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[01/09/92] "Si ce n'est toi, c'est donc ton frère." (pv Shawn + Hiver 88)

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SERPENTARD6ème année
    SERPENTARD
    6ème année
AVATAR : Kristen Stewart
MESSAGES : 768

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: En couple avec la chevelure si bien coiffée d'Elwyn H. Miller
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 09 septembre 1980, Angleterre
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: [01/09/92] "Si ce n'est toi, c'est donc ton frère." (pv Shawn + Hiver 88) Sam 8 Oct 2016 - 16:05



"Si ce n'est toi, c'est donc ton frère."

Shawn x Absynthe






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La fillette releva son bout de nez en trompette vers le visage d'un grand garçon aux cheveux mi-longs coiffés en catogan. Les autres élèves qui se trouvaient dans le compartiment s'étaient interrompus le temps d'examiner qui osait les déranger, mais les discussions avaient à présent repris et seule la chaussure du jeune homme à la cravate bleue et bronze empêchait la porte de se refermer.
Orphée Nyman ne prononça pas un mot et se contenta de détailler l'enfant face à lui avec l'œil morne de l'adolescent que plus rien n'étonne. Est-ce que lui aussi, à sa rentrée à Poudlard, il avait eu l'air aussi perdu et misérable ? Il espérait bien que non. La petite chose blonde baissa les yeux sur leurs pieds, sur son pied, celui qui bloquait la porte coulissante, et le visage pâle, presque maladif, de la petite fille apparut de nouveau lorsqu'elle plongea son regard vert et or dans le gris de ses iris. Il en fut presque amusé, de ce reproche silencieux. Mais il avait posé une question, il voulait une réponse. Ce que les Serdaigles pouvaient être têtus, parfois...

- Comment tu t'appelles ?

Silence.
Il s'accroupit pour mettre son visage à sa hauteur : elle ne devait pas dépasser le mètre quarante et le rideau blond et raide que composait ses cheveux tranchait avec le sérieux de ce visage enfantin. Orphée eut d'abord l'étrange idée que, devant lui, se trouvait un petit ange déchu...mais la frimousse de l'enfant lui arracha un sourire fugace. De grands yeux, le nez en pointe, le visage ovale et fin, un corps frêle et, c'était étonnant, une manie de se redresser sur la pointe des pieds, moue pincée et joues légèrement gonflées. Il l'imagina un instant en justaucorps pêche et munie d'un tutu à froufrous : était-elle danseuse pour avoir l'envie de faire des pointes ? Les paupières lourdes de la gamine tombèrent un instant, couvrant les iris anis mouchetées d'un brun miel durant quelques secondes seulement, secondes qui suffirent au bleu et bronze pour mettre le doigt sur la paire d'aile qu'il cherchait. Les ailes délicates d'un papillon de nuit vinrent se superposer à celles d'un corbeau noir qu'il avait à l'esprit l'instant d'avant. Une Fée.
N'était-elle pas heureuse d'aller à Poudlard, cette Fée ? Elle n'en avait pas l'air. La gamine fronça les sourcils en croisant les bras sur sa non-poitrine, le regard fuyant.

- Tu sais, je ne vais pas te manger. C'est les Serpentard qui risquent de te manger toute crue. Et, à bien y réfléchir, les Gryffondor ne sont pas mieux. Quand aux Poufsuffles, ou ils te délieront la langue, ou ils te harcèleront et tu finira aussi folle que cette vieille Holga. il souffla sur le ton de la confidence : Il parait qu'elle a finit ses vieux jours à creuser le sol, les joues couvertes de suie pour faire croire qu'elle était un blaireau.

Le visage de la petite exprima de la surprise avant que ses prunelles ne roulent sur elles-mêmes pour montrer sa lassitude. La bouche aux lèvres fines s'ouvrit :

- N'importe quoi.
- C'est vrai. admit le septième année, sourire aux lèvres en constatant qu'elle n'était pas muette, la blondinette. Tu cherches quelqu'un ? Ton grand frère, peut-être ?
- Je n'ai pas de frère.
- Ta grande sœur, alors ?

Le blanc qui suivit indiqua au grand blond que la réponse était encore un non. Et pourtant, une sœur, elle en avait bien eu une. Mais on la lui avait enlevée. La petite mordilla une peau morte de ses lèvres fines et soupira silencieusement pour contenir son agacement. Elle n'avait pas envie de lui parler, à ce "grand", pourquoi est-ce qu'il ne la laissait pas simplement partir ? Elle cherchait quelqu'un, c'était un fait, mais comment retrouver une personne dont on ne connait pas le prénom ? A présent, elle se trouvait bien stupide d'avoir toqué à trois compartiments après être sortie de celui où elle avait fait le début de son voyage.
Pour une fillette qui n'était plus habituée à côtoyer des enfants de son âge depuis ses neufs ans, le premier contact avec des futurs élèves de Poudlard ne lui avait guère donné envie de continuer l'expérience. Tout d'abord, chose que la blonde de presque douze ans ne supportait pas, ils étaient bruyants. Était-ce l'entrée dans l'adolescence qui approchait qui rendait les filles si bêtes ? Une rousse à la voix nasillarde n'avait cessé de jouer avec ses cheveux tout en dévorant du regard un garçon qui, lui, entrait en deuxième année et avait le ton snobe qui n'allait pas avec son bas de pantalon crotté. La rouquine n'avait fait que glousser bêtement, une blondinette à l'ouest avait lancé le débat de la répartition et des épreuves à passer, de là, un garçon métisse avait énuméré des sortilèges à exécuter et toutes sortes de stupides rumeurs qui courraient dans le Poudlard Express, et ce depuis le départ du quai. Absynthe n'avait pas décroché un mot : Mère lui avait parlé d'un vieux chapeau chantant qui lui choisirait sa maison, mais elle ne souhaitait pas daigner adresser la parole à ses futurs camarades.

Timide ?
Non. Réservée, sélective, méfiante et très peu loquace, la petite Stevenson s'était refermée comme une huitre lorsque la poule rousse avait ricané en apprenant son prénom. Oui. L'absinthe était un alcool. Ce n'était pas la première fois qu'on lui rappelait, ça ne serait sûrement pas la dernière.
Le visage pâle de la blondinette s'était assombri et elle s'était camouflée derrière les longs rideaux que formaient ses cheveux. Un poison. La remarque ne l'avait pas marqué plus que ça lorsqu'elle était petite. Oh, les maîtresses faisaient souvent les yeux ronds, mais un sourire attendri naissait sur leurs lèvres lorsque la petite à la langue bien pendue expliquait très sérieusement que c'était le nom d'une soi-disant fée que les poètes aimaient. Elle avait été fière d'avoir un nom aussi inspirant pour les artistes, gonflée d'orgueil de provoquer autant de réactions chez les adultes, à cinq ans à peine. Les enfants ? Comment pouvaient-ils savoir ? Et puis, ses camarades de classe l'appelaient Charlie, à l'époque. Parce que c'était à ce prénom qu'elle répondait, celui de son "papa parti loin, peut-être avec les fées !".
Idiote.
C'était bien plus tard que ça s'était gâté. Elle se souvenait très bien d'un "papa de l'accueil" qui l'avait souvent appelé "la fée verte" quand elle s'obstinait à garder le silence à table et que ça le "rendait fou". A chaque fois, pourtant, elle n'y avait pas vu du sarcasme. Elle l'avait trouvé gentil, était désolée de le mettre en colère, mais elle ne voulait pas parler si on ne lui rendait pas sa grande sœur.
C'était Jacynthe qui lui avait appris ce que signifiait son prénom. C'était la psychomage qui, crument, avait expliqué à l'enfant toute la symbolique et analysé les moqueries du passé. Elle avait tellement pleuré... Absynthe, elle, elle aurait voulu rester une fée. Au lieu de ça, elle apprenait qu'en plus de n'avoir aucun lien avec le prénom de fleur du "docteur spécial pour moi", le sien était la liqueur qui avait détruit sa mère et brisé sa famille. L'absinthe, c'était cette main impatiente qui s'abattait sur sa joue lorsqu'elle refusait un câlin parce que "maman, tu sens pas bon", c'était Charles évoqué et toujours absent, c'était faire coucou de la main à Lili en lui disant de faire des bisous à Bretzel parce qu'il avait peur du noir, et puis ne plus les revoir. Le temps avait fait que l'enfant avait compris toute la portée de ses deux prénoms. Une malédiction que lui avait donnée sa maman, cinq ans avant de partir rejoindre les anges dans le ciel.
Elle aurait pu haïr Jacynthe Stevenson à ce moment. Allez savoir pourquoi, le contraire se produisit : si elle n'appréciait pas "la viev dame", la petite de sept ans s'était désespérément accrochée à ces séances de psychanalyse personnalisées et aux promesses de foyer à elle. Elle était une sorcière. C'était ce qui l'avait sauvé.

Un éclat de rire se fit entendre dans le compartiment et la blondinette redescendit brutalement sur terre. Le grand Serdaigle la fixait toujours, un sourire énigmatique et agaçant figé sur les lèvres. Il lui avait demandé comment elle s'appelait ? Elle ne voulait pas qu'il se moque. Alors elle n'avait rien dit et ne dirait rien. Sans un regard, Absynthe lui tourna le dos et continua son chemin, la main reprenant l'anse de la valise qu'elle faisait rouler derrière elle. La porte se referma.

On l'avait moqué à l'école primaire, lorsque Mère l'y avait inscrite. Elles n'étaient pas encore sur Londres à cette époque, mais il était arrivé que toutes deux s'y rendent avec Kandy pour des repas "de famille" -et Grace Stevenson, une femme d'une douceur infinie avec son fils, mais d'un mépris sans faille envers la petite, insistait souvent sur ces mots en la fixant froidement- ou pour des dîners plus "officiels" auxquels Jacynthe souhaitait habituer sa fille adoptive. Si les piques des adultes l'avait blessée, elle ne les avait pas toujours comprise. Celle des enfants de sa classe, en revanche, l'avaient fait verser des torrents de larmes. Tout y était passé : son physique frêle, sa petite taille, ses difficultés pour lire, écrire, manger proprement, l'absence de parents, la présence d'une "mémé", ses dents du bonheur, son mutisme, ses crises d'angoisses quand on lui masquait les yeux, les diverses choses "bizarres" qui se passaient lorsqu'elle était en colère, et bien entendu son prénom. Elle qui avait recommencé à parler depuis peu à force de séance et de musique, elle s'était de nouveau changée en muette, si bien que, à ses 8 ans et après "seulement" six mois d'école, Absynthe avait continué ses études à la maison avec Jacynthe pour seule professeur. Elle avait eu des bases en mathématiques, en histoire, en sciences de la terre, mais l'éducation de la petite fille avait surtout été "vieille Angleterre" : Mère l'avait initié aux arts pour le plaisir, à la sorcellerie parce qu'elle aurait un jour une baguette, et à la couture, la cuisine et le ménage, non pas parce qu'elle n'aurait plus Kandy, mais parce qu'elle se devait être une future épouse modèle et une mère honorable.
C'était ridicule. Un sourire naquit sur la frimousse de la petite : un bébé ? A elle ? Elle était trop jeune, n'importe quoi ! Quand à un mari, elle choisirait forcément un Prince Charmant.

Une bouffée de chaleur colora légèrement ses joues pâles d'un rose peu soutenu. Le visage du garçon du chemin de Traverse lui souriant chaleureusement lui revint en mémoire. Il était passé tout à l'heure, lors de la discussion sur la répartition. Deux Serpentard avaient tenté de décourager les premières années -l'un d'eux s'était un peu plus amusé à taquiner la blonde qui était sortie de son mutisme pour lui affirmer qu'il mentait-, et le garçon au joli sourire les avait légèrement chassé. Bruyant, rassurant, jovial, gentil... Oui. C'était sûrement un Prince Charmant.

La petite inspira bruyamment, le souffle court. Elle n'avait pas vraiment d'endurance et ses jambes, bien que grande par rapport au reste de sa silhouette, ne lui permettaient pas de marcher aussi vite qu'elle le souhaitait. Elle avait toujours été plus petite que les autres enfants de son âge, plus chétive, et bien qu'elle allait sur ses douze ans, elle faisait plus jeune que ses camarades de première année. Oisillon tombé du nid, la blondinette s'était arrêté au milieu du couloir en voyant, au loin, quelque chose d'énorme avec une chevelure emmêlée et qui s'attaquait au charriot de sucrerie en dévorant les fizwizbiz. Hésitante, la petite se tourna vers sa gauche et actionna doucement la poignée pour faire coulisser la porte du compartiment. A l'intérieur se tenaient deux garçons vêtus à l'identique : une chemise blanche sous un gilet accordé au pantalon noir, le tout terminé par un nœud papillon rouge. Mais, bien vite, Absynthe se rendit compte que les vêtements étaient loin d'être les seuls à se ressembler. Elle avait, sous son nez, deux gouttes d'eau à un ou deux petits détails près. Le premier était que l'un des deux garçons était en train de se débarrasser de son gilet et que son nœud papillon rouge gisait déjà sur la banquette tandis que l'autre avait un col parfaitement plié, le second était que, si l'un s'était contenté de tourner la tête vers elle sans ciller, le second avait fait un pas dans sa direction et la dévisageait curieusement.

Shawn Inoue. Shawn et Zack Inoue.
Elle avait toujours eu une très bonne mémoire, mais ce nom de famille l'avait marqué malgré elle suite à une rencontre il y avait quelques années. Gênée, elle se demanda si, eux, se souvenaient de cette soirée. Si Shawn, le plus remuant, se rappelait avoir tenu une conversation pour deux avant de lui mettre un gâteau à moitié suçoté dans la bouche. Elle espérait que non.

- Bonjour... se força-t-elle dans un souffle en baissant les yeux sur sa jupe d'uniforme qu'elle avait enfilé chez elle, à Londres, le rideau blond voilant encore une fois son visage.


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Mia Talerico - Good Luck Charlie
Hiver 1988

- Bonjour...

Le murmure de la petite fille fut bien vite recouvert par les discussions des adultes : formules de politesse, cirage en tout genre et hypocrisie à foison. Bien heureusement, ce monde là échappait encore à la petite fille de huit ans qui tentait vainement de se dissimuler dans la robe de sorcière d'une femme d'un âge avancé. Cette dernière avait relevé ses cheveux grisonnant en un chignon très strict et son visage rond et bienveillant était dénué de toute trace de maquillage. A ses oreilles, de grosses perles nacrées et rondes faisaient ressortir le gris de ses yeux et était accordé avec le collier qu'elle portait sur une robe de sorcière élégante, mais simple et sans fioritures. Les pans bleus nuit du vêtement cachait complètement de la femme de soixante-dix ans et tranchait particulièrement avec la tenue d'une femme blonde qui se tenait à ses côtés. Rouge et fendue au dessus du genou, la robe de Grace Stevenson lui faisait comme une seconde peau et, si Jacynthe Stevenson s'était abstenue de tout commentaire, on pouvait clairement comprendre à son froncement de sourcil que la plus âgée ne cautionnait pas la tenue de sa nièce. Nicolas Loy, toujours aussi fidèle à lui même et à sa couardise, n'avait pas osé montrer son désaccord lorsqu'il avait vu son épouse revêtir le rôle de la femme fatale. En un sens, il était flatté d'être le mari de cette créature, mais la jalousie reprenait bien vite le dessus et il ne cessait de ruminer un discours fictif qu'il aurait dû lui faire, il y avait une heure de cela. Chaque parcelle de peau qu'elle dévoilait n'était qu'à lui. Voulait-elle apparaître complètement nue devant l'assemblée afin le provoquer, lui ? Entre ses parents, Jonas, quinze ans, faisait bonne figure mais ne semblait pas particulièrement intéressé par ce que lui disait Graham Stevenson, son grand père. Elizabeth s'en rendait compte, mais elle n'osait interrompre son époux et se contentait de sourire à son petit fils prodige sans pour autant qu'il ne lui adresse un regard.

Et puis, il y avait Absynthe. Petite main blanche serrée dans les doigts noueux de Mère, l'enfant taciturne essayait de se faire oublier du mieux qu'elle pouvait en se fondant dans le décor. Discrètement, elle plia les genoux pour tirer sur ses chaussettes hautes et les remonter. Elle avait mis sa tenue préférée, mais Grace ne semblait pas l'aimer pour autant. Les petits souliers rose se mariaient pourtant bien avec la couleur crème de ses chaussettes toutes douces, celles qui avaient la frimousse d'un Boursouf à la base de l'élastique. La jupe était d'un bleu aussi sombre que la robe de Mère et les motifs qui y étaient imprimés ressemblaient à des petites boules de coton beige, quand au haut de l'ensemble, il représentait un visage de Boursouf qui ouvrait de temps en temps la bouche pour chantonner ou tirer la langue, ses grands yeux clignant de temps à autre. Mère avait seulement tordu la bouche en voyant la petite descendre les marches une par une, main sur la rambarde de l'escalier. Ce n'était certes pas une tenue comme elle l'aurait espéré, mais elle restait neutre et mignonne. Quelque chose qui convenait tout à fait à une enfant de cet âge : Jacynthe ne supportait pas qu'on déguise les jeunes gens en mini-adulte. Kandy avait coiffé sa jeune maîtresse avec des tresses et lui avait demandé d'enfiler une veste pour ne pas prendre froid.
La petite n'avait pas voulu quitter le vêtement en voyant que d'autres enfants étaient là, et qu'ils n'étaient pas vêtus comme tel : elle avait baissé les yeux devant un garçon qui avait sensiblement son âge mais qui faisait plus âgé et très sérieux dans son costume de petit monsieur. Lui s'était contenté de suivre sa mère, le visage de marbre.

La petite main tira doucement sur les doigts de Mère qui, habituée, se courba à l'aide d'une canne joliment décorée d'argent et de bleu saphir : Absynthe ne parlait que rarement, ne pas l'écouter ne l'encouragerait pas à retrouver sa langue.

- J'ai un peu soif, s'il vous plait...
- Il faut aller vous servir sur cette grande table, Absynthe. Les plateaux que vous voyez voler près de nous contiennent seulement des boissons pour les grandes personnes.

La gamine avait coulé un regard à l'adolescent blond qui l'avait dévisagé avec un mélange de provocation et de supériorité. Sa mère lui avait donné le droit de bore comme les grandes personnes.

- C'est de l'alcool, Absynthe. expliqua la vieille femme avec un sourire, comprenant le regard de l'enfant.
Vivement, la petite hocha la tête : oui, elle allait chercher à boire plus loin, oui, elle comprenait ce que c'était de l’alcool. Trop bien même.
Déterminée, elle lâcha la main de Mère pour s'aventurer entre les jambes des adultes qui ne faisait pas attention à ce qui leur arrivait à la hanche. Tout était très joli, comme dans les films de princesse qu'elle regardait avec Alice quand elle "était bébé" : les messieurs, les dames, les plats, la décoration... Le nez en l'air, elle ne fit pas attention et percuta mollement une jambe : la maman du petit garçon habillé en monsieur. Intimidée, elle n'osa bouger que très lentement et fit un pas de côté, main du la hanche de la dame pour ne pas perdre l'équilibre. Parce que les enfants n'ont pas toujours cette notion d'impudeur et d'impolitesse lorsqu'il vous touche, Absynthe pinça les lèvres en plongeant son regard dans celui si sombre de la femme et, sans s'en rendre compte, la gamine plissa les paupières pour essayer d'imiter les yeux bridés de Madame Wang.

- Pardon, je ne l'ai pas fait en exprès. s'excusa rapidement la petite avant de reprendre son chemin jusqu'à une table où trois cruches remplissaient des verres de jus de fruit, jus de citrouille et boisson en tout genre.

Muette, Absynthe resta à contempler l'étrange spectacle avant d'avancer timidement la main pour prendre un verre au contenu orangé qu'elle reposa après avoir reniflé le contenu. Trop bizarre. Elle choisit alors un liquide rougeâtre, renifla, lui trouva une odeur de grenadine et trempa le bout des lèvres. Elle ne connaissait pas, mais c'était bon.
Juste à côté d'elle, un garçon soufflait comme s'il venait de courir au travers de la forêt de jambes. Il gouta successivement trois verres de différentes teintes avant de s'emparer de celui qu'Absynthe avait dans les mains pour le finir d'une traite. Bouche bée, la petite fille resta figée sur place et se contenta de dévisager le garçon au costume légèrement froissé.
Shawn.
Il s'appelait Shawn.

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Dernière édition par Absynthe C. Stevenson le Lun 31 Oct 2016 - 22:15, édité 1 fois
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GRYFFONDOR6ème année
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SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: ça se mange ?
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MessageSujet: Re: [01/09/92] "Si ce n'est toi, c'est donc ton frère." (pv Shawn + Hiver 88) Dim 16 Oct 2016 - 22:09

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-Shawn ne tire pas sur ton nœud comme ça. Tu vas finir par le défaire ! s’impatienta la magnifique femme qui tenait ses deux fils par les mains sur le quai de la voie 9 ¾. Une asiatique d’un mètre 77 avec une superbe crinière ébène qui lui arrivait au bas des reins et qui dégageait un doux parfum de pamplemousse. Son mari, ne faisant qu’un mètre 73, utilisait souvent des talonnettes ensorcelées afin d’arriver à la taille de sa femme, de plus il lui interdisait de mettre des chaussures à talons en sa présence.

Plusieurs pères de famille tournèrent la tête pour la dévisager ou lui sourire poliment. Elle était parfaitement consciente de ses charmes et en jouait. Par exemple, en remettant délicatement ses cheveux derrière son oreille, en penchant légèrement la tête sur le côté de sorte que ses cheveux lui tombaient devant le visage ou tout simplement en faisant de grands yeux de biche. Madame Inoue était belle et tout dans sa gestuelle rappelait la délicatesse d'une fleur et la grâce d'une danseuse étoile. Ce n’était pas un hasard, si dans son passé, elle avait été mannequin et à présent, rédactrice en chef d’un magazine de mode très en vogue pour jeune femme. La carrière de cette femme n’avait été qu’une succession de réussites et bien évidemment, de dur labeur.  Elle avait souffert pour devenir cette femme enviée de tous et rien ne la ferait lâcher le fruit de son travail, son enfant.

Atrocement orgueilleuse, beaucoup de mauvaises langues l’ont soupçonnée, à l'époque, de s’être marié avec Inoue lorsque sa carrière de mannequin battait de l’aile. À en croire les on-dits, ce serait donc grâce à l’argent de son mari (et à coups de pistons) qu’elle s'est faite embaucher dans cette célèbre maison d’édition sorcière. Elle a ensuite élaboré le magazine de mode Witches sparkles, d’abord dans un petit studio de trois employés, qui a vite grandi pour devenir ce qu’il est aujourd’hui : le magazine de toutes les femmes branchées de Londres. Elle était très différente de la tante de Shawn chez qui il avait passé trois ans de sa vie. Déjà cette dernière était bien moins belle et raffinée, si on comparait les deux femmes à une fleur sa mère était certainement un lys, sa tante un pissenlit. Elle aimait la simplicité : une queue de cheval pour coiffure, des vêtements simples et amples. Shawn gardait en tête une image très précise la concernant : assise sous un arbre à lire un livre en sirotant un thé vert brûlant. Elle portait souvent en été une robe blanche fine avec des tournesols et des petites sandalettes usées. Aux yeux de l'enfant, cette cracmole avait une image plus proche de ce qui s'apparentait à une mère.

-Ptyra, fais quelque chose ! La magnifique Asiatique se redressa pour saluer une mère de famille avec sa fille, le père lui offrit un sourire béat et niais auquel elle répondit. Même pour accompagner ses fils à la gare, elle était vêtue d’une [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] la mettant en valeur. Leur mère avait beau avoir plus de 35 ans, elle paraissait toujours avoir sept ans de moins que son âge. L’elfe de maison refit correctement le [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] du jeune asiatique.

-Mais maman, ça serre ! geint-il.

Elle ignora sa remarque et se dirigea vers l’avant du train d’un pas léger, mais décidé. Les valises avec les deux cages pour la chouette et le grand-duc des jumeaux avançaient derrière eux grâce à la magie de leur elfe. C’est un grand jour pour vous aujourd’hui. Shawn, je compte sur toi pour bien te tenir. Zack, veille sur ton frère, s’il te plait.

-Oui, mère. Elle lui sourit et fixa le Poudlard express.

-C’est bientôt l’heure, prenez vos valises et allez vous installer à l’intérieur. J’ai mis vos robes de sorcier dans la poche avant de la valise avec votre baguette. Elle dévisagea Shawn avec une étrange lueur dans les yeux. Un mélange d’appréhension et d’inquiétude.

Les jumeaux obtempérèrent, mais avant de monter dans le train, la magnifique femme héla Shawn :

-Shawn, viens me voir deux secondes. Le petit garçon hésita, fixa son frère devant le marchepied et s’avança vers sa mère. Il n'aimait pas quand elle prenait ce ton, généralement c'est qu'elle allait parler de la "chose" comme elle aimait l'appeler.

-Oui ? dit-il en regardant ses pieds.

- Shawn, regarde-moi, le petit garçon releva ses prunelles fuligineuses, n’oublie pas de prendre ta potion.

-Oui mère.

- Promets-le-moi !

-Oui, je le promets. Il tendit son petit doigt, elle hésita, mais le noua avec le sien.

-Marché conclu.

-またね、母さ...maman. Il jonglait souvent entre ces deux termes « maman » ou « mère » selon le type de conversation et il mélangeait anglais et japonais. Il l’enlaça et sentit son corps se raidir dans un premier temps, puis se détendre. Elle lui caressa les cheveux en lui souhaitant un bon voyage.
Shawn hocha la tête et enlaça ensuite Ptyra qui lui rendit son étreinte la larme à l’œil : - amusez-vous bien jeune Maître et si vous avez un problème, n’hésitez pas à m’appeler !

Shawn trottinait déjà vers la porte en tirant sa valise. Lui et son frère se bousculèrent, et Shawn monta avant Zack qui grommela de rage en lui partant après. Shawn, euphorique, courut dans les couloirs renversant au passage un petit garçon à la peau caramel, typé asiatique qui tomba sur les fesses. Son chat noir aux yeux jaunes s’aplatît dans sa cage de transport en poussant un feulement de détresse. Zack s’excusa auprès du garçon timide qui les dévisagea bouche bée.
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Il partit après son frère qui s’était déjà attribué un compartiment vide.

-Zack, Zack !

-Quoi !? dit-il en refermant la porte derrière lui.

-Regarde ce que je nous ai trouvé !! Il écarta les bras debout avec ses chaussures sur les sièges, un compartiment pour nous tout seul !

- Ne mets pas tes chaussures sur le siège, tu vas le salir !

Shawn se laissa tomber sur le siège sans se départir d’un immense sourire sur ses lèvres. Il était aux anges et avait hâte de découvrir l’école dans laquelle il allait étudier pendant sept ans.

-Tu crois qu’on va être répartis dans quelle maison ?

Zack hésita :- Je sais pas, certainement pas dans la même !

-Pourquoi ?

Zack détourna la tête, mais ne daigna pas expliquer le fond de sa pensée. Shawn tira sur son nœud avec force en continuant : maman a dit qu’il y avait quatre maisons. Mhm, les serpentôt, lionceaudor, pantoufle et becdaigle.

-Mais non ! C’est les Serpentards, Gryffondors, Poufsouffles et Serdaigles !

Shawn haussa les épaules : - bof, c’est pareil.  Maman a étudié dans laquelle ? Il défit enfin son nœud papillon après avoir tiré dessus avec hargne. Il ne supportait pas tout ce qui serrait son corps. Chez son oncle, on ne l’obligeait jamais à porter des vêtements aussi inconfortables.

-Mais qu’est-ce que tu fais !!

Shawn délassait ses chaussures en s’égosillant :- libéré de l’emprise infernaaaaaale de ces vêtements démoniaaaaques !

Zack le fixait les lèvres tordues dans un rictus mauvais. Un asiatique au visage froid et fermé ouvrit le compartiment, dévisagea tour à tour Zack puis, Shawn qui beuglait les bras écartés, et il referma la porte sans plus de procès. Shawn compléta le tableau en retirant ses chaussures, heureusement qu’elles étaient neuves, le compartiment était ainsi épargné d’une odeur de fromage moisi.

-T’as pas bientôt fini ?

- J’ai fini, merci de t’inquiéter.

Zack poussa un long soupir et fixa la gare par la fenêtre. Le train s’ébranla : -Ah, le train démarre !

Shawn sauta sur ses jambes et vint coller son visage contre la vitre. Il faisait coucou aux adultes sur la plateforme. Toutefois, bien vite les visages furent remplacés par de la verdure. Shawn se rassit sur son siège en face de Zack, il commençait à s’ennuyer et ce n’était pas bon signe. Lorsque l’ennui gagnait du terrain, qui sait ce que Shawn était capable d’inventer pour se distraire. En tout cas, il n’était pas en manque d’imagination.

-Viens, on joue au janken-pon ?! Il accompagna ses propos par le geste et tendit sa main gauche.

Zack eut un moment d’hésitation, puis il offrit sa main droite. Le spectacle qu’ils offraient était une parfaite symétrie. Ils se dévisageaient en chien de faïence jusqu’à ce que Shawn s’exclame guilleret : -最初はぐう , les deux garçons tendirent en même temps leur poing fermé じゃんけんぽん !

Shawn fit le symbole des ciseaux alors que son frère avait ouvert sa main symbolisant le papier.

-Héhé, un-zéro. Ils mélangeaient le japonais et l'anglais : じゃんけんぽん !

Shawn refit le symbole du ciseau et son frère du papier. Deux-zéros, j’ai gagné cette manche !

-On refait ! Tu mets pas ta main assez rapidement, forcément que tu gagnes !

-Mauvais perdant ! レディ ? Zack hocha la tête et se pencha au plus près de son frère comme si en se concentrant à fond, il pouvait déceler une stratégie pour le vaincre.

-  最初はぐう…じゃんけんぽん

Shawn fit la pierre et Zack resta fidèle au papier. Ouaiiiis, j’ai gagné !

-Attends, c’est pas fini !! じゃんけんぽん !!!

Shawn et Zack firent tous deux la pierre. Shawn enchaîna rapidement : あいこでしょ!


Les jumeaux firent le symbole des ciseaux. あいこでしょ!

Shawn fit la pierre et Zack le papier. Yeah, égalité !!! Cette manche déterminera le grand gagnant ! Je peux pas perdre contre toi ! Si, comme d'habitude quoi !

Shawn fronça les sourcils et colla son front contre celui de son frère : -  最初はぐう…じゃんけ

Ils pivotèrent tous deux la tête vers la gamine qui venait d’ouvrir la porte de leur compartiment. Les deux jumeaux se redressèrent en même temps sans la quitter du regard. Shawn qui était en train d'arracher un des boutons, déboutonna le reste. Il lança le gilet sur le siège près de la fenêtre et se leva pour marcher en direction de la petite fille. Elle avait des cheveux blonds et un physique angélique. Elle les salua en baissant la tête sur sa jupe uniforme.

-Bonjour, salut !

Shawn se planta devant elle et la regarda de haut en bas. Ça va t’es jolie, tu peux venir dans notre compartiment, il s’écarta. Il avait l’impression de l’avoir vu quelque part, mais il était incapable de se souvenir d’où. Zack ne la quittait pas des yeux. La première rencontre avec cette demoiselle remontait à l’hiver 1988, alors que les deux jumeaux étaient âgés de sept ans.

***

- Que vos enfants sont beaux ! s’était exclamée une vieille sorcière aux cheveux grisonnants en s’accroupissant légèrement vers les deux jumeaux. Bonjour messieurs.

Monsieur et Madame Inoue la remercièrent en inclinant le buste, un sourire contenu aux lèvres. Shawn et Zack étaient vêtus de la [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], seule la couleur permettait de les différencier. En effet, le costume de Zack était de couleur bleue alors que celui de Shawn était gris.

Monsieur Inoue, sans se départir de son sourire, haussa le ton : alors, vous avez perdu votre langue !

Zack était caché derrière sa mère et Shawn se trouvait non loin de lui. Ils s’avancèrent tous deux : -Bonjour madame. Shawn la dévisageait en fronçant les sourcils.

- Je préfère ça.

La vieille dame se redressa pour s'adresser aux parents : - j’ai toujours trouvé les enfants asiatiques à croquer, mais je dois avouer que les vôtres sont absolument adorables.

Madame Inoue redressa le buste, signe qu’elle appréciait le compliment. Elle travaillait dans la mode, cela aurait été un comble si ses enfants étaient mal habillés ou atrocement laids. Elle était fière de ses deux fils et un troisième enfant était d’ailleurs en préparation. Shawn n’aimait pas vraiment cette vieille femme qui sentait le talc et le tabac froid. Sa peau fripée et ses yeux globuleux lui faisaient peur.

- J’étais l’une des jurys lors du concours de piano junior, le mois dernier, dit-elle avec une pointe de fierté. Les parents Inoue le savaient bien évidemment, c’est aussi pour cette raison qu’ils étaient allés la saluer. Le duo de vos fils était à couper le souffle, ils ont un don inné pour la musique, ça se sent et puis ils aiment ça.

Monsieur Inoue, en bon japonais, refusa le compliment : -Oh non, ils ont encore beaucoup à apprendre. Mais merci. Shawn tira la langue à la vieille femme et Zack pouffa de rire sous cape. En particulier, celui qui jouait du piano noir. C’était lequel ?

Les parents se dévisagèrent et alors qu’ils allaient ouvrir la bouche, un murmure dans l’assemblée se fit entendre et les coupa. Une famille bien particulière venait de pénétrer dans la pièce, Shawn entendit plusieurs remarques : « la famille Wang », « je n’aurais pas cru qu’ils nous fassent l’honneur de leur visite », « votre robe est magnifique Madame Wang et votre fils adorable ». Shawn se fichait pas mal de l’arrivée de la famille Wang (qui avait le mérite de détourner l'attention de la vieille peau), lui ce qui l’intéressait c’était le buffet. Il avait lâché un pan de la robe de sa mère et cherchait de quoi se nourrir. Il croisa alors le regard d’un minuscule [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], tiré entre quatre épingles. Il était accompagné d’un jeune homme d’une vingtaine d’années très beau, peut-être que c’était son grand-frère, qui tenait la main d’un enfant âgé de quatre ans tout au plus. D'une dame en robe élégante et d'un homme au regard effrayant.

Le petit garçon au regard triste le dévisagea brièvement avant de détourner la tête,  Shawn se demandait pourquoi il avait l’air si adulte et s’il voudrait bien jouer avec lui plus tard dans la soirée. Il s’ennuyait. Son père était tendu depuis l’entrée de cette famille, Shawn le sentait à sa manière de taper du pied et de se balancer d’une jambe sur l’autre tout en murmurant à l’oreille de sa femme. Le petit garçon fixa les chaussures noires lustrées de son père en souriant. Il avait volé et caché les talonnettes de surélévation avant de partir pour la soirée. Son père était entré dans une colère noire et lui avait confisqué son Poudlard express animé en répétant que "cette soirée était très importante pour lui".

Le petit garçon au visage austère se prénommait Stanley Wang et il marchait au côté de sa mère sans lui tenir la main, droit comme un « i ».  Plusieurs personnes les avaient interpellées. Madame Wang ordonna à un jeune homme d’aller chercher à boire pour elle et son fils, son mari se tenait à leur côté et discutait avec un homme âgé recroquevillé.  Une petite fille percuta sa jambe ce qui la fit sursauter. Elle lui tint la hanche, le jeune homme qui n’était pas encore parti fixait la scène sur la défensive, il semblait hésiter. Stanley se stoppa pour dévisager la petite blonde et Madame Wang l’imita.

-Fais attention à ce que…, s'exclama le jeune homme qui s’avançait, mais qui fut stoppé dans son élan par Madame Wang. Laisse, dit-elle calmement. La petite s’excusa et disparut aussitôt. Pendant ce temps, Zack dévisageait son frère qui s’éloignait : - tu vas où ?

-Prendre à manger !

-Non, reviens !

Shawn continuait d'avancer en slalomant entre les jambes sans fin des femmes et les pantalons de luxe des hommes. Attends moi, j’ai faim !

Shawn se stoppa : -Bah viens !

Zack regarda sa mère, il hésita, mais ne bougea pas : - Mandragore mouillée ! Un homme avec une énorme moustache dévisagea profondément outré le petit garçon qui lui arrivait aux genoux. Il pivota vers une dame avec une robe tellement courte que Shawn voyait sa culotte et lui marmonna "que l'éducation des enfants n'était plus ce qu'elle était".

-Reviiens Shawn ! je vais le dire à maman !

Leur mère était trop occupée à discuter avec son mari et un couple qui s’était approché pour entendre leur discussion d’enfant ou les surveiller. Visiblement, c'était le fameux couple pouvant "donner un coup de pouce à l'affaire de son père". Shawn disparut de la vue de son frère en courant vers le buffet où il dévora plusieurs mets avant de s’approcher en trottinant d’une petite blonde qui buvait. Il goûta un premier verre, c’était de l’alcool et il recracha sur la table en trouvant le goût absolument dégoûtant, le deuxième ne lui plu pas plus, le troisième non plus, il se jeta donc sur le verre de la petite fille et le vida.

-AAHHH ça rafraîchit ! Sa maman n'aurait pas été contente de l'entendre pousser un soupir aussi fort.

Il rendit le verre à la petite fille aux tresses et s’exclama : moi c’est Shawn et toi ? Il la dévisagea de haut en bas surtout sa tenue : pourquoi tu as un boursouf sur ton t-shirt !?

-Moi j’ai un vif d’or sur ma culotte, regarde ! Il tira aussi fort que lui permettait ses petits bras d’enfant et un bout de son slip marin apparût ainsi que des vifs d’or en mouvement. Il remit son pantalon en place : eh ouais, c’est mieux qu’un boursouf parce que moi, mon papa il fabrique des balais de course ! Et le tien, il fait quoi ? Moi, il a dit qu'il était là pour voir un monsieur et une dame très importante pour son affaire. Ils peuvent lui racheter des parts, tu comprends ? C'est important pour fabriquer les balais. Shawn avait pris son ton d'adulte, répétant comme un perroquet les propos de son père formulés un peu plus tôt dans la journée. Il ne comprenait pas un strict mot de ce qu'il disait.

Shawn fixa le boursouf sur son t-shirt : mais il est pas si nul ton boursouf, oh ! Il éclata de rire, il m’a tiré la langue ! Le petit garçon leva ses sourcils comme le faisait son père avant de le gronder, mais c’est mal poli. Il enfourna un micro éclair au chocolat qui électrise la langue et enchaîna : - ma maman c’est la plus belle, elle est là-bas avec mon frère jumeau. Il avait faim, mais comme il avait peur, il est pas venu. Elle est où ta maman ? Du chocolat avait coulé sur son costume faisant une tâche en forme de papillon.

-Tu as perdu ta langue ? Mon oncle y dit que on peut se faire manger la langue par un eschagot si on fait pas attention. Ça arrive souvent, il hocha la tête avec sérieux. Mais on peut la retrouver si on cherche bien sous le lit. Alors tu devrais chercher sous ton lit.

Il prit un air mystérieux et se redressa : -j’ai pas le droit de te le dire, c’est un secret, mais j’ai amené un jouet avec moi. Mon papa il voulait pas, mais je l’ai caché dans ma poche. Je peux te le montrer, c’est le jouet le plus cool de l’univers tout entier. Mais tu dois me promettre de rien dire et de pas me le voler. Il la dévisagea en écarquillant de grands yeux. Il regarda à droite puis à gauche et sortit en hâte une [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] qu’il lui tendit : Doraemon ! Tu connais ? C'est mon dessin animé préféré.

Il prit une autre sucrerie qu’il mâchouilla : - peut-être que le petit garçon voudra jouer avec nous. Tu sais, il vient de la famille Wang, on aurait pas cru qu’il viendrait.  Ça, c’est sûr. Shawn ne faisait que répéter ce qu’il avait entendu chez les adultes, il n'avait jamais entendu ce nom de famille avant ce jour.

- T’en veux ? Il n’aimait pas beaucoup la pâtisserie qu’il venait  de goûter, une sorte de flan à la citrouille. Comme elle ne répondit rien, il appuya la pâtisserie sur ses lèvres.

-Mange... tu es toute petite, parce que tu manges pas assez.

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MessageSujet: Re: [01/09/92] "Si ce n'est toi, c'est donc ton frère." (pv Shawn + Hiver 88) Mer 9 Nov 2016 - 17:40

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- Ça va t’es jolie, tu peux venir dans notre compartiment.

Les yeux verts et or fixés sur la jupe noire, Absynthe se figea. La tête blonde se baissa, non pas pour saluer les deux garçons et encore moins pour cacher un rougissement. Le teint était pâle, la moue boudeuse toujours figée à ses lèvres minces et le regard triste ne quittait pas le bas de son uniforme. Elle était, aussi incompréhensible que cela puisse paraître, blessée par les propos du garçon en chaussettes. Blessée ? Oui. Et pour une raison qui lui semblait évidente : il se moquait d'elle.
"Méfiante" était encore trop faible pour désigner la demoiselle de onze ans. On aurait pu croire que Jacynthe, en bonne psychomage, avait su rassurer l'enfant sur le monde qui l'entourait, sur les gens qu'elle côtoyait, mais la vieille femme n'avait pas vu tous les maux qui hantaient l'enfant à l'époque. Elle n'avait fait que croire que l'abandon de la petite Charlie lors de la mort de sa mère et la disparition de sa sœur avait développé un traumatisme chez l'enfant. C'était bien pire que cela puisque le comportement de Patricia avait forgé un petit animal qui avait tendance à voir le mal où il n’était pas. Si on l'invitait à un anniversaire, elle passait une journée à se tourmenter pour deviner si c'était une blague. Quand les mamans du portail lui trouvaient une "jolie frimousse malgré la maigreur", les derniers mots seulement imprégnaient son cerveau d'enfant. Quand Alice avait eu un amoureux au centre de loisir, Charlie avait pleuré très fort car, pour elle, sa grande sœur allait l'abandonner pour jouer avec le petit garçon. Alors oui, le départ de Patricia et la séparation avec Alice n'avait fait que renforcer cette attitude, tranchant avec le peu de fois où la petite blondinette pouvait se mettre à rire aux larmes et inventait des histoires où Bretzel était le héro, lorsque son grand père était toujours en vie. Ces rares moments d'innocences s'étaient d'autant plus espacés avec la dégradation de sa maman sombrant dans l'alcool, puis tout s'était brisé.

Secouant légèrement la tête pour chasser les sombres pensées, la pré-adolescente tira son bagage dans le compartiment et le poussa contre la banquette puisqu'elle était bien trop petite pour le mettre dans les filets. Un simple "merci" s'échappa, murmuré d'une voix un peu trop grave pour une aussi petite silhouette. Rouillées de ne pas être assez utilisées, les cordes vocales de la gamine étaient capricieuses et il était fréquent qu'elles se fassent muettes après une utilisation trop forcée : la première fois que Kandy, l'elfe de Mère, avait réussi à lui faire tenir une discussion tout en l'aidant à préparer un gâteau pour ses huit ans, Absynthe avait eu une extinction de voix pour l'après midi.
Le choix de la banquette où elle devait s'asseoir fut des plus expéditifs : son bagage glissa et lui frappa l'arrière des genoux, la faisant basculer coudes en avant sur le siège où gisait le gilet du jumeau le plus turbulent. La blondinette se redressa sans un mot avant d'écarter la valise à roulette et ramena ses jambes contre elle afin de masser le mollet endolori tout en faisant bien attention à ne pas relever sa jupe. Certes, elle portait des collants opaques noirs, mais le temps où la gamine se promenait cuisses nues à l'école avait bien changé. Jacynthe y avait veillé et l'arrivée de l'adolescence s'était chargé du reste, apportant complexe et pudeur à la jeune fille. Aussi, Absynthe replaça la jupe avant de laisser ses jambes pendre dans le vide, le visage toujours à demi caché par le rideau raide et blond délavé.
Se voulant discrète, la jeune sorcière coula un regard au garçon d'en face avant de baisser de nouveau les yeux pour finalement pencher le visage de façon à observer celui qui se trouvait à son côté. Ils se ressemblaient vraiment beaucoup. Du moins, en apparence, Absynthe ne voyait pas bien comment on pouvait les différencier l'un de l'autre. La moue se pinça légèrement : pourquoi les habiller pareil ? Comment leur maman arrivait à les différencier ? Une chose était sûre pour la blondinette, c'est qu'elle n'aurait pas aimé avoir une sœur jumelle. Elle n'était déjà rien, alors si en plus elle devait être rien et confondue avec une autre... Pour autant, ça aurait pu être chouette d'avoir une réplique de soi-même pour jouer. A condition, bien entendu, d'aimer les mêmes choses.

Une discussion plutôt houleuse se fit alors entendre dans le couloir. Les éclats de voix de deux filles qui se crêpaient chignon devinrent de plus en plus bruyant, puis, des bribes de leur conversation parvinrent aux oreilles des trois premières années avant de faiblir à mesure que leurs pas s'éloignaient. Les répliques cinglantes qui avaient été échangées ne laissaient aucun doute sur l'appartenance des maisons des deux "grandes" qui venaient de passer : le sous entendu sur le courage délavé des "Bouffondor" était mal passé et la contre-attaque sur le fait que toutes les vertes et argent étaient des "langues de basilic qui passaient leur temps à contempler leur reflets, à se demander comment vous ne vous statufiez pas, bande de Gorgones !" avait rapidement enclenché le rire léger de la Serpentard qui avait cru bon de préciser que les rouges et or faisaient tellement pitié que "même Serdaigle vous laisse des élèves comme Granger pour remonter le niveau des classes !"
Les yeux ronds, la blondinette s'était tordu le cou pour suivre du regard les demoiselles qui se dirigeaient vers le compartiments des préfets. Le regard interrogatif, elle tourna le visage vers les deux garçons et ouvrit légèrement la bouche avant de finalement clore ses lèvres sans avoir rien dit.

Mère lui avait bien souvent parlé des tensions entre les maisons de Poudlard, et Jonas n'avait fait que confirmer en persifflant contre les Serpentards qui ne cessaient de remporter la coupe de Quidditch. Si Jacynthe avait été envoyé à Serdaigle, tous les Stevenson avaient été des rouges et or. Enfin, tous, non. Georges Jr. avait été,  la plus grande stupéfaction de ses parents, envoyé à Serpentard. Déjà que, et ce depuis tout petit, il représentait l'original de la famille, la décision du Choixpeau n'avait fait qu'accentuer le fossé entre lui et sa famille. Encore, il aurait été Poufsouffle et, au pire des cas, un Serdaigle... Mais un vert et argent ?!
Joignant ses mains sur ses cuisses, Absynthe tordit la bouche en une grimace : si elle souhaitait faire plaisir à Mère en étant envoyé à Serdaigle ou à Serpentard -Jacynthe ne cessait de répéter que si Georges n'avait pas été un serpent, elle ne l'aurait sûrement pas épousé !-, mais la petite souhaitait si ardemment être admise comme un membre de la famille qu'elle espérait secrètement qu'on allait l'envoyer à Gryffondor. Le courage ? Elle ne manquait pas ! Du moins, c'est ce qu'elle se disait pour se convaincre, mais il suffisait que la nuit arrive pour que cette certitude s’effrite.

Une nouvelle fois, elle regarda les deux garçons et inspira doucement, cherchant à formuler une phrase qui ne la ferait pas paraitre trop stupide :

- Vous co- hum- connaissez le nom des maisons ? Elle porta une main à sa gorge avant de toussoter pour dérouiller sa voix, puis replaça une mèche blonde derrière son oreille en baisant une nouvelle fois le nez. Tout à l'heure j'étais dans un autre compartiment... ils en parlaient. Vos parents, ils étaient dans quelles maisons ? Puis en fixant les chaussures abandonnées sur le sol du train : Dis, tu vas pas enlever tes autres vêtements...?
N'est-ce pas, Shawn ? Que tu n'allais pas enlever tes autres vêtements ? Parce que montrer sa culotte il y avait de cela quatre ans étaient une chose, mais à onze ans, c'en était une autre...

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Coucou - Caché ! Coucou - Caché !

La petite à tresses avait difficilement quitté la présence rassurante de Jacynthe pour s'aventurer seule à la recherche d'une boisson. Déjà, avec Patricia et Alice, la petite Charlie se montrait débrouillarde quoique réservée et collante avec les personne qu'elle connaissait. C'était bien simple, où elle restait dans les bras de son grand-père, où elle s'accrochait aux jambes de sa maman, ou on la voyait camouflée derrière la silhouette de sa sœur aînée. Elle réclamait beaucoup d'attention, mais pas en se faisant remarquer, non, en venant se coller comme une moule à son rocher à la personne souhaitée. Un repère, en quelque sorte, une tendre protection pour la rassurer.
La boule au ventre, la petite s’avançait en regardant le décor où elle se sentait de trop. On aurait dit un bal de princesse, mais elle n'était pas habillée en princesse, elle. Se faisant plus petite qu'elle ne l'était déjà, l'enfant, bouche entre-ouverte par l'émerveillement, passa devant le petit garçon au regard morne avant de sortir brutalement de sa rêverie lorsque son visage rencontra le tissu d'un vêtement. Se reculant légèrement, la petite leva les yeux tout en  s'appuyant sur la hanche de la dame. Et puis elle resta là à la dévisager quelques secondes sans s'imaginer un seul instant que les paroles d'un jeune homme derrière elle lui étaient destinées. Après tout, elle ne faisait rien de dangereux, du moins elle n'en avait pas l'impression. Un lourd sentiment de tristesse lui emplit le cœur lorsqu'elle inspira le parfum de la dame avant de partir en bredouillant des excuses bancales. Mère lui aurait certainement dit que ce n'était pas bien de penser comme elle le faisait à cet instant, mais la petite fille avait eu, juste avant de partir, la simple envie de rester la joue contre le tissu. Et puis fermer les yeux. Et puis dormir. Et puis mourir.

Selon la petite Charlie, la mort venait la chercher toute les nuits. C'est pour ça qu'elle dormait et faisait de mauvais rêves. Jacynthe disait que ce n'était pas vrai puisqu'elle se réveillait tous les matins, mais la gamine en était certaine : la nuit elle mourait et seul son pendentif en lune chassait la mort au levé du jour. C'était sûr, parce que, comme elle l'affirmait à Kandy, le collier d'Alice la protégeait. A défaut d'Alice elle-même...
Se frayant un passage jusqu'à une table couverte de boisson, elle se décida pour un verre qui sentait un peu comme la grenadine et y trempa le bout des lèvres. C'était une chose que Mère avait noté chez la petite : elle n'était pas gourmande. Avec un appétit de vivet ( ), la gamine ne faisait pas de caprice lorsqu'il fallait goûter à tout, mais elle mangeait peu et avait du mal avec les aliments trop sucrés. L'enfant ne réclamait pas de bonbon, ne semblait pas aimer le chocolat plus que de raison et regardait souvent les plats qu'on lui servait avec de grands yeux, comme si elle se demandait ce que ça pouvait bien être. Jacynthe avait découvert les œufs pochés à la façon Absynthe : servit sur une tranche de pain préalablement revenu au beurre, une valeur sûre que servait Kandy à la blondinette lorsqu'elle était souffrante ou se dégoûtait de repas trop riches. De même, Madame Stevenson s'était étonné de voir une enfant manger aussi facilement des potages, des fruits et des légumes. Un pêché mignon ? Des tranches de pommes caramélisées de miel.

Curieuse, la petite Charlie tourna la tête vers ce qui semblait être des plateaux de pâtisserie. Elle ne savait pas si elle avait le droit d'en prendre, mais de toute façon sa question tourna court : un garçon qui -physiquement- semblait plus âgé qu'elle venait de cracher sur la belle nappe blanche. Bouche en o, la demoiselle le regarda se munir d'une seconde boisson pour finalement reposer le verre parmi les autres. Le Boursouf, sous sa veste, émit un petit chant d'excitation. Le spectacle ne s'arrêta pas là et, après que le garçon ait déposé un autre gobelet dans lequel il venait de boire, il se tourna pour faire face à a gamine qui se statufia. Rapide comme l'éclair, le petit garçon en costume gris lui vola son jus pour le vider devant une Absynthe figée qui ne se remettait pas de la scène qui venait de se passer. Baissant le nez pour vérifier le contenu du verre qu'il venait de lui rendre en main -il était bien vide, pour sûr !-, l'enfant referma la bouche et, sans pour autant relever le menton, leva les yeux sur l'étrange spécimen qui, tout sourire, lui donna son prénom avant de quémander le sien.

Shawn. Muette, elle se dandina sur place, ne sachant que faire.
Charlie se demanda alors si Mère aurait approuvé la conduite du garçon. Elle la chercha des yeux, mais elle était loin. Tant mieux, elle ne voulait pas que les adultes les remarques ! Elle aimait bien la dame docteur pour sa tête qui lui avait donné une maison, mais parfois Jacynthe était très gênante. Et puis, quand elle la grondait, elle ne criait pas comme Patricia, mais elle disait des mots qui faisaient beaucoup de peine à la blondinette.
La remarque sur le Boursouf de sa tunique fut le début d'une courte fin : très vite, les yeux de la gamine se noyèrent de larmes qu'elle contrôla assez pour qu'elle ne coule pas. Mère n'aimait pas les pleure, et puis elle était une grande fille maintenant, elle ne devait pas pleurer devant les gens. Cependant, Absynthe avait bien remarqué que sa tenue n'était pas comme celle des autres enfants, tous habillés comme des grands. Shawn était habillé comme un grand, lui, alors il se moquait de sa tunique préférée. Comme les enfants de l'école où mère l'avait inscrite qui lui rappelait qu'elle n'avait plus sa maman et pas de papa. Qu'ils avaient préféré la laisser toute seule parce que, de toute façon, elle était moche et bête et pleurait tout le temps.
Ce qu'Absynthe ignorait encore, c'était que le petit garçon qui lui faisait face était un ascenseur émotionnel : sa peine, comme dit plus haut, fut de courte durée puisque l'aveu qui suivit arracha un sourire un peu cassé à la gamine. Le rire silencieux fit tressauter ses épaules mais la bouche n'émit pas un son alors que Shawn tirait sur l'élastique du slip afin de prouver qu'il y avait bien des vifs sur son sous vêtement. Les yeux plissés par le rire bloqué dans la gorge laissèrent couler deux grosses gouttes salées qu'elle s'empressa de sécher d'un revers de manche.

- Eh ouais, c’est mieux qu’un boursouf parce que moi, mon papa il fabrique des balais de course ! Et le tien, il fait quoi ?

Boum, badaboum !
Les épaules de la blondinettes s'affaissèrent encore une fois. Elle aurait pourtant dû être habituée avec le temps, même les maîtresses lui posaient cette question. Il fait quoi ton papa ? T'en as pas ? Il est où ? Il voulait pas de toi ? Non, il n'avait pas voulu d'elle. Mais personne ne voulait d'une [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] que Charlie. C'était une dame de famille d'accueil qui lui avait dit...
Sans piper mots, la blondinette enlaça son ventre de ses bras fins et écouta le petit garçon sans pour autant comprendre ce qu'il disait. Acheter des parts de balai ? Il voulait le découper comme une tarte ? En plus d'être habillé comme un grand, il parlait comme un adulte. Absynthe se sentit d'autant plus petite et stupide et, alors qu'elle se forçait à décoller ses mains de son bidou, elle ne put empêcher ses doigts blancs de se joindre dans son dos. Dévisageant Shawn, elle plissa les paupières comme elle l'avait fait un peu plus tôt devant Madame Wang : c'était la première fois qu'elle voyait des asiatiques et si au début elle avait cru que la dame était maquillée de sorte à faire des petit yeux en fente comme si elle était fatiguée, elle doutait fortement que le garçon ait fait de même. Une discussion entre Mère et Monsieur Graham Stevenson lui revint en mémoire : lors d'un repas de famille, la vieille femme avait laissé entendre qu'il y avait de plus en plus de "bridés" à Londres. La petite ne comprenant pas le mot, Jonas avait tiré sur ses paupières en disant que c'était des "étrangers" qui venaient de "loin". (sos racisme, j'écoute ? )
Est-ce que Shawn venait de loin ? Curieuse, elle pencha la tête vers l'avant en approchant un petit peu son visage de celui de son camarade. C'était pas moche en tout cas, et puis ça devait être rigolo.

- Mais il est pas si nul ton boursouf. La petite Charlie baissa les yeux sur son tee-shirt et tira sur le pan pour le rendre d'autant plus visible, un sentiment de fierté grandissant dans son cœur d'enfant. Flatté par le compliment, ledit Boursouf chantonna en tirant la langue à Shawn qui éclata de rire. Lentement, la moue boudeuse de la blondinette s'étira en un petit sourire timide. Elle alla même jusqu'à pouffer, main devant la bouche, lorsque le petit garçon lui fit une imitation de son papa, grondant la bouille de la créature sur son vêtement qu'elle s'empressa de remettre maladroitement dans la jupe bleu marine.
Tandis que la main de Shawn cherchait parmi les pâtisseries, celle d'Absynthe reposait le verre à présent vide. Après avoir retrouvé le même jus -et tout en le serrant à deux mains de peur que le garçon le lui reprenne-, elle se tourna à nouveau vers lui pour suivre la direction qu'il indiquait.
- Ma maman c’est la plus belle, elle est là-bas avec mon frère jumeau. Il avait faim, mais comme il avait peur, il est pas venu.
La blonde détacha son regard vert et or de la famille Wang pour trouver la famille Inoue. Si les deux adultes ne faisaient pas attention à la minuscule scène qui se jouait à côté des boissons, un autre garçon, copie identique de Shawn, les fixait tout en se tenant à la jambe d'une très jolie dame. Elle hésitait à faire coucou au frère de son nouveau camarade, mais ce qui suivit lui fit oublier le regard insistant du garçon en costume bleu.

- Elle est où ta maman ?

Elle est où ma maman ? Elle va revenir ? Elle est partie pour toute la vie ?
La mâchoire tremblotante, Charlie se tourna vers l'endroit où devait se trouver Mère, mais cette dernière avait disparue et Grâce, son mari et son fils discutaient avec des gens qu'Absynthe ne connaissait pas.
Ma maman, elle est un ange du ciel. C'est ce qu'elle aurait voulu avoir la force de répondre, mais comme d'habitude, la gamine semblait perdre toute contenance lorsqu'on lui rappelait sa famille en miette et la mort de Patricia. Elle resta là sans rien dire sous le regard du petit Shawn, tordant ses doigts dans son dos, le regard concentré sur la tache qu'il venait de se faire.

- Tu as perdu ta langue ? Mon oncle y dit que on peut se faire manger la langue par un eschagot si on fait pas attention. Ça arrive souvent. Mais on peut la retrouver si on cherche bien sous le lit. Alors tu devrais chercher sous ton lit.
La réaction ne se fit pas attendre : yeux ronds comme des soucoupes, la petite releva le nez en trompette pour que ses prunelles plongent dans celle du garçon et, tout à coup, elle ouvrit grand la bouche en tirant la langue, comme chez le médecin quand elle était malade. Sa langue était bien là, mais ce que venait de lui révéler l'enfant fit naître en elle une profonde angoisse : il n'y avait pas que des monstres sous le lit ? Il y avait aussi des langues ?

- C'est quoi un eschagot ? C'est comme un escargot qui bave avec sa maison sur le dos ?

Surprise par le son de sa propre voix, la blondinette baissa subitement la tête. Elle se sentait bête de ne pas savoir, il allait se moquer. Après une hésitation durant laquelle elle se balança d'avant en arrière, pointe-talon-pointe-talon, elle inclina le visage vers la gauche.

- Charlie.

Parce que ça faisait mal de donner le nom qu'elle avait porté avec maman, papy et Lili, mais qu'il allait se moquer d'elle s'il entendait l'autre. Soudain, l'expression de Shawn se fit intrigante et la petite se rapprocha pour mieux l'entendre :

- J’ai pas le droit de te le dire, c’est un secret, mais j’ai amené un jouet avec moi.  Mon papa il voulait pas, mais je l’ai caché dans ma poche. Bouche en O, le visage d'Absynthe fit la navette entre le monsieur à côté de la jolie dame et la poche déformée par une poche. Je peux te le montrer, c’est le jouet le plus cool de l’univers tout entier. Mais tu dois me promettre de rien dire et de pas me le voler. La bouille de la fée se secoua frénétiquement de bas en haut avant de faire de même de gauche à droite : elle, une voleuse ? Oh non !
- Promis juré ! chuchota-t-elle alors que Shawn vérifiait que personne ne les espionnait.
- Doraemon ! Tu connais ? C'est mon dessin animé préféré.
- Dodradé...mon? Déoramon ? bafouilla la blondinette en fixant la figurine que le garçon lui tendait. La recueillant dans ses paumes ouvertes, l'enfant cligna des paupières en passant son pouce sur le large sourire de la créature blanche et bleue. Je ne sais pas c'est quoi... confia-t-elle maladroitement en baissant la tête, honteuse. Quand j'étais petite, on regardait Maya l'abeille à la télé, c'est peut-être pareil. Un tout petit peu pareil ? et, entre son pouce et son index, la petite illustra ce petit peu. Les lèvres pincées, elle gratta le bout de son nez avant d'agiter ses bras comme les ailes de la petite abeille du générique : And when I ask who she was, she told me [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] ! chanta-t-elle à mi-voix avant de brusquement s'arrêter pour regarder les adultes qui se tenaient juste à côté d'eux et les dévisageaient avec des sourcils hauts dans le ciel. Réflexe qui lui était propre, la blondinette fit trois pas pour aller se cacher derrière Shawn. Les adultes se désintéressèrent des deux enfants et le garçon en profita pour piocher dans le plateau à côté de lui sous l'oeil perplexe de la fillette.

- Peut-être que le petit garçon voudra jouer avec nous. Tu sais, il vient de la famille Wang, on aurait pas cru qu’il viendrait.  Ça, c’est sûr.
- Ah ? C'est quoi du Wang ? doigts froissant la jupe, Absynthe coula un regard soucieux vers Stanley, toujours aussi droit dans son costume, au côté de sa mère. L'autre petit garçon dodelinait légèrement de la tête en fixant le sol. Bien plus loin, un petit garçon blond de leur âge tenait la main d'une jeune fille, réplique parfaite d'une femme un peu plus âgée et qui retouchait la cravate d'un homme à son bras.
- Vous êtes que des garçons, c'est pas du juste ça... couina piteusement Charlie en s'imaginant bien qu'ils auraient les même jeux de bagarre qu'à l'école, ou alors lorsqu'il fallait courir très vite pour éviter de se faire toucher par le loup. Il est pas très beau le monsieur, il fait peur. marmonna la blonde pour elle même au moment même où Shawn lui demandait si elle voulait de la pâtisserie qu'il avait à moitié enfournée dans sa bouche. Avec une moue boudeuse, elle fixa le gâteau recouvert d'une genre de gélatine orange qui ne lui disait rien qui vaille, mais avant qu'elle ait pu refuser, le petit garçon appuya la friandise contre la bouche, l'obligea à manger dès lors qu'elle ouvrait la bouche.

- Mange... tu es toute petite, parce que tu manges pas assez.
- Mmmmh, mmh ! refusa la fillette en secouant la tête, ses nattes volant dans son dos. Je ne suis pas la poubelle de toi !

Mais trop tard. Poubelle ou pas, un goût étrange semblable à l'un des jus qu'elle avait goûté chez les Stevenson se rependit sur son palais. Plusieurs année plus tard, elle se serait sûrement demandé si son camarade n'avait pas mis trop de bave sur le gâteau, mais à huit ans ça n'était pas encore très important. Grimaçant, elle supplia SHawn du regard en essayant d'articuler :

- Ah ooon... Clache, clache... Et elle finit par prendre une petite serviette en papier blanc pour recracher le flan à la citrouille pré-mâcher dedans. Ensuite, elle but d'une traite tout son verre de jus et  ouvrit grand la bouche pour tirer la langue, à l'image du boursouf sur son haut qui fit de même. Han a pu ? demanda-t-elle en l'incitant à vérifier la couleur de sa langue. Une fois rassurée, elle rendit Doraemon à son propriétaire en l'intimant de bien le surveiller car il cherchait à l'empoisonner. Tout en essuyant sa bouche, Absynthe remarqua que le frère de son camarade les fixait sans pour autant bouger. Elle tapota donc l'épaule de Shawn du doigt avant de lui désigner le garçon au costume gris.

- Qu'est ce que vous faites les enfants ? Un inconnu dévisageait les deux petits, sourcils froncés en constatant les dégâts. Puis-je savoir où sont vos familles ?
Nul doute que l'adulte voulait leur passer un savon. Allez savoir ce qu'il se passa à ce moment précis dans la tête de la petite Charlie, mais les mots de Shawn lui revinrent en mémoire et elle de désigna de ses deux mains. Tout sortit sans dessus dessous, mais la plus grande stupeur resta pour la grande personne :
- C'est Daemon de la famille Wang. On aurait pas cru vous voir, vous, c'est sûr !
Le visage perdit de ses couleurs et l'inconnu s'excusa en s'inclinant face à Shawn qu'il appela "Monsieur". Ensuite, il leur tandis un jus chacun et les pria de s'éloigner du buffet. Perdue, Absynthe suivit son camarade avant de s'inquiéter brusquement.
- Pourquoi est-ce qu'il t'appelle "Monsieur" ? C'est toi le chef d'ici ? Tu es un prince et c'est ta maison ? La confusion de l'adulte entre deux enfants (japonais, chinois, coréen...ça s'vaut tout ça ! ...sos racisme, j'écoute ?) la perturbait un peu. Kandy l'appelait bien Mademoiselle, mais c'était un elfe de maison et Mère disait que c'était normal. Avisant de nouveau le vrai héritier Wang, Absynthe se hissa sur la pointe des pieds pour chuchoter à son camarade de jeu : Tu as encore envie de jouer avec lui ? Il n'a pas l'air d'une commode... Il fait des gros yeux en nous regardant, j'ai peur !


HJ : T'ES PAS LE CHEF DE MOI ! Mais tu peux me dire tout de même si ça te coince    Je changerais !

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MessageSujet: Re: [01/09/92] "Si ce n'est toi, c'est donc ton frère." (pv Shawn + Hiver 88) Ven 18 Nov 2016 - 19:05

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Une petite fille aux yeux verts venait de pénétrer dans leur compartiment et s’était figée sur le pas de la porte, interrompant les deux garçons dans leur jeu. Shawn l’avait autorisée à rentrer et à s’installer, mais elle n’avait pas bougé, les yeux rivés sur ses ipieds. Elle était vraiment étrange. Sans un mot, elle contourna Shawn collé contre son épaule et poussa sa valise avec difficulté. Il distingua un faible « merci », mais n’était pas certain d’avoir bien entendu. Le petit garçon s’écarta et la regarda tirer son énorme bagage : tu veux… elle se prit les jambes dans son bagage et tomba sur le siège…de l’aide ? Zack la dévisageait également alors qu’elle s’installait sur le siège trop large pour elle. Elle semblait très timide, Shawn ne comprenait pas comment on pouvait se contenir sans parler. C'était de l'ordre du surhumain pour lui.

Il se laissa tomber sur le siège à côté d’elle et la regarda masser son mollet. Alors qu’il allait ouvrir la bouche (Shawn a toujours quelque chose à dire et une opinion sur tout), des voix se firent entendre qui se rapprochaient et semblaient en plein débat. Deux demoiselles étaient prises dans une discussion houleuse au sujet des maisons. Shawn qui ne connaissait pas grand-chose concernant les maisons de Poudlard ne comprenait pas vraiment l’utilité du débat lancé. Il se leva et claqua la porte du compartiment en grognant : - olala qu’elles sont chiantes ces dindes ! Il se réinstalla à côté de la petite fille qui ne disait toujours pas un mot. Alors qu'il la détaillait des pieds à la tête, il se surprit à penser que parfois, il vaut mieux une fille silencieuse que toujours la bouche ouverte.

-Moi c’est Shawn et lui, il indiqua son jumeau d’un signe de la main, c’est mon frère Zack. Cette petite lui disait vaguement quelque chose, mais il s’en était passé des choses depuis leur dernière rencontre. Des tonnes de choses, notamment sa « maladie » et son existence au Japon. Et puis Shawn avait une mémoire de poisson rouge en ce qui concerne les prénoms et le visage des gens. Enchanté.

- Vous co- hum- connaissez le nom des maisons ?

-Ouais, s’écria Shawn en bombant le torse et en coupant la parole à son frère. Tout à l'heure j'étais dans un autre compartiment... ils en parlaient. Vos parents, ils étaient dans quelles maisons ?

-Oh, euh, Shawn pivota vers son frère : maman et papa étaient dans quelle maison ?

Zack se réinstalla sur le siège et prit sa voix de « monsieur-je-sais-tout » comme aimait l’appeler Shawn : - Maman était à Poufsouffle et papa, il n’était pas à Poudlard, mais dans une autre école de magie au Japon : Mahoutokoro. C’était pas le même système de répartition.

-Et toi ? Tu crois  que tu vas aller dans quelle maison ?! Moi je sais pas… Je m’en fiche un peu, mais les lions c'est classe !

-Dis, tu vas pas enlever tes autres vêtements...?

Shawn la dévisagea en écarquillant les yeux, la question l’avait pris au dépourvu : - Non, ça va. Pourquoi ? Tu veux que j’enlève mes autres vêtements ? Il lui donna un coup de coude en ricanant.

-Tu l’embêtes juste avec l’odeur de tes pieds puants !

Shawn se mit debout sur le siège et posa ses mains sur ses hanches : - HO, j’ai pas les pieds puants ! Il leva son pied à hauteur du nez de Zack qui le repoussa en criant, Shawn le dirigea alors vers Absynthe : hein que je pue pas, c’est des chaussures et chaussettes neuves !

Il se laissa retomber de tout son poids sur le siège faisant grincer les vieux montants.

-Si tu pues parce que t’as pas voulu prendre ta douche avec moi comme maman te l’a demandé parce que tu sentais le troll des cavernes !

-Tu mens, je l’ai prise ! C’est toi le troll des cavernes !

- T’as couru tout nu dans le manoir en poussant des cris ! Zack l’imita de façon grotesque. Heureusement que Ptyra t’a intercepté !

-Ouais et toi, t’as menti à maman en disant que c’est moi qui ai renversé l’eau du bain sur le carrelage  et qui ai mis du gel moussant de partout !

- C’est toi qui as commencé à faire le Léviathan dévoreur d’orteils et de zizi dans la baignoire !

- Et c’est toi qui as vidé le bain moussant et qui as fait le tsunami avec tes pieds !

Les deux frères étaient debout nez à nez, poings levés et se laissèrent retombés en s’écriant : -T’es qu’un gros nul !

Une minute de silence et de tranquillité pour Absynthe, une minute pas plus. Shawn se jeta sur sa valise et ouvrit la poche frontale pour en sortir sa baguette couleur ivoire qu’il tendit à la gamine : - ventricule de cœur de dragon, tremble… Ollivander lui-même a dit que le tremble c’est du bois de révolutionnaire pour les meilleurs duellistes ! Elle est belle hein ! Puis, je suis gauchiste.

-Gaucher, abruti ! pouffa son frère.

Shawn se jeta sur lui avec rage.

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Une soirée mondaine comme il en avait connu tant d’autres. C’était toujours d’un profond ennui pour les enfants, mais au moins il y avait plein de trucs à grignoter au buffet. Shawn lorgnait les petits en-cas depuis trop longtemps, et maintenant que la vieille sorcière avait détourné son attention et que ses parents étaient en pleine discussion, il était temps pour lui d’aller voir ce que le buffet avait dans le ventre. Goûtant de tout et recrachant ce qui ne lui plaisait pas, il rencontra une petite fille près de la table, elle aussi toute seule. Ni une ni deux, il fit connaissance en l’assommant avec ses discussions aussi denses qu’intéressantes.  Il se présenta après s’être hydraté en buvant l’intégralité du verre de la petite. Parler, ça donne soif, c’est bien connu.

Alors qu’il avait fait une réflexion sur son t-shirt, la gamine semblait sur le point de pleurer, mais Shawn était trop occupé à s’écouter parler pour le remarquer vraiment. Et puis, il ne comprenait pas vraiment pourquoi ses yeux s’embuaient de larmes, il n‘avait rien dit de méchant, pour une fois. Ce que les filles pouvaient être chiantes, toujours à pleurer, toujours à devoir être protégée. Comme quand ils jouaient avec Gayna, elle voulait toujours être la princesse à secourir et pleurait si les garçons ne lui obéissaient pas. D’ailleurs, Gayna devait certainement être présente à cette soirée, mais Shawn était à des lieux de chercher une tignasse flamme dans la foule de jambes. Il lui montra un bout de son slip pour prouver qu’il ne mentait pas et qu’il y avait bien des vifs qui se baladaient en toute liberté. Cette vision sembla la calmer, mais pour combien de temps ? Shawn était lancé et rien ne pouvait l’arrêter, bien qu’elle n’avait pas répondu à sa question sur son père, il enchaîna en lui expliquant que son père détenait des parts de balais.

La petite se mit à se balancer d’avant en arrière en plissant les yeux, Shawn se stoppa dans sa tirade : - Quoi ? Tu as mal aux yeux ? Il n’avait absolument pas fait le rapprochement avec la forme des siens relativement voire très bridés. Elle semblait muette, ça arrivait ou alors elle était très timide comme une de ses cousines du côté de sa mère. Le boursouf sur le t-shirt de la muette se mit en mouvement en lui tirant la langue ce qui amusa beaucoup le petit garçon qui fit de même. Il était enfin arrivé à lui décrocher un sourire c’était pas trop tôt, une bataille de gagnée. Peut-être qu’en plus d’être muette, elle était sourde ? Ragaillardi de ce sourire, il se mit à imiter son père en grondant le boursouf comme il l’avait fait avec son fils avant de partir pour la soirée.

Parler lui avait ouvert l’appétit, se saisissant d’un amuse-gueule il l’avala et continua sur sa lancée en parlant de sa mère et de son jumeau. Il lui demanda alors où était sa mère, mais n’obtint toujours pas de réponse. N’en pouvant plus de faire face au vent de Sibérie, il lui demanda si elle avait perdu sa langue et lui expliqua comment la retrouver. Elle lui tira la langue pour lui prouver qu’elle avait toujours sa langue.


- C'est quoi un eschagot ? Tu connais pas c’est quoi un eschagot ?? C'est comme un escargot qui bave avec sa maison sur le dos ?


-Un eschagot, c’est un escargot avec une tête de chat qui mange les langues pour pouvoir parler, je crois. Y en a beaucoup là où habite mon tonton,  ils se cachent dans la poussière donc sous les meubles ou sous les lits, si t’as pas un futon. Ils sont très peureux et si on les attrape, ils rentrent dans leur coquille. Mais pour les faire sortir faut mettre du miel, ils adorent ça.

- Charlie.

-Charlie ? Le petit garçon regarda à droite et à gauche. C’est qui ça Charlie ?, il la dévisagea de haut en bas et ouvrit la bouche en « o ». C’est ton prénom Charlie ? C’est pas un nom de garçon ?

Il se gratta la hanche et ses doigts rencontrèrent à ce moment le plastique de son jouet amené en cachette. Il fit alors promettre à la petite de ne pas lui voler et de garder ça secret. Elle hocha la tête et s’exclama :

- Promis juré !


Ce fut suffisant aux yeux de Shawn qui sortit triomphalement son chat bleu : Doraemon.

- Dodradé...mon? Déoramon ?

-Non répète après moi ! Il s’éclaircit la gorge et articula : DO-RA-É-MON, Doraemon.

-Je ne sais pas c'est quoi... C’est un chat magique qui vient du futur !  Quand j'étais petite, on regardait Maya l'abeille à la télé, c'est peut-être pareil. Un tout petit peu pareil ?  Elle imita les ailes d’une abeille et se mit alors à chanter ce qui devait être le générique :

-And when I ask who she was, she told me Mayaaaaa ! Elle se tut brusquement et Shawn suivit la direction de ses yeux pour rencontrer le regard dur de deux adultes. Il soutint leur regard en les défiant, alors qu’elle se cachait derrière lui. Petit, il avait déjà cette effronterie et ce goût pour la provocation envers l’autorité qui gêneraient tant ses parents lorsqu’il prendrait de l’âge. L'enfant se désintéressa bien vite des deux adultes et il pivota vers la petite : -Maya l’abeille ? Non ça me dit rien. Il se resservit une pâtisserie avant de reprendre. Mais mon papa veut pas que je regarde la télévision moldue, je peux la regarder que chez mon tonton. Doraemon c’est ça la chanson : こんなこといいな Shawn se mit à danser en se balançant d’un pied sur l’autre.

出来たらいいな
あんな夢
こんな夢
いっぱいあるけど
皆、皆、皆、叶えてくれる不思議なポッケで叶えてくれる
空を自由に飛びたいな
「ハイ、タケコプター」
Il changea de voix pour imiter celle de Doraemon et avec son doigt, il mima l’hélice d’un hélicoptère.

あん、あん、あん とっても大好きドラえもん Il fit un cœur avec ses deux mains jointes.

Sa chanson finie, il éclata de rire et applaudit. Bravooooo ! C'est amusant. Tu connais une autre chanson ?

Shawn aimait beaucoup chanter et la musique en général, comme son oncle. Plus tard, il voudrait être chanteur et apprendre à jouer de la guitare comme lui. Parce que la musique peut rendre les hommes libres. Alors qu’il frappait de toutes ses forces dans ses mains, il croisa le regard de Stanley qui les dévisageait et il fit part de sa pensée à Absynthe. Après tout, peut-être que le petit garçon tout coincé dans son costume voudrait jouer avec eux. Leurs rires et chansons avaient attiré son attention en tout cas.

- Ah ? C'est quoi du Wang ?

- C’est le nom de famille du petit garçon là-bas qui sourit pas. Sinon, on peut demander à lui, il pointa du doigt un garçon blond, s’il veut jouer avec nous.


- Vous êtes que des garçons, c'est pas du juste ça...

Il la dévisagea de haut en bas : - Bah elles sont où tes copines filles ? Puis c’est chiant les filles, ça pleure et ça tire les cheveux.

-Il est pas très beau le monsieur, il fait peur.

Shawn venait de mordre dans une pâtisserie qu’il trouvait atrocement mauvaise et ne comprit pas de qui elle parlait : - Quel monsieur ? dit-il les doigts gluants regardant à droite et à gauche pour se débarrasser de ce bout de sucre. Il vit alors la bouche d’Absynthe et jugea que ce serait un garage parfait pour son gâteau mordillé.

Elle serrait les dents et les lèvres, mais Shawn profita de sa prise de parole pour lui enfourner l’amuse-gueule dans la bouche. Je ne suis pas la poubelle de toi !

- C’est pas bon, conclut-il comme si cette affirmation pouvait expliquer et excuser son comportement. Il essuya ses doigts collants sur la nappe blanche puis sur son vêtement déjà taché.

Elle recracha l’indésirable sur une serviette blanche et but d’une traite son jus pour faire passer le goût infâme du gâteau. Shawn la regardait en ricanant et il continua même lorsqu’elle ouvrit la bouche en tirant la langue, imitée par le boursouf. T’as vu c’est goût crotte, héhé.

-Han a pu ?

Pris entre deux fous rire, il hocha la tête : - Oui, mais ta langue est orange ! Il récupéra Doraemon et le replaça dans sa poche.

Au moment où elle tapota son épaule, une voix d’adulte les fit pivoter en même temps. Était-ce encore les deux adultes pas rigolos de tout à l'heure. L’origine de la voix se trouvait quelques mètres au-dessus de leur tête et elle ne semblait pas contente :

- Qu'est ce que vous faites les enfants ?  Je mange, s’exclama Shawn sans une once d’hésitation. Puis-je savoir où sont vos familles ?

- C'est Daemon de la famille Wang. On aurait pas cru vous voir, vous, c'est sûr !

L’adulte perdit contenance sans que Shawn comprenne les raisons du revirement de situation. Il alla même jusqu’à s’excuser en l’appelant « monsieur ». Shawn le regarda s’éloigner en hochant la tête de gauche à droite : -c’est quoi son problème à lui ?!


- Pourquoi est-ce qu'il t'appelle "Monsieur" ? C'est toi le chef d'ici ? Tu es un prince et c'est ta maison ?

- Oui, c’est moi le chef de toi donc tu dois m’écouter !

Elle chuchota à son oreille : Tu as encore envie de jouer avec lui ? Il n'a pas l'air d'une commode... Il fait des gros yeux en nous regardant, j'ai peur !

Shawn fixa Stanley qui les regardait le visage impassible, il lui fit des grands signes des bras, mais le petit garçon détourna la tête avec panache. Shawn fixa le buffet et les bouteilles s’activant pour remplir les verres vides. Un éclair de pitié et de tristesse envers cet enfant traversa son esprit. Il semblait si triste, si malheureux, prisonnier de son propre corps. Il était content de ne pas être ce petit garçon. Cette idée traversa son esprit et en fut tout aussi rapidement chassée.

- je crois que ça ne l’intéresse pas. Et si disait qu'on est des créatures magiques ? Tu veux être quoi ? Moi,  je suis un dragon. Il accompagna ses propos en montrant ses dents et en dressant ses doigts devant son visage comme des griffes aiguisées.

-Je vais te manger, il se jeta sur elle et lui fit des guilis en poussant des grognements censés imiter ceux des dragons. Tremblez misérables humains !

Il stoppa les guilis quand il vit son frère avancer vers la table pointant du doigt Shawn à son père. Il passa sous la table en s’écriant : suis-moi avant que le monstre nous attrape !, et se mit à trottiner sous la table en agrippant le poignet minuscule de la petite, il s’arrêta après quelques mètres, car des chaussures noires bien lustrées dépassées de sous la nappe : - Ils sont arrivés ? J’ai hâte de voir ce que ça va donner ! Un magnifique combat en perspective… Il lâcha le poignet d’Absynthe,... Ma femme, oui elle se trouve auprès de mon fils là-bas. Yong shik ?!

- Oui, monsieur, répondit une voix douce, presque caressante.

- Va les chercher !

Shawn continua sa course, il traversa l’espace vide entre deux tables et se mit à découvert. Sans regarder en arrière, il replongea sous la seconde table. Les deux enfants se rapprochaient de la porte de la salle de réception non loin de l’orchestre qui jouait un air monotone à faire dormir n'importe quel être vivant.

Il ne stoppa sa course qu’une fois à l’extérieur de la salle de réception : je crois qu’on a échappé au monstre, dit-il le souffle coupé. Le bruit des discussions était étouffé, comme si elles étaient passées dans un filtre. Shawn hésita en regardant dans plusieurs directions, puis il s’avança vers la première porte et la poussa : - viens voir c’est une bibiothèque ! Il pénétra à l’intérieur et se stoppa net : - Dis, il se retourna vers elle, tu sais comment on fait les bébés, toi ?

Cette question semblait sortir de nulle part, mais en réalité elle faisait écho à sa propre interrogation quelques heures plus tôt alors que sa mère cherchait un livre dans leur bibliothèque. Sa réponse ne lui avait pas paru satisfaisante, aussi il se demandait si sa nouvelle copine en savait plus sur le sujet.

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MessageSujet: Re: [01/09/92] "Si ce n'est toi, c'est donc ton frère." (pv Shawn + Hiver 88) Dim 18 Déc 2016 - 19:55

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La proposition de Shawn fut simplement et purement coupée par la chute d'Absynthe sur le siège. La fillette se releva, honteuse, sous le regard des jumeaux. Si la petite Charlie avait été marquée par sa rencontre avec l'aîné des fils Inoue, elle gardait le souvenir vague de sa copie conforme réfugiée dans les jambes de leurs parents. C'était un peu flou et elle n'était pas sûre de ce qu'elle se rappelait, mais Zack ne l'avait marqué que par sa dénonciation pour ennuyer son frère. La blondinette revoyait le petit garçon en bleu les pointer du doigt, nez relevé vers un adulte aux traits oubliés, mais le prénom du cadet ne l'avait pas tant marqué. Zack ? Peut-être... Non, à vrai dire. Elle ne voyait pas de qui il s'agissait lorsque les Stevenson en parlaient sans l'associer à un autre nom. Shawn. Bien sûr, Shawn. Dit Daemon le dragon.
Et pourtant, ils se ressemblaient beaucoup. Pas dans la façon d'être, ça elle l'avait vite compris il y avait de ça quatre ans et c'est ce qui lui avait permis de reconnaître de suite son ancien copain de jeu. En revanche, elle était intriguée par cette notion de "jumeau". Que ça devait être désagréable de ressembler autant à quelqu'un d'autre, d'être confondu avec cette même personne et de devoir partager ses jouets. Parce que, Merlin savait à quel point Absynthe avait aimé sa grande sœur, mais elle n'avait jamais concédé à lui laisser ce qui était "à elle", au risque de piquer une crise. Au contraire, en tant que petite sœur, elle avait eu le privilège de piquer le poupon de son aînée, d'avoir l'autorisation de Patricia pour garder une barrette offerte à Alice et, bien entendu, toutes les affaires de sa grande soeur lui revenait une fois qu'elles étaient à sa taille. A vrai dire, si la fillette était aussi possessive, c'était parce qu'elle avait rapidement compris que ses jouets n'étaient pas qu'à elle : ils avaient eu une vie avant d'arriver dans ses mains, d'autres enfants les avaient tripoté avant qu'on ne les lui offre et, la plupart du temps, ils ne fonctionnaient plus, même quand papy mettait des piles neuves. Comme un amas de trésor, la petite les gardait précieusement sans pour autant jouer avec : elle ne voulait pas plus les abîmer. Seul Bretzel la suivait partout, camarade de jeu toujours à l'affut d'aventure et aimant beaucoup les câlins.
Offrir Bretzel, son unique ours en peluche, à Alice avait donné des airs de sacrifice à la scène de l'échange. L'aînée en avait même pleuré lorsque, courageusement, la petite Charlie lui avait confié son meilleur ami, torse bombé mais larmes aux yeux. Le doudou avait toujours eu une place très importante dans le cœur de l'enfant qui le traînait depuis le berceau. Mais Alice ne pouvait l'oublier avec Bretzel à ses côtés. En retour, son aînée lui avait légué son pendentif porte bonheur : il lui avait été offert à ses trois ans par Edward. Un collier "pour une grande fille !" avait même dit fièrement Alice en le présentant à sa cadette qui avait longtemps boudé de ne pas être assez grande pour en avoir un, elle aussi, comme Lili.

Machinalement, les doigts de la préadolescente vinrent tirer sur la longue chaîne dorée à son cou et elle baissa le nez sur le pendentif alors que les vois s'élevaient dans le couloir. Distraite, elle laissa retomber les deux lunes sur sa poitrine plate. Un croissant de lune doré formé par plusieurs spirales maintenait près d'elle une demie-sphère où une fumée blanchâtre donnait l'illusion d'une pleine [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. Au dos de celle-ci, un grand "A" était gravé. Par pour Absynthe. Pour Alice.

La porte du compartiment claqua et, yeux ronds, Absynthe fixa Shawn avant de baisser le nez sur ses mains triturant nerveusement le collier.

- Olala, qu'elles sont chiantes ces dindes !

D'un simple hochement de tête, la blondinette acquiesça en pensant aux filles de l'école primaire moldue où Mère l'avait inscrite avant d'arriver sur Londres. En maternelle, elle avait des copines de classes pour jouer avec elle de temps en temps, mais la fillette préférait s'imaginer une histoire en jouant seule avec les petites figurines de l'école, quand elle ne passait pas son temps devant la cage du cochon d'inde, tapotant de l'index la dole de gourde qui contenait une bille. Elle n'avait jamais trop compris comment la bestiole arrivait à boire là dedans. Puis, en enchaînant les familles d'accueils et les foyers, la petite Charlie avait été scolarisée dans une école spéciale avec des enfants "comme elle". Ils étaient nombreux à rester dans leurs coins ou alors ils se rassemblaient autour de la dame qui aidait la maîtresse, celle avec des cheveux courts et tout rouge, et qui lisait des histoires. Ces journées d'écoles étaient souvent coupées par les visitent de familles et de médecins de la tête (des psychiatres, lui avait dit Jacynthe lors de leurs première rencontre où la petite n'avait fait que triturer son collier en gardant le silence). Ensuite, après son adoption, Mère l'avait scolarisée dans une école "normale" où le rythme était bien différent pour la petite. Arrivée en cours d'année, chétive, solitaire et ayant des difficultés à s'exprimer, la gamine s'était volontairement mise de côté. Le problème avec l'être humain, c'est qu'il est pourri jusqu'à la moelle, et ce dès la naissance. C'est ce que l'enfant avait finit par croire : l'Homme naissait foncièrement méchant. Les persécutions des autres élèves n'avaient qu'empiré sa vision. Les moqueries, les insultes, les jeux à son insu... Le pire restait quand on l'invitait à jouer pour finalement la montrer comme un monstre aux autres. Plusieurs incidents magiques étaient alors survenus dans l'enceinte de l'école et Mère s'était résigné à l'en retirer pour préférer l'instruire chez elle et à sa façon.
A onze ans et malgré tout ce qu'elle avait dû endurer, Absynthe restait relativement naïve : non pas dans le sens petite écervelée qui croit tout ce qu'on lui raconte, elle était bien trop méfiante. Elle avait juste l'Espoir de voir son monde changer et, bien que consciente de cette vulnérabilité -elle se sentait si stupide d'attendre qu'on l'apprécie-, elle ne pouvait s'empêcher d'espérer un ami autre que Kandy. A onze ans, bientôt douze, on ne pouvait pas lui enlever cela.

- Moi c'est Shawn !

Elle releva la tête et plongea ses iris vertes et or dans les prunelles sombres du garçon tout en inclinant légèrement la tête. Elle suivit le geste de la main en direction de Zack avant de reporter son attention sur l'aîné des Inoue. Il ne se souvenait pas d'elle. Tentant de se sentir soulagée car il ne pourrait pas évoquer leur première rencontre devant les autres élèves, une pointe de déception lui perça le cœur. Il l'avait oublié.

- Je sais. répondit la demoiselle en esquissant un sourire triste. Votre père a une entreprise de balai et vous avez un petit frère. Shawn et Zack Inoue. Moi c'est -Charlie ? Non. Oubliée. Absynthe. Sa voix s'était faite murmure, mais, sans même s'en rendre compte, la préadolescente s'était redressée en relevant le menton, prenant une pose de "Dame" en croisant les jambes, comme pour mettre les deux garçons au défis de se moquer de son prénom. Elle s'était juré de ne plus se laisser rire au nez sans réagir et si dans l'autre compartiment elle n'avait rien dit, le froid qui avait suivi lorsqu'elle avait foudroyé la cruche du regard avait duré un bon moment.

- Vous co- hum- connaissez le nom des maisons ?
- Ouais !

La blondinette hoha la tête avant de poser sa question. Après hésitation de Shawn, ce fur à Zack de prendre la parole avec un petit air supérieur qui agaça un peu la jeune fille.

- Poufsouffle ? releva-t-elle sans pouvoir retenir un mélange d'amusement et de dédain dans le ton de sa voix : Mère ne lui en avait pas dit que du bien. Et Jonas les trouvait idiots. Puis, intriguée et subitement interessée : Mahouto... Oh ! Au Japon ! Comment ça fonctionne là bas ? Il te l'a dit ?
- Et toi ? Tu crois  que tu vas aller dans quelle maison ?!
- Je... il y a beaucoup de Gryffondor dans ma famille, mon cousin a eu ses ASPICS l'an dernier. Mais Mère était à Serdaigle et son mari à Serpentard... glissa doucement Absynthe en balançant ses jambes.
- Moi je sais pas… Je m’en fiche un peu, mais les lions c'est classe !
- Oui. Elle opina du chef et le rideau de cheveux couvrit de nouveau son visage. Mère dit que je n'irais pas à Serdaigle parce que je ne suis pas assez bizarre -parce qu'extravagante et originale rimait ainsi aux oreilles de la jeune fille- et j'espère ne pas aller à Poufsouffle. Et toi ? La question était pour Zack. Tant qu'il ne jouait pas le monsieur Je-Sais-Tout... Cependant, la vue des vêtements éparpillés -veste, nœud papillon et chaussure- commençait à inquiéter la blonde qui posa son regard inquiet sur le garçon à côté d'elle alors qu'il s'agitait. Peut-être allait-il enlever son pantalon...

-Dis, tu vas pas enlever tes autres vêtements...?
- Non, ça va. Pourquoi ? Tu veux que j’enlève mes autres vêtements ?
- Je ... ?
Le coup de coude ne la fit pas plus réagir, bien qu'elle se le soit pris dans les côtes. Mortifiée, elle ne bougeait plus et ne savait pas quoi dire. Il pensait réellement qu'elle voulait qu'il se déshabille ? Absynthe n'avait jamais vu un garçon tout nu et ne voulait pas en voir, ça non ! Et surtout pas dans le Poudlard Express !
- Tu l’embêtes juste avec l’odeur de tes pieds puants !

Le regard perdu de la demoiselle s'orienta vers Zack. Elle restait partagée : en un sens il lui trouvait une excuse, mais de l'autre il mentait. Ce n'était pas pour ça qu'elle... Shawn se leva brusquement, la faisant sursauter. Un instant, Absynthe crut qu'il allait donner un coup de pied dans le visage de sa copie conforme, mais ce ne fut que trop tard qu'elle compris ce qu'il faisait réellement et elle se retrouva avec une chaussette sous le nez.

- Hein que je pue pas, c’est des chaussures et chaussettes neuves !
- Non, non... Je ne disais pas ça pour ça, c'est juste que... son murmure de souris ne semblait déjà plus intéresser le jeune garçon qui se laissa choir sur son siège avec l'élégance d'un troll. Ce qui suivit la pétrifia et la blondinette se cala bien au fond de son siège en regardant avec des yeux en forme de soucoupes les deux frères échanger sur leur bain. Elle n'osait pas rire de peur de s'attirer leurs foudres à tous les deux, mais entre les cris d'animaux de Zack et l'histoire d'un mangeur de zizi et d'orteils, Absynthe ne savait plus que penser. On lui avait toujours dit de ne pas se mettre dans une bagarre de garçons parce qu'ils étaient souvent plus forts qu'elle et qu'ils faisaient mal, mais elle ne voulait pas non plus les regarder sans rien dire. Heureusement, ils se calmèrent tout seuls et d'un coup. Ne voulant pas les déranger et rompre le silence la première, la gamine baissa les yeux sur sa chemise et se rendit compte que son pendentif était encore à l'air libre. Sagement, elle souleva la chaine et écarta son col pour venir blottir les deux lunes contre sa peau. Ce fut ce moment que choisit Shawn pour sortir de son mutisme.

- Ventricule de cœur de dragon, tremble… Ollivander lui-même a dit que le tremble c’est du bois de révolutionnaire pour les meilleurs duellistes !  annonça-t-il après avoir fouillé ses bagages et dégainé une baguette.
- Oh, c'est du bois blanc ! remarqua Absynthe en récupérant le tremble entre ses mains comme elle l'avait fait avec Doraemon quatre ans plus tôt.
- Elle est belle hein ! Puis, je suis gauchiste.
- Gau... ?
- Gaucher, abruti !

La jeune fille n'eut pas le temps de relever le nez de l'écrin où elle venait de reposer la baguette de l'aîné Inoue, aussi elle ne vit pas le bon de ce dernier sur son frère. Ce fut le son étouffé d'une plainte qui lui fit relever les yeux. Bouche-bée, elle regarda la scène comme si elle se trouvait derrière un voile qui l'empêcher d'y accéder. Dans sa tête, la voix de Patricia se mêlait aux pleures de Charlie et au son d'une gifle. On ne devait pas taper.
Comme muée par un ressort, les yeux larmoyants, la petite fille se redressa pour saisir le bras d'un des garçons sans savoir lequel elle venait d'attraper, puis elle tira pour les séparer. Sans succès. Un coup perdu lui atteint le mollet et, soudainement prise de rage, la gamine se mit à hurler sur les garçons. De grave, la voix vira sur-aiguë.

- Vous arrêtez tout de suite !!! Avec plus de force, elle tira sur une jambe -celle de Zack- et le garçon tomba de la banquette. Aussitôt, la petite s'interposa entre les deux frères et se mit sur la pointe des pieds pour impressionner inconsciemment Shawn qui s'était redressé. La fée avait les joues rougies et gonflées par la colère, les sourcils froncés et les paupières plissées. De sa petite voix paniquée, elle continua : Toi, tu t'assoies là ! Et toi, ici ! Le premier qui recommence à se battre, je le...je le... Non mais c'est quoi ces manières ! On ne tape pas son frère !

Les garçons étaient désormais installés à l'opposé -du moins, c'est ce qu'avait voulu faire la blondinette qui ramassa la veste de l'aîné pour la poser à côté de lui- et, dans l'allée, la petite Absynthe avait les poings sur les hanches et les dévisageait tour à tour. D'abord Shawn :
- On ne règle pas les problème avec la violence, ta maman t'as pas dit ça ? On est pas des géants ! Puis Zack : Et toi, tu dis pas que c'est un abruti, il a droit de se tromper dans ses mots ! Si tu dis qu'il est bête, alors c'est toi qui est bête ! Elle regagna sa place, toujours furieuse. En plus, vous m'avez fait mal ! C'est pas gentil, on tape pas ses frères et sœurs !

Parce qu'un jour, vous pourrez perdre l'autre.
Sauf que le lien qui unissait Shawn et Zack n'était pas celui qui avait uni Alice et Charlie. Sous le rideau de cheveux blonds le regard sévère de la fillette passait alternativement d'un frère Inoue à l'autre. En pensée, elle revoyait Patricia lui ordonner de faire un bisou sur la joue d'Alice et lui demander pardon.


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A l'époque, Absynthe en connaissait encore très peu sur les créatures fantastiques. Mère ne s'était jamais attardé à lui en parler et c'était Kandy qui s'occupait de lui décrire les dragons, les noueux et les demiguises. Alors la perspective qu'un escargot bizarre mange sa langue, la petite fille retrouva la parole juste après lui avoir mis sa langue sous le nez en ouvrant grand la bouche.

- Un eschagot, c’est un escargot avec une tête de chat qui mange les langues pour pouvoir parler, je crois.
- Olala, ça doit faire beaucoup de mal...
- Y en a beaucoup là où habite mon tonton,  ils se cachent dans la poussière donc sous les meubles ou sous les lits, si t’as pas un futon.
- Un tufon. répéta maladroitement la petite en hochant la tête pour faire croire qu'elle comprenait alors qu'il n'en était rien. Il faut faire le ménage alors. Ton tonton il a pas l'aspirateur pour nettoyer la poussière sous ton lit ?
- Ils sont très peureux et si on les attrape, ils rentrent dans leur coquille. Mais pour les faire sortir faut mettre du miel, ils adorent ça.
- Comme les vrais escargots. Avec mon papy et ma sœur on donnait de la salade, mais pas du miel. confia alors la gamine avec l'air de celle qui s'y connait en nourriture animale. J'aime bien le miel, moi. T'aimes bien le miel, toi ?

Le petit garçon lui avait peut-être piqué son verre et l'avait nargué en parlant de son papa et de sa maman, mais la petite Charlie, cœur gonflé d'espoir de se faire un copain de jeu, décida qu'il avait l'air gentil et consentit à donner son prénom. Shawn ne sembla pas comprendre le lien avec la conversation qu'il avait et à son "C'est qui ça, Charlie ?", elle s'auto-pointa du doigt, la bouche étirée en un petit sourire timide tandis que son compagnon de soirée la dévisageait.

- C’est ton prénom Charlie ? C’est pas un nom de garçon ? Le sourire disparut.
- Non, c'est MITSE !... Mixe ! Mixte. Je crois... Charles, c'est que pour les monsieur ? Pas pour les dames ? Le doute. Patricia avait toujours dit à sa fille que c'était un diminutif du patronyme de son géniteur, mais la petite n'avait jamais cherché à comprendre l'étonnement des gens qui, comme Shawn, faisaient les yeux ronds quand elle donnait son nom.

La discussion sur la mixité ou non de Charlie tourna court puisque le jeune garçon lui présenta son jouet : un genre de chat bleu avec un sourire béat et une hélice sur la tête. Doraemon. Absynthe n'en avait jamais entendu parler et lâcha un "ooooh" lorsque l'aîné des fils Inoue lui apprit que l'animal venait du futur. Dans le futur, les chats seraient bleus ? Voulant lui partager sa connaissance en matière de dessin animés, la blondinette à tresses commença à battre des ailes en interprétant le générique de Maya l'abeille -sans savoir que, quelques année plus tard, elle ferait la rencontre d'un bourdon également nommé Maya, alias "Livingstroll" keur keur-. Cependant, le regard de deux adultes la fit cesser de suite : non pas qu'elle était timide, chanter en publique ne l'effrayait pas puisqu'elle avait chanté à des spectacles d'école avec sa classe, mais Mère lui avait souvent répété de ne pas se faire remarquer lors de ce genre d’événements. Cachée derrière Shawn, elle le trouva très courageux de fixer ainsi les grandes personnes. Finalement, il se tourna vers elle :

-Maya l’abeille ? Non ça me dit rien. Mais mon papa veut pas que je regarde la télévision moldue, je peux la regarder que chez mon tonton. Doraemon c’est ça la chanson :
Et, sans crier gare, le garçon commença à entonner un chant dont Absynthe ne saisissait pas du tout les paroles. Joignant sagement ses mains devant elle, elle observa Shawn danser au rythme de sa chanson. Le final avec le cœur formé par les doigts de son compagnon de jeu lui arracha un large sourire. Elle n'avait peut-être pas compris ce qu'il avait dit, mais ce dernier geste lui assura que Doraemon devait être un chat très gentil. Joignant ses applaudissements à ceux de Shawn, la fillette opina du chef lorsqu'il lui demanda s'il connaissait une autre chanson. Elle en connaissait plein !

- Mais Mère ne veut pas que je parle trop fort quand il y a des gens autour. Je ne dois pas me faire remarquer. grimaça la gamine en chuchotant pour illustrer son propos.

Mais c'était trop tard : l'attention d'un petit garçon -celui qui était avec la dame que Charlie avait heurté- s'était portée sur leur duo et son regard vide inquiéta la petite fille qui se rapprocha d'un pas de son compagnon de jeu. Elle ne savait pas ce qu'était du Wang et le nom ne lui fit ni chaud ni froid : elle le trouvait simplement bizarre parce que ça ressemblait à "baguette" prononcé avec le nez bouché. Constater que les enfants de son âge était presque que des garçons assombrit son visage. Elle n'avait rien contre le fait de jouer avec des garçons, elle les préféraient même aux filles qui étaient trop bruyante et trop précieuse pour la blondinette. Des "manières" comme disait Patricia quand Absynthe et Alice jouaient aux princesses, jeu dont elles se lassaient rapidement à l'époque. Mais voilà, savoir qu'il n'y avait que des petits garçons se traduisaient tout autrement dans l'esprit de la gamine : Shawn allait préférer jouer avec eux.

- Bah elles sont où tes copines filles ? Puis c’est chiant les filles, ça pleure et ça tire les cheveux.
- T'es pas mignon ! souffla la petite, brusquement attristée par les paroles du petit asiatique. Elle continua en un murmure, les yeux larmoyants mais les joues sèches : J'ai pas tiré tes cheveux, moi, pourquoi tu dis que je suis chiant ? Mais il semblait s'en moquer éperdument, la main tripotant les petits fours. L’événement fut par ailleurs rapidement oublié quand, considérant que le goût du flan qu'il avait entamé n'était pas à son goût, Shawn enfourna la pâtisserie dans la bouche de la blonde en lui affirmant que le goût était atroce. Charlie s'empressa de recracher avant de lui présenter sa langue en attendant qu'il donne son verdict. Il fallait croire que l'incident précédent était déjà oublié de la part des deux enfants, mais il en était autrement : Absynthe avait très bonne mémoire mais pouvait se montrer nullement rancunière.
Il lui apprit que sa langue était orange et la petite fit les yeux ronds avant de compléter sa grimace en scellant fort les lèvres et loucha légèrement vers son bout de nez en trompette. Ce fut à cet instant quelle surprit le regard de la copie de Shawn sur eux et lui tapota l'épaule tandis qu'une voix résonna au dessus de leurs têtes. En levant le visage, la petite constata l'air sévère de l'adulte dont les sourcils tressaillirent lorsque le petit Inoue affirma sereinement qu'il mangeait. Et quand ce fut au tour de la petite Stevenson de prendre la parole, ils virent la grande personne perdre toute couleur avant de s'incliner légèrement devant le petit garçon.

Ce comportement inquiéta Absynthe qui ne connaissait pas encore bien les habitudes mondaines et qui avait entendu Grace s'égosiller sur le fait que la morveuse l'avait tutoyé.
- Pourquoi est-ce qu'il t'appelle "Monsieur" ? C'est toi le chef d'ici ? Tu es un prince et c'est ta maison ?
- Oui, c’est moi le chef de toi donc tu dois m’écouter !
- Oh... déconfite et mal à l'aise, l'enfant chercha du regard Mère, mais elle semblait trop préoccupée à discuter avec un grand monsieur et une dame aux traits très doux et aux yeux très gris. Et tu veux faire quoi ? Tu as encore envie de jouer avec lui ? Il n'a pas l'air d'une commode... Il fait des gros yeux en nous regardant, j'ai peur !
Visiblement, Shawn n'en était pas effrayé et c'est en remuant énergiquement les bras qu'il fit signe au petit garçon triste. Ce dernier se désintéressa d'eux et Absynthe ne pu camoufler un certain étonnement : il ne voulait pas jouer ? Il préférait rester avec les grands, le garçon de Wang ?
- Je crois que ça ne l’intéresse pas. Et si disait qu'on est des créatures magiques ? La petite hocha la tête avec entrain. Tu veux être quoi ?
- Euh... Elle ne connaissait pas trop les noms des créatures et, le peu qu'elle savait nommer, elle ne savait les décrire. Un Boursouf ! scanda-t-elle brusquement en laissant un large sourire éclairer son visage pour montrer ses dents de lait -une incisive du bas bougeait- tout en pointant du doigt sa poitrine où les grands yeux de l'animal sur son vêtement dévisageaient Shawn. Un chant se fit entendre alors que la bestiole tirait la langue.
- Moi,  je suis un dragon.
- Tu fais pas très peur pour un gradon. Un dragon. se reprit-elle en fronçant légèrement les sourcils avant de glousser en le voyant montrer les dents.
- Je vais te manger !
- Hiiiiiiiii !! Un hurlement suraiguë coupa les conversation les plus proches et les grandes personnes regardèrent alors les deux enfants se chamailler, l'un chatouillant, l'autre, ricanant tout en cherchant à repousser son agresseur qui s'acharnait sur ses côtes.
- Tremblez misérables humains !
- Mais je suis un Boursouf, on avait dit ! Puis, finalement, elle changea d'avis en tapotant sa lèvre inférieure de son index, Zack jouant Judas dans son dos. Non, en fait on dirait que je suis un Eschagot !
- Suis-moi avant que le monstre nous attrape ! la pressa alors Shawn en la tirant sous la table, l'obligeant à se mettre à quatre pattes.
- Je...ne...peux...pas. Dans son rôle, la fillette le suivait très lentement et tira la langue pour faire mine de baver. Je vais...manger ta langue...dans le tufon.
Mais le dragon ne l'entendait pas de cette oreille et la tira par le poignet.
- ...de voir ce que ça va donner ! Un magnifique comb...
- C'est nul l'eschagot, en fait je suis un Veaudelune. Mère lui disait souvent qu'elle "faisait le Veaudelune" et Kandy avait expliqué à la petite ce que c'était. Aussi, la petite cacha ses yeux, du moins c'est ce qu'elle voulu faire, mais Shawn la tira de nouveau. Un visage de monsieur contrarié apparut juste à côté d'elle -un petit garçon en bleu qui ressemblait traits pour traits à son camarade de jeu l'accompagnait- et la petite poussa un nouveau petit cris avant de se précipiter à la suite du dragon qui émergeait de sous la nappe pour se ruer sous une autre table avant d'émerger complètement et de leur frayer un chemin entre les jambes des convives. Sur ses talons, Charlie respirait bruyamment en cherchant à maintenir la cadence, mais elle se laissa choir le long d'un mur une fois que la porte de la salle fut franchie.

- Je crois qu’on a échappé au monstre.
- T'es un dragon très rapide ! conclue-t-elle en se redressant tandis que le garçon poussait déjà une porte en lui disant de le suivre.

Bouche en "o", la petite fit un tour sur elle même pour englober du regard la pièce pleine de livre. On aurait dit le bureau de Jacynthe, mais en très très grand ! Et puis, brusquement :
- Dis, tu sais comment on fait les bébés, toi ?
- Tu sais pas comment on fait des bébés ? s'étonna la petite fille, écho involontaire à une discussion qui avait eu lieu plus tôt. Moi je sais, des grands du foyer m'ont dit. Oui, une grande de six ans de plus qu'elle lui avait même montré des dessins de son livre de science, avec des dessins de gens tout nu et celui d'un bébé qui grossissait dans le ventre d'une dame. Pour faire un bébé, il faut un monsieur et une dame. Le monsieur il met son zizi dans celui de la dame, ils font des bisous et ils mettent des graine dans le ventre pour faire du bébé qui pousse. Confuse, elle tripota sa natte avant de grimacer. Mais je sais pas des graines de quoi. Et après, le bébé il sort par le nombril de la dame ? Une question qui lui était venu comme ça : par où diable sortait le bébé ?
- Mais il faut être des grands pour faire des bébés parce que sinon c'est pas très bien.

Le cours d'éducation sexuelle étant terminé, la petite se munit d'un coussin qui traînait là et l'envoya sur son camarade en gloussant, tout en se réfugiant derrière le canapé où un espace assez étroit lui permettait de se faufiler. Alors qu'elle rampait, elle s'exclama soudainement :
- On fait une cabane ? On dit que c'était notre maison et que des méchants sorciers voulaient nous enfermer pour manger des gâteaux pas bons ? fit la voix de la fillette, légèrement étouffée par le fait qu'elle se trouvait derrière le sofa. Elle émergea à l'autre bout, les cheveux dans tous les sens : Regarde, il y a de la couverture pour faire notre toit !

Déterminée à construire une maison, Absynthe commença à tirer des livres de leurs rangements pour les empiler afin de faire des piliers en guise de mur. Les joues gonflées par l'effort, tout à son affaire, elle demanda conseil sur l'emplacement des bouquins à Shawn avant de se retourner vers lui.

- On mange comment alors ? J'ai soif moi ! déclara la petite, le souffle court. On va voir les tables en cachette et on reviende ? S'accroupissant pour regarder sous le canapé : Pas d'eschagot ici, monsieur le chef dragon !


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MessageSujet: Re: [01/09/92] "Si ce n'est toi, c'est donc ton frère." (pv Shawn + Hiver 88) Dim 15 Jan 2017 - 21:57

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Shawn fit les présentations à la jeune fille qui venait d’entrer dans leur compartiment. Il voyait cette rencontre comme une chance inespérée de ne pas se retrouver en tête à tête avec son frère pendant tout le trajet. Chose surprenante, elle semblait déjà connaître les jumeaux.

-Votre père a une entreprise de balai et vous avez un petit frère.  « Vous », tu peux me tutoyer ! On a le même âge, s’insurgea-t-il presque choqué du ton impersonnel qu’elle prenait avec lui sans comprendre qu'elle s'adressait aux deux. Shawn et Zack Inoue. Moi c'est Absynthe.

Il dut tendre l’oreille  pour entendre son prénom et le répéta à voix haute pour confirmer qu’il avait bien entendu : Absynthe ? Shawn n’avait jamais entendu parler de cet alcool et ne faisait donc pas le lien avec la fée verte. Il trouvait tout de même le prénom étrange, mais après tout cela faisait pratiquement quatre ans qu’il était au Japon et il venait de revenir en Angleterre que récemment alors il était fort possible qu’il ne connaisse pas tous les prénoms anglo-saxons. Il avait déjà eu des difficultés à se remettre du choc culturel et à réutiliser l’anglais, alors connaître les prénoms était bien le dernier de ses soucis.

-Comment tu sais tout ça sur nous ? Cette question l’intriguait bien plus que l’étrangeté de son prénom. On est si célèbre que ça ? Se pourrait-il qu’il ait déjà vu ou parlé avec la demoiselle. Shawn avait beau essayer de chercher dans les tiroirs de sa mémoire, aucune Absynthe ne semblait avoir croisé sa route. Pourtant, sa façon de baisser la tête, de murmurer et de se tenir lui disait vaguement quelque chose, mais ce n’était qu’une ombre fugitive qu’il était incapable de saisir.

Les jeunes gens se mirent ensuite à parler des maisons et Zack prit la parole pour expliquer que leur père n’avait pas étudié à Poudlard, mais dans l’école magique japonaise Mahoutokoro.

-Mahouto... Oh ! Au Japon ! Shawn et Zack hochèrent en même temps la tête. Mahou pour magie et tokoro pour lieu, s’exclama fièrement Zack. Comment ça fonctionne là bas ? Il te l'a dit ?

Zack dévisagea Shawn qui s’était tu, pour une fois. Shawn savait parfaitement comment fonctionnait cette école, mais plutôt que de prendre la parole, il fixait le paysage par la fenêtre qui défilait à grande vitesse. C’était comme si Shawn évitait de croiser le regard de son frère. Finalement, Zack prit la parole en fixant la demoiselle : - Oui, grossièrement. C’est pas comme Poudlard, il n’y a pas de répartition et de maisons. Les élèves y vont  dès l’âge de sept ans et en fait l’uniforme grandit et change de couleurs au cours de l’apprentissage. Pour résumer très succinctement.

Shawn questionna alors la demoiselle sur la maison qu’elle visait. Non pas que cela avait vraiment de l’importance pour lui, il ne connaissait pas les différences entre les maisons et ça ne l’intéressait pas vraiment puisque la meilleure maison sera forcément celle où il sera réparti. En terme de préférence, il jugeait que le lion était un animal classe en plus d’être le roi des animaux, alors Gryffondor devait forcément être une maison haute en couleur. En tout cas, tant qu’il ne tombait pas dans la maison avec pour symbole un blaireau, tout irait bien pour lui. Surtout si son frère finissait dans la maison des lions, il ne se gênerait pas pour se moquer de lui.

- Je... il y a beaucoup de Gryffondor dans ma famille, mon cousin a eu ses ASPICS l'an dernier. Mais Mère était à Serdaigle et son mari à Serpentard...

-Les ASPICS ? C’est quoi ?

-Mère dit que je n'irais pas à Serdaigle parce que je ne suis pas assez bizarre  et j'espère ne pas aller à Poufsouffle. Et toi ?

Zack sembla pris au dépourvu et il y eut un moment de latence avant qu’il ne réponde : - Oh euh, je n’ai pas de préférence. Gryffondor a l’air cool ou Serdaigle… On verra bien.

Les parents Inoue n’avaient jamais vraiment rebattu les oreilles de leurs enfants avec les histoires de maison comme on pouvait le voir dans certaines anciennes familles du Royaume-Uni. D’ailleurs leur père avait souvent répété que le système de répartition de Poudlard était du grand n’importe quoi, que Mahoutokoro et son système de robe qui évolue avec l’apprentissage de son possesseur était bien mieux pour les enfants. Très souvent, il ajoutait que l’enseignement de la magie devait laisser à désirer à Poudlard. Leur mère, quant à elle, restait relativement silencieuse et discrète concernant ses années passées à Poudlard et elle ne s’opposait, ni confirmait les dires de son mari. Elle n’avait jamais fait part de la moindre préférence de maison pour ses enfants. C’est pour toutes ces raisons que Zack et Shawn n’avaient pas d’a priori sur les maisons et par conséquent, n’avaient pas vraiment de préférence.

Shawn ne comprenait pas pourquoi Absynthe semblait s’inquiéter de son activité d’effeuillage de vêtements, mais Zack s’empressa de lui dire que c’était à cause de l’odeur de ses pieds. Il n’en fallut pas plus pour réveiller le lion en Shawn qui bondit sur le siège tendant ses pieds à droite et à gauche en clamant que ses pieds ne sentaient rien, pour une fois, puisque c’était des chaussettes et chaussures neuves. Excité, Shawn n’entendit même pas les murmures d’Absynthe qui cherchaient à expliquer pourquoi elle avait dit ça. Sa colère était surtout focalisée sur son jumeau qui avait jugé bon de parler de l’histoire de la douche.  Ça ne serait pas la dernière fois que son frère l’interrompait pour le tirer vers le bas, dans la boue où il stagne. Lorsque Shawn avait montré sa baguette à la demoiselle en lui affirmant qu’il est gauchiste, Zack ne s’était pas privé pour relever son erreur en pouffant.

Shawn détestait quand il le prenait pour un idiot ou lui parlait avec un ton condescendant. Le sang du garçon ne fit qu’un tour. Il se jeta sur son jumeau avec la ferme intention de lui faire mal. Leurs parents n’étaient pas là pour le gronder et il comptait bien en profiter. Shawn agrippa son frère par son nœud papillon et le secoua comme un poirier. Zack donnait des coups de pieds pour essayer de l’éloigner et tenait l’avant-bras de son frère pour le faire lâcher prise, en vain.

- Lâche-moi sale troll ! Je vais le dire à papa et maman !  

Shawn sentit qu’on lui agrippait l’autre bras et il s’extirpa de l’étreinte d’un coup sec. Une fois le nœud arraché, Shawn changea de cible. Il tentait à présent d’écraser son frère de son poids et lui tordait le bras droit afin de l’aplatir contre le siège. Zack était clairement en position de faiblesse, incapable de contenir la force et rage de son jumeau. Sale monstre, lâche-moi ! Tu m’fais mal ! Shawn tira plus fort sur le bras arrachant une grimace de douleur sur le visage de Zack : répète un peu et j’te casse le bras ! Monstre ! Monstraieuh ! Je vais te tuer ! Shawn donna des coups dans le dos de son frère avec l’aide de son bras libre. L’hibou et la chouette dans leur cage respective donnaient des coups d’aile paniqués en hululant. Ils les avaient réveillés au milieu de leur sieste.

- Vous arrêtez tout de suite !!!  

Shawn ne comptait aucunement lâcher sa proie, comme les pitbulls une fois qu’il tenait la gorge de sa victime entre ses mâchoires, il ne lâchait plus.

-C’est lui qui a commencé ! Ça lui apprendra la vie ! s’écria-t-il hors de lui. Zack dont le visage était à moitié mangé par la banquette était incapable de parler. Des larmes de douleur, de rage et probablement de honte brillaient au coin de ses paupières. Soudain, son frère lui échappa, il venait de tomber au sol dans un bruit sec et toussait. Shawn, aussi vif que l’éclair, était prêt à repasser à l’attaque, mais alors qu’il allait sauter sur son frère à quatre pattes, Absynthe fit barrage de son corps entre eux deux. Elle était dans un sale état : les cheveux en pétard et les joues rouges de colère et immobilisa le chien fou. Zack, couvert de poussières, s’était relevé en toussotant et en se tenant le bras droit, prêt à parer le prochain assaut de son jumeau.

-Toi, tu t'assoies là ! Et toi, ici ! Shawn et Zack se dévisagèrent en chien de faïence et finirent par s’installer là où la petite leur disait. Le premier qui recommence à se battre, je le...je le... Non mais c'est quoi ces manières ! On ne tape pas son frère !

-Ce n’est pas mon frère ! dirent-ils d’une même voix.

Elle fit d’abord face à Shawn qui détourna la tête, le visage fermé : - On ne règle pas les problèmes avec la violence, ta maman t'as pas dit ça ? On est pas des géants !

Puis ce fut au tour de Zack : Et toi, tu dis pas que c'est un abruti, il a droit de se tromper dans ses mots ! Si tu dis qu'il est bête, alors c'est toi qui est bête !

Zack ouvrit la bouche, mais aucun son n’en sortit. Il n’avait pas l’habitude qu’on le « gronde » et baissa la tête. Shawn fixa la scène, l’air absent. Il revoyait Gayna, adoptant la même position et les pointant du doigt : - Je ne veux plus que vous vous battiez ! Vous avez de la chance de ne pas être fils unique ! Vous ne savez même pas la chance que vous avez, alors je ne veux plus jamais vous voir vous chamailler devant moi ! Promettez-le !, elle avait haussé le ton faisant sursauter les deux garçons qui avait marmonné un « je le promets ».

-En plus, vous m'avez fait mal ! C'est pas gentil, on tape pas ses frères et sœurs ! Elle les regardait tour à tour du même air irrité que celui de Gayna il y a quelques années plus tôt. Il était trop jeune et insouciant pour comprendre le sens véritable de ses mots et l’importance que peut occuper un frère ou une sœur dans une vie.

Shawn grogna un : les filles sont terrifiantes quand elles sont en colères.

-Oui, confirma Zack la tête toujours basse, pour une fois qu'ils étaient d'accord. Il épousseta la poussière et remit son col déformé en place.

Les deux frères étaient si différents, au point de se demander s’ils ont été élevés par les mêmes parents.  Shawn n’avait aucun souvenir d’une période d’osmose et d’entente entre eux. Et pourtant, ce zénith dans leur vie avait bel et bien existé. Un temps où ils étaient unis comme les doigts de la main, jamais l’un sans l’autre. Des preuves et souvenirs de cette période oubliée existaient dans les vieux albums photo de la famille Inoue, mais ni Shawn ni Zack n’avaient feuilleté ces albums depuis de nombreuses années. S’ils l’avaient fait, le malaise aurait été grand. Il y avait de nombreuses photos d’eux bébés s’embrassant goulument sur la bouche ou le nez, des photos de bains où ils riaient aux éclats,  une photo animée volée lors de leur sieste sur le tapis de jeu où on les voit étroitement enlacés ou encore en train de sautiller maladroitement face à face sur un pouf.

Absynthe avait obtenu ce qu’elle voulait, car les jumeaux semblaient s’être calmés et avoir repris leur esprit. Ils étaient penauds et fixaient leurs pieds. C’est Shawn qui rompit le silence en premier : - On s’ennuie ! J’ai faim en plus !

-Tu as qu’à manger ce que Ptyra nous a préparé !

-Déjà mangé…

Zack secoua la tête et fouilla dans sa valise où il en sortit deux [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] où prônaient trois boulettes de couleurs dans un emballage plastique. Il tendit une des brochettes à Shawn : tiens !

Shawn hésita, fixa son frère comme si ce dernier allait lui arracher la brochette au dernier moment, mais rien de tel ne se produisit. Une fois sa brochette de couleurs en main il bredouilla un timide : merci et ajouta plus fort : c’est vrai que tu préfères ceux-là, moi j’aime mieux avec la sauce !

Zack ne répondit rien et tendit l’autre à Absynthe : t’en veux ? C’est un dango, de la pâte de riz gluant.

-Chez trop bon, s’exclama Shawn la bouche pleine qui sautillait de joie sur son siège.

-Tu as qu’à goûter si tu aimes pas, tu auras qu’à le jeter ! Ou me le donner ! On devrait pas tarder à arriver de toute façon ! Zack sortit une boulette de riz enrobé d’algues et croqua dedans en dévisageant Absynthe.

Zack murmura comme pour justifier sa soudaine générosité : -  Y a que quand il mange qu’on a la paix !

Shawn qui avalait goulûment sa dernière boulette grommela : chez pas moi  qui, selon maman, était tellement obsédé de la bouffe qu’il avait des joues d’hamster et les fesses d’un erumpent. Euh, moi je me souviens surtout que Ptyra devait te courir après parce que tu planquais des restes de repas dans ta chambre. Une fois on a même retrouvé un morceau d’hamburger en décomposition dans la tour de ton château fort ! Haha, m’en souviens pas, par contre je me souviens  que t’avais volé du riz que t’avais mis dans la poche ventrale de ton nundu en peluche !

-ça n’intéresse pas Absynthe ! Toi aussi t’avais un doudou Absynthe ?

Parce qu’un frère c’était surtout ça : le partage des souvenirs, le travail si précieux de mémoire. Un témoignage de notre passage bref sur terre : « tu te souviens quand ? ». Des souvenirs par milliers. Quelqu’un capable de compléter une histoire oubliée, d’ouvrir le tombeau abandonné de notre mémoire pour ramener les souvenirs poussiéreux d’entre les morts. Parler du bon vieux temps, des sourires effacés et des rires passés. « Tu te souviens quand on sautait à pieds joints dans la mare de boue derrière la maison ? Et quand je suis tombé de l’arbre en plein dans les ronces ? Et la fois où…».  Ils ne comprenaient pas. Ils ne savaient pas que ce serait certainement la première et dernière fois qu’ils se retrouveraient assis ensemble dans le Poudlard express à parler et se chamailler. Ils ne se doutaient pas que ce souvenir insignifiant deviendrait nostalgie, puis regret, lorsque la poussière du temps aura recouvert la pellicule de leur vie : « si j’avais su, j’aurais ». On ne se rend compte de ce qui est précieux qu’une fois cette chose perdue parce qu’il ne faut pas oublier que le temps est un assassin.

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-Il faut faire le ménage alors. Ton tonton il a pas l'aspirateur pour nettoyer la poussière sous ton lit ?
Shawn sembla réfléchir à cette question hautement philosophique. L’aspirateur magique qui nettoie tout, tout seul ? Mon tonton y passe pas l’aspirateur, c’est ma tata qui s’en occupe ! La question de la demoiselle le surprenait, dans sa famille, c’était le rôle des femmes de faire le ménage, pas celui des hommes qui, eux, devaient ramener l’argent pour faire vivre le foyer.

-Comme les vrais escargots. Avec mon papy et ma sœur on donnait de la salade, mais pas du miel. Il fronça les sourcils : elle est pas là ta soeur ? J'aime bien le miel, moi. T'aimes bien le miel, toi ?

-Le miel ? Euh… Oui.

En réalité, Shawn n’avait jamais mangé de miel de sa vie ou alors, une fois, il y a fort longtemps et il n’avait pas plus aimé que cela. Mais il voulait impressionner la petite fille alors il se devait de jouer son rôle de « grand » jusqu’au bout et les grands savent tout, non ?  

Il ne comprit pas tout de suite que « Charlie » était le prénom de la petite et chercha du regard un petit garçon, mais il n’y avait que des adultes autour d’eux.

- Non, c'est MITSE !... Mixe ! Mixte. Je crois... Charles, c'est que pour les monsieur ? Pas pour les dames ?

Shawn haussa les épaules, il n’en avait pas la moindre idée : j’sais pas. J’chuis pas un pécialiste des noms. Ma maman m’a dit que mon prénom, ça veut dire « Dieu pardonne » et toi le tien, ça veut dire quoi ?

Ce sujet ne l’intéressant pas outre mesure, il sortit son jouet Doraemon qu’il prêta à la petite en lui expliquant qui était ce chat bleu. Lorsqu’elle parla de filles, Shawn s’insurgea immédiatement : il n’avait aucune envie de se retrouver au milieu d’une ribambelle de filles qui parleraient licornes et  robes.

- T'es pas mignon !  J'ai pas tiré tes cheveux, moi, pourquoi tu dis que je suis chiant ?

Il ne s’intéressa pas à ses larmes de crocodile, leur préférant le buffet. Peut-être qu’il n’avait également aucune réponse à fournir à la petite, puisque sa réflexion était passée sur des indétrônables stéréotypes. Une idée lui traversa alors l’esprit : il pouvait jouer aux créatures magiques comme avec Gayna et Zack. Shawn opta pour le dragon et la petite pour le boursouf.

- Tu fais pas très peur pour un gradon. Un dragon.

Lui ? Pas faire peur ? Elle allait voir de quel bois il se chauffe ! Il se dressa sur la pointe des pieds et se mit à pousser des cris en essayant de simuler des griffes avec ses doigts. Les deux enfants se chahutaient gaiement, Shawn s’amusait à lui faire des guilis lorsqu’il remarqua que son frère le pointait du doigt et que son père les fixait. Il devait fuir et vite. Il n’avait aucune envie de devoir écouter les sempiternelles réprobations de son père.

-Non, en fait on dirait que je suis un Eschagot !

Il la tira par le bras sous la table et se mit à trottiner courbé en deux.

- C'est nul l'eschagot, en fait je suis un Veaudelune.

-Olala, mais décide-toi ! Moi je sais ce que tu es ! Il l’entraîna à sa suite sous une autre table et termina sa phrase dans ce nouvel abri : tu es un fléreur !

Ils eurent à peine le temps de souffler que la course poursuite reprit de plus belle. Il ne la lâcha qu’une fois hors de la salle. Elle semblait à bout de souffle et s’adossa au mur. Shawn vérifia d’un coup d’œil qu’il ne voyait pas son père. Bien qu’il se sente rassuré, il devait tout de même s’éloigner. C’est pourquoi il n’hésita pas à ouvrir une porte menant à la bibliothèque et à la refermer derrière lui. Enfin, il pouvait se détendre pleinement et fut enclin de nouveau à jouer.

- T'es un dragon très rapide !  


-Héhé oui, j’ai des grandes ailes c’est pour ça. Il imita des ailes avec ses bras.  Plus ou moins au même moment, il lui demanda si elle savait comment on faisait les bébés.

- Tu sais pas comment on fait des bébés ?  Moi je sais, des grands du foyer m'ont dit.  Il se rapprocha, très curieux d’en apprendre plus. Les réponses de ses parents sur ce sujet lui avaient semblé bien légères. Pour faire un bébé, il faut un monsieur et une dame. Il hocha la tête totalement absorbé par ce qu’elle disait.  Le monsieur il met son zizi dans celui de la dame, il écarquilla les yeux et  fixa son entrejambe avant de ramener son attention sur la petite,  ils font des bisous et ils mettent des graines dans le ventre pour faire du bébé qui pousse (comme celui d’Absynthe et d’Elwyn). Mais je sais pas des graines de quoi. Et après, le bébé il sort par le nombril de la dame ?

-C’est pas par les fesses ? questionna-t-il sceptique. Il avait toujours cru que les bébés sortaient par les fesses des dames. Ça doit faire mal quand même, dit-il en se frottant les fesses. Il avait du mal à visualiser comment un bébé pouvait sortir par les fesses ou même le nombril, le trou était trop petit. Quel était donc ce tour de magie ?

- Mais il faut être des grands pour faire des bébés parce que sinon c'est pas très bien.
Shawn la dévisagea en fronçant les sourcils : - Ouais, je veux pas avoir un bébé alors t’approches pas trop. Je sais pas où sont les graines, mais une fois…

Toujours perdu dans ses histoires de graines et de bébés, il ne vit pas le coussin lancé par la petite fille et il se le prit en pleine tête : HEY MAIS ! Trop tard, elle s’était déjà cachée derrière le canapé. Il n’en fallut pas plus pour que Shawn oublie complètement la discussion d’éducation sexuelle et se précipite vers le canapé : tu vas le regretter, fléreur !

Il sauta sur le canapé, mais elle était déjà en train de ramper pour s’échapper. Il éclata de rire et lança un coussin dans sa direction, qui la rata. Ce dernier termina sa course contre une étagère faisant tomber plusieurs livres au sol. Il sauta à terre et courut dans sa direction en criant.

-Sors de ta cachette, floussard !

- On fait une cabane ? Shawn, qui était accroupi à la recherche de la petite, se redressa : alors ça, c’est une bien chouette idée ! On dit que c'était notre maison et que des méchants sorciers voulaient nous enfermer pour manger des gâteaux pas bons ? Ah oui et des potions maléfiques ! Regarde, il y a de la couverture pour faire notre toit !

-Et des livres ! ça protège mieux de la puie !
         
La petite n’attendit pas son feu vert pour se mettre au travail, elle piochait des livres pas trop lourds pour ses petits bras et commençait à les empiler. Shawn retroussa ses manches et l’imita, il prit rapidement la tête des opérations. Meneur dans l’âme, il n’aimait pas vraiment être suiveur et c’est naturellement qu’il se mettait en position de leader, sans pour autant souhaiter commander ou dicter aux autres ce qu’ils doivent faire.

- On mange comment alors ? J'ai soif moi ! Shawn posa un gros livre, tout du moins dans ses yeux d’enfant, tout en haut de la pile et il pivota vers elle en remettant en place son pantalon qui avait glissé laissant apercevoir des vifs. On va voir les tables en cachette et on reviende ? Elle s’accroupit et regarda sous le divan : Pas d'eschagot ici, monsieur le chef dragon !

-PARFAIT ! Il tira sur le drap et l’installa en haut de la pile, puis il lui ordonna : - Va dans la maison, je reviens avec le miam-miam, c’est trop dangereux ! Il sortit de la bibliothèque et trottina jusqu’à l’immense salle de réception. Prudemment, après avoir vérifié qu’aucune trace de son père ou frère ne pointait à l’horizon, il courut jusqu’à la table la plus proche et emporta autant de petits fours qu’il put prendre dans ses petits bras. Il retourna  dans la bibliothèque et se glissa dans la cabane un grand sourire aux lèvres.

-Voilà Mission accomplie ! Wouha, elle est cool notre cabane ! Il avala un petit-four en fixant les murs de la cabane et dans son esprit d’enfant, ils se transformèrent en brique, les livres du milieu devinrent une table.

-Chut ! Il posa son index contre les lèvres de Charlie, écoute. Le monstre est là, il rôde autour de notre maison, il ne nous a pas vu !

Shawn se mit à crier et à trottiner dans la cabane sans prendre gare aux petit-fourres qu’il broyait sous ses genoux : Il faut se cacher, vite !!! Je te protège, dit-il en cherchant du regard une tige pouvant faire office de baguette. Il sortit de la cabane et revient à l’intérieur avec deux branches arrachée sur une plante et un gros livre illustré intitulé Cauchemars en sucre. Il tendit la deuxième branche à sa compagne : tiens ta baguette !

Le jeu avec les baguettes dura un petit moment avant que Shawn ne s’en lasse et décide de s’installer avec le livre sur ses genoux. Il tapota la place à côté de lui : viens je vais te raconter une histoire. Je sais lire ! C’était totalement faux bien évidemment, il reconnaissait quelques syllabes  et pouvait lire des livres pour tout petits, mais ça s’arrêtait là.

Une fois la demoiselle installée à côté de lui, il lui fit un bisou sur la joue : tu sens bon. Cela lui semblait une raison valable pour embrasser une fille. Il s’éclaircit la gorge et ouvrit le livre. Puis il débuta sa fausse lecture en suivant aléatoirement les lignes et en parlant d’une voix déterminée :
Il était une fois une jolie sorcière enfermée dans une tour avec son bébé dragon qui mangeait que du sucre. Il tourna la page : elle s’ennuyait toute seule alors elle décidait de partir à l’aventure sur le dos de son veaudelune. Le voyage était long et dangereux, mais…

Sa voix diminuait au fur et à mesure de l’avancement de l’histoire et il piquait dangereusement du nez. La course poursuite sous les tables et son ventre plein l’avaient épuisé. Après plusieurs minutes à piquer du nez vers le livre, il finit par s’endormir entouré par l’odeur des petits-fours et de la petite fille. Sa tête se posa contre le ventre de sa nouvelle amie de jeux.

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MessageSujet: Re: [01/09/92] "Si ce n'est toi, c'est donc ton frère." (pv Shawn + Hiver 88) Dim 29 Jan 2017 - 20:15

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- Comment tu sais tout ça sur nous ? On est si célèbre que ça ?

La petite secoua la tête négativement, les yeux plissés par un rire intérieur. C'était drôle de constater à quel point il n'avait pas changé, c'était rassurant. Il y avait de cela quatre ans, il lui avait assuré qu'il était prince pour s'imposer comme le chef, aujourd'hui il pensait être "célèbre". Avec le temps et les explications de Mère, Absynthe avait compris la réaction de l'adulte lorsqu'elle lui avait présenté Shawn comme étant un Wang. Eux, oui, ils étaient célébres. Du moins, la petite en entendait souvent parler et avait même reçu comme conseil de Grahams d'être "gentille et obéissante avec l'héritier de cette famille, c'est très important". A l'instant présent, la petite Charlie était incapable de se souvenir du visage dudit héritier, mais elle n'allait pas tarder à se rappeler le petit garçon triste qui faisait les gros yeux lorsque Stanley Wang serait appelé à passer sous le Choixpeau.
En attendant, la blondinette se réinstalla dans le fond de son siège :

- Les gens parlent beaucoup, surtout devant les enfants. Je sais ça parce que, dans un repas, une dame parlait des balais de votre papa. Puis elle a dit que le petit bébé Inoue était vraiment "a-dooo-rable", mais je doute que ce soit encore un bébé, maintenant : elle disait qu'il parle. Sans s'arrêter sur la fautes d'accord, elle se redressa pour imiter Grace en prenant une voix aiguë et agaçante qui ne ressemblait en rien à la voix de sa cousine par adoption : Et leurs jumeaux vont aller à Poudlard avec vous, Absynthe. Elle s'arrêta là, ne répétant surtout pas que Grace avait pris un air pincé en évoquant le fait qu'elle devrait, peut-être, éviter de trop familiariser avec ce genre de personne. De ce qu'elle avait compris, Mrs Loy-Stevenson n'aimait pas Mrs Inoue. Pour son ancienne carrière de mannequinat ? Pour sa réussite en tant que rédactrice en chef ? Ou encore parce que, depuis quelques temps, les Stevenson ouvraient les yeux sur le déclin de leur coffre fort et se mettaient à froncer du nez devant l'arrivée de ces "nouveaux riches" qui commençaient à leur faire de l'ombre. Absynthe ignorait encore tout ça, mais elle devinait l'animosité dans la voix de la mère de Jonas.
- Tu sais, dans ma famille, on dit vous. confia alors l'enfant à Shawn qui, précédemment, lui avait dit de ne pas le vouvoyer. Mon cousin de dix-sept ans, il dit toujours "Vous" à ses parents, et il me dit "vous" à moi aussi. J'aime pas trop, en fait... le ton avait baissé et elle regardait ses chaussures en s’apercevant à quel point combien cela lui faisait du bien de parler "normalement".

C'en était même étrange de parler si facilement. Ou peut-être était-ce le souvenir du dragon qui la poussait à être si bavarde avec les deux garçons, nul ne sait. En tout cas, la conversation dériva naturellement sur l'école et le choix des maisons. Absynthe, qui savait que d'autres écoles de magie existait dans le monde entier, s’intéressa alors à celle où le père des deux garçons avait étudié.
- Mahou pour magie et tokoro pour lieu.
- D'accord, merci ! C'est chouette, moi je ne parle pas du tout le japonais ou une autre langue, juste l'anglais. Comment ça fonctionne là bas ? Il te l'a dit ?

S'en suivit un regard de Zack pour son frère qui ne broncha pas. Lèvres pincées, Absynthe fit la navette entre les deux visages, les iris vertes et ors allant de l'un à l'autre.

- Ce n'est pas grave s'il ne te l'a pas dit...Oui, grossièrement. C’est pas comme Poudlard, il n’y a pas de répartition et de maisons. Les élèves y vont dès l’âge de sept ans et en fait l’uniforme grandit et change de couleurs au cours de l’apprentissage. Pour résumer très succinctement.
- C'est intéressant... C'est pas du tout comme Poudlard... Vous savez, il y a des gens de notre âges qui pensent qu'on va devoir se battre conte des trolls. C'est n'importe quoi. Elle se redressa, très sûre d'elle, le menton lui donnant un air on ne peut plus fière : Tout le monde sait qu'on passe sous le Choixpeau !

La conversation s'orienta alors sur les préférences des maisons et Absynthe tenta d'expliquer ce qu'étaient les ASPICS. Elle, elle n'avait jamais vraiment eu d'examens, juste des contrôles quand elle était en primaire et ça ne durait jamais bien longtemps. Et puis, la perspective de devoir travailler régulièrement dans chaque matière pour pouvoir passer à l'année suivante lui tordait déjà le ventre : elle avait déjà des difficultés lors de ses cours particuliers -les chiffres, elle détestait les chiffres !-, alors elle se savait perdue d'avance s'il s'avérait, dès la rentrée, qu'elle avait un retard. Elle avait fait l'aquisition de sa baguette en bois de saule et en crin de licorne en tout début d'été et il lui avait fallut retourner la boutique complète pour trouver celle qui lui convenait...et encore, Ollivander s'était montré septique quand au crin de licorne, confiant à Mère qu'il imaginait la jeune fille avec du ventricule de dragon, et non pas le poil d'un animal si...passif. Absynthe ne comprenait pas, il lui faudra encore des années pour que les paroles du vendeur prennent un sens. Sa baguette n'était pas faite pour elle, aussi elle ne lui obéirait que très partiellement, mais à l'instant T de notre Histoire, la petite espérait simplement que l'école lui apprendrait à canaliser sa magie : hier encore, elle avait figé Jonas alors que e dernier s'approchait d'un pas trop vif. A la colère dans ses yeux lorsqu'il l'avait vu avec le balai brisé à ses pieds, elle avait pris peur et levé ses bras. Attendu... et quand elle les avait baissé, le corps de son cousin s'était mis en mouvement, mais il avait chuté de surprise. Contrairement à la pie, il n'était pas mort. Par contre, il n'avait pas aimé ça et avait crié très fort...

Et puis s'en suivit l'échange entre les deux frères où Absynthe n'osa piper mot. Là où certains auraient peut-être levé les yeux au ciel en voyant deux gamins se battre à coup de souvenirs, la petite trouvait ça touchant et elle s'empêchait de rire en les écoutants. Elle, son souvenir de bain, c'était avec le cochon d'inde, dans la bassine qui servait de baignoire, mais aussi pour ramasser le linge propre. Alice lui avait mis de l'eau chaude et, toute nue, l'enfant avait trottiné dans le petit appartement pour apporter le rongeur avec elle. D'ailleurs, il avait fait pipi dans le bain. Elle se souvenait aussi des bains à trois, quand Patricia faisait disparaitre la moitié de son visage dans la vieille baignoire, ses yeux bruns comme une tasse de chocolat chaud fixés sur les deux petites qui soufflaient sur la mousse ou s'en faisait une barbe blanche. Absynthe se revoyait couvrir la poitrine de sa mère avec ladite mousse avant de faire un petit tas sur la tête blonde de sa maman qui avait fait de même avec la sienne. De peur que la plus jeune de ses filles ne boive la tasse, la jeune femme l'attirait sur ses genoux pour lui savonner entre les orteils, déclenchant alors les hurlements hystériques de Charlie : elle était extrêmement chatouilleuse ou même sensible au toucher des autres. Il y avait aussi les douches pressées, celles qui terminaient avec de l'eau froide, que Patricia arrivait à tourner en jeu de rapidité. Alice gagnait très souvent, Absynthe terminait bonne dernière, grelottante dans la serviette un peu trop rêche sur sa peau d'enfant, le visage appuyé contre le ventre nu de sa mère.
C'était vraiment étrange de ce souvenir de Patricia. Déjà parce qu'Absynthe était, à ses onze ans, très en colère contre sa mère : à cause d'elle et de son manque de courage, elle avait perdu Alice. Ce vide qu'elle avait dans le cœur, elle le lui reprochait tous les soirs lorsque l'absence de Bretzel se faisait sentir et que la petite fille gardait le regard rivé sur les multiples lumières qui voletaient dans sa chambre en faisant office de veilleuse. Mais ce qui perturbait le plus la blondinette, c'était son incapacité à se souvenir du visage de cette Maman Monstre. Seuls les yeux étaient gravés dans son esprit et il lui faudrait alors attendre quelques années pour reconstituer le puzzle de son visage et constater à quel point elle pouvait lui ressembler.

Le nez baissé sur la baguette ivoire que lui avait confié Shawn, elle n'avait pas de suite prêté attention au bond de ce dernier sur sa copie conforme, mais elle releva le museau bien vite en comprenant ce qu'il se passait.

- Sale monstre, lâche-moi ! Tu m’fais mal !
- Répète un peu et j’te casse le bras !
- Mais lâche-le, lâche-le !! paniqua la petite en tirant le coude de l'aîné Inoue qui réussit à se dégager comme s'il écartait une mouche.
- Monstre ! Monstraieuh !
- Je vais te tuer !
- Vous arrêtez tout de suite !!!
- C’est lui qui a commencé ! Ça lui apprendra la vie !
- Mais il va s'étouffer, arrêêêêête Shaaaawn !!! piailla-t-elle encore avant de se prendre un coup perdu.

Rien ne pouvait la rendre plus folle de rage que de voir deux imbéciles se taper dessus pour une raison aussi futile qu'une moquerie. La blondinette se saisit de la cheville de Zack et tenta de le dégager de l'emprise de son frère qui semblait près à bondir de nouveau. Courageusement, Charlie vint se placer face à lui pour leur crier d'arrêter et de se placer là où elle le demandait.
- Non mais c'est quoi ces manières ! On ne tape pas son frère !
- Ce n’est pas mon frère !firent-ils en chœur et Absynthe tapa du pied pour qu'ils se taisent. Le regard noir fit l'allée et retour entre les deux Inoue avant qu'elle ne déclare :
- Si ! La preuve c'est que vous êtes aussi crétin l'un que l'autre ! gronda la petite blonde en pensant qu'elle ne devait pas dire le mot "crétin" parce que c'était très méchant, mais que ça lui avait échappé.

Après les avoir tous deux sermonnés en bonne et dues forme -même pas de gifles, que de folie !-, la jeune fille se plaignit du coup reçu précédemment, les deux garçons se décidèrent à ouvrir la bouche pour se mettre d'accord sur un point qui fit relever immédiatement le nez en trompette de la gamine :
- Les filles sont terrifiantes quand elles sont en colères.
- Oui.
- Oh, zut, hein ! Toi aussi -elle désigna le futur rouge et or du menton- tu étais "terrifiant" il y a deux minutes. J'ai cru que tu allais l'assassiner ! C'était stupide comme bagarre, vous vous battez pour des choses très bêtes ! Une fois, ça sera grave et vous pourrez bien regretter !

Une rage sourde donnait à ses joues une teinte cramoisie qui n'avait rien d'élégant. La mains toujours sur son mollet, elle fusilla Shawn du regard : pourquoi avait-il changé ? Il allait tout gâcher... Elle ne savait pas si elle était furieuse parce qu'il s'agissait de deux frères, ou parce que c'était Shawn, ou parce qu'elle avait mal, mais le tout additionné lui rongeait le ventre.
Elle était fâchée. C'était un sentiment familier à présent, et le fait qu'elle soit impulsive, comme le répétait si bien Mère, faisait qu'elle explosait dès lors qu'elle était contrariée. Si tel n'était pas le cas, où ça se lisait sur ses traits, où ça explosait bien plus tard avec bien plus de violence.
Absynthe faisait tourner sa cheville dans le vide, un air renfrogné collé sur la frimousse caché par un rideau de cheveux blonds, tandis que les deux garçons se remettaient tout doucement à parler nourriture. Du coin de l'œil, elle vit Zack partager son repas avec son frère et roula des yeux : c'était bien la peine de se taper dessus et de renier les liens familiaux pour redevenir cape et baguette juste après ! Vraiment, les garçons... Ils ne savaient pas réfléchir, hein ! Mère avait raison lorsqu'elle disait que les filles étaient plus mâtures ! LOL KEUR

- C’est vrai que tu préfères ceux-là, moi j’aime mieux avec la sauce ! Absynthe ne put s'empêcher de plisser des paupières, plongées dans sa réflexion : cherchait-il à mettre en valeur leurs différences ? Elle ne comprenait pas pourquoi cette affirmation de Shawn lui paraissait déplacée, mais elle lui semblait inadaptée à l'instant de partage qui avait eu lieu juste avant.
- T’en veux ? C’est un dango, de la pâte de riz gluant.
- Euh...J'ai jamais goûté...
- Chez trop bon !
- Certes... elle ne put empêcher un fin sourire se dessiner sur ses lèvres lorsque son regard croisa celui de Zack. Shawn ne tenait pas en place, c'était une chose qui n'avait pas changé chez lui. Tu as qu’à goûter si tu aimes pas, tu auras qu’à le jeter ! Ou me le donner ! rectifia Zack, ce à quoi Absynthe répondit en hochant la tête : Ne t'inquiète pas, je ne jette pas la nourriture. Et puis c'est à toi, je ne vais pas te le manger. Kandy m'a donné quelque chose aussi, mais je pense que vous connaissez...

Elle tira alors d'une poche de sa valise une petite boîte à goûter où de fines tranches de pain de mie étaient sagement alignées. Deux œufs dans leurs coquilles roulèrent légèrement, mais la blondinette les savait cuit à "la coque" : elle était bien incapable de manger autre chose aujourd'hui tellement son estomac était noué (et pas Inoue...voilà, je me sens d'humeur badine ce soir). Dans un tout petit pot fermé par un couvercle vissé, un fluide jaune clair cherchait à s’échapper de son récipient.

- C'est juste des œufs et on trempe le pain dedans. Et ça, c'est du miel de Voltilleul. Il veut sortir pour voler, c'est dur à étaler mais c'est bon. Un court silence durant lequel le regard de la jeune fille passa de Zack à Shawn qui terminait sa brochette. Revenant à Zack, elle ne put s'empêcher d'hausser un sourcil. Cinq minutes plus tôt, il avait manqué mourir étouffé et insultait son jumeau. Comme s'il avait deviné ses pensées, le garçon se pencha un peu vers elle pour lui souffler : - Y a que quand il mange qu’on a la paix !

Vint alors un nouvel échange entre les garçons et, cette fois-ci, Absynthe était sur le qui-vive : le premier qui se jetterait sur l'autre se prendrait un œuf mi-mollet en plein visage ! Il n'était pas question qu'ils se chamaillent de nouveau et la petite blonde enlevait consciencieusement les morceaux de coquille sur le dessus de son en-cas tout en coulant des regards brefs vers les deux frères.

- ...poche ventrale de ton nundu en peluche !
- ça n’intéresse pas Absynthe !
- Toi aussi t’avais un doudou Absynthe ?

Cette dernière hocha simplement la tête sans pour autant relever le nez de son ouvrage, les sourcils froncés par la concentration : une petite peau ne voulait pas venir et ça la "gênait" de la manger. Mais si la mâchoire se serra un peu, ce n'était certes pas à cause de l’œuf... Shawn avait toujours eu un talent inégalable pour poser les questions qu'il ne fallait pas. Il fait quoi ton papa ? Elle est où ta maman ? Elle n’est pas là ta sœur ? Tu avais un doudou ? Champion du monde de gaffes.
Après un soupir de satisfaction -elle venait de retirer la fine pellicule recouvrant son œuf- Absynthe releva le museau pour fixer Zack un instant, silencieuse, avant d'hausser les épaules :
- Ne t'inquiète pas, je ne le dirais pas à Pourdlard. Dire quoi ? Libre à Zack de considérer que le secret de son nundu en peluche était bien gardé, mais ça pouvait s'appliquer à bien des choses. Vous connaissez déjà des élèves de l'école ?

Un bruit de ferraille se fit entendre et les trois pré-adolescents purent constater que, si la chouette fixait ce que Zack tenait encore en main, le hibou avait commencé à pincer les barreaux de sa cage de son bec, s'agitant alors que la blondinette plongeait sa mouillette dans le jaune. Elle observa l'oiseau, songeuse, en suçotant le bout de pain : c'était bizarre un oiseau qui voulait manger de l’œuf ! Puisqu'il semblait insister, la petite touilla de nouveau la tige de pain de mie avant de la présenter à l'animal, lui tendant son goûter du bout des doigts de peur qu'il ne la pince.

- Il s'appelle comment ? demanda-t-elle alors en retirant prestement sa main. C'est un hibou ? Et là une chouette, alors ! J'arrive jamais à me rappeler lequel des deux a des plumes comme des oreilles sur la tête... Et pour illustrer son propos, elle leva ses index à hauteur de son crâne en les pliant et dépliant comme s'il s'agissait en réalité d'antennes. Ce faisant, la boîte à goûter glissa de ses genoux et elle l'a rattrapa de justesse. Hélas ou "heulaaa", comme on dit chez moi, elle ne fut pas assez rapide pour empêcher le petit pot de miel de valdinguer par dessus et s'écraser sur le sol. Aussitôt, la substance gluante se détacha des bris de verre pour commencer à léviter. Si on était un peu plus attentif, on pouvait deviner que le miel de Viltilleul formait en fait une drôle d'hélice ramifiant à un fil de sucre fin une petite [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] qui vibrait en reproduisant le bruit d'une abeille. Échappant un "oh non !", la blondinette mis de côté son repas pour fixer le miel qui montait, montait, montait... pour tout à coup vrombir en venant s'écraser contre la vitre. Avec une grimace, elle se fit la remarque qu'elle ne mangerait pas le miel parce qu'il état sale, mais elle en oublia d'informer les jumeaux sur ce qui allait se passer par la suite. Et le miel de Voltilleul ne se fit pas attendre : la masse gluante se recomposa pour reprendre la forme précédente et renouveler l'expérience sur le dossier juste à côté du visage de Shawn, puis les pieds d'Absynthe furent visés, Zack évita de peu un projectile visant son entre-jambe c'est Ruth qui aurait été contente ! et le hibou de Shawn fut alors victime d'une embrassade collante ce qui valut au miel de ressortir de cette étreinte avec du duvet et quelques plumes.

- Attrapez-le, attrapez le !!

Absynthe sautillait alors d'une banquette à l'autre dans son collant noir opaque -elle avait enlevé ses chaussures en imaginant les yeux ronds de Kandy si elle s'était mise avec sur les sièges du Poudlard Express- et tentait d'arrêter la boule jaune et visqueuse dotée de plumes beiges et brunes. Plusieurs fois, ils crurent l'avoir immobilisé -ce fut Shawn le premier qui parvint à l'attraper, mais le voltilleul profita que sa prise faiblisse pour brusquement s'échapper- et alors qu'ils pensaient enfin pouvoir en finir avec le miel tapageur, la porte du compartiment s'ouvrit sur une grande. Enfin, elle n'était pas très grande, tout au plus elle faisait un mètre soixante, mais son froncement de sourcil, sa façon de se tenir et l'écusson de préfète en chef à côté du blason de Serdaigle figea la petite blonde. Les yeux sombres de la fille aux cheveux noirs suivirent le mouvement du miel qui s'écrasa sur le mur du compartiment d'en face. Pivotant légèrement et sans mot dire, elle le regarda prendre forme et s'échapper dans le couloir. Son attention revint alors sur nos trois premières années : elle entra, sortit sa baguette et la pointa sur Shawn avant de lui faire un signe de tête visant à lui faire comprendre de se pousser. Là, et sans rien dire, elle restitua le pot en verre qui avait été cassé et nettoya les traces collantes laissées par le goûter d'Absynthe. Cette dernière était trop absorbée par la vision des jambes nues de la septième année. C'était quelque chose qui choquait presque la petite alors qu'elle avait vu mainte et mainte fois Grace montrer ses genoux, mais Mère lui avait affirmé que ce n'était pas une tenue de "jeune fille digne de ce nom". Et, face à elle, la Serdaigle aux yeux en amande lui semblait alors presque vulgaire. Ce n'était pas la jupe, c'était un tout : du grain de beauté sur la pommette à la cravate nonchalamment nouée en passant pas le maquillage de ses yeux bridés. De petites chaines pendaient à sa ceinture, un genre de clou perçait son oreille droite et le pins animé d'un [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] jouait avec une brindille sous le blason de sa maison. Pour autant, ce n'était que des touches par-ci et par-là, rien de choquant pour le commun des mortels. Si Absynthe avait su que les adolescents de Poudlard était très friand du groupe Bizarr' Sisters, elle n'aurait pas été aussi choquée par la tenue de la demoiselle.

- Nous arrivons bientôt à Poudlard. La voix fit sursauter la blonde. Il y avait quelque chose de sec malgré le ton qui se voulait agréable. Il va falloir se mettre en uniforme et enfiler vos robes pour la répartition. Mais avant... La fille fit un mouvement pour sortir et tourna la tête vers le couloir où le miel avait disparut. Les lèvres d'Absynthe formèrent un "O" quand elle vit trois papillons encrés sur la nuque de la PeC s'échapper du col de sa chemise. J'aimerais que vous me retrouviez votre...truc avant qu'il ne fasse plus de dégâts. Bonne chance. finit-elle en s'échappant dans la direction opposée du Voltilleul pour frapper à une nouvelle porte de compartiment.


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Après avoir appris que Shawn était un macho-sexiste que le FEMEN allait décapi...Ah non ? Pardon. Bon, je recommence (a) ceci est à prendre au millième degrés, j'ai bien compris que le couple n'était pas le même en Europe qu'en Asie >.> merci bien, papa Wang, de ne pas me jeter dans la Tamise.
Voilà, j'avais juste envie de me marrer un peu parce que la réflexion de Shawn m'a vraiment fait rire Breeeeef


La petite Charlie ne se formalisa pas sur le fait que le tonton de Shawn ne savait pas passer l'aspirateur : nombre de fois, la voisine de palier de leur petit appartement, à maman, papy, Lili et elle, s'était plainte que son compagnon ne savait pas nettoyer la maison et laissait traîner ses chaussettes sales partout chez eux. Pourtant, les deux petites filles avaient vu le monsieur en question dans l'escalier en rentrant de l'école, et il était avec des poubelles pour les jeter, alors il devait savoir faire un peu du ménage, non ? Peut-être que le tonton de Shawn avait, lui aussi, un problème avec ses yeux et le fait qu'ils soient presque fermés n'aidait pas à voir la poussière ? Mais que sa femme, si, elle pouvait !
Laissant ses théories bien racistes de côtés, Absynthe enchaina sur les escargots et fit une moue triste lorsque -une nouvelle fois !- le petit garçon lui demanda où était sa sœur. Elle inspira profondément pour enfouir son malaise et se présenta en donnant son deuxième prénom, chose à laquelle elle était habituée depuis toute petite.

- J’chuis pas un pécialiste des noms.
- T'es un paciliste de piquer le verre des autres, toi. le gourmanda gentiment la petite en faisant les gros yeux, index faisant "non non non" dans l'air.
- Ma maman m’a dit que mon prénom, ça veut dire « Dieu pardonne » et toi le tien, ça veut dire quoi ?
- Mais t'es pas Dieu ! s'indigna alors la petite en se demandant ce qui avait bien pu passer par la tête de la maman de Shawn au moment de nommer son fils -quelle ironie- et de l'appeler "Dieu". Et tu pardonne pourquoi ? Ils te font du mal, les gens ?

Petit à petit, la discussion évolua pour finalement se tourner vers un jeu que Shawn avait choisi et qui restait familier à la petite fille : jouer aux créatures magiques, c'était comme jouer à être un animal, jouer à être un pokémon, jouer à être un chevalier ? Parce que, oui, si Alice jouait la princesse, alors Charlie était le chevalier. Une passoire sur la tête en guise de casque, le couvercle de la casserole en bouclier et son petit tricycle d'intérieur en fidèle destrier, et le tour état joué !
Mais c'était bien compliqué de se fixer sur une seule créature alors que les deux enfants fuyaient "le monstre" que Shawn avait vu arriver, alors la petite blonde ne cessait de changer d'identité. Lorsqu'elle déclara être un Veaudelune, elle se masqua le visage pour singer la timidité, seulement son acolyte ne semblait pas valider l'idée de ce qui ressemblait à un petit poney mutant aux yeux globuleux.

- Tu es un fléreur !
- Ah ...

Ah.
Absynthe ignorait ce que pouvait être un fléreur. Dans son petit crâne, le nom s'associa à l'image d'un animal ressemblant à un chien qui reniflait partout. Un chien pour la chasse. Un Basset aux yeux tristes, comme celui qu'avait la dame qui discutait avec papy lorsqu'Edouard les emmenait au parc. Il trouvait qu'elle ressemblait à un chien ? Soudain, une idée désagréable frappa la petite qui fronça les sourcils et frappa le derrière de son camarade qui se tenait juste devant elle. Ce pendant, elle faillit rater son coup puisque Shawn se redressait pour sortir par la grande porte et les doigts de la petite ne firent qu’effleurer les fesses du petit garçon, amoindrissant ainsi la fessée initialement prévue.

- Tu dis ça à cause de mon nez, c'est ça ?!

Eh bien oui, la petite Charlie voyait dans cet appellation de fléreur un rapport avec son petit nez en trompette qu'elle détestait tant depuis maintenant un an.

- Je renifle pas, d'abord ! scanda-t-elle dans sa course pour le rattraper sous l'oeil rond d'une sorcière qu'elle avait manqué de faire tomber en surgissant de sous la table.

Ce fut rapidement oublié lorsque les deux enfants se retrouvèrent dans une pièce s'apparentant à une bibliothèque. Cette vision arracha un sourire à la gamine qui se remémora le dessin animé de la Belle et la Bête, lorsque la Bête offrait à la demoiselle la possibilité de rester des heures et des heures avec des livres.
La question sur les bébés tira la petite Charlie de sa contemplation et, après s'être étonné de l'ignorance de son camarade quand à ce sujet, elle commença à lui expliquer la façon dont il fallait s'y prendre pour avoir un bébé. Le mystère quand à la sortie de cette petite chose restait entier et la suggestion de son camarade la fit rire :

- Par les fesses ? Mais on est pas des cacas, oh, on sort pas des fesses ! Sinon la maman elle peut croire que son bébé il doit nager dans les toilettes et faire dodo dedans. Quelle drôles d'idées avait Shawn ! La petite ne remit pas du tout en cause sa propre logique : pour elle, les bébés ne pouvaient pas sortir des fesses, il y aurait confusion. Les humains étaient si bêtes qu'ils ne feraient sûrement pas la différence entre leurs besoins et leur progéniture. Il doit sortir par le nombril. affirma-t-elle alors, convaincue, le doigt tripotant le semi-orifice en question à travers son vêtement.
- Ça doit faire mal quand même.
- Pourquoi tu frottes tes fesses ? Et puis le bébé il va pas sortir de toi, tu es pas une dame. ... Tu es une dame ? Le doute... Oui, tu ressembles à un monsieur, je me disais bien ! Mais il faut être des grands pour faire des bébés parce que sinon c'est pas très bien.
- Ouais, je veux pas avoir un bébé alors t’approches pas trop.
- On est trop petits pour faire du bébé ! La petite mit les poings sur les hanches et gonfla ses joues de contrariété : il n'avait pas écouté ! En réalité, ils n'avaient pas compris la même chose. Et puis je veux pas des bébés avec toi, moi non plus. T'es peut-être le prince d'ici, mais il faut pas pousser des mémés dans les otites. répliqua Charlie avec un air de grand, une seule main sur la hanche alors que l'autre prenait un coussin sur le sofa.
- Je sais pas où sont les graines, mais une fois…

Plooof. Le polochon se heurta au visage du petit garçon en un bruit mou avant de s'écraser par terre. La petite fille profita alors du moment de trouble pour se faufiler derrière un meuble, sa silhouette étroite aidant beaucoup. Lorsque son camarade de jeu la nomma de nouveau "fléreur", elle poussa un soupir bruyant avant de grommeler : Eh bah le fléreur il dit que tu sens la crotte de fesse ! fit-elle avec la répartie des enfants de son âge. Puis, elle se fit peur toute seule en pensant que la pression sur sa cheville était celle de Shawn l'ayant rattrapé et se débattit en hurlant...avant de se rendre compte que ce n'était rien d'autre que sa deuxième jambe.
- Sors de ta cachette, floussard !
- Ah bah faut savoir, je croyais que j'étais du fléreur ! Et comme si leur échange n'était pas déjà assez absurde, Charlie passa du coq à l'âne en proposant subitement de faire une cabane.

Les enfants se mirent rapidement à l'ouvrage, empilant les bouquins en piliers pour finalement tendre une couverture sur le dessus. Le tout formait une petite hutte. En bel homme courageux et gentleman qu'il était -à d'autre, macho !-, Shawn se proposa pour aller chercher de quoi nourrir leur duo, chargeant ainsi sa compagne de finir l'intérieur de la cabane. (Donc, à faire le ménage. Merci à ceux qui suivent !) Il revint rapidement, les bras chargés de victuailles et la blondinette n'osa pas lui reprocher d'avoir oublié les boissons. Tous deux se mirent à s'extasier devant leur création.

- C'est chez vous, monsieur ? C'est très pitre au reste, mais fort sympathique tout en la demeure ! se réjouit maladroitement la petite fille en regardant autour d'elle, les jambes croisées comme une dame alors qu'elle s'asseyait sur ce qui était censé être une table. Imiter les adultes était également un jeu fascinant, quoiqu'un peu répétitif : ils s'avéraient souvent inintéressantes et ennuyeux. Absynthe ignorait encre que leurs petites manies allaient devenir sienne au fil du temps.

L'index de Shawn le dragon vint alors s'appliquer sur sa bouche et la gamine loucha pour regarder le doigt tandis que le petit garçon l'avertissait de la venue du monstre. Plaquant ses deux mains sur ses lèvres pour ne pas faire de bruit, Charlie tenta d'arrêter son camarade qui, à genoux, faisait le tour de la table. Elle ne réussit qu'à lui tomber dessus, à plat ventre sur les jambes de ce dernier, et ils manquèrent tous deux de heurter l'un des piliers de la cabane. Bravo, lui qui disait vouloir la protéger...

- Je peux protéger toi aussi, moi ! Je suis très forte ! affirma-t-elle en forçant sur ses biceps de par et d'autre de son visage.

Alors que la gamine cherchait à rajuster la couverture qui faisait office de toit, Shawn partit à l'aventure dehors pour lui rapporter une baguette de fortune et les deux enfants commencèrent à se battre en duel contre des ennemis invisibles, se chahutant gaiement lorsqu'il fallait choisir qui avait vaincu le monstre et Absynthe vociféra plusieurs fois en répétant qu'elle aussi elle pouvait gagner. Elle fut la première à bailler, mais ce fut Shawn qui coupa le jeu en proposant une lecture.

- Viens je vais te raconter une histoire. Je sais lire !

Elle aussi savait, un petit peu, mais elle lisait trop mal. Aussi, elle n'osa rien dire de peur qu'il lui demande de lire également : les enfants de sa classe se moquaient quand la maîtresse demandait à ce qu'elle lise un texte tout haut. En plus, c'était un très gros livre ! Très impressionnée par les compétences du dragon, la petite s'assit tout contre lui pour regarder le peu d'image qu'il y avait : des lettres très jolies bien décorées. Mais c'était tout.
Le baiser sur sa joue la prit par surprise, mais c'était loin d'être désagréable. Gênée et émue par l'aveu de son camarade qui aimait sans doute l'odeur de shampooing mélangé à celle de sueur de deux gamins courant partout, elle se tortilla, mais sur les genoux, sans trop savoir quoi faire. Finalement, elle se hissa vers sa joue à lui pour tenter de lui rendre son bisou, mais sa bouche rencontra le haut de la pommette, juste au coin de l'œil en amande de Shawn.

- Mais on n’est pas des amours, hein ? On a dit pas de bébé qui pousse. s'enquit alors la blonde en se demandant, comme Elwyn, si on pouvaient aussi faire des bébés en faisant des bisous... Non, cette idée état définitivement stupide.

L'histoire commença alors et Charlie pinça les lèvres : il lisait vraiment vite, il devait être très fort ! Par contre, comment autant de mots et de lignes pouvaient former aussi peu de phrases ? Shawn avait déjà tourné une page et la gamine suivait avec attention le déroulement de l'histoire, le regard suivant le doigt de son camarade sans lire les mots qu'elle ne connaissait de toute façon pas. La fatigue rattrapa bien vite le jeune garçon qui finit par se coucher, tête sur le ventre de Charlie qui s'était elle-même mise vers l'arrière, adossée à la pile de livres qui formait la table.

- Tu fais dodo ? osa chuchoter la blonde après avoir attendu un temps, de peur d'agacer le dragon.

Le silence s'installa, et la petite commença à jouer avec les cheveux de son camarade, chuchotant pour elle même des histoires comme quoi Shawn était un animal qu'elle avait trouvé dehors et quelle avait invité dans sa cabane car il avait froid. Elle n'était pas sûre que le garçon apprécierait cette version de l'histoire, aussi elle faisait attention à ne pas le réveiller tout en cherchant à faire de toutes petites tresses dans ses cheveux trop courts. Un grincement se fit alors entendre et la blondinette retint son souffle en comprenant que le monstre arrivait. Saisissant sa baguette rapportée par Shawn, elle la pointa vers l'entrée de la hutte avec un air déterminé. Des pas. Les monstres avaient pleins de pieds ou alors ils y avaient plusieurs monstres ! Après quelques secondes de silence complet, des murmures se firent entendre, un "BANG" retentit, une voix féminine réprimanda quelqu'un et, brusquement, le visage du monstre s'afficha dans l'ouverture de la cabane.

- Alakazam ! couina faiblement l'enfant avant de faire les yeux ronds : le monsieur qui se trouvait dans l'embrasure de leur porte n'était pas le monstre. Pardon monsieur, j'ai cru que tu étais le monstre qui veut nous faire manger les gâteaux pas bons. expliqua Charlie en un chuchotement tout en reposant la baguette. Un deuxième visage apparut alors et Absynthe reconnut le frère de Shawn, celui qui les avait regardés bizarrement. Son regard vert et or fit l'allée-retour entre les deux copies, le visage dans l'ouverture et celui sur son ventre, et la petite finit par confier : C'est mon grad...dragon, il dort car il a bien chassé les méchants.
- Draco dormiens nunquam titillandus.

Le bas de la robe de Jacynthe apparut alors derrière le petit garçon qui ressemblait à Shawn tandis qu'une autre silhouette se dessinait aux côtés du monsieur.

- C'est pas de l'anglais... Charlie se recroquevilla, craignant le regard de la vielle femme. Serait-il réprobateur...?
- Non, Absynthe. "Ne chatouillez pas un dragon qui dort", voilà ce que ça veut dire.
- Mais c'est lui qui m'a chatouillé, j'ai pas chatouillé... geignit la gamine qui comprenait de moins en moins.

Tout à coup, le toit en couverture s'envola et les livres partirent dans les airs pour retrouver leurs places d'origines. Ébahie, Charlie secoua légèrement l'épaule de Shawn avant de tomber complètement à la renverse lorsque son dossier se fit la malle quelle te-pu cette lamalle :D.

- Regarde, c'est de la magie ! réussit-elle tout de même à articuler avant de se redresser sur les coudes et de le fixer, désolée : Ils ont cassé notre belle maison. Et tu m'écrabouille un peu le ventre.

L'ancienne psychomage les fixa avant de glisser un œil aux parents Inoue. Son attention revint alors sur les deux enfants et, la voix calme, appuyée contre sa cane, elle inclina la tête sur la droite. Charlie savait très bien ce que signifiait ce regard et la sensation d'être ainsi observée la mit mal à l'aise.

- Vous vous êtes construit une maison ? Et, monsieur Inoue, vous êtes...un dragon, si je ne m'abuse ? Monsieur Inoue était un dragon ? Qui était Monsieur Inoue ? D'instinct, Absynthe regarda le seul vrai monsieur de la pièce qui se trouvait, en effet, être un Monsieur Inoue. Et Absynthe, vous êtes...?
- Shawn, il dit que je suis un fléreur, mais je veux pas qu'il se moque de mon nez...

Un temps...
Jacynthe Stevenson eut un sourire et s'approcha des deux enfants en les invitant à se relever, allant même jusqu'à épousseter l'épaule du petit garçon avant de défaire complètement la natte de sa fille adoptive. Tous deux n'avaient plus rien de présentable.

- Savez-vous ce qu'est un flaireur ? Signe négatif de la tête, regard baissé sur son unique chaussure : l'autre avait été perdue dans la bataille contre les méchants imaginaires. C'est une très jolie créature magique qui ressemble à un chat. Les yeux vert et or se relevèrent pour se diriger vers ceux de son camarade de jeu et un petit sourire timide vint se dessiner sur les lèvres fines. Jacynthe ne crut pas utile de préciser que ledit chat avait de très grandes oreilles, inutile d'inquiéter de nouveau l'enfant sur la taille des siennes. Bien. Monsieur Inoue, Madame Inoue... et jeunes hommes, ce fut un plaisir. J'aurais préféré faire votre rencontre dans des circonstances plus convenables, mais il faut bien que jeunesse se passe.

Et alors que Charlie se hissait vers l'oreille de Shawn pour lui murmurer quelque chose, les adultes firent silence rendant le secret audible pour les trois adultes et le frère de Shawn :

- C'est ta maman ? Elle a pris de la graine de bébé qui pousse ?


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DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 30 mars 1981 à Glasgow
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MessageSujet: Re: [01/09/92] "Si ce n'est toi, c'est donc ton frère." (pv Shawn + Hiver 88) Mar 28 Fév 2017 - 0:48

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- Les gens parlent beaucoup, surtout devant les enfants. Je sais ça parce que, dans un repas, une dame parlait des balais de votre papa. Puis elle a dit que le petit bébé Inoue était vraiment "a-dooo-rable", mais je doute que ce soit encore un bébé, maintenant : elle disait qu'il parle.  Shawn fronça les sourcils, cette histoire de repas et de balais lui disait très vaguement quelque chose. De plus, la façon de s’exprimer, un brin enfantin, ne lui était pas totalement inconnue, mais il était incapable de saisir ce souvenir brumeux. Et puis des repas, il en avait fait un nombre incalculable dans son enfance et n’en gardait pas des souvenirs impérissables alors il pouvait très bien confondre.

- Ah notre petit frère, Josh ? Oui, il commence à parler.

Shawn l’imita en exagérant : « veux pas dodo ! »

Leur mère avait eu peur d’avoir de nouveau des jumeaux, car mine de rien les premières années de Shawn et Zack avaient été éreintantes. Quand ce n’était pas l’un qui faisait des bêtises, c’était l’autre. Deux véritables petits démons sur jambes qui pleuraient pour un rien et ne pensaient qu’à manger. D’ailleurs, Zack avait tendance à ouvrir le frigo pour voler des aliments et comme Shawn n’était jamais loin, il se prenait fréquemment la porte du frigo en pleine tête. Il se relevait aussitôt pour aider son frère à accomplir le méfait. Ils adoraient également « danser » sur la musique grinçante du vieux tourne-disque ensorcelé de leur mère et ce n'était pas grave si c’était toujours le même refrain usé. Ils dansaient jusqu’à épuisement en secouant leurs petites jambes potelées. On pouvait dire que les deux garçons avaient fatigué leur mère et surtout l’elfe de maison.

Et leurs jumeaux vont aller à Poudlard avec vous, Absynthe. Elle avait adopté une posture et voix d’adulte. Mais ce qui avait surtout choqué Shawn, c'était le vouvoiement.

- Tu sais, dans ma famille, on dit vous.   Mon cousin de dix-sept ans, il dit toujours "Vous" à ses parents, et il me dit "vous" à moi aussi. J'aime pas trop, en fait...

- Oui, c’est un peu nul.

Les trois enfants échangèrent alors à propos des maisons et de Mahoutokoro. Zack expliqua succinctement les différences avec Poudlard.

- C'est intéressant... C'est pas du tout comme Poudlard... Vous savez, il y a des gens de notre âge qui pensent qu'on va devoir se battre conte des trolls. C'est n'importe quoi.  Tout le monde sait qu'on passe sous le Choixpeau ! Elle s’était redressée et les fixait, le nez relevé, dans une posture de défi.

- C’est quoi un choixpeau ?

Zack secoua négativement la tête en regardant son frère. Lentement, mais surement la patience –inexistante-  de Shawn s’effilocha au gré des pointes de son frère. Ce qui devait arriver arriva, l’aîné se jeta au cou de son cadet et tenta de l'écraser de tout son poids. Zack avait beau se débattre et être légèrement plus grand, il était clairement en position de faiblesse, incapable de reprendre le dessus sur son frère. Ce ne fut que lorsque Zack lui échappa en tombant lourdement au sol, que ce dernier put enfin reprendre son souffle et se redresser en massant son bras douloureux.

Absynthe semblait en colère et les fixait l’un après l’autre, sourcils froncés. Elle les engueula tour à tour en soulignant le fait que leur réaction était vraiment mal venue.  Lorsqu’ils crièrent qu’ils n’étaient pas frère, elle leur répliqua qu’ils étaient clairement frères parce qu’il était tous les deux des « crétins ».

Ils détournèrent la tête, boudeurs. Shawn fit remarquer que les filles en colère étaient terrifiantes.

- Oh, zut, hein ! Toi aussi, tu étais "terrifiant" il y a deux minutes. J'ai cru que tu allais l'assassiner !

Shawn entrouvrit la bouche, mais la referma et fixa le paysage qui défilait par la fenêtre. « Tu es effrayant », « tu as vu ses yeux ». Zack détourna la tête : c’est ce qu’il comptait faire.

- Non ! Bien sûr que non, je ne suis pas un assassin ! ça c’est toi qui le dis. Quand on cherche, on trouve ! D'ailleurs, je te conseille d'arrêter tout de suite ! Zack fronça les sourcils, mais n'ajouta rien de plus.

-C'était stupide comme bagarre, vous vous battez pour des choses très bêtes ! Une fois, ça sera grave et vous pourrez bien regretter !

Shawn fixait à présent ses chaussures, perdu dans ses pensées. La jeune fille avait l’air très en colère, il ne savait pas comment détendre l’atmosphère parce que cette ambiance tendue ne lui plaisait pas du tout. Il n’aimait pas non plus lorsque les gens étaient en colère contre lui.

-Tu as entendu ?

-Tais-toi. Il fusilla son frère du regard, ce qui le fit taire dans la seconde.

Shawn dont la colère était explosive, mais retombait aussi sec se calma après quelques minutes, le temps d’endormir la lave en fusion qui sommeillait en lui. Il se mit à déclarer qu’il avait faim, Zack partagea alors ses dangos avec lui avant d’en proposer à Absynthe qui refusa poliment, car elle avait son propre goûter également fait par un elfe de maison au vu du nom.

Sous l’œil des jumeaux, la petite sortit une petite boîte qu’elle ouvrit. Une odeur d’œuf dur embauma le compartiment.

Zack rigola : ça sent comme dans la chambre de Shaw.. Il ne termina pas la phrase, probablement qu’il gardait un souvenir amer de son altercation avec son frère ou alors c’était la colère d’Absynthe qui l’avait freiné.

- C'est juste des œufs et on trempe le pain dedans. Et ça, c'est du miel de Voltilleul. Il veut sortir pour voler, c'est dur à étaler mais c'est bon.

-J’peux goûter ? Questionna Shawn qui avait déjà piqué un morceau de pain.

Les deux frères échangèrent alors à propos de souvenirs de leur enfance. Shawn lorgnait avidement Absynthe en train de retirer la coquille de son œuf, il se demandait s'il allait pouvoir en goûter un bout.

- Ne t'inquiète pas, je ne le dirais pas à Pourdlard.  Zack la dévisagea le visage totalement fermé. Il semblait jauger sa sincérité. C’est pas intéressant de toute façon !  Vous connaissez déjà des élèves de l'école ?

-Non ! Que de nom pour certaines familles.

Affamé et surtout gourmand, l’hibou de Shawn mordillait les barreaux. La petite lui tendit un bout de mie de pain.

- Il s'appelle comment ?  Père, enfin son vrai nom c’est Bubo, mais il a la même tête que mon père avec ses sourcils froncés. Zack s’étouffa avec les restes de son onigiri, de telle sorte qu’il était impossible de savoir si c’était à cause d’un éclat de rire ou de la surprise. C'est un hibou ? Oui, un grand-duc ! Et toi tu as quoi comme animal ? Et là une chouette, alors ! J'arrive jamais à me rappeler lequel des deux a des plumes comme des oreilles sur la tête...  Elle imita les plumes avec ses deux doigts au-dessus de sa tête. Zack répondit mollement : oui, la mienne c’est une chouette lapone.

-Moi je voulais un chat ! Mais mon Chich… père voulait pas car ça sert à rien ! Shawn se rapprocha d’Absynthe et murmura à son oreille : tu trouves pas que sa [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a une tête effrayante ?

À peine eut-il prononcé ses mots que la boîte glissa des genoux de la jeune fille et s’écrasa bruyamment au sol faisant sursauter les jumeaux, mais également leurs volatiles. Le pot se brisa et son contenu se répandit au sol. Le miel se mit alors à léviter sous le regard ébahi des enfants.

- Il tente de s’enfuir !!! s’écria-t-il en essayant de se jeter dessus, mais il le rata de peu et termina sa course sur le fauteuil voisin juste à côté de son frère qui poussa un cri de surprise. Le miel bourdonnait comme une énorme abeille prenant de plus en plus d’altitude. Zack se bouchait les oreilles, la mine renfrognée lorsque finalement, le miel vint s’éclater contre la vitre. Shawn se redressa, les cheveux dans tous les sens, pour découvrir le miel dégoulinant le long de la vitre reprendre forme et exploser de toute part. Une viscosité jaune s’écrasa à quelques centimètres du visage de Shawn qui était à présent hilare, debout sur le siège, Zack contemplait les yeux écarquillés la tâche qui s’était écrasée entre ses jambes.

- Attrapez-le, attrapez-le !!

Shawn applaudit en éclatant de rire : - attrapons-le ! Vite ! Il trépignait d’impatience sur son siège et se jeta sur la matière jaunâtre remplie de plumes. Malheureusement le miel était agile, car le jeune homme rata à nouveau sa cible et dans l’euphorie, faillit percuter Absynthe qui avait retiré ses chaussures et sautillait d’une banquette à l’autre. Zack aussi s’était mis en chaussette et essayait de capturer le miel qui salissait tout le compartiment.

-Tout est collant ! C’est dégoûtant ! Shawn pour toute réponse éclata de rire. Il avait du miel dans ses cheveux qui coulait le long de sa tempe. Après plusieurs minutes de combat, il finit par attraper la masse gluante au moment même où la porte du compartiment s’ouvrait sur une jeune femme. Il lâcha le miel et s’écrasa sur le siège en ricanant les quatre fers en l’air. Shawn avait surtout profité du chaos pour se défouler. Lorsqu’il se releva, il vit briller un blason et bien qu’il ne savait pas ce que cela signifiait, pour lui c’était signe d’autorité et donc la fin de la rigolade. Le miel avait dû penser la même chose, car il disparut dans le couloir sans demander son reste.

Sans un mot, elle pénétra dans le compartiment, baguette pointée sur Shawn dont le sourire avait disparu aussi rapidement qu’il était arrivé. Il s’écarta de son chemin sans la quitter du regard : - Bonjour Madame. Zack s’était rassis et avait renfilé, ni une ni deux, ses chaussures. Elle répara le pot et prit la parole :

- Nous arrivons bientôt à Poudlard. Il va falloir se mettre en uniforme et enfiler vos robes pour la répartition. Mais avant... Zack la dévisagea le visage fermé et Shawn lui demanda : -C’est quoi ta maison ? J'aimerais que vous me retrouviez votre...truc avant qu'il ne fasse plus de dégâts. Bonne chance.  

-Oui, chef ! s’écria Shawn qui empoigna sa baguette sans prendre la peine de se rhabiller et qui déboula dans le couloir. Son haut était complètement sorti de son pantalon et ses cheveux étaient dans un sale état. Allez venez !! Zack trottina derrière Absynthe sans prendre la peine d’emmener sa baguette : - tu comptes le stopper comment, tu ne connais aucun sort ! Bien sûr que si j’en connais ! Demande à la dame de nous aider ! Shawn, attends nom d’un dragon ! HI ah, Yeah en avant les amis ! dit-il en faisant un clin d’œil à Absynthe.

Shawn n’écoutait pas les plaintes de son frère, s’il avait envie de demander l’aide de Miss pas commode, qu’il le fasse ! Des visages curieux sortirent la tête du compartiment pour voir un petit garçon débrayé beugler en pointant du doigt une sphère jaune suivi de près par son sosie et une petite fille. Une porte s’ouvrit à quelques mètres devant le trio sur une jeune fille aux cheveux mal peignés : - C’est pas bientôt fini ce raaaaaaaaaah, elle se baissa juste à temps pour éviter le miel qui pénétra dans le compartiment où se trouvait un asiatique haut comme trois pommes en train de lire un livre qui semblait faire trois fois sa largeur.Le gamin releva trop tard la tête et n'eut pas le temps d’esquiver une giclée de miel qui vint tâcher son costume parfaitement repassé. Le petit garçon fixa longuement la tâche avant de refermer d'un coup sec son livre.

-Qu’est-ce que…

-Aidez-nous à l’attraper ! Shawn venait de pénétrer à son tour dans le compartiment et claqua la porte sur le nez de la jeune fille décoiffée lorsqu’Absynthe et Zack l’imitèrent. Hey mais ! Tu te crois où ! Elle rouvrit le compartiment et claqua la porte avec hargne. T'as cru t'étais chez... Splash. Le miel qui avait désiré s'enfuir par la porte s'écrasa en plein sur son visage ce qui fit éclater de rire Shawn. À cinq dans le compartiment, ils étaient à l’étroit et la demi-portion s’était levée (bien qu’on ne voyait pas la différence entre assis ou debout selon Shawn). Zack inclina la tête bien bas lorsqu’il reconnut Stanley Wang. Shawn, trop occupé avec le miel volant qui s'était décollé du visage de la brunette, en oublia les formalités. Nous sommes désolés, nous n’arrivons pas à arrêter ce miel… On ne..

-Mais tais-toi un peu et agis !

La jeune fille arqua un sourcil : c’est qui ces excentriques ? Tes cousins ?

Stanley ne prit pas la peine de répondre à cette question plus qu'offensante. Il sortit plutôt sa baguette en bois de huanghuali et fixa tour à tour les trois intrus avant de demander : -vous avez un contenant dans lequel remettre ce miel ?

***
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Shawn avait entraîné à sa suite la petite fille sans même penser aux représailles de son père. Il aurait tout le temps d’y penser une fois à la maison, parce que oui, il connaissait son père et savait qu’il ne dirait rien en face d’autres gens. Il ne fallait jamais perdre la face, surtout pas en société. Shawn avait eu l’idée de jouer au jeu des animaux fantastiques, jeu favori de Zack et Gayna. Shawn prenait toujours le dragon, Zack le nundu et Gayna la licorne. Ce jeu consistait principalement à se courser dans le jardin afin de savoir qui était le plus fort ou s’allier pour combattre les ennemis les plus puissants, ceux de l’imagination infinie d’un enfant.  Ce jeu ennuyait rapidement Gayna qui le transformait à sa convenance en piquant des caprices. Elle préférait jouer aux jeux des trois fléreurs-voleurs. Le but était de pénétrer dans le manoir Inoue et de voler la nourriture ou autres sans se faire repérer par Ptyra qui s’arrachait ses derniers cheveux lorsqu’elle devait rattraper les trois chenapans. Ce n’est donc pas pour rien que Shawn avait fini par décider que l’animal d’Absynthe serait un fléreur. Toutes les filles aimaient les fléreurs, non ? Mais voilà le soucis, Absynthe n'était pas comme "toutes les filles". Elle comprend tout de travers, selon Miller.


- Tu dis ça à cause de mon nez, c'est ça ?!

- Ton nez ? Il fronça les sourcils sans pour autant ralentir sa course.

- Je renifle pas, d'abord !           

-Tu renifles que si tu attrapes le rhume !  Ils finirent par atterrir dans une grande bibliothèque et Shawn questionna la demoiselle sur la façon de faire des bébés. Une grande question après tout.  

- Par les fesses ? Mais on est pas des cacas, oh, on sort pas des fesses ! Sinon la maman elle peut croire que son bébé il doit nager dans les toilettes et faire dodo dedans. Il doit sortir par le nombril.


- Tu crois que ça sort par le nombril … C’est trop petit ! Tu y connais rien ! Moi une fois, une fois, j'ai mis mon doigt dans mon nombril et bah, ça, ça sentait comme le fromage.

- Pourquoi tu frottes tes fesses ? Et puis le bébé il va pas sortir de toi, tu es pas une dame. ... Tu es une dame ? NON JE SUIS PAS UNE DAME OH ! C’est toi la fille ! Oui, tu ressembles à un monsieur, je me disais bien ! Ah oui ! Il était entièrement d'accord. Mais il faut être des grands pour faire des bébés parce que sinon c'est pas très bien.


Shawn lui fit remarquer qu’il n’avait ps envie d’avoir un bébé et qu’elle devait, par conséquent, tenir ses distances. Moi des fois, j'allais dans la cave, il frotta vigoureusement le bout de son nez qui le grattait, alors que c'est interdit parce que y a des trucs qui coupent et puis,  y a aussi des traqueurs. Et ça c'est pas très bien aussi.

- On est trop petits pour faire du bébé !  Et puis je veux pas des bébés avec toi, moi non plus. T'es peut-être le prince d'ici, mais il faut pas pousser des mémés dans les otites.

Shawn fronça les sourcils, vexé : - Et pourquoi tu veux pas de bébés avec moi ? Parce que tu en veux un avec Elwyn ? Bien qu'il avait dit exactement la même chose plus tôt, le fait d’entendre qu’elle n’en voulait pas avec lui ne lui plaisait pas du tout. Il la fixait on ne peut plus sérieux : c'est parce que tu as décidé, mais tu es pas toute seule à décider !

C’est alors qu’il se prit en pleine face un coussin lancé par la petite clôturant le débat houleux sur la conception d’enfants. Cherchant à se venger, il lui partit après en criant. S’ensuivit une course poursuite qui se termina rapidement lorsque la demoiselle proposa de construire une cabane. Shawn avait toujours aimé les cabanes et il accueillit cette proposition avec enthousiasme et bonne humeur. Il comptait bien lui montrer à quel point il savait faire les cabanes ! Les deux enfants se mirent alors à construire cet abri avec des livres et une vieille couverture, l’imagination débordante et le goût d’aventure propres aux enfants faisant le reste. L’imagination modélisait leur moindre désir, transformant le tas de livres en cabane en bois dans les bois, puis en petite maison avec une cheminée où il fait bon vivre. Une maison bien différente du manoir Inoue en somme. Shawn pouvait presque entendre crépiter la bûche dans l’âtre.


- C'est chez vous, monsieur ? C'est très pitre au reste, mais fort sympathique tout en la demeure !


 - Oui, c’est une modiste demeure, il reprit les propos de son père présentant le manoir à un de ses clients, il reste encore beaucoup de travail pour la énover.

Maintenant qu’ils étaient bien installés, Shawn visualisait parfaitement l’intérieur de leur foyer. Une table au milieu de la pièce, un énorme tapis près de la cheminée avec un chien endormi comme il avait vu dans certains livres racontant l’histoire des moldus. Un monstre approchait, ils devaient protéger leur maison. Les deux enfants étaient fin prêts pour affronter le monstre. Enfin jusqu’à ce qu’elle s’écroule sur ses jambes et le fasse s’écraser sur le sol, son menton heurta sèchement le parquet et le petit garçon vit les étoiles et la lune danser devant ses yeux pendant quelques secondes durant lesquelles il râla :


- Je peux protéger toi aussi, moi ! Je suis très forte !

-Aie, tu m’as fait mal ! Je joue plus avec toi si c’est pour me faire mal ! Voyant le visage de la petite perdre ses couleurs, il se reprit : - Pleure pas, c’est une blague. Je joue encore avec toi, dit-il en se frottant le menton. Mais il faut faire attention… Sur ces mots, il partit à la recherche de baguettes de fortune avec lesquelles ils jouèrent pendant quelques minutes avant que Shawn ne se lasse et décide qu’il était temps de raconter une histoire. Ils s’installèrent l’un contre l’autre. Heureux comme un coq en pâte de l’attention de la demoiselle, il l’embrassa même sur la joue. Elle vint l’embrasser au coin de l’œil ce qui lui décrocha un grand sourire et lui fit pousser des ailes.
         
- Mais on n’est pas des amours, hein ? On a dit pas de bébé qui pousse.

Il  haussa les épaules d’un air boudeur : si tu l’dis ! Si tu m’embrasses c’est que tu es ma chérie !, et n’ajouta rien de plus, préférant se concentrer sur son histoire de princesse. L’aventure du petit garçon prit vie petit à petit.

Shawn piquait dangereusement du nez et la fatigue finit par avoir raison de lui au milieu du voyage de la princesse si bien que son nez finit sa trajectoire contre le ventre de Charlie. Si les bébés poussaient par le nombril alors pour sûr, elle allait être enceinte.
         
Pourtant l’histoire se poursuivait dans l’esprit du petit garçon et elle prenait une bien étrange tournure. Shawn et Charlie étaient désormais les héros de l’histoire et ils voyageaient avec leurs fléreurs à dos de dragon domestiqué qui parlait d’ailleurs en anglais avec un accent écossais. Il ne sentait ni n’entendait son père se rapprocher à grandes enjambées de la cabane, soulever la couverture et..

 - Alakazam !

 Le père de Shawn recula légèrement en fixant la petite fille qui pointait vers lui un morceau de bois, ses yeux allèrent ensuite vers son fils endormi au milieu du bordel. Il ne voyait pas de cabane, pas de table, pas de cheminée. Monsieur Inoue ne voyait que désordre.

- Pardon monsieur, j'ai cru que tu étais le monstre qui veut nous faire manger les gâteaux pas bons. Zack s’était rapproché de la scène et regardait les deux enfants d’une bien étrange façon.

 - Ils sont là ! Merlin soit loué, s’exclama Monsieur Inoue en direction de sa femme qui marchait au même rythme que Jacynthe. C'est mon grad...dragon, il dort car il a bien chassé les méchants.

-Ton dragon ?

 Les adultes étaient en cercle autour des deux innocents, monsieur Inoue ne comprenait pas de quoi elle parlait. Était-elle victime d’une potion de babillage ? Quant à Madame Inoue, elle trouvait la scène attendrissante, mais ne voulait pas le montrer devant son mari.
         
- Draco dormiens nunquam titillandus.

- C'est pas de l'anglais...

-Non, Absynthe. "Ne chatouillez pas un dragon qui dort", voilà ce que ça veut dire.

       
- Mais c'est lui qui m'a chatouillé, j'ai pas chatouillé...

Shawn dormait toujours lorsque les couvertures et les livres reprirent leur place, il entrouvrit difficilement un œil lorsqu’elle vint lui secouer l’épaule.

- Regarde, c'est de la magie !

- C’est pas moi, c’est le nifleur ! marmonna-t-il toujours prit dans son rêve. Monsieur Inoue n’avait pas quitté les enfants des yeux, son expression était neutre. Il ne savait pas comment réagir ni quoi dire. À bien y regarder, c'était plus particulièrement son fils qu’il dévisageait. Sentant que la luminosité était différente, Shawn se redressa sur les fesses encore sonné.


Ils ont cassé notre belle maison. Et tu m'écrabouilles un peu le ventre.

 Shawn regarda autour de lui, complètement déboussolé. Il y avait une vieille dame qu’il ne connaissait pas et sa famille. Il croisa le regard de son père qui lui fit baisser le sien sur ses chaussures. La mère de Shawn se rapprocha et lui dit d’une voix douce : - allez lève-toi maintenant.

Shawn se leva, la tête toujours basse et les bras ballants dans un position de voleur pris la main dans le cas. On faisait une cabane...

- Vous vous êtes construit une maison ? Et, monsieur Inoue, vous êtes...un dragon, si je ne m'abuse ? Shawn regarda la grand-mère d’Absynthe (parce qu’à ses yeux, il ne pouvait pas en être autrement) sans répondre. Il avait perdu toute sa verbe depuis que ses parents se trouvaient face à lui.

-On t'a posé une question ! Il sursauta : oui, je suis un dragon qui parle, mis un gentil dragon ! Ragaillardi en voyant que la vieille dame semblait s'intéresser à son histoire il continua sur sa lancée : je protège Charlie des méchants, mais après il  y a eu des monstres et des choses pas jolies.On a fait un très long voyage sans talonnettes !  Et Absynthe, vous êtes...? il chercha Absynthe du regard, mais il ne voyait personne d'autres que la petite fille qui lui avait dit s'appeler Charlie. Madame c'est pas Absynthe, c'est Charlie !
       
- Shawn, il dit que je suis un fléreur, mais je veux pas qu'il se moque de mon nez...

Il paniqua à l’entente de cette phrase et ne s’adressa qu’à son père : Non c’est pas vrai, je me moque pas Père ! Monsieur Inoue avait froncé les sourcils, mais il gardait toujours le silence.

La vieille dame s’était rapprochée et avait invité Absynthe à se relever. Elle avait débarrassé l’épaule du petit garçon des poussières, il la dévisageait entre crainte et fascination. Sa proximité avait au moins eu le mérite de le faire taire.

- Savez-vous ce qu'est un flaireur ?  Shawn ne quittait pas des yeux la vieille dame et hocha la tête, buvant ses propos et appréciant la douceur qui émanait de sa personne. S’il avait jeté un coup d’œil à son père, il aurait pu voir que ce dernier essayait de capter son attention. En effet, il est très mal élevé de fixer les grandes personnes de la sorte selon Monsieur Inoue et encore plus les aïeux. C'est une très jolie créature magique qui ressemble à un chat.

Absynthe fixa Shawn qui ne comprit pas bien pourquoi elle lui souriait. Il lui en voulait encore d’avoir répété à son père qu’il se moquait d’elle, ce qui était faux.

-Bien. Monsieur Inoue, Madame Inoue... et jeunes hommes, les deux parents pivotèrent immédiatement vers Jacynthe et la saluèrent en s’inclinant, imités par Zack, Madame Stevenson, ce fut un plaisir. Le plaisir est partagé et nous nous excusons du désagrément occasionné par notre fils. J'aurais préféré faire votre rencontre dans des circonstances plus convenables, mais il faut bien que jeunesse se passe.

 -Nous sommes sincèrement désolés, répéta Monsieur Inoue. Shawn !

Shawn s’inclina : -excusez-moi Madame.

 Il se releva et tordit ses doigts en pensant à ce qui l’attendait : la punition qui suivrait ou au moins les reproches. Il ne sentit pas tout de suite la petite se rapprocher de lui et sursauta lorsqu’il sentit son souffle contre sa nuque.


- C'est ta maman ? Elle a pris de la graine de bébé qui pousse ?

Tous les regards se braquèrent sur le ventre de Madame Inoue qui eut un sourire timide aux lèvres. Shawn s’avança vers sa mère : Maman… Il était marrant de noter le fossé entre la façon qu’il avait d’appeler sa mère et celle qu’il utilisait pour s’adresser à son père. Oui mon trésor ? Elle se pencha légèrement pour caresser les cheveux de Shawn qui enlaçait ses jambes. Hein que les bébés ils sortent pas par le nombril, mais par le derrière ?

Un silence de plomb frappa le groupe. Charlie, elle dit que c’était par le nombril, mais c’est pas possible ! Monsieur Inoue s’était complètement raidi sur place, il aurait très bien pu faire office de lampadaire quant à Madame Inoue, elle avait viré coquelicot, car ce n’était pas le genre de sujet à aborder dans une soirée mondaine. Zack se rapprocha de sa mère lui aussi, essayant de déloger Shawn d’entre ses jambes et t'attirer son attention : - Maman elle est où la graine ?

-Eh bien, euh… Elle coula un regard vers son mari pour l’appeler au secours. La graine n’était pas très loin, mais visiblement muette. Forcément que ses enfants se posaient des questions sur les bébés depuis qu’ils voyaient le ventre de leur mère s’arrondir au fil des mois.

- allez ça suffit tous les deux ! On en reparlera plus tard ! autrement dit jamais.

Ils saluèrent de nouveau Jacynthe et Absynthe (s'excusant derechef) avant de quitter en premier la bibliothèque. Shawn se retourna à plusieurs reprises pour faire un signe de la main à la petite : c'était marrant, on rejouera ensemble la prochaine fois !

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MessageSujet: Re: [01/09/92] "Si ce n'est toi, c'est donc ton frère." (pv Shawn + Hiver 88) Ven 24 Mar 2017 - 20:08

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voilà...

- C’est quoi un choixpeau ?

Le menton toujours dressé avec fierté, Absynthe ne put s'empêcher de réprimer un léger sourire qu'elle tenta de dissimuler en mordillant ses lèvres. La réponse enfantine à la question de Shawn s'était imposée d'elle même et franchit la barrière de sa bouche sans aucune difficulté avant même que la petite ait songé à la dire :

- Tu sais pas c'est quoi le Choixpeau ? Le regard espiègle de la petite blonde était posé sur le visage du garçon, comme en attente de quelque chose et, alors qu'elle penchait légèrement la tête comme pour l'inciter à réfléchir, les iris vertes et or pétillèrent de malice. Cela devait bien faire une éternité qu'elle n'avait pas discuté et joué avec des enfants de son âge. Malheureusement, le jeu était maintenant proscrit : ils étaient "trop grands pour ce genre de bêtises". Depuis la séparation avec sa sœur jusqu'à aujourd'hui, Shawn avait été l'un des seuls -voir le seul- enfants avec qui Absynthe avait joué. Était-ce étonnant de constater que le garçon avait une place très importante dans le cœur et dans les souvenirs de la blondinette ? Le sourire du petit garçon de sept ans restait gravé dans sa mémoire, associé à la vision de la cabane aux murs de livres, le baiser sur sa joue, le goût immonde du flan à la citrouille et l'odeur feutrée du parfum de madame Inoue. Un parfum qu'elle n'arrivait pas à qualifier, mais qu'elle avait retrouvé dans celui des deux garçons face à elle, sûrement suite à une étreinte sur le quai de la gare.
- Je ne me moque pas de toi, moi non plus je ne savais pas ce que c'était, le Choixpeau. Elle haussa les épaules sans préciser que son ignorance datait de trois ans déjà puisque Mère lui avait tout expliqué sur Poudlard. A la création de Poudlard, les fondateurs ont choisi des...des qualités pour les élèves à qui ils voulaient apprendre la magie. C'est pour ça qu'il y a des maisons, et elles portent leurs noms de famille : Gryffondor, Serpentard, Serdaigle et Poufsouffle. Mais comme ils ne pouvaient pas vivre pour toujours, ils ont ensorcelé un chapeau pour qu'il continu à répartir les enfants à leur place, pour quand ils seront morts. Et c'est ce chapeau qui lit dans ta tête et te dit dans quelle maison tu vas faire tes années à Poudlard. C'est ça, le Choixpeau.

La bagarre qui suivit la surpris et la réaction de Shawn la déçut profondément : il était violent, il tapait son frère, et pour pas grand chose en plus.
- Oh, zut, hein ! Toi aussi, tu étais "terrifiant" il y a deux minutes. J'ai cru que tu allais l'assassiner !
- C’est ce qu’il comptait faire.
- Non ! Bien sûr que non, je ne suis pas un assassin ! ça c’est toi qui le dis. Quand on cherche, on trouve ! D'ailleurs, je te conseille d'arrêter tout de suite !
Les sourcils froncés, les joues gonflées et le teint cramoisi, la petite Stevenson foudroya les garçons du regard.
- C'était stupide comme bagarre, vous vous battez pour des choses très bêtes ! Une fois, ça sera grave et vous pourrez bien regretter !
- Tu as entendu ?
- Tais-toi.
- Oui, tais-toi ! Tu ne fais que de le provoquer alors que tu es tout aussi responsable. Ce n'est vraiment pas intelligent ! Elle s'empêcha d'ajouter qu'il finirait sûrement à Poufsouffle.

L'air contrarié, la petite les fixait tour à tour, guettant sûrement un signe de rébellion de la part d'un des garçons. Mais non, ils semblaient s'être calmés et entamèrent la conversation sur un tout autre sujet : la nourriture. D'après Mère, les hommes ne pendaient qu'avec leur ventre. Absynthe ne s'en souvenait pas, mais Patricia lui avait souvent dit -lorsque la boisson l'aidait- que ces messieurs réfléchissaient avec quelque chose situé un petit peu plus bas... le propos sexiste du soir, bonsoir
Alors qu'elle ouvrait sa boîte à goûter, Zack se permis un nouveau commentaire sur son frère, mais ne put finir sa phrase : la petite blonde avait vivement relevé le nez pour le fusiller du regard, les yeux verts et or rehaussés par les sourcils tout aussi blonds. Ce regard allait, elle ne le savait pas encore, devenir une marque de fabrique reconnue au château et surtout par un préfet bien coiffé, une mimique Stevensoniesque que ses camarades de dortoirs s'amuseraient à imiter. D'ailleurs, Zack Inoue n'avait pas finit de l'affronter, ce regard noir.

- J’peux goûter ?
- Attends, j'épluche. C'est poncliqué. Compliqué. se corrigea-t-elle immédiatement. La discussion sur le doudou du futur Serpentard lui arracha un petit sourire sibyllin et le regard rieur avait succédé à la moue contrariée de l'enfant. Ne t'inquiète pas, je ne le dirais pas à Pourdlard.
- C’est pas intéressant de toute façon ! répliqua le petit garçon en la dévisageant bizarrement, ce à quoi la blondinette répondit d'un haussement d'épaule avant de fixer le plafond, pensive :
- Oh, ça dépend pour qui. Elle pinça alors les lèvres en cherchant un exemple. Je ne crois pas que ça te ferais plaisir que les gens de l'école apprennent que tu cours tout nu dans ta maison en criant pour ne pas prendre ta douche, ou que tu  -elle se tournait à présent vers Shawn- ...fait le Truc qui mange des orteils... Au souvenir de "et de zizi", les joues pâles de la gamine se teintèrent légèrement de rose. Grace, c'est la maman de mon cousin, elle m'a dit de faire attention à ce que je disais et à qui je parlais. Et mon cousin m'a dit que dans le château, il y avait des gens qui ne l'aimaient pas et qui allaient ne pas m'aimer si je disais mon nom. Est-ce que cela avait un rapport avec la mauvaise réputation qu'on pouvait se forger en parlant d'un doudou ? Absynthe était certaine que oui ! Vous connaissez déjà des élèves de l'école ? Elle hocha la tête en tendant l’œuf à Shawn pour qu'il y trempe sa mouillette, puis elle reporta son attention sur son jumeau. C'est pareil pour moi. Je trouve que ça fait un peu peur... J'espère qu'ils seront gentils. La dernière phrase avait été murmurée alors que la blondinette fixait le hibou tapageur dont elle demanda le nom en lui tendant un bout de mie.

- Père, enfin son vrai nom c’est Bubo, mais il a la même tête que mon père avec ses sourcils froncés.

Heureusement pour Absynthe qu'elle était assise : elle en serait tombée sur les fesses. La bouche en o, les yeux écarquillés, la petite avait suspendu le geste de mener son pain à sa bouche et dévisageait Shawn tandis que Zack s’étouffait dans son coin. Et finalement, la préadolescente se mit à pouffer silencieusement, en témoignaient seulement ses épaules qui tressautaient et le rideau de cheveux raides qui ondulait sous l'impulsion du mouvement. Elle ne s'y attendait tellement pas ! Jamais elle n'aurait osé, elle, formulé ce genre de chose à voix haute. Aussi, l'entendre d'une autre personne l'amusait vraiment. L'ai plus enjoué que précédemment, elle observait le volatile qui pinçait les barreaux de sa cage dans son bec, l'air de vouloir s'échapper.
- C'est un hibou ?
- Oui, un grand-duc ! Et toi tu as quoi comme animal ?
- Oh... moi je n'en ai pas. J'ai juste un Géranium Dentu à la maison, Bitty. Mais elle est trop grande pour que je l'emporte.
Et, avec ses bras, elle figura verticalement un écart d'une trentaine de centimètres. Oui, Bitty était bien trop lourde pour elle, maintenant, et le pot bien trop encombrant. La petite blonde reporta alors son attention sur le second oiseau de nuit qui, selon Zack, était donc sa chouette. Lèvres pincées, Absynthe contemplait les deux oiseaux en se demandant si ce genre d'animal était affectueux. Bitty, malgré ses dents, avait tendance à réclamer beaucoup d'attention.

- Moi je voulais un chat ! Oh, moi aussi !! Mais mon Chich… père voulait pas car ça sert à rien ! Mère le pense aussi ! s'exclama la blonde avant de baisser le ton en se rendant compte qu'elle avait presque crié en soulevant leurs pseudos ressemblances. Et aussi que les chats se battent entre eux et qu'ils font leurs besoins dans les vêtements. Mine renfrognée, elle en oublia que son petit nez en trompette était plissé par le dégoût. Et puis, comme si c'était la transition la plus normale du monde : Tu as commencé un mot... "Mon Chik...Chkich..." ? C'est quoi ? C'est du Japon ? Du "japonais" aurait été plus juste, mais elle ne s'en formalisa pas. Et lorsque Shawn lui glissa à l'oreille qu'il trouvait que la chouette de son frère avait une tête à faire peur, le côté clown de la petite se réveilla brusquement et elle se retourna pour faire brusquement face à son camarade, yeux écarquillés et sourcils dans le ciel pour singer l'oiseau. Sauf que, son geste précipité fit tomber le petit pot de miel. Le Voltilleul commença alors à faire des siennes et les trois enfants cherchèrent à l'attraper jusqu'à ce que leur course-poursuite soit coupée par l'arrivée d'un insigne de PeC. Au début, Absynthe crut qu'elle allait attaquer Shawn -on ne pointait pas sa baguette sur les gens comme ça, elle était folle ! LOL -_- -, mais elle lui fit signe de se pousser d'un signe de tête. Elle restitua le contenant en verre et le tendit distraitement à la petite fille, les yeux embrasant le compartiment pour en lister les dégâts. Puis, elle agita de nouveau sa baguette, et tout redevint propre comme un gallion neuf.

- Bonjour Madame. Absynthe vit la fille aux cheveux noirs hausser un sourcil tout en détaillant Shawn de bas en haut.
- Lý. Pas Madame. Nous arrivons bientôt à Poudlard. Il va falloir se mettre en uniforme et enfiler vos robes pour la répartition. Mais avant...
- C’est quoi ta maison ? Nouvel haussement de sourcil. Stevenson n'arrivait pas à savoir si la grande était agacée ou si elle s'amusait juste à faire cette mimique à chaque fois qu'on lui adressait la parole. L'index aux ongles aussi noirs que le maquillage à ses yeux tapota le blason bleu et bronze à côté de l'insigne de PeC, juste au dessus du macaque et sa brindille.
- Les intellos snobes et coincés. Finit-elle par lâcher tout en laissant s'afficher un sourire carnassier à ses lèvres. Absynthe fut secouée d'un frisson : Mère n'avait jamais dit ça de Serdaigle, et c'était dérangeant de voir une jeune fille avec une expression aussi fièrement sarcastique. Avec un peu de chance, vous y serez envoyés. Sinon, ce sera les imbéciles bienheureux et bosseurs, les crétins braves et forts, ou les sectaires sournois et schizophrènes. finit la préfète en un sifflement menaçant, un air effrayant au visage. A cet instant, Stevenson lui trouva un faux-air avec la chouette de Zack. Qu'est-ce que tout cela voulait dire ? Et puis, comme si de rien n'était, elle continua la phrase que Shawn avait interrompue, avec l'air le plus sérieux du monde. Alors que Shawn la saluait avec entrain et qu'Absynthe enfilait ses souliers, la préfète les laissa seuls.

- J'espère que tous les Serdaigles ne sont pas bizarres comme elle... Si elle savait. Certains étaient même pire. Et méchant, avec ça !
Dépitée par l'allure que lui renvoyait son reflet, l'enfant soupira en regrettant que la grande n'ait pas nettoyé sa tenue : elle avait un peu de miel dans les cheveux et dû cacher le massacre en les coiffant en une natte un peu tordue, mais à peut prêt présentable. Quand à ses vêtements... Quelle honte...

- Allez venez !!
- D'accord ! Tu viens, Zack ? s'enquit-elle en jetant un dernier regard au garçon dans le compartiment avant de suivre l'aîné des Inoue.
- Tu comptes le stopper comment, tu ne connais aucun sort ! Absynthe se mordit les lèvres en trottinant : il n'avait pas tord, elle avait beau avoir le petit pot entre les mains, elle ne voyait pas bien comment ils arriveraient à stopper le Voltilleul dans le train.
- Bien sûr que si j’en connais !
- Oh, c'est vrai ? souffla la gamine, admirative, déjà essoufflée par la petite course qu'ils étaient en train de faire. Zack et elle était au coude à coude, mais bientôt le garçon la devança.
- Demande à la dame de nous aider !
- Ce n’est pas... Une dame ! réussit-elle a articuler. Elle l'a...Dit !
- Shawn, attends nom d’un dragon ! A bout de force et le souffle court, la petite fille ralentissait l'allure en se tenant les côtes.
- HI ah, Yeah en avant les amis ! Le dragon se tourna légèrement et lui adressa un clin d’œil. Le cœur bercé par des bulles de coton, la blondinette lui décocha un grand sourire et força sa course pour se mettre à la hauteur de Zack, ce malgré son flanc douloureux et sa respiration déjà sifflante. Il avait dit qu'ils étaient amis. Ignorant les visages ahuris qui se collaient aux parois des compartiments pour les observer, la petite Stevenson trottina encore un peu avant de s'arrêter devant la porte où Shawn venait de s'engager. ...us à l’attraper !  A peine Zack et elle furent entrés dans le compartiment, Shawn flanqua la porte pour emprisonner le miel qui vrombissait au dessus d'eux. Le teint rougit par la course, Absynthe se figea avant d'aller se glisser dans le dos du cadet Inoue : il y avait encore un enfant, l'autre personne du compartiment étant à l'extérieur.
- Hey mais ! Tu te crois où ! Il fallait croire que l'autre fillette avait également fait la course car elle avait les cheveux en pétard. Quand au garçon, il lui était étrangement familier bien qu'elle n'arrivait pas à remettre un nom sur son visage. - T'as cru t'étais chez...
- Chut, il faut fermer la porte. chuchota la petite fille, mais le temps qu'elle finisse sa phrase, c'était déjà chose faite. De plus, le Voltilleul avait trouvé intéressant de s'écraser sur son visage. Absynthe pinça les lèvres pour ne pas rire : c'était mal de se moquer. Puis, le petit garçon avec son livre se leva et la blondinette regarda Zack s'incliner devant lui. Pourquoi faisait-il ça ? Intriguée, elle coula un regard au jumeau de se dernier avant de se faufiler jusqu'à lui pour se cacher dans son dos et observa également la brune dont le visage était couvert d'une substance gluante.
- Nous sommes désolés, nous n’arrivons pas à arrêter ce miel… On ne..
- Mais tais-toi un peu et agis !
- C’est qui ces excentriques ? Tes cousins ? Ce fut au tour d'Absynthe d'hausser un sourcil. Pourquoi devaient-ils être cousins ? Mais la brune se prit un vent monumentale haha puisque personne ne releva sa question. Curieuse, la plus petite des cinq regarda le garçon pas plus grand qu'elle sortir sa baguette. Oui, vraiment, il lui était familier. Son souvenir n'était pas désagréable, mais elle ne se l'expliquait pas car, là tout de suite, ses yeux lui faisaient surtout peur.
- Vous avez un contenant dans lequel remettre ce miel ?

Zack lui glissa un regard et Absynthe se résolut à sortir de sa cachette -le dos de Shawn la masquait entièrement lorsqu'il ne bougeait pas- pour tendre timidement le pot en verre au petit garçon. Regard baissé sur ses chaussures, lèvres pincées, elle avait perdu tout de l'image de la petite fille furieuse criant sur les jumeaux Inoue.
- Bonjour. fut le seul mot qui réussit à franchir ses lèvres, sa petite voix déjà grave couverte par les jérémiades de la brune alors que le miel cherchait à se décoller de son visage, léchant visqueusement son nez et son front tout en arrachant quelques sourcils au passage. Le plus petit des garçons agita alors sa baguette et, dans un petit bruit de succion, le miel regagna son récipient qu'Absynthe laissa bien à plat sur ses mains de peur qu'une simple pression de ses doigts ne brise le verre.
A peine le monstre mis en cage, la porte du compartiment s'ouvrit à la volée et les cinq futurs premières années furent rejoints par un gamin dégingandé dont la bouille ronde suggérait qu'il n'était guère plus âgé qu'eux. Ses grands yeux verts de gris se posèrent sur le flacon dans les mains d'Absynthe et son nez moucheté de taches de rousseur se fronça tandis qu'il semblait perdu dans ses pensées.

- C'vous qui courrez après du miel ? La PeC m'a dit d'vous r'trouver, mais j'vois qu'vous avez réussi.
- Pourquoi tu parles comme ça ? laissa échapper la petite blonde qui ne pouvait s'empêcher de penser que le garçon à l'écusson de Serdaigle avait un problème d'élocution. Ce dernier la fixa, de marbre, avant de lui faire un signe du menton pour l'inciter à parler. "Jvoi kvou". répéta simplement la gamine, vraiment intéressée par la réponse. Qui ne se fit pas plus attendre.
- J't'emmerde. Le choc. Elle en fit un pas en arrière, manquant de bousculer le garçon au regard effrayant. Dépêchez-vous de rassembler vos affaires, on arrive. Hagrid va pas vous attendre. Et le garçon grognon partit. Malgré tout, les enfants se séparèrent et le trio regagna son compartiment au moment même où le train arrivait en gare.


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t'en pense quoi en patronus ?

- C’est trop petit ! Tu y connais rien !
- C'est toi qui connait rien, tu savais pas comment on faisait les bébés ! se défendit la petite fille.
- Moi une fois, une fois, j'ai mis mon doigt dans mon nombril et bah, ça, ça sentait comme le fromage.

La gamine se figea, interloquée face à l'aveu. Comment ? Du fromage ? Soulevant son tee-shirt Boursouff, elle fit apparaître un petit ventre blanc où plusieurs grains de beauté marquaient l'épiderme de taches brunes. En baissant l'élastique de sa jupe, Absynthe put faire apparaître son propre nombril et elle se pencha pour le regarder : à l'intérieur du trou, la chair formait une petite boule fendue en deux. Toujours courbée vers ce semi-orifice, la petite releva le nez vers Shawn, la moue dubitative.
- Pourquoi tu mets du fromage dedans ? T'es bizarre... le compliment ! S'enquit la petite Charlie en s'appliquant  remettre ses vêtements en place tandis que le garçon se touchait le derrière. Le débat sur la façon de sortit les bébés était presque clos, mais s'ensuivit un questionnement sur le sexe de Shawn avant que la discussion de tourne à ce qu'il fallait faire ou pas quand on était petit. Pour Absynthe, il ne fallait pas faire de bébé. Pour Shawn, il ne fallait pas aller dans la cave.
- Il ne faut pas aller dans la cave pour faire des bébés, alors. conclut innocemment la blondinette en hochant vigoureusement la tête.
- Et pourquoi tu veux pas de bébés avec moi ?
- Parce que !
- C'est parce que tu as décidé, mais tu es pas toute seule à décider !
- Bah si, c'est moi qui décide, d'abord, si je veux un bébé ou pas ! C'est pas toi qui l'a dans ton ventre, le bébé qui pousse, vu que tu es un monsieur. La féministe en herbe Et je veux pas de bébés avec toi, on n'est pas marié, d'abord ! Patricia ne s'était pas mariée avec le "père" des deux petites, Absynthe voyait donc une bague et tout un tas de papier comme gage d'un bébé non abandonné par son papa. salut, Elwyn, salut YS ! Et il fallait dire qu'être élevée par Jacynthe n'aidait pas : la vieille dame restait très vieux jeux et trouvait déplacé de faire des enfants hors union. Selon ses dires, seuls un couple marié pouvait songer à faire des enfants sans déshonorer la famille.
Pour marquer le point final de cette discussion, Charlie jeta un coussin au visage de son camarade : il n’était pas le chef d'elle ! Après la course poursuite, le duo se décida à monter une cabane et, alors que la petite fille complimentait l'intérieur de la charmante maison du dragon Shawn, celui-ci la prit de court en déclarant :
- Oui, c’est une modiste demeure, il reste encore beaucoup de travail pour la énover.
- Ah mais non, je veux pas qu'elle soit maudite notre maison, Shawn ! geignit-elle en prenant une mine chagrinée. Mais bientôt, la question ne se posa plus puisqu'un monstre attaquait les deux enfants, pardon, les deux créatures fantastiques. Dans le chahut, elle bouscula le petit garçon qui s'en plaignit :
- Aie, tu m’as fait mal ! Je joue plus avec toi si c’est pour me faire mal !

Boum.
Figée sur place, les bras encadrant toujours son visage pour prouver sa force herculéenne, Charlie sentit son cœur se serrer. Horrifiée, elle se contentait de fixer son camarade, sans mots dire, de peur qu'il mette ses menaces à exécution. Cependant, la voir aussi démunie dût toucher le petit Inoue qui se ravisa en lui disant simplement de faire attention. Sa blague n'était vraiment pas drôle... Vint alors l'heure de l'histoire du soir et les deux enfants s'assirent côte à côte avant de s'embrasser la joue, tour à tour.
- Mais on n’est pas des amours, hein ? On a dit pas de bébé qui pousse.
- Si tu l’dis ! Si tu m’embrasses c’est que tu es ma chérie !
Pour le coup, la petite ne sut quoi répondre et se contenta de faire les yeux ronds. Elle n'avait jamais eu d'amoureux à l'école, ni au foyer, elle ne savait pas du tout quoi faire d'un amoureux ou d'un chéri. Mère ne serait sûrement pas d'accord.
Shawn endormi, Absynthe resta sur ses gardes et sortit même sa baguette factice lorsque le monstre se pencha vers l'entrée de la cabane. Sauf que ce n'était pas un monstre, mais un monsieur.
- Pardon monsieur, j'ai cru que tu étais le monstre qui veut nous faire manger les gâteaux pas bons. La copie conforme de son dragon le secondait.
- Ils sont là ! Merlin soit loué
- Mais je ne suis pas Merlin, moi... couina la petite fille en ne comprenant pas. Bien vite, elle se reprit et désigna Shawn, couché contre elle : C'est mon grad...dragon, il dort car il a bien chassé les méchants.
- Ton dragon ? Elle hocha la tête, tout sourire, certaine que l'adulte comprendrait. Mais non.
La voix de Mère s'éleva et Absynthe réveilla son compagnon de jeu en le secouant un peu. Intriguée, la petite regarda la jolie dame demander à son dragon de se lever : lorsque Shawn avoua qu'il faisait une cabane, Charlie pivota vers le visage de Jacynthe qui scrutait le petit garçon avec un sourire énigmatique.
- Oui, je suis un dragon qui parle, mais un gentil dragon !
- Qui parle, voyez-vous ça. C'est la première fois que je rencontre un gentil dragon qui parle, jeune homme, croyez-le bien. Les yeux marqués par les années se plissèrent d'amusement. Les enfants étaient des créatures tout à fait fascinantes.
-  Je protège Charlie des méchants, - Et moi aussi, je le protège !! s'écria cette dernière en faisant une nouvelle fois mine de montrer ses muscles inexistants. mais après il  y a eu des monstres et des choses pas jolies.On a fait un très long voyage sans talonnettes ! Non, on avait pas de ponettes ! acquiesça la blondinette, provoquant alors des yeux ronds chez Jacynthe qui était décidément très bon publique après avoir discuté avec le petit gratin de la sorcellerie de Grande Bretagne. Quand elle demanda à sa fille adoptive son identité fictive, Shawn rappela à la vielle femme qu'elle s'appelait Charlie, non pas Absynthe.
- Ah, veuillez m'excusez, monsieur Inoue. C'est fâcheux, je me suis trompée de prénom. Elle fixait alors la petite qui gardait le nez baissé, gênée. Mère lui avait dit plusieurs fois de ne pas se présenter sous son deuxième prénom. Absynthe parla alors de son nez et de la supposée moquerie de son camarade qui paniqua automatiquement en jurant à son père qu'il n'en était rien.

Avec un soupir, Jacynthe Stevenson avait secoué la tête, faisant ainsi bouger le chignon gris sur sa tête. Elle chercha à régler ce malentendu en dénouant la tresse blonde.
- Savez-vous ce qu'est un flaireur ? Elle chercha même le regard du petit Zack qui hocha la tête tandis que son jumeau la fixait. Jacynthe n'avait jamais eu d'enfants avant Absynthe, mais elle les avait longuement fréquentés. Elle arrivait à obtenir leur confiance, cherchait à les comprendre, mais -il devait bien y avoir un mais-, elle n'avait en rien l'esprit maternel et n'avait pas été affligée de ne pouvoir enfanter un héritier en bonne santé. Si l'ancienne psychomage avait adopté Absynthe dans tous les sens du terme, elle ne savait pas les gestes tendres et rassurants. Elle n'avait que les mots, le ton et l'écoute pour amadouer les enfants.
La révélation de ce qu'était un fléreur rassura alors la petite qui se trémoussa un instant, comme gênée d'un compliment non-formulé.
- Où sont vos souliers, jeune fille ? Aussitôt, la tête blonde se précipita vers la chaussure orpheline. S'asseyant par terre, elle tournait le dos au groupe.
- Le plaisir est partagé et nous nous excusons du désagrément occasionné par notre fils.
- Quel désagrément ? Je vous en prie. J'aurais préféré faire votre rencontre dans des circonstances plus convenables, mais il faut bien que jeunesse se passe.
- Nous sommes sincèrement désolés. Shawn !
- Excusez-moi Madame.
- A dire vrai... Le regard gris de Jacynthe chercha la silhouette chétive qui s'obstinait à lacer ses souliers roses avant de se reporter sur le petit garçon. Elle garda le silence le temps de réfléchir à la façon de formuler ça, mais, finalement, ce n'était pas une affaire d'enfants. Elle se tourna alors vers Mr et Mrs Inoue et, avec cette façon très particulière qu'ont les adultes de parler d'une personne présente comme si elle n'était pas là, elle prit appuie sur sa cane : Absynthe est une enfant introvertie et je ne crois pas l'avoir déjà vu partager un jeu. Ce petit -elle parlait de Shawn, ci-présent- a réussi à braver la méfiance de ma fille, je dois avouer être impressionnée. Le regard gris se posa une nouvelle fois sur l'enfant dont il était question, se plongeant dans les iris sombres du petit garçon avec curiosité. Apparut alors une tête blonde qui se hissa jusqu'à l'oreille de Shawn :

- C'est ta maman ? Elle a pris de la graine de bébé qui pousse ?
- Absynthe ! s'insurgea soudainement la vieille femme, visiblement choquée qu'un tel sujet soit abordé dans la bouche de sa fille adoptive. Madame Inoue vous entend très bien. gourmanda-t-elle, alors que quelques minutes plus tôt, elle avait fait de même avec Shawn. A vrai dire, il n'était pas dans les habitudes de madame Stevenson de parler "graine de bébé qui pousse".
Shawn prit le relai en demandant par où sortait les bébés, stupéfixiant les adultes qui ne s'attendaient sûrement pas à aborder un tel sujet.
- Charlie, elle dit que c’était par le nombril, mais c’est pas possible !
- Mais c'est mieux par le nombril. Et puis, sinon, à quoi il sert le nombril puisqu'on met pas la graine dedans ?
- Maman elle est où la graine ?
- Elle est dans le veeeentre ! chantonna alors la petite Charlie en écartant les bras tout en faisant un tour sur elle même avant de pointer ledit ventre de ses deux index. Une graine de bébé qui po-
- Absynthe ! Jacynthe plaça une main sur la bouche de la petite qui, surprise, sursauta. Elle n'avait pas dit de gros mots, pourtant.
- Allez ça suffit tous les deux ! On en reparlera plus tard !
- Toutes mes excuses, je ne comprends pas ce qui lui arrive. Et, vraiment, Jacynthe semblait stupéfaite en fixant l'enfant qu'elle bâillonnait d'une main.

Les adultes prirent congés après un demi-milliard d'excuses prononcées. Quand à Absynthe, c'est démunie qu'elle regardait Shawn s'éloigner en agitant la main. Si elle était sa chérie, elle devait dire quelque chose, non ? Échappant à sa mère adoptive, la gamine se mit à courir vers son camarade et, comme dans la cabane, se hissa vers lui pour embrasser sa joue. Et puis, alors qu'il la saluait de gestes de la main, elle fit de même, un peu crispée.
- Au revoir, Shawn !! A bientôt ! hurla-t-elle finalement quand il eut disparu de son champ de vision.

Dans son dos, Jacynthe Stevenson se pinçait l'arrête du nez, indécise. Il fallait donner une meilleure éducation à cette petite pour qu'elle ne tourne pas gourgandine.

We have a long way to go...  




HRP : désolée pour le retard   (et puis pour le paquet de fautes, aussi...)
J'ai vraiment bien aimé fouiner le passé de nos persos comme ça    


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[01/09/92] "Si ce n'est toi, c'est donc ton frère." (pv Shawn + Hiver 88)

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