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[3 Octobre 1997 - Spitzberg ] - E fructu arbor cognoscitur.

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PERSONNEL DE POUDLARDBibliothécaire
    PERSONNEL DE POUDLARD
    Bibliothécaire
AVATAR : James McAvoy
MESSAGES : 184

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Seul...
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 10 Août 1964
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: [3 Octobre 1997 - Spitzberg ] - E fructu arbor cognoscitur. Jeu 24 Nov 2016 - 21:18

Octave avait le regard rivé vers l’une des fenêtres de la bibliothèque, contre laquelle battait une pluie torrentielle cascadée, balayée par des bourrasques de vent si fortes que certaines gouttes d’eau avaient le temps de se cristalliser et on aurait largement pu croire, au son, que quelqu’un était en train de jeter des pelletés de sable contre la vitre. Tout était flou et l’on ne voyait rien et c’était parfait car le bibliothécaire avait besoin à ce que rien ne le perturbe dans ses tergiversations qu’il entretenait avec soi-même. Il avait d’ailleurs l’air si parfaitement distrait que son regard ne voyait même plus les quelques élèves qui passaient devant son bureau pour déposer des livres où enregistrer un emprunt. Pourquoi pas ? Hein ? Pourquoi pas après tout ? Entre ses doigts, il n’avait de cesse de plier et déplier la dernière rétorsion épistolaire d’une vieille connaissance. Milo Kaçavenda, un entrepreneur syrien, qui avait dépassé la soixantaine depuis peu. Dans sa folle et tumultueuse jeunesse, il avait gravi les cadavres de ses ennemis en accumulant illégalement des informations compromettantes à leur sujet. Parfois il remontait si loin dans le passé que les renseignements cherchés se transformaient en archives. Le temps passait, les dossiers s’accumulaient et Milo s’adonnait à cette collecte comme à une passion, un loisir. Il avait fini par collectionner les témoignages en sa possession, en amassant d’autre, sans aucune utilité, tel un collectionneur souhaitant s’immiscer dans la vie intime de tout le monde, surtout de ceux qui étaient morts depuis longtemps. Sa fortune augmentant avec son âge, il était parvenu à se procurer des extraits de journaux de Leonardo Vinci et depuis s’adonnait en autodidacte à la stéganographie et à la cryptographie. Il n’était qu’un amateur et ses talents étaient limités, mais rien ne pouvait rivaliser avec l’exaltation qui l’animait lorsqu’il s’agissait de satisfaire un caprice. Parce que c’était ça, le caprice d’un vieux croulant qui avait trop de fric pour étouffer ses élans de dilettante qui s’ignore.

Néanmoins, sa requête avait le mérite d’être intéressante et ses arguments bien fondés. Tel le bon diplomate qu’il eut toujours été, Milo Kaçavenda avait fait appel à une parfaitement grossière flatterie pour convaincre Octave. Il avait fait mine de résister, mais à dire vrai, sa décision fut prise bien avant qu’il ne s’en rende bien compte lui-même, son premier réflexe ayant été de chercher des solutions au problème plutôt qu’une manière polie de dire non. M’enfin, il fallait parfois savoir se faire désirer, gonfler ses prix pour voir à quel point le client était désespéré. Et il l’était. Principalement parce que Octave était la seule personne en sa connaissance capable de mettre en scène une telle mission tout en possédant ce don si particulier et rare qu’était la mémoire eidétique. Milo n’était pas de ceux qui insistaient longuement en général, mais là, il l’avait enseveli, un hibou après l’autre, sous une pile de courtes missives emplies d’un froid pragmatisme calculateur, parfois de désespoir et même de menaces inassumées. Il lui avait même fourni les données géologiques, avec les spécificités du terrain, ainsi que des plans du bâtiment à « cambrioler ». Octave ne savait pas comment Kaçavenda était parvenu à se procurer ce type d’information, mais ils avaient intérêt à être à jour. Combien de fois s’était-il retrouvé avec un mur là où il devait y avoir une porte ? Trop souvent. La veille, il avait répondu positivement, une fois parfaitement certain que le plan échafaudé tenait la route au moins à soixante-quinze pourcents, laissant les réglementaires vingt-cinq restants au hasard, imprévus et mauvais aléas du destin. Tant que l’improvisation ne dépassait pas ce seuil-là, la tâche était largement envisageable. Mais lors de sa composition, Octave en vint à réaliser qu’il lui faudrait peut-être quelqu’un pour couvrir ses arrières lors d’une partie très spécifique et centrale de cette aventure.

Il fixait donc la fenêtre, en ce vendredi matin de 3 octobre, retournant dans son esprit le même nom de famille comme on retournerait une crêpe pour mieux la faire cuire. Il aurait préféré faire appel à quelqu’un qu’il connaissait, mais dramatiquement personne n’était disponible. Alors Octave hésitait, ayant toujours eu des réticences à travailler avec de nouvelles têtes, même si la tête en question était née sous un nom à la réputation bien commode. Enfin, depuis peu, il n’y avait plus de réputation du tout, puisque quasiment tout le monde était mort. Il ne restait plus que la jeune fille -trop jeune peut-être d’ailleurs- et son frère. Miss Shafiq avait toutefois l’indéniable avantage d’être à peine à quelques foulées. Enfin, ce n’était qu’un bonus, en théorie, car avec beaucoup de volonté, il était capable d’achever cette mission sans aide auxiliaire, mais il valait mieux mettre les chances de son côté, pas vrai ? A condition que ce soit une chance, et non un désastre. Dans un monde sans lois où la confiance était maîtresse parmi toutes les poignées de mains passées sous la table, Octave continuait à être excessivement méfiant vis-à-vis des réputations qui circulaient en téléphone arabe. D’autant que le prestige qui se faisait sur plusieurs générations prêtait souvent les qualités de la génération précédente sur la nouvelle, comme l’on s’imagine que le prestige d’une école est rehaussé par le prix Nobel qui y a jadis étudié. Toutefois, comme la tâche qui lui avait été confiée n’était, fondamentalement, pas d’une importance capitale et relevait plus de la satisfaction d’un loisir que la complétion d’un devoir primordial, Octave était prêt à risquer. Ou plutôt, il se savait être en mesure de réparer les bavures si le besoin se présentait. Alors il se saisit d’un morceau de parchemin et traça, de son écriture calligraphique :






Octave replia le parchemin en enveloppe et y glissa  une rondelle d’or non frappée, symbole de richesse et du fait qu’il était prêt à payer le prix qu’il fallait, en argent ou en nature. Il en cacheta l’ouverture avant d’appeler un elfe, lui indiquant la destinataire. Shafiq… un nom qui avait baigné la bouche de plus d’un, tantôt par flatterie, tantôt par crainte, plus rarement pour critiquer. Cette famille faisait partie de ces rocs inébranlables qui constituaient ce que l’on pouvait appeler le marché noir, commerce fait d’accords officieux et pour la plupart illégaux. Il lui avait déjà été donné d’en croiser quelques-uns, par hasard, alors il avait déjà une vague idée de ce dont ces mercenaires étaient capables. Enfin, tout cela était relatif. Mais quoi de mieux qu’une telle aventure pour connaître les capacités de ses collègues, n’est-ce pas ? Un bonus agréable, indéniablement. Plus efficace en tout cas qu’une vague discussion d’étudiante à bibliothécaire.

La journée coula sans remous, dans une parfaite banalité comme la vie vous en offrait rarement. Aux alentours de minuit, Octave se changea pour revêtir un pantalon cargo noir aux multiples poches qu’il truffa de fioles et d’ustensiles qui pouvaient s’avérer utiles. Il glissa sa baguette contre son avant-bras gauche, retenue par une sangle de cuir et cachée par deux couches de manche. Pas de doudoune ni de manteau, mais deux pulls superposés et aussi proches du corps que possible pour une plus grande liberté de mouvements. Une première couche fine en polyester pour évacuer la transpiration et éviter les sensations de froid dues à une sueur en contact permanent avec la peau. Et une deuxième couche, un pull noir, au maillage aéré pour ne pas compromettre l’intérêt du pull en dessous. Octave releva le col roulé jusqu’à la mâchoire et inspecta une dernière fois si tout était bon. Pas de sac, aucun bagage, la furtivité et l’efficacité étant de mise. Le bonnet et les gants ressortaient de ses poches arrière. Il resserra sa ceinture d’un cran et observa ses bottes en cuir pour voir si la semelle ne se décollait pas. Tout était cependant en ordre. Octave quitta la bibliothèque en fermant soigneusement la porte avant de longer les murs d’un pas de félin en évitant les regards inquisiteurs. Au final, il ne croisa personne, mais dût attendre derrière un mur qu’une paire d’inspecteurs s’en aillent pour pouvoir passer. Il arriva au lieu du rendez-vous quinze minutes à l’avance et balaya l’horizon du regard, scrutant le moindre point lumineux, le plus imperceptible mouvement, le miroitement incertain d’un reflet jusqu’à être parfaitement certain qu’il n’y avait personne à part lui. Alors, tranquillement, il s’adossa contre le mur en pierre, dans l’ombre de la lune et s’engagea dans la frénétique remembrance des plans qu’on lui avait fournis et qu’il avait dû apprendre par cœur. Naturellement, il s’était mis à siffloter, chose qu’il ne se permettait de faire qu’à l’extérieur et en étant seul. C’était Sweet Dreams d’Eurythmics, et comme les paroles étaient sympas, il se laissait par moment le loisir de marmonner le refrain. Que l’électro était simple à siffler quand même ; rien à voir, par exemple, avec un morceau subtil de piano, où il faudrait siffler toutes les notes sans y arriver véritablement, parce que bon, l’art de siffler était bien réduit face à l’art de du piano. Enfin, l’art du piano qui était traité avec amour par l’artiste, parce qu’il y avait des pianistes qui n’avaient de pianistes que le nom. Tout ça pour dire, que les sons minimalistes de l’électro, ça se sifflait bien.


Si ce n'est pas lisible:
 

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MessageSujet: Re: [3 Octobre 1997 - Spitzberg ] - E fructu arbor cognoscitur. Hier à 14:26


Cela faisait déjà une journée entière qu'Astrid regardait le temps passer sans rien faire. Allongée sur le canapé des petits appartements qu'elle possédait à présent à Poudlard, ses yeux suivaient la lame du poignard finement ouvragé qui voltigeait juste au-dessus de sa tête. D'un geste expert, elle le réceptionna entre son index et son annulaire. Elle le renvoya dans les airs, recommençant son petit manège. Cela faisait bien deux heures qu'elle faisait ça. Elle n'avait rien d'autre à faire, de toute façon, n'ayant pas encore reçue les devoirs de ses élèves. Son frère ne donnait pas de nouvelles, également, et après ce qu'elle avait fait à un élève deux jours plus tôt, elle se voyait mal se balader dans les couloirs. Elle le faisait, seulement par nécessité, quand elle n'avait d'autres choix, à présent. Dangereuse. Oui, c'était le mot. Elle était clairement dangereuse, pour les élèves, alors qu'elle s'était jurée de les protéger. Autant essayer de les protéger d'elle-même, en premier lieu, ce qui était visiblement plus difficile à faire qu'à dire. Tu es douée pour les paroles en l'air, murmura l'autre voix. Un grognement s'échappa des lèvres du puma. Elle se releva avec une rapidité impressionnante, récupérant le poignard à la volée. Telle une danseuse, elle se retourna en ne s'appuyant que sur la pointe de son pied droit, son bras gauche - celui tenant présentement l'arme - se tendant comme mût d'une volonté propre. Le poignard s'échappa de l'étreinte de ses doigts, allant se planter dans la cible accrochée sur le mur, juste à côté de sa veilleuse. Il se planta pile en son centre, sans même qu'elle n'eût véritablement besoin de viser. Elle avait toujours été douée avec les armes blanches, bien plus que certains membres de son clan, même s'il lui avait fallu beaucoup de temps, beaucoup trop certainement, pour s'en rendre compte. Et susceptible, par-dessus le marché.

- Ferme-là, grogna-t-elle, seule, froidement.

Sa voix résonna dans la pièce, alors que ses yeux se posaient sur le miroir à quelques mètres de sa position. Elle les cligna, plusieurs fois, réalisant la couleur de ses cheveux et de ses yeux. Un beau bleu nuit. Elle grimaça, fermant les yeux quelques secondes. Après quelques respirations pour calmer ses nerfs qui avaient, visiblement, la fâcheuse tendance à lâcher facilement ses derniers temps, elle les rouvrit. Ses attributs avaient repris leurs apparences habituelles, son beau châtain, et ses yeux vairons. Elle soupira. Un soupire trahissant quelque peu son soulagement, qu'elle pouvait se permettre. Elle était seule, après tout. Rares moments où elle se donnait le droit de relâcher un peu la pression. Elle n'avait pas refusé d'avoir ne serait-ce qu'un seul tableau dans la pièce, préférant les murs de pierre vide, pour rien. Elle voulait un endroit où être véritablement tranquille, sans avoir à se soucier du fait que, dans ce foutu château, la majorité des murs avaient des yeux et des oreilles. Non, elle refusait que ce fût également le cas à l'endroit où elle vivait - enfin, où elle dormait serait plus exact.

Mais, après tout, ce serait beaucoup trop beau pour être véridique. L'elfe apparaissant devant elle, en se triturant les mains, le prouva. Il se recula dans un glapissement quand le poignard de la belle se retrouva sous sa gorge, celle-ci l'ayant appelée du mur d'un geste inconscient. Elle était à nouveau complètement tendue, son regard inexpressif posé sur la créature qui venait de pénétrer dans son antre sans même demander sa permission. Avec un soupire, Astrid se força à se détendre, laissant tomber l'arme sur le canapé de cuir près d'eux. Elle s'approcha ensuite de l'elfe avec lenteur. C'était assez comique, d'une certaine manière, de voir à quel point elle pouvait changer du tout au tout, en quelques secondes. Elle ressemblait à ce moment-là à une marionnette aux fils défectueux, plus qu'autre chose, alors qu'elle aurait pu, clairement, être apparentée à une guerrière, sauvage, des anciens temps, quelques secondes plus tôt. L'elfe pencha la tête sur le côté, sans prononcer le moindre mot, quand la demoiselle tendit sa main, pour récupérer la missive, dont elle devinait être la destinataire.


- La lettre vient de monsieur Holbrey, couina la créature, en s'inclinant bien bas.

Astrid leva les yeux au plafond dans un soupire, en voyant les réactions de la personne face à elle. Une personne, oui. Contrairement à de nombreux sorciers, Astrid considérait les elfes comme des êtres bien plus puissants et bien plus impressionnants que nombre de sorciers. Leur magie en était une preuve. Elle trouvait cela simplement... dommage qu'ils fussent enchaînés par la servitude. Elle revint à la réalité quand la missive fut posée dans sa main, et elle se força à sourire à l'elfe.

- Merci. Tu peux retourner à tes occupations, maintenant.
- Oh... Non, non, non ! Miss Shafiq est trop aimable, mais pas de merci ! Le Seigneur Noir serait pas content du tout !

Un clignement d'oeil, éberlué, puis un claquement de doigts plus tard, et Astrid se retrouva à nouveau seule. Elle secoua la tête, pour remettre ses idées à leurs places, dans le capharnaüm que représentait présentement son esprit, ses cheveux soyeux voltigeant par la même occasion. Ses yeux se posèrent ensuite sur la missive en question, scellée. Le poids et la forme, à un endroit en particulier, laissait déjà présager qu'il n'y avait pas qu'une simple lettre, à l'intérieur. Avec une certaine impatience, la demoiselle espérant clairement ne pas se tromper, elle l'ouvrit. Un sourire sauvage, et dangereux, apparut de lui-seul sur son beau visage, quand la pièce d'or fut arraché de son enveloppe. Un symbole, souvent utilisé dans son univers. Un symbole lui promettant, normalement, une mission. Elle ne s'était pas trompée et, surtout, c'était exactement ce qu'il lui fallait. Une mission, pour oublier pendant un temps, ses autres occupations. Redevenir celle qu'elle était réellement, ni plus, ni moins. Une guerrière. Pas un prédateur enfermé dans une cage, bien que soyeuse, à tourner en rond à longueur de journée et rêvant de liberté. La lettre fut rapidement récupérée ensuite et dépliée, pour pouvoir la lire complètement. Ses yeux voyagèrent sur la belle écriture de l'homme, lui demandant tout simplement ses services pour assurer ses arrières, pendant quelques heures, dans la nuit. Astrid acquiesça pour elle-même, après avoir brûlée la lettre d'un sort informulé, jouant avec la pièce. Elle la faisait passer entre ses doigts, l'observant glissant sur son index, et les autres, avant de recommencer en sens inverse. Un autre manège, alors qu'elle réfléchissait rapidement à ce qu'elle pouvait bien lui demander.

Ce ne fut qu'en récupérant le poignard qu'une idée lui vint. Une idée saugrenue, mais qui pourrait lui permettre d'approfondir clairement ses connaissances, en magie noire et, particulièrement dans les malédictions. Le poignard qu'elle possédait, empoisonné avec le nectar d'un serpent légendaire, lui avait après tout directement appartenu. Un paiement, de la famille Sovrano, qui possédait un nombre impressionnant de reliques et de livres, venant directement de leur propre famille. Thion Sovrano, un homme particulièrement détesté dans l'histoire, et pourtant fascinant dans sa folie. Un mage noir de l'époque de l'Antique Rome, qui avait été, également, un des hommes les plus puissant et les plus riche du continent. Sa famille n'avait plus un tiers de sa richesse, mais il possédait encore certains objets, en particulier, qu'Astrid rêvait de posséder. Un livre, surtout, qui n'avait, à ce jour, plus que huit exemplaires, disséminés dans le monde, interdit à la vente et la reproduction, mais traduit illégalement en italien pour certains, en anglais pour d'autres. L'original était bien évidemment intouchable, bien trop protégé, écrit directement en latin.
Tu rêves de l'avoir, n'est-ce pas ? "La Belle Magie ; La Magie Noire".

Astrid acquiesça, en se relevant. Elle traversa la pièce, tout en continuant de jouer avec la pièce d'Holbrey. Elle s'approcha rapidement de l'entrée de sa petite demeure, et poussa la porte pour se retrouver dans le couloir. À quelques pas du tableau représentant un noble chevalier, entrée secrète de son lieu de vie, se trouvait la porte menant à sa salle de classe. Elle s'y rendit, après avoir placé plus d'un sortilège de protection sur l'entrée de sa chambre, la majorité étant des connaissances, oubliées et récupérées, par les Shafiq, pour se protéger eux-mêmes des intrusions. La pièce n'avait pas véritablement changé, depuis son cours. Les mêmes tables, les mêmes tableaux et toujours le détraqueur enfermé. Astrid passa à côté de tout cela sans un regard, bien qu'elle laissa glisser ses doigts sur le verre, la protégeant de la présence néfaste de la créature, qui tentait tant bien que mal de sortir, en se collant à celle-ci. Une idiotie, mais on ne pouvait pas dire, que ses démons, étaient véritablement intelligents.

Ses pas la menèrent enfin jusqu'à son bureau, qu'elle déverrouilla après avoir baissé les protections, puis pénétra dans la pièce. D'un geste de sa baguette, la mercenaire rangea la paperasse, qu'elle avait délaissé, dans les tiroirs. D'un autre, elle ouvrit la malle se trouvant derrière celui-ci. Un nombre, conséquent, d'armes, vint s'installer sur celui-ci, accompagné d'un parchemin et d'une plume. Une plume particulière, qu'elle n'utilisait que dans ce genre de situation. Rapidement, elle griffonna sa requête pour Holbrey, même si le parchemin resta complètement vierge d'apparence. Il lui faudrait réfléchir pour pouvoir découvrir le paiement, un simple revelio ne suffisant clairement pas. Elle ne se faisait, malgré tout, pas d'inquiétude, l'homme était certainement intelligent et, si jamais il ne parvenait pas à trouver la solution, il lui suffirait de venir la trouver, pour qu'elle lui donnât. Elle l'enroula rapidement, s'aidant d'un ruban de feuille d'or. Une signature, chez les Shafiq. Elle le laissa sur le bord du bureau, puis ses yeux se posèrent sur ses trésors.

Des couteaux. Un katana, venant directement d'un sorcier japonais. Un arc et les flèches, empoisonnés, allant avec. Elle possédait également kunaïs et shurikens, particulièrement bien aiguisés. Elle avait une grande préférence pour les armes blanches, silencieuses. Mais, elle devait avouer, que l'arme - se trouvant au centre de tout l'attirail qu'elle possédait, comprenant, en plus de ce qui était cité ci-dessus, des fouets, des chaînes, et d'autres joyeusetés - lui faisait de l'oeil. Une arme, tout ce qu'il y avait de plus moldu, même si elle était modifiée magiquement, pour éviter le recul et le bruit. Un magnifique pistolet, semi-automatique, répondant au doux nom de Bergmann-Bayard. Astrid sourit, récupérant les munitions qui allaient avec, pour les ranger. D'un geste sec de sa baguette, elle fit apparaître les vêtements qu'elle mettrait le soir-même. Un débardeur, avec un pull aux mêmes matériaux, les deux moulants. Un pantalon, des bottines, complètement silencieuses, ainsi que son manteau, les trois dernier cités, de cuirs. Des vêtements, protégeaient avec plusieurs charmes. Une tenue de guerre, que toutes les femmes Shafiq portaient, les hommes ayant leur propres "tenues de travail". Seul le symbole au dos de la veste, laissait présager qu'Astrid n'était pas n'importe laquelle des femmes Shafiq. Un simple zéro, d'un bleu nuit, qui n'était quasiment pas visible avec le noir, pour des yeux n'étant pas habitués à l'observation. Rapidement, Astrid se revêtit, faisant disparaître les autres vêtements, présentement délaissés, d'un nouveau coup de baguette bien placé. L'heure tournait sereinement, laissant ainsi le loisir à la demoiselle de choisir les armes qu'elle prendrait avec elle. L'arme moldue, rangée, fut délaissée, pour plusieurs raisons lui étant propre, préférant se contenter d'autres outils. Les poches intérieures de sa veste, accueillirent chacune une seule arme. Elle ne les sentait pas pour autant, la magie pouvant faire des merveilles.

Quand enfin, la nuit enveloppa l'écosse, et que l'heure de partir pour sa rencontre sonna, Astrid sortit de son bureau, replaçant les protections. Elle enfila ses gants, avant-dernier détail de son attirail. Puis, avec une belle furtivité, la demoiselle passa dans les couloirs, sans se faire remarquer. Elle n'était plus simplement Astrid. Non, elle était présentement une Shafiq, une mercenaire, prête à tout pour réussir sa mission. Une mission, qu'elle ne connaissait pas encore, mais qui, elle l'espérait, s'avérerait intéressante. Complètement silencieuse, les charmes posaient sur ses vêtements, par l'ancien armurier des Shafiq aidant de beaucoup, la demoiselle emprunta un passage secret, au premier étage, lui permettant d'atterrir derrière un miroir, non loin du point de rendez-vous. À l'intérieur, elle ferma les yeux, une grimaça se peignant sur ses traits gracieux. Ses cheveux devinrent de jet, et ses yeux suivirent le mouvement, devenant deux obscurs billes. Ses traits se changèrent également, ne permettant plus au premier venu de la reconnaître, surtout dans l'obscurité. Un masque, son masque, qu'elle revêtait, quand son identité changeait. De la fille Astrid Shafiq ressortait, présentement, l'une des plus dangereuse mercenaire du clan. Z, pour le zéro. Un surnom, qui faisait trembler plus d'un sorcier, ou moldu. Peu étaient ceux connaissant la véritable identité de Z, malgré le fait, étrange, qu'Astrid ne s'en fût jamais véritablement cachée. Une légende, un mythe. La peur, tout simplement, cette arme si puissante et si délicieuse.

Après cela, elle récupéra l'une de ses armes. Un fils, très fin, qu'elle enroula autour de son avant-bras gauche, le serrant, au maximum, qu'elle le pouvait, sans pour autant se blesser, ou restreindre ses mouvements. Enfin complètement prête, après avoir fermé le long manteau lui collant au corps, bien qu'ouvert au niveau de ses jambes - et lui arrivant jusqu'aux talons -, elle poussa le fameux miroir. En quelques enjambés, délicieuse féline se mouvant avec la grâce d'une artiste, elle parvint jusqu'au lieu de rendez-vous. Elle s'immobilisa derrière une statue, les mains dans ses poches et le visage complètement inexpressif. Holbrey devait l'avoir vu, forcement, la demoiselle y ayant veillée. Elle attendit, de fait, qu'il vint directement vers elle. Une habitude, qu'elle avait, et qui ne la quittait pas. Contrairement à beaucoup de Shafiq, elle n'était pas du genre à aller d'elle-même vers l'employeur. S'il voulait réellement ses services, il se devait de se faire remarquer, plus qu'elle ne l'avait déjà capté. La respiration lente, complètement sereine, la belle tueuse patienta.


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