui n'avait pas bougé, malgré les attaque inutile du détraqueur pour essayer de s'échapper de l'emprise des différentes lumières de la pièce.

- C'est une arme, reprit-elle, particulière efficace et c'est pour cela que le ministère de la magie s'en est servi pendant des années pour garder une prison, comme l'a dit miss de Kerimel. La prison en question était Azkaban et encore aujourd'hui, certaines de ses créatures s'y trouvent. Elles servent également de gardiens à Poudlard cette année, comme ce fut le cas pendant l'année 1993, quand le fugitif Sirius Black s'est échappé de la forteresse.

Elle refit le même schéma, un résumé de ce qu'elle venait de dire s'inscrivit sur le tableau et elle arrêta sa baguette sur la troisième question — qui se vit priver de son "à cause de son tabou". Astrid avait été idiote de marquer ça. Elle reprit la parole comme si de rien était, pour la troisième fois.

- Comme le Lord Noir arrive à contrôler les détraqueurs ? D'aucuns diraient sans doute qu'il a fait la même chose que le ministère, mais non, continua Astrid. Dans sa voix, un étrange mélange de crainte et d'admiration commença à se faire remarquer. Il leur a promis une liberté que le ministère ne leur offrait pas, pour commencer et enfin... Le Seigneur des Ténèbres est un expert en magie noire. Outre son talent en politique qui lui a permis d'acquérir sa place privilégiée, il sait utiliser des maléfices et malédictions que je n'oserai sans doute pas imaginer même dans mes rêves les plus fous, mais la magie noire demande un sacrifice au lanceur, toujours. Certains sortilèges ne le montrent pas directement, mais c'est pourtant toujours le cas : le Lord s'est perfectionné à force d'user de cette magie, lui permettant de devenir bien plus qu'un simple sang-pur. Il est aujourd'hui plus que les ténèbres elle-même et ces créatures lui obéissent pour cela. Il est leur seigneur légitime.

Ça lui donnait envie de vomir, mais Astrid ne faiblit pas et fit apparaître le résumé. Dire qu'elle venait de faire un éloge à une personne qu'elle combattait, démontrant sa force et sa supériorité ne serait-ce que par son discours... Et pourtant, même si ce n'était pas pour lui plaire, que ce n'était qu'une théorie, elle était persuadée de ce qu'elle disait. Lord Voldemort s'était tellement perfectionné en magie noire qu'il faisait maintenant corps avec elle et parvenait à la contrôler avec une facilité déconcertante. Il lui faisait penser, d'une certaine façon, au Seigneur Noir des Sith, contrôlant d'une poigne de fer l'univers à l'aide d'un empire fondé sur la pureté et la force. Les sangs-purs étaient les humains, les autres les aliens. Ses mangemorts étaient les sith qui se trouvait en dessous de sa position impériale, comme Rogue ou Lestrange qu'elle pouvait facilement comparer aux Darth faisant partis du Conseil Noir, qui contrôlaient certaines affaires de l'Empereur. Après tout, il ne pouvait pas se trouvait partout à la fois. Oui, d'une certaine manière, les mangemort étaient des sith, mais bien réels, ne sortant pas de l'imaginaire d'un moldu et la magie pouvait être comparée à la Force de l'univers inventé. Un frisson glacé remonta le long de la colonne vertébrale de la demoiselle et son visage se ferma complètement. Un visage de marbre et ses yeux bichromes devinrent deux pierres gelées.

- Quels effets néfastes ont-ils sur les êtres vivants ? demanda la marionnette aux fils qui venaient, à nouveau, de se briser par cette simple constatation, avec une voix qui lui parut venir d’outre-tombe. Vous avez déjà répondu à cette question dans son entièreté. Les détraqueurs aspirent le bonheur, les souvenirs heureux, les ondes positives qui les entourent. Ils peuvent également utiliser leur arme ultime, que l'on surnomme le Baiser du Détraqueur. Il permet d'aspirer l'âme d'un être vivant. La personne qui le subit ne meurt pas, mais devient une coquille vide.

Astrid s'arrêta, remarquant à temps que son patronus, devenu de plus en plus transparent, s'évaporait. Toutes les lumières de la pièce s’éteignirent d'un seul coup et Alfred fondit vers la jeune femme pour attraper son cou, ne lui laissant pas réellement le temps de réagir sur le moment. Elle atterrit sur le tableau noir, les pieds ne touchant plus le sol, jusqu'à ce qu'elle parvînt — alors que la créature s'apprêtait à relever sa cagoule — à relancer son patronus, directement au "visage" d'Alfred. Celui-ci se retrouva contraint de lâcher sa proie et de repartir dans son coin, sous la bonne garde d'un puma qui n'était, au goût de la demoiselle, pas assez lumineux. Elle ralluma toutes les lumières d'un coup de baguette avant d'ouvrir la bouche pour reprendre la parole, de nouveau sur ses pieds et en se massant le cou. Elle ne dit pourtant rien, remarquant enfin l'état de la pièce. Du givre, partout sur les tables, sur le sol et les murs. Un grognement sortit d'entre ses lèvres. Maintenant, vous la fermez, si vous ne voulez pas perdre vos cordes vocales. Le souvenir de son meilleur ami plaquant Samuel sur un mur lui revint en mémoire avec force, comme beaucoup d'autres. Sa rencontre avec lui et le duel qu'ils avaient eu, les ayant tous deux mis dans de tels états de fatigue qu'ils avaient dormi toute la journée. Les soirs de pleine lune, quand il prenait la potion lui permettant de rester clame et qu'elle passait la nuit avec lui à le caresser — tout en prenant ses précautions. Les fous-rires qu'ils avaient pu avoir, autour d'une glace, en été et le fait qu'il lui avait permis, à sa façon, d'oublier Cédric...

- Expecto Patronum, cracha Astrid en direction du détraqueur, à la seconde même où son puma disparaissait pour la seconde fois.

Ce ne fut pas un puma qui sortit de sa baguette. La chose fondit vers le détraqueur avec une férocité peu commune. En un battement de cils, l'animal s'était retrouvé à la place du félin. Un animal, ou plus exactement un oiseau, qui commença à faire des cercles au-dessus de la créature des ténèbres qui se tapis sur elle-même. Astrid elle-même, ne s'y étant absolument pas attendu, resta apathique pendant plusieurs secondes, avant de sortir de sa torpeur.

- Premièrement, dit-elle, j'ai oublié de vous préciser que ces créatures peuvent se montrer particulièrement rapides. Ensuite, vous venez d'être témoin d'un changement comme patronus. C'est rare.

Elle lança un nouveau regard vers l'oiseau, sans réellement parvenir à découvrir lequel était-ce. Elle secoua la tête et, certaine d'être en sécurité, aussi étrange que cela pouvait paraître, elle plaça sa baguette sur la première question sur les patronus.

- J'ai été surprise de constater que personne n'essayait de répondre à cette question pourtant extrêmement simple, qui en réalité, quand je me relis, comporte elle-même deux questions. Je me suis mal exprimé. J'aurai plutôt dû vous demander comment peuvent apparaître les patronus et préciser que deux réponses étaient attendues. Le patronus corporel et le patronus incorporel. Il est toutefois amusant de constater que ma question reste légitime, car il existe bien deux manières de faire apparaître un patronus : avec un souvenir particulièrement heureux et dénué d'intention malveillante ou, à contrario, avec un souvenir heureux, mais malsain. Le premier souvenir vous permettra de faire apparaître un patronus. Le second vous permettra de faire apparaître des vers qui vous dévoreront. Du moins, c'est le cas en théorie, mais je n'ai pas l'intention d'essayer.

La nouvelle brume, toujours aussi lumineuse qu'à ses débuts, continuait de tourner au-dessus d'Alfred, avec la ferme intention de lui foncer dessus au moindre geste. Il en était d'autan plus impressionnant, mais la demoiselle ne se concentra pas dessus. Il fallait qu'elle continuât son cours, qu'elle continua à donner les réponses qu'elle avait attendu des élèves. Sa baguette fut placée sur la seconde question sur le bouclier.

- Je n'ai absolument rien à dire là-dessus, miss Hook nous a fait un joli résumé. Sachez toutefois que ce n'est que de la théorie et que la pratique est souvent bien différente. Par exemple, préférez toujours utiliser le sortilège riddikulus contre un épouvantard, ce sera, sans aucun doute, toujours plus utile que le sortilège que nous étudions. En effet, si le patronus vous permettra d'arrêter la progression de cette créature, elle ne vous permettra pas de la détruire, contrairement au maléfice cité plus haut. Maléfice que je vous conseille vivement d'utiliser en duel si vous voulez déstabiliser complètement votre adversaire, c'est un conseil gratuit.

La marionnette abaissa encore une fois le prunellier pour que son extrémité touchât une nouvelle question et Astrid ne put s'empêcher de se voir sourire pendant une micro-seconde. Un sourire qu'elle transforma rapidement en rictus froid, pour éviter que les élèves remarquât son attachement.

- Celui d'Albus Dumbledore était un phénix. Étrange quand l'on sait que la plupart des sorciers se retrouvent avec un bouclier en forme d'animaux qui n'ont rien de magiques. En effet, il faut un souvenir particulier et une très grande puissance pour parvenir à faire apparaître un patronus représentant un animal magique. C'est un phénomène extrêmement rare que de voir ce genre de patronus à l'œuvre par ailleurs.

Peut-être aurait-il eu un basilic s'il avait été capable de produire ce sortilège. Le rictus d'Astrid s'agrandit quand elle imagina le Lord Noir faire apparaître la fameuse brume, avant de chasser l'image de sa tête. Il n'en serait que plus effrayant, à bien y réfléchir. Quand la dernière question fut pointée, Astrid reprit la parole d'une voix doucereuse, son sourire dérangeant toujours bien présent.

- Comme nous la fait judicieusement remarquer Hepburn, Albus Dumbledore a inventé le patronus messager, permettant aux terroristes de s'envoyer des messages sans que personnes ne puissent les intercepter. Il faut reconnaître que l'idée était bonne et, pour tout vous dire, je ne connais pas le procédé pour le faire apparaître. Je sais seulement son existence.

Astrid fit une courte pause, se tournant vers le tableau pour effacer ce qui y était écris et le métamorphoser à nouveau. Elle recouvrit l'image de la personne subissant le maléfice de la momie d'un nouveau voile blanc ensuite. Enfin, elle pivota vers les élèves et une étincelle amusée passa dans ses deux yeux à tour de rôle.

- Merci à tous pour votre participation et vos réponses. Vous avez su montrer vos talents et — en quelques enjambées, elle s'approcha d'Andrée, sa main passant avec douceur au-dessus de son crâne, avant qu'elle reprît sa marche — vos connaissances, même malgré le très jeune âge de certains. Ça fera 5 points chacune, pour vos maisons respectives.

Dommage qu'il n'y avait que des Serpentard et une Nuncabouc, mais maintenant qu'elle savait pouvoir récompenser les élèves, elle n'allait pas s'en priver. Pour Ariane, Gryffondor recevrait évidemment les points, Nuncabouc n'ayant pas le privilège d'avoir un sablier.

Elle se dirigea vers la porte, qu'elle ouvrit et d'un geste de sa baguette, fit fondre l'oiseau sur Alfred. Il le poussa à travers toute la pièce, passant entre les élèves, avec une rapidité assez impressionnante, jusqu'à sortir dans le couloir. Astrid alla rapidement ouvrir une fenêtre et Alfred profita de l'occasion inespérée pour fuir vers la cour du château. La demoiselle rentra à nouveau dans la pièce et reprit la parole.

- Suivez-moi. Nous allons faire une petite promenade dans le parc.

La jeune femme attendit patiemment que les élèves récupérassent leurs affaires et la rejointoyassent, parce qu'ils étaient maçons rejoignissent pour fermer à clef sa salle de cours. Son patronus se dissipa quand elle referma la fenêtre et, à la tête de la petite troupe, elle se dirigea vers le rez-de-chaussée, avant d'arriver aux lourdes portes du château qu'elle ouvrit d'une pensée, sa baguette pointée sur elles. Les élèves avaient pu discuter entre eux, elle n'y avait pas réellement prêté attention, concentré sur le futur exercice. Ça allait être joyeux, sachant l'endroit où elle les menait.

Elle traversa le parc vide de monde, jusqu'à arriver à l'orée de la forêt interdite, dans laquelle elle pénétra sans même laisser le temps aux élèves de comprendre vraiment ce qu'elle faisait. Elle fit apparaître son patronus une nouvelle fois et, à nouveau, l'oiseau apparut, avant d'aller se poser une branche d'arbre non loin. Ce ne fut qu'à ce moment qu'elle remarqua l'oiseau en question, qu'elle avait déjà vu en réalité à plusieurs reprises. La harpie féroce avait l'air de les observer et attendait visiblement ses instructions. Astrid eut un petit sourire, quand elle se retourna vers ses élèves, qui l'avaient suivie.

- L'exercice va être simple. Nous allons nous enfoncer un peu plus dans la forêt jusqu'à arriver en présence de détraqueurs. Rassurez-vous, je garderai mon gardien actif de manière à ce qu'ils ne puissent pas nous attaquer. Je veux simplement que vous essayiez de lancer un patronus en leur présence, de manière à apprendre à passer outre leur effet néfaste.

Astrid se tourna vers Andrée, qui, elle le savait, ne parviendrait jamais à lancer le sortilège. Elle eut toutefois un sourire pour la benjamine et se pencha à sa hauteur.

- Vous ne serez pas capable de le lancer, miss, votre maturité ne vous le permettra pas. Toutefois, je vais vous apprendre un autre sortilège.

Elle lui fit un petit clin d’œil avant de se relever et se tourna vers les plus grandes.

- L'une de vous sait-elle produire un patronus corporel ? demanda Astrid.

Après la réponse des différentes filles, Astrid leur demanda de s'entraîner à le lancer ici, en expliquant comme elle y parvenait à celle(s) qui n'y parvenai(en)t pas. Aucun détraqueur ne se trouvait pour le moment dans les parages et la Harpie veillait de toute façon au grain. Elle se tourna ensuite à nouveau vers la plus jeune et l'entraîna un peu plus loin, de manière à ce qu'ils ne fussent pas entendus par les plus âgés.

- Vous allez vous entraîner à lancer le sortilège permettant de faire sortir une épaisse fumée noire de votre baguette. Le but ici sera de déconcentrer vos camarades pendant qu'ils essaieront de faire apparaître un patronus en présence des détraqueurs. N'ayez aucune crainte pour leur vie, mon patronus se chargera de toute façon de les maintenir à distance. De plus, ce simple sortilège vous permettra de déconcentrer vos adversaires en duel à l'avenir. Ne vous contentez pas à une seule victime, visez les trois. À chaque fois que vous arriverez à les déconcentrer, vous ferez gagner des points à votre maison. Bien évidemment, il faudra les prendre par surprise. La formule est fumare.

Elle le fit une petite démonstration à l'aide d'un informulée, faisant apparaître la fumée en question, avant de la dissiper rapidement. Il n'était pas question que les trois autres filles se doutassent de quelque chose. Avec un dernier sourire, Astrid poussa légèrement la demoiselle dans le dos pour venir vers les trois filles qui devaient normalement avoir réussi à, au moins, faire apparaître un incorporel, ce qui était largement suffisant.

- Bien, maintenant, suivez-moi.

Sachant où se trouvait à peu près les détraqueurs, la forêt interdite n'ayant plus énormément de secret pour la jeune femme, elle s'enfonça entre les différents troncs jusqu'à arriver à une clairière plus sombre que les autres. Un froid mordant vint happer toutes les représentantes de la gente féminine et Shafiq comprit qu'elles étaient arrivées à destination. D'un mouvement de baguette, elle ordonna à son gardien à monter haut dans le ciel. L'oiseau était prêt à attaquer les créatures un peu trop téméraires et les renvoyer avec les autres.

- Essayez de faire apparaître vos patronus ici, dit Astrid, se forçant à parler calmement malgré l'envie de grelotter et la baisse de morale qu'elle ressentit en arrivant.

Elle se plaça à l'arrière des demoiselles, observant les différentes demoiselles faire et profita de voir les trois plus âgées concentrées pour faire un signe de tête encourageant vers Andrée. Du bout des lèvres, elle lui fit signe de murmurer la formule pour que les autres ne l'entendissent pas la prononcer. L'exercice était ainsi double, autant pour les plus âgées que pour la plus jeune : parvenir à lancer l'enchantement même en étant déconcentré et pour Andrée, apprendre à utiliser un nouveau sortilège, tout en apprenant à viser correctement. En effet, il fallait que la fumée atterrît devant les yeux de ses camarades pour réellement les gêner, après tout.

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Hissons nos couleurs ! [27 octobre 1997 ; PV élèves inscrits.]

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