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[3 Octobre 1997] La Marque des Ténèbres

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SEIGNEUR DES TENEBRES
    SEIGNEUR DES TENEBRES
AVATAR : Ralph Fiennes
MESSAGES : 43
MessageSujet: [3 Octobre 1997] La Marque des Ténèbres Dim 6 Nov 2016 - 23:22

Voilà bien longtemps que l'odeur du sang était devenue si familière et douce, tout comme elle était appétissante pour Nagini. La bête se lovait au sol en enroulant ses année aux avec lenteur, la gueule ouverte vers le cadavre dans lequel elle venait de planter ses crocs jusqu'à la mort. Cet homme avait démontré une forte résistance, quel dommage, il aurait pu faire un bon fidèle s'il avait su voir les avantages de se détourner de l'Ordre à moitié détruit du vieux barbu pour se consacrer pleinement à la recherche de puissance. Comme d'autres de son genre, ils n'étaient plus que de vulgaires pions ennuyeux et inutiles, qui se pensaient encore assez forts pour être des freins vers son ascension au pouvoir le plus absolu. Voldemort ordonna aux prioritaires de ce manoir Irlandais de se débarrasser du cadavre, dont le sang ruisselait sur le parquet noir et chic. Un sang d'un rouge sombre mais néanmoins brillant, coulant en un long filet jusqu'à un trou minuscule dans le plancher, goûtant goutte par goutte à l'étage du dessous. Dans la pièce, le silence était à présent de mort. Plus un souffle ne venait perturber ce haut salon depuis la fin des hurlements d'agonie de son prisonnier. Voldemort resta longuement assis dans son large fauteuil, sans bouger, sa baguette en main, l'autre caressant avec lenteur la tête de Nagini, venu se lover en partie sur l'accoudoir.

- Nos projets avancent, mon amie, murmura-t-il en fourchelang. Bientôt, toute l'Europe connaître la face cachée de la plus noire des magies... Nous retournerons bientôt là-bas. Reste avec moi. Ce n'est pas terminé.

Le serpent siffla un peu puis glissa au sol avec lenteur, en même temps que son maître se levait et avançait dans la longue pièce, avançant jusqu'à un présentoir soutenant un très gros grimoire, ouvert et recouvert d'une écriture manuscrite très fine et serrée, à l'encre aussi noire que la nuit et ayant tâché par certains endroits, là où l'auteur avait appuyé trop fort sur sa plume ou écrit bien plus vite, pris dans l'agitation frénétique de ses idées. Le grimoire possédait des couvertures en cuir épais, avec une reliure qui avait autrefois été dorée et donc la couleur était passée. Les pages craquantes témoignaient de l'âge très avancé de ce livre, jaunies, parfois avec l'encre se dissolvant à cause du temps. Une des pièces les plus rares de sa collection et celle dont il n'avait toujours pas achevé l'étude tant les sorts qui y étaient contenus étaient complexes. Voldemort se rappelait encore chaque détail de la façon dont il avait enfin obtenu ce livre... Combien il avait été doux de jouer avec cette jeune femme pour l'amener dans son filet, combien leur combat avait été glorieux ! Elle avait été un tel adversaire, jamais plus il ne s'était retrouvé à une personne comme elle. C'était si dommage... Elle lui avait toutefois trop ressemblé pour ne pas être une menace à éliminer. Elle aurait d'ailleurs pu être une compagne, si le mage noir n'avait pas déjà su, à cette époque, que l'amour n'était que faiblesse.

Le grimoire volé à Liza recelait bien des secrets et des mystères, son auteur s'était révélé dès le plus jeune âge comme un grand adepte des forces obscures de la magie et avait passé sa vie toute entière à les étudier. Il s'y était enfoncé si profondément, jusqu'au point d'en perdre la moindre parcelle d'âme et d'humanité, de mourir à presque quatre-vingt dix ans, rongé par les ténèbres et la folie, ne reconnaissant plus rien ni personne, habité par des ombres et harcelé par les voix de ses victimes, échos de tout le mal qu'il avait pu prodiguer en Russie et dans les pays limitrophes. Il avait néanmoins songé, dix ans plus tôt, alors qu'il était aux frontières de la folie, d'écrire son testament et d'y léguer toutes ses possessions à sa petite-fille, après sa mort. Son unique petite-fille, une femme de Sang-Pur et orpheline, qu'il avait lui-même élevé à la mort de ses parents. Liza lui avait avoué bien des choses sur les recherches frénétiques menées par son grand-père et tuteur lors d'une soirée où il avait su la charmer suffisamment pour qu'elle lui raconte ce qu'elle savait. Une conversation dont il avait tiré assez d'informations pour décrypter la plupart des méthodes de recherche et de création de ces sorts, et donc la façon de s'en emparer, de les maîtriser à son tour. Tant de secrets que cette jeune idiote lui avait dévoilé sans réaliser le piège se refermant sur elle.

Neuf heures sonnèrent bientôt, arrachant Voldemort à son étude. Il y reviendra plus tard, à présent, une autre tâche l'attendait. Le grimoire fut remis dans sa cachette, en parfaite sécurité, par le biais de sorts complexes dont Voldemort usa avec l'aisance que donne l'habitude. Ce matin, Severus devait lui amener deux jeunes gens, de la famille Rowle, peut-être prêts à entrer dans les rangs et recevoir la Marque... L'une, la fille, lui avait été recommandée il y a peu par son père, Andreas Rowle, lors d'une réunion à la fin du mois de Septembre. Le mangemort n'avait pas tari d'éloges sur l'éducation donnée à sa très chère fille et sur l'honneur pour elle de faire ses preuves, d'être digne d'entrer dans les rangs des mangemorts. L'autre, plus jeune, avait aussi été recommandé par son incapable de père, désireux de redorer un minimum son nom et son honneur... Pathétique. Si le gosse se révélait aussi misérable que le père, il mourra simplement. Pour tous les deux, Voldemort avait déjà demandé à Rogue de s'occuper de sonder leurs esprits, n'ayant guère envie de perdre trop de temps à se plonger das des pensées embrouillées et confuses de gosses embrigadés dès la naissance et incapables de réfléchir par eux-même pour accéder aux véritable pouvoir. Voldemort pénétra dans la longue pièce où attendait les deux Rowle et Rogue.

- Loteri ne savait presque rien, Severus, siffla d'une voix très froide le mage noir en avançant, Nagini évoluant à ses côtés. Il a résisté des heures, en bon partisan qu'il était. Il faut poursuivre... Je compte sur toi.

Il était regrettable de perdre ainsi du temps sur ce projet, très regrettable, Voldemort avait bien l'intention de redoubler d'ardeur pour arriver à ses fins. En attendant, poursuivre l'augmentation de ses troupes et placer d'autres atouts. Son regard de serpent se posa sur les deux Rowle, la femme et le gamin, les observant tous les deux avec soin. Tous deux venaient donc de familles de mangemorts, tous deux avaient été recommandés, tous deux avaient déjà subi une appréciation préalable par Rogue, il restait à évaluer s'ils étaient dignes de recevoir la Marque des Ténèbres ou si tous deux na valaient que la peine du sort qu'il faudra pour les tuer. Il s'approcha de la fille pour l'examiner de plus près, observant ses traits, si caractéristiques de sa famille, nulle doute qu'elle était des leurs.

- Et donc, Rogue, dit-il en continuant à dévisager longuement la gamine, debout à moins de dix centimètres d'elle. Tu as pris cette fille comme élève... Qu'a-t-elle de si particulier ?

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SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Amoureux frustré de très longue date
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 9 janvier 1960, dans une petite ville moldue sans intérêt
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [3 Octobre 1997] La Marque des Ténèbres Mar 8 Nov 2016 - 12:14

Dumbledore répéta que le garçon devait mourir, une seconde fois, que c’était le seul moyen pour en terminer à jamais, qu’il n’y avait aucune autre solution. Sa voix résonna un long moment puis disparue, s’évaporant avec le reste du bureau, le décor tout entier s’estompa dans une fumée grise avant qu’une autre voix familière ne vienne la remplacer. Il y eut un grand rire, plein d’entrain, où vint se mêler presque aussitôt un rire d’enfant. Rogue voulut avancer mais se cogna à un mur qu’il ne pouvait voir, encerclé comme il l’était par les ténèbres. Les rires continuèrent encore un longtemps avant de s’estomper, peu à peu, laissant place à un silence de mort. Des murmures arrivèrent à leur tour, des chuchotements étouffés, mélange de paroles de personnes mortes depuis longtemps et d’autres encore en vie, partout autour de lui. Dumbledore réapparu à nouveau, avec son habituel sourire bienveillant que Rogue avait si souvent eu envie d’arracher. Il était là, à marcher tranquillement, à préparer des plans, à lui dire que le gamin devait mourir ! Que Severus l’avait protégé des années durant pour rien ! Rien du tout, il avait perdu plus de la moitié de sa vie pour rien, le gamin allait mourir. Comme sa mère. Il l’avait protégé toutes ces années pour rien ! Il n’était qu’une arme, une de plus.

– C’est le seul moyen pour détruire à jamais Voldemort, répéta encore le vieillard. C’est ce que vous souhaitez, vous aussi. Vous voulez le tuer. C’est le prix à payer. Vous êtes-vous attaché au garçon ?

– Je ne peux pas m’attacher… Personne ne doit savoir… Je ne veux pas que quiconque sache… Qu’on me regrette.


La brume s’estompa brusquement au moment où Rogue se réveilla en sursaut, le visage trempé de larmes, assez tremblant dans son lit. Il faisait encore nuit noire, la seule lumière provenait des restes d’une bougie vacillante, posée sur un guéridon plus loin. Pas un son, pas un souffle, la chambre, emplie de livres et de quelques objets ayant appartenu à Dumbledore, était très calme, silencieuse, rien d’inhabituel à pointer du doigt. Les livres étaient tous à leur place, deux attendaient sur le petit bureau, ouverts aux pages où il les avait laissé. Les instruments tournaient avec lenteur, parfois avec un léger bruissement. La fenêtre était ouverte, malgré l’air bien plus froid de ce mois d’octobre, laissant entrer la brise nocturne, glissant sur les rideaux trop lourds pour être perturbés par un si faible souffle. Severus récupéra ses affaires à tâtons puis s’habilla, arrêtant un instant son geste pour observer la Marque des Ténèbres, plus nette que jamais, gravée dans son bras. Elle était un rappel brûlant du pourquoi il agissait ainsi, pourtant, même cette Marque n’était plus, certains jours, une motivation suffisante pour garder la tête droite et ne pas craquer. La manche de sa robe de sorcier retomba par-dessus, la dissimulant. Une fois habillé, il enfila ses chaussures puis se leva, allant se passer de l’eau sur le visage pour effacer les traces de larmes. Il s’essuyait lorsque le phénix de Dumbledore entra en passant par la fenêtre, se posant sur un petit perchoir doré avec un léger piaillement mélodieux.

– Va donc voler, toi, tu es libre, murmura Severus en caressant avec lenteur le bec de l’oiseau.

Le phénix lui donna un léger coup de bec contre les doigts puis se secoua, déployant ses ailes puis s’envolant de nouveau. Severus alla à la fenêtre pour regarder son parcours durant un instant puis descendit de ses appartements, arrivant dans le bureau directorial. S’asseyant sur les marches, il inspira profondément puis se calma, concentré. Il vida entièrement son esprit de toutes pensées et émotions, vieil exercice très habituel d’occlumancie, concentré. Suite à cela, il ferma tout à nouveau, ne laissant « libre » que ce qui était sans danger ni importance, prenant soin d’enfermer le reste à double tour sous les protections de son esprit, de ce qu’il était véritablement. Souvenirs de Lily, de ses conversations avec Dumbledore et tant d’autres, pans entiers de sa vie, émotions particulières ou plutôt ce qui lui en restait, il prit soin de bien mettre à l’abri puis de claquemurer le tout à double-tour. Sans vouloir être arrogant, il était meilleur occlumens que Voldemort était legilimens, c’était pour cela qu’il parvenait à le tromper depuis tout ce temps. Rouvrant les yeux, Rogue se leva enfin, plus apaisé, son air coutumier ayant pris place sur son visage. Plus de traces de larmes, de fatigue ou de solitude, il se devait de ne rien laisser transparaître. Surtout aujourd’hui.

Le reste de la nuit fut consacré entièrement à cette protection dont il devait s’entourer, jusqu’à ne plus apparaître, face à Lui, comme un mur imperméable dont les seules pensées et émotions qu’Il saura percevoir seront celles que Severus acceptera qu’Il capte. Lorsque le matin arriva, le directeur se rendit dans la Grande Salle, pour la première fois depuis le début du mois de septembre. Il n’y avait plus pris un seul repas avant la fin de la première semaine de la rentrée, cependant, aujourd’hui, c’était un jour assez différent. En entrant, il put voir que beaucoup d’élèves étaient encore à de comater à moitié dans leur jus de citrouille ou de bâiller à s’en décrocher la mâchoire en tentant d’avaler des tartines. Severus s’assit à la longue table des professeurs sans tenir compte de l’air extrêmement pincée de sa très chère collègue de Gryffondor ni celui de Flitwick, qui donnait le sentiment d’avoir avalé un citron entier. Ils n’avaient jamais pu être des amis intimes, Rogue n’avait jamais autorisé qui que ce soit, dans cette école, à l’approcher assez pour le considérer comme un ami ou un proche. Déjeunant à peine, il ne resta que peu de temps dans la Grande Salle, après avoir effectué les observations dont il avait besoin.

– Miss Rowle, lança Severus en arrêtant la jeune femme au détour d’un couloir. Soyez dans le hall d’entrée à neuf heures moins vingt, précisément. Et ne soyez pas en retard, peu importe ce que vous ferez à ce moment-là.

L’entrevue sera déjà assez délicate pour tout le monde, inutile d’y rajouter des crispations des à des retards ou autres… Severus remonta dans son bureau pour récupérer et glisser dans sa poche quelques philtres de soin, au cas où, ainsi que d’autres éléments dont il aura besoin. S’il n’avait aucune crainte pour lui-même, il connaissait très bien son métier et ce qu’il avait à faire, il n’était en revanche pas entièrement rassuré pour les deux Rowle. Le gamin de Serpentard n’avait que quinze ans, aucune chance qu’il ne tienne parfaitement bien la pression face au Seigneur des Ténèbres. Quand à Cassidy… Severus soupira assez fort en glissant la fiole dans sa poche, espérant qu’elle arrivera à s’en sortir tout de même, car il ne pourra l’aider au mieux. Au fond, il n’avait pas envie qu’elle meure. Pour une fois qu’il avait vraiment comme élève une personne avec du potentiel, qui était capable d’aller loin en s’en donnant la peine, il serait frustré de la voir mourir. Peut-être même un peu triste ? Sourcillant un peu, il réfléchit un instant à cette question puis laissa couler, ce n’était pas le moment. Ne pas s’attacher. A qui que ce soit. Dans le contexte actuel, ce ne serait qu’une faiblesse de plus placée sur son chemin.

Lorsque l’heure arriva, Rogue quitta son bureau et se rendit dans la tour de divination, marchant assez vite. Lorsqu’il entra dans la classe, sa collègue poussa un petit cri de chouette effrayée, sans doute surprise par l’arrivée un peu brusque. Le directeur ne prit pas la peine de s’en excuser et encore moins de lui rendre son bonjour, se contentant de dire qu’il était venu chercher Elyas Rowle, le gamin devait venir avec lui. « Maintenant », ajouta-t-il d’un ton glacial en voyant la folle-dingue s’agiter avec l’air indignée de celle qui ne tolère pas qu’on sorte un de ses élèves de son précieux cours si important. Une fois le gamin récupéré, Severus laissa la porte se refermer dans un claquement puis partit avec lui en lui disant de se dépêcher. A l’heure dite, l’autre Rowle était bien dans le hall d’entrée. Parfait. Il leur dit de le suivre, tous les deux, sortant dans le parc et marchant à grands pas, en leur signalant qu’ils étaient attendus. Dès que les grilles du château furent franchies, Rogue les prit chacun par le poignet et transplana aussitôt. L’arrivée se fit devant le manoir Irlandais où avait actuellement pris place Voldemort. Une pluie fine vint les accueillir avant qu’ils ne rentrent, le ciel était maussade, bien qu’il fasse un peu plus chaud qu’en Écosse.

En pénétrant dans le manoir, Rogue lança un bref regard aux deux Rowle en leur disant qu’ils allaient rencontrer le Seigneur des Ténèbres. Il les fit aller dans un salon de réception, presque entièrement vide, s’arrêtant près de l’imposante cheminée. La pièce était grande et plutôt austère, vidée de ses décorations et ornements, depuis que le propriétaire des lieux avait préféré tout ôter pour que rien ne soit détruit par un combat éventuel sur sa propriété. Neuf heures sonnèrent, quelque part dans le manoir. Il fallut attendre quelques minutes de plus avant qu’une autre porte s’ouvrit, laissant tout d’abord passer Nagini puis enfin Voldemort. Severus lui rendit son regard lorsqu’il s’approcha, se confrontant à lui en un duel inconscient. Legilimancie contre Occlumancie, le jeu était toujours serré, très risqué. Le mage noir pouvait toujours savoir lorsqu’une personne lui mentait et n’avait guère besoin de sa baguette pour forcer l’esprit des autres. A chaque instant que le directeur devait passer face à lui, c’était un combat mental qui se mettait aussitôt en place, pour garder le contrôle. Il n’aurait suffit que d’un seul instant de relâchement pour se trahir puis être tué.

– Loteri ne savait presque rien, Severus, siffla d'une voix très froide le mage noir en avançant, Nagini évoluant à ses côtés. Il a résisté des heures, en bon partisan qu'il était. Il faut poursuivre... Je compte sur toi.

Bien sûr, il pouvait compter sur lui… L’ancien Serpentard hocha la tête simplement, en guise de réponse, son regard glissant brièvement sur la gueule de Nagini, encore pleine de sang. Le partisan de l’Ordre avait donc terminé sa carrière dans la torture puis avait été tué par les crocs venimeux de cette bestiole. Une victime de plus à ajouter à cette longue liste, ça n’en finissait pas. Restait à prier pour que ni son élève ni le gamin de cinquième année ne soient les victimes suivantes de cette guerre, il suffirait d’un rien pour que Voldemort décide de se débarrasser d’eux. Rogue le suivit du regard lorsqu’il s’approcha de la fille Rowle, de très près, afin de l’observer en détails. Très bien, Cassidy, pourvu qu’elle n’ait rien oublié de tout ce qui était « se contrôler, contrôler ses pensées, ses émotions, ses paroles, même le ton de la voix ». Avec sa chère famille, c’était un exercice auquel elle devait être parfaitement habituée, donc hors de question de craquer aujourd’hui ou de laisser entrevoir la moindre faiblesse. Qu’elle se raccroche à son nom et tout ce qu’elle avait déjà dû faire pour rentrer dans le moule. Extérieurement, Rogue restait parfaitement impassible. Intérieurement, il avait une certaine crainte de voir son élève mourir sous ses yeux, sans doute suivi de peu par le petit Elyas.

– Et donc, Rogue, dit-il en continuant à dévisager longuement la gamine, debout à moins de dix centimètres d'elle. Tu as pris cette fille comme élève... Qu'a-t-elle de si particulier ?

– Elle dispose d’un plus grand potentiel que son père, répondit Severus d’un ton tranquille. Elle peut s’adapter à une situation compliquée ou stressante et est capable de réfléchir par elle-même, contrairement à beaucoup. J’ai pu sonder son esprit, elle est loyale à l’esprit de sa famille.

Ou pas. Là où le jeu mental était plus aisé, c’était lorsque Severus pouvait compter sur le fait que Voldemort savait détecter si on lui mentait, qu’il savait avoir ce pouvoir contre tout le monde sur cette terre… sauf une personne. Il le croyait lorsque Rogue lui affirmait cela, ayant à la fois le tord de croire aussi profondément en ses capacités de legilimens et le tord d’avoir confiance en le directeur de Poudlard. Assez ironique de se dire que tant de personnes puissent se méprendre sur son compte pour une simple question de confiance. Tournant le regard vers Elyas ensuite, Rogue ajouta que lui aussi avait un meilleur potentiel que son propre père et était plus loyal que lui. Ça, en revanche, Rogue n’en savait rien du tout, ne connaissant pas assez bien le père du gamin et ne sachant pas exactement ce qu’il s’était produit pour que Voldemort lui jette tant de mépris.

– Vous serez sûrement capable de faire mieux que votre père, n’est-ce pas, monsieur Rowle ?

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MessageSujet: Re: [3 Octobre 1997] La Marque des Ténèbres Mer 9 Nov 2016 - 10:39

[ 3 Octobre 1997 ] La Marque des Ténèbres


Feat Voldemort, Severus et Cassidy

Elyas n'aurai jamais pu deviner que la journée aurai pu prendre un tel tournant, pourtant, elle avait très bien commencé... Elyas, après deux/trois heures de sommeil, s'était levé de bonne humeur où ce qui pouvait être comparable à cela chez lui. Dans quelques jours, il allai obtenir ses 16 ans. Il ne lui restait plus qu'un an à tenir avant d'être libre de ses mouvements, il attendait ce jour avec beaucoup d'impatient. Tous les adolescents avaient hâte d'atteindre leur 17 ans, majorité sorcière, mais ce moment signifiait bien plus encore pour le serpentard : Liberté. Il s'était ensuite préparé pour partir à la grande salle. Il s'était vêtu d'un pantalon noir et d'une chemise argentée par-dessous une robe de sorcier noire aux motifs de sa noble maison. Il ne faisait pas encore assez froid d'après le Rowle pour mettre des pulls et puis, il aimait sentir l'air frais si différent de la chaleur étouffante d’Été qu'il détestait. Il avait bien entendu glissé son porte bonheur dans sa poche et accroché la petite pochette secrète sur son poignet droit, camouflée sous ses vêtements. Il y avait sa baguette et celle de son père à l'intérieur, il prenait ses précautions. Le vert et argent trouvait logique de pouvoir avoir sa baguette directement sous la main en cas de besoin, on ne pouvait jamais tout prévoir. Prudence était mère de sûreté. Une fois le tout vérifié, le jeune homme partit prendre son petit déjeuner, son sac de cours prêt posé sur l'épaule droite. Il avait plus réfléchit au sujet de son entraînement de cette nuit que véritablement mangé. Il avait bu un verre de jus de raisin mais sans plus. Cependant, un détail presque insignifiant avait interpellé Elyas : la présence du directeur au petit-déjeuner. C'était assez étrange de le voir présent, à sa place, alors qu'il n'était pas revenu partager ses repas ouvertement depuis la première semaine de la rentrée. Ce bémol aurai dû lui mettre la puce à l’oreille que quelque chose devait se tramer dans l'ombre mais il n'y fit pas plus attention, d'autres priorités à l'esprit.

Il se leva discrètement, doucement pour se diriger vers la tour de divination pour son cours qui n'allai pas tarder à débuter dont le thème correspondait au nom où il se déroulait. En soi, cette matière pouvait être instructive. Cependant, petite complication, la femme qui les instruit était une in-com-pé-ten-te. Du coup, l'élève s'ennuyait à mourir plus qu'autre chose. Au moins, lors de certaines manipulations, il pouvait faire des activités plus productives tranquillement dans son coin tant qu'il restait furtif bien entendu. Il écoutait donc vaguement l'enseignante lorsque son ancien directeur de maison entra soudainement dans la classe. Son arrivée fut remarquable que ce soit par sa brusquerie ou à cause du disgracieux couinement qu'émit la professeure, pauvres oreilles d'Elyas qui se faisaient impitoyablement agresser. Il fut très surpris néanmoins lorsque Rogue fit part de la raison de sa venue en ses lieux. Il n'avait rien de particulier à se reprocher alors pourquoi le chercher ? Peut être que son ' père ' avait compris plus vite que prévu le petit échange qu'il avait effectué. Il ne pensait pas que se serai aussi prématurément. Cependant, cette hypothèse était la moins plausible tout simplement parce que Rogue ne serai pas là en personne pour une broutille pareille... Cela le ramenait donc à son point de départ, que lui voulait-il ? C'était intriguant comme angoissant pensait l'adolescent, aucune émotion ne peignant son visage autre que l'impassibilité. Il rangea donc docilement ses affaires avant d'aller à la rencontre du sombre adulte. L'indignation pathétique de celle qui s'occupait du cours fut coupée courte par l'ordre cinglant du directeur, provoquant un instant l’apparition d'une lueur d'amusement au fond des yeux d'Elyas avant de redevenir inexpressifs. Son aîné avait l'air très...pressé et les mots ensuite énoncé le confirmait. Non, définitivement, il y avait autre chose. Le serpentard retint de justesse un rictus agacé de traverser ses traits, c'était un tic chez lui quand il n'arrivait pas à comprendre quelque chose. Il arborait profondément cette situation parce qu'il ne savait pas du tout à quoi s'attendre pour la suite et c'était absolument infect comme sensation. Il suivit en silence son guide, à peine quelques pas derrière ce dernier.

Arrivé dans le hall d'entrée, le Rowle reconnu sans problème la fine silhouette de sa cousine. Ce n'était pas possible... Merlin, Morgane et Salazar se vengeaient-ils d'une erreur qu'il aurai commise dans une autre vie ? Il en avait l'impression parce que ça ne pouvait pas être pire qu'à présent. Rogue voulait-il assister à une réunion de famille ainsi qu'à des scènes d'une hypocrisie sans fin ? Il n'appréciait franchement pas la tournure que prenait les événements... Ils arrivèrent jusqu'à elle avant de repartir pour sortir de Poudlard ce coup-ci. Ils étaient attendus ? Pourquoi le vert et argent avait l'impression qu'il devait prendre ça négativement ? Il ne put débattre d'avantage sur la question puisqu'il fut saisi au poignet droit provoquant aussitôt un réflexe chez le jeune homme. Il s'était tendu, crispé à une vitesse prodigieuse lui permettant quelque peu d'éviter la chute lorsqu'ils arrivèrent à destination, le directeur ne les ayant pas prévenus au préalable. Il était sûr que le directeur avait dû sentir le matériel placé à cet endroit et il n'était pas complètement serein avec cette idée. L'accueil apaisa cependant Elyas, une pluie, bien que fine, tombait sur le domaine qui les entouraient. Depuis son plus jeune âge, il avait toujours été plus paisible lorsque le temps était ainsi. Elle purifiait l'air, nourrissait la terre et, surtout, semblait faire écho à la tristesse enfouit au plus profond du cœur et de l'âme de l'enfant. Ils s’invitèrent donc dans l'imposant manoir face à eux. Celui-ci n'éveiller aucun souvenir au serpentard, une adresse qu'il n'avait donc encore jamais eu l’occasion de visiter. Lorsque Rogue leur fit le grand honneur de révéler enfin l'identité de la personne qu'ils allaient rencontrer, l'adolescent se raidit bien plus. Finalement, il y avait bien pire encore que de se retrouver accompagné de sa cousine... Non, c’était bien trop tôt et il n'avait encore que 15 ans. Il avait bien sûr admis cette éventualité mais il y avait eu un faible pourcentage de chance que celle-ci se réalise et bien, le destin en avait décidé autrement, le sort en était jeté.

Le peu de temps avant l'entrée du Seigneur des Ténèbres fut totalement dédié à sa préparation pour rester le plus stoïque possible même s'il ne le serai probablement pas entièrement. Il pouvait se maîtriser suffisamment face au mot mais une fois que celui-ci aurai une apparence attitré, il serai beaucoup plus complexe d'y parvenir. Autant utiliser à bon escient le temps très court qui lui restait. Bizarrement, le Rowle aurai été très heureux de se retrouver n'importe où, à ce moment précis, qu'ici mais ce n'était pas comme s'il avait le choix... Il ralentit sa respiration pour la faire devenir plus calme, lente. Il structura son expression pour la rendre illisible autant que possible tentant de refouler ses émotions, sentiments bien à l'intérieur. Il avait également prit soin d'observer avec attention la pièce où il se trouvait désormais cherchant une vaine échappatoire. Au moins, il reconnaîtrait cette pièce à l'avenir ce qui n'était pas négligeable. Elyas bénissait également son faible appétit de ce matin, il ne savait pas s'il aurai pu le garder bien longtemps s'il avait pris un meilleur repas.

Le moment fatidique se présenta de lui-même sans demander l'avis du serpentard, comme toujours. D'abord, se fut Nagini qui se faufila dans la pièce très vite suivi de Lord Voldemort, le plus puissant mage noir de son siècle et peut-être de ceux à venir... Trois ressentis se débattaient au sein du frêle jeune homme pour se dévoiler au grand jour : La peur, comme toute personne normalement constituée rencontrant pour la première fois Voldemort dont la puissance endormie et omniprésente dans la pièce n'attendait qu'à être employée. La curiosité,  puisqu'un être comme lui avait à coup sûr un grand savoir. Enfin, la fascination envers Nagini. Il avait un amour assez singulier pour les reptiles, en particulier les serpents et les dragons. Finalement, tout ce qu'il ressorti du garçon fut un tic nerveux, les doigts de la main gauche bougeant comme s'il jouait de son violon, preuve de son stress évident. Il le faisait pour réussir à se détendre, en jouant la mélodie qui l'aidait à garder le contrôle. Si les choses tournaient vraiment mal pour lui, Elyas avait une solution de repli qui lui permettrait de survivre un temps avant de devoir trouver une autre solution. Heureusement qu'Elle avait été là sinon il n'aurai pas ce petit plan B en cas de nécessité. Une odeur que le Rowle connaissait parfaitement, pour y avoir été souvent imbibé, lui fit remarquer le sang qui colorait la gueule du serpent. Quelqu'un avait passé un mauvais quart d'heure en compagnie du sorcier et de son familier... Un membre de l'Ordre du Phénix aux sous-entendus du mage noir. Poudlard était un endroit où les rumeurs allaient de bon train et celle-ci avait fini par parvenir aux oreilles attentives de l'élève, l'espionnage de son père y jouant aussi son rôle pour confirmer ses informations.

L'attention se porta très vite sur sa cousine, Cassidy, et cela était tout bonnement parfait. Elyas, lui, préférait évoluer dans les ténèbres et non sur le devant de la scène, camouflé par la protection qu’offraient les ombres et l'anonymat. Il avait l'air un peu exclu de cette conversation et il hésitait à savoir si c'était plutôt bon signe ou non pour lui... jusqu'à ce que le directeur s'adresse à lui. Il se demandait pourquoi Rogue parlait en ces termes de lui à Voldemort. Il était soulagé que ce soit dans le sens positif mais cela le rendait perplexe, jouait-il une comédie ? Le surveillait-il ? Si cela s'était révélé effectivement être le cas, Elyas ne serai pas, à coup sûr, encore en vie pour y réfléchir maintenant. Alors qu'avait poussé le directeur à agir de cette manière ? Il devrait se préoccuper de la question, travailler là-dessus mais plus tard. Pour le moment, il y avait plus important : survivre et se dominer malgré la restriction à venir de ses options et de ses actions.

« Assurément » avait répondu sans hésitation et sans attente le cinquième année, son regard froid rencontrant celui de son interlocuteur et ancien professeur de potion.

Il avait décidé de miser pour des phrases claires, précises et concises. Il trouvait que c'était la meilleure façon de s'exprimer dans une telle situation où le moindre mot pouvait être retenu contre lui, alors autant en donner le moins possible. Et si le Seigneur des Ténèbres avait peu de patience, comme certains le prétendaient, il ne fallait pas s'éterniser en blabla stérile et futile pour s'éviter au maximum de subir ses foudres. Il espérai sincèrement que son père ne s’était pas mêlé de ce point, ce serai la catastrophe dans le cas inverse... Toujours était-il que le vert et argent était bien content de ne pas se retrouver dans la position actuelle de sa cousine face à l'être... humain ?
014 © Lunay's invention


Musique que ressasse Elyas:
 
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SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Prise, par lui. Mais chut.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 16/06/1975, Inde
SANG SANG: pur
MessageSujet: Re: [3 Octobre 1997] La Marque des Ténèbres Sam 12 Nov 2016 - 16:09

3 Octobre 1997
Poudlard, Sept heures.

Lentement, la jeune femme ouvrit les yeux, émergeant d'une nuit des plus reposantes. Un long sommeil réparateur et incroyablement naturel. Oui, oui. Un sommeil sans rêves, ni cauchemar. Juste le repos, pur et simple... et sans potion. Une légère brume l'entourait, venant se déposer comme un voile transparent - ou presque, devant ses iris vert d'eau. Rien de bien opaque cette fois, non. Plus reposée, elle parvenait tout de même à distinguer les formes qui l'entouraient et qui lui étaient devenues familières depuis maintenant un mois qu'elle avait pris ses fonctions d'apprentie potionniste. Enroulée dans son drap blanc, les jambes quasiment ligotées par ce dernier tant elle avait le sommeil agité malgré le fait que ce dernier soit des plus profonds et réparateurs, Cassidy roula sur le côté, refermant les yeux un instant. Saisissant son oreiller, elle y enfoui son visage en inspirant profondément, se remémorant malgré elle quelques bribes de cette soirée qui avait marqué un tournant décisif dans sa vie.

Le 26 Septembre 1997 ; une soirée à graver dans les annales. Pour la première fois depuis la mort de sa mère, elle avait accepté de prendre un risque. Un risque supplémentaire, une belle valeur ajoutée venant perforer sa carapace en béton armé. Il était entré, avait su lire en elle malgré les résistances qu'elle y avait opposé, et lorsqu'elle s'en était rendue compte, après cette soirée, elle avait plié. Accepté de tenter quelque chose de nouveau, d'effrayant et de dangereux. Était-ce égoïste ? Peut-être bien... Au final, la jeune femme avait parfaitement conscience des risques qu'elle avait choisi de leur faire courir, à tous les deux, en acceptant sa présence. Accepter... Pourquoi avait-elle bifurqué vers ce chemin sinueux auquel elle ne connaissait rien ? Totalement inculte.  Pourquoi avoir choisi de lui permettre de rester près d'elle, et même pire, avec elle ? Pur égoïsme ? Pour la première fois, elle avait choisi de donner un autre sens à sa vie bien cadrée, néanmoins, elle s'était rajouté une difficulté, et non des moindres. D'un pas hésitant, puis se raffermissant peu à peu, elle s'était plus ou moins volontairement et consciemment, enfoncé une épine supplémentaire dans le pied. Pourquoi ? Pourquoi se rajouter cela ? En effet, cette décision qui n'avait pas été prise à la légère mais qu'elle avait été contrainte de prendre rapidement, les plaçait tous deux au bord du précipice. Un gouffre infini. Un sol poreux et friable au possible. Était-elle devenue folle pour choisir cette voie ? Probablement. S'ouvrir en ces temps-ci à une personne de sang-mêlé revenait à préparer soi-même le nœud de la corde pour sa propre pendaison. D'un autre côté... Il avait eu l'air réellement sincère. Cette authenticité franche, presque crue, lui avait arraché violemment les œillères qu'elle portait depuis le début de leur rencontre, la mettant face à ce qu'elle se refusait de voir. Il était attaché à elle. Et elle ? Forcée à se pencher sur ses propres ressentis qu'elle ne parvenait guère à identifier clairement, si Cassidy avait pu prendre conscience d'une chose, c'était qu'elle ne voulait pas qu'il s'éloigne. Sans réellement le vouloir, ni en prendre conscience, elle s'était habituée à sa présence que ce soit ses regards, ses paroles, ou encore ses mauvais tours. La jeune femme ne souhaitait plus être seule, revenir à cette solitude qui lui avait jusque là permis de tenir. Si être seule était une force parce qu'elle était moins vulnérable, ne jamais décharger et partager sa vie avec quelqu'un la forçait à emmagasiner plus que ce dont elle était en réalité capable. Lentement mais sûrement, elle y laissait la santé, et le risque d'effondrement ne faisait que croître. C'était d'ailleurs ce qui s'était produit en cette soirée où elle avait littéralement explosé.

Inspirant profondément, la jeune femme rouvrit les yeux et repoussa son drap avant de se lever souplement. Pour la première fois, elle ne l'avait pas repoussé comme à son habitude, et cela l'effrayait tout autant que cela l'intriguait. De l'autre côté, accepter d'avoir quelqu'un à ses côtés ne lui permettrait-il pas de mieux jouer son rôle ? Savoir qu'elle pouvait se fier à une personne, que cette dernière serait là pour elle, pour la soutenir et peut-être même la conseiller... ne lui permettrait-il pas de renforcer son aspect immuable dans les moments autres que ceux partagés avec lui ? A vrai dire, Cassidy n'en savait rien, mais cette idée ne paraissait pas inconcevable pour son esprit rigoureux. Une équation mathématique, une fois de plus. Solitude + Emmagasinement = Explosion. Partage + Emmagasinement = Stabilité. D'ailleurs, depuis cette soirée, le sommeil de la jeune femme s'était sensiblement amélioré. Plus d'insomnies, ni de cauchemars, quoiqu'une qualité de sommeil discutable étant donné l'état dans lequel elle retrouvait son lit chaque matin ; état témoignant d'un sommeil particulièrement agité. En effet, si cette acceptation d'ouverture pouvait posséder des avantages, l'apprentie n'avait aucune prise sur certaines variables parasites dont elle se serait bien passée notamment le fait de devoir redoubler de vigilance pour que rien ne se sache, et un questionnement incessant sur elle-même et ses sentiments.
Sentiments... Un bien grand mot pour un concept si complexe. Si complexe qu'elle ne parvenait pas à le définir correctement, si à l'expérimenter en pratique. Depuis toujours, Cassidy avait un problème avec ces derniers. Ressentait-elle des choses ? Oui, cela était indéniable. En revanche, identifier les émotions, sentiments ou affects la traversant était d'une difficulté sans nom pour elle - ceci étant renforcé par le fait qu'elle ne souhaitait pas les reconnaître. S'abuser sur ses ressentis, sur tout un pan de sa personnalité, de son identité. Cela était son armure, sa carapace. Mettre de côté les sentiments et émotions lui permettait d'être plus à même d'affronter les choses, sans que ces dernières ne la heurtent de plein fouet. Stratégie de défense pure et dure. D'une rigidité plus que d'une rigueur, sans nom. Lui, Octavius, avait franchi un premier cap qu' Owen, son ex petit-ami n'avait jamais effleuré. Il lui avait fait prendre conscience qu'elle désirait sa présence au sein de son univers marécageux dans lequel il était si facile de s'embourber, composé de noirceur et de faux semblants.

Dans quoi s'était-elle lancée ? Avait-elle pris la bonne décision ? Si jamais son père l'apprenait ? Apprenait quoi d'ailleurs ?... Pour le moment il n'y avait rien de concret, n'est-ce-pas ? Rien de significatif. Non. Secouant vivement la tête, Cassidy se déshabilla et sauta dans la douche. Il fallait maintenant penser à autre chose. Ses mains fines frictionnant sa longue chevelure à l'aide de son shampoing aux extraits naturels de lys, la jeune femme se força à détourner ses pensées - comme elle savait si bien le faire, envers son programme de la journée. Il était encore tôt, elle aurait donc le temps d'essayer d'attraper Slughorn avant le début des cours pour lui faire part de l'avancée de ses recherches. Ensuite, à neuf heures, elle devait réapprovisionner l'infirmerie en potions de régénération sanguine ; commande expresse effectuée par Mme Pasfresh il y a trois jours puisque les stocks de l'infirmerie ne survivait décidément pas à la présence des Carrows et des inspecteurs. A dix heures, elle assisterait à un cours donné aux troisièmes années jusqu'à la pause déjeuner. Quant à son après-midi, il serait relativement libre si elle se fiait à ses souvenirs. Sortie de la douche, Cassidy s'habilla d'une robe aux manches longues dans les tons dominants bleutés, par dessus une paire de collants noirs, et afin de gagner les dix centimètres réglementaires pour atteindre une taille convenable, elle sélectionna des bottines en daim légèrement montantes dans les tons rappelant ceux de la robe, serties de boutons dorés. Ceci fait, l'apprentie passa rapidement devant sa coiffeuse pour se maquiller et mettre de l'ordre dans sa chevelure. A l'aide de sa baguette, elle les sécha rapidement, et sans plus de cérémonie, revêtit sa cape noire avant de sortir d'un pas vif des cachots.

Alors qu'elle se dirigeait vers la Grande Salle pour y avaler rapidement son petit déjeuner, la Rowle aperçu le professeur Rogue au loin, et lui adressa un léger sourire accompagné d'un poli signe de tête. Alors qu'elle s'apprêtait à poursuivre normalement son chemin, la voix basse dudit professeur la fit s'arrêter. Il lui avait parlé. Oui, oui. En dehors des heures de cours avancés.

« Miss Rowle, soyez dans le hall d’entrée à neuf heures moins vingt, précisément. Et ne soyez pas en retard, peu importe ce que vous ferez à ce moment-là. »

Interloquée, la sorcière n'eut guère le temps de reprendre ses esprits pour lui répondre que l'homme avait déjà bifurqué à l'angle du couloir, disparaissant dans un tourbillon de cape noire, comme il savait si bien le faire. Envolé. Volatilisé. Soupirant légèrement, Cassidy se détourna à son tour de la grande salle et s'éloigna rapidement en direction des cachots. Tant pis, elle ne prendrait pas de petit déjeuner à cause de lui et de cette souplesse qu'elle lui avait demandé de lui apprendre. Elle n'avait plus le temps. S'il fallait qu'elle le rejoigne dans le hall pour huit heures quarante, les potions de régénération sanguine devaient être finalisées maintenant pour être portées en avance à l'infirmerie. Arrivant devant la porte de ses appartements, elle leva les sortilèges de protections hindous et se dirigea vers le chaudron contenant le liquide rouge sang. En soi, ce dernier était terminé depuis la veille. Dix centilitres de sang de dragon, feuilles de dictame préalablement découpées, poudre de corne de licorne ; les trois principes acteurs avaient été incorporés depuis longtemps, de même que la poudre de graines de sanguinole ; une variété française de poire, et la cannelle en poudre comme ingrédients stabilisateurs. Le tout avait été mélangé doucement à l'aide d'une cuillère en argent une fois de gauche à droite, puis trois fois de droite à gauche. En revanche, la jeune femme avait décidé de tenter une petite nouveauté afin de permettre aux futures victimes de Carrows de se vider de leur sang un peu moins rapidement, en y incorporant cinq centilitres de sang de salamandre. Ingrédient plutôt inoffensif en soi, il ne rentrait pas en contre-indication avec ceux déjà présents et on le retrouvait notamment dans la solution de force. Après avoir effectué plusieurs recherches sur cet ingrédient, Cassidy en était venue à la conclusion qu'en l'incorporant à la fin de la préparation, ce dernier permettrait à la potion de régénération sanguine d'agir plus rapidement en reconstituant des globules rouges renforcés. Il ne restait plus qu'à tenter puisque le pire effet que cela pouvait avoir, c'était ne n'en avoir aucun justement. Doucement, l'apprentie potionniste incorpora les cinq centilitres de sang, sans que la potion ne change de couleur. Parfait. Ceci fait elle reproduit le nombre de tour exact préconisé pour la potion de régénération sanguine avant de transvaser la potion dans une quinzaine de petites fioles.

Huit heures trente. Les fioles chargeant ses bras, la jeune femme monta alors rapidement jusqu'à l'infirmerie se situant au troisième étage. Mme Pasfresh étant absente, probablement encore dans la Grande Salle en train de boire son thé matinal, Cassidy déposa avec précaution les flacons sur le bureau de l'infirmière avant de retourner dévaler les escaliers de marbre jusque dans le hall. Merlin, avec tout ça Slughorn allait encore lui échapper. Une fois de plus. C'est qu'il était difficile à capturer l'animal... Tandis qu'elle faisait les cent pas, ses talons raisonnant sur le sol du hall, Cassidy commença à réfléchir puisqu'elle avait un peu de temps devant elle. Dix minutes pour être exacte. Rogue ne serait pas en retard, elle en était certaine. Pourquoi ce dernier lui avait-il donné ce rendez-vous de dernière minute ? Un nouveau cours avancé probablement. En effet, suite à leur dernière entrevue mouvementée en Sibérie datant du 20 Septembre, Severus Rogue avait accepté de lui donner des cours à l'année. Ce rendez-vous improvisé devait sûrement être le second cours. Entendant des pas derrière elle, la Rowle se retourna et sa quasi-certitude s'effondra à la vue de la silhouette s'avançant aux côtés du maître des potions. Elyas. Par la barbe de Merlin, qu'est-ce qu'il faisait ici ? Perplexe, la sorcière fronça légèrement les sourcils, les lèvres pincées. Elle ne comprenait pas, et elle haïssait ne pas comprendre. Son regard turquoise se porta ensuite sur son mentor, interrogateur, mais elle ne reçu aucune réponse de sa part sinon une injonction de le suivre. Le reste de la phrase manqua de la figer sur place. Elyas et elle étaient attendus. Attendus. Un courant d'air glacé vint la transpercer de toute part au moment où la main masculine se refermait fermement sur son poignet gauche. Attendus... S'ils l'étaient tous les deux, cela ne pouvait être que par un Rowle.

Le transplanage. Qu'elle haïssait ce moyen de transport. Il n'y avait rien à ajouter. D'une pâleur extrême, Cassidy s'efforça de rétablir correctement sa vue en clignant plusieurs fois des paupières lorsque ses pieds touchèrent de nouveau la terre. D'abord trouble, le paysage finit peu à peu par retrouver sa clarté. Un gigantesque manoir. Des gouttes d'eau vinrent s'ajouter au paysage terne et grisâtre qui s'offrait à elle, lui faisant instantanément rabattre sa capuche profonde sur sa chevelure. Le gris, la pluie, le froid et le vent. L'ensemble donnait exactement ce qu'elle haïssait. Quant à ce manoir, il laissait la jeune femme décidément perplexe ; à sa connaissance, il n'appartenait pas aux Rowle. Une vague d'inquiétude transperça Cassidy tandis qu'elle avançait silencieusement, brisant le silence des lieux à cause de ses talons. Inlassablement, son cerveau cherchait à rassembler tous les éléments afin de comprendre la situation. Elyas, Rogue, et elle. Par quoi étaient-ils reliés ? Aucun rapport avec les potions puisqu' Elyas était présent. Un rapport avec les Rowle ? Possible, mais cet endroit lui était totalement inconnu. Un éclat vint soudain allumer ses iris alors que son regard croisait celui du Directeur. Ce qui les rassemblait tous les trois était... leur rapport aux Mangemorts. Au même moment, comme s'il avait usé de la Legilimancie sur elle, le sorcier leur annonça le verdict d'une voix froide qui raisonna comme une sentence capitale aux oreilles de la blonde. Rencontrer le Seigneur des Ténèbres. Le cœur de la sorcière manqua un battement. Sa gorge se serra, l'empêchant de déglutir alors qu'une boule vint alourdir son estomac, heureusement vide.

La suite fut trouble parce qu'elle se déroula en interne. Un automate déambulant dans les couloirs sombres, longeant les murs en pierres froides éclairés par quelques bougies. Son pas, se calquant sur celui du Mangemort à sa gauche. Le choc était immense. Si tôt... Jamais elle n'aurait pensé que ce moment arriverait si vite, et encore moins compte tenu de la dernière rencontre avec son père, le 26 Septembre. Lors de cette soirée, Andreas lui avait bien annoncé qu'il comptait la faire rencontrer le Lord, mais au vu du déroulement de cette dernière, Cassidy avait pensé qu'il aurait reculé un tant soi peu le moment fatidique, mais de toute évidence, elle s'est plantée. Pâle. Le mot était bien faible pour qualifier la teinte qu'avait revêtit sa peau. Liquéfiée, Cassidy tenait davantage la comparaison avec un fantôme en cet instant précis, et cela n'avait plus rien à voir avec le transplanage. Un salon. Gigantesque et vide. Atrocement vide. Comme le reflet extérieur de ce que la Rowle ressentait actuellement en elle. Figées, ses pensées ne parvenaient plus à se dérouler de manière claire, logique et cohérente. Elle ne pensait plus, ce qui n'était pas plus mal compte tenu de la situation. Lentement, alors qu'elle s'arrêtait aux côtés du Directeur, son regard vide se détourna vers les flammes de la cheminée. Un trou noir. Un mur blanc. Le vide en tout cas. Avait-elle envie de pleurer ? De s'enfuir ? D' hurler de peur ? Probablement, mais elle n'en savait rien. De nouveaux, les émotions étaient emmurées. Inatteignables. De l'extérieur, la jeune femme paraissait étrangement sereine, trop pour que cela soit réel. Son regard vide, un immobilisme total. Figée, telle une statue grecque en marbre. Reflet externe de sa réalité psychique interne.

Un carillon retentit, venant troubler le silence assourdissant des lieux. Pour autant, ses yeux ne se détachèrent pas des flammes crépitantes, seule source de chaleur et de vitalité, dont les ombres se reflétaient sur sa peau cadavérique, venant donner l'illusion d'un léger hâle coloré. Une porte fini par s'ouvrir. Inspiration. Lentement, le regard clair de l'étudiante dériva malgré elle vers cette dernière, se posant sur la créature ondulant sur le sol. Un serpent verdâtre glissa sournoisement vers eux. Immense, mesurant au moins trois mètres de long. Nâga.. Terme sanskrit signifiant « serpent ». Heureusement, la jeune femme à moitié indienne ayant grandi et été élevée en Inde durant vingt années, ne craignait guère ces derniers considérés dans l'hindouisme comme des créatures semi-divines dotées de grands pouvoirs. Seules les gouttes de sang tombant de ses crochets à intervalles irréguliers vinrent lui donner la chair de poule, la glaçant intérieurement. Imperceptiblement, sa respiration se bloqua. Apnée. Ce serpent, était certainement celui dont son père lui avait déjà parlé. Nagini, si ses souvenirs étaient bons. Intérieurement, la jeune femme parvint à effectuer un premier rapprochement tout à fait inutile, certes, mais traduisant ainsi une esquisse de remise en marche cérébrale. « Nagi », était la forme féminine du mot « nagâ ». Ce serpent était une femelle.

« Loteri ne savait presque rien, Severus. Il a résisté des heures, en bon partisan qu'il était. Il faut poursuivre... Je compte sur toi. »

Un sifflement inhumain. Une voix indescriptible, à la fois glacée et atrocement étouffée. Comme une espèce de chuchotement glacé provenant des Enfers. Les iris vert d'eau de Cassidy se détachèrent du serpent, pour se poser sur son propriétaire. Lourdement, son corps se figea de nouveau, comme si elle avait été emmurée vivante dans du béton. Une robe noire, des pieds nus. Une maigreur atroce et un visage cadavérique. Un... faciès dépassant toute imagination. Des pupilles verticales, des iris rougeâtres. Cauchemardesque. Organisme au ralenti, son cœur battait sourdement dans sa cage thoracique, menaçant de sortir de cette dernière. Quant à sa respiration, cette dernière s'était de nouveau bloquée. Ses jambes, lourdes, l'empêchaient de partir en courant, figées dans une immobilité totale. Ses pieds, chaussés de chaussures à talons, ne tremblèrent pas, paraissant au contraire s'enfoncer dans un sol abominablement marécageux, ou dans des sables mouvants. Deux fentes, en guise de narines. Aucun mouvement n'était possible, le piège se refermait sur elle. Lorsque les yeux du mage noir se tournèrent vers elle, la tête de la Rowle ainsi que son regard tourmaline jugé insupportable par son paternel, se baissèrent respectueusement vers le sol, ou plutôt vers le serpent dont les crochets sanguinolents laissaient goutter l'hémoglobine à quelques centimètres de ses bottines. « Baisse les yeux Cassidy ! Je t'apprendrai le respect ma fille ! » Combien de fois son père lui avait-il sorti cette phrase ? Par nature, Cassidy avait tendance à ne jamais baisser le regard. Ce n'était pas une marque d'insolence en soi, quoique cela l'était lorsqu'elle entrait directement en confrontation avec quelqu'un, mais plutôt une manière d'accorder l'entièreté de son attention et de son respect à son interlocuteur, un peu à la manière du " Regarde moi quand je te parle. ". De ce fait, il était très difficile pour elle en temps normal de détourner son regard - qualifié de son père de particulièrement expressif -, d'une personne. En revanche dans le cas présent, la phrase de son père n'avait même pas eu le temps de faire son chemin que ses yeux s'étaient rivés sur le sol, comme si cela avait toujours été parfaitement naturel chez elle. Une Rowle. Elle était une Rowle. En tant que tel, son comportement devait s'adapter à la situation. Lentement, l'immense silhouette squelettique du Lord s'approcha d'elle. Proche. Encore plus. Allait-il s'arrêter ? La jeune femme dont le visage était encerclé, masqué par un rideau de cheveux blonds, serra la mâchoire. Compter les gouttes de sang tombant des crochets du serpent qui la fixait comme s'il envisageait sérieusement d' en faire son petit déjeuner. Ek, do ... teen... tchàr, paanch, chai.... Ce comptage compulsif était une stratégie de défense pour la blonde, lui permettant de ne plus penser, de vider son esprit, et de se calmer de manière assez relative. Malheureusement, dans le cas présent, le rythme des gouttes de sang étant assez irrégulier, sa respiration ne parvenait pas à retrouver un rythme apaisé. Parfaitement droite, les pieds serrés, et le regard respectueusement baissé, Cassidy restait partiellement en apnée. Enfin, il finit par s'arrêter. A quelques centimètres d'elle. Les yeux baissés, si la jeune femme ne distinguait que les pans de sa robe noire, elle sentait parfaitement le rythme presque reptilien de la respiration du mage noire, venir se perdre à quelques centimètres de sa chevelure. Boum... Boum... Boum... Les battements de son cœur, lents, gagnèrent en intensité, allant jusqu'à se répercuter dans la pulpe de ses doigts fins. Allait-elle finalement mourir d'un arrêt cardiaque ? ... Das, gyaaraa... b... baaraa. Teraa, chaudaa... Lentement, la sorcière parvint à bouger imperceptiblement les doigts de sa main gauche, récupérant ainsi progressivement une certaine mobilité. Puis, ce fut le tour de la main droite. Inspiration.

« Et donc, Rogue, tu as pris cette fille comme élève... Qu'a-t-elle de si particulier ? »

Pas une fois il ne s'était adressé directement à elle. De ce fait, Cassidy garda le silence et les yeux baissés - le mage noir ne lui ayant pas donné la permission de relever ces derniers, jugeant que tout salut verbal de sa part, même respectueux, aurait été mal perçu, peut-être même comme une tentative de prise d'ascendant.

« Elle dispose d’un plus grand potentiel que son père. Elle peut s’adapter à une situation compliquée ou stressante et est capable de réfléchir par elle-même, contrairement à beaucoup. J’ai pu sonder son esprit, elle est loyale à l’esprit de sa famille. »

... Pandraa, solaa, satraa... Attharaa ... Quoi ? Le comptage mental de la blonde s'interrompit brusquement tandis que le maître des potions déviait la conversation vers Elyas. Merlin, merci... Peut-être cela inciterait-il le Seigneur des Ténèbres à s'éloigner d'elle, lui permettant de récupérer son espace vital... En attendant, quelque chose clochait. " J’ai pu sonder son esprit, elle est loyale à l’esprit de sa famille. "... Sans surprise, elle venait d'avoir une nouvelle preuve de la capacité de Legilimancie du Directeur de Poudlard. En revanche, s'il était parvenu à écarter les pensées superficielles, dorures ornementales essentielles à sa survie, et à lire réellement au plus profond de ses pensées et qu'il en tirait cette conclusion, il devait soit être très très mauvais, soit... Il tentait de la protéger, ce qui était tout simplement invraisemblable. Il n'avait aucune raison de le faire. Il t'a conseillé d'apprendre l'Occlumancie Cass.... Pour quelle autre raison lui aurait-il conseillé cela de lui-même, alors qu'elle ne lui avait rien demandé ?

« Assurément. »

Rien de plus, rien de moins. La voix d'Elyas retentit comme un écho lointain, interrompant le cours dangereux de sa pensée. Son jeune cousin avait répondu avec cet orgueil assuré qui le caractérisait si bien. Un style court et direct, qui pouvait avoir des avantages, comme des inconvénients. Tournant légèrement la tête sur la gauche, Cassidy distingua l'échange de regards entre le Directeur et Elyas. Un duo dangereux. Son cousin avait, sans la moindre hésitation, osé vriller son regard dans celui du professeur, en dépit de la présence du Seigneur des Ténèbres. Ce comportement audacieux et dangereux pouvait payer, tout comme il pouvait l'enfoncer. La tête de la jeune femme reprit sa position, son regard clair rejoignant les crochets du serpent. ... Unniss, biiss... ikkis, baees, tey-ees...

Cousins. Mais totalement différents. Deux attitudes opposées reflétant indéniablement leurs éducations. Andreas avait toujours été plus réfléchi et subtil que Thorfinn qui était, lui, beaucoup plus impulsif comme pouvait en témoigner la cicatrice ornant l'omoplate gauche de l'apprentie. Elle avait choisi le respect prudent, il avait sélectionné l'audace impétueuse. Les deux se valaient, et peut-être que les deux conviendraient aux yeux du mage noir, mais une chose était sûre, pour elle, cette attitude qu'elle jugeait trop orgueilleuse relevait clairement d'un excès de confiance en soi, mais peut-être se trompait-elle... Après tout l'audace - lorsqu'elle était bien utilisée, pouvait s'avérer être une qualité. Restait à voir ce que le mage noir en pensait.

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Le pessimiste se plaint du vent, l'optimiste espère qu'il va changer, le réaliste ajuste ses voiles.

Crédit - Joy
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SEIGNEUR DES TENEBRES
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MessageSujet: Re: [3 Octobre 1997] La Marque des Ténèbres Dim 13 Nov 2016 - 12:19

- Elle dispose d’un plus grand potentiel que son père, répondit Severus d’un ton tranquille. Elle peut s’adapter à une situation compliquée ou stressante et est capable de réfléchir par elle-même, contrairement à beaucoup. J’ai pu sonder son esprit, elle est loyale à l’esprit de sa famille.

Intéressant… Voldemort continua de dévisager la jeune femme de haut en bas, appréciant qu’elle sache baisser les yeux lorsqu’elle se trouvait face à un supérieur. Il avait toujours apprécié ressentir cette peur venant des personnes faces à lui, celles qui savaient où se trouvaient leur place, qui avaient conscience que leur vie pouvait être prise à tout instant, sur un simple geste, un simple sortilège. Oh, bien sûr, après certaines actions, certains faits ou des preuves de loyauté particulières, le mage noir acceptait qu’on lui dévoile un caractère plus affirmé et que son serviteur fasse preuve de plus d’initiatives. Il avait besoin, de plus en plus pressant, de personnes intelligentes et loyales, à la fois fidèles et capables d’agir en solitaire. Pour cela, il testait, poussait dans certaines situations spécifiques, s’assurait par lui-même que son serviteur était capable de tout et surtout capable de suivre un plan à la lettre, tout en étant néanmoins capable de s’en détacher afin de conduire le tout à la victoire. Bellatrix était l’une des plus compétentes pour cela… Severus également. Sans oublier son fidèle serviteur, Croûpton junior, perdu par les détraqueurs puis mort l’année précédente. C’était bien dommage. Quant à cette fille, si Rogue la décrivait intelligente, Voldemort se fiait à son jugement. Il était par ailleurs curieux que son serviteur à Poudlard ait accepté d’enseigner de façon plus poussée à une apprentie, fallait-il qu’il lui trouve un bon potentiel.

Son serviteur ajouta ensuite que l’autre gamin Rowle avait lui aussi un meilleur potentiel que son père et était plus loyal ? Vraiment ? Et comment pourra-t-il le prouver ? Lorsque le mage noir ordonnait qu’on lui amène des gamins de quinze ou seize ans, ce n’était guère par espoir qu’ils deviennent des mangemorts loyaux et compétents, non… Plutôt par volonté qu’ils servent de relais pour empoisonner l’esprit de leurs camarades à Poudlard, qu’ils servent de moyens de pression contre leurs familles, de cobayes prêts à servir lors du test de nouveaux sorts ou d’entraînements, de chair à canon, facilement remplaçable, lorsqu’il fallait désactiver des pièges en y jetant dedans des victimes prêtes à mourir pour la cause. Voilà bien longtemps que le mage noir n’avait plus trouvé de jeunes gens de seize ou dix-sept ans aptes à servir en véritables mangemorts. Depuis vingt années, précisément. Le mioche restait assez droit, vêtu de la robe noire habituelle d’uniforme de Poudlard, son sac de cours sur l’épaule, ce qui lui donnait un air particulièrement naïf et innocent. Il serait plutôt regrettable pour lui qu’il se révèle aussi pathétiquement incompétent que son père. Lorsque Rogue lui demanda s’il était capable de faire mieux que ce dernier, le gosse répondit « Assurément » en lui rendant son regard. Rien n’agaçait tant Voldemort que les gamins ne sachant pas rester à leur place, ne sachant pas le respect dû aux plus doués que lui. Il en avait bien trop vu pour être patient face à cela.

Sa baguette fut pointée presque avec négligence sur le gosse lorsque le mage noire prononça, pour commencer, le sortilège impardonnable de la douleur. Le gamin réussit à retenir ses cris pendant au moins une dizaine de secondes, joli effort pour un morveux, las, Voldemort maintint le sort durant plusieurs minutes avant d’abaisser sa baguette, lorsqu’il fut lassé d’entendre le petit Serpentard hurler. Il saura apprendre à tenir sa place, par la douleur ou de son plein gré, il ne tenait qu’à lui de comprendre vite où se trouvait son intérêt. Voldemort s’écarta lentement de la fille Rowle pour s’approcher du gamin à terre, Nagini évoluant à ses côtés, le suivant sans qu’il n’ait besoin de le lui ordonner. La bête était plus fidèle que tous ses mangemorts réunis, plus attachée à lui que que quiconque n’avait pu l’être depuis sa naissance. Lui-même l’appréciait, l’aimait comme il n’avait jamais aimé aucun autre vivant de toute son existence. Douce compagnon d’âme, qui évoluait à ses côtés depuis bien avant sa renaissance. Nagini s’arrêta à quelques pas du gamin, sur lequel Voldemort pointa à nouveau sa baguette. Un geste brusque et un sortilège informulé formèrent une longue et profonde estafilade sur sa joue, de la tempe jusqu’au menton, laissant couler un sang très rouge dont l’odeur fit se redresser Nagini.

- Tu apprendras à respecter tes supérieurs… Mord, Nagini, ajouta-t-il en fourchelang à l’adresse de son familier.

Le serpent bondit pour plonger ses crocs dans la jambe droite du gamin, tout son corps se contractant lorsque le venin jaillit des crocs pour filer se propager dans le sang de sa victime. Voldemort ne se préoccupa pas de lui signaler qu’il avait intérêt à se débrouiller pour panser d’urgence la blessure avant de se vider de son sang, attendant simplement de voir si le mioche allait être assez réactif pour serrer lui-même la blessure afin d’empêcher l’écoulement du sang. Le venin de Nagini empêchant la plaie de se refermer et à moins de prendre un antidote, ce gosse était parti pour passer un mauvais quart d’heure. Voldemort s’en détourna de nouveau, la suite leur dira si le mioche allait réagir vite ou se laisser mourir bêtement d’hémorragie sur le plancher. Il revint vers la gamine et lui ordonna d’une voix froide de relever la tête pour détailler son regard. Jeune, des traits rappelant ceux de ses parents et surtout de son père, des yeux plutôt clairs. Capable de réfléchir par elle-même, disait Severus ? Voilà qui était à vérifier. Puisqu’il avait déjà pris la peine de fouiller en profondeur son esprit, cela allait permettre de gagner du temps dans ce petit entretien.

- Es-u capable d’utiliser les sortilèges impardonnables ? Et quel est ton niveau de duel ?

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SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [3 Octobre 1997] La Marque des Ténèbres Mar 15 Nov 2016 - 13:28

Est-ce que Rogue rêvait ou bien le gamin venait bel et bien de lui répondre en ignorant royalement le Seigneur des Ténèbres et en faisant fi total de sa présence ? La réponse vint lorsque le jeune Serpentard s’effondra presque aussitôt à terre et finissant peu de temps après par hurler, soumis à la puissance du sortilège doloris, lancé par Voldemort avec la même négligence que s’il frappait un insecte.Il venait de commettre l’une des pires erreurs qui soit… Ignorer volontairement le mage noir ou bien le défier, voilà bien deux choses qu’une personne ordinaire évitait de faire, en règle générale, surtout lors de sa première rencontre en face-à-face. La première minute fila, puis une seconde, le mage noir ne comptait visiblement pas se contenter d’un simple avertissement mais bien de maintenir le sortilège assez longtemps pour que le petit élève ne puisse plus se relever durant un bon moment et encore moins de riposter ou tenter de résister. Bien que Severus reste parfaitement impassible, un mélange d’exaspération et de lassitude grimpait en lui. Il aurait cru que les deux allaient au moins réussir à rester debout au moins plus de dix minutes d’affilée et n’aurait, à vrai dire, pas parié que ce soit Elyas qui tombe le premier. Étant donné le caractère de Cassidy, Rogue avait pensé que ce serait elle qui ferait la première un grave faux pas. Cela dit, non, son comportement était la parfaite opposition de celui qu’elle affichait habituellement. Au moins était-il soulagé de voir ça, on pouvait décemment espérer ne pas avoir deux cadavres sur les bras à la fin de l’entrevue.

Lorsque le sortilège de douleur cessa enfin, Voldemort s’écarta de son élève pour s’approcher d’Elyas, suivit de son très cher et maudit serpent. On pouvait s’attendre à tout moment à un bref éclat de lumière verte… Pourvu que le mioche n’ait pas l’idée idiote de lancer une remarque pleine de défi, il devait absolument la boucler, maintenant, il en allait de sa vie. S’il avait été à Gryffondor, Severus lui aurait jeté de suite le sortilège de l’Imperium pour l’empêcher de répliquer quoi que ce soit, sachant très bien que la plupart d’entre eux étaient juste incapables de comprendre que dans une pareille situation, lorsqu’on tient à la vie, il faut la fermer et ne relever le regard que si on vous en donne l’autorisation. Comme Miss Rowle, qui avait les yeux résolument fixés au sol. Très bien… Jetant un regard au serpent, Severus plongea une main dans sa poche, touchant quelques fioles avant d’en effleurer une autre du bout des doigts, plus petite avec un bouchon en verre, une fiole qu’il savait opaque et en forme de diamant. Cet antidote-là n’était pas des plus simples à concevoir… Rogue l’avait travaillé pour améliorer celui donné à Arthur Weasley, il y a deux ans de cela, après qu’il ait été attaqué par Nagini dans le Département ds Mystères. Empêcher non seulement l’hémorragie mais aussi plonger la cible dans un état presque comateux afin d’obliger les muscles à se détendre au maximum pour accélérer la diffusion de l’antidote dans le corps entier et détruire le venin.Maintenant,si Nagini mordait trop, le problème allait être plus grave qu’une simple antidote à faire avaler.

Ce ne fut pas un éclat de lumière verte qui jaillit de la baguette du Lord mais un autre sortilège, faisant éclater une longue balafre sur la joue de l’enfant, le sang coulant aussitôt le long de son visage puis au sol, tâchant son uniforme et laissant une odeur amère et âcre s’élever dans la pièce. Au moins était-il toujours en vie, pour le moment. Le gamin à terre, Voldemort debout et penché au-dessus de lui, Cassidy toujours au même endroit à regarder le plancher, la scène était presque irréaliste, on aurait pu croire que tous deux n’étaient là qu’à attendre de se faire exécuter. Il y a des morts que le directeur de Poudlard ne pouvait pas éviter, comme celle de leur ancienne collègue d’études des moldus, ou bien d’autes encore. Sa main se serra un bref instant sur le flacon d’antidote puis le relâcha, prennat sa baguette qu’il sortit et replaça ses mains sderrière son dos, tenant son arme d’une main sûre. Bien évidemment, il n’avait aucune intention d’attaquer Voldemort, n’ayant, pas encore du moins, un tempérament suffisamment suicidaire pour en arriver à une confrontation directe. Ceci dit, il y avait d’autres manières d’agir pour protéger l’enfant, si le mage noir ne comptait pas l’achever tout de suite.

– Tu apprendras à respecter tes supérieurs…

L’ordre suivant en fourchelang rassura à moitié Rogue, au moins, le gamin allait vivre, c’était déjà cela de gagné. Il allait souffrir, soit, mais il vivra. Et le serpent ne mordit qu’une seule fois, ce qui rassura entièrement cette fois le directeur de Poudlard. Ça pourrait être bien pire, Voldemort connaissait de très nombreux sorts de magie noirs dont la majorité étaient plus terribles, pour ses victimes, que le sortilège doloris. Une douleur globale, même immense, était plus supportable que d’autres formes de souffrances… Des sorts dont chaque mangemort ou presque avait déjà eu droit à des démonstrations, soit sur eux-mêmes après avoir commis une erreur, soit sur des victimes du Lord. Des sorts dont seule Bellatrix et quelques autres cinglés parvenaient à supporter et à s’en délecter, à en rire même, tandis que les autres priaient pour ne jamais les subir à leur tour. Lorsque Voldemort s’écarta, Rogue jugea rapidement la morsure à la jambe d’Elyas, largement ouverte et dont le sang s’écoulait. Ce venin empêchait la plaie de cicatriser, y compris par des moyens magiques, seule l’antidote permettait de stopper l’hémorragie puis de détruire les toxines ayant envahi le sang. « Vide ton esprit… » Dans la pratique, le sortilège Imperium se rapprochait de la légilimancie, ne demandant en plus qu’une volonté plus exacerbée de contrôle et un plus grand pouvoir. Or, du pouvoir, il en possédait, désormais.

Severus lança le sortilège de l’Imperium une fois l’attention du Seigneur des Ténèbres revenue vers la jeune femme, prenant le contrôle tout entier du gamin. Juste au moment où sa baguette avait curieusement commencé à crépiter, tiens donc… Rogue l’obligea à se calmer, sans l’empêcher de gémir pour ne pas attirer l’attention, puis à déchirer sa robe de sorcier avec sa baguette pour en serrer ensuite les pans aussi fort que possible sur la plaie afin de stopper au maximum l’écoulement du sang. L’erreur à ne surtout pas commettre, vouloir au contraire provoquer une saignée dans l’espoir de faire sortir le maximum de venin. Ce truc qui pouvait fonctionner avec une morsure classique de serpent était à éviter face à cette bête-là. Renforcé par la magie noire, le venin de cette bestiole se propageait très vite dans tout le corps et ses toxines s’accrochaient comme des serres aux muscles et aux nerfs, inutile d’aider d’autant plus le corps à perdre du sang, ça n’amenait qu’à la mort. La voix froide de Voldemort résonna dans la la pièce pour ordonner à Rowle de relever la tête, juste au moment où Severus agita sa baguette pour que le gamin de son ancienne maison fasse des nœuds plus serrés autour de sa jambe avec d’autres pans de sa robe. Il sera sans aucun doute incapable de marcher et souffrira durant des jours de quelques soucis sir la circulation du sang était bien coupée dans la jambe et atrophiée du même coup pour le reste du corps mais un problème à la fois.

– Es-u capable d’utiliser les sortilèges impardonnables ? Et quel est ton niveau de duel ?

Très bien… Elyas allait passer pour un faible ou un crétin, voire les deux, enfin tant pis, dommage collatéral. Peut-être cela lui évitera-t-il de recevoir la marque des ténèbres… Rogue l’obligea à simuler une sorte de crise de folie soudaine, due à la propagation du venin, s’arrangeant pour qu’il y mette le plus de cœur possible, au point d’en énerver le seigneur des ténèbres qui, Rogue le savait, était très vite agacé de ce genre de comportement chez ses victimes. Severus s’avança et déclara d’un ton respectueux qu’il s’en occupait, comme le parfait serviteur se chargeant d’un problème gênant pendant que son maître vaquait à des affaires plus importantes. Tirant le gamin au sol par le bras pour le soulever et le faire tenir debout par sa jambe valide, il coupa l’imperium, tournant le dos aux deux autres, puis déboucha la fiole pour en faire boire le contenu à Elyas, lui fourrant dans la bouche sans qu’il n’ait le temps de protester ou dire quoi que ce soit. Il lui fit tout avaler, jusqu’à la dernière goutte, car même si la dose était sûrement trop forte pour un enfant de cet âge et ce poids, mieux valait pour lui qu’il ne soit plus en état de répondre n’importe quoi. Rogue laissa retomber la fiole dans sa poche, prenant le menton du petit avec sa main libre pour l’obliger à le regarder dans les yeux.

– Maintenant, vous la fermez, compris ? murmura-t-il d’un ton très bas.

Il laissa retomber le mioche au sol, espérant qu’il avait bel et bien compris, cette fois. Retourner à Poudlard en petits morceaux mais bien vivant sera toujours mieux que de la ramener allongé sur une civière sous un drap blanc. Il avait songé à le faire sortir, mais laisser Cassidy toute seule face au Lord… Laissant le gamin sur place, Severus s’écarta de quelques as, préférant garder un œil sur les deux.

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MessageSujet: Re: [3 Octobre 1997] La Marque des Ténèbres Sam 19 Nov 2016 - 0:45

[ 3 Octobre 1997 ] La Marque des Ténèbres


Feat Voldemort, Severus et Cassidy

Oups... Elyas se rendit compte de sa '' petite '' erreur un peu trop tard, il avait simplement voulu retarder au maximum sa confrontation avec Lord Voldemort... Allait-il finir entre quatre planches ? Il n’eut le temps que de se faire cette réflexion et de blêmir soudainement avant de se retrouver au sol, tendu, sous l'emprise du sortilège Doloris. Il s'était aussitôt écroulé, secoué de spasmes, s'ordonnant mentalement au silence. Ceux de son père étaient bien inférieurs au niveau de la douleur qu'il ressentait à présent, que ce qu'il subissait en ce moment même. Il faisait de son mieux pour ne laisser passer aucun son d'entre ses lèvres à cet instant closes. Sa résistance se défilait, s'amenuisait rapidement alors que la souffrance s’emparait de son corps tout entier et explosé dans son crâne. Les dix premières secondes furent insoutenables pour le serpentard et il dut mordre violemment sa joue pour retenir quelques secondes supplémentaires les cris qui menaçaient désespérément de sortir de sa gorge. Le goût ferreux du sang sortant de sa blessure emplit sa bouche détournant quelque peu son attention pour une très brève durée. Très vite, il ne put se restreindre d'avantage et passer outre ses nerfs, ses muscles qui subissaient, demandant la fin de ce calvaire. Elyas laissa donc finalement sa douleur s'exprimer et s’extérioriser de façon plus qu'explicite malgré ses vaines tentatives pour se reprendre.

Néanmoins, aucune larme ne franchit le seuil de ses yeux. Cela faisait bien longtemps que l'adolescent ne savait plus comment en avoir ayant compris, à la force des choses, que s’apitoyer sur son sort ne servait strictement à rien et que les pleurs n'amenaient qu'à plus de supplice. Il m'implorait ni grâce ni pardon gardant un minimum de fierté dans la délicate position où il se trouvait et n'en ayant ni la possibilité ni la volonté d'ailleurs. Le cinquième année avait l’impression que la torture durait depuis des heures... Sa conscience du temps s'étant faite déficiente sur le coup. Alors que le sort se stoppa enfin, au bout de quelques minutes à peine, le Seigneur des Ténèbres approcha dans sa direction délaissant sa cousine qui devait certainement mieux respirer. Il tremblotait encore, les effets secondaires du sortilège agissant toujours après coup physiquement. Le jeune homme essaya de récupérer avec difficulté un souffle plus calme, celui-ci étant erratique, sa silhouette prostrée par-terre. Il frissonna légèrement d'appréhension, déglutissant lorsque le sorcier désormais à quelques pas de lui leva à nouveau sa baguette. La blessure infligeait sur son visage, bien que fine, tira une grimace de souffrance sur son visage où quelques perles de sueurs coulaient. Il sentit le liquide précieux s'en échapper lentement, ne pouvant en aucun cas le retenir dans l'état où il était.

'' Tu apprendras à respecter tes supérieurs… ''

Elyas détestait tellement le dernier terme employé. Lui qui pensait pouvoir obtenir un minimum de liberté une fois sa majorité atteinte, eh bien ça ne serai pas pour tout de suite... La fin des paroles était prononcée dans une langue qu'Elyas ne comprit pas et il sursauta lorsqu’il sentit les crocs de Nagini pourfendre la chaire de sa jambe droite. Il se raidit en sentant le venin du serpent s'inviter dans son sang sans avoir demandé au préalable sa permission. Il pourrait maintenant assimiler à l'avenir que ses sifflements en particulier encourageaient gentiment le reptile à participer également aux réjouissances. Un peu de sarcasme intérieur ne pouvait pas faire de mal à Elyas vu le pétrin dans lequel il se trouvait actuellement. Seul point positif, son '' supérieur '' ne s'occupait désormais plus de lui... Il allai devoir agir rapidement s'il ne voulait pas mourir aussi pitoyablement ici. Le serpentard n'était pas naïf, il se doutait que ce qu'il venait de recevoir était bien loin de ce dont le mage noir était réellement capable d’exécuter. Il y avait bien pire que les impardonnables et la morsure d'un serpent pour blesser et détruire la vie de quelqu'un, bien plus douloureux. Une sensation singulière, familière pour l'adolescent, montait petit à petit dans son être. Lorsque l'élève se trouvait en danger de mort imminente et que beaucoup d'émotions négatives s'accumulaient en lui, sa magie avait une forte tendance à vouloir se manifester de manière agressive pour protéger son porteur des menaces environnantes. Si Elyas se souvenait bien, la dernière fois où un tel phénomène s'était produit, il s'était retrouvé envelopper dans une sorte de bulle protectrice que sa magie avait créée, une sorte de dérivée du protego. Il avait d'ailleurs dû rester plusieurs jours voir semaines alité, à se reposer, pour pallier la fatigue qui avait suivi l'acte d'auto-défense et l’épuisement magique qui allai avec. Cela se faisait progressivement, étape par étape. Déjà, il pouvait sentir sa baguette répondre inconsciemment à son état, crépitant pour le moment doucement pour monter en crescendo au fur et à mesure.

Le jeune homme avait toujours eu un lien étrange, personnel avec sa magie. Il ne faisait qu'un de corps, de cœur et d'âme mais en même temps, elle était une entité à part, maternelle, en qui Elyas pouvait éternellement croire et aimer. Il lui arrivait également de sentir et de voir sa présence sous une forme féminine dans son esprit avec les années. Il faisait tout son possible pour la préserver et pouvait passer des heures en sa compagnie. Et sa magie, elle, le protégeait comme une mère le faisait avec son enfant. Il était cependant bien trop affaibli pour survivre à coup sûr si elle décidait d'intervenir sur-le-champ puisqu'elle le faisait même s'il n'était pas assez en forme pour accomplir l'acte, cherchant avant tout à annihiler les dangers extérieurs. Et lui, il ne savait pas encore comment enrayer la réaction pour l'arrêter, la stopper. Elyas fut déstabilisé dans ses pensées par une intrusion qui lui rappelait très bien un certain sort magique. Ses yeux cherchèrent la source de cette action et lorsqu'il vit qu'elle provenait du directeur, il n'opposa aucune résistance. Si celui-ci lui avait voulu du mal, il aurai pu s'en donnait à cœur joie bien avant. Le Rowle lui faisait suffisamment confiance au point que sa magie était allée dans son sens, s'apaisant, sachant que Rogue semblait parfaitement savoir dans quoi il s’engageait. L'esprit brumeux, calmé, Elyas déchira un par un des morceaux de sa robe de sorcier pour en faire des bandages et garrots. Quel gâchis... Adieu joli vêtement. Il en posa au niveau de son visage en compressant bien les bouts sur la plaie et serra, avec le plus de force possible lui restant, celle de sa jambe. Des gémissements à moitiés étouffés se faisaient parfois entendre alors qu'il s'activait sur ses blessures, quelques tremblements se rappelant à son bon souvenir de temps à autre. Il ne contre-attaqua pas l'ordre suivant bien qu'il le trouvait affreusement ridicule. Il convulsa doucement pour commencer puis de plus en plus fort. Progressivement, les gémissements se transformèrent en quelques cris perçants avant de finir en rire hystérique alors qu'il se tirait durement les cheveux vers l'arrière. Après tout, les symptômes des crises de folie étaient nombreux, très variés et spécifiques à chaque personne alors autant y mettre du cœur avec classe.

Il se releva péniblement avec l'aide de Rogue plus ou moins, une grimace d’inconfort jouant sur ses lèvres dans un rictus. Comme par hasard s'était sa jambe d'appui qui se retrouvait totalement hors course. Lorsque le potionniste annula l'impérium, Elyas allait le remercier à voix basse mais il n'en eu pas l'occasion une fiole contenant un liquide lui étant directement versé dans le gosier. Il n’eut d'autre choix que d'avaler aussitôt et complètement le produit administré. Le directeur de Poudlard lui releva la tête afin que leur regard se croise avant de lui faire pare, dans un murmure, de bien vouloir fermer le joli organe lui permettant de converser avec autrui. Elyas acquiesça d'un léger mouvement, ce n'est pas comme s'il était capable de pouvoir balancer des sorts à tout bout de champs à travers la pièce, étant vraiment épuisé. Il retomba lourdement au sol lorsque l'adulte le lâcha mais l'élève n'en fit pas cas se positionnant de façon à ne pas se retrouver dos face à tous. Silencieux, le regard rivé vers le sol, il attendait la suite des événements prêt à avoir recours à son second plan si jamais il n'avait vraiment pas d'autre alternative. Il aurai tout donné pour pouvoir se poser dans un coin, loin des autres, afin de se soigner tel un animal blessé et pouvoir ainsi analyser tout ce qui se passait tranquillement, sans pression. Il était finalement encore en vie et entier, en sursis mais pour combien de temps...
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MessageSujet: Re: [3 Octobre 1997] La Marque des Ténèbres Sam 19 Nov 2016 - 20:06

Un cœur pouvait-il tomber en panne ? Brusquement, sans préavis ? Un petit arrêt cardiaque, juste histoire de dire " Vas-y qu'est-ce-que tu fous, pourquoi tu vis trop de trucs de m*rde comme ça ? Continue sans moi, j'me casse. ". Elle était réellement en train de faire un arrêt cardiaque. Des battements sourds, semblant ralentir un peu plus tandis que les minutes glacées s'envolaient, d'une intensité peu commune, faisaient vibrer sa cage thoracique d'une manière véritablement douloureuse. Un cœur terrifié, ne demandant qu'à sortir de sa poitrine, et à se barrer en courant - oui, mesdames et messieurs, en courant. Quitter ce monde glauque, cette atmosphère morbide pour un monde meilleur. Pensées idylliques. Ses iris turquoises figées sur le serpent, Cassidy retenait sa respiration tandis que sa pensée ne se fixait que sur le rythme irrégulier des gouttes de sang tombant des crochets de Nagini. Une petite flaque tâchait désormais le carrelage ; l'accumulation des gouttelettes d'hémoglobine avait fini par créer une tâche plus imposante et plus foncée - presque noirâtre - , à quelques centimètres de ses bottines bleutées. La jeune femme sentit la nausée l'envahir, réprima de justesse un haut-le-cœur et ferma un instant les yeux, se forçant une nouvelle fois à approvisionner ses poumons en oxygène, réflexe instinctif qui n'en était plus un en cet instant précis. Ne pas vomir, ne pas vomir, ne pas vomir.. Le comptage compulsif de la jeune femme venait de s'interrompre, au profit d'une pensée passagère un peu plus élaborée - mais tout aussi défensive.

Le sang. Automatiquement, son esprit s'était porté sur ce dernier dégoulinant des crochets du reptile, comme pour la mettre à l'épreuve, une fois de plus. Une boucle. Une répétition infernale d'un traumatisme initial non assimilé, puisque non représenté et jamais évoqué. Rien ce la simple évocation de ce mot, ou même la simple représentation mentale de celui-ci, suffisait à la faire vaciller. Une faiblesse. Sa faiblesse. Liée à un traumatisme enfoui au plus profond d'elle-même qu'elle n'avait jamais évoqué à personne, et dont son père, principal acteur de la scène macabre dont elle avait été la victime, n'avait jamais parlé de son côté également. Un silence commun. Un secret macabre et pervers partagé entre le père et sa fille. Dans tous les cas, en la présence de l'hémoglobine, la blonde devait lutter encore plus que de coutume afin de parvenir à conserver ce contrôle qui - dans des cas comme celui-ci - lui était salutaire. Autrement, elle aurait déjà été à genoux, en train de vomir tripes et boyaux aux pieds du Seigneur des Ténèbres, qui n'aurait sûrement pas apprécié cette délicate attention. Pour le moment, Cassidy rouvrait lentement les yeux, la respiration calmée. Elle parvenait à gérer. Lentement, elle déglutit et son regard se posa de nouveau sur l'énorme reptile dont elle préféra compter les écailles cette-fois, à défaut des gouttes de sang de son dernier repas. Retour au mode de pensée initial, extrêmement pauvre et terriblement défensif. D'abord immobile, Nagini finit par bouger la tête, et se redressa légèrement, lâchant un sifflement parfaitement sinistre. Imperturbable, la blonde ne le lâcha pas du regard, ce dernier restant parfaitement concentré. Le sang était clivé de son esprit. A chacun sa stratégie de défense psychique, elle avait sélectionné le clivage salvateur, indispensable pour lui permettre de tenir bon et de ne pas s'écrouler - du moins, de rester debout jusqu'à ce que le mage noir décide lui-même de la mettre à terre. Ek, do, teen, tchàr, paanch, chai... Cette fois, le rythme - qu'elle contrôlait - était régulier. Dans un mouvement de synchronisation et de parfaite résonance, sa respiration vint se calquer sur celui de sa pensée automatique. Ek... Inspiration. Do... Expiration. Bien. Maintenant, elle respirait de nouveau correctement. Effet de diapason. Ce n'était plus qu'une question de minute afin que son rythme cardiaque ne redevienne normale. Lentement, Cassidy remua une fois de plus ses doigts graciles et les ramena au creux de ses paumes. Glacés. Ils étaient encore complètement raides et figés par le froid qu'elle avait intériorisé. Son poignet droit, cassé au cours du mois de Septembre, fragilisé dans sa consolidation par Lacroix et Holbrey le 26, était verrouillé. Das, gyaaraa, baaraa, teraa, chaudaa... Indéniablement, le rythme était beaucoup plus régulier.

Soudain, entre ses longs cils noirs, la jeune femme distingua un mouvement imperceptible de la part du mage noir qui était toujours aussi proche d'elle. Des épaules se détournant légèrement d'elle. Une rotation presque souple en direction d'Elyas. Merlin... Quelque chose lui disait que pour avoir suscité un tel intérêt soudain, et pour avoir été jusqu'à provoquer un détournement du mage noir de sa personne, son cousin avait fait fort et n'était désormais plus en bonne posture. Son " Assurément " allait lui coûter cher... Assurément. Tranquillement, le Seigneur des Ténèbres sorti sa baguette de sa robe noire et dans un geste que la jeune femme ne fit que deviner en raison de son regard clair toujours braqué sur la bestiole, visa Elyas.
Endoloris. Un mot. Un seul. Regorgeant d'une puissance terrifiante et d'une force insoupçonnée. La douleur. Relative à chacun, certains mettaient plus de temps que d'autres à céder, au delà de l'aspect purement scolaire de l'entrainement. Les hommes étaient de base, inégaux devant la douleur, toutefois, soumis à ce sortilège, tous finissaient par céder à plus ou moins long terme. Comme des mouches, tous finissaient par tomber sur le sol, hurlant voire pleurant comme des enfants, offerts à leur bourreau, le corps dévoré par une souffrance inimaginable. Elyas lutta quelques secondes, le visage s'abord figé en une authentique grimace de souffrance, avant de s'écrouler à terre en hurlant, le corps secoué de spasmes incontrôlables.

Les cris de son jeune cousin lui vrillant les tympans, Cassidy, à défaut de pouvoir détourner la tête sans attirer l'attention du mage noir toujours à dix centimètres d'elle, utilisa sa vision périphérique. A terre, le Serpentard se contorsionnait sous la douleur insoutenable qui s'emparait de lui, lui enserrant les tripes et les muscles d'une main de fer, lui broyant les os de manière à les réduire en une simple poussière, toutefois, la jeune femme ne ressentait rien. Ni pitié, ni peur ne s'emparèrent d'elle. Lointaine, elle se contentait d'assister en spectatrice silencieuse et discrète, au spectacle macabre s'offrant à elle. Le Doloris... L'utilisation de ce sortilège impardonnable la ramena deux ans en arrière, et son regard paru se couvrir d'un voile de brume grisâtre. Elle était partie, détachée de son enveloppe charnelle désinvestie. Insensible aux hurlements de douleur de son cousin. De la pitié ? Aucune. Si la jeune femme avait des difficulté à reconnaître ses émotions, en la présence d'un Rowle ces dernières équivalaient juste à une indifférence des plus froides. Une indifférence totale, sans la moindre faille. Il aurait pu mourir la bouche ouverte qu'elle n'en n'aurait strictement rien eu à faire. Les Rowle... Rien que ce nom les désignait comme des ennemis tous trouvés et venait réveiller en elle une cruauté digne d'une Mangemort. Peu lui importait leurs prétendues singularités, elle ne souhaitait pas les connaitre et ne voulait qu'une seule chose : s'éloigner d'eux. Aussi, voir Elyas se tortiller sur le sol telle une anguille asséchée hors de l'eau, ne suscita aucune compassion en elle. S'il était là, en tant que parfait petit Rowle sûr de lui, orgueilleux et prétentieux au possible, c'est qu'il l'avait voulu. Fils de Thorfinn qui l'avait élevé seul, il n'avait pas pu avoir un appui extérieur pour lui donner une autre chance de percevoir le monde. Condamné à l'étroitesse d'esprit propre aux Rowle, il avait à ses yeux le même titre qu' Aloïs, son demi-frère. Cassidy ne cilla même pas, habitée par une profonde indifférence. Elyas n'avait jamais éveillé le moindre intérêt en elle depuis qu'elle le connaissait et ne méritait même pas sa haine.

Lentement, bien trop lentement à son goût, le mage noir s'écarta d'elle et s'éloigna en direction du jeune adolescent, lui permettant de récupérer son espace vital et de finaliser la mise au point sur sa respiration. Instantanément, les muscles de la blonde se relâchèrent quelque peu, et tandis que le serpent aux crochets sanglants s'éloignait également, laissant tomber une goutte de sang venant tâcher ses bottines, la pensée de la Rowle retrouva son indépendance. Alors qu'elle aurait voulu reculer de quelques pas afin de mettre de la distance entre elle et le sang déposé à ses pieds telle une offrande morbide, elle se força à ne pas bouger d'un cil, ne souhaitant donner strictement aucune raison au Lord de la réprimer. L'heure était au contrôle, pur et dur. Il fallait qu'elle survive. Pourquoi ? Parce qu'elle l'avait promis et que l'heure de la vengeance et de la chute du masque n'avait pas encore sonné. De nouveau, l'odeur du sang revint lui chatouiller les narines, la forçant à détourner ses iris tourmaline vers l'origine de ces effluves âcres et métalliques. Son estomac - heureusement vide - se noua avant de se contracter violemment à la vue du sang encore tiède qui se répandait sur le sol. Elyas, le visage balafré par une profonde entaille était étendu sur le sol, en bien mauvaise posture.

« Tu apprendras à respecter tes supérieurs… »

Un ordre suivit, claquant dans les airs comme un coup de fouet. Une espèce de long sifflement totalement inhumain d'entre les lèvres pâles du mage noir et aussitôt, le serpent se dressa - comme possédé par l'odeur du sang - et se jeta sur l'adolescent toujours étendu sur le sol. Ses crochets poisseux virent se planter profondément dans la jambe droite d'Elyas, dont le visage déjà livide se contracta une fois de plus sous l'effet de cette nouvelle douleur liée à la fois à la morsure et au venin qui devait déjà se propager dans son organisme. Le visage impassible, l'apprentie assistait à la scène de torture, complètement insensible à ce qui était en train de se dérouler sous ses yeux. Une véritable horreur, personne ne méritait un tel traitement, pourtant, la jeune femme se tenait toujours aussi droite, incapable d'éprouver ne serait-ce qu'une esquisse de compassion pour son jeune cousin qui devait probablement souffrir le martyr. Aurait-elle été en mesure de ressentir de la pitié si la victime avait été quelqu'un d'autre ? Une personne à laquelle elle tenait ? Probablement... Mais ces possibles sentiments auraient été relégués en arrière plan, derrière le clivage émotionnel mis en place par son esprit pour se protéger. Une stratégie de défense dont elle avait tellement l'habitude qu'elle n'avait même plus à se forcer afin d'être en mesure de l'utiliser correctement.

Lorsque Cassidy aperçu l'esquisse de mouvement du Seigneur des Ténèbres, son regard vert d'eau entièrement vide bascula aussitôt sur le sol dans sa position initiale, contemplant désormais ses chaussures aux boutons dorés, à défaut d'un serpent. Un bouton, deux boutons... Il était revenu face à elle. Certes, positionné cette fois un peu plus loin, mais le danger n'en était pas moins grand. De sa voix glacée, il lui ordonna de relever la tête. Ordre express, direct. Un clignement de paupières, et la voilà qui obéissait, relevant les yeux vers celui qui s'était improvisé comme son interlocuteur. Pour la toute première fois, leurs regards se rencontrèrent. Allait-il tomber dans le vide du sien ? Prunelles turquoises contre iris rougeâtres. Le duel aurait été parfait si c'en avait été un, toutefois, dans la situation présente, le regard de la jeune femme n'avait rien de provoquant. Aucun défi ne venait allumer l'éclat de ses iris. Rien. Juste une obéissance totale et un respect silencieux. Allait-elle s'écrouler à son tour à ses pieds, soumise à la puissance d'un sortilège de magie noire ? Pendant qu'elle avait regardé son cousin, elle s'était mentalement préparée à cette éventualité. Une erreur était si vite arrivée ; un clignement de cils en trop, une réponse trop assurée, ou au contraire trop peu... Tous les prétextes étaient bons pour la mener à une séance de torture. Il y avait de grandes chances qu'elle finisse par y passer. Le but était maintenant de tout faire pour retarder un maximum le moment, voire tenter de l'éviter. Autorisée à le regarder, Cassidy se força à conserver une respiration tranquille et de mettre de côté l'idée qu'elle pouvait mourir en un claquement de doigts afin de ne pas se retrouvée littéralement paralysée par l'angoisse. Elle devait convaincre, elle n'avait pas le choix. Ne penser à rien. Ni à sa terreur, ni à sa haine dévorante. Ni à la marque. Rien. Prendre les choses une à une. Pour le moment, elle devait adapter son regard, son langage non verbal. Premier contrôle. Une posture droite, les bras reposant le long de son corps. Ne surtout pas les nouer dans le dos ; cela risquerait de passer pour du défi. Il la détaillait, elle en était certaine. Visage féminin impassible quoiqu'un peu pâle, regard levé mais respectueux. Rien de lui échapperait. Intérieurement, la Rowle remercia son père pour avoir été involontairement celui face auquel elle avait pu s’entraîner durant toutes ces années à revêtir ce masque de scène.

« Es-tu capable d’utiliser les sortilèges impardonnables ? Et quel est ton niveau de duel ? »

Mesdames et Messieurs, approchez, approchez, la pièce de théâtre va bientôt commencer. Maintenant que le contrôle corporel était acquis, un second était nécessaire : Celui de sa pensée, et par conséquent, celui du langage verbal, parce que oui, il allait falloir qu'elle parle et abandonne le silence protecteur dans lequel elle s'était réfugiée, c'était désormais inévitable. Il ne s'était ni adressé à Rogue, ni à Elyas, pas même à son immense serpent. Non. Ces deux questions venaient l'interroger, elle ; Cassidy Rowle, fille d'Andreas Rowle et d'une mère dont personne - pas même Thorfinn - n'avait jamais entendu parler. Elle ne possédait que peu de temps pour choisir non seulement ce qu'elle allait lui donner comme réponse, mais également la façon dont elle formuler ses idées. Pourtant habituée à ce genre de choix, face au Seigneur des Ténèbres, celui-ci lui paru soudain beaucoup plus complexe que d'habitude. L'enjeu était tout autre.

Réfléchis Cass', et vite. Si la jeune femme avait bel et bien une qualité indéniable, qui parfois se retournait contre elle, c'était sa capacité à la réflexion. Anticiper, contrôler, utiliser son cerveau de manière adéquate. Toutefois, la situation présente la forçait à mêler la rigueur - qu'elle connaissait comme une sœur - à l'imprévisibilité de la situation, autrement dit, la souplesse. User de la rigueur dans une situation imprévue... Une situation d'urgence. L'éclat de ses yeux se raviva soudainement, illuminant ce dernier d'une lueur nouvelle. Elle avait trouvé comment faire afin d'éviter de se planter de manière trop magistrale. Il fallait qu'elle parvienne à prendre cette situation comme un exercice. Un simple exercice. Un second cours particulier organisé par Severus Rogue, bien qu'il ne soit pas question de potions. Cela lui permettrait de prendre de la distance par rapport à ce qu'elle vivait, et de mettre de côté sa peur afin de se concentrer au mieux. Lentement, la jeune femme inspira, se mettant en condition. Lors de son voyage en Sibérie, elle avait du préparer une potion totalement inconnue, au milieu d'un combat. Pour ce faire, elle avait été contrainte de mêler rigueur afin de ne pas tout faire foirer, et souplesse, notamment pour éviter les sortilèges et protéger le gamin.
Contrairement à Elyas qui avait répondu du tac au tac, Cassidy s'accorda donc quelques secondes de réflexion, jugeant que cette dernière - si elle n'était pas trop longue, et donc soupçonnable - ne serait pas perçue autrement que comme un atout. Une future Mangemort apte à utiliser son cerveau pour autre chose que torturer, voilà qui pouvait la distinguer des autres, et peut-être lui éviter de finir sur le sol au bout de dix secondes. Pendant quelques secondes, une multitude de possibilités, d'idées lui passèrent par la tête, venant se refléter dans l'iris miroitant de ses yeux clairs. Que dire ? Que taire ? Fallait-il vanter certaines de ses qualités au risque de finir sur le sol ? Privilégier le court et le concret ? Mentir ? Comment devait-elle s'adresser à lui ? User du " Maître " alors qu'elle ne faisait pas encore partie de ses rangs ? " Monseigneur " ? Elle grimaça intérieurement. Il risquait de croire qu'elle se foutait de sa tronche, c'était trop. Trop pompeux. Trop risible. User de la tournure impersonnelle afin d'éviter tous ces désagréments ?

Elle n'avait plus de temps. Au delà de cette limite, elle finirait par terre. Porter un nom appartenant aux Vingt-huit Sacrées présentes dans le Registre des Sang-Pur rédigé par Teignous Nott dans les années 1930, ne la protégeait visiblement pas si elle se fiait à ce que venait de subir Elyas. Lentement, les lèvres rosées de l'apprentie se décollèrent, et sa voix s'éleva. Ferme et claire.

« Je suis capable d'utiliser le sortilège Doloris, j'ai... - Elyas hurla, pris par une véritable crise de démence, mais elle ne s'interrompit pas -... déjà été amenée à le faire il y a deux ans. Pour les deux autres, bien que je les connaisse en théorie, je ne les ai encore jamais utilisés puisque je n'ai pas encore eu l'occasion de m'impliquer réellement dans la guerre, mais je n'aurai aucun scrupule à le faire le moment venu. Lorsque l'on s'inscrit dans une cause telle que celle-ci, il faut avoir conscience de ce que cela implique, et je le sais. »

Elle ne mentait pas. Non, elle ne transformait même pas la réalité. Il s'agissait de la vérité, pure et dure. Aucun faux-semblant, elle était vraie. Cassidy se savait en effet capable d'utiliser le sortilège Doloris. Elle le maîtrisait à son plus grand dam, son père l'ayant forcée à l'utiliser sur l'un de ses anciens fournisseurs qui avait eu la bien mauvaise idée de tenter de le rouler sur la qualité des ingrédients qu'il lui avait commandé. Cet homme qu'elle ne connaissait pas lui avait servi de cobaye, littéralement. Ses débuts avaient été hésitants - trop hésitants pour satisfaire Andreas qui avait fini par lui lancer le sortilège. Et là, Cassidy avait compris. Compris qu'une telle douleur ne pouvait être infligée correctement que si l'attaquant souhaitait réellement la souffrance de l'autre, sans aucune once de pitié ou d'autre sentiment venant affaiblir le sortilège. Pour y arriver, elle allait devoir perdre toute once d'humanité, et s'appliquer à la tâche, en laissant sa conscience de côté. Une somnambule, une personne sous Impero. Voilà comment elle devait être pour être apte à jeter ce sortilège. Au bout de plusieurs essais, sa technique s'était améliorée, et son âme, envolée.

Alors qu'elle allait répondre à la seconde question, le directeur de Poudlard s'avança et déclara d'un ton étrangement respectueux qu'il se chargeait d'Elyas qui hurlait toujours sur le sol, désormais en proie à une crise de rire hystérique. Lentement, les iris clairs de la blonde se posèrent sur celui qui avait accepté d'être son professeur et qu'elle ne comprenait pas vraiment. La protégeait-il pour avoir déclaré qu'elle partageait les idéaux familiaux ? Avait-il réellement pénétré son esprit ? Alors que Severus Rogue se détournait pour aller s'occuper d'Elyas, elle capta ses onyx sombres durant une fraction de seconde, mais cela lui suffit pour comprendre qu'elle ne devait pas se déconcentrer et laisser son esprit partir dans des questionnements hasardeux. Le cours particulier n'était pas fini.

« J'ai effectué ma scolarité à l'Académie de Sïkhanéjadu, en Inde, avant de venir poursuivre mes études de potionniste au Centre de Formation. Là-bas, nous avions des cours obligatoires de duels, pas comme à Poudlard où il n'y a qu'un club facultatif. Mon niveau est plutôt bon puisque j'ai obtenu un Optimal à mes ASPIC ; le système d'évaluation Oriental s'étant unifié à celui du monde Occidental. Cela relève bien entendu d'une dimension purement scolaire, mais lors de mon examen pratique, j'ai envoyé l'élève qui me faisait face, à l'hôpital. »

Sans quitter le mage noir des yeux, l'étudiante replaça une mèche de cheveux derrière son oreille, faisant doucement tinter les quelques fioles présentes dans les poches de sa cape. Elle arrivait à parler clairement, et avait repris l'entièreté du contrôle sur elle-même. Un entretien d'embauche, il ne s'agissait que d'un bête recrutement pour un poste quelconque, n'est-ce-pas ? D'elle-même, Cassidy avait décidé d'évoquer sa scolarité passée, puisque cette dernière était indéniablement liée à ce qu'elle était maintenant et à ses capacités. Ne pas le faire aurait fini par la piéger, tôt ou tard.

« En Inde, contrairement à Poudlard, nous avons appris dès la troisième année à n'utiliser quasiment que les sortilèges informulés, puisque le Ministère de la Magie Hindou avait jugé bon de pouvoir nous aligner sur le modèle occidental qui était en plein essor. Valoriser les sortilèges informulés permettait aux élèves de se défaire de la barrière de la langue, et de leur faciliter l'apprentissage futur des sortilèges occidentaux. Par conséquent, j'ai pour habitude de n'utiliser quasiment que les sortilèges informulés, hindous ou anglais. »

Les Sortilèges informulés étaient en effet plus complexes à maîtriser en raison de l'importance de la concentration et de la force mentale qu'ils exigeaient du sorcier désirant les maîtriser. Toutefois, l'Académie hindoue visait l'excellence depuis toujours, et ne gardait que les élèves les plus méritants en effectuant plusieurs sélection indirectes au fil des années. Si Cassidy avait été une élève exemplaire, seule l'histoire de la magie avait provoqué quelques ratés dans son parcours scolaire, la jeune femme étant définitivement et profondément allergique à cette matière.

Retour au calme angoissant. Immobile, toujours aussi droite et pâle, elle avait fait le tour des questions posées, comme si le Seigneur des Ténèbres n'avait été qu'un recruteur lambda. Elle s'était vendue subtilement, ni trop, ni pas assez. Sa respiration s'était faite tranquille, son ton calme et déterminé, sans que son discours ne se teinte d'un orgueil insultant. Désormais silencieuse, et donc de nouveau en proie à la passivité, la jeune femme sentit la tension remonter d'un cran tandis qu'elle reprenait conscience de l'identité de son interlocuteur, et de ce vers quoi cet entretien improvisé tendait. Une marque, une entrée dans les rangs. Tout ce qu'elle avait cherché à éviter en poursuivant ses études supérieures. Bien qu'elle mourrait d'envie de rompre le contact visuel avec le mage noir, Cassidy se força à conserver son regard clair sur lui afin de ne pas paraître irrespectueuse. Les dés étaient lancés. Les premières dix minutes étaient désormais passées. Tiendrait-elle encore débout ? Le sort n'était plus entre ses mains.

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Le pessimiste se plaint du vent, l'optimiste espère qu'il va changer, le réaliste ajuste ses voiles.

Crédit - Joy
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SEIGNEUR DES TENEBRES
    SEIGNEUR DES TENEBRES
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MessageSujet: Re: [3 Octobre 1997] La Marque des Ténèbres Ven 25 Nov 2016 - 21:52

- Je suis capable d'utiliser le sortilège Doloris, j'ai... déjà été amenée à le faire il y a deux ans. Pour les deux autres, bien que je les connaisse en théorie, je ne les ai encore jamais utilisés puisque je n'ai pas encore eu l'occasion de m'impliquer réellement dans la guerre, mais je n'aurai aucun scrupule à le faire le moment venu. Lorsque l'on s'inscrit dans une cause telle que celle-ci, il faut avoir conscience de ce que cela implique, et je le sais.

Vraiment ? Voldemort eut un léger rictus sarcastique, sans s'occuper le moins du monde du mioche qui s'était à présent mis à hurler au sol de toute la force de ses poumons, bien que ce fait ait tendance à l'agacer, il détestait que ses victimes crient ainsi sans "permission", soit toutes seules lorsqu'il n'était pas occupé à les martyriser. Ne pouvait-il donc souffrir en silence ?! Il ne s'en préoccupa tout de suite, il ne tuera ce gamin que toute à l'heure, s'il ne se taisait pas, une fois qu'il se sera chargé du cas de la fille. Ce qu'elle affirmait avec un tel aplomb était particulièrement risible. "pas encore eu l'occasion de m'impliquer réellement dans la guerre", quelle idiotie, depuis quand fallait-il attendre la guerre pour rechercher le pouvoir par soi-même, tester des maléfices ou ses propres capacités ? Cette femme souhaitait peut-être qu'on lui envoie une invitation en bonne et due forme ? Se contentait-elle d'attendre les ordres et n'avait-elle jamais eut la volonté de manier au moins l'imperium pour son usage personnel et sa quête de pouvoir ? Et dire qu'il avait cru un instant avoir là un futur mangemort un peu ambitieux... Il fallait croire que cela devenait bien rare, de leurs jours. Entendant le gamin hurler de plus en plus fort, le mage noir eut un brusque geste d'agacement, prêt à le liquider dès à présent mais Severus s'avança avant et déclara qu'il s'en occupait. Humph... Qu'il s'en occupe donc si ça l'amusait. Reportant le regard sur la jeune femme, il s'avança de nouveau d'un pas, dévisageant les traits fins et iris clairs.

- J'ai effectué ma scolarité à l'Académie de Sïkhanéjadu, en Inde, avant de venir poursuivre mes études de potionniste au Centre de Formation. Là-bas, nous avions des cours obligatoires de duels, pas comme à Poudlard où il n'y a qu'un club facultatif. Mon niveau est plutôt bon puisque j'ai obtenu un Optimal à mes ASPIC ; le système d'évaluation Oriental s'étant unifié à celui du monde Occidental. Cela relève bien entendu d'une dimension purement scolaire, mais lors de mon examen pratique, j'ai envoyé l'élève qui me faisait face, à l'hôpital.

Il lui demandait son niveau de duels et elle lui parlait de cours dans son académie... Rien sur les combats extérieurs qu'elle avait pu mener au cours de sa vie, rien sur d'éventuels duels réels en de-hors des murs de son école, n'avait-elle donc jamais combattu sur le terrain, loin de la surveillance de professeurs ? N'avait-elle jamais eu de véritables ennemis à affronter ?! Son père l'avait-il si mal éduquée qu'il n'avait jamais cru bon de la faire affronter de véritables adversaires pour tester sa valeur ? L'excuse "Ce n'est qu'une femme" serait bien faible... On pouvait reprocher bien des choses au mage noir, cependant, personne ne pourrait l'accuser de dénigrer les compétences des femmes en magie ou en combat, il savait reconnaître la force en chacun, lorsque la personne en valait la peine. Véritablement la peine... Et cette fille, pour le moment, était comme une roche brute que personne n'avait songé à tailler pour en faire une personne compétente et prête à suer de toutes ses capacités. Aucune expérience sur le terrain, malgré son âge, ses origines, malgré qu'elle ait pourtant eu le meilleur environnement possible pour travailler sur cet aspect. L'éducation des jeunes Sangs-Purs n'était décidément plus ce qu'elle était. Cela dit, il y avait peut-être tout de même un moyen de palier à ce souci tout en s'assurant qu'elle avait véritablement les capacités nécessaires pour rejoindre les rangs des mangemorts. Si cette fille se révélait décevante, il la renverra à son père étendue raide morte entre quatre planches, si elle faisait l'affaire, elle intégrera les mangemorts, et si elle se montrait finalement comme être un pion de choix, elle pourra participer à des missions d'un niveau plus élevée que celles habituellement confiées à la majorité de ses mangemorts.

- En Inde, contrairement à Poudlard, nous avons appris dès la troisième année à n'utiliser quasiment que les sortilèges informulés, puisque le Ministère de la Magie Hindou avait jugé bon de pouvoir nous aligner sur le modèle occidental qui était en plein essor. Valoriser les sortilèges informulés permettait aux élèves de se défaire de la barrière de la langue, et de leur faciliter l'apprentissage futur des sortilèges occidentaux. Par conséquent, j'ai pour habitude de n'utiliser quasiment que les sortilèges informulés, hindous ou anglais.

Voyons voir... Voldemort ne répondit pas, laissant à nouveau le silence s'installer, tenant sa baguette magique entre ses mains comme s'il tenait un délicat petit oiseau prêt à prendre son envol. Il existait bien des façons différentes d'obliger une personne à donner tout ce qu'elle a dans le ventre et ainsi tester à la fois ses défenses et attaques, ses capacités, sa résistance autant physique que magique. Bien des façons plus ou moins drôles et distrayantes, or, aujourd'hui, le mage noir éprouvait comme une certaine envie de s'amuser. Une envie de pousser cette fille dans une épreuve et de l'observer, la juger, savoir si elle valait la peine qu'on s'intéresse à elle. L'idée lui vint au bout de deux minutes à repasser en revue quelques situations qui pourraient faire l'affaire et les personnes qui pourront y participer. Oui, il y avait de quoi improviser un petit spectacle intéressant... Marchant avec lenteur dans la longue pièce en réfléchissant, Nagini évoluant auprès de lui sans le quitter d'une semelle, il conçut le plan pour obtenir ce qu'il désirait, sélectionnant également les personnes qui allaient participer à cette charmante mise en scène. Revenant vers Severus, il lui dit de relever sa manche et appuya sur la Marque des Ténèbres sur son bras pour appeler deux autres de ses fidèles mangemorts. Moins d'une minute plus tard, Macnair et Bellatrix transplanaient dans la pièce, chacun dans son style. Le bourreau du ministère toujours droit, froid, avec un air distant et le regard éteint. Bellatrix pourvue d'un très large sourire ravi, sourire qui se transforma néanmoins en grimace furieuse et dégoûtée lorsqu'elle aperçut Rogue. Ce n'était pas encore le grand amour entre ces deux-là, comme c'était amusant.

- Ma chère Bella, j'ai besoin de tes compétences. Nous allons procéder à un petit jeu, avec ces deux jeunes Rowle ici présents. Va chercher Greyback et conduit-le au Maja e Korabit, dans la vallée.

Il reporta ensuite son attention sur ses deux futures victimes et leur dit que plutôt de longs discours ou vaines paroles, mieux valait tester leurs atouts sur le terrain, n'est-ce pas ? Tester tout d'abord leur capacité à échapper à leurs poursuivants et se repérer au plus vite dans un endroit inconnu, puis tester leur capacité en duel et enfin, s'ils étaient capables d'être intraitables envers de parfaits innocents. Voldemort continuait sa marche autour d'eux d'eux, comme un requin tournant autour de ses proies en attendant de décider quelle était la meilleure façon de les dévorer et à quel instant précis.

- Ce petit test se fera en coopératif... J'entend par là que si un seul des deux meurt en cours de route, le second sera aussitôt abattu. Vous allez être lâchés face à Greyback dans la forêt, si vous parvenez à vous en sortir tous les deux et quitter les bois avant qu'il ne vous blesse ou vous capture, vous remporterez cette première manche ainsi que le droit de vivre encore un peu. Emmène-les, Macnair, il est temps de débuter.

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MessageSujet: Re: [3 Octobre 1997] La Marque des Ténèbres Mar 29 Nov 2016 - 12:47

– J'ai effectué ma scolarité à l'Académie de Sïkhanéjadu, en Inde, avant de venir poursuivre mes études de potionniste au Centre de Formation. Là-bas, nous avions des cours obligatoires de duels, pas comme à Poudlard où il n'y a qu'un club facultatif. Mon niveau est plutôt bon puisque j'ai obtenu un Optimal à mes ASPIC ; le système d'évaluation Oriental s'étant unifié à celui du monde Occidental. Cela relève bien entendu d'une dimension purement scolaire, mais lors de mon examen pratique, j'ai envoyé l'élève qui me faisait face, à l'hôpital.

Si Rogue n’avait pas écouté le début de la réponse pour s’occuper d’Elyas, ce qu’il entendit cette fois faillit lui arracher une grimace. Elle était en train de lui déballer bien tranquillement son niveau d’études en cours de duel plutôt que de combats réels ou d’entraînement face à son père et d’autre ? Même le duel en Sibérie où elle avait eu une part d’action aurait pu être soulevé, dans le cas présent, c’était toujours cela de pris. Soit elle n’y songeait pas à cause du stress, soit elle n’avait jamais eu d’entraînement réel sur le terrain, et si cette seconde option était la bonne, son père avait alors commis un très grave manquement dans son éducation, un manquement qui deviendra dangereux à la fois pour lui et sa fille. Pour lui car il n’avait rien respecté des préceptes imposés par le Lord pour l’éducation des enfants de mangemorts, pour elle car elle avait tout à coup bien plus de chances de s’attirer la mauvaise humeur du mage noir et de mourir avant même d’avoir eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait. Tout comme elle risquait de ne pas pouvoir suivre les missions et épreuves imposées. Restait à savoir si le mage noir était capable de comprendre, et plus encore d’accepter, ce manque d’expérience due à la jeunesse. Peu certain… Severus restait parfaitement impassible en observant la scène, suivant les déplacements du mage noir et de son immense serpent, tout en vérifiant de temps à autre que le gamin avait bien saisi et se contentait de rester très sage et la boucler. Ce n’était franchement pas le moment de se faire remarquer.

– En Inde, contrairement à Poudlard, nous avons appris dès la troisième année à n'utiliser quasiment que les sortilèges informulés, puisque le Ministère de la Magie Hindou avait jugé bon de pouvoir nous aligner sur le modèle occidental qui était en plein essor. Valoriser les sortilèges informulés permettait aux élèves de se défaire de la barrière de la langue, et de leur faciliter l'apprentissage futur des sortilèges occidentaux. Par conséquent, j'ai pour habitude de n'utiliser quasiment que les sortilèges informulés, hindous ou anglais.

Le silence qui s’ensuivit était assez difficile à décrypter… Dans ces moments-là, Voldemort pouvait aussi bien vous approuver que vous assassiner sans crier gare. Heureusement, Cassidy avait compris toute seule qu’il lui fallait à présent se taire et ne pas oser lancer la moindre remarque. Et dire qu’à cette heure, l’un devrait être en train de faire semblant d’écouter unc ours à Poudlard et l’autre à se chager de sa thèses et ses recherches en potion… Au lieu de ça, ils se retrouvaient à jouer leurs vies sur la simple humeur d’un sorcier extrêmement dangereux qui tuait aussi aisément qu’il respirait. Pour s’être déjà retrouvé dans cette situation, quoi qu’avec des circonstances très différentes, Severus savait qu’un rien suffisait à énerver ou lasser le Lord, que ce soit un mot de travers, un regard qui ne lui plaisait pas, une attitude qu’il jugeait provocante. De longues minutes s’écoulèrent dans un silence presque total et assez dérangeant pour les nerfs avant que le Lord ne revienne vers lui en lui disant de relever sa manche. D’autres invités pour cette petite fête ? Il s’exécuta sans rien dire, restant impassible par la force de l’habitude lorsque le sorcier toucha la Marque des Ténèbres. Autrefois, il ne pouvait s’empêcher d’avoir un frisson de dégoût lorsque Voldemort touchait ainsi son bras, aujourd’hui, ça ne représentait plus rien. Très peu de temps après, le bourreau du Ministère et Bellatrix transplanèrent dans la pièce, cette dernière lançant aussitôt un regard dégoûté au directeur de Poudlard. Severus lui rendit un regard assez ironique en baissant sa manche de nouveau, sachant qu’elle se vexait d’être appelée en second. Une vexation qu’il trouvait d’autant plus drôle qu’elle était pourtant bel et bien la plus fidèle de tous les mangemorts réunis.

– Ma chère Bella, j'ai besoin de tes compétences. Nous allons procéder à un petit jeu, avec ces deux jeunes Rowle ici présents. Va chercher Greyback et conduit-le au Maja e Korabit, dans la vallée.

Décidément, Voldemort éprouvait un attachement certain pour l’Albanie… Bellatrix disparut aussitôt l’ordre lancé, dans un nouveau crac sonore, ne perdant jamais une petite seconde lorsqu’elle devait combler un désir de son très cher maître. De son côté, le bourreau attendait toujours ses ordres, le regard éteint, les bras le long du corps, avec un air assez ennuyé, sans que cela ne fasse provocation, ce n’était que son air habituel. Ce type était comme un volcan éteint qui attendait une mission et de l’action pour brutalement se réveiller dans toute sa cruauté. En-dehors des ces situations, il restait inerte et terne, suivant les ordres sans rien dire et ne se dressant jamais sur la route des plus puissants que lui. Un esprit de simple suiveur, comme Rogue avait déjà pu le sonder à plusieurs reprises. Le mage noir continuait de marcher autour des deux Rowle, pendant que Rogue jetait un regard à la jambe blessée d’Elyas et aux talons qu’avait eu la si brillante idée de porter Cassidy ce matin. Ça aussi, c’était un détail agaçant, à quoi bon s’encombrer d’une difficulté supplémentaire dans la vie de tous les jours ? Il faudra qu’elle les jette et finira les pieds en sang et écorchée de partout. Quant au gamin, le directeur espérait très sincèrement que l’adrénaline soit pour lui un coup de fouet suffisant pour faire fi de la douleur et de la fatigue. Peut-être aurait-il dû prévenir Ste Mangouste de prévoir deux lits… Ou plutôt de prévenir la morgue de prévoir deux brancards.

– Ce petit test se fera en coopératif... J’entends par là que si un seul des deux meurt en cours de route, le second sera aussitôt abattu. Vous allez être lâchés face à Greyback dans la forêt, si vous parvenez à vous en sortir tous les deux et quitter les bois avant qu'il ne vous blesse ou vous capture, vous remporterez cette première manche ainsi que le droit de vivre encore un peu. Emmène-les, Macnair, il est temps de débuter.

Sachant que la forêt en question était aussi remplie de tous les semblables de Nagini… Le bourreau ramassa littéralement le gamin puis récupéra Rowle par le poignet et disparut avec eux, dans un nouveau bruit sonore, encore plus dans cet immense pièce vide. Le mage noir fit ensuite de même avec Nagini, Severus se retrouvant seul dans le salon désolé. N’ayant reçu aucune instruction, il était libre de ses mouvements, cette mission était terminée, les deux Rowle étaient entre les mains du seigneur des ténèbres. Soupirant, il transplana à son tour, arrivant dans la vallée d’Albanie, à la sortie de la forêt, près du mage noir et de Bellatrix. La sorcière souriait toujours avec un air de parfaite psychopathe, en regardant la forêt assez sombre et les brumes courant au sol. Ce n’était peut-être pas la pleine lune, cependant, Greyback était assez dingue pour mordre même sans être sous sa forme de loup et il restait un adversaire coriace. Si on ajoutait à ça que l’un était blessé et affaibli et que l’autre allait devoir courir pieds nus sur des rochers coupants, des insectes venimeux et des serpents de la famille de Nagini…

Les premiers échos de course et de combat ne tardèrent guère à se faire entendre, d’ailleurs. Rogue porta un long regard sur la forêt en tâchant d’évaluer la distance à parcourir, songeant au froid très mordant de cette région et toute la population dangereuse de bestioles dans ces bois, sans oublier le loup-garou. Ramener les deux Rowle entiers serai déjà une victoire en soit… Et selon leur état, les ramener soit à l’infirmerie de l’école, soit directement à l’hôpital. Soit, pour Elyas, le choix était déjà fait, il finira à l’hôpital pour quelques jours. Dans le cas de sa cousine, il verra bien…

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MessageSujet: Re: [3 Octobre 1997] La Marque des Ténèbres Lun 5 Déc 2016 - 21:15

[ 3 Octobre 1997 ] La Marque des Ténèbres


Feat Voldemort, Severus et Cassidy

Toujours assis sur le sol, Elyas écoutait d'une oreille distraite les paroles de sa très chère cousine. Il n'avait pas pu entendre et comprendre le début de la conversation entre cette dernière et le Seigneur des Ténèbres cependant, la suite, le faisait largement réfléchir. La Rowle s'en sortait beaucoup mieux que lui quand il s'agissait de dialoguer avec le mage noir, en même temps, ce n'était pas la spécialité du jeune homme qui détestait par-dessus tout devoir socialiser. Mais, parfois, on n'avait pas vraiment le choix telle était la '' vie ''. Par contre, il avait l'impression que la demoiselle en disait trop sur elle-même et il espérait pour elle que ce n'était pas totalement le cas. Il était toujours bon de garder quelques cartes dans sa manche pour certaines situations mais gagner un minimum la confiance de leur futur '' maître '' devait demander pas mal d'effort et de vérité... L'élève jetait de temps à autre sur sa cousine un regard à la dérobé à travers ses mèches de cheveux qui avaient pris une petite longueur depuis qu'il avait décidé de les laisser pousser. De plus, les actions précédentes les avaient quelque peu mis dans tous les sens, les recoiffer plus tard serai vraiment une galère... Il avait néanmoins bien plus important à réfléchir et à préserver que son allure actuelle sachant que sa robe était en lambeaux, il soupira intérieurement à cette constatation. Peut-être qu'elle n’était pas née ici mais il était sûr qu'elle avait reçu l’éducation de son oncle. Qu'importe au finale, moins il voyait sa famille mieux il se portait. Les silences tendus se faisant souvent pesant ne plaisait pas du tout à l'adolescent et il avait un très mauvais pressentiment sur la suite des événements. Son attention fut de nouveau retenue par l'instant présent lorsque le sombre sorcier se dirigea vers Rogue dévoilant la marque de celui-ci pour appeler d'autres de ses partisans.

Quelques secondes à peine après l'appel, deux personnes firent leur entrée en scène. La femme n'était pas difficile à reconnaître et les dires suivant de Lord Voldemort ne faisait que confirmer. Bellatrix Lestrange, sorcière de sang pur et fidèle inconditionnelle envers la cause des mangemorts et du dirigeant du parti. Elle ne semblait pas avoir perdu l'éclat de folie qui brillait dans ses yeux sauf lorsqu'elle croisa l'ancien professeur de potion, elle devait le haïr profondément vu la moue qu'elle avait fait. Par contre, pour le second venu, Elyas n'était pas complètement sûr de savoir à quel type d'homme il avait affaire et étrangement, il ne tenait pas à en savoir plus sur lui. Dès que les termes '' petit jeu '' furent prononcés par le mage noir, l'instinct du cinquième année criait bien fort à lui-même qu'il n'allai pas aimer la suite... Surtout qu'on pouvait plus ou moins imaginer à quel genre de divertissement devait s'adonner celui-ci, à coup sûr insupportable pour la victime qui en faisait les frais. Malgré tout, le Rowle gardait un visage impassible bien qu'il était légèrement anxieux, avec raison. Il ne voulait pas se montrer plus faible qu'il en avait l'air maintenant et il sentait qu'il aurai besoin de tout son sang froid pour faire face à ce qui allait se passer prochainement. Le fait que l' '' homme '' leur tourne autour de cette façon était tout sauf rassurant. Rien que les premières explications faisaient tiquer intérieurement Elyas, se faire poursuivre dans un lieu inconnu avec un sorcier à moitié taré et loup-garou n'hésitant pas à mordiller un peu la première chose qu'il avait sous le nez n'annonçait pas de joyeuses perspectives pour l'avenir... De toute manière, ce n'était pas comme s'il pouvait décliner l'offre généreusement proposé par Voldemort, autant s'y faire dès à présent.

Le départ arriva bien assez vite, il fut littéralement ramassé par Macnair qui saisit également Cassidy avant de transplaner, au moins le voyage était beaucoup moins long et risqué que de prendre le Magicobus. Piètre réconfort. Il s'écarta vivement de son porteur une fois les pieds bien à terre pour se tenir debout à quelques pas tout en détaillant vivement les environs avec précaution et méfiance. Sa jambe pouvait être un problème facilement réglé, il avait déjà subi bien pire dans son existence et cette douleur n'était rien face à ce qu'il avait vécu par le passé et les sortilèges lancés par le Seigneur des Ténèbres il y a peu. C'était, il n'empêche, une faiblesse de circonstance à prendre en compte et à ne pas oublier pour autant, il devait simplement s'appuyer un peu plus sur celle de gauche pour pouvoir marcher et surtout courir. Tant qu'il équilibrait sa posture, il pourrait gambader sans soucis. Ils avaient l'avantage, si on pouvait l'exprimer ainsi, d'être deux contre un. Cependant, ils avaient beaucoup moins d'expérience que le tueur qui allait les prendre en '' chasse ''. Elyas avait d'ailleurs toujours sa baguette en main la tenant fermement, il ne faudrait pas qu'il la perde stupidement en cours de route. Il ne souhaitait pas avoir recours à celle de son père ici... L'adrénaline avait rapidement fait son chemin dans ses veines et son corps lui permettant d'être pleinement concentré sur ce qu'il devait faire. Il se forçait à mettre de côté toutes ses préoccupations, la douleur et la fatigue. Ils avaient très peu de temps avant de devoir commencer à partir en direction de la sortie de la forêt. Elyas analysa l'endroit, les montagnes qu'il pouvait apercevoir devant eux était une indication plus que flagrante pour leur montrer que la direction de la sortie était dans le sens contraire d'après lui en tout cas. Le froid qui commençait à mordre sa peau n'était pas le plus encourageant des signes. Ils rencontreraient de nombreux obstacles durant leur traversée pour survivre et il était hors de question qu'il succombe à cause du temps et de la saison.

« Je vous propose de mettre exceptionnellement nos différents de côté, je pense qu'on a plus urgent à faire que de se lancer des regards indifférents pendant des heures, vous n'êtes pas d'accord ? » déclara le jeune homme en s'adressant à sa cousine.

Chaque seconde allaient leur être précieuses et indispensables pour réussir. Sans attendre, il pointa sa baguette sur lui-même avant d'exécuter parfaitement et d'un geste vif un sort de réchauffement soit le Calorem Circumsisto et un autre pour dissimuler son odeur. Après tout, un loup-garou se basait sur ses sens et puis, il ne voulait pas se faire repérer par les autres petites bébêtes qu'ils pourraient rencontrer en chemin ayant eu l'honneur d'être parfumé à l'odeur de son sang... Il se doutait que sa cousine était bien assez grande pour en faire de même et il se devait de garder le plus d'énergie possible lorsque les combats seraient inévitables ou pour éviter, stopper des pièges de la nature ou du fou furieux désormais à leur trousse. Il avait hésité à se faire une atèle pour sa jambe mais cela aurait plus entravé ses mouvements qu'autre chose et il ne pouvait se le permettre dans cette situation précoce où le moindre faux pas pouvait être fatal. Une fois sa vis-à-vis prête, ils prirent la direction de la sortie de la forêt. Les sens de l'adolescent étaient en alerte maximale, il avançait rapidement mais prudemment prêt à se défendre si besoin tout en restant à proximité de Cassidy. Ses foulées étaient légères et vives essayant de réduire au maximum les bruits de ses pas, ignorant la sourde douleur de sa jambe blessée. Il espérait s'en sortir entier... Le jeu dangereux était engagé.
014 © Lunay's invention


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SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Prise, par lui. Mais chut.
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MessageSujet: Re: [3 Octobre 1997] La Marque des Ténèbres Lun 5 Déc 2016 - 22:04

Silencieuse, la jeune femme se tenait face au mage noir, droite, le regard cette fois relevé. Un silence lourd et pesant s'était installé à la suite du dernier mot qu'elle avait prononcé. Continuer, ne pas continuer ? Elle avait choisi la prudence une fois de plus. Ne pas en dire trop, pour ne pas l'importuner. Désormais, ce n'était pas une question d'hormones mais presque. Le Seigneur des Ténèbres allait-il l'envoyer rejoindre Elyas sur le sol ? Son écœurant serpent verdâtre allait-il avoir l'occasion et la chance de poursuivre son repas suite à l'encas dont avait servi son cousin ? En avait-elle dit trop ? Pas assez ? Avait-elle répondu à côté de la plaque ? Son regard avait-il été insolent sans qu'elle ne s'en rende compte ? Respire Cass'... Respire... Toujours aucune réponse... La gorge nouée, la jeune femme se força à déglutir. Cela n'était pas bon. Pas bon du tout. Le silence était trop long. Beaucoup trop long. Quelque chose n'allait définitivement pas. Si elle l'avait convaincu, le mage noir aurait déjà répliqué, si elle avait fait une erreur fondamentale, elle aurait déjà du être allongée sur le sol, son sang si pur tachant le sol froid. Or là, aucun des deux scénarii n'avait été mis en scène par le mage noir qui s'était retranché dans un silence des plus angoissants. Elle n'avait pas touché juste, mais elle n'avait pas été suffisamment mauvaise pour être directement évincée. Ou alors, peut-être était-il en train de réfléchir tout simplement à la torture la plus adéquate ? Imperceptiblement, les épaules de la sorcière se tendirent malgré elle sans qu'elle ne puisse rien y faire. Peut-être avait-il attendu qu'elle se positionne davantage ? Dans un premier temps, la jeune femme avait choisi de coller au cadre imposé par le mage noir, de répondre précisément à ses questions, sans élargir le champ des possibles. Oui, elle avait déjà employé certains sortilèges impardonnables. Son niveau de duel était plutôt bon. Néanmoins, elle n'avait pas détaillé les choses. D'une part, parce que cela ne lui avait pas été expressément demandé, et d'autre part, parce qu'elle n'en avait pas eu l'envie. Ce n'était pas le stress qui l'avait empêchée de se dévoiler, mais son esprit rigoureux et terriblement défensif. Elle avait été prête à se mettre en danger afin de conserver l'entièreté de son être hors de la portée du Lord. Peut-être était-ce quelque peu suicidaire, cela pouvait même aisément se concevoir, mais pour elle, il ne s'agissait que d'une nouvelle tentative de protection et de maîtrise sur sa vie. Moins les gens en savaient sur elle, moins ils étaient susceptibles de trouver ses failles et de s'en servir.

Sa vie. Il s'agissait encore de sa vie. A elle, et à personne d'autre. Lui raconter comment son père l'avait entraînée ? Hors de question. Lui confier le déroulement de son expérience sibérienne avec le professeur Rogue ? Et puis quoi encore ? Ces fragments d'existence lui appartenaient à elle, et rien qu'à elle. Il s'agissait de pans entiers de son histoire, de son vécu personnel. Il lui était tout simplement inenvisageable de les lui confier sans y être obligée. Aussi, puisqu'il n'avait pas été précis, ni réellement explicite quant à ses attentes - ses questions restant relativement vagues et floues - Cassidy ne lui avait fourni que le minimum syndical en se basant sur des éléments objectifs les plus banaux au monde ; un parcours scolaire. Garder le contrôle sur sa vie, ne jamais se dévoiler. La jeune femme n'avait pas trahi son mode de fonctionnement et ses défenses étaient restées plus dressées que jamais, renforcées à l'aide de béton armé. Comme tous, si le sorcier souhaitait savoir de réelles choses sur elle, il lui faudrait passer par le style direct. Aucun régime de faveur pour le coup. Malgré la peur qui lui broyait l'estomac, Cassidy avait su conserver ses défenses et sa vivacité d'esprit afin de contrôler la moindre de ses paroles.

Le mage noir se mit en mouvement, ses pieds nus et maigres résonnant sur le sol du manoir, tranchant avec le silence qui s'était lourdement instauré et venant renforcer l'atmosphère glauque et des plus angoissantes. Les flammes de la cheminée vacillèrent un instant lorsqu'il passa devant ces dernières, Naguini le suivant comme son ombre. Un courant d'air glacé s'infiltrant entre les vieilles fenêtres en bois vint soulever quelques mèches blondes encadrant son visage pâle, la faisant frissonner. Cassidy cligna des yeux, ses longs cils noirs venant un instant lui épargner la vue de ce tableau morbide. Parviendrait-elle à survivre à cette journée ? Lentement, ses iris tourmaline dérivèrent vers la fenêtre, son regard se noyant dans les nuages gris sombre qui apparaissaient derrière cette dernière. Elle n'était pas prête à mourir. Bien entendu, l'idée lui avait déjà transpercé l'esprit à maintes reprises, mais c'était bel et bien trop tôt. Bien trop tôt. Certes, la mort arrivait toujours trop tôt au gout des gens, mais elle n'avait que vingt-deux ans et avait cette horrible sensation depuis toujours ; une sensation abominable : celle de n'avoir jamais vécu. Put-être que tout ceci n'était qu'une mascarade en fin de compte... Peut-être n'était-elle jamais née. Depuis vingt-deux ans, ni l'enfant, ni l'adolescente et encore moins la jeune adulte qu'elle devenait n'avait eu l'occasion d'être un jour elle-même, et encore moins n'avait eu la possibilité d'espérer un jour se trouver et se construire selon ce qu'elle désirait, elle. Une personne à part entière ? Pensant pour elle-même et libre d'agir ? Que nenni. Son sort avait été scellé avant même sa naissance, la plongeant dans un univers d'illusions et de faux semblants alors même qu'elle commençait à ouvrir les yeux avec l'innocence du nourrisson condamné à rester aveugle toute sa vie. L'amertume envahi son être tandis qu'elle observait les déplacements du sorcier qui venait de s'arrêter devant Rogue, ignorant royalement Elyas - désormais assis sur le sol. Elle ne voulait pas mourir. Pas avant d'avoir pu exister pour elle-même, pas avant d'avoir eu la chance de découvrir ne serait-ce qu'une esquisse de qui elle était. Un ordre raisonna dans le silence, enfin. Un ordre, pas un sortilège. Elle avait tenu plus de dix minutes, ce qui était déjà une petite victoire en soi. Cassidy retint un soupir de soulagement ; soulagement qui se transforma bien vite - pour ne pas dire dans la seconde suivante - en angoisse lorsque le potionniste releva la manche noire de sa robe de sorcier. Dans toute sa splendeur, elle apparue devant les yeux clairs de la jeune femme. La marque, toujours aussi immonde et monstrueuse, venant tâcher la peau pâle de l'intérieur du bras gauche du Directeur de Poudlard. Bien que la connaissant depuis toujours pour l'avoir vue à maintes reprises ornant le bras de son père, l'effet était le même à chaque fois... Aucune habituation ne semblait être possible. La nausée l'envahi, et Cassidy détourna les yeux, plongeant ces derniers au cœur des flammes - refuge brûlant - pour tenter d'oublier le froid qui la pétrifiait lentement de l'intérieur, semblant venir glacer une à une les cellules composant son être.

Un bruissement, bien vite suivi d'un second lui parvint aux oreilles, la tirant violemment de la torpeur dans laquelle elle sombrait - prise entre une chaleur réconfortante et un froid glacial. Deux silhouettes drapées de noir venaient de transplaner dans la pièce. Cassidy fronça les sourcils, cherchant à comprendre ce qui pouvait bien traverser l'esprit tordu du mage noir psychopathe. A quoi cela rimait-il ? Pourquoi avoir convoqué cette folle de Bellatrix et Macnair ? Devant ces apparitions soudaines, Cassidy se raidit et ses iris s'assombrirent brutalement.
Walden Macnair et sa moustache noire, Cassidy l'avait déjà rencontré lors d'un dîner organisé par Andreas en Juin dernier. Ce dernier lui avait immédiatement déplu lorsqu'elle avait croisé son regard vide et quelque peu globuleux, mais elle avait joué son rôle à merveille et le contact était relativement bien passé. Ami de longue date de Lucius Malefoy, le bourreau de créatures dangereuses travaillant pour le Ministère de la magie possédait une certaine réputation parmi les Mangemorts et lui avait confié - devant son air faussement admiratif - qu'il avait été chargé d'établir un contact avec les géants. En lui-même, le Mangemort ne l'inquiétait pas réellement, mais en revanche, concernant sa charmante collègue, l'enjeu était tout autre. Bellatrix Lestrange - anciennement Black -. La Rowle n'avait jamais eu l'occasion de rencontrer en chair et en os celle que l'on qualifiait dans le milieu comme étant l'un des plus hauts lieutenants du mage noir, mais son père lui en avait beaucoup parlé. Une des Mangemorts les plus fidèles - pour ne pas dire les plus proches - du mage noir. Connue pour son esprit sadique, sa démence et son absence totale de conscience, elle était selon Andreas, une adversaire redoutable, ce qui faisait d'elle une partisane talentueuse et précieuse à la réalisation des projets du Lord. D'une ingéniosité sans limite et largement perverse, même Andreas la reconnaissait comme particulièrement impulsive et incontrôlable. La blonde la détailla rapidement. Grande, des yeux aussi sombres que le charbon emprunts d'une lueur de folie significative brillant au sein d'un visage émancié, il y avait de quoi être inquiets lorsque l'on venait à croiser son regard. Heureusement, la Mangemort aux épais cheveux bruns ne tourna pas les yeux vers elle, gardant ces derniers rivés sur celui qu'elle vénérait comme le bon dieu. Une mâchoire fière et anguleuse, des lèvres minces sur lesquelles se dessinait un sourire fanatique de véritable sociopathe. La main droite de l'apprentie se faufila dans la poche extérieure de sa cape et se referma fermement autour de sa baguette. Cette histoire prenait une bien mauvaise tournure.

« Ma chère Bella, j'ai besoin de tes compétences. Nous allons procéder à un petit jeu, avec ces deux jeunes Rowle ici présents. Va chercher Greyback et conduit-le au Maja e Korabit, dans la vallée. »

Un petit jeu... Par la barbe de Merlin. Alors que la Mangemort disparaissait en un craquement sourd, Cassidy pâlit un peu plus tandis que son rythme cardiaque s'accélérait. Elle s'était plantée. Bien plantée. Elle ne lui avait pas donné ce qu'il attendait, et maintenant il lui faisait payer son imprécision de la pire des manières. La jeune femme se mordilla la lèvre inférieure sous le coup de la nervosité qui grandissait en elle, sans qu'elle ne puisse la contrôler. Peut-être aurait-elle préféré être mordue par le serpent à son tour. Un serpent contre un loup-garou, le choix était vite fait et le reptile lui semblait être une bien meilleure option. Malgré la situation peu enviable qui s'amorçait, aucun regret ne s'empara du cœur de pierre de la jeune femme dont les yeux clairs se teintèrent d'une nouvelle lueur pouvant s'apparenter à un vague défi. Arrête, arrête ça tout de suite Cass. L'étudiante se força à fermer les yeux, et inspira profondément. Il aurait voulu en savoir davantage sur elle et sur ses expériences, ses apprentissages sur le terrain, ses capacités réelles, mais elle ne lui avait guère donné satisfaction, néanmoins, il avait du percevoir quelque chose en elle qui lui plaisait pour avoir choisi de lui donner une seconde chance. Une nouvelle opportunité - et sans doute la dernière - de faire ses preuves, sans passer par un dévoilement obligatoire. Tant mieux, parce qu'il ne saurait rien. Elle ne lui donnerait pas de quoi faire ses armes sur elle. Aucune prise, si ce n'est scolaire. Aucune faille, aucune fêlure. Il ne saurait pas son histoire. A ses yeux, elle ne serait que la fille d'Andreas Rowle, et cela lui allait parfaitement. Lorsque Cassidy rouvrit les paupières, toute trace de défi avait disparu et son regard était de nouveau impénétrable. Je ne vous donnerai rien de moi, si ce n'est une façade lisse et impénétrable. Vous aurez mon niveau scolaire et vous saurez à ce que je vaux sur le terrain, mais sans jamais comprendre. Cela ne vous regarde en rien, et ne vous intéressera pas de toute manière. Vous comprendrez facilement que j'ai de l'expérience, mais vous ne saurez pas d'où elle vient, ce que j'ai fait, comment j'ai appris, qui m'a appris. Rien. Tout comme vous ne saurez pas ce qu'il s'est passé en Sibérie avec Severus Rogue. Il s'agit de ma vie, et je compte bien la laisser hors de votre portée.

Macnair attendait les ordres, le visage impassible. L'ayant reconnue, le Mangemort devait se sentir quelque peu mal à l'aise de devoir participer à la mise à l'épreuve de son ex voisine de table avec laquelle il avait bavardé quelques mois auparavant. Néanmoins, la fidélité passait avant les relations sociales, et Cassidy n'avait aucun doute quant au fait que les ordres que lui donnerait le Seigneur des Ténèbres seraient appliqués au pied de la lettre. Le mage noir quant à lui, entrepris de commencer à tourner autour d'Elyas et elle, sans que cela ne perturbe la jeune femme qui venait de l'avoir à quelques centimètres d'elle.

« Ce petit test se fera en coopératif... J’entends par là que si un seul des deux meurt en cours de route, le second sera aussitôt abattu. Vous allez être lâchés face à Greyback dans la forêt, si vous parvenez à vous en sortir tous les deux et quitter les bois avant qu'il ne vous blesse ou vous capture, vous remporterez cette première manche ainsi que le droit de vivre encore un peu. Emmène-les, Macnair, il est temps de débuter. »

Elyas allait la maudire mais qu'importe. Elle était bien loin de tout ça, et n'avait strictement aucune peine, ni aucun scrupule à entraîner son cousin dans cette m*rde sans nom par sa seule et unique faute. Parce que oui, soyons honnête, Elyas se retrouvait embrigadé dans cette satanée épreuve risquant de leur coûter la vie à tous les deux par sa seule faute à elle. Si elle s'était contentée de lui donner satisfaction, le Lord se serait sans doute arrêté là, mais voilà qu'à cause de sa réserve - pour ne pas dire sa résistance - à se livrer et à répondre tel que l'avait envisagé le sorcier, le Serpentard à la jambe gravement blessée se retrouvait à devoir jouer sa vie dans un combat qui n'était plus véritablement le sien, et dont il était davantage une difficulté imposée en bonus à la sorcière. Cassidy releva les yeux vers le Seigneur des Ténèbres et acquiesça silencieusement. Une acceptation silencieuse de se soumettre à ce qu'elle avait perçu comme étant à la fois un réel test, et une punition. Pas celle d'Elyas, non, mais la sienne.
Macnair se dirigea vivement vers le jeune adolescent et sans aucune précaution pour sa jambe blessée, le souleva brutalement avant de se diriger vers elle. La tête haute, la Rowle l'observa avancer d'un pas toujours aussi sûr vers elle. Arrivé à ses côtés, il eu un bref moment d'hésitation - sans soute sur la façon de s'y prendre. Cela ne dura qu'une fraction de seconde, mais fut suffisant pour que la sorcière ne le perçoive. Son regard vert d'eau se planta dans les yeux sombres du Mangemort qui fronça un peu plus les sourcils, avant de s'emparer fermement de son poignet gauche. Le vide. Une nouvelle sensation d'engloutissement et de sombrer dans une spirale infernale. La jeune femme ferma les yeux. Ce transplanage était encore différent de celui qu'elle avait expérimenté avec Rogue, sans qu'elle ne parvienne à mettre des mots sur son ressenti.

L’atterrissage fut plutôt rude pour Cassidy qui vacilla lorsque ses talons se prirent entre les pierres. Instinctivement, alors qu'elle se sentait basculer vers l'arrière, son bras se tendit et elle ne se rattrapa que de justesse à l'avant-bras du Magemort qui lui lança un long regard impassible, avant de se dégager de sa prise. La jeune femme se redressa tant bien que mal et observa les alentours attentivement, tournant sur elle-même en tentant de mémoriser un maximum d'informations avant d'être plongée au cœur de la forêt sombre s'offrant face à eux.

« Albanie ? »

Macnair tourna les yeux vers elle, l'air ennuyé. Devait-il répondre ou garder le silence ? Hésitant, il finit par hocher la tête imperceptiblement. De nouveau, Cassidy se détourna de lui pour graver ce paysage fantomatique dans son esprit. La jeune femme n'avait aucune idée de là où elle se trouvait exactement, mais avait été en capacité à déduire que le Mangemort les avait emmenés, Elyas et elle, en Albanie, d'après le nom cité par le Lord, et le paysage s'offrant à eux. Le pays des rochers... Voilà qui en disait long. Les Rowle n'en avaient aucune idée mais ils se trouvaient au niveau de la plaine de Panair, donnant sur la chaîne du Mont Korab ; massif abritant le point culminant de l'Albanie. Une brise glacée la fit frissonner et d'une main ferme, l'apprentie resserra les pans de sa cape autour de ses épaules. Ceci fait, elle ne tarda pas à sortir sa baguette d'aubépine de sa poche et d'un mouvement souple du poignet, attacha ses cheveux en une longue tresse afin de ne pas être gênée pour ce qui allait suivre. Son regard sceptique se posa ensuite sur ses pieds, chaussés de chaussures à talons. Merlin... Pourquoi donc les pires événements lui tombaient dessus alors qu'elle n'était pas préparée ? Pour les cours avancés du professeur Rogue, Cassidy prêtait toujours attention à adapter sa tenue afin de pouvoir réagir au mieux, or là elle n'avait pas eu le temps d'aller se changer lorsqu'elle l'avait croisé dans le couloir du château, puisqu'elle avait préféré privilégier le ravitaillement de l'infirmerie. La souplesse... La p*tain de souplesse. Elle n'avait pas le choix, elle ne pouvait décemment pas courir en talons dans un terrain aussi rocailleux. Il allait falloir s'adapter et opter pour la seule solution s'offrant à elle : revenir aux bases, aux essentiels. Cassidy se pencha et se débarrassa de ses bottines bleutées. Lorsque la plante de ses pieds toucha le sol, la jeune femme frissonna, et fronça les sourcils. Il ne lui fallu qu'un quart de seconde pour poursuivre sur sa lancée et sans gêne aucune, elle entreprit d'ôter les collants chair en voile qui protégeaient ses jambes contre le froid. Inutile le prendre le risque que ces derniers ne s'accrochent dans les branches d'un arbre et sur un rocher coupant. Certes, avec les jambes nues, elle allait souffrir du froid mais cela ne durerait que quelques minutes, le temps de mettre son corps en action. Préparée, Cassidy rabattit sa capuche noire sur sa tête en entreprit de suivre Macnair qui venait de leur ordonner de le suivre. Arrivés à l'orée de la forêt encore légèrement brumeuse, Macnair se retourna vers eux et tout en les tenant en visu de sa baguette magique, leur ordonna d'entrer.

« Inutile de nous tenir en visu avec votre baguette Walden, que voulez-vous que nous fassions ? », répliqua la jeune femme d'un ton presque aussi glacial que la température extérieure.

Sans prendre le temps de vérifier si Elyas la suivait, Cassidy s'engouffra dans la forêt sombre et disparu de la vue du bourreau. La première chose qui la frappa fut le silence qui régnait au sein de la forêt. Le vent, étouffé par les hauts sapins bien fournis en cette période de l'année, ne parvenait pas à s'y engouffrer, ce qui était à leur avantage. S'ils parvenaient à être discrets, le vent ne les trahirait pas en disséminant leurs odeurs au nez du loup-garou.

« Je vous propose de mettre exceptionnellement nos différents de côté, je pense qu'on a plus urgent à faire que de se lancer des regards indifférents pendant des heures, vous n'êtes pas d'accord ? »

La jeune femme se retourna et dévisagea celui qui était son cousin d'un regard impassible, avant d'hocher silencieusement la tête. Ils devaient survivre, et pour cela, une coopération était nécessaire, ils n'avaient guère le choix. Toutefois, lorsque le Serpentard se lança un sortilège de réchauffement, la jeune femme le foudroya du regard.

« Vous êtes inconscient ou vous vous êtes endormi lors de votre cours sur les loups-garous ? Ils sentent les sources de chaleur à des kilomètres, d'autant plus si ces dernières proviennent d'un sortilège. Vous ne voulez pas non plus lui envoyer des étincelles pour lui permettre de nous localiser ?, chuchota-t-elle d'un ton rageur tout en se remettant en marche, vous ne pouviez pas attendre que votre corps se réchauffe de manière naturelle ? »

Il marchait plutôt bien en dépit de sa blessure, ce qui était une chance. Néanmoins, s'il parvenait à gérer la douleur pour le moment, cette dernière pouvait vite devenir une entrave - surtout lorsque le combat commencerait. Il fallait qu'elle lui vienne en aide, elle n'avait pas le choix. Au bout de quelques mètres parcourus, la jeune femme se retourna, dissimula son odeur à l'aide d'un sortilège et s'approcha d'Elyas en mettant un doigt sur ses lèvres. Aucun éclat de voix ne devait être entendu. Sans lui demander son avis, elle le fit asseoir et se pencha sur sa blessure afin d'examiner plus attentivement cette dernière. La jambe était pâle, tout comme le visage du garçon. Il avait perdu beaucoup de sang. Fouillant dans les poches de sa cape noire, l'apprentie potionniste en tira trois fioles : l'une rougeâtre, l'autre transparente et la troisième, turquoise.

« Avalez ça et vite, sinon vous ne pourrez pas tenir et nous serons condamnés. La transparente en premier, c'est un antidote aux poisons rares. ça ne suffira probablement pas, mais au moins ça ralentira le processus d'action du venin et permettra à la rouge d'agir correctement. C'est une potion de régénération sanguine, même si le venin de serpent maintient la blessure ouverte, vous avez perdu trop de sang. Prenez-la en second puisque malheureusement l'essence de dictame serait inefficace, et terminez par la Solution de force. Enterrez les flacons, je ne peux pas me permettre de courir avec des fioles vides dans mes poches, Greyback me suivrait à la trace. », murmura-t-elle.

Le Seigneur des Ténèbres avait commis une grave erreur en négligeant le fait que si Severus Rogue l'avait prise comme apprentie, et acceptée comme élève, ce n'était dans un premier temps pas pour ses qualités de duelliste, mais pour celles de potionniste. Le mage noir avait complètement oublié à qui il avait affaire. La sorcière lui laissa les trois fioles entre les mains et entreprit de retourner le reste de ses poches afin de trouver ce qu'elle cherchait. Sans un mot, elle sorti une dernière fiole opaque et avala son contenu d'une traite. Bien. Regrettant de ne plus avoir de Solution de Force sur elle, ni de Felix Felicis, Cassidy s'accroupit pour enterrer la petite fiole. Lorsqu'elle se releva, son regard croisa celui de son cousin. Sans un mot, elle s'approcha de nouveau de lui. Réfléchir avant d'agir. Toujours. Qu'il s'agisse du domaine des potions ou ailleurs.

« Je pourrais nous faire transplaner hors de la forêt puisque le Seigneur des Ténèbres n'a pas précisé la manière dont nous devions sortir de cette épreuve, mais juste le but... Néanmoins, vous êtes blessé, et je ne connais pas l'endroit où nous sommes. Je ne peux pas visualiser la Destination... Il faut donc marcher, nous n'avons pas le choix. Je vais vous désillusionner. », chuchota-t-elle du bout des lèvres.

Souplement, Cassidy effectua un mouvement de sa baguette et vit avec une certaine satisfaction la silhouette de son cousin perdre de sa substance et se fondre dans le paysage sombre et brumeux. Parfait. Alors qu'elle s'apprêtait à reproduire la même chose sur elle-même, une lueur rougeâtre provenant de sa gauche, se dessina dans sa vision périphérique. Instinctivement, elle poussa brusquement Elyas vers l'arrière, et se jeta sur le sol. Le sortilège siffla au dessus de sa tête, la manquant de peu. Sortant des buissons, la silhouette massive de Fenrir Greyback apparu devant elle tandis qu'elle se redressait, la baguette tendue. Il les avait trouvé plus tôt qu'elle ne l'aurait pensé. Désormais, le combat pouvait commencer.

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Le pessimiste se plaint du vent, l'optimiste espère qu'il va changer, le réaliste ajuste ses voiles.

Crédit - Joy
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MessageSujet: Re: [3 Octobre 1997] La Marque des Ténèbres Mar 6 Déc 2016 - 13:05

Nagini se haussa avec souplesse pour que son maître l’effleure de la main et ensuite l’emmener directement avec lui près de la forêt, arrivant sur un terrain rocailleux et particulièrement familier, sous un ciel bas, gris, trop peu encourageant pour que le visiteur de base souhaite s’y attarder. Bellatrix était déjà là, attendant avec une satisfaction non dissimulée, jouant même avec sa baguette, un léger rire sortant de sa bouche. L’instant d’après, Rogue apparut à son tour, poussant tout net Bellatrix à cesser de s’amuser pour lui lancer un regard ronchon. Hum, pourquoi venir également, tenait-il tant à s’assurer lui-même que sa petite protégée allait s’en sortir honorablement ? Voilà qui était bien curieux, le mage noir n’aurait pourtant pas cru possible que son mangemort pouvait ainsi s’attacher à qui que ce soit, lui qui était toujours si froid et distant, à qui on ne connaissait ni amis ni famille… C’était aussi à cause de cela, par ailleurs, que Voldemort pouvait avoir confiance, car il savait que rogue était capable de se détacher des relations humaines, qui vous rendaient si faible et si pathétiquement imprudent face au danger. Enfin… Ils avaient tous leurs faiblesses, n’est-ce pas ? Nagini était la sienne, bien sûr, tout en constituant une de ses plus grandes forces. Il l’avait rencontré ici-même, dans cette sombre forêt, sa douce compagne d’âme qui était venue le trouver alors qu’il était devenu si faible et mourant.

Très vite, les bruits d’un combat se firent entendre, en un écho lointain venu des profondeurs de ces bois. Le Seigneur des Ténèbres n’y prêta qu’une vague attention, plongé dans ses pensées, le regard tourné vers l’horizon. Savoir comment les deux gamins allaient se débrouiller là-dedans lui importait peu, il n’attendait que d’assister au résultat final, afin de lancer la suite du programme. Rogue fixait la forêt, avec un air indifférent, impassible. Bellatrix, de son côté, avait retrouvé la joie l’animant quelques minutes plus tôt et brûlait littéralement d’impatience d’avoir les deux Rowle face à elle. Amusant de constater le si fort contraste entre ses deux plus fidèles mangemorts… La force tranquille contre la force brûlante, les deux se valaient bien et Voldemort n’était même pas certain de définir qui sortirait vainqueur en cas d’une confrontation entre eux deux. Ce n’était guère le moment d’y réfléchir, cependant, tout ce qui comptait était de pouvoir ainsi compter sur eux, qui étaient tous deux bien moins idiots et incompétents que la majorité du reste des mangemorts, et surtout loyaux. Les autres étaient… des pions, souvent inutiles, aisément sacrifiables et remplaçables, sans valeur aucune si ce n’est, chez la plupart, la capacité à appliquer des actes ignobles sous ordre sans se poser la moindre question. Des familles manipulables, influençables, dépourvues de toute réflexion personnelle, dont il usait comme de jouets dans sa quête de pouvoir.

Des familles si ridiculement pathétiques…

Il était si dommage de constater à quel point les grandes familles de sorcier perdaient, au fil du temps, cette soif absolu de pouvoir et de liberté, qu’elles se laissaient dévorer par la facilité et la mollesse, suivant les autres sans rien faire pour être plus puissantes elle-même. Sa propre famille avait suivi pareil déclin, des années plus tôt, jusqu’à en arriver à la misère et aux pires trahisons et abominations. Heureusement, tous ses représentants étaient maintenant mort. Son oncle, déchet consanguin et abruti, qui avait terminé sa carrière de déchet à Azkaban. Son grand-père, mort lui aussi chez lui seul dans la misère et la crasse. Ses autres grands-parents et son père, qu’il avait lui-même assassiné, avec un plaisir dont il se réjouissait encore aujourd’hui. Son idiote de mère, qui ne valait pas mieux qu’une Cracmolle. Voilà un chemin emprunté par d’autres familles de Sang-Pur, l’exemple le plus probant étant actuellement les Malefoy. Il était heureux que d’autres familles se débarrassent des branches pourries, comme les Black. Le petit Regulus et son cher frère en tête.

- Bellatrix, tu les attaqueras dès qu’ils quitteront la forêt, indiqua-t-il d’un ton neutre. Tu peux user de tous les sorts que tu jugeras intéressant, simplement, ne les tue que je si t’en donne l’ordre, je veux voir ce qu’ils ont dans le ventre. Tu peux les blesser.

Après tout, garder en vie voulait simplement dire « permettre de respirer », rien de plus. Un léger rire franchit la barrière de ses lèvres, tandis qu’il daignait enfin accorder un peu plus d’attention aux bruits venant de la forêt, curieux de savoir dans quel état ces deux gamins allaient en sortir. Il n’en attendait pas grand-chose… Voilà deux ou trois génération que le clan Rowle allait lui aussi sur le chemin maintenant bien avancé des Malefoy, il était donc peu évident de croire que ces enfants allaient un tant soi peu relever le niveau. Ceci étant, la gamine, au moins, avait un point pour elle.

- Tu sembles inquiet, Severus, dit le mage noir d’un ton tranquille. Ne me dit pas qu’après toutes ces années à voir défiler de potentielles recrues comme celles-ci, tu as fini par t’attacher à l’une d’elles ? Je ne pensais pas que tu puisses véritablement avoir foi en une personne.

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MessageSujet: Re: [3 Octobre 1997] La Marque des Ténèbres Mer 7 Déc 2016 - 14:30

Si Cassidy continuait de garder certaines des potions les plus utiles sur elle en permanence, elle pourra au moins se soigner et soigner son cousin, en cas d’urgence, enlevant ainsi une raison à Voldemort de leur ôter la vie car il les jugera trop faibles, l’un comme l’autre. Ils n’entendaient qu’à peine les bruits du combat, le tout était très vague et lointain, étouffé par cette épaisse forêt, qui renvoyait une impression de malaise important. Le Seigneur des Ténèbres n’avait dû choisir cet endroit comme ça, il ne faisait jamais rien au hasard, ce lieu avait sûrement une signification particulière, pour lui. Son regard dériva un instant sur la montagne puis la brume persistante, puis il se souvint d’une de ses discussions avec Dumbledore, lorsqu’ils avaient évoqué le passé du mage noir. La « forêt d’Albanie » où il avait trouvé refuge et rencontré Nagini. Se pouvait-il que ce soit celle-ci ? Si oui, la situation pourrait vite tourner au drame, sachant que Voldemort, les années qu’il avait passé en ces lieux, avait infesté les bois d’une magie noire et ancienne puissante, comme une maladie mortelle qui se serait insidieusement répandue partout, grignotant chaque étincelle de vie pour l’étouffer d’une chape de noirceur.

Les deux Rowle n’avaient aucune envie de tomber sur l’un des endroits « pourri » par la simple présence de Voldemort, ou plutôt de ce qu’il en restait, à cette époque. Ils devaient sortir de là le plus vite possible et se préparer à faire face aussitôt à la suite des réjouissances. Rogue observait la forêt, sans mot dire, le visage parfaitement impassible, sans se préoccuper de Bellatrix qui lâchait parfois son petit rire habituel de psychopathe, elle qui devait attendre avec tant d’impatience de se jeter à coups de sorts mortels sur les deux jeunes gens, se défoulant avec son besoin si évident de sang et de douleur. Une femme instable, psychotique et particulièrement fatigante, peu étonnant que même sa propre famille ne parvienne pas à la supporter, sauf peut-être la mère de Drago… Enfin, concernant cette dernière, elle disposait d’un excellent entraînement, si on prenait en compte le fait qu’elle devait déjà supporter Lucius jour et nuit. L’amour ne s’explique définitivement pas. Dans tous les cas, on pouvait au moins se réjouir que ce petit teste ne se fasse pas une nuit de pleine Lune. Greyback n’était pas comme les autres loups-garous, incontrôlable, et c’était bien pour cela qu’il était leur chef. Le sous-estimer serait très risqué.

– Bellatrix, tu les attaqueras dès qu’ils quitteront la forêt, indiqua-t-il d’un ton neutre. Tu peux user de tous les sorts que tu jugeras intéressant, simplement, ne les tue que je si t’en donne l’ordre, je veux voir ce qu’ils ont dans le ventre. Tu peux les blesser.

Soit, donc Rogue pouvait tirer tout de suite un trait sur l’option « passage simple à l’infirmerie », ce sera plutôt passage obligé à l’hôpital, si les deux voulaient avoir une espérance de vie à peu près correcte, en supposant, de base, que le Seigneur des Ténèbres leur laissent la vie sauve. La pensée qu’un des deux, ou les deux, puisse refuser d’aller à l’hôpital lui vint l’instant d’après et il retint un sourire cynique. Ce serait amusant qu’un essaye, tiens, ce n’est guère le genre de sujets où vous aviez le choix. Un coup d’œil rapide lui permit de constater que cette petite annonce avait mis Bellatrix d’encore plus belle humeur, si c’était possible. Ne se fatiguait-elle jamais à être toujours aussi avide de sang et de souffrance ? Aucun autre passe-temps, dans sa ridicule petite vie ? Certes, lui-même était mal placé pour la juger là-dessus, malgré tout, il ne pouvait s’empêcher de se demander comment elle supportait de vivre en se contentant d’être le brave petit toutou de Voldemort. Peut-être était-elle amoureuse de lui, cela n’étonnerait même pas Severus. Fallait-il n’avoir aucun goût, sérieusement. Enfin bref. Reportant le regard sur la forêt, il essaya d’écouter au mieux et de veiner quelle direction prenait le combat, si sa « protégée » s’en sortait ou non, si le gamin de cinquième année avait encore assez de sang dans frêle corps pour tenir debout et courir.

– Tu sembles inquiet, Severus, dit le mage noir d’un ton tranquille. Ne me dit pas qu’après toutes ces années à voir défiler de potentielles recrues comme celles-ci, tu as fini par t’attacher à l’une d’elles ? Je ne pensais pas que tu puisses véritablement avoir foi en une personne.

– Ce n’est pas mon devoir d’avoir foi en une personne ou de m’attacher à elle.

Pour une fois, le directeur de Poudlard était parfaitement sincère, s’attacher à une personne était bien une des choses les plus importantes  éviter, dans son cas, s’il voulait suivre son chemin correctement et sans trébucher. Impassible, ils ‘écarta un peu du futur champ de bataille, observant  de quelques pas plus loin. Tout devrait bien se dérouler… Du moins si Voldemort ne décidait pas de participer en personne au combat pour juger des capacités des deux Rowle.

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MessageSujet: Re: [3 Octobre 1997] La Marque des Ténèbres Jeu 8 Déc 2016 - 13:26

[ 3 Octobre 1997 ] La Marque des Ténèbres


Feat Voldemort, Severus et Cassidy

Cela faisait à peine quelques minutes qu'ils étaient dans la forêt et sa cousine l’exaspérait déjà profondément. Excusez le mais contrairement à elle, Poudlard avait eu le droit chaque année à son lot de problème et d'aventure de plus en plus improbable au fil des ans pour finir avec le retour du Seigneur des Ténèbres et la mort de Dumbledore. Donc, il pouvait oublier un ou deux détails et puis, il préférait ça à mourir de froid... Il se garda bien de pensée cela tout haut pour éviter de commencer une conversation qui n'avait aucun intérêt et qui ne ferai que les retarder dans leur parcours.

« Non, comme vous pouvez le constater, je suis mal en point et avec le sang que j'ai perdu je pense que j'aurai eu des difficultés à me réchauffer en plus d'éventuellement mourir d'hypothermie avant que cela se fasse tout seul. Désolé de ne pas vous faire le plaisir d'expirer mon dernier souffle en ses lieux. » lui avait-il répondu également à voix basse d'un ton tranchant et glacial, son visage restant impassible pour autant.

Il n'était pas stupide et ne faisait rien au hasard, était-ce si dur à observer ? Enfin bref, il continua à marcher l'air focalisé sur son environnement. Il fut néanmoins interrompu lorsque sa vis-à-vis se retourna et avança rapidement dans sa direction. Il n'avait eu aucune réaction dans le sens où il ne risquait rien niveau menace avec elle, le sort de l'un étant lié à celui de l'autre. Il posa des yeux interrogateurs sur elle lorsqu'elle lui fit signe de silence et qu'elle le fit s'asseoir, il n'y opposa néanmoins aucune résistance, se doutant de ce qui allai suivre. Il ne pouvait cependant s'empêcher de vouloir la repousser violemment quand ses mains entraient à son contact pour le faire se poser sur le sol malgré ses couches de vêtements. Il se maîtrisa au mieux pour ne pas céder à cette pulsion instinctive et défensive mais il fut très tendu d'un seul coup, aussi rigide que du bois. Depuis aussi loin qu'il pouvait se souvenir, il avait toujours été extrêmement sensible physiquement et le moindre toucher d'autrui lui était douloureux. C'est pour cela qu'il abhorrait autant les hôpitaux et qu'il préférait largement se soigner par lui même. De plus, il en avait l'habitude. On pouvait aussi rajouter le fait qu'il lui semblait toujours imprudent et mortel d'être en présence d'autres personnes quand il n'était pas en forme ayant une plus faible possibilité de pouvoir riposter en cas de besoin. Son regard perçant scruta avec méticulosité les mouvements qu'elle fit par la suite, écoutant ses explications sur les différentes fioles précédemment dévoilées. Même s'il avait parfaitement conscience qu'elle lui apportait son aide seulement parce que la situation dans laquelle ils se trouvaient l’exigeait, il la remercia d'un hochement de tête vif avant d'avaler sans attendre les potions dans l'ordre énoncé malgré sa méfiance. Elle n'était sûrement pas au courant que le directeur Rogue lui avait donné de quoi contre-carré le venin du serpent mais il ne fit aucune remarque. Il ne tenait pas à ce que Lord Voldemort en soi informé à cause d'une maladresse de sa part bien qu'à présent, il pourrait utiliser Cassidy en bouc émissaire si jamais ce dernier était au courant.

Il enterra aussitôt les flacons une fois vide de leur contenu comme convenu. Il comprenait un peu mieux pourquoi la Rowle donnait des cours en potion, elle semblait avoir d'excellentes capacités dans cette matière. Il était sûr d'être un peu moins pâle maintenant et il sentait une nouvelle force soudaine envahir son corps. Il était un peu plus rassuré quant aux combats à venir mais quoi qu'il arrive, il devait économiser au maximum ce regain de force dû à la potion pour le moment fatidique. Il se releva bien plus confiant quant aux événements à suivre que plus tôt alors que la jeune femme revenait près de lui. Elyas n'avait ni bouger ni ranger sa baguette l'ayant gardé dans sa main tout le long. Il devait d'ailleurs faire attention puisque, s'il se retrouvait dans un moment similaire à celui de tout à l'heure, un nouveau sursaut intense de sa magie lui serait fatal malgré les potions ingurgitées. La désillusion... Un sortilège qu'il s'était promis d'apprendre au cours de l'année dès qu'il en aurai la chance. S'il avait su, il s'y serai attelé bien avant dessus. C'était assez étrange de ressentir la magie de sa cousine à travers son sortilège... Il ne put en penser plus puisqu'il fut brusquement poussé vers l'arrière tombant sur le côté. Il avait évité de se retrouver avec des bosses sur la tête grâce à ses réflexes naturels. C'est dans ses instants-là qu'il était heureux de les avoir travaillés, des efforts pas fournit pour rien. Il avait le droit à quelques éraflures, rien de vraiment préoccupant qui pourrai retenir son attention. Il roula quelques mètres sur le côté droit pour ne pas rester à la même place si jamais un sort lui était lancé avant qu'il n'est eu le temps de se relever. Il se remit rapidement et fermement sur ses pieds, prêt à entrer en action. Il détailla rapidement la scène et les alentours alors que ses neurones étaient en ébullition.

Sa cousine menaçait Greyback qui venait d’apparaître au grand jour, façon de parler, de sa baguette. Les arbres se trouvant derrière ce dernier pouvait être un bon moyen de distraire ou de blesser suffisamment le sorcier pour pouvoir fuir assez loin. Mais détruire la forêt n'était pas une solution en soi et Greyback pouvait facilement les éviter. À deux, ils pourraient finir par l'épuiser. Malheureusement, certains animaux peu recommandables allaient sûrement rappliquer à l'entente des bruits provoqués par le conflit. Il fallait donc être hâtif et efficace s'ils voulaient éviter de se retrouver avec des ennemis supplémentaires en plus de l'épine devant eux. Elyas pouvait ressentir l'excitation et l'euphorie qui provenait de l'homme loup. À croire qu'il fallait remplir la condition barjot, sanguinaire ou posséder des pulsions meurtrières pour être accueillit parmi les mangemorts... En tout cas, le sourire psychopathe sur le visage de celui-ci était plus qu'explicite et ne laissait aucun doute sur ce qu'il pensait du divertissement en cours. Le cinquième année n'avait pas encore été repéré grâce au bon soin de Cassidy mais ce n'était qu'une affaire de secondes avant que le mangemort ne se rende compte de sa présence et ne le débusque. Sans perdre de temps, l'adolescent pointa sa baguette en direction du sol près des pieds de leur adversaire.

« Deprimo » murmura dans un souffle inaudible le jeune homme tout en effectuant les gestes de sa baguette avec précision, se concentrant.

Il avait fait en sorte d'être assez bas pour que le sort exécuté soit camouflé au maximum et le plus longtemps possible par le brouillard qui planait constamment. Il avait également fait de manière à ce qu'il arrive non loin pour ne pas le mettre juste sous son nez et risquer de voir le sort dévié de sa trajectoire. Le rayon argenté était arrivé à sa destination sans soucis quelconque et le mangemort commença à ricaner narquoisement pensant que le sortilège avait raté sa cible, soit lui. Il commença à chercher son origine tout en gardant un œil sur les actions de la Rowle.  Le sol s’affaissa en dessous d'où se tenait Greyback sur une large zone, se stoppant un peu avant l'endroit où se trouvait la jeune femme. Le sorcier fut étonné quelques instants de voir soudainement ses pieds s’enfoncer plus bas avec la terre. D'un mouvement souple et agile, reprenant contenance, il s'écarta sur le côté droit tout en prenant garde à ne pas se trouver dos par rapport à Cassidy, reprenant plus ou moins facilement son équilibre précaire en arrivant sur une surface plus stable. Souvent, les enchantements et les stratégies les plus simples étaient les plus payantes. Le Rowle espérait que sa cousine utiliserai ce léger temps de trouble pour essayer de mettre hors-jeu ou de bloquer pour un petit temps l'adulte. La coordination était de vigueur s'ils voulaient en finir au plus vite. Elyas était de nouveau sur ses gardes, attentif aux prochains déplacements de son alliée comme de l'ennemi, préparé à réagir en conséquence.
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MessageSujet: Re: [3 Octobre 1997] La Marque des Ténèbres Dim 11 Déc 2016 - 18:33

L'homme loup s'était introduit dans la forêt par l'exact opposé de l'entrée par laquelle les Rowle avaient été contraints de s'y introduire à leur tour. Néanmoins, cette tâche - à savoir, leur mettre la main dessus - ne s’apparentait qu'à un petit jeu de piste pour le Mangemort dont les sens aiguisés naturellement, et encore davantage depuis qu'il avait été mordu, ne le trompait jamais. Aussi, lorsqu'une source de chaleur thermique était parvenue à lui après que l'odeur de lys qui provenait très certainement de la jeune femme, et celle bien davantage masculine et boisée se dégageant à coup sûr du gamin, se soient brusquement évaporées, un sourire mauvais avait un instant déformé son visage aux traits durs. Un cadeau du ciel. Une telle source de chaleur dans une atmosphère aussi glaciale que celle-ci. Ces gamins n'étaient vraiment pas très intelligents. Au final, tant mieux, mieux valait mettre le doigt rapidement sur de potentielles mauvaises recrues et les évincer dans l’œuf, plutôt que de les accepter avant de s'apercevoir qu'elles n'étaient que des boulets dont il faudrait se débarrasser par la suite. Contrairement à son collègue Macnair, Greyback n'avait aucune considération pour le nom de Rowle. Un nom d'une grande famille de Mangemorts, certes. Néanmoins, les branches de mages noirs avaient grandement tendance en ces dernières années, à pourrir lentement, perdant ainsi toute leur noblesse et toute considération de la part du loup-garou. Un nom était important certes, mais il ne suffisait pas. En tester chaque membre était primordial, surtout dans une période telle que celle-ci.

Il aurait préféré les tester individuellement afin de pouvoir se rendre réellement compte des capacités existantes ou non de chacun, c'était certain. La précision était primordiale, tout comme savoir repérer les atouts et les faiblesses de chacun, et si l'un d'entre eux - ou les deux -  valait potentiellement le coup d'être accepté puis formé plus en profondeur par un référent Mangemort. Les deux ensemble... L'idée était étonnante mais le Lord devait avoir ses raisons. Toutefois, Greyback était sceptique. Comment se rendre réellement compte des capacités de chacun ? L'un pouvait couvrir l'autre, et masquer son incapacité réelle. A deux, ils pouvaient également se sentir plus forts et développer des capacités dont ils auraient été dans l'incapacité de faire preuve seul. Or, bien que le travail d'équipe était primordial chez les Mangemorts, l'indépendance était de rigueur également. Toutefois, le Seigneur des Ténèbres avait décidé de les évaluer sur la base d'une collaboration... Étrange. Le loup garou haussa les épaules tout en se dirigeant vers la source de chaleur, un rictus au coin des lèvres. Ce n'était de son ressort de s'inquiéter de ces questions, le maître savait sans aucun doute ce qu'il faisait, et avait sans doute déjà prévu la suite - enfin, si suite il y avait. Il avait avancé rapidement, souplement malgré sa carrure et son poids plutôt imposant. Aucune branche n'avait bronché sous ses pas. Un chasseur, un prédateur traquant ses proies. Pauvres petites gazelles perdues dans la forêt... Le grand méchant loup allait bientôt les trouver. Le sorcier sourit sadiquement et retint un petit rire d'excitation. Il se rapprochait, il en était certain. Soudain, il la vit, elle, un peu plus loin sur sa droite. La fille, séparée de lui par quelques bosquets. Se terrant derrière des fourrés fournis aux feuillages d'un vert sombre à la limite du noir, le Mangemort observa rapidement la scène. De profil, seule et les jambes nues. Le sorcier fronça les sourcils. Elle devait être frigorifiée et la source de chaleur ne pouvait certainement pas provenir d'elle. Le Mangemort tourna la tête pour observer les alentours. Où était le gamin ? S'étaient-ils séparés ? De nouveau il darda son regard vers la jeune femme. La baguette tendue devant elle, elle ne visait que le vide. Greyback manqua de laisser échapper un nouveau rire. Était-elle myope ? Ou... peut-être avait-elle fait fuir un animal ? Ce qui expliquerait cette source de chaleur dont il ne parvenait pas à saisir l'origine. Assez patienté, il verrait bien sur le tas. Trépignant d'impatience, le sorcier se releva silencieusement, et d'un sortilège informulé à l'éclat rougeâtre visa la tête de la blonde.

* * * * *

Percevant l'éclat rouge à sa gauche, Cassidy avait plongé sur le sol après avoir poussé Elyas en arrière. Elle perçu le bruit de sa chute tandis qu'elle-même se relevait déjà, les genoux terreux. Pourvu qu'il ne soit pas tombé sur la pierre tranchante qu'elle apercevait à l'endroit où il avait dû s'étaler lamentablement. La baguette tendue devant elle, la jeune femme se concentra tandis que le sorcier approchait. Ainsi donc il lançait des sortilèges informulés... De ce fait, il ne servirait à rien de lui retirer la parole... Son regard turquoise observa l'entièreté de du sorcier, tentant d'y déceler une quelconque faiblesse. Un personnage massif, aux membres dont la longueur était tout bonnement impressionnante. Des cheveux gris en bataille parsemés de brindilles. Une blessure apparente dont elle pouvait se servir ? Aucune. Une faiblesse dans la démarche ? Nada. Il paraissait en parfaite forme physique, pour son plus grand malheur. Fenrir Greyback... Elle en avait déjà entendu parler. Bien qu'il ne soit pas un Mangemort à part entière puisqu'il ne possédait pas la marque des ténèbres sur son bras, il n'était pas à sous estimer. Lorsqu'il avait participé à la bataille de la tour d'astronomie, on racontait qu'il avait mordu un Weasley alors qu'il était sous forme humaine, mais que le rouquin avait malgré tout récolté certains traits du loup garou, les morsures étant ensorcelées et ne pouvant être parfaitement soignées. Il pouvait donc mordre... Le regard de la sorcière se posa sur ses dents pointues et elle fronça les sourcils. Une arme de plus qu'il ne fallait pas négliger. La jeune femme reprit son inspection sans quitter des yeux la baguette magique de son adversaire atour de laquelle étaient enroulés de longs doigts crasseux aux ongles jaunâtres.

- Alors jolie Cassy, on est toute seule face au méchant loup ?

Sans répondre, les yeux de la sorcière lui décochèrent deux flèches enflammées et il fit semblant d'être touché en plein cœur. Portant sa main gauche à son buste, il s'écria d'un gémissement rauque, rejetant sa tête en arrière, dans une volonté d'exagération pathétique :

- Aaaaah ces yeux... Votre regard me brûle ma chère - il reprit son sérieux - Trêve de plaisanterie Rowle. Où est ton cousin ? L'as-tu déjà lâchement abandonné aux bêtes alors que votre destin est lié ? Confringo !

Il avait attaqué par surprise. L'explosion se heurta heureusement à une branche basse, mais l'effet n'en fut que réduit. Cassidy fut propulsée contre le tronc du sapin situé à plusieurs mètres derrière elle. Son dos craqua sous le choc tandis que sa tête heurtait le bois en un claquement sourd. Elle retomba durement sur le sol et grinça des dents lorsque la douleur envahi son dos. Il ne fallait pas rester à terre. Vite, se relever. La Rowle se redressa rapidement, vacillant légèrement et prenant appui sur le tronc, les oreilles encore bourdonnantes. Elle releva son regard clair vers l'homme loup et grimaça devant son sourire laissant apparaître ses dents aiguisées. Surtout ne pas se faire mordre, même si sous forme humaine, les effets n'étaient que secondaires. Sa voix rocailleuse à peine humaine donnait l'impression de n'être qu'une sorte d'aboiement rauque, tant elle les sonorités paraissaient gutturales. Il était plus proche désormais, si bien qu'elle pouvait aisément détecter la puissante odeur de terre et de sueur qui émanait de lui. Seul le sang manquait à la panoplie du parfait psychopathe.  

Que faire ? Elyas et elle n'étaient pas de taille à l'affronter d'égal à égal. Le combat était déloyal et perdu d'emblée. Il fallait ruser, l'empêcher d'être en mesure d'attaquer - que ce soit par des sortilèges, ou par morsure. Un second sortilège fut lancé par le Magemort, et elle parvint à le dévier d'un revers de baguette, l'envoyant se fracasser un peu plus loin sur la droite, sur le tronc d'un arbre qui se fendit en deux sous le choc. Okay. Réfléchis Cass, t'as trois secondes. Elle avait reculé de deux pas sous la puissance du sortilège, alors que lui-même n'avait pas encore bougé. Soudain, alors qu'il s’apprêtait à faire un pas vers elle, le sol se fissura sous ses pieds et sous le regard interloqué du sorcier, ses pieds s'enfoncèrent dans le sol qui était en train de s’affaisser sous lui. Elyas. Sous l'effet de surprise, et pour conserver son équilibre, le Mangemort battit des bras en arrière, tentant de se raccrocher à quelque chose pour éviter de sombrer dans le trou béant en train de se former sous ses bottes noires. Une ouverture. Il avait été bien trop sûr de lui. Tandis qu'il s'écartait sur le côté droit, Cassidy entra en action. A peine venait-il de se stabiliser légèrement, qu'il reçu un premier sortilège informulé ; Locomotor Mortis, qu'il ne contra qu'au dernier instant. La sorcière ne s'arrêta pas là. Sans perdre le rythme et se servant du déséquilibre engendré par le sortilège précédent, elle enchaîna. Elle avait trouvé comment s'en débarrasser. Maintenant, tout ce qu'il fallait c'était de parvenir à l'atteindre, alors cette ouverture provoquée par Elyas, était possiblement leur seule chance de survie. Le priver de ses sens. Voilà ce qu'il fallait faire. Un homme sans ses cinq sens n'était plus rien, alors un homme loup, se reposant beaucoup plus naturellement sur ces derniers... La faiblesse de Greyback était sa force. Sa faiblesse était ses sens. Le combat pouvait réellement commencer, à coups de sortilèges uniquement informulés pour elle. Mimble Wimble !. Le maléfice de langue de plomb heurta le visage du sorcier qui - baraqué et déséquilibré comme il était - ne parvint pas à se pencher pour l'éviter. Privé de la parole, et sentant sa langue s'enrouler sur elle-même, il ouvrit sa bouche par pur réflexe, ce qu'attendait la sorcière pour continuer. Dentesreducto ! Le problème de la morsure était désormais réglé. Satisfaite, Cassidy observa les dents aiguisées du sorcier rétrécir à une vitesse incroyable, et elle parvint à maintenir le sortilège jusqu'à temps que ces dernières disparaissent entièrement dans l'épaisseur de ses gencives pourrissantes.

Malheureusement, le bruit de l'explosion avait fini par attirer certaines créatures, et tandis qu'un Diffindo informulé heurtait la jeune femme à l'épaule gauche, lui tirant un cri de douleur, son regard se figea derrière l'épaule du loup-garou. Une immense créature monstrueuse venait d’apparaître et flairait l'air, paraissant chercher quelque chose. Comme si la présence de l'homme-loup lui servait de rempart, l'animal d'une étrange couleur violette tirant sur le gris se détourna d'eux, avant de se figer face au vide un peu plus loin. Il venait de détecter la présence d'Elyas. Lentement, son antérieure droite commença à gratter le sol tandis que son souffle se faisait plus fort. Un Grapcorne, avec une bosse sur le dos, et deux longues cornes. Une créature agressive dont la dangerosité n'était plus à prouver vivant dans les régions montagneuses d'Europe et possédant une peau encore plus résistante que celle des dragons face à la plupart des sortilèges. Greyback commis alors une erreur ; celle de se retourner afin de voir par lui-même ce qui détournait sa proie du combat. इंद्रियों को नष्ट कर दिया Traçant des arabesques complexes regorgeant de magie noire dans les airs, la jeune femme visa le dos du Mangemort qui s'immobilisa brusquement, comme pris entre deux espaces temps.

L'épaule gauche sanglante, la jeune femme serra les dents et porta sa main sur cette dernière. L'entaille était profonde, il fallait qu'elle se soigne et n'était pas en mesure de se reprendre immédiatement le combat. Il lui fallait quelques minutes pour reprendre des forces suite au maléfice qu'elle venait d'employer. Si ce maléfice n'était pas un impardonnable, Cassidy le considérait comme tel et l'utiliser n'était pas sans conséquences. Comme pour confirmer ses pensées, l'afflux de sang s'accentua au niveau de son épaule. La Rowle, plus pâle que la mort, recula en vacillant tout en prenant garde à rester derrière Greyback afin que sa présence lui serve de bouclier par rapport à la créature. Tremblante, elle pris appui sur le tronc à l'aide de sa main droite qui maintenait encore sa baguette.

- Monsieur Rowle, le Grapcorne... - son souffle était court et sa vue commençait à se troubler - ... comme pour les dragons. Les yeux... sont leur point faible.

Ce maléfice hindou n'était que peu connu dans les pays d'extrême orient, et rares étaient les personnes occidentales qui en avaient déjà entendu parler. Destructum sensuum... Ainsi pouvait-il être traduit. Le maléfice détruisant tous les sens. Plus de vue, ni d'odorat, ni d'ouïe, ni de toucher, ni de goût. Perdu dans une dimension vide et noire, le Mangemort n'avait plus la moindre liberté d'action, et ne pouvait pas non plus parler puisque sa langue était enroulée sur elle-même. Cassidy aurait pu passer par une autre voie pour obtenir ce même genre de résultat, en moins puissant. Cela aurait été moins coûteux pour elle, mais beaucoup plus risqué et la finalité beaucoup plus incertaine. Lui ôter les sens un à un, en passant par des cinq sortilèges différents, mais statistiquement les chances qu'elle parvienne à le toucher cinq fois d'affilée sans que lui ne riposte... avoisinaient le zéro.

- Je ne maintiendrai pas le maléfice longtemps... Je... - elle inspira profondément - Je perds trop de sang. Dépêchez-vous. Après vous jetterez un incendio autour de Greyback et nous partirons en courant. Le... Le sortilège n'est maintenu que parce que je suis à proximité et que... que j'en ai encore la force. Une fois partis, il récupérera ses sens un à un mais... mais si vous jetez l'incendio, notre chaleur corporelle sera masquée. Ensuite... Jetez un Glisseo devant nous pour nous permettre d'atteindre l'orée de la forêt.

Elle avait chuchoté les instructions dans une sorte de demi-conscience, sa main gauche cherchant à tâtons dans ses poches les potions restantes. Plus elle maintenait le maléfice, plus le sang s'échappait, noirâtre. Elle ne pouvait refermer sa blessure puisque sa baguette maintenait le maléfice actif et si elle venait à baisser cette dernière, ce dernier serait rompu. Fébriles, les doigts féminins se refermèrent sur ce qu'elle recherchait. L'essence de Dictame. Parfait. Elle dû s'y reprendre plusieurs fois puisque sa main gauche n'était pas sa main dominante, mais parvint à ouvrir la petite fiole, et dans un geste plutôt souple, réussi à en verser quelques gouttes sur la plaie ouverte, une fumée verdâtre s'en dégageant, ne la refermant que partiellement à cause du maléfice empli de magie noire qu'elle maintenait toujours tendue. Toutefois, l'afflux sanguin se réduit significativement et la vue de la blonde cessa de décroître, se stabilisant dans son flou artistique. Ceci fait, la jeune femme ne perdit pas de temps. Recapsulant la fiole, elle rangea cette dernière dans sa poche gauche, et sa main plongea dans sa poche intérieure droite cette fois, et en tira une autre fiole de potion de régénération sanguine qu'elle avala d'une traite. Heureusement qu'elle avait réapprovisionné l'infirmerie tôt ce matin... Aussi, les excédents avaient fini dans ses poches. Aussitôt, une douce chaleur l'envahi, venant réchauffer son corps endolori et ses membres pétrifiés. Lentement, son cerveau semblait se remettre en marche tandis que le brouillard masquant sa vue se dissipait. Bien, maintenant tout dépendait d'Elyas et de comment il s'en tirait. Pour le moment, elle était encore dans l'incapacité de pouvoir lui venir en aide.

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Le pessimiste se plaint du vent, l'optimiste espère qu'il va changer, le réaliste ajuste ses voiles.

Crédit - Joy
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SEIGNEUR DES TENEBRES
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MessageSujet: Re: [3 Octobre 1997] La Marque des Ténèbres Sam 7 Jan 2017 - 13:38

- Ce n’est pas mon devoir d’avoir foi en une personne ou de m’attacher à elle.

Voldemort eut un très léger rire ironique, à cette réponse. En effet, ce n’était pas là son travail, ce n’était d’ailleurs pas le travail de qui que ce soit dans ce monde ! S’attacher… Oh, bien entendu, cela arrivait, et lorsqu’on était mis face à cette évidence, il convenait de se débarrasser tout de suite de la source du problème avant de ne plus être capable de le faire, avant d’être affaibli ou de devenir aveugle, par la faute de sentiments si mièvres comme l’amitié ou l’amour.

- Que tu as raison. S’attacher à qui que ce soit rend si faible. Ceci dit, je reste plutôt surpris que tu gardes autant un œil sur la gamine. La prendre comme élève puis suivre jusqu’ici, voir le combat, comme pour bien t’assurer qu’elle s’en sorte vivante. Il est… curieux que tu accordes plus de temps à une personne, tu n’as jamais procédé ainsi, durant ta vie entière.

La voix du seigneur des ténèbres s’éteignit sur une note légèrement perplexe et emplie d’interrogations. Pourquoi ce revirement soudain, en effet, pourquoi accepter enfin d’accorder plus de temps et de considération à une petite apprentie, sans être certain qu’elle en valait la peine ? Jamais personne sur cette terre n’avait vu Rogue accorder un tant soit peu d’importance à un gamin pour son apprentissage ni lui consacrer plus d’une heure de son temps. Or, ici, des heures, il en consacrait, c’était étrange. Peut-être la gamine avait vraiment quelque chose de plus qui intéressait le maître des potions et que Voldemort n’avait pu encore percevoir. Severus ne lui avait pas menti lorsqu’il lui avait affirmé que la gamine avait bel et bien un certain potentiel, le mage noir en était convaincu, il pouvait savoir si la personne face à lui lui mentait ou non. Or, jamais il n’avait perçu la moindre tentative de mensonge chez Rogue, lors de leurs échanges, contrairement à de biens nombreux mangemorts qui avaient tous cru pouvoir le tromper, le duper, dissimuler leurs pensées et sentiments. Rogue, tout comme Bellatrix, étaient les deux seuls à ne jamais s’être essayés à ce petit jeu de dissimulation et de mensonges, voilà pourquoi ils étaient ses plus fidèles lieutenants. Ils étaient les deux seules personnes sur cette terre en qui le mage noir avait confiance.

Deux lieutenants qui étaient de parfaits compléments à son action… D’un côté, Bellatrix, l’émotion brûlante et l’instabilité mêlé à une puissance impressionnante et développée avec les années. Elle incarnait à elle seule toute la fureur et la vivacité du mouvement, toute la ferveur de ses partisans, la loyauté poussé à son paroxysme. Elle donnerait sa vie pour lui et la cause, il en était conscient et l’appréciait. De l’autre côté, Rogue était le parfait opposé de Bellatrix… Perpétuellement froid, distant et impassible. Tous deux lui étaient si loyaux, donc… Voldemort marcha un peu, le regard perdu dans le vague, Nagini à ses côtés. Voilà bien longtemps qu’il mûrissait un projet, un projet important et cher, aussi important que la traque et la mise à mort de Potter. Un projet qui peinait à avancer car son temps était déjà beaucoup pris. Un projet qui pourrait avancer au mieux, s’il parvenait à accepter d’en confier certains pans de réalisation à des tierces personnes. Hors, cela, Voldemort peinait à s’y résoudre. Profondément individualiste, jamais il ne s’en était remis à d’autres à venir jusqu’ici. Jamais ! Et pourtant… Pourtant, aujourd’hui, il se devait d’y songer.

- Nous aurons besoin prochainement d’agrandir nos rangs… Avec des adeptes intelligents mais aussi de la chair à canon. Les Carrows ont pu me faire remonter qu’il y a, à Poudlard, un peu de sang neuf prêts à servir la cause, ça pourra être utile. Dis-moi, Severus, as-tu de ton côté des élèves ou adultes pouvant faire l’affaire ? Je veux leurs noms, leurs capacités, s’il y a possibilité d’en tirer quelque chose ou non.

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SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Amoureux frustré de très longue date
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 9 janvier 1960, dans une petite ville moldue sans intérêt
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MessageSujet: Re: [3 Octobre 1997] La Marque des Ténèbres Mer 11 Jan 2017 - 15:50

Un rire en seule réponse, dans un premier temps. Qu’avait-il de si drôle ? Entendre le Seigneur des Ténèbres rire, même de cette façon, ce n’était, de façon générale, pas un bon signe pour ceux qui se trouvaient dans son entourage immédiat ou qui avaient eu le malheur d’attirer son courroux, d’une façon ou d’une autre. A moins qu’il ne rie simplement pour signifier tout le ridicule que lui-même éprouvait pour l’attachement, l’amour ou simplement l’amitié. Parfaitement impassible, le directeur de Poudlard gardait les bras croisés en attendant que le « rire » passe et que son chef dévoile ce qu’il avait en tête. Dans tous les cas, il devait être de très bonne humeur, aujourd’hui… Il était bien rare qu’il prenne la peine d’organiser ce genre de jeu pour tester des recrues potentielles et encore plus qu’il discute posément de cette façon, même avec ses mangemorts. D’ordinaire, même s’il n’était pas si rare que Rogue se retrouve en tête à tête avec le mage noir, ou seulement avec lui et une ou deux autres personnes, très peu de paroles étaient échangées et toujours sur le « travail » en cours. Severus connaissait désormais assez bien le mage noir pour deviner qu’il était préoccupé. Ces derniers temps, une de ses idées ne le lâchait plus, appuyant sans doute sur son attitude.

– Que tu as raison. S’attacher à qui que ce soit rend si faible. Ceci dit, je reste plutôt surpris que tu gardes autant un œil sur la gamine. La prendre comme élève puis suivre jusqu’ici, voir le combat, comme pour bien t’assurer qu’elle s’en sorte vivante. Il est… curieux que tu accordes plus de temps à une personne, tu n’as jamais procédé ainsi, durant ta vie entière.

Pas officiellement, du moins… Rogue ne réagit pas plus, ne répondant rien, Voldemort ne devait sans doute pas attendre une réponse, de toute manière. Seule sa voix laissait transparaître une note de perplexité, une interrogation qui, tout en restant plutôt vague, était assez présente pour constituer une source d’angoisse. Il était hors de question de laisser le seigneur des ténèbres l’opportunité de se poser de telles questions. Heureusement, il semblait déjà avoir oublié cette question, marchant un peu en affichant à nouveau cet air perdu dans le vague, les yeux brillant d’une réflexion intense. Beaucoup se demandaient, dans ce pays, à quoi le mage noir pouvait être occupé maintenant, étant donné que c’était bien d’autres qui géraient le pays et les affaires courantes, d’autres qui persécutaient moldus et nés-moldus, d’autres, même, qui traquaient Potter et les résistants dans tout le pays. Donc à quoi était-il occupé, que partait-il faire à chaque fois qu’il quittait le pays ? Trouver ça était quasiment un travail à plein temps et il y avait si peu de pistes. Rogue devenait aussi absent de Poudlard que l’avait été Dumbledore lui-même lors de la dernière année de son existence. Il manquait de temps, de façon de plus en plus cruelle.

Voilà longtemps que Severus réfléchissait à la possibilité de s’entourer d’alliés, des alliés fiables et compétents, las, il était freiné à chaque fois par de nombreux points. L’allié devait être à la fois compétent, bon occlumens, maître de lui, doué en survie et espionnage et prêt à entrer dans ce genre de plans tordus… Autant dire que c’était presque impossible à trouver. Son regard se porta à nouveau vers la forêt, d’où s’élevait des bruits de combat. Pour l’instant, la seule alliée potentielle qu’il voyait était la petite Rowle, justement. Cependant, elle ne savait pas cacher ses pensées et il doutait qu’elle accepte de s’impliquer dans pareille plan. Un bon observateur pouvait déjà se douter de sa situation instable vis-à-vis des idéaux de sa famille et de son allégeance. En plus de cela, elle avait beau être motivée, elle était encore jeune, manquait d’expérience et de pratique sur le terrain, elle avait encore du mal à s’adapter à tout en un instant et sans faire de commentaires, réfléchir au plus vite et surpasser certaines difficultés. S’il pourrait lui apprendre certains sujets, comme la maîtrise de soit, il n’aura pas assez de temps, d’ici la fin de l’année, pour en faire une alliée complète et sûre, toujours pouvait-il espérer la faire travailler assez pour qu’elle puisse se débrouiller dans les années à venir. Encore une fois, le temps lui manquait.

Si seulement Dumbledore avait impliqué une autre personne, au moins une autre, dans on plan, on n’en serait pas là aujourd’hui. Rogue était loin d’être le seul espion sur cette planète, il y avait sûrement eu une autre personne que le vieux barbu aurait pu entraîner là-dedans, dans ce combat, et aujourd’hui, ils seraient deux à se battre pour faire tomber le mage noir et guider Potter dans l’ombre. Un homme ou une femme, capable de camoufler ses pensées et émotions, de manipuler, de se contrôler, d’espionner, de supporter la solitude et tout ce qui avec. Regardant à nouveau la forêt, il se demanda une fois de plus s’il était capable de s’ouvrir assez et donner sa confiance à Cassidy. En s’y mettant bien, et avec des efforts, il pouvait lui apprendre en peu de temps à fermer son esprit à double-tour et à ne laisser paraître comme pensées uniquement ce qu’elle aura décidé. Elle avait assez de potentiel pour assumer, pour le reste. Faire confiance à une autre personne… Le directeur ne voyait, pour le moment, pas d’autres personnes qu’il pourrait tenter d’impliquer à un plus haut niveau. Il fallait également que ces personnes en aient envie et rien ne prouvait que ce soit le cas de Rowle.

– Nous aurons besoin prochainement d’agrandir nos rangs… Avec des adeptes intelligents mais aussi de la chair à canon. Les Carrows ont pu me faire remonter qu’il y a, à Poudlard, un peu de sang neuf prêts à servir la cause, ça pourra être utile. Dis-moi, Severus, as-tu de ton côté des élèves ou adultes pouvant faire l’affaire ? Je veux leurs noms, leurs capacités, s’il y a possibilité d’en tirer quelque chose ou non.

– Oui, il y en a sans aucun doute quelques uns. A Serpentard, je peux citer Lawford. Il est en sixième année et sera apte à servir la cause. Il doit encore faire ses preuves, malgré tout, son niveau n’est pas faible.

Navré, Dumbledore, pour ce qu’il était en train de faire… Lui qui était censé protéger les élèves, voilà qu’il se retrouvait littéralement à les jeter en pâture au plus puissant mage noir de cette époque, en lui livrant très posément des élèves qui avaient un potentiel de futurs mangemorts. Il parla ainsi de quelques élèves, tout d’abord de Serpentard, en donnant des noms connus comme Rosier, Farell ou Avery, puis cita des élèves venus d’autres maisons. Il parla un peu de Absynthe Stevenson, d’Ethan Farell, citant ensuite Brave Rosier qui, malgré le fait qu’elle été répartie à Gryffondor, avait tout de même un caractère correspondant aux attentes de Voldemort de solides capacités en magie. Toujours placé un peu retrait, il évoqua la fille Hook, à Serpentard aussi, passant rapidement sur son statut de sang-mêlée pour parler de ses capacités en magie noire et défense contre les forces du mal. Et dire que tous ces gamins dont il parlait avaient toutes leurs chances, dorénavant, d’avoir droit à un petit « entretien » avec le chef des mangemorts, navré, il n’aurait pas été de bon ton de refuser de donner des noms au mage noir. Alors qu’il en terminait, un brusque mouvement attira son attention et il vit sortir les deux Rowle de la forêt.

Bellatrix ne perdit pas une seule seconde, elle attendait ce moment depuis à présent bien trop longtemps. A peine ses deux cibles en vue, elle leur envoya un endoloris fulgurant, ne loupant sa cible qu’un petit centimètre, sous le coup de l’excitation, elle n’avait même pas pris le temps de viser. Rogue tourna la tête vers Voldemort, tandis que la folle furieuse fonçait en lançant une myriade de sorts pour écorcher ses adversaires, vérifiant qu’il était concentré sur le combat. Il resta ainsi à s’en assurer assez de temps pour qu’aucun doute ne puisse planer puis s’écarta encore un peu, sa baguette serrée en main, le bras le long du corps. C’était maintenant qu’il allait falloir jouer serré… Le regard rivé sur le combat, tout en continuant de surveiller les mouvements de Nagini et de son maître, il écarta un peu le bras et lança un sortilège informulé contre la petite Rowle pour la faire glisser au sol et lui éviter un endoloris lancé par Bellatrix, qui lui passa juste au-dessus de la tête. La dingue s’était mise à rire comme une démente, reprenant ses attaques en insultant copieusement ses adversaires.

Il allait ramasser les deux Rowle en morceaux, à ce rythme-là, surtout Elyas qui était déjà bien blessé. Cassidy non plus n’était pas dans le meilleur état pour combattre. Rogue marcha un peu pour trouver le meilleur angle, puis, au moment opportun, pointa tour à tour sa baguette sur chacun des deux Rowle pour leur lancer le sortilège Revigor, guettant la prochaine occasion de déstabiliser Bellatrix.

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MessageSujet: Re: [3 Octobre 1997] La Marque des Ténèbres Dim 15 Jan 2017 - 16:28

[ 3 Octobre 1997 ] La Marque des Ténèbres


Feat Voldemort, Severus et Cassidy

Les réactions et les paroles qu'avaient prononcé de manière sarcastique Greyback avait fait lever les yeux au ciel d'Elyas, le mangemort dans toute sa splendeur... Au moins l'arrogance et l’orgueil de celui-ci  avait permis à son sortilège de faire effet. Règle numéro un par excellence, ne jamais se fier aux apparences ou être trop sûr de soi parce qu'on ne savait pas toujours la stratégie et la puissance de l'adversaire en face de soi. Néanmoins, le serpentard pouvait bien admettre que le loup-garou était très coriace et plutôt puissant aussi bien physiquement que magiquement même si plus pour le premier au vu de sa nature profonde. Les crocs de ce dernier ne laissaient pas de marbre ceux qui le confrontaient, le cinquième année en avait eu un léger frisson d'horreur. Le Rowle était à distance de sécurité des deux combattants, pour éviter de se prendre un sortilège perdu, et patientait, attendant une éventuelle ouverture pour intervenir si besoin. La bataille entre les deux était très tendue et assez impressionnante pour le jeune homme qui ne connaissait pas encore toutes les formules magiques qui étaient en train d'être exécutées. Il était déjà prêt à lancer un autre sort pour déstabiliser un peu plus le sorcier quand un bruit de pas lourd attira son attention. Et voilà, ce qu'il avait redouté depuis le début était arrivé en cavalant. Un Grapcorn, rien que ça, comme s'ils n'avaient pas déjà suffisamment à s'occuper avec le loup des bois. Cela eu le mérite de faire se retourner Greyback offrant l'instant parfait pour Cassidy de le mettre hors-service pour le moment à condition d'un prix fort.

La gentille bébête ne semblait pas contente du tout pour ne pas dire furieuse et en colère contre...eux ? Pourtant, ils ne faisaient que passer ! On pouvait même plus faire une balade courtoise sans se faire agresser au premier embranchement de la forêt... Trêve de plaisanterie, un plan se mit rapidement en place dans l'esprit de l'élève. Il était plus que sûr qu'ils auraient le droit à un comité d’accueil à la sortie que d'être acclamé en héros connaissant légèrement le sadisme de certains. Finalement, le nouvel arrivant allai pouvoir leur être utile et Elyas allait tirer profit de sa présence. Il avait bien conscience que malgré tout ce qu'ils venaient de boire, ils faibliront rapidement si plus d'une personne se mettait à les attaquer à peine extirpé de cet endroit. De plus, sa cousine avait subi pas mal de blessures pas si dérisoires que ça qui diminuaient encore un peu plus leur chance d'une efficacité en duel bien qu'étant deux. Il fallait donc qu'ils fassent preuve d'ingéniosité s'ils voulaient rester indemnes. Les créatures magiques étaient une très grande passion de l'adolescent, souhaitant un jour pouvoir travailler avec ces dernières, il avait dévoré le plus de bouquin possible à leur sujet. Il savait donc pas mal de choses sur l'être massif devant eux. Alors même que le membre de sa famille lui recommandait certaines choses, Elyas était déjà en position face à l'animal lui envoyant un sort de conjonctivite assez puissant dans les yeux pour le faire se tordre de douleur pendant quelques instants mais pas assez pour le mettre à terre. C'était peut-être suicidaire comme idée mais comme on disait souvent, il n'y a qu'un pas entre le génie et la folie et les deux sont souvent liés l'un par l'autre.

Il avait hésité à la coincer pour poser une rune de contrôle sur le Grapcorn mais cette option était bien plus longue que celle de laisser la créature les poursuivre jusqu'en bas. De plus, il préférait garder quelques cartes dans sa manche pour plus tard au cas où une situation l'exigerai. Elyas était pleinement concentré sur ce qu'il avait à faire tout en restant prudent, surveillant l'animal à proximité. Il restait de marbre, froid face aux circonstances et aux blessures de sa cousine qui se soignait. Il était heureux de ne pas être sensible par rapport à la vue du sang. Avec tout ça, certains auraient déjà vomi tripe et boyaux ou se seraient évanouis. Même si un petit sentiment de regret le titiller pour ce qu'il venait de faire au Grapcorn, il l'enfouit à l'arrière de sa tête. Il pourra revenir dessus et s'excuser auprès de ce dernier plus tard et si ce n'était pas dangereux. Il évitait de laisser trop longtemps son regard croiser l'imposante silhouette pour ne pas la voir trop souffrir et éviter les remords. De base, il avait un lien assez privilégié avec les animaux et ne les agressait jamais sauf si ils avaient commencé. Ils avaient, pour la plupart, plus peur que nous avons peur d'eux. S'il avait su, il ne se serai jamais réveillé ce matin et aurai hiberné pour un ou deux ans...

« Inflamare » prononça-t-il, sa baguette levée en direction de Greyback. Des flammes en sortirent aussitôt et le Rowle les manipula de façon à former un cercle autour du mangemort tout en évitant de toucher Cassidy et la bestiole gémissante. Exercice qu'il arriva à gérer.

« Glisseo » déclara-t-il ensuite en visant cette fois-ci la direction indiquée par sa cousine.

À ce rythme-là, s'il enchaînait autant les sorts en un temps aussi court, il allait vider rapidement sa réserve magique qui avait baissé depuis que les événements s'étaient déroulés... Déjà qu'il avait dû enfermer avec volonté la douleur pour ne pas s'écrouler à terre... Le Grapcorn était de retour sur ses quatre pattes et avait repris ses esprits, grattant le sol pour s'élancer au galop vers eux. Autant dire qu'il n'avait pas aimé le traitement du serpentard et comptait bien se venger d'eux. Le cinquième année sauta en même de temps que la Rowle sur le toboggan désormais créé, le faisant disparaître au fur et à mesure derrière leur passage pour éviter que le louloup ne les suive trop rapidement et pour permettre à Grapy de les poursuivre sans obstacle pour le gêner. La descente fut mouvementée mais assez tranquille si on comparait cela à quelques minutes auparavant. Un peu de répit avant le prochain affrontement... À peine avaient-ils passé les derniers arbres de la forêt qu'un sortilège leur passa juste sous le nez, prévisible mais extrêmement dangereux. Il s'arrêta droit devant, se lançant un protego le couvrant sur le coup, ainsi que sa cousine au passage, faisant de son mieux pour esquiver, parer et dévier les sortilèges de la tarée qui se rapprochait de plus en plus et vivement d'eux comme le désirait Elyas. Elle les insultait copieusement tout en se déchaînant sans répit, ne leur laissant pas le temps de souffler, alternant entre lui et Cassidy. Le jeune homme restait dans la même zone pour qu'elle reste dans la bonne ligne de mire. Il pouvait entendre à travers le brouhaha le petit Corny qui arrivait à pleine vitesse vers eux.

Malheureusement, avec le peu de force qui lui restait, il faiblissait bien trop rapidement sous les assauts de la Black qui s'amusait beaucoup à leur balancer des sortilèges plus vicieux les uns que les autres. Elyas avait déjà pris deux sorts de découpe sur le bras gauche. Les blessures bien que légère n'aidait pas vraiment le jeune homme à tenir sa position. Quand soudain, un regain de force plus que bienvenu, parcourra tout son être. Il ne chercha pas la source de cette énergie, n'ayant pas la possibilité et se doutant un peu d'où elle venait. Il s'écarta en bondissant du côté de Cassidy au dernier moment alors que la grosse bête, corne en avant, fonçait directement sur Bellatrix en ayant aucun moyen de refréner sa course folle ou de l'orienter à cause de la vitesse prise et de son poids. Intérieurement, Elyas espérait que cette dernière embroche la sorcière mais il y avait peu d'espoir qu'un tel miracle se réalise... Sans perdre de temps, il se remit sur ses pieds et traça d'un mouvement expert et vif une rune de protection avec sa baguette, sur le sol, créant une petite zone de protection autour de lui et de sa cousine. Il se replaça bien en formation de duel, en position de combat. Il observait le déroulement qui allai suivre avec minutie, attentif, prêt à en remettre une couche si besoin. Il ne baissait pas sa garde, Bellatrix Lestrange, née Black, avait une réputation qui conseillait toute personne saine d'esprit de se faire prudente une fois près de celle-ci. Valable qu'on soit allié ou ennemi d'ailleurs. Ses muscles étaient toujours aussi rigides pour lui permettre de rester bien en place. Il gardait un œil vigilant sur la mangemort mais aussi une oreille à l'arrière au cas où Greyback fasse une nouvelle entrée imprévue au programme, toujours se préparer à toutes éventualités.
014 © Lunay's invention
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SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Prise, par lui. Mais chut.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 16/06/1975, Inde
SANG SANG: pur
MessageSujet: Re: [3 Octobre 1997] La Marque des Ténèbres Lun 16 Jan 2017 - 22:16

Le sang s'écoulait encore de la plaie formée à son épaule gauche par le sortilège précédemment reçu par le loup garou. L'essence de dictame avait pu l'aider à se refermer partiellement, mais le maléfice employé par l'apprentie forçait cette dernière à rester ouverte, et si l'afflux sanguin avait pu être réduit de manière significative, il s'écoulait encore de son épaule, dégoulinant le long de son bras dont la manche bleutée avait été arrachée. Tâchée, la peau pâle de la jeune femme se teintait d'une couleur sombre, oscillant entre le pourpre et le noirâtre. Tandis qu' Elyas s'occupait du Grapcorne en lui lançant un sortilège de conjonctivite - le même que Thorfinn avait tenté de lui lancer il y a trois ans, le regard clair de Cassidy se détourna vers son bras gauche, tandis que sa main droite - bien que tremblant légèrement, continuait de maintenir le maléfice hindou sur Greyback qui restait parfaitement immobile, les yeux grand écarquillés alors qu'il lui était impossible de voir, la bouche dépourvue de dents entrouverte dans une stupéfaction non feinte. L'horreur se lisait sur ses traits presque animaliers.

Le liquide poisseux et chaud dégoulinant le long de sa peau ivoirée lui donna des frissons de dégoût tandis que la sensation montante caractéristique du malaise se faisait sentir. Des premiers signes annonçant une catastrophe imminente si jamais elle ne parvenait pas à se remettre dans le feu de l'action rapidement. Le sang. La jeune femme n' avait pas pu s'en empêcher et avait détourné le regard vers son bras gauche. L'hémoglobine chaude coulait le long de sa peau glacée, et cette désagréable chaleur l’écœurait au delà des mots, la renvoyant plus ou moins consciemment quelques années en arrière. Un fourmillement caractéristique commença à se faire sentir au niveau de son visage translucide, venant comme anesthésier ce dernier. Lentement, des gouttes de sueur se formèrent au niveau de ses tempes et sa vue se troubla tandis que des petits points associant lumière et noirceur commençaient à apparaître dans son champ de vision, composant une espèce de voile noire l'enfermant dans une perception douteuse. Leur danse infernale l’entraîna dans une sensation entre le vertige et le tournis, et sa main droite tenant toujours sa baguette trembla davantage avant de s'affaisser légèrement. Aussitôt, le loup-garou laissa échapper un grognement caractéristique de la bête se débattant aux prises d'un piège de chasseur. Il devait sans aucun doute commencer à ressentir son carcan infernal faiblir progressivement mais sûrement. Cass' concentre-toi par Merlin, tu vas vous faire tuer ! Nauséeuse et ralentie, la jeune femme qui regrettait d'avoir l'estomac vide, papillonna des yeux et se força à détourner ces derniers de son reste de manche imprégné de sang tiédasse qui commençait à se coaguler, et se força à se concentrer du mieux qu'elle le pouvait sur le combat en train de se dérouler entre son cousin et la bête furieuse. Lentement, ses doigts fins parcourus de fourmillements diffus vinrent se resserrer autour du bout de bois représentant par la force des choses leur salut le plus certain. Se concentrer sur la situation présente pour ne pas vomir, ni s'écrouler brusquement entre les feuilles mortes et les branchages. Eviter de mourir de la main, ou de la gueule d'un loup-garou par la même occasion. Petit bonus non négligeable en soi. La jeune femme secoua la tête pour tenter de se sortir de sa torpeur cotonneuse, sa longue tresse blonde ondulant le long de son dos moite. Par la barbe de Merlin que cette phobie constituait un handicap majeur par des temps comme celui-ci... Le sang. Pourtant relié à la vie, ce dernier ne renvoyait pour elle qu'à l'horreur absolue de la mort et de la souffrance. Tout en lui renvoyait à des signifiés terriblement sombres auxquels elle se refusait de songer pour parvenir à tenir debout. Le sang... Sa couleur immonde, son contact répugnant, sa chaleur dérangeante... Tout était propice à l'envahissement plus ou moins rapide de symptômes annonciateurs d'un malaise en bonne et due forme. Toutefois, il était capital - et la sorcière le savait, qu'elle parvienne à travailler cette faiblesse afin de parvenir à contrer et à maîtriser ces sensations dérangeantes qui s'imposaient à elle dans des situations comme celle-ci.

Elyas avait agit rapidement, et avait su viser juste malgré le peu de lumière que leur accordait cette horrible forêt et son atmosphère glauque et glaciale. Quelque chose ne collait pas avec cette dernière. Une étrangeté hermétique s'en dégageait et venait faire dresser les poils translucides des avants-bras de la Rowle qui laissa échapper un frémissement. Son regard tourmaline se porta vers la cime des arbres et c'est seulement à cet instant qu'elle s'aperçu que le ciel n'était pas percevable. Des branchages, rien que des branchages entremêlés paraissant... Cassidy fronça les sourcils, et sa bouche rosée s'entrouvrit dans un " O " parfait tandis qu'elle était en train de réaliser le phénomène en train de se produire à leur insu - à Elyas et elle. La forêt se refermait progressivement sur eux. La forêt était vivante et les arbres aux branchages sournois allaient les engloutir. Horrifiée, la sorcière braqua son regard sur son cousin qui semblait en proie à de violents remords face à la créature qui gémissait. Sérieusement ? Non mais je veux dire, sérieusement ? Incrédule, Cassidy le dévisagea un instant les yeux écarquillés devant tant de bêtise. Regrettait-il réellement de s'être défendu face au Grapcorne ? C'était la guerre, et lui semblait culpabiliser d'avoir lancé ce sortilège pour sauver sa peau. Il allait réellement falloir qu'il revoit l'ordre de ses priorités...

« Dépêchez-vous ! , cria-t-elle en pointant la cime des arbres à l'aide de sa main gauche, la forêt est vivante ! Elle se referme sur nous ! »

De la magie noire. Les arbres, le sol, les feuilles et même l'air, tout été imprégné de magie noire. Comment était-ce possible ? Dans quel trou à rats étaient-ils tombés ? Le piège réel semblait s'être étendu au delà du loup-garou et des créatures funestes peuplant les bois. Le piège était le bois. Le piège était l'endroit.

« Inflamare »

Inflamare... Incendio... Peut importait. Le principal était de masquer leur chaleur corporelle, bien que personnellement, la jeune femme était totalement frigorifiée et vidée de ses forces. Des flammes s'échappèrent de la baguette du Serpentard qui était redevenu visible, en direction du loup-garou toujours enfermé en lui-même par les effets du sortilège que Cassidy avait de plus en plus de difficultés à maintenir. Sa baguette tremblait violemment tandis que sa main faiblissait. Bientôt elle se retrouverait dans l'incapacité de conserver son bras relevé et Greyback serait aussitôt libéré. Certes, ses dents seraient toujours enfermées au sein de ses gencives pourrissantes et sa lange, enroulée sur elle-même, mais il retrouverait progressivement ses sens qu'elle lui avait si habilement ôtés, et là, quelque chose disait à la jeune femme qu'Elyas et elle en particulier, feraient mieux de se trouver loin, très, très loin. En dehors de la forêt par exemple. Observant son cousin à tracer le cercle de flammes autour de Greyback, la jeune femme sentit tout à coup un frôlement au niveau de sa cheville droite. Instinctivement, elle baissa les yeux et manqua de laisser échapper un hurlement devant le spectacle se déroulant à ses pieds. Autour d'elle, une dizaine de racines pourrissantes parsemées d'asticots rampaient sur le sol, se rapprochant de plus en plus de ses pieds, au point de les frôler. La Rowle bondit de côté, activant par la même occasion son système sympathique et dissipant définitivement toute sensation de malaise. Parfaitement réveillée, elle n'attendait plus qu'une chose : son cousin, pour pouvoir déguerpir de cet endroit maudit, et ce au plus vite.

« Glisseo »

Le sol qui commençait réellement à se détériorer sous leurs pieds, se régularisa brusquement avant de se transformer en un long toboggan se faufilant par delà les buissons et les arbres leur barrant le chemin. Ils ne devaient plus être très éloignée de l'orée de la forêt... La glissade ne serait certainement pas bien longue. Dès que le toboggan s'esquissa, la jeune femme ne se posa aucune question existentielle et - après avoir abaissé sa baguette, sauta sur ce dernier accompagnée par Elyas. La glissade ne dura en réalité que quelques secondes mais sembla s'étendre au delà d' une éternité aux yeux de la Rowle dont les branchages bas et les ronces griffaient sans la moindre petite once de pitié le visage pâle et les jambes nues. Derrière eux, des bruits de galopade se firent entendre et la jeune femme devina sans aucun soucis que le Grapcorne n'avait pas dit son dernier mot. Brusquement, le toboggan prit fin et la jeune femme se sentit pousser des ailes en décollant dans les airs, son petit gabarit largement aidé par la force de propulsion. Si le décollage fut assez remarquable - il faut le dire, ce ne fut pas le cas de l’atterrissage forcé. Cassidy s'écroula sur le sol, le nez dans l'herbe humide et un caillou aiguisé vint entailler habilement la peau de son genou droit. Une nouvelle estafilade. N'y en avait-il déjà pas assez ? Apparemment pas au goût de Bellatrix. A peine Cassidy venait-elle de se relever, baguette en main, qu'un sortilège se heurta au charme du bouclier invoqué par Elyas qui visiblement avait eu l'atterrissage plus chanceux qu'elle.

Bellatrix Lestrange était folle. Complètement folle, mais aussi particulièrement impressionnante. Entrant dans une danse macabre et quelque peu enragée avec sa baguette, elle donna le ton très rapidement, ses longues boucles couleur ébène volant au vent. Le petit test-punition n'était pas fini. Sortir de la forêt et échapper à Greyback n'avait été que la mise en jambes. Incarcerem. Le sortilège manqua de peu sa cible, passant à quelques cheveux de la sorcière, et continua sa route en direction de Rogue resté en retrait. Autour d'eux, les faisceaux colorés de magie fouettaient l'air glacé, donnant lieu à ce qui aurait pu s'apparenter à un magistral feu d'artifices. La voilà qui se mettait à les insulter maintenant. Tout en déviant un sortilège orangé d'un revers de baguette, le renvoyant sans scrupules vers sa propriétaire, Cassidy grinça des dents, tandis qu'un ricanement sordide s'échappait des lèvres carmin de la Mangemort qui sembla redoubler d'énergie, tout autant que celle de la Rowle poursuivait sa décroissance. Impedimenta ! Sans la moindre hésitation, l'apprentie visa Lestrange, et profitant du temps imparti, enchaîna avec un nouveau sortilège informulé Endoloris !. Il n'y avait pas à hésiter. Le Seigneur des Ténèbres n'était pas là pour voir ses capacités à utiliser des sortilèges simplistes, non. Il souhaitait voir ce qu'elle avait dans le ventre ? Soit. Un éclair lumineux lui fut envoyé en réponse et vint heurter son épaule blessée lui tirant un cri de douleur. Reculant de deux pas, Cassidy se força à reprendre son souffle tout en venant couvrir sa blessure de manière instinctive. Les yeux baissés, les lèvres tordues en un rictus de douleur, elle ne vit pas l'impardonnable suivant arriver vers elle. En revanche, elle sentit parfaitement le contrôle de son corps lui échapper. Ce dernier glissa au sol sans qu'elle ne l'ait décidé et le sortilège se perdit au dessus de sa tête, manquant de peu Greyback qui venait de sortir de la forêt, penaud, et édenté. Tout en se relevant, le regard de l'étudiante se perdit quelques secondes dans les alentours, surplombé par ses sourcils froncés. Que s'était-il passé ? L'heure n'était toutefois pas à la réflexion, telle que le justifia l'arrivée du Grapcorne affronté sitôt par Elyas. Ce dernier - sans doute excité par le combat en cours, s'élança vers Bellatrix. Profitant de l'arrivée de l'animal, la jeune femme à la natte parsemée de brindilles pointa de nouveau sa baguette d'aubépine vers la Mangemort, mais cette fois-ci, son bras trembla. Trop. Était-elle arrivée au bout de ses limites ? Impossible à savoir. Toujours était-il qu'elle ne parviendrait pas à viser, tant la force commençait réellement à lui manquer. Si Elyas avait pu bénéficier d'une solution de force, ce n'était pas son cas. La jeune femme n'avait avalé qu'un flacon de Potion de régénération sanguine, ainsi qu'un antidote permettant de contrer les effets du Veritaserum. On n'était jamais trop prudent, n'est-ce-pas ?

Alors que son bras lui paraissait de plus en plus lourd, une chose pour le moins étrange se produisit. Soudainement, elle sentit comme une légère brise venir chatouiller délicatement sa peau, l'enveloppant toute entière dans une enveloppe protectrice et revigorante. Ses muscles se détendirent, sa fatigue se dissipa tandis que ses blessures se firent un peu moins douloureuses. Son bras droit se stabilisa. Papillonnant des paupières, Cassidy eu l'impression de se réveiller, ou plutôt de sortir d'une longue torpeur, emplie d'une nouvelle force. Un nouveau souffle. Un nouvel éclat s'alluma dans ses prunelles turquoises. Ce petit jeu avait assez duré, il était hors de question de mourir aujourd'hui sous la baguette d'une Mangemort qui s'amusait beaucoup trop à son goût. Ce test lui avait été imposé par la force des choses, mais désormais, il était grand temps de le faire sien. Vivement, la sorcière pointa de nouveau sa baguette magique vers Bellatrix et le lança - comme tous les autres, de manière informulée. Ce sortilège hindou. Pas celui employé pour Greyback non, elle n'en avait plus la force. Ce sortilège de magie noire dont son père s'était servi pour vider le corps de sa mère de son sang, et ce par tous les orifices corporels, en un temps record. Ce sortilège qu'elle avait employé pour la première fois en Sibérie - à moindre échelle, afin de prélever précautionneusement du sang au petit garçon ayant avalé du sang noir, en apposant sa baguette en un point précis. Le regard braqué sur la Mangemort, le maléfice fut lancé, et prit la direction de Bellatrix.

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Le pessimiste se plaint du vent, l'optimiste espère qu'il va changer, le réaliste ajuste ses voiles.

Crédit - Joy
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SEIGNEUR DES TENEBRES
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MessageSujet: Re: [3 Octobre 1997] La Marque des Ténèbres Mar 24 Jan 2017 - 18:37

- Oui, il y en a sans aucun doute quelques uns. A Serpentard, je peux citer Lawford. Il est en sixième année et sera apte à servir la cause. Il doit encore faire ses preuves, malgré tout, son niveau n’est pas faible.

Lawford ? Ce nom-là ne lui disait rien, enfin, si Severus pensait qu’il pouvait servir à quelque chose, Voldemort se fiait à son jugement, d’autant plus pour les élèves de Serpentard dont il avait eu la charge durant de longues années. S’il n’aura sans doute guère de temps pour s’amuser avec les recrues potentielles comme il s’amusait actuellement avec les deux Rowle, d’autres moyens pouvaient facilement être exploités afin de se faire une idées de leurs capacités respectives et en déterminer la façon idéale de s’en servir. Certains adolescents, malgré leur jeune âge, se révélaient être des atouts précieux, Bellatrix et Rogue en étaient, une fois de plus, deux parfaits exemples. L’élève suivant dont lui parla le mangemort était une fille, Brave Rosier, répartie à Gryffondor par une obscure décision du choixpeau que personne ne comprenait et dont le caractère était assez intéressant… La famille Rosier étant l’une de celles partant sur un déclin de plus en plus marqué, cette fille sera-t-elle la nouvelle épine qui saura sortir les siens du marasme dans lequel ils plongeaient ? Voldemort en jugera par lui-même, très bientôt… Pour le bien de quelques familles de Sang-Pur, mieux valaient pour elles qu’elles prouvent que leurs rejetons étaient capables de rehausser le niveau, du moins si elles ne souhaitaient guère terminer au rang des Malefoy. La patience du Lord était extrêmement limitée.

Les autres noms cités étaient aussi familiers que d’autres étaient flous, n’évoquant pas une grande lignée. Malgré tout, le lord Noir s’intéressait tout autant à ces derniers, conscient que c’était bien plus souvent chez ces noms apparemment sans potentiel qu’il recrutait les plus prometteurs. Croûpton Junior, Severus et encore d’autres, ils ne venaient guère de grandes familles, ou ne venaient pas de clans s’étant déjà fait remarquer pour leurs aptitudes en magie noire. Voldemort voulait… Du sang neuf. Les Avery, il les connaissait déjà et portaient d’aussi grands espoirs en eux qu’il en portait en la famille Malefoy. Les noms Stevenson et Hook retinrent un peu plus son attention, lorsque Rogue les évoqua. Il l’interrogea plus avant sur leurs capacités respectives réelles en magie noire et dans certains autres domaines, ainsi que sur le caractère. Qu’elles soient des filles lui importait peu, ce qui comptait à ses yeux était les compétences personnelles, pour la réalisation de missions spécifiques. Son regard brilla un instant d’intérêt lorsqu’il obtint certains détails supplémentaires sur Abigail Hook, songeant qu’en effet, la jeune et nouvelle génération avait en son sein quelques têtes qui pourraient bien redorer le blason de leurs aînés. Les noms de ces gamins s’étaient d’ores et déjà gravés dans sa mémoire, les noms de ceux possédant un certain potentiel à exploiter.

Les deux Rowle sortirent tout à coup de la forêt, Bellatrix enclenchant aussitôt le combat, sans perdre un seul petit instant, comme il le lui avait ordonné. Le mage noir les observa tranquillement, moitié attentif, moitié absorbé par la construction minutieuse de sombres plans. Il visualisait les prochains jours, semaines, mois à venir, puis y imbriquait un à un tous les éléments à disposition, aussi bien des sorts, des attaques prévues, des recherches et des personnes qui lui seront utiles. Son regard glissa un moment sur le gamin Rowle, le petit élève, et l’écarta d’une pensée de son plan. Ce mioche était définitivement inutile… Il y avait déjà assez de Drago Malefoy comme pièce inutilisable dans ses rangs pour avoir besoin d’y rajouter un autre gamin sans talents ni forces, qui ne sera jamais rien de plus qu’un boulet à peine bon à exécuter les ordres. Il était comme son père, un déchet de plus dans une famille qui ne valait presque plus rien… Restait à évaluer la fille. Elle semblait tout à coup briller d’une nouvelle force contre Lestrange, reprenant le combat avec une vigueur sortie de nulle part. La force du désespoir ou la force qu’elle cachait dans le ventre depuis maintenant trop longtemps ? Dans les deux cas, Voldemort s’interrogeait… Cette fille semblait plus compter pour Rogue que ce qu’il en avouait et le Lord voulait comprendre pourquoi. Il voulait comprendre ce que cette fille avait pour que le plus solitaire de ses serviteurs se soit attaché à elle.

Sortant sa propre baguette, Voldemort décida de mettre fin au combat en lançant plusieurs sortilèges qui séparèrent violemment les duellistes, tandis que sa voix froide résonnait tout à coup dans le silence qui s’était imposé pour dire que cela suffisait. Sa fidèle mangemort afficha un air on ne peut plus déçu et frustré, auquel il ne prêta aucune attention particulière. Elle aura bien d’autres occasions de répandre le sang et s’amuser avec ses proies… Lui-même venait de peaufiner d’autres idées et il n’était, en conséquent, plus temps de jouer, il avait à faire. Il fit signe à la fille Rowle de s’approcher, laissant Nagini aller tourner autour d’Elyas sans s’en préoccuper, sa bonne amie avait bien le droit d’aller renifler un repas potentiel, si elle le jugeait intéressant. Une fois la gamine devant lui, il lui dit de relever sa manche et la prit par le poignet, ses longs doigts blafards et très fins se serrant comme un étau mortel sur le poignet lui-même très fin de la jeune femme. Il saura ce qu’elle cachait et le meilleur moyen de la garder à l’œil était de l’avoir sous la main. Son autre main fit glisser le bout de sa baguette sur la peau blanche, suivant un bref instant le parcours des veines avant de stopper à l’endroit voulu.

D’un sortilège informulé, Voldemort marqua alors la jeune femme comme il l’avait déjà fait sur bien d’autres, la Marque se gravant à jamais dans la peau tendre, signe si distinctif et reconnaissable de chacun de ses partisans. Ce sort infligeait une souffrance infernale, lors de l’établissement du lien mental entre lui-même et le nouveau mangemort, en même temps que le brûlure dévorant la peau lorsque la Marque y était apposée. Le mage noir resserra bien plus violemment sa prise sur le poignet de la Rowle, lors de la mise en place du sort, empêchant toute tentative d’esquive, même involontaire, comme il avait déjà pu le voir. Il se moquait bien que la douleur la jette à genoux ou même qu’elle puisse crier, qui ici pourrait l’entendre ? Lorsque le sort prit fin, que la nouvelle Marque brilla de plein feux, flamboyante sous la lumière du jour, il la relâcha enfin, satisfait de sentir ce nouveau lien mental venant de se tisser entre elle et lui, la reliant comme chacun de ses autres fidèles. Se détournant, il aperçut Nagini occupée à mordiller un bout de la jambe valide du gamin,a près l’avoir enserré dans ses anneaux. Allons, allons, fini de jouer.

- Viens là, ma belle, l’appela-t-il en fourchelang.

Il fit signe à Bellatrix qu’il était temps, il avait besoin d’elle pour une autre mission. Greyback transplana le premier, avec Macnair, puis Voldemort adressa quelques mots brefs à Bellatrix avant qu’elle ne disparaisse à son tour. Nagini relâcha enfin sa victime pour venir glisser près de lui en douceur. Voldemort tendit la main pour effleurer sa tête et disparut en l’emmenant avec lui, laissant derrière les deux Rowle et Rogue.

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SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Amoureux frustré de très longue date
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MessageSujet: Re: [3 Octobre 1997] La Marque des Ténèbres Dim 29 Jan 2017 - 12:08

Si Bellatrix était définitivement une folle dingue, elle n’en restait pas moins très puissante et douée en magie noire, il fallait lui reconnaître ça. Rogue grimaça un peu en voyant les deux Rowle en difficulté croissante, bien que, il fallait l’avouer, son élève semblait enfin s’être repris, suite au sort, et contre-attaquait. Un des sorts qu’elle lança ensuite fit légèrement sourciller Severus, il doutait qu’elle ait appris d’elle-même un tel sortilège de magie noire… « L’éducation » paternelle ressortant enfin, dans une situation de danger extrême ? Bellatrix était néanmoins elle aussi parfaitement au fait de ce genre de magie et put dévier le maléfice en partie, perdant ensuite du temps et d’autres occasions à empêcher le sang de couler pour pouvoir poursuivre le combat. Cela durait trop, le Seigneur des Ténèbres allait très vite s’agacer si rien de plus concluant ne sortait de ce duel. Les sortilèges et maléfices volaient en tous sens, mais pour le moment, ni les deux Rowle ni Bellatrix n’étaient encore à terre ou sérieusement blessés par ce duel. Du coin de l’œil, Severus vit Greyback et Macnair se rapprocher pour mieux profiter du spectacle, sans aucun doute, le poussant à glisser de nouveau sa baguette dans sa poche avant que l’un des deux n’y regarde de trop près. Le loup-garou était déjà bien occupé à se remettre mais l’autre mangemort avait le regard partout.

Le combat fut néanmoins brutalement interrompu par le mage noir en personne, qui intervint sans aucun signe annonciateur pour séparer les duellistes et lancer d’un ton glacial que cela suffisait. Un silence de mort s’écrasa sur la place, seulement rompu par le petit reniflement frustré de Bellatrix. Rogue conserva son air impassible, mais intérieurement, il se préparait déjà à voir un des deux gamins mourir… D’autant plus en voyant Nagini retourner faire le tour du petit Serpentard avec un regard gourmand. Severus s’avançait d’un pas lorsque le serpent bondit et s’enroula à toute vitesse autour du petit, glissant sa tête sur lui avant de s’arrêter sur sa jambe valide et commencer à la mâcher avec délectation. Le directeur calcula avec rapidité combien de temps encore l’antidote qu’il avait fait avaler à Elyas allait encore agir et jugea à partir de là le temps qu’il lui restait pour lui en faire boire une autre dose, qu’il tienne avant de finir à l’hôpital. « Heureusement » pour lui, Nagini semblait beaucoup plus s’amuser à l’enserrer et le mâchouiller car le mordre vraiment et l’avaler entièrement par la suite.

Cependant, un autre problème arrivait lui aussi, car Voldemort n’en avait pas terminé. Rogue retint un petit soupir lorsque le chef des mangemorts ordonna à la gamine Rowle de s’approcher et relever sa manche, son regard s’assombrissant encore. Elle allait vivre, par contre, il espérait que ce nouveau pas franchi ne lui fasse pas perdre sa santé mentale… Elle était si pâle qu’il crut vraiment qu’elle allait s’évanouir, gagnant du même coup toutes les chances d’y rester, mais non, elle avança comme une parfaite automate, immobile lorsque Voldemort referma comme une pince ses doigts longs et pâles sur son poignet, serrant comme jamais, son autre main levant sa baguette pour la poser sur le bras nu. Ce qui allait suivre, chacun des mangemorts l’avait plus ou moins bien vécu, tant la douleur était terrible, tant la sensation d’être lié par ces chaînes invisibles au seigneur des ténèbres était une souffrance inimaginable. La petite Rowle lâcha un bref hurlement et s’effondra à genoux, une grimace de souffrance tordant ses traits fins, sans même que Voldemort ne la relâche. Ce n’était là qu’un passage… Un simple passage. La douleur passera, comme tout le reste, il fallait juste tenir un instant. La douleur physique n’était finalement rien, elle passait, comme tout le reste, il ne fallait que tenir.

Les deux autres mangemorts et Greyback suivaient la scène avec un très grand intérêt, y voyant sans doute un très grand divertissement que d’assister à la naissance d’une nouvelle mangemort. Severus ferma un petit instant les yeux, ne bougeant pas d’un pouce lorsque le seigneur des Ténèbres daigna rappeler en fourchelang sa sale bête près de lui et renvoyer ses fidèles vers d’autres missions. Il s’attendait lui aussi à être renvoyé ailleurs mais le mage noir ne fit aucun commentaire, se contentant de repartir avec Nagini. Le silence retomba, laissant simplement entendre un vent léger et glacial, quelques bruits venus de la sombre forêt, comme si rien ne s’était passé. Très bien. Rogue inspira un peu puis s’avança à grands pas, voyant la petite tenter de se relever en vacillant. Il l’attrapa par les deux bras et la tira pour la relever, la maintenant ensuite debout en profitant qu’elle soit si petite et maigrelette, rendant la tâche plus aisée. Du calme, on se reprend. Ce n’était guère le moment de se laisser aller, elle devait continuer, elle n’avait pas le choix. Rogue tira sa manche pour recouvrir son bras et la marque puis la soutint, la portant à moitié pour aller ensuite près d’Elyas, lui aussi dans un sale état.

– Laissez-vous faire, tous les deux, marmonna-t-il.

Tenant Cassidy par un bras, Elyas par l’autre, il prit un petit instant pour se concentrer et transplana avec eux, privilégiant la vitesse plus que la douceur, étant donné qu’ils allaient de toute façon souffrir encore plus à cause du transplanage et qu’il valait bien mieux arriver vite à l’hôpital. L’arrivée fut très brutale, provoquant un certain remous et un petit cri d’une guérisseuse trop émotive en les voyant arriver. Cet hôpital n’avait pas encore l’habitude de voir débarquer ce genre d’équipage … ? Une équipe vint chercher Elyas sur un brancard et une autre entraîna la fille Rowle pour être soignée, bien qu’elle soit, admettons-le, dans un moins grave état que son cousin. Severus lança un regard placide vers le médecin lui demandant d’un air affolé ce qui avait bien pu arriver aux deux jeunes gens, se contentant de lui répondre quel genre de serpent avait attaqué le gosse et ce qu’il lui fallait comme antidote. Il ne répondit rien non plus lorsqu’on lui demanda qui étaient les personnes à prévenir, comme des parents ou proches. L’un comme l’autre seraient sans doute tout à fait ravis de voir leurs pères respectifs débarquer à l’hôpital, cela dit, ce n’est pas Severus qui allait s’amuser à les contacter, ni l’un ni l’autre. Il se contenta d’attendre tranquillement, pour une fois content que tout le monde l’évite en le reconnaissant comme mangemort. Même le médecin finit par laisser tomber ses questions, retournant à son travail.

Ce ne fut qu’une bonne heure plus tard qu’il sut où avaient atterri les gamins. Rogue suivit une infirmière jusqu’à la chambre, entrant en haussant un peu les sourcils en voyant l’état du petit Serpentard. L’avait-on assommé avec des calmants ? Au moins, la petite Rowle semblait plus éveillée.

– Je n’ai pas prévenu vos pères respectifs, indiqua-t-il d’un ton distant. Si vous souhaitez le faire, adressez-vous au guérisseur.

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MessageSujet: Re: [3 Octobre 1997] La Marque des Ténèbres Mer 1 Fév 2017 - 21:25

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Bellatrix avait été touchée. Partiellement, certes, puisque son agilité naturelle et sa réactivité infernale semblaient lui avoir évité le pire ; à savoir se vider de l'entièreté de son sang en l'espace de quelques minutes. Néanmoins, le maléfice l'avait en partie atteinte, le charme du bouclier invoqué ne l'ayant été que trop tard, sous le coup de la surprise mais aussi de la puissance du maléfice hindou. Son flanc gauche fut heurté, à la grande satisfaction de la potionniste dont les iris scintillèrent d'une nouvelle lueur. Voir le liquide poisseux et rougeâtre s'écouler des lèvres sèches de la sorcière aux cheveux sombres, venant l'obliger à cracher ce dernier sur le sol, lui tira un sourire cruel. Qui pensait donc qu'elle n'était qu'une fragile et innocente jeune femme ? Le Seigneur des Ténèbres avait voulu la tester ? Il ne serait pas déçu, Cassidy lui faisait même l'honneur de lui apporter une part de culture indienne provenant directement de Mangalore, et quelle part... De la magie noire à l'état pur. Si une chose était bel et bien à retenir lorsque l'on croisait ces grands yeux bleus en amande, c'était qu'il fallait se méfier d'une eau dormante même si cette dernière paraissait des plus limpides ; les créatures démoniaques s'y dissimulant n'attendaient en réalité qu'une seule chose : un instant d'inattention ou une sous-estimation fatale. Regarder à deux fois ces longues boucles à la teinte de blé avant que ces dernières ne se métamorphosent en serpents des sables aussi venimeux qu' indétectables, ne pas se laisser berner par ce visage de poupée ou cette peau nacrée si pâle qu'il aurait été aisé de la penser au bord de l'évanouissement. Apparences, apparences, apparences. Jolies et trompeuses apparences. Le combat faisait rage. Lestrange contre Rowle. Deux grands noms se rencontraient pour la première fois. Deux héritières aux ascendances communes. Deux sang-pures portant fièrement leur nom et défendant avec ferveur leurs valeurs. L'une y croyant dur comme pierre, l'autre jouant à y croire. Une brune, contre une blonde. La noirceur contre la lumière. Une lumière loin d'être pure et entièrement tournée vers la magie blanche cela dit. Une lumière ternie, ponctuée de tâches sombres venant gangrener sa véritable nature. Il fallait s'adapter si l'on souhaitait survivre. Se plier aux exigences du monde actuel et accepter de laisser sa fierté de côté et de courber l'échine en venant ternir son image. Laisser les mots couler de sa bouche, s'évacuer entre ses lèvres désormais plus blanches que rosées. Accepter d' utiliser la magie noire. Pour les autres, pour tenir face à leurs regards suspicieux. Rendre fier le paternel. Et accessoirement, pour rester en vie. Cassidy avait plié, torturant lorsque la demande lui était faite, usant de sortilèges odieux lorsque la situation l'y obligeait. Au diable la fierté, au diable l'Ego. Si la jeune femme était connue pour être orgueilleuse, dans ce genre de situation, sa fierté été ravalée et ses vraies valeurs, bridées et dissimulées au plus profond d'elle même.

Brusquement, alors qu'elle déviait un énième sortilège lancé par la Mangemort, un premier éclair violet vint frôler le dessus de son crâne, bien vite suivi par un autre sortilège provoquant une explosion envoyant des gerbes de pierres tranchantes et de terre entre Bellatrix et Elyas et elle. Cassidy sursauta et recula précipitamment de plusieurs pas, déviant son regard clair de la brune, recherchant la source de ces derniers. Le lord. Les doigts féminins se resserrerèrent instinctivement sur sa baguette d'aubépine, toujours tendue devant elle comme bouclier protecteur. Ne jamais, jamais baisser sa garde. Ne jamais se fier aux apparences. Les lèvres serrées par la tension croissante et l'attention, la Rowle ne put faire autrement que de garder ses prunelles vert d'eau rivées sur le mage noir. Le respect attendrait, ce n'était guère le moment de baisser les yeux. Que voulait-il ? Avait-il décidé de prendre part au combat afin de les tester lui-même ? Avait-il fait le choix de les assassiner, Elyas et elle ? Immobile, la jeune femme attendait la suite des événements, l'esprit embrouillé par diverses pensées plus angoissantes les unes que les autres. Pourtant, son bras droit ne tremblait plus et sa respiration avait repris un rythme régulier, son souffle se rétablissant progressivement suite à l'interruption de ce duel au rythme marathonien que leur avait imposé le Lord Noir. Le silence revint, glacial. Frigorifiant. Un long frisson parcouru l'échine de la jeune femme qui ne parvenait pas à déterminer ce que s'apprêtait à faire le mage noir. Y-avait-il une épreuve suivante, et si oui, quelle serait-elle ?

Un signe. Ce signe. Un simple signe de la main. Celui qui allait bouleverser à jamais son existence. Celui qu'elle avait tant espéré fuir en poursuivant ses études universitaires. S'enfuir loin de l'emprise familiale en intégrant Poudlard en ce temps intact de toute présence de Mangemorts, flatter l'Ego paternel pour gagner du temps afin de tenter de trouver une solution pour éviter cette situation précise. En voyant ces longs doigts blafards se recroqueviller dans sa direction, l'étudiante se figea en une statue de marbre. Elle avait compris, aucun mot n'était nécessaire pour préciser la pensée du mage noir. Je vais vivre... Pendant quelques instants, elle fut incapable de bouger, ses pieds refusant de se décoller du sol pour lui permettre d'avancer vers le chemin qu'elle avait si souvent contourné. ... Mais je vais mourir. Elle ne voulait pas, non. Elle refusait d'entrer dans ses rangs et de le servir, lui et sa cause infâme. Toutefois, une fois de plus une seule question était véritablement pertinente en la situation présente : Voulait-elle vivre, ou mourir ? La réponse s'imposa d'elle-même. Vivre. Cette envie féroce la maintenait debout, et ce n'était guère le moment de flancher. Vivre, pour avoir une chance de parvenir un jour à reprendre le contrôle sur sa vie. Une étincelle s'alluma dans le regard éteint de la sorcière qui ouvrit légèrement les lèvres, inspirant une bouffée d'air glacial. S'oxygéner. Il fallait bien commencer par là, n'est-ce-pas ? Abaissant sa baguette mais sans toutefois ranger cette dernière, elle parvint à se remettre en mouvement. Ses battements de cœur ; irréguliers et sourds, vinrent lui rappeler - dans cette situation critique, qu'elle était encore en vie. Un, deux, trois... Elle avançait vers lui. Lui qu'elle ne connaissait que de nom et dont elle n'avait aucune envie de faire la connaissance de manière plus approfondie. Crimes sanglants, monstrueux et inhumains. Idéaux arriérés... qui seraient les siens encore davantage à partir de maintenant. Elle avançait... sept, huit. Cassidy releva les yeux vers lui, sans tressaillir cette fois. Un regard vide, où rien n'était à voir. Le bourreau était là, la dominant fortement par sa grande taille et sa puissance. Elle n'avait pas d'autre choix, il lui fallait tenir. Tenir, comme toujours. Se taire, fermer sa jolie bouche, garder ses lèvres closes et reléguer toute cette haine et cette colère incommensurable au plus profond de son être. Se verrouiller, ne rien laisser sortir, jamais.

Lentement, tout en maintenant sa baguette serrée au creux de sa main, la blonde obéit à l'ordre glacial et releva la manche déchirée et imprégnée de sang de sa robe. Un automate, une personne sous imperium. Alors que le vêtement venait de dévoiler la peau blanche parsemée de quelques traînées sanglantes que les fibres cotonnières n'avaient pas pu arrêter, le mage noir referma ses longs doigts squelettiques autour de son poignet, menaçant de le briser tant la pression exercée était d'une force insoupçonnée. Sans un mot, sans une mimique, Cassidy arrêta de respirer, se mettant en apnée. Le sang si pur - fierté de sa famille, se glaça dans ses veines comme si l'un des sombres gardiens d'Azkaban avait été en train de lui aspirer son âme. Chute de température assurée, le corps de la jeune femme sembla perdre environ dix degrés en l'espace de quelques secondes, tandis que tous les petits poils translucides de son corps se hérissait à ce contact à la fois répugnant et terrifiant. La pression exercée lui coupa littéralement la circulation sanguine. Les yeux baissés sur l'intérieur de son avant bras, Cassidy resta silencieuse, incapable de prononcer le moindre son. Toute sa vie, elle avait lutté pour échapper à ce moment. Elle s'était fait la promesse de ne jamais lui permettre de la compter dans ses rangs, comme l'un de ses serviteurs. Cette promesse était brisée désormais. La peau nue, vierge de toute tâche lui paru soudain comme la plus belle chose au monde. Pourquoi n'avait-elle jamais pris le temps de la regarder auparavant ? Une merveille. La merveille de ce monde et de tous les autres. Une peau pâle, et fine. Étendue de neige, ou encore lit de nacre d'un coquillage. Reflets ivoires, veines palpitantes aux reflets bleutés. La peau laiteuse était belle. Pure, sans cicatrice, sans grain de beauté, dépourvue de la moindre irrégularité. Jusqu'à maintenant.

L’extrémité de la baguette du mage noir vint frôler sa peau, suivant un bref instant le chemin de ses veines, avant de s'arrêter au milieu de son avant-bras gauche. Cassidy se retint de serrer le poing, se forçant à garder sa main détendue, et ses doigts recourbés naturellement vers l'intérieur de sa paume. Sois honorée Cassidy, comme une Rowle devrait l'être. Bien vite, la douleur arriva, fulgurante, lancinante. Comme si la peau se découpait au couteau, à vif, et bien profondément. La montée de la douleur ne fut pas progressive, mais immédiatement intense, aussi la jeune femme n'eut même pas l'occasion de tenter de serrer les dents afin de contenir la douleur qui l'envahit brusquement. Le poing se serra vivement cette fois, laissant les ongles féminins venir s'incruster dans la peau fine de sa paume. Une douleur physique - sensation ultime de déchirure abominablement lente et profonde, mais également psychique. L'invisible était-il pire que le symbole immonde en train de se graver dans sa chair ? Difficile à dire. Le lien mental la reliant au Lord se tissait lentement, les mailles du filet se resserraient, les maillons de la chaîne invisible se soudaient entre eux. Plus d'échappatoire n'existait, une nouvelle Mangemort était en train de naître. C'en fut trop pour l'étudiante qui lâcha un hurlement de douleur, puissant mais bref - sa voix venant s'étouffer dans sa gorge, en même temps que ses jambes fuselées se dérobaient sous elle. Agenouillée sur le sol parsemée de pierres, la tête baissée vers ce dernier, la souffrance incommensurable se lisait sur ses traits fins. Face à cette douleur, elle avait lâchement abdiqué mais... Y-avait-il un Mangemort qui y ait résisté ? Rien n'était moins sûr tant cette souffrance particulière était inimaginable, venant défier les limites physiques et mentales. Les paupières de l'apprentie s'étaient fermées, la plongeant dans l'obscurité la plus totale. Le monde avait disparu, tout comme les personnes l'habitant. Il n'y avait plus que cette souffrance venant l'habiter toute entière, la posséder au delà des mots. Cette impression était abominable. Celle de renaître, avec une partie du mage noir vivant en soi, telle un parasite se nourrissant de la force vitale de ses victimes. Une sangsue pompant énergie et vitalité.

Enfin, Voldemort retira sa baguette du bras de Cassidy et lâcha son poignet. Elle n'avait pas bougé depuis sa chute, ses yeux restés fermés, les muscles bandés par la douleur. Au sol, elle ne vit pas Nagini revenir vers son maître passant à quelques centimètres d'elle. Elle ne perçu pas non plus son départ avec McNair, Greyback et Bellatrix. Tout était noir et sombre. Vertige. Papillonnant des yeux, tentant de rétablir un semblant de vue, Cassidy tenta de se redresser, en vain. Son bras droit sur lequel elle avait pris appui se déroba violemment sous son poids. Les yeux grands ouverts, elle ne voyait rien. Aucun son ne lui parvenait non plus. Au moins n'avait-elle pas versé la moindre larme. Maigre consolation. De nouveau, elle tenta de rétablir sa vue, venant frotter ses paupières à l'aide de sa main droite - encore fermement agrippée à sa baguette. Peu à peu, les contours de vagues silhouettes s'esquissaient mais se refusaient à lui apparaître de manière bien définie. Nouvel essai, cette fois plus concluant puisqu'elle parvint à se mettre debout, mais avec un équilibre aussi précaire que celui d'un enfant marchant pour la première fois. Le sol vibra soudainement autour d'elle, mais elle ne bougea pas d'un pouce, complètement vidée. Deux mains vinrent la saisir alors qu'elle vacillait dangereusement, prête à retomber en arrière, dans le vide. Deux mains fermes et puissantes dont l'emprise n'avait rien à voir avec celle de la main l'ayant entravé quelques minutes auparavant. Des mains secourables auxquelles elle s'abandonna après un instant de résistance instinctif, tandis qu'elles l’entraînaient un peu plus loin. Il avait recouvert son bras, elle l'avait sentit redescendre la manche de sa robe, suscitant une grimace de douleur. Il était encore là. Rogue.

« Pourquoi... ? »

Le mot fut évacué dans un souffle, de manière à ce que lui seul puisse l'entendre. Il en était le seul et unique destinataire. Pourquoi. En un mot, tant de choses étaient résumées. Pourquoi m'avoir acceptée comme élève ? Pourquoi avoir menti m'octroyant des idéaux qui n'étaient guère les miens ? Pourquoi m'avoir protégée durant le duel ? Pourquoi ne pas m'avoir dénoncée ? Pourquoi être resté lors du combat ? Pourquoi moi ? Pourquoi ai-je été acceptée par le Lord alors que je ne voulais pas entrer dans ses rangs, et pourquoi Elyas le Rowle par excellence a-t-il lui été refusé ? Pourquoi la vie est-elle ainsi ? Et vous, pourquoi être là, à venir me relever ?

« Laissez-vous faire, tous les deux. »

Un murmure. Cassidy n'eu même pas la force de sourciller ou de laisser échapper un sourire narquois. Pas la force, et plus l'envie. Actuellement, la situation était trop dure, trop fraiche pour être relativisée et vue sous un angle différent. Peut-être plus tard, mais pour le moment, la sorcière en était tout bonnement incapable. Son bras lui semblait n'être plus qu'une plaie à vif, suintante, dont la chair venait s'accrocher à chaque fibre du vêtement, et quant à son esprit, ce dernier était terriblement douloureux, comme empli d'une substance qu'elle percevait comme étant noire et visqueuse, venant empoisonner son être tout entier. L'impression de ne plus être seule, et de ne plus pouvoir l'être à jamais. Emprisonnée en elle-même, par une partie étrangère à son corps et son esprit.

La sensation d'être aspirée lui paru presque agréable, venant remplacer un bref instant la douleur dûe à la marque, par une autre douleur. Plus réelle, plus physique. Sous l'emprise du tourbillon, la blessure de son épaule de rouvrit au moment même où ses pieds touchaient le sol en carrelage blanc de l'hôpital Sainte-Mangouste, situé en plein cœur de Londres, sur une avenue commerçante. L'arrivée dans le hall d'entée de l'établissement fut des plus brutales, mais la jeune femme ne s'en rendit même pas compte. Perdue quelque part à mi-chemin entre son corps et son esprit, seul le moment où des mains - masculines et/ou féminines, elle ne saurait le dire, la séparent de celles du professeur provoqua chez elle un certain mouvement. Un instant Cassidy tenta de se débattre, ne souhaitant pas être emmenée seule dans une pièce, avec des gens qu'elle ne connaissait absolument pas. Affaiblie, apeurée, totalement perdue et même incapable de savoir où elle se trouvait et pourquoi elle était dans cet endroit, la jeune femme réussit à envoyer un coup de poing à l'une des silhouettes qui la tirait vers un long couloir sans fin.

« Tenez-la correctement, par Merlin ! », cria une voix féminine.

Un main s'empara de sa baguette magique qu'elle maintenait toujours serrée entre ses doigts, sans lui demander son avis. Le médicomage se dirigea d'un pas vif vers le directeur et lui confia la baguette d'aubépine sans lui demander son avis, avant de retourner près de la patiente.

« Tenez, puisque vous l'avez amenée ici, gardez sa baguette. Vu son état, nous ne pouvons pas prendre le risque de la lui laisser. Attendez ici qu'une infirmière vienne vous chercher. »

Au tournant du couloir, la Rowle se retourna l'espace de quelques secondes vers le directeur de Poudlard resté en arrière, avant qu'un faible tranquillisant ne lui soit injecté. A moitié inerte, elle fut emmenée au quatrième étage, dans le service de pathologie des sortilèges afin d'y faire soigner son épaule gauche, ainsi que les multiples coupures et contusions ornant son corps. Sans lui demander son avis, les soignants profitèrent de son état second pour la déshabiller, la dépoussiérer et nettoyer ses longs cheveux qui retrouvèrent leur couleur d'origine. On désinfecta également ses blessures superficielles tout en lui posant quelques questions relativement simples auxquelles la sorcière refusa de répondre, gardant les lèvres inlassablement fermées. Un médicomage se présenta à son chevet pour inspecter la blessure de son épaule et éprouva quelques difficultés à la refermer, non aidé par le mutisme de sa patiente et par le fait que le sortilège ayant empêché la blessure de se refermer rapidement était un maléfice hindou. Au bout d'environ trois quarts d'heure et de plusieurs essais thérapeutiques, la blessure se referma de manière précaire. Après lui avoir confectionné un large bandage venant entourer son épaule et une partie de son buste, le sorcier laissa un baume sur la table de chevet de la jeune femme en lui donnant des indications quant à son utilisation - indications qu'elle n'écouta absolument pas. Deux infirmières lui déposèrent sa robe nettoyée et réparée, avant de sortir rapidement de la chambre, sans demander leur reste et pour la première fois depuis le voyage en Albanie, l'étudiante se retrouva seule.

Personne ne s'était occupé de son avant-bras gauche. Son bras avait certes été nettoyé et désinfecté, mais de l'épaule jusqu'au coude. C'était comme si une frontière invisible les avait empêché d'aller plus loin. La Marque. Effrayante, brillant de mille feux. Le personnel soignant avait bien tenté de l'ignorer en la soignant mais personne dans l'équipe médicale n'avait pu se résoudre ne serait-ce qu'à poser une compresse dessus. De ce fait, l'avant-bras était resté en l'état ; parsemé de traces de sang, de terre et... Les prunelles de la Rowle s'agrandirent d'horreur devant la trace sombre ornant l'entièreté de l'intérieur de son bras. Elle était là, brillant de mille feux entre le sang coagulé et la poussière. Sans crier gare, une violente nausée s'empara d'elle et cette fois Cassidy ne put réprimer le haut-le-cœur qui la secoua violemment. Elle eu tout juste le temps de se pencher du lit que la bile contenue dans son estomac tombait déjà sur le sol de la chambre. Tremblante, la blonde se redressa difficilement, et sans un regard pour cette trace, redescendit la manche du vêtement d'un coup sec, venant couvrir cette monstruosité désormais gravée à jamais dans sa chair. Il n'y a rien. Rien. Déni protecteur. Le regard éteint, elle repoussa les couvertures verdâtres et se leva brusquement, sans pitié pour son corps endolori. Tout va bien. Les étoiles qui se mirent à danser devant ses yeux ne suffirent pas à la convaincre de son erreur et elle avança telle une automate vers le petit miroir mural de la chambre. Pourquoi la glace demeurait-elle vide ? Pourquoi aucun reflet ne venait s'y esquisser ? Vide. Elle n'était plus rien. Elle ne se sentait plus être autre chose que la personnification même du vide. Dépossédée de sa substance et de ses pensées, elle ne sentit pas son corps vaciller une nouvelle fois, et n'évita la chute qu'en se retenant de justesse à la petite commode en bois clair située juste en dessous de la glace. Je vais bien. Prenant appui de sa main droite sur cette dernière, la jeune femme ferma les yeux et se força à inspirer profondément. Elle ne pouvait pas rester là. Elle ne voulait pas rester là. Il fallait qu'elle parte, absolument. Les endroits tels que les hôpitaux ou les infirmeries l'angoissaient, toutefois elle était tout simplement incapable de transplaner. Il fallait faire bonne figure dans l'espoir que quelqu'un la ramène à Poudlard. Peut-être Rogue reviendrait-il ? Lentement, l'étudiante rejoignit son lit et s'y recoucha, telle une élève assidue et obéissante. Faire bonne figure. Tenir pour pouvoir rentrer. Un... deux... Et les chiffres s'écoulèrent, un à un, et ce bien lentement. Les yeux grands ouverts, fixés sur le plafond blanc, elle comptait. Incapable de faire autre chose. Combien de temps resta-t-elle ainsi allongée au dessus des draps, raide comme la mort, le corps tendu et les muscles bandés ? Impossible de se décontracter, d'autant plus que sa baguette lui avait été confisquée. Que s'était-il passé exactement à son arrivée ? Elle ne s'en rappelait pas très bien. Tout était très confus. Severus Rogue l'avait ramenée d'Albanie, puis l'avait confiée à une équipe médicale pour une raison obscure. Elle allait très bien, elle n'avait rien à faire ici. Le vague souvenir de mains s'emparant d'elle et l'éloignant du directeur lui revint en mémoire, la poussant à se crisper un peu plus. Où était sa baguette ? Que s'était-il passé réellement ? La sorcière écarta légèrement les lèvres et inspira une petite bouffée d'air... dix, onze... Elle allait bien.

Il lui sembla qu'une éternité s'était écoulée lorsqu' enfin deux infirmières plus pâles que la mort entrèrent dans la chambre et lui déclarèrent qu'elle allait pouvoir retrouver son cousin. La jeune femme écarquilla tout d'abord les yeux. Elyas était là, lui aussi ? Rogue les avait donc ramenés tous les deux ici ? Ô joie infinie. Son visage s'assombrit au possible mais elle obtempéra, et se leva sous le regard horrifié des infirmières.

« Miss, ne vous levez pas aussi brusquement ! Nous allons vous aider et...
- Je vais bien.
- Mais...
- Je vous dit que je vais bien. »

Les mots prononcés d'une voix affreusement glaciale figèrent les infirmières qui se regardèrent, hésitantes sur la procédure à suivre. Finalement, d'un accord tacite, elles plièrent et se contentèrent de guider la jeune femme jusqu'à la chambre double dans laquelle Elyas avait été soigné, au second étage, dans le service des blessures par créatures vivantes. Sans un regard pour son cousin qui était de toute manière totalement dans le gaz, la jeune femme alla rejoindre l'autre lit et s'y allongea en fixant le plafond. Blanc. Comme l'avait été sa peau. Brusquement, les yeux de la jeune femme s'emplirent de larmes... Non... qui furent immédiatement ravalées un battement de cils plus tard. Non, non. Rien ne s'était passé. Il n'y avait aucune raison de réagir ainsi. Je vais bien. Je suis en vie. Cassidy se redressa légèrement, cherchant un instant sa cape des yeux avant de la découvrir propre et pliée au pied du lit. Bien. Cette cape. Brusquement l'image d' Octavius apparu devant son regard perdu dans la brume. C'était à cause de cette cape qu'ils avaient été amenés à se réfugier dans ce jardin où il l'avait malencontreusement oubliée. Octavius. Les yeux de la jeune femme s'illuminèrent un bref instant avant de s'éteindre soudainement. Qu'allait-il se passer entre eux maintenant ? L'accepterait-il ainsi ? Avait-il besoin de savoir ? Fallait-il le faire souffrir inutilement ? A ces pensées, la blonde secoua vivement la tête, chassant rageusement ces pensées angoissantes. Il ne s'est rien passé. Rien. Alors qu'elle reléguait la réalité au plus profond de son esprit dans un mouvement d'auto-protection, la porte de la chambre s'ouvrit sur une infirmière suivie du directeur en personne. Le soulagement envahi la jeune femme de manière inexpliquée à la vue de ce dernier. Elle n'était plus seule. Il allait lui rendre sa baguette. Ils allaient rentrer à Poudlard.

« Je n’ai pas prévenu vos pères respectifs. Si vous souhaitez le faire, adressez-vous au guérisseur. »

Prévenir Andreas ? Pourquoi faire ? C'était tout à fait inutile, sa blessure à l'épaule s'était refermée et on lui avait prescrit du baume dont elle n'avait rien écouté de la posologie à respecter, mais ce n'était pas vraiment un problème. Inutile de le déranger pour des broutilles, il n'en serait que davantage contrarié. Silencieusement, Cassidy esquissa un signe de dénégation avant de se redresser davantage en prenant appui une nouvelle fois uniquement sur son bras droit. Le gauche ? Dénié dans l'esprit de la jeune femme, c'était comme s'il n'existait pas. Ceci était d'autant plus vrai que l'équipe médicale s'était refusé ne serait-ce que de frôler son avant-bras. Il n'y avait rien, tout allait bien.

« Inutile de déranger Père pour si peu. »

L'infirmière se retourna avant de quitter la pièce et glissa quelques mots au directeur - mots que la jeune femme parvint à distinguer.

« Ne lui rendez sa baguette que si vous la jugez apte à la recevoir. Nous ne voulons pas d'accident. »

Adossée aux oreillers blancs, l'étudiante sonda le visage du professeur Rogue. Inexpressive, ses traits comme ses mots ne laissaient absolument rien paraître. Pourquoi... Ce mot lui revint en mémoire, venant raisonner dans son esprit comme l'écho de son propre aveuglement. Severus Rogue était un Mangemort, et legilimens. Sans le quitter des yeux, Cassidy repoussa les couvertures du lit et s'assit sur le rebord du lit, ses pieds nus frôlant tout juste le sol. Faire semblant. Elle ne pouvait pas rester là. Il lui fallait rentrer. Rentrer pour enfin avoir la liberté de s'effondrer ou d'exploser. Elle ne savait pas. Exploser... S'effondrer... Pourquoi donc ? Il n'y avait aucune raison à cela. Je vais bien. Tout va bien. La jeune femme redressa fièrement la tête, elle serait forte. Et puis elle voulait le voir. Lui, Octavius. Un instant, son regard qu'elle luttait pour conserver allumé, s'éteignit à nouveau, sombrant dans les brumes grisâtres venant l'intoxiquer lentement. Exploser ou s'effondrer ? Peut-être les deux... Briser tout ce qui était à portée de main, hurler de rage, permettre enfin aux pleurs si difficilement contenus de s'évacuer. Laver cette Marque. Brosser cette Marque. La griffer, l'arracher, la camoufler, l'effacer. La détruire. Froncements de sourcils. A quoi pensait-elle au juste ? Il n'y avait rien... n'est-ce-pas ? Prudemment, l'apprentie potionniste laissa ses pieds toucher le sol et se leva doucement de manière à éviter tout vertige malvenu. Se dirigeant vers le pied du lit, elle saisit sa cape noire dont elle se recouvrit rapidement les épaules, avant de s'avancer vers le Mangemort qui l'avait protégée sans qu'elle ne parvienne à en saisir les véritables raisons. Travaillait-il pour Andreas ? Plus tard. Les questions étaient pour plus tard. Il fallait qu'elle rentre pour enfin s'enfermer dans les anciens appartements de Rogue. S'enfermer et exploser. Il fallait que ça sorte, la tension devenait insoutenable, au même titre que ce faux-calme qu'elle se donnait. Légilimens hein ? Sans un mot, la sorcière vrilla son regard dans celui du potionniste Merci, pour tout à l'heure... Pendant le duel. Je sais que c'était vous. A peine venait-elle de s'appliquer à lui destiner cette pensée que des fourmillements de douleur recommencèrent à se propager dans son avant-bras. L'état d'anesthésie dans lequel elle avait évolué suite à l'injection de tranquillisant commençait à se dissiper. Non. Ce n'était pas le moment. Tout allait bien, elle allait bien. Elle était forte. Il ne fallait pas craquer. Pas encore. Tenir. Ravalant un tressaillement, Cassidy déglutit et continua à avancer jusqu'à se retrouver face au maître des potions. Afin de pouvoir maintenir le contact visuel, elle s'obligea à relever ses iris clairs vers lui. Sans un mot, plongeant son regard intense dans les onyx du sorcier, elle tendit la main droite devant elle. Je vais bien. Rendez-moi ma baguette. Une pensée claire, précise, sans équivoque destinée à lui seul.

« ... et ramenez-moi. »

Un souffle, un murmure. Une nouvelle décharge électrique se propagea de manière diffuse au travers son bras dissimulé par les pans de l'épais tissu noir de sa cape, venant heureusement dissimuler le tressaillement de ce dernier. Bon sang... Un imperceptible rictus de douleur vint étirer le coin de ses lèvres pâles, avant de s'effacer dans la seconde qui suivit. Il ne s'était rien passé. Il fallait tenir. Elle allait bien, n'est-ce pas ?

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Le pessimiste se plaint du vent, l'optimiste espère qu'il va changer, le réaliste ajuste ses voiles.

Crédit - Joy
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MessageSujet: Re: [3 Octobre 1997] La Marque des Ténèbres Jeu 2 Fév 2017 - 13:57

– Inutile de déranger Père pour si peu.

Une réponse dont il s’était douté, la question n’avait été posée que pour la forme. Bien entendu qu’elle ne voulait pas voir son père dans les parages, bien que ce dernier serait sans doute satisfait de voir que sa brave petite fille bien propre sur elle ait rejoint officiellement les rangs du Lord Noir, comme il l’avait toujours voulu, afin qu’elle fasse honneur à son rang, à son nom, à son sang et il ne savait encore quelle ânerie incommensurable portée par les pro-Sang-Pur. L’infirmière lui glissa avant de partir de ne pas rendre la baguette de la jeune femme si elle n’en était pas capable, afin d’éviter tout accident. Que craignaient-ils, qu’elle ne s’en serve pour frapper tous ceux qui se trouveront à sa portée ? Ils avaient vu sa Marque, sans doute pensaient-ils que cela faisait d’elle une criminelle sans cœur ni lois, avide de sang et de pouvoir, du même genre que Bellatrix, en dépit de son jeune âge et de son téta physique déplorable, à l’heure actuelle, bien qu’elle s’acharne à montrer le contraire depuis qu’il était rentré dans cette chambre. S’en devenait presque un duel de regard… Il savait ce qu’elle pensait, même sans utiliser la légilimancie, sa question en Albanie ne cessait plus de tourner en boucle dans sa mémoire. « Pourquoi, pourquoi, pourquoi » ? La réponse qu’elle attendait, Severus ignorait encore s’il était prêt à lui donner et si elle-même était capable de la recevoir. Pouvait-il faire confiance à un autre et pouvait-on lui faire confiance ? Cette femme était-elle capable d’accorder sa confiance à qui que ce soit ? Il en doutait autant qu’en ses propres capacités à s’ouvrir à une autre personne.

L’instant d’après, elle repoussa ses couvertures et parvint à se lever, le visage si pâle que Rogue se surprit à guetter le moment où ses yeux allaient se révulser et qu’elle allait tomber évanouie sur le sol, pour de bon cette fois. Sa main glissa sur sa baguette et il usa, presque par réflexe, de ce sort qu’il connaissait maintenant si bien, qui lui permettait d’avoir accès aux émotions et pensées des autres. Une longue pratique de ce type de magie permettait de savoir si on vous mentait, comme Voldemort se plaisait à le faire, mais aussi deviner les véritables émotions, ce qui vous tournait en boucle dans votre esprit. Severus avait le visage insondable, le regard trop sombre pour y lire quoi que ce soit, concentré sur d’autres pensées, cette fois-ci, concentré sur ce qu’il lisait en elle, voulant savoir si oui ou non, il pouvait s’autoriser à l’entraîner à son tour sur cette voie. Pour le moment, ce qu’il voyait en elle ressemblait plus à un tourbillon qu’autre chose. Des pensées filant en tous sens, le doute, et cet homme aussi, le bibliothécaire, plus proche d’elle qu’il ne l’avait cru. Un bon point pour elle… Si elle débutait sans être complètement seule, si elle pouvait déjà compter sur un appui solide… Mais il fallait être certain que cet appui soit assez solide et ne la relâche pas en cours de route. Elle ne connaissait pas encore la haine pure et Rogue ne voulait pas qu’elle la connaisse. Il ne le souhaitait à personne.

Une fois recouverte de sa cape, Cassidy s’avança encore, plantant son regard dans le sien, pendant qu’il sentait son besoin de plus en plus de tout détruire, extérioriser ce qu’elle avait dû ravaler devant le mage noir. « Merci, pour tout à l'heure... Pendant le duel. Je sais que c'était vous. » Il ne cilla pas, ne fit pas un geste, ne prononça pas une parole, se contentant de la regarder, vagabonder dans ses pensées et émotions par ce lien mental produit par le sort. Elle ne tentait même pas de résister ou de cacher ce qu’elle voudrait qu’il ne voit pas, se forçant au contraire sur certaines pensées afin qu’elles soient le plus claires possibles. Effort inutile, il pouvait les percevoir même sans cela. Severus avait le sentiment de marcher malgré lui vers un chemin qu’il n’était pas encore prêt à emprunter, qu’il mettait en place une ouverture vers qui il était alors même qu’il se refusait encore à laisser quiconque entrer par cette nouvelle porte. Il hésitait. C’était dangereux pour le plan de Dumbledore, dangereux pour la victoire finale, dangereux pour lui, dangereux pour elle. Elle qui tendait la main, demandant, toujours en forçant ses pensées, sa baguette, prétendant aller bien. Ridicule. Elle ne pouvait aller bien dès maintenant et ce n’était pas à lui qu’elle pourra mentir sur le sujet. La douleur qu’elle avait subi, il l’avait connu et savait d’autant mieux ce qu’on ressentait lorsqu’on était lié à une cause nous rebutant, que le simple fait d’y songer nous donnait envie de vomir, de hurler, de s’arracher sa propre peau pour faire disparaître toute preuve.

– ... et ramenez-moi.

Il secoua la tête, avec une certaine lenteur, le regard vriller dans le sien. Bien ? Elle ne lui fera pas croire et ne pouvait pas non plus se mentir à elle-même. Elle pourra hurler, pleurer, se blesser elle-même, comme il l’avait fait, avant de réaliser que ça ne servait à rien sinon aggraver la douleur mentale. Elle pourra même boire et se mettre plus bas que terre, rester enfermée des jours avant de se reprendre. En revanche, elle ne pourra jamais prétendre aller bien. Ou du moins, pas face à lui et sans doute pas face à son « Octavius ». Donner le change en lui sera possible que face aux faibles, aux naïfs et aux aveugles, à ceux qui étaient incapables d’observer leur environnement et leur entourage, qui regardaient sans voir, se laissant bercer de douces illusions car c’était bien plus facile.

– Je reviendrai vous chercher, déclara-t-il finalement, lorsque vous aurez pris le temps de vous reposer et dormir. Ou votre ami viendra. Vous aurez votre baguette à ce moment-là. Mais je ne vous ramènerai pas dans cet état, vous ne ferez pas croire que vous allez bien.

Il lui dit ensuite de retourner se coucher, d’un ton toujours très neutre, puis tourna les talons, quittant cette chambre et laissant la porte se refermer dans un petit claquement derrière lui. La douleur physique allait assez vite lui passer, il ne restera qu’à surmonter l’ébranlement mental. Puis la suite se mettra en place…

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[3 Octobre 1997] La Marque des Ténèbres

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