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[Juin 1996] Qui part à la traque ...

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MessageSujet: [Juin 1996] Qui part à la traque ... Jeu 12 Jan 2017 - 21:45

** La veille **

« Sam, tu peux venir s'il te plaît ? »

Depuis son bureau son supérieur n+1 l'appelait avec son air habituellement craintif et son regard fuyant. Une fois dans la pièce, il lui proposa un cigarette, s'installa derrière son bureau et lui tendit un parchemin jauni à moitié froissé.

« Tiens, j'ai reçu un rappel de la part des chefs, faut me le choper assez rapidement. Ils ont raté sa femme la semaine dernière et elle semble avoir disparu de la circulation. Faudrait pas qu'ils aient quitté le pays depuis ».

« Bah une semaine ... »

« Tu as quelques détails écris derrière l'avis de recherche, je te fais confiance essaie de pas trop traîner OK ? Allez file ».

Sans même jeter un œil aux visage représenté sur le papier Sam le fourra dans la poche arrière de son jean et retourna à son bureau, placé un peu à l'écart, dans un angle. Une fois tranquille est assuré qu'aucun de ses collègues n'allaient venir le voir, il déplia un peu mieux le parchemin et analysa le visage de sa nouvelle cible. Un homme d'âge mur, visiblement aisé avec un regard assuré qui trahissait une position sociale qui n'était certainement pas la sienne. Il prit le temps d'inscrire ce visage dans sa mémoire en remarquant quelques détails mnémotechniques qui pourraient le trahir au milieu d'une foule de passants. Ensuite, il lut avec attention les informations que le Ministère détenait sur lui pour pouvoir le localiser et réfléchir à une technique de chasse et, potentiellement, de raffle. L'idéal était de boucler cette mission dans la semaine, voire même dans les deux jours à venir.
Sam était bosseur, appliqué et fonceur. Il remplissait ses missions avec le plus grand sérieux et ne souhaitait travailler qu'en solo, pour éviter un quelconque conflit d'intérêt à la remise de la récompense. Son supérieur le savait et lui faisait confiance, ce qui expliquait que leur petite réunion quelques minutes avant avait été expédiée rapidement. Son supérieur lui donnait des cibles à en pas louper, Sam s'appliquait et recevait son juste dû en retour.

Après avoir également retenu les habitudes de l'individu, Sam retourna à sa paperasse pour planifier sa traque du lendemain. Première étape, trouver l'homme dans son salon de thé habituel et ne plus le lâcher avant l'étape deux
.

**Le lendemain 7h30**

Sam avait choisi d'attendre le bougre à l'extérieur du salon de thé. Visiblement il aurait été bien trop facilement reconnaissable en sa qualité de raffleur s'il avait mis les pieds dans ce lieu si raffiné. Il avait donc prit un café serré dans un bar juste à côté et patientait maintenant pour repérer l'homme, qui ne tarda pas à arriver.
Il entra, s'installa près de la fenêtre et sirota son breuvage, la mine quelque peu fatiguée mais le tein et l'apparence impeccable. Il regarda plusieurs fois sa montre, salua des personnes puis sortit au bout d'une demi-heure. Il prit l'allée centrale, puis la suivante. Sam, quelques pas derrière lui, le suivait tout en évitant le regard des passants. Si son hypothèse était bonne, selon le quotidien du bonhomme, il n'allait s'enfoncer un peu plus dans la vieille ville et entrer furtivement dans une maison. Là, il ne fallait pas le louper.

L'expérience commençait à parler et Sam maîtrisait son environnement et son métier de traqueur. Il s'était assuré de ne pas se faire remarquer, du sa cible et des passants. Comme prévu l'homme s'engouffra brusquement dans une rue beaucoup plus étroite, ce qui n'empêcha pas Sam de bifurquer aussitôt dans la rue parallèle. Au bout de la rue il se colla contre un angle de mur et fit glisser un petit miroir pour observer l'autre rue. L'homme était bien là, attendant devant une porte à laquelle il venait sûrement de frapper. Au bout de quelques secondes la porte s'ouvrit, sa cible lança un bref regard de chaque côté de la rue et s'y engouffra.
Sam attendit quelques minutes avant de se diriger devant cette porte. Il passa devant et jeta rapidement un coup d'oeil sur le numéro. Une fois au bout de la rue il sortir son calepin et y nota l'adresse exacte. Première étape terminée. Il fallait maintenant attendre. Son supérieur avait demandé une raffle rapide, discrète et avec le moins de témoin possible. En clair un Stupéfix marmonné au bon moment. Il n'y avait qu'à attendre la nuit tombée, lorsque l'homme rentrerait chez lui. Après s'être remémoré la suite du programme de la journée, Sam se décida à aller se chercher un sandwich lorsque quelque chose le frappa. Il aperçut, non loin de lui, un homme qui ne bougeait pas non plus. Cependant cet homme, il l'avait déjà vu, dans ou près du salon de thé préféré de sa cible. Sam fronça les sourcils, les coïncidences, ça n'existait pas
.



HJ : voili voilou j'ai installé un contexte. Alors après, pas obligé que nos deux personnages se parlent dès maintenant, on peut par exemple continuer la traque chaque de notre côté et finir par se retrouver nez à nez à l'instant où Sam allait entrer en action, ou un truc du genre. Mais c'est comme tu préfères =) c'est petit mais bon, je dois encore me faire la main !

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MessageSujet: Re: [Juin 1996] Qui part à la traque ... Dim 15 Jan 2017 - 2:32

Le début de l’été était pour la vermine ce que la pluie était pour les vers de terre : ça les faisait sortir de leur trou pour profiter d’un temps commode. Si la neige obligeait les gredins à s’enfermer quelque part bien au chaud, que ce soit dans un appartement personnel ou carrément à l’autre bout du monde, où la météo était clémente et propice à leur peau de serpent, l’été au contraire faisait revenir le beau monde à la maison, entre les bras accueillants de leur mère partie. De manière générale, la population avait tendance à être plus débauché qu’à l’accoutumée. C’était ce qui avait toujours beaucoup plus et amusé notre cher consultant, cela avait l’avantage de rendre son travail plus facile. Allez savoir ce que l’été avait de particulier, la chaleur, peut-être ? Pour Octave, c’était la même toute l’année et niveau température, il préférait encore le printemps, quoi qu’ici, dans ce pays pluvieux qu’était l’Angleterre, les variations étaient relativement minimes. Quoi qu’il en soit, la filature sous le soleil encore un peu blafard d’un mois de juin avait de quoi être agréable. Pour la peine, il avait ressorti ses lunettes de soleil, et laissait son visage relevé vers le ciel bleu profiter de quelques rayons lumineux. Dans l’air flottait une agréable odeur d’arbres en fleurs et de bourgeons à peine naissants, l’atmosphère était fraiche et de temps en temps une légère bourrasque de vent venait balayer les senteurs stagnantes pour en amener de nouvelles. Un bras passé par-dessus le dossier de sa chaise, Octave avait simplement fermé les yeux dans une expression de béatitude contemplative. Ses lunettes Pantos, à la monture ovale et aplatie sur la partie supérieure, avaient glissé sur le bout de son nez romain, dévoilant l’arc satanique de ses sourcils et le relief de ses lourdes paupières paisiblement closes. Par habitude, le soleil ne lui faisait plus plisser les yeux et il n’y avait plus qu’un voile d’un blanc éclatant qui recouvrait la paroi interne de ses paupières.

Etrange, me direz-vous, une telle tranquillité pour quelqu’un en plein travail de filature ? Surtout, un pareil manque d’attention… Ce à quoi je vous répondrai que c’est justement ce genre de désinvolture qui vous rend parfaitement normal et invisible. Vêtu d’une chemise de lin d’un blanc cassé, proche du beige, Octave arborait un jean brut d’un bleu sombre et des bottes beiges au laçage militaire qui allaient avec pour parfaire ce style classique rigoureux, « with a twist », qu’il aimait à se donner. Et puis il n’y avait rien de tel qu’une attitude parfaitement relax et décontractée pour ne pas attirer les soupçons. Il connaissait maintenant les habitudes de cet homme, Reginald Fox, à quelle heure il venait au salon et quand il repartait. Octave s’était donc permis de venir un poil plus tôt que le concerné et l’observait maintenant de temps en temps du coin de l’œil dans le miroir de la véranda en face de lui, alors même qu’il lui faisait parfaitement dos. Une tasse de thé à moitié vide trônait près de sa main, dont les doigts en frôlaient la faïence. Un simple contact pour insinuer un mouvement, passé ou futur. Un journal replié trainait sur la table, qu’Octave finit par saisir en fit mine d’en parcourir le contenu par-dessus ses lunettes. Il n’avait pas besoin de regarder sa montre, la notion du temps chez lui passant bien souvent par des rituels répétitifs dont il finissait par connaître la durée. Par exemple, il avait d’abord refait dans sa tête l’intégrale du Concerto en Ré majeur de Tchaïkovski, l’Allegro moderato, dont il connaissait la partition par cœur à force de solfège, bien qu’il ne fût pas capable d’en jouer l’intégralité au violon. Sieur Fox ne restait jamais plus d’une demi-heure. D’une oreille à priori distraite de parfait inconnu, Octave écoutait en fait très attentivement le contenu de ses conversations avec quelques connaissances, mais aucune d’elle ne s’avéra avoir de l’intérêt. Dans le miroir, constatant que Fox avait fini de boire son thé, le consultant touriste se leva de sa chaise avec la tranquillité de celui qui était mu par la seule spontanéité, abandonna une poignée de pièces sur la table, et sortit du salon de thé, tournant à gauche, l’opposé de là où son homme allait d’habitude. Néanmoins, son avance de deux minutes environ lui laissait le temps de faire le tour du pâté de maisons pour rejoindre le chemin habituel de Fox par le biais d’une rue parallèle. Son avance s’avéra d’ailleurs être considérable puisqu’Octave dut presser l’épaule contre le mur d’un croisement dans l’attente que sa cible daigne passer à quelques mètres de lui.

Et en effet, elle passa sans le remarquer. Octave ne bougea pas pendant un certain temps avant de reprendre une rue parallèle, se tapant un petit trot jusqu’au point suivant, constatant que Fox prenait toujours la même direction. Ce manège dura un temps, jusqu’à ce qu’Octave finisse par rejoindre une rue qui donnait sur celle où se situait la maison de la cible, quoi qu’un peu plus loin. Encore une fois, il s’adossa, sans vraiment regarder, ses lunettes lui permettant des œillades discrètes. Fox, qui avait un pas soutenu, mais pas autant que l’allure que pouvait atteindre Octave, était encore à quelques bonnes dizaines de mètres de la maison. Il l’observa donc rejoindre le perron et frapper à la porte. Cette dernière s’ouvrit d’ici quelques instants. Reginald Fox et Roy Foster. Il était extrêmement rare de voir ces deux hommes ensemble. D’ailleurs, à part sur des photos, c’était la première fois que le consultant avait le loisir de les observer. Tous deux se cachaient habillement dans des quartiers moldus, n’allant jamais là où il y avait des sorciers pour mieux garder l’anonymat. Reginald Fox était un entrepreneur néo-zélandais qui avait fini par s’intéresser au commerce d’objets interdits à la vente au Royaume-Unis, faisant de sa spécialité finale l’import du sang de Licorne, dont la population globale était bien plus importante en Océanie. Les fioles voyageaient sous le manteau en petites quantités et étaient destinées à quelques riches privilégiés en fin de vie et qui ne voulaient justement pas quitter ce monde. S’il n’était pas à proprement parler recherché en Angleterre jusqu’à il y a peu, un important mandat fut lancé à son encontre il y a quelques mois par les autorités magiques néo-zélandaises. Octave fut engagé il y a quelques jours par un concurrent qui voulait récupérer Fox avant les autorités compétentes, histoire de le voir mort plutôt qu’en prison, profitant de sa présence soudaine sur un sol étranger. L’histoire à ce niveau-là n’était pas claire, Octave ne sachant pas s’il s’agissait là d’une tentative de faire taire un potentiel témoin recherché ou de régler des comptes avec quelqu’un avant qu’il ne se fasse chopper. Peu importait de toute manière.

Peu importe car le ministère de la Magie était déjà sur ses pas. A peine Foster fît il disparaître Fox derrière la porte de sa maison qu’Octave vit passer quelqu’un qui ne pouvait être que de la police ministérielle. La providence voulait qu’ils soient relativement reconnaissables dans la manière qu’ils avaient d’agir. Elle était discrète, professionnelle, mais quelque chose les dénotait parfaitement des gens normaux. Ou peut-être était-ce l’œil aiguisé du consultant qui avait fini par reconnaître automatiquement les gens un tantinet étranges… Quoi qu’il en fût, quelque chose dans cet homme, autre que sa taille et sa carrure relativement imposante, attira son attention. Plutôt que de partir, Octave alla s’installer sur un escalier sur le trottoir à l’opposé de celui de la maison observée, tâchant de se mettre de sorte à ce que l’arbre en fleur de l’allée le cache si jamais l’un des hommes ne se décidait à regarder par la fenêtre du premier ou du deuxième étage. En revanche, si Fox quittait la maison, il le verrait sortir par le petit portillon.

De longs moments furent passés à relire le même journal, à observer le paysage et finalement, à compter les oiseaux sur les fils électriques. Enfin, le crépuscule se fit et les lampadaires s’allumèrent, bien que la luminosité de l’astre disparaissant derrière l’horizon ne fût encore suffisante pour voir les choses, si ce n’est de manière complètement colorée, pas encore parfaitement grise non plus. Le ciel était parsemé d’un fabuleux dégradé allant du rose au mauve, l’air se rafraîchissait sensiblement, arrachant un frisson au consultant, guettant assis sur son escalier, autant de froid que de plaisir devant une si belle soirée. Parfaite soirée pour un enlèvement. Voir un meurtre, le commanditaire stipulant simplement qu’il voulait que Fox ne finisse pas entre les mains des autorités compétentes. Le meurtre… Si la police s’en mêlait en même temps que lui, il allait pour sûr devoir l’abattre pour que le Ministère finisse avec un cadavre sans intérêt sur les bras. Un mouvement de tête vers la droite. Le voilà donc à nouveau, ce grand dadais. Leurs regards se croisèrent, un courant électrique passa, comme une évidence. Plus la peine de se mentir. Ils s’étaient tous deux vus et, d’une certaine manière, reconnus. Entre loups déguisés en moutons, l’on se reconnaît de toute manière, c’était inévitable, tant les comportements étaient les mêmes. A croire qu'un animal en chasse en reconnaissait un autre par instinct. Octave souleva les sourcils dans un air d’abdication tout en soupirant d’un souffle lourd. Bon sang qu’il n’aimait pas ce genre de compétitions, ça faisait perdre du temps tout en risquant de faire tomber la mission à l’eau. Les gens finissaient bien souvent par porter davantage d’attention pour une commune rivalité plutôt que le but final. Tranquillement, Octave se leva et, d’un pas nonchalant, mais relativement discret, alla rejoindre le portillon de la maison. Il lui fallait de l’avance, un avantage radical, et vite. Et de toute manière, contrairement au ministère, il s’en foutait parfaitement que l’histoire se finisse en scène de boucherie.

Avant d’ouvrir le portillon, Octave se retourna lentement vers le grand dadais, le regarda droit dans les yeux, et chuchota en remuant bien distinctement les lèvres : « Fuck you ». Un sourire joyeux et large vint s’allonger sur sa bouche jusqu’à dénuder ses dents blanches. Il le fixa ainsi un instant, l'air particulièrement malicieux et empli de défiance, avant de disparaître derrière le portillon, séparé de la maison par seulement une dizaine de mètres. En trottinant, Octave fit le tour de la maison jusqu’à la cour arrière, constatant par la même occasion que la seule fenêtre ouverte se trouvait au deuxième étage. Là, il s’arrêta, s’adossant au mur du sous-sol à demi enterré de l’habitation et attendit, patiemment, l’arrivée du fonctionnaire ministériel. Soit il n’oserait pas s’aventurer ainsi imprudemment en terrain inconnu, auquel cas Octave supposerait son présent chemin libre, soit l’esprit de compétition allait forcer le grand dadais à rattraper son retard…

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MessageSujet: Re: [Juin 1996] Qui part à la traque ... Mer 1 Fév 2017 - 22:33

Sans esquisser le moindre mouvement, Sam observa les faits et gestes de ce nouvel arrivant dans sa mission. Un homme d'âge mûr, assuré dans ses pas et déterminé dans son allure, autrement dit quelqu'un qui n'était pas là pour vendre une des barquettes de frites. Lorsque son regard bleu azur vînt percuter le sien, l'explication de sa présence devînt d'une extrême limpidité. Une traque, une cible, une mission, un résultat. Tout deux étaient intéressés par la même personne, reste à savoir s'ils travaillaient dans le même camp.

Depuis sa sortie sans encombre de l'école de sorcellerie Poudlard avec ses ASPICS en poche, Sam avait intégré le département de la défense du Ministère de la Magie. Si son camarade de toujours avait été présent, il aurait pesté contre la stupidité de ce choix de carrière, et Sam aurait simplement expliqué que le concept même de carrière lui passait totalement au-dessus de la tête. Un boulot tranquille, un boulot sympa, un boulot tout court, sans encombre, sans étalage de neurones, sans inquiétudes. Cela pouvait d'ailleurs paraître paradoxal puisque le métier de membre de la Brigade n'était pas non plus quelque chose d'aisé. Parfois, certaines missions pouvaient vous saisir les tripes, Sam en avait fait l'expérience durant la coupe des Quatre Maisons. Cependant comme il ne ressentait aucune attache particulière à ce travail et ne se sentait absolument pas impliqué, il réussissait à prendre un recul suffisant pour s'installer dans un agréable quotidien. Son supérieur l'avait sûrement recruté pour cette qualité d'ailleurs.
Douze ans dans la Brigade, Sam en avait vu de toutes les couleurs, mais jamais, au grand jamais il n'aurait pu prévoir, ni imaginer voir son métier perdre à ce point de sa substance. De la fière protection du monde des sorciers, tous les membres de la Brigade encore en fonction assurait maintenant des rôles de traqueurs, fouineurs voire de dénonciation. Un tel volte-face était totalement aberrant. Lorsque ses fonctions ont été changées, Sam avait choisi le silence, la non-réaction. D'aucuns jugeraient cette solution facile, choquante, décevante mais il n'avait pas oublié qu'il était Sang-Mêlé avec une mère qui avait choisi de retourner dans le monde Moldu, préférant l'amour à la carrière prometteuse de Magistrate. Fils de traître ? Pourquoi pas. En cette sombre époque plus personne ne faisait de différence entre les actes des hommes et des femmes.

Douze ans dans la brigade, c'était aussi douze ans d'expérience, douze ans à observer, analyser, jauger, réagir, évaluer. Pour beaucoup le métier n'était qu'un tremplin vers d'autres postes, Sam n'était l'un des seuls à rester dans le maigre service. Son supérieur lui avait ainsi accordé une confiance certaine sur laquelle il pouvait compter en toute circonstance. Tout du moins tant que les ordres étaient respectées. Les ordres, quels qu'ils soient.
Cet homme un peu plus loin, qui s'avançait maintenant vers la maison en lui adressant Merlin sait quel message -qui ne semblait pas des plus amicaux-, n'avait effectivement rien d'un individu lambda. Outre son accoutrement et son air défiant toute crainte, son comportement expliquait tout de ses intentions. Lui aussi cherchait un homme, et n'importe quel Botruc stupide aurait pu déduire qu'il s'agissait de la même cible.

Sam poussa un soupir et fronça les sourcils. Ça, ce n'était pas prévu au programme. Différentes possibilités s'offraient à lui à présent mais aucun ne le satisfaisait. Il pourrait tourner les talons et revenir le lendemain, sauf qu'il ne pouvait pas savoir ce que l'étrange individu allait faire de sa cible durant son absence. Il pouvait également le suivre et entamer une drôle de chasse à l'homme dans toute la baraque. Ce n'était pas non plus une bonne idée. S'il y avait de la casse, son rapport ferait quelques pages de plus. Il sortit la photo de sa poche et observa à nouveau le visage de sa cible. Il semblait être un homme avec un peu de jugeote. S'attendait-il à se faire attraper par le Ministère de la Magie ? Ou par une quelconque personne visiblement très intéressée par sa capture ?

Trop de questions, pas assez de réponses. Dans le doute, toujours agir. Andrew aurait réfléchi, lui aurait tapé sur les doigts et forcé à développer toutes les options différentes. Pas le temps. Sam était membre de la Brigade, mais surtout, un rafleur. Et un rafleur qui n'aimait pas faire traîner les missions en longueur.

Il s'engagea dans la rue et se présenta à la porte de la maison. L'autre traqueur avait fait le tour, et sûrement avait-il examiné une technique tout à fait autre d'atteindre la personne
.

« Merlin... » jura Sam.

Il venait de réaliser ce que la manœuvre de l'étrange individu signifiait. Clairement il ne voulait pas se faire voir et dans le meilleur des cas surprendre sa cible. Autrement dit le genre de technique parfait pour attaquer une personne, l'attaquer, la tuer pourquoi pas.
Ça, c'était pas bon du tout. Après quelques secondes d'hésitation, il opta pour la manière la plus rapide d'entrer en contact avec les deux hommes : il toqua à la porte et elle s'ouvrit avant qu'il ne puisse réfléchir à la suite de son plan
.

« Euh … bonjour, Sam Dewey, excusez-moi de vous déranger je voudrais parler à monsieur …. Fox, c'est bien vous ? »

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MessageSujet: Re: [Juin 1996] Qui part à la traque ... Jeu 2 Fév 2017 - 18:25

HRP:
 

Une chouette hulula quelque part parmi les arbres entourant l’arrière-cour, tellement près et fort qu’Octave en frémit, lâchant quelques jurons murmurés dans sa barbe soigneusement rasée à la Van Dyke. Un craquement de branche se fit entendre et le ciel commençait à rentrer dans des tons franchement foncés, si bien qu’on aurait cru à un mauvais début de film d’horreur. La bonne ambiance pour faire couler du sang, vous diront les metteurs en scène les plus esthètes, ou en tout cas pour quelques évènements morbides. Octave tendit l’oreille, essayant d’oublier l’écho du gémissement nocturne qui raisonnait maintenant dans sa tête comme si l’oiseau lui avait hurlé par-dessus l’épaule. Un bruissement de feuilles, des voitures au loin et une multitude de bruits parasites l’empêchaient de clairement entendre ce qu’il se passait devant la maison ou même à l’intérieur, à croire que tout était absolument immobile. Et puis, soudain, un grincement, pas tout à fait net mais suffisamment voisin pour qu’Octave en déduise la provenance. Le portail. Il se rapprocha du coin du mur, le longeant tel un chat et c’était comme si tout son être s’était condensé vers ses oreilles pour percevoir les moindres vibrations de l’air. Toutefois, il était loin d’être un animal aux moustaches sensibles ou aux organes développés spécialement pour mieux ressentir les dangers de la nature, alors il n’y avait que quelques murmures qui lui parvinrent. Le vieux bois mal entretenu qui gémit, du gravier que l’on disperse, du cuir de chaussure qui s’essouffle, des semelles qui frôlent le sol, pliant la végétation et s’étouffant dans la pierre. Bien sûr, tout ceci n’était qu’association, et véritablement Octave ne perçut que quelques froissements caractéristiques.

Tendu comme une corde d’instrument, il était prêt à agir, attendant de savoir ce que l’autre grand dadais avait prévu de faire. Il entendit l’escalier se faire gravir et écarquilla légèrement les yeux. Mais quelle petite enflure ! Qu’est-ce qu’il allait faire, ce fayot ministériel ? Dans le silence qu’il s’imposait, Octave crut entendre quelque chose qui ressemblait à un doigt frappant du bois. Foutre de Dieu ! Octave bondit vers l’arrière, reculant autant que possible pour constater encore une fois la façade de la demeure. Pas le temps de s’embêter à faire dans la dentelle, l’absence de magie et la délicatesse. La fenêtre au deuxième étage était beaucoup trop haute, il n’allait pas avoir le temps pour ça. Il pointa la fenêtre fermée du premier étage de sa baguette avant de voir s’il pouvait se servir de quelque chose pour en atteindre le rebord, encore trop haut par rapport à sa taille. Au loin, la porte s’ouvrit…

« Euh … bonjour, Sam Dewey, excusez-moi… […] »

Pas le temps pour ça non plus visiblement. Mais quel gueux ! Il ne prit pas la peine d’écouter la suite et, tout en commençant à prendre de l’élan d’un pas élancé, Octave lança un Evanesco pour faire disparaître la fenêtre et bondit en champion de basket pour se suspendre au larmier en béton du bout des doigts. D’un pied prenant appui contre le mur, il donna une impulsion à ses épaules et se hissa sur ses bras. Un coup d’œil rapide pour voir que la pièce en question était vide et il se laissa basculer vers l’avant, tête la première, exécutant une espèce de roulade par-dessus le rebord, tapant des pieds dans le parquet aussi délicatement que possible. S’aidant de son élan, il se redressa et chercha des yeux la porte qui mènerait vers l’entrée. Puterie. Puis soudain, une voix nouvelle raisonna derrière la porte fermée :

« Mais qui êtes-vous par Merlin ? »

Ah bah oui, mais bien sûr. Il n’avait strictement aucune idée si c’était Fox qui avait ouvert la porte, ou l’autre, ni où était Fox dans ce cas-là, ou l’autre. Dans la cuisine -Octave se trouvant manifestement dans le petit salon de la demeure ? A l’étage ? Et surtout, s’ils commençaient par s’occuper de Foster, Fox allait avoir le temps de fuir en entendant du remue-ménage en bas. Rhah, ce genre de situation l’agaçait plus qu’autre chose et le consultant serra ses lèvres en utilisant quelques précieuses secondes pour réfléchir encore un peu dans l’immobilité la plus complète. Au moins n’avait-il fait aucun bruit en s’introduisant. Soudain, la même voix :

« Il n’y a aucun Fox ici, Monsieur... qui que vous soyez ! »

Puterie bis ! Pas moyen de faire son travail correctement avec une pareille concurrence. Vu la tournure de la discussion, c’était Foster qui avait dû ouvrir, sinon notre rafleur de pacotilles l’aurait reconnu dès que la porte se serait ouverte. Plus le temps de réfléchir, place à l’improvisation. Octave s’élança d’un pas souple et rapide vers la porte, l’ouvrit à la volée sans perdre en vitesse, repérant du regard la position des deux hommes, l’un sur le perron, l’autre à l’intérieur, les deux se faisant face. Sans perdre une seconde et avec une détermination concentrée, il exécuta ce qui lui vint en premier en tête : un [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. Dans le dos de Foster, agissant aussi vite que possible pour palier au bruit que son intrusion avait provoqué et à d'éventuelle représailles, Octave enserra le cou du vieux avec son bras dans une prise serrée. Brusquement, il le ramena à lui, plaquant son dos contre son torse et prenant soin à faire un étranglement respiratoire, appuyant de l’avant-bras contre la trachée pour empêcher le type de s’époumoner et prévenir son complice, terré quelque part on ne sait où dans la baraque. Octave le traîna de force légèrement vers l’arrière, sans appuyer toutefois trop fort au point de provoquer un évanouissement : Foster devait d’abord lui indiquer où était son complice avant de partir dans les vapes. Le regard d’abord planté dans celui de ce Dewey, Octave finit par lorgner sur Foster, lui susurrant à l’oreille :

« S’il n’est pas ici, Fox, il est où alors ? Hein ? Ce n’est pas toi que je vise, mais si tu ne dis pas ce que je veux entendre, c’est toi qui finira dans une caisse, direction la Nouvelle-Zélande. »

Puis, maintenant sa prise et couvrant son propre corps par celui de sa victime, Octave roucoula à l’intention de Dewey :

« Eh bien, tu t’excuses de déranger un criminel notoire dans sa soirée, mais moi je n’y ai pas le droit alors que tu me coupes l’herbe sous le pied ? C’est quoi ça, de la politesse élitiste ? Je ne suis pas assez bien pour toi ? Je vais me mettre à chialer. »

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MessageSujet: Re: [Juin 1996] Qui part à la traque ... Mar 7 Fév 2017 - 11:19

Nez-à-nez avec un inconnu, Sam tiqua. A en juger par la réaction du sorcier au seuil de sa porte, deux conclusions étaient possible. Premièrement il ne s’agissait en aucun cas de sa cible, monsieur Fox, deuxièmement sa présence n’était pas souhaitée. Pire encore dans son regard fuyant et mal à l’aise trahissait une autre information : les habitants de cette maison craignaient de recevoir du monde. Sans doute s’attendaient-ils, en cas de visiteur imprévu, à voir surgir les représentants du ministère.
Il n’y avait plus matière à plaisanter, l’identité de Sam n'échappait à présent à personne. Cependant alors même que son cerveau réfléchissait déjà à une nouvelle tactique un grand boum se fit entendre.

Un nouveau protagoniste apparu sur scène, en faisant une entrée des plus remarquable. Sans esquisser le moindre mouvement mais en écarquillant tout de même les yeux pour tenter d’identifier l’homme, Sam fronça les sourcils et mis instinctivement la main droite dans sa manche gauche, prêt à faire jaillir sa baguette magique. S’il devait intervenir par la force, la priorité revenait à neutraliser l’assaillant puis poser les questions après. En position d’attaque, Sam attendit sans prononcer un seul mot que l’individu arrivé de nulle part finisse son geste. Au bout de quelques secondes l’étrange homme s’adressa à lui avec un air qui réveilla la colère du rafleur
.


« Eh bien, tu t’excuses de déranger un criminel notoire dans sa soirée, mais moi je n’y ai pas le droit alors que tu me coupes l’herbe sous le pied ? C’est quoi ça, de la politesse élitiste ? Je ne suis pas assez bien pour toi ? Je vais me mettre à chialer. »


“Mais de quoi je me mêle ?” grogna intérieurement Sam qui sentit la poudre lui monter au nez. Colérique de nature et aborrant d’être pris pour un homme de seconde zone, sa réaction fut immédiate.
Bondissant dans la maison, il sortit sa baguette magique attrapa son poignet pour viser l’individu qui maintenait l’habitant de manière des plus agressives et dangereuse
.

OK mec tu vas te calmer tout de suite et le lâcher bien gentiment”.

Alors qu’il soignait sa position d’attaque en visant du mieux qu’il lui était possible le visage de l’homme, de nombreux souvenirs lui revînt en mémoire. Des interventions avec ses collègues ou seul, des heures passées auprès de personnalités quelconques pour assurer sa protection, des nuits entières de filature… . Ses objectifs finaux avaient énormément changé avec le nouveau ministère, même ses modes d’intervention (l’attaque sans sommation était possible sans avoir à rendre des comptes par la suite). Cependant son plaisir était resté intact, libre à lui de gérer l’appréhension de ses missions. Par chance il n’avait jamais eu d’objectif trop difficile à mener. Mais les temps sombres semblaient vouloir perdurer et Sam était au premier plan pour exécuter les volontés de ce gouvernement rance et sans humanité. Cette humanité ne survivait que dans ces petites mains en bas de l’échelle, tout du moins celles qui n’ont pas abandonnés tout espoir, ou n’ont pas fui.

Sam resta face à l'homme, baguette levée, toute son attention focalisée sur l’assaillant. Dans un coin de sa tête il gardait l’objectif de sa mission, mais tienne l’empêchait de revenir, ou fouiner ailleurs. De toute façon avec ce boucan si monsieur Fox avait réellement peur de se faire attraper, il avait transplanté depuis un moment
.

HJ : c'est pas super détaillé mais dans l'action j'ai pas voulu être trop pompeuse :)

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MessageSujet: Re: [Juin 1996] Qui part à la traque ... Sam 11 Fév 2017 - 1:41

L’attaque avait pris Foster par surprise et il se laissa gracieusement faire, incapable de réagir. Mais bien vite, l’état de la situation lui parvint avec clarté et, sentant l’oxygène lui manquer et sa trachée se resserrer sous la pression d’un bras de fer, il se mit à vivement se débattre. Trop vivement. A l’aveugle, il tâtait le jean de son agresseur, qu’il froissa entre ses doigts dans une tentative inutile de s’agripper à quelque chose. Octave continuait à maintenir l’étau en essayant tant bien que mal, sous les ondulations désespérées de sa victime, à ne pas l’étouffer complètement, ni à relâcher suffisamment la pression au point de lui redonner trop de forces. Les gargarismes provenant de la gorge de Foster lui indiquaient que son pharynx était partiellement obstrué par la base de la gorge. D’en haut, il voyait en biais les veines gonfler sous la peau de son visage devenu rouge. Dans un ultime mouvement forcené, le vieux planta ses doigts dans l’avant-bras d’Octave, mais la strangulation partielle l’empêchait d’être spécialement efficace, et ses mouvements devinrent bien vite désordonnés et chétifs. Des éructions de gorge se firent entendre lorsqu’Octave lui posa sa question et un semblant de second souffle lui revint alors que Foster tenta d’assener un coup de ses bras ballants dans les airs à son agresseur. Encore une fois sans succès. Il inspira une goulée sifflante d’air, ponctuée par un bourdonnement visqueux des cordes vocales. Concentré sur la bête à neutraliser, Octave releva les yeux juste à temps pour voir l’armoire rentrer dans la maison et il recula par la même occasion, entrainant Foster dans son mouvement pour garder une distance de sécurité. Voyant le rafleur pointer sa baguette sur lui, il esquissa un sourire narquois tout en forçant Foster à se redresser sensiblement devant soi pour cacher sa tête de la sienne. D’un seul œil, l’autre étant caché par la grisonnante chevelure, Octave décocha une flèche exaltée en direction de son rival.

“OK mec tu vas te calmer tout de suite et le lâcher bien gentiment."

Diantre que c’était simple. Infaillible. Un petit mot de travers, un peu de savant manque de considération, un égo vaguement bafoué, et voilà que l’on s’enflammait. Si tu as de la poudre, donne-moi du feu, comme dirait l’autre. Une bagatelle très utile pour connaitre la silhouette imposante de celui qui se tenait devant lui. Peut-être un peu trop précipité et définitivement pas assez délicat, mais au Diable les politesses et les considérations lorsque l’on strangule une trachée, n’est-ce pas ? Moyen parfois fatal, mais qui donnait toujours et immanquablement ses fruits. La provocation avait cela de très accommodant qu’elle vous révélait quelque chose de rarement insignifiant pour celui qui savait apprécier les petites choses. Capitaine Moutarde était dans la place et Octave constata avec un certain amusement la baguette tendue dans sa direction. Réactif, mais pas trop, donc finalement pas si emporté que cela, même si déjà beaucoup trop sérieux ; pas assez d’humour dans ce grand corps tout en viande rouge. Ce rafleur lui rappelait un bœuf, d’autant que ses narines s’étaient mises à palpiter sous la tension. Oui, c’est ça, un gros bœuf de compétition devant lequel on aurait secoué un peu trop la muleta. Un aurore aurait probablement été plus radical, ou en tout cas beaucoup plus emporté. Les aurores, ces horribles produits purement ministériels, représentant de la belle magie blanche, si souvent imbus d’eux-mêmes par leur merveilleuse carrière, et la gloire toute en stéréotypes que leur réservait la société. Héros par procuration dont on renflouait généreusement la vanité à coup d’apprentissage élitiste. Que voulez-vous, si l’on vous fait miroiter les étoiles, vous finissez fatalement par en avoir plein les yeux. Alors pour le coup, un rafleur, ce n’était pas si mal, fondamentalement. Beaucoup plus conciliant. Octave regardait donc en biais, d’un œil malicieux, son adversaire d’un soir, prenant soin à se cacher derrière la tête ronflante et recouverte de plaques rouges de sieur Foster. Soudain, un fracas se fit entendre au premier étage, comme une déflagration : Fox venait de transplaner. Ignorant la bravade du rafleur et la disparition de sa cible, Octave se pencha encore une fois sur l’oreille du vieux et susurra mielleusement :

« Alors ? Tu sens les effets ? Baisse de la visibilité, capillaires qui pètent, scotome, phosphène, bourdonnement et sifflement dans les oreilles ? Asthénie musculaire, fourmillements, vague paralysie ? Tu sens comme ton visage est rouge et chaud ? Je vais encore serrer un peu et tu vas sentir ton cœur se ralentir et le sang battre à tes oreilles parce qu’il ne sera plus capable de retourner de la tête vers le cœur. Tu dois déjà un peu sentir un œdème et une cyanose de la langue : sa base se coince dans ton gosier et t’empêche de reprendre ton souffle. Patience, reste sage, muet et l’œdème cérébral va suivre. Ta mort sera lente et ne surviendra qu’au bout de longues minutes, parfois dix, tu seras secoué de spasmes et tes pieds chercheront un appui inutile alors que tu essayeras encore de m’écarter de tes bras. On appelle ça la danse des pendus, ça te dit ? »
Foster grogna longuement, tel un animal blessé et Octave desserra légèrement la prise sur son gros cou pour le laisser parler. Il sentit de la bave couler sur son avant-bras et faillit avoir une réaction nerveuse, mais se contint, priant pour que le vieux ne lui vomisse pas dessus de surcroit. Un meuglement raisonna :
« Il est dans la cave !
- Avec le bourdonnement t’as pas dû entendre le vacarme de son transplanage. Je te donne une chance supplémentaire, mais te garantis qu’au prochain mensonge je ferai sortir tes yeux de leurs orbites. Alors dis-moi où il a transplané, c’est quoi sa planque ? Sa prochaine étape ? »
Foster sembla hésiter un instant, emplissant l’atmosphère de sa respiration sifflante.
« Dans un bar d’ex-taulards à la sortie de la ville, sur Malone Avenue, il m’a dit que des connaissances étaient prêtes à le protéger ! » s’égosilla Foster dans un dernier souffle avant de se mettre à tousser.

Ah bah voilà ! Satisfait, Octave serra son bras autour du cou de sa victime, attendant qu’il s’évanouisse définitivement. Il valait mieux prendre ses précautions au cas où Foster se décidait à prévenir son complice d’une manière ou d’une autre. Au moment où la sérénade gutturale du vieux prit fin et que son corps cessa de se débattre dans un dernier soubresaut, Octave le laissa choir au sol comme un ange tombé du ciel, dans un bruit sourd de sac de farine roulant sur le parquet. Relevant les yeux vers le bœuf de compétition, il dit de la manière la plus naturelle qui fut, en écartant les bras : « Bah voilà, je l’ai lâché. Je me suis calmé. Je suis sage. » Puis, avec un clin d’œil en direction du rafleur, il fit glisser la baguette magique de sa manche, ayant déjà remarqué que tous deux avaient tendance à la planquer au même endroit. Tenant sa baguette magique du bout des doigts dans un geste de désamorçage, il déclara « Relax, je sais où est ce bar. Je peux t’y emmener. A moins que tu n’aies baissé les bras, mhhh ? » Un sourire particulièrement louche flottait sur ses lèvres, tellement Octavien ! C’était un peu ironique, un peu trop doucereux pour être digne de confiance, et pourtant un rayonnement particulier en émanait, tel un appel à la bonne volonté. Octave tendit sa main libre avec nonchalance vers le rafleur, paume tournée vers le haut et doigts détendus avant de dire de sa voix la plus charmeuse « Viens, « mec », je nous fais transplaner sur place, on sera plus efficaces à deux, non ? D’autant que Fox est en phase de fuite accélérée maintenant, donc soit on le laisse filer, soit on le rattrape, mais pour ça, il faut aller vite. » Un instant, il sourit avec des lèvres serrées par un rictus qui ne demandait qu’à dénuder ses dents blanches avant de rajouter « Regarde, on a même un point commun, on planque tous les deux nos baguettes au même endroit. Après ça, on n’est plus des étrangers l’un pour l’autre d’une certaine manière… Des frères de baguette. »

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MessageSujet: Re: [Juin 1996] Qui part à la traque ... Mer 15 Fév 2017 - 9:44

Le bras tendu, la baguette levée vers l’homme assaillant, Sam organisait ses pensées selon les événements qui s’enchaînaient, totalement imprévues. D’ailleurs c’est dans cet imprévu que l’adrénaline naît, que l’être humain réagit selon ses sens, son caractère et son instinct. Le drôle d’individu qui avait brusquement surgi dans la maison à la manière d’un super-héros continuait de tenir monsieur Foster pour s’en servir à la fois de bouclier en cas d’agression mais aussi de taupe.
Un grand « boum » se fit entendre quelques mètres en hauteur. Par réflexe il leva sa baguette vers le plafond et tenta, tendant son ouïe au maximum pour percevoir une preuve quelconque de la présence de sa cible première. Plus un bruit ne se fit entendre après le grand vacarme que le rafleur analysa très vite comme étant un transplanage. Il était parti. Sam lâcha un juron et reporta son attention vers les deux hommes qui s’empoignaient. Tout cela promettait un rapport plus long que d’habitude et une deuxième journée de traque, voire plus si Fox avait parcouru plusieurs dizaines, ou centaines de kilomètres. La colère commençait à monter. Traquer et attraper, cela ne lui posait pas spécialement de problème. Mais être gêné dans son travail par un guignol, c’était une autre histoire.

Suffoquant de plus en plus, la victime commençait à devenir rouge écarlate lorsque l’assaillant lui susurra aux oreilles des mots que Sam eut du mal à percevoir. Sam s’approcha imperceptiblement pour tenter d’attraper quelques bribes de leur conversation. L’agresseur lui exposait dans un vocabulaire très élaboré les différentes étapes de la souffrance qu’il lui infligeait. Quel drôle d’individu ! Sam avait du mal à imaginer un homme très cultivé, pourquoi pas médecin, exploser une fenêtre pour venir agresser deux personnes que seul le Ministère soupçonnait d’actes frauduleux. Petit à petit se construisait dans son imaginaire un portait de cet homme aussi singulier que désagréable. Mercenaire ? Mangemort ? Alcoolique se prenant pour un sauveur de l’humanité ? Il était difficile de percevoir dans ses actes une signature qui pourrait l’orienter. Une chose était sûre, il ne pouvait pas être Auror. Sam travaillait au Ministère depuis de nombreuses années et cette façon d’agir ne correspondait pas à ce qu’il voyait, sauf en cas de cible très dangereuse. Serait-ce un rejeton de l’Ordre du Phénix ? Non plus. Peut-être pour les mêmes raisons d’ailleurs, quoiqu’il n’ait jamais croisé (ou tout du moins identifié) l’un des membres de cette organisation secrète.

Durant leur petite conversation et les menaces proférées par l’agresseur, Sam ne bougeait pas et continuait à viser l’homme tout en prenant soin d’éviter Fox, chose très difficile puisqu’il ne cessait de se débattre de toutes les forces qui lui restaient. Au bout d’un moment, dans un souffle paniqué, la victime par lâcher
:

« Dans un bar d’ex-taulards à la sortie de la ville, sur Malone Avenue, il m’a dit que des connaissances étaient prêtes à le protéger ! »

Sam connaissait bien la ville mais n’avait aucune mémoire des noms. De plus, les « bars d’ex-taulards » il y en avait plusieurs, ne serait-ce que dans le centre. Un nouveau problème se posait, entraînant d’autres complications. Il ne pouvait pas repartir tout de suite à la traque, en tout cas pas avant d’avoir étudié son nouvel environnement de chasse et les nombreux bars qu’il pouvait croiser. De plus, le temps que Sam réorganise son travail, son concurrent (si tant est qu’on puisse le nommer de la sorte) aurait largement le temps de prendre de l’avance et faire Merlin sait quoi à leur cible commune. Enfin si, Sam se doutait bien de ses intentions envers Foster.
Mais contre toute attente …


"Bah voilà, je l’ai lâché. Je me suis calmé. Je suis sage. »

Sam grogna intérieurement en le regardant terminer son étranglement puis lâcher le corps inconscient qui glissa sur le sol. Méfiant, il maintint sa baguette pointée tout en détendant légèrement les bras. Lorsque l’homme sortit sa baguette, le rafleur choisit un sort dans sa tête et le mit au bout de ses lèvres, prêt à le formuler au moindre geste agressif à son égard. A Poudlard il avait été plutôt bon dans les matières pratiques telles que la Défense contre les Forces du Mal, les Sortilèges et même la Métamorphose. Ce qui n’était pas le cas en Histoire de la Magie, Arithmancie et pire encore, Astronomie. Son petit doigt lui disait qu’en ce qui concernait son interlocuteur, c’était l’inverse. Un ying et yang face-à-face, c’était toujours une rencontre, un choc, très compliqué à gérer.

« Viens, « mec », je nous fais transplaner sur place, on sera plus efficaces à deux, non ? D’autant que Fox est en phase de fuite accélérée maintenant, donc soit on le laisse filer, soit on le rattrape, mais pour ça, il faut aller vite. Regarde, on a même un point commun, on planque tous les deux nos baguettes au même endroit. Après ça, on n’est plus des étrangers l’un pour l’autre d’une certaine manière… Des frères de baguette. »

Sam ne réagit pas instantanément. Il prit quelques secondes pour réfléchir aux paroles de cet homme qui l’étonnait de plus en plus. Par Merlin qui était cette espèce de baroudeur trop bien peigné pour sauter comme un fou dans une baraque et agripper un homme avec une telle force. Malgré sa méfiance, Sam dû admettre qu’il n’avait pas tort. S’il voulait mettre la main dessus, il fallait le faire maintenant. Son supérieur n’apprécierait certainement pas une telle réaction cavalière, mais si l’objectif était atteint, il ne pourrait pas trop lui en vouloir. Au pire Sam lui apporterait des chocolats pour entretenir son gras légendaire, source de détente incroyable visiblement.
Gêné par cette histoire de baguette, Sam rangea la sienne dans la poche arrière de son jean
.

« D’accord, finit-il par admettre, t’as raison. Allons-y maintenant et puis on verra ensuite. »

Bien entendu Sam faisait allusion au fait que tout deux avait le même objectif, mais que l’un d’eux allait forcément, à un moment donné, rentrer bredouille. Cependant il était inutile de rester planté dans un endroit qui n’apporte plus aucune information utile. Ils auraient le temps de faire plus ample connaissance durant leur traque commune et Sam pourrait cerner cet étrange « frère de baguette ».
Il s’approcha de lui et lui attrapa un pan de son pull, du bout des doigts.

« Sam. Dit –il simplement. Et toi ? »

Il ferma les yeux en attendant le transplanage. Malgré sa longue pratique, il avait toujours des haut-le-cœur affreusement désagréables.

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MessageSujet: Re: [Juin 1996] Qui part à la traque ... Ven 17 Fév 2017 - 18:24

Au moins n’avait-il pas eu la bêtise de tenter de lui envoyer un sors en plein visage malgré la situation étriquée qui s’était présentée à eux. Tant de gens se seraient excités sur lui dans la panique, envoyant des étincelles dans tous les sens sans grand succès, brisant verre et bois à la volée sans considération, avec pour seul but de tout détruire aux alentours. Ah bah oui, tout péter était radical, mais c’était toujours une solution quand on ne savait pas quoi faire, ni correctement manier sa baguette. Octave s’était préparé à utiliser le corps de Foster comme un bouclier, mais le bœuf semblait se retenir, attendant, narines palpitantes et tempes battantes, ce qui allait suivre. Qu’il était agréable de rencontrer enfin quelqu’un de sommairement réfléchi, particulièrement dans ce monde de sanguins ! De toute manière, en de pareilles circonstances, faire appel à la magie n’aurait pas servi à grand-chose, surtout dans un endroit aussi étroit, à part faire un spectacle son et lumière. Comprenez, fracas et rayons multicolores. Cette capacité à prendre du recul était particulièrement agréable en période de tension comme celle-ci et Octave appréciait indéniablement que la situation n’ait pas dégénéré. Même lorsqu’il avait dégainé sa baguette, le grand dadais aux yeux sombres n’en fit rien, semblant simplement se tendre quelque peu, se préparant probablement à attaquer si le danger se faisait sentir. Octave se contenta de sourire à cette initiative d’un air compréhensif, vaguement amusé, non pas dans l’idée de s’en moquer, mais dans une subtile tentative de rendre cette situation, aussi tendue qu’un décolleté bien garni, un peu plus souple. Le tout était de bien savoir doser entre la bienveillance -trop louche- et la malice -trop vicieux. Pour le coup, il s’offrit une espèce de rictus empli de de gentillesse réconfortante, presque ingénue.

En réalité, il était soulagé, n’étant absolument pas certain d’être en mesure de se battre contre une armoire pareille, quand bien même en magie, la force ne se mesurait pas à la taille. Question physiologique. De probabilité visuelle aussi, ce gros poitrail et sa grande taille ne lui aspirant aucune confiance. Quoi que, les pectoraux robustes lui donnaient toujours envie de s’allonger dessus, comme sur un lit de mousse. Quelque chose dans la forme… une pâte bien pétrie, un fruit bien mûr, un gros nuage. Bien qu’Octave n’ait jamais lui-même réussi à développer une masse corporelle pareille, sa physionomie tendant vers la force explosive (ou réactive) et maximale plutôt qu’endurante, il n’éprouvait pas de jalousie, seulement une sordide fascination pour toutes ces montagnes de testostérone. Pour le coup, sa fascination était quelque peu suspicieuse. Mais soudain, sous son regard presque ébahis, muni d’une moue déjà moins renfrognée, le fonctionnaire ministériel rangea sa baguette magique. Victoire. Bon sang, tant d’émotions ! Quelle belle scène ! Merveilleux instant où convergeaient toutes les bonnes choses de cet univers pour se réduire en ce simple geste d’abandon volontaire, débordant de bonne foi. Octave s’en retrouva presque ému, et lui sourit franchement en retour, paume toujours tendue vers le haut.

« D’accord, t’as raison. Allons-y maintenant et puis on verra ensuite. »

Et le visage du consultant fleurit en un sourire affable et contenté. Parfait. Plus encore lorsque son acolyte du moment tendit son bras pour lui empoigner presque timidement la manche. Eh bien alors, on n’osait point le toucher ? Que c’était émouvant tant de timidité de la part d’un bœuf pareil, qui semblait transpirer la virilité par tous les trous. Même ses yeux bleus aux paupières lourdes… ce devait être ses grosses lèvres pulpeuses qui semaient le doute dans toute cette architecture toute en masse musculaire et en puissance masculine. On aurait dit un vaste cœur rosé et sensuellement charnu, pomme d’amour perdue sur un visage tout en douce âpreté. Combien de femmes s’étaient-elles perdues sur cette étendue plantureuse ? Les renfrognés ténébreux, ça devait en exciter plus d’une. Il y avait une contradiction charmante chez ce personnage, un paradoxe d’opposition entre sensibilité suave et force robuste. Mélange improbable qui lui prêtait indéniablement un certain mystère.

« Sam. Et toi ? »

Diantre, on n’en demandait pas tant ! Octave ballotta un peu dans les airs sa main demeurée vide, jaugeant cette attention toute particulière avec intérêt. Puis, finalement, d’un air joliment mielleux, il dit :

« Jal, Jalender. »

Quelque chose lui avait dit que ce Sam n’avait pas menti sur son identité. En tant que représentant de l’autorité officielle, il ne devait pas être très méfiant et son nom était le symbole de son appartenance, de sa puissance. Il suffisait de regarder dans les registres pour le trouver et le prendre aux sérieux. Octave en revanche faisait partie de ces ombres se muant dans les ténèbres noires d’un monde où le pouvoir provenait des actes et de la réputation. Rien n’y était jamais acquis. Lorsque l’officiel et l’officieux rentraient en contacte, il préférait être prudent, sait-on jamais ce qu’un prénom pouvait faire. Mais il ne mentait pas tout à fait non plus, Jalender étant un pseudonyme qu’il lui arrivait d’utiliser pour se protéger des moins honnêtes. Avec amusement, Octave regarda sa manche empoignée et rigola doucement. D’un mouvement souple et suffisamment brusque, il dégagea son bras de la prise de crabe de Sam et alla lui empoigner franchement l’avant-bras, longeant du sien sa grande main. Une poigne bien virile et solide. Dans son élan, Octave en profita pour tirer sur sa prise et se rapprocha de son acolyte, enjambant le corps de Foster et se postant devant Sam, la tête relevée pour le regarder bien dans les yeux. Seule leur poignée de main, qu’Octave gardait volontairement serrée -sans que cela ne commence à ressembler à un combat de masculinité orgueilleuse-, séparait leurs deux corps. Cette proximité était volontaire et le consultant décocha un sourire en coin au grand dadais.

« Mon cher Sam, il faut y aller plus franchement que ça ! A t’accrocher avec tes petits doigts, tu risques de lâcher prise et te perdre quelque part en milieu de route ! Ce serait fort regrettable. Et puis, je ne vais pas te morde. Enfin, sauf si tu me le demandes, bien évidemment. » Sensiblement, il resserra ses doigts sur l’avant-bras de Sam et lui demanda : « Alors, tu ne te sens pas plus en sécurité comme ça ? »

De sa main libre, sans attendre la réponse, Octave releva sa propre baguette dans les airs et, dans un claquement sinistre, ils transplanèrent sur Malone Avenue. Tous deux se retrouvèrent au bord d’une route de campagne parsemée de nids de poule et qui rejoignait un peu plus loin une départementale en sortie de la ville. La nuit était maintenant tombée et le noir s’était fait lourd, presque palpable, d’autant qu’ici, à part le bar et les lumières de la ville au loin, il n’y avait aucun autre éclairage. La pollution lumineuse rendait les étoiles invisibles et le ciel était teinté d’une couleur orangée dégueulasse. D’ailleurs, le bar perçait derrière quelques arbres, entouré d’un terrain poussiéreux sur lequel rien ne poussait à force de passage et que les deux aventuriers pouvaient voir grâce à la lumière qui tombait au sol à travers des fenêtres étroites et mal lavées. La salissure s’était déposée en une couche uniforme qui floutait la transparence et rendait impossible la perception de ce qui se passait à l’intérieur. La vieille enseigne elle aussi avait succombé au temps et le nom du bar demeurait illisible, la peinture s’étant craquelée, partiellement décolorée et décollée en pelures qui continuaient encore à tomber par moments. Sentant le sol sous ses pieds, Octave lâcha le bras de Sam et alla se pencher quelques pas plus loin, prenant appui sur ses cuisses, ayant senti sa bouche se remplir de salive. Un haut le cœur lui avait donné la nausée et il attendait de vomir, mais rien ne vint finalement et il se redressa, le teint un peu pâle. Soudain particulièrement concentré et sérieux, il se rapprocha du bar en quelques enjambées discrètes et toisa depuis les ténèbres des arbres avoisinants l’entrée. Un type s’y tenait, un verre à la main, visiblement torché au vu du mou balancement de son corps d’avant en arrière. Il fumait et sa baguette magique pointait depuis la poche trouée et délavée de son jean. Octave prit l’initiative et s’avança vers le type, foulant de ses bottes les tas de poussières qui virevoltaient sur son passage.

« L’ami, t’aurais une clope pour moi ? J’te paye un verre au bar après. »

Au préalable, il avait rangé sa baguette et au moment où l'interpellé avait levé son visage rouge d’alcool vers lui, Octave avait ouvert les bras dans un geste amical en continuant à s’approcher. Le type, titubant, le regarda d’abord de ses yeux vitreux, comme pour l’analyser, mais vu que l’exercice ne donnait rien de concluant tant il devait avoir du mal à réfléchir, il finit par acquiescer. Sortant son paquet de clopes, il le tendit à Octave qui s’en saisit pour en sortir une cigarette et la glissa entre ses lèvres. Le paquet revint à son propriétaire et le consultant enchaina :

« Dis, mon ami et moi, on cherche un truc. » susurra-t-il en se retournant vers Sam pour faire remarquer sa présence. Du bout de sa baguette, il alluma la cigarette et aspira une lampée avant de continuer « On m’a dit qu’on pouvait trouver toutes sortes de choses par ici… comme du sang de licorne…
Sans le laisser finir, le gars posa un doigt calleux contre les lèvres du consultant, yeux écarquillés, et lâcha un :
- Chhhhht ! P’tain, faut pas dire ça à voix haute mec ! Chhhhht ! T’es ouf ou quoi ?
Il le regarda ainsi pendant un bon moment, poussant contre ses lèvres pour le sommer de se taire, puis finalement, il fit un tube autour de sa propre bouche avec sa main et, rigolant bêtement, déclara :
- Vous avez d’la chance, y en a un qui vient d’arriver, mais je ch’crois qu’il ne vend plus rien, il est poursuivi… Aah, mais ch’uis trop c*n… Attend, il a dit un truc… j’sais plus… C’est pas vous qui le poursuiveriez ? Poursuivrez ? Pours…. Bref ! Si c'est l'cas, c'pas cool les mecs... »

Octave se retourna vers Sam, cigarette fumante à la bouche et sourcil relevé, l'air dire : vas-y, c'est ton tour de neutraliser des nuisibles.


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MessageSujet: Re: [Juin 1996] Qui part à la traque ... Sam 11 Mar 2017 - 20:26

Sans poser son regard sur son nouvel acolyte, Sam hocha la tête en entendant ce dernier prononcer son nom. Son cerveau habitué à voir défiler des listes de prénoms tous plus étranges les uns que les autres fouilla rapidement sa mémoire pour tenter de dénicher un quelconque vague souvenir d'une fiche portant ce nom. Rien ne lui vînt. Un inconnu au bataillon. Cela lui facilitait les choses et de la facilité, au vue des récents événements, il en avait bien besoin. Entre le bonhomme qui le piste, le dépasse, entre brutalement chez sa cible pour le faire fuir et malmener un innocent devant ses yeux, on ne pouvait pas dire que sa tâche avait été allégée grâce à cette paire de bras supplémentaire. Paire de bras qui d'ailleurs faisait apparaître le jeune homme comme un gringalet de 20 ans à côté de Sam. On aurait dit un mauvais film policier avec le beau brun intelligent et pragmatique fièrement accompagné de son molosse d'attaque au regard perçant, sans peur ni reproches. Ils avaient l'air fin, tous les deux et Sam se demandait déjà comment il ferait apparaître ce léger détail un peu virulent dans son rapport. Si tant est qu'il en rédige un dans les règles de l'art et à juger par la tournure des événements, quelques libertés lors de la rédaction semblaient être plus que nécessaires. Non pas que son chef viendrait à poser des questions, ce dernier ne s'arrêtant qu'au titre et à la date du rapport. Mais par souci, disons, d'intégrité. Ouais, de l'intégrité au ministère. Ce mot aurait fait exploser de rire n'importe quel analyste politique.

Il regarda ce Jalender changer de position et lui agripper plus fermement le bras. De sa petite voix emplie de malice qui avait le don de l'énerver, il glissa même un trait d'humour. Dans cette maison, certes encore debout et bien rangée malgré l'intervention des deux sorciers, la prise de catch et la fuite d'un autre, un silence presque coupable s'était installé, rendant l'atmosphère particulièrement défavorable à l'humour. Il s'imagina, une fraction de seconde, l'homme bien habillé et parfaitement rasé ouvrir grand la bouche, toutes dents dehors et lui mordre jusqu'au sang l'avant-bras, les yeux écarquillés de rage, avec pourquoi de la mousse sur le coin des lèvres. « Certainement que son impeccable coupe de cheveux en pâtirait » se dit intérieurement Sam en fronçant les sourcils en guise de réponse. Jalender voulait peut-être détendre l'atmosphère, mais Sam n'arrivait pas à céder à cette tentative. Son quotidien monotone de chasseur de proies idiotes venaient d'être un peu trop perturbé et brutalement, son cerveau qui n'avait pas l'habitude d'effectuer des tâches un peu plus complexes devaient composer avec des éléments perturbateurs bien inhabituels. Encore une chance qu'Andrew ait annulé leur rendez-vous de ce soir, il n'aurait sûrement pas pu s'y rendre, et encore moins apporter des explications pour un potentiel retard.

Un craquement se fit entendre et en un clin d'oeil les deux sorciers changèrent d'environnement. La calme maison disparut instantanément pour faire place à une route en mauvais état avec à quelques mètres un bar qui semblait être en aussi bon état que ceux de Pré-Au-Lard. A la suite de ce transplanage Sam sentit une désagréable boule de vomi lui remontrer à la gorge et il déglutit avec difficulté. Durant quelques secondes sa tête se mit à tourner et il eut du mal à prendre ses repères. Jalender semblait souffrir du même désagréable mal des transports magiques, aussi ce n'est qu'après avoir récupérer leurs esprits qu'ils se mirent en route. Sam continuait à se méfier de ce Jalender à l'allure si sûre. Mercenaire, chasseur de primes ou simple proche en quête de revanche, il n'arrivait toujours pas à cerner le personnage. Une fois le bar atteint, le gringalet s'adressa à un homme visiblement en proie à une grande bataille entre l'alcool et son cerveau, bataille visiblement largement perdue d'avance
.

« L’ami, t’aurais une clope pour moi ? J’te paye un verre au bar après. »

Sam s'était arrêté quelques mètres plus loin pour observer le comportement de son nouvel acolyte. La tentative de se faire passer pour un bon gars du coin était louable, mais à en juger par les vêtements de son interlocuteur, ce n'était pas la bonne méthode. Jalender avait tout du mec qui ne pouvait pas se trouver là purement par hasard. Cependant l'ivrogne était suffisamment saoul pour que ça fonctionne. Pourquoi pas.

Lorsque Jalender le présenta brièvement, Sam ne fit pas un mouvement, ou à peine un hochement de tête imperceptible. Il avait déjà tourné le regard vers le bâtiment pour en évaluer toutes ses caractéristiques. La première qui pourrait sauter aux yeux de n'importe quel débutant, c'était que le moindre « Stupéfix » envoyé trop violemment pourrait faire effondrer tout l'édifice. Si la cible était dans ce lieu, il fallait une technique réfléchie. L'homme empli d'alcool se mit à tenter une phrase complète et relativement longue, ce qui attira l'attention de Sam. Que pouvait-il avoir de si important à raconter ? Il s'approcha un peu pour attraper les dernières paroles. Puis, Jalender se retourna vers lui, cigarette à la bouche, comme pour lui demander un compte rendu de la situation.

Sam cessa d'être une gargouille statique et passive pour entrer en action. A présent il n'était plus temps de ruminer. Il attrapa Jalender par la manche et tout deux s'éloignèrent de quelques mètres, assez pour se mettre hors de portée des oreilles de l'homme
.

« Bon Jal', on ne peut pas être sûrs que celui dont il parle c'est notre homme. Et si on entre dans ce bar tous les deux avec nos regards qui dévisagent tous les clients, on va se faire griller ».

Il releva la tête pour observer à nouveau le bar. Un léger brouhaha se faisait entendre ce qui trahissait la présence d'une bonne dizaine de personnes. Le rafleur fit un rapide calcul. Le plus judicieux semblait être de déloger l'individu pour le coincer un peu plus loin. Seulement il semblait être un bon transplaneur et s'il renouvelait l'action, cela ne ferait que déplacer le problème ailleurs.

« L'un de nous deux devrait entrer, l'accoster s'il est présent et essayer de le faire sortir. »

Il jaugea de haut en bas son acolyte et haussa les sourcils.

« Il t'a déjà vu ? Moi ça paraîtrait trop louche …, il hésita à justifier son idée par l'argument de sa corpulence avant d'ajouter, certains m'ont peut-être déjà croisé. »

Il ne savait toujours pas s'il pouvait faire confiance à cet individu qui avait explosé la fenêtre d'une maison, mais une chose lui paraissait évidente, entrer et jouer les cow boys n'était pas la bonne solution. Ceci étant dit, Sam n'avait pas l'intention de laisser sa cible seule en tête à tête avec ce nouveau chasseur. Il se contenterait de rester un peu à l'écart, à l'extérieur, près à intervenir. Après tout si le bâtiment venait malencontreusement à s'effondrer à la suite d'une bataille (ou d'une baguarre à mains nues pourquoi pas), il pourrait mieux gérer la situation. Le rafleur inspira comme alimenter son cerveau en oxygène et chercher d'autres solutions mais ses poumons renâclèrent et il fut pris d'une forte toux.

« Tu veux pas éteindre ce truc ? C'est vraiment dégueulasse par le slip de Merlin. »

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MessageSujet: Re: [Juin 1996] Qui part à la traque ... Sam 18 Mar 2017 - 1:10

Se faire tirer par la manche n’avait pas vraiment été dans ses intentions, mais docile, Octave se laissa faire. Ce n’était pas comme s’il avait le choix de toute manière, se voyant mal essayer de résister à la pince de crabe dont pouvait être capable son bœuf sur protéine de compagnie. Mais surtout, il était bien trop satisfait d’enfin voir Sam prendre l’initiative -même si pas celle espérée- et curieux d’entendre ce qu’il avait à dire. Quelques pas suffirent à les mettre à l’abris d’une oreille intéressée, le type titubant continuant à bredouiller quelques incohérences en fond, l’absence d’interlocuteur ne semblant pas le déranger, l’obligeant à changer un début de discussion en monologue mâchonné. Octave écarquilla légèrement les yeux, manifestant ainsi sa parfaite attention alors que Sam était déjà en train de lui déverser ses observations du bout des lèvres et tête penchée, comme s’ils furent deux commères sur un banc. Le grand dadais avait l’air tellement sérieux et préoccupé par la situation que le consultant ne put s’empêcher de sourire légèrement. Le pauvre devait continuer à ressasser à quel point la présence d’une tierce personne dans cette histoire devait contrarier ses plans, sa carrière et pourquoi pas sa vie carrément. C’était malheureusement ainsi, lorsqu’on avait des comptes à rendre à des supérieurs et que chaque pas devait être plus ou moins calculé. Octave, de ce côté-là, disposait d’une large liberté qui ne s’arrêtait certainement pas au cadre bien connu de la légalité. A voir comment ces deux modes opératoires pouvaient s’épouser sans finir dans un malheureux divorce. Quoi que la séparation dût advenir de toute manière en bout de course, et alors que Sam parlait, Octave la voyait venir de plus en plus clairement. Si tout se passait bien avec Fox, la prochaine étape allait être une dispute au-dessus de son corps inanimé -de préférence, pour l’empêcher de fuir, par exemple. Le fonctionnaire ministériel ne voyait peut-être pas encore cette finalité si clairement, mais elle était bien là, mettant une sorte de tension supplémentaire dans leur courte collaboration. Lorsque Sam releva la tête vers le bar, Octave en profita pour détailler son profil, le considérant avec l’intérêt différent et impoli que lui permettait un voyeurisme dérobé. Sacré visage. L’animal était relativement silencieux, à voir s’il cachait par là son caractère ou s’il était aussi peu en relief que son mutisme l’insinuait. En tout cas, dans un esprit de réussite, il avait accepté de le suivre, va savoir si cela illustrait un caractère déterminé ou simplement fataliste.

Si Octave avait cependant quelque chose à relever de ce profil volontaire et suintant de virilité, c’était une tendance visible à l’économie d’énergie. Une indolence curieuse qui faisait probablement de Sam quelqu’un d’efficace dans son travail, car comme on le sait, dans certains cas la paresse vous oblige à bien travailler pour ne pas avoir la nécessité de refaire les choses plus tard. Octave se reprit juste à l’instant où Sam tourna la tête pour le jauger, évaluant probablement ses capacités avant de justifier ce toisage par leur différente popularité. Le consultant sourit doucement en retour, définissant un peu mieux le statut de son acolyte. Certains l’auraient donc peut-être déjà croisé ? Bon, rien d’étonnant en cela fondamentalement, à part le fait que cela soulignait éventuellement un employé assidu dans ses missions, que l’on lui confiait à la pelle. Des sbires ministériels, il y en avait après tout de toutes sortes, celles que personne ne voyait jamais, et celles qui étaient éternellement en train de tout se coltiner. Ah, il n’y avait certainement pas que les femmes qui devaient profiter de sa carrure avantageuse… L’on devait se sentir diablement en sécurité derrière ce mur de dos. Avant de répondre, Octave avait aspiré machinalement sur sa cigarette, recrachant quelques instants plus tard la fumée par ses narines, ce qui fit tousser son inspecteur préféré. Qu’il fût facile d’oublier à quel point le tabac était désagréable à ceux qui n’en avaient pas l’habitude.

« Tu veux pas éteindre ce truc ? C'est vraiment dégueulasse par le slip de Merlin.
- Désolé. »

Susurra-t-il avant d’écraser le mégot contre la semelle de sa chaussure et de l’envoyer dans le pot de sable qui trainait non loin de là. Sam lui offrait là une opportunité qu’il se devait de saisir pour prendre de l’avance. Etre désigné pour aller cherche Fox dans le bar signifiait également être le premier à le toucher, à en prendre possession et à avoir l’avantage. Un avantage de proximité seulement, mais un avantage tout de même. C’est donc avec un enthousiasme savamment camouflé derrière une détermination fatalisme qu’Octave déclara :

« Très bien. Va m’attendre derrière, à la porte des cuisines. Le faire sortir par-là attirera moins l’attention. Surtout s’il commence à se débattre en te voyant. »

Tout de suite après, il fit demi-tour et se dirigea avec désinvolture vers l’entrée du bar, où le grisé canasson continuait à bredouiller dans le vide, s’adressant maintenant à ses mains. Le déroulement des évènements à venir ne le préoccupaient pas tant que les conséquences que cela allait et pouvait avoir. Son esprit énumérait déjà les possibilités lointaines que sa situation était en mesure de lui apporter en prenant en compte les variables mises à sa disposition. A force de cogitation, il advenait de plus en plus clairement qu’une éventualité en particulier, si elle se réalisait concrètement dans toute sa splendeur, se présentait bien plus avantageuse que les autres. Surtout par rapport à la situation dans laquelle il se trouvait. Mais de toute manière, il était déterminé à récupérer Fox pour se garantir une position confortable quelle que puisse être l’issue de cette aventure. Pour Sam en revanche, il n’y avait définitivement qu’un seul moyen d’en sortir vainqueur et il allait l’apprendre très rapidement. Octave avait poussé la porte du bar en baissant la tête, regardant les environs de front. Fox était assis au bar, le regard fuyant et vif, le dos vouté et la tête rentrée dans les épaules, archétype de la proie qui fuyait quelque chose. Manifestement, il n’avait pas trouvé le soutient désiré dans les environs, seulement un abri temporaire où peu auraient eu l’audace de se présenter. Mais Octave était justement de ceux qui comprenaient l’importance d’avoir de mauvaises fréquentations. Sans perdre de temps, se faisant aussi peu remarquable que possible par une posture renfermée et un air de fauve renfrogné, il s’était dirigé vers Fox. Il se présenta derrière lui, se pencha légèrement pour se faire entendre sans paraître menaçant et déclara d’une voix grave :

« C’est vous Fox ? Tout doux ! Pas de gestes brusques. Foster m’a envoyé vous récupérer. Il m’a demandé de vous planquer quelque part en attendant que ça se calme. Il m’a dit de vous dire que ce sont des fonctionnaires du ministère qui sont passés vous chercher. Ils vous ont entendu transplaner, mais comme ils n’avaient strictement aucune preuve que c’était bien vous, ils sont partis, laissant la maison de Foster sous surveillance des fois que vous ayez l’idée de revenir. Il a m’a prévenu via sa cheminée. »

Va savoir si c’était un savant mélange de sourcils froncés et de traits tirés dans une moue peu avenante ou simplement la peur paranoïaque de Fox, mais après s’être vaguement agité, il se calma, semblant croire le menteur. Menteur qui ne mentait pas tant que ça finalement, puisque d’une certaine manière, Foster l’avait effectivement envoyé ici pour mettre son acolyte à l’abri. A l’abri au fond d’une boîte en bois sur un navire marchand. Mais ce n’étaient que des détails, n’est-ce pas ? Octave regarda par-dessus son épaule comme s’il s’attendait à ce qu’on les attaque, insinuant ainsi que le danger était partout et ne faisait qu’augmenter au fur et à mesure qu’ils attendaient.

« Où est-ce que vous comptez me planquer ? S’enquit Fox dans un murmure sifflant, yeux exorbités par l’anxiété.
- Déjà, on va passer par la porte de derrière pour ne pas se faire remarquer et ensuite on va transplaner, mais ça j’en parlerai quand on sera moins entouré, suivez-moi.
-Attendez, je n’ai jamais entendu parles de vous et…
- Et quoi ? Ecoutez, moi, je ne fais que rendre service à Foster. Si vous préférez rester là, ça m’est égal. Je dirai à Foster que vous avez préféré vous débrouiller par vos propres moyens.
- Non ! Non, je viens. Je… je ne sais pas où aller de toute manière. »

A partir de là, il allait devoir être extrêmement délicat dans sa manière de faire et sa posture. Il était important que les choses se passent avec un égal niveau de souplesse pour qu’il puisse en tirer ce qu’il désirait sans inconvénients. La posture était relativement sensible et Octave, en avançant dans l’étroit couloir carrelé qui menait à la porte arrière, se retrouva vaguement tendu. Sam ne lui faisait pas peur, mais perdre l’avantage par manque d’habilité serait impardonnable, surtout maintenant qu’il l’avait entre les mains. De près, Fox le suivait, transpirant et respirant comme s’il n’avait de cesse de courir, probablement que son cœur battait aussi fort que si ce fut le cas. Discrètement, Octave sortit sa baguette magique, ouvrit la porte et une fois s’être avancé d’un ou deux pas dans le noir de la nuit, mal illuminé par une paire de bougies tremblantes, il se retourna calmement et stupéfixia Fox du bout des lèvres. D’une main, il attrapa l’homme par le col de son vêtement, l’accompagnant doucement dans sa chute jusqu’à ce qu’il se stabilise au sol, genoux repliés, pendant au bout du bras d’un Octave cherchant déjà la présence de Sam du regard. Mais plutôt que d’adopter une posture ouverte et conciliante, il pointa de sa baguette sur le corps de Fox dans une attitude quelque peu défensive, sommant ainsi au fonctionnaire ministériel de ne pas s’approcher trop près de la proie attrapée. Curieusement, et contrairement à ce qu’on aurait pu s’attendre de sa part, il ne transplana pas. Pas tout de suite en tout cas, mais c’était ce qu’il semblait être prêt à faire en retenant ainsi un Fox évanoui par le cou. Octave releva la tête et tonna d’une voix tout aussi sérieuse que teintée de légèreté, comme si la situation n’avait pas encore revêtu le caractère grave et sans issu auquel elle pouvait encore aspirer.

« Sammy, nous voilà donc fatalement arrivés à ce point où on doit se disputer le même butin et où la fraternité prend fin. Caïn et Abel, Moïse et Ramsès, Etéocle et Polynice… décidemment, l’histoire se répète. Il se trouve que j’ai un intérêt dont la réalisation peut s’avérer être plus intéressante que la possession du corps de Fox. Je veux bien te le laisser, mais à la seule condition que tu… me rendes un service. Ou payes le prix que je t’en demande, prends-le comme tu veux. Fox est à toi si tu consens à faire quelque chose de… relativement simple pour moi. C’est toujours mieux j’imagine, que de se battre pour son vieux corps évanoui ou de rentrer bredouille parce que j’aurais transplané… D’autant que je me contenterai de son cadavre alors que toi, non. »


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MessageSujet: Re: [Juin 1996] Qui part à la traque ... Sam 22 Avr 2017 - 10:56

Légèrement en retrait du bar, caché dans l'ombre, Sam observait tous les faits et gestes des deux individus qui l'intéressaient dans le bar. Le premier, sa cible. Un homme qui peinait à montrer de l'aisance, trahissant ainsi son inquiétude. Il jetait des regards de tout côté, tentant à la fois de jauger l'ensemble des clients et d'éviter leur regard. Le second, son compagnon d'un soir. Jalender. En le regardant pénétrer dans le bar et se diriger vers leur cible commune, Sam ne put s'empêcher de sortir sa baguette et viser sa poitrine alors qu'il s'adressait à Fox. Sa longue expérience de traque lui avait appris à ne jamais se fier aux apparences. Il mobilisa le sort d'anti-transplanage dans sa mémoire et le porta au bout de ses lèvres, prêt à l'incanter au moindre mouvement suspect.
Durant les dizaines de secondes qui suivirent Sam resta impassible, concentré sur les deux hommes qui discutaient. Clignant à peine des yeux, il suivit leur mouvement vers les cuisines en restant parallèle à eux, puis se glissa rapidement vers la porte arrière, attendant que Jalender et Fox apparaissent. Ce sont ces quelques instants qui représentaient le paramètre hasardeux de son plan. Le sournois bonhomme qui l'accompagnait depuis le début de cette quête avait toute liberté de s'enfuir avec leur proie commune. Cependant il eut à peine le temps de s'inquiéter que déjà les deux hommes se tenaient devant lui.

Jalender avait manifestement stupéfixié Fox, qui pendait à son bras tel une poupée de chiffon. Sam ne put s'empêcher de penser que le pauvre homme passait décidément une mauvaise soirée. Vint alors le moment de se poser une dernière question.
Contre toute attente les deux hommes avaient plutôt brillamment réussi à s'entendre dans cette aventure, malgré le fait qu'ils se connaissaient à peine et avait vraisemblablement bien peu de points communs, du physique jusqu'aux activités professionnelles (voire morales). Sam ne savait pas comment aborder cet épineux problème de partage de Fox, sachant que tout deux ne pouvait décemment pas ramener un morceau de cadavre. Merlin seul savait ce que ce Jalender voulait faire avec Fox, mais ce n'était certainement pas quelque chose qui concernait le Ministère, le rafleur en aurait été informé ou alors son collègue d'un soir lui en aurait fait part.

"Sammy, nous voilà donc fatalement arrivés à ce point où on doit se disputer le même butin et où la fraternité prend fin."

Sam préféra ne pas relever ce surnom pathétique qui fit naître une boule de nerf au creux de son estomac.

"Caïn et Abel, Moïse et Ramsès, Etéocle et Polynice… décidemment, l’histoire se répète."

De qui pouvait bien parler Jalender ? Sam tenta de mémoriser rapidement ces noms, au cas où il aurait à les recroiser. Au moins ceci était un premier indice sur la vie si intrigante du gringalet.

"Il se trouve que j’ai un intérêt dont la réalisation peut s’avérer être plus intéressante que la possession du corps de Fox. Je veux bien te le laisser, mais à la seule condition que tu… me rendes un service. Ou payes le prix que je t’en demande, prends-le comme tu veux. Fox est à toi si tu consens à faire quelque chose de… relativement simple pour moi. C’est toujours mieux j’imagine, que de se battre pour son vieux corps évanoui ou de rentrer bredouille parce que j’aurais transplané… D’autant que je me contenterai de son cadavre alors que toi, non. "

Il est des situations où rien ne sert de trop réfléchir. Par exemple à ce moment précis de la soirée, derrière un bar rempli d'alcooliques avec un corps sur les bras, ce n'était pas la peine de peser le pour et le contre. Le mieux était de tenter tant bien que mal de ne pas trop foirer sa propre mission et de trouver un compromis pas trop dérangeant. Quoi que ce Jalender fasse dans la vie, il avait participé à cette traque et l'avait aidé à ne pas faire trop de casse. Il se pencherait sur son cas une autre fois, l'heure n'était pas au questionnaire juridique et administratif. Cependant ce "service" le fit tiquer un peu. Non pas que ce n'était pas son genre de payer des dettes (bien au contraire), mais il sentait bien que leur définition du mot n'était sûrement pas la même. Sam ne supportait avoir des comptes à rendre et il se retrouva bien malgré lui coincé, avec une seule réponse possible à donner. Déjà, il n'avait pas à croiser le fer avec Jalender, c'était un fait qu'il valait mieux préserver.
Le rafleur pointa sa baguette sur le corps inconscient de Fox et l'agita machinalement en murmurant un "Lévicorpus". L'homme s'éleva de quelques centimètres au-dessus du sol et il le déposa à ces côtés. Une façon à lui d'accepter la proposition.

"Bon, souffla Sam en reportant son attention sur Jalender, dis-moi ce que je peux faire pour toi."

Il ne souligna pas le fait que son compagnon de chasse puisse rentrer chez lui avec un cadavre, cela ne ferait que rajouter des problèmes alors que l'un d'eux commençait à peine à se résoudre. Tout du moins Sam l'espérait-il, encore fallait-il savoir ce qu'il attendait de lui.

HRP : Je n'ai pas ajouté de double intrigue ^^ ça donne l'occasion en tout cas de prévoir un autre RP par la suite. Mea culpa pour le temps de réponse et la qualité, ça se perd un peu quand on traîne

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MessageSujet: Re: [Juin 1996] Qui part à la traque ... Lun 24 Avr 2017 - 12:52

Le moment choisi n’était bien évidemment pas anodin. Octave aurait pu attendre, transporter le corps de l’inconscient jusqu’à la petite forêt qui peuplait l’arrière-cour du bar, transplaner avec Sam dans un endroit plus calme pour ensuite discuter comme les deux amis qui se faisaient confiance qu’ils n’étaient pas. Stratégiquement, il était resté en replis, près de la porte, alors qu’on entendait encore en fond de couloir les bruissements de verre et les gueulantes poussées par quelques saoûlards, qui se répondaient comme des chiens de cartier en s’aboyant dessus toujours plus fort. Les témoins étaient là, proches, toujours prêts à sortir pour fumer une clope ou entamer un combat d’honneur de coléoptère dans la poussière. Tant d’yeux invisibles braqués sur Sam pour qu’il se décide plus vite. Une pression presque physique devait peser sur son cerveau, l’étouffant un peu dans la crainte de se faire un peu trop remarquer, de perdre le corps de Fox et de devoir ensuite l’expliquer à son supérieur. Si tous ces bas fonctionnaires d’état avaient un avantage, c’était qu’ils devaient répondre à des règles plus ou moins strictes et mériter à chaque fois par leur comportement leur statut privilégié. Ils n’étaient pas des travailleurs de l’ombre, ni des hors la lois autorisés et tolérés par les grandes instances. Non, ils étaient comme des enfants, dignes représentants d’une institution vieille comme le monde et dont la rigidité ne pardonnait rien à personne. Et surtout pas à des individus comme Sam. Octave le regardait attentivement, longeant sa grosse lippe supérieure d’un intérêt voluptueux, savourant déjà les chaînes du devoir qui s’enroulaient sur ce gros corps de taureau. Oh oui, les rouages de son cerveau, il les entendait grincer jusqu’ici, atteignant bien vite les limites de cette situation. Il n’avait pas grand-chose à faire, c’était finalement une prise d’otage. Ayant l’air méchamment fataliste, Sam courba l’échine, métaphoriquement parlant peut-être, mais même ses cheveux semblèrent se faner sur son crâne. Le grand dadais sortit sa baguette, mais Octave savait déjà, rien qu’à l’expression vaguement déconfite sur son visage, qu’il avait à moitié gagné. Par la suite, La pointant sur Fox, il fit couler son corps inanimé jusqu’à ses pieds. Laissant faire, le consultant lui adressa néanmoins un sourire fourbe, suspicieux, sa propre baguette tendue, prêt à tuer Fox si jamais le fonctionnaire décidait de transplaner. Mais il n’en fut rien.

« Bon, dis-moi ce que je peux faire pour toi. »

Lentement, vicieusement, tel un serpent rentré dans l’Eden pour corrompre de jeunes gens innocents, Octave s’avança d’un pas languide vers Sam, le fixant avec cet air hypnotique qu’il savait se donner pour capter l’attention. Comme il s’approchait langoureusement, avec une nonchalance toute étudié, baguette baissée et sourire en coin, il n’avait rien de menaçant physiquement. Mais il était clair que contrairement à ce que pensait Sam, cette partie-là n’était pas achevée. D’ailleurs, en arrivant à sa hauteur, le consultant posa un pied sur le corps de Fox, démontrant ainsi avec toute l’éloquence grossière dont il était capable qu’ils n’avaient pas fini de se disputer la proie. Ce n’était pas parce que le bœuf musclé avait accepté de l’écouter qu’il allait répondre positivement à sa requête. Dans ce cas-là, Merlin seul savait ce qui allait se passer, mais Octave était certain qu’il ferait tout pour rendre à ce fonctionnaire la fuite on ne peut plus compliquée. Là, continuant à observer Sam, Octave eut un sourire étrangement avenant, chose qui arrivait à chaque fois qu’il devait formuler une requête. Dans le fond du regard, une pointe de vice dansait doucement, telle une flamme de braise rallumée par un coup de vent. Finalement, il se hissa complètement sur le corps de Fox pour être à la même hauteur -ou presque- que son interlocuteur, posant ses deux talons sur le dos cambré du vieux.

« J’aimerai récupérer quelque chose au ministère. Dans les archives plus précisément. Ce sont des informations me concernant et j’aimerai beaucoup qu’elles disparaissent des registres officiels. Définitivement. Voilà ce que tu peux faire pour moi. »

Octave se pencha légèrement en avant, scrutant le visage comme sculpté dans le marbre de Sam, oscillant si mystérieusement entre douceur et dureté, profondeur intense du regard et cette lèvre outrageusement rondelette. Quelle homme étrange, charmant sans le vouloir. Ce qui, d’ailleurs, le rendait doublement grisant tant il se comportait sans avoir aucune conscience de la tension suave qu’il dégageait par sa bouche seule. Octave l’imagina un instant assis à son bureau, tard le soir, un verre de whisky à la main et mordillant nerveusement le bout de sa plume, alors qu’il remplirait ce maudit rapport où il allait devoir expliquer convenablement pourquoi Fox lui avait échappé. Dans sa fantaisie, Sam déglutit nerveusement et Octave lui emboîta le pas dans la réalité, mais ce faisant avec plaisir. Son regarda s’abaissa vers le poitrail volumineux du fonctionnaire ministériel, avant de remonter en contournant la cambrure de sa pomme d’Adam.

« Alors ce qu’on peut faire… Parce que je dois te faire confiance au moins autant que toi tu me fais confiance… On peut aller ensemble au ministère. On remet le corps inconscient de Fox à ton patron et tu lui dis qu’il faut me déclarer en tant qu’auxiliaire pour cette mission, pour que je puisse recevoir la prime, dans la mesure où j’ai aidé à la capture d’un fugitif récalcitrant recherché par un gouvernement étranger. Ca justifiera ma présence, au moins. Tu peux la garder, cette prime, j’en veux pas. On remplira gentiment la paperasse pour m’officialiser et tu m’emmèneras jusqu’au bureau des archives. Là, je trouverai ce que je veux et je l’emmènerai tranquillement avec moi. Et jamais plus tu n’entendras parler de moi après ça. Enfin, sauf si hasard du destin, ce avec quoi ni toi, ni moi ne pouvons luter… »

Cela faisait longtemps qu’il y songeait et l’occasion était trop belle pour ne pas tenter sa chance. Il y a plus de dix ans maintenant, Octave avait fait un séjour tout à fait fortuit à Azkaban. Il aurait pu en sortir beaucoup plus rapidement, mais de malheureux évènements l’y avaient gardé pendant plus de trois mois. Finalement, lorsque l’affaire fut réglée et le témoin nécessaire trouvé pour prouver son innocence, le dossier avait déjà été composé et prenait la poussière quelque part au Ministère de la Magie. Or, il est bien connu que plus le gouvernement en sait sur vous, plus n’importe qui finalement peut avoir accès à cette information et faire le lien avec un tas d’autres choses… Bref, Octave nettoyait. Et bien que cette aventure-là ne lui avait jamais causé le moindre tort, cela risquait de changer s’il décidait un jour de reprendre des activités légales. De la prison ferme, ca ne pardonne pas, quelle qu’en fusse la raison. Et puis, comme Octave connaissait parfaitement l’importance de remettre les choses en perspective, il perdit soudain sourire en regardant Sam. Son visage prit un air rêveur et sa bouche s’entrouvrit doucement alors qu’il semblait considérer quelque chose de nouveau. Le pauvre fonctionnaire devait déjà être en train de voir tous les inconvénients de cette proposition, les énumérant unes à unes ou les laissant bêtement lui tomber sur le crâne sans en considérer autre chose qu’un primitif sentiment de danger. Et il n’aurait pas tort. Alors pour cela, il fallait lui faire voir l’idée sous un autre angle, comme étant la proposition la moins douloureuse.

« Ou sinon, si ça te semble trop compliqué… en échange, laisse-moi te mordre la bouche. J’ai envie de dégonfler des lèvres à coup de dents. Elles sont grosses, tendues, sybarites… on dirait un fruit trop mûr. C’est perturbant. J’ai envie de voir si elles sont vraies. Ca ne peut pas exister, des lèvres comme les tiennes… Alors, tu préfères quoi ? Sinon, je peux toujours appuyer du talon sur le cou de ce cher Fox et on voit combien de temps il met avant de mourir d’une colonne vertébrale cassée. »

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MessageSujet: Re: [Juin 1996] Qui part à la traque ... Sam 3 Juin 2017 - 17:47

Sam avait réellement fait l'effort de céder à sa requête. Il n'avait certes pas vraiment le choix s'il voulait récupérer Fox sans effusion de violence, mais ce n'était pas dans ses habitudes de devoir se plier à la volonté de quelqu'un qui n'a aucun légitimité à le faire. Ce Jalender, cela faisait maintenant un bon moment qu'il lui traînait dans les pattes et, déjà au début de cette aventure, Sam avait tiqué à allier ses forces aux siennes. Au vue de la difficulté qu'ils ont rencontré pour l'attraper, cela n'avait pas été une mauvaise idée. Mais l'heure fatidique du partage de la victoire était arrivée, et les deux hommes devaient tenter de remporter la meilleure part du gâteau.
Étonnement son coéquipier d'un soir se montrait conciliant. Il semblait avoir conscience du travail de Sam. Ramener la cible neutralisée représentait une mission 100% réussie, avec peut-être même la possibilité d'éviter le long rapport détaillé de l'ensemble des événements. Une cible attrapée, une cellule de prison remplie, plus de question à se poser, les inspecteurs seront contents. Mais en lui accordant cette réussite, Jalender lui imposait une contrepartie. C'était logique, mais inquiétant.

« J’aimerai récupérer quelque chose au ministère. Dans les archives plus précisément. Ce sont des informations me concernant et j’aimerai beaucoup qu’elles disparaissent des registres officiels. Définitivement. Voilà ce que tu peux faire pour moi. »

Sam ne réagit pas, attendant la suite des informations. Il ne fut même pas surpris de cette demande, après tout le drôle d'individu dont il ne savait rien ne pouvait pas être sans « dossiers ». Avec l'arrivée au pouvoir du mage noir, le ministère de la défense et les membres de la brigade de police à tous les échelons avaient effectué un recensement extrêmement détaillé et enchaîné les interrogatoires toujours plus violents. Après plusieurs mois de travail acharné, il n'existait pratiquement plus aucun sorcier inconnu de la banque de données du ministère. Malgré le fait qu'il n’appréciait nullement les pratiques radicales utilisées pour amasser toutes ces informations, Sam devait admettre que cela rendait le travail d'enquêteur bien plus efficace. Des milliers de données se créaient, se croisaient mais ne disparaissaient jamais.
A la façon de présenter ces « informations le concernant », le rafleur n'eut pas beaucoup de mal à deviner qu'elles n'était pas vraiment en sa faveur. Cachait-il quelque chose ? Avait-il des antécédents  particulièrement douteux ou bien était-il en ce moment même à la solde d'un quelconque hors-la-loi activement recherché ? Trop de questions et trop peu de moyens de récolter des réponses. Fox était au sol et le rafleur ne souhaitait pas courir le risque de perdre sa cible si près du but. Jalender avait peut-être été conciliant dès le début, cela n'empêchait qu'il avait ses propres objectifs et certainement était-il également motivé pour les remplir impeccablement.

Au fur et à mesure qu'il expliquait son plan pour entrer dans le ministère, Sam fronçait les sourcils. Ce qu'il lui demandait était particulièrement compliqué, surtout pour lui. En effet il avait toujours mis un point d'honneur à ne se mêler que de ce qui le regardait et ses supérieurs le récompensaient régulièrement pour cela. Personne ne pouvait douter qu'il se tramait des choses bien plus effrayantes que tout ce que l'on peut imaginer dans le département de la défense, et le mieux que quiconque puisse faire, c'est rester à sa place. Fermer les yeux, faire son bonhomme de chemin et attendre. Voilà la ligne directrice de beaucoup de métiers au Ministère.

Alors que Jalender semblait vouloir détendre l'atmosphère en proposant ses autres idées farfelues, Sam se détourna et marcha quelques mètres avant de s'appuyer à un arbre, tournant le dos à son collègue. Et scruta l'obscurité en laissant ses pensées vagabonder, tentant de trouver la meilleur solution. C'était un sacré bazar dans lequel il venait de s'engouffrer. Bien sûr, Fox était la priorité, régler le problème dès ce soir lui permettrait de passer rapidement à autre chose plutôt que de laisser un dossier s'enliser et devenir de plus en plus complexe au fil du temps. Mais ce marché que Jalender lui proposait ne lui plaisait absolument pas. C'était compliqué d'accéder aux archives et si quelque chose tournait mal, Sam aurait beaucoup de mal à s'expliquer. Il prit trois bonnes minutes pour peser le pour et le contre de cette offre, puis prit sa décision. Il se retourna et prit une grande inspiration.

« OK, on fait comme ça. Mais tu me laisses parler. Mon chef n'est pas une lumière, le simple fait que ce soit moi qui lui présente les choses, il dira oui peu importe ce que je lui demanderai. »

"Pour le reste, on verra" termina-t-il dans sa tête. Il se rapprocha de Jalender et planta son regard dans le sien. Par ce geste il souhait lui faire comprendre que ce nouvel objectif était une autre paire de manches et que la difficulté n'était pas la même non plus. Il lui tendit la main pour attendre qu'il conclue l'accord et de l'autre, attrapa le poignet de Fox. Sam avait également dans ses projets à présent de découvrir l'identité de cet homme qui s'insinuait dans sa vie de rafleur de manière tentaculaire. Il fut alors pris d'une réelle obsession : qui était Jalender ?

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MessageSujet: Re: [Juin 1996] Qui part à la traque ... Dim 4 Juin 2017 - 14:15

Tout ne tenait qu’à un fil. Dans ce genre de situation, tout ne tenait toujours qu’à un fil, méfiance oblige. La tranquillité n’allait revenir qu’une fois l’aventure terminée et les deux partis plus ou moins satisfaits, sans aucune atteinte à leur honneur respectif. Et parce que dans la situation présente, il n’y avait qu’un seul gagnant possible, Jalender s’était dit qu’en ajoutant un but secondaire, cela permettrait de tasser plus convenablement l’affaire sans pour autant la complexifier. Se faire des ennemis n’était pas sa tasse de thé, d’autant qu’il évoluait dans un milieu où la chose se faisait de manière quasi naturelle. Alors autant ne pas forcer la main en faisant preuve d’une mauvaise foi constante. Il était un conciliateur et s’arrangeait pour que les affaires tournent d’une manière ou d’une autre en son avantage. Au fond, Fox, il s’en moquait. Il savait aussi que ce qu’on lui avait demandé d’expédier en direction de la Nouvelle-Zélande, c’était de préférence un cadavre. Il fallait qu’il fasse quelque chose à ce sujet d’ailleurs, car une fois aux mains du ministère, Fox pouvait devenir très bavard, voir trop. Dans ce cas-là, sa réputation risquait d’être compromise. Mais le grand dadais du ministère, ce rafleur en bois aux lèvres robustes, s’était tout d’un coup avéré présenter un intérêt particulier. Octave présageait de partir bientôt et autant faire du rangement pour reprendre une vie sans passé. Ou en tout cas pas aussi nuageux. Il avait toujours été sa propre priorité et faire table rase auprès du gouvernement avait plus d’intérêt que de rendre service à un organisme lointain. Alors peut-être finirait-il sa carrière sur un échec, toutefois il allait s’assurer que cet échec n’ait pas de répercutions trop grandes sur sa propre sécurité…

En attendant, Sam le regardait de cet air follement inébranlable, renfrogné comme une porte de prison, mais réceptif quand même. Contre son gré, aurait-il fallu dire, puisque Jalender se tenait soigneusement debout sur leur victime commune. Aucune des deux propositions ne semblait lui aspirer confiance, la deuxième étant si outrageuse qu’il ne sembla même pas la considérer et c’était le but. Bon, il fallait avouer que si Sam avait choisi de se laisser embrasser, le consultant l’aurait fait. Parce qu’après tout, c’était sa proposition et qu’y aller au culot ne payait pas toujours. Alors il l’aurait fait, et avec enthousiasme, profitant de l’occasion pour le mordre jusqu’au sang, lui arracher la lèvre inférieure à coup de dents pour que tous les deux en gardent souvenir. Quoi que… le bœuf pouvait s’avérer être un requin, et la vue de son propre sang pouvait le faire devenir fou. Dans ce cas-là, il l’aurait juste embrassé comme si c’eut été le dernier baiser de sa vie, pour que la caresse reste gravée dans leur mémoire virile. Pour l’exaspérer, Jalender lui aurait par la suite envoyé quelques lettres sans texte, juste avec la trace moite et rouge de ses lèvres sur le papier. Il se serait éventuellement bien plus amusé dans cette perspective-ci, à y réfléchir… Jalender sourit tranquillement à cette pensée, alors que l’homme de ses fantasmes s’éloignait en lui faisant dos, ce qui arracha un léger ricanement à la bouche qui salivait déjà à l’idée d’un sang qu’elle n’avait pas encore goûté. Oui, peut-être avait-il bien fait. Reculer et reprendre ses esprits pour ne pas avoir à affronter le regard pesant que lui offrait le consultant. Il ne faiblissait jamais dans ce genre de choses, quelle que fusse l’émotion qui lui montait à la tête. Jalender perçait, sachant parfaitement que la tension ne pouvait pas durer éternellement et qu’il fallait en sortir vainqueur. Mais Sam avait refusé de mener le combat et il pouvait se détendre. D’ailleurs, le fait qu’il lui fasse dos était une très bonne chose. Faisant attention à ce que le rafleur ne se retourne pas dans son intense réflexion, Jalender sortit sa baguette magique et la dirigea vers la tête de Fox.

« Oubliettes. »

Avait-il murmuré du bout des lèvres. Il ne savait pas exactement quoi effacer, quels souvenirs compromettants, alors il s’était simplement concentré sur le nom de son employeur, l’effaçant de la mémoire de Fox comme on efface le même mot d’une page avec du Tipex. L’amnésie n’était pas complète, astucieusement sélective, comme un trou de mémoire survenant à chaque fois qu’il fallait retrouver le nom de… comment s’appelait-il déjà… je l’ai sur le bout de la langue… Je ne sais plus, je ne m’en souviens plus. Et voilà. Cette absence allait très probablement coûter cher à Fox lors de futurs interrogatoires, mais tant pis. Ou tant mieux, justement. Du sang de licorne, ce n’était pas innocent. Jalender cacha sa baguette, l’âme tranquille de savoir que s’il ne repartirait pas avec le corps du recherché, sa réputation allait au moins rester intacte puisque l’échec demeurerait sans conséquences. Avec une peu de jugeote, il parviendrait peut-être même à apaiser son employeur néo-zélandais avec cet état de fait. Fox n’est pas à vous, mais il ne se souvient plus de vous. Le regard de Jalender vagabonda un instant sur le crâne dégarni du corps au sol. Sourire aux lèvres, il pensait maintenant à Sam. Ce pauvre Sam à qui il faisait en fait tout bonnement du chantage.

« OK, on fait comme ça. Mais tu me laisses parler. Mon chef n'est pas une lumière, le simple fait que ce soit moi qui lui présente les choses, il dira oui peu importe ce que je lui demanderai. »

Jalender releva prestement la tête et son sourire fleurit comme un soleil. Parfait ! Il continuait à se méfier et la promenade au sein du ministère au bras de celui qui pouvait le vendre à tout instant n’allait pas être de tout repos. Avec un peu de chance, il n’allait pas avoir recours à des ingéniosités de fourberie et de truanderie pour avoir ce qu’il voulait, mais on ne sait jamais et au fond de son cœur, il se préparait à être pernicieux et sans pitié. Pour le moment, Sam le regardait du haut de sa montagne -comprenez grande taille- avec une détermination qui faisait plaisir. Puis, s’étant manifestement assuré que le message et la tension dans le regard était bien passée, le fonctionnaire se pencha pour attraper le poignet de Fox tout en tendant sa deuxième paluche en direction de Jalender. Ce dernier regarda un instant la patte d’ours, véritable pelle agricole, avant de s’en saisir fermement, comme le lui avait appris son grand-père et plus tard bon nombre d’hommes aux caractères bien trempés. Personne n’avait envie de serrer une nouille, alors sa poigne était farouche, sans pour autant être un combat à celui qui casserait le premier les doigts de l’autre. D’un mouvement souple, il se saisit de sa baguette magique avec sa main libre et déclara :

« Rentrons au bercail alors, cher coéquipier. Cela dit… je te préviens, si tu décides de me dénoncer en plein milieu du ministère avant d’avoir eu le temps de te mouiller toi-même suffisamment pour que cela te réduise au silence, je n’hésiterai pas à tout faire péter. S’il faut que ça devienne une mission kamikaze, je m’y résoudrai. » C’était du pur bluff, mais ça pouvait, à défaut de convaincre, au moins remettre certaines idées en place. « Si jamais tu commences à avoir la trouille, tu pourras toujours te rappeler que je t’ai proposé de te laisser embrasser et que t’as refusé, préférant le danger à une caresse. Je suis sûr que ça te remettra d’aplomb. » Jalender lui sourit malicieusement, les yeux pétillants et psalmodia : « Abracadabra ! » Un mouvement du poignet, un craquement sourd, et le trio infernal disparut dans une bourrasque de vent, transplanant vers le Ministère de la Magie.


-Fin-

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