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Are you a dementor? ‘Cause you take my breath away. [01/10/97]

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MessageSujet: Are you a dementor? ‘Cause you take my breath away. [01/10/97] Jeu 24 Nov 2016 - 13:27

Shawn & Cassidy




La musique a toujours joué un rôle prépondérant dans la vie de Shawn Inoue. Des premières berceuses chantées par sa maman jusqu’au rock moldu qu’il chérissait tant. Toutes ces mélodies avaient marqué les étapes de sa vie et chacune correspondait à une phase bien spécifique. La musique est belle, la musique est pure, sincère et elle transcende les âges pour continuer à faire rêver les générations futures. Il aimait tout ce que la musique avait à lui offrir : les notes tourbillonnantes et glaçantes, le chant de la guitare qui transforme le présent en rêve et le désespoir en bonheur et la fièvre des glissandos. La musique, la vraie, celle qui métamorphose notre âme en paire d’ailes prête à s’envoler vers les cieux. Pour se sentir en vie, il n’y a pas trente-six mille remèdes : la musique et rien d’autre. La musique, et les autres langages deviennent des mensonges. Langage à part entière. Langue des émotions, des pleurs et des rires, des joies et des tristesses, des « je t’aime » et des « je te hais ».

La musique était présente de partout dans son univers. Quand il se sentait seul et isolé, dans le battement d’une aile, le grincement d’une porte, le rire d’un inconnu ou même le grattement des plumes sur le parchemin. La musique lui avait beaucoup apporté, elle l’avait écouté et comme une mère l’avait bordé, vu grandir, échouer, se redresser, pleurer, et puis sourire. Elle l’avait accompagné sur le chemin de sa vie, telles la plus fidèle des amantes, la plus douce des amies et la plus tendre des mères. Sans la musique, son cœur n’aurait plus aucune raison de battre et son âme de continuer à danser.  Danser tant qu’il entendra la musique, sans jamais s’arrêter.

Ce que les mots avaient été incapables d’exprimer, mais également toutes les souffrances avaient pu être transmises à travers la musique qu’il créait.  Shawn , comme tous les êtres humains, avait connu les désolations de l’âme et apprit à vivre avec. La souffrance devient ainsi ponctuelle, elle pénètre le quotidien. Devient le quotidien, et finalement nous oublions où se trouve la blessure d’origine. Les blessures que nous pouvons montrer du doigt ne sont pas celles qui nous font véritablement souffrir. Et c’est là qu’intervient la musique, pour panser nos blessures invisibles. Leur père les avait forcés très jeunes à baigner dans le domaine musical, parce que lui-même, enfant, n’avait pas eu d’autres choix que d’apprendre le solfège. Son père jugeait le bagage artistique et plus précisément musical, indispensable dans le perfectionnement de l’éducation. Une sorte de cerise sur le gâteau. Le père des jumeaux reproduisit donc le schéma de son propre père, bien qu’il n’ait jamais aimé jouer d’un instrument.

On avait forcé Shawn à jouer du piano, mais au fil des années les goûts musicaux du jeune homme s’éloignèrent grandement du terreau familial pour s’orienter vers le rock’n’roll moldu et la guitare. Le Gryffondor croyait fermement qu’il suffit d’écouter les musiques préférées des gens pour en apprendre plus sur eux. Elle était plus sincère que n’importe quel discours. La musique lui donnait le sentiment d’être libre, vivant. C’est une amie sincère et fidèle, la caresse du vent dans les cheveux et ce qu’il recherchait ardemment : une porte de sortie laissant derrière lui les tracas de sa vie. Et pour le coup, cela avait bien réussi. Shawn avait littéralement tourné le dos à son passé et ses cicatrices d’antan.  Enfin, c’est ce qu’il pensait, mais la vie lui apprendrait un jour, comme elle aime le faire lorsqu’on s’y attend le moins, que rien n’est vraiment du passé. Qu’il est plus vivant que ce que l’on peut imaginer. Le réveil serait alors brutal et irréversible.

Assis sur la chaise avec sa fidèle guitare sèche Sober sur ses genoux, Shawn modifiait certaines notes  sur ses partitions. Il ratura rageusement une ligne et fixa le papier  en mordant l’arrière de son crayon. Dans la salle faisant office de studio de taille médiocre, pas une note de musique ne virevoltait dans l’atmosphère. Les monstres à cordes et à percussions semblaient dormir paisiblement dans l’attente de leur heure de gloire. Le groupe Cor Leonis était au grand complet, mais depuis plusieurs minutes pas un son ne venait faire vibrer les murs, les meubles et les âmes.

-Non ça va pas les gars ! Il passa une main dans ses cheveux. Y a un truc qui coince.

Connor, Sian et Gavin s’étaient arrêtés de jouer depuis plusieurs minutes et le dévisageaient. Le Gryffondor plongea sa main dans le sachet de fondus au chaudron et en jeta plusieurs dans sa bouche. Quelque chose ne lui plaisait pas dans l’enchaînement des notes  et le tempo de leur nouvelle chanson, il manquait une chose primordiale pour donner vie au morceau au-delà du papier. Trois fois rien, le jeune homme avait le sentiment de pouvoir l’atteindre s’il tendait la main, mais lorsqu’il refermait ses doigts l’inspiration disparaissait. La petite lueur s’éloignait et cela était atrocement rageant et frustrant. Il s’exclama en mastiquant :

-Pt ‘être en changeant…mhm, le jeune homme se pencha au-dessus de sa feuille et griffonna le papier à plusieurs reprises. Il enchaînait les moments où il jouait quelques notes sur sa guitare et ceux  où il modifiait le squelette de la chanson. Ses camarades ne disaient pas un mot, ils savaient parfaitement que lorsque Shawn était dans un tel état, cela ne rimait à rien de lui adresser la parole si ce n’est s’attirer son courroux et le mettre de mauvais poil. Enfin si le lionceau les remarquait ce qui n’était pas forcément gagné. Connor et Gavin s’étaient rapprochés de Sian, assise à sa batterie et se mirent à chuchoter et ricaner dans leur coin.

- J’ai une blague : comment appelle-t-on un Croup qui n’a pas de patte ?

-Oui, si je change le tempo à partir du «  ce soir, nous vivrons et mourrons, vivrons et mourrons comme si c’était un rêve », continua à marmonner le Gryffondor le nez collé à sa feuille. Et quand je chante la partie : « s’il vous plaît que quelqu’un prenne ma main ! », la Bass, mhm, non la batterie… Shawn se frotta la tête et partit dans un bougonnement inintelligible, à l’image d’un vieux sorcier de 105 ans complètement sénile.

Connor hésita, tâtant la curiosité de son auditoire : on ne l’appelle pas, on va le chercher !  Il explosa de rire en se tordant en deux. Gavin et Sian lui lancèrent un regard lourd de sens, pas l’ombre d’un sourire sur leurs lèvres.


Shawn se redressa d’un coup et joua le passage arrangé à la guitare tout en fredonnant la chanson à demi-mot. Il disséquait le morceau créé et l’émotion qui enflait et vibrait en lui. Jusqu’à quel point, la musique secouait son âme. Était-ce suffisant ? Était-ce les émotions qu’il souhaite transmettre ?

-Vous avez aucun humour, c’est dingue.

Sian le dévisagea en arquant  un sourcil, les lèvres étroitement closes : - C’est surtout que vous, les Serdaigles, avez un humour, ma foi, moisi.

Au même moment, Shawn reprit lentement conscience de la réalité et de la présence de ses camarades. Il les apostropha : ho !, Connor sursauta, venez voir, je crois que j’ai trouvé le petit truc qui fera la différence.

Sian bailla à s’en décrocher la mâchoire, ses baguettes tournoyaient entre ses doigts agiles : -Shawn, ça fait deux heures qu’on s’entraîne et qu’on  … TU modifies la piste. J’te le dis franchement, c’est tout pour moi pour aujourd’hui, je suis stupefixiée . Elle déposa les baguettes sur la table à côté de Shawn et renfila sa cape de sorcier. Armée de sa baguette magique, elle murmura un sort qui transforma son immense batterie en modèle miniature qu’elle déposa dans sa poche. Gavin s’empressa d’ajouter : faut que je finisse mon devoir de sortilège pour demain en plus. J’y vais aussi. Shawn et lui ne s'entendaient pas particulièrement très bien et n'avaient rien à se dire, aussi il prenait la fuite avant de se retrouver seul avec son aîné.

Shawn leva les yeux au plafond : bande de lâcheurs !

Connor rangea sa Bass dans sa housse de transport qui rétrécit aussitôt : - t’avais pas ton rancard potion toi ?

-Il est quelle heure ? Shawn sauta sur ses jambes et chercha du regard une horloge pour connaître son degré de retard.

Sian fit claquer sa langue contre son palais : la meuf là… Rowle, l’espèce de blondasse ? Elle est mignonne... Shawn  hocha la tête un immense sourire aux lèvres : t’es sérieux ? Cette meuf a l’air aussi joviale qu’une porte d’Azkaban ! Pas faux...

-C’est justement ça qui est amusant ! On doit pas avoir la même notion de ce qui est « amusant ». Il plaça sa guitare dans sa housse et la déposa sur son épaule : bon faut que j’y aille, faudrait pas que je fasse attendre la belle. Il haussa ses sourcils et sortit en trombe du studio… pour y revenir à toute vitesse en renversant une chaise : - au fait, oubliez pas de ranger le bordel ! Il y avait des emballages de bonbons éventrés un peu partout, des papiers roulés en boule dans les quatre coins de la pièce et plusieurs verres vides. Il agrippa un paquet qu’il déposa sous son bras et sortit sans que ses amis n’aient eu le temps de se plaindre.

Shawn se dirigeait d’un pas léger en direction des cachots pour se rendre à son rancard, comme il l’aimait l’appeler auprès de ses amis. Sa housse de transport sautillait au rythme de ses pas, il n'avait pas acheté une housse magique comme ses amis, mais moldue, car il trouvait l'effet je-porte-ma-guitare-sur-l'épaule plus cool. Le cours de soutien en potion avec la belle Cassidy, poigne de fer dans gants de velours. Bien évidemment, le cours n’avait rien d’un rancard et Cassidy vivait probablement une longue et douloureuse heure de torture en sa présence. Enfin le Gryffondor préférait penser qu’elle cachait son jeu et qu’elle appréciait ces cours. Shawn aimait relativement bien les cours de potion, mais il n’avait jamais eu de bonnes notes. Un manque de précision et de rigueur était ses principaux défauts et dans l’art des potions, cela peut-être fatals.

Il avait menti sur son année et son âge dans le seul but d’obtenir un tête-à-tête avec l’apprentie potionniste. Ses amis avaient eu du mal à imaginer que Shawn, de son plein gré, ait décidé de suivre des cours de potions jusqu’à ce qu’il découvre le visage du prétendu « bourreau ». 1 m 67 en talons, petit minois d’ange, yeux clairs plus froids que l’acier, blonde comme les blés et longiligne. Ses nombreux attributs féminins n’étaient certainement pas étrangers à cette nouvelle passion pour l’art de la potion. D’autant plus que Shawn s’était récolté un « Piètre »  à ses BUSES, mettant un terme à sa prometteuse carrière de potionniste. Quel dommage !

Lors de leur dernier cours, il y avait de cela deux semaines, Shawn avait malencontreusement fait exploser son philtre de paix, envoyant valser Cassidy sur lui et lui contre le mur le plus proche. Plus de peur que de mal, Shawn s’en était sorti avec juste quelques contusions et la demoiselle quelques brûlures légères. C’est ce qu’on appelle un ange tombé du ciel. Inutile de préciser que Shawn avait particulièrement apprécié ce petit « rentre dedans » et qu’il espérait faire exploser ses chaudrons plus souvent. Ce n’est pas tous les jours qu’une demoiselle se jette sauvagement sur vous et puis le contact n’avait pas été sans intérêt. En effet, même si Cassidy avait tenté de le protéger, Shawn avait également fait écran protecteur avec ses bras et son flanc droit. Il était plus corpulent et large qu’elle, même du haut de ses 16 ans. Et puis ne le cachons pas, il en avait un peu profité.

C’est donc un Shawn sifflotant, les mains dans les poches, qui pénétra dans la salle de potion.
-Bonjour Cassiiisss… Elle détestait ce surnom, et il le savait. Armé d’un sourire à la Lockhart, il s’empressa de se reprendre, pardon Miss Rowle. Elle était vêtue toujours avec goût, des collants en laine, des talons qui n’empêchaient pas Shawn de la dominer d’une bonne demi-tête, un pull en laine charmant et une ravissante jupe trop longue de son point de vue. Wouha, il recula comme ébloui par la vision sous ses yeux, vous êtes ravissantes ! Plus que d’habitude s’entend. Vous avez fait quelque chose avec vos cheveux ?

Le jeune homme déposa sa guitare contre le mur et s’avança vers la paillasse où étaient déjà entreposés tous les ingrédients nécessaires à la réalisation d’une potion de babillage et peut-être même des mauvais ingrédients, Cassidy était fort capable de le tester. Il souleva un des ingrédients une moue sceptique sur le visage : - Je sais bien que c’est moi qui ai choisi cette potion, mais je continue à penser qu’un philtre d’amour aurait été bien plus motivant. Il laissa retomber mollement l’ingrédient dont il ignorait le nom et la propriété et continua : surtout si vous m’aviez fait cadeau de la potion réussie à la fin du cours. Enfin c’est toujours mieux qu’un philtre de paix ! Il se redressa et plongea dans les yeux verts d'eau de la jeune femme : -si je réussis cette potion, j’aurais droit à un échantillon ?

La potion de babillage faisait dire des propos insensés à celui qui la boit, ça pouvait être intéressant de la faire avaler à certaines personnes à Poudlard… Voyons, qu’allez-vous imaginer, Shawn ne l’utiliserait jamais sur un enseignant, son frère ou sur un certain concierge briseur d’ambiance et de fun depuis la nuit des temps à en juger par sa décrépitude avancée.

Il sortit sa baguette ivoire en tremble et la déposa non loin du chaudron vide et pivota vers la jeune femme montée sur talons : vous allez être contente… j’ai révisé ma leçon avant de venir (il avait surtout regardé le magazine de balais de course et de minettes à demi dépoilées : « Balais Plus » et joué de la guitare). Alors qu’il tournait nonchalamment les pages du grimoire à la recherche de la bonne potion, il s’immobilisa.

-Cassi..Miss Rowle, en fait… Il compta jusqu’à trois pour donner plus d’ampleur à ses propos et se retourna vers elle qu’une fois le décompte fini.

-J’aimerais avoir un retourneur de temps, il laissa planer un silence avant de terminer sa phrase, histoire que ses propos s’imprègnent bien dans son esprit, pour revivre notre rencontre à l’infini.

Il lui offrit un immense sourire et tenta de s'accouder sur le rebord de la table en mode "beau gosse", mais il se loupa et faillit se rétamer sur les fesses. Par une prouesse d'agilité et des excellents réflexes, il se redressa évitant de peu la catastrophe.

-AH ! avant même qu’elle ne puisse faire ou dire quoi que ce soit, il déposa le paquet qu’il avait emporté sur la table : - C’est pour m’excuser de la dernière fois, l’explosion et tout… C’est pas prudent, enfin voilà… C’est pas grand-chose, mais c’est pour vous remercier.

Il poussa le paquet vers elle en le faisant glisser sur la table : mais vous l’ouvrirez quand je serai parti ! C’est une surprise !

Il refit face à son chaudron, les choses sérieuses allaient commencer à présent.

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APPRENTI(E)Filière scientifique et médicale
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SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Prise, par lui. Mais chut.
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MessageSujet: Re: Are you a dementor? ‘Cause you take my breath away. [01/10/97] Lun 5 Déc 2016 - 1:53

Le livre claqua entre ses mains, comme beaucoup d'autres choses en ce moment. De nouveau, les pages du vieux manuel rafistolé quelques semaines auparavant ne tirent pas le coup, et s'envolèrent, une fois de plus. Le sort s'acharnait-il donc contre elle dans un but bien précis, ou n'était-ce là qu'une vaste plaisanterie ? Songeuse, Cassidy observa l'air interdit, les pages jaunies flotter dans les airs, avant de retomber doucement sur le sol, tels les premiers flocons de neige d'un début d'hiver glacial. D'un geste irrité, la jeune femme souleva la manche de son pull couleur moutarde, afin de consulter la montre ensorcelée ornant son poignet gauche dont les aiguilles indiquaient vingt heures cinq. Cassidy grinça des dents et se leva brusquement. D'un coup de baguette magique, elle alluma l'entièreté des bougies murales afin d'éclairer un peu plus la salle de classe vide et rassembla les pages jaunies sur le coin gauche du vieux bureau de bois. Il y a quelques heures, le double cours de potions mené par le professeur Slughorn s'était terminé, et le vieux professeur s'était empressé de fuir loin d'elle, avant même qu'elle n'ait eu le temps d'ouvrir la bouche. Lentement Cassidy retira sa longue cape noire qu'elle déposa contre le dossier de sa chaise et descendit les quelques marches la séparant des bureaux vides destinés aux élèves. Les effleurant du bout des doigts, elle lâcha un léger soupir tout en se dirigeant vers l'armoire principale où étaient entreposés une grande majorité des ingrédients destinés à la préparations de potions ou de philtres. Enlevant l'écharpe noire qui protégeait son coup gracile du froid et de l'humidité, elle déposa cette dernière sur l'un des bureaux avant d'ouvrir l'armoire. Songeuse, elle laissa son regard clair parcourir les ingrédients avant de sortir ceux nécessaires à la préparation.

Logiquement, il aurait déjà du être là. Vingt heures, Monsieur Inoue. Tachez d'être à l'heure. Vu vos compétences manifestes que vous m'avez démontré la fois dernière, vous avez du pain sur la planche, lui avait-elle indiqué d'un ton glacial lorsqu'il été venu lui quémander un cours de soutien. Ce jeune homme souhaitait travailler la potion de babillage, qui était au programme de cinquième année. Un fondamental, me direz-vous. Rien de bien compliqué en soi. Suite à sa demande, Cassidy s'était empressée de rechercher son dossier scolaire, ce qu'elle n'avait pas eu le temps de faire avant, afin de se renseigner sur le niveau du garçon et son parcours scolaire global, en vain. Aucune trace d'un quelconque dossier à son nom. De ce fait, la jeune femme ne possédait aucune information sur ce dernier... Nature du sang ? Inconnue. Parcours scolaire ? RAS. Frustrée, Cassidy avait du se résoudre à faire avec, ou plutôt sans la moindre information, ce qu'elle détestait bien évidemment. Logiquement, elle avait prévu qu'il installe lui-même la paillasse, et aménage cette dernière. Il était toujours intéressant de voir comment les gens raisonnaient avant même de commencer à préparer la potion en touchant aux ingrédients. Néanmoins, l'élève semblait s'être donné pour principe de l'agacer en arrivant en retard.

- Toi, je ne vais pas te louper, marmonna-t-elle en sortant un chaudron de taille moyenne qu'elle débarrassa de sa poussière d'un geste de baguette.

A l'aide de cette dernière, elle le fit léviter jusqu'à la paillasse où il se posa d'un bruit sourd. Ceci fait, elle y ajouta un mortier et un pillon, un récipient basique, des gants ensorcelés transparents et fins - tels une seconde peau, une balance en cuivre afin de peser les ingrédients, un petit couteau et une cuillère à trous, tous les deux en argent, ainsi qu'une pipette graduée. Volontairement, Cassidy avait brouillé les pistes. Il allait bien vite atterrir et comprendre qu'il n'était pas ici dans un camp de vacances, ni dans un laboratoire du parfait chimiste. Ce qu'il avait fait lors de leur dernière entrevue avait été d'une extravagance rare. Jamais la Rowle n'avait été confrontée à un tel niveau de médiocrité et de bêtise. Lors de leur dernière leçon portant sur la confection du Philtre de paix au programme des BUSES de cinquième année, le Gryffondor avait été jusqu'à tenter une petite expérience. Il avait littéralement bavé. Oui, bavé. Sous les yeux ébahis de la sorcière, il avait laissé tomber un long filet de bave au dessus du chaudron crépitant dans lequel il venait d'ajouter l'essence d'ellébore. La potion avait alors viré du gris perle au noir, et Cassidy s'était interposée à temps entre l'imbécile et le chaudron, tirant sa baguette magique de sa poche. Elle avait invoqué un protego qui leur avait toux deux évité de grosses brûlures, mais la force de l'explosion avait été telle qu'ils avaient été projetés sur le mur, elle sur lui, lui se mangeant le mur dans le dos. Heureusement, aucun des deux n'avait été fortement blessé mais cela avait donné un aperçu à la jeune femme, de la personne que semblait être le Gryffondor.

Fouillant dans l'armoire, la jeune femme entrepris de sélectionner certains ingrédients ; bave de crapaud, sang de lapin, feuilles d'Alihotsy, huit queues de rat, trois tiges de lichen doré, fleurs de sempervivum, une plume de Jobarbille, un œuf de runespoor, muqueuse de crapaud, vinaigre de cidre, une tarentula vénéneuse, et en dernier un cerveau de chaporouge. Ceci fait, la jeune femme referma l'armoire et se dirigea vers le plan de travail. Arrivée devant ce dernier, elle croisa les bras et sourit d'un air satisfait. Bien, il allait s'amuser. En effet, dans ces douze ingrédients, seuls cinq entraient dans la composition de la potion de babillage. Cassidy lissa sa jupe à plis et retourna à son bureau. Son but n'était pas tant de le piéger que de l'obliger à réfléchir par lui-même, ce qui exigeait attention, concentration et sens des responsabilités.

- Bonjour Cassiiisss…  

La porte des cachots s'ouvrit brusquement sur un Shawn tout guilleret, ne paraissant absolument pas dérangé par ses cinq minutes de retard. Sifflotant, il avait poussé la porte de la salle de classe, sans même toquer. Cassidy grinça des temps et croisa les bras sur sa poitrine tout en le dévisageant du haut des quelques marches en haut desquelles était situé le bureau professoral, sans un mot. Un sourire de bellâtre ornant ses lèvres, l'asiatique avait l'air d'un parfait abruti. Cassis... La blonde serra les dents.

- Monsieur Inoue...
-... pardon Miss Rowle.

L'apprentie potionniste hocha la tête avec lenteur, ses iris turquoises dardés sur le brun et son sourire niais.

- Wouha...

Cassidy haussa les sourcils devant l'élève qui reculait, les yeux à mi chemin entre l'éblouissement et l'écarquillement, ce qui donnait un son expression une tonalité tout à fait particulière, pour ne pas dire absolument ridicule. Que se passait-il cette fois ? Avait-il oublié son manuel ? Manqué l'heure du goûter ?

- Monsieur Inoue ?
- Vous êtes ravissante ! Plus que d’habitude s’entend. Vous avez fait quelque chose avec vos cheveux ?

Se moquait-il d'elle ? Le regard de la jeune femme s'assombrit, tandis qu'un sourire en coin apparaissait au coin de ses lèvres. Il avait envie de jouer ? Très bien, il allait vite comprendre qui était le maître du jeu en ces lieux et son envie de faire le clown allait disparaitre aussi vite qu'un élève fuyant Miss Teigne. Ignorant la remarque, l'étudiante descendit les quelques marches la séparant de l'élève avec lenteur tandis que ce dernier s'était écarté afin de déposer ce qui semblait être un instrument de musique, le long du mur de la salle de classe.

- Installez-vous Monsieur Inoue. Ne perdons pas de temps, vous avez déjà du retard. Ne me faites pas regretter de ne pas vous refuser.

Le jeune homme s'avança vers le bureau où l'attendait sagement le nécessaire à potion et se mit à les inspecter attentivement. Bien, cela commençait plutôt... mal. Le visage de l'apprentie potionniste se tordit en une petite grimace lorsqu'elle le vit saisir à mains nues le cerveau de chaporouge.

- Je sais bien que c’est moi qui ai choisi cette potion, mais je continue à penser qu’un philtre d’amour aurait été bien plus motivant... Surtout si vous m’aviez fait cadeau de la potion réussie à la fin du cours. Enfin c’est toujours mieux qu’un philtre de paix ! Si je réussis cette potion, j’aurais droit à un échantillon ?

Il sortit sa baguette, la déposa près du chaudron encore vide, et se tourna entièrement vers elle, l'air absolument fier de lui :

- Vous allez être contente… j’ai révisé ma leçon avant de venir.
- Je n'y crois absolument pas Monsieur Inoue, savez-vous pourquoi ?, répondit-elle d'une voix neutre en l'observant tourner les pages de son livre de potion comme s'il le découvrait.

Sans attendre sa réponse, d'un geste brusque, elle se saisi de son poignet droit et pointa sa baguette sur sa main.

- Parce que si vous réussissez à rester en vie avant de débuter la potion, ce sera déjà un exploit en soi, répondit-elle d'une voix glaciale tout en s'approchant vivement de lui.

D'un sortilège informulé, elle nettoya les traces rougeâtres ornant les doigts du jeune homme qui avait l'air toujours aussi content de lui. Désespérant.

- Ne vous a-t-on jamais dit de ne pas toucher ce que vous ne connaissez visiblement pas ? Cet ingrédient est hautement toxique Monsieur Inoue. Je viens de vous éviter un passage éclair chez Madame Pasfresh... Néanmoins, vous risquez de ressentir de fortes démangeaisons au niveau de la main pendant quelques heures. Maintenant cessez votre manège des plus ridicules, je vous prie. Vous êtes ici pour travailler, pas pour expérimenter et je vous prie de croire que je ne vous laisserai pas quitter cette pièce tant que la potion ne sera pas finie. J'espère que vous n'avez pas sommeil car le temps de préparation est de trois heures trente.

- Cassi..Miss Rowle, en fait… - silence - J'aimerais avoir un retourneur de temps - nouveau silence. Cassidy soupira en croisant les bras - ... pour revivre notre rencontre à l’infini.

Tout en disant cela, il accentua son sourire de hyène et manqua de se retrouver les fesses à terre lorsque son coude - sur lequel il songeait certainement à s'appuyer nonchalamment - manqua le rebord du bureau. Pathétique. A gerber. La sorcière cilla un instant. Avait-elle réellement entendu ce qu'il lui semblait avoir perçu ? Comment pouvait-il oser se permettre cela en dépit de ce que son nom représentait ? La jeune femme fit tournoyer un instant sa baguette entre ses doigts fins avant de la lui flanquer sous le nez.

- Monsieur Inoue, quant à moi j'aimerais beaucoup de choses également, croyez-moi... Si je ne suis pas votre professeur, je ne suis pas non plus votre copine. Si vous voulez continuer à jouer l'idiot, je vous prierai de le faire en dehors des heures que je vous accorde, autrement vous risquez de regretter d'être venu ici. Ouvrez grand vos oreilles : Encore une phrase de ce genre et vous vous en mordrez les doigts.

Lentement, Cassidy referma le manuel de l'élève et s'en empara, allant le déposer sur son bureau.

- Ah !

Merlin... La Rowle se retourna, tentant de conserver son calme. Décidément... L'enseignement ne serait pas pour elle, les enfants - adolescents peu importait, ne lui inspiraient guère patience et acharnement.

- C’est pour m’excuser de la dernière fois, l’explosion et tout… C’est pas prudent, enfin voilà… C’est pas grand-chose, mais c’est pour vous remercier. Mais vous l’ouvrirez quand je serai parti ! C’est une surprise !
- Je ne suis pas certaine d'apprécier vos surprises, Monsieur Inoue. Laissez donc ça loin du chaudron. Nous allons commencer.

Cassidy se saisit de sa baguette, et d'un geste attacha ses cheveux blonds en une queue de cheval afin de ne pas être gênée. Les bras croisés, elle se rapprocha de nouveau de lui, ses talons raisonnant sur le sol des cachots.

- Bien que je n'ai pas réussi à mettre la main sur votre dossier scolaire, j'ai pu avoir un aperçu plutôt significatif de vos compétences en matière de Potions Monsieur Inoue, aussi commencerons-nous cette fois par un petit rappel théorique. Rien de bien compliqué, de simples bases que vous avez déjà du voir lors de l'apprentissage théorique avec le professeur Slughorn. A quel genre de potions la potion de babillage appartient-elle ? Citez-moi également son sous-genre, ainsi que son type d'action. Pouvez-vous également m'expliquer pourquoi ai-je sélectionné un chaudron en argent, combien de temps durent les effets de cette potion, ainsi que ses possibles effets en cas de mauvais dosage ?

_________________

Le pessimiste se plaint du vent, l'optimiste espère qu'il va changer, le réaliste ajuste ses voiles.

Crédit - Joy


Dernière édition par Cassidy N. Rowle le Dim 22 Jan 2017 - 16:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Are you a dementor? ‘Cause you take my breath away. [01/10/97] Mer 4 Jan 2017 - 0:22

Shawn & Cassidy




Il était arrivé légèrement en retard à son « rendez-vous potion » à cause des répétitions de musique et se demandait comment allait l’accueillir Miss Rowle. Il n’avait pas eu beaucoup de cours avec  la dragonne, mais suffisamment pour savoir que TOUTES erreurs ou remarques seraient retenues contre lui. Enfin ce n’était que  partie remise puisqu’il avait menti sur son âge et son année à l’apprentie afin d’assister à son cours de soutien. Sa seule motivation étant de tester les limites de la demoiselle et d’arriver à la faire sourire, puisque le Gryffonfor ne suivait plus aucun cours de potion cette année. Chacun ses priorités.

Il pénétra en trombe dans le cachot toujours aussi mal isolé et humide sans même s’excuser. Des bougies murales étaient allumées pour un peu plus de visibilité (Rogue ne s’était jamais donné cette peine, ce type devait vraiment être une chauve-souris) ou pour une ambiance tamisée, au choix. Shawn s'amusa à transformer mentalement les bougies d'un blanc jaunâtre usées en chandelle et la paillasse en une table avec nappe pour un repas tout ce qu'il y a de romantique. Tout était prêt, la paillasse avait était installée par la "douce" Cassidy, mais Shawn n’était pas dupe quant au message que lui envoyait le chaudron et les ingrédients entreposés  sur le bureau (ingrédients qu’il aurait dû lui-même sélectionner) : « vous êtes en retard M. Inoue. J’ai fait votre travail à votre place ». Il ne doutait pas une seconde qu’elle saurait lui rendre la monnaie de sa pièce et lui faire savoir que son comportement ne lui avait pas plu.

Shawn s’avança en trottinant vers la paillasse sans oublier de complimenter la demoiselle sur sa tenue. Elle était ravissante, comparée aux autres vieilles biques d’enseignantes, un peu de sang neuf ne pouvait pas faire de mal. Au final, même si Cassidy avait été une fille quelconque, elle n’aurait que pu être resplendissante au milieu des décrépis et dépressifs.

- Installez-vous Monsieur Inoue. Ne perdons pas de temps, vous avez déjà du retard. Ne me faites pas regretter de ne pas vous refuser.

Et voilà, c’était exactement ce genre de remarques auquel il s’attendait. Un sourire contenu aux lèvres –prévisible,  tellement prévisible-, il fit face aux tas d’immondices qu’elle lui avait préparés : Oui, oui Miss Rowle. Allons-y gaiement. Actuellement, il avait surtout envie de chanter et jouer de la guitare et ce cours de potion avait un goût de prison, plus que d’habitude s’entend. La raison de ce sentiment venait du fait qu’il avait été coupé dans son élan créatif et il n’y avait rien de plus frustrant pour le jeune homme, hormis les magazines pornos censurant ce qu’il ne fallait pas.

Il analysa rapidement les ingrédients en déposant sa baguette : entre autres de la bave, des queues de rat, une plume et quelque chose qui ressemblait à un cerveau. Tout un programme, il sentait qu’il allait bien s’amuser bien que la potion de babillage ne faisait pas partie de ses potions préférées. C’est ce qu’il fit savoir à la jeune femme en tripotant le cerveau sans se rendre compte qu’il mettait, par la même occasion, sa vie en danger. Il feuilleta le livre à la recherche de la page relative à la fameuse préparation de cette potion. Sa main gauche était toute gluante de la substance du cerveau et il la frotta contre sa main droite pour essayer de faire sécher le liquide visqueux. Il envisageait d'essuyer la matière gluante sur sa cape, mais la voix de la jeune femme l'interrompit.

- Je n'y crois absolument pas Monsieur Inoue, savez-vous pourquoi ?


Il se redressa et la dévisagea de haut en bas. Charmante, vraiment charmante. Les yeux clairs de la jeune femme semblaient lire en lui, il ne détourna pas ses prunelles cendre pour autant. Elle le prenait au dépourvu avec cette question, comment avait-elle pu deviner qu’il n’avait pas lu ce fichu livre de potions ? Parce qu'il feuilletait sans trop savoir où se trouvait la page ou alors...

-Quoi en plus, vous êtes legelimens ? Elle agrippa sèchement son poignet droit et pointa sa baguette sur sa main.

- Parce que si vous réussissez à rester en vie avant de débuter la potion, ce sera déjà un exploit en soi.

Il écarquilla de grands yeux et tenta de reculer, ne sachant pas si la demoiselle allait lui balancer un sort de sa composition et surtout si elle comptait vraiment le faire.  Woo calmos ! Cassidy n’était pas le genre de dame qui plaisante, peut-être que son retard combiné à son effronterie avaient été les fameuses limites à ne pas dépasser qu’il cherchait tant. Toutefois, jamais il n’aurait envisagé que Cassidy puisse souhaiter lui faire VRAIMENT du mal. Pour lui, la jeune femme avait un sale caractère, était aussi amicale qu’une porte de prison, aussi chaleureuse qu’un iceberg, aussi souriante qu’un gobelin, mais elle n’était pas foncièrement mauvaise. Il fallait différencier le fond et la forme. La forme était  alléchante au premier abord et totalement repoussante après quelques discussions, mais le fond n’était pas mauvais.

Aucun son ne passa la barrière de ses lèvres que le jeune homme reluqua allègrement, mais les quelques traces rouges sur les doigts de sa main droite disparurent aussitôt. Et dire qu'il avait failli attraper sa baguette pour se défendre ! Il se détendit immédiatement. Cassidy, la gourmandise sucrée salée. On ne s'ennuyait jamais avec elle.

- Ne vous a-t-on jamais dit de ne pas toucher ce que vous ne connaissez visiblement pas ?

-Si, ma mère, plusieurs fois. Mais je crois que votre leçon pénétrera mieux en moi… jusqu’à la prochaine fois.


Cet ingrédient est hautement toxique, Monsieur Inoue. Je viens de vous éviter un passage éclair chez Madame Pasfresh... Néanmoins, vous risquez de ressentir de fortes démangeaisons au niveau de la main pendant quelques heures.  

Une douce chaleur envahit son être. Quelque part cela lui avait fait plaisir. Elle avait « pris soin de lui » d’une manière détournée, mais les faits restaient les mêmes : elle l’avait aidé. Elle aurait très bien pu le laisser s’empoissonner et finir ses jours à l’infirmerie et ainsi se venger de son outrecuidance, mais elle avait opté pour un tout autre choix : lui venir en aide. C'était les seuls détails qu'il retiendrait. De toute façon, il était dépourvu de la moindre rancune envers autrui et n'avait eu des désirs de vengeance qu'à de rares occasions. Shawn n’avait pas vraiment l’habitude de ce genre d’attention et même si cela restait incroyablement froid et sec –Cassidy oblige-, il en était reconnaissant. Il lui sourit, c’était tout ce qu’il pouvait faire.

Ses épaules s’affaissèrent : wouha merci. Par contre, si vous me permettez, la communication, c’est pas votre fort Miss Rowle, fiou, j’ai bien cru que vous comptiez écourter ma vie ! Il fit plusieurs gestes avec ses mains pour appuyer ses propos : communiquez avec vos semblables pour qu’il vous comprenne. Il hocha la tête en lui souriant, ce n’était pas dit sur le ton de la moquerie ou de l’effronterie, mais sur un ton purement amical. Je vous jure que parfois, ça peut éviter les quiproquos !

Il se doutait bien que ses propos n’auraient aucun impact sur le bouclier de glace de la jeune femme, que même ils auraient l’effet inverse : cela allait l’agacer, mais il ne perdait rien à lui faire savoir que certes, il avait beaucoup à apprendre en potion, mais elle, c’était en relation humaine. Et puis, vous avez une jolie voix, alors ce serait dommage de ne pas s’en servir.

Maintenant cessez votre manège des plus ridicules, je vous prie. Vous êtes ici pour travailler, pas pour expérimenter et je vous prie de croire que je ne vous laisserai pas quitter cette pièce tant que la potion ne sera pas finie. J'espère que vous n'avez pas sommeil car le temps de préparation est de trois heures trente.

-Ah !, il leva à hauteur de son visage sa main gauche complètement rouge en souriant : pour votre information, je suis gaucher. Il tendit sa main gauche vers elle, j’ai besoin de nouveau de vos services, Madame l’infirmière ! C’est quel sort que vous faites ? Oh et puis vous gérez, vous balancez un sort informulé comme je vais pisser ! Il ne la quitta pas des yeux, analysant les traits fins de son visage. Sinon j’ai tout mon temps puisque je suis en bonne compagnie ! On pourra même passer la nuit ensemble…dans ce cachot. Gros fun en perspective, plaisanta-t-il. Même en bonne compagnie, passer la nuit dans ce cachot à faire une potion n’était pas dans sa liste des choses à réaliser cette année. Une fois son autre main guérie, il la remercia derechef.

Il allait pivoter vers le plan de travail, mais une pensée lui traversa alors l’esprit. Il se retourna de nouveau vers elle et put clairement lire dans l’attitude de la jeune femme qu’elle se disait « quoi encore » ? Mhm, si je peux me permettre Miss Rowle, vous m’avez dit que je n’étais pas là pour expérimenter ? Il arqua un sourcil en attendant qu’elle affirme ses dires ou qu’elle hoche simplement la tête. Mais vous êtes d’accord que c’est en expérimentant que l’on fait de véritables découvertes, n’est-ce pas ? Travailler, c’est bien. Expérimenter, c’est mieux ! C’est comme ça qu’on évolue ! Il secoua négativement la tête : vous voulez être prof’ CassiiiMiss Rowle ?


Le silence s’était installé et comme Shawn n’aimait pas particulièrement ça, il lui sortit un poème de sa composition. Shawn s’était juré d’arriver à décrocher un semblant de sourire sur les lèvres de la demoiselle. Il n’avait aucune envie d’améliorer son niveau en potion, c’était même le dernier de ses soucis. Il se contenterait même d’un rictus, mais cela relevait presque de l’inhumain ou du fantasme tant Cassidy se montrait froide et austère. Qu'à cela ne tienne, il avait toute l'année pour s'y entraîner, si elle ne le tuait pas avant.

Agacée, elle le menaça de sa baguette.

- Monsieur Inoue, Miss Rowle, quant à moi j'aimerais beaucoup de choses également, croyez-moi... Il écarta les bras en reculant le buste en signe de parfaite (ou pas) soumission et surtout afin de montrer que, lui, il était désarmé. Si je ne suis pas votre professeur, je ne suis pas non plus votre copine. C’est fort dommage…Si vous voulez continuer à jouer l'idiot, je vous prierai de le faire en dehors des heures que je vous accorde, autrement vous risquez de regretter d'être venu ici. Ouvrez grand vos oreilles : Encore une phrase de ce genre et vous vous en mordrez les doigts.


Si c’est que les doigts, pensa-t-il. Ne dis rien, ne dis rien, ne répond pas SHAWN TAIS…. Même s’il y a du poison qui démange dessus ?...toi, demanda-t-il d’une toute petite voix.

Puis il lui offrit le cadeau de remerciement et d’excuse en lui ordonnant de ne l’ouvrir que lorsqu’il serait parti. Elle avait l’air de s’en préoccuper comme de sa dernière paire de chaussettes, mais cela ne le surprenait toujours pas.

- Je ne suis pas certaine d'apprécier vos surprises, Monsieur Inoue. Un immense sourire mangea son visage : Les a priori c’est mal. Laissez donc ça loin du chaudron. Nous allons commencer. Au moins, elle ne le refusait pas catégoriquement. Pour lui, c'était un pas de géant.

Il la regarda attacher ses cheveux d’un geste de baguette la bouche légèrement entrouverte qu’il referma lorsqu’elle se rapprocha de lui. À présent, il la dévisageait comme il l’aurait fait du Messie.

- Bien que je n'ai pas réussi à mettre la main sur votre dossier scolaire, il déglutit et détourna les yeux, ah les femmes toujours à fouiner là où il ne faut pas ! Qu’est-ce qu’elle cherchait dans son dossier scolaire ? De toute façon, il n’avait effectué que sa première année ici et débute juste sa sixième. Il n’y a rien sur lui et c’était tant mieux. J'ai pu avoir un aperçu plutôt significatif de vos compétences en matière de Potions Monsieur Inoue, aussi commencerons-nous cette fois par un petit rappel théorique. Rien de bien compliqué, de simples bases que vous avez déjà du voir lors de l'apprentissage théorique avec le professeur Slughorn. Slughorn ? Quel nom de citrouille... Il n’avait jamais eu Slughorn et ne savait même pas à quoi ressemblait cet enseignant. Rogue avait donc donné sa place de tortionnaire des cachots depuis son élection –illégitime- au poste de directeur.  Il se força à sourire en hochant la tête pour faire bonne figure.


A quel genre de potions la potion de babillage appartient-elle ? Mal de crâne en perspective. Citez-moi également son sous-genre, ainsi que son type d'action. Pouvez-vous également m'expliquer pourquoi ai-je sélectionné un chaudron en argent, combien de temps durent les effets de cette potion, ainsi que ses possibles effets en cas de mauvais dosage ?

-Wooooo, une question à la fois…

Il avait vu cette potion l’année dernière avec son enseignant particulier… bon sang qu’est-ce que c’était déjà.  Les cours étaient tellement ennuyeux… Shawn se creusa la tête pendant plusieurs minutes puis il prit la parole sans la quitter du regard : son genre, je vois pas où vous voulez en venir, c'est une potion tout ce qu’il y a de plus « basique ». Ce n’est ni un poison ni un antidote. En gros, c’est une potion qui a un effet magique négatif sur celui qui la boit, pas comme la Felix felicis.Partait-il dans la bonne direction ou divaguait-il dans les méandres de sa bêtise, difficile de le savoir. Il ne savait pas vraiment ce qu'elle voulait entendre et aucune notion claire de son cours ne lui revenait  à l'esprit. Ses effets, bah comme son nom l’indique ça fait dire n’importe quoi à celui qui la boit et c’est atrocement amusant à regarder.

Pour la dernière question, il n’en avait pas la moindre idée et chercher dans les tiroirs poussiéreux de sa mémoire étant trop fatiguant, il utilisa sa logique au risque d’être totalement à côté de la plaque :  pour le chaudron en argent, c’est certainement pour que le mélange soit plus pur et par rapport à une histoire de cuisson, d’épaisseur, tout ça tout ça. Ou alors, vous savez que je suis un loup-garou et vous croyez à ce vieux mythe qui dit qu’un loup-garou craint l’argent, sweet child of summer. Non impossible, sauf si Octave ou Rogue lui ont dit... Après tout, des rumeurs sur Octave et la jeune femme circulaient, alors ce n'était pas complètement impossible. Les effets, boarf, certainement une bonne petite heure avant que ça se dissipe et euh… il fronça les sourcils : AH, mauvais dosage… bah tu, vous, se reprit-il risquez de parler pendant des heures au point d’en perdre la voix au mieux. Dans le pire des cas, si vous parlez d’un véritable dosage foiré comme moi avec le philtre de paix, ça peut être la mort ou au mieux une charmante demoiselle qui s’écrase sur vous pour vous protéger.

S’il avait ¼ des réponses justes, il se jura de jouer au magikoloto dès ce soir. Alors verdict Miss Rowle ? demanda-t-il tout guilleret. Qu'il réussisse ou rate lui importait peu.

- Moi aussi, j’ai une question de culture G pour vous : pourquoi les gobelins nous haïssent ? Alors ? Réponse ?

Il pencha la tête sur le côté dans l’attente d’une réponse de la jeune femme. Après ce petit échange hors sujet, Shawn sembla enfin disposé à faire ce pourquoi il était venu : sa potion.

-Bon, il fit craquer sa nuque, c’est pas tout, mais la potion n’avance pas ! De l’action que diable !

Il fixa les ingrédients, certains qu’il y en avait des mauvais. Il y en avait trop pour une simple potion de babillage, le souci était surtout de savoir lesquels étaient en trop. Il pivota vers la demoiselle : vous avez d’autres questions  pour tester mon super niveau en potion ou ça va, vous avez le topo là ?

Alors qu’il allait se mettre à travailler, il se redressa subitement : au fait vous savez qu’il y a des sales rumeurs qui circulent sur vous ? Il secoua la tête : non laissez-tomber. Monsieur Inoue, arrêtez avec vos bêtises et travaillez, l’imita-t'il d’une voix pincée. はい、はい、先生 ! dit-il en levant les yeux au ciel et en se penchant au-dessus du chaudron en argent. Et donc, je peux regarder la démarche à suivre dans le livre… ou… pas ? Ou alors vous voulez que je sélectionne de tête les bons ingrédients avant d’ouvrir le livre ?

À vos risques et périls, pensa-t-il.

HRP : je m'excuse de l'attente, mais je n'arrivais plus du tout à rps. J'espère que cette réponse, après un mois d'absence rp, sera potable. Au moindre soucis de cohérence et cie, mp-moi ;)

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MessageSujet: Re: Are you a dementor? ‘Cause you take my breath away. [01/10/97] Dim 22 Jan 2017 - 17:04

Il parlait trop.

« Par contre, si vous me permettez...
-Je ne vous permets pas.
-... la communication, c’est pas votre fort Miss Rowle, fiou, j’ai bien cru que vous comptiez écourter ma vie ! Communiquez avec vos semblables pour qu’il vous comprenne. Je vous jure que parfois, ça peut éviter les quiproquos ! Et puis, vous avez une jolie voix, alors ce serait dommage de ne pas s’en servir. »

Il parlait beaucoup trop. Un Silencio peut-être ? L'apprentie potionniste fit tournoyer de plus belle son bâton d'aubépine entre ses doigts fins, jouant habilement avec ce dernier, comme pour contenir son envie d'y avoir recours.

« Je n'ai jamais prétendu que la communication était mon fort, Monsieur Inoue, et je n'ai guère envie de communiquer avec vous autrement que pour vous aider à vous améliorer, ce qui est déjà un défi en soi. Vous êtes ici pour travailler en vue de vos examens, pas pour boire un jus de citrouille en écoutant ma " si jolie voix ". »

La jeune femme se rapprocha un peu plus, réduisant l'espace qui la séparait du bureau de l'étudiant asiatique.

« Si vous désirez entendre ma "si jolie voix" vous lancer un joli maléfice dont vos entrailles se souviendront toute leur vie, je vous conseille de continuer ainsi, vous êtes sur la bonne voie. »

Certes, elle avait pour habitude de ne lancer que des informulés puisque les enseignants lui avaient appris à faire ainsi en Inde, et il s'avérait que cette méthode - même si beaucoup plus difficile à acquérir au début, était extrêmement pratique notamment pour avoir un coup d'avance en situation de duel, mais aussi pour des questions purement pratiques de langues. En effet, sa langue maternelle étant l'hindou, longtemps la jeune femme avait traîné derrière elle cet accent que son père ne supportait pas. Accent qui l'empêchait de lancer correctement certains sortilèges lorsque la phonétique n'était pas respectée. Ainsi il lui avait très compliqué à ses débuts de maîtrise de la langue anglaise, de parvenir à lancer certains sortilèges dont elle ne parvenait pas à reproduire les bonnes sonorités, ou à intensifier les bonnes syllabes. Barrière des langues. Heureusement, ayant pour habitude de manier les sortilèges informulés, ce problème avait vite été résolu. Toutefois, pour Shawn Inoue, la Rowle était prête à faire ce sacrifice. Il voulait l'entendre parler ? Il voulait l'entendre jeter un sortilège à voix haute ? Qu'il continue ainsi...

« Ah ! Pour votre information, je suis gaucher. J'ai besoin de nouveau de vos services, Madame l’infirmière !
-Je ne suis pas infirmière, monsieur Inoue, et je n'ai pas envie de faire du gardiennage. »

Néanmoins, jetant un regard à la main du garçon qui était déjà en train d'enfler, Cassidy poussa un léger soupir. Vivement, elle saisit son poignet de sa main gauche et pointa sa baguette vers la main masculine de l'adolescent. Un instant, elle songea à lui faire disparaître tous les os et tous les tendons des doigts et à l'envoyer direct chez Madame Pasfresh, mais quelque chose l'en empêcha. Une sorte de fierté peut-être ? L'Ego parlait, cela était certain. Orgueilleusement, Cassidy ne pouvait se résoudre à abandonner un élève venu la trouver pour qu'elle puisse l'aider à s'améliorer. La bonne volonté, la détermination. Des qualités que la sorcière ne pouvait qu'apprécier retrouver chez les autres. Rejeter un élève semblant posséder ces dernières lui était très compliqué. Puis, il y avait là un défi de taille à relever. Shawn Inoue, un Gryffondor absolument catastrophique en potions... Si seulement elle pouvait parvenir à lui faire exécuter ne serait-ce qu' une seule potion correcte... Alalala, douces rêveries, presque aussi mièvres que les balbutiements des adolescents sujets aux premières amourettes. Cassidy posa sur l'asiatique un regard empreint d'une détermination non feinte. Elle réussirait à faire quelque chose de cet imbécile en potions, de ce cancre magistral qui, à l'instar de Midas, transformait tout ce qu'il touchait en bouse de dragon.

« C’est quel sort que vous faites ?...
-Un simple sortilège de nettoyage monsieur Inoue, le même que le professeur Rogue a dû vous contraindre à utiliser maintes et maintes fois lors de vos précédentes retenues. Récurvite, prononça-t-elle distinctement venant malencontreusement rouler un peu plus le " r " que ce qu'il aurait fallu en anglais, cela vous dit quelque chose je suppose ?
-... Oh et puis vous gérez, vous balancez un sort informulé comme je vais pisser ! Sinon j’ai tout mon temps puisque je suis en bonne compagnie ! On pourra même passer la nuit ensemble…dans ce cachot. Gros fun en perspective »

Cassidy se retint de justesse de lever les yeux au ciel. Quel gamin... Inconscient, tellement immature... Savait-il réellement que c'était la guerre ? En avait-il conscience, et refusait-il cette réalité dans un instinct protecteur ? Bien heureusement qu'elle maîtrisait les informulés... Surtout en une période comme celle-ci où un bon niveau de duel ne pouvait qu'être le bienvenu en ces temps sombres et dangereux. Un instant, le regard de la Rowle se perdit dans les vagues brumeuses de son esprit compliqué. La chaleur, des éclats de voix d'enfants. De l'hindi retendit dans ses oreilles... L'Inde. L'Inde était de retour avec l'académie de Sikanejadu. « Allons Miss Rowle, à vous ! Concentrez-vous sur le sortilège que vous désirez lancer, visualisez le dans votre esprit. C'est fait ? » La gamine hocha la tête, les yeux fermés. Une moue mi-boudeuse, mi-concentrée ornait ses lèvres enfantines tandis qu'une fine ride de concentration intense se formait entre ses deux sourcils. « Quelle est sa couleur ? » Surprise, la fillette ouvrit grand les yeux, l'air interloqué. « Sa couleur monsieur ? » « Oui Miss, sa couleur. Quand bien même cette couleur que vous imaginez n'est pas celle du sortilège réel, ce n'est pas grave. Tout ce qui compte, c'est de canaliser votre énergie magique au travers d'une représentation adéquate. Généralement, si vous connaissez le sortilège en théorie, la couleur imaginée s'avère être la couleur réelle. » L'enfant avait hoché sa petite tête blonde avec attention et avait refermé les yeux, se laissant envelopper dans un silence propice à la concentration. La couleur, lui avait-il dit. Visualiser une couleur... «... Une couleur, un bruit, une odeur pourquoi pas. Visualisez ses effets sur votre adversaire. La magie fait partie de vous Miss Rowle. Il s'agit d'une force simple, naturelle, librement circulante au plus profond de votre être, tout comme peut l'être le sang. Elle fait partie de vous, est inscrite dans vos gènes. Il faut l'apprendre à la dompter car au début, elle se manifeste tel un hippogriffe sauvage. Certaines écoles, telle que l'école de Poudlard en Ecosse, apprennent aux élèves de la canaliser via le langage verbal, mais ici, nous avons une autre méthode d'enseignement. Nous considérons que même si c'est plus difficile au début, passer par le non-verbal amène de nombreux avantages. » L'enfant avait sursauté et rouvert une nouvelle fois les yeux, l'air accusateur « Vous avez lu dans ma tête. Vous n'avez pas le droit. » Le sorcier avait sourit, avant de reprendre « Concentrez-vous, Miss Rowle. »

« Vous devriez être en mesure de faire de même Monsieur Inoue, pour votre propre sécurité, et ce même s'ils ne vous seront enseignés qu'en sixième année en cours de Magie Noire, de Sortilèges et de Métamorphose d'après ce que j'ai cru comprendre. C'est très tardif. Si vous voulez prendre de l'avance, je vous conseille de commencer à lire la théorie dans Le Livre des sorts et enchantements, niveau 6, de Miranda Fauconnette. Vous le trouverez à la bibliothèque. Un bon niveau de duel passe par cette capacité à convertir votre propre énergie ; la magie, en matière - ou l'inverse, et ce sans avoir recours au langage verbal, selon moi. Avoir un coup d'avance sur votre adversaire est une chose non négligeable en soi. Il se pourrait même que ce soit un atout qui puisse un jour vous sauver la vie. »

Tous les sorciers n'en étaient pas capables, mais pour la jeune femme, tout était une question de concentration et de force mentale, un peu dans le même registre que l'Occlumancie au final. La concentration et la volonté étaient les deux clés fondamentales pour parvenir à lancer un sortilège sans avoir besoin de recourir à l'incantation verbale associée.

« Retenez bien cela Monsieur Inoue, dans le monde sorcier, l'intention vient en premier. Pour parvenir à laisser le langage verbal de côté, entraînez-vous sans relâche. Soyez extrêmement concentré. Le principe des informulés est quelque peu semblable à celui de l'Occlumancie. La concentration de la puissance et de celle de l'esprit sont la clé. - une vague nostalgique submergea son regard turquoise quelques secondes avant qu'elle ne se reprenne - Bien, reprenons là où...
- Mhm, si je peux me permettre Miss Rowle...
- Vous ne pouvez pas.
-... vous m’avez dit que je n’étais pas là pour expérimenter ?
- Disons que suite à votre expérimentation de la dernière fois, je pense que vous n'avez pas encore le niveau pour vous permettre cela, en effet.
- Mais vous êtes d’accord que c’est en expérimentant que l’on fait de véritables découvertes, n’est-ce pas ? Travailler, c’est bien. Expérimenter, c’est mieux ! C’est comme ça qu’on évolue ! »

Par la Barbe de Merlin... Un autre Kenneth Coughlin... Cassidy soupira et s'installa sur un tabouret, en face de l'élève. Grandir, il était temps de grandir.

« Ecoutez-moi attentivement Monsieur Inoue car il faut que vous soyez parfaitement au clair avec tout ça. Pour se permettre d'expérimenter - car oui, l'expérimentation est effectivement très importante pour le futur et aussi très intéressante, il faut avoir travaillé dur. Il est indispensable d' être à l'aise avec les fondements des potions, d' avoir compris la singularité de chaque ingrédient pris individuellement, avoir cerné ses propriétés, ses effets combinés à d'autres, pouvant parfois être inverses. Il faut avoir compris le sens du nombre de tours à effectuer, celui du sens de rotation approprié. Il faut que vous ayez enregistré les différentes techniques ; couper, fendre, écraser... et surtout laquelle utiliser selon le type d'ingrédients et ce que vous voulez en faire... Tant de choses à maîtriser parfaitement, avant de pouvoir prendre des libertés. Est-ce votre cas, Monsieur Inoue ? Je ne le pense pas. Les cours pratiques ne sont pas faits pour expérimenter vos mélanges, surtout avec vos compétences de troll des montagnes dans cette matière. Il en va de votre sécurité personnelle, mais aussi de celle des personnes vous entourant. »

Le regard planté dans celui de l'adolescent, la jeune femme poursuivit.

« Une de mes amies suivant la même formation que moi a définitivement perdu la vue suite à une expérimentation de la sorte, et pourtant, elle était brillante croyez-moi. Une explosion qui a mal tourné. Elle avait cette tendance à prendre la sécurité à la légère... Voyez le résultat.
- ... Vous voulez être prof’ CassiiiMiss Rowle ? »

Surprise par la question, la jeune femme haussa les sourcils, tandis que l'imbécile - dont il était impossible de savoir s'il avait écouté sérieusement ne serait-ce qu'un traître de mot de tout ce qu'elle venait de lui dire, lui déblatérait désormais un poème abominablement mièvre. Professeur ? Elle ? Quelle idée... L'apprentie retint un rictus.

« Absolument pas. »

La jeune femme repoussa le tabouret et se leva en attachant ses cheveux après avoir une nouvelle fois menacé l'élève ignare de sa baguette. Il allait lui donner du fil à retordre, mais elle ne le lâcherait pas. Il accomplirait sa potion coûte que coûte. Elle était prête à y laisser le sommeil s'il le fallait. Peu importait le temps que cela lui prendrait, Shawn Inoue réussirait sa potion de babillage.

« [...] A quel genre de potions la potion de babillage appartient-elle ? Citez-moi également son sous-genre, ainsi que son type d'action. Pouvez-vous également m'expliquer pourquoi ai-je sélectionné un chaudron en argent, combien de temps durent les effets de cette potion, ainsi que ses possibles effets en cas de mauvais dosage ? »

Dardant sur l'élève son regard tourmaline, Cassidy attendait sa - ou plutôt ses réponses. Il voulait faire le malin ? Très bien, il allait vite redescendre sur Terre et comprendre qu'il était en cours particulier pour progresser dans le domaine des potions, en vue de ses BUSES. La jeune femme avait un peu de mal à le comprendre d'ailleurs. Ce cours particulier n'était pas son premier puisque celui-ci avait été on ne peut plus marquant, mais il avait quand même tenu à revenir malgré tout, cette fois enfin de s'améliorer concernant la potion de babillage qui était au programme de cinquième année, et qui tombait régulièrement comme sujet d'examen, tout comme le Philtre de Paix. Les enseignants semblaient privilégier ces sujets, enfin Severus Rogue les avait privilégié... Pour le coup, la jeune femme ne comprenait pas vraiment pourquoi ces sujets revenaient toujours. Ils étaient plutôt simples, et guère très intéressants.

« Wooooo, une question à la fois… »

Agacée, la jeune femme se détourna de lui et d'un geste de baguette, inscrivit les différentes questions sur le tableau noir de la salle de classe, de manière à ce que le Gryffondor puisse bénéficier d'un support écrit puisque sa petite tête de boursoufflet ne semblait pas lui permettre de retenir trop d'informations en même temps. Après de longues minutes de silence, l'élève ouvrit la bouche pour tenter de répondre.

« Son genre, je vois pas où vous voulez en venir, c'est une potion tout ce qu’il y a de plus « basique ». Ce n’est ni un poison ni un antidote. En gros, c’est une potion qui a un effet magique négatif sur celui qui la boit, pas comme la Felix felicis. »

Il ne disait rien. Quedalle. Nada. Niet. Il comblait le vide cérébral, par un vide langagier. Le visage impénétrable, Cassidy le laissa poursuivre, gardant le silence. Son genre... Elle ne lui avait pas demandé son genre, mais son sous-genre. Il n'écoutait déjà pas.

« Ses effets, bah comme son nom l’indique ça fait dire n’importe quoi à celui qui la boit et c’est atrocement amusant à regarder. Pour le chaudron en argent, c’est certainement pour que le mélange soit plus pur et par rapport à une histoire de cuisson, d’épaisseur, tout ça tout ça.
- Une histoire de cuisson... Avez-vous réellement écouté les cours en ce début d'année ? »

La sang-pure était perplexe. Par la barbe de Merlin... Rogue allait immédiatement mourir s'il venait à entendre pareille idiotie.

« Les effets, boarf, certainement une bonne petite heure avant que ça se dissipe et euh… Ah, mauvais dosage… bah tu, vous risquez de parler pendant des heures au point d’en perdre la voix au mieux. Dans le pire des cas, si vous parlez d’un véritable dosage foiré comme moi avec le philtre de paix, ça peut être la mort ou au mieux une charmante demoiselle qui s’écrase sur vous pour vous protéger. »

Non, elle ne le mettrait pas dehors. Non, il l'irait pas en retenue. Non, elle ne sortirait pas sa baguette magique. Non, il ne terminerait pas dans le coma. Il ferait sa potion.

« Alors verdict Miss Rowle ?
- Catastrophique. »

D'un pas vif, elle se dirigea vers la grande armoire dans lequel se trouvait tout un bric-à-brac invraisemblable. Ingrédients mal rangés, devoirs oubliés, insectes morts, baguettes cassées... pilon brisé... Enfin, au bout de quelques instants, la sorcière se releva victorieuse, épousseta un instant sa jupe noire et les manches de son pull moutarde, et se retourna en direction de la paillasse où l'attendait l'élève. Arrivée devant lui, elle ne prit même pas la peine de le regarder et déposa le lourd ouvrage à côté des ingrédients. Potions magiques, d'Arsenius Beaulitron. Manuel de première et de seconde années. Précautionneusement, la sorcière l'ouvrit et laissa glisser son doigt le long des intitulés du sommaire dédié à la première année afin d'y trouver ce qu'elle recherchait : Introduction générale en Potions : histoire des potions, classification, types de préparation, les ingrédients, la stabilisation pour le mélange. Les sortilèges en potions, le bézoard et l'aconit (théorie), et enfin quelques potions : La Pimentine (théorie), l'élixir d'euphorie (théorie), le doxycide (théorie), le remède contre les furoncles (théorie et pratique), la potion d'amnésie (théorie et pratique), l'herbicide (théorie), la potion de l’œil vif (théorie) et enfin, la goutte du mort vivant (théorie).

« Voilà le passage qui nous intéresse et que vous vous devez impérativement de retravailler monsieur Inoue : La classification, les types de préparation, et les types d' ingrédients. Ce sont des fondamentaux. Sans cela, vous n'irez pas loin. Ensuite... voyons voir... Programme de seconde année... - la sorcière tourna quelques pages supplémentaires, les sourcils légèrement froncés - Ah le voici.... hum... Approche de la médicomagie : la solution revitalisante (théorie), le Poussos (théorie), la potion de Léonat (théorie), la potion d'enflure (théorie et pratique) et la potion à faire hérisser les cheveux (théorie).... ah ! Voici ce qui nous intéresse : Hesper Starkey et l'influence des phases de la lune sur les préparation, et l'influence du type de métal. Vous vous devez de maîtriser ces notions Monsieur Inoue - elle releva les yeux vers lui - Programme de première et seconde année... Indispensable pour cette année. Si vous ne pouvez pas identifier de manière précise, et ce pour n'importe quelle potion, des éléments aussi basiques, vous ne parviendrez pas à aller bien loin. Il ne suffit pas d'appliquer bêtement les étapes du manuel, il faut que vous compreniez le pourquoi du comment, et alors seulement, vous pourrez réussir une potion correctement, et pourquoi pas, essayer d'expérimenter. »

Refermant le vieux manuel, la jeune femme se releva et déposa ce dernier sur le bureau professoral avant de pointer sa baguette sur le tableau.

« Ce manuel est disponible à la bibliothèque, allez l'emprunter et potassez-le correctement. Maintenant, soyez attentif et prenez des notes. Il existe deux genres de potions : aqueux et solide. La potion de babillage est une potion de genre aqueux. Il existe trois sous-types de potions et la potion de babillage est de sous-genre philtre. Un philtre est une solution aqueuse particulière puisqu'il agit principalement sur le centre émotionnel du cerveau, obligeant ce dernier à sécréter certaines substances qui donneront lieu à une émotion particulière selon le philtre. De ce fait, son type d'action touche quant à lui les émotions et le corps. Programme de première année sur la classification des potions. La potion de babillage permet de faire dire des propos insensés et décousus à la personne l'ayant ingérée, la faisant parler le plus souvent pour ne rien dire, mais aussi, la personne ne se souviendra pas de tout ce qu'il s'est passé durant la période d'effet de la potion. Ses effets durent entre deux et six heures en moyenne, cela dépend en partie du dosage des ingrédients dits acteurs. En cas de mauvais dosage, ou en cas d'abus, elle peut provoquer des extinctions de voix plus ou moins longues. L'influence du type de métal est quant à lui étudié en seconde année. J'ai utilisé un chaudron en argent, non pas par souci de cuisson, mais parce qu'en alchimie, les métaux nobles comme l'or ou l'argent sont préférables afin d'optimiser la préparation. De plus, l'argent se référant à la Lune, la réceptivité de cet astre optimise ce type de préparation dans ce type de métal puisque la nuit est tombée. En parlant de la Lune, c'est la nouvelle Lune cette nuit. L'influence de cette phase sur les potions de magie noire, et sur les potions à buts malsains viendra optimiser ces dernières. »

Au tableau, les lignes directrices de ce qui avait été dit oralement avaient été inscrites d'une écriture fine et serrée. Qu'il ne dise pas qu'il n'avait pas le temps de noter. Alors que la jeune femme retournait au bureau professoral pour ouvrir le Manuel de potions de cinquième année appartenant à Inoue.

« Moi aussi, j’ai une question de culture G pour vous : pourquoi les gobelins nous haïssent ? Alors ? Réponse ? »

Silence. Il ne fut plus que question de silence et d'ignorance royale de la question posée. Cette dernière n'avait absolument pas sa place dans un cours de soutien de potions, et de plus, Cassidy n'avait aucunement l'intention, ni la moindre envie de faire un quelconque effort pour y répondre.

« Bon, c’est pas tout, mais la potion n’avance pas ! De l’action que diable ! »

Il avait enfin finit d'écrire. Cassidy releva ses prunelles turquoises vers l'élève. Il ne maîtrisait pas la théorie, et voulait d'emblée se lancer dans la pratique tel un troll des montagnes aveugle dans une boutique de porcelaine. Retenant un soupir, la Rowle descendit les marches du bureau professoral, tenant dans ses bras le livre de potions de l'élève. Arrivée face à lui, elle commença :

« Monsieur Inoue, je vous ai dit que la préparation de la potion prenait environ trois heures trente, certes. Mais il ne s'agit là que de l'aspect pratique. Suite à mon erreur de la dernière fois, à savoir avoir considéré la théorie comme étant acquise alors que ce n'était guère le cas, il est absolument hors de question que je vous permette de vous lancer dans la concoction dès à présent. Je vous conseille fortement de reprendre votre plume et de prendre des notes sur ce qui va suivre. Une fois les aspects théoriques abordés, nous pourrons commencer la préparation. »

D'un air partagé entre la méfiance et l'entrain, l'élève observa les ingrédients déposés face à lui. Les sourcils étaient froncés. Bien, un début de concentration.

« Vous avez d’autres questions pour tester mon super niveau en potion ou ça va, vous avez le topo là ? »

Cassidy s'apprêtait à ouvrir la bouche pour lui répondre lorsqu'il se redressa pour lui glisser sournoisement :

« Au fait vous savez qu’il y a des sales rumeurs qui circulent sur vous ? ... Non laissez-tomber. Monsieur Inoue, arrêtez avec vos bêtises et travaillez はい、はい、先生 ! Et donc, je peux regarder la démarche à suivre dans le livre… ou… pas ? Ou alors vous voulez que je sélectionne de tête les bons ingrédients avant d’ouvrir le livre ? »

Des rumeurs. Il y avait des rumeurs, de sales rumeurs sur elle à en croire l'asiatique qui s'était de nouveau penché sur les ingrédients disposés sur le plan de travail, les fixant avec un mélange d'attention et de dégoût. Un sourire ironique vint éclairer le visage de la jeune femme. Des rumeurs... Elle n'en avait absolument rien à faire de ce que les gens pensaient d'elle ou de l'image qu'elle pouvait renvoyer. Les élèves ou le corps professoral parlait sur elle ? Grand bien leur fasse. Personnellement, cela ne la touchait guère, et elle ne ressentait ni le besoin, ni même l'envie ou la simple curiosité de savoir ce qu'il pouvait se dire à ses dépends. Indépendante, froide et autonome, Cassidy avait bien mieux à faire en ces temps compliqués que de prêter attention aux faits divers que l'on pouvait lui prêter.

« Mettez tout de suite les gants de protection avant de faire des catastrophes. Je ne vous rappelle pas ce qu'est une balance ? Un chaudron ? Un récipient basique ? Un mortier et un pilon ? Une pipette graduée ? Un couteau en argent ? Une cuillère en argent à trous ? Je considère cela comme acquis. Ecoutez-bien, vous avez devant vous douze types d' ingrédients, mais seuls cinq entrent dans la composition de la potion de babillage. Vous avez à votre gauche une tarentula vénéneuse, des fleurs de sempervivum, de la muqueuse de crapaud, des feuilles d' Alihotsy, un cerveau de chaporouge, huit queues de rat, trois tiges de lichen doré, et une plume de Jobarbille. Ceci - du bout de sa baguette, elle désigna un objet ovale piqueté de tâches violacées - est un oeuf de runespoor. A votre droite, dans cette fiole se trouve du sang de lapin, dans celle-ci - elle en désigna une autre - de la bave de crapaud. Enfin, dans la petite fiole opaque se trouve du vinaigre de cidre. »

Lui présentant la première de couverture du livre qu'elle tenait en main, Cassidy leva les yeux aux ciels.

« Soyez un peu attentif, c'est moi qui ai votre manuel entre mes mains. En revanche, vous pouvez utiliser ceci - à l'aide d'un sortilège d'attraction informulé, elle fit venir un premier livre qu'elle lui remit - le Guide d'herbologie de Gawshawk, - elle continua d'agiter sa baguette, cette fois en direction de son propre sac dont sortirent plusieurs ouvrages - Encyclopédie des ingrédients, Mille herbes et champignons magiques de Phyllida Augirolle, et enfin celui-ci Vie et habitat des animaux fantastiques pour que vous puissiez bien comprendre le sens des ingrédients provenant d'animaux. »

La logique et la réflexion, voilà ce qu'elle comptait lui faire travailler. Lire un manuel et en suivre les étapes était simplissime, et connaissant Slughorn, il se pourrait très bien que le jour de l'examen final, l'un des ingrédients habituellement utilisé dans la potion ne soit pas accessible aux élèves qui seraient alors obligés de faire fonctionner leurs méninges avant de remplacer ce dernier par un autre ingrédient aux propriétés similaires dont les effets ne viendraient pas chambouler ceux des autres ingrédients.

« Voilà ce que j'attends de vous : à l'aide de ces livres et de vos vagues souvenirs - s'il en reste, je veux que vous me sélectionniez les ingrédients entrant effectivement dans la préparation de la potion de babillage. Ne vous y trompez pas, dans les livres que je vous ai fourni, vous ne trouverez pas la recette, et ne vous attendez pas à ce qu'il vous soit clairement indiqué que le lichen doré entre dans la composition de la potion. Ce que vous avez ici, ce sont les pièces maîtresses du puzzle, à vous de les étudier attentivement ; propriétés, effets secondaires, combinaisons possibles, et de les assembler correctement pour donner un effet correspondant à la potion demandée. Soyez logique, consciencieux et prenez des notes au fur et à mesure. »

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Crédit - Joy
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MessageSujet: Re: Are you a dementor? ‘Cause you take my breath away. [01/10/97] Lun 6 Fév 2017 - 0:06

Shawn & Cassidy





La charmante Cassidy avait tout d’un parfum aux douces nuances d’épices et d’agrumes. Exotique, oui, mais surtout une flagrance de suaves poisons. Une voix mélodieuse, mais aux intonations plus inanimées que la glace. Des yeux d’un bleu enivrant, mais à la flamme éteinte. Elle avait du caractère, l’aîné Inoue l’avait remarqué dès le premier coup d’œil lors de la cérémonie de répartition et pour le coup, il ne s’était pas trompé. Oh non, pour avoir du caractère elle en avait. Une véritable poupée de glace couvant un volcan en son sein. Ce n’était pas pour rien qu’il avait décidé de suivre des cours privés en potion : pour jouer avec le feu et la glace de sa délicieuse personne. Shawn était ainsi, comme les enfants. Et puis, si elle commençait à être trop ennuyeuse et bien, elle ne le reverrait plus comme un enfant abandonnant son jouet démodé. Il ne doutait pas qu’elle serait parfaitement soulagée de ne plus enseigner à une calamité sur jambes telle que lui. Mais de son côté, si elle devenait ennuyeuse, ce serait également un soulagement pour lui de prendre ses distances. Disséquer c’est bien, mais si le cadavre n’a rien à montrer dans ses boyaux, alors ce n’est qu’un cadavre parmi tant d’autres.

« Je n'ai jamais prétendu que la communication était mon fort, et moi, que la potion était mon fort, Monsieur Inoue, Miss Rowle, et je n'ai guère envie de communiquer, mais ce n’est pas une raison pour ne pas se forcer à changer me semble, il parlait en même temps qu’elle, mais cela ne semblait pas l’empêcher de continuer,  avec vous autrement que pour vous aider à vous améliorer, ce qui est déjà un défi en soi. J’en serais presque vexé. Vous êtes ici pour travailler en vue de vos examens, pas pour boire un jus de citrouille en écoutant ma " si jolie voix ".  

Elle se rapprocha du Gryffondor, mais il ne cilla ni ne détourna le regard s’obstinant à la dévisager dans l’attente de la suite. Parce que oui, il était persuadé qu’elle n’en avait pas fini avec lui. D’autres reproches allaient pleuvoir et il les attendait de pied ferme.

« Si vous désirez entendre ma "si jolie voix" vous lancer un joli maléfice dont vos entrailles se souviendront toute leur vie, je vous conseille de continuer ainsi, vous êtes sur la bonne voie. »

Du rejet. Est-ce que cela le blessait ou le dérangeait ? À peine une éraflure sur sa carapace de diamant. Shawn était habitué aux rejets, c’était une sorte de vieil ami nocif. Cet ami qui vous étrangle en vous souriant à l’image d’un lierre étouffant un jeune arbre. Cet ami qui n’en est pas un, mais dont vous êtes incapable de vous séparer parce que ce lien pourri vous semble vital, et parce qu’il a su vous persuader que c’est mieux ainsi. Sa mère l’avait rejeté très tôt alors il trouvait ça normal que la jeune femme en fasse de même. Pourtant, on ne construit pas les fondements d’une maison stable avec du bois pourri. Shawn n’allait-il pas directement vers des jeunes femmes, dont il savait inconsciemment qu’elles le rejetteraient, le mépriseraient ou le prendraient de haut parce que c’est dans ce schéma bancal qu’il se sent le mieux : la femme toute puissante et oppressante. C’était probablement ce qui était le plus triste, il ne s’attendait pas vraiment à de l’attention, de la tendresse venant de femmes plus âgées. D’ailleurs, cela l’avait surpris qu’elle le protège lors de l’explosion ou qu’elle prenne la peine de soigner sa main empoissonnée. Le comportement de la jeune l’avait intrigué et l’avait poussé à revenir. L’espoir qu’elle pouvait le traiter différemment qu’un animal encombrant. L’espoir. Le jeune homme n’avait pas conscience de ce besoin boulimique d’attention (même si cela doit se traduire par du mépris) ou peut-être n’avait-il pas envie d’en prendre conscience.

Il croisa les bras sur son buste et se redressa volontairement afin de la dépasser d’une bonne tête malgré leurs cinq ans de différence.

-Des menaces à présent ? Il arqua un sourcil, autant l'indifférence et la froideur glissaient sur lui comme de l'eau entre les doigts, autant il acceptait très mal les menaces vous savez comment motiver vos élèves MISS. Quoi ? Vous allez m'envoyer en punition avec Carrow parce que je ne suis pas malléable selon vos bons désirs ? Il tendit son avant-bras droit couverts de cicatrices en tout genre, certaines très anciennes et profondes qui dataient d'il y a de nombreuses années, d'autres encore fraîches : j'avais hâte d'ajouter de nouvelles marques à ma collection de punitions automne-hiver 1997.

Elle avait soigné sa main droite, mais il en restait sur sa main gauche et il lui fit savoir.

-Je ne suis pas infirmière, monsieur Inoue, et je n'ai pas envie de faire du gardiennage.

Le rejet, amer et regrettable. Il abaissa sa main un sourire aux lèvres en se faisant la réflexion que cette femme avait tout d’une magnifique plante carnivore. Magnifique tant qu’on la contemple, mortelle si on s’approche de trop près. Son mec n’avait qu’à bien se tenir, si elle en avait un, il devait filer droit. Shawn haussa les épaules : comme vous voulez Miss, et pivota vers le chaudron prêt à continuer l’exercice, enfin le commencer surtout puisqu’il n’avait pas progressé d’un iota. De la fierté mal placé ? Oui, et surtout une tendance à ne jamais montrer ses faiblesses. Elle voulait voir sa main gauche enfler ? Soit, il préférait endurer plutôt que de la supplier de le soigner !

C’est à ce moment qu’elle attrapa son poignet sans le prévenir et utilisa le même sort informulé qu’auparavant pour le guérir. Il contempla son visage impénétrable et d’un sérieux de cathédrale, puis les traces rouges qui disparaissaient petit à petit de sa main. Il se demanda si elle l’aurait approché d’aussi près, si elle aurait osé le toucher et si elle aurait pris la peine de le soigner en apprenant qu’il était lycanthrope. Difficile de répondre à cette question, Cassidy n’était pas le genre de personne que l’on pouvait lire comme un livre ouvert. Elle le lâcha et darda ses yeux clairs sur lui, il ne voyait que dureté dans ce regard, mais ça aussi il y était habitué avec son père, sauf que son père était bien moins agréable à regarder. Un mixte de son père et de sa mère, le jackpot cette fille ! Manquait plus qu’elle soit aussi détestable que son frangin.

Ses prunelles sombres dardaient sur elle, il murmura le plus sérieusement du monde : -Vous vous rendez compte que vous venez de gâcher une chance de me faire dégager ? Il secoua la tête l’air de dire « tant pis pour vous » et reprit un ton guilleret : les femmes sont totalement incompréhensibles. Le Gryffondor lui fit ensuite part de son intérêt pour ce sort informulé.


-Un simple sortilège de nettoyage monsieur Inoue, le même que le professeur Rogue a dû vous contraindre à utiliser maintes et maintes fois lors de vos précédentes retenues. Il éclata de rire et se retint de taper dans le dos de la jeune femme, habitude qu’il avait avec ses amis pour leur faire comprendre qu’il avait adoré la « blague ». Il doutait toutefois que Cassidy blaguait.  Récurvite, il crut entendre un léger accent sur la lettre « r », mais ce fut trop bref, cela vous dit quelque chose je suppose ?

-Haha, yep. Je maîtrise parfaitement ce sortilège, enfin sans me vanter je maîtrise bien mieux les sorts et enchantements que la potion, ce qui n’est pas difficile en soi. Vous connaissez bien le professeur Rogue et ses retenues à ce que je vois, vous aussi vous fréquentiez assidûment ses retenues ? J’en doute cela dit, dit-il amusé. Enfin avec moi, il est passé à la vitesse supérieure et m’obligeait à nettoyer les chaudrons à la mode moldue.

« Vous devriez être en mesure de faire de même Monsieur Inoue, pour votre propre sécurité, et ce même s'ils ne vous seront enseignés qu'en sixième année en cours de Magie Noire, de Sortilèges et de Métamorphose d'après ce que j'ai cru comprendre.

Il faillit s’exclamer qu’il était déjà en sixième année, mais se stoppa juste à temps. La demoiselle pensait qu’il n’était qu’un cinquième année préparant ses buses. Il n’imaginait pas ce qu’elle lui ferait quand elle apprendrait la supercherie. De la côtelette de Gryffondor sur sa sauce tartare.

C'est très tardif. Je pense aussi. Si vous voulez prendre de l'avance, je vous conseille de commencer à lire la théorie dans Le Livre des sorts et enchantements, niveau 6, de Miranda Fauconnette. Il fit une grimace, des livres, encore des livres, toujours des livres. La théorie, ça va bien cinq minutes, mais rien ne vaut la pratique. Vous le trouverez à la bibliothèque. Un bon niveau de duel passe par cette capacité à convertir votre propre énergie ; la magie, en matière - ou l'inverse, et ce sans avoir recours au langage verbal, selon moi. Avoir un coup d'avance sur votre adversaire est une chose non négligeable en soi. Il se pourrait même que ce soit un atout qui puisse un jour vous sauver la vie. Retenez bien cela Monsieur Inoue, dans le monde sorcier, l'intention vient en premier. Pour parvenir à laisser le langage verbal de côté, entraînez-vous sans relâche. Soyez extrêmement concentré. Le principe des informulés est quelque peu semblable à celui de l'Occlumancie. La concentration de la puissance et de celle de l'esprit sont la clé. »

La bouche en « o » il écouta le discours de la jeune femme jusqu’au bout. Une fois qu’elle eut terminé, il pencha le buste vers elle : et vous ne voudrez pas être ma prof’ privée ? Je vous garantis que je serai bien meilleur dans ce domaine !

Il éclata ensuite de rire : ne faites pas cette tête, je vais finir par croire que ma présence est une abominable torture. En vrai, j’ai déjà un peu pratiqué les sorts informulés, mais j’ai encore beaucoup de chemin à faire donc bon, pensez-y. Lorsqu’on passe quatre longues années de sa vie, seul dans un manoir avec des enseignants particuliers, on finit irrémédiablement par tenter de progresser de son côté. Moi je trouve cette idée de cours de sorts informulés particulièrement sympathique. Je dirais même que ça m’intéresse encore plus que les potions. Si vous êtes douée avec le sort du patronus, je suis preneur. Je pense que ce sera bien plus utile qu'une potion de babillage sans vouloir vous offenser, dit-il mi figue mi raisin en la regardant en coin. Peu de chance qu'elle accepte, mais de toute façon, il avait un joker en poche. Octave maîtrisait parfaitement ce sort, il l'avait lui-même vu en action. Depuis cette soirée, il envisageait de plus en plus la possibilité de lui demander des cours en sortilèges. Octave ne serait pas ennuyeux en tant qu'enseignant, il en mettait sa main à couper.


Il lui demanda alors ce qu’elle pensait de l’expérimentation. Pour lui, il n’y avait pas meilleurs moyens pour progresser. Elle jugeait qu’il n’avait pas le niveau pour expérimenter et lorsqu’il fit la remarque que c’était le meilleur moyen de progresser la jeune femme s’installa face à lui en soupirant.

« Ecoutez-moi attentivement Monsieur Inoue car il faut que vous soyez parfaitement au clair avec tout ça. Pour se permettre d'expérimenter - car oui, l'expérimentation est effectivement très importante pour le futur et aussi très intéressante, il faut avoir travaillé dur. Il est indispensable d' être à l'aise avec les fondements des potions, d' avoir compris la singularité de chaque ingrédient pris individuellement, avoir cerné ses propriétés, ses effets combinés à d'autres, pouvant parfois être inverses. Il faut avoir compris le sens du nombre de tours à effectuer, celui du sens de rotation approprié. Il faut que […] Est-ce que ça serait pas mieux de changer les chœurs lors du refrain ? Ou peut-être que la guitare est trop présente…Est-ce votre cas, Monsieur Inoue ? Le jeune homme sursauta de ce retour brutal à la réalité. euh, ahem... Il ne savait pas de quoi elle parlait et par conséquent, n'avait pas la moindre idée de ce qu'il devait répondre. Heureusement, elle le fit pour lui. Je ne le pense pas. Les cours pratiques ne sont pas faits pour expérimenter vos mélanges, surtout avec vos compétences de troll des montagnes dans cette matière. Il en va de votre sécurité personnelle, mais aussi de celle des personnes vous entourant. »

-Mhm, alors nous sommes finalement d’accord, conclut-il simplement. Et lorsqu’elle lui fit part d’une des expériences de ses amies qui avait mal tourné. Le jeune homme se demanda surtout si Cassidy avait vraiment des « amis ». Lorsqu’il questionna la jeune femme sur son envie de devenir enseignante, la réponse fut catégorique : « Absolument pas. »

Elle enchaîna alors plusieurs questions concernant la potion de babillage et se mit même à écrire, à l’aide d’un sortilège, les questions au tableau. Il répondit du mieux qu’il put, sans trop d’espoir quant aux résultats.

- Une histoire de cuisson... Avez-vous réellement écouté les cours en ce début d'année ? »

- Je rattrape principalement mes nuits de sommeil en cours de potion. Et ça, des nuits de sommeil il en avait un paquet à rattraper. Il faut avouer que les enseignants de Poudlard sont d’un ennui mortel.

La jeune femme semblait se déconfire au fil de ses réponses et lorsqu’il eut terminé, elle lâcha un « catastrophique » et se dirigea vers une armoire qu’elle ouvrit. Allait-elle s’enfermer dedans pour ne plus avoir à le supporter ? S’imaginer Cassidy en position fœtale dans le placard était tout fait surnaturel, mais atrocement amusant. Il était plus envisageable qu’elle l’attache dans l’armoire et qu’elle envoie cette dernière à l’autre bout du monde.

Lorsqu’elle revient vers lui, elle posa un énorme bouquin intitulé : Potions magiques, d'Arsenius Beaulitron devant lui. Il poussa un cri d’effroi et avait envie de fuir en quatrième vitesse, comme un détraqueur face à un patronus. Elle était trop occupée à chercher dans le bouquin poussiéreux une page pour voir sa grimace de dégoût devant le vieux manuel.
     
Voilà le passage qui nous intéresse et que vous vous devez impérativement de retravailler monsieur Inoue : La classification, les types de préparation, et les types d' ingrédients. Ce sont des fondamentaux. Il hocha la tête en fixant l’écriture vieillie. Sans cela, vous n'irez pas loin. Suffisamment loin pour me jeter d’une fenêtre, pensa-t-il. Ensuite... voyons voir... Programme de seconde année... Plutôt que regarder le bouquin, il fixa le visage de poupon de la demoiselle. Elle était mignonne comme ça. Passionnée et presque candide, cette impression ne dura pas longtemps, mais elle eut le mérite de le faire sourire. Ah le voici.... hum […] Face à ce bouquin pire qu’une goutte du mort vivant, Cassidy avait pour la première fois l’air « vivante ». Shawn n’écoutait absolument pas ce qu’elle racontait, ni même ne jetait un regard aux pages jaunies. Il se contentait de la fixer, la tête inclinée, une moue pensive sur le visage. Pourquoi un vieux livre sans intérêt avait presque un effet euphorique sur elle. Il l’imaginait, cinq ans plus tôt, assise à la bibliothèque, seule, parce qu’il ne pouvait pas en être autrement. Intelligente, brillante, jolie, mais seule. Incroyablement seule. Cette vision, probablement erronée restait pourtant incrustée derrière sa rétine. Savait-elle ce que cela faisait de sourire ? De rire avec sincérité ? De se lâcher sans se prendre au sérieux au moins une fois ? Se chahuter tendrement avec ses amis sans penser au lendemain ? Faire confiance à autrui ? Pardonner ? N’avait-elle jamais goûté au fruit de la jeunesse, à l’insouciance ? Son cœur avait dû se durcir comme un vieux cuir. Quelle étrange jeune femme. Monsieur Inoue, elle releva les yeux. Il détourna, pour la première fois, son regard face au sien parce que cela le gênait qu’elle le prenne sur le fait en train de la fixer avec insistance depuis cinq bonnes minutes. Shawn redoutait qu’elle lui demande s’il avait écouté et à quoi il pensait. Il baissa les yeux pour fixer le chapitre de ce bouquin : programme de première et seconde année...

Programme de suicide premier cycle, oui. Indispensable pour cette année. Si vous ne pouvez pas identifier de manière précise, et ce pour n'importe quelle potion, des éléments aussi basiques, vous ne parviendrez pas à aller bien loin. Il ne suffit pas d'appliquer bêtement les étapes du manuel, il faut que vous compreniez le pourquoi du comment, et alors seulement, vous pourrez réussir une potion correctement, et pourquoi pas, essayer d'expérimenter. »

Ne comprenait-elle pas qu’il se fichait pas mal de s’améliorer en potion, que la seule chose intéressante de ce cours, c’était elle. Et qu’il était déjà en train d’expérimenter ce qu’on nomme communément les relations humaines, de la disséquer, de la tester, de s’amuser. Elle déposa le bouquin sur son bureau et retourna près du tableau.

« Ce manuel est disponible à la bibliothèque, allez l'emprunter et potassez-le correctement. Maintenant, soyez attentif et prenez des notes.

-Des notes !, s’écria-t-il, son visage se décomposant dans la seconde. Mais m’dame… Il se laissa tomber sur le tabouret en soupirant face au visage impassible de la jeune femme. Impossible de négocier. Il fit voler jusqu’à lui un parchemin, une plume et de l’encre et s’avachit, tête dans la main droite, au-dessus de son parchemin.

Il existe deux genres de potions : Shawn bailla à s’en décrocher la mâchoire tout en trempant sa plume dans l’encre. Notant d’une calligraphie paresseuse quelques mots par-ci par-là :







2 types de popo : aqueux et solide.

Potion de genre aqueux

Sous-genre = philtre. Agit -> cerveau qui sécrète certaines substances qui donneront lieu à une émotion.








Son attention décrocha pendant quelques secondes, plume en l’air, regard dans le vide. En effet, le jeune homme était en train de se dire que cela l’ennuyait profondément, mais d’un autre côté, Cassidy faisait l’effort de lui donner un cours détaillé, c’est qu’elle avait foi en ses chances d’améliorations, non ? Alors, il se demandait s’il devait faire un effort, parce qu’avec Shawn tout était un problème d’effort, de motivations et de volonté. Il avait arrêté de faire tomber des objets pour la faire se baisser, elle semblait se douter de quelque chose. Il devait trouver une autre alternative ou essayer de vraiment bosser…

Le Gryffondor reprit le train en cours de route :






mauvais dosage= des extinctions de voix + ou - longues
Chaudron en argent => métaux nobles comme or ou argent sont préférables afin d'optimiser la préparation.

Lune =>








-Ah j’ai pas dit que de la bouse ! s’exclama-t-il guilleret

-De plus, l'argent se référant à la Lune, la réceptivité de cet astre optimise ce type de préparation dans ce type de métal puisque la nuit est tombée. En parlant de la Lune, c'est la nouvelle Lune cette nuit. Yeeep, dit-il d’un ton désinvolte en gribouillant un dessin en bas de page qui s'anima. S'il y avait bien une chose qu'il connaissait sur le bout des doigts, c'était les phases de la lune. L'influence de cette phase sur les potions de magie noire, et sur les potions à buts malsains viendra optimiser ces dernières.


- Aaah la lune, un astre bien particulier et absoooolument magnifique à contempler, n’est-ce pas ? Le ton était ironique. Il trouvait comique que la lune, qui dirige sa vie depuis ses huit ans, puisse également occuper un rôle aussi important en potion. Finalement, la lune était mère de tout.

Elle avait noté au tableau tous les éléments importants, mais Shawn qui avait mal au poignet préféra sortir la question qui lui passait par la tête sur les gobelins. Elle le fixa sans prendre la peine de répondre. Shawn insista : - Alors…Pourquoi les gobelins n’aiment-ils pas les sorciers ? Vous donnez votre langue à l’eschagot ? C’est simple, parce qu’ils leur ont cherché des noises…. Il fixa l’expression de la jeune femme à la recherche d’un micro sourire, peine perdue. Roooh ! Mais avouez au moins que c’est la meilleure blague que je vous ai jamais faite !

La jeune femme se rapprocha du Gryffondor lorsqu’il demanda quand ils allaient passer à la pratique :
« Monsieur Inoue, elle va craquer, je vous ai dit que la préparation de la potion prenait environ trois heures trente, certes. Mais il ne s'agit là que de l'aspect pratique. Suite à mon erreur de la dernière fois, à savoir avoir considéré la théorie comme étant acquise alors que ce n'était guère le cas, il est absolument hors de question que je vous permette de vous lancer dans la concoction dès à présent. Je vous conseille fortement de reprendre votre plume et de prendre des notes sur ce qui va suivre. Une fois les aspects théoriques abordés, nous pourrons commencer la préparation. »


Il poussa un profond soupir et laissa tomber sa tête contre le parchemin déjà trop rempli à son goût. Il marmonna alors : ‘vais avoir une tendinite à force de faire du gratte-papier...

Tout, il devait trouver quelque chose pour absolument éviter la théorie : les rumeurs semblaient être un sujet parfait puisqu’il en avait entendu parler pas plus tard que ce matin. L’encre de son parchemin n’étant pas complètement sèche, lorsqu'il releva la tête, on pouvait lire « aqu..x » et « .hi.tre » sur sa joue gauche. La potioniste ignora sa remarque sur les rumeurs avec panache, pour le plus grand malheur du Gryffondor.

« Mettez tout de suite les gants de protection avant de faire des catastrophes. Je ne vous rappelle pas ce qu'est une balance ? Un chaudron ? Un récipient basique ? Un mortier et un pilon ? Une pipette graduée ? Un couteau en argent ? Une cuillère en argent à trous ? Je considère cela comme acquis.

Il hocha la tête, sauta sur ses pieds en enfilant les gants : non ça va, je suis nul, mais tout de même.

Ecoutez-bien, vous avez devant vous douze types d'ingrédients, mais seuls cinq entrent dans la composition de la potion de babillage. Il fixait les ingrédients pendant qu’elle récitait leur nom.

« Soyez un peu attentif, c'est moi qui ai votre manuel entre mes mains. En revanche, vous pouvez utiliser ceci, trois énormes grimoires que Shawn aurait préféré oublier volèrent dans sa direction et se posèrent devant lui sur le bureau, son sourire était à présent totalement inversé, pour que vous puissiez bien comprendre le sens des ingrédients provenant d'animaux. »

-Je dois vraiment lire tout ça ? soupira-t-il. Vous êtes sûre de pas vouloir devenir prof’ ? Vous les remplacerez parfaitement. Ce n'était pas un compliment.
     
« Voilà ce que j'attends de vous : à l'aide de ces livres et de vos vagues souvenirs - s'il en reste, je veux que vous me sélectionniez les ingrédients entrant effectivement dans la préparation de la potion de babillage. Ne vous y trompez pas, dans les livres que je vous ai fournis, vous ne trouverez pas la recette, et ne vous attendez pas à ce qu'il vous soit clairement indiqué que le lichen doré entre dans la composition de la potion. Ce que vous avez ici, ce sont les pièces maîtresses du puzzle, à vous de les étudier attentivement ; propriétés, effets secondaires, combinaisons possibles, et de les assembler correctement pour donner un effet correspondant à la potion demandée. Soyez logique, consciencieux et prenez des notes au fur et à mesure. »

Il grimaça : - aaah je souffre. Je crois que c’est les effets secondaires du cerveau !! La jeune femme l’ignora totalement et il n’eut pas d’autres choix que de s’y mettre. Menton dans la paume de sa main, il entrouvrit le livre de botanique du bout des doigts, comme si le livre pouvait lui exploser au visage. Il releva paresseusement les yeux vers elle et replongea son nez dans le bouquin. Comment rendre cette recherche moins ennuyeuse ? Le jeune homme se gratta derrière la tête : AH, j’ai qu’à imaginer que je suis un chercheur, je dois tout analyser pour trouver la bonne formule qui me permettra de sortir du cachot maudit gardé par l’affreuse femme-renarde Cassidy… Sa diversion marcha relativement bien et il feuilleta chacun des livres à la recherche des ingrédients. Mais après plusieurs minutes, il commença à se lasser de ce petit « jeu » et abrégea sa recherche. Le Gryffondor appela Cassidy :

-J’ai sélectionné les ingrédients !

Devant lui se trouvait les feuilles d’alihosty, un œuf de runespoor, une plume de jobarbille, le cerveau de chaporouge et la bave de crapaud.

Si elle lui balançait encore des bouquins plus vieux que le monde en lui proclamant qu’il devait relire la théorie. Il ne répondrait plus de lui. Il ne quittait pas des yeux la jeune femme alors qu’elle se rapprochait, ne se gênant pas pour lorgner sa jupe et ses jambes avant de remonter au niveau du buste. Après l'effort, le réconfort !

-Sans même feuilleter votre livre, je pouvais déjà affirmer que l’un des cinq ingrédients c’est, il pointa du doigt le cerveau de chaporouge, lui. Vous voulez savoir comment je sais ? un sourire se dessina sur ses lèvres, parce que vous m’avez vous-même donné la réponse miss Rowle ! Lorsque j’ai affirmé connaître ma leçon en le touchant, vous avez deviné que c’était faux, ce qui sous-entend que j’aurais dû savoir que c’était toxique si j’avais lu ma leçon. Non !?

Face à son silence, il l'implora : - Pitié ! Dites-moi qu'il y en a au moins deux de bon ! J'ai vraiment fait un effort pour chercher dans les livres ! J'vous promets !

Avec une tête de chien battu, il continua : - On peut commencer la potion, maintenant ?

Traduction : Abrégez mes souffrances, par pitié !

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Are you a dementor? ‘Cause you take my breath away. [01/10/97]

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