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[Octobre 1997] Prise la main dans les Patacitrouilles - PV Andrée L. de Kerimel

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SERDAIGLE1ère année
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MessageSujet: [Octobre 1997] Prise la main dans les Patacitrouilles - PV Andrée L. de Kerimel Jeu 16 Fév 2017 - 22:16



De tous les recoins isolés de Poudlard, la Cour Intérieure occupait la dernière place. Il ne demeurait pas d’endroits plus exposés, de plus dangereux que cette charmante petite place toujours bondée. La majorité des commérages au sein du Château débutaient ici, et il était primordial d’être particulièrement vigilant lorsque l’on passait dans les environs. Les plus fins détracteurs étaient aux aguets, planqués derrière les massives arcades et les fouinards observaient la place depuis les fenêtres des couloirs. Amanda Ziegler avait elle-même expérimentée ces petits jeux d’espionnage avec ses amies, et elle ne pouvait que confirmer : les secrets les mieux gardés étaient percés en ce lieu.

« Mais t’es malade ou quoi ?! Murmura d’un ton agressif la petite sorcière aux longs cheveux blonds. Elle arracha des mains de son interlocuteur un petit paquet de parchemins griffonnés. Pourquoi tu me donnes ça, ici ? N’importe qui pourrait nous voir, continua-t-elle, furieuse.

Depuis la rentrée scolaire, Amanda tentait de cacher un lourd secret dont elle avait affreusement honte. La jeune sorcière se rongeait les sangs, dans l’inquiétude perpétuelle que l’on découvre ce qu’elle se donnait tant de mal à dissimuler. Jamais, au grand jamais, elle n’aurait donné de rendez-vous dans cette partie du Château, au beau milieu de la journée. Elle préférait le Parc et ses vastes étendues, toujours aux heures creuses. En cet instant précis, elle haïssait son grand-frère de toute son âme.

- Calme-toi, t’es ridicule ! S’exclama ce dernier, excédé. À ses yeux, toute cette comédie était aberrante, et parfaitement inutile. Tu t’imagines vraiment que les gens sont focalisés sur ta petite personne ? Bon, écoute-moi, j’ai ajouté quelques annotations et là, en vert, c’est un…

- Tais-toi ! Coupa la jeune Serdaigle. Louis, je t’en supplie, ne dis plus un mot !

- T’es vraiment… T’es égoïste, Amanda ! Et ingrate aussi. »

Agacé de tous ces enfantillages, l’adolescent s’empressa de fuir le plus loin possible de son hystérique de cadette. Il traversa énergiquement la petite place et s’engouffra dans les couloirs du Château. Plantée au beau milieu de la Cour, la fillette se sentait démunie. Quelques élèves l’observaient avec intérêt, sans doute avaient-ils entendu des bribes de la conversation houleuse entre le frère et la sœur. Pourquoi se disputaient-ils de la sorte ? Amanda serra les parchemins contre sa poitrine, mal à l’aise.

La vérité n’était pas si terrible, si ce n’est au regard d’Amanda. Obsédée par la réussite de ses études, celle-ci quémandait l’aide de son aîné pour les devoirs à rendre et pour préparer les examens de fin d’année. Gentiment, l’adolescent lui rendait tous ces services, jonglant entre les cours de quatrième et de première année. La jeune sorcière manquait cruellement de confiance en elle, persuadée de ne pas être à la hauteur des attentes familiales et de finir par décevoir tout le monde. Ses angoisses la rendaient dingue parfois, l’empêchant de trouver le sommeil et de manger en quantités suffisantes. Paradoxalement, Amanda ne reflétait pas l’image de la première de la classe névrosée, bien au contraire. Elle usait de toute son énergie dans le paraître, refusant de laisser entrevoir la moindre petite faiblesse. Amanda balaya la Cour des yeux : aucune tête connue. À priori, l'honneur était sauf, pour cette fois.

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SERPENTARD1ère année
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MessageSujet: Re: [Octobre 1997] Prise la main dans les Patacitrouilles - PV Andrée L. de Kerimel Ven 17 Fév 2017 - 13:22


Andrée pesta encore une fois entre ses dents et accéléra un peu plus le pas. Elle se serait bien mise à courir mais les élèves formaient un flux trop abondant et elle ne voulait surtout pas prendre le risque d’en bousculer un – ou, pire encore, de tomber sur l’un des jumeaux Carrow. De tout le château, élèves et personnel confondus, c’était évidemment eux qui lui faisaient le plus peur. Son désir de se faire bien voir était tellement important qu’elle se raidissait dès qu’elle les voyait et, au-delà de leur attitude sombre et menaçante, c’était surtout l’angoisse de se rendre ridicule qui la pétrifiait.
 
Et évidemment, elle se rendait ridicule – presque toujours.
 
Elle avait bien vu les regards intéressés qu’ils lui avaient envoyés les premiers jours – sûrement parce qu’elle était à Serpentard. Ils s’étaient vite taris pour se teinter d’indifférence puis de mépris à mesure qu’elle leur démontrait sa médiocrité.
 
Elle laissa s’échapper un grognement incompréhensible et resserra ses livres contre sa poitrine. Elle slaloma dans la masse grouillante des habitants du château en retenant sa respiration pour ne pas étouffer sous leurs odeurs corporelles. Merlin qu’elle avait hâte de grandir un peu et arriver au moins à la hauteur de leurs épaules ! Elle avait souvent haï sa petite taille et sa silhouette menue mais c’était dix fois pire depuis qu’elle avait fait sa rentrée. Malgré la température qui avoisinait les cinq degrés au-dehors – il faisait vraiment très froid pour un mois d’octobre –, il devait bien faire vingt-cinq degrés lors des heures de pointe dans les couloirs alors qu’ils n’étaient pas chauffés. L’air était moite de la chaleur humaine et nom d’un Scroutt, qu’est-ce que ça puait !
 
Il fallait absolument qu’elle arrive le plus vite possible à la bibliothèque. Elle affronterait tous les regards incendiaires de Mrs Pince qu’il faudrait, mais Merlin, faites qu’elle arrive plus vite ! Ce devoir de Métamorphose était à rendre pour le lendemain matin et plus que la colère du professeur MacGonagall quand elle verrait qu’elle lui rendrait un travail incomplet, c’était celle de sa binôme en cours qui la terrorisait. C’était une dissertation à rendre en deux parties et dont la note serait commune ; elle devait faire le début et elle était loin d’avoir fini. Amanda Ziegler, l’élève avec qui elle avait du se mettre, était plutôt du genre farouche quand il s’agissait des études. Elle était tellement obsédée par les rendus et par la perfection que ses yeux lançaient des éclairs quand elle en parlait – Andrée était prête à parier que la Serdaigle ne s’en rendait même pas compte, et elle n’exagérait pas du tout à ce sujet.
 
De l’extérieur, Ziegler avait l’air de vivre pour l’école et Andrée trouvait cela légèrement effrayant. Et c’était même presque comique lorsqu’on savait que la jeune Serpentard avait besoin de la surpasser ; il existait entre elles comme une rivalité inexpliquée, comme si un complexe d’infériorité ancré en elle avait soudain fait surface et avait besoin d’être exprimé, comme si…
 
Andrée déboucha dans la cour intérieure et ses pas se firent encore plus rapides.
 
La cour intérieure était un charmant petit endroit toujours plein à craquer d’élèves grouillants. Il y faisait toujours moins chaud que dans les couloirs et les bancs disposés un peu partout rendaient presque agréable les moments passés là-bas. Le sol était recouvert de pavés irréguliers et lorsqu’il faisait beau, ce qui n’était pas le cas ce jour-là, les ombres crénelées des toits du château s’y découpaient nettement et des formes ondulées se dessinaient dessus.
 
Elle allait s’engouffrer sous l’une des arches qui l’entouraient lorsqu’un mouvement plus vif que les autres attira son attention : un peu plus loin, tout près d’un banc et presque cachés par son dossier, Ziegler tenait une discussion très animée avec un garçon plus âgé qu’Andrée ne connaissait pas. Il lui remit un tas de parchemins et elle parut se retenir de reculer de quelques pas. Intriguée – et surtout parce qu’elle avait vraiment besoin de parler à sa binôme au sujet de ce fichu devoir –, elle s’approcha doucement, sans faire de bruit pour ne pas interrompre la conversation. « … ajouté quelques annotations », disait le garçon d’un ton docte, « et là, en vert, c’est un… 
 
- Tais-toi ! », s’écria Ziegler d’un air catastrophé. Andrée ne saisissait pas du tout de quoi ils parlaient, mais Ziegler n’avait vraiment pas l’air de vouloir que cela se sache. Son corps était tendu comme un arc et elle semblait redouter le moment où la mauvaise personne arriverait. La question étant : qui était cette mauvaise personne ? « Louis, je t’en supplie, ne dis plus un mot !
 
- T’es vraiment… » Ledit Louis sembla avoir du mal à trouver ses mots et ses yeux s’étaient obscurcis. « T’es égoïste Amanda ! Et ingrate aussi. » Et il s’en alla à grands pas furieux en plantant Ziegler en plein milieu de la cour. Même si Andrée ne la portait vraiment pas dans son cœur, une sorte de pitié bizarre lui étreignit l’estomac et elle s’approcha en se souvenant pourquoi elle était là. Ziegler, toute perdue, serra sa liasse de parchemins tout contre elle et ne sembla pas la voir tout de suite.
 
« Hey », fit très banalement Andrée. « Qu’est-ce que t’as dans les bras ? Celui qui te les a donnés semblait vraiment en rogne. » Andrée grimaça de sa propre introduction. Parler amicalement avec cette fille n’était vraiment pas la chose la plus naturelle qu’il soit.
 
Merlin, comment pouvait-elle être la meilleure amie d’Alvy ?
 
Ziegler paraissait sur ses gardes et avait l’air de beaucoup trop tenir à ses parchemins pour que ce soit naturel, nota-t-elle ensuite. Les conversations autour d’elles, qui s’étaient tues à la fin de la dispute, reprirent de plus belle quand les élèves constatèrent que la petite Serdaigle était déjà passée à autre chose. « Qu’est-ce que tu as, à tenir tes parchemins comme ça ? Tu vas les froisser. Donne un peu que je vérifie qu’ils ne sont pas abîmés. »
 
C’était une excuse vraiment minable, évidemment. Personne ne pouvait juste croire qu’Andrée souhaitât vraiment s’assurer de l’état du travail de sa rivale – le mot sonnait presque rêche dans son esprit. D’ailleurs, qui faisait attention à la tenue des affaires des autres, même de leurs amis ? C’était un prétexte tout à fait stupide et elle en était consciente.
 
Mais Andrée s’en fichait, parce qu’elle avait déjà la main sur les parchemins. Elle voyait le regard fuyant de Ziegler depuis le début, et elle voulait savoir ce que c’était.

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SERDAIGLE1ère année
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MessageSujet: Re: [Octobre 1997] Prise la main dans les Patacitrouilles - PV Andrée L. de Kerimel Ven 17 Fév 2017 - 22:15

Amanda était en rogne. Elle bouillonnait intérieurement, un mélange poignant de culpabilité et de frustration. Ambivalente, la fillette hésitait à rattraper Louis et lui présenter ses plus plates excuses, tout en désirant plus que tout l’incendier pour la deuxième fois de la journée. Et peut-être même une troisième fois, si cela pouvait la soulager. La jeune sorcière était en boucle, elle n’était pas « égoïste », et encore moins « ingrate ». Bien entendu qu’elle lui en était reconnaissante pour son aide, ainsi que pour toutes les heures qu’il lui accordait chaque semaine. C’était injuste de lui renvoyer cela à la figure. De toute évidence, il était dans l’incapacité la plus totale de la comprendre. Le garçon prodige n’avait jamais besoin d’aide, lui. Il réussissait tout ce qu’il entreprenait, sans jamais se heurter à la moindre difficulté. Et cerise sur le gâteau, il était encensé par toute la famille, glorifié à longueur de temps pour des efforts plus que modérés. Amanda travaillait sans relâche, à n’importe quelles heures du jour et de la nuit, et elle ne lui arrivait jamais à la cheville. Toutes les grâces, tous les honneurs, tout était toujours pour lui.

« Hey ! La fillette aux cheveux blonds se figea, les yeux grands écarquillés. Elle se retourna brusquement, la mine déconfite. Qu’est-ce que t’as dans les bras ? Celui qui te les a donnés semblait vraiment en rogne.

Andrée de Kerimel, il ne manquait plus qu’elle. De toutes les personnes du Château, elle était assurément la dernière qu’elle voulait croiser en ce moment précis. Amanda lui rendit un petit sourire forcé, en guise de bonjour, mais cela ressemblait davantage à une vilaine grimace. Elle dévisagea longuement sa camarade de première année. Faussement aimable, comme à son habitude. Pouvait-elle arrêter de la fixer de ses grands yeux sombres ? Elle détestait ce regard, hostile et glacial. Et puis cette bouche toute fine, ça lui donnait un air coincé, à la limite de la frigidité. Ce n’était pas étonnant qu’elle traîne toujours toute seule, elle ne dégageait pas la moindre sympathie. Si les circonstances avaient été différentes, Amanda ne lui aurait jamais adressé la parole. Elle était dans les petits papiers de la nouvelle Direction, voilà tout. La Serpentard pouvait s’estimer heureuse, elle avait gagné le droit de traîner avec Amanda et ses copines. Un arrangement à l’amiable, rien de plus.

Par malchance, la benjamine des Ziegler s’était retrouvée en binôme avec elle. Un foutu devoir à rendre en Métamorphose, chacune devait en rédiger une moitié. Très sincèrement, elle ne pouvait pas faire équipe avec Alvy ? Elles semblaient s’entendre, toutes les deux, pour la plus grande consternation d’Amanda. Cela lui aurait enlever une grosse épine du pied.  Puis, la Serpentard avait la sale manie d’épier la blondinette dans tout ce qu’elle faisait. C’était vraiment gênant, Amanda se sentait scruter dans le moindre de ses mouvements, dans la moindre de ses paroles. Que voulait-elle à la fin ? Lui voler ses amies, ses notes ? Elle voulait quoi, au juste ?

- Rien d’important, ce n’est pas tes affaires, répondit sèchement la Serdaigle. Afin de ne pas attiser la curiosité d’Andrée, elle ajouta, plus doucement : C’était mon frère, des histoires de famille, tu vois ? Je… Tu dois connaître ça, non ? Même dans ta famille à toi ? Enfin, voilà.

Ce n’était pas maladroit, mais bien une véritable pique. Elle n’avait pas pu s’en empêcher, tant l’indiscrétion de sa camarade l’échauffait. Les élèves appréciés des Mangemorts appartenaient tous à des familles de méchants sorciers, c’était comme ça. Amanda le savait, et tous les élèves de Poudlard le savaient également.

- Qu’est-ce que tu as, à tenir tes parchemins comme ça ? Tu vas les froisser. Donne un peu que je vérifie qu’ils ne sont pas abîmés.

La Serpentard s’était emparée des parchemins de Louis, sans qu’Amanda ne puisse rien faire. Elle lui avait quasiment arraché des mains. Folle de rage, la fillette aux cheveux blonds devint rouge de colère. À quoi elle jouait, celle-là ? Fébrile, la jeune sorcière tendit une main tremblante vers sa camarade de classe :

- Rends-moi ça, Andrée ! S’exclama-t-elle d’une voix chancelante, moyennement convaincante. Allez, tu n’es pas drôle, ça te regarde pas. »

Ses derniers mots étaient suppliants. Amanda priait de toutes ses forces pour que son « amie » obtempère. Ce qu’elle tenait entre ses mains, c’était réellement dévastateur pour la Serdaigle.



Dernière édition par Amanda Ziegler le Sam 25 Fév 2017 - 20:33, édité 2 fois
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SERPENTARD1ère année
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MessageSujet: Re: [Octobre 1997] Prise la main dans les Patacitrouilles - PV Andrée L. de Kerimel Sam 18 Fév 2017 - 14:13

Son sang bouillonnait dans ses veines et laissait comme une coulée brûlante dans tout son corps. Cette insupportable Ziegler savait où appuyer pour que ça fasse mal, oh ça oui. Elle avait purement et simplement insinué que sa mère était méchante. C’était comme cela qu’il fallait l’interpréter, non ? Qu’elle avait des problèmes avec sa mère – sa seule vraie famille – et qu’elle était méchante. Oui elle avait des problèmes avec, non elle n’était pas méchante. Sa maman était d’une gentillesse et d’une force incroyable même si Andrée trouvait parfois difficile de le concevoir, et ce n’était pas une Serdaigle à l’égo trop gonflé qui allait la faire changer d’avis !
 
Elle parvint à arracher les parchemins des mains de Ziegler et un sourire narquois naquit sur ses lèvres. Au moins, ça, elle ne l’aurait pas volé. Surtout que l’expression décomposée de la fillette et la brusque rougeur de son teint en disait long sur l’importance des informations que pouvait contenir les papiers noirs d’écriture.
 
Elle tendit une main vers Andrée et tenta de récupérer son bien. « Rends-moi ça Andrée ! » Même ses mots étaient tremblants. Ils la suppliaient et la Serpentard pouvait presque imaginer sa binôme se mettre à genoux pour l’implorer. « Allez, tu n’es pas drôle, ça ne te regarde pas. » Andrée ricana intérieurement et fit mine de parcourir les première lignes du parchemin. En réalité, elle était juste en train de jubiler. Enfin elle se sentait supérieure sur elle, enfin elle un semblant de contrôle sur la fillette.
 
Une vague d’adrénaline monta lentement dans son corps et la submergea toute entière. Elle ne savait pas exactement pourquoi elle ressentait tout ça – et en fait, elle se sentait presque proche de la démence – mais elle trouva la sensation délicieusement grisante. Elle repensa aux regards condescendants qu’elle et son groupe d’amies ne cessaient de lui jeter quand d’aventure elle se retrouvait avec ; seule Alvy l’épargnait, mais elles n’osaient jamais vraiment se parler alors que les autres se trouvaient à trois pas d’elles et désapprouvaient tout ce qui sortait de la bouche d’Andrée. La Serpentard se disait souvent, en ces occasions, qu’elle s’était embarquée dans quelque chose de vraiment malsain sur laquelle elle n’avait aucune prise, mais lorsqu’elle prenait la décision de limiter ses rapports avec Ziegler au strict nécessaire, un résultat scolaire ou un travail tombait et il fallait qu’elle la surpasse – c’était presque vital.
 
« Évidemment que ça me regarde », ricana-t-elle. « Je suis ton amie, tu as oublié ? Les amis prennent soin les uns des autres et ça », elle désigna le tas de papiers, « en fait partie. » Elle savait qu’une lueur dangereuse dansait dans ses prunelles et elle ne chercha pas à la cacher.
 
Si elle faisait confiance à l’étincelle paniquée qu’elle discernait dans les yeux de Ziegler, alors elle tenait peut-être un moyen de se venger. Andrée porta réellement son attention sur la première page et leva son sourcil droit bien haut. « Sortilège : l’effet du sort de Lévitation sur les êtres vivants ? », demanda-t-elle avec incrédulité. « C’est vraiment ça que tu souhaites si ardemment cacher ? Tu penses vraiment que je suis assez vicieuse pour te piquer ton devoir ? » Mais elle se tut aussitôt comme elle parcourait les paragraphes suivants.
 
Des mots écrits à l’encre rouge et verte étaient inscrits un peu partout dans la marge à gauche. Parfois, à la fin d’une ligne sur la droite, il y avait des petits symboles, comme des croix ou des ronds. La calligraphie des annotations était bien différente de l’écriture ronde et appliquée de la petite Serdaigle ; sans être illisible, il fallait pourtant plisser les yeux et bien se concentrer pour parvenir à la déchiffrer. Fébrile, Andrée passa aux pages suivantes et constata que le même schéma se répétait partout.
 
Elle leva des yeux consternés sur sa camarade. « Qu’est-ce que c’est que ça ? », fit-elle en oubliant d’être agressive. Elle ne parvint juste pas à croire que Ziegler trichait, alors qu’elle se l’était toujours représentée comme quelqu’un de droit – même si elle était particulièrement hargneuse quant à ses notes – et beaucoup trop fière d’exhiber honnêtement ses résultats scolaires. Parce qu’il était évident que les petits mots sur les côtés étaient des indications pour corriger et améliorer la dissertation, et pas du tout les marques d’affection d’une quelconque amie ou d’un admirateur mystérieux.
 
Andrée ne sut pas bien si à cet instant, Ziegler baissa encore plus dans son estime ou si au contraire elle y monta un peu, mais quelque chose dans son esprit changea et l’image qu’elle en avait se modifia. « Tu », mais elle ne continua pas parce qu’elle ne savait juste pas quoi dire.
 
Évidemment qu’elle aussi, quand elle avait constaté la difficulté de certains travaux que les professeurs leur donnaient, avait pensé à céder à la facilité et à aller demander de l’aide aux plus grands. Et détrompez-vous, ce n’était pas par cas de conscience qu’elle y avait renoncé – simplement, elle ne faisait pas assez confiance aux autres et ne connaissait personne qui aurait été apte à lui rendre ce service. Quitte à se mettre dans la bouse de dragon, elle préférer s’y fourrer toute seule plutôt que de se faire aider – elle aurait toujours plus de contrôle sur ses problèmes ainsi.
 
Elle repensa au Louis qui avait quitté Ziegler en toute hâte un moment avant. Est-ce que c’était lui qui aidait la fillette ? « Est-ce que c’est ce Louis qui a écrit tout ça sur ta copie ? », formula-t-elle bêtement – parce que pourquoi cette idiote prendrait-elle la peine de lui répondre ? Toute la joie malsaine qu’elle avait ressentie quelques instants plus tôt était retombée comme un soufflé et elle se sentit juste épuisée.
 
C’était un secret que gardait Ziegler, d’accord, mais était-ce pour autant assez pour la ridiculiser ? Est-ce que les autres élèves de Première Année seraient suffisamment choqués pour satisfaire Andrée ? Et est-ce que les professeurs considèreraient vraiment ça comme de la triche et blâmeraient réellement Ziegler ?
 
Tout à coup Andrée douta, et la perspective de vengeance lui parut soudain bien moins aisée que ce qu’elle s’était figuré en premier lieu.
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SERDAIGLE1ère année
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MessageSujet: Re: [Octobre 1997] Prise la main dans les Patacitrouilles - PV Andrée L. de Kerimel Mar 21 Fév 2017 - 21:40

« Évidemment que ça me regarde. Je suis ton amie, tu as oublié ? Les amis prennent soin les uns des autres.

La Serpentard semblait hilare, à croire qu’elle prenait un réel plaisir à bousculer Amanda. L’intonation de sa voix, le mot « ami » employé ainsi que toute sa gestuelle sonnaient faux. La fillette aux cheveux blonds avait perdu tout espoir, à ce moment précis. Andrée était bien trop heureuse, elle tenait enfin quelque chose, même si elle ne savait pas encore quoi. Dans le fond, c’était de bonne guerre. Amanda et ses copines étaient infernales avec leur camarade de classe. Si elles acceptaient de traîner avec la verte et argent, elles n’étaient pas pour autant aimables, loin de là. Elles ne lui laissaient jamais de place sur les bancs du Parc, et elles ne lui proposaient pas non plus de Patacitrouilles. Par contre, elles se battaient becs et ongles pour être à ses côtés lors des cours dirigés par les Carrow, ou pour être vues en sa compagnie, main dans la main, devant le Directeur. Cette situation était malsaine, surtout pour la jeune Andrée, mais cette dernière ne se plaignait jamais, accusant courageusement les coups bas portés à son égard. Amanda se demandait souvent pourquoi la Serpentard restait avec elle et ses amies. Elle n’avait rien à y gagner, si ce n’est de la méchanceté gratuite, et de la souffrance.

Si la benjamine des Ziegler était particulièrement virulente avec Andrée, c’est avant tout parce qu’elle était horripilée par sa résignation à toute épreuve. Comment pouvait-elle consentir à un tel degré d’assujettissement ? Comment pouvait-elle accepter d’être traitée ainsi, comme la dernière des bouses de dragon ? Amanda était en colère contre sa camarade, elle lui en voulait de la laisser abuser ainsi. Elle n’était pas méchante, elle profitait simplement d’une situation que la Serpentard avait laissé s’installer. De son point de vue, la faute était entièrement rejetée sur Andrée. La jeune Serdaigle n’appréciait pas non plus l’insociabilité de sa camarade de classe. Après tout, si elle ne voulait pas être rejetée des autres élèves, il lui suffisait de faire « comme tout le monde ». Amanda se montrait intolérante, en particulier sur ce sujet. Elle-même faisait tant d’efforts pour être appréciée des autres enfants qu’elle ne pouvait admettre qu’on n’en fasse pas autant.

À la lecture des parchemins, la Serpentard était perplexe. Les mâchoires crispées, Amanda observait avec stupeur sa camarade de classe découvrir toute la vérité. Cette dernière remonta petit à petit les différents indices qui étaient à sa portée. Elle avait compris, c’était fini. La petite tête blonde ouvrit la bouche, prête à déballer un flot d’excuses bidons, mais aucun son n’en sortit. C’était inutile, Andrée n’était pas assez bête pour gober tous ses mensonges. Une seule et unique chose préoccupait la Serdaigle : qu’allait faire Andrée de son gros secret ?

- Est-ce que c’est ce Louis qui a écrit tout ça sur ta copie ?

- Je… Tenta la Serdaigle, désespérée. Tu vas le dire ?

Les yeux embués de larmes, Amanda plongea son regard dans celui de la verte et argent. Elle n’avait aucune raison de lui faire de cadeaux, et toutes celles de la dénoncer à tout Poudlard. Elle avait l’opportunité de se venger de toutes les bassesses subies à son encontre, et elle avait envie de le faire, aucun doute là-dessus.

- Il vérifie juste, tu sais, enchaîna Amanda, contrite. Je travaille toute seule, ce n’est pas de la triche… Mon frère… Il vérifie, c’est tout. C’est pour mes parents, ils sont exigeants. »

C’était une véritable torture pour la benjamine des Ziegler de se confier ainsi. C’était plus qu’elle n’en avait jamais dit à quiconque, même pas à Alvy. Elle détestait plus que tout reconnaître qu’elle était en difficultés, et encore plus devant une fille comme Andrée. Elle l’ignorait, mais les bonnes notes de la Serpentard affolaient la fillette aux cheveux blonds. Elle vivait dans la peur constante d’être « dépassée », de se confronter à meilleure qu’elle. Andrée bénéficiait déjà des cartes « Serpentard » et « famille douteuse » à son actif. Amanda, quant à elle, n’avait rien, si ce n’est ses capacités à s’adapter, et à se plier aux règles établies par les plus forts. Par bien des égards, Amanda était plus faible que sa camarade.



Dernière édition par Amanda Ziegler le Sam 25 Fév 2017 - 20:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Octobre 1997] Prise la main dans les Patacitrouilles - PV Andrée L. de Kerimel Mer 22 Fév 2017 - 23:26

« Je… Tu vas le dire ? » La voix de la fillette était beaucoup trop tremblante pour que ce soit naturel et Andrée leva les yeux de la copie qu’elle était encore en train de parcourir. Devant elle, Ziegler avait les joues striées de larmes et même si elle ne le sentait probablement pas, l’eau dégoulinait en continu de ses yeux écarquillés.
 
Comment pouvait-on avoir l’air à la fois aussi repoussante, méprisable et pitoyable ? « Je ne sais pas », dit-elle honnêtement. Qu’avait-elle eu l’intention de faire au départ, pour commencer ? Juste l’embêter. Une pensée juteuse lui traversa l’esprit et elle se força à ne pas sourire pour ne pas paraître complètement inhumaine. « Ça dépend de ce que tu peux m’offrir en échange. » Bon, elle était inhumaine, c’était clair, mais elle se forçait à prendre un air compatissant et quoi, ça compensait un peu non ?
 
Après tout ce que Ziegler et sa bande lui faisaient endurer au quotidien, elle avait bien le droit de s’amuser un peu – même si pour être honnête le visage luisant de la Serdaigle n’avait rien de très rigolo.
 
Si c’était possible, les épaules de la fillette s’affaissèrent encore plus et elle bredouilla des excuses à peine compréhensibles : « Il vérifie juste, tu sais. Je travaille toute seule », et Andrée leva les yeux au ciel, « ce n’est pas de la triche. Mon frère… » C’était son frère, donc – elle nota l’information dans un coin de sa mémoire. « Il vérifie, c’est tout. C’est pour mes parents, ils sont exigeants. » Le pire, c’est qu’elle n’avait même pas l’air de mentir en disant ça.
 
Andrée essaya de se souvenir d’une fois où la Serdaigle aurait évoqué sa famille devant elle et où, par le plus grand des hasards, elle aurait retenu l’information. Rien à faire – et puis, si elle avait dit quelque chose de mal sur ses parents, Andrée l’aurait à coup sûr retenu, parce qu’accumuler les dossiers sur ses rivaux était pour le moment le moyen de défense le plus efficace qu’elle ait trouvé. Étant donné que certains élèves auraient préféré faire confiance à un Veracrasse plutôt qu’à un Serpentard, elle ne s’attendait pas beaucoup à recevoir de l’aide d’autrui pour ses petits problèmes d’enfant exclue.
 
Andrée recula de quelques pas d’une démarche dansante, un petit sourire fiché sur ses lèvres. Elle mit les parchemins hors de portée de sa binôme en prévision du moment où elle se déciderait vraiment à les récupérer – pour le moment, elle semblait plutôt amorphe. Dans les yeux de la Serpentard, une petite lueur de défi s’était mise à danser. Depuis combien de temps n’avait-elle pas mené la danse dans une confrontation ?
 
« Je ne sais pas ce que je pourrais en faire », susurra-t-elle comme un serpent. Tout autour d’elle, la cour commençait à se vider en prévision du prochain cours et il y avait plus d’espace, mais suffisamment d’élèves étaient présents pour lancer une rumeur. Que ferait Miss Perfection si jamais elle parlait un peu trop fort ? « Est-ce que je pourrais, je ne sais pas, lire à voix haute l’intégralité des corrections que ton cher frère a apporté à ta copie ? Est-ce que ce serait, comment dire, très pertinent ? »
 
C’est pour mes parents, ils sont exigeants. Est-ce qu’il était possible que ses parents la punissent pour de mauvaises notes ?
 
Enfin, peu importait après tout – Mr Leigh ne la punissait pas mais il était la clé de son avenir, et est-ce qu’elle s’était mise à tricher pour lui plaire ? Ce n’était peut-être pas par choix mais le résultat était là : elle était intègre dans ce qu’elle présentait à son beau-père et à sa mère. Donc l’exigence de ses parents, tu parles d’une excuse.
 
Elle se décala encore un peu plus vers le centre de la foule et avisa un banc en plein milieu de la cour. Elle effleura un moment l’idée de monter dessus – si elle ridiculisait encore plus cet abominable petit cafard c’était un bonus, n’est-ce pas ? Du coin de l’œil, elle nota les regards qui commençaient à converger vers elle, les pin’s d’un ou deux préfets à la botte des Carrow et le petit groupe de Serdaigle qui l’observait avec attention, et ses mains se crispèrent toutes seules sur la dissertation. Finalement, pas de lecture surélevée ; la météo ne s’y prêtait vraiment pas et les autres étudiants risqueraient de s’ennuyer.
 
À la place, elle envoya une œillade de défi à Ziegler, comme pour l’inciter à venir récupérer ses parchemins, et ouvrit la bouche en se forçant à ne pas trembler – pourquoi le ferait-elle, d’ailleurs ? Ce n’était pas sa réputation qu’elle s’apprêtait à détruire.


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MessageSujet: Re: [Octobre 1997] Prise la main dans les Patacitrouilles - PV Andrée L. de Kerimel Sam 25 Fév 2017 - 20:52

La fillette bouillonnait intérieurement. Il fallait qu'elle se sorte de ce pétrin, et rapidement. Si Andrée n'était pas sensible à sa petite voix chancelante et ses fines mains tremblantes, elle devait trouver une autre solution. Habituellement, Amanda n'avait pas de mal à attendrir son entourage, tous étaient sensibles à son charme enfantin et sa taille minuscule. Il lui suffisait de mouiller ses grands yeux sombres, et elle obtenait ce qu'elle désirait. Sa famille la considérait encore comme une jeune enfant, et elle ne cessait d'en jouer. Amanda aimait être pouponnée, choyée, et surtout protégée. Elle avait l'habitude de se reposer sur les autres, en particulier son père et son grand-frère, et de les laisser faire à sa place. La Serdaigle induisait ce comportement  protecteur chez ses proches, tous finissaient par travailler pour son compte, sans même le réaliser. En l’occurrence, Amanda n'avait qu'une seule envie : pleurnicher auprès de Louis et le laisser régler ce problème.

Andrée abusait. Elle se pavanait au beau milieu de la petite place, les parchemins gardés précieusement dans ses mains. Elle menaçait de les lire, devant tout le monde. Rouge de colère, la sorcière sentait les regards se poser sur elle et sa camarade, et cela lui déplaisait au plus haut point. Elle tenait à sa réputation ainsi qu'à sa vie sociale, contrairement à la verte et argent qui passait le plus clair de son temps à les souiller. Pourquoi ce comportait-elle de la sorte ? C'était forcément de la jalousie, elle ne pouvait pas détester la Serdaigle à ce point dans le cas contraire. Dans le fond, Amanda ne lui avait pas tant de mal que cela. Du moins, c'est ce qu'elle pensait. Andrée était une fille méchante, avec un mauvais fond, et ne cherchait qu'à faire de vilaines choses. Elle n'était pas obligée de suivre la petite blonde et ses amies partout où elles allaient, si elle était si malmenée que cela. Elle s'infligeait ses propres douleurs par elle-même, et Amanda refusait de payer les pots cassés d'une tarée. Elle se rapprocha de la jeune sorcière, et parla à voix basse :

« Allez, donne-moi ça, Andrée, dit-elle d'une voix anormalement douce, presque amicale. Je te promets, on sera plus gentilles avec toi. C'est pas bien, c'est vrai...

Amanda profita d'un moment d'inattention de la Serpentard pour lui arracher les parchemins des bras. Malheureusement, cette dernière les tenait fermement et ils se déchirèrent sous leurs yeux pétrifiés. Andrée, une moitié, et Amanda l'autre. La blondinette poussa un petit cri de colère, frustrée :

- C'est pas possible ! S'écria-t-elle. C'est de ta faute ! Elle regarda longuement ses bouts de parchemins froissés, la mine déconfite, avant de reprendre en chuchotant : Il ne voudra jamais le refaire..

La fillette était vraiment furieuse. Comment allait-elle faire maintenant ? Le devoir de Métamorphose était à rendre pour le lendemain, et elle n'avait plus ses petites notes miracles. La bleue et bronze était sûre qu'elle échouerait ce devoir, sans l'aide de son aîné. Jusque-là, elle n'avait jamais rendu le moindre devoir sans le faire vérifier au préalable. Elle craignait bien trop d'échouer, et de décevoir ses parents. Ces derniers lui passeraient un savon si elle ramenait des mauvaises notes au premier bulletin scolaire. C'était le drame. D'autant plus qu'Amanda était persuadée qu'Andrée ne voudrait jamais lui rendre l'autre moitié, toute aussi importante que la sienne. Dépitée, elle tenta de négocier :

- Bon, on va à la bibliothèque et on le fait ce devoir ? On rassemble nos deux parties et on en profite toutes les deux... Comprenant d'elle-même que c'était insuffisant pour la verte et argent, elle ajouta : Je vais faire des efforts pour être plus sympa... Je dirai aux filles de faire de même. Et toi... Tu ne dis rien. D'accord ?
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MessageSujet: Re: [Octobre 1997] Prise la main dans les Patacitrouilles - PV Andrée L. de Kerimel Mer 1 Mar 2017 - 20:26

Ziegler resta un instant comme pétrifiée devant son abominable chantage et Andrée se sentit de plus en plus mal à l’aise. Autour d’elle, les étudiants commençaient déjà à s’impatienter et leurs murmures intrigués lui parvenaient comme un bruit de fond. Qu’est-ce qu’elle a, celle-là ? C’est quoi ce parchemin ? Est-ce qu’elle veut dire quelque chose d’intéressant ? Et elle ne pouvait vraisemblablement par leur en vouloir, parce que si elle avait été à leur place elle aurait réagi exactement pareil. Elle aurait été malade de curiosité et aurait pressé la pauvre chose qui se tenait au milieu de la cour comme si c’était une bête de foire. Elle se balança d’un pied sur l’autre ; son silence devenait vraiment trop long, vraiment trop éloquent.
 
Elle été devenue la bête de foire. Son piège allait se refermer sur elle parce qu’elle n’osait juste pas prendre la parole devant tout le monde et elle s’était faite avoir comme un troll.
 
Enfin, la Serdaigle s’approcha doucement d’elle dans un traînée floue et sa voix l’atteignit comme un écho : « … donne-moi ça, Andrée… on sera plus gentilles avec toi… » Les mains d’Andrée se crispèrent encore plus sur le parchemin quand elle comprit qu’une fois de plus, Ziegler mentait – elle ne pouvait que mentir pour dire des choses pareilles. Même pour un devoir, il était plus qu’incertain qu’elle soit sincère en faisant une telle proposition.
 
La jeune Serpentard se mordit les lèvres, indécises, et Ziegler en profita pour se jeter sur elle et sur ses parchemins. Elle tenta de les lui arracher des mains et par surprise, Andrée tira fort de son côté et le devoir se sépara d’une nette déchirure en plein milieu. Les yeux grands ouverts et la bouche en o, la fillette ne sut pas vraiment comment réagir. « Mais qu’est-ce que tu-
 
- C’est pas possible ! », hurla Ziegler. Andrée fut sincèrement heureuse que ses tympans soient résistants, parce que son cri était vraiment perçant. « C’est de ta faute ! », et le rouge monta aux joues de  la Serpentard parce qu’elle trouva la fillette particulièrement injuste.
 
Comment ça, de sa faute ? Etait-ce de sa faute si elle s’était jetée comme une furie, par surprise et sans lui laisser le temps de réagir ? Etait-ce de sa faute si elle avait tiré son propre devoir sans lui laisser la possibilité de lui remettre de manière totalement pacifique ? Elles auraient pu en discuter calmement, trouver un arrangement – avantageux pour Andrée, cela allait de soi – et peut-être, oui peut-être, que Ziegler aurait retrouvé son parchemin en entier. Alors que là…
 
Alors que là, ça n’était clairement plus possible. « Tu es d’une hypocrisie absolument incroyable », lâcha-t-elle avec dédain. Les élèves tout autour commençaient à comprendre qu’il n’y aurait finalement pas de spectacle intéressant, à par peut-être une dispute infantile entre deux Première Année puériles, et s’en retournaient déjà à leurs occupations. « À t’entendre, on croirait que c’est toi la victime, alors que clairement c’est moi qui suis le plus à plaindre – c’est pas toi qu’on a tenté d’agresser pour un tas de parchemins. » Tas de parchemin un poil important pour Ziegler, mais il était inutile de le préciser.
 
Comme toujours elle était d’une incroyable mauvaise foi mais elle refusa même d’y penser.
 
La Serdaigle ne semblait pas vraiment savoir comment réagir et regardait ses parchemins d’un air extrêmement perdu, comme s’ils pouvaient se reconstituer d’eux-mêmes. Sa moue était incroyablement tremblante et sa voix était si basse qu’Andrée eut du mal à l’entendre parmi le brouhaha ambiant. « Il ne voudra jamais le refaire…
 
- Si tu parles de ton frère qui est parti comme s’il te fuyait tout à l’heure, alors non, je doute qu’il veuille t’aider à tricher de nouveau pour ce devoir. » Elle s’adossa au banc qu’elle avait repéré un peu plus tôt et prit une moue narquoise. Tout le malaise qu’elle avait pu éprouver quelques minutes à peine auparavant s’était envolé et elle retrouvait le plaisir premier qu’elle avait eu en dominant Ziegler. « Mais bon, à ce qu’il paraît tu es intelligente », elle insista sur le mot, clairement pas d’accord, « et tu es parmi les meilleures de notre promotion. Refaire un devoir aussi bateau que celui-ci ne devrait te poser aucun problème, n’est-ce pas ? » Ziegler lorgna sur la moitié qu’Andrée tenait et la fillette raffermit un peu plus sa prise sur le devoir. Si elle pensait qu’elle allait le lui rendre si facilement…
 
« Bon, on va à la bibliothèque et on le fait, ce devoir ? », lâcha finalement la Serdaigle. Andrée ouvrit des yeux grands comme des soucoupes – depuis quand se sentait-elle légitime pour lui proposer de travailler ensemble, à elle, son bouc-émissaire depuis la rentrée de septembre ? Elle s’apprêtait à refuser tout net lorsque Ziegler ajouta, comme convaincue que cela pourrait la convaincre : « On rassemble nos deux parties et on en profite toutes les deux… »
 
Son cerveau se mit à tourner à toute vitesse, parce qu’elle sut immédiatement que si elle ne se décidait pas rapidement Ziegler pouvait tout à fait retirer son offre sous prétexte qu’elle l’avait insultée en n’accédant pas immédiatement à sa requête. D’un côté, il y avait son cœur et à peu près son être tout entier qui lui hurlait de réduire les parchemins en mille et uns confettis et de les lui balancer à la figure. Ce serait extrêmement jouissif et servirait d’excellent antistress pour la soirée, et Merlin seul savait qu’elle avait besoin de se changer les idées ce jour-là – et tous les autres jours aussi, d’ailleurs. Dans sa tête, l’argument valait son poids en Gallions et il était difficile d’aller contre lui – d’autant que le « Et toi, tu ne dis rien » que Ziegler avait ajouté comme de rien à la fin de sa proposition lui donnait la désagréable impression de n’être au final qu’une sorte de friandise un peu trop collante ou d’un jeune Boursouflet un peu trop agaçant qu’il suffisait d’écarter d’une pichenette du doigt pour ne plus être embêté.
 
Un ange déguisé en démon tournoya tout autour d’elle en tentant de la convaincre avec sa fourche décorée de guirlandes lumineuses.
 
Je vais faire des efforts pour être plus sympa… Je dirai aux filles de faire de même.
 
Et on en profite toutes les deux.

 
Enfin, il y avait aussi cette autre possibilité – celle de suivre Ziegler sans faire plus d’histoires et de profiter de la situation comme il se devait en ne fournissant aucun réel effort dans la rédaction du nouveau devoir. Elle, elle aurait juste à piocher les informations qu’il lui fallait dans les notes de sa binôme et à les recopier au propre sur un rouleau de parchemin vierge. Et puis la perspective de ne plus se faire embêter à chaque heure de la journée et à pouvoir lancer des regards hautains aux gamines de Serdaigle sans se prendre aucune remarque médisante sur son compte lui laissait un avant-goût plutôt agréable, il fallait le dire.
 
C’était difficile de choisir. Vraiment très difficile.
 
L’ange-démon se bagarrait à présent comme un petit diable contre un petit monstre tout de blanc vêtu, à l’auréole étincelante mais au sourire diabolique. Chaque côté avait ses parts d’ombre et chaque côté avait ses parts de… non, chaque côté n’avait pas sa part de lumière, c’était absurde. Dans tous les cas, sa décision serait guidée par les seuls points positifs que la situation pourrait personnellement lui apporter. Il lui fallait réfléchir calmement, calmement et rationnellement, et ne pas se laisser guider par le continuel mépris et l’agacement tout aussi persistant que Ziegler lui inspirait.
 
Finalement, ses commissures se tordirent en un rictus mi-satisfait mi-narquois et elle tendit les parchemins à la Serdaigle sans toutefois desserrer sa prise : « Ok, deal », fit-elle. « Mais jure sur l’honneur que tu respecteras tes promesses et alors je te suivrai et te rendrai la moitié de ton devoir sans faire de résistance. » Elle planta ses yeux dans ceux de Ziegler et fit de son mieux pour rendre sa voix très impressionnante : « Jure-le. Si tu ne le fais pas, alors je considérerai que tu es sur le point de me jouer un mauvais tour, comme d’habitude, et je ne pourrai pas te suivre parce que je ne suis pas assez suicidaire. » Elle la foudroya du regard comme pour la défier de la contredire. « Si tu ne le fais pas, je réduirai juste ton parchemin en mille morceaux et tu ne pourras plus du tout l’utiliser. Ce serait un peu dommage non ? »
 
Elle, de son côté, n’aurait qu’à déchirer les parchemins avant que la Serdaigle n’ait fini son devoir si jamais elle l’énervait un peu trop – après tout, elle avait déjà prévu de la faire cette dissertation, et qu’était un peu de travail en plus en face d’une immense satisfaction personnelle ?


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MessageSujet: Re: [Octobre 1997] Prise la main dans les Patacitrouilles - PV Andrée L. de Kerimel Sam 11 Mar 2017 - 20:49

À la plus grande surprise de la Serdaigle, Andrée accepta sa proposition. Cette dernière remonta légèrement dans son estime, elle savait où était son intérêt et elle avait choisi d'enterrer la hache de guerre pour en bénéficier. Amanda se sentait soulagée, tout en étant un peu anxieuse à l'idée de travailler avec la Serpentard. Elle peinait à s'adresser la parole sans se crier dessus, comment allaient-elles réussir à composer leur devoir toutes les deux, ensemble ? La meilleure des solutions était sans doute de le faire chacune de son côté, à tour de rôle en s'appuyant sur les deux parties du parchemin réunies. Il valait mieux qu'elles ne se rendent pas à la bibliothèque, au cas où une nouvelle dispute éclaterait. Le parc semblait idéal, l'air frais de l'extérieur ferait le plus grand bien aux deux élèves de première année.

La petite brune savait appuyer là où ça faisait mal : « Mais bon, à ce qu’il paraît tu es intelligente, et tu es parmi les meilleures de notre promotion. Refaire un devoir aussi bateau que celui-ci ne devrait te poser aucun problème, n’est-ce pas ?  Les joues de la bleue et bronze prirent une jolie teinte rosée, et elle détourna le regard de son interlocutrice. En réalité, Amanda était persuadée de n'être pas au niveau de certains élèves de son année. Sans l'aide précieuse de soin frère, elle n'était pas sûre de les égaler, encore moins de les surpasser. La Serpentard faisait partie de ce petit groupe d'élèves, et Amanda craignait qu'elle ne découvre qu'elle n'était pas à la hauteur de sa réputation. Malheureusement, elle devait déjà s'en douter, depuis qu'elle avait découvert les parchemins de Louis.

- Tu es pénible, Andrée, lança la blondinette, les lèvres pincées. Celle-ci était vexée, et elle parvenait difficilement à le camoufler.

Amanda observa longuement sa camarade de classe. Elle était vraiment bizarre, Andrée. Elle alternait des phases de pure méchanceté, où elle lui balançait les pires horreurs à la figure, et des phases craintives, comme si elle était horrifiée par ses propres dires. Aussi, elle était tendue, à deux doigts de l'implosion nerveuse. Puis ses manières, ses grands gestes et ses phrases assassines, elle ne semblait pas très à l'aise avec tout cela. Pour tout dire, elle semblait dérangée, mais Amanda se garda bien de lui dire, même si elle en crevait d'envie. Après tout, elle venait de trouver une alternative à ce cauchemar, elle n'allait pas tout foutre en l'air maintenant.

- Jure sur l’honneur que tu respecteras tes promesses et alors je te suivrai et te rendrai la moitié de ton devoir sans faire de résistance.

La fillette aux cheveux blonds soupira. C'était vraiment nécessaire ? Amanda ne jurait jamais, ça ne se faisait pas dans sa famille. Néanmoins, s'il ne fallait que ça pour faire plaisir à la verte et argent, elle voulait bien s'y résigner, bien qu'elle ne portait aucune valeur aux promesses.  Elle tendit son petit doigt, et pressa celui d'Andrée, en guise d'accord officiel :

- Je jure, chuchota la benjamine des Ziegler en regardant droit dans les yeux sa camarade. Maintenant, si on pouvait se dépêcher de bosser, ça m'arrangerait. On a assez perdu de temps, tu ne penses pas ? Allez, on va au Parc !

Amanda avança de quelques pas et se retourna brusquement, fusillant Andrée du regard afin qu'elle lui emboîte le pas. Cette dernière mit quelques secondes à réagir mais finit par suivre l'aiglonne, toujours aussi rigide. Afin de détendre l'atmosphère, et par la même occasion se vanter, la bleue et bronze ajouta :

- Tu as déjà été voir une Coupe Mondiale de Quidditch ? Personnellement, j'y vais chaque année avec mon papa, ma maman et mon frère, et on a les meilleures places, celles tout devant ! S'exclama Amanda, enjouée. Elle respira un grand coup et reprit : On y va aussi avec Eliott Campbell, tu le connais ? Il est en cinquième année, et il est carrément cool. Il m'adore, je suis comme sa sœur, il me trouve trop mignonne.. Comme si rien ne s'était passé, Amanda et sa meilleure ennemie s'éloignait de la Cour Intérieure, presque main dans la main.

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[Octobre 1997] Prise la main dans les Patacitrouilles - PV Andrée L. de Kerimel

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