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De Ceux ~ Fauve. [PV Scarlett ; Février 1988]

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MessageSujet: De Ceux ~ Fauve. [PV Scarlett ; Février 1988] Dim 20 Nov 2016 - 12:38


Froid. La sensation lui plaisait. La fenêtre, ouverte, derrière elle, lui permettait d'apprécier la température régnant en maître sur l'écosse. Elle l'avait elle-même ouverte, sous les regards, souvent moqueurs, de ses camarades. Puis, avec lenteur, elle s'était déchaussée. Le rebord l'avait accueillit, comme l'avait fait la solitude. À bras ouverts, avec un sourire. Un sourire froid. Un sourire dérangeant. Elle avait serré les mâchoires, le temps de s'y habituer. Quelques semaines ; quelques minutes. Puis, elle s'était accroupie dessus, dans une position bien à elle. Personne, personne n'avait le droit de découvrir pourquoi. Ses genoux, remontés, étaient collés à son torse. Son bras gauche était lâche, sa main délaissée, plus que posée, à côté d'elle. À contrario, sa main droite était remontée jusqu'à son visage. Un visage penché vers l'avant, le haut de son corps légèrement voûté. Elle mordillait l'ongle de son pouce, machinalement. Ses yeux, fatigués, suivaient les élèves qui passaient, la pointant du doigt avec des rictus. Des robots. Des êtres sans saveurs, aucune. Trop, ils étaient trop.

Cette fenêtre, au troisième étage, était devenue son repère. Au début, les gens avaient du mal à voir cette gamine étrange s'installer là, sans aucune raison. Puis, les semaines étaient passées. Toujours cette même position. Toujours les pieds nus, malgré le froid, ou la pluie, ou la neige. Ce jour-ci ne faisait pas exception. Un simple t-shirt, blanc, à manche longue, recouvrait son corps mince. Un jean un peu trop grand recouvrait ses jambes, et légèrement ses pieds. La pierre froide ne la gênait pas. Ni le vent, violent, et glacé, qui soufflait à l'extérieur, faisant voltiger ses cheveux dans tous les sens. Souvent, dans cette position, ils changeaient de couleur. Elle ne le savait pas, ne le remarquait pas. Mais, il avait une belle teinte. La couleur d'un ciel sombre, seulement illuminé par quelques étoiles. Un bleu nuit magnifique. Elle attirait les regards, toujours, mais personne ne la voyait réellement.


- Elle est étrange, cette gamine.

Des mots. Des paroles, blessantes. Elle composait avec. Elle avait appris à encaisser. Avec sa famille, peut-être trop tôt. Peut-être trop rapidement, avec Lancelot. Elle ne disait rien, paraissant oublier jusqu'à leur présence. Fille perdue d'un autre univers, plongeait dans les abysses d'une réalité loin d'être rose. Ô, les merveilles existaient. Elles en étaient simplement que plus dangereuses. Ses yeux se posèrent sur Levine, qui l'observait. Son visage était complètement fermé, miroir de sa propre beauté. Un regard. Seulement un regard. Il se détourna, avec un soupire sarcastique. Astrid l'observa s'éloigner, puis reprit sa contemplation. Les sons ne l'atteignaient qu'avec un retard calculé. Ses membres engourdis ne lui aurait pas permis de mouvement brusque et, sa réalité l'ayant devinée, elle forçait sa conception à se modifier, pour la laisser atone. Immobile, seuls ses yeux, si particuliers, dansait en rythme avec la chorégraphie. Une belle démonstration artistique, mais devenue fade avec le temps. Elle avait l'impression d'avoir vu et revu la même scène, des centaines de fois. Des milliers de fois. Et aucun changement, à chaque fois. Les mêmes élèves qui passaient. Les mêmes paroles prononcées.

Était-elle la seule à voir cette réalité ? Était-ce sa propre réalité, qu'elle ne pourrait jamais partager ? Parfois, elle se posait la question. Elle se le demandait, tout en continuant d'observer, de la même manière étrange, les autres. Ils faisaient penser à des moutons, qui se suivaient, sans jamais réfléchir. Était-elle la brebis galeuse ? Certainement. Rejetée, détestée, seule. Toujours seule. C'était son quotidien, depuis qu'elle était arrivée à Poudlard.


GRYFFONDOR !

Elle avait été mise à l'écart, dès le début, dès la première soirée, par le Choixpeau. Gryffondor. La première des Shafiq, fière ? Un demi-sourire apparut sur son visage. Il s'estompa aussi vite qu'il s'était dévoilé. Si elle avait eu l'audace, si elle avait desserré les mâchoires pour sortir les crocs, elle aurait répondu. Oui, je suis fière. Je suis fière d'être unique, ce que tu n'es pas, Levine ! Mais, ça aurait été un mensonge. Elle l'avait été, au début. Aux applaudissements. Puis, les bruits de couloir, dès la première soirée. Et les regards. Elle était une Shafiq. Une Serdaigle, ou une Serpentard. Pas une Gryffondor. Elle n'avait pas droit de faire partie de cette caste, là, de preux chevalier, courageux et téméraire, qui osât affronter un dragon pour sauver la belle dame. Non, elle faisait partie des ombres. De ceux qui réfléchissaient pour établir des stratégies dans l'obscurité, pour reprendre la main, et affronter le destin.

Alors, non, elle n'était pas fière. Elle ne l'était pas. Et ça lui convenait. Unique, mais seule. Comment aurait-elle pu être fière ? Elle l'acceptait, et elle composait avec, une belle mélodie, triste et sinistre. Étrange. Avec un sourire froid. Un regard intense. Des gestes lents et dérangeants. Sa propre chorégraphie, dansé sur une symphonie unique. La sienne.


Je veux être différente !
Tu es différente, Astrid.

Oui, elle était différente, accroupie sur ce rebord de fenêtre, à observer les autres. Les gens normaux, qui n'avaient pas à goûter à sa triste réalité. Elle avait voulu être différente. Elle ne comprenait pas comment elle avait pu l'espérer. Elle comprenait, maintenant, le prix à payer pour l'être.

Un soupire lui échappa. Puis, ses yeux continuèrent à suivre les humains. Elle continua à mordiller son pouce, machinalement. Elle resta immobile. Dans le vent froid. Dans sa bulle, dans sa réalité. Dans son univers intérieur. Une simple silhouette, marchant avec difficulté dans un champ de ruines. Dans un paysage dévasté. Le tableau d'un artiste torturé.
 

__________
HRP
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Astrid, sur le moment.

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MessageSujet: Re: De Ceux ~ Fauve. [PV Scarlett ; Février 1988] Jeu 25 Mai 2017 - 15:10

A Poudlard, la vie n’était pas facile, contrairement à ce qu’elle avait cru en y entrant. Elle qui avait espéré que se retrouver dans ce château lui apporterait tout ce qu’elle avait pu lire dans ses livres étant petite, l’amitié, la complicité, elle avait vite déchanté. Scarlett ne rentrait pas dans les cases que ses petits camarades affectionnaient tant. Eux qui étaient friands d’étiquettes à poser sur chacun, elle ne correspondait pas à celles qui vous ouvrent les meilleures portes au sein du château. Un peu garçon manqué, un peu trop prompte à se battre, pas assez rat de bibliothèque pour sa maison, un peu trop petite et trop maigre, et beaucoup trop rousse. Elle ne comptait plus le nombre de plaisanteries qu’elle avait pu entendre depuis le début de l’année sur son nom et sa couleur de cheveux. Ses mèches flamboyantes qu’elle aimait tant auparavant. Elle aurait aimé faire partie de ces filles qui savent si bien montrer qu’elles se moquent de ce qu’on peut dire d’elles, passer devant les détracteurs en levant le menton, le regard fier et poursuivre sa route. Mais non, elle avait plutôt tendance à s’arrêter et insulter ceux qui s’en prenaient à elle. Ce qui faisait immanquablement redoubler leurs rires, devant cette folle qu’on devrait mettre en cage. Au fond d’elle, Scarlett regrettait d’avoir quitté sa famille et son cocon. Seule la moitié de l’année avait été parcourue, et elle se demandait comment elle allait pouvoir survivre à plus de 6 autres comme ça.

C’était un mois de février glacial. Et une fois n’était pas coutume, elle avait préféré aller étudier à la bibliothèque, plutôt que dans le parc. Elle avait longuement hésité, mais les épais flocons qui tombaient par intermittence l’en avait rapidement dissuadée. Elle ne voulait pas donner de raisons supplémentaires à ses camarades de se moquer, que ce soit à cause de son nez qui coulait parce qu’elle était malade, ou tout simplement parce qu’elle se serait transformée en glaçon et qu’on ne l’aurait retrouvée qu’après trois jours de recherche. Ou peut-être plus, qui sait ? Qui aurait voulu la chercher ? Elle avait bien quelques amies ici, mais elles se comptaient sur les doigts d’une main. Triste vie que celle d’une adolescente ne rentrant pas dans les cases à Poudlard. Alors qu’elle prenait la direction de la tour de Serdaigle, la jeune fille s’arrêta dans un couloir du troisième étage, particulièrement froid. Il était habituel que les couloirs du château soient frigorifiants durant l’hiver, les torches au mur ne suffisaient pas à réchauffer ses vieilles pierres. Mais là, ce n’était même pas normal un tel froid. La jeune fille frissonna malgré son épaisse cape, ses gants et sa grosse écharpe. Une fenêtre devait être ouverte quelque part, c’était l’une des seules raisons possibles à ce froid. Elle allait donc traverser ce couloir pour la refermer. Les autres élèves pourraient la remercier comme ça. Comme s’ils allaient s’en donner la peine…

Scrutant chaque fenêtre du couloir tout en progressant lentement, Scarlett sursauta lorsqu’elle découvrit une silhouette fantomatique perchée sur l’une d’elle. Après six mois au château, elle ne s’était toujours pas faite aux fantômes. Ils sa surprenaient toujours à lui passer au travers ou à sortir d’un mur juste devant elle. Elle qui se voulait forte et courageuse, elle avait toujours honte. Finalement, elle n’était peut-être pas aussi digne qu’elle le croyait d’être envoyée à Gryffondor. Peut-être était-ce la raison pour laquelle le choixpeau lui avait préféré la maison des bleus et bronzes, parce qu’elle n’était pas courageuse pour deux sous.

Mais en regardant plus attentivement, Scarlett se rendit compte que la silhouette fantomatique était en réalité celle d’une jeune fille, qui devait avoir environ son âge. Dans la pénombre, elle avait du mal à distinguer ses traits, d’autant plus qu’elle lui tournait le dos. Mais rapidement, un nom lui vint à l’esprit. Astrid Shafiq. Une Gryffondor de son année, qu’elle savait être une outsider, comme elle. La demoiselle s’était souvent dit qu’elles avaient quelques points communs. Elles ne s’étaient jamais parlées, mais Scarlett enviait la jeune fille. Elle était à Gryffondor, ç’aurait pu être elle. Mais à voir comment les autres élèves la traitaient aussi, Scarlett aurait peut-être eu le même destin si elle avait rejoint la maison de ses rêves. Même si elle se jugeait moins étrange que Shafiq en règle générale. Mais peut-être qu’elles pouvaient se serrer les coudes. Ce n’était pas le meilleur moyen de s’intégrer que les petits canards se fréquentent, elles risquaient plutôt de se mettre elles-mêmes aux bans de la société. Mais à elles deux, elles pourraient peut-être conquérir le monde. Cette fille l’avait toujours intriguée, il était peut-être temps d’ouvrir la conversation. Mais comment faire pour signaler sa présence, sans que la silhouette ait peur et ne risque de tomber du troisième étage du château ? Elle déposa son sac à ses pieds et se racla la gorge, prête à retenir Astrid des fois qu’elle fasse un geste trop brusque. Mais celle-ci tourna simplement la tête vers elle. Peut-être l’avait-elle entendue, peut-être avait-elle déjà conscience de ne plus être seule. Scarlett s’adossa alors au mur à côté de la fenêtre, les bras croisés sur sa poitrine.

« Le parc est beau à cette heure-ci hein ? C’est tellement calme… Pas sûre que chuter du troisième étage soit une très bonne idée cependant. Ni mourir de froid. M’enfin, tu fais ce que tu veux hein. »

Elle lui adressa un sourire joyeux, preuve qu’elle plaisantait sans la moindre once de méchanceté. Elle était la plus mal placée dans cette école pour se moquer d’Astrid. Et elle devait gagner sa confiance pour qu’elles s’allient contre les autres.

« Je m’appelle Scarlett. Qu’est-ce que tu fais perchée comme ça ? J’ai presque cru que tu étais une chouette quand je t’ai vue tout à l’heure. »

Mieux valait la comparer à une chouette plutôt qu’à un fantôme…

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MessageSujet: Re: De Ceux ~ Fauve. [PV Scarlett ; Février 1988] Mar 30 Mai 2017 - 14:21


Le temps passait, inlassablement, encore et toujours. Le temps l'oubliait dans sa pauvre bulle. Une bulle, non, un refuge. Elle restait là, à l'intérieur, tournant le dos à ce couloir se remplissant et se vidant aux rythmes des cloches. Elle restait là, sans bouger. Rester là à oublier même d'exister. Sa respiration était une malédiction, mais elle n'avait le droit d'y mettre fin. Gryfondor avait-il crié, lui arrachant la possibilité même d'avoir des amis dans cette foutue maison qui la rejeter comme la peste. Après tout, les Shafiq étaient connus pour être des Serpentards ou des Serdaigles, comment leur en vouloir ? Alors, au lieu de haïr, elle restait là, oubliant de vivre, oubliant les paroles blessantes. Elle préférait la solitude à la fausseté de la plupart des gens, quand ceux-ci daignaient la remarquer.

Plusieurs heures passèrent ainsi et l'enfant resta accrocher à sa fenêtre comme une moule à son rocher. Elle aimait bien la vue du parc, surtout au crépuscule. Elle trouvait les couleurs du ciel, se reflétant sur le lac, absolument magnifique. Des couleurs qu'elle aimerait rejoindre, partir se baigner dans le lac, oublier un peu ses malheurs. S'amuser, rire, vivre. Elle savait qu'elle ne le pouvait, pas encore, pas maintenant : le temps n'y était pas propice. Le froid restait présent, et même si la neige quittait enfin les rivages, l'eau restait en partie gelée. Alors, elle restait là, sans bruit, les yeux plongeaient dans les méandres de l'horizon.

Encore une heure. La cloche sonna, annonçant la fin des cours pour la journée. Le couloir devint rapidement bondé, mais la jeune Shafiq n'y prit garde, restant sur son perchoir. Elle se fit aussi petite qu'elle le pouvait, espérant ainsi que les différentes personnes l'oublieraient rapidement. Cela marcha en partie, certains élèves ne se gênant pas pour se moquer d'elle en passant, comme toujours. Des personnes haïssables, mais elle n'en avait plus la force. Elle ne voulait plus se battre. Elle voulait juste devenir invisible, complètement invisible. Puis, enfin, plus un bruit. La solitude. Bienvenue et bienfaitrice, elle lui prit la main avec douceur et lui sourit. Elle sécha les larmes de la petite fille, avant de s'en aller, lui promettant de revenir bientôt. Solitude reste, pensa-t-elle, mais le bruit des pas d'une autre élève la chassa. Elle lui fit malgré tout un signe de la main, avant de disparaître.

- Le parc est beau à cette heure-ci hein ? C’est tellement calme… Pas sûre que chuter du troisième étage soit une très bonne idée cependant. Ni mourir de froid. M’enfin, tu fais ce que tu veux hein.
- Oui, c'est beau. Je ne veux pas mourir, je veux être invisible. Oubliée, répondit Astrid, d'une voix morne, éteinte.

Elle n'avait pas conscience que la demoiselle l'avait prise au départ pour un fantôme, ni qu'elle avait réellement une mine pouvant faire peur, ni un regard plus que torturé. Pourtant, ce regard, pouvant faire peur, elle le vrilla dans celui de la fille derrière elle, en se tournant.

- Je m’appelle Scarlett. Qu’est-ce que tu fais perchée comme ça ? J’ai presque cru que tu étais une chouette quand je t’ai vue tout à l’heure.
- Je regarde le parc. C'est beau... J'aimerais bien être le parc. Beau et serein, aimé.

Aimé. Oui, elle aimerait tellement l'être. Elle ne l'était pas. Du moins, c'était l'impression qu'elle avait. Personne ne l'aimait. Tout le monde la rejetait. Même les sang-pur avaient peur d'elle. Était-elle un monstre ? Peut-être. Peut-être que Lévine avait prévenu tout le monde que la jeune Shafiq était un démon et qu'il fallait l'éviter. Ce devait être ça, sans doute. Astrid se détourna à nouveau de Scarlett, observant à nouveau le parc.

- Je m'appelle Astrid. Tu ne devrais pas traîner avec moi, les autres vont se moquer de toi, sinon.

Elle haussa les épaules, restant là, perchée sur sa fenêtre. Qu'allait-elle faire, cette fille de Serdaigle ? Cette Scarlett ? Resterait-elle ou partirait-elle comme tous les autres ? La fuirait-elle comme tous les étudiants, pour éviter une mauvaise réputation ? Astrid ne pouvait pas le savoir, pas encore, mais elle se devait de la prévenir, n'est-ce pas ? Alors elle l'avait fait et attendait de voir, tout en mordillant l'ongle de son pouce en regardant le soleil se coucher, en laissant les larmes couler. La solitude était sa meilleure amie. Une meilleure amie qu'il fallait apprendre à porter sur soi, mais c'était difficile.

Une solitude qui commençait déjà à la quitter, partant rejoindre quelqu'un d'autre. Mais la petite fille qu'elle était ne l'avait pas encore compris. Scarlett restait et ne partait pas. C'était... nouveau. Finalement, après de nombreuses minutes d'un silence de plomb, lourd, Astrid se redressa. Debout sur le rebord de la fenêtre, elle mit ses mains dans ses poches et se retourna vers sa camarade. Toujours pied nue, elle observa de ses yeux humides la serdaigle, la détaillant comme elle aurait détaillé une bête curieuse.

- Tu n'as pas peur ? Pourquoi tu restes alors que les autres vont te détester ?

La question pouvait paraître étrange, mais elle ne l'était pas tant que ça. Après tout, Astrid était seule depuis le début de l'année et voir quelqu'un l'approcher était devenu de plus en plus rare. Sans doute portait-elle sur elle le fait d'être assez... folle. Son regard, sa manière de se tenir... Tout cela n'aidait pas, bien évidemment, mais elle ne pouvait le deviner. Sans même le savoir, la joie, mêlée à une nouvelle émotion qu'elle ne connaissait pas, la timidité, firent virer ses cheveux à un joli rose-orangée. Astrid ne l'avait même pas remarqué, mais c'était un fait. Elle venait de laisser voir son don à une fille. Cette fille, devant elle, qui allait devenir l'une de ses meilleures amies. Sa meilleure amie. Celle sur qui elle allait pouvoir compter et qui l'accompagnerait dans tout ce qu'elle entreprendrait dans sa vie, en dehors du mercenariat.

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MessageSujet: Re: De Ceux ~ Fauve. [PV Scarlett ; Février 1988] Sam 10 Juin 2017 - 22:08

La vie était parfois faite de rencontres qui pouvaient tout changer. Absolument tout. Passer de l’ombre à la lumière. De la solitude à la compagnie. De la haine à l’amour. Et Scarlett avait la sensation qu’Astrid pouvait être l’une de ses rencontres, si elles parvenaient à se liguer contre le reste du monde. Et pour cela, il ne fallait pas que sa camarade chute du troisième étage. Cette dernière lui répondit finalement, précisant qu’elle voulait se faire oublier et devenir invisible. Ô sentiment si bien connu d’elle-même, son meilleur compagnon de route. Impossible, ne serait-ce qu’à cause de sa chevelure de feu, cette fierté qui était devenue sa pire ennemie.

Elle se présenta, faisant le premier pas. Ce n’était pas une chose difficile pour elle, elle n’était pas de nature timide. Peut-être qu’elles pouvaient se compléter avec Astrid, les faiblesses de l’une pouvaient être compensées par les forces de l’autre ? Elles pourraient envoyer tous ces jeunes gens qui les raillaient se faire voir. Sacarlett n’aimait pas le fait d’avoir besoin de quelqu’un pour s’en sortir, mais parfois il fallait savoir mettre sa fierté de côté…

« Je m'appelle Astrid. Tu ne devrais pas traîner avec moi, les autres vont se moquer de toi, sinon. »

La Serdaigle leva les yeux au ciel et se rapprocha de la silhouette toujours perchée. Elle observait son malaise. Peut-être préférait-elle qu’elle parte ? Elle l’arrachait à sa solitude après tout, et Astrid n’en avait peut-être absolument pas envie Peut-être qu’elle était un drôle d’oiseau solitaire et que ça lui allait bien. Tout le monde n’aspirait pas à s’intégrer comme Scarlett le souhaitait quand elle était arrivée ici. Ce n’était pas parce qu’elle-même ne supportait pas se sentir seule qu’il en allait de même pour tout le monde. Mais les larmes qu’elle distinguait sur les joues de la jeune fille l’encouragèrent à faire un pas de plus vers elle, elle devait l’aider. Elle ne pouvait pas la laisser comme ça. Elle croisa son regard inquisiteur qui la détaillait, elle la petite serdaigle trop maigre, trop rousse, au physique un peu trop ingrat pour tous les adolescents de ce château qui ne se fiaient qu’au physique ou aux préjugés sur les maisons, ce qui faisait d’elle ce vilain petit canard.

« Tu n'as pas peur ? Pourquoi tu restes alors que les autres vont te détester ? »

Scarlett lui adressa un sourire ironique, levant de nouveau les yeux au ciel. Puis elle posa une main sur celles d’Astrid.

« Ils me détestent déjà tu sais. Et puis je m’en fiche qu’ils me trouvent bizarre. Ils sont tous idiots. »

Elle sourit à la jeune fille sur son perchoir, un sourire doux, encourageant. Elle voulait lui montrer qu’elle pouvait lui faire confiance, qu’elle ne lui voulait pas de mal. Elle se revoyait petite, essayer d’apprivoiser les écureuils qui trainaient dans le jardin de sa mère. Elle avait le même sentiment avec Astrid, cette petite chose fragile et méfiante, qu’il fallait rassurer et apprivoiser. Et Scarlett était bien décidée à y parvenir.

« Je sais ce que tu veux dire, quand tu parles de te faire oublier et de devenir invisible. J’ai envie de la même chose. Tout le temps, depuis que je suis ici et qu’il n’y a que des rires ou des chuchotements qui me suivent. Et ça c’est impossible, à cause de… ça. » Elle attrapa une mèche de ses cheveux roux, et la laissa retomber. « Et en même temps j’en ai marre d’être seule. Je peux avoir des amis moi aussi, et si les autres ne veulent pas de moi, tant pis pour eux. C’est eux qui ne savent pas ce qu’ils ratent en nous mettant à l’écart ! »

Puis le regard bleu-vert de Scarlett fut attiré par un éclat coloré dans la chevelure d’Astrid. Elle se saisit d’une des mèches désormais rose-orangé de la Gryffondor, une couleur tellement semblable au coucher de soleil qu’elles pouvaient admirer sur le lac chaque jour, les yeux écarquillés. Son regard fit la navette entre le visage d’Astrid et ses cheveux, pendant quelques secondes, puis un immense sourire illumina son visage.

« C’est trop géniaaaaal ! Comment tu as fait ça ? » Puis une conversation qu’elle avait eu avec sa mère lui revint en mémoire et elle en resta bouche bée un instant, avant de reprendre, avant même qu’Astrid n’ait eu le temps d’en placer une. « Tu es une métamorphomage c’est ça ? Ma mère m’a parlé d’une de ses amies qui l’était. C’est vraiment trop cool, quelle chance tu as ! Tu n’imagines pas ce que je donnerais pour savoir faire ça ! »

Elle était euphorique désormais, à deux doigts de sauter partout. Sa nouvelle amie se montrait encore plus surprenante qu’elle ne l’était déjà, mais Scarlett n’aimait pas l’envie qu’elle sentait poindre en elle. Pas de jalousie au milieu de cette amitié naissante, par pitié. Astrid avait beaucoup de choses que Scar pouvait envier, mais elle était aussi fière de ce qu’elle était. Il fallait trouver un juste milieu.

« Excuse-moi, je suis peut-être un peu trop enthousiaste. Je peux rester avec toi encore un peu, ou tu préfères que je te laisse seule ? »

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MessageSujet: Re: De Ceux ~ Fauve. [PV Scarlett ; Février 1988] Dim 11 Juin 2017 - 0:28


La petite fille qu'elle était à l'époque n'avait pas loupé le sourire ironique qu'avait tordu les lèvres de la Serdaigle, embellissant son visage. La demoiselle n'avait rien fait, ne remarquant pas la couleur de ses cheveux changer en même temps que des émotions, qu'elle finissait par oublier, réapparaissaient avec une force insoupçonnée. La Gryffondor avait alors penché la tête sur le côté, tel l'animal curieux et sauvage qu'elle était, essayant, avec le peu d'informations qu'elle avait, de comprendre l'énigme impressionnante que représentait cette fille tout droit sorti d'un conte féerique. Ses cheveux de feu lui allaient bien, du moins, c'était ce que trouvait la Shafiq, encadrant un visage qu'elle trouvait magnifique, bien loin de la figure de belette que pensait posséder la lionne, qui trahissait à elle-seule une partie de sa folie.

- Ils me détestent déjà tu sais, avait répondu Scarlett avec un beau naturel. Et puis je m’en fiche qu’ils me trouvent bizarre. Ils sont tous idiots.
- Idiots, c'est bien le mot, avait alors sourit doucement la petite Astrid, toujours perchée sur son rebord de fenêtre.

Des idiots, êtres stupides et sans cervelle se pensant au-dessus de tout et de tout le monde. Astrid connaissait bien, elle faisait les frais de ce genre de personnage depuis quelque temps déjà, voulant à tout pris, ainsi, disparaître complètement. Elle leur devait, à cette époque, son désir profond et puissant de pouvoir disparaître d'un claquement de doigts. Pas de baguette, pas de sortilège : non, un simple claquement de doigts lui permettant de revêtir une cape d'invisibilité parfaite, qui ne laissait aucune place à la visibilité de son corps, qui ne laissait deviner ne serait-ce que sa présence. Rajouter un effet immatériel serait éventuellement un plus... Évidemment, ce ne pouvait arriver. Elle était une sorcière, non une déesse aux pouvoirs incommensurables et irréalistes.

- Je sais ce que tu veux dire, quand tu parles de te faire oublier et de devenir invisible. J’ai envie de la même chose. Tout le temps, depuis que je suis ici et qu’il n’y a que des rires ou des chuchotements qui me suivent. Et ça c’est impossible, à cause de… ça.

Scarlett récupéra l'une de ses mèches flamboyantes et l’exhiba à la vue de sa camarade, avant de la laisser retomber. Astrid ne comprit pas réellement pourquoi les autres élèves l'éviter à cause de ses cheveux. Elle les trouvait beaux. Une chevelure de feu, telle des flammes dansantes sur le crâne d'une fille de caractère. Que les autres l'esquivassent à cause de sang, de son rang, de sa maison, Shafiq pouvait comprendre : elle aurait dû se trouver à Serpentard ou à Serdaigle. Que l'on évita une fille à cause de mèches rousses ? Non, son cerveau ne parvenait pas à établir le cheminement poussant les autres à l'écarter. Il n'y avait rien de logique qui pouvait l'expliquer — encore aurait-il fallu qu'Astrid parvînt à réellement comprendre la logique.

- Et en même temps, j’en ai marre d’être seule. Je peux avoir des amis moi aussi, et si les autres ne veulent pas de moi, tant pis pour eux. C’est eux qui ne savent pas ce qu’ils ratent en nous mettant à l’écart !
- Nous ? demanda d'une petite voix la métamorphomage. Nous ? Comme... plusieurs ? Ensemble ?

Des questions, encore des questions, mais il fallait comprendre que les paroles de Burton touchaient la petite rouge et or et qu'elle se retrouvait, petit à petit, transportait vers un songe qu'elle avait espéré réalité des années durant. Avoir des amis, est-ce que c'était... bien ? Elle commençait, tout juste, à se poser l'interrogation, osait enfin à se le demander concrètement. Des amis... Oui, sans doute, ça devait être bien. Forcément bien. Un nouveau sourire apparut sur le visage juvénile d'Astrid, un nouveau sourire arraché par la rousse, un sourire qui lui promettait petit à petit une victoire.

- C’est trop géniaaaaal ! Comment tu as fait ça ? s'écria d'un seul coup Scarlett, surprenant la petite sorcière qui manqua de tomber par la fenêtre.

Elle ne dut son salut qu'à une providence divine ou peut-être à sa magie instinctive, indomptée, qui ferma la fenêtre brutalement. Scarlett n'avait pas l'air d'avoir remarqué et c'était peut-être mieux ainsi. L'héritière de Lancelot ne voulait absolument pas qu'on la pensât faible. Elle ne l'était pas !

- Tu es une métamorphomage c’est ça ? Ma mère m’a parlé d’une de ses amies qui l’était. C’est vraiment trop cool, quelle chance tu as ! Tu n’imagines pas ce que je donnerais pour savoir faire ça !

Silence. Un gros silence. Astrid ne répondit pas, se concentrant sur autre chose. Beaucoup d'élèves auraient aimé savoir le faire, de ce qu'elle savait, pourtant, il y avait des inconvénients qu'ils ne pouvaient même pas imaginer. L'attente de la famille, la pression sur les épaules frêles des enfants, l'incapacité à pouvoir se métamorphoser complètement en un autre être humain ou encore l'impossibilité de devenir animagus — du moins pensait-elle... Et elle en passait et des meilleurs. Si Astrid avait pu échanger sa place contre n'importe qui d'autre, elle l'aurait fait sans aucune honte, bien qu'elle sût que c'était totalement impossible.

- Excuse-moi, je suis peut-être un peu trop enthousiaste. Je peux rester avec toi encore un peu, ou tu préfères que je te laisse seule ?
- Non, reste !

La question l'ayant totalement prise de court après la joie et l’enthousiasme de Scarlett, Astrid avait répondu directement, sans réfléchir.

- Pour le don... Je peux faire ça depuis que je suis petite, j'avais 4 ans quand je l'ai développé, si je raconte pas des bêtises.

Les mimiques de la Gryffondor démontraient clairement sa gêne, sans compter son mordillement de lèvre inférieure quand elle termina sa phrase. Puis, incongrue, inattendue, une idée vint à elle, génie ou folie restait à voir, mais Shafiq décida de tenter le coup. Elle ferma les yeux, se concentrant sur ses cheveux, mais également sur la couleur de ceux de sa camarade. Sans surprise aucune, le feu de la Serdaigle fut copié sans mal par la lionne et Astrid ouvrit ensuite les yeux, avec une certaine appréhension visible sur son visage, pour observer la réaction de sa camarade.

- C'est pas super pratique parfois comme pouvoir, mais si tu veux, je peux rester comme toi. Comme ça, tu ne seras plus seule. En plus, c'est super joli comme couleur, je trouve.

La sincérité. Pure et belle, sortant droit de la bouche d'une enfant ressemblant plus à un animal sauvage et blessé qui cherchait par tous les moyens à se faire dompter et soigner. Astrid avait peur et ses yeux le criaient. Elle avait peur que Scarlett prît mal son geste, elle avait peur qu'elle finît par l'abandonner comme les autres, rapidement, trop rapidement. Elle avait peur qu'une nouvelle fois, elle ne plut pas.

- J'aimerais bien être normal, tu sais, reprit Astrid. Normal, sans pouvoir, que ma famille ne s'attende pas à ce que je sois parfaite, ce que je ne suis pas. J'aimerais ne pas être métamorphomage parfois. J'aimerai bien... J'aimerais bien être brune, avec des yeux simples, au lieu d'avoir mes yeux vairons. C'est à cause de ma première transformation, c'est resté et je n'arrive pas à le changer.

Elle vidait son sac, sans même s'en rendre compte, mais comment lui en vouloir, alors qu'elle en avait définitivement et irrémédiablement besoin ?

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In a coat of gold or a coat of red,

A lion still has claws.
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De Ceux ~ Fauve. [PV Scarlett ; Février 1988]

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