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Tell me pretty lies [17 octobre 1997]

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SERPENTARD5ème année
    SERPENTARD
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MessageSujet: Tell me pretty lies [17 octobre 1997] Mar 28 Mar 2017 - 4:43


17 octobre 1997
Un lourd silence planait dans l'air, alors que le soleil commençait peu à peu à donner pour signe que l'espoir avait encore sa place entre les murs de Poudlard. Quelques rayons d'espérance étaient apparus ici et là, percutant tout ce qu'ils pouvaient bien atteindre, mais Leslie ne faisait pas partie de ce qui pouvait être illuminé. Aucune chaleur ne traversait ses veines, aucune brillance parcourait ses prunelles innocentes. Son corps était glacial, inhabité et hors de ce que nous avons toujours cru comme étant; vivant. D'apparence, il semblait mort. Il avait fini par se relever il y a peu, le regard vide et le corps encore douloureux et pris de spasmes nerveux. Le sang avait taché sa peau et derrière son apparence délavée, une odeur d'urine traînait encore. Il était resté au sol durant une période indéterminée, à écouter les derniers sanglots s'éteindre et rejoindre les ténèbres, jusqu'à ce qu'il se laisse de lui-même tomber. La noirceur avait quelque chose d'apaisant, car il lui était impossible de voir ce qu'il y avait devant lui. Obstrué à devoir subsister qu'en voyant sa propre personne, il n'avait plus à devoir supporter la souffrance des autres. Mais, pour tout dire, il n'avait plus conscience de ce qu'il lui était arrivé et le réaliser en cet instant lui était simplement impossible. Son état qui était similaire au somnambulisme était une façon pour lui de ne pas perdre le contrôle et de, par conséquent, faire une crise. D'ailleurs, son attention restait figée vers l'avant et sans qu'il ne sache pourquoi et sans même qu'il ne se pose la question, il s'avança dans l'ombre. Où allait-il ? Comment faisait-il pour bouger ? Était-il vraiment là ? Non, Leslie n'était plus, mais son subconscient avait pris le dessus. Un message précis avait été enregistré dans sa mémoire, depuis qu'il s'était redressé. Il devait aller là où tout irait mieux, là où il pouvait comprendre et accepter la réalité, aussi horrible soit-elle. Il n'y avait qu'un seul endroit qui pouvait lui apporter la paix et la force de pleurer pour lui, pour Amelia et pour tous ceux qui, comme lui, avait eu droit à la punition. Ainsi, il se retrouva face aux portes de la bibliothèque, deux portes massives et certainement barrées. Elles semblaient impossibles à franchir, ce qui eut pour effet de lui couper le souffle, pendant qu'un horrible frisson de solitude le traversait. L'inquiétude montait, mais en apparence, son visage était encore inanimé et dépourvu d'expression.

L'atmosphère devenait étrangement sinistre autour de Leslie. Tout en regardant le sol, il recula d'un pas, de deux pas, trois, quatre... Il ne se retournait même pas pour voir ce qu'il y avait derrière. Il ne faisait que se distancer, finissant par courir pour foncer contre l'entrée et s'écrouler au sol, car oui, les portes s'ouvrirent. Était-ce un miracle ? Non, ce n'était qu'un petit cas exceptionnel, puisque l'agitation avait attiré l'attention du bibliothécaire et que, pour une raison inconnue, l'adulte avait oublié de refermer le tout en revenant à sa chambre, s'il était encore bien là. Leslie, de son côté, n'avait aucune idée de la raison pour laquelle les portes s'étaient ouvertes, mais cela le porta directement à s'imaginer que les Carrow étaient passés par là et que, sans doute, Holbrey était aussi blessé. Scénario pour le moins impossible et insensé, mais la panique pouvait faire bien des choses. Il recommença alors à trembler, essayant aussi de se lever pour continuer d'avancer. Cependant, il retombait sans cesses, par manque de force ou de courage, impossible de le savoir.

Ses pieds et ses mains claquaient contre le sol froid, mais l'adolescent se ne souciait pas du bruit qu'il pouvait émettre, malgré l'heur et tous les inconvénients que cela pouvait avoir. Après tout, il était sans doute interdit pour lui d'être là. Enfin, la seule chose qu'il avait en tête, c'était le regard joueur et mesquin d'Octave. Tel un enfant désirant de revoir sa figure maternelle, chose qui le soulagerait de toutes ses peines, Mathewsen voulait entrevoir le visage de l'adulte. Et il ne voulait pas de ce regard séreux, celui qu'il avait pu lui démontrer lors de leur dernière rencontre qui s'était terminé dans de drôle de conditions. Non, il voulait retrouver les moqueries, même si cela pouvait être déplacé en cette situation de pure souffrance. Au même principe que de faire une blague à quelqu'un qui n'est tout simplement pas apte à rire, Leslie voulait être le malade qui rigole malgré lui, malgré la vie et tous les soucis qui peuvent survenir sans prévenir. Il voulait revoir l'homme qu'il avait frappé de ses deux petites paumes, l'adulte intrépide et impossible à prévoir. Il n'y avait que lui. Lorsqu'il arriva face à la porte de la chambre, il ne cogna qu'une seule fois, pour ne pas dire qu'il était tombé contre l'accès, s'appuyant dessus avant de toquer à nouveau. Les genoux contre le sol, son souffle s'accéléra bien vite, trop vite... Il perdait peu à peu le contrôle qu'il avait réussi à avoir durant cette courte période de temps. Ce qu'il avait vécu dans la Grande salle le frappait en quelques flashs. Ce qui le heurta le plus, ce fut les cris qu'il croyait entendre, alors qu'il n'y en avait aucun. Il posa ses paumes contre ses oreilles, frappant de son front contre la porte pour essayer d'être entendu. Puis, un bruit sourd provenant de la bibliothèque l'arrêta et le guida dans une angoisse mortuaire. Toutes choses devenaient une menaça, comme quoi la paranoïa venait de trouver sa place. De peur, il avait encore arrêté de respirer puis, lorsque le bruit se fit entendre une deuxième fois, il recommença aussitôt à frapper contre la porte, paniquant comme si un doloris allait à nouveau lui était lancé.

- Oc-Octave ! S'il te plaît, ouvre la porte, je t'en supplie, je t'en supplie Octave. Ouvre la porte, j'ai besoin de toi, s'il te plaît ! Me laisse pas, ouvre la porte... pitié. Il parlait vite, sans crier, parce qu'il avait peur d'attirer l'attention. Les larmes coulaient contre ses joues et il haletait tout en s'étouffant dans sa propre terreur. À nouveau, il agonisait.

 

_________________
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MessageSujet: Re: Tell me pretty lies [17 octobre 1997] Jeu 30 Mar 2017 - 2:39

Vous n’aviez jamais remarqué que lorsque le réveil sonne, l’on ne sort pas de ses songes avec la conscience d’entendre le bruit ? C’est l’inconscient, voyageur libéré de la nuit, qui entend l’alarme et vient sortir l’esprit de sa torpeur. C’est ainsi que d’abord la conscience émerge et vient transcender la réalité, avant de prêter attention à ce qui vient d’interrompre la quiétude. Quiétude toute relative avec Octave, la qualité de son sommeil n’étant en rien un mystère. Ses paupières s’étaient ouvertes comme une lumière que l’on allume. D’ailleurs, il avait eu l’impression qu’on lui avait aboyé dans l’oreille, état de fait qui lui rappela ses nuits agitées sur des terrains en guerre, lorsque c’était une explosion de mortier qui vous jetait dans la réalité. C’est donc par reflexe qu’il s’était tendu sous ses draps, attentif à son environnement, essayant de comprendre ce qui avait bien pu le réveiller avec une telle violence, d’autant que le silence s’était installé avant même qu’il n’ait pu se rendre à l’évidence de quoi que ce soit. Une onde de choc raisonnait dans ses oreilles et ce n’était pas bon du tout. Presque au pas de course, il s’était tiré du lit et précipité vers la porte de sa chambre, qu’il ouvrit. Toujours rien. Ah, si. Au loin, dans un écho strident, il perçut « Quoi alors !! ». Tendant l’oreille et s’arrêtant de respirer, Octave tenta d’entendre la suite, qui manifestement s’était réfugiée dans un murmure un peu plus approprié pour une heure si avancée de la nuit. Il aurait parié sur un tremblement de terre, un réacteur d’avion sur le point de décoller, ou carrément une détonation de C-4. Les suggestions lui étaient venues par l’adage de l’habitude, mais vu l’endroit où il se trouvait, il ne pouvait s’agir que de magie. Mieux encore, un déferlement de colère en plein milieu de la nuit de la part de deux sorciers. Alors que la compréhension de la profonde médiocrité de la situation lui advenait, l’adrénaline quittant son corps, Octave se sentit particulièrement épuisé. Physiquement ou moralement, va savoir, mais il y avait de quoi s’exaspérer d’un remue-ménage inutile. Claquant de ses talons nus sur le sol de pierre, il avait traversé la bibliothèque pour s’assurer des dégâts, savoir s’il pouvait aller se recoucher ou si le château entier allait être éveillé de force. Un coup de baguette magique plus tard, les lourdes portes s’étaient ouvertes.


L'Armée de Dumbledore n'est pas morte ! La lutte continue ! Résistez ! Battez-vous !

POTTER AVEC NOUS !


Octave relut l’inscription au moins quatre fois, n’étant pas certain de comprendre. Quelque part à sa gauche, une exclamation raisonna, à peine audible : « Parfaitement. Ce soir… vieille ruine… ma… sœur…allons enfin... nous amuser. ». Le bibliothécaire voulut soupirer, mais ce fut une sorte de grognement de gorge qui ressortit. Les Carrows, qui d’autre pour mettre un foutoir pareil pour si peu. Ils n’étaient pas dupes, ils savaient bien qu’il y avait de l’opposition au sein du château. Bien sûr, en tant que bons représentants du régime totalitaire, ils se devaient de faire taire les coupables, les punir en place publique. Octave se sentait déjà exaspéré rien qu’à l’idée du bordel qu’ils allaient foutre en menant leurs investigations. C’aurait été tellement plus simple et efficace d’effacer l’inscription et faire comme si rien ne s’était passé. Prétendre que l’ennemi n’avait aucun impact était bien plus efficace que de le combattre ouvertement. Psychologiquement parlant, bien entendu. Et on savait qu’à un si jeune âge, il n’y avait rien de plus radical qu’un bon lavage de cerveau à la source. Réduire toutes les espérances au néant en les étouffant avant qu’elles n’aient eu le temps de naître. Un bon coup de chiffon, et personne n’aurait été au courant, à part les coupables. Maintenant, l’entièreté du personnel et des étudiants allait être au parfum, et l’esprit de rébellion, même réprimé, allait grandir d’un tel exploit. M’enfin, qui était-il pour discuter cela ; un simple bibliothécaire. Donc il pouvait se permettre d’aller dormir. Refermant la porte sans grande conviction, Octave ne prit même pas la peine de remettre un sort pour la bloquer complètement. Statistiquement parlant, plus rien n’était censé arriver dans les environs, à moins qu’il ne s’agisse du triangle de Poudlard, auquel cas il n’y avait rien à faire non plus contre la fatalité. C’est donc débordant de déterminisme qu’Octave s’était enfoui dans le creux de ses draps, s’enroulant dedans comme un œuf dans une crêpe bretonne. Il n’avait vraiment pas envie ni de savoir, ni d’être le témoin de ce que les rejetons d’un couple consanguin comptaient faire. Il savait d’avance que ça allait soit être très barbare, soit très stupide, et encore plus probablement les deux à la fois. C’est donc l’esprit tranquille qu’Octave se rendormit, fuyant consciencieusement une réalité dont il ne voulait pas entendre parler, comme l’on ne voudrait pas lire un torchon journalistique pour ne pas s’énerver.

Pour le coup, il était parvenu sans grande difficulté à déterminer ce qui l’avait réveillé. Le tambourinage contre la porte, c’était toute sa vie. Pour ainsi dire, on le réveillait quasiment tout le temps comme ça, à coup de pied ou de poing contre du bois. Il n’avait même pas pris la peine d’ouvrir les yeux. Non, non, rien n’était arrivé, c’était une hallucination, son cerveau devait s’éteindre et continuer à dormir. Qui plus est, ce ne pouvait pas être un hasard, le déroulement des évènements montrant bien souvent que si quelque chose advenait, tout ce qui s’en suivait par la suite dans la même zone n’était qu’une suite logique et intenable. Comme les cercles à la surface d’un lac après la chute d’une goutte d’eau. Alors, ce martèlement contre la porte ne pouvait qu’avoir un lien avec les Carrows, de manière éloignée ou non, et Octave n’avait pas envie de s’en mêler. Repartez, qui que vous soyez, je suis descendu à Pré-au-Lard et j’y suis encore, complètement bourré dans une Taverne, se disait-il comme si cela avait le don de rendre l’histoire réelle. Et pendant qu’il s’inventait ce mensonge, essayant de s’en convaincre, le silence était revenu. Pas pour très longtemps, car l’instant d’après le bruit reprit et il était différent, comme si on tapait la porte avec quelque chose de plein, ce qui faisait vibrer le bois plus que raisonner l’air. Octave ouvrit brusquement ses paupières lorsque les lamentations, partiellement incompréhensibles, lui parvinrent en un gémissement plaintif et étouffé. Soudain tendu, il se releva, constata rapidement l’heure -cinq heures trente environ-, avant de rapidement enfiler un t-shirt et un jean. Ayant allumé la lumière pour parfaire l’éclairage morose d’un soleil matinal on ne peut plus gris, Octave ouvrit la porte sans réfléchir davantage à ce qui pouvait bien se trouver derrière.

La lumière orangée des bougies, mélangée à celle plus terne de la nature filtrant par les carreaux de la fenêtre, se posèrent sur un visage humide, faisant mollement scintiller les chemins de larmes. Sous la surprise, Octave s’immobilisa, main sur la poignée et yeux légèrement écarquillés, l’air vaguement perplexe. La respiration de l’adolescent sifflait dans ses oreilles. Des croûtes de sang coagulé couraient sur son cou, qui semblait alors voilé d’un mouchoir rouge en dégradé tant les traces étaient diffuses, mouchetant parfois la peau que l’on devinait blanche de poussière carmin. De ses mains sales, Leslie s’était visiblement touché le visage, car des empreintes de doigts et des tâches de sang pâteuses recouvraient son visage aux yeux bouffis. Octave considéra d’abord cette vue en silence, le temps que son esprit trouve des explications à un tel état lamentable, mais pas grand-chose ne venait à l’esprit à part une maltraitance ordurière. Quelque chose d’horrible était arrivé, peut-être pour la première fois de sa vie. Octave s’était finalement penché pour mieux voir la figure de l’adolescent, distinguer les vraies blessures des fausses et évaluer les dégâts, mais eut une crispation involontaire. Un spasme de dégoût traversa son visage avec la célérité d’un éclair alors qu’il reconnaissait l’odeur de l’urine et celle plus forte encore de l’acide gastrique. Le geste étant plus instinctif que volontaire, Octave se pencha quand même sur l’adolescent, inspectant son visage. Les sourcils froncés par l’application, du bout des doigts, il souleva les mèches engluées de cheveux noirs, observant le front humide qui n’était visiblement pas blessé, simplement recouvert de trainées ensanglantées laissées par une tentative de s’essuyer peut-être. Les mains du bibliothécaire descendirent alors vers le menton, qu’elles soulevèrent délicatement pour laisser la lumière tomber sur les profondes griffures. Il sentit les larmes couler sur ses doigts et regarda enfin Leslie dans les yeux, soulagé d’une certaine manière que le corps ne soit pas en si mauvaise état qu’il en avait l’air.

Ne souhaitant pas accabler davantage le jeune homme d’un regard empli de pitié, ou pire, d’un sourire sans à propos, Octave garda une allure imperturbable, les lèvres tendues et le regard dissimulé dans l’ombre de son front penché, où seule une bienveillance voilée illuminait le fond de son œil noir. Le beau teint sans nuances de Leslie avait pris le teint pâle et transparent d’une rose blanche d’hiver et l’ovale de ses joues avait maigri. Ses yeux continuaient à pleurer de honte ou d’angoisse et à chaque aspiration sifflante, il donnait l’impression de suffoquer, gémissant dans un murmure entre ses lèvres sèches. Il semblait sur le point de tomber et de se ramasser sur soi. Des sanglots étouffés emplissaient le silence au rythme d’un souffle désordonné et laborieux, et tous deux soulevaient le petit corps de Leslie, le faisant bondir en d’incontrôlables soubresauts et spasmes, nourris par un chagrin intarissable. Voyant cette souffrance baignée par une vague qu’elle ne pouvait combattre, Octave saisit avec force les épaules du garçon de ses deux larges paumes, serrant de ses doigts sur le tissus imbibé d’une moiteur froide. En même temps, il colla son front contre celui de Leslie, ferma démonstrativement les yeux pour inviter l’adolescent à en faire de même et se mit à aspirer l’air en de longues goulées exagérées. Ses épaules se soulevaient dans un rythme calme et apaisé, et il cherchait à imposer la même cadence aux gémissements confus du garçon.

« Respire… Calme. C’est derrière-toi maintenant. Respire… »

Octave exhala par la bouche avant d’aspirer à nouveau par le nez et ouvrit les yeux, fixant Leslie avec détermination, concentrant toute son attention sur lui. Finalement, ayant jugé que l’exercice avait assez duré, il se recula légèrement tirant doucement Leslie sur soi pour le faire entrer dans a chambre. Là, il se redressa complètement et, continuant à lui serrer les épaules pour ne pas rompre complètement le contact, Octave demanda :

« Qu’est-ce qui s’est passé Leslie ? Si tu veux que je t’aide, il faut que je sache ce qui ne va pas. »

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MessageSujet: Re: Tell me pretty lies [17 octobre 1997] Ven 2 Juin 2017 - 17:13


17 octobre 1997
L'absence le bordait dans un éternel recul, un recul qu'il avait aux profondeurs de lui-même, comme si son esprit restait éloigné du corps physique, alors que son être continuait à combattre pour une raison inconnue. Pourquoi faisait-il cela, pourquoi pensait-il cela et pourquoi était-il là ? Toutes ces questions superficielles devenaient incertaines, comme s'il avait oublié de lire un chapitre sur sa vie. Une partie de son âme était encore prise du passé, à se redresser et se lever pour rejoindre la chambre d'Octave, alors que physiquement, il y était déjà. Pourtant, il n'avait pas l'impression d'y être arrivé, d'être là et bien en vie. C'était à se demander s'il était sûr d'être lui. Et malgré toute l'agitation qui se faisait ressentir, il arrivait quand même à se demander ce qu'il lui arrivait. Au-delà du mal-être, la conscience recherchait ses réponses. Peut-être se s'aurait-il mis une gifle au visage, s'il aurait pu faire face à ce qu'il offrait au bibliothécaire, puisque derrière ses yeux humides et ses irréfutables tremblements, Leslie se criait de se calmer et de reprendre le contrôle. Cependant, cette voix aussi raisonnable que sage était bloquée par quelque chose d'encore plus puissant et incontrôlable, une panique intense qui le portait dans un souvenir qu'il préférait oublier. D'ailleurs, il avait supprimé certains passages, ce qui allait créer en lui un futur déni. Les informations le traversaient sous des vagues incompréhensibles. D'une part, il revoyait Amelia, sans comprendre pourquoi il pensait à elle. Ensuite, il revoyait Cliff, avant d'arriver au bibliothécaire. Puis, en finale, il décida de se concentrer que sur la douleur qu'il ressentait, car seule celle-ci lui semblait véritable. Après quoi, il se calmait un peu, jusqu'à ce que la panique revienne faire son tour en vue de l'importance qu'il accordait à sa souffrance. Il n'y avait plus rien de constant, que ce soit ses sentiments, ses pensées ou sa mémoire qui, encore une fois, se faisait sélective. Tout lui venait d'un coup. Ses intentions le quittaient aussi rapidement qu'ils arrivaient. En bref, il n'était plus apte de prendre des décisions par lui-même.

Ne faisant même plus la différence entre le rêve et la réalité, Mathewsen se perdit dans un vide. Emporté par le courant violent de deux océans qui se frapperaient l'un contre l'autre, il eut pour impression qu'il était en train de mourir sur place. La pression était si forte, serrant son coeur au point qu'il étouffa. Puis, d'un seul coup, les marées s'arrêtèrent et il fut tiré de l'eau par deux larges paumes qui se posèrent contre ses épaules pour le guider vers cette ordonnance qu'était celle de prendre l'instant présent pour en faire un moment d'apaisement. La voix d'Octave fit barrière aux ténèbres et le repos s'annonça. L'approche de l'adulte porta le sorcier à vouloir se débattre, mais il n'en fit rien, parce qu'il savait qu'il n'avait rien à craindre. Il entrevoyait Octave comme un ange, l'être suprême qui ne peut qu'apporter le bien et détruire l'obscurité. Si son imagination le lui aurait permis, il aurait sans doute vu briller l'homme dans le noir, tant son désespoir était puissant. Enfin... D'abord apaisé, sa respiration fut la première à se laisser guider par le renouveau. Renouveau ? Disons plutôt; un rafraichissement. Au même principe que lorsqu'on apporte de la salive dans une bouche sèche. Cela ne change pas grand-chose, si ce n'est qu'une simple satisfaction et elle était le bienvenu. Après avoir levé les yeux vers Octave, Leslie ferma ses paupières et dressa ses mains pour agripper le moindre morceau de tissu, d'une poigne qui se voulait incassable. Non, il n'avait pas pour intention de s'éloigner de lui, trouvant en sa présence un remède contre tous les problèmes de ce monde. Il inspira profondément, expirant avec mal, mais l'effort y était. Il fit cela à quelques reprises, se calmant peu à peu, jusqu'à ce que cette question soit posée;

« Qu’est-ce qui s’est passé Leslie ? Si tu veux que je t’aide, il faut que je sache ce qui ne va pas. »

Son souffle se coupa et une nouvelle vague le percuta, contre son gré. L'adulte le forçait à retourner là où il ne voulait plus jamais être. Quelques flashs surgirent, mais il bloquait de lui-même les informations, par peur de revivre ses souvenirs. Peu à peu, ses tremblements refirent surface et il ne put s'empêcher de se mettre à regarder partout autour de lui en soufflant des phrases incompréhensibles. Son esprit voyageait dans divers idées passagères. Il voulait partir du château, s'installer quelque part avec Octave, ne jamais revenir. Ou pourquoi pas s'enfermer dans la chambre ? Aller voir Amelia ? Non... Il se voyait déjà quitter le lieu, comme quoi plus rien n'avait de sens dans sa petite tête. Il ne lâchait plus le bibliothécaire, malgré son agitation. D'ailleurs, il se rapprocha davantage, le souffle court. C'était l'heure d'essayer de prendre une décision. D'une voix fragile et rapide, il se mit à souffler ce qu'il avait en tête; - Il faut partir... Ils faut partir, maintenant. Maintenant ! Okay ? Okay. Il faut partir, s'il te plaît. On s'en va, on va loin d'ici. Je veux partir Octave, je veux juste partir. Faut qu'on sorte, reste avec moi. Sortons d'ici, maintenant, maintenant, maintenant. Tout de suite, il faut y aller. Il tira Octave, cherchant et le faire sortir, mais ses propres mouvements n'avaient pas de sens particulier, au point où il était impossible de savoir s'il cherchait à partir ou à rester. Autant il tirait l'adulte vers lui, autant il le poussait vers la sortie. Et puis, le pire était à venir. À force de prendre du temps à essayer de sortir, il changea complètement d'idée, d'un seul coup et désira plutôt s'enfermer dans la pièce. Il ne voulait pas se remettre en danger et entre ces murs, il avait un sentiment de sécurité. Enfin, était-ce les murs ou Octave qui lui apportait cette sureté ?  

- Faut, il faut bloquer la porte ! Ils, ils vont venir. Ils... s'il te plaît, bloque la porte et partons. Il faut partir, il faut... Il faut, il Il s'étouffa par angoisse, répétant  les mêmes mots, les mêmes phrases, les même idées et cela sans réussir à se calmer, alors qu'il savait que ça n'avait aucun sens. Et alors que sa panique était au plus haut niveau, il se relâcha enfin et alla s'écraser contre l'adulte. Il tenait à recommencer du début. Inspirer, expirer... Il laissa un silence englober la chambre puis, il redémarra. - Ils ont attaqué tout le monde... Les autres... ils agissaient comme des animaux, deven.. ils sont devenu de la glace... Ils criaient tous. Ils cri-criaient tellement fort... J'ai voulu... je ne sais plus. Je ne sais plus... Amelia... Je... Je suis désolé, tellement désolé... Il glissa ses bras autour d'Octave, le serrant avec le peu de force qui lui restait. - Je veux que ça s'arrête, je veux seulement que ça s'arrête. Octave... Fait que tout s'arrête. S'il te plaît... Reste avec moi. Et ce fut l'heure de pleurer, mais surtout, d'évacuer le surplus d'émotions une bonne fois pour toute.  
 

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MessageSujet: Re: Tell me pretty lies [17 octobre 1997] Jeu 8 Juin 2017 - 22:05

Le voilà, le beau visage de la tyrannie, se reflétant dans des yeux infiniment effrayés et qu’une main de pouvoir avait puni pour rien. Les mêmes yeux que ceux imprimés sur du vieux papier granulé, presque cartonné, écorné aux coins à force d’avoir été trop regardé, et qui vous faisait regretter la guerre et l’horreur qu’elle parvenait à mettre dans les esprits des gens. Dans ces jeunes visages qui n’avaient jamais connus la cruauté sans considérations. Celle qui se moquait de votre état d’âme, de vos intérêts et de votre famille, qui châtiait sans distinction et était aveugle à la souffrance. Elle se nourrissait de chaque instant de peine, de chaque larme et de chaque goutte de sang versée parce que tel était son but. Des yeux qui vous faisaient oublier la belle bravoure du combat, l’honneur et la gloire d’une victoire, les médailles du courage… Les yeux d’une douleur qui n’avait aucun sens et qui naissait sous une violence qui punissait pour des vertus, ou des choses que personne ne pouvait changer. Des yeux qui souffraient d’exister. Il était plus simple de vivre lorsqu’on savait d’où venaient les problèmes et les sources de tourmente, que de se dire que peut-être, les déchirements pouvaient advenir sans avoir de raisons tangibles. Si quelque chose n’allait pas, cela voulait nécessairement dire que quelque chose avait mal tourné quelque part, n’est-ce pas ? Et bien il s’avérait que parfois, non, ce n’était pas le cas. Les choses n’allaient pas comme on voudrait juste parce que c’était comme ça. Parce que tout ne dépendait pas de nous-même et qu’on se retrouvait parfaitement impuissant face à ce qui est plus fort que nous. Enfin… plus fort. Ce qui nous impressionnait en tout cas, nous faisait peur. Non seulement la souffrance de Leslie était sans origine ni raisons qui avaient de la valeur, mais en plus elle l’avait mis en face de sa propre faiblesse et complète incapacité à y réagir. L’un de ses enfants avait-il tenté de se défendre ? De foncer sur les Carrow pour tenter de leur asséner un coup, ne serait-ce que par principe, même sans la certitude du succès ? Ou était-ils tous restés plantés comme des asperges dans la terre, à attendre qu’on les cueille pour les détruire ?

- Il faut partir... Ils faut partir, maintenant. Maintenant ! Okay ? Okay. Il faut partir, s'il te plaît. On s'en va, on va loin d'ici. Je veux partir Octave, je veux juste partir. Faut qu'on sorte, reste avec moi. Sortons d'ici, maintenant, maintenant, maintenant. Tout de suite, il faut y aller.

Le petite Johnny s’accrochait si désespérément à ses bras, pesant de tout son poids, qu’Octave eut presque du mal à se maintenir debout soi-même. Les gestes désordonnés du jeune homme le tirèrent abruptement vers la porte, avant de se raviser, puis de tirer à nouveau sur le tissu de son t-shirt, ne sachant dans quelle direction courir tant le danger semblait être partout. Ravalant difficilement la bile qui était montée devant ce spectacle qui lui fendait le cœur, Octave finit enfin par reprendre ses esprits, s’immobilisant définitivement alors qu’il essayait de retenir Leslie sur place, l’empêchant de s’agiter davantage. Il n’avait rien à lui dire ! Comme s’il y avait quelque chose à dire qui aurait pu rendre cette situation plus supportable. Cassidy était un esprit lucide, il y avait toujours quelque chose à dire pour la remettre sur les rails, mais Leslie… Leslie était d’une innocence déchirante, tragique, fragile. Une belle innocence comme on n’en trouvait plus, nulle part, et qui était d’autant plus précieuse qu’elle avait survécu à des heures sombres. Du moins, jusqu’à maintenant. Il venait peut-être de vivre ce qui avait brisé sa candeur pour toujours. Comment allait-il exister maintenant, dans un monde qui ne l’avait épargné en rien ? S’il ne décidait pas à se relever, il risquait de ne plus jamais pouvoir faire face à la réalité. Continuant à suffoquer, l’enfant se réfugia définitivement entre les bras mouchetés de taches de rousseur, qui ne savaient plus où se mettre, ni quoi faire pour calmer l’orage. Le laisser pleurer tout son soûl ? L’abandonner dans une litanie contemplative jusqu’à ce qu’il se rende par lui-même compte de l’absurdité de ses souhaits ? Le laisser se fracasser encore une fois contre le mur des impossibilités. Car il n’y avait pas d’échappatoire. Ou elle n’était qu’illusion.

- Je veux que ça s'arrête, je veux seulement que ça s'arrête. Octave... Fait que tout s'arrête. S'il te plaît... Reste avec moi.
Avec force, Octave enserra le petit corps blotti contre son torse, qui pourtant était presque plus grand que lui, mais que la peine et la souffrance avait recroquevillé sur lui-même. Un soupir secoua ses narines ciselées.
« D’accord, on part. Se barricader ici ne servirait à rien, à moins que ma chambre ne soit un abri antiatomique. Alors on quitte le pays. On transplane ensemble aussi loin que je puisse me souvenir. L’Australie. Ca te va ? Madagascar. Il n’y a pas beaucoup de sorciers là-bas. C’est très loin d’ici. Je t’emmène où tu veux. Je te mets en sécurité… Mais après Leslie… Après, il faudra que je revienne. »

Lentement, il recula sa tête, se défaisant doucement de l’étreinte du jeune homme, sans pour autant le lâcher, et regarda le relief apeuré de son visage blafard. Encore, il le confrontait, peut-être trop tôt. Mais Leslie quémandait des solutions, des réponses ; quelque chose qui l’aiderait à se sortir de cette situation. Octave n’avait rien de rassurant à dire, aucune solution à donner, ni de réponse rassurante. Ou si c’était le cas, c’est qu’elle était vague, fausse et toute faite. En somme, quelque chose que l’on disait simplement pour faire plaisir. Un mensonge réconfortant aurait-il était plus salutaire pour lui ? Du moins pour l’aider à s’en sortir, à remettre les idées en place… Mais honnêtement, Octave n’y croyait pas un instant. Redonner de l’espoir en servant une facétie n’allait que l’enfoncer davantage le jour où Leslie découvrirait la supercherie. Oui, Leslie, tout ira bien, tout s’arrangera, ta souffrance a de la valeur. Alors Octave s’adressa au cœur tendre avec méchanceté :

« Tu vas fuir. Qu’adviendra-t-il de ta famille ? De ton père, qui travaille au ministère ? Une fois loin, tu crois que tu arriveras à oublier d’où tu es parti et pourquoi ? De ceux que tu as laissé et qui comptent sur toi ? Si oui, je veux bien t’emmener aussi loin que possible. Mais une fois que tu seras en sécurité, je t’y laisserai, parce que dorénavant il n’y a des gens dont je suis responsable ici. Je ne peux pas partir… »

Doucement, Octave lui caressa la tête, passant ses doigts entre les mèches moites et désordonnées, frôlant de ses phalanges la tempe fraiche et humide de larmes du garçon.

« Je ne peux pas partir et toi non plus, tu ne devrais pas. Fuir ne mettra pas fin à la cruauté de ceux qui t’ont injustement blessé, ni ne ramènera la tranquillité dans ton cœur, ou ceux que tu vas laisser derrière toi. Mais si tu le veux, je le ferai, je te mettrai en sécurité, là où personne ne t’atteindra, où personne ne te touchera. Mais jamais plus tu ne vivras comme si ce jour n’avait pas existé. Tu veux un Oubliettes ? Je t’ensorcèle, et je t’emmène loin, et tu oublieras tout. Je peux arranger ça. Leslie, c'est ce que tu veux ? »

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Tell me pretty lies [17 octobre 1997]

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