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[Déc.1995 - Poudlard] Un ralliement forcé

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SERPENTARD7ème année
    SERPENTARD
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MessageSujet: [Déc.1995 - Poudlard] Un ralliement forcé Mar 28 Mar 2017 - 18:11

Comme tous les jeudis, les Serpentards avaient un double cours de métamorphose, jumelé avec les Serdaigles, avec la professeure la plus stricte de l’école. Malgré que Rogue ne donnait pas sa place et était considéré par la plupart comme étant le professeur le plus sévère de l’école, pour les Serpentards, McGonagall remportait ce titre. La directrice des Gryffondors était reconnue pour être une professeure efficace et sévère qui ne supportait pas les étudiants qui n’étaient pas à leur affaire. Son regard sévère se déposait rapidement sur quiconque remettait son devoir en retard ou avait le malheur d’oublier de le faire tout simplement. Après avoir reçu une seule fois ce regard, n’importe quel étudiant ferait son possible pour l’éviter de nouveau. Les exigences du professeure était très élevées ce qui rendait son cours l’un des plus difficiles à Poudlard. Malgré que Heather fasse partie de la noble maison de Salazar Serpentard, la jeune fille s’appliquait énormément dans ses études. Pour elle, réussir était important et après avoir fait une seule fois l’erreur de remettre un devoir en retard dans ce même cours, elle s’était assurée de ne plus recommencer. C’était l’une des raisons pour laquelle elle n’appréciait pas les travaux d’équipe. Elle ne faisait pas confiance facilement aux autres et devoir se reposer sur une autre personne pour livrer un travail de qualité la rendait nerveuse. Elle aimait les choses bien faites et ceci était souvent synonyme de “fait à sa manière” pour la jeune fille. Elle se donnait des standards élevés, qui rivalisaient avec la majorité des Serdaigles, et faisait tout pour les accomplir. Malheureusement pour elle, ce cours-ci n’allait pas la rendre heureuse.

“Pour jeudi prochain, vous avez comme épreuve d’écrire un 3 pieds de parchemin sur les effets, le fonctionnement, les avantages et les désavantages du sortilège de disparition.” dit la directrice adjointe de l’école aux élèves attentifs.

Heather prena le temps d’inscrire le devoir dans son cahier de notes, prenant soin d’éviter les taches d’encre qu’elle détestait plus que tout. Son côté perfectionniste ressortait toujours dans ses devoirs et ses cahiers : tout devait être parfait et propre. Aucune tache d’encre ne devait être sur une page et son écriture devait être en lettres attachées comme sa mère lui avait montré lorsqu’elle était enfant. Heather spécifia dans son cahier la longueur du devoir et déjà quelques spécifications sur le sortilège en question afin de lui permettre de commencer rapidement. Ceci incluait le sort qui fallait prononcer pour réaliser le sortilège, Evanesco, et les pages de références de son manuel scolaire. Entendant la voix du professeur, la jeune Serpentard concentra de nouveau son attention vers l’avant de la classe où McGonagall se remit à parler de sa voix pincée.

“Le travail se fera en équipe... Patil et Boot. Malfoy et Parkinson. Corner et Goldstein. …” récita d’un ton sec la professeure de métamorphose.

La jeune Trown fixa le devant de la classe avec un regard noir. Elle ne comprendrait jamais pourquoi les professeurs s’acharnaient à les faire travailler en équipe sur certains devoirs. Après tout, il était assez simple de comprendre que chaque étudiant avait son style à lui, alors pourquoi forcer le mélange. Heureusement, cette fois-ci, ce n’était pas une équipe intermaison se dit la Serpentard. Les membres de sa maison ne se mélangeaient pas très bien avec ceux des autres maisons de Poudlard. De plus, elle aurait été horrifiée de se retrouver en équipe avec Fawkes. Wayoth Fawkes était un élève de Serdaigle de la même année que Heather et une certaine rivalité s’était développée entre les deux élèves depuis quelques années : qui serait le meilleur en métamorphose? Se retrouver en équipe avec le Serdaigle aurait été à l’encontre de leur petite compétition et il aurait du faire trêve pour ce devoir-ci. Après tout, tous les coups étaient permis et travailler en équipe aurait aussi affecté son travail à elle. Heather aimait bien cette rivalité, ceci ajoutait du défi. Elle adorait taquiner le Serdaigle en lui volant un livre à la bibliothèque.

“Trown et Gilson”

La voix de la professeure l’a sorti de ses pensées et elle ouvrit les yeux de surprise. Ces trois petits mots avaient sonnés comme un coup de gong aux oreilles de la jeune fille. Dans tous les gens disponibles, elle devait choisir Gilson comme partenaire. Soupirant bruyamment, la jeune fille fixa son regard vers Gilson qui était assis un banc en avant d’elle. Si la rivalité entre Fawkes et Trown pouvait être classifiée de joueuse, celle avec Gilson était une tout autre histoire. Étant de la même maison et de la même année, il était plus difficile pour les deux serpents de s’éviter continuellement et leurs caractères avaient créé des flammèches plus qu’une fois déjà. Leur rivalité avait débuté dès leur première année quand, ayant voulu montrer sa supériorité à sa maison, elle avait ridiculisé le timide Gilson. Il était une proie facile et elle ne s’était pas posé la question deux fois lorsqu’elle l’avait vu circuler dans la salle commune des Serpentards. Malheureusement pour Heather, comme le veut le dicton, on récolte ce que l’on sème. Elle s’était donc retrouvé la risée en 3ème année lorsqu’elle s’était amourachée d’un piètre Gryffondor. Bien évidemment, Gilson en avait profité pour prendre sa revanche. Bien que silencieuse, les nombreux regards et sourires en coin du jeune homme l’avaient énervée au plus haut point et avaient ajouté de l’huile sur le feu. Depuis ces années, les deux Serpentards s’évitaient comme la peste.

Voyant le Serpentard se retourner pour lui faire face, Heather plissa légèrement les yeux. Après quelques secondes de silence, elle murmura en guise de bonjour, d’un ton nonchalant :

“Gilson…”

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MessageSujet: Re: [Déc.1995 - Poudlard] Un ralliement forcé Ven 14 Avr 2017 - 17:00

désolée:
 

L’Humanité tend à répéter les mêmes erreurs. Encore et encore, ce malgré les multiples occasions d’en tirer leçons. Un comportement qu’elle tentait d’éradiquer de sa jeune population en la soumettant régulièrement à l’épreuve des petits pois. En la matière, Lysander admirait la pugnacité du corps professoral : pour sa part, il avait perdu tout espoir.
Ce jeudi était jours de semblable examen, ce qui fit grimacer le serpentard à peine entré dans le réfectoire : il s’était levé tard le matin même et avait à peine eut le temps d’avaler un œuf dur avant de courir en Histoire de la Magie, aussi aurait-il préféré prendre le temps de se remplir un peu plus correctement l’estomac en milieu de journée. Il hésita un instant à essayer de trouver un coin de table à l’écart des hostilités, mais le son discordant de la voix entre toutes reconnaissable d’un collectionneur d’ennuis notoire lui parvint depuis le couloir et moucha instantanément la flamme naissante. Il se hâta entre les différentes tables pour attraper un morceau de pain, de fromage et une orange. Prétextant quelques révisions de dernière minute pour l’évaluation d'Astronomie du lendemain – de qui lui attira comme de bien entendu quelques remarques taquines sur son allégeance à Serdaigle – il arriva à s’échapper au moment où le trublion rejoignait sa tablée, et sortit sans un regard en arrière.
Il ne regrettait pas l’agitation de la Grande Salle, même s’il avait appris à accorder de l’importance aux réactions spontanées qui s’y produisaient parfois : malgré la possible dangerosité de tels événements il y avait quelques chose de fascinant dans la chorégraphie des interactions qui prenait place autour de ces perturbations. Cet intérêt trouvait une limite claire, symbolisée par le cercle invisible qui rayonnait deux mètres autour de lui : le chaos était fascinant tant qu’il concernait les autres.
Son propre univers se voulait un ilot de calme, à l’image de la salle de Métamorphose, déserte à cette heure, où il prit confortablement place au dernier rang, dans l’ombre protectrice du mur frais.
Les yeux mi-clos, il profita quelques minutes de la quiétude du lieu désert avant de sortir de son sac un libre de Défense contre les Forces du Mal emprunté à la bibliothèque – désormais interdit à la consultation par les bons soins de la dictatrice rose. Il prit une grand inspiration qu’il relâcha afin de se clarifier l’esprit avant de prononcer une formule qui fit changer au passage de sa baguette la couverture de l’ouvrage pour en faire un innocent traité sur un obscure point de botanique – le genre de chose que personne ne lirait. Il était moins que certain que le sixième année, en enseignant à son ami comment camoufler ses revues coquines en journaux spécialisés, ne se soit douté que le petit serpentard qui les observait s’en servirait pour, au contraire, apprendre plus.
Il avait passé une bonne partie de la nuit dessus, seule lui manquait une poignée de pages qu’il entreprit de résumer méthodiquement. Il avait fait son possible pour étirer le délai de rendu depuis la mise en place de cette règle stupide, mais s’il ne le rendait pas très bientôt Cerbère allait sévir. Il levait à peine les yeux en entendant d’autres élèves rentrer au compte-goutte pour prendre place ; tout à sa tache il ne put s’empêcher de sursauter quand, accompagnant de larges enjambées, ce fut la voix de Mc Gonagall qui s’éleva.

« Bonjour jeunes gens. Vous me voyez heureuse de constater votre engouement pour ma matière, mais je vous rassure : je ne mords pas. Profitez donc de votre avance pour occuper les meilleures places. Ce n’est pas une proposition, c’est un ordre : tous ceux du fond, je ne veux pas vous voir au-delà du troisième rang. »

Ceux qui n’avaient pas encore esquissé un geste pour prendre leurs affaires se secouèrent au durcissement du ton de la directrice de Gryffondor. C’est en réprimant une grimace que Lysander s’avança jusqu’à la limite autorisée et pris une table sur laquelle il disposa ses affaires, hésitant à reprendre son étude : si les conflits entre la professeure de Métamorphose et celle de Défense contre les Forces du Mal n’étaient secrets pour personne rien ne lui garantissait qu’elle fermerait les yeux sur son petit écart si elle le surprenait – elle était directrice adjointe tout de même. Mais il ne lui restait qu’un dernier passage… La nuque rougissante, il se pencha sur son ouvrage et écrivit plus vite qu’il ne lui en fallait pour livre les paragraphes qui noircissaient la dernière feuille du manuel. Ses yeux fatigués butaient sur certaines lettres sans que cela n’empêche son regard de tracer son chemin au travers des lignes, poussé en avant par la pression sans cesse croissante dans ses veines.
Il finit sont œuvre et referma le livre d’un geste sec accompagné d’un grand soupire qui fit se retourner un voisin de table.

«  Chourave te fait gratter ça maintenant ? Dur. Je savais qu’elle avait abandonné de te donner des corvées, et entre nous c’est dommage, tu t’y prenais vraiment bien pour ravager la serre ! Encore un peu et on aurait été débarrassés de la botanique ! Mais là elle y va un peu fort ! »

L’élève en question se balança sur un pied de sa chaise, cherchant visiblement à déchiffrer le titre flou de l’ouvrage décrié, et une bienheureuse intervention de la maitresse des lieux évita au jeune serpentard de voir sa supercherie évincée. Il rangea à la hâte le livre pour s’emparer du manuel approprié alors que la métamorphomage concentrait son regard d’acier vers le trublion qui menaçait son matériel de classe. Mais qu’il ne se croit pas en sécurité, danger était bien plus proche qu’il ne le pensait : assise juste derrière lui, la seule et unique Heather était apparemment en train de réviser ses notes du cours dernier. Elle manqua au passage son regard assassin, et il se retourna, agacé : il détestait savoir pareil personnage dans son dos, et regrettait ô combien plus amèrement son petit nid douillet au fond de la classe.
Il put vérifier avec déplaisir l’adage qui prétendait qu’un malheur n’arrivait jamais seul : après deux périodes affreusement longues dont il ressortait le dos noué comme un vieux chêne, McGonagall avait le bonheur de leur donner un devoir sur evanesco. Sort qu’il détestait, chose rare, d’autant plus dans le cadre de la métamorphose. Seulement voilà : l’idée qu’il exista une formule pour anéantir quelque chose lui retournait l’estomac. Qu’elle fut pratiquée avec tant de désinvolture, alors même que d’autres sorts étaient interdits ou si mal considérés, allait au-delà de son entendement. Et peu lui importait qu’il ne touche que de petits objets ! Il s’agissait d’éparpiller la matière, ni plus ni moins que de briser le fragile équilibre qui permettait au tangible d’exister ! Il trouvait quelque chose de morbide dans l’attrait que leur professeure semblait avoir pour ce sortilège – c’était tout de même la troisième fois qu’ils l’abordaient, alors qu’il y avait tant d’autres choses à savoir !
On dit aussi bien jamais deux sans trois, et ses épaules s’affaissèrent – un peu de décontraction, pour leur plus grand bonheur ! – quand son prénom fut mis à côté d’une de celles qu’il pouvait le moins supporter. Il ne comprenait pas la nécessité qui semblait pousser les enseignants à imposer les binômes : nul doute qu’il aurait été bien plus efficace avec Bradley, d’autant que leurs discussions sur les rouages du monde lui manquaient. Il arrivait à concevoir qu’un plus grand nombre de cerveaux sur une même tache donnait un résultat plus riche, mais il était certain que le mélange de ses méninges et de celles de la vipère sur ce devoir n’allait rien donner de bon. C’est un regard sombre qu’il tourna cette fois vers elle. Quelques secondes de silence s’étirèrent entre eux alors qu’ils se jaugeaient réciproquement, pour une fois d’accord sur le désastre qu’annonçait ce partenariat.

“Gilson…”

Par la barbe de Merlin, pouvait-on vraiment faire trainer des syllabes avec la nonchalance que l’on utiliserait pour tirer un sac de pommes de terre, au point de presque sentir la boue maculer les syllabes ? Ce nom, dans cette bouche, était une insulte aux oreilles du jeune homme, d’autant plus que ce n’était maintenant rien qu’un amuse-bouche convenu entre eux.

“Trown…” répondit-il dans une expiration qui rendait floue la limite entre le t et un th.

Il jeta un regard vers son carnet bien propret – à des années-lumières de son propre agenda, constellé d'idées et d'essais de croquis lorsqu'il n'arrivait pas à restranscrire ce qu'il pensait ou voyait – en pensant que même ses affaires reflétaient son arrogance de petite fille modèle, avant de revenir à elle proprement dit. Ce n'était pas forcément un progrès.

“Il te reste à réviser pour demain ou pouvons-nous commencer dès ce soir ? Je n’ai pas particulièrement envie d’y passer mon week-end...” surtout si ce doit être avec toi.


frappe-moi:
 
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MessageSujet: Re: [Déc.1995 - Poudlard] Un ralliement forcé Mer 3 Mai 2017 - 1:14

“Trown…”

Comme sa voix à elle seule pouvait l’énerver. Il avait une façon de parler qui a elle seule pouvait tomber sur les nerfs de la jeune fille. En l’espace d’un mot, tous les coups bas des dernières années étaient remontées à l’esprit de la jeune fille et elle sentait déjà la frustration monter en elle, une situation étant normale pour elle comme son impatience était reconnue auprès des Serpentard. Que ce soit les regards hautains des premières années ou encore son maudit chat qui n’en finissait plus de pourrir sa vie : tous ses événements flottaient dans l’esprit de la Serpentard.

Le chat à lui seul avait été une vraie épopée. Malgré sa fierté, Heather pouvait convenir qu’elle avait mérité les regards hautains en 3ème année. Après tout, c’était elle qui avait commencé la guerre entre eux lors de leurs 2 premières années à Poudlard et suite à son erreur avec le maudit Gryffondor, il lui avait remis la monnais de sa pièce. Elle ne pouvait nier qu’il avait été fair-play même qu’il avait été sage, ne lançant que des regards, sans les accompagner de commentaires sanglants. Si la situation avait été inversée, elle n’aurait pas été aussi gentille et tous deux le savaient très bien. Les commentaires seraient sortis aussi rapidement de sa bouche qu'un éclair fracassant le seul lors d'une tempête. Mais le chat… il était impossible que tout cela soit seulement des coïncidences. Après tout, dans tous les lits disponibles du dortoir des serpentards, pourquoi son stupide chat aurait-il choisi son lit pour faire son territoire et cela, de manière répétitive ? Elle était sûre qu’il l’avait entraîné pour l'agacer et lui tomber sur les nerfs. Heureusement pour elle, le fameux chat infernal était enfin mort et ne pouvait donc plus utiliser son lit pour ses besoins primaux. Bien sûr, Heather en profitait toujours pour lui rappeler ce “malheureux” événement. Elle savait que cela lui rappelait de mauvais souvenirs et entre eux, tous les coups étaient permis. C'était justement cet événement qu’elle souhaitait lui rappeler aujourd'hui. Il n’y avait pas de bonne raison pour l’attaquer verbalement aussi rapidement outre passer sa frustration de devoir travailler en équipe avec lui. Une petite joute verbale calmait toujours les esprits et elle ne pouvait nier qu'elle ressentait une certaine satisfaction à l'énerver.

Avant qu’elle ne puisse lui lancer un commentaire blessant, le jeune homme se mit à parler d’un ton penchant grandement vers l’arrogance :

“Il te reste à réviser pour demain ou pouvons-nous commencer dès ce soir ? Je n’ai pas particulièrement envie d’y passer mon week-end…”

Les yeux de ladite Thrown se plissèrent un peu plus en fixant ceux de son maintenant partenaire de métamorphose. Non, mais pour qui se prenait-il ? Comme si elle n'aurait pas fait ses devoirs et ses révisions à temps, surtout considérant leur examen du lendemain. Elle était plus organisée que cela et elle était sûre qu'il le savait aussi bien qu'elle. Sentant la colère bouillir en elle, la Serpentard maudit la professeur de métamorphose de les avoir mis en binôme. Comme si le fait de travailler en équipe n'était pas déjà demandant et ridicule, elle avait dû les mettre ensemble. Mais quelle idée! N'importe quel Serpentard de 5eme année aurait pu lui dire que cela était une mauvaise idée. Leur animosité étant bien connu par leurs confrères et consœurs de la noble maison des serpents. Concentrant son attention de nouveau sur le jeune homme assis en face d'elle, Heather souleva un sourcil et répondit d’un ton sec :

“Évidemment que nous commençons ce soir. Pourquoi repousser l’inévitable ? Allons à la bibliothèque maintenant et finissons ce foutu devoir.”

Ne laissant même pas le temps à son nouveau partenaire de répondre, la jeune fille glissa son carnet et son manuel dans son sac noir à bandoulière et se leva de son bureau rapidement. Elle n'avait aucune raison de patienter dans la classe de métamorphose ; ce n'était pas ici que le projet allait se réaliser. Les livres de la bibliothèque seraient bien évidemment requis pour complètement le devoir de façon adéquate. Bien que plusieurs élèves se contenteraient d'utiliser le manuel de 5ème année de métamorphose, Heather préférait pousser plus loin ses devoirs et ses recherches et pour cela, d'autres livres étaient nécessaires. Elle adorait la bibliothèque. Malgré que plusieurs élèves s'y retrouvaient, le calme régnait toujours et il n'y avait rien de mieux que le silence pour la jeune fille. C'était sans aucun doute l'un de ses endroits favoris à Poudlard, avec bien sûr, la tour d'astronomie qui ne donnait pas sa place en terme de calme. 

Glissant son sac sur son épaule droite, elle regarde le garçon toujours assis et soupira de façon exagérée :

“C'est quand tu veux… “

Elle accompagna sa phrase d’un roulement des yeux démesuré et s'accota élégamment sur le bureau qu’elle venait de quitter et fit semblant d’observer ses ongles fins.

HJ:
 

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Dernière édition par Heather Ivy Trown le Jeu 20 Juil 2017 - 14:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Déc.1995 - Poudlard] Un ralliement forcé Jeu 20 Juil 2017 - 10:56

[en retard puis aveugle, je suis vraiment en-dessous de tout…]

Quel bonheur de la connaître assez bien pour voir ses iris s’assombrir, teintant l’ambre de sang. Son sang, il allait sans dire.
Ou celui de Wilbert, pluie macabre qui avait constellé le sol d’étoiles de désespoir, les mêmes qui avaient éclairé ses nuits durant les jours qui avaient succédés à sa découverte. Et ceux durant lesquels Heather s’était fait un malin plaisir d’évoquer la disparition de son bourreau poilu.
Tel chat, tel maître ; la petite boule de poil lunatique avait cependant trop de qualités pour qu’il puisse sentir cette remarque comme une insulte, même et surtout venant de la part d’une fille aussi détestable.
Ses yeux s’étaient étrécis comme ceux d’un serpent près à attaquer, il la prit de vitesse. C’était un art à part entière que de savoir comment couper quelqu’un, exactement dans ce moment qui brouille sa pensée, exactement par les mots qui le feront réagir. Un sport, entre eux, une concurrence permanente dont ce devoir n’était qu’une manche. Ses lèvres s’étrécirent en se refermant, ne devenant qu’une mince ligne.
Il avait peut-être tort de la provoquer comme cela, mais il n’en éprouvait pas le moindre regret : avec n’importe qui d’autre il aurait fait profil bas et préféré l’ombre à l’affrontement, mais cette fille savait trop bien le traquer dans ses derniers retranchements pour qu’il la laisse prendre de l’avance.

Autour d’eux des murmures s’étaient élevés, quelques rires et quelques grommellements, alors que la classe touchait à son terme et que les groupes s’organisaient, pourtant dans le petit chaos qui s’installait un cercle prudent s’établissait entre les deux serpents. Il y avait des imbéciles, il y avait des grandes-gueules, il y avait des pleurnichards, mais point d’assez fous pour se risquer sur le territoire de l’orage qui couvait entre eux, presque tangible dans leurs postures.  La réputation de leur inimitié n’était plus à faire, et si beaucoup se demandaient comment un garçon aussi transparent que Lysander pouvait tenir tête à la redoutable vipère, son agressivité à elle n’était plus à démontrer.
C’était à se demander si McGonagall était aveugle ou plus retorse que son allégeance à Gryffondor ne l’aurait laissé deviner…
Heureusement pour leurs camarades ils ne s’attardèrent pas.

Elle avait l’ambition de le finir en une seule soirée : soit c’était un défi, soit une nouvelle preuve de sa prétention. En aucun cas la métamorphomage n’accepterait un devoir bâclé, pas plus qu’il ne laisserait cette vipère saboter leur travail.
La bibliothèque… C’était un bon et un mauvais choix. Bon car le pesant ouvrage ne devait sûrement pas rester en sa possession plus longtemps, mauvais car si Mme Pince émettait le moindre commentaire il préférait largement que cela se fit hors de portée des oreilles effilées de la serpentard. Ou de qui que ce soit d’autre, ce qui paraissait plutôt improbable en ce milieu d’après-midi : il aurait eu tellement plus de chances en s’y prenant le soir, lorsque la bibliothécaire aurait été trop pressée de fermer sa boutique pour faire un esclandre.
Heather n’avait quant à elle aucune incertitude et était déjà debout, ses affaires rangées d’une main preste mais adroite dans son sac en bandoulière. Le jeune homme se fit la réflexion qu’il avait toujours trouvé le principe même de ces sacs ridicules tant imposer un tel déséquilibre de poids quotidiennement lui paraissait stupide et pris note de cette remarque en attendant de trouver l’occasion et la formulation justes.
En attendant, il prit son temps pour remettre de l’ordre dans ses affaires, avec presque autant d’exagération que le soupir qui siffla entre les lèvres de sa camarade. Si elle décidait finalement de partir avec de l’avance ce serait toujours ça de gagné, et cela lui laisserait un peu plus de marge à l’entrée de la bibliothèque. Restera, restera pas, il jouait sur sa légendaire impulsivité tout en camouflant son stratagème sous une attitude nonchalante qui se voulait l’exact opposé de sa hâte.

Il était tout de même mal à l’aise assis, alors qu’elle-même était debout, son dos se rappelant à son bon plaisir parallèlement à son instinct qui lui soufflait qu’elle était en position dominante, accotée à son bureau, étudiant d’un air affecté sa manucure alors qu’il pouvait sentir comme une lame froide posée contre sa peau que ses pensées n’étaient tournées que vers les prochaines piques qu’elle pourrait lui lancer. Son envie de la voir s’éloigner se multiplia et, par là, devint plus visible malgré lui, se lisant dans la tension de ses épaules et la sécheresse de ses lents mouvements.
Cette fille arrivait vraiment à lui tordre les méninges.
Il finit par se lever, souleva sa chaise pour la poser délicatement derrière son bureau, prit le luxe de saluer d’un hochement de tête Bradley et sortit à la suite de la vipère, l’observant fendre la foule deux pas derrière elle. Qu’elle le presse et il se faisait encore plus lent, qu’elle cherche à se mettre à sa hauteur et il ralentissait encore, allant jusqu’à trouver n’importe quel prétexte pour s’arrêter. Le terrain de la patience était largement celui sur lequel il pouvait l’épuiser en restant tranquillement dans sa zone de confort : l’ombre.
Son stratagème fut éventé par un escalier capricieux : nulle porte de sortie que de sauter à sa suite sur les marches alors que les pierres se mettaient en branle, les apportant jusqu’à un autre couloir qui les obligerait à faire un détour. Mais tant qu’ils étaient accrochés à la rambarde, il ne pouvait pas échapper à ses remarques acerbes et se força en prévision à adopter une démarche tranquille – chose éminemment difficile lorsque vous sentez le monde tourner et le vide vous appeler tel une sirène : aussi froid et insidieux. Son malaise se lisait dans la sueur qui perlait à la naissance de ses cheveux et son regard qui voletait sur le décor à la recherche d’un point de repère, mais il aurait pu rester digne si leur bourreau anguleux n’avait pas soudain changé d’idée, un virage qui lui fit perdre l’équilibre.
Evidemment que cette peste savait qu’il avait le vertige, il en avait fait la splendide démonstration lors des cours de vol jusqu’à ce que sa réaction allergique à la potion curative donnée par Mme Pomfresh n’achève de l’en dispenser. Et évidemment que ce strangulot allait sauter sur l’occasion ! D’aucun aurait pu penser que ce n’était que coïncidence, mais lui était intimement certain qu’elle avait choisi de prendre ce chemin tout spécialement pour le voir mal à l’aise. Vulnérable.
Chacun ses faiblesses, ce n’était que le rendu de la monnaie de sa pièce…
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MessageSujet: Re: [Déc.1995 - Poudlard] Un ralliement forcé Mar 25 Juil 2017 - 16:29

Élégamment appuyée sur l’un des bureaux de la salle de métamorphose, Heather ne pu empêcher l’impatience de bouillonner en elle alors que les secondes se transformaient en minutes. Son partenaire forcé, toujours assis, semblait prendre ses aises en rangeant à la vitesse d’un escargot ses biens personnels. Du coin de l’oeil, elle l’observa tel un oiseau de proie attendant le bon moment pour lancer sa prochaine pique. C’était plus fort qu’elle : depuis les toutes premières années à Poudlard, une animosité féroce s’était créée entre eux et toute occasion était bonne pour partir de nouveau les représailles.

Avec un peu de recul sur la situation, les deux rivals auraient probablement réalisé que leur aversion mutuelle était quelque peu ridicule : celle-ci ayant été créée suite à des tentatives puériles de deux premières années insécures d’être un membre de serpentard à part entière. Rabaisser l’autre avait été le moyen le plus simple à ce moment-là d’obtenir l’approbation des autres. Plusieurs années plus tard, leur combat était toujours d’actualité et tous les moyens étaient bons pour prendre le dessus sur l’autre.

Voyant que Gilson plaçait finalement sa chaise derrière son bureau, la jeune fille s'exclama d’un ton coulant de fausse politesse :

- Monsieur est fin prêt! Je vous en pris, c’est quand vous voulez.

De donnant même pas place à une réponse, la serpentard s’élança vers la sortie contournant les élèves insoucieux qui avaient l'audace de discuter dans les couloirs.

Lançant un petit regard vers l’arrière, l’exaspération monta d’un cran en remarquant que son coéquipier était plusieurs pas derrière elle. Ralentissant, elle donna quelques secondes à Lysander pour la rejoindre. Ne le voyant toujours pas à ses côtés, elle osa regarder de nouveau et remarqua rapidement que celui-ci avait simplement ralenti dans le but de rester derrière elle, un petit air satisfait traînant sur son visage. Expirant bruyamment, la jeune fille reprit son pas rapide en direction de la bibliothèque, ses poings serrés de frustration. Elle détestait l’avoir dans son dos où il pouvait l’observer pendant qu’elle n’avait aucune idée de ses mouvements. Elle se sentait comme un prédateur tourné proie et ce n’était pas un sentiment qu’elle appréciait. Non, c’était plutôt un sentiment qu’elle arborait. Sa démarche perdit de sa grâce sous l’inconfort qu’elle ressentait de ne pas pouvoir observer son adversaire et elle sentit des sueurs froides descendre de sa nuque au bas de son dos comme si des milliers de petites fourmis faisaient leur chemin sur son corps. Elle se sentait à la merci de Gilson, sans pouvoir, une émotion qui lui rappelait beaucoup trop l’homme qu’elle détestait le plus au monde et penser à Lui n’était jamais une bonne chose. Oh non, penser à lui était l'inverse du bonheur et ce n'était pas un sujet sur lequel Heather souhaitait s'attarder. Même si le sujet était simplement dans ses pensées.

Secouant la tête légèrement pour tenter de se concentrer sur la situation actuelle et d’éloigner les pensées sombres qui semblaient vouloir prendre le dessus, la jeune fille commença à monter l’escalier devant elle, sentant par le fait même celle-ci changer de trajectoire. Comme quoi, même le château souhaitait augmenter le nombre de temps que les deux partenaires devraient passer ensemble, leur obligeant à effectuer un détour. Pendant un instant, elle se demanda la raison derrière les escaliers mouvants de Poudlard. Ce n'était en aucun cas pratique pour se rendre d'un point A à un point B. Au contraire, ça ne rendait le chemin que plus compliqué.

Heather lança de nouveau un petit coup d’oeil furtif vers l’arrière et tourna finalement complètement sa tête en voyant la scène devant elle : Gilson venait de perdre l’équilibre, mettant un peu trop de poids sur sa jambe gauche dans un effort de rester à la verticale. Perdue comme elle était dans ses pensées, Heather avait complètement oublié que son partenaire de classe était reconnu pour son vertige. Quelques flashbacks de leur cours de vol refirent surface dans sa mémoire : le visage blanc et le regard perdu du petit serpentard de première année lorsque le balai s’éleva du sol pour la première fois, le malaise clairement apparent dans son visage, balayant du regard le décor à la recherche d'un je-ne-sais-quoi.

Un petit sourire malin s’étira sur ses lèvres et la jeune Trown glissa doucement une main dans son sac à bandoulière, attrapant du bout de deux de ses doigts la plume qu’elle avait utilisée pour prendre ses notes quelques minutes plus tôt. Chantonnant doucement une chanson moldue que sa mère avait écoutée quelques fois pendant son enfance, Heather tapota doucement la plume sur ses lèvres, feignant d’être perdue dans ses pensée et ses souvenirs. La vérité était tout autre. Quelques instants plus tard, elle étira sa main qui tenait la plume vers la balustrade et garda son regard fixé sur le jeune homme, attendant simplement le bon moment telle une vipère en période de chasse. Lorsqu’il déposa ses yeux sur elle, elle fit un spectacle d'échapper la plume qui amorça sa descente au travers les nombreux étages du château. La vipère se penchant brusquement par dessus la rampe pour observer le chemin de la plume qui franchissait l'air dans sa descente accélérée :

- Oups!, dit Heather d’un demi haussement d’épaule, un sourire moqueur jouant sur ses lèvres. C’est profond quand même, non ? Je ne vois presque plus ma plume tellement elle tombe rapidement. Tu crois qu'on va la voir s'écraser au sol si on reste attentifs ?

Fixant de nouveau son regard sur Lysander, elle vit le malaise s'agrandir dans les yeux du jeune homme. Heather sentit une pointe de culpabilité pointer le bout de son nez. Était-elle allée trop loin? Puis, se rappelant avec qui elle était présentement, elle se força à écraser le sentiment et à le remplacer par de la satisfaction. Après tout, tous les coups étaient permis et si la situation aurait été inversée, elle savait qu’il n’aurait pas hésité à frapper là où ça faisait mal. Montant les dernières marches, elle arriva finalement sur l’étage où la bibliothèque se trouvait. Évidemment, il restait encore quelques couloirs à traverser avant de se rendre aux portes du domaine de Madame Prince, mais le tout se ferait assez rapidement.

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MessageSujet: Re: [Déc.1995 - Poudlard] Un ralliement forcé Mar 25 Juil 2017 - 21:39

C’était un plaisir de la voir se retourner, le chercher du regard, sentir l’inconfort dans sa démarche alors que lui-même la suivait d’une démarche glissante. Sentir son malaise comme un prédateur la peur de sa proie, bien qu’il ne perçoive pas combien la situation la gênait. Il s’enorgueillait simplement de la satisfaction puérile de voir la fière couleuvre gigoter comme un serpenteau, manquant d’entrer en collision avec ceux qu’elle ne voyait pas lorsqu’elle tournait la tête. Il aurait voulu crier dans le couloir pour attirer toute l’attention vers elle ou, mieux, lui jeter un sort pour qu’elle le fasse elle-même. Sa baguette tournait doucement entre ses doigts, incertaine, tandis que son esprit cherchait des formules amusantes à lancer contre son ennemie à sa merci… La foule lui servirait à camoufler d’où proviendrait le coup et elle seule saurait, rien qu’en lui lançant le plus innocent des regards, que cette crasse était bien un cadeau empoisonné de son plus fidèle opposant. Mais le risque était trop grand de toucher quelqu’un d’autre et déclencher un conflit dont il ne voudrait pas.
Et une petite voix, intérieurement, lui murmurait que ce serait peut-être un peu trop…

Il n’eut pas le temps de mettre en œuvre son plan, car ils arrivaient aux escaliers et, étouffant un juron, il sortit la main de sa poche pour s’accrocher plus fermement à la rambarde, et bien lui en prit car son bourreau de pierre se mit en mouvement. Il prit une profonde inspiration et leva les yeux vers la silhouette, maintenant dominante, d’Heather. Il serra les dents, avança sa main et fit un pas pour tenter de gagner une marche sur elle – rien qu’une serait une victoire personnelle qui le rendrait intouchable de toutes les remarques qu’elle pourrait formuler.
Et ce fut ce pas d’orgueil qui le perdit. Un changement d’avis de l’inconstant escalier lui fit perdre l’équilibre et il contint mal un glapissement qui mourut dans sa gorge. Le linge sale dans une machine à laver eut éprouvé de la compassion pour le pauvre serpent, mais la belle n’était pas de cette trempe et c’est un regard suprêmement satisfait qui se posa sur sa proie dont l’attention était portée sur tout, sauf ce vide abyssal qui aspira la plume et, pour quelques instants, son regard et ses pensées. Sa mâchoire tremblait alors qu’il se sentait aspiré par un millier d’étages, léger comme une plume et aussi peu maitre de ses mouvements, balloté par le passage des élèves autour de lui dont il percevait les conversations comme des cris lointains. Hors de portée de tout soutien. Seule perçait une mélodie étrangement familière…
Un abyme sans fond dont il ne parvint pas à s’extirper alors même qu’il avait reporté deux noisettes qu’il n’avait pas la force de rendre menaçantes sur la silhouette élancée dressée comme une statue célébrant quelque victoire militaire. Ce n’était pas la première fois qu’elle lui faisait le coup, et le meilleur côté de sa dispense de vol avait été la tête d’Heather lorsqu’elle avait vu s’envoler cette magnifique opportunité de le voir se ridiculiser.

Et elle se pencha, prenant soin de capturer son regard pour le précipiter vers sa chute mortelle, et il fut à deux doigts de l’imiter pour rendre le contenu de son estomac, mais son dernier repas remontait à trop longtemps pour que ce ne fut plus qu’une vague acide qui remonta son œsophage pour redescendre dans son antre. Et puis soudain, la terre cessa de trembler, le ciel de se tordre et l’escalier s’immobilisa face à l’entrée d’un couloir qui leur imposerait un détour.
Mais ils n’auraient pas à affronter d’autres escaliers.
Maudissant son orgueil qui l’avait fait suivre la diablesse et sa faiblesse qui avait ouvert ses barrières il se pressa autant qu’il put de sortir de cet enfer mouvant avant qu’il ne se décide à reprendre sa course fol à travers les airs. Il prit deux longues minutes pour reprendre son souffle, une main appuyée contre le mur et l’autre s’assurant que ses entrailles ne se décideraient pas à une petite balade. Son esprit s’éclaircit et il ne put manquer l’appel impatient de sa partenaire forcée qui se languissait de sa présence. La petite peste avait réussi à retourner à son avantage sa vitesse et, foutu pour foutu, il se permit même un passage par les toilettes pour endiguer la douleur dans sa gorge et le haut de son torse.
En étant juste il faudrait compter un partout, mais Lysander le sentait comme un et demi. Au bout de cinq ans ils avaient perdu le compte total et se contentaient de joutes ponctuelles, savourant les victoires et pleurant les échecs alors que, finalement, ils étaient au même point : pas plus avancés que lors de leurs premières rencontres. Mais être le premier à proposer d’enterrer la hache de guerre serait se mettre en position de vulnérabilité et, alors qu’ils partageaient la notion d’honneur serpentin, aucun ne faisait assez confiance à l’autre pour cela, excepté de façon extrêmement temporaire et avec la possibilité de surveiller chacun des mouvements de l’autre.

Son malheur avait tout de même du bon, car en arrivant cinq minutes après la couleuvre il avait gagné la marge nécessaire pour rendre son ouvrage en toute discrétion. Enfin, discrétion il fallait le dire vite, car le regard noir de Mme Pince valait largement ceux dont McGonagal avait le secret et si elle ne fit pas un esclandre, soupçonna le jeune homme, c’était parce qu’elle risquait autant que lui à cet emprunt prolongé – spécialement si l’un ou l’autre vautour de la dictatrice rose avait élu domicile sur une des longues tables. Mais c’était aussi la promesse qu’au moindre écart elle fondrait sur lui comme un vautour… Pas le meilleur hospice lorsqu’on était aussi mal accompagné.  
Mais était-ce vraiment une raison pour se montrer plus doux envers ce démon ? Son regard se posa sur elle et sa décision fut prise : non, peu importe les éléments extérieurs, une bataille aussi rituelle ne pouvait se permettre d’être dérangée par une bibliothécaire chatouilleuse. Il serait toujours temps de se rattraper auprès de la maîtresse des lieux, mais Heather, elle, n’oublierait pas… Et ne manquerait pas de recommencer.
Elle avait posé ses affaires, d’ailleurs, et s’était engagée dans un rayonnage duquel elle tentait d’extraire un livre. Cette fois-ci, pas de quartier, un mouvement du poignet et un accio discrètement murmuré lui amenait la proie de sa partenaire, un épais volume sur les sortilèges de disparition, qu’il posa comme de rien parmi ses affaires. Si l’evanesco ne lui avait pas à ce point retourné l’estomac il aurait sans aucun cas de conscience fait disparaître les plumes qui s’alignaient hors de la trousse de la vipère, il se contenta de pousser ses affaires pour prendre plus d’espace, ruinant l’ordre parfait qu’aimait imposer sa camarade sur son petit monde.
Et pour parachever sa vengeance, il prit ses notes en runes, mêlant vrais mots et simples transcription littérale de ceux qu'il ne connaissait pas : s'il devrait bien rendre un papier final en anglais, toute avance était bonne à prendre et il ne donnerait que ce qu'il voudrait bien céder - qu'elle se fasse en attendant des cheveux blancs sur ses performances.
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MessageSujet: Re: [Déc.1995 - Poudlard] Un ralliement forcé Mar 25 Juil 2017 - 23:56

Dès qu’elle mit le pied dans le couloir, Heather pivota sur elle-même et trouva très rapidement du regard le sujet de ses pensées. Du haut des escaliers, elle avait la vue parfaite pour admirer l'ascension de son partenaire maintenant que les escaliers s’étaient finalement arrêtés à leur destination. Replaçant une mèche de ses cheveux bruns foncés derrière son oreil droite, la jeune serpentard étira ses lèvres en un petit sourire moqueur et croisa les bras devant sa poitrine. Après tout, ceci serait une image parfaite pour accueillir son partenaire. La victime de sa dernière machination semblait pâlir de minute en minute, comme si chaque marche qu’il franchissait entraînait automatiquement une décoloration de sa peau.

Une fois rejoint par Gilson, la vipère s'apprêtait à continuer son chemin vers la bibliothèque lorsqu’elle remarqua que son malheureux compagnon ne semblait pas prêt à bouger, appuyé d’une main sur le mur du corridor. Voyant son air faible et son visage dénué de couleurs, la pointe de culpabilité qu'elle avait ressentie quelques instants plus tôt frappa ce coup-ci de plein fouet, telle une vague déchaînée. Heather était une femme violente et colérique, elle le savait très bien. Elle savait aussi qui était la réelle cible de son côté dévastateur, parce qu'au final, une seule et unique personne méritait de subir sa violence, mais cela ne l'avait jamais empêché de faire subir sa colère sur de pauvres âmes innocentes. Au contraire, la serpentard ne s'était jamais posée deux fois la question. Si quelqu'un avait le malheur d'être sur son chemin, c'était son problème : la personne n'avait qu'à se pousser de là. Ce fut donc une des premières fois que Heather hésita, son esprit occupé par le sentiment que cette fois-ci elle était allée trop loin.

Fermant les yeux quelques instants, la jeune serpentard soupira doucement et pirouetta sur elle-même. Dos au jeune homme, se mettant inconsciemment à un niveau de vulnérabilité égal à Lysander, Heather murmura d’un ton neutre, vide d’émotions :

- Je serai à la bibliothèque.

Elle partit par la suite en direction de la bibliothèque. Quelques minutes plus tard, la jeune Trown arriva finalement au domaine des livres et s'éclipsa vers le fond de la salle, près d'une fenêtre, où une petite table de travail était libre d'élèves. La bibliothèque n'était pas très occupée, les étudiants ayant optés de profiter de la belle journée pour se balader à l'extérieur, ce qui convenait à Heather, la solitude étant beaucoup plus confortable pour elle. Déposant son sac au pied d'une des quatre chaises, elle sortit son livre de métamorphose, son cahier de notes, l'une de ses nouvelles plumes, sa plus usée ayant fini au pied des escaliers, et un pot d'encre noir. Perfectionniste comme elle était, la vipère arrangea ses effets personnels dans un ordre qui lui permettrait de travailler efficacement sur son devoir. Portant son attention sur la porte d'entrée, Heather remarqua rapidement que son partenaire forcé n'était toujours pas arrivé et décida d'aller chercher un livre afin de commencer le travail. Elle traversa les deux étagères les plus près d'elles qui couvraient le sujet des runes et s'arrêta finalement à la troisième où les livres de métamorphose s'étalaient sur plusieurs rangées. Concentrée dans sa recherche, la Serpentard frôla du bout des doigts les différents ouvrages disponibles, lisant les titres au rythme de ses pas. Elle trouva rapidement la section des 5eme années et ralentit son avancé pour mieux se concentrer sur sa recherche, commençant par l'étage du bas pour faire son chemin vers les livres se trouvant plus haut. Après quelques minutes, elle trouva finalement le livre qu'elle souhaitait. S'étirant sur la pointe des pieds, la brunette étira sa main droite pour agripper le livre, mais sans réussite : il lui manquait quelques centimètres. Exaspérée, elle s'étira de nouveau avec beaucoup de force, tentant de gagner les quelques centimètres manquants et d’ainsi attraper le livre quand celui-ci lui glissa du bout des doigts et s'envola dans les mains de nul autre que Lysander Gilson qui s'installa sans aucun scrupule à la table. Plissant les yeux de colère, la vipère marcha d'un pied ferme vers le serpentard et s’exclama d'un ton frustré :

- GILSON !! Non, mais pour qui te prends tu ? C'est MON livre. Rends-le….

- Mademoiselle Trown !

La voix sec de Madame Prince vint couper les prochaines paroles de la brunette. Celle-ci se tourna d'un coup sec, levant les bras d'exaspération, prête à expliquer comment Gilson avait osé lui voler son livre, quand la bibliothécaire reprit la parole d'un ton aussi froid qu'un glacier :

- Je ne veux pas attendre vos excuses, mademoiselle Trown. Il n'y a aucune raison justifiant de crier dans la bibliothèque. Calmez-vous immédiatement ou je vous expulse pour le restant de la journée. Non ! Pas un mot !

Refermant la mâchoire d'un coup sec, Heather hocha la tête puis foudroya du regard son partenaire qui arborait un air satisfait. Et dire qu'elle s'était sentie coupable à peine quelques minutes pour tôt. Prenant place sur sa chaise d'un air hautain dans l'espoir de garder le peu de fierté qui lui restait, Heather remarqua finalement le bordel qu'était devenu leur table. Plissant les yeux, la jeune fille se pencha vers l'avant et hissa :

- Oh très mature de tout foutre le bordel, une réaction digne d'un poufsouffle.

Feignant l'ennui, la jeune fille replaça sa plume et son cahier, puis le pot d'encre en main, une idée commença à se former dans son esprit. Déposant doucement l'item, elle se leva de sa chaise et pris la direction de la section de métamorphose, ne quittant jamais du regard l'autre serpentard qui avait commencé à prendre des notes. Sortant doucement sa baguette, la brunette pointa subtilement celle-ci vers le pot d'encre et armé du sort de lévitation, fit renverser celui-ci sur le livre, éclaboussant les pages ouvertes de tâches noires. Prenant rapidement un livre quelconque, Heather se mit dans le champ de vision de Lysander et d'un air désolé très convainquant, s'exclama :

- Oh non, Lysander ! Mais qu’as-tu fait ? Tu as abîmé ce beau livre avec ta maladresse. Il est tout tachée d’encre !

Heather finissait à peine sa phrase qu'elle entendit les pas urgents de Madame Prince faire leur chemin vers eux. La jeune fille envoya un petit sourire satisfait à son coéquipier avant de porter sa seule main libre, l'autre étant occupée à tenir un livre, à sa bouche, une fausse expression d'horreur plaquée sur son visage. Que le spectacle commence!

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MessageSujet: Re: [Déc.1995 - Poudlard] Un ralliement forcé Mer 26 Juil 2017 - 17:47

Ses doigts effleuraient à peine la couverture que des pas précipités retentirent et, sans accorder un regard – imaginer sa tête était beaucoup plus amusant – le voleur se mit tranquillement en route vers le fond de la bibliothèque où il avait repéré le sac de sa camarade.

- GILSON !! Non, mais pour qui te prends tu ? C'est MON livre. Rends-le….

Trois, deux, un…

- Mademoiselle Trown !

Lèvres serrées, étirées en un sourire qui lui creusait une faussette sur la joue gauche, Lysander prit bien soin de ne surtout pas regarder derrière lui alors qu’il ne perdait pas une miette de l’échange houleux entre la terrible harpie et sa Némésis personnelle. Enfin, si l’on pouvait appeler cela échange, car Heather se vit prestement interdite de toute parole par un verbe plus coupant qu’un éclat de verre.
Et en même temps, quel bonheur  de la voir expulsée de ces lieux et d’avoir la main mise sur leur devoir ! Bon, cela ne serait pas sans quelques difficiles négociations le jour du rendu mais, après tout, s’il arrivait suffisamment tôt…
Posant le lourd livre sur la table et ses yeux sur les affaires militairement ordonnées de sa partenaire, il ne put empêcher un nuage d’obscurcir ce réjouissant tableau : la couleuvre était tout de même reconnue pour son sérieux et sa vivacité d’esprit, et il ne serait pas très intelligent de se priver de ses ressources, surtout sur un travail qui portait sur un sort qu’il dépréciait à ce point – et qui n’était pas sans présager une autre semaine d’exercices qui lui apporterait sans doute une note plus proche de l’acceptable que de l’optimal qu’il se savait capable d’avoir dans la partie théorique.
Ces dernières n’étant, finalement, que des questions d’assiduité et de jugeote.

Il se fit un plaisir puéril à brouiller l’ordre des plumes et parchemins de sa camarade en s’installant lui-même plutôt confortablement pour ouvrir la première page et noter en alphabet runique les différentes idées développées dans l’ouvrage. C’était autant un moyen de s’entrainer à leur tracer que d’empêcher tout œil baladeur, fut-il potentiellement allié, de s’approprier son travail sans son accord.

- Oh très mature de tout foutre le bordel, une réaction digne d'un poufsouffle.

Lysander ne partageait pas les a priori sur les membres des maisons, d’un part parce qu’il n’en avait jamais entendu parler avant de venir et d’autre part parce que, bien qu’il se sente en effet plus d’affinité avec des serpentards qu’avec d’autres, certains serdaigles ou même poufsouffle avaient déjà attiré sa sympathie ou au moins son intérêt, parfois sans qu’ils le sachent… Pourtant il y avait bien eu une période au début de sa scolarité où, seul et influençable, il avait assimilé certains de ces lieux communs et créé un gouffre entre lui et ceux qui n’étaient pas verts et argents – même et surtout lorsqu’ils se montraient aussi ouverts et sympathiques que Lina – et cette fibre résonnait toujours lorsqu’Heather y faisait allusions…
Sans doute parce que son évolution avait suivi un rythme similaire… Mais qu’elle n’avait pas eu la présence d’esprit de mettre de la distance avec ces ragots et les prenait toujours pour argent comptant.
Il lui répondit du regard le plus dédaigneux qu’il avait en réserve, mêlant dans sa prunelle noisette une surprise affectée et une condescendance amusée qui récoltèrent un désintérêt et un ennui.
Cause toujours.

Ils rompirent le contact en feignant tous deux d’être absorbés par leurs tâches, le rangement pour la couleuvre et la lecture pour le cobra. Lorsque sa voisine s’éloigna de nouveau pour chercher un autre ouvrage ses yeux glissèrent inexorablement vers la place de travail qu’elle laissait sans surveillance et son esprit s’aventura à pousser légèrement, juste très légèrement, sa plume pour lui faire quitter la droite parallèle au vélin. Juste de quoi provoquer un malaise lorsqu’elle reviendrait, et dont elle ne pourrait déterminer l’origine. Ou son pot à encre peut-être ? Un peu plus à gauche…
L’objet se renversa et Lysander sursauta, relevant le pot et écartant précipitamment ses feuilles sans avoir assez de main pour sauver aussi le livre dont une large partie devint illisible. Le jeune homme blêmit, persuadé qu’il était question d’un sursaut d’Alisson alimenté par la rancœur qu’il entretenait à l’égard de celle qui possédait l’objet, se mortifiant de la perte de ce texte pourtant si intéressant.

- Oh non, Lysander ! Mais qu’as-tu fait ? Tu as abîmé ce beau livre avec ta maladresse. Il est tout tachée d’encre !

La voix qui s’était élevée derrière lui l’avait fait se retourner lentement et avait ravivé la mèche provisoirement mouchée. Le visage même de l’innocence qui venait de clamer haut et fort sa bévue à travers la salle, appelant Cerbère qui galopait vers eux, se trouva face au masque vengeur d’un jeune homme empourpré qui appelait sur elle le sinistros pour avoir commis pareil sacrilège.
Elle avait ruiné en un geste le travail colossal d’un auteur, le soin attentif de tous ceux qui avaient un jour tenu l’ouvrage, et des mois de travail pour s’attirer quelques faveurs de Mme Pince. L’énormité de ce qu’elle venait de commettre passait bien avant sa peur des représailles de la sorcière qui menaçait d’exploser et lui ôta toute idée de chercher une formule qui puisse nettoyer la page sans effacer le texte.

- MONSIEUR GILSON !

Pour la seconde fois en moins de cinq minutes son nom résonnait entre ces pierres et les quelques élèves qui étaient à portée de vue relevèrent la tête, surpris sans doute par la férocité avec laquelle il avait été prononcé : Gilson ne semblait visiblement pas être un patronyme de bon augure. Heureusement, il connaissait assez peu de gryffondors pour qu’un de ses fous ne se risquent à répondre au flot tumultueux de paroles qui s’abattirent sur lui. A vrai dire même le serpent ne chercha pas à se justifier ou à pointer du doigt sa partenaire qui gloussait presque dans le dos de la bibliothécaire et qu’il fixait avec une férocité qui reflétait bien celle de la voix qui tonnait.

- Vous rendez-vous compte ! Une édition de 1876 ! Un trésor qui ne devrait connaître que le plus grand respect mais où avez-vous donc la tête ! Je vous connaissais moins étourdi, vous me décevez beaucoup ! fit-elle d’une traite en insistant sur l’adjectif et l’adverbe. Elle dut prendre deux inspiration avant de pouvoir reprendre son monologue. Regardez-moi quand je vous parle ! Je ne veux pas vous voir quitter cette pièce avant vingt-heure, vous m’aiderez à remettre de l’ordre ici. Peut-être cela vous fera-t-il prendre conscience de la richesse des lieux et du travail colossal qu’est son entretien !

Elle avait soulevé l’ouvrage comme on ôterait un enfant des bras d’une personne dangereuse et imprévisible : avec précaution et une aura de menace qui le dissuadait de faire tout mouvement, ne serait-ce que d’acquiescer à la sentence qui venait de tomber. Il y avait pire, mais de savoir Heather responsable et témoin de son rappel à l’ordre le rendait plus cuisant qu’une gifle. Il ouvrait la bouche pour tenter de l’entrainer dans sa chute mais elle se trahit seule et ce fut son tour de sourire lorsque Mme Pince lui promit le même traitement.

- Pas un mot ! répéta-t-elle pour clore l’échange d’une voix grave et grondante qui laissait présager une tempête où même un hippogriffe ne retrouverait pas ses petits, laissant les deux jeunes gens se regarder en chiens de faïence jusqu’à ce que Lysander ne prenne ses affaires pour s’installer de l’autre côté de la table avant de partir à la recherche d’un robinet pour laver ses mains et d’un nouvel ouvrage pour alimenter leur rendu.

Une distance de sécurité qui leur permettrait peut-être de ne pas s’entre-tuer avant d’avoir pu mettre leur travail en commun.



[note : donc ils n'auront pas accès au repas de la Grande Salle, je pars du principe qu'au moins un des deux a de quoi faire face à une petite fringale donc le partage de nourriture pourrait être un point de départ - de toute façon ils auront faim toute la nuit =p ]
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MessageSujet: Re: [Déc.1995 - Poudlard] Un ralliement forcé Mer 26 Juil 2017 - 20:54

Tout se déroulait comme prévu. Heather avait réussi à masquer son ricanement de façon experte avant que la maîtresse des livres se présente sur les lieux du crime. Les pas de Madame Prince résonnaient dans la pièce tel un hippogriffe aplatissant un ennemi au sol. Les autres résidents de la bibliothèque avaient eu la brillance d’esprit de s’éloigner de la matrone, feignant de lire un passage particulièrement intéressant dans l’ouvrage le plus proche d’eux. Heather remarqua par contre très rapidement que leur esprit était concentré sur l’explosion qui allait survenir : tant mieux, ceci allait énerver Gilson d’autant plus, elle en était sûre. Rien de mieux que des spectateurs pour ajouter à la honte de se faire réprimander.

- MONSIEUR GILSON !

Oh, quel son doux à ses oreilles. Alors que quelques instants plus tôt, Heather aurait tout donner pour ne pas entendre cette voix froide et pincée de nouveau, cette fois-ci, elle ne pouvait que l’apprécier. Le cou de la matrone était crispé sous la colère et la couleur de ses iris semblait s’être assombrie tant ses yeux étaient plissées d’énervement. La peau de son visage avait pris des teintes rosées s’étendant sur le rouge comme si toute la pression de son corps s’était dirigée vers un seul même endroit.

Reportant son attention sur le voleur de livres, Heather dû utiliser tout son pouvoir de concentration pour éviter d’éclater de rire. Bien qu’elle était la réceptrice d’un regard foudroyant qui en aurait fait blanchir plus qu’un, la jeune fille ne pouvait empêcher le petit plaisir malsain qui montait en elle. Elle n’y pouvait rien, énerver Lysander était plus fort qu’elle surtout quand celui-ci venait d’y faire un sal coup. C’était du donnant donnant après tout.

- Vous rendez-vous compte ! Une édition de 1876 ! Un trésor qui ne devrait connaître que le plus grand respect mais où avez-vous donc la tête ! Je vous connaissais moins étourdi, vous me décevez beaucoup ! Regardez-moi quand je vous parle ! Je ne veux pas vous voir quitter cette pièce avant vingt-heure, vous m’aiderez à remettre de l’ordre ici. Peut-être cela vous fera-t-il prendre conscience de la richesse des lieux et du travail colossal qu’est son entretien !

La satisfaction était si forte en elle que les muscles des lèvres de la brunette gagnèrent sur sa concentration et s'étirèrent en un sourire narquois. Elle ne pouvait rêver mieux : la bibliothécaire avait décidé de le punir pour le méfait dont elle était responsable. Dans le livre de la vipère, ceci était clairement une victoire sur son compagnon forcé et elle ne pu s’empêcher de le narguer un peu plus :

- Tu vas devoir travailler fort Lysander. Après tout, la bibliothèque est très grande. N’oublie surtout pas de nettoyer le plancher : je vois d’une tâche d’encre juste là, dit-elle d’un petit ton sardonique, pointant du doigt la tâche d’encre qui s’était créée lorsque le pot d’encre était entré en collision avec le bouquin.

- Mademoiselle Trown!, s’exclama Madame Prince d’un ton grave et réprimandeur.

Heather effaça rapidement le sourire qui traînait encore sur son visage en voyant la gardienne du royaume des livres se tourner vers elle d’un mouvement brusque. Les yeux de la dame semblèrent se plisser encore plus et la brunette se demanda pendant un instant comment cela était possible. Un peu plus loin, la jeune fille pouvait voir les expressions ahuries des étudiants face à la énième exclamation en provenance de Madame Prince. Malgré son air pincé et pointilleux, il était rare de voir la matrone aussi en furi.

- Votre manque de respect pour les règles de la bibliothèque est prodigieux et vous avez bien raison, la bibliothèque est bien grande, alors joignez donc votre petit camarade. Je vous conseille d’en profiter pour apprendre le silence et non, je ne suis pas intéressée par ce que vous avez à dire alors ne gaspillez pas votre salive, explosa finalement la bibliothécaire.

- Pas un mot!, termina-t-elle en mettant l'emphase sur chacun des mots comme si sa vie en dépendait. Elle tourna ensuite les talons et s’éloigna vers l’avant de la bibliothèque pour reprendre sa place habituelle, lançant des remontrances aux élèves qui avaient l'audace de la fixer du regard.

Clignant des paupières quelques fois, la jeune serpentard fixa son regard sur son partenaire de métamorphose. Pendant un instant, la surprise pouvait se lire sur son visage, puis reprenant ses sens, la jeune fille reprit son air de glace habituel. Chose très rare pour la jeune fille, elle était à court de mots. Ce revirement de situation n’était certainement pas prévu dans son plan et la punition n’était pas une réalité dont elle était heureuse. Elle observa sans un mot son adversaire déplacer ses choses pour s’éloigner d’elle et quitter vers la salle de bain. Régnant sur sa colère, Heather fit le chemin vers le bureau de la bibliothécaire. Celle-ci leva les yeux rapidement en apercevant la serpentard et envoya à la jeune fille un regard plus noir que la nuit.

- Madame Prince… par quoi voulez-vous qu’on commence ?, demanda Heather d'un ton dévoué d'émotions. Elle savait que là n'était pas un bon moment pour exploser de colère fasse à l'injustice de sa punition. Après tout, la matrone n'était pas au courant que c'était elle la réelle responsable.

- Évidemment, commencez par nettoyer le dégât d’encre. Vous trouverez de quoi nettoyer dans le placard là-bas. Ensuite, vous voyez la pile de livres là-bas ?, dit-elle d’un ton sec en pointant une dizaine d’énormes piles de livres plus grandes qu’Heather et cela, même si elle se mettait sur la pointe de ses pieds. Classez-les dans les bonnes rangées, par sujet, par ordre d’année et par ordre alphabétique. Oh… et Mademoiselle Trown? Le tout sans magie bien sur, termina-t-elle, sa voix coulant de condescendance. Puis, sans même attendre une réponse de la jeune fille, elle se pencha de nouveau sur son travail.

La jeune serpentard ne donna même pas réponse aux ordres de Madame Prince, mais se dirigea tout de même vers le dit placard, ramassant un seau, une éponge et une veille moppe pleine de poussière et rebroussa chemin vers la table partagée. La brunette remarqua rapidement que son compagnon était de retour, assis aussi loin de ses affaires qu’il était humainement possible sans tomber du bas de sa chaise. La jeune Trown haussa un sourcil dans sa direction et déposa son cargo près de la table. Puis, s’appuyant d’une main sur le meuble et replaçant une mèche vagabonde derrière son oreille, elle laissa traîner sa voix :

- Je te laisse laver le plancher et la table ? Après tout, si tu n’étais pas si maladroit, tu n’aurais pas étendu autant d’encre partout autours de toi.

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MessageSujet: Re: [Déc.1995 - Poudlard] Un ralliement forcé Jeu 27 Juil 2017 - 16:12

Son visage s’ouvrit comme une fleur au printemps sur un sourire qui aurait pu la rendre belle s’il n’avait pas étréci ses yeux. Une victoire qu’elle aurait pu savourer à loisir si elle n’avait pas été trop gourmande, et nombre de paires d’yeux se tournèrent vers elle avec stupéfaction et horreur depuis les pages de leurs abris. Pas si finaude la reptilienne…
Mme Pince se tourna dans un mouvement mécanique mais rapide, accompagné d’une interjection grave, premier coup de tonnerre de l’orage qui lui était dédié. Cette fois-ci, elle ne s’en échapperait pas avec une simple réprimande, cela se lisait jusque dans le dos de la sorcière : ses omoplates raidies étaient deux pics qui pointaient de sa robe comme les ailes repliées d’un griffon : sa proie ne pouvait plus fuir maintenant qu’elle l’avait emprisonnée dans le feu de son regard. Pour avoir passé plus que son lot d’heures au sein de ces pierres, Lysander l’avait rarement vue dans un état pareil – généralement un avertissement était suffisant pour convaincre ceux qui se riaient des menaces créatives qui accompagnaient chacune des règles affichées.
Heather semblait ne pas en revenir, pantelante face à la rapidité et la violence avec laquelle son astuce se retournait contre elle. Son air perdu lui demeura quelques instants après que la silhouette sombre n’ait dégagé la vue du jeune homme, emportant dans son sillage les quelques nuages qui grêlèrent les imprudents et les malchanceux de remontrances, et il put profiter de ces instants de flottement avant que ne revienne l’expression figée qu’elle semblait arborer en permanence. La voir ainsi construire son expression comme on mettrait un masque lui fit lever les yeux au ciel : comme si cela allait la protéger ! Lys, c’est St Mangouste qui se fout de la charité

Il rangea tranquillement – quoi que plus rapidement qu’en classe – ses affaires comme si cette histoire ne le concernait pas pour migrer vers l’autre extrémité de la table. Il allait devoir se trouver un nouveau support de travail mais, avant cela, un petit passage par les toilettes s’imposait : ses doigts bleus sombres ne seraient certainement pas autorisés à approcher la couverture d’un ouvrage à moins de cinq mètres et il ne voulait, Merlin non ! pas aggraver son cas : une après-midi de travail de perdue c’était déjà bien assez et sa journée de demain était déjà assez contraignante sans en rajouter. Entrant dans la salle d’eau, il trouva dans le miroir au-dessus de l’évier le visage d’un jeune homme aux yeux sombres mais à la fossette creusée d’un rictus satisfait qui le troubla et il détourna les yeux.
Il ouvrit la porte juste à temps pour entendre la fin de la réponse de Mme Pince. Il souffla bruyamment par le nez : cette peste n’aurait pas pu se faire oublier cinq minutes ? Ils auraient au moins pu commencer leur travail avant que la démone ne vienne les chercher… Il se passa une main dans les cheveux : bon, c’était raté pour aujourd’hui, mais après tout il y avait une forme de prévenance dans le fait d’aller au-devant du danger : s’ils travaillaient assez efficacement peut-être la dragonne leur accorderait-elle d’aller manger avant qu’il ne reste que quelques assiettes de restes froids. Vingt-heures, ça allait être long et il se sentait démoralisé rien que d’y penser.
Il retourna à leur table et sortit son agenda pour avoir une idée d’un prochain jour pour mettre en commun leurs trouvailles : il était hors de question qu’il passe cette soirée avec la vipère après avoir dû la supporter tout l’après-midi et être puni à cause d’elle. Le lendemain soir ne l’arrangeait pas vraiment, mais avec un peu de chance il n’aurait pas à se trainer ce boulet tout le week-end si elle avait l’extrême obligeance d’apprendre à se tenir.

Lorsqu’elle revint vers lui équipée d’un kit de nettoyage, il haussa un sourcil circonspect : un objet aussi moldu lui semblait parfaitement incongru au milieu de tous ses ouvrages traitant de sorcellerie mais enfin Mme Pince était connue pour aimer donner à ses cobayes des taches longues, répétitives et à faire sans magie : pour ne pas pénaliser les débutants comme elle aimait à le dire. Ou simplement parce qu’elle se faisait un plaisir de les voir s’acharner alors qu’un coup de baguette aurait suffi à se débarrasser de la chose en moins de temps qu’il n’en fallait pour s’attirer ses foudres : trois heures de souffrance pour une seconde de maladresse. De quoi faire solidement imprimer la leçon.
Trown lui répondit d’un sourcil haussé bien haut : si même pour cela elle faisait une compétition ! Sa proposition lui tira un petit gloussement alors qu’il jetait un œil sur les piles qui s’élevaient derrière elle :

- Je te laisse laver le plancher et la table ? Après tout, si tu n’étais pas si maladroit, tu n’aurais pas étendu autant d’encre partout autours de toi.
- Et si tu savais ranger tes affaires proprement tu n’aurais pas laissé ton encrier ouvert…
répondit-il du tac au tac, mais il compléta d’un ton mielleux :Je m’en charge, ne t’inquiète pas, tu peux commencer à trier les ouvrages.

Il ne prit même pas la peine de faire une contre-proposition, préférant largement la voir s’escrimer à atteindre des ouvrages qui la dépassaient largement. Un simple nettoyage ne lui posait, en soi, aucune problème : il avait l’habitude d’aider sa mère chez eux, mais cela elle n’avait pas besoin de le savoir – car bien qu’ils fouinent tous deux à la recherche des failles de leur adversaire elle n’avait pas connaissance de son rang de né-moldu, car comme l’employé du ministère l’avait recommandé à ses parents il n’avait évoqué devant personne son origine, même ceux qui se vantaient de partager son statut. Il mit en ordre ses affaires et se leva pour se saisir des éléments présentés, attendant qu’elle se soit éloignée pour manier ses outils avec la dextérité que confère l’habitude, dos en écran par rapport aux autres élèves, prenant son temps. Jetant quelques coups d’œil en arrière, il rit doucement des efforts de l’élève pour atteindre le haut de la pile mais grimaça lorsqu’elle tira à elle une chaise.
Un chiffon apparut comme par magie dans sa main et il fit briller le bois en deux mouvements avant de se diriger vers elle à grands mais silencieux pas, le tissu glissé le long de son bras. Si le bout du manche à balais passa à moins de deux centimètres de la nuque de la jeune femme alors qu’elle portait une pile instable de livres, il ne fallait évidemment y voir qu’une contrainte de la largeur des allées et lorsqu’elle se retourna vers lui d’un mouvement sec, les yeux chargé d’ombre, il ne fit que lui tendre le morceau de tissu en désignant du menton les chaussures classieuses qui souillaient la chaise gracieusement prêtée par la bibliothécaire qui n’apprécierait sûrement pas de voir son mobilier traité ainsi.

- Je te laisse ramener le tout au placard, fit-il d’une voix condescendante alors qu’elle descendait de son support pour ne pas perpétrer plus longtemps son sacrilège.

Il parcourut du regard les quelques livres qui lui apparaissaient à portée et se saisit rapidement de ceux dont il connaissait l’emplacement pour les avoir lus. Il lui laissait volontiers le tri préalable pour se charger de remettre à leur place les ouvrages. Pourquoi cela ?

- Parce que je peux atteindre tous les emplacements sans utiliser ma baguette, moi, lui asséna-t-il du ton coulant qu’on aurait utilisé pour une gamine de cinq ans demandant pourquoi elle était plus petite que ses parents.

Il bénit pour cet instant la poussée de croissance qui avait fini par pointer le bout de son nez dans la seconde moitié de sa troisième année. Si elle l’avait laissé aussi décharné qu’un sombral, elle lui avait offert en sus une tête de plus que la couleuvre et de longs membres qui lui avaient valu par sa mère le surnom d’el pulpo. De quoi lui assurer une position confortable par rapport à sa partenaire…


Dernière édition par Lysander Gilson le Jeu 27 Juil 2017 - 20:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Déc.1995 - Poudlard] Un ralliement forcé Jeu 27 Juil 2017 - 18:57

- Et si tu savais ranger tes affaires proprement tu n’aurais pas laissé ton encrier ouvert… Je m’en charge, ne t’inquiète pas, tu peux commencer à trier les ouvrages.

La serpentard fixa le jeune homme d’un air douteux. Elle était bien heureuse d’avoir enfin réussi à tirer une réponse de son compagnon qui malgré les plusieurs pics qu’elle avait lancées, était resté muet, mais sa victoire était de courte durée. Son ton doucereux ne semblait pas inaugurer de bonnes choses pour la vipère. Son aire satisfait semblait tout au contraire cacher un je-ne-sais-quoi dont la brunette n’arrivait pas à mettre le doigt dessus et cela l’inquiétait. Avait-il une idée en tête, une revanche déjà planifiée ?

Décidant qu’elle y penserait en effectuant la tâche attribuée par Madame Prince, elle haussant les épaules d’un ton nonchalant en signe d’accord et prit finalement le chemin vers les piles de livres non classées de la bibliothèque. Une fois arrivée au pied de celles-ci, la serpentard leva les yeux vers le haut du premier amas de bouquin et réalisa rapidement son erreur. Elle n’arriverait jamais à atteindre le haut de la montagne d’ouvrages qui semblait la narguer par sa hauteur. Se permettant un premier essai, Heather se positionna sur la pointe de ses orteilles et étira une main le plus haut qui lui était humainement possible et murmura un juron bien placé en réalisant que sa première impression était la bonne : elle était trop petite pour atteindre les livres sans faire tout tomber sur son passage. Lançant un regard furtif vers la maîtresse des lieux, la jeune fille tira doucement sa baguette de la poche de son veston et pointa subtilement celle-ci vers le livre trônant sur la pile. Elle s'apprête à murmurer un petit sort de lévitation, le même qui était responsable à la base de tout ce bordel qu’était la punition, quand la voix de Madame Prince s’éleva :

- Mademoiselle Trown, je suis peut-être vieille, mais ma mémoire est toujours aussi intacte. Je me souviens très bien d’avoir explicitement dit que le tout se faisait sans magie. Rangez-cela tout de suite ou elle vous sera confisquée, dit-elle d’un ton cassant, mettant un emphase exagéré sur les mots importants de sa phrase.

Frustrée de s’être fait avoir telle une débutante de première année, la brunette rangea, avec une force un peu trop élevée pour la tâche, sa baguette dans la poche de son veston. Elle n’osa même pas lancer un regard à Gilson qui devait se moquer encore plus d’elle, une pensée qui fit monter une petite couleur rosée à ses joues d'embrassement. Regardant de nouveau les livres qui semblaient se moquer d’elle du haut de leur 2 mètres, la jeune fille serra la mâchoire et une idée si simple, qu’elle eut honte de ne pas y avoir pensé auparavant, fit surface. Attrapant la chaise la plus proche, elle leva celle-ci et l’emmena jusqu’à la base de la première pile où elle déposa l’objet avec une délicatesse exagérée. Après tout, il ne serait pas judicieux de sa part de créer un bouquant en traînant la chaise sur le carrelage et d’ainsi se mériter une nouvelle réprimande de la matrone du par son manque de silence. Bien que de voir la fumée sortir des oreilles de la dame aurait pu la faire rire, lorsqu’elle était la réceptrice de son indignation était beaucoup moins distrayant. S’élevant sur la chaise, un sourire de triomphe s’étira sur ses lèvres et la serpentard commença à créer des piles plus petites sur une table inoccupée près d’où elle se trouvait. Heureusement pour elle, et pour son partenaire si elle osait l’admettre, les livres étaient déjà regroupés par matière ce qui faciliterait un peu leur travail fastidieux. Prenant dans ses bras minces sa énième pile de livres, elle sentit un objet inconnu frôler sa nuque et elle se tourna rapidement, une panique naissant en elle, mais qui mourra tout aussi rapidement en voyant Gilson, un balai à la main. Un air ennuyé se glissa sur son visage et elle baissa les yeux vers lui, le regard rempli d’impatience quand elle remarqua le mouvement de son menton. Penchant un peu la tête sur le côté pour contourner les livres qu’elle tenait toujours dans ses bras, elle baissa les yeux et comprit rapidement ce que son adversaire voulait lui dire. Elle descendit du haut de sa chaise et déposa rapidement les livres avant d’arracher le chiffon des mains du fléau de son existence,

- Je te laisse ramener le tout au placard

- Toi, fais-le! Je suis occupée, ne vois-tu pas ?, répliqua-t-elle rapidement d’un ton où une pointe de colère commençait à monter et elle maudit de nouveau la directrice des gryffondors qui avait osé les mettre en équipe.

Se tournant vers la chaise, elle frotta rapidement le dessus du mobilier afin de faire disparaître les quelques tâches qui s’y étaient glissées lors de ses multiples ascensions. Voyant que Gilson avait déjà pris en main une pile de livre et se dirigeait vers la section où tous les bouquins relatifs au charme se trouvaient, la jeune serpentard l’interpella.

- Ne te sauve pas si vite! Il faut classer tous ses livres encore et je ne vais pas me taper ce sale boulot seule. Pourquoi c’est toi qui aurait la partie facile ?

Sans tarder, son interlocuteur répondit d’un ton où la condescende coulait :

- Parce que je peux atteindre tous les emplacements sans utiliser ma baguette, moi.

Levant les yeux au ciel, la brunette attrapa violemment les outils de nettoyage et se dirigea vers le placard sans dire un mot. Tout son corps vibrait de colère, mais aussi de fatigue. La semaine avait été longue et cette punition n’aidait en aucun cas son humeur massacrante et la fatigue qui s’était déposée sur son esprit telle un brume matinale. Vivement le souper où elle pourrait reprendre un peu d’énergie et qui la calmerait surement. Elle retourna par la suite rapidement à ses livres et commença sans tarder la tâche fastidieuse de classer les livres, créant des piles efficacement que son partenaire pourrait prendre et ranger. Le travail était si monotone qu’elle ne vit pas les heures s’écouler. Dans son esprit, elle en profita pour réviser tout le matériel de l’examen de potion qui se déroulerait demain en après-midi, répétant dans son esprit les différentes recettes et ingrédients qui seraient pertinents. À quelques reprises, ses lèvres bougeaient, répétant silencieusement les différents ingrédients que son cerveau récitait.

Elle ne remarqua pas tout de suite que la bibliothèque semblait s’être assombrie et que le soleil s’était couché depuis déjà quelques temps.

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MessageSujet: Re: [Déc.1995 - Poudlard] Un ralliement forcé Mar 1 Aoû 2017 - 18:54

Il faillit répondre à son commentaire aboyé avec autant d’amabilité que s’il lui avait demandé de lécher le sol de la bibliothèque les mains liées dans le dos pendant qu'il prenait des photos – alors que ce n’était que quinze pas à faire et une porte à ouvrir, madame la princesse considérait-elle donc que son temps était si précieux ? – mais un regard noir de Mme Pince lancé par-dessus son registre lui dissuada de s’attarder plus avant et il s’empressa de saisir une pile de livres – constituée à la va-vite de ceux dont il connaissait l’emplacement – et de se mettre au travail. Evidemment il n’avait pas fait dix pas que sa camarade trouva déjà quelque chose à y redire et il ne prit même pas la peine de se retourner pour lui répondre. Nul besoin de se donner cette peine lorsque le ton était aussi expressif.
Il trébucha sur un coin de tapis qui se remit obligeamment en place après son passage et un regard en coin lui confirma que c’était bien l’œuvre de la maitresse des lieux qui plaqua contre sa bouche un doigt si raide qu’il craignit un instant qu’elle le cassa.
La jeune Trown semblait elle aussi avoir compris la leçon car il ne tarda pas à entendre le bruit rageur des roulettes du kit de nettoyage martyriser les dalles anciennes – visiblement elles aussi se demandaient pourquoi un objet aussi moldu venait souiller le dessus de leurs têtes. Il tourna à gauche dans le rayon des quatrièmes années pour remettre en place le traité de botanique dont il avait suffisamment de mauvais souvenirs pour ne pas même tenter de l’ouvrir. Usuellement il ne pouvait s’empêcher de parcourir au moins quelques pages des ouvrages, et il ne se gêna pas pour ceux de métamorphose, de runes ou de potions – prenant même le luxe de s’attarder pour lire un chapitre sur le sujet qui les occuperait le lendemain après-midi. Il ignora superbement le regard à la fois amusé et ahuri du jeune poufsouffle qui n’en revenait pas des risques insensés qu’il prenait selon lui alors que cinq minutes plus tôt la furie fondait sur lui toutes griffes dehors. Il apprendrait bien assez tôt que certains dragons méritaient d’être chatouillés un peu – de même que Lysander toucherait du doigt ce qu’être résistant voulait vraiment dire dans les mois qui allait suivre, un savoir qui lui serait utile plus tard.

Ses allers et retours incessants parmi les rayonnages silencieux semblaient de plus en plus être une promenade, agrémentée des fleurs de quelques lignes volées aux ouvrages qui désormais reposaient à leur juste place. Seule ombre au tableau, le passage régulier de Mme Pince qui surgissait de temps à autre pour s’assurer que ses chouchous étaient bien traités – mais il avait l’habitude de lire en marchant, alors prévenir l’arrivée de la seule paire de talons claquant sur le sol de pierre était un jeu d’enfants. Tout à son univers il en avait même oublié la présence de sa camarade, la reléguant au rôle bien peu glorieux de trieuse automatique – du moins jusqu’à la croiser dans le rayon des troisièmes années, les bras emplis d’ouvrages, sur la pointe des pieds pour atteindre l’avant-dernier étage, puisqu’elle avait fini sa tâche : il détourna les yeux et la laissa se débrouiller. Il ne voulait pas risquer de renverser les rayonnages suite à une mésentente et se voir confié avec le plus acéré des sourires la mission de tout remettre en ordre. Aucun tableau ici pour les prévenir du couvre-feu approchant, aucun élève assez fou pour faire un commentaire en faveur des deux bouc-émissaires de Mme Pince, ils étaient livrés à eux-mêmes. Ni l’un ni l’autre ne remarqua qu’autour des tables les chaises se faisaient de plus en plus vides, et ils se rapprochaient inconsciemment des chandelles lorsqu’ils voulaient saisir ce que les pattes de mouches déposées sur le papier pouvaient bien vouloir signifier.
Ce fut d’ailleurs assez bêtement ce dernier élément qui les mit sur la voie de ce qui se passait. Depuis l’avènement de ce couvre-feu les sortilèges de verrouillage des portes avaient été renouvelés et aucun claquement un claquement avait retenti dans toute la salle, figeant sur place le jeune homme qui avait mis une seconde à comprendre qu’il ne s’agissait pas d’un retour de la harpie. Quelques secondes plus tard, les bougies réduisirent leurs flammes à de minces lueurs à peine suffisantes pour distinguer le bout de la rangée d’où il émergea à pas lents, le cœur battant, bien plus conscient de son environnement à présent que les seuls sont qui lui parvenaient étaient ceux produits par sa camarade et lui-même. Lentement, il posa sa petite pile sur la table – et dire qu’ils avaient presque fini ! – et se dirigea vers la porte, s’arrêtant une fois arrivé au bureau de la maitresse de la pièce, certain à présent qu’ils étaient enfermés ici pour la nuit. Sans conviction, il sortit Alisson et prononça d’une voix claire où il volait gommer toute trace d’hésitation les quelques formules d’ouverture de verrous qu’il connaissait, sans succès. Il se retourna juste à temps pour voir sa partenaire pointer sa propre baguette vers une vitre et il fit voler par réflexe un des ouvrages qui dévia son bras alors que sa propre incantation s’achevait sur le bord de ses lèvres.

- Surtout pas ! Tu n’as pas entendu qu’ils avaient ensorcelé toutes les vitres depuis le début du couvre-feu ?

Il leva les yeux au ciel devant les noms d’oiseaux dont il se fit assommer.

- Ecoute je n’ai pas spécialement envie de devoir justifier notre présence ici auprès d’Ombrage surtout si cela comprend un paragraphe sur comment Mme Pince nous a laissés seuls dans cette pièce. J’ai déjà récolté ma dose de punition pour la semaine et quelque chose me dit qu’une nuit passée ici est largement préférable.

Son estomac lui cria le contraire et il grimaça en l’entendant ainsi protester : lui aussi, il l’avait oublié depuis tout ce temps.

- Même si ça signifie sauter le dîner et probablement attraper en vitesse une moitié de petit déjeuner demain matin, ajouta-t-il avec un soupir à fendre l’âme qui suggérait tout le contraire.

Il supporta sans broncher le regard que lui lança la couleuvre, enhardi par la perspective née dans son esprit que ce temps supplémentaire accordé à l’insu de tous les habitants dans cette caverne d’Ali Baba valait bien quelques privations. Surtout, et il luttait pour que son iris ne dévie pas vers le fond de la salle, si cela lui donnait l’opportunité d’essayer de forcer l’accès à la réserve – une tâche longue qui leur occuperait sans doute les méninges pour une bonne partie de la nuit mais, par le caleçon de Merlin ça en valait tellement le coup ! Cependant cela ne dépendait pas de lui et ne venait que dans un deuxième voir un troisième temps : il fallait d’abord convaincre Heather de ne pas tenter le diable rose.


[bon, c'est un détail assez stupide mais c'est celui qui m'a sauté aux yeux en y pensant donc je suis partie sur les bougies x)
Et pour me faire pardonner j'ai anticipé un peu...]
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MessageSujet: Re: [Déc.1995 - Poudlard] Un ralliement forcé Sam 5 Aoû 2017 - 16:44

Le travail répétitif n’était vraiment pas une activité qui plaisait à la serpentard. C’était l’équivalence de mettre sur pause son cerveau et elle détestait le fait qu’un sortilège aurait pu réaliser sa tâche en l’espace de quelques instants alors qu’elle y passait des heures. Elle porta sa main droite à sa bouche pour la énième fois, couvrant le bâillement qui s’expulsa d’elle. La brume associée à la fatigue se déposait peu à peu dans son esprit, ralentissant quelque peu la vitesse de ses gestes. Les yeux fixés sur sa tâche et l'esprit pris dans la tâche répétitive, Heather ne réalisa pas immédiatement que l'après-midi s'était éloigné et que la soirée était maintenant bien entamée. Les derniers élèves avaient quitté depuis quelques temps déjà les lieux et avec eux, la maîtresse des lieux s'était éclipsée, oubliant derrière elle les deux délinquants. Ce n’est que lorsqu’un bruit retentissant résonna dans toute la pièce que la vipère releva les yeux des livres, ses yeux s'agrandissant sous la force du bruit. Puis, elle remarqua Gilson se diriger vers les grandes portes de la bibliothèque et ce fut à ce moment précis qu’elle réalisa enfin que la salle était silencieuse, beaucoup trop silencieuse. Déposant la dernière pile de livres sur sa table de travail, elle s'approcha d'un pas rapide de son compagnon, redoutant ce qu'elle allait trouver. Voyant celui-ci sortir sa baguette et tenter quelques sorts dans un espoir futil d’ouvrir la porte, le coeur de la jeune fille s’arrêta pendant un instant : ils étaient enfermés dans la bibliothèque et cela, pour toute la nuit.

Une légère panique montant en elle et elle sortit sa baguette de la poche de son gilet. Faisant un rapide tour du regard des environs, elle leva finalement son bras et pointa sa baguette vers l’une des vitres entourant les portes. Si celles-ci refusaient d’ouvrir, elle créerait une autre sortir, tout pour ne pas passer la nuit dans cette pièce. Elle commença à réciter le sortilège Confrigo, sa baguette réalisant le mouvement requis pour que le sort fonctionne lorsqu’un livre entra en contact avec son bras, faisant échouer son sort.

- Surtout pas ! Tu n’as pas entendu qu’ils avaient ensorcelé toutes les vitres depuis le début du couvre-feu ?

Tourna un regard rempli de frustration sur le jeune homme, la vipère croisa les bras et pivota vers son rival.

- Tu proposes quoi alors si tu es si brillant ? Je t'en pris, je t'écoute. Après tout, je n’ai pas vu l’un de tes sorts fonctionner encore, dit-elle d'un ton arrogant, l’irritation montant de plus en plus en elle.

- Ecoute je n’ai pas spécialement envie de devoir justifier notre présence ici auprès d’Ombrage surtout si cela comprend un paragraphe sur comment Mme Pince nous a laissés seuls dans cette pièce. J’ai déjà récolté ma dose de punition pour la semaine et quelque chose me dit qu’une nuit passée ici est largement préférable.

Heather devait avouer qu’il avait marqué un point. S’attirer l’attention du crapaud rose qui s’était appropriée l’école n’était pas quelque chose de conseillé pour quiconque. La serpentard préféra se taire que de concéder à son partenaire que celui-ci avait raison. Des plans pour que ce dernier le lui rappelle lors de tous leurs prochains échanges et elle refusait de lui donner la moindre munition contre elle. Il était déjà assez bien armé comme cela, leur rivalité leur ayant permis d’en apprendre beaucoup sur leur adversaire respectif, même si les raisons derrière leur intimité était d’obtenir le dessus sur l’autre. La jeune fille se tue donc, haussant nonchalamment les épaules afin de signifier qu’elle l’avait bien entendu. Puis, le partenaire de sa prison temporaire ajouta une couche à leur malheur en leur rappelant l’absence de nourriture des prochaines heures.

- Même si ça signifie sauter le dîner et probablement attraper en vitesse une moitié de petit déjeuner demain matin.

Heather grimaça, son expression faciale non dirigée vers son partenaire forcé malgré que son regard était posé sur lui, une première fois depuis la fin de leur cours de métamorphose. La nuit s’enlignait pour être longue et la jeune fille ne se voyait pas dormir au milieu des livres. Bien que celle-ci adorait la bibliothécaire et son silence, malgré ce que Madame Prince pouvait croire, passer une nuit dans le domaine des livres ne faisait pas du tout son bonheur. Au contraire, un léger inconfort émergea dans l’esprit de la vipère en regardant l’aspect lugubre de la bibliothécaire une fois celle-ci plongée en bonne partie dans le noir. Oh oui, la nuit allait être longue.

- Ne dit pas n’importe quoi Gilson! Il doit bien y avoir un moyen de sortir d’ici. Je ne compte pas dormir à la bibliothèque, non merci.

La vipère s’approcha de la sortie barrée, foudroyant du regard les portes en bois comme si celles-ci étaient responsables de toutes les injustices du monde. Malgré son exaspération et son envie envahissante de sortir de la salle, elle ne toucha pas aux portes, ni tenta de nouveau un sort sur celles-cis : la mise en garde de son compagnon bien ancrée dans son esprit. Ses pensées virevoltaient, passant en revue toutes les possibilités pour ouvrir les maudites portes qui semblaient la narguer, mais aucune de ses idées paraissaient satisfaisantes. Plusieurs minutes s’écoulèrent et avec elle, l’espoir qu’ils puissent sortir, mettant ainsi fin à leur misérable sort. Exaspérée, Heather se dirigea vers la table la plus proche et se laissa tomber sur une chaise, oubliant l’élégance dont elle faisait normalement preuve dans ses mouvements. Elle posa brusquement son menton sur sa main gauche, le coude déposé sur la table, et regarda un point devant, complètement perdue dans ses pensées. Distraite, elle déposa la main qui tenait encore sa baguette sur le meuble en bois et murmura un léger Lumos, éclairant un peu plus les alentours. C’était un secret bien gardé que la jeune Trown n’aimait pas le noir, l’abhorrait en fait, détestant les coins sombres que le manque de lumière créait autours d’elle. Elle préférait grandement pouvoir observer les alentours, s’assurer qu’elle était en maîtrise de la situation et cela, en tout temps, chose qu’une pièce sombre lui empêchait de réaliser. Pendant un instant, Heather se demanda si l’autre individu partageant les lieux avec elle était au courant de ce petit fait sur elle. Elle préférait ne pas penser à ce qu’il pourrait faire en ce moment s’il avait en effet cette connaissance.

Puis, les yeux de la vipère se posèrent sur son sac à bandoulière qui trainait un peu plus loin et le sentiment qu’elle oubliait quelque chose pointa le bout de son nez. Plissant légèrement les yeux, elle fouilla son esprit à la recherche de ce qu’elle avait bien pu oublier, mais en vain.

Secouant la tête, elle leva un regard ennuyé sur son partenaire et dit d’un ton neutre :

- Alors, tu as une idée ?

HJ:
 

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MessageSujet: Re: [Déc.1995 - Poudlard] Un ralliement forcé Dim 6 Aoû 2017 - 15:43

Son bras agit dans un réflexe alors qu’il avait encore imprimé sur la rétine le corps du professeur Flitwick projeté contre un mur alors qu’il avait voulu aérer le couloir après une blague vaseuse des jumeaux Wisley. A partir de ce jour il avait continué à raser les murs, certes, mais de l’autre côté du couloir et avait pris très au sérieux les autres menaces d’Ombrage – jusqu’à ce que la mort de Wilbert ne transforme la peur en colère sourde. Qu’elle le croit ou pas n’avait pas d’importance, il préférait largement ne pas tenter le diable. Quand elle se tourna vers lui, pâle à l’exception de ses pommettes rougies et les épaules tremblantes – elle en faisait presque peur à voir, pour lui gronder au visage qu’il ne faisait guère mieux, une petite voix intérieure se fit un plaisir d’en rajouter et il sentit sa gorge se serrer.
Parce qu’évidemment tu t’es montré beaucoup plus malin en chatouillant la porte principale…
Il serra les lèvres mais reprit la parole pour ne pas montrer son désarroi, tentant de faire diversion autant face à elle que face à la boule d’appréhension qui lui serrait le ventre. Il espérait vaguement qu’ils ne prendraient pas trop au sérieux une alerte donnée si peu de temps après le début du couvre-feu ou penseraient qu’il s’agissait d’un élève en retard dans ses rendus – parce que qui irait s’imaginer que la reine cupide de la bibliothèque laisserait dans son antre deux vulgaires étudiants ?

- Ecoute je n’ai pas spécialement envie de devoir justifier notre présence ici auprès d’Ombrage surtout si cela comprend un paragraphe sur comment Mme Pince nous a laissés seuls dans cette pièce. J’ai déjà récolté ma dose de punition pour la semaine et quelque chose me dit qu’une nuit passée ici est largement préférable.

Il vit ses épaules retomber de façon saccadée, avant de se relever avec un détachement feint, et lâcha lui-même un soupir : au moins la bombe était-elle désamorcée. Maintenant il pourrait parler à sa tête plutôt qu’à sa légendaire impulsivité et, même si cela lui tordait la langue de le reconnaître, elle l’avait assez bien faite pour que leurs chances de s’en sortir augmentent agréablement. En mêmes temps que ses entrailles se déliaient un désagréablement grondement vint ajouter à leur malheur.

- Ne dis pas n’importe quoi Gilson! Il doit bien y avoir un moyen de sortir d’ici. Je ne compte pas dormir à la bibliothèque, non merci, rétorqua-t-elle avec un air de princesse au petit pois.

Autant pour ses rêves littéraires… Mais la répartie eu au moins le mérite de tirer une amorce de sourire au jeune homme, qu’heureusement elle ne remarqua pas. Peut-être aurait-il juste le temps de mettre la main sur un livre d’une année supérieure qu’il pourrait confortablement garder sans craindre le joug d’une date de rendu. Presque toutes les matières avaient subi une razzia implacable sur leur contenu mais il devait bien rester ici ou là…
Dans son dos Heather s’était approchée de la porte et il retint son souffle, ne désirant pas intervenir une seconde fois mais décidé à le faire si elle devait tenter quelqu’imprudence. Elle n’en fit rien, du moins perceptiblement, et il se détendit au bout de quelques secondes, balayant silencieusement la pièce à la recherche d’une solution. Il avait la science des couloirs mais pas celle des passages secrets qui, murmurait-on, peuplaient le château – sa seule tentative en ce sens lui avait valu un regard goguenard du Baron Sanglant auquel il tentait de faire lâcher quelques informations.
Un frisson glacé lui traversa le dos lorsqu’il se rendit compte qu’ils étaient sans doute bien moins à l’abri qu’il ne le pensait : ils n’étaient pas capables de traverser les murs mais d’autres habitants si. Et il doutait de pouvoir rejeter la faute sur Peeves si celui-ci déclenchait quelque catastrophe alertant les autorités plus ou moins gouvernantes – non, ils verraient en premier lieu l’incongruité de leur présence ici. Son cerveau tournait à plein régime, naviguant de catastrophe en catastrophe et une once de panique naissait en lui. Concurrencée par une colère qui tonnait que ce n’était vraiment pas le moment ! Mais Lysander n’était pas vraiment un homme d’action et voyait facilement ce qui pouvait arriver de pire… Contrairement à Heather qui s’était retournée brutalement pour s’avachir sur une chaise comme si son seul inconfort était de devoir rester debout et se perdit dans une pause mélodramatique qui le fit lever les yeux au ciel. Bénis soient les simples d’esprits était sans doute une des phrases qu’il avait vérifiée le plus souvent.

Lorsqu’une étoile de lumière jaillit sur la table il se retint de justesse de lui faire remarquer que ce n’était pas spécialement discret. Le b.a.ba de n’importe quel adolescent qui ne voulait pas que ses parents remarquent qu’il était encore réveillé, et Merlin savait combien il avait de l’expérience dans ce domaine depuis que sa mère s’était remariée. Son regard suivit rapidement l’étendue du halo afin de déterminer combien il serait dangereux pour eux, mais heureusement il s’arrêtait bien avant le battant de bois. Mais ses pensées, elles, continuèrent : si la lumière pouvait passer sous la porte peut-être pourraient-ils se montrer assez brillants pour la suivre ? Il commença à passer en revue la liste des sortilèges qu’il connaissait – un flaccido lui semblait plutôt dangereux à tenter, surtout dans ces conditions de stress et un defodio certes amusant mais pas vraiment discret. Mais aucun opposé à l’amplificatum, applicable à un humain qui plus est, ne lui vint et il se mit à arpenter les allées à la recherche d’un livre qui pourrait l’aider – la bibliothèque n’étant finalement pas le pire endroit duquel chercher à s’échapper.

- Alors, tu as une idée ?
- Peut-être bien, oui. Tu connaîtrais un moyen de passer sous la porte ? C’est dans ces moments qu’un animagus lombric serait pratique…


Elle pouvait le trouver stupide, certes, mais après tout les solutions les plus stupides étaient souvent celles face auxquelles on n’était pas protégé…


[une sphère qui projette une reproduction du ciel nocturne en 3D !
Non ? … bon, tant pis, mais moi ça m’aurait fait rêver x)
A toi la scène donc !

J'ai amorcé un Rusard qui on n'est pas obligé de l'inviter, on verra selon =)]
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MessageSujet: Re: [Déc.1995 - Poudlard] Un ralliement forcé Ven 11 Aoû 2017 - 3:53

Son partenaire sembla pensif pendant quelques instants, repassant probablement dans son esprit les idées qu'il pourrait bien avoir pour sortir d'ici. La jeune fille prit son mal en patience et attendit quelques instants avant de passer un commentaire. Après tout, elle n'avait pas vraiment d'idées non plus, commençant de plus en plus à croire que leur nuit serait véritablement passée auprès des livres.

- Peut-être bien, oui. Tu connaîtrais un moyen de passer sous la porte ? C’est dans ces moments qu’un animagus lombric serait pratique…

Heather ne pu empêcher le petit sourire amusé qui s'étira sur ses lèvres suite à l’idée lancée par le second prisonnier de la bibliothèque. Elle tenta de le couvrir rapidement en feignant un bâillement, espérant que son coéquipier n'y ait vu que du feu, concentré comme il était à parcourir les livres.

- Ça serait pratique, oui, mais assez moche comme animagus : la honte. Si tu veux tant passer sous la porte, je peux essayer un Reducto sur toi, finit-elle d'un ton peu sérieux où une trace de sarcasme pouvait se faire entendre. Le pire qui peut arriver est que tu finisses tes jours avec les fourmis.

Quittant du regard quelques instants Gilson pour regarder les alentours, la serpentard retena un frisson en voyant le noir qui s'étendait de plus en plus, la soirée étirant à sa fin, faisant place au début de la nuit. Les quelques bougies illuminées ici et là n'aidaient pas à son malaise, faisant bouger les ombres au gré du mouvement de leur flamme. S'étirant doucement, la vipère se leva de sa chaise et fit quelques pas en directement d'une rangée de livres. Mimiquant son partenaire forcé, elle commença à regarder les livres s'étalant devant elle, réalisant rapidement que ceux-ci étaient au sujet de potions, rien qui ne pouvait les aider présentement comme tous les ingrédients de potions se trouvaient dans les donjons à moins qu’elle souhaite réviser de nouveau l’examen du lendemain. Revenant vers le passage du centre, elle regarda plus loin, dans la direction de la section interdite qu'elle ne voyait à peine de sa position près de l'entrée. Lançant un regard vers le jeune homme, elle s’exclama :

- Comme nous sommes pris ici à cause de Madame Prince, dit-elle, crachant le nom de la matrone, démontrant toute la frustration qu'elle ressentait face à la personne responsable de leur emprisonnement, qu'elle se mette ses règles où je le pense. Je vais dans la section restreinte.

Sans attendre de réponse, la couleuvre commença le trajet en direction de la section interdite aux élèves ne détenant pas une passe d'un professeur, pointa sa baguette bien devant afin d'illuminer le plus possible le chemin. Comme aucun d'eux ne semblaient avoir une idée pour sortir de leur prison temporaire, autant profiter de ce qui se trouvait autours et qui sait, peut-être trouverait-elle un moyen de sortir dans les fameux livres interdits. Arrivant devant la barrière qui bloquait l'accès, Heather fit un mouvement rapide du poignet et murmura un Alohomora, réalisant avec surprise qu'un sort aussi simple avait fonctionné. Haussant les épaules, elle poussa la porte en métal et grimaça en entendant le grincement de celle-ci. Heureusement qu'ils étaient seuls dans la pièce, car le son à lui seul aurait alerté la maîtresse des lieux qu'un élève non autorisé s'apprêtait à s’aventurer dans la section bien gardée. Elle pouvait pratiquement s'imaginer les pas brusques de Madame Prince et son nom se faire crier d'un ton désapprobateur par la dame, se retenant de peine et de misère à se retourner pour confirmer qu'ils étaient en effet bien seuls. Faisant quelques pas vers les premières rangées, Heather commença à parcourir du regard les différents livres couvrant les étagères, apercevant rapidement du coin de l’oeil que Gilson semblait l'avoir suivi dans sa rébellion. Continuant sa lecture des titres des différents bouquins maintenant à sa disposition, rien ne sembla attirer son attention, puis remarquant un livre sans titre dans les étages plus haut, la jeune Trown fut intriguée. Se levant sur la pointe des pieds, elle prit la reliure de l'ouvrage entre les mains et tira doucement le livre, mais celui-ci résista, munis d'une force mystérieuse et se replaça à son endroit initial, glissant des doigts de la serpentard. Fronçant les sourcils, Heather foudroya du regard le livre, se demandant au travers sa colère passagère comment un livre pouvait résister à ce point et rester sur place. Levant sa baguette, elle pointa celle-ci vers ledit livre et prononça un Accio, réussissant à déloger le bouquin de son pied d’estale qui atterrissa dans les bras de la jeune serpentard. Un petit air satisfait plaqué sur son visage, Heather rangea rapidement sa baguette et ouvrit le livre en plein centre, fière de son coup. Elle posa à peine les yeux sur les pages blanches du livre lorsqu’une main sortit d’entre les pages, tenta avec agressivité d’attraper le chandail de la jeune fille, un cri assourdissant répercutant entre les murs de la bibliothèque. La serpentard lança le livre au bout de ses bras, une expression de frayeur envahissant son visage. Sa main se porta par réflexe à sa bouche pour empêcher son propre cri de s’ajouter au bruit envahissant. Le livre vola quelques secondes dans les airs avant de se refermer, mettant fin au bourdonnement et se replaça magiquement sur son étagère.

La jeune fille put à peine se remettre de sa panique lorsque les portes de la bibliothèque s’ouvrirent avec grandeur, frappant les murs adjacents sous la force de l’homme qui venait de les ouvrir.

- Je sais que vous êtes là. Je vous ai entendu. Petits mécréants, je vais vous attraper. Oh… Madame Ombrage sera tellement heureuse lorsque je vais vous apporter à elle. Elle va vous punir comme il se doit, termina Rusard, la satisfaction coulant des paroles qu’il venait de prononcer.

Heather tourna rapidement les talons et attrapa son partenaire par le poignet, le tirant vers les allers plus profondes de la bibliothèque dans une tentative d’y trouver refuge. Réalisant dans un moment de clarté qui était son compagnon, la jeune Trown retira sa main et la colla contre son corps comme si le contact en lui seul avait brûlé sa peau. Retenant son souffle, elle entendit les pas de Rusard s’approcher de la rangée qu’ils venaient de quitter, puis elle murmura à Gilson :

- Nous devons trouver un moyen pour qu’il parte. Dommage que l’Imperium soit un impardonnable. Une diversion… peut-être ?, finit-elle doucement, son ton laissant clairement entendre son malaise de devoir travailler de nouveau en équipe avec son rival. Comme quoi l’univers avait en tête de les forcer à collaborer. Ce fut à ce moment précis que la jeune Trown maudissa l’univers et son humour tordu.

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MessageSujet: Re: [Déc.1995 - Poudlard] Un ralliement forcé Sam 12 Aoû 2017 - 16:26

- Ça serait pratique, oui, mais assez moche comme animagus : la honte. Si tu veux tant passer sous la porte, je peux essayer un Reducto sur toi. Le pire qui peut arriver est que tu finisses tes jours avec les fourmis.
- Ce destin me parait hautement improbable lorsqu’on connait la puissance de tes pouvoirs,
répondit-il avec une mauvaise fois bien dissimulée derrière le ton neutre de quelqu’un qui parle de la possibilité d’averses du lendemain.

Lysander n’avait pas besoin de quitter l’abri des rayons chargés pour connaître l’humeur de sa coéquipière, le ton de ses propos la charriait bien assez exactement. Apparemment, Môdame aurait une meilleure idée et pouvait se permettre de cracher sur celle-ci. Ou, plus simplement, se convaint-il, n’y avait-elle pas pensé et refusait d’admettre que cela pouvait fonctionner. Sur le papier, en effet, ça valait le coup d’être tenté, mais dans la pratique il lui semblait qu’il aurait aussi bien pu chercher le secret de Nicolas Flamel. Lèvres pincées au point de pouvoir rivaliser avec la maitresse des lieux, il ne déviait cependant pas son regard des lignes parcourues à la va-vite. Cette bataille pour sortir était aussi une joute entre eux, aussi bien d’inventivité que de pugnacité, et il se refusait à être celui qui craquerait le premier. Derrière lui retentit le crissement d’une chaise – autre rappel de leur solitude car jamais Mme Pince n’aurait pu toléré pareil vacarme – puis une poignée de pas qui l’informèrent que son altesse avait manifestement fini de jouer la princesse en détresse. Sa bouche se détendit légèrement en un mince sourire alors qu’il reposait son ouvrage pour faire courir ses doigts sur les couvertures de ses voisins, cherchant l’inspiration parmi les titres qui reflétaient poussivement la lueur de son lumos.
De son côté, le courage de la couleuvre semblait s’être volatilisé aussi vite qu’il s’était éveillé et il put bientôt entr’apercevoir à la périphérie de son champ de vision Heather qui le regardait depuis l’entrée de la rangée. Après une poignée de seconde d’immobilité, il finit par tourner vers elle un regard à la fois curieux et agacé, vaguement inquiet aussi de ce qu’elle allait bien pouvoir lui dire… Parce que ça n’avait pas l’air d’être la solution au problème de rapetissement.

- Comme nous sommes pris ici à cause de Madame Pince, commença-t-elle avec autant de fiel dans la voix qu’il eut presque de la compassion pour la dénommée, qu'elle se mette ses règles où je le pense. Je vais dans la section restreinte.

Deux battements de paupières. C’est ce qu’il fallut au vert et argent pour intégrer le sens des paroles qui avaient fusées, mais sa compagne de dortoir et de détention n’en avait pas besoin de plus. Les pas qui résonnaient comme un défi étaient cette fois nettement plus larges : la jeune femme s’avançait en territoire conquis. Le temps supplémentaire qui lui fallut pour ranger précipitamment – mais à la juste place – son ouvrage et à démêler ses jambes pour les convaincre de le porter jusqu’à l’allée qui menait au lieu du crime ne fut que celui nécessaire à miss Trown pour dégainer sa baguette et lancer un Alohomora. Derrière elle il ne put que lever le bras avec un temps de retard, la bouche entr’ouverte pour l’invectiver, mais il suspendit son mouvement en plein vol : ça avait fonctionné ; l’improbabilité de cette hypothèse-là était hautement plus grande que celle de finir sa vie parmi les fourmis, et une partie sans doute ensommeillée du cerveau de Lysander craint un instant que les drôles de sensations qui lui provenaient de ses membres étaient l’annonce de sa transformation. Mais non, ses poils hérissés et une certaines sensation de froid étaient le résultat de la fatigue et la peur mêlées : ça ne pouvait pas être aussi simple. Il se retourna lentement vers l’entrée, presque certain d’y trouver… quelque chose, mais non : les portes étaient déjà fermées bien avant qu’elle ne s’aventure parmi les livres interdits, et les bougies ne montraient pas de signe d’activité suspecte. Alors quoi, pendant la nuit le sort de protection de la section défendue était redirigé vers la porte et… ça devenait aussi simple que cela ? Allons, Ombrage n’était pas une poufsouffle de première année !
Ca puait le traquenard.
Une quinzaine de pas derrière elle, il s’approcha à mesure qu’elle s’aventurait parmi les hautes étagères, attentif au moindre mouvement suspect de la part de… n’importe quel élément de la bibliothèque. Une moitié de la conscience à la voix doucereuse lui rappelait ses vues sur le savoir entreposé ici et lui murmurait que visiblement, rien n’était anormal… Il la fit taire mais franchit tout de même le grillage de fer, tendu comme la toile de la Grosse Dame, jusqu’à sursauter bruyamment lorsqu’un hurlement raisonna entre les pierres. Il commença précipitamment à faire demi-tour quand le grincement de la porte principale lui fit bien comprendre que ce n’était pas la bonne direction. Il se figea entre deux eaux, incertains de s’il valait mieux se cacher dans la section défendue ou au contraire se faire tout petit entre les rayonnages pour tenter de contourner le diable et tenter d’atteindre la source de cette aura lumineuse qui inondait le mur sur toute sa hauteur.

- Je sais que vous êtes là. Je vous ai entendu. Petits mécréants, je vais vous attraper. Oh… Madame Ombrage sera tellement heureuse lorsque je vais vous apporter à elle. Elle va vous punir comme il se doit !

La voix du vieil homme dégoulinait de tant de moquerie qu’elle n’aurait pas dépareillé dans un de ce films d’horreur moldus dont son beau-père était si friand. Derrière lui une silhouette surgit et lui ôta le choix de sa destination en le tirant brusquement par la main. Il retint une exclamation et fit de son mieux pour que ses pas ne se fassent pas trop bruyants : ils étaient dans la réserve mais au moins ils étaient ensembles. Une pensée qui lui tira une grimace alors même que la jeune femme mettait précipitamment une distance plus acceptable entre eux. Un rat ou deux, au final la seule chose qui changeait était la joie du poseur de piège. En écho à ses pensées un petit gloussement accompagna le grincement de la porte de la réserve… Il tendit l’oreille mais aucun signe de verrouillage ne lui parvint et il laissa échapper un petit soupir de soulagement.

- Nous devons trouver un moyen pour qu’il parte. Dommage que l’Imperium soit un impardonnable. Une diversion… peut-être ?

Il lui lança un drôle de regard alors qu’elle-même regardait précautionneusement l’avancée du porteur de lanterne, son visage se crispant à chacun des pas. Il ferma un instant les yeux pour chasser du devant de son esprit toutes les remarques aussi acerbes qu’inutiles qui lui venaient à l’esprit  et commença par pointer sa baguette vers le visage de la couleuvre et murmurer aussi bas que possible le sortilège qui déforma ses traits, comme si elle était victime d’une attaque d’abeilles bien décidées. Ironique que ce sort dont il avait si souvent fait les frais lui servent dans de telles conditions…

- Quoi qu’on fasse il ne faut pas qu’il nous reconnaisse, expliqua-t-il dans un filet de voix avant de la laisser jouer avec sa peau à son tour, retenant une grimace en sentant ses chairs se tordre. Donc la première chose à faire c’est de l’immobiliser le temps de rassembler nos affaires et partir…

Heureusement pour eux leurs sacs ne semblaient pas avoir été repérés, et se trouvaient sur le chemin de la sortie maintenant qu’ils se tenaient à l’exact opposé de la bibliothèque.
A court d’inspiration il se pencha et activa un Aquamentis informulé qui commença à ruisseler entre les rainures des pierres de l’allée sur laquelle il se trouvait. Lentement, il recula en maintenant Heather derrière lui, vers le mur, maintenant non sortilège qui commençait à former une flaque au milieu du passage.

- Il ne sait pas combien on est, donc quand il arrive je cours vers toi, quand je te dépasse tu gèles l’eau et quand il est à terre une Super Glue sur sa cape et il restera au sol le temps nécessaire. Je m’occupe de fermer la porte de la réserve juste au cas où et on disparait.


[à toi de faire foirer le plan maintenant =p
Et je veux toujours savoir ce qu’il y a dans ton sac, namého !]
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MessageSujet: Re: [Déc.1995 - Poudlard] Un ralliement forcé Sam 26 Aoû 2017 - 14:58

Son coeur battait fortement dans sa poitrine, si bien que Heather se demanda pendant un instant si son partenaire pouvait l’entendre de sa position non loin d’elle. L’arrivée de Rusard parmis le royaume des livres n’était pas un revirement de situation qu’elle appréciait, au contraire, la jeune serpentard s’en aurait bien passé. Bien qu’elle n’appréciait pas être enfermée dans la bibliothèque avec son rival, se faire pincer par le concierge de l’école et punir par Ombrage par la suite était une situation encore plus révoltante et la vipère ferait tout en son pouvoir pour éviter cette possibilité. Arrêtant pendant un instant son observation de l’halo de lumière qui bougeait au gré des pas du concierge, Heather tourna son regard vers Gilson, s'apprêtant à le relancer d’un ton sec, mais le début de sa phrase resta pris dans sa gorge lorsqu’elle vit celui-ci pointer sa baguette vers son visage. Les yeux de la jeune fille s'agrandirent de surprise, puis reconnaissant le sortilège murmuré par Gilson, ses yeux se plissèrent de colère, foudroyant du regard son partenaire forcé. Un fourmillement traversa chacun des nerfs de son visage, déformant sur son passage ses traits fins et féminins pour les rendre grotesques et bourrus. Un frisson parcouru son corps et elle toucha du bout de ses doigts son visage difforme, découvrant les nouvelles formes de son visage. Offusquée, elle s'apprêtait à l’attaquer, munie des premières insultes surgissant dans son esprit, lorsqu’il la devança avec ses prochaines paroles.

- Quoi qu’on fasse il ne faut pas qu’il nous reconnaisse.

Pinçant les lèvres, la jeune fille reconnu l'invitation non dite de son rival, puis, levant à son tour sa baguette vers le visage de son interlocuteur, elle murmura le sortilège dont elle avait été victime quelques instants plus tôt, observant le visage de son compagnon se déformer à son tour. Voir le sort agir d’aussi près était une toute autre expérience que de simplement le jeter de loin et un petit air de dégoût se glissa sur le visage de la jeune fille.

- Donc la première chose à faire c’est de l’immobiliser le temps de rassembler nos affaires et partir…

Suivant le regard de Gilson, Heather remarqua rapidement que celui-ci fixait leurs sacs oubliés près de la table et compris le plan de son compagnon. Celui-ci pointa sa baguette vers le carrelage et prononça un sort d’eau qui commença à remplir doucement le corridor d’un ruisseau. Le voyant se reculer vers elle, la jeune Trown n'eut d'autre choix que de faire quelques pas vers l'arrière afin d'éviter la collision imminente entre lui et elle. Observant son rival prendre en main la situation, Heather fut surprise de le voir diriger la situation aussi rapidement. Plutôt habituée de le voir discret et silencieux, ce côté de sa personnalité la saisit quelque peu et elle ne pipa mot pendant plusieurs minutes, préférant surveiller ses actions qu’agir. Lorsque le petit ruisseau d’eau commença à se transformer en une flaque assez grande au milieu de l’allée, le jeune homme se tourna vers elle et exposa la suite de son plan à une Heather qui ne put s’empêcher d’être attentive, bien qu’elle jetait des regards furtifs vers le halo qui continuait de se déplacer au travers les rangées.

- Il ne sait pas combien on est, donc quand il arrive je cours vers toi, quand je te dépasse tu gèles l’eau et quand il est à terre une Super Glue sur sa cape et il restera au sol le temps nécessaire. Je m’occupe de fermer la porte de la réserve juste au cas où et on disparaît.

La vipère leva un sourcil sardonique, mais hocha tout de même de la tête afin d’indiquer qu’elle avait bien compris son plan. Là n’était pas le moment de retomber dans leurs habitudes et d’être en désaccords sur tout, au contraire, ils devaient travailler en équipe, même si l’idée en soi révoltait la serpentard. Une fois sortie d’ici, si l’histoire se faisait savoir que Gilson et elle étaient restés enfermés toute une nuit dans le royaume des livres, Heather nierait le tout. Se concentrant de nouveau sur la situation actuelle, la serpentard attendit impatiemment l’arrivée rapide de son partenaire. Puis, le voyant arriver à la course vers elle, Heather leva sa baguette vivement, pointant celle-ci sur l’eau ruisselant et prononça le sort de gel d’une voix sûre. L’eau se glaça rapidement d’un bout à l’autre et ce n’est qu’à la dernière minute que la jeune fille réalisa que le ruisseau créé s’était répandu jusqu’à ses pieds. Réalisant ce qui allait se produire si elle ne bougeait pas de sa position actuelle, la vipère tenta de reculer de quelques pas, mais la glace s’étendit trop rapidement et elle glissa. Le choc entre son dos et la plaque dure et froide fut douloureuse et la serpentard retint de justesse un gémissement de souffrance suite à la collision. Sachant qu’elle ne pouvait se permettre de rester couchée au sol et d’attendre que la douleur diminue, Heather se releva tant bien que mal. Levant les yeux, elle se trouva face à face au concierge qui s’était avancé jusqu’à elle, un sourire malsain étiré sur ses lèvres.

Les yeux fixés sur lui, la serpentard sortit le premier sort qui lui vint à l'esprit, un sortilège que sa classe avait appris il y a quelques jours avec le professeur Flitwick. D’un mouvement vif du poignet, elle prononça le sort de confusion, pointant sa baguette au beau milieu de la poitrine du cracmol. Un voile sembla se poser sur le regard de Rusard, celui-ci s’arrêtant sur place dès que le sort entra en collision avec son corps, un air d'incompréhension naissant sur son visage. Le temps sembla s’immobiliser, les deux individus se fixant mutuellement, l’un d’un air confus et l’autre espérant. La vipère retenait son souffle comme si le fait d’oser respirer le même air que l’homme la mettrait encore plus dans le pétrin qu'elle l’était déjà. Elle n’osait pas s’imaginer ce qui se produirait par la suite si son sortilège avait échoué. Puis, le concierge sourit doucement, les yeux fixés sur un point derrière la jeune fille et murmura de son ton grinçant habituel :

- Oh… Dolores. Je ne peux arrêter de penser à vous.

Une expression d’ahurissement s’afficha sur le visage d’Heather lorsqu’elle comprit l’implication de ses paroles et elle regarde le concierge se diriger vers la sortie, sifflotant doucement une vieille chanson d'amour. Elle savait que Rusard appréciait les nouveaux règlements imposés par la grande inquisitrice de Poudlard, mais elle ne se serait jamais doutée qu’un sentiment d’amour s’était développé au sein du coeur du vieille homme rabougris. Complètement figée, elle passa une main dans ses cheveux et observa, sans pouvoir rien y faire, le concierge refermer la porte derrière lui et activer de nouveaux les sortilèges de fermeture de la bibliothèque. Un coin de son esprit se demanda pendant un instant comment un cracmol pouvait activer des sortilèges, mais elle poussa rapidement cette pensée plus loin, se tournant lentement vers Gilson qui se tenait quelques mètres plus loin, son expression illisible. Haussant les épaules d’un air nonchalant, refusant d'avouer qu'elle venait de les enfermer de nouveau dans la salle et que la douleur était toujours aussi forte, la jeune fille murmura à son compagnon :

- Au moins il est parti et je doute qu’Ombrage vienne investiguer par elle-même si Rusard ose s’approcher d’elle avec un regard amoureux.

Le masque de glace de la jeune fille s’était posée de nouveau sur son visage, ne voulant concéder aucune munition additionnelle à son rival, que ce soit par la défaite de leur plan ou la souffrance qu’elle ressentait toujours.

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MessageSujet: Re: [Déc.1995 - Poudlard] Un ralliement forcé Dim 8 Oct 2017 - 10:33

Sur l’échelle de la prise d’initiatives et des capacités de commandement, Lysander se plaçait bon dernier et satisfait de son sort, mais entre prendre la situation en main et laisser les commandes à Heather il avait eu tôt fait de choisir le moins risqué. La jeune femme était loin d’être stupide mais souvent trop impulsive pour laisser parler ses qualités. Il la devança donc en déformant les traits de son visage et s’expliquant dans la foulée sans lui laisser ouvrir la bouche, tâchant de paraître assuré alors qu’il savait pertinemment que si la situation ne lui plaisait pas la couleuvre le laisserait derrière elle avant qu’il n’ait eu le temps de dire « accio ». Les allées et venues des éclats de lumière sur les murs les informaient de la progression de leur traqueur et les méninges du vert et argent travaillaient plus vite que devant une copie de Mc Gonagall. A ses côtés, Heather paraissait vouloir se trouver n’importe où plutôt qu’avec lui mais se tenait coite, se contentant de murmurer d’une voix blanche la même formule, prenant bien soin de montrer son dégoût de la situation. Si ça pouvait la rassurer, sa proximité ne lui était pas non plus des plus agréables, mais pour le bien de leur alliance ténue et infiniment temporaire il serra les lèvres et retint ses mouvements de recul autant qu’il le pu. Il détourna le regard pour se concentrer sur la suite des opérations et ses yeux tombèrent sur leurs sacs oubliés de l’autre côté du grillage. Il adressa une prière à tous les sorciers de légende et divinités moldues pour écarter le regard de Rusard de ces preuves accablantes et fit part à sa compagne d’infortune de cet objectif prioritaire. Partir, oui, mais de préférence sans se passer la corde au cou. Ce qui, avec Ombrage sous le même toit, était une image on ne peut plus littérale.
Parce que les plans les plus simples et les plus moldus sont souvent les meilleurs, il se baissa et un mince jet d’eau jaillit de sa baguette : il ignorait si le concierge était friand de vieilles comédies mais espérait qu’il apprécierait l’hommage. Pouvait-on appeler cela une revanche ? Une once de rire se glissa dans sa voix lorsqu’il exposa la suite de son plan à Heather, sans doute invitée par le stress qui faisait trembler ses épaules sous la cape. Si elle lui répondit avec un sourcil sans équivoque elle hocha néanmoins la tête et il se retourna vers le début de l’allée, tendu. C’était étrange de lui tourner le dos, de compter sur elle, selon quelques règles tacites imposées par la situation. Somme toute, il préférait lorsqu’ils se faisaient la guerre, car le contexte n’était pas des plus agréables. Et puis, la tradition devait être respectée. Le jeune homme se concentra pour prendre de lentes inspirations et conta les pas du cracmol pour s’aider, égrenant des nombres plutôt que des raisons de partir en courant à l’instant. S’il partait trop tôt, leur poursuivant pouvait être tenté de faire le tour des rayonnages pour les surprendre de l’autre côté et ainsi ruiner leurs préparatifs. Une pensée vola vers Malia endormie lorsqu’il sentit les semelles de ses chaussures mordre la pierre et ses muscles le propulser à travers l’ombre comme s’il avait un détraqueur aux trousses. Il était sans doute un des rares à qui cette situation soit déjà arrivée et qui soit encore assez lucide pour en parler, aussi la comparaison était-elle tout à fait littérale. Une fois de plus. Les expressions négatives avaient une fâcheuse tendance à prendre un tournant beaucoup trop réaliste quand elles en venaient à le concerner.

Il prit le virage le plus serré qu’il put, frôlant sa compagne d’infortune en la dépassant et ne ralentissant que pour identifier la meilleure allée pour rejoindre la porte. Son élan fut coupé par un cri assourdi et un bruit de choc qui le firent instinctivement ralentir. En lui, deux écoles contradictoires s’affrontaient, l’une le pressant de fuir tant qu’Heather distrayait le vieil homme et l’autre le sommant de se porter au secours de sa camarade de dortoir. Parce qu’un serpentard n’en abandonne jamais un autre à l’adversité. Finalement, ce fut la conviction que, si elle en venait à se faire prendre, la jeune femme n’hésiterait pas une seule seconde à le dénoncer, qui le fit rebrousser chemin sur la pointe des pieds. Un trait de lumière le fit s’immobiliser, accroupi et plaqué contre une étagère, signe d’un sort dont il n’avait pas entendu la formule. Trait allié ou ennemi ? Il pesait le pour et le contre d’une action éclair quand son regard se posa sur le livre lui faisant face : le deuxième tome. La seconde moitié de l’ouvrage qu’il avait ramené un peu plus tôt dans la journée. C’était une chance inespérée en même temps que complètement hors de propos : s’il se faisait attraper, au moins que cela ne soit pas avec un ouvrage défendu dans les mains. Entendant la voix de Rusard il se tendit et serra un peu plus fort sa propre baguette, mais son ton ne paraissait ni accusateur ni railleur, plutôt… Absent. Vaguement rêveur. Y avait-il vraiment une place sous ce crâne décrépi pour quelque chose d’aussi enfantin que le rêve ? Voyant la silhouette traverser les rayonnages, seule, d’un pas lent et sans prendre la peine de lever sa lanterne, Lysander retint son souffle et fouilla sa mémoire à la recherche d’une raison pouvant expliquer ce revirement de situation. Ah, oui.
Il n’imaginait pas que la jeune femme puisse se défendre comme ça. L’idée même de se défendre, en fait, n’aurait jamais dû prendre les couleurs de la réalité. Pas à Poudlard, contre un des membres du personnel. Il savait qu’elle avait bien fait, mais en même temps il se sentait étrangement trahi. Son geste avait cristallisé la menace. Mis devant la réalité de la dangerosité de leur situation il prenant conscience de combien elle les dépassait. On ne jouait pas avec les pensées et les émotions de quelqu’un sur un coup de tête. Depuis quand cela était-il devenu un moyen ? Pire, une nécessite. Rusard n’avait jamais été commode, souvent jaloux et près à sauter sur la moindre occasion de leur faire comprendre qu’il leur était supérieur, au moins hiérarchiquement, mais dangereux ? Ombrage l’était, mais elle ne les avait pas suivis depuis leurs premiers pas dans ce château, elle était l’envahisseur. Un froid glacial le parcouru et il se demanda vaguement qui d’autre parmi ceux qu’il frôlait quotidiennement finirait par lui planter un couteau dans le dos. Son regard vide se posa sur Heather, toujours par terre. Elle ? Un mince sourire étira ses lèvres, carnassier : non, d’elle au moins il pouvait être sûr qu’elle ne ferait pas ça par surprise. Elle le ferait mais ce serait normal.

- Au moins il est parti et je doute qu’Ombrage vienne investiguer par elle-même si Rusard ose s’approcher d’elle avec un regard amoureux.
- Avec un peu de chance, elle filera même directement dans la tour de Gryffondor
, répondit-il en hochant la tête.

Il ne lui proposa pas une main qu’il risquait de trouver mordue ou transformée en tentacule plutôt qu’acceptée et étira ses épaules douloureuses. Lentement, sa cage thoracique se décontracta alors qu’il balayait du regard les environs, l’oreille aux aguets, afin de s’assurer qu’aucune mauvaise surprise ne les guettait au coin d’une étagère. La couleuvre se releva à ses côtés et il reporta son regard sur elle. Si elle venait à savoir qu’il empruntait un livre de la réserve elle se ferait un plaisir de lui faire du chantage. Soit il devait se montrer plus discret et plus malin qu’elle, soit il devait placer la même lame sous sa gorge. Enfin, c’était peut-être surestimer sa curiosité. Encore que… S’il arrivait à lui faire miroiter les avantages de l’une ou l’autre connaissance peut-être serait-ce jouable. Mais avant tout, deux problèmes bien plus urgents appelaient son attention. Ils devaient récupérer leurs sacs, et il avait faim.
Contre coup de l’adrénaline, son estomac ne mit pas longtemps avant de se manifester, et il eut beau fouiller jusqu’aux tréfonds de ses affaires aucun paquet de biscuit oublié, aucun en-cas de secours ne se présenta à sa vue. Il y avait bien les toilettes où chercher de l’eau, mais il doutait que les elfes de maison ne livrent à domicile au milieu de la nuit.

[je veux toujours savoir ce qu’il y a dans ton sac =p]
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[Déc.1995 - Poudlard] Un ralliement forcé

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