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It's more like... a Sugar Daddy [Septembre 1997]

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SERPENTARD6ème année
    SERPENTARD
    6ème année
AVATAR : Oh Sehun
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MessageSujet: It's more like... a Sugar Daddy [Septembre 1997] Lun 24 Oct 2016 - 5:27

Attention, ce Rp' contient des propos à caractères sexuel.


Il butait du talon, laissant ainsi entendre son pas résonner entre les couloirs de Poudlard, jusqu'à ce qu'il pénètre cet enfer de savoir pour la cinquième fois en cette journée. Ce labyrinthe fait de milliard d'étagères pouvaient répondre à toutes les questions qui traversaient l'esprit du blond. Et pourtant, il n'en avait rien à faire des réponses. Felix s'était résigné à l'inconnu, crachant contre le visage de l'intellect pour ensuite essayer de subsister qu'avec les plaisirs de la vie. Un adolescent... C'était ce qu'il était. Le plaisir passait avant certaines de ses responsabilités, même s'il finissait toujours par succomber sous cette maturité qui avait pris place en lui durant l'été. Enfin, à force de tout repousser au lendemain, le sixième année perdait peu à peu le fil de ce qu'il avait appris en ce premier mois de pure me*de. Ouais, l'année lui semblait déjà finie en matière d'excitation. Maintenant, il n'y avait plus que la peur, les ténèbres et les angoisses de tous qui berçaient l'atmosphère du château. Entre Mathewsen qui avait perdu dix kilos et Hill qui se retrouvait dans une maison taboue, il avait vachement l'impression qu'il allait être difficile de pouvoir aider ses deux petites victimes à poursuivre un chemin raisonnable. En plus, son côté maternel avait tendance à prendre le dessus et ça l'agressait. Ce matin, il avait presque fait le lit de Wang, comme quoi son cas se détériorait. Autant lui masser les pieds, c'était tout ce qui lui manquait à cette statue de bouse et maintenant il avait eu envie de faire son lit... Tout en fronçant du nez, le jeune homme leva la tête pour essayer de trouver ses copains. Le défi de la semaine avait pour thème; "Agression" et il avait bien hâte d'entendre les histoires que lui réservaient Douglas et Cosgrave. De son côté, il avait utilisé l'un de ses trois passes, parce que le thème l'emmerdait. Eh oui, Felix ne s'amusait plus en agressant les gens. Peut-être était-il malade en fait...

Le regard malicieux et un léger sourire aux coins des lèvres, il se rapprocha des rayonnages où même le plus fou des Gryffondor n'osait pas mettre le pied. Claudia et Barthélemy étaient peut-être là. Ils avaient tendance à se mettre dans les coins les plus glauques du château pour être sûr d'avoir la paix. Enfin, cela dépendait surtout de Douglas. Lorsqu'il était seul avec Claudia, c'était lui qui guidait le pas et ses décisions en matière d'endroits pour se détendre restaient fortement à désirer. Mais rien... Non, il n'y avait personne. Il se recula donc d'un pas, se retournant et reprenant route, jusqu'à ce que cette paume agrippe ses cheveux, le forçant à se reculer. Aucune tendresse n'avait eu sa place dans cette attaque. Il n'y avait que cette main trop brusque et trop sauvage qui restait accrochée aux mèches blondes de sa nuque. Confus, il se retint une plainte et serra les dents sous la douleur. Ne voulant pas aggraver son cas, il se laissa traîner un bref moment puis se retrouva plaqué contre les tablettes. Certains livres tombèrent au sol sous le choc, mais Felix ne voyait pas ce qu'il lui arrivait. Les doigts qui s'entremêlaient dans ses cheveux le forçaient à garder la tête levée vers le haut. Et qui pouvait bien lui faire un truc de ce genre ? Sincèrement, il n'y avait pas beaucoup d'élève dans cette école qui faisait sa taille et il se doutait fort bien que Fawkes n'était pas du genre à foutre des gens dans un coin pour les agresser de la sorte. Ah... Agresser. Le thème du défi. Felix ferma les yeux et laissa évacuer un petit rire en direction de son "agresseur". - Douglas... Je sais que c'est toi. Et Barthélemy ne le relâcha pas. Au contraire, Lawford put sentir la pointe de la baguette de son camarade atteindre sa gorge, la frôlant avec cette parfaite élégance qui lui appartenait.  

- Bizarrement, j'ai vraiment envie de t'agresser. Alors je vais laisser marque de mon passage, d'accord ? Ça ne te fera pas aussi mal que lorsque j'ai écrasé ma clope dans ton nombril, t'inquiète. Et ce fut à cet instant que Claudia arriva et s'accota pour les regarder un moment. Tout en mordillant sa lèvre inférieure, elle laissa ses prunelles descendre le long du corps des deux jeunes hommes face à elle.  - C'est bon, t'as une agression de plus, Doug'. Vous devriez arrêter là... À ce rythme, vous allez finir par vous faire l'amour comme des bêtes. dit-elle en mimant deux coups de bassin dans le vide, les bras vers l'avant pour donner une idée de l'endroit où devait se retrouver le fessier du blond.

- T'aimerais ça, non ? Bordel, vous rêvez tous les deux de m'entendre gémir... Doug' veut me marquer et toi Cos', tu veux me voir en soumission. Au fond, vous avez tous les deux envie de moi. Vous ne pouvez pas vous passer de moi. Aaawh ~ Il glissa ses propres paumes contre son torse en soufflant quelques gémissements qui firent en sorte que Barthélemy le relâchât aussitôt et profita du moment pour aller lui pincer un mamelon à travers ses vêtements, histoire de l'aider à entrer dans le jeu. Felix sursauta et le regarda en mimant une expression faussement outrée. - OH ! Comment osez-vous ?!

- P'tain, je me casse...  


***

Le trio s'était retrouvé dans un coin moins terrible de la bibliothèque. Ils étaient entourés de livres que Claudia s'était permis de lancer un peu partout en se foutant des pages qui tombaient. Doug' avait d'ailleurs arraché l'une des pages de son bouquin et il avait commencé à la faire brûler, alors que Felix était couché entre eux, ses mollets contre les cuisses en tailleurs de Douglas et le derrière de tête accotée entre les jambes de Claudia. Ils prenaient tout l'espace de la rangée. Enfin, Felix surtout. - C'est quoi le prochain thème ?.. Le blond inspira profondément et fixa Claudia, ce qui attira d'ailleurs l'attention de la brunette qui se pencha automatiquement vers lui pour aller l'embrasser. Face au spectacle, Douglas lança l'un des livres sur la tête de Cosgrave qui se dressa le dos et se retint de lui remettre le bouquin au visage. - Va chier Doug' ! - Ouvre donc ta bouche que je m'installe ma jolie, ça va me faire plaisir de chier. Et la chicane était de retour, ce qui laissa Felix se perdre dans ses pensées. Il n'avait toujours pas envoyé de lettre à sa mère depuis que les cours étaient recommencés. Yun était facilement irritable et Abby passait son temps à crier et pleurer, une semaine avant que le blond ne retourne à Poudlard. En bref, il avait toutes les bonnes raisons du monde pour être anxieux. Sa plus grande peur était, pour lui, d'apprendre la séparation de ses mères. Son insécurité se faisait de plus en plus présente. Le regard perdu, il lécha ses lèvres pour y rechercher le goût de celles de Cosgrave puis, sans savoir pourquoi, un thème lui vint à l'esprit. Il y avait un sujet qui l'embêtait depuis un bon moment.  

- Le bibliothécaire. Ses deux camarades le regardèrent un instant. Octave Holbrey... Il y avait plusieurs possibilités avec cet homme et Felix ne cessait de penser à lui depuis qu'il avait rencontré son regard. Il se revoyait, gamin et peureux, s'approchant de cet incconu dans l'espoir qu'il soit son père, chose qui était totalement impossible. Et pourtant, l'enfant si innocent qu'il était à ce moment avait adopté cette image et une certaine pression se faisait ressentir lorsqu'il lui faisait face. Felix n'avait jamais eu peur de mal paraître jusqu'à maintenant. - C'est un objectif intéressant. Reste à savoir ce qu'on en fait. Claudia haussa les épaules et regarda autour d'elle un instant.  

- Il est pas trop mal... J'aimerais bien lui rouler une pelle. Les hommes matures savent comment s'y prendre avec les femmes. C'est sûr qu'il embrasse bien, alors va pour un défi bisou. Barthélemy glissa ses paumes contre les jambes de Felix et les laissa aller jusqu'aux cuisses du blond, ce qui le fit frémir. - Je veux glisser ma main sur sa cuisse, juste pour le malaise. Un défi caresse et malaise pour moi. Et un nouveau silence s'installa entre eux, alors qu'il ne restait plus que Felix à lancer sa proposition. Après quoi le pierre-feuille-ciseaux allait décider pour eux. - Je veux être son fils. Claudia se mise à rire, mais s'arrêta en voyant le visage sérieux de Felix. - Attends... tu veux dire... Qu'il soit ton; Sugar Daddy ?

- Ouais, c'est exactement ça. Je vais lui pomper son attention en le tirant par la verge. dit-il sarcastiquement. - Ooowh, Felix est en colère. Il parle comme sa mère quand il est pas content. s'amusa Douglas qui perdit bien rapidement son sourire en prenant compte de la présence de Mr. Holbrey qui se tenait à l'entrée de la rangée. Claudia se redressa d'ailleurs d'un bon et épousseta sa jupe. Et Felix... Felix lui, il était trop appâté par la vision du dessous de la jupe pour se rendre compte de la présence de l'adulte.


_________________

I tried, I lied, I died
I tried Parce que tu m'as toujours dit que l'important, c'était d'essayer... non ?
I lied Il faut éviter de poser des questions, si on ne veut pas entendre de mensonges. Tu le sais bien.
I died Ne m'en veut pas, mais c'est ce qu'il y a de plus facile à faire. Après tout, si tu regardes autour de toi, tu verras que tout le monde y arrive.



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PERSONNEL DE POUDLARDBibliothécaire
    PERSONNEL DE POUDLARD
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MessageSujet: Re: It's more like... a Sugar Daddy [Septembre 1997] Mer 26 Oct 2016 - 10:10

Aujourd’hui était un jour de bohème. Ses vêtements étaient là pour chanter à sa place son état d’esprit en cette journée de début de semaine. Il avait troqué son habituel trois pièces pour un jean, par endroit savamment délavé et à peine déchiré à quelques autres endroits, qui retombait négligemment sur des bottes hautes en cuir épais et dont les languettes se repliaient, retenant les pans du jean. Une ceinture à boucle massive en forme de carte -un As de pique noir- enlaçait amoureusement sa fine taille, jadis sculptée à force de cours de natation intensifs, qui visaient surtout à développer ses qualités respiratoires à l’époque. Un t-shirt blanc et déboutonné s’ouvrait sur sa poitrine bombée en bouclier, ornée d’une lanière en cuir en guise de collier. Les manches longues étaient remontées jusqu’aux coudes pour libérer ses poignets, tous deux embrassées par de larges bracelets de cuirs aux boucles d’argent. Lui qui était habituellement si discret quant aux bijoux, semblait avoir radicalement changé de style, si bien que même ses doigts étaient gantés de six bagues, harmonieusement dispersées entre ses doigts. Manquait plus que l’écusson et le bandana, et on aurait pu dire qu’Octave faisait partie des Hells Angels, sa Harley-Davidson l’attendant au bas de l’escalier de Poudlard. Il avait même taillé de près sa barbe rousse à la van Dyke. Ainsi, l’un de ses pied était négligemment posé sur la table, dévoilant les clous qui ferraient sa semelle, l’autre trainait au sol. Son corps entier était avachi sur le fauteuil et on aurait pu dire qu’il dormait s’il n’était pas en train de s’éventer avec un éventail en dentelles d’Espagne. Seul détail qui avait rappelé à quelques élèves perplexes que c’était bien Holbrey qui trônait paresseusement derrière le bureau du bibliothécaire. Lorsqu’un étudiant osait s’approcher, il se contentait de pointer sur doigt sur le registre ou désigner d’un geste indolent de la main le coin droit de son bureau, là où il disposait habituellement les livres empruntés et destinés au rangement.

Ca le rajeunissait, on aurait pu lui donner pas plus de vingt-cinq années, mais ce n’était pas le but. Le but était le confort, parce qu’il était particulièrement fainéant aujourd’hui, complètement relaxe, comme prêt à pardonner tout au monde entier, pareil au petit Jésus le jour de sa résurrection. Dès son réveil, il avait su que c’était une journée qu’il allait passer à somnoler, ne faisant rien, s’abandonnant au plaisir de l’oisiveté aussi sûrement qu’un aristocrate à l’aube de la belle époque. Cela dit, son bon goût ne le quittant jamais quoi qu’il arrive, il avait opté pour un style décontracté mais tout de même suffisamment construit pour être classe. Pourtant, alors qu’il s’était dévêtit de quelques couches, l’air s’était fait plus frais dans ce pays déjà pluvieux qu’était l’Angleterre. Peut-être que cette période automnale lui rappelait vaguement ces périodes de débauche d’il y a dix ans… Quoi qu’il en soit, aveuli dans le cuir moelleux, yeux clos, il s’éventait, profitant gracieusement de la légère brise.

Soudain, une odeur douteuse lui fit ouvrir prestement les yeux. Il balaya les horizons du regard, ne prenant pas encore la peine de se redresser. Mais son royaume visible était tranquille, alors il ferma l’éventail dans un claquement sec et se leva concrètement, immédiatement alerte comme un chat ayant flairé une souris. Ce n’était pas l’odeur du sang qui l’avait obligé à s’éveiller de sa torpeur, mais une toute autre odeur bien plus préoccupante. Elle était délicate et à peine perceptible, mais dans une bibliothèque remplie de papier et de bois, elle ne trompait pas. Ca puait la fumée. Ses sourcils, qui s’étaient instinctivement nouées en une moue sévère, se détendirent. L’odeur était beaucoup trop faible pour qu’il puisse s’agir d’un départ de feu, mais alors quoi ? Quelqu’un en train de fumer dans un coin ? C’était encore pire qu’un incendie accidentel parce que cela voulait dire que quelqu’un était assez décérébré pour cramer quelque chose tout en se trouvant entouré de matière hautement inflammable. Parfait. Octave esquissa un sourire carnassier en s’avançant d’un pas rapide vers les rayons de livres. Parce que s’il était assez paresseux pour porter des vêtements que sa mère aurait jugés sauvages, il était également suffisamment débridé pour n’avoir aucune pitié, ni retenue. Plus que d’habitude. Sans parler du fait que sa tenue lui donnait un avantage considérable : la tenue parfaite pour botter des c*ls jusqu’au sang et mettre des baffes à en déboîter la mâchoire. Avec ses bagouses aux doigts, il avait l’équivalent d’un poing américain aux mains. Dommage qu’il ne portât pas sa chevalière, cela aurait laissé un beau sceau sur la joue du débile profond qui mettait ce qui était sous sa responsabilité en danger. Il avait entendu parler d’élèves qui avaient eu les doigts mystérieusement cassés… bah, un de plus, un de moins… qui lui en portera rigueur, n’est-ce pas ? Justement, son épaisse semelle était prête à faire craquer des os.

- Le bibliothécaire.
- C'est un objectif intéressant. Reste à savoir ce qu'on en fait.
- Il est pas trop mal... J'aimerais bien lui rouler une pelle. Les hommes matures savent comment s'y prendre avec les femmes. C'est sûr qu'il embrasse bien, alors va pour un défi bisou.


Il s’était stoppé net, épaule contre le flanc de l’étagère, là où l’odeur de cramé l’avait inévitablement guidé. Il faillit faire rouler ses orbites en surprenant des bribes de la conversation. Bon sang, ce qu’il ne fallait pas entendre. Ah, ces ados… misérables créatures. Toujours à repousser les limites du retard mental avec un manque d’imagination flagrant et un langage à s’en verser de l’eau de javel pure dans les oreilles. Chauds comme des patates braisées, les mômes. Voilà une jeunesse qui vend du rêve en barre. Mais Octave, ayant plus le goût du drame que de l’irruption intempestive, se contenta de contourner l’angle et de se poster à l’entrée de l’allée, bras croisés, genou replié et épaule appuyée contre une étagère, dans une pure pose de beau gosse. Felix, quelle non surprise… Il avait été suffisamment souple pour que les trois mousquetaires, qui avaient pour seule épée leur vulgarité et un duvet de lait maternel sur la lèvre supérieure en guise de moustache, ne le remarquèrent pas encore. Mais cela n’allait bien entendu pas tarder.

- Je veux glisser ma main sur sa cuisse, juste pour le malaise. Un défi caresse et malaise pour moi.
- Je veux être son fils.
- Attends... tu veux dire... Qu'il soit ton; Sugar Daddy ?
- Ouais, c'est exactement ça. Je vais lui pomper son attention en le tirant par la verge.
- Ooowh, Felix est en colère. Il parle comme sa mère quand il est pas content.


Oh non, quelle bêtise, sa mère n’aurait jamais dit ça. Enfin, pas comme ça. Soudain, l’autre jeune homme croisa son regard, ce qui eut l’agréable effet de faire disparaître le sourire satisfait qui ornait son visage. La fille sursauta même, tentant de remettre de l’ordre dans les plis de sa jupe. Octave passa le bout pointu de sa langue sur sa lèvre supérieure en regardant le groupe avec une attention particulière, leur laissant le temps de se donner une apparence convenable. Mais alors que les deux autres le regardaient avec un semblant de gêne sur le visage, se demandant bien depuis combien de temps il les écoutait, Félix restait à terre, profitant de la jolie vue. Lentement, Octave sortit sa baguette, qui était coincée dans la boucle du bracelet de son poignet gauche et longeait son avant-bras, et la dirigea mollement dans vers Claudia. D’un « Incendio » à peine murmuré, il embrasa la jupe de la jeune fille, qui ne remarqua pas tout de suite que le bas du tissu avait pris feu. Mais la chaleur qui réchauffait sa jambe la fit sursauter avant même que Félix n’ait le temps de la prévenir et elle rabattit ses deux mains sur les flammes, tentant de les éteindre et oubliant sa baguette. D’une voix entendue, Octave commenta :

« Je me disais bien que j’avais senti de la fumée. Qui eut cru que le feu puisse provenir d’un slibard ? Il faut y remédier avant que la bibliothèque ne brûle. »

La baguette toujours tendue, il susurra un « Aguamenti » des plus mielleux. Et bien évidemment, ce ne fut pas un petit filet d’eau qui sortit de la pointe en bois, mais belle et bien une vague. Elle s’écrasa d’abord sur le sol, inondant les étagères les plus basses, avant de se muer en déferlante qui s’enroulait sur elle-même comme un gros tonneau noir et mousseux. En quelques secondes, elle atteignit les élèves, sembla prendre de l’élan, s’éleva davantage et les engloutit, leur faisant perdre pied. Finalement, la vague fut plus impressionnante que forte, et à peine eût elle atteint ses cibles qu’elle se répandit au sol, en une fine flaque d’eau claire qui recouvrit toute l’allée d’un bout à l’autre. Au moins la jupe fut-elle éteinte, n’est-ce pas ? Les livres, ça se séchait, mais ce qui était en cendre ne renaissait pas. Et puis rien ne vaut une leçon bien enseignée. Les semelles dans l’eau, le bibliothécaire écarta la main qui tenait sa baguette de sorte à ce que la pointe de cette dernière frôle le bois des étagères dans un claquement sinistre. D’un pas lent et assuré, il s’avança donc vers les triplés à terre et passablement mouillés. Et comme il n’y avait jamais de dramatisme en trop, il se mit à chantonner d’une voix roque :

« Hey pig,
Yeah you.

Hey pig, piggy, pig, pig, pig
All of my fears came true.
Black and blue and broken bones,
You left me here; I'm all alone.
My little piggy needed something new. »


La chanson était peut-être lente, mais son contexte était parfait. C’était une chanson du groupe Nine inch Nails. La légende voulait que le groupe eût racheté la maison dans laquelle avait été assassinée Sharon Tate par la secte de Charles Manson, alors qu’elle était enceinte de huit mois. Le mot « pig » avait été écrit en lettres de sang sur la porte d’entrée par les assassins après le crime. Et toujours selon la légende, c’est cette inscription qui inspira « Piggy » au leader du groupe, Trent Reznor, qui alla jusqu’à l’enregistrer dans la maison en question. Quoi de plus sinistre ? Bref, lorsqu’Octave atteignit les élèves, il en était à la fin du premier couplet, ce qui tombait bien. Il se tut donc un instant avant de reprendre :

« J’ai le droit de parier sur moi-même ? Défi malaise et gavage. Je parie donc que je suis assez bon en Imperium pour vous obliger à avaler l’énorme pile de parchemins humides que sont maintenant devenus les livres de cette rangée. Vous ne vous souviendrez peut-être pas de l’acte en lui-même, mais je vous jure que le réveil sera… mhhh, comment dire ça… spécial. Sinon, elles vont bien tes mères Lawford ? Ca fait un bon moment que je ne les ai pas vues. Abby a dû être contente de ma disparition. »

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MessageSujet: Re: It's more like... a Sugar Daddy [Septembre 1997] Mer 26 Oct 2016 - 18:53


Qu'est-ce qu'il regardait déjà ? Ah, oui... Lawford était absorbé par une jolie petite culotte fleurie, allant de la pivoine rose à la pivoine blanche. Le tout était imprimé contre un tissu fin et presque transparent qui se terminait dans une dentelle très délicate qui, tout comme les pivoines, suivait une teinte pâle et innocente qui provoquait chez le Serpentard des envies pas très catholique. Cette vue était très rafraichissante, pour ne pas dire exaltante. Les sous-vêtements féminins pouvaient être d'une telle beauté. Plus le blond s'y rinçait l'oeil, plus il était fier de la petite collection qu'il possédait. Il ne ressortait jamais de ses aventures d'un soir sans son trophée. Cependant, il n'avait rien de fleuri dans ses nombreux souvenirs et, même s'il préférait de loin le mélange du noir et du rouge sur Claudia, il avait quand même cette profonde envie de la voir qu'en sous-vêtements, maintenant, tout de suite et Douglas pouvait bien partir s'il n'était pas content. Toujours pris par l'intimité de Cosgrave, il crut un moment halluciner des flammes, comme quoi il avait tellement envie d'elle qu'il réussissait à la faire brûler. Quoi que... Non. C'était de vraies flammes et non pas une hallucination due aux multiples pilules qu'il avait réussi à prendre durant l'été. La jupette de Claudia brûlait, littéralement. Il entrouvrit à peine la bouche pour l'avertir, alors que Douglas se remit à sourire, appréciant le fait que ce soit elle qui s'enflamme, alors que c'était lui qui brûlait des pages de son bouquin plus tôt. Le karma dirons-nous. D'un geste presque mou, le blondinet avait redressé sa main vers la jupe, allant plus en dessous plutôt que vers la base, mais la jeune femme lui mit une claque contre la paume tout en essayant tant bien que mal d'éteindre ce feu qui, d'une certaine façon, l'embellissait aux yeux du Serpentard.

Une rouge et or qui brûle, c'était une image charmante qui avait un certain sens. Cape rouge, flamme... le mixte parfait, n'est-ce pas ? Et alors que le sixième année continuait de se délecter de la culotte, il finit par se poser une question bien bête. Qui avait foutu le feu ? Douglas riait silencieusement, mais son rire n'était pas aussi sadique qu'en habitude. Alors, Felix le savait, Barthélemy n'était pas coupable. Ce fut donc à cet instant qu'il se rendit compte de la présence du bibliothécaire.

D'abord étonné, il se redressa sur ses coudes et fronça les sourcils face à la présence de l'homme. Mr. Holbrey avait fait ça ? Il avait mis le feu à Claudia, lui, le bibliothécaire qui ressemblait à un motard en cette journée. Au fond, ça n'avait peut-être rien d'étonnant. Il n'était pas l'une des personnes la plus responsable qu'il connaissait. Déjà, se pointer chez lui n'importe quand pour que Yun lui prépare des plats, ça pouvait en dire long à son sujet. À le voir si proche, Lawford décida de se reculer un peu tout en ravalant la salive qu'il avait de trop dans sa bouche. La pression était de retour. Il était incapable de prononcer le moindre mot. Face à cet inconnu qui n'en était pas un, il redevenait l'enfant insécure qu'il avait toujours été. Alors qu'en habitude, il aurait sans doute envoyé l'autorité bouser, il se retrouvait maintenant dans la position de l'enfant qui se faisait punir, chose qui attira l'attention de Douglas qui arrêta de sourire en remarquant que Felix était drôlement silencieux tout d'un coup. Le trio resta sur place face au spectacle que pouvait offrir la panique de Claudia. Dans un monde meilleur, Barthélemy aurait déjà éteint le tout, mais il était habité d'une grande flemme à présent. Et de son côté, Lawford ne fit que commencer à retirer sa cape, prêt à lui porter de son aide jusqu'à ce que le bibliothécaire ne prenne parole.

« Je me disais bien que j’avais senti de la fumée. Qui eut cru que le feu puisse provenir d’un slibard ? Il faut y remédier avant que la bibliothèque ne brûle. »

Y remédier avec une vague d'eau, voilà une brillante idée. Douglas se releva bien rapidement, Claudia continua de tapoter sa jupe et Felix resta au sol, sa cape entre ses doits, alors que toute l'eau s'abattit contre eux. Les deux copains du blondinet se retrouvèrent contre le plancher à nouveau, mais se levèrent aussi rapidement qu'ils étaient tombés. Cosgrave était maintenant rouge de colère, Douglas se retenait d'aller tuer Octave en pratiquant les beaux sortilèges qu'il avait appris en matière de la magie noire et Felix glissa simplement sa main entre les mèches de ses cheveux. Il regarda ensuite sa chemise trempée, découvrant par le fait même qu'elle lui collait à la peau, ce qui laissait transparaître son torse. Les cheveux vers l'arrière et en bataille, il se leva à son tour et laissa sa cape tomber au sol, donnant le même effet qu'une guenille mouillée qu'on échappe dans un fond de baignoire. Une partie resta hors de l'eau, à cause de l'air qui s'était incrusté dessous avant qu'elle n'atteindre le plancher. Le regard vide, il inspira doucement et cracha au sol instinctivement, sans prendre en compte que ce geste était malpoli. Il écouta attentivement la chanson de l'adulte par la suite, laissant d'ailleurs un rire s'échapper.

« J’ai le droit de parier sur moi-même ? Défi malaise et gavage. Je parie donc que je suis assez bon en Imperium pour vous obliger à avaler l’énorme pile de parchemins humides que sont maintenant devenus les livres de cette rangée. Vous ne vous souviendrez peut-être pas de l’acte en lui-même, mais je vous jure que le réveil sera… mhhh, comment dire ça… spécial. Sinon, elles vont bien tes mères Lawford ? Ca fait un bon moment que je ne les ai pas vues. Abby a dû être contente de ma disparition. »

Toujours en colère, Claudia fut la première à partir en se foutant bien de ce qu'Octave avait à dire. Elle ne se sentait pas du tout concernée et elle n'avait aucune envie de rester parmi eux. Ensuite, Douglas profita que l'adulte ne lui porte pas d'attention pour sortir sa baguette et se nettoyer en soufflant un simple "Tergeo". Une fois lavé et séché, il lança un regard sombre vers Octave et se calma peu à peu en comprenant qu'il y avait un lien entre lui et Felix, ce qui était une assez bonne raison pour l'empêcher de l'attaquer de la sorte. Le blond lança d'ailleurs un simple coup d'oeil vers lui, lui demandant de partir qu'avec son regard. Il était hors de question qu'il parle de ses mères en présence de Barthélemy. Pour tout dire, ça le gênait. Douglas avait toujours son mot à dire lorsque cela concernait sa vie privée et l'entendre lui rappeler certaines choses ne lui faisait pas envie du tout. Oui, Doug' était un ami, mais il pouvait être blessant. D'ailleurs, le septième année s'approcha de Lawford et alla lui souffler quelques mots à l'oreille avant de foutre le camp. - T'as 24h pour m'expliquer qui est réellement cet homme pour toi. Et au-delà de cela, Felix allait prendre cher. Une brûlure de clope contre son front, peut-être bien, ou se faire harceler, menacer et humilier. Enfin, lorsqu'il fut enfin seul avec le bibliothécaire, Felix sorti sa baguette et essaya de visualiser le dégât d'eau qu'il avait eu chez sa grand-mère du côté d'Abby, histoire de se rappeler ce qu'il pouvait faire pour enlever tout ças. Accordant qu'un regard sincère et désolé face à Octave, il murmura un sortilège de sècheresse. Il acceptait l'autorité de l'adulte, du coup, il n'allait pas le faire chier à le laisser tout ramasser tout seul. Au contraire, il allait s'exécuter lui-même à faire le travail. Alors que sa baguette sembla avaler toute l'eau de la rangée, il s'arrêta et attrapa l'un des bouquins, l'échappant au sol en constatant qu'il était encore imbibé d'eau. Maintenant, il fallait avouer qu'il ne savait pas comment il allait s'y prendre pour les faire sécher, sans que les pages ne collent toutes ensemble. Tout en reprenant le livre, telle une maman voulant sauver le conte préféré de son enfant maladroit qui aurait échappé son verre d'eau, il ouvrit page par page, les séchant une par une en reprenant place contre le sol. Y allant très rapidement, il s'arrangea surtout à ce que les pages se séparent.  

- Abby est très contente, en effet. Du côté de Yun, je doute qu'elle aie retrouvé en cette disparition un bien-être, si ce n'est que d'avoir la paix à présent. Mais sachez que vous n'êtes pas pour elles un mauvais souvenir et je crois sincèrement que vous seriez toujours le bienvenu à la maison, même si Abby aurait malheureusement tendance à vouloir que vous disparaissiez de sa vie... et de la mienne aussi. Il ne vous suffirait que de les avertir avant de vous pointer. dit-il calmement, sur le même ton, comme s'il parlait avec une Yun en colère. Opérant ensuite le séchage avec un autre bouquin, il commença à répéter les paroles de la chanson de plus tôt. Une phrase en particulier n'arrivait plus à quitter son esprit.

- You left me here; I'm all alone... Maintenant, je sais qu'on écoute la même citrouille. souffla-t-il en souriant tout en gigotant d'un côté vers l'autre. Il connaissait cette chanson que par le billet de Barthélemy. En bref, il n'avait aucune idée de l'histoire qui s'y cachait derrière, mais c'était qu'il avait adoré l'écouter en fumant dans le Westfalia. Ça et Alive de Pearl Jam. D'ailleurs, il se laissa aller dans cette chanson qui lui revenait peu à peu en tête. Tout en ouvrant quelques livres, il chantonna à son tour;

- Son she said
Have I got a little story for you
What you thought was your daddy
Was nothin' but a fool
.


Puis il releva la tête vers Octave en pinçant les lèvres d'un air pensif. - Vous savez quoi Mr. Holbrey, concernant ce que vous avez dit plus tôt, je suis sûr que je pourrais me bouffer trois de ces bouquins sans problème. Reste à savoir, pourquoi n'aviez-vous pas utilisé le sortilège de l'impérium tout de suite au lieu d'en faire qu'une simple menace ? Il déchira l'une des pages humides du livre contre ses genoux, l'apportant à sa bouche pour en prendre une bouchée. Après avoir mâchouillé, il avala le morceau et fixa ensuite la page entre ses doigts. - Je parie trois cigarettes que c'est parce que vous vous êtes parié un truc que vous ne pouvez même pas faire et... Et c'est plutôt excitant en fait. avoua-t-il en reprenant une autre bouchée du papier. Si Octave arrivait à se promener avec cette allure dans le château et qu'en plus, il foutait des jupes en feu, alors il n'aurait rien de surprenant à ce qu'il ait des cigarettes, voire même de l'alcool et le blond voyait en lui un sac ouvert, une possibilité d'accession à toutes les choses sur laquelle il ne pouvait pas mettre la main en ce moment. Octave avait tout ce que le blond désirait, allant des clopes à un semblant de figure paternelle. Il attrapa deux autres livres pour les faire sécher, remarquant d'ailleurs, en voyant ses bras, qu'il avait la chair de poule à cause de sa chemise trempée.

- Alors oui, vous avez le droit de parier sur vous-même, ce qui vous laisse donc une semaine pour faire bouffer ces livres à Douglas et Cosgrave.

_________________

I tried, I lied, I died
I tried Parce que tu m'as toujours dit que l'important, c'était d'essayer... non ?
I lied Il faut éviter de poser des questions, si on ne veut pas entendre de mensonges. Tu le sais bien.
I died Ne m'en veut pas, mais c'est ce qu'il y a de plus facile à faire. Après tout, si tu regardes autour de toi, tu verras que tout le monde y arrive.



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MessageSujet: Re: It's more like... a Sugar Daddy [Septembre 1997] Sam 29 Oct 2016 - 2:39

Lawford, Lawford… Il se souvenait de lui alors que ce dernier n’avait qu’un duvet sur le caillou en guise de chevelure et une couche pour seul pantalon. Mais Abby, l’une de ses mères, avait coupé court à toute interaction bien avant que l’idée même de prendre ce bambin dans les bras ne passe par l’esprit du jeune-et encore relativement imberbe- Octave. Il s’en était contenté gracieusement, n’ayant jamais véritablement aimé les enfants de toute manière. Quoi qu’une fois Félix, tétine dans sa bouche aux petites dents blanches, tout souriant, était venu lui tirer la manche alors qu’il buvait un café, comme d’habitude trop serré, à la table du salon. Le bambin l’avait regardé en souriant, gazouillant quelques paroles indiscernables sous le regard interdit d’un Octave lui-même à peine sorti de l’adolescence. Abby s’était alors saisi de son enfant avec rage, l’emmenant loin de l’invité, le regardant avec méchanceté, comme si c’était sa faute si Felix s’était approché de lui. Mère poule dès le début malgré sa sévérité apparente. Au fur et à mesure de ses visites plus ou moins régulières, il avait aperçu cet enfant grandir et se développer. C’était presque surréaliste tant il l’entrevoyait toujours par hasard, au détour d’une porte, à travers une fente, invariablement de loin, sans jamais lui adresser la parole. C’était comme observer une vie à travers une serrure. Mais il l’avait suffisamment observé interagir avec ses mères pour savoir ce qu’il était devenu et quel type d’homme il se prédestinait présentement à être. Quoi que, l’adolescence est une chose si versatile où l’on passe de l’émo au BCBG aussi facilement qu’on tourne la page d’un livre.

Lorsqu’il s’était retrouvé à Poudlard en tant que bibliothécaire, il n’avait eu aucune pensée pour cet élève qu’il allait probablement croiser et qui était véritablement le seul lien tangible avec sa vie d’avant. A dire vrai, il l’avait abandonné dans un coin de sa mémoire, se laissant surprendre lorsqu’il aperçut son visage et sa chevelure blonde le premier Septembre, lors du banquet d’accueil. Lawford, Lawford… Il se revit soudain, de nouveau vingt-quatre ans, toquer à la porte de la maison des deux lesbiennes à deux heures du matin. Yun lui avait ouvert la porte, les yeux bouffis par un sommeil profond soudain interrompu, alors que des pleurs d’enfants se faisaient entendre au premier étage. Elle n’avait bizarrement jamais été contre le fait qu’il vienne à n’importe quelle heure de la nuit ou du jour, pestant toujours comme un chat mal nourri, mais ne lui disant jamais de ne plus le refaire. Cette rencontre à la bibliothèque était sa première véritable interaction avec le jeune homme, qu’il avait pourtant abordé comme s’ils échangeaient une conversation épistolaire depuis des années. Rapport que l’adolescent lui rendit bien.

Claudia, probablement morte de honte, la colère colorant étrangement son visage métis de plaques rougeâtres, lança au bibliothécaire quelques regards assassins en biais, ne récoltant qu’un sourire satisfait en retour. Octave savait qu’elle ne pouvait rien contre lui, même si elle tentait de l’attaquer. Elle aussi, raison pour laquelle elle se contenta de le torturer mentalement. Il y avait une véritable satisfaction cruelle à provoquer des envies de meurtre irréalisables chez quelqu’un, puis le voir se tortiller intérieurement d’une cuisante impuissance. Ca lui en filait des frissons de voir ces deux adolescents se décomposer intérieurement d’une haine ineffable. Seul Felix semblait accepter fatalement son destin comme un samurai sur le point de se faire un seppuku. Quoi que, il finit par cracher au sol ce qui fit plisser les yeux du bibliothécaire dans une moue de dégoût. Manquait plus qu’une clope derrière l’oreille et un survêtement Adidas. Non, pardon, c’était une jeunesse dorée et privilégiée par rapport au reste du monde. Poudlard, c’était un peu le Yale britannique en termes de fréquentation bourgeoise non ? Pas de survêtements, mais des chemises blanches et des cravates avec des poches pleines de stupéfiants, le mot « fuck » au bout des lèvres à la moindre occasion.

La jeune fille fut la première à dégager, et Octave ne s’y opposa pas, elle avait pour le moment suffisamment récolté ce qu’elle avait en partie semé. Elle était donc libre jusqu’à nouvel ordre. Cela aurait été le cas du jeune homme également, si seulement Octave ne l’avait pas vu grassement se gausser à la vue de la jupe prenant feu. Pas très chevaleresque tout cela. Le grand dadais à la bouche aussi grande que le trou béant qu’il devait avoir dans le crâne se rapprocha d’ailleurs de Lawford avant de suivre le chemin de la jupe brûlée. Son désir de discuter avec Félix surpassant celui de perdre du temps à crucifier un adolescent, Octave se laissa contourner par l’adolescent, ne manquant pas toutefois de lancer par-dessus son épaule d’une voix chantante :

« La prochaine fois que je te revois ici pour autre chose que tes études, tu ramasseras des dents avec tes doigts cassés. »

Il se retourna vers cette pauvre asperge blonde, mouillée comme un chat tombé dans une piscine. Ce dernier ne semblait pas avoir la défiance provocante de ses deux amis et Octave se radoucit sensiblement, croisant néanmoins ses bras sur son poitrail. L’adolescent finit par lui décocher un regard désolé, oh miracle ! Alors quoi, il était le looser du groupe ou quoi ? Elle était passée où la hardiesse dont il avait si merveilleusement fait preuve en profitant d’une vue en contre-plongée des attributs féminins de sa copine ? Elle avait dû remonter dans son gosier, tout comme ses noisettes étaient remontés à l’intérieur de son ventre pour redevenir les ovaires qu’elles étaient. Mais le plus surprenant fut de le voir essayer de réparer les dégâts que le bibliothécaire avait lui-même causés. Minutieux, il eut la brillante idée de séparer les pages pour ne pas qu’elles collent. Octave n’en attendait pas autant, franchement. Amusé, il regardait l’élève faire, se saisissant précautionneusement des bouquins, tournant chaque page avec une délicatesse qui lui faisait honneur.

- Abby est très contente, en effet. Du côté de Yun, je doute qu'elle aie retrouvé en cette disparition un bien-être, si ce n'est que d'avoir la paix à présent. Mais sachez que vous n'êtes pas pour elles un mauvais souvenir et je crois sincèrement que vous seriez toujours le bienvenu à la maison, même si Abby aurait malheureusement tendance à vouloir que vous disparaissiez de sa vie... et de la mienne aussi. Il ne vous suffirait que de les avertir avant de vous pointer.

Tiens donc, Octave en sentit ses sourcils glisser vers la lisière de ses cheveux. Il ne lui disait pas d’aller se faire mettre ? Que ce n’était pas ses affaires ? C’était quoi cette adolescence qui ne se rebellait pas ? Ah, les mystères de ce monde, décidemment. En attendant, Felix apprécia ses goûts musicaux avant de chantonner les siens tout en continuant son travail sous le regard d’un bibliothécaire franchement intrigué. Les deux lesbiennes l’avaient-elles finalement bien éduqué, malgré tout ? Malgré leurs caractères bien singuliers ? Ses sourcils reprirent leur place dès que Lawford lui débita son gazouillis avant de déchirer une page et de se l’enfoncer dans le crustacé qu’était sa bouche. Pire, il finit par soulever un unique sourcil interrogateur, l’accompagnant d’une moue dubitative. Sans déconner ? Vraiment ?

- Je parie trois cigarettes que c'est parce que vous vous êtes parié un truc que vous ne pouvez même pas faire et... Et c'est plutôt excitant en fait.

Il cligna des yeux à trois reprises, lentement, en plissant légèrement les yeux cette fois dans une expression de parfaite méfiance. Pauvre estomac quoi. Il n’aurait pas aimé être l’estomac d’un gars qui avale du papier avec autant de facilité et sans protester. Et puis, excitant ? L’impuissance apparente l’excitait ?

« Sérieux Lawford, c’est moche le retard mental. Déjà que tout à l’heure t’as bavé par terre et maintenant ça ? Comment t’as réussi à rentrer à Poudlard ? Elle est passée sous quelle table ta mère pour qu’on t’accepté malgré ton QI de pissenlit ? Et tu voudrais que je fasse des paris avec un gamin qui bouffe volontairement les pages d’un bouquin ? »

Octave laissa ses yeux rouler jusqu’à être à deux doigts d’apercevoir son propre cerveau avant de soupirer lourdement. D’un coup de baguette magique large, comme si cette dernière était une batte de Baseball et qu’il frappait une balle imagine avec, le bibliothécaire assécha les livres de toute l’allée, y compris celui que Felix avait entre les mains. Un sortilège de potionniste aguerri qu’on lui avait appris lors d’un obscur voyage dans les locaux du CERN et qui faisait disparaître le liquide en faisant le vide (sort déjà décrit dans ma réponse pour Shawn). Raison pour laquelle son geste fut accompagné d’un sifflement, comme si quelqu’un aspirait l’air par un tout petit trou.

« Alors que je n’ai plus vraiment d’espoir pour toi, j’ai encore un fond d’optimiste pour les autres et je crois franchement que tout le monde peut assumer de soi-même son comportement désobligeant et se rétracter sans avoir besoin d’un imperium pour ça. Et tu vois, ça a marché, ils sont partis, alors que toi t’es resté là à manger de la pelure de bois comme un élan des steppes en plein milieu de l’hiver. Avec un peu de chances, la prochaine fois tes amis seront sages. Mais si ce n’est pas le cas, effectivement, je ne me fatiguerais pas à menacer qui que ce soit. »

Et avec un peu de chances, Felix irait leur répéter ses paroles, qu’ils prendraient tous joyeusement comme un défi et viendraient encore mettre le bordel dans sa bibliothécaire. Alors Octave pourrait vraiment se lâcher, release the Kraken, comme qui dirait. Rangeant sa baguette de là où il l’avait sortie, il jaugea Felix de son regard de jade, semblant apprécier l’allure de ce jeune homme qu’il avait jadis vu grandir. Qu’est-ce qu’il avait changé, poussant aussi vite de la mauvaise herbe. A croire que c’était partiellement vrai ce qu’on disait sur les blonds… Octave eut un rictus étrange, résigné à ne jamais retrouver les pages arrachées et mangées du livre que Felix tenait jalousement entre les mains comme si c’était la seule chose qu’il eut mangé depuis des semaines. Le blond semblait tenter de l’intéresser par des moyens détournés, et le bibliothécaire était bien curieux de savoir pourquoi. Des clopes ? Ah, ces envies triviales et archaïques d’enfants pour qui le seul bonheur était de se prendre pour Kurt Cobain en tirant une taffe et en écoutant de la musique triste. Fallait-il vraiment s’abaisser à satisfaire ce genre de caprices ? « Bibliothécaire de trente-trois ans, contrebandier de clopes pour mineurs dans une école de sorciers », ça ne sonnait pas très convaincant comme titre de journal, non ? En revanche, « Bibliothécaire de Poudlard refait les expériences nazies sur les élèves de l’école dans laquelle il travaille » beaucoup plus. Quoi que dans le premier cas de figure, il risquait un peu moins la prison que dans le second. C’est pourtant ce qui risquait d’arriver si ces chers bambins continuaient à déchirer, manger et brûler les livres de sa bibliothèque. Une petite injection intraveineuse de phénol ? Brûlure au phosphore ? Avec des idées pareilles, Octave se demandait s’il n’avait pas un ancêtre de la Luftwaffe quelque part dans son arbre généalogique. Avec tous ces points Godwin qui lui venaient en tête…

« Te voir te nourrir de livres ne m’intéresse pas si c’est volontaire. Et puis, trois cigarettes… t’es sérieux ? T’as quel âge ? Ah oui, pardon, pas assez pour quelque chose de plus sérieux, c’est ça ? En attendant, il faudrait que tu parviennes à trouver un pari qui puisse vraiment m’intéresser. Allons, voyons de qui tu tiens ton imagination, de Yun ou de Abby ? Surprends-moi. »

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MessageSujet: Re: It's more like... a Sugar Daddy [Septembre 1997] Jeu 3 Nov 2016 - 0:16


« La prochaine fois que je te revois ici pour autre chose que tes études, tu ramasseras des dents avec tes doigts cassés. » Fuck... Ces paroles si douces et harmonieuses firent rapidement naître un sourire aux coins des lèvres du blondinet qui, tout en détournant son attention, évita le dernier regard du septième année qui alla rejoindre la jupe brûlée hors de la bibliothèque. C'était qu'il avait de quoi dans le ventre ce bibliothécaire pour menacer Douglas aussi facilement. La tension, il n'y avait rien de mieux pour créer des conflits. Il ne suffisait que d'un regard mal placé pour trouver les emmerdes entre les couloirs de Poudlard, chose que Felix avait eu le temps d'apprendre que par les rumeurs qui circulaient. Ses lèvres s'étaient figées pour former ce même sourire qui se faisait presque difforme tant il était crispé par un bonheur qu'il se retenait, histoire d'éviter de se faire tuer plus tard. Rien ne pouvait décrire la joie qui lui réchauffait le ventre à présent, mais tout pouvait se lire sur son visage. Il avait eu pour habitude de se faire intimider par Barthélemy, oubliant alors que celui-ci était un adolescent comme tous les autres et que, de ce fait, les adultes et le personnel du château pouvaient lui faire autorité. Eh oui, Doug' pouvait se faire remettre à sa place et Felix avait rêvé de ce moment. Enfin, le Serpentard s'était sagement mis au travail après cela, opérant à faire disparaître l'eau au sol avant de s'attaquer aux livres. Il n'était pas d'humeur à se rebeller, pour ne pas dire qu'en fait, il se soumettait littéralement face à Octave. Cependant, il ne fallait pas croire que l'adulte avait le moindre pouvoir sur Lawford. À la moindre occasion, Felix aurait pu l'envoyer bouser, mais il voyait chez lui un moyen de combler certains de ses besoins d'adolescent mal entouré. D'ailleurs, il répondit aux interrogations de l'homme avec simplicité, allant de Yun à Abby sans vraiment se soucier du fait qu'il parlait pour elles. Il n'avait guère l'impression que Yun était mécontente ou au contraire, heureuse de la disparition si soudaine du bibliothécaire. Pour ce qui était d'Abby, ce qui était sûr, c'était qu'elle s'en était réjouie, mais le revoir ne pouvait pas lui faire de mal.

Après avoir passé par ce sujet si complexe que pouvait être ses mères, le blond s'attaqua à l'impuissance de l'adulte. Il était facile de prononcer des menaces, mais lorsqu'il était temps de les exécuter, le résultat pouvait être décevant. Le jeune homme continuait de sécher les bouquins, perdant peu à peu son sourire en constatant que oui, Octave était décevant. Il était impuissant face à ses propres paroles, des menaces qu'il prononçait avec tant d'amour et de beauté, mais qui finissaient sans jamais prendre vie. Sans jamais prendre vie ? Il était hors de question pour l'asperge de laisser une menace mourir dans l'oubli que parce que l'adulte était incapable de la mettre à terme. Holbrey voulait qu'il bouffe des livres, non ? Alors il en bouffe. Mais encore une fois, l'adulte ne put que décevoir Felix en lui offrant cette même bouille qu'un gamin à qui on parle d'amour et de baisers. De la méfiance ? Lui, il se méfiait alors que plus tôt, il avait foutu une jupe en feu ? Tu ne réalises pas tes menaces et en plus, t'es même pas capable de voir tes mots se réaliser. Je t'ai surestimé mon grand. Et pourtant, il ne pouvait pas s'empêcher de trouver cela excitant. Et non pas dans le sens sexuel, mais plutôt dans la hâte d'en savoir davantage sur ce comportement qu'était celui de ce bibliothécaire qu'il avait toujours voulu connaître autrefois.

« Sérieux Lawford, c’est moche le retard mental. Déjà que tout à l’heure t’as bavé par terre et maintenant ça ? Comment t’as réussi à rentrer à Poudlard ? Elle est passée sous quelle table ta mère pour qu’on t’accepté malgré ton QI de pissenlit ? Et tu voudrais que je fasse des paris avec un gamin qui bouffe volontairement les pages d’un bouquin ? »

Felix regarda autour de lui un instant, cherchant à voir s'ils étaient bien seuls. Il n'avait pas envie que d'autres élèves puissent entendre cette conversation, surtout qu'à présent, l'adulte semblait bien décidé à le rabaisser. C'est quoi ça ? Pourquoi Octave lui disait toutes ces conneries ? Tous les autres adultes que le blond pouvait connaître s'auraient bien foutu de lui et ils n'auraient pas cherché à le raisonner sur le fait qu'il venait d'avaler un morceau de papier. Pour ce qui était du bibliothécaire, il semblait prendre à coeur la situation. Cette petite attention était assez spéciale, donnant le même effet qu'une caresse, alors que le sorcier avait pour habitude de se prendre des baffes ou de se faire crier après lorsqu'il faisait ce genre de bêtises. Sinon, les gens se moquaient de lui ou l'ignoraient. Il n'y avait jamais eu de remise en question. Le regard paisible et le dos bien droit, il continua son travail sur les nombreux bouquins, en gardant pour principe que les pages ne devaient pas se coller entre elles. Enfin, il continua ainsi jusqu'à ce que le bibliothécaire se charge passionnellement du tout, à l'aide d'un simple sortilège. Ce qui était sûr, c'était que la technique d'Octave était plus efficace que la sienne. La tête basse, le blond referma le livre qu'il tenait entre sa main droite, un livre maintenant sec et imberbe, si ce n'était que de la page manquante qui se noyait dans son estomac.

« Alors que je n’ai plus vraiment d’espoir pour toi, j’ai encore un fond d’optimiste pour les autres et je crois franchement que tout le monde peut assumer de soi-même son comportement désobligeant et se rétracter sans avoir besoin d’un imperium pour ça. Et tu vois, ça a marché, ils sont partis, alors que toi t’es resté là à manger de la pelure de bois comme un élan des steppes en plein milieu de l’hiver. Avec un peu de chances, la prochaine fois tes amis seront sages. Mais si ce n’est pas le cas, effectivement, je ne me fatiguerais pas à menacer qui que ce soit. »

Alors là, c'était trop. Felix se mit à rire franchement, finissant par se calmer qu'une minute plus tard. Une main contre le ventre, il lança un regard amusé vers l'adulte. Il croisa ensuite les bras à son tour et attendit la suite des choses. Le menace n'ayant pas été exécutée plus tôt, il était tout simplement impossible pour lui de le prendre au sérieux à présent.

« Te voir te nourrir de livres ne m’intéresse pas si c’est volontaire. Et puis, trois cigarettes… t’es sérieux ? T’as quel âge ? Ah oui, pardon, pas assez pour quelque chose de plus sérieux, c’est ça ? En attendant, il faudrait que tu parviennes à trouver un pari qui puisse vraiment m’intéresser. Allons, voyons de qui tu tiens ton imagination, de Yun ou de Abby ? Surprends-moi. »

- P'tain, voilà ce qui est curieux. En utilisant l'impérium, vous auriez eu le droit à la même image, mais simplement parce que vous n'avez pas eu besoin de me contrôler pour que je bouffe la page, vous en venez à parler de mon QI et vous oubliez qu'à la base, cette idée ne vient pas de moi, mais bien de vous. Il haussa un sourcil, cherchant à comprendre la profondeur de ce raisonnement. - Et après, vous voudriez que je fasse des paris avec un adulte qui grimace telle une pucelle qui avale pour la toute première fois. Faut pas prendre le membre en bouche quand on n'est pas capable de finir le boulot complètement. Et vous voyez, les positions sont différentes, parce que là, c'est moi qui suce. Il se leva et rangea le livre qu'il avait en main, le foutant là où il l'avait trouvé. - Puis, comme je ne fais pas les choses à moitié, bah j'avale. Mais vous, vous êtes trop lâche pour en prendre les responsabilités. Vous avez même du mal à me voir faire, alors que vous êtes celui qui m'a invité à vous... sucer.

Tout en faisant semblant de réfléchir, Felix releva une main dans les airs et claqua des doigts avant de pointer Octave de son index. - Pour faire de bons paris, faut avoir un intérêt commun, mais j'ai bien peur que la pucelle en toi soit trop fragile pour accomplir quoi que ce soit. Moi je peux te surprendre, toi tu ne peux que me décevoir. Alors je parie que je peux accomplir n'importe quels de tes défis. Lance-moi n'importe quoi, un défi que tu pourras me voir réaliser, sans avoir à fermer les yeux. Si je réussis, tu me devras le A.S.A, soit; Alcool, Sex et Argent, mais dans ton cas, on va changer ça pour... Attention, Service et Argent. J'ai une semaine pour accomplir ton défi. Je récapitule; si je réussis, tu deviens mon Sugar Daddy pour une journée, soit; 24 heures. On est d'accord ?

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MessageSujet: Re: It's more like... a Sugar Daddy [Septembre 1997] Jeu 3 Nov 2016 - 17:49

De la déception, du rire, de la joie, de la provocation, des bras croisés… Lawford s’attendait manifestement à ce que l’adulte rentre dans le jeu dont il avait subtilement instauré les règles, le mettant au défi et retournant ses propres paroles contre lui. Octave aurait pu s’énerver, s’exciter à son tour, essayer de se justifier, de prouver quelque chose. Qu’il ne faisait pas que parler, qu’il savait tenir ses promesses, exécuter ses menaces, parce qu’il n’était pas un lâche, que Lawford pouvait avoir confiance en lui parce qu’il était un homme d’honneur. Mais, attendez, ah, rappelez-moi un truc… c’était quoi déjà ? Il n’arrivait pas à se le rappeler. Zut, c’était quoi encore… c’était quoi… Octave ne parvenait pas à s’en souvenir. Ah si, ca lui revenait : il n’en avait rien à foutre. Ou si peu. Et la réplique de l’adolescent ne fit que balayer le peu d’intérêt qu’il prêtait à cette conversation ou à l’intention qu’il n’avait jamais eu de prouver que ce que Felix disait était faux. Comme tout individu cherchant à avoir raison, ou simplement essayant de répondre quelque chose pour retourner les rôles, il passa par un sombre raccourci de bas étage qui aurait pu indigner Octave si seulement il ne s’y était pas préparé suffisamment pour voir que c’était bancal. Et que peut-on répondre aux raisonnements bancals ? Eh bien rien. Il n’y a rien à y répondre, juste à observer comment il s’effondre sous le poids de sa propre incohérence. Enfin, à tous les coups, au vu de la fierté avec laquelle Felix avait dit tout cela, il n’y avait pas à douter qu’il ne se rendait pas compte des impasses de sa réflexion, ou bien n’essayait-il pas de les relever pour ne surtout pas se rendre compte par lui-même que ce qu’il disait était non seulement vulgaire, mais également stupide. Encore un pour qui l’orgueil avait plus de poids que la justesse. Quoi que, n’étais-ce pas à cet âge où la jeunesse était persuadée de détenir toutes les vérités ?

Octave n’allait certainement pas se fatiguer à lui expliquer en quoi se gaver de papier volontairement ou sous la domination d’un sortilège de contrôle était différent. Rhah, non, décidément, sa première phrase n’avait aucune continuité, et la seule présence de mots de liaisons ne la rendait pas plus logique. Ca en donnait l’illusion, mais rien de plus. La magie du syllogisme, très primaire dans ce cas-là. Alors forcément, s’il détournait les paroles du bibliothécaire de cette manière, en les décomposant en bribes qu’il remettait comme bon lui semblait, Lawford pouvait essayer de les percer autant qu’il le voulait que ça ne gagnerait pas en raison. Qu’il était pratique de cuisiner les propos à sa manière pour prouver leur stupidité. Et l’avantage c’est que ça poussait l’autre partie à se justifier, essayer d’expliquer que ce n’est pas comme ça que ça marche, ni que c’est ce qu’il avait voulu dire. Mais non, peu importait à Octave ce que l’adolescent préférait s’imaginer, s’il était incapable de citer des propos tenus sans les dénaturer de sorte à ce qu’elles conviennent à son argumentaire, c’était perdu d’avance. S’il fallait tout lui expliquer… Non, décidément, prendre chaque groupe de mot un par un pour les expliquer dans toute leur modicité, c’était une perte de temps. Principalement parce que à tous les coups Felix serait encore capable de les dénaturer où s’en servir pour mieux se défendre en faisant appel à ce spectaculaire vice de raisonnement dont il semblait être capable. Voilà ce que l’on récoltait quand on tentait de se mettre au niveau des adolescents au lieu de les tirer vers le sien : ils se faisaient encore plus stupides qu’ils ne l’étaient déjà. Après tout, ne disait-on pas qu’argumenter avec des attardés, c’est comme jouer aux échecs contre un pigeon ? Peu importe votre niveau, le pigeon va juste renverser toutes les pièces, chier sur le plateau et se pavaner fièrement comme s’il avait gagné.

Et le voilà qui devenait vulgaire maintenant. Bon sang, plus il parlait, plus il creusait vers le bas de l’intégrité sociale. Pauvre Octave, il avait voulu faire dans l’humour, un peu d’imagé et de figuré pour détendre l’atmosphère, au lieu de cela il se retrouvait avec une langue pourrie et un cerveau mort. Non, parce que quand on s’attaquait aux attributs masculins, c’était fini ; l’achèvement de l’ère intellectuelle pour passer dans celle du primitif. D’un instant à l’autre, le bibliothécaire s’attendait à voir Lawford déchirer sa chemise, grimper en haut des étagères et frapper son poitrail imberbe et plat en hululant avant de pisser pour démarquer son territoire. Avec un peu de chances, il se jetterait dans le vide après, la tête la première. Malheureusement les étagères de la bibliothèque n’étaient pas assez hautes pour se tuer, mais néanmoins suffisamment pour rentrer dans un coma végétatif.

- Et vous voyez, les positions sont différentes, parce que là, c'est moi qui suce.

Ouais, ouais, il suçait. Suçait l’air précieux de cette planète pour le transformer, par l’ingénieuse vibration de ses cordes vocales, en inepties. Quel gâchis. A chacune de ses paroles, une plante devait se suicider, ne désirant plus produire de l’oxygène pour qu’il soit utilisé de cette manière. Et on était repartis pour un tour, disant maintenant clairement qu’Octave était lâche, incapable « d’avaler ». Blah, blah, blah. Pitié, cesses donc de t’enfoncer de la sorte ! Ca en devient gênant, franchement… L’adulte faillit détourner les yeux. Soudain il comprenait Œdipe qui s’était volontairement crevé les yeux pour ne pas voir les horreurs de ce monde. Ah, mais Octave ne doutait pas que Lawford ait de l’expérience dans ce domaine. Mais bon, à force d’avaler autant de conneries, rien d’étonnent à ce qu’elles finissent dans sa tête. Et plus ce dernier parlait, plus Octave ne pouvait retenir la lassitude qui ne demandait qu’à prendre les reines de son visage. Dans quoi c’était-il embarqué bon sang ? Un tourbillon de métaphores sexuelles, couplées à des sophismes les uns plus foireux que les autres. Si seulement les métaphores fussent-elles réussies, il aurait peut-être pu apprécier la forme du propos, à défaut de pouvoir concéder à son contenu. Mais même ça, il n’y avait pas le droit, se faisant emporter par cette marée d’immonde vulgarité, dotée de la même poésie qu’une adolescente bourrée en train de déposer une pêche derrière une Twingo. Un soupir, c’est tout ce qui lui était finalement venu alors qu’il hallucinait un peu plus à chaque seconde. Un claquement de doigts raisonna et Octave cligna de ses longs cils mêlés. Encore, il écouta le jeune parler. Tout ça pour quoi au final ? Pour que non seulement il ne réponde pas à sa requête, ne le surprenne pas et en plus le déçoive. Il avait fait l’erreur de lui proposer à définir lui-même le cadre du pari. Il aurait dû le faire tout de suite, sans chercher à le remettre par outrecuidance infantile à sa place. Sans essayer de faire le malin. Octave aurait peut-être vaguement réfléchi à un défi, mais là…

« D’accord… Je te mets au défi, sans magie bien évidemment, de te mettre la tête dans le c*l. Ou de te lécher le coude. Non, attends, la paix. Que j’ai la paix. Que tu me foutes la paix. Et la paix dans le monde aussi. Et le calme. Je ne fermerai pas les yeux, promis. Et dans ce cas-là, je suis prêt à même te refiler la première version du A.S.A. De l’alcool pour développer ta cirrhose, du sexe pour te refiler la syphilis, et de l’argent pour que tu puisses acheter la drogue qui va ravager les vestiges de ce qui te tient office de cerveau. Au final, les trois points de ta récompense amèneront vers un même résultat : ta mort cérébrale. Tu ne veux pas qu’on commence par exécuter le A.S.A. ? Comme ça tu pourras réaliser mon défi post-mortem. »

Oscar Wilde disait qu’on mesurait l’importance d’un homme à la qualité de ses opposants. Ou quelque chose de ce goût-là. Tout cela pour amener l’idée qu’Octave n’avait pas l’intention de s’amaroucher d’un nuisible pareil. Ou pire, s’allier à ce Ciliophora préhistorique. Octave n’était jamais contre les insultes bien placées, celles qui étaient dites pour accompagner un propos et non pour constituer un argumentaire en soi. Mais au final, il attendait surtout à ce que son interlocuteur sache relever le niveau, même si le bibliothécaire était là pour primitivement la pousser vers le bas. Felix n’avait pas su faire preuve de ce genre de magnanimité. Il avait bêtement emboîté le pas en essayant de le battre sur le terrain offert, à coup d’insinuations gênantes et de trivialités désobligeantes. Il aurait pu ne pas se laisser aller, mais avait préféré faire pire. A qui la plus grosse kekette. A qui l’égo le plus blessé. A qui le mot le plus tranchant et le plus choquant. A qui parviendrait le mieux à enfoncer l’autre. Octave démêla ses bras et enfouit ses mains dans ses poches. S’en suivit un vague haussement d’épaules qui ne voulait pas dire grand-chose. A part peut-être une lointaine illustration du dépit qu’il ressentait à voir un énième élève aussi mal élevé, incapable d’allier correctement l’intelligence avec une répartie acide. Au lieu de cela, il faisait dans le profondément quelconque. D’autant qu’il connaissait le pauvre bougre et ses mères, croyant à peine possible que Yun ait élevé un fils pareil. Il lui arrivait d’être joliment vulgaire, mais rarement aussi inculte et populaire que Felix. Elle avait toujours su lui tenir tête avec dignité. Peut-être qu’un jour son fils évoluerait vers cette assurance que sa mère avait en elle. Mais pour le moment, il tenait plus d’un père invisible qu’on pouvait imaginer débauché et insignifiant au vu du comportement de sa progéniture. Lentement, Octave se poussa, dégageant la voie, la tête légèrement penchée dans une réflexion si peu profonde.

« Tires toi Lawford. Tu n’es pas sérieux. Je dirais que j'ai perdu assez de temps et que j'ai autre chose à faire de plus intéressant que de parler à une personne dont le niveau d'instruction et la longueur des réflexions peuvent servir d'arguments à deux théories, celle de l'infiniment petit et celle du vide. »

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MessageSujet: Re: It's more like... a Sugar Daddy [Septembre 1997] Jeu 1 Déc 2016 - 4:05

Felix gardait toute son attention sur l'adulte puis, en finale, à force de regarder Octave faire tout un scénario bien chiant, il se permit alors un instant de "je-m'en-foutisme" où il put revoir la culotte de Claudia et s'imaginer des trucs pas très nettes. Le bibliothécaire l'avait d'abord jugé, sans gêne et avec autant d'affection qu'un crocodile face à un zèbre égaré. Ensuite, il avait essayé de l'écraser dans un trou et ainsi finir son périple en lui foutant sur le dos sa vision des choses en ce qui concernait son comportement. Et, après que le retard mental ait été proclamé, Octave voulait être surpris par l'imagination du blond. Il fut même assez stupide pour énoncer les mères de Lawford, comme quoi il avait beau avoir disparu pendant plus d'un an, ça ne l'empêchait pas de parler d'elles comme s'il les avait vues la veille. Enfin, si Felix aurait eu son imagination de la part d'Abby, il aurait sans doute déjà tué deux personnes. Pour ce qui était de Yun, disons qu'en plus de deux morts, le cannibalisme aurait trouvé sa place. Mais n'allez pas croire qu'il aurait lui-même bouffé les cadavres. Non, les corps auraient été cachés dans un potage ou un pâté qui serait offert aux familles des victimes. Yun pouvait avoir de drôles d'idée parfois. Bref... Choses dîtes, le blondinet partagea, à son tour, ses idées, mais il n'avait pas l'air content le petit Octave face aux efforts que le blond faisait. Cependant, tous les adultes qui rencontraient Felix possédaient cet agréable soupçon d'ennui qui se résumait, de manière générale, par des soupirs désespérés, clignement des yeux trop répétitif, des haussements de sourcils, des haussements d'épaules, une tête en l'air, yeux qui revirent vers l'arrière, paume contre le front et, comme toujours ; une touche de maturité tant mal élancée qu'elle en devenait chiante avant même que son propriétaire en fasse démonstration. Ouais, Holbrey était chiant. Felix regrettait presque de l'avoir rencontré et il ne put s'empêcher de le comparer à une flaque de vomi.

En effet, Octave était ce vomi qui suivait après ce que Felix surnommait comme étant; un trip de bouffe. Lorsqu'il fumait toute la nuit et qu'il était bientôt 6h du matin, il ne s'étonnait jamais d'avoir faim, au point de pouvoir bouffer un ours tout seul. D'ailleurs, les fast-foods du quartier, qui étaient ouverts 24hs sur 24, connaissaient bien l'horrible trio que pouvait être Douglas, Lawford et Cosgrave. Frites, burgers, filets de poulets, cheeseburgers, frites, pizzas, un coke diète, un autre burger et on termine avec des ailles de poulets et pourquoi pas une autre pizza. Felix mangeait beaucoup en moins de vingt minutes. Et; le premier qui vomit tout ce qu'on a bouffé ! ... c'était le petit défi qu'ils se lançaient entre eux, après que Claudia ait eu le malheur de parler d'anorexie, alors qu'ils s'étaient installés dans un McDonald du coin. Alors voilà, Octave était tout ce mélange de nourritures mal mâchouillé. Sur un coup de tête, on a vraiment envie de lui. Il ne coûte pas trop cher et c'est bon dans la bouche. Après, on le bouffe en dix minutes pour ensuite le vomir en quelques secondes, parce qu'il est meilleur de le voir étalé contre le comptoir de la meuf derrière la caisse, plutôt que dans notre estomac. Felix avait eu faim, dans le sens où il avait voulu connaître Octave et il s'était fait quelques attentes à son sujet. Et maintenant, il était presque déçu. « D’accord… Je te mets au défi, sans magie bien évidemment, de te mettre la tête dans le c*l. » Ah, non, il était déçu. L'adulte n'était bel et bien qu'un fast-food à vomir plus tard. Il était comme les autres, si ce n'était qu'un peu plus ironique et vulgaire, comme un burger dans lequel on y ajoute du miel. Les lèvres closes et le regard allant du plafond aux étagères, Lawford écouta le bibliothécaire dire toutes ces choses qui l'ennuyaient plus qu'il ne pouvait le croire.

Ensuite, pour agrémenter le tout, parce Felix savait que l'adulte si mature que pouvait être Octave n'allait pas se la fermer d'aussitôt, il leva les mains tel un chef d'orchestre et souffla un léger ; - Que la m*rde soit. « De l’alcool pour développer ta cirrhose, du sexe pour te refiler la syphilis, et de l’argent pour que tu puisses acheter la drogue qui va ravager les vestiges de ce qui te tient office de cerveau. Au final, les trois points de ta récompense amèneront vers un même résultat : ta mort cérébrale. Tu ne veux pas qu’on commence par exécuter le A.S.A. ? Comme ça tu pourras réaliser mon défi post-mortem. Tires toi Lawford. Tu n’es pas sérieux. Je dirais que j'ai perdu assez de temps et que j'ai autre chose à faire de plus intéressant que de parler à une personne dont le niveau d'instruction et la longueur des réflexions peuvent servir d'arguments à deux théories, celle de l'infiniment petit et celle du vide.» - Et la m*rde fut.

Sérieux mec, tu dis tout ça comme si t'en avais quelque chose à foutre de ma tête. Et alors que l'homme se poussait, Felix se pencha doucement, s'inclinant vers l'avant et levant les bras comme un majordome invitant son roi à entrer dans le château. Son regard perça ensuite celui d'Octave qui avait déjà la tête base et les mains dans les poches. Sans plus attendre, le blond se mit à l'applaudir. - Bravo, c'est une très belle sortie Mr. Holbrey. Mais, je ne savais pas que d'entrer des têtes dans des culs pouvaient être un intérêt commun. Se lécher le coude non plus et encore moins la paix, que ce soit dans le monde ou dans ta petite vie. Tu vois, moi ce n'est pas du tout mon genre de truc. Alors, avant de parler de retard mental, va falloir que tu apprennes à écouter ton interlocuteur. T'es une sacrée pucelle en matière de défi. Alors si t'as perdu ton temps, je me demande bien où est parti le mien, parce que tu sers à rien en tant que personne. Il croisa les bras et pinça les lèvres en réfléchissant. Octave n'était pas du genre à savoir s'amuser et il semblait entendre que ce qu'il voulait entendre. Déjà, ses idées de défis étaient ridicules, mais en plus, il n'était pas foutu d'utiliser Felix à son avantage et cela sans oublier qu'il n'avait pas pris en note que le blondinet lui avait parlé d'intérêt commun et non pas de tout ce blabla ridicule. Cela voulait donc dire que cet homme était ; "inapte", petit code que Lawford et ses deux copains utilisaient pour décrire ceux qui ne servaient à rien en matière d'amusement. Même Wang n'y était pas classé, histoire de vous dire à quel point Octave était désespérant aux yeux du blondinet qui continuait de réfléchir. Quelques secondes passèrent avant qu'il ne claque des doigts.  

- Bon, déjà, au lieu de toujours m'attaquer comme un petit moldu qui essaie d'intimider ses camarades de classes, j'aimerais que tu sois un peu plus... Il leva sa paume vers l'adulte et l'agita du haut vers le bas en formant des vagues et s'arrêta en trouvant le bon mot. - Sincère... Arrête de jouer l'adulte, ça te va pas bien. J'ai l'impression que d'entre nous deux, c'est toi qui as le plus besoin de l'A.S.A... Je t'explique; Alcool pour oublier tes problèmes de gonzesses, sexe pour que t'arrête d'agir comme un taré qui a du sable dans le c*l et de l'argent pour... En fait, t'as de l'argent, reste à savoir si tu l'utilises comme il le faudrait. Là je parle pas d'épargne, je parle de putes, de bons temps ou d'autre chose, dépendant de ce que tu aimes.

Il s'accota contre l'étagère en croisant de nouveau les bras puis il haussa un sourcil en direction du plus vieux. - J'suis pas inculte ni retardé, j'ai juste compris que j'ai une seule vie, alors te surprends pas à ce que je m'en tienne plus à la culotte de Claudia plutôt qu'à ta gueule. Après un léger bâillement, Lawford se rapprocha du bibliothécaire et le regarda du haut vers le bas. - Mais bon, si tu comprends pas ça, alors on peut tout foutre mes conneries sur le dos de l'adolescence, hein ? Je suis jeune, immature et tout ce que tu veux bien croire. Et disons que cela l'amusait d'être vu comme un imbécile. Enfin, il avait pour habitude de se faire juger, de se prendre des remarques, de se faire dire qu'il était un incapable, indigne et tout ce qu'il faut. Ses mères étaient très douées pour le rabaisser, autant qu'elles pouvaient l'être pour le soutenir. Du moins, l'adolescent n'était pas très choqué de se faire malmener verbalement par Octave. Dans les faits, cet homme était doux comme agneau dans ses propos, contrairement à Yun qui n'avait jamais eu sa langue dans sa poche, même envers son propre enfant.

- Du coup, tu fais quoi ? J'en ai rien a foutre de toi et t'en a rien a foutre de moi. Mais t'as des trucs que je veux avoir et je ne pense pas que tu vas me donner ce que je veux, sans avoir un petit quelque chose en retour. D'ailleurs, t'es déjà dans le trou. T'as voulu parier plus tôt, alors bienvenu dans le jeu. Le premier pas est fait et là, t'es en train de te planter mon vieux et le jeu vient à peine de commencer. Il se força un petit sourire en coin. - Donc... Fait ton choix maintenant. Si t'es pas capable de jouer, alors dégage maintenant, mais tu risques de passer une très mauvaise semaine. Sinon, tu peux aussi te sortir le doigt de là où je pense et prendre tes engagements. Tu crois que je ne suis pas sérieux ? Alors dégage. Tu comptes encore faire des menaces en l'air ? Bah, dégage. C'est toi qui n'es pas sérieux, pas moi.

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I tried Parce que tu m'as toujours dit que l'important, c'était d'essayer... non ?
I lied Il faut éviter de poser des questions, si on ne veut pas entendre de mensonges. Tu le sais bien.
I died Ne m'en veut pas, mais c'est ce qu'il y a de plus facile à faire. Après tout, si tu regardes autour de toi, tu verras que tout le monde y arrive.



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MessageSujet: Re: It's more like... a Sugar Daddy [Septembre 1997] Jeu 8 Déc 2016 - 21:44

« Impero. »

Faisant mine de croiser les bras à nouveau sur sa poitrine, Octave avait entamé le mouvement mais seulement pour récupérer sa baguette, coincée contre son poignet. Le geste avait été lent, presque paresseux, accompagné d’un visage aussi inexpressif que celui d’un Grenadier au service de la Reine. Bien qu’il n’ait pas suffisamment eu l’occasion de pratiquer le sortilège, ce-dernier s’adonnait à lui avec une relative facilité, peut-être parce que la manipulation faisait déjà partie intégrante de sa vie, ne trouvant là qu’une continuité par la magie de ce qu’il faisait par la parole. Ainsi, les yeux de Felix s’emplirent bien rapidement de cet abrutissement caractéristique, si cela était encore possible au vu de la tendance disgracieuse de son visage à ne refléter rien d’autre qu’un esprit obtus. Néanmoins les effets étaient là, visibles à l’œil nu. Un abaissement de la paupières, l’iris qui se ternit sensiblement, l’affaissement des épaules dans une pose avachie, le pantin attendait les ordres pour se sortir de sa torpeur soudaine. Il lui avait pourtant donné plusieurs échappatoires, ainsi que deux occasions de prendre les choses en main, d’instaurer ses propres règles, mais Felix, par fierté peut-être, avait refusé l’offre dans un désir obstiné à se faire imposer un défi. Octave aurait préféré une charmante conversation, l’opposition de deux esprits qui se feraient écho, telles les deux extrémités d’une huitaine, mais il y avait des individus avec qui il n’y avait que les rapports primitifs qui étaient parfaitement efficaces. Certains s’offusqueront de son comportement, un membre du personnel ne devant certainement pas s’abaisser à ce type d’attitude irresponsable, mais franchement… Franchement. La vie serait bien belle et l’humanité moins frustrante si la raison pouvait convaincre par la logique pur et simple et l’appel aux bons sentiments distingués. Cela se saurait. Et puis honnêtement, les dernières paroles de l’adolescent lui avaient coupés toutes envies de tergiversations supplémentaires. L’air parfaitement désabusé, ne semblant plus rien attendre de meilleur ou de pire, Octave fit danser sa baguette tout en ordonnant :

« A quatre pattes. »

Et voilà que Felix pliait genoux, probablement pas volontairement, luttant de toute sa résolution contre le sortilège, mais ce dernier ne dura pas assez longuement pour laisser le temps à l’adolescent de s’en défaire. Attendant qu’il soit parfaitement dans la position, Octave rompit le charme avant d’en imposer un autre, immobilisant le jeune homme cette fois non pas par l’esprit, mais par la contrainte physique. « Immobulus ». A peine murmuré, le bibliothécaire rangea sa baguette et alla naturellement s’assoir sur le dos de l’insolent jouvenceau. L’impero demandant un peu plus de concentration, il avait préféré changer pour un sort quémandant un moindre effort pour une efficacité équivalente dans une situation pareille, où la seule mission de la victime était de ne pas bouger. Ce n’était pas spécialement confortable, assez osseux, mais c’était pour le principe, alors il croisa ses jambes, prit appui de ses coudes sur ses genoux, et lâcha un soupir. Le regard perdu dans le vague, il réfléchissait au revers qu’il souhaitait donner au destin. Au moins était-il raisonnablement rodé pour ne plus s’énerver face à ce type de démonstration, si bien qu’il n’y avait aucune impulsion orgueilleuse derrière cette mise en scène digne de la cour du Seigneur des Ténèbres. En revanche, s’imposer par la force semblait être un passage inévitable et comme Octave ne faisait jamais rien à moitié, il prit un instant pour méditer au moyen le plus radical pour régler le problème. Enfin, il fallait tout de même se tenir la bride à soi-même et ne pas oublier qu’il était dans une école, son imagination pouvant s’emballer aussi loin et vite qu’un rayon lumineux. Probablement le pire dans tout cela était qu’il n’avait jamais besoin de chercher à faire plus, mais plutôt à en faire moins pour que personne ne finisse mort. Le but n’était pas de se débarrasser de Felix définitivement après-tout. Un autre soupir,plus profond et insistant que le premier, fit frémir l’air sec de la bibliothèque. Ses doigts virent se perdre dans sa barbe, coiffant les poils du menton avec paresse. Autant en temps normal il n’aurait pas réagi à ce type de provocation, autant en tant qu’employé il lui était quasiment impossible de laisser sombrer cette histoire dans l’indifférence. Pour la simple et bonne raison qu’ils étaient destinés à se revoir avec Felix et qu’il valait mieux tout de suite dessiner la perspective qu’il laissait assez souvent volontairement floue.

Bon sang, tant d’énergie dépensée juste pour ça. Pourquoi une telle opiniâtreté ? Insultes et mépris, c’était parfaitement banal, mais d’où ce désir inconscient de donner l’ascendant sur la situation à son adversaire ? C’était parfaitement inconséquent, voir malavisé. D’autant qu’il tentait de se comporter en male alpha à coup de dépréciation douteuse et triviale. Tant de questions existentielles qui, finalement, n’avaient qu’une importance toute relative par rapport à la situation. Toutefois, porté sur la décortication méticuleuse des comportements humains, Octave resta un long moment à contempler l’étagère en face, l’œil luisant et l’esprit refermé sur lui-même, sans aucune attention vers son assise humaine qui devait certainement peiner à le porter sur ses frêles poignets. Le problème fondamental dans ce scénario était finalement qu’Octave n’avait besoin de rien de la part de Felix. Tel qu’il était, que pouvait-il bien lui apporter à part une dose de profond ennui et une exaspération aussi constante qu’intense ? Si Felix avait su faire preuve d’un peu plus d’ingéniosité verbale, Octave se serait certainement laissé aller à profiter, si ce n’est substantiellement, au moins spirituellement, de la situation. Mais le minot avait revêtit les haillons d’un beauf grossier, à la philosophie quelconque, au comportement obscène qui ferait rougir des consanguins du nord plutôt que le Marquis de Sade. Terriblement, horriblement rustre et pas astucieux pour un sou. La seule chose qui le sauvait était son physique, mais même l’avantage d’une gracieuse apparence ne pouvait compenser de mauvaises manières et encore moins une constante maladresse d’esprit. Décidemment il n’y avait rien de plus prosaïque que le prosaïsme même. Lui en demandait-il trop pour son âge ? Quel âge d’ailleurs… Encore une âme torturée d’adolescent en détresse, ou que sais-je encore.

Octave se leva enfin, ses tergiversations n’ayant pas tout à fait abouties, au moins son défi était-lui parfaitement mis au point. On lui demandait d’être sérieux ? Très bien. Comme Félix plus tôt, Octave allait le prendre au pied de la lettre, sans oublier néanmoins de déformer les propos tenus à sa guise, chose qu’il faisait à chaque fois qu’on lui en laissait l’occasion par étourderie. Tranquillement, sans un regard pour un Felix toujours à quatre pattes au sol et pris sous le sortilège qu’Octave ne relâchait pas, il quitta la rangée de livres et disparut derrière. Cinq, peut-être dix minutes passèrent avant que sa silhouette ne vienne flatter le contour lumineux de ce couloir fait de bois et de livres. Dans ses mains, une paire de gants, un masque et une toute petite fiole transparente, scrupuleusement fermée et recelant quelques grammes à peine d’une poudre blanche comme de la farine. Octave s’assit en tailleurs en face du jeune homme, le visage détendu, malgré la tâche qu’il s’apprêtait à accomplir. Tranquillement, sans se presser, parce que Felix devait certainement en avoir marre de rester dans cette position maintenant, il enfila les gants en caoutchouc en les faisant claquer bruyamment. Enfin, il regarda le jouvenceau et esquissa un large sourire, dénudant ses dents en un rictus carnassier et aussi satisfait qu’un chat ayant trouvé un pot de crème fraîche.

« Tu dois certainement croire savoir ce que c’est, avec ton passif, non… ? De la cocaïne ? Mais ce n’en est pas. Cette poudre a la même consistance, poids, couleur et densité que la cocaïne, mais c’est de la scopolamine. Je te conseille de m’écouter attentivement parce que c’est très important pour ton défi. Cette poudre est extraite de la Datura, entre autres. Certains utilisent les fleurs ou les racines de cette plante pour faire des infusions et partir dans des trips, mais le véritable danger vient de la graine. On peut la manger tel quel si on veut. J’en ai avalé la moitié d’une graine une fois, j’ai halluciné pendant dix-sept jours d’affilé. J’ai eu de la chance parce que le gars qui était avec moi n’est jamais descendu et est resté coincé dans une autre dimension. Mais ça, cette poudre, c’est le produit fini, raffiné, un concentré terriblement efficace. »

Octave arrondit théâtralement ses yeux sans que l’on puisse deviner si cette histoire était véritable ou non tant le sérieux semblait absent dans les propos qui contaient cette tragique histoire. Peut-être que ce n’était que de la farine dans une petite fiole, et que les accessoires apportés n’étaient que des objets de mise en scène, et que cette explication était tirée d’un livre plutôt que d’expériences personnelles. Octave releva le flacon à la hauteur de leurs deux visages, coincé entre l’index et le pouce de sa main gauche. Son regard alla de Felix à la fiole, le rayon vert de ses yeux frémissant d’une émotion impatiente. Et soudain cette excitation sincère teinta son récit d’une frénésie singulière.

« Le truc avec la scopolamine, c’est qu’elle élimine pratiquement toute forme de volonté. Il y a une complète suppression de ton libre arbitre tout en te laissant a priori fonctionnel. Tu es éveillé et conscient, et pour les autres tu as l’air parfaitement normal. Mais en réalité tu perds complètement le sens de tes actions et tu te retrouves à la merci des gens qui souhaitent abuser de toi. Un vrai zombie, tu suis ceux qui te donnent des ordres et tu fais ce qu’ils te demandent sans rechigner, de ton plein gré, simplement par mollesse. Et le pire c’est que tu ne te rends absolument pas compte que quelque chose cloche, que ton comportement n’est pas normal, non, si on te demande d’aller vider ton compte en banque et de transférer le fric sur un autre compte, tu le feras sans te poser de question, et même avec le sourire, débile heureux d’avoir aidé quelqu’un. En fonction de la dose, ça peut durer plus ou moins longtemps, mais surtout, quand la dose est assez forte, les effets secondaires seront des hallucinations délirantes et l’amnésie. C’est la substance parfaite pour les actes criminels, parce que la victime n’a aucun souvenir de ce qu’il se passe ni de qui est l’agresseur. La mémoire disparait. C’est un peu comme une séance d’hypnose chimique. A tel point qu’une fois un gars s’est réveillé dans une baignoire avec un organe en moins et une pancarte disant « Tu as cinq heures pour te rendre à l’hôpital. ». »

Il parlait avec passion, non par sadisme, mais parce que cette substance lui inspirait une terreur et un engouement vibrant. Une plante toute bonnement flippante. Les effets étaient connus depuis longtemps. Lorsqu’un homme important mourrait, chez les Mayas, les femmes et servantes avaient pour devoir de suivre leur époux dans la mort. Alors elles mangeaient ces graines pour aller se faire enterrer vivantes volontairement. Joseph Mengele l’a plus tard importée en Allemagne pour l’utiliser lors de ces interrogatoires. Ca déliait la langue, c’était certain, mais cela plongeait la victime dans de multiples hallucinations délirantes. Le pollen de la fleur à lui seul pouvait provoquer des rêves étranges… La scopolamine bloquait les neurotransmetteurs qui rapportaient les informations à la partie du cerveau qui gérait la mémoire à court terme, donc le cerveau se trouvait incapable de se rendre compte de ce qu’il était en train de faire. Une véritable merveille, inventée par le diable en train de prendre du LSD et de l’héroïne en même temps. Bien sûr, avec un produit aussi puissant, il n’y avait en général que trois utilisations : son étude, le vol et le meurtre. Octave haussa ses épaules avec ravissement, soulevant ses sourcils en une mine enjouée. Un rire guttural fit vibrer sa poitrine.

« Voilà ton défi. Je vais t’en filer une certaine quantité, pas assez pour te tuer, mais suffisamment pour te transformer en zombie, te faire halluciner et entrainer une perte de mémoire à court terme. Je pourrais te la souffler en plein visage comme on le fait en Colombie, pour que le produit agisse immédiatement, mais je suis généreux et je te laisse tu temps. Une vingtaine de minutes pour être exacte. Tu vas l’avaler. Sachant que même si tu l’avales, tu en respireras quand même un peu, donc tu en ressentiras certains effets dans l’immédiat, pas suffisamment toutefois pour te transformer en légume. Mais fais vite, la dose sera assez grand pour provoquer des dégâts irréparables, et si tu ne trouves pas comment bloquer les effets de la scopolamine, tu finiras non seulement par m’oublier moi et cette aventure, mais tu te retrouveras avec des séquelles psychiatriques plusieurs mois après ton intoxication. Des journées entières disparaîtront de ta mémoire sans explications, tu oublieras des gens et des visages, et tu auras du mal à dormir, des cauchemars terribles peupleront tes nuits et même parfois tes journées. Un bad trip dont tu ne redescendras jamais. Autre chose… Les sorciers ne connaissent pas la scopolamine. La Datura oui, ces racines et ses fleurs oui, mais la scopolamine est une poudre obtenue par voie chimique, donc inconnue du vocabulaire sorcier. De plus, la Datura est une plante relativement rare qui ne pousse qu’au nord de l’Amérique du Sud mais surtout dangereuse. Je vais t’en donner deux milligrammes, essayes de t’en souvenir parce que l’antidote, mal administré, pourrait aggraver ton état et peut-être même te tuer, qui sait. Mon pari, le voici. Je parie que tu t’en sortiras. Donc, pour que tu gagnes, il te faudra finir à St Mangouste avec le cerveau grillé. Excitant n’est-ce pas ? Ah oui, aussi… je n’ai pas l’antidote. Pas la peine de me le demander. Mais je pense qu’il doit être quelque part dans le château. Et non, ce n’est pas un bézoard. Tu te doutes bien que s’est plus compliqué que cela. J’espère que tu ne tomberas pas sur quelqu’un de mal intentionné sur ta route, qui sait où tu te réveilleras, dans un cercueil cloué, dans les bras d’un inconnu ou amputé d’une jambe ? Aussi, la scopolamine réduit l’absorption des remèdes à usage oral, donc pas la peine de manger des antidotes au hasard. »

Mystère. Véritablement tout pouvait lui arriver. Heureusement, ici, rien de grave. Tout ce que Octave avait raconté était néanmoins rigoureusement vrai, à la nuance près qu’il avait l’antidote en sa possession : des feuilles de Ginkgo Biloba. Il suffisait d’en faire une infusion et d’en respirer les effluves, cet arbre ayant la capacité d’améliorer le débit sanguin cérébral et augmentait la potentialisation des neurotransmetteurs. Pour les moldus ce n’était que du placebo, mais pour les sorciers, le Ginkgo aidait à restituer la mémoire et à bonifier les connexions neuronales. D’autant que Felix pouvait finalement en prendre n’importe quand qu’il ne serait jamais trop tard, mais c’était le type d’information rassurante qu’Octave décida de soigneusement garder pour lui. Ce serait tellement plus drôle de le voir déambuler comme un neuneu dans les couloirs à s’émerveiller de tout où à flipper au moindre vacillement d’ombre. Plus le temps passerait, plus il aura du mal à rejoindre l’infirmerie ou à aller voir quelqu’un de compétent dans le sujet sans dévier de sa route, sa concentration et ses objectifs s’effaçant à mesure que la drogue ferait effet. Sourire aux lèvres, Octave posa la fiole au sol et enfila son masque, ne voulant surtout pas respirer ne serait-ce qu’une poussière de ce souffle du Diable, comme l’appelaient les spécialistes. Se saisissant de sa baguette magique, il imposa un deuxième Impero à l’adolescent. D’un doigt poussant sur le menton, il l’obligea à ouvrir la bouche. Puis, il ouvrit le flacon et, délicatement, laissa tomber une toute petite quantité sur le bout de son doigt, une minuscule montagne à peine perceptible qui se tassa docilement en pyramide sur son index tendu et éloigné de son visage autant que possible. De la même main, Octave se saisit du visage de Felix, gardant son doigt tendu aussi statique que possible alors que les autres étaient venus serrer sur la mâchoire du jouvenceau impudent. Puis, regardant avec malice ce dernier dans ses yeux vitreux, il laissa son doigt s’incruster entre les lèvres ingrates et glisser le long de sa langue, y déposant la précieuse et dangereuse scopolamine. Retirant finalement sa main, il ordonna :

« Avale… Va, cours mon charmant chenapan, à en perdre la mémoire où à en retrouver la conscience. Bonne chance. »

Retira son masque de papier, il se releva et s’écarta avant d’enfin rompre d’un geste lascif de la main le charme de l’Imperio, libérant cette frénétique créature de son emprisonnement physique pour le laisser se jeter dans les bras d’une toute autre prison, celle de l’esprit…

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MessageSujet: Re: It's more like... a Sugar Daddy [Septembre 1997] Mer 14 Déc 2016 - 0:31



Un frisson glacial le traversa, alors que ses prunelles s'éteignirent, laissant ainsi mourir toute la lumière qui les habitait, peu avant que le sortilège ne soit lancé. L'Impero avait été prononcé avec tant de nonchalance, ce fut au point que Lawford n'avait rien vu venir. Il se savait provocant, mais qui aurait pu croire qu'Octave se serrait rendu jusque-là, à lui lance ce qui se savait interdit ? Le visage du blond se détendit, ses épaules furent de plus en plus lourdes et une soudaine absence se fit ressentir dans toute sa personne. Où était Felix ? Là, debout, bien vivant sans plus vraiment l'être. Oh, d'apparence, il semblait plus que paisible, complètement ailleurs. Mais à l'intérieur, c'était la panique, une tempête engendrée par un questionnement qui ne possédait pas de mot, mais bien que des impressions. Il se sentait étouffé et pris sous une pression énorme qui l'écrasait dans son propre corps. C'était cette même sensation horrible que pouvait être celle de nos cauchemars, comme s'il rêvait qu'il tombait dans le vide. Et alors qu'il essaya de se battre et de se libérer de lui-même, il se sentit enfin mourir, absorbé par nul autre qu'une voix, celle d'un bibliothécaire infâme, mais bien déterminé à faire en sorte que le séjour du blondinet ne soit pas aussi amusant qu'il ne pouvait le croire. Jouer avec le feu avait toujours été une agréable adrénaline pour Felix. Il avait souvent tendance à regretter certains de ses choix, mais celle-ci, il ne la regrettait pas, pas encore. Malgré la peur, le vertige et cette sensation qui lui donnait pour idée qu'il allait mourir, une partie de lui restait amusée, curieuse et ouverte à cette domination qu'impliquait l'Impero. Il était un pantin ? Alors qu'il en soit ainsi. À quoi bon se battre. Il se croyait déjà pantin de la vie, de manière générale, puisque ses mères et Douglas avaient cette fâcheuse tendance à vouloir le contrôler. Alors, l'Impero lui était tout autant désagréable à cet instant qu'elle ne pouvait être normale. Il n'y avait pas de colère ou d'outrage, pour ne pas dire qu'en fait, il acceptait sa nouvelle condition tel un enfant qu'on fout dans la voiture, même si on sait qu'il ne veut pas partir.

D'ailleurs, il avait toujours été ce genre de gamin; celui qui accepte les ordres en maudissant secrètement l'autorité. Mais, le blond n'était pas des plus rebelle. Lorsqu'il était enfant, il se savait dépendant de ses mères. C'était son instinct qui, fort heureusement, lui répétait constamment cette sage position. De ce fait, si Yun ou Abby n'était pas proche de lui, il se sentait automatiquement en danger. Son inconscience l'avait toujours porté à se croire faible et fragile. Cependant, lorsqu'il se blessait, il se voyait déjà mourir et plus cela avançait, plus ses crises empiraient. Il était sans doute l'enfant le plus instable du quartier, avant d'arriver à Poudlard. Enfin, son insécurité est et restera toujours un problème chez le jeune homme. Sans combattre, il plia les genoux et s'installa à quatre pattes au sol, tel un gentil chien qui n'attendait plus qu'on lui lance un os. Cette position ne le gênait pas. Il s'était déjà fait prendre en plein délire avec Claudia et c'était Yun qui avait eu le malheur d'ouvrir la porte. Du coup, le peu de gêne qu'il avait pu avoir à l'époque s'était naturellement anéanti pour se transformer en ridicule et en rire. Se voir à quatre pattes ne pouvait qu'être drôle à ses yeux et au fond, il en riait déjà.

Lorsque l'Impero fut relâché et qu'il put reprendre le plein contrôle sur son corps, un nouveau sort lui fut jeté au visage, histoire d'empoisonner son amusement pour plutôt la remplacer par une touche de rage et d'impatience. D'accord, la position ne le dérangeait pas, mais ne pas pouvoir bouger, c'était emmerdant. Maintenant immobile et complètement figé sur place pour une deuxième fois, le bibliothécaire se permit alors de prendre place contre son dos. Et puis quoi... Felix n'était pas très robuste dans son genre. Lors d'un bras de fer, il pouvait facilement perdre contre Cliff Little. Lawford était mince et frêle et il mangeait mal. Heureusement qu'il était grand, car sinon, il aurait fait compétition à Leslie, bien qu'il n'ait pas hérité d'un visage aussi féminin que celui de son demi-frère. Et les choses furent à nouveau bien chiantes. Octave avait disparu et Felix était toujours là, figé sur place à se demander s'il allait être pris là ou si le bibliothécaire avait pour intention de revenir le narguer une dernière fois. Il ne s'attendait pas à plus que ça, surtout pas provenant d'un homme qui n'avait pas tenu parole dès l'instant où ses premières menaces avaient été prononcées. Ce fut donc un sacré choc pour le blond de voir de la cocaïne entre les doigts de cet homme qui était en fait, une vraie boîte à surprise. Et plus Octave parlait, plus l'adrénaline montait chez un Felix déjà bien impatient de se briser la tête dans un mur. Cependant, la poudre était toute autre et plus les descriptions se faisaient aller, plus l'envie d'en prendre se réduisait à un refus catégorique. La scopolamine, ce n'était pas une bonne idée, même si ses effets étaient particulièrement intéressants. Felix préférait franchement se manger quelques grammes de mush et se défoncer au weed pour être bien heureux.

Sauf que là, Octave lui parlait d'hallucinations et de problèmes à court terme de sa mémoire. Et OH, on ne parlera pas de ses histoires débiles à faire frémir. Autant se piquer à l'acide aussi, ça lui fera de belles séquelles à Lawford, hein ? Bref, cette idée ne lui plaisait pas du tout, mais avait-il le choix ? Non. Et le tout se termina comment ? Bah, avec un doigt dans la bouche et ceci; « Avale… Va, cours mon charmant chenapan, à en perdre la mémoire où à en retrouver la conscience. Bonne chance.» Libéré. Ainsi, il se retrouva le dos plaqué au plancher, comme lorsque l'adulte l'avait trouvé. Le regard humide et la respiration lente, il avala sagement la poudre. Puis, tout en posant ses paumes contre son propre visage, il se mit à rire. Il tremblait, de rage, de peur, d'amusement, ou le mélange de toutes ces combinaisons qui arrivaient à le faire pleurer tout en faisant monter en lui cette insécurité qu'il redoutait. Après un instant, il se redressa enfin et essaya de réfléchir à la solution la plus simple. Se rendre à l'infirmerie. Oui, il allait avoir besoin de quelqu'un pour le surveiller et, d'une certaine façon, il n'allait pas forcément devoir raconter toute sa mésaventure. Il se releva lentement, s'aidant des étagères avant de commencer à prendre route. Le souffle de plus en plus court, il pénétra entre deux étagères, croyant prendre un raccourcit vers la sortie, mais il s'arrêta au milieu du chemin, en croyant avoir fait mauvaise route. Mais plus il regardait autour de lui, plus les étagères commencèrent à se transformer, s'épousant peu à peu pour former une allée simple. Incertain, Felix recula d'un pas, mais reprit sa route pour sortir de cet enfer. Lorsqu'il arriva à la sortie, il ferma les yeux un moment et lorsqu'il les ouvrit, il constata qu'il était toujours dans la bibliothèque, au même endroit où Octave l'avait laissé.

- C'est une blague... Il recommença sa route, retournant à son raccourcit, mais cette fois-ci, les livres commencèrent à fondre dans les étagères, telle de la cire. Curieux, il prit l'un des bouquins qu'il échappa au sol par mégarde. L'atmosphère devenait de plus en plus lourde et, après un instant d'incompréhension, le Serpentard retourna à la sortie, il constata qu'il était encore de retour au point de départ. Il ne se voyait pas tourner en rond, mais c'était bien ce qu'il faisait. Son troisième tour ne fut pas plus réussi que son premier, alors que le couloir se faisait de plus en plus sombre et morbide. Il avait halluciné un chat noir au loin qui l'attendait, mais ce qu'il ne savait pas, c'était que ce chat, c'était le livre qu'il avait échappé plus tôt. Les bras croisés et le regard confus, il continua de marcher ainsi, jusqu'à ce qu'une main robuste l'agrippe par le derrière de tête pour l'apporter hors de la bibliothèque en le tirant par les cheveux. Douglas n'était pas patient et il en avait eu marre d'attendre Felix hors de la bibliothèque. Il était donc allé le chercher, apportant Lawford comme une bête à l'abattoir. Felix se laissa sagement faire, se contentant que de suivre le pas, la tête base et le visage crispé. Il se déprit de Douglas qu'en atteignant la sortie.

Barthélemy le lâcha en le repoussant contre le mur, laissant transparaître sa colère que par ses gestes vifs et violents. Il alla ensuite le prendre par le collet, pour ainsi forcer le blond à le regarder droit dans les yeux. - Va falloir que tu arrêtes de te foutre de ma gueule. Ça fait au moins trois fois que tu t'arrêtes devant l'entrée et que tu retournes te cacher, comme un pauvre con.

- Okay. Douglas haussa un sourcil, surpris par cette réponse si peu constructive. Depuis quand Felix n'avait rien à dire ? - P'tain, t'as pleuré ou je rêve ? Leurs regards s'épousèrent, alors qu'un silence se glissa entre eux. Lawford n'avait pas envie de se défendre, ce qui expliquait le fait qu'il ne parlait plus. Il restait pris contre le mur, à halluciner que les pupilles de Douglas se déformaient. Cela ne l'agaçait pas vraiment, mais ce fut en voyant du sang s'échapper du nez de Barthélemy qu'il se trahit en levant la main pour la poser contre la joue du septième année, glissant ensuite son pouce sur le sang qui, sous son contact, devenu aussi noir que du pétrole liquide. Il était tant fasciné par ce changement de couleur, au point qu'il ne se rendit même pas compte que Douglas l'avait lâché. Il ne fit que se concentrer sur ce liquide sombre qui tâchait ses doigts. - Felix. interpela Douglas qui retira la main de son visage, chose qui permise au blond de réaliser que le sang qu'il avait vu n'existait pas. Cependant, le tout avait beau avoir disparu du visage de Barthélemy, restait-il qu'il en avait encore sur les doigts. - T'es défoncé ou quoi ? La question était simplette, mais si bien posée que Felix se mit à rire. - Oooouais, littéralement. Et il me reste 20 minutes bordel, vingt minutes avant d'être un légume. Une asperge p'tain, je vais devenir une vraie asperge. Et les taches noires qu'il avait sur le pouce devinrent verdâtre, prenant la même teinte qu'une bonne asperge. - Regarde, ça commence. Tu crois qu'on peut me manger ?

- T'es drôlement serein pour un mec qui hallucine devenir une asperge. En fait, t'as l'air normal. Faudrait juste que tu te la fermes. Felix hocha, ce qui alimenta la malveillance de Douglas.- Parle. dit-il en se rapprochant du blond. - Ah, j'ai le droit finalem - Chuchote, chuchote... tu fais trop de bruit. - Ah, désolé... poursuivit Felix en chuchotant, ce qui fit bien rire Douglas. - T'es une asperge, c'est ça ? Tu devrais te goûter alors. Felix regarda ses mains verdâtres, souriant comme un gamin. - Ça serait bizarre, non ? répondit-il, sans arrêter de chuchoter. - Tu crois ? demanda Douglas d'un air insistant. Lawford haussa alors les épaules avant d'approcher son propre bras de sa bouche. Il alla se mordre, peu avant le début de son poignet. Décidé à s'arracher un morceau de peau, le sang commença bien vite à apparaître, ce qui fit frémir Douglas qui lui, adorait ce qu'il voyait. Ils ne se rendirent même pas compte de la présence qui s'était ajoutée. - Lawford, arrête.

Douglas se tourna vers Cliff Little et Felix se lâcha le bras. Son sang qui avait imbibé la manche de sa chemise dégoutta peu à peu contre le sol. - Dégage le nain, tu vois pas qu'on est occupé ?

- Le nain fait partie de la branche de ceux qui font vivre ta famille et cela depuis que t'es venu au monde. Il serait dommage que ta mère perde son poste de directrice générale dans notre entreprise, là où elle se tape la moitié des actionnaires, pour être sûr qu'ils reviennent. Jolie réputation. D'ailleurs, la maîtresse de ton père ne serait pas une moldu, par hasard ? Mr. Little n'apprécie pas trop les traîtres à leurs sangs. Mais je doute que tu sois conscient de tout cela, n'est-ce pas ? Alors... va écrire à ton père et laisse-moi m'occuper de Lawford. Barthélemy fixa Cliff d'un regard sombre, mais la confusion le trahissait, donnant ainsi pour signe que le nouveau venu avait raison sur toute la ligne, si ce n'était qu'il avait exagéré sur quelques informations. La bouche sèche et la gorge serrée, il secoua la tête et se décida enfin à foutre le camp. Et maintenant que la menace était partie, Cliff ne se concentra plus que sur un Felix qui ressemblait plus à un zombie plutôt qu'à un sorcier. Le sang perlait sa bouche, ses yeux étaient à moitié ouverts et il tremblait comme une feuille. Enfin, il venait de se mordre comme l'on croque dans une pomme. Sans poser de questions, Little apporta le blond jusqu'à l'infirmerie. Lorsqu'ils y arrivèrent, il fit asseoir Lawford contre l'un des lits et lui ordonna de ne plus bouger. Enfin, ce n'était pas comme si Felix pouvait aller bien loin dans un état pareil. Tout ce que Little avait compris, c'était que le temps était compté. Il alla donc vers la première personne qu'il trouva à l'infirmerie, une jolie dame qui faisait rêver bien des garçons en cette école; Cassidy Nehal Rowle.

- Pardonnez-moi du dérangement Miss Rowle, mais j'ai avec moi un élève drogué et facilement manipulable. Il est aussi souffrant d'hallucinations. Par ailleurs, il s'est mordu l'avant-bras gauche et je doute que cette blessure ne puisse être que mineure. Puis-je me référer à vous pour obtenir de l'aide ?

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I tried Parce que tu m'as toujours dit que l'important, c'était d'essayer... non ?
I lied Il faut éviter de poser des questions, si on ne veut pas entendre de mensonges. Tu le sais bien.
I died Ne m'en veut pas, mais c'est ce qu'il y a de plus facile à faire. Après tout, si tu regardes autour de toi, tu verras que tout le monde y arrive.



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MessageSujet: Re: It's more like... a Sugar Daddy [Septembre 1997] Sam 17 Déc 2016 - 19:12

19 Septembre 1997,
Infirmerie, troisième étage, Poudlard
.


Installée au bureau de bois habituellement occupé par l'infirmière de l'école, Cassidy pianotait des doigts, son regard vert d'eau perdu dans le vague. La longue et grande pièce était vide. Vide, et la double porte y donnant accès demeurait implacablement fermée. Une grande rangée de lits remplissait quasiment tout l'espace, s'arrêtant à quelques mètres du petit bureau installé face à eux; situé à l'extrême opposé de l'entrée. Lits aux draps blancs, inoccupés pour son plus grand bonheur, séparés les uns des autres - pour plus d'intimité - par d' horribles rideaux verdâtres rappelant les couleurs des salles d'opérations hospitalières. Au côté de chacun des lits, se trouvait une petite table blanche, sur laquelle se trouvait une vieille lanterne destinée à éclairer les élèves alités en soirée. La Rowle déglutit difficilement, cet endroit l'angoissait. Les hauts murs de pierre auxquels étaient fixées quelques torches crépitantes, venait renforcer cette impression d'immensité donnant à la pièce une hauteur digne d'une cathédrale, effet souligné par les immenses fenêtres à vitraux transparents qui laissaient pénétrer la lumière du jour. Un long soupir s'échappa de ses lèvres rosées tandis que ses iris dérivaient lentement vers le plafond. Une cathédrale. Comme si les élèves étaient déjà condamnés à laisser leur dernier souffle dans cette pièce. Plutôt angoissant comme pensée... Mais pouvait-on réellement lui en vouloir en ce début d'année ? Non. Il lui fallait encore prendre ses marques, et parvenir à s'habituer à l'ambiance morbide et au climat de terreur pesant sur le château et ses habitants, tel un épais brouillard opaque. Les prunelles de l'apprentie dérivèrent ensuite vers le grand tableau accroché au mur sur sa gauche, représentant une femme en train de s'occuper d'un patient alité. Le pauvre bougre avait l'air dans un bien mauvais état. L'infirmerie... Un des endroits que la jeune femme détestait le plus au monde.

« Vous serez affectée à l'aile hospitalière demain Miss Rowle, lui avait déclaré Horace Slughorn en l'arrêtant au détour d'un couloir, vous remplacerez Mme Pomfresh qui a dû s'absenter pour des raisons personnelles. »

Un ton aussi tranquille qu'un présentateur météo annonçant des catastrophes naturelles. Les bras croisés sur sa bedaine, son référent pour cette année qui promettait d'être bien longue et coûteuse en énergie aux vues de la façon dont il lui fallait courir après pour réussir à lui parler pendant plus de cinq secondes, se tenait droit comme s'il avait avalé un Nimbus 2000, figé dans une attitude d'éternelle défensive. Visiblement, se montrer calme et détendu en sa présence relevait sans conteste de l'exploit.

« Je vous demande pardon ? »

La sorcière, les bras chargés de lourds ouvrages s'était immobilisée, les sourcils relevés. Cette version était un peu différente de celle qu'il lui avait présentée fièrement le jour de la rentrée, et qu'elle avait accepté. « Vous pourrez vous occuper de la réserve de l'infirmerie et de la concoction des remèdes. Il n'est pas impossible que vous ayez aussi quelques élèves à soigner. » Certes. Elle avait signé pour cela, mais guère pour un remplacement, même temporaire. Soigner des élèves n'était pas chose aisée, et si l'infirmière se déclarait en arrêt maladie dès le début de l'année, Cassidy n'était pas certaine de parvenir à suivre le mouvement. Oh bien entendu, les potions étaient son domaine, et les philtres de soin appartenant au domaine de la magie médicale également, ces derniers lui ayant été enseignés pendant plus d'un semestre au Centre de Formation. Néanmoins, une supervision lui semblait nécessaire, car si elle maîtrisait les potions, en revanche, elle n'était guère infirmière, ni médicomage et n'avait pas les compétences professionnelles pour diagnostiquer les pathologies.
Le potionniste à la petite stature et au regard légèrement globuleux s'était raidi davantage devant sa question, et les quelques cheveux d'un gris terne au sommet de sa tête ronde, avaient semblé se décolorer un peu plus. Coincé dans son éternel costume à carreaux marron trois-pièces démodé et quelque peu délavé, il avait tressailli, son nœud papillon suivant le mouvement.

« Soyez à l'infirmerie dès sept heures trente, avant que les élèves n'arrivent dans la Grande Salle pour le petit déjeuner, cela vous laissera le temps de vous familiariser avec les lieux. Dans le tiroir gauche du bureau, vous trouverez les dossiers médicaux des élèves ayant déjà fréquenté l'infirmerie, depuis leur première année. Chaque acte médical doit être consigné à l'écrit, avec le détail du traitement, et les blessures, référencées avec application. Depuis cette année, une nouvelle consigne a été ajoutée... Les élèves appartenant à la maison Nuncabouc passent au second plan - cette phrase paru littéralement lui arracher la bouche - c'est-à-dire que vous ne leur fournirez que les soins minimums. Vous ferez également un premier inventaire des potions de la réserve de l'infirmerie, cela vous servira afin de savoir ce que vous serez amenée à ravitailler en premier. »

Sur ces mots, il s'était rapidement esquivé, la plantant au milieu du couloir.

Aussi, depuis sept heures trente, Cassidy était passée par deux états antagonistes. D'abord figée dans un mutisme abyssal, elle s'était refusée à ouvrir les tiroirs, à explorer l'univers de l'aile maudite à laquelle elle avait été affectée, ou plutôt, consignée. Assise sur la chaise de bois, sac déposé à ses pieds, les livres qu'elle avait sorti de son sac n'avaient pas été ouverts, et les parchemins étalés face à elle étaient restés vierges de toute trace d'écriture. Cet état de figement avait persisté pendant quelques heures, jusqu'à ce que sa nuque ne se raidisse à force d'avoir été immobile. Grimaçante, la blonde avait alors renversé sa tête en arrière, amenant sa main droite sous sa chevelure afin de masser ses cervicales endolories. La magie de l'immobilisation avait été rompue et la jeune femme s'était enfin décidée à bouger, acceptant son sort avec résignation, consciente que sa résistance passive face à l'ordre de Slughorn, n'entravait qu'elle au final. Il lui fallait s'adapter sans broncher, comme toujours. Se débarrassant de sa cape, la jeune femme s'était levée et avait entrepris d'explorer ce domaine qui lui était totalement étranger. La réserve était bien vite ce qui l'avait attirée en premier, et le plus longtemps. Poussos, Potions de régénération sanguine, Essence de Dictame, Pimentine, pus de Bubobulb, Potions de sommeil sans rêve, Philtres calmant, Antidotes aux poisons communs... Les étagères étaient encore bien remplies pour le moment. Aucun ravitaillement n'était encore nécessaire. Il lui avait fallu environ deux heures pour terminer l'inventaire, puis la jeune femme était retournée s'asseoir au bureau et avait commencé à survoler quelques dossiers médicaux. Suite à cela, elle avait ouvert un ouvrage qu'elle avait emprunté la veille à la bibliothèque, suite à l'annonce de cette nouvelle, afin de se familiariser avec la pratique médicale. Pour ce faire,Guide du guérisseur, de H. Pollingtonious, lui avait semblé adapté pour débuter.

D'abord plongée dans la lecture, la jeune femme s'en était ensuite désintéressée. Se concentrer ici s'avérait beaucoup plus difficile que prévu. Cet espace vide et blanc la remplissait d'une terrible sensation oppressante ; celle d'être à découvert. Étrangement, la jeune femme qui vouait pourtant un amour inconditionnel au soleil et à la chaleur aurait tout donné en cet instant pour pouvoir rejoindre ses cachots sombres et humides qu'il lui arrivait parfois de maudire. Ces derniers lui manquaient plus que tout au monde en cet instant, et c'est grâce à ce manque qu'elle put comprendre la raison pour laquelle Severus Rogue avait pu les apprécier. Pianotant de ses doigts fins sur le rebord du bureau, le regard perdu dans le vague, Cassidy était perdue dans ses pensées lorsque d'un seul coup, et pour la première fois de la journée, la lourde double porte s'ouvrit, la faisant réintégrer l'instant présent.

Deux élèves pénétrèrent dans la grande pièce, l'un soutenant l'autre et l'aida à s'asseoir sur le lit le plus proche de l'entrée. Plissant les yeux, la Rowle reconnu rapidement les deux personnages. Deux Serpentards, l'un en cinquième année, et le second en sixième. Deux élèves totalement différents - si différents qu'elle ne comprenait pas comment le plus jeune - Cliff Little, parvenait à supporter son aîné. Lentement, l'étudiante se leva et repoussa la chaise, avant de se diriger plus rapidement cette fois, vers le cinquième année qui avançait également vers elle.

« Que se passe-t-il Monsieur Little ?
- Pardonnez-moi du dérangement Miss Rowle, mais j'ai avec moi un élève drogué et facilement manipulable. Il est aussi souffrant d'hallucinations. Par ailleurs, il s'est mordu l'avant-bras gauche et je doute que cette blessure ne puisse être que mineure. Puis-je me référer à vous pour obtenir de l'aide ? »

La blonde fronça les sourcils. Bon sang. Pour son premier patient, pourquoi ne pouvait-il pas s'agir d'un simple membre cassé, nécessitant une administration de Poussos ?

« Quelle question, je suis là pour ça puisque Madame Pasfresh est absente aujourd'hui. Venez avec moi, s'il est sujet à des hallucinations, ses propos risquent de s'avérer plus ou moins délirants. »

Sans en dire davantage, Cassidy se dirigea rapidement vers Lawford resté assis sur le lit.

« Que s'est-il passé Monsieur Little ? Où l'avez-vous trouvé ainsi ? Y-avait-il quelqu'un dans les parages ? Qu'avez-vous vu ou entendu ? Vous dîtes qu'il est drogué... En êtes-vous certain ? Puis-je d'emblée exclure l'utilisation d'un quelconque sortilège ? Peut-être avez-vous vu sa baguette sur le sol près de lui, laissant supposer qu'il s'est battu ? Son état vous a-t-il semblé empirer le temps que vous l'ameniez ici ? Combien de temps avez-vous mis pour venir ? »

Il lui fallait cibler les questions principales à poser, afin d'en dégager un schéma de base, éliminant les pistes improbables. Magie ou potion ?

Arrivée à quelques mètres de Félix Lawford, elle ralentit la cadence par précaution, et s'approcha doucement de lui. Des hallucinations... Cela pouvait s'avérer sacrément dangereux selon leur intensité et le degré d'adhésion du Vert et Argent à ces dernières. Il fallait dans un premier temps évaluer à quel point l'élève était déconnecté, et s'il était encore suffisamment conscient pour pouvoir lui expliquer un tant soi peu la situation.

« Monsieur Lawford, est-ce-que vous me reconnaissez ? Je suis Cassidy Rowle, apprentie potionniste. Madame Pasfresh est absente, c'est moi qui vais me charger de vous – si j'y parviens – pouvez-vous me raconter ce qui vous est arrivé ? Ce dont vous vous souvenez ? Le moindre détail compte. »

La jeune femme l'ignorait mais la scopolamine affectant la mémoire à court terme, Lawford devait logiquement encore être en mesure de pouvoir la reconnaître et se souvenir de tout ce qu'il s'était produit juste avant l'ingestion de l'abominable poudre blanche. Ainsi, son souvenir, celui d'Octavius, tout comme ses anciens souvenirs, ne devaient normalement pas être affectés, sauf si les hallucinations et le délire avaient déjà trop progressé, entamant son raisonnement et sa compréhension.

« Monsieur Little, allez me chercher un flacon de potion désinfectante. Couleur violette, ne vous trompez pas. Les hallucinations ne me disent rien qui vaillent, ces choses là sont généralement des cas relevant de l'urgence. Apportez-moi également l'essence de Dictame. »

Relevant la manche droite de l'élève, la jeune femme examina la trace de morsure sanglante ornant sa peau pâle.

« Pourquoi vous-êtes-vous mordu ? Quelqu'un vous-a-t'il dit de le faire ? Si oui, qui donc ? »

L'asiatique blond tremblait de tous ses membres. Tremblements qui semblaient s'atténuer au fur et à mesure que les minutes défilaient. Cassidy s'approcha un peu plus et porta sa paume au front du jeune homme. Rien. Absolument aucune fièvre. Étrange. Elle fronça les sourcils, tandis que ce dernier paraissait se calmer. Etait-ce un réel empoisonnement ? Dans le doute, la jeune femme retourna rapidement à son bureau et fouilla ses poches avant de revenir avec un petit bézoard. Antidote à la plupart des poisons communs, cela ne ferait pas de mal de toute manière.

« Coincez ça dans l'une de vos joues, et tâchez de vous concentrer pour me répondre, votre survie en dépend Lawford. »

Quelques minutes plus tard, les tremblements avaient totalement disparu, et ses yeux semblaient moins vitreux, mais cela n'était pas dû au bézoard, elle en était certaine. L'asiatique avait l'air parfaitement normal. En effet, la scopolamine étant une substance des plus insidieuses, la victime avait l'air absolument normale, tant qu'elle ne bougeait pas ou n'ouvrait pas la bouche pour décrire les hallucinations auditives, visuelles, olfactives ou encore gustatives qu'elle pouvait avoir.

« Il faut que vous me fassiez gagner du temps, les hallucinations sont normalement des symptômes secondaires, et s'ils sont déjà là chez vous, cela signifie que le produit agit plus rapidement que prévu, peut-être à cause de gabarit plutôt fin. Il doit déjà être dans votre sang. Monsieur Little me dit que quelqu'un vous a drogué, dites-moi ce qu'on vous a forcé à prendre. Est-ce une poudre ? Une potion ? L'avez-vous respiré, avalé ou vous l'a-t-on injecté ? Peut-être connaissez-vous son nom ? Ses composants ? Son temps d'action ? »

La scopolamine – poudre concentrée extraite de la graine de la Datura - ayant le pouvoir le délier la langue, tout en gardant le sujet éveillé et conscient, Lawford - bien qu'étant sujet à une aboulie et agissant désormais en mode automatique - devait logiquement être en mesure de bien pouvoir s'exprimer, mais quant à la pertinence de ses propos, cela dépendait de la rapidité d'action de la drogue. Il avait désormais moins de vingt minutes avant de sombrer totalement dans un autre monde formé par les hallucinations et le délire paranoïde. Monde dans lequel il n'était qu'un pantin amorphe, sans aucune volonté propre, agissant sur commande sans être capable de comprendre ce qu'il faisait. Un monde fermé et hermétique, où aucune action récente ne pourrait être remémorée puisque non seulement la concentration et l'attention seraient entravés, mais puisque la substance bloquait les neurotransmetteurs au niveau du fonctionnement synaptique d'une partie précise du cerveau, la mémoire à court terme serait complètement bloquée, ceci menant à une amnésie lacunaire de type antérograde. Aucun nouvel apprentissage ne serait possible, puisque le cerveau n'aurait plus la possibilité d'encoder quoique ce soit, la mémoire immédiate étant mise hors jeu.

« Votre agresseur vous-a-t'il dit quoique ce soit d'important ? Un détail concernant le produit ? »

Il fallait agir vite. Plus que quelques minutes avant que le sédatif n'agisse totalement, et Lawford perdrait totalement la possibilité d'accéder à sa mémoire à court terme. La Rowle ignorait encore que toute administration orale d'un quelconque remède n'aurait qu'une efficacité grandement limitée puisque le bibliothécaire avait bien précisé que l'hallucinogène réduisait l'absorption des remèdes à usage oral, et donc l'efficacité de ces derniers. Rayant les sortilèges de son esprit, la jeune femme se concentra sur les potions pouvant provoquer de telles hallucinations.

« Connaissez-vous certains effets de ce que vous avez pris et en quelle quantité ? »

Il fallait qu'elle sache ce que cette saleté provoquait, hormis les hallucinations, afin de parvenir à cibler l'antidote ou la potion la plus efficace. Suite à ces premiers symptômes, qu'allait-il arriver ?

_________________

Le pessimiste se plaint du vent, l'optimiste espère qu'il va changer, le réaliste ajuste ses voiles.

Crédit - Joy


Dernière édition par Cassidy N. Rowle le Ven 27 Jan 2017 - 18:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: It's more like... a Sugar Daddy [Septembre 1997] Ven 23 Déc 2016 - 9:20

Le sang ne cessait de couler, tachant avec une harmonie déconcertante la peau imberbe et blanchâtre d'un Felix qui se perdait peu à peu dans un tout autre univers. Il était prisonnier d'un espace grisâtre et vaporeux dans lequel une simple règle était dictée à plusieurs reprises, comme le refrain d'une berceuse pour enfants que l'on tente d'endormir. Ne plus bouger... Felix, s'il te plaît, ne bouge plus... ne plus bouger... Felix, s'il te plaît, ne bouge plus. Ce murmure vibrait dans l'air, passant d'une oreille à l'autre, derrière lui, devant lui, vers le plafond, en dessous du lit puis, dans une finale troublante, derrière ce mur opaque qu'engendrait la brume. Où était donc Cliff à présent ? Le Serpentard n'en savait rien. Le souffle court et la gorge sèche, il releva enfin ses prunelles perdues, repoussant cette épaisse brume alors qu'il se concentrait sur une direction particulière. Il put reconnaître l'infirmerie, endroit qui lui était plutôt familier en vue de son passé si peu attentif et avisé face aux dangers qu'offraient Poudlard et ses cours de vol et potion. À présent conscient du réel, il se força à comprendre que le brouillard qu'il voyait n'existait pas. Et maintenant qu'il pouvait voir au-delà de cette barrière, le tout se changea alors en une poudre fine qui s'écrasa contre le sol, doucement et paisiblement. Sa lenteur était suffocante, puisque Lawford n'y voyait qu'une menace. Après tout, la dernière fois qu'il avait vue une poussière telle, ce fut entre les doigts d'Octave. Ce n'est qu'en apercevant Little au loin qu'il reprit automatiquement sa position initiale. La règle était de retour, laissant à nouveau dans la pièce résonner cette la comptine. Felix, s'il te plaît, ne bouge plus... ne plus bouger... Felix, s'il te plaît, ne bouge plus. De son côté, le cinquième année s'était approché de l'apprentie potionniste, laissant le blond seul ne serait-ce qu'un moment pour essayer d'expliquer la situation dans laquelle ils allaient se retrouver tous les trois. Lorsque la dame affirma qu'elle était présente pour remplacer madame Pomfresh, l'asiatique hocha simplement. Et ainsi arrivèrent toutes les questions. C'était à en perdre la tête, mais Cliff était habitué à cette spontanéité.

« Que s'est-il passé Monsieur Little ? Où l'avez-vous trouvé ainsi ? » Cliff fronça les sourcils. Il venait tout juste d'expliquer la situation, alors la première question posée par l'apprentie lui parut aussitôt futile. Il ne se contenta alors que d'embarquer sur la deuxième interrogation. - Devant la bibliothèque. dit-il d'un ton plus haut et franc, de sorte à ne pas devoir répéter. « Y-avait-il quelqu'un dans les parages ? » Après un hochement de tête, il annonça la présence d'un autre élève, sans déterminer le nom de celui-ci. « Qu'avez-vous vu ou entendu ? » Little s'humecta les lèvres, retournant quelques minutes en arrière pour se rappeler exactement ce qu'il avait pu entendre, que ce soit provenant du blond ou de Douglas. Suite à cela, il coupa sur les informations insignifiantes, tel le fait que Felix disait devenir une asperge. Il ne lui restait donc qu'un seul repère qui pourrait les guider; - Il a dit qu'il ne lui restait que 20 minutes, avant de devenir; un légume. affirma-t-il en croisant les bras. Quelle potion ou drogue pouvait avoir ce genre d'effet ? Enfin, il n'eut guère le temps d'y réfléchir amplement. « Vous dîtes qu'il est drogué... En êtes-vous certain ? » Le regard sincère et sûr de lui, il hocha pour affirmer. « Puis-je d'emblée exclure l'utilisation d'un quelconque sortilège ? » Sous cette phrase, une longue liste de mauvais sortilèges parcourut l'esprit du jeune Serpentard qui, le regard des plus sérieux, affirma que ce n'était pas un sortilège. Il ne restait plus qu'à voir si la jeune femme allait faire confiance à son jugement. « Peut-être avez-vous vu sa baguette sur le sol près de lui, laissant supposer qu'il s'est battu ? »

- Seuls les mots lui font office d'arme. coupa-t-il brusquement tout en penchant la tête d'un air désolé pour avoir haussé le ton si soudainement. Cependant, il connaissait bien Felix et il lui semblait inutile d'embarquer toute cette histoire dans un conflit tel qu'un combat. De plus, une confrontation avec Lawford ne pouvait qu'être bruyant. Étant proche de la bibliothèque, il aurait été impossible qu'un combat ait eu lieu, mais que personne ne s'en soit rendu compte. « Son état vous a-t-il semblé empirer le temps que vous l'ameniez ici ? Combien de temps avez-vous mis pour venir ? » Il se recula d'un pas, cherchant d'un oeil fin l'horloge la plus proche, avant de se rappeler qu'il portait une montre. Il agrippa donc sa chemise au niveau de son poignet, la remontant habilement pour y lire l'heure. - 13 minutes exactement. Son état ne peut donc qu'empirer, mais il est encore avec nous. Toutes ces divulgations passèrent au travers le corps du blondinet qui, en entendant la voix de Little, releva à nouveau son regard pour écouter ce qu'il avait à dire. Sans s'en rendre compte, il se mit d'ailleurs à sourire. Les deux Serpentard se fixèrent un long moment, pendant que la Miss tâcha d'essayer d'éveiller le blond pour en retirer d'autres informations. Cependant, lorsque Lawford alla à la rencontre des iris de la dame, il sursauta aussitôt. Grimaçant de confusion, il secoua la tête en direction de Cassidy.

- Maman ? Qu'est-ce que tu... Il ne pouvait que voir Abby Lawford, sa deuxième mère. C'était sans doute à cause de la blondeur de la demoiselle, ce qui pouvait être trompeur pour un pauvre adolescent drogué. « Monsieur Lawford, est-ce-que vous me reconnaissez ? » Il secoua la tête et oublia tout le reste de ce qu'elle lui disait. Et enfin, il put voir son vrai visage. Un visage qu'il connaissait bien, puisqu'il avait toujours voulu se rapprocher de cette jolie gazelle au regard si glacial. Pourquoi ? Il ne le savait pas, mais ce n'était pas pour ses beaux yeux ou son apparence à s'en lécher les lèvres tel un lion affamé. Non... c'était pour ce qu'elle dégageait en tant que personne. Cette froideur, cette rigidité telle une forteresse cachant le plus grand et beau trésor.    

« Monsieur Little, allez me chercher un flacon de potion désinfectante. Couleur violette, ne vous trompez pas. Les hallucinations ne me disent rien qui vaillent, ces choses là sont généralement des cas relevant de l'urgence. Apportez-moi également l'essence de Dictame. » Cliff savait très bien de quoi elle parlait, ce qui le poussa à se demander si c'était par manque de confiance qu'elle lui dictait et ordonnait de ne pas se tromper. Calmement, il alla chercher le tout et retourna auprès de la Miss en déposant près d'elle ce qu'elle désirait. « Pourquoi vous-êtes-vous mordu ? Quelqu'un vous-a-t'il dit de le faire ? Si oui, qui donc ? » Felix haussa les épaules naïvement puis il regarda ce que Little avait apporté. Son petit camarade avait un tissu noir, mince et imberbe, ainsi qu'un coton-tige entre les mains. Lorsque Cassidy se leva pour aller à son bureau, Cliff claqua des doigts devant le visage de Felix pour attirer son attention. D'une main, il releva le menton du blond et posa le tissu noir sur le bout du coton-tige avant d'aller lui glisser dans la narine, y allant en peu plus en profondeur en voyant que Lawford ne se débattait pas. Lorsqu'il retira la tige qu'il avait frotté dans les parois du nez, il regarda s'il n'y avait pas la moindre trace de poudre qui s'y était attachée. Le tissu étant noir, la substance allait être facilement perceptible, mais le peu de luminosité l'empêchait de bien voir. Il recommença alors, en passant par l'autre narine en utilisant un autre bout du tissu, avant de quitter pour laisser place à l'apprentie. Il ne voulait pas la gêner dans son travail et il voyait en sa propre présence une entrave. Le cinquième année ne ressentait pas la moindre confiance de l'adulte envers lui. Du coup, il préférait disposer et aller voir si le tissu ne pouvait pas lui apporter quelque chose.

« Coincez ça dans l'une de vos joues, et tâchez de vous concentrer pour me répondre, votre survie en dépend Lawford. » Le blondinet hocha, gardant le bézoard au creux de sa joue gauche. Il se mit ensuite à réfléchir tout en allant se frotter le nez du revers de la main, sans plus savoir pourquoi ça lui piquait. Il se rappela alors d'une sensation désagréable dans son nez, comme si quelqu'un y cherchait quelque chose. « Il faut que vous me fassiez gagner du temps, les hallucinations sont normalement des symptômes secondaires, et s'ils sont déjà là chez vous, cela signifie que le produit agit plus rapidement que prévu, peut-être à cause de gabarit plutôt fin. Il doit déjà être dans votre sang. Monsieur Little me dit que quelqu'un vous a drogué, dites-moi ce qu'on vous a forcé à prendre. Est-ce une poudre ? Une potion ? L'avez-vous respiré, avalé ou vous l'a-t-on injecté ? Peut-être connaissez-vous son nom ? Ses composants ? Son temps d'action ? » Il secoua la tête tout en fermant les yeux. Il écoutait son propre corps, tentant ainsi de se rappeler tout ce qu'il lui était arrivé. « Votre agresseur vous-a-t'il dit quoique ce soit d'important ? Un détail concernant le produit ? Connaissez-vous certains effets de ce que vous avez pris et en quelle quantité ? »

- J'étais dans la bibliothèque. C'est la datura... Non, c'est vrai, tu ne peux pas le savoir, parce que c'est chimique. Je... Il y avait un chat. J'ai laissé tomber un livre, puis toute cette vapeur s'est changée en poudre. Je l'ai avalé. Est-ce que ça fait vingt minutes ? Rawh, citrouille. Douglas va revenir bientôt. Tu parles d'un défis, p'tain. Prendre de la poudre. Oublier, tout oublier... Halluciner et oublier. Je suis un zombie. Cliff se rapprocha à ce moment. Tout en restant à une certaine distance de l'apprentie, il affirma ceci; - Il n'y a aucune trace de poudre au niveau nasal, j'ai vérifié. La substance a été, selon moi, administrée oralement. J'ai... Il regarda autour de lui, comme s'il avait honte de quelque chose. Cliff a toujours été fasciné par les moldus, leurs histoires, leurs légendes, leurs guerres, leurs pertes et leurs secrets. Son désir le plus profond était de vivre une vie normale, sans magie, sans haine portée sur le sang ou victoire déposée sur le bout de la baguette qui serait plus longue et habile que les autres. Non, lui, il voyait la victoire que par le travail. Il appréciait celui qui soulevait la pierre de ses deux mains plutôt que celui qui n'agitait qu'un bout de bois pour tout construire. Les moldus avaient cette chance d'être réellement fort et de cacher, derrière leurs masques, la tristesse et non pas leurs identités toute entière.

- Cela pourrait paraître impertinent, mais... Durant la Seconde Guerre mondiale, des troupes ennemies ou même alliées utilisaient un sérum de vérité qu'ils appelaient; La tropate de scopine ou scopolamine. Alistair MacLean en a souvent fait référence dans ses romans. Cette drogue est hallucinogène et elle cause aussi de l'amnésie. C'est délirant. Elle provient des graines du datura. Felix en a fait mention, alors je me permets de partager cette information. Mais lorsque cette phrase fut terminée, Lawford leva la main vers Cliff, le regard haineux et le corps crispé. Entendre ces mots lui rappelait Octave et son plan foireux. Il avait l'impression qu'il était de retour dans la bibliothèque, face à l'adulte. Il pouvait aussi entrevoir le bibliothécaire, alors qu'il regardait Cliff. - C'est toi... C'est de ta faute ! Confus, Little secoua simplement la tête face aux accusations - Pardonne-moi Felix, mais je ne suis pas sûr de

- C'EST TOI !

Le blond se leva d'un coup, s'approchant de Cliff pour le prendre par le collet et l'agiter dans tous les sens, avant de le lancer vers/sur Cassidy. Little perdit facilement pied, s'écrasant comme une petite roche, sans savoir s'il devait sortir sa baguette au non pour se défendre. Après tout, Felix était drogué. User de magie contre lui semblait injuste. Il abandonna donc la magie et lorsqu'il essaya de se relever, il se prit un bon coup de pied au ventre de la part d'un Lawford un peu trop sur les nerfs pour il ne savait quelle raison. Mais, Felix restait contrôlable, il ne fallait qu'ordonner, pas vrai ? - Felix arrête ! Maintenant ! Et le sixième année se figea automatiquement, tel une machine qui se serait retournée contre son maître. À ce moment, les prunelles du blond s'arrêtèrent contre Cassidy. Il la regarda du haut vers le bas, avant de poser une question toute simple. - Dis... Ça fait 20 minutes ? Il la regarda un instant, recrachant ensuite le bézoard au sol tout en laissant un joli coulis de bave le suivre.

- J'ai mal au bras, p'tain. souffla-t-il entre deux plaintes désespérées. Il avait déjà oublié le pourquoi il s'était levé.


_________________

I tried, I lied, I died
I tried Parce que tu m'as toujours dit que l'important, c'était d'essayer... non ?
I lied Il faut éviter de poser des questions, si on ne veut pas entendre de mensonges. Tu le sais bien.
I died Ne m'en veut pas, mais c'est ce qu'il y a de plus facile à faire. Après tout, si tu regardes autour de toi, tu verras que tout le monde y arrive.



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MessageSujet: Re: It's more like... a Sugar Daddy [Septembre 1997] Sam 14 Jan 2017 - 0:39

La bibliothèque. Il l'avait trouvé devant la bibliothèque. A ces mots, la jeune femme fronça imperceptiblement les sourcils, son esprit infernal la ramenant indéniablement à lui, Octavius Holbrey. Pourquoi ? Pourquoi le sort s'acharnait-il ainsi ? Pourquoi Lawford avait-il été retrouvé par son ami là-bas ? Et pourquoi pas les toilettes, c'était un bel endroit, non ? Tranquille, paisible... Ou... la tour d'astronomie, les cachots, la salle des professeurs, celle des trophées, ou encore le bureau du directeur ? Mais non, la vie paraissait bel et bien avoir décidé de lui mettre des bâtons dans les roues, empêchant son esprit de tracer un trait définitif sur ce qu'il s'était passé la soirée dans le jardin aux bosquets de roses. Cassidy secoua imperceptiblement la tête, comme pour chasser ces réminiscences infernales, et se concentra sur ce que Cliff Little lui apprenait. La présence d'un autre élève. La réponse était bien vague. Trop vague. Cela cachait quelque chose. Il dissimulait des informations, et ce volontairement alors que le blond était dans une bien mauvaise posture. Quel bénéfice pouvait-il en tirer ? Cherchait-il à protéger quelqu'un d'autre ? Les yeux clairs de la jeune femme transpercèrent le Serpentard comme s'il n'avait été qu'une simple feuille d'arbre, fine, tellement peu épaisse que l'entièreté de ses nervures pouvaient aisément se distinguer. Chaque petite information pouvait compter. Cassidy avait lu une bonne majorité des dossiers scolaires, et plus vite il était possible de remonter à  l'agresseur, plus vite il serait possible d'en déduire le motif et le moyen employé par ce dernier.

« Qu'avez-vous vu ou entendu ?
- Il a dit qu'il ne lui restait que 20 minutes, avant de devenir; un légume.
-Vingt minutes... »

Une durée moyenne d'incubation de vingt minutes. La jeune femme fronça les sourcils sous l'effet de la concentration. Vivement, ses paupières s'abaissèrent et son regard dévia vers Lawford toujours assis sur le lit. Nerveusement, ses dents blanches virent triturer sa lèvres inférieures tandis qu'elle s'efforçait de passer en revue les potions susceptibles de ne pas avoir un effet immédiat, mais différé d'une vingtaine de minutes, puisque Cliff lui avait assuré qu'il ne s'agissait guère de l'effet d'un sortilège. La jeune femme haussa les sourcils devant le ton employé par l'élève et lui lança un regard glacial. S'il ne voulait pas avoir de questions, alors il n'aurait pas du amener son ami ici. Préférait-il qu'elle le laisse se transformer en asperge lobotomisée dans un coin ? Les Carrows ne se seraient sûrement pas donné tout ce mal pour les beaux yeux d'un unique élève, qu'il fasse partie de la maison Serpentard ou non. Désormais Little avait intérêt à filer droit s'il ne voulait pas s'attirer les foudres de la jeune femme et finir lui aussi, à mi chemin entre le légume et le zombie. Son ton désolé ne la toucha pas le moins du monde, et elle détourna enfin son regard vert d'eau de celui de l'élève qui semblait déjà s'en vouloir comme l'on tournait la page d'un livre ennuyeux. Elle n'avait pas de temps à perdre.

« Son état vous a-t-il semblé empirer le temps que vous l'ameniez ici ? Combien de temps avez-vous mis pour venir ? »

Il avait vingt minutes depuis qu'il avait été en contact avec la potion, ou la substance, néanmoins, la bibliothèque et l'infirmerie n'étaient guère situés sur le même étage ; la bibliothèque étant au quatrième, tandis que l'infirmerie se situait au troisième. Des couloirs entiers à parcourir, un étage entier à descendre au gré des humeurs des escaliers infernaux de ce château, et un Lawford à traîner sous le bras... Il était certain qu'il restait désormais bien moins de vingt minutes au blond.  

« 13 minutes exactement. Son état ne peut donc qu'empirer, mais il est encore avec nous. »

Treize minutes de passé. Le sablier s'écoulait, un à peu, les grains de sable tombaient, disparaissant dans le couloir du temps imaitrisable et irrattrapable. Treize minutes appartenant déjà au passé. Il ne lui en restait plus que sept, ou plutôt six - l'aiguille de l'horologe venant de passer un trait suivant. Les minutes s'envolaient, le temps s'écoulait. Et Lawford, lui, restait. Il lui fallait davantage d'informations, c'est pourquoi elle tenta d'interroger Lawford, histoire de voir ce qu'elle pouvait en tirer de cohérent. Alors qu'elle se penchait vers lui, lorsque les prunelles de l'adolescents croisèrent le reflet miroitant de ses iris, il sursauta violemment, et son visage se tordant en une affreuse grimace, s'exclama tout en secouant violemment la tête, ses cheveux blonds fouettant son visage pâle avec force :

« Maman ? Qu'est-ce que tu... »

La jeune femme cilla. Maman... Voilà qu'il la prenait pour sa mère. Eh bien, il fallait croire que Little avait surestimé les capacités de son ami à résister à la substance, ou sous estimé les effets de cette dernière. Il était clair que le blond n'était déjà plus vraiment avec eux.

« Monsieur Lawford, est-ce-que vous me reconnaissez ? »

Nouvelle dénégation. Bon sang... Quelle potion mettait environ vingt minutes à agir et provoquait de tels symptômes ? Une absence de fièvre, une dégénération progressive, des tremblements qui s'estompaient, des troubles de la mémoire, de la confusion, du délire avec hallucinations visuelles, auto-mutilation, la compréhension paraissait conservée puisqu'il était en mesure de lui affirmer qu'il ne la reconnaissait pas, un état général glablement conservé, une capacité à s'exprimer intacte. Le poison pernicieux pouvait éventuellement provoquer ces mêmes symptômes – la victime se trouvant en proie à un monde interne terrifiant projetait ses angoisses sur le monde extérieur et devenait alors sujet à des hallucinations, néanmoins, l'état général était totalement altéré, et le sujet en proie à une violente excitation et une agressivité exacerbée. Ça ne collait pas. Philtre de la trompette des anges ? L'effet était immédiat. Venin de Runespoor ? Celui-ci provoquait effectivement des visions, mais l'individu se noie littéralement dans ses pensées au point de ne plus réaliser son existence sur Terre. Les effets étaient même tellement terribles que la victime pouvait même être sujette à des vomissements. Impossible qu'il s'agisse de cela. Peut-être était-ce là l'effet d'une combinaison de différentes potions ?

« Pourquoi vous-êtes-vous mordu ? Quelqu'un vous-a-t'il dit de le faire ? Si oui, qui donc ? »

Tenter de savoir d'où venait l'auto-mutilation. Etait-ce un des effets directs de la substance au même titre que les hallucinations, ou la conséquence d'autre chose ? Parce qu'une potion provoquant une décharge agressive sur soi aussi importante... Il n'y avait que de très rares potions pouvant provoquer ce genre de comportements auto-agressifs, et l'apprentie doutait sincèrement qu'un élève – même de septième année, ait les compétences de les fabriquer, ou même de se les procurer. Enfin, le blond devait déjà être parti bien loin, parce qu'il n'eu pas la force de répondre, ou en tout cas en fut incapable. Seules ses épaules se soulevèrent dans un mouvement lent et quasiment automatique, telle une machine rouillée. Aucune réponse, rien. Fébrile, l'apprentie se détourna de l'asiatique et se dirigea vers sa cape restée à son bureau, afin d'y dénicher un bézoard qu'elle lui demanda de garder en bouche, afin de tenter de gagner du temps. Ceci fait, Cassidy tenta de nouveau de récolter quelques informations pouvant l'orienter un peu plus, parce que jusqu'à présent, il était clair qu'elle ramait totalement. Elle ne possédait dans sa base de connaissances pourtant bien remplie, aucune potion, aucun philtre, aucun poison - simple ou complexe, permettant de recouper de tels effets entre eux, et de tels effets avec ce temps d'action. La plupart des poisons étaient foudroyants, ou beaucoup plus insidieux. Était-ce réellement une potion ? Plusieurs potions ? Un ingrédient isolé ? Une poudre hautement toxique ? Poudre de belladone ? Cette dernière était utilisée comme antispasmodique, et provoquait souvent une dilatation de la pupille. Rien à voir. Poudre florale de digitale pourpre ? Hum... Cassidy fronça un peu plus les sourcils. Cette plante était connue pour être hautement toxique, et la poudre que l'on pouvait extraire de ses racines était blanche, inodore mais excessivement amère. Toutefois, elle provoquait au niveau physiologique un tel ralentissement du rythme cardiaque – et cela immédiat, que cela lu avait valu le doux surnom de " poison du cœur ". De plus Lawford ne présentait aucun signe de malaise, de vertige ou encore de nausées. Il ne produisait aucune quantité de salive anormale, et n'avait aucune faiblesse musculaire. De même, même si la digitale provoquait du délire, et des hallucinations, le diagnostique différentiel que l'apprentie se forçait de faire mentalement, l'amenait devant le fait qu'il manquait bien des signes : aucune lenteur de la respiration, aucun éblouissement, une absence de sensation de froid général ou même partiel, aucune cécité exprimée, ni de somnolence. Non. Le garçon avait l'air parfaitement normal. Avait-il eu la diarrhée ou des douleurs abdominales ? Si tel était le cas, il ne s'en plaignait absolument pas.

« J'étais dans la bibliothèque. C'est la datura...
-Dans la bibliothèque, et non pas devant... Et Monsieur Holbrey n'a rien vu ?
-... Non, c'est vrai, tu ne peux pas le savoir, parce que c'est chimique. »

Cassidy fronça les sourcils. Chimique ? Qu'était-ce donc que cela ? La jeune femme avait déjà entendu ce terme, mais était incapable de lui donner un quelconque sens. En revanche, Cassidy en parfaite apprentie potionniste se devait d'être plutôt calée en herbologie et en botanique. Aussi, elle connaissait parfaitement la Datura et ses usages dans le monde sorcier ; il s'agissait d'une plante rare et dangereuse poussant au Nord de l'Amérique du Sud. Les sorciers – dont seule la scopolamine, poudre extraite de la graine de la plante, obtenue chimiquement, était inconnue - avaient pour habitude d'utiliser ses racines, son pollen et ses fleurs dans diverses infusions pour des rêves étranges. Une véritable drogue. Il avait avalé de la poudre de datura ? Étrange, la jeune femme n'avait jamais entendu parler que l'on puisse tirer de la poudre de cette dernière...

« Je... Il y avait un chat. J'ai laissé tomber un livre, puis toute cette vapeur s'est changée en poudre. Je l'ai avalé. Est-ce que ça fait vingt minutes ? Rawh, citrouille. Douglas va revenir bientôt. Tu parles d'un défis, p'tain. Prendre de la poudre. Oublier, tout oublier... Halluciner et oublier. Je suis un zombie. »

La jeune femme écarquilla les yeux. Par la barbe de Merlin, elle avait l'impression de véritablement dialoguer avec un dément. Un chat... Était-ce la réalité ou n'était-ce là que le fruit de son imagination malade ? En tout cas, une chose était sûre, Lawford d'était trouvé au cœur de la bibliothèque pour un défi et non pas simplement devant comme l'avait mentionné Little. Cela changeait beaucoup de choses. Octavius devait forcément avoir vu quelque chose. Tel qu'elle le connaissait, rien ne lui échappait et il était tout simplement impossible qu'il n'ait rien vu d'un élève sujet à des hallucinations et en train de s'arracher littéralement des morceaux de peau, au sein de sa bibliothèque.

« Douglas ? - la jeune femme lança un regard à Little avant de revenir sur Félix – parlez-vous de Barthelemy Douglas, serpentard de septième année ? Il était donc là... Est-ce lui que vous avez vu Monsieur Little ? Et est-celui qui vous a donné cette... poudre, Monsieur Lawford ? »

Douglas Barthelemy... La jeune femme n'avait jamais été directement confrontée à cet élève. Les seules fois où elle l'avait aperçu étaient lorsqu'elle assistait aux cours de potions des septièmes années. Néanmoins, cet élève avait plutôt une réputation bien funeste. On le disait non seulement intelligent, mais malheureusement, il mettait cette capacité intellectuelle au profit de diverses actions mauvaises et cruelles. La violence ne lui faisait pas peur. Il aurait fait un parfait mangemort. Cassidy croisa les bras. Se pourrait-il qu'il s'agisse de cet élève ?

« Il n'y a aucune trace de poudre au niveau nasal, j'ai vérifié. La substance a été, selon moi, administrée oralement. J'ai...
-Allez-y Monsieur Little, votre ami n'a pas de temps devant lui.
-... Cela pourrait paraître impertinent, - allezzzzz - mais... Durant la Seconde Guerre mondiale, des troupes ennemies ou même alliées utilisaient un sérum de vérité qu'ils appelaient; La tropate de scopine ou scopolamine. Alistair MacLean en a souvent fait référence dans ses romans. Cette drogue est hallucinogène et elle cause aussi de l'amnésie. C'est délirant. Elle provient des graines du datura. Felix en a fait mention, alors je me permets de partager cette information. »

La lumière se fit dans l'esprit de la jeune femme. Une substance moldue, obtenue à l'aide de la chimie – cette discipline inconnue au monde sorcier. Voilà donc pourquoi cette histoire de poudre ne semblait pas coller avec la datura. Tout simplement parce qu'elle n'en connaissait pas l'existence.

« C'est toi... C'est de ta faute !
-Pardonne-moi Felix, mais je ne suis pas sûr de...
-C'EST TOI ! »

C'était quoi cette école de fous ? La suite fut très rapide. D'un bond, Felix s'anima et se dirigea en une enjambée vers le cinquième année, frôlant Cassidy de l'épaule comme si elle n'existait pas. La jeune femme s'était-elle effacée de son esprit malade, aussi vite qu'elle y avait fait une brêve apparition ? Avant que la Rowle ne puisse faire un geste pour aller chercher sa baguette restée posée sur le bureau, le blond saisit le cinquième année par le col de sa chemise blanche, en proie à une fureur paraissant incontrôlable. Hors de lui, au sens propre, comme au figuré. Les pieds de Little décollèrent du sol tant la différence de taille entre eux était importante et brusquement, le propulsa vers la jeune femme qui écarquilla ses iris turquoises en voyant le boulet de canon arriver vers elle. Elle eu juste le réflexe d'esquisser une dérobade sur la gauche, mais cela ne fut guère suffisant et Little la heurta de plein fouet, la renversant sur le sol. Violemment, la tête de la sorcière claqua sur le carelage et pendant quelques secondes des étoiles dansèrent devant ses yeux. Le boulet quant à lui venait à peine de se mettre à genoux dans une piètre tentative de se relever qu'il se prit un coup de pied en plein dans l'estomac.

« Felix arrête ! Maintenant ! »

Brusquement, sous les yeux ébahis de la jeune femme, Lawford s'immobilisa, toute agressivité retombée, et tourna ses prunelles vers elle – encore à moitié sonnée sur le sol.

« Dis... Ça fait 20 minutes ? - Il recracha le bézoard à ses pieds, avant de conclure. - J'ai mal au bras, p'tain »

Cette école allait avoir sa peau. Lentement, Cassidy se releva sans répondre au blond qui devait de toute façon déjà avoir oublié sa question. Se frottant l'arrière de la tête, elle s'adressa au cinquième année, le regard encore un peu sonné.

« Je vois Monsieur Little, vous avez bien fait. Effectivement, cela pourrait expliquer son état si je me fie à ce que vous me décrivez. Néanmoins, je n'ai aucune connaissance – contrairement à vous qui semblez particulièrement bien informé sur les techniques moldues – sur cette substance et comment la contrer. Peut-être qu'en récupérant la mémoire Monsieur Lawford pourrait nous en apprendre plus... »

Si cette poudre était d'origine moldue, Douglas étant de sang-mêlé, il était tout à fait possible qu'il en est connaissance. Fébrile, Cassidy se détourna et fonça en direction de la réserve de l'infirmerie. Quelques secondes plus tard, elle était de nouveau auprès du blond, avec deux flacons dans les mains ; l'un était une potion de mémoire, tandis que l'autre était une potion d'aiguise méninge. Bien entendu, aucune ne fonctionnerait puisque la scopolamine empêchait toute absorption dans l'estomac, mais cela, la sorcière ne pouvait guère le savoir. Vivement, elle s'approcha de Little et lui mit un flacon dans chaque main.

« Est-ce que je peux vous laisser lui administrer ces potions ? Essayez en premier la potion de mémoire – la orange. Elle est censée lui permettre d'améliorer l'accès à ses souvenirs. Si cela ne suffit pas, administrez-lui la seconde, la potion d'Aiguises-méninges pour qu'elle l'aide à mieux réfléchir. Je serai vite de retour. Je fonce chercher Monsieur Douglas à la bibliothèque pour qu'il s'explique ! »

Une des plus grandes qualités humaines aux yeux de Cassidy, était l'humilité. Savoir reconnaître que l'on ne savait pas. Et en cet instant précis, la sang-pure ne savait pas quel pouvait être l'antidote à ce type de substance moldue, et visiblement Little – qui paraissait pourtant calé – non plus, puisqu'il ne lui avait rien mentionné qu' un quelconque antidote. Il ne s'agissait pas vraiment d'un poison... En tout cas le bézoard n'avait guère annulé les effets... Rapidement, Cassidy retourna à son bureau, glissa sa baguette magique dans sa manche et sortit comme une furie de l'infirmerie, claquant la porte derrière elle. Et Holbrey ? Il devait être au courant de quelque chose, cela s'était produit au sein de sa bibliothèque après tout ! Cassidy ne pouvait tout simplement pas croire qu'il n'ait absolument rien vu ou entendu d'un gamin hallucinant, en train de s'arracher la peau. Rapidement, la blonde monta les escaliers et quelques instants plus tard, débarqua au sein de la bibliothèque. Le regard perçant, elle repéra bien vite Octavius installé à son bureau, sirotant une petite tasse de thé. Lui manquait plus que le petit doigt en l'air, tiens... Vivement, la jeune femme se dirigea vers lui d'un pas assuré. Rien ne laissait supposer que leur dernière rencontre s'était faite dans un tout autre contexte d'échanges corporels. Ses talons claquant sur le sol ne la ralentirent en rien, et une fois devant le bureau de bois du sorcier, elle darda son regard tourmaline dans le sien.

« Monsieur Holbrey... Je recherche un élève de Serpentard présent dans cette bibliothèque il y a environ une vingtaine de minutes. Barthelemy Douglas, septième année. Il faut absolument que je puisse échanger très rapidement avec ce jeune homme. Il se pourrait fortement qu'il soit impliqué dans une affaire de drogue assez sérieuse. De la... scoplolamine, je crois. Par ailleurs... je suppose que – votre travail étant de surveiller cette bibliothèque, vous avez du être confronté à Monsieur Lawford en train d'halluciner et de s'arracher la peau ? Vous n'avez certainement pas pu passer à côté de ce genre de chose, vous qui êtes si observateur et attentif... »

Cassidy croisa les bras contre sa poitrine, et pencha la tête légèrement sur le côté, humectant ses lèvres rosées. Voyons maintenant ce qu'il allait lui sortir.

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Le pessimiste se plaint du vent, l'optimiste espère qu'il va changer, le réaliste ajuste ses voiles.

Crédit - Joy
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MessageSujet: Re: It's more like... a Sugar Daddy [Septembre 1997] Lun 16 Jan 2017 - 15:47

Lovely. La lucidité avait quelque chose de bonnement fabuleux en présence de ceux qui n’en étaient pas dotés, surtout lorsqu’il s’agissait d’une privation artificielle. La sobriété, sa bénédiction et sa malédiction en même temps. Si l’alcool et la drogue avaient un effet certain sur son corps et son imagination, ils n’en avaient en revanche jamais sur son esprit. L’état d’ébriété le mettait en trance, l’abandonnait à quelques sensations de légèreté sans à aucun instant lui faire quitter la terre ferme, quelle que fut la quantité ingurgitée. Il se souvenait maintenant de la première fois qu’il lui fut donné de boire sans réserve. Il était pris d’une timidité maladive et s’était mis à siroter des verres de champagne, dont la quintessence montait plus vite à la tête que n’importe quelle autre boisson, pour se donner du courage et un peu de désinvolture factice. L’état de béatitude caractéristique à l’ivresse était bien là, mais la bravoure ne venait pas, et Octave restait accoudé au bar, anémique, et toujours sans aucune once d’assurance ni de témérité, à regarder la jolie blonde au décolleté vertigineux et au regard profond comme mille océans. Finir complètement torché n’avait jamais servi à rien tant cela ne changeait globalement en rien, ni son comportement, ni sa façon de penser et d’agir. Le sol se dérobait, il rigolait bêtement en se cassant la figure depuis le traître trottoir, mais la conscience du ridicule de sa situation ne lui avait jamais échappé, à aucun instant. Ce qui était foutrement tragique pour un alcoolique qui buvait dans l’espoir de perdre un peu de cette fâcheuse conscience qui refusait manifestement de lui lâcher la grappe, et réussissait à l’atteindre à travers des bols de soupes de vodka. Désinhibé, c’était ça le bon mot. Il rêvait d’être un peu désinhibé comme tous ces gens pétés qui gagnaient en confiance et collaient les filles les plus jolies du bar sans aucune gêne. Octave n’avait jamais voulu picoler au point de venir s’assoir allègrement sur les genoux de quelqu’un, mais au moins être un peu plus décousu, un peu plus libre. Il déconnait plus facilement, c’était certain, mais tout en restant relativement sérieux dans le fond. Il n'y avait que la scopolamine qui lui avait jadis véritablement retourné le cerveau, mais comme la voie risquait d'être sans retour, il dut bien vite y mettre fin, sentant qu'il perdait non seulement de sa conscience, mais également de son intelligence.

Mais du coup, voir Felix ainsi, c’était du déjà-vu. Un déjà-vu agréable cela dit. Déjà parce que c’était particulièrement drôle et cocasse, et d’autre part parce que c’était le but recherché que de le voir perdre involontairement les pédales. Octave était presque jaloux de tant de réceptivité facile aux drogues. Le rire, la rage, l’impuissance qui se lisaient sur son visage et se répandaient en écho à travers la bibliothèque étaient tout bonnement délicieux à l’oreille, frémissante harmonique de savantes représailles. Croisant les bras sur son poitrail, Octave l’observait en parfait spectateur, constatant les effets de la panique sur son petit corps déjà assujetti à quelques hallucinations primaires. Il avait décidé de suivre discrètement l’adolescent dans ses déboires, se gausser un peu de cette douce descente vers l’annihilation de toute volonté. Et puis, savoir aussi un peu comme Lawford allait se débrouiller, bien entendu. Mon dieu que cela l’avait rendu mou et hésitant ! Le voilà qui se distrayait maintenant sur des détails du décors, perdant petit à petit son but. Merveilleux. Pauvre créature, Felix n’était pas parvenu à aller bien loin, se contentant de tourner en rond, comme perdu dans un labyrinthe imaginaire. En tout cas, son trip semblait de qualité, celle qui déforme si bien la réalité qu’on n’a même pas le temps de la questionner, et tout semble tellement vrai en même temps que son absurdité géométrique fout inconsciemment la trouille. L’angoisse de la démesure. Alors que Felix marchait l’air penaud, l’un de ses compagnons finit par le retrouver. Douglas. Sur quoi Octave s’empressa de s’effacer, laissant la loque humaine entre les braves mains de son prétendu ami, ou simplement camarade de débauche. L’aventure pouvait maintenant véritablement commencer pour lui. Le bibliothécaire aurait bien voulu le suivre encore un peu, voir où cette histoire le mènerait, s’il finissait par s’en sortir rapidement ou pas, ce dont il doutait un peu tout de même, à moins que Felix ne se décide, dans sa sombre folie, à voir Rogue, mais comme le libre arbitre n’allait pas tarder à ne plus faire partie de ses privilèges, cela était tout autant peu probable. D’autant qu’avec Douglas, ou de manière générale avec le cercle privé de Felix, il y avait peu de possibilités que l’un d’eux s’avère être un parfaitement bon samaritain.

Alors qu’il parcourait tranquillement l’allée parallèle, un rire étouffé secouait doucement sa poitrine. Bon sang qu’il faisait de la peine. C’était bien le genre de détresse qui le rendait d’humeur gaie ; Felix était tout simplement amusant, par ses manières empruntées et cette défiance provocante qui l’animait sans arrêt. Mais voilà qu’en proie à des démons qui lui étaient propres, toute la fierté et l’apparence hardie du personnage s’était comme parfaitement volatilisée, mettant l’adolescent à nu, si ce n’est concrètement, au moins métaphoriquement. Alors oui, on pourrait rétorquer, il y a toujours des gens pour médire, ce n’était qu’artificiel, qu’Octave l’avait forcé à se dépouiller, que ce n’était pas volontaire. Certes, mais cela ne rendait pas sa désinhibition moins authentique. Lui, qui était si agressif et effronté, toujours plein de mauvaises paroles et de grandes tirades vulgaires, se voyait soudain perdre tout le pouvoir qu’il s’imaginait avoir. C’est avec une immense satisfaction qu’Octave vit Douglas trainer Felix hors de la bibliothèque avec une infinie délicatesse, comme dirait l’autre ironiquement. Braves petits, toujours là pour répondre aux attentes d’un esprit calculateur comme celui d’Octave. Ce dernier alla tranquillement s’assoir à son bureau et retourna à la paperasse, voguant aux tâches lui incombant en ce lieu. Mentalement, il comptait les secondes, les minutes qui séparait Felix du début de la véritable aventure, chevauchée sauvage à travers un monde ou les faibles et ceux étant facilement manipulables n’avaient que peu de chances de garder l’esprit sain. Quel merveilleux enseignement pouvait-on donc tirer lorsque, au fond du gouffre, à l’apogée de l’insuffisance, l’on voyait les gens qui nous entouraient profiter de nous plutôt que de nous aider ? Douglas semblait parfait dans ce rôle. Enfin, Octave savait aussi très sobrement que quoi qu’on s’imagine sur cet endroit, les gens n’étaient jamais vraiment aussi vicieux et pervers que l’on voulait bien croire. L’âge imposait quelques limites à la frivolité, tout autant que le contexte autoritaire du lieu venait refouler les désirs primaires, ne laissant au corps et à l’esprit que le plus vulgaire du convenables, sans toutefois sortir des limites imposées par les mœurs. Des bagatelles adolescentes, voilà comment on finissait par appeler cela.

Les talons… sa manière de marcher faisait qu’il pouvait la reconnaître entre mille. Octave n’avait pas relevé sa tête, se contentant de sourire dans son verre à thé. Une gorgée faite et le voilà parfaitement sérieux à nouveau, prêt à connaître le sujet de sa visite. Ce n’est que lorsque Cassidy vint se planter devant le bureau qu’il daigna relever la tête avec la désinvolture et l’innocence qui lui allaient si bien. Un sourire entendu vint s’allonger sur ses lèvres alors qu’il posait son thé sur le bureau, manifestant par là son plus sincère intérêt et sa dévotion la plus polie.

« Monsieur Holbrey…
- Miss Rowle. »

Ah oui, le jeu de la convenance sérieuse. Son regard se teinta d’une lueur à peine perverse, alors que se rejouait à l’arrière de ses pupilles ces instants partagées aux toilettes du restaurant à Pré-au-Lard, ou lorsqu’il était parfaitement nu dans le corps de la donzelle à batifoler telle une nymphe des forêts. Cela rendait cette feinte civilité d’autant plus cocasse. Une courtoisie de bouche pour essayer d’évincer et d’oublier la proximité du corps et de l’esprit… Miss Rowle, vous êtes comme on s’y attend, joliment aimable et tragiquement blessante. Idéalement, s’y étant attendu, Octave ne lui tint pas le moins du monde rigueur pour cette décence de façade, dont il se gargarisait encore plus en se remémorant la belle blonde ramper à travers les fourrées d’un jardin et bondir dans l’étreinte de ses bras sans le vouloir. Belle satisfaction, incomparable tendresse d’un souvenir plus revigorant que pouvaient être décourageantes toutes ces mièvres tentatives de désillusion.

« Je recherche un élève de Serpentard présent dans cette bibliothèque il y a environ une vingtaine de minutes. Barthelemy Douglas, septième année. Il faut absolument que je puisse échanger très rapidement avec ce jeune homme. Il se pourrait fortement qu'il soit impliqué dans une affaire de drogue assez sérieuse. De la... scoplolamine, je crois. Par ailleurs... je suppose que – votre travail étant de surveiller cette bibliothèque, vous avez dû être confronté à Monsieur Lawford en train d'halluciner et de s'arracher la peau ? Vous n'avez certainement pas pu passer à côté de ce genre de chose, vous qui êtes si observateur et attentif... »

Ah ! Infamie ! L’on ne pouvait décidément pas faire confiance à ces obtus élèves, qui faisaient toujours le contraire de ce qu’ils étaient censés. Felix avait donc atteint la bibliothèque, et plus tôt que ce qui fut prévu. Misère. Octave allait encore devoir prendre les choses en main, refusant que l’expérience se finisse aussi vite ou parte dans une direction qui ne lui était absolument pas intéressante. Douglas finirait inévitablement par révéler quelque chose qui mènerait au bibliothécaire en personne et même si cette perspective ne le gênait pas, Octave ne voulait pas que cela se termine aussi vite. Trop facile. Trop rapide. Trop insatisfaisant.

Nature peinture, il se releva prestement, sans oublier une touche d’hésitation qui donnât au personne la crédibilité de quelqu’un d’intrigué par les événements contés tout en ayant du mal à y croire. De la drogue, ici ? Nooooon, impossible. Honnêtement, il aurait préféré que Miss Rowle ne soit pas de garde à l’infirmerie aujourd’hui, cela aurait été plus simple de mentir à quelqu’un d’autre, tant l’attachement qu’il éprouvait à l’égard de cette sirène le forçait à être sage. Mais une seule pensée pour le Doloris, ses affaires violées, sa réputation malmenée, et tous les soucis qui s’en étaient suivis l’entrainèrent à prendre avantage de la situation, de faire d’une pierre deux coups. Alors, Octave fronça les sourcils en regardant la jeune femme dans les yeux, le regard légèrement vitreux mais déterminé, comme si son esprit tentait de réaliser quelque chose, ou d’attraper un souvenir, une information volage. De la scopolamine dites-vous, ici ? Incroyable, une substance si dangereuse, si inconnue des sorciers… Un regard vers son horloge de bureau, il fit mine de remettre les événements chronologiquement en place, alors qu’il était en train de constater si l’heure était venue pour Felix d’être parfaitement opérationnel. Relevant son visage vers la jeune femme, un air préoccupé flottant sur ses traits, arquant sa bouche et ses sourcils, Octave finit par murmurer dans un souffle :

« Lawford est venu me poser des questions au sujet de la scopolamine il y a une demi-heure, je pensais qu’il était juste curieux… Tu veux dire qu’il en a vraiment pris ? »

Et hop, une petite familiarité pour accentuer la véracité de son angoisse responsable. Vivement, il contourna son bureau, son regard fixant le lointain, vers un dessein que seul lui pouvait voir. Il marchait vite, à grandes enjambées, sachant parfaitement que Cassidy serait obligée de le suivre en cavalcade pour rester à sa hauteur, ce qu’elle ne ferait probablement pas au vu de son désir constant de rester digne. Octave était plus rapide, il le savait, ses jambes étaient plus fortes et sa foulée plus large et il en profitait allègrement, camouflant tout cela habillement derrière une inquiétude à demi feinte. En voyant le visage préoccupé de Cassidy, il avait deviné qu’elle savait la scopolamine dangereuse et n’avait fait que lui emboîter le pas pour mieux confirmer cette crainte et diriger son attention sur autre chose que son jeu d’acteur. Scopolamine, scopolamine, scopolamine. Miss ! Regardez comme je marche vite et comme j’ai l’air préoccupé, ce ne doit certainement être pour rien. Surtout, n’oubliez pas de marcher vite vous aussi, que l’adrénaline fasse monter le sang à votre visage et vous brouille un peu plus l’esprit, vous figeant sur une seule finalité. Au pas de course, il avait déboulé l’escalier, descendant les marches trois à trois, en direction de l’infirmerie. D’un geste d’une théâtralité parfaitement calculée, il ouvrit les portes en bois du mouroir et se dirigea vers Felix qu’il n’eut aucun mal à repérer. Cassidy était loin derrière, mais il devait faire vite. Il saisit Lawford par les épaules et le ramena à la lumière sans ménagement, comme si sa vie ne tenait plus qu’à un fil et que le temps était compté. Mais en réalité, ce n’était que pour l’éloigner de son bon samaritain, Cliff. Faisant dos à tout la pièce, Felix coincé contre la large fenêtre, il prit sa tête entre ses mains et écarta des pouces ses paupières inférieures pour mieux voir les pupilles. En réalité, on s’en fichait pas mal des pupilles, mais c’était là un excellent moyen pour lui susurrer des ordres. Tu croyais t’en tirer Lawford, qu’Octave te lâcherait la grappe simplement parce que tu es bien arrivé à bon port ? Que nenni. Tant que ton bourreau n’aura pas décidé du contraire dans sa grande miséricorde, tu seras contraint de jouer à ce jeu sans rien pouvoir rétorquer… Vrillant de son regard d’émeraude brillant au soleil, Octave perçait celui, noir et légèrement gélatineux, de l’adolescent.

« Ecoute-moi bien, murmura-t-il d’une voix qui n’accepterait aucune désobéissance, la seule personne dans cette salle dont tu n’écouteras pas les ordres, ce sera Miss Rowle. Dès que je te le dirai, tu commenceras à te débattre de mon emprise et tu diras que tu as inventé tout ça. Que tu voulais simplement que tout soit réaliste et que tu as joué la comédie devant ton pote pour qu’il te ramène ici. Mais comme il refusait de partir et que maintenant encore plus de gens se ramènent, tu ne peux plus faire semblant. Jette-toi aux pieds de Miss Rowle et avoue lui ta flamme, ta passion, ton désir. Sois Shakespeare et Byron en même temps, sois inventif et crédible. Sois toi-même. Dis-lui que tu l’aimes et que tu la veux, insistes. Et lorsqu’elle te repoussera, parce que c’est ce qu’elle va immanquablement faire, dirige-toi vers les étagères de l’infirmerie et bois tout ce qui te passe sous la main. Suicide-toi. Fais-toi du mal comme tu sais si bien le faire. Sois l’amant refoulé. Si ton cher ami intervient, défends-toi et dis qu’il ment. Si Cassidy t’accable, fais-en de même en retour, dis-lui que c’est à cause d’elle, de son insensibilité, qu’elle est cruelle et blessante. »

Il avait dit cela dans un seul et long souffle sans que sa diction n’en pâtisse. Le débit fut fulgurant mais largement compréhensible et Octave tâcha d’emprisonner chacun de ses mots dans l’esprit réceptif de ce pauvre Felix. Les talons claquaient dans son dos, d’abord au loin, et puis de plus en plus proches. Octave prit un air perplexe, comme s’il découvrait que l’adolescent avait raconté des bêtises à la belle potionniste pour des raisons qui lui échappaient. Se saisissant du menton de Lawford, il releva son visage, faisant mine d’inspecter ses lèvres juvéniles tout en fronçant ses sourcils sataniques dans un expression confuse. Oh, mais ne fait-il pas donc semblant d’être drogué ? Il a l’air parfaitement… normal ? Quel chenapan, tant de monde dérangé pour un si vilain mensonge et tout ça, pour quoi ? Pour quelle raison ? L’heure de le savoir, on dirait bien.

« Vas-y… »

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HRPG
fefe est perdu dans son p'tit monde,
alors j'ai beaucoup de Cliff time dans ce rp




« Je vois Monsieur Little, vous avez bien fait. Effectivement, cela pourrait expliquer son état si je me fie à ce que vous me décrivez. Néanmoins, je n'ai aucune connaissance – contrairement à vous qui semblez particulièrement bien informé sur les techniques moldues – sur cette substance et comment la contrer. Peut-être qu'en récupérant la mémoire Monsieur Lawford pourrait nous en apprendre plus... »

Au fond de sa personne, il n'y avait plus que cette insaisissable douleur, un mal-être mental et physique qui le bousculait dans une atmosphère dont l'espace était incertain et sans doute beaucoup trop minime pour permettre la subsistance. La confusion continuait de bercer Lawford qui, seulement après avoir brièvement levé le bras qu'il avait mutilé, se rendit compte qu'il était blessé. Le sang avait repris route contre sa peau, tel un ruisseau instable, laissant avec négligence cette vitalité bourgogne s'écraser au sol et tacher tout ce qu'elle pouvait atteindre. Son visage qui avait toujours été immodérément paisible se changea aussitôt qu'une alerte l'assomma pour lui crier qu'il était en danger, mais cette même alarme s'arrêta sous un soubresaut aussi brusque qu'incompréhensible aux yeux des autres, alors que le Serpentard crut apercevoir le chat de plus tôt. Une peur aussi violente que vicieuse le rongea de l'intérieur, le poussant à vouloir se reculer pour ainsi éviter l'animal de ses illusions. Cependant, son propre corps l'empêcha d'apporter le moindre mouvement à ses membres, comme si un mur invisible et épousant ses formes avait été construit autour de lui. Cliff se redressa lentement, parcourant le blond du regard puis il s'attarda sur l'apprentie en dernier lieu. La jeune femme s'était encore éclipsée, ce qui fit monter un désarroi au coeur de Little qui ne comprenait pas ce qu'elle pouvait bien faire à aller chercher des potions, alors qu'ils n'avaient aucune idée de ce que cela pouvait engendrer sur Lawford. Les effets négatifs, voilà ce que Cliff redoutait et il croyait maintenant nécessaire qu'il ne se retrouve pas seul avec Felix, chose qu'il pensait que la Miss avait compris. Malheureusement, en vue des agissements de celle-ci, le petit asiatique savait ce qui l'attendait et il avait compris que la Miss allait le laisser seul. La bouche bien étroite et le regard neutre, il fixa un être complètement ailleurs et enfermé sur lui-même. C'était presque beau de voir à quel point Felix semblait perdu. Au même instant, l'apprentie apporta les deux potions en guise de malédiction. Au moins, le cinquième année s'y attendait; Felix était devenu son fardeau.

« Est-ce que je peux vous laisser lui administrer ces potions ? Essayez en premier la potion de mémoire – la orange. Elle est censée lui permettre d'améliorer l'accès à ses souvenirs. Si cela ne suffit pas, administrez-lui la seconde, la potion d'Aiguises-méninges pour qu'elle l'aide à mieux réfléchir. Je serai vite de retour. Je fonce chercher Monsieur Douglas à la bibliothèque pour qu'il s'explique ! »

Il hocha simplement, la laissant quitter avant de souffler un simple; - Inutile. Et ce n'était pas par méchanceté ou par manque de respect envers la dame. Non, ce n'était que par logique. La Miss était nouvelle dans cette école, ce qui n'était pas du tout le cas de Cliff. De plus, Little avait précisé plus tôt qu'il avait retrouvé Lawford et Douglas hors de la bibliothèque, ce qui voulait donc dire que Barthélemy ne s'y retrouvait plus. Il aurait été stupide de sa part de rester sur les lieux de son crime, n'est-ce pas ? Enfin, pour tout dire, Cliff se considérait mieux disposé et informé pour retrouver l'énergumène que pouvait être Douglas, puisqu'ils étaient tous deux dans la même maison et que les repères du jeune homme restaient les mêmes; la bibliothèque ou le canapé du dortoir. De plus, même si la Miss trouvait le sorcier par hasard, Douglas allait bien vite l'envoyer bouser. Du genre à lui avouer qu'elle méritait le respect que par sa beauté, sans quoi les gens en auraient rien à foutre de l'apprentie potionniste au coeur de glace, Douglas se serait fait un plaisir à l'insulter. L'apparence, voilà ce qui changeait tout. Après tout, avec une allure mieux disposée, Rogue pouvait être un tout autre homme. Cependant, on ne parlait que de ses cheveux gras et de sa tête d'enfant battu. Cassidy n'était donc que chanceuse. Tout en lançant un soupir dans les airs, Little s'approcha néanmoins du blond, lui demandant de simplement s'asseoir et de bien vouloir avaler la première potion. D'abord attentif face au moindre changement, le plus jeune quémanda un contact visuel puis il débuta ensuite l'histoire pour trouver de lui-même qui pouvait être derrière tout ça.  

- Douglas ne se battrait jamais avec toi pour te faire prendre cette drogue. Il t'aurait caché aux cachots pour profiter de toi, si ça aurait été le cas. Il aurait aussi insisté à me faire croire que tu étais tout à fait normal. Il fronça les sourcils, sans jamais quitter les iris du blond. Plus il réfléchissait, moins cette situation avait de sens. Il essaya donc de concevoir autre chose, une nouvelle situation dont il aurait eu le droit qu'au sommaire d'un chapitre. - Je te connais Felix; tu n'essaies rien de nouveau, sans être entouré de ceux que tu crois être tes amis. L'effet de groupe te berce. Si Douglas était proche de la bibliothèque, il devait forcément t'y retrouver. Cependant, d'une manière ou d'une autre, tu l'as mis en colère, puisqu'il t'a fait du mal. Tu aurais donc eu une dispute avec lui. Tu étais sans-doute dans la bibliothèque pour planifier ton défi de la semaine... Non, ça ne tiens pas la route. Douglas était hors de la bibliothèque. Mais alors toi... Que faisais-tu Felix ? Cette mise en scène n'était pas la bonne. Il inspira, se contentant ensuite de lui faire prendre la deuxième potion. - Tu attendais tes amis. Non... Douglas est impatient, il n'aurait pas pris le temps de... Oh, je vois... c'est lui qui t'attendait et ce serait ça qui l'aurait mis en colère. Et s'il t'attendait, ça veut dire que tu lui as demandé de partir ou quelqu'un lui a demandé de partir. Tu t'es donc retrouvé seul avec une personne particulière... avec ton agresseur. Après quelques secondes de remise en question, il regarda l'heure contre sa montre pour en juger l'état du blondinet.

- Tu perds la mémoire, ce qui veut donc dire que ton agresseur ne tient pas à être reconnu et il t'a donné une quantité exacte pour savoir que 20 minutes t'étaient données. Felix, la personne qui t'a fait ça est brillante et sans scrupules. Ça ne peut pas être un élève et un inspecteur se moquerait bien d'être reconnu ou pas. D'ailleurs, si ton agresseur ne tient pas à être pointé du doigt, alors cela veut dire que tu le côtoies. Sinon, c'est qu'il va simplement refaire surface. Et ton histoire se rapporte à la bibliothèque, là où nous avons laissé l'apprentie potionniste aller, le même jour où Madame Pomfresh est absente. Il se força un sourire alors qu'il se reculait pour calculer les prochains événements qui allaient suivre. - Si l'apprentie revient avec un autre que Barthélemy Douglas, alors cette autre personne sera assurément ton agresseur. Mais toi, tu ne peux pas le savoir et le dénoncer. Bravo... Mais pourquoi ici ? Cet endroit est ouvert à tous, alors il n'est pas là pour voler des potions. Pourtant, il devait bien se douter que tu allais venir ici. Donc... il sera forcément lié à la Miss, je ne vois que ça. Ce n'est pas comme si cette femme laissait n'importe qui venir ici pour voir un élève qu'elle ne peut guère soigner d'elle-même. L'orgueil, tu vois... Et la froideur aussi. Elle ne pourra pas supporter la présence d'un autre intrus. Il lui faut une connaissance. Alors pourquoi ton agresseur vient-il ici et que veut-il réellement ? Quelle est la morale ? Pourquoi toi ? Ou plutôt; que veut-il faire de toi ? La Miss est-elle complice ? Suis-je la prochaine victime ? ... Non.

Et ainsi les portes s'ouvrirent, annonçant avec grâce l'arrivée d'un homme qui, que par sa théâtralité, fit monter en Cliff un instinct de répulsion et de mise en garde. Lorsqu'il réalisa que ce n'était que le bibliothécaire, il ne put s'empêcher de sourire en hochant doucement la tête, de sorte à dire qu'il aurait dû s'en douter. Felix gardait toute son attention contre Cliff, celui-ci lui ayant demandé de ne pas le quitter des yeux. Cependant, l'adulte se fit bien rapide, apportant au loin Lawford qui se laissa faire, puisqu'il était à la phase de non-retour, ce moment horrible où son esprit était ailleurs, prêt à faire tout ce qu'on veut bien lui ordonner. Pris au piège dans une béatitude grotesque et déplacée, il était libre pour l'adulte de lui dicter sa mission. À voir Holbrey aller, le code Amber était presque proclamé par Cliff qui n'avait pas cherché à retourner auprès de son camarade pour le sauver. Au contraire, le Serpentard resta bien droit, les prunelles rivées vers l'entrée, à la recherche d'une apprentie qui était très éloignée de son poste. Derrière lui, Felix avait fermé les yeux sous les mouvements brusques du nouvel arrivé, se contentant que d'écouter sa mission. L'horreur qu'il devait mettre à therme lui semblait amusante. Il était positif, mais cette profonde joie le quittait peu à peu, alors qu'il prenait conscience du plan. Non, il ne prenait pas conscience du danger, mais plutôt de l'amour virtuel qu'il avait pour la Miss. Il se sentait réellement angoissé à l'idée qu'il y ait tant de gens, au point où il commença à paniquer silencieusement, alors que Holbrey releva son menton pour l'analyser.

« Vas-y… »

- Lâche-moi p'tain ! cria Felix d'un coup, tout en repoussant l'adulte, mais il fit cela sans réellement le lâcher. Il le tenait par le collet, fermement, d'une main impossible à ouvrir par le manque de conscience envers la force qu'il utilisait. Le mouvement était brutal. Lorsque Felix devait se défaire d'une emprise, il y allait ainsi. D'une main ferme, il forçait sa domination en empoignant le collet et en forçant son assaillant à aller ou se pencher vers le bas. Au même principe d'empêcher son chien de sauter à la gueule d'un autre, il gardait la tête de sa victime prise auprès de sa hanche, se tenant prêt à donner un coup si la personne venait à se débattre. Généralement, il empoignait les autres par les cheveux, mais Octave avait le droit à cette faveur que Felix ne s'attaque qu'à son collet. Le blond posa ensuite son attention sur les environs en comprenant que c'était fini pour lui, qu'il ne pouvait pas continuer ainsi et qu'il devait dénoncer une vérité qui n'en était pas une. - Me*de ! Vous êtes tous trop con ! dit-il en lâchant l'adulte comme l'on balance un voleur hors d'une maison. On le lance devant, brusquement, mais pas trop loin, parce qu'on veut aussi lui mettre le pied quelque part, que ce soit au c*l ou au visage, tant que l'accusé est touché, ça va. Felix se battait souvent et il avait souvent perdu, pour ne pas dire tout le temps. Cependant, il avait appris à immobiliser ceux qui lui apportaient une emprise, histoire de respirer un coup avant de finir au sol à quémander ses mères ou le repos.   

- Je voulais juste que ce soit réaliste, j'en demande trop faut croire. Et tout ça pour toi. finit-il par dire en direction de Cassidy. Il la regarda longuement, finissant par laisser tomber un rire désespéré en levant les yeux vers le plafond. - Je ne comprends pas ce que j'ai. Je n'ai même pas besoin de te connaître et je... J'en sais rien. Je suis tombé amoureux une seule fois et la meuf s'est fait mettre par mon meilleur ami. Génial, hein ? Alors je m'étais promis que ça n'arriverait plus. L'amour c'est horrible, c'est intense et impossible à gérer. Tu es impossible à gérer Cassidy. Tu es belle, brillante, audacieuse et tu as ce côté sérieux qui m'apporte que du bien. J'aime ta froideur, parce qu'elle dose bien avec ta fragilité. Regardes-toi... Tu es si attrayante et forte. Mais je parle à ta personnalité. Je m'en fous que tu sois mignonne, ce n'est pas ce qui me pousse à t'aimer. J'aurais été aveugle, ça n'aurait rien changé. Alors... s'il te plaît. Juste une fois. Il s'en approcha en se foutant bien de ce qu'elle avait à dire. Il voulait seulement la toucher. Son visage, ses cheveux, ses lèvres... Il leva une main vers elle en souriant en coin, tentant d'aller caresser sa joue.

- Ne me repoussez pas. souffla-t-il dans un dernier murmure. Cliff le regarda aller, mais ses prunelles percèrent bien vite celles d'Octave. Cherchant son attention, le cinquième année mima un simple mot à l'aide de ses lèvres; Magnus - mot latin qui représentait la situation actuelle. Cette mise en scène était grandiose et elle prenait toute la place, créant une toute nouvelle atmosphère. Il avait utilisé le latin en étant persuadé que l'homme allait le comprendre. Bref, Little tenait à ce que l'adulte soit conscient qu'il allait aussi prendre part au jeu, parce que la morale était plutôt belle. Peu importe ce qui allait suivre, le but était simple; Cassidy était blessante et il fallait qu'elle le sache.

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I tried, I lied, I died
I tried Parce que tu m'as toujours dit que l'important, c'était d'essayer... non ?
I lied Il faut éviter de poser des questions, si on ne veut pas entendre de mensonges. Tu le sais bien.
I died Ne m'en veut pas, mais c'est ce qu'il y a de plus facile à faire. Après tout, si tu regardes autour de toi, tu verras que tout le monde y arrive.



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MessageSujet: Re: It's more like... a Sugar Daddy [Septembre 1997] Ven 27 Jan 2017 - 20:36

La pivoine. Cette fleur infernale qu'il avait délicatement glissé dans ses cheveux lors de leur dernière entrevue fut la première chose qui lui revint en mémoire lorsqu'elle croisa son regard pétillant et malicieux. Cette même fleur qu'elle avait oublié d'ôter de sa lourde chevelure avant de transplaner pour rejoindre le château, le laissant là pantelant au milieu de l'herbe fraîche, avec pour seules compagnes les étoiles qui les avaient accompagné tout au long de cette soirée si particulière. Rapprochement ? Rejet ? Un mélange des deux, très certainement. Très certainement dominée par le rejet. Sans hésitation, la jeune femme l'avait abandonné derrière elle, s'évaporant dans la brise de la nuit en un craquement sonore, sans un regard pour celui qui en une soirée, l'avait tant ébranlée. Pur orgueil, maudite fierté. Manque de courage également, très certainement. Sous son regard, elle se sentait tellement démunie et avait l'impression qu'à chaque fois qu'il la contemplait de son regard émeraude, toute sa mise en scène s'effondrait en un claquement de doigts. Lisait-il en elle comme dans un livre ouvert ? Percevait-il ce qu'elle dissimulait au plus profond d'elle-même dans l'ombre d'un sourire narquois, ou dans l'iris miroitant de ses yeux en amande ? Elle en avait la désagréable et terrifiante impression. Derrière elle, seule l'odeur caractéristique de Lys oriental avait subsisté, venant témoigner de sa présence en ce lieu. Une Rowle ? Ici, en pleine nuit ? Impossible. Hormis ce doux parfum imprégnant les airs pendant les quelques instants qui suivirent le départ de la sorcière, il n'y avait rien. La pivoine. Observant le bibliothécaire entre ses longs cils, Cassidy retint une petite grimace. Elle l'avait conservée, n'ayant pu se résoudre à s'en débarrasser après être rentrée au château et être retournée dans ses cachots froids et humides.

Ces derniers jours, elle avait mis toute son énergie, ses ressources intellectuelles et sa créativité en oeuvre afin de lui concocter un plan plutôt diabolique pour lui nuire, lui faire payer son audace et ses mauvais coups. Rira bien qui rira le dernier, la journée était loin d'être terminée... De la visite ? Il en aurait très certainement, beaucoup plus tôt qu'il ne le pensait, et certainement bien différente que tout ce dont il pouvait être en mesure d'imaginer. Un petit rictus venant se loger au coin de ses lèvres, la jeune femme se reprit avant de le saluer sobrement, et de lui expliquer l'objet de sa demande. Le temps pressait, la santé d'un élève était en jeu. Il n'était plus question de s'amuser à se tirer dans les pattes avec un collègue, non. Il fallait agir, et vite, avant que Félix Lawford ne perde complètement la boule. Cassidy ne connaissait absolument rien de cette substance chimique moldue qu'il avalé ingérée, mais quelque chose lui disait - au vu des effets présentés par le Serpentard et à ce qu'avait pu lui en dire Little, que la scopolamine n'avait absolument rien d'anodin. D'ailleurs, à l'évocation du nom de ce produit, l'attitude du sorcier vint confirmer ses craintes. Rapidement, il se releva de sa chaise en reposant sa tasse assez violemment. Les sourcils froncés, et l'air mi-hésitant, mi-préoccupé, il se pencha sur elle au dessus de son bureau, prenant appui sur ses mains posées sur le bois de ce dernier. Inquiet. Octavius semblait réellement inquiet, ce qui alarma encore davantage la jeune femme. Pour que cet homme soit réellement bouleversé par quelque chose, il fallait que cette dernière soit sacrément grave tout de même... Lorsqu'elle avait évoqué le nom de la substance, cette dernière avait semblé éveillé une lueur au fond de son regard : il connaissait ce truc chimique, lui, le sang-mêlé. Nerveusement, la Rowle remit en place une petite mèche de cheveux lui chatouillant le creux de la joue, l'inquiétude se lisant sur ses traits fins sans qu'elle ne puisse y faire quoique ce soit.

« Vous... Vous connaissez ce produit ? »

Une fille de Mangemort devait-elle se soucier à ce point de la santé d'un pauvre élève ? A vrai dire, elle n'en savait rien - peut-être bien que non - mais en la situation présente, la jeune femme se trouvait tout bonnement incapable de penser de manière rationnelle et pragmatique comme elle l'aurait très certainement fait si elle avait été confrontée à un produit provenant de son monde, le monde sorcier. Or, actuellement, la scopolamine lui étant totalement inconnue ainsi que ses effets, Cassidy n'avait aucune base fiable sur laquelle s'appuyer et avait l'impression de s’enfoncer dans du sable mouvant ou que le sol effritait sous ses pieds. Elle ne maîtrisait rien. L'angoisse montait progressivement, venant se refléter dans le lac si calme de ses prunelles turquoises, y semant le trouble comme si l'on s'était évertué à venir y lancer des pierres. Pour toute réponse, Octavius fronça un peu plus les sourcils, son regard incertain oscillant entre son visage et l'horloge reposant tranquillement sur son bureau, à côté d'une pile l'ouvrage qu'il aurait très certainement du être en train de ranger. Après quelques instants d'hésitation et de ce qui sembla être une sorte de calcul, il redirigea son regard vif sur elle, sondant ses yeux sans malveillance aucune. Il semblait réellement préoccupé :

« Lawford est venu me poser des questions au sujet de la scopolamine il y a une demi-heure, je pensais qu’il était juste curieux… Tu veux dire qu’il en a vraiment pris ? »

L'inquiétude lui avait fait perdre toute prudence et l'audacieux tutoiement naturel qu'il se plaisait à employer constamment avait refait surface, venant témoigner d'une perte de contrôle certaine. Une demie-heure... Ça collait tout à fait. Cassidy hocha silencieusement la tête, avant de répondre d'une voix mal assurée :

« Oui... Enfin je.. C'est compliqué. Je ne connais pas cette substance, c'est Monsieur Little qui l'a amené, qui a pensé à ce produit moldu au vu des symptômes présentés par Lawford. Je ne peux pas assurer qu'il s'agit bien de cette drogue, mais Lawford a réussi à parler de datura et du fait qu'il s'agissait de quelque chose de... de... ah oui, chimique. Pour ma part, je ne connais aucune potion, aucun ingrédient isolé qui puisse donner tous ces effets en même temps, avec un tel délai d'action. Après j'ai essayé de réfléchir au fait qu'il puisse s'agir de la combinaison de différentes potions, mais cela me parait compliqué. Il a parlé de bibliothèque, de... - elle fronça les sourcils, se remémorant les vagues bribes cohérentes qu'il avait laissé échapper - de défi, de poudre, et de Monsieur Douglas. »

Sur ces mots, Octavius recula sa chaise et contourna rapidement son bureau avant de se diriger vers la porte principale de la bibliothèque, sans même prendre le temps de finir son thé, lui qui était habituellement si nonchalant devant ce qui faisait angoisser la plupart des gens. Par Merlin, ce produit devait réellement être hautement toxique. Le temps que l'apprentie ne se reprenne, l'homme avait déjà franchi le seuil de son domaine, et avait disparu dans le couloir, prenant la direction des escaliers menant à l'étage de l'infirmerie. La jeune femme s'élança alors sur ses traces, claquant la porte de la bibliothèque derrière elle.

« Monsieur Holbrey ! - bon sang, il marchait vite le bougre - Monsieur Holbrey ! - rien à faire - Octavius, attends ! »

Pestant entre ses dents, Cassidy força le pas, ses talons venant marteler le sol de pierres alors qu'elle se retenait de s'élancer en courant derrière le sorcier qu'elle voyait déjà disparaître en bas des escaliers. Elle n'avait même pas eu le temps de lui parler des symptômes présentés. L'adrénaline faisait bouillir le sang dans ses veines, venant accélérer les battements de son cœur. Un claquement se fit entendre au loin, il devait déjà être entré dans l'infirmerie. Fonçant dans le couloir, Cassidy finit par se mettre à courir, relevant légèrement sa longue jupe corail afin de ne pas trébucher, ses longs cheveux blonds venant flotter derrière elle telle une présence fantomatique. Arrivant à l'infirmerie, sa crinière blonde légèrement ébouriffée et les joues rosies, elle reprit son souffle avant de s'avancer vers Octavius qui avait déjà rejoint Lawford et contemplait le visage de ce dernier à la lumière du jour certainement afin d'observer les pupilles qui étaient parfaitement normales d'après ce qu'elle avait pu observer précédemment.

« Dans un premier temps, il tremblait énormément, commença-t-elle en reprenant sa respiration et en s'approchant, Il présente des hallucinations visuelles avec des fausses reconnaissances. Il m'a un instant prise pour sa mère. Ses propos sont confus avec des manifestations de productions délirantes, mais il est totalement conscient et éveillé. - elle continuait d'avancer - Son état général est conservé ; il ne semble avoir aucune fièvre, aucun vertige, ni nausée, ni même somnolence. Aucune plainte somatique, ses pupilles sont relativement normales, mais il présente des troubles du comportement tels que de l'auto et de l'hétéro-agressivité. Il s'est mordu lui-même, et a agressé monsieur Little sans raison  et de manière très soudaine. Sa compréhension est conservée, de même que son langage mais il présente des troubles de la mémoire à court terme et de la mémoire immédiate avec une amnésie lacunaire de type antérograde. »

Plus que quelques mètres et elle serait à leurs côtés. Pourvu qu'Octavius sache quoi faire pour contrer ce produit. Peu-être y avait-il un remède moldu qu'elle ne connaissait pas ?

« Le bézoard n'a pas fonctionné. J'ai demandé à Monsieur Little de bien vouloir lui administrer une potion de mémoire, suivie d'une potion d'aiguises-méninges si la première ne fonctionnait pas. »

Alors qu'elle arrivait maintenant juste à côté du sorcier, elle prit conscience de l'étrange expression de ce dernier. Il semblait... perplexe. Examinant Lawford de son regard perçant, il paraissait totalement confus, de quoi perdre un peu plus la potionniste qui fronça les sourcils. Quoi, que se passait-il ? N'était-ce pas la scopolamine ? L'angoisse vint décolorer sensiblement la bordure délicate de ses lèvres ourlées.

« Que...
- Lâche-moi p'tain ! »

Par Merlin, voilà que Lawford pétait une nouvelle durite, d'une violence extrême. Après Little, Octavius allait être sa nouvelle victime, et tout ne lui semblait être une question de temps et de chance avant qu'il ne se tourne vers elle, qui du haut de son petit mètre cinquante trois, ne ferait certainement pas long feu s'il venait à s'en prendre à elle physiquement. Cassidy tira sa baguette d'aubépine de sa manche et la pointa vers Lawford, sans toutefois avoir recours à la magie pour le moment.

« Arrêtez Lawford ! »

En vain, il ne semblait guère l'entendre alors qu'il s'était immobilisé lorsque l'autre Serpentard lui avait crié d'arrêter de le rouer de coups. Balançant le bibliothécaire sur le côté, il l'envoya percuter le bureau infirmier sur lequel reposait la cape et les livres de la jeune femme. Ces derniers tombèrent lourdement sur le sol, dans un bruissement de pages.

« Me*de ! Vous êtes tous trop con ! - il se tourna alors vers la Rowle qui recula d'un pas, tendant un peu plus sa baguette devant elle - Je voulais juste que ce soit réaliste, j'en demande trop faut croire. Et tout ça pour toi. »

Elle ne comprenait rien. Strictement rien. Mais que racontait-il donc ? Son délire semblait avoir pris une nouvelle proportion. Comment avait-il pu s'aggraver aussi rapidement ? Little avait-il donné les bonnes potions ? Et s'il était l'agresseur en réalité ? Son regard la fixait étrangement, la mettant profondément mal à l'aise. Le sentiment que quelque chose lui échappait un peu plus la saisit à la gorge, venant l'étreindre d'une main de fer, l'empêchant de pouvoir dire un mot. Les yeux plissés, Cassidy cherchait à comprendre ce qui était en train de se passer sous ses yeux, mais son corps et son esprits étaient comme paralysés. Les connexions ne se faisaient pas. Le rire de l'étudiant lui donna la chair de poule.

« Monsieur Holbrey... Que se...
- Je ne comprends pas ce que j'ai. Je n'ai même pas besoin de te connaître et je... J'en sais rien. - la jeune femme écarquilla les yeux - Je suis tombé amoureux une seule fois et la meuf s'est fait mettre par mon meilleur ami. Génial, hein ? Alors je m'étais promis que ça n'arriverait plus. L'amour c'est horrible, c'est intense et impossible à gérer. Tu es impossible à gérer Cassidy. - ce n'était pas possible, ce n'était pas ce qu'elle pensait, n'est-ce-pas ? - Tu es belle, brillante, audacieuse et tu as ce côté sérieux qui m'apporte que du bien...
- Avez-vous pris un philtre d'amour ? Que.. Monsieur Holbrey est-ce-que...
-... J'aime ta froideur, parce qu'elle dose bien avec ta fragilité. Regardes-toi... Tu es si attrayante et forte. Mais je parle à ta personnalité. Je m'en fous que tu sois mignonne, ce n'est pas ce qui me pousse à t'aimer. - Par Merlin, mais qu'il se taise - J'aurais été aveugle, ça n'aurait rien changé. Alors... s'il te plaît. Juste une fois. »

Il s'approcha d'elle. Bien trop. Terrifiée par la situation qui lui échappait totalement, Cassidy recula, se dérobant devant cette main levée et cet étrange sourire en coin qui ornait les lèvres de l'asiatique. Les doigts masculins ne firent qu’effleurer sa joue dont la pâleur s'apparentait désormais à celle d'un fantôme, avant de se perdre dans le mouvement souple de ses cheveux blonds.

« Arrêtez Lawford, votre petit jeu ne m'amuse pas - elle se tourna vers Octavius, le regard complètement perdu - est-ce que la sclopo... la scorplomaline provoque ce genre de réaction ? »

La voix de la Rowle tremblait légèrement mais elle s'efforçait de garder une apparence aussi calme que possible. Son ton ne s'était pas élevé et était glacial, dénué de tout affect. Statue de glace jusqu'au bout. Se moquait-il d'elle ? Était-ce un autre effet de cette substance moldue provoquant une sorte de délire érotomaniaque ? « Je voulais juste que ce soit réaliste, j'en demande trop faut croire. Et tout ça pour toi. » Qu'avait-il voulu dire ? Les sourcils de la blonde se froncèrent tandis que son cerveau tentait d'articuler les différents éléments entre eux en un temps record. Les iris vert d'eau de la jeune femme s'écarquillèrent devant la possibilité qui émergea de son esprit embrumé... Tout ceci... N'était-ce qu'une mise en scène dans le but d'attirer son attention ? Non... Impossible. Il s'était mordu, l'avait prise pour sa mère, avait parlé d'un défi. Non.

«  Ne me repoussez pas. »

Un souffle. Les mots démoniaques vinrent vriller les tympans de la sorcière qui pâlit un peu plus. Sa prise sur sa baguette sa raffermit mais son poignet droit commença à faiblir, pris d'un tremblement. Elle grimaça. Trois jours avant son poignet avait été fracturé par cet homme inconnu qu'elle avait rencontré à Pré-au-Lard. Droguée aux potions anti-douleur, Cassidy n'avait pas encore totalement récupéré.

« N'approchez pas Monsieur Lawford. Je ne sais pas ce qui vous prend mais je n'hésiterais pas à avoir recours à la magie si vous insistez. Vous avez roué de coups votre ami, et attaqué un membre du personnel. Votre renvoi vous pend au nez si vous n'avez rien pris et ne me dites pas que c'est le cas, c'est impossible. »

Reprenant un peu de vigueur, la sorcière parvint à décoller les pieds du sol et recula de deux pas. Sa main droite maintenant sa baguette, s'affaissa légèrement. De Lawford, son regard clair se déplaça vers celui du bibliothécaire tandis qu'elle tournait légèrement le visage vers lui.

« C'est impossible qu'il n'ait rien pris. Il ne sait plus ce qu'il dit. Voyez-vous une autre drogue moldue pouvant provoquer ce genre de réaction ? »

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Le pessimiste se plaint du vent, l'optimiste espère qu'il va changer, le réaliste ajuste ses voiles.

Crédit - Joy
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MessageSujet: Re: It's more like... a Sugar Daddy [Septembre 1997] Dim 26 Fév 2017 - 1:16

« Arrêtez Lawford ! » C'est qu'elle pouvait crier fort la gazelle, aussi petite soit-elle. Pourtant, ce n'était pas ses petits ordres qui allaient pouvoir arrêter Lawford. Après tout, le blond n'avait pas pour droit de l'écouter ou même de lui obéir. Ça lui était interdit, comme quoi il ne devait que lui offrir le contraire. Pourquoi déjà ? Parce que c'était Octave qui menait la scène. En fait, à bien y réfléchir, toute cette me*de ne pouvait qu'être engendrée par cet affreux personnage. Cependant, le tout était tellement surréaliste qu'en finale, personne ne cherchait de responsable. Enfin si, Little s'y était aventuré et il avait fini par comprendre ce qui se passait. Bref, quand rien ne va, Holbrey est forcément là. Leslie pouvait témoigner... Enfin, le blond avait essayé de violenter le bibliothécaire, sans grand résultat, mais ce fut assez pour faire réagir l'apprentie potionniste, alors c'était parfait. Derrière la scène, là où Cliff traînait encore, une drôle d'atmosphère prenait place et engloba la salle dans un délire émotionnel hors du commun en vue de celui qui parlait à présent. Felix avouait sa flamme avec autant d'élégance qu'un lézard qui se bouffe une souris. Il faisait peur. « Avez-vous pris un philtre d'amour ? Que.. Monsieur Holbrey est-ce-que... » Un philtre, c'était bien pensé, mais même ce genre de truc n'aurait pas rendu Felix aussi aveuglé qu'il ne pouvait l'être présentement. Et au plus profond de son être, l'adolescent paniquait. Pourtant, il accomplissait sa mission avec beaucoup d'amour, comme s'il avait été créé pour celle-ci et qu'il était prêt à tout pour que ce soit au goût de son agresseur. Plus la situation prenait d'ampleur, plus elle devenait douloureuse. Cassidy repoussait Lawford à l'aide de mots blessants. Son petit jeu ne l'amusait pas ? Oh, mais ce n'était pas un jeu, là était la nuance. Pour le Serpentard, c'était bien réel. L'amour qu'il portait était un nouveau fardeau et il ne pouvait le supporter.

« Est-ce que la sclopo... la scorplomaline provoque ce genre de réaction ? » Tu poses trop de questions. Ouais, elle parlait beaucoup et ça emmerdait Felix. Puis, dans un soupir, il avait fini par lever la main vers sa bien-aimée pour lui faire la demande, celle de ne pas le repousser et de l'accepter. Cependant, la galère était de retour. La Miss s'était armée de sa baguette et elle n'hésitait pas à la tendre vers le blond qui se recula d'un seul pas. D'un regard neutre, il ne se concentra que sur le bout bois, le fixant avec autant d'aise qu'un enfant qui se fait tendre du brocoli. « N'approchez pas Monsieur Lawford. Je ne sais pas ce qui vous prend mais je n'hésiterais pas à avoir recours à la magie si vous insistez. Vous avez roué de coups votre ami, et attaqué un membre du personnel. Votre renvoi vous pend au nez si vous n'avez rien pris et ne me dites pas que c'est le cas, c'est impossible. » Un léger rire s'échappa d'entre les lèvres du blond qui se pencha doucement vers la baguette, alors que l'apprentie reculait de deux pas. Elle était mignonne à voir, le poignet tremblotant et le regard déviant jusqu'au bibliothécaire. Que pouvait-elle donc espérer en ce qui concernait Octave ? Que ce soit lui qui lui donne des réponses... ce n'était peut-être pas une bonne idée. Enfin, ce n'était pas comme si elle était consciente qu'Holbrey jouait la double face.

« C'est impossible qu'il n'ait rien pris. Il ne sait plus ce qu'il dit. Voyez-vous une autre drogue moldue pouvant provoquer ce genre de réaction ? » Felix se rapprocha à nouveau d'elle en fronçant les sourcils. - L'amour. souffla-t-il avec conviction, joueur, mais sérieux. L'amour était encore plus fort que la plupart des drogues de ce monde. Ce sentiment pouvait rendre fou, forçant la plupart de ses victimes à tuer pour celui ou celle qu'elle désire. Vouloir qu'une personne nous appartienne dans sa totalité, quoi de plus délirant. Et Felix voyait en cette réalité une façon d'éviter tout sujet autre que l'affection qu'il portait à la miss en cet instant. Il ne voulait qu'elle, peu importe ce qui allait arriver. Malheureusement, il ne pouvait que recevoir un refus, n'est-ce pas ? Plutôt sadique de la part d'Octave. Il envoyait un adolescent perdu dans les bras d'une femme qui le rejettera aussitôt. La chance s'était enfui en courant. Il allait lui falloir un miracle pour pouvoir accéder à la vie, car si elle refusait, la mort devait s'ensuivre. D'ailleurs, Lawford s'y était résigné, comme un bambin malade qui apprend qu'il ne se réveillera pas demain, mais qu'il n'a pas besoin d'avoir peur, parce que ce qui l'attend est merveilleusement beau. Un paquet de conneries que pour soulager l'esprit. Le souci était que s'il devait quitter ce monde, il n'allait pas repartir sans avoir avec lui la personne qu'il aime. C'était tout à fait logique. Il n'y aurait rien de beau derrière la porte, s'il n'était pas au moins accompagné par son seul et unique amour.

Son regard perçait celui de la jeune femme, alors qu'un mélange acide rongeait sa gorge, la brûlant au point qu'il se mit à tousser en grimaçant non pas par dégoût, mais par douleur. Indigestion ? Non, ce n'était que parce qu'il s'imaginait mourir et ça lui donnait mal au coeur à force de visualiser la chose et toutes les façons possibles de mettre fin à ses jours. Puis, dans une finale incertaine, il se recula et alla directement aux potions. Ses gestes étaient lents, comme s'il ne savait pas lui-même ce qu'il faisait. Il était perdu et aveuglé par son amour sans retour. Il agrippa les deux premières fioles qui lui arrivèrent entre les doigts, tout en marmonnant quelques paroles telles que ; « je ne peux pas », « laisse tomber », « ne l'apporte pas avec toi », « tu es inutile », « elle ne t'aimera jamais », « à quoi bon »... Voilà la crise existentielle qui frappait. La douleur qu'il ressentait à cet instant était inimaginable. Une paume posée contre son torse, il déposa la deuxième potion maintenant vide contre la tablette puis il entreprit d'en boire une autre. Entre-temps, Cliff s'était approché pour essayer de l'arrêter tout en lui disant qu'il n'avait pas à gober le tout et que cela n'allait rien changer. - Felix, arrête. Ce n'est pas avec ce genre de comportement et cette façon de faire que tu pourras mettre fin à tes Oh, pas la peine de finir cette phrase. Felix agrippa brusquement Cliff et l'attira contre lui en se moquant du malaise que cela pouvait engendrer. Enroulant son bras autour de la gorge du plus petit, ce ne fut guère difficile de le maintenir en place. En fait, c'était presque trop facile. C'était amusant pour Lawford d'étouffer Little, chose qui le choqua autant qu'il en fut comblé. Il en profita d'ailleurs pour sortir sa propre baguette pour appuyer le bout contre la tempe de son petit camarade de maison. Boire des potions n'allait pas le tuer, Cliff avait raison, alors pourquoi ne pas le tuer lui ? Enfin, pourquoi pas le prendre en otage plutôt. Le tuer, là n'était pas le but principal.

- Dites-moi Miss, entre m'aimer ou voir ce charmant Little crever, qu'est-ce que vous choisiriez, hein ? P'tain, c'est sûr que vous le laisseriez crever. Vous vous en foutez, tant que vous n'avez pas à vous salir les mains. Vous passez votre temps à faire du mal, à essayer de nous faire croire qu'on sert à rien et que nous sommes tous lourds, alors j'imagine que je peux le tuer... Ça ne peut que vous rendre service. C'est trop dur d'aimer... tellement difficile. Laissez-moi vous rendre service alors... Il serra davantage son bras autour de la gorge du jeune Chinois, l'étranglant un peu plus, juste pour lui donner envie de se débattre un peu. Malheureusement, Cliff restait calme et il ne fit que fermer les yeux pour se retirer mentalement de la situation, ce qui eut pour effet de décevoir Lawford. C'était que Little avait appris avec le temps que plus les gens se débattaient, plus cela devenait amusant de les martyriser. - Tu me fais... mal... Lawford... Le blond se mit à rire doucement puis il accota son menton contre la tête de sa victime.  

- Il souffre... vous en pensez quoi ? demanda-t-il en direction de l'apprentie. - Dites-lui donc... Dites-lui que vous en avez rien à foutre. Dites-lui qu'il est chiant. On sait que c'est ce que vous pensez, alors dites-le. Allons, la froideur de Cassidy pouvait affirmer bien des choses, mais Felix y entrevoyait surtout un profond dégoût, comme si personne n'avait sa juste place en ce monde mise à part elle. Dans un soupir, il repoussa brusquement l'asiatique vers Cassidy, le laissant s'écrouler au sol pathétiquement. - Où tuez-le vous-même... Ça ne fera que confirmer ce que vous penser réellement de nous, parce que indirectement, c'est le message que vous nous envoyez. On est dégueulasse ? On ne mérite rien et on devrait disparaître, c'est ça que vous voulez, non ? Alors tuez-le... Allez-y, qu'attendez-vous ? Il se rapprocha de la blondinette, agrippant son bras avec lequel elle tenait sa baguette pour le lever de sorte à ce que l'arme de la Miss touche le dessous de son menton. Il y allait doucement, avec tendresse, comme celui attrapant le pétale d'une rose tout en évitant de se couper, de peur de laisser des traces. Mais cette rose en question possédait un choix, celui de blesser contre le grès de celui qui lui portait amour et bienveillance. Elle pouvait tuer cet homme à tout moment. Toujours calme, le blond ferma les yeux puis il laissa un dernier sourire empoisonner ses lèvres, un sourire désolé, mais franc.

- Je sais que tu ne m'aimeras jamais, que je ne suis rien et que le peu que j'ai à t'offrir ne sera jamais suffisant, parce que je pourrais jamais avoir la chance d'essayer de t'apporter le moindre bien-être. Je ne peux rien faire pour te rendre heureuse alors au lieu de me détruire jusqu'à ce que je n'ai plus la force de me relever, je t'offre ma propre liberté ainsi que l'apaisement de ta propre petite personne... Ne te retiens pas, vas-y. Il ouvrit les yeux, la fixant froidement à son tour, d'un sérieux intimidateur et peut-être même lugubre, en vue de la tension qui prenait lourdement place. Il ne pouvait guère partir avec elle, mais au contraire, elle pouvait être la raison pour laquelle il n'allait plus jamais revenir. Et, peut-être qu'au fond, c'était la seule chose qui pouvait réellement la rendre heureuse, ne serais-ce que pendant une fraction de seconde.

- Tue-moi...



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I tried Parce que tu m'as toujours dit que l'important, c'était d'essayer... non ?
I lied Il faut éviter de poser des questions, si on ne veut pas entendre de mensonges. Tu le sais bien.
I died Ne m'en veut pas, mais c'est ce qu'il y a de plus facile à faire. Après tout, si tu regardes autour de toi, tu verras que tout le monde y arrive.



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MessageSujet: Re: It's more like... a Sugar Daddy [Septembre 1997] Mar 28 Fév 2017 - 3:43

- Lâche-moi p’tain !

Quel drame, que style, que de réalisme ! Ah, notre animal était tout en joie de voir Felix interpréter son rôle avec une telle spontanéité, un réalisme criard de justesse. Bon sang, c’était du bon, du vrai, une magnifique mise en scène bénéficiant d’un acteur de talent, à la sensibilité si exacerbée qu’il vous faisait n’importe quoi avec les plus honnêtes émotions. Ici, sous ses yeux pétillants, prenait vie l’une des drogues les plus dangereuses dans toute sa merveilleuse et empoisonnante splendeur. Une véritable force de la nature qui vous réduisait en moins que rien, moins que vous-même en l’espace de quelques exhalaisons. Observer ce changement dans le regard du jeune homme, cette vivacité qui le prenait au corps alors qu’on sifflait le départ du spectacle, en voilà quelque chose d’exaltant et de parfaitement incroyable ! Mais quel brave petit ! Octave eut du mal à étouffer son sourire, vraiment, pour une fois son enthousiasme avait failli prendre le dessus sur son objectif, mais il se ressaisit bien vite, faisant passer son rictus spasmodique pour une grimace d’indignation mal maîtrisée. Et voilà qu’il fut pris par le faible adolescent qui, de ses bras graciles, l’empoigna par le col et l’obligea à se pencher. Ah, que ne ferait-on pas pour l’amour de la scène, je vous le demande ! Faisant mine d’être pris par surprise, il se laissa faire en opposant le maximum de résistance pour que cela passe pour de l’acharnement infructueux. Heureusement, on ne le connaissait pas encore suffisamment ici pour avoir un aperçu de sa force et souplesse physique, alors il passait présentement pour un type lambda, comme tant d’autres, qui savaient se défendre comme on sait se défendre bourré devant un bar.

- Me*de ! Vous êtes tous trop con !

Diantre qu’il était dur de ne pas rire ! Mais quel supplice ! Bon, au moins pour se distraire, Octave commençait à avoir mal au cou et son sérieux demeura véritable jusqu’à ce que Lawford ne le projette contre un meuble. L’animal butta contre le bois en titubant avant de se redresser, les sourcils froncés d’une colère que ne dissipait que l’incompréhension toute tissée de faux-semblants. Et pour ne rien arranger, son visage avait sensiblement rougi, alors c’était encore mieux. Et plus Felix déballait son sirupeux discours amoureux, plus Octave fronçait de ses sourcils jusqu’à ce qu’ils ne forment plus qu’un rail noir et arqué, comme si ce fut un corbeau en plein vol. Cassidy s’outrageait d’incompréhension dans un coin, sortant par reflexe défensif sa baguette magique et le brun se félicita intérieurement. La reine des glaces dans sa royalissime splendeur. Mais comme le jeune homme monopolisait toute l’attention par sa déclaration si étrange, tout le monde dut fatalement s’immobiliser dans la douloureuse attente de la suite de cette histoire. La curiosité, quel charmant défaut chez les autres. Bon, bon, surtout ne pas oublier d’être naturel. L’apprentie l’interpella d’un « Monsieur Holbrey » charmant d’incertitude, comme si Monsieur Holbrey était en état de faire quelque chose, comme si Monsieur Holbrey comprenait mieux la situation qu’elle ! Monsieur Holbrey goûta cette sensation, alors qu’il croyait voir Miss Rowle reconnaître sa supériorité émotionnelle et/ou intellectuelle dans ce genre d’affaires. Cependant il ne fit rien, puisqu’il n’était pas censé faire quoi que ce soit dans l’absolu. Non, il était cet ingénu soudain submergé par une situation dont il ne comprenait ni les tenants, ni les aboutissants. Et puis, quel rapport Monsieur Holbrey pouvait-il donc avoir avec un adolescent ayant fait semblant de prendre une drogue pour charmer l’infirmière de l’école, je vous le demande ? Monsieur Holbrey était chaste et pur, comme un flocon de neige ! C’est moi qui vous le dis ! Néanmoins, jusqu’à ce que son regard ne croise celui, insistant, de sieur Cliff Little. Ses lèvres remuèrent et Octave découvrit à la cime de ses torsions le mot « Magnus ». Ah, vilain, vilain garçon. Cependant, en acteur consciencieux, le bibliothécaire n’en fit rien, sachant déjà que son absence de réaction à cette discrète allocution ne pouvait être que de la démonstration de son manège. Son visage s’en détourna vers une Cassidy essayant d’échapper à une caresse amoureuse avant de l’interpeller encore une fois, cette fois avec une question un peu plus concrète.

« Est-ce que la sclopo... la scorplomaline provoque ce genre de réaction ?
- Euh… Je crains que non, c’est juste un truc de moldu, leur équivalent du veritaserum quoi, avec une bonne dose d’hallucinations… Mais ce jeune homme à l’air… eh bien, il n’a pas l’air drogué. »

Qu’il était dur d’imaginer que la scopolamine seule soit capable de tant de dégâts ! Même Octave, lorsqu’on lui avait décrit les effets pour la première fois, avait cru à une légende urbaine pour faire peur aux Colombiens et aux touristes, mais la vérité était là : la nature produisait autant les plus belles choses de ce monde que les plus incroyablement vicieuses. Rien de tel qu’un petit mensonge de surcroit pour rendre la situation encore plus gênante, hein ? Quoi de mieux que de confirmer des doutes effrayants : Si, si, ma belle, il pense bien ce qu’il dit, ce n’est pas le fruit d’une hallucination de son cerveau ni d’un délire quelconque, il est sérieux, ce ne sont que les enfants de ses émotions que tu entends ! Hu, hu. Allons, et à tout cela, ajoutons une couche de bredouillis, comme ça Miss Rowle pensera définitivement que même le bibliothécaire est démuni devant une telle situation. Et pour parfaire le tout, Octave se redressa doucement de sa stature tenue méfiante jusqu’à présent et une lueur de fausse compréhension passant dans ses yeux. Rien de dangereux ici, Madame la potionniste, aucune drogue, juste un adolescent fort transi de rien d’autre que l’amour ! Mais si ma chère, vous savez, l’amour… Et puis, quel plaisir que de vous voir vous liquéfier devant tant… d’amour. Franch’ment, il faut vous reprendre Madame la potionniste, ce n’est qu’un sentiment, pas la peste, ca ne s’attrape pas comme ça, malheureusement. Mais voilà que, de nouveau toute de glace et de neige, Cassidy sembla reprendre possession de soi après qu’une grimace, qu’Octave ne manqua pas de relever, n’ait traversé son visage. Reprenant consistance, elle se déversa en menaces élémentaires de professeur d’école qui, trainé sur un terrain inconnu, revenait sur ses pas pour appréhender la situation d’un angle plus familier. Que de banalités ! Elle faisait une excellente victime tant elle était prévisible sur certains terrains. Madame la potionniste se retourna vers un bibliothécaire qui avait fini par croiser les bras sur son poitrail en signe de distanciation. Par-là, il lui faisait comprendre qu’il n’était plus concerné par la situation. Ce n’était pas à lui que l’on déclarait une flamme ardente après tout, et il n’y avait là aucun danger, n’est-ce pas ?

« C'est impossible qu'il n'ait rien pris. Il ne sait plus ce qu'il dit. Voyez-vous une autre drogue moldue pouvant provoquer ce genre de réaction ? »

Pour le coup, Octave souffla avec un sourire empli de pitié envers la jeune femme. Mais il n’eut pas vraiment le temps de répondre que Felix avait déjà pris les devants en lui répondant bien mieux que le bibliothécaire ne l’aurait fait. Du coup, son sourire nerveux disparut et il concentra toute son attention sur l’amoureux dévoué qui jouait si bien son rôle que même Octave s’y perdait un peu, se rappelant à chaque instant que ce n’était que la scopolamine qui faisait bien son effet, que le pouvoir de persuasion était si puissant qu’il faisait faire n’importe quoi. L’amour. Oui, il n’aurait pas dit mieux.

« Vraiment, Miss Rowle, croyez-vous que l’amour ne soit toujours que l’adage de la drogue ? En revanche, on dit bien souvent que l’amour est en lui-même une drogue très puissante. Et là, je ne peux franchement pas vous aider. »

Il lui adressa un regard faussement navré, l’air de sous-entendre avec peine que ce pauvre adolescent rendu aveugle par les beautés et les désespérances de l’amour était son propre problème et qu’il n’était certainement pas convenable de faire intervenir des spectateurs, puisque Felix était parfaitement sain, juste… amoureux. N’est-ce pas ? Que l’ironie lui allait bien à l’esprit. Bon, intérieurement, il jubilait de voir les choses si bien tourner, encore mieux que prévu tant la mise en scène prenait de l’ampleur. D’ailleurs, la catharsis n’allait pas tarder à venir dans une explosion d’émotions contradictoires, d’ultimatums et de cris, de suppliques et de sentiment d’expiation, de purgation d’émois ! Grandiose, vous dis-je. Si l’on oubliait que tout ceci était diablement cruel, bien entendu, mais à part un orgueil blessé, rien n’en ressortirait de toute manière. Ah ! Voilà, il le voyait dans le regard insistant de Felix, les passions bouillaient, tout n’allait pas tarder à déborder, très certainement ! Voilà, la décision toute programmée était enfin prise, trouvant sa suite logique dans cette histoire d’amour refoulé. Vas-y fort Felix ! Vas-y fort. Et il le fit, devant l’esprit toujours ébahi du bibliothécaire qui testait là les limites insoupçonnées de cette drogue perverse. Dans un geste paresseux de fatalisme, Felix se dirigea vers les potions, comme prévu, s’apprêtant manifestement à en boire une bonne lampée pour quitter ce monde. Bon, c’était une mise en scène et Octave avait misé sur la réputation gentiment péjorative que pouvaient avoir certains adolescents, mais rien ne pouvait vraiment le tuer ici. Ou peut-être, éventuellement, une overdose de quelque chose. Encore une fois, le bibliothécaire fronça ses sourcils dans une moue de stupéfaction interdite, se donnant l’air de se demander si cet élève était bel et bien sérieux dans sa stupide intention. Eh bien oui, il l’était le garnement. Non seulement il était sérieux, mais en plus il marmonnait quelques paroles suintant de désespoir. Puisqu’il était jeune et bête, ce n’était pas une scène si surréaliste que cela, ni une intention tellement exagérée pour son âge. Tant d’adolescents tendaient à se taillader un peu pour la forme de temps en temps… Bon Dieu, Octave allait pour sûr brûler en enfer un jour, le Diable lui préparant son chaudron le plus profond, mais en attendant, il était au paradis. Bien sûr, son propre paradis, parce que pour les autres, cela devait être l’équivalent d’une sorte de catastrophe comme on en décrivait tant dans l’ancien testament. Un déluge… d’émotions ! Pauvre Miss Rowle. Octave se le disait, il y pensait même, mais ne faisait strictement rien pour redresser la situation. Mieux, quelque chose de pire y germait. Pourquoi se limiter, hein ?

Pour le coup, Octave avait fait quelques pas vers l’avant, levant une main dissuasive vers un Felix qui continuait à déglutir des potions sans parvenir à mettre fin à ses jours. D’ailleurs, rien n’avait d’effet sur lui… mais ça, ce n’était qu’un détail. Il agissait là comme le parfait ignorant qui se retrouvait devant une situation le dépassant. Rien d’étonnant finalement venant d’un simple bibliothécaire qui n’avait ni le courage, ni l’audace décisionnelle dans ce genre de situations. L’effet de groupe si connu faisait pression, chacun attendant patiemment que l’autre agisse sans que jamais personne ne prenne l’initiative. Cependant, Cliff Little, peut-être parce qu’il avait vu  le malaise du bibliothécaire, devinant son désir de ne pas intervenir dans le suicide de Lawford, le devança dans son élan et s’adressa à son… ami ? Pas pour très longtemps, car l’ami en question en profita pour changer de tactique et empoigna Cliff par la gorge avec une naturel désemparant. Si ce n’est pas moi, c’est l’autre. Parfait Felix. Qu’il était gentil cet enfant, plein de promesses et d’ingéniosité. Bon, forcément, Octave, en bon acteur se contenta de garder les mains levées, jouant son rôle de mec lambda sans connaissances concrètes quelconques dans le domaine, incapable de désarmer un adolescent en train d’en étrangler un autre. Il s’autorisa même un grognement sourd de méfiance, se tendant tel un animal prêt à bondir sur sa cible. Bien sûr, il ne bondirait jamais, mais c’était pour faire genre, vous comprenez ? Toutefois Felix était si empli de ressources insoupçonnées qu’il finit par menacer son camarade du bout de sa baguette magique. Qu’Octave était content d’être là. Je veux dire, vous vous imaginez ! Même au théâtre ce n’était pas aussi bien tant les passions mises à nu présentement étaient sincères. Un somptueux crescendo se faisait, maintenant les cœurs palpitants en haleine.

- Dites-moi Miss, entre m'aimer ou voir ce charmant Little crever, qu'est-ce que vous choisiriez, hein ? P'tain, c'est sûr que vous le laisseriez crever. Vous vous en foutez, tant que vous n'avez pas à vous salir les mains. Vous passez votre temps à faire du mal, à essayer de nous faire croire qu'on sert à rien et que nous sommes tous lourds, alors j'imagine que je peux le tuer... Ça ne peut que vous rendre service. C'est trop dur d'aimer... tellement difficile. Laissez-moi vous rendre service alors...

Oh oui Felix, c’est toi la star, alors brille de mille feux mon amour ! Show me what you got ! Give it to me ! Si le drogué était parfait, Cliff montrait un peu moins d’enthousiasme, et c’était largement compréhensible. M’enfin si c’était si Magnus, il aurait pu faire un effort quand même, dramatiser un peu la chose pour que ce soit encore plus déstabilisant, non ? Ah ces jeunes, aucun goût du spectacle. Et tout ça, c’était parce qu’on ne mettait jamais en avant les disciplines artistiques à l’école. Personne n’avait plus le goût de rien et le monde devenait moche. Heureusement, il y avait encore des gens comme Felix, débordants d’ingéniosité pour rendre le spectacle plein de rebondissements corsés. Il choisissait si bien ses mots le canasson ! Ce n’était pas le style d’Octave, mais c’était fichtrement bien dit. Madame Rowle allait-elle donc se sentir au moins un peu coupable ? Si ce n’est coupable, certainement perdue et peut-être vaguement gênée qu’un élève qu’elle ne connaissait pas lui dise tout cela, comme si elle était représentative de tous les maux de cet univers. Octave se tint en retrait, sur le côté, lorsque Felix relâcha Cliff, qui s’écroula au sol. Mon Dieu, qu’est-ce qu’il avait envie de rire. Ah, c’était sincère et très touchant, mais vraiment, pour lui qui connaissait tout du début à la fin, c’était très cocasse de voir l’adolescent se ratatiner ainsi par terre, alors que Felix prenait autant à cœur une cause qui n’aurait même pas effleuré son esprit en temps normal. Que cette drogue était forte ! Octave commençait à avoir beaucoup de mal à garder son sérieux ; heureusement, toute l’attention et les projecteurs étaient braquées sur cette petite flaque de vomi étalée au sol, surplombée par une asperge en folie. C’est donc avec jubilation qu’Octave attendit la fin du scénario qu’il avait programmé dans la petite tête blonde décolorée. Il savoura chacune de ses phrases, laissant son esprit se remplir de ce sens si profondément mélancolique que leur offrait Lawford, prestation remarquable à n’en pas douter. Mais bon, dès que la cassette allait finir son tour de bobine, la danse allait s’arrêter et… oui, c’était le but.

- Tue-moi...

Au cas où Cassidy le regardait, Octave revêtit une moue sincèrement désolée pour cet adolescent qui ne trouvait pas la satisfaction de ces passions, comme tant de gens en ce monde. Et puis, après cette phrase, la litanie s’arrêta, c’était la fin de l’acte. Le bibliothécaire n’attendait que cela, que la scène prenne fin sur un Felix désabusé et triste après de paroles acerbes et suintant de désespoir. Lui aussi, ayant le sens du silence et de la pause, attendit un peu tandis que personne ne parlait, laissant la tragédie de cet instant pénétrer les esprits. Etait-ce vrai ? Mon Dieu, que c’est horrible, que faire ? Miss Rowle, qu’allez-vous donc faire, par la barbe de Merlin ?! Dans son état, Cassidy était « prête » à tout entendre. Non pas dans le sens où elle était préparée psychologiquement à subir un tel choc, mais simplement que les évènements avaient annihilé toute capacité à proprement réfléchir, à démêler le vrai du faux. Alors Octave allait relever le rideau pour elle. Tant de générosité, qui l’eut cru ? Pas vous en tout cas. Mais Octave était ainsi, surprenant de bons sentiments. Hu, hu, hu…. Bon, maintenant que l’entracte était fait, il fallait s’assurer que le robot avait de nouvelles instructions. D’un pas de félin, Octave bougea enfin, se faisant à peine remarque à l’horizon de tous ces évènements, du moins jusqu’à ce qu’il soit assez proche de Lawford. Là, sachant que la boucle était bouclée et que l’adolescent n’allait plus réagir, l’animal vint se positionner dans le dos du jeune homme. Doucement, il posa ses mains sur les frêles épaules de son acteur préféré, son drogué si spectaculaire, et une lueur extrêmement mauvaise passa en ombre dans ses yeux, assombrissant drastiquement son regard, qui se mit à briller d’un éclat vicieux. Un geste simple, à priori dénué de sens, et pourtant… cela instaurait de fait une complicité entre eux. Et alors qu’Octave fixait Cassidy droit dans les yeux, c’est Felix qu’ils enlaçait d’une étreinte doucereuse et rassurante, comme l’on masserait un sportif après un long combat. Tiens, vl’a ta récompense pour te détendre, t’as fait du bon boulot, malheureusement pour toi, ce n’est que le premier round. Enfin, un sourire, aussi mauvais que l’était son regard, vint étirer les lèvres du bibliothécaire. Il se pencha légèrement, se hissa doucement sur la pointe des pieds, s’aidant de ses mains en même temps pour atteindre l’oreille du garçon, et chuchota la suite de son histoire :

« Ah, mon doux, tu ne souffres pas pour rien, sache-le, une récompense t’attend au bout du tunnel. Mais avant cela, tu me serviras encore un peu puisque tu le fais si bien. Ton amour ne fait que se renforcer pour la belle Miss Rowle, toujours teinté d’autant de désespoir et de dépit, mêlant tes sentiments pour elle à tout ce que tu sais de mal d’elle. Sa froideur, son indifférence, sa méchanceté envers tout le monde, son manque de considération… Jette-toi à ses pieds et insiste, pétrifie lui les mains, les pieds, fais-toi misérable pour qu’elle ait pitié de toi, déstabilise-là fort. Aime-là d’un amour inconditionnel et respectueux, touche les pans de ses vêtements sans jamais l’agresser, rampe, tu es l’amoureux misérable dont la vie ne signifie rien sans sa chevelure dorée. Une seule chose te fera arrêter ton spectacle et il t’es interdit d’en parler… La douceur. Si elle te réconforte et t’explique gentiment en quoi c’est impossible entre vous, tu acceptes cette fatalité. Mais seulement sous cette unique et seule condition : qu’elle soit compréhensive à ton égard, toi et ta souffrance. Tant qu’elle te refoulera comme la peste, te trouvant des excuses, te repoussant avec force, suis-là jusqu’au bout du monde tant que la drogue fera effet… Maintenant, sois sage jusqu’à ce que je te l’ordonne. »

Et elle pouvait faire effet pendant des jours entiers. Dans ce bruit de susurres destinées à une seule oreille, Octave continua tout du long à fixer Cassidy. Quelle cruelle vilénie, me direz-vous, ce à quoi je vous répondrai que oui, c’en est une et pas des moindres. Avec satisfaction, il pouvait presque voir la kyrielle d’émotions contradictoires défiler dans ses grands yeux bleus. Enfin, l’incompréhension demeurait, d’un tout autre niveau cette fois-ci, et il n’y avait que cela pour le rendre heureux, notre Octave national. Ayant fini ses instructions, il se redressa et se mordit la lèvre inférieure avec une espièglerie vicieuse, savourant l’instant. Le marionnettiste était enfin sorti de l’ombre, profitant sans vergogne des lacunes du savoir de sa jeune et impétueuse collègue. Il soupira d’aise avant d’enfin prendre la parole distinctement, s’adressant à la jeune femme de sa voix éternellement mielleuse et basse, vibrant d’un agréable baryton, comme si cela allait mieux faire passer la pilule. Au contraire, c’était pour rendre les choses encore plus insupportables de savoir que cet immonde personnage était au courant de tout depuis le début et pire, qu’il en était le seul et l’unique coupable.

« Charmante Miss Rowle, cet étudiant meurt manifestement d’amour pour vos beaux yeux. Un amour sincère, à n’en point douter, hu, hu, s’autorisa-t-il à pousser un petit gloussement de poitrine avant de poursuivre : Et comme pour tout amour, il n’y a qu’un seul moyen d’y mettre fin… Un seul moyen, vous m’entendez ? Et non, ce n’est pas par la baguette et l’inconscient que vous refroidirez ses ardeurs. Usez-en et il reviendra. Si ce n’est demain, ce sera après demain, si ce n’est après demain, la semaine prochaine, le mois prochain… jusqu’à ce que la réponse que vous lui donnerez soit faite de la façon convenable. Réfléchissez bien, Miss Rowle, aucun indice de plus ne vous sera donné, il va falloir faire les connexions par soi-même. Dépêchez-vous, vous ne voudriez quand même pas que ce garçon souffre trop longtemps de sa condition… n’est-ce pas ? Et surtout, tant qu’il souffrira, il vous poursuivra, soyez-en sûre. Pas de baguette, pas de magie… je suis sûr que vous avez les capacités pour relever un tel défi… »

Ses lèvres se serrèrent en une fine ligne avant de fleurir d’un sourire satisfait. Il n’avait pas ouvertement prétendu avoir donné de la scopolamine à Lawford, et il n’y avait rien à témoigner, néanmoins le sous-entendu était clair. Il soufflerait de la scopolamine au visage de Felix autant qu’il le faudra pour arriver à ses fins, à torturer l’esprit de la blonde et à lui faire perdre tous ses moyens. Vilain, vilain Octave ! D’un autre côté, il sous-entendait également que le calvaire prendrait fin dès que la blonde aura trouvé la bonne combinaison, ce qui voulait dire que l’animal avait l’antidote entre ses mains. Maintenant, libre à elle de se plaindre à l’autorité, de pointer du doigt sur lui… mais quelque chose lui disait que pour de telles bêtises, elle n’allait pas marcher sur la gorge de sa fierté. Quoi qu’il en soit, Octave était prémuni de quasiment tout, prêt à répondre à toute attaque s’il le fallait. Après tout, leur guerre était discrète… Tapant gentiment sur les épaules de Lawford comme pour le réconforter, il lui déposa un volage baiser dans le cou avant de le contourner comme si de rien n’était pour venir récupérer Cliff, resté au sol. L’aidant à se relever d’une poigne étrangement amicale, Octave l’éloigna des deux protagonistes principaux en lui disant :

« Tu devrais prendre des cours d’art dramatique, c’était moyen ton truc, même si j’apprécie l’effort. Felix, vas-y. »

Un poil effrayant non ? Bon, maintenant il pouvait se taper un petit fou rire, ce qu'il fit dans sa barbe d'un air particulièrement satisfait.

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MessageSujet: Re: It's more like... a Sugar Daddy [Septembre 1997] Mar 28 Fév 2017 - 23:44

« C'est impossible qu'il n'ait rien pris. Il ne sait plus ce qu'il dit. Voyez-vous une autre drogue moldue pouvant provoquer ce genre de réaction ?
- L'amour. »

La sorcière resta de marbre. Figée entre deux espaces temps, elle tentait d'éclaircir ses pensées, de peser le pour le contre. Selon Octavius, la substance chimique évoquée par Little ne provoquait guère de telles réactions - ce dernier s'était donc trompé sur sa supposition. En revanche... Ce qui était pour le moins étrange était que tout ce manège avait commencé à l'arrivée d'Octavius à l'infirmerie. Avant, les symptômes - réels ou simulés - semblaient correspondre aux signes cliniques dus à l'ingestion de la poudre moldue. Merlin... Comment s'y retrouver ? L'esprit de Cassidy tournait à plein régime alors que son bras levé maintenait tant bien que mal sa baguette. Octavius se trompait-il et Lawford était-il drogué ? Dans cette éventualité, son comportement était tout à fait pardonnable. En revanche, s'il ne l'était pas - ce qu'il semblait vouloir clamer soudainement au nom de l'amour - il allait payer cher toute cette agitation et ce déplacement. Naturellement la jeune femme l'aurait d'emblée écrasé comme un moustique s'il s'était aventuré à lui jouer ce tour pour attirer son attention, mais là cela s'annonçait pire puisqu'elle était censée représenter une sang-pure dont le père était un Mangemort. Le regard clair de la jeune femme s'assombrit, annonçant l'orage. Comment pouvait-il songer une seule seconde qu'il s'en tirerait indemne après un tel chahut ? Avait-il pété un câble ? Ne parvenait-il plus à gérer ses émotions à cause de l'ambiance oppressante régnant au château depuis le rentrée ? Le regard glacial, Cassidy jeta un coup d’œil vers Octavius. Bon sang... Et elle avait été jusqu'à le déranger, lui. Pour si peu ? La sorcière détestait par nature devoir se reposer sur quelqu'un pour régler ses affaires. Là, elle ne s'était permise de le déranger que parce qu'il était de sang-mêlé et connaissait probablement cette substance moldue qui lui était inconnue. L'argumentaire tenait si Lawford était bel et bien drogué. En revanche, jamais elle ne se serait permise de venir le déranger pour un si banal problème d'hormones insatisfaites et d'amourettes d'adolescents absolument ridicules. Un sourire presque navré naquit sur les lèvres du bibliothécaire.

« Vraiment, Miss Rowle, croyez-vous que l’amour ne soit toujours que l’adage de la drogue ? En revanche, on dit bien souvent que l’amour est en lui-même une drogue très puissante. Et là, je ne peux franchement pas vous aider. »

L'amour n'existait pas. L'amour n'était qu'une invention, un prétexte ridicule forgé par les faibles afin de se refuser à affronter les problèmes de la vie. La vie était cruelle, et l'amour ne faisait que dédouaner, comme si ce sentiment justifiait à lui seul toutes les bêtises exécutées précédemment. J'ai tué par amour. Je me suis sacrifié par amour. J'ai menti par amour. Par amour j'ai abandonné mes amis, mon travail, mes passions. Pour une personne. Pour une seule et unique personne, au nom de ce sentiment idéalisé, j'ai tout abandonné. Pathétique. Une impossibilité de prendre ses responsabilités, une trahison de soi-même. Un lâche cherchant une manière par laquelle se justifier, devant laquelle tout le monde abdiquerait en le transformant de coupable en héro transi.

« On dit aussi que l'amour n'est qu'une illusion, et qu'il n'existe pas. Ou s'il existe, pour certains il s'apparente à un trouble psychique. Dois-je vous considérer comme psychiquement instable monsieur Lawford ? Si tel est le cas, je pourrai m'arranger pour vous faire interner à Sainte-Mangouste. »

Sans un mot, le Serpentard se détourna d'elle et entrepris de se diriger vers l'étagère où traînaient diverses potions de soin. Que comptait-il donc faire désormais ? Croisant les bras, la jeune femme le suivit de son regard de glace, avant de comprendre au dernier moment. Était-il devenu fou ?

« Lawford ! ça suffit maintenant, arrêtez vos caprices d'enfant gâté et reprenez-vous un peu si vous n'êtes pas drogué comme vous vous plaisez à l'affirmer ! Par la barbe de Merlin, je vous ordonne de vous éloigner de cette étagère ! »

Et il buvait et il buvait, et ce à une vitesse tout juste croyable. Un véritable assoiffé de première mû par une pulsion orale de potomanie. Il se remplissait littéralement, et ce de tout ce qui lui tombait sous la main. Potion antiseptique, désinfectant, Philtre de paix, Somnifère... Elle écarquilla en grand les yeux alors qu'il portait à ses lèvres une Potion de régénération sanguine. Non, pas celle-ci avec tout le reste ! Merlin, elle ne pouvait le laisser faire ça, qu'il soit drogué ou pas. Sans un mot, Cassidy pointa de nouveau sa baguette vers lui et... Little s'interposa. Bordel. C'était quoi son problème à lui ? Ne comprenait-il donc pas à quel point la situation dans laquelle son ami se trouvait était grave ? Le vert et argent en proie à la folie - le tout était de savoir laquelle - devait avoir avalé au moins cinq types de potions différents, en plus des deux qu'elle avait demandé à Little de bien vouloir lui administrer précédemment lors de sa courte absence. Cassidy blanchit un peu plus devant les flacons brisés dont les éclats de verre jonchaient le sol carrelé de l'infirmerie. Une telle interaction des potions et autres philtres était tout simplement inimaginable. Raffermissant ses doigts fins autour du manche de sa baguette magique, l'apprentie grinça des dents, le visage dur. Alors qu'elle s’apprêtait à ordonner à Little de s'éloigner, le Serpentard aux cheveux blonds retourna totalement la situation, lui donnant une nouvelle ampleur alors qu' Octavius s'était lui aussi approché dans le but de le dissuader dans sa folie capricieuse. Comment pouvait-on s'abaisser aussi bas sous le prétexte infantile et insignifiant de l'amour ? Comment pouvait-on décemment vouloir attenter à ses jours en prétendant être aux prises d'un tel sentiment ? La vie n'était-elle pas la chose la plus précieuse au monde ? Sans vie, il était tout simplement impossible de mener à bien nos projets, quels qu'ils soient. S'il n'en voulait pas, qu'il se tue - la jeune femme ne condamnait pas le suicide - mais jamais, ô grand jamais sous le prétexte de sentiments non partagés. La jeune femme pouvait sembler dure, et elle l'était. Cruelle, même. Sans cœur et impitoyable, broyant le moindre sentiment doucereux d'une main de fer. Main de fer dans un gant de velours. Une parfaite Mangemort, n'était-il pas ? En revanche, si Cassidy était ainsi face à Lawford, ce n'était pas tant par rapport à lui que par rapport à ce sentiment de manière générale et ce que ce dernier lui renvoyait en plein visage.

Sous les yeux horrifiés de la jeune femme, Lawford empoigna le plus petit par la gorge avec une facilité déconcertante, aidé par son taille plutôt avantageuse. Merlin, ce n'était pas possible ! Qu'avait-il donc inventé cette fois ? Et Cliff ? Pourquoi cet idiot s'était-il aventuré à vouloir aller le raisonner aussi frontalement ? Face à un tel accès de folie, les bonnes paroles ne pouvaient suffire, seuls les actes le pouvaient, qu'ils soient magiques - ce qu'elle s'était apprêtée à faire - ou physiques, comme ce que comptait probablement faire Octavius qui s'était par ailleurs arrêté en chemin, levant les mains prouvant ainsi qu'il ne cachait rien de suspect. En attendant, baguette appuyée contre la tempe du plus jeune, Lawford releva son regard vers elle, et le planta au cœur de ses prunelles turquoise.

« Dites-moi Miss, entre m'aimer ou voir ce charmant Little crever, qu'est-ce que vous choisiriez, hein ? P'tain, c'est sûr que vous le laisseriez crever. Vous vous en foutez, tant que vous n'avez pas à vous salir les mains. Vous passez votre temps à faire du mal, à essayer de nous faire croire qu'on sert à rien et que nous sommes tous lourds, alors j'imagine que je peux le tuer... Ça ne peut que vous rendre service. C'est trop dur d'aimer... tellement difficile. Laissez-moi vous rendre service alors...
- Vous êtes pathétique. »

Ressentait-elle quelque chose ? Absolument rien. Le désert affectif. Coupée de toute émotion, la jeune femme se contentait d'écouter, laissant les mots s'écouler de la bouche du serpent. Aucun bon sentiment, aucun remords ou regrets. Les mots prononcés par Lawford ne la touchaient en rien - se contentant de glisser le long de sa chevelure dorée et de sa peau à la consistance de la glace. Une armure, une véritable armure venant protéger son fort intérieur auquel seul Octavius avait eu accès, l'espace de quelques secondes. Elle ne  ressentait rien sinon le vide. Un vide salutaire et réconfortant, empêchant toute parole de l'atteindre. Seule une émotion pointait au loin, sans qu'elle ne parvienne sur le coup, à l'identifier correctement. Une seule, et cette dernière n'était clairement pas en la faveur de Lawford, loin de là.

« Il souffre... vous en pensez quoi ? Dites-lui donc... Dites-lui que vous en avez rien à foutre. Dites-lui qu'il est chiant. On sait que c'est ce que vous pensez, alors dites-le.
- Le seul à qui je m'adresserai sera vous. Vous voulez savoir ce que je pense ? Vous qui prétendez me connaître si bien, vous voulez avoir accès à mes pensées ? En êtes-vous bien certain Lawford ? Êtes-vous sûr de ce désir ? »

Elle cracha ses mots avec un profond dédain et une amertume certaine. Pas qu'elle se sente coupable de quoique ce soit, oh que non. La raison de ce comportement résidait dans les propos tenus par Lawford et de l'individu profondément instable qu'elle percevait en lui. Son regard tourmaline se durcit sensiblement et d'une voix aussi froide que le blizzard, la Rowle poursuivit.

« Me demander de me forcer à vous... aimer - elle grimaça - Rien que cela prouve à quel point vous n'avez pas conscience de vos mots, ni de respect pour ma personne. L'amour n'est rien. L'amour n'existe pas et n'est qu'une invention. Mais surtout... Condamner une amitié pour une telle supercherie... Le seul ici qui ait eu un comportement loyal et appréciable est Monsieur Little. Il s'est inquiété à votre sujet et a tenté de prendre soin de vous, et maintenant vous menacez d'attenter à sa vie ? Vous m’écœurez. Cela ne vous rend que plus méprisable et rien que pour cette raison, vous n'aurez jamais ma considération. »

Elle avait presque craché ces derniers mots, emplie d'un réel dégoût pour un acte aussi barbare.

« Lâchez-le Lawford, reprit-elle d'un ton calme et froid, Relâchez-le immédiatement ou je vous jure que je vous envoie vous fracasser au mur avant que vous ayez eu le temps de cligner des paupières. Je vous conseille d'obéir. Vraiment. »

Sa voix était dure et cassante. Son poignet avait arrêté de trembler et son regard brillait d'une lueur de détermination évidente. Passerait-t-elle des mots aux actes ? Mettrait-elle ses menaces à exécution ? Il n'en faisait absolument aucun doute. Aucun. Cassidy n'avait aucune espèce d'attache envers cet élève. Un long soupir lui répondit et quelques secondes plus tard, Little atterri aux pieds de la jeune femme qui s'empressa de se placer devant lui, juste au cas où Lawford - dans son instabilité légendaire - décidait de retourner de nouveau la situation.

« Où tuez-le vous-même... Ça ne fera que confirmer ce que vous penser réellement de nous, parce que indirectement, c'est le message que vous nous envoyez. On est dégueulasse ? On ne mérite rien et on devrait disparaître, c'est ça que vous voulez, non ? Alors tuez-le... Allez-y, qu'attendez-vous ? »

Dès qu'il eut relâché son camarade, la jeune femme n'attendit plus et braqua sa baguette sur lui, lui envoyant un sortilège informulé visant à lui faire rendre tripes et boyaux. Le jeune homme ne put s'y soustraire et le reçu en pleine poitrine. Il ne pourrait rien garder de ce qu'il avait avalé pendant les vingt-quatre dernières heures. Il évacuerait ainsi les potions précédemment avalées, et serait hors de danger. Ceci fait, l'étudiante le considéra d'un regard froid et hautain.

« Pensez ce que vous voulez de moi Lawford, je n'en ai rien à faire. Maintenant puisque vous soutenez que vous n'êtes pas drogué et que Monsieur Holbrey le confirme, allez-vous en d'ici, vous m'avez assez fait perdre mon temps. »

Un éclat passa dans les prunelles de l'asiatique et celui se rapprocha vivement d'elle qui se tenait maintenant debout devant Cliff. Sans qu'elle n'eut le temps de respirer, il se saisit de son poignet - la faisant doucement grimacer de douleur malgré la douceur évidente qu'il y avait mise - et pointa la baguette de la jeune femme sous son propre menton. L'ombre d'un sourire passa sur ses lèvres tandis qu'il déclarait d'un ton résigné :

« Je sais que tu ne m'aimeras jamais, que je ne suis rien et que le peu que j'ai à t'offrir ne sera jamais suffisant, parce que je pourrais jamais avoir la chance d'essayer de t'apporter le moindre bien-être. Je ne peux rien faire pour te rendre heureuse alors au lieu de me détruire jusqu'à ce que je n'ai plus la force de me relever, je t'offre ma propre liberté ainsi que l'apaisement de ta propre petite personne... Ne te retiens pas, vas-y. Tue-moi...
- Mourir au nom de ce que vous appelez l'amour est lâche, aussi vous vous débrouillerez sans moi. Je ne tue pas pour une cause que je ne défends pas. »

Elle ne voulait rien de tout cela. Elle ne voulait pas de quelqu'un pour lui offrir de l'affection, de l'aide, ou de la considération. Avait-elle demandé à ce qu'on la rende heureuse ? Non. Le bonheur, Cassidy savait pertinemment que si elle voulait avoir une chance de survivre à la guerre qui se profilait, elle n'y avait pas le droit - qu'il s'agisse de s'attacher ou de revenir à des petits plaisirs de la vie qu'elle avait été contrainte d'abandonner comme sa passion pour la danse, ou encore sa langue maternelle. Elle ne voulait rien, et voilà qu'il lui reprochait d'être ingrate, mais comment pouvait-elle l'être alors qu'elle n'avait jamais rien demandé ? Lui avait-elle demandé l'impossible pour la satisfaire ? Non. Avait-elle exigé de lui qu'il se transforme en ce qu'il n'était pas pour lui plaire ? Encore moins. Lui était égoïste à tenter de l'obliger ainsi à éprouver à son égard un sentiment qu'elle ne ressentait pas et pire même, qu'elle condamnait. Lui était égoïste en lui demandant de l'aimer si elle voulait que Cliff vive.

« Je ne suis pas comme Miss Shafiq à exploser dans tous les sens dans des démonstrations évidentes de ses capacités remarquables en magie noire, mais croyez-moi, il vaut mieux éviter de m'agacer en mettant en danger vos camarades pour des raisons personnelles, et qui plus est, incroyablement ridicules. Je suis de nature calme Monsieur Lawford, mais je vous conseille de ne pas me provoquer. »

Elle abaissa sa baguette.

« Sortez maintenant. »

C'est là qu'il entra en scène, fourbe et sournois. Son expression faciale se transforma radicalement, mais le plus effrayant fut que cela s'effectua en un claquement de doigts. Les traits se tordirent brutalement, s'émoussant avec une facilité déconcertante. Rideau, fin de l'entracte. Le vrai spectacle commençait au détriment de la blonde qui ne se doutait absolument pas à la suite des événements. Rien. Elle n'avait strictement rien vu venir, mettant au sein de la personne d'Octavius une sorte de début de confiance sans se douter que ce dernier était en réalité le scénariste et producteur de toute cette mise en scène diablement dramatique dont Félix n'était en réalité que l'acteur principal. De compréhensif et quelque peu perplexe par la tournure des événements, le visage du bibliothécaire revêtit une expression profondément pernicieuse et méphitique. Pas besoin de faire un dessin. D'instinct, Cassidy comprit que quelque chose clochait. Quelque chose lui avait échappé. Un élément fondamental, une pièce maîtresse du puzzle dans lequel elle évoluait. Mais laquelle était-ce ? Il avait été trop. Trop peu là. Trop discret. Pas assez Octavien. Jusqu'à maintenant. Sournoisement, avant que Lawford n'ait pu faire un geste, il se glissa dans le dos de ce dernier pour lui murmurer de longues paroles à l'oreille. D'horribles chuchotements que la jeune femme ne put discerner mais qui vinrent provoquer un long frisson qui la transperça de part en part. Il y avait quelque chose de profondément malfaisant dans ce regard de jade qu'elle connaissait bien. Un revirement de situation qu'elle ne parvenait pas à saisir. Lentement, les sourcils de la jeune femme se froncèrent tandis que son cerveau tentait de se saisir de cette information. Quel rôle Octavius pouvait-il avoir dans cette histoire ? Hésitante, Cassidy recula d'un pas, manquant de trébucher sur Cliff, resté derrière elle. Pâle. Le mot était faible. Pâle. Plus pâle que l'ivoire. Plus pâle que la mort. Sa peau aux reflets opalescents avait définitivement perdu toute couleur rosée, et la sorcière se liquéfia sur place tandis que l'incompréhension mêlée au doute vint progressivement se refléter dans les piscines constituées par des prunelles vert d'eau. Par la barbe de Merlin, qu'est-ce qui ne collait pas ? Lawford n'était pas drogué, mais amoureux... Enfin, celui qui lui avait amené cette confirmation avait été Octavius. Le même homme que celui qui se tenait présentement derrière le Serpentard, en la couvant soudainement d'un regard vicieux et terriblement mauvais. Lui aurait-il menti et surtout pourquoi l'aurait-il fait ? Mordillement nerveux de lèvres. Réfléchis Cass'... Par le slip de Merlin, il te manque un truc là. Lawford avait commencé à tenir ces propos d'amoureux éconduit lorsque le bibliothécaire était entré dans l'infirmerie... Bon sang. C'était comme un engrenage rouillé. Les pièces étaient là, bien présentes, mais il manquait un petit quelque chose permettant aux rouages de s’emboîter et de fonctionner correctement.

« Charmante Miss Rowle - Cassidy serra les dents devant tant de familiarité mal placée - , cet étudiant meurt manifestement d’amour pour vos beaux yeux. Un amour sincère, à n’en point douter, hu, hu - Un amour... factice - Et comme pour tout amour, il n’y a qu’un seul moyen d’y mettre fin… Un seul moyen, vous m’entendez ? Et non, ce n’est pas par la baguette et l’inconscient que vous refroidirez ses ardeurs. Usez-en et il reviendra. Si ce n’est demain, ce sera après demain, si ce n’est après demain, la semaine prochaine, le mois prochain… jusqu’à ce que la réponse que vous lui donnerez soit faite de la façon convenable. Réfléchissez bien, Miss Rowle, aucun indice de plus ne vous sera donné, il va falloir faire les connexions par soi-même. Dépêchez-vous, vous ne voudriez quand même pas que ce garçon souffre trop longtemps de sa condition… n’est-ce pas ? Et surtout, tant qu’il souffrira, il vous poursuivra, soyez-en sûre. Pas de baguette, pas de magie… je suis sûr que vous avez les capacités pour relever un tel défi… »

Datura. Poudre chimique. Bibliothèque. Bibliothèque... Octavius. La chute fut rude. Aspirée dans un tourbillon épouvantable, Cassidy recula encore d'un pas. Non. Non. Et non. Il ne pouvait pas être allé si loin quand même ?

« Tu devrais prendre des cours d’art dramatique, c’était moyen ton truc, même si j’apprécie l’effort. Felix, vas-y. »

Ainsi donc même Little était dans le coup. L'atterrissage ne s'effectua guère en douceur, loin de là. Bam. Elle eu l'impression d'avoir chuté du haut d'un immeuble et son estomac se tordit violemment. Devant ces paroles, tout - ou presque - devint clair. Elle s'était plantée. Sur toute la ligne. Tout cela n'avait été que son oeuvre, à lui. Une oeuvre d'art spectaculaire, travaillée avec soin tant au niveau des détails méticuleux que des dorures superficielles. Une somptueuse mise en scène artistique, au sens dramatique dont la prose qui sortait de la bouche de Lawford n'avait rien de vrai, ce qui parvint tout de même à la rassurer. Un amour factice. Un léger soupir franchit le seuil de ses lèvres. C'était une épine en moins. Néanmoins... Il lui fallait se confronter avec l'infâme protagoniste.

« Qu'avez-vous fait Monsieur Holbrey ? Avez-vous drogué cet élève pour m'atteindre, moi ? Cette mise en scène, ce scénario abominable... Monsieur Little... Douglas... Non, ce - elle fronça les sourcils - ce n'est pas possible. Mais... Si. Il a commencé à tenir des propos amoureux quand... quand vous êtes entré dans l'infirmerie. Mais... pourquoi ? Si vous l'aviez drogué avant... ça ne se tient pas. »

Bon sang. Un moyen. Il existait un moyen pour... Arrête Cass', il joue avec toi. C'est ce qu'il veut, te voir plier. Un éclair de lucidité traversa les iris clairs de Cassidy alors qu'elle relevait les yeux vers le bibliothécaire.

« Allez au diable Holbrey. Vous et votre esprit tordu. »

Lawford était sous emprise. Il était donc une victime, un dommage collatéral du sorcier qui n'avait pas l'air de regretter le moins du monde ce qu'il avait fait. Pire, il semblait en jouir. L'apprentie serra les dents et transperça l'homme d'un regard brûlant. Je vous hais. Ne pas le détruire. Pas maintenant. Résister. Peu à peu, la jeune femme pouvait sentir la fureur l'envahir, venant emplir l'atmosphère d'une tension tout juste croyable. L'électricité crépitait dans les airs... Ou peut-être était-ce la magie ? La situation l'obligea à se détourner de lui pour affronter Lawford à qui l'infâme sorcier semblait avoir donné le feu vert. Pour quoi exactement ? Et pourquoi Lawford ne pouvait-il donc pas se défaire de cette emprise ?

« Lawford, ne bougez pas. Je vous jure, je n'hésiterai pas. »

Qu'allait-il faire ? Qu'allait-il dire ? Allait-il encore l'agresser par ces mots dégoulinant de sentiments mielleux à souhait ? La bloquer contre le mur en tentant de l'embrasser ? Cassidy aurait aimé avoir deux baguettes dans la situation présente. Vers qui la pointer ? Octavius ou bien Lawford ? La sensation de malaise l'envahissait au delà des mots, venant littéralement la scier en deux de par la complexité de la situation dans laquelle elle se trouvait. D'un côté, si le Serpentard était une victime, alors tout changeait. Elle n'avait aucune raison de lui en vouloir, mais d'un autre elle ne pouvait pas lui permettre de s'approcher. Impossible.

« Vous allez me le payer Holbrey. Je vous jure que vous allez vous en mordre les doigts. »

La baguette se pointa dans la direction du sorcier au rictus malveillant. Comment avait-il osé jouer sur le tableau des sentiments, et plus particulièrement, de l'amour ? L'amour ne lui inspirait qu'une terreur sans nom, ce qui expliquait que la sorcière était tout simplement incapable de simuler quoique ce soit en rapport avec ce sentiment. D'autant plus si la personne en face était réellement éprise. Aussi rejetait-elle en bloc toute forme de considération. Et lui... il prenait la liberté indécente d'en jouer impunément, comme si elle s'était apparentée à une simple marionnette qu'il pouvait aisément contrôler. Il était parvenu à toucher du doigt quelque chose dont il ignorait la portée et maintenant, il s'en amusait avec une telle facilité que cela la poussa un faire un nouveau pas vers l'arrière, mettant encore plus de distance entre elle et Holbrey.

« Dégagez Little, et vite. Vous avez bien joué la comédie, je vous félicite. Sortez immédiatement, ce qui se passe ici ne vous concerne plus. Quant à vous - elle s'adressa à Octavius - libérez Monsieur Lawford. Ce petit jeu a assez duré. »

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Le pessimiste se plaint du vent, l'optimiste espère qu'il va changer, le réaliste ajuste ses voiles.

Crédit - Joy
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