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[22 août 1997] Où sont passés les rires de notre enfance ?

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APPRENTI(E)Filière défenseServeuse aux Trois Balais
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MessageSujet: [22 août 1997] Où sont passés les rires de notre enfance ? [22 août 1997] Où sont passés les rires de notre enfance ?  EmptyDim 28 Mai 2017 - 23:42

[22 août 1997] Où sont passés les rires de notre enfance ?  Scarle11 [22 août 1997] Où sont passés les rires de notre enfance ?  Octave10
Scarlett Burton & Octave Holbrey

Les choses avaient moins changées que Scarlett ne le redoutait depuis que le Ministère avait changé de mains. Elle qui s’attendait à assister à des attentats à chaque coin de rue, on entendait seulement parler de nombreuses disparitions. Rien de réellement plus visible que ce qu’il s’était passé depuis un an. Les disparitions s’étaient néanmoins multipliées depuis la mise en place de la commission des nés moldus, les sorciers en danger préférant prendre la fuite et éviter les rafleurs plutôt que finir derrière les barreaux d’Azkaban. Sa mère avait elle-même quitté leur maison depuis bientôt trois semaines, et les nouvelles se faisaient rares, laissant la jeune femme seule pour la première fois depuis longtemps. Elle n’avait plus personne. Enfin, il y avait bien Astrid, mais elles se voyaient rarement ces derniers-temps, la demoiselle Shafiq étant régulièrement en mission pour l’Ordre. La jeune femme ne parvenait pas à retenir la pointe de jalousie qui venait enserrer son estomac à chaque fois qu’elle pensait que sa meilleure amie avait réussi à intégrer l’organisation de manière officielle et pas elle. Mais peut-être qu’elle pourrait prendre la place de sa mère, maintenant que cette dernière était partie. Il y avait Rohan également, dont elle devenait de plus en plus proche, comme deux aimants, et elle ne faisait rien de concret pour se sortir de la situation terrible dans laquelle elle se trouvait. Les révélations de Cassidy continuaient de la hanter, mais elle ne parvenait pas à confronter Rohan à leur sujet. Peut-être parce qu’au fond d’elle, elle savait qu’elle n’aimerait pas la réponse qu’elle obtiendrait. Elle s’était mise seule dans ce pétrin, et elle ne pouvait plus en sortir. Il était trop tard pour seulement fuir, elle se briserait. Pour la première fois de sa vie, elle manquait de courage face à un homme, et il fallait que celui-ci soit un potentiel mangemort aux côtés duquel elle courrait un danger potentiellement mortel, chouette.

C’était une chaude journée de la fin août. La rentrée à Poudlard approchait à grand pas, mais les élèves retrouveraient un village encore plus déserté que celui qu’ils avaient laissé à la fin de l’année précédente. Et avec de nouvelles fréquentations. Depuis la chute du Ministère, les Trois Balais étaient souvent occupés par des Mangemorts délaissant leur habituelle Tête de Sanglier. Et ce jour-là ne dérogeait pas à la règle, quelques-uns d’entre eux occupaient une table non loin de la porte d’entrée. Et William Burton ne cessait de poser un regard froid et inquisiteur sur elle. Comme trop souvent à son goût. Scarlett recommençait à avoir des trous de mémoire ces derniers temps, des moments de flous. Il y en avait moins depuis qu’elle fréquentait Rohan, puisqu’ils passaient presque toutes leurs soirées ensemble après leurs services respectifs. Mais dès qu’elle se retrouvait seule, ses souvenirs se brouillaient. Et elle avait peur, mais elle n’en dirait rien à personne. Elle avait hésité à se rendre chez Chace Peters, son parrain, le père de Carlie. Mais elle craignait que lui plus que quiconque ne l’enferme à Sainte Mangouste pour démence. Et la dernière fois qu’elle était passée chez lui, il était tellement inquiet par l’état de Carlie qui semblait plonger dans une dépression, qu’elle avait préféré essayer de parler à la Poufsouffle plutôt que s’étendre sur ses problèmes à elle.

Scarlett ramena le plateau de verres vides qu’elle rapportait de la terrasse et s’appliqua à les nettoyer encore plus consciencieusement que d’ordinaire. Elle tentait de maîtriser son regard, qui ne cessait d’être attiré par le parchemin qui dépassait de son sac à ses pieds. Une lettre du centre de formation. Probablement ses résultats. La lettre semblait s’être perdue quelques jours avant de finalement arriver chez elle, à moins qu’elle n’ait subit une analyse et une enquête, comme la plupart des lettres devait les subir maintenant. Elle ne l’avait toujours pas ouverte, elle ne voulait pas savoir. Enfin si, elle brûlait d’envie de savoir si elle avait validé son année, si elle avait une place au Ministère chez les aurors, si elle avait enfin terminé ses études. Il lui faudrait alors quitter son travail de serveuse, et même si elle regretterait ce job, elle était prête à entrer dans cette nouvelle partie de sa vie. Impatiente même. Mais elle avait un mauvais pressentiment. Elle n’aurait su l’expliquer, mais elle sentait que les choses seraient trop faciles s’il en allait ainsi. Après tout, elle avait eu l’occasion de se retrouver à deux reprises sous le feu des mangemorts cette année, et jamais cela ne s’était soldé par une victoire de sa part. Ajoutons à cela que sa mère était recherchée par le ministère, et probablement soupçonnée d’appartenir à l’Ordre du Phénix, ce que le nouveau régime n’apprécierait certainement pas, et Scarlett n’était clairement pas la personne la mieux placée pour intégrer les rangs du Ministère. N’y tenant plus, elle posa son chiffon et attrapa le parchemin. Elle prit une profonde inspiration et déchira l’enveloppe, avant de parcourir du regard la courte missive. « … nous avons le regret de vous informer qu’au vu de votre échec à vos examens, nous ne pouvons valider votre année, il vous faudra donc la repasser au centre de formation… ». Elle avait la nausée. Elle le sentait venir, elle ne pouvait même pas réellement dire que c’était une surprise. Et elle se souvenait distinctement avoir réussi l’examen prétendument raté. Mais il ne servirait à rien d’aller contester la décision du jury. Non, elle n’avait plus qu’à retourner achever sa formation, et demander son avis à Kingsley Shackelbot la prochaine fois qu’elle le verrait. Elle attrapa sa baguette et mit feu au parchemin, qu’elle regarda se consumer, comme ses rêves d’intégrer la brigade des aurors. Encore un an, ce n’était rien, mais elle sentait que les choses allaient se corser sous ce nouveau régime. Ce n’était pas comme si les mangemorts potentiellement au pouvoir appréciaient les aurors, ou ceux en devenir…

Lorsqu’elle releva la tête, elle se retrouva nez à nez avec les yeux bleu verts de son père. Chouette, deuxième bonne nouvelle de la journée… Elle remplit le verre vide qu’il avait posé devant lui, certaine que si elle ne trainait pas, il ne s’attarderait pas non plus.

« Une mauvaise nouvelle, ma chérie ? »

Ses fausses marques d’affection la fatiguaient, encore plus parce qu’un partie d’elle, celle qui renfermait quelques traces de la jeune Scarlett, celle qui attendait après ce père disparu, éprouvait une certaine joie à les entendre. C’était comme être schizophrène. Elle soupira, et planta son regard dans celui de William.

« Je ne suis pas ta chérie. J’aurais pu l’être si tu m’avais vu grandir, mais ce n’est pas parce que je te vois presque quotidiennement ici, que nous nous connaissons, ni que tu représentes quelque chose pour moi. Je vous tolère ici, toi et tes petits copains, mais rien ne m’empêche de vous mettre à la porte. »
« J’aimerais bien voir ça, vois-tu. »

Il paraissait amusé, à en juger par son rictus. Mais son sourire ne s’étendait pas jusqu’à ses yeux qui demeuraient froids et menaçants. Il la mettait au défi, mais elle refusait de faire un esclandre. Elle se contenta alors de s’accouder au bar, face à lui.

« Je te l’ai dit, je vous tolère. Mais tu ne dois pas m’empêcher de faire mon travail, il en va de même pour chaque client de ce bar. »
« Tu fais pourtant moins la fine bouche quand c’est ce O’Quinn qui vient te rendre visite jeune fille… »

Elle inspira profondément et serra les poings, se retenant d’effacer le sourire vainqueur qui s’étalait désormais sur le visage de l’homme. Elle n’allait pas s’en sortir. William faisait tourner distraitement son whisky dans son verre, semblant savourer sa victoire. Il allait la rendre folle. Il la dégoûtait encore plus depuis que Cassidy lui avait révélé qu’il appartenait bien au camp des mangemorts.

« Ma vie privée ne te regarde pas, même si nous partageons le même sang. Tu n’es rien pour moi, et ça c’est parce que tu en as voulu ainsi. Inutile de faire comme si mon sort t’intéressait un tant soit peu. Je crois que tes amis t’attendent. Drôle de fréquentations au passage. Ce n’est pas en t’affichant ainsi avec ces personnes que tu t’attireras ma sympathie tu sais ? »

Elle lui adressa un sourire faux, avant de se détourner de lui pour faire un peu de rangement dans les bouteilles derrière elle, mettant ainsi un terme à la conversation. Elle le sentait pourtant toujours dans son dos, à la scruter intensément, elle sentait peser son regard sur elle, dérangeant.

« Tu me brises le cœur ma petite fille, ne peux-tu donc pas croire que les hommes font des erreurs ? Tu en feras toi aussi, tu verras. Embrasse ta mère pour moi la prochaine fois que tu la verras, tu veux ? Sauf si je la croise avant toi, cela va de soi. »

Puis il s’en retourna finalement à sa place dans un éclat de rire qui lui glaça le sang. Etait-il à la recherche de sa mère en fuite ? Cette idée la révulsait. Dans un brouillard indistinct, elle entendit l’hydromel clapoter dans la bouteille qu’elle tenait à la main, au rythme des tremblements qui l’agitaient. Elle aurait voulu pouvoir se confier à quelqu’un. Raconter toute cette histoire. Astrid préparait sa rentrée à Poudlard, comme apprentie, Scarlett ne pouvait donc pas se tourner vers elle. Et Rohan n’était clairement pas la personne la mieux indiquée pour ce genre de confidences. De même que les personnes qui l’entouraient. Il faudrait qu’elle se confie à quelqu’un de l’Ordre, mais il était difficile d’en croiser un désormais, depuis que le QG n’était plus utilisable et que la plupart était en fuite. Elle était dans une impasse, et elle entendait encore ce rire résonner dans ses oreilles. Elle était seule.

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MessageSujet: Re: [22 août 1997] Où sont passés les rires de notre enfance ? [22 août 1997] Où sont passés les rires de notre enfance ?  EmptyMar 30 Mai 2017 - 4:04

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Dernière édition par Octave Holbrey le Dim 30 Déc 2018 - 21:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [22 août 1997] Où sont passés les rires de notre enfance ? [22 août 1997] Où sont passés les rires de notre enfance ?  EmptyJeu 1 Juin 2017 - 17:45

Il y avait trop de bruit dans le bar. Les rires gras de ces saoulards de mangemorts résonnaient dans son crâne, mélangé aux échos des battements de son sang dans ses tempes. Scarlett étouffait. Elle posa la bouteille qu’elle tenait à la main, fit signe à Mme Rosmerta de venir prendre sa place au bar pour deux minutes, et se réfugia dans la réserve, comme elle l’avait fait quelques semaines plus tôt après les révélations de Cassidy. Des tremblements incontrôlables agitaient ses mains, la peur lui vrillait les tripes. Quand il en venait à son père, Scarlett perdait tous ses moyens. Si elle avait l’air bravache face à lui, leurs échanges la laissaient toujours dans un état pitoyable, et elle était certaine qu’il le savait. Et qu’il s’en amusait. Serrant les poings, elle se força à prendre plusieurs profondes inspirations, résistant à l’envie de fuir ce bar pour aller se saouler à la Tête de Sanglier avec Rohan. Elle était trop fragile ce soir, et elle craignait de tout déballer. Ce n’était pas d’elle. Mais là, elle était à bout, entre le centre de formation, les menaces de son père et tout ce qu’il se passait ces derniers temps. Sa vie était beaucoup trop compliquée. Une fois à nouveau maitresse d’elle-même, la jeune femme retourna à son poste derrière le bar, laissant Mme Rosmerta retourner en salle.

« Hé, cinq pintes de bière par ici ! »

Dès qu’elle entendit la voix, Scarlett se tourna pour trouver son propriétaire. Et heureusement qu’à cet instant elle ne tenait pas de verre ou de bouteille, sinon celle-ci se serait bruyamment écrasée au sol. Elle l’avait instantanément reconnu. Et le fantôme qui sembla passer sur le visage de celui qui l’avait interpelée lui indiquait également qu’il la remettait totalement. Octave Holbrey. Ce fantôme de son passé, celui qu’elle connaissait depuis toujours, cet adolescent qui l’avait vu grandir et qu’elle avait vu vieillir. Assis à nulle autre table que celle des mangemorts, juste à la droite de William. Le choc partiellement passé, elle acquiesça et s’attela à préparer la commande. Par Merlin, que faisait-il là ? Elle n’avait pas eu de nouvelles de lui pendant un long moment, elle n’était même plus sûre qu’ils se croiseraient de nouveau, maintenant que chacun menait sa vie d’adulte. Et pourtant, le voilà qui débarquait dans son bar. Il savait qu’elle travaillait là, elle le lui avait mentionné dans la lettre qu’elle lui avait envoyée à la fin du mois de janvier, quand William avait fait son apparition. Il était la seule personne au courant de l’histoire, puisqu’elle l’avait engagé quelques années plus tôt pour retrouver la trace de son père. Il était naturellement la seule personne vers laquelle elle avait pu se tourner à cet instant. Et le voilà qui fricotait maintenant avec ce même William, semblant même plutôt complice avec lui et ses amis mangemorts. Depuis quand les fréquentait-il ? Elle leur apporta finalement leur commande, feignant un immense sourire, alors que la nausée grandissait à chaque pas qu’elle faisait dans leur direction. Elle distribua les pintes, évitant le regard de William quand ce fut son tour, et termina par Octave, dans les yeux duquel elle planta son regard. Pour toute personne autour de cette table, on aurait pu croire qu’elle flirtait avec lui. Mais Octave pouvait voir les flèches qu’elle lui envoyait.

Il ne restait qu’une heure environ avant la fermeture du bar, qui mettrait finalement fin à son supplice. Scarlett la passa à fusiller Octave du regard, ou à lui faire les gros yeux, de derrière le bar. Elle s’était plantée bien en face de lui, il ne pouvait pas la louper. Et il lui répondait. Une espèce de ballet silencieux s’était installé entre eux, chacun baissant la tête quand ils pouvaient être pris en flagrant délit de conversation silencieuse. Elle n’en revenait toujours pas qu’il soit là, face à elle. Et malgré la colère qu’elle ressentait à son égard de trainer ainsi avec son père, il était la personne qu’elle voulait voir. Le seul à qui elle pouvait aujourd’hui se confier sur l’ensemble des moments pourris de cette journée, puisqu’il savait tout d’elle. Sa couverture, ses origines, ses opinions. Il la connaissait mieux que personne, bien qu’il ait mis du temps à l’apprécier. Elle le sentait, gamine, qu’elle était une épine dans son pied. Elle qui le considérait plutôt comme son grand frère. Heureusement, le temps et l’âge avaient aplani les choses entre eux.

Scarlett était tellement occupée à faire des reproches silencieux à Octave, qu’elle en avait oublié l’heure. Et ce ne fut que lorsque Mme Rosmerta se planta devant elle que la jolie rousse se réveilla.

« Cesse donc de le dévorer des yeux c’ui là, et range plutôt ton bazar là derrière. Je te laisserai fermer, voilà les clefs ! Bonne soirée, pas de bêtises ! »

La tenancière lui fit un clin d’œil joueur, avant d’attraper son sac et de prendre la direction de la sortie. Elle était une amie de sa mère, les deux femmes s’appréciaient, et elles travaillaient depuis tellement de temps ensemble maintenant qu’elle lui faisait entièrement confiance pour gérer la boutique. Scarlett la salua en souriant, avant de poser son regard sur Octave, qui ramassait ses cartes tombées au sol une à une. Elle poussa un soupir, décidant de ne pas aller lui donner un coup de main. Viendrait-il seulement lui parler ? Ou se comporterait-il comme l’adolescent ingrat qu’elle avait connu ? Elle s’empara plutôt des verres sales qui trainaient sur le bar, et entreprit de les nettoyer d’un coup de baguette. Si d’habitude elle aimait bien faire elle-même la vaisselle, elle n’était pas assez sûre de ses mains pour tenter l’expérience ce soir. Elles avaient encore tendance à trembler de façon inopinée. Puis elle croisa son regard, posé sur elle, transperçant. Et cette moue rieuse. Elle le reconnaissait bien là.

« On n’aurait pas pu trouver meilleur contexte pour des retrouvailles. Rien de tel qu’une belle intrigue pour dramatiser la scène. Ton père est très régulier dans ses visites, très présent. Ca ne s’est donc pas amélioré depuis que tu m’as écrit. Il a parlé plusieurs fois de toi dans son entourage, soulignant qu’il était fier de toi, que t’étais sa fille… Charmant, non ? »

Scarlett leva les yeux au ciel. Elle avait envie d’exploser. De lui envoyer tous ces verres sales à la figure. Mais non, ce ne serait pas une réaction des plus mâtures, il n’avait rien fait de mal après tout. Elle s’accouda au bar, laissant sa magie s’occuper de sa vaisselle.

« Excuse-moi, je crois que je vais vomir. Tu n’as sûrement pas dû percevoir l’ironie dans son ton. Lui, fier d’autre chose que ses manigances ? Laisse-moi rire. Il considère que me voir travailler ici est du gâchis, il me l’a déjà dit plusieurs fois. De même qu’il a laissé entendre qu’il savait… Beaucoup de choses à mon sujet. »

Elle parlait trop, beaucoup trop. Tellement que c’était risqué, si Octave avait décidé de retourner sa veste comme elle le craignait. Elle ne savait plus quoi penser, elle était en colère après lui, elle se sentait trahie qu’il fasse ami-ami avec cet homme qui la terrifiait. Alors qu’il le savait.

« Et qu’est-ce que tu fais là toi d’abord ? Depuis quand tu traines avec des Mangemorts ? Avec... Lui en particulier ? A quoi tu joues, Octave ?! »

Son ton était sec, tranchant. Une part d’elle s’en voulait de s’emporter contre lui comme ça. Elle aurait préféré que tout cela lui passe au-dessus, que ça ne l’atteigne pas. Elle n’aimait pas se sentir vulnérable ainsi, ce n’était pas d’elle cette faiblesse. Elle se sépara du bar et ouvrit les bras, avant de les laisser tomber, excédée par son impuissance.

« Mince, j’aurais été tellement contente de te voir si tu n’avais pas passé ta soirée à boire avec eux ! »


HJ : J’ai pris la liberté de mettre des mots sur la commande d’Octave, j’espère que ça ne t’embête pas :) Sinon dis le moi et je modifie ça ! :)

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MessageSujet: Re: [22 août 1997] Où sont passés les rires de notre enfance ? [22 août 1997] Où sont passés les rires de notre enfance ?  EmptyVen 2 Juin 2017 - 16:21

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Dernière édition par Octave Holbrey le Dim 30 Déc 2018 - 21:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [22 août 1997] Où sont passés les rires de notre enfance ? [22 août 1997] Où sont passés les rires de notre enfance ?  EmptyDim 30 Juil 2017 - 0:05

« J’ai été engagé en tant que bibliothécaire à Poudlard. »

Scarlett ouvrit des yeux ronds, l’étonnement prenant le pas sur la fureur qu’elle ressentait à l’encontre d’Octave. Et visiblement, l’incrédulité se lisait sur son visage, en témoignait le sourire qui fleurissait sur les lèvres du jeune homme. C’était tellement éloigné de ce qu’il avait fait jusque-là… En tout cas, de ce qu’il faisait sur la période de sa vie que Scarlett avait suivie. Elle n’avait pas la moindre idée de ce qu’il avait fait depuis leur dernière rencontre, qui remontait à quelques années maintenant. Elle avait même espéré qu’il ne lui était rien arrivé de grave lorsque les mois s’étaient étirés sans réponse de sa part à la nouvelle qu’elle lui avait annoncé. Elle ne savait pas réellement pourquoi elle lui avait envoyé cette lettre. Sur le moment, ça semblait une évidence. Et plus les jours passaient, plus elle se disait qu’elle n’aurait pas dû le faire. S’être tourné vers lui à l’époque n’était pas une raison pour le tenir au courant des avancées de l’affaire. D’autant plus que c’était elle qui avait reculé au moment où elle aurait pu agir. Les choses auraient peut-être été différentes alors…

Il la sortit de ses pensées en justifiant ses actions, notamment ses fréquentations pour les moins étranges. «  L’autorité, c’est eux maintenant. Alors il vaut mieux pour moi que je me les mette dans la poche avant que ça ne se corse au château, parce qu’après, ce sera trop tard. » Scarlett pouvait se montrer intolérante parfois, et butée sur ses idées. Mais elle pouvait le comprendre. Après tout, n’était-elle pas en train d’utiliser la même excuse auprès de l’Ordre pour justifier sa fréquentation de Rohan O’Quinn ? Sortir avec lui pour gagner sa confiance et avoir le dernier mot sur son appartenance aux Mangemorts ? C’était exactement la même chose. C’était un mensonge pour elle évidemment, une excuse pitoyable pour ne pas passer pour une traîtresse. Mais elle pouvait concevoir qu’Octave ait besoin de ces relations pour rester tranquille. Elle sentait la colère reprendre sa place initiale, dans un coin de son esprit. Elle ne pouvait pas disparaître totalement, pas après la journée qu’elle avait passée. Mais ce serait malhonnête de sa part de continuer à la diriger contre Octave. Elle poussa un soupir et acquiesça d’un signe de tête, montrant qu’elle comprenait. Lorsqu’i mentionna son père, et le fait qu’il pourrait être honnête à son sujet avec lui, elle retint un éclat de rire mauvais. A la place, elle le dévisagea un instant, imprimant une nouvelle fois ses traits, plus marqués qu’autrefois, dans ma mémoire. Il vieillissait bien, elle devait le reconnaître. Puis elle reporta son attention sur les verres qui continuaient de se laver d’eux-mêmes, laissant un instant le silence s’installer entre eux. Il était moins chargé d’électricité que précédemment, plus confortable. Voir Octave ressemblait, pour elle, à un retour à ses racines. Ses grands-parents avaient plus ou moins représenté pour elle ceux qu’elle n’avait jamais connu, les grands-parents Burton, qui étaient soi-disant tellement haineux des moldus et des nés-moldus que son père ne les avaient jamais présentés à Amy. Ils ne savaient sûrement même pas qu’ils avaient une petite fille. Et Scarlett se demandait même parfois si l’histoire de sa famille n’était pas un énième mensonge de William Burton… Quoi qu’il en soit, elle avait trouvé une sorte de deuxième famille chez les grands parents d’Octave, et elle savait que l’affection qu’ils lui portaient était l’une des raisons pour lesquelles le jeune Holbrey avait eu tant de mal à l’accepter dans son entourage.

« Je suis désolé de ne pas avoir répondu plus tôt. Je n’ai même pas d’excuse. Je suis là depuis fin juin. J’étais descendu plusieurs fois au village sans jamais te trouver au bar. William était là et je me suis dit que je pouvais toujours essayer de récolter l’information à la source. Je ne sais pas exactement ce qui se passe, mais vous êtes tous les deux dans une situation très délicate. Parce que autant pour l’un que pour l’autre, tu n’es clairement pas la fille idéale pour lui et son statut, et il n’est pas le père qu’on aurait pu désirer pour toi, vu tes occupations. Quand est-ce que tu vas commencer tes études d’aurore au fait ? Tu serais plus en sécurité au ministère avec ton nom de famille qu’ici. Ca n’a pas changé avec lui ? T’as toujours des… trous noirs ? »

La jeune femme releva une nouvelle fois les yeux vers son vieil ami, qui avait l’air un peu penaud à mesure qu’il terminait de s’expliquer, et elle lui adressa un sourire doux, le premier qui soit franc de la soirée. Puis elle attrapa deux verres nouvellement propres qu’elle posa sur le comptoir, et en remplit un d’hydromel, pour elle. Elle avait abusé du whisky pur feu avec Cassidy au début du mois, et elle préférait passer à un autre alcool pour une fois. Elle s’était déjà trop retrouvée sous l’emprise du whisky ces derniers temps.

« Qu’est-ce que tu veux boire ? C’est la maison qui offre ! Même un verre d’eau si tu as trop bu, je ne te jugerai pas, promis ! »

Elle lui adressa un clin d’œil en riant doucement, et lui tendit un verre plein du liquide demandé. Puis elle contourna le bar, laissant les bouteilles à proximité pour qu’ils puissent se resservir, et s’installa sur le tabouret voisin de celui d’Octave. Elle but une gorgée d’hydromel, laissant le goût sucré de la boisson l’envelopper et finir de la calmer, avant d’adresser un nouveau sourire à l’homme qui lui faisait face.

« Tu n’as pas besoin de t’excuser tu sais ? C’est normal d’avoir ta vie à toi aussi ! C’était un peu égoïste de ma part de t’embêter avec ça après tout ce temps… » Elle observa le liquide tournoyer dans son verre, accompagnant ses mouvements. « Et c’est plutôt à moi de m’excuser pour m’être emportée contre toi tout à l’heure. Je comprends ta démarche, c’est juste que… On ne sait tellement plus à qui faire confiance ici maintenant… Les gens qu’on croyait connaître s’avèrent être aux antipodes de ce qu’ils affichaient jusqu’alors, d’autres disparaissent, ou font semblant de ne plus vous connaître, de peur que vous soyez vous-même du mauvais côté… La parano est de plus en plus présente. On le sentait déjà depuis un an, mais les choses sont pires depuis la chute du Ministère… »

Elle but une nouvelle gorgée d’hydromel, tentant de chasser les doutes qui continuaient à l’assaillir. Rohan, Cassidy… Tant de relations qu’elle construisait avec des personnes qui n’étaient probablement pas ce qu’on pouvait appeler des personnes de confiance. Elle savait qu’elle s’exposait à ce genre de problèmes avec ce job, c’était aussi la raison pour laquelle elle l’avait continué même si elle n’en avait plus financièrement besoin. Mais elle ne s’était pas attendue à ce que les choses se compliquent ainsi. Elle pensait arrêter de travailler aux Trois Balais à la rentrée, maintenant elle allait devoir trouver une solution pour pouvoir protéger son identité au Ministère et au centre de formation, surtout depuis que les mangemorts fréquentaient de plus près le bar. Elle regrettait de ne pas être Métamorphomage comme Astrid. Peut-être allait-elle devoir recourir aux vieilles méthodes, à savoir une coloration blonde, histoire d’être relativement tranquille ? Elle avait l’impression d’être dans une impasse… Mais d’abord, il y avait des questions d’Octave qui restaient encore sans réponse.

« J’étais sensée terminer ma formation cette année, mais je viens de recevoir une lettre comme quoi je devais refaire ma dernière année de formation… Il me faudra encore au moins un an pour rejoindre les rangs des Aurors… Je crois que la fuite de ma mère a joué un grand rôle dans la décision du centre de formation du ministère de ne pas valider mon année. » Elle éclata d’un rire sans joie, avant de vider d’un trait le demi-verre qu’il lui restait et de s’en resservir un. Doucement, Scarlett. « On n’est plus en sécurité nulle part tu sais… Encore moins au Ministère, nom ou pas nom. J’étais là, le jour où Scrimgeour a été enlevé puis probablement tué, dans son bureau. Mon nom ne m’a pas empêchée d’en prendre plein la gueule par les copains mangemorts de mon père… »

Elle revoyait encore les yeux froids de la blonde qui l’avait mise en joue ce jour-là. Ca avait été un duel acharné, mais elle avait perdu. Scarlett ressentait toujours l’amertume de la défaite, plus que le goût âpre de la peur qui l’avait envahie lorsqu’elle avait vu la mort briller dans les yeux de son adversaire. Elle reposa son regard sur Octave et croisa le sien, qui l’observait. Elle lui sourit, avec lassitude. Elle était fatiguée, et sentait la pression de ces derniers jours et surtout des dernières heures lui tomber dessus comme une chape de plomb. Elle regrettait d’avoir mentionné la fuite de sa mère, après tout, elle ne savait pas vraiment si elle pouvait entièrement faire confiance à Octave. Mais elle avait besoin de vider son sac, une chose qu’elle n’avait pas pu faire depuis des semaines. Et les dernières semaines avaient été riches en péripéties, encore une fois.

« Les trous noirs s’étaient calmés, je ne le croisais plus beaucoup. Mais j’ai l’impression que ça revient... Je ne sais pas si c’est parce que je suis épuisée, ou si ça a un rapport avec lui. Mais c’est toujours pareil, il vient me provoquer, me faire comprendre qu’il sait beaucoup plus de choses que je ne le crois, et moi je n’ai toujours pas le courage de lui envoyer mon poing dans la figure. Je reste juste là comme une gamine, à essayer de l’envoyer se faire cuire un œuf de dragon, mais c’est peine perdue. Mais quand je crois avoir gagné la bataille, je me rends compte que ce n’est pas le cas après coup… Bref, et toi alors, qu’as-tu fait depuis tout ce temps ? Et qu’est-ce qui t’a donné envie de devenir un rat de bibliothèque à Poudlard ? Tu dois avoir tellement de choses à raconter ! »

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MessageSujet: Re: [22 août 1997] Où sont passés les rires de notre enfance ? [22 août 1997] Où sont passés les rires de notre enfance ?  EmptyMar 8 Aoû 2017 - 0:35

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MessageSujet: Re: [22 août 1997] Où sont passés les rires de notre enfance ? [22 août 1997] Où sont passés les rires de notre enfance ?  EmptyMer 23 Aoû 2017 - 16:03

Si l’hydromel dans son verre s’amenuisait rapidement, il n’en allait pas de même pour le gin tonic d’Octave. Scarlett avait une bonne descente, mais l’alcool montait vite chez elle. Trop même. Et rapidement, elle n’avait plus des actions très cohérentes. C’est ce qui avait fini par la mettre dans le lit de Rohan la première fois. Et bien qu’elle ne regrettât pas l’épisode, elle s’intima de se modérer. Octave n’avait pas besoin de la voir dans cet état-là. Ca lui allait bien, de rester encore un peu la petite fille de son enfance. Il était la seule personne encore vivante, à l’exception de sa mère, qui puisse encore témoigner de cette époque. Et c’était un sentiment étrange pour elle aussi. Mais Octave avait quelques pintes de bière dans le sang déjà, raison de plus pour qu’il fasse plus attention. Elle le regarda d’un œil suspicieux lorsque celui-ci lui affirma ne pas être sous l’emprise d’un Imperium, et il choisit cet instant pour croiser son regard. Elle était passée à côté de ça l’année précédente, quand Madame Rosmerta y avait été soumis et que Scarlett, l’apprentie auror, ne l’avait même pas relevé, mais elle ne ferait plus cette erreur. Elle se sentait plus détendue, depuis qu’elle avait cessé de diriger sa colère contre Octave. Elle pensait même pouvoir passer une agréable fin de soirée en sa compagnie. Pour autant, elle sentait qu’il allait encore lui falloir quelques verres d’hydromel pour pleinement se détendre. Elle finit cependant par lui adresser un sourire joyeux, presque mutin.

« Ne t’en fais pas, je ne crois pas que tu sois sous Imperium. Bien que ça ait pu expliquer certaines de tes fréquentations ! »

Il était plus simple de détendre l’atmosphère en essayant de plaisanter. D’autant que présenter l’actuelle société la mettait mal à l’aise. Même si elle savait que l’Ordre n’allait pas se laisser faire, elle ne pouvait pas s’empêcher de craindre le pire. Et si Voldemort restait au pouvoir ? Et si Potter était détruit, et qu’ils n’avaient plus aucun espoir ? Et si toute la Résistance se faisait décimer ? Elle n’osait pas imaginer ce qu’il pourrait advenir de l’Angleterre, et même du Monde dans ce cas. Et cette idée lui faisait même froid dans le dos. Elle se demandait comment Octave vivait les choses, en sa qualité de personne qui se voulait neutre… Elle aurait aimé prendre les choses avec la même désinvolture que lui. Mais elle ne pouvait que se voiler la face par moments, comme lorsqu’elle était avec Rohan, mais c’étaient les seuls instants où elle parvenait à oublier l’horreur extérieure. Et encore, même pas entièrement, puisqu’elle ne cessait de se demander où allaient les allégeances du serveur. Le reste du temps, elle restait sur ses gardes. Si elle ouvrait toujours la gazette avec dégoût, prête à lire toutes les ignominies possibles, elle le faisait avec encore plus de difficultés depuis que sa mère était partie, redoutant de lire son nom à la rubrique nécrologie…

« Tu veux que je te pistonne ? Ce n’est pas très compliqué. »

Scarlett releva le regard, auparavant fixé sur son hydromel, et tenta d’accrocher le regard d’Octave, un sourcil interrogateur haussé. Quelle drôle d’idée… Et si les choses étaient si simples… Désinvolte, cet adjectif lui allait bien. Il semblait pouvoir s’adapter à toutes les situations et en tirer parti. Et Scarlett l’admirait pour cela. Elle était certaine que même s’il se mettait dans un pétrin monstre, il saurait s’en sortir indemne d’une pirouette. Elle écouta avec attention le discours qui suivit, tentant de suivre le cours de ses pensées. Pourtant, Octave avait tort, lorsqu’il la qualifiait de non-dissidente. Parce qu’elle comptait bien rejoindre les rangs de cette résistance, et sa mère était une dissidente. Et elle se doutait que le Ministère le savait, et qu’il l’avait surveillée de près, attendant de pouvoir la mener devant le tribunal magique et l’envoyer à Azkaban avec tous les autres nés moldus accusés de vol de magie… Personne, absolument personne, n’était à l’abri. Pas même les employés du Ministère. Elle était même convaincue que certains ne se gênaient pas pour dénoncer leurs voisins. Elle pinça les lèvres, tout en se demandant si Octave était intimement convaincu de ce qu’il racontait, ou s’il ne faisait qu’énoncer des théories, alors qu’il tentait encore de prendre la température du pays dans lequel il vivait de nouveau. Elle avait envie de lui démontrer qu’il avait tort, mais elle préféra terminer son verre. Elle avait peur de trop en dire, et même si elle avait décidé d’accorder sa confiance à Octave, il n’était pas dit que personne ne pouvait les entendre. Elle entendait la voix de sa mère qui résonnait à ses oreilles, qui singeait Maugrey Fol’œil en répétant à tout va « Vigilance constante ! ».

« Mais je comprendrai que tu ne veuilles pas. Ce sont deux parties pris totalement différents qui ne sont pas accessibles à tous. »

Elle lui sourit avec douceur. Si les choses pouvaient être aussi simples… Mais son tumultueux esprit était agité de pensées contraires depuis quelques temps maintenant, et ça n’allait pas s’arranger. Néanmoins, elle devait répondre à la proposition d’Octave.

« C’est gentil, Octave, merci beaucoup. Mais malheureusement, je crois que je vais devoir refuser… En réalité, même si je ne me vois exercer aucune autre profession que celle d’auror… » Elle baissa d’un ton, de manière à ne pouvoir être entendue que de lui, comme si quelqu’un pouvait les entendre. « Je ne suis pas sûre de vouloir travailler pour ce Ministère pour l’instant, pas tant que Tu-Sais-Qui titrera les ficelles en tout cas. »

Elle lui adressa un sourire avant de changer de sujet, répondant à ses questions sur son père et la relation qu’ils continuaient d’entretenir. C’était un sujet nettement moins dangereux, bien que presque plus effrayant que tout le reste. Mais il n’engageait qu’elle. Et malgré tous les problèmes qu’il pouvait lui apporter, elle espérait qu’un jour sa parenté pourrait réellement la sortir des ennuis. Son sang l’avait protégée du Basilic de la chambre des secrets, et il la protégeait également de la discrimination envers les nés moldus. Mais elle voulait que son nom lui soit également utile.

Au fur et à mesure qu’elle parlait de ses trous noirs, Scarlett vit du coin de l’oeil la physionomie d’Octave changer radicalement, passant de la nonchalance à une extrême attention. Elle sentit son cœur s’accélérer légèrement, redoutant l’analyse qu’il pouvait faire de son récit, et préféra changer de sujet rapidement, comme pour clore la conversation. Mais c’était sans compter sur son interlocuteur.

« Les trous noirs, ce n’est pas normal. Dans ton cas, c’est soit provoqué par un traumatisme, soit par la magie. Dans les deux cas, tu auras de mauvaises surprises. Et plus ça dure, plus ça te cause de torts. »

Scarlett se retourna vers lui à son tour, lui faisant complètement face, et scruta son visage. Elle sentait son cœur s’emballer, suite à ce qu’il venait de dire. Il ne faisait que confirmer les doutes qu’elle avait depuis quelques temps. N’ayant pas subi de traumatisme particulier depuis qu’il avait fait son retour dans sa vie, hormis s’être faite amocher lors des deux dernières attaques au Ministère, ça ne laissait plus beaucoup de possibilités. Et l’idée que son père puisse la soumettre à certains sortilèges lui faisait réellement peur. Une terreur sourde, profonde, qui s’insinuait partout et cherchait à la paralyser. Sa bouche s’assécha, et mécaniquement, elle se saisit une nouvelle fois de son verre pour en prendre une grande gorgée. Elle l’écoutait, mais l’entendait comme s’il était loin d’elle, sa voix résonnant dans sa tête. Son père cherchait-il des informations au sujet de l’Ordre ? Ou voulait-il seulement semer le trouble dans son esprit ? Lui avait-elle fourni certaines informations ? Elle sentit ses mains trembler de nouveau, et serra les poings sur ses genoux pour tenter de les contrôler. Elle savait que William était dangereux, mais elle avait été trop faible pour l’éjecter de sa vie une bonne fois pour toute. Toujours fixée sur le visage d’Octave, elle le vit se détendre alors qu’il s’apprêtait à changer de sujet, et resserra les poings une nouvelle fois, tentant de mettre fin au tremblement de ses mains. Elle se concentra sur la voix d’Octave, qui semblait toujours émaner d’un tunnel, mais plus les secondes passaient, plus elle récupérait de contrôle sur elle-même. Mais la peur ne la quittait plus. Elle prit une nouvelle rasade d’hydromel pour finir de se détendre.

[b}« J’ai rencontré le remplaçant, on dirait un peu Raspoutine. Vu comme Rogue s’est faufilé entre les mailles, ça ne m’étonnerait pas qu’il ait les mêmes capacités de survie que lui. »[/b]

Hydromel qu’elle manqua de recracher sur Octave, tant son trait d’humour lui donna envie de rire. Elle avala de travers et hoqueta brièvement, tout en étant agitée d’un fou rire qui se prolongea face à la théâtralité du bibliothécaire. C’était une comparaison peu commune, mais elle la trouvait plutôt correcte. Et la proposition d’Octave de parler d’alcool n’arrangeait rien. Comme s’ils en étaient réduits à cela uniquement… Elle lui sourit, calmant son rire.

« Je trouve que tu avais une meilleure descente pendant que tu jouais aux cartes, que maintenant… Notre conversation est-elle moins inspirante qu’une partie de Dourak ? A moins que mon gin tonic soit moins bon que ceux que tu as eu l’occasion de boire en Australie pendant un an ? Ou alors tu ne veux pas me montrer ce que tu deviens quand tu perds un peu le contrôle ? Si c’est ça qui t’inquiète, tu n’as pas de soucis à te faire, j’ai vu tellement de choses entre ici et la Tête de Sanglier que j’ai appris à ne plus juger les saoulards... Je me suis moi-même retrouvée à plusieurs reprises dans la gazette au sujet de ma prétendue addiction à l’alcool ces derniers mois ! »

Nouveau clin d’œil. Elle ignorait totalement l’effet que ses agissements pouvaient avoir sur Octave. Elle ne cherchait pas à flirter avec lui, elle avait juste naturellement cette attitude légèrement aguicheuse. Et puis elle préférait parler de sujets futiles, plutôt que retomber dans leurs conversations sérieuses précédentes. Elle avait réellement besoin de se changer les idées…

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MessageSujet: Re: [22 août 1997] Où sont passés les rires de notre enfance ? [22 août 1997] Où sont passés les rires de notre enfance ?  EmptyVen 25 Aoû 2017 - 18:54

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MessageSujet: Re: [22 août 1997] Où sont passés les rires de notre enfance ? [22 août 1997] Où sont passés les rires de notre enfance ?  EmptyLun 27 Nov 2017 - 21:30

Scarlett observait les mimiques d’Octave, se repaissant du spectacle. Elle ne pouvait que constater à quel point cette rencontre différait de celles qu’ils avaient pu avoir jusque-là. De l’adolescent taciturne qu’elle avait fréquenté enfant, qui semblait la considérer comme une mouche gênante qu’on rêvait d’écraser, lassé par son bourdonnement incessant qui venait résonner dans vos oreilles, à l’adulte qui la tolérait un peu mieux et qu’elle avait sollicité pour retrouver la trace de William. Leurs rapports avaient toujours été cordiaux, mais plutôt sérieux, Octave n’ayant jamais réellement été un compagnon de jeux dans son enfance. Et bien que la conversation qu’ils entretenaient actuellement garde toujours ces mêmes accents sérieux et profonds, elle ne pouvait que remarquer son attitude plus détendue et plus avenante. Peut-être que de passer une année loin de tout lui avait fait du bien ?
Un sourire étendit ses lèvres lorsque sa grimace fut achevée. Elle se sentait futile d’avoir tellement détourné la conversation. Mais son quotidien était tellement sombre qu’elle avait envie de s’évader, même le temps d’une discussion avec un vieil ami. Elle était lasse de cette paranoïa, de ce sentiment de peur qui lui tordait le ventre à chaque pas. Elle avait toujours pris la vie avec légèreté, c’était ce qui la caractérisait le plus. Elle était impulsive et vivait de l’adrénaline qui courait dans ses veines. Mais depuis quelques temps, l’adrénaline était associée à de trop mauvaises choses. Ce n’était plus suffisant. Elle savait qu’elle était responsable du choix de vie qui était le sien, qu’elle avait décidé de chaque composante de sa vie, de ce qu’elle y laissait entrer, et ce qu’elle voulait en sortir. Les choses seraient plus faciles si elle n’avait pas laissé Rohan y entrer, de même que si elle avait décidé de se concentrer uniquement sur sa formation d’auror, sans continuer à servir dans ce bar. Mais chacune de ces choses faisait partie d’elle. Et elle avait décidé de se battre. Elle aurait pu faire comme la grande majorité de ce pays : fermer les yeux et attendre que l’orage passe. Mais non. Si elle était pleine de contradictions, elle avait des idées bien arrêtées. Elle espérait simplement qu’Octave ne perçoive pas en elle que cette fille imbibée d’alcool, superficielle et un brin idiote…

« Oui, j’ai entendu dire qu’avec les breuvages de ce bar on décapait des poutres en acier, rien d’étonnant à ce que tu en profites pour décaper ton âme. Cela dit, quand je t’observe, je me dis que la seule chose ‘’prétendue’’ dans cette histoire, c’est le journaliste qui est parvenu à transformer tes pleurnicheries poisseuses et ton flirt d’ivrogne en article de journal. Soit il est trop bien payé, soit pas assez, mais tu as enfin trouvé quelqu’un que ça intéresse !… En attendant, ce n’est pas moi qui me suis retrouvé immortalisé sur papier. »

Le sourire de Scarlett se figea un instant, avant de reprendre son ascension. Dans d’autres circonstances, elle se serait vexée et aurait sûrement fini par lui jeter le reste de sa boisson à la figure. Mais elle ne percevait dans le cynisme d’Octave qu’une façon de se moquer justement de sa futilité et sa superficialité. Elle leva donc son verre dans les airs, comme pour trinquer avec lui à ces belles paroles, avant de laisser une nouvelle gorgée du liquide sucré dévaler le long de sa gorge. Elle conserva cependant le silence, attendant la nouvelle salve d’Octave, qui ne tarderait probablement pas à arriver. Et s’en suivit justement un laïus sur les vertus de l’alcool dans la socialisation. C’était une chose que Scarlett connaissait bien, voir les gens se désinhiber lentement tandis que la substance magique envahissait leur sang, rendant les plus timides volubiles et fous, et exacerbant la nature des plus extravertis. Une chose qu’elle-même avait à maintes reprises expérimenté. L’alcool qui déliait les langues, qui faisait s’envoler les soucis, qui rendait le moindre problème inintéressant. Devenir ivre était un danger pour elle, surtout avec les personnes avec qui elle l’avait fait dernièrement. Car si sa langue se déliait, elle risquait gros. Mais c’était comme jouer avec le feu, elle se sentait vivante. Finalement, un petit tête à tête avec un mangemort lui ferait peut-être le plus grand bien, en matière d’adrénaline.

« Dois-je en conclure que tu ne te sens pas en confiance en ma présence ? Tu veux me voir en position de faiblesse ? Tu préfères que je sois complètement rond et moins chiant ? De toute façon, j’ai l’alcool ennuyeux. Y a rien à voir, que des bêtises à entendre. Litanies interminables et chiantes sur ma mère, ma famille, mes études, mon travail... »

La désinvolture d’Octave continuait de la fasciner. C’était une légèreté pourtant pleine de profondeur qu’elle aurait aimé avoir elle-même. Elle échappa un léger rire cristallin, tandis que les mots tourbillonnaient dans son esprit, à mesure que les contours de l’image se floutaient légèrement. La douce délivrance qu’elle attendait, celle qui reléguait toutes les mauvaises nouvelles au second plan et qui lui permettaient de saisir la joie dans l’instant présent. Triste vie pour une serveuse que d’avoir des tendances alcooliques…

« Je te fais confiance, Octave. Je ne veux seulement pas que tu sois témoin lucide de ma déchéance. Mais je te fais confiance. »

Même à ses oreilles, la confession semblait être celle d’une pauvre ivrogne. Le genre de confession que l’on fait à ses amis en déclarant les aimer de tout leur cœur, quand on n’est plus capable de faire la distinction entre les gens et qu’on a la bouche tellement pâteuse qu’on ne sait comment on fait pour articuler des mots qui ont encore un sens. Et pourtant elle était sincère. Elle lui faisait confiance, même si elle n’appréciait pas de le voir trainer d’aussi près avec des mangemorts, et même si elle aurait préféré qu’il choisisse clairement un camp plutôt que se laisser porter au gré des vagues.
Elle observait attentivement chacun de ses gestes, la façon qu’il avait de se resservir un verre, tout en commentant le fait qu’il préfèrerait apparaître dans le journal pour de belles actions. Puis il s’arrêta, et elle détailla son visage, soudain suspicieux, inquisiteur, qui la scrutait comme s’il avait eu des rayons lasers au fond des yeux. Elle se sentait presque mise à nue devant l’intensité de ce regard et réprima un frisson.

« Mais avant que je ne te serve, il va falloir m’expliquer avec quoi je dois rivaliser. Qu’est-ce que t’as foutu pour mériter l’attention d’un journaliste ? Et est-ce que j’ai seulement raison de te laisser boire sans rien dire ? Est-ce que ça ne fait pas justement parti de mon devoir de citoyen que de te garder sobre, pour la sauvegarde de la population locale ? Parce que si ça se trouve, c’est ça, tes trous noirs : ton esprit qui essaye de se cacher les horreurs qu’il commet sous l’emprise d’un peu trop de gnole.  Scar, c’est pas comme ça qu’on t’a éduquée… »

La jeune femme partit d’un grand éclat de rire, presque incontrôlable, communicatif. Elle essuya une larme qui menaçait de s’échapper de son œil droit, tout en hoquetant misérablement. C’était tellement libérateur que de rire ainsi, sans barrières, sans honte, sans la moindre gêne.

« Tais-toi Octave, on dirait ma grand-mère… En fermant les yeux, j’aurais presque pu l’imaginer à ta place ! Tu ne l’as pas connue à sa grande époque du « Mon Dieu, retire cette couleur atroce de tes cheveux, et cesse donc de me faire tourner en bourrique ! » » Elle fit tourner un instant le fond d’hydromel qu’il restait dans son verre, reprenant ses esprits. « Disons seulement que les gens qui vivent ici sont heureux dès qu’on leur offre un peu de divertissement. Tu connais les Feux de L’Amour chez les moldus ? Sorciers et moldus sont très similaires quand il s’agit de ces choses-là. Donc si deux serveurs des bars les plus fréquentés du village fricotent ensemble, avec un petit coup dans le nez, et tu peux être sûr qu’il y aura quelqu’un pour le raconter, ou pour envoyer un petit hibou à la partie potins de la gazette. Mais hé ! C’est le début de la célébrité mon cher Holbrey, je peux au moins me vanter d’avoir mon nom écrit dans ces pages et c’est un honneur qui n’est pas donné à tout le monde ! Mais attends un peu que les gens commencent à te connaître, et je suis sûre que tu ne seras pas long à accéder à la postérité toi aussi ! »

Elle tendit son verre vers lui et trinqua en riant, avant de balancer la tête en arrière et d’avaler le fond de son verre.

« A la célébrité ! »

Elle lança un regard alentour, observant la salle si familière du bar. Elle s’y sentait comme chez elle. Puis elle reporta son attention sur Octave, un sourire malicieux au coin des lèvres.

« Et si on allait se promener un peu ? Sortir d’ici et profiter de cette douce nuit d’été ? Je te proposerais bien d’aller – comment tu as dit ça déjà ? – chourer le choixpeau ou repeindre le château en rose, mais peut-être n’est-ce pas une bonne idée pour l’instant… Mais quoi qu’il en soit, je veux que tu fasses appel à moi quand tu décideras à te lancer là-dedans ! Mais on pourrait peut-être aller visiter la cabane hurlante ? Ou juste flâner dans les rues tant qu’elles ne sont pas envahies de détraqueurs ou je ne sais encore quelles autres horreurs. »

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