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[20 octobre 1977] La vie est injuste, c'est ainsi (FT. Astrid)

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MessageSujet: [20 octobre 1977] La vie est injuste, c'est ainsi (FT. Astrid) Mar 18 Avr 2017 - 0:05

Le mois d'octobre se poursuivait, lugubre. L'âme du château avait été transfigurée. L'innomable avait été commis. L'impensable. Il suffisait de regarder attentivement le visage des élèves. Tous, ou presque, étaient moroses. Dans leur regard, l'innocence avait cédé la place à l'inquiétude. Il ne restait plus aucune sérénité. Personne n'avait été assassiné, mais pourtant quelque chose avait définitivement été brisé. Il fallait bien l'admettre, la séance de torture collective pratiquée par les Carrow avait sévèrement ramené dans l'école une ambiance pesante, de la terreur. Certes, l'époque où cette folle de Dolores Ombrage, pratiquait son inquisition en ces murs, n'était guère loin. Et dire qu'elle prétendait avoir un lien de parenté avec les Selwyn... Tiberius en doutait fortement, même si cela ne l'aurait pas surpris, tant sa famille pouvait contribuer à la masse de dégénérés tatoués et en capuche. Cette sinistre famille gardait un penchant pour l'entretien des tares et l'aspect malsain. Pourtant, ce petit crapaud court sur pattes n'avait rien fait comparé au duo de Mangemorts. Il avait vu les dégâts... d'abord sur son neveu, Edward. Et puis sur les autres aussi. Dans le corps professoral, beaucoup en avait gros sur le coeur. A commencer par McGonagall elle-même. Ca ne passait pas, elle en avait même parlé à Rogue, sans se gêner. Et elle avait pu compter sur le soutien de Flitwick et dans une moindre mesure sur celui de Slughorn. Tiberius, pour sa part, fidèle à lui-même, ne prenait pas de position tranchée. Au fond de lui, il était profondément indigné par l'acte des Carrow. Mais il se voulait prudent. Rien ne pouvait garantir qu'une telle punition ne soit pas exécutée une nouvelle fois sur les élèves, ne serait-ce que pour calmer toute rébellion professorale. Cela ne servait à rien d'allumer une mèche et de provoquer les Carrow. A cet instant précis, ils avaient le pouvoir, jugulé par Rogue, oui, mais ils agissaient en position de force. Prendre le risque de défier leur autorité, cela pouvait s'avérer très dangereux. Il fallait parfois prendre du recul avant d'agir. Tiberius en prenait surement trop, puisque depuis le début du conflit, il nageait dans les eaux troubles et peu rayonnantes de la neutralité. Mais cela lui convenait parfaitement et de toute évidence, les conflits frontaux, très peu pour lui ! Revoir Edward brisé, il ne pourrait pas l'accepter. Bien qu'étant un Selwyn, son neveu avait suscité en lui un sentiment qu'il n'aurait jamais cru éprouver à nouveau : l'amour. Cette petite bouille, qui avait provoqué la honte chez son frère, avait aterri à Poufsouffle. Forcément, il ne pouvait être qu'un brave gamin. Sous sa carapace froide, Tiber cachait en réalité un coeur d'or. Il fallait juste arriver à lui prouver qu'il pouvait accorder sa confiance et s'en montrer méritant. L'exercice, finalement, n'avait rien d'aisé ! Pourtant, parfois, certains le relevaient avec une grande facilité, parce qu'il se comportait de la meilleure des façons au bon moment, ou encore parce qu'ils se trouvaient au bon endroit, à une heure opportune. Si Edward avait fini à Serpentard, jamais son oncle ne lui aurait adressé la parole. La perfidie des Selwyn, très peu pour lui.

Ce soir, Tiberius avait pris la décision de sortir de Poudlard, pour s'épargner l'ambiance lourde et navrante de l'école. Il se rendit donc à Pré-au-Lard, en balai. Sur la route, quelques détraqueurs un peu trop curieux tentèrent de l'atteindre. Manque de bol pour eux, Selwyn s'avérait redoutable en sortilèges. Il n'eut aucun mal à matérialiser son patronus et à tenir à l'écart les créatures des tenèbres. Dans les airs, il retrouvait la liberté qui l'habitait autrefois, alors qu'il jouait dans l'équipe de Quidditch de Poufsouffle. Cela lui rappela Philius, son meilleur ami. Que de bons moments passés ensemble. Cela faisait quinze ans, s'il comptait bien, que son acolyte était mort. Une blessure profonde, à laquelle il s'interdit de penser. Ce n'était ni le lieu, ni l'heure. Prenant conscience que peut-être, depuis le château, certains élèves lèveraient les yeux à travers les fenêtres pour voir le ciel, le professeur agita doucement sa baguette. Plusieurs filaments de lumière traversèrent le ciel, de façon aléatoire, comme des étoiles filantes. Peut-être qu'ils feraient des voeux et qu'avec un peu de chance, ceux-ci deviendraient réalité. Quand lui-même avait été plus jeune et haï de son père et de son frère, il avait espéré. L'espoir, c'est beau sur le papier, c'est rarement suivi d'effet, mais cela motive. Il maintient les êtres en vie, leur donne de la force, du courage, du réconfort. C'était sa façon à lui, silencieuse et humble, de marquer à la fois son soutien et sa solidarité. Personne ne saurait ce qu'il venait de faire, tant mieux. Il détestait les honneurs. Son voyage se passa bien, Tiberius profita du paysage. Voir ce relief éclairé par la lune, pleine, ça n'avait pas de prix. Un jour, dans ce firmament, il retrouverait ceux qu'il aimait : ses lumières dans l'obscurité. Les meilleures choses ayant une fin, il descendit tranquillement jusqu'à la terre ferme. Pré-au-Lard était un peu animé par quelques musiques, émanant de pubs alentours. Une patrouille de deux Mangemorts remarqua son arrivée. Charmant comité d'accueil... Il y avait un grand, particulièrement enrobé et un plus petit, maigrichon. Leurs robes noires ne laissaient aucun doute sur leur véritable allégeance. Ils sortirent leurs baguettes, tandis que Tiberius rétrécit son balai pour le ranger dans un petit étui qu'il glissa au fond de sa poche. Il ignora les deux énergumènes ce qui visiblement agaça le gros :

- Décline ton identité !

Tiberius tourna la tête vers lui et s'exécuta, froidement :

- Tiberius Selwyn.

Il y eut un court silence, le temps que l'information n'arrive à l'espèce de pédoncule qui servait de cerveau à cette réplique de Bibendum.

- Ah oui ! Tu es la tare de la famille Selwyn c'est ça ? Le semi-cracmol qui a fini à Poufsouffle ! Ton frère nous a parlé de toi !

- Eh bien, oui, lui-même, en personne. Même si je considère que la tare de la famille c'est plutôt lui. Si tu regardes bien, c'est quand même cet abruti qui a fini à Azkaban, pas moi. La honte familiale en fait, c'est plutôt lui... même mon père ne s'en est pas remis.

- Pour qui tu te prends, hein ?

- Quoi ? Réfléchis... tu es plus prompt à défendre un raté qui a failli dans sa mission qu'à croire celui qui a continué à servir dans l'ombre, sans se faire attraper, réussissant même l'exploit d'enseigner à Pourdlard ? Vraiment ?

Le maigrichon trancha :

- Il n'a pas tort...

- Ecoutez, j'ai fort à faire ce soir. Une charmante demoiselle m'attend et je déteste être en retard. Je serais ravi de parler de la gloire de ma famille, de mon père notamment, avec vous deux, autour d'une bonne pinte. C'est moi qui régalerai ! Mais pas ce soir. Cette école est un nid à laiderons. Pour une fois que je peux trouver une distraction intéressante ailleurs !

- Hahaha ! La légende est donc vrai, Selwyn ! Toi t'es un tombeur !

Le gros les regarda successivement et finit par se résigner :

- J't'ai à l'oeil toi... va pas croire que tu m'as endormi, cracmol.

Une lueur lugubre passa dans le regard de Tiberius. L'intonation de sa voix n'avait plus rien de cordiale. Il gronda, sèchement :

- Je pourrais te démontrer mille fois que je ne suis pas un cracmol, mais ce ne serait pas un spectacle très reluisant pour toi. Et je ne souhaite pas fâcher le Seigneur de Ténèbres en te rendant méconnaissable. Alors, l'idéal, là, maintenant, c'est que tu ailles boire un verre, où tu le veux tant que c'est hors de mon champ de vision, et que tu arrêtes de m'insulter.

- Sinon quoi ?

- Allez, arrête, tu crois qu'il est devenu professeur sans pouvoir magique ? Viens, reprenons notre ronde, c'est un des nôtres.

Le gros sembla hésiter, mais Tiberius ne le lâcha pas du regard. S'il voulait jouer, il allait être servi. Finalement, la raison sembla l'emporter. Les deux Mangemorts s'éloignèrent. Tiberius regarda autour de lui. Hormis le bruit de musique dans les tavernes, il n'y avait pas un chat dans les rues. Selwyn marcha d'un pas assuré jusqu'à la Tête de Sanglier. Il la préférait aux Trois-Balais, trop bruyant à son goût et trop fréquenté. Il préférait le calme et la solitude, sauf s'il s'agissait de jolies jeunes femmes. Il entra donc dans l'auberge, pratiquement vide. Il salua le serveur d'un signe de tête et prit place dans un endroit un peu en retrait, où, il le savait, personne ne viendrait l'ennuyer. Il commanda une bierauberre et s'assit. Le mobilier semblait être trop petit pour lui. Avec sa carrure massive, cela lui donnait un air de géant. Il ferma les yeux et inspira. Enfin un peu de distraction... rien de tel pour méditer. Lorsque ses paupières s'ouvrirent, il fit un visage familier en face de lui. Astrid l'avait rejoint. Sans doute qu'elle l'avait vu entrer. Tiberius resta de marbre, ni surpris, ni agacé d'être dérangé.

- Une digne héritière des Shafiq. A se fondre dans le décor pour apparaitre discrètement, comme par magie. Je préfère t'avertir, je ne suis pas d'humeur à te donner des conseils ce soir.

Voilà qui avait le mérite d'être clair. La jeune femme apprécierait sans doute sa franchise.
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MessageSujet: Re: [20 octobre 1977] La vie est injuste, c'est ainsi (FT. Astrid) Mar 18 Avr 2017 - 3:21


Elle entendait un halètement incroyablement puissant, ainsi que des pas résonner dans le couloir. Les siens ? Droite, droite, gauche, puis enfin, elle les vit : les escaliers de Poudlard, si farceurs, cette année. Elle commença à les descendre avec une vitesse impressionnante, sautant à plusieurs reprises jusqu'à trois, quatre, peut-être cinq marches. Du temps, elle n'avait pas de temps... Si seulement je pouvais revenir en arrière. Si seulement je pouvais tous les sauver ! Elle les voyait, closes, les belles et puissantes portes de cette salle qu'elle avait tant aimée. Une salle où elle savait qu'elle s'amuserait à chaque fois qu'elle y pénétrerait. Elle se rappelait encore du changement de la décoration pour le bal de Noël l'année où le Coupe de Feu avait été ravivée. L'année où son premier amour était mort, décédé, tué par le Seigneur des Ténèbres. Beaucoup s'étaient engagés dans l'Ordre du Phénix par compassion, pour protéger des innocents... Non, elle, ce n'était que par vengeance, pour le venger lui. Cédric. Ses pas s'accélérèrent encore si ce n'était que seulement possible. Elle ne pouvait pas ralentir, pas maintenant, elle devait les sauver, les protéger, se battre pour leur survie... C'était pour ça qu'elle était à Poudlard, après tout, parce qu'il fallait se battre pour la liberté, parce qu'il... Parce que Cédric n'aurait jamais toléré pareille action. Sur cette pensée, Astrid dégaina sa baguette de son holster et visa, en pleine course. Un éclair s'échappa de sa précieuse amie dans une détonation puissante, venant se fracasser sur les portes fermées, qui s'ouvrirent dans un fracas tonitruant.

L'enfer. Astrid ne vit que ça, l'enfer.

Des cris, du sang, des larmes, des flammes et un trône de chaires putréfiés.

Sur celui-ci se trouvait nul autre que Lord Voldemort. Son regard rouge, perçant, se braqua dans les yeux vairons de la mercenaire.
Oh citrouille... D'un mouvement souple du bras, le Seigneur Noire pointa son arme sur la femme, qui fut alors propulsée dans la pièce et les deux lourdes portes se fermèrent derrière elle.

- Voyez qui viens vous sauvez. Voyez, mes chers enfants, qui est venu pour vous délivrer du mal. Astrid Shafiq, la grande, l'indomptable, que dis-je ? L'imprudente !

Des mangemorts commencèrent à apparaître derrière le Lord, riant, s'esclaffant. Astrid se retourna, affolée, pour ne voir que de nombreux visages d'élèves apeurés, tous murmurant des suppliques à son égard. Sauvez-nous, pitié ! Professeur, aidez-nous ! Il veut tous nous tuer, Miss, pitié ! Alors, avec tout son courage et sa résignation, Astrid se retourna à nouveau vers Lord Voldemort. Celui-ci riait en la regardant faire, jusqu'à ce que la mercenaire lançât le bal. Un sort fusa, mais il ne toucha pas le Lord. Celui-ci l'avait dévié d'un simple revers de la main, comme s'il ne s'agissait que d'un insecte venant l'importuner. Avec une grâce impressionnante, il se leva de son trône et commença à marcher lentement vers la femme, qui, bien malgré elle, se mit à reculer petit à petit.


- Avez-vous donc perdu votre courage, Professeur ?

Experliarmus, expulso, confrigo, bonbardia, avada kedevra, endoloris, atakunto, conjunctivitus, furia chiropto ! De l'escrime. Dans un duel sorcier, Astrid, tu dois penser comme ces personnes qui font ce sport. Esquiver, parer, attaquer, esquiver, parer, attaquer. Et si ton adversaire n'attaque pas, profite-en et ne lui en laisse pas l'occasion. Des paroles de son père. C'était précisément ce que faisait Astrid, présentement : elle ne voulait pas laisser le loisir à Voldemort d'attaquer. Si elle le faisait, elle savait qu'elle était morte. Alors, ne sachant que faire d'autre, elle balançait tous les maléfices qui lui passaient par la tête, sans logique, formulés et informulés se mélangeant sans queue-ni-tête, voulant simplement voir cet être inhumain tomber sous ses attaques répétées.

- EXHAUSTAQUA ! cria Astrid en se redressant en position assise, sa baguette pointée sur le lapin noir se trouvant dans une cage.

Complètement en nage, la couverture blanche qui recouvrait son corps nu glissa de son buste, laissant apparaître sa peau, quasi-translucide, tant elle était pâle, diaphane, depuis cette nuit.

- Teletubbies. DE. CAUCHEMAR. DE. citrouille !

Son cri fut accompagné d'un geste rageur, alors qu'elle balançait son réveil - qui montrait que le soir était à peine tombé - contre le mur. Celui-ci explosa quand il entra en contact avec la pierre dure, mais la femme ne le remarqua qu'à peine. Elle se retourna dans son lit et mordit son oreiller avec toute la force qu'elle pouvait, étouffant au passage un hurlement de frustration et de colère. Une pulsion meurtrière commença à serpenter dans ses entrailles et Astrid se releva en envoyant la couette au sol d'un mouvement rageur du bras droit. Elle s'approcha de l'armoire où se trouvaient ses vêtements. Des vêtements qu'elle piocha au hasard, puis qu'elle recouvrit de son manteau, toujours le même, à la coupe militaire. Avant de sortir, Astrid se tourna rapidement vers le pauvre lapin qui se vidait lentement de toute son eau en couinant de douleur et pointa sa baguette sur lui. Son regard était clair : le premier qui l'approchait risquait fort de morfler et, malheureusement pour Lévine, le fameux lapin, il commençait à lui donner mal à la tête.

- Désolé Lévine, de toute façon, tu devais me servir pour le prochain cours que je devais donner. Avada Kedavra.

Astrid observa l'étincelle verte s'échapper de sa baguette et foncer droit vers le lapin, mettant fin à ses souffrances, puis se détourna de lui en rangeant sa précieuse amie dans son holster. Enfin, précieuse amie... Tout était relatif. Depuis peu, Astrid avait l'impression que sa baguette avait de plus en plus de mal à lui obéir. Elle le faisait, toujours, mais c'était comme si celle-ci criait à la Shafiq sont désaccord sur l'utilisation de certains maléfices - comme l'Avada Kedavra, qui, depuis peu, était devenu le nouveau mantra de la jeune femme, tant elle l'utilisait à tout-va. La mercenaire arriva rapidement dans le couloir et elle se stoppa net, prise de vertiges. Sa main rattrapa un mur par réflexe, alors qu'elle observait le couloir vide, qui lui paraissait étrangement grand et sombre. Aidez-nous ! Des échos de son cauchemar. Des hurlements transformés en paroles par son esprit pour la protéger - ou peut-être la torturer mentalement, elle ne savait plus trop. Avalant sa salive, la Shafiq se redressa lentement, puis reprit sa route. Elle devait sortir du château, sortir de cet enfer et, surtout, mettre le plus de distance possible entre elle et son maître de stage. Contrôle-toi, Astrid, contrôle-toi. Le tuer maintenant ne te sera d'aucune utilité, tu vas juste te mettre dans le pétrin. Quoi que... Non, non, ne pas tuer Carrow. Ne pas tuer Carrow. Ne pas tuer Carrow. S'appuyant sur le mur pour éviter de tomber, Astrid commença à avancer lentement, son regard haineux se portant vers la fin du couloir. Un malheureux élève passa à ce moment-là et dut voir un fantôme, tant sa rapidité à disparaître après son glapissement fut impressionnant. Astrid se redressa suite à ça, essayant se reprendre un minimum contenance. Les cris des élèves résonnaient encore dans son crâne, malgré que trois jours étaient passés. C'était le problème quand vos appartements se retrouvaient exactement au-dessus de la Grande Salle et, ce, même s'il y avait plusieurs étages : elle avait tout entendu, à cause des échos, cette nuit-là, essayant par tous les moyens d'oublier, de ne plus entendre, essayant en vain de lancer des sortilèges de silences sans réussir à cause de ses pleurs et tremblements. Combien de bouteilles de whisky-pur-feu et de paquet de clopes avait-elle vidés cette nuit-là ? Sa mémoire ne lui permettait pas de s'en souvenir, tant le nombre devait être impressionnant. Et pourtant, en dehors d'une gueule de bois, de nausées et d'une vague de désespoir, elle n'avait rien gagné. Je donnerai tous pour remonter le temps et les sauver, je donnerai tous pour être à leur place... Elle étouffa un sanglot et essuya sa joue d'un revers de la main, alors qu'elle reprenait finalement sa marche, rapide cette fois, pour sortir du château.

Un vent frais chatouillait ses joues alors que la demoiselle observait, les larmes aux yeux, Poudlard. Comment cette magnifique bâtisse, emplie normalement de joie et d'amour, avait-elle pu devenir aussi sombre et obscure ? Poudlard avait toujours été un phare pour ses élèves, un endroit où tous parvenaient à se sentir à leur place, qu'importe leur maison, qu'importent les rivalités, qu'importent les disputes et les problèmes. Poudlard avait toujours, toujours, dans sa mémoire, était un endroit où tous arrivaient à sourire et être finalement véritablement heureux. Le Seigneur des Ténèbres devait être fier de lui, ayant transformé ce paradis vivant en un enfer d'inquiétude et de douleur. C'était pour cela qu'Astrid observait Poudlard en pleurant. Elle pleurait et ne s'en cachait pas, pour la première fois de sa vie. Récupérant le tube de ses lèvres avec son index et son pouce, la mercenaire laissa s'échapper un nuage de fumée qui alla rapidement se perdre dans les méandres de l'obscurité ambiante. Elle jeta le mégot au sol et l'écrasa de sa botte, avant de se détourner en s'essuyant les joues. Son regard se porta quelques minutes sur la tombe de marbre de l'ancien directeur. Poudlard redeviendra belle, Professeur Dumbledore. Je vous le promets. Je mourrai pour qu'elle retrouve de sa superbe. Je suis prête à rejoindre les fondateurs si cela permet de revoir le véritable œuvre de Salazar Serpentard, Helga Poufsouffle, Rowena Serdaigle et Godric Gryffondor. Lord Voldemort se pense en droit de détruire l'œuvre de ces quatre sorciers, mais je ne baisserai pas les bras tant que je respirerai. Je vous le jure. Poudlard, le monument représentant la liberté pour tous les sorciers du Royaume-Unis. Poudlard, bien plus qu'une école, elle avait été une seconde maison pour la Shafiq et Astrid comprenait à présent qu'elle n'avait plus à se battre pour elle, elle comprenait à présent ce qui avait pu animer tant de fois Potter. Il se battait pour Poudlard, pour les autres. Elle allait faire de même. Elle allait combattre cette foutue tyrannie.

Après tout, elle était une Shafiq. Elle avait été entraînée depuis gamine pour combattre, alors elle n'allait pas s'en priver. Ça la faisait chier, c'était des gosses, mais il allait falloir les préparer, clairement. Stratégie, combat, mouvement, propagande et, très sérieusement, elle allait devoir faire en sorte que les membres de l'Ordre du Phénix se sortent tous les doigts du marshmallow et s'ils ne voulaient pas, elle leur apprendrait comment briser un bras rapidement en une leçon. Énervée ? Légèrement. Mais n'était-ce pas normal, après tout ? La tristesse mène à la colère et la colère mène à la haine. Cédric. Sirius. Maugrey. Harry. Poudlard. Je vais me battre, on va se battre, pour vous. La vue de Près-au-lard, quand elle y arriva après sa longue marche, ne la ravit absolument pas, comme s'était le cas par le passé. Les rues étaient sombres et les détraqueurs l'avaient suivie tout le long du trajet, se nourrissant de son malheur, sans doute avec une joie malsaine, sans que la Shafiq cherchât réellement à les éloigner. Arrivée dans le village, Astrid se fondit rapidement dans les ombres, comme on le lui avait si bien appris, de manière à ne pas se faire remarquer par les divers mangemorts qui passaient ci-et-là. Elle savait que, dans son état, chercher à avoir une discussion civilisée avec l'un d'eux seraient simplement du suicide : elle chercherait à tous les buter. Aussi préféra-t-elle éviter Les Trois Balais. Elle se faufila telle une ombre dans les ruelles sombres, jusqu'à arrivée non loin de la Tête de Sanglier. Un spectacle attira son attention, un spectacle qui eut le don de faire gonfler la rage qui brûlait sa cage thoracique avec une force nouvelle.

- Ah oui ! Tu es la tare de la famille Selwyn, c'est ça ? Le semi-cracmol qui a fini à Poufsouffle ! Ton frère nous a parlé de toi !

Astrid serra les dents et foudroya du regard le gros mangemort. Si un regard avait pu tuer, il se serait sans doute écroulé dans la seconde devant le visage du Professeur de sortilège. Un professeur qu'Astrid avait toujours apprécié. Il dispensait souvent de bons conseils et parvenait souvent à lui faire prendre confiance en elle pour certains exercices qu'elle avait peur de rater. Le traiter de cracmol, alors qu'il était sans doute l'un des sorciers les plus doués qu'elle avait pu rencontrer jusqu'à ce jour, avait le don de titiller sa haine envers les mangemorts ; une haine déjà fortement prononcée à cause des Carrow. Elle ne suivit pas la suite de la conversation, se concentrant surtout sur la direction que devrait prendre les deux hommes aux vues de leurs positionnements. Ils devaient être en pleine ronde et, si elle en jugeait par la manière dont le maigre pressait son collègue en jetant des regards en direction d'une rue en particulier, ils devaient s'y rendre. Parfait. Astrid profita qu'ils fussent occupés avec Selwyn pour se déplacer silencieusement, avec autant de rapidité qu'elle le pouvait. Les mâchoires serrées, le prédateur en elle grondait. Il voulait de la viande fraîche et il savait qu'il allait être servi sur un plateau morbide. Avec patience, tel un serpent se rétractant et près à bondir sur sa future proie, la phénix attendit que les deux hommes reprennent leur ronde et lui tournent le dos. Elle ne fut pas déçue. Elle patienta assez pour les voir passer devant sa cachette sans qu'ils la voient, puis elle sortit de celle-ci, se plaçant bien en évidence. Heureusement, la rue n'était pas habitée et se trouvait être trop sombre pour qu'un passant pût la reconnaître dans le futur. Aussi, deux doigts atterrirent dans sa bouche et un sifflement se fit entendre. L'effet escompté ne se fit pas attendre, les deux mangemorts se retournèrent d'un même mouvement.

Trop tard.

- Avada Kedavra.

Une lueur verte éclaira brièvement la scène et l'un des deux hommes tomba à terre, mort. L'autre, le petit gros, commença à chercher dans sa robe sa baguette, avec une panique presque risible. Et ça se dit mangemort, ça ? Avec un reniflement de dédain, la tueuse pointa son arme sur lui, alors qu'il reculait en continuant de trifouiller les poches de sa robe avec effroi.

- Exhaustaqua.

Le vert, puis le violet. Deux sortilèges mortels, mais si différents. Un sourire carnassier prit place sur le visage d'Astrid, qui s'approcha rapidement, alors que le mangemort se mettait à hurler de douleur, des vapeurs d'eau commençant à sortir par tous les ports de sa peau et, ce, de manière visible.

- Chuuuuuuut. On ne va pas t'entendre hurler. Silencio.

Ensuite, d'un mouvement sec de la main, elle déplaça la future momie sur le côté, dans l'ombre. Elle métamorphosa le mort en un os, qu'elle prit dans sa main. Avec sa baguette, elle commença à tracer des lettres de flammes, qui vinrent s'imprimer dessus.

Les Phénix renaissent de leurs cendres.
Continuez à attiser les flammes.

Avec un flegme impressionnant, après son oeuvre personnel, l'apprentie lâcha son message qui vint s'écraser à ses pieds. Elle fit alors demi-tour, se dirigeant sereinement vers La Tête de Sanglier. Le prédateur en elle était rassasié, pour un temps. Le loup avait arrêté de hurler à la lune. Le lion avait arrêté de feuler. Le serpent avait arrêté de siffler. Le corbeau avait arrêté de croasser. La phénix se craqua le cou, puis pénétra dans le bar sans faire de bruit, saluant d'un signe de tête Abelforth, qui répondit à son salut en lui montra une bouteille de whisky-pur-feu. Astrid acquiesça, lui signalant ainsi qu'elle la prenait - comme d'habitude, de toute façon, depuis sa troisième année à Poudlard. Son regard voyagea rapidement vers les différentes personnes présentes, mais elle s'arrêta sur un visage qu'elle connaissait bien. Elle s'en approcha avec le moins de bruit possible, l'adrénaline affluant encore dans son sang. Sa démarche était féline, celle d'une prédatrice qui n'attendait que de pouvoir dévorer sa proie. Quand il ouvrit les yeux, aucune surprise ne se lisait dans son regard : après tout, c'était un Selwyn, il connaissait les Shafiq.

- Une digne héritière des Shafiq. A se fondre dans le décor pour apparaître discrètement, comme par magie. Je préfère t'avertir, je ne suis pas d'humeur à te donner des conseils ce soir.
- Et je ne suis pas d'humeur à en recevoir, Professeur, ça tombe bien. Je paye ma tournée.

Elle s'assit face à lui, puis se réfugia dans un mutisme en regardant vers l'extérieur. Elle attendait de voir le tapage que son petit numéro allait faire. Toutefois, elle fut rapidement détournée de son but premier quand Abelforth vint déposer deux bouteilles face à Astrid. Elle le remercia d'un signe de tête et en poussa une vers Tiberius - un Professeur qu'elle avait souvent appelé Titi pour s'amuser, avec ses amis, à Poudlard. D'un geste précis, elle attrapa la sienne et dévissa rapidement le goulot, avant de boire plusieurs gorgées sans aucune honte devant l'ancien Poufsouffle. Quand elle reposa sa bouteille - après l'avoir vidée d'un tiers de son contenant - ce fut pour reprendre la parole, d'une voix étrangement sereine.

- J'espère que vous n'aviez pas des affaires avec les deux mangemorts, ils risques d'être indisponibles pendant une éternité.

C'était une bonne entrée en matière, ça, tiens. Elle n'allait bien évidemment pas lui dire qu'elle venait de les tuer, mais le sous-entendre, elle n'allait pas se gêner, surtout qu'il était le seul à pouvoir l'écouter. Astrid se cala plus confortablement sur sa chaise, venant appuyer son dos sur le dossier et releva ses jambes pour placer ses pieds sur la table à côté de la leur. Oui, Selwyn avait forcement une belle vue sur ses cuisses ainsi, mais elle portait un collant foncé et des bottes à talons qui remontaient haut, de toute façon. Et puis, si cela pouvait déconcentrer assez le professeur pour qu'elle obtînt certaines informations sans qu'il s'en rendît véritablement compte, elle n'allait pas se priver... Si ?

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MessageSujet: Re: [20 octobre 1977] La vie est injuste, c'est ainsi (FT. Astrid) Mar 18 Avr 2017 - 23:41

Une tournée ? Tiens donc ! Tiberius n'allait pas dire non, après tout, se faire inviter comportait un bel avantage, celui de ne pas avoir à régler quoique ce soit. Il n'était pas pingre, mais ce soir, il ne se sentait pas d'humeur généreuse. Tandis qu'elle portait son regard vers l'extérieur, Tiberius la scruta. Depuis tout jeune, il n'appréciait pas les Shafiq. Il les trouvait rustres, violents, comme son grand frère. Mais Astrid avait quelque chose de particulier, un talent certain pour les sortilèges et surtout une personnalité. Elle ne suivait pas aveuglément les ordres et les traditions de sa famille. Intelligente, voilà un mot pertinent pour la décrire. Abelforth Dumbledore ne tarda pas à leur apporter de quoi étancher leur soif. Comme il s'y attendait, la jeune femme ne tarda pas ingérer le tord-boyaux comme s'l s'agissait de petit lait. Il ouvrit sa bouteille se contenta pour sa part d'une petite lampée, sans rivaliser avec elle. Il avait passé l'âge pour ça. Et puis, il aimait l'alcool, il le savourait. Il ne broncha pas quand le liquide lui brula la gorge, pas même un frémissement. Du temps de sa jeunesse, il en avait fait des excès ! Beaucoup ! Souvent. Certes, il peinait un peu plus à s'en remettre désormais. L'âge passait par là. Aussi, pour s'éviter d'avoir l'esprit embrumé, il y allait tranquillement. Ca ne servait à rien de s'engloutir une bouteille en cinq minutes. A part en être malade ou ne plus être maître de son corps, pis, de son esprit. Astrid évoqua les deux mangemorts, sans l'once d'une émotion dans la voix. Ainsi, elle avait assisté à la scène. Pour toute réponse, Selwyn fronça les sourcils. Pas besoin de le demander, il savait que ces deux là n'ennuieraient plus personne. Mais le meurtre de deux hommes à Voldemort ne resterait sans doute pas impuni. Quelle idée étrange d'attaquer ainsi sans même réfléchir. Alors qu'elle se mettait à l'aise, Selwyn regarda ses jambes, il n'allait pas se priver de la vue, et peu importait si elle avait été son élève autrefois. Il avait des yeux, il en profitait pour visualiser, point final. Pour autant, il n'était pas du genre à ne penser qu'avec son service trois-pièces. Encore moins quand l'atmosphère pesante de l'école l'avait conduit à venir ici, à la Tête du Sanglier, pour se distraire et s'évader. Ce qui, sans doute gâcha le moment furent les quelques mots d'Astrid, le récit épuré d'un double meurtre. Droit sur son siège, Tiberius lui répondit, à voix basse et réprobateur :

- Tu n'avais pas besoin de t'abaisser à leur niveau pour montrer ton talent. Ni pour prouver quoique ce soit. J'espère que tu as au moins caché les corps, pour épargner aux habitants de ce village de terribles représailles. La séance de torture que les Carrow ont infligé aux élèves ne t'a donc pas suffi ?

Il était très rare que Tiberius fasse un reproche ce qui lui ajoutait beaucoup de poids. Pour autant, il n'était pas du genre à ressasser. Cet assassinat en règle appartenait au passé, personne ne pouvait revenir dessus. Pas même le plus puissant des sortilèges. Il regarda à son tour à l'extérieur et sans attendre sa réponse, il reprit :

- As-tu remarqué ? Plus le temps passe, plus l'ombre gagne du terrain. Tout ici a changé, tout s'est transformé. Tout s'altère à mesure que les différences s'effacent entre les uns et les autres. A mesure que la limite entre le bien et le mal s'estompe. Je ne t'ai pas enseigné à tuer, à user de sortilèges impardonnables pour une quelconque cause, aussi noble puisse-t-elle être. Chaque vie que tu ôtes sans nécessité souille l'idéal pour lequel tu te bats. Si c'est cela, l'Ordre, alors je ne vois pas bien la différence avec les Mangemorts.

Il regarda à nouveau à l'extérieur, puis il comprit. Non, elle n'avait pas caché les corps. C'est la raison pour laquelle elle adoptait une posture aussi désinvolte, un air aussi détaché. Tiberius se leva alors. Pour lui, pas question de laisser les cadavres à la vue de tous. Si jamais les Mangemorts venaient dans les parages, non seulement ils tortureraient les habitants mais en plus ils fouilleraient Pré-au-Lard de fond en comble pour avoir le nom du coupable. Parce que Selwyn avait toujours le sens de la pédagogie, il annonça la couleur :

- Il n'y a pas d'erreur irréparable, sauf si l'on renonce à la corriger. Je vais m'assurer que ces innocents n'aient pas d'ennuis. Libre à toi de m'accompagner pour m'aider à trouver les corps plus rapidement. Mais je ne permettrais pas que ces gens subissent le même sort que les élèves, cette semaine.


D'un pas déterminé, il sortit de l'auberge. Chaque minute qui passait mettait tout le monde en danger. Pas le temps de faire dans la délicatesse... Il sortit sa baguette et l'agita doucement, en murmurant à peine "Inanimatus Apparitus" à plusieurs reprises. Tout au long de sa marche, il veilla à ne pas être repéré. Au bout de quelques minutes, il arriva enfin devant le cadavre. Juste à côté se trouvait l'os sur lequel Astrid avait gravé deux phrases. Tiberius utilisa le sortilège "Evanesco" pour faire disparaitre l'ossement dans les flammes. Puis il pointa sa baguette sur le gros, qui gisait au sol, les bras en croix. L'Avada Kedavra qu'il avait reçu ne lui avait laissé aucune chance. D'un mouvement précis et fluide, il prononça :

- Orchideus !

Une lueur bleuté jaillit de sa baguette, suffisamment puissante pour transformer le cadavre en un parterre d'orchidée. Selwyn sentit sa baguette trépigner. Cela faisait un moment qu'il n'avait pas été autant en osmose. Elle ne semblait pas admettre sa neutralité dans ce conflit. Il repensa aux mots d'Ollivander : ne jamais la trahir, ne jamais lui mentir, au risque de la briser. En principe le sortilège qu'il venait de lancer agissait sur les créatures, de petite taille. Mais dans son geste pour épargner à Pré-au-Lard des moments difficiles, l'harmonie entre lui et son arme atteignait son paroxysme. Cela rendait tout possible. Il rangea ce bout de bois magique, capable de toutes les merveilles et reconnaissant sa présence, il se tourna vers Astrid :

- Retournons à la Tête du Sanglier, la nuit sera paisible pour nous et pour eux. Les Phénix renaissent de leurs cendres, mais rien ne sert d'attiser les flammes de la haine.

Il leva les yeux vers le ciel puis paisible, il ajouta :

- Tu es peut-être en colère, mais il fallait nous épargner les cris. Ils résonnent toujours en écho dans le silence du château. Ils l'habitent désormais. C'est cela qui t'a amené ici, n'est-ce pas ? Tout comme moi. Je suis venu dans cet endroit pour couvrir la souffrance. Il n'y a pourtant rien qui nous permettra d'oublier, Astrid. Rien que nous ne puissions faire pour revenir en arrière. Nous devrons vivre avec ce souvenir. Le choix en nous a pas été laissé.


Son regard bleu croisa le sien. Si d'ordinaire, ses iris témoignaient de sa froideur et de son air distant, à la lueur des étoiles, il paraissait humain, touché. Ils partageaient la même peine, ils ne l'exprimaient pas de façon semblable.
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MessageSujet: Re: [20 octobre 1977] La vie est injuste, c'est ainsi (FT. Astrid) Jeu 20 Avr 2017 - 0:27


Astrid ne loupa pas le regard de Tiberius vers ses jambes, mais elle ne fit aucune remarque. Dire qu'elle était habituée aurait été un euphémisme, tant le nombre de regard convergeant vers elle pouvait être impressionnant quand elle se mettait en valeur. Astrid était une Shafiq et, outre la beauté froide, presque aristocratique, qu'elle possédait, elle avait un corps qui pouvait être convoité. Il suffisait de voir les rares élèves continuant de la reluquer dans les couloirs, ceux qui n'avaient pas encore compris, à Poudlard, qu'elle était apprentie professeure de magie noire, ce qui, pour toutes personnes normalement constituées, devrait la placer dans la case "danger". Penser aux élèves la ramena une nouvelle fois trois jours en arrière, alors qu'elle observait les rues de Près-au-lard et la demoiselle ne put s'empêcher de serrer les poings sous la table. Respire, Astrid, respire. Les paroles, basses, mais dures, du professeur de sortilège ne l'aidèrent aucunement, celui-ci tapant évidemment juste en partie.

- Tu n'avais pas besoin de t'abaisser à leur niveau pour montrer ton talent. Ni pour prouver quoique ce soit. J'espère que tu as au moins caché les corps, pour épargner aux habitants de ce village de terribles représailles. La séance de torture que les Carrow ont infligée aux élèves ne t'a donc pas suffi ?

Astrid retint sa respiration sur le coup, les derniers mots de Tiberius ayant l'effet d'un coup-de-poing dans l'abdomen. Astrid n'avait agi que par colère, sans même réfléchir aux possibles conséquences que ses actes pourraient avoir sur les civils qui n'avaient rien demandé à tous ça. Selwyn marquait un point : les mangemorts ne chercheraient même pas à savoir qui était le coupable, ils se serviraient du double meurtre qu'elle venait de commettre comme exemple. Enfants, adultes, seniors, tous y passeraient sans distinction. La demoiselle reprit un semblant de contenance en buvant une autre lampée de sa bouteille, fermant les yeux pour savourer la sensation de brûlure coulant dans sa gorge, qui eut le bon effet de la réveiller de la torpeur qui l'avait enveloppée depuis le début de la soirée.

- As-tu remarqué ? Plus le temps passe, plus l'ombre gagne du terrain. Tout ici a changé, tout s'est transformé. Tout s'altère à mesure que les différences s'effacent entre les uns et les autres. À mesure que la limite entre le bien et le mal s'estompe. Je ne t'ai pas enseigné à tuer, à user de sortilèges impardonnables pour une quelconque cause, aussi noble puisse-t-elle être. Chaque vie que tu ôtes sans nécessité souille l'idéal pour lequel tu te bats. Si c'est cela, l'Ordre, alors je ne vois pas bien la différence avec les Mangemorts.

Le regard d'Astrid, qui venait juste de s'adoucir et cherchait presque un pardon muet, redevint aussi froid qu'un désert de glace. Son visage se ferma complètement et la demoiselle changea de position, replaçant ses jambes sous la table et se redressa sur son siège. Tiberius était plus grand qu'elle, bien sûr, mais Astrid possédait une aura impalpable qui ne trahissait pas : celle d'une tueuse. Une femme qui pouvait vous faire l'aimer pour mieux vous poignarder dans le dos quand vous vous y attendiez le moins. Oui, peut-être qu'il avait raison, qu'elle n'était pas mieux que les Mangemorts. Elle. Pas les autres membres de l'Ordre de Phénix. S'il y avait bien une chose qui pouvait rendre furieuse Astrid, c'était bien que l'on dévalorise la meute à laquelle son meilleur ami - aujourd'hui décédé - et elle appartenait.

- Vous avez raison, Professeur, commença-t-elle d'une voix doucereusement dangereuse. Je ne suis pas mieux que les Mangemorts. Je suis une Shafiq, je suis née avec un poignard dans les mains, mais je vous interdis de mettre les autres membres de l'Ordre du Phénix dans le même sac. Vous ne m'avez pas appris à tuer, c'est un fait et la plupart des phénix seraient d'accord avec vous, mais je sais tuer. Par nature. Vous l'avez dit vous-même, "je suis la digne héritière des Shafiq" et tout comme eux, j'ai été entraîné aux vols, aux assassinats, à l'infiltration. Vous pouvez être en désaccord avec mes méthodes, mais permettez-moi de vous dire ma façon de penser. Ce n'est pas avec de bons sentiments que l'on pourra mettre fin à la guerre.

Astrid laissa s'échapper un soupir suite à son discours, qui avait été prononcé d'une voix basse, son comportement de prédatrice blessée reprenant le dessus. Elle fit taire le félin qui feulait en elle et laissa l'homme comprendre. Non, elle n'avait pas caché les corps. Elle n'avait pas pour but de les cacher, mais il avait raison. Elle avait droit de mener sa propre guerre, qu'importent les sentiments qui l'animaient, amour, vengeance, passion... Mais elle n'avait pas le droit d'impliquer des innocents dans ses batailles.

- Il n'y a pas d'erreur irréparable, sauf si l'on renonce à la corriger. Je vais m'assurer que ces innocents n'aient pas d'ennuis. Libre à toi de m'accompagner pour m'aider à trouver les corps plus rapidement. Mais je ne permettrais pas que ces gens subissent le même sort que les élèves, cette semaine.

La mercenaire acquiesça simplement, comprenant parfaitement les mots de l'homme. Elle déposa sa bouteille sur la table et se leva, avant d’emboîter son pas. Elle fit un signe d'épaule à Abelforth quand celui-ci leva un sourcil en leur direction. Elle ne put empêcher un sourire en coin quand il le vit lever les yeux au ciel. Un sourire qui disparut bien vite quand elle se retrouva à nouveau dehors, à suivre un homme qui lui avait enseigné l'art des sortilèges par le passé. D'une voix bien plus douce que précédemment, l'apprentie laissa échapper quelques mots. Quelques mots qui pouvaient la trahir bien plus qu'elle ne pouvait même l'imaginer.

- J'aurai dû cacher les corps, en effet. Vous avez eu la bonne idée de me faire voir mon erreur, je vous remercie. Je n'ai pas le droit d'imposer des supplices à des innocents parce que j'ai décidé de me battre.

Arrivé aux niveaux des deux cadavres - ou, plus précisément, d'un futur cadavre et d'un os - le Professeur fit venir la presque momie jusqu'à lui et la transforma en fleurs. Astrid grimaça dans son dos : elle n'était pas certaine que transformer un homme qui allait mourir d'ici une heure en plante était une idée judicieuse, mais elle ne dit rien, se contentant d'observer le spectacle. L'os disparut également et la Shafiq ne fit rien pour l'empêcher.

- Retournons à la Tête du Sanglier, la nuit sera paisible pour nous et pour eux. Les Phénix renaissent de leurs cendres, mais rien ne sert d'attiser les flammes de la haine.

Astrid hocha la tête, puis se détourna vers le pub. Après quelques pas, elle ne put toutefois s'empêcher de jeter un regard vers le bouquet. Un bouquet... Si l'on pouvait appeler cela ainsi, à présent. Les fleurs fanaient à vue d’œil. La métamorphomage se retint de ricaner de justesse et reprit sa marche rapide en secouant la tête. Elle n'était pas certaine que dire à Tiberius qu'il venait d'accélérer la mort d'un homme était vraiment une nécessité. Elle admirait le calme dont il pouvait faire preuve et ses mots justes. Elle ne pouvait se permettre d'entacher sa conscience d'une complicité de meurtre. Le voyage ne dura que peu de temps, avant que le duo improvisé pénétrât à nouveau La Tête de Sanglier. Abelforth ne prit même pas la peine de se retourner à leur arrivée, continuant de nettoyer des verres aussi crades que les cheveux de Rogue - en somme, des verres qui n'étaient bons qu'à être jetés. Les deux sorciers retournèrent ensuite s'asseoir à la table qu'ils avaient empruntée et Astrid se rappela les paroles de l'adulte face à elle quelques minutes plus tôt, quand ils étaient encore dehors.

- Tu es peut-être en colère, mais il fallait nous épargner les cris. Ils résonnent toujours en écho dans le silence du château. Ils l'habitent désormais. C'est cela qui t'a amené ici, n'est-ce pas ? Tout comme moi. Je suis venu dans cet endroit pour couvrir la souffrance. Il n'y a pourtant rien qui nous permettra d'oublier, Astrid. Rien que nous ne puissions faire pour revenir en arrière. Nous devrons vivre avec ce souvenir. Le choix en nous a pas été laissé.

Le choix ne lui avait pas été laissé ? Bien sûr que si, et c'était cela qui la rongeait réellement. C'était la peur qui l'avait empêché d'agir, ce soir-là. C'était la peur qui l'avait cloué à son lit, en pleur, incapable de lancer un sortilège qu'elle lançait habituellement avec une facilité impressionnante. C'était la peur de souffrir, la peur d'échouer, la peur de voir ses actions devenir vaines. Le choix, c'était elle qui l'avait prise. Elle avait choisi de ne rien faire ce soir-là, de laisser les élèves crier, pleurer, supplier. Elle avait été lâche et c'était ça qui l'agaçait, créait cette rage en elle qui ne demandait qu'à exploser et sortir. Respire, Astrid, respire.

- Je suis en colère, vous avez raison, mais ne me faite pas croire que "le choix en nous n'a pas été laissé". C'est faux. Nous sommes simplement trop lâches pour prendre les armes comme le Professeur Dumbledore le faisait. J'ai entendu les cris, cette nuit-là. J'ai tout entendu, les pleurs, les cris, les supplices. J'aurai pu me lever et aller les arrêter. J'aurai pu et je n'ai rien fait, Professeur. Je n'ai rien fait parce que je suis lâche, parce que j'avais peur. Le choix, je l'ai prise seule, parce que je ne voulais pas détruire le peu d'avenir qu'il me restait dans ce monde.

Astrid fit une pause et attrapa son paquet de cigarettes. Sa baguette atterrit dans sa main après une légère pression du poignet. Elle plaça celle-ci contre le tube qu'elle venait de placer entre ses lèvres et le bout rougeoya à sa simple pensée. Elle inhala une goulée, avant de la recracher en un nuage vaporeux venant encadrer son visage. Pour Tiberius, l'image que représentait présentement Astrid était celle d'une femme blessée, aux joues creusées et au regard vitreux. Un spectre. Un spectre qui ne rêvait que d'avoir la permission de vivre, mais qui ne pouvait se permettre qu'une chose : survivre. Survivre encore et toujours, pour ne pas sombrer totalement dans les profondeurs de ténèbres ne cherchant qu'à la happer avec délice, pour en faire une exquise arme des ténèbres.

- Et n'essayez pas de me faire croire que nous ne pourrions pas nous battre si nous le voulions vraiment. Nous pourrions tous nous lever et faire barrière de nos corps. Nous pourrions envoyer Rogue et ses deux veracrasses hors du château si nous nous unissions. Hors, personne ne le fait et personne ne le fera, parce que nous sommes tous trop lâches. Parce que nous avons peur d'une mort qui viendra tous nous happer un jour ou l'autre, de toute façon.

Astrid continua de consumer sa drogue durant son discours. Elle vint rapidement la terminer et écrasa le mégot sur la table, avant de le faire disparaître d'un mouvement de baguette. La bouteille atterrit alors dans sa main, presque d'elle seule et elle reprit de bonnes gorgées, venant presque la terminer, malgré sa gorge en feu. Elle reposa celle-ci, ensuite, observant le professeur avec une lassitude visible. Astrid était jeune, elle n'avait que 21 ans et pourtant, dans son regard, on pouvait voir toutes les horreurs qu'elle avait vues et vécu. L'on dit que les yeux sont le portail de l'âme : pour Astrid, c'était un bien faible adage. Même sans pouvoir lire réellement son esprit, l'on pouvait y lire la noirceur et les gouffres au-dessus desquelles Astrid jouait à l'équilibriste.

- Je vais me battre, Professeur. Je ne peux pas vous demander de le faire aussi. En réalité, je n'ai pas le droit de dispenser mort et jugement - même si pour le premier, je ne me gêne pas - et forcer les autres à combattre, mais je ne m'arrêterai pas. Je vous l'ai dit, ce n'est pas avec de bons sentiments que l'on pourra mettre fin à la guerre, mais si je peux me salir les mains pour éviter que d'autres le fassent, je ne me gênerai pas. Je ne dis pas que je veux gagner la guerre, car nous l'avons tous perdu, que ce soit les mangemorts ou nous, nous l'avons tous perdus. Après tout, dans une guerre, il n'y a pas de vainqueur, il n'y a que des victimes.

Mettant finalement fin à sa longue tirade, Astrid prit à nouveau la bouteille et la termina. Elle se contenta de lever la main pour signaler à Abelforth qu'elle en voulait un autre. Celui-ci capta son message - mais après tout, qu'attendre d'autre du frère d'Albus Dumbledore, même si c'était un fait peu connu ? - et il lui apporta son Graal du soir. Celui qui créera la diversion dont son esprit avait besoin, celui-ci étant trop plein de peine et de malheur, celui qui embrumera assez son esprit pour qu'elle se laissât aller aux oublis si bienfaiteurs.

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MessageSujet: Re: [20 octobre 1977] La vie est injuste, c'est ainsi (FT. Astrid) Lun 22 Mai 2017 - 22:50

Les propos d'Astrid résonnaient en écho dans sa tête. Non, Tiberius n'était pas d'accord avec elle. Il n'approuvait ni ses paroles, ni ses convictions. L'idée que chacun soit obligé soit de se salir les mains, soit en quelque sorte de salir son âme le gênait particulièrement, lui qui n'avait pas l'intention de prendre position dans ce conflit. En tout cas pas de manière forcée. Le contraindre ne fonctionnait pas. Il refusait cela. En réalité, l'effet inverse se produisait. Lui dire de faire telle chose était un excellent moyen pour qu'il accomplisse l'inverse. Il fallait avoir du caractère pour ne pas dévier de ses positions. En la matière, le professeur savait camper sur les siennes, sans sourciller. On avait beau tenter de le convaincre de changer d'opinion, quand il s'armait de ses principes, rien n'y faisait. Jamais. Un jour, pourtant, il faudrait bien qu'il s'engage, d'une façon ou d'une autre, car il savait dans quel camp il ne voudrait jamais être, celui du Seigneur des Ténèbres, celui de son père, de sa soeur et son frère. Il avait refusé le destin qui s'offrait à lui. Certes, parce que depuis qu'il était né, il faisait l'objet d'une grande haine. Mais pour gagner en estime, il aurait pu virer du mauvais côté et tomber dans une surenchère à la cruauté. Ca ne lui avait jamais traversé l'esprit. Il avait préférait la solitude à une vie de meurtres, de tortures et d'obéissance. Il s'était émancipé du nom qu'il portait. Astrid l'ignorait et il n'avait pas prévu de le lui confier. Cela ne la regardait pas. Même avec 3 grammes d'alcool, il resterait muet comme une tombe. Sa véritable nature, personne ne la connaitrait vraiment. Seule sa mère l'avait connu, du temps où elle était encore vivante. Il ne serait sans doute jamais véritablement en confiance pour qu'une autre le sache. Même Dumbledore, connu pourtant pour son ouverture d'esprit, n'avait pas été mis au courant. Ce qui laissait toujours planer un doute sur sa véritable allégeance. Tant mieux. Brouiller les pistes pour ne pas être la cible d'un camp ou de l'autre. Un excellent moyen pour garder sa liberté intellectuelle et sa tranquilité. Au final, il ne s'engagerait pas par devoir. Si le monde politique sorcier n'avait pas été capable d'empêcher le retour de Voldemort, alors ce qu'il subissait c'était tant pis pour lui. Quand on se laisse pervertir l'esprit par l'orgueil et le pouvoir, c'est que l'on est plus digne de l'exercer. Il ne fallait pas compter sur Selwyn pour pleurer la chute du Ministère. Il s'en satisfaisait. Bien sûr, il aurait aimé que cela ne se fasse pas au profit des Mangemorts, mais le destin en avait décidé autrement.


- Dumbledore n'a jamais pris les armes sans raison. Et encore moins lorsqu'il savait que cela pouvait mettre en danger la vie de nombreux innocents. Selon toi, qu'aurions-nous du faire ? Qu'aurait-on pu faire ? Foncer tête baissée dans la salle commune pour jeter des sortilèges de mort sur les Carrow ? Et ensuite ? Protéger le château de la vengeance de Tu-Sais-Qui et de ses nombreux Mangemorts. C'est beau, dit comme ça, mais nous ne sommes pas prêts. Nous savons pas comment vaincre le Seigneur de Ténèbres. Tout le monde pensait que Potter l'avait rayait de la surface de la terre. Tout le monde vivait dans l'insouciance et dans l'auto-satisfaction. Tout le monde, ou presque, a choisi d'ignorer les signes. La chambre des secrets qui s'ouvre, le comportement de plus en plus problématique des détraqueurs, la mort de Diggory, les disparitions inquiétantes... comme par le passé. La vraie lâcheté a été de se voiler la face pendant des années, à refuser l'évidence jusqu'à ce qu'elle ne nous soit imposée, par la force. Et maintenant ? Es-tu capable de dire combien nous serons à nous battre ? Combien d'ennemis nous aurons en face ? Dumbledore faisait partie des rares qui ont tenté de s'élever face à la menace. Maintenant il est mort. Parce que personne ne l'a écouté. Il est trop tard pour se réveiller.

Paisible, il sortit sa baguette pour faire des cercles lumineux. Petit à petit, la poudre dorée qui échappait de l'extrémité du bout de bois, commença à prendre forme. Tiberius matérialisa un cendrier en or qu'il plaça en face d'Astrid. Il n'aimait pas l'odeur du tabac. Il trouvait cela particulièrement dégoutant. Mais il ne pouvait pas l'empêcher de fumer. Il n'en avait pas envie. Il valait mieux qu'elle prenne sa dose de nicotine plutôt qu'elle s'en prenne encore à des Mangemorts, par pure inconscience. Et même si elle avait fini sa cigarette, il n'avait plus de raison d'abîmer le mobilier en écrasant son mégot sur le bois. Tiberius détestait que l'on dégrade le matériel. Sur ce point, il avait toujours été intraitable. Il ne donna cependant aucun explication à son geste et ne formula aucun reproche. Son ancienne élève saurait clairement où il voulait en venir. Il finit son verre d'une traite. En dépit des apparences, il n'acceptait pas pour autant cette situation. Il gérait simplement la colère d'une façon très différente.

- C'est une blessure qui ne se refermera jamais dans nos esprits, ni dans nos coeurs. Et c'est tant mieux. On apprend de ses blessures, si on ne les laisse pas s'infecter.

Les mots de Selwyn baignaient de sagesse. Il savait de quoi il parlait, car sa vie familiale n'avait toujours été que sang, que torture mentale... que déception. A tel point qu'il espérait que sa lignée disparaisse une bonne fois pour toutes. Les moments où il s'exprimait ainsi restaient rares. Il n'en dirait pas davantage, mais Astrid était en droit de se poser des questions sur ce qui le faisait parler ainsi.

- Dans la vie, on a le choix d'être ou de ne pas être ce que les autres veulent faire de nous. Tu dis que tu es une Shafiq et que tuer est dans tes gênes. Je suis un Selwyn, je n'ai jamais tué, en dépit du fait que tous mes proches l'ont déjà fait. Je suis celui que j'ai choisi d'être, ni esclave de mon passé, ni dévoué à mon nom. Et tu as aussi ce choix. Tu es libre de te battre tout comme tu es libre d'être ce que tu veux être. Il n'y a rien d'immuable, jamais. Hier, des innocents ont versé leur sang et leur larmes. Nous en avons été témoins. Tôt ou tard, les positions de force seront inversées et la bataille dont tu rêves aura lieue. N'oublie pas que ce sont les vainqueurs qui écrivent l'Histoire. Aucune guerre ne se gagne sans sacrifice.

On leur apporta deux bouteilles. Tiberius se servit un verre et sa cala contre le dossier de son siège. Il n'allait pas faire la morale toute la soirée. Il n'était pas venu pour ça. De toute façon, pour lui le sujet était clos. Astrid se battrait, il n'en ferait rien, pour l'instant. Le moment n'était pas encore venu. Quelque chose se tramait, quelque chose dont il ne connaissait ni les tenants, ni les aboutissants. Mais pourquoi Voldemort avait-il fait enlever Ollivander ? Pourquoi semblait-il davantage préoccupé par le vendeur de baguettes que par la formation des élèves de Poudlard à la magie noire ? Et quid de la disparition de Potter, que l'on disait mort mais dont on s'inquiétait encore ? Tant de questions, de mystères qui trouveraient un jour une réponse. En attendant, ils devaient continuer à vivre, en gardant à l'esprit leurs principes et en restant eux-mêmes.

- Comment se déroulent tes premiers cours, d'ailleurs ? Les élèves ne sont pas trop turbulents ?
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MessageSujet: Re: [20 octobre 1977] La vie est injuste, c'est ainsi (FT. Astrid) Mar 30 Mai 2017 - 13:33


- Dumbledore n'a jamais pris les armes sans raison. Et encore moins lorsqu'il savait que cela pouvait mettre en danger la vie de nombreux innocents. Selon toi, qu'aurions-nous du faire ? Qu'aurait-on pu faire ? Foncer tête baissée dans la salle commune pour jeter des sortilèges de mort sur les Carrow ? Et ensuite ? Protéger le château de la vengeance de Tu-Sais-Qui et de ses nombreux Mangemorts. C'est beau, dit comme ça, mais nous ne sommes pas prêts. Nous savons pas comment vaincre le Seigneur de Ténèbres. Tout le monde pensait que Potter l'avait rayait de la surface de la terre. Tout le monde vivait dans l'insouciance et dans l'auto-satisfaction. Tout le monde, ou presque, a choisi d'ignorer les signes. La chambre des secrets qui s'ouvre, le comportement de plus en plus problématique des détraqueurs, la mort de Diggory, les disparitions inquiétantes... comme par le passé. La vraie lâcheté a été de se voiler la face pendant des années, à refuser l'évidence jusqu'à ce qu'elle ne nous soit imposée, par la force. Et maintenant ? Es-tu capable de dire combien nous serons à nous battre ? Combien d'ennemis nous aurons en face ? Dumbledore faisait partie des rares qui ont tenté de s'élever face à la menace. Maintenant il est mort. Parce que personne ne l'a écouté. Il est trop tard pour se réveiller.

Les paroles de Tiberius firent mouche. Astrid baissa légèrement la tête, observant sa bouteille d'alcool avec mélancolie. La colère laissa sa place à la tristesse. Peut-être parviendrait-elle à la supporter, peut-être parviendrait-elle à accepter la défaite. Elle était une combattante, une guerrière et elle ne supportait pas cette situation où elle ne pouvait agir. Plus le temps passait, plus elle regrettait amèrement sa décision. Aurait-elle dû ne pas se cacher, montrer son appartenance aux phénix ? Si tel avait été le cas, elle savait qu'elle aurait dû se cacher, mais peut-être que cela aurait-il été plus facile que faire semblant d'accepter cette situation insupportable pour elle. Elle voulait devenir professeur, ce qui voulait dire protéger les élèves et ne pas les laisser se faire torturer sans agir.

- Je ne me suis jamais voilé la face, Tiberius. Mon père non plus. J'ai grandi en sachant que le Lord n'était pas mort. Albus et mon père, Lancelot, étaient des amis proches. Malgré tout, je sais que tu as raison en partie. Dumbledore n'aurait jamais approuvé mes actes, sauf en cas de force majeur. Qu'est-ce que nous aurions dû faire ? Essayer de les aider, d'après moi. Qu'est-ce que nous pouvions faire ? Rien, évidemment rien. Et s'en est que plus rageant.

Astrid déboucha la bouteille face à elle et en prit une gorgée, reposant ensuite celle-ci avec lassitude. Un soupir s'échappa d'entre ses lèvres. Pouvait-elle en vouloir à Tiberius pour ses paroles ? Non. Elle comprenait qu'il n'acceptait pas ses dires. Après tout, elle-même ne les aurait pas acceptés il y a encore peu.

- C'est une blessure qui ne se refermera jamais dans nos esprits, ni dans nos cœurs. Et c'est tant mieux. On apprend de ses blessures, si on ne les laisse pas s'infecter.

Astrid hocha la tête, sans rien ajouter. Discuter de ce sujet n'allait que les renvoyer à cette nuit précise. Il fallait avancer, ne pas se laisser aveugler par un passé ne pouvant être changée. Malgré tout, son idée d'apprendre aux élèves de son cours à se défendre de ce genre de chose ne changeait pas. Elle allait le faire, qu'importait si cela risquait de la trahir. Elle était prête à payer le prix, si cela permettait de sauver ne serait-ce qu'une vie.

- Dans la vie, on a le choix d'être ou de ne pas être ce que les autres veulent faire de nous. Tu dis que tu es une Shafiq et que tuer est dans tes gênes. Je suis un Selwyn, je n'ai jamais tué, en dépit du fait que tous mes proches l'ont déjà fait. Je suis celui que j'ai choisi d'être, ni esclave de mon passé, ni dévoué à mon nom. Et tu as aussi ce choix. Tu es libre de te battre tout comme tu es libre d'être ce que tu veux être. Il n'y a rien d'immuable, jamais. Hier, des innocents ont versé leur sang et leurs larmes. Nous en avons été témoins. Tôt ou tard, les positions de force seront inversées et la bataille dont tu rêves aura lieue. N'oublie pas que ce sont les vainqueurs qui écrivent l'Histoire. Aucune guerre ne se gagne sans sacrifice.

Aucune guerre ne se gagne sans sacrifice ?! Était-il sérieux ?! Astrid releva les yeux vers lui. Un regard glacial qu'elle vrilla dans les yeux de l'homme face à elle, lui laissant voir le démon la dévorant de l'intérieur. Ce regard, peu avait eu le malheur de le voir et la plupart n'étaient plus en vie pour en parler. Il faisait peur, généralement et elle le savait. Un regard dérangeant, dérangé. Un regard pouvant être associé à une autre personne se trouvant dans le camp inverse, qu'Astrid n'avait eu l'occasion de voir que quelques fois. Un regard aussi fou et dangereux qu'une certaine Lestrange. Non qu'Astrid fît exprès d'avoir un tel regard, elle n'y était pour rien, au final, mais celui-ci la possédait parfois sans lui laisser le choix, offrant ainsi aux autres regards un parallèle terrorisant. Astrid Shafiq était l'alter-égo de l'Ordre du Phénix de Bellatrix Lestrange, pour de nombreuses personnes.

- Je n'ai pas choisi de porter mon nom, mais je le porte et je suis fière de porter mes couleurs. Je suis une mercenaire et je ne changerai pas, Tiberius, sache-le. Peut-être ne comprends-tu pas qu'il est parfois nécessaire de faire partie de ce monde-là. Mon père était un Biiip. Un salopard de première. Un manipulateur né qui se servait de tout son entourage, mais il était nécessaire, et même si ce qu'il faisait n'était pas apprécié, c'était accepté, même par Albus lui-même. Je porte les couleurs des Shafiq. Je suis la fille de l'ancien Patriarche et je ne salirais pas son nom en choisissant de ne plus faire ce que je fais le mieux. Par ailleurs, ne me parle plus de gagner la guerre. Nous l'avons déjà perdu. Nous l'avons tous perdu, membres de l'Ordre, innocents, résistants, mangemorts. C'est le prix de la guerre. Mourir, être blessé, disparaître.

Avec résignation, Astrid récupéra à nouveau sa bouteille, faisant en même temps un geste de la main pour arrêter cette discussion qui ne mènerait à rien. Tiberius resterait sur ses positions et elle aussi. S'ils avaient bien un défaut qu'ils partageaient, c'était bien leur entêtement. Enfin, elle n'allait pas s'en plaindre, car malgré leurs différents, elle savait qu'ils n'allaient pas se cracher dessus pour autant. Un fait plaisant. Après tout, elle savait que si Selwyn n'avait pas l'intention de se battre, il finirait par choisir un camp et, sans doute, le bon, quand le moment serait venu. Astrid ne pouvait pas arrêter de se battre. Comme dit précédemment, elle restait une guerrière, une mercenaire. Les combats, la sensation grisante du danger, c'était son quotidien. Elle reprit à nouveau une gorgée, se calant plus confortablement contre son siège. Comme d'un commun accord, le professeur et l'apprentie décidèrent de clore le sujet, passant à autre chose. Pour l'un comme pour l'autre, c'était mieux ainsi.

- Comment se déroulent tes premiers cours, d'ailleurs ? Les élèves ne sont pas trop turbulents ?

Astrid ne put s'empêcher de sourire. La mention de ses cours était l'une des seules choses qui lui permettait de garder pied dans la réalité. Les préparer, les donner, c'était passionnant. Surtout quand les élèves étaient réceptifs.

- Je n'ai pu en donner qu'un pour le moment. Carrow préfère me savoir observer les siens. Ce qui, entre nous, m'emmerde plus qu'autre chose. J'en connais plus sur la magie noire que lui-même... Ce type est une plaie vivante, commença-t-elle. Mais tu le sais déjà, sans doute. En tout cas, mon premier cours s'est relativement bien passé. Je sais que les élèves vont me prendre pour une pro-Mangemort ou une folle, mais avec Carrow dans les parages, je n'avais pas trop le choix. Malgré tout, j'ai remarqué que certains élèves étaient plutôt réceptifs. Aileen Phillipson et Abigail Hook de Serpentard, respectivement de cinquième et sixième année. Ainsi qu'une Nuncabouc, une Gryffondor de septième année, Ariane Hepburn. J'espère pouvoir leur faire entièrement confiance, mais je le découvrirai bientôt.

Astrid sourit. Un vrai sourire, chassant ses démons, ses sombres songes. Ses yeux s'illuminèrent d'une lueur passionnée. Astrid avait beau être mercenaire, être professeur était également l'un de ses rêves et pouvoir offrir son savoir à une plus jeune génération... C'était exaltant. Elle comprenait mieux pourquoi les professeurs adoraient leur métier. Il n'y avait pas plus gratifiant de voir une classe entière vous écouter pour comprendre et apprendre. Sans compter voir les efforts fournis par certains pour se surpasser. Elle avait adoré. Complètement adoré.

- Et toi, tes cours se passent bien ? J'espère que les Carrow ne sont pas une gêne pour toi aussi, ni Rogue ? demanda-t-elle, avant de reprendre une nouvelle gorgée.

Sereinement, Astrid sortit une nouvelle cigarette de son paquet. Elle l'alluma du bout de sa baguette. Rapidement, une légère fumée enroula son visage et une première cendre atterri dans le cendrier créé par l'enseignant pour elle.

Hors-jeu:
 


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[20 octobre 1977] La vie est injuste, c'est ainsi (FT. Astrid)

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