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It's more like... a Sugar Daddy [Septembre 1997]

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SERPENTARD6ème année
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MessageSujet: It's more like... a Sugar Daddy [Septembre 1997] Lun 24 Oct 2016 - 5:27

Attention, ce Rp' contient des propos à caractères sexuel.


Il butait du talon, laissant ainsi entendre son pas résonner entre les couloirs de Poudlard, jusqu'à ce qu'il pénètre cet enfer de savoir pour la cinquième fois en cette journée. Ce labyrinthe fait de milliard d'étagères pouvaient répondre à toutes les questions qui traversaient l'esprit du blond. Et pourtant, il n'en avait rien à faire des réponses. Felix s'était résigné à l'inconnu, crachant contre le visage de l'intellect pour ensuite essayer de subsister qu'avec les plaisirs de la vie. Un adolescent... C'était ce qu'il était. Le plaisir passait avant certaines de ses responsabilités, même s'il finissait toujours par succomber sous cette maturité qui avait pris place en lui durant l'été. Enfin, à force de tout repousser au lendemain, le sixième année perdait peu à peu le fil de ce qu'il avait appris en ce premier mois de pure me*de. Ouais, l'année lui semblait déjà finie en matière d'excitation. Maintenant, il n'y avait plus que la peur, les ténèbres et les angoisses de tous qui berçaient l'atmosphère du château. Entre Mathewsen qui avait perdu dix kilos et Hill qui se retrouvait dans une maison taboue, il avait vachement l'impression qu'il allait être difficile de pouvoir aider ses deux petites victimes à poursuivre un chemin raisonnable. En plus, son côté maternel avait tendance à prendre le dessus et ça l'agressait. Ce matin, il avait presque fait le lit de Wang, comme quoi son cas se détériorait. Autant lui masser les pieds, c'était tout ce qui lui manquait à cette statue de bouse et maintenant il avait eu envie de faire son lit... Tout en fronçant du nez, le jeune homme leva la tête pour essayer de trouver ses copains. Le défi de la semaine avait pour thème; "Agression" et il avait bien hâte d'entendre les histoires que lui réservaient Douglas et Cosgrave. De son côté, il avait utilisé l'un de ses trois passes, parce que le thème l'emmerdait. Eh oui, Felix ne s'amusait plus en agressant les gens. Peut-être était-il malade en fait...

Le regard malicieux et un léger sourire aux coins des lèvres, il se rapprocha des rayonnages où même le plus fou des Gryffondor n'osait pas mettre le pied. Claudia et Barthélemy étaient peut-être là. Ils avaient tendance à se mettre dans les coins les plus glauques du château pour être sûr d'avoir la paix. Enfin, cela dépendait surtout de Douglas. Lorsqu'il était seul avec Claudia, c'était lui qui guidait le pas et ses décisions en matière d'endroits pour se détendre restaient fortement à désirer. Mais rien... Non, il n'y avait personne. Il se recula donc d'un pas, se retournant et reprenant route, jusqu'à ce que cette paume agrippe ses cheveux, le forçant à se reculer. Aucune tendresse n'avait eu sa place dans cette attaque. Il n'y avait que cette main trop brusque et trop sauvage qui restait accrochée aux mèches blondes de sa nuque. Confus, il se retint une plainte et serra les dents sous la douleur. Ne voulant pas aggraver son cas, il se laissa traîner un bref moment puis se retrouva plaqué contre les tablettes. Certains livres tombèrent au sol sous le choc, mais Felix ne voyait pas ce qu'il lui arrivait. Les doigts qui s'entremêlaient dans ses cheveux le forçaient à garder la tête levée vers le haut. Et qui pouvait bien lui faire un truc de ce genre ? Sincèrement, il n'y avait pas beaucoup d'élève dans cette école qui faisait sa taille et il se doutait fort bien que Fawkes n'était pas du genre à foutre des gens dans un coin pour les agresser de la sorte. Ah... Agresser. Le thème du défi. Felix ferma les yeux et laissa évacuer un petit rire en direction de son "agresseur". - Douglas... Je sais que c'est toi. Et Barthélemy ne le relâcha pas. Au contraire, Lawford put sentir la pointe de la baguette de son camarade atteindre sa gorge, la frôlant avec cette parfaite élégance qui lui appartenait.  

- Bizarrement, j'ai vraiment envie de t'agresser. Alors je vais laisser marque de mon passage, d'accord ? Ça ne te fera pas aussi mal que lorsque j'ai écrasé ma clope dans ton nombril, t'inquiète. Et ce fut à cet instant que Claudia arriva et s'accota pour les regarder un moment. Tout en mordillant sa lèvre inférieure, elle laissa ses prunelles descendre le long du corps des deux jeunes hommes face à elle.  - C'est bon, t'as une agression de plus, Doug'. Vous devriez arrêter là... À ce rythme, vous allez finir par vous faire l'amour comme des bêtes. dit-elle en mimant deux coups de bassin dans le vide, les bras vers l'avant pour donner une idée de l'endroit où devait se retrouver le fessier du blond.

- T'aimerais ça, non ? Bordel, vous rêvez tous les deux de m'entendre gémir... Doug' veut me marquer et toi Cos', tu veux me voir en soumission. Au fond, vous avez tous les deux envie de moi. Vous ne pouvez pas vous passer de moi. Aaawh ~ Il glissa ses propres paumes contre son torse en soufflant quelques gémissements qui firent en sorte que Barthélemy le relâchât aussitôt et profita du moment pour aller lui pincer un mamelon à travers ses vêtements, histoire de l'aider à entrer dans le jeu. Felix sursauta et le regarda en mimant une expression faussement outrée. - OH ! Comment osez-vous ?!

- P'tain, je me casse...  


***

Le trio s'était retrouvé dans un coin moins terrible de la bibliothèque. Ils étaient entourés de livres que Claudia s'était permis de lancer un peu partout en se foutant des pages qui tombaient. Doug' avait d'ailleurs arraché l'une des pages de son bouquin et il avait commencé à la faire brûler, alors que Felix était couché entre eux, ses mollets contre les cuisses en tailleurs de Douglas et le derrière de tête accotée entre les jambes de Claudia. Ils prenaient tout l'espace de la rangée. Enfin, Felix surtout. - C'est quoi le prochain thème ?.. Le blond inspira profondément et fixa Claudia, ce qui attira d'ailleurs l'attention de la brunette qui se pencha automatiquement vers lui pour aller l'embrasser. Face au spectacle, Douglas lança l'un des livres sur la tête de Cosgrave qui se dressa le dos et se retint de lui remettre le bouquin au visage. - Va chier Doug' ! - Ouvre donc ta bouche que je m'installe ma jolie, ça va me faire plaisir de chier. Et la chicane était de retour, ce qui laissa Felix se perdre dans ses pensées. Il n'avait toujours pas envoyé de lettre à sa mère depuis que les cours étaient recommencés. Yun était facilement irritable et Abby passait son temps à crier et pleurer, une semaine avant que le blond ne retourne à Poudlard. En bref, il avait toutes les bonnes raisons du monde pour être anxieux. Sa plus grande peur était, pour lui, d'apprendre la séparation de ses mères. Son insécurité se faisait de plus en plus présente. Le regard perdu, il lécha ses lèvres pour y rechercher le goût de celles de Cosgrave puis, sans savoir pourquoi, un thème lui vint à l'esprit. Il y avait un sujet qui l'embêtait depuis un bon moment.  

- Le bibliothécaire. Ses deux camarades le regardèrent un instant. Octave Holbrey... Il y avait plusieurs possibilités avec cet homme et Felix ne cessait de penser à lui depuis qu'il avait rencontré son regard. Il se revoyait, gamin et peureux, s'approchant de cet incconu dans l'espoir qu'il soit son père, chose qui était totalement impossible. Et pourtant, l'enfant si innocent qu'il était à ce moment avait adopté cette image et une certaine pression se faisait ressentir lorsqu'il lui faisait face. Felix n'avait jamais eu peur de mal paraître jusqu'à maintenant. - C'est un objectif intéressant. Reste à savoir ce qu'on en fait. Claudia haussa les épaules et regarda autour d'elle un instant.  

- Il est pas trop mal... J'aimerais bien lui rouler une pelle. Les hommes matures savent comment s'y prendre avec les femmes. C'est sûr qu'il embrasse bien, alors va pour un défi bisou. Barthélemy glissa ses paumes contre les jambes de Felix et les laissa aller jusqu'aux cuisses du blond, ce qui le fit frémir. - Je veux glisser ma main sur sa cuisse, juste pour le malaise. Un défi caresse et malaise pour moi. Et un nouveau silence s'installa entre eux, alors qu'il ne restait plus que Felix à lancer sa proposition. Après quoi le pierre-feuille-ciseaux allait décider pour eux. - Je veux être son fils. Claudia se mise à rire, mais s'arrêta en voyant le visage sérieux de Felix. - Attends... tu veux dire... Qu'il soit ton; Sugar Daddy ?

- Ouais, c'est exactement ça. Je vais lui pomper son attention en le tirant par la verge. dit-il sarcastiquement. - Ooowh, Felix est en colère. Il parle comme sa mère quand il est pas content. s'amusa Douglas qui perdit bien rapidement son sourire en prenant compte de la présence de Mr. Holbrey qui se tenait à l'entrée de la rangée. Claudia se redressa d'ailleurs d'un bon et épousseta sa jupe. Et Felix... Felix lui, il était trop appâté par la vision du dessous de la jupe pour se rendre compte de la présence de l'adulte.


_________________


« I'm Sorry »

Where did I go wrong?
I lost a friend
Somewhere along in the bitterness
And I would have stayed up with you all night
Had I known how to save a life
The Fray | How to save a life
   

(c) Myuu.BANG!
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MessageSujet: Re: It's more like... a Sugar Daddy [Septembre 1997] Mer 26 Oct 2016 - 10:10

Aujourd’hui était un jour de bohème. Ses vêtements étaient là pour chanter à sa place son état d’esprit en cette journée de début de semaine. Il avait troqué son habituel trois pièces pour un jean, par endroit savamment délavé et à peine déchiré à quelques autres endroits, qui retombait négligemment sur des bottes hautes en cuir épais et dont les languettes se repliaient, retenant les pans du jean. Une ceinture à boucle massive en forme de carte -un As de pique noir- enlaçait amoureusement sa fine taille, jadis sculptée à force de cours de natation intensifs, qui visaient surtout à développer ses qualités respiratoires à l’époque. Un t-shirt blanc et déboutonné s’ouvrait sur sa poitrine bombée en bouclier, ornée d’une lanière en cuir en guise de collier. Les manches longues étaient remontées jusqu’aux coudes pour libérer ses poignets, tous deux embrassées par de larges bracelets de cuirs aux boucles d’argent. Lui qui était habituellement si discret quant aux bijoux, semblait avoir radicalement changé de style, si bien que même ses doigts étaient gantés de six bagues, harmonieusement dispersées entre ses doigts. Manquait plus que l’écusson et le bandana, et on aurait pu dire qu’Octave faisait partie des Hells Angels, sa Harley-Davidson l’attendant au bas de l’escalier de Poudlard. Il avait même taillé de près sa barbe rousse à la van Dyke. Ainsi, l’un de ses pied était négligemment posé sur la table, dévoilant les clous qui ferraient sa semelle, l’autre trainait au sol. Son corps entier était avachi sur le fauteuil et on aurait pu dire qu’il dormait s’il n’était pas en train de s’éventer avec un éventail en dentelles d’Espagne. Seul détail qui avait rappelé à quelques élèves perplexes que c’était bien Holbrey qui trônait paresseusement derrière le bureau du bibliothécaire. Lorsqu’un étudiant osait s’approcher, il se contentait de pointer sur doigt sur le registre ou désigner d’un geste indolent de la main le coin droit de son bureau, là où il disposait habituellement les livres empruntés et destinés au rangement.

Ca le rajeunissait, on aurait pu lui donner pas plus de vingt-cinq années, mais ce n’était pas le but. Le but était le confort, parce qu’il était particulièrement fainéant aujourd’hui, complètement relaxe, comme prêt à pardonner tout au monde entier, pareil au petit Jésus le jour de sa résurrection. Dès son réveil, il avait su que c’était une journée qu’il allait passer à somnoler, ne faisant rien, s’abandonnant au plaisir de l’oisiveté aussi sûrement qu’un aristocrate à l’aube de la belle époque. Cela dit, son bon goût ne le quittant jamais quoi qu’il arrive, il avait opté pour un style décontracté mais tout de même suffisamment construit pour être classe. Pourtant, alors qu’il s’était dévêtit de quelques couches, l’air s’était fait plus frais dans ce pays déjà pluvieux qu’était l’Angleterre. Peut-être que cette période automnale lui rappelait vaguement ces périodes de débauche d’il y a dix ans… Quoi qu’il en soit, aveuli dans le cuir moelleux, yeux clos, il s’éventait, profitant gracieusement de la légère brise.

Soudain, une odeur douteuse lui fit ouvrir prestement les yeux. Il balaya les horizons du regard, ne prenant pas encore la peine de se redresser. Mais son royaume visible était tranquille, alors il ferma l’éventail dans un claquement sec et se leva concrètement, immédiatement alerte comme un chat ayant flairé une souris. Ce n’était pas l’odeur du sang qui l’avait obligé à s’éveiller de sa torpeur, mais une toute autre odeur bien plus préoccupante. Elle était délicate et à peine perceptible, mais dans une bibliothèque remplie de papier et de bois, elle ne trompait pas. Ca puait la fumée. Ses sourcils, qui s’étaient instinctivement nouées en une moue sévère, se détendirent. L’odeur était beaucoup trop faible pour qu’il puisse s’agir d’un départ de feu, mais alors quoi ? Quelqu’un en train de fumer dans un coin ? C’était encore pire qu’un incendie accidentel parce que cela voulait dire que quelqu’un était assez décérébré pour cramer quelque chose tout en se trouvant entouré de matière hautement inflammable. Parfait. Octave esquissa un sourire carnassier en s’avançant d’un pas rapide vers les rayons de livres. Parce que s’il était assez paresseux pour porter des vêtements que sa mère aurait jugés sauvages, il était également suffisamment débridé pour n’avoir aucune pitié, ni retenue. Plus que d’habitude. Sans parler du fait que sa tenue lui donnait un avantage considérable : la tenue parfaite pour botter des c*ls jusqu’au sang et mettre des baffes à en déboîter la mâchoire. Avec ses bagouses aux doigts, il avait l’équivalent d’un poing américain aux mains. Dommage qu’il ne portât pas sa chevalière, cela aurait laissé un beau sceau sur la joue du débile profond qui mettait ce qui était sous sa responsabilité en danger. Il avait entendu parler d’élèves qui avaient eu les doigts mystérieusement cassés… bah, un de plus, un de moins… qui lui en portera rigueur, n’est-ce pas ? Justement, son épaisse semelle était prête à faire craquer des os.

- Le bibliothécaire.
- C'est un objectif intéressant. Reste à savoir ce qu'on en fait.
- Il est pas trop mal... J'aimerais bien lui rouler une pelle. Les hommes matures savent comment s'y prendre avec les femmes. C'est sûr qu'il embrasse bien, alors va pour un défi bisou.


Il s’était stoppé net, épaule contre le flanc de l’étagère, là où l’odeur de cramé l’avait inévitablement guidé. Il faillit faire rouler ses orbites en surprenant des bribes de la conversation. Bon sang, ce qu’il ne fallait pas entendre. Ah, ces ados… misérables créatures. Toujours à repousser les limites du retard mental avec un manque d’imagination flagrant et un langage à s’en verser de l’eau de javel pure dans les oreilles. Chauds comme des patates braisées, les mômes. Voilà une jeunesse qui vend du rêve en barre. Mais Octave, ayant plus le goût du drame que de l’irruption intempestive, se contenta de contourner l’angle et de se poster à l’entrée de l’allée, bras croisés, genou replié et épaule appuyée contre une étagère, dans une pure pose de beau gosse. Felix, quelle non surprise… Il avait été suffisamment souple pour que les trois mousquetaires, qui avaient pour seule épée leur vulgarité et un duvet de lait maternel sur la lèvre supérieure en guise de moustache, ne le remarquèrent pas encore. Mais cela n’allait bien entendu pas tarder.

- Je veux glisser ma main sur sa cuisse, juste pour le malaise. Un défi caresse et malaise pour moi.
- Je veux être son fils.
- Attends... tu veux dire... Qu'il soit ton; Sugar Daddy ?
- Ouais, c'est exactement ça. Je vais lui pomper son attention en le tirant par la verge.
- Ooowh, Felix est en colère. Il parle comme sa mère quand il est pas content.


Oh non, quelle bêtise, sa mère n’aurait jamais dit ça. Enfin, pas comme ça. Soudain, l’autre jeune homme croisa son regard, ce qui eut l’agréable effet de faire disparaître le sourire satisfait qui ornait son visage. La fille sursauta même, tentant de remettre de l’ordre dans les plis de sa jupe. Octave passa le bout pointu de sa langue sur sa lèvre supérieure en regardant le groupe avec une attention particulière, leur laissant le temps de se donner une apparence convenable. Mais alors que les deux autres le regardaient avec un semblant de gêne sur le visage, se demandant bien depuis combien de temps il les écoutait, Félix restait à terre, profitant de la jolie vue. Lentement, Octave sortit sa baguette, qui était coincée dans la boucle du bracelet de son poignet gauche et longeait son avant-bras, et la dirigea mollement dans vers Claudia. D’un « Incendio » à peine murmuré, il embrasa la jupe de la jeune fille, qui ne remarqua pas tout de suite que le bas du tissu avait pris feu. Mais la chaleur qui réchauffait sa jambe la fit sursauter avant même que Félix n’ait le temps de la prévenir et elle rabattit ses deux mains sur les flammes, tentant de les éteindre et oubliant sa baguette. D’une voix entendue, Octave commenta :

« Je me disais bien que j’avais senti de la fumée. Qui eut cru que le feu puisse provenir d’un slibard ? Il faut y remédier avant que la bibliothèque ne brûle. »

La baguette toujours tendue, il susurra un « Aguamenti » des plus mielleux. Et bien évidemment, ce ne fut pas un petit filet d’eau qui sortit de la pointe en bois, mais belle et bien une vague. Elle s’écrasa d’abord sur le sol, inondant les étagères les plus basses, avant de se muer en déferlante qui s’enroulait sur elle-même comme un gros tonneau noir et mousseux. En quelques secondes, elle atteignit les élèves, sembla prendre de l’élan, s’éleva davantage et les engloutit, leur faisant perdre pied. Finalement, la vague fut plus impressionnante que forte, et à peine eût elle atteint ses cibles qu’elle se répandit au sol, en une fine flaque d’eau claire qui recouvrit toute l’allée d’un bout à l’autre. Au moins la jupe fut-elle éteinte, n’est-ce pas ? Les livres, ça se séchait, mais ce qui était en cendre ne renaissait pas. Et puis rien ne vaut une leçon bien enseignée. Les semelles dans l’eau, le bibliothécaire écarta la main qui tenait sa baguette de sorte à ce que la pointe de cette dernière frôle le bois des étagères dans un claquement sinistre. D’un pas lent et assuré, il s’avança donc vers les triplés à terre et passablement mouillés. Et comme il n’y avait jamais de dramatisme en trop, il se mit à chantonner d’une voix roque :

« Hey pig,
Yeah you.

Hey pig, piggy, pig, pig, pig
All of my fears came true.
Black and blue and broken bones,
You left me here; I'm all alone.
My little piggy needed something new. »


La chanson était peut-être lente, mais son contexte était parfait. C’était une chanson du groupe Nine inch Nails. La légende voulait que le groupe eût racheté la maison dans laquelle avait été assassinée Sharon Tate par la secte de Charles Manson, alors qu’elle était enceinte de huit mois. Le mot « pig » avait été écrit en lettres de sang sur la porte d’entrée par les assassins après le crime. Et toujours selon la légende, c’est cette inscription qui inspira « Piggy » au leader du groupe, Trent Reznor, qui alla jusqu’à l’enregistrer dans la maison en question. Quoi de plus sinistre ? Bref, lorsqu’Octave atteignit les élèves, il en était à la fin du premier couplet, ce qui tombait bien. Il se tut donc un instant avant de reprendre :

« J’ai le droit de parier sur moi-même ? Défi malaise et gavage. Je parie donc que je suis assez bon en Imperium pour vous obliger à avaler l’énorme pile de parchemins humides que sont maintenant devenus les livres de cette rangée. Vous ne vous souviendrez peut-être pas de l’acte en lui-même, mais je vous jure que le réveil sera… mhhh, comment dire ça… spécial. Sinon, elles vont bien tes mères Lawford ? Ca fait un bon moment que je ne les ai pas vues. Abby a dû être contente de ma disparition. »

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MessageSujet: Re: It's more like... a Sugar Daddy [Septembre 1997] Mer 26 Oct 2016 - 18:53


Qu'est-ce qu'il regardait déjà ? Ah, oui... Lawford était absorbé par une jolie petite culotte fleurie, allant de la pivoine rose à la pivoine blanche. Le tout était imprimé contre un tissu fin et presque transparent qui se terminait dans une dentelle très délicate qui, tout comme les pivoines, suivait une teinte pâle et innocente qui provoquait chez le Serpentard des envies pas très catholique. Cette vue était très rafraichissante, pour ne pas dire exaltante. Les sous-vêtements féminins pouvaient être d'une telle beauté. Plus le blond s'y rinçait l'oeil, plus il était fier de la petite collection qu'il possédait. Il ne ressortait jamais de ses aventures d'un soir sans son trophée. Cependant, il n'avait rien de fleuri dans ses nombreux souvenirs et, même s'il préférait de loin le mélange du noir et du rouge sur Claudia, il avait quand même cette profonde envie de la voir qu'en sous-vêtements, maintenant, tout de suite et Douglas pouvait bien partir s'il n'était pas content. Toujours pris par l'intimité de Cosgrave, il crut un moment halluciner des flammes, comme quoi il avait tellement envie d'elle qu'il réussissait à la faire brûler. Quoi que... Non. C'était de vraies flammes et non pas une hallucination due aux multiples pilules qu'il avait réussi à prendre durant l'été. La jupette de Claudia brûlait, littéralement. Il entrouvrit à peine la bouche pour l'avertir, alors que Douglas se remit à sourire, appréciant le fait que ce soit elle qui s'enflamme, alors que c'était lui qui brûlait des pages de son bouquin plus tôt. Le karma dirons-nous. D'un geste presque mou, le blondinet avait redressé sa main vers la jupe, allant plus en dessous plutôt que vers la base, mais la jeune femme lui mit une claque contre la paume tout en essayant tant bien que mal d'éteindre ce feu qui, d'une certaine façon, l'embellissait aux yeux du Serpentard.

Une rouge et or qui brûle, c'était une image charmante qui avait un certain sens. Cape rouge, flamme... le mixte parfait, n'est-ce pas ? Et alors que le sixième année continuait de se délecter de la culotte, il finit par se poser une question bien bête. Qui avait foutu le feu ? Douglas riait silencieusement, mais son rire n'était pas aussi sadique qu'en habitude. Alors, Felix le savait, Barthélemy n'était pas coupable. Ce fut donc à cet instant qu'il se rendit compte de la présence du bibliothécaire.

D'abord étonné, il se redressa sur ses coudes et fronça les sourcils face à la présence de l'homme. Mr. Holbrey avait fait ça ? Il avait mis le feu à Claudia, lui, le bibliothécaire qui ressemblait à un motard en cette journée. Au fond, ça n'avait peut-être rien d'étonnant. Il n'était pas l'une des personnes la plus responsable qu'il connaissait. Déjà, se pointer chez lui n'importe quand pour que Yun lui prépare des plats, ça pouvait en dire long à son sujet. À le voir si proche, Lawford décida de se reculer un peu tout en ravalant la salive qu'il avait de trop dans sa bouche. La pression était de retour. Il était incapable de prononcer le moindre mot. Face à cet inconnu qui n'en était pas un, il redevenait l'enfant insécure qu'il avait toujours été. Alors qu'en habitude, il aurait sans doute envoyé l'autorité bouser, il se retrouvait maintenant dans la position de l'enfant qui se faisait punir, chose qui attira l'attention de Douglas qui arrêta de sourire en remarquant que Felix était drôlement silencieux tout d'un coup. Le trio resta sur place face au spectacle que pouvait offrir la panique de Claudia. Dans un monde meilleur, Barthélemy aurait déjà éteint le tout, mais il était habité d'une grande flemme à présent. Et de son côté, Lawford ne fit que commencer à retirer sa cape, prêt à lui porter de son aide jusqu'à ce que le bibliothécaire ne prenne parole.

« Je me disais bien que j’avais senti de la fumée. Qui eut cru que le feu puisse provenir d’un slibard ? Il faut y remédier avant que la bibliothèque ne brûle. »

Y remédier avec une vague d'eau, voilà une brillante idée. Douglas se releva bien rapidement, Claudia continua de tapoter sa jupe et Felix resta au sol, sa cape entre ses doits, alors que toute l'eau s'abattit contre eux. Les deux copains du blondinet se retrouvèrent contre le plancher à nouveau, mais se levèrent aussi rapidement qu'ils étaient tombés. Cosgrave était maintenant rouge de colère, Douglas se retenait d'aller tuer Octave en pratiquant les beaux sortilèges qu'il avait appris en matière de la magie noire et Felix glissa simplement sa main entre les mèches de ses cheveux. Il regarda ensuite sa chemise trempée, découvrant par le fait même qu'elle lui collait à la peau, ce qui laissait transparaître son torse. Les cheveux vers l'arrière et en bataille, il se leva à son tour et laissa sa cape tomber au sol, donnant le même effet qu'une guenille mouillée qu'on échappe dans un fond de baignoire. Une partie resta hors de l'eau, à cause de l'air qui s'était incrusté dessous avant qu'elle n'atteindre le plancher. Le regard vide, il inspira doucement et cracha au sol instinctivement, sans prendre en compte que ce geste était malpoli. Il écouta attentivement la chanson de l'adulte par la suite, laissant d'ailleurs un rire s'échapper.

« J’ai le droit de parier sur moi-même ? Défi malaise et gavage. Je parie donc que je suis assez bon en Imperium pour vous obliger à avaler l’énorme pile de parchemins humides que sont maintenant devenus les livres de cette rangée. Vous ne vous souviendrez peut-être pas de l’acte en lui-même, mais je vous jure que le réveil sera… mhhh, comment dire ça… spécial. Sinon, elles vont bien tes mères Lawford ? Ca fait un bon moment que je ne les ai pas vues. Abby a dû être contente de ma disparition. »

Toujours en colère, Claudia fut la première à partir en se foutant bien de ce qu'Octave avait à dire. Elle ne se sentait pas du tout concernée et elle n'avait aucune envie de rester parmi eux. Ensuite, Douglas profita que l'adulte ne lui porte pas d'attention pour sortir sa baguette et se nettoyer en soufflant un simple "Tergeo". Une fois lavé et séché, il lança un regard sombre vers Octave et se calma peu à peu en comprenant qu'il y avait un lien entre lui et Felix, ce qui était une assez bonne raison pour l'empêcher de l'attaquer de la sorte. Le blond lança d'ailleurs un simple coup d'oeil vers lui, lui demandant de partir qu'avec son regard. Il était hors de question qu'il parle de ses mères en présence de Barthélemy. Pour tout dire, ça le gênait. Douglas avait toujours son mot à dire lorsque cela concernait sa vie privée et l'entendre lui rappeler certaines choses ne lui faisait pas envie du tout. Oui, Doug' était un ami, mais il pouvait être blessant. D'ailleurs, le septième année s'approcha de Lawford et alla lui souffler quelques mots à l'oreille avant de foutre le camp. - T'as 24h pour m'expliquer qui est réellement cet homme pour toi. Et au-delà de cela, Felix allait prendre cher. Une brûlure de clope contre son front, peut-être bien, ou se faire harceler, menacer et humilier. Enfin, lorsqu'il fut enfin seul avec le bibliothécaire, Felix sorti sa baguette et essaya de visualiser le dégât d'eau qu'il avait eu chez sa grand-mère du côté d'Abby, histoire de se rappeler ce qu'il pouvait faire pour enlever tout ças. Accordant qu'un regard sincère et désolé face à Octave, il murmura un sortilège de sècheresse. Il acceptait l'autorité de l'adulte, du coup, il n'allait pas le faire chier à le laisser tout ramasser tout seul. Au contraire, il allait s'exécuter lui-même à faire le travail. Alors que sa baguette sembla avaler toute l'eau de la rangée, il s'arrêta et attrapa l'un des bouquins, l'échappant au sol en constatant qu'il était encore imbibé d'eau. Maintenant, il fallait avouer qu'il ne savait pas comment il allait s'y prendre pour les faire sécher, sans que les pages ne collent toutes ensemble. Tout en reprenant le livre, telle une maman voulant sauver le conte préféré de son enfant maladroit qui aurait échappé son verre d'eau, il ouvrit page par page, les séchant une par une en reprenant place contre le sol. Y allant très rapidement, il s'arrangea surtout à ce que les pages se séparent.  

- Abby est très contente, en effet. Du côté de Yun, je doute qu'elle aie retrouvé en cette disparition un bien-être, si ce n'est que d'avoir la paix à présent. Mais sachez que vous n'êtes pas pour elles un mauvais souvenir et je crois sincèrement que vous seriez toujours le bienvenu à la maison, même si Abby aurait malheureusement tendance à vouloir que vous disparaissiez de sa vie... et de la mienne aussi. Il ne vous suffirait que de les avertir avant de vous pointer. dit-il calmement, sur le même ton, comme s'il parlait avec une Yun en colère. Opérant ensuite le séchage avec un autre bouquin, il commença à répéter les paroles de la chanson de plus tôt. Une phrase en particulier n'arrivait plus à quitter son esprit.

- You left me here; I'm all alone... Maintenant, je sais qu'on écoute la même citrouille. souffla-t-il en souriant tout en gigotant d'un côté vers l'autre. Il connaissait cette chanson que par le billet de Barthélemy. En bref, il n'avait aucune idée de l'histoire qui s'y cachait derrière, mais c'était qu'il avait adoré l'écouter en fumant dans le Westfalia. Ça et Alive de Pearl Jam. D'ailleurs, il se laissa aller dans cette chanson qui lui revenait peu à peu en tête. Tout en ouvrant quelques livres, il chantonna à son tour;

- Son she said
Have I got a little story for you
What you thought was your daddy
Was nothin' but a fool
.


Puis il releva la tête vers Octave en pinçant les lèvres d'un air pensif. - Vous savez quoi Mr. Holbrey, concernant ce que vous avez dit plus tôt, je suis sûr que je pourrais me bouffer trois de ces bouquins sans problème. Reste à savoir, pourquoi n'aviez-vous pas utilisé le sortilège de l'impérium tout de suite au lieu d'en faire qu'une simple menace ? Il déchira l'une des pages humides du livre contre ses genoux, l'apportant à sa bouche pour en prendre une bouchée. Après avoir mâchouillé, il avala le morceau et fixa ensuite la page entre ses doigts. - Je parie trois cigarettes que c'est parce que vous vous êtes parié un truc que vous ne pouvez même pas faire et... Et c'est plutôt excitant en fait. avoua-t-il en reprenant une autre bouchée du papier. Si Octave arrivait à se promener avec cette allure dans le château et qu'en plus, il foutait des jupes en feu, alors il n'aurait rien de surprenant à ce qu'il ait des cigarettes, voire même de l'alcool et le blond voyait en lui un sac ouvert, une possibilité d'accession à toutes les choses sur laquelle il ne pouvait pas mettre la main en ce moment. Octave avait tout ce que le blond désirait, allant des clopes à un semblant de figure paternelle. Il attrapa deux autres livres pour les faire sécher, remarquant d'ailleurs, en voyant ses bras, qu'il avait la chair de poule à cause de sa chemise trempée.

- Alors oui, vous avez le droit de parier sur vous-même, ce qui vous laisse donc une semaine pour faire bouffer ces livres à Douglas et Cosgrave.

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MessageSujet: Re: It's more like... a Sugar Daddy [Septembre 1997] Sam 29 Oct 2016 - 2:39

Lawford, Lawford… Il se souvenait de lui alors que ce dernier n’avait qu’un duvet sur le caillou en guise de chevelure et une couche pour seul pantalon. Mais Abby, l’une de ses mères, avait coupé court à toute interaction bien avant que l’idée même de prendre ce bambin dans les bras ne passe par l’esprit du jeune-et encore relativement imberbe- Octave. Il s’en était contenté gracieusement, n’ayant jamais véritablement aimé les enfants de toute manière. Quoi qu’une fois Félix, tétine dans sa bouche aux petites dents blanches, tout souriant, était venu lui tirer la manche alors qu’il buvait un café, comme d’habitude trop serré, à la table du salon. Le bambin l’avait regardé en souriant, gazouillant quelques paroles indiscernables sous le regard interdit d’un Octave lui-même à peine sorti de l’adolescence. Abby s’était alors saisi de son enfant avec rage, l’emmenant loin de l’invité, le regardant avec méchanceté, comme si c’était sa faute si Felix s’était approché de lui. Mère poule dès le début malgré sa sévérité apparente. Au fur et à mesure de ses visites plus ou moins régulières, il avait aperçu cet enfant grandir et se développer. C’était presque surréaliste tant il l’entrevoyait toujours par hasard, au détour d’une porte, à travers une fente, invariablement de loin, sans jamais lui adresser la parole. C’était comme observer une vie à travers une serrure. Mais il l’avait suffisamment observé interagir avec ses mères pour savoir ce qu’il était devenu et quel type d’homme il se prédestinait présentement à être. Quoi que, l’adolescence est une chose si versatile où l’on passe de l’émo au BCBG aussi facilement qu’on tourne la page d’un livre.

Lorsqu’il s’était retrouvé à Poudlard en tant que bibliothécaire, il n’avait eu aucune pensée pour cet élève qu’il allait probablement croiser et qui était véritablement le seul lien tangible avec sa vie d’avant. A dire vrai, il l’avait abandonné dans un coin de sa mémoire, se laissant surprendre lorsqu’il aperçut son visage et sa chevelure blonde le premier Septembre, lors du banquet d’accueil. Lawford, Lawford… Il se revit soudain, de nouveau vingt-quatre ans, toquer à la porte de la maison des deux lesbiennes à deux heures du matin. Yun lui avait ouvert la porte, les yeux bouffis par un sommeil profond soudain interrompu, alors que des pleurs d’enfants se faisaient entendre au premier étage. Elle n’avait bizarrement jamais été contre le fait qu’il vienne à n’importe quelle heure de la nuit ou du jour, pestant toujours comme un chat mal nourri, mais ne lui disant jamais de ne plus le refaire. Cette rencontre à la bibliothèque était sa première véritable interaction avec le jeune homme, qu’il avait pourtant abordé comme s’ils échangeaient une conversation épistolaire depuis des années. Rapport que l’adolescent lui rendit bien.

Claudia, probablement morte de honte, la colère colorant étrangement son visage métis de plaques rougeâtres, lança au bibliothécaire quelques regards assassins en biais, ne récoltant qu’un sourire satisfait en retour. Octave savait qu’elle ne pouvait rien contre lui, même si elle tentait de l’attaquer. Elle aussi, raison pour laquelle elle se contenta de le torturer mentalement. Il y avait une véritable satisfaction cruelle à provoquer des envies de meurtre irréalisables chez quelqu’un, puis le voir se tortiller intérieurement d’une cuisante impuissance. Ca lui en filait des frissons de voir ces deux adolescents se décomposer intérieurement d’une haine ineffable. Seul Felix semblait accepter fatalement son destin comme un samurai sur le point de se faire un seppuku. Quoi que, il finit par cracher au sol ce qui fit plisser les yeux du bibliothécaire dans une moue de dégoût. Manquait plus qu’une clope derrière l’oreille et un survêtement Adidas. Non, pardon, c’était une jeunesse dorée et privilégiée par rapport au reste du monde. Poudlard, c’était un peu le Yale britannique en termes de fréquentation bourgeoise non ? Pas de survêtements, mais des chemises blanches et des cravates avec des poches pleines de stupéfiants, le mot « fuck » au bout des lèvres à la moindre occasion.

La jeune fille fut la première à dégager, et Octave ne s’y opposa pas, elle avait pour le moment suffisamment récolté ce qu’elle avait en partie semé. Elle était donc libre jusqu’à nouvel ordre. Cela aurait été le cas du jeune homme également, si seulement Octave ne l’avait pas vu grassement se gausser à la vue de la jupe prenant feu. Pas très chevaleresque tout cela. Le grand dadais à la bouche aussi grande que le trou béant qu’il devait avoir dans le crâne se rapprocha d’ailleurs de Lawford avant de suivre le chemin de la jupe brûlée. Son désir de discuter avec Félix surpassant celui de perdre du temps à crucifier un adolescent, Octave se laissa contourner par l’adolescent, ne manquant pas toutefois de lancer par-dessus son épaule d’une voix chantante :

« La prochaine fois que je te revois ici pour autre chose que tes études, tu ramasseras des dents avec tes doigts cassés. »

Il se retourna vers cette pauvre asperge blonde, mouillée comme un chat tombé dans une piscine. Ce dernier ne semblait pas avoir la défiance provocante de ses deux amis et Octave se radoucit sensiblement, croisant néanmoins ses bras sur son poitrail. L’adolescent finit par lui décocher un regard désolé, oh miracle ! Alors quoi, il était le looser du groupe ou quoi ? Elle était passée où la hardiesse dont il avait si merveilleusement fait preuve en profitant d’une vue en contre-plongée des attributs féminins de sa copine ? Elle avait dû remonter dans son gosier, tout comme ses noisettes étaient remontés à l’intérieur de son ventre pour redevenir les ovaires qu’elles étaient. Mais le plus surprenant fut de le voir essayer de réparer les dégâts que le bibliothécaire avait lui-même causés. Minutieux, il eut la brillante idée de séparer les pages pour ne pas qu’elles collent. Octave n’en attendait pas autant, franchement. Amusé, il regardait l’élève faire, se saisissant précautionneusement des bouquins, tournant chaque page avec une délicatesse qui lui faisait honneur.

- Abby est très contente, en effet. Du côté de Yun, je doute qu'elle aie retrouvé en cette disparition un bien-être, si ce n'est que d'avoir la paix à présent. Mais sachez que vous n'êtes pas pour elles un mauvais souvenir et je crois sincèrement que vous seriez toujours le bienvenu à la maison, même si Abby aurait malheureusement tendance à vouloir que vous disparaissiez de sa vie... et de la mienne aussi. Il ne vous suffirait que de les avertir avant de vous pointer.

Tiens donc, Octave en sentit ses sourcils glisser vers la lisière de ses cheveux. Il ne lui disait pas d’aller se faire mettre ? Que ce n’était pas ses affaires ? C’était quoi cette adolescence qui ne se rebellait pas ? Ah, les mystères de ce monde, décidemment. En attendant, Felix apprécia ses goûts musicaux avant de chantonner les siens tout en continuant son travail sous le regard d’un bibliothécaire franchement intrigué. Les deux lesbiennes l’avaient-elles finalement bien éduqué, malgré tout ? Malgré leurs caractères bien singuliers ? Ses sourcils reprirent leur place dès que Lawford lui débita son gazouillis avant de déchirer une page et de se l’enfoncer dans le crustacé qu’était sa bouche. Pire, il finit par soulever un unique sourcil interrogateur, l’accompagnant d’une moue dubitative. Sans déconner ? Vraiment ?

- Je parie trois cigarettes que c'est parce que vous vous êtes parié un truc que vous ne pouvez même pas faire et... Et c'est plutôt excitant en fait.

Il cligna des yeux à trois reprises, lentement, en plissant légèrement les yeux cette fois dans une expression de parfaite méfiance. Pauvre estomac quoi. Il n’aurait pas aimé être l’estomac d’un gars qui avale du papier avec autant de facilité et sans protester. Et puis, excitant ? L’impuissance apparente l’excitait ?

« Sérieux Lawford, c’est moche le retard mental. Déjà que tout à l’heure t’as bavé par terre et maintenant ça ? Comment t’as réussi à rentrer à Poudlard ? Elle est passée sous quelle table ta mère pour qu’on t’accepté malgré ton QI de pissenlit ? Et tu voudrais que je fasse des paris avec un gamin qui bouffe volontairement les pages d’un bouquin ? »

Octave laissa ses yeux rouler jusqu’à être à deux doigts d’apercevoir son propre cerveau avant de soupirer lourdement. D’un coup de baguette magique large, comme si cette dernière était une batte de Baseball et qu’il frappait une balle imagine avec, le bibliothécaire assécha les livres de toute l’allée, y compris celui que Felix avait entre les mains. Un sortilège de potionniste aguerri qu’on lui avait appris lors d’un obscur voyage dans les locaux du CERN et qui faisait disparaître le liquide en faisant le vide (sort déjà décrit dans ma réponse pour Shawn). Raison pour laquelle son geste fut accompagné d’un sifflement, comme si quelqu’un aspirait l’air par un tout petit trou.

« Alors que je n’ai plus vraiment d’espoir pour toi, j’ai encore un fond d’optimiste pour les autres et je crois franchement que tout le monde peut assumer de soi-même son comportement désobligeant et se rétracter sans avoir besoin d’un imperium pour ça. Et tu vois, ça a marché, ils sont partis, alors que toi t’es resté là à manger de la pelure de bois comme un élan des steppes en plein milieu de l’hiver. Avec un peu de chances, la prochaine fois tes amis seront sages. Mais si ce n’est pas le cas, effectivement, je ne me fatiguerais pas à menacer qui que ce soit. »

Et avec un peu de chances, Felix irait leur répéter ses paroles, qu’ils prendraient tous joyeusement comme un défi et viendraient encore mettre le bordel dans sa bibliothécaire. Alors Octave pourrait vraiment se lâcher, release the Kraken, comme qui dirait. Rangeant sa baguette de là où il l’avait sortie, il jaugea Felix de son regard de jade, semblant apprécier l’allure de ce jeune homme qu’il avait jadis vu grandir. Qu’est-ce qu’il avait changé, poussant aussi vite de la mauvaise herbe. A croire que c’était partiellement vrai ce qu’on disait sur les blonds… Octave eut un rictus étrange, résigné à ne jamais retrouver les pages arrachées et mangées du livre que Felix tenait jalousement entre les mains comme si c’était la seule chose qu’il eut mangé depuis des semaines. Le blond semblait tenter de l’intéresser par des moyens détournés, et le bibliothécaire était bien curieux de savoir pourquoi. Des clopes ? Ah, ces envies triviales et archaïques d’enfants pour qui le seul bonheur était de se prendre pour Kurt Cobain en tirant une taffe et en écoutant de la musique triste. Fallait-il vraiment s’abaisser à satisfaire ce genre de caprices ? « Bibliothécaire de trente-trois ans, contrebandier de clopes pour mineurs dans une école de sorciers », ça ne sonnait pas très convaincant comme titre de journal, non ? En revanche, « Bibliothécaire de Poudlard refait les expériences nazies sur les élèves de l’école dans laquelle il travaille » beaucoup plus. Quoi que dans le premier cas de figure, il risquait un peu moins la prison que dans le second. C’est pourtant ce qui risquait d’arriver si ces chers bambins continuaient à déchirer, manger et brûler les livres de sa bibliothèque. Une petite injection intraveineuse de phénol ? Brûlure au phosphore ? Avec des idées pareilles, Octave se demandait s’il n’avait pas un ancêtre de la Luftwaffe quelque part dans son arbre généalogique. Avec tous ces points Godwin qui lui venaient en tête…

« Te voir te nourrir de livres ne m’intéresse pas si c’est volontaire. Et puis, trois cigarettes… t’es sérieux ? T’as quel âge ? Ah oui, pardon, pas assez pour quelque chose de plus sérieux, c’est ça ? En attendant, il faudrait que tu parviennes à trouver un pari qui puisse vraiment m’intéresser. Allons, voyons de qui tu tiens ton imagination, de Yun ou de Abby ? Surprends-moi. »

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MessageSujet: Re: It's more like... a Sugar Daddy [Septembre 1997] Jeu 3 Nov 2016 - 0:16


« La prochaine fois que je te revois ici pour autre chose que tes études, tu ramasseras des dents avec tes doigts cassés. » Fuck... Ces paroles si douces et harmonieuses firent rapidement naître un sourire aux coins des lèvres du blondinet qui, tout en détournant son attention, évita le dernier regard du septième année qui alla rejoindre la jupe brûlée hors de la bibliothèque. C'était qu'il avait de quoi dans le ventre ce bibliothécaire pour menacer Douglas aussi facilement. La tension, il n'y avait rien de mieux pour créer des conflits. Il ne suffisait que d'un regard mal placé pour trouver les emmerdes entre les couloirs de Poudlard, chose que Felix avait eu le temps d'apprendre que par les rumeurs qui circulaient. Ses lèvres s'étaient figées pour former ce même sourire qui se faisait presque difforme tant il était crispé par un bonheur qu'il se retenait, histoire d'éviter de se faire tuer plus tard. Rien ne pouvait décrire la joie qui lui réchauffait le ventre à présent, mais tout pouvait se lire sur son visage. Il avait eu pour habitude de se faire intimider par Barthélemy, oubliant alors que celui-ci était un adolescent comme tous les autres et que, de ce fait, les adultes et le personnel du château pouvaient lui faire autorité. Eh oui, Doug' pouvait se faire remettre à sa place et Felix avait rêvé de ce moment. Enfin, le Serpentard s'était sagement mis au travail après cela, opérant à faire disparaître l'eau au sol avant de s'attaquer aux livres. Il n'était pas d'humeur à se rebeller, pour ne pas dire qu'en fait, il se soumettait littéralement face à Octave. Cependant, il ne fallait pas croire que l'adulte avait le moindre pouvoir sur Lawford. À la moindre occasion, Felix aurait pu l'envoyer bouser, mais il voyait chez lui un moyen de combler certains de ses besoins d'adolescent mal entouré. D'ailleurs, il répondit aux interrogations de l'homme avec simplicité, allant de Yun à Abby sans vraiment se soucier du fait qu'il parlait pour elles. Il n'avait guère l'impression que Yun était mécontente ou au contraire, heureuse de la disparition si soudaine du bibliothécaire. Pour ce qui était d'Abby, ce qui était sûr, c'était qu'elle s'en était réjouie, mais le revoir ne pouvait pas lui faire de mal.

Après avoir passé par ce sujet si complexe que pouvait être ses mères, le blond s'attaqua à l'impuissance de l'adulte. Il était facile de prononcer des menaces, mais lorsqu'il était temps de les exécuter, le résultat pouvait être décevant. Le jeune homme continuait de sécher les bouquins, perdant peu à peu son sourire en constatant que oui, Octave était décevant. Il était impuissant face à ses propres paroles, des menaces qu'il prononçait avec tant d'amour et de beauté, mais qui finissaient sans jamais prendre vie. Sans jamais prendre vie ? Il était hors de question pour l'asperge de laisser une menace mourir dans l'oubli que parce que l'adulte était incapable de la mettre à terme. Holbrey voulait qu'il bouffe des livres, non ? Alors il en bouffe. Mais encore une fois, l'adulte ne put que décevoir Felix en lui offrant cette même bouille qu'un gamin à qui on parle d'amour et de baisers. De la méfiance ? Lui, il se méfiait alors que plus tôt, il avait foutu une jupe en feu ? Tu ne réalises pas tes menaces et en plus, t'es même pas capable de voir tes mots se réaliser. Je t'ai surestimé mon grand. Et pourtant, il ne pouvait pas s'empêcher de trouver cela excitant. Et non pas dans le sens sexuel, mais plutôt dans la hâte d'en savoir davantage sur ce comportement qu'était celui de ce bibliothécaire qu'il avait toujours voulu connaître autrefois.

« Sérieux Lawford, c’est moche le retard mental. Déjà que tout à l’heure t’as bavé par terre et maintenant ça ? Comment t’as réussi à rentrer à Poudlard ? Elle est passée sous quelle table ta mère pour qu’on t’accepté malgré ton QI de pissenlit ? Et tu voudrais que je fasse des paris avec un gamin qui bouffe volontairement les pages d’un bouquin ? »

Felix regarda autour de lui un instant, cherchant à voir s'ils étaient bien seuls. Il n'avait pas envie que d'autres élèves puissent entendre cette conversation, surtout qu'à présent, l'adulte semblait bien décidé à le rabaisser. C'est quoi ça ? Pourquoi Octave lui disait toutes ces conneries ? Tous les autres adultes que le blond pouvait connaître s'auraient bien foutu de lui et ils n'auraient pas cherché à le raisonner sur le fait qu'il venait d'avaler un morceau de papier. Pour ce qui était du bibliothécaire, il semblait prendre à coeur la situation. Cette petite attention était assez spéciale, donnant le même effet qu'une caresse, alors que le sorcier avait pour habitude de se prendre des baffes ou de se faire crier après lorsqu'il faisait ce genre de bêtises. Sinon, les gens se moquaient de lui ou l'ignoraient. Il n'y avait jamais eu de remise en question. Le regard paisible et le dos bien droit, il continua son travail sur les nombreux bouquins, en gardant pour principe que les pages ne devaient pas se coller entre elles. Enfin, il continua ainsi jusqu'à ce que le bibliothécaire se charge passionnellement du tout, à l'aide d'un simple sortilège. Ce qui était sûr, c'était que la technique d'Octave était plus efficace que la sienne. La tête basse, le blond referma le livre qu'il tenait entre sa main droite, un livre maintenant sec et imberbe, si ce n'était que de la page manquante qui se noyait dans son estomac.

« Alors que je n’ai plus vraiment d’espoir pour toi, j’ai encore un fond d’optimiste pour les autres et je crois franchement que tout le monde peut assumer de soi-même son comportement désobligeant et se rétracter sans avoir besoin d’un imperium pour ça. Et tu vois, ça a marché, ils sont partis, alors que toi t’es resté là à manger de la pelure de bois comme un élan des steppes en plein milieu de l’hiver. Avec un peu de chances, la prochaine fois tes amis seront sages. Mais si ce n’est pas le cas, effectivement, je ne me fatiguerais pas à menacer qui que ce soit. »

Alors là, c'était trop. Felix se mit à rire franchement, finissant par se calmer qu'une minute plus tard. Une main contre le ventre, il lança un regard amusé vers l'adulte. Il croisa ensuite les bras à son tour et attendit la suite des choses. Le menace n'ayant pas été exécutée plus tôt, il était tout simplement impossible pour lui de le prendre au sérieux à présent.

« Te voir te nourrir de livres ne m’intéresse pas si c’est volontaire. Et puis, trois cigarettes… t’es sérieux ? T’as quel âge ? Ah oui, pardon, pas assez pour quelque chose de plus sérieux, c’est ça ? En attendant, il faudrait que tu parviennes à trouver un pari qui puisse vraiment m’intéresser. Allons, voyons de qui tu tiens ton imagination, de Yun ou de Abby ? Surprends-moi. »

- P'tain, voilà ce qui est curieux. En utilisant l'impérium, vous auriez eu le droit à la même image, mais simplement parce que vous n'avez pas eu besoin de me contrôler pour que je bouffe la page, vous en venez à parler de mon QI et vous oubliez qu'à la base, cette idée ne vient pas de moi, mais bien de vous. Il haussa un sourcil, cherchant à comprendre la profondeur de ce raisonnement. - Et après, vous voudriez que je fasse des paris avec un adulte qui grimace telle une pucelle qui avale pour la toute première fois. Faut pas prendre le membre en bouche quand on n'est pas capable de finir le boulot complètement. Et vous voyez, les positions sont différentes, parce que là, c'est moi qui suce. Il se leva et rangea le livre qu'il avait en main, le foutant là où il l'avait trouvé. - Puis, comme je ne fais pas les choses à moitié, bah j'avale. Mais vous, vous êtes trop lâche pour en prendre les responsabilités. Vous avez même du mal à me voir faire, alors que vous êtes celui qui m'a invité à vous... sucer.

Tout en faisant semblant de réfléchir, Felix releva une main dans les airs et claqua des doigts avant de pointer Octave de son index. - Pour faire de bons paris, faut avoir un intérêt commun, mais j'ai bien peur que la pucelle en toi soit trop fragile pour accomplir quoi que ce soit. Moi je peux te surprendre, toi tu ne peux que me décevoir. Alors je parie que je peux accomplir n'importe quels de tes défis. Lance-moi n'importe quoi, un défi que tu pourras me voir réaliser, sans avoir à fermer les yeux. Si je réussis, tu me devras le A.S.A, soit; Alcool, Sex et Argent, mais dans ton cas, on va changer ça pour... Attention, Service et Argent. J'ai une semaine pour accomplir ton défi. Je récapitule; si je réussis, tu deviens mon Sugar Daddy pour une journée, soit; 24 heures. On est d'accord ?

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MessageSujet: Re: It's more like... a Sugar Daddy [Septembre 1997] Jeu 3 Nov 2016 - 17:49

De la déception, du rire, de la joie, de la provocation, des bras croisés… Lawford s’attendait manifestement à ce que l’adulte rentre dans le jeu dont il avait subtilement instauré les règles, le mettant au défi et retournant ses propres paroles contre lui. Octave aurait pu s’énerver, s’exciter à son tour, essayer de se justifier, de prouver quelque chose. Qu’il ne faisait pas que parler, qu’il savait tenir ses promesses, exécuter ses menaces, parce qu’il n’était pas un lâche, que Lawford pouvait avoir confiance en lui parce qu’il était un homme d’honneur. Mais, attendez, ah, rappelez-moi un truc… c’était quoi déjà ? Il n’arrivait pas à se le rappeler. Zut, c’était quoi encore… c’était quoi… Octave ne parvenait pas à s’en souvenir. Ah si, ca lui revenait : il n’en avait rien à foutre. Ou si peu. Et la réplique de l’adolescent ne fit que balayer le peu d’intérêt qu’il prêtait à cette conversation ou à l’intention qu’il n’avait jamais eu de prouver que ce que Felix disait était faux. Comme tout individu cherchant à avoir raison, ou simplement essayant de répondre quelque chose pour retourner les rôles, il passa par un sombre raccourci de bas étage qui aurait pu indigner Octave si seulement il ne s’y était pas préparé suffisamment pour voir que c’était bancal. Et que peut-on répondre aux raisonnements bancals ? Eh bien rien. Il n’y a rien à y répondre, juste à observer comment il s’effondre sous le poids de sa propre incohérence. Enfin, à tous les coups, au vu de la fierté avec laquelle Felix avait dit tout cela, il n’y avait pas à douter qu’il ne se rendait pas compte des impasses de sa réflexion, ou bien n’essayait-il pas de les relever pour ne surtout pas se rendre compte par lui-même que ce qu’il disait était non seulement vulgaire, mais également stupide. Encore un pour qui l’orgueil avait plus de poids que la justesse. Quoi que, n’étais-ce pas à cet âge où la jeunesse était persuadée de détenir toutes les vérités ?

Octave n’allait certainement pas se fatiguer à lui expliquer en quoi se gaver de papier volontairement ou sous la domination d’un sortilège de contrôle était différent. Rhah, non, décidément, sa première phrase n’avait aucune continuité, et la seule présence de mots de liaisons ne la rendait pas plus logique. Ca en donnait l’illusion, mais rien de plus. La magie du syllogisme, très primaire dans ce cas-là. Alors forcément, s’il détournait les paroles du bibliothécaire de cette manière, en les décomposant en bribes qu’il remettait comme bon lui semblait, Lawford pouvait essayer de les percer autant qu’il le voulait que ça ne gagnerait pas en raison. Qu’il était pratique de cuisiner les propos à sa manière pour prouver leur stupidité. Et l’avantage c’est que ça poussait l’autre partie à se justifier, essayer d’expliquer que ce n’est pas comme ça que ça marche, ni que c’est ce qu’il avait voulu dire. Mais non, peu importait à Octave ce que l’adolescent préférait s’imaginer, s’il était incapable de citer des propos tenus sans les dénaturer de sorte à ce qu’elles conviennent à son argumentaire, c’était perdu d’avance. S’il fallait tout lui expliquer… Non, décidément, prendre chaque groupe de mot un par un pour les expliquer dans toute leur modicité, c’était une perte de temps. Principalement parce que à tous les coups Felix serait encore capable de les dénaturer où s’en servir pour mieux se défendre en faisant appel à ce spectaculaire vice de raisonnement dont il semblait être capable. Voilà ce que l’on récoltait quand on tentait de se mettre au niveau des adolescents au lieu de les tirer vers le sien : ils se faisaient encore plus stupides qu’ils ne l’étaient déjà. Après tout, ne disait-on pas qu’argumenter avec des attardés, c’est comme jouer aux échecs contre un pigeon ? Peu importe votre niveau, le pigeon va juste renverser toutes les pièces, chier sur le plateau et se pavaner fièrement comme s’il avait gagné.

Et le voilà qui devenait vulgaire maintenant. Bon sang, plus il parlait, plus il creusait vers le bas de l’intégrité sociale. Pauvre Octave, il avait voulu faire dans l’humour, un peu d’imagé et de figuré pour détendre l’atmosphère, au lieu de cela il se retrouvait avec une langue pourrie et un cerveau mort. Non, parce que quand on s’attaquait aux attributs masculins, c’était fini ; l’achèvement de l’ère intellectuelle pour passer dans celle du primitif. D’un instant à l’autre, le bibliothécaire s’attendait à voir Lawford déchirer sa chemise, grimper en haut des étagères et frapper son poitrail imberbe et plat en hululant avant de pisser pour démarquer son territoire. Avec un peu de chances, il se jetterait dans le vide après, la tête la première. Malheureusement les étagères de la bibliothèque n’étaient pas assez hautes pour se tuer, mais néanmoins suffisamment pour rentrer dans un coma végétatif.

- Et vous voyez, les positions sont différentes, parce que là, c'est moi qui suce.

Ouais, ouais, il suçait. Suçait l’air précieux de cette planète pour le transformer, par l’ingénieuse vibration de ses cordes vocales, en inepties. Quel gâchis. A chacune de ses paroles, une plante devait se suicider, ne désirant plus produire de l’oxygène pour qu’il soit utilisé de cette manière. Et on était repartis pour un tour, disant maintenant clairement qu’Octave était lâche, incapable « d’avaler ». Blah, blah, blah. Pitié, cesses donc de t’enfoncer de la sorte ! Ca en devient gênant, franchement… L’adulte faillit détourner les yeux. Soudain il comprenait Œdipe qui s’était volontairement crevé les yeux pour ne pas voir les horreurs de ce monde. Ah, mais Octave ne doutait pas que Lawford ait de l’expérience dans ce domaine. Mais bon, à force d’avaler autant de conneries, rien d’étonnent à ce qu’elles finissent dans sa tête. Et plus ce dernier parlait, plus Octave ne pouvait retenir la lassitude qui ne demandait qu’à prendre les reines de son visage. Dans quoi c’était-il embarqué bon sang ? Un tourbillon de métaphores sexuelles, couplées à des sophismes les uns plus foireux que les autres. Si seulement les métaphores fussent-elles réussies, il aurait peut-être pu apprécier la forme du propos, à défaut de pouvoir concéder à son contenu. Mais même ça, il n’y avait pas le droit, se faisant emporter par cette marée d’immonde vulgarité, dotée de la même poésie qu’une adolescente bourrée en train de déposer une pêche derrière une Twingo. Un soupir, c’est tout ce qui lui était finalement venu alors qu’il hallucinait un peu plus à chaque seconde. Un claquement de doigts raisonna et Octave cligna de ses longs cils mêlés. Encore, il écouta le jeune parler. Tout ça pour quoi au final ? Pour que non seulement il ne réponde pas à sa requête, ne le surprenne pas et en plus le déçoive. Il avait fait l’erreur de lui proposer à définir lui-même le cadre du pari. Il aurait dû le faire tout de suite, sans chercher à le remettre par outrecuidance infantile à sa place. Sans essayer de faire le malin. Octave aurait peut-être vaguement réfléchi à un défi, mais là…

« D’accord… Je te mets au défi, sans magie bien évidemment, de te mettre la tête dans le c*l. Ou de te lécher le coude. Non, attends, la paix. Que j’ai la paix. Que tu me foutes la paix. Et la paix dans le monde aussi. Et le calme. Je ne fermerai pas les yeux, promis. Et dans ce cas-là, je suis prêt à même te refiler la première version du A.S.A. De l’alcool pour développer ta cirrhose, du sexe pour te refiler la syphilis, et de l’argent pour que tu puisses acheter la drogue qui va ravager les vestiges de ce qui te tient office de cerveau. Au final, les trois points de ta récompense amèneront vers un même résultat : ta mort cérébrale. Tu ne veux pas qu’on commence par exécuter le A.S.A. ? Comme ça tu pourras réaliser mon défi post-mortem. »

Oscar Wilde disait qu’on mesurait l’importance d’un homme à la qualité de ses opposants. Ou quelque chose de ce goût-là. Tout cela pour amener l’idée qu’Octave n’avait pas l’intention de s’amaroucher d’un nuisible pareil. Ou pire, s’allier à ce Ciliophora préhistorique. Octave n’était jamais contre les insultes bien placées, celles qui étaient dites pour accompagner un propos et non pour constituer un argumentaire en soi. Mais au final, il attendait surtout à ce que son interlocuteur sache relever le niveau, même si le bibliothécaire était là pour primitivement la pousser vers le bas. Felix n’avait pas su faire preuve de ce genre de magnanimité. Il avait bêtement emboîté le pas en essayant de le battre sur le terrain offert, à coup d’insinuations gênantes et de trivialités désobligeantes. Il aurait pu ne pas se laisser aller, mais avait préféré faire pire. A qui la plus grosse kekette. A qui l’égo le plus blessé. A qui le mot le plus tranchant et le plus choquant. A qui parviendrait le mieux à enfoncer l’autre. Octave démêla ses bras et enfouit ses mains dans ses poches. S’en suivit un vague haussement d’épaules qui ne voulait pas dire grand-chose. A part peut-être une lointaine illustration du dépit qu’il ressentait à voir un énième élève aussi mal élevé, incapable d’allier correctement l’intelligence avec une répartie acide. Au lieu de cela, il faisait dans le profondément quelconque. D’autant qu’il connaissait le pauvre bougre et ses mères, croyant à peine possible que Yun ait élevé un fils pareil. Il lui arrivait d’être joliment vulgaire, mais rarement aussi inculte et populaire que Felix. Elle avait toujours su lui tenir tête avec dignité. Peut-être qu’un jour son fils évoluerait vers cette assurance que sa mère avait en elle. Mais pour le moment, il tenait plus d’un père invisible qu’on pouvait imaginer débauché et insignifiant au vu du comportement de sa progéniture. Lentement, Octave se poussa, dégageant la voie, la tête légèrement penchée dans une réflexion si peu profonde.

« Tires toi Lawford. Tu n’es pas sérieux. Je dirais que j'ai perdu assez de temps et que j'ai autre chose à faire de plus intéressant que de parler à une personne dont le niveau d'instruction et la longueur des réflexions peuvent servir d'arguments à deux théories, celle de l'infiniment petit et celle du vide. »

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MessageSujet: Re: It's more like... a Sugar Daddy [Septembre 1997] Jeu 1 Déc 2016 - 4:05

Felix gardait toute son attention sur l'adulte puis, en finale, à force de regarder Octave faire tout un scénario bien chiant, il se permit alors un instant de "je-m'en-foutisme" où il put revoir la culotte de Claudia et s'imaginer des trucs pas très nettes. Le bibliothécaire l'avait d'abord jugé, sans gêne et avec autant d'affection qu'un crocodile face à un zèbre égaré. Ensuite, il avait essayé de l'écraser dans un trou et ainsi finir son périple en lui foutant sur le dos sa vision des choses en ce qui concernait son comportement. Et, après que le retard mental ait été proclamé, Octave voulait être surpris par l'imagination du blond. Il fut même assez stupide pour énoncer les mères de Lawford, comme quoi il avait beau avoir disparu pendant plus d'un an, ça ne l'empêchait pas de parler d'elles comme s'il les avait vues la veille. Enfin, si Felix aurait eu son imagination de la part d'Abby, il aurait sans doute déjà tué deux personnes. Pour ce qui était de Yun, disons qu'en plus de deux morts, le cannibalisme aurait trouvé sa place. Mais n'allez pas croire qu'il aurait lui-même bouffé les cadavres. Non, les corps auraient été cachés dans un potage ou un pâté qui serait offert aux familles des victimes. Yun pouvait avoir de drôles d'idée parfois. Bref... Choses dîtes, le blondinet partagea, à son tour, ses idées, mais il n'avait pas l'air content le petit Octave face aux efforts que le blond faisait. Cependant, tous les adultes qui rencontraient Felix possédaient cet agréable soupçon d'ennui qui se résumait, de manière générale, par des soupirs désespérés, clignement des yeux trop répétitif, des haussements de sourcils, des haussements d'épaules, une tête en l'air, yeux qui revirent vers l'arrière, paume contre le front et, comme toujours ; une touche de maturité tant mal élancée qu'elle en devenait chiante avant même que son propriétaire en fasse démonstration. Ouais, Holbrey était chiant. Felix regrettait presque de l'avoir rencontré et il ne put s'empêcher de le comparer à une flaque de vomi.

En effet, Octave était ce vomi qui suivait après ce que Felix surnommait comme étant; un trip de bouffe. Lorsqu'il fumait toute la nuit et qu'il était bientôt 6h du matin, il ne s'étonnait jamais d'avoir faim, au point de pouvoir bouffer un ours tout seul. D'ailleurs, les fast-foods du quartier, qui étaient ouverts 24hs sur 24, connaissaient bien l'horrible trio que pouvait être Douglas, Lawford et Cosgrave. Frites, burgers, filets de poulets, cheeseburgers, frites, pizzas, un coke diète, un autre burger et on termine avec des ailles de poulets et pourquoi pas une autre pizza. Felix mangeait beaucoup en moins de vingt minutes. Et; le premier qui vomit tout ce qu'on a bouffé ! ... c'était le petit défi qu'ils se lançaient entre eux, après que Claudia ait eu le malheur de parler d'anorexie, alors qu'ils s'étaient installés dans un McDonald du coin. Alors voilà, Octave était tout ce mélange de nourritures mal mâchouillé. Sur un coup de tête, on a vraiment envie de lui. Il ne coûte pas trop cher et c'est bon dans la bouche. Après, on le bouffe en dix minutes pour ensuite le vomir en quelques secondes, parce qu'il est meilleur de le voir étalé contre le comptoir de la meuf derrière la caisse, plutôt que dans notre estomac. Felix avait eu faim, dans le sens où il avait voulu connaître Octave et il s'était fait quelques attentes à son sujet. Et maintenant, il était presque déçu. « D’accord… Je te mets au défi, sans magie bien évidemment, de te mettre la tête dans le c*l. » Ah, non, il était déçu. L'adulte n'était bel et bien qu'un fast-food à vomir plus tard. Il était comme les autres, si ce n'était qu'un peu plus ironique et vulgaire, comme un burger dans lequel on y ajoute du miel. Les lèvres closes et le regard allant du plafond aux étagères, Lawford écouta le bibliothécaire dire toutes ces choses qui l'ennuyaient plus qu'il ne pouvait le croire.

Ensuite, pour agrémenter le tout, parce Felix savait que l'adulte si mature que pouvait être Octave n'allait pas se la fermer d'aussitôt, il leva les mains tel un chef d'orchestre et souffla un léger ; - Que la m*rde soit. « De l’alcool pour développer ta cirrhose, du sexe pour te refiler la syphilis, et de l’argent pour que tu puisses acheter la drogue qui va ravager les vestiges de ce qui te tient office de cerveau. Au final, les trois points de ta récompense amèneront vers un même résultat : ta mort cérébrale. Tu ne veux pas qu’on commence par exécuter le A.S.A. ? Comme ça tu pourras réaliser mon défi post-mortem. Tires toi Lawford. Tu n’es pas sérieux. Je dirais que j'ai perdu assez de temps et que j'ai autre chose à faire de plus intéressant que de parler à une personne dont le niveau d'instruction et la longueur des réflexions peuvent servir d'arguments à deux théories, celle de l'infiniment petit et celle du vide.» - Et la m*rde fut.

Sérieux mec, tu dis tout ça comme si t'en avais quelque chose à foutre de ma tête. Et alors que l'homme se poussait, Felix se pencha doucement, s'inclinant vers l'avant et levant les bras comme un majordome invitant son roi à entrer dans le château. Son regard perça ensuite celui d'Octave qui avait déjà la tête base et les mains dans les poches. Sans plus attendre, le blond se mit à l'applaudir. - Bravo, c'est une très belle sortie Mr. Holbrey. Mais, je ne savais pas que d'entrer des têtes dans des culs pouvaient être un intérêt commun. Se lécher le coude non plus et encore moins la paix, que ce soit dans le monde ou dans ta petite vie. Tu vois, moi ce n'est pas du tout mon genre de truc. Alors, avant de parler de retard mental, va falloir que tu apprennes à écouter ton interlocuteur. T'es une sacrée pucelle en matière de défi. Alors si t'as perdu ton temps, je me demande bien où est parti le mien, parce que tu sers à rien en tant que personne. Il croisa les bras et pinça les lèvres en réfléchissant. Octave n'était pas du genre à savoir s'amuser et il semblait entendre que ce qu'il voulait entendre. Déjà, ses idées de défis étaient ridicules, mais en plus, il n'était pas foutu d'utiliser Felix à son avantage et cela sans oublier qu'il n'avait pas pris en note que le blondinet lui avait parlé d'intérêt commun et non pas de tout ce blabla ridicule. Cela voulait donc dire que cet homme était ; "inapte", petit code que Lawford et ses deux copains utilisaient pour décrire ceux qui ne servaient à rien en matière d'amusement. Même Wang n'y était pas classé, histoire de vous dire à quel point Octave était désespérant aux yeux du blondinet qui continuait de réfléchir. Quelques secondes passèrent avant qu'il ne claque des doigts.  

- Bon, déjà, au lieu de toujours m'attaquer comme un petit moldu qui essaie d'intimider ses camarades de classes, j'aimerais que tu sois un peu plus... Il leva sa paume vers l'adulte et l'agita du haut vers le bas en formant des vagues et s'arrêta en trouvant le bon mot. - Sincère... Arrête de jouer l'adulte, ça te va pas bien. J'ai l'impression que d'entre nous deux, c'est toi qui as le plus besoin de l'A.S.A... Je t'explique; Alcool pour oublier tes problèmes de gonzesses, sexe pour que t'arrête d'agir comme un taré qui a du sable dans le c*l et de l'argent pour... En fait, t'as de l'argent, reste à savoir si tu l'utilises comme il le faudrait. Là je parle pas d'épargne, je parle de putes, de bons temps ou d'autre chose, dépendant de ce que tu aimes.

Il s'accota contre l'étagère en croisant de nouveau les bras puis il haussa un sourcil en direction du plus vieux. - J'suis pas inculte ni retardé, j'ai juste compris que j'ai une seule vie, alors te surprends pas à ce que je m'en tienne plus à la culotte de Claudia plutôt qu'à ta gueule. Après un léger bâillement, Lawford se rapprocha du bibliothécaire et le regarda du haut vers le bas. - Mais bon, si tu comprends pas ça, alors on peut tout foutre mes conneries sur le dos de l'adolescence, hein ? Je suis jeune, immature et tout ce que tu veux bien croire. Et disons que cela l'amusait d'être vu comme un imbécile. Enfin, il avait pour habitude de se faire juger, de se prendre des remarques, de se faire dire qu'il était un incapable, indigne et tout ce qu'il faut. Ses mères étaient très douées pour le rabaisser, autant qu'elles pouvaient l'être pour le soutenir. Du moins, l'adolescent n'était pas très choqué de se faire malmener verbalement par Octave. Dans les faits, cet homme était doux comme agneau dans ses propos, contrairement à Yun qui n'avait jamais eu sa langue dans sa poche, même envers son propre enfant.

- Du coup, tu fais quoi ? J'en ai rien a foutre de toi et t'en a rien a foutre de moi. Mais t'as des trucs que je veux avoir et je ne pense pas que tu vas me donner ce que je veux, sans avoir un petit quelque chose en retour. D'ailleurs, t'es déjà dans le trou. T'as voulu parier plus tôt, alors bienvenu dans le jeu. Le premier pas est fait et là, t'es en train de te planter mon vieux et le jeu vient à peine de commencer. Il se força un petit sourire en coin. - Donc... Fait ton choix maintenant. Si t'es pas capable de jouer, alors dégage maintenant, mais tu risques de passer une très mauvaise semaine. Sinon, tu peux aussi te sortir le doigt de là où je pense et prendre tes engagements. Tu crois que je ne suis pas sérieux ? Alors dégage. Tu comptes encore faire des menaces en l'air ? Bah, dégage. C'est toi qui n'es pas sérieux, pas moi.

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« I'm Sorry »

Where did I go wrong?
I lost a friend
Somewhere along in the bitterness
And I would have stayed up with you all night
Had I known how to save a life
The Fray | How to save a life
   

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MessageSujet: Re: It's more like... a Sugar Daddy [Septembre 1997] Hier à 21:44

« Impero. »

Faisant mine de croiser les bras à nouveau sur sa poitrine, Octave avait entamé le mouvement mais seulement pour récupérer sa baguette, coincée contre son poignet. Le geste avait été lent, presque paresseux, accompagné d’un visage aussi inexpressif que celui d’un Grenadier au service de la Reine. Bien qu’il n’ait pas suffisamment eu l’occasion de pratiquer le sortilège, ce-dernier s’adonnait à lui avec une relative facilité, peut-être parce que la manipulation faisait déjà partie intégrante de sa vie, ne trouvant là qu’une continuité par la magie de ce qu’il faisait par la parole. Ainsi, les yeux de Felix s’emplirent bien rapidement de cet abrutissement caractéristique, si cela était encore possible au vu de la tendance disgracieuse de son visage à ne refléter rien d’autre qu’un esprit obtus. Néanmoins les effets étaient là, visibles à l’œil nu. Un abaissement de la paupières, l’iris qui se ternit sensiblement, l’affaissement des épaules dans une pose avachie, le pantin attendait les ordres pour se sortir de sa torpeur soudaine. Il lui avait pourtant donné plusieurs échappatoires, ainsi que deux occasions de prendre les choses en main, d’instaurer ses propres règles, mais Felix, par fierté peut-être, avait refusé l’offre dans un désir obstiné à se faire imposer un défi. Octave aurait préféré une charmante conversation, l’opposition de deux esprits qui se feraient écho, telles les deux extrémités d’une huitaine, mais il y avait des individus avec qui il n’y avait que les rapports primitifs qui étaient parfaitement efficaces. Certains s’offusqueront de son comportement, un membre du personnel ne devant certainement pas s’abaisser à ce type d’attitude irresponsable, mais franchement… Franchement. La vie serait bien belle et l’humanité moins frustrante si la raison pouvait convaincre par la logique pur et simple et l’appel aux bons sentiments distingués. Cela se saurait. Et puis honnêtement, les dernières paroles de l’adolescent lui avaient coupés toutes envies de tergiversations supplémentaires. L’air parfaitement désabusé, ne semblant plus rien attendre de meilleur ou de pire, Octave fit danser sa baguette tout en ordonnant :

« A quatre pattes. »

Et voilà que Felix pliait genoux, probablement pas volontairement, luttant de toute sa résolution contre le sortilège, mais ce dernier ne dura pas assez longuement pour laisser le temps à l’adolescent de s’en défaire. Attendant qu’il soit parfaitement dans la position, Octave rompit le charme avant d’en imposer un autre, immobilisant le jeune homme cette fois non pas par l’esprit, mais par la contrainte physique. « Immobulus ». A peine murmuré, le bibliothécaire rangea sa baguette et alla naturellement s’assoir sur le dos de l’insolent jouvenceau. L’impero demandant un peu plus de concentration, il avait préféré changer pour un sort quémandant un moindre effort pour une efficacité équivalente dans une situation pareille, où la seule mission de la victime était de ne pas bouger. Ce n’était pas spécialement confortable, assez osseux, mais c’était pour le principe, alors il croisa ses jambes, prit appui de ses coudes sur ses genoux, et lâcha un soupir. Le regard perdu dans le vague, il réfléchissait au revers qu’il souhaitait donner au destin. Au moins était-il raisonnablement rodé pour ne plus s’énerver face à ce type de démonstration, si bien qu’il n’y avait aucune impulsion orgueilleuse derrière cette mise en scène digne de la cour du Seigneur des Ténèbres. En revanche, s’imposer par la force semblait être un passage inévitable et comme Octave ne faisait jamais rien à moitié, il prit un instant pour méditer au moyen le plus radical pour régler le problème. Enfin, il fallait tout de même se tenir la bride à soi-même et ne pas oublier qu’il était dans une école, son imagination pouvant s’emballer aussi loin et vite qu’un rayon lumineux. Probablement le pire dans tout cela était qu’il n’avait jamais besoin de chercher à faire plus, mais plutôt à en faire moins pour que personne ne finisse mort. Le but n’était pas de se débarrasser de Felix définitivement après-tout. Un autre soupir,plus profond et insistant que le premier, fit frémir l’air sec de la bibliothèque. Ses doigts virent se perdre dans sa barbe, coiffant les poils du menton avec paresse. Autant en temps normal il n’aurait pas réagi à ce type de provocation, autant en tant qu’employé il lui était quasiment impossible de laisser sombrer cette histoire dans l’indifférence. Pour la simple et bonne raison qu’ils étaient destinés à se revoir avec Felix et qu’il valait mieux tout de suite dessiner la perspective qu’il laissait assez souvent volontairement floue.

Bon sang, tant d’énergie dépensée juste pour ça. Pourquoi une telle opiniâtreté ? Insultes et mépris, c’était parfaitement banal, mais d’où ce désir inconscient de donner l’ascendant sur la situation à son adversaire ? C’était parfaitement inconséquent, voir malavisé. D’autant qu’il tentait de se comporter en male alpha à coup de dépréciation douteuse et triviale. Tant de questions existentielles qui, finalement, n’avaient qu’une importance toute relative par rapport à la situation. Toutefois, porté sur la décortication méticuleuse des comportements humains, Octave resta un long moment à contempler l’étagère en face, l’œil luisant et l’esprit refermé sur lui-même, sans aucune attention vers son assise humaine qui devait certainement peiner à le porter sur ses frêles poignets. Le problème fondamental dans ce scénario était finalement qu’Octave n’avait besoin de rien de la part de Felix. Tel qu’il était, que pouvait-il bien lui apporter à part une dose de profond ennui et une exaspération aussi constante qu’intense ? Si Felix avait su faire preuve d’un peu plus d’ingéniosité verbale, Octave se serait certainement laissé aller à profiter, si ce n’est substantiellement, au moins spirituellement, de la situation. Mais le minot avait revêtit les haillons d’un beauf grossier, à la philosophie quelconque, au comportement obscène qui ferait rougir des consanguins du nord plutôt que le Marquis de Sade. Terriblement, horriblement rustre et pas astucieux pour un sou. La seule chose qui le sauvait était son physique, mais même l’avantage d’une gracieuse apparence ne pouvait compenser de mauvaises manières et encore moins une constante maladresse d’esprit. Décidemment il n’y avait rien de plus prosaïque que le prosaïsme même. Lui en demandait-il trop pour son âge ? Quel âge d’ailleurs… Encore une âme torturée d’adolescent en détresse, ou que sais-je encore.

Octave se leva enfin, ses tergiversations n’ayant pas tout à fait abouties, au moins son défi était-lui parfaitement mis au point. On lui demandait d’être sérieux ? Très bien. Comme Félix plus tôt, Octave allait le prendre au pied de la lettre, sans oublier néanmoins de déformer les propos tenus à sa guise, chose qu’il faisait à chaque fois qu’on lui en laissait l’occasion par étourderie. Tranquillement, sans un regard pour un Felix toujours à quatre pattes au sol et pris sous le sortilège qu’Octave ne relâchait pas, il quitta la rangée de livres et disparut derrière. Cinq, peut-être dix minutes passèrent avant que sa silhouette ne vienne flatter le contour lumineux de ce couloir fait de bois et de livres. Dans ses mains, une paire de gants, un masque et une toute petite fiole transparente, scrupuleusement fermée et recelant quelques grammes à peine d’une poudre blanche comme de la farine. Octave s’assit en tailleurs en face du jeune homme, le visage détendu, malgré la tâche qu’il s’apprêtait à accomplir. Tranquillement, sans se presser, parce que Felix devait certainement en avoir marre de rester dans cette position maintenant, il enfila les gants en caoutchouc en les faisant claquer bruyamment. Enfin, il regarda le jouvenceau et esquissa un large sourire, dénudant ses dents en un rictus carnassier et aussi satisfait qu’un chat ayant trouvé un pot de crème fraîche.

« Tu dois certainement croire savoir ce que c’est, avec ton passif, non… ? De la cocaïne ? Mais ce n’en est pas. Cette poudre a la même consistance, poids, couleur et densité que la cocaïne, mais c’est de la scopolamine. Je te conseille de m’écouter attentivement parce que c’est très important pour ton défi. Cette poudre est extraite de la Datura, entre autres. Certains utilisent les fleurs ou les racines de cette plante pour faire des infusions et partir dans des trips, mais le véritable danger vient de la graine. On peut la manger tel quel si on veut. J’en ai avalé la moitié d’une graine une fois, j’ai halluciné pendant dix-sept jours d’affilé. J’ai eu de la chance parce que le gars qui était avec moi n’est jamais descendu et est resté coincé dans une autre dimension. Mais ça, cette poudre, c’est le produit fini, raffiné, un concentré terriblement efficace. »

Octave arrondit théâtralement ses yeux sans que l’on puisse deviner si cette histoire était véritable ou non tant le sérieux semblait absent dans les propos qui contaient cette tragique histoire. Peut-être que ce n’était que de la farine dans une petite fiole, et que les accessoires apportés n’étaient que des objets de mise en scène, et que cette explication était tirée d’un livre plutôt que d’expériences personnelles. Octave releva le flacon à la hauteur de leurs deux visages, coincé entre l’index et le pouce de sa main gauche. Son regard alla de Felix à la fiole, le rayon vert de ses yeux frémissant d’une émotion impatiente. Et soudain cette excitation sincère teinta son récit d’une frénésie singulière.

« Le truc avec la scopolamine, c’est qu’elle élimine pratiquement toute forme de volonté. Il y a une complète suppression de ton libre arbitre tout en te laissant a priori fonctionnel. Tu es éveillé et conscient, et pour les autres tu as l’air parfaitement normal. Mais en réalité tu perds complètement le sens de tes actions et tu te retrouves à la merci des gens qui souhaitent abuser de toi. Un vrai zombie, tu suis ceux qui te donnent des ordres et tu fais ce qu’ils te demandent sans rechigner, de ton plein gré, simplement par mollesse. Et le pire c’est que tu ne te rends absolument pas compte que quelque chose cloche, que ton comportement n’est pas normal, non, si on te demande d’aller vider ton compte en banque et de transférer le fric sur un autre compte, tu le feras sans te poser de question, et même avec le sourire, débile heureux d’avoir aidé quelqu’un. En fonction de la dose, ça peut durer plus ou moins longtemps, mais surtout, quand la dose est assez forte, les effets secondaires seront des hallucinations délirantes et l’amnésie. C’est la substance parfaite pour les actes criminels, parce que la victime n’a aucun souvenir de ce qu’il se passe ni de qui est l’agresseur. La mémoire disparait. C’est un peu comme une séance d’hypnose chimique. A tel point qu’une fois un gars s’est réveillé dans une baignoire avec un organe en moins et une pancarte disant « Tu as cinq heures pour te rendre à l’hôpital. ». »

Il parlait avec passion, non par sadisme, mais parce que cette substance lui inspirait une terreur et un engouement vibrant. Une plante toute bonnement flippante. Les effets étaient connus depuis longtemps. Lorsqu’un homme important mourrait, chez les Mayas, les femmes et servantes avaient pour devoir de suivre leur époux dans la mort. Alors elles mangeaient ces graines pour aller se faire enterrer vivantes volontairement. Joseph Mengele l’a plus tard importée en Allemagne pour l’utiliser lors de ces interrogatoires. Ca déliait la langue, c’était certain, mais cela plongeait la victime dans de multiples hallucinations délirantes. Le pollen de la fleur à lui seul pouvait provoquer des rêves étranges… La scopolamine bloquait les neurotransmetteurs qui rapportaient les informations à la partie du cerveau qui gérait la mémoire à court terme, donc le cerveau se trouvait incapable de se rendre compte de ce qu’il était en train de faire. Une véritable merveille, inventée par le diable en train de prendre du LSD et de l’héroïne en même temps. Bien sûr, avec un produit aussi puissant, il n’y avait en général que trois utilisations : son étude, le vol et le meurtre. Octave haussa ses épaules avec ravissement, soulevant ses sourcils en une mine enjouée. Un rire guttural fit vibrer sa poitrine.

« Voilà ton défi. Je vais t’en filer une certaine quantité, pas assez pour te tuer, mais suffisamment pour te transformer en zombie, te faire halluciner et entrainer une perte de mémoire à court terme. Je pourrais te la souffler en plein visage comme on le fait en Colombie, pour que le produit agisse immédiatement, mais je suis généreux et je te laisse tu temps. Une vingtaine de minutes pour être exacte. Tu vas l’avaler. Sachant que même si tu l’avales, tu en respireras quand même un peu, donc tu en ressentiras certains effets dans l’immédiat, pas suffisamment toutefois pour te transformer en légume. Mais fais vite, la dose sera assez grand pour provoquer des dégâts irréparables, et si tu ne trouves pas comment bloquer les effets de la scopolamine, tu finiras non seulement par m’oublier moi et cette aventure, mais tu te retrouveras avec des séquelles psychiatriques plusieurs mois après ton intoxication. Des journées entières disparaîtront de ta mémoire sans explications, tu oublieras des gens et des visages, et tu auras du mal à dormir, des cauchemars terribles peupleront tes nuits et même parfois tes journées. Un bad trip dont tu ne redescendras jamais. Autre chose… Les sorciers ne connaissent pas la scopolamine. La Datura oui, ces racines et ses fleurs oui, mais la scopolamine est une poudre obtenue par voie chimique, donc inconnue du vocabulaire sorcier. De plus, la Datura est une plante relativement rare qui ne pousse qu’au nord de l’Amérique du Sud mais surtout dangereuse. Je vais t’en donner deux milligrammes, essayes de t’en souvenir parce que l’antidote, mal administré, pourrait aggraver ton état et peut-être même te tuer, qui sait. Mon pari, le voici. Je parie que tu t’en sortiras. Donc, pour que tu gagnes, il te faudra finir à St Mangouste avec le cerveau grillé. Excitant n’est-ce pas ? Ah oui, aussi… je n’ai pas l’antidote. Pas la peine de me le demander. Mais je pense qu’il doit être quelque part dans le château. Et non, ce n’est pas un bézoard. Tu te doutes bien que s’est plus compliqué que cela. J’espère que tu ne tomberas pas sur quelqu’un de mal intentionné sur ta route, qui sait où tu te réveilleras, dans un cercueil cloué, dans les bras d’un inconnu ou amputé d’une jambe ? Aussi, la scopolamine réduit l’absorption des remèdes à usage oral, donc pas la peine de manger des antidotes au hasard. »

Mystère. Véritablement tout pouvait lui arriver. Heureusement, ici, rien de grave. Tout ce que Octave avait raconté était néanmoins rigoureusement vrai, à la nuance près qu’il avait l’antidote en sa possession : des feuilles de Ginkgo Biloba. Il suffisait d’en faire une infusion et d’en respirer les effluves, cet arbre ayant la capacité d’améliorer le débit sanguin cérébral et augmentait la potentialisation des neurotransmetteurs. Pour les moldus ce n’était que du placebo, mais pour les sorciers, le Ginkgo aidait à restituer la mémoire et à bonifier les connexions neuronales. D’autant que Felix pouvait finalement en prendre n’importe quand qu’il ne serait jamais trop tard, mais c’était le type d’information rassurante qu’Octave décida de soigneusement garder pour lui. Ce serait tellement plus drôle de le voir déambuler comme un neuneu dans les couloirs à s’émerveiller de tout où à flipper au moindre vacillement d’ombre. Plus le temps passerait, plus il aura du mal à rejoindre l’infirmerie ou à aller voir quelqu’un de compétent dans le sujet sans dévier de sa route, sa concentration et ses objectifs s’effaçant à mesure que la drogue ferait effet. Sourire aux lèvres, Octave posa la fiole au sol et enfila son masque, ne voulant surtout pas respirer ne serait-ce qu’une poussière de ce souffle du Diable, comme l’appelaient les spécialistes. Se saisissant de sa baguette magique, il imposa un deuxième Impero à l’adolescent. D’un doigt poussant sur le menton, il l’obligea à ouvrir la bouche. Puis, il ouvrit le flacon et, délicatement, laissa tomber une toute petite quantité sur le bout de son doigt, une minuscule montagne à peine perceptible qui se tassa docilement en pyramide sur son index tendu et éloigné de son visage autant que possible. De la même main, Octave se saisit du visage de Felix, gardant son doigt tendu aussi statique que possible alors que les autres étaient venus serrer sur la mâchoire du jouvenceau impudent. Puis, regardant avec malice ce dernier dans ses yeux vitreux, il laissa son doigt s’incruster entre les lèvres ingrates et glisser le long de sa langue, y déposant la précieuse et dangereuse scopolamine. Retirant finalement sa main, il ordonna :

« Avale… Va, cours mon charmant chenapan, à en perdre la mémoire où à en retrouver la conscience. Bonne chance. »

Retira son masque de papier, il se releva et s’écarta avant d’enfin rompre d’un geste lascif de la main le charme de l’Imperio, libérant cette frénétique créature de son emprisonnement physique pour le laisser se jeter dans les bras d’une toute autre prison, celle de l’esprit…

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It's more like... a Sugar Daddy [Septembre 1997]

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