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[Octobre 1997] La voie de l'espionnage [PV Cassidy N. Rowle]

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DIRECTEUR DE POUDLARDMangemort
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INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Amoureux frustré de très longue date
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 9 janvier 1960, dans une petite ville moldue sans intérêt
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: [Octobre 1997] La voie de l'espionnage [PV Cassidy N. Rowle] Jeu 12 Jan 2017 - 20:03

Ce fut presque un automatisme qui poussa Rogue à emprunter le couloir menant vers la salle de défenses contre les forces du mal, ou plutôt le cours de magie noire aujourd’hui, avant qu’il ne réalise qu’il ne devait plus donner cours. Il poursuivit son chemin, notant que les élèves s’écartaient largement de son passage comme s’il était atteint d’une maladie grave et craignaient d’être contaminés. Si Rogue, comme à son habitude, ne laissa rien paraître, cette vison lui fit monter en bouche un goût incroyablement amer. Plus les jours défilaient et plus le poids de la solitude se faisait ressentir, plus il souffrait de ne pouvoir parler sincèrement à personne d’autre qu’au tableau du vieux barbu. La pensée d’impliquer une autre personne devenait si tentante… Tentante et en même temps, presque irréalisable. Il y avait bien trop de choses qui freinaient Severus actuellement. D’abord, comment être sûr que la personne à qui il pensait saura s’en sortir, ensuite, comment fera-t-il pour enfin oser s’ouvrir à quelqu’un ? Il ne l’avait absolument jamais fait, jamais il n’avait dévoilé cette part de lui, ses véritables motivations, qui il était, à qui que ce soit, hormis Dumbledore. L’ancien directeur avait été le seul à le connaître et il avait tout emporté avec lui dans la tombe. L’idée même de se dévoiler à un autre était presque horrifiante, pour lui, tant il était habitué à se renfermer derrière une carapace solide et infranchissable.

Ses pas le menèrent à la bibliothèque, mécaniquement, sans qu’il ne fasse réellement attention à ce qui l’entourait ni ce qui pouvait bien se dire autour de lui. Certains élèves tiraient des têtes surprises ou angoissées, comment leur en vouloir ? Ces derniers temps, Rogue ne passait que très peu de temps au château et les rares heures où il y restait, il ne sortait pas du bureau directorial. Il poussa la porte de la bibliothèque, après qu’une fillette de première année ait brusquement reculé en le voyant, filant ensuite comme si elle avait le diable aux trousses. D’autres élèves étaient assis à des tables en petits groupes de travail, discutant, remplissant des questionnaires pour un devoir ou cherchant des ouvrages précis dans les immenses rayonnages. Le regard de Rogue voleta un bref instant sur tout ce beau monde, se demandant brièvement si Holbrey était lui aussi dans le coin à travailler, histoire de le changer un peu, ou s’il était encore occupé à monter des plans tordus ou se sortir d’affaires douteuses. Traversant la bibliothèque, le directeur déverrouilla la porte de la réserve et y entra, soulagé de n’y voir aucun élève de dernière année ou un autre professeur en parcourir les rayons.

L’écho des conversations des élèves et les bruits de pas, de pages tournées et de parchemins froissés formaient un bruit de fond permanent et ajoutait à la sensation d’irréalité traversant Rogue en ce moment. Le sentiment de ne déjà plus appartenir à ce monde le hantait, tant il se sentait loin d’eux tous… Terriblement loin des élèves de cette école et de tous leurs soucis et préoccupations, loin de ses collègues qui pensaient bien tenir la situation alors qu’ils ne savaient rien de la moitié de l’affaire, loin, tout bêtement, du monde des vivants. Il ne se sentait que comme une enveloppe vide ne continuant de se mouvoir que par le feu d’une vengeance non atteinte et qui terminait de le consumer. Et pourtant… Aujourd’hui, face à la décision qu’il devait prendre, l’une des plus difficiles de sa vie, il sentait enfin son cœur battre à nouveau, sous l’effet de la peur, du stress et d’une amertume sévère le rongeant sans cesse. Il leva la main pour tirer un des grimoires de la réserve, un ouvrage sur les potions anciennes qu’il avait déjà consulté à de rares occasions. Un ouvrage si peu ouvert et délaissé qu’il était rongé par la poussière et même les termites, malgré les sorts protégeant tous les livres de cet endroit. Rogue rechercha la recette l’intéressant aujourd’hui, tout en réalisant que même ce plaisir-là, le plaisir face à la préparation d’une potion délicate, avait complètement disparu aujourd’hui.

– Monsieur le directeur ?

La phrase parvint à l’esprit fatigué de Severus comme si elle avait dû traverser un champ de coton, peu discernable et étouffée, et il mit un petit moment avant de réaliser qu’on s’adressait bien à lui. Tournant la tête, il vit cette très chère Alecto Carrow arriver à son tour dans la réserve, le pas pressé et les yeux brillants d’une lueur de colère mal dissimulée. Si Severus n’était déjà pas une personne très sociable en temps normal, il ne l’était que moins cette année et certainement pas d‘humeur à écouter cette femme aujourd’hui. Il avait à peine répondu son salut qu’elle se lança tout à coup dans des imprécations violentes contre des élèves dont Rogue oublia les noms à mesure qu’elle les citait, il y avait peut-être bien une dizaine de gamins en tout ayant attiré ses foudres. Le tout pour d’obscures histoires de rébellion en cours, de refus d’obéir et il ne savait quoi encore. Le directeur ne prit même pas la peine de répondre à ses cris de colère, de plus en plus perçants, se contentant de retranscrire la recette sur un petit morceau de parchemin, qu’il fourra ensuite dans sa poche. Dans la bibliothèque, nombreux étaient les élèves qui tâchaient de jeter un œil dans leur direction, jamais ils n’avaient dû voir la Réserve si animée.

– C’est inadmissible ! hurla Carrow, le visage congestionné sous le coup de la colère.

– En effet, marmonna Rogue, qui s’en moquait royalement. C’est inadmissible de voir que tant d’enfants vous manquent encore de respect alors que vous êtes censée, vous et votre frère d’ailleurs, incarner l’autorité dans cette école. Tenir une classe de gamins turbulents est donc au-dessus de vos compétences ?

Il remit le grimoire à sa place, n’accordant qu’un bref regard glacial à sa « collègue », avant de quitter la Réserve et la planter là, les joues encore plus rouges et les nerfs à vif, oubliant qu’il l’avait croisé presque aussitôt. Les couloirs de l’école étaient redevenus plus calmes, chacun rentrant en cours ou se réfugiant dans les différentes salles communes. Severus grimpa jusqu’à son propre bureau, poussant la lourde porte en bois après un long trajet, puis resta un instant planté sur le seuil, à observer la pièce plongée dans une certaine pénombre, les tableaux endormis, les fragiles instruments de verre encore posés aux mêmes places depuis la mort de leur propriétaire. Un calme incroyable, qui donnait encore plus le sentiment à Severus d’entrer dans son propre tombeau. S’avançant, il se rendit près de la petite table de travail, derrière le bureau couvert des documents de l’école, qu’il s’était aménagé. A côté, Dumbledore, comme à son habitude, ne prenait pas la peine de faire semblant de veiller. Black, au contraire, semblait enfin dormir pour de bon, lui qui était toujours si alerte. Sortant la recette rapidement recopiée, il la posa contre le mur puis prépara les ingrédients dont il aura besoin, plongé dans ses pensées.

– Alors ? murmura tout à coup le vieux barbu. Allez-vous faire confiance à une autre personne ?

– Je ne sais pas encore.

C’était tellement risqué… Une seule erreur pourrait tout faire échouer ! Avec cela, Rogue ne voyait pas encore comment il parviendra à s’ouvrir suffisamment, à accepter de donner sa confiance, pleine et entière, même s’il avait déjà engagé le processus, en un sens. Concentré sur la potion de régénération qu’il préparait, il ne fit pas attention au léger soupir poussé par le directeur. La plus grande peur de Rogue était d’échouer, de voir tous ces efforts réduits à néant pour une seule petite erreur, il ne pourrait accepter ça. Pas après toutes ces années, pas après tous les dangers courus et les risques pris. Cependant, cette peur pouvait parfaitement se concrétiser s’il se restreignait trop et n’acceptait pas de l’aide, par simple peur. En attendant… Il termina tout d’abord de préparer la potion, une recette ancienne et plus potion que l’habituelle potion qu’il avait enseigné des années durant en classe. Pendant qu’elle reposait, il s’assit à son bureau et prit un parchemin vierge, écrivant un mot pour son élève, la plume grinçant un peu sur le parchemin pendant qu’il traçait ses mots.

« Miss Rowle,

Rendez-vous ce soir à vingt heures pour votre prochain cours de soutien dans mon bureau. Venez avec des gants et votre manuel de Potions Avancés. »

S’interrompant, Severus relut le mot, fronçant un peu les sourcils, puis raya les deux phrases d’un geste un peu brusque, brûlant le petit morceau de parchemin. Ce n’était pas pour cela qu’il devait lui parler… Et il avait tant de mal à l’accepter, s’y résoudre, oser enfin. Accepter, oser enfin franchir de lui-même et de son plein gré la ligne jaune qu’il s’était toujours imposé, pour garder les autres à distance, et ce depuis son adolescence. Severus était certain que son élève ne suivait pas les idéaux de sa très chère famille, ça oui. Mais elle ne savait pas camoufler ses pensées… Il devra commencer par lui enseigner ça et vite, continuer à la protéger en attendant. Dans cette école, qui maîtrisait la légilimancie ? Slughorn était occlumens, oui, mais il ne pratiquait pas la seconde branche. Ce n’était pas non plus le cas des autres professeurs, pas plus que les Carrows qui laissaient leurs esprits ouverts à tout va en pensant être protégé par leur statut de mangemort. A Poudlard, elle ne risquait rien. Face à Voldemort, il pouvait la protéger, en attendant qu’elle apprenne à se défendre seule et sans soutien extérieure. Sa jeunesse était un handicap pour elle, malgré tout, Severus pouvait aider à palier son manque d’expérience. Reprenant un autre parchemin, il trempa à nouveau la plume dans l’encre, sa main serrant si fort le fragile objet qu’il pourrait la briser.

« Miss Rowle,

Je vous attends ce soir à vingt heures dans mon bureau, pour une affaire importante. Ne parlez à personne de cet entretien. Vous n’avez pas besoin de prévoir une tenue spécifique, nous ne quitterons pas l’école.

S. Rogue »

Une fois la très courte lettre signée, il appela un elfe de maison et lui ordonna de délivrer la missive directement à la jeune femme, sans traîner. Le petit être s’inclina et disparut aussitôt, emportant la missive avec lui. Les dés étaient jetés. Toute l’école, à cette heure, devait s’agiter pour aller déjeuner et profiter de la pause, après les cours de la matinée. Le directeur se força lui aussi à manger puis passa l’après-midi tout entier à travailler sur les affaires en cours à Poudlard, délaissées ces derniers temps, dans le silence presque angoissant de son bureau. Un après-midi très long où le travail ne suffit guère à le distraire de ses sombres pensées. Qu’il y avait-il de plus dur que de fendiller une coquille renforcée année après année ou personne n’avait droit d’accès ? Comme si la gangue de glace emprisonnant son cœur était tout à coup forcée à fondre pour laisser un passage, un petit accès. Lorsque vingt heures approchèrent, il rangea sur le côté du bureau ses papiers administratifs, attendant son élève. Lorsqu’elle frappa, à l’heure dite, il lança d’entrer, d’une voix où il ne put cacher fatigue et tension. De façon globale, Rogue avait du mal à dissimuler ses traits tirés et l’amertume le rongeant de plus en plus. Il dit bonsoir à la jeune Rowle du même ton qu’il aurait emprunté pour annoncer la mort de quelqu’un.

– Asseyez-vous, lui intima-t-il en désignant la chaise face à son bureau.

Le temps qu’elle avance et obtempère fut mis à contribution pour rechercher ses mots. Un sujet si délicat… Et si important pour lui. C’était dans ce même bureau et presque dans la même position qu’il avait appris le but final du plan de Dumbledore, dans ce bureau qu’il avait bâti avec lui tout ce qui se jouait en ce moment-même et jamais il n’aurait alors cru qu’il serait ainsi amené, à son tour, à entraîner une nouvelle personne sur cette voie entièrement faite de mensonges, de manipulations, de jeux dans l’ombre. Ici, il devait, tout comme Dumbledore des mois auparavant, laisser enfin tomber les faux-semblants et attaquer le vif du sujet, sans plus de détours ou de paroles voilées.

– Ce dont je vais vous parler maintenant est très important, Cassidy. Avant toute chose, je vous conseille de garder l’esprit ouvert.

Utiliser son prénom était une façon de plus d’aider à briser certaines barrières et parler plus librement. C’était également une façon de lui signifier qu’il ne s’adressait pas à elle comme professeur envers son élève, ni à elle comme membre d’une famille de mangemorts, mais comme une personne avec des capacités certifiées, en tant qu’égale, somme toute. Elle pénétrait ainsi dans le petit cercle très fermées des personnes à qui Severus s’adressait ou s’était adressé en les appelants par leur prénom. Un cercle comprenant ses parents, par la force des choses, puis Lily, Drago lors de l’année précédente et bien sûr Dumbledore.

– Je n’ai plus le temps pour les faux-semblants et le jeu des apparences, reprit-il, du moins, plus pour certains sujets. Plus le temps non plus pour poursuivre mon travail seul et je ne vous parle pas de la gestion de cette école. Je sais que vous n’êtes d’accord en rien avec les idéaux de votre famille, que vous haïssez votre père et l’ensemble des Rowle, que vous ne suivez tout cela en apparence pour rester en vie. Et je n’ai guère l’intention de vous dénoncer pour cela, que ce soit envers votre famille ou Voldemort.

Rogue s’interrompit un très bref instant, parlant, pour la première fois depuis très longtemps, en suivant son cœur et son instinct plutôt que sa tête. Il ne l’avait plus fait depuis la mort de Dumbledore et devait bien reconnaître qu’il y avait quelque chose de profondément libérateur et apaisant à pouvoir parler sans devoir sélectionner avec soin le moindre de ses mots.

– Je vous ai prise comme élève car vous possédez des capacités intéressantes et un potentiel certain. Vous avez encore des lacunes dans des sujets importants, certes, ceci étant, il vous sera possible de les combler rapidement en y mettant de gros efforts. Il s’avère que vous êtes, dans ce château, la seule en qui je peux placer ma confiance. J’ai lu en votre esprit, et contrairement à ce que vous avez pu songer, je ne suis pas mauvais en légilimancie au point de n’avoir rien perçu de votre véritable allégeance. Vous avez les capacités pour mener un autre type de guerre, dans l’ombre, où vous pourrez vous permettre de travailler pour ce en quoi vous croyez. A condition que personne ne sache, que personne ne puisse vous percer à jour, que personne ne puisse douter de vos véritables pensées et sentiments. Concrètement, je vous propose de travailler à mes côtés, dans un autre domaine que celui des potions. Vous devez savoir que je suis un espion. Ou un traître, l’un comme l’autre est vrai.

Il haussa légèrement les épaules, n’étant désormais plus touché par cette insulte depuis de bien nombreuses années.

– Ce que le monde ignore, c’est traître au profit de quel camp. Je dois savoir, ce soir, si je peux vous entraîner à votre tour dans les ombres de l’espionnage et du mensonge, si vous êtes prête à vous y donner corps et bien pour combattre Voldemort.

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SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Prise, par lui. Mais chut.
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MessageSujet: Re: [Octobre 1997] La voie de l'espionnage [PV Cassidy N. Rowle] Dim 12 Fév 2017 - 2:30

10 Octobre 1997,
Poudlard.

Une couette en plumes d'oie gisait sur le sol, au pied d'un lit recouvert d' un drap blanc, légèrement... Non. Complètement froissé. Froissé ? En pagaille serait plus juste pour représenter le tableau et l'ambiance particulière s'en dégageant. Mélange d'atmosphère pesante et paisible... Curieux, et totalement paradoxal. Un véritable carnage laissant sous-entendre que ce qu'il s'était passé ici n'avait rien eu de paisible ou de reposant. Au milieu de ce désastre, un corps emmêlé dans le tissu était étendu, vaincu par le sommeil qui n'avait en réalité rien de réparateur. Un sommeil artificiel et trompeur. Un corps à la peau pâle, presque transparente. Difficile de le repérer tant sa finesse, sa petitesse et sa teinte se confondait avec celle du tissu. Seule une étendue de cheveux blonds répartis en une auréole dorée à même le matelas - l'oreiller ayant bien vite abdiqué et passé les dernières heures au sol, venait témoigner de la présence d'un corps humain. Un corps féminin recroquevillé sur le côté gauche en une position fœtale régressive, tourné vers le mur de pierres. Les paupières étaient closes, paraissant paisibles. Aucun mouvement oculaire ne paraissait venir troubler le sommeil profond de la jeune femme. Immobile. Était-elle vivante ? Un souffle presque imperceptible vint soulever la poitrine féminine au travers du maillot qu'elle portait. Elle était en vie. Encore en vie. Mais bouger s’apparentait-il réellement à être vivant ? Après tout, les zombies se mouvaient aux-aussi, mais ils ne respiraient plus.

Un tressaillement parcouru le corps de la jeune femme lorsque de longs doigts rugueux vinrent frôler son épaule. Néanmoins, aucune réaction supplémentaire ne s'en suivit, ce qui poussa la petite créature chauve à insister avec angoisse.

« Miss Rowle, réveillez-vous Miss... »

Elle devait obéir. Remettre cette lettre en mains propres à Miss Rowle, c'était ce que le Directeur en personne lui avait ordonné. Elle ne pouvait faillir à sa mission. Pourquoi la Miss ne se réveillait-elle pas ? Allait-elle bien ?

« Miss ! S'il-vous-plait, Winky demande à la Miss de se réveiller, Winky a une lettre de la plus haute importance à lui transmettre. »

La petite créature humanoïde porta de nouveau ses doigts maigres et grêles sur l'épaule de l'étudiante, sa petite voix aiguë tremblotante sous le coup des émotions la submergeant. Pourquoi Miss Rowle ne se réveillait-elle pas ? A coup sûr si l'on apprenait que la sorcière de Sang-pur était morte alors qu'elle devait allait lui porter du courrier, elle serait accusée, et ce sans aucun préavis. Le contexte actuel du château ne laisserait aucun doute planer. Plus fermement, la main se resserra autour du bras fin de la jeune femme et secoua ce dernier avec ferveur, le mouvement induit faisant balancer ses longues oreilles de chauve-souris tandis que ses énormes yeux marrons globuleux et injectés de sang semblaient sur le point de sortir de leurs orbites.

« Miss Rowle, Miss ! Winky est inquiète, réveille-vous ! »

L'angoisse dans sa voix était clairement palpable, et lorsqu' enfin un grognement lui répondit, son petit corps vêtu d' simple relique de jupe déchirée et brûlée, se relâcha d'un bloc. Son nez en forme de tomate frémit dans un soupir et elle se recula du lit, patientant dans une attitude de servitude respectueuse que la sorcière daigne se réveiller et la considérer.
Les paupières papillonnèrent difficilement et s'entrouvrirent au bout de quelques secondes laissant apparaître un regard embrumé. La brume... Cette dernière n'avait rien à voir avec ce réveil tardif. Tardif ? Le mot était faible, bien faible pour illustrer la dure réalité. Depuis le début du mois, Cassidy était tout simplement droguée aux potions de sommeil sans rêves. Si au début, à l'hôpital, ces dernières avaient été absolument nécessaires pour lui permettre de récupérer en l'aidant non seulement à s'endormir, mais aussi en empêchant des réveils nocturnes suite à des cauchemars ou des rêves d'angoisse abominables, désormais, la chose était un peu différente. Depuis qu' Octavius l'avait ramenée à Poudlard dans un état plutôt catastrophique dans la soirée du 5 Octobre, Cassidy avait cette impression terrifiante et à la fois apaisante, de couler. Sombrer lentement dans une mer aux vagues impressionnantes et à la puissance inouïe, se raccrochant de justesse lorsque le glissement devenait trop important. Relever le menton, ouvrir les lèvres recouvertes de sel, et inspirer. Avaler goulûment, dans un sursaut, une bouffée d'air salvatrice afin de ne pas le perdre de vue. Lui, le phare puissant se tenant solidement au milieu de l'océan. Il s'apparentait à son seul salut, son repère à la lumière providentielle. Il lui avait évité le naufrage, et ce, de justesse. Il brillait, lorsque tout s'assombrissait autour d'elle, venant empêcher les ténèbres de l'engloutir totalement. Tel un feu crépitant, sa chaleur et sa lumière lui permettait d'éviter de s'endormir en proie à un lourd sommeil.

Néanmoins, au fil des jours qui défilaient, reprendre un semblant de contrôle sur sa vie lui apparaissait clairement comme impossible. C'était comme vouloir gravir le col de l'Everest en pleine tempête de neige, alors qu'une alerte avalanche avait été déclarée. Comme tenir à avancer sur le chemin de randonnée alors que le volcan actif de l'Île de Barren était entré en éruption, projetant lave et libérant des vapeurs toxiques empêchant la moindre tentative de respiration. Alors depuis le 5 Octobre, après être revenue au château, Cassidy s'était faite portée malade. Se barricadant dans ses appartements, elle avait écrit une missive au Directeur dès le 6, afin de justifier ses futures absences. Impossible pour elle d'assister au cours avec le professeur Slughorn, d'assurer de potentiels cours de soutien - surtout si Inoue revenait, elle lui aurait clairement dévissé la tête - ou encore de remplacer Madame Pasfresh si nécessaire. Non. Rien. Quedalle. Il ne fallait rien lui demander. Rien. Les choses étaient trop fraîches. Les blessures, trop à vif. Elle, bien trop instable et sous une pression inimaginable. Déclaration d'éclabouille, morsure de serpent, scrofulite, oreillongoules... Toutes sortes de mensonges lui étaient passées par la tête, avant qu'elle ne se décide d'opter pour une version à l'orée de la vérité.

« Professeur,

Etant souffrante et dans un état de fatigue avancé, je ne pourrai être en mesure d'assurer mes fonctions au château, et d'assister à nos cours particuliers pendant un certain temps. Veuillez m'en excuser.

C. Rowle. »

Alors, elle avait dormi, s’assommant à l'aide de somnifères afin de ne pas penser, de ne pas pleurer, de ne pas hurler, craquer. Commettre l'irréparable. Dormir. Le sommeil était son salut. Un refuge lâche, certes, mais un refuge tout de même. Elle avait oublié la notion du temps, et les jours s'écoulaient, les uns après les autres sans qu'elle ne les voit passer, se réveillant lorsqu' Octavius - le seul à qui elle s'était décidée à donner le contresort permettant de déverrouiller ses appartements, venait lui apporter son soutien et essayer par tous les moyens de la réconforter. Plusieurs fois par jour, il venait lui raconter sa journée - tentant de lui décrocher ne serait-ce que l'esquisse d'un sourire. Manger lui était devenu très difficile, son estomac semblant être resté en Albanie. L'apprentie avait maigri. Sans pour autant être devenue un squelette ambulant, sa difficulté à s'alimenter lui avait fait perdre quelques kilos - pourtant non superflus, mais en vain. En dépit des efforts d' Octavius qui lui apportait certains aliments, elle ne parvenait guère à en avaler plus de la moitié. Et quelle moitié... Plusieurs fois, il avait également tenté de la faire monter dans ses propres appartements ou à la Tour d'Astronomie afin de lui faire profiter de la lumière du jour - en vain, elle s'était refusé ne serait-ce qu'à faire un pas en dehors des cachots. Le repli s'effectuait lentement, mais sûrement. Ralentissement psychomoteur, humeur dépressive, anhédonie, aboulie, inertie... Les signes cliniques de la dépression s'accentuaient au fil des jours. Tellement que le bibliothécaire avait même été une fois jusqu'à la tirer du lit et à la porter de force jusque dans la baignoire, manquant par la même occasion de l'ébouillanter telle une écrevisse.

« Que... - elle se tourna vers l'elfe, les yeux dans le vague - qu'est-ce que tu veux ?
- Le... le Directeur a demandé de transmettre cette lettre à la Miss. C'est urgent.
- Une... lettre ? »

Difficilement, légèrement vacillante, Cassidy se redressa et s'assit sur le rebord du lit en se frottant les yeux en tentant de chasser les traces de fatigue évidentes marquant son visage. Elle tendit la main vers l'elfe qui s'empressa de lui remettre le parchemin.

« Quel jour sommes-nous ?
- Nous sommes le 10 Octobre Miss Rowle.
- Le 10... - Octavius était-il passé aujourd'hui ? Elle ne se souvenait pas l'avoir vu - et quelle heure est-il ?
- Il va être dix-huit heures Miss... Le Directeur Rogue a demandé à Winky de remettre la lettre ce matin mais à chaque fois que Winky venait, la Miss dormait profondément et Winky n'a pas osé la réveiller. »

Après avoir renvoyé la petite créature tremblante, Cassidy déplia le parchemin d'un air las. Que voulait-il ? Commençait-il à trouver son absence trop longue ? Avait-il programmé un nouveau cours de potions ? Le Seigneur des Ténèbres demandait-il sa présence ? Le visage creusé et le regard inexpressif, la jeune Mangemort se laissa retomber sur le matelas et porta la lettre à hauteur de son visage. Il voulait la voir. Ce soir. Fermant les yeux, la jeune femme inspira profondément tout en abandonnant la lettre sur sa poitrine. Par Merlin, en voilà un autre qui ne la laisserait pas en paix. Enfin, mourir en paix. « Une affaire importante. » Les cils de la sorcière se déployèrent de nouveau tandis que le plafond apparaissait de nouveau dans son champ de vision. De quoi pouvait-il bien s'agir cette fois ? Cela ne pouvait avoir qu'un rapport avec son nouveau statut, c'était évident. « Ne parlez à personne de cet entretien. » Bon sang... Qu'est-ce que la vie lui réservait cette fois ?

Il fallait faire bonne figure. Vacillante, Cassidy se leva et se dirigea vers la salle de bain adjacente, telle un automate. Une fois devant la glace ornant le mur, une grimace vint tordre ses lèvres pâles. Bonne figure... C'était peut-être un peu trop ambitieux... Figure humaine. Il fallait avoir figure humaine. Severus Rogue était un Mangemort, même si certaines choses n'étaient pas bien claires à son sujet. Il avait perçu dans son esprit certaines choses des plus compromettantes, et pour des raisons obscures, avait pris le risque de mentir au Seigneur des Ténèbres et de ne rien révéler à personne quant à ses idées véritables. Il l'avait également aidée lors du duel avec Bellatrix, et suite à ce dernier, il l'avait relevée pour l'amener à l'hôpital où il l'avait lâchement abandonnée, refusant de lui rendre sa baguette. Sagouin. Elle aurait tellement désiré rentrer à ce moment-là, tellement... Mais il avait refusé. Il l'avait laissée pourrir là-bas en la merveilleuse compagnie d' Elyas, et ce pendant deux jours. Deux jours entiers où elle avait commencé sa cure de somnifères pour tenir le coup et retarder l'effondrement qui s'en était suivi. Deux jours entiers avant d'envoyer Octavius la récupérer. Il savait pour eux deux. Elle en était maintenant certaine. Il était Legilimens et cela ne pouvait pas être un simple hasard. Deux jours durant lesquels le sommeil avait fait d'elle une véritable bombe à retardement. Une véritable grenade explosive qu' Octavius avait eu la lourde tâche de gérer lorsqu'il était venu la rechercher.

Elle resta une heure sous la douche brûlante. La salle de bain s'était transformée en un véritable sauna aux effluves de Lys prononcées. Une heure durant laquelle elle essaya de se réapproprier ce corps à l'abandon, qu'elle ne parvenait plus à considérer comme étant le sien. Cassidy n'avait jamais apprécié son apparence tant celle-ci la ramenait indiscutablement aux Rowle ; yeux clairs, peau pâle, blondeur caractéristique et finesse des traits. Quelque chose de définitivement aristocratique et qu'elle jugeait quelque peu superficiel. Rien de sa mère. Hormis ces yeux. Certes, ils étaient clairs comme ceux des Rowle mais se distinguaient de ces derniers par leur couleur oscillante entre le bleu et le vert. Une ambivalence de plus. Seuls ses iris étaient acceptés par la jeune femme, mais dans le cas actuel, cela n'avait même plus d'importance. En tout cas, pas assez pour compenser ça. Cette chose déformant monstrueusement la peau de son avant-bras gauche. Ne pas la regarder. Ne pas la regarder. Violemment, Cassidy se frictionna de plus belle la peau dans l'espoir inconscient de la voir s'effacer lentement sous ces frottements rigoureux, sous ces assauts répétés. En vain. Plus que jamais, la Marque semblait rayonner de mille feux, lui donnant une fois de plus la nausée. Ne pas pleurer, ne pas craquer. Cela ne servirait à rien. Il fallait qu'elle soit en état de donner le change face à Rogue.

Dix-neuf heures. Sortant de la douche, Cassidy s'enroula dans sa sortie de bain et se sécha les cheveux d'un coup de baguette avant se se placer face au miroir. Inspiration. Expiration. Esquissant un sourire face à son reflet, elle commença.

« Bonsoir professeur, j'ai eu votre lettre. Vous vouliez donc me voir ? - les mots lui brûlaient la gorge et sa voix était légèrement rauque tant elle avait perdu l'habitude de parler - Blabla... Oui, je vais bien, enfin, un peu mieux. Blabla... Ma tête épouvantable ? Oh rien de grave, juste un gros virus que j'ai ramené d'Albanie. Mais oui, vous savez, l'Albanie, là où j'ai du traîner un boulet du nom d' Elyas, échapper à un loup-garou sanguinaire et à une folle détraquée, pendant qu'un mage noir se demandait s'il fallait me tuer. Cette fois où vous m'avez aidée sans que je ne sache pourquoi. Non ? Toujours rien ? Laissez-moi vous aider à vous souvenir. Cette fois où vous m'avez traînée à l'hôpital et où vous m'avez lâchement abandonnée aux mains de gens qui osaient à peine me toucher à cause de cette nouvelle acquisition sur mon bras. Blablabla... Si j'en suis fière ? Oh mais bien évidemment ! Pour qui me prenez-vous ? Je suis une Rowle cher professeur. Une Rowle au Sang-pur et fière de l'être... - Non Cass... Non... Résiste... Ne lui crache pas ça en pleine tête... Contrôle.... - Espèce de salopard ! Comment avez-vous pu me laisser crever à l'hôpital comme ça ?! Deux jours ! Deux p*tain de jours entiers avec des soignants qui auraient été bien heureux de me voir crever ! Deux jours pendant lesquels je n'avais ni ma baguette, ni personne sur qui me reposer ! Deux jours pendant lesquels vous n'avez même pas pris de mes nouvelles pour savoir si j'étais encore en vie ! Deux jours où pour ne pas devenir folle ni exploser, je me suis réfugiée dans les potions de sommeil sans rêve. Respecter la posologie ? Et puis quoi encore ?! »

Elle avait hurlé. Ces mots crachés face à son reflet lui avaient fait monter le rouge aux joues, venant enfin apporter un peu de couleur à son visage de fantôme. De rage, ses mains étaient venues s'agripper au rebord du lavabo, si fort que ses phalanges avaient blanchi.

« Et puis... - un souffle - vous l'avez envoyé me rechercher, lui. Et pas un autre. Pourquoi ? Pourquoi lui ? Vous savez pour nous deux. Je sais que vous savez, et je sais que vous savez que je sais que vous savez. Mais si vous savez... Cela veut dire que vous l'avez envoyé pour me soulager ? Pour m'aider ? Pour... Bordel, je ne comprends rien. Je ne vous suis pas. Vous êtes un Mangemort proche du Seigneur des ténèbres et un criminel. Ce n'est plus à prouver. Alors... pourquoi ? »

« Pourquoi ? » La même question, encore et encore. La sorcière secoua la tête, faisant onduler ses longs cheveux blonds jusque dans le creux de ses reins. Elle ne pouvait pas lui poser cette question. Tout comme elle ne pouvait pas lui cracher au visage tout ce qu'elle avait sur le cœur. C'était impossible. Severus Rogue était un Mangemort, et devait s'attendre à ce qu'elle soit honorée d'être enfin entrée dans les rangs du mage noir. Voilà quelque chose d'autre qui les rapprochaient tous deux, en plus de leur amour inconditionnel pour l'art des potions. Soupirant, Cassidy s'éloigna de la glace et entrepris de revêtir un jean noir venant enserrer sa taille très fine - pour ne pas dire trop actuellement, ainsi qu' un chemisier blanc qu'elle fit rentrer dans le pantalon. Elle chaussa ensuite une paire de tennis plates - hors de question de se faire avoir une nouvelle fois. Juste avant de partir, elle pris soin de se maquiller légèrement afin qu'il ne la confonde pas avec Peeves, se saisit de sa cape dans laquelle était rangée sa baguette et pour la première fois, ouvrit la porte de ses appartements et se dirigea vers le bureau directorial.

Lorsqu'elle frappa, il était vingt heures piles. Inspirant profondément, elle s'efforça de vider au maximum son esprit. Un Legilimens Cass', c'est un Mangemort Legilimens. Le pack ultime, le combo gagnant pour ta mort. Pense n'importe quoi et tu crèveras. Arrête de penser. Mais... tu as déjà pensé en sa présence alors pourquoi... La ferme ! L'heure n'est pas aux pourquoi. Tu analyseras les choses lorsque tu seras loin de lui. La voix du directeur lui intima d'entrer et de nouveau, la pièce de théâtre commença. Encore et encore. A l'infinie désormais, comme en témoignait cette marque immonde gravée à jamais dans sa chair. La première chose qu'elle remarqua fut ses traits tirés et tendus. Etant elle-même une spécialiste en la matière, cela lui sauta au visage de manière assez brutale. De lui-même, il la salua en premier pour la première fois depuis qu'ils se connaissaient, arrachant un haussement de sourcils à la jeune femme qui lui rendit son salut d'un ton neutre avant d'obéir et de rejoindre la chaise indiquée.

« J'ai eu votre lettre. Vous vouliez me voir, professeur ? Je suis désolée mais même si ça commence à aller un peu mieux, je suis encore quelque peu malade. Je ne pourrai pas encore repren...
- Ce dont je vais vous parler maintenant est très important, Cassidy. Avant toute chose, je vous conseille de garder l’esprit ouvert. »

Quoi ? Pour le coup, difficile de contrôler quoi que ce soit. Sous le choc, si aucune pensée à part un « quoi » caractéristique ne prit forme dans son esprit, son corps vint trahir sa stupéfaction. Sans qu'elle ne s'en rende compte et ne puisse y faire quoique ce soit, ses lèvres s'entrouvrirent, sans qu'aucun son ne puisse en sortir. Avait-elle bien entendu ? Elle devait avoir rêvé, ce n'était pas possible. Impossible. Non, elle avait du se tromper. Il ne l'avait pas appelée par son prénom... Si ? Délirait-elle réellement au final ? Hésitante, Cassidy porta sa main droite à son front pour y prendre sa température. Non, aucune fièvre. Son front était frais. Interdite, la sorcière se figea sur sa chaise, incapable de dire un mot ou d'entreprendre la moindre action. Par Merlin, qu'allait-il lui sortir ? « L'esprit ouvert » Que voulait-il donc dire par là ? Il n'y avait pas plus ouvert que le sien, du moins, par rapport aux Rowle. Totalement perdue, la jeune femme ne comprenait absolument rien.

« Je n’ai plus le temps pour les faux-semblants et le jeu des apparences, du moins, plus pour certains sujets. Plus le temps non plus pour poursuivre mon travail seul et je ne vous parle pas de la gestion de cette école.
- Que voulez-vous dire ? Je... je ne comprends pas.
- Je sais que vous n’êtes d’accord en rien avec les idéaux de votre famille, que vous haïssez votre père et l’ensemble des Rowle, que vous ne suivez tout cela en apparence pour rester en vie. Et je n’ai guère l’intention de vous dénoncer pour cela, que ce soit envers votre famille ou Voldemort. »

Un test. C'était encore l'un de ces maudits tests pour la faire tomber. Tester son allégeance, la solidité de son engagement.

« Vous vous trompez professeur. - il ne l'aurait pas. Pas maintenant qu'elle avait survécu face au Seigneur des Ténèbres - Je supporte les mêmes idées que ma famille. Même si je crains Père à cause de sa sévérité, je sais qu'il agit ainsi pour mon bien. Il sera fier de moi lorsqu'il saura pour ma Marque. »

Il l'ignora royalement, comme si ses paroles n'avaient aucune valeur à ses yeux.

« Je vous ai prise comme élève car vous possédez des capacités intéressantes et un potentiel certain. Vous avez encore des lacunes dans des sujets importants, certes, ceci étant, il vous sera possible de les combler rapidement en y mettant de gros efforts. - Cela semblait sérieux. Bien trop sérieux pour n'être que du vent. Il semblait être passé à la vitesse supérieure - Il s’avère que vous êtes, dans ce château, la seule en qui je peux placer ma confiance. »

Bug cérébral. Magistral. C'était quoi, ça ? Une blague ? Un test ? Avait-il bu ? Était-il sous l'emprise d'une potion ? Rapidement, le regard de la jeune femme se détacha des onyx du Directeur pour sonder la pièce, à la recherche de cadavres de bouteilles d'alcool ou d'un quelconque flacon de potion vide. En vain. Il n'y avait strictement rien. La jeune femme fronça les sourcils, sentant l'angoisse remonter d'un cran en elle. Les battements de son cœur s'intensifièrent au fur et à mesure que les hypothèses apparaissaient dans son esprit. S'agissait-il d'un pacte avec Andreas ? Était-ce un élève voulant la pousser à se trahir, sous Polynectar ?

« Que... Qu'est-ce que... Où... Qui êtes-vous ? Où est le Directeur ? Je vous préviens, en tant que Mangemort, je peux facilement vous faire arrêter pour une telle imposture !
- ... J’ai lu en votre esprit, et contrairement à ce que vous avez pu songer, je ne suis pas mauvais en légilimancie au point de n’avoir rien perçu de votre véritable allégeance. - C'était lui. Il n'y avait que lui pour connaître ce détail en l'ayant lu dans son esprit - Vous avez les capacités pour mener un autre type de guerre, dans l’ombre, où vous pourrez vous permettre de travailler pour ce en quoi vous croyez. A condition que personne ne sache, que personne ne puisse vous percer à jour, que personne ne puisse douter de vos véritables pensées et sentiments. Concrètement, je vous propose de travailler à mes côtés, dans un autre domaine que celui des potions. Vous devez savoir que je suis un espion. Ou un traître, l’un comme l’autre est vrai. »

Silence. Immobile, la jeune femme hésitait. L'attaquer et fuir, ou l'écouter en lui donnant le bénéfice du doute. A lui, Mangemort de longue date, serviteur bien connu dont son père lui avait souvent parlé comme étant proche du Seigneur des Ténèbres. Certes, Cassidy était la première à savoir que les apparences étaient bien souvent trompeuses, et pour cause, elle-même donnait à voir quelque chose de totalement opposé à son fort intérieur, mais dans le cas présent... Les choses étaient bien plus compliquées. Pouvait-elle lui faire confiance ? Lui laisser le bénéfice du doute ? C'était risqué. S'il la mettait en porte à faux une fois qu'elle se serait révélée, elle mourrait. Purement et simplement. Il avait beau dire qu'il ne comptait pas la dénoncer, cela n'était que des paroles. Depuis longtemps, Cassidy avait appris à ne se fier qu'aux faits. Néanmoins, des faits, il y en avait eu. Il l'avait aidée et protégée.

« Ce que le monde ignore, c’est traître au profit de quel camp. Je dois savoir, ce soir, si je peux vous entraîner à votre tour dans les ombres de l’espionnage et du mensonge, si vous êtes prête à vous y donner corps et bien pour combattre Voldemort. »

Pendant plusieurs minutes, la sorcière resta totalement figée sur sa chaise. Des informations, tant d'informations, trop d'informations à assimiler. Néanmoins, il lui sembla qu'il lui donnait là les réponses à tous ces « Pourquoi » qu'elle s'était précédemment posé. Par Merlin, tout cela était tout juste croyable. Voilà qu'après toutes ces révélations auxquelles elle hésitait à accorder du crédit, il lui demandait de lui donner une réponse capitale pour le reste de sa vie, ce soir. Maintenant, en face de lui. Que faire ? Que dire ? Si cet homme était sincère, la Rowle pouvait bien entendu imaginer la souffrance et la solitude qu'il avait du supporter seul pendant toutes ces années de filature. Son épuisement certain aussi. En revanche, si tout cela n'était qu'un test... Nerveusement, elle vint mordiller sa lèvre inférieure, en proie à un stress évident.

« Avant de m'avancer à quoique ce soit et de répondre à votre dernière question, il va falloir que vous m'expliquiez un certain nombre de choses... Professeur. Le souci est que je ne dispose d'aucun moyen de savoir si vous me dîtes la vérité, et je suis certaine que vous comprenez qu'il est capital pour moi, dans ma position actuelle, de savoir si je peux être sûre de ce que vous me dîtes. »

Serment inviolable... Jurez-moi de me dire la vérité... Où était l'Enchaineur ?
Veritaserum ? Pourquoi pas... Avançant sa chaise du bureau de manière à pouvoir poser ses mains dessus, Cassidy planta ses iris fatigués mais déterminés dans ceux du Mangemort-qui-se-disait-traître.

« Seriez-vous prêt à boire le Veritaserum que je vois sur l'étagère à votre gauche, et à répondre à mes questions ? - elle ne lui laissa pas le temps de répondre - Attendez, avant de refuser directement, écoutez-moi et essayez de vous mettre à ma place et de comprendre mes précautions. Vous êtes un Mangemort, j'en suis certaine. Même lorsque vous étiez censé avoir abandonné le clan du Seigneur des Ténèbres, je savais - via mon père et mon oncle, qu'il n'en était rien et que vous berniez en réalité Albus Dumbledore, le plus grand sorcier de tous les temps. Vous lui avez parlé, comme vous le faites pour moi. Vous lui avez juré que vous regrettiez et pourtant, une fois de plus, les mots ne valent rien puisque vous l'avez assassiné. Que dois-je croire ? Comment me fier à vos paroles ? »

Cassidy savait que les chances qu'il accepte sa requête étaient très minces.

« Je me doute qu'être soumis au Veritaserum doit être humiliant mais... Je... Je suis perdue. J'aimerais vous croire, vraiment, mais... je ne veux pas mourir comme ça. A cause d'un manque de précautions. »

Hésitante, son regard balaya le bureau, cherchant une solution, jusqu'à ce que ce dernier ne finisse par tomber sur le portrait d'Albus Dumbledore.

« Et lui ? - son regard clair revint sur Rogue - Un tableau même sans avoir une réelle conscience et sans pouvoir tenir une discussion profonde, pourrait-il être en mesure de confirmer simplement vos paroles sans que vous ayez besoin d'être soumis au Veritaserum ? »

Replaçant une mèche derrière son oreille, Cassidy poursuivit :

« J'ai besoin de savoir qui vous êtes professeur. Et pour cela, il faut que je puisse comprendre certaines choses. Si vous me dites que vous êtes un traître et que vous êtes contre Vous-savez-qui, cela signifie-t'il que l'on vous a obligé à entrer dans les rangs et à posséder la Marque ? Ou... L'avez-vous rejoint de plein gréé mais avez-vous réellement regretté ? Mais dans ce cas, pourquoi avoir tué Albus Dumbledore qui vous a défendu et protégé ? Je... J'ai du mal à comprendre - ses sourcils s'étaient froncés sous l'effet de la concentration - Pourquoi... Pourquoi... Pour qui travaillez-vous vraiment ? Quelle est votre allégeance ? »

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Le pessimiste se plaint du vent, l'optimiste espère qu'il va changer, le réaliste ajuste ses voiles.

Crédit - Joy
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MessageSujet: Re: [Octobre 1997] La voie de l'espionnage [PV Cassidy N. Rowle] Dim 12 Fév 2017 - 16:01

Même une fois lancé, il restait incroyablement difficile de parler de certains sujets, rien ne coulait seul, y compris lorsqu’on avait enfin prononcé les premiers mots. Maintenant comme à la première minute, Severus avait envie de se rétracter, d’effacer la mémoire de son élève et de faire comme si rien ne s’était échangé autour de ce bureau. Il ne s’en empêchait que grâce à ce sentiment amer si profond qu’il ressentait en songeant à ce poids qu’il portait seul, depuis la mort de Dumbledore. Même si l’ancien directeur serait mort de toute façon, avec ou sans intervention extérieure, même si ôter la vie d’une personne n’était désormais plus un acte dont Severus pouvait éprouver des remords, – étant comme anesthésié – ce souvenir continuait de le harceler, le ronger comme le ferait un acide virulent circulant dans ses veines. Cet homme, il l’avait autant haï qu’admiré, il lui avait parfois crié dessus et lui avait voué une confiance aveugle, il avait voulu le frapper puis l’aider, le soutenir. Albus avait été son seul soutien durant des années et des années, le seul à qui il avait pu parler en toute confiance. Rogue ne saurait pas dire si leur lien était finalement de l’amitié ou une simple alliance de travail, basée sur un but mutuel. Un lien qu’il avait sous-estimé, il le réalisait aujourd’hui, car il n’avait pas pris conscience de l’importance de cette alliance dans sa vie. Un tableau, même parlant, ne remplaçait pas d’avoir la personne face à soit, bien vivante. Ça ne suffisait pas non plus à combattre le poids, particulièrement violent cette année, de la solitude.

La jeune Rowle était sans doute très choquée, ou pensait halluciner, être manipulée pour avouer sa véritable allégeance et tomber dans un piège tendu par Voldemort, ce genre de choses. Rogue était bien conscient depuis très longtemps que se forcer à être sincère poussera justement à douter de lui, tant c’était irréaliste et improbable. On ne détruit pas comme ça une couverture fabriquée avec soin des années durant et renforcée encore et encore par des actions violentes ou marquantes, comme l’assassinat de l’ancien directeur. Sa main vint se placer sur son bras portant la Marque comme en un réflexe, avec une certaine lenteur, les doigts longs et pâles se refermant en pince par-dessus le tissu noir qu’il portait en permanence. Parler ainsi était brut, oui, ça pouvait être très choquant, oui, enfin, comme il l’avait affirmé à Cassidy, Severus ne pouvait simplement plus se permettre de perdre du temps. Potter progressait chaque jour un peu plus dans sa traque des Horcruxes et dans sa préparation au futur duel, le seigneur des Ténèbres était lui aussi aux abois, dans sa quête éternelle de puissance et de contrôle, le monde sorcier se préparait, même sans être conscient, à de grandes batailles approchant à grands pas. Combien de mois encore, combien de semaines ? Peut-être encore quelques mois avant que Potter n’atteigne chacun des Horcruxes puis arrive à sa propre mort. Et à la fin de Voldemort.

*Désolé, Lily…* songea-t-il une fois de plus, relâchant sa main serrée sur l’endroit où avait été apposée la Marque.

– Avant de m'avancer à quoique ce soit et de répondre à votre dernière question, il va falloir que vous m'expliquiez un certain nombre de choses... Professeur. Le souci est que je ne dispose d'aucun moyen de savoir si vous me dîtes la vérité, et je suis certaine que vous comprenez qu'il est capital pour moi, dans ma position actuelle, de savoir si je peux être sûre de ce que vous me dîtes.

Evidemment. Il n’avait aucune intention de la convaincre en se servant simplement de mots, ce n’était bien entendu pas assez pour expliquer pareille situation et pour fissurer une image qu’il avait mis tant d’années à construire puis entretenir avec un soin tout particulier. Une seule erreur lui aurait été fatale, il l’avait su bien avant qu’Albus ne le mette en garde, lorsque le vieux barbu avait affirmé que Voldemort reviendra de son exil pour à nouveau s’approprier tout le pouvoir dont il avait disposé du temps de sa puissance. Même aujourd’hui, s’il faisait un seul faux pas et que le mage noir découvrait tout, autant dire qu’il ne se contentera pas d’un charmant petit avada pour le tuer, non, ce sera plutôt un aller simple pour un enfer qui ne manquera pas de s’étaler sur plusieurs jours avant de succomber enfin à la délivrance de la mort. Il laissa la petite Rowle s’agiter sans l’interrompre, la laissa réclamer qu’il boive du Veritaserum, déballer tout ce qui la poussait à se méfier de lui et à croire qu’il en s’agissait là que d’un piège pour la faire tomber et la livrer au Seigneur des Ténèbres. Dans un certain sens, c’était… plutôt… amusant. Pas dans le sens où la situation faisait rire, mais dans celui où il pouvait voir très concrètement l’effet que produisait sur les gens toute la manipulation mise en place durant ces dernières années.

Il pouvait lire dans ses yeux la même panique que lui-même avait ressentie, il y a bien des années, lorsqu’il avait senti à quel point la situation dérapait. La peur de mourir, également, même si elle l’avouait au moins très clairement, affirmant sa volonté de ne pas y rester ce soir ni les jours suivants. Soit, laisser passer cette remarque… Elle ne devait sans doute plus être en état de réaliser cette évidence-ci. Aurait-il voulu la tuer qu’il n’aurait pas eu besoin d’une telle machination pour la vendre au Seigneur des Ténèbres. Severus en savait déjà bien assez sur elle pour se passer de cette petite scène. Par ailleurs, même sans ces connaissances, il possédait dorénavant, depuis la mort d’Albus, toute la confiance du mage noir, ce qui était suffisant en soi pour l’inciter à tuer une personne juste en émettant de légers soupçons sur elle. Souhaiterait-il la mort de cette femme qu’elle serait déjà allongée entre quatre planches depuis très longtemps, que ce soit de sa main ou de celle de Voldemort. Peut-être même de celle de son père, ce très cher Andreas, dont le simple souvenir lui donnait envie de le défigurer. Cassidy réagissait d’une façon très différente de lui-même face aux révélations importantes, montrant stress et panique là où il avait surtout montré effarement et dégoût.

– Et lui ?  Un tableau même sans avoir une réelle conscience et sans pouvoir tenir une discussion profonde, pourrait-il être en mesure de confirmer simplement vos paroles sans que vous ayez besoin d'être soumis au Veritaserum ?

– Un « tableau sans réelle conscience » peut tenir une conversation profonde, pourvu que celui qu’il représente l’ait souhaité ainsi…

Avec certaines limites, en effet, mais on ne pouvait nier que ce charmant tableau avait tout reçu du caractère infernal du vieux barbu et était au courant de tout son plan dans son ensemble. Il parlait souvent, tout comme Black, ne se contentait pas de roupiller dans son coin comme le reste des autres représentations, sauf lorsque certaines personnes se trouvaient dans cette pièce. Enfin, peu importe. Il attendit encore un peu pour voir si la petite Rowle en avait terminé ou si la forte dose de stress l’habitant n’avait pas encore terminé de lui vriller les nerfs et la faire parler avec à peine quelques secondes pour reprendre son souffle. Encore un peu et il devra la ranimer à coups de sorts de soin pour éviter qu’elle ne meure d’une crise cardiaque ou par asphyxie. Du coin de l’œil, il remarqua, justement, Phineas qui souriait d’un air ironique et intéressé, sans même prendre la peine de se cacher. La pénombre du bureau le rendait presque indiscernable, pour celui ignorant qu’il se trouvait ici. Rogue ne pouvait pas voir la tête que tirait Albus, dans son dos, se doutant simplement qu’il devait se retenir de toutes ses forces pour ne pas rire ou lancer une pique taquine. L’heure avait beau être grave, Albus avait déjà passé tant d’heures à tenter de lui expliquer à quel point il était important de bien s‘entourer, malgré tous les dangers, qu’il devait sans nul doute trouver bien drôle cette petite scène.

– J'ai besoin de savoir qui vous êtes professeur. Et pour cela, il faut que je puisse comprendre certaines choses. Si vous me dites que vous êtes un traître et que vous êtes contre Vous-savez-qui, cela signifie-t'il que l'on vous a obligé à entrer dans les rangs et à posséder la Marque ? Ou... L'avez-vous rejoint de plein gré mais avez-vous réellement regretté ? Mais dans ce cas, pourquoi avoir tué Albus Dumbledore qui vous a défendu et protégé ? Je... J'ai du mal à comprendre. Pourquoi... Pourquoi... Pour qui travaillez-vous vraiment ? Quelle est votre allégeance ?

Terminé ? Il attendit encore un peu, histoire d’en être bien certain, puis croisa les mains contre lui en lui disant qu’il y a déjà bien longtemps qu’il se protégeait des effets de la potion de vérité grâce à une recette personnelle de potions, car il ne pouvait justement pas courir le moindre risque qu’on lui en fasse avaler une. Cependant, ce qu’il ajouta ensuite d’une voix plus norme, il existait bien d’autres preuves. S’écartant un peu de son bureau, sans encre se lever, il jeta un long regard au tableau du professeur Dumbledore, lui aussi très bien éveillé, tout comme Black, et souriant paisiblement, installé dans un large et confortable fauteuil rouge, le regard serein sous ses lunettes en demi-lunes. D’un seul coup, le mangemort fut envahi par une profonde vague de tristesse et de regret, avant qu’il ne se reprenne. « Ne pas se laisser aller, jamais, quoi qu’il arrive. » Après la tristesse vint un mélange étrange d’exaspération, de colère, de lassitude et d’ironie. La fatigue aidant, il avait tout à coup envie de crier contre ce monde et l’aurait fait s’il n’avait pas tant l’habitude d’étouffer le moindre sursaut d’humeur avec une volonté presque violente.

– Je vous l’ai dit, je n’ai plus le temps de jouer… Voilà dix-huit ans que j’ai trahi le Seigneur des Ténèbres et donné mon allégeance à Dumbledore, cherché depuis tout ce temps le moyen de vaincre Voldemort, à jamais, cette fois, dix-huit ans que je joue avec ma vie tous les jours et que je construis l’image que je veux que les autres aient de moi. Une vie entière de tromperies, de mensonges, de dissimulation, toute une vie à faire en sorte que les gens me haïssent, que mes élèves me détestent, que mes collègues ne puissent pas me voir dans la même pièce qu’eux, que personne ne puisse simplement me faire confiance et que les autres mangemorts me craignent et ne voient en moi qu’un homme prêt à tout pour aider Voldemort dans sa quête de pouvoir. Une image si bien peaufinée lorsque j’ai tué Dumbledore, n’est-ce pas ? Personne ne s’y attendait, pas même Voldemort... Et pourtant, tous ceux qui ont eu vent de cette affaire n’ont eu aucun mal à accepter que j’ai trahi le directeur au profit du Seigneur des Ténèbres, tout le monde a cru aussitôt que Dumbledore s’était trompé sur mon compte, que je l’avais « simplement » berné, durant toutes ces années.

Severus ne put retenir un petit rire glacial et cynique, passant une main devant son visage pour frotter un bref instant ses yeux fatigués. Aucun d’entre eux n’avait jamais compris pourquoi Dumbledore lui avait accordé une confiance « qu’il ne méritait pourtant pas », pourquoi le vieux barbu lui laissait cette seconde chance, à lui, tout jeune homme fraîchement sorti des rangs des mangemorts, à lui, le brillant élève de Serpentard, semblable en tout point à l’archétype même du parfait petit élève de la maison des verts et argents, à lui, le jeune homme fasciné depuis toujours par la magie noire et traînant avec des « amis » qui avaient tous rejoints les rangs des ténèbres dès leur sortie de Poudlard, voire avant. Personne n’avait jamais compris et personne non plus n’avait ainsi vu la vérité. La poudre jetée à leurs yeux fut trop épaisse, le vieux fou avait eu raison, Voldemort n’aurait pu que lui vouer une pleine et entière confiance après un tel coup. C’était si risible, lorsqu’on y songeait, n’importe qui aurait pu se poser des questions, chercher à tout prix la véritable raison qui poussait Rogue à travailler pour l’Ordre du Phénix. Enfin… Cela dit, qui aurait trouvé la raison ? Elle était profondément enfouie dans son passé et le seul fait connu, par Potter et sans doute ses amis, sur sa relation avec Lily était le fait qu’il l’ait insultée. Fin de l’histoire, rideau. Détournant son regard de la petite Rowle, il le posa à nouveau sur le vieux barbu, laissant le cynisme couler de son visage pour ne laisser place qu’à la lassitude et à la colère.

– Voilà qui doit bien vous amuser, Albus, vous qui avez passé tant d’heures à radoter sur le pouvoir de l’amour et l’amitié, murmura-t-il en s’adressant directement au tableau, cette fois.

– Et bien, je dois avouer que je croyais bien peu à ce que vous acceptiez de faire confiance à quelqu’un. Alors même que vous m’aviez fait jurer de ne rien raconter de vous à qui que ce soit.

– Je n’ai plus le choix ni le temps, maugréa Severus. Ni le droit d’échouer. La fin justifie les moyens.

Il n’avait pas étudié à Serpentard pour rien. Le niveau a certes relativement baissé dans cette école et les maisons, toutes les maisons, sont devenues plutôt pâle ces dix dernières années. Sans doute cela reviendra-t-il après cette guerre… S’il y a sur cette terre des principes que Severus a parfaitement acquis et intégré, ce sont ceux de sa maison. Avancer en gardant sa fierté et son honneur, agir seul plutôt que de compter sur les autres, toujours rechercher la supériorité, ne jamais se freiner en quoi que ce soit, peu importe les soucis de conscience ou les obstacles plus ou moins particuliers rencontrés en chemin. Seul le but final compte, ce qui peut se passer avant de l’atteindre n’a aucune importance. Peu importe s’il faut en écraser d’autres pour accéder au sommet. L’idéologie de cette maison est très profondément élitiste et sélective, semblant en apparence dépourvue de tout sentiment, ne laissant aucune place aux faibles et aux personnes manquant de volonté. Fierté, Ambition, Ruse, Individualisme. Severus songea un instant à ces quatre mots, résumant à eux seuls l’esprit de la maison qu’il avait dirigé durant des années, dont il avait fait parti, dont il avait été si fier. Il finit par se lever, contournant le bureau puis descendant les quelques marches, son regard attiré vers la pensine, attendant sagement dans son coin, près de l’armoire vitrée en forme de tour contenant des dizaines de fioles remplies de souvenirs. Dès le début du mois de juin, Severus avait jeté un sort à cette armoire afin de préserver tous ces souvenirs, ils s’autodétruiront si un autre que lui ou une personne à qui il aura donné sa permission tentait de les prendre. C’était la seule manière de les protéger, comme lui-même protégeait les siens derrière le mur infranchissable de l’occlumancie.

– En un sens, Albus et Voldemort se ressemblent, reprit-il d’une voix plus basse et lente. Dans leur volonté d’être prêt à absolument tout pour parvenir à leur but… Et si Dumbledore m’a entraîné moi aussi dans son plan, c’est parce qu’il savait que je pouvais comprendre ça. Aucun autre membre de l’Ordre n’aurait été prêt à aller si loin car ils sont freinés par de bons principes, la peur, parfois de se tâcher les mains d’un flot de sang ou de blesser leurs propres amis volontairement. D’anciens bons et braves Gryffondors courageux, certes, mais manquant d’un certain état d’esprit, parce qu’on ne leur a jamais appris autre chose qu’à défier et mourir au combat, au lieu de s’écraser en face pour mieux frapper par-derrière. Vous devez comprendre pourquoi j’ai tué Albus, oui… La réponse se trouve dans ce souvenir. Vous pouvez y plonger, mais je vous avertis. Après cela, il ne vous sera plus possible de faire machine arrière.

Rogue tourna un regard à la fois rempli de lassitude et d’amertume vers Cassidy, en même temps qu’une forme d’interrogation. Il lui posait ainsi une nouvelle fois la question « Était-elle prête ? ». Acceptait-elle de s’engager sur un chemin qui pourra parfaitement la détruire, réduire à néant tout ce qui constituait sa vie et sa personnalité depuis toujours ? Car c’était bel et bien là le risque majeur, plus grand que le risque de perdre la vie, on pouvait se perdre soi-même. Il en était si conscient, d’autant plus lorsqu’il comparait le jeune homme qu’il avait été à vingt ans avec l’homme qu’il était aujourd’hui, approchant de ses trente-huit ans. Lorsque son élève vint le rejoindre près de la pensine, Rogue récupéra le souvenir qu’il devait lui montrer, débouchant le flacon et versant le tout avec précaution, le cœur au bord des lèvres alors qu’il se préparait à l’avance à ce qu’il allait revoir. Bien qu’il la garde enfouie au plus profond de lui-même, c’était une douleur qu’il ne pouvait espérer chasser un jour. Debout près de la pensine, il dû se faire violence pour faire signe à Rowle d’y aller, se retenant une fois de plus de ne pas faire machine arrière. Avant de passer lui-même, il croisa brièvement le regard apaisé de Dumbledore, dans son tableau, à moitié dissimulé dans la pénombre, puis soupira longuement, plongeant à son tour dans le souvenir.

Le bureau dans lequel il arriva, debout près de Rowle, était exactement le même que celui qu’il venait de quitter, au moindre détail près, si ce n’est l’absence de documents administratifs sur le bureau. Il était très tard, seules quelques lampes éclairaient faiblement la pièce et le phénix sur son perchoir apportait une touche de couleur vive presque incongrue dans le décor. Son « lui » du passé, de ce souvenir, était assis près du directeur, pointant sa baguette sur une main noircie et morte. Dumbledore était presque complètement effondré contre le dossier de la chaise, respirant avec une certaine difficulté. Severus pinça les lèvres en voyant la chevalière des Gaunt, fendue en son milieu, posée au milieu du bureau, à côté de l’épée de Godric Gryffondor. Même si ce souvenir ne datait que d’il y a un peu plus d’un an, Rogue aurait pu penser qu’il datait d’il y a dix ans au moins, en réalisant à quel point il n’était plus que l’ombre de lui-même aujourd’hui. Il s’approcha de quelques pas, en intimant à Cassidy de faire de même. Ce bureau avait une ambiance particulièrement lugubre, produisant un effet angoissant et oppressant, encore plus face à un Dumbledore plus affaibli qu’il ne l’avait jamais été. Un Dumbledore qui avait repris son souffle avec une peine évidente, le teint blafard, il avait l’air vidé de toutes forces.

« Buvez le reste de la potion. Pourquoi avez-vous pris comme ça cette fichue bague ?! Vous saviez qu’elle était porteuse d’un maléfice ! »

« Je ne sais pas… J’ai été terriblement tenté… C’était stupide, j’en conviens. Et dans l’affaire, j’y laissé beaucoup, mais cela en valait la peine. Combien de temps me reste-t-il ? »

Un petit silence suivit sa question, silence au cours duquel Rogue se revit examiner de nouveau la main et grimacer. Il se souvenait avoir compris aussitôt la réponse à cette question mais n’avoir pas voulu la révéler tout de suite, ayant du mal à accepter cette réalité. Et dire qu’il avait cru sur le moment que rien ne pouvait arriver de pire… Belle naïveté, lorsqu’il y repensait aujourd’hui. Tout ce qui était arrivé durant ces quelques jours n’était strictement rien par rapport à ce qui allait suivre, aux mois attendant bien tranquillement derrière de vous sauter à la gorge et vous étouffer avec votre propre âme.

« Je dirai un an… Peut-être moins… J’ai pu contenir le sort pour le moment, mais il va se propager, Albus. »

« Je vois, sourit le directeur en regardant sa main, comme s’il s’agissait d’un spécimen très intéressant. C’est plutôt fâcheux mais cela ne change en rien nos plans. Vous devez savoir que Voldemort a ordonné au jeune Drago Malefoy de m’assassiner, n’est-ce pas ? »

« Ce n’est qu’un moyen de punir Lucius pour son échec au Ministère. Drago n’y arrivera pas, il n’est pas un assassin et Voldemort le sait. Il ne veut que se servir de lui pour blesser ses parents et les torturer mentalement. »

Un stratagème parfaitement efficace, cela dit, une idée comme en avait souvent le Seigneur des Ténèbres. On pouvait reprocher bien des choses au couple Malefoy mais pas de ne pas aimer leur unique enfant, se servir de Drago était définitivement le seul moyen de les toucher directement et de les garder sous une tension permanente. Une tension telle que Narcissa s’était résolue à venir le supplier lui, contre l’avis de ses proches, pour protéger son enfant à Poudlard. Jamais elle n’aurait osé faire cela si Lucius avait été à ses côtés plutôt qu’en prison… Une mère aux abois peut jeter tout ce qui compte à ses yeux, sa fierté, ses principes, tout, pour préserver son fils. Severus ferma un bref instant les yeux puis s’écarta un peu pour se placer au bord des marches, s’appuyant contre un pan de mur, les bras croisés devant lui. Il restait parfaitement silencieux, ne commentant en rien ce souvenir pour Cassidy, du moins, pas pour le moment. De toute manière, essayer de parler ou simplement d’émettre le moindre son ne servirait qu’à lui donner des nausées.

« Notre jeune ami de Serpentard sera donc à surveiller étroitement, cette année, il serait malheureux qu’il se blesse lui-même ou blesse les autres dans des tentatives pour m’atteindre. Un jeune homme sous une telle pression peut très vite devenir particulièrement dangereux pour lui-même et les autres. Il demandera sans doute votre aide, il vous estime beaucoup. »

« Plus depuis l’emprisonnement de son père, j’ai le sentiment qu’il m’en tient en partie responsable. »

Dumbledore continuait de sourire tout à fait sereinement, son visage blafard avait repris quelques couleurs à présent qu’il avait terminé de voire la potion épaisse et dorée. Il continuait d’examiner sa main noircie et desséchée, son regard brillant d’un certain intérêt, derrière ses lunettes en demi-lune. Et pourtant, malgré cet air familier et ce sourire apaisé, il était évident que lui aussi était à bout et souffrait. Un observateur avisé pouvait facilement déceler la fatigue immense habitant ses traits, l’affaissement des épaules, le léger tremblement de tout le corps, l’amaigrissement général, cette étincelle de vie et d’énergie qui ne l’habitait plus. Il avait tout du vieillard épuisé, prêt à jeter ses ultimes forces dans une bataille qu’il savait pourtant déjà perdue pour lui. Aujourd’hui, Severus se demandait s’il s’était soulagé, en partant vers l’autre monde, s’il avait eu peur de son passage, s’il avait été heureux d’en finir enfin ou frustré de ne pouvoir continuer ce combat plus longtemps. Albus n’avait montré que sa volonté d’aller de l’avant dans son plan, sans rien dévoiler de ce qu’il avait réellement ressenti en sachant sa fin proche. Même si le mangemort ne l’avait pas tué, il serait mort avant le prochain mois de juillet, dévoré par ce maléfice pour le moment contenu à sa main. Un décès qui n’avait strictement rien d’enviable, la douleur était terrible.

« Il serait malheureux que cette mission d’assassinat échoue, Voldemort ne pardonnera guère un nouvel échec. »

« Et donc ? Vous comptez laissez Drago vous tuer ? »

« Pas du tout. Je voudrai que ce soit vous qui me tuez, Severus. »

Nouveau silence, cette fois empli d’un choc profond et absolu. Rogue soupira assez fort en regardant d’un air à la fois blasé et désespéré le souvenir se déroulant sous leurs yeux. Et dire que ce vieillard lui avait demandé ça si naturellement ! Le ricanement cynique qui lui avait échappé après la stupeur dévoilait aussi son choc. Très peu de choses pouvaient le surprendre à ce point, à vrai dire, Dumbledore avait le seul à avoir jamais su créer chez lui un si gros choc ou de la surprise. Toujours plus loin dans chacune de ses volontés, toujours plus loin dans la manipulation, toujours plus loin dans plans, chacun plus sombres et dangereux.

« Et vous voulez que je le fasse maintenant ? Ou vous avez besoin d’un peu de temps pour rédiger une épitaphe ? »

« Oh, je ne suis pas pressé. Mais la mort vient à moi aussi sûrement que les Canons de Chudley arriveront derniers du championnat cette année, poursuivit Albus en reposant sa main brûlée sur le bureau. Et je vous avouerai que je préférerai une mort plus rapide que celle qui m’attendra en tombant entre les mains de cette chère Bellatrix. Ou même de Greyback, il joue beaucoup avec la nourriture avant de la manger. »

Ce serrement de cœur si familier revint à la charge, contraignant Severus à s‘appuyer de nouveau contre le mur, détournant le regard pour le poser sur le phénix, toujours installé sur son perchoir, ne supportant presque plus de songer à cette nuit-là et encore moins d’avoir ce souvenir sous les yeux, d’entendre à nouveau ces paroles, de revoir Dumbledore sourire tout en lui demandant de l’assassiner. Inspirant avec lenteur, sans plus se concentrer sur les paroles échangées, l’indignation, la stupeur, la colère, il referma les yeux pour vider son esprit et chasser tout sentiment menaçant de déborder et lui faire perdre le contrôle de lui-même. Une fois son air impassible coutumier, il se redressa et lança un dernier regard à Dumbledore, occupé à expliquer qu’il s’agissait du seul moyen pour que Voldemort lui voue son entière confiance. Ça suffisait pour le moment. Il attrapa Rowle par le bras et lui fit quitter le souvenir derrière lui, laissant le tout s’évanouir dans des brumes épaisses où les voix se perdirent. Le retour à la réalité, au présent, fut d’autant plus violent pour Severus, qui entendait encore et encore Dumbledore lui demander de le tuer. Seul, Severus se serait probablement laissé aller quelques instants, mais ici, il y avait la petite Rowle et il ne pouvait pas s’autoriser de craquer, même quelques minutes seulement. Continuer, quoi qu’il arrive, s’accrocher. Il ne cessait de revoir le dernier regard d’Albus, cette fameuse nuit, ce ton de voix presque suppliant, cette phrase, cette demande plutôt, qu’eux seuls savaient la véritable signification. Les autres y avaient lu une supplique de l’épargner, et lui la supplique de ne pas flancher, pas maintenant, d’aller jusqu’au bout.

Rogue alla s’asseoir sur la plus haute des marches de pierre, imitant sans le réaliser Albus, lorsqu’il s’était assit à cette même place, des mois plus tôt, fatigué et usé, approchant lentement mais sûrement de la fin. Cette nuit-là n’aurait pas été plus douloureuse s’il avait chuté lui-même du haut de la Tour d’Astronomie. Il avait l’impression de n’être plus qu’un fantôme de chair hantant ce monde, en marge du monde des vivants, vivant avec des souvenirs anciens et coupé de tout sentiment autre que la haine et l’envie de vengeance. Au fond, peut-être que Albus avait été soulagé. Il y avait bien de quoi l’être, de toute manière, lorsqu’on vivait pour assister à de tels événements. Soulagé… Il retint un petit soupir et se frotta un peu les yeux, à la fois fatigué et empli de cette énergie dévorante qui l’empêchait constamment de se laisser aller pour de bon et tout abandonner lorsque vraiment, cela faisait « trop ».

– Voldemort n’est pas immortel et a déjà perdu des pans de sa force. Il en perdra encore jusqu’à ce que vienne enfin la dernière bataille. Beaucoup y mourront bien droits dans la belle lumière de leurs principes, combattant le mal, comme on dit. Ils mourront fiers d’avoir lutté ou survivront et vivront ensuite avec cette même fierté d’avoir combattu pour que leur cause triomphe. Ils seront heureux d’avoir obtenu la victoire et cracheront sur le nom de leurs ennemis. J’ai choisi de devenir mangemort, Cassidy, il y a presque vingt ans. Puis j’ai commis une grossière erreur, de par mon allégeance au Seigneur des Ténèbres, et cette erreur a mis en danger mortel la femme que j’aimais. J’ai trahi Voldemort, placé en Dumbledore l’espoir qu’elle soit protégée. Mais elle est morte tout de même, quelques mois plus tard. Depuis ce jour, le désir de vengeance est le seul chemin que je suis. On peut dire que je travaille pour l’Ordre du Phénix, en un sens, mais je me fiche de leurs idéaux de justice, d’honneur, de liberté, et je ne sais encore quelle bêtise. Je suis un assassin, avec quelques principes et valeurs, mais aucune d’entre elles n’est acceptée « socialement ». Je ne veux pas en finir avec Voldemort pour rendre la liberté au monde sorcier, mais pour mener à bout les plans tortueux du vieux barbu et pour y assouvir du même coup ma vengeance, tenir un Serment.

Lily ne se sera pas sacrifiée pour rien. Sa mort aura constitué une pierre de plus sur le chemin de l’anéantissement de Voldemort. Même si le plan pour y mener était devenu plus terrible que jamais.

– Je suis fatigué, avoua-t-il. Mais surtout pressé par le temps. Si vous décidez de me suivre, je pourrai vous protéger, jusqu’à un certain point. Ma propre mort approche à grands pas et vous serez seule lors des derniers instants de cette guerre. Si vous acceptez de suivre cette voie, je vous demande en plus de taire ce que vous aurez pu apprendre de ce plan, de Dumbledore ou de moi. Laissez les souvenirs là où ils sont. Je préfère mourir sans que personne ne sache qui j’étais, que personne ne puisse me regretter. Vous comprenez ?

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MessageSujet: Re: [Octobre 1997] La voie de l'espionnage [PV Cassidy N. Rowle] Mar 14 Fév 2017 - 21:28

Le masque du Directeur se fissurait. Lentement, mais sûrement. Des bribes d'informations, quelques mots venant le trahir s'échappant de ses lèvres fines et pâles. Tout comme Octavius avait réussi à la faire s'ouvrir, se forgeant un chemin au travers des brèches qu'il avait habilement créé, c'était maintenant au tour de la jeune femme de reproduire le même schéma avec Severus Rogue. Sauf que pour le coup, l'initiative de s'ouvrir lui appartenait, à lui. Elle n'avait rien fait pour cela, n'avait détecté aucune brèche dans sa carapace forgée avec les années. C'était lui qui avait ainsi décidé de s'ouvrir. Lui seul. Seule sa complexité incontestable et sa réputation de potionniste l'avaient poussée à venir à sa rencontre et à approfondir les choses en lui demandant des cours avancés. Aujourd'hui, dans la situation présente, elle n'était là qu'en simple réceptacle. Sans un mot, Cassidy écoutait. Un silence à la fois méfiant et respectueux. Se forçant à rester concentrée, en dépit de la bradypsychie ayant tendance à la plonger dans un état proche du somnambulisme. Tout en prêtant une attention à ses paroles, la sorcière ne put laisser passer les quelques émotions qui passèrent de manière extrêmement fugace sur le visage du Directeur. Fronçant les sourcils, elle s'efforça de mettre un mot sur ces dernières, en vain. Tout ce qu'elle parvenait à en déduire, c'était qu'elle ne lui avait jamais connu cette expression. Des traits soudain épuisés, presque... tristes ? Une fraction de seconde plus tard, le visage masculin s'était de nouveau métamorphosé sous ses yeux. De nouvelles émotions, de nouveaux sentiments. Bon sang. Tant d'informations, aussi bien verbales que non verbales.

« Je vous l’ai dit, je n’ai plus le temps de jouer… Voilà dix-huit ans que j’ai trahi le Seigneur des Ténèbres et donné mon allégeance à Dumbledore, cherché depuis tout ce temps le moyen de vaincre Voldemort, à jamais, cette fois, dix-huit ans que je joue avec ma vie tous les jours et que je construis l’image que je veux que les autres aient de moi. Une vie entière de tromperies, de mensonges, de dissimulation, toute une vie à faire en sorte que les gens me haïssent, que mes élèves me détestent, que mes collègues ne puissent pas me voir dans la même pièce qu’eux, que personne ne puisse simplement me faire confiance et que les autres mangemorts me craignent et ne voient en moi qu’un homme prêt à tout pour aider Voldemort dans sa quête de pouvoir. Une image si bien peaufinée lorsque j’ai tué Dumbledore, n’est-ce pas ? Personne ne s’y attendait, pas même Voldemort... Et pourtant, tous ceux qui ont eu vent de cette affaire n’ont eu aucun mal à accepter que j’ai trahi le directeur au profit du Seigneur des Ténèbres, tout le monde a cru aussitôt que Dumbledore s’était trompé sur mon compte, que je l’avais « simplement » berné, durant toutes ces années. »

Un mouvement de catharsis. Les mots s'écoulaient les uns après les autres, venant libérer tant de choses qu'il n'avait jamais pu exprimer et partager avec quelqu'un d'autre depuis la mort d'Albus Dumbledore. Un puissant lien semblait avoir relié et relier encore les deux sorciers si l'on en jugeait la réaction du tableau du puissant sorcier. Sans un mot, Cassidy croisa spontanément les bras avant de grimacer et d'éloigner son bras gauche, le maintenant hors de contact du droit comme s'il eut été pestiféré. Son regard vert d'eau oscillait entre le Directeur à la mine débordant d'émotions, et Albus Dumbledore paré d'un sourire paisible e infernal qu'elle avait envie de lui faire ravaler, tant elle le jugeait mal placé dans la situation présente. Severus Rogue était patient. Très patient. Autre signe venant témoigner d'une volonté de lui faire comprendre les choses. Il prenait son temps. Le temps de lui expliquer les choses en détails, de lui faire comprendre les événements et le déroulement chronologique constitué par les événements importants de sa vie, jusqu'à maintenant. Un excellent acteur d'après ce qu'il décrivait. Peut-être était-ce cela qui l'attirait indéniablement vers de telles personnes ? Octavius, Rogue... et elle. Q'avaient-ils donc tous les trois en commun si ce n'est leur passion commune pour les faux-semblants et le jeu si dangereux et sinueux des apparences ? Les lèvres pincées, la sorcière l'observa se lever, descendre les quelques marches menant au bureau et se diriger vers une armoire vitrée dont elle avait déjà remarqué la présence lors de ses précédents passages dans cette pièce.

« [...] Vous devez comprendre pourquoi j’ai tué Albus, oui… La réponse se trouve dans ce souvenir. Vous pouvez y plonger, mais je vous avertis. Après cela, il ne vous sera plus possible de faire machine arrière. »

Un regard interrogatif vint appuyer ces mots si profonds. « Êtes-vous prête, Cassidy ? » La gorge nouée, la jeune femme déglutit, incapable de prononcer un seul mot. Il avait besoin d'une réponse, comme elle avait besoin des siennes avant de pouvoir la lui fournir. Sa réponse, elle ne serait en mesure de la lui fournir que lorsqu'elle se sentirait en sécurité en sa présence. Ce qui impliquait de le comprendre, lui et ses intentions. Sans être Legilimens, Cassidy avait bel et bien compris - dans le regard sombre du sorcier, la question qu'il lui posait. Était-elle capable de s'engager sur ce terrain, avec lui ? Était-elle prête à s'engager dans une bataille silencieuse constituée par le jeu de faux-semblants et de manipulation ? Certes, depuis toujours elle évoluait au sein de cet univers qui avait par ailleurs, totalement rigidifié sa manière d'être et de penser, mais en de telles circonstances, maintenant que la Marque ornait son bras, l'enjeu devenait tout autre et prenait une nouvelle ampleur.

« Je ne pourrai vous répondre qu' après être certaine de pouvoir vous faire confiance professeur. Puisque le Veritaserum n'est pas possible, cela nous laisse l'option du portrait ou... »

La fin de sa phrase mourut sur ses lèvres lorsqu'elle aperçu l'objet se tenant dans l'armoire en verre qu'il venait d'ouvrir. Une pensine. Lentement, Cassidy se leva à son tour de la chaise et vint se positionner aux côtés du maître des potions. En proie à de légers vertiges, elle posa sa main sur le rebord de cette dernière, ses doigts fins venant frôler la substance argentée au contact étrange. Mi-liquide, mi-gazeuse, cette matière si singulière lui procura un frisson lui faisant retirer sa main comme si elle venait de se brûler. Brûlure de rien. Brûlure de vide. Était-ce de la lumière palpable ? Ou une sorte de brise humide ? Impossible de parvenir à trouver les mots justes désignant son ressenti qui lui-même, n'était ni agréable, ni désagréable. Plusieurs secondes lui furent nécessaires afin de parvenir à dissiper totalement les points de lumière qui s'étaient mis à danser devant ses yeux, venant obstruer sa vue. Ceci fait, le regard de la jeune femme se porta plus attentivement sur l'objet magique. Même si elle avait connaissance de ce qu'était une pensine, ainsi que son usage et l' utilité de cette dernière, c'était la première fois qu'elle en voyait une. Captivés, ses grands yeux turquoise sondèrent le contenant avec un grand intérêt. Un magnifique bassin de pierre, aux bords gravés de runes anciennes et d'étranges symboles mystiques indéchiffrables.

« ... ou une pensine, en effet. », compléta-t'elle doucement.

Étrangement, la colère qu'elle avait ressenti quelques heures plus tôt à son égard - sans pour autant disparaître totalement, venait progressivement s'amenuiser devant l'ampleur du geste qu'il semblait s'apprêter à faire afin de la mettre en confiance. De lui prouver qu'elle pouvait abaisser ses défenses. Les doigts du potionniste effleurèrent plusieurs flacons contenant une multitudes de souvenirs - était-ce tous les siens ? - , avant de s'arrêter sur l'un d'entre eux. Il sembla hésiter quelques instant, en proie au doute, avant de s'en emparer précautionneusement. Sans un mot, il déboucha la petite fiole en verre et l'approcha du récipient afin d'y verser son contenu aussi délicatement que lorsqu'il préparait une potion. Relativement peu profond, l'essence contenue devint d'une limpidité quasiment transparente. Ses pensées. Ses souvenirs. Ceux auxquels tellement de gens aimeraient très certainement avoir accès. Les pensées... Source même de l'intimité psychique. Pour les dévoiler, il fallait véritablement avoir une certaine confiance en la personne avec qui l'on choisissait de les partager. Une lueur argentée s'échappa du récipient, se transformant en une sorte de légère brume tiède et enivrante, invitant spontanément, presque de manière hypnotique, à s'approcher de manière à plonger dedans. La surface se troubla un instant, avant que des images troubles et sombres ne viennent se mouvoir au fond, telles la bande annonce d'un film moldu, à la manière d'un nuage nébuleux de souvenirs. Après quelques instant de contemplation, Cassidy releva son visage vers celui du professeur.

« Êtes-vous certain ? »

La question était certes, idiote, mais Cassidy ne se voyait pas faire autrement que de la poser. Oui, elle avait besoin de certitudes et c'était elle qui avait été l'investigatrice de cette position difficile dans laquelle se retrouvait Severus Rogue. Néanmoins, elle n'avait jamais songé à s'introduire si loin dans son intimité. Il lui fallait des réponses pour s'engager, des certitudes quant à l'identité et la loyauté du Mangemort, mais elle n'aurait jamais été en mesure d'imaginer ne serait-ce qu'un seul instant qu'il était prêt à se servir de ce moyen plutôt radical, pour l'aider à lui accorder sa confiance. Jamais. Le Veritaserum déliait la langue, certes, mais accéder à des pensées était situé sur un niveau bien plus élevé.
Sans un mot, Severus Rogue lui fit signe d'y aller. Il n'y avait rien à ajouter. Perturbée, la jeune femme détourna les yeux du sorcier pour les poser de nouveau sur la pensine au sein de laquelle tourbillonnaient un souvenir ne lui appartenant pas. Avait-elle le droit de se permettre une telle effraction ? Elle n'aurait jamais toléré que l'on fasse de même pour elle... Mais... Ce n'était pas vraiment une effraction puisqu'elle y était autorisée, n'est-ce-pas ? Arrête Cass', vas-y. Inspirant profondément, elle appuya ses deux mains sur les pierres fraîches du rebord du récipient et se pencha. Encore, encore un peu plus. A peine son visage venait-il de frôler la surface du liquide qu'elle fut absorbée par ce dernier en entier.

La chute. Le vide, encore et encore. L'impression de traverser une multitude d'espaces-temps en quelques secondes avant de s'écraser violemment contre un sol de pierre. Dur. Se relevant difficilement, Cassidy se massa le bas du dos en retenant une grimace de douleur. Tandis que Rogue atterrissait à ses côtés d'une manière beaucoup plus maîtrisée que la sienne, l'étudiante observa le décor, silencieusement. La pièce était la même que celle qu'ils venaient de quitter. Ils se trouvaient de nouveau dans le bureau directorial, en présence de Rogue lui-même et d'Albus Dumbledore. Plissant les yeux, la jeune femme détailla avec attention le visage de l'ancien maître des potions. Plus jeune, moins fatigué. Étrangement moins fermé aussi. La relation entretenue entre les deux hommes paraissait véritablement profonde pour qu'il s'autorise à se montrer ainsi. Plus humain, plus... accessible. Comparativement, Cassidy se retourna vers le Rogue actuel au visage émacié. Il n'y avait aucune comparaison possible. Ce dernier avança, l'invitant à en faire de même. Les deux sorciers étaient assis, l'un penché sur la main de l'autre... La jeune femme fronça les sourcils. Une main noircie. Calcinée.

« De la magie noire... », murmura-t'elle pour elle-même, sans détacher son regard de la main de l'ancien directeur de Poudlard.

Ce dernier paraissait épuisé, presque éteint à vrai dire. Ses lunettes en demi-lune avaient glissé au bout de son nez, et son regard azur était à moitié clos. Sa posture atone, hypotonique et sa respiration sifflante et irrégulière témoignaient d'un état maladif avancé. Quel maléfice avait bien pu avoir un tel effet destructeur ? La main paraissait pourrir lentement, se décomposant morceau par morceau. Le teint livide, la barbe terne et l’œil vitreux, Albus Dumbledore n'était qu'une pâle copie de ce que la jeune femme en avait vu dans les journaux. S'approchant un peu plus, Cassidy distingua un bijou trônant au centre du bureau. Froncement de sourcils. Une... bague ? Une simple bague fendue ? Aux côtés de celle-ci se trouvait une épée. Visiblement, Dumbledore avait tenté de briser la chevalière à l'aide de cette arme blanche, mais dans quel but ?
Tendant l'oreille, Cassidy ralentit sa respiration afin de mieux distinguer les échanges entre les deux hommes. L'ancien Rogue semblait en colère après son aîné, qui lui paraissait bien trop calme pour quelqu'un se trouvant dans cet état clairement pathologique, voire morbide. Une bague porteuse d'un maléfice que le barbu avait tenté de s'approprier. Un maléfice mortel si l'on en croyait les dires du potionniste qui semblait avoir du mal à réprimer sa colère. Un maléfice rongeur, rampant. Vorace, se propageant tel la gangrène. Un premier lien se fit dans l'esprit de la jeune femme ; avant que Rogue ne le tue, Albus Dumbledore se savait condamné. Tant d'informations... Difficile de tout suivre. Drago Malefoy devant le tuer sur ordre de Voldemort, une incapacité à remplir cette mission.

« Il serait malheureux que cette mission d’assassinat échoue, Voldemort ne pardonnera guère un nouvel échec.
- Et donc ? Vous comptez laissez Drago vous tuer ?
- Pas du tout. Je voudrai que ce soit vous qui me tuez, Severus. »


Avait-elle bien entendu ? Il souriait tranquillement, comme sur le tableau, comme s'il venait de l'inviter à boire une tasse de thé en savourant des chocogrenouilles. Sans qu'elle ne s'en rende compte, la mâchoire de la jeune femme se décrocha. Il lui demandait de commettre un meurtre... Son propre meurtre ? Ébahie, Cassidy détourna les yeux vers Rogue. Ce dernier s'était laissé aller contre le mur, les bras croisés. Silencieux. Aucun commentaire ne sortit de sa bouche, ce qui força la sorcière à se détourner de nouveau vers la scène aberrante se déroulant face à elle. Albus Dumbledore, se sachant condamné, avait demandé à Severus Rogue de le tuer. Rogue n'avait pas agit pour le Seigneur des Ténèbres mais pour Dumbledore. L'acte avait été revendiqué au nom du mage noir pour que celui-ci lui accorde son entière confiance, mais sa véritable nature était toute autre. Loyal, fidèle. Il l'avait été jusqu'au bout, acceptant de tenir cette promesse abominable. Un acte de bravoure incontestable, que personne n'avait reconnu à sa juste valeur. Tout le monde l'avait immédiatement rejeté, pointé du doigt comme un traître et un lâche, ne lui laissant pas le bénéfice du doute. Cela n'avait étonné personne. Imperceptiblement, la gorge de la jeune femme se noua tandis que ses poings se crispaient peu à peu. Ce sentiment d'être traité par rapport à ce que l'on donnait à voir, elle ne le connaissait que trop bien.

Severus Rogue était quelque part comme elle. Était-ce pour cela qu'elle s'était rapprochée de lui ? Lui aussi jouait sur deux tableaux. Lui aussi était jugé sur ce qu'il donnait à voir ; froideur, caractère exécrable. Regards glacés, mots échangés du bout des lèvres. Aucune attache. Tenir les gens à distance, faire le vide autour de soi afin de ne pas s'attacher, ne pas se blesser et ne pas blesser les autres. Aucun sentiment, aucune émotion. Un corps abandonné, un esprit rigoureux et calculateur. Manipuler, anticiper, calculer. Alors qu'elle était encore sous le choc de la révélation, une main ferme vint enserrer son bras, la ramenant soudainement à la surface, dans le présent.
Vacillant en arrière, Cassidy prit appui contre le rebord de la pensine, la tête lui tournant. Nauséeuse, elle papillonna des cils, tentant de rétablir correctement sa vue trouble. L'esprit embrumé, elle tentait également d'intégrer et d'assimiler les informations que Rogue lui avait confié. Bon sang. C'était beaucoup. Peut-être trop d'un seul coup, mais c'était ce qu'elle avait voulu savoir n'est-ce pas ? C'était de sa faute, entièrement de sa faute. Elle avait voulu pouvoir le croire et désormais, les preuves étaient là. Incontestables. Sauf qu'elle n'aurait jamais pu imaginer que cela soit relié à quelque chose d'aussi complexe. Relevant son regard clair vers Severus Rogue, la jeune femme le dévisagea silencieusement, comme si c'était la première fois qu'elle le voyait. Et c'était tout comme en réalité. Une nouvelle facette lui apparaissait, la vraie facette. Celle qu'il dissimulait à tous afin de ne pas se trahir.

« Pourquoi n'en avoir parlé à personne depuis sa mort ? Vous auriez pu prouver votre fidélité à Dumbledore en acceptant de partager ce souvenir avec quelqu'un de... de plus expérimenté que moi. Et de plus sûr aussi. Malgré moi, je suis liée aux Mangemorts depuis toujours, et... encore davantage maintenant. »

Il avait fait ses preuves. Rien n'était à redire. Un souvenir aussi puissant valait tous les mots du monde. Pour la première fois, elle pouvait le croire, et elle le croyait. Il savait pour elle, ce qu'elle était, quels étaient ses idéaux et tout comme Octavius, il ne la dénoncerait pas. Deux appuis des plus inattendus, et non des moindres. Elle n'était plus seule, et lui non plus. Lentement, Cassidy avança vers le sorcier qui s'était laissé aller sur la dernière marche des escaliers. La fatigue se lisait sur son visage sévère. Il avait tant lutté, avec pour seul réel appui Dumbledore, mais maintenant que ce dernier était décédé, il se retrouvait seul pour... Pour quoi au juste ? Un soupir la tira de sa contemplation. Déjà, le directeur se reprenait.

« Voldemort n’est pas immortel et a déjà perdu des pans de sa force. Il en perdra encore jusqu’à ce que vienne enfin la dernière bataille. [...] J’ai choisi de devenir mangemort, Cassidy, il y a presque vingt ans. »

Un choix donc. Une divergence entre eux deux. Irrépressiblement, la main droite de la jeune femme vint se resserrer autour de son avant bras gauche. La Marque cruautant sa peau lui donnait la nausée. Une impérieuse envie, un besoin infernal d'y planter ses ongles pour tenter de se l'arracher se raviva brusquement en elle. La propulser hors de soi, hors de son corps. L'arracher. La brûler. L’annihiler. La détruire. L'oublier. L'une de ces options était-elle possible ? Cassidy aurait aimé être en mesure de se berner elle-même, d'interrompre ses pensées l'espace d'un instant, afin de se confondre naïvement dans l'une des ces possibilités impossibles. Malheureusement pour elle, son esprit rigoureux et son tempérament naturel ne lui laissait aucun doute. Elle devrait vivre avec. Apprendre à vivre avec. L'effacer était impossible, quant à l'oublier... Jamais elle n'en serait capable.

« Puis j’ai commis une grossière erreur, de par mon allégeance au Seigneur des Ténèbres, et cette erreur a mis en danger mortel la femme que j’aimais. J’ai trahi Voldemort, placé en Dumbledore l’espoir qu’elle soit protégée. Mais elle est morte tout de même, quelques mois plus tard. Depuis ce jour, le désir de vengeance est le seul chemin que je suis. On peut dire que je travaille pour l’Ordre du Phénix, en un sens, mais je me fiche de leurs idéaux de justice, d’honneur, de liberté, et je ne sais encore quelle bêtise. Je suis un assassin, avec quelques principes et valeurs, mais aucune d’entre elles n’est acceptée « socialement ». Je ne veux pas en finir avec Voldemort pour rendre la liberté au monde sorcier, mais pour mener à bout les plans tortueux du vieux barbu et pour y assouvir du même coup ma vengeance, tenir un Serment. »

Une femme. Il a aimé lui aussi. Il avait eu un cœur battant, palpitant pour une vie autre que la sienne. Il avait été un homme amoureux. Amoureux au point de faire du reste de sa vie un engagement quotidien et perpétuel. Une quête visant à obtenir un pardon impardonnable. L'amour... Une fois de plus l'amour. Bon sang... Pourquoi fallait-il que ce sentiment diabolique, cette maladie infernale empoisonne tout le monde ? Rendant faible, dépossédant de soi, brouillant les sens et la raison, il était là, plus fort que tout. Automatiquement, l'image du bibliothécaire s'infiltra dans son esprit sans qu'elle ne parvienne à la réprimer. Là où on ne l'attendait pas. Finalement, tout comme Severus Rogue, Cassidy était mue par un souci de vengeance. Tout comme lui, cette dernière était motivée par un amour décédé. Il avait perdu la femme qu'il aimait à cause de Voldemort, elle avait perdu sa mère à cause de son père ; Mangemort au service du mage noir. Le désir de vengeance qui consumait peu à peu le potionniste, tout en le maintenant debout dans un état oscillant entre la vie et la mort, la Rowle ne pouvait décemment pas le juger ou le raisonner. Le beau sermon sur l'inutilité de la vengeance et sur la nécessité du pardon pour se sentir en paix avec soi-même... Quel beau refrain purement théorique. Elle-même en proie à ce désir de représailles mû par un ressentiment indicible, aucun jugement n'eu l'audace de s'esquisser dans son esprit. Seule la surprise et la compréhension y avait une place.

« Merci. »

Naturellement, le mot était sorti. Cassidy ne remerciait pas souvent les gens, ceci n'étant pas dans ses habitudes puisqu'elle avait toujours privilégié l'indépendance et l'autonomie afin d'éviter de se reposer sur les gens. Pourtant, en la situation présente, elle ne pouvait décemment que le remercier. Merci pour m'avoir révélé tous ces secrets. Merci de m'avoir fait confiance. Pour m'avoir aidée. Pour m'avoir sauvée même. Merci d'avoir été humain. Merci de me montrer que même les personnes que je pensais immuables et insensibles pouvaient elles aussi être en vie.

« Je suis fatigué. Mais surtout pressé par le temps. Si vous décidez de me suivre, je pourrai vous protéger, jusqu’à un certain point. Ma propre mort approche à grands pas et vous serez seule lors des derniers instants de cette guerre.
- Quoi ?
- Si vous acceptez de suivre cette voie, je vous demande en plus de taire ce que vous aurez pu apprendre de ce plan, de Dumbledore ou de moi. Laissez les souvenirs là où ils sont. Je préfère mourir sans que personne ne sache qui j’étais, que personne ne puisse me regretter. Vous comprenez ? »

« Êtes-vous prête, Cassidy ? » Une nouvelle fois, la question implicite raisonna dans les oreilles de la Sang-Pure qui ferma les yeux un instant, venant soulever ses cheveux blonds avant de les relâcher brusquement le long de son dos, en proie à une certaine nervosité. Bon sang. Que voulait-elle vraiment ? Il aurait fallu faire le point, prendre le temps de réfléchir, de peser le pour et le contre mais... La jeune femme attendait une telle opportunité depuis bien trop longtemps désormais.

« Je vous aiderai. »

Trois mots. Et dans ces trois mots, un engagement vital. Je vous aiderai.

« Je suis prête, professeur. Je ferai de mon mieux pour vous aider. Pour moi, et pour vous. Sans vous, je serais déjà morte. J'accepte de m'engager sur ce chemin à vos côtés. Je connais les faux-semblants, la manipulation, le calcul, l'anticipation. C'est pour ainsi dire, moi. Bien que je vous ai demandé de m'enseigner un lâcher prise... C'est assez contradictoire... J'ai choisi de poursuivre mes études secondaires pour tenter de repousser l'échéance, de trouver une solution pour éviter ça. Cette Marque. Mais... j'ai échoué. Je n'avais aucune échappatoire. Mon père et les Mangemorts ont toujours contrôlé ma vie et l'ont détruite désormais. Père m'a forgée de A à Z. Je n'ai toujours été que sa marionnette. Je veux pouvoir retrouver le contrôle sur ma vie, pouvoir agir pour ce que je pense juste, et pour avoir le plaisir de voir un jour l'horreur dans son regard lorsqu'il comprendra - le moment voulu, qu'il ne m'a pas contrôlée jusqu'au bout. Je n'ai pas peur, j'ai beau n'avoir que vingt-deux ans, je n'ai rien à perdre... Enfin, presque. »

Sauf lui. Octavius.

« Maintenant que j'ai cette horreur gravée en moi, je n'arrive pas à rebondir. Je coule. Je vous ai menti, je n'étais pas malade à mon retour au château. C'est... Je n'accepte pas cette chose en moi. C'est... On aura beau me dire que ce n'est qu'une simple trace, je ne vous apprends rien de cette prison mentale, en plus du lien physique. Je... Je me sens... Vide. Polluée, souillée avec cette chose dans ma chair. C'était... C'était encore mon corps, mais là... J'ai l'impression qu'il me l'a volé. Comme mon esprit. J'ai sans cesse l'impression qu'il est là, quelque part en moi, telle une sangsue. Comment faites-vous professeur ? Vous l'avez désirée cette Marque, puis regrettée. Comment parvenez-vous à passer au dessus et à ne pas vous l'arracher littéralement ? Et... Pourquoi dites-vous que vous allez mourir ? Êtes-vous... malade ? »

Pourquoi ? Pourquoi à chaque fois que le destin semblait lui donner un point d'ancrage, ce dernier semblait se dérober dès qu'elle le frôlait ? Pourquoi fallait-il que dès qu'elle accepte de s'engager, de s'abandonner en quelques sortes à une personne, cette dernière l'abandonnait-elle en retour ? Seul Octavius semblait tenir pour le moment, en intérieurement, bien profondément, Cassidy était terrifiée qu'il ne se lasse ou ne prenne peur devant la complexité du futur, et ne la lâche, à son tour.

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Le pessimiste se plaint du vent, l'optimiste espère qu'il va changer, le réaliste ajuste ses voiles.

Crédit - Joy
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MessageSujet: Re: [Octobre 1997] La voie de l'espionnage [PV Cassidy N. Rowle] Jeu 16 Fév 2017 - 14:24

– Je vous aiderai.

D’un seul coup, Severus voyait la scène du point de vue de Dumbledore, lorsqu’il avait dû lui répondre si oui ou non, il acceptait de le tuer, si oui ou non, il pouvait le suivre aussi loin, si oui ou non, il était prêt, une dernière fois, à lui faire confiance. Deux sentiments parfaitement contradictoires se battaient en le directeur. D’un côté, il avait envie de la remercier, soulagé de ne plus avoir à poursuivre seul jusqu’à la fin, et d’un autre côté, il avait envie de lui crier de fuir en courant, oublier tout ça et ne plus jamais se retrouver dans la même pièce que lui, de fuir l’Angleterre, Voldemort et tout ce qui s’ensuit. Elle avait encore le choix, techniquement, il pouvait toujours s’arranger pour brider sa mémoire ou autre chose, puis lui dire de filer dans un endroit au monde où ni Voldemort ni ses sbires ne la retrouvera jamais. Qu’elle emmène son petit ami ou ne parte seule, aucune importance, tant qu’elle disparaissait. Et il savait aussi qu’elle ne fera pas… Rogue s’appuya un peu contre le bord du mur, toujours assis sur cette marche glacée, le regard dérivant de la petite Rowle, à Fumseck, aux tableaux endormis, aux fragiles instruments de verre ayant appartenus à Dumbledore et dont il n’avait jamais pris la peine d’étudier le fonctionnement ou l’utilité. A quoi bon ? Ils n’avaient qu’à rester là à prendre la poussière, plus personne en s’en souciait depuis que leur propriétaire avait rejoint ses ancêtres. Une lignée complètement éteinte ? Il ne devait plus rester que le frère d’Albus et Severus doutait qu’il ait eu des enfants. Sans doute n’était-ce pas plus mal, il valait mieux que certains noms soient enterrés à jamais. Plusieurs lignées lui vinrent ainsi en tête, un paquet où il incluait son propre nom. Il leur fallait disparaître. Cette pensée lui était réconfortante, comme si un petit feu s’allumait tout à coup dans son cœur.

– Je suis prête, professeur. Je ferai de mon mieux pour vous aider. Pour moi, et pour vous. Sans vous, je serais déjà morte. J'accepte de m'engager sur ce chemin à vos côtés. Je connais les faux-semblants, la manipulation, le calcul, l'anticipation. C'est pour ainsi dire, moi. Bien que je vous ai demandé de m'enseigner un lâcher prise... C'est assez contradictoire... J'ai choisi de poursuivre mes études secondaires pour tenter de repousser l'échéance, de trouver une solution pour éviter ça. Cette Marque. Mais... j'ai échoué. Je n'avais aucune échappatoire. Mon père et les Mangemorts ont toujours contrôlé ma vie et l'ont détruite désormais. Père m'a forgée de A à Z. Je n'ai toujours été que sa marionnette. Je veux pouvoir retrouver le contrôle sur ma vie, pouvoir agir pour ce que je pense juste, et pour avoir le plaisir de voir un jour l'horreur dans son regard lorsqu'il comprendra – le moment voulu, qu'il ne m'a pas contrôlée jusqu'au bout. Je n'ai pas peur, j'ai beau n'avoir que vingt-deux ans, je n'ai rien à perdre... Enfin, presque.

Un « presque » qui pouvait faire toute la différence, dans son cas. Elle fera pour ne pas mourir, ne serait-ce que pour lui, et Rogue se chargera du reste, afin d’éviter qu’un mangemort ne s’en prenne à elle ou que Voldemort ne la perce à jour. Ceci étant, Potter et ses deux amis ne traînaient pas non plus dans leur recherche, même s’ils avaient sûrement le sentiment de tourner en rond pour l’instant, donc cette histoire ne durera pas des années entières. Sept de ces fichus objets de malheur, sept… Quel autre sorcier avait repoussé si loin les limites de la magie noire ? Qui avait, autrefois, eu si peur de la mort qu’il en était prêt à se mutiler ainsi en personne, déchirer son âme ? Rogue n’osait même pas imaginer la souffrance endurée lorsqu’une seule partie de l’âme était déchirée du reste pour aller s’enfermer dans un objet, alors sept… Au moins pouvait-on reconnaître à Voldemort sa volonté de fer, il ne reculait véritablement devant rien, quoi qu’il arrive. Sept objets… Ou sans doute six et un animal. Le mage noir avait ramené cette sale bête d’Albanie, mais quand en avait-il fait un Horcruxe ? Sûrement pas dès sa « rencontre » avec, il ne devait être à cette époque pas plus qu’un simple esprit mutilé et rongé par la haine et l’envie de vengeance. Pas dès son retour non plus, à moins que… Dumbledore avait songé que ce soit la mort de la petite sorcière du Ministère de la Magie, dont il avait oublié nom, Bertha quelque chose, qui ait servi pour la fabrication de ce dernier Horcruxe. Rogue y croyait peu, Voldemort était alors trop faible pour seulement se nourrir seul. Enfin, on pouvait affirmer que le tout s’était produit cette année-là, bien avant les problèmes au Ministère, dans la salle des Prophéties.

– Maintenant que j'ai cette horreur gravée en moi, je n'arrive pas à rebondir. Je coule. Je vous ai menti, je n'étais pas malade à mon retour au château. C'est... Je n'accepte pas cette chose en moi. C'est... On aura beau me dire que ce n'est qu'une simple trace, je ne vous apprends rien de cette prison mentale, en plus du lien physique. Je... Je me sens... Vide. Polluée, souillée avec cette chose dans ma chair. C'était... C'était encore mon corps, mais là... J'ai l'impression qu'il me l'a volé. Comme mon esprit. J'ai sans cesse l'impression qu'il est là, quelque part en moi, telle une sangsue. Comment faites-vous professeur ? Vous l'avez désirée cette Marque, puis regrettée. Comment parvenez-vous à passer au dessus et à ne pas vous l'arracher littéralement ? Et... Pourquoi dites-vous que vous allez mourir ? Êtes-vous... malade ?

Malade ? Pourquoi serait-il malade ? Il eut une légère grimace perplexe puis se leva enfin, regrettant qu’il n’existe pas au monde un sort de persuasion assez puissant pour convaincre Voldemort de prendre ses Horcruxes et de s’étouffer avec. Revenant vers la Pensine, il récupéra le souvenir avec soin pour le remettre dans la fiole, puis rangea cette dernière dans l’armoire avec la myriade d’autres souvenirs, notant déjà ceux qu’il lui faudra détruire pour de bon lorsque viendra la fin, afin d’étouffer à jamais la vérité. Tout ce que ce monde aura besoin de savoir était très simple. Il y avait eu un mage noir entouré de serviteurs luttant contre un Ordre de « gentils sorciers », dirigé par un vieux barbu assassiné par un des méchants et soutenu par un gamin mal coiffé à lunettes de dix-sept ans ayant joué les jeunes héros et espoirs du peuple libre. Le jeune héros a ainsi battu le grand mage noir et ses serviteurs puis la liberté a été restaurée. Tout est bien qui finit bien. Dumbledore restera ainsi la figure du Saint ayant voué sa vie à se battre contre les forces du mal et non pas la figure de celui qui avait accepté de protéger un gamin juste pour qu’il puisse mourir au bon moment, afin d’assurer la liberté de tous. Quant à lui-même, il restera la figure du Traître ayant poignardé son protecteur dans le dos et juré allégeance au fameux mage noir.

– Je connais les effets produits par cette Marque, oui, ce n’est que terrible que si on ne voit les choses sous l’angle « emprisonnement et viol de l’esprit ». Pour ma part, je la vois comme une motivation de plus à en finir, elle me rappelle le passé et ce que je dois accomplir pour l’avenir. Par ailleurs, apprendre à verrouiller son esprit peut permettre de séparer qui on est de qui on doit être en public. La Marque se range dans cette dernière case avec le reste et ne pèse plus autant. Ce n’est rien d’autre qu’un symbole qui disparaîtra avec Voldemort. Il aime jouer avec les esprits, n’entrez pas dans ce cercle vicieux en laissant cette marque vous obnubiler ou troubler. Qu’est-elle d’autre pour vous sinon un signe physique de la personne que vous devez laisser paraître ?

Une marque qui la protégera de sa famille et d’une bonne majorité des autres mangemorts, qui ne verront en elle qu’une petite Sang-Pur de plus, fraîchement entrée dans les rangs et tout aussi corrompue que sa famille entière par les idéaux et principes de cette clique. Une fois l’armoire vitrée refermée, Severus revint vers son bureau, retrouvant par automatisme un pas plus ferme et assuré, droit, rien qui ne puisse laisser paraître fatigue, colère ou lassitude. Un automatisme, oui, le nom était bon, il finissait par ne plus réfléchir à aucun de ses mouvements, son corps se mouvant dans une inconscience blasé, très loin de la fièvre agitant ses véritables pensées en permanence. Un médecin lui dirait sans doute qu’il en développait une double-personnalité. Une fois rassit, il lança un bref regard à Phineas, très occupé à se tailler un ongle, s’attendant à tout instant à ce qu’il sorte l’une de ses petites remarques piquantes. Jamais Severus ne l’avouera, même sous la torture, mais il devait admettre qu’il appréciait pas mal ce personnage et que les petites joutes verbales qu’il lançait parfois avaient le don de le détendre. On trouvait des compassions partout où c’était possible. Il dit à la jeune femme de revenir s’asseoir, croisant les mains sur le bureau devant lui.

– Je ne suis pas malade, reprit-il, j’en ai juste assez. Aider à faire tomber Voldemort est devenu ma dernière raison de vivre et je n’ai pas l’intention de continuer mon existence une fois qu’il sera enfin mort. Je n’ai plus de famille, plus d’amis pour me regretter, je vais enfin quitter ce monde en paix. Dans quelques mois, un an peut-être, je serai mort. Et pourquoi ne rien raconter de tout ça ? Il y a trop de risques si un des membres de l’Ordre se fait capturer et que Voldemort arrache ce genre d’information dans leur esprit. Ils sont tous prêts à se battre mais aucun d’entre eux ne peut concurrencer Voldemort en légilimancie. Alors que moi, jamais il n’aura idée de fouiller autant que possible dans mon esprit, il me croit loyal. Quant à vous, il ne vous voit pas comme une menace et ça vous laisse le temps d’étudier l’occlumancie. Le fait que votre vie en dépend devrait vous motiver à y mettre une certaine volonté, je pense.

– L’art et la manière d’encourager quelqu’un, ricana Phineas, tout occupé qu’il était à tailler ses ongles. Lui spécifier tranquillement qu’il ou elle va crever s’il ne fait pas d’efforts.

Très classe, merci. Enfin, l’idée était là. Rogue eut un très faible sourire, venant éclairer une fraction de seconde son visage fatigué, puis il tendit la main pour ouvrir, par un effleurement, une petite cachette sous le bureau. Il en sortit la bague des Gaunt, à laquelle Cassidy avait sans doute prêté attention dans le souvenir, où ladite bague était posée en évidence sur ce même bureau, près de l’épée de Gryffondor. L’épée contenue dans la vitrine était une copie de la véritable, voilà longtemps que Severus l’avait déplacée et remplacée plus tard par une fausse, « au cas où », et parce qu’il serait imprudent de laisser l’authentique à la portée de n’importe quel voleur ou gamin trop aventureux. Elle état un symbole pour de nombreux mioches résistant dans cette école, cependant, aucun d’entre eux n’avait la moindre idée de la valeur réelle de cette arme depuis que sa lame avait été imprégnée de venin de basilic. Le gamin décoiffé n’en avait sûrement aucune idée non plus, du moins, pas encore. Ils avaient encore le médaillon et aucun moyen pour le détruire, Rogue était absolument certain de ça, aucun des sorts qu’ils connaissaient ne pouvait fonctionner. Même Granger, la plus douée des trois en sortilèges, n’était pas experte dans des sorts de magie noire assez puissants. Severus déposa la bague fendue sur le bureau, entre lui et Cassidy, inspirant profondément. Terminés pour le moment, les souvenirs, il était temps de passer à du plus concret. Se concentrer sur le présent et sur la lutte à mener, rien de tel pour chasser les vieux démons.

– S’il y a une chose à reconnaître à Voldemort, c’est qu’il a véritablement repoussé au loin les limites les plus affreuses de la magie noire, il est très puissant et ses connaissances dans le domaine n’ont cessé de croître. Il craint la mort, sa volonté est de la repousser à jamais. Les moyens comme le sang de licorne ou la pierre philosophale ne sont pas assez fiables, il a utilisé une autre forme de magie. Il existe un sort qui, couplé à un meurtre, permet de déchirer une part de son âme pour l’enfermer dans un objet. Ainsi, même si le corps est détruit, la mort ne survient pas puisque qu’une part de l’âme est sauve. L’objet servant de réceptacle est appelé un Horcruxe. C’est une magie abominable que de déchirer son âme et la douleur l’accompagnant est impossible à imaginer. Là où la situation devient très drôle, c’est que notre serpent national n’en a pas créé un seul mais sept.

Le directeur tapota la bague fendue du bout des doigts, secouant légèrement la tête. Même en y ayant réfléchi des heures, il ne comprenait toujours pas comment Albus avait pu cette idée incroyablement stupide de vouloir porter cette saleté de bague. N’aurait-il pas pu se douter, même un petit instant, qu’elle sera obligatoirement protégée par un maléfice puissant ? Il y serait resté le soir même si Rogue n’avait pas pu restreindre le sort à sa main, devant user de contre-sorts qu’il n’avait encore jamais eu l’occasion d’appliquer avant cette fameuse nuit. C’est dans ce genre de situations qu’on bénissait cette manie à fourrer son nez partout, dans les formes de magie les plus improbables et délicates qu’il soit en cas bas monde.

– Sept Horcruxes, donc, mais certains sont déjà détruits ou sur le point de l’être. Potter en a détruit un à douze ans, sans savoir ce que c’était. Un journal intime ayant appartenu à Voldemort du temps où il se trouvait à Poudlard et formant une preuve qu’il est un descendant de Salazar Serpentard. Cette bague, une relique du Fondateur, que Dumbledore a détruit avec l’épée de Godric Gryffondor, qui a été imprégnée de venin de basilic. Le troisième est un médaillon, qui lui aussi appartenu à Salazar. Potter et ses amis ont pu le voler au Ministère au mois de Septembre et cherchent toujours un moyen de le détruire. Je cherche moi-même un moyen de les localiser pour leur transmettre discrètement l’épée. Je trouverai un moyen... Les autres sont une coupe en argent ayant appartenu à Helga Poufsouffle, une relique appartenant à Rowena Serdaigle. Les deux derniers ne sont pas des objets mais des êtres vivants. Vous avez déjà fait la connaissance de Nagini… Cette bestiole est trop proche de Voldemort pour que ce ne soit dû qu’à son don de fourchelang. Tous les Horcruxes doivent être détruits avant que Voldemort ne redevienne mortel.

Il soupira assez longuement en remettant la bague à sa place initiale pour le moment puis releva le regard sur Cassidy.

– Voldemort a encore d’autres projets et il en restera des traces, après sa mort, d’autres seront tenté de poursuivre ses travaux. Il faudra continuer à veiller. A ma mort, je vous laisserai ce que j’ai pu collecter, les souvenirs, les grimoires, tout ce qui pourra vous aider à poursuivre. Si vous n’avez pas de question, debout et préparez-vous. Je vais commencer à vous enseigner à protéger votre esprit.

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MessageSujet: Re: [Octobre 1997] La voie de l'espionnage [PV Cassidy N. Rowle] Dim 19 Fév 2017 - 19:38

A la supposition, qu'elle jugeait naturellement légitime, d'une quelconque maladie le rongeant, le directeur de Poudlard paru surpris - presque choqué, par une telle supposition, ce qui alerta immédiatement Cassidy dont les sourcils vinrent se froncer imperceptiblement. Pourquoi s'étonner d'une telle formulation hypothétique ? La chose apparaissait d'une façon tellement claire et limpide dans l' esprit du potionniste, et ce depuis tant d'années, qu'il semblait avoir oublié l'essentiel ; à savoir qu'une personne extérieure qui ne le connaissait guère pouvait à juste titre questionner son état de santé suite à une révélation de la sorte. « Ma propre mort approche à grands pas... Je préfère mourir sans que personne ne sache qui j’étais, que personne ne puisse me regretter. » La mort, la mort, la mort. L'abandon inébranlable. Une résignation froide et réfléchie. Si d'un premier abord la jeune femme avait automatiquement relié l'annonce si terrible à la maladie, d'autant plus suite au souvenir que le sorcier avait accepté de partager avec elle, la réaction de ce dernier la mit instinctivement en alerte et, alors qu'il se relevait des marches, les traits encore un peu plus tirés par une grimace remplie d'amertume, Cassidy comprit.

Le suicide. Un acte jugé lâche par certains, courageux par d'autres. Dans tous les cas, l'évocation d'une idée si gravissime avait le don de susciter un sentiment de malaise retrouvé de manière commune chez toutes les personnes - qu'elles puissent comprendre les raisons d'un tel acte, ou pas. Se tuer soi-même, se donner la mort. Face à cette idée, la jeune femme n'était guère dans le jugement. Pour se permettre de juger un tel acte sans connaitre parfaitement la personne et son histoire singulière, il fallait - à son sens, être totalement cruel ou être absolument obtus. C'était son choix, à lui. Elle se devait de le respecter lui, en respectant son choix. En définitive, si l'idée de suicide - aussi grave soit-elle, ne la révulsait pas, c'était tout simplement parce que des idées noires, Cassidy en avait eu elle aussi, en dépit de son jeune âge. Après le meurtre de sa mère et son déracinement brutal de son pays natal, seules la promesse faite à sa génitrice, ainsi que la douce idée de vengeance lui avaient permis de tenir le coup et de ne pas succomber à la tentation de s'endormir à jamais. Un suicide corporel pour ne plus avoir à penser, à agoniser en supportant les jours d'une lourdeur sans nom. S'attaquer au corps, pour un repos perpétuel de l'âme. Tentant. Que pouvait-on décemment ressentir dans une telle situation ? Face à un pareil acte prémédité sans une once de regret ? L'estomac de la jeune femme se contracta violemment sous l'effet de la compréhension et de cet aveu à demi-masqué. Que faire, que dire ? Fallait-il justement agir ou rebondir sur le sujet ? Tenter de raisonner le futur suicidaire ? Si seulement elle le connaissait mieux, depuis plus longtemps - justifiant ainsi quelques bonnes paroles tentant de le raisonner... Si seulement ils avaient été plus proches, alors la Rowle aurait décemment pu se permettre de tels conseils, voire remontrances face à cette annonce. Toutefois, elle ne le connaissait pas assez même s'il venait de lui ouvrir un pan plutôt large et profond de son histoire. Non. Elle ne le connaissait pas. Il ne la connaissait pas. Ils ne se connaissaient pas, ce qui aurait rendu toute remarque à ce sujet mal placée et superficielle au possible, voire frôlant l'hypocrisie. « Ne faites pas ça voyons ! La vie en vaut la peine. Pensez aux gens qui tiennent à vous. Vos parents, votre famille, enfants ou amis. » Qui était-elle pour s'autoriser de tels mots ? En l'état actuel des choses, elle ne pouvait se le permettre. Le visage terni par l'épuisement et les cauchemars, les iris éteints recouverts d'un voile opaque, son poids à la limite de la maigreur et l' esprit brisé en mille morceaux, Cassidy n'aurait eu strictement aucun crédit si elle s'était avancée à de telles paroles, ô combien bienveillantes. Prêcheuse de bonne parole... Cela ne lui allait définitivement pas et ne convenait guère à la présente situation puisqu'elle-même se laissait progressivement recouvrir et asphyxier par l'épais brouillard grisâtre dans lequel était prisonnier son esprit.

En outre, une autre question se posait ; qui était-elle pour lui, pour ne serait-ce qu' envisager de prononcer de telles paroles ? La réponse lui sembla être sans équivoque : Personne. Personne de proche en tout cas. L'évidence était là ; elle ne savait rien de lui, ou presque. Néanmoins, en réalité les choses revêtaient un caractère bien plus complexe. La jeune femme n'en était pas consciente mais elle était désormais probablement la personne en sachant le plus sur Severus Rogue. Cependant, il était vrai que les connaissances qu'elle possédait maintenant à son sujet ne suffisaient en rien pour lui permettre d'aller plus loin. Avait-il un enfant ? Ses parents étaient-ils encore en vie ? Quelle était la nature de leur relation ? Elle n'était qu'une étudiante... Peut-être un peu plus... Son étudiante. Celle qui avait eu l'audace de venir lui quémander des cours avancés, et à qui il avait accepté d'en donner. Tous les deux avaient eu le choix de se supporter l'un l'autre. Aucun ne s'était imposé. Elle n'avait pas été l'une de ces élèves de Poudlard, forcée d'assister à ses cours et de subir ses piques et son caractère exécrable. Non, elle était là aujourd'hui, à ses côtés, parce qu'elle en avait fait le choix. En dépit de ce qu'elle avait entendu sur lui, cela n'avait que ravivé son intérêt. En ce qui le concernait lui, le professeur avait fait également fait son choix. Rien ne l'avait obligé d'accepter sa demande, et encore moins de lui révéler tout ceci, ce soir. Pourquoi ? Pourquoi l'avait-il fait ? Était-ce dû à la fatigue avancée ? A la peur de mourir avant d'avoir pu tenir ce serment qui lui permettait de rester debout ? Peu importe. Toujours était-il qu'en dépit de ce qu'elle avait pu apprendre à son sujet - ce qui les rapprochait indéniablement, Cassidy ne pouvait absolument pas prétendre être suffisamment importante à ses yeux pour le faire changer d'avis. Elle n'avait pas son mot à dire, et toute parole aurait eu une portée des plus indécentes.

Rogue était revenu auprès de la pensine et avait rangé avec mille précautions le souvenir dans sa petite fiole de verre.

« Je connais les effets produits par cette Marque, oui, ce n’est que terrible que si on ne voit les choses sous l’angle « emprisonnement et viol de l’esprit ». Pour ma part, je la vois comme une motivation de plus à en finir, elle me rappelle le passé et ce que je dois accomplir pour l’avenir. »

Le plus attentivement possible, en dépit de l'épuisement psychique qui la tenaillait, l'étudiante s'efforçait de rester suspendue aux lèvres du sorcier afin de comprendre son point de vue. Peut-être, mais dans un avenir plus lointain. Beaucoup plus lointain. Cassidy comprenait l'idée. A bien y réfléchir, cette dernière se tenait, et se défendait oui. Néanmoins, il était aussi vrai que comprendre ne signifiait pas pour autant être en mesure de mettre les choses en application pour soi. Impossible d'assimiler le traumatisme que cette marque constituait pour elle, et encore moins, de l'intégrer pour ensuite parvenir à ajuster l'angle de vue pour lui donner une nouvelle signification. Dans la situation présente, les événements étaient trop frais, les blessures trop à vif pour envisager une possibilité de prendre un tel recul. Du recul, oui, pour voir les choses sous un jour nouveau. Y parviendrait-elle un jour ?

« Par ailleurs, apprendre à verrouiller son esprit peut permettre de séparer qui on est de qui on doit être en public. La Marque se range dans cette dernière case avec le reste et ne pèse plus autant. Ce n’est rien d’autre qu’un symbole qui disparaîtra avec Voldemort. Il aime jouer avec les esprits, n’entrez pas dans ce cercle vicieux en laissant cette marque vous obnubiler ou troubler. Qu’est-elle d’autre pour vous sinon un signe physique de la personne que vous devez laisser paraître ?
- Oui... Elle est cela bien sûr mais à mes yeux, elle est aussi un signe physique d'un échec lamentable. Un signe d'une servitude ignoble que je n'ai pas pu éviter. - elle releva les yeux vers lui - Ne le prenez pas comme une insulte. Vous avez choisi cette Marque, le contexte est totalement différent. Pour ma part, cette Marque me pèse... parce que, parce qu'elle va à l'encontre de tout et qu'elle vient souligner que je n'ai pas réussi à me soustraire de l'emprise de Père. »

Silencieusement, le Mangemort retourna s'asseoir après avoir refermé l'armoire et lui fit signe d'approcher en l'invitant à revenir se poser sur la chaise. Obéissant à sa demande, elle revint s'asseoir face à lui, laissant ses mains reposer sur ses cuisses tandis qu'il croisait les siennes sur le bureau. Le regard résigné, il reprit :

« Je ne suis pas malade, j’en ai juste assez. - elle l'avait bien compris quelques instants plus tôt - Aider à faire tomber Voldemort est devenu ma dernière raison de vivre et je n’ai pas l’intention de continuer mon existence une fois qu’il sera enfin mort. Je n’ai plus de famille, plus d’amis pour me regretter, je vais enfin quitter ce monde en paix. Dans quelques mois, un an peut-être, je serai mort. »

Nous y étions. Ici se trouvait la raison précise pour laquelle Cassidy ne prenait que ce qu'on daignait lui offrir, sans se risquer à creuser plus loin à l'aide de questions indiscrètes, ou de remarques telles que « Vous n'y pensez pas ! Songez à votre famille et vos amis. », lorsqu'elle pressentait le terrain trop glissant. L'on ne connaissait des gens que ce qu'ils donnaient à voir, et ce qu'ils acceptaient de nous confier. En l’occurrence, la sorcière avait bien fait de ne pas se risquer à déblatérer la sainte parole en se servant de l'argumentaire familial et amical. Severus Rogue en avait assez, et était seul. Totalement seul, surtout depuis la mort récente de son ami russe. Comprenait-elle ? Oui, bien entendu. Après tant d'années à lutter seul, à faire en sorte que tous le haïssent, à jouer ce double jeu constant avec le risque d'y rester chaque jour, on pouvait aisément comprendre que la vie ne devait plus avoir de goût pour lui. Cependant, même si l'empathie l'aidait à le comprendre, elle ne pouvait guère s'empêcher de ressentir une légère tension venir envahir tout son être devant cet aveu formel. Après vingt-deux ans, elle s'ouvrait, elle trouvait enfin un appui - deux, pour être exacte -, et voilà que l'un d'entre eux se dérobait alors qu'elle n'avait fait que l'effleurer du bout des doigts. Était-ce égoïste ? Oui... peut-être un peu. Devant ce constat, la sorcière se mordilla nerveusement les lèvres, submergée par une vague de culpabilité. Elle ne voulait pas qu'il meure parce qu'elle ne voulait plus se retrouver seule... Parce que maintenant que l'ouverture était faite, que le mur de briques s'était fissuré, certaines émotions avaient malheureusement tendance à revenir, et elle la ressentait... La peur. Avait-elle réellement bien fait de s'ouvrir ? D'accepter de l'aide extérieure ? Qu'il s'agisse de celle d' Octavius ou de Rogue... Cela la rendait beaucoup plus dépendante qu'auparavant où elle avait appris à ne compter que sur elle-même. De nouveau, l'angoisse pointait, venant raviver les peurs latentes qui erraient en son fort intérieur lorsqu'elle parvenait à les brider.

« Et pourquoi ne rien raconter de tout ça ? Il y a trop de risques si un des membres de l’Ordre se fait capturer et que Voldemort arrache ce genre d’information dans leur esprit. Ils sont tous prêts à se battre mais aucun d’entre eux ne peut concurrencer Voldemort en légilimancie. Alors que moi, jamais il n’aura idée de fouiller autant que possible dans mon esprit, il me croit loyal. Quant à vous, il ne vous voit pas comme une menace et ça vous laisse le temps d’étudier l’occlumancie. Le fait que votre vie en dépend devrait vous motiver à y mettre une certaine volonté, je pense.
- L’art et la manière d’encourager quelqu’un, ricana un petit homme qu'elle reconnu comme étant Phineas Black, l'un des anciens directeurs de Poudlard, lui spécifier tranquillement qu’il ou elle va crever s’il ne fait pas d’efforts.
- Effectivement... C'est un argument plutôt convaincant. »

Elle appréciait son franc parlé et sa manière directe et sans fioriture d'aborder les choses. Au moins, tout était clair et la portée pouvait être ainsi saisie d'emblée. Cela la changeait des efforts constants qu'elle devait réaliser dans la vie quotidienne avec tous ces faux-semblants qui lui donnaient le tournis.
Voilà donc ce à quoi il pensait. La base de tout. Lui faire étudier l'Occlumancie, de manière à la protéger définitivement de toute tentative de pénétration de l'esprit. La jeune femme avait en effet déjà songé auparavant à essayer de se trouver un professeur apte à lui enseigner une telle pratique, mais en vain. La confiance faisait défaut à chaque fois, d'un côté, comme de l'autre.

« L'Occlumancie... Oui, je pourrai en effet apprendre cette discipline à vos côtés maintenant que... qu'une certaine... confiance s'est installée. J'avais déjà pensé à l'étudier mais je n'ai jamais trouvé la bonne personne pour me l'enseigner. Il m'était impossible de trouver un bon justificatif sans attirer les soupçons vers moi. Il fallait que je me fonde dans la masse, pas que je me fasse remarquer. C'est... ce que je tente de faire depuis que je suis arrivée en Angleterre. »

Un sourire fugace était venu éclairer le visage aux traits tirés du directeur aux paroles de Black, avant de s'évanouir aussi vite qu'il était apparu. Sans un mot, il chercha quelques instant un objet dans l'un des tiroirs du bureau et finit par en sortir une monture de bague. La bague à la pierre fendue du souvenir. Fronçant clairement les sourcils, Cassidy se redressa sur sa chaise, venant décoller son dos du dossier et se rapprocha un peu plus du bureau pour observer attentivement cette dernière. De loin. Bien que Rogue l'eut touchée à mains nues, sa réserve naturelle et sa méfiance instinctive lui dictaient de ne pas saisir le bijou maléfique. Approchant son visage au sein duquel ses iris semblaient recommencer à prendre vie, elle détailla la grosse chevalière avec attention, venant graver son image dans sa mémoire. En or, avec au milieu un espace désormais vide - autrefois serti d'une pierre noire translucide à la coupe pyramidale gravée un étrange symbole runique. Automatiquement, le regard de Cassidy se détourna vers l'épée du souvenir, contenue dans l'étagère à droite du bureau. Pourquoi cette épée et pas une autre ? Tout en observant attentivement la relique de bague, son regard turquoise oscillant entre cette dernière et l'épée en argent pur au manche serti de gros rubis, elle l'écoutait attentivement. De la magie noire dont le Seigneur des Ténèbres avait fait l'usage. Une magie repoussant toutes les limites de la nature, mais aussi corporo-psychiques. Détruire une vie, détruire un lien naturel entre le corps et l'esprit d'une personne innocente, afin de pouvoir prétendre à une sorte d'immortalité psychique. Voldemort avait dissocié son esprit de son corps, mais aussi clivé son esprit en plusieurs morceaux. Fragmentation.

« C'est... monstrueux, parvint-elle à articuler en cherchant ses mots, est-ce que... est-ce encore réellement une vie que de vivre ainsi séparé de son corps ? Je veux dire, avec une dissociation tant entre le corps et l'âme que dans l'âme elle-même, qui est fragmentée ? »

Elle avait l'impression de ne pas être très claire dans ses interrogations mais l'horreur absolue que lui inspirait la situation venait quelque peu lui brouiller l'esprit, l'empêchant de traduire correctement ses pensées et ses questionnements. Cela lui faisait penser à cette pathologie mentale chronique... La schizophrénie, représentée notamment par la dissociation psychique. Schizo-phrên ; cassure, fracture de l'esprit. Sauf que là, en occurrence, la dissociation était volontaire. Au fur et à mesure, les liens se créaient dans son esprit, reliant certaines parties du souvenir aux explications fournies par le Directeur de Poudlard. Lorsqu'elle comprit la teneur et l'importance du bijou, Cassidy se figea pendant quelques secondes, avant de s'éloigner lentement de ce dernier, son dos rejoignant le dossier de sa chaise en bois. Dans un mouvement d'autoprotection inconscient, elle croisa les bras sur sa poitrine et darda son regard vert d'eau vers le bijou dont la présence lui procurait maintenant un sentiment de malaise. Cette bague avait donc abrité un morceau de l'âme du Seigneur des Ténèbres - âme dont la jeune femme n'aurait souhaité en aucun cas voir la couleur.

« [...] L’objet servant de réceptacle est appelé un Horcruxe. C’est une magie abominable que de déchirer son âme et la douleur l’accompagnant est impossible à imaginer. Là où la situation devient très drôle, c’est que notre serpent national n’en a pas créé un seul mais sept. »

Bug cérébral majeur. Avait-elle réellement bien entendu ? Sous le choc, Cassidy arrêta de respirer et les papillonnements de ses paupières s'immobilisèrent brusquement. Elle avait du mal comprendre quelque chose. Le chiffre annoncé ou le principe de création des Horcruxes. Voulant éviter tout quiproquo, la sorcière reformula ce qu'elle avait cru comprendre, de manière à se le faire confirmer.

« Vous... êtes en train de me dire que le Seigneur des Ténèbres s'est servi de sept de ses meurtres pour... dissocier son âme en... sept morceaux ? Et que cette bague n'était que l'un d'entre eux ? »

Personnellement, elle ne trouvait pas ça drôle. Pas du tout. L'horreur absolue se lisait sur son visage aux traits fins tandis que ses doigts s'étaient mis à lisser nerveusement les mèches de cheveux blonds qu'elle avait ramené sur le devant de son épaule droite - la gauche étant toujours bandée. Confirmant ses craintes, Rogue poursuivit en spécifiant que sur les sept, deux avaient déjà été détruits ; un journal par Potter lui-même, et cette bague, par Dumbledore avant sa mort. Qu'en était-il des autres ? Un médaillon selon ses dires ; médaillon ayant appartenu à Serpentard lui-même que Potter avait apparemment en sa possession depuis peu. Une coupe en argent appartenant à la fondatrice de la maison des jaunes, une relique apparemment totalement inconnue ayant appartenu à Rowena Serdaigle. Cassidy fronça un peu plus les sourcils sous l'effet de la concentration. Cela faisait un moment maintenant qu'elle n'avait pas réellement fait travailler son esprit, se cantonnant dans l'asthénie la plus totale. Tant d'informations aussi importantes et complexes était compliqué à assimiler d'une seule traite. Les deux derniers... Des êtres vivants ? La nausée envahit la jeune femme, dont la bouche se remplit brusquement de salive chaude. S'efforçant d'inspirer profondément, Cassidy ferma un instant les yeux, se réfugiant dans une obscurité salvatrice le temps de tenter d'assimiler cette nouvelle information. Quelle abomination... Lord Voldemort asseyait sa domination et favorisait sa protection en possédant des êtres vivants, en y incorporant une partie de son âme. Une sorte de viol psychique. Un haut-le-cœur saisit la jeune femme qui rouvrit brusquement les yeux, le regard vitreux, bouleversée par cette information qui la renvoyait indéniablement à la sensation qu'elle éprouvait depuis qu'elle avait acquis cette Marque. Cette dernière, fraîchement gravée dans la chair de son bras, lui donnait déjà l'impression d'avoir constamment une partie du mage noir en elle. Un lien à la fois physique mais aussi mental, la maintenant prisonnière du sorcier. Toutefois, la Rowle avait bien conscience de ne pas être un Horcruxe et qu' abriter véritablement - au sens propre, un fragment de l'âme de Voldemort devait se situer à un niveau de destruction bien plus élevé.

« [...] Vous avez déjà fait la connaissance de Nagini… Cette bestiole est trop proche de Voldemort pour que ce ne soit dû qu’à son don de fourchelang. Tous les Horcruxes doivent être détruits avant que Voldemort ne redevienne mortel. »

Un long soupir ponctua sa phrase, avant qu'il ne se décide ranger la monture dorée à sa place initiale.

« Voldemort a encore d’autres projets et il en restera des traces, après sa mort, d’autres seront tenté de poursuivre ses travaux. Il faudra continuer à veiller. A ma mort, je vous laisserai ce que j’ai pu collecter, les souvenirs, les grimoires, tout ce qui pourra vous aider à poursuivre. Si vous n’avez pas de question, debout et préparez-vous. Je vais commencer à vous enseigner à protéger votre esprit.
- J'ai des questions. Plusieurs. »

Inspirant profondément, Cassidy dégrafa sa cape noire afin d'être plus à l'aise pour ce qui allait suivre et l'abandonna sur le dossier de la chaise. Sa main gracile se referma sur sa baguette qu'elle rangea dans la poche droite de son jean sombre. Les sourcils froncés, elle se leva, et se dirigea vers l'épée de Gryffondor à la lame imprégnée de venin de Basilic. Se penchant sur cette dernière, elle l'observa attentivement. Le travail de gravure était réellement impressionnant et ne pouvait décemment pas être l'oeuvre d'un sorcier.

« Vous avez dit que Potter avait détruit le journal sans savoir ce que c'était mais... Comment l'a-t'il détruit ? Vous avez mentionné que Dumbledore avait brisé la bague à l'aide de cette épée dont la lame est imprégnée de venin de basilic... Est-ce donc le seul moyen pour anéantir les Horcruxes ? »

Se redressant, la jeune Mangemort repoussa une mèche de cheveux tombée au travers de son visage pâle et revint se planter devant le bureau du potionniste, avant de braquer ses iris tourmaline dans les siens. Étrangement, il avait esquivé habilement une information.

« Vous avez mentionné sept Horcruxes professeur. Sept. Le journal, la bague - elle dépliait ses doigts au fur et à mesure du relevé - le médaillon, la coupe, une relique inconnue et deux autres. Deux êtres vivants, mais vous ne m'avez parlé que du serpent, professeur. Quel est le dernier ? »

On pouvait reprocher beaucoup de choses à Cassidy. Son caractère exécrable, son incapacité à pardonner. Son fonctionnement quelque peu psychorigide et son manque évident de souplesse. Son manque d'émotions et ses paroles parfois - souvent - blessantes. En revanche, il était absolument impossible de nier que sa rigueur - parfois à la limite de la rigidité, était au service de son intelligence et d'un sens de l'observation accru, tant au niveau des détails verbaux que non verbaux. Sa volonté de comprendre parfaitement la situation afin de pouvoir la contrôler ou du moins, l'anticiper, se reflétait parfaitement dans le cas présent.

« Vous avez placé votre confiance en moi, mais comment puis-je vous aider dans votre mission ? Qu' attendez-vous réellement et concrètement de moi ? »

Elle patienta quelques instants, le temps de lui laisser mûrir sa réponse, avant de se détourner et de descendre les marches, allant se positionner au centre de la pièce à distance respectable de tout mobilier. Se préparant, elle amorça un mouvement pour remonter les manches de sa chemise blanche avant de s'interrompre brusquement, sa main droite ayant commencé à dévoiler l'immondice gravée en elle. D'un geste rageur, elle rabaissa sa manche sur son avant-bras, avant de relever son regard clair sur Severus Rogue. Elle se sentait anxieuse, et ce pour plusieurs raisons. De un, elle n'était actuellement absolument pas en condition physique et psychique pour un tel exercice, et de deux... Elle n'était définitivement pas préparée à ce genre d'intimité psychique que l'apprentissage de l'Occlumancie imposait. Le Legilimens allait avoir accès à sa psyché, ce qu'elle avait redouté durant toute sa vie. Elle s'était toujours rassurée en se disant que son esprit serait protégé et qu'il demeurerait la seule chose qui lui appartiendrait véritablement tout au long de sa vie. Ses pensées, ses souvenirs. Ses émotions. A elle, et elle seule. Sa propriété secrète. Toutefois, pour sa propre sécurité et celle de Rogue désormais, il allait maintenant lui falloir accepter l'idée que ce dernier puisse y pénétrer pour l’entraîner. Un frisson parcourut l'échine de la jeune femme qui referma instinctivement sa main sur le manche de sa baguette. Il fallait qu'elle garde le contrôle sur ce qu'il était susceptible de découvrir en elle...

« C'était moi pour l'histoire de la bibliothèque. C'est moi qui ai fait venir Dolores Ombrage, ces hommes et... Bref. Ce n'était pas Octa... Monsieur Holbrey. Il s'agissait d'une vengeance personnelle. »

Il aurait été amené à le découvrir, alors autant prendre les devants. De toute manière, peut-être la soupçonnait-il déjà. Regrettait-elle les choses ? En soi, non. En revanche, elle en regrettait amèrement les conséquences et d'autant plus maintenant que les choses avaient si bien évolué entre le bibliothécaire et elle.

« Votre souvenir et vos confidences, contre l'accès à mes pensées et à mes souvenirs... Allez-y, expliquez-moi ce que je dois faire, et comment le faire. »

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Le pessimiste se plaint du vent, l'optimiste espère qu'il va changer, le réaliste ajuste ses voiles.

Crédit - Joy
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MessageSujet: Re: [Octobre 1997] La voie de l'espionnage [PV Cassidy N. Rowle] Jeu 23 Fév 2017 - 14:11

Bien entendu, il lui restait encore des questions, difficile et peu crédible de ne pas en avoir après ce genre de révélations. D’autant plus qu’elle en s’était pas aussi profondément enfoncée dans la magie noire que beaucoup d’autres ou lui-même. Rogue connaissait déjà l’existence des Horcruxes et de la plupart des ces formes de sorcellerie avant que Dumbledore ne lui en parle, croyant cependant à cette époque qu’on ne pouvait créer qu’un seul et unique objet si infâme, que la douleur de cette création était bien trop effroyable pour être supporté plusieurs fois par un seul être humain. Voilà qui expliquait les vantardises de Voldemort lorsqu’il affirmait être le seul à avoir repoussé si loin les limites de la mort, on pouvait au moins lui reconnaître ça, il était effectivement le premier sorcier à avoir poussé aussi loin cette forme de magie. Etait-il toujours humain ? Aux yeux de Severus, clairement non. Comment qualifier « d’humain » un être avec une âme aussi déchiquetée, même sans évoquer son apparence singulière ? Lorsque Severus l’avait rencontré, il avait encore un visage bine humain, malgré le fait que ses yeux soient plus souvent rouges que noirs, cependant il n’en avait pas moins été effrayant et imposant. Peut-être même plus qu’aujourd’hui, car il avait eu la prestance d’un homme, un homme dissimulant le monstre.

Sortant sa baguette, il jeta un œil à Cassidy, penchée sur la vitrine et occupée à examiner l’épée de Gryffondor, du moins sa copie conforme, ayant enlevé sa cape qu’elle avait abandonnée sur le dossier de la chaise. C’est à ce moment, en contournant le bureau, qu’il nota qu’elle avait pris de soin d’aussi laisser tomber ses habituels talons pour prendre des chaussures plus pratiques. Il ne manquerait plus qu’elle se casse une cheville en tombant alors qu’elle portait des chaussures aussi hautes… Enfin, bien souvent, les femmes devant se battre au quotidien pour leur survie, et qui autrefois avaient l’habitude de porter colifichets, maquillage et autres, laissaient d’elles-mêmes tomber, peu à peu, tous les petits détails pouvant les gêner pour assurer leur survie. Talons hauts au placard au cas où il fallait courir à l’improviste ou transplaner en vitesse, colliers pouvant s’accrocher quelque part ou être utilisés comme armes d’étranglements par un ennemi, maquillage trop voyant ou repérable, vêtements aux couleurs vives et il ne savait quoi encore. Les cheveux, souvent laissés libres auparavant, passaient au stade attachés ou courts. En bref, place au pragmatisme.

– Vous avez dit que Potter avait détruit le journal sans savoir ce que c'était mais... Comment l'a-t'il détruit ? Vous avez mentionné que Dumbledore avait brisé la bague à l'aide de cette épée dont la lame est imprégnée de venin de basilic... Est-ce donc le seul moyen pour anéantir les Horcruxes ?

– Non, mais s’en est un efficace. Potter s’était aussi servit d’un crochet du serpent. Il s’agit sans doute du venin le plus puissant au monde, son seul remède est les larmes d’un phénix.

Il existait bien d’autres puissants de sortilèges de magie noire pour détruire un Horcruxe, cependant, ce n’était ni le lieu pour en parler ni le bon moment. Bien peu maîtrisaient lesdits sortilèges, il fallait un temps infini, de bonnes capacités pour tous les aborder sans sombrer dans la folie et surtout, un état mental approprié. Comme pour le sortilège de la douleur qui ne pouvait être correctement lancé que si on désirait véritablement, plus que tout, la souffrance absolue de la cible, ces sorts de magie noires exigeaient que le lanceur soit un parfait adepte des forces obscures. Or, son élève n’en était pas une, de très loin, et il ne lui enseignera pas ça. Elle se redressa tout à coup pour se rapprocher du bureau, son regard ayant au moins retrouvé une lueur plus vive de concentration que toute à l’heure. Très bien, il sera mieux pour elle d’être bien réveillée pour faire face à ce qui l’attendait. Severus savait très bien qu’elle était épuisée, à bout de nerfs, dans un état physique général lamentable, mais pour autant, ce n’était pas une raison pour passer des jours au lit à pleurer et se lamenter. L’action réveillait, agir concrètement vous poussait à mordre dans la vie et vous éveiller à elle, bien plus qu’à se dissimuler dans un coin en pleurant sur l’injustice de ce monde. Elle apprendra, à son tour. Severus lui rendit un regard un peu terne lorsqu’elle revint sur les Horcruxes, demandant qui était le septième, le second être vivant de la liste. Le directeur tapota un peu le bord du bureau, rendant un regard plus acéré.

– Je vous parlerai plus tard du septième.

Cette histoire-là, cette création involontaire pour le coup, se différenciait complètement du reste et il ne voulait pas entièrement l’embrouiller dès le premier soir. ‘autant plus que ce point particulier soulevait toute ne autre série de problèmes, qu’elle n’était pas encore en état de comprendre et assimiler, étant donné son niveau de fatigue avancé. Un sujet à la fois… Même s’ils étaient pressés par le temps, ça ne voulait pas dire qu’ils étaient à la minute près et Rogue avait le temps d’aborder le reste avec elle.

– Vous avez placé votre confiance en moi, mais comment puis-je vous aider dans votre mission ? Qu'attendez-vous réellement et concrètement de moi ?

– Le concret, de la façon dont je l’entends, ne viendra que lorsque vous aurez assimilé certaines leçons. Je ne vous jetterai pas seule là-dedans tant que vous n’aurez pas un minimum de bases pour vous défendre.

Prenant sa baguette dans sa poche, Rogue leva les yeux en avisant certains tableaux qui cessaient de dormir ou de faire semblant, regardant à présent d’un œil plus attentif ce qui arrivait dans ce bureau. Il n’arrivait que très peu souvent qu’il y ait de l’action, après tout, les scènes de ce genre étaient assez rares pour les sortir de leur torpeur éternelle, surtout pour es plus anciens tableaux. Celui du tout premier réel directeur de Poudlard, peu de temps après le temps des Fondateurs, était fixé au-dessus de la lourde porte d’entrée, à peine éclairé, et celui-ci « dormait » sans plus jamais se réveiller. Les couleurs avaient terni, l’éclairage passé, le visage de cet homme, penché sur le côté dans l’ombre, n’était presque plus discernable. Jamais Severus ne l’avait vu éveillé, on aurait dit que la lourdeur des siècles pesait sur lui un poids bien trop grand pour qu’il puisse continuer à lutter. Baissant de nouveau le regard, il le reporta sur Cassidy, placée au milieu de la pièce, à deux mètres des marches, aussi prête qu’on puisse l’espérer. Du moins, aussi prête qu’elle puisse l’être car personne, sans avoir subi au moins une fois ce sort, ne pouvait vraiment s’attendre à l’effet qu’il produisait. C’était un viol psychique, ni plus ni moins, une intrusion infâme qu’on ne pouvait pas appréhender. L’accès à tous les souvenirs, tous, même ceux qu’on avait oublié soi-même, même les plus anciens, même ceux enfermés à double-tour au plus profond de la psyché. Il ne releva pas son aveu soudain de l’histoire d’Ombrage et de la bibliothèque, ayant déjà compris une bonne partie de l’histoire par lui-même. Cela appartenait au passé.

– Votre souvenir et vos confidences, contre l'accès à mes pensées et à mes souvenirs... Allez-y, expliquez-moi ce que je dois faire, et comment le faire.

– Vous n’avez pas besoin de votre baguette, uniquement de votre volonté mentale. Pour commencer, fermez les yeux. Relâchez toute pression physique, comme si vous étiez prête à vous endormir. Avant tout, vous devez calmer toutes vos émotions, surtout les négatives. Videz votre esprit.

Voilà bien une étape qui d’être très délicate à réaliser, pour elle. Patientant, il attendit qu’elle s‘exécute, attendant sans faire le moindre commentaire. Respirer profondément… Repousser les sentiments, respirer calmement jusqu’à ce que l’esprit s’apaise par lui-même. Il lui donna quelques indications à haute voix sur la manière de s’y prendre, veillant à garder une voix plus apaisante qu’à l’accoutumée, ce qui n’était pas non plus facile en soit. Il ajouta même qu’elle pouvait se sentir en entière sécurité dans ce bureau, parfaitement protégé de toute intrusion ou tentative d’espionnage, il y veillait, et qu’il ne comptait pas non plus lui faire le moindre mal. Il lui dit de relâcher ses bras et mains le long du corps, de se focaliser sur ses muscles uns à un pour les décrisper et se préparer. Une fois qu’elle fut assez détendue, autant que possible du moins, il leva sa baguette vers elle, lui répétant de garder son esprit dans un état le plus lisse possible, comme si ses pensées formaient un immense lac sans une ride à la surface. La prévenant, il compta jusqu’à trois puis lança le sort. A la seconde près, elle réagit vivement pour se protéger par le charme du bouclier, arrachant un petit soupir au directeur qui lui répéta que c’était un exercice mental avant tout. Il attendit qu’elle repose sa baguette, ferme les yeux, puis se concentre à nouveau avant de relancer le sort.

La sensation d’intrusion fut violente, malgré ses efforts pour amoindrir au mieux le sort, et comme il s’y attendait chez une personne non entraînée, toutes les défenses de son élève furent balayées en un instant. Une foule de souvenirs confus furent d’abord révélées très brutalement au grand jour, des souvenirs virevoltant dans son esprit, comme « affolés » par l’intrusion soudaine et donnant lieu pour leur propriétaire à une pression mentale qu’on pouvait qualifier d’affolante. C’était comme perdre sans crier gare le contrôle de soi-même, après des années à l’avoir travaillé pour qu’il soit sans failles. Le dernier refuge, celui de l’esprit, percé et violé, toutes les pensées et tous les sentiments mis à nus dans la confusion la plus totale. Il vit tout d’abord des brides de souvenirs brumeux car anciens, ceux de la petite enfance, flottant à peine tant la mémoire peinait à les retenir durant de longues années, puis les souvenirs plus récents et donc précis revinrent prendre place, se plaçant sur le devant de la scène car ils tiraillaient encore l’esprit de leur propriétaire. La scène de la rencontre avec Voldemort et de la Marque fut, comme on pouvait s’y attendre, la plus virulente et agressive… La douleur, il la connaissait, cette douleur à faire hurler le plus fort des hommes, en plus de la sensation d’empoisonnement mental qui s’ensuivait.

Comme le but n’était pas non plus de la tuer ou de la confiner à la folie la plus pure, Severus fit en sorte de ne pas fouiller en profondeur aucun des souvenir ni de s’attarder dessus car cela la ferait souffrir bien plus, un peu comme si on jetait du sel sur une blessure à sang. Les brides de souvenirs se déversaient sans qu’il ne s’y arrête, cherchant à provoquer en elle le réflexe de défense mentale indispensable de tout occlumens, cherchant cette barrière qu’elle allait forcer à mesure autour des pensées les plus sensibles pour les préserver. C’était là la première chose à faire, obliger l’élève à dénicher, au plus profond de lui-même, ce qui l’avait de plus précieux à protéger et appuyer là-dessus pour le contraindre à établir les premières défenses mentales. Au bout de longues minutes, alors qu’il voguait dans des souvenirs plus anciens, il perçut enfin les premiers signes réels de résistance, lorsque le visage d’une femme, à la peau mate, aux longs cheveux noirs et aux traits assez fins vint s’imposer dans son esprit. Les yeux turquoise. Un prénom, Nila. Puis le visage d’Andreas Rowle, un éclat de lumière verte, un autre sort… Cette fois, Cassidy essayait vraiment de résister, se forcer à boucler son esprit, le traumatisme semblait revenir la ronger, il le sentait. Rogue rompit le sort, abaissant sa baguette.

– Respirez doucement…

S’avança, il vint lui tendre la main pour l’aider à se redresser, sachant bien qu’on ne peut presque plus contrôler son corps suite à ça, d’autant plus pour une première fois. Rien de ce qu’il avait vu n’était étonnant en soit, cela dit. Andreas Rowle était un de ces mangemorts aussi cruels qu’ils étaient intelligents, possessifs et avides de contrôle sur tout ce qu’ils pouvaient. C’était une confirmation de plus de sa cruauté. Il patienta le temps que son élève reprenne son souffle, tapotant sa baguette contre ses doigts.

– Vos premières réelles résistances mentales se sont manifestées lors des souvenirs avec votre mère, dit-il d’un ton neutre. C’est par là qu’un apprentissage en occlumancie commence… Tout d’abord, ressentir au plus profond de soi l’existence de ces barrières, en prendre conscience. Ensuite, se les approprier. Point suivant, les prendre en main pour les faire grandir. Suivant, les solidifier et les placer autour des souvenirs et émotions qu’on désire protéger. Vous n’avez sans doute pas ressenti ces barrières mais elles sont là, vous allez apprendre à avoir consciences d’elles. Asseyez-vous, vous allez finir par vous évanouir.

Il l’incita à se laisser tomber sur la première chaise venue, en la poussant légèrement par l’épaule. Pour une première fois, c’était tout de même mieux que ce à quoi il s’y était attendu, puisque Rogue n’avait pas dû passer une heure à voler d’un souvenir à l’autre avant de percevoir les premiers signes de résistance.

– Pour que tout cela puisse fonctionner, je dois apprendre à vous faire confiance… pleinement. Tout comme vous envers moi. Pour débuter votre apprentissage, vous devez jouer sur un terrain que vous avez enfoui en vous. Oubliez les Rowle, les contraintes, les apparences, car pour réussir à se protéger, il nous faut accepter qui nous sommes. Vous l’avez vu, seuls les souvenirs les plus intimes et réels font surgir le besoin de protection. Comment vous sentez-vous ?

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MessageSujet: Re: [Octobre 1997] La voie de l'espionnage [PV Cassidy N. Rowle] Ven 24 Fév 2017 - 23:20

Elle se tenait au milieu de la pièce, tendue. Incroyablement contactée. Le regard figé dans les onyx sombres du Mangemort, l'étudiante patientait, la peur lui broyant l'estomac. Avait-elle réellement envie de ça ? Non. Y-était-elle obligée par la force des choses ? Oui, une fois de plus. Serrant les dents, Cassidy s'efforça de mettre un terme aux tremblements qui secouaient ses mains. Pénible exercice que ce dernier. La tension interne était telle que ses longs doigts fins semblaient échapper à toute tentative de contrôle. Elle serra les poings. Bon sang. Au moins le reste de son corps était-il droit, aussi raide qu'un piquet. Un corps froid et rigide. Des doigts parcourus de secousses incontrôlables. Cass, contrôle toi ! Comment ferais-tu face au Seigneur des Ténèbres ? Merlin, pourquoi était-elle aussi faible ? Rogue avait-il eu raison de placer sa confiance en elle ? Peut-être s'était-il trompé en fin de compte... Qui était-elle pour mériter une telle confiance ? Instinctivement, la main droite de Cassidy se referma sur le manche de sa baguette d'aubépine. La fureur montait. Progressivement. Toutefois, cette dernière n'était dirigée contre Rogue, non. Loin de là. Personne, elle n'était personne. Une sorcière de vingt-deux ans, inexpérimentée. Une fille désormais vulnérable, et une menteuse incapable de tenir ses engagements. Elle s'était fait la promesse de ne jamais s'attacher et voilà qu'elle l'était, et le pire résidait probablement dans le fait qu'en dépit de la peur infligée par ce lien si puissant qui la reliait désormais à Octavius, cela n'était rien en comparaison de la férocité avec laquelle elle refusait de s'en défaire. Ravalant à grand peine la rage qui montait en elle, Cassidy croisa les bras, venant renforcer sa contenance physique. Inspirer. Expirer. Inspirer. Expirer. Respirer. Tout commençait par là, n'est-ce pas ?

« Vous n’avez pas besoin de votre baguette, uniquement de votre volonté mentale. Pour commencer, fermez les yeux. Relâchez toute pression physique, comme si vous étiez prête à vous endormir. Avant tout, vous devez calmer toutes vos émotions, surtout les négatives. Videz votre esprit. »

Un éclat de peur passa dans ses iris tourmaline. La peur. A l'état pur. Fermer les yeux ? Il fallait réellement fermer les yeux ? Merlin... Elle n'était pas prête. Pas prête du tout. Jamais elle n'avait été aussi peu prête à quelque chose de ce genre, en réalité. Mais... L'était-on un jour pour ce genre de chose ? Ne plus voir, perdre le sens de la vue constituait déjà une perte de contrôle en soi. Il avait fallu un sacré bout de temps avant qu'elle ne parvienne à s'autoriser cela avec Octavius, alors maintenant, dans le contexte présent... Les choses se compliquaient radicalement. Était-ce réellement indispensable ? La question muette s'échappa de son regard et quelques minutes plus tard, le regard insistant du professeur la fit abdiquer, non sans un grincement de dents supplémentaire. Silencieusement, la jeune femme acquiesça avec amertume, sans pour autant décroiser les bras comme si ces derniers venaient constituer une ultime barrière protectrice venant remparder son monde interne. Nouvelle couche de glace. En effet, sous le léger tissu blanc, la peau de Cassidy était glacée, véritablement glacée. Elle se surprit même - pendant une fraction de seconde - à regretter de ne plus porter sa cape, et cela n'avait rien à voir un quelconque besoin de se réchauffer, non. Une cape longue, très longue - probablement un peu trop lorsqu'elle ne portait pas de talons - couvrant la totalité de son corps. Une large capuche profonde, venant masquer son regard jugé si expressif par la plupart des gens. Un épais tissu, chaud, protégeant de toute intrusion extérieure. Ainsi, face à lui, vêtue d'un jean et d'une chemise blanche assez légère, Cassidy se sentait déjà mise à nue.

Déglutissant avec difficulté, elle inspira profondément, tentant de mettre en application les consignes prodiguées par le sorcier. Néanmoins, les bras refermés devant elle dans une attitude protectrice, il lui était impossible de se détendre entièrement. Partagée, une partie d'elle-même lui disait de faire sa bonne élève. L'étudiante sérieuse et studieuse qu'elle savait être. Mettre en application les paroles du professeur et accepter de s'abandonner et de se laisser mener entièrement par autrui, tandis qu'une autre refusait de perdre le contrôle au point de le laisser entrer dans son esprit. C'était son esprit. Ses pensées. Ses souvenirs. Son âme. Celle qu'elle n'avait jamais partagé avec personne. Personne. Sauf lui, une fois de plus... Octavius. Bien que le bibliothécaire avait pris mille précautions pour la pousser à s'ouvrir, cela lui avait été incroyablement douloureux. Certaines portes fermées devaient le rester. La jeune femme en était certaine.

Perdre le contrôle en acceptant l'intrusion, pour ensuite le retrouver. Compréhensible en théorie, bien plus complexe à mettre en pratique. Cassidy inspira, se concentrant sur la voix basse et étrangement... apaisante, du sorcier. Était-ce bien la sienne ? Troublée, elle ne put s'en empêcher et mue par une pulsion scopique, elle entrouvrit imperceptiblement les paupières pour s'en assurer au travers d'un rideau de longs cils noirs. C'était bien lui. Vivement, les paupières se refermèrent, presque coupables. Merlin... Il semblait faire tant d'efforts pour la mettre en confiance, la pousser à le laisser aller. Pourquoi n'était-elle pas capable de lui donner ce qu'il désirait ? Concentre-toi Cass, vide ton esprit. Ne pense à rien. La marque... Rien. Octav.. Rien. Se concentrer... pour s'abandonner. Merlin, tant de paradoxes au travers ces mots ! Relâcher toute pression physique ? La jeune femme prêta attention à ses mains. Ces dernières étaient incroyablement tendues, dépassant de ses bras croisés dans une attitude d'auto-protection. Merlin... On était bien loin du relâchement. Se forçant, Cassidy entreprit - sur une nouvelle sollicitation du maître des potions - de relâcher complètement ces derniers. Ils semblaient peser trois tonnes, chacun. Ils étaient raides, et tellement crispés que le simple fait de les déplier lui fit mal, un peu comme si une crampe s'était emparée de ses muscles. Ses poignets craquèrent ainsi que ses jointures de ses doigts, mais les bras finirent par retomber le long de son corps, comme ce qu'il semblait souhaiter. Une barrière en moins. Un frisson glacé s'infiltra en elle, se moquant bien de la barrière des vêtements. Inspirer. Expirer. Respirer.

Les yeux étaient fermés. La tension physique... pas vraiment relâchée mais il y avait du progrès bien qu'elle ne soit certainement pas apaisée au point de s'endormir. Loin de là. Il y avait fort à parier qu'un moindre bruissement de parchemin l'aurait fait dégainer sa baguette en une fraction de seconde. Cassidy étira brusquement ses épaules et fit craquer ses cervicales, rejetant sa tête en arrière. Merlin, comment parvenir à se détendre mieux que ça ? Et le comble : pourquoi était-elle si tendue ici, en sa présence à lui, dans un environnement qu'il lui assurait être sécurisé ? A cette pensée, la Rowle prit conscience de sa bêtise, sans pour autant parvenir à comprendre ce qui faisait blocage en elle. Il est là pour t'aider Cassidy. Pour t'aider. Tu dois le laisser faire. Ta survie est en jeu. Laissant échapper une petite grimace, la sorcière se força à poursuivre, réprimant à grand peine un hoquet de rage. Accueillir les paroles prononcées d'une voix presque douce, les laisser s'infiltrer doucement en elle, tel un philtre guérisseur au pouvoir apaisant. Se relâcher, comme lorsqu'elle s'apprêtait à s'endormir. Par Merlin, comment s'endormait-elle ? Que ressentait-elle juste avant de sombrer dans les bras de Morphée ? La réponse s'imposa à elle avec force ; de la fatigue. Cassidy ne se relâchait jamais vraiment, même lorsqu'il s'agissait de se laisser aller au sommeil. Lorsqu'elle s'endormait, c'était en proie à l'épuisement. B*rdel. Se relâcher. Se relâcher. Se relâcher. Quand s'était-elle donc relâchée pour la dernière fois ? La nuque, les épaules, le haut du dos. Un gémissement franchit le seuil de ses lèvres alors qu'elle s'efforçait de conserver les paupières closes. Détendre ainsi son corps lui faisait mal. Véritablement et paradoxalement mal. Les vertèbres, une à une. Craquements. Inspirer. Les poignets, les doigts. Le bassin. Expirer. Hanches, genoux. Chevilles. Nouveaux craquements, plus durs. Plus sonores. Le balayage corporel enfin terminé, les lèvres de la jeune femme s'entrouvrirent, laissant s'échapper un léger soupir de soulagement. Une première tension s'était évacuée ; celle du corps. Étrangement, elle ne s'était jamais rendue compte à quel point ce dernier pouvait l'oppresser.

Place à celle de l'esprit. Qu'avait-il dit exactement ? Calmer les émotions et vider son esprit. Bien. Bien. Bien. Certes. Ces mots étaient beaux. Intéressants. Comment s'y prendre ? Ressentait-elle réellement quelque chose à part la peur en cet instant précis ? Comme toujours, sa difficulté à éprouver ses sentiments et émotions la mettait à mal, surtout lorsqu'il s'agissait de les contrôler alors qu'elle n'était même pas à même de les percevoir et encore moins de les identifier correctement. Ne pense pas Cass, ne pense pas. Mais... N'était-elle pas en train de penser de ne pas penser justement ?

« शिट... »

Le juron s'échappa de sa bouche, sans qu'elle ne parvienne à le retenir. Pourquoi était-ce toujours dans les moments où il était nécessaire de ne pas penser, que son cerveau semblait redoubler d'énergie ? Le septième Horcruxe. Le seul dont il avait volontairement omis de parler. Un être vivant, selon ses dires. Le second, plus exactement. La jeune femme fronça davantage les sourcils devant la pirouette habile effectuée par Severus Rogue afin d'esquiver le sujet. Étrange, ce n'était pourtant pas son genre de mentionner un élément, puis de refuser d'en dire davantage sur le sujet lorsque l'on souhaitait approfondir ce dernier. Pourquoi faisait-il ça ? Le principe des Horcruxes était déjà monstrueux en soi, alors pourquoi avait-il refusé d'aborder le septième ? Cela devait être important, du moins, encore davantage que tout le reste et... Ne pas penser. Ne pas penser. La respiration s'accéléra. Ce n'était pas bon. Pas bon du tout. A la moindre crispation de l'esprit, la jeune femme pouvait sentir son corps se réveiller au quart de tour, anéantissant tous ses précédents efforts. Inspirer. Expirer. Respirer profondément. Pourquoi n'y parvenait-elle pas ?! Exigeante envers elle-même, Cassidy ne pouvait s'empêcher de ressentir de la rage devant son incapacité à mettre en oeuvre les conseils du Directeur. Et plus elle s'énervait contre elle-même, plus elle déraillait. La peur de l'échec. L'échec équivalant à une perte de contrôle. Une fois de plus, tout se tenait.

Elle était en sécurité. Il y veillait. Il le lui avait dit... Était-ce suffisant ? Il te l'a aussi prouvé Cassidy ! Le duel, l'hôpital, la pensine, les aveux... Ne pense pas espèce d'idiote ! Cérébrale. Trop habituée à réfléchir, se poser des questions, anticiper, vouloir comprendre, contrôler. Un véritable cerveau sur pattes. Comment faire pour la mettre en veilleuse ? Où se trouvait donc le bouton « pause » ? Existait-il ? Alors qu'elle se débattait en son fort intérieur, la voix de Severus Rogue lui annonçant qu'il allait compter jusqu'à trois avant de lancer le sortilège, la fit sursauter. Non ! Non, non ! Elle n'était pas prête ! A peine le dernier chiffre avait-il été prononcé que l'instinct de survie prit le dessus et - sans se rendre réellement compte de ce qu'elle était en train de faire - Cassidy se protégea à l'aide du charme du bouclier, ce qui fit ricocher le sortilège, l'envoyant se fracasser à l'autre bout de la pièce. Au moins ne pouvait-on pas douter de sa réactivité et de l'efficacité de son Protego. Confuse, la jeune femme rouvrit les yeux alors qu'un soupir s'échappait des lèvres minces du potionniste. Elle avait foiré. Elle en avait parfaitement conscience, aussi lorsqu'il lui demanda de déposer sa baguette sur la table la plus proche, elle se força à obtempérer.

Un exercice mental. Oui, mental. Elle aurait dû exceller dans ce domaine, elle qui ne ressentait quasiment rien. Elle qui était tellement habituée à jouer ce double jeu auquel lui aussi s'adonnait. Qu'est-ce qui clochait ? Manquait-elle de concentration ? Non, ce n'était pourtant pas ça comme venait en témoigner les quelques gouttes de transpiration apparues au niveau de ses tempes. Manquait-elle de volonté ? Non, sa survie en dépendait, comme celle de Rogue par ailleurs. En effet, cela n'impliquait plus seulement elle désormais. Elle savait pour Severus Rogue. Elle connaissait des choses à son sujet que personne - selon ses dires - ne soupçonnait. Son esprit le savait. Si la concentration était là, au même titre que la volonté, pourquoi n'y parvenait-elle pas ? Un lac, il avait parlé d'un lac. Visualiser un lac. Sans vague. Sans remous. Calme. Inspiration. Expiration. De nouveau, ses fines paupières frémissantes se refermèrent. Elle était si concentrée qu'elle ne l'entendit pas jeter de le sortilège. Tellement focalisée sur la surface de ce lac qu'elle s'efforçait de maintenir aussi lisse que celle d'un miroir, que lorsque le sortilège la heurta de plein fouet, ce fut comme si elle avait été projetée au sein de l'eau, avec une violence inouïe. La surface calme se brisa, et le tourbillon infernal l'emmena, l'étouffant littéralement par sa force et son courant. Tout tournait. De plus en plus vite, de plus en plus fort. Où était le haut ? Où était le bas ? Sans s'en rendre compte, sous la puissance du sortilège - même si Rogue l'avait volontairement amoindri - la jeune femme avait été propulsée plusieurs mètres en arrière, venant percuter les étagères présentes derrière elle du fait de son poids aussi insignifiant que celui d'une plume. Lorsqu'elle retomba durement sur le sol, son esprit avait déjà cédé, ses maigres défenses balayées comme le sable fin d'une plage en pleine tempête de sable. Severus Rogue était entré et le viol psychique avait déjà débuté.

La sensation fut abominable. Indescriptible. Rien n'aurait pu la préparer à une telle violence. Elle le sentait, sans qu'elle ne parvienne à faire quoique ce soit pour l'arrêter, voler de souvenir en souvenir, venant déterrer certaines choses qu'elle avait pris soin de condamner six pieds sous terre. C'était comme s'il venait de lancer un pavé dans un essaim de guêpes furieuses. C'est l'été. Il est revenu, enfin. Pour voir ses progrès sa mère a-t-elle dit. Il faut qu'elle donne le meilleur d'elle-même, ainsi peut-être reviendra-t-il plus souvent à la maison ? Un piano... Des doigts enfantins finissent de parcourir les touches blanches et noires avec précaution et la petite blonde se retourne vers son papa, le sourire aux lèvres « Vous êtes fier de moi, Père ? » Une gifle. Une voix lourde et froide « Travaille plus, tu es trop paresseuse et hésitante. » Incompréhension et tristesse. Les souvenirs les plus violents, les plus sensibles, émergeaient en premier, en raison de son état de fatigue avancé et la faisait vaciller sous le poids émotionnel - longtemps refoulé - qu'ils contenaient. « Arrêtez ! », avait-elle eu l'envie de crier, mais peut-être l'avait-elle réellement fait ? Impossible de savoir. Ne lui laissant aucun répit, elle sentait la main invisible et impitoyable du Mangemort venir sonder son esprit, s'approprier le moindre souvenir qu'elle laissait échapper. La moindre émotion. Un homme d'une quarantaine d'année se tord sur le sol, hurlant à n'en plus pouvoir. Trois de ses dents sont brisées. Sa bouche est baignée de sang, des bulles s'en échappent même, tandis que ses bras et ses jambes sont repliés, crispés dans une attitude de souffrance inimaginable. Dans un gargouillement horrible, il finit par vomir le contenu de son estomac aux pieds de la jeune fille qui tient la baguette d'une main tremblante. Des morceaux de nourriture pré-digérée viennent se coller sur les chaussures de la jeune fille qui inspire profondément, le regard vide braqué sur sa victime. Elle est morte. Intérieurement morte.. Rideau de brume opaque. Il grattait, il creusait en elle comme si les choses lui appartenaient de droit. Ce n'était pas juste ! Il n'avait pas le droit ! Comment pouvait-il se permettre une chose pareille ?! Dégagez !! La colère fut la première des émotions à surgir. Violente. Destructrice. De l'extérieur, le corps de Cassidy commença à trembler tandis que son visage se crispait en proie à une rage indicible. La fureur émergeait enfin. Contre lui qui fouillait son esprit son relâche, venant soulever des choses qui ne lui appartenaient en rien, mais aussi et surtout contre elle-même. Greyback se rapproche d'elle, un sourire malsain ornant ses lèvres « Aaaaah ces yeux... Votre regard me brûle ma chère. Trêve de plaisanterie Rowle. Où est ton cousin ? L'as-tu déjà lâchement abandonné aux bêtes alors que votre destin est lié ? Confringo ! » Elle qui était trop faible, pas assez forte. Greyback tourne le dos pour faire face au Grapcorne. Elle n'a pas le choix, c'est la seule ouverture. Elle doit tenter quelque chose, il le faut. La main se lèvre et commence à tracer des arabesques complexes tandis qu'un sortilège informulé est incanté इंद्रियों को नष्ट कर दिया. Le sort fuse de la baguette et le loup-garou s'immobilise brusquement. Elle qui avait reçu la marque sans avoir réussi à trouver le moyen d'y échapper. La Marque. Le souvenir des pupilles rougeâtres lui revint brusquement, comme si Rogue s'était avancé à la frapper en plein visage. Un signe de main. Une main blanchâtre et osseuse. La jeune femme se fige, terrifiée. Elle comprend qu'elle va vivre, mais qu'elle va aussi mourir. Sans un mot, elle avance et tend son bras face au mage noir. Lorsque ce dernier porte sa main à son poignet, l'envie de vomir la prend et elle lutte de toutes ses forces pour se dissocier de son corps. Ne plus être là. D'un seul coup, la douleur arrive. Violente, inhumaine. Elle s'effondre les yeux fermés tandis que la marque noire se grave dans son avant-bras. A jamais. La gifle mentale fut brûlante, venant renverser sa tête en arrière sous la puissance de l'assaut. La douleur de la Marque. Oh oui. La douleur ineffable, due au déchirement de la chair à vif et à l'inscription du lien mental et physique. Un premier hurlement franchi les lèvres de la sorcière dont la tête vint se cogner contre le mur présent derrière elle. La pression des souvenirs l'écrasait littéralement, l'empêchant presque de respirer. Stop ! Que cela cesse par Merlin !

Pouvait-on se noyer dans les souvenirs ? En tout cas, c'était réellement l'impression que Cassidy éprouvait en cet instant présent. Tasse par tasse, elle peinait à se maintenir à la surface de l'océan. Il lui semblait qu'elle était perdue en pleine mer, incapable de nager à cause du poids des souvenirs que Rogue s'évertuait à venir survoler. Il y mettait un tel bazar, venant dépoussiérer des choses qu'elle pensait avoir elle-même oublié, mais surtout, les émotions. La rage, la colère, la fureur. Chaque nuance était importante puisque l'intensité différait à chaque fois. La rage tordait les boyaux. La peur, l' angoisse, l' anxiété. La terreur, qui nouait la gorge. La haine, l' impuissance, l' ébranlement. Pourquoi ?! Arrêtez ! Elle perdait le contrôle. B*rdel ! Qu'était-ce donc que tout ça ?

Un visage à la peau mate se dessine au loin, dans la brume des souvenirs. Pause. Il se rapproche, devenant de plus en plus net. Non. C'est un visage féminin, aux traits fins. Non. Il continue d'avancer, creusant un peu plus sur son passage en direction de ce souvenir, ignorant sa détresse. Non ! Le regard de cette femme est doux, et ses yeux sont d'une agréable couleur lagon venant trancher avec la noirceur de sa chevelure aux reflets bleutés. Son sourire est tendre, alors qu'elle caresse doucement le visage de l'enfant assise à ses côtés. La différence entre les deux est magistrale, pourtant un détail retient l'attention ; leurs yeux. Une mère et sa fille, sans aucun doute. « Neh... - Non ! - tu .ois appr...re à te contr..er. Il en va de ta séc...té. » Violemment, Cassidy tentait de reprendre le contrôle sur elle-même, ne parvenant qu'à flouter quelques syllabes des mots prononcés par la femme du souvenir. Il n'avait pas le droit de faire ressortir ça ! Personne n'avait ce droit !! Ce souvenir était à elle ! A elle, seule ! Personne n'avait le droit de violer ainsi une intimité aussi ancienne et si terriblement douloureuse. Un spasme - mélange de rage et de désespoir - envahi le corps de la jeune femme tandis que le souvenir s'effaçait, laissant la place à un autre suivant la chaîne associative mobilisée. Andreas Rowle se tourne vers son épouse, le regard chargé de haine « Tout ceci est de ta faute Nila. Tu vas en payer le prix désormais. » La baguette se lève sous le regard horrifiée de la jeune fille mais avant qu'elle ne puisse intervenir, l'éclat vert a déjà atteint sa cible, et le corps s'est affaissé, mort. Désespoir. Impuissance. Non !! Mais le souvenir continue, encore et encore. Impitoyable, le Mangemort semblait vouloir déclencher quelque chose chez elle. Rage. Désespoir. Tristesse. Culpabilité. Un mélange des plus savants venant faire frémir l'entièreté de son corps affalé sur le sol. Qu'attendait-il donc ?!  Un verre de cristal apparaît dans la main gantée du Mangemort, un sort et... J' AI DIT NON !! Brusquement, l'air parvint à ses poumons et Cassidy - mue par la force du désespoir - parvint à se libérer des entraves qui l'empêchaient d'agir. Une fraction de seconde plus tard, une sorte de mur de pierres bancal et précaire s'était formé autour du souvenir si douloureux, empêchant le sorcier d'aller plus loin dans l'exploration du souvenir qu'elle enfoui sous terre, le noyant - lui et les émotions associée - dans la brume opaque dans lequel il disparu sans laisser de trace. Enfin, presque.

Le sortilège fut levé, mais Cassidy ne le remarqua pas tout de suite. Affalée sur le sol glacé du bureau, les oreilles vrombissantes, le cœur battant à tout rompre, elle peinait à réintégrer le moment présent. Boum boum boum boum... Le souffle court, elle rouvrit les yeux, sans percevoir réellement l'environnement autour d'elle. Ses prunelles claires était troubles, trahissant sa détresse et tout ce qu'elle venait de traverser en l'espace de quelques minutes.

« Respirez doucement… »

Des années d'émotions, de sentiments, ravivés brutalement et revécus en l'espace de quelques minutes. Tout tournait, mais Cassidy demeurait figée, l'esprit encore paralysé. Soudain, alors que les brumes grisâtres commençaient à se dissiper, la relâchant progressivement, une main masculine apparu devant ses iris turquoise. Une main cruelle. Impitoyable. Cette même main, qui avait si violemment fouillé dans son esprit y mettant un carnage sans nom. Instinctivement, la jeune femme eu envie de la saisir et de la mordre violemment, de la blesser comme elle avait pu le faire quelques instants auparavant. La souiller, la briser, la détruire. La déchiqueter violemment en y mettant toute la haine, la fureur et la rage qu'elle ressentait en elle. Oh mon dieu. Qu'elle ressentait. Horrifiée Cassidy releva les yeux vers Severus Rogue.

« Par Merlin... Qu'a... qu'avez-v... vous fait ? »

Il avait libéré les émotions. Ses émotions, parce oui il s'agissait bel et bien des siennes. Celles qu'elle maintenait enfouies au plus profond d'elle-même, ne les ressentant - pour la plupart - pas. Ne les reconnaissant pas comme siennes, et - pour celles qui se pointaient - ne parvenant pas à les identifier. Le blocage était là. Pour pouvoir contrôler ses émotions, il fallait d'abord parvenir à les ressentir et à les identifier, chose qu'elle n'était jamais parvenue à faire, refusant absolument tout contact avec ces dernières - se forgeant un contrôle factice de ses sentiments, les emmurant simplement au plus profond de son esprit. La jeune femme trembla de plus belle, avant de saisir cette main tendue. Glacés, ses petits doigts vinrent se glisser dans la paume chaude du potionniste qui l'aida à se redresser.

« Vos premières réelles résistances mentales se sont manifestées lors des souvenirs avec votre mère...
- Arrêtez.
- ... C’est par là qu’un apprentissage en occlumancie commence… Tout d’abord, ressentir au plus profond de soi l’existence de ces barrières, en prendre conscience. Ensuite, se les approprier. Point suivant, les prendre en main pour les faire grandir. Suivant, les solidifier et les placer autour des souvenirs et émotions qu’on désire protéger. Vous n’avez sans doute pas ressenti ces barrières mais elles sont là, vous allez apprendre à avoir consciences d’elles. Asseyez-vous, vous allez finir par vous évanouir. »

Oui, il parlait trop. Qu'il la laisse reprendre son souffle, juste deux minutes ou elle allait finir par s'évanouir, ou vomir. En l'état actuel des choses, Cassidy ne savait plus vraiment. Rage. Impuissance. Tristesse. Peur. Les émotions dansaient en elle, valsaient entre elles, laissant la sorcière dans un état d'ébranlement inimaginable. Se laissant guider - chose non négligeable en soi - elle s'abandonna sur la chaise de bois située à quelques mètres de là.

« Pour que tout cela puisse fonctionner, je dois apprendre à vous faire confiance… pleinement. - Cassidy planta son regard dans le sien - Tout comme vous envers moi. Pour débuter votre apprentissage, vous devez jouer sur un terrain que vous avez enfoui en vous. Oubliez les Rowle, les contraintes, les apparences, car pour réussir à se protéger, il nous faut accepter qui nous sommes. Vous l’avez vu, seuls les souvenirs les plus intimes et réels font surgir le besoin de protection. Comment vous sentez-vous ? »

Comment se sentait-elle ? Cassidy s'humecta les lèvres tout en essayant d'analyser son état. Voilà qu'il lui demandait de mettre les mots sur l'état dans lequel elle était. Le processus de symbolisation était à l'oeuvre pour former la représentation en visée d'une intégration future.

« Vide, lâcha-t-elle dans un souffle, vide... et... et paradoxalement pleine. Je... Je suis... en colère je crois. Oui - elle releva ses iris turquoise vers lui - je suis en colère contre moi, et contre vous aussi... mais, mais je sais que vous ne faîtes ça que pour m'aider, alors c'est... compliqué. »

Sa voix se brisa et elle détourna les yeux, n'acceptant pas de se montrer faible face à lui. Elle devait être forte, mais... Cela n'allait-il pas en contradiction avec ce qu'il semblait lui demander ? « Oubliez les Rowle, les contraintes, les apparences, car pour réussir à se protéger, il nous faut accepter qui nous sommes. » Le problème était là. Fondamentalement là. Pouvait-elle se permettre d'être faible face à lui ? Accepterait-il de la voir comme elle était réellement ?

« Je... Je me sens... triste ? - sa phrase avait pris une tournure interrogative sans qu'elle n'y fasse attention - et fatiguée. J'ai peur aussi. Je me sens... mal, mais... - ses yeux se remplirent de détermination - je veux y arriver. Je n'ai pas le choix. Recommençons. Je pense que... oui, je dois avoir un flacon de Solution de Force dans la poche extérieure gauche de ma cape, pouvez-vous me le donner ? Et... de l'eau, s'il-vous-plait. »

Elle avait envie de vomir mais cela passerait. Il le fallait.

« Vous dites que vous devons apprendre à nous faire mutuellement confiance... Mais pourquoi me faites-vous confiance professeur ? Que voyez-vous en moi ? Je... Vous dites que pour me protéger convenablement, il faut que j'apprenne à... à laisser tomber les apparences et que j'accepte qui je suis mais... Je ne sais pas ce que... qui je suis. Je suis une fille de M... Une Mangemort... encore bien inexpérimentée malgré tout. Mais, je... je ne sais pas. Dites-moi, vous, que voyez-vous ? »

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Le pessimiste se plaint du vent, l'optimiste espère qu'il va changer, le réaliste ajuste ses voiles.

Crédit - Joy
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MessageSujet: Re: [Octobre 1997] La voie de l'espionnage [PV Cassidy N. Rowle] Sam 25 Fév 2017 - 15:39

– Vide, lâcha-t-elle dans un souffle, vide... et... et paradoxalement pleine. Je... Je suis... en colère je crois. Oui - elle releva ses iris turquoise vers lui - je suis en colère contre moi, et contre vous aussi... mais, mais je sais que vous ne faîtes ça que pour m'aider, alors c'est... compliqué.

Il y avait ici un paradoxe amusant… Enfin, « amusant » dans le sens où on en riait jaune. Les personnes s’efforçant de contrôler sans cesse leurs émotions en ce bas monde se divisaient en deux catégories. D’un côté, celles qui les connaissaient parfaitement et les acceptait tout en les refoulant car elles rendaient la vie insupportable, comme Rogue, et de l’autre côté, les personnes comme la petite Rowle, qui refoulaient leurs émotions pour mieux se contrôler mais sans accepter ni comprendre le tourbillon qu’elles formaient vraiment au plus profond d’elle. Si les deux approches se valaient, la seconde devenait plus à risque dès lors qu’il fallait chatouiller un peu lesdites émotions lors d’un entraînement de ce genre. Enfin, au moins était-elle capable de comprendre la colère et la peur, ces deux émotions étaient celles qui incitaient le mieux à se protéger, surtout au début. Tous les « beaux » sentiments, où on mettait en vrac l’amitié, l’instinct maternel, l’amour et il ne savait quoi encore ne seront jamais plus fort que les sentiments dits plus « agressifs » et qui formaient votre instinct de survie. Rogue n’était pas psychologue et n’entendait pas lui faire affronter ses peurs ou colères, il n’avait que l’intention de lui apprendre à les boucler derrière une porte infranchissable dont seules les personnes autorisées auront la clé pour y accéder. C’était tout le principe de cette protection, être le seul et unique maître, à jamais, de son esprit et ses pensées.

– Je... Je me sens... triste ? Et fatiguée. J'ai peur aussi. Je me sens... mal, mais... - ses yeux se remplirent de détermination - je veux y arriver. Je n'ai pas le choix. Recommençons. Je pense que... oui, je dois avoir un flacon de Solution de Force dans la poche extérieure gauche de ma cape, pouvez-vous me le donner ? Et... de l'eau, s'il-vous-plait.

De l’eau, pourquoi pas, mais il n’était en revanche pas question de tricher avec des potions. Dans la vie de tous les jours, lorsqu’on était à bout et qu’on devait pourtant continuer, car c’était une question de vie ou de mort, admettons. Mais pas ici, pas lors d’un tel entraînement… Rogue ressortit sa baguette et l’agita d’un petit geste presque négligent, avec un sortilège informulé, pour faire apparaître une seconde chaise, s’y asseyant à son tour. Ils recommenceront l’exercice, oui, mais tout d’abord, il préférait attendre un peu qu’elle soit capable de rester debout plus de cinq minutes d’affilée sans aide.

– Vous dites que nous devons apprendre à nous faire mutuellement confiance... Mais pourquoi me faites-vous confiance professeur ? Que voyez-vous en moi ? Je... Vous dites que pour me protéger convenablement, il faut que j'apprenne à... à laisser tomber les apparences et que j'accepte qui je suis mais... Je ne sais pas ce que... qui je suis. Je suis une fille de M... Une Mangemort... encore bien inexpérimentée malgré tout. Mais, je... je ne sais pas. Dites-moi, vous, que voyez-vous ?

– Pas une « fille de Mangemort », pour commencer. Ni même une Mangemort tout court. Si vous voulez savoir ce qu’est une vraie Mangemort, regardez donc Bellatrix. Une éducation si parfaitement réussie, vous êtes loin de ça. Buvez de l’eau mais il ne faut pas prendre de potions. On ne peut pas tricher dans cet entraînement.

Il lui tendit de l’eau, attirée avec un sort d’attraction, croisant ensuite les bras en attendant qu’elle boive. Une fille de mangemort… Ceux qu’on pouvait vraiment appeler des « enfants de mangemorts » étaient celles et ceux qui avaient suivi en tous points les traces de leurs parents et surtout, en étaient capables. Cassidy n’entrait pas dans le rôle, c’était certain. Il y avait aussi eu Drago qui avait cru ça, mais non, il n’avait pas la même volonté de meurtre que son père ni les mêmes envies de grandeur, il était incapable de tuer, incapable de vraiment se plonger dans le mal absolu et de détruire une personne volontairement, ce qui l’excluait également d’office. Prévisible, cela dit, Rogue avait vu ce gosse dès la naissance et avait compris depuis un moment que, libéré de l’éducation ridicule de son père, il n’aurait jamais avalé tous les principes idiots sur la pureté du sang. Aujourd’hui, Marqué ou non, il n’avait pas sa place dans les rangs du Seigneur des Ténèbres et ne l’aura jamais. Appuyé contre le dossier de sa chaise, Severus la couva un léger instant du regard, l’air de nouveau impassible.

– Si je vous fais confiance, c’est parce que je vois vos capacités, répondit-il finalement, d’une voix plus basse. Vous avez la mentalité nécessaire pour apprendre cette voie et vous y engager sans avoir peur, même si ça ne se fera pas du jour au lendemain. Le contrôle de soit est factice si on ignore les sentiments réels qu’on veut réguler. Vous pouvez choisir qui vous voulez être, ou plutôt vous le choisirez. Jusqu’à la fin de cette guerre, vous devez rester Cassidy Rowle, après elle, vous pourrez vous faire appeler Nehal Holbrey.

Ou qui elle voudra, le choix lui appartiendra dès lors que le Seigneur des Ténèbres aura disparu, ainsi qu’Andreas Rowle. Personne ne plaindra la disparition « accidentelle » d’un homme comme lui, si jamais il ne mourrait pas plus tôt au cours de la guerre. Severus se leva à nouveau, restant rarement assis très longtemps à discuter, il lui était assez pénible de tranquillement attendre sur une chaise sans bouger.

– Votre premier combat va d’abord être d’accepter qui vous êtes, reprit-il d’une voix plus lente. Pas celle que vous devez laisser paraître mais celle que vous êtes, le plus sincèrement au monde. Je ne me servirai pas contre vous de ce que je verrai dans vos pensées, mon but n’est pas de vous rendre folle ou vous tuer. Il y a des « astuces », si on peut dire ça, pour obliger le corps à se détendre et l’esprit à redevenir parfaitement lisse. C’est le même principe que pour créer un patronus, vous devez vous concentrer sur une émotion qui surplombera toutes les autres et servira d’écran. Peu importe laquelle… La peur de mourir, la haine contre une personne, l’amitié pour quelqu’un ou l’amour, la colère contre vos ennemis, ça n’a aucune importance tant que cette émotion est assez forte pour vous guider. Rien ne se fera en un jour, il faut aussi la confiance pour progresser. Je tâcherai de vous donner des preuves que vous pouvez avoir confiance, ou répondre à vos questions. Dès que vous pourrez tenir debout, nous recommencerons.

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MessageSujet: Re: [Octobre 1997] La voie de l'espionnage [PV Cassidy N. Rowle] Mar 28 Mar 2017 - 21:01

Vide. Le mot était faible pour exprimer l'étendue de tout ce qu'elle ressentait en elle. Vide et pleine. Pleine de vide. Et paradoxalement, remplie d'émotions abominables. Des émotions, des sentiments, des affects... Peu importe, elle était incapable d'en saisir la nuance. Les choses autrefois innommables qui la traversaient de temps à autres commençaient à prendre sens en son fort intérieur, et cette expérience la bouleversait profondément. La terrorisait, en réalité. Les émotions, les sentiments... Tout ce qu'elle haïssait venait la remplir soudainement, lui faisant prendre conscience qu'elle était encore humaine. En dépit de ce qu'elle s'était efforcée de croire. Humaine. Humaine et fragile. Humaine et horriblement vulnérable. La main de Cassidy se resserra autour de son genou tandis que sa mâchoire se contractait. Une partie d'elle avait envie de le baffer. Juste le baffer ? Non. Se jeter sur lui, venir le percuter aidée par l'élan, le renverser sur le sol et le frapper. Le frapper, le frapper, le frapper. Le gifler. Le griffer, lui qui avait fouillé sans vergogne dans son esprit. Lui qui était venu déterrer tout cela à coups de pelle. De pioche plutôt. Utiliser la magie ? Non. Même le plus douloureux des sortilèges n'aurait pas suffi à venir décharger toute la rage et la terreur qu'il avait fait resurgir en elle. Les émotions ne faisaient pas que la remplir, non. Elles débordaient, sans filtre, sans retenue. Ingérables. Il lui faudrait apprendre à les contrôler et les doser. Cela serait la seconde étape. Pour le moment, il lui fallait apprendre à les éprouver, à les reconnaître et à les nommer. Ne pas aller trop vite, en dépit du peu de temps qu'ils avaient devant eux. Sinon, autant les pendre haut et court tous les deux.

Il s'était assis près d'elle. Il s'était posé. Avait déposé les armes et se présentait maintenant à elle non pas comme le Mangemort, ni comme le Directeur d'une prestigieuse école de sorcellerie, ni même comme un professeur de potion. Heureusement pour lui car cela permis à la jeune femme de se temporiser, de contrôler toute cette tension qu'il avait fait naître en elle. Comme dans la chambre d'hôtel où Octavius avait réveillé certaines émotions, Severus Rogue en avait fait de même avec cette brutalité qui lui était propre. Une brutalité qu'elle ne demandait qu'à lui rendre au travers des gestes. Gifle-le Cass'. Un instant, la sorcière se vit lever la main et l'envoyer avec une force désespérée en plein dans la joue creuse et pâle du sorcier. L'image de la tête masculine se tournant violemment sous le choc, le mouvement de cheveux sombres suivant ce dernier. Une marque rouge violacée s'esquissant progressivement sur la peau terne. Heureusement pour lui, heureusement pour elle, heureusement pour leur relation, alors que sa main commençait à se détacher de sa jambe, elle parvint à se l'interdire au dernier instant. La rationalisation avait eu le temps de poindre dans son esprit, lui susurrant au loin qu'il n'avait pas fait cela par méchanceté gratuite, par cruauté ou dans une volonté de la piéger. Sensible à l'intellectualisation et au pragmatisme, Cassidy ancra soudainement davantage sa main dans son genou. Non. Non, elle ne le frapperait pas, même si une part d'elle-même ne demandait qu'à lui sauter à la gorge. Severus Rogue avait de la chance que le contrôle soit quelque chose d'extrêmement naturel pour elle. Non, elle ne le blesserait pas après l'ouverture dont il avait fait preuve. Elle ne voulait pas. Elle ne le souhaitait pas. Le fait qu'il se soit assis près d'elle, sur une simple chaise en bois - similaire à celle sur laquelle elle-même s'était laissée conduire - en disait long sur ce à quoi il renonçait pour elle. Bas les masques, place à l'humanité. Le statut hiérarchique n'avait plus de valeur en cet instant précis. Il n'y avait plus que lui, et elle. Pas d'étudiante, pas de professeur. Deux êtres humains avec leurs singularités et leurs faiblesses. L'un plus avancé que l'autre sur le chemin de l'existence, certes. D'un geste de baguette, Severus fit apparaître un verre d'eau.

« Pas une « fille de Mangemort », pour commencer. Ni même une Mangemort tout court. Si vous voulez savoir ce qu’est une vraie Mangemort, regardez donc Bellatrix. Une éducation si parfaitement réussie, vous êtes loin de ça. Buvez de l’eau mais il ne faut pas prendre de potions. On ne peut pas tricher dans cet entraînement. »

« Une éducation si parfaitement réussie, vous êtes loin de ça... » Elle aurait pu se vexer. Se rebeller. Après tout, depuis qu'elle était enfant, la jeune femme avait travaillé dur pour donner le change, et ainsi satisfaction à son paternel. Dépouillée de tout ce qui la constituait, elle torturé physiquement en brisant des os, fracturant des mâchoires. Elle avait fait saigner, poussé le supplice jusqu'à faire vomir ses victimes de douleur. Elle avait torturé mentalement, imposant aux innocents des images terrifiantes à rendre fou Merlin lui-même. Elle avait détruit des vies, anéanti des existences. Laissé des traces de son passage sur certaines personnes dont elle avait aujourd'hui oublié le visage mais qui elles, se souviendraient du sien à vie. L'illusion de la Mangemort était parfaite, tout comme celle de la noble Sang-pure aux idées extrémistes.

« Si je vous fais confiance, c’est parce que je vois vos capacités. Vous avez la mentalité nécessaire pour apprendre cette voie et vous y engager sans avoir peur, même si ça ne se fera pas du jour au lendemain. - Peur ? Terrifiée plutôt - Le contrôle de soi est factice si on ignore les sentiments réels qu’on veut réguler. Vous pouvez choisir qui vous voulez être, ou plutôt vous le choisirez. Jusqu’à la fin de cette guerre, vous devez rester Cassidy Rowle, après elle, vous pourrez vous faire appeler Nehal Holbrey.
- Nehal... Avez-vous seulement la moindre idée de ce que ce prénom représente ? Vous êtes... Vous êtes le seul avec Octavius et Père à le connaître et le seul avec Octavius à l'avoir prononcé depuis... Peu importe. »

Nehal Holbrey. Ce prénom lui vrilla le ventre et ce nom de famille éclaira son regard. Le cœur de la jeune femme se serra et une fois de plus, elle se sentit incroyablement égoïste. Comment avait-elle pu le laisser approcher ainsi ? Maintenant que le rapprochement, l'ouverture s'était faite, les failles exposées, elle ne pouvait plus faire marche arrière. Elle avait besoin de lui et elle aurait préféré subir une multitude de Doloris plutôt que de renoncer à cet amour naissant et à l'apaisement que la présence du bibliothécaire lui apportait. Néanmoins, la culpabilité était toujours là, la tenaillant jour et nuit. Elle le mettait en danger.

« Loin de la folie de Lestrange, certainement, mais ce n'est pas ce qui m'exclu des Mangemorts pour autant. Vous en êtes la preuve vivante. Vous en étiez un et officiellement vous en êtes toujours un, mais pourtant vous n'avez absolument pas le comportement de Bellatrix. Elle est explosive et remplie d'une folie ardente, et vous... Vous... »

S'interrompant un instant, Cassidy darda son regard vert d'eau dans celui de l'homme face à elle, qui tenait un verre d'eau à la main. Elle allait devoir le juger, ce qui n'était pas évident. Mais elle se devait de le faire. Il voulait de la limpidité entre eux. Refermant ses doigts graciles autour du verre, elle le remercia d'un hochement de tête avant de porter le liquide à ses lèvres.

« Vous êtes... un glacier. Un iceberg aux reflets étrangement bleutés, lisse et glissant, qu'il faut aborder avec prudence si l'on souhaite un tant soit peu le connaître. Jamais de front, toujours de côté et subtilement. Vous êtes un amas de glace escarpé et dangereux si l'on pose son pied au mauvais endroit, dans une crevasse par exemple. D'où l'importance de vous connaître un minimum et surtout, d'y être autorisé. Formé par la compression de couches de neige dépourvues d'air soudées entre elles. Une glace rigide et solide comme du béton. Il est difficile de vous atteindre, de vous faire fondre, c'est pourquoi les piques incendiaires et violentes de Bellatrix ne vous atteignent pas. Son feu démesuré et incontrôlé ne vous fait rien parce que justement, elle ne sait pas le doser et l'utiliser à bon escient, se laissant... déborder par ses émotions. »

Elle n'avait pas rougi en prononçant ces mots. Naturels, ces derniers s'étaient écoulés de ces lèvres aussi simplement qu'elle aurait été en train de lui parler de la météo. La métaphore s'était doucement esquissée dans son esprit et elle la lui avait simplement communiquée. Elle était belle, simple et représentait parfaitement les choses à ses yeux. Un glacier aux yeux sombres et au gouffre sans fin. Un homme froid, tenant tout le monde à distance, ou presque. Dangereux, sauvage, il effrayait. Il en avait découragé plus d'un et pourtant n'avait pas su la tenir à distance, elle. Jeune aventurière encore inaccomplie, mais emplie de volonté de se dépasser et de comprendre les gens comme lui. Impétueuse mais surtout subtile et délicate, elle l'avait contourné, d'abord observé et analysé avant de se lancer dans une escalade timide et respectueuse. Le confronter ? Oh elle en aurait été capable mais elle n'en avait pas ressenti le besoin, ni l'intérêt. Elle s'était contentée d'être franche avec lui, enfin, dans la mesure du possible. Elle l'avait saisi par la manche, le tirant derrière elle dans l'allée des embrumes, elle lui avait parlé avec franchise lui affirmant yeux dans les yeux qu'elle se méfiait de lui. Elle lui avait aussi menti avec franchise... En affirmant qu'elle ne ressentait que de l'indifférence pour Octavius. Au final, même dans le mensonge - nécessaire à ce moment là à sa survie - elle avait toujours été franche. Pas honnête lors du port de ses masques, mais franche.

« Etre un Mangemort ne revient pas à être fou comme Bellatrix Lestrange. Cette femme, en plus d'être Mangemort, possède le bonus d'être instable psychiquement. Elle n'est pas un bon élément de comparaison. Tout ce que vous me dites en me comparant à elle, c'est que je ne suis pas folle. C'est un bon point, certes, mais cela ne suffit pas. »

Il ne comprenait pas. Il ne comprenait pas à quel point son âme était déjà corrompue.

« J'ai torturé des innocents à un tel point que beaucoup ont craché du sang noirâtre à mes pieds et vomi de la bile gluante sur mes chaussures, sans que je ne ressente absolument rien. J'étais là, debout, la baguette tendue et le visage lisse... Comme la glace. Je suis froide, souvent cruelle dans mes mots ou mes actes. On m'a souvent reproché mon insensibilité, ma.. méchanceté et mon côté rigide. Tout cela ne fait-il pas de moi une Mangemort ? Ne me sous-estimez pas professeur. Je suis capable de choses que vous ne soupçonnez pas. Je serais capable de tuer, comme vous me l'avez demandé dans l'Allée des Embrumes. Mon apparence me sert beaucoup. Si je n'ai fait que présenter un curriculum vitae face au Seigneur des Ténèbres, c'était réfléchi. Certes, en quatrième vitesse, mais réellement pensé. Il n'avait pas à connaitre mes expériences, ma vie personnelle. Il veut savoir ? Eh bien qu'il le demande franchement et précisément. Qu'il ne compte pas sur moi pour lui donner des armes contre moi. Au final, peut-être ces personnes que j'ai blessé ont-elles raison ? Je ne ressens... ressentais rien jusqu'à récemment. C'était... C'était parfait. Pourquoi a-t-il fallu tout déverrouiller ? Jamais dans ma vie je ne me suis sentie aussi vulnérable que maintenant alors que c'est justement maintenant qu'il fallait garder le contrôle ! Je... J'ai peur professeur ! Est-ce que vous comprenez ? Les émotions nous rendent tellement faibles, c'est insupportable. »

Et la faiblesse lui faisait horreur, elle qui ne supportait pas de fuir, d'abdiquer ou de courber l'échine. Elle ne se pardonnait pas la moindre erreur, ni la moindre incertitude. Or là, le contrôle des émotions lui échappait et la figeait dans une terreur sans nom.

« Votre premier combat va d’abord être d’accepter qui vous êtes. Pas celle que vous devez laisser paraître mais celle que vous êtes, le plus sincèrement au monde. Je ne me servirai pas contre vous de ce que je verrai dans vos pensées, mon but n’est pas de vous rendre folle ou vous tuer.
- Merci bien.
-... Il y a des « astuces », si on peut dire ça, pour obliger le corps à se détendre et l’esprit à redevenir parfaitement lisse. C’est le même principe que pour créer un patronus, vous devez vous concentrer sur une émotion qui surplombera toutes les autres et servira d’écran. Peu importe laquelle… La peur de mourir, la haine contre une personne, l’amitié pour quelqu’un ou l’amour, la colère contre vos ennemis, ça n’a aucune importance tant que cette émotion est assez forte pour vous guider. Rien ne se fera en un jour, il faut aussi la confiance pour progresser. Je tâcherai de vous donner des preuves que vous pouvez avoir confiance, ou répondre à vos questions. Dès que vous pourrez tenir debout, nous recommencerons. »

Il ne fallait pas le lui dire deux fois. Peu importait son état, il fallait travailler, s’entraîner, jusqu'à l'épuisement. Et sans potions puisqu'il jugeait que cela ne convenait pas. Pour une fois, sans discuter, Cassidy se soumit à son jugement et se releva avant de le rejoindre au centre de la pièce, inspirant profondément.

« Je vais travailler. Je sais travailler. Là n'est pas la question. Je respectais déjà le potionniste en vous mais maintenant, ce n'est plus juste lui que je tiens en haute estime, mais l' homme. J'ai envie de vous faire pleinement confiance mais... »

Rougir ? Voyons, vous ne la connaissez pas. Non, le teint de la jeune femme était toujours aussi semblable à celui de la porcelaine.

« ... Mais j'ai cette colère en moi à votre égard. Elle n'est pas rationnelle et j'en suis consciente, ce qui la rend encore plus difficile à contrôler. »

Sa main la démangeait toujours et sa voix vibrait d'une colère, d'une rage difficilement étouffée. Lorsqu'elle observait son visage fatigué, deux sentiments contradictoires se manifestaient en elle, venant la perturber au plus haut point. Néanmoins pour le moment le contrôle était là, renforcé par le respect et l'admiration qu'elle lui vouait. Au moins, comme depuis le début, avait-elle le mérite d'être franche, et honnête pour le coup.

« Faîtes ce que vous avez à faire pour qu'on ne meure pas tous les deux. »

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Le pessimiste se plaint du vent, l'optimiste espère qu'il va changer, le réaliste ajuste ses voiles.

Crédit - Joy
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MessageSujet: Re: [Octobre 1997] La voie de l'espionnage [PV Cassidy N. Rowle] Lun 10 Avr 2017 - 7:11

Cassidy pouvait bien s’accrocher à ce genre de détails si cela l’aidait à tenir, quelle importance ? Un nom n’était rien de plus qu’un nom, aux yeux de Rogue, une façade de plus qu’on revêtait pour évoluer dans une paix relative en ce monde. Qu’un nom l’aide à se sentir différente et accéder à un autre stade, soit, chacun ses rêves et chacun sa drogue. Vouloir devenir une autre personne était une motivation tout aussi louable que de vouloir effacer définitivement qui on était sincèrement pour ne laisser que du vide derrière soit. L’amour, aussi, l’amour était souvent une motivation plus que suffisante. Dévastatrice, soit, mais efficace. Rogue n’avait rien répondu non plus lorsqu’elle avait repris la comparaison de Lestrange, préférant oublier bien vite cette « femme » lorsque rien ne l’obligeait à la prendre en considération. Était-elle vraiment « folle », au sens propre du terme ? Pas vraiment, en réalité… Seule sa soif avide de sang et de torture qu’elle en devenait profondément instable, dès lors qu’on la mettait dans une situation où elle se devait d’assouvir ses pulsions, au risque d‘en mourir à son tour dans le cas contraire.

Ceci étant, même dans un état d’agitation et de fatigue aussi avancé, Cassidy arrivait encore à se lancer dans de grandes comparaisons, afin d’exprimer ce qu’elle ressentait. Rogue ne savait plus trop ce qu’il devait en penser, pour le coup, la laisser faire ou lui dire d’arrêter de se fatiguer inutilement avec ça ? Un glacier… Ce n’était pas si loin de la réalité, la comparaison avec un gros bloc de glace n’était pas mauvaise. Enfin bref. Peu importe qui il était, lui, et peu importe pourquoi et pour qui il se battait, ça n’avait plus aucune importance, désormais. Si cela en avait déjà eu, d’ailleurs. Il faisait parti de ces hommes qui passaient, agissaient dans l’ombre, puis disparaissaient sans rien laisser derrière eux. Au bout d’un temps, ils étaient oubliés. Noms, visages, ce qu’on croyait savoir de leurs motivations, il ne subsistait plus rien et c’était très bien ainsi. Lorsqu’il partira, la plaie causée chez certains cicatrisera puis sera oubliée. Cependant, pour Rowle, c’était encore différent. Elle était jeune et pouvait encore « se rattraper », elle n’avait pas commis autant d’horreurs que lui, quoi qu’elle en pense, et le connaissait très mal si elle était convaincue du contraire. « Assassin », comme elle l’avait affirmé, c’était vrai, il ne le reniait pas.

Elle avait torturé et tué, oui, elle aussi. Elle avait obéi à des ordres infâmes, sans honte et sans remords, tout cela, il le savait. Même sans avoir lu dans son esprit, il n’ignorait rien des « éducations » voulus par les plus sombres des adeptes de Voldemort pour leurs rejetons. Et pourtant, non, il ne la croyait pas mangemort et ce n’était pas la sous-estimer. Il suffisait d’opérer une distinction entre les assassins « rattrapables », qui n’avaient commis leurs actions sous le commandement d’un autre et étaient capables de les regretter et se racheter, les assassins comme Rogue qui ne regrettaient rien, et les Mangemorts qui croyaient intimement à la suprématie des « Sangs Purs » et pensaient appartenir à un monde plus stable et méritant. Tout cela, il ne lui dira pas, c’était à elle seule d’apprendre à faire cette distinction, avec le temps, et cela commençait dès aujourd’hui, avec l’apprentissage des émotions. Elle avait peur aujourd’hui, ça deviendra une force demain. Aucun moyen d’aller plus vite ou de tricher, la peur passait comme tout le reste, ce n’était qu’une étape et loin d’être la plus difficile. Elle avait déjà l’habitude du contrôle, n’est-ce pas ? Le contrôle à n’importe quel prix ?

– Je vais travailler. Je sais travailler. Là n'est pas la question. Je respectais déjà le potionniste en vous mais maintenant, ce n'est plus juste lui que je tiens en haute estime, mais l' homme. J'ai envie de vous faire pleinement confiance mais...

La confiance prendra du temps, d’autant plus que cet entraînement s’apparentait à de la torture psychique pure et simple. Les grands sorts ne s’apprenaient pas sans souffrance et l’exemple du moment le plus parfait était sans aucun doute Voldemort. Chez lui, la souffrance de sa quête s’était traduit par une mutilation physique, en plus de la déchirure volontaire de son âme. Severus avait toujours trouvé aussi effrayant que fascinant les extrémités auxquelles certains acceptaient de se soumettre pour acquérir un savoir que personne n’osait seulement imaginer. Les voir se plier au pire pour caresser du bout des doigts un pouvoir repoussant plus loin que jamais les limites de la magie. Trop de pouvoir vous détruisaient, Voldemort en était un bon témoin, comme bien d’autres mages puissants avant lui, et d’autres encore à venir dans le futur trouble les attendant. Inutile d’espérer qu’il n’y aura plus aucun Voldemort en ce monde.

– ... Mais j'ai cette colère en moi à votre égard. Elle n'est pas rationnelle et j'en suis consciente, ce qui la rend encore plus difficile à contrôler.

– Qu’importe ? Ce n’est pas un sentiment que vous rendrez rationnel un jour, même avec tous les efforts du monde.

La colère ou la haine des autres à son égard ne le touchaient pas, qu’elles soient justifiées ou non. Cassidy pouvait bien vouloir le frapper ou tenter de passer à l’acte, cela ne lui fera ni chaud ni froid, il se contentera de la repousser comme on repousse une mèche de cheveux venue gêner notre vue puis continuera à l’entraîner.

– Faîtes ce que vous avez à faire pour qu'on ne meure pas tous les deux.

Oh, mauvais choix de parole, elle sera la seule à ne pas mourir. Et même s’il mourrait prématurément, il avait fait en sorte que tout ne soit pas vain. Impossible de faire marche arrière, à présent, la fin approchait. Son regard s’éclaircit un peu à cette idée, une brève lueur d’impatience qui disparu aussitôt allumée, tant il était conscient de la longueur restante du chemin. En place face à sa nouvelle élève, il leva à nouveau sa baguette, en lui répétant tout d’abord ce qu’elle avait à faire. L’esprit lisse… Le calme… Elle sera capable de s’en sortir parfaitement une fois les principes de bases acquises. La seconde intrusion dans son esprit n’en fut cependant pas moins violente que la première, si ce n’est plus. Severus resta impassible devant les souvenirs et sentiments dévoilés, ne s’y attardant pas avec force comme l’aurait fait un ennemi cherchant à la faire souffrir. Des brides de son enfance se mêlaient sans cesse à des souvenirs de sa vie adulte et surtout à ceux de l’Albanie. Holbrey, aussi, Holbrey omniprésent comme l’était l’image plus lointaine déjà de sa mère en Inde. Jamais Rogue n’aurait cru voir si souvent la tête du bibliothécaire, écartant les souvenirs un peu trop intimes dès qu’ils se présentaient, avec un peu de brusquerie, enfin, il n’avait pas envie de les regarder s’embrasser ou se câliner.

Severus recherchait de nouveau le point d’appui, la fondation qui servira à ériger la barrière mentale dont elle avait besoin. Cette fois-ci, comme pour la première fois, il dénicha enfin les premières résistances lorsqu’il dû se résoudre, comme les souvenirs adultes n’apportaient rien, à forcer sur les souvenirs enfantins, les souvenirs de sa mère. Les souvenirs avec Holbrey étaient encore trop récents, trop neufs pour servir de fondations, alors que ceux avec sa mère était plus sensibles. C’était exactement ça qu’il fallait. Le directeur exerçait un appui aussi insistant que froid, parfaitement neutre face à ce qu’il déterrait sans la moindre douceur. « Protégez-vous ». La pensée l’avait-elle atteinte ? Le mur qui finit par arriver était aussi fragile qu’une feuille de papier, sans doute était-elle trop épuisée pour le moment, enfin, il y avait au moins un « mur ». Severus rabaissa sa baguette et la laissa reprendre son souffle, jetant un regard à la petite pendule légère et assez bizarre de Dumbledore. Il était déjà tard, presque onze heures du soir, le directeur n’avait pas réalisé à quel point le temps était passé vite.

– Vous allez jeter toutes les potions de sommeil sans rêves et les autres drogues que vous pouvez prendre. Tous les soirs, avant de vous endormir,et tous les matins au réveil, vous devez vous obliger à rendre votre esprit parfaitement lisse et calme. Répétez l’exercice en journée, plusieurs fois, jusqu’à ce que ça devienne un réflexe pour vous. Pour une première, ce n’était pas si mauvais que ça. Vous allez réussir à marcher ?

Sous-entendu, allait-elle réussir à descendre tous les escaliers jusqu’aux cachots sans s’effondrer ? Il pourrait toujours faire apparaître un matelas pour qu’elle dorme dans ce bureau, cela lui éviterait de se casser les dents dans les marches du château…

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MessageSujet: Re: [Octobre 1997] La voie de l'espionnage [PV Cassidy N. Rowle] Mar 25 Avr 2017 - 0:33

Il était patient. Relativement patient et même étrangement... presque à l'écoute. Quiconque l'aurait vu se comporter comme il le faisait actuellement avec Cassidy aurait très certainement cru rêver, ou être en train de délirer... Au choix. Au final, elle avait vu juste depuis le début à son sujet. Cet iceberg à la superficie complexe dissimulait bien des secrets. La jeune femme avait toujours trouvé le Directeur intriguant, de par ce qu'elle en avait entendu et de ce qu'elle en avait vu, néanmoins, jamais elle n'aurait pu imaginer ce qu'il dissimulait au plus profond de lui. Il s'était intéressé à elle. Comment ? Pourquoi ? A partir de quand ? Après tout, si elle le connaissait indirectement bien avant qu'ils ne se rencontrent, ce n'était guère son cas à lui. Placée au centre de la pièce, Cassidy inspira et ferma les yeux. Tes bras Cass'... Ces derniers étaient une nouvelle fois croisés sur sa poitrine, dans une attitude défensive inconsciente. Soupirant légèrement, l'étudiante se força à les laisser retomber le long de son corps tandis que Severus Rogue lui rappelait une nouvelle fois les instructions de la démarche à suivre. Sa voix était calme. Il était calme. Sers-toi de lui. Il fallait qu'elle parvienne à se calquer sur la tranquillité qu'il dégageait, cependant, une fois de plus la différence entre la théorie et la pratique pouvait être comparée à un immense fossé. Se calquer sur ce qu'inspirait Severus Rogue et ce qu'il dégageait. Qui aurait pu imaginer ça ? Si cette expérience était unique pour la jeune femme qui derrière ses paupières closes, se concentrait pour discerner le rythme respiratoire du sorcier selon ses inspirations-expiration et le ton de sa voix, si le sorcier avait été amené à savoir ce que son élève était en train de tenter de se mettre en place pour se relâcher, il en serait certainement tombé à la renverse. Lui qui inspirait la peur, la méfiance, le dégoût et la rage de certains depuis qu'il avait assassiné Dumbledore.... Voilà qu'un petit bout de femme blonde comme les blés et fraîchement marquée se servait de lui, de sa respiration profonde et de sa voix basse, afin de tenter d'atteindre ce relâchement qui lui était tout sauf familier. La Rowle pouvait bien avoir toute la bonne volonté du monde, mais cela ne suffisait pas. Infernale, sa pensée continuait de défiler sans relâche, sans qu'elle ne parvienne à faire le vide. Pourquoi s'était-il dévoilé à elle ? Oui, il avait vu ses capacités... Mais objectivement, il ne la connaissait que depuis un peu plus d'un mois. Il inspire, elle inspire. Elle lui avait demandé des cours avancés de potions et lui avait démontré ses capacités d'adaptation dans une situation dangereuse, certes. Cela suffisait-il ? Il expire, elle expire. Des élèves excellents, il devait en avoir connus bien avant elle, non ? Mais peut-être était-ce cela le problème... Arrête de penser. Les élèves étaient trop jeunes, et qui plus est, sous sa responsabilité. Il avait une image à tenir et ne pouvait pas se permettre d’entraîner un élève là-dedans, d'autant plus que ce dernier avait forcément des relations avec ses camarades. Elle, étudiante étrangère au château avec relativement peu de contacts en Angleterre, était une feuille vierge. Peu de connaissances antérieures. Tout ce qu'elle savait de l'école en elle-même ou de ses habitants, elle l'avait appris par ses lectures, dans ses cours d'histoire de la magie en Inde, ou par le bouche à oreille.

L'esprit lisse Cassidy, ne pense à rien. Fronçant les sourcils, la jeune femme tenta une nouvelle fois de stopper son flot de pensées infernal. Peut-être pouvait-elle compter comme elle avait l'habitude de faire ? En parlant de compter, elle dressa l'oreille en entendant le Mangemort entamer le décompte. Vite, vite, le lac. Tout en tentant de visualiser l'image dont lui avait parlé le sorcier, Cassidy ne put s'empêcher de fléchir légèrement les genoux, tout en ancrant au maximum ses pieds dans le sol. Plus question de se faire avoir par la puissance et l'intensité du sortilège. Elle inspira profondément et contracta instinctivement les abdominaux de manière à pouvoir réceptionner et accueillir au mieux le sortilège qui n'allait pas tarder à lui arriver de plein fouet. Il était définitivement hors de question de se retrouver projetée au mur comme la première fois et d’atterrir sur les fesses une nouvelle fois. Elle connaissait désormais l'effet que ce sort pouvait produire ; elle ne se ferait plus piéger par son poids plume et n'atterrirait plus dans une bibliothèque murale ou contre un quelconque tableau au personnage outragé et injurieux. Le réflexe était logique, et l'anticipation, compréhensible, cependant en mettant en place cette stratégie, la jeune femme ne se rendit pas compte qu'elle venait de briser l'une des règles fondamentales données par le Legilimens. Se détendre, se relâcher aussi psychiquement que physiquement.

Préparée, Cassidy entendit cette fois parfaitement la voix basse du professeur prononcer les mots tant redoutés. Ce sortilège fusa de sa baguette sombre et se heurta à des abdominaux - comme elle l'avait anticipé - mais cette fois-ci, son corps parvint à résister. Elle ne recula pas d'un pas ; ses tennis se contentèrent de glisser de quelques centimètres sur le sol. Quel progrès ! Au moins ne dérangerait-elle plus le bureau directorial. Néanmoins, cette préparation physique était à double tranchant et la Rowle ne tarda pas à en faire les frais. Les efforts mis dans la préparation physique eurent leur lot de conséquences. La pénétration de l'esprit fut encore plus violente que la première fois. L'image du lac paisible ne tint pas une seule seconde contrairement à la première fois et l'écroulement psychique fut immédiat. Tel un mirage, la maigre défense pas assez travaillée se volatilisa en un souffle et de nouveau, le tourbillon de souvenirs l'emporta. Une fois de plus, elle la sentait. La main. Une main énorme et puissante, réduisant toute tentative de résistance à néant. Impitoyable, elle fouillait sans relâche déterrant de nouveaux souvenirs. Certains étaient si profondément enfouis qu'elle les avait réellement oubliés depuis longtemps. L'adolescente aux cheveux blonds comme les blés court sur le petit chemin de terre menant au lac Pilikula. Elle court, se laissant emporter par la force de la pente et finit s'écrouler sur le sol, se prenant les pieds dans une racine surplombant le chemin de terre. Lorsqu'elle se relève, ses paumes sont sanglantes et incrustées de petits gravats. Pourtant, elle ne pleure pas. Elle ne pleure jamais, ou que très rarement et dans ces moments là, ça ne dure pas bien longtemps. Silencieuse, presque professionnelle avec la maturité d'un adulte de 50 ans, elle se contente de nettoyer ses mains d'un sortilège avant de considérer la racine d'un air neutre. C'est de sa faute à elle. Pas à la racine, mais à elle. Elle n'avait qu'à faire attention. Enfance, adolescence.... Age adulte. Rien ne semblait être épargné mais pour le moment, aucune émotion ne survenait. Elle était vide, contrairement à la première fois. Pourquoi donc ? Les souvenirs touchés par le directeur n'étaient pas les plus anciens, ni les plus douloureux. L'étudiante à la robe aux motifs compliqués est dans le hall de Poudlard. Émerveillées, ses prunelles turquoises tournées vers le plafond à la hauteur impressionnante, s’écarquillent devant la splendeur architecturale de la célèbre école dont elle a tant entendu parlé. Les bras chargés de livres, elle tourne sur elle-même, faisant claquer ses talons sur le sol de pierre. Un sourire se dessine sur ses lèvres, cet endroit lui apparaît comme étant magnifique... Jusqu'à ce qu'une pluie de craies colorées s'abatte sur ses épaules et que Peeves n'apparaisse. Bouffée d'air. Elle refit surface du souvenir, essoufflée. Pourquoi les souvenirs lui semblaient-ils plus définis, plus construits que la première fois ? Le barrage... Elle n'avait pas le temps de le mettre en place alors que pourtant, le maître des potions n'était pas spécialement plus rapide. Elle était juste beaucoup plus épuisée. Le visage d' Octavius se dessina ensuite dans les brumes de son esprit. D'abord une esquisse formée pour des sillons de ce qui pouvait s'apparenter à des volutes de fumée grise, avant que ses traits - qu'elle commençait à connaître par cœur - ne se tracent avec plus de précision. Un visage ovale à la mâchoire bien dessinée, pourvue d'une courte barbe de quelques jours. Un nez romain, légèrement tombant lorsque regardé de profil. Des yeux en amande, aux lourdes paupières et à l'iris miroitant d'un vert perçant. Ces derniers étaient surplombés d'épais sourcils bruns, parfaitement dessinés bien qu'indéniablement masculins. Non. Première tentative de résistance, maigre, cela dit. Il la prend dans ses bras alors qu' elle le dévisage, le visage fatigué et impassible « Pardon... » - Non - « [...] pardon, pardon, pardon, pardon… Pardon. Je te demande pardon. Pardon… Pardon... Pardon... » Flash. Le souvenir est brusquement balayé sur le côté et disparaît au loin, s'effaçant doucement comme s'il n'avait jamais existé. Du contrôle ? Que nenni. Cet écartement ne vient pas d'elle, mais de lui. Rogue. La main ne semblait pas supporter des souvenirs tels que celui-ci. Cela ressemblait à un respect de l'intimité, mais ce n'en était pas réellement un puisqu'elle n'hésitait pas - bien qu'elle prenait soin à ne jamais s’appesantir trop longtemps sur un souvenir - à consacrer tout de même plus de temps aux autres types de souvenirs. Octavius semblait le contrarier, ou plutôt... Peut-être était-ce leur... attachement ? Non, il lui semblait que c'était quelque chose de bien plus fort qui le mettait mal à l'aise, l'empêchant de mener à bien sa tâche. L'amour. Leur amour naissant. Ce sentiment si étrange et qu'elle avait toujours haït dont il lui apprenait à découvrir certains délices tels que la sensation provoquée par deux cœurs battant à l'unisson, ou par une rencontre entre deux paires de lèvres. L'amour semblait mettre le Directeur mal à l'aise, plus que n'importe quel autre souvenir qu'il découvrait en elle, ce qui était parfaitement compréhensible lorsqu'elle parvint à faire le lien avec ce qu'il lui avait précédemment confié.

Avant qu'elle n'eu le temps de reprendre ses esprit, la main de fer l’entraîna vers le passé. Happée par une force surpuissante, la jeune femme n'eut pas d'autre choix que de la suivre, avec l'impression d'être ballottée en pleine mer et de lutter pour ne pas se noyer. Chaque souvenir qu'il déterrait - bon ou mauvais - lui donnait un peu plus l'impression de perdre le contrôle. Elle paniquait. Une nouvelle vague l'aspergea et le courant l’entraîna sous l'eau salée. Ce n'était plus le lac paisible, non, mais la mer déchaînée. Une bourrasque de vent tiède amène une odeur de fleurs qui emplit les narines de l'enfant qui se rend tranquillement à l'école, seule et perdue dans ses pensées. Son visage juvénile trop sérieux et concentré frémit légèrement et elle détourne les yeux vers la source de cette fragrance à laquelle elle n'a jamais prêté attention. Honte à elle ! L'Inde, le pays où les fleurs font pourtant partie intégrante du quotidien. L'odeur est délicieuse, et exacerbée par la douce tiédeur matinale. Du jasmin blanc, directement exposé aux rayons lumineux du timide Soleil levant. Des arbustes entiers aux élégantes feuilles vert foncé et aux fleurs d'un blanc voluptueux au parfum envoûtant mais subtil, surplombent le chemin. Alors qu'elle parcourt tous les jours ce sentier sans y faire attention, pour la première fois, l'enfant s'arrête. Mue par une pulsion de vie, elle s'approche prudemment de ces longues lianes à la forme voûtée, comme si elle ne craignait que ces dernières ne l'étranglent sauvagement. Hésitante, les doigts enfantins parcourent les petites étoiles blanches. Que ces fleurs sont belles ! Un regard à droite, un regard à gauche... Un éclat de malice passe par les yeux de la gamine qui s'empare alors de quelques fleurs afin de ajouter dans la longue tresse blonde en épi qui repose sur son épaule droite. Avait-t-il pu la sentir lui aussi ou seuls les souvenirs émotionnels et visuels lui sont accessibles ? Il faudra qu'elle lui pose la question. C'était tout juste croyable, mais même au cœur d'une intrusion mentale telle que celle-ci, l'esprit de Cassidy ne cessait de s'interroger. Un coup de tonnerre dans un ciel serein ; la main se dirigea cette fois bien plus profondément dans sa psyché. Non ! Non ! Arrêtez ! En vain, impuissante et à bout de forces, l'apprentie n'eut d'autres choix que d'observer cette main vorace et avide s'emparer d'un nouveau souvenir et le faire sie... NON ! C'est MA vie ! DÉGAGEZ ! Nouvelle vague d'eau salée et alors qu'elle tentait de faire barrage de son corps de ce souvenir, la main la balaya comme si elle n'avait été qu'une poussière. Peut-être était-ce ce qu'elle était réellement après tout... Une poussière voyageant au grès du vent. Un visage. Ce visage. NON ! Ce beau visage. Fin et harmonieux. Une beauté orientale. Arrêtez, pitié ! Elle en aurait pleuré. Peut-être d'ailleurs les larmes coulaient-elles le long de ses joues en cet instant précis ? Prisonnière du sortilège, elle n'avait aucune idée de la manière dont son corps réagissait par rapport à tout ce qu'elle vivait intérieurement. « Protégez-vous » La jeune femme sursauta à cette voix surgie de nulle part. La sienne. Comment... Peu importait, il avait raison. Elle devait... dresser... une barrière. Se concentrant de toutes ses forces en se servant de la douleur et de la terreur que lui inspirait ce souvenir dans lequel il tentait d'aller, la sorcière parvint à créer une relique de muraille, aussi fragile que le laissait deviner son ancienneté et sa porosité apparente. Le mur encadrait le souvenir, mais en une seule fois, la main balaya cette faible résistance. « Nehal vient ici immédiatement ! » L'adolescente furax n'écoute pas et continue de dévaler l'escalier de la demeure des Raï. « कभी भी ! » « Et cesse de parler hindi ! » Furieuse, la jeune fille étouffe un hurlement de rage mais alors qu'elle s'apprête à franchir le seuil de la demeure, son corps entier s'immobilise et elle tombe à la renverse, raide comme la mort. En moins de trois secondes, le visage de Nila apparaît au dessus d'elle. « Ecoute moi bien Cassidy Rowle, tu n'as pas le choix et c'est ainsi. Pour survivre, tu dois te plier à ses désirs et.... Se protéger.. ... accep*** de *our*er l'échine ****** ***, même ** tu n'en ****** pas *****. - Aaaaargh, la douleur était si intense. Pourquoi ne parvenait-elle pas à l'expulser ? - Je sais que ** ******* ç* h******** mais crier tes idé*** haut et fort ** t* ******* qu'à ****** sur le ch*mp. Tu n'** pas de taille à l'affronter, apprends l'humilité et fais t'en une raison ma fille. Ton **** est un Mangemort. » Image floutée, visibilité impossible... ... regard meurtrier à sa mère « यह मेरा नाम नहीं है. मैं तुमसे नफरत करता हूँ, आप कुछ भी नहीं समझते हैं ! »Les brumes l'enveloppèrent et elle cru un instant que tout s'arrêtait. Il faisait sombre. Plus de bruit, plus de souvenir. Le noir. Le vide. Il fallait qu'elle se reprenne. Lui accordait-il là un moment de répit ? Elle n'en voulait pas ! Qu'il continue ! Néanmoins, elle sentit la main commencer à se retirer, sourde à sa demande. Ce n'était pas possible ! Ne pouvait-il donc pas l'écouter pour une fois ? Il fallait qu' elle continue, elle n'était pas prête ! Non, vous n'avez pas le droit de partir ! Dans une dernière tentative, elle tenta de s'agripper à cette main qu'elle haïssait et qui se retirait désormais de son esprit. Néanmoins, cette main immatérielle lui échappa, se dissipant entre ses doigts. Il était parti. Brusquement, Cassidy ouvrit grand les yeux et inspira une grande bouffée d'air avec l'impression de revenir enfin à la surface. Épuisée, elle  chancela et se retint de justesse au mur derrière elle pour ne pas s'écrouler. Plus pâle que la mort, elle porta sa main gauche sur la table basse où se trouvait sa baguette, tandis que la droite vint se poser brutalement sur le visage peint de Phineas Black sans prêter attention à ses jérémiades.

« C'était... lamentable. Professeur, vous devez... - elle inspira profondément - vous devez m’entraîner plus que ça. »

Elle se sentait ridiculement faible et haïssait cette sensation de non contrôle. Elle ne devait pas échouer. Elle ne pouvait pas se le permettre. Se redressant difficilement, elle tenta quelques pas vers le Mangemort, mais s'arrêta à mi-chemin, des étoiles dansant devant ses yeux. D'un informulé, elle fit traverser la pièce à une chaise avant de s'écrouler dessus, le sang battant dans ses tempes.

« Vous allez jeter toutes les potions de sommeil sans rêves et les autres drogues que vous pouvez prendre. Tous les soirs, avant de vous endormir,et tous les matins au réveil, vous devez vous obliger à rendre votre esprit parfaitement lisse et calme. Répétez l’exercice en journée, plusieurs fois, jusqu’à ce que ça devienne un réflexe pour vous. Pour une première, ce n’était pas si mauvais que ça. Vous allez réussir à marcher ? »

Jeter son salut à la poubelle ? Plutôt rêver... Mais pour le moment, elle n'avait pas la force d'entrer dans un débat avec lui, aussi se contenta t-elle d'acquiécer, même si elle n'en pensait pas moins. En revanche, elle mémorisa les consignes qu'il lui prodiguait, entre deux eaux. Elle avait l'impression de voyager encore dans les limbes de son esprit nébuleux.

« Marcher... ? Bien sûr que je sais marcher... Pourq... - elle s'interrompit brutalement en comprenant la légitime inquiétude du potionniste - Ah oui... Je vois... Merlin, pourquoi vos appartements sont-ils aussi... hauts ? Je... Je ne sais pas. Je vais essayer de faire quelques pas. »

Tremblante, Cassidy tenta de se hisser sur ses jambes. Orgueil obligé, elle parvint à tenir la posture... dans un premier temps et entama quelques pas hésitants. Arrivée près de lui, elle redressa la tête et esquissa un semblant de sourire.

« ça me parait corr.... »

Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase que les étoiles étaient déjà de retour. La nausée l'envahit brusquement et ses paupières papillonnèrent de plus belle. Maudissant une fois de plus son gabarit de crevette, Cassidy pesta et dans l'urgence, repoussa les papiers encombrant le bureau professoral afin de s'y asseoir rapidement pour limiter la montée du malaise. Ne pas vomir, ne pas vomir. Fermant les yeux et prenant de longues inspirations, elle murmura :

« Tout compte fait, j'en sais rien. Vous... comptez me raccompagner ? Ou me donner une potion maintenant l'entrainement terminé ? »

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Le pessimiste se plaint du vent, l'optimiste espère qu'il va changer, le réaliste ajuste ses voiles.

Crédit - Joy
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MessageSujet: Re: [Octobre 1997] La voie de l'espionnage [PV Cassidy N. Rowle] Jeu 27 Avr 2017 - 11:36

– Marcher... ? Bien sûr que je sais marcher... Pourq... Ah oui... Je vois... Merlin, pourquoi vos appartements sont-ils aussi... hauts ? Je... Je ne sais pas. Je vais essayer de faire quelques pas.

Elle n’avait même pas encore essayé que Severus sut déjà qu’elle allait finir le nez dans le tapis, haussant légèrement les sourcils en la voyant vaciller dangereusement, pendant qu’elle se mettait debout. Il avait déjà vu des cadavres qui avaient meilleure mine… Quelques tableaux se lançaient aussi des mimiques presque amusées et le directeur en entendit même un murmurer « Tombera, tombera pas ? », d’un ton ironique. Voilà bien longtemps qu’ils n’avaient plus dû voir autant d’agitation dans ce bureau, de quoi les garder éveillés des heures durant. Le directeur actuel ne bougea pas, la regardant marcher à la façon d’un drogué reprenant tout juste ses esprits et découvrant l’usage qu’il pourrait faire de ses jambes. Merlin, lui-même n’avait aucun souvenir d’avoir été dans un tel état après ses premières d’occlumancie. Même Potter était encore en état de marcher. Cela dit, Rogue n’y avait pas été si fort avec lui et pas deux fois de suite, pour la simple raison que le gosse était alors encore bien jeune et que l’urgence n’était pas non plus la même. Sans oublier que ces cours étaient voués à l’échec avant même de les débuter. Lorsque Cassidy arriva à côté de lui, cette grimace se voulant sans doute être un semblant de sourire, il retint un très long soupir en secouant la tête. Bon, c’était bien ce qu’il pensait, le plus grand danger mortel actuel la menaçant était de se briser le cou dans les escaliers des cachots.

– Ça me parait corr....

Ah oui ? Correct ? Ce fut sans doute pour ça qu’elle se précipita se rasseoir sur le bureau en blêmissant encore un peu plus, ce qu’il ne croyait sincèrement pas possible, elle pouvait rivaliser avec le Baron Sanglant. Même Dumbledore affichait un air plus inquiet, à présent, légèrement penché dans son tableau pour observer la scène. Impossible de conduire la jeune apprentie à l’infirmerie, de toute manière, et ce pour deux raisons. La première était qu’on ne pouvait décemment pas expliquer pourquoi l’apprentie était dans cet état et donc lui faire avaler ce qu’il serait correct pour la soulager, la seconde était que la chère infirmière de Poudlard ne risquait pas non plus d’accomplir de gros efforts pour soigner une partisane officielle du Seigneur des Ténèbres, comme était déclarée toute la famille Rowle. Enfin, c’était surtout une fatigue mentale très élevée… Tout cela passera, la première phase n’était délicate que durant un temps. Même s’il était pressé, Severus était obligé de ne pas aller trop vite pour cette phase, au risque de faire échouer l’apprentissage tout entier.

– Tout compte fait, j'en sais rien. Vous... comptez me raccompagner ? Ou me donner une potion maintenant l'entrainement terminé ?

– Vous allez dormir ici. L’entraînement n’est pas terminé, c’est un exercice permanent. Etouffer et oublier les émotions n’est pas aussi évident qu’apprendre à les contrôler.

Ressortant sa baguette, il tendit légèrement le poignet et fit apparaître un sac de couchage avec une épaisse couverture, près des marches et du perchoir de Fumseck. Le phénix avait lui aussi observé toute la scène avec une grande attention, poussant parfois de légers sons, doux comme des clochettes. Il incita Cassidy à aller s’allonger puis à faire les exercices qu’il lui avait donnés, pour calmer son esprit. Chaque soir, chaque matin, plusieurs fois dans la journée… C’était essentiel. Durant ce temps, il fit disparaître les documents traînant encore ci et là, les rangeant, s’arrêtant un petit instant près de la fenêtre. Au-dehors, le calme était absolu… Pas un nuage dans le ciel, la lune brillait faiblement, jetant une lumière presque fantomatique sur le parc. Il était minuit passé, plus rien ne devrait normalement bouger jusqu’au matin. La main contre le rebord de la fenêtre, il se perdit un instant dans ses pensées, revoyant Dumbledore à cette même place, affichant son air serein habituel. Même à la toute fin, il souriait encore. Il sourirait encore plus en voyant ça, d’ailleurs, accepter à faire confiance… Ce vieillard qui aimait tant parler du pouvoir de l’amour ou de l’amitié.

Severus, lui, n’avait pas envie d’en rire. Entraîner un autre là-dedans était cruel, rien de plus, et un poids supplémentaire à porter alors que personne n’en avait besoin. Et pourtant… Il y avait aussi cette part de soulagement, ne sachant que même s’il mourrait plus tôt que prévu, rien ne sera perdu pour autant, la machine était en marche. C’était bientôt fini, enfin. La fatigue allait s’envoler, la solitude aussi, plus rien à supporter, plus de comédie, plus de mensonges, plus de masque, plus rien. Un sourire lointain et sincère vint un instant flotter sur ses lèvres lorsqu’il songea à cette fin qu’il attendait, plus que tout. Un sourire qu’il perdit en repensant à ceux qu’il avait aimé, apprécié, sur qui il avait compté, et qui étaient déjà tombés dans cette guerre. Lily, bien évidemment, mais aussi Dimitrov et Albus. Repenser au Russe lui ramena aussitôt en mémoire le souvenir de son corps étendu sur le sol gelé, cette nuit-là, une large tâche rouge de sang s’étalant sous lui et fonçant la neige. Un ami ? Peut-être… Peut-être serait-il enfin temps de se l’avouer, même s’il avait fini par perdre la véritable signification de ce mot. Il retint un nouveau soupir puis monta les étroits escaliers menant à l’appartement au-dessus encore du bureau, laissant Cassidy tranquille.

Une fois seul, Severus s’assit dans un fauteuil, près de la fenêtre, puis se frotta longuement les yeux. Il était fatigué mais le sommeil le fuyait, une fois de plus. Il resta ainsi, simplement assis et plongé dans ses pensées, jusqu’à tard dans la nuit avant de finalement sombrer dans un sommeil très lourd venu le surprendre au moment où il s’y attendait le moins. Un sommeil sans rêves, pour une fois, où seules quelques ombres virent le troubler puis disparaître aussi rapidement qu’elles étaient venues. A l’aube, il s’éveilla avec une certaine difficulté, mettant un petit moment avant de se rappeler ce qui était arrivé la veille au soir. S’ouvrir à une autre personne. Le plan contre Voldemort. Cassidy en bas. La lutte pour fermer son esprit. Electrisé tout à coup, il se leva d’un bond, regardant par la fenêtre les très faibles et premiers rayons du soleil poindre sur le parc. Se sentant un peu bizarre, il prit très rapidement une douche puis enfila ses vêtements noirs coutumiers, sans que l’idée de mettre une touche de couleur, pour une fois, ne vienne le frôler. Descendant dans le bureau, il réveilla Cassidy en l’appelant, imaginant sans mal le degré de fatigue qu’elle devait supporter. La laissant émerger, il se préoccupa plutôt d’une nouvelle lettre reçue, apportée par un hibou assez patient attendant avec son courrier à la fenêtre.

– Vous êtes réveillée ? lança-t-il à son élève tout en lisant la lettre. Tâchez de vous reprendre, il n’y a plus le temps ni pour craquer ni pour pleurer. Vous allez avoir une autre tâche, pour vous entraîner, l’occlumancie seule ne suffit pas. Quels sont les rapports que vous entretenez avec les élèves du château ?

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MessageSujet: Re: [Octobre 1997] La voie de l'espionnage [PV Cassidy N. Rowle] Mar 9 Mai 2017 - 1:15

Bon sang que l'Occlumancie était éprouvante. Bien plus qu'elle n'aurait pu l'imaginer. Assise sur le bureau, les jambes pendant dans le vide, Cassidy inspirait profondément, tentant à la fois d'oxygéner son cerveau et de réprimer la nausée montante. Il ne manquait plus qu'après avoir atterri dans une étagère, faisant tomber quelques livres, elle se mette à rendre le contenu de son estomac au pied du Directeur. Il ne manquerait pas d'apprécier cette délicate attention, elle en était certaine. Quoique... pour rendre le contenu d'un estomac, encore fallait-il qu'il y ait un contenu. Actuellement, pour le plus grand bonheur de Rogue, il n'était qu'un contenant vide. Cassidy se frotta les yeux, la fatigue se faisant de plus en plus sentir. C'était intolérable. Il fallait qu'elle soit plus forte, plus résistante. Elle devait travailler son endurance afin de pouvoir enchaîner les sessions d'exercice avec plus de facilité. Lentement, la jeune femme finit par rouvrir les yeux, papillonnant des paupières. Ses iris vert d'eau vinrent d'abord croiser ceux moqueurs de Black qu'elle ignora royalement, avant de rencontrer de nouveau ceux de Severus Rogue. Ce dernier n'avait pas vraiment l'air consterné, mais presque. S'il ne lui avait pas affirmé quelques instants auparavant qu'elle ne s'en était pas mal sortie pour une première fois, elle aurait pu croire qu'elle avait lamentablement échoué et que son apprentissage s'achevait ici. La jeune femme ne partait jamais gagnante, peu importait le domaine. En revanche, elle partait toujours dans l'optique de progresser et de se dépasser soi-même. En réalité, il s'agissait de l'apprentissage le plus compliqué qu'il lui ait été donné de faire. En même temps, même s'il s'agissait d'un enseignement nécessaire à sa survie, le Directeur lui faisait là le cadeau, la grâce, de lui apprendre à acquérir un don. Cela n'allait pas se faire sans efforts, bien entendu. La jeune femme s'en était doutée mais il lui fallait reconnaître que le niveau était encore au delà de tout ce qu'elle avait pu imaginer.

Cassidy aimait apprendre. Elle appréciait découvrir et expérimenter. Passionnée, rares étaient les domaines qui la rebutaient réellement. Elle avait littéralement déclenché une allergie en matière d'histoire de la magie et avait volontairement saboté son examen. Cela n'avait pas plu à Andreas qui l'avait de ce fait forcée à étudier d'arrache pieds sans comprendre que ce n'était nul autre que lui-même qui avait déclenché ce blocage lorsqu'il lui avait fait avaler le chapitre sur les différents entre les moldus et les sorciers, durant un été entier. L'histoire de la magie donc, et le vol. Bon sang. Le vol. Lorsqu'on lui avait accordé son permis de tapis volant en Inde, elle avait cru rêver tant elle était une calamité en la matière. Une chance, vraiment. Lorsqu'on lui avait appris qu'en Angleterre le vol à tapis était interdit et qu'elle devrait se déplacer à balais en passant une équivalence, la Rowle avait cru défaillir. Assise à califourchon sur ce bâton de bois instable n'était guère confortable, quant au maniement, il était terriblement chatouilleux et capricieux. Leurs caractères respectifs ne s'accordaient guère et au bout de quelques minutes à prier pour réussir à redescendre sur la terre ferme, un pigeon abruti l'avait heurtée, la désarçonnant et provoquant sa chute, heureusement sans grande gravité. De fait, le Ministère de la Magie lui avait proposé de passer son permis de transplanage. Une calamité. Un désastre. Il lui avait fallu le passer trois fois pour réussir, sans se désartibuler. Bref. Tout ça pour dire qu'en dehors de certains domaines précis, Cassidy était une élève exemplaire. Elle était attentive, tenace, avait certaines facilités également, mais travaillait beaucoup. En somme, une jeune femme intelligente mais qui se donnait les moyens, sans se reposer sur ses acquis.

Néanmoins, il était vrai qu'elle ne s'était jamais heurtée à un apprentissage de la sorte. Apprendre l'Occlumancie était un véritable défi, bien plus qu'elle ne l'aurait pensé parce que la pratique venait cibler sa principale faille : la sphère émotionnelle. Avant cela, elle pensait maîtriser ses émotions et les avoir juste emmurées. En réalité, elle ne les maîtrisait pas parce qu'elle ne les ressentait pas, peu, ou mal. Le diagnostic clinique de l’alexithymie posé il y a trois ans lui était revenu en plein visage lorsqu'elle avait retrouvé Octavius après avoir reçu la Marque. Des émotions avaient commencé à poindre lentement et là, Severus Rogue venait de les libérer de la manière la plus violente qui soit. Comptait lui faire un cours sur les émotions ? Hum... « Cassidy, interrogation surprise ! Décrivez-moi les symptômes somatiques de la surprise, ceux de la terreur, et ceux de l'amour. Vous avez dix minutes. » La jeune femme retint une petite grimace en imaginant la scène. Un désastre.

« Vous allez dormir ici. L’entraînement n’est pas terminé, c’est un exercice permanent. Étouffer et oublier les émotions n’est pas aussi évident qu’apprendre à les contrôler. »

Il n'avait pas eu besoin de l'énoncer tout haut. Elle l'avait bien suffisamment expérimenté et sa lucidité et son pragmatisme l'avaient bien vite confrontée à cette difficulté. Quant à l'endroit où dormir, Cassidy ne put s'empêcher d'écarquiller les yeux lorsqu'elle le vit faire apparaître un épais duvet, proche du perchoir du phénix. Ce n'était plus une proposition, mais un ordre. Elle ne regagnerait pas les cachots ce soir. Néanmoins, la jeune femme n'avait plus la force de riposter et de le contredire pour ce soir. Vidée, elle se contenta d'acquiéçer et de se diriger vers le sac de couchage tout en écoutant d'une attention flottante les conseils prodigués par le maître des potions. S'allonger et calmer son esprit... En l’occurrence, pour le coup la fatigue était telle qu'elle était prête à parier qu'elle n'aurait pas à fouiller le bureau pour dénicher un flacon de potion de sommeil sans rêve. Elle allait très certainement s'endormir illico une fois couchée, sans avoir le temps de faire le moindre exercice pour ce soir. Arrivée au pied des marches où se trouvait le campement d'infortune, elle se trouva dans l'incapacité de faire le moindre mouvement. Quelque chose bloquait en elle. Dormir ici, dans le bureau ayant abrité Albus Dumbledore, le plus illustre sorcier, et maintenant Severus Rogue... était étrange et perturbant. Une nouvelle intimité se mettait en place par la force des choses, pour tous les deux. Combien de personnes avaient déjà été " conviées " à dormir ici ? Elle se retourna silencieusement vers le Mangemort, et l'observa.

Est-ce que cela lui faisait quelque chose, de l'accueillir dans une partie de ses appartements ? Lui que l'on disait solitaire, froid, et insensible... Il rangeait quelques documents sans lui prêter la moindre attention, comme si sa venue n'avait été qu'un rêve. Était-ce là un moyen d'oublier ce qu'il était en train de faire ? Les barrières qu'il brisait pour une jeune femme à qui il ne devait rien ? Doucement, après avoir récupéré sa baguette qu'elle avait déposé à ses côtés, Cassidy plia les genoux et vint s'asseoir sur le sac de couchage, se couvrant les épaules de l'épaisse couverture noire qu'il avait fait apparaître. Sans le quitter des yeux, elle défit les lacets de ses chaussures et croisa les jambes. Elle retint un bâillement et le regarda. Debout, droit, couvert de sa longue cape noire. Il regardait par la fenêtre, l'air songeur. Presque paisible ? Un léger sourire vint éclairer son visage de trois quart, lui donnant soudainement l'air presque détendu. Plus jeune en tout cas, moins fatigué. Car il l'était fatigué, même s'il ne le disait pas clairement. Il aurait fallu être aveugle pour ne pas le voir. Face à ce sourire qui ne lui était pas adressé, la jeune femme se sentit honteuse, comme une spectatrice indésirable assistant à un scène qui ne lui était guère dédiée. Elle n'était pas à sa place. Elle n'était pas invitée à partager cette intimité, tout comme lors de la mort du russe, elle avait su se retirer discrètement afin de laisser le Mangemort avec son ami assassiné. Silencieusement, elle finit par se glisser dans le duvet tandis qu'il se décidait à gravir les marches menant à ce qu'elle devina être ses appartements personnels.  

Sans un mot. Pas un mot. Ni de l'un, ni de l'autre. Pas besoin de cela. « Bonne nuit, dormez bien. » Non. Ils n'avaient guère besoin de ce partage formel tant ils avaient été loin dans le registre de l'informel et de l'intimité de chacun. Un nouveau lien s'était créé entre eux ce soir. Les yeux rivés sur le plafond, Cassidy trembla imperceptiblement et ramena sa baguette contre sa poitrine, sous la couverture. L'obscurité l'entourait, ainsi que le silence, jusqu'à ce qu'un doux roucoulement lui fasse tourner la tête sur le côté. Le phénix l'observait.

« Tu comprends ce qu'il se passe toi ?, murmura-t'elle à mi-mot, qu'est-ce que qui nous relie maintenant ? Les cours avancés, la Russie, l'Albanie... et maintenant ça... Ces confidences. Qu'est-ce que je fous là, à dormir dans le bureau d'un Mangemort que tout le monde redoute ? Qui est-il pour moi et qui suis-je pour... »

Elle s'interrompit brusquement, haussant le ton, les sourcils froncés en direction des tableaux qu'elle devinait être éveillés.

« Ne vous avisez pas de répéter ce que je viens de dire et arrêtez de m'écouter !
- Comme si on n'avait que ça à faire Rowle, rétorqua la voix de Black dans le noir.
- Et pourtant vous êtes en train de me répondre. »

Furieuse, Cassidy se retourna sur le ventre et enfouit sa tête dans le sac de couchage, ne laissant que sa masse de cheveux blonds en sortir. Trente secondes après, elle dormait. A bas les exercices, il fallait qu'elle récupère. Elle avait besoin d'énergie.


Cinq heures du matin

Une bouffée d'air glacial vint s'engouffrer dans ses cheveux blonds, la faisant sursauter. Une des fenêtres s'était ouverte sous la violence du vent grondant à l'extérieur. Les paupières de l'apprentie s'ouvrirent en grand. Que s'était-il passé ? Où était-elle ? C'était quoi ce plafond ? Dans sa précipitation, Cassidy se redressa brusquement, la main toujours fermée sur sa baguette d'aubépine et d'un informulé, referma la fenêtre à double tour. Tandis que son regard encore voilé parcourait la pièce, les souvenirs de la veille lui revinrent progressivement. Bosser ! Vite, il fallait bosser ! Se prenant les pieds dans le sac de couchage, la jeune femme s'en extirpa difficilement et se mit debout, au milieu de la large pièce circulaire. La plupart des tableaux dormaient encore. Parfait. Silencieusement, Cassidy se dirigea vers l'une des fenêtres, celle faisant face à l'Est, offrant - le jour - une vue imprenable sur les montagnes entourant le château. Le Soleil n'était pas encore levé et la nuit restait noire encre. Allumant quelques chandelles d'un mouvement de baguette, la Rowle fit quelques pas hésitants dans la pièce. De fragiles instruments en verre, la fameuse pensine, le réservoir de souvenirs... Il l'avait laissée dormir en compagnie de tous ces souvenirs. Cassidy ne savait qu'en penser, même plus en forme. Étrangement, elle se sentait beaucoup mieux que la veille alors qu'elle n'avait toujours rien avalé et pas beaucoup dormi. Néanmoins, il fallait croire qu'il s'agissait de bonne fatigue et que les quelques heures de sommeil avait été suffisantes. S'étirant en faisant craquer ses vertèbres, Cassidy lâcha un grognement de satisfaction.

« Vous êtes bien matinale Cassidy.
- Toujours, sauf lorsque je prends des somnifères.
- Est-ce indispensable ?
- Pour traverser certaines phases, oui.
- Et maintenant ?
- Maintenant ?
- Qu'allez-vous faire ?
- Hummm... »

Le regard de la Rowle tomba sur la haute bibliothèque.

« Je vais... relâcher mon esprit avant que le démon ne se réveille et me documenter un peu. Et... préparer un petit test pour notre cher Directeur. Lors de notre première rencontre, je le lui ai proposé et il n'avait pas le temps. Aujourd'hui, il n'aura pas d'excuse. »

Le regard d'Albus Dumbledore pétilla de plus belle.

« Faîtes donc mon enfant. Explorez donc ce bureau comme s'il était vôtre.
- J'ai donc votre permission ?
- Plus que ça, vous avez mes encouragements. Il est rare... Non, il n'est jamais arrivé que Severus s'ouvre ainsi.
- Dommage que je ne puisse pas vous faire signer un accord écrit... »

Dumbledore étouffa un rire dans sa barbe pour toute réponse. Avant toute chose, la jeune femme inspira profondément et ferma les yeux. Un lac. Visualiser un lac, calme et paisible. Sans le moindre ricochet. Étonnement, l'image se forma rapidement dans son esprit et lorsqu'elle rouvrit les yeux, elle constata avec satisfaction que cette dernière ne s'effaçait pas. Elle restait en arrière plan, mais restait là, protégeant l'esprit. Parfait.

Quelques heures plus tard, des bruits de pas se firent entendre au dessus sa tête. Sans lever les yeux, Cassidy qui s'était assise au bureau directorial, sourit avant de souffler sur le thé qu'elle était en train de déguster. Il descendit les escaliers, la tête visiblement embrumée malgré la douche qu'il venait de prendre à en juger par ses cheveux mouillés. Il l'appela une première fois par son prénom, accentuant le sourire de son élève. Il n'avait pas vu qu'elle était déjà sur le pied de guerre, plongée en pleine lecture. Sans jeter un œil vers le bureau, pas plus que vers le duvet, il se dirigea tout droit vers la fenêtre qu'il ouvrit faisant entrer une bourrasque de vent glacial et un hibou. Du courrier... Tiens donc.

« Vous êtes réveillée ? Tâchez de vous reprendre, il n’y a plus le temps ni pour craquer ni pour pleurer. Vous allez avoir une autre tâche, pour vous entraîner, l’occlumancie seule ne suffit pas. Quels sont les rapports que vous entretenez avec les élèves du château ? »

La jeune femme se mordit la lèvre pour retenir un rire. Tout en reposant doucement sa tasse fumante à côté de la théière, elle en fit apparaître d'un informulé une seconde qu'elle remplit d'une boisson aromatique forte et sucrée, à la couleur pâle et aux vapeurs florales.

« Bonjour professeur. Avant toute chose, vous prendrez bien une boisson chaude pour bien vous réveiller ? »

Un rictus amusé aux lèvres, elle reposa le livre sur L'Occlumancie qu'elle était en train d'étudier sur celui sur la Legilimancie. Elle décroisa les jambes et lui tendit la tasse de porcelaine contenant la boisson aqueuse obtenue à partir de feuilles de thé. Ces dernières avaient été préalablement bouillies avec diverses épices et un soupçon de lait bouillant.

« Mes rapports avec les élèves ? Ils ne sont pas terribles. Vous savez, je ne suis pas de nature particulièrement avenante et j'ai déjà une renommée de reine des glaces ou d'impératrice des cachots, allez savoir. Les élèves me craignent, pour la plupart. »

Elle but une gorgée de thé, le regard perdu dans le vague.

« Dites-moi, vous l'avez senti, le jasmin de mon souvenir ? »

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MessageSujet: Re: [Octobre 1997] La voie de l'espionnage [PV Cassidy N. Rowle] Jeu 25 Mai 2017 - 10:49

Si cela continuait ainsi, Voldemort allait balayer la résistance posée d’un simple mouvement de main, trop d’alliés se joignaient à lui, ces derniers temps. Avides de pouvoirs ou peur réelle ? Désespoir, crainte, quête personnelle de pouvoir ou de gloire, il existait tellement de raison d’accepter de se joindre au mage noir et la situation allait vite devenir beaucoup plus compliquée. Sans oublier les nouvelles sources de pouvoir qu’il obtenait peu à peu… Rogue replia la lettre avec lenteur, la serrant si fort que ses jointures en blanchirent, tandis qu’il relevait le regard vers Cassidy. Elle, au moins, avait une bien meilleure mine que la veille au soir, ce qui prouvait une fois de plus que le sommeil artificiel n’égalait en rien le vrai sommeil, celui vous assommant après une trop longe journée ou un examen éprouvant. A la voir ainsi dans le bureau près d’une tasse de thé et les yeux pétillant contrastait avec une violence inimaginable avec tout ce qu’il avait pu voir et entendre dans cette même pièce. Il lança un regard un peu circonspect à la seconde tasse de thé fumante, la touche de plus donnant à la scène globale un goût d’impossible. Le décalage restait très… frappant. Il était tant habitué à voir ce bureau vide et froid qu’y voir tout à coup une autre personne tranquillement installée à prendre le thé était surnaturel. Il s’étonnait de choses pourtant naturelles, lui répondra-t-on. Peut-être. En attendant, l’image avait de la difficulté à s’imprimer comme réelle.

– Bonjour professeur. Avant toute chose, vous prendrez bien une boisson chaude pour bien vous réveiller ?

– Non merci.

Réponse donnée par pure habitude et réflexe, voilà des années qu’il n’avait plus accepté la moindre boisson ou aliment offert par une tierce personne… Hormis Dumbledore, en raison de la confiance mutuelle portée. Et Potter, une fois… Il y a deux ans à peine, Merlin, cela lui semblait une éternité, au moins deux ou trois vies, lorsqu’il y songeait aujourd’hui. Bref, ça n’avait aucune importance. Il prit la tasse fumante que sa nouvelle élève lui tendit et la déposa sur un coin du bureau sans y toucher, glissant la lettre reçue dans sa poche puis vérifiant que d’autres informations ne lui étaient pas arrivées durant la nuit, par hibou ou par d’autres moyens. Obtenir des informations était devenu plus facile ces derniers mois, même si la méfiance avait considérablement augmenté. En plus de personnes choisies qu’on pouvait corrompre, manipuler ou soumettre à l’Imperium, les informateurs du marché noir étaient bien plus aisés à dénicher en temps de guerre et prompts à trouver tout ce que l’on désirait. L’arrête était à double-tranchant, inutile de se risquer là-dedans sans y connaître les règles du jeu. Severus l’avait expérimenté à ses dépends, il y a des années, puis il avait appris. Appris à se fondre dans les ombres, appris à mentir, à contrôler ses émotions et les écarter, appris à protéger son esprit et pénétrer celui des autres, appris à repérer les sources de renseignements, à manipuler, à jouer des illusions. Un travail, construit sur de longues années, qui continuait encore aujourd’hui. Rogue s’assit derrière son bureau, pensif, glissant par habitude le regard sur les différents tableaux et repérant les éveillés. On trouvait des points de repère quotidiens là où on le pouvait, cependant, tous ces tableaux donnaient une impression assez angoissante d’être sans cesse observé et écouté. Dumbledore avait mis bien du temps avant de le convaincre de la fidélité de ces portraits au directeur en place, quel qu’il soit. Pas un mot, prononcé entre ces murs, n’était répété ou glissé dans de mauvaises oreilles. Aucun sujet, grave ou anodin, évoqué ici ne se diffusait ailleurs.

– Mes rapports avec les élèves ? Ils ne sont pas terribles. Vous savez, je ne suis pas de nature particulièrement avenante et j'ai déjà une renommée de reine des glaces ou d'impératrice des cachots, allez savoir. Les élèves me craignent, pour la plupart.

« Pour la plupart », voilà qui était un bon début. Tous n’étaient pas rétifs… En réalité, la majorité des gamins de l’école avaient des cordes sensibles en commun où il convenait d’appuyer pour déclencher les bonnes réactions. Et cela sans aucune distinction entre les quatre maisons. Les petites rivalités intestines n’étaient bonnes que lorsqu’on était soi-même étudiants et prêt à croire à tout cela pour le simple bonheur de se sentir intégré à un groupe, de faire parti d’un ensemble soudé. Aujourd’hui, les différentes maisons n’avaient plus de sens et le courage comme l’intelligence pouvaient se révéler chez n’importe quel gamin, peu importe sa maison, à partir de l’instant où il y était contraint par la situation. Ce système de maison avait du bon et du mauvais, on ne trouvera jamais un système n’ayant que des qualités, de toute manière. Severus plissa un peu les yeux en songeant que la répartition dans différentes maisons était surtout un obstacle, depuis quelques années, les rivalités idiotes alimentaient les clichés et mises à l’écart, en plus de coller une étiquette impossible à arracher. Les Poufsouffles trop gentils, les Gryffondors trop naïfs, les Serdaigles trop hautains, les Serpentards trop prétentieux.

– Dites-moi, vous l'avez senti, le jasmin de mon souvenir ?

– Si j’avais voulu appuyer dès le début pour crever la surface, vous seriez morte.

Ou folle. Dans un cas comme dans l’autre, ce n’était pas le but du directeur. Plongé dans ses pensées, il observa durant un instant le phénix sur son perchoir, le regardant se frotter les plumes en réfléchissant. Il pourrait… Non. Non, ça ne fonctionnera pas, sans compter que cette bestiole était beaucoup trop reconnaissable. Comment s’y prendre, dans ce cas ? Si Severus abandonnait Poudlard trop longtemps, cela se remarquera vite et il ne pouvait pas non plus se permettre de laisser le champ libre aux Carrow plusieurs jours d’affilée. Cassidy pouvait sans doute les vaincre en duel, peut-être les affronter tous deux en même temps, cependant, elle ne le fera pas, ce serait griller sa couverture. Rogue n’écoutait même plus ce qui arrivait dans le bureau, son élève aurait pu tout aussi bien lui adresser la parole, il n’y prêtait pas la moindre attention pour le moment. En transplanant, il pouvait bien sûr se retrouver à n’importe quel endroit au monde en un instant, là n’était pas le souci, comment s’y prendre une fois sur-place ? L’Albanie, la Russie… Des contrées si liées à l’histoire du mage noir et qu’il connaissait maintenant si bien, arriver à son but avant lui et le détruire ne sera pas une tâche si simple. Encore une fois, le temps allait faire défaut, impossible de quitter Poudlard durant trop de jours sans attirer l’attention et impossible de ne pas prendre, malgré tout, assez de temps dans sa recherche et échouer à cause de cela.

– Certains élèves ont monté des prémices de résistance, dit-il tout à coup, le regard lointain. C’est vers eux qu’il faut travailler, les aider à distance sans qu’ils ne le réalisent. Par exemple, en modifiant certains philtres à l’infirmerie pour les soigner, ce genre de choses. Et sans vous montrer. N’ayez confiance en personne. Sauf, sans doute, en votre petit ami. Par ailleurs, il va être bon de manipuler quelques uns de nos collègues pour les inciter à donner discrètement des cours de duel. Avez-vous déjà pratiqué l’Imperium, entre autres moyens ?

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MessageSujet: Re: [Octobre 1997] La voie de l'espionnage [PV Cassidy N. Rowle] Lun 29 Mai 2017 - 13:32

Il l'avait refusée. Avec cette odieuse formule de politesse, comme si cela excusait les choses. Lors de leur première rencontre, elle avait également refusé le thé proposé par crainte qu'il n'y ait plongé de sérum de vérité ou du poison mais... ils n'en étaient plus là désormais. Tous deux le savaient ; aucun n'attenterait à la vie de l'autre. C'était même le contraire d'après ce qui avait été convenu. Il appréciait ce breuvage, elle en était certaine aux vues des petits pots rangés sur l'étagère au dessus du bureau. Tous contenaient des herbes, des épices aromatiques différentes, propres à la préparation de thés divers. Severus Rogue appréciait ou avait oublié qu'il avait autrefois apprécié cette boisson. Tout dépendait de comment elle était préparée, par qui, mais surtout, avec qui on la partageait - après tout, elle n'était pas Ombrage -. Car oui, dans le pays natal de la métisse, boire cette boisson fumante qui réchauffait les âmes et rapprochait les cœurs était, avant d'être un moment désaltérant, un partage où seules se retrouvaient les personnes sur qui l'on savait que l'on pouvait compter. Boire un thé en solitaire se faisait rarement et était - de manière coutumière - d'une tristesse absolue, venant prouver par dessus tout que la personne était bien trop mauvaise ou douteuse, ou tout simplement seule et inintéressante pour avoir des amis. Du thé hindou, Cassidy n'en avait plus proposé depuis la mort de sa mère, son père voulant qu'elle perde cette habitude typiquement orientale. Elle avait plié face à sa volonté et avait enterré cette habitude coutumière au plus profond d'elle même, comme la danse. Surtout lorsqu' Andreas avait une fois fracassé les tasses de porcelaines bleues et blanches qu'elle avait pourtant pris soin de bien dissimuler dans un tas de vêtements occidentaux, aux pieds de sa fille, entaillant ces derniers par endroits. Rare acte de violence physique.

Il l'avait refusée. Sans même prendre la peine de faire précéder ces mots qu'il ne devait certainement pas juger importants mais d'une banalité terrible, d'un simple « Bonjour Cassidy. » Rien. Juste un « Non merci. », sans appel. Imperceptiblement, alors qu'il se retournait vers elle, la main de la jeune femme qui lui tendait la tasse tremblota - quoi ? la tasse était lourde et à bout de bras - et l'étincelle qu'il avait réussi à rallumer la veille dans son regard en lui donnant une épaule sur laquelle s'appuyer et un apprentissage aussi passionnant que frustrant de difficulté, s'évanouit. Il avait voulu d'elle. Elle. La fille de l'Orient. La femme du Soleil et de la chaleur, malgré son aspect polaire. Et maintenant que le Soleil commençait timidement à illuminer le bureau sans vie dans lequel il vivait jour et nuit, cela le dérangeait et le potionniste tentait de l'éteindre en soufflant dessus, comme pour éteindre la flamme vacillante et brûlante d'une bougie. Cassidy baissa les yeux vers la sienne, posée près des deux livres aux reliures dorées, accrochant un instant le regard peiné de Dumbledore dans son cadre. Il ne s'était même pas aperçu de la nature des livres empruntés. Un petit soupir s'échappa de sa barbe blanche, il secoua légèrement la tête, mais ne fit aucun commentaire. La jeune Mangemort évita ses prunelles onyx et dressa un mur de pierres dans son esprit. Tout en elle respirait la tristesse mais s'il ne le voyait pas, il ne le saurait pas. Severus Rogue devait avoir perdu l'habitude de s'intéresser aux autres et à leurs émotions, s'il ne lisait pas en eux. Elle l'avait décidé, alors il ne verrait rien au mal qu'il venait, sans le vouloir, de lui faire. Tandis qu'il déposait la fragile tasse fumante sur le rebord du bureau, l'étudiante fit disparaître la sienne - encore pleine - d'un geste de baguette. Sans un mot. Il ne souhaitait guère boire avec elle ? Elle ne boirait pas seule. De toute manière, il lui avait coupé toute envie et sa gorge s'était de nouveau complètement nouée. Cassidy faisait d'immenses efforts pour que cela ne se remarque pas mais elle sentait bien ses dents se resserrer entre elles sous l'effet d'une... d'un... mélange émotionnel qu'elle n'avait pas envie d'identifier en sa présence.

– Mes rapports avec les élèves ? Ils ne sont pas terribles. Vous savez, je ne suis pas de nature particulièrement avenante et j'ai déjà une renommée de reine des glaces ou d'impératrice des cachots, allez savoir. Les élèves me craignent, pour la plupart.

Le ton était naturel et elle s'était levée, repoussant le fauteuil directorial pour lui laisser la place qu'elle ne se risquerait plus à venir emprunter. La voici qui reculait mentalement de trois pas face à lui. Sans rien ajouter, elle lui tourna délibérément le dos et se dirigea, pieds nus, vers la bibliothèque murale afin d'y replacer les ouvrages préalablement empruntés sans permission. ça non plus, elle ne se permettrait plus. Reculez de cinq cases et ne recevez pas vos deux cents euros. La prison n'était guère loin. La jeune femme le sentait bien, elle qui avait commencé à s'ouvrir la veille, était en train de se refermer à une vitesse phénoménale. Parce que par son refus, Rogue l'avait refusée elle. Il avait refusé sa gentillesse, mais surtout ses origines qu'elle n'avait jamais dévoilé à personne. Il avait refusé son humanité, simplement. Alors pour lui, pour lui plaire puisque visiblement c'était ainsi qu'il la voulait, elle redeviendrait ce glacier polaire que tous haïssaient. Il voulait qu'ils se fassent mutuellement confiance et qu'ils s'ouvrent l'un à l'autre ? Lui-même l'avait confirmé, les paroles ne suffisaient pas et il s'efforcerait de le lui prouver. Bien, bien, bien. Les jolis mots que voilà. Elle attendait de voir ça. En attendant, tandis qu'elle montait sur l'échelle de bois afin de ranger les ouvrages, Cassidy se fit la promesse de ne plus faire un pas vers lui. Elle le laisserait venir à elle, s'il venait un jour. Elle ne lui proposerait plus de thé, ni quoique ce soit. Elle ne s’assiérait plus dans le fauteuil directorial en son absence - d'ailleurs ô Merlin, comment avait-elle osé ? D'ailleurs... Elle ne dormirait plus ici non plus, ni n'emprunterait de livre de son propre chef. Bon sang, ça faisait mal. La jeune femme grinça des dents et ferma un instant les yeux, les récentes émotions réveillées, décuplées. Prenant sur elle, elle redescendit prudemment de l'échelle, et lorsqu'elle atteint le sol, son visage n'était plus rayonnant, mais de marbre. Il fallait être deux dans l'histoire pour créer la dynamique relationnelle dont il avait parlé et qu'alors qu'il avait entrevu un faible rayon de Soleil matinal - doux mélange de rosé et d'orangé - il avait brusquement tiré le rideau, préférant la pénombre. Si la jeune femme n'avait toujours pas digéré l'histoire de l'abandon hospitalier, ce petit événement si insignifiant, venait creuser un peu plus le fossé qu'il s'était évertué à combler, entre eux. Sans un mot, elle le contourna et pointa sa baguette vers le duvet qui se rangea et la couverture qui se replia. Elle se chaussa rapidement et d'un mouvement de baguette, elle arrangea sa longue chevelure en une queue de cheval haute, tirée à quatre épingles. Distinguant quelques cheveux morts sur le sol, elle les brûla à l'aide de sa baguette. Voilà, dans ce bureau, hormis sa propre personne glaciale, il n'y avait plus trace de son passage, plus ombre de vitalité. Lui demander d'emprunter sa douche ? Voyons, s'il avait refusé un partage de boisson... Un partage de douche ? Autant s'aventurer à chatouiller Voldemort.

Cela ne changeait bien entendu absolument rien à l'engagement dont elle avait fait preuve, mais la nature de la relation s'était quelque peu transformée. Il lui avait demandé la veille de se montrer telle qu'elle était, et maintenant qu'il l'avait croisée au réveil ; pieds nus, échevelée, les yeux pétillants, le sourire aux lèvres, installée confortablement dans le fauteuil directorial, lisant sans permission deux de ses ouvrages, il l'avait rembarrée. « Non merci. » Sec et cassant. Pas de partage de boisson matinale. Pas de partage. Tu fais un transfert sur Père Cassidy... Ce n'est qu'un thé Peut-être préfère t'il le café ? Peut-être, oui. La réaction était effectivement disproportionnée. Severus Rogue non plus ne devait pas avoir l'habitude de tomber nez à nez avec une jeune femme souriante et échevelée le matin en se levant. Il ne devait pas avoir l'habitude non plus de boire en la compagnie de quelqu'un mais... dans le travail qu'il avait entrepris avec son homologue blonde, il avait titillé... Non, il avait clairement donné un grand coup de poing dans sa sphère émotionnelle et cela avait pour conséquence... une exacerbation et une non compréhension de ces dernières. Tous deux allaient devoir faire des efforts pour s'apprivoiser et s'habituer aux écarts de l'un et de l'autre. Un travail de longue haleine les attendait encore. Oh mince... Elle avait oublié... Elle ressortit sa baguette de sa poche et fit disparaître la tasse encore fumante qu'il avait déposée sur un coin du bureau. Loin, si loin de lui comme si elle eu été pestiférée. Par cet acte de mise à distance non violent physiquement, le Directeur lui avait rappelé encore un peu plus Andreas chez qui la violence physique était très rare - trait dont elle avait hérité. Elle aurait préféré qu'il lui en jette le contenu au visage. Cela lui aurait fait moins mal.

Quelle faiblesse ? Eh bien non, cela n'en était pas. Cassidy était une femme forte, au caractère bien trempé. Elle était douée, intelligente et pas très douée pour ce qui relevait des émotions. Mais faible, certainement pas. Rogue avait juste tapé - sans le savoir - en plein dans un éclat de verre, alors oui, ça faisait mal. Auriez-vous jugé Severus Rogue faible si Cassidy s'était risquée à lui apporter un bouquet de Lys - déjà que son propre shampoing était parfumé de ces fleurs - ? Non. Il aurait été juste humain dans sa souffrance. Pas faible.

Elle n'avait pas envie de lui parler, néanmoins, une question lui brûlait les lèvres depuis la veille.

« Dites-moi, vous l'avez senti, le jasmin de mon souvenir ?
– Si j’avais voulu appuyer dès le début pour crever la surface, vous seriez morte. »

Sans blague. Cassidy n'était pas certaine d'avoir compris la réponse. L'Occlumancie donnait-elle accès aux souvenirs olfactifs ? Peu importait, elle n'avait plus envie de savoir. Se taisant, la jeune femme resta en bas des marches, le dos droit, la baguette à la main. Le regard vide de toute émotion. La muraille de pierre dressée autour de sa psyché. Plongé dans ses pensées, Rogue ne lui accorda pas un regard, le sien perdu sur le phénix qui avait veillé sur le sommeil de la jeune femme. A quoi pouvait-il donc penser cette fois ? Avait-il d'autres projets actuels ou peut-être allait-il lui dire de dégager de ses appartements ? Avoir une vie, un rayon de chaleur alors que l'on vivait dans le froid depuis tant de temps pouvait également faire mal. Qu'est-ce que Cassidy renvoyait chez lui ? Elle était une femme... Une femme aux cheveux blonds sentant le Lys et au regard doux lorsqu'elle le désirait. Une femme intelligente et humble, désireuse d'en apprendre encore et encore. Combative. Lily ? Une jeunesse blonde aux yeux turquoise et au caractère le plus souvent glacial. Une fille qu'il n'aurait pas eue ? Une amie de jeunesse ? Qui sait ? Il était loin, plongé en pleine réflexion, et elle, immobile, les bras croisés sur sa poitrine - défensive - comme toujours. Il ne semblait avoir rien vu.... Probablement. Elle n'avait pas senti la main de la Legilimancie tenter de venir fouiner dans son esprit.

« Certains élèves ont monté des prémices de résistance. C’est vers eux qu’il faut travailler, les aider à distance sans qu’ils ne le réalisent. Par exemple, en modifiant certains philtres à l’infirmerie pour les soigner, ce genre de choses. Et sans vous montrer. N’ayez confiance en personne. Sauf, sans doute, en votre petit ami. Par ailleurs, il va être bon de manipuler quelques uns de nos collègues pour les inciter à donner discrètement des cours de duel. Avez-vous déjà pratiqué l’Imperium, entre autres moyens ? »

Droite comme un I, la sorcière croisa les bras en fronçant les sourcils.

« Vous savez professeur, je ne vous ai pas attendu pour mettre certaines choses en oeuvre. Bien avant de connaître votre allégeance, certaines potions de l'infirmerie avaient déjà été améliorées, modifiées. Je pense à la potion de régénération sanguine par exemple. Je l'ai cette fois améliorée pour qu'elle puisse renforcer les globules rouges des élèves et les rendre plus résistants. Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. J'ai également pris soin à constituer ces potions avec ma réserve personnelle d'ingrédients, afin que l'on ne puisse pas accuser le professeur Slughorn d'une quelconque collaboration, ou un élève, de vol. Lorsque je suis affectée à l'infirmerie, je prends soin à ne pas retranscrire l'entièreté des actes médicaux effectués sur les élèves de Nuncabouc, puisque ces derniers n'ont le droit qu'aux soins minimums. Et bien entendu, personne ne m'a vue... »

Quelle remarque idiote.

« Manipuler nos collègues pour les inciter à donner des cours de duel ? Pourquoi ça ? Ne pensez-vous pas que des sorciers tels que McGonagall ou Selwyn ne prendraient pas eux-mêmes cette initiative ? Et oui... J'ai déjà pratiqué l'Imperium, mais je parviens davantage à y résister qu'à le lancer, même si je ne suis pas mauvaise dans le domaine. »

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MessageSujet: Re: [Octobre 1997] La voie de l'espionnage [PV Cassidy N. Rowle] Dim 18 Juin 2017 - 12:20

– Vous savez professeur, je ne vous ai pas attendu pour mettre certaines choses en œuvre. Bien avant de connaître votre allégeance, certaines potions de l'infirmerie avaient déjà été améliorées, modifiées. Je pense à la potion de régénération sanguine par exemple. Je l'ai cette fois améliorée pour qu'elle puisse renforcer les globules rouges des élèves et les rendre plus résistants. Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. J'ai également pris soin à constituer ces potions avec ma réserve personnelle d'ingrédients, afin que l'on ne puisse pas accuser le professeur Slughorn d'une quelconque collaboration, ou un élève, de vol. Lorsque je suis affectée à l'infirmerie, je prends soin à ne pas retranscrire l'entièreté des actes médicaux effectués sur les élèves de Nuncabouc, puisque ces derniers n'ont le droit qu'aux soins minimums. Et bien entendu, personne ne m'a vue…

Sans blague, personne ne l’avait vue, il s’en doutait bien. Dans le cas contraire, elle ne serait pas assise aujourd’hui sur cette chaise à discuter, mais plutôt enfouie sous terre entre quatre planches. Pour peu, bien sûr, que sa famille prenne la peine d’offrir un enterrement à un minimum décent à une traître à son sang. Quoi qu’il en soit, au moins était-elle déjà rompue à ce genre d’exercices, ils allaient gagner un peu de temps. Par ailleurs, il n’y avait aucun doute sur le fait que d’autres élèves et professeurs mène beaucoup d’actions du même style en parallèle, Severus se doutait de certains et savait bien ce que fichaient d’autres. Encore une fois, tout était affaire de discrétion, une discrétion dont certains élèves manquaient singulièrement… Combien de fois Severus avait dû s’empêcher de leur jeter aux visages qu’ils s’y prenaient comme des pieds et qu’ils devraient se considérer bien heureux que ni les Carrows ni les autres mangemorts de passage n’avaient les yeux en face des trous ? Qu’aucun de leurs actes ne sera perçu comme une simple blague de collégien ou comme de la provocation de la part d’adolescents en pleine crise ? Heureusement que la majorité des élèves plus âgés, de ces petits groupes, relevaient le niveau et faisaient preuve de plus d’intelligence. Du moins, lorsqu’ils ne se laissaient pas aller à la provocation… Rogue trouvait incroyable que le fils Londubat, entre autres, tienne encore sur ses deux jambes et surtout en un seul morceau. On appelait ça un véritable miracle.

Manipuler nos collègues pour les inciter à donner des cours de duel ? Pourquoi ça ? Ne pensez-vous pas que des sorciers tels que McGonagall ou Selwyn ne prendraient pas eux-mêmes cette initiative ? Et oui... J'ai déjà pratiqué l'Imperium, mais je parviens davantage à y résister qu'à le lancer, même si je ne suis pas mauvaise dans le domaine.

– J’attends toujours qu’ils la prennent, cette initiative, répondit-il d’un ton agacé. Les actions qu’ils entreprennent pour le moment ont autant de poids qu’une petite goutte de pluie au milieu d’une tempête.Et ne parlons même pas des actions de l’Ordre du Phénix. Il était couru d’avance que reprendre exactement la même façon de se battre qu’il y a vingt ans était le plus sûr moyen de se faire décimer.

Un léger reniflement, venu de derrière, se fit entendre, et Severus tourna brièvement la tête vers le tableau de Dumbledore, en lui jetant un regard noir. Ils avaient déjà « parlé » de ce petit détail en privé, le ton était monté, et Dumbledore devait bien voir aujourd’hui à quel point l’Ordre était parfois inefficace ! Mourir debout et fièrement, face à l’ennemi, oui, c’est très beau, très joli, très courageux, et surtout, incroyablement stupide ! A quoi bon avoir de l’honneur si c’était pour échouer ?! Ce n’est pas avec de l’honneur qu’on gagnait une guerre ! Severus soupira assez fort, énervé lorsqu’il pensait à ça, passant une main sur son visage blafard pour se frotter un peu les yeux. Ah, l’honneur, la fierté… Il avait dû apprendre à s’asseoir dessus et ce n’était que grâce à cela qu’il était toujours en vie. Et le temps filait, il filait beaucoup trop vite, Potter approchait de la vérité, Voldemort était en pleine quête également, il restait si peu de temps ! Ils étaient déjà au moins d’Octobre, le temps se réduisait de jour en vie. Il ne faudra pas plus de quelques mois encore avant que Potter et Voldemort en arrivent tous deux à la même conclusion et que la guerre ne s’enflamme encore plus. Mais pour le moment… L’agacement passa soudainement, sur son visage, se transformant en une moue autant inquiète que concentrée. Suivre les avancées de Potter et des deux autres était très facile. En revanche, pour suivre Voldemort… S’il devait tenter, c’était maintenant, il ne pouvait laisser Poudlard que quelques heures d’affilée avant que les Carrows ou d’autres ne s’en rendent compte.

– Je dois retourner en Albanie, reprit-il enfin. Nous referons un entraînement dès ce soir, vous devez apprendre vite à protéger votre esprit. En attendant, aujourd’hui, vous devez gardez l’esprit clair et lisse. Restez concentrée, la première phase sera la plus difficile car toutes les émotions sont libérées en un seul coup. Vous avez des questions ?

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MessageSujet: Re: [Octobre 1997] La voie de l'espionnage [PV Cassidy N. Rowle] Sam 24 Juin 2017 - 20:00

Manipuler nos collègues pour les inciter à donner des cours de duel ? Pourquoi ça ? Ne pensez-vous pas que des sorciers tels que McGonagall ou Selwyn ne prendraient pas eux-mêmes cette initiative ? Et oui... J'ai déjà pratiqué l'Imperium, mais je parviens davantage à y résister qu'à le lancer, même si je ne suis pas mauvaise dans le domaine.
– J’attends toujours qu’ils la prennent, cette initiative, répondit-il d’un ton agacé. Les actions qu’ils entreprennent pour le moment ont autant de poids qu’une petite goutte de pluie au milieu d’une tempête. Et ne parlons même pas des actions de l’Ordre du Phénix. Il était couru d’avance que reprendre exactement la même façon de se battre qu’il y a vingt ans était le plus sûr moyen de se faire décimer.

Perdu dans ses rechignements, il n'avait rien vu. Strictement rien vu. Rien perçu. Quedalle, niet, nada. Quelle surprise... Était-ce lui qui était mal réveillé ou elle qui était une excellente comédienne ? Un savant mélange des deux, probablement. Debout devant le maître des potions, Cassidy attendait. La jeune femme ne cilla pas, restant droite et en alerte, cherchant à détecter la main de la Légilimancie. Avec Severus Rogue, on pouvait s'attendre à tout. C'était un bien étrange sentiment qu'elle éprouvait envers lui. D'un côté, elle l'admirait envers et contre tout et trouvait honorable la loyauté dont il avait fait preuve envers le directeur. Solitaire, froid, rigoureux, il était tout ce qu'elle avait toujours connu auparavant. Elle aurait du le haïr, mais non. Elle avait rapidement ressenti quelque chose d'inexplicable, de complexe chez lui, et elle ne s'était guère trompée. Cela avait permis de contrebalancer les choses. En revanche, maintenant, une autre ambivalence naissait en la jeune femme, ce qui mettait à mal ses pensées et ses sentiments envers lui, alors qu'il lui avait demandé de s'ouvrir. Ce qu'elle avait perçu comme un puissant rejet, qu'elle avait inconsciemment relié aux constants rejets paternels, l'avait poussée à se refermer, alors qu'une part d'elle même restait admirative et considérait le directeur comme une sorte de mentor. L'ambivalence... Une certaine souplesse une fois de plus, qu'elle ne possédait pas encore. De fait, en proie à des émotions contradictoires mêlant colère, déception, tristesse, et loyauté, respect, et admiration, la jeune femme tentait de rester droite et de tenir le cap. Non, il ne verrait rien. Ni par la legilimancie, ni par l'observation. S'il le voyait, ou le percevait, c'est qu'elle n'était pas à la hauteur et cela ne serait qu'une déception de plus. Alors qu'il ne s'aperçoive de rien. Qu'il soit dur, exigeant mais aussi compréhensif. Un mentor... C'était un honneur de le trouver en la personne de Severus Rogue. Apprendre, toujours apprendre. Se surpasser, sans chercher à dépasser les autres. Néanmoins, si le doute subsistait quant aux raisons du choix du sorcier sur sa personne, elle devait veiller à ce que ce doute la pousse en avant et ne la freine pas. Toutefois, toujours douter, car celui qui est certain de savoir ne laisse plus de place au hasard, ne se laisse plus surprendre et n'apprend plus.

Un long silence s'était installé entre eux. Seules leurs respirations respectives venaient briser le silence total de la pièce. Cet homme ne partageait que peu de pensées. Il lui avait parlé de ses collègues dont il n'avait apparemment qu'une piètre opinion, et lui avait demandé si elle maîtrisait l'impero. Puis, plus rien. Effectivement, la jeune femme avait perçu que certains professeurs avaient des soucis à prendre parti et à s'impliquer. Slughorn en était le parfait exemple. Il lui était de plus en plus difficile de l'entrevoir et il ne prenait même plus la peine de mener tous ses cours à leur terme.

– Je dois retourner en Albanie. Nous referons un entraînement dès ce soir, vous devez apprendre vite à protéger votre esprit. En attendant, aujourd’hui, vous devez gardez l’esprit clair et lisse. Restez concentrée, la première phase sera la plus difficile car toutes les émotions sont libérées en un seul coup. Vous avez des questions ?

Qu'il essaie seulement d'y pénétrer maintenant... Il se rendrait vite compte qu'il n'y parviendrait certainement déjà plus avec la même aisance que la veille. Elle avait lu, lu et relu, sur ces deux dons complémentaires. Et avait compris beaucoup de choses.

- J'ai pu m'en apercevoir dès hier et je n'ai pas non plus attendu que vous soyez levé pour recommencer à m’entraîner. Je sais anticiper. Père m'a toujours appris à me situer entre l'anticipation et la soumission. Ne vous inquiétez pas professeur, je suis une élève assidue et lorsque je me concentre sur quelque chose, j'y parviens, même si je dois reconnaître que cet apprentissage est le plus dur que j'ai eu à mener de toute ma vie mais si vous mourrez, ce ne sera pas à cause de moi. Je vous le promets.

Cassidy avança de quelques pas vers l'homme en noir.

- Je ne terminerai pas ma dernière année d'étude de potionniste cette année. Je tenais à ce que vous le sachiez. Je reste au château en tant qu'apprentie et je n'avertis pas le Centre de Formation. Vous seul êtes au courant. Compte tenu de l'incapacité du professeur Slughorn à m'encadrer sur mon travail de fin d'étude et aux récents événements, je préfère ne pas le rendre et me laisser la possibilité de redoubler et de reprendre mes études plus tard... Après la guerre, si je suis encore en vie et que je ne finis pas enfermée à vie à Azkaban, ou promue parmi les mangemorts dans le cas inverse. Il me faut faire des choix. Je suis quelqu'un de très pragmatique. Je ne peux pas gérer de manière assidue l'apprentissage de l'Occlumancie, la supervision ponctuelle de l'infirmerie, les cours avancés de potion avec vous, les cours de soutien, les quelques cours du professeur Slughorn, et les travaux demandés par le Centre, en même temps des missions données par le Lord. Je ne suis pas surhumaine.

Pensive, le regard tourmaline de la blonde se perdit quelques instants dans le vague, avant qu'elle ne reprenne d'un ton étrange :

- Vous savez, j'aime beaucoup les potions. Elles sont... comme vous... et moi. En quelques sortes... Je ne vous en dirai pas plus. Si ça vous intéresse, vous vous questionnerez, peut-être pas tout de suite, ou alors cela ne vous intéressera pas et vous passerez au dessus. Bref... Même si je me suis lancée dans ce cursus parce que je suis passionnée par cet art, c'était  à la base purement stratégique. Peut-être aurais-je choisi cette voie au final, mais je n'ai pas eu l'occasion d'y réfléchir. J'ai juste... flatté l'Ego paternel en évoquant l'idée de suivre la même voie que lui, afin d'échapper à ... Il faut que vous sachiez... Non. Rien. Vous n'avez guère le temps pour ça et ça ne vous intéresse certainement pas.

La jeune femme se reprit, songeant à la façon dont il l'avait repoussée quelques instants auparavant. Plus un pas vers lui. Elle l'attendrait en revanche, s'il désirait de nouveau venir.

- Excusez-moi, ça ne se reproduira pas. Toutefois, il serait d'ailleurs intéressant de songer à engager un nouveau professeur de potions, au moins de manière occasionnelle. Les élèves n'ont pas étudié ne serait-ce qu'un dixième du programme. Et,
je serai prête pour quand vous reviendrez ce soir. J'aurai progressé.

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Le pessimiste se plaint du vent, l'optimiste espère qu'il va changer, le réaliste ajuste ses voiles.

Crédit - Joy
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MessageSujet: Re: [Octobre 1997] La voie de l'espionnage [PV Cassidy N. Rowle] Sam 8 Juil 2017 - 16:00

– J'ai pu m'en apercevoir dès hier et je n'ai pas non plus attendu que vous soyez levé pour recommencer à m’entraîner. Je sais anticiper. Père m'a toujours appris à me situer entre l'anticipation et la soumission. Ne vous inquiétez pas professeur, je suis une élève assidue et lorsque je me concentre sur quelque chose, j'y parviens, même si je dois reconnaître que cet apprentissage est le plus dur que j'ai eu à mener de toute ma vie mais si vous mourrez, ce ne sera pas à cause de moi. Je vous le promets.

Il ne le pensait pas, de toute façon, même sans avoir besoin qu’elle l’affirme, tout en s’avançant. Cette situation était certes délicate, néanmoins, il ne doutait pas qu’elle mette tous les efforts possibles dans le domaine, ne serait que pour survivre le plus longtemps possible. Pour elle, pour son petit ami bizarre, pour la vie à laquelle elle ne goûtait plus depuis son retour en Angleterre. Finalement, Severus ne regrettait vraiment qu’une chose, au milieu d’un certain soulagement d’avoir pu s’ouvrir un petit peu à une autre personne, c’était de d’apprendre à connaître une personne qu’il ne verra jamais évolué car il partira avant. Et cela, c’était dommage, il aurait sincèrement aimé la voir vivre après cette guerre, voir ce qu’elle allait devenir, une fois libérée de l’influence des mangemorts et prête à vivre par elle-même. On pourrait bien sûr lui répondre qu’il lui suffisait de tout faire pour rester en vie à la fin de la guerre pour le voir, cependant, c’était impossible. Même s’il n’était pas tué par un autre mangemort et s’il ne suicidait pas, restait le fait qu’il ne pouvait pas non plus passer le restant de sa vie à vivre dissimulé et loin de tout. La oslitude ne dérangeait pas Severus tant qu’il avait un but, tant qu’il avait à faire, en revanche, il refusiat de passer des années et des années avec pour seul but ressasser ses souvenir. Sa résistance à l’isolement avait elle aussi ses limites.

– Je ne terminerai pas ma dernière année d'étude de potionniste cette année. Je tenais à ce que vous le sachiez. Je reste au château en tant qu'apprentie et je n'avertis pas le Centre de Formation. Vous seul êtes au courant. Compte tenu de l'incapacité du professeur Slughorn à m'encadrer sur mon travail de fin d'étude et aux récents événements, je préfère ne pas le rendre et me laisser la possibilité de redoubler et de reprendre mes études plus tard... Après la guerre, si je suis encore en vie et que je ne finis pas enfermée à vie à Azkaban, ou promue parmi les mangemorts dans le cas inverse. Il me faut faire des choix. Je suis quelqu'un de très pragmatique. Je ne peux pas gérer de manière assidue l'apprentissage de l'Occlumancie, la supervision ponctuelle de l'infirmerie, les cours avancés de potion avec vous, les cours de soutien, les quelques cours du professeur Slughorn, et les travaux demandés par le Centre, en même temps des missions données par le Lord. Je ne suis pas surhumaine.

– Personne ne l’est.

Pas même Voldemort… ni Dumbledore, il était mort malgré tout, après une vie aussi mouvementée que particulière. C’était bien la seule chose de réconfortante, au final, savoir que tout ce qui vit viendra à mourir. Une immuabilité contre laquelle aucun mage noir ni aucun sorcier de bien ne pouvait lutter. Redevenant silencieux, il plissa un peu en voyant son apprentie se perdre peu à peu dans ses pensées, ou ses souvenirs, connaissant bien ce genre d’expression. Ce qui était le plus troublant était qu’elle se laisse aller face à lui. D’ordinaire, on le faisait lorsqu’on était seul ou près de personnes en qui on pouvait avoir une entière confiance, du moins, c’était ainsi qu’il voyait la chose. Attention… Vraiment, attention, libérer d’un coup les émotions et les sentiments pouvaient provoquer des réactions bizarres et vous rendre plus vulnérable que vous ne devriez l’être. Elle restait bien consciente de de qu’elle pouvait faire ou non, cela dit, c’était un bon point en soit. Rogue se leva, lui jetant un regard en travers. Savoir comment se comporter face à une personne vous connaissant un petit mieux que la moyenne des gens était toujours un exercice délicat, le directeur n’était pas d’une nature aimable et ne mâchait pas ses mots, pas plus que ses gestes ou comportements. Pas un homme qu’on aimait côtoyer. A côté d’elle, il avait vraiment l’impression d’être mort et enterré. Elle était le soleil venu d’inde, caché pour le moment derrière des nuages éparses, elle brillera à nouveau une fois débarrassée de toutes les ombres.

– Vous savez, j'aime beaucoup les potions. Elles sont... comme vous... et moi. En quelques sortes... Je ne vous en dirai pas plus. Si ça vous intéresse, vous vous questionnerez, peut-être pas tout de suite, ou alors cela ne vous intéressera pas et vous passerez au dessus. Bref... Même si je me suis lancée dans ce cursus parce que je suis passionnée par cet art, c'était à la base purement stratégique. Peut-être aurais-je choisi cette voie au final, mais je n'ai pas eu l'occasion d'y réfléchir. J'ai juste... flatté l'Ego paternel en évoquant l'idée de suivre la même voie que lui, afin d'échapper à ... Il faut que vous sachiez... Non. Rien. Vous n'avez guère le temps pour ça et ça ne vous intéresse certainement pas.

Rogue avait la bizarre impression qu’elle bataillait entre s’ouvrir sans oser ou s’obliger elle-même à la fermer et se contenter d’attendre. Face à cela, il hésitait. Une partie de lui tendait à lui dire de se ressaisir et se reprendre, l’autre la pousser à s’ouvrir car plus elle apprendra à se connaître elle-même, sans barrière ni frein, plus elle apprendra à toucher et contrôler ses émotions. Cependant, ce jeu se menait à deux, Rogue avait appris à ses dépends qu’on ne découvrait pas mieux certaines choses en étant seul plutôt qu’accompagné d’une tierce personne. En l’occurrence, s’il devait lui apprendre l’occlumancie de manière efficace, il devait autant lui faire confiance qu’il fallait qu’elle ait confiance en lui. Et donc s’ouvrir. Un point qui restait très difficile, Dumbledore l’avait aidé, mais depuis sa mort, le directeur s’était à nouveau complètement refermé, claqué violemment la porte de son esprit et jeté la clé. Il se devait de le faire, pourtant. Appuyant un bras contre la haut dossier de la chaise de son bureau, il faillit répondre aussitôt puis se tut de nouveau. Voilà bien au moins une chose qu’on ne pouvait apprendre dans les livres, comment être sociable et ouvert.

– Excusez-moi, ça ne se reproduira pas. Toutefois, il serait d'ailleurs intéressant de songer à engager un nouveau professeur de potions, au moins de manière occasionnelle. Les élèves n'ont pas étudié ne serait-ce qu'un dixième du programme. Et, je serai prête pour quand vous reviendrez ce soir. J'aurai progressé.

– Sans doute.

Comment s’y prenait-on pour débuter la construction d’une relation de confiance, au juste ? Pour le moment, ils ‘était surtout interrogé sur les capacités de Cassidy, de manière purement pratique, et sur ses compétences et son potentiel. Mais ça ne suffisait pas. Enseigner n’importe quoi d’autre aurait été plus simple, mais à présent… Severus n’avait aucune idée de la façon dont on entamait une conversation normale, sociable, de comment on s’y prenait pour apparaître poli ou aimable à quelqu’un. Enfin… Comment s’y était-il pris, avec Lily ? Ces souvenirs étaient tellement lointains, perdus dans un flot qu’il craignait presque de se remémorer. Enfants, tout était plus simple… Une époque où, même si les soucis n’étaient pas absents, il s’était senti bien vivant. Passionné. La tête remplie de rêves. Assoiffé d’ambition. Impatient et prêt à tout.

– Je sais que je dois apprendre à vous faire pleinement confiance et vice-versa, dit-il finalement en dardant son regard noir de jais sur elle. Et je ne vous cache pas que ça va prendre du temps, je me suis trop habitué à repousser tout le monde pour accepter en un instant que quelqu’un approche. Je vais faire des efforts pour ça.

Trop habitué également à ce que les personnes autour de lui naturellement, y compris les petits premières années qui ne savaient rien de lui et qui s’effrayaient pour un rien. Ou d’autres s’arrêtant aux apparences et ne cherchant jamais au-delà. Rogue tiqua un peu en réalisant le temps qui défilait, le temps qu’il lui restait s’il lui fallait s’ouvrir. C’était si peu naturel. Sinon, il pouvait pour une fois dire platement ce qu’il pensait vraiment. S’autoriser à parler, pour de bon.

– Vous parliez de passion, toute à l’heure, et cette passion vous a sûrement permis de gagner du temps avant un mariage forcé. Vous vivrez plus facilement, si vous la gardez en vous. Même à la fin de cette guerre. Si on vous arrête, vous aurez assez de preuves pour prouver votre bonne foi. En attendant, je ferai ce que je peux pour vous protéger, je n’ai pas envie de voir rejoindre la tombe, pas vous aussi. Mais si vous sentez que cela devient trop dur, vous pouvez vous ouvrir sur ça à quelqu’un en qui vous avez entière confiance. Comme Holbrey.

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[Octobre 1997] La voie de l'espionnage [PV Cassidy N. Rowle]

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