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[Octobre 1997] Une baguette à rendre

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DIRECTEUR DE POUDLARDMangemort
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    Mangemort
AVATAR : Alan Rickman
MESSAGES : 139

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Amoureux frustré de très longue date
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 9 janvier 1960, dans une petite ville moldue sans intérêt
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: [Octobre 1997] Une baguette à rendre Ven 3 Fév 2017 - 19:49

« Qu’est-ce tu fiches, au juste ? ». Cette question hantait Severus depuis maintenant des heures, depuis qu’il avait laissé les deux Rowle dans cet hôpital et était rentré à Poudlard. C’était dangereux… Incroyablement dangereux. Trop dangereux. Dangereux d’avoir laissé cette femme voir qu’il la protégeait, là où il n’aurait dû lui montrer qu’une indifférence marquée, une distance froide, la tenir loin de lui comme il tenait au loin tous les autres. Sa conscience ne cessait plus de la harceler. Que fichait-il, oui ? Pourquoi laisser une personne approcher ? Qu’allait-il faire ? L’envie d’enfin s’entourer d’une autre personne de confiance luttait furieusement avec son envie profonde de tenir quiconque à l’écart de lui, peu importe les moyens utilisés. Revenu dans ses appartements, dans la tour directoriale, il commença par défaire sa lourde veste et la laisser tomber sur une chaise, enlevant ensuite quelques boutons de sa chemise et relevant les manches. L’eau froide coulant du robinet, qu’il se passa sur les bras et le visage, lui fit un bien fou, l’aidant à s’éclaircir un peu les idées. Pour l’heure, Severus avait le sentiment d’être au bord d’un gouffre monstrueux avec le choix de sauter soit sans parachute, soit avec un parachute si usé qu’il n’était pas certain qu’il s’ouvre au bon moment. Sauter seul ou sauter avec l’infime espoir de recevoir une aide ? Dans les deux cas, la chute sera mortelle, ne restait à savoir quel sera le degré de douleur l’accompagnant.

Rien ne l’obligeait à sauter seul, cependant, tout l’obligeait à prendre un soin des plus extrêmes quand au choix de la personne qui pourrait l’accompagner dans le gouffre. Tout comme il avait l’obligation de faire en sorte que cette personne, elle, ne succombe pas avec lui. Si tombe il y aura, la personne ayant filé avec lui ne devra pas y pénétrer, quoi qu’il arrive. Il devra la protéger de Voldemort, des autres mangemorts, la protéger d’elle-même et de la folie pouvant s’emparer d’elle en suivant cette voie. Cassidy était si jeune encore, et malgré ce qu’elle avait déjà traversé par la faute de sa famille, pouvait-elle pour autant suivre son chemin sans y perdre la raison ? S’il l’entraînait, elle débutera alors que la guerre entrait sur la dernière ligne droite, les derniers mois avant la fin, ce sera déjà un avantage pour elle. Par ailleurs, elle avait un soutien affectif, en la personne du bibliothécaire, autre point non négligeable, il était bien meilleur de s’appuyer sur une personne de chair que sur un souvenir déjà ancien. Rogue croisa son regard dans le miroir accroché au-dessus du lavabo, tout en prenant une serviette pour s’essuyer les mains et le visage. Une apparence cireuse. Il avait encore maigri depuis fin septembre, rendant son visage mince de base encore plus émincé, comme taillé à coups de serpe.

Severus ferma le robinet puis se rhabilla correctement, son regard n’accrochant qu’un bref instant la Marque des Ténèbres gravé dans sa peau blafarde, à l’intérieur de son bras. L’habitude aidait à l’oublier et Cassidy fera sûrement de même, après un temps d’adaptation. Ce n’était rien, sinon le reflet de leur lien mental avec Voldemort, on pouvait vivre avec une fois accoutumé, une fois entraîné à séparer ses sentiments personnels de ceux qu’il fallait éprouver face au mage noir pour rester en vie. Ce n’était qu’un simple exercice mental, n’est-ce pas ? Une simple histoire de contrôle. Il redescendit dans son bureau puis se mit à son travail quotidien, comme si rien ne s’était passé ce matin-là, prenant un peu de temps pour manger. McGonagall avait déjà envoyé une longue note pour parler de l’organisation des examens blancs puis de celle des véritables examens de fin d’année. Une note s’étalant sur trois rouleaux complets de parchemin où on pouvait très aisément sentir son agacement suprême de devoir s’adresser à lui pour travailler sur le sujet, ainsi que sa volonté presque maladive d’organiser les choses exactement de la même façon que l’année précédente, afin de ne pas perturber les élèves plus qu’ils ne l’étaient déjà et de leur donner les meilleures conditions possibles pour réussir. Bien du travail pour rien, Rogue avait le sentiment que les examens de fin d’année se dérouleront sur une toute autre forme que celle voulue par la directrice-adjointe.

Lire le roman qu’elle avait pondu lui prit déjà un bon bout de temps, bien qu’il en sache déjà les grandes lignes, pour avoir lui aussi dû travailler sur le sujet, du temps où il était directeur de Serpentard. Rédiger une réponse fut presque tout aussi long, étant donné qu’il prit soin d’agir comme s’il s’agissait bel et bien d’un sujet de la plus haute importance pour toutes ces charmantes et adorables petites têtes blondes courant entre les murs de ce château et qui n’avaient sûrement aucun autre sujet préoccupant en tête que leurs examens de fin d’année, en particulier les jeunes et innocents enfants envoyés dans cette « maison » qui n’en était pas une et qui devaient, bien plus que tous les autres, prendre garde à leur survie au quotidien. Tout en grattant sur son parchemin, Severus réfléchit très sérieusement, cette fois, aux sorts et potions qu’il pourrait utiliser pour manipuler cette vieille chouette à distance afin d’organiser, à travers elle, des cours de duel et d’offensive secrets destinés aux Nuncaboucs. Le sortilège de l’imperium ne sera pratique, il lui fallait quelque chose de plus subtil et efficace. Si tous les élèves devaient être protégés, certains d’entre eux, les plus à risques, devaient être pris en charge en priorité. Autrement dit, tous les nés-moldus. Que ce soit avec sa collègue de Gryffondor ou d’autres, il devait trouver le moyen d’organiser ce genre de cours de défense et en tenir les Carrows à l’écart.

En terminant sa réponse, il s’interrompit un instant, les deux coudes sur la table, se frottant un peu la bouche et le menton avec un regard pensif. La fameuse « Armée de Dumbledore » était toujours active, entre les murs de ce château, il pouvait aussi se servir de certains de ses membres pour pousser les autres à s’entraîner ensemble sur des sorts spécifiques. Mais il faudrait au moins plusieurs élèves âgés et expérimentés pour donner des cours aux autres, l’idéal restait un adulte ayant une expérience solide dans le domaine, une expérience de terrain. S’appuyer sur des sixièmes et septième années sera déjà mieux que rien… Il lui faudra les cibler puis user d’un peu de manipulation pour qu’ils mettent des entraînements en place. Restait à se charger des élèves qui n’approchaient pas ce groupe rebelle, par peur ou ou il ne savait quoi encore. Il y réfléchit en bouclant sa réponse, l’envoyant avant de poursuivre son travail, jusque tard dans la soirée. Quelques idées lui étaient venues, plus ou moins rapides à mettre en place, il devrait pouvoir gonfler un vent de révolte et d’envie d’agir chez certains, les laisser ensuite entraîner les autres. Les Carrows allaient sans doute s’arracher les cheveux, enfin, peu importe.

– Dites-moi, Phineas, voyez-vous toujours autant d’élèves circuler, apparemment sans raison, au septième étage ?

– Plus autant depuis quelques jours, mais oui, il y en a.

Peut-être avaient-ils déjà organisé certaines choses, il devra prendre le temps de s’en assurer. A nouveau silencieux, il rangea ses documents et prit le temps de tout classer correctement, avant de se faire apporter, une fois de plus, le repas du soir dans son bureau. Les repas pris dans la Grande Salle depuis le début d’année se comptaient sur les doigts d’une seule main, tout comme ses apparitions dans le château, on aurait pu croire qu’il ne se trouvait jamais au sein de l’école. Sortir la nuit lorsque plus personne ne se trouvait à traîner dans les couloirs avait de très gros avantages, personne pour vous jeter de sombres regards ni rien de ce genre. Après manger, il se servit un verre de whisky Pur-Feu, s’asseyant dans un petite fauteuil près de la grosse cheminée, derrière le bureau. Demain, il faudra bien qu’il sorte et aille parmi les vivants, même un peu, pour donner la baguette de son élève au bibliothécaire, qu’il puisse aller la chercher et la lui rendre. Severus ferma les yeux une minute en se laissant aller, la tête en arrière contre le dossier du fauteuil, puis but un peu, regrettant de ne pas pouvoir boire jusqu’à s’effondrer trois jours durant. Il se leva brièvement pour récupérer quelques livres qu’il parcourait et étudiait lorsqu’il avait le temps, comme ce soir, quelques uns des vieux grimoires de sa mère.

Rogue s’était bien souvent demandé comment sa mère s’y était prise pour obtenir de tels manuels de magie noire, alors même qu’elle se trouvait toujours à Poudlard. Sur chacun d’eux, elle avait inscrit dans une écriture rondelette « Eileen Prince, élève de Serdaigle, cinquième année ». Certains avaient même été acquis alors qu’elle était en deuxième et troisième année. S’il y a bien une chose qu’on ne pouvait lui enlever, c’était son intelligence… Issue d’une famille sorcière lambda, avec des parents convaincus d’avoir une petite fille modèle et assidue, personne n’avait su que l’innocente fillette brune collectionnait des ouvrages de magie noire et s’intéressaient à des sorts puissants et dangereux d’une façon presque maladive. Une fascination morbide tenue secrète tout le long de sa scolarité… Elle avait accumulé un savoir que n’importe qui jugerait mauvais et malsain, et pourtant, tous ces efforts et toutes ces recherches s’étaient révélé vains lorsqu’elle avait abdiqué, lorsqu’elle avait accepté la « défaite ». Elle aurait pu fuir, dès le lendemain de son mariage, en réalisant que son nouvel époux ne voulait pas qu’elle use de ses pouvoirs. Elle aurait pu fuir quand elle le voulait, qu’elle soit enceinte ou jeune mère, et continuer sa vie. Même si sa famille lui avait tourné le dos après qu’elle ait épousé un moldu, même si elle avait fait une erreur en choisissant le mauvais homme, elle avait accumulé assez de savoirs pour devenir spécialiste des plus puissantes magie. Elle aurait pu poursuivre ses recherches, travailler dans de nombreux domaines, quitter ce trou à Londres. Mais non…

Il ne comprendra sans doute jamais pourquoi elle avait aussi vite abandonné, pourquoi elle s’était « éteinte » ainsi. Severus tourna avec lenteur les pages du manuel usé à force d’avoir été ouvert, relisant les formules anciennes, les dégâts provoqués par chacun de ces sorts et maléfices, en ayant essayé une bonne partie avec la baguette de sa mère bien avant d’entrer à Poudlard. Même s’il n’avait pas, à cet âge, la puissance nécessaire pour réussir, au moins s’était-il familiarisé avec ces maléfices et leurs applications. Jamais il ne saura comment sa mère avait fait, à douze ans, pour avoir ces livres. Peut-être un élève plus âgé les avait-il commandé pour elle ? Il parcourut ainsi les différents grimoires, tout en buvant son verre, sans se soucier de l’heure qui défilait. Le sommeil lui échappait souvent et cette nuit-là non plus n’était pas des plus propices à succomber à l’oubli, à s’endormir des heures durant. Que fera-t-il de tous ces livres, par ailleurs, lorsque la fin approchera ? Il pouvait sans doute les abandonner ici, dans la bibliothèque personnelle de bureau. Il y en avait bien d’autres, ayant appartenu aux directeurs et directrices successifs, ainsi que des ouvrages retirés de la Réserve à cause de leur dangerosité. Des heures plus tard, un rayon de soleil vint arracher Rogue à son étude. Il était temps.

Cassidy allait passer la journée à l’hôpital pour se reposer, son cousin fera de même, bien qu’il doive y rester plus longuement, Voldemort était au loin, tout comme Bellatrix. Rien de plus urgent ne l’attendait aujourd’hui. Severus quitta la château après jeté sa lourde cape sur ses épaules, transplanant dès qu’il eut quitté l’abri des murs. La journée et la nuit à venir allaient être longues… Selon ses informations, c’était aujourd’hui que les marionnettes, consentantes ou non, de Voldemort allaient lancer les plus grosses rafles, à travers tout le pays, pour traquer les fuyards, les nés-moldus et tous ceux cherchant à échapper à la dictature. C’était le moment d’en profiter pour se rendre discrètement au Ministère et trafiquer leurs dossiers et la mémoire de certains afin de les aiguiller sur de fausses pistes, dans leur recherche de Potter et ses deux chers amis. Une fois cela fait, il devra poursuivre sa propre traque, il restait quelques « alliés » gênants de Voldemort qu’il fallait écarter de la course. Même s’il en pouvait se permettre de les supprimer, il serait bien trop douteux que tous meurent ainsi sans explication, il pouvait préparer des pièges et accidents qui les mettront à terre dans les quatre prochains mois. La tête pleine des sortilèges revus durant la nuit, Severus se mit au travail, s’attaquant d’abord au Ministère.

La chasse à l’homme a un petit goût très particulier et un côté fascinant. Au moins Severus pouvait comprendre l’amusement des mangemorts lorsqu’ils étaient sur la piste d’une personne, il y avait en effet un côté très accrocheur à traquer sa victime et déjouer toutes ses défenses. Il n’avait guère le temps de s’occuper de chacune de ses cibles, ne pouvant pas se permettre de disparaître des ondes trop longtemps au cas où Voldemort le faisait appeler ou qu’il y avait un problème quelconque à Poudlard, néanmoins, il put s’en prendre aux deux cibles prioritaires de sa liste. La première fut plus aisée que prévue, étant donné qu’elle avait développé une addiction à l’alcool, que Severus utilisa pour l’empoisonner et lui faire perdre la raison. La seconde fut plus délicate, l’homme se protégeait bien. Mettre en place le piège pour lui faire perdre sa crédibilité puis sa place au sein du Ministère lui prit de longues heures et une partie de la nuit, le temps de manipuler l’esprit d’un de ses collègues puis de fabriquer de fausses preuves qui feront plonger sa cible plus tard. La nuit se passa, puis la matinée. Il était près de quatorze heures de l’après-midi lorsqu’il fut de retour à Poudlard, épuisé mais satisfait.

Sans prendre le temps de se reposer, il récupéra la baguette de Rowle, laissée sur un coin de son bureau, puis quitta de nouveau la tour, à la recherche de Holbrey. Après cette tâche, il devra dormir un peu ou s’y obliger. Il n’avait plus fermé l’œil depuis deux jours et deux nuits, restant debout grâce à des potions régénérantes et à la peur de sombrer dans le sommeil si c’était à nouveau pour être harcelé par des cauchemars où il voyait Dumbledore chuter du haut de la Tour d’Astronomie. Après avoir interrogé deux élèves, un de Serdaigle puis un autre de Serpentard, il sut que le bibliothécaire venait de rentrer dans la salle des professeurs, s’y dirigeant à son tour assez vite, c’était juste à côté. La pièce n’abritait que Holbrey, Chourave assise dans un gros fauteuil et si bien plongée dans un gros manuel qu’elle ne le vit même pas entrer, et le fantôme du professeur Binns qui soupirait dans un coin. Severus interpella directement le bibliothécaire, se demandant une fois de plus, en le voyant, s’il sera un assez bon soutien pour Rowle au cas où il décidait de l’entraîner dans tout cela.

– Miss Rowle est l’hôpital, annonça-t-il d’emblée. Elle a eu une journée un peu chaotique, avant-hier, mais n’est pas blessée sérieusement. Vous devez aller la chercher à Sainte-Mangouste, elle ne peut pas transplaner seule jusqu’au château.

Il la sortit de sa poche la baguette de Cassidy pour la tendre à Holbrey, sans expliquer comment il en avait eu possession, n’ayant pas envie de s’attarder sur les détails. Elle expliquera par elle-même, si elle le voulait, ou plutôt si elle le pouvait, ce n’était pas à lui de le faire.

– Vous pourrez lui rendre sa baguette, également. Néanmoins, si elle n’est toujours pas en forme, laissez-la deux jours de plus à l’hôpital.

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SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Pas vraiment seul, mais presque.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 10 Août 1964
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MessageSujet: Re: [Octobre 1997] Une baguette à rendre Sam 4 Fév 2017 - 4:30

Un doigt replié frappa à trois reprises sur le bois de la porte, si discrètement que le bruit raisonna à peine dans le couloir. La fatigue l’avait fait poser son front contre l’entremêlement régulier de cernes, où la moelle de l’arbre ressortait plus sombre encore sous la couche de vieux vernis, et il sentit la vibration de son geste se répandre dans son crâne. La sensation fut détestable et Octave grinça au moment où il comprit son erreur, le cerveau frémissant dans la migraine. Mais au lieu de s’écarter, il se laissa davantage aller, prenant appui contre la porte sans craindre de tomber si Cassidy lui ouvrait. Si. Il était tard. Ou plutôt très tôt déjà. Plus de six heures du matin en tout cas, l’horizon s’étant déjà teinté d’un bleu azur au moment où il avait transplané pour revenir aux abords de Poudlars. Les oiseaux chantaient et cela ressemblait fort à une agréable journée en son plus timide commencement. Il avait marché d’un pas farouche sur le chemin menant au château, empli d’énergie malgré une nuit blanche mitigée et particulièrement nerveuse. L’air frais, la rosée du matin, mais surtout cette brume pesante sur les fourrées sauvages le rendait de bonne humeur tant le paysage aspirait à la sérénité la plus parfaite. Il n’y avait personne. Luxe, calme et volupté, vous dirait l’autre. Aspirant sa vivacité à pleins poumons, Octave savait toutefois que ce n’était qu’un leurre. Le reste d’adrénaline probablement ; ses muscles bandés par les fantômes passés d’une fébrilité diffuse le maintenaient éveillés, tout comme la douleur qu’il ressentait au visage au contact d’une atmosphère aussi humide. Pendant son escapade au Pôle Nord, sa peau s’était asséchée et les capillaires sanguins de ses joues avaient rompus sans qu’il n’en ressente grand-chose tellement le froid insensibilisait. Ici, l’air avait finalement réchauffé son corps et il ressentait la moindre blessure, l’eau pénétrant chaque coupure et ses nerfs dénudés s’électrisant. Mais une fois rentré, son pas se ralentit sensiblement jusqu’à ne plus être qu’une patte de velours foulant à peine le sol de pierre. Et avec l’apaisement chaleureux était revenue la fatigue. Au moment de se présenter à l’entrée des cachots, il sentait déjà l’épuisement nouer ses articulations et alourdir ses paupières d’un plomb dense.

Plus il réfléchissait, plus cet impromptu lui semblait être une mauvaise idée, le fruit d’un esprit en quête d’un sommeil réconfortant. Il s’était, l’espace d’un instant, imaginé s’effondrer dans ses draps à elle pour sombrer entre les bras d’un repos sans fond. Quelques secondes plus tard, le voilà qui toquait à la porte, les yeux fermés et la vague idée de trouver une consolation bien plus agréable que son propre lit. Mais personne ne répondait. Il frappa encore, avec plus d’insistance cette fois, sans penser au fait qu’elle pouvait peut-être dormir. Il grimaça, regrettant déjà, mais heureusement, aucun son ne lui parvint et la porte demeura close. L’apaisement se transforma soudain en inquiétude. Pourquoi n’ouvrait-elle pas la porte ? Il était bien trop tôt pour prétendre avoir des affaires à traiter autres que celles que l’on trouvait dans nos songes. D’une main, il prit appui sur la poignée et voulut l’ouvrit, mais se ravisa de justesse. Ils n’en étaient plus à ça maintenant. Elle était peut-être en train de se doucher, ou de dormir d’un sommeil si profond que le bruit de sa demande ne parvenait pas à ses oreilles ourlées de quelques agréables rêveries. Il sourit, imaginant la rivière de lait de ses draps se mêler au miel de ses cheveux éparpillés. Un soupir paisible, suivi du soulèvement mesuré d’une poitrine endormie et des yeux aux cils rabattus sur une joue pleine et belle. Octave retira sa main et fit quelques pas vers l’arrière, s’obligeant à mettre ses inquiétudes de côté. Il ne fallait pas insister. C’était peut-être mieux ainsi, qu’aurait-il fait de toute manière si elle avait daigné lui ouvrir ?

Que la bibliothèque était grande lorsqu’il n’y avait personne ! Quelques pâles rayons de soleil se déversait en cascade immobile sur le sol, nimbant la pièce d’une lumière quasi-céleste. Des étoiles de poussière y dansaient, parsemant sa vision d’une myriade de paillettes comme si quelqu’un avait jeté une poignée de poussière d’or. Octave traina sa carcasse jusqu’à sa douche, où il resta jusqu’à la somnolence avant de se forcer à sortir pour inspecter les engelures. Avec un certain soulagement, il constata dans le miroir qu’il n’avait qu’une rougeur qui lui traversait le visage. En revancha, Cassidy avait eu raison de ne pas lui ouvrir car ses yeux, injectés de sang, reflétaient tout le malaise qu’il éprouvait à passer une nuit blanche. Le grenat se fondait dans le vert de ses rayons colorés et le contraste était d’autant plus abominable que les deux couleurs se trouvaient parfaitement à l’opposé du cercle chromatique. Quelques gouttes apaisèrent le verre pilé qui semblait recouvrir la surface de ses globes oculaires, une potion contre la douleur et une pour se réveiller plus tard, Octave était sorti de ses appartements, vêtu un peu plus négligemment que d’habitude, son apparence n’étant que le reflet de son état. Il n’avait jamais réussi à bien supporter l’absence de sommeil, finissant immanquablement par avancer dans le brouillard de la vie comme une espèce de paramécie, à l’aveugle. Dans ce genre de cas de figure, il se cantonnait à des tâches répétitives qui ne lui demandaient aucune réflexion nouvelle. Il aurait pu dormir un peu avant l’ouverture officielle de la bibliothèque, mais il savait que si sa tête se mettait ne serait-ce qu’un instant à la verticale sur un doucereux oreiller, elle ne se relèverait plus. Alors il préférait se mettre en autopilote et tenir, tel un vampire, jusqu’à ce que les derniers rayons de soleil ne disparaissent derrière les montagnes.



« Miss Rowle… »

Sa voix brailla, enrouée de fatigue et il se racla la gorge, se sachant ressembler en cet instant à un alcoolique anonyme ayant bafoué son abstinence pour remplacer l’eau de son organisme par de l’alcool. Que l’état d’ébriété était semblable à celui de l’épuisement. Octave avait toqué avec plus de vigueur que le matin même, une impatience dans le geste mue par la seule inquiétude de ne pas l’avoir vue de toute la journée. Il ne s’était pas présentée à la bibliothèque comme elle le faisait d’habitude, et il n’avait pas eu le loisir de l’apercevoir dans les couloirs ou à l’infirmerie, comme cela arrivait fréquemment, quand il faisait mine de se diriger quelque part alors que son intention était uniquement dirigée par un désir de saisir à la dérobée son image en vol. Aucune réponse. Ses sourcils se froncèrent et il baissa la tête, observant ses chaussures. De ses deux bras, il prit appui contre la porte et s’étira le dos dans un craquement qui raisonna dans les couloirs comme si quelqu’un avait secoué d’un coup sec un sachet de dés. L’inquiétude perçait à travers la lassitude tel un couteau tranchant un voile, le prenant à la poitrine. Ce qu’il craignait le plus était-il en train de se produire ? Pourquoi ne l’avait-elle pas prévenu de son départ ? Il n’avait d’autre choix que de garder son angoisse pour soi : le simple bibliothécaire n’avait pas le droit de s’inquiéter de l’absence d’une apprentie potionniste. Ce n’étaient pas ses oignons. Elle n’était plus là, sa porte était fermée et il ne savait ni pourquoi, ni comment, ni pour combien de temps elle était partie. Allait-elle revenir ? Ses affaires étaient-elles encore dans sa chambre en fait ? Avait-elle changé d’avis subitement et avait préféré quitter le château pour ne plus avoir à l’affronter ? Octave se laissa aller contre ses bras, s’étirant maintenant douloureusement les muscles bétonnés de ses jambes, poussant contre la porte avec la crainte qu’elle ne s’ouvre sur une salle vide. Mais elle était bien fermée. Son père aurait pu l’obliger à le rejoindre pour les éloigner, étouffer ses propres suspicions dans l’œuf ? Les questions se bousculaient dans son esprit et l’absence d’indices rendait son imagination d’autant plus fertile, faisant pousser en son sein quelques horribles suppositions qui ne pouvaient naître que dans le cerveau de celui qui ne croyait plus en ses capacités. L’amertume remontait dans sa gorge et il ravala une bile acide qui lui brûla les entrailles. Pourquoi n’était-elle pas là ? Pourquoi n’avait-elle rien écrit ? Où était-elle ? Que faisait-elle ? Et personne ne semblait en mesure de lui fournir une réponse. De toute manière, Octave ne savait pas à qui demander sans les mettre tous deux en danger. Patience, patience, patience…



Aviez-vous déjà été si fatigué qu’il vous était impossible de dormir ? La journée avait été longue et la nuit davantage encore. Il devait se rendre à l’évidence que Cassidy n’était nulle part dans le château et que faire des allers-retours dans les cachots n’était pas prudent. Il n’avait plus qu’à observer le plafond d’un œil absent en essayant de refreiner le cours mitigé de sa maladive réflexion. Le matelas semblait dur et il ne s’endormait que pour quelques minutes avant de se réveiller en sursaut comme si quelqu’un lui avait aboyé dans l’oreille. L’absence de réponse était insoutenable. Les possibilités étaient si variées qu’il partait dans les embranchements sinueux d’une sombre divagation sans fin ni fond. Son corps souffrait, incapable de se détendre, ni de se reposer, malmené par un esprit en éveil permanent. Sans succès, chaque ligne de chaque livre le ramenait sans cesse vers le même sujet. Chaque point d’interrogation le ramenait à ses propres questions et tout sujet était bon pour le ramener à Cassidy, son absence et les exaltations qu’elle provoquait en lui. Le sommeil venait par surprise, de manière sporadique, l’abandonnant encore plus épuisé que l’instant d’avant. L’idée de boire quelque chose pour s’évanouir lui effleura l’esprit, mais il avait le sentiment que s’il le faisait, il allait rater quelque chose, un élément capital dans le dépouillement de cette énigme. Les heures finirent par ne plus être remarquées, plongeant Octave dans une douce transe, accentuée par l’absence prolongée de sommeil. Il n’aimait pas boire des potions qui affectaient son système nerveux d’une manière ou d’une autre. Peut-être était-ce lié à ses multiples expériences avec la drogue, mais il refusait dans la mesure du possible à avoir recours à tout ce qui pouvait se rapprocher de près ou de loin des antidépresseurs. Au petit matin, l’épuisement avait finalement eu raison de lui et il parvint à dormir quelques heures d’affilé.

En fin de matinée, l’agitation qui régnait à la bibliothèque l’avait poussé à remonter les escaliers en direction de la salle des professeurs, où il trouva refuge des incessants froissement de papier et des murmures qui lui tapaient sur le système avec le même succès que si la pièce avait abrité un concert des tambours du Bronx. Le grincement des plumes raisonnait dans sa boîte crânienne et, ayant parfaitement conscience que la faute n’imputait pas aux élèves, il était allé chercher le calme autre part. Il avait embarqué un livre avec soi, dans une dernière tentative de se changer les idées, mais finalement il lui fallait s’obliger à penser à autre chose que ça. Ecrire des lettres s’avéra être une honorable occupation qui parvint à détendre sa mâchoire jusqu’à ce qu’un trou dans la table ne lui fasse déchirer le parchemin d’un coup de plume trop corsé. Il ferma les yeux, se laissa aller contre le dossier de sa chaise et se dit qu’il ne lui restait plus qu’à écrire à Andreas pour lui dire à quel point il était une raclure de bidet, un fayot élitiste, une sangsue d’eau trouble. Et alors qu’il fleurissait en lui tout un nouveau pan de la littérature, une voix familière l’interpela par-dessus son épaule. Rogue. Satan merci, voilà quelqu’un qui pouvait le forcer à s’oublier un peu. Comme le Directeur semblait vouloir garder sa posture, Octave se releva et, empreint d’une vague curiosité, rejoignit l’illustre usurpateur dans ce qui lui sembla être une attitude de cachoterie. Mais plus il se rapprochait du sieur, plus il remarquait par sensations miroir à quel point son état était lamentable. Une réunion de drogués dans un coin sinistre du château. Requiem for a Dream by Holbrey and Rogue. Les deux hommes étaient d’allure terriblement semblable et si les trous noirs de Rogue étaient devenus mattes à cause de la fatigue, ceux du bibliothécaire étaient aussi profonds que deux tunnels sans lumière. Il voulut être avenant comme à son habitude, débordant de sarcasme et horriblement charmant, mais franchement… franchement. Rogue s’en foutait et Octave aussi. C’est donc le visage parfaitement inexpressif qu’il regarda le Directeur, non pas éteint mais simplement hermétiquement clos, à la limite de l’indifférence.

– Miss Rowle est l’hôpital. Elle a eu une journée un peu chaotique, avant-hier, mais n’est pas blessée sérieusement. Vous devez aller la chercher à Sainte-Mangouste, elle ne peut pas transplaner seule jusqu’au château.

Flap, flap, flap. Plait-il ? L’impassibilité demeura, l’esprit s’envola. Ses yeux s’abaissèrent instinctivement vers le bruit provenant d’en bas, rencontrant une main lui tendant une baguette. Ce que Octave voyait une fois, il ne l’oubliait pas. Les doigts l’enserrant étaient différents, mais cette forme et ce bois ne pouvaient être que les siens. Sa conscience n’avait pas encore réalisé que son inconscient entamait déjà un travail fulgurant. Il remonta son visage, laissant l’incertitude planer encore quelques secondes sur son esprit, mais l’air fatigué du Directeur lui remit les idées en ordre d’un claquement de doigt. L’écrou fut remis en place, la machinerie grinça et repartit à une allure encore plus frénétique qu’avant. Cassidy était à l’hôpital depuis avant-hier, quelque chose impliquant manifestement Rogue s’étant produit plus tôt le jour même. Et maintenant ce dernier lui rendait la baguette de la jeune femme lui indiquant que lui et nul autre devait aller la récupérer. Le temps d’attente fit sens immédiatement, avant même que le Directeur n’ait eu le temps d’y faire allusion. Elle n’était pas sérieusement blessée, mais toutefois suffisamment pour que son état demande quelques journées de soins. Sa propre question subsistait : pourquoi ne lui avait-elle pas écrit le jour même ? Le lendemain ? Pourquoi ne l’avait-elle pas prévenu ? Qu’est-ce qui pouvait l’empêcher de le faire ? Rogue diminuait-il la gravité de blessures qui l’auraient empêché de tracer quelques lettres sur un parchemin ? Mais elle était en vie et c’était le principal pour le moment, sa convalescence allant visiblement à son terme. Rogue. Pourquoi Rogue ? En quel honneur Rogue ? Le seul lien qui les unissait était leur amour inconditionnel des potions et leur appartenance au monde des Mangemorts. Mais surtout, pourquoi Octave ? Pourquoi pas Andreas, ou un membre quelconque du personnel, plus proche de son statut et de son rang, ou simplement le Directeur lui-même ? La phrase avait la forme d’un ordre, mais n’en avait ni la sonorité, ni le goût. Vous devez, vous devez…  

Potter. Le mouvement machinal de son intelligence faisait un travail en arrière-plan, balançant à la surface de son cerveau des bribes d’idées comme des miettes de pain à la surface d’un lac. Soit Octave était un parfait larbin… Mais ce n’était pas le cas, il en était sûr, ce n’était pas son rôle. Il faisait des choses dégradantes peut-être, mais le bibliothécaire n’avait pas la carrure de celui qui allait chercher du personnel blessé à l’hôpital. En pure théorie, des infirmiers pouvaient s’en charger à sa place, et il voulait naïvement croire que sa présence en particulier était requise pour l’exercice. Tout le monde était bon pour la ramener finalement, sauf lui. Il était le premier sur cette longue liste de personnes qu’elle haïssait avec minutie au point de manigancer des plans à son encontre qui allaient jusqu’à l’administration de Doloris. Leur lien explosif avait évolué, le poids de leurs sentiments respectifs s’étaient effondrés et tendaient doucement vers une nature toute autre dont aucune âme ne pouvait être au courant, il en était certain. Potter. Octave n’avait même pas eu le temps de ressentir du soulagement en voyant certaines de ses interrogations se dissoudre dans des faits réels, tant sa pensée bondissait vers les mystères d’une situation évolutive. Pourquoi Potter ? L’Occlumancie. Il se souvint de leur conversation entretenue dans une maison vide du village, où le jeune homme lui avait avoué les talents de Rogue dans le domaine. Qu’avait donc fait Cassidy ? Etait-ce une intrusion forcée dans son esprit ? Non. La violence ne lui aurait pas fait considérer Octave comme une solution, à moins qu’il n’ait à l’esprit un sadisme accru pour faire souffrir son fougueux larbin à la vue de sa dulcinée à l’article de la mort. Cette éventualité resta un instant, mais la voix de Rogue lui revint en tête. Il était parfaitement capable de faire preuve de sarcasme, d’acidité et de méchanceté gratuite, or il n’y avait rien de tout cela dans cette invective finalement en somme toute discrète. C’était de la considération. La logique situationnelle n’avait pas sa place ici, il ne s’agissait plus que de faits purs. Il était au courant et jugeait que la situation nécessitait nul autre que lui. Cassidy était forte, une simple blessure, quelle qu’en soit la gravité ne l’aurait pas déstabilisée, à moins qu’elle ne soit proche de la mort, ce qui n’était manifestement pas le cas. Il y avait quelque chose d’autre, de plus grave qui s’était produit et qui ne concernait pas le corps.

L’envie soudaine de prendre Rogue par le col se fit sentir dans ses mains, illuminant un bref instant son regard d’une lueur étrange. S’il avait lu dans ses pensées les liens qui les unissait, il avait pu lire bien d’autres choses et Cassidy pouvait maintenant se retrouver en mauvaise posture face à son père, au Seigneur des Ténèbres, à tous les Mangemorts. Etait-ce donc la raison pour laquelle elle s’était retrouvée blessée ? La fureur retomba aussi vite qu’elle était montée. De la considération. Aucun sadisme. Une discrétion voilée. La pensée était une chose complexe. On pouvait parcourir de grandes distances en un battement de cil. Après ce qui finalement ne dura quelques secondes, Octave s'assagit dans son entendement, lui donnant repos. Maintenant, doucement, il prenait conscience de la situation et de ce que cela impliquait. De la considération. L’idée était restée bloquée dans son esprit comme une bribe de code que la machine de son cerveau était incapable de lire. Quelque part au lointain, son intelligence essayait de faire le lien entre ce qu’il réalisait et ce que la conversation avec Potter l’avait amené estimer. Alors que rien ne s’y destinait, Octave eut un sourire en coin. Le sourire de l’illumination proche. Il savait qu’il touchait quelque chose du bout des doigts, sans exactement comprendre de quoi il s’agissait. Si Cassidy savait faire semblant, elle ne savait en revanche certainement pas protéger son esprit, et quelque chose avait manifestement empêché Rogue d’être sévère quant aux découvertes faites dans le dédale féminin. Etait-elle sa protégée à ce point ? Octave regarda encore une fois la baguette, attendant de s’en saisir cette fois pour retenir un peu son collègue jusqu’aux limites que sa patience pouvait donner à ce genre d’affaires. Maintenant il le voyait avec beaucoup plus de clarté : les traits de son visage étaient tirés, fatigués jusqu’à l’absurde, maigres comme seul un homme sans sommeil et empli d’inquiétudes pouvait avoir. Octave le savait bien, cela, il en était le reflet maussade. Quels cauchemars l’empêchaient donc de dormir et de vivre ?

« J’oublie parfois que tu n’as que quatre ans de plus que moi. »

Le ton n’avait rien de moquer ni de sarcastique, comme aurait pu l’induire ce nouveau tutoiement. Non, le tutoiement était là pour autre chose. La voix avait sonné grave et calme, vaguement imprégnée d’un regret pudique. Des questions ? Par millions, elles se pressaient, indicibles. Avec ce personnage, il fallait tout deviner, les questions n’ayant que très rarement grâce aux yeux du Directeur. Finalement, Octave releva une main et se saisit de la baguette, frôlant du bout des doigts la main effilée de celui qui ne trouvait plus la paix. Lentement, il la rangea dans la poche interne de sa veste de costume.  

« Merci. »

Il aurait pu préciser, rajouter quelques fioritures pour mieux expliquer ce simple mot, mais sa voix était emplie d’une telle ferveur qu’elle balayait le spectre de sa pensée d’une passion unique. Même s’il ne s’aventurait pas encore clairement à supposer les raisons qui avaient menées le Directeur jusqu’ici, à emprunter ce chemin, Octave se sentait rassuré de savoir qu’un tel personnage s’inquiétait pour celle vers qui allait toute son affection. Un instant, il crut voir la faiblesse…

« Y a-t-il un moment favorable pour que j’y aille sans croiser Andreas, où sa présence n’y est ni attendue, ni souhaitée ? »

Et puis, dans un élan inspiré par sa réflexion méticuleuse, il ajouta soudain, dans une parole presque sourde tant elle n’était destinée qu’à une unique oreille :

« Ca ne t’intéresse probablement pas, et tu n’en voudras pas sur le moment, mais je vais le dire quand même, parce qu’on ne sait jamais de quoi le lendemain est fait. Un jour peut-être, une tempête s’abattra sur toi et je serai le plus grand arbre sous lequel tu pourras t’abriter. Ce jour-là je ne poserai pas de questions et je ferai ce que tu voudras. »  Puis, finalement un sourire se fit et il rajouta dans un souffle sarcastique « Non, le vouvoiement ne s’y applique pas. Trop tard, le mal est fait. »

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MessageSujet: Re: [Octobre 1997] Une baguette à rendre Dim 5 Fév 2017 - 12:30

Finalement, le bibliothécaire de Poudlard prenait une toute autre place dans le puzzle constitué de longue date et auquel il hésitait toujours à ajouter une pièce nommée « Cassidy Rowle ». Pour s’y résoudre, il fallait rassembler plusieurs conditions et au cas où il décidait vraiment de l’emmener dans cette voie, il fallait en plus s’assurer qu’elle reste en vie même après la fin de Voldemort. Lui-même n’avait plus rien à perdre, tout comme Dumbledore était arrivé à la fin d’une très longue vie qu’il pouvait quitter sans trop de honte. Mais cette femme était encore trop jeune et avait tout à perdre, il n’était pas en droit de la couper de tout et la laisser se détruire, ce qui incluait donc que l’entraîner avec lui signifiera également la protéger. Pas seul, cependant… En ouvrant ainsi son esprit aussi largement à l’hôpital, la Rowle avait sous-estimé l’ampleur de ce qu’elle donnait à voir, croyant sans doute qu’il n’allait « lire » que les pensées qu’elle voulait, elle, uniquement. Ça aurait été le cas si elle maîtrisait la pratique et savait fermer son esprit, hors, ce n’était pas encore le cas. Dans ce maelström, il l’avait vu, Holbrey, une petite partie de ce qu’il représentait pour elle. En cet instant précis, malgré la fatigue et son envie d’enfin s’isoler et dormir, il cherchait tout de même à s’assurer que cet homme pouvait être un rempart pour la petite Rowle. S’il pouvait compter sur lui, somme toute… Merlin, si toutes les personnes en qui il comptait et avait confiance savaient ça, elles en feraient une attaque.

En tout cas, l’homme face à lui tirait maintenant un regard assez étrange, comme s’il hésitait entre hurler et exploser ou bien poser environ un petit million de questions tout en sachant très bien qu’elles resteront sans la moindre réponse. Puis il sourit tout à coup, certes, un sourire en coin, minuscule, mais un sourire tout de même. Soulagé d’apprendre que sa copine se portait bien ? Du moins, aussi bien qu’elle le puisse, désormais. La douleur physique avait dû lui passer depuis des heures, à présent, il ne lui restait qu’à surmonter le choc mental. S’en était plus simple lorsqu’on acceptait d’être Marqué par soi-même, comme lui-même l’avait accepté il y a des années. Encore jeune et assez inconscient, il n’y avait vu alors qu’une opportunité de plus de gagner plus de pouvoirs, de progresser toujours plus loin, en utilisant tout ce qu’il pouvait pour progresser. Puis cette Marque était devenue le rappel le plus brûlant de la plus grosse erreur de son existence, une motivation de plus d’en finir avec le mage noir, quoi qu’il arrive désormais. Holbrey se décida enfin à bouger, lançant du même coup d’un ton très naturel « J’oublie parfois que tu n’as que quatre ans de plus que moi. ». En d’autres circonstances, Severus se serait agacé du tutoiement soudain alors qu’ils ne se connaissaient pas et qu’il n’avait pas non plus la moindre envie que ce type le connaisse, cependant, à l’heure actuelle, la fatigue pesait trop pour se mettre en colère.

– Merci.

Bizarre comme un simple mot pouvait vous couper tout net tant vous aviez si peu l’habitude de l’entendre. Rogue interrompit assez brusquement le mouvement entrepris pour faire machine arrière et quitter cette salle, rentrer dans ses appartements, en retenant de justesse un regard assez choqué. C’était… étrange. Enfin bon, la situation en soit était très bizarre aussi. Si Severus s’était adressé à lui, c’était uniquement parce qu’il avait vu une petite partie du lien s’établissant entre lui et Rowle dans l’esprit de cette dernière, dans un autre cas, ce n’est pas au bibliothécaire de l’école qu’il se serait adressé pour ramener ici du personnel blessé. Il aurait dû se déplacer en personne ou envoyer l’infirmière. Ou peut-être Slughorn, après tout, la petite Rowle était officiellement son apprentie, pas celle de Rogue, la tâche de veiller sur elle lui revenait.

– Y a-t-il un moment favorable pour que j’y aille sans croiser Andreas, où sa présence n’y est ni attendue, ni souhaitée ?

– Personne ne s’est amusé à le prévenir, il ne se rendra pas là-bas.

Cassidy n’allait certainement pas écrire à son père pour l’avertir, quant à Severus, ses seuls et uniques contacts avec Andreas Rowle se résumaient à une brève rencontre au cours d’une réunion entre mangemorts où il n’avait pas sorti un seul mot et avait passé l’heure à réfléchir aux différents moyens d’éviscérer tout ce beau monde sans se faire prendre et sans que cela ne soit trop visible. Hélas, que tous les mangemorts disparaissent tout à coup d’un avada ne serait pas des plus subtils…

– Ça ne t’intéresse probablement pas, et tu n’en voudras pas sur le moment, mais je vais le dire quand même, parce qu’on ne sait jamais de quoi le lendemain est fait. Un jour peut-être, une tempête s’abattra sur toi et je serai le plus grand arbre sous lequel tu pourras t’abriter. Ce jour-là je ne poserai pas de questions et je ferai ce que tu voudras.

Rogue ne prêta même pas attention à la dernière pique plus sarcastique, ne pouvant, cette fois-ci, dissimuler le choc profond et la surprise sur son visage, alors qu’il dévisageait Holbrey. Deux sentiments contraires se disputaient présentement ne lui. D’un côté, le soulagement que le bibliothécaire ne soit finalement pas le suicidaire qu’il avait cru au premier abord, de l’autre, l’alerte de danger qui résonnait fortement en lui dès lors qu’il laissait qui que ce soit voir autre chose que la distance froide d’ordinaire affichée. Severus savait très bien qu’il s’était mis en danger en aidant ouvertement les deux Rowle et en les laissant voir, en un sens, une certaine trahison envers Voldemort. Plus encore ici, avec Holbrey. Le tutoiement soudain était aussi un signal d’alerte, sans compter que ceux qui tutoyaient Severus et étaient plus proches avaient une fâcheuse tendance à mourir prématurément. Dernier exemple en date, Dimitrov, vieil allié Russe mort la nuit où il avait emmené Cassidy en Sibérie. Le souvenir du collectionneur bourru dan ses gestes autant qu’il était intelligent par l’esprit revint flotter dans sa mémoire, couvrant son regard d’un voile de tristesse profond. Il lui manquait, inutile de s’en cacher. Sa manière de vivre, son ton toujours direct, son respect de certains sujets, sa volonté de ne jamais poser de questions sur les affaires en Angleterre comme Rogue ne lui demandait rien sur ce que lui vivait en Russie, on rire rare mais puissant, rauque comme le vent soufflant éternellement dans le creux de montagne où il avait vécu. La perte avait été violente.

– Pour le moment, la seule à pouvoir être réellement menacée, c’est mademoiselle Rowle. Plus dans l’immédiat, cependant, le danger reviendra vite vers elle. Tout ce que vous devez faire, c’est veiller à ce qu’elle ne sorte pas des sentiers battus en public. Comme vous-même. Elle a « rencontré » le Seigneur des Ténèbres et si pouvez continuer à la soutenir malgré tout, veillez à ne pas vous retrouver sur le chemin de certaines personnes, dont Andreas Rowle. Vous avez dû en faire des belles pour qu’il s’intéresse à vous.

Ce n’était pas tant une question qu’une affirmation lassée. Si Rogue ne s’était jamais amusé à discuter longuement avec ce « confrère », il le connaissait bien tout de même et n’était pas étonnée que la confrontation entre lui et Holbrey, sachant le caractère respectif des deux, ait produit des étincelles. Enfin, qu’importe. Détournant le regard, il trouva un petit morceau de parchemin et une plume froissée, inscrivant pour Holbrey le numéro de chambre de Rowle et le nom du guérisseur-en-chef qui en avait la charge.

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MessageSujet: Re: [Octobre 1997] Une baguette à rendre Mar 7 Fév 2017 - 1:28

Les gens n’existaient pas sans passions. C’était certes, une chose bien mystérieuse qui s’appliquait à divers degrés à une vie humaine, en comblant les vides avec un plus ou moindre zèle. Ceux qui en étaient atteints ne pouvaient s’expliquer, et ceux qui n’avaient rien vécu de semblable ne pouvaient les comprendre. Il y avait des hommes qui courraient derrière l’argent au détriment de leur famille et de leur responsabilité morale. D’autres qui risquaient leur vie pour venir à bout d’un pic de montagne. Personne, pas même eux, n’étaient vraiment en mesure d’expliquer pourquoi. Certains se flétrissaient à poursuivre un amour qui ne voulait rien avoir à faire avec eux et qui les dédaignait tout bonnement. Les autres étaient capables de se sacrifier pour protéger ceux dont ils jugeaient la vie valoir plus que la leur. Des hommes courraient à leur perte parce qu’ils étaient incapables de résister aux plaisirs de la vie avec modération, se détruisant la santé sans en avoir cure. Des gens renonçaient à tout ce qu’ils possédaient, se sacrifiaient pour une idée fixe qui n’avait peut-être même pas vocation à se réaliser. Tout était bon pour s’accrocher à ce qui faisait sens et rendait la vie si ce n’est agréable, au moins plus sensée. Il y avait ceux qui croyaient ne pouvoir être heureux là où ils étaient et passaient leur existence à courir le monde. Et puis, ceux, enfin, qui n’avaient de cesse de devenir puissants. Ceux qui vivaient dans le passé parce que leur bonheur s’y trouvait, ceux qui se voyaient dans l’avenir tant leur présent était médiocre, ceux qui profitaient exclusivement du présent sans aucune considération pour ce qui un jour fut et adviendra. Il y avait autant de passions différentes que d’individus et aucun n’en était complètement dénué. Et comme le désir n’existe pas en étant satisfait, l’on passe d’une soif à l’autre, d’une exaltation à la suivante, juste pour sentir l’adrénaline couler dans le veines, plus fort qu’un poison. Une flamme, froide ou brûlante, animait chacun d’entre nous avec une infinie délicatesse ou l’ardeur d’un incendie. Les gens sans fureur n’existaient pas, tout comme les cœurs parfaitement froids. Chacun se consumait de sa propre fièvre.

Octave s’était muni de patience, comme à chaque fois, guettant en tapinois cette preuve de mouvement dans le corps mort de son supérieur, au visage si parfaitement insensible. L’éternelle victoire de la vie, où en tout cas, quelque chose s’en rapprochant. Pourtant, voyant Rogue se figer au son murmuré de ses timides, mais néanmoins parfaitement fermes remerciement, il laissa son sourire en coin s’évanouir. De coutume, Octave se serait gargarisé d’être ainsi parvenu à troubler ne serait-ce qu’un peu un personnage pareil, mais ce contrecoup à peine maîtrisé ne lui aspira qu’une vague consternation. Le regret de voir une gratitude, si étonnante soit-elle, considérée avec autant de suspicion. Malgré son caractère exubérant et solide en apparence, il savait parfaitement ce qu’il coûtait à un esprit pour finir aussi défiant, particulièrement à l’égard de si peu. Soudain, cette faille qu’il croyait avoir enfin pu caresser prenait un goût particulièrement amer, et la lumière qu’il imaginait atteindre ne s’avérait être que l’ombre d’une lourde existence. C’était pourtant si peu, pourtant si simple. Il était clair que les hommes étaient beaucoup plus éloquents pour demander que pour remercier, et pas de toute qu’en de circonstances qu’étaient les siennes, sieur le Directeur devait davantage entendre des ordres, plutôt que quelques douceurs.

– Personne ne s’est amusé à le prévenir, il ne se rendra pas là-bas.

Octave évalua cette révélation avec un certain soulagement, n’ayant aucune envie de devoir se confronter à ce personnage encore une fois, et encore moins en de telles circonstances, où ils risquaient de tous se trahir. Il savait que Cassidy n’exprimerait jamais le désir de prévenir son père de quoi que ce soit, en revanche Rogue pouvait considérer cela comme nécessaire, ainsi que les employés de l’hôpital. Malgré que la jeune femme soit majeure, le privilège de la débrouillardise solitaire ne s’appliquait pas à ce genre d’endroits, où l’on cherchait toujours quelqu’un pour vous tenir la main, des fois que vous vous sentiez le besoin de défaillir. A chaque fois qu’Octave avait atterri dans un hôpital inconscient, ce fut toujours sa mère que l’on prévenait. D’ailleurs, elle n’était jamais venue. Quoi qu’il en soit, l’état qu’il imputait à Cassidy dans son imaginaire ne préconisait pas de rencontre avec son paternel qui ne ferait probablement qu’aggraver son état.

Octave avait été si parfaitement sérieux dans ses intentions que la mine si farouchement indisposée du Directeur ne l’incommoda pas le moins du monde. Pour être tout à fait honnête, le pire des probabilités fut que Rogue lui ricane à la figure, autant pour son orgueil que pour la vexation inspirée par un tel dénigrement de ses bonnes intentions. C’est ce qui aurait collé au personnage, alors il s’était déjà vaguement préparé à être refoulé, terrant sa vanité quelque part derrière sa bienveillance pour ne pas qu’elle laisse un air outré sur son visage. Après tout, Rogue avait parfaitement le droit ne pas lui faire confiance et donc de n’accorder aucun intérêt à ce qu’il avait à lui proposer. Finalement, ce fut le contraire qui advint. Ou plutôt l’impensable. A mesure qu’Octave avait parlé, sans même une tentative pour le cacher, le Mangemort… l’homme avait fini par le toiser avec le plus ouvert étonnement. Une lutte se traduisait bien sûr entre entendement et réalité, mais cet air avait quelque chose de sensiblement innocent, comme si le bibliothécaire venait de défier toutes les lois de la logique, exécutant un tour si invraisemblable que l’on ne pouvait que le regarder les yeux écarquillés, sans avoir le temps de se demander comme il était parvenu à ce résultat, ni pourquoi. Il aurait compris une teinte de méfiance, mais il n’y en avait pas. C’était un pur saisissement, mêlé à une sorte d’inquiétude indéchiffrable dont Octave ne parvenait pas à saisir le germe. Alors quoi, était-ce l’effarement de l’assassin qui n’inspirait jamais rien d’agréable et à qui l’on tendait soudain la main ? Ou celui qui s’étonnait de la stupidité et de la naïveté de la personne qu’il avait un jour torturée pour la punir ? Il aurait peut-être dû se contenter d’un hochement de tête ; un vague sourire aurait suffi, une pirouette, à la rigueur… Pourtant, Octave avait senti une telle reconnaissance au point de se dire qu’un simple remerciement ne suffirait pas pour égaler le soulagement qui l’avait envahi. Mais de toute manière, s’il avait toujours su quand et comment être vaniteux, l’art de tendre la main au bon moment avait demeuré un mystère pendant longtemps. Malgré cela, sa faible estime des capacités humaines et de leur loyauté, il avait pour coutume de tendre la branche d’olivier en premier, quoi qu’il en fût, pour donner une chance à la paix avant de saisir la hache de guerre. Cela payait parfois, pas toujours, mais dans ce cas-là au moins savait-il pouvoir passer à l’offensive sans se sentir injuste. Un agréable baume sur la conscience pour mieux frapper. Et puis, bien sûr, Cassidy. Sa protection valait tous les services qu’il pouvait rendre.

– Pour le moment, la seule à pouvoir être réellement menacée, c’est mademoiselle Rowle. Plus dans l’immédiat, cependant, le danger reviendra vite vers elle. Tout ce que vous devez faire, c’est veiller à ce qu’elle ne sorte pas des sentiers battus en public. Comme vous-même. Elle a « rencontré » le Seigneur des Ténèbres et si pouvez continuer à la soutenir malgré tout, veillez à ne pas vous retrouver sur le chemin de certaines personnes, dont Andreas Rowle. Vous avez dû en faire des belles pour qu’il s’intéresse à vous.
« Malgré tout, malgré quoi ? »

Sa voix sonna grave, rendue particulièrement rauque par la fatigue et le désir de ne pas être entendu. Il avait tilté là-dessus dans l’immédiat et la question était sortie telle quelle, avec naïveté, tant il ne voyait pas ce qui pourrait bien changer la nature de ses sentiments ou des efforts qu’il était prêt à fournir. Et puis, la lumière se fit derrière son regard, soudaine, saturant ses yeux, comme si quelqu’un avait rehaussé les contrastes. Il eut un mouvement du menton singulier, et son corps se tendit dans la compréhension. C’était donc pour cela. L’absence du père, sa présence à lui… « Je vois. » Finit-il par conclure. « Il n’y a pas de malgré qui tienne. » Il n’eut pas besoin de se forcer à être outrageusement décidé, en donnant de la force à ses convictions tout autant qu’à sa voix. Au contraire, la phrase était sortie calmement, comme le parfait constat d’une chose naturelle, inné et immuable. Il n’avait pas à se convaincre, la pensée naquit sur sa bouche et il la goûta avec apaisement et plaisir, tant cette certitude lui parut aussi agréable qu’elle était parfaitement sincère. Ainsi telle était la raison de la présence de Rogue aux côtés de Cassidy dans cette entrevue avec Lucifer. Déjà ? La cadence semblait s’accélérer, puisqu’il suffisait d’une rencontre pour décider d’un destin. Probablement qu’elle fut chaleureusement recommandée, sinon son adoubement ne se serait pas déroulé aussi vite. Manifestement, Lulu devait marquer du bétail, et vite. Renflouer une armée amoindrie avec du sang frais. Ce n’était pas une certitude, juste un mauvais pressentiment, comme un mouvement de troupe suspect, une action inhabituelle, une précipitation forcée.

Au moins Rogue ne refoula-t-il pas sa proposition et, si ce n’était certes pas l’affaire la plus importante, cela inspirait un certain encouragement. Et Merlin savait à quel point cet homme pouvait être direct et vindicatif dans ses propos s’il le voulait. Mais le plus curieux était à quel point il avait daigné se dévoiler au travers de quelques tournures de phrases significatives. Le personnage était le même, la manière de parler avait changé drastiquement. L’emploi était subtil, mais comme les questions et les réflexions naissaient en l’esprit d’Octave avec la célérité et la constance d’une averse, il finissait par relever les originalités d’un contenu avec une argutie accrue. Finalement, ses sourcils se froncèrent et il poursuivit avec un air quelque peu dépité, décidé à rendre la pareille d’une certaine manière :

« Honnêtement, je n’ai pas eu à faire grand-chose. Son caractère est comme un tas de paille, la moindre allumette l’enflamme et malheureusement, il brûle sans s’éteindre. Je suis déjà sur sa route, et je crois que finalement il voulait que j’y sois. » Il hésita un instant avant de poursuivre « Je m’en doutais de toute manière, mais… on m’a fait un présage. Il y aura des représailles et je n’en sortirai pas indemne. A voir ce que ça veut dire, mais la source est sûre. Enfin, ce n’est pas comme si j’avais besoin de cela pour le savoir. » Encore une fois il hésita. Pourtant, quelqu’un devait savoir, quelqu’un qui n’était pas Cassidy. Et finalement, Rogue était son employeur, n’est-ce pas ? Il vaut mieux l’avertir d’éventuels arrêts maladie. « D’autres choses sont sur mon chemin. Je ne sais pas encore ce qu’il en résultera, mais il y a des risques que je… m’absente. » Il se tut, essayant de mesurer la portée de ses propres paroles, ne sachant si elles représentaient suffisamment bien la réalité ou non. A la lumière de ce qu’il venait d’apprendre, il ne pouvait se permettre d’inquiéter Cassidy davantage avec quelque chose qui n’était pas encore arrivé et dont il parviendra peut-être à se défaire sans que cela ne se remarque. Puis finalement, pour ôter tout doute, il ajouta avec fermeté : « Je ferai ce qui sera nécessaire la concernant, mais je suis un corbeau blanc. Des gens me connaissent et vu l’évolution de ma situation, je ne pourrai probablement pas rester sur le droit chemin très longtemps. Andreas en est la première pierre. Quelqu’un d’autre finira fatalement par me reconnaitre. Pas que cela me dérange, c’est simplement… à titre informatif. »

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MessageSujet: Re: [Octobre 1997] Une baguette à rendre Ven 10 Fév 2017 - 22:15

– Malgré tout, malgré quoi ?

Il pouvait le deviner tout seul, ce qu'il fit d'ailleurs peu de temps après avoir lâché sa question. Impulsif, tiens donc... Rogue ne prit pas la peine de se retourner ni de faire le moindre commentaire, ça ne servait strictement à rien, dans pareille situation. Il continua d'écrire le numéro de chambre et le nom du médecin sur ce vieux bout de parchemin froissé, avec le même automatisme que lorsqu'il travaillait sur de la paperasse administrative pour l'école, comme si ce n'était là qu'un travail de plus, obligatoire, dont il devait se résoudre afin de poursuivre le fil de son existence. Il n'entendit que Holbrey conclure, par des mots choisis, que ça ne changeait finalement rien pour lui. Vraiment ? Même si Severus serait porté à le croire, d'après les informations qu'il détenait déjà, il attendait tout de même de le voir pour le croire. Cela aussi, c'était un principe bien ancré. "Ne crois en rien si tu ne l'as pas vérifié par toi-même." Une phrase sonnant comme un proverbe lancée il y a déjà bien longtemps, par un vieux mangemort. Severus, âgé d'à peine vingt ans à cette époque, était fraîchement entré dans les rangs de Voldemort... Il se souvenait bien de cet homme, qui m'avait marqué d'abord à cause de son âge puis par sa philosophie de la vie, si on pouvait dire. Plus posé que tous les autres, plus serein, plus ... "Juste", aussi. Il pouvait être cruel mais ne tuait jamais qui que ce soit, s'arrangeant toujours pour repousser ses victimes au loin sans qu'on ne sache qu'il les avait épargnés. Rogue ne se souvenait plus de son nom, juste de son visage, sa voix, et ces sentences qu'il lançait à tout va, même lorsque la situation ne s'y prêtait pas.

Avec le recul, le directeur songeait que cet homme n'était entré dans les rangs de Voldemort que pour accéder à plus de ressources et de moyens dans ses recherches personnelles de magie, blanche ou noire, peu importe ses formes et outils. Après la chute de Voldemort, il avait disparu et tout portait à croire qu'il avait fini sa vie de manière parfaitement naturelle, de vieillesse. On n'avait plus jamais entendu parler de lui, sans doute avait-il quitté le Royaume-Uni. Jour après jour, d'autres principes étaient venus se greffer à l'esprit du directeur de Poudlard. "Ne donne ton entière confiance à personne. Ne relâche jamais ta garde. Ne te lie plus jamais avec qui ce soit. Repousse amis et famille. Ne montre pas tes émotions. Ne pas se lier évitait au moins de souffrir, du moins, de cette souffrance très particulière, la souffrance de la perte. Pas d'amis ni de proches signifiait ne plus avoir de raison d'avoir mal. Se retournant vers Holbrey, il l'écouta vaguement évoquer Andreas Rowle, haussant légèrement les sourcils avec un air ironique lorsqu'il parla des représailles. Il pouvait s'y attendre, en effet, il existait ainsi des personnes dont il ne fallait pas déclencher le courroux sous peine de graves répercussions. Enfin... Peu importe. Sa brève expression disparu tout aussi vite qu'elle était survenue, sans qu'il ne sache trop si c'était par la faute de l'habitude, de la fatigue ou un obscur mélange des deux. Il ne réagit pas plus lorsque le bibliothécaire ajouta qu'il risquait d'avoir des absences. Ben évidemment... Il aura déjà beaucoup de chance si cette absence ne devenait pas définitive, s'il parvenait à arriver jusqu'à l'été prochain sans terminer allongé entre quatre planches. Du moins, s'il y avait l'opportunité de l'enterrer, son corps pouvait aussi être réduit en morceaux si fins qu'il n'y ait plus rien à mettre en terre.

– Je ferai ce qui sera nécessaire la concernant, mais je suis un corbeau blanc. Des gens me connaissent et vu l’évolution de ma situation, je ne pourrai probablement pas rester sur le droit chemin très longtemps. Andreas en est la première pierre. Quelqu’un d’autre finira fatalement par me reconnaître. Pas que cela me dérange, c’est simplement… à titre informatif.

– Je vous l'ai déjà dit. Peu importe ce qui vous arrivera, ce n'est pas mon problème.

Il était assez grand pour se protéger seul, ce n'était ni un enfant, ni un né-moldu, ni une personne que Rogue pouvait songer à entraîner dans sa chute. Il lui laissa le morceau de parchemin, se renfermant de nouveau et claquant la porte de son esprit, laissant la vie déserter son regard pour y laisser le froid coutumier y reprendre toute place. Il tourna ensuite les talons, quittant la pièce comme rien n'était jamais arrivé, comme si cette entrevue n'avait jamais eu lieu. Mis à part le bibliothécaire, après tout, rien n'avait bougé. Binns n'avait pas bougé ni parlé durant tout l'échange et Chourave n'avait même pas remarqué la présence des deux hommes à trois mètres d'elle. En sortant, Rogue retint un long soupir puis reprit la direction de ses appartements. A présent, dormir... S'assommer avec une potion de sommeil sans rêves puis tout oublier durant quelques heures.

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[Octobre 1997] Une baguette à rendre

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