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[01/09/92] "Si ce n'est toi, c'est donc ton frère." (pv Shawn + Hiver 88)

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SERPENTARD6ème année
    SERPENTARD
    6ème année
AVATAR : Kristen Stewart
MESSAGES : 592

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: En couple avec la chevelure si bien coiffée d'Elwyn H. Miller
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 09 septembre 1980, Angleterre
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: [01/09/92] "Si ce n'est toi, c'est donc ton frère." (pv Shawn + Hiver 88) Sam 8 Oct 2016 - 16:05



"Si ce n'est toi, c'est donc ton frère."

Shawn x Absynthe







La fillette releva son bout de nez en trompette vers le visage d'un grand garçon aux cheveux mi-longs coiffés en catogan. Les autres élèves qui se trouvaient dans le compartiment s'étaient interrompus le temps d'examiner qui osait les déranger, mais les discussions avaient à présent repris et seule la chaussure du jeune homme à la cravate bleue et bronze empêchait la porte de se refermer.
Orphée Nyman ne prononça pas un mot et se contenta de détailler l'enfant face à lui avec l'œil morne de l'adolescent que plus rien n'étonne. Est-ce que lui aussi, à sa rentrée à Poudlard, il avait eu l'air aussi perdu et misérable ? Il espérait bien que non. La petite chose blonde baissa les yeux sur leurs pieds, sur son pied, celui qui bloquait la porte coulissante, et le visage pâle, presque maladif, de la petite fille apparut de nouveau lorsqu'elle plongea son regard vert et or dans le gris de ses iris. Il en fut presque amusé, de ce reproche silencieux. Mais il avait posé une question, il voulait une réponse. Ce que les Serdaigles pouvaient être têtus, parfois...

- Comment tu t'appelles ?

Silence.
Il s'accroupit pour mettre son visage à sa hauteur : elle ne devait pas dépasser le mètre quarante et le rideau blond et raide que composait ses cheveux tranchait avec le sérieux de ce visage enfantin. Orphée eut d'abord l'étrange idée que, devant lui, se trouvait un petit ange déchu...mais la frimousse de l'enfant lui arracha un sourire fugace. De grands yeux, le nez en pointe, le visage ovale et fin, un corps frêle et, c'était étonnant, une manie de se redresser sur la pointe des pieds, moue pincée et joues légèrement gonflées. Il l'imagina un instant en justaucorps pêche et munie d'un tutu à froufrous : était-elle danseuse pour avoir l'envie de faire des pointes ? Les paupières lourdes de la gamine tombèrent un instant, couvrant les iris anis mouchetées d'un brun miel durant quelques secondes seulement, secondes qui suffirent au bleu et bronze pour mettre le doigt sur la paire d'aile qu'il cherchait. Les ailes délicates d'un papillon de nuit vinrent se superposer à celles d'un corbeau noir qu'il avait à l'esprit l'instant d'avant. Une Fée.
N'était-elle pas heureuse d'aller à Poudlard, cette Fée ? Elle n'en avait pas l'air. La gamine fronça les sourcils en croisant les bras sur sa non-poitrine, le regard fuyant.

- Tu sais, je ne vais pas te manger. C'est les Serpentard qui risquent de te manger toute crue. Et, à bien y réfléchir, les Gryffondor ne sont pas mieux. Quand aux Poufsuffles, ou ils te délieront la langue, ou ils te harcèleront et tu finira aussi folle que cette vieille Holga. il souffla sur le ton de la confidence : Il parait qu'elle a finit ses vieux jours à creuser le sol, les joues couvertes de suie pour faire croire qu'elle était un blaireau.

Le visage de la petite exprima de la surprise avant que ses prunelles ne roulent sur elles-mêmes pour montrer sa lassitude. La bouche aux lèvres fines s'ouvrit :

- N'importe quoi.
- C'est vrai. admit le septième année, sourire aux lèvres en constatant qu'elle n'était pas muette, la blondinette. Tu cherches quelqu'un ? Ton grand frère, peut-être ?
- Je n'ai pas de frère.
- Ta grande sœur, alors ?

Le blanc qui suivit indiqua au grand blond que la réponse était encore un non. Et pourtant, une sœur, elle en avait bien eu une. Mais on la lui avait enlevée. La petite mordilla une peau morte de ses lèvres fines et soupira silencieusement pour contenir son agacement. Elle n'avait pas envie de lui parler, à ce "grand", pourquoi est-ce qu'il ne la laissait pas simplement partir ? Elle cherchait quelqu'un, c'était un fait, mais comment retrouver une personne dont on ne connait pas le prénom ? A présent, elle se trouvait bien stupide d'avoir toqué à trois compartiments après être sortie de celui où elle avait fait le début de son voyage.
Pour une fillette qui n'était plus habituée à côtoyer des enfants de son âge depuis ses neufs ans, le premier contact avec des futurs élèves de Poudlard ne lui avait guère donné envie de continuer l'expérience. Tout d'abord, chose que la blonde de presque douze ans ne supportait pas, ils étaient bruyants. Était-ce l'entrée dans l'adolescence qui approchait qui rendait les filles si bêtes ? Une rousse à la voix nasillarde n'avait cessé de jouer avec ses cheveux tout en dévorant du regard un garçon qui, lui, entrait en deuxième année et avait le ton snobe qui n'allait pas avec son bas de pantalon crotté. La rouquine n'avait fait que glousser bêtement, une blondinette à l'ouest avait lancé le débat de la répartition et des épreuves à passer, de là, un garçon métisse avait énuméré des sortilèges à exécuter et toutes sortes de stupides rumeurs qui courraient dans le Poudlard Express, et ce depuis le départ du quai. Absynthe n'avait pas décroché un mot : Mère lui avait parlé d'un vieux chapeau chantant qui lui choisirait sa maison, mais elle ne souhaitait pas daigner adresser la parole à ses futurs camarades.

Timide ?
Non. Réservée, sélective, méfiante et très peu loquace, la petite Stevenson s'était refermée comme une huitre lorsque la poule rousse avait ricané en apprenant son prénom. Oui. L'absinthe était un alcool. Ce n'était pas la première fois qu'on lui rappelait, ça ne serait sûrement pas la dernière.
Le visage pâle de la blondinette s'était assombri et elle s'était camouflée derrière les longs rideaux que formaient ses cheveux. Un poison. La remarque ne l'avait pas marqué plus que ça lorsqu'elle était petite. Oh, les maîtresses faisaient souvent les yeux ronds, mais un sourire attendri naissait sur leurs lèvres lorsque la petite à la langue bien pendue expliquait très sérieusement que c'était le nom d'une soi-disant fée que les poètes aimaient. Elle avait été fière d'avoir un nom aussi inspirant pour les artistes, gonflée d'orgueil de provoquer autant de réactions chez les adultes, à cinq ans à peine. Les enfants ? Comment pouvaient-ils savoir ? Et puis, ses camarades de classe l'appelaient Charlie, à l'époque. Parce que c'était à ce prénom qu'elle répondait, celui de son "papa parti loin, peut-être avec les fées !".
Idiote.
C'était bien plus tard que ça s'était gâté. Elle se souvenait très bien d'un "papa de l'accueil" qui l'avait souvent appelé "la fée verte" quand elle s'obstinait à garder le silence à table et que ça le "rendait fou". A chaque fois, pourtant, elle n'y avait pas vu du sarcasme. Elle l'avait trouvé gentil, était désolée de le mettre en colère, mais elle ne voulait pas parler si on ne lui rendait pas sa grande sœur.
C'était Jacynthe qui lui avait appris ce que signifiait son prénom. C'était la psychomage qui, crument, avait expliqué à l'enfant toute la symbolique et analysé les moqueries du passé. Elle avait tellement pleuré... Absynthe, elle, elle aurait voulu rester une fée. Au lieu de ça, elle apprenait qu'en plus de n'avoir aucun lien avec le prénom de fleur du "docteur spécial pour moi", le sien était la liqueur qui avait détruit sa mère et brisé sa famille. L'absinthe, c'était cette main impatiente qui s'abattait sur sa joue lorsqu'elle refusait un câlin parce que "maman, tu sens pas bon", c'était Charles évoqué et toujours absent, c'était faire coucou de la main à Lili en lui disant de faire des bisous à Bretzel parce qu'il avait peur du noir, et puis ne plus les revoir. Le temps avait fait que l'enfant avait compris toute la portée de ses deux prénoms. Une malédiction que lui avait donnée sa maman, cinq ans avant de partir rejoindre les anges dans le ciel.
Elle aurait pu haïr Jacynthe Stevenson à ce moment. Allez savoir pourquoi, le contraire se produisit : si elle n'appréciait pas "la viev dame", la petite de sept ans s'était désespérément accrochée à ces séances de psychanalyse personnalisées et aux promesses de foyer à elle. Elle était une sorcière. C'était ce qui l'avait sauvé.

Un éclat de rire se fit entendre dans le compartiment et la blondinette redescendit brutalement sur terre. Le grand Serdaigle la fixait toujours, un sourire énigmatique et agaçant figé sur les lèvres. Il lui avait demandé comment elle s'appelait ? Elle ne voulait pas qu'il se moque. Alors elle n'avait rien dit et ne dirait rien. Sans un regard, Absynthe lui tourna le dos et continua son chemin, la main reprenant l'anse de la valise qu'elle faisait rouler derrière elle. La porte se referma.

On l'avait moqué à l'école primaire, lorsque Mère l'y avait inscrite. Elles n'étaient pas encore sur Londres à cette époque, mais il était arrivé que toutes deux s'y rendent avec Kandy pour des repas "de famille" -et Grace Stevenson, une femme d'une douceur infinie avec son fils, mais d'un mépris sans faille envers la petite, insistait souvent sur ces mots en la fixant froidement- ou pour des dîners plus "officiels" auxquels Jacynthe souhaitait habituer sa fille adoptive. Si les piques des adultes l'avait blessée, elle ne les avait pas toujours comprise. Celle des enfants de sa classe, en revanche, l'avaient fait verser des torrents de larmes. Tout y était passé : son physique frêle, sa petite taille, ses difficultés pour lire, écrire, manger proprement, l'absence de parents, la présence d'une "mémé", ses dents du bonheur, son mutisme, ses crises d'angoisses quand on lui masquait les yeux, les diverses choses "bizarres" qui se passaient lorsqu'elle était en colère, et bien entendu son prénom. Elle qui avait recommencé à parler depuis peu à force de séance et de musique, elle s'était de nouveau changée en muette, si bien que, à ses 8 ans et après "seulement" six mois d'école, Absynthe avait continué ses études à la maison avec Jacynthe pour seule professeur. Elle avait eu des bases en mathématiques, en histoire, en sciences de la terre, mais l'éducation de la petite fille avait surtout été "vieille Angleterre" : Mère l'avait initié aux arts pour le plaisir, à la sorcellerie parce qu'elle aurait un jour une baguette, et à la couture, la cuisine et le ménage, non pas parce qu'elle n'aurait plus Kandy, mais parce qu'elle se devait être une future épouse modèle et une mère honorable.
C'était ridicule. Un sourire naquit sur la frimousse de la petite : un bébé ? A elle ? Elle était trop jeune, n'importe quoi ! Quand à un mari, elle choisirait forcément un Prince Charmant.

Une bouffée de chaleur colora légèrement ses joues pâles d'un rose peu soutenu. Le visage du garçon du chemin de Traverse lui souriant chaleureusement lui revint en mémoire. Il était passé tout à l'heure, lors de la discussion sur la répartition. Deux Serpentard avaient tenté de décourager les premières années -l'un d'eux s'était un peu plus amusé à taquiner la blonde qui était sortie de son mutisme pour lui affirmer qu'il mentait-, et le garçon au joli sourire les avait légèrement chassé. Bruyant, rassurant, jovial, gentil... Oui. C'était sûrement un Prince Charmant.

La petite inspira bruyamment, le souffle court. Elle n'avait pas vraiment d'endurance et ses jambes, bien que grande par rapport au reste de sa silhouette, ne lui permettaient pas de marcher aussi vite qu'elle le souhaitait. Elle avait toujours été plus petite que les autres enfants de son âge, plus chétive, et bien qu'elle allait sur ses douze ans, elle faisait plus jeune que ses camarades de première année. Oisillon tombé du nid, la blondinette s'était arrêté au milieu du couloir en voyant, au loin, quelque chose d'énorme avec une chevelure emmêlée et qui s'attaquait au charriot de sucrerie en dévorant les fizwizbiz. Hésitante, la petite se tourna vers sa gauche et actionna doucement la poignée pour faire coulisser la porte du compartiment. A l'intérieur se tenaient deux garçons vêtus à l'identique : une chemise blanche sous un gilet accordé au pantalon noir, le tout terminé par un nœud papillon rouge. Mais, bien vite, Absynthe se rendit compte que les vêtements étaient loin d'être les seuls à se ressembler. Elle avait, sous son nez, deux gouttes d'eau à un ou deux petits détails près. Le premier était que l'un des deux garçons était en train de se débarrasser de son gilet et que son nœud papillon rouge gisait déjà sur la banquette tandis que l'autre avait un col parfaitement plié, le second était que, si l'un s'était contenté de tourner la tête vers elle sans ciller, le second avait fait un pas dans sa direction et la dévisageait curieusement.

Shawn Inoue. Shawn et Zack Inoue.
Elle avait toujours eu une très bonne mémoire, mais ce nom de famille l'avait marqué malgré elle suite à une rencontre il y avait quelques années. Gênée, elle se demanda si, eux, se souvenaient de cette soirée. Si Shawn, le plus remuant, se rappelait avoir tenu une conversation pour deux avant de lui mettre un gâteau à moitié suçoté dans la bouche. Elle espérait que non.

- Bonjour... se força-t-elle dans un souffle en baissant les yeux sur sa jupe d'uniforme qu'elle avait enfilé chez elle, à Londres, le rideau blond voilant encore une fois son visage.



Mia Talerico - Good Luck Charlie
Hiver 1988

- Bonjour...

Le murmure de la petite fille fut bien vite recouvert par les discussions des adultes : formules de politesse, cirage en tout genre et hypocrisie à foison. Bien heureusement, ce monde là échappait encore à la petite fille de huit ans qui tentait vainement de se dissimuler dans la robe de sorcière d'une femme d'un âge avancé. Cette dernière avait relevé ses cheveux grisonnant en un chignon très strict et son visage rond et bienveillant était dénué de toute trace de maquillage. A ses oreilles, de grosses perles nacrées et rondes faisaient ressortir le gris de ses yeux et était accordé avec le collier qu'elle portait sur une robe de sorcière élégante, mais simple et sans fioritures. Les pans bleus nuit du vêtement cachait complètement de la femme de soixante-dix ans et tranchait particulièrement avec la tenue d'une femme blonde qui se tenait à ses côtés. Rouge et fendue au dessus du genou, la robe de Grace Stevenson lui faisait comme une seconde peau et, si Jacynthe Stevenson s'était abstenue de tout commentaire, on pouvait clairement comprendre à son froncement de sourcil que la plus âgée ne cautionnait pas la tenue de sa nièce. Nicolas Loy, toujours aussi fidèle à lui même et à sa couardise, n'avait pas osé montrer son désaccord lorsqu'il avait vu son épouse revêtir le rôle de la femme fatale. En un sens, il était flatté d'être le mari de cette créature, mais la jalousie reprenait bien vite le dessus et il ne cessait de ruminer un discours fictif qu'il aurait dû lui faire, il y avait une heure de cela. Chaque parcelle de peau qu'elle dévoilait n'était qu'à lui. Voulait-elle apparaître complètement nue devant l'assemblée afin le provoquer, lui ? Entre ses parents, Jonas, quinze ans, faisait bonne figure mais ne semblait pas particulièrement intéressé par ce que lui disait Graham Stevenson, son grand père. Elizabeth s'en rendait compte, mais elle n'osait interrompre son époux et se contentait de sourire à son petit fils prodige sans pour autant qu'il ne lui adresse un regard.

Et puis, il y avait Absynthe. Petite main blanche serrée dans les doigts noueux de Mère, l'enfant taciturne essayait de se faire oublier du mieux qu'elle pouvait en se fondant dans le décor. Discrètement, elle plia les genoux pour tirer sur ses chaussettes hautes et les remonter. Elle avait mis sa tenue préférée, mais Grace ne semblait pas l'aimer pour autant. Les petits souliers rose se mariaient pourtant bien avec la couleur crème de ses chaussettes toutes douces, celles qui avaient la frimousse d'un Boursouf à la base de l'élastique. La jupe était d'un bleu aussi sombre que la robe de Mère et les motifs qui y étaient imprimés ressemblaient à des petites boules de coton beige, quand au haut de l'ensemble, il représentait un visage de Boursouf qui ouvrait de temps en temps la bouche pour chantonner ou tirer la langue, ses grands yeux clignant de temps à autre. Mère avait seulement tordu la bouche en voyant la petite descendre les marches une par une, main sur la rambarde de l'escalier. Ce n'était certes pas une tenue comme elle l'aurait espéré, mais elle restait neutre et mignonne. Quelque chose qui convenait tout à fait à une enfant de cet âge : Jacynthe ne supportait pas qu'on déguise les jeunes gens en mini-adulte. Kandy avait coiffé sa jeune maîtresse avec des tresses et lui avait demandé d'enfiler une veste pour ne pas prendre froid.
La petite n'avait pas voulu quitter le vêtement en voyant que d'autres enfants étaient là, et qu'ils n'étaient pas vêtus comme tel : elle avait baissé les yeux devant un garçon qui avait sensiblement son âge mais qui faisait plus âgé et très sérieux dans son costume de petit monsieur. Lui s'était contenté de suivre sa mère, le visage de marbre.

La petite main tira doucement sur les doigts de Mère qui, habituée, se courba à l'aide d'une canne joliment décorée d'argent et de bleu saphir : Absynthe ne parlait que rarement, ne pas l'écouter ne l'encouragerait pas à retrouver sa langue.

- J'ai un peu soif, s'il vous plait...
- Il faut aller vous servir sur cette grande table, Absynthe. Les plateaux que vous voyez voler près de nous contiennent seulement des boissons pour les grandes personnes.

La gamine avait coulé un regard à l'adolescent blond qui l'avait dévisagé avec un mélange de provocation et de supériorité. Sa mère lui avait donné le droit de bore comme les grandes personnes.

- C'est de l'alcool, Absynthe. expliqua la vieille femme avec un sourire, comprenant le regard de l'enfant.
Vivement, la petite hocha la tête : oui, elle allait chercher à boire plus loin, oui, elle comprenait ce que c'était de l’alcool. Trop bien même.
Déterminée, elle lâcha la main de Mère pour s'aventurer entre les jambes des adultes qui ne faisait pas attention à ce qui leur arrivait à la hanche. Tout était très joli, comme dans les films de princesse qu'elle regardait avec Alice quand elle "était bébé" : les messieurs, les dames, les plats, la décoration... Le nez en l'air, elle ne fit pas attention et percuta mollement une jambe : la maman du petit garçon habillé en monsieur. Intimidée, elle n'osa bouger que très lentement et fit un pas de côté, main du la hanche de la dame pour ne pas perdre l'équilibre. Parce que les enfants n'ont pas toujours cette notion d'impudeur et d'impolitesse lorsqu'il vous touche, Absynthe pinça les lèvres en plongeant son regard dans celui si sombre de la femme et, sans s'en rendre compte, la gamine plissa les paupières pour essayer d'imiter les yeux bridés de Madame Wang.

- Pardon, je ne l'ai pas fait en exprès. s'excusa rapidement la petite avant de reprendre son chemin jusqu'à une table où trois cruches remplissaient des verres de jus de fruit, jus de citrouille et boisson en tout genre.

Muette, Absynthe resta à contempler l'étrange spectacle avant d'avancer timidement la main pour prendre un verre au contenu orangé qu'elle reposa après avoir reniflé le contenu. Trop bizarre. Elle choisit alors un liquide rougeâtre, renifla, lui trouva une odeur de grenadine et trempa le bout des lèvres. Elle ne connaissait pas, mais c'était bon.
Juste à côté d'elle, un garçon soufflait comme s'il venait de courir au travers de la forêt de jambes. Il gouta successivement trois verres de différentes teintes avant de s'emparer de celui qu'Absynthe avait dans les mains pour le finir d'une traite. Bouche bée, la petite fille resta figée sur place et se contenta de dévisager le garçon au costume légèrement froissé.
Shawn.
Il s'appelait Shawn.


HJ : Tu sais où venir me consulter si je dois changer quelque chose


_________________


“Love is the most beautiful of dreams
and the worst of nightmares."






Dernière édition par Absynthe C. Stevenson le Lun 31 Oct 2016 - 22:15, édité 1 fois
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GRYFFONDOR6ème année
    GRYFFONDOR
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SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: ça se mange ?
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 30 mars 1981 à Glasgow
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [01/09/92] "Si ce n'est toi, c'est donc ton frère." (pv Shawn + Hiver 88) Dim 16 Oct 2016 - 22:09


-Shawn ne tire pas sur ton nœud comme ça. Tu vas finir par le défaire ! s’impatienta la magnifique femme qui tenait ses deux fils par les mains sur le quai de la voie 9 ¾. Une asiatique d’un mètre 77 avec une superbe crinière ébène qui lui arrivait au bas des reins et qui dégageait un doux parfum de pamplemousse. Son mari, ne faisant qu’un mètre 73, utilisait souvent des talonnettes ensorcelées afin d’arriver à la taille de sa femme, de plus il lui interdisait de mettre des chaussures à talons en sa présence.

Plusieurs pères de famille tournèrent la tête pour la dévisager ou lui sourire poliment. Elle était parfaitement consciente de ses charmes et en jouait. Par exemple, en remettant délicatement ses cheveux derrière son oreille, en penchant légèrement la tête sur le côté de sorte que ses cheveux lui tombaient devant le visage ou tout simplement en faisant de grands yeux de biche. Madame Inoue était belle et tout dans sa gestuelle rappelait la délicatesse d'une fleur et la grâce d'une danseuse étoile. Ce n’était pas un hasard, si dans son passé, elle avait été mannequin et à présent, rédactrice en chef d’un magazine de mode très en vogue pour jeune femme. La carrière de cette femme n’avait été qu’une succession de réussites et bien évidemment, de dur labeur.  Elle avait souffert pour devenir cette femme enviée de tous et rien ne la ferait lâcher le fruit de son travail, son enfant.

Atrocement orgueilleuse, beaucoup de mauvaises langues l’ont soupçonnée, à l'époque, de s’être marié avec Inoue lorsque sa carrière de mannequin battait de l’aile. À en croire les on-dits, ce serait donc grâce à l’argent de son mari (et à coups de pistons) qu’elle s'est faite embaucher dans cette célèbre maison d’édition sorcière. Elle a ensuite élaboré le magazine de mode Witches sparkles, d’abord dans un petit studio de trois employés, qui a vite grandi pour devenir ce qu’il est aujourd’hui : le magazine de toutes les femmes branchées de Londres. Elle était très différente de la tante de Shawn chez qui il avait passé trois ans de sa vie. Déjà cette dernière était bien moins belle et raffinée, si on comparait les deux femmes à une fleur sa mère était certainement un lys, sa tante un pissenlit. Elle aimait la simplicité : une queue de cheval pour coiffure, des vêtements simples et amples. Shawn gardait en tête une image très précise la concernant : assise sous un arbre à lire un livre en sirotant un thé vert brûlant. Elle portait souvent en été une robe blanche fine avec des tournesols et des petites sandalettes usées. Aux yeux de l'enfant, cette cracmole avait une image plus proche de ce qui s'apparentait à une mère.

-Ptyra, fais quelque chose ! La magnifique Asiatique se redressa pour saluer une mère de famille avec sa fille, le père lui offrit un sourire béat et niais auquel elle répondit. Même pour accompagner ses fils à la gare, elle était vêtue d’une robe la mettant en valeur. Leur mère avait beau avoir plus de 35 ans, elle paraissait toujours avoir sept ans de moins que son âge. L’elfe de maison refit correctement le nœud papillon rouge du jeune asiatique.

-Mais maman, ça serre ! geint-il.

Elle ignora sa remarque et se dirigea vers l’avant du train d’un pas léger, mais décidé. Les valises avec les deux cages pour la chouette et le grand-duc des jumeaux avançaient derrière eux grâce à la magie de leur elfe. C’est un grand jour pour vous aujourd’hui. Shawn, je compte sur toi pour bien te tenir. Zack, veille sur ton frère, s’il te plait.

-Oui, mère. Elle lui sourit et fixa le Poudlard express.

-C’est bientôt l’heure, prenez vos valises et allez vous installer à l’intérieur. J’ai mis vos robes de sorcier dans la poche avant de la valise avec votre baguette. Elle dévisagea Shawn avec une étrange lueur dans les yeux. Un mélange d’appréhension et d’inquiétude.

Les jumeaux obtempérèrent, mais avant de monter dans le train, la magnifique femme héla Shawn :

-Shawn, viens me voir deux secondes. Le petit garçon hésita, fixa son frère devant le marchepied et s’avança vers sa mère. Il n'aimait pas quand elle prenait ce ton, généralement c'est qu'elle allait parler de la "chose" comme elle aimait l'appeler.

-Oui ? dit-il en regardant ses pieds.

- Shawn, regarde-moi, le petit garçon releva ses prunelles fuligineuses, n’oublie pas de prendre ta potion.

-Oui mère.

- Promets-le-moi !

-Oui, je le promets. Il tendit son petit doigt, elle hésita, mais le noua avec le sien.

-Marché conclu.

-またね、母さ...maman. Il jonglait souvent entre ces deux termes « maman » ou « mère » selon le type de conversation et il mélangeait anglais et japonais. Il l’enlaça et sentit son corps se raidir dans un premier temps, puis se détendre. Elle lui caressa les cheveux en lui souhaitant un bon voyage.
Shawn hocha la tête et enlaça ensuite Ptyra qui lui rendit son étreinte la larme à l’œil : - amusez-vous bien jeune Maître et si vous avez un problème, n’hésitez pas à m’appeler !

Shawn trottinait déjà vers la porte en tirant sa valise. Lui et son frère se bousculèrent, et Shawn monta avant Zack qui grommela de rage en lui partant après. Shawn, euphorique, courut dans les couloirs renversant au passage un petit garçon à la peau caramel, typé asiatique qui tomba sur les fesses. Son chat noir aux yeux jaunes s’aplatît dans sa cage de transport en poussant un feulement de détresse. Zack s’excusa auprès du garçon timide qui les dévisagea bouche bée.

Il partit après son frère qui s’était déjà attribué un compartiment vide.

-Zack, Zack !

-Quoi !? dit-il en refermant la porte derrière lui.

-Regarde ce que je nous ai trouvé !! Il écarta les bras debout avec ses chaussures sur les sièges, un compartiment pour nous tout seul !

- Ne mets pas tes chaussures sur le siège, tu vas le salir !

Shawn se laissa tomber sur le siège sans se départir d’un immense sourire sur ses lèvres. Il était aux anges et avait hâte de découvrir l’école dans laquelle il allait étudier pendant sept ans.

-Tu crois qu’on va être répartis dans quelle maison ?

Zack hésita :- Je sais pas, certainement pas dans la même !

-Pourquoi ?

Zack détourna la tête, mais ne daigna pas expliquer le fond de sa pensée. Shawn tira sur son nœud avec force en continuant : maman a dit qu’il y avait quatre maisons. Mhm, les serpentôt, lionceaudor, pantoufle et becdaigle.

-Mais non ! C’est les Serpentards, Gryffondors, Poufsouffles et Serdaigles !

Shawn haussa les épaules : - bof, c’est pareil.  Maman a étudié dans laquelle ? Il défit enfin son nœud papillon après avoir tiré dessus avec hargne. Il ne supportait pas tout ce qui serrait son corps. Chez son oncle, on ne l’obligeait jamais à porter des vêtements aussi inconfortables.

-Mais qu’est-ce que tu fais !!

Shawn délassait ses chaussures en s’égosillant :- libéré de l’emprise infernaaaaaale de ces vêtements démoniaaaaques !

Zack le fixait les lèvres tordues dans un rictus mauvais. Un asiatique au visage froid et fermé ouvrit le compartiment, dévisagea tour à tour Zack puis, Shawn qui beuglait les bras écartés, et il referma la porte sans plus de procès. Shawn compléta le tableau en retirant ses chaussures, heureusement qu’elles étaient neuves, le compartiment était ainsi épargné d’une odeur de fromage moisi.

-T’as pas bientôt fini ?

- J’ai fini, merci de t’inquiéter.

Zack poussa un long soupir et fixa la gare par la fenêtre. Le train s’ébranla : -Ah, le train démarre !

Shawn sauta sur ses jambes et vint coller son visage contre la vitre. Il faisait coucou aux adultes sur la plateforme. Toutefois, bien vite les visages furent remplacés par de la verdure. Shawn se rassit sur son siège en face de Zack, il commençait à s’ennuyer et ce n’était pas bon signe. Lorsque l’ennui gagnait du terrain, qui sait ce que Shawn était capable d’inventer pour se distraire. En tout cas, il n’était pas en manque d’imagination.

-Viens, on joue au janken-pon ?! Il accompagna ses propos par le geste et tendit sa main gauche.

Zack eut un moment d’hésitation, puis il offrit sa main droite. Le spectacle qu’ils offraient était une parfaite symétrie. Ils se dévisageaient en chien de faïence jusqu’à ce que Shawn s’exclame guilleret : -最初はぐう , les deux garçons tendirent en même temps leur poing fermé じゃんけんぽん !

Shawn fit le symbole des ciseaux alors que son frère avait ouvert sa main symbolisant le papier.

-Héhé, un-zéro. Ils mélangeaient le japonais et l'anglais : じゃんけんぽん !

Shawn refit le symbole du ciseau et son frère du papier. Deux-zéros, j’ai gagné cette manche !

-On refait ! Tu mets pas ta main assez rapidement, forcément que tu gagnes !

-Mauvais perdant ! レディ ? Zack hocha la tête et se pencha au plus près de son frère comme si en se concentrant à fond, il pouvait déceler une stratégie pour le vaincre.

-  最初はぐう…じゃんけんぽん

Shawn fit la pierre et Zack resta fidèle au papier. Ouaiiiis, j’ai gagné !

-Attends, c’est pas fini !! じゃんけんぽん !!!

Shawn et Zack firent tous deux la pierre. Shawn enchaîna rapidement : あいこでしょ!


Les jumeaux firent le symbole des ciseaux. あいこでしょ!

Shawn fit la pierre et Zack le papier. Yeah, égalité !!! Cette manche déterminera le grand gagnant ! Je peux pas perdre contre toi ! Si, comme d'habitude quoi !

Shawn fronça les sourcils et colla son front contre celui de son frère : -  最初はぐう…じゃんけ

Ils pivotèrent tous deux la tête vers la gamine qui venait d’ouvrir la porte de leur compartiment. Les deux jumeaux se redressèrent en même temps sans la quitter du regard. Shawn qui était en train d'arracher un des boutons, déboutonna le reste. Il lança le gilet sur le siège près de la fenêtre et se leva pour marcher en direction de la petite fille. Elle avait des cheveux blonds et un physique angélique. Elle les salua en baissant la tête sur sa jupe uniforme.

-Bonjour, salut !

Shawn se planta devant elle et la regarda de haut en bas. Ça va t’es jolie, tu peux venir dans notre compartiment, il s’écarta. Il avait l’impression de l’avoir vu quelque part, mais il était incapable de se souvenir d’où. Zack ne la quittait pas des yeux. La première rencontre avec cette demoiselle remontait à l’hiver 1988, alors que les deux jumeaux étaient âgés de sept ans.

***

- Que vos enfants sont beaux ! s’était exclamée une vieille sorcière aux cheveux grisonnants en s’accroupissant légèrement vers les deux jumeaux. Bonjour messieurs.

Monsieur et Madame Inoue la remercièrent en inclinant le buste, un sourire contenu aux lèvres. Shawn et Zack étaient vêtus de la même façon, seule la couleur permettait de les différencier. En effet, le costume de Zack était de couleur bleue alors que celui de Shawn était gris.

Monsieur Inoue, sans se départir de son sourire, haussa le ton : alors, vous avez perdu votre langue !

Zack était caché derrière sa mère et Shawn se trouvait non loin de lui. Ils s’avancèrent tous deux : -Bonjour madame. Shawn la dévisageait en fronçant les sourcils.

- Je préfère ça.

La vieille dame se redressa pour s'adresser aux parents : - j’ai toujours trouvé les enfants asiatiques à croquer, mais je dois avouer que les vôtres sont absolument adorables.

Madame Inoue redressa le buste, signe qu’elle appréciait le compliment. Elle travaillait dans la mode, cela aurait été un comble si ses enfants étaient mal habillés ou atrocement laids. Elle était fière de ses deux fils et un troisième enfant était d’ailleurs en préparation. Shawn n’aimait pas vraiment cette vieille femme qui sentait le talc et le tabac froid. Sa peau fripée et ses yeux globuleux lui faisaient peur.

- J’étais l’une des jurys lors du concours de piano junior, le mois dernier, dit-elle avec une pointe de fierté. Les parents Inoue le savaient bien évidemment, c’est aussi pour cette raison qu’ils étaient allés la saluer. Le duo de vos fils était à couper le souffle, ils ont un don inné pour la musique, ça se sent et puis ils aiment ça.

Monsieur Inoue, en bon japonais, refusa le compliment : -Oh non, ils ont encore beaucoup à apprendre. Mais merci. Shawn tira la langue à la vieille femme et Zack pouffa de rire sous cape. En particulier, celui qui jouait du piano noir. C’était lequel ?

Les parents se dévisagèrent et alors qu’ils allaient ouvrir la bouche, un murmure dans l’assemblée se fit entendre et les coupa. Une famille bien particulière venait de pénétrer dans la pièce, Shawn entendit plusieurs remarques : « la famille Wang », « je n’aurais pas cru qu’ils nous fassent l’honneur de leur visite », « votre robe est magnifique Madame Wang et votre fils adorable ». Shawn se fichait pas mal de l’arrivée de la famille Wang (qui avait le mérite de détourner l'attention de la vieille peau), lui ce qui l’intéressait c’était le buffet. Il avait lâché un pan de la robe de sa mère et cherchait de quoi se nourrir. Il croisa alors le regard d’un minuscule petit garçon, tiré entre quatre épingles. Il était accompagné d’un jeune homme d’une vingtaine d’années très beau, peut-être que c’était son grand-frère, qui tenait la main d’un enfant âgé de quatre ans tout au plus. D'une dame en robe élégante et d'un homme au regard effrayant.

Le petit garçon au regard triste le dévisagea brièvement avant de détourner la tête,  Shawn se demandait pourquoi il avait l’air si adulte et s’il voudrait bien jouer avec lui plus tard dans la soirée. Il s’ennuyait. Son père était tendu depuis l’entrée de cette famille, Shawn le sentait à sa manière de taper du pied et de se balancer d’une jambe sur l’autre tout en murmurant à l’oreille de sa femme. Le petit garçon fixa les chaussures noires lustrées de son père en souriant. Il avait volé et caché les talonnettes de surélévation avant de partir pour la soirée. Son père était entré dans une colère noire et lui avait confisqué son Poudlard express animé en répétant que "cette soirée était très importante pour lui".

Le petit garçon au visage austère se prénommait Stanley Wang et il marchait au côté de sa mère sans lui tenir la main, droit comme un « i ».  Plusieurs personnes les avaient interpellées. Madame Wang ordonna à un jeune homme d’aller chercher à boire pour elle et son fils, son mari se tenait à leur côté et discutait avec un homme âgé recroquevillé.  Une petite fille percuta sa jambe ce qui la fit sursauter. Elle lui tint la hanche, le jeune homme qui n’était pas encore parti fixait la scène sur la défensive, il semblait hésiter. Stanley se stoppa pour dévisager la petite blonde et Madame Wang l’imita.

-Fais attention à ce que…, s'exclama le jeune homme qui s’avançait, mais qui fut stoppé dans son élan par Madame Wang. Laisse, dit-elle calmement. La petite s’excusa et disparut aussitôt. Pendant ce temps, Zack dévisageait son frère qui s’éloignait : - tu vas où ?

-Prendre à manger !

-Non, reviens !

Shawn continuait d'avancer en slalomant entre les jambes sans fin des femmes et les pantalons de luxe des hommes. Attends moi, j’ai faim !

Shawn se stoppa : -Bah viens !

Zack regarda sa mère, il hésita, mais ne bougea pas : - Mandragore mouillée ! Un homme avec une énorme moustache dévisagea profondément outré le petit garçon qui lui arrivait aux genoux. Il pivota vers une dame avec une robe tellement courte que Shawn voyait sa culotte et lui marmonna "que l'éducation des enfants n'était plus ce qu'elle était".

-Reviiens Shawn ! je vais le dire à maman !

Leur mère était trop occupée à discuter avec son mari et un couple qui s’était approché pour entendre leur discussion d’enfant ou les surveiller. Visiblement, c'était le fameux couple pouvant "donner un coup de pouce à l'affaire de son père". Shawn disparut de la vue de son frère en courant vers le buffet où il dévora plusieurs mets avant de s’approcher en trottinant d’une petite blonde qui buvait. Il goûta un premier verre, c’était de l’alcool et il recracha sur la table en trouvant le goût absolument dégoûtant, le deuxième ne lui plu pas plus, le troisième non plus, il se jeta donc sur le verre de la petite fille et le vida.

-AAHHH ça rafraîchit ! Sa maman n'aurait pas été contente de l'entendre pousser un soupir aussi fort.

Il rendit le verre à la petite fille aux tresses et s’exclama : moi c’est Shawn et toi ? Il la dévisagea de haut en bas surtout sa tenue : pourquoi tu as un boursouf sur ton t-shirt !?

-Moi j’ai un vif d’or sur ma culotte, regarde ! Il tira aussi fort que lui permettait ses petits bras d’enfant et un bout de son slip marin apparût ainsi que des vifs d’or en mouvement. Il remit son pantalon en place : eh ouais, c’est mieux qu’un boursouf parce que moi, mon papa il fabrique des balais de course ! Et le tien, il fait quoi ? Moi, il a dit qu'il était là pour voir un monsieur et une dame très importante pour son affaire. Ils peuvent lui racheter des parts, tu comprends ? C'est important pour fabriquer les balais. Shawn avait pris son ton d'adulte, répétant comme un perroquet les propos de son père formulés un peu plus tôt dans la journée. Il ne comprenait pas un strict mot de ce qu'il disait.

Shawn fixa le boursouf sur son t-shirt : mais il est pas si nul ton boursouf, oh ! Il éclata de rire, il m’a tiré la langue ! Le petit garçon leva ses sourcils comme le faisait son père avant de le gronder, mais c’est mal poli. Il enfourna un micro éclair au chocolat qui électrise la langue et enchaîna : - ma maman c’est la plus belle, elle est là-bas avec mon frère jumeau. Il avait faim, mais comme il avait peur, il est pas venu. Elle est où ta maman ? Du chocolat avait coulé sur son costume faisant une tâche en forme de papillon.

-Tu as perdu ta langue ? Mon oncle y dit que on peut se faire manger la langue par un eschagot si on fait pas attention. Ça arrive souvent, il hocha la tête avec sérieux. Mais on peut la retrouver si on cherche bien sous le lit. Alors tu devrais chercher sous ton lit.

Il prit un air mystérieux et se redressa : -j’ai pas le droit de te le dire, c’est un secret, mais j’ai amené un jouet avec moi. Mon papa il voulait pas, mais je l’ai caché dans ma poche. Je peux te le montrer, c’est le jouet le plus cool de l’univers tout entier. Mais tu dois me promettre de rien dire et de pas me le voler. Il la dévisagea en écarquillant de grands yeux. Il regarda à droite puis à gauche et sortit en hâte une figurine bleue qu’il lui tendit : Doraemon ! Tu connais ? C'est mon dessin animé préféré.

Il prit une autre sucrerie qu’il mâchouilla : - peut-être que le petit garçon voudra jouer avec nous. Tu sais, il vient de la famille Wang, on aurait pas cru qu’il viendrait.  Ça, c’est sûr. Shawn ne faisait que répéter ce qu’il avait entendu chez les adultes, il n'avait jamais entendu ce nom de famille avant ce jour.

- T’en veux ? Il n’aimait pas beaucoup la pâtisserie qu’il venait  de goûter, une sorte de flan à la citrouille. Comme elle ne répondit rien, il appuya la pâtisserie sur ses lèvres.

-Mange... tu es toute petite, parce que tu manges pas assez.

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MessageSujet: Re: [01/09/92] "Si ce n'est toi, c'est donc ton frère." (pv Shawn + Hiver 88) Mer 9 Nov 2016 - 17:40


- Ça va t’es jolie, tu peux venir dans notre compartiment.

Les yeux verts et or fixés sur la jupe noire, Absynthe se figea. La tête blonde se baissa, non pas pour saluer les deux garçons et encore moins pour cacher un rougissement. Le teint était pâle, la moue boudeuse toujours figée à ses lèvres minces et le regard triste ne quittait pas le bas de son uniforme. Elle était, aussi incompréhensible que cela puisse paraître, blessée par les propos du garçon en chaussettes. Blessée ? Oui. Et pour une raison qui lui semblait évidente : il se moquait d'elle.
"Méfiante" était encore trop faible pour désigner la demoiselle de onze ans. On aurait pu croire que Jacynthe, en bonne psychomage, avait su rassurer l'enfant sur le monde qui l'entourait, sur les gens qu'elle côtoyait, mais la vieille femme n'avait pas vu tous les maux qui hantaient l'enfant à l'époque. Elle n'avait fait que croire que l'abandon de la petite Charlie lors de la mort de sa mère et la disparition de sa sœur avait développé un traumatisme chez l'enfant. C'était bien pire que cela puisque le comportement de Patricia avait forgé un petit animal qui avait tendance à voir le mal où il n’était pas. Si on l'invitait à un anniversaire, elle passait une journée à se tourmenter pour deviner si c'était une blague. Quand les mamans du portail lui trouvaient une "jolie frimousse malgré la maigreur", les derniers mots seulement imprégnaient son cerveau d'enfant. Quand Alice avait eu un amoureux au centre de loisir, Charlie avait pleuré très fort car, pour elle, sa grande sœur allait l'abandonner pour jouer avec le petit garçon. Alors oui, le départ de Patricia et la séparation avec Alice n'avait fait que renforcer cette attitude, tranchant avec le peu de fois où la petite blondinette pouvait se mettre à rire aux larmes et inventait des histoires où Bretzel était le héro, lorsque son grand père était toujours en vie. Ces rares moments d'innocences s'étaient d'autant plus espacés avec la dégradation de sa maman sombrant dans l'alcool, puis tout s'était brisé.

Secouant légèrement la tête pour chasser les sombres pensées, la pré-adolescente tira son bagage dans le compartiment et le poussa contre la banquette puisqu'elle était bien trop petite pour le mettre dans les filets. Un simple "merci" s'échappa, murmuré d'une voix un peu trop grave pour une aussi petite silhouette. Rouillées de ne pas être assez utilisées, les cordes vocales de la gamine étaient capricieuses et il était fréquent qu'elles se fassent muettes après une utilisation trop forcée : la première fois que Kandy, l'elfe de Mère, avait réussi à lui faire tenir une discussion tout en l'aidant à préparer un gâteau pour ses huit ans, Absynthe avait eu une extinction de voix pour l'après midi.
Le choix de la banquette où elle devait s'asseoir fut des plus expéditifs : son bagage glissa et lui frappa l'arrière des genoux, la faisant basculer coudes en avant sur le siège où gisait le gilet du jumeau le plus turbulent. La blondinette se redressa sans un mot avant d'écarter la valise à roulette et ramena ses jambes contre elle afin de masser le mollet endolori tout en faisant bien attention à ne pas relever sa jupe. Certes, elle portait des collants opaques noirs, mais le temps où la gamine se promenait cuisses nues à l'école avait bien changé. Jacynthe y avait veillé et l'arrivée de l'adolescence s'était chargé du reste, apportant complexe et pudeur à la jeune fille. Aussi, Absynthe replaça la jupe avant de laisser ses jambes pendre dans le vide, le visage toujours à demi caché par le rideau raide et blond délavé.
Se voulant discrète, la jeune sorcière coula un regard au garçon d'en face avant de baisser de nouveau les yeux pour finalement pencher le visage de façon à observer celui qui se trouvait à son côté. Ils se ressemblaient vraiment beaucoup. Du moins, en apparence, Absynthe ne voyait pas bien comment on pouvait les différencier l'un de l'autre. La moue se pinça légèrement : pourquoi les habiller pareil ? Comment leur maman arrivait à les différencier ? Une chose était sûre pour la blondinette, c'est qu'elle n'aurait pas aimé avoir une sœur jumelle. Elle n'était déjà rien, alors si en plus elle devait être rien et confondue avec une autre... Pour autant, ça aurait pu être chouette d'avoir une réplique de soi-même pour jouer. A condition, bien entendu, d'aimer les mêmes choses.

Une discussion plutôt houleuse se fit alors entendre dans le couloir. Les éclats de voix de deux filles qui se crêpaient chignon devinrent de plus en plus bruyant, puis, des bribes de leur conversation parvinrent aux oreilles des trois premières années avant de faiblir à mesure que leurs pas s'éloignaient. Les répliques cinglantes qui avaient été échangées ne laissaient aucun doute sur l'appartenance des maisons des deux "grandes" qui venaient de passer : le sous entendu sur le courage délavé des "Bouffondor" était mal passé et la contre-attaque sur le fait que toutes les vertes et argent étaient des "langues de basilic qui passaient leur temps à contempler leur reflets, à se demander comment vous ne vous statufiez pas, bande de Gorgones !" avait rapidement enclenché le rire léger de la Serpentard qui avait cru bon de préciser que les rouges et or faisaient tellement pitié que "même Serdaigle vous laisse des élèves comme Granger pour remonter le niveau des classes !"
Les yeux ronds, la blondinette s'était tordu le cou pour suivre du regard les demoiselles qui se dirigeaient vers le compartiments des préfets. Le regard interrogatif, elle tourna le visage vers les deux garçons et ouvrit légèrement la bouche avant de finalement clore ses lèvres sans avoir rien dit.

Mère lui avait bien souvent parlé des tensions entre les maisons de Poudlard, et Jonas n'avait fait que confirmer en persifflant contre les Serpentards qui ne cessaient de remporter la coupe de Quidditch. Si Jacynthe avait été envoyé à Serdaigle, tous les Stevenson avaient été des rouges et or. Enfin, tous, non. Georges Jr. avait été,  la plus grande stupéfaction de ses parents, envoyé à Serpentard. Déjà que, et ce depuis tout petit, il représentait l'original de la famille, la décision du Choixpeau n'avait fait qu'accentuer le fossé entre lui et sa famille. Encore, il aurait été Poufsouffle et, au pire des cas, un Serdaigle... Mais un vert et argent ?!
Joignant ses mains sur ses cuisses, Absynthe tordit la bouche en une grimace : si elle souhaitait faire plaisir à Mère en étant envoyé à Serdaigle ou à Serpentard -Jacynthe ne cessait de répéter que si Georges n'avait pas été un serpent, elle ne l'aurait sûrement pas épousé !-, mais la petite souhaitait si ardemment être admise comme un membre de la famille qu'elle espérait secrètement qu'on allait l'envoyer à Gryffondor. Le courage ? Elle ne manquait pas ! Du moins, c'est ce qu'elle se disait pour se convaincre, mais il suffisait que la nuit arrive pour que cette certitude s’effrite.

Une nouvelle fois, elle regarda les deux garçons et inspira doucement, cherchant à formuler une phrase qui ne la ferait pas paraitre trop stupide :

- Vous co- hum- connaissez le nom des maisons ? Elle porta une main à sa gorge avant de toussoter pour dérouiller sa voix, puis replaça une mèche blonde derrière son oreille en baisant une nouvelle fois le nez. Tout à l'heure j'étais dans un autre compartiment... ils en parlaient. Vos parents, ils étaient dans quelles maisons ? Puis en fixant les chaussures abandonnées sur le sol du train : Dis, tu vas pas enlever tes autres vêtements...?
N'est-ce pas, Shawn ? Que tu n'allais pas enlever tes autres vêtements ? Parce que montrer sa culotte il y avait de cela quatre ans étaient une chose, mais à onze ans, c'en était une autre...


Coucou - Caché ! Coucou - Caché !

La petite à tresses avait difficilement quitté la présence rassurante de Jacynthe pour s'aventurer seule à la recherche d'une boisson. Déjà, avec Patricia et Alice, la petite Charlie se montrait débrouillarde quoique réservée et collante avec les personne qu'elle connaissait. C'était bien simple, où elle restait dans les bras de son grand-père, où elle s'accrochait aux jambes de sa maman, ou on la voyait camouflée derrière la silhouette de sa sœur aînée. Elle réclamait beaucoup d'attention, mais pas en se faisant remarquer, non, en venant se coller comme une moule à son rocher à la personne souhaitée. Un repère, en quelque sorte, une tendre protection pour la rassurer.
La boule au ventre, la petite s’avançait en regardant le décor où elle se sentait de trop. On aurait dit un bal de princesse, mais elle n'était pas habillée en princesse, elle. Se faisant plus petite qu'elle ne l'était déjà, l'enfant, bouche entre-ouverte par l'émerveillement, passa devant le petit garçon au regard morne avant de sortir brutalement de sa rêverie lorsque son visage rencontra le tissu d'un vêtement. Se reculant légèrement, la petite leva les yeux tout en  s'appuyant sur la hanche de la dame. Et puis elle resta là à la dévisager quelques secondes sans s'imaginer un seul instant que les paroles d'un jeune homme derrière elle lui étaient destinées. Après tout, elle ne faisait rien de dangereux, du moins elle n'en avait pas l'impression. Un lourd sentiment de tristesse lui emplit le cœur lorsqu'elle inspira le parfum de la dame avant de partir en bredouillant des excuses bancales. Mère lui aurait certainement dit que ce n'était pas bien de penser comme elle le faisait à cet instant, mais la petite fille avait eu, juste avant de partir, la simple envie de rester la joue contre le tissu. Et puis fermer les yeux. Et puis dormir. Et puis mourir.

Selon la petite Charlie, la mort venait la chercher toute les nuits. C'est pour ça qu'elle dormait et faisait de mauvais rêves. Jacynthe disait que ce n'était pas vrai puisqu'elle se réveillait tous les matins, mais la gamine en était certaine : la nuit elle mourait et seul son pendentif en lune chassait la mort au levé du jour. C'était sûr, parce que, comme elle l'affirmait à Kandy, le collier d'Alice la protégeait. A défaut d'Alice elle-même...
Se frayant un passage jusqu'à une table couverte de boisson, elle se décida pour un verre qui sentait un peu comme la grenadine et y trempa le bout des lèvres. C'était une chose que Mère avait noté chez la petite : elle n'était pas gourmande. Avec un appétit de vivet ( ), la gamine ne faisait pas de caprice lorsqu'il fallait goûter à tout, mais elle mangeait peu et avait du mal avec les aliments trop sucrés. L'enfant ne réclamait pas de bonbon, ne semblait pas aimer le chocolat plus que de raison et regardait souvent les plats qu'on lui servait avec de grands yeux, comme si elle se demandait ce que ça pouvait bien être. Jacynthe avait découvert les œufs pochés à la façon Absynthe : servit sur une tranche de pain préalablement revenu au beurre, une valeur sûre que servait Kandy à la blondinette lorsqu'elle était souffrante ou se dégoûtait de repas trop riches. De même, Madame Stevenson s'était étonné de voir une enfant manger aussi facilement des potages, des fruits et des légumes. Un pêché mignon ? Des tranches de pommes caramélisées de miel.

Curieuse, la petite Charlie tourna la tête vers ce qui semblait être des plateaux de pâtisserie. Elle ne savait pas si elle avait le droit d'en prendre, mais de toute façon sa question tourna court : un garçon qui -physiquement- semblait plus âgé qu'elle venait de cracher sur la belle nappe blanche. Bouche en o, la demoiselle le regarda se munir d'une seconde boisson pour finalement reposer le verre parmi les autres. Le Boursouf, sous sa veste, émit un petit chant d'excitation. Le spectacle ne s'arrêta pas là et, après que le garçon ait déposé un autre gobelet dans lequel il venait de boire, il se tourna pour faire face à a gamine qui se statufia. Rapide comme l'éclair, le petit garçon en costume gris lui vola son jus pour le vider devant une Absynthe figée qui ne se remettait pas de la scène qui venait de se passer. Baissant le nez pour vérifier le contenu du verre qu'il venait de lui rendre en main -il était bien vide, pour sûr !-, l'enfant referma la bouche et, sans pour autant relever le menton, leva les yeux sur l'étrange spécimen qui, tout sourire, lui donna son prénom avant de quémander le sien.

Shawn. Muette, elle se dandina sur place, ne sachant que faire.
Charlie se demanda alors si Mère aurait approuvé la conduite du garçon. Elle la chercha des yeux, mais elle était loin. Tant mieux, elle ne voulait pas que les adultes les remarques ! Elle aimait bien la dame docteur pour sa tête qui lui avait donné une maison, mais parfois Jacynthe était très gênante. Et puis, quand elle la grondait, elle ne criait pas comme Patricia, mais elle disait des mots qui faisaient beaucoup de peine à la blondinette.
La remarque sur le Boursouf de sa tunique fut le début d'une courte fin : très vite, les yeux de la gamine se noyèrent de larmes qu'elle contrôla assez pour qu'elle ne coule pas. Mère n'aimait pas les pleure, et puis elle était une grande fille maintenant, elle ne devait pas pleurer devant les gens. Cependant, Absynthe avait bien remarqué que sa tenue n'était pas comme celle des autres enfants, tous habillés comme des grands. Shawn était habillé comme un grand, lui, alors il se moquait de sa tunique préférée. Comme les enfants de l'école où mère l'avait inscrite qui lui rappelait qu'elle n'avait plus sa maman et pas de papa. Qu'ils avaient préféré la laisser toute seule parce que, de toute façon, elle était moche et bête et pleurait tout le temps.
Ce qu'Absynthe ignorait encore, c'était que le petit garçon qui lui faisait face était un ascenseur émotionnel : sa peine, comme dit plus haut, fut de courte durée puisque l'aveu qui suivit arracha un sourire un peu cassé à la gamine. Le rire silencieux fit tressauter ses épaules mais la bouche n'émit pas un son alors que Shawn tirait sur l'élastique du slip afin de prouver qu'il y avait bien des vifs sur son sous vêtement. Les yeux plissés par le rire bloqué dans la gorge laissèrent couler deux grosses gouttes salées qu'elle s'empressa de sécher d'un revers de manche.

- Eh ouais, c’est mieux qu’un boursouf parce que moi, mon papa il fabrique des balais de course ! Et le tien, il fait quoi ?

Boum, badaboum !
Les épaules de la blondinettes s'affaissèrent encore une fois. Elle aurait pourtant dû être habituée avec le temps, même les maîtresses lui posaient cette question. Il fait quoi ton papa ? T'en as pas ? Il est où ? Il voulait pas de toi ? Non, il n'avait pas voulu d'elle. Mais personne ne voulait d'une petite fille aussi quelconque que Charlie. C'était une dame de famille d'accueil qui lui avait dit...
Sans piper mots, la blondinette enlaça son ventre de ses bras fins et écouta le petit garçon sans pour autant comprendre ce qu'il disait. Acheter des parts de balai ? Il voulait le découper comme une tarte ? En plus d'être habillé comme un grand, il parlait comme un adulte. Absynthe se sentit d'autant plus petite et stupide et, alors qu'elle se forçait à décoller ses mains de son bidou, elle ne put empêcher ses doigts blancs de se joindre dans son dos. Dévisageant Shawn, elle plissa les paupières comme elle l'avait fait un peu plus tôt devant Madame Wang : c'était la première fois qu'elle voyait des asiatiques et si au début elle avait cru que la dame était maquillée de sorte à faire des petit yeux en fente comme si elle était fatiguée, elle doutait fortement que le garçon ait fait de même. Une discussion entre Mère et Monsieur Graham Stevenson lui revint en mémoire : lors d'un repas de famille, la vieille femme avait laissé entendre qu'il y avait de plus en plus de "bridés" à Londres. La petite ne comprenant pas le mot, Jonas avait tiré sur ses paupières en disant que c'était des "étrangers" qui venaient de "loin". (sos racisme, j'écoute ? )
Est-ce que Shawn venait de loin ? Curieuse, elle pencha la tête vers l'avant en approchant un petit peu son visage de celui de son camarade. C'était pas moche en tout cas, et puis ça devait être rigolo.

- Mais il est pas si nul ton boursouf. La petite Charlie baissa les yeux sur son tee-shirt et tira sur le pan pour le rendre d'autant plus visible, un sentiment de fierté grandissant dans son cœur d'enfant. Flatté par le compliment, ledit Boursouf chantonna en tirant la langue à Shawn qui éclata de rire. Lentement, la moue boudeuse de la blondinette s'étira en un petit sourire timide. Elle alla même jusqu'à pouffer, main devant la bouche, lorsque le petit garçon lui fit une imitation de son papa, grondant la bouille de la créature sur son vêtement qu'elle s'empressa de remettre maladroitement dans la jupe bleu marine.
Tandis que la main de Shawn cherchait parmi les pâtisseries, celle d'Absynthe reposait le verre à présent vide. Après avoir retrouvé le même jus -et tout en le serrant à deux mains de peur que le garçon le lui reprenne-, elle se tourna à nouveau vers lui pour suivre la direction qu'il indiquait.
- Ma maman c’est la plus belle, elle est là-bas avec mon frère jumeau. Il avait faim, mais comme il avait peur, il est pas venu.
La blonde détacha son regard vert et or de la famille Wang pour trouver la famille Inoue. Si les deux adultes ne faisaient pas attention à la minuscule scène qui se jouait à côté des boissons, un autre garçon, copie identique de Shawn, les fixait tout en se tenant à la jambe d'une très jolie dame. Elle hésitait à faire coucou au frère de son nouveau camarade, mais ce qui suivit lui fit oublier le regard insistant du garçon en costume bleu.

- Elle est où ta maman ?

Elle est où ma maman ? Elle va revenir ? Elle est partie pour toute la vie ?
La mâchoire tremblotante, Charlie se tourna vers l'endroit où devait se trouver Mère, mais cette dernière avait disparue et Grâce, son mari et son fils discutaient avec des gens qu'Absynthe ne connaissait pas.
Ma maman, elle est un ange du ciel. C'est ce qu'elle aurait voulu avoir la force de répondre, mais comme d'habitude, la gamine semblait perdre toute contenance lorsqu'on lui rappelait sa famille en miette et la mort de Patricia. Elle resta là sans rien dire sous le regard du petit Shawn, tordant ses doigts dans son dos, le regard concentré sur la tache qu'il venait de se faire.

- Tu as perdu ta langue ? Mon oncle y dit que on peut se faire manger la langue par un eschagot si on fait pas attention. Ça arrive souvent. Mais on peut la retrouver si on cherche bien sous le lit. Alors tu devrais chercher sous ton lit.
La réaction ne se fit pas attendre : yeux ronds comme des soucoupes, la petite releva le nez en trompette pour que ses prunelles plongent dans celle du garçon et, tout à coup, elle ouvrit grand la bouche en tirant la langue, comme chez le médecin quand elle était malade. Sa langue était bien là, mais ce que venait de lui révéler l'enfant fit naître en elle une profonde angoisse : il n'y avait pas que des monstres sous le lit ? Il y avait aussi des langues ?

- C'est quoi un eschagot ? C'est comme un escargot qui bave avec sa maison sur le dos ?

Surprise par le son de sa propre voix, la blondinette baissa subitement la tête. Elle se sentait bête de ne pas savoir, il allait se moquer. Après une hésitation durant laquelle elle se balança d'avant en arrière, pointe-talon-pointe-talon, elle inclina le visage vers la gauche.

- Charlie.

Parce que ça faisait mal de donner le nom qu'elle avait porté avec maman, papy et Lili, mais qu'il allait se moquer d'elle s'il entendait l'autre. Soudain, l'expression de Shawn se fit intrigante et la petite se rapprocha pour mieux l'entendre :

- J’ai pas le droit de te le dire, c’est un secret, mais j’ai amené un jouet avec moi.  Mon papa il voulait pas, mais je l’ai caché dans ma poche. Bouche en O, le visage d'Absynthe fit la navette entre le monsieur à côté de la jolie dame et la poche déformée par une poche. Je peux te le montrer, c’est le jouet le plus cool de l’univers tout entier. Mais tu dois me promettre de rien dire et de pas me le voler. La bouille de la fée se secoua frénétiquement de bas en haut avant de faire de même de gauche à droite : elle, une voleuse ? Oh non !
- Promis juré ! chuchota-t-elle alors que Shawn vérifiait que personne ne les espionnait.
- Doraemon ! Tu connais ? C'est mon dessin animé préféré.
- Dodradé...mon? Déoramon ? bafouilla la blondinette en fixant la figurine que le garçon lui tendait. La recueillant dans ses paumes ouvertes, l'enfant cligna des paupières en passant son pouce sur le large sourire de la créature blanche et bleue. Je ne sais pas c'est quoi... confia-t-elle maladroitement en baissant la tête, honteuse. Quand j'étais petite, on regardait Maya l'abeille à la télé, c'est peut-être pareil. Un tout petit peu pareil ? et, entre son pouce et son index, la petite illustra ce petit peu. Les lèvres pincées, elle gratta le bout de son nez avant d'agiter ses bras comme les ailes de la petite abeille du générique : And when I ask who she was, she told me Mayaaaaa ! chanta-t-elle à mi-voix avant de brusquement s'arrêter pour regarder les adultes qui se tenaient juste à côté d'eux et les dévisageaient avec des sourcils hauts dans le ciel. Réflexe qui lui était propre, la blondinette fit trois pas pour aller se cacher derrière Shawn. Les adultes se désintéressèrent des deux enfants et le garçon en profita pour piocher dans le plateau à côté de lui sous l'oeil perplexe de la fillette.

- Peut-être que le petit garçon voudra jouer avec nous. Tu sais, il vient de la famille Wang, on aurait pas cru qu’il viendrait.  Ça, c’est sûr.
- Ah ? C'est quoi du Wang ? doigts froissant la jupe, Absynthe coula un regard soucieux vers Stanley, toujours aussi droit dans son costume, au côté de sa mère. L'autre petit garçon dodelinait légèrement de la tête en fixant le sol. Bien plus loin, un petit garçon blond de leur âge tenait la main d'une jeune fille, réplique parfaite d'une femme un peu plus âgée et qui retouchait la cravate d'un homme à son bras.
- Vous êtes que des garçons, c'est pas du juste ça... couina piteusement Charlie en s'imaginant bien qu'ils auraient les même jeux de bagarre qu'à l'école, ou alors lorsqu'il fallait courir très vite pour éviter de se faire toucher par le loup. Il est pas très beau le monsieur, il fait peur. marmonna la blonde pour elle même au moment même où Shawn lui demandait si elle voulait de la pâtisserie qu'il avait à moitié enfournée dans sa bouche. Avec une moue boudeuse, elle fixa le gâteau recouvert d'une genre de gélatine orange qui ne lui disait rien qui vaille, mais avant qu'elle ait pu refuser, le petit garçon appuya la friandise contre la bouche, l'obligea à manger dès lors qu'elle ouvrait la bouche.

- Mange... tu es toute petite, parce que tu manges pas assez.
- Mmmmh, mmh ! refusa la fillette en secouant la tête, ses nattes volant dans son dos. Je ne suis pas la poubelle de toi !

Mais trop tard. Poubelle ou pas, un goût étrange semblable à l'un des jus qu'elle avait goûté chez les Stevenson se rependit sur son palais. Plusieurs année plus tard, elle se serait sûrement demandé si son camarade n'avait pas mis trop de bave sur le gâteau, mais à huit ans ça n'était pas encore très important. Grimaçant, elle supplia SHawn du regard en essayant d'articuler :

- Ah ooon... Clache, clache... Et elle finit par prendre une petite serviette en papier blanc pour recracher le flan à la citrouille pré-mâcher dedans. Ensuite, elle but d'une traite tout son verre de jus et  ouvrit grand la bouche pour tirer la langue, à l'image du boursouf sur son haut qui fit de même. Han a pu ? demanda-t-elle en l'incitant à vérifier la couleur de sa langue. Une fois rassurée, elle rendit Doraemon à son propriétaire en l'intimant de bien le surveiller car il cherchait à l'empoisonner. Tout en essuyant sa bouche, Absynthe remarqua que le frère de son camarade les fixait sans pour autant bouger. Elle tapota donc l'épaule de Shawn du doigt avant de lui désigner le garçon au costume gris.

- Qu'est ce que vous faites les enfants ? Un inconnu dévisageait les deux petits, sourcils froncés en constatant les dégâts. Puis-je savoir où sont vos familles ?
Nul doute que l'adulte voulait leur passer un savon. Allez savoir ce qu'il se passa à ce moment précis dans la tête de la petite Charlie, mais les mots de Shawn lui revinrent en mémoire et elle de désigna de ses deux mains. Tout sortit sans dessus dessous, mais la plus grande stupeur resta pour la grande personne :
- C'est Daemon de la famille Wang. On aurait pas cru vous voir, vous, c'est sûr !
Le visage perdit de ses couleurs et l'inconnu s'excusa en s'inclinant face à Shawn qu'il appela "Monsieur". Ensuite, il leur tandis un jus chacun et les pria de s'éloigner du buffet. Perdue, Absynthe suivit son camarade avant de s'inquiéter brusquement.
- Pourquoi est-ce qu'il t'appelle "Monsieur" ? C'est toi le chef d'ici ? Tu es un prince et c'est ta maison ? La confusion de l'adulte entre deux enfants (japonais, chinois, coréen...ça s'vaut tout ça ! ...sos racisme, j'écoute ?) la perturbait un peu. Kandy l'appelait bien Mademoiselle, mais c'était un elfe de maison et Mère disait que c'était normal. Avisant de nouveau le vrai héritier Wang, Absynthe se hissa sur la pointe des pieds pour chuchoter à son camarade de jeu : Tu as encore envie de jouer avec lui ? Il n'a pas l'air d'une commode... Il fait des gros yeux en nous regardant, j'ai peur !


HJ : T'ES PAS LE CHEF DE MOI ! Mais tu peux me dire tout de même si ça te coince    Je changerais !

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MessageSujet: Re: [01/09/92] "Si ce n'est toi, c'est donc ton frère." (pv Shawn + Hiver 88) Ven 18 Nov 2016 - 19:05



Une petite fille aux yeux verts venait de pénétrer dans leur compartiment et s’était figée sur le pas de la porte, interrompant les deux garçons dans leur jeu. Shawn l’avait autorisée à rentrer et à s’installer, mais elle n’avait pas bougé, les yeux rivés sur ses ipieds. Elle était vraiment étrange. Sans un mot, elle contourna Shawn collé contre son épaule et poussa sa valise avec difficulté. Il distingua un faible « merci », mais n’était pas certain d’avoir bien entendu. Le petit garçon s’écarta et la regarda tirer son énorme bagage : tu veux… elle se prit les jambes dans son bagage et tomba sur le siège…de l’aide ? Zack la dévisageait également alors qu’elle s’installait sur le siège trop large pour elle. Elle semblait très timide, Shawn ne comprenait pas comment on pouvait se contenir sans parler. C'était de l'ordre du surhumain pour lui.

Il se laissa tomber sur le siège à côté d’elle et la regarda masser son mollet. Alors qu’il allait ouvrir la bouche (Shawn a toujours quelque chose à dire et une opinion sur tout), des voix se firent entendre qui se rapprochaient et semblaient en plein débat. Deux demoiselles étaient prises dans une discussion houleuse au sujet des maisons. Shawn qui ne connaissait pas grand-chose concernant les maisons de Poudlard ne comprenait pas vraiment l’utilité du débat lancé. Il se leva et claqua la porte du compartiment en grognant : - olala qu’elles sont chiantes ces dindes ! Il se réinstalla à côté de la petite fille qui ne disait toujours pas un mot. Alors qu'il la détaillait des pieds à la tête, il se surprit à penser que parfois, il vaut mieux une fille silencieuse que toujours la bouche ouverte.

-Moi c’est Shawn et lui, il indiqua son jumeau d’un signe de la main, c’est mon frère Zack. Cette petite lui disait vaguement quelque chose, mais il s’en était passé des choses depuis leur dernière rencontre. Des tonnes de choses, notamment sa « maladie » et son existence au Japon. Et puis Shawn avait une mémoire de poisson rouge en ce qui concerne les prénoms et le visage des gens. Enchanté.

- Vous co- hum- connaissez le nom des maisons ?

-Ouais, s’écria Shawn en bombant le torse et en coupant la parole à son frère. Tout à l'heure j'étais dans un autre compartiment... ils en parlaient. Vos parents, ils étaient dans quelles maisons ?

-Oh, euh, Shawn pivota vers son frère : maman et papa étaient dans quelle maison ?

Zack se réinstalla sur le siège et prit sa voix de « monsieur-je-sais-tout » comme aimait l’appeler Shawn : - Maman était à Poufsouffle et papa, il n’était pas à Poudlard, mais dans une autre école de magie au Japon : Mahoutokoro. C’était pas le même système de répartition.

-Et toi ? Tu crois  que tu vas aller dans quelle maison ?! Moi je sais pas… Je m’en fiche un peu, mais les lions c'est classe !

-Dis, tu vas pas enlever tes autres vêtements...?

Shawn la dévisagea en écarquillant les yeux, la question l’avait pris au dépourvu : - Non, ça va. Pourquoi ? Tu veux que j’enlève mes autres vêtements ? Il lui donna un coup de coude en ricanant.

-Tu l’embêtes juste avec l’odeur de tes pieds puants !

Shawn se mit debout sur le siège et posa ses mains sur ses hanches : - HO, j’ai pas les pieds puants ! Il leva son pied à hauteur du nez de Zack qui le repoussa en criant, Shawn le dirigea alors vers Absynthe : hein que je pue pas, c’est des chaussures et chaussettes neuves !

Il se laissa retomber de tout son poids sur le siège faisant grincer les vieux montants.

-Si tu pues parce que t’as pas voulu prendre ta douche avec moi comme maman te l’a demandé parce que tu sentais le troll des cavernes !

-Tu mens, je l’ai prise ! C’est toi le troll des cavernes !

- T’as couru tout nu dans le manoir en poussant des cris ! Zack l’imita de façon grotesque. Heureusement que Ptyra t’a intercepté !

-Ouais et toi, t’as menti à maman en disant que c’est moi qui ai renversé l’eau du bain sur le carrelage  et qui ai mis du gel moussant de partout !

- C’est toi qui as commencé à faire le Léviathan dévoreur d’orteils et de zizi dans la baignoire !

- Et c’est toi qui as vidé le bain moussant et qui as fait le tsunami avec tes pieds !

Les deux frères étaient debout nez à nez, poings levés et se laissèrent retombés en s’écriant : -T’es qu’un gros nul !

Une minute de silence et de tranquillité pour Absynthe, une minute pas plus. Shawn se jeta sur sa valise et ouvrit la poche frontale pour en sortir sa baguette couleur ivoire qu’il tendit à la gamine : - ventricule de cœur de dragon, tremble… Ollivander lui-même a dit que le tremble c’est du bois de révolutionnaire pour les meilleurs duellistes ! Elle est belle hein ! Puis, je suis gauchiste.

-Gaucher, abruti ! pouffa son frère.

Shawn se jeta sur lui avec rage.


Une soirée mondaine comme il en avait connu tant d’autres. C’était toujours d’un profond ennui pour les enfants, mais au moins il y avait plein de trucs à grignoter au buffet. Shawn lorgnait les petits en-cas depuis trop longtemps, et maintenant que la vieille sorcière avait détourné son attention et que ses parents étaient en pleine discussion, il était temps pour lui d’aller voir ce que le buffet avait dans le ventre. Goûtant de tout et recrachant ce qui ne lui plaisait pas, il rencontra une petite fille près de la table, elle aussi toute seule. Ni une ni deux, il fit connaissance en l’assommant avec ses discussions aussi denses qu’intéressantes.  Il se présenta après s’être hydraté en buvant l’intégralité du verre de la petite. Parler, ça donne soif, c’est bien connu.

Alors qu’il avait fait une réflexion sur son t-shirt, la gamine semblait sur le point de pleurer, mais Shawn était trop occupé à s’écouter parler pour le remarquer vraiment. Et puis, il ne comprenait pas vraiment pourquoi ses yeux s’embuaient de larmes, il n‘avait rien dit de méchant, pour une fois. Ce que les filles pouvaient être chiantes, toujours à pleurer, toujours à devoir être protégée. Comme quand ils jouaient avec Gayna, elle voulait toujours être la princesse à secourir et pleurait si les garçons ne lui obéissaient pas. D’ailleurs, Gayna devait certainement être présente à cette soirée, mais Shawn était à des lieux de chercher une tignasse flamme dans la foule de jambes. Il lui montra un bout de son slip pour prouver qu’il ne mentait pas et qu’il y avait bien des vifs qui se baladaient en toute liberté. Cette vision sembla la calmer, mais pour combien de temps ? Shawn était lancé et rien ne pouvait l’arrêter, bien qu’elle n’avait pas répondu à sa question sur son père, il enchaîna en lui expliquant que son père détenait des parts de balais.

La petite se mit à se balancer d’avant en arrière en plissant les yeux, Shawn se stoppa dans sa tirade : - Quoi ? Tu as mal aux yeux ? Il n’avait absolument pas fait le rapprochement avec la forme des siens relativement voire très bridés. Elle semblait muette, ça arrivait ou alors elle était très timide comme une de ses cousines du côté de sa mère. Le boursouf sur le t-shirt de la muette se mit en mouvement en lui tirant la langue ce qui amusa beaucoup le petit garçon qui fit de même. Il était enfin arrivé à lui décrocher un sourire c’était pas trop tôt, une bataille de gagnée. Peut-être qu’en plus d’être muette, elle était sourde ? Ragaillardi de ce sourire, il se mit à imiter son père en grondant le boursouf comme il l’avait fait avec son fils avant de partir pour la soirée.

Parler lui avait ouvert l’appétit, se saisissant d’un amuse-gueule il l’avala et continua sur sa lancée en parlant de sa mère et de son jumeau. Il lui demanda alors où était sa mère, mais n’obtint toujours pas de réponse. N’en pouvant plus de faire face au vent de Sibérie, il lui demanda si elle avait perdu sa langue et lui expliqua comment la retrouver. Elle lui tira la langue pour lui prouver qu’elle avait toujours sa langue.


- C'est quoi un eschagot ? Tu connais pas c’est quoi un eschagot ?? C'est comme un escargot qui bave avec sa maison sur le dos ?


-Un eschagot, c’est un escargot avec une tête de chat qui mange les langues pour pouvoir parler, je crois. Y en a beaucoup là où habite mon tonton,  ils se cachent dans la poussière donc sous les meubles ou sous les lits, si t’as pas un futon. Ils sont très peureux et si on les attrape, ils rentrent dans leur coquille. Mais pour les faire sortir faut mettre du miel, ils adorent ça.

- Charlie.

-Charlie ? Le petit garçon regarda à droite et à gauche. C’est qui ça Charlie ?, il la dévisagea de haut en bas et ouvrit la bouche en « o ». C’est ton prénom Charlie ? C’est pas un nom de garçon ?

Il se gratta la hanche et ses doigts rencontrèrent à ce moment le plastique de son jouet amené en cachette. Il fit alors promettre à la petite de ne pas lui voler et de garder ça secret. Elle hocha la tête et s’exclama :

- Promis juré !


Ce fut suffisant aux yeux de Shawn qui sortit triomphalement son chat bleu : Doraemon.

- Dodradé...mon? Déoramon ?

-Non répète après moi ! Il s’éclaircit la gorge et articula : DO-RA-É-MON, Doraemon.

-Je ne sais pas c'est quoi... C’est un chat magique qui vient du futur !  Quand j'étais petite, on regardait Maya l'abeille à la télé, c'est peut-être pareil. Un tout petit peu pareil ?  Elle imita les ailes d’une abeille et se mit alors à chanter ce qui devait être le générique :

-And when I ask who she was, she told me Mayaaaaa ! Elle se tut brusquement et Shawn suivit la direction de ses yeux pour rencontrer le regard dur de deux adultes. Il soutint leur regard en les défiant, alors qu’elle se cachait derrière lui. Petit, il avait déjà cette effronterie et ce goût pour la provocation envers l’autorité qui gêneraient tant ses parents lorsqu’il prendrait de l’âge. L'enfant se désintéressa bien vite des deux adultes et il pivota vers la petite : -Maya l’abeille ? Non ça me dit rien. Il se resservit une pâtisserie avant de reprendre. Mais mon papa veut pas que je regarde la télévision moldue, je peux la regarder que chez mon tonton. Doraemon c’est ça la chanson : こんなこといいな Shawn se mit à danser en se balançant d’un pied sur l’autre.

出来たらいいな
あんな夢
こんな夢
いっぱいあるけど
皆、皆、皆、叶えてくれる不思議なポッケで叶えてくれる
空を自由に飛びたいな
「ハイ、タケコプター」
Il changea de voix pour imiter celle de Doraemon et avec son doigt, il mima l’hélice d’un hélicoptère.

あん、あん、あん とっても大好きドラえもん Il fit un cœur avec ses deux mains jointes.

Sa chanson finie, il éclata de rire et applaudit. Bravooooo ! C'est amusant. Tu connais une autre chanson ?

Shawn aimait beaucoup chanter et la musique en général, comme son oncle. Plus tard, il voudrait être chanteur et apprendre à jouer de la guitare comme lui. Parce que la musique peut rendre les hommes libres. Alors qu’il frappait de toutes ses forces dans ses mains, il croisa le regard de Stanley qui les dévisageait et il fit part de sa pensée à Absynthe. Après tout, peut-être que le petit garçon tout coincé dans son costume voudrait jouer avec eux. Leurs rires et chansons avaient attiré son attention en tout cas.

- Ah ? C'est quoi du Wang ?

- C’est le nom de famille du petit garçon là-bas qui sourit pas. Sinon, on peut demander à lui, il pointa du doigt un garçon blond, s’il veut jouer avec nous.


- Vous êtes que des garçons, c'est pas du juste ça...

Il la dévisagea de haut en bas : - Bah elles sont où tes copines filles ? Puis c’est chiant les filles, ça pleure et ça tire les cheveux.

-Il est pas très beau le monsieur, il fait peur.

Shawn venait de mordre dans une pâtisserie qu’il trouvait atrocement mauvaise et ne comprit pas de qui elle parlait : - Quel monsieur ? dit-il les doigts gluants regardant à droite et à gauche pour se débarrasser de ce bout de sucre. Il vit alors la bouche d’Absynthe et jugea que ce serait un garage parfait pour son gâteau mordillé.

Elle serrait les dents et les lèvres, mais Shawn profita de sa prise de parole pour lui enfourner l’amuse-gueule dans la bouche. Je ne suis pas la poubelle de toi !

- C’est pas bon, conclut-il comme si cette affirmation pouvait expliquer et excuser son comportement. Il essuya ses doigts collants sur la nappe blanche puis sur son vêtement déjà taché.

Elle recracha l’indésirable sur une serviette blanche et but d’une traite son jus pour faire passer le goût infâme du gâteau. Shawn la regardait en ricanant et il continua même lorsqu’elle ouvrit la bouche en tirant la langue, imitée par le boursouf. T’as vu c’est goût crotte, héhé.

-Han a pu ?

Pris entre deux fous rire, il hocha la tête : - Oui, mais ta langue est orange ! Il récupéra Doraemon et le replaça dans sa poche.

Au moment où elle tapota son épaule, une voix d’adulte les fit pivoter en même temps. Était-ce encore les deux adultes pas rigolos de tout à l'heure. L’origine de la voix se trouvait quelques mètres au-dessus de leur tête et elle ne semblait pas contente :

- Qu'est ce que vous faites les enfants ?  Je mange, s’exclama Shawn sans une once d’hésitation. Puis-je savoir où sont vos familles ?

- C'est Daemon de la famille Wang. On aurait pas cru vous voir, vous, c'est sûr !

L’adulte perdit contenance sans que Shawn comprenne les raisons du revirement de situation. Il alla même jusqu’à s’excuser en l’appelant « monsieur ». Shawn le regarda s’éloigner en hochant la tête de gauche à droite : -c’est quoi son problème à lui ?!


- Pourquoi est-ce qu'il t'appelle "Monsieur" ? C'est toi le chef d'ici ? Tu es un prince et c'est ta maison ?

- Oui, c’est moi le chef de toi donc tu dois m’écouter !

Elle chuchota à son oreille : Tu as encore envie de jouer avec lui ? Il n'a pas l'air d'une commode... Il fait des gros yeux en nous regardant, j'ai peur !

Shawn fixa Stanley qui les regardait le visage impassible, il lui fit des grands signes des bras, mais le petit garçon détourna la tête avec panache. Shawn fixa le buffet et les bouteilles s’activant pour remplir les verres vides. Un éclair de pitié et de tristesse envers cet enfant traversa son esprit. Il semblait si triste, si malheureux, prisonnier de son propre corps. Il était content de ne pas être ce petit garçon. Cette idée traversa son esprit et en fut tout aussi rapidement chassée.

- je crois que ça ne l’intéresse pas. Et si disait qu'on est des créatures magiques ? Tu veux être quoi ? Moi,  je suis un dragon. Il accompagna ses propos en montrant ses dents et en dressant ses doigts devant son visage comme des griffes aiguisées.

-Je vais te manger, il se jeta sur elle et lui fit des guilis en poussant des grognements censés imiter ceux des dragons. Tremblez misérables humains !

Il stoppa les guilis quand il vit son frère avancer vers la table pointant du doigt Shawn à son père. Il passa sous la table en s’écriant : suis-moi avant que le monstre nous attrape !, et se mit à trottiner sous la table en agrippant le poignet minuscule de la petite, il s’arrêta après quelques mètres, car des chaussures noires bien lustrées dépassées de sous la nappe : - Ils sont arrivés ? J’ai hâte de voir ce que ça va donner ! Un magnifique combat en perspective… Il lâcha le poignet d’Absynthe,... Ma femme, oui elle se trouve auprès de mon fils là-bas. Yong shik ?!

- Oui, monsieur, répondit une voix douce, presque caressante.

- Va les chercher !

Shawn continua sa course, il traversa l’espace vide entre deux tables et se mit à découvert. Sans regarder en arrière, il replongea sous la seconde table. Les deux enfants se rapprochaient de la porte de la salle de réception non loin de l’orchestre qui jouait un air monotone à faire dormir n'importe quel être vivant.

Il ne stoppa sa course qu’une fois à l’extérieur de la salle de réception : je crois qu’on a échappé au monstre, dit-il le souffle coupé. Le bruit des discussions était étouffé, comme si elles étaient passées dans un filtre. Shawn hésita en regardant dans plusieurs directions, puis il s’avança vers la première porte et la poussa : - viens voir c’est une bibiothèque ! Il pénétra à l’intérieur et se stoppa net : - Dis, il se retourna vers elle, tu sais comment on fait les bébés, toi ?

Cette question semblait sortir de nulle part, mais en réalité elle faisait écho à sa propre interrogation quelques heures plus tôt alors que sa mère cherchait un livre dans leur bibliothèque. Sa réponse ne lui avait pas paru satisfaisante, aussi il se demandait si sa nouvelle copine en savait plus sur le sujet.

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[01/09/92] "Si ce n'est toi, c'est donc ton frère." (pv Shawn + Hiver 88)

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