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Tell me pretty lies [17 octobre 1997]

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Tell me pretty lies [17 octobre 1997] Lumos-4fcd1e6

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MessageSujet: Tell me pretty lies [17 octobre 1997] Tell me pretty lies [17 octobre 1997] EmptyMar 28 Mar 2017 - 4:43


17 octobre 1997
Un lourd silence planait dans l'air, alors que le soleil commençait peu à peu à donner pour signe que l'espoir avait encore sa place entre les murs de Poudlard. Quelques rayons d'espérance étaient apparus ici et là, percutant tout ce qu'ils pouvaient bien atteindre, mais Leslie ne faisait pas partie de ce qui pouvait être illuminé. Aucune chaleur ne traversait ses veines, aucune brillance parcourait ses prunelles innocentes. Son corps était glacial, inhabité et hors de ce que nous avons toujours cru comme étant; vivant. D'apparence, il semblait mort. Il avait fini par se relever il y a peu, le regard vide et le corps encore douloureux et pris de spasmes nerveux. Le sang avait taché sa peau et derrière son apparence délavée, une odeur d'urine traînait encore. Il était resté au sol durant une période indéterminée, à écouter les derniers sanglots s'éteindre et rejoindre les ténèbres, jusqu'à ce qu'il se laisse de lui-même tomber. La noirceur avait quelque chose d'apaisant, car il lui était impossible de voir ce qu'il y avait devant lui. Obstrué à devoir subsister qu'en voyant sa propre personne, il n'avait plus à devoir supporter la souffrance des autres. Mais, pour tout dire, il n'avait plus conscience de ce qu'il lui était arrivé et le réaliser en cet instant lui était simplement impossible. Son état qui était similaire au somnambulisme était une façon pour lui de ne pas perdre le contrôle et de, par conséquent, faire une crise. D'ailleurs, son attention restait figée vers l'avant et sans qu'il ne sache pourquoi et sans même qu'il ne se pose la question, il s'avança dans l'ombre. Où allait-il ? Comment faisait-il pour bouger ? Était-il vraiment là ? Non, Leslie n'était plus, mais son subconscient avait pris le dessus. Un message précis avait été enregistré dans sa mémoire, depuis qu'il s'était redressé. Il devait aller là où tout irait mieux, là où il pouvait comprendre et accepter la réalité, aussi horrible soit-elle. Il n'y avait qu'un seul endroit qui pouvait lui apporter la paix et la force de pleurer pour lui, pour Amelia et pour tous ceux qui, comme lui, avait eu droit à la punition. Ainsi, il se retrouva face aux portes de la bibliothèque, deux portes massives et certainement barrées. Elles semblaient impossibles à franchir, ce qui eut pour effet de lui couper le souffle, pendant qu'un horrible frisson de solitude le traversait. L'inquiétude montait, mais en apparence, son visage était encore inanimé et dépourvu d'expression.

L'atmosphère devenait étrangement sinistre autour de Leslie. Tout en regardant le sol, il recula d'un pas, de deux pas, trois, quatre... Il ne se retournait même pas pour voir ce qu'il y avait derrière. Il ne faisait que se distancer, finissant par courir pour foncer contre l'entrée et s'écrouler au sol, car oui, les portes s'ouvrirent. Était-ce un miracle ? Non, ce n'était qu'un petit cas exceptionnel, puisque l'agitation avait attiré l'attention du bibliothécaire et que, pour une raison inconnue, l'adulte avait oublié de refermer le tout en revenant à sa chambre, s'il était encore bien là. Leslie, de son côté, n'avait aucune idée de la raison pour laquelle les portes s'étaient ouvertes, mais cela le porta directement à s'imaginer que les Carrow étaient passés par là et que, sans doute, Holbrey était aussi blessé. Scénario pour le moins impossible et insensé, mais la panique pouvait faire bien des choses. Il recommença alors à trembler, essayant aussi de se lever pour continuer d'avancer. Cependant, il retombait sans cesses, par manque de force ou de courage, impossible de le savoir.

Ses pieds et ses mains claquaient contre le sol froid, mais l'adolescent se ne souciait pas du bruit qu'il pouvait émettre, malgré l'heur et tous les inconvénients que cela pouvait avoir. Après tout, il était sans doute interdit pour lui d'être là. Enfin, la seule chose qu'il avait en tête, c'était le regard joueur et mesquin d'Octave. Tel un enfant désirant de revoir sa figure maternelle, chose qui le soulagerait de toutes ses peines, Mathewsen voulait entrevoir le visage de l'adulte. Et il ne voulait pas de ce regard séreux, celui qu'il avait pu lui démontrer lors de leur dernière rencontre qui s'était terminé dans de drôle de conditions. Non, il voulait retrouver les moqueries, même si cela pouvait être déplacé en cette situation de pure souffrance. Au même principe que de faire une blague à quelqu'un qui n'est tout simplement pas apte à rire, Leslie voulait être le malade qui rigole malgré lui, malgré la vie et tous les soucis qui peuvent survenir sans prévenir. Il voulait revoir l'homme qu'il avait frappé de ses deux petites paumes, l'adulte intrépide et impossible à prévoir. Il n'y avait que lui. Lorsqu'il arriva face à la porte de la chambre, il ne cogna qu'une seule fois, pour ne pas dire qu'il était tombé contre l'accès, s'appuyant dessus avant de toquer à nouveau. Les genoux contre le sol, son souffle s'accéléra bien vite, trop vite... Il perdait peu à peu le contrôle qu'il avait réussi à avoir durant cette courte période de temps. Ce qu'il avait vécu dans la Grande salle le frappait en quelques flashs. Ce qui le heurta le plus, ce fut les cris qu'il croyait entendre, alors qu'il n'y en avait aucun. Il posa ses paumes contre ses oreilles, frappant de son front contre la porte pour essayer d'être entendu. Puis, un bruit sourd provenant de la bibliothèque l'arrêta et le guida dans une angoisse mortuaire. Toutes choses devenaient une menaça, comme quoi la paranoïa venait de trouver sa place. De peur, il avait encore arrêté de respirer puis, lorsque le bruit se fit entendre une deuxième fois, il recommença aussitôt à frapper contre la porte, paniquant comme si un doloris allait à nouveau lui était lancé.

- Oc-Octave ! S'il te plaît, ouvre la porte, je t'en supplie, je t'en supplie Octave. Ouvre la porte, j'ai besoin de toi, s'il te plaît ! Me laisse pas, ouvre la porte... pitié. Il parlait vite, sans crier, parce qu'il avait peur d'attirer l'attention. Les larmes coulaient contre ses joues et il haletait tout en s'étouffant dans sa propre terreur. À nouveau, il agonisait.

 

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MessageSujet: Re: Tell me pretty lies [17 octobre 1997] Tell me pretty lies [17 octobre 1997] EmptyJeu 30 Mar 2017 - 2:39

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Dernière édition par Octave Holbrey le Dim 30 Déc 2018 - 21:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Tell me pretty lies [17 octobre 1997] Tell me pretty lies [17 octobre 1997] EmptyVen 2 Juin 2017 - 17:13


17 octobre 1997
L'absence le bordait dans un éternel recul, un recul qu'il avait aux profondeurs de lui-même, comme si son esprit restait éloigné du corps physique, alors que son être continuait à combattre pour une raison inconnue. Pourquoi faisait-il cela, pourquoi pensait-il cela et pourquoi était-il là ? Toutes ces questions superficielles devenaient incertaines, comme s'il avait oublié de lire un chapitre sur sa vie. Une partie de son âme était encore prise du passé, à se redresser et se lever pour rejoindre la chambre d'Octave, alors que physiquement, il y était déjà. Pourtant, il n'avait pas l'impression d'y être arrivé, d'être là et bien en vie. C'était à se demander s'il était sûr d'être lui. Et malgré toute l'agitation qui se faisait ressentir, il arrivait quand même à se demander ce qu'il lui arrivait. Au-delà du mal-être, la conscience recherchait ses réponses. Peut-être se s'aurait-il mis une gifle au visage, s'il aurait pu faire face à ce qu'il offrait au bibliothécaire, puisque derrière ses yeux humides et ses irréfutables tremblements, Leslie se criait de se calmer et de reprendre le contrôle. Cependant, cette voix aussi raisonnable que sage était bloquée par quelque chose d'encore plus puissant et incontrôlable, une panique intense qui le portait dans un souvenir qu'il préférait oublier. D'ailleurs, il avait supprimé certains passages, ce qui allait créer en lui un futur déni. Les informations le traversaient sous des vagues incompréhensibles. D'une part, il revoyait Amelia, sans comprendre pourquoi il pensait à elle. Ensuite, il revoyait Cliff, avant d'arriver au bibliothécaire. Puis, en finale, il décida de se concentrer que sur la douleur qu'il ressentait, car seule celle-ci lui semblait véritable. Après quoi, il se calmait un peu, jusqu'à ce que la panique revienne faire son tour en vue de l'importance qu'il accordait à sa souffrance. Il n'y avait plus rien de constant, que ce soit ses sentiments, ses pensées ou sa mémoire qui, encore une fois, se faisait sélective. Tout lui venait d'un coup. Ses intentions le quittaient aussi rapidement qu'ils arrivaient. En bref, il n'était plus apte de prendre des décisions par lui-même.

Ne faisant même plus la différence entre le rêve et la réalité, Mathewsen se perdit dans un vide. Emporté par le courant violent de deux océans qui se frapperaient l'un contre l'autre, il eut pour impression qu'il était en train de mourir sur place. La pression était si forte, serrant son coeur au point qu'il étouffa. Puis, d'un seul coup, les marées s'arrêtèrent et il fut tiré de l'eau par deux larges paumes qui se posèrent contre ses épaules pour le guider vers cette ordonnance qu'était celle de prendre l'instant présent pour en faire un moment d'apaisement. La voix d'Octave fit barrière aux ténèbres et le repos s'annonça. L'approche de l'adulte porta le sorcier à vouloir se débattre, mais il n'en fit rien, parce qu'il savait qu'il n'avait rien à craindre. Il entrevoyait Octave comme un ange, l'être suprême qui ne peut qu'apporter le bien et détruire l'obscurité. Si son imagination le lui aurait permis, il aurait sans doute vu briller l'homme dans le noir, tant son désespoir était puissant. Enfin... D'abord apaisé, sa respiration fut la première à se laisser guider par le renouveau. Renouveau ? Disons plutôt; un rafraichissement. Au même principe que lorsqu'on apporte de la salive dans une bouche sèche. Cela ne change pas grand-chose, si ce n'est qu'une simple satisfaction et elle était le bienvenu. Après avoir levé les yeux vers Octave, Leslie ferma ses paupières et dressa ses mains pour agripper le moindre morceau de tissu, d'une poigne qui se voulait incassable. Non, il n'avait pas pour intention de s'éloigner de lui, trouvant en sa présence un remède contre tous les problèmes de ce monde. Il inspira profondément, expirant avec mal, mais l'effort y était. Il fit cela à quelques reprises, se calmant peu à peu, jusqu'à ce que cette question soit posée;

« Qu’est-ce qui s’est passé Leslie ? Si tu veux que je t’aide, il faut que je sache ce qui ne va pas. »

Son souffle se coupa et une nouvelle vague le percuta, contre son gré. L'adulte le forçait à retourner là où il ne voulait plus jamais être. Quelques flashs surgirent, mais il bloquait de lui-même les informations, par peur de revivre ses souvenirs. Peu à peu, ses tremblements refirent surface et il ne put s'empêcher de se mettre à regarder partout autour de lui en soufflant des phrases incompréhensibles. Son esprit voyageait dans divers idées passagères. Il voulait partir du château, s'installer quelque part avec Octave, ne jamais revenir. Ou pourquoi pas s'enfermer dans la chambre ? Aller voir Amelia ? Non... Il se voyait déjà quitter le lieu, comme quoi plus rien n'avait de sens dans sa petite tête. Il ne lâchait plus le bibliothécaire, malgré son agitation. D'ailleurs, il se rapprocha davantage, le souffle court. C'était l'heure d'essayer de prendre une décision. D'une voix fragile et rapide, il se mit à souffler ce qu'il avait en tête; - Il faut partir... Ils faut partir, maintenant. Maintenant ! Okay ? Okay. Il faut partir, s'il te plaît. On s'en va, on va loin d'ici. Je veux partir Octave, je veux juste partir. Faut qu'on sorte, reste avec moi. Sortons d'ici, maintenant, maintenant, maintenant. Tout de suite, il faut y aller. Il tira Octave, cherchant et le faire sortir, mais ses propres mouvements n'avaient pas de sens particulier, au point où il était impossible de savoir s'il cherchait à partir ou à rester. Autant il tirait l'adulte vers lui, autant il le poussait vers la sortie. Et puis, le pire était à venir. À force de prendre du temps à essayer de sortir, il changea complètement d'idée, d'un seul coup et désira plutôt s'enfermer dans la pièce. Il ne voulait pas se remettre en danger et entre ces murs, il avait un sentiment de sécurité. Enfin, était-ce les murs ou Octave qui lui apportait cette sureté ?  

- Faut, il faut bloquer la porte ! Ils, ils vont venir. Ils... s'il te plaît, bloque la porte et partons. Il faut partir, il faut... Il faut, il Il s'étouffa par angoisse, répétant  les mêmes mots, les mêmes phrases, les même idées et cela sans réussir à se calmer, alors qu'il savait que ça n'avait aucun sens. Et alors que sa panique était au plus haut niveau, il se relâcha enfin et alla s'écraser contre l'adulte. Il tenait à recommencer du début. Inspirer, expirer... Il laissa un silence englober la chambre puis, il redémarra. - Ils ont attaqué tout le monde... Les autres... ils agissaient comme des animaux, deven.. ils sont devenu de la glace... Ils criaient tous. Ils cri-criaient tellement fort... J'ai voulu... je ne sais plus. Je ne sais plus... Amelia... Je... Je suis désolé, tellement désolé... Il glissa ses bras autour d'Octave, le serrant avec le peu de force qui lui restait. - Je veux que ça s'arrête, je veux seulement que ça s'arrête. Octave... Fait que tout s'arrête. S'il te plaît... Reste avec moi. Et ce fut l'heure de pleurer, mais surtout, d'évacuer le surplus d'émotions une bonne fois pour toute.  
 

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MessageSujet: Re: Tell me pretty lies [17 octobre 1997] Tell me pretty lies [17 octobre 1997] EmptyJeu 8 Juin 2017 - 22:05

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Dernière édition par Octave Holbrey le Dim 30 Déc 2018 - 21:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Tell me pretty lies [17 octobre 1997] Tell me pretty lies [17 octobre 1997] EmptyMar 14 Nov 2017 - 2:45


17 octobre 1997
Il est difficile d'apporter réconfort à celui qui succombe de ses épreuves. Au-delà des barrières, certaines convictions se bercent dans le néant. Elles chantent qu'il est impossible de faire naître le réconfort de par la force. Et pourtant, pris entre le froissement de sa chemise humide, une douceur résultant d'une puissance prononcée percuta de plein fouet Mathewsen. Les barrières tombèrent et il remonta à la surface. Une surface ? Serait-elle celle d'un océan ou celui d'un ciel se proclamant éternel ? Voyons, ce n'était ni un, ni l'autre... Cette surface inconnue, blanche comme la neige et froide comme la mort était celle de la compassion. Inexistante, dirons-nous, puisque le Serpentard n'était pas de ceux qui pardonnaient le sang, les origines ou même les valeurs de tous ces êtres humains qui s'affirmaient être différents. Même le silence pouvait l'écoeurer, le forçant à cracher sur ceux qui se noyaient déjà. Idiot... Ainsi, il fut le premier à descendre, invitant de lui-même le karma d'un lendemain plus difficile. Mais toutes les épreuves l'aveuglaient davantage, car venaient de sa peur la stupidité. Un pion déjà mis en échec, voilà ce qu'il était. Et maintenant, il se voyait en eux, en tout ceux chez qui il avait entrevu une différence qu'il avait jugée être immonde. Un regret lui monta à la gorge. Où était donc son orgueil pour supprimer ce ressentiment ? Oh, elle était collée à lui, dans un mélange de sang et d'urine. La blancheur se changea et les odeurs nauséabondes le ramenèrent sur Terre. Un froid le fit frémir l'espace d'une seconde puis le tout s'estompa sous cette chaleur mystique provenant de l'adulte qui le serrait. Octave Holbrey... Octave... Holbrey... Le fameux bibliothécaire. C'était lui son réconfort, mais l'adolescent le méritait-il ? Leslie Mathewsen, enfant prodige de l'autodestruction. Il explosait si bien, ce fut au point où tout le monde y passait. Haïssez-moi, s'il vous plaît, c'était ce qu'il semblait réclamer. Et malgré la demande, son visage de porcelaine, son sourire peu sincère et ses larmes réussissaient tout de même à ramener devant lui les derniers survivants. Oh, ils étaient tous loin devant lui, mais ils étaient là. Alors, Leslie revenait armée auprès d'eux, de ceux qui le chérissaient le plus. Imbécile... Le comportement est une lame plus tranchante que les mots, mais nous ne pouvons les utiliser sans conséquence.

Un soupir, une secousse puis un échange suivirent; « D’accord, on part. Se barricader ici ne servirait à rien, à moins que ma chambre ne soit un abri antiatomique. Alors on quitte le pays. On transplane ensemble aussi loin que je puisse me souvenir. L’Australie. Ca te va ? Madagascar. Il n’y a pas beaucoup de sorciers là-bas. C’est très loin d’ici. Je t’emmène où tu veux. Je te mets en sécurité… Mais après Leslie… Après, il faudra que je revienne. »

À quoi cela sert-il d'aller ailleurs si nous y allions seuls ? Indépendant et si dépendant à la fois. Mathewsen était maître de rien, si ce n'était que de sa cupidité envers ce qu'il croyait être la perfection. Était-il possible d'atteindre le ciel d'une main, tout en gardant les pieds sur le champ de bataille ? Bien sûr que non. Ce monde était fait de sacrifiés et de survivants. Si Leslie voulait mettre sa paume contre le ciel, il allait devoir commencer par lever cette main, sa main. Pour subsister, il faut y mettre du sien. Octave, en tant que survivant, pouvait de ses cicatrices mener l'enfant vers ce ciel intouchable, mais de son retour il allait laisser cette âme retomber et retourner là où elle fut auparavant. Alors qu'était-ce donc cette volonté, celle qui poussaient les survivants à lever le bras dans les airs ? D'où venait-elle ? Le bibliothécaire se recula à peine, se redressant d'un geste qui força l'adolescent à lever les yeux.

« Tu vas fuir. Qu’adviendra-t-il de ta famille ? De ton père, qui travaille au ministère ? Une fois loin, tu crois que tu arriveras à oublier d’où tu es parti et pourquoi ? De ceux que tu as laissé et qui comptent sur toi ? Si oui, je veux bien t’emmener aussi loin que possible. Mais une fois que tu seras en sécurité, je t’y laisserai, parce que dorénavant il n’y a des gens dont je suis responsable ici. Je ne peux pas partir… »

Une caresse... Leslie se laissa guider par celle-ci, alors qu'au fond de son esprit, la surface froide de plus tôt se changea peu à peu, prenant des teintes par ici et par là. Le menton toujours relevé vers l'adulte, il fronça peu à peu des sourcils en comprenant les raisons pour lesquelles Octave se devait de rester parmi les survivants. La famille... Que faisait donc maman à cette heure-ci ? Est-ce que papa travaillait toujours aussi fort pour le ministère ? Et Amelia, est-ce qu'elle allait bien ? Avait-elle eu les soins nécessaires ? Les gens qui comptent sur lui... Qu'en était-il de Cliff, de Stevenson, de Lawford et d'Alconbury ? Mathewsen recula à peine à son tour, tombant presque sous ses démarches alors qu'il cherchait à s'éloigner. Il avait mal, mal là où il n'avait jamais eu mal auparavant. Des chaleurs l'enveloppèrent et il eut quelques difficultés à reprendre son souffle. Les couleurs continuèrent d'épouser la surface blanche qui, peu à peu, représenta ce précipice, le précipice qui le hantait. Il était constitué uniquement d'une pierre sombre, alors que l'eau qui l'attendait en bas était aussi opaque que du pétrole. Il pouvait presque entendre la marrer de frapper contre les rochers. De loin, il entrevoyait la tempête, celle qui avait été engendrée par ses nombreuses crises. Il se sentait attiré vers elle, mais s'il avançait, il tombait. Tomber et retomber encore, c'était tout ce qu'il avait fait durant les deux dernières années. Et il remontait sans cesse en se tenant à la pierre comme si elle était sa seule source d'espoir. Une pierre grise et sèche sur laquelle rien ne pouvait pousser. Rien... Rien ne pouvait vivre ici. Il n'y avait que la tempête. Mais, tout d'un coup, au moment même où il sentit qu'il allait encore succomber, le chant d'un oiseau l'interpela et il se retourna enfin. Les couleurs étaient derrière lui, laissant apparaître un naufrage de plaines ensoleillées. Le gazon prenait naissance à ses pieds, laissant ensuite naître aux fleurs et buissons. La brise était fraiche, et l'oiseau qu'il croyait avoir entendu s'était posé devant lui. De surprise, il cligna des yeux et Octave apparu. Il semblait plus grand, plus majestueux et envoutant, plus qu'il ne l'était déjà. Sa position n'avait guère changé, laissant alors la caresse poursuivre ses traces contre sa tempe.  

« Je ne peux pas partir et toi non plus, tu ne devrais pas. Fuir ne mettra pas fin à la cruauté de ceux qui t’ont injustement blessé, ni ne ramènera la tranquillité dans ton cœur, ou ceux que tu vas laisser derrière toi. Mais si tu le veux, je le ferai, je te mettrai en sécurité, là où personne ne t’atteindra, où personne ne te touchera. Mais jamais plus tu ne vivras comme si ce jour n’avait pas existé. Tu veux un Oubliettes ? Je t’ensorcèle, et je t’emmène loin, et tu oublieras tout. Je peux arranger ça. Leslie, c'est ce que tu veux ? »

Derrières d'innombrables arbres parsemés de lilas blanc, le petit Serpentard crut entrevoir des gens. Ils étaient tous là. Ses parents, Amelia, Miller et beaucoup d'autres. L'école complète semblait y être, mais sa famille et ses proches étaient près de lui. Tous, ils tendaient tous l'une de leurs mains vers le ciel, sauf Nathan qui lui, guidait sa paume vers son fils. Hallucination ou simple prise de conscience incarcérée dans un paysage métaphorique ? À vous de voir. Peu importait, car de cette idée, Leslie leva sa main à son tour. Ce ne fut qu'en refermant son poing que le tout disparut. Son mal, ses peurs ainsi que son envie d'oublier. Il serra des dents et inspira doucement pour lui-même, avant de se reculer une bonne fois pour toutes. Se sentant déjà un peu moins lourd, il glissa ses mains entre les mèches de ses cheveux pour les replacer. Que devait-il faire, c'était ce qu'il se demandait. Il avait comme un saut d'humeur, ce qui l'ébranlait plus qu'il ne l'aurait fallu. Il se tapota les joues, tourna en rond puis finalement, il alla direction la salle de bain où il se déshabilla en marmonnant quelques mots. Ah, cette salle, il la connaissait bien dirons-nous. La baignoire était toute au fond, pas besoin de lui remontrer le chemin.

L'odeur de sa propre urine le mit en colère aussitôt qu'il retira son pantalon, mais ce fut en sentant la rage l'envahir qu'il s'arrêta pour respirer et reprendre sa lancée. Tout ce qu'il voulait, c'était se laver. Il laissa la porte ouverte, histoire de ne pas empêcher la venue du bibliothécaire. Sa propre nudité ne le gênait plus. - Je n'ai pas envie d'être la victime ! Mais je n'ai pas envie d'être seul non plus. J'avoue que j'ai légèrement envie d'oublier, mais si je fais ça, alors je ne suis pas mieux que ceux qui m'ont fait ça. ET PUIS JE REFUSE... d'être comme eux. bafouilla-t-il d'une voix tremblante. Il plia rapidement ses vêtements avant de les pousser loin de lui. - Selon toi... Un sortilège de récurage suffira pour laver ça ? Je compte me laver en tout cas et je vais partir pour rejoindre mon dortoir. Je dois aller voir si ma soeur va bien aussi, c'est important. Et je vais avoir besoin de toi pour jeter un coup d'oeil sur elle. Elle n'habite pas la bonne maison et... Ses idées se percutaient, ce qui le poussait à regarder partout et à gesticuler sans arrêt. Les réflexions lui demandaient toute sa concentration. De ce fait, il s'arrêta pour réfléchir, alors qu'il essayait de trouver la bonne chaleur pour l'eau du bain. Enfin, il avait beau toucher à l'eau, il était dans l'impossibilité de juger si c'était bon ou pas. Après une énième remise en question, il se retourna subitement en comprenant ceci; - Il n'y a pas de bonne maison... Ces trucs divisent les élèves, mais en rien ma maison n'a plus de valeurs que les autres. Nous sommes différents, mais c'est ce qui devrait nous... Il dévia son regard pour le laisser mourir au sol avant de poursuivre dans un murmure; - nous unir... Il posa ses mains de chaque côté de sa tête en souriant en coin. De ce mouvement, il se rendit d'ailleurs compte qu'il n'avait jamais cessé de trembler, même depuis qu'il s'était calmé. Ses nerfs, articulations et muscles commençaient peu à peu à prendre l'impacte des derniers évènements, mais il essayait de ne pas en tenir compte. Comment pouvait-il se permettre de fléchir, alors que sa soeur était gravement blessée ? Ses prunelles retournèrent à la rencontre de la baignoire puis il ferma les robinets. C'est en grimaçant qu'il entra dans l'eau qui fut un peu trop chaude pour lui.
 
- Hey, Octave. Tu sais quoi ?.. Si tu veux encore m'apporter quelque part, alors apporte-moi auprès de ma soeur. Et si jamais je change d'idées en chemin, alors promets-moi que tu me donneras un bon coup de pied dans l'c*l.

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MessageSujet: Re: Tell me pretty lies [17 octobre 1997] Tell me pretty lies [17 octobre 1997] EmptySam 18 Nov 2017 - 22:15

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Dernière édition par Octave Holbrey le Dim 30 Déc 2018 - 21:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Tell me pretty lies [17 octobre 1997] Tell me pretty lies [17 octobre 1997] EmptyMar 5 Déc 2017 - 23:26


17 octobre 1997
Il songeait, se crispait, grimaçait et songeait encore et encore. Le coeur de la baignoire, aussi torride que le noyau de la Terre, l'accueillit à son rythme... Pour sûr, cela devait lui être confortable. Pourtant, ce bain lui fit office d'enfer pour une durée indéterminable, alors que son corps refusait de s'accommoder à la chaleur. Les traces de ce qui l'avait mis en colère plus tôt disparurent sous la lave et épousèrent le creux de la bassine en maudissant l'eau de par une couleur grisâtre. Autre que l'esprit, il y avait le corps et de ce corps les surfaces non irritables se faisaient rares. Il eut du mal à écouter le bibliothécaire autant qu'il eut du mal à rester en place. Une partie de lui lui criait de sortir, alors que l'autre le suppliait de rester là et de ne rien faire. Enfin, cette autre partie semblait oublier la pile de vêtements qui l'attendait à la sortie. Se décrasser pour remettre de la crasse ? Non, merci. L'idée simple d'enfiler ne serait-ce que son pantalon lui évoquait le dégoût, ce même dégoût qui ne l'avait jamais quitté. Et maintenant, il venait de lui trouver tout autre sens. Crasse rimera avec dégoût, dorénavant. Il en sourit en coin, ne pouvant s'empêcher de réfléchir à tout, mais à rien. En effet, tout ce qui lui venait n'avait pas de réelle importance, si ce n'était que lorsqu'il entrevoyait sa soeur au travers d'anciens souvenirs. Le passé lui était douloureux pour une raison qu'il ne voulait pas dévoiler en cet instant où seul le bien-être fut invité. Autrefois, sa stupidité d'adolescent l'avait souvent trahi en lui offrant une maturité d'adulte. Il s'était alors demandé, dans les pires moments, s'il prenait de bonnes décisions. Oh, mais il avait aussi ignoré cette question, si souvent qu'aujourd'hui même il se demanda pourquoi elle lui revenait si bonnement. Ce qui ne s'était longtemps résumé qu'à un: « Suis-je à la hauteur de ce que je souhaite devenir. » s'était transformé en un: « Suis-je à la hauteur de ce que je suis. », Puisqu'il était venu au monde comme tous les autres; avec ses défauts et ses qualités. Il se connaissait minutieux, franc et plutôt hostile lors de conflits. Et il le savait; sa détermination en ce qui était du ressort d'imposer sa façon de voir les choses était aussi forte qu'une ancre cherchant à atteindre un sol non visible. Même la jupe n'avait pas eu raison de lui, alors il était temps de se reprendre en main. Peut-être était-il un peu trop pressé, mais c'était que pour une fois, il ne se sentait pas seul. Pour une fois, il savait qu'il allait y arriver.

« Ce qui devrait vous unir Leslie, c’est votre désir de vivre malgré vos différences. » Malgré nos différences... unissons-nous... Un dernier souffle le quitta puis un vide s'installa aux profondeurs de ses prunelles. Et tel celui à qui on offre une dernière chance, il se mit à sourire avec quiétude. Il souriait pour sourire, sans se rendre compte qu'il souriait et sans vouloir forcer ses sentiments à être ceux qu'il souhaitait être. Mais il allait encore trop loin dans ses idées, s'enfonçant dans un univers qui n'existait pas... pas encore. Histoire de rester concentré, il clappa, se réveillant de lui-même pour poursuivre une route qu'il croyait avoir oubliée. Que faisait-il ? Ah, le bain... Il se dressa à peine, levant le menton une énième fois sur cette présence, celle d'un homme qu'il ne reconnut pas du premier coup. Octave Holbrey... Que savait-il de lui ? Qui était-il pour lui ? Une demande sincère voulut s'échapper d'entre ses lèvres, mais ce même homme prit parole, le devancent ainsi. Alors, sans détourner l'admiration qui illuminait son oeil, il le fixa pour écouter. Les mots... Il ne fallait que cela pour changer un monde. Leslie avait appris que là où il y avait un problème, il y avait aussi un manque de communication. Et en ce qui concernait Octave, il se sentait perdu en son égard. Il ne savait pas réellement qui il était et pourtant, il était là, à profiter de sa baignoire et à se sentir comme s'il était auprès de ce qui pourrait être une deuxième figure paternelle. « Par ailleurs, tu en sauras déjà un peu plus qui tu es. Si tu la protèges, tu seras son frère et c’est déjà une bonne identité, je pense, non ? » Il sursauta en comprenant qu'une question lui avait été posée.

- Je crois, oui... c'est déjà pas mal. Je suis le petit frère d'Amelia Mathewsen... le fils de Nathan Mathewsen. Le gamin qui s'est fait passer pour une gamine. Comme si c'était volontaire. s'amusa-t-il en allant chercher le bout de ses orteils, se penchant vers l'avant avec souplesse. L'eau n'était plus aussi désagréable qu'au départ. Il en profita alors pour se détendre une bonne fois pour toutes, chassant d'ailleurs ses divers tremblements en prenant contrôle sur sa respiration. Une méditation s'imposait. Une séance de yoga dans le milieu d'une baignoire, rien de mieux pour lui apporter un peu de secours physique. Il ne se rendit même pas compte qu'Octave l'avait approché, s'installant près de lui pour faire un saut hors de l'horreur et répéter les bêtises d'un passé incertain. Comme si rien ne serait arrivé depuis qu'ils s'étaient quittés, il s'exprima;  

« Dis donc mon chou, tu te comportes vraiment comme chez toi ici ! Tu allumes la baignoire, tu fous tes fringues au sol et puis tu me files des ordres ? On dirait mon gosse, ou une gonzesse de passage. Je dois te porter en plus et laver ton linge… Je te trouve bien autoritaire tout d’un coup. Ce qui est sûr, c’est que je ne ferai rien tant que tu ne te shampouines pas ! » D'abord, un rire discret le quitta puis il ferma les yeux en haussant des épaules. Pour le coup, il ne savait pas quoi lui répondre. À quoi bon répondre de toute façon... Cela ne mènerait nul part. Et pourtant, l'étincelle s'enclencha sans son accord. Incapable de se contrôler, sa petite personne ne pouvait résister à faire passer un autre commentaire.

- Le « chou » se comporte ainsi, parce qu'une certaine personne lui en donne inconsciemment la permission. Je ne sais pas ce qu'une gonzesse de passage peut bien être, mais je vais me fier à mes doutes et préférer être ton gosse. Alors s'il te plaît, papa... Ce mot lui fit un choc et il se surprit à ne pas pouvoir terminer sa phrase correctement. Le silence qui l'enveloppa lui mit une pression sur les épaules. Il réussit à se reprendre qu'après s'être replacé, lâchant donc ses pieds dans un mouvement maladroit. - Alors... S'il te plaît, reste avec moi. J'ai peur d'échouer. J'ai peur de voir Amelia. J'ai peur de devenir son petit frère, parce que j'ai échoué. J'ai été un mauvais petit frère... Et tu vois, je suis sans doute dans mon état le plus pitoyable et pourtant, tu es là. Je peux te promettre que je ferais de mon mieux, mais je ne peux pas y arriver seul et ça, je le sais, parce que c'est ce que j'ai toujours fait. J'ai rejeté les autres... J'ai déjà été seul et c'est pourquoi j'ai échoué. croyant que le tout devenait un peu trop sérieux, il releva l'une de ses paumes vers le bibliothécaire.

- D'ailleurs, tu pourrais, au lieu de rester là à me regarder nager, me donner un bon savon et me laver le dos aussi. Hein, papa. poursuivit-il en levant les sourcils à la suite d'un clin d'oeil tout à fait abjecte qui le fit grimacer tant c'était hors de ses habitudes. Comme quoi maintenant, il pouvait bien ressembler à une gonzesse de passage, tiens. Il rigolait, bien sûr, mais c'était parce qu'il en avait besoin. Il voulait rire et s'évader, avant de revenir à la réalité. Enfin, il s'attaqua bien vite au shampouinage, histoire de supprimer toutes les mauvaises odeurs qui s'étaient collées contre sa peau. Et il quitta la baignoire aussi rapidement que lorsqu'il avait eu l'idée d'y entrer; sans prévenir et avec vitesse. Il apporta la serviette sous son passage, s'agrippant à tout ce qu'il pouvait pour éviter de glisser quelque part. Il était dévoué à aller de l'avant, mais ce fut la chute de pression qui lui rappela que non, il allait devoir se calmer un peu. - Aller Leslie... tu vas y arriver. se dit-il en refermant les yeux pour éviter le mal de coeur. Après quoi, il compta jusqu'à dix, chose que sa mère lui faisait faire lorsqu'il était plus petit et qu'il disait être étourdi. Enfin, le dix arriva plus tôt que prévu, puisqu'il passa les chiffres impairs et fonça aussitôt vers le lit, là où il se laissa tomber plus lourdement qu'une baleine dans l'eau. Il sentait son coeur battre et plus il l'écoutait, plus il fatiguait.

- Bon... Laisse-moi 15 minutes. Après, on y va... Ou j'irais seul... Ça va dépendre de ton humeur... ou de mon odeur. se moqua-t-il, le visage écrasé contre le matelas. - Je me sens si bien contrairement à lorsque je suis arrivé et pourtant... j'ai encore envie de pleurer... Est-ce normal ?

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MessageSujet: Re: Tell me pretty lies [17 octobre 1997] Tell me pretty lies [17 octobre 1997] EmptyLun 11 Déc 2017 - 18:05

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MessageSujet: Re: Tell me pretty lies [17 octobre 1997] Tell me pretty lies [17 octobre 1997] EmptyMar 12 Déc 2017 - 7:06


17 octobre 1997
Échouer... Ce mot, aussi pénible soit-il, n'était pas si effrayant aux prunelles du jeune Serpentard qui s'étalait contre la couette. En fait, même si Leslie le partageait avec angoisse, il se devait d'avouer que ce n'était pas le fait d'échouer qui le rendait si fragile lorsqu'il faisait face à ses diverses responsabilités. Non, ce qui le clouait au matelas, c'était les erreurs du passé. Parce que nous savons tous que là où il y a trop d'erreurs, nous échions. Mais encore, échouer ne le gênait pas. Pourquoi ? Parce que s'il échouait, sa soeur n'allait certainement pas lui murmurer de sa voix d'ange qu'il était un raté. Elle allait plutôt lui crier ses erreurs, lui rappelant ainsi pourquoi rien ne fonctionnait et pourquoi rien ne fonctionnera demain. On se croit souvent hors de danger, lorsque le moteur tourne enfin, mais les pièces ne mentent jamais et même si le moteur tourne, il se peut fort bien que rien n'avance. Alors, Leslie devait s'arrêter de tourner pour réparer les morceaux et mieux réussir là où il avait échoué dernièrement. Ce fut ainsi qu'il raisonna, en repensant à ce que le bibliothécaire lui avait dit plus tôt, alors qu'il était encore dans la baignoire. La chaleur de l'eau ne l'avait pas tout à fait quitté et il s'en était rendu compte en rejoignant ses mains une énième fois. Le bout de ses doigts refroidit par l'air ambiant lui paressèrent gelés, mais il savait que ce n'était qu'une illusion semblable à celle qui vient, lorsqu'on a froid et que l'on s'assoit sur un banc chauffant. Perdu dans la fatigue, il ouvrit peine ses paupières pour jeter un oeil à sa paume. Cela faisait un moment qu'il ne s'était pas réellement regardé. D'abord, il jugea ses ongles trop longs, mais ensuite, les marques incarcérées dans la chair de son avant-bras le fit sursauter intérieurement. À jamais... Les cicatrices étaient là... à jamais. « Je trouve que tu sens très bon maintenant. Et ne te pose pas ce genre de questions, l’important c’est que tu saches si ça t’apporte quelque chose ou pas, de pleurer. Fais en conséquence. » Timidement, il haussa les épaules puis il rapprocha ses bras pour les cacher sous lui, fermant un poing qu'il emprisonna sous son autre paume. Les barrières de cils retombèrent aussitôt qu'il prit position et rien ne prit naissance dans son esprit, si ce n'était qu'il se concentrait sur les sensations qui l'envahissaient. Ses sentiments étaient variant, impossible à lire et similaire à un nuage pas assez épais pour avoir sa place, mais pas assez dispersé pour s'évader dans l'univers. D'ailleurs, ce nuage était aussi trop bas, trop appart pour être apprécié. Et tout comme ce nuage, Leslie n'arrivait pas à trouver réconfort sous la caresse, pour ne pas dire qu'une alerte s'était presque déclenchée, puis qu'il était à moitié endormi. Tout n'était sortit qu'en un seul spasme qui, encore, le força à ouvrir les yeux pour les laisser retomber dans les ténèbres la seconde d'après.

« ...sécurité. Sois effrayé, mais combats. Je viendrai avec toi si tu le souhaites, mais n’aie pas peur d’échouer. Aie seulement peur de ne jamais parvenir à te relever. »
Par respect, il se força un hochement, détournant la tête pour le regarder, se concentrant que sur la mâchoire de l'adulte plutôt que ce qu'il lui disait. Il retenu la fin, répétant pour lui-même pour être certain de se souvenir de ce moment où il lui avait dit de ne pas avoir peur d'échouer, de ne pas avoir peur de faire des erreurs, mais de toujours avoir assez de peur pour garder une force cachée, celle qui lui permettra de se relever. C'était ça qui était difficile. Rester debout, malgré tout.

Guidé de par son simple instinct, il lui renvoya un sourire sincère et ce fut de par cette petite joie qu'il se motiva à s'éveiller complètement. Il gigota en baillant et s'étira dans un dernier recours. Les bras toujours contre son torse, il se dressa de sorte a s'accroupir et cela sans jamais retirer une partie de son visage de l'étoffe. Le dessus de ses cuisses plaqués à ses mollets, il soupira longuement pour évacuer le plus d'air possible et reprendre une bouffée fraiche. « Leslie… » - Hn ? Un silence... il était rare qu'une absence telle que celle-ci provienne d'Octave. Inquiet, l'adolescent de redressa vivement. Un « Est-ce que ça va ? » muet pouvait se lire contre son visage tant son expression se changea en un court moment. Il avait délibéré ses membres sous sa démarche, ses mains maintenant prise dans les draps. « Est-ce je peux te demander un service ? Si dans les prochains jours je ne me comporte pas comme je le devrai, si quelque chose change, dis-le-moi, d’accord ? Quoi que ça puisse-t-être, confronte-moi. Tu sauras faire ça ? » Qui... Leslie s'était demandé qui Octave pouvait bien être pour lui. L'image du grand méchant loup, celui qu'on adore toutefois, malgré la malice, venait de prendre une forme plus réaliste et moins enfantine. Parce qu'avec le loup, la confiance ne vient que d'un côté, jusqu'à ce qu'elle ne finisse en un dernier repas. Mais ici, Leslie n'était pas le misérable et ni même l'enfant stupide qui posait trop de questions. Il était le complice, celui à qui le loup pouvait poser à son tour des questions. La confiance que Mathewsen portait envers l'adulte était démesurée et à cause de cela, il se sentait vulnérable. Si Octave aurait voulu le détruire, il aurait eu une jolie carte blanche, chose qui n'était jamais arrivée. Au contraire, en cet instant, la confiance était, aussi brève soit-elle, retournée. Leslie perdit souffle. Son coeur battait aussi fort qu'il avait pu crier plus tôt, lorsqu'il était sous prise de l'endoloris. Cependant, ce n'était pas par douleur qu'une larme se glissa contre sa joue. Ce n'était pas parce qu'il saignait qu'il serrai des dents. Ce n'était pas non plus parce qu'un proche n'était plus qu'une boule lui monta à la gorge. Tout comme lui, Octave était humain et pour une première depuis longtemps, le garçon compris qu'il n'était pas le seul à avoir certaines craintes, mais jamais on ne lui avait demandé d'aide. Parce que de toute façon, il se croyait trop dégoûtant pour accomplir la moindre des missions en ce monde. Autant Octave lui faisait comprendre que chacun avait ses peurs, autant il lui faisait réaliser qu'il n'était pas si horrible qu'il avait cru l'être depuis qu'il était entré à Poudlard. Cinq ans... Cela avait pris cinq ans, avant qu'il se sente normal et surtout, bien dans sa peau, une peau qu'il avait lui-même diffamée et déchirée à plusieurs reprises.

« Allé, on y va ! Plus on tarde, plus on risque de croiser du monde. » Tout en reniflant son accumulation nasal, il hocha rapidement et s'offrit de petites tapes sur les joues pour revenir de son surplus émotionnel. Il ne pouvait se permettre de craquer à nouveau, gardant plutôt ces bons sentiments pour avoir la tête droite le plus longtemps possible. Il ne voulait que le remercier, mais rien ne sortait. Ce ne serait pas la première fois qu'il le remercierait d'ailleurs... Enfin, le souffle fort, il s'habilla et lorsqu'il eut terminé, il sortit doucement du lit pour rouler les pieds du pantalon. Son ventre gronda la famine au moment où il se pencha à sa jambe gauche. Il ressentait la faim à nouveau, chose qui s'était fait rare dernièrement. Gêné, il se racla la gorge et pivota vers le bibliothécaire pour s'en rapprocher furtivement. Il fut rapide, lui sautant presque dessus pour aller le serrer dans ses bras et cela du plus fort qu'il ne le pouvait. - Compte sur moi pour te faire pleins de remarques et surtout... Merci... Merci... merci, merci, merci... et merci... J'ai promis de ne plus t'embrasser, alors je ne peux pas le faire pour te remercier encore, mais... Merci Octave. Il le relâcha, les yeux pleins d'eau qu'il essuya en inspirant profondément. D'un pas qui se voulait lourd, il s'éloigna et se rapprocha ensuite de la porte de sortie/entrée, s'accotant contre, de sorte à la bloquer. Son regard se perdit entre le plancher et le plafond puis, il essaya de s'éloigner de la situation actuelle pour se faire le plus neutre possible. - Ne te sens pas forcé de venir avec moi. J'avais et j'ai encore besoin de compagnie, mais je crois que c'est quelque chose que je doit faire seul, comme un grand. Après tout, les responsabilités, c'est comme aller aux chiottes, personne ne peux le faire à ma place... Désolé, c'est une phrase de Lawford... C'est sorti tout seul. Bref ! Je sais que je n'arrête pas de changer d'idée, mais... Sincèrement, et tu me diras si j'ai tord, mais je crois que; je ne peux pas tout te demander. Et... Écoute Octave, je sais que j'en demande beaucoup, alors que toi-même, tu veux peut-être te reposer où préparer quelque chose, alors si tu ne te sens pas à l'aise d'aller voir Amelia avec moi, pour une raison ou une autre, je ne vais pas en être déçu... Okay ? demanda-t-il, sans jamais perdre son sourire. À avoir été trop sérieux, il aurait eu peur de lui passer pour message qu'il ne voulait pas de lui, ce qui n'était pas du tout le cas. Tout ce qu'il désirait, c'était éviter de s'imposer, sans avoir un réel accord de sa part.

- D'ailleurs... poursuivit-il en remontant légèrement le pantalon d'une main maladroite. - Je peux savoir pourquoi tu changerais de comportement ou bien, pourrais-tu me promettre que tu m'en parleras ? Çe me fera un argument tiens; « Tu avais promis ! »  cria-t-il d'une petite voix, la bouche par en bas. Il se permit ensuite un sourire qui s'envola trop rapidement. - Je ne sais pas trop à quoi je dois m'attendre... Et j'ai beau être jeune, je sais que ça fait du bien de parler. Alors promets-moi que tu me parleras, surtout si je vois des changements. Au fond, il ne pouvait guère l'avouer tout haut, mais il avait peur d'un potentiel rejet de sa part et cette réalité l'intimidait. Il se surprit même à baisser les yeux, comme si en cette dernière demande, il avait fait quelque chose de mal. Où peut-être était-ce encore cette même crainte, celle que le seul le refus pouvait lui apporter. Toujours collé contre la porte, un certain manque de confiance fit surface pour s'échapper en une seule phrase qu'il lança pour lui-même; - J'en demande trop...

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