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[Octobre 1997] Pour une poignée de bouquins

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SERPENTARD1ère année
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MessageSujet: [Octobre 1997] Pour une poignée de bouquins Sam 25 Fév 2017 - 2:38



Comme d’habitude, les couloirs étaient bondés. Andrée revenait de sa séance de danse quasi-quotidienne et elle tenait précieusement dans ses bras la pile de livres qu’elle avait empruntés à Mr Holbrey un peu plus tôt dans la journée. La salle qu’elle investissait avait ces avantages d’être grande et silencieuse, il y avait même un miroir en pied dans un coin et des chaises si elle en avait besoin, mais elle était située dans les étages et à l’autre bout du château : pour regagner les cachots, elle devait le traverser presque en entier.
 
Qu’importe, se répéta-t-elle, elle avait trop besoin de danser pour tenir le coup.
 
Les cours dispensés à Poudlard avaient dès la rentrée adopté un rythme autrement plus soutenu que tout ce à quoi elle avait été habituée dans les écoles moldues où sa mère l’avait inscrite par le passé. Les devoirs s’accumulaient sur son agenda et s’ils n’étaient souvent que des questionnaires plus ou moins difficiles à remplir, ils s’avéraient parfois être des dissertations aux sujets horriblement ardus et affreusement compliqués. Comme, par exemple, les sujets de Potion.
 
Ou même ceux de Défense contre les Forces du Mal qui, si vous vouliez l’avis de la fillette, n’avait plus rien d’une matière de défense. Elle était pourtant persuadée qu’elle adorerait apprendre à dévier les maléfices qu’on lui lancerait ou parer les sorts qui se perdraient mais… oui, mais le professeur Carrow n’était pas homme à qui on demandait des faveurs – encore moins quand il s’agissait de leur apprendre les bases de la défense magique.
 
Peeves passa haut dans le couloir et certains élèves eurent le réflexe de se protéger derrière leurs sacs ; il ne se passa rien et l’esprit frappeur demeura aussi éteint que depuis la rentrée.
 
Andrée arriva en haut d’un énième escalier. En bas des marches, le hall d’entrée grouillait de vie et les étudiants commençaient déjà à rejoindre la Grande Salle en prévision du dîner. Il était à peine dix-huit heures trente mais il n’était pas rare que les élèves mangent excessivement tôt pour ne pas avoir à le faire sous l’œil torve du Directeur et des frères Mangemorts. C’était d’ailleurs ce que comptait faire la fillette : retourner à sa Salle Commune déposer ses affaires et remonter prendre son repas.
 
Du coin de l’œil, elle aperçut un groupe de Serdaigle chuchoter entre eux. Elle vérifia s’ils n’étaient pas de son année, méfiante, mais elle ne reconnut aucune tête et se détendit un peu. L’une des filles de la bande parut se faire un peu charrier mais rien qui ne semblait la concerner. Pourtant, elle n’eut même pas le temps d’atteindre la dernière marche qu’elle sentit quelqu’un la pousser et elle eut beaucoup de mal à garder l’équilibre et à stopper sa course avant de percuter un groupe d’élèves beaucoup plus âgés qu’elle. Dans la panique elle fit tomber tous ses livres, mais au moins elle était debout.
 
Elle ramassa ses affaires en vitesse et se retourna brusquement, prête à incendier du regard la personne qui l’avait ainsi bousculée. Elle ne s’attendait pas à ce que sa cible soit aussi proche et de surprise elle recula de quelques pas ; la fillette avança comme pour suivre son mouvement. C’était la jeune Serdaigle qui s’était fait embêter un peu plus tôt et il y avait dans son expression fermée quelque chose d’étrange, quelque chose de faux. Elle arracha l’un des bouquins des bras d’Andrée et fit mine de repartir immédiatement. « Eh ! », protesta Andrée. Elle l’attrapa par l’épaule pour la forcer à se retourner. « Pour qui tu te prends ? Rends-moi mon livre !
 
- Je ne pense pas que quelqu’un comme toi en ai l’utilité », répondit l’autre d’une voix bizarre - un peu comme si elle était enrouée. « Tu ferais mieux de le laisser à des gens comme nous, suffisamment intelligents pour en comprendre le sens. » Elle jeta une œillade par-dessus son épaule et se mordit la lèvre. Elle tenta de faire demi-tour mais Andrée la ramena vers elle. La jeune Serdaigle, même si elle faisait une demi-tête de plus qu’elle, semblait trop frêle pour pouvoir lui résister.
 
« Rends-moi mon livre », répéta-t-elle en essayant de ne pas céder à la provocation. Elle l’avait trop souvent fait ces dernières semaines et cela ne lui avait jamais porté bonheur. Et puis à la base, elle n’était pas une fille à réagir impulsivement ; elle, sont trip, c’était plus de réfléchir une dizaine de fois avant de prononcer un mot. « J’en ai vraiment besoin et il n’y en a qu’un seul à la bibliothèque. » Pas qu’elle aurait été en chercher un autre exemplaire, mais l’autre n’avait pas besoin de le savoir.
 
Les Serdaigles étaient-ils vraiment tous insupportables ?
 
« Eh, Miranda ! Qu’est-ce que t’attends, tu viens ? 
 
- J’arrive », lança-t-elle d’un pas très assuré. Elle semblait avoir pris un peu confiance. Elle se dégagea brusquement de l’emprise d’Andrée et lui lança un regard noir. « Figure-toi que nous aussi, on a besoin de ce livre, et comme on est les plus âgés tu vas juste nous le donner gentiment. Comme ça tu t’éviteras plus de problèmes avec notre Maison et nous, on oubliera ça. » Elle fit volte-face et esquissa un pas.
 
La jeune Serpentard grogna et se précipita dessus en lui flanquant sa baguette dans la nuque. Elle n’avait aucun sort de réserve mais ce n’était pas ça le plus important – elle avait vraiment besoin du livre. Et puis cette idiote s’était fait manipuler par sa bande de potes, c’était aussi évident que la corne d’une licorne, et elle ne pouvait juste pas laisser passer ça – se faire humilier à longueur de journée par les Serdaigle, elle commençait à en avoir un peu marre.
 
Elle serra les dents et enfonça un peu plus sa baguette magique dans la peau métissée de la jeune fille. Elle avait stoppé tout mouvement et demeurait à présent aussi immobile qu’une statue. « Maintenant, s’il-te-plaît, rends-moi mon livre. J’en ai besoin », répéta-t-elle encore.




Dernière édition par Andrée L. de Kerimel le Mar 11 Avr 2017 - 2:06, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [Octobre 1997] Pour une poignée de bouquins Mer 1 Mar 2017 - 18:57

En parcourant des yeux la lettre que son hibou, Chouquette, venait de lui rapporter, Aileen sentait le vent souffler contre ses joues rougies par le froid. Elle lisait chacune des lignes qui parcourraient la feuille à carreau originaire du monde moldu, avec la plus grande des attentions, caressant avec affection la tête plumée de son animal. C’était sa cousine, Karine, un des seuls membres de sa famille qui l’acceptait. Elle l’avait beaucoup soutenue lors de la mort tragique de sa mère et même après, lorsqu’elle a "abandonné lâchement" son père dans sa dépression pour aller dans "une école de fou furieux". Malgré le froid qui semblait glacial, elle préférait rester dans la volière, solitaire et tranquille, libre de ses propres émotions. Aileen était outrée des mots de sa cousine qui lui racontait le dernier rendez-vous familial avec une pointe d'ironie pour dédramatiser la situation. Elle se savait rejetée mais pas à ce point-là. "Hautaine", "Désagréable", "Enfant pourrie gâtée", "ingrate", Karine avait sûrement, en plus de cela, adouci son rapport. Ils avaient dû utiliser des mots bien moins fleuris et beaucoup plus vulgaires. Chouquette visiblement intriguée par une belle odeur qui se situait dans la poche de la robe de sa maîtresse, se décala et se pencha vers sa hanche. C’était une chouette Hulotte marron, affublée de quelques rayures noires de part et d’autre de son pelage épais, témoin d'un hiver qui approchait. Ses deux grands yeux noirs avaient du mal à rester ouverts, habitués à voyager de nuit à la recherche d’une proie à son goût.

 La jeune vipère froissa violemment la feuille dans sa main avant de la déplier pour relire certaines phrases phares. Elle en voulait presque à sa cousine de lui avoir rapporté de telles choses. Le pire dans tout cela, c’était qu’elle savait pertinemment que ses propos étaient réels. Aileen tapa vivement le sol, son talon claquant par terre, comme un fouet,. "Maman nous a dit que tu les insultes et les rabaisses dès que vous vous voyez.", "Tu la dégoutterais presque d’avoir des enfants." : mais quelle vieille peau celle-ci ! De quel droit se permettait-elle de s’en prendre à elle comme cela ? Dans son dos qui plus est ! Quand elles se voyaient, cette femme passait son temps à lui passer de la pommade, comme la bonne hypocrite qu’elle était. En fait, elle était jalouse. Oui, jalouse. Jalouse du fait que sa vie était cent fois plus palpitante que la sienne. Elle, femme au foyer malheureuse avec un mari comptable des comptes publiques qui collectionne les tailles crayons.
 Chouquette pinçait à répétition sa poche depuis bien une minute et cela commençait clairement à l'agacer encore plus. Aileen poussa sa grosse tête marron en prenant le soin d’éviter de rencontrer son bec tranchant comme des poignards.

- Qu’est-ce que tu veux à la fin ? dit-elle, d'une voix la plus douce possible. Elle plongea sa main libre dans sa poche et en ressortit une des quelques graines qu’elle avait rangé dans un sac en plastique au préalable. C’est ça ce que tu veux ? Tiens ma grande.

 Elle tendit sa main juste en dessous de la grosse tête de sa chouette et la regarda un court instant déguster sa récompense. Qu’est-ce qu’elle adorait ces graines … En laissant sa main plane comme une planche, Aileen parcourut une nouvelle fois la lettre cherchant des points positifs à l’intérieur. Karine avait un nouveau petit-ami, certes. Son cousin n’avait pas fait d’allergie au cadeau d’anniversaire, "pour une fois", certes. Rien de bien palpitant ... Une fois que Chouquette eu terminé son festin, Aileen plia la feuille en 4 et la plongea dans sa poche avec violence. Ça y est, elle était énervée, et il allait lui falloir bien du temps avant que la pression redescende. La jeune femme tapota la tête plumée de sa chouette adorée avant de quitter la volière, la laissant reposer sur son perchoir. En descendant les escaliers, elle ressentit réellement le froid parcourir la surface de son visage nu. Ce n’était pas que le temps était si mauvais pour un mois d’octobre mais le fait d’être autant en altitude ne faisait que renforcer ce froid. De plus, le vent n’y était que plus fort.

 La jeune femme ne réfléchissait pas où elle allait, elle ne regardait même pas le chemin, ses pieds se suivant dans une direction aléatoire : perdue dans ses pensées, seul son inconscient la guidait. Elle ne comprenait pas pourquoi sa famille paternelle la détestait. Était-ce à cause de son père ? Ou parce qu’elle était une sorcière ? C'était sûrement les deux et elle trouvait cela ridicule. Chaque enfant dans ce foutu monde doivent être acceptés par leur famille du moment qu’il ne fait de mal à personne et qu’il reste lui-même.

- Maintenant, s’il te plaît, rends-moi mon livre. J’en ai besoin.

 Cette phrase ne fit qu’un tour dans la tête de la verte et argent et la stoppa brusquement dans sa course. En levant les yeux du sol, Aileen se rendit brusquement compte qu’elle se trouvait dans le Hall d’entrée, elle n’avait d’ailleurs aucune idée du pourquoi du comment elle était arrivée jusque-là. Elle tourna alors la tête vers la direction de cette plainte, qu’elle sentait à bout de nerfs, pour identifier son porteur. Il s’agissait d’une petite vipère de première année, quel était son nom déjà ? Amélie … Non ce n’était pas cela. An … Andrée ! Andrée … C’était Andrée son prénom. Elle l’avait croisée quelques fois dans la salle commune de leur maison commune et la trouvait très solitaire. Elle avait voulu venir la voir pour faire connaissance avec elle mais n'avait jamais trouvé de circonstance pour le faire. La jeune fille pointait sa baguette d’une manière menaçante vers un autre élève de sa taille. Ça y est, c’était en première année, ça avait appris Wingardium Leviosa et ça se prenait déjà pour une grande sorcière. Tous les mêmes ...

 Par ailleurs, son sang ne fit qu’un tour lorsqu’elle vit la tête juvénile de Miranda au bout de cette baguette. Qu’est-ce que faisait cette gamine avec Andrée ?! Ce n’était pas possible. Aileen comprit aussitôt ce qu’il se passait lorsque son regard de tourna vers le groupe de petits Serdaigles qui pouffaient comme des idiots non loin de là. Miranda avait dû lui prendre ses ouvrages pour faire la maline devant ses copains et se faire accepter plus rapidement. Elle n’aimait pas les enfants pour cela : ils étaient trop cruels entre eux. Ils ne pouvaient pas comprendre que des actions comme celle-ci pouvaient heurter la sensibilité d’un individu et pourraient même avoir des conséquences dramatiques. Ils étaient bien pires en groupe d'ailleurs. Ils additionnaient leur immaturité et imbécillité pour qu’elles atteignent des sommets : et la preuve en était là, juste devant ses yeux. Clairement agacée par la lettre qu’elle avait lue, l’attitude de Miranda ne fit que la conforter dans sa colère, elle s’avança d’un pas décidé vers les deux jeunes filles.

- Andrée, baisses ta baguette s’il te plaît, tu vas crever un œil à quelqu’un. Mir’ qu’est-ce que tu fais ?

 Cette dernière s’arrêta net et se retourna vers elle, quelques livres clairement en évidence dans ses bras. Aileen, sentant l’énervement lui monter au nez, s’arrêta suffisamment proche de l’aiglon pour la dominer et l’obliger à la regarder d’en bas. Malgré ses impressionnants 1m56, la jeune femme dépassait d’une vingtaine de centimètres la petite toujours au firmament de sa croissance osseuse. Elle n’aimait pas trop faire cela, mais cette gamine était facilement impressionnable, et si elle voulait gagner cette conversation, c’était la plus efficace des solutions. Oui clairement, elle jouait des épaules en se tenant sur la pointe des pieds -façon de parler.

- Rien, rien, s’empressa de répondre la jeune fille en cachant les livres derrière son dos, comme un enfant qui aurait fait une bêtise.
- Je crois que ta mère sera ravie de voir quel mouton stupide et totalement influençable tu es.
- Non non ! J’allais lui rendre j’te le jure !
- Mais oui, prends-moi pour un Troll ! Je te croyais bien plus intelligente que ça Mir’ franchement tu me déçois …, elle marqua une brève pause en vérifiant qu’Andrée était toujours dans le coin et qu’elle avait suivi son conseil. Donnes-moi ça, ordonna-t-elle en tendant sa main vers la jeune bleue.

 Miranda se pressa de lui tendre les ouvrages en baissant les yeux vers le sol, rouge d'embarras. Non. Aileen n’avait eu aucune honte à faire du chantage affectif à cette enfant en la menaçant de tout révéler à sa mère. C’était un peu puéril ce côté "je vais le dire à maman" mais cela fonctionnait plutôt très bien. Le bon côté avec les gens influençables c’était qu’ils étaient très facilement manipulables. Elle savait que Miranda vouait une admiration sans faille à sa mère, Allison, et elle ne supporterait pas de la décevoir. En voyant la mine dépitée de l’aiglon, la jeune femme recula d’un pas pour reprendre une certaine égalité dans leur rapport et remit une mèche de cheveux clairs derrière son oreille, prise d’un léger remord. Elle ne voulait pas lui faire du mal, ce n’était pas son intention mais elle trouvait que là, Miranda avait abusé.

- Fais attention avec qui tu traînes et sois moins naïve ma grande. Personne n’aime les gens bêtes et si tu es à Serdaigle ce n’est clairement pas parce que tu l’es. Ecoutes, j’te jure que …

 La jeune fille n’attendit pas la fin de sa tirade et se pressa de quitter la scène, dépassant sans les regarder ses camarades bleus qui avaient depuis bien longtemps cessés de ricaner comme des Trolls. Aileen soupira discrètement en se tournant vers Andrée : elle n’avait pas aimé gronder son amie. Ni personne d’ailleurs. Ce n’était clairement pas sa place et cela ne le sera jamais mais elle se sentait obligée d'endosser le rôle de grande sœur avec elle. Ça n’avait rien à voir avec le fait qu’elle passait la majorité de ses vacances hors été chez la famille Bacchetta mais elle avait endossé ce rôle malgré elle. Naturellement, après deux ans à la connaître, elle avait commencé à s’attacher à Miranda. La laissant la prendre pour son aîné de sang, même si elles n’avaient physiquement rien en commun.

- Tiens Andrée, je suis désolé pour elle. Elle lui tendit ses ouvrages avec délicatesse en se tournant vers la jeune fille. Mir’ est pas si méchante que ça, elle est juste très influençable et ne sais pas dire non à ses potes donc …

 Il fallait vraiment qu’elle arrête de se prendre la tête à essayer de trouver des excuses à cette gamine. Elle était bien trop naïve et cela commençait clairement à l’inquiéter car ce défaut surplombait son intelligence et sa grande créativité. On ne voyait plus que cela! Miranda n’était pas méchante, elle voulait juste se faire aimer par ses semblables, comme tous les enfants de ce monde. Elle était simplement maladroite dans sa démarche. Aileen espérait secrètement qu’Andrée ne lui en tiendrait pas trop longtemps rigueur.

- Où tu vas avec tous tes bouquins ? T’arrive à les porter avec tes petits bras ? ajoute-t-elle avec son sourire le plus sympathique qu’elle le pouvait. Je peux t’aider si tu veux. J’te promets que je ne m’enfuirais pas avec.

HJ:
 

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MessageSujet: Re: [Octobre 1997] Pour une poignée de bouquins Dim 12 Mar 2017 - 22:44



La Serdaigle demeurait immobile et semblait attendre de voir ce qu’Andrée pourrait lui faire mais elle ne fit pas mine de lui rendre ses livres. Visiblement, elle en avait aussi peur que d’un inoffensif Boursouflet – ce qui était, pour ainsi dire, plutôt très insultant. Elle se demanda brièvement si un autre étudiant aurait l’idée de lui venir en aide et serra les lèvres en se rappelant que ce n’était pas comme cela que ça marchait, à Poudlard. Ici, c’était chacun pour soi et pas autrement – et d’ailleurs Andrée était la première à appliquer cette règle.
 
Elle allait cracher quelque chose de particulièrement venimeux lorsqu’elle fut coupée dans son élan par l’injonction froide d’une fille beaucoup plus âgée qu’elles deux : « Andrée, baisse ta baguette s’il te plaît, tu vas crever un œil à quelqu’un. » Elle lui jeta un rapide regard et reconnut vaguement une Cinquième Année – à moins qu’elle ne fût en Sixième ? – de Serpentard. Par contre, de là à se rappeler de son prénom…
 
Elle n’avait jamais cherché à se rapprocher des plus vieux de sa Maison, même si elle estimait qu’ils seraient un atout de choix dans sa quête d’influence. Exagérément méfiante, elle avait un peu peur des coups bas qui se perdaient parfois entre les élèves de Serpentard et cela la tenait à l’écart des Grands de Serpentard malgré leurs positions dans la société parfois enviable. Mais bon, elle avait tout son temps – l’année de faisait que commencer. Et puis cette fille qui intervenait, là, n’avait rien d’une pro-Mangemorts bourrée de relations de la Haute Société. En fait, les rares fois où elle l’avait aperçue, elle lui avait plutôt semblé secrète et un peu distante – et pas du tout du genre mystérieuse de noirceur et bourrée de Magie Noire.
 
Andrée baissa sa baguette d’à peine deux centimètres et la repointa aussitôt sur la nuque de Miranda. C’était affreux à dire mais elle préférait de loin s’attirer les foudres d’une Serpentard un peu intrusive plutôt que de baisser sa garde en face d’un insecte à peine plus vieux qu’elle-même.
 
« Mir’, qu’est-ce que tu fais ? », demandait la Serpentard d’une voix tranchante. Cela sembla agir comme un Enervatum un peu trop dosé sur la jeune Serdaigle et elle se figea dans un sursaut paniqué. Lentement, elle se tourna vers la jeune femme qui la dominait de toute sa hauteur, une lueur désapprobatrice dans le regard.
 
Miranda rentra la tête dans ses épaules et tenta de dissimuler les livres d’Andrée derrière son dos. « Rien, rien », fit-elle d’une voix pas convaincante du tout. Si Andrée avait été en mesure de penser, elle aurait très certainement tenté d’arracher ses livres des mains de la fillette et se serait ensuite enfuie à toutes jambes, mais sa baguette était toujours coincée sur le cou de la Serdaigle et elle hésitait sur l’attitude à adopter. Devait-elle finalement obéir à son aînée et abandonner son attitude menaçante ou persister au risque de s’attirer ses foudres ?
 
« Je crois que ta mère sera ravie de voir quel mouton stupide et totalement influençable tu es », et elle sembla avoir compris depuis le début que Miranda accomplissait juste un gage débile donné par sa bande de potes débiles. La fillette fit deux pas en arrière, comme piquée par quelque chose de particulièrement désagréable. Ses yeux était grands ouverts comme des soucoupes et elle ne parut pas vraiment ravie de la tournure que prit la conversation.
 
Andrée baissa lentement sa baguette lorsqu’elle comprit que la situation était vraiment sous le contrôle de la Serpentard. Il fallait vraiment qu’elle retrouve son prénom parce qu’elle se voyait mal devoir quelque chose à quelqu’un qu’elle ne connaissait même pas – déjà qu’être redevable lui retournait l’estomac… « Non, non ! », s’écria Miranda, affolée. « J’allais lui rendre, je te jure ! » L’autre parut sceptique et lui ordonna une fois de plus, plus qu’elle ne lui ordonna, de rendre les livres.
 
Agacée, Andrée leva les yeux au ciel. « Je peux m’en occuper toute seule, tu sais. J’avais la situation sous contrôle et… » Elle se tut quand Miranda rendit les bouquins à la Serpentard en murmurant quelque chose qui ressemblait à un minuscule oui, ‘Leen – et le prénom de la plus âgée lui revint soudain en mémoire : Aileen. Andrée se rasséréna en se disant qu’au moins, elle n’aurait pas à lui avoua ça et peut-être s’en attirer l’animosité – éviter les conflits, tel était son crédo. Enfin, presque toujours.
 
Miranda s’en alla presque en courant alors qu’Aileen disait quelque chose de très profond sur l’intelligence et cette dernière soupira de lassitude. « Tiens, je suis désolée pour elle. Mir’ n’est pas si méchante que ça, elle est juste très influençable et ne sais pas dire non à ses potes, donc… », fit-elle cependant en lui rendant ses biens. Andrée fit la grimace et la remercia du bout des lèvres, pas forcément encline à accepter des excuses au nom d’une petite peste. Et puis elle doutait que ladite Miranda ait beaucoup rechigné à venir l’embêter ; même si elle avait l’air hésitant au début, elle avait semblé bien trop satisfaite d’avoir une excuse pour se défouler sur une Première Année pour que cela soit totalement innocent.
 
Elle haussa les épaules, pas convaincue pour une noise. « De toute façon, que je lui en veuille ou non c’est pas ton problème, si ? » Elle serra ses livres un peu plus fort contre elle, juste au cas où quelqu’un viendrait les lui reprendre. Le groupe de Serdaigle avait totalement disparu et les autres élèves avaient repris une activité normale, comme s’il était courant qu’une Première Année menace une étudiante plus âgée qu’elle ou comme si la scène n’avait jamais eu lieu. Tant mieux – elle détestait les ragots, surtout quand ils étaient à son sujet. Ils avaient une trop fâcheuse tendance à circuler dans le château et elle sentait bien qu’elle n’apprécierait pas du tout s’ils la prenaient pour cible.
 
Elle reporta son attention sur Aileen. Elle faisait bien deux tête de plus qu’elle mais elle n’eut curieusement pas l’impression d’être dominée par leur différence d’âge. En fait, la jeune femme avait des traits très doux qui pouvaient facilement donner confiance, même si elle habituellement Andrée les trouvait beaucoup plus fermés que cela. Alors qu’à cet instant, Aileen paraissait vraiment avenante – presque rassurante. Andrée hésita un instant mais força son visage à reprendre une expression moins crispée. Cela sembla plaire à Aileen puisqu’elle enchaîna en souriant largement : « Où tu vas avec tous tes bouquins ?
 
- J’allais rentrer aux cachots », fit Andrée. « Ils sont un peu encombrants alors je voulais rentrer les déposer…
 
- T’arrive à les porter avec tes petits bras ? Je peux t’aider si tu veux. J’te promets que je ne m’enfuirai pas avec », et elle paraissait vraiment sincère, mais la fillette ne put s’empêcher de chercher le piège dans son invitation. Elle en était visiblement arrivée à un point où elle ne parvenait même plus à croire en la gentillesse gratuite.
 
Elle leva les yeux vers son aînée en se mordant les lèvres. « Ils sont un peu lourds, c'est vrai, mais je peux les porter seule », se décida-t-elle à répondre en tentant de ne pas paraître agressive. Elle supposait qu’il serait malvenu de sa part de l’envoyer sur les roses comme elle le faisait presque tout le temps. Comme pour démentir ses paroles, l’un des livres glissa et elle s’empressa de raffermir. Ses mains étaient extrêmement crispées et ses jointures presque blanches, mais au moins elle n’avait pas l’air d’avoir besoin d’aide. Enfin, presque pas.
 
D’ailleurs, pourquoi Aileen voudrait-elle l’aider ? D’où lui venait cette brusque inspiration alors qu’elles ne s’étaient jamais adressé la parole ? Quand Lina l’avait prise sous son aile, elle avait compris – Lina était à Poufsouffle, les Poufsouffle étaient a priori gentil et puis mince, elle pleurait seule dans son coin, quand même. Personne d’un tant soit peu humain ne l’aurait laissée comme une pauvre démunie au milieu de la volière. Mais pour Aileen, c’était plus compliqué à comprendre, parce que justement un Serpentard n’était pas censé être serviable ni soucieux d’autrui. C’était Mr Leigh qui le lui avait expliqué, et Mr Leigh, du moins sur ce qui concernait les Serpentard et leur domination sur Poudlard, avait toujours raison.
 
Elle plissa les yeux et examina attentivement la jeune femme. Tout dans son allure, que ce soit son regard brillant ou son sourire parfait, était une invitation à la confiance et ce fut justement cela qui bloqua Andrée. « Pourquoi tu m’aides ? », lâcha soudain la fillette. Sa voix fut incisive, ses mots tranchants et presque impolis – elle n’y prit pas garde. « Tu n’avais aucune raison de faire ça. Je veux dire, on ne s’est jamais parlé et tu sembles apprécier l’autre Serdaigle, là ; je suis en Première Année et les plus âgés ne font jamais attention aux bébés comme moi – ou en tout cas, je m’en préoccuperais comme de ma première chaussette à ta place. Et puis je ne sais pas si tu as remarqué, mais je n’attire généralement pas la sympathie. » Elle leva un sourcil à sa propre remarque : c’était un euphémisme. Elle n’eu même pas honte de l’avouer à une inconnue. « Alors pourquoi tu m’aides ? »
 
Elle planta ses yeux dans ceux d’Aileen pour la forcer à répondre. Ce n’était plus de la provocation, à présent – Andrée voulait vraiment savoir d’où lui venaient ces élans de protection. Elle voulait savoir quel pouvait être cette chose qui pouvait la pousser à se disputer avec l’une de ses connaissance, aussi insignifiante soit-elle, pour la sortir elle de l’embarras. Elle voulait savoir quelle était cette chose qu’Aileen voyait en elle et que les autres n’étaient pas fichus de déceler. Elle voulait savoir ce qui valait la peine d’être écouté chez elle ; ce qui valait la peine d’être préservé et d’être entretenu.
 
Un de ses livres tomba, mais elle ne s’en préoccupa pas parce que la réponse d’Aileen était plus importante que ces bouquins si essentiels pour elle quelques minutes à peine plus tôt.




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MessageSujet: Re: [Octobre 1997] Pour une poignée de bouquins Ven 24 Mar 2017 - 20:44

Aileen n’avait pas tellement l’habitude de se prendre pour une déesse chevaleresque volant au secours de son prochain à dos d’Hippogriffe, mais cette gamine la faisait vraiment penser à elle plus jeune. Cette fierté incommensurable qui semblait avoir le potentiel de soulever des montagnes lui donnait envie de lui venir en aide. C’était une des seules -et sûrement dernière- fois qu’elle intervenait dans un bizutage pour le faire cesser. Après, il était vrai que sa motivation de secouriste n’avait à la base rien à voir avec Andrée : elle voulait juste faire un coup d’électrochoc à Miranda pour lui prouver son manque d’indépendance sociale. Cela aurait été une pauvre Poufsouffle de première année, elle aurait agi presque de la même manière -même si ces blaireaux méritaient qu’on leur forge le caractère. Elle se serait peut-être moins attardée comme elle était en train de le faire.
  Il lui était bizarre de se voir se comporter de la sorte, c'était-à-dire, d'être d'un coup aussi sympathique avec quelqu'un qu'elle ne connaissait pas. Une sorte d'altruisme cachée depuis bien des années et dont elle ignorait l'existence. D'habitude, elle agissait pas intérêt mais là, la jeune fille l'intriguait. Ce n'était pas tout le monde qui, quand on l'embêtait -et pas de la plus gentille des façons-, sortait sa baguette et s’apprêtait à se battre.

- Ils sont un peu lourds, c’est vrai, mais je peux les porter seule, se décida-t-elle à répondre.
- Comme tu veux. Mais si elle revient te prendre la tête -et tu n’auras pas le choix- tu viens me voir.

 A l’idée même que Miranda puisse s’en prendre à une petite de première année la sidérait. Comment avait-elle pu penser que ce serait une bonne idée ? Comment avait-elle pu penser que cela lui permettrait de se faire une place au sein d’un groupe ? Cela restait un mystère. Il allait falloir qu’elle lui pose la question et qu’elle ait une bonne discussion avec elle pour comprendre le pourquoi du comment. Se sentant coupable, Aileen voulait -même si elle n’avait clairement rien à se reprocher- se racheter auprès de la jeune Serpentarde pour les agissements de sa benjamine. Elle voulait qu’elle l’oublis et qu’elle pousse ce moment au plus loin dans sa mémoire jusqu’à ce qu'il ne devienne plus qu'un grain de sable sur une plage. Aileen savait qu’elle se berçait d’illusions et que cette enfant ne pardonnerait pas à Miranda de ci-tôt. Et puis mince, au final c’était son problème pas le sien ! La jeune femme ne sera pas toujours là pour la recadrer et elle en était heureuse. Alors qu’Aileen s’apprêtait à quitter les lieux, la voix d’Andrée résonna à ses oreilles.

- Pourquoi tu m’aides ?

  Il y avait un petit quelque chose dans sa voix, une pincée de méfiance. Etant à Serpentard, c’était une sorte de seconde peau pour eux et la jeune femme en était pleinement consciente vu qu’on l’en accusait souvent. Andrée avait réagi avec beaucoup de fierté et ne s’était malgré tout pas laissée démonter. Elle avait à peine baissé sa baguette quand Aileen le lui avait si gentiment demandé -enfin presque.
  Elle ne comprenait pas trop pourquoi la petite lui posait de telles questions. Aileen l’avait aidée, elle devait lui être redevable et reconnaissante et non la porter en porte à faux. Non? Ou peut-être devenait-elle folle ? Elle pouvait éventuellement s’imaginer une sorte de manipulation sordide afin de l’accrocher en haut de la tour d’astronomie mais il n’en était rien. Certes, elle était dans la maison ayant la réputation la plus noire de toutes mais elle n’en restait pas moins sympathique. Enfin du moins elle essayait. Ils n’étaient pas TOUS membres du club des adorateurs de Satan à torturer des bébés hippogriffes lors de leur temps libre. Certains, certes, ne manquaient pas de sadisme mais le reste -la majorité- était juste bien plus intelligents et rusé que les autres élèves. Ces caractères communs ne faisaient qu’attiser la jalousie. Et c’était cela qui faisait peur aux autres maisons qui leur avaient donné cette si belle réputation. Aileen ne répondit cependant pas à sa question, perplexe, préférant laissant Andrée déverser ses inquiétudes. Cette nouvelle facette de psychologue la surprenait de plus en plus.

- Tu n’avais aucune raison de faire ça. Je veux dire, on ne s’est jamais parlé et tu sembles apprécier l’autre Serdaigle, là ; je suis en première année et les plus âgés ne font jamais attention aux bébés comme moi – ou en tout cas, je m’en préoccuperais comme de ma première chaussette à ta place. Et puis, je ne sais pas si tu as remarqué, mais je n’attire généralement pas la sympathie.

  Un des livres de la jeune fille tomba soudain sur le sol, les pages blanches face contre terre, comme si lui aussi croulait sous le poids des mots répétés d'Andrée. Aucune des deux vipères ne se baissèrent pour le ramasser, le laissant faire connaissance avec la poussière. D’un côté, Aileen comprenait que la jeune fille reste autant sur ses gardes, se sécurisant des menaces : elle avait été semblable et elle l’était toujours. C'était assez incroyable comment elle se voyait en elle.

- Tu as … tenta-t-elle de répondre alors qu’André renchérit en plongeant son regard persistant dans le sien.
- Alors pourquoi tu m’aides ?

  Serrant les dents parce qu'elle n'aimait pas être interrompue, Aileen la laissa terminer, réfléchissant à comment elle allait pouvoir se sortir de là. Elle n’était pas du genre à se confesser sur quoique ce soit. Elle ne se justifiait jamais de ses actes et ne le fera jamais. Elle faisait quelque chose : c’était tout, que ça plaise ou non, elle s’en fichait magicalement. Les seules fois où la jeune femme avait parlé de ses sentiments ou du pourquoi du comment de telle ou telle actions, c’était quand elle en voyait l’utilité. Un quelconque intérêt personnel. Comme avec Wayoth lors du concours de Bavboules : elle s’était sentie obligée de venir s’excuser de son comportement pour éviter que leur match ne se finisse en champs de bataille. Evidemment, elle ne s’était pas sentie en cause mais elle avait laissé sa fierté de côté pour un but commun : la victoire. Ici, elle n’y voyait aucun réel intérêt personnel. Andrée n’allait rien lui apporter de bien utile à Poudlard : pas de relation, ou quoi que ce soit d’autre. Néanmoins, elle sentait qu’André avait réellement besoin de connaître la réponse à sa question.

- C’est bon tu as fini ? Aileen marqua une légère pause avant de reprendre. Elle inspira légèrement pour baisser le ton, et avoir l'air moins agressive.Avant toute chose, s'il y a bien UNE chose que tu dois savoir c’est que tu devrais éviter de t’exclure toute seule en te disant des choses pareilles. On n'arrive à rien comme ça et clairement pas à se faire une place ici. Crois-moi.

Sa propre phrase résonnait comme un écho dans sa tête : « faites ce que je dis, pas ce que je fais ». Aileen se sentait, encore une fois, assez proche de la jeune fille sur ce dernier point. Son cruel manque de sourire et de compassion face aux personnes inconnues -à qui elle ne ferait pas confiance au premier abord- ne l’aidait pas à se faire apprécier par ses camarades. Cependant, elle faisait de son mieux pour changer cela. Cela ne faisait que quelques mois qu’elle retrouvait peu à peu le tempérament qu’elle avait perdu à la mort de sa mère. Elle n’attendit pas la réponse de la jeune vipère avant de renchérir.

- Je ne te dis pas ça pour te faire du mal, c’est pour ton bien. Je te promets. Puis, clairement, ce sont les Serpy’ que tout le monde déteste.

  Aileen n’était pas sûre que cette petite pointe d’humour soit de mise. Ce n’était pas là où elle était le plus à l’aise mais elle tentait de rendre la situation plus agréable pour la jeune première année. Ça ne devait pas être simple pour elle de se recevoir autant de choses au visage en ci peu de temps. Elle vit quelques élèves se diriger vers elles et se décala vers le côté pour les laisser passer, laissant le bouquin tombé à plat dans la poussière. Pendant cette légère pause, elle prit une grande inspiration et réfléchit à ce qu’elle allait pouvoir lui répondre. Elle ne savait pas si elle devait être honnête avec Andrée ou si elle devrait faire preuve de son aptitude en manipulation pour la mettre dans sa poche. Qu’elle soit de son côté ou de l’autre, cela ne changerait pas grand-chose à sa vie. Aileen décida alors d’être totalement franche, comme un livre ouvert, avec elle et répondit à la première année.

- En fait, à la base, c’était juste pour mettre la honte à Mir’ qui commence sincèrement à me taper sur le potiron. Elle tourna la tête pour voir si la jeune Serdaigle était dans les parages. Cependant, elle était déjà loin. Mais tu t’es trouvé dans les parages alors comme … j’avais envie de venir te voir depuis plusieurs jours pour savoir comment tu t’acclimatais à Poudlard etc … Me voilà.

  Elle ne mentait pas, jamais à vrai dire -ou seulement en cas de réelle nécessité. En fait, elle n’en voyait pas l’utilité. Elle se disait que tout le monde préférait la vérité et que si elle faisait autrement, Andrée le sentirait dans le son de sa voix. Puis en général, les gens préféraient qu'on leur dise la vérité en face. Aileen baissa la tête vers le sol, là où l'ouvrage se recueillait. Un élève sauta par dessus pour l'éviter tandis que le suivant trébucha contre. Il allait falloir que l'une d'entre elle le récupère ce pauvre.

- Oui, en vrai, les premières années -sans vouloir t’offenser- sont de vraies plaies pour la plupart mais tu es dans ma maison … C’est un peu différent, tu ne penses pas ? Il faut se serrer les coudes.

  Ce qui l’inquiétait, c’était que si Andrée la rejetait, dans le sens où elle ne voudrait pas de son aide, Aileen ne le prendrait pas bien du tout. Elle savait que sa fierté en prendrait un coup et qu’elle deviendrait assez désagréable avec elle. Déjà que la jeune femme ne courrait pas auprès des premières années mais cela deviendrait encore pire. Commençant à stresser par rapport au pauvre objet abandonné au sol, elle se pencha pour le ramasser avant qu'un élève ne l'écrase. Le côté un peu stricte et maniaque reprenait sûrement le dessus ... Elle le lui tendit après l'avoir rapidement dépoussiéré.

HJ Andrée:
 

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― Karen Salmansohn
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MessageSujet: Re: [Octobre 1997] Pour une poignée de bouquins Ven 21 Avr 2017 - 18:55



La jeune femme en face d’elle porta sur Andrée un regard étrange, que la fillette interpréta comme étant un mélange de curiosité, d’étonnement, de retenue, et aussi quelque chose d’autre chose d'un peu plus indéfinissable. Une sorte d’étincelle de gentillesse qu’elle avait rarement vue dans les yeux de ses camarades, une lueur de bienveillance peut-être, ou même une sorte d’invitation à la confiance –un tourbillon d’impressions positives qui ne parvint pas à dérider Andrée. Elle prit tout de même garde à atténuer le côté incisif qu’elle avait coutume de donner à ses paroles. « Ils sont un peu lourds, c’est vrai », dit-elle en choisissant ses mots avec soin, « mais je peux les porter seule.
 
- Comme tu veux. » L’expression de la Serpentard ne changea pas mais Andrée sentait la conversation sur des charbons ardents ; comme si elles marchaient en équilibre sur un fil tendu et qu’une phrase malavisée de la petite pouvait tout changer. « Mais si elle revient de prendre la tête –et tu n’auras pas le choix– tu viens me voir. » Il était inutile de préciser, évidemment, qu’Andrée apprécia très moyennement l’ordre sous-jacent qu’elle crut déceler dans le conseil de la jeune femme.
 
Elle recula d’un pas en direction des escaliers. Mettre de la distance entre elle et cette pseudo-salvatrice lui semblait soudain être d’une lumineuse intelligence. Si ça se trouvait finalement, Aileen était juste là pour l’enfoncer un peu plus. Peut-être qu’elle n’était qu’une énième adolescente qui souhaitait imposer son caractère, ses idées et son emprise sur les autres et, en l’occurrence, les plus jeunes qu’elle. Après tout elle l’avait bien fait sur cette Miranda –pourquoi pas sur elle ? Il fallait qu’elle sache. « Pourquoi tu m’aides ? », demanda-t-elle alors que l’autre esquissait déjà un pas –sans doute un peu trop pressée de partir, un peu trop pressée que les autres ne la voient pas avec un bébé comme elle.
 
Aileen parut mécontente. Son air avenant s’effaça un peu lorsque ses lèvres se pincèrent et une ombre lasse passa fugitivement dans ses yeux. Andrée ne pouvait que la comprendre : elle non plus n’aimerait pas qu’on l’interroge sur ses motivations profondes. Pourtant, lorsqu’elle se sentait obligée de leur parler, pousser les gens dans leurs retranchements était comme devenu une seconde nature chez elle, un moyen de survivre plus facilement dans le château. Elle avait l’impression de garder le contrôle sur les situations. Pour cela, il fallait qu’elle parvienne à cerner la personne assez rapidement mais elle se targuait de réussir assez souvent ; en fait, malgré ses contacts limités, elle était devenue plutôt bonne à ce jeu là.
 
L’observation, l’anticipation, la provocation subtile –voilà la formule qui serait son salut pour les sept années à venir. Des mots qui sembleraient innocents mais qui en réalité seraient tournés et retournés dans l’esprit de la fillette avant d’être prononcés.
 
« C’est bon, tu as fini ? », lâcha son aînée d’un ton grognon. Encore une fois, Andrée ne pouvait pas lui en vouloir : elle s’agaçait elle-même avec ses états d’esprit contradictoires. En fait, si elle avait réellement suivi son crédo, si elle avait vraiment voulu rester fidèle à ses principes, elle se serait déjà enfuie à toutes jambes. Elle n’y avait juste pas pensé après l’intervention d’Aileen, sans doute prise de court par les évènements. À présent, il lui semblait inapproprié de partir sans un mot de plus.
 
Andrée leva les yeux au ciel pour se donner une contenance. « J’t’en prie, tu peux y aller. 
 
- Avant toute chose, s’il y a bien une chose que tu dois savoir c’est que tu devrais éviter de t’exclure toute seule en te disant des choses pareilles.
 
- C’est pas moi qui le dit, c’est les autres », rétorqua la fillette avec mauvaise humeur. N’avait-elle jamais entendu les septième année se moquer allègrement des plus petits ? Aileen pouvait dire ce qu’elle voulait, c’étaient les faits –les Serpentard n’étaient d’ailleurs pas les seuls concernés même si c’était l’image communément véhiculée. Et puis elle oubliait clairement les Carrow, qui n’en rataient pas une pour leur montrer, à eux les jeunes innocents, leur infériorité presque aussi abominable que celle des Nuncabouc. « D’ailleurs tu ne t’es pas gênée pour exercer ta propre autorité sur l’autre, là. Je parie que tu ne l’aurais jamais fait si elle avait eu ton âge. 
 
- On n’arrive à rien comme ça et clairement pas à se faire une place ici », continua néanmoins la jeune femme. L’exaspération qu’Andrée avait lue sur ses traits laissa place à une autre expression, plus difficile à déchiffrer, plus compliquée à comprendre. « Crois-moi. Je ne te dis pas ça pour te faire du mal, c’est pour ton bien. Puis clairement, ce sont les Serpy’ que tout le monde déteste.
 
- Se faire une place ici paraît difficile même quand on y met du sien. »
 
La fillette avait l’impression de se retrouver face à son miroir plus âgé. Les paroles d’Aileen étaient criantes de vérité mais de ce qu’elle avait pu observer, la jeune fille paraissait peu proche des autres Serpentard –très secrète, très solitaire. À part les premières prémices de sourire qui, malgré elle, avait incité Andrée à rester, seuls l’agacement et cette émotion plus subtile avaient animé ses traits. Elles ne se connaissaient pas dans la vraie vie, c’était clair –seul cet interlude faisait exception et, si la petite fille ne comprenait pas tout, elle doutait fortement qu’Aileen soit suffisamment assidue pour parler quotidiennement à quelqu’un comme elle.
 
Un groupe d’élève passa entre elles-deux. Andrée s’attendit presque à ce que la jeune femme en profite pour s’enfuir, quitter cette conversation éprouvante, mais elle était toujours là quand elle réapparut. Il était étrange de se dire qu’une personne de quatre bonnes années de plus qu’elle trouve intérêt à sa compagnie. Il était encore plus étrange que malgré la tension qu’Andrée sentait dans ses épaules elle demeure là, en place, à presque accepter les conseils qu’elle semblait vouloir lui prodiguer.
 
La fillette s’appuya sur la rambarde du grand escalier, tout à coup très fatiguée. D’un mouvement de la jambe, elle fit traîner son livre pour le rapprocher un peu d’elle. Elle allait ouvrir la bouche sans trop savoir quoi dire mais Aileen fut plus rapide : « En fait, à la base, c’était juste pour mettre la honte à Mir’ qui commence sincèrement à me taper sur le potiron. 
 
- Quand je te disais que tu profitais de ton autorité de cinquième année », râla Andrée sans faire attention au poids qui tomba dans son estomac. Elle ne se comprenait juste pas elle-même, alors elle avait décidé d’arrêter.
 
« Mais tu t’es trouvé dans les parages », continua néanmoins la plus âgée, « alors comme… j’avais envie de venir te voir depuis plusieurs jours pour savoir comment tu t’acclimatais à Poudlard, etc… Me voilà. » L’enfant leva brusquement la tête. C’était la première fois depuis des semaines que quelqu’un s’enquérait ainsi de son bien-être –de façon aussi clairement évidente, aussi totalement spontanée. À part sa maman et Sally, son papa autrefois, parfois Mr Leigh quand elle ne reculait pas de dix pas devant lui, jamais personne n’était venu la voir sans qu’elle ne pleure ou ne réclame d’aide à grands signaux alarmants.
 
« Je… » Le nœud dans son ventre s’était envolé aussi vite qu’il était apparu. « J’imagine qu’il y a pire, comme adaptation. Je veux dire, je ne me suis pas encore fait torturée, on ne m’a pas encore attaquée. Pas comme… » Elle ne termina pas sa phrase, évidemment. Ça n’était pas nécessaire. Ses propres paroles lui parurent incroyablement défaitistes. « Et puis, je me suis fait une amie », se sentit-elle obligée d’ajouter, parce que ne pas mentionner Alvy serait incroyablement ingrat de sa part.
 
Autour d’elles, les élèves allaient et venaient. La foule compacte des jeunes la mettait habituellement mal-à-l’aise et elle mettait beaucoup d’énergie à passer entre eux sans se faire remarquer. Généralement la solitude lui pesait alors plus que tout ; pas un regard, pas un geste, pas une excuse quand quelqu’un la bousculait –intentionnellement ou non. Dans ces cas-là, elle disait deux mots pour éviter de froisser la personne en face et traçait sa route sans se retourner. Pour une fois, elle ne se sentit pas seule ni perdue au milieu de tant de monde.
 
« Est-ce que… » Andrée se mordit les lèvres, pas sûre des mots à employer. L’élan de confiance qu’elle venait d’éprouver s’était déjà atténué. « Est-ce que ça t’est déjà arrivé de, disons, te sentir seule au monde et de t’en sentir disons, illégitime ? Que tu n’as pas le droit de penser ça, que d’autres gens sont sans doute dans de bien pires situations que la tienne et qu’ils le vivent certainement bien mieux que toi ? » La honte de poser des mots sur sa pensée fut vite compensée par le soulagement d’en avoir finalement parlé.
 
Poser des phrases claires sur ses sentiments avait toujours été un exercice difficile pour Andrée. Plus qu’égoïste, elle se sentait en danger quand il fallait le faire –surtout que ses seuls auditeurs depuis des années étaient sa famille. Elle réalisait depuis quelques jours seulement qu’il était bien plus aisé de parler à cœur ouvert à des gens que l’on connaissait à peine. Moins de jugement, moins de peur du rejet. Ces personnes ne l’aimaient pas et ne l’aimeraient peut-être jamais. C’était sans doute aussi pour ça qu’elle se confiait plus facilement à des gens plus âgés et qu’elle détester se livrer aux enfants de son âge –pour ça et pour toutes les humiliations qu’elle avait pu vivre par le passé.
 
Malgré tout, le malaise la prit à nouveau. Elle trépigna, se balança, résista à l’envie de fuir loin sans jamais se retourner pour voir la réaction de la jeune femme. Il lui parut urgent de revenir au sujet principal de la conversation : « Enfin, je pense que je m’en sors pas trop mal. » Elle fronça le nez alors qu’Aileen contemplait le livre abandonné. « J’espère. 
 
- Oui, en vrai, les première année –sans vouloir t’offenser– sont de vraies plaies pour la plupart », Andrée eut un sourire amer, « mais tu es dans ma Maison… C’est un peu différent, tu ne penses pas ? Il faut se serrer les coudes. » L’enfant opina du chef, assez peu certaine de l’attitude à adopter. Que fallait-il dire ? Comment fallait-il réagir ?
 
Aileen ramassa finalement le livre et le lui tendit. La couverture avait été piétinée et perdait déjà de ses couleurs ; un coin était même un peu corné. Il faudrait qu’elle se fasse discrète en le rendant à Mr Holbrey. Elle n’était pas vraiment sûre de la relation qu’il entretenait avec ses bouquins, mais elle ne tenait pas à se faire crier dessus pour sa négligence.
 
Elle sentit plus qu’elle ne comprit que le geste d’Aileen était sans doute une sorte d’accord symbolique qu’elle passait avec elle. Si elle prenait le livre, elle acceptait son aide, elle acceptait son amitié –même si elle doutait encore pouvoir qualifier la relation qui s’installerait entre elles ainsi. Si elle refusait… si elle refusait, alors elle supposait qu’elle pourrait dire adieu à toute bienveillance venant d’elle ; à la place de la jeune femme, Andrée lui tournerait définitivement le dos et ne voudrait plus rien avoir à faire avec elle. Elle attrapa l’ouvrage, un peu hésitante, peut-être un peu trop doucement aussi. « Merci », dit-elle, et elle espéra que l’autre comprendrait qu’elle la remerciait pour beaucoup plus que pour le livre.
 
Qu’était-elle censée faire à présent ? « Je… je suppose que tu as des choses à faire alors si tu… » Elle lui lança un regard interrogateur. Elle voulait tout sauf son départ. Elle voulait continuer à se sentir entendue, entendue et écoutée, écoutée et comprise. D’un autre côté, elle ne voulait pas la retenir –Aileen elle-même avait dit que les première année étaient une plaie.
 
À ce moment sans doute plus qu’à beaucoup d’autre, elle ressentit à quel point elle avait perdu toute la confiance en elle qu’elle avait quand elle était plus jeune. Elle ne savait pas quoi dire, elle ne savait pas quoi faire. C’était une sensation abominable que de se sentir impuissante quand la personne en face attendait quelque chose qu’elle ne pouvait offrir ; d’autres révélations peut-être, ou une question même anodine qui relancerait la conversation. Et elle attendait là, sans rien faire –Merlin merci, elle n’avait pas les bras ballants.
 
Elle cligna des yeux stupidement. « Tu, euh, tu disais qu’il fallait se serrer les coudes. Toi aussi… » Elle s’arrêta immédiatement. Elle lui avait dit qu’elle s’adaptait plus ou moins bien, après tout. « Tu as besoin d’aide, toi ? Je veux dire, t’as l’air forte, t’as l’air sûre de toi. T’as l’air de n’avoir besoin de personne et de ne pas en avoir peur. Tu… » Elle se sentait terriblement maladroite. « Pardon », s’excusa-t-elle pitoyablement. « Je voulais faire comme toi, être quelqu’un qui pourrait t’écouter, te proposer mon aide moi aussi mais… Je n’ai rien à t’offrir. Et j’avoue que dit comme ça… oui, c’est un peu pitoyable. »
 
Elle lui adressa un pauvre sourire, le regard sans doute un peu triste. Elle n’avait rien à donner à personne et elle se sentait incroyablement nulle.



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[Octobre 1997] Pour une poignée de bouquins

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