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Des retrouvailles tumultueuses. [PV Edward Selwyn ; 27 Septembre 1997]

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MessageSujet: Des retrouvailles tumultueuses. [PV Edward Selwyn ; 27 Septembre 1997] Dim 30 Oct 2016 - 18:20


Frottant ses yeux fatigués avec ses poings, la demoiselle soupira. Cela faisait maintenant une semaine, une seule, qu'elle était à Poudlard. Son maître de stage lui permettait d'utiliser son bureau, quand il n'y était pas, pour préparer ses futurs cours de soutien. C'était précisément ce que faisait Astrid, plongeait dans des recherches sur différents sortilèges plus sombres les uns que les autres. Pour ce qui était de l'organisation de ses futurs cours, la Shafiq savait déjà comment s'y prendre, mais c'était bien beau de savoir cela, si elle n'avait aucun sujet intéressant pour ses futurs élèves, elle risquait fortement de se retrouver avec une classe vide et un retour direct pour son manoir. Elle ne voulait absolument pas y retourner, préférant laisser l'immense demeure vide. Le Manoir de la Noble et Ancienne Maison Shafiq n'était qu'un souvenir, rien de plus, d'une vie détruite par ses actes.

L'ancienne Gryffondor était morte, ne laissant place qu'à la phénix, guerrière devenue impitoyable, attendant patiemment son heure pour foutre plus d'une raclée à ses putains de mangemorts. Elle serra les dents, son poing fermé frappant le meuble d'ébène avec une belle brutalité. Ça ne servait à rien d'y penser. Son heure viendrait, l'Ordre reprendrait le dessus et, si ce n'était pas le cas, elle mourrait en essayant de détrôner Celui-Qui-N'était-Pas-Nommé. Elle s'en était faite la promesse.

L'étudiante secoua la tête, chassant ses pensées encombrantes. Elle poussa un soupire, décidant de partir faire un tour dans l'immense château. Peut-être trouverait-elle le sujet parfait se faisant, du moins l'espérait-elle. Elle trouvait le nouveau programme absolument révoltant. C'était la défense que l'on devait enseigner, pas l'attaque ! Si un élève se retrouvait devant un détraqueur, si personne ne lui apprenait à lancer un patronus, comment pourrait-il se défendre ? Mais bien sûr, le Mégalo n'y pensait pas, voulant se créer sa petite armée. Une idiotie. Et puis, encore, la magie noire pouvait être utile, c'était vrai, mais laisser un homme qui n'avait même pas réussi à décrocher ses BUSEs l'enseigner, sérieusement ?

Un nouveau soupire lui échappa, alors qu'elle plongeait ses mains dans les poches de son manteau. Ses pas s'arrêtèrent devant l'immense porte du château, près de la grande salle où le dîner commençait. En temps normal, Astrid y aurait assisté, mais elle préférait le calme des couloirs au bruit qu'elle parvenait à entendre de sa position. Un véritable capharnaüm de conversations entre les élèves après une dure journée. Ses pensées s'envolèrent une nouvelle fois vers ses songes, alors qu'elle restait immobile. Ce fut sans nul doute pour cela qu'elle ne remarqua pas l'oiseau lâchant une lettre sur sa tête.

Un soupire lui échappa de nouveau alors qu'elle revenait à la réalité. Elle se baissa, récupérant la missive. Elle n'avait même pas eu le temps d'apercevoir le volatile, mais l'écriture élégante de son frère ne laissait présager aucun doute sur l'envoyeur. Un sourire éclaira le visage de la demoiselle, qui entreprit de décacheté l'enveloppe.


Astrid,


Je suis plutôt pressé. Retrouve-moi devant les grilles de Poudlard immédiatement. Tu es peut-être en danger.

Levine.

Une multitude d'émotions traversa le visage de la demoiselle. Mais une, en particulier, prédomina. L'angoisse. L'urgence de la missive ne laissait aucun doute, l'homme était véritablement inquiet pour sa sécurité, plus qu'habituellement, pour venir jusqu'à Poudlard pour lui parler de vive voix. D'un informulé, elle mit feu à la lettre, avant de se diriger d'un pas rapide vers la grande porte du château. Elle la poussa, se retrouvant en haut des quelques marches menant au château.

Le parc était immense, d'une beauté à couper le souffle, à l'image du château qui y trônait. Malgré tout, le léger brouillard qui s'y était rependu, ne laissant filtré que peu de lumière, rendait l'endroit sinistre. Un froid mordant prit par surprise la demoiselle, qui croisa les bras sur sa poitrine, sa baguette toujours en main, alors que ses cheveux, redevenus châtains, s'envolaient à l'aide d'un vent violent.

Elle n'attendit pas plus, se dirigeant vers l'entrée du domaine, vers le portail protégeant l'accès au château. Ses pas se firent de plus en plus rapides. Un mauvais pressentiment commençait lentement à s'insinuer en elle, la rendant de plus en plus anxieuse à mesure qu'elle se rapprochait de l'endroit où Levine l'attendait. Les questions se bousculaient dans son esprit, sans réponses. Puis, finalement, elle arriva devant les grilles. D'un sortilège bien placé, le portail s'ouvrit à la volée dans un grincement, lui permettant de sortir du château. Il se referma de lui-même derrière elle, alors qu'elle cherchait des yeux son frère.


- Levine ?

Le son caractéristique d'un applaudissement lent lui fit tourner la tête, révélant la présence d'une silhouette à l'ombre d'un arbre. La voix, quand elle prit la parole, était sans conteste celle d'un homme, mais ce n'était pas son frère.

- Je n'y croyais pas. Sérieusement, faire écrire ses quelques mots à ton frère fut d'une facilité déconcertante, mais delà à ce qu'Astrid Shafiq tombe dans le panneau... S'en devient risible.

citrouille... Avec une rapidité surprenante, la demoiselle pointa sa baguette vers la silhouette, prête à lui envoyer une série de sortilèges plus sombres les uns que les autres. En une fraction de seconde, la voix de l'homme avait eu un effet prodigieux sur Astrid. Ses pensées, ses questions, s'étaient envolés d'elles-seule, ne laissant place qu'à la méfiance. En position de duel, demeurant tendue, les yeux plissaient, elle essayait d'identifier la personne se trouvant face à elle, sans pour autant y parvenir.

- Qui êtes-vous ? Où est Levine ?

La silhouette prit tout son temps pour sortir du bois, ses robes ne laissant aucun doute sur son appartenance aux mangemorts, bien qu'il ne portait pas le masque. Un sourire amusé jouait sur ses lèvres et sa baguette tournait négligemment entre ses doigts.

- Qui je suis n'a pas de réelle importance, mais je suis d'humeur joyeuse aujourd'hui. J'ai donc décidé de te rassurer. Ton frère va bien, il se porte comme un charme. Il ne se souviendra même plus avoir trahi votre petit secret. Un simple sortilège d'oubli et, paf, il ne se doute même pas m'avoir avoué durant notre soirée bien arrosée d'hier que sa pauvre petite sœur est un petit oiseau de feu pris aux pièges dans la cage aux méchants serpents.

Le sourire amusé de l'homme s'accentua. Il arrêta de jouer avec sa baguette, la tenant correctement et il la dirigea vers Astrid avec une belle rapidité.

- Expelliarmus ! dit-il, le sortilège fusant vers Astrid.

Protego. Le sortilège du bouclier informulé lancé par Astrid dévia le maléfice, faisant redoublé le sourire de l'homme. Les deux commencèrent à se tourner autour comme deux fauves prêts à se sauter dessus.

- Vois-tu, je n'aime pas les phénix jouant aux serpents. Avada Kedavra !

Astrid plongea sur le côté, esquivant le sortilège. Elle se réceptionna comme elle put, se relevant rapidement.

- Et je n'aime pas les traîtres comme ton frère. Endoloris !

Les réflexes de la jeune femme étaient extrêmement bien rodés. L'entraînement quasi-militaire qu'elle avait reçu, depuis son enfance, aidait beaucoup. Elle parvint à esquiver le sortilège, de peu.

- Mais la mort serait trop douce pour lui. Je préfère qu'il souffre de la perte du dernier membre de sa famille, de sa traîtresse à son sang de sœur !

Ils continuaient à se tourner autour, s'observant. Sans que l'homme le remarquât, Astrid se rapprochait lentement du mangemort. Elle aurait pu le maîtriser relativement vite à l'aide de sortilèges, pensait-elle, mais elle avait opté pour une autre tactique qui, elle le savait, aurait le don de surprendre le mage noir.

D'un informulé, il envoya un sortilège inconnu de la demoiselle, l'éclair violet illuminant leurs deux visages. C'était sa chance. Elle plongea directement dans la même direction que l'éclair, se réceptionnant à l'aide d'une roulade. Le sortilège la frôla, sans la toucher. Elle se releva avec une rapidité surprenante, avant d'asséner un coup, avec sa paume ouverte, au niveau du sternum. La respiration de l'homme se coupa. Il lâcha malgré lui sa baguette sur le coup, reculant de plusieurs pas. Ses mains vinrent se plaquer contre ses poumons, avant que sa respiration redémarrât de manière hachée, le brûlant. Elle ne lui laissa pas le temps de reprendre complètement ses esprits, le talon de sa botte atterrissant sur le côté de son crane malgré qu'il fût plus grand qu'elle, le sonnant à moitié. Astrid avait toujours été très souple. L'homme s'effondra comme une poupée de chiffon, du sang s'écoulant lentement de sa plait à la tête.

La demoiselle soupira, avant de récupérer la baguette de l'homme. Elle la rangea dans la poche de son manteau.


- Tu parles trop, commença-t-elle avec un certain sarcasme.

Avec lenteur, Astrid releva ses manches, délovant sur son bras gauche une marque. Là où se trouvait normalement la marque des ténèbres y était dessiné un phénix, en pleine combustion, en un tatouage mouvant, ensorcelé. La demoiselle l'observa un instant, un sourire sauvage apparaissant sur ses traits gracieux, révélant sa dangerosité ; la promesse de son frère lui revint en tête, comme un écho à l'image face à elle, puis elle reporta son attention sur l'homme. Il reprenait lentement ses esprits, comprenant qu'il se trouvait présentement dans une position plus que précaire. La phénix reporta toute son attention sur lui, le figeant à l'aide d'un informulé.

- Je n'aime pas ça, mais une guerre ne se gagne pas en laissant l'ennemie sauf.

L'homme cligna plusieurs fois des yeux, alors que la baguette de la femme se retrouvait pointée sur son visage. Il tenta de secouer la tête, de parler. Il ne pouvait rien faire. Il ferma alors les yeux, attendant sa perte.

- Avada K...

Le second mot se bloqua dans la gorge d'Astrid, alors qu'elle se retournait vivement vers le portail quand une voix de gamin l'interpella. Elle écarquilla légèrement les yeux en le voyant. citrouille.

- Arrêtez ! avait crié le gosse, contre la grille l'empêchant de quitter l’enceinte de Poudlard.

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MessageSujet: Re: Des retrouvailles tumultueuses. [PV Edward Selwyn ; 27 Septembre 1997] Lun 31 Oct 2016 - 0:54

Ed frissonna en poussant la porte de la volière. L'automne s'était installé très (trop) vite à Poudlard. On n'était que fin septembre, et il faisait un froid digne des nuits de décembre. Un vent violant soufflait à travers les fenêtres, laissées ouvertes pour faciliter l'envol des hiboux postaux. Edward enfouit sa tête un peu plus profondément dans son écharpe jaune et noir, tout en resserrant sa Cape d'hiver. Du regard, il fit un rapide tour de salle. Personne à l'horizon, parfait. Il alla s'installer sur le bord de la fenêtre, et sorti son matériel d'écriture. Depuis qu'il était entré à Poudlard, voilà bientôt un mois, il n'avais donné aucune nouvelle à sa grand mère, à qui il avait pourtant promis d'écrire régulièrement. Il avait donc profité de ce temps entre la fin des cours et le début du repas pour rattraper son retard. Hormis le froid, cet endroit était parfait pour quiconque désirait un peu d'intimité pour écrire. Pourquoi ? La volière était situé dans une tour, excentrée du reste du château, et, de par ses nombreuses ouvertures destinées aux volatiles, était beaucoup sujette aux courants d'air. Ainsi, en cette fin de journée d'automne, personne ne s'y aventurerais, au risque d'y attraper une bonne bronchite. Mais Edward avait prévu le coup et avait mis ses vêtements d'hiver. Il regarda par la fenêtre, cherchant l'inspiration dans la brume automnale. Il avait tellement de choses à dire qu'il ne savait par ou commencer. Finalement, il posa enfin sa plume sur le parchemin et commença a gratter.

Une fois sa lettre finie et relue, il leva la tête vers la multitude de volatiles perchées sur les combles, et appela. « Pride ! » Sa chouette descendit de son perchoir et vint se poser devant le garçon, qui la gratifia d'une caresse sur la tempe. Il accrocha ensuite le parchemin à sa patte « tu sais ou tu dois aller, pas vrai ? » Il lui tendit un Miamhibou et la laissa s'envoler par la fenêtre ouverte. Il la regarda s'éloigner jusqu'à ce qu'il ne puisse plus la distinguer. Il n'avais pas vu le temps passer en écrivant, le soleil était presque derrière les montagne au loin. Le repas devait déjà être bien entamé dans la grande salle, il devrait se dépêcher si il voulais avoir quelque chose à se mettre sous la dent. Mais quelque chose retint son attention.

Au loin, dans le parc, à la limite du périmètre du château, il avait aperçu un éclair de lumière bleue. Un sortilège, c'était sûr. Ed tenta de distinguer plus précisément ce qu'il avait vu, mais il ne put distinguer que deux silhouettes. Soudain, un deuxième éclair, vert cette fois. Sans réfléchir, Ed se précipita vers la sortie, et dévala les escaliers quatre à quatre. Il couru à travers le parc, tout en essayant de rester discret, le froid et le vent lui mordant les joues. Étant donné la situation actuelle, une attaque de front sur le château n'était pas a exclure, il fallait qu'il s'approche pour vérifier, et le cas échéant, prévenir … prévenir qui ? Le directeur était de toute évidence un Mangemort... le professeur Chourave, sa directrice de maison. Elle, elle semblait être de confiance. Crac ! Un éclair violet ! *vite, vite, dépêche-toi* se répétait-il. Ignorant le froid qui lui brûlait la gorge à chaque respiration, son écharpe flottant derrière lui telle une bannière, il arriva enfin à distance raisonnable pour voir la scène. Il se cacha derrière un arbre, retenant son souffle. Et essaya d'identifier les duellistes.

une silhouette debout, l'autre allongée. Une jeune femme qui avait maîtrisé un homme, plus âgé. Un homme étrangement familier aux yeux d'Edward.*non... non. Impossible... ça ne peut pas etre toi...* aucun doute, c'était lui... il s'approcha des grilles, le contact du métal froid lui glaçant les mains.

« Je n'aime pas ça, mais une guerre ne se gagne pas en laissant l'ennemie sauf. * Non … elle ne doit pas faire ça ! *  Avada K...

« Arrêtez ! » Il avait crié ça sans réfléchir. Tant pis si il s'attirait des ennuis, elle ne devais pas le tuer. Voyant que son interruption avait fonctionné, il continua sur le même ton « C'est mon père, vous pouvez pas le tuer ! » le relâchement des émotions et sentiments trop longtemps enfouis le firent exploser. Ignorant la jeune femme, il s'adressa directement à son père, immobile, étendu sur le sol. « Pourquoi !? Je te croyais à Azkaban ! Pourquoi tu m'a pas prévenu que t'etais sorti ?! Et maman, elle est ou ?! » Ed dévisagea son père. Il n’était plus du tout comme dans ses souvenirs. Les années a Azkaban avait durci ses trait, émacié son visage. Ses cheveux grisonnant et ses cernes donnaient l'impression que son séjour avec les Détraqueur avait accéléré son vieillissement. Et cette robe.. cette robe qu'il portait... c’était celle des Mangemorts...

Edward sentit ses jambes fléchir. Il se laissa tomber à genoux par terre. Tout ce en quoi il croyait s'effondrait petit à petit. Sa tête heurta les barreaux glacés de la grille, alors que les larmes commençaient a couler.

« alors, continua-t-il, d'une voix calme mais tremblante, pendant toutes ces années... depuis toujours en fait... vous m'avez menti ? Vous avez menti à tout le monde ? Vous en étiez vraiment... »

il resta un instant comme ça, faisant le point sur ce qu'il pensait, puis il se releva, une colère froide accrochée aux tripes. Sentant ses mains trembler de rage, il serra les barreau de la grille du plus fort qu'il pouvais, afin de garder un semblant de maîtrise. À présent il n'avait qu'une envie : sauter sur son géniteur et le rouer de coups, le faire souffrir autant que lui l'avait fait souffrir, pendant tout ce temps. Il s'adressa à la sorcière, toujours présente de l'autre coté du portail.

« Ouvrez-moi... Ouvrez ce fichu portail... s'il vous plait. »



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MessageSujet: Re: Des retrouvailles tumultueuses. [PV Edward Selwyn ; 27 Septembre 1997] Mar 1 Nov 2016 - 17:02


Astrid observa un moment le gosse bloqué par la grille. Elle devait très certainement l'avoir déjà croisé, son visage lui étant légèrement familier, sans pour autant se rappeler qui il était. Ses yeux vairons restèrent braqués sur lui, légèrement plissés, ne comprenant pas réellement l'interruption. Celle-ci avait été, d'ailleurs, extrêmement dangereuse pour le gamin, même s'il ne devait même pas s'en rendre compte. Après tout, Astrid était tendue et, quand il avait crié, son volte-face avait été dans le but de l'attaquer. Le timbre de voix ne comptait pas réellement, la demoiselle ayant clairement peur de se retrouver devant un mangemort, alors qu'elle s'apprêtait à exécuter le lâche qui avait pensé pouvoir l'attaquer sans conséquence. Sa terrible formule était toutefois morte dans sa gorge, sauvant in extremis l'inconscient.

- C'est mon père, vous pouvez pas le tuer ! cria le gamin à Astrid.

L'étudiante leva un sourcil.
Son père ? Ça me fait une belle jambe... Elle soupira, avant qu'une réalisation soudaine lui fît baisser sa baguette, son bras venant rejoindre son flan. Elle ne pouvait pas tuer un père devant son gosse. Ô, non pas qu'elle avait ne serait-ce qu'un problème pour tuer quelqu'un depuis la nuit morbide qui l'avait complètement changée, mais tuer un père devant son fils... Non. Elle avait des principes, des limites, qu'elle ne pouvait pas se permettre de franchir.

- Je veux être différente !
- Tu es différente, Astrid !

Le souvenir vint la prendre de plein fouet, la plongeant dans un monde merveilleux... complètement détruit par ses cauchemars. Un monde où la folie régnait à présent. Ses yeux posés sur l'enfant se voilèrent, seul témoignage qu'elle se trouvait à présent bien loin de la réalité ; des songes plus horribles les uns que les autres vinrent la happer, mais le souvenir resta malgré lui, comme la seule lueur d'espoir dans ce monde ténébreux.

- Différente ? Mais en quoi, Père ?! Je suis médiocre ! Médiocre !
- Non, Astrid, tu n'es pas médiocre. Un membre du clan Shafiq ne l'est jamais !
- Vous mentez, Père ! Vous mentez !

Les bruits de pas lui parurent si réels... Ses propres pas, elle fuyait en direction de l'immense parc entourant le manoir. La main de son père la retint avant qu'elle franchît la porte.

- Tu veux que je te dise en quoi tu es différence, Astrid ? Ça n'a rien à voir avec ton don, ou encore tes résultats ! Tu es différente, parce que tu as des principes ! Des principes qui dictent ta conduite ! Gryffondor ?! Te rends-tu compte que le dernier Shafiq à avoir été un Gryffondor est le Patriarche ? Ton propre grand-père, oui ! Tu es de la même trempe que lui, même si tu ne le sais pas encore. Vous avez des principes, vous. Pas nous. C'est ça, ta différence !

Un clignement de paupière... Et elle fut brutalement éjectée vers la réalité. Un sourire sans joie apparut sur son visage, alors qu'elle se détournait de l'enfant. Sa chute dans ses songes n'avait duré qu'une seconde, pas plus. Cela lui permit d'entendre les jérémiades de l'enfant, alors qu'elle réalisait que son père s'était fourvoyé. Ses principes s'étaient consumés, pour la plupart, à sa mort.

- Pourquoi !? Je te croyais à Azkaban ! Pourquoi tu m'as pas prévenu que t'étais sorti ?! Et maman, elle est où ?!

Astrid observa l'homme. Le charme commençait lentement à disparaître, permettant à l'homme de bouger ses doigts. Seulement ses doigts. Il observait son fils, les yeux légèrement écarquillés. Astrid avait presque l'impression d'être de trop. Presque.

- Alors, continua l'enfant, un calme morbide le recouvrant, pendant toutes ces années... depuis toujours en fait... vous m'avez menti ? Vous avez menti à tout le monde ? Vous en étiez vraiment...

Des mangemorts, termina mentalement Astrid. Oui, son père était un mangemort et le gamin ne le savait même pas. Les yeux d'Astrid luisirent d'une colère contenue, comprenant que le gamin avait vécu dans le mensonge toute sa vie. C'était quelque chose, en particulier, qu'Astrid ne supportait pas. Qu'avait-il raconter à son fils ? Qu'il avait été soumis à l'Impérium pendant la première guerre ? Qu'il avait été contraint pour les protéger ? L'homme parvint enfin à bouger sa main, alors que le gosse reprenait d'une voix où sa colère, froide et violente, pourtant sous contrôle, transpirait.

- Ouvrez-moi... Ouvrez ce fichu portail... s'il vous plait.

Astrid tourna la tête vers le fils du mangemort, l'observant un instant. La tension dans ses muscles, ses yeux luisants, son visage à l'expression défaite... Si elle ouvrait le portail, il y avait de fortes chances qu'il massacrât son propre père avant même de réaliser ce qu'il faisait. Elle secoua légèrement la tête, un amusement sinistre venant l'emprisonner un instant, avant qu'elle s'en libérât.

- Non, dit-elle d'une voix qui n'admettait aucune réplique.

L'homme parvint enfin à libérer son bras, qui rampa dans la direction de son fils. Il voulait parler, visiblement, mais n'en avait pas les moyens. Astrid rejoint le corps emprisonné en deux enjambés. Son pied droit s'arrêta sur la main du mangemort, le talon de sa botte l'écrasant violemment. Plusieurs craquements sinistres se firent entendre, des larmes silencieuses apparaissant sur les joues du lâche, causés par la douleur.


- Je ne vais pas ouvrir le portail, continua-t-elle, en s'adressant plus à l'homme qu'au fils. Et tu as de la chance, j'ai des principes. Je ne te tuerai pas devant ton rejeton.

Elle s'agenouilla près du mage noir, son talon écrasant toujours sa main. Elle s'abaissa de manière à frôler son oreille, murmurant ses quelques mots :

- Mais les pères dans ton genre me répugnent. Tu n'as même pas idée de la chance d'avoir ton enfant et tu préfères qu'il vive dans le mensonge plutôt que lui avouer tes fautes ? Tu me dégoûtes.

Elle se releva ensuite. D'une rotation du talon, elle se tourna vers l'enfant, arrachant une grimace de douleur à son père. Elle le regarda quelques secondes, avant de reprendre la parole.

- Tu as le choix, gamin. Le premier, je lui laisse la mémoire, pour qu'il se rappelle sa propre connerie, mais si je le fais et qu'il avoue ne serait-ce qu'un millième de la vérité me concernant, je le retrouve et je le massacre. Le second choix est de lui effacer la mémoire. Il ne se souviendra plus de cette journée, ni de la soirée qu'il a passé avec mon frère hier.

La demoiselle pointa sa baguette vers l'homme, attendant la réponse du gamin. Elle ne réalisa pas que ses manches, toujours retroussées, laissaient apparaître sa marque personnelle pointait vers l'enfant. Le phénix se consumait dans une gerbe de flammes, jusqu'à devenir des cendres, puis grandissait à une allure impressionnante pour, à nouveau, disparaître dans la chaleur. Un cercle sans fin, seule marque témoignant à présent son appartenance à l'Ordre du Phœnix, qu'elle ne laissait normalement jamais apparaître en public.

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MessageSujet: Re: Des retrouvailles tumultueuses. [PV Edward Selwyn ; 27 Septembre 1997] Jeu 3 Nov 2016 - 1:47


« Non. »

Le cœur du garçon fit un bond dans sa poitrine. Il ne comprenait pas. Quelques instant auparavant, la jeune femme était prête à tuer son père, et là, elle le « protégeais » d'un fils prêt à régler ses comptes avec lui... Pourquoi ? Rapidement, elle s'approcha du corps gisant de son père, et écrasa violemment d'un coup de botte la main qu'il avait réussi à libérer du sortilège d'entrave. Le craquement qui s'en dégagea provoqua chez Ed un frisson incontrôlable. Il eut un mouvement de recul, peu habitué à ce genre de violence.

« Je ne vais pas ouvrir le portail » Ed voulut protester, mais n'en eut pas le temps. « Et tu as de la chance, j'ai des principes. Je ne te tuerai pas devant ton rejeton. »

Puis elle s'agenouilla, chuchotant quelque chose à l'oreille du patriarche. Ed essaya d'écouter ce qu'elle disait, mais ne parvint pas a distinguer quoi que ce soit. La sorcière se  releva, le talon de la botte écrasant toujours la main de son paternel. Elle se tourna vers le Poufsouffle et lui adressa enfin la parole. 

« Tu as le choix, gamin. Le premier, je lui laisse la mémoire, pour qu'il se rappelle sa propre connerie, mais si je le fais et qu'il avoue ne serait-ce qu'un millième de la vérité me concernant, je le retrouve et je le massacre. Le second choix est de lui effacer la mémoire. Il ne se souviendra plus de cette journée, ni de la soirée qu'il a passé avec mon frère hier. »

Ed regarda, abasourdi, la baguette pointée sur son père.

« Euh... j'ai besoin d'un peu de temps pour réfléchir... » il le savait, la sorcière n'attendrais pas éternellement. Mais ce n’était pas une décision à prendre à la légère. Si le choix n'impliquait que lui, il déciderait directement de lui laisser la mémoire, de le laisser savoir à quel point il avait déçu son fils. Il ne méritait pas la libération que provoquerait une simple amnésie. Et puis, il avait besoin de réponses. Il fallait qu'il sache ou était sa mère, et si elle faisait également partie de ce qu'il appellerait désormais Le Grand Mensonge. Maintenant qu'il savait son père en liberté, il ne pouvait s’empêcher d’espérer que ce soit aussi le cas pour sa mère... qu'elle était là, quelque part...

Mais la femme avait parlé d'une soirée avec son frère la veille, ça voulais dire qu'il y avait d'autres personnes impliquées dans cette histoire. Ce qui était sur, c'est qu'il n'était certainement pas ici par hasard, et que si il était en mission pour son … maître... le fait qu'il perde la mémoire jouerait quasiment obligatoirement contre le Lord. En observant de nouveau la scène, Edward remarqua soudain un détail qui lui avait jusque là échappé. La manche retroussée de la sorcière, laissait apparaître un genre de tatouage sur son bras. De par son style et son emplacement, elle lui faisait étrangement penser a la marque des ténèbres, symbole d'allégeance au Seigneur des Ténèbres, qu'il avait pu voir sur le bras de son père. Mais au lieu d'un crâne crachant un serpent, c'était un phénix animé qui était représenté. Cette marque avait-elle une importance ? C'était un fait plus ou moins connu : en ce temps de guerre, le phénix était le symbole de la résistance discrète au régime de tyrannie des Mangemort. Aujourd'hui, on ne pouvait pas porter ce genre de tatouage en toute innocence. Edward espérait donc, sans en être certain, que cette femme avait un lien plus ou moins fort avec le mouvement anti-Voldemort. Si c'était le cas, il avait enfin trouvé quelqu'un de confiance. Mais cela augmentait donc la probabilité que son père sache quelque chose qu'il ne devrait pas savoir... De plus, en lui laissant la mémoire, il mettait potentiellement en péril la position à Poudlard de la femme « phénix ». Il le regrettait, mais il fallait lui effacer la mémoire.

« Ed...ward.... »

Le sortilège avait de moins en moins d'effet. Il fallait faire vite. Mais en entendant sa voix, Ed se mit à culpabiliser. Il espérait ne pas faire le mauvais choix. Mais une idée lui vint subitement. Un genre de mix des deux solutions. La boule au ventre, évitant de regarder son père pour garder la maîtrise de sa voix (et surtout pour ne pas changer d'avis au dernier moment), il parla enfin.

« Je peux pas lui laisser la mémoire... il en sait peut-être déjà trop, sur vous, sur votre frère peut être sur la résistance..»  il jeta un regard appuyé sur le tatouage, faisant comprendre ce qu'il avait pensé deviné a la sorcière. « mais je ne peux pas non plus le laisser repartir comme il est venu. Sans savoir que je suis là, et que je sais. Sept ans. Ça fait sept ans que lui et ma mère ont été retrouvés par le ministère, et enfermés a Azkaban. J'étais trop jeune à ce moment là pour savoir pourquoi, mais j'ai appris plus tard qu'ils avaient soit disant été soumis a Vous-Savez-Qui à l'aide du sortilège de l'Imperium. J'y ai cru. Depuis, j'espérais faire éclater la vérité et les retrouver comme avant... Bref vous comprenez que je ne peux pas le laisser repartir comme ça. »

Il marqua une pause, essayant de calmer ses larme qui commençaient a revenir.

« mais j'ai peut-être une idée... je sais pas si c'est réalisable... Si j'ai bien compris, vous pouvez ne lui effacer qu'une journée ou deux... donc je vous propose de cacher votre... ça, en montrant l'avant bras de la femme, et de lui effacer les dernières vingt-quatre heures. Ensuite, vous me laissez lui dire quelques mots avant de le relâcher... sinon, si c'est pas possible tant pis, vous lui effacez juste la mémoire et le laissez repartir... je vous demanderais juste de lui laisser la vie sauve... cette fois du moins. »

Edward se sentit sale, de parler de son père comme d'un vulgaire objet de marchandage. Il avait l'impression de ne pas valoir mieux que lui. Mais c’était nécessaire. La jeune femme accepta, et prit les dispositions nécessaires avant de lancer le sort d’amnésie. Une fois le sortilège lancé, Edward regarda son père, droit dans les yeux, et lui dit, d'une voix qu'il voulais sûre de lui, mais néanmoins tremblotante.

« Tu doit te demander ce que tu fait là, immobile, la main broyée, et surtout devant moi. Ça fait sept ans. Sept ans que toi et maman avez été enfermés. Pendant tout ce temps, j'ai cru ce qu'on m'a dit sur vous, que vous aviez été enrôlé de force dans l'armée de Tu-Sais-Qui. Ce soir, j'ai eu la preuve, que vous avez menti pendant tout ce temps. Je ne sais pas encore pour maman, mais TOI, tu as torturé, tué des innocents, puis PAR PEUR, tu as renié l'ordure que tu était. Tu m'as abandonné ! Alors je veux juste que tu sache qu'a partir d'aujourd'hui, le fils qui t'a admiré, attendu pendant tout ce temps, n'existe plus. En fait je sais même pas si tu m'a un jour aimé, mais j'ose espérer que si c’était le cas, tu vivra avec le remord d'avoir perdu ton unique fils. Donc là, sache que, même si je suis jeune, même si ça prend des années, je ferais tout pour t’empêcher de nuir à nouveau. »

Une fois fini, il souffla un bon coup et dit a la jeune femme « c'est bon, c'est fini. Merci. »


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MessageSujet: Re: Des retrouvailles tumultueuses. [PV Edward Selwyn ; 27 Septembre 1997] Jeu 3 Nov 2016 - 12:59


Le gamin avait ses yeux braqués sur la baguette de la demoiselle, ses yeux légèrement écarquillés. Son expression témoignait clairement qu'il ne comprenait pas pourquoi Astrid avait retourné sa veste aussi vite, en l'empêchant de massacrer son géniteur. Ça n'avait rien d'étonnant, en réalité. La phénix ne souhaitait à personne le sentiment de salissure incrusté dans la peau, se dégoût de soi-même qui s'installait pour ne plus jamais repartir. Si elle le pouvait, elle empêcherait les autres de connaitre cette sensation désagréable qui donnait la nausée dès le réveil, après une nuit peuplée de cauchemars plus horribles les uns que les autres.

- Euh... j'ai besoin d'un peu de temps pour réfléchir...

Compréhensible. L'étudiante acquiesça, bien que sa baguette resta pointée sur le mangemort. En temps normal, elle n'aurait même pas posé la question et ce serait contenté de renvoyer la personne chez elle dans un cercueil, tout en prenant ses précautions. Malgré tout ce qu'elle pouvait dire, il était vrai que la mort qu'elle avait causée l'avait énormément changée, lui ayant ouvert des portes dont l'existence même lui avait été inconnue jusqu'alors.

- Ed...ward, marmonna comme il put le père du gamin.

Elle le remercia mentalement, comprenant que le gosse se nommait ainsi, tout en étant clairement amusée par la supplication. Elle parvenait clairement à discerner la douleur dans sa voix. Elle se demanda distraitement si c'était à cause de sa main ou parce qu'elle était littéralement en train de retourner son fils contre lui... Enfin, qu'il retournait son propre fils contre lui-même, plutôt. Après tout, c'était lui qui l'avait attaqué, elle n'avait rien demandé à personne. Elle fut ramenée à la réalité par le mioche qui reprit la parole.


- Je peux pas lui laisser la mémoire... il en sait peut-être déjà trop, sur vous, sur votre frère, peut être sur la résistance.

Elle acquiesça, satisfaite, après que le gosse eût jeté un regard appuyé sur son tatouage. Il comprenait vite. C'était une bonne chose. En ces temps de guerre, Astrid considérait que n'importe qui pouvait être utile, même un gosse de première année. Après tout, qui irait se méfier d'un gamin seulement capable d'envoyer un pauvre petrificus totalus ? Généralement personne, en les sous-estimant. C'était précisément une erreur que la demoiselle n'avait pas l'intention de commettre. Elle savait que des gosses, dans ce château même, portaient peut-être la marque du Mégalo-en-chef, mais elle se doutait qu'il les prît plus âgé. Après tout, un gamin incapable de torturer ou tuer l'un de ses pairs ne devait pas avoir une grande importance aux yeux du Lord... Encore faudrait-il que l'un de ses serviteurs eût une importance, mais ce n'était pas la question.

- Mais je ne peux pas non plus le laisser repartir comme il est venu, reprit le gamin. Sans savoir que je suis là, et que je sais. Sept ans. Ça fait sept ans que lui et ma mère ont été retrouvés par le ministère, et enfermés a Azkaban. J'étais trop jeune à ce moment là pour savoir pourquoi, mais j'ai appris plus tard qu'ils avaient soit disant été soumis à Vous-Savez-Qui à l'aide du sortilège de l'Imperium. J'y ai cru. Depuis, j'espérais faire éclater la vérité et les retrouver comme avant... Bref vous comprenez que je ne peux pas le laisser repartir comme ça.

Astrid acquiesça, comprenant où voulait en venir l'enfant. Un sourire sans-joie fit son apparition sur son beau visage.

- Je comprends ce que tu veux dire, gamin, comme de nombreux adeptes du Mégalo', il a pensé que mentir l'aiderait... Malheureusement, ça ne marche que quand l'argent va avec. Lucius Malfoy en est l'exemple typique.

Elle soupira, lui faisant signe de poursuivre. Elle devait avouer une certaine curiosité. Le gamin avait visiblement une idée en tête. Astrid ne pouvait s'empêcher de penser que son idée pourrait être intéressante.

- Mais j'ai peut-être une idée... Astrid sourit, l'ayant déjà compris. Je sais pas si c'est réalisable... Si j'ai bien compris, vous pouvez ne lui effacer qu'une journée ou deux... donc je vous propose de cacher votre... ça. Le gosse pointa le phénix d'Astrid et elle acquiesça simplement, recouvrant le tatouage de sa manche. Et de lui effacer les dernières vingt-quatre heures. Ensuite, vous me laissez lui dire quelques mots avant de le relâcher... sinon, si c'est pas possible tant pis, vous lui effacez juste la mémoire et le laissez repartir... je vous demanderais juste de lui laisser la vie sauve... cette fois du moins.

Hm... L'idée était intéressante, il fallait bien l'avouer. Encore que, si elle se contentait de cacher sa marque et que l'homme la voyait ainsi, il risquait de rapidement faire le rapprochement avec Levine. Les deux se ressemblaient pas vraiment, mais il n'était pas rare de les voir traîner ensemble sur le chemin de traverse. Son frère prétendait que, même si nombres de sorciers la prenaient alors pour une adepte de son Seigneur, c'était une protection qu'elle ne pouvait pas se permettre de gâcher. Elle était tout à fait d'accord avec lui.

- Je suis pour, dit-elle à Edward. Mais je ne vais pas me contenter de cacher mon tatouage.

La demoiselle pointa sa propre baguette sur elle-même, la passant sur ses vêtements en murmurant des incantations latines que le gamin ne devait même pas comprendre, ne les ayant jamais entendus, que ce soit de Morgan ou de Merlin. La magie s'opéra alors toute seule, ses vêtements se métamorphosant lentement en une tunique pouvant clairement rappeler celle qu'Alastor Maugrey portait à l'époque où il était encore en vie. Elle ferma ensuite les yeux, une grimace de concentration venant l'enlaidir. Son corps se changea alors de lui-seul, prenant du muscle, les traits de son visage devant bien plus carrés. Elle ressemblait à présent à un homme, d'une quarantaine d'années. D'un coup de baguette, elle fit apparaître une paire de lunette de soleil, pour cacher ses yeux, qu'elle savait ne pas parvenir à changer. Sa taille n'avait également pas bougé, ni la couleur de ses cheveux, bien qu'ils se fussent raccourcis. Ce n'était pas des détails réellement importants. Si l'homme ne savait pas qui elle était à la base, il n'avait aucun moyen de la reconnaître, à présent. Elle pointa ensuite sa baguette sur lui, murmurant le sortilège fatidique.

- Oubliettes !

Le regard de l'homme se perdit dans le vague quelques minutes, puis redevint plus clair. Ses yeux s'affolèrent, alors qu'il essayait de comprendre pourquoi et comment il se retrouvait ici, en présence de cet inconnu, qui n'était autre qu'en réalité Astrid, et de son fils. Fils qui, quand il parla, capta toute l'attention dudit homme.

- Tu dois te demander ce que tu fais là, immobile, la main broyée et surtout devant moi. Ça fait sept ans. Sept ans que toi et maman avez été enfermés. Pendant tout ce temps, j'ai cru ce qu'on m'a dit sur vous, que vous aviez été enrôlé de force dans l'armée de Tu-Sais-Qui. Ce soir, j'ai eu la preuve que vous avez mentis pendant tout ce temps. Je ne sais pas encore pour maman, mais TOI, tu as torturé, tué des innocents, puis PAR PEUR, tu as renié l'ordure que tu étais. Tu m'as abandonné ! Alors, je veux juste que tu saches qu'à partir d'aujourd'hui, le fils qui t'a admiré, attendu pendant tout ce temps, n'existe plus. En fait je sais même pas si tu m'as un jour aimé, mais j'ose espérer que si c'était le cas, tu vivras avec le remord d'avoir perdu ton unique fils. Donc là, sache que, même si je suis jeune, même si ça prend des années, je ferais tout pour t'empêcher de nuire à nouveau.

Astrid observa sans un mot les yeux du père, qui s'écarquillèrent. Il ne comprenait pas, affolé. Des centaines de questions devaient se bousculer dans sa tête sans qu'aucune réponse ne parvint jusqu'à lui. Elle sourit. C'était assez plaisant de voir un mangemort rabaissé de la sorte par un gamin qui ne devait pas avoir plus de onze ou douze ans.

- Ed... Edward... Je... Bien sûr que nous t'aimons... C'était pour te protéger... Te protéger de cette vie de ténèbres... Nous ne voulions pas te faire du mal...

Il en était presque convaincant. Astrid lâcha un petit soupire contrarié, avant de prendre la parole en se forçant à modifier sa voix, pour qu'elle parût plus grave. Une idée germait tranquillement dans sa tête et un sourire déforma plus qu'il ne l'était déjà son visage présentement laid.

- Si tu l'aimes vraiment, ce n'est pas de belles paroles qui lui prouveront, grogna-t-elle.

L'homme reporta son attention sur elle, une grimace déformant ses traits en voyant la carrure d'Astrid. Une lueur inquiétante apparut dans le regard de la métamorphomage, bien qu'il fût caché par ses lunettes.


- Si tu veux te racheter, prouve-le. De simples renseignements. Une fois par mois. Je me permettrai de te contacter pour l'heure et le lieu du rendez-vous. Si la vie de ton fils vaut quelque chose à tes yeux... Alors, tu sauras faire le bon choix. Viens seul, parce que moi, je ne le serai jamais et qu'à la moindre entourloupe, vous y passerez tous.

C'était risqué, complètement fou... Mais d'un autre côté, l'Ordre manquait cruellement de renseignement fiable, elle manquait cruellement de renseignement. Son frère avait beau être un mangemort, ils s'étaient faits la promesse de ne jamais parler de l'Ordre et leurs ennemies. Une autre protection.

Elle n'attendit pas la réponse de l'homme, se rapprochant de lui, pour venir le soulever en le prenant par le col. Le poing qui entra en contact avec le visage du mangemort l'assomma sur le coup. Astrid sortit la baguette qu'elle lui avait subtilisée, l'observant une demi-seconde. Elle amorça un geste pour la mettre dans la poche de la sombre robe du mage noir, avant de se raviser et de la remettre à sa place initiale, dans la poche de son propre manteau.


- Attends-moi là, grogna-t-elle à l'adresse d'Edward.

Elle ne laissa pas le temps au garçon de lui répondre, tournant sur elle-même. Elle accueillit la sensation désagréable avec plaisir. Les deux personnes réapparurent dans une ruelle de Londre, malfamée, qui était vide de monde à cette heure-ci. Elle lâcha l'homme qui s'effondra comme une poupée de chiffon sur le sol, avant de transplaner à nouveau devant les grilles de Poudlard. La phénix chanta à nouveau les incantations lui permettant de modifier ses vêtements, ceux-ci reprenant leur apparence d'origine. D'un coup de baguette, elle fit disparaître ses lunettes de soleil, puis, d'une grimace, elle reprit les traits gracieux qu'elle avait hérité de ses parents. Elle se tourna ensuite vers le portail, espérant que le gamin l'avait bel et bien attendu...


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MessageSujet: Re: Des retrouvailles tumultueuses. [PV Edward Selwyn ; 27 Septembre 1997] Jeu 10 Nov 2016 - 1:14

Ed regretta sa proposition aussitôt après l'avoir énoncée. De toutes façons, son interlocutrice n'avait aucun intérêt à le laisser s'expliquer avec son père. Mais à sa grande surprise, elle accepta. Mais non contente de simplement cacher son tatouage,sous l’œil impressionné d'Edward, elle métamorphosa entièrement son corps d'un coup de baguette, passant d'une jeune femme à un homme d'age moyen. Une fois complètement méconnaissable, elle pointa sa baguette sur le Mangemort, et prononça le sort. Le petit éprouva un petit pincement au cœur. Même s'il ne s'agissait que de quelques heures, il c'était quand même les souvenirs de son père qu'on effaçait. Voila, c'était fait. Il disposait de quelques minutes pour lui parler, pour lâcher ce qu'il avait gardé enfoui pendant longtemps. Il avait tout déversé d'une traite, oubliant la présence de la sorcière l'espace de quelques instants.

Quelques instants suffisants pour permettre à son père de récupérer un peu de liberté de mouvements, et de répondre.

« Ed... Edward... Je... Bien sûr que nous t'aimons... C'était pour te protéger... Te protéger de cette vie de ténèbres... Nous ne voulions pas te faire du mal... »

« Me protéger ? C'était pas de protection dont j'avais besoin... C'était de vous ! De mes parents... C'était en faisant ce genre d'action que vous m'avez fait du mal ! Ça aurais dû être évident pour vous ! Vous n'auriez juste pas dû vous engager là dedans dès le départ ! Tu... Tu... non... »

Il ne trouvait plus ses mots. La sorcière, sous ses traits d'homme, intervint en soupirant.

« Si tu l'aimes vraiment, ce n'est pas de belles paroles qui lui prouveront, »
*Elle a raison... non. En fait plus rien ne pourra me le prouver... il m'a trahis de la pire façon qui soit, je ne lui pardonnerais jamais. Point.*

« Si tu veux te racheter, prouve-le. De simples renseignements. Une fois par mois. Je me permettrai de te contacter pour l'heure et le lieu du rendez-vous. Si la vie de ton fils vaut quelque chose à tes yeux... Alors, tu sauras faire le bon choix. Viens seul, parce que moi, je ne le serai jamais et qu'à la moindre entourloupe, vous y passerez tous. »

Ed n'en crut pas ses yeux. Elle se servait de leurs histoires pour soutirer des informations. Voulant d'abord s'interposer, il se ravisa. Il y avait très peu de chance que son père accepte ce marché, et dans le cas ou il l'acceptait, il pourrait peut être rapporter des informations utiles pour la résistance. Finalement elle avait peut-être raison. Peut-être que si son père jouait les « espions » il arriverait à se racheter auprès de son fils. Encore fallait-il qu'il accepte le marché, et ça Ed ne le saurait sûrement pas avant longtemps. La sorcière, ou plutôt le sorcier, agrippa le Mangemort par le col, et lui décocha un coup de poing qui l'assomma sur le coup. Elle sortit ensuite une deuxième baguette de son manteau et esquissa un geste en direction de son père, mais se ravisa et la remis à sa place.

« Attends-moi là » lui lança-t-elle, avant de disparaître avec Selwyn senior dans un claquement sonore. Soudain seul dans la presque nuit, toute l’émotion d'Edward retomba. L'ambiance du parc le soir avait quelque chose d'angoissant. Le vent, qui s'était calmé mais soufflait toujours, lui arracha un frisson. Il eut juste le temps de rattacher sa cape correctement sa cape et de rabattre la capuche sur sa tête avant que son aînée réapparaisse derrière le portail. D'un coup de baguette elle se retransforma en elle même, puis se retourna vers lui. Maintenant qu'il la regardait plus en détail, Edward la reconnut : Elle était là bas, avec Carrow... au cours de Magie Noire. Elle avait été présentée en début d'année.. miss... Shafiq ! Oui c'est ça, c'était elle. Mais quelque chose n'allait pas...

« Vous êtes Miss Shafiq, n'est-ce pas ? La prof de Magie Noire stagiaire ? »

Il la regarda dans les yeux. De Magnifiques yeux vairons, qui semblaient sonder votre esprit dès l'instant ou vous croisez leur regard. Cette sorcière semblait avoir bien des choses à cacher. D'abord le phénix, il en avait la confirmation à présent, il n'était pas anodin. Et puis, changer d'apparence comme ça, d'un coup de baguette, Ed supposait qu'il fallait un très bon niveau de magie pour le faire, il n'avait jamais vu ou entendu parler de personne ayant déjà accompli ce genre de chose. Il sentait que la femme en face de lui était.. spéciale. D'autant plus qu'il avait deviné juste : elle était liée, d'une manière ou d'une autre, à la lutte contre les Mangemorts. Il avait tellement de questions à  lui poser... mais il savait qu'elle n'allait pas répondre à la moitié d'entre elles, pour protéger sa couverture, et elle aurait raison. Il baissa la tête, s'en voulant un peu pour ce qu'il s'était passé.

« Je... je suis désolé. J'aurais pas du interférer dans vos affaires... » quelques instants plus tard, il leva la tête à nouveau, une lueur d'espoir brillant dans ses yeux. « vous êtes ici pour tout arrêter n'est-ce pas ? Pour libérer l’école ? »

Sa présence dans le château était de bonne augure. Ainsi, les enfants n’étaient pas abandonnés aux mains des Mangemorts sans protection. Il souhaitait que ce soit le cas. Quoi qu'il en soit, elle était la seule personne de confiance dans l'entourage d'Edward, la seule personne qu'il pourrais venir voir en cas de pépin avec les Carrow.

HRP a écrit:
j'éspère que la réponse te conviens, j'ai l'impression d'avoir fait de la citrouille é_è

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MessageSujet: Re: Des retrouvailles tumultueuses. [PV Edward Selwyn ; 27 Septembre 1997] Dim 13 Nov 2016 - 16:21


L'atterrissage après son double transplanage fut plus rude qu'elle ne s'y était attendue. Elle se réceptionna rapidement contre un arbre, fermant les yeux un instant pour remettre ses idées en place. L'adrénaline commençait à quitter son organisme, lentement, laissant poindre une sensation, bien trop connue, n'étant pas la bienvenue. Avec des gestes précis, mais précipités, elle métamorphosa à nouveau ses vêtements, avant que sa grimace lui permît de changer son physique.

Une baffe, monumentale, lui fit plier les genoux. Son don pouvait autant être une bénédiction qu'une malédiction. Incontrôlé, il n'utilisait qu'une énergie infime, ne lui laissant même pas entrevoir que ses réserves baissaient très légèrement. Ce n'était pas le cas quand elle voulait changer de corps, d'elle-même, volontairement. Si elle avait toujours été entraînée dans l'optique de devenir une guerrière, de passer outre sa fatigue, elle n'en restait pas moins humaine, avec ses faiblesses. Sa métamorphomagie en était une. Même si elle lui permettait d'utiliser la métamorphose, avec baguette, avec une facilité des plus déconcertante, ce n'était pas le cas quand il fallait puiser directement dans ses propres réserves. Quand elle devait s'utiliser elle-même comme vecteur, directement. Plus tremblante qu'elle ne l'aurait voulu, elle se releva malgré tout, s'aidant du même arbre. Ses yeux vairons se posèrent sur le garçon, qui avait profité de sa courte absence pour refermer sa cape et resserrer son écharpe autour de son cou. Il avait bien fait. Et, comme un miroir à sa réalisation, un frisson vint se répandre dans tout son corps. Elle se laissa aller contre l'arbre, serrant ses bras contre son corps devenant endolori, continuant d'observer le garçon quelques instants sans dire un mot, avant de lâcher un soupire fatiguée. Ce qu'elle détestait se retrouver dans cet état... Si on venait à l'attaquer, elle serait incapable de se défendre. Même le Poufsouffle pourrait presque être capable de la surprendre. C'en était rageant. Véritablement. Mais le pire, sans doute, était qu'elle ne pouvait rien y faire, et qu'elle le savait.


- Vous êtes Miss Shafiq, n'est-ce pas ? La prof de Magie Noire stagiaire ?

Son visage se déforma en un rictus laissant transparaître avec trop de précision son état actuel. Elle acquiesça lentement, ne prenant pas directement la parole. Elle avait besoin de quelques minutes pour récupérer, au moins pour pouvoir pénétrer à nouveau dans le domaine de l'école. Ses réserves se reconstituaient relativement vite ; elle savait très bien que ce ne serait jamais suffisant pour paraître en pleine forme devant l'enfant, mais, au moins, elle ne resterait pas enfermée à l'extérieur. Elle quitta l'autre acteur de la scène, son regard venant se poser sur le ciel assombri par la présence des détraqueurs et les temps se jouant au Royaume-Unis. Étrangement, elle aimait bien l'obscurité. Cette obscurité. Peut-être parce que certains la voyaient comme une lueur d'espoir, vive, qui combattait son contraire avec la férocité d'une louve protégeant ses petits. Sa meute. Son Ordre. Ses élèves. Et surtout, même si elle ne parvenait pas à comprendre pourquoi, le louveteau qui se trouvait à quelques mètres d'elle. Elle se jura de le protéger. De faire de lui un homme. D'être le parent qui lui manquait, connaissant trop bien la sensation de solitude amère quand on eut l'impression que sa famille nous voyait que comme un déchet à rejeter. Une fausse sensation, elle le savait à présent, mais qui restait bien présente en elle, comme une marque de couteau chauffé à blanc.

- Je suis bien plus que ça, marmonna-t-elle finalement. Je suis une phénix.

Pourquoi lui dire ? C'était risqué. Beaucoup trop risqué. Il suffisait à présent d'une seconde, d'une erreur de la part du gosse, et c'était la fin. La souffrance, puis la mort, qu'elle verrait alors, sans aucun doute, comme une libération bienvenue. Pourtant, la mort lui faisait peur. Véritablement. Ses mâchoires se contractèrent légèrement. Elle avait peur de la mort, pour elle, pour ses proches, mais certainement pas pour ses ennemies, quitte à se salir elle-même les mains. Tuer ne la dérangeait pas, plus, après tout.

- Je... je suis désolé. J'aurais pas du interférer dans vos affaires...

Un grognement lui échappa aux paroles du gosse. Interférer dans ses affaires ? Certes, le mangemort avait essayer de la tuer, clairement, mais il restait son père. Le gamin voulait des réponses, c'était normal et il avait, de plus, empêcher Astrid de commettre un meurtre devant l'enceinte même de l'école. Elle n'allait pas lui en vouloir pour ça. Elle secoua légèrement la tête avec un amusement sinistre, ses cheveux châtains virevoltant autour de son visage avec une certaine grâce. Avec des gestes forcés, elle se releva, marchant d'un pas lent vers la grille du château. Sa tendre amie se réveilla par la chorégraphie de sa main et l'envie de son esprit, ouvrant le portail. Une grimace vint enlaidir les traits de la demoiselle, le manque d'énergie se faisant toujours ressentir. Elle pénétra dans la cour, refermant le portail à l'aide de ses mains, ne sachant pas si elle pouvait réellement tenir en utilisant à nouveau la magie durant cette soirée. Elle se retourna ensuite vers le marmot, posant une main sur ses cheveux qu'elle ébouriffa légèrement.

- Ne t'excuse pas, Edward. Tu m'as permis de me rappeler qu'une vie vaut parfois plus qu'une victoire personnelle. Je t'en remercie.

Le gamin lui répondit du tac au tac et la Shafiq se demanda un instant s'il avait écouté ses paroles.

- Vous êtes ici pour tout arrêter n'est-ce pas ? Pour libérer l’école ?

Elle ne s'y attendait pas. Son premier réflexe fut de faire un pas en arrière, comme si l'on venait de la frapper en plein visage. L'espoir. Son rire, nerveux, lui répondit. Une lueur d'espoir, qui combat son contraire avec la férocité d'une louve protégeant ses petits... mais elle n'était pas la femelle Alpha. Elle était loin de l'être. Son rire eut l'effet d'une nouvelle bombe en elle, creusant un peu plus le fossé qui se formait dans ses réserves. Elle s'écroula au sol, ses genoux heurtant avec force les graviers, lui arrachant un petit gémissement. Puis, son rire, à nouveau, qui ne la quitta pas immédiatement. Protéger les élèves, elle le pouvait, elle le voulait, elle essayerait. Mais libérer l'école ? C'était Lord Voldemort qu'il y avait en face. Et, même si ça faisait mal de se l'avouer, elle savait qu'elle ne survivrait pas à une entrevue avec le mégalo. Elle n'était qu'un nuisible, pour lui, rien de plus. Comme la plupart des membres de l'Ordre. Seul Potter avait droit à un semblant d'existence, menaçante, parce qu'il survivait. Encore et toujours. Mais elle ? Elle n'était pas une survivante. Elle était une guerrière, une machine de guerre, un bouclier se prenant les projectiles à la place des autres. Ça ne voulait pas dire, qu'elle avait la force de libérer l'école. Pas immédiatement. Pas avec le peu de ressources qu'elle possédait.

- J'aimerai pouvoir te dire que c'est pour ça que je suis ici, gamin.

Elle tenta de se relever, mais retomba sur ses genoux, une grimace déformant à nouveau ses traits. Elle resta figée, ainsi, avant de tourner un regard triste vers le marmot. Voilà à quoi elle ressemblerait, si elle essayait de libérer l'école. Pitoyable. Alors, non, ce n'était pas pour ça qu'elle se trouvait dans l'école. Elle voulait apprendre aux élèves à penser par eux-mêmes, à survivre en pleine guerre, à se dessiner un avenir par la force de leurs convictions et, si possible, les protéger. Mais elle se savait également égoïste, elle voulait elle-même un avenir. Un avenir qu'elle savait qu'elle ne posséderait jamais si la guerre s'éternisait, parce qu'elle savait qu'elle en mourrait, pour ses convictions, pour l'envie de liberté... Et pourtant, cette avenir, elle rêvait de le construire, malgré sa position. Après tout, n'était-elle pas prête à apprendre aux élèves à se servir de la magie noire ? Si. C'en était bien une preuve.

- Je suis ici pour mon propre avenir, murmura-t-elle. Je suis ici pour croire qu'il y a encore un semblant de liberté dans le monde, même si je sais que ce n'est qu'une illusion.

Un sanglot lui échappa. Pathétique. Son masque était complètement fissuré, en miettes, devant un garçon qui ne la connaissait pas. Levine avait toujours été le seul à avoir droit de pénétrer complètement dans son esprit, de connaître ses faiblesses. La réalisation de ce qu'elle montrait au garçon lui arracha un nouveau grognement, bête blessée ne parvenant pas à se relever malgré ses multiples efforts. Son visage se lissa à nouveau et, d'un geste rageur, elle sécha les larmes qui roulaient sur ses joues. Elle ne se releva pas pour autant, sachant en être complètement incapable sur le moment.

- Libérer l'école...

Sa voix était enroué, par sa détresse, par ses rêves devenus des cauchemars. Le pays des merveilles était devenue folie. Elle se battrait, pour le reconstruire. Pour reconstruire l'espoir qu'elle avait elle-même perdue sans même s'en rendre compte. Parce qu'à présent, elle ne le faisait plus pour elle-même. Elle le faisait pour lui. Pour ce petit garçon qui la regardait présentement avec ses grands yeux et qui, elle s'en doutait, ne devait pas comprendre ce qui se passait. Elle se battrait, pour tous les petits garçons futurs qui n'avaient pas à connaître sa souffrance. Quitte à mourir en essayant.

- Je le ferai. Je le ferai, même si je dois accompagner l'Empire dans la tombe.

Un sourire amer fit son apparition, ses paroles vides de sens lui arrachant. Un sourire amer, avec, en contradiction, un regard rempli d'une lueur qui n'était plus apparue dans ses yeux depuis longtemps. Elle savait à présent quoi faire pour réussir, quitte à devenir une ombre jouant des fils. Une fausse marionnette apprenant aux autres comment contrôler les marionnettistes. Les personnages devaient contrôler leurs propres univers. Les auteurs ne devaient être que les vecteurs de leurs envies.

Et Astrid comprenait à présent, dans son état de détresse, teinté de folie pure, qu'elle ne pouvait plus se permettre de dormir sur ses lauriers. Ses pensées torturées lui avaient donné la réponse, aidées par cette soirée si étrange.


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Des retrouvailles tumultueuses. [PV Edward Selwyn ; 27 Septembre 1997]

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