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(Octobre 1997) Le charme des augures. (LIBRE)

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POUFSOUFFLE7ème année
    POUFSOUFFLE
    7ème année
AVATAR : Ella Purnell.
MESSAGES : 157

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 29 février 1980.
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: (Octobre 1997) Le charme des augures. (LIBRE) Lun 21 Nov 2016 - 23:44


MERCREDI 8 OCTOBRE. Entre le pouce et l'index tournoyait la carte. D'un côté, un rouge foncé attaqué par les âges, tailladé par des ongles de mains négligentes. On pouvait y voir les entailles, rayures et striures qui montraient la base du carton fragile, beige et aux tons fades. D'un geste rapide, un mouvement que l'on ne pouvait discerner même dans une concentration des plus aiguisées, c'était la dame de cœur qui était imprimée sur l'autre côté et qu'elle brandissait devant le visage d'une comparse somnolente. En se mordant l'intérieur de la lèvre inférieure comme on pouvait fréquemment la voir faire, elle claqua des doigts avec son autre main pour récupérer son ami des bras de Morphée qui souhaitaient la garder, emprisonnée. Quelque peu perdu et déphasé, il clignait des yeux et finit, après un bâillement où l'on put distinguer tout l'intérieur gracieux de la mâchoire, par s'ébouriffer les cheveux. « Encore à lire ma merveilleuse destinée ? » qu'il questionna dans un demi-sourire à moitié véritable, comme lassé mais se forçant à donner de l'intérêt à l'activité alors que l'appel de l'inertie et du sommeil se voulaient insistants pour ne pas dire pressants. Un soupir, un énième qu'il reconnaissait et auquel il répondit dans une froncement de sourcils qui s'esquissa aussi rapidement qu'il s'estompa, il se redressa et la scruta d'un regard de côté alors qu'il attrapait avec paresse un ouvrage dédié aux enchantements. « Non. On faisait un château de cartes jusqu'à ce que tu t'assoupisses, et que d'un geste incontrôlé et très certainement, je l'espère, inconscient, tu détruises tout. » qu'elle répondit en désignant d'un mouvement de ses bras, le tas de cartes qui s'était, quelques instants plus tôt, écroulé. Viven n'était pas vexée, ni même en colère, mais ses plus proches confidents pouvaient admettre avec aisance qu'elle était de nature taquine et faussement irascible. Pourtant, il n'en était rien et lui, il le savait tout particulièrement alors qu'il se considérait comme étant ce qui se rapprochait le plus d'un meilleur ami, Ilanith. Si bien qu'avec cette insensibilité qui faisait de lui cet homme détaché et que les ignorants pensaient arrogant, il ne pipa mot. « Tu as besoin d'aide, avec ça ? » Une œillade hâtive, la négative d'un signe de la tête et pour adoucir la réponse, un sourire qui traduisait sa sincérité et le fait qu'il ne souhaitait pas qu'elle se braque à cause du refus. Alors Viven, elle se releva et laissant les cartes sur le tapis de la salle commune déserte, tourna les talons et se dirigea vers son sac en bandoulière qui traînait. Quiconque aurait pu trébucher faute d'inattention, mais étrangement, les parages étaient vidés de toutes âmes si ce n'était celles des deux acolytes qui connaissaient des périodes de troubles et de frictions, laissant ainsi le silence prendre ses aises dans les lieux. « Où est-ce que tu vas ? » qu'il interrogea sans même lever les yeux des pages de son livre. « La bibliothèque. Je veux essayer quelque chose pendant que tu es occupé. » Même de dos, elle savait qu'il devait être en train de rouler des yeux mais elle n'en fit pas la remarque. « Pas de problème. Je ne bouge pas, de toute façon. » En ouvrant son sac, elle ne prit qu'un miroir qu'elle avait préalablement mis à l'intérieur et ne prit pas la peine d'embarquer le reste avec elle, si ce n'était les cartes de tarot qu'elle avait toujours sur elle. Elle avait l'essentiel, l'objet dont elle avait besoin ainsi que les connaissances qu'offrait la bibliothèque.

« Madame ne s'en va jamais sans son miroir, Ô Narcisse dont tu es la réincarnation.
- Bon tais toi et fais semblant de t'instruire.
- Semblant ? Attends, attends. »

Il dégaina sa baguette alors qu'elle ne pouvait l'apercevoir. « Colovaria ! » qu'il dit avec une joyeuseté qui paraissait bien trop suspecte pour qu'il ait désigné un simple objet, les murs, la tapisserie ou d'autres éléments négligeables. « Ah, cette couleur m'avait manqué. Tu vois, que je suis doué. » Grinçant des dents, elle le fusilla du regard en tournant les talons mais ne prit pas la peine d'en dire plus. Il suffisait d'un regard pour qu'il comprenne, d'un regard de sa part à lui pour que finalement, elle ravale sa grogne. Blonde, elle l'avait déjà été durant les vacances scolaires passées mais dans l'enceinte du château, on ne lui connaissait que sa tignasse rousse mêlée à du châtain selon les saisons.

En montant les escaliers, elle croisait des visages qui lui étaient familiers. Aucun signe de tête, pas même des sourires ou des regards compatissants, elle avait reçu une lettre de son père il y a quelques jours, la rappelant à l'ordre et lui remémorant les directives qu'il lui avait donné. Agir pour son bien, à lui, à elle, pour celui des Lensie qui courbaient l'échine face au nouveau gouvernement, aux nouveaux souverains du Ministère et du château. Dans la lignée, ils avaient tous décidé de vouer leur allégeance aux forces qui les dépassaient afin d'assurer une sécurité qu'ils ne pensaient pas atteignable s'ils s'étaient retrouvés contre les omnipotents. Seule la tante du côté de la mère, Margaret Henriksen née Montrose, avait crié haut et fort que jamais elle ne donnerait sa dévotion à des êtres aussi cruels et immoraux. Alors Viven, elle se donnait ce rôle, d'arrogance et de condescendance qui ne pouvait pas outrepasser certaines barrières comme relever le menton face aux impérieux, et qui ne devait pas le baisser face aux impurs en qui elle se retrouvait pourtant. Arrivée au quatrième étage, elle poussa la porte en bois de la bibliothèque et pénétra dans les rangées de bouquins poussiéreux qui méritaient plus d'attention que celle qui leur était actuellement cédée. Malheureusement, le temps était plus à l'inquiétude qu'à l'apprentissage et la culture, les allées paraissant dès lors bien plus désolées et creuses qu'auparavant. Vagabondant ici et là, elle avait attrapé au passage des documents liés à la divination et s'était installée à une table. Trois bouquins et des parchemins en vrac, elle posa le miroir ainsi que ses cartes et se mit à feuilleter les vieux grimoires. « Catoptromancie, catoptromancie... » Vivement, elle tournait les pages et c'était avec une certaine fébrilité qu'elle le faisait. Plissant les paupières, elle avait du mal à distinguer les écritures à cause de la pénombre qui s'installait, alors c'est d'un Accio réalisé rapidement qu'elle ordonna à une autre lampe de s'installer à sa table. On pouvait même entendre le souffle des parchemins qui fendait l'air à chaque fois qu'elle passait à la page suivante.  


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