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[15 SEPTEMBRE 1997] En territoire inconnu

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NUNCABOUC4ème année
    NUNCABOUC
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MessageSujet: [15 SEPTEMBRE 1997] En territoire inconnu Ven 21 Oct 2016 - 19:43

15 Septembre 1997.
La nuit s'annonçait tourmentée. La lune était pleine et Clara savait ce que cela signifiait. Sa transformation serait pour ce soir. C'est pourquoi, elle se préparait à vivre une mauvaise nuit. Cheveux lâchés et non coiffés, elle n'essayait même pas de prendre soin d'elle. D'un côté, la salle commune de Nuncabouc n'était pas particulièrement pratique pour se laver et se faire belle - de toute façon, elle n'avait jamais été coquette. Mais à quoi bon domestiquer sa chevelure emmêlée ? Ce soir, cela ne servait strictement à rien.
Elle enfila sa cape noir avant de s'éclipser discrètement de son dortoir.

En temps normal, elle se serait rendu dans la forêt interdite. Elle pouvait s'y transformer sans prendre le risque de blesser quelqu'un. Il n'y avait -théoriquement- pas d'élèves ou de professeurs là-bas. Après tout, il fallait être fou pour s'aventurer dans les bois de jour. Alors de nuit... Il fallait être suicidaire.
Mais depuis la rentrée, ses habitudes étaient perturbées. Déjà parce qu'elle avait terminé contre toute attente à Nuncabouc. Parce qu'elle était un loup-garou. Et le nouveau directeur de l'école, Severus Rogue avait décrété qu'elle passerait les nuits où la lune était pleine, dans une salle dans les cachots. Enfermée.

Il s'agissait de la première nuit de pleine lune depuis la rentrée. Clara n'avait pas encore pris ses marques. Elle savait juste que le bibliothécaire Octavius Holbrey l'attendrait dans les sous sol. Il lui donnerait la potion tue-loup confectionnée par le professeur de potion, Horace Slughorn, avant de l'enfermer dans cette fameuse salle où elle passerait la nuit. Elle ne doutait pas un instant que différents sortilèges l'empêcheraient de s'enfuir, mais elle trouvait tout de même dangereux d'abriter un loup-garou dans l'enceinte de l'école. Mais elle se contentait d'obéir, sans dire un mot.

Comme convenu, l'adulte l'attendait dans les cachots. La potion tue-loup se trouvait déjà sur place, lui dit-il. Elle hocha la tête, signifiant qu'elle avait compris. Toujours sans un mot, elle suivit le bibliothécaire qui la menait jusqu'à cette fameuse pièce où elle resterait plusieurs heures. Mais lorsqu'elle y rentra, elle constata avec stupeur qu'elle n'était pas vide. Quelqu'un s'y trouvait déjà. Un garçon. Plus grand qu'elle, sans aucun doute.

Durant les minutes qui suivirent, son regard alla sans cesse du garçon, à Octavius, en passant par la potion qui se trouvait bel et bien sur une table, au milieu de la pièce. Silencieuse, elle examina la situation. Cette présence était imprévue. Elle n'avait pas été mise au courant.

Elle attendit que l'enseignant referme la porte derrière lui, les laissant seuls. Alors seulement, la jeune fille prit la parole ne quittant pas l'intrus des yeux.

- Pourquoi es-tu là ?

Elle était froide et sèche, ce qui n'était pas dans ses habitudes. Mais elle était sur la défensive, se sentant en danger. Elle ne comprenait pas. Depuis qu'elle était à Poudlard, c'est à dire depuis quatre ans maintenant, elle avait été la seule loup-garou au château. Si une autre personne avait été atteinte de lycanthropie, elle l'aurait su. A un moment, ou un autre. D'autant plus que le garçon qu'elle avait en face d'elle lui était inconnu et semblait plus âgé qu'elle. Qui était-il au juste ?

De toute évidence, ils allaient passer la nuit enfermés dans les cachots. Tous les deux. Ils ne pourraient pas rester sans rien dire. Elle ne laisserait pas tranquille. Car si ses soupçons se confirmaient et que le jeune homme s'avérait bien être un loup-garou, elle ne comprenait pas pourquoi IL n'était pas à Nuncabouc. ELLE y était bien, elle. Elle n'avait rien demandé. Elle aurait bien aimé rester dans sa maison d'origine, à Serdaigle.

La surprise, la méfiance et la colère la rendait particulièrement nerveuse. Elle se surprenait à ressentir toutes ces émotions. Elle se découvrait un nouveau tempérament. Plus assuré. Comme quoi, en grandissant et par la force des choses, elle pouvait dévoiler un nouveau visage. Il restait à savoir si cet instinct protecteur et sauvage allait durer ou si l'étudiant réussirait à l'apprivoiser. Mais de toute évidence, il ne la laisserait pas indifférente.


HJ : Désolée, j'ai mis un peu de temps à lancer le topic, mais j'ai vraiment hâte de voir ce que ça va donner !  


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d'une manière ou d'une autre. »

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MessageSujet: Re: [15 SEPTEMBRE 1997] En territoire inconnu Mer 26 Oct 2016 - 11:23

Shawn & Clara




Le grand soir était là. La veilleuse, haute, ronde et lumineuse éclairera bientôt l’école, recouvrant les toits, la cime des arbres et le terrain de quidditch de sa lumière blafarde. Depuis la tour des Gryffondors, Shawn observait le parc endormi et l'abîme du firmament. Bientôt, cet astre solitaire balayera du regard le paysage et caressera paresseusement chaque recoin du château, pour chasser les ténèbres noires et profondes. La lune est belle et mystérieuse, mais le moindre fragment opale de cette dame oisive avait des répercussions dramatiques sur le jeune homme. Il mangeait moins, se sentait plus faible et avait du mal à dormir. Tant de symptômes lui annonçant que la pleine lune approchait, il n’y avait pas l’ombre d’un doute.

En débardeur blanc et jeans troués, il enfila un t-shirt aux couleurs de sa maison représentant des battes de quidditch tout en tournant le dos à la fenêtre. Il devait s’habiller chaudement, dans le cachot il allait faire froid avant et après sa transformation. Shawn se sentait faible et épuisé. Il ne dormait pas bien depuis plusieurs jours, c’était toujours ainsi. Son teint était blafard et de magnifiques cernes accentués la noirceur de ses prunelles encadrées par deux mèches rebelles fuligineuses. Il devait avancer son parchemin à rendre après-demain pour le cours de métamorphose, mais Shawn était incapable de se concentrer sur les nombreuses questions si pointues dont seule Mc Gonagall avait le secret.  Il n’avait répondu qu’à la première question relative au sortilège d’apparition d’oiseaux et fixait sa réponse d’un œil morne. Le parchemin avait d’ailleurs été « emprunté » à sa voisine de table, la charmante Abigail. Si Shawn comptait la rembourser, il allait devoir lui offrir une cargaison de parchemins à ce rythme. Mais c’était plus fort que lui, il oubliait très souvent ses affaires (acte manqué ?) et concernant cette demoiselle, cela l’amusait en prime. Il avait déjà fait semblant d’avoir oublié son livre dans le seul but de pouvoir s’asseoir à côté d’elle et l’entendre soupirer.

« Décrivez en plusieurs lignes le principe rattaché au sortilège d’apparition des oiseaux.»

Le principe ? Le principe… Shawn passa sa main dans ses cheveux en soupirant. Mais qu’est-ce que j’en ai à foutre du principe en lien avec ce sortilège de citrouille ! C’est sûr que dans le climat actuel faire apparaître des piafs c’est drôlement utile !

Il soupira, trempa sa plume dans l’encre et écrivit en gros caractères pour prendre le plus de place possible et en ratturant à foison :




C’est le principe d’emmerder le monde

avec des questions totalement inutiles.


Ce sortilège se rapporte au principe d’emmerdification

auto ? totale ? presque-dominance des êtres vivants.








Sian passa dans sa chambre et fouilla dans un de ses tiroirs sans daigner lui adresser le moindre regard. C'est tellement injuste que les filles puissent rentrer dans leur dortoir, mais que l'inverse ne soit pas possible.

-Fais comme chez toi !

-C’est ce que je fais, dit-elle rieuse. Ah trouvé ! Elle souleva le petit sac en cuir contenant des dés magiques. Au fait, j’ai croisé ton frère.

Shawn ne releva pas la tête de son parchemin et marmonna un : -ah ? insistant sur la non-importance de cette information.

-Oui, il était en compagnie de l’autre Serpentard pas beau et tout petit. Tous les Serpentards sont petits et pas beaux. Non, mais tu sais, celui qui a un regard de tueur en série. Bon allez, j’y vais !Tu peux nous rejoindre si tu veux ! Elle disparut de sa chambre, le laissant seul avec un arrière-goût d’agacement. Son frère tentait de se rapprocher au possible de Stanley Wang, pas parce que le nain était intéressant ou amusant, mais parce que sa famille était influente, très influente.

D’ailleurs, leur père avait insisté plusieurs fois sur l’importance de bien se tenir en présence de l’héritier Wang, même si cette famille est insupportable et méprisable. Il avait ajouté : on peut sourire à une personne en la maudissant sur plusieurs générations. Pour Shawn, ce type de comportement se résumait en un mot : hypocrisie. Il ne comprenait pas les enjeux et les règles de ce monde, très certainement, mais pour lui, il était hors de question de sourire à une personne que l'on ne supporte pas.

En revanche, son frère, à l'image d'un buvard absorbant tous les liquides à portée, s'était empressé d'appliquer les recommandations de leur père. Pas plus tard qu’hier, Shawn l'avait surpris au club de musique en train de s’entraîner avec Wang. Un sourire naquit sur ses lèvres alors que les souvenirs de la scène revenaient à son esprit.

***

-  Toujours avec le gobelin, tu crois que tu vas obtenir ses faveurs de la sorte !? avait-il ricané.

Son frère gêné par la réflexion avait pivoté vers Stanley qui ne quittait pas des yeux Shawn : - Il plaisante.

-Bien sûr que non. Froid et plus tranchant que l’acier. Le ton n’était ni agressif, ni moqueur, ni même accusateur. Il décrivait simplement un fait comme il aurait pu décortiquer une équation d’arithmancie : x4 + 3x2 - 5x + 3 = 0 (miam, des maths) ou le cadavre d’un animal. Ce type est vraiment flippant.

***

Un sourire béat aux lèvres, la réalité implacable revint le frapper : l’affreux exercice sur le parchemin. Son visage se désagrégea et il cria :

-J’ai pas enviiiiiiiiiiiiiiiiiiiie.

Il se coucha sur le ventre face sur le sol froid de sa chambre sans bouger et poussa un interminable cri de détresse. Bon sang ce qu’il pouvait détester tous ces exercices de gratte-papiers. Lorsqu’il se releva enfin et regarda l’heure, il s’aperçut qu’il était temps de descendre s’enfermer sous terre. Le jeune homme hésita, mais finalement il emporta avec lui sa baguette. Alors qu’il s’approchait de la sortie, il croisa Sian dans la salle commune en train de jouer à un jeu de petits centaures sorciers avec Gavin. Elle releva la tête et l’interpella : - Tu vas où à cette heure, le couvre-feu approche !

La voix nasillarde de Gavin répondit en écho : Viens pas encore nous faire perdre des points !

Shawn se stoppa, il répugnait à leur mentir, mais que pouvait-il faire d’autres ? Déclarer qu’il était un loup-garou pour faire paniquer toute l’école et se faire chasser ? Redevenir un moins que rien, un fantôme enfermé chez lui sans le moindre contact avec l’extérieur ? Hors de question. Non, annoncer qu’un loup-garou se promenait librement dans la salle commune des Gryffondor n’était pas envisageable. Comme si la présence des Carrow et détraqueurs n’étaient pas suffisante en soi. Travestir la vérité était sa seule échappatoire. Il pivota vers le groupe et s’exclama guilleret : - Je suis en retenue avec le bibliothécaire, Octave… Il m’a dit que j’allais y passer la nuit pour remettre les bouquins en ordre.

Sian éclata de rire et lui souhaita bonne chance sans demander plus de détails. Quant à Gavin, il leva les yeux au plafond en faisant claquer sa langue sur son palais. C’était habituel de savoir Shawn en retenue ainsi, personne n’accorda trop d’importance à cette information. Sa dernière retenue avec Carrow lui avait valu de belles cicatrices dans le dos, comme s’il n’en avait pas assez. Il disparut en faisant un signe de main dans son dos. Ce n’était pas vraiment un mensonge. Après tout, être enfermé dans le cachot durant sa transformation était, à ses yeux, une retenue et Octave serait présent. Il se dirigea d’un pas lent, presque à reculons vers les cachots se demandant si Cassidy dormait vraiment dans un de ses nids à humidité. Il envisagea de passer lui faire un petit coucou, histoire de se délecter de son humeur de centaure, mais se souvint qu’il n’avait aucune idée de l’emplacement exact de son taudis et que ce n’était pas le moment de se perdre dans le labyrinthe des souterrains du château. Il arriva au lieu du rendez-vous où Octave l’attendait.

Il avait fait la connaissance du bibliothécaire la veille, près du lac. Une rencontre marquée par l’intervention d’un détraqueur. C’est également à ce moment qu’il avait appris qu’il n’était pas le seul loup-garou de l’école. Cette information l’avait plongé dans un grand trouble. Il salua Octave, le tutoyant comme il lui avait demandé  et ils échangèrent quelques banalités.  Après quoi, Shawn découvrit le cachot voire le clapier à lapin dans lequel il allait passer la nuit. Pas la moindre fenêtre, des crochets enclavés dans les murs faits de grosses pierres et d’énormes toiles d’araignées au plafond. Le sol était jonché  de chaudrons rouillés et troués, de fioles vides et d’étranges outils en fer qui visiblement avait servi comme objets de torture dont Rusard parlait tant. Il y avait une table au centre de la pièce avec deux verres remplis de potion et un meuble affaissé dans le fond et couvert de poussière. Juste à côté, il y avait  deux vieux matelas sans ressort et des couvertures miteuses. Espérait-il que les loups-garous se couchent tranquillement sur cette espèce de vieille paillasse ? Enfin, c’était toujours mieux que rien. Visiblement ce cachot faisait également office de débarras.

Le Gryffondor se dirigea vers le vieux meuble et remit sa baguette à Octave : je te la confie. Il bailla à s’en décrocher la mâchoire tandis qu’Octave sortait de la pièce, pour accueillir le deuxième fauve. Une jeune fille aux cheveux lâchés et non coiffés vêtue de noir de la tête au pied pénétra dans le cachot et le dévisagea. Visiblement, elle ne s’attendait pas à être avec quelqu’un d’autre. Shawn ne l’avait jamais vu auparavant, mais elle semblait être habillée pour assister à un enterrement. C’était en parfait contraste avec sa tenue rouge pétante. Les yeux de la demoiselle faisaient des allers-retours entre Shawn et Octave et même après que l’adulte eut quitté la pièce, elle semblait toujours en proie à ses doutes et interrogations. Ça devait chauffer dans sa tête. La situation amusait Shawn, c’est toujours agréable de connaître les cartes de son adversaire.

La porte se referma et un silence de plomb se répandit dans le cachot. Shawn s’était accoudé contre le meuble menaçant de s’effondrer à tout moment en la dévisageant un sourire aux lèvres. Elle ne le quittait pas des yeux, il leva nonchalamment sa main gauche en s’exclamant : yo !


- Pourquoi es-tu là ?

Elle le fusilla du regard. Agressive, la demoiselle. C’était la première louve qu’il rencontrait, mais il n’avait pas non plus rencontré masse de loups-garous durant sa vie. Peut-être que toutes les louves étaient prêtes à montrer les crocs aux premiers venus.

-Moi c’est Shawn, Inoue Shawn,  ravi de faire ta connaissance, dit-il sur un ton ironique pour lui souligner qu’elle avait oublié les bonnes manières.

Il se redressa sans la quitter des yeux : - Et pour répondre à ta charmante question ma p’tite dame, il passa sa main dans ses cheveux : pour la même chose que toi, ‘me semble.

Depuis la veille où Octave lui avait révélé la présence d’autres lycanthropes, Shawn avait appréhendé cette rencontre autant qu’il l’avait désiré. Cela faisait si longtemps qu’il n’avait pas croisé un des siens, un loup-garou, et qui plus est une fille loup-garou. N'oublions pas qu'il avait passé les premières années de sa transformation en présence d'un des siens, et qu'un loup-garou, comme le loup, a besoin de vivre en meute. Cette structure sociale est capitale pour sa survie et c'est ce qu'il recherche activement à chaque pleine lune, notamment en mordant d'autres humains. C'est peut-être pour cette raison que la plupart des loups-garous dépérissent à vue d’œil au fil des années et que cet affaiblissement est visible même lorsqu'ils ne sont pas sous forme transformée. Et ce n'est pas avec la potion-Tue loup que cela allait arranger les choses.  Pour Shawn, cette potion n'est que du bricolage, on camoufle le problème,on l’annihile, on n'y répond pas. Ce besoin de vivre ensemble lui avait manqué, atrocement manqué, mais la demoiselle ne semblait pas du tout encline à lui tenir le crachoir ou à faire ami-ami. Il était presque déçu, mais il pouvait lui faire changer d’avis. Après tout, n’était pas Inoue qui voulait. Lui et sa relative « bonne humeur » pouvaient avoir raison de l’air renfrogné de la jeune fille.

-Tu ne seras plus seule, c’est pas une bonne nouvelle ?

Il s’avança vers elle et se stoppa à sa hauteur, elle n’était pas très grande. Une lueur malicieuse éclairait ses yeux aussi sombres que le cachot. Les seules lueurs provenaient de deux torches encastrées dans le mur, autant dire que c’était atrocement sombre.

- Tu crois qu’ils cherchent à avoir une portée de louveteaux ? Rogue veut peut-être un peu de compagnie ? C’est bien parti en tout cas. Un immense sourire mangeait son visage.

Le visage de la demoiselle sembla s’effriter sur place, aussi il s’empressa de clarifier les choses : - Je plaiisaaanteuuh… Fais pas cette tête. Il tapota dans son dos en rigolant tendrement. Enfin pour Rogue, va savoir. Puis, oh, je suis pas si laid que ça. Ça me vexe…presque.

Il se détourna et s’avança vers la table où reposaient les potions. Il prit un verre, retourna auprès de la demoiselle et lui tendit. Lorsqu’elle l’eut pris, il s’empara du deuxième verre et le leva vers elle : -santé ! Il avala d’une traite le breuvage et reposa bruyamment le verre sur la table : Aaa, toujours aussi dégueu ! s’exclama-t-il en essuyant grossièrement ses lèvres d’un revers de la main gauche.

_________________

♠Shawn' ❝Somebody once told me the world is gonna roll me I ain't the sharpest tool in the shed
She was looking kind of dumb with her finger and her thumb In the shape of an "L" on her forehead. Didn't make sense not to live for fun, your brain gets smart but your head gets dumb.

So much to do so much to see so what's wrong with taking the back streets? You'll never know if you don't go. You'll never shine if you don't glow!❞ -

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MessageSujet: Re: [15 SEPTEMBRE 1997] En territoire inconnu Sam 11 Mar 2017 - 1:03

- Pourquoi es-tu là ?
- Moi c’est Shawn, Inoue Shawn, ravi de faire ta connaissance.

Clara ne pouvait pas en dire autant.
Elle pensait être seule ce soir, comme elle l'avait toujours été les nuits de pleine lune. Personne ne l'avait prévenu. D'un autre côté, elle aurait certainement été aussi mécontente si on avait pris la peine de l'informer... Après tout, Shawn restait à ses yeux, un pur inconnu et un potentiel ennemi.

Crispée et méfiante, elle affrontait du regard l'étudiant qui lui faisait face, l'analysant. Quelque chose dans l'attitude de son partenaire la perturbait et la dérangeait. Peut-être son impétuosité. Après tout, il lui semblait être son parfait opposé. Elle était discrète, refermé sur elle-même et silencieuse. Lui était assuré, agité, bavard et bon vivant...


- Et pour répondre à ta charmante question ma p’tite dame... pour la même chose que toi, ‘me semble.

Impossible !
Les yeux plissés, elle cherchait dans le visage du garçon une mimique qui pourrait le trahir. Il ne pouvait que se moquer d'elle et jouer la comédie. Ca ne pouvait être que ça... Rien qu'à l'idée qu'un autre loup-garou puisse être face à elle, le rythme de son cœur s'accélérait. L'ancienne Serdaigle n'arrivait pas à savoir si c'était la peur, la surprise ou la curiosité qui étaient responsables de cet emballement soudain.
Quoiqu'il en soit, elle serra les dents et ferma ses poings avec fermeté, faisant un travail sur elle-même pour rester maître de ses émotions, sans pour autant se trahir de manière trop évidente.

Une minute !
Il n'avait jamais parlé de transformation, de pleine lune, de loup-garou... Il avait simplement laisser entendre qu'ils étaient là pour la même raison. Mais si le garçon était en retenue... Il pouvait se tromper en croyant que la jeune fille était également punie. Mais merlin, pourquoi aurait-on enfermé ce pauvre étudiant avec un loup-garou ? Ce serait atroce... ! En même temps, avec les Carrows au château, ce n'était pas totalement impossible... Mais elle refusait cette idée.

Elle était un peu déstabilisée, ne sachant quelle conclusion tirer de cet affirmation. Dans le doute, elle préféra garder le silence. Il était hors de question qu'elle ne crache le morceau elle-même. Elle ne révélait à personne sa véritable nature. Alors à un inconnu ? Il pouvait toujours rêver. Comme on dit : le silence est d'or.
Néanmoins, elle restait inquiète, commençant à se demander si ce qu'elle pensait avoir compris -à savoir qu'il était un loup-garou- était bel et bien juste.


- Tu ne seras plus seule, c’est pas une bonne nouvelle ?

Elle tourna la tête sur le côté, analysant le garçon qui venait de s'approcher d'elle. Il était bien plus grand (elle faisait 1m59 pour ses quatorze ans et demi, lui mesurait 1m73) et elle le trouvait quelque peu imposant. Elle était facilement impressionné par "les grandes personnes", mais Shawn l'impressionnait plus qu'elle ne l'aurait voulu, mais son regard ne cilla pas.

Parlaient-ils de la même chose ? S'il s'agissait bien de lycanthropie, elle ne savait pas comment réagir. Elle n'avait jamais rencontré d'autres loups-garous si ce n'est celui qui l'avait mordu. Elle avait toujours été seule, livrée à elle-même.
Quelque part, elle était heureuse de trouver un possible allié, quelqu'un qui comprendrait ce qu'elle vivait chaque mois, qui avait probablement les mêmes souffrances qu'elle et avec qui elle pourrait en parler. Car même si elle se protégeait dans la solitude, elle en souffrait énormément. Pour dire toute la vérité, elle n'était pas heureuse ainsi.
D'un autre côté, elle était déstabilisée. Elle avait l'impression qu'on venait de mettre un autre loup sur son "territoire" (sans jeu de mots, ironie du sort !) et que cette rencontre n'annonçait rien de bon. Est-ce qu'inconsciemment l'un des deux essayerai de dominer l'autre, prenant ainsi la place du loup Alpha ? De plus, Shawn Inoue semblait être totalement différent d'elle, si bien qu'elle se demandait s'ils pouvaient être compatibles. Il ne lui venait pas à l'esprit qu'au contraire, ils pourraient se nourrir de leurs différences, et ainsi se compléter.

Bien sûr, en admettant qu'il soit bel et bien un loup-garou, plusieurs questions brûlaient les lèvres de la jeune fille. Mais elle s'interdisait toute prise de parole.
Pas tant qu'elle aurait des doutes sur qui était vraiment l'adolescent.

Elle put discerner une lueur malicieuse dans le regard de son aîné, avant que ce dernier ne prenne la parole.


- Tu crois qu’ils cherchent à avoir une portée de louveteaux ? Rogue veut peut-être un peu de compagnie ? C’est bien parti en tout cas.

Son visage se décomposa lentement ; au fur et à mesure qu'elle comprenait ce qu'il venait de dire.

Il venait de confirmer ce qu'elle supposait depuis quelques secondes. Il était bel et bien un loup-garou. Comme elle. Merlin ! Un frisson remonta le long de sa colonne vertébrale et ses lèvres tremblèrent quelques secondes.

Mais surtout, il était en train de lui parler d'accouplement, d'acte sexuel... ELLE AVAIT QUATORZE ANS, BORDEL ! Ce sujet, elle ne l'avait jamais abordé avec quiconque. Elle n'avait jamais eu de petit ami. Elle était vierge de toute expérience. Le sujet la rendait fort mal à l'aise et elle ne savait comment réagir. Elle était à la fois scandalisé et en colère... Car il lui faisait peur avec son air malicieux et ses propositions osés.


- Je plaiisaaanteuuh… Fais pas cette tête. Enfin pour Rogue, va savoir. Puis, oh, je suis pas si laid que ça. Ça me vexe…presque.

Il pouvait être vexé, elle ne serait pas plus douce avec lui. D'autant plus qu'elle n'avait pas du tout apprécié la tape qu'il venait de lui donner dans le dos. Elle ne le connaissait pas. Il ne la connaissait pas, non plus ! Ils s'étaient rencontrés quelques minutes auparavant et l'adolescente ne digérait pas ce qu'il venait de se passer. Alors que le garçon s'éloignait d'elle pour aller prendre la potion Tue-Loup, Clara recula aussi de quelques pas pour augmenter la distance qui les séparaient.

- Ne me touche plus !

"Plus jamais" aurait-elle voulu rajouter. Mais les mots restèrent bloqués dans sa gorge. En attendant, ses propos restaient très froids, espérant ainsi clarifier une bonne fois pour toute qu'elle ne serait pas son "amie" juste parce qu'il était avenant avec elle.

Le garçon lui tendit le verre, dans lequel été versé la potion Tue-Loup. Bien obligé de s'approcher de l'adolescent pour s'en saisir, l'ancienne Serdaigle s'exécuta. Une fois le gobelet en sa possession, elle s'interdit de reculer à nouveau. Elle ne voulait pas lui montrer qu'elle n'était pas en confiance. Il pourrait en tirer profit... Sait-on jamais.

Une idée folle lui vient alors à l'esprit. La potion Tue-loup lui permettait de devenir un loup inoffensif durant sa transformation. Si elle voulait s'assurer que Shawn (sous sa forme de loup) n'oserait aucune approche sexuelle, elle pouvait s'abandonner au monstre qui vivait en elle. Après tout, les loups-garous étaient réputés comme étant des créatures extrêmement agressif et sanguinaire. Clara pensait pouvoir plus facilement repousser une quelconque avance en étant un monstre, qu'en étant un simple loup.... Mais cela signifiait qu'elle ne devait pas boire le contenu de la potion... C'était tellement risqué... Et dangereux ! Elle n'aurait aucune maîtrise de son corps et de son esprit et elle ignorait ce qui se passerait si par malheur le loup-garou parvenait d'une manière ou d'une autre, à sortir de ce cachot. Ce serait un carnage au sein même de Poudlard...
Honteuse en réalisant qu'elle avait de telles pensées et projets, Clara baissa les yeux vers la substance de son verre. Elle ne pouvait pas regarder Shawn dans les yeux. Elle se sentait tellement coupable et médiocre... Elle ne pouvait décidemment pas prendre cette décision à la légère.

Alors qu'elle faisait tournoyer la potion dans son verre depuis quelques temps déjà, elle repensa aux questions qui lui avaient traversé l'esprit quelques minutes auparavant, mais qu'elle n'avait pu lui poser. Maintenant que Shawn avait confirmé qu'il était comme elle, la quatrième année pouvait bien les lui poser et ainsi apprendre à le connaître un peu plus...


- Je ne t'ai jamais vu avant ce soir. Tu viens d'être mordu ?

Elle était loin de se douter que le garçon avait été absent de l'école pendant plusieurs années. Elle n'était pas physionomiste, ne s'intéressant que rarement aux autres étudiants. Néanmoins, il était certain que le visage de Shawn Inoue ne lui serait plus jamais inconnu. Elle venait de rencontrer un autre loup-garou. Et ça, elle ne l'oublierait pas.

- Pourquoi n'es tu pas à Nuncabouc ? Tu sais très bien que les gens... comme nous... y ont leurs... leurs places.

Clara n'avait jamais été à l'aise lorsqu'elle devait parler des loups-garous. Le sujet était presque tabou. Même pour elle. Ces créatures restaient à ses yeux de terribles montres. Partant de ce principe, elle n'avait qu'une très faible estime de soit. C'était certainement pour cette raison qu'elle n'avait jamais été coquette et n'avait jamais pris soin d'elle, notamment lorsqu'elle devait se coiffer, laissant la plus part du temps ses cheveux bordéliques faire la loi.

Rien qu'en imaginant qu'un autre loup-garou puisse être dans le château, mais sans être à Nuncabouc, Clara ressentait avec amertume de la jalousie. C'était injuste. Elle avait beau n'y être que depuis une quinzaine de jours, elle avait déjà vu dans quelles conditions pittoresques, elle vivrait toute l'année. Elle aurait donné beaucoup pour retrouver son ancien dortoir et son confort d'autan. Elle ignorait encore comment elle pourrait survivre à tout ça.

Tenant toujours son verre dans sa main, Clara attendait de voir comment l'échange avec Shawn allait évoluer.
Elle avait encore un peu de temps pour prendre sa potion.


HJ : Je tenais à te remercier, car j'ai vraiment pris beaucoup de plaisir à te lire et à réfléchir à cette réponse.

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MessageSujet: Re: [15 SEPTEMBRE 1997] En territoire inconnu Dim 26 Mar 2017 - 23:28

Shawn & Clara




Shawn avait attendu ce moment autant qu’il l’avait redouté. Voilà plus de six ans qu’il n’avait pas vécu ses pleines lunes aux côtés d’un des siens. Il était certainement plus facile d’accepter la solitude lors des soirs de pleine lune lorsqu’on a toujours été habitué à les vivre seul, mais ça n’avait pas été le cas du Gryffondor. Accompagné par son oncle depuis sa toute première transformation, sa présence l’avait aidé à se sentir rassuré et à endurer la douleur lorsque ses os et ses muscles se tordaient et se broyaient. Il avait eu peur, mal, mais il n'avait pas été seul et ce facteur peut tout changer. Pendant environ deux ans, chaque pleine lune avait été une nouvelle aventure en compagnie de son oncle, ils allaient toujours plus loin et marquaient leur territoire sur le sol de cette forêt perdue dans la montagne qui semblait infinie. Être un loup-garou n'avait pas été une contrainte, mais plutôt une épopée. C'est pourquoi son retour en Angleterre avait été difficile à vivre. Les retrouvailles avec sa famille avait eu plutôt des allures de déchirures. Il se sentait exclu, seul et perdu. Plus personne avec qui discutait librement, avec qui partager une soirée par mois sous une lune ronde et jaune. Il s'était retrouvé au milieu d'étrangers.

Alors lorsqu’Octave lui avait appris qu’il ne serait pas seul dans ce cachot froid et humide à se transformer, Shawn avait attendu cette rencontre avec de l’appréhension et de l’impatience. Serait-ce un adulte ? Un élève ? Lors de sa première année à Poudlard, il était le seul loup-garou, tout du moins, Rogue ou Dumbledore ne lui avait pas parlé d’un compagnon. S’entendraient-ils bien ? Certainement, après tout ils partageaient un secret beaucoup trop lourd à porter pour un seul humain. Il y avait tout de même une tache sur ce tableau : Shawn avait peur de tomber dans  un piège de Severus. Il ne faisait aucune confiance à cet enseignant et il avait entendu parler d’un certain loup-garou à la botte de Voldemort : Greyblack ou Grayback, enfin quelque chose dans ce genre-là. Et rien ne lui garantissait que le but de Severus n’était pas d’offrir un deuxième chien de garde au Dark Lord. Ce loup-garou pouvait bien être celui qui l'attendrait ce soir pour le modeler selon les désirs de son maître. Shawn s’attendait donc à tout dans ce cachot. Presque tout. Quelle ne fut pas sa surprise en découvrant que ce n’était pas un loup, mais une louve qui allait passer la pleine lune avec lui. Une excellente nouvelle !

Il la détailla des pieds à la tête avec insistance, c’était totalement déplacé, mais on ne refera pas Shawn et sa finesse devenue légendaire. Il croyait que les femmes-garous étaient très rares voire inexistantes. Son oncle lui avait dit que la plupart succombaient à leurs blessures. Sans compter que bon nombre des victimes de morsures préféraient se suicider plutôt que de devenir un loup-garou. Pourtant c’était bien une dame louve qui se tenait en chair et en os sous ses yeux. Il la sentait tendue, sur la défensive et visiblement il ne se trompait pas, car ses premiers mots furent de lui demander de but en blanc ce qu’il faisait là. Il la salua en se présentant de façon tout à fait provocatrice, car la demoiselle semblait avoir laissé ses bonnes manières dans son dortoir. Elle ne répondit rien et se crispa un peu plus, elle agissait comme un animal apeuré qui se retrouvait à partager son enclos avec un nouvel occupant. Il reprit donc la parole pour lui révéler qu’il était là pour la même chose qu’elle. Après tout, peut-être qu’elle avait les mêmes peurs que lui : peur d’être une arme sous la coupelle de Voldemort  et elle pouvait penser que Shawn était là pour la manipuler alors qu’il était dans le même camp qu’elle.

Son regard le fusilla et cherchait à voir s’il mentait. Elle ne lui faisait aucune confiance et ne se gênait pas pour lui faire sentir. Il allait, toutefois, en falloir plus pour que Shawn abandonne. Au contraire, les défis le stimulent. La demoiselle semblait avoir de nouveau perdu sa langue. Elle n’avait jamais dû rencontrer quelqu’un comme elle. Quelqu’un avec qui partager, avec qui être soi-même. Elle avait toujours dû être seule à faire face à sa transformation, sans personne pour répondre à ses craintes. Si tel était le cas, il n’osait même pas imaginer dans quelle condition elle avait été mordue. Au final, Shawn avait été extrêmement chanceux dans son malheur. Il se rapprocha et lui fit remarquer qu’elle ne serait plus seule maintenant. À ses yeux, cette nouvelle ne pouvait qu’être positive. La jeune fille qui faisait une tête de moins que lui ne détourna pas le regard lorsqu’il fut à un mètre. Ce qu’il essayait de lui faire comprendre c’est qu’elle n’avait rien à craindre de lui si ce n’est ses blagues atrocement lourdes.

Elle put d’ailleurs avoir un avant-goût de son humour lorsqu’il lui fit part de l’envie de Rogue d’avoir une portée de loups-garous. Il essayait de détendre l’atmosphère, mais n’arriva qu’à plus crisper la jeune fille. Son visage se décomposa sur place, ENFIN UNE ÉMOTION. C’est ce qu’il voulait ! Il préférait qu’on le haïsse plutôt que devoir supporter l’indifférence, il n’y a rien de pire et d’ennuyeux pour lui. Il ricana en lui expliquant qu’il blaguait bien évidemment. Shawn n’avait aucune envie d’avoir des gosses à son âge et il n’avait jamais eu de copine (vu sa finesse, cela pouvait s’expliquer). Tout dans la tchatche, rien dans les faits. Il la tapota dans le dos comme il le faisait si souvent afin de se rapprocher des gens. Il ne tenait pas vraiment compte que chacun avait une conception en matière de proxémie très différente. Par conséquent, tout le monde n’appréciait pas que l’on pénètre de la sorte dans leur bulle intime.

Il se rapprocha de la table où se trouvait les deux potions tue-loups et elle s’écria au moment où il allait en empoigner une :

- Ne me touche plus !

Il immobilisa son geste sans bouger pendant plusieurs secondes. Elle l’avait pris au dépourvu, car il ne s’attendait pas à ce qu’elle hausse la voix et surtout pas pour lui reprocher ce contact. Avait-elle peur de lui ? Il n’y avait pourtant aucune raison. C’était à ne plus rien comprendre. Il empoigna les deux verres et se retourna vers elle. Son sourire avait disparu alors qu’il la dévisageait froidement, puis lentement, un sourire naquit au coin de ses lèvres transformant ses deux yeux en fente.

-Mais c’est qu’elle montre les crocs ! Il s’avança d’un pas franc dans sa direction, mais il se stoppa à une distance plus respectable que la dernière fois, comme quoi il écoutait quand on lui faisait une remarque (surtout en criant). Heureusement que je suis un pacifiste dans l’âme ! Sa rencontre avec une louve ne se déroulait pas forcément comme il l’avait espéré. Elle semblait le détester et refuser de lui accorder la moindre confiance. Tu sais que tu risques de regretter cet ordre dans quelque temps (ses chevilles vont bien), il haussa les épaules et lui tendit la fiole à une distance calculée pour que ce soit à elle de s'avancer vers lui pour la récupérer.

Elle hésita, mais fit un pas dans sa direction et récupéra le verre. Il s’attendait à ce qu’elle recule immédiatement après, mais elle n’en fit rien. Il avait peut-être tort ce n’était pas que de la peur, mais un besoin de le dominer et de se montrer imposante. Cherchait-elle à occuper la place du loup Alpha ? Poudlard était son territoire. Après tout, il ne savait rien d’elle, peut-être qu’elle était une partisane de vous-savez-qui qui désirait ardemment faire ses preuves auprès de son maître et Shawn était le rival à éliminer. Il but d’une traite l’affreuse mixture et grimaça de dégoût. La jeune fille n’avait toujours pas bu son verre. Elle fixait le contenu d’un air absent en prenant grand soin d’éviter son regard. Il eut même le temps de faire l’aller-retour jusqu’à la table pour reposer son verre vide.


- Je ne t'ai jamais vu avant ce soir. Tu viens d'être mordu ?

Il croisa ses bras sur son torse et se redressa de toute sa hauteur.

-Alors le jeu c’est : je, il pointa le bout de son nez, dois répondre à tes questions et tu, il la pointa du doigt, ignores les miennes ? Il la dévisagea boudeur et décroisa finalement ses bras. Alala, je suis trop bon. Jouons donc avec tes règles, pour le moment. Le Gryffondor se rapprocha d’un coin du cachot où il se mit à jouer avec un énorme anneau rouillé dépassant du mur sur lequel était encastré une lourde chaîne ensorcelée. Il connaissait que trop bien ces chaînes conçues pour immobiliser un loup-garou.

- Non, j’ai été mordu à l’âge de huit ans. Combien d’années cela faisait-il depuis la dernière fois où il avait pu ainsi parler de sa morsure ? Une éternité. Ses parents ou frères ne souhaitaient absolument pas aborder ce sujet, c’était d’ailleurs presque tabou. Il y avait un loup-garou dans le manoir, mais il était interdit d’en parler et il fallait faire comme s’ils étaient une famille tout ce qu’il y a de plus normal. Si on ne parle pas du problème, il n'existe pas. Je suppose que si je te demande : « et toi ? » tu vas me répondre sèchement que ça ne me regarde pas ? Et si tu veux tout savoir, je n’ai pu effectuer que ma première année à Poudlard, à cause de l’attaque du basilic… il se tut pendant quelques secondes cherchant les bons mots sans arriver à les saisir. Pour faire simple, on a cru, enfin mes parents ont cru que j’étais responsable des attaques. Il leva les yeux au plafond, c’est bien connu les loups-garous pétrifient leur victime d’un simple regard, il ricana, et bref, ils ont eu peur que dans la panique et l’effervescence qui régnaient au château, ma condition soit découverte.

Un silence plana entre les deux élèves que Shawn brisa :

- J’ai donc passé quatre longues années de ma vie enfermé chez moi, alors que j'étais innocent et pendant que les autres élèves dont mon frère, se pavanaient dans le château. Il lâcha l’anneau et se retourna vers elle. Je suppose que tu n’étais pas encore à Poudlard ou pas encore mordue la seule et unique année où j’ai eu le droit de vivre librement. Il se rapprocha d’une armoire éventrée et s’amusa à ouvrir les tiroirs.

Shawn essayait de raconter son histoire avec le ton le plus détaché qui soit. Pourtant, ces quatre années avaient été une véritable torture pour lui et il gardait une rancune amère envers ses parents. Il avait passé une partie de sa jeunesse enfermé avec un elfe de maison et un chartier, il ne voyait pratiquement personne, ne pouvait parler à personne de son âge puisque tous étaient à l’école. Il s’était senti seul et isolé. Bien évidemment, il avait reçu des cours particuliers et son jeune frère était présent, mais la différence d’âge faisait qu’ils n’avaient clairement pas les mêmes centres d’intérêt sans compter que son petit frère était bien incapable de se tenir sur un balai et que sa mère l’avait rapidement mis dans une école spécialisée, pour qu’il n’ait pas à vivre dans le manoir en tête à tête avec Shawn. Sait-on jamais qui lui prend l’envie de lui sauter à la gorge. Il n’était libre que depuis cette année et comptait bien en profiter. Alors oui, la vérité était qu’il était bien plus troublé qu’il n’y laissait paraître en abordant pour la première fois de sa vie les raisons de cette absence. Le simple fait d’y repenser était pénible.


- Pourquoi n'es tu pas à Nuncabouc ? Il ouvrit un premier tiroir qui ne contenait rien à part de la poussière et une énorme toile d’araignée. Tu sais très bien que les gens... comme nous... y ont leurs... leurs places.

-Pardon ? Il se releva et la dévisagea. Avait-il mal entendu ? Non, elle avait bien dit « y ont leurs places ». Je ne suis pas à Nuncabouc, car bonne question.... Je sais pas trop. Je suppose que Rogue dans sa grande bonté n’a pas divulgué ma condition. Comment ça se fait, que toi, tu y sois ? Il ouvrit le deuxième tiroir avec plus de difficulté, il était coincé, et en sortit un vieux livre rongé par les doxys et les mythes : histoire de Poudlard. « Les gens comme nous y ont leurs places » ? Pourquoi est-ce que ta façon de formuler me porte à croire que tu penses que c’est mérité ? Non parce que je t’arrête tout de suite, je n’estime pas que « les gens comme nous » y ont leur place. Il feuilleta le vieux livre et le jeta nonchalamment par terre.

Il se rapprocha de la demoiselle et la fixa de ses yeux cendres. Elle n’avait toujours pas touché à sa potion.

-Et donc, tu as un prénom ? Ou je vais devoir t’en donner un ? Il le disait sur le ton de la plaisanterie, mais une certaine froideur se dégageait de sa personne. Shawn se frotta le menton : pourquoi pas Emmy ? C’est mignon, Emmy. Emmy, la louve qui mord. Enfin non, qui montre les crocs.

Il indiqua le verre rempli de la potion d’un coup de menton : tu ne comptes pas la boire ? Tu as peur que j’ai versé du poison dedans ? Un sourire narquois se dessina sur son visage, ça ne serait pas dans mon intérêt puisque j’ai enfin de la compagnie. Ou alors, tu penses que ça te protégera ? Si c’est ça, c’est puéril. Les loups-garous recherchent la compagnie des autres loups-garous, ils en ont viscéralement besoin. C’était son oncle qui lui avait dit ça et Shawn n’avait jamais remis en doute ses propos. Il recula jusqu’à la table sur laquelle il vint s’asseoir. Ils ne sont heureux et en harmonie avec eux-mêmes qu’ainsi. Il lui sourit. Ou alors, mhm, tu es une pro mangemort qui a envie de faire des victimes ? Dans ce cas-là, je vais demander à Octave de te saucissonner comme il faut.

-Alors « Emmy », tu veux toujours pas me répondre ? Tu veux jouer aux rois du silencio ? J'ai perdu d'avance. Il se pencha et étira ses jambes engourdies. La transformation approchait, il le sentait. Son sang était en ébullition et ses membres atrocement lourds. Ils devaient leur rester à tout casser une trentaine de minutes, peut-être moins. J’ai la dalle, bouse ! jura-t-il. Shawn était un adolescent dans la force de l’âge et comme tous les adolescents, il avait constamment faim. T'as rien à manger, hormis Octave s'entend ?

Il fixa la brunette pendant plusieurs minutes en se forçant à garder le silence et à ne pas sourire (c'était son nouveau jeu, la mettre mal à l'aise). Lorsqu'il se lassa de ce manège, Shawn sauta au bas de la table d'un geste ample.

Il désigna deux paillasses situées dans les extrêmes opposés de la pièce. Je crois qu’il faudra aussi s’attacher pour pas qu’on se rejoigne... et je suppose que ces vieux draps miteux et l’écuelle pleine d’eaux croupies c’est la notion de confort selon Severus. Suis-je bête, c’est ce que méritent les gens comme nous, c’est ça ?

Le Gryffondor s'ennuyait et comme à chaque fois qu'il s'ennuyait, il devait trouver un moyen de s'amuser... C'était tout trouvé.

Clara et Shawn

Allez, viens jouer avec moi ! Viens jouer, allez, sois pas nulle ! Viens, on joue ! Viens allez ! C'est toi le loup !
Non, j'ai dit non. Grrr


Il retira sa basket droite en s’aidant de l’autre pied et l’envoya valser dans un coin de la pièce. Sa consœur suivit la trajectoire de la première basket. Puis il retira ses chaussettes, qu’il fit tournoyer au-dessus de sa tête en sourire aux lèvres, oh non elle n’allait pas aimer la blague qu’il s’apprêtait à lui faire : - Un petit strip-tease en direct des cachots humides ! Petite veinaaaaarde ! Par Merlin, le sol est gêlééééééé ! sautilla-t-il sur place en riant de bon cœur.


HRP : plaisir partagé ;)

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So much to do so much to see so what's wrong with taking the back streets? You'll never know if you don't go. You'll never shine if you don't glow!❞ -

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MessageSujet: Re: [15 SEPTEMBRE 1997] En territoire inconnu Sam 1 Juil 2017 - 18:55

Instinctivement, Clara s'était raidi en découvrant Shawn Inoue dans la pièce. Mais sa méfiance et sa crispation s'était encore plus amplifié lorsqu'il lui avait parlé d'accouplement ou lorsqu'il lui avait tapé le dos. Cet individu qu'elle ne connaissait ni d'Adam, ni d'Eve se croyait tout permis parce qu'ils étaient là "pour la même raison". C'était bien mal connaître l'ancienne Serdaigle, qui n'était pas réputé pour sa sociabilité. Tout au contraire. Elle avait toujours été, sans mauvais jeu de mot, une louve solitaire.

Avant qu'elle ne réalise vraiment ce qu'elle faisait, l'étudiante avait reculé et ordonné à son aîné de ne plus s'approcher. Sans équivoque.


- Mais c’est qu’elle montre les crocs !

Elle serra les dents, refoulant la colère qui lui montait aux joues. Merlin, elle aurait aimé avoir du tact. En particulier, à cet instant. Si seulement, elle avait pu remettre ce jeune homme à sa place... A défaut, elle ne pouvait que rester silencieuse et continuer de le fixer, en priant pour qu'il se fasse foudroyer sur place (malheureusement -et heureusement pour lui-, elle n'avait pas ce pouvoir là).

- Heureusement que je suis un pacifiste dans l’âme ! Tu sais que tu risques de regretter cet ordre dans quelque temps.

Elle n'était pas certaine d'avoir compris pourquoi. Après tout, pourquoi regretterait-elle ses paroles ? Croyait-il vraiment qu'elle finirait dans ses bras d'ici la fin de la soirée ? C'est qu'il ne manquait pas de culot celui-là ! Bien sûr, elle n'allait pas lui demander de se justifier. Ce serait donner du poids à une de ses déclarations. Hors de question. Non, elle l'ignorerait royalement.

Elle avait récupéré la potion Tue-Loup, mais ne savait pas si elle devait la boire ou non. Aussi bête que cela puisse paraître, elle craignait réellement que Shawn tente de s'accoupler avec elle. Cette idée lui glaçait le dos. Essayant de gagner du temps, elle posa quelques questions qui lui brûlaient des lèvres depuis qu'elle avait rencontré le Gryffondor. Cependant elle ne s'attendait pas à ce qu'il lui fasse remarquer qu'il était injuste qu'il soit le seul à répondre aux questions. Fort heureusement pour elle, l'adolescent ne s'arrêtait pas à ce constat et prit le temps de lui expliquer comment il était devenu un loup-garou.


- Non, j’ai été mordu à l’âge de huit ans. Je suppose que si je te demande : « et toi ? » tu vas me répondre sèchement que ça ne me regarde pas ? Et si tu veux tout savoir, je n’ai pu effectuer que ma première année à Poudlard, à cause de l’attaque du basilic… Pour faire simple, on a cru, enfin mes parents ont cru que j’étais responsable des attaques. C’est bien connu les loups-garous pétrifient leur victime d’un simple regard et bref, ils ont eu peur que dans la panique et l’effervescence qui régnaient au château, ma condition soit découverte.

La bouche bée, elle écoutait son récit. Il lui était si étrange d'être confronté à un autre loup-garou... Car oui, elle finissait par y croire. Shawn était bien comme elle... Bien sûr, quelque chose au fond d'elle-même restait sur ses gardes, souhaitant se protéger de tout faux espoir. Mais elle avait aussi envie de l'admettre ; elle ne serait plus seule. Ils pourraient se comprendre mutuellement. En effet, lorsqu'elle l'écoutait, l'ancienne Serdaigle devinait ce qu'il avait vécu. Et en même temps, elle constatait qu'elle avait eu de la chance dans son malheur : elle était arrivé au château en 1994, lorsque le tournoi des trois sorciers avaient lieu. A aucun instant, on ne l'avait accusé ou suspecté d'être un monstre ravageant l'école de sorcellerie. Non. Elle avait pu vivre sa scolarité plus où moins normalement.

- J’ai donc passé quatre longues années de ma vie enfermé chez moi, alors que j'étais innocent et pendant que les autres élèves dont mon frère, se pavanaient dans le château. Je suppose que tu n’étais pas encore à Poudlard ou pas encore mordue la seule et unique année où j’ai eu le droit de vivre librement.

Il avait donc deux ans de plus que lui. Il avait le même âge que son frère ainé, Mathieu.
Lorsqu'il eut finit de raconter son enfance, elle baissa les yeux au sol. Il n'avait pas été plus gâté qu'elle... Soupirant doucement, la sorcière repensa à sa propre expérience. Elle avait certes pu vivre ses trois premières années à Poudlard, auprès des Serdaigles, mais depuis la rentrée, elle avait été envoyé à Nuncabouc parce qu'un monstre était en elle.


- Pourquoi n'es tu pas à Nuncabouc ? Tu sais très bien que les gens... comme nous... y ont leurs... leurs places.
- Pardon ? Je ne suis pas à Nuncabouc, car bonne question.... Je sais pas trop. Je suppose que Rogue dans sa grande bonté n’a pas divulgué ma condition. Comment ça se fait, que toi, tu y sois ? « Les gens comme nous y ont leurs places » ? Pourquoi est-ce que ta façon de formuler me porte à croire que tu penses que c’est mérité ? Non parce que je t’arrête tout de suite, je n’estime pas que « les gens comme nous » y ont leur place.

Elle ne sut pas tout de suite s'il était en colère. Mais elle interpréta la chute du livre des mains du Gryffondor comme une preuve. Elle l'avait froissé, elle en était persuadée. Parce qu'elle les avait "insulté" tous les deux, en mettant en avant leur différence. Se sentant honteuse (elle éprouvait un dégoût pour ce qu'elle était et pour le peu d'estime qu'elle avait d'elle-même), elle évita de croiser le regard de son aîné. Elle ne voulait pas aborder le sujet. Elle ne voulait pas subir l'irritation du garçon. Elle ne souhaitait qu'être oublié... Ce qui était bien délicat dans la mesure où ils n'étaient que deux dans la même pièce et que l'adolescent s'était rapproché d'elle. Il n'allait pas la lâcher. Et si la Serdaigle refusait de collaborer, il trouverait une solution. Par exemple, il l'avait rebaptisé Emmy, faute de connaître son réel prénom. Elle n'eut pas le temps de réagir que déjà Shawn changeait de sujet, lui rappelant qu'elle tenait toujours son gobelet entre les mains. Elle réalisa alors qu'elle avait oublié le remède qui attendait toujours d'être bu.

Elle avait bel et bien envisagé ne pas prendre sa potion. Elle espérait ainsi que le monstre qui dormait en elle "la protègerait" du garçon qu'elle trouvait bien trop entreprenant. Si elle avait envisagé cette éventualité, elle se gardait bien d'en faire part à son partenaire. Après tout, avec ce dessein, elle le défiait.

Shawn semblait bien plus à l'aise qu'elle, lorsqu'il faisait allusion à sa condition de loup-garou. Clara ne s'en rendait pas encore compte, mais elle le jalousait pour cela. Terriblement. Elle avait peur de ce qui n'était pas sous son contrôle. Malheureusement, une partie d'elle devenait maîtresse de ses faits et gestes, sans que sa conscience ne puisse intervenir. Elle ne comprenait pas comment le sixième année pouvait être aussi détaché.

Peut-être que si le loup-garou en elle lui en faisait voir de toutes les couleurs, il cesserait d'être si confiant... Oui... Elle était réellement tenté. Et tant pis si sa décision était puéril.

Néanmoins lorsqu'elle sentit ses muscles se crisper, annonçant sa métamorphose future, l'adolescente paniqua. Ses membres commencèrent à trembler et elle ne parvient pas à déterminer s'il ne s'agissait que de sa transformation ou si la peur (était-elle vraiment prête à prendre le risque de le blesser ? Pouvait-elle le tuer ? Que se passerait-il si elle ne prenait pas la potion, alors qu'elle était au sein de l'école ?) était également responsable de ses frissonnements. Son regard chercha quelque chose dans la pièce qui pourrait lui redonner confiance ; mais elle ne vit rien. Alors sa conscience eut raison de son envie de défier son homologue. Emmenant le gobelet jusqu'à ses lèvres, elle but la potion le cœur battant. Lorsqu'elle eut terminé, elle garda l'ustensile contre sa poitrine et ferma les yeux. En communion avec elle, elle admettait "sa défaite". Elle n'était pas aussi téméraire qu'elle l'aurait voulu.

Bien. Qu'elle le veuille ou non, elle allait passer la nuit dans cette pièce, en compagnie du Gryffondor. Dans ces conditions, autant collaborer pour que tout se passe au mieux. Enlevant cape et chaussures (il était hors de question qu'elle se dévêtu davantage !!! Au pire, si elle redevenait humaine nue, elle s'empresserait de se cacher avec sa cape.), son regard vient chercher le sien.


- Qu'on soit bien d'accord. Je te tue lors de la prochaine pleine lune, si tu tentes quoique ce soit. Elle faisait référence à tout acte sexuel, mais n'osa pas aborder franchement le sujet. Et oui, on va s'attacher. Ce sera plus prudent. Si on peut éviter de tenter le diable, faisons-le.

Elle craignait que ce soit inefficace, mais préférait agir que rester passive.
Un peu plus tôt, Shawn avait repéré d'énormes anneaux rouillés dépassant du mur sur lequel était encastré une lourde chaîne ensorcelée. Se dirigeant vers l'un d'entre eux, la Serdaigle fit signe au garçon de la suivre. Se saisissant de la chaîne de ses deux mains, elle s'approcha du garçon pour la lui passer autour de la taille.


- Si tu pouvais rester silencieux, ça m'irait très bien, merci.

Qui sait, peut-être qu'il garderait ses remarques pour lui si elle faisait comprendre qu'elle n'avait aucune envie de l'entendre dire qu'il avait toujours voulu se faire attacher par une fille. Au pire, elle n'hésiterait pas à serrer exagérément la corde s'il osait faire le moindre commentaire. Peut-être se tairait-il si elle l'étranglait...

Elle avait préféré l'attacher, plutôt qu'être attaché la première. Ainsi, elle gardait une certaine maîtrise de la situation. Cela la rassurait de savoir qu'elle "dominait". Lorsqu'elle fut assuré que le garçon était bien lié, elle lâcha la chaîne et recula de quelques pas. C'était la première fois qu'elle vivait cette scène dans ce sens. Habituellement, c'était elle qu'on ligotait... De drôles de sentiments submergèrent l'adolescente.


- Lorsque j'habitais chez mes parents biologiques, ils m'attachaient avec ce type de chaîne dans le grenier, dit-elle soudainement mélancolique. Ma mère lançait pleins de sortilèges qui étaient censés me paralyser toute la nuit et les protéger, alors qu'ils dormaient -ou du moins "essayaient" de dormir... Elle resta silencieuse quelques secondes, plongé dans ses souvenirs. Ils ont procédé ainsi jusqu'au soir où par négligence ils ont permis au loup-garou de s'enfuir de la maison.

Elle lui tourna le dos, avant qu'il ne puisse lire sa tristesse sur son visage. Elle s'éloigna de lui, pour regagner l'autre extrémité de la pièce. Elle trouva un nouvel anneau, ainsi qu'une chaîne ensorcelée. Elle commençait à s'attacher, quand elle reprit la parole, sans prendre la peine de faire face à son interlocuteur.

- Tu me dis que les "gens comme nous" n'ont pas leur place à Nuncabouc. C'est peut-être vrai, dans le sens où cette maison est totalement injuste. Je ne vois pas ce qu'il y a de mal à être nés de parents moldus. Mes camarades de dortoirs sont traités dans  des conditions déplorables, alors qu'ils n'ont RIEN fais. Par contre, il y a une chose dont je suis certaine. Ce qui vit en moi... ce qui vit en nous, à nos dépens est mauvais. Ce n'est pas quelque chose de sain. C'est un monstre Shawn. C'était la première fois qu'elle le nommait pas son prénom et elle marqua un temps d'arrêt avant de conclure. Je n'ai pas confiance en cette chose.

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MessageSujet: Re: [15 SEPTEMBRE 1997] En territoire inconnu Dim 9 Juil 2017 - 19:23

Shawn & Clara




Dès le départ, il avait senti que la jeune fille était tendue en sa présence comme si elle était sur ses gardes. Il émanait de sa personne un seul et même message : ne t’approche pas de moi ! Mais c’était trop demander à Shawn Inoue qui aimait se coller aux gens tout en les noyant sous un flot ininterrompu de paroles inutiles. Son excitation était à son paroxysme, après tout ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de rencontrer une louve, Monsieur Loup devait faire bonne impression. Ce qui, visiblement, était hors de sa portée. Tout naturellement il lui tapota dans le dos comme il aurait pu le faire avec n’importe quel ami. Mais voilà, elle n’était pas « n’importe quel ami » et la réaction de rejet ne se fit pas prier. Elle lui hurla de ne plus la toucher et Shawn n’aurait jamais soupçonné qu’un corps si frêle puisse avoir autant de coffre. Il aurait dû s’en douter, après tout une louve dormait paisiblement –ou pas- en elle.

Sans se départir de son espièglerie, il lui fit gentiment remarquer qu’elle allait regretter très rapidement son ordre. La demoiselle l’ignora royalement. Il ne savait pas si c’était parce qu’elle savait exactement de quoi il parlait et que ça l’énervait ou si c’était juste pour lui montrer qu’elle se fichait pas mal de ce qu’il avait à raconter. Ce qu’il sous-entendait c’était qu’une fois transformé en loup, il ne faisait pas de doute qu’elle ferait tout pour faire connaissance avec ce loup mâle inconnu. Surtout si elle avait été seule pendant de nombreuses années. C’était aussi évident que 1 + 1 = 0. Leur entente dépendrait donc de cette rencontre sous forme de loups.

Shawn eut le temps de finir sa potion et de discuter de sujets et d’autres sans qu’elle n’ait trempé ne serait-ce que les lèvres dans la mixture. Elle ouvrit la bouche uniquement pour le questionner sur sa morsure. Shawn aurait pu ne pas répondre, mentir ou même inventer une histoire abracadabrante. Mais il y a des sujets avec lesquels il avait plus de mal à plaisanter, sa morsure, sa condition de loup-garou et sa première année à Poudlard en faisaient partie. Il lui expliqua comment ses parents l’avaient accusé de l’attaque du basilic et le pourquoi de son absence. Il semblait avoir enfin capté son attention, elle buvait littéralement ses paroles pour son plus grand bonheur. Plus que tout, cela lui faisait du bien d’en parler à quelqu’un après ces longues années de solitude à encaisser et tout garder en soi. Elle était bien placée pour comprendre ce qu’il avait ressenti sans le juger, sans avoir peur et sans le blesser. Il y avait enfin une autre personne à Poudlard qui savait qu’il n’avait pas été atteint de Dragoncelle, mais qu’il était un lycanthrope et ce privilège valait tout l’or du monde.

Toutefois, il y avait bien un point sur lequel ils n’étaient pas d’accord : la place des gens comme eux à Nuncabouc. La demoiselle n’avait visiblement pas une très bonne estime d’elle et de ce qui sommeillait en elle. Il n’avait pas particulièrement apprécié le ton qu’elle avait utilisé, comme si elle désignait un être infâme, un poison. C’était presque insultant pour elle comme pour lui. Non les loups-garous n’avaient pas leur place à Nuncabouc tout comme les né-moldus. L’existence de cette maison était une aberration, pas leur vie ou ce qu’ils étaient.

Après ces révélations, la demoiselle replongea dans un profond mutisme qui frustra le Gryffondor. Il ne savait rien d’elle, ni son nom, ni son âge, ni même sa véritable maison. Tout ce qu’il savait c’est qu’il ne devait pas la toucher et qu’elle était à Nuncabouc. Un bien maigre encas pour un loup affamé. Ne connaissant pas d’autres moyens de lui faire cracher le morceau que de devenir lourdingue, il décida de la rebaptiser Emmy. Le but était de la faire réagir. Cela n’eut pas l’effet escompté, on peut même dire que sa provocation glissa sur elle comme de l’eau entre les doigts. Le jeune homme avait rarement rencontré des filles aussi indifférentes avec lui. En règle générale, soit elles rigolaient timidement à ses blagues, soit elles soupiraient avec agacement, mais l’indifférence, non jamais et il détestait ce sentiment. Il méprisait l’indifférence. Shawn avait besoin de se sentir apprécié ou en tout cas au centre de l’attention, en bien comme en mal. Il ne supportait pas être relégué au second rang ou ignoré. Le plus frustrant : toutes ses techniques et ses blagues n’avaient aucun effet sur elle. Comment fallait-il donc aborder cette demoiselle pour lui arracher un sourire ? Avait-il affaire à une Cassidy 2.0 ?

Elle semblait perdue dans ses pensées et fixait le gobelet dont elle n’avait toujours pas bu le contenu. Shawn fit le tour de la pièce fouillant dans les tiroirs défoncés et les recoins poussiéreux afin de calmer son ennui croissant. Lorsqu’il ramena son attention sur la muette, elle avait fini sa potion et tenait le gobelet contre elle. Ayant pratiquement épuisé toutes ses cartes d’humour moisi, il entreprit d’effectuer un strip-tease, histoire de la provoquer un peu plus dans ses retranchements et d’obtenir une réaction.


Réaction, qu’il n’eut pas. Rien. Nada. Le néant. Elle était aussi imprenable qu’une forteresse. Il se stoppa et la dévisagea alors qu’elle retirait cape et chaussures. Un sourire narquois naquit sur ses lèvres. Elle dut le voir, car elle le menaça à nouveau. Enfin, une réaction !

- Qu'on soit bien d'accord. Je te tue lors de la prochaine pleine lune, si tu tentes quoi que ce soit.

Il leva ses deux mains à hauteur du visage, rieur malgré la fatigue et les cernes : oh mais je ne vois pas de quoi tu parles Emmyyy, voyooons. On t’a jamais dit que c’était mal d’accuser les gens comme ça ?! ricana-t-il. Et qui te dit que c’est pas toi qui vas venir te coller à moi pour me demander un peu d’affection et de chaleur ? Il arqua un sourcil : rien. Et pour le coup, il avait raison. Sous forme de loup, les réactions étaient totalement imprévisibles, animalières.

Il continua en prenant une voix qui se voulait féminine en se dandinant :  - Oh Shawn s'il te plaît, j'ai besoin de ta chaleur, j'ai sii froid dans ce cachot humide et sombre !!

Eh oui, on va s'attacher. Ce sera plus prudent. Si on peut éviter de tenter le diable, faisons-le.

Il grimaça à l'entente du mot "attacher".

Son histoire d’accouplement semblait avoir vraiment terrifiée la demoiselle. Croyait-elle une seconde qu’il avait envie d’être père d’une portée de plusieurs louveteaux pleurant et pissant partout ? Quelle horreur ! Les gamins c'est bruyant et puant ! Non, il avait d’autres projets pour son avenir. Des projets bien plus intéressants. Il avait à peine commencé à retirer ses chaussures et ses chaussettes que la demoiselle se rapprochait de lui armée du lourd anneau ensorcelé. Il s’immobilisa et la dévisagea alors qu’elle était à un mètre de lui.

- Eh bah dis donc ça rigole pas, tu veux déjà passer à l’étape supérieure.
Je ne te pensais pas adepte de ce genre de pratiques, mais ça me va
.

- Si tu pouvais rester silencieux, ça m'irait très bien, merci.

Il se tut, mais ricana comme un bossu. Enfin, il « se tut », comprenez selon la conception de Shawn, c'est-à-dire cinq secondes montre en main. Emmy, t’as pas peur que je me jette sur toi là ? T’es juste à portée de main ! Elle se trouvait à un mètre de lui. T’es tellement proche que je peux sentir ton shampoing ! Il la laissa resserrer l’anneau autour de sa taille et s’assit au sol emporté par le poids de la chaîne immobilisante.

- Tu remarqueras que je te fais confiance. Je ne me laisse pas accrocher aussi facilement en temps normal. Il agrémenta ses propos d’un long bâillement au cours duquel elle eut tout le loisir d’admirer ses amygdales. Elle essayait définitivement d’être le loup dominant. Cela lui allait dans l'immédiat. Il n'avait rien à lui prouver, il savait qu'il avait plus de force et certainement de vitesse qu'elle en loup et humain. Il défit la ceinture de son pantalon, qu’il retira et jeta au loin. À présent en caleçon, il chercha des yeux le coin avec la couverture trouée. Il n'était pas pudique, mais il faisait un froid de détraqueur dans ce foutu cachot !

- Lorsque j'habitais chez mes parents biologiques, ils m'attachaient avec ce type de chaîne dans le grenier. Shawn releva la tête vers elle, elle ne le regardait pas, mais semblait revivre de douloureux souvenirs. Des souvenirs qu’il connaissait que trop bien pour les avoir vécus.  Ma mère lançait plein de sortilèges qui étaient censés me paralyser toute la nuit et les protéger, alors qu'ils dormaient -ou du moins "essayaient" de dormir... Shawn recula sur les fesses jusqu’à la couverture miteuse. Le grenier ? Moi c’était la cave et c’était mon père au départ puis l’elfe de maison. Ce n’est pas comme si j’étais son fils, hein ! C’est plus simple de refiler le sale boulot aux elfes, dit-il avec aigreur. Ils ont procédé ainsi jusqu'au soir où par négligence ils ont permis au loup-garou de s'enfuir de la maison. Moi je ne risquais pas de m'enfuir, dit-il en frottant les cicatrices sur ses poignets.

Elle tourna les talons pendant que Shawn la regardait en se balançant nonchalamment d’avant en arrière. Et alors, tu t’es enfouie ? Et ? Tu peux pas me laisser comme ça sur ma faim !

La demoiselle reprit la parole tout en s’attachant :

- Tu me dis que les "gens comme nous" n'ont pas leur place à Nuncabouc. C'est peut-être vrai, dans le sens où cette maison est totalement injuste. Je ne vois pas ce qu'il y a de mal à être nés de parents moldus. Mes camarades de dortoirs sont traités dans  des conditions déplorables, alors qu'ils n'ont RIEN fait. Par contre, il y a une chose dont je suis certaine. Ce qui vit en moi... ce qui vit en nous, à nos dépens est mauvais. Ce n'est pas quelque chose de sain. C'est un monstre Shawn. Je n'ai pas confiance en cette chose.

Shawn se tut pendant plusieurs secondes encaissant le mot qu’il avait si souvent entendu, qui avait été si souvent sous-entendu sur son compte : « monstre ». Sur son échelle de mépris, il y avait peu de choses hormis les brocolis, les figures d’autorité et le mot monstre. Il haïssait ce mot du plus profond de son âme.

-Monstre, hein ? dit-il froidement en fixant ses jambes dénudées.

-Je ne suis pas un monstre, répondit-il sèchement. Libre à toi de te juger comme bon te semble, mais ne m’inclus pas dans ta catégorie ! Il joua avec l’eau croupie dans l’écuelle où flottaient plusieurs insectes morts. le mot "monstre" résonnait à son esprit accentuant son mal de crâne. J’ai une question pour toi : c’est toi qui penses cela ou tu répètes bêtement ce qu’on t’a rentré dans le crâne depuis ta morsure ? Il tira sur la chaîne pour se mettre dans une position plus confortable.

J’ai une deuxième question, si les loups-garous sont des monstres, alors comment tu qualifies les sorciers et les humains en général ? Il ramena son attention sur elle : non parce que c’est totalement irrationnel cette peur des loups-garous. Nous faisons bien moins de victimes que les sorciers en général. Je ne pense pas avoir à citer de nom, il suffit de voir le contexte actuel ! Regarde autour de toi, ouvre les yeux, analyse par toi-même et réfléchis (un Gryffondor qui dit ça à un Serdaigle, c’est beau !). Les meurtres, les tortures, les viols, c’est quoi comparé à une misérable victime mordue une fois tous les 5 ans ? Hein ?! Depuis combien d'années avait-il répété ce discours dans sa tête afin de le ressortir à son père si le sujet de sa condition revenait sur le tapis ? Un nombre incalculable d'années. Son père n'avait jamais souhaité aborder le sujet. Le Gryffondor n'avait jamais pu dire tout ce qu'il avait sur le cœur. Ô il savait que rien ne ferait changer d'avis son père sur les lycanthropes, mais le but n'était pas de lui faire changer d'avis, mais de pouvoir s'exprimer, se sentir exister, se libérer d'un poids. Shawn est un fantôme ou presque dans sa famille.

Il s’étira le dos dans un craquement sonore. Le jeune héritier se sentait fiévreux, tous ses membres étaient en feu et la douleur allait croissante. La transformation était pour bientôt, c’est probablement pour cela qu’il était encore plus énervé par les propos de la demoiselle qu’il ne l’aurait été en temps normal. Son sang bouillonnait et un sifflement strident sonnait à ses oreilles.

Peut-être que si les sorciers ne nous avaient pas exterminés, peut-être que si nous n’étions pas si isolés et seuls, si nous avions notre meute et un territoire ! Peut-être que tout ça ne serait jamais arrivé !

Il releva le menton : ce n’est pas NOUS qui tuons lentement la planète dans laquelle nous vivons ! Ce ne sont pas des pattes qui ont fait mourir les fleurs, les arbres et éteindre certaines espèces de par le monde, mais des mains ! Ce ne sont pas des pattes qui ont sali la terre, qui ont détruit des familles entières, torturé pour une histoire de pouvoir, privé de leur droit des êtres humains comme les gobelins et les elfes tout cela parce qu’ils ont jugé qu’ils étaient inférieurs ! Ce sont des MAINS ! Il tendit sa main gauche dans sa direction.

Un spasme de douleur frappa sa poitrine et le fit se courber en deux. Il reprit une fois la douleur atténuée.

Je ne sais pas comment ont été ta morsure et ta première transformation, mais j’ai l’impression que tu l’as très mal vécu. J’ai connu ce que c’était d’être accompagné lors de ma transformation, d’être libre, sans potion de citrouille ni chaînes qui m’ont lacéré la peau jusqu’aux os ! Je ne dis pas que nous sommes des anges, non certainement pas, mais nous ne sommes pas plus monstrueux que d'autres !

Il soupira longuement et posa sa tête contre la pierre froide du cachot. Pourquoi s’emportait de la sorte ? C’était stupide. Elle pensait bien ce qu’elle voulait après tout. Chacun est libre d’avoir un avis différent. Il agissait comme son père là ? C'était rageant ! Il ferma les yeux, revoyant son oncle et leurs sorties au clair de lune. Non, ils n'étaient pas des monstres, même s'ils pouvaient être dangereux pour les autres sorciers. Il  y avait forcément une raison. Qui essayait-il de convaincre que les loups-garous ne sont pas des monstres. Elle, son père ou lui ?

Un demi-sourire éclaira son visage : -Désolé, mais il fallait que ça sorte, c'est tombé sur toi. Il entrouvrit un œil : avoue, tu préférais le Shawn avec ses blagues lourdes, hein ?

_________________

♠Shawn' ❝Somebody once told me the world is gonna roll me I ain't the sharpest tool in the shed
She was looking kind of dumb with her finger and her thumb In the shape of an "L" on her forehead. Didn't make sense not to live for fun, your brain gets smart but your head gets dumb.

So much to do so much to see so what's wrong with taking the back streets? You'll never know if you don't go. You'll never shine if you don't glow!❞ -

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MessageSujet: Re: [15 SEPTEMBRE 1997] En territoire inconnu Sam 16 Sep 2017 - 1:13

Elle avait voulu défier son homologue en refusant de boire la potion Tue-Loup. Mais elle avait fini par se raviser. Elle avait bien trop peur... De l'inconnu. Du monstre. Si elle n'avait pas été répartie à Gryffondor, c'était bien parce qu'elle n'avait pas cette rage ou cette impulsivité caractéristique des rouges et ors.

Résignée, la Nuncabouc se faisait peu à peu à l'idée qu'elle allait collaborer avec  le jeune homme. Pour autant, elle ne comptait pas s'adoucir, clarifiant dès le départ qu'elle ne tolèrerait pas qu'il tente quoique ce soit... Mais Shawn s'innocenta aussitôt en levant les mains, en rappelant qu'il ne contrôlait pas ses gestes pendant la pleine lune et ne pourrait par conséquent être tenu responsable de tout acte déplacé. Pire encore, il osa émettre l'hypothèse que ce serait ELLE qui viendrait vers lui pendant la transformation, se faisant une joie d'accompagner sa proposition d'une imitation stéréotypée à souhait... Agacée par cette suggestion (et cette caricature épouvantable), Clara grinça les dents. Néanmoins, elle ne pouvait pas lui clouer le bec et affirmer que ce ne serait pas le cas... Car elle n'avait aucun contrôle sur ce qu'il allait arriver. Merlin, cela l'angoissait réellement !

Elle mit un terme à toutes ses idées fantasques, en ramenant Shawn à la réalité : ils allaient s'attacher pour éviter tout contact physique. Ne perdant pas de temps, la quatrième année s'approcha du garçon, armée d'un lourd anneau ensorcelé.

- Eh bah dis donc ça rigole pas, tu veux déjà passer à l’étape supérieure. Je ne te pensais pas adepte de ce genre de pratiques, mais ça me va.
- Si tu pouvais rester silencieux, ça m'irait très bien, merci.

Etait-ce trop demandé ? Connaissait-il le sens du mot "silence" ?!
A tous les coups, le garçon avait toujours été un piètre joueur au "roi du silence", car il ne mit pas bien longtemps à reprendre la parole.

- Emmy, t’as pas peur que je me jette sur toi là ? T’es juste à portée de main ! T’es tellement proche que je peux sentir ton shampoing !

Elle marqua un temps d'arrêt. Se moquait-il d'elle ? Sentait-il vraiment son parfum... ? Et insinuait-il quelque chose... ? Les Nuncaboucs n'avaient pas les meilleures conditions d'hygiène du château et peut-être lui faisait-il comprendre qu'elle était négligée... ? Timidement, elle leva les yeux vers lui... Avant de rebaisser les yeux et serrer la corde avec plus de force que nécessaire. C'était sa manière à elle de répondre et réagir. Merlin, qu'il se taise... !
Lorsqu'elle eut finit de l'attacher et après s'être assuré qu'il ne pourrait pas s'enfuir, elle recula.

Inconsciemment, la scène lui rappelait d'anciens souvenirs qui mirent à mal la carapace qu'elle s'obstinait à garder sur elle. Pour la première fois depuis qu'elle avait rencontré Shawn, elle osa lui livrer quelques éléments de sa vie. La tristesse la chamboula rapidement et l'adolescente tourna le dos à son interlocuteur pour ne pas qu'il puisse percevoir que ses yeux s'étaient brouillés d'un voile humide.  

- Et alors, tu t’es enfouie ? Et ? Tu peux pas me laisser comme ça sur ma faim !

Mais Clara s'appliquait déjà à une tâche nouvelle. Arrivée à l'autre bout de la pièce, elle prenait soin de s'attacher à son tour... Et ses réflexions étaient toutes ailleurs.

- Tu me dis que les "gens comme nous" n'ont pas leur place à Nuncabouc. C'est peut-être vrai, dans le sens où cette maison est totalement injuste. Je ne vois pas ce qu'il y a de mal à être nés de parents moldus. Mes camarades de dortoirs sont traités dans  des conditions déplorables, alors qu'ils n'ont RIEN fait. Par contre, il y a une chose dont je suis certaine. Ce qui vit en moi... ce qui vit en nous, à nos dépens est mauvais. Ce n'est pas quelque chose de sain. C'est un monstre Shawn. Je n'ai pas confiance en cette chose.

Sa déclaration fut suivi d'un silence. Et bizarrement, Clara en sentit toute la lourdeur...

- Monstre, hein ?

De la froideur. Ce fut ce que Clara perçut et cela la stoppa net. Ses doigts se refermèrent sur la chaîne qu'elle tenait, mais elle cessa de s'activer, comme immobilisée.

- Je ne suis pas un monstre. Libre à toi de te juger comme bon te semble, mais ne m’inclus pas dans ta catégorie !

Elle lui tournait toujours le dos et craignait de croiser à nouveau le regard du garçon. Elle avait bien trop peur de ce qu'elle pourrait y lire. Déception, colère ou jugement...  Il était certain que sa réflexion n'avait pas laissé indifférent Shawn. Elle sentait même que ses propos avaient réveillé en lui une énergie particulière. Il s'engagea dans une longue tirade, dans laquelle il lui démontra pourquoi selon lui les loups-garous n'étaient pas plus monstrueux que certains sorciers.

Désemparée, Clara l'écoutait, bien trop émue pour agir ou répondre. Seules les larmes qui glissaient sur ses joues et son regard tremblant démontraient qu'elle était profondément chamboulée par les déclarations de son partenaire. Elle n'avait jamais vu sa situation dans ce sens. Culturellement, les loups avaient toujours eu la place du "méchant". Elle s'était arrêtée à cette image néfaste et avait ainsi alimenté cette peur du loup. Son entourage n'avait certainement pas aidé, mais elle n'avait pas su accepter elle-même ce qu'elle était. Là où Shawn semblait avoir dépassé ce stade.

Se mêlant à la tristesse, des spasmes prédisant sa transformation à venir secouèrent le corps de la quatrième année. Elle n'arrivait plus à avoir les idées claires.
Désorientée elle finit par se laisser glisser au sol.

- Je ne sais pas comment ont été ta morsure et ta première transformation, mais j’ai l’impression que tu l’as très mal vécu. J’ai connu ce que c’était d’être accompagné lors de ma transformation, d’être libre, sans potion de citrouille ni chaînes qui m’ont lacéré la peau jusqu’aux os ! Je ne dis pas que nous sommes des anges, non certainement pas, mais nous ne sommes pas plus monstrueux que d'autres !

Maladroitement, elle vient essuyer ses joues de ses mains. Après quoi, elle osa enfin se retourner et ne plus cacher son visage. Elle mit néanmoins quelques secondes pour trouver le courage de poser ses yeux sur le garçon, avant de prendre la parole.

- J'ai toujours été seule... les nuits de pleine lune... jusqu'à ce soir...

Et elle avait peur. Clairement. C'était peut-être là le nœud du problème.
Elle sentait la transformation arriver. Indéniablement.
En quelques gestes, la jeune fille s'assura qu'elle était bien attachée à son tour. Puis elle soupira longuement, essayant de calmer les tremblements qui agitaient ses membres.

- Désolé, mais il fallait que ça sorte, c'est tombé sur toi. Avoue, tu préférais le Shawn avec ses blagues lourdes, hein ?

Sa question fut accompagnée d'un demi-sourire et Clara eut comme l'impression que l'orage venait de se dissiper.

- Tu sembles si confiant... Je ne sais pas comment tu fais.

Confiant lorsqu'il faisait des blagues. Sûr de lui lorsqu'il défendait la cause des loups-garous. Shawn dégageait une assurance déconcertante.
Elle ne savait pas quelle facette elle préférait chez lui. Elle s'était sentie en présence du mâle Alpha (le vrai, car elle n'avait pu dominer la situation plus tôt que parce qu'il l'avait bien voulu), lorsqu'il s'était emporté et avait défendu leurs causes... Même s'il avait démonté en quelques phrases la vision qu'avait la jeune fille sur les loups-garous. Elle s'était sentie remis en question et bien ridicule à côté de lui, même si elle ne pouvait pas encore se positionner sur tout ce qui avait été dit.
De l'autre côté, il y avait l'étudiant extrêmement jovial et blagueur, mais dont les commentaires pouvaient parfois être lourds et d'un goût douteux. Ce Shawn là, elle avait -souvent- envie de lui lancer un sortilège de mutisme !

A vrai dire, ils étaient en train de s'apprivoiser. L'un comme l'autre.

Une nouvelle douleur vient la poignarder en pleine poitrine. Instinctivement, elle ferma les yeux.

- Il arrive...

La transformation était imminente. Nul doute.
Une nouvelle fois, Clara soupira longuement. Elle ne devait pas paniquer...

[HJ : Je sais pas comment tu veux jouer la pleine lune/la transformation. Est-ce que tu veux qu'on "saute" ce passage et qu'on arrive au lendemain matin quand nos personnages se demandent ce qui s'est passé pendant le nuit, après avoir fais un état des lieux ? Ou est-ce que tu veux jouer l'animal directement ? :D ]

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[15 SEPTEMBRE 1997] En territoire inconnu

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