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[28 Septembre 1997] - Escapade et blasphème.

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MessageSujet: [28 Septembre 1997] - Escapade et blasphème. Lun 26 Sep 2016 - 2:48

28 Septembre 1997.

L’air de cette décennie. Louis XIV avait Versailles, Victoria avait l’exposition Universelle, Alexandre avait Alexandrie et maintenant le Lord se gargarisait de ce qu’il considérait très probablement être le monument de son règne. Aussi était-ce véritablement dans le village de Pré-au-Lard, plus qu’ailleurs, que se reflétait au mieux l’allure revêtue par son avenue au pouvoir. Le ministère était le centre social de cette autorité, si bien qu’un semblant de rigueur y demeurât pour garder l’apparence d’un organisme répondant aux besoins de ses citoyens, d’autant que nombreux résistants y travaillaient encore. Et tandis que le département était la vitrine luisante d’une dictature qui s’instaurait peu à peu, Pré-au-Lard se trouvait en être l’autre côté du miroir, le revers de la médaille, comme dirait l’autre. Le visage véritable qui demeurait dans le brouillard.

Plus personne n’osait sortir pour s’y balader avec insouciance, dans l’idée naïve de se rafraîchir l’esprit et enflammer le cœur par l’air frais d’un début d’automne. L’on ne profitait plus d’une agréable ambiance prosaïquement campagnarde, avec ses maisons en pierre, ses lampions illuminant gaiement la rue d’une douce lueur orangée, ou du brouhaha qui parcourait les rues tel un ruisseau chatoyant. Fondamentalement, rien n’avait changé, les rues ne se retrouvèrent pas soudainement vidées de leurs habitants, la vie continuait presque paisiblement tant les changements étaient traînants. Mais le petit village muait implacablement, se transformant en temple de stupre, sanctuaire de l’avilissement. Et en silence, toujours en silence, dans l’aveuglement général, comme l’on ne remarque jamais la prise de poids de son chat, jusqu’à ce qu’il soit temps de le surnommer « Big Mac ». La vie était ainsi faite que l’œil humain se trouvait dans l’incapacité de percevoir les changements s’ils n’advenaient pas du jour au lendemain, frappant la conscience de plein fouet par une réalité froide et implacable. Doucement, fécondés par la turpitude latente, des terres fertiles de Pré-au-Lard se mirent à pousser des arbres étranges et anguleux. La journée ils recouvraient de leurs feuillage les maisons et les rues, entretenant un brouillard constant et un froid pénétrant. La nuit, des choses horribles s’exécutaient sous leurs cimes, la violence, la débauche et le viol.

Mangemorts et Détraqueurs avaient élu domicile dans ces maisons, ramenant avec eux, comme un chiant suivant son maître, leurs bâtards illégitimes, voleurs de bas étage, filles de joie et mercenaires. D’une telle populace, cette ville semblait pourrir, et déjà de la boue des ruelles émanait dans les airs une légère et à peine perceptible odeur de mort. Et avec elle, les esprits se débarrassaient de leurs principes, tombant dans le débordement. Il n’y avait que par d’infimes détails que l’on saisissait à quel point l’ambiance devenait profondément putride. Sans compter le givre qui se muait en une buée froide dans un cycle éternellement recommençant, les gens semblaient moins confiants, plus troublés ; leur vie n’était plus guidée uniquement que par de banales tâches quotidiennes, rythmée par le luxe d’un loisir. La peur avait pris racine dans leurs cœurs, troublant leurs regards et faisant ressortir quelque chose de primitif dont peu de gens avaient conscience. Face à l’invasion, les priorités se replaçaient selon les lois de la perspective, les humeurs changeaient sensiblement et les caractères se révélaient, comme c’était si souvent le cas dans l’adversité. Et soudain, ce petit village paisible respirait la sauvagerie.

Octave huma l’air à pleins poumons, sentant ce mélange subtil de terre humide et des moult activités humaines. Nous étions le dimanche soir de fin de Septembre, moment où l’activité à Pré-au-Lard était la plus bouillonnante. La détresse humaine ne le mettait nullement mal à l’aise, pas plus que le danger ambiant si subtilement suscité par le passage régulier de Détraqueurs dans les ruelles du village, ni les Mangemorts, qui déambulaient d’un bar à l’autre, abordant parfois des passants pour les intimider dans leur profonde ivresse. Prenant appui sur son épaule, le bibliothécaire observait le tableau depuis l’une des rares ruelles qui restait dans la pénombre. Par souci de discrétion et de basse température, il portait un manteau d’un gris anthracite qui lui arrivait jusqu’au genou, taillé à la mode sorcière, et accompagné d’un pantalon de la même couleur. Ses bottes en cuir lui permettaient de ne pas se soucier du bourbier dans lequel ses pieds s’étaient enfoncés, dans la mesure où, après les fortes pluies, le paysage ressemblait à du beurre fondu où que l’on regarde. Nul secours pour ses belles chaussures, à moins d’aller dans une taverne, mais il en était hors de question. Il avait pris pour habitude de venir ici au moins une fois par semaine, durant une heure ou deux, et d’observer la foule. Cela lui permettait de percevoir les changements de tendance, voir à quel point les évènements influençaient sur la vie des gens normaux et ainsi être en mesure de mieux jauger l’ampleur de la vague.

Lorsqu’il était seul, Octave ne souriait quasiment jamais, ou seulement à soi-même pour se redonner du panache pendant les moments difficiles. Aujourd’hui plus particulièrement, son visage était grave et légèrement crispé par la présence des Détraqueurs qu’on pouvait sentir bien avant leur passage. Et comme en général il restait longuement adossé contre ce mur en briques, vers la fin, il finissait même par sombrer dans un semblant de mélancolie. C’était en général à ce moment-là qu’il faisait discrètement demi-tour et prenait le chemin du château. Malheureusement pour lui, il était de ceux sur qui la présence de ces créatures putrides avait une résonnance bien plus intense que sur la majorité. A force de sentir sa félicité le quitter, il devenait absolument monocorde et flegmatique. D’ailleurs, la désolation se faisait sentir.

Sortant sa montre à gousset, il regarda l’heure : il était 19h23. Mais la nuit était là depuis longtemps. Octave balaya une dernière fois de son regard assombri la rue principale, mais son départ fut d’autant plus précipité qu’il remarqué un énième Détraqueur s’y engager, obligeant les gens à se disperser sur son passage. Se sentant incapable d’en supporter un de plus aussi près, le brun fit un brusque demi-tour et remonta la voie d’un pas de course. Dans son élan déterminé, il sembla ne pas remarquer un obstacle et trébucha, se prenant le pied dans quelque chose. Sur le moment médusé, Octave regarda vivement derrière-soi, scrutant intensément la ruelle de son regard émeraude redevenu pétillant. Une fraction de seconde lui suffit pour repérer le bout de baskets qui tranchait sur fond de boue noire. Mais elle n’était pas entière, le talon semblant avoir disparu dans le vide. Sans discernement et agissant sous le reflexe que lui imposait sa logique on ne peut plus rigoureuse, il se pencha promptement, avant que le mystère ne disparaisse sous ses yeux et se saisit de ce qui lui semblait recouvrir un début de pieds. Et effectivement, ses doigts se saisirent de ce que lui apparût comme être un tissu. Théâtralement, il tira dessus, comme un serveur enlevant le drap d’une table sans faire tomber la vaisselle. Un battement de paupière et la chaussure se transforma en garçon. Fronçant les sourcils, Octave examina attentivement le gosse, récoltant les indices, sans toutefois être certain de ce qui venait de se passer. Puis il écarquilla les yeux, reconnaissant la cicatrice.

Bonté divine. Pour le coup, il en eut même le souffle coupé, ce qui ne lui arrivait que très rarement. Qu’est-ce qu’il fallait avoir de la chance décidemment pour ne tomber sur personne d’autre que le très célèbre et recherché Harry Potter. Sur le coup, il eut envie de rire, mais se retint, se contentant d’esquisser un sourire narquois, tel un collectionneur de toile ayant trouvé sa Mona Lisa. Ayant été tout l’été bombardé dans les journaux par ce visage, Octave perçut bien vite que l’Elu avait sensiblement maigri, tout en ayant, semblait-il, gagné en maturité. Un tel poids sur les épaules que le Lord lui-même, ça vous changeait un gamin en ébauche d’homme. Serrant fermement la cape d’invisibilité entre ses doigts, Octave fit un aller-retour entre cette dernière et le jeune sorcier, notant qu’avec un peu de chances, il n’allait pas prendre le risque de s’enfuir sans. Enfin, après cette longue œillade et ce silence plein de sous-entendus, il finit par susurrer malicieusement :

« Qu’est-ce tu fous là Jésus, t’as envie de te faire chopper par les romains ? »

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MessageSujet: Re: [28 Septembre 1997] - Escapade et blasphème. Lun 26 Sep 2016 - 14:31

Un gémissement plaintif s'échappa des lèvres de l'adolescent qui sentit son souffle se couper. Alors qu'il s'était agglutiné dans un coin, la cape d'invisibilité sur les épaules pour espionner la rue principale, quelque chose avait butté contre sa jambe. Se mordant les lèvres, Harry avait conservé son calme au mieux, taisant ce petit bruit d'étonnement et de douleur précédemment émis. Malheureusement il n'avait pas remarqué que sa chaussure dépassait désormais du tissu de sa précieuse cape. Repéré, le brun laissa un grognement s'échapper de sa gorge, plus canin qu'humain par ailleurs. Les muscles bandés, le regard braqué sur l'individu, le fugitif le toisa de haut en bas.

En venant au Pré-Au-Lard, l'ancien Gryffondor était conscient du danger, surtout qu'il n'avait pas obtenu de polynectar cette fois. Malheureusement la faim l'avait poussé à descendre au village pour grappiller quelques vivres, achetés avec les maigres restes d'une fortune à laquelle il n'avait plus accès voir trouvés. Oui, trouvés. Après avoir vécu chez les Dursley, le brun ne s'était jamais douté qu'il tomberait dans un état d'avantage miséreux encore. Affamé, manquant des soins les plus élémentaires au même titre que ses deux amis, le sorcier vivait comme son défunt parrain lorsque ce dernier s'était échappé d'Azkaban.

Ce soir, avant de rencontrer le casse-pied -dans tous les sens du terme par ailleurs.- Harry était parvenu à prendre une douche bienvenue dans un gymnase au bord de la faillite avec sa chère cape. Qui avait besoin et l'envie de faire des pompes dans un monde où l'on passait son temps à fuir des Mages Noirs mégalomanes ?

Les cheveux encore trempés, le Survivant avait délaissé l'établissement presque en ruines, caché sous le tissu magique. Ce caprice de shampoing avait eu le mérite de le faire se sentir humain, d'oublier la cavale, le temps d'un jet brûlant sur sa peau. Malheureusement, l'aiguille de la grande horloge avait repris sa course. Harry s'était glissé discrètement par la sortie, évitant le regard déprimé du propriétaire en fermant à clé l'établissement désert.

Patiemment assis dans un recoin de rue, l'adolescent avait attendu que la grande avenue des commerces se vide d'avantage. Il ne savait pas encore si utiliser ses dernières pièces ou se résoudre à voler, lorsque l'inconnu lui était littéralement tombé dessus. Désormais ce dernier lui souriait, tenant entre ses mains le tissu invisible. Les yeux posés sur les doigts serrés de l'adulte, Harry resta un bref instant immobile, encore sous le choc, avant de réagir, offrant un regard d'animal sauvage à son potentiel adversaire.

- On dirait plutôt que c'est vous qui en avez envie.

Répondit-il au drôle d'oiseau assez sèchement. Sa main se crispa sur sa baguette magique bien qu'il choisisse de ne pas s'en servir immédiatement. Le comportement de l'inconnu maintenant prisonnière sa cape sans pourtant hurler à l'intrus poussait le Survivant à s'interroger. Sans compter qu'il voulait récupérer l'héritage de son père qui coulait entre les doigts du gêneur, faisant tantôt disparaître un ongle ou un morceau de phalange entre ses plis magiques. Contrairement à d'autres capes de ce genre qui devenaient opaques avec le temps, la sienne était demeurée parfaitement translucide et douce comme de la soie. C'était un objet précieux, tant pour ses souvenirs que pour sa survie.

- Rendez-moi ça.

Du bout du menton, Harry désigna la cape. Sous ses lunettes légèrement de travers, et derrière une crinière mi-longue encore un peu humide, le brun avait tout l'air d'un fugitif. Ses traits s'étaient rapidement émaciés, perdant les dernières rondeurs de l'enfance, s'il en avait réellement eu un jour, frêle depuis toujours. Aujourd'hui cependant, malgré un poids moindre, le sorcier ne donnait pas vraiment l'impression d'être fragile, ou tout du moins, pas seulement. Ses grands yeux verts reflétaient tant son endurcissement que ses interrogations. Il était sur le qui-vive, animal traqué ne souhaitant pas attaqué mais résolu à le faire en dernier recours.

Vaguement, le brun concentré sur sa cape remarqua les cheveux châtains de l'homme, un jeune adulte ayant probablement dépassé la trentaine depuis peu. Celui-ci portait un manteau gris discret, descendant jusqu'à ses genoux. Son regard était également vert, peut-être moins que celui de Harry, ou plus, le Survivant peu à même de le regarder directement en face ne saurait le dire. Contrairement à lui, évidemment, l'inconnu ne portait aucune coupure au visage, lesquelles étaient peu profondes pour certaines mais multiples le concernant. Une estafilade sur l'arcade sourcilière, deux griffures traversant sa joue gauche, le menton égratigné, et bien sûr son éternelle cicatrice en forme d'éclair côté droit. Le sorcier baissa la tête pour laisser tomber un rideaux de cheveux de jais ironiquement éclatant de santé dessus. Ah ses fameuses mèches indomptables qui se riaient des peignes n'avaient pas fini de jouer les contrastes, brillants joyeusement. Sa presque légendaire crinière demeurait soyeuse et épaisse à souhait, ne parvenant toutefois pas à cacher entièrement sa marque, mais lui donnant d'avantage l'air encore d'un animal traqué.

- J'ai rien en échange. A moins que vous ne vouliez un autographe ?

Lança le sorcier, un demi sourire moqueur aux lèvres. S'il n'avait jamais été du genre à abuser de l'ironie, il apprenait petit à petit à s'en servir, amer. Nul ne l'aiderait gratuitement ici. L'homme conservait sa cape par pur intérêt personnel, la question restait de savoir pourquoi il n'avait pas encore hurlé son nom pour ameuter les petits copains de Voldemort. Quel genre de récompense attendait-il ? Dans quel but lui servait-il cet humour déplacé concernant les romains ? Dans un autre cadre, Harry aurait été amusé par ce caractère pétulant qui contrastait avec les habits discrets, presque banals quoiqu'élégants de l'inconnu. Mais aujourd'hui, il n'avait pas le coeur à rire, ni l'estomac à perdre du temps.

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MessageSujet: Re: [28 Septembre 1997] - Escapade et blasphème. Mar 27 Sep 2016 - 17:58

Il se sentait tel un officier nazi ayant découvert, sous le plancher grinçant d’une ferme alpine, une entière famille de Juifs. Tel Peter Higgs ayant réussi à confirmer l’existence du boson de Higgs. Tel Olivier Voutier assistant au déterrement de la Vénus de Milos. A mesure que la compréhension advenait au sein de son esprit, une excitation le gagnait, nuancée par un sentiment pernicieux ne faisant que s’accentuer davantage tandis que le bibliothécaire réalisait à pleine ampleur qui il avait devant soi. Un pouvoir grisant venait de lui tomber aux pieds, ou plutôt avait-il failli tomber aux siens. Concrètement, son destin était entièrement entre ses mains. Les premières paroles du garçon le firent sortir de son exultation entêtante. La rudesse du ton ne le froissa guère, après tout n’était-il pas en train d’attendre la bénédiction ou l’anathème de la part d’un sombre inconnu qui avait eu le malheur d’avoir de la chance ? Octave ne broncha d’ailleurs pas d’un pouce, scrutant intensément cette bête sauvage qui était sortie de la forêt uniquement pour tomber dans son filet. Quelle ironie, d’autant que cela se trouvait être un parfait hasard.

Une fois l’étonnement primaire passé, le bibliothécaire tâcha de reluquer un peu mieux le garçon, auquel il n’avait accordé qu’une attention très sommaire jusqu’à maintenant. Sa manie de tirer profit de tous les aspects de la vie avait, dès les premiers instants, engagé son cerveau dans une tumultueuse spéculation sur les avantages que lui apportait la détention d’un pareil individu. Il connaissait un bon paquet de gens qui se trouveraient fort intéressés de faire connaissance avec l’Elu. Ses lunettes partiraient comme un Klimt aux enchères, sans parler d’un scalp de sa cicatrice…

Octave se racla discrètement la gorge, étourdi par son propre emportement. Doucement, il fallait ralentir… souffler. Pense à des licornes galopant sur des arcs-en-ciel. Potter était le stéréotype d’un fuyard, ressemblant tous les clichés possibles y incombant sur sa seule physionomie. Derrière des lunettes asymétries par rapport à son visage, le jeune déserteur le regardait d’un œil défiant et sauvage. Une grille de cheveux trop longs et humides s’agglutinaient en mèches distinctes, lui barrant le regard, striant joliment le vert de ses yeux. Des vêtements, maintenant un peu larges, pendaient sur un corps sec, sensiblement mal-nourri et peu choyé par des plaisirs simples de la vie, mais ayant visiblement gagné en souplesse et robustesse. Non, ce n’était plus un enfant, malgré la lueur de jeunesse qui pétillait au fond de ses prunelles ; l’innocence si caractéristique c’en était allée. Octave, peut-être plus qu’un autre, était en mesure de juger ce changement indéfinissable, lui à qui n’avait jamais laissé le temps d’être naïf et ingénu. D’autant que depuis qu’il vivait au château, il passait son temps à croiser des visages encore emplis d’une ronde candeur. Les griffures et entailles qui zébraient les traits de l’adolescent, lui prêtaient une apparence encore plus rude et farouche.

Mais en réalité, il faisait un peu pitié. L’absence ponctuée d’hygiène, cet air de lapin effarouché et soumis à une perpétuelle course, mettaient un coup à la prestance qu’il aurait indéniablement eu en d’autres circonstances. Le prix à payer pour une destinée hors du commun dont personne ne voulait. Holbrey et Potter se tenaient face à face, tels deux côtés d’un même miroir, l’un clair et l’autre sombre, l’un soigné au possible, l’autre souillon, tels deux extrémités d’une même ligne. En entendant le garçon lui demander son bien, Octave serra par reflexe ses doigts autour, sentant le délicat tissu glisser entre ses phalanges. Néanmoins, le rire amer le fit sourciller légèrement, tant il ne s’attendait pas à voir quelqu’un de pris au piège faire preuve d’un certain sarcasme. Le jeune devait être bien désabusé pour se laisser aller à ce genre de contradiction. Faisant mine d’hésiter, tant à propos de l’autographe qu’en ce qui concernait la cape, le brun finit par roucouler d’un ton des plus mielleux :

« Ca peut se négocier, qui sait, je ferai peut-être ma retraite avec, un de ces jours. Mais donne-moi plutôt tes lunettes. Je les placerai dans un reliquaire après la fin de la guerre, un peu comme la dent de Sainte Apollonia, et j’en ferai un lieu de pèlerinage. »

Il le regarda sans une once de gêne dans les yeux, alors qu’un singulier tressaillement animait ses fins sourcils, l’air de dire « rigole, c’est une blague ». D’autant que vu ses conditions de vie, cela devait faire longtemps qu’il n’avait pas dû rire sincèrement un bon coup. Octave se doutait toutefois que cela n’allait pas arriver de sitôt, mais détendre l’atmosphère était déjà de loin la meilleure des introductions. Cela dit, il était également clair que garder un otage n’allait jamais en rien améliorer la situation. Alors dans un geste empli de fatalisme, Octave tendit la cape d’invisibilité vers son propriétaire, un sourire énigmatique relevant à peine le coin de ses lèvres carmin, sans oublier d’accompagner son geste d’une remarque, plus apaisée cette fois.

« Navré de t’avoir découvert. »

Il rendait en réalité l’étoffe magique de bonne grâce, même si elle l’intéressait par sa rareté tout autant que son propriétaire. Mais Octave ne prenait aucun plaisir à posséder quelque chose de volé ou dérobé de force. Cela rabaissait la valeur de son effort ainsi que celle de l’objet ardemment convoité. Et d’autre part, il avait un autre projet pour cette légende humaine, bien plus agréable pour les concernés que ce toisage en revolver digne du Far West. Attendant que Potter récupère sa cape, Octave enchaîna tout de suite après, laissant ses mains bien en évidence pour ne pas tout de suite faire fuir l’animal :

« Je me permet de te proposer quelque chose, pour excuser mon involontaire maladresse. Une conversation. Pourquoi pas autour d’une bonne pitance, voir un peu de thé bien chaud ? Ou autre chose. Ce que bon te semblera. »

Il avait tiré sans hésitation ni vergogne, visant ce qui, en ces moments de détresse, pouvait s’avérer être une faiblesse, au point de pousser à avoir un semblant de confiance envers quelqu’un. La nourriture, le confort, les biens de tous les jours, un peu d’aide… toutes ces choses si nécessaires et pourtant tellement difficiles à entretenir en temps de fuite qu’on se mettait à les apprécier à leur juste valeur. Un peu comme quand on est malade et qu’un nez bouché nous empêche de respirer correctement. C’est alors qu’on se souvient distinctement de tous ces moments merveilleux à pouvoir humer l’air sans obstacles, narines déployées. Octave aurait de toute manière proposé son aide en définitive, même gratuitement, simplement par esprit d’aventure et parce que la résistance ne se construisait pas sur de la fainéantise, mais Potter était une mine d’or. Et c’était précisément cela qu’il ne pouvait pas ignorer. Il ne pouvait donc pas le laisser fuir, emportant sous sa cape des sachets de course. Il lui fallait, d’une manière tout à fait primitive et sans équivoque, exposer le procédé d’échange qui, à premier abord, pouvait paraitre tout aussi louche qu’anodin. Et pour donner un argument supplémentaire, il ajouta :

« Je suis bibliothécaire au château, je suis sûr que tu trouveras une ou deux questions à me poser… par simple curiosité, bien entendu. »

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MessageSujet: Re: [28 Septembre 1997] - Escapade et blasphème. Mer 28 Sep 2016 - 0:37

Un sourire chatouilla les lèvres d'Harry, tel un petit animal qui gratte à la porte. Malgré lui, il trouvait les références de l'homme amusantes, d'ailleurs sa méfiance refluait légèrement. Après tout, si la volonté y était réellement, ce dernier l'aurait déjà attaqué. Toutefois, par principe, Harry maintient son air sévère et désabusé, le regard obstinément posé sur sa cape d'invisibilité. Néanmoins, comme un clin d'oeil inconscient pour saluer les efforts de son interlocuteur, le brun remis ses lunettes bien en place sur son nez, agitant les héroïnes d'un instant

A ce propos, la situation dura relativement peu à sa grande surprise, les doigts de son potentiel adversaire s'ouvrirent dans le vide semblait-il, s'avançant vers Harry. Celui-ci ne tarda pas à sentir la douceur caractéristique de son précieux objet envelopper ses phalanges. Reculant d'avantage si c'était possible, le brun serra la cape contre lui, un peu plus à même de discuter avec le bavard. Il ne pensait plus réellement à un piège éventuel mais continuait de s'étonner du comportement de son interlocuteur. Pourquoi se perdre en badinage ? N'évaluait-il pas les risques à rester en pleine rue avec l'intrus numéro un de l'Angleterre Magique ? Visiblement non, ou alors il s'ennuyait ferme de sa propre vie, puisqu'il alla jusqu'à inviter Harry. Où ? Probablement chez lui, à moins qu'il ne dispose d'une planque et fasse de la résistance ? Ce serait possible quoiqu'étonnant car l'Ordre du Phoenix était sensément en relation avec ces "poches d'oxygène" où les pourchassés se réfugiaient parfois. Alors pourquoi agir de la sorte, et surtout avec autant de flegme pour son propre compte ? Le Survivant fut tenté de refuser simplement pour fuir. Malheureusement l'aventure lui avait fait perdre un temps précieux et les rues ne semblaient pas vouloir totalement se vider ce soir. C'était bien sa veine tiens, que des promeneurs se soient décidés pour un message de résistance au gouvernement passive en continuant de déambuler dans les tristes rues du Pré-Au-Lard.

La perspective d'un bon repas couplé à sa curiosité naturelle le firent hésiter un long instant. Ses proches avaient toujours réussi à éveiller sa confiance et endormir sa tendance solitaire via sa curiosité. Ils étaient habitués à le faire dévoiler ses sentiments en attisant son désir naturel de savoir, et c'était justement ce qu'était parvenu à déclencher l'inconnu. Sans compter que même s'il n'était pas seul dans la forêt, le Survivant voyait justement toujours les mêmes personnes. Or, il n'était pas si solitaire qu'on pourrait le croire, même tourné vers autrui, seulement assez maladroit dans ses tentatives pour s'ouvrir. C'était bien simple, pour que cela fonctionne avec Harry, il fallait se laisser choyer, protéger, sans poser de questions. Bref, une relation pas vraiment équilibrée mais démentant sa réputation solitaire. Il avait donc besoin d'être entouré, même par des inconnus en cet instant précis ou plus que jamais, la chape noire de l'abandon le menaçait. Toutefois loin d'être naïf, l'adolescent s'était retenu de sauter sur la proposition du bibliothécaire avec l'enthousiasme qu'elle méritait.

- Une conversation ? Je ne suis pas aussi cultivé que vous, vous risqueriez de vous ennuyer.

Nota le jeune garçon qui avait remarqué les nombreuses références de l'homme aux livres ou encore à l'histoire, chose plutôt normale pour un bibliothécaire me direz-vous. Harry n'était pas stupide, mais victime des carences de son enfance, tant affectives que matériels, il avait eu du mal à se mettre à jour côté culture. Aujourd'hui non plus le climat ne permettait pas ce genre d'apprentissage raffiné d'ailleurs. Fonceur, courageux mais impulsif, l'ancien Gryffondor était un peu brute à ses heures. Il ne dédaignait pas les grands savants, mais rester assis sur une chaise des heures, à tourner des pages n'était pas son type. Lui avait déjà les mains salies de boue, et même de sang, le visage marqué par l'expérience et les muscles travaillés. C'était un homme de terrain malgré lui. Au fond, sans doute que la voie choisie par son interlocuteur le fascinait. Il ne comprenait pas tous les propos de ces êtres délicats mais les admiraient et aimeraient qu'il y en ait plus dans le monde. Peut-être que cela aurait évité des guerres.

- De toutes façons nous ne pouvons pas rester ici.

Conclut le brun en guise de solution intermédiaire. D'un geste de la main, Harry étendit la cape pour se couvrir. Il se cacha à nouveau dessus, se taisant suffisamment longtemps pour qu'Octave pense peut-être qu'il ait disparu définitivement. Pourtant, l'adolescent finit par parler.

- Où allons-nous ? Marchez d'un air naturel.

Sans se sentir honteux de donner un "ordre" à un adulte, Harry était direct, une tendance déjà inscrite dans son caractère, d'autant plus exacerbée par la situation. En effet, il demeurait tendu, d'avantage encore suite à sa décision de suivre l'inconnu. Jouait-il bien ses cartes ou risquait-il de les déchirer proprement et nettement ? Tout ça car il avait envie d'en savoir plus sur Poudlard, même si les révélations ne lui plairaient guère. Néanmoins pragmatique, il savait ne pas pouvoir se cacher éternellement la face. D'ailleurs, le bibliothécaire ne lui apprendrait rien côté "déprime", car le brun pouvait s'imaginer un peu l'ambiance régnant au château, mais au moins il pourrait peut-être obtenir des détails intéressants. L'homme semblait prêt à parler en tout cas, lui ayant même proposé cette option de questions en guise d'appât... Et ça marchait. Présentement, Harry considérait le risque moindre vu les possibles informations que pourrait lui transmettre le trentenaire. Bien sûr, il ne faisait pas du tout ça par envie de manger ni d'avoir une relation autre que celle comprenant ses deux amis que la promiscuité rendait parfois insupportables.

- Et comment est-ce que je suis sensé vous appeler ?

Demanda le brun, insufflant une légère nuance dans sa phrase pour ne pas forcer l'homme à lui donner son vrai nom. Bien sûr, il avait également pris garde de ne pas commencer à marcher. Mieux valait éviter pour le bibliothécaire de donner l'impression à parler dans le vide. Ce serait somme tout encore plus suspect que si on le découvrait en train de discuter avec un adolescent à l'hygiène acceptable -en ce moment précisément après sa douche, le reste du temps c'était discutable- mais pas brillante non plus, flottant dans son sweet-shirt moldu et son jean.


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MessageSujet: Re: [28 Septembre 1997] - Escapade et blasphème. Mer 28 Sep 2016 - 18:37

Que se passait-il donc derrière ses lunettes redressées à la hâte ? L’adolescent conserva son air farouche tout du long, sans broncher autrement qu’intérieurement, et Octave, félicitant à contre cœur une telle retenue, ne savait qu’en penser exactement. A ce détail près qu’il marqua un recul en récupérant sa cape, ce qui, en y réfléchissant, n’avait rien d’étonnant ni de significatif. Le brun caressa néanmoins l’espoir que ce geste de réconciliation avait fait mouche dans le cœur d’un garçon qu’on lui avait décrit comme quelqu’un de bien. Toutefois, malgré la méfiance qu’affichait sans équivoque le visage du binoclard, ce-dernier, une fois son bien récupéré, ne s’enfuit pas, restant planté dans la boue, l’étoffe entre les mains, quasiment dans la même posture que son vis-à-vis plus tôt. Quoi qu’il fût sensiblement plus crispé du genou. Il finit par répondre, et ce d’une manière si flatteuse qu’Octave ne put qu’accentuer concrètement le léger sourire qui flottait déjà sur ses lèvres. Aussi, dénuda-t-il délicatement une rangée de pépins blancs qui, en contraste avec sa bouche agréablement teintée d’une touche diluée de carmin, paraissaient encore plus éclatants. Il se permit même un petit gloussement de gorge, aussi méfiant envers les compliments qu’il pouvait y être sensible. Il ne savait néanmoins pas si c’était là un mouvement en retour pour détendre l’atmosphère ou une manière polie de refuser l’invitation, alors il se contenta pour le moment de regarder Potter avec un joyeux air d’anticipation.

Sa patience ne tarda pas à être récompensée, car le jeune enchaîna sur une réplique bien plus substantielle, qui arracha un hochement de tête convenu au bibliothécaire. La simple utilisation du pronom personnel « nous » scellait leur destin d’une ligne commune et Octave se délecta de ce début de victoire. Apprivoiser un animal sauvage n’était pas toujours une tâche des plus simple. Il regarda néanmoins avec une pointe de dépit Potter enfiler sa cape et disparaître dans le vide, ne laissant qu’une trace de pieds au sol. Etant son seul repère, le brun fixa la terre, se disant que ce n’était que le début de l’air stupide qu’il allait arborer en parlant au vide ou en essayant d’éviter des obstacles apparemment inexistants. Le silence se fit, mais la pression de pieds dans la boue ne bougeait pas. Cela dit, le brun en vint à se demander un instant si ce n’était pas qu’un mauvais repère et si le garçon ne s’était pas depuis longtemps enfui en courant. Mais une voix sortie de nulle part l’apostropha à deux reprises, entrecoupées par une semblant d’ordre.

« Octave… Holbrey. Mais par pitié, tutoies-moi. Et surtout, pas d’air naturel, mon cher, dans mon cas ça paraîtrait louche. On dit que je souris trop. Par contre toi, une fois dans la grande rue, essayes de marcher dans mes pas. »

Dit-il avec un clin d’œil complice et un sourire de circonstance, pas tant pour appuyer son propos que par habitude, ce qui en définitive confirmait quand même ses dires. Avec désinvolture, il contourna son interlocuteur, peut-être avec un diamètre un peu trop large, mais l’on n’est jamais trop prudent, et s’avança d’un pas assuré et plutôt rapide jusqu’au bout de la ruelle, là où il avait fait le guet quelques minutes plus tôt. Juste avant que la pénombre de la voie ne se dissipe dans la maintenant sinistre lueur des lampadaires, Octave s’arrêta, regardant de part et d’autre et s’assurant qu’un trop grand nombre de forces obscures ne se rassemblait pas trop près d’eux. Aucun Détraqueur en vue, ce qui était le principal. Avec ce qui sembla être une aisance gracieuse, Octave tira ses traits, muant son constant sourire en une moue contrite, le front en avant dans une attitude tendue qui rendait évidente et singulière l’inflexion satanique de ses sourcils relevés sur la tempe. Dans un rythme plus mesuré, il s’engagea dans la large avenue, mains dans les poches et le col préalablement relevé, comme le faisaient tous les hommes du village qui ne voulaient pas se faire remarquer. La route dura quelques minutes, si bien qu’il commença à tripoter la montre à gousset qui traînait au fond de sa poche, subissant quelques regards scrutateurs de Mangemorts adossées au mur d’un bar.

« Tu sors bien tard, sieur Holbrey.
- Vas te coucher s’il est si tard que ça alors. »

D’abord sérieux, le Mangemort finit par ricaner avant de se concentrer à nouveau sur sa pinte. Le bibliothécaire était maintenant connu pour ses balades tardives, son goût pour un verre de Brandy après minuit et les bizarreries dont il faisait preuve parfois. Mais comme il offrait souvent la tournée et qu’il savait faire preuve d’un humour beauf quand il le fallait, l’on le laissait tranquille, sans poser de questions. Toujours avec un flegme légèrement renfrogné, Octave traversa la rue et se dirigea vers la petite épicerie qui était ouverte jusqu’à tard dans la nuit pour satisfaire les lubies en toute sorte des nouveaux habitants. Le brun y entra, sans saluer le caissier qui, de toute manière, ne le faisait jamais, plongé dans une éternelle torpeur qui le rendait indifférent au monde ambiant.

Au premier abord, il fut tenté de faire dans la facilité en prenant des paquets de gâteaux par millier, des chips, beaucoup de gras et des choses simples à avaler. Mais ayant déjà souffert de la faim, il savait que c’était ce vers quoi l’estomac tendait en premier, sans se soucier qu’en réalité il n’y avait rien de nourrissant à avaler des cochonneries pareilles. Pire, la satiété passait beaucoup plus rapidement, abandonnant à une faim d’autant plus poignante. Et puis, le gourmand et pédant bibliothécaire avait une autre idée en tête, qui garderait Potter lié à lui pendant encore un bon bout de temps. Echalotes, oignons blancs, ail, basilic frais, poivre à moudre, sel conique, un bon paquet de saumon fumé… il envoyait tout ce qui lui paraissait utile dans un sachet en papier avec le méthodisme diabolique de celui qui savait exactement ce qu’il faisait. Il paya avec une petite pile de ronds et scintillants gallions, parce que comme on le sait tous, les épiceries ne se gênent jamais pour raquer le fond des poches. Muni de deux sacs de courses bien garnis, il sortit de l’établissement sans s’attarder à l’entrée avant de parcourir encore une bonne centaine de mètres, remontant la rue. Huit heures sonnèrent au loin et, comme répondant un signal, Octave tourna à sa droite, prenant une rue encore plus petite et plus sinueuse que celle où il avait rencontré Potter. Une fois s’être suffisamment éloigné de la lumière et des bruits de discussion, il reprit parole sans se retourner :

« J’espère que tu es encore là, déjà qu’on me prend pour un demeuré, il ne manquerait plus que j’en devienne concrètement un en parlant à du vide. Donc, ces derniers temps, il y a eu quelques familles obligées de quitter le village pour des histoire de statut de sang, ou autre, des banalités en somme. En général, c’est fait dans la précipitation, alors ils laissent la majorité de leurs affaires sur place. Justement, j’en connais une pas loin, et l’avantage c’est qu’il n’y a pas de fenêtres à la cuisine, donc on pourra s’éclairer tranquillement à condition de fermer les portes qui y mènent. On n’est plus très loin maintenant. »

Le bibliothécaire slaloma encore une minute dans le passage devenu quelque peu graveleux, tenant en intriguant équilibre les sachets de course contre son torse tout en escaladant les marches qui menaient à une maison surélevée. Tant bien que mal, il sortit sa baguette magique et ouvrit la porte d’un sort silencieux avant de s’engouffrer dans le noir, laissant le soin à l’adolescent de refermer derrière-soi. Il y a une semaine, il était déjà venu ici pendant la nuit pour découvrir les raisons qui avaient obligés cette famille en particulier à partir, alors il se repéra sans encombre, seulement éclairé par la lumière de la lune qui perçait à travers des rideaux fermés. Dansant entre les formes noires des nombreux meubles qui jonchaient les diverses pièces, il se dirigea vers le fond sans difficulté aucune, où il alluma enfin une seule bougie pour illuminer le chemin de son acolyte. Soigneusement, il enleva son manteau, la chaleur ayant eu le temps de lui monter à la tête, révélant son éternel costume trois pièces, veste, gilet et chemise encore plus blanche et éclatante que le blanc de ses yeux. Contrairement au manteau, qui était là pour cacher sa présence, l’habit qu’il étreignait n’avait rien de discret, sans toutefois être extravagant. Le costume entier était d’un bleu foncé, d’une coupe étroite et en laine vierge, orné de fines rayures tennis et filigrane. L’ensemble était pourtant classique, avec son col à revers et ses boutons se chevauchant, mais quelque chose dans la qualité du tissus ou la précision de la couture lui prêtait un aspect particulier. Toutefois, Octave se débarrassa prestement du veston, sachant qu’il allait le gêner dans les mouvements à venir. Gardant le gilet, il retira les boutons de manchette qui retenaient les manches de sa chemise et les replia soigneusement jusqu’en haut de l’avant-bras, découvrant ainsi quelques lignes blanches et nettes ; cicatrices si vieilles qu’elles en étaient devenues complètement lisses. Ayant fini son petit manège, il lança par-dessus son épaule, déjà tourné vers les fourneaux :

« J’espère que tu n’as rien ni contre les oignons, ni le poisson… Sinon tu peux partir dès maintenant parce que je refuse de nourrir quelqu’un qui n’a aucun goût. »

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MessageSujet: Re: [28 Septembre 1997] - Escapade et blasphème. Lun 3 Oct 2016 - 0:16

Nerveux, Harry avait hésité à fuir en voyant le bibliothécaire pénétrer dans une échoppe. L'évidence l'avait d'ailleurs frappé à ce propos. Appartenant au personnel de Poudlard, Octave ne vivait probablement pas ici. Où voulait-il donc l'emmener ? Concentré sur les pas de ce dernier, plus grands que les siens, le Survivant eut à peine le temps de stresser lors de l'échange entre son nouvel allié potentiel et un Mangemort. Malgré sa méfiance toujours présente, il se dit que l'homme avait raté une fois de plus l'occasion de le dénoncer.

Pendant qu'Octave faisait les emplettes, le brun attendit dans un coin, totalement silencieux. Le temps lui parut long mais Harry savait se contenir, de toutes façons fuir en galopant comme une brebis affolée serait désormais plus dangereux que suivre les pas de l'étrange et joyeux bibliothécaire qui profitait d'une certaine réputation ici. Probablement celle d'un excentrique inoffensif de laquelle il joua à la perfection, menant l'ancien Gryffondor dans une maison. Le garçon que la demeure appartenait à la famille d'Octave, cependant, il était évident que l'endroit était déserté depuis un moment.

La réponse vint rapidement et Harry se sentit comme un délinquant à l'idée de violer d'avantage encore l'intimité de ces gens dépouillés. Toujours silencieux sous sa cape, le Survivant baissa la tête, attristé par la situation. Ce ne fut qu'une fois que la porte fut fermée qu'il repoussa le tissu, donnant la preuve à Octave que non, il n'avait pas parlé au mur. Le sac des courses sentait le poisson et le brun ne put s'empêcher de saliver bien que ce dernier soit cru. Un sourire inattendu naquit sur ses lèvres lorsque très bon chic bon genre, son interlocuteur lui demanda confirmation de ses goûts. Octave croyait sincèrement qu'Harry allait faire son difficile ? Quant bien même il n'aurait pas aimé le poisson accompagné d'oignons, cela lui aurait paru un repas de roi ! Juste un peu trop long à cuisiner, avec une forte odeur et de la fumée, certes, mais il n'était pas le dirigeant ici.

- Ne vous en faites pas pour ça, je peux même vous aider.

Proposa-t-il en enfournant la cape dans le sac en bandoulière qu'il portait. Ses cheveux avaient séché et fleuraient bon la vanille désormais. Malgré ses habits flottants et effilochés, le brun ne présentait pas si mal pour un repas aux chandelles, n'est-ce pas ? Au moins, il était propre et surtout un cuisinier honorable. En effet, vu le palais exigeant de son cousin, toujours accompagné de la main facile de sa tante, Harry avait rapidement dû apprendre à se servir d'une poêle ou d'un balai. Sans être un chef étoilé, il savait se débrouiller avec les tâches ménagères, cela l'aidait d'ailleurs dans sa cavale. Merci les Dursley.

Après quelques fouilles, le Survivant découvrit des assiettes poussiéreuses, heureusement les habitants avaient laissé ouvert l'eau en quittant leur logis de manière précipitée. C'est donc à la mode moldue que le brun commença, imperturbable en apparence, à laver la vaisselle. Il préférait user le moins possible sa baguette magique -ce qui expliquait ses habits rapiécés- pour ne pas risquer d'être localisé. Voldemort connaissait à coup sûr le signalement de sa baguette, et qui sait si, possédant sa soeur jumelle, il n'avait pas retrouvé un vieux sort permettant à l'une de trouver l'autre. Né dans un monde sans magie, le brun avait ironiquement encore bien des lacunes dans le domaine, ignorant si la police pouvait aussi par exemple, retracer un crime via la baguette coupable, autrement qu'avec le révélateur du dernier sort, un peu comme avec les téléphones portables. Ayant peur de paraître stupide et par pure précaution, émettant l'idée que même une réponse négative ne signifiait pas que sa Némésis n'avait pas inventé un traceur du type, Harry n'avait jamais rien demandé à personne. Il était comme programmé pour survivre, physiquement avec petite silhouette menue couplée à une certaine endurance et mentalement, anticipant les dangers. Pour cela encore une fois, l'adolescent pouvait remercier ses bourreaux de tuteurs. Il avait développé ce "don" chez eux de base, que ce soit pour chiper un biscuit après ne pas avoir mangé de la journée, ou parfois regarder la télévision avec eux depuis l'escalier en colimaçon. Dans cette même maison, il avait parfois réussi à se faire oublier quelques heures en évitant d'aller aux toilettes, demeurant immobile le plus possible jusqu'à ce que son nom soit hurlé pour qu'il fasse le ménage, prépare à manger ou serve à Vernon pour passer ses nerfs après la découverte de mauvais chiffres pour son entreprise d’agrafeuses.

D'un autre côté, complétant son savoir pour se faire discret, le brun avait développé certaines capacités dans le domaine de l'observation. Pour anticiper une gifle, il avait apprit à reconnaître les signes avant-coureur. Une mâchoire qui se crispe lentement, la racine des cheveux qui semble se tirer d'avantage qu'elles ne l'étaient déjà par le chignon ou les veines palpitantes du poing serré de Dudley. De la même façon, l'adolescent posa ses yeux vers sur les mains de son interlocuteur, les suivant patiemment jusqu'à remonter à une source aussi gênante qu'intéressante. Au seuil de la manche étonnamment élégante de Monsieur Holbrey, plusieurs cicatrices blanches sillonnaient sa peau. Elles disparaissaient furtivement pour revenir à la charge ensuite selon les mouvements de l'homme affairé. A l'instar de la marque d'Harry, ses cicatrices étaient fines et résorbées-bien que la sienne ressemble plus à une égratignure et ne semble pas toujours si "refermée" que ça, tout en restant indélébiles. L'ancien Gryffondor éprouva une vive curiosité pour leur histoire mais il se mordit discrètement les lèvres. Lui qui détestait qu'on lui pose des questions, ou qu'on pose son regard sur sa cicatrice tout court n'avait pas envie d'agir pareillement. Octave, plutôt bavard dans son genre par ailleurs puisqu'il lui avait révélé son nom, son prénom et son travail-apparemment vrais.- lui le dirait s'il le voulait.

Le regard émeraude du garçon quitta les lignes blanchâtres qui jonchaient les bras de son hôte-qui en était aussi un, vu que ce n'était pas sa demeure au passage.- pour s'affairer à mettre le couvert, puis à sortir une planche pour vider le poisson. Il s'arrêta un instant, demandant furtivement son autorisation à Octave pour s'en occuper, signe discret de son respect envers lui, plus sincère et sans doute utile que n'importe quel merci déjà évident. Ses yeux se perdirent dans les fines rayures du costume bleu marine de celui qui apparaissait comme un de ces typiques gentlemans anglais de l'époque. A la fois ridicules et admirables, décalés mais détenteurs de vérités intéressantes.  

- Les professeurs et le personnel est autorisé à sortir, c'est déjà ça. Pour le reste, comment est-ce que cela se passe ?

Les sourcils légèrement froncés, l'air concentré, Harry attendit la réponse. Il espérait en apprendre un peu plus sur le système mis en place par les mangemorts et surtout savoir s'il y avait une faille sur leur main mise. En réalité, le brun préférerait qu'on l'informe sur l'état de Ginny, Neville et les autres demeurés au château, mais il ne souhaitait pas montrer son affection pour un groupe d'élèves en particulier qui devait déjà avoir bien des soucis. Il n'avait pas quitté la soeur de son meilleur ami pour la mettre en danger avec une demande sentimentaliste.

- Est-ce que ça va, vous ? Vous... Ont-ils fait du mal ?

ne put toutefois s'empêcher de demander le brun, empathique malgré lui. Sans vouloir y faire référence et bien que les cicatrices semblent anciennes, le Survivant espérait réellement que les Mangemorts n'étaient pas ceux qui lui avaient infligé ça. Il avait encore le maigre espoir que la maltraitance évidente dont étaient victimes les habitants du château soit seulement psychologique; non pas que celle-ci soit à prendre à la légère -et lui le savait mieux que personne après des années d’oppression et de famine chez les Dursley.- mais dans ce cas, il pouvait espérer que les élèves et les profs survivent un peu plus longtemps, jusqu'à ce que la résistance, faible espoir pourtant vaillant, se mette en place.  

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Merci à Léandre Camus pour la modification de l'Avatar.
Merci aussi à Olivia et Geny qui ont fait des merveilles également.
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MessageSujet: Re: [28 Septembre 1997] - Escapade et blasphème. Mar 4 Oct 2016 - 20:23

Bien évidemment, les fourneaux de cette vieille et on ne peut plus sorcière cuisine reflétaient avec tristesse et mélancolie l’absence totale de gourmandise chez les anciens habitants. Ou leur fainéantise notoire. Pas de vitrocéramique, aucune induction, ni même de gaz, seulement une espèce de wok archaïque comme même sa grand-mère n’en avait pas. Il se rappelait vaguement en avoir vu un exemplaire dans un film sur l’entre-deux guerres. C’était presque pire qu’un feu de vois, la chaleur ayant tendance à se concentrer en un seul point fixe. Il allait falloir beaucoup remuer pour que rien ne brûle… D’un coup de baguette magique, Octave alluma le foyer encore plein de bois à moitié consumé, témoignage d’une famille partie dans la grande hâte. Les brindilles, devenues quelque peu humides avec le temps, rechignèrent capricieusement à s’embraser, mais bientôt le charbon prit feu dans un crépitement victorieux, illuminant davantage la pièce. Octave referma la portière en fonte tout en se saisissant d’une poêle de l’étagère au-dessus du fourneau. Il la disposa sur la plaque la plus grande, et pourtant encore trop petite pour satisfaire parfaitement le diamètre de l’ustensile. Cette absence de concordance était précisément le genre de détail qui l’aurait poussé à changer de maison en d’autres circonstances. Mais la nuit était dangereuse et le bibliothécaire, pour toute consolation, se laissa aller à un long et morne soupir, gémissant presque. Les choses ne s’améliorèrent pas lorsqu’il sortit un pauvre couteau à légumes, à peine en état de couper en deux une motte de beurre. Bon sang, ils ne faisaient que du Pot-au-feu ici ou quoi ? Heureusement, il y avait tout de même un vieux fusil d’aiguisage en pierre. Tandis qu’Octave passait la brique naturelle sous un filet d’eau, Potter proposa son aide, ce à quoi il répondit d’un poli « tu peux ».

Il se retourna, aiguisoir et couteau à la main, avant d’entamer un sec et rapide mouvement de va et vient qui lui était devenu familier avec le temps. Et, comme la pierre, tout autant que le couteau, faisaient siffler l’air par leur friction abrasive, la pièce s’emplit d’un bruit sinistre. Mais ce qui était d’autant plus perturbant, c’était l’odeur de vanille chimique qui se répandait à mesure que l’Elu se mouvait, accaparé par sa nouvelle tâche. Il vint d’ailleurs juste à côté de l’adulte, profiter du lavabo et redonner un peu de tenue à une paire de poussiéreuses assiettes. La senteur se fit encore plus forte et Octave s’aventura à donner un discret coup d’œil au garçon, se demandant s’il n’était pas par hasard venu en ville pour se laver. Lorsque cette idée effleura son esprit, il sentit une vague de compassion l’envahir pour ce jeune homme qui avait déjà vécu, du haut de ses dix-sept ans, bien plus que la majorité des gens sur cette terre. D’un clignement de paupières, le bibliothécaire dissipa cette faiblesse passagère. Méritaient de la pitié que les médiocres qui ne savaient comment tirer avantages de cette existence. Potter avait la chance de vivre, goûter à la vie à pleins poumons, même si les souffrances engendrées l’empêchaient de mesurer la chance qu’il avait. La chance de ne pas être ordinaire, de faire preuve d’actes de bravoure et d’ingéniosité dont personne ne semblait être capable. Un être extraordinaire pour une vie prodigieuse. Courte ou longue, il en avait déjà puisé tous les sucs.

Octave sortit la poignée d’échalotes et l’unique oignon blanc avant de les nettoyer et de les émincer d’un geste expert, avec rapidité et souplesse. Ses doigts, légèrement repliés, guidaient le couteau à mesure qu’il avançait, semblant être à tout moment sur le point de tailler ses phalanges. Dans son éternel désir de comprendre le monde qui l’entourait, Octave avait toujours essayé de maîtriser autant de domaines que possible, peut-être pas à la perfection, mais suffisamment pour que cela ne représente pas une lacune en cas de besoin. Il avait appris à cuisiner par gourmandise et, bien évidemment, par curiosité. Alors qu’il n’avait jamais eu à le faire étant jeune, sa famille ayant toujours eu un cuisinier à domicile, le jeune Octave sentit que c’était un aspect si essentiel à la vie de tous les jours qu’il ne pouvait éternellement compter sur quelqu’un d’autre ou sur son argent pour le faire à sa place. Cela n’avait jamais plu à sa mère, qu’il passe l’heure d’avant repas dans la cuisine avec leur chef japonais, mais son grand-père y voyait la marque d’un esprit saint et ouvert. Il avait d’abord appris la technique avant la chaleur, ses exécutions du début ayant toujours été froides et manquant de passion. Mais avec le temps, au contact de personnes bienveillantes et agréables, il avait fini par apporter de l’impétuosité à l’exécution de ses plats, préférant finalement la douceur du goût plutôt que la complexité de leur élaboration. De par son éducation, il avait toujours eu un palais fin, ce qui rendit compliquée sa cohabitation avec des saveurs généreuses comme celles d’une bonne blanquette de veau. Non, il avait été élevé au « Pavé de Sandré doré sur une étuvée de Chou blanc et Poitrine Paysanne, Butternut, Trompettes et Fumet Vin Rouge ».

Il envoya les légumes découpés dans la poêle devenue chaude et crépitante, avant d’y rajouter un trait d’huile d’olive. Le tout se mit très rapidement à frémir et Octave s’employa à mélanger les ingrédients en tenant le poêle par son manche et le faisant danser au-dessus de la plaque creuse, par laquelle s’échappaient des langues enflammées. Le cuisinier de sa famille avait toujours fait comme cela, sans jamais utiliser de cuillère en bois, pour « ne pas froisser la nourriture », qu’il disait de son accent à donner la migraine aux puritains. L’utilisation maladroite des mots rendait l’explication poétique et depuis, Octave s’évertuait à faire sauter ses ingrédients d’un mouvement souple du poignet. Tout du long, il avait senti le regard de l’adolescent sur lui. Plus particulièrement sur ses mains, mais puisqu’il était en train leur faire exécuter des acrobaties, il ne prête pas davantage d’intérêt à cette soudaine considération. Après quelques minutes de gymnastique, il donna repos à la poêle en la posant sur le fourneau, laissant le temps aux oignons de dorer. Puis il se retourna vers Potter, qui le regardait, planche sur table, prêt à l’action. L’adulte le gratifia d’un sourire énigmatique, sortant à pleines mains le poisson de son emballage.

« Pour le coup, je serai plus rapide que toi je crois. De plus, tu ne sais pas ce que je veux faire. Mais par contre tu peux faire cuire les pâtes. »

Il posa le poisson à plat sur le petit plan de travail, vérifiant qu’il soit bien écaillé en passant un ongle sur ses côtes. Puis il souleva l’opercule de ses bronches, constatant que l’intérieur était rouge vif avant de palper le ventre bien ferme du poisson, tout ceci témoignant de sa fraîcheur. Et bien sûr, un œil vif. A l’aide du couteau, il sectionna sur toute la longueur les nageoires dorsales avant de poursuivre avec celles du bas et les latérales. Puis il saisit le poisson par le dos, ventre vers le plafond et l’entailla sur deux centimètres avec la pointe du couteau. Du bout des doigts, il arracha le boyau avant de frotter à l’intérieur la colonne vertébrale tout du long pour décrocher les caillots de sang. Rinçant à l’eau froide pour enlever les dernières impuretés, il posa le saumon à plat à nouveau, poussant du revers de la main les intestins et le sang jusqu’à la poubelle. Se saisissant à nouveau du couteau, il entailla autour de la tête avant de longer l’arête dorsale, traversant le poisson de part en part, une main posée à plat sur son corps pour ne pas perdre de viande avec un geste imprécis. Avec la même technique, il récupéra le deuxième filet, jetant les os et les parties inutiles avant de rapidement couper en dés les deux filets. Pendant qu’il taillait dans la chair fraîche, Potter lui posa une question qui lui fit sensiblement ralentir le rythme. Pendant qu’il réfléchissait, une autre tirade lui souleva un sourcil circonspect. Pour ne pas perdre de temps, il jeta le poisson dans la poêle avant de mélanger un bon coup.

« Autorisé… en voilà un bien grand mot. Disons qu’on peut sortir à condition d’échapper aux Détraqueurs qui rôdent autour du château après le couvre-feu. La permission est une question de prudence maintenant, dit-il en souriant d’un air malicieux, offrant à Potter son profil. Ils ont rajouté une cinquième maison, les Nuncaboucs, réservée d’office aux sangs de bourbe, indépendamment de ce que dit le Choixpeau. Il y a une poignée d’inspecteurs qui surveillent le personnel et les élèves, profitant bien entendu du pouvoir qui va avec leur rang. Des étudiants ont fini à l’infirmerie. Sans parler des cours de magie noire où on leur apprend des cochonneries de la manière la moins pédagogique qui soit. Rien d’étonnant quand on confie un post de prof à quelqu’un qui n’a même pas fini sa propre éducation… Et l’étude des Moldus : le remake du Ku Klux Klan façon sang bleu. Mais pour un régime tyrannique, étonnamment, ça va encore, j’ai déjà vu bien pire. »

Finissant sa tirade sur le ton d’un conte raconté au coin d’une cheminée, Octave alla se saisir du pot de crème fraîche dans le sachet en papier avant d’en vider le contenu dans la casserole. Il ne fallait surtout pas que le poisson s’assèche, quelques secondes de cuisson suffisaient donc, le reste se faisant à cœur dans la sauce. Pincées de sel, poivre et herbes furent jetés telle des paillettes magiques de la Fée Clochette. Une odeur agréable se répandit dans la cuisine, prêtant des traits particulièrement doux au bibliothécaire pour qui la cuisine était un instant d’apaisement où il ne fallait pas réfléchir. Il finit néanmoins par croiser les bras sur son poitrail, maintenant entièrement tourné vers Potter. A dire vrai la dernière question l’avait légèrement troublé par son intime sollicitude. Il baissa légèrement les paupières, lorgnant sur ses avant-bras avant de finalement se décider à répondre.

« Je vais bien. Mais je ne suis pas une référence en la matière, si c’est ce que tu voulais savoir. J’ai une tendance au relativisme et à l’endurance qui déforment ma perception de ce qui est convenu. Pour le moment il n’y a eu qu’un Doloris de la part du Directeur, partiellement mérité quoique disproportionné. Mais si on se replace ça dans le contexte d’obscurantisme dans lequel on se trouve, il n’y a rien de très extravagant. Une discipline de fer, des abus de pouvoir, une ambiance angoissée, mais qui resserre les liens, découvre le caractère véritable des gens… Tes amis ont tous la chance d’être dans une école, et comme on sait, les enfants sont l’avenir d’une dictature, alors personne n’y meure. Il n’y a que des doigts cassés et beaucoup d’adversité. »

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MessageSujet: Re: [28 Septembre 1997] - Escapade et blasphème. Lun 24 Oct 2016 - 1:02

Cru,

Harry l'aurait mangé cru, ce poisson qui sentait meilleur au fur et à mesure qu'Octave le préparait. Pareil pour les spaghettis qu'il venait de lâcher dans l'eau bouillante. De temps à autre, l'adolescent jetait des coups d'oeil furtifs vers la fenêtre même si l'obscurité et la saleté l'empêchaient de voir autre chose qu'un vague disque d'argent lointain.

- Les Nuncaboucs.

Répéta-t-il pour lui-même, ses yeux verts mi-clos restant fixés sur la marmite où les pâtes mollissaient doucement. Une grande cuillère en main, du gros sel dans l'autre, le sorcier paraissait impassible, pour ne pas dire vide de sentiments. Pourtant, derrière ses lunettes rondes, son regard brillait avec une intensité certaine, offrant la preuve qu'il était réellement affecté par les nouvelles que lui donnaient le bibliothécaire. Aucun euphémisme de ce dernier, et encore moins ton de conteur ne sauraient le tranquilliser. Harry se sentait aussi impuissant que coupable. Il aurait aimé faire quelque chose, se serait y compris livré s'il avait eu la garantie que cette folie se termine, seulement il savait que sa mort signifierait le paroxysme de l'horreur. Pour l'instant, Voldemort était occupé à le chercher, peut-être était-ce pour ça qu'il n'y avait que des doigts cassés.

- Je ne crois pas que ce soit encore une école, et encore moins que ce soit une chance.

Souffla le Survivant en remuant les spaghettis. Mieux placé qu'on ne pourrait le croire, il ne sous-estimait pas la douleur psychologique, pire certainement qu'un bon gros coup de poing dans la figure. Ceux de son cousin lui explosait les lunettes, mais il préférait ça à l'époque que le regard rempli de reproches de son oncle ou de sa tante, de leur indifférence alternant avec les insultes. Les nouvelles du château ne le rassuraient pas. Ses yeux se redressèrent pour croiser ceux du bibliothécaire qui lui faisait face, bras croisés. Non sans une certaine pudeur, le plus jeune retira définitivement ses prunelles de cicatrices de son aîné. Il n'aimait pas que la sienne, si célèbre, attire la curiosité, pas question d'imposer la désagréable sensation à autrui. Néanmoins, il savait aussi que le Doloris était un sort qui faisait souffrir sans laisser de blessures visibles en général. Les marques ne venaient donc peut-être pas de cette punition "partiellement justifiée" mais ça ne le regardait pas.

- Certains élèves sont ravis de la situation, et d'autres plus victimes encore, n'est-ce pas ?

Demanda doucement Harry, presque sûr de la réponse. Il ne se sentait pas encore de donner des noms ou même une maison, cependant avec un peu de jugeote, il n'était pas trop difficile de deviner que le coeur du brun s'inquiétait pour les Gryffondors, maison réputée très "Dumbledoresque". Dans un monde idéal, les Serpentards, des enfants avant tout seraient demeurés des enfants, seulement le sorcier soupçonnait déjà des sales gamins de Mangemorts comme Malefoy de profiter pleinement de leur statut de sang-pur. Harry ne comprenait vraiment pas comment ces jeunes pouvaient se glorifier de la souffrance de leur pair, et encore, il n'imaginait pas jusqu'où allait ce contentement. Pauvre adolescente, encore naïf malgré son caractère forgé, sans doute n'était-il pas suffisamment dégoûté de l'homme et de son engeance, capables de tout.

- Quoiqu'il en soit, je vous remercie de prendre ce risque de m'aider. Sachez que je n'ai pas l'intention de laisser tomber.

Avoua-t-il d'un ton ferme malgré l'émotion qui le prenait. Toujours impassible ou presque en apparence, le jeune sorcier avait pourtant le coeur au bord des lèvres. Il ne se confierait pas totalement à Octave parce que ce n'était pas dans son caractère et sans doute conserverait-il ses propres secrets. Néanmoins, sa reconnaissance était sincère. Malgré sa faim d'ailleurs, son appétit avait diminué à l'entente des nouvelles. Il aurait dû s'y attendre.

- J'imagine que beaucoup d'enfants ont quitté le château. Les suppôts de Vous-Savez-Qui les laissent encore faire ?

Sur la pointe des pieds, Harry sortit deux assiettes d'une commode après avoir un peu tâtonné. Même s'il était habitué à ne rien révéler, aujourd'hui, il devait se contrôler et se retenir pour ne pas montrer sa peine ou ne serait-ce qu'un affaiblissement passager.

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MessageSujet: Re: [28 Septembre 1997] - Escapade et blasphème. Lun 31 Oct 2016 - 21:04

La pauvre créature n’avait d’yeux que pour la nourriture. Il ne la quittait pour ainsi dire pas un instant des yeux, le même désir invariable dans le regard, qu’il soit destiné aux pâtes encore sèches ou au poisson pas encore écaillé et cru. Certainement, le saumon était l’un des poissons que les occidentaux acceptaient de manger tel quel, mais tout de même, il fallait être véritablement affamé ou avoir le goût d’un fin gourmet pour y trouver du charme. Et en cet instant, Potter ressemblait davantage à un ours brun quelques mois avant sa léthargie annuelle, pendant la période de fraie des saumons. Octave eut le sentiment que le gamin lui aurait littéralement mangé dans la main du granulé industriels s’il le lui avait proposé. Mais nous ne sommes pas des barbares n’est-ce pas ? Et l’élu ne mérite que le meilleur, dans la mesure du possible. D’autant que le bibliothécaire n’avait définitivement pas pour habitude d’être discourtois avec ses invités, par principe. Alors il allait devoir être patient et ne pas planter ses dents dans des ingrédients à peine défaits.

Mais plus Octave parlait et plus l’instinct primitif de l’adolescent était dilué par des sentiments et impressions bien plus poignantes et plus fortes que la faim. C’était subtil et à peine perceptible, et pourtant c’était là, comme si Potter avait perdu sa faculté à exprimer distinctement les afflictions qui l’envahissaient. Ou simplement avait-il pris l’habitude, au cours de sa longue fuite, de ne rien laisser transparaître au nom de sa propre survie. Dans tous les cas, il abordait la chose avec pudeur, ne laissant qu’une lueur témoigner des pensées qui accaparaient son esprit, et cela encore involontairement peut-être. Par rapport aux inconvénients de sa fuite quotidienne, les nouvelles informations reçues devaient représenter une inquiétude supplémentaire bien inutile. Potter eut un dernier regard étrange vers les bras du bibliothécaire, encore croisés sur sa poitrine, et d’instinct les yeux d’Octave suivirent cette attention assez insistante pour être inquisitrice. Il y découvrit ses cicatrices. Fines et blanches, certaines d’entre elles se détachaient, presque translucides, de sa peau hâlée ; contraste renforcé par la lumière ambiante. Il savait que l’une d’elle remontait en ligne irrégulière quasiment jusqu’à l’épaule. C’était vraiment la seule pour laquelle il n’avait strictement aucune fierté. Une histoire de mescaline… Il resta donc silencieux, ne répondant à aucune question muette à moins qu’elle ne soit clairement posée. Et de toute manière Potter pensait déjà à autre chose.

- Certains élèves sont ravis de la situation, et d'autres plus victimes encore, n'est-ce pas ?
« Je ne crois pas que quelqu’un soit véritablement ravi. Certains sont juste rassurés d’être du bon côté et ils en profitent à outrance. Mais cela va rarement au-delà de la condescendance. Heureusement la nature a doté beaucoup de gens de méchanceté, mais peu ont le courage de la faire aboutir. Quant aux victimes, il est certain que leurs anciennes allégeances leurs soient rappelés, parfois avec dureté. »

Octave se retourna pour remuer le contenu de la poêle et, s’étant assuré que le mélange était prêt, il l’assaisonna une dernière fois avant de le retirer du feu. L’adolescent allait pouvoir assouvir un besoin primaire pour se concentrer sur des choses moins directement essentielles à sa survie. Le bibliothécaire goûta les pâtes pour constater leur correcte cuissons avant de vider l’eau bouillante dans l’évier où il avait prévu une passoire au préalable. Un nuage de buée remonta, l’obligeant à plisser les yeux. Il alla cueillir une des assiettes avec une fourchette et déposa une bonne portion de spaghettis, qu’il couvrit de deux bonnes coupelles de sauce encore fumante et répandant dans la pièce sa bonne odeur d’oignons caramélisés. Le bibliothécaire posa la première assiette à table et servit la seconde pour soi. Même s’il avait pris cette peine par courtoisie et pour ne pas risquer de déséquilibrer le tableau, il n’avait pas vraiment l’intention de manger. Il était de nature assez gourmande et ses habituels excès l’empêchaient souvent de pouvoir réfléchir en continuité et ce de manière suffisamment prolifique. Or, cette situation demandait qu’il puisse user de toutes ses facultés d’esprit avec efficacité. Et tandis qu’il servait, Potter lui adressa des remerciements qui figèrent Octave dans ses mouvements de manière à peine perceptible. Il avait toujours eu du mal à les accepter, quelle que soit la situation, principalement parce qu’il avait toujours eu le sentiment de ne jamais faire quoi que ce soit de manière parfaitement désintéressée. Il se retourna néanmoins avec un sourire soulevant vaguement le coin de ses lèvres carmin :

« Laisser tomber ? Laisser tomber quoi ? Que peux-tu donc faire ? Ah pardon, je n’ai pas réfléchi, il est clair que tu ne répondras pas à cette question, surtout si ce que tu sous-entends va au-delà de la simple résistance participative. Mais je n’ai aucun doute là-dessus, tu n’aurais pas eu le caractère à aller aussi loin pour abandonner alors qu’un si long chemin a déjà été parcourus et tant de choses ont été sacrifiées. Tu sembles avoir la volonté adéquate aux responsabilités que ta situation t’incombe. »

De ce qu’il avait entendu, Potter ne semblait pas être de ceux qui se laissaient mourir de fatigue parce que la course était trop longue. Il avait l’endurance que lui imposait les qualités de sa personnalité, ce qui ne devait pas toujours être une contradiction évidente à supporter. Succomber à l’épuisement du corps et de l’âme ou poursuivre ce que sa conscience dictait au creux de son oreille au risque de n’en plus pouvoir un jour ? Octave prit place à table, droit comme à son habitude, quoi que la tête légèrement penchée vers l’avant, ce qui illustrait l’intérêt qu’il portait au jeune homme. Il fit mine de s’apprêter à déguster le fruit de son travail, mais finit par poser ses deux coudes sur la table, nouant ses doigts quelque part sous son menton.

« A ce que je sache, personne n’a encore quitté le château. Certaines ne sont juste jamais venus et sont par conséquent recherchés… As-tu encore des questions ? Des inquiétudes ? Veux-tu savoir quelque chose de précis ? Ou un désir particulier ? Je comprends que notre rencontre soit parfaitement fortuite… Mais ce serait un péché que tu n’en profites pas jusqu’au bout… Qui sait quand tu retomberas exactement sur quelqu’un en mesure de t’aider. »

Octave ne sous-entendait rien de particulier, il souhaitait simplement s’éviter une culpabilité. De par son caractère opportuniste, mais surtout curieux, l’adulte avait vu une bonne occasion dès les premiers instants de leur rencontre involontaire. Raison pour laquelle il n’avait d’ailleurs pas accepté de vive voix les remerciements de l’Elu, se sachant pertinemment convoiteux en retour. Il aurait préféré ne rien avoir à lui demander, être parfaitement désintéressé et gentiment serviable, mais chacun ici avait ses propres impératifs et ses inquiétudes singulières. Alors il essayait de donner autant qu’il le pouvait pour ne pas avoir à culpabiliser de demander trop en retour de ce repas et des quelques informations qu’il était capable de lui communiquer sans rentrer dans les détails. Il n’avait pas le cœur de profiter d’un adolescent en fuite plus que ce-dernier le pouvait de lui-même. Alors il hésitait en silence, attendant le bon moment, là où sa demande ne paraîtrait ni trop prématurée, ni inquisitrice à outrance.

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MessageSujet: Re: [28 Septembre 1997] - Escapade et blasphème. Dim 13 Nov 2016 - 20:52

- Je n'ai juste... Pas le choix, probablement.

Severus Rogue lui avait demandé, deux ans avant, pourquoi il s'acharnait à continuer ce combat auquel personne ne le forçait. Harry avait alors répondu se sentir obligé, pour ses amis, pour les innocentes victimes et ceux qui croyaient en lui. Sans aimer sa célébrité, l'ancien Gryffondor était conscient de l'espoir que l'Angleterre avait déposé entre ses mains. Souvent, cela le faisait enrager, il avait envie de prendre un micro et de leur hurler de se débrouiller, de résister eux-même au lieu de tout projeter sur un adolescent sans envie de combattre. Pour autant, il s'était tu, continuant d'avancer, l'échine courbée. Le sorcier ne se pensait donc pas si courageux, avançant au bâton plus qu'à la carotte, parce qu'il ne pouvait simplement pas reculer, coincé dans la herse qui le poursuivait, s'enfonçant profondément dans la terre. Restait à savoir ce qu'il récolterait, lui ou ses proches s'il mourrait en chemin, une fois que les fruits plantés auraient grandi. Harry craignait le dénouement de cette histoire tragique, digne d'un grand roman fantastique... Si seulement ça en avait été un d'ailleurs, de roman. Ces récits parlant de gamin comme lui, sans destin héroïque, sans apparence spécialement brave, étaient tournés de telle façon que le protagoniste finissait par inverser la tendance, au-delà des statistiques jouant en sa faveur. Mais dans la vraie vie, rien ne semblait pouvoir renverser Voldemort, et surtout pas lui. Il continuait donc sa lutte malgré tout, au nom des siens, pour regretter le moins possible sur son lit de mort, parce que c'était dans sa nature simplement. Y avait-il un quelconque mérite à suivre sa nature ? Harry en doutait, mais il ne souhaitait pas discuter d'héroïsme ou de force de caractère maintenant à vrai dire.

Silencieusement reconnaissant envers le bibliothécaire qui croyait en sa personne; le Survivant esquissa un maigre sourire. Il se sentait un peu coupable que tous l'affublent de compliments, se sentant beaucoup moins courageux qu'on pouvait le croire. Si ses ennemis abusaient en grossissant ses défauts, ses alliés ou "admirateurs" eux, se fourvoyaient sur son âme peut-être pas si chevaleresque que ça. Néanmoins, en ces temps obscurs, trouver une personne favorable à ses idées ou à son dit caractère faisait du bien.

-Au moins, ceux d'origine moldue vous ont, vous.

Souffla doucement le sorcier, reconnaissant. Octave n'avait pas dit aider les faibles, mais vu son comportement avec lui, Harry pariait sur un sourire dans les couloirs au moins. Lui qui avait été haï à certaines époques de son existence savait combien ce geste anodin pouvait aider un coeur gelé à repartir.

- La famille Weasley, comment vont-ils ?

Finit par demander le Survivant qui porta enfin une bouchée du merveilleux plats à ses lèvres, se retenant de ne pas se précipiter pour enchaîner les coups de fourchettes. Au contraire, comme intimidé par l'allure de Monsieur Holbrey, il déployait tous ses trésors d'éducation, celle qu'il avait obtenu par lui-même à force d'observation ou celle qu'avait pu lui transmettre la mère de Ron. Ses manières étaient loin de le faire ressembler à un Gentleman, il avait cruellement manqué de références et de temps pour ce genre de futilités élégantes, mais une part de lui jugeait que remercier Octave passait par ces actions, de plus Harry avait toujours été poli de nature. C'était en lui, comme le désir de justice, il respectait les autres malgré un parler parfois trop franc qui mettait mal à l'aise ou des réactions légèrement décalées. Le brun était un simple enfant qui n'avait pas eu de repères, sinon ceux que ses yeux percevaient deci delà et interprétaient de leur mieux. Il s'était éduqué seul, sans père pour lui expliquer les choses de la vie, les filles ou maman pour lui apprendre les bonnes manières ou lui prodiguer des câlins. Vaillamment donc, le brun copiait Octave, mangeant très lentement -même si le premier lui, semblait décider à ne pas du tout se nourrir- en redisposant bien sa fourchette sur le côté une fois terminée sa bouchée. C'était difficile de se maîtriser, son corps lui hurlait de se jeter sur le poisson avant qu'il ne disparaisse ou qu'un Mangemort ne les interrompe, mais Harry avait ce don de se contrôler, lorsqu'on ne touchait pas à ses proches, il n'était pas si impulsif qu'on pourrait le croire.

- Et vous, vous n'avez aucune question ?

Demanda le brun qui avait hésité avant de mettre entre les mains d'Octave ce pouvoir. Néanmoins, comme l'avait dit celui-ci, ce serait pêché de ne pas en profiter. Le bibliothécaire avait le droit de savoir certains détails, bien sûr spécialement classés par Harry, distribués au compte-goutte. Si cela pouvait toutefois lui faire reprendre espoir -ou l'achever vu que les nouvelles n'étaient pas bonnes.- le sorcier estimait que la conversation serait positive. Il y avait si peu de résistants, même passifs. Tout le monde semblait avoir oublié la noirceur du premier règne de Voldemort et se rendre à lui.

- Il y a d'autres professeurs, comme vous ? Je veux dire... Pas à la botte du ministère ou de Vous-Savez-Qui ?

Harry aurait pu envoyer des serpents espionner comme lui l'avait partiellement enseigné Severus fut un temps, mais il ne faisait pas confiance à ces êtres. Si Voldemort attrapait l'un d'eux, il aurait vite fait de le retourner contre Harry, et d'obliger le reptile à le mordre où à lui montrer l'endroit où vivait la bande. Il n'était pas assez bon fourchelang pour jouer dans la cour de Voldemort. Son seul point fort pour l'instant était que le peu de gens souhaitant l'aider le faisait de tout coeur, non parce qu'ils étaient forcés. Ainsi, le Survivant ignorait si Octave était réellement engagé dans la cause de la résistance, mais le fait qu'il l'aide et le nourrisse lui suffisait pour offrir à cet homme un brin de sa confiance. Pour l'instant plus détendu le brun avait cessé de regarder furtivement par la fenêtre sale toutes les dix secondes. Il but une grande lampée d'eau profitant de sa transparence et de sa pureté. Une nouvelle bouchée de spaghettis enroulées autour de sa fourchette, après avoir essuyé ses lèvres délicatement et avoir reposé la serviette, le brun plongea son regard dans celui de l'étrange Octave Holbrey, au moins ouvert à une tentative de questions.

Sa seule impatience était du à sa propre demande concernant la famille Weasley. Il voulait savoir comment ces derniers allaient, vu leur position délicate de sangs-purs traîtres à leurs rangs. Pour avertir Ron bien sûr, mais aussi pour se rassurer en ce qui concernait Ginny. Au moins, les paroles précédentes d'Octave laissaient entendre que la jeune fille n'avait pas quitté le château et qu'elle n'était pas mortellement blessée. Cela dit, avoir un corps en parfait état ne voulait pas dire être mentalement en bonne condition. Il ne le savait que trop bien après être passé par la case Dursley, où d'ailleurs son propre corps n'avait pas eu le luxe d'être en forme. Cela dit, plus que la famine, tout comme maintenant dans les bois, c'était l'aspect psychologique le plus difficile à gérer. Harry supportait les privations, le froid, la maladie, il était solide, mais les mots, les regards, la perte de ses proches ou les trahisons pouvaient lui couper le souffle, le faire tomber à genoux jusqu'à ce qu'il cesse définitivement de lutter. Il fallait espérer que le caractère enflammé de Ginny la maintienne forte, alors, elle pourrait supporter et lui trouverait une nouvelle force pour continuer ce combat. Il fallait bien écrire son propre roman lorsqu'aucun auteur daignait le faire pour vous.

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MessageSujet: Re: [28 Septembre 1997] - Escapade et blasphème. Dim 20 Nov 2016 - 1:09

- Je n'ai juste... Pas le choix, probablement.

Probablement. Probablement que non. Ou peut-être que fondamentalement chacun de nous avait toujours le choix, à condition que des contraintes extérieures ne nous astreignent point. Mais lorsque l’on se trouve baigné par des instants de gracieuse liberté, rien n’est censé pouvoir arrêter nos désirs, n’est-ce pas ? Potter avait le choix. Il avait le choix de fuir loin et pour toujours, il avait le choix de mourir, de déserter, de se battre, de se suicider et même de ne rien faire en fait. Mais il y avait une exigence à laquelle personne ne pouvait se soustraire : celle des limites imposées par son propre caractère. Ou plutôt des principes qui régissaient l’existence, ainsi que leur parfaite absence. Il y avait celui pour qui sa propre vie et sa sauvegarde se tenait au-dessus du reste, des sentiments de droiture et de justice. Ceux-là faisaient toujours le choix pour soi et leur carence de noblesse ne leur faisait ressentir aucun remord à cet égard. C’étaient là des vices que nous ne devions à personne qu’à notre propre faiblesse. Mais il y avait des individus d’une toute autre tempe, d’une noblesse singulière et rare qui ne peut être que le fruit d’une discipline personnelle et d’une belle inclinaison de la personnalité. Potter, en jeune homme de cœur, pensait à remplir ses devoirs à peu près comme un couvreur songeait à couvrir. Il ne se rendait probablement pas compte de la source de cette détermination qui ne lui avait jusqu’à maintenant pas failli, car pour lui c’était un comportement naturel que de rester conforme à sa conscience. Il restait appliqué à bien faire, tandis que des hâbleurs, tel que l’ancien ministre de la magie, s’évertuaient à agir de sorte à ce que l’on dise d’eux qu’ils ont bien fait. Potter était honnête, et agissait de la sorte car c’était là son tempérament, l’estime et la reconnaissance lui manquant assurément quelques fois, tant les actes de bravoure couplés à une modestie naturelle n’accrochaient que peu l’attention de ceux qui cherchaient en tout un écho à leur propre vanité par une bonne dose d’exubérance. Après tout, les louanges n’allaient bien souvent qu’à ceux qui revendiquaient leurs victoires, et Octave eut un sourire compatissant à cette pensée.

« La modestie est au mérite ce que les ombres sont aux figures dans un tableau, Potter, elle lui donne de la force et du relief. »

Octave était conscient que cette phrase fut peut-être trop vague pour que le concerné puisse en rougir, pourtant elle était entièrement dirigée vers ce dernier. Et même la prendrait-il peut-être à contre-pied finalement. A force de se sentir contraint, Potter ne devait plus croire en ses propres qualités, alors davantage enclin à s’estimer coincé par des forces qui lui demeuraient étrangères. Pourtant Octave en avait vu des lâches et des faibles de caractère. Mais la fatigue et la constance d’une tourmente avaient cela d’inconvénient qu’ils faisaient douter de soi et de ses forces. Octave se voyait vaguement désemparé devant cet adolescent encore si jeune, mais déjà si averti, à tel point qu’il ne percevait plus l’étendue de l’ardeur dont il faisait preuve chaque jour, perdant de vue le but qu’il poursuivait. Et pour une fois le bibliothécaire s’en retrouva muet. Non par manque de mot et défaillance d’esprit, mais car l’allure et l’attitude avaient parfois plus d’importance que tout ce qui pouvait être suggéré. Octave eut toutefois un sourire involontairement amusé lorsque l’Elu déclara que les sang-de-bourbe pouvaient compter sur lui. Il ne se considérait pas comme un étant un défenseur de qui que ce soit ni de quoi que ce soit, même si les violences et injustices manifestes pouvaient le faire réagir, seulement dans une perspective de paix d’âme cela dit. Enfin, Octave n’était pas dupe. Potter n’était pas un Don Quichotte, incarnation parfaite de ce que le code de la chevalerie se représentait de la noblesse. Il ne luttait pas contre ses ennemis avec le courage insensé et irréfléchi de celui qui met la bravoure au-dessus de tout. Il avait ses défauts, très certainement, mais c’est ainsi que l’on reconnaissait les belles personnes, lorsque leurs qualités faisaient pâlir leurs défauts par leur force. Et par la vertu de cet espoir, Octave ne répondit rien à l’affirmation, ne souhaitant pas le démoraliser davantage à lui expliquer que non, le bibliothécaire n’était pas la valeur des plus certaines pour protéger des gens.

« De ce que j’ai ouï dire, les Weasley sont surveillés plus que d’autres, les autorités les secouent souvent et sans raison, mais jamais rien de grave. Des visites plus démonstratives que significatives. Ils espèrent te trouver. Pareil pour leur enfant présent à Poudlard. La Miss doit vouloir faire honneur à l’attachement que sa famille à pour toi car elle est partout où il ne faut pas être. Mais comme elle a un sang-pur, par principe, elle n’a pas beaucoup de soucis, même si les inspecteurs essayent de la mater quand ils le peuvent. Mais je crois que comme tu t’en doutes, quoi qu’on lui dise ou fasse, elle continuera à se battre. Et ils se battront tous tant que tu ne seras pas mort. Et leur courage surpassera leur peur tant que ta présence leur donnera de la force. »

Ginny Weasley était une grande activiste, c’était certain. Elle était ce repère infatigable et immuable, une force vers laquelle beaucoup d’élèves se tournaient comme vers une bougie allumée dans le noir. Sa bonne origine, malgré les fréquentations discutables, la protégeaient avec succès de beaucoup de dangers auxquels n’échappaient pas d’autres élèves moins chanceux de posséder un meilleur bagage héréditaire. Intimement, c’était regrettable, mais il ne fallait pas se mentir, toute opposition avait besoin d’icônes à suivre, de gens courageux qui en font plus que les autres et qui inspirent les plus faibles à agir à leur tour. Un sacrifice nécessaire, et il n’y avait plus qu’à espérer que personne n’en meure.

Octave aspira longuement lorsque Potter lui demanda s’il n’avait rien à demander. Touché, bien évidemment que si. Une affaire qui n’avait rien d’anodin d’ailleurs, mais qui s’était cela dit présentée à l’esprit du bibliothécaire bien plus tardivement, alors que des souvenirs lui étaient remontés à la tête. Un éclat passa sur son visage, comme le reflet lointain d’un sentiment malicieux et intéressé. Il ne dit rien néanmoins sur le moment, souhaitant trouver l’instant propice, le silence le plus moelleux pour glisser sa question, attendant un peu que le jeune ait l’estomac plus rempli et les idées donc plus sereines. La faim avait, comme tout ressenti primitif, tendance à vous ramener à des états peu enclins à la coopération. D’ailleurs, Octave se serrait attendu à le voir gober sa nourriture comme certains vous boivent une pinte, d’une seule et longue gorgée. Mais Potter semblait vouloir convenir à cette ambiance qu’Octave instaurait involontairement, alors il décida de se laisser aller contre le dossier de son siège, glissant sensiblement vers le bas, détendant son dos et ses épaules qu’il arrondit légèrement dans une pause décontractée et assoupie. Quoi que, un peu de bonnes manières avaient le don de faire revenir à la civilisation et aux mœurs convenables de maintien et d’esprit.

« Tous vos anciens professeurs vous sont fidèles autant que le leur permet leur propre bravoure. Mais même s’ils ne sont pas tous à la hauteur de ce qu’on souhaiterait d’eux dans ce genre de moments, ils sont bien attentionnés. Cela dit je ne pense pas qu’on puisse dire qu’ils sont « comme moi ». Mais tant qu’ils sont là, les élèves iront bien. Quant aux nouveaux… ils ne sont pas nouveaux pour rien, mais c’est normal, on ne s’attendait pas à autre chose, n’est-ce pas ? Charmants inspecteurs sur lesquels la nature à tout donné dans le muscle et rien dans la caboche. »

Là non plus personne ne pouvait se leurrer ou nourrir des espérances un peu trop grasses. Les professeurs étaient des humains et la tension était souvent latente. Jamais aucun combat, ni une opposition ouverte, simplement des tours de passe-passe et des démonstrations d’autorité pour protéger les élèves en danger. Il n’y avait qu’un renversement d’Etat qui avait le pouvoir de radicalement changer les choses pour un mieux, mais pour cela aussi, il fallait attendre et se préparer pour réussir du premier coup. Toute cette histoire était une longue course, où il fallait plutôt garder un bon rythme que miser sur la vitesse. En attendant, la prudence était recommandée, tout autant qu’une rébellion intelligente. Octave regarda l’adolescent poser ses couverts, observant un silence qu’il voulut transitoire. Il lui laissa le temps de boire une bonne gorgée, l’observa attentivement pour finalement reporter son attention vers un quelconque objet sans intérêt. Une manière en soi pour accorder un peu de pudeur et de répit à une requête qu’il savait importante pour soi. Mais il ne fallait plus traîner et Octave regarda le jeune homme droit dans les yeux sans sourires ni douceur, sans avoir l’air parfaitement sérieux non plus pourtant. Une légèreté énigmatique flottait sur son visage lorsqu’il daigna enfin aborder ce qui l’intéressait :

« Parle-moi de Rogue. »

Il laissa cette phrase en suspend quelques instants avant de l’expliquer, car il y avait manifestement beaucoup à expliquer, sachant que pour certains, l’intérêt de la question était évident, alors que pour d’autres, il était bien plus nébuleux. Et en vérité Octave avait probablement une curiosité bien plus étendue que ce à quoi Potter pouvait logiquement penser.

« Je sais que vos relations ont été aussi houleuses qu’étroites. Ce qui m’intéresse, c’est de savoir ce que tu sais de lui. Tout. Enfin… « tout ». Tout ce que tu voudras bien me dire. Que sais-tu sur lui que les autres ne savent pas et ce qu’une étroite collaboration ne pourra pas me dévoiler ? Je ne te demande pas ça pour pouvoir lui faire du chantage ou quelque chose de saugrenu dans ce genre. J’ai besoin de le comprendre, et pour ça, il faut que je le connaisse. Raison pour laquelle je te demande « tout ». Les histoires particulièrement anodines autant que les détails les plus significatifs… Enfin, si tu refuses par pudeur ou respect, je comprendrai. Bien qu’il soit fort probable que tu le détestes au point de n’éprouver aucune once de respect à son égard, mais je ne souhaiterai pas sous-estimer ta bonne convenance. »

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MessageSujet: Re: [28 Septembre 1997] - Escapade et blasphème. Hier à 21:29

Un léger sourire triste illumina vaguement les traits de Harry, tandis que son regard brillait d'une tendresse remplie de pudeur, hésitante, laquelle lui rendait un peu de ce charme Potterien hérité de ses parents. Juste un moment, le temps de songer à Ginny, la forte, la fidèle. L'inquiétude effaça son sourire, il le savait, l'avait toujours su. A son instar, la rousse ne cesserait de se mettre en danger au nom de la justice, et cela lui plaisait autant que ça lui déplaisait. Lui aurait aimé l'avoir en sûreté, dans une pot de verre incassable, sachant pourtant que l'enfermer ne la rendrait pas heureuse. Comment faire pour conserver ses proches lorsqu'on flirtait soit-même, intimement avec la mort depuis ses 1 an ?

Octave se laissa aller un peu plus sur son siège puis lui fit un sourire intrigant. Harry, curieux de savoir ce qui se cachait derrière cet air énigmatique fronça légèrement les sourcils. Malgré lui, le sorcier laissa tomber sa fourchette dans son assiette, laquelle émit un bruit presque obscène vu le silence qui s'était installé. Le brun laissa le choc du métal contre la porcelaine s'éteindre doucement, profitant de ces quelques secondes avant de répondre. Il aurait voulu demander à Octave pourquoi ce dernier voulait avoir des informations à propos de son ex-enseignant. Cependant, il était également conscient que c'était lui qui était en dette de réponses. D'autant qu'il était le premier à avoir proposé son "savoir" en monnaie d'échange, ou plutôt de remerciement.

- Rogue a tué Dumbledore. Je l'ai vu.

Commença le brun avant de continuer, rassemblant ses pensées à propos du traître.

- Le directeur avait confiance en lui, c'était un ancien Mangemort, j'ai vu sa marque... Enfin ça ce n'était pas un vrai secret, beaucoup étaient au courant finalement. En cours, il était sadique, néanmoins, son histoire de repentance semblait être crédible, d'où le fait qu'il ait pu tromper Dumbledore certainement. Son enfance n'a pas été joyeuse, il a été maltraité, ce qui l'a certainement rendu amer. Entre nous, ce n'est pas une excuse...

Harry ne se considérait pas lui-même comme maltraité, même si c'était évidemment le cas. A ses yeux, un gamin frappé ou affamé l'était, et bien que les Dursley aient parfois oublié de lui apporter sa pitance, il ne voulait pas se permettre de pleurnicher avec l'excuse de la maltraitance. Désireux de s'en sortir, d'éviter de reproduire le passé qui l'avait accablé, le brun luttait férocement contre son mal-être, son manque affectif voir éducatif parfois sans en avoir conscience. A ses yeux, plus on souffrait, plus on devait se battre pour éviter que d'autres aient à vivre la même chose, pas l'infliger, justement.

- Je l'ai vu lors d'une séance d'Occlumantie, vu qu'il me donnait cours, mais je n'en sais guère plus. C'est un excellent légilimens et un bon duelliste, il a toujours voulu être prof de Défenses contre les Forces du Mal. J'ignore pourquoi il me hait autant en fait, mais c'est vrai qu'il ne pouvait pas me voir, ça sautait à la figure dès le premier cours, donc ce n'est pas quelque chose que j'ai fait. Si vous avez des questions plus précises, ça m'aiderait à me rappeler de détails, sans doute.

Le manque de nourriture, la tristesse, tout cela avait un peu mêlé ces détails. Devant son regard devenu absent, l'assassinat de Dumbledore se déroulait une fois après une autre. Il était douloureux de se souvenir de cette traîtrise.

- Je ne pensais pas qu'il aurait trahi celui qui lui avait donné une nouvelle chance.

Sa voix se brisa malgré ses tentatives pour demeurer neutre. Dumbledore était peut-être étrange ces derniers temps avec sa main, il ne saisissait pas que Rogue ait pu choisir d'accélérer la fin à laquelle le vieux sorcier semblait promis. Il lui manquait de nombreux éléments, mais sachant que l'une de ses principales qualités était la loyauté, l'ex-Gryffondor ne comprenait pas comment Severus avait pu revenir vers son ancien Maître, ni comment ce dernier lui avait pardonné, connu pour son intolérance.

- Je ne sais pas s'il a été un jour réellement sincère avec Dumbledore...

* Et l'Ordre. *

Songeait l'adolescent en se rappelant avec écoeurement avoir demandé au sorcier des cours. Pourquoi d'ailleurs ce dernier l'avait réellement aidé ? Car oui; les classes particulières dispensées par le maître des potions lui avaient été utiles-sauf celles d'Occlumentie mais ça c'était parce qu'il était nul dans cette matière.- Juste pour donner le change ? Pourquoi ne l'avait-il pas tué à ce moment, au QG quand tout était vide ? Parce que Voldemort voulait encore faire un rituel sur lui, comme en quatrième ? Prendre son sang, ou juste par fierté, le tué de sa propre baguette ? Les morceaux ne collaient pas, ou avec difficulté, en obligeant les pièces du puzzle à s'encastrer, créant des fissures dans le tableau artificiel crée de force. Harry mangea un bouchée, plus pour remplir le vide de son expression, l'inutilité soudaine de ses mains, la perdition de son corps et de son esprit qu'autre chose. Perdu. Il était perdu et la simple question d'Octave venait de le mettre en évidence. Malgré les propos du bibliothécaire à propos des professeurs loyaux, il était anéanti. Cet enseignant, il ne l'avait jamais aimé, mais avait appris à le respecter, le considérant comme un des siens. La trahison blessait plus que tout.

- Vous le connaissez personnellement ? Pourquoi vous intéresse-t-il ?

Demanda le sorcier, malgré lui un brin méfiant. Octave voulait-il rejoindre l'homme ou essayer de le ramener au contraire ? Pour Harry ce n'était plus possible. Rogue ne serait jamais apte à la rédemption, il avait commis l'irréparable.

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Merci à Léandre Camus pour la modification de l'Avatar.
Merci aussi à Olivia et Geny qui ont fait des merveilles également.
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[28 Septembre 1997] - Escapade et blasphème.

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