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Réminiscence. [PV Alexandre ~ PNJ ; 1 octobre 1994 - 15 heure]

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AVATAR : Kaya Scodelario
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MessageSujet: Réminiscence. [PV Alexandre ~ PNJ ; 1 octobre 1994 - 15 heure] Mar 22 Nov 2016 - 0:27


Une fois. Deux fois. Trois fois. Ses dents, lentement, claquaient contre son ongle. Quatre fois. Un mordillement devenu rare. Et une position, oubliée. Les genoux remontés sur sa poitrine. Ses pieds nus, posés à plat. Accroupie. Observatrice, ses yeux, si particuliers, suivaient l'obscurité. Les belles ombres, si terrifiantes, si pratiques, si dérangeantes. Sa main droite délaissée, s'engourdissait lentement, contre la pierre, glacée. Sa fenêtre. Son repère. Elle le redécouvrait. Apprenait à le haïr, comme à l'aimer. Un passé annihilé, lointain. Un passé revenant la hanter. Non, tu n'as pas changé. Si. Bien sûr que si. Elle était maintenant une adulte. Une adulte forte. Une adulte fière, de ses convictions, de son parcours. Alors, pourquoi te trouves-tu ici, Astrid ? Un haussement d'épaule lui répondit. Pourquoi ? Elle ne le savait pas vraiment. Elle en avait... besoin. Voilà, c'était ça. Le besoin, irrésistible. L'envie, imprévisible. Inattendue. Elle l'avait prise, par sa main gelée, et l'avait mené ici. L'envie, sœur jumelle de la solitude. Ses deux amies, perdues. Les plus fidèles. Celles qui ne l'avaient jamais quittée, même quand elle l'avait crue. Non, tu n'as pas changé. Un soupir lui échappa. Elle avait oublié quelque chose, d'important. Ses sourcils se froncèrent légèrement. La fenêtre. Oh, oui. C'était ça. Elle le remercia mentalement. Le sarcasme perçant de la voix ne l'atteint pas, réponse à ses remerciements. Elle se releva, avec une lenteur impressionnante. Le contact de sa peau et du sol lui arracha un frisson, qui se propagea dans son corps. Elle n'y prit pas réellement garde. Telle une belle danseuse, elle pivota sur son pied-droit. Sa main gauche, jusqu'à délaissée, lui servit à nouveau. Difficilement, ses doigts bougèrent, remontant vers la poignée. Elle se tourna, et le vent, violant, l’accueillit. Un sourire joyeux se peignit sur le visage de la demoiselle. 

Avec la même lenteur, elle grimpa à nouveau sur le rebord, puis reprit sa contemplation. Le tableau était à nouveau accroché. Le ballet reprenait.
 Oyez, oyez, belle Astrid, et autres spectateurs. Regardez, regardez ! La pièce va commencer, le rideau s'ouvre ! La magie. Belle, et terrifiante. Sa magie, à elle, prit le contrôle une nouvelle fois. Ses cheveux changèrent de couleur, et, comme à l'époque, Astrid ne le remarqua pas. Son teint, déjà pâle, devint maladif, voir cadavérique. Il faisait ressortir sa minceur. Une minceur pouvant, facilement, être confondue avec sa cadette, la maigreur. L'anorexie, presque.

Un groupe d'adolescents s'arrêta à quelques mètres. L'un d'eux, le plus grand, le plus fort, la pointa du doigt. Un sourire dangereux se dessinait sur son visage. Un miroir à celui d'Astrid. Elle retrouvait les mêmes composants. Les moutons, toujours les moutons. Aucune réflexion, juste, la constatation que, depuis qu'elle avait quitté Poudlard, rien n'avait véritablement changé. Même avec Voldemort. Même avec la peur, si oppressante, qui régnait sur les lieux. Une peur qui, présentement, lui plaisait énormément. Une arme, puissante, fatale, qu'elle appréciait particulièrement.
 Tu retombes dans tes travers. Un nouveau haussement d'épaule. Un soupir sarcastique venu de nulle part. Et le grand gaillard. Un Gryffondor. Son doigt se pointa vers elle. Astrid pencha légèrement la tête sur le côté, ses pupilles se braquant dans celle de l'humain.

Je ne l'ai jamais vu ici, cette étrangeté.

Il rit. Un rire gras. Un rire froid. Un rire. Tu te sens sale, n'est-ce pas ? Une grimace, légère, déforma ses traits. Carrow s'amusait souvent. Avait-elle le droit ? Avait-elle le droit, elle aussi, de jouer ? Elle lui demanderait. Oui, c'était mieux, si elle lui demandait. Elle jouerait la marionnette, ainsi, comme toujours. Alors qu'elle connaissait déjà la réponse. Sa propre réponse. Ses propres règles. Celles d'aucune autre personne. Son destin. Son obscurité, et ses réflexions. Sa propre manière de se prendre en main. Tu as toujours été dangereuse. Fais attention, Astrid. N'oublie pas pourquoi tu es ici. Pourquoi elle était ici ? Pour son destin. Rien de plus, rien de moins. Se dessiner un avenir, et savoir composer avec la réalité du moment. Une vraie petite Serpentard. Le compliment fit mouche. Le puma se redressa d'un bond, avec un grognement. Le rire de l'adolescent mourut dans sa gorge.

Damien, on se casse ! 


Trop tard. Toujours trop tard. Les moutons ne comprenaient jamais à temps, la présence néfaste du loup. Ou, plutôt, présentement, de la louve. Féroce. Enragée. Une louve blessée, qui ne parvenait plus à différencier ses petits de ses ennemis.

Trop tard. Toujours trop tard. Le hurlement de douleur résonna dans le couloir. Ce couloir. Son couloir. Son territoire. Son troisième étage, depuis sa première année à Poudlard. 

Trop tard. Toujours trop tard. Les sanglots, et les pleurs. 
Tarée. Tarée. Tarée. TARÉE ! Ils étaient fous. Fous de s'en prendre à elle. Fous de s'en prendre à sa meute. Une meute ? Tu n'as pas de meute. Tu es seule. Sa meute ; ses deux amis, la solitude et ses envies.

Trop tard. Toujours trop tard. Le premier craquement. Puis le second. Sinistre. Très sinistre. Trop sinistre. Et plaisant. Si plaisant. Une clochette, au doux son, pour l'ouïe du puma. Sa magie, elle, comprit le désastre bien avant la demoiselle. Ses cheveux flamboyèrent, puis reprirent leur teinte bleutée. 

Trop tard... Toujours trop tard. Les gémissements se turent. Et les bruits de course. La fuite, des autres brebis.
 

Po...pour... Pourquoi...?

Damien. C'était son prénom. Elle s'en souvenait. Un sourire sadique prit possession de la demoiselle. 

Parce que je ne suis pas étrange.

Son pied, nu, s'écrasa avec violence sur le visage du gosse, qui perdit connaissance. Avec une lenteur à faire peur, Astrid sortit sa baguette. L'obscurité. Les ombres. Sa vie, depuis toujours. Sa réalité. Elle la redécouvrait. Elle se haïssait, pour elle, autant qu'elle s'adorait.

Oubliettes.

D'un geste négligeant, elle fit disparaître les bottes, délaissées plus loin. Et, pieds nus, les mains enfoncées dans les poches de son jean, légèrement courbée, elle s'avança dans le couloir. Un regard de prédateur. Un sourire satisfait. Elle dépassa le blessé, sans un regard pour lui, avant de tourner à droite, empruntant un passage secret. Elle atterrit rapidement au second étage, non loin de là, ou elle savait se trouver la Chambre des Secrets. Elle ne s'y rendit pas, mais se posta dans le couloir, près de l'entrée des toilettes. L’adrénaline redescendit enfin et, elle prit conscience, à ce moment, de son acte. Seulement. Tu es dangereuse, Astrid... Oui, elle était dangereuse... Tu te sens sale, n'est-ce pas ? Oui, elle se sentait sale...

Mais, sale, et dangereuse, elle se sentait aussi elle-même... Aussi dérangeant que la réalisation paraissait, elle se sentait, réellement, elle-même.


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