AccueilAccueil  PortailPortail  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  

Partagez|

Ce n'est que le nouveau bibliothécaire. [25 Septembre 1997]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Aller à la page : Précédent  1, 2
AuteurMessage
SERPENTARD5ème année
    SERPENTARD
    5ème année
AVATAR : Lu Han
MESSAGES : 201

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 12 Avril 1981 - Londres
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: Ce n'est que le nouveau bibliothécaire. [25 Septembre 1997] Ven 20 Jan 2017 - 7:02

« Passez une bonne nuit, monsieur Doe. »

L'air devenait irrespirable, alors qu'une chaleur encombrante prenait place à l'intérieur du drap dans lequel le jeune sorcier s'était de lui-même enfermé. Dans l'espoir de ne plus faire face au présent, ses paupières s'étaient refermées pour une toute dernière fois. Son courage s'était envolé et il n'attendait plus que cet instant de repos éternel, ce moment où sa conscience allait se noyer dans l'inconscience et laisser le rêve d'un jour meilleur bercer ses peurs et ses angoisses. Enfin, peut-être allait-il faire un cauchemar, mais il n'y réfléchissait pas, comme si le chemin de l'hantise lui était simplement inaccessible. Après tout, son esprit ne redoutait guère les démons, le malheur d'être tué ou le vertige accablant que pouvait être celui de tomber de haut. Non, Mathewsen s'alarmait à l'option d'une seule chose; des paroles inédites, un murmure moqueur que seul Octave pouvait lancer à son égard. Il redoutait les attaques et il se savait en position de faiblesse. Au fond de lui, il pouvait la sentir; cette sensation que lui apportaient une décision inachevée et quémandante d'avoir sa place dans les souvenirs de l'adolescent. Un simple baiser, c'était tout ce qu'il voulait, comme s'il en était forcé. Au périple de sa vie, il ne devait que se décider, offrant avec franchise cette étreinte inaccomplie qui avait apporté le Serpentard à regretter amèrement de ne pas l'avoir mise à terme. Avait-il eu peur ? Pourtant, ça n'avait guère été le cas, lorsque la tentation fut assez forte pour qu'il épouse la bouche d'Inoue. Le souffle trop prononcé et le coeur battant, il essayait tant bien que mal de se détendre et d'oublier. Oublier Octave, oublier la nuit, oublier le jour à venir, la moiteur de sa peau, sa respiration haletante et tous ses sentiments qui le rendaient convalescent. Oh, il pouvait bien omettre tout ce qu'il voulait, mais il allait lui être impossible de repousser l'entièreté de ce qu'il lui était arrivé en cette soirée de mise en scène.

Il repassait les derniers évènements, s'interrompant à plusieurs reprises, en se rappelant que ce n'était pas en visualisant le passé qu'il allait pouvoir s'endormir dans le futur. De plus, certaines choses ne lui revenaient pas, comme si un épais brouillard emprisonnait certaines parties de sa mémoire qui se faisait déjà sélective. Tel le gamin capricieux qu'il était, il repérait et ne donnait de l'importance qu'à ce qu'il y avait de plus choquant et d'amer. D'abord rancunier, tout son être se crispa et se laissa empoisonner par le regret de celui ou celle qui aurait aimé que tout soit différent. À sa simple faveur, son orgueil faisait maintenant surface, avec beaucoup de retard. Enfin, les mauvaises passes étaient  plus marquantes, mais Leslie trouva en ces scènes de martyr psychologique une étrange douceur, ce qui eut pour effet de réduire l'impact de son anxiété. Le cinquième année avait compris, comme par magie, qu'il n'avait plus besoin d'avoir peur. Se remémorer le pire lui avait permis de constater qu'au fond, ce n'était pas si terrible que cela pouvait le paraître. Octave n'était pas un ennemi et Mathewsen venait de le concevoir. La chaleur à son dos lui fut d'un coup plus agréable, parce que celui qui en était la source n'était plus considéré comme un danger. Ses attaques n'étaient plus à redouter, mais plutôt, il fallait les accepter, puisqu'elles avaient un sens particulier. Le bibliothécaire ne parlait pas pour rien dire. Au contraire, il apportait de son aide, y allant comme une brute pour être certain que rien ne soit lancé dans le vide. Le calme revenait peu à peu chez Leslie, alors qu'il se libérait de ses pensées pour simplement retourner dans un présent qu'il n'avait plus envie de fuir. Il écoutait les bruits ambiants, s'attachant inconsciemment à la masse à ses côtés. Il avait aussi retiré le haut de son visage de sous le drap, libérant son nez de sorte à pouvoir librement respirer.

Les odeurs se mélangeaient entre elles, alors que le goût des pâtisseries arabes remontait à sa bouche pour injustement ouvrir son appétit. Heureusement, contrairement à Cliff, la gourmandise n'était pas l'un de ses défauts, ce qui lui permit de passer au-dessus de cette envie qui était celle d'aller mordre la pâte caramélisée et de s'endormir la bouche pleine de sucres et d'amandes. Il s'endormit donc ainsi, l'esprit épris par une boîte que l'adulte alla amasser en plus de la théière. Lorsque celui-ci s'était levé, Mathewsen avait laissé une plainte mécontente s'envoler, mais il s'était rapidement habitué au vide qu'Octave avait laissé derrière lui. Il n'y avait plus que le froissement de papier et le son tangible d'une respiration tranquille et épanouie. Octave s'était remis à la lecture et Leslie s'était abandonné dans un univers noir. Il n'allait pas rêver ce soir ou plutôt; il n'allait pas se rappeler des farouches illusions et tourments que pouvait contenir ses rêves. Il était destiné aux cauchemars, ce qui allait le réveiller à plusieurs reprises durant son sommeil, sans qu'il n'en comprenne la raison apparente. Et il se rendormira aussi rapidement qu'il s'éveillera, comme s'il était trop lourd et difficile pour lui d'avoir pleinement accès à sa conscience.

***

L'atmosphère était paisible, accordant à Leslie un réveil léger et agréable. L'esprit fatigué en vue du cauchemar qu'il avait fait et dont il ne se souvenait guère, il profita de l'instant pour se vider la tête de tous questionnements puis il s'étira pleinement. Cependant, il s'arrêta d'un coup, alors que sa paume atteignit une chaleur qui lui semblait inconnue. Incertain, il se redressa pour fixer l'adulte. En comprenant que ce n'était qu'Octave, il se laissa retomber en soupirant avec complaisance. Ce n'était que le bibliothécaire, rien d'alarmant. C'était ce qu'il pensait au début, alors qu'il fixait l'intérieur de sa paume. Puis, d'un coup, il se redressa en posant cette même paume contre sa poitrine. Il n'avait pas eu peur de l'adulte, pas l'espace d'une seule seconde et ce fut cette réalité qui le porta à s'effrayer tout seul. Oh, et pourquoi devait-il donc s'en faire au juste ? Il se laissa à nouveau tomber, prenant place de sorte à avoir l'adulte devant lui. Curieux, il alla, du bout de son index, le poquer contre la joue. Ses prunelles ne pouvaient plus quitter Octave, comme si ça lui était interdit de poser son attention ailleurs. Scrutant son visage un long moment, il finit par étrangement s'intéresser à la position de l'adulte, essayant de faire de même pour voir si cela était vraiment confortable. Dans sa démarche, il ferma les yeux et laissa qu'un sourire naître aux coins des ses lèvres. Le temps s'écroulait peu à peu, mais cela ne semblait pas embêter le petit Serpentard qui se redressa à nouveau pour aller à la salle de bain. Laissant la porte entrouverte, il s'occupa de son envie d'uriner. L'oeil attentif, il remarqua que ses vêtements n'étaient plus là où il les avait laissés.

- Oooooctaaave. souffla-t-il dans un murmure pour l'accuser indirectement. En ressortant de la pièce, il s'approcha du lit et donc; du bibliothécaire. Puis, à nouveau, il posa ses prunelles contre le corps imberbe de l'homme qui semblait avoir tout pour plaire. Mathewsen le fixait et il fit un retour au passé. Sa mauvaise mémoire lui retourna une sélection emplis de durs assauts et de dures paroles. Ce fut donc avec dévouement qu'il leva le bras, prêt à lui donner un coup qu'il aurait adoré lui assigner plus tôt. Au fond, il le méritait et ça allait être un retour de marchandise. Cependant, une phrase perça l'oreille du cinquième année, comme si elle lui était répétée comme consigne face à ce mauvais agissement. - Non, tu ne peux pas me frapper... Embrasses-moi plutôt... Le regard porté droit devant, il hocha en abaissant sa main.

- Cette demande vous est accordée, très cher. Il monta contre le matelas, s'approchant cupidement d'Octave en se glissant jusqu'à lui, comme le serpent qu'il était. Prêt à lui offrir de son venin, il prit place à côté de son épaule, s'assoyant à l'indienne en accotant son pied gauche à l'intérieur du croisement de sa cuisse et son de mollet. Flexible, il se laissa pencher vers l'avant, appuyant de ses paumes contre le matelas pour faciliter le mouvement. Son sourire s'envola sous sa concentration, mais il s'arrêta avant d'être suffisamment prêt pour entendre la respiration de l'adulte. Le regard sincère, il s'humecta les lèvres avant de dénoncer une erreur commise; -Hier, j'ai dit que ce monde n'aurait rien perdu, si tu serais mort... Ses propres paroles le blessèrent, montant en lui la même amertume que la veille. Et, comme une mère embrassant l'enfant endormi, il alla jusqu'au bout de son désir, tendrement et appuyant ses lèvres avec délicatesse, au point qu'il n'avait même pas eu l'impression qu'elles avaient touché celles de l'adulte. C'était un symbole, une demande de pardon qui n'en était pas une, puisque Octave n'allait pas avoir le choix. Tout en gardant les yeux ouverts, il se retira à peine et il se pencha davantage pour atteindre l'oreille;

- J'ai menti. avoua-t-il avant de retenter les lèvres une dernière fois, y allant plus vigoureusement, de sorte à ne jamais les oublier. Et, au fond de lui, il ne voulait pas que cette bouche aussi horrible que malmenante soit entichée d'un éternel rejet de sa part. Ainsi, il le remerciait d'avoir été si brusque et irréversible. Mais cette douceur devait prendre fin. D'un geste brusque, il se redressa et frappa de ses deux paumes le torse d'Octave, y allant bien sauvagement pour le réveiller comme il se le doit. C'était à son tour de l'attaquer. - VOUS AVEZ DES RESPONSABILITÉS MONSIEUR HOLBREY ! Cria-t-il autoritairement, comme s'il le punissait de s'être endormi. Il s'enfuit du lit l'instant d'après, allant retrouver la boîte de pâtisseries arabes pour en manger comme office de petit déjeuner.

- Bien dormi ? conclut-il en se léchant le bout des doigts.

_________________
one thousand lonely stars
Louis Bourdaloue ✻ Nous satisfaisons la vérité en faisant usage de l'hypocrisie. Nous ne voulons ni nous connaître, ni être connus. Un de nos soins est de nous tromper, et l'autre; de tromper le monde.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
PERSONNEL DE POUDLARDBibliothécaire
    PERSONNEL DE POUDLARD
    Bibliothécaire
AVATAR : James McAvoy
MESSAGES : 497

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Pas vraiment seul, mais presque.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 10 Août 1964
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: Ce n'est que le nouveau bibliothécaire. [25 Septembre 1997] Sam 21 Jan 2017 - 2:03

Depuis aussi longtemps qu’il fût conscience de soi, il avait toujours eu un sommeil mitigé, ou si ce n’est complètement relâché, extrêmement léger, malgré le fait qu’il eût beaucoup aimé dormir. Peut-être était-ce justement dû au fait que ses nuits n’étaient jamais satisfaisantes s’il s’imaginait qu’un sommeil parfait se devait d’être long et tranquille. Quoi qu’il en fût, Octave avait le repos d’un animal sauvage, par cruelle angoisse où éternelle méfiance, il était toujours prêt à bondir de son lit comme si un chasseur se cachait quelque part dans les fourrées l’entourant. Il ne parvenait pas à être tranquille, s’assoupissant qu’à moitié, où qu’il fut, endormi au creux des sables du désert, en pleine guerre d’Afghanistan, ou entre les bras d’une belle femme l’enveloppant sincèrement, généreusement de sa douceur veloutée. L’habitue d’un danger accru y était probablement pour quelque chose, à croire que son esprit n’arrivait pas à trouver le repos malgré une vie à priori bien rangée, comme s’il y avait une menace latente dans tous les instants de son existence. Ou, me direz-vous, c’est là l’adage de quelqu’un qui se sent coupable, s’il craint des représailles même jusque dans son sommeil. Position compréhensible et même fort probable, malheureusement. Mais alors il serait question uniquement de frémissements de l’inconscient, tant son caractère était pragmatique et apte à relativiser les moindres évènements de la vie au point de reléguer les affaires du cœur pour suivre celles de la raison. Non pas qu’il soit hanté par la crainte de souffrir pour se cacher derrière une assidue lucidité, mais ces choses-là avaient pendant longtemps eu plus de valeur à ses yeux que les appels des sentiments, dont il ignora tout jusqu’à il n’y a encore peu. Mais ne dit-on pas justement que le sommeil réveille notre inconscient, qui se manifeste alors au travers de rêves étranges et d’inquiétudes métaphoriques. Il était vrai que ses songes furent souvent peuplés d’évènements étranges et d’histoires confuses, ou au contraire rudement réalistes. Alors, déformation professionnelle et empirique ou un cœur qui avait de quoi s’en vouloir sans oser se l’avouer ? Bien entendu, il préférait la première option, cela dit son mal remontait si loin qu’Octave était incapable de le sonder convenablement, et le sommeil paisible, il ne faisait que l’espérer.

Fort heureusement, son cerveau paralysait complètement son corps, si bien que les cauchemars qui se déroulaient derrière ses paupières immobiles ne se répercutaient jamais en rien dans ses membres, le laissant tranquillement immobile. L’illusion allait jusqu’au souffle léger qui animait uniformément sa poitrine, lui donnant cet air démuni qu’il n’avait que lorsque sa conscience quittait momentanément -mais jamais totalement- ce monde. Il paraissait doucement assoupi alors que son être était en fait comme perclus. A croire que même son corps se refusait à mimer l’agitation de son sommeil, et que son cerveau préférait parfaitement se couper du monde extérieur, s’abandonnant l’espace d’une poignée d’heures au trouble l’habitant, enfermé en permanence quelque part dans les profondeurs de son esprit. Tel l’homme du puits et du pendule, Octave demeurait immobile de corps et livré aux méandres de son inconscient libéré du contrôle de l’esprit endormi.

Comme toujours, Octave s’était réveillé à plusieurs reprises pendant la nuit, avec la régularité d’un métronome, malgré la fatigue qui l’avait laissé sans forces la veille. Il n’ouvrait même pas les yeux, encore à moitié plongé dans le rêve d’avant, attendant déjà que le rêve prochain occupe son imagination fantasque. Ses réveils étaient pareils à une chute. Un cliché dans l’interprétation des rêves, dont l’explication perdait tout son sens lorsque la chose arrivait à répétition, sans interruption et avec une constance inquiétante au début, puis se muant en habitude. Encore une. Encore un usage auquel Octave s’était fait, comme on s’accoutume involontairement d’une plaie qui refuse de guérir. Enfin, pas de quoi se tourmenter pour un sommeil fragile de toute manière. Un soupire, un vague mouvement de la main ou un frémissement du visage, et le voilà qui se rendormait, aussi paisible qu’avant. Rien d’étonnant alors lorsque son esprit crut son corps tomber d’une hauteur vertigineuse et le réveilla, alors que Johnny faisait des espèces de génuflexions à côté. Le matelas tangua et Octave se réveilla derrière ses paupières closes. Aucun sursaut ni de tressaillement, comme il était souvent le cas pour les gens sortant en sursaut d’un cauchemar orageux. Rien. Il ne moufta pas. Ou à peine, son corps se crispant imperceptiblement sous un sentiment anxieux. Et puis, l’esprit sortit de l’inertie, déchirant la toile aranéeuse d’une sourde torpeur, retrouvant le sentiment de l’existence physique pour combler le sentiment déjà acquis de l’existence spirituelle. Ce n’était que Johnny. Sa respiration, qui s’était accélérée par réflexe stressé, préparant le corps à prendre la fuite, redevint calme en quelques secondes. Ce n’était que Johnny. Le pauvre môme de la veille qui s’était endormi dans son lit et qui le quittait maintenant pour aller se soulager dans la salle de bain. Quel archaïsme, il aurait préféré rester évanoui. Ses paupières étaient lourdes et douloureuses, il n’avait strictement aucune envie de les ouvrir et espérait éventuellement continuer à dormir. Mais avec un Johnny éveillé dans sa pièce, son esprit faisait déjà par réflexe des efforts répétés et intenses pour ramasser les quelques vestiges de cet état de néant apparent dans lequel s’était glissé son inconscient cette nuit. Se ressaisir le matin, en voilà un exercice difficile. S’il se réveillait et comprenait qu’aucun danger ne le guettait, Octave était incapable de s’extirper des draps.

Voilà que l’adolescent revenait dans la pièce, faisant raisonner le claquement de ses pieds nus contre la pierre. Le bibliothécaire décida donc de rester immobile et voir ce que le minot avait en tête. Difficile de le faire les yeux fermés, ou plutôt la tentation de les ouvrir était si grande… Sentant Johnny à ses côtés sur le lit et le souffle éloigné de sa respiration, Octave ne broncha pas d’un poil de cheveu. Sa voix perça le silence fait de bruissement de draps froissés, en une réplique que le faux endormi n’était pas certain de comprendre, et n’eut à vrai dire même pas le temps d’y réfléchir qu’il sentit Johnny couler contre lui à travers le linge cotonneux et agréablement propre. Encore, le matelas tangua non loin de son visage en deux creux qu’il perçut distinctement. Dans sa tranquillité apparente, son esprit était prêt à bondir, se saisir des faibles membres du jeune garçon et les tordre pour l’immobiliser au sol, arrêtant ses noirs desseins… Un souffle, proche, trop proche, profiteur éveillé face à un corps qu’il croyait endormi. Sa respiration buttait contre le visage masculin, enrobant sa peau dans une chaleur momentanée qui disparaissait la seconde suivante et revenait, paisible, balayer sa joue épineuse.

- Hier, j'ai dit que ce monde n'aurait rien perdu, si tu serais mort...

Octave se figea intérieurement. Lâche, lâche et faible ! Ah, quelle infamie, putride et culpabilisante. Horrible chenapan. Il aurait dû se rendormir à poing fermés pour ne pas entendre ça, alors qu’il était dans une telle position démunie, absolument pas prêt à rétorquer quoi que ce soit. Sa sensibilité accrue et sans défense en un tel instant lui dictait de bondir, de se lever pour ne pas entendre la fin de cette phrase dont il n’aurait rien eu à faire en temps normal, surtout venant d’un gamin comme celui-là. Mais là, en cet instant précis, il se sentait soudain odieusement blessé de commencer sa journée par ces mots-là. Comme s’il en avait besoin, il n’était encore pas assez réveillé pour s’en foutre complètement. Mais orgueil oblige, il continua à faire semblant de dormir pour ne pas rompre la magie qui opérait sur quelqu’un se croyant seul face à une personne sans défense ni oreilles. Peut-être qu’il en tirerait finalement la vérité authentique, celle que Johnny ne s’avouait que quand personne n’était là pour l’écouter. Vicieusement, Octave se terra sans son immobilité, attendant une suite qu’il devinait tranchante et emplie de méchanceté au vu du personnage qu’il lui fut donné de voir la veille. Alors qu’il ne s’y attendait absolument pas, le destin se remit en branle, le touchant là où ce fut inconcevable il y a encore un instant. Sous la surprise de ces petites et tendres lèvres recouvrant les siennes, Octave sentit son cœur se dilater avec une telle violence qu’il faillit être asphyxié. Il avait presque ouvert les yeux pour constater que ce n’était pas une hallucination, et au travers de la prison de ces cils noirs, il vit que c’était bien Johnny qui pressait délicatement sa bouche trépignante, palpitante, douce et juvénile contre la sienne, vétuste, marquée par une virilité masculine, et immobile. Une seconde plus tard et il était déjà parti.

- J'ai menti.

Malgré l’instant, encore moins que lorsqu’il fut pris d’une colère sourde, Octave n’osa pas bouger, cette fois pour ne pas brusquer l’adolescent qu’il sentait en confiance probablement pour la seule raison qu’il le croyait endormi. Il aurait fallu ouvrir les yeux plus tôt, maintenant il était bien trop tard et cela le mettrait probablement mal à l’aise. Sa bouche était encore pleine du miel de ce contact doucereux lorsque les tendres jumelles revinrent pour sceller la tentation d’un second baiser. Il eut l’envie de sourire contre les lèvres adolescentes mais se retint sans qu’un seul frémissement ne vienne secouer son être. Cette caresse-là était plus sûre d’elle, plus entreprenante, comme si le garçon, voyant que le chemin était libre et qu’aucune réaction ne se faisait voir de la part de l’adulte, osa l’ardeur qu’il n’aurait pas eue en cas de répondant. Ce n’était même plus surprenant, un tel comportement, comme si Johnny souhaitait explorer ses propres capacités sans spectateurs ni engagements. Véritablement, il était aussi délicat qu’une fleur rare, une orchidée qu’un seul toucher pouvait faire dépérir s’il s’avérait trop violent ou sans considération. Le baiser l’électrisa davantage que le premier, tant il se fondait avec une passion exubérante et féroce contre ses rudes mâchoires masculines. Le geste le flattait agréablement, mais comme il se savait dans le rôle du gredin endormi, il n’osa rien répondre en retour. Par réflexe, et parce que l’attention était gracieuse, il avait senti l’envie de concrétiser la caresse en pressant sa propre bouche un peu plus, mais il n’avait fait que frôler avec une piété infinie ses lèvres, devenues brûlantes, contre celles de l’adolescent. Johnny se voulait lascif, toutefois Octave ne ressentait que la chaleur d’un jeu innocent, une manière de farce parodiant ce pour quoi Johnny se donnait du courage dans l’avenir. Une relation véritable. Là, ce n’était qu’un simulacre de fausse amourette avec quelqu’un d’assez consentant pour se laisser faire. Et comme le bibliothécaire était justement de ces gens qui n’avaient aucune convenance arrêtée, il était le parfait sujet d’expérimentations tactiles. Heureusement pour Johnny, il avait également l’intelligence de ne pas le prendre pour soi à outre mesure, ou y voir quelque chose que le jeune homme ne voulait pas sous-entendre par son comportement pourtant si suggestif par moments.

Mais bon, l’agréable ne durait jamais. Ou plutôt Johnny essayait de compenser son trop plein de soudaine douceur par deux coups battus simultanément sur sa poitrine dépouillée de toute défenses. Et comme Octave ne s’y attendait absolument pas, il ressentit les paumes s’écraser sur son torse avec toute la vigueur de la surprise. Il ne pouvait plus faire semblant maintenant et ouvrit les yeux tout en sursautant, plaçant un peu trop tard ses bras à la défensive sur son poitrail. Grimaçant, il grogna alors que le joyeux luron lui gueulait dessus :

« VOUS AVEZ DES RESPONSABILITÉS MONSIEUR HOLBREY !
- T’as cru que j’étais la belle au bois dormant pour me réveiller en me roulant un patin peut-être ? Ah, mais comme ça ne marche pas, tu me frappes ! Tu sais quoi Johnny ? La seule raison pour laquelle ca ne marche pas, c’est parce que t’es pas un prince charmant, t’es la vieille sorcière qui pue et qui empoisonne les belles personnes avec sa pomme de m*rde. »

Il roula sur le côté, se tenant toujours le poitrail et sentant la brûlure des petites mains adolescentes quelque part au milieu. Il avait frappé fort le sagouin ! Quel phoque de cirque, à battre de ses palettes avant en pensant que c’est un jeu. Un petit chiot réveillant son maître en lui léchant d’abord le visage, puis en lui sautant dessus. Il replia les genoux et attendit que la douleur passe en entendant quelque part au loin l’animal se goinfrer de sucreries. Ah, ce coup porté aussi sans ménagement avait eu le don de couper toutes les pensées agréables qui étaient venues le réconforter au sujet de Johnny. Infernal chenapan ! Un môme, que dire de plus. Un gamin qui vient butiner à la bouche des gens pour les malmener juste après, n’osant toujours pas assumer une douceur un peu trop accrue à son goût. Octave se leva soudain d’un bond, comme il finissait toujours par le faire pour se donner du courage. Passant une main sur son visage pour le dérider, il alla boire au robinet avant de se laver la figure. Le réveil n’avait même pas encore sonné… Comment continuer à dormir aux côtés d’un adolescent aussi petit et frêle, mais recelant en lui les capacités destructrices d’une excavatrice géante à godets, type Bagger 292. Octave revint dans la chambre, ouvrit les rideaux en plissant des yeux et observa le jeune homme en train de prendre son petit déjeuner de moineau.

« Je ne dors jamais bien Johnny, ce n’est même pas la peine de me poser la question. »

D’une main paresseuse, il vint recueillir une graine d’amande sur la joue du concerné et l’abandonna dans la boîte à pâtisseries. Même s’il l’avait voulu, il n’aurait à aucun instant pu prendre au sérieux les intentions d’une telle créature, si immature et à l’apparence enfantine, ne desservant en rien son âge véritable. Johnny avait l’air plus jeune et plus fragile qu’il n’était censé l’être, comme si son corps avait oublié de prendre du muscle pour s’imposer un peu mieux dans la vie.

« Tu crois que si je te fous un coup avec la même absence de retenue que toi tu m’en as filé un, tu vas tenir bon ? Ou tu vas t’enfoncer jusqu’aux genoux dans le sol, mhhh ? Puis il imita sa voix fluette d’adolescent : On non, monsieur le bibliothécaire, ne me frappez-pas, embrassez-moi plutôt ! Octave ricana doucement en s’imaginant Johnny se comporter de la sorte. Prince charmant… S’il y a quelqu’un à réveiller ici, c’est bien toi... Tu préférerai que je te frappe plutôt que je t'embrasse. Qu'est-ce que tu aurais fait si j'avais pris tes intentions au sérieux et que je t'aurais immobilisé pour te rendre tes faveurs, hein ? Ahlalala, Johnny, tu profites encore de moi. »

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SERPENTARD5ème année
    SERPENTARD
    5ème année
AVATAR : Lu Han
MESSAGES : 201

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 12 Avril 1981 - Londres
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: Ce n'est que le nouveau bibliothécaire. [25 Septembre 1997] Dim 22 Jan 2017 - 0:23

« T’as cru que j’étais la belle au bois dormant pour me réveiller en me roulant un patin peut-être ? Ah, mais comme ça ne marche pas, tu me frappes ! Tu sais quoi Johnny ? La seule raison pour laquelle ça ne marche pas, c’est parce que t’es pas un prince charmant, t’es la vieille sorcière qui pue et qui empoisonne les belles personnes avec sa pomme de m*rde. »

La sauvagerie d'une attaque aussi soudaine que bien portée fut pour Leslie une victoire qu'il avait exécutée avec une agréable malveillance, comme si, pour une toute première fois, l'envie de faire du mal lui était devenue attrayante. Et il ne pouvait que fêter cet instant de douleur où le bibliothécaire s'était enfin éveillé pour porter à cet air de tranquillité une vague de profonde souffrance aussi silencieuse que brûlante. Débordant d'un mal que Leslie pouvait encore ressentir en vue de ses paumes encore chaudes, l'adulte avait roulé sur le côté, ce qui fit naître un sourire vilain aux coins des lèvres caramélisées du méchant petit Serpentard enjoué. Habité d'une simple sérénité, il mangeait tout en prenant soin de savourer chaque bouchée, puisqu'il ne savait pas à quand la chance lui reviendrait de pouvoir se goinfrer de si belles pâtisseries. Il continua aussi de s'en lécher les doigts tout en réfléchissant aux paroles qui lui avait été destiné. Le prince charmant. N'était-ce donc pas un rêve de gamine ? Après tout, ce genre d'homme n'existait certainement pas aux yeux du cinquième année, alors ça lui allait d'être la vieille sorcière qui elle, était beaucoup plus plausible qu'un homme bienveillant et sans mauvaises idées cachées derrière la tête. De plus, l'existence des princes était assez rare, si on oubliait la constante présence de la Reine Elizabeth d'Angleterre. Enfin, Leslie le savait, il n'avait rien d'un prince charmant, même s'il pouvait avoir hérité de ces deux qualités qui le poussaient à être attachant et adorable. Il ne se considérait pas comme; charmant. D'ailleurs, ce mot l'embêtait, puisqu'il n'en savait pas réellement la définition. Seule une image lui berçait l'esprit, mais qu'en était-il de ce qui était réellement charmant ? Bizarrement, il associait cette habilité à Cliff, sans savoir pourquoi. Pourtant, il était clair pour lui que Little était charmant. Et pourquoi ? Il n'en avait aucune idée. Octave plia les genoux et Leslie s'éloigna dans ses idées, à la recherche de tous ces souvenirs où Cliff avait fait preuve d'élégance. Soucieux face à ses propres remise en mémoire, il fronça les sourcils et croqua lentement l'amande qu'il avait en bouche, si lentement qu'il sursauta lorsqu'elle craqua entre ses dents. Et finalement, l'adulte se leva enfin, d'un seul bond comme il semblait avoir habitude de le faire.

En relâchant la boîte de sucreries, Mathewsen suivit le bibliothécaire de son regard sombre, attendant de voir ce qu'il allait faire. Il comprit par la suite, comme dans une soudaine concrétisation, que son baiser n'avait rien d'un secret dont il était le seul témoin. L'adolescent avait été si perdu face à l'idée du prince charmant qu'il était passé par-dessus la raison pour laquelle l'adulte l'avait jugé ainsi. - Ah... Ce fut tout ce qui sortit d'entre ses lèvres, mais au fond, ça ne le dérangeait pas plus que ça. Après tout, ce qui était fait était fait et il ne le regrettait pas. On ne pouvait pas dire qu'il pouvait recommencer, mais s'il était forcé, il n'allait pas en être déçu. Cette sorte d'étreinte lui était très agréable, au point qu'il avait oublié que ce genre de contact ne se faisait qu'avec celui ou celle qui partageait notre intimité. Il s'était senti à l'aise avec le bibliothécaire et ça avait été de même avec Inoue, comme si cette tendresse avait sa place bien méritée. Mais était-il prêt à embrasser Shawn une deuxième fois ? Peut-être que oui, peut-être que non. En fait, il ne le savait pas et l'idée d'être forcé à le refaire ne lui semblait pas être si désagréable qu'il n'aurait pu le penser auparavant. Et s'il devait embrasser Cliff ? À cette idée, il se figea et, après un instant de visualisation, il se mit à sourire de gêne ou d'envie, à vous d'en juger. Prêt à s'attaquer à sa deuxième pâtisserie, il retourna à la boîte puis il entreprit la route de la gourmandise, puisqu'il n'avait plus faim à présent. Cependant, sa nervosité le forçait à manger davantage, puisque cela l'occupait et le calmait. Il profitait de l'instant, quoi de mieux pour se détendre en cette matinée qui avait si étrangement débuté. Lorsque Octave refit surface, il avait penché la tête pour mieux le regarder, comme s'il le rencontrait pour la toute première fois. Il n'avait pas pu complètement apprécier la prestance de l'homme. Et maintenant qu'il ne le redoutait plus, il voyait en lui une certaine lumière. Il lui semblait... charmant et cela le fit froncer du nez, alors qu'il retournait se plonger dans cette même question; qu'est-ce qui est charmant ? Le regard de l'adulte, sa façon d'être ou cette façon morne d'ouvrir les rideaux pour accueillir le nouveau jour qui, de base, devait être meilleur que le précédent.

Leslie n'avait aucune idée du pourquoi il le trouvait si ensorcelant. C'était la deuxième fois qu'il se perdait en le fixant ainsi. Peut-être n'était-ce qu'un retour de la veille, comme s'il attendait quelque chose de la part de l'adulte, ce qui le forçait donc à le regarder, avec tant de lumière coincée au fond de ses iris qu'il était possible de le croire amoureux. Ou alors ce n'était que de la fascination. Le jeune sorcier n'en savait plus rien. D'ailleurs, il se surprenait à ne plus rien savoir, trouvant étrange ce moment de vide qui se remplissait d'un sentiment aussi étrange qu'il ne fut agréable. Et alors qu'il sentit que l'attention d'Octave allait lui revenir, il détourna la tête tout en laissant un rire nerveux s'envoler dans les airs. Il continua ensuite sa route de gourmandise en enfonçant le reste de la pâtisserie à l'intérieur de sa bouche pour la terminer d'un coup. Il s'empêchait de pouvoir apprécier en totalité le caramel qu'il avait désiré dévorer avant même qu'il ne s'endorme la veille. Encore la faute de la nervosité, mais malgré celle-ci, il se sentait encore bien.  

« Je ne dors jamais bien Johnny, ce n’est même pas la peine de me poser la question. »

Il hocha en mastiquant, s'étouffant presque lorsque l'adulte venu retirer le morceau d'amande qui s'était collé à sa joue. Cette scène le rendait d'autant plus nerveux. D'abord retissant à l'idée d'être traité comme un enfant, il lança un regard suspicieux vers l'adulte et cela sans perdre le rictus enjoué qui avait imprégné ses lèvres plus tôt, alors qu'il secouait négativement la tête dans le but de lui faire comprendre qu'il n'avait pas besoin de faire ça. Le geste n'avait rien de déplacé, mais il n'avait pas pour habitude que ce genre de chose lui soit spécialement destiné. Même Cliff, il ne lui faisait pas ça. - Tu me rends nerveux. souffla-t-il en avalant. Il époussette ensuite son haut, s'essuyant les mains contre.

« Tu crois que si je te fous un coup avec la même absence de retenue que toi tu m’en as filé un, tu vas tenir bon ? Ou tu vas t’enfoncer jusqu’aux genoux dans le sol, mhhh ? On non, monsieur le bibliothécaire, ne me frappez-pas, embrassez-moi plutôt ! » Tout en haussant les sourcils de manière outrée, il fit semblant d'aller lui foutre un coup de pied au niveau du mollet, mais il n'alla pas jusqu'au bout de cette attaque. Il ne voulait pas lui faire de mal, même si l'envie était assez présente. À cet instant, il avait simplement envie de mordre, mais il se tenait lui-même en laisse pour éviter de faire quelque chose qu'il pourrait regretter. Il fallait aussi dire que le fait que ce soit Octave lui annonçait que s'il lui mettait un coup pour si peu, il allait donc passer plus de temps à le frapper plutôt qu'à lui parler. - T'es con. souffla-t-il en essayant de retirer, à l'aide de sa langue, le sucre qui s'était pris à ses dents. Et pendant ce temps, le bibliothécaire riait doucement, ce qui eut pour effet d'attendrir Leslie. « Prince charmant… S’il y a quelqu’un à réveiller ici, c’est bien toi... Tu préférerai que je te frappe plutôt que je t'embrasse. Qu'est-ce que tu aurais fait si j'avais pris tes intentions au sérieux et que je t'aurais immobilisé pour te rendre tes faveurs, hein ? Ahlalala, Johnny, tu profites encore de moi. » Comme lui faisait sa mère pour le taquiner autrefois, Leslie alla pincer le ventre d'Octave. Il n'y alla pas de mainmorte, histoire de l'embêter. Aussi, il ne se contenta pas d'un seul pincement, l'attaquant à plusieurs reprises pour se venger de toutes ses bêtises matinales.

- Moi je profite de toi ? Bien sûr, bien sûr. Tu oublies que tu t'es laissé faire, alors n'essais pas de me faire croire que tu n'as pas aimé ça, ne serait-ce qu'au minimum. À la fin de cette phrase, il le relâcha et le pointa du doigt pour l'accuser de manière directe. - Je profite de toi et tu profites de moi. Et sache que j'avais de sérieuses intentions et que j'aurais eu beaucoup de plaisir à être... immobilisé. Et ça m'aurait aussi foutu la trouille. Mais bon, à force de réfléchir, je crois que l'un ne va pas sans l'autre dans ce genre de situation. Mais le fait que tu n'aies pas osé aller jusque-là me porte à me demander qui a été le plus trouillard entre nous deux. Il lui offrit, l'espace d'une seconde, un grand sourire, laissant même une belle vue sur ses dents, mais il le perdit l'instant d'après, comme quoi son arrogance était de retour.

- Et je ne préfère pas me faire frapper. En tout cas, pas si tu ne m'embrasses pas par la suite. Ça aussi; l'un ne vient pas sans l'autre. Il le regarda du haut vers le bas puis, non pas sans avoir échappé un rire anxieux puis il commença à chercher ses vêtements pour détourner ses mauvaises pensées. En les apercevant tout prêt de l'entrée, ainsi que sa baguette qui était déposé sur l'uniforme, il commença à retirer le haut qu'Octave lui avait prêté la veille. - Je dis n'importe quoi quand je suis avec toi Octave. Va savoir si c'est une bonne chose ou pas.

_________________
one thousand lonely stars
Louis Bourdaloue ✻ Nous satisfaisons la vérité en faisant usage de l'hypocrisie. Nous ne voulons ni nous connaître, ni être connus. Un de nos soins est de nous tromper, et l'autre; de tromper le monde.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
PERSONNEL DE POUDLARDBibliothécaire
    PERSONNEL DE POUDLARD
    Bibliothécaire
AVATAR : James McAvoy
MESSAGES : 497

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Pas vraiment seul, mais presque.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 10 Août 1964
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: Ce n'est que le nouveau bibliothécaire. [25 Septembre 1997] Dim 22 Jan 2017 - 20:35

En voyant Johnny l’observer avec cet éclat si singulier dans le fond des yeux, Octave n’en avait rien laissé paraître, mais l’intention l’avait quelque peu troublé, tel une vague de chaleur remontant de son ventre à ses joues en un frisson diffus. Il aurait pu se sentir offusqué d’une telle insistance de la part d’un adolescent à son égard, comme l’on se sent embarrassé et confus par un regard un peu trop expressif et qui n’était suivi d’aucune parole pour justifier une telle insistance, juste deux yeux en flèches et brillants comme si un sentiment lascif les avait généreusement huilés. Cependant, il se savait spécialiste des œillades persistantes, intrusives, emplies de sous-entendus plus ou moins graveleux ou au contraire, d’une belle promesse ; toujours hypnotiques, d’un vert prononcé et profond. Il savait exactement quoi faire. Relever sa tête légèrement vers l’arrière pour obliger ses lourdes paupières à se fermer à moitié avec une lenteur luxurieuse et, au travers du rideau ténébreux de ses longs cils noirs, son iris se mettait à vibrer joyeusement, promettant plaisirs et mystères, l’un sans fond, l’autre sans limite. Alors franchement, il ne pouvait décemment pas se permettre de se révolter contre un usage qu’il employait lui-même régulièrement et à des fins beaucoup moins nobles. Ce qui le troublait probablement le plus dans cette attitude fleurie, c’était d’avoir l’impression que cette attention lumineuse n’avait rien de réfléchi. Ce n’était pas du flirt, ni une badinerie pour attirer sa complaisance, mais un regard spontané et nourri par quelques sentiments qui étaient propres au cœur et à l’esprit de l’adolescent. La franchise impulsive de ces deux pupilles vives et rayonnantes l’agitait, après cette nuit où les faux semblants et les incertitudes, la douleur et les inquiétudes indicibles s’étaient succédés sans vraiment laisser de place à une évidente sincérité.

Octave avait fait mine de ne rien remarquer, mais véritablement, un murmure était remonté dans son dos comme une main lui frôlant la peau de ses doigts duveteux. Il était clairement plus habitué à la haine, la violence, la manipulation et la tristesse que lui avaient offert l’adolescent la veille, plutôt que ça. Cette espèce d’attrait soudain pour sa personne aussi visiblement honnête qu’irréfléchi. En survolant ce visage enfantin de son propre regard endormi, Octave avait eu le même sentiment que lorsque Cassidy s’était décomposée de stupéfaction dans le restaurant, lui offrant son plus bel apparat, à savoir, strictement aucun. Involontairement, elle avait fait de ses yeux une fissure vers son âme rayonnante et, prise par la surprise, elle lui avait offert une émotion des plus sincères, une ouverture directe vers son cœur. C’était là une intimité extrêmement gracieuse, mais fondamentalement troublante, tant le dépouillement exposé l’était de manière clairement inconsciente, convulsive et offerte que parce que les sentiments primitifs avaient pris le pas sur la raison. Comme lorsqu’un pan de robe se prend contre une écharde et se déchire, découvrant un peu trop la pâleur d’une cuisse dont la beauté n’était destinée à aucun regard. L’on se rend bien compte qu’il y a de la splendeur dans l’accident, tout en se sachant en être un spectateur non désiré. Et maintenant Johnny lui offrait innocemment ce chemin sinueux vers un cœur franc, sans se douter de la force que cela pouvait avoir, ou de la faiblesse que cela représentait parfois. Heureusement pour lui, Octave avait préféré ne pas répondre à cet éclat lumineux d’un regard insistant, se contentant d’aller ouvrir les rideaux. Un mouvement et voilà que Johnny avait mis fin à sa rêveuse contemplation. De grâce. Ou non. Avec Cassidy, il avait savouré l’instant à la mesure de sa propre pudeur, connaissant la raison d’une telle ouverture. Mais avec Johnny, c’était différent, ce-dernier l’ayant regardé de la sorte sans qu’il n’ait strictement rien fait pour le mériter. Regardant par la fenêtre, il se demanda vaguement quel sentiment avait bien pu injecter autant de paillettes dans les yeux du jeune homme. A moins qu’il n’ait pensé à quelqu’un qui n’était pas dans la pièce… Mais le blanc de ces yeux était beaucoup trop clair pour qu’un souvenir, une chimère puisse avoir pris place dans l’esprit du jouvenceau. Tendrement, Octave mordit un coin de sa lèvre à l’intérieur de sa bouche avant de reprendre la conversation comme elle fut laissée.

« Tu me rends nerveux.
- Allons, Johnny, ne me dis pas que tu aurais préféré que je te laisse te balader avec de la nourriture autour de la bouche pour que tout le monde puisse constater comme tu manges mal ? »

Les voilà donc tous deux revenus à leurs rapports habituels, où l’un se sent vivant que lorsque l’autre le malmène, mais se retrouve soudain penaud lorsqu’on fait preuve de gentillesse ou de considération à son égard. Pour le coup, il l’avait véritablement fait sans penser à gêner l’adolescent, alors qu’au final il savait parfaitement que cela allait le mettre mal à l’aise, lui, qui se laissait toucher que lorsqu’il pensait l’intention motivée par un quelconque désir égoïste. A croire que toute faveur affectueuse lui était insupportable, comme s’il croyait au mensonge à chaque fois et c’en était presque blessant. D’autant plus inconsciemment désobligeant pour quelqu’un comme Octave, qui ne prêtait ses faveurs serviables qu’en de très spécifiques occasions. Mais il savait, aussi poignante que pouvait être la désobligeance que lui inspirait le comportement éternellement nihiliste du jeune homme, qu’il ne fallait pas y faire attention ou y prêter trop de crédit. Nier ne voulait pas dire ne pas ressentir et il avait conscience des tentatives répétées bien qu’infructueuses de Johnny pour se protéger, qui préférait se comporter comme si personne ne lui voulait du bien, plutôt que de croire qu’il le méritait d’une certaine manière. Ce sentiment, Octave le connaissait. L’impression de ne rien valoir à ses propres yeux à tel point que lorsque quelqu’un s’aventurait à reconnaître en lui quelques qualités, il ne comprenait pas sur quoi ce jugement pouvait bien se baser. Dans certaines circonstances, nous sommes nos plus rigoureux critiques, les inquisiteurs les plus assidus de notre propre âme. Et comme pour minimiser les mots du bibliothécaire, Johnny s’était aventuré à lui donner un semblant de coup de pied que ce dernier ne prit même pas la peine d’éviter.

« T’es con. »

Octave écarquilla ses yeux en deux ballons de golf, soulevant caricaturalement ses sourcils dans une expression si théâtralement outrée qu’elle ne pouvait qu’être fausse. Ah ! Ils passaient aux familiarités maintenant ! Où s’était donc perdu ce regard lumineux qui l’observait à la dérobée avec contemplation ? Nulle part, il était mort, mort et enterré avec la politesse et les bonnes manières. Bon, c’était pour faire de l’humour hein ? Pour être drôle et se rapprocher à travers une discrète injure. Un test pour voir si l’étrange bibliothécaire allait se laisser faire, ou au contraire se transformer en mégère au dos aussi droit que ses principes moraux. Bien évidemment, rien de tout cela n’allait arriver, Octave n’étant pas de ceux qui se laissaient aller pour se souvenir au dernier moment qu’ils avaient un code d’honneur et de bonne conduite à respecter. A peine s’était-il dit que les désinvoltures adolescentes allaient s’arrêter ici, que Johnny entreprit de le pétrir comme une pâte. Par réflexe, il essaya de s’en défaire en dandinant des hanches pour éviter les pinces faméliques mais tenaces du jeune garçon, jusqu’à se souvenir que les piqûres d’abeille, au même titre que les taquineries du même gabarit, ne lui faisaient aucun effet. Il n’était pas chatouilleux. Il ne l’avait jamais été, nulle part. Alors Octave arrêta son déhanché et regarda les pauvres petites mains lui pincer la peau et le tissu du t-shirt sans être en mesure de parfaitement mordre ses muscles bétonnés. Un léger sourire amusé flottait sur ses lèvres alors qu’il observait Johnny d’un œil bienveillant. Quelque chose l’obligeait à ne pas jouer le jeu badin, à se tenir droit, tel une montagne impassible que l’adolescent n’aurait jamais le pouvoir de franchir avec ses gamineries. Ou plutôt, il n’avait soudain pas envie de réduire cette conversation à une vaste fumisterie dont le rire pouvait faire oublier le sérieux. Bientôt, Johnny s’arrêta pour de bon et lui rétorqua :

- Moi je profite de toi ? Bien sûr, bien sûr. Tu oublies que tu t'es laissé faire, alors n'essais pas de me faire croire que tu n'as pas aimé ça, ne serait-ce qu'au minimum. Je profite de toi et tu profites de moi. Et sache que j'avais de sérieuses intentions et que j'aurais eu beaucoup de plaisir à être... immobilisé. Et ça m'aurait aussi foutu la trouille. Mais bon, à force de réfléchir, je crois que l'un ne va pas sans l'autre dans ce genre de situation. Mais le fait que tu n'aies pas osé aller jusque-là me porte à me demander qui a été le plus trouillard entre nous deux. Et je ne préfère pas me faire frapper. En tout cas, pas si tu ne m'embrasses pas par la suite. Ça aussi; l'un ne vient pas sans l'autre.

Un retour à cette si chérie provocation qui allait en même temps si peu au personnage puisqu’il n’assumait jamais rien. Et puis ce doigt insolent pointé dans sa direction… Octave faillit lever les yeux au ciel, mais se retint de justesse, étant certain que s’il se jetait avec la plus grande des convictions et le désir le plus dévorant sur l’adolescent, ce-dernier finirait par paniquer et crier son mécontentement, comme d’habitude, pour ainsi dire. Au lieu de cela, le bibliothécaire leva un sourcil et eut un sourire empli de complaisance et de malice à l’égard de Johnny. A croire qu’il faisait semblant de ne pas le connaître, ou ne le connaissait encore effectivement pas assez bien pour savoir que l’adulte était capable de tout si la situation le demandait et que ni la crainte, ni quelques poussières valeurs morales n’étaient en mesure de l’arrêter s’il avait pris une décision. Johnny pouvait s’estimer heureux que la perspective évoquée ne fasse simplement pas parti de ses intentions. Déjà parce que la puérilité n’était pas à son goût, même chez les femmes mûres qui se prenaient parfois pour de petites filles dans le désir de plaire. Si Johnny n’était pas aussi charmant et attachant fondamentalement, Octave serait depuis longtemps devenu chèvre devant sa constante niaiserie.

« Ce n’est pas parce que le profit est à priori partagé et consenti qu’il n’existe pas. Et ce n’est pas parce que je me suis laissé faire ou en ai éprouvé une certaine satisfaction que ça rende ton action excusable en quoi que ce soit. Je t’ai toujours pris de front, alors que tu cherches à te contenter de moi à la dérobée, me croyant endormi et inconscient, tu crois que c’est honnête ? Ca aurait pu l’être si on se faisait mutuellement confiance et qu’on se connaissait bien, mais tu l’as fait parce que tu avais peur. Mais j’aimerai te demander aussi, en quoi est-ce que je profite ? Quel est mon avantage dans tout ça ? Mhhh ? Me faire tripoter par des mains et une bouche inexpérimentée ? Subir tes incessants caprices comme si t’étais mon fils en train de faire une crise d’adolescence ? Tes indécisions, tes insultes, tes fantaisies… »

Avec prestance, il rattrapa en quelques enjambées le garçon et alla saisir de sa large paume le cou de l’adolescent, l’enveloppant avec fermeté, logeant son pouce sous sa mâchoire pour garder sa tête immobile. Ses doigts se serrèrent quelque peu au point de rendre l’étreinte presque désagréable, étouffante, sans être toutefois fatale. De son bras puissant, qu’il releva sensiblement d’abord, Octave obligea Johnny à redresser son dos, puis à venir se percher sur la pointe de ses pieds. Position difficilement tenable, n’est-ce pas ? Cependant sa main était rigide et n’abandonnait pas le frêle petit cou du jeune homme. Mielleusement, il sembla changer d’avis :

« Te voilà donc immobile. Il est vrai que te voir ainsi, aller et venir, me détester puis me caresser, m’amuse beaucoup tout en mettant à mal ma patience. Mais dis-toi bien que pour faire preuve de… courage, il faut d’abord avoir une intention. Voilà, tu vois, j’ai osé. Satisfait ? Ou tu pensais à autre chose ? Oh, je suis désolé. Mais tu sais, la limite est fine. Ce qui nous fait souffrir maintenant nous libère l’instant d’après. J’espère au moins que tu ne t’aventureras pas à questionner ce dont je suis capable pour le simple plaisir de me provoquer car un jour ma sérénité se trouvera à cours d’excuses et je finirai par ne plus avoir de considération pour tes petits sentiments si méchamment malmenés. Tu provoques, frappes dans le dos puis te caches pour venir embrasser quand personne n’est là pour s’en rendre compte. Alors bon, vu comme tu nies ta propre lâcheté, je te doute d’être en mesure de bien évaluer la mienne, n’est-ce pas, petit Johnny ? »

Aucune hésitation ni regret n’avait sonné dans sa voix mélodieuse de baryton, il avait simplement parlé avec cette intonation caractéristique d’un salon mondain, non sans oublier la légendaire malice glissée au bout de chaque phrase. Doucement, il relâcha sa prise, abaissa son bras et laissa l’adolescent toucher le sol de ses pieds à plat. Néanmoins, l’étreinte ne l’abandonna pas totalement, l’empoignant maintenant dans le doux carcan de ses doigts. Imperceptiblement, tranquillement, la pression se mua en une voluptueuse caresse, comme pour illustrer les mots du bibliothécaire. Son index remonta sur la joue laiteuse de l’adolescent et son pouce migra jusqu’à effleurer sa petite bouche en cœur. D’un mouvement paresseux et lascif, Octave en dessina le contour, profitant de la chaleur d’une paire de lèvres haletantes et rendues rouges par le sang ayant monté à la tête. Quelle félicité que la jeunesse, l’innocence et la naïveté. Johnny était encore bien ingénu tout en étant horriblement fantasque. Les paupières mi-closes, l’adulte se pencha et alla déposer sa propre bouche sur la commissure des lèvres de l’adolescent, y humant le délicat parfum juvénile. Puis, il se redressa avec lenteur et laissa sa main, jadis voluptueusement enveloppée autour de la gorge du garçon, glisser jusqu’au milieu de sa poitrine dénudée, où ses doigts en étoile de mer prirent appui sur son torse. De là, il le toisa droit dans les yeux et le repoussa mollement avec une lueur étrange au fond du regard, presque une tristesse sourde, ou une abdication, va savoir.

« Alors Johnny, mon affection pardonne-t-elle ma méchanceté ? Est-ce que parce que je t’ai embrassé la morsure de ma main t’as fait moins peur ou moins mal ? Tu es tout le temps comme ça, à me repousser, puis à me reprendre, comme si ta douceur soudaine ou ton désir pardonnaient ta cruauté. Ce n’est pas comme ça que ça marche. Tu parles, tu parles, mais tu ne comprends jamais dans quoi tu t’engages… Il n'y a que dans les relations malsaines et vicieuses que les baisers se fondent dans les coups et la méchanceté. Tu ne devrais pas vouloir ça. Ni essayer de me provoquer d'ailleurs. C'est comme si tu me mettais constamment au défi de te faire quelque chose que tu vas regretter de toute manière. »

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SERPENTARD5ème année
    SERPENTARD
    5ème année
AVATAR : Lu Han
MESSAGES : 201

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 12 Avril 1981 - Londres
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: Ce n'est que le nouveau bibliothécaire. [25 Septembre 1997] Lun 27 Fév 2017 - 3:16

« Allons, Johnny, ne me dis pas que tu aurais préféré que je te laisse te balader avec de la nourriture autour de la bouche pour que tout le monde puisse constater comme tu manges mal ? » Tiens, tiens, tiens... et si on parlait de la jupe, histoire de voir à quel point Octave s'inquiétait de l'apparence de son jeune prisonnier. Parce que non, Leslie en avait rien à faire de ce qu'il avait sur le bord de la bouche, plus maintenant qu'il s'était déjà baladé avec un tas de bave collé à la peau(Merci Cassy). Il était passé au travers beaucoup d'évènements le petit serpent, chose qui l'avait forcé à accepter le ridicule. À présent habillé comme une gamine alors qu'il ne l'était pas, il fallait dire que les saletés étaient la dernière chose qui le dérangeait dans son quotidien d'étudiant qui passait plus de temps à essayer de comprendre plutôt qu'à simplement assimiler les informations. Il fut un temps où il était maniaque du rangement, au point qu'il pouvait passer une nuit entière à replacer tout objet ne suivant guère les mesures qu'il se foutait dans le crâne. Mais à force de se prendre la tête, il avait fini par laisser tomber, parce que ça le rendait malade et Amelia avait tendance à lui faire des remarques de sorte à ce qu'il se calme un peu. Il avait encore pour habitude de ne pas laisser trace de son passage, mais il n'en devenait pas fou. Il pouvait oublier un truc sans s'en vouloir, pour ne pas dire qu'il était habité du fidèle « I don't care » que lui apportait son âge d'adolescent mal placé et incapable de prendre de sérieuses décisions. Bref, pour en revenir à la bouffe qu'il avait eue autour de la bouche, ce n'était pas comme si ses camarades allaient forcément le remarquer. C'était ce qu'il se disait. Et même dans le cas contraire où les élèves n'auraient vu que ça, il se rappelait qu'il y avait déjà bien des conneries à son sujet, alors il aurait certainement fini par s'y faire. Ce n'était pas un choix, c'était la réalité. Il ne pouvait pas forcer les autres à penser autre chose, alors il ne pouvait que s'y résigner et éviter d'attirer l'attention davantage.  

Le réel souci en ce qui concernait l'attention que pouvaient porter les élèves envers Leslie, c'était que le jeune sorcier s'y était inconsciemment attaché, dans le sens où il en avait de besoin. Non, il n'y avait rien de plaisant à être poussé d'un côté à l'autre, sans jamais pouvoir se relever. Cependant, à force d'être propulsé dans tous les sens, le jour où cela s'arrêtera enfin, Leslie aura simplement perdu sa route et cela depuis longtemps. Alors, au fond, il préférait accepter le prochain coup et attendre celui qui suivrait, plutôt que de se débattre, de se faire oublier et d'être à tout jamais perdu. Il évoluait en fonction de ses trébuches, créant sa propre avancée dans un tas d'embrouilles dont il était souvent pour seul responsable, car oui, celui qui le poussait le plus fort et qu'il lui faisait le plus de mal, c'était lui-même. Les autres ne faisaient que suivre la danse, parce que c'était facile et la provocation était si bien lancée, alors à quoi bon se retenir de lui faire du mal.

« Ce n’est pas parce que le profit est à priori partagé et consenti qu’il n’existe pas. Et ce n’est pas parce que je me suis laissé faire ou en ai éprouvé une certaine satisfaction que ça rende ton action excusable en quoi que ce soit. Je t’ai toujours pris de front, alors que tu cherches à te contenter de moi à la dérobée, me croyant endormi et inconscient, tu crois que c’est honnête ? Ca aurait pu l’être si on se faisait mutuellement confiance et qu’on se connaissait bien, mais tu l’as fait parce que tu avais peur. Mais j’aimerai te demander aussi, en quoi est-ce que je profite ? Quel est mon avantage dans tout ça ? Mhhh ? Me faire tripoter par des mains et une bouche inexpérimentée ? Subir tes incessants caprices comme si t’étais mon fils en train de faire une crise d’adolescence ? Tes indécisions, tes insultes, tes fantaisies… »

La morale retrouvait sa juste place, agressant avec finesse le Serpentard qui faisait, à cet instant, dos au bibliothécaire. Prêt à retirer son haut pour retrouver sa jupette d'écolière, l'envie de simplement foutre le camp montait en lui et ça lui chatouillait le ventre, sans qu'il ne sache pourquoi. La peur, sans doute. À force de réfléchir, il se mit à croire qu'il n'aurait pas dû rester. Là fut sa mauvaise décision, mais quelque chose l'avait poussé à ne pas s'enfuir comme il l'aurait si bien fait autrefois. Concentré sur son uniforme, il n'entendit même pas le bibliothécaire se rapprocher de lui. Ça ne lui avait pas manqué cette façon dans laquelle l'adulte pouvait s'élancer sur lui sans prévenir. Mathewsen s'était retourné d'un coup, attrapant le bras de l'homme de ses deux paumes, sans comprendre où cette nouvelle scène allait se terminer. Allait-il l'étrangler ? Ce n'était pas la première fois que Leslie se retrouvait sous cette position et que dire; c'était très inconfortable. Le souffle déjà court pour cause de l'anxiété grimpante, il s'étouffa à l'aide de sa salive et toussota du mieux qu'il le pouvait. La pointe des pieds, c'était ce qui le tenait en place, sans quoi il tombait dans les bras de l'asphyxie qui elle, n'était pas aussi charmante que Morphée. Et à nouveau, Octave transperça Leslie à l'aide de sa parole toujours aussi juste et horrifiante. Il avait beau être absorbé par les mouvements de ses orteils, les mots du bibliothécaire arrivèrent tout de même à l'atteindre, comme les cris des paysans, alors que le pendu bouge encore dans l'espoir d'arriver à survivre face à sa mort imminente. Contrairement au pendu, pour Leslie, la main qui embrassait sa gorge n'avait rien de fatal, mais elle était incassable. L'adolescent avait beau être conscient qu'il n'allait pas mourir, le tout lui apportait tout de même une profonde peur qui le rongeait sauvagement au point qu'il aurait sans doute été poussé à s'uriner dessus s'il ne s'était pas soulagé plus tôt.  

« Tu provoques, frappes dans le dos puis te caches pour venir embrasser quand personne n’est là pour s’en rendre compte. Alors bon, vu comme tu nies ta propre lâcheté, je te doute d’être en mesure de bien évaluer la mienne, n’est-ce pas, petit Johnny ? » Il hocha inconsciemment, sous quelques soubresauts qui lui parurent pathétiques. La seconde d'après, il évacua une plainte craintive tout en essayant de reprendre son souffle correctement. Il avait hâte que ça se termine et heureusement, le relâchement arriva plus vite qu'il ne le croyait. La branche de chair le laissa peu à peu redescendre sur terre. Il avait des fourmis dans les jambes et la chaleur était monté à un point où elle était douloureuse. Il reprit brusquement son souffle lorsqu'il sentit qu'il le pouvait puis, après avoir retiré ses mains du bras d'Octave, il essaya de se reculer. Le pouvait-il ? Bien sûr que non, il en était incapable. Il était pris sur place, à devoir concevoir ce qu'il avait dit plus tôt et la façon avec laquelle Octave avait exécuté ce qu'il avait lui-même dit. Et ainsi la douceur alla à sa rencontre, d'un pouce épousant ses lèvres, les caressant avec douceur pour annoncer l'arrivée d'une prochaine tendresse. Le jeune homme n'avait que relevé la tête, tentant une esquive en reculant, mais il était déjà trop tard. L'étreinte percuta la commissure de ses lèvres et fit monter en lui une nouvelle chaleur que remplaça peu à peu celle de ses angoisses. Dans la chute, le crochet à sa gorge s'ouvrit et se détacha pour glisser jusqu'à son torse, là où elle se déplia entièrement et le repoussa avec gentillesse. Il se recula d'un pas et sous l'arrivée du deuxième, il baissa les yeux puis, venant de nul part, une larme glissa contre sa joue. Il ne savait pas d'où elle provenait ni le pourquoi elle était apparue, mais elle avait pris naissance lorsqu'il avait été a la rencontre du regard d'Holbrey, un regard dont la lueur fut si inexplicable qu'elle en fut simplement brisante.

« Alors Johnny, mon affection pardonne-t-elle ma méchanceté ? Est-ce que parce que je t’ai embrassé la morsure de ma main t’as fait moins peur ou moins mal ? Tu es tout le temps comme ça, à me repousser, puis à me reprendre, comme si ta douceur soudaine ou ton désir pardonnaient ta cruauté. Ce n’est pas comme ça que ça marche. Tu parles, tu parles, mais tu ne comprends jamais dans quoi tu t’engages… Il n'y a que dans les relations malsaines et vicieuses que les baisers se fondent dans les coups et la méchanceté. Tu ne devrais pas vouloir ça. Ni essayer de me provoquer d'ailleurs. C'est comme si tu me mettais constamment au défi de te faire quelque chose que tu vas regretter de toute manière. » Le regret... Il ne vivait que de ça depuis que les vacances s'étaient terminées. Il venait de réaliser ce que l'adulte lui disait et pour une toute première fois, il assimilait l'information. C'était étrange. Il retournait dans le passé, visualisait la situation une nouvelle fois et constatait avec horreur ce qu'il avait dit ou fait. Là où il n'avait fait que se demander « Pourquoi », il avait maintenant droit au « Parce que... ». Pris par d'innombrables sentiments et malaises, il ne fit que hocher à nouveau. Il était dans l'impossibilité de lui répondre ou même de le regarder en face une dernière fois. Non, il voulait juste partir à présent, parce que la vérité était trop lourde à supporter. Tout en se forçant un petit sourire pour essayer de détendre l'atmosphère, il fit semblant de rien et retourna à son uniforme. Les mains encore tremblotantes, ce fut difficile pour lui d'attacher les boutons de sa chemise, mais il y allait du mieux qu'il le pouvait. Il se trompa à quelques reprises, décidant en final qu'il en n'avait plus rien à foutre. Il n'attacha que les cinq premiers boutons à partir de la base puis il se massa le visage pour se motiver à avoir l'air d'autre chose qu'un gamin qui venait de chialer. Après quoi... Après quoi il se retourna vers le poulpe d'un seul coup, l'attention toujours rivé au sol. Il ballotta l'une de ses mains devant lui, donnant signe qu'il cherchait ses mots, mais qu'il désirait lui parler. Après avoir mis cette même main contre sa bouche encore chaude, il essaya d'entreprendre quelque chose.  

- Je veux que... que tu saches... que... Il pinça les lèvres, s'approchant d'un coup pour aller tirer le collet de l'adulte, de sorte à lui quémander de se pencher vers lui. Chose faite, le cinquième année alla l'embrasser, posant ses lèvres contre celle de l'adulte d'un geste brusque, mais empli de sincérité. Le tout fut pour le moins maladroit et Leslie s'était presque fait mal aux lèvres, mais il ne s'en était pas rendu compte. Lorsqu'il se décolla, il le relâcha aussitôt et inspira difficilement pour conclure ce qu'il avait à lui dire. Malheureusement, la gêne l'empoisonna au point qu'il fut impossible pour lui de prononcer le moindre mot. Il ravala alors sa salive, s'humectant les lèvres tout en secouant la tête. - Désolé, c'était idiot. Pourtant, il ne le sentait pas comme ça. Il n'avait pas fait cela par idiotie. Il y avait un message précis dans ce qu'il avait fait. Il n'était tout simplement pas apte à aller jusqu'au bout de ses idées, comme si une partie de sa propre personne l'en empêchait. Au fond, c'était ça qui était stupide, c'était la manière dans laquelle il s'empêchait d'être entièrement franc, lorsque cela ne s'agissait pas de blesser quelqu'un. Oh, pour blesser, il n'attendait pas le moindre instant, mais lorsqu'il avait quelque chose de bon à dire, il se forçait à se taire.

- J'ai... Non, il ne pouvait pas continuer. - Je suis... C'était impossible qu'il y arrive. Il fallait qu'il s'y prenne autrement. - J'ai peur de toi, tu as raison. Voilà qui était mieux. - Je ne regrette pas... je veux dire... ce matin. Je ne regrette pas de... t'avoir... Il glissa l'une de ses paumes entre les mèches de ses cheveux en soupirant face à ses propres difficultés à communiquer avec aisance. - Bref, j'aurais dû le faire quand tu étais éveillé, désolé. Aussi, je... Je vais essayer de ne plus te provoquer. Écoute, je ne veux pas être un... Il pencha la tête en fronçant les sourcils. - Je ne veux pas être un lâche et je ne veux pas que l'on décide pour moi. Et je ne veux pas provoquer les gens non plus, parce que oui, je regrette à chaque fois et je ne fais que ça. Tu veux bien me donner... un coup de pouce ? En terminant cette phrase, il releva enfin ses prunelles vers Octave, perçant son regard une dernière fois puis il fronça du nez en comprenant qu'il demandait de l'aide directement, chose qu'il n'avait jamais réussi à faire auparavant.

_________________
one thousand lonely stars
Louis Bourdaloue ✻ Nous satisfaisons la vérité en faisant usage de l'hypocrisie. Nous ne voulons ni nous connaître, ni être connus. Un de nos soins est de nous tromper, et l'autre; de tromper le monde.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
PERSONNEL DE POUDLARDBibliothécaire
    PERSONNEL DE POUDLARD
    Bibliothécaire
AVATAR : James McAvoy
MESSAGES : 497

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Pas vraiment seul, mais presque.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 10 Août 1964
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: Ce n'est que le nouveau bibliothécaire. [25 Septembre 1997] Mar 28 Fév 2017 - 22:46

Une curieuse fascination pour la strangulation émouvait et exaltait ses sens depuis maintenant de longues années. Aussi longtemps qu’il se connaissait, en fait. Un fétiche qui l’avait jadis poussé à chercher parfois la sublimation de l’orgasme par l’absence d’oxygène, plus rarement la perte totale de connaissance, mais surtout une dynamique de pouvoir que cela créait. Qu’il en soit la victime ou le bourreau, le plaisir singulier qui l’habitait alors était le même. Une sensualité qui pouvait être aussi voluptueusement luxurieuse que parfaitement débauchée, lascive et corrompue ; une joie sadique débordant d’un érotisme obscène. Fatalement, la dépravation n’ayant pas besoin de contexte pour se manifester, Octave avait ressenti un mouvement familier dans son corps. Une vague ardente le faisant frissonner, remontant jusqu’à sa nuque pour redresser quelques cheveux à la naissance de son cuir chevelu. Le petit cou de Johnny palpitait entre ses doigts, plein de vie et de sang, tel un oiseau dans une cage. La pression désespérée des artères pulsait contre sa large paume dans un rythme toujours plus paniqué et il ne parvenait à en tirer qu’une malsaine satisfaction. Une satisfaction si primitive qu’il eut soudain envie de bien plus. Heureusement pour Johnny, du fait de ses vies vécues et révolues, Octave étouffa l’éros qui le prenait d’une simple pensée lucide. Non pas que l’adolescent soit trop jeune, cela ne lui avait très rarement posé problème, mais il était beaucoup trop ingénu. Pas candide dans le genre Lolita, mais plutôt mignon et mou. Pauvre enfant, ce n’était pas comme cela que Lancelot allait conquérir Guenièvre ! Heureusement que Johnny n’avait pas essayé de séduire le bibliothécaire, imaginez le désastre. Désolé mon chou, je préfère les durs et actifs… le genre dur à cuire. Toi tu es dur, mais pas à faire bander quoi. Parce que les mou-je-ne-me-bouge-pas-le-fion-viens-donc-me-chauffer-toi, ça excédait Octave au plus haut point, et d’ailleurs en pareil cas, il souriait et s’en allait chercher le tison, pour montrer de quelle manière il se chauffait, lui… Mais trêve de sombres plaisirs, il valait mieux qu’ils soient courts pour être doux, et Octave finit par relâcher sa prise pour mieux embrasser la volupté qui naissait en sa poitrine.

Qu’il était cruel. Dur et sans pitié, à caresser de la même main qu’il avait frappé, mais Johnny était si à fleur de peau, si faible, que ses résistances criaient à la retraite bien avant d’avoir eu l’occasion de se confronter. Depuis le début, Octave avait eu en permanence l’impression de profiter des manquements de l’adolescent, mais ce n’était qu’un jeu à la base, et peu lui avait importé de se glisser sous sa peau d’albâtre pour mieux le tromper. Doucement, l’amusement était devenu sérieux, mais Johnny continuait à être blessé de tout, à ne pas savoir quoi faire ni comment se défendre, et là encore, il n’avait fait que se tordre tel un poisson sorti hors de l’eau. Et Octave le surplombait, pervers et vicieux, à se délecter d’un contrôle qu’il savait pouvoir se terminer très mal. Malgré la lascivité qui lui était passée sur le visage, il espérait que ce soit leur dernière expérience agressive, le môme n’avait pas à souffrir autant. Surtout, il savait que c’était la dernière fois qu’il aurait la patience de se maîtriser. La prochaine fois, la rétorsion risquait d’être bien plus radicale, allant de l’indifférence la plus totale au contrecoup dissuasif. M’enfin, il se disait cela sur l’instant pour se donner de l’audace, mais la vérité, c’est qu’avec quelqu’un d’aussi fragile que Johnny, Octave risquait d’être compatissant à chaque fois, oubliant les caprices jadis proférés. En attendant, cette situation avait commencé à l’exaspérer, bien qu’il parvienne à se réduire à une dernière caresse pour mieux l’éduquer. Et également calmer ses propres démons.

Une larme glissa, folle et solitaire suicidaire, traçant son sillon vertigineux sur la joue de l’adolescent. Le brun se retrouva incapable d’attribuer une émotion spécifique à cette manifestation, après tout on pouvait pleurer pour n’importe quoi. Quelque chose lui susurrait que c’était encore la peur, peut-être une belle dose d’humiliation, qui sait. La domination involontaire et imposée ne se supportait que mal, encore plus par les représentants de ce doux âge où la jeunesse nous insuffle une belle arrogance. Peut-être avait-il l’impression de ne rien maîtriser du tout ? Sa propre vie lui échappait, tout comme les faits et gestes d’un bibliothécaire qui refusait de se soumettre à ses fantaisies. Que voulait-il donc, Johnny ? Quand l’on ne sait pas se contrôler soi-même, l’on ne sait certainement pas maîtriser les autres. Quoi qu’il en fût, cette larme ne voulait pas dire grand-chose pour le moment et Holbrey y demeura de marbre, comme à chaque fois qu’il se trouvait suspicieux devant quelque chose qui était censé l’émouvoir. Il craignait que ce ne soit feint, ou pire, motivé par des sentiments qui ne valaient rien de bon. Un hochement de tête s’en suivit et Octave croisa les bras sur sa poitrine, semblant attendre quelque chose. Y avait-il véritablement une réaction à escompter ? Probablement valait-il mieux, comme d’habitude, le laisser mariner et revenir plus tard. Et effectivement, la réflexion semblait faire son chemin, si bien que Johnny refusait à le regarder, s’en retournant à ses affaires comme si de rien n’était, seules ses mains traitresses témoignaient de son état d’un tremblement spasmodique. L’entreprise de se rhabiller fut laborieuse, mais l’adolescent se contraignait à poursuivre sa tâche. Ah oui, être vêtu allait peut-être lui redonner contenance, qui sait, peu étaient habiles et sensés en étant quasiment à poil. De la dignité d’être vêtu. Mais bon, le résultat fut comique. En se retournant, Johnny avait davantage l’air d’un fougueux amant qui n’avait pas fini de se rhabiller que la porte annonçant le mari revenant du travail s’ouvrait. Octave sourit avec désarmement devant une telle négligence. Au moins avait-il le visage de quelqu’un qui s’était enfin décidé sur quelque chose.

- Je veux que... que tu saches... que...

Toujours aussi peu tonique, hein ? Enfin, Octave ne croyait pas aussi bien se tromper, car ce fut au tour de Johnny que de prendre les initiatives, si bien qu’il retrouva le bibliothécaire quelque peu surpris. En le voyant arriver avec détermination, ses sourcils se relevèrent quelques instants dans une franche démonstration de sa dubitation. Curieux et docile, il se pencha alors qu’une main insistante le forçait à courber l’échine. Ce qu’il fit, penchant la tête pour mieux entendre, ou que sait-on encore. Franchement, après tout cela, il ne s’était pas vraiment imaginé que Johnny puisse être conciliant au point de venir l’embrasser de front. Pourtant, c’est bien ce qui advint. L’adolescent se hissa, trépignant et comme débordant de trop d’audace pour se donner le courage de faire ce qu’il avait en tête. Mais il tendit à la chose avec un tel abandon qu’Octave, même en ayant compris le manège, se laissa faire pour lui donner la paix d’une affaire accomplie avec la bravoure de la témérité. Sa bouche innocente et petite se fondit sous la pression des rudes mâchoires masculines dont les lèvres s’étaient tendues dans une timide réponse à ses attentions. Johnny s’avéra bien vorace dans son geste, l’élan de la ténacité lui ayant enlevé toute grâce. Il se colla au bibliothécaire avec tant d’impétuosité qu’il sentit presque les arrêtes de ses gencives et goûta avec elles le parfum de sa salive. Silencieuse, l’étreinte se rompit et Octave ouvrit les yeux qu’il avait fermés par reflexe, se redressant par la même occasion sur un môme soudain crispé par la gêne. C’était doux et gentil, mais cela voulait-il vraiment dire quelque chose ? Une preuve de courage, sans doute, plus qu’une marque d’attention.

- Désolé, c’était idiot.

Ah mais bon sang Johnny. Bon sang de bois, comme diraient les vieux. Voilà qu’il piétinait encore sur les mêmes platebandes. Octave soupira. Quand est-ce que ce Candide allait-il arrêter d’être aussi peu confiant ? Ne valait-il mieux donc pas ne rien faire du tout, si à chaque fois cela finissait par des excuses ? D’autant qu’Octave n’aimait pas les excuses, les préférant largement au changement concret. Il faillit faire rouler ses yeux dans ses orbites, mais l’adolescent reprit soudain son propos :

- J'ai... Je suis... J'ai peur de toi, tu as raison. Ah, du vu et du revu mon pauvre, il fallait se mettre un peu à la mode. Je ne regrette pas... je veux dire... ce matin. Je ne regrette pas de... t'avoir... Non, on n’avait jamais dit que la mode c’était les bégayements, Johnny, on parlait plutôt d’enfin réfléchir avant de parler pour que le phrasé soit intelligible et fluide, et non pas haché à la cisaille. Bref, j'aurais dû le faire quand tu étais éveillé, désolé. Aussi, je... Je vais essayer de ne plus te provoquer. Écoute, je ne veux pas être un... Je ne veux pas être un lâche et je ne veux pas que l'on décide pour moi. Et je ne veux pas provoquer les gens non plus, parce que oui, je regrette à chaque fois et je ne fais que ça. Tu veux bien me donner... un coup de pouce ?

De l’aide ? Diantre, nous y voilà donc ! Ah, ne disait-on pas que la première étape c’était d’accepter que l’on avait un problème ? La deuxième se traduisant donc pas la capacité à demander une aide. Octave fit la moue en regarder cette pauvre créature comme rapetisser sous ses yeux à l’éclat un brin suspicieux. Bon, il ne le savait pas, mais Johnny avait touché là une corde sensible de notre cher bibliothécaire, la faisant vibrer sans le savoir. Il avait un faible pour ceux qui reconnaissaient honnêtement un souci, les poussées de lucidité dans des esprits perdus pour enfin quémander un peu de supporter pour traverser une phrase qu’ils étaient incapables d’affronter seuls.  Peut-être n’aimait-il simplement pas ceux qui s’obstinaient… La raison de son apaisement n’était pas l’idée que Johnny puisse lui demander de l’aide spécifiquement à lui, non, mais savoir que le jeune homme avait enfin un peu mûri le réconfortait et lui donnait du courage pour soi-même. Lui aussi était passé par des stades similaires et il n’y avait pas de raison à ce que Johnny n’y parvienne pas lui aussi. La vie ne récompensait que ceux qui faisaient des efforts pour soi, et l’adolescent venait de faire le premier pas. Finalement, après l’avoir toisé en long, en large et en travers, Octave s’approcha, décroisa ses bras et entreprit de fermer les boutons qui manquaient. Paresseusement, il habilla de sa chemise la créature Candide. Toute son attention fut concentrée sur son affaire jusqu’à arriver en haut. Du bout des doigts, il remonta le col de la chemise et regarda enfin Johnny dans les yeux.

« Qu’est-ce que tu attends de moi, Johnny ? »

Il ne lui facilitait pas la tâche non, mais c’était simple de quémander de l’aide, surtout que sans contexte définis, il risquait de se laisser aller et de se reposer entièrement sur le bibliothécaire. Un peu comme quelqu’un qui demande de l’aide pour un projet dans l’espoir que l’on fasse tout le travail à sa place. Au moins avait-il fait l’effort de ne pas sonner comme un vendeur de poisson au port du coin. Tout avait été dit d’une voix assez douce, un peu dubitative pour souligner que c’était encore une fois de plus à Johnny de prendre les rênes de son destin, qu’Octave voulait bien l’aider, mais à condition de seulement donner des coups de pouces et non des coups de reins. Octave bénéficiait tout de même de ce traître ou merveilleux trait de caractère qui ne le rendait apte à se défaire d'une situation quand le bon moment venait, alors il laissa tranquillement tous les inconvénients au passé. Et puis, puisque l’affaire n’était pas finie, Octave contourna l’adolescent pour se saisir de sa cravate avant de revenir sur ses pas et d’enrouler le ruban de soie sur le pied de col de sa chemise. Il aimait bien le nœud Windsor, qui était à son goût de loin le plus symétrique et équilibré de tous, alors c’est ce qu’il fit. Et tandis qu’il exécutait quelques mouvements compliqués d’entremêlements de tissus, il fronça les sourcils d’un mouvement circonspect avant de commenter :

« Tu comprends bien qu’il ne faudra pas m’embrasser en public… N’est-ce pas ? » Préféra-t-il s’en assurer, ne sait-on jamais ce que la jeunesse pouvait s’imaginer. Qu’ils étaient en couple, ou que sais-je. Le nœud prenant du temps, il enchaina : « Pas la peine de t’excuser tant que tu tiens tes promesses, Johnny. Et au fait, tu ne m’as toujours pas dit d’où venait cette tenue de gonzesse. Pas que cela me dérange, mais c’est bizarre de t’appeler Johnny. On va passer à Jane si tu tiens autant à ta féminité. Ou c’est juste une phase ? Si tu fais ca pour t’amuser, libre à toi, tu seras Johnny en jupette. Mais si ca vient d’autre part, il va falloir assumer et te décider sur ce que tu veux être. Soit t’es Jane en jupe, soit t’es Johnny en tenue de mec. Ce serait déjà un bon premier pas, non ? »

Il n’avait pas dit cela pour se moquer, mais il craignait que la décision de porter cela ne vienne pas de l’adolescent en fin de compte. Que ce fut une tenue imposée par une quelconque autorité officielle ou officieuse, le prenant, du fait de sa féminité toute superficielle, pour une fille. Et pousser Johnny, se défaire d’une pareille emprise représentait déjà un bon début. Se défendre, s’assumer un peu mieux, revendiquer qui l’on veut être, un combat de longue haleine qui commençait dans le détail. D’un geste expert et aveugle, Octave finit le nœud de la cravate et le resserra autour du col avant d’en rabattre les pans. Centrant son œuvre bien au milieu, il regarda les jambes nues de l’adolescent et dit :

« Donc, c’est Johnny, Jane, ou un Johnny qui se prend pour Jane ? Je peux toujours t’apporter un pantalon digne de ce nom, tu sais. A toi de voir. »

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SERPENTARD5ème année
    SERPENTARD
    5ème année
AVATAR : Lu Han
MESSAGES : 201

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 12 Avril 1981 - Londres
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: Ce n'est que le nouveau bibliothécaire. [25 Septembre 1997] Lun 6 Mar 2017 - 4:48

Le silence ou l'impatience ? Mathewsen ne savait plus ce qui l'embêtait. Peut-être n'était-ce que la nouvelle ambiance, celle engendrée par le simple décroisement de deux bras puissants et matures. Ce geste semblait être d'une banalité extrême, mais Leslie s'était senti reculer, comme si d'un coup, l'adulte avait besoin d'espace. Et son mouvement fut accompli de manière si naturelle qu'il n'y découvrit pas la crainte qui s'y cachait derrière. Oh, le jeune sorcier oubliait rapidement les menaces, gardant en mémoire que les douleurs, sans prendre en compte les différentes raisons pour lesquelles il avait tant souffert. Cependant, son inconscience était beaucoup plus capricieuse et elle n'allait pas négliger le fait que l'un de ces bras, aussi inoffensif en apparence, s'était permis de tenir sa vie, la forçant à s'accomplir dans une restriction aussi brève qu'était celle de ne pas respirer. Horrible pouvait être cette perche de chair qui obligeait la vie à se disposer que sur la pointe de deux pieds chétifs et instables. Une suffocation aussi facilement offerte ne pouvait guère être appréciée de la part de l'adolescent. Peut-être aurait-il trouvé un plaisir malsain dans une condition où il aurait eu la chance de se défendre d'une quelconque façon, comme quoi son côté masochiste n'était pas entièrement guidé vers l'idée de la parfaite soumission. Non, Leslie aimait de débattre et plus il perdait le contrôle, plus cela le comblait. Cet innocent avait déjà, par mégarde et stupidité, découvert deux autres situations sous lesquelles son souffle devait être coupé et imperceptible. Il y avait la manière brute, là où celui qui maintient l'existence de l'autre ne cherche qu'à détruire toute trace de lumière dans l'oeil de son adversaire. Aussi peu probable soit ce genre de circonstance, le gamin avait tout de même traversé cet instant de panique qui redirige l'esprit vers les erreurs du passé et les meilleurs souvenirs, dans l'idée qu'à présent, tout est terminé. Puis, il y a celui qui essouffle dans le but de faire taire, sans même vouloir connaître la raison pour laquelle sa victime cherche à crier garde. Dans ce cas-ci, Cliff Little avait été le maître du jeu. Il avait porté Mathewsen jusqu'aux limbes du plaisir qu'on ne se permet que s'il est partagé et consentant. L'asphyxie avait pris un sens déroutant, alors que le jeunot s'était vu incapable d'arriver à ses fins s'il possédait le plein contrôle contre son propre souffle.

Et maintenant, il y avait cette situation; celle où, sans avoir à faire grand-chose, c'était le plus fort qui décidait de ce qu'adviendrait l'autre. Rien n'était fatal, donnant plutôt l'impression qu'une souris était malencontreusement tombée face au lézard, mais que le reptile n'avait pas encore assez faim pour la manger. Mais, l'ennui le poussait à s'amuser avec son en-cas, sans jamais le tuer... pas totalement. Octave était cruel, mais ce qui le rendait ainsi restait invisible aux yeux du garçon. De son regard d'adolescent, il n'était pas prêt à pouvoir mettre des mots sur certains points en ce qui concernait le comportement d'Octave. Ne voyant que sa propre personne, il resta pris que sur son mouvement instantané, le recul qui semblait vouloir continuer jusqu'à ce qu'un mur apparaisse, mais avant même qu'il ne puisse s'éloigner davantage, il s'était arrêté. Pourquoi ? Parce que ces paumes matures qui pouvaient aussi bien le malmener et lui porter affection décidèrent de s'arrêter à une nouvelle élancée de tendresses qui, pour une raison inconnue, porta Leslie à se rapprocher naïvement, chose qu'il regretta.

Les secondes devinrent des heures, des heures de chamboulements psychologique face à un bibliothécaire se faisant presque paternel. Mathewsen eut envie de l'arrêter pour lui mentir en lui disant qu'il pouvait le faire tout seul et que ce n'était pas de ce genre d'aide dont il avait besoin. Boutons après boutons, il effectuait le travaille sans se plaindre. Pourquoi faisait-il cela ? Leslie s'en aurait chargé. Pas maintenant, bien sûr. Il lui fallait un environnement moins suggestif, là où il se sentirait bien et non en danger face à tout ce qu'il pouvait dire ou faire. Maintenant qu'il se savait provoquant, il n'osait plus essayer de s'affirmer, s'obligeant à s'arrêter chaque fois qu'il avait envie de repousser l'adulte. Ne rien faire, là était sa solution actuelle et c'est ce qu'il fit. Habité par la sagesse, malgré l'angoisse qui se faisait toujours envahissante, il abaissa son attention contre l'adulte pour le regarder d'une oeillade emplie d'une lumière impossible à définir. Curiosité, enchantement ou surprise... ou était-ce la même admiration qu'il avait eut en matinée. Puis, en finale, le contacte visuel eut lieu si rapidement qu'il sursauta et leva les yeux vers le plafond en pinçant les lèvres. La tension se faisait ressentir dans tout son corps, ce à quoi il se crispa sans démontrer davantage son malaise. Ses pupilles redescendirent à cet instant, pénétrant dans celui du bibliothécaire une bonne fois pour toute, alors que celui-ci prit parole pour lui poser une question dont il n'avait pas la réponse. Le questionnement lui fit froncer les sourcils et à nouveau, il se retrouva à chercher des mots qui n'existaient pas. « Qu’est-ce que tu attends de moi, Johnny ? » Et si on disait plutôt; qu'as-tu à m'offrir ? C'était ce que le cinquième année avait envie de rétorquer, pour ainsi retourner la question, mais il n'en fut guère apte. D'abord hésitant, il haussa ses épaules puis il inspira profondément lorsqu'il se fit contourner. Le contacte de leurs regards lui paraissait plus intense qu'en habitude. L'effet des prunelles verdâtres prises dans ses billes noires le brûlait à petit feu et ce genre de chaleur le rongeait que lorsqu'il se sentait puni. L'était-il ? Bien sûr que non, mais le principe était qu'il se retrouvait face à une autorité. Ça lui montait dans la tête... Timidité, quand tu nous tiens.

La suite des choses ne le soulagea pas de sa peine. Au contraire, le pire était à venir et nous parlons bien là de la cravate. Nerveusement, il releva le menton à nouveau et se laissa noyer dans la question de plus tôt, évitant ainsi d'être pris dans la réalité. « Tu comprends bien qu’il ne faudra pas m’embrasser en public… N’est-ce pas ? » WHAT !!? Il le regarda d'un seul coup, la bouche ouverte et mimant un sourire en coin, comme si la question était plus que stupide. Suspicieux, il secoua la tête en fronçant les sourcils. Pas que Leslie se sentait outré par la question, mais il avait surtout l'impression de se faire prendre pour un imbécile. « Pas la peine de t’excuser tant que tu tiens tes promesses, Johnny. Et au fait, tu ne m’as toujours pas dit d’où venait cette tenue de gonzesse. Pas que cela me dérange, mais c’est bizarre de t’appeler Johnny. On va passer à Jane si tu tiens autant à ta féminité. Ou c’est juste une phase ? Si tu fais ca pour t’amuser, libre à toi, tu seras Johnny en jupette. Mais si ca vient d’autre part, il va falloir assumer et te décider sur ce que tu veux être. Soit t’es Jane en jupe, soit t’es Johnny en tenue de mec. Ce serait déjà un bon premier pas, non ? » Il cligna des yeux une fois, deux fois, trois fois et cinq autres clignements pour la peine. - Pardon ? Ouais, il ne pensait pas avoir bien compris la chose en toute sa totalité. Et ainsi fut accompli le noeud, mais Mathewsen n'en avait plus rien à foutre de sa tenue à présent. Une certaine gêne l'empoisonnait encore, mais autres que celle-ci, il y avait une profonde rage qu'il avait du mal à se garder pour lui-même. 

« Donc, c’est Johnny, Jane, ou un Johnny qui se prend pour Jane ? Je peux toujours t’apporter un pantalon digne de ce nom, tu sais. A toi de voir. » - The fuc... Reste calme, reste calme, reste calme... Il s'était rapproché du bibliothécaire entre temps, prêt à lui foutre un petit coup bien placé quelque part, mais il s'arrêta avant même d'avoir levé le bras. Au lieu de rester sur place, il s'éclipsa et glissa ses mains contre son propre visage pour calmer ses nerfs et prendre le temps de bien penser à sa réponse au lieu d'envoyer bouser pour seul principe qu'on parle encore de sa jupe.

- Okay, Monsieur le bibliothécaire... Allez savoir que je ne porte pas cette jupe par plaisir, mais que c'est le directeur qui m'y force. Après quoi, on peut se faire casser une main pour pas cher, alors aller à l'encontre du Directeur, celui qui a dirigé ma maison... je vais passer mon tour. Et c'est pas Johnny, c'est Leslie. Oh, mais que dis-je, Leslie, c'est féminin. Oh, mais que vois-je, je suis tout petit, pas très viril et la seule personne que j'apprécie réellement me prend pour une gamine. Et je passe par-dessus le fait que j'ai eu les cheveux longs à cause d'un c*nnard en Sixième. Alors oui, je veux un pantalon, mais si j'en porte un, je vais avoir besoin de vous pour me protéger des Monsieurs Je-Suis-Au-Service-Du-Mal-Et-Je-Fais-Trois-Fois-Ta-Taille qui traînent partout. Je suis un garçon, je veux le prouver, mais là je risque gros pour pas grand-chose. Du coup, c'est Johnny qui porte la jupe, parce qu'on a décidé que c'était Jane pour un temps indéterminé. Et Johnny s'y fait, parce que, entre porter une jupe ou devoir se prendre un Doloris, il préfère porter la jupe. Johnny à la trouille et il est provocant. C'est un petit ingrat qui s'en sort plutôt bien, malgré la citrouille dans laquelle il s'est mis. Alors, niveau uniforme, Johnny va fermer sa gueule et subir, même si Monsieur le bibliothécaire aimerait que Johnny s'assume en tant que Johnny et pas en tant que Jane.

Il grimaça de découragement en prenant place contre le matelas. D'une main, il replaça son unique chaussette, n'ayant pas encore enfilé l'autre qui devait encore traîner là où était la fameuse jupe. Il s'était habitué à tout ce que ce nouvel uniforme comprenait. Les jambes à l'air et Dieu qu'il évitait les coups de vent. Ce n'était pas inconfortable pour autant, pour ne pas dire que c'était agréable. D'accord, ce n'était pas du bon sexe, mais qu'est-ce que cela voulait dire en fait ? Le changement vestimentaire ne lui faisait plus rien. Tout ce qui l'emmerdait en finale, c'était le fait qu'il était loin des autres, dans une chambre perdue et glauque. Enfin, au moins, ce n'était que ça. Il avait un lit et des vêtements... Il n'était pas vraiment à plaindre contrairement aux sangs de bourbes. Tout en soupirant une énième fois, il tendit la main vers le reste de ses vêtements. Il était beaucoup trop loin pour pouvoir les atteindre et disons qu'il avait pour flemme de se lever, surtout maintenant qu'il était assis. - Pouvez-vous me donnez le reste, s'il vous plaît. demanda-t-il sans abaisser sa paume. Réponse négative ou positive, il s'en moquait un peu. L'une d'elles allait simplement lui demander plus d'efforts que l'autre, mais il allait bien devoir se relever un jour, de toute façon.

- Sinon... J'ai besoin d'aide, mais je ne sais pas comment résoudre mes problèmes. J'irai te... vous voir à la bibliothèque, si jamais j'ai une idée. D'ailleurs, je n'ai jamais eu pour intention de vous embrasser en public et ne vous en faites plus pour ça, il n'y en aura plus. Ce n'est pas... normal. Je n'ai pas à faire ça, que ce soit plaisant ou non. dit-il en fixant Octave, sans jamais abaisser sa main. - Faudrait me donner mes vêtements, avant que ça ne devienne encore plus embarrassant.

_________________
one thousand lonely stars
Louis Bourdaloue ✻ Nous satisfaisons la vérité en faisant usage de l'hypocrisie. Nous ne voulons ni nous connaître, ni être connus. Un de nos soins est de nous tromper, et l'autre; de tromper le monde.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
PERSONNEL DE POUDLARDBibliothécaire
    PERSONNEL DE POUDLARD
    Bibliothécaire
AVATAR : James McAvoy
MESSAGES : 497

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Pas vraiment seul, mais presque.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 10 Août 1964
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: Ce n'est que le nouveau bibliothécaire. [25 Septembre 1997] Dim 26 Mar 2017 - 20:46



Il aurait bien voulu dire le contraire, et cela l’agaçait secrètement lorsqu’il saisissait cette pensée flotter à la surface de son cerveau comme un poisson mort, mais sa rudesse lui fut probablement inculquée par sa génitrice. Il n’appréciait guère cette idée, par esprit d’émancipation partiellement, mais surtout parce que cette attitude âpre qu’il lui arrivait parfois d’avoir, diluée dans les confins de sa propre sensibilité, lui venait inconsciemment. Et si l’on était dans la capacité de corriger ce dont on avait pleinement connaissance, il était en revanche très compliqué d’améliorer ce qui était si profondément enraciné qu’on ne le voyait pas agir. Une sévérité enfouie, une jolie cruauté qui venait parfois en élan de sadisme assoiffé ou, comme maintenant, tel un voile de lascivité doucement impitoyable. Octave se surprenait alors à refaire les mêmes mécanismes cérébraux que ceux qu’on lui avait imposés dans son enfance, tel un miroir fatigué, reflétant des évènements passés au travers de la clarté de ses souvenirs. Souvenirs qu’il feuilletait alors sans répit et s’interrogeait – était-ce dont là, dans le scintillement de cette chambre lointaine et pourtant si nette, qu’étaient apparus les prémices titubantes de son manque de considération volontaire ? Traitement reçu qu’il faisait maintenant subir à un Johnny enfantin pour le faire grandir un peu.

Une pulsion destructrice l’animait, désireux de réduire à néant toutes ces candeurs qui se protégeaient de ce qui les entourait en restant aussi longtemps que possible dans l’enfance, l’absence de responsabilités et de devoirs. Il aurait bien voulu, mais parce qu’il n’était jamais passé par là et qu’il ne faisait qu’en comprendre les ficelles sans avoir ressenti leurs effets sur soi, Octave ne savait pas se comporter avec l’adolescence et ces splendeurs juvéniles, qu’il se contentait d’observer. Il ne saisit pas jusqu’au bout l’utilité essentielle de cette étape dans le développement, poussant toujours la jeunesse à s’en défaire, comme l’on se déferait d’une maladie. Et d’une certaine manière, c’était le cas, regardez ce que le jeune âge avait mis comme bouillie dans le crâne de certains ! C’était là que naissaient les pires idées et les sanglants idéaux, à la fleur de la jeunesse. Johnny devait grandir, sa crise identitaire lui faisant plus de mal que de bien, tant il s’était perdu dans les méandres de ses croyances fraichement acquises mélangées à des bribes profondément innocentes d’un caractère qui entrait en conflit avec le nouveau, incapable de faire la paix entre le passé et le futur. Mais ce n’était en rien une excuse à sa brutalité doucereuse et Octave savait qu’il aurait dû être différent, plus tendre, plus compréhensif. Qui sait, ce qu’il aurait dû être, mais certainement pas comme ça. Quand bien même, dès que la compréhension de la nature répréhensible de son comportement lui advenait, elle était remplacée par la satisfaction d’avoir ce qu’il désirait. Maître de son petit univers, il troquait sa propre faiblesse contre la domination de ce qui l’entourait. Pourquoi changer quand les choses semblaient fonctionner ? Johnny s’en portait bien, n’est-ce pas ? N’est-ce pas.

Alors, de la méchanceté gratuite et brutale, de la rudesse perverse, de l’incompréhension cruelle ou de la miséricorde généreuse ? Une dureté nécessaire pour que les choses puissent enfin bouger ? Bousculer les idées engluées dans un esprit qui ne veut pas changer parce que soit tout semble perdu, soit rien n’a plus aucun intérêt. Difficile à dire et il n’y avait que Johnny pour finalement répondre à cette question qu’Octave ne lui poserait jamais. Est-ce qu’il était parvenu à le libérer par ses brusqueries ou n’avait-il fait qu’aggraver les choses davantage ? Aurait-il dû le protéger comme un adulte l’aurait fait avec un enfant, l’éloignant du danger, suivant les règles que leur statut respectif leur imposait ? Prendre Johnny par la main, triturer ses cheveux et le rassurer sur la vie et les choses, le réconforter dans ses inquiétudes pour apaiser son esprit au lieu de le pousser sans cesse en direction de l’ombre qu’il lui faisait tant peur. Pour les adolescents, il semblait que souvent, le monde était divisé en victimes et prédateurs ; prédateurs qui possèdent tout et victimes qui, par contradiction, ne possèdent rien et qu’il faut protéger de tout. Johnny n’était plus un enfant. Et si la vénérée Vivienne Holbrey avait bien appris quelque chose à sa déception de fils sans le savoir, c’est qu’on ne peut pas protéger quelqu’un. On ne peut pas protéger quelqu’un, on peut seulement le rendre plus fort pour qu’il puisse ensuite se protéger soi-même. Cependant, il semblait à Octave qu’il ne parvenait pas encore à saisir la juste voie entre la compassion et l’austérité salvatrice, la raideur qui vous permettait d’avancer au lieu de reculer. Il pouvait simplement espérer ne pas quitter Johnny Boy avec plus de cicatrices qu’il n’en avait eu avant de rencontrer le bibliothécaire. L’inquiétude se nouait, silencieuse et sourde, quelque part au fond de sa pensée comme un bourdonnement sinistre à peine audible. Il avait cru posséder les solutions à l’errance en peine de Johnny, mais si ce ne fut finalement pas le cas ? Et avec un adolescent sans cesse turbulent, tantôt peureux, tant outrageusement frivole, difficile de savoir ce qu’il en était véritablement dans sa tête de moineau au visage couvert par une paire de mains aux doigts fuselés.

- Okay, Monsieur le bibliothécaire... Allez savoir que je ne porte pas cette jupe par plaisir, mais que c'est le directeur qui m'y force. Après quoi, on peut se faire casser une main pour pas cher, alors aller à l'encontre du Directeur, celui qui a dirigé ma maison... je vais passer mon tour. Et c'est pas Johnny, c'est Leslie.

L’animal enrageait tellement qu’il en vint à être honnête pour être sarcastique. Octave écarquilla très légèrement les yeux, ne s’étant pas vraiment attendu à ce type de quiproquos. Quelque chose dans ce récit ne collait pas. Rogue… jupe… Leslie… C’était comme voir en pleine tranchée, sur le front principal de guerre, un officier chercher un bouton de manchette perdu dans la boue. Décidemment, la vie avait beau être chaotique, elle ne vous faisait pas perdre de vue les menus détails du quotidien, les grossissant parfois outrageusement même pour combler l’horreur de la réalité par quelque chose que l’on pouvait maîtriser. Un adolescent qui succombait à un caprice, à une lubie étrange pour être original, Octave voulait bien y concéder ; un cruel inspecteur qui libérait sa méchanceté comme il le pouvait, passe encore, mais le Directeur en personne qui s’occupait de ce genre de futilités ? Qui plus est, on était fin septembre ; cela n’avait-il donc pas duré suffisamment longtemps ? Holbrey ne savait s’il devait rire ou s’étonner, mais il ne parvenait qu’à rester interdit. Vraiment. Incroyable. Qui eut cru que les sollicitudes humaines pouvaient être aussi… incongrues. Il laissa tranquillement Leslie vider son sac, ne voyant pas l’intérêt de redire quoi que ce soit sur l’état des choses puisque de toute manière ils ne pouvaient rien changer présentement. Dans ce cas précis, le commentaire n’était pas à propos, il n’y avait aucun intérêt à discuter des manquements de ce nouveau régime dont tout le monde connaissait les défauts sans avoir besoin de les énoncer à haute voix. La seule solution était de s’y soustraite. Cela dit, Octave avait déjà une initiative naissante en tête. Il se contenta de constater l’histoire d’un air suspicieux, observant le jeune garçon s’agacer avant de s’assoir sur le matelas. Et puis soudain, l’un de ses bras laiteux s’éleva dans les airs.

- Pouvez-vous me donnez le reste, s'il vous plaît. Sinon... J'ai besoin d'aide, mais je ne sais pas comment résoudre mes problèmes. J'irai te... vous voir à la bibliothèque, si jamais j'ai une idée. D'ailleurs, je n'ai jamais eu pour intention de vous embrasser en public et ne vous en faites plus pour ça, il n'y en aura plus. Ce n'est pas... normal. Je n'ai pas à faire ça, que ce soit plaisant ou non. Faudrait me donner mes vêtements, avant que ça ne devienne encore plus embarrassant.

Là, Octave sentit l’un de ses sourcils grimper avec nonchalance vers le haut dans une expression de pure défiance. Vous ? C’est qu’il devait vraiment en avoir marre le pauvre. Le sourcil retomba et comprenant le message, Octave alla ramasser le reste des vêtements de Leslie avant de les déposer sur sa main tendue. Fini le dorlotage affectif, le premier « vous » demandait de l’espace et ce n’était plus un caprice de caractère mais une plainte de désespoir. Croisant les bras sur son poitrail, le bibliothécaire fit quelques pas vers l’arrière jusqu’à venir s’adosser au mur le plus proche, observant Leslie de biais s’habiller sur son lit. Il aurait voulu être soulagé par l’éloignement de Leslie, mais il avait clairement le sentiment que c’était fait par convention et non parce qu’un problème était parvenu à se résoudre dans son esprit. Il se reculait parce que c’était ce que le bon sens lui demandait, mais la carence affective était encore là et si personne au monde n’aurait été là pour les juger, le garçon se serait peut-être blotti entre ses bras une fois de plus. Leslie mettait des barrières parce qu’il était temps de partir et que ce moment de flottement qu’avait représenté la nuit dans une chambre inconnue aux côtés d’un taré notoire prenait fin. Octave soupira et hocha de la tête, l’air sérieux comme à aucun moment il ne le fut durant leur rencontre. Pour la première fois, il prenait vraiment du recul, analysait tout du début à la fin. Finalement, envers et contre tout, un sourire finit par poindre sur ses lèvres, doucereux et suave comme un sirop doré de fleur de sureau. Et pendant que Leslie s’habillait, il revint en arrière, puisqu’il savait si bien le faire pour troubler et décentrer les esprits.

« Leslie, ce n’est pas féminin. C’est considéré comme étant un mot épicène, c’est-à-dire qu’il n’est pas marqué du point de vue du genre grammatical. Ensuite, il vient de l’hébreu, « Elisheba », qui veut dire « Dieu est plénitude ». Pour la première fois, il fut utilisé comme patronyme par le Clan Leslie, nom qui, on le suppose, provenaient des terres que le baronet possédait, « The lands of Lesslyn », au tout début du treizième siècle. Le clan prenait rapidement de l’importance et Leslie est devenu l’un des noms les plus importants de la noblesse anglaise. D’ailleurs, « Leslie » a plus de racines nobles qu’aucun autre nom de famille moderne ayant subsisté. Au final, lorsque des membres de cette famille ont décidé de rejoindre la cavalerie du roi français, le nom est passé vers la France et est devenu « de Lisle ». Ce n’est qu’à partir du dix-septième siècle que Leslie est devenu un prénom masculin. Mais confondu avec « Liesel » et « Liesl », les diminutifs allemands du prénom Elizabeth, il a fini par tomber dans le double usage. Tu vois, ton prénom n’est pas si féminin que ça. Il est d’ailleurs pour ainsi dire, très masculin. »

Il n’y avait aucune ironie dans sa voix, qui avait sonné avec la gravité nécessaire pour un récit historique sérieux et documenté par la force d’anciens souvenirs. Octave savait que formellement, cela n’avait aucune importance, mais il y avait parfois des symboliques qui vous faisaient relever la tête et prendre conscience du poids que les mots et les noms pouvaient avoir. Cela avait le don de changer les perspectives même si l’on prétendait ne pas y accorder un poids quelconque. Surtout que Leslie semblait maudire son propre prénom alors qu’il n’y avait pas de raison à cela autre que le jugement de quelques autres. L’expression du bibliothécaire changea, se muant en un éloignement vague, comme s’il n’était plus vraiment là ; il pensait déjà à autre chose. Quels que furent maintenant leurs sentiments, à la nature semblable ou non, il était temps de partir. Comme à chaque fois, et ce depuis longtemps, il arborait le rejet avec fatalité, s’y courbant sans rien dire, comme si ce fut le cours normal des choses. Ce qui finalement, était bel et bien le cas. Leslie était comme Adam après avoir mangé le fruit défendu. La lumière se faisait sur sa nudité et en prendre conscience lui fit honte, le mettant dans l’embarras et Octave n’était pas le mieux placé pour lui dire ce qu’il devait ressentir en conséquence. Pour cela, il se savait heureusement être un conseiller aux axiomes qui ne convenaient bien souvent pas à la société si l’on voulait y évoluer en faisant le moins de vagues possibles. Chose vers laquelle l’adolescent semblait présentement tendre. L’ombre et le silence. Lorsqu’il eut fini de se rhabiller, Octave déclara d’une voix lointaine, les yeux dans le vague :

« Il est temps que tu t’en ailles. La porte est ouverte. Pour celle de la bibliothèque, un Alohomora suffira. Pour ce qui est de vos problèmes, Mr Mathewsen, on en reparlera une autre fois, si tant est qu’après avoir pris du recul, cela se trouve être toujours votre souhait. »

Octave lui lança un dernier long regard singulier et pénétrant. Le nom de famille lui était revenu comme une effluve de fumée, lointaine réminiscence de quelques lignes qu’il avaient lues quelque part dans une liste d’élèves. Leslie Mathewsen. Son vouvoiement à lui n’était qu’une mimique factice, et cela s’était fait sentir dans la manière fluide et sans hésitations qu’il avait eu de passer de l’intimité à la formalité. Leslie allait finir par comprendre, et peut-être le sentait-il déjà, qu’une fois une étape franchie, revenir en arrière était très compliqué sans que cela ne sonne faux d’un bout à l’autre. Mais Octave voulait bien se plier au jeu si cela pouvait aider à déculpabiliser ou à mieux rentrer dans le moule de la société. Après tout, si tel était le souhait définitif du jeune homme, que pouvait-il y faire ? Ses paupières se refermèrent. Il avait oublié de cligner des yeux.

« Bonne journée, Johnny. »

Sans plus de considération, Octave se décolla de son mur et partit vers une table à la recherche d’un parchemin et d’une plume. Lorsque Leslie s’en était allé, il avait déjà tracé quelques lignes de son écriture élancée et n’était pas prêt de s’arrêter. Il aurait pu s’en moquer, laisser la vie couler sans venir s’y mouiller, mais il y avait quelque chose de profondément malsain dans cette situation qui le rendait nerveux. Quitte à partir du principe que ce n’était pas grand-chose, autant faire ce « pas grand-chose » et s’en sentir plus tranquille après, baigné par la satisfaction du devoir accompli. On pouvait considérer Octave comme quelqu’un de suffisamment peu compatissant envers les sentiments des autres pour dire ce qu’il pensait et exécuter ce qu’il désirait sans se soucier de l’inconvénient. Lorsqu’il le pouvait, il agissait, la passivité face à une situation le dérangeant l’ayant toujours poussé à s’en défaire pour ne surtout pas stagner. A ce niveau-là de toute manière, il n’y avait que dans le détail que l’on pouvait améliorer les choses. Ayant mis un point à son œuvre, Octave s’adossa à sa chaise et observa les lignes écrites. Bon, il fallait au moins attendre jusqu’à midi avant d’envoyer la lettre, parce que recevoir de tels propos aussi tôt le matin pouvait mener à une multitude de questionnements qu’il préférait éviter. Monsieur le bibliothécaire, pourquoi avoir décidé d’écrire aussi tôt ? Qu’avez-vous donc découvert cette nuit ? Mais quels sont donc ces draps défaits que l’on ne saurait voir ? Et cet adolescent sortant de votre chambre ? Est-ce donc comme cela que l’on prend soin de la jeunesse ? Tant d’interrogations futiles !



Paper for the King:
 

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SERPENTARD5ème année
    SERPENTARD
    5ème année
AVATAR : Lu Han
MESSAGES : 201

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 12 Avril 1981 - Londres
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: Ce n'est que le nouveau bibliothécaire. [25 Septembre 1997] Mar 28 Mar 2017 - 2:11

L'embarras ne le quittait plus, alors que cette situation devenait de plus en plus étrange, faisant graviter chez Leslie un début de malêtre. Tout ce qu'il pouvait entrevoir autour de lui perdait sa juste place, lui donnant pour impression qu'il était dans l'interdit, là où lui-même, il n'était pas supposé être. Cela ne l'aurait pas dérangé en autre circonstance, mais cette fois-ci, il ne pouvait s'empêcher d'être nerveux et agité. Et sa propre nudité ne l'aidait guère à se calmer, même s'il n'y avait rien à voir de bien intime. Mais la question était; pourquoi se sentait-il ainsi ? Peut-être constatait-il, d'un coup, qu'il avait dormi au côté d'un homme qu'il ne connaissait pas. Oh, et peut-être qu'il refusait d'adapter cette image, dans la simple idée qu'elle lui paraissait malsaine et déplacée. Et pourtant, il était déjà beaucoup trop tard pour se mettre à regretter, même si ce n'était pas ce sentiment précis qui l'habitait. Non, il était rongé par autre chose; une sorte de gêne que l'on pourrait comparer à celle qui nous frappe, lorsque l'on se rend compte qu'on a oublié de se brosser les dents. Enfin, dans une finalité choquante, malgré les bisous et les larmes, la morale semblait encore vouloir prendre place au coeur du garçon. Cependant, les barrières que son vouvoiement avait imposées furent détruites en un simple haussement de sourcils. Octave avait à peine réagi, arquant l'une de ses deux tiges pour la faire monter avec flegme. Futile pouvait sembler ce geste empli de scepticisme, son impact en fut pourtant très brutal, comme lorsque l'on court et que, soudainement, on fonce dans une vitre épaisse et incassable. C'était ce qui venait d'arriver au jeune Serpentard. Il s'était mis à courir dans une direction inconnue, prenant la voie du respect et de la sagesse, avant de foncer dans ce que nous disons être; la réalité. Comment pouvait-il vouvoyer Octave, alors que cet homme en savait plus sur lui que n'importe qui d'autre dans cette école, si on retirait Amelia de la liste. C'était ce qu'il devait faire, non ? Après tout, il avait en face de lui le bibliothécaire et non pas un ami. Et peut-être que c'était ça son problème, c'était sur ce sujet qu'il se trompait. En finale, peut-être devait-il concevoir que Mr. Holbrey était beaucoup plus que celui qui ne se charge que de remettre les bouquins en place...

Un vide perça le coeur du plus jeune puis, sans crier gare, le mur de verre qu'il avait si bien percuté craqua d'un seul coup, explosant au visage d'un Leslie à présent muet, alors qu'Octave entreprit d'être sérieux. Ce changement de comportement eut pour effet de faire réaliser à l'adolescent à quel point il avait fait une erreur monumentale. Et maintenant que tout s'était brisé en morceaux, il allait lui être difficile de retourner en arrière. D'accord, Octave allait sans doute redevenir joueur et taquin en sa présence, mais à cet instant même, Mathewsen était persuadé que non, que plus rien n'allait redevenir comme ça l'avait été au départ. Son bras volait encore dans les airs,  donnant l'illusion qu'il ne le contrôlait plus. Le cinquième année était pris sous un choc qui, pour le moment, l'empêchait de réagir physiquement. Il se sentait tendu et sa gorge s'assécha aussitôt. Il ne savait plus quoi dire, quoi faire, comme réagir où quel comportement il se devait d'avoir à présent. Pour tout dire, il n'avait aucune idée dans quoi il s'était encore embarqué, mais ce qui était sûr, c'était qu'il n'assumait pas son propre choix, encore. Après que le vide soit passé, il secoua négativement la tête pour lui-même, s'humectant les lèvres tout en entreprenant de s'habiller complètement. Quelques questionnements lui traversèrent l'esprit, mais il ne laissa pas le doute prendre naissance, de peur de se le faire dire. Il se devait de prendre en totalité ce qu'il avait lui-même engendré.

Le regard fuyant, il glissa l'une de ses paumes entre les mèches de sa frange pour la relever dans les airs et dégager son regard noisette. Il se regardait, relevant ses jambes de sorte à entrevoir s'il avait tout ce qu'il lui appartenait. Cela ne lui faisait pas peur, d'oublier quelque chose, mais il préférait éviter de devoir revenir auprès de l'adulte que pour lui demander de lui rendre un morceau de vêtement ou autres. Non, il voulait que leur prochaine rencontre soit enrichissante et constructive. Mais, pouvait-elle l'être, même après le recul qu'il avait pris en son égard ? Non, non, non... il secoua la tête à nouveau et s'apprêta à se relever pour se remettre en forme. Cependant, l'homme débuta un récit très intéressant en ce qui concernait le prénom qu'il avait toujours cru être une malédiction.

Fasciné par ce que bibliothécaire lui dictait, Mathewsen releva la tête comme un enfant devant un récit fantastique. Finissant même par entrouvrir les lèvres, sans s'en rendre compte, ses prunelles recommencèrent à briller tel un enchantement tombé du ciel. Puis, face à sa propre stupeur, il laissa son attention retomber tout en se demandant pourquoi Holbrey lui disait tout cela. Ses paroles ne voulaient rien dire, ce n'était que l'histoire et ça, peu de gens allaient s'y intéresser. Enfin, malgré tout, il était quelque peu charmé par l'initiative. À l'intérieur de ce récit si bien mené, il y avait une réalité ferme, celle qu'il avait toujours espéré entendre; « Tu vois, ton prénom n’est pas si féminin que ça. Il est d’ailleurs pour ainsi dire, très masculin. » Rien ne pouvait décrire la chaleur qui s'éprit de lui, alors qu'un sourire prit naissance au coin de ses lèvres et qu'un rire empli de soulagement quitta naturellement son petit corps. Heureux ou impressionné... Il ne savait pas comment il se sentait, mais il avait envie de dire; merci. Il cacha son enchantement derrière quelques inspirations et mouvements de renfermement qui n'en étaient pas. Croisant donc les bras tout en pinçant les lèvres, il tourna son attention vers sa cape. Il se leva d'un coup, enfilant ce dernier morceau pour s'habiller en totalité. Et maintenant que la cape était mise, il fut apte à partir.

« Il est temps que tu t’en ailles. La porte est ouverte. Pour celle de la bibliothèque, un Alohomora suffira. Pour ce qui est de vos problèmes, Mr Mathewsen, on en reparlera une autre fois, si tant est qu’après avoir pris du recul, cela se trouve être toujours votre souhait. » Il hocha rapidement, levant ses prunelles une dernière fois pour fixer Octave. Autant son regard était encore brillant, mais la lumière s'éteignit aussitôt que la singularité du bibliothécaire percuta son âme, le forçant à se raviser pour il ne sait quelle raison. Il tousse alors, faisant mine de rien, comme si la joie qu'il avait ressentie plus tôt n'avait pas lieu d'être. Pris d'un nouveau malaise, il hoche à nouveau, à plusieurs reprises pour accentuer le fait qu'il avait compris les deux informations qu'il avait reçues en guise de fin. Son regard ne quitta pas celui de l'adulte, créant une sorte de bouleversement qu'il fut sans doute le seul à ressentir. Ce fut alors qu'une tension reprise place chez l'adolescent, peu avant que son interlocuteur ne cligne enfin des yeux. « Bonne journée, Johnny. » Il resta sur place, finissant par sursauter d'un coup, en comprenant qu'il pouvait et devait disposer. D'ailleurs, il avait hésité à quitter la chambre, s'arrêtant face à la porte un bref instant pour essayer de lui retourner le dernier message. Bonne journée à vous aussi, Mr. Holbrey. Non, il était incapable de lui offrir la pareille. Donc, tout en étant toujours aussi maladroit et peu persuasif, il lança rapidement ceci en direction de l'adulte; - C'est Leslie. et non plus Johnny. Dorénavant, il appréciait son propre prénom, car celui-ci était très masculin, n'est-ce pas ? Et aussitôt que cela fut dit, il quitta la chambre comme un coup de vent, courant dans la bibliothèque sans plus se retourner. Oh, il aurait tant apprécié se sentir libéré de cette chambre, mais plus il s'éloignait, plus sa confiance s'écroulait et plus il s'avançait entre les étagères, plus il réalisait que le charmant bibliothécaire lui manquait déjà.

It's done, oh yeah ~:
 

_________________
one thousand lonely stars
Louis Bourdaloue ✻ Nous satisfaisons la vérité en faisant usage de l'hypocrisie. Nous ne voulons ni nous connaître, ni être connus. Un de nos soins est de nous tromper, et l'autre; de tromper le monde.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: Ce n'est que le nouveau bibliothécaire. [25 Septembre 1997]

Revenir en haut Aller en bas

Ce n'est que le nouveau bibliothécaire. [25 Septembre 1997]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

Sujets similaires

-
» Ce n'est que le nouveau bibliothécaire. [25 Septembre 1997]» 03. First love, it's a hurting truth» Les Relations d'un Satané Bibliothécaire» Une après-midi de libre n'est jamais de refus [PV : Mycroft]» La bibliothécaire arrive! [PV Taylor Hoshiko]
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2
Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: HORS JEU :: La pensine :: Sept. 1997 - Août 1998 :: Sujets terminés-