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De Ceux ~ Fauve. [PV Scarlett ; Février 1988]

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MessageSujet: De Ceux ~ Fauve. [PV Scarlett ; Février 1988] Dim 20 Nov 2016 - 12:38


Froid. La sensation lui plaisait. La fenêtre, ouverte, derrière elle, lui permettait d'apprécier la température régnant en maître sur l'écosse. Elle l'avait elle-même ouverte, sous les regards, souvent moqueurs, de ses camarades. Puis, avec lenteur, elle s'était déchaussée. Le rebord l'avait accueillit, comme l'avait fait la solitude. À bras ouverts, avec un sourire. Un sourire froid. Un sourire dérangeant. Elle avait serré les mâchoires, le temps de s'y habituer. Quelques semaines ; quelques minutes. Puis, elle s'était accroupie dessus, dans une position bien à elle. Personne, personne n'avait le droit de découvrir pourquoi. Ses genoux, remontés, étaient collés à son torse. Son bras gauche était lâche, sa main délaissée, plus que posée, à côté d'elle. À contrario, sa main droite était remontée jusqu'à son visage. Un visage penché vers l'avant, le haut de son corps légèrement voûté. Elle mordillait l'ongle de son pouce, machinalement. Ses yeux, fatigués, suivaient les élèves qui passaient, la pointant du doigt avec des rictus. Des robots. Des êtres sans saveurs, aucune. Trop, ils étaient trop.

Cette fenêtre, au troisième étage, était devenue son repère. Au début, les gens avaient du mal à voir cette gamine étrange s'installer là, sans aucune raison. Puis, les semaines étaient passées. Toujours cette même position. Toujours les pieds nus, malgré le froid, ou la pluie, ou la neige. Ce jour-ci ne faisait pas exception. Un simple t-shirt, blanc, à manche longue, recouvrait son corps mince. Un jean un peu trop grand recouvrait ses jambes, et légèrement ses pieds. La pierre froide ne la gênait pas. Ni le vent, violent, et glacé, qui soufflait à l'extérieur, faisant voltiger ses cheveux dans tous les sens. Souvent, dans cette position, ils changeaient de couleur. Elle ne le savait pas, ne le remarquait pas. Mais, il avait une belle teinte. La couleur d'un ciel sombre, seulement illuminé par quelques étoiles. Un bleu nuit magnifique. Elle attirait les regards, toujours, mais personne ne la voyait réellement.


- Elle est étrange, cette gamine.

Des mots. Des paroles, blessantes. Elle composait avec. Elle avait appris à encaisser. Avec sa famille, peut-être trop tôt. Peut-être trop rapidement, avec Lancelot. Elle ne disait rien, paraissant oublier jusqu'à leur présence. Fille perdue d'un autre univers, plongeait dans les abysses d'une réalité loin d'être rose. Ô, les merveilles existaient. Elles en étaient simplement que plus dangereuses. Ses yeux se posèrent sur Levine, qui l'observait. Son visage était complètement fermé, miroir de sa propre beauté. Un regard. Seulement un regard. Il se détourna, avec un soupire sarcastique. Astrid l'observa s'éloigner, puis reprit sa contemplation. Les sons ne l'atteignaient qu'avec un retard calculé. Ses membres engourdis ne lui aurait pas permis de mouvement brusque et, sa réalité l'ayant devinée, elle forçait sa conception à se modifier, pour la laisser atone. Immobile, seuls ses yeux, si particuliers, dansait en rythme avec la chorégraphie. Une belle démonstration artistique, mais devenue fade avec le temps. Elle avait l'impression d'avoir vu et revu la même scène, des centaines de fois. Des milliers de fois. Et aucun changement, à chaque fois. Les mêmes élèves qui passaient. Les mêmes paroles prononcées.

Était-elle la seule à voir cette réalité ? Était-ce sa propre réalité, qu'elle ne pourrait jamais partager ? Parfois, elle se posait la question. Elle se le demandait, tout en continuant d'observer, de la même manière étrange, les autres. Ils faisaient penser à des moutons, qui se suivaient, sans jamais réfléchir. Était-elle la brebis galeuse ? Certainement. Rejetée, détestée, seule. Toujours seule. C'était son quotidien, depuis qu'elle était arrivée à Poudlard.


GRYFFONDOR !

Elle avait été mise à l'écart, dès le début, dès la première soirée, par le Choixpeau. Gryffondor. La première des Shafiq, fière ? Un demi-sourire apparut sur son visage. Il s'estompa aussi vite qu'il s'était dévoilé. Si elle avait eu l'audace, si elle avait desserré les mâchoires pour sortir les crocs, elle aurait répondu. Oui, je suis fière. Je suis fière d'être unique, ce que tu n'es pas, Levine ! Mais, ça aurait été un mensonge. Elle l'avait été, au début. Aux applaudissements. Puis, les bruits de couloir, dès la première soirée. Et les regards. Elle était une Shafiq. Une Serdaigle, ou une Serpentard. Pas une Gryffondor. Elle n'avait pas droit de faire partie de cette caste, là, de preux chevalier, courageux et téméraire, qui osât affronter un dragon pour sauver la belle dame. Non, elle faisait partie des ombres. De ceux qui réfléchissaient pour établir des stratégies dans l'obscurité, pour reprendre la main, et affronter le destin.

Alors, non, elle n'était pas fière. Elle ne l'était pas. Et ça lui convenait. Unique, mais seule. Comment aurait-elle pu être fière ? Elle l'acceptait, et elle composait avec, une belle mélodie, triste et sinistre. Étrange. Avec un sourire froid. Un regard intense. Des gestes lents et dérangeants. Sa propre chorégraphie, dansé sur une symphonie unique. La sienne.


Je veux être différente !
Tu es différente, Astrid.

Oui, elle était différente, accroupie sur ce rebord de fenêtre, à observer les autres. Les gens normaux, qui n'avaient pas à goûter à sa triste réalité. Elle avait voulu être différente. Elle ne comprenait pas comment elle avait pu l'espérer. Elle comprenait, maintenant, le prix à payer pour l'être.

Un soupire lui échappa. Puis, ses yeux continuèrent à suivre les humains. Elle continua à mordiller son pouce, machinalement. Elle resta immobile. Dans le vent froid. Dans sa bulle, dans sa réalité. Dans son univers intérieur. Une simple silhouette, marchant avec difficulté dans un champ de ruines. Dans un paysage dévasté. Le tableau d'un artiste torturé.
 

__________
HRP
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Astrid, sur le moment.

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