AccueilAccueil  PortailPortail  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  

Partagez|

De Ceux ~ Fauve. [PV Scarlett ; Février 1988]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
APPRENTI(E)Filière enseignement
    APPRENTI(E)
    Filière enseignement
AVATAR : Kaya Scodelario
MESSAGES : 162

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire et Bicurieuse
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 1 octobre 1976
SANG SANG: pur
MessageSujet: De Ceux ~ Fauve. [PV Scarlett ; Février 1988] Dim 20 Nov 2016 - 12:38


Froid. La sensation lui plaisait. La fenêtre, ouverte, derrière elle, lui permettait d'apprécier la température régnant en maître sur l'écosse. Elle l'avait elle-même ouverte, sous les regards, souvent moqueurs, de ses camarades. Puis, avec lenteur, elle s'était déchaussée. Le rebord l'avait accueillit, comme l'avait fait la solitude. À bras ouverts, avec un sourire. Un sourire froid. Un sourire dérangeant. Elle avait serré les mâchoires, le temps de s'y habituer. Quelques semaines ; quelques minutes. Puis, elle s'était accroupie dessus, dans une position bien à elle. Personne, personne n'avait le droit de découvrir pourquoi. Ses genoux, remontés, étaient collés à son torse. Son bras gauche était lâche, sa main délaissée, plus que posée, à côté d'elle. À contrario, sa main droite était remontée jusqu'à son visage. Un visage penché vers l'avant, le haut de son corps légèrement voûté. Elle mordillait l'ongle de son pouce, machinalement. Ses yeux, fatigués, suivaient les élèves qui passaient, la pointant du doigt avec des rictus. Des robots. Des êtres sans saveurs, aucune. Trop, ils étaient trop.

Cette fenêtre, au troisième étage, était devenue son repère. Au début, les gens avaient du mal à voir cette gamine étrange s'installer là, sans aucune raison. Puis, les semaines étaient passées. Toujours cette même position. Toujours les pieds nus, malgré le froid, ou la pluie, ou la neige. Ce jour-ci ne faisait pas exception. Un simple t-shirt, blanc, à manche longue, recouvrait son corps mince. Un jean un peu trop grand recouvrait ses jambes, et légèrement ses pieds. La pierre froide ne la gênait pas. Ni le vent, violent, et glacé, qui soufflait à l'extérieur, faisant voltiger ses cheveux dans tous les sens. Souvent, dans cette position, ils changeaient de couleur. Elle ne le savait pas, ne le remarquait pas. Mais, il avait une belle teinte. La couleur d'un ciel sombre, seulement illuminé par quelques étoiles. Un bleu nuit magnifique. Elle attirait les regards, toujours, mais personne ne la voyait réellement.


- Elle est étrange, cette gamine.

Des mots. Des paroles, blessantes. Elle composait avec. Elle avait appris à encaisser. Avec sa famille, peut-être trop tôt. Peut-être trop rapidement, avec Lancelot. Elle ne disait rien, paraissant oublier jusqu'à leur présence. Fille perdue d'un autre univers, plongeait dans les abysses d'une réalité loin d'être rose. Ô, les merveilles existaient. Elles en étaient simplement que plus dangereuses. Ses yeux se posèrent sur Levine, qui l'observait. Son visage était complètement fermé, miroir de sa propre beauté. Un regard. Seulement un regard. Il se détourna, avec un soupire sarcastique. Astrid l'observa s'éloigner, puis reprit sa contemplation. Les sons ne l'atteignaient qu'avec un retard calculé. Ses membres engourdis ne lui aurait pas permis de mouvement brusque et, sa réalité l'ayant devinée, elle forçait sa conception à se modifier, pour la laisser atone. Immobile, seuls ses yeux, si particuliers, dansait en rythme avec la chorégraphie. Une belle démonstration artistique, mais devenue fade avec le temps. Elle avait l'impression d'avoir vu et revu la même scène, des centaines de fois. Des milliers de fois. Et aucun changement, à chaque fois. Les mêmes élèves qui passaient. Les mêmes paroles prononcées.

Était-elle la seule à voir cette réalité ? Était-ce sa propre réalité, qu'elle ne pourrait jamais partager ? Parfois, elle se posait la question. Elle se le demandait, tout en continuant d'observer, de la même manière étrange, les autres. Ils faisaient penser à des moutons, qui se suivaient, sans jamais réfléchir. Était-elle la brebis galeuse ? Certainement. Rejetée, détestée, seule. Toujours seule. C'était son quotidien, depuis qu'elle était arrivée à Poudlard.


GRYFFONDOR !

Elle avait été mise à l'écart, dès le début, dès la première soirée, par le Choixpeau. Gryffondor. La première des Shafiq, fière ? Un demi-sourire apparut sur son visage. Il s'estompa aussi vite qu'il s'était dévoilé. Si elle avait eu l'audace, si elle avait desserré les mâchoires pour sortir les crocs, elle aurait répondu. Oui, je suis fière. Je suis fière d'être unique, ce que tu n'es pas, Levine ! Mais, ça aurait été un mensonge. Elle l'avait été, au début. Aux applaudissements. Puis, les bruits de couloir, dès la première soirée. Et les regards. Elle était une Shafiq. Une Serdaigle, ou une Serpentard. Pas une Gryffondor. Elle n'avait pas droit de faire partie de cette caste, là, de preux chevalier, courageux et téméraire, qui osât affronter un dragon pour sauver la belle dame. Non, elle faisait partie des ombres. De ceux qui réfléchissaient pour établir des stratégies dans l'obscurité, pour reprendre la main, et affronter le destin.

Alors, non, elle n'était pas fière. Elle ne l'était pas. Et ça lui convenait. Unique, mais seule. Comment aurait-elle pu être fière ? Elle l'acceptait, et elle composait avec, une belle mélodie, triste et sinistre. Étrange. Avec un sourire froid. Un regard intense. Des gestes lents et dérangeants. Sa propre chorégraphie, dansé sur une symphonie unique. La sienne.


Je veux être différente !
Tu es différente, Astrid.

Oui, elle était différente, accroupie sur ce rebord de fenêtre, à observer les autres. Les gens normaux, qui n'avaient pas à goûter à sa triste réalité. Elle avait voulu être différente. Elle ne comprenait pas comment elle avait pu l'espérer. Elle comprenait, maintenant, le prix à payer pour l'être.

Un soupire lui échappa. Puis, ses yeux continuèrent à suivre les humains. Elle continua à mordiller son pouce, machinalement. Elle resta immobile. Dans le vent froid. Dans sa bulle, dans sa réalité. Dans son univers intérieur. Une simple silhouette, marchant avec difficulté dans un champ de ruines. Dans un paysage dévasté. Le tableau d'un artiste torturé.
 

__________
HRP
__________

Astrid, sur le moment.

_________________
Dans une guerre, il n'y a pas de vainqueur. Dans une guerre, il n'y a que des larmes, du sang, des flammes. Dans une guerre, il n'y a que des victimes.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
APPRENTI(E)Filière défenseServeuse aux Trois Balais
    APPRENTI(E)
    Filière défense
    Serveuse aux Trois Balais
AVATAR : Emma Stone
MESSAGES : 123

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: En couple
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 20 avril 1976, Godric's Hollow
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: De Ceux ~ Fauve. [PV Scarlett ; Février 1988] Jeu 25 Mai 2017 - 15:10

A Poudlard, la vie n’était pas facile, contrairement à ce qu’elle avait cru en y entrant. Elle qui avait espéré que se retrouver dans ce château lui apporterait tout ce qu’elle avait pu lire dans ses livres étant petite, l’amitié, la complicité, elle avait vite déchanté. Scarlett ne rentrait pas dans les cases que ses petits camarades affectionnaient tant. Eux qui étaient friands d’étiquettes à poser sur chacun, elle ne correspondait pas à celles qui vous ouvrent les meilleures portes au sein du château. Un peu garçon manqué, un peu trop prompte à se battre, pas assez rat de bibliothèque pour sa maison, un peu trop petite et trop maigre, et beaucoup trop rousse. Elle ne comptait plus le nombre de plaisanteries qu’elle avait pu entendre depuis le début de l’année sur son nom et sa couleur de cheveux. Ses mèches flamboyantes qu’elle aimait tant auparavant. Elle aurait aimé faire partie de ces filles qui savent si bien montrer qu’elles se moquent de ce qu’on peut dire d’elles, passer devant les détracteurs en levant le menton, le regard fier et poursuivre sa route. Mais non, elle avait plutôt tendance à s’arrêter et insulter ceux qui s’en prenaient à elle. Ce qui faisait immanquablement redoubler leurs rires, devant cette folle qu’on devrait mettre en cage. Au fond d’elle, Scarlett regrettait d’avoir quitté sa famille et son cocon. Seule la moitié de l’année avait été parcourue, et elle se demandait comment elle allait pouvoir survivre à plus de 6 autres comme ça.

C’était un mois de février glacial. Et une fois n’était pas coutume, elle avait préféré aller étudier à la bibliothèque, plutôt que dans le parc. Elle avait longuement hésité, mais les épais flocons qui tombaient par intermittence l’en avait rapidement dissuadée. Elle ne voulait pas donner de raisons supplémentaires à ses camarades de se moquer, que ce soit à cause de son nez qui coulait parce qu’elle était malade, ou tout simplement parce qu’elle se serait transformée en glaçon et qu’on ne l’aurait retrouvée qu’après trois jours de recherche. Ou peut-être plus, qui sait ? Qui aurait voulu la chercher ? Elle avait bien quelques amies ici, mais elles se comptaient sur les doigts d’une main. Triste vie que celle d’une adolescente ne rentrant pas dans les cases à Poudlard. Alors qu’elle prenait la direction de la tour de Serdaigle, la jeune fille s’arrêta dans un couloir du troisième étage, particulièrement froid. Il était habituel que les couloirs du château soient frigorifiants durant l’hiver, les torches au mur ne suffisaient pas à réchauffer ses vieilles pierres. Mais là, ce n’était même pas normal un tel froid. La jeune fille frissonna malgré son épaisse cape, ses gants et sa grosse écharpe. Une fenêtre devait être ouverte quelque part, c’était l’une des seules raisons possibles à ce froid. Elle allait donc traverser ce couloir pour la refermer. Les autres élèves pourraient la remercier comme ça. Comme s’ils allaient s’en donner la peine…

Scrutant chaque fenêtre du couloir tout en progressant lentement, Scarlett sursauta lorsqu’elle découvrit une silhouette fantomatique perchée sur l’une d’elle. Après six mois au château, elle ne s’était toujours pas faite aux fantômes. Ils sa surprenaient toujours à lui passer au travers ou à sortir d’un mur juste devant elle. Elle qui se voulait forte et courageuse, elle avait toujours honte. Finalement, elle n’était peut-être pas aussi digne qu’elle le croyait d’être envoyée à Gryffondor. Peut-être était-ce la raison pour laquelle le choixpeau lui avait préféré la maison des bleus et bronzes, parce qu’elle n’était pas courageuse pour deux sous.

Mais en regardant plus attentivement, Scarlett se rendit compte que la silhouette fantomatique était en réalité celle d’une jeune fille, qui devait avoir environ son âge. Dans la pénombre, elle avait du mal à distinguer ses traits, d’autant plus qu’elle lui tournait le dos. Mais rapidement, un nom lui vint à l’esprit. Astrid Shafiq. Une Gryffondor de son année, qu’elle savait être une outsider, comme elle. La demoiselle s’était souvent dit qu’elles avaient quelques points communs. Elles ne s’étaient jamais parlées, mais Scarlett enviait la jeune fille. Elle était à Gryffondor, ç’aurait pu être elle. Mais à voir comment les autres élèves la traitaient aussi, Scarlett aurait peut-être eu le même destin si elle avait rejoint la maison de ses rêves. Même si elle se jugeait moins étrange que Shafiq en règle générale. Mais peut-être qu’elles pouvaient se serrer les coudes. Ce n’était pas le meilleur moyen de s’intégrer que les petits canards se fréquentent, elles risquaient plutôt de se mettre elles-mêmes aux bans de la société. Mais à elles deux, elles pourraient peut-être conquérir le monde. Cette fille l’avait toujours intriguée, il était peut-être temps d’ouvrir la conversation. Mais comment faire pour signaler sa présence, sans que la silhouette ait peur et ne risque de tomber du troisième étage du château ? Elle déposa son sac à ses pieds et se racla la gorge, prête à retenir Astrid des fois qu’elle fasse un geste trop brusque. Mais celle-ci tourna simplement la tête vers elle. Peut-être l’avait-elle entendue, peut-être avait-elle déjà conscience de ne plus être seule. Scarlett s’adossa alors au mur à côté de la fenêtre, les bras croisés sur sa poitrine.

« Le parc est beau à cette heure-ci hein ? C’est tellement calme… Pas sûre que chuter du troisième étage soit une très bonne idée cependant. Ni mourir de froid. M’enfin, tu fais ce que tu veux hein. »

Elle lui adressa un sourire joyeux, preuve qu’elle plaisantait sans la moindre once de méchanceté. Elle était la plus mal placée dans cette école pour se moquer d’Astrid. Et elle devait gagner sa confiance pour qu’elles s’allient contre les autres.

« Je m’appelle Scarlett. Qu’est-ce que tu fais perchée comme ça ? J’ai presque cru que tu étais une chouette quand je t’ai vue tout à l’heure. »

Mieux valait la comparer à une chouette plutôt qu’à un fantôme…

_________________

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

De Ceux ~ Fauve. [PV Scarlett ; Février 1988]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

Sujets similaires

-
» Première vraie partie [JEUDI 18 FÉVRIER]» Pour ceux qui n'ont toujours rien compris à Matrix ^^» Tu vois, le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. Toi, tu creuses [Rochers maudits, Rang D, Qu'importe, Mine powa]» Lynn Scarlett Sawyer - Selena Gomez.» Pour ceux qui veullent jaser de trade...Dallas recherche!!!
Page 1 sur 1
Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: AU-DELA DES FRONTIERES :: Retourneur de temps :: Poudlard-