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[3 Octobre 1997] La Marque des Ténèbres

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SEIGNEUR DES TENEBRES
    SEIGNEUR DES TENEBRES
AVATAR : Ralph Fiennes
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MessageSujet: [3 Octobre 1997] La Marque des Ténèbres Dim 6 Nov 2016 - 23:22

Voilà bien longtemps que l'odeur du sang était devenue si familière et douce, tout comme elle était appétissante pour Nagini. La bête se lovait au sol en enroulant ses année aux avec lenteur, la gueule ouverte vers le cadavre dans lequel elle venait de planter ses crocs jusqu'à la mort. Cet homme avait démontré une forte résistance, quel dommage, il aurait pu faire un bon fidèle s'il avait su voir les avantages de se détourner de l'Ordre à moitié détruit du vieux barbu pour se consacrer pleinement à la recherche de puissance. Comme d'autres de son genre, ils n'étaient plus que de vulgaires pions ennuyeux et inutiles, qui se pensaient encore assez forts pour être des freins vers son ascension au pouvoir le plus absolu. Voldemort ordonna aux prioritaires de ce manoir Irlandais de se débarrasser du cadavre, dont le sang ruisselait sur le parquet noir et chic. Un sang d'un rouge sombre mais néanmoins brillant, coulant en un long filet jusqu'à un trou minuscule dans le plancher, goûtant goutte par goutte à l'étage du dessous. Dans la pièce, le silence était à présent de mort. Plus un souffle ne venait perturber ce haut salon depuis la fin des hurlements d'agonie de son prisonnier. Voldemort resta longuement assis dans son large fauteuil, sans bouger, sa baguette en main, l'autre caressant avec lenteur la tête de Nagini, venu se lover en partie sur l'accoudoir.

- Nos projets avancent, mon amie, murmura-t-il en fourchelang. Bientôt, toute l'Europe connaître la face cachée de la plus noire des magies... Nous retournerons bientôt là-bas. Reste avec moi. Ce n'est pas terminé.

Le serpent siffla un peu puis glissa au sol avec lenteur, en même temps que son maître se levait et avançait dans la longue pièce, avançant jusqu'à un présentoir soutenant un très gros grimoire, ouvert et recouvert d'une écriture manuscrite très fine et serrée, à l'encre aussi noire que la nuit et ayant tâché par certains endroits, là où l'auteur avait appuyé trop fort sur sa plume ou écrit bien plus vite, pris dans l'agitation frénétique de ses idées. Le grimoire possédait des couvertures en cuir épais, avec une reliure qui avait autrefois été dorée et donc la couleur était passée. Les pages craquantes témoignaient de l'âge très avancé de ce livre, jaunies, parfois avec l'encre se dissolvant à cause du temps. Une des pièces les plus rares de sa collection et celle dont il n'avait toujours pas achevé l'étude tant les sorts qui y étaient contenus étaient complexes. Voldemort se rappelait encore chaque détail de la façon dont il avait enfin obtenu ce livre... Combien il avait été doux de jouer avec cette jeune femme pour l'amener dans son filet, combien leur combat avait été glorieux ! Elle avait été un tel adversaire, jamais plus il ne s'était retrouvé à une personne comme elle. C'était si dommage... Elle lui avait toutefois trop ressemblé pour ne pas être une menace à éliminer. Elle aurait d'ailleurs pu être une compagne, si le mage noir n'avait pas déjà su, à cette époque, que l'amour n'était que faiblesse.

Le grimoire volé à Liza recelait bien des secrets et des mystères, son auteur s'était révélé dès le plus jeune âge comme un grand adepte des forces obscures de la magie et avait passé sa vie toute entière à les étudier. Il s'y était enfoncé si profondément, jusqu'au point d'en perdre la moindre parcelle d'âme et d'humanité, de mourir à presque quatre-vingt dix ans, rongé par les ténèbres et la folie, ne reconnaissant plus rien ni personne, habité par des ombres et harcelé par les voix de ses victimes, échos de tout le mal qu'il avait pu prodiguer en Russie et dans les pays limitrophes. Il avait néanmoins songé, dix ans plus tôt, alors qu'il était aux frontières de la folie, d'écrire son testament et d'y léguer toutes ses possessions à sa petite-fille, après sa mort. Son unique petite-fille, une femme de Sang-Pur et orpheline, qu'il avait lui-même élevé à la mort de ses parents. Liza lui avait avoué bien des choses sur les recherches frénétiques menées par son grand-père et tuteur lors d'une soirée où il avait su la charmer suffisamment pour qu'elle lui raconte ce qu'elle savait. Une conversation dont il avait tiré assez d'informations pour décrypter la plupart des méthodes de recherche et de création de ces sorts, et donc la façon de s'en emparer, de les maîtriser à son tour. Tant de secrets que cette jeune idiote lui avait dévoilé sans réaliser le piège se refermant sur elle.

Neuf heures sonnèrent bientôt, arrachant Voldemort à son étude. Il y reviendra plus tard, à présent, une autre tâche l'attendait. Le grimoire fut remis dans sa cachette, en parfaite sécurité, par le biais de sorts complexes dont Voldemort usa avec l'aisance que donne l'habitude. Ce matin, Severus devait lui amener deux jeunes gens, de la famille Rowle, peut-être prêts à entrer dans les rangs et recevoir la Marque... L'une, la fille, lui avait été recommandée il y a peu par son père, Andreas Rowle, lors d'une réunion à la fin du mois de Septembre. Le mangemort n'avait pas tari d'éloges sur l'éducation donnée à sa très chère fille et sur l'honneur pour elle de faire ses preuves, d'être digne d'entrer dans les rangs des mangemorts. L'autre, plus jeune, avait aussi été recommandé par son incapable de père, désireux de redorer un minimum son nom et son honneur... Pathétique. Si le gosse se révélait aussi misérable que le père, il mourra simplement. Pour tous les deux, Voldemort avait déjà demandé à Rogue de s'occuper de sonder leurs esprits, n'ayant guère envie de perdre trop de temps à se plonger das des pensées embrouillées et confuses de gosses embrigadés dès la naissance et incapables de réfléchir par eux-même pour accéder aux véritable pouvoir. Voldemort pénétra dans la longue pièce où attendait les deux Rowle et Rogue.

- Loteri ne savait presque rien, Severus, siffla d'une voix très froide le mage noir en avançant, Nagini évoluant à ses côtés. Il a résisté des heures, en bon partisan qu'il était. Il faut poursuivre... Je compte sur toi.

Il était regrettable de perdre ainsi du temps sur ce projet, très regrettable, Voldemort avait bien l'intention de redoubler d'ardeur pour arriver à ses fins. En attendant, poursuivre l'augmentation de ses troupes et placer d'autres atouts. Son regard de serpent se posa sur les deux Rowle, la femme et le gamin, les observant tous les deux avec soin. Tous deux venaient donc de familles de mangemorts, tous deux avaient été recommandés, tous deux avaient déjà subi une appréciation préalable par Rogue, il restait à évaluer s'ils étaient dignes de recevoir la Marque des Ténèbres ou si tous deux na valaient que la peine du sort qu'il faudra pour les tuer. Il s'approcha de la fille pour l'examiner de plus près, observant ses traits, si caractéristiques de sa famille, nulle doute qu'elle était des leurs.

- Et donc, Rogue, dit-il en continuant à dévisager longuement la gamine, debout à moins de dix centimètres d'elle. Tu as pris cette fille comme élève... Qu'a-t-elle de si particulier ?

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MessageSujet: Re: [3 Octobre 1997] La Marque des Ténèbres Mar 8 Nov 2016 - 12:14

Dumbledore répéta que le garçon devait mourir, une seconde fois, que c’était le seul moyen pour en terminer à jamais, qu’il n’y avait aucune autre solution. Sa voix résonna un long moment puis disparue, s’évaporant avec le reste du bureau, le décor tout entier s’estompa dans une fumée grise avant qu’une autre voix familière ne vienne la remplacer. Il y eut un grand rire, plein d’entrain, où vint se mêler presque aussitôt un rire d’enfant. Rogue voulut avancer mais se cogna à un mur qu’il ne pouvait voir, encerclé comme il l’était par les ténèbres. Les rires continuèrent encore un longtemps avant de s’estomper, peu à peu, laissant place à un silence de mort. Des murmures arrivèrent à leur tour, des chuchotements étouffés, mélange de paroles de personnes mortes depuis longtemps et d’autres encore en vie, partout autour de lui. Dumbledore réapparu à nouveau, avec son habituel sourire bienveillant que Rogue avait si souvent eu envie d’arracher. Il était là, à marcher tranquillement, à préparer des plans, à lui dire que le gamin devait mourir ! Que Severus l’avait protégé des années durant pour rien ! Rien du tout, il avait perdu plus de la moitié de sa vie pour rien, le gamin allait mourir. Comme sa mère. Il l’avait protégé toutes ces années pour rien ! Il n’était qu’une arme, une de plus.

– C’est le seul moyen pour détruire à jamais Voldemort, répéta encore le vieillard. C’est ce que vous souhaitez, vous aussi. Vous voulez le tuer. C’est le prix à payer. Vous êtes-vous attaché au garçon ?

– Je ne peux pas m’attacher… Personne ne doit savoir… Je ne veux pas que quiconque sache… Qu’on me regrette.


La brume s’estompa brusquement au moment où Rogue se réveilla en sursaut, le visage trempé de larmes, assez tremblant dans son lit. Il faisait encore nuit noire, la seule lumière provenait des restes d’une bougie vacillante, posée sur un guéridon plus loin. Pas un son, pas un souffle, la chambre, emplie de livres et de quelques objets ayant appartenu à Dumbledore, était très calme, silencieuse, rien d’inhabituel à pointer du doigt. Les livres étaient tous à leur place, deux attendaient sur le petit bureau, ouverts aux pages où il les avait laissé. Les instruments tournaient avec lenteur, parfois avec un léger bruissement. La fenêtre était ouverte, malgré l’air bien plus froid de ce mois d’octobre, laissant entrer la brise nocturne, glissant sur les rideaux trop lourds pour être perturbés par un si faible souffle. Severus récupéra ses affaires à tâtons puis s’habilla, arrêtant un instant son geste pour observer la Marque des Ténèbres, plus nette que jamais, gravée dans son bras. Elle était un rappel brûlant du pourquoi il agissait ainsi, pourtant, même cette Marque n’était plus, certains jours, une motivation suffisante pour garder la tête droite et ne pas craquer. La manche de sa robe de sorcier retomba par-dessus, la dissimulant. Une fois habillé, il enfila ses chaussures puis se leva, allant se passer de l’eau sur le visage pour effacer les traces de larmes. Il s’essuyait lorsque le phénix de Dumbledore entra en passant par la fenêtre, se posant sur un petit perchoir doré avec un léger piaillement mélodieux.

– Va donc voler, toi, tu es libre, murmura Severus en caressant avec lenteur le bec de l’oiseau.

Le phénix lui donna un léger coup de bec contre les doigts puis se secoua, déployant ses ailes puis s’envolant de nouveau. Severus alla à la fenêtre pour regarder son parcours durant un instant puis descendit de ses appartements, arrivant dans le bureau directorial. S’asseyant sur les marches, il inspira profondément puis se calma, concentré. Il vida entièrement son esprit de toutes pensées et émotions, vieil exercice très habituel d’occlumancie, concentré. Suite à cela, il ferma tout à nouveau, ne laissant « libre » que ce qui était sans danger ni importance, prenant soin d’enfermer le reste à double tour sous les protections de son esprit, de ce qu’il était véritablement. Souvenirs de Lily, de ses conversations avec Dumbledore et tant d’autres, pans entiers de sa vie, émotions particulières ou plutôt ce qui lui en restait, il prit soin de bien mettre à l’abri puis de claquemurer le tout à double-tour. Sans vouloir être arrogant, il était meilleur occlumens que Voldemort était legilimens, c’était pour cela qu’il parvenait à le tromper depuis tout ce temps. Rouvrant les yeux, Rogue se leva enfin, plus apaisé, son air coutumier ayant pris place sur son visage. Plus de traces de larmes, de fatigue ou de solitude, il se devait de ne rien laisser transparaître. Surtout aujourd’hui.

Le reste de la nuit fut consacré entièrement à cette protection dont il devait s’entourer, jusqu’à ne plus apparaître, face à Lui, comme un mur imperméable dont les seules pensées et émotions qu’Il saura percevoir seront celles que Severus acceptera qu’Il capte. Lorsque le matin arriva, le directeur se rendit dans la Grande Salle, pour la première fois depuis le début du mois de septembre. Il n’y avait plus pris un seul repas avant la fin de la première semaine de la rentrée, cependant, aujourd’hui, c’était un jour assez différent. En entrant, il put voir que beaucoup d’élèves étaient encore à de comater à moitié dans leur jus de citrouille ou de bâiller à s’en décrocher la mâchoire en tentant d’avaler des tartines. Severus s’assit à la longue table des professeurs sans tenir compte de l’air extrêmement pincée de sa très chère collègue de Gryffondor ni celui de Flitwick, qui donnait le sentiment d’avoir avalé un citron entier. Ils n’avaient jamais pu être des amis intimes, Rogue n’avait jamais autorisé qui que ce soit, dans cette école, à l’approcher assez pour le considérer comme un ami ou un proche. Déjeunant à peine, il ne resta que peu de temps dans la Grande Salle, après avoir effectué les observations dont il avait besoin.

– Miss Rowle, lança Severus en arrêtant la jeune femme au détour d’un couloir. Soyez dans le hall d’entrée à neuf heures moins vingt, précisément. Et ne soyez pas en retard, peu importe ce que vous ferez à ce moment-là.

L’entrevue sera déjà assez délicate pour tout le monde, inutile d’y rajouter des crispations des à des retards ou autres… Severus remonta dans son bureau pour récupérer et glisser dans sa poche quelques philtres de soin, au cas où, ainsi que d’autres éléments dont il aura besoin. S’il n’avait aucune crainte pour lui-même, il connaissait très bien son métier et ce qu’il avait à faire, il n’était en revanche pas entièrement rassuré pour les deux Rowle. Le gamin de Serpentard n’avait que quinze ans, aucune chance qu’il ne tienne parfaitement bien la pression face au Seigneur des Ténèbres. Quand à Cassidy… Severus soupira assez fort en glissant la fiole dans sa poche, espérant qu’elle arrivera à s’en sortir tout de même, car il ne pourra l’aider au mieux. Au fond, il n’avait pas envie qu’elle meure. Pour une fois qu’il avait vraiment comme élève une personne avec du potentiel, qui était capable d’aller loin en s’en donnant la peine, il serait frustré de la voir mourir. Peut-être même un peu triste ? Sourcillant un peu, il réfléchit un instant à cette question puis laissa couler, ce n’était pas le moment. Ne pas s’attacher. A qui que ce soit. Dans le contexte actuel, ce ne serait qu’une faiblesse de plus placée sur son chemin.

Lorsque l’heure arriva, Rogue quitta son bureau et se rendit dans la tour de divination, marchant assez vite. Lorsqu’il entra dans la classe, sa collègue poussa un petit cri de chouette effrayée, sans doute surprise par l’arrivée un peu brusque. Le directeur ne prit pas la peine de s’en excuser et encore moins de lui rendre son bonjour, se contentant de dire qu’il était venu chercher Elyas Rowle, le gamin devait venir avec lui. « Maintenant », ajouta-t-il d’un ton glacial en voyant la folle-dingue s’agiter avec l’air indignée de celle qui ne tolère pas qu’on sorte un de ses élèves de son précieux cours si important. Une fois le gamin récupéré, Severus laissa la porte se refermer dans un claquement puis partit avec lui en lui disant de se dépêcher. A l’heure dite, l’autre Rowle était bien dans le hall d’entrée. Parfait. Il leur dit de le suivre, tous les deux, sortant dans le parc et marchant à grands pas, en leur signalant qu’ils étaient attendus. Dès que les grilles du château furent franchies, Rogue les prit chacun par le poignet et transplana aussitôt. L’arrivée se fit devant le manoir Irlandais où avait actuellement pris place Voldemort. Une pluie fine vint les accueillir avant qu’ils ne rentrent, le ciel était maussade, bien qu’il fasse un peu plus chaud qu’en Écosse.

En pénétrant dans le manoir, Rogue lança un bref regard aux deux Rowle en leur disant qu’ils allaient rencontrer le Seigneur des Ténèbres. Il les fit aller dans un salon de réception, presque entièrement vide, s’arrêtant près de l’imposante cheminée. La pièce était grande et plutôt austère, vidée de ses décorations et ornements, depuis que le propriétaire des lieux avait préféré tout ôter pour que rien ne soit détruit par un combat éventuel sur sa propriété. Neuf heures sonnèrent, quelque part dans le manoir. Il fallut attendre quelques minutes de plus avant qu’une autre porte s’ouvrit, laissant tout d’abord passer Nagini puis enfin Voldemort. Severus lui rendit son regard lorsqu’il s’approcha, se confrontant à lui en un duel inconscient. Legilimancie contre Occlumancie, le jeu était toujours serré, très risqué. Le mage noir pouvait toujours savoir lorsqu’une personne lui mentait et n’avait guère besoin de sa baguette pour forcer l’esprit des autres. A chaque instant que le directeur devait passer face à lui, c’était un combat mental qui se mettait aussitôt en place, pour garder le contrôle. Il n’aurait suffit que d’un seul instant de relâchement pour se trahir puis être tué.

– Loteri ne savait presque rien, Severus, siffla d'une voix très froide le mage noir en avançant, Nagini évoluant à ses côtés. Il a résisté des heures, en bon partisan qu'il était. Il faut poursuivre... Je compte sur toi.

Bien sûr, il pouvait compter sur lui… L’ancien Serpentard hocha la tête simplement, en guise de réponse, son regard glissant brièvement sur la gueule de Nagini, encore pleine de sang. Le partisan de l’Ordre avait donc terminé sa carrière dans la torture puis avait été tué par les crocs venimeux de cette bestiole. Une victime de plus à ajouter à cette longue liste, ça n’en finissait pas. Restait à prier pour que ni son élève ni le gamin de cinquième année ne soient les victimes suivantes de cette guerre, il suffirait d’un rien pour que Voldemort décide de se débarrasser d’eux. Rogue le suivit du regard lorsqu’il s’approcha de la fille Rowle, de très près, afin de l’observer en détails. Très bien, Cassidy, pourvu qu’elle n’ait rien oublié de tout ce qui était « se contrôler, contrôler ses pensées, ses émotions, ses paroles, même le ton de la voix ». Avec sa chère famille, c’était un exercice auquel elle devait être parfaitement habituée, donc hors de question de craquer aujourd’hui ou de laisser entrevoir la moindre faiblesse. Qu’elle se raccroche à son nom et tout ce qu’elle avait déjà dû faire pour rentrer dans le moule. Extérieurement, Rogue restait parfaitement impassible. Intérieurement, il avait une certaine crainte de voir son élève mourir sous ses yeux, sans doute suivi de peu par le petit Elyas.

– Et donc, Rogue, dit-il en continuant à dévisager longuement la gamine, debout à moins de dix centimètres d'elle. Tu as pris cette fille comme élève... Qu'a-t-elle de si particulier ?

– Elle dispose d’un plus grand potentiel que son père, répondit Severus d’un ton tranquille. Elle peut s’adapter à une situation compliquée ou stressante et est capable de réfléchir par elle-même, contrairement à beaucoup. J’ai pu sonder son esprit, elle est loyale à l’esprit de sa famille.

Ou pas. Là où le jeu mental était plus aisé, c’était lorsque Severus pouvait compter sur le fait que Voldemort savait détecter si on lui mentait, qu’il savait avoir ce pouvoir contre tout le monde sur cette terre… sauf une personne. Il le croyait lorsque Rogue lui affirmait cela, ayant à la fois le tord de croire aussi profondément en ses capacités de legilimens et le tord d’avoir confiance en le directeur de Poudlard. Assez ironique de se dire que tant de personnes puissent se méprendre sur son compte pour une simple question de confiance. Tournant le regard vers Elyas ensuite, Rogue ajouta que lui aussi avait un meilleur potentiel que son propre père et était plus loyal que lui. Ça, en revanche, Rogue n’en savait rien du tout, ne connaissant pas assez bien le père du gamin et ne sachant pas exactement ce qu’il s’était produit pour que Voldemort lui jette tant de mépris.

– Vous serez sûrement capable de faire mieux que votre père, n’est-ce pas, monsieur Rowle ?

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MessageSujet: Re: [3 Octobre 1997] La Marque des Ténèbres Mer 9 Nov 2016 - 10:39

[ 3 Octobre 1997 ] La Marque des Ténèbres


Feat Voldemort, Severus et Cassidy

Elyas n'aurai jamais pu deviner que la journée aurai pu prendre un tel tournant, pourtant, elle avait très bien commencé... Elyas, après deux/trois heures de sommeil, s'était levé de bonne humeur où ce qui pouvait être comparable à cela chez lui. Dans quelques jours, il allai obtenir ses 16 ans. Il ne lui restait plus qu'un an à tenir avant d'être libre de ses mouvements, il attendait ce jour avec beaucoup d'impatient. Tous les adolescents avaient hâte d'atteindre leur 17 ans, majorité sorcière, mais ce moment signifiait bien plus encore pour le serpentard : Liberté. Il s'était ensuite préparé pour partir à la grande salle. Il s'était vêtu d'un pantalon noir et d'une chemise argentée par-dessous une robe de sorcier noire aux motifs de sa noble maison. Il ne faisait pas encore assez froid d'après le Rowle pour mettre des pulls et puis, il aimait sentir l'air frais si différent de la chaleur étouffante d’Été qu'il détestait. Il avait bien entendu glissé son porte bonheur dans sa poche et accroché la petite pochette secrète sur son poignet droit, camouflée sous ses vêtements. Il y avait sa baguette et celle de son père à l'intérieur, il prenait ses précautions. Le vert et argent trouvait logique de pouvoir avoir sa baguette directement sous la main en cas de besoin, on ne pouvait jamais tout prévoir. Prudence était mère de sûreté. Une fois le tout vérifié, le jeune homme partit prendre son petit déjeuner, son sac de cours prêt posé sur l'épaule droite. Il avait plus réfléchit au sujet de son entraînement de cette nuit que véritablement mangé. Il avait bu un verre de jus de raisin mais sans plus. Cependant, un détail presque insignifiant avait interpellé Elyas : la présence du directeur au petit-déjeuner. C'était assez étrange de le voir présent, à sa place, alors qu'il n'était pas revenu partager ses repas ouvertement depuis la première semaine de la rentrée. Ce bémol aurai dû lui mettre la puce à l’oreille que quelque chose devait se tramer dans l'ombre mais il n'y fit pas plus attention, d'autres priorités à l'esprit.

Il se leva discrètement, doucement pour se diriger vers la tour de divination pour son cours qui n'allai pas tarder à débuter dont le thème correspondait au nom où il se déroulait. En soi, cette matière pouvait être instructive. Cependant, petite complication, la femme qui les instruit était une in-com-pé-ten-te. Du coup, l'élève s'ennuyait à mourir plus qu'autre chose. Au moins, lors de certaines manipulations, il pouvait faire des activités plus productives tranquillement dans son coin tant qu'il restait furtif bien entendu. Il écoutait donc vaguement l'enseignante lorsque son ancien directeur de maison entra soudainement dans la classe. Son arrivée fut remarquable que ce soit par sa brusquerie ou à cause du disgracieux couinement qu'émit la professeure, pauvres oreilles d'Elyas qui se faisaient impitoyablement agresser. Il fut très surpris néanmoins lorsque Rogue fit part de la raison de sa venue en ses lieux. Il n'avait rien de particulier à se reprocher alors pourquoi le chercher ? Peut être que son ' père ' avait compris plus vite que prévu le petit échange qu'il avait effectué. Il ne pensait pas que se serai aussi prématurément. Cependant, cette hypothèse était la moins plausible tout simplement parce que Rogue ne serai pas là en personne pour une broutille pareille... Cela le ramenait donc à son point de départ, que lui voulait-il ? C'était intriguant comme angoissant pensait l'adolescent, aucune émotion ne peignant son visage autre que l'impassibilité. Il rangea donc docilement ses affaires avant d'aller à la rencontre du sombre adulte. L'indignation pathétique de celle qui s'occupait du cours fut coupée courte par l'ordre cinglant du directeur, provoquant un instant l’apparition d'une lueur d'amusement au fond des yeux d'Elyas avant de redevenir inexpressifs. Son aîné avait l'air très...pressé et les mots ensuite énoncé le confirmait. Non, définitivement, il y avait autre chose. Le serpentard retint de justesse un rictus agacé de traverser ses traits, c'était un tic chez lui quand il n'arrivait pas à comprendre quelque chose. Il arborait profondément cette situation parce qu'il ne savait pas du tout à quoi s'attendre pour la suite et c'était absolument infect comme sensation. Il suivit en silence son guide, à peine quelques pas derrière ce dernier.

Arrivé dans le hall d'entrée, le Rowle reconnu sans problème la fine silhouette de sa cousine. Ce n'était pas possible... Merlin, Morgane et Salazar se vengeaient-ils d'une erreur qu'il aurai commise dans une autre vie ? Il en avait l'impression parce que ça ne pouvait pas être pire qu'à présent. Rogue voulait-il assister à une réunion de famille ainsi qu'à des scènes d'une hypocrisie sans fin ? Il n'appréciait franchement pas la tournure que prenait les événements... Ils arrivèrent jusqu'à elle avant de repartir pour sortir de Poudlard ce coup-ci. Ils étaient attendus ? Pourquoi le vert et argent avait l'impression qu'il devait prendre ça négativement ? Il ne put débattre d'avantage sur la question puisqu'il fut saisi au poignet droit provoquant aussitôt un réflexe chez le jeune homme. Il s'était tendu, crispé à une vitesse prodigieuse lui permettant quelque peu d'éviter la chute lorsqu'ils arrivèrent à destination, le directeur ne les ayant pas prévenus au préalable. Il était sûr que le directeur avait dû sentir le matériel placé à cet endroit et il n'était pas complètement serein avec cette idée. L'accueil apaisa cependant Elyas, une pluie, bien que fine, tombait sur le domaine qui les entouraient. Depuis son plus jeune âge, il avait toujours été plus paisible lorsque le temps était ainsi. Elle purifiait l'air, nourrissait la terre et, surtout, semblait faire écho à la tristesse enfouit au plus profond du cœur et de l'âme de l'enfant. Ils s’invitèrent donc dans l'imposant manoir face à eux. Celui-ci n'éveiller aucun souvenir au serpentard, une adresse qu'il n'avait donc encore jamais eu l’occasion de visiter. Lorsque Rogue leur fit le grand honneur de révéler enfin l'identité de la personne qu'ils allaient rencontrer, l'adolescent se raidit bien plus. Finalement, il y avait bien pire encore que de se retrouver accompagné de sa cousine... Non, c’était bien trop tôt et il n'avait encore que 15 ans. Il avait bien sûr admis cette éventualité mais il y avait eu un faible pourcentage de chance que celle-ci se réalise et bien, le destin en avait décidé autrement, le sort en était jeté.

Le peu de temps avant l'entrée du Seigneur des Ténèbres fut totalement dédié à sa préparation pour rester le plus stoïque possible même s'il ne le serai probablement pas entièrement. Il pouvait se maîtriser suffisamment face au mot mais une fois que celui-ci aurai une apparence attitré, il serai beaucoup plus complexe d'y parvenir. Autant utiliser à bon escient le temps très court qui lui restait. Bizarrement, le Rowle aurai été très heureux de se retrouver n'importe où, à ce moment précis, qu'ici mais ce n'était pas comme s'il avait le choix... Il ralentit sa respiration pour la faire devenir plus calme, lente. Il structura son expression pour la rendre illisible autant que possible tentant de refouler ses émotions, sentiments bien à l'intérieur. Il avait également prit soin d'observer avec attention la pièce où il se trouvait désormais cherchant une vaine échappatoire. Au moins, il reconnaîtrait cette pièce à l'avenir ce qui n'était pas négligeable. Elyas bénissait également son faible appétit de ce matin, il ne savait pas s'il aurai pu le garder bien longtemps s'il avait pris un meilleur repas.

Le moment fatidique se présenta de lui-même sans demander l'avis du serpentard, comme toujours. D'abord, se fut Nagini qui se faufila dans la pièce très vite suivi de Lord Voldemort, le plus puissant mage noir de son siècle et peut-être de ceux à venir... Trois ressentis se débattaient au sein du frêle jeune homme pour se dévoiler au grand jour : La peur, comme toute personne normalement constituée rencontrant pour la première fois Voldemort dont la puissance endormie et omniprésente dans la pièce n'attendait qu'à être employée. La curiosité,  puisqu'un être comme lui avait à coup sûr un grand savoir. Enfin, la fascination envers Nagini. Il avait un amour assez singulier pour les reptiles, en particulier les serpents et les dragons. Finalement, tout ce qu'il ressorti du garçon fut un tic nerveux, les doigts de la main gauche bougeant comme s'il jouait de son violon, preuve de son stress évident. Il le faisait pour réussir à se détendre, en jouant la mélodie qui l'aidait à garder le contrôle. Si les choses tournaient vraiment mal pour lui, Elyas avait une solution de repli qui lui permettrait de survivre un temps avant de devoir trouver une autre solution. Heureusement qu'Elle avait été là sinon il n'aurai pas ce petit plan B en cas de nécessité. Une odeur que le Rowle connaissait parfaitement, pour y avoir été souvent imbibé, lui fit remarquer le sang qui colorait la gueule du serpent. Quelqu'un avait passé un mauvais quart d'heure en compagnie du sorcier et de son familier... Un membre de l'Ordre du Phénix aux sous-entendus du mage noir. Poudlard était un endroit où les rumeurs allaient de bon train et celle-ci avait fini par parvenir aux oreilles attentives de l'élève, l'espionnage de son père y jouant aussi son rôle pour confirmer ses informations.

L'attention se porta très vite sur sa cousine, Cassidy, et cela était tout bonnement parfait. Elyas, lui, préférait évoluer dans les ténèbres et non sur le devant de la scène, camouflé par la protection qu’offraient les ombres et l'anonymat. Il avait l'air un peu exclu de cette conversation et il hésitait à savoir si c'était plutôt bon signe ou non pour lui... jusqu'à ce que le directeur s'adresse à lui. Il se demandait pourquoi Rogue parlait en ces termes de lui à Voldemort. Il était soulagé que ce soit dans le sens positif mais cela le rendait perplexe, jouait-il une comédie ? Le surveillait-il ? Si cela s'était révélé effectivement être le cas, Elyas ne serai pas, à coup sûr, encore en vie pour y réfléchir maintenant. Alors qu'avait poussé le directeur à agir de cette manière ? Il devrait se préoccuper de la question, travailler là-dessus mais plus tard. Pour le moment, il y avait plus important : survivre et se dominer malgré la restriction à venir de ses options et de ses actions.

« Assurément » avait répondu sans hésitation et sans attente le cinquième année, son regard froid rencontrant celui de son interlocuteur et ancien professeur de potion.

Il avait décidé de miser pour des phrases claires, précises et concises. Il trouvait que c'était la meilleure façon de s'exprimer dans une telle situation où le moindre mot pouvait être retenu contre lui, alors autant en donner le moins possible. Et si le Seigneur des Ténèbres avait peu de patience, comme certains le prétendaient, il ne fallait pas s'éterniser en blabla stérile et futile pour s'éviter au maximum de subir ses foudres. Il espérai sincèrement que son père ne s’était pas mêlé de ce point, ce serai la catastrophe dans le cas inverse... Toujours était-il que le vert et argent était bien content de ne pas se retrouver dans la position actuelle de sa cousine face à l'être... humain ?
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Musique que ressasse Elyas:
 

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DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 16/06/1975, Inde
SANG SANG: pur
MessageSujet: Re: [3 Octobre 1997] La Marque des Ténèbres Sam 12 Nov 2016 - 16:09

3 Octobre 1997
Poudlard, Sept heures.

Lentement, la jeune femme ouvrit les yeux, émergeant d'une nuit des plus reposantes. Un long sommeil réparateur et incroyablement naturel. Oui, oui. Un sommeil sans rêves, ni cauchemar. Juste le repos, pur et simple... et sans potion. Une légère brume l'entourait, venant se déposer comme un voile transparent - ou presque, devant ses iris vert d'eau. Rien de bien opaque cette fois, non. Plus reposée, elle parvenait tout de même à distinguer les formes qui l'entouraient et qui lui étaient devenues familières depuis maintenant un mois qu'elle avait pris ses fonctions d'apprentie potionniste. Enroulée dans son drap blanc, les jambes quasiment ligotées par ce dernier tant elle avait le sommeil agité malgré le fait que ce dernier soit des plus profonds et réparateurs, Cassidy roula sur le côté, refermant les yeux un instant. Saisissant son oreiller, elle y enfoui son visage en inspirant profondément, se remémorant malgré elle quelques bribes de cette soirée qui avait marqué un tournant décisif dans sa vie.

Le 26 Septembre 1997 ; une soirée à graver dans les annales. Pour la première fois depuis la mort de sa mère, elle avait accepté de prendre un risque. Un risque supplémentaire, une belle valeur ajoutée venant perforer sa carapace en béton armé. Il était entré, avait su lire en elle malgré les résistances qu'elle y avait opposé, et lorsqu'elle s'en était rendue compte, après cette soirée, elle avait plié. Accepté de tenter quelque chose de nouveau, d'effrayant et de dangereux. Était-ce égoïste ? Peut-être bien... Au final, la jeune femme avait parfaitement conscience des risques qu'elle avait choisi de leur faire courir, à tous les deux, en acceptant sa présence. Accepter... Pourquoi avait-elle bifurqué vers ce chemin sinueux auquel elle ne connaissait rien ? Totalement inculte.  Pourquoi avoir choisi de lui permettre de rester près d'elle, et même pire, avec elle ? Pur égoïsme ? Pour la première fois, elle avait choisi de donner un autre sens à sa vie bien cadrée, néanmoins, elle s'était rajouté une difficulté, et non des moindres. D'un pas hésitant, puis se raffermissant peu à peu, elle s'était plus ou moins volontairement et consciemment, enfoncé une épine supplémentaire dans le pied. Pourquoi ? Pourquoi se rajouter cela ? En effet, cette décision qui n'avait pas été prise à la légère mais qu'elle avait été contrainte de prendre rapidement, les plaçait tous deux au bord du précipice. Un gouffre infini. Un sol poreux et friable au possible. Était-elle devenue folle pour choisir cette voie ? Probablement. S'ouvrir en ces temps-ci à une personne de sang-mêlé revenait à préparer soi-même le nœud de la corde pour sa propre pendaison. D'un autre côté... Il avait eu l'air réellement sincère. Cette authenticité franche, presque crue, lui avait arraché violemment les œillères qu'elle portait depuis le début de leur rencontre, la mettant face à ce qu'elle se refusait de voir. Il était attaché à elle. Et elle ? Forcée à se pencher sur ses propres ressentis qu'elle ne parvenait guère à identifier clairement, si Cassidy avait pu prendre conscience d'une chose, c'était qu'elle ne voulait pas qu'il s'éloigne. Sans réellement le vouloir, ni en prendre conscience, elle s'était habituée à sa présence que ce soit ses regards, ses paroles, ou encore ses mauvais tours. La jeune femme ne souhaitait plus être seule, revenir à cette solitude qui lui avait jusque là permis de tenir. Si être seule était une force parce qu'elle était moins vulnérable, ne jamais décharger et partager sa vie avec quelqu'un la forçait à emmagasiner plus que ce dont elle était en réalité capable. Lentement mais sûrement, elle y laissait la santé, et le risque d'effondrement ne faisait que croître. C'était d'ailleurs ce qui s'était produit en cette soirée où elle avait littéralement explosé.

Inspirant profondément, la jeune femme rouvrit les yeux et repoussa son drap avant de se lever souplement. Pour la première fois, elle ne l'avait pas repoussé comme à son habitude, et cela l'effrayait tout autant que cela l'intriguait. De l'autre côté, accepter d'avoir quelqu'un à ses côtés ne lui permettrait-il pas de mieux jouer son rôle ? Savoir qu'elle pouvait se fier à une personne, que cette dernière serait là pour elle, pour la soutenir et peut-être même la conseiller... ne lui permettrait-il pas de renforcer son aspect immuable dans les moments autres que ceux partagés avec lui ? A vrai dire, Cassidy n'en savait rien, mais cette idée ne paraissait pas inconcevable pour son esprit rigoureux. Une équation mathématique, une fois de plus. Solitude + Emmagasinement = Explosion. Partage + Emmagasinement = Stabilité. D'ailleurs, depuis cette soirée, le sommeil de la jeune femme s'était sensiblement amélioré. Plus d'insomnies, ni de cauchemars, quoiqu'une qualité de sommeil discutable étant donné l'état dans lequel elle retrouvait son lit chaque matin ; état témoignant d'un sommeil particulièrement agité. En effet, si cette acceptation d'ouverture pouvait posséder des avantages, l'apprentie n'avait aucune prise sur certaines variables parasites dont elle se serait bien passée notamment le fait de devoir redoubler de vigilance pour que rien ne se sache, et un questionnement incessant sur elle-même et ses sentiments.
Sentiments... Un bien grand mot pour un concept si complexe. Si complexe qu'elle ne parvenait pas à le définir correctement, si à l'expérimenter en pratique. Depuis toujours, Cassidy avait un problème avec ces derniers. Ressentait-elle des choses ? Oui, cela était indéniable. En revanche, identifier les émotions, sentiments ou affects la traversant était d'une difficulté sans nom pour elle - ceci étant renforcé par le fait qu'elle ne souhaitait pas les reconnaître. S'abuser sur ses ressentis, sur tout un pan de sa personnalité, de son identité. Cela était son armure, sa carapace. Mettre de côté les sentiments et émotions lui permettait d'être plus à même d'affronter les choses, sans que ces dernières ne la heurtent de plein fouet. Stratégie de défense pure et dure. D'une rigidité plus que d'une rigueur, sans nom. Lui, Octavius, avait franchi un premier cap qu' Owen, son ex petit-ami n'avait jamais effleuré. Il lui avait fait prendre conscience qu'elle désirait sa présence au sein de son univers marécageux dans lequel il était si facile de s'embourber, composé de noirceur et de faux semblants.

Dans quoi s'était-elle lancée ? Avait-elle pris la bonne décision ? Si jamais son père l'apprenait ? Apprenait quoi d'ailleurs ?... Pour le moment il n'y avait rien de concret, n'est-ce-pas ? Rien de significatif. Non. Secouant vivement la tête, Cassidy se déshabilla et sauta dans la douche. Il fallait maintenant penser à autre chose. Ses mains fines frictionnant sa longue chevelure à l'aide de son shampoing aux extraits naturels de lys, la jeune femme se força à détourner ses pensées - comme elle savait si bien le faire, envers son programme de la journée. Il était encore tôt, elle aurait donc le temps d'essayer d'attraper Slughorn avant le début des cours pour lui faire part de l'avancée de ses recherches. Ensuite, à neuf heures, elle devait réapprovisionner l'infirmerie en potions de régénération sanguine ; commande expresse effectuée par Mme Pasfresh il y a trois jours puisque les stocks de l'infirmerie ne survivait décidément pas à la présence des Carrows et des inspecteurs. A dix heures, elle assisterait à un cours donné aux troisièmes années jusqu'à la pause déjeuner. Quant à son après-midi, il serait relativement libre si elle se fiait à ses souvenirs. Sortie de la douche, Cassidy s'habilla d'une robe aux manches longues dans les tons dominants bleutés, par dessus une paire de collants noirs, et afin de gagner les dix centimètres réglementaires pour atteindre une taille convenable, elle sélectionna des bottines en daim légèrement montantes dans les tons rappelant ceux de la robe, serties de boutons dorés. Ceci fait, l'apprentie passa rapidement devant sa coiffeuse pour se maquiller et mettre de l'ordre dans sa chevelure. A l'aide de sa baguette, elle les sécha rapidement, et sans plus de cérémonie, revêtit sa cape noire avant de sortir d'un pas vif des cachots.

Alors qu'elle se dirigeait vers la Grande Salle pour y avaler rapidement son petit déjeuner, la Rowle aperçu le professeur Rogue au loin, et lui adressa un léger sourire accompagné d'un poli signe de tête. Alors qu'elle s'apprêtait à poursuivre normalement son chemin, la voix basse dudit professeur la fit s'arrêter. Il lui avait parlé. Oui, oui. En dehors des heures de cours avancés.

« Miss Rowle, soyez dans le hall d’entrée à neuf heures moins vingt, précisément. Et ne soyez pas en retard, peu importe ce que vous ferez à ce moment-là. »

Interloquée, la sorcière n'eut guère le temps de reprendre ses esprits pour lui répondre que l'homme avait déjà bifurqué à l'angle du couloir, disparaissant dans un tourbillon de cape noire, comme il savait si bien le faire. Envolé. Volatilisé. Soupirant légèrement, Cassidy se détourna à son tour de la grande salle et s'éloigna rapidement en direction des cachots. Tant pis, elle ne prendrait pas de petit déjeuner à cause de lui et de cette souplesse qu'elle lui avait demandé de lui apprendre. Elle n'avait plus le temps. S'il fallait qu'elle le rejoigne dans le hall pour huit heures quarante, les potions de régénération sanguine devaient être finalisées maintenant pour être portées en avance à l'infirmerie. Arrivant devant la porte de ses appartements, elle leva les sortilèges de protections hindous et se dirigea vers le chaudron contenant le liquide rouge sang. En soi, ce dernier était terminé depuis la veille. Dix centilitres de sang de dragon, feuilles de dictame préalablement découpées, poudre de corne de licorne ; les trois principes acteurs avaient été incorporés depuis longtemps, de même que la poudre de graines de sanguinole ; une variété française de poire, et la cannelle en poudre comme ingrédients stabilisateurs. Le tout avait été mélangé doucement à l'aide d'une cuillère en argent une fois de gauche à droite, puis trois fois de droite à gauche. En revanche, la jeune femme avait décidé de tenter une petite nouveauté afin de permettre aux futures victimes de Carrows de se vider de leur sang un peu moins rapidement, en y incorporant cinq centilitres de sang de salamandre. Ingrédient plutôt inoffensif en soi, il ne rentrait pas en contre-indication avec ceux déjà présents et on le retrouvait notamment dans la solution de force. Après avoir effectué plusieurs recherches sur cet ingrédient, Cassidy en était venue à la conclusion qu'en l'incorporant à la fin de la préparation, ce dernier permettrait à la potion de régénération sanguine d'agir plus rapidement en reconstituant des globules rouges renforcés. Il ne restait plus qu'à tenter puisque le pire effet que cela pouvait avoir, c'était ne n'en avoir aucun justement. Doucement, l'apprentie potionniste incorpora les cinq centilitres de sang, sans que la potion ne change de couleur. Parfait. Ceci fait elle reproduit le nombre de tour exact préconisé pour la potion de régénération sanguine avant de transvaser la potion dans une quinzaine de petites fioles.

Huit heures trente. Les fioles chargeant ses bras, la jeune femme monta alors rapidement jusqu'à l'infirmerie se situant au troisième étage. Mme Pasfresh étant absente, probablement encore dans la Grande Salle en train de boire son thé matinal, Cassidy déposa avec précaution les flacons sur le bureau de l'infirmière avant de retourner dévaler les escaliers de marbre jusque dans le hall. Merlin, avec tout ça Slughorn allait encore lui échapper. Une fois de plus. C'est qu'il était difficile à capturer l'animal... Tandis qu'elle faisait les cent pas, ses talons raisonnant sur le sol du hall, Cassidy commença à réfléchir puisqu'elle avait un peu de temps devant elle. Dix minutes pour être exacte. Rogue ne serait pas en retard, elle en était certaine. Pourquoi ce dernier lui avait-il donné ce rendez-vous de dernière minute ? Un nouveau cours avancé probablement. En effet, suite à leur dernière entrevue mouvementée en Sibérie datant du 20 Septembre, Severus Rogue avait accepté de lui donner des cours à l'année. Ce rendez-vous improvisé devait sûrement être le second cours. Entendant des pas derrière elle, la Rowle se retourna et sa quasi-certitude s'effondra à la vue de la silhouette s'avançant aux côtés du maître des potions. Elyas. Par la barbe de Merlin, qu'est-ce qu'il faisait ici ? Perplexe, la sorcière fronça légèrement les sourcils, les lèvres pincées. Elle ne comprenait pas, et elle haïssait ne pas comprendre. Son regard turquoise se porta ensuite sur son mentor, interrogateur, mais elle ne reçu aucune réponse de sa part sinon une injonction de le suivre. Le reste de la phrase manqua de la figer sur place. Elyas et elle étaient attendus. Attendus. Un courant d'air glacé vint la transpercer de toute part au moment où la main masculine se refermait fermement sur son poignet gauche. Attendus... S'ils l'étaient tous les deux, cela ne pouvait être que par un Rowle.

Le transplanage. Qu'elle haïssait ce moyen de transport. Il n'y avait rien à ajouter. D'une pâleur extrême, Cassidy s'efforça de rétablir correctement sa vue en clignant plusieurs fois des paupières lorsque ses pieds touchèrent de nouveau la terre. D'abord trouble, le paysage finit peu à peu par retrouver sa clarté. Un gigantesque manoir. Des gouttes d'eau vinrent s'ajouter au paysage terne et grisâtre qui s'offrait à elle, lui faisant instantanément rabattre sa capuche profonde sur sa chevelure. Le gris, la pluie, le froid et le vent. L'ensemble donnait exactement ce qu'elle haïssait. Quant à ce manoir, il laissait la jeune femme décidément perplexe ; à sa connaissance, il n'appartenait pas aux Rowle. Une vague d'inquiétude transperça Cassidy tandis qu'elle avançait silencieusement, brisant le silence des lieux à cause de ses talons. Inlassablement, son cerveau cherchait à rassembler tous les éléments afin de comprendre la situation. Elyas, Rogue, et elle. Par quoi étaient-ils reliés ? Aucun rapport avec les potions puisqu' Elyas était présent. Un rapport avec les Rowle ? Possible, mais cet endroit lui était totalement inconnu. Un éclat vint soudain allumer ses iris alors que son regard croisait celui du Directeur. Ce qui les rassemblait tous les trois était... leur rapport aux Mangemorts. Au même moment, comme s'il avait usé de la Legilimancie sur elle, le sorcier leur annonça le verdict d'une voix froide qui raisonna comme une sentence capitale aux oreilles de la blonde. Rencontrer le Seigneur des Ténèbres. Le cœur de la sorcière manqua un battement. Sa gorge se serra, l'empêchant de déglutir alors qu'une boule vint alourdir son estomac, heureusement vide.

La suite fut trouble parce qu'elle se déroula en interne. Un automate déambulant dans les couloirs sombres, longeant les murs en pierres froides éclairés par quelques bougies. Son pas, se calquant sur celui du Mangemort à sa gauche. Le choc était immense. Si tôt... Jamais elle n'aurait pensé que ce moment arriverait si vite, et encore moins compte tenu de la dernière rencontre avec son père, le 26 Septembre. Lors de cette soirée, Andreas lui avait bien annoncé qu'il comptait la faire rencontrer le Lord, mais au vu du déroulement de cette dernière, Cassidy avait pensé qu'il aurait reculé un tant soi peu le moment fatidique, mais de toute évidence, elle s'est plantée. Pâle. Le mot était bien faible pour qualifier la teinte qu'avait revêtit sa peau. Liquéfiée, Cassidy tenait davantage la comparaison avec un fantôme en cet instant précis, et cela n'avait plus rien à voir avec le transplanage. Un salon. Gigantesque et vide. Atrocement vide. Comme le reflet extérieur de ce que la Rowle ressentait actuellement en elle. Figées, ses pensées ne parvenaient plus à se dérouler de manière claire, logique et cohérente. Elle ne pensait plus, ce qui n'était pas plus mal compte tenu de la situation. Lentement, alors qu'elle s'arrêtait aux côtés du Directeur, son regard vide se détourna vers les flammes de la cheminée. Un trou noir. Un mur blanc. Le vide en tout cas. Avait-elle envie de pleurer ? De s'enfuir ? D' hurler de peur ? Probablement, mais elle n'en savait rien. De nouveaux, les émotions étaient emmurées. Inatteignables. De l'extérieur, la jeune femme paraissait étrangement sereine, trop pour que cela soit réel. Son regard vide, un immobilisme total. Figée, telle une statue grecque en marbre. Reflet externe de sa réalité psychique interne.

Un carillon retentit, venant troubler le silence assourdissant des lieux. Pour autant, ses yeux ne se détachèrent pas des flammes crépitantes, seule source de chaleur et de vitalité, dont les ombres se reflétaient sur sa peau cadavérique, venant donner l'illusion d'un léger hâle coloré. Une porte fini par s'ouvrir. Inspiration. Lentement, le regard clair de l'étudiante dériva malgré elle vers cette dernière, se posant sur la créature ondulant sur le sol. Un serpent verdâtre glissa sournoisement vers eux. Immense, mesurant au moins trois mètres de long. Nâga.. Terme sanskrit signifiant « serpent ». Heureusement, la jeune femme à moitié indienne ayant grandi et été élevée en Inde durant vingt années, ne craignait guère ces derniers considérés dans l'hindouisme comme des créatures semi-divines dotées de grands pouvoirs. Seules les gouttes de sang tombant de ses crochets à intervalles irréguliers vinrent lui donner la chair de poule, la glaçant intérieurement. Imperceptiblement, sa respiration se bloqua. Apnée. Ce serpent, était certainement celui dont son père lui avait déjà parlé. Nagini, si ses souvenirs étaient bons. Intérieurement, la jeune femme parvint à effectuer un premier rapprochement tout à fait inutile, certes, mais traduisant ainsi une esquisse de remise en marche cérébrale. « Nagi », était la forme féminine du mot « nagâ ». Ce serpent était une femelle.

« Loteri ne savait presque rien, Severus. Il a résisté des heures, en bon partisan qu'il était. Il faut poursuivre... Je compte sur toi. »

Un sifflement inhumain. Une voix indescriptible, à la fois glacée et atrocement étouffée. Comme une espèce de chuchotement glacé provenant des Enfers. Les iris vert d'eau de Cassidy se détachèrent du serpent, pour se poser sur son propriétaire. Lourdement, son corps se figea de nouveau, comme si elle avait été emmurée vivante dans du béton. Une robe noire, des pieds nus. Une maigreur atroce et un visage cadavérique. Un... faciès dépassant toute imagination. Des pupilles verticales, des iris rougeâtres. Cauchemardesque. Organisme au ralenti, son cœur battait sourdement dans sa cage thoracique, menaçant de sortir de cette dernière. Quant à sa respiration, cette dernière s'était de nouveau bloquée. Ses jambes, lourdes, l'empêchaient de partir en courant, figées dans une immobilité totale. Ses pieds, chaussés de chaussures à talons, ne tremblèrent pas, paraissant au contraire s'enfoncer dans un sol abominablement marécageux, ou dans des sables mouvants. Deux fentes, en guise de narines. Aucun mouvement n'était possible, le piège se refermait sur elle. Lorsque les yeux du mage noir se tournèrent vers elle, la tête de la Rowle ainsi que son regard tourmaline jugé insupportable par son paternel, se baissèrent respectueusement vers le sol, ou plutôt vers le serpent dont les crochets sanguinolents laissaient goutter l'hémoglobine à quelques centimètres de ses bottines. « Baisse les yeux Cassidy ! Je t'apprendrai le respect ma fille ! » Combien de fois son père lui avait-il sorti cette phrase ? Par nature, Cassidy avait tendance à ne jamais baisser le regard. Ce n'était pas une marque d'insolence en soi, quoique cela l'était lorsqu'elle entrait directement en confrontation avec quelqu'un, mais plutôt une manière d'accorder l'entièreté de son attention et de son respect à son interlocuteur, un peu à la manière du " Regarde moi quand je te parle. ". De ce fait, il était très difficile pour elle en temps normal de détourner son regard - qualifié de son père de particulièrement expressif -, d'une personne. En revanche dans le cas présent, la phrase de son père n'avait même pas eu le temps de faire son chemin que ses yeux s'étaient rivés sur le sol, comme si cela avait toujours été parfaitement naturel chez elle. Une Rowle. Elle était une Rowle. En tant que tel, son comportement devait s'adapter à la situation. Lentement, l'immense silhouette squelettique du Lord s'approcha d'elle. Proche. Encore plus. Allait-il s'arrêter ? La jeune femme dont le visage était encerclé, masqué par un rideau de cheveux blonds, serra la mâchoire. Compter les gouttes de sang tombant des crochets du serpent qui la fixait comme s'il envisageait sérieusement d' en faire son petit déjeuner. Ek, do ... teen... tchàr, paanch, chai.... Ce comptage compulsif était une stratégie de défense pour la blonde, lui permettant de ne plus penser, de vider son esprit, et de se calmer de manière assez relative. Malheureusement, dans le cas présent, le rythme des gouttes de sang étant assez irrégulier, sa respiration ne parvenait pas à retrouver un rythme apaisé. Parfaitement droite, les pieds serrés, et le regard respectueusement baissé, Cassidy restait partiellement en apnée. Enfin, il finit par s'arrêter. A quelques centimètres d'elle. Les yeux baissés, si la jeune femme ne distinguait que les pans de sa robe noire, elle sentait parfaitement le rythme presque reptilien de la respiration du mage noire, venir se perdre à quelques centimètres de sa chevelure. Boum... Boum... Boum... Les battements de son cœur, lents, gagnèrent en intensité, allant jusqu'à se répercuter dans la pulpe de ses doigts fins. Allait-elle finalement mourir d'un arrêt cardiaque ? ... Das, gyaaraa... b... baaraa. Teraa, chaudaa... Lentement, la sorcière parvint à bouger imperceptiblement les doigts de sa main gauche, récupérant ainsi progressivement une certaine mobilité. Puis, ce fut le tour de la main droite. Inspiration.

« Et donc, Rogue, tu as pris cette fille comme élève... Qu'a-t-elle de si particulier ? »

Pas une fois il ne s'était adressé directement à elle. De ce fait, Cassidy garda le silence et les yeux baissés - le mage noir ne lui ayant pas donné la permission de relever ces derniers, jugeant que tout salut verbal de sa part, même respectueux, aurait été mal perçu, peut-être même comme une tentative de prise d'ascendant.

« Elle dispose d’un plus grand potentiel que son père. Elle peut s’adapter à une situation compliquée ou stressante et est capable de réfléchir par elle-même, contrairement à beaucoup. J’ai pu sonder son esprit, elle est loyale à l’esprit de sa famille. »

... Pandraa, solaa, satraa... Attharaa ... Quoi ? Le comptage mental de la blonde s'interrompit brusquement tandis que le maître des potions déviait la conversation vers Elyas. Merlin, merci... Peut-être cela inciterait-il le Seigneur des Ténèbres à s'éloigner d'elle, lui permettant de récupérer son espace vital... En attendant, quelque chose clochait. " J’ai pu sonder son esprit, elle est loyale à l’esprit de sa famille. "... Sans surprise, elle venait d'avoir une nouvelle preuve de la capacité de Legilimancie du Directeur de Poudlard. En revanche, s'il était parvenu à écarter les pensées superficielles, dorures ornementales essentielles à sa survie, et à lire réellement au plus profond de ses pensées et qu'il en tirait cette conclusion, il devait soit être très très mauvais, soit... Il tentait de la protéger, ce qui était tout simplement invraisemblable. Il n'avait aucune raison de le faire. Il t'a conseillé d'apprendre l'Occlumancie Cass.... Pour quelle autre raison lui aurait-il conseillé cela de lui-même, alors qu'elle ne lui avait rien demandé ?

« Assurément. »

Rien de plus, rien de moins. La voix d'Elyas retentit comme un écho lointain, interrompant le cours dangereux de sa pensée. Son jeune cousin avait répondu avec cet orgueil assuré qui le caractérisait si bien. Un style court et direct, qui pouvait avoir des avantages, comme des inconvénients. Tournant légèrement la tête sur la gauche, Cassidy distingua l'échange de regards entre le Directeur et Elyas. Un duo dangereux. Son cousin avait, sans la moindre hésitation, osé vriller son regard dans celui du professeur, en dépit de la présence du Seigneur des Ténèbres. Ce comportement audacieux et dangereux pouvait payer, tout comme il pouvait l'enfoncer. La tête de la jeune femme reprit sa position, son regard clair rejoignant les crochets du serpent. ... Unniss, biiss... ikkis, baees, tey-ees...

Cousins. Mais totalement différents. Deux attitudes opposées reflétant indéniablement leurs éducations. Andreas avait toujours été plus réfléchi et subtil que Thorfinn qui était, lui, beaucoup plus impulsif comme pouvait en témoigner la cicatrice ornant l'omoplate gauche de l'apprentie. Elle avait choisi le respect prudent, il avait sélectionné l'audace impétueuse. Les deux se valaient, et peut-être que les deux conviendraient aux yeux du mage noir, mais une chose était sûre, pour elle, cette attitude qu'elle jugeait trop orgueilleuse relevait clairement d'un excès de confiance en soi, mais peut-être se trompait-elle... Après tout l'audace - lorsqu'elle était bien utilisée, pouvait s'avérer être une qualité. Restait à voir ce que le mage noir en pensait.

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Le pessimiste se plaint du vent, l'optimiste espère qu'il va changer, le réaliste ajuste ses voiles.

Crédit - [url=dream.forumgratuit.eu]Joy[/url]
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SEIGNEUR DES TENEBRES
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MessageSujet: Re: [3 Octobre 1997] La Marque des Ténèbres Dim 13 Nov 2016 - 12:19

- Elle dispose d’un plus grand potentiel que son père, répondit Severus d’un ton tranquille. Elle peut s’adapter à une situation compliquée ou stressante et est capable de réfléchir par elle-même, contrairement à beaucoup. J’ai pu sonder son esprit, elle est loyale à l’esprit de sa famille.

Intéressant… Voldemort continua de dévisager la jeune femme de haut en bas, appréciant qu’elle sache baisser les yeux lorsqu’elle se trouvait face à un supérieur. Il avait toujours apprécié ressentir cette peur venant des personnes faces à lui, celles qui savaient où se trouvaient leur place, qui avaient conscience que leur vie pouvait être prise à tout instant, sur un simple geste, un simple sortilège. Oh, bien sûr, après certaines actions, certains faits ou des preuves de loyauté particulières, le mage noir acceptait qu’on lui dévoile un caractère plus affirmé et que son serviteur fasse preuve de plus d’initiatives. Il avait besoin, de plus en plus pressant, de personnes intelligentes et loyales, à la fois fidèles et capables d’agir en solitaire. Pour cela, il testait, poussait dans certaines situations spécifiques, s’assurait par lui-même que son serviteur était capable de tout et surtout capable de suivre un plan à la lettre, tout en étant néanmoins capable de s’en détacher afin de conduire le tout à la victoire. Bellatrix était l’une des plus compétentes pour cela… Severus également. Sans oublier son fidèle serviteur, Croûpton junior, perdu par les détraqueurs puis mort l’année précédente. C’était bien dommage. Quant à cette fille, si Rogue la décrivait intelligente, Voldemort se fiait à son jugement. Il était par ailleurs curieux que son serviteur à Poudlard ait accepté d’enseigner de façon plus poussée à une apprentie, fallait-il qu’il lui trouve un bon potentiel.

Son serviteur ajouta ensuite que l’autre gamin Rowle avait lui aussi un meilleur potentiel que son père et était plus loyal ? Vraiment ? Et comment pourra-t-il le prouver ? Lorsque le mage noir ordonnait qu’on lui amène des gamins de quinze ou seize ans, ce n’était guère par espoir qu’ils deviennent des mangemorts loyaux et compétents, non… Plutôt par volonté qu’ils servent de relais pour empoisonner l’esprit de leurs camarades à Poudlard, qu’ils servent de moyens de pression contre leurs familles, de cobayes prêts à servir lors du test de nouveaux sorts ou d’entraînements, de chair à canon, facilement remplaçable, lorsqu’il fallait désactiver des pièges en y jetant dedans des victimes prêtes à mourir pour la cause. Voilà bien longtemps que le mage noir n’avait plus trouvé de jeunes gens de seize ou dix-sept ans aptes à servir en véritables mangemorts. Depuis vingt années, précisément. Le mioche restait assez droit, vêtu de la robe noire habituelle d’uniforme de Poudlard, son sac de cours sur l’épaule, ce qui lui donnait un air particulièrement naïf et innocent. Il serait plutôt regrettable pour lui qu’il se révèle aussi pathétiquement incompétent que son père. Lorsque Rogue lui demanda s’il était capable de faire mieux que ce dernier, le gosse répondit « Assurément » en lui rendant son regard. Rien n’agaçait tant Voldemort que les gamins ne sachant pas rester à leur place, ne sachant pas le respect dû aux plus doués que lui. Il en avait bien trop vu pour être patient face à cela.

Sa baguette fut pointée presque avec négligence sur le gosse lorsque le mage noire prononça, pour commencer, le sortilège impardonnable de la douleur. Le gamin réussit à retenir ses cris pendant au moins une dizaine de secondes, joli effort pour un morveux, las, Voldemort maintint le sort durant plusieurs minutes avant d’abaisser sa baguette, lorsqu’il fut lassé d’entendre le petit Serpentard hurler. Il saura apprendre à tenir sa place, par la douleur ou de son plein gré, il ne tenait qu’à lui de comprendre vite où se trouvait son intérêt. Voldemort s’écarta lentement de la fille Rowle pour s’approcher du gamin à terre, Nagini évoluant à ses côtés, le suivant sans qu’il n’ait besoin de le lui ordonner. La bête était plus fidèle que tous ses mangemorts réunis, plus attachée à lui que que quiconque n’avait pu l’être depuis sa naissance. Lui-même l’appréciait, l’aimait comme il n’avait jamais aimé aucun autre vivant de toute son existence. Douce compagnon d’âme, qui évoluait à ses côtés depuis bien avant sa renaissance. Nagini s’arrêta à quelques pas du gamin, sur lequel Voldemort pointa à nouveau sa baguette. Un geste brusque et un sortilège informulé formèrent une longue et profonde estafilade sur sa joue, de la tempe jusqu’au menton, laissant couler un sang très rouge dont l’odeur fit se redresser Nagini.

- Tu apprendras à respecter tes supérieurs… Mord, Nagini, ajouta-t-il en fourchelang à l’adresse de son familier.

Le serpent bondit pour plonger ses crocs dans la jambe droite du gamin, tout son corps se contractant lorsque le venin jaillit des crocs pour filer se propager dans le sang de sa victime. Voldemort ne se préoccupa pas de lui signaler qu’il avait intérêt à se débrouiller pour panser d’urgence la blessure avant de se vider de son sang, attendant simplement de voir si le mioche allait être assez réactif pour serrer lui-même la blessure afin d’empêcher l’écoulement du sang. Le venin de Nagini empêchant la plaie de se refermer et à moins de prendre un antidote, ce gosse était parti pour passer un mauvais quart d’heure. Voldemort s’en détourna de nouveau, la suite leur dira si le mioche allait réagir vite ou se laisser mourir bêtement d’hémorragie sur le plancher. Il revint vers la gamine et lui ordonna d’une voix froide de relever la tête pour détailler son regard. Jeune, des traits rappelant ceux de ses parents et surtout de son père, des yeux plutôt clairs. Capable de réfléchir par elle-même, disait Severus ? Voilà qui était à vérifier. Puisqu’il avait déjà pris la peine de fouiller en profondeur son esprit, cela allait permettre de gagner du temps dans ce petit entretien.

- Es-u capable d’utiliser les sortilèges impardonnables ? Et quel est ton niveau de duel ?

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MessageSujet: Re: [3 Octobre 1997] La Marque des Ténèbres Mar 15 Nov 2016 - 13:28

Est-ce que Rogue rêvait ou bien le gamin venait bel et bien de lui répondre en ignorant royalement le Seigneur des Ténèbres et en faisant fi total de sa présence ? La réponse vint lorsque le jeune Serpentard s’effondra presque aussitôt à terre et finissant peu de temps après par hurler, soumis à la puissance du sortilège doloris, lancé par Voldemort avec la même négligence que s’il frappait un insecte.Il venait de commettre l’une des pires erreurs qui soit… Ignorer volontairement le mage noir ou bien le défier, voilà bien deux choses qu’une personne ordinaire évitait de faire, en règle générale, surtout lors de sa première rencontre en face-à-face. La première minute fila, puis une seconde, le mage noir ne comptait visiblement pas se contenter d’un simple avertissement mais bien de maintenir le sortilège assez longtemps pour que le petit élève ne puisse plus se relever durant un bon moment et encore moins de riposter ou tenter de résister. Bien que Severus reste parfaitement impassible, un mélange d’exaspération et de lassitude grimpait en lui. Il aurait cru que les deux allaient au moins réussir à rester debout au moins plus de dix minutes d’affilée et n’aurait, à vrai dire, pas parié que ce soit Elyas qui tombe le premier. Étant donné le caractère de Cassidy, Rogue avait pensé que ce serait elle qui ferait la première un grave faux pas. Cela dit, non, son comportement était la parfaite opposition de celui qu’elle affichait habituellement. Au moins était-il soulagé de voir ça, on pouvait décemment espérer ne pas avoir deux cadavres sur les bras à la fin de l’entrevue.

Lorsque le sortilège de douleur cessa enfin, Voldemort s’écarta de son élève pour s’approcher d’Elyas, suivit de son très cher et maudit serpent. On pouvait s’attendre à tout moment à un bref éclat de lumière verte… Pourvu que le mioche n’ait pas l’idée idiote de lancer une remarque pleine de défi, il devait absolument la boucler, maintenant, il en allait de sa vie. S’il avait été à Gryffondor, Severus lui aurait jeté de suite le sortilège de l’Imperium pour l’empêcher de répliquer quoi que ce soit, sachant très bien que la plupart d’entre eux étaient juste incapables de comprendre que dans une pareille situation, lorsqu’on tient à la vie, il faut la fermer et ne relever le regard que si on vous en donne l’autorisation. Comme Miss Rowle, qui avait les yeux résolument fixés au sol. Très bien… Jetant un regard au serpent, Severus plongea une main dans sa poche, touchant quelques fioles avant d’en effleurer une autre du bout des doigts, plus petite avec un bouchon en verre, une fiole qu’il savait opaque et en forme de diamant. Cet antidote-là n’était pas des plus simples à concevoir… Rogue l’avait travaillé pour améliorer celui donné à Arthur Weasley, il y a deux ans de cela, après qu’il ait été attaqué par Nagini dans le Département ds Mystères. Empêcher non seulement l’hémorragie mais aussi plonger la cible dans un état presque comateux afin d’obliger les muscles à se détendre au maximum pour accélérer la diffusion de l’antidote dans le corps entier et détruire le venin.Maintenant,si Nagini mordait trop, le problème allait être plus grave qu’une simple antidote à faire avaler.

Ce ne fut pas un éclat de lumière verte qui jaillit de la baguette du Lord mais un autre sortilège, faisant éclater une longue balafre sur la joue de l’enfant, le sang coulant aussitôt le long de son visage puis au sol, tâchant son uniforme et laissant une odeur amère et âcre s’élever dans la pièce. Au moins était-il toujours en vie, pour le moment. Le gamin à terre, Voldemort debout et penché au-dessus de lui, Cassidy toujours au même endroit à regarder le plancher, la scène était presque irréaliste, on aurait pu croire que tous deux n’étaient là qu’à attendre de se faire exécuter. Il y a des morts que le directeur de Poudlard ne pouvait pas éviter, comme celle de leur ancienne collègue d’études des moldus, ou bien d’autes encore. Sa main se serra un bref instant sur le flacon d’antidote puis le relâcha, prennat sa baguette qu’il sortit et replaça ses mains sderrière son dos, tenant son arme d’une main sûre. Bien évidemment, il n’avait aucune intention d’attaquer Voldemort, n’ayant, pas encore du moins, un tempérament suffisamment suicidaire pour en arriver à une confrontation directe. Ceci dit, il y avait d’autres manières d’agir pour protéger l’enfant, si le mage noir ne comptait pas l’achever tout de suite.

– Tu apprendras à respecter tes supérieurs…

L’ordre suivant en fourchelang rassura à moitié Rogue, au moins, le gamin allait vivre, c’était déjà cela de gagné. Il allait souffrir, soit, mais il vivra. Et le serpent ne mordit qu’une seule fois, ce qui rassura entièrement cette fois le directeur de Poudlard. Ça pourrait être bien pire, Voldemort connaissait de très nombreux sorts de magie noirs dont la majorité étaient plus terribles, pour ses victimes, que le sortilège doloris. Une douleur globale, même immense, était plus supportable que d’autres formes de souffrances… Des sorts dont chaque mangemort ou presque avait déjà eu droit à des démonstrations, soit sur eux-mêmes après avoir commis une erreur, soit sur des victimes du Lord. Des sorts dont seule Bellatrix et quelques autres cinglés parvenaient à supporter et à s’en délecter, à en rire même, tandis que les autres priaient pour ne jamais les subir à leur tour. Lorsque Voldemort s’écarta, Rogue jugea rapidement la morsure à la jambe d’Elyas, largement ouverte et dont le sang s’écoulait. Ce venin empêchait la plaie de cicatriser, y compris par des moyens magiques, seule l’antidote permettait de stopper l’hémorragie puis de détruire les toxines ayant envahi le sang. « Vide ton esprit… » Dans la pratique, le sortilège Imperium se rapprochait de la légilimancie, ne demandant en plus qu’une volonté plus exacerbée de contrôle et un plus grand pouvoir. Or, du pouvoir, il en possédait, désormais.

Severus lança le sortilège de l’Imperium une fois l’attention du Seigneur des Ténèbres revenue vers la jeune femme, prenant le contrôle tout entier du gamin. Juste au moment où sa baguette avait curieusement commencé à crépiter, tiens donc… Rogue l’obligea à se calmer, sans l’empêcher de gémir pour ne pas attirer l’attention, puis à déchirer sa robe de sorcier avec sa baguette pour en serrer ensuite les pans aussi fort que possible sur la plaie afin de stopper au maximum l’écoulement du sang. L’erreur à ne surtout pas commettre, vouloir au contraire provoquer une saignée dans l’espoir de faire sortir le maximum de venin. Ce truc qui pouvait fonctionner avec une morsure classique de serpent était à éviter face à cette bête-là. Renforcé par la magie noire, le venin de cette bestiole se propageait très vite dans tout le corps et ses toxines s’accrochaient comme des serres aux muscles et aux nerfs, inutile d’aider d’autant plus le corps à perdre du sang, ça n’amenait qu’à la mort. La voix froide de Voldemort résonna dans la la pièce pour ordonner à Rowle de relever la tête, juste au moment où Severus agita sa baguette pour que le gamin de son ancienne maison fasse des nœuds plus serrés autour de sa jambe avec d’autres pans de sa robe. Il sera sans aucun doute incapable de marcher et souffrira durant des jours de quelques soucis sir la circulation du sang était bien coupée dans la jambe et atrophiée du même coup pour le reste du corps mais un problème à la fois.

– Es-u capable d’utiliser les sortilèges impardonnables ? Et quel est ton niveau de duel ?

Très bien… Elyas allait passer pour un faible ou un crétin, voire les deux, enfin tant pis, dommage collatéral. Peut-être cela lui évitera-t-il de recevoir la marque des ténèbres… Rogue l’obligea à simuler une sorte de crise de folie soudaine, due à la propagation du venin, s’arrangeant pour qu’il y mette le plus de cœur possible, au point d’en énerver le seigneur des ténèbres qui, Rogue le savait, était très vite agacé de ce genre de comportement chez ses victimes. Severus s’avança et déclara d’un ton respectueux qu’il s’en occupait, comme le parfait serviteur se chargeant d’un problème gênant pendant que son maître vaquait à des affaires plus importantes. Tirant le gamin au sol par le bras pour le soulever et le faire tenir debout par sa jambe valide, il coupa l’imperium, tournant le dos aux deux autres, puis déboucha la fiole pour en faire boire le contenu à Elyas, lui fourrant dans la bouche sans qu’il n’ait le temps de protester ou dire quoi que ce soit. Il lui fit tout avaler, jusqu’à la dernière goutte, car même si la dose était sûrement trop forte pour un enfant de cet âge et ce poids, mieux valait pour lui qu’il ne soit plus en état de répondre n’importe quoi. Rogue laissa retomber la fiole dans sa poche, prenant le menton du petit avec sa main libre pour l’obliger à le regarder dans les yeux.

– Maintenant, vous la fermez, compris ? murmura-t-il d’un ton très bas.

Il laissa retomber le mioche au sol, espérant qu’il avait bel et bien compris, cette fois. Retourner à Poudlard en petits morceaux mais bien vivant sera toujours mieux que de la ramener allongé sur une civière sous un drap blanc. Il avait songé à le faire sortir, mais laisser Cassidy toute seule face au Lord… Laissant le gamin sur place, Severus s’écarta de quelques as, préférant garder un œil sur les deux.

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MessageSujet: Re: [3 Octobre 1997] La Marque des Ténèbres Sam 19 Nov 2016 - 0:45

[ 3 Octobre 1997 ] La Marque des Ténèbres


Feat Voldemort, Severus et Cassidy

Oups... Elyas se rendit compte de sa '' petite '' erreur un peu trop tard, il avait simplement voulu retarder au maximum sa confrontation avec Lord Voldemort... Allait-il finir entre quatre planches ? Il n’eut le temps que de se faire cette réflexion et de blêmir soudainement avant de se retrouver au sol, tendu, sous l'emprise du sortilège Doloris. Il s'était aussitôt écroulé, secoué de spasmes, s'ordonnant mentalement au silence. Ceux de son père étaient bien inférieurs au niveau de la douleur qu'il ressentait à présent, que ce qu'il subissait en ce moment même. Il faisait de son mieux pour ne laisser passer aucun son d'entre ses lèvres à cet instant closes. Sa résistance se défilait, s'amenuisait rapidement alors que la souffrance s’emparait de son corps tout entier et explosé dans son crâne. Les dix premières secondes furent insoutenables pour le serpentard et il dut mordre violemment sa joue pour retenir quelques secondes supplémentaires les cris qui menaçaient désespérément de sortir de sa gorge. Le goût ferreux du sang sortant de sa blessure emplit sa bouche détournant quelque peu son attention pour une très brève durée. Très vite, il ne put se restreindre d'avantage et passer outre ses nerfs, ses muscles qui subissaient, demandant la fin de ce calvaire. Elyas laissa donc finalement sa douleur s'exprimer et s’extérioriser de façon plus qu'explicite malgré ses vaines tentatives pour se reprendre.

Néanmoins, aucune larme ne franchit le seuil de ses yeux. Cela faisait bien longtemps que l'adolescent ne savait plus comment en avoir ayant compris, à la force des choses, que s’apitoyer sur son sort ne servait strictement à rien et que les pleurs n'amenaient qu'à plus de supplice. Il m'implorait ni grâce ni pardon gardant un minimum de fierté dans la délicate position où il se trouvait et n'en ayant ni la possibilité ni la volonté d'ailleurs. Le cinquième année avait l’impression que la torture durait depuis des heures... Sa conscience du temps s'étant faite déficiente sur le coup. Alors que le sort se stoppa enfin, au bout de quelques minutes à peine, le Seigneur des Ténèbres approcha dans sa direction délaissant sa cousine qui devait certainement mieux respirer. Il tremblotait encore, les effets secondaires du sortilège agissant toujours après coup physiquement. Le jeune homme essaya de récupérer avec difficulté un souffle plus calme, celui-ci étant erratique, sa silhouette prostrée par-terre. Il frissonna légèrement d'appréhension, déglutissant lorsque le sorcier désormais à quelques pas de lui leva à nouveau sa baguette. La blessure infligeait sur son visage, bien que fine, tira une grimace de souffrance sur son visage où quelques perles de sueurs coulaient. Il sentit le liquide précieux s'en échapper lentement, ne pouvant en aucun cas le retenir dans l'état où il était.

'' Tu apprendras à respecter tes supérieurs… ''

Elyas détestait tellement le dernier terme employé. Lui qui pensait pouvoir obtenir un minimum de liberté une fois sa majorité atteinte, eh bien ça ne serai pas pour tout de suite... La fin des paroles était prononcée dans une langue qu'Elyas ne comprit pas et il sursauta lorsqu’il sentit les crocs de Nagini pourfendre la chaire de sa jambe droite. Il se raidit en sentant le venin du serpent s'inviter dans son sang sans avoir demandé au préalable sa permission. Il pourrait maintenant assimiler à l'avenir que ses sifflements en particulier encourageaient gentiment le reptile à participer également aux réjouissances. Un peu de sarcasme intérieur ne pouvait pas faire de mal à Elyas vu le pétrin dans lequel il se trouvait actuellement. Seul point positif, son '' supérieur '' ne s'occupait désormais plus de lui... Il allai devoir agir rapidement s'il ne voulait pas mourir aussi pitoyablement ici. Le serpentard n'était pas naïf, il se doutait que ce qu'il venait de recevoir était bien loin de ce dont le mage noir était réellement capable d’exécuter. Il y avait bien pire que les impardonnables et la morsure d'un serpent pour blesser et détruire la vie de quelqu'un, bien plus douloureux. Une sensation singulière, familière pour l'adolescent, montait petit à petit dans son être. Lorsque l'élève se trouvait en danger de mort imminente et que beaucoup d'émotions négatives s'accumulaient en lui, sa magie avait une forte tendance à vouloir se manifester de manière agressive pour protéger son porteur des menaces environnantes. Si Elyas se souvenait bien, la dernière fois où un tel phénomène s'était produit, il s'était retrouvé envelopper dans une sorte de bulle protectrice que sa magie avait créée, une sorte de dérivée du protego. Il avait d'ailleurs dû rester plusieurs jours voir semaines alité, à se reposer, pour pallier la fatigue qui avait suivi l'acte d'auto-défense et l’épuisement magique qui allai avec. Cela se faisait progressivement, étape par étape. Déjà, il pouvait sentir sa baguette répondre inconsciemment à son état, crépitant pour le moment doucement pour monter en crescendo au fur et à mesure.

Le jeune homme avait toujours eu un lien étrange, personnel avec sa magie. Il ne faisait qu'un de corps, de cœur et d'âme mais en même temps, elle était une entité à part, maternelle, en qui Elyas pouvait éternellement croire et aimer. Il lui arrivait également de sentir et de voir sa présence sous une forme féminine dans son esprit avec les années. Il faisait tout son possible pour la préserver et pouvait passer des heures en sa compagnie. Et sa magie, elle, le protégeait comme une mère le faisait avec son enfant. Il était cependant bien trop affaibli pour survivre à coup sûr si elle décidait d'intervenir sur-le-champ puisqu'elle le faisait même s'il n'était pas assez en forme pour accomplir l'acte, cherchant avant tout à annihiler les dangers extérieurs. Et lui, il ne savait pas encore comment enrayer la réaction pour l'arrêter, la stopper. Elyas fut déstabilisé dans ses pensées par une intrusion qui lui rappelait très bien un certain sort magique. Ses yeux cherchèrent la source de cette action et lorsqu'il vit qu'elle provenait du directeur, il n'opposa aucune résistance. Si celui-ci lui avait voulu du mal, il aurai pu s'en donnait à cœur joie bien avant. Le Rowle lui faisait suffisamment confiance au point que sa magie était allée dans son sens, s'apaisant, sachant que Rogue semblait parfaitement savoir dans quoi il s’engageait. L'esprit brumeux, calmé, Elyas déchira un par un des morceaux de sa robe de sorcier pour en faire des bandages et garrots. Quel gâchis... Adieu joli vêtement. Il en posa au niveau de son visage en compressant bien les bouts sur la plaie et serra, avec le plus de force possible lui restant, celle de sa jambe. Des gémissements à moitiés étouffés se faisaient parfois entendre alors qu'il s'activait sur ses blessures, quelques tremblements se rappelant à son bon souvenir de temps à autre. Il ne contre-attaqua pas l'ordre suivant bien qu'il le trouvait affreusement ridicule. Il convulsa doucement pour commencer puis de plus en plus fort. Progressivement, les gémissements se transformèrent en quelques cris perçants avant de finir en rire hystérique alors qu'il se tirait durement les cheveux vers l'arrière. Après tout, les symptômes des crises de folie étaient nombreux, très variés et spécifiques à chaque personne alors autant y mettre du cœur avec classe.

Il se releva péniblement avec l'aide de Rogue plus ou moins, une grimace d’inconfort jouant sur ses lèvres dans un rictus. Comme par hasard s'était sa jambe d'appui qui se retrouvait totalement hors course. Lorsque le potionniste annula l'impérium, Elyas allait le remercier à voix basse mais il n'en eu pas l'occasion une fiole contenant un liquide lui étant directement versé dans le gosier. Il n’eut d'autre choix que d'avaler aussitôt et complètement le produit administré. Le directeur de Poudlard lui releva la tête afin que leur regard se croise avant de lui faire pare, dans un murmure, de bien vouloir fermer le joli organe lui permettant de converser avec autrui. Elyas acquiesça d'un léger mouvement, ce n'est pas comme s'il était capable de pouvoir balancer des sorts à tout bout de champs à travers la pièce, étant vraiment épuisé. Il retomba lourdement au sol lorsque l'adulte le lâcha mais l'élève n'en fit pas cas se positionnant de façon à ne pas se retrouver dos face à tous. Silencieux, le regard rivé vers le sol, il attendait la suite des événements prêt à avoir recours à son second plan si jamais il n'avait vraiment pas d'autre alternative. Il aurai tout donné pour pouvoir se poser dans un coin, loin des autres, afin de se soigner tel un animal blessé et pouvoir ainsi analyser tout ce qui se passait tranquillement, sans pression. Il était finalement encore en vie et entier, en sursis mais pour combien de temps...
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MessageSujet: Re: [3 Octobre 1997] La Marque des Ténèbres Sam 19 Nov 2016 - 20:06

Un cœur pouvait-il tomber en panne ? Brusquement, sans préavis ? Un petit arrêt cardiaque, juste histoire de dire " Vas-y qu'est-ce-que tu fous, pourquoi tu vis trop de trucs de m*rde comme ça ? Continue sans moi, j'me casse. ". Elle était réellement en train de faire un arrêt cardiaque. Des battements sourds, semblant ralentir un peu plus tandis que les minutes glacées s'envolaient, d'une intensité peu commune, faisaient vibrer sa cage thoracique d'une manière véritablement douloureuse. Un cœur terrifié, ne demandant qu'à sortir de sa poitrine, et à se barrer en courant - oui, mesdames et messieurs, en courant. Quitter ce monde glauque, cette atmosphère morbide pour un monde meilleur. Pensées idylliques. Ses iris turquoises figées sur le serpent, Cassidy retenait sa respiration tandis que sa pensée ne se fixait que sur le rythme irrégulier des gouttes de sang tombant des crochets de Nagini. Une petite flaque tâchait désormais le carrelage ; l'accumulation des gouttelettes d'hémoglobine avait fini par créer une tâche plus imposante et plus foncée - presque noirâtre - , à quelques centimètres de ses bottines bleutées. La jeune femme sentit la nausée l'envahir, réprima de justesse un haut-le-cœur et ferma un instant les yeux, se forçant une nouvelle fois à approvisionner ses poumons en oxygène, réflexe instinctif qui n'en était plus un en cet instant précis. Ne pas vomir, ne pas vomir, ne pas vomir.. Le comptage compulsif de la jeune femme venait de s'interrompre, au profit d'une pensée passagère un peu plus élaborée - mais tout aussi défensive.

Le sang. Automatiquement, son esprit s'était porté sur ce dernier dégoulinant des crochets du reptile, comme pour la mettre à l'épreuve, une fois de plus. Une boucle. Une répétition infernale d'un traumatisme initial non assimilé, puisque non représenté et jamais évoqué. Rien ce la simple évocation de ce mot, ou même la simple représentation mentale de celui-ci, suffisait à la faire vaciller. Une faiblesse. Sa faiblesse. Liée à un traumatisme enfoui au plus profond d'elle-même qu'elle n'avait jamais évoqué à personne, et dont son père, principal acteur de la scène macabre dont elle avait été la victime, n'avait jamais parlé de son côté également. Un silence commun. Un secret macabre et pervers partagé entre le père et sa fille. Dans tous les cas, en la présence de l'hémoglobine, la blonde devait lutter encore plus que de coutume afin de parvenir à conserver ce contrôle qui - dans des cas comme celui-ci - lui était salutaire. Autrement, elle aurait déjà été à genoux, en train de vomir tripes et boyaux aux pieds du Seigneur des Ténèbres, qui n'aurait sûrement pas apprécié cette délicate attention. Pour le moment, Cassidy rouvrait lentement les yeux, la respiration calmée. Elle parvenait à gérer. Lentement, elle déglutit et son regard se posa de nouveau sur l'énorme reptile dont elle préféra compter les écailles cette-fois, à défaut des gouttes de sang de son dernier repas. Retour au mode de pensée initial, extrêmement pauvre et terriblement défensif. D'abord immobile, Nagini finit par bouger la tête, et se redressa légèrement, lâchant un sifflement parfaitement sinistre. Imperturbable, la blonde ne le lâcha pas du regard, ce dernier restant parfaitement concentré. Le sang était clivé de son esprit. A chacun sa stratégie de défense psychique, elle avait sélectionné le clivage salvateur, indispensable pour lui permettre de tenir bon et de ne pas s'écrouler - du moins, de rester debout jusqu'à ce que le mage noir décide lui-même de la mettre à terre. Ek, do, teen, tchàr, paanch, chai... Cette fois, le rythme - qu'elle contrôlait - était régulier. Dans un mouvement de synchronisation et de parfaite résonance, sa respiration vint se calquer sur celui de sa pensée automatique. Ek... Inspiration. Do... Expiration. Bien. Maintenant, elle respirait de nouveau correctement. Effet de diapason. Ce n'était plus qu'une question de minute afin que son rythme cardiaque ne redevienne normale. Lentement, Cassidy remua une fois de plus ses doigts graciles et les ramena au creux de ses paumes. Glacés. Ils étaient encore complètement raides et figés par le froid qu'elle avait intériorisé. Son poignet droit, cassé au cours du mois de Septembre, fragilisé dans sa consolidation par Lacroix et Holbrey le 26, était verrouillé. Das, gyaaraa, baaraa, teraa, chaudaa... Indéniablement, le rythme était beaucoup plus régulier.

Soudain, entre ses longs cils noirs, la jeune femme distingua un mouvement imperceptible de la part du mage noir qui était toujours aussi proche d'elle. Des épaules se détournant légèrement d'elle. Une rotation presque souple en direction d'Elyas. Merlin... Quelque chose lui disait que pour avoir suscité un tel intérêt soudain, et pour avoir été jusqu'à provoquer un détournement du mage noir de sa personne, son cousin avait fait fort et n'était désormais plus en bonne posture. Son " Assurément " allait lui coûter cher... Assurément. Tranquillement, le Seigneur des Ténèbres sorti sa baguette de sa robe noire et dans un geste que la jeune femme ne fit que deviner en raison de son regard clair toujours braqué sur la bestiole, visa Elyas.
Endoloris. Un mot. Un seul. Regorgeant d'une puissance terrifiante et d'une force insoupçonnée. La douleur. Relative à chacun, certains mettaient plus de temps que d'autres à céder, au delà de l'aspect purement scolaire de l'entrainement. Les hommes étaient de base, inégaux devant la douleur, toutefois, soumis à ce sortilège, tous finissaient par céder à plus ou moins long terme. Comme des mouches, tous finissaient par tomber sur le sol, hurlant voire pleurant comme des enfants, offerts à leur bourreau, le corps dévoré par une souffrance inimaginable. Elyas lutta quelques secondes, le visage s'abord figé en une authentique grimace de souffrance, avant de s'écrouler à terre en hurlant, le corps secoué de spasmes incontrôlables.

Les cris de son jeune cousin lui vrillant les tympans, Cassidy, à défaut de pouvoir détourner la tête sans attirer l'attention du mage noir toujours à dix centimètres d'elle, utilisa sa vision périphérique. A terre, le Serpentard se contorsionnait sous la douleur insoutenable qui s'emparait de lui, lui enserrant les tripes et les muscles d'une main de fer, lui broyant les os de manière à les réduire en une simple poussière, toutefois, la jeune femme ne ressentait rien. Ni pitié, ni peur ne s'emparèrent d'elle. Lointaine, elle se contentait d'assister en spectatrice silencieuse et discrète, au spectacle macabre s'offrant à elle. Le Doloris... L'utilisation de ce sortilège impardonnable la ramena deux ans en arrière, et son regard paru se couvrir d'un voile de brume grisâtre. Elle était partie, détachée de son enveloppe charnelle désinvestie. Insensible aux hurlements de douleur de son cousin. De la pitié ? Aucune. Si la jeune femme avait des difficulté à reconnaître ses émotions, en la présence d'un Rowle ces dernières équivalaient juste à une indifférence des plus froides. Une indifférence totale, sans la moindre faille. Il aurait pu mourir la bouche ouverte qu'elle n'en n'aurait strictement rien eu à faire. Les Rowle... Rien que ce nom les désignait comme des ennemis tous trouvés et venait réveiller en elle une cruauté digne d'une Mangemort. Peu lui importait leurs prétendues singularités, elle ne souhaitait pas les connaitre et ne voulait qu'une seule chose : s'éloigner d'eux. Aussi, voir Elyas se tortiller sur le sol telle une anguille asséchée hors de l'eau, ne suscita aucune compassion en elle. S'il était là, en tant que parfait petit Rowle sûr de lui, orgueilleux et prétentieux au possible, c'est qu'il l'avait voulu. Fils de Thorfinn qui l'avait élevé seul, il n'avait pas pu avoir un appui extérieur pour lui donner une autre chance de percevoir le monde. Condamné à l'étroitesse d'esprit propre aux Rowle, il avait à ses yeux le même titre qu' Aloïs, son demi-frère. Cassidy ne cilla même pas, habitée par une profonde indifférence. Elyas n'avait jamais éveillé le moindre intérêt en elle depuis qu'elle le connaissait et ne méritait même pas sa haine.

Lentement, bien trop lentement à son goût, le mage noir s'écarta d'elle et s'éloigna en direction du jeune adolescent, lui permettant de récupérer son espace vital et de finaliser la mise au point sur sa respiration. Instantanément, les muscles de la blonde se relâchèrent quelque peu, et tandis que le serpent aux crochets sanglants s'éloignait également, laissant tomber une goutte de sang venant tâcher ses bottines, la pensée de la Rowle retrouva son indépendance. Alors qu'elle aurait voulu reculer de quelques pas afin de mettre de la distance entre elle et le sang déposé à ses pieds telle une offrande morbide, elle se força à ne pas bouger d'un cil, ne souhaitant donner strictement aucune raison au Lord de la réprimer. L'heure était au contrôle, pur et dur. Il fallait qu'elle survive. Pourquoi ? Parce qu'elle l'avait promis et que l'heure de la vengeance et de la chute du masque n'avait pas encore sonné. De nouveau, l'odeur du sang revint lui chatouiller les narines, la forçant à détourner ses iris tourmaline vers l'origine de ces effluves âcres et métalliques. Son estomac - heureusement vide - se noua avant de se contracter violemment à la vue du sang encore tiède qui se répandait sur le sol. Elyas, le visage balafré par une profonde entaille était étendu sur le sol, en bien mauvaise posture.

« Tu apprendras à respecter tes supérieurs… »

Un ordre suivit, claquant dans les airs comme un coup de fouet. Une espèce de long sifflement totalement inhumain d'entre les lèvres pâles du mage noir et aussitôt, le serpent se dressa - comme possédé par l'odeur du sang - et se jeta sur l'adolescent toujours étendu sur le sol. Ses crochets poisseux virent se planter profondément dans la jambe droite d'Elyas, dont le visage déjà livide se contracta une fois de plus sous l'effet de cette nouvelle douleur liée à la fois à la morsure et au venin qui devait déjà se propager dans son organisme. Le visage impassible, l'apprentie assistait à la scène de torture, complètement insensible à ce qui était en train de se dérouler sous ses yeux. Une véritable horreur, personne ne méritait un tel traitement, pourtant, la jeune femme se tenait toujours aussi droite, incapable d'éprouver ne serait-ce qu'une esquisse de compassion pour son jeune cousin qui devait probablement souffrir le martyr. Aurait-elle été en mesure de ressentir de la pitié si la victime avait été quelqu'un d'autre ? Une personne à laquelle elle tenait ? Probablement... Mais ces possibles sentiments auraient été relégués en arrière plan, derrière le clivage émotionnel mis en place par son esprit pour se protéger. Une stratégie de défense dont elle avait tellement l'habitude qu'elle n'avait même plus à se forcer afin d'être en mesure de l'utiliser correctement.

Lorsque Cassidy aperçu l'esquisse de mouvement du Seigneur des Ténèbres, son regard vert d'eau entièrement vide bascula aussitôt sur le sol dans sa position initiale, contemplant désormais ses chaussures aux boutons dorés, à défaut d'un serpent. Un bouton, deux boutons... Il était revenu face à elle. Certes, positionné cette fois un peu plus loin, mais le danger n'en était pas moins grand. De sa voix glacée, il lui ordonna de relever la tête. Ordre express, direct. Un clignement de paupières, et la voilà qui obéissait, relevant les yeux vers celui qui s'était improvisé comme son interlocuteur. Pour la toute première fois, leurs regards se rencontrèrent. Allait-il tomber dans le vide du sien ? Prunelles turquoises contre iris rougeâtres. Le duel aurait été parfait si c'en avait été un, toutefois, dans la situation présente, le regard de la jeune femme n'avait rien de provoquant. Aucun défi ne venait allumer l'éclat de ses iris. Rien. Juste une obéissance totale et un respect silencieux. Allait-elle s'écrouler à son tour à ses pieds, soumise à la puissance d'un sortilège de magie noire ? Pendant qu'elle avait regardé son cousin, elle s'était mentalement préparée à cette éventualité. Une erreur était si vite arrivée ; un clignement de cils en trop, une réponse trop assurée, ou au contraire trop peu... Tous les prétextes étaient bons pour la mener à une séance de torture. Il y avait de grandes chances qu'elle finisse par y passer. Le but était maintenant de tout faire pour retarder un maximum le moment, voire tenter de l'éviter. Autorisée à le regarder, Cassidy se força à conserver une respiration tranquille et de mettre de côté l'idée qu'elle pouvait mourir en un claquement de doigts afin de ne pas se retrouvée littéralement paralysée par l'angoisse. Elle devait convaincre, elle n'avait pas le choix. Ne penser à rien. Ni à sa terreur, ni à sa haine dévorante. Ni à la marque. Rien. Prendre les choses une à une. Pour le moment, elle devait adapter son regard, son langage non verbal. Premier contrôle. Une posture droite, les bras reposant le long de son corps. Ne surtout pas les nouer dans le dos ; cela risquerait de passer pour du défi. Il la détaillait, elle en était certaine. Visage féminin impassible quoiqu'un peu pâle, regard levé mais respectueux. Rien de lui échapperait. Intérieurement, la Rowle remercia son père pour avoir été involontairement celui face auquel elle avait pu s’entraîner durant toutes ces années à revêtir ce masque de scène.

« Es-tu capable d’utiliser les sortilèges impardonnables ? Et quel est ton niveau de duel ? »

Mesdames et Messieurs, approchez, approchez, la pièce de théâtre va bientôt commencer. Maintenant que le contrôle corporel était acquis, un second était nécessaire : Celui de sa pensée, et par conséquent, celui du langage verbal, parce que oui, il allait falloir qu'elle parle et abandonne le silence protecteur dans lequel elle s'était réfugiée, c'était désormais inévitable. Il ne s'était ni adressé à Rogue, ni à Elyas, pas même à son immense serpent. Non. Ces deux questions venaient l'interroger, elle ; Cassidy Rowle, fille d'Andreas Rowle et d'une mère dont personne - pas même Thorfinn - n'avait jamais entendu parler. Elle ne possédait que peu de temps pour choisir non seulement ce qu'elle allait lui donner comme réponse, mais également la façon dont elle formuler ses idées. Pourtant habituée à ce genre de choix, face au Seigneur des Ténèbres, celui-ci lui paru soudain beaucoup plus complexe que d'habitude. L'enjeu était tout autre.

Réfléchis Cass', et vite. Si la jeune femme avait bel et bien une qualité indéniable, qui parfois se retournait contre elle, c'était sa capacité à la réflexion. Anticiper, contrôler, utiliser son cerveau de manière adéquate. Toutefois, la situation présente la forçait à mêler la rigueur - qu'elle connaissait comme une sœur - à l'imprévisibilité de la situation, autrement dit, la souplesse. User de la rigueur dans une situation imprévue... Une situation d'urgence. L'éclat de ses yeux se raviva soudainement, illuminant ce dernier d'une lueur nouvelle. Elle avait trouvé comment faire afin d'éviter de se planter de manière trop magistrale. Il fallait qu'elle parvienne à prendre cette situation comme un exercice. Un simple exercice. Un second cours particulier organisé par Severus Rogue, bien qu'il ne soit pas question de potions. Cela lui permettrait de prendre de la distance par rapport à ce qu'elle vivait, et de mettre de côté sa peur afin de se concentrer au mieux. Lentement, la jeune femme inspira, se mettant en condition. Lors de son voyage en Sibérie, elle avait du préparer une potion totalement inconnue, au milieu d'un combat. Pour ce faire, elle avait été contrainte de mêler rigueur afin de ne pas tout faire foirer, et souplesse, notamment pour éviter les sortilèges et protéger le gamin.
Contrairement à Elyas qui avait répondu du tac au tac, Cassidy s'accorda donc quelques secondes de réflexion, jugeant que cette dernière - si elle n'était pas trop longue, et donc soupçonnable - ne serait pas perçue autrement que comme un atout. Une future Mangemort apte à utiliser son cerveau pour autre chose que torturer, voilà qui pouvait la distinguer des autres, et peut-être lui éviter de finir sur le sol au bout de dix secondes. Pendant quelques secondes, une multitude de possibilités, d'idées lui passèrent par la tête, venant se refléter dans l'iris miroitant de ses yeux clairs. Que dire ? Que taire ? Fallait-il vanter certaines de ses qualités au risque de finir sur le sol ? Privilégier le court et le concret ? Mentir ? Comment devait-elle s'adresser à lui ? User du " Maître " alors qu'elle ne faisait pas encore partie de ses rangs ? " Monseigneur " ? Elle grimaça intérieurement. Il risquait de croire qu'elle se foutait de sa tronche, c'était trop. Trop pompeux. Trop risible. User de la tournure impersonnelle afin d'éviter tous ces désagréments ?

Elle n'avait plus de temps. Au delà de cette limite, elle finirait par terre. Porter un nom appartenant aux Vingt-huit Sacrées présentes dans le Registre des Sang-Pur rédigé par Teignous Nott dans les années 1930, ne la protégeait visiblement pas si elle se fiait à ce que venait de subir Elyas. Lentement, les lèvres rosées de l'apprentie se décollèrent, et sa voix s'éleva. Ferme et claire.

« Je suis capable d'utiliser le sortilège Doloris, j'ai... - Elyas hurla, pris par une véritable crise de démence, mais elle ne s'interrompit pas -... déjà été amenée à le faire il y a deux ans. Pour les deux autres, bien que je les connaisse en théorie, je ne les ai encore jamais utilisés puisque je n'ai pas encore eu l'occasion de m'impliquer réellement dans la guerre, mais je n'aurai aucun scrupule à le faire le moment venu. Lorsque l'on s'inscrit dans une cause telle que celle-ci, il faut avoir conscience de ce que cela implique, et je le sais. »

Elle ne mentait pas. Non, elle ne transformait même pas la réalité. Il s'agissait de la vérité, pure et dure. Aucun faux-semblant, elle était vraie. Cassidy se savait en effet capable d'utiliser le sortilège Doloris. Elle le maîtrisait à son plus grand dam, son père l'ayant forcée à l'utiliser sur l'un de ses anciens fournisseurs qui avait eu la bien mauvaise idée de tenter de le rouler sur la qualité des ingrédients qu'il lui avait commandé. Cet homme qu'elle ne connaissait pas lui avait servi de cobaye, littéralement. Ses débuts avaient été hésitants - trop hésitants pour satisfaire Andreas qui avait fini par lui lancer le sortilège. Et là, Cassidy avait compris. Compris qu'une telle douleur ne pouvait être infligée correctement que si l'attaquant souhaitait réellement la souffrance de l'autre, sans aucune once de pitié ou d'autre sentiment venant affaiblir le sortilège. Pour y arriver, elle allait devoir perdre toute once d'humanité, et s'appliquer à la tâche, en laissant sa conscience de côté. Une somnambule, une personne sous Impero. Voilà comment elle devait être pour être apte à jeter ce sortilège. Au bout de plusieurs essais, sa technique s'était améliorée, et son âme, envolée.

Alors qu'elle allait répondre à la seconde question, le directeur de Poudlard s'avança et déclara d'un ton étrangement respectueux qu'il se chargeait d'Elyas qui hurlait toujours sur le sol, désormais en proie à une crise de rire hystérique. Lentement, les iris clairs de la blonde se posèrent sur celui qui avait accepté d'être son professeur et qu'elle ne comprenait pas vraiment. La protégeait-il pour avoir déclaré qu'elle partageait les idéaux familiaux ? Avait-il réellement pénétré son esprit ? Alors que Severus Rogue se détournait pour aller s'occuper d'Elyas, elle capta ses onyx sombres durant une fraction de seconde, mais cela lui suffit pour comprendre qu'elle ne devait pas se déconcentrer et laisser son esprit partir dans des questionnements hasardeux. Le cours particulier n'était pas fini.

« J'ai effectué ma scolarité à l'Académie de Sïkhanéjadu, en Inde, avant de venir poursuivre mes études de potionniste au Centre de Formation. Là-bas, nous avions des cours obligatoires de duels, pas comme à Poudlard où il n'y a qu'un club facultatif. Mon niveau est plutôt bon puisque j'ai obtenu un Optimal à mes ASPIC ; le système d'évaluation Oriental s'étant unifié à celui du monde Occidental. Cela relève bien entendu d'une dimension purement scolaire, mais lors de mon examen pratique, j'ai envoyé l'élève qui me faisait face, à l'hôpital. »

Sans quitter le mage noir des yeux, l'étudiante replaça une mèche de cheveux derrière son oreille, faisant doucement tinter les quelques fioles présentes dans les poches de sa cape. Elle arrivait à parler clairement, et avait repris l'entièreté du contrôle sur elle-même. Un entretien d'embauche, il ne s'agissait que d'un bête recrutement pour un poste quelconque, n'est-ce-pas ? D'elle-même, Cassidy avait décidé d'évoquer sa scolarité passée, puisque cette dernière était indéniablement liée à ce qu'elle était maintenant et à ses capacités. Ne pas le faire aurait fini par la piéger, tôt ou tard.

« En Inde, contrairement à Poudlard, nous avons appris dès la troisième année à n'utiliser quasiment que les sortilèges informulés, puisque le Ministère de la Magie Hindou avait jugé bon de pouvoir nous aligner sur le modèle occidental qui était en plein essor. Valoriser les sortilèges informulés permettait aux élèves de se défaire de la barrière de la langue, et de leur faciliter l'apprentissage futur des sortilèges occidentaux. Par conséquent, j'ai pour habitude de n'utiliser quasiment que les sortilèges informulés, hindous ou anglais. »

Les Sortilèges informulés étaient en effet plus complexes à maîtriser en raison de l'importance de la concentration et de la force mentale qu'ils exigeaient du sorcier désirant les maîtriser. Toutefois, l'Académie hindoue visait l'excellence depuis toujours, et ne gardait que les élèves les plus méritants en effectuant plusieurs sélection indirectes au fil des années. Si Cassidy avait été une élève exemplaire, seule l'histoire de la magie avait provoqué quelques ratés dans son parcours scolaire, la jeune femme étant définitivement et profondément allergique à cette matière.

Retour au calme angoissant. Immobile, toujours aussi droite et pâle, elle avait fait le tour des questions posées, comme si le Seigneur des Ténèbres n'avait été qu'un recruteur lambda. Elle s'était vendue subtilement, ni trop, ni pas assez. Sa respiration s'était faite tranquille, son ton calme et déterminé, sans que son discours ne se teinte d'un orgueil insultant. Désormais silencieuse, et donc de nouveau en proie à la passivité, la jeune femme sentit la tension remonter d'un cran tandis qu'elle reprenait conscience de l'identité de son interlocuteur, et de ce vers quoi cet entretien improvisé tendait. Une marque, une entrée dans les rangs. Tout ce qu'elle avait cherché à éviter en poursuivant ses études supérieures. Bien qu'elle mourrait d'envie de rompre le contact visuel avec le mage noir, Cassidy se força à conserver son regard clair sur lui afin de ne pas paraître irrespectueuse. Les dés étaient lancés. Les premières dix minutes étaient désormais passées. Tiendrait-elle encore débout ? Le sort n'était plus entre ses mains.

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Le pessimiste se plaint du vent, l'optimiste espère qu'il va changer, le réaliste ajuste ses voiles.

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MessageSujet: Re: [3 Octobre 1997] La Marque des Ténèbres Ven 25 Nov 2016 - 21:52

- Je suis capable d'utiliser le sortilège Doloris, j'ai... déjà été amenée à le faire il y a deux ans. Pour les deux autres, bien que je les connaisse en théorie, je ne les ai encore jamais utilisés puisque je n'ai pas encore eu l'occasion de m'impliquer réellement dans la guerre, mais je n'aurai aucun scrupule à le faire le moment venu. Lorsque l'on s'inscrit dans une cause telle que celle-ci, il faut avoir conscience de ce que cela implique, et je le sais.

Vraiment ? Voldemort eut un léger rictus sarcastique, sans s'occuper le moins du monde du mioche qui s'était à présent mis à hurler au sol de toute la force de ses poumons, bien que ce fait ait tendance à l'agacer, il détestait que ses victimes crient ainsi sans "permission", soit toutes seules lorsqu'il n'était pas occupé à les martyriser. Ne pouvait-il donc souffrir en silence ?! Il ne s'en préoccupa tout de suite, il ne tuera ce gamin que toute à l'heure, s'il ne se taisait pas, une fois qu'il se sera chargé du cas de la fille. Ce qu'elle affirmait avec un tel aplomb était particulièrement risible. "pas encore eu l'occasion de m'impliquer réellement dans la guerre", quelle idiotie, depuis quand fallait-il attendre la guerre pour rechercher le pouvoir par soi-même, tester des maléfices ou ses propres capacités ? Cette femme souhaitait peut-être qu'on lui envoie une invitation en bonne et due forme ? Se contentait-elle d'attendre les ordres et n'avait-elle jamais eut la volonté de manier au moins l'imperium pour son usage personnel et sa quête de pouvoir ? Et dire qu'il avait cru un instant avoir là un futur mangemort un peu ambitieux... Il fallait croire que cela devenait bien rare, de leurs jours. Entendant le gamin hurler de plus en plus fort, le mage noir eut un brusque geste d'agacement, prêt à le liquider dès à présent mais Severus s'avança avant et déclara qu'il s'en occupait. Humph... Qu'il s'en occupe donc si ça l'amusait. Reportant le regard sur la jeune femme, il s'avança de nouveau d'un pas, dévisageant les traits fins et iris clairs.

- J'ai effectué ma scolarité à l'Académie de Sïkhanéjadu, en Inde, avant de venir poursuivre mes études de potionniste au Centre de Formation. Là-bas, nous avions des cours obligatoires de duels, pas comme à Poudlard où il n'y a qu'un club facultatif. Mon niveau est plutôt bon puisque j'ai obtenu un Optimal à mes ASPIC ; le système d'évaluation Oriental s'étant unifié à celui du monde Occidental. Cela relève bien entendu d'une dimension purement scolaire, mais lors de mon examen pratique, j'ai envoyé l'élève qui me faisait face, à l'hôpital.

Il lui demandait son niveau de duels et elle lui parlait de cours dans son académie... Rien sur les combats extérieurs qu'elle avait pu mener au cours de sa vie, rien sur d'éventuels duels réels en de-hors des murs de son école, n'avait-elle donc jamais combattu sur le terrain, loin de la surveillance de professeurs ? N'avait-elle jamais eu de véritables ennemis à affronter ?! Son père l'avait-il si mal éduquée qu'il n'avait jamais cru bon de la faire affronter de véritables adversaires pour tester sa valeur ? L'excuse "Ce n'est qu'une femme" serait bien faible... On pouvait reprocher bien des choses au mage noir, cependant, personne ne pourrait l'accuser de dénigrer les compétences des femmes en magie ou en combat, il savait reconnaître la force en chacun, lorsque la personne en valait la peine. Véritablement la peine... Et cette fille, pour le moment, était comme une roche brute que personne n'avait songé à tailler pour en faire une personne compétente et prête à suer de toutes ses capacités. Aucune expérience sur le terrain, malgré son âge, ses origines, malgré qu'elle ait pourtant eu le meilleur environnement possible pour travailler sur cet aspect. L'éducation des jeunes Sangs-Purs n'était décidément plus ce qu'elle était. Cela dit, il y avait peut-être tout de même un moyen de palier à ce souci tout en s'assurant qu'elle avait véritablement les capacités nécessaires pour rejoindre les rangs des mangemorts. Si cette fille se révélait décevante, il la renverra à son père étendue raide morte entre quatre planches, si elle faisait l'affaire, elle intégrera les mangemorts, et si elle se montrait finalement comme être un pion de choix, elle pourra participer à des missions d'un niveau plus élevée que celles habituellement confiées à la majorité de ses mangemorts.

- En Inde, contrairement à Poudlard, nous avons appris dès la troisième année à n'utiliser quasiment que les sortilèges informulés, puisque le Ministère de la Magie Hindou avait jugé bon de pouvoir nous aligner sur le modèle occidental qui était en plein essor. Valoriser les sortilèges informulés permettait aux élèves de se défaire de la barrière de la langue, et de leur faciliter l'apprentissage futur des sortilèges occidentaux. Par conséquent, j'ai pour habitude de n'utiliser quasiment que les sortilèges informulés, hindous ou anglais.

Voyons voir... Voldemort ne répondit pas, laissant à nouveau le silence s'installer, tenant sa baguette magique entre ses mains comme s'il tenait un délicat petit oiseau prêt à prendre son envol. Il existait bien des façons différentes d'obliger une personne à donner tout ce qu'elle a dans le ventre et ainsi tester à la fois ses défenses et attaques, ses capacités, sa résistance autant physique que magique. Bien des façons plus ou moins drôles et distrayantes, or, aujourd'hui, le mage noir éprouvait comme une certaine envie de s'amuser. Une envie de pousser cette fille dans une épreuve et de l'observer, la juger, savoir si elle valait la peine qu'on s'intéresse à elle. L'idée lui vint au bout de deux minutes à repasser en revue quelques situations qui pourraient faire l'affaire et les personnes qui pourront y participer. Oui, il y avait de quoi improviser un petit spectacle intéressant... Marchant avec lenteur dans la longue pièce en réfléchissant, Nagini évoluant auprès de lui sans le quitter d'une semelle, il conçut le plan pour obtenir ce qu'il désirait, sélectionnant également les personnes qui allaient participer à cette charmante mise en scène. Revenant vers Severus, il lui dit de relever sa manche et appuya sur la Marque des Ténèbres sur son bras pour appeler deux autres de ses fidèles mangemorts. Moins d'une minute plus tard, Macnair et Bellatrix transplanaient dans la pièce, chacun dans son style. Le bourreau du ministère toujours droit, froid, avec un air distant et le regard éteint. Bellatrix pourvue d'un très large sourire ravi, sourire qui se transforma néanmoins en grimace furieuse et dégoûtée lorsqu'elle aperçut Rogue. Ce n'était pas encore le grand amour entre ces deux-là, comme c'était amusant.

- Ma chère Bella, j'ai besoin de tes compétences. Nous allons procéder à un petit jeu, avec ces deux jeunes Rowle ici présents. Va chercher Greyback et conduit-le au Maja e Korabit, dans la vallée.

Il reporta ensuite son attention sur ses deux futures victimes et leur dit que plutôt de longs discours ou vaines paroles, mieux valait tester leurs atouts sur le terrain, n'est-ce pas ? Tester tout d'abord leur capacité à échapper à leurs poursuivants et se repérer au plus vite dans un endroit inconnu, puis tester leur capacité en duel et enfin, s'ils étaient capables d'être intraitables envers de parfaits innocents. Voldemort continuait sa marche autour d'eux d'eux, comme un requin tournant autour de ses proies en attendant de décider quelle était la meilleure façon de les dévorer et à quel instant précis.

- Ce petit test se fera en coopératif... J'entend par là que si un seul des deux meurt en cours de route, le second sera aussitôt abattu. Vous allez être lâchés face à Greyback dans la forêt, si vous parvenez à vous en sortir tous les deux et quitter les bois avant qu'il ne vous blesse ou vous capture, vous remporterez cette première manche ainsi que le droit de vivre encore un peu. Emmène-les, Macnair, il est temps de débuter.

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MessageSujet: Re: [3 Octobre 1997] La Marque des Ténèbres Mar 29 Nov 2016 - 12:47

– J'ai effectué ma scolarité à l'Académie de Sïkhanéjadu, en Inde, avant de venir poursuivre mes études de potionniste au Centre de Formation. Là-bas, nous avions des cours obligatoires de duels, pas comme à Poudlard où il n'y a qu'un club facultatif. Mon niveau est plutôt bon puisque j'ai obtenu un Optimal à mes ASPIC ; le système d'évaluation Oriental s'étant unifié à celui du monde Occidental. Cela relève bien entendu d'une dimension purement scolaire, mais lors de mon examen pratique, j'ai envoyé l'élève qui me faisait face, à l'hôpital.

Si Rogue n’avait pas écouté le début de la réponse pour s’occuper d’Elyas, ce qu’il entendit cette fois faillit lui arracher une grimace. Elle était en train de lui déballer bien tranquillement son niveau d’études en cours de duel plutôt que de combats réels ou d’entraînement face à son père et d’autre ? Même le duel en Sibérie où elle avait eu une part d’action aurait pu être soulevé, dans le cas présent, c’était toujours cela de pris. Soit elle n’y songeait pas à cause du stress, soit elle n’avait jamais eu d’entraînement réel sur le terrain, et si cette seconde option était la bonne, son père avait alors commis un très grave manquement dans son éducation, un manquement qui deviendra dangereux à la fois pour lui et sa fille. Pour lui car il n’avait rien respecté des préceptes imposés par le Lord pour l’éducation des enfants de mangemorts, pour elle car elle avait tout à coup bien plus de chances de s’attirer la mauvaise humeur du mage noir et de mourir avant même d’avoir eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait. Tout comme elle risquait de ne pas pouvoir suivre les missions et épreuves imposées. Restait à savoir si le mage noir était capable de comprendre, et plus encore d’accepter, ce manque d’expérience due à la jeunesse. Peu certain… Severus restait parfaitement impassible en observant la scène, suivant les déplacements du mage noir et de son immense serpent, tout en vérifiant de temps à autre que le gamin avait bien saisi et se contentait de rester très sage et la boucler. Ce n’était franchement pas le moment de se faire remarquer.

– En Inde, contrairement à Poudlard, nous avons appris dès la troisième année à n'utiliser quasiment que les sortilèges informulés, puisque le Ministère de la Magie Hindou avait jugé bon de pouvoir nous aligner sur le modèle occidental qui était en plein essor. Valoriser les sortilèges informulés permettait aux élèves de se défaire de la barrière de la langue, et de leur faciliter l'apprentissage futur des sortilèges occidentaux. Par conséquent, j'ai pour habitude de n'utiliser quasiment que les sortilèges informulés, hindous ou anglais.

Le silence qui s’ensuivit était assez difficile à décrypter… Dans ces moments-là, Voldemort pouvait aussi bien vous approuver que vous assassiner sans crier gare. Heureusement, Cassidy avait compris toute seule qu’il lui fallait à présent se taire et ne pas oser lancer la moindre remarque. Et dire qu’à cette heure, l’un devrait être en train de faire semblant d’écouter unc ours à Poudlard et l’autre à se chager de sa thèses et ses recherches en potion… Au lieu de ça, ils se retrouvaient à jouer leurs vies sur la simple humeur d’un sorcier extrêmement dangereux qui tuait aussi aisément qu’il respirait. Pour s’être déjà retrouvé dans cette situation, quoi qu’avec des circonstances très différentes, Severus savait qu’un rien suffisait à énerver ou lasser le Lord, que ce soit un mot de travers, un regard qui ne lui plaisait pas, une attitude qu’il jugeait provocante. De longues minutes s’écoulèrent dans un silence presque total et assez dérangeant pour les nerfs avant que le Lord ne revienne vers lui en lui disant de relever sa manche. D’autres invités pour cette petite fête ? Il s’exécuta sans rien dire, restant impassible par la force de l’habitude lorsque le sorcier toucha la Marque des Ténèbres. Autrefois, il ne pouvait s’empêcher d’avoir un frisson de dégoût lorsque Voldemort touchait ainsi son bras, aujourd’hui, ça ne représentait plus rien. Très peu de temps après, le bourreau du Ministère et Bellatrix transplanèrent dans la pièce, cette dernière lançant aussitôt un regard dégoûté au directeur de Poudlard. Severus lui rendit un regard assez ironique en baissant sa manche de nouveau, sachant qu’elle se vexait d’être appelée en second. Une vexation qu’il trouvait d’autant plus drôle qu’elle était pourtant bel et bien la plus fidèle de tous les mangemorts réunis.

– Ma chère Bella, j'ai besoin de tes compétences. Nous allons procéder à un petit jeu, avec ces deux jeunes Rowle ici présents. Va chercher Greyback et conduit-le au Maja e Korabit, dans la vallée.

Décidément, Voldemort éprouvait un attachement certain pour l’Albanie… Bellatrix disparut aussitôt l’ordre lancé, dans un nouveau crac sonore, ne perdant jamais une petite seconde lorsqu’elle devait combler un désir de son très cher maître. De son côté, le bourreau attendait toujours ses ordres, le regard éteint, les bras le long du corps, avec un air assez ennuyé, sans que cela ne fasse provocation, ce n’était que son air habituel. Ce type était comme un volcan éteint qui attendait une mission et de l’action pour brutalement se réveiller dans toute sa cruauté. En-dehors des ces situations, il restait inerte et terne, suivant les ordres sans rien dire et ne se dressant jamais sur la route des plus puissants que lui. Un esprit de simple suiveur, comme Rogue avait déjà pu le sonder à plusieurs reprises. Le mage noir continuait de marcher autour des deux Rowle, pendant que Rogue jetait un regard à la jambe blessée d’Elyas et aux talons qu’avait eu la si brillante idée de porter Cassidy ce matin. Ça aussi, c’était un détail agaçant, à quoi bon s’encombrer d’une difficulté supplémentaire dans la vie de tous les jours ? Il faudra qu’elle les jette et finira les pieds en sang et écorchée de partout. Quant au gamin, le directeur espérait très sincèrement que l’adrénaline soit pour lui un coup de fouet suffisant pour faire fi de la douleur et de la fatigue. Peut-être aurait-il dû prévenir Ste Mangouste de prévoir deux lits… Ou plutôt de prévenir la morgue de prévoir deux brancards.

– Ce petit test se fera en coopératif... J’entends par là que si un seul des deux meurt en cours de route, le second sera aussitôt abattu. Vous allez être lâchés face à Greyback dans la forêt, si vous parvenez à vous en sortir tous les deux et quitter les bois avant qu'il ne vous blesse ou vous capture, vous remporterez cette première manche ainsi que le droit de vivre encore un peu. Emmène-les, Macnair, il est temps de débuter.

Sachant que la forêt en question était aussi remplie de tous les semblables de Nagini… Le bourreau ramassa littéralement le gamin puis récupéra Rowle par le poignet et disparut avec eux, dans un nouveau bruit sonore, encore plus dans cet immense pièce vide. Le mage noir fit ensuite de même avec Nagini, Severus se retrouvant seul dans le salon désolé. N’ayant reçu aucune instruction, il était libre de ses mouvements, cette mission était terminée, les deux Rowle étaient entre les mains du seigneur des ténèbres. Soupirant, il transplana à son tour, arrivant dans la vallée d’Albanie, à la sortie de la forêt, près du mage noir et de Bellatrix. La sorcière souriait toujours avec un air de parfaite psychopathe, en regardant la forêt assez sombre et les brumes courant au sol. Ce n’était peut-être pas la pleine lune, cependant, Greyback était assez dingue pour mordre même sans être sous sa forme de loup et il restait un adversaire coriace. Si on ajoutait à ça que l’un était blessé et affaibli et que l’autre allait devoir courir pieds nus sur des rochers coupants, des insectes venimeux et des serpents de la famille de Nagini…

Les premiers échos de course et de combat ne tardèrent guère à se faire entendre, d’ailleurs. Rogue porta un long regard sur la forêt en tâchant d’évaluer la distance à parcourir, songeant au froid très mordant de cette région et toute la population dangereuse de bestioles dans ces bois, sans oublier le loup-garou. Ramener les deux Rowle entiers serai déjà une victoire en soit… Et selon leur état, les ramener soit à l’infirmerie de l’école, soit directement à l’hôpital. Soit, pour Elyas, le choix était déjà fait, il finira à l’hôpital pour quelques jours. Dans le cas de sa cousine, il verra bien…

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[3 Octobre 1997] La Marque des Ténèbres

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