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Ce n'est que le nouveau bibliothécaire. [25 Septembre 1997]

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SERPENTARD5ème année
    SERPENTARD
    5ème année
AVATAR : Lu Han
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MessageSujet: Ce n'est que le nouveau bibliothécaire. [25 Septembre 1997] Mer 21 Sep 2016 - 4:07

-Avertissement-
Le contenu de ce RP' pourrait vous choquer, il est donc destiné à un public mature et responsable.
Pour éviter toutes problématiques, veillez, dans la mesure où vous êtes sensibles, passer votre chemin.



Jeudi, 25 Septembre 1997

Les journées étaient longues et les nuits beaucoup trop courtes. Les angoisses de Mathewsen se transformaient en frustration, avant de mourir dans le vide qu'engendrait son manque de sommeil. Sa petite tête n'était plus qu'une énorme bassine d'eau, une bassine vide pour tout dire. Simplement réfléchir lui était impossible, alors faire ses devoirs, on n'ose s'imaginer comment il allait s'y prendre. Il copiait tout ce qu'il retrouvait dans les innombrables bouquins qu'il avait en face de lui, ce qui empêchait d'ailleurs les autres élèves de pouvoir prendre place à la table. Il avait fait un vrai bordel, mais il s'en foutait. Plus rien ne l'embêtait à présent. Il était passé par tous les chemins pas possibles en moins d'une semaine, allant de la jupe rose à ses fesses contre le torse de Rogue, de la peluche lapin disparue jusqu'à son désir de découvrir et goûter les lèvres de Miller... Et on ne parlera pas de ses rêves pervers et de ses cicatrices au poignet. D'ailleurs, il n'avait toujours pas reparlé avec Cliff depuis l'accident, comme quoi l'évènement était beaucoup plus marquant qu'il ne l'aurait cru. Chaque fois qu'il visualisait de nouveau la scène, il soupirait ou poussait une plainte désespérée qui attirait quelques regards. Il se faisait suspecter pour beaucoup de choses, alors il était normal qu'il attire l'attention à chaque faux pas. Déjà, il portait encore l'uniforme féminin alors qu'il était un garçon. Ensuite, l'histoire de la jupe rose se faisait encore entendre et Dieu saivait que les rumeurs sur lui et Miller allait bientôt sortir et ce qui l'attendait était sûrement plus terrible que les événements de son été. Enfin, rien ne pouvait battre l'échange de corps, hein ? Il aimerait bien y croire, mais il savait qu'au fond, son cas ne pouvait que se détériorer davantage.

Il continua de compléter son devoir en se demandant pourquoi l'étude des runes lui semblait si compliquée tout d'un coup. Il n'avait pas eu autant de difficultés lors de sa troisième ou de sa quatrième année. Dans les faits, tout devenait lourd, même les cours. Peut-être retrouvera-t-il un peu d'amusement en arts de la magie noire. Cette matière pouvait être mal vue par plusieurs, mais ça l'intéressait de pouvoir découvrir autre chose, de nouvelles spécialités et de nouveaux défis. Il continua d'écrire, sursautant en entendant la voix de Felix Lawford. Cet ennemi était toujours dans les parages, ça devenait agressant. Le blond s'approchait de l'endroit où il était assis, mais Mathewsen n'avait pas envie de se lever. Il resta donc sur place, la tête bien penchée pour éviter d'être reconnu. Quelques minutes plus tard, le blond se retrouvait non loin de lui, les bras croisés et le regard levé au plafond. Il semblait discuter avec quelqu'un, mais cet interlocuteur arrêta de répondre, alors que le ton du blond était devenu assez rigide et froid. La discussion était terminée, sans doute. À cette idée, le cinquième année essaya d'attraper un livre contre la table pour le relever à la hauteur de son visage. Il voulait se cacher. Cette idée fut bien stupide, puisque son mouvement brusque attira l'attention de Lawford qui passa près de lui et s'arrêta lorsqu'il se retrouva à ses côtés. Aller, qu'est-ce qui allait arriver maintenant ? ... Rien. Felix ne fit qu'appuyer sa main contre le bouquin de Mathewsen pour le forcer à le remettre en place, contre la table. Il glissa ensuite sa paume entre les cheveux de Leslie, sous une caresse trop affectueuse pour être réelle puis il repartit. WHAT THE F*CK ! pensa le cinquième année qui se redressa pour empoigner ses devoirs et quelques livres pour aller se cacher au fond de la bibliothèque, là où personne n'avait vraiment envie d'être.

Depuis quand Felix m'affectionne ?! Bonne question, mais il n'y avait aucune réponse pour le guider. Il secoua la tête à plusieurs reprises, comme s'il voulait se débarrasser de la sensation de la paume du blond qui passait entre les mèches de ses cheveux. Non pas qu'il n'avait pas apprécié, c'était seulement... Bizarre. Après cet instant de panique et d'incompréhension, il décida de prendre place contre une étagère, posant son fessier contre le sol. Il replaça sa jupe à plusieurs reprises pour essayer de trouver une position confortable. Ses jambes en tailleur donnaient une trop grande ouverture sur ses cuisses et ça l'ennuyait. Finalement, il décida de ramener ses jambes contre lui, les laissant assez loin de son torse pour y appuyer l'un des bouquins et ensuite y poser son devoir. C'était son nouveau petit bureau. D'accord, il allait avoir mal au dos dans moins de dix minutes, mais il n'allait pas s'en plaindre. Au moins, il avait la paix. Il ne fit que voir le bibliothécaire à quelques reprises. L'homme en question semblait se... balader ? Il rangeait des livres, mais la plupart du temps, il ne faisait rien qui avait le moindre rapport avec son métier. Leslie se souvenait d'ailleurs que lorsqu'il l'avait vu plus tôt, l'adulte fixait des nuanciers pantone. Qu'est-ce qu'il veut peinturer au juste ? Il préférait ne pas le savoir à bien y réfléchir. Il retourna bien rapidement à son devoir, oubliant de regarder l'heure. Ce n'était que l'après-midi, rien ne le pressait réellement en ce moment, sauf son devoir à moitié accompli.

- Pourquoi j'suis pas capable de traduire ? P'tain, j'ai besoin de sommeil. Il était conscient du problème. Ce n'était pas difficile de faire la traduction, c'était seulement difficile de garder la concentration qu'il fallait pour y arriver. Il ferma les yeux un instant pour se détendre. Peut-être qu'une quinzaine de minutes ainsi allaient lui permettre d'achever le tout sans avoir à se prendre la tête. Il respirait lentement, cognant des clous sans s'en rendre compte. Il n'avait plus envie de continuer et son corps l'abandonnait peu à peu. Finalement, il s'endormit après cinq petites minutes de relaxation. Son dos glissa contre l'étagère jusqu'à toucher le sol. Ses jambes tombèrent avec lui, emportant donc le livre et son devoir. Le bouquin s'ouvrit en touchant le plancher, accompagnant alors les autres recueils que le Serpentard avait rapportés plus tôt. Encore une fois, la jupe était remontée contre la cuisse du jeune garçon. Heureusement, il portait des bas qui s'arrêtaient au milieu de sa cuisse, de quoi le cacher un peu. Il ne savait même pas pourquoi il avait ça dans ses bureaux. Ah oui, Felix avait fait plusieurs échanges dans ses vêtements. Encore des blagues à la Lawford, rien de plus chiant. Leslie avait presque oublié cet évènement, quand cet idiot avait volé tous ses vêtements masculins pour les remplacer par des robes et des jupes. D'ailleurs, il commença à rêver du blond, chose qui allait sûrement le traumatiser lorsqu'il allait se réveiller. Enfin, ce n'était pas comme s'il était conscient du comment son réveil allait se dérouler...

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« Lost »

And I don't want the world to see me
Cause I don't think that they'd understand
When everything's made to be broken
I just want you to know who I am...
Iris | Goo Goo Dolls
   

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Dernière édition par Leslie Mathewsen le Dim 16 Oct 2016 - 18:10, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Ce n'est que le nouveau bibliothécaire. [25 Septembre 1997] Mer 21 Sep 2016 - 19:15

Après cette rentrée mouvementée et forte en émotions, la vie semblait enfin lui accorder un semblant de répit dans ses extraordinaires aventures. Depuis quelques jours maintenant, aucun évènement particulier n’était venu perturber sa tumultueuse existence, prenant probablement pitié du Doloris qu’il avait dû subir. C’est donc avec une sérénité toute méritée qu’Octave se laissa aller à l’oisiveté paisible et hédoniste, profitant au maximum de la trêve qu’il savait très certainement ne pas être longue. Il était tel un trou noir, objet céleste si compacte que son intensité gravitationnelle engloutissait toute la matière autour en ramenant tous les évènements à soi. Très bientôt, sa force n’allait pas tarder à attirer d’autre corps et les consumer au sein de sa singularité. En attendant, ses journées s’écoulaient avec la régularité d’un métronome, sans fausse notes ni perte de rythme. Il faisait son travail, vite, trop vite. Alors il finissait par très rapidement dériver vers des occupations purement personnelles. Il passait en général la deuxième moitié de sa matinée à répondre à de la correspondance, dont une avec Manu qui devait fêter son anniversaire le samedi à venir. Depuis au moins dix bonnes lettres ils n’arrivaient pas à se mettre d’accord sur un bon restaurant car Manu était un végétarien capricieux alors qu’Octave se trouvait être un carnivore convaincu. Forcément, organiser quelque chose avec lui était toute une histoire, parfois du domaine de l’impossible. Ce matin-là il avait fini par lourdement souffler de dépit en lisant la réponse de l’intéressé qui rejetait en bloc le Typing Room, alors qu’on était déjà jeudi, à deux jours de la soirée prévue depuis des mois.

Mais comme il était gentil et qu’il aimait beaucoup Manu, Octave s’était plongé dans un catalogue qui référençait les restaurants de Londres jusqu’à trouver ce qu’il espérait être leur salut -car bien entendu, Many ne voulait pas retourner dans un restau où il fut déjà allé. Après cela, il s’attaqua au deuxième majeur problème : sa chambre. Les murs en pierre, c’était joli un temps, jusqu’à ce qu’on se rende compte que ça plombait le moral par son austérité permanente. Il s’était fait livrer un nuancier pantone pour faire des tests dans un coin de mur, penchant éventuellement sur du blanc, ce qui allait au moins agrandir et éclaircir grandement l’espace. Mais une fois le pantone dans les mains, il ne put résister à s’imaginer peindre un des murs en bleu marin pour une effet profondeur océane.

Vers dix-huit heures, les élèves commencèrent à se disperser avant le dîner pour complètement vider la pièce une demi-heure plus tard. Une fois le silence absolu revenu, il posa le livre qu’il était en train de lire pour balayer les étagères du regard : pour une fois, personne n’avait rien oublié. Lentement, il alla fermer la porte de la bibliothèque, privilège dont il disposait pour éviter que des élèves n’aillent se perdre entre les livres en plein milieu de la nuit et dont il profitait lui-même allègrement. Il fit un vague tour de la pièce, pour s’assurer qu’il n’y avait personne, et justement lorsqu’il s’apprêtait à se diriger vers ses appartements pour se changer avant de descendre aller en manger en ville, il la vit. Pour la peine, il était même passé devant sans d’abord tilter, mais après quelques pas, il dût se rendre à l’évidence qu’il avait bel et bien vu quelque chose d’anormal. Il revint lentement sur ses pas, prenant théâtralement appui sur sa jambe droite et se laissant légèrement aller vers l’arrière, juste histoire de vérifier d’un coup d’œil qu’il ne s’agissait pas d’une illusion. Mais non. Il y avait bien une môme en train de pioncer sur le sol de la bibliothèque. Dans une pose tellement décontractée que c’en était outrageant. Les yeux plissés, Octave rejoignit le corps inerte, se disant qu’il valait clairement mieux pour l’élève qu’il fut mort plutôt qu’endormi. Croisant les bras, il l’observa du haut de toute sa taille, un sourcil circonspect surplombant son regard émeraude. Manifestement, les émanations scandalisées qui suintaient par toutes ses pores ne suffirent pas à réveiller le loupiot, qui continuait à paisiblement respirer comme si de rien n’était. Alors Octave s’agenouilla, arrêté dans son élan par la compréhension que quelque chose clochait. Ce n’était pas une fille. Malgré la tenue scolaire féminine, c’était un gars.

Bon sang de bois. Peut-être parce qu’il s’était lui-même travesti quand il était plus jeune, mais le bibliothécaire avait un sixième sens pour ce genre de choses ; il savait instantanément détecter les genres. Un flair particulier pour les hormones, qui sait. Quoi que le doute fût considérable et Octave souleva délicatement quelques mèches de cheveux pour découvrir davantage le visage de l’élève. Un mec. Pour de bon, il fronça les sourcils et se saisit de quelques parchemins au sol, qu’il roula en tube dans l’intention d’assener un bon coup sur sa tronche pour le réveil. Mais pile au moment où il prenait de l’élan, il se ravisa. Pas de pitié pour les élèves qui s’endormaient dans sa bibliothèque. Et encore moins pour ceux qui se travestissaient. Enfin, c’est l’excuse qu’il se trouva sur le moment pour être cruel, mais en vérité, ce détail l’avait poussé à faire preuve d’une plus grande imagination qu’un simple coup de parchemin. Non, il allait faire passer l’envie à quiconque de s’endormir ici. Si ce marmot n’avait pas été coiffé de haillons féminins, peut-être qu’il ne se serait pas autant acharné que sur quelqu’un de plus banal. Mais il sentit là qu’un minot prêt à se travestir n’allait pas être effrayé par un coup sur le coin de la tronche en guise de réveil. Il fallait être plus convaincant.

Lentement, Octave se redressa alors qu’un sourire malsain flottait sur son visage, expression qui lui collait particulièrement bien, puisqu’il était vicieux et pervers de nature. Heureusement qu’il n’y avait personne pour le voir. Relax, il se dirigea vers ses appartements qui se situaient à l’opposé et fouilla dans la grosse malle qui reposait près de son armoire. Il en sortit une boîte qu’il ouvrit délicatement avant de prendre une pose pour réfléchir. Il regardait les moult flacons, certains remplis de gaz, d’autres de liquides incolores, portant aucune inscription à part le dessin de la molécule correspondant. Ether ? Chloroforme ? Thiopental ? Restons sombres et efficaces, va pour le chloroforme. Il se saisit du flacon huileux et retourna auprès de sa belle aux bois dormants qui, heureusement, dormait encore comme une pierre. Plein d’anticipation, Octave ouvrit le flacon et renifla un coup lui-même pour s’assurer que c’en était, sait-on jamais. Il souffla toute de suite, éternuant presque, reconnaissant l’odeur caractéristique légèrement sucrée du chloroforme. Enfin, il posa le flacon à terre, juste en dessous du nez de l’élève et attendit patiemment. La forte odeur allait très certainement finir par le réveiller et effectivement, le jeunot se crispa, sans toutefois avoir le temps de parfaitement reprendre conscience ou d’ouvrir les yeux car les vapeurs faisaient déjà leurs effets. Tranquillement, presque sans remous, le minot était passé du rêve à l’inconscient le plus parfait, car n’oublions pas que le chloroforme n’était pas un somnifère, mais un solvant qui induisait une dépression rapide du système nerveux central. No dreams for you bad boy…

Octave le contempla s’assoupir paisiblement, attendant que le corps du garçon se relâche complètement avant de se lever et l’empoigner fermement par la taille pour le passer sur son épaule. Qu’il était léger le minot, et fin comme une brindille, à tel point qu’Octave fut un instant pris de pitié à l’égard de ce petit corps tout frêle. Non, point de miséricorde pour les pouilleux… Il traversa la bibliothèque, sentant le visage de l’élève cogner contre son dos alors que ses bras ballotaient au rythme des pas du brun. Dans l’excitation que lui provoquait cet instant on ne peut plus stimulant, Octave se mit à fredonner une mélodie bien dramatique, pleine de basses et de grondements sourds. Arrivé devant son lit, il allongea délicatement le minot sur les draps. Il se saisit ensuite au hasard d’une de ses chemises dans l’armoire et la posa sur le rebord du matelas. Bon, maintenant, le plus cocasse. Il lui retira les chaussures, les balançant sans ménagement à ses pieds, avant de rouler les bas, les abandonnant également au sol. Pour le reste, il se facilita la tâche en prenant appui d’un genou sur le lit, et dégrafa la jupe qu’il glissa de sous ses fesses en prenant soin à ne pas le déshonorer d’un slip qui suivrait un peu trop la voie de la jupe. Cette dernière suivit le chemin de ses congénères et alla s’écraser par terre alors qu’Octave s’attaquait déjà à la cravate et à la chemise. Il avait déjà dû déshabiller des gens bourrés, proches du coma éthylique, notamment Manu une bonne dizaine de fois, alors dessaper ce gringalet profondément inconscient était beaucoup plus simple que ce à quoi il avait affaire habituellement.

Le voilà presque à poil, allongé avec désinvolture au creux de l’étreinte des draps frais, la bouche légèrement entrouverte et le souffle paisible, plus à cause du chloroforme que d’un sommeil apaisant. Octave lui caressa instinctivement les cheveux, comme pour le rassurer que ce qui l’attendait n’allait pas être si terrible que ça. Mais c’était faux. Son regard effleura les courbes de son corps pour mieux stimuler son imagination avec des possibilités inattendues, lorsqu’il aperçut les cicatrices. Il fronça d’abord les sourcils avant de rouler des yeux, ayant compris de quoi ça venait. La partie intérieure de son bras gauche, tournée vers le plafond, était striée de quatre larges et profondes scarifications, assez fraiches à en juger par la peau encore légèrement enflée au niveau des entailles déjà parfaitement cicatrisées. Ahlala… C’est qu’en plus il avait vraiment tenté de se tuer le c*n, en tranchant dans le sens de la longueur. Octave soupira. Ces jeunes… Un instant il fut tenté de changer son plan et de plonger le corps inanimé dans une baignoire remplie de colorant pour lui faire croire qu’il s’était bel et bien suicidé sans se rater cette fois. Mais le but n’était pas de provoquer une crise cardiaque non plus… Donc Octave se ravisa, optant pour quelque chose de plus… drôle, dirons-nous. Il enfila sa chemise propre sur le corps du minot et le fit passer sous les draps, prenant soin à lui donner une pose lascive et décomplexée. Un bras relevé sur l’oreiller, l’autre reposant sur le ventre, la tête tournée vers l’intérieur du lit, un genou légèrement replié vers l’extérieur et surtout, cette chemise trop grande et à peine boutonnée qui sentait le mâle. T’as voulu dormir dans la bibliothèque mon grand ? bah tu vas dormir. Il remonta le drap jusqu’au nombril du garçon et l’abandonna là pour le moment. Il n’était que dix-neuf heures et le chloroforme allait agir pendant encore au moins deux heures, vu sa concentration. Fredonnant, Octave quitta sa chambre, prenant bien soin de tout verrouiller derrière soi.

Une heure et demi plus tard, le bibliothécaire revint, non sans avoir mangé. Et comme il n’était pas un monstre non plus, il était allé chercher quelque chose à grignoter pour le minot qui allait très certainement finir par avoir faim après un si long… sommeil. Surtout qu’il n’allait peut-être pas être capable de sortir de la bibliothèque avec le couvre-feu. En rentrant, il avait pris soin de tout fermer derrière soi, histoire de ne pas avoir de témoins inattendus, parce que quand même, l’élève était mineur. Octave récupéra les livres abandonnés par la belle aux bois dormant et les rapporta dans sa chambre, où cette dernière n’avait pas bougé d’un pouce. Se changeant en quelque chose de plus décontracté -à savoir un t-shirt moulant et un jean (ha, ha Cass, encore pas pour toi) - il observa le garçon… « dormir ». Quelque chose manquait à cette mise en scène. Le brun pencha la tête sur le côté et se mordit la lèvre inférieure. Mais oui bien sûr. Il regarda autour de soi pour voir s’il trouvait quelque chose de convenable mais dût bien vite se rendre à l’évidence qu’il était le seul à pouvoir le faire ici. Avec un air fataliste, il s’approcha du lit avant de se pencher au-dessus du damoiseau endormi. L’hésitation le pris à la gorge l’espace de quelques secondes, mais c’était pour la beauté de l’art, après tout ! Alors Octave se pencha davantage et déposa ses lèvres dans le creux du cou de sa victime, tel un vampire, pour y laisser la marque d’un goulu suçon. Parfait. Il humecta ses lèvres d’un air satisfait avant d’enlever ses propres chaussures. Pour un peu plus de vraisemblance, il dispersa les affaires du garçon comme s’il s’était déshabillé tout seul dans la hâte. Puis, enfin, complètement assouvi de sa mise en scène, Octave alla s’allonger aux côtés de l’impudent élève, prenant au passage un livre et éteignant quelques bougies pour une atmosphère plus tamisée.

Sa lecture ne fut pas très longue car au bout de dix minutes, le Serpentard se mit à se tortiller, plissant les paupières alors que son cerveau émergeait avec difficulté d’un inconscient profond. Octave roula sur le côté, pour être au plus proche du minet, un sourire aux lèvres et la tête appuyée sur son bras replié, tenant toujours le livre de l’autre. Il savait qu’il pouvait se le permettrait pour le moment car le jeune n’allait retrouver une relative coordination et maîtrise de ses muscles que bien plus tard. Pour le moment, il allait plutôt ressembler à une dévertébrée limace. Du coup, il n’eut aucun scrupule à mettre tout de suite le décor en place :

« Alors, mon chaton, t’as bien dormi, t’es prêt pour un second round ? »

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MessageSujet: Re: Ce n'est que le nouveau bibliothécaire. [25 Septembre 1997] Mer 21 Sep 2016 - 23:04

Le sol de la bibliothèque n'était pas ce qu'il y avait de plus confortable. Pourtant, Leslie s'y était endormi et il n'allait pas se réveiller de sitôt. Personne ne l'avait vu, personne ne voulait le voir et personne n'aurait cru qu'il se retrouverait là, dans ce coin sombre. Il semblait si fragile et surtout, trop paisible. C'était comme si plus rien ne l'attendait et qu'il pouvait rester ainsi pour l'éternité. Le temps s'était arrêté et les bouquins qui traînaient encore au sol changeaient parfois de pages, sous quelques courants d'airs engendrés par les autres élèves qui passaient sans le voir. Leslie avait toujours rêvé d'être invisible, de ne plus exister et d'être un inconnu, celui que personne ne connaît. Oui, il préférait dire adieu à son identité, plutôt que d'être un sang-mêlé. Enfin, ce n'était pas son sang qui le gênait le plus, c'était plutôt sa mère. La femme moldu qui refusait qu'il y ait la moindre magie entre les murs de sa maison. Si sa mère avait le droit de refuser ce genre de chose, alors Leslie le pouvait aussi. Pouvait-il refuser ce monde sans magie dont sa mère était dépendante ? Les moldus empêchent les sorciers de vivre comme ils le veulent, alors on peut leur rendre la pareille. C'était ce que pensait  Mathewsen. Si les moldus n'acceptaient pas les sorciers, alors les sorciers n'allaient pas accepter les moldus et encore moins les traîtres. Les sang-de-bourbes n'avaient pas leurs places entre les murs de Poudlard. Leurs existences étaient à elle seule une énorme erreur, un mensonge que le Serpentard ne pouvait s'empêcher de répugner.

Son corps endormi gigota à quelques reprises et ses lèvres s'entrouvrirent. Respirer par la bouche, il n'y avait rien de plus horrible pour s'endormir, mais la poussière avait fini par lui bloquer les narines. Son imaginaire voyageait entre son devoir, Felix et puis... Cliff. Ça lui apprendra à penser à eux avant de fermer les yeux, mais disons que son rêve était plus énervant que dégoûtant. Ses cauchemars avaient déjà pris des formes plus terribles que cela, après tout.

Les heures passèrent bien plus rapidement qu'il ne pouvait le penser. Ses camarades quittaient peu à peu la bibliothèque pour le dîner et Leslie était toujours là, collé au plancher comme s'il en était tombé amoureux. Après un certain temps, il fut le dernier étudiant à s'être perdu entre les étagères. Il n'y avait plus un bruit, plus un seul courant d'air et plus aucune présence pour le sauver de ce qui l'attendait. Il était seul et ça ne le changeait pas vraiment de ses habitudes. Son visage restait inerte, mais certaines douleurs commençaient à se faire ressentir au niveau de sa hanche et du bras sur lequel il était accoté. Ce qui était certain, c'était qu'il allait se réveiller bientôt pour, dans le minimum, changer de position et ainsi arrêter d'empêcher la circulation de son sang. Après, il allait sans doute se rendormir ou peut-être se lever dans un sursaut en comprenant qu'il ne devait pas traîner plus longtemps. Qui sait ? D'ailleurs, il ne se rendit guère compte que quelqu'un avait fini par le trouver et alors que la main d'Octave releva quelques mèches de ses cheveux, l'adolescent grimaça et laissa échapper une plainte presque colérique. Il ne voulait pas être dérangé, pas maintenant. Il ouvrit ensuite ses lourdes paupières, fixant le plafond sans grand intérêt puis il déplaça seulement son bras avant de se rendormir aussitôt.

Oh, avec un peu de chance, il aurait pu se sauver de la suite des évènements, mais à cet instant, il ne voulait que se reposer et il était inconscient de la réalité. Il s'était pourtant réveillé au bon moment, à ce moment précis où l'adulte était parti pour aller chercher du chloroforme. Le gamin avait eu une chance de fuir, une chance qu'il préféra enterrer sous son manque de sommeil. Il ne se laissait aucune chance...

Sa respiration déjà bien lente commençait à lui faire défaut. Quelque chose d'étrange lui arrivait et son subconscient commençait à lui donner un message d'alerte. Il humait une odeur différente, quelque chose de légèrement sucré et de plus frais qu'en habituel. Étais-ce le parfum des pages du bouquin qui était non loin de lui ? Non... Ça ne pouvait pas être ça. C'était beaucoup plus puissant, au point que c'était devenu désagréable au nez du Serpentard. Il se crispa alors, tiré de son sommeil puis il tomba... inerte. Il n'avait même pas eu la chance d'ouvrir complètement les yeux. Tout s'était éteint si rapidement pour laisser place au néant. Leslie s'était noyé dans une profonde noirceur qu'il ne connaissait pas. Il ne s'était jamais autant rapproché de la mort avant cela. Les sensations, les rêves, les grimaces, les odeurs... Non, il n'y avait plus rien à faire, il n'y avait plus que cet espace sombre et sans fin. Et malgré cette inconscience similaire à une mort cérébrale, son assaillant restait doux et voir même attentif. Le bibliothécaire aurait pu le blesser, le détruire, le sacrifier et le foutre où il le voulait bien, mais... non. Octave ne fit que le déshabiller, sans lui enlever son sous-vêtement. Ses mouvements n'étaient pas ce qu'il y avait de plus brusque et le Serpentard aurait pu, sous un différent contexte, quémander une nouvelle caresse, puisque la main de l'homme s'était glissée entre les mèches de ses cheveux. Ce n'était pas déplaisant. Enfin, aussi doux pouvait-il être, cette tendresse n'était qu'une fausse promesse, n'est-ce pas ? L'adulte lui offrit ensuite une chemise, un morceau de vêtement qui dégageait une odeur que Mathewsen ne pourra qu'apprécier, mais ce n'était pas encore l'heure pour lui de se réveiller. Son absence de conscience allait durer beaucoup plus longtemps que cela.

Après l'avoir habillé, le bibliothécaire déplaça Leslie et le disposa de sorte à le mettre dans une position confortable, avant de disparaître à nouveau, laissant l'élève prisonnier de son lit. Ce n'était pas la première fois que Mathewsen dormait contre le matelas de quelqu'un d'autre. Il avait souvent rejoint Little étant plus jeune. Enfin, ça lui arrivait encore en quatrième année d'aller retrouver Cliff, mais l'adolescent préférait faire semblant qu'il n'avait jamais rien fait de tel, au lieu d'accepter sa dépendance. Enfin, tout cela pour dire que le jeune homme dormait mieux lorsqu'il était accompagné. D'ailleurs, lorsque l'adulte pris place à ses côtés, une partie de son être se sentait déjà mieux, voire même apaisée. Aller, le sommeil avait assez duré. Le sorcier commença à gigoter, constatant peu à peu qu'il se sentait lourd. Ses mouvements étaient lents, trop lents. Tout lui semblait encore plus difficile à faire que lorsqu'il s'était endormi. Au départ, il crut que c'était sa malédiction, mais quelque chose d'un peu plus important le dérangeait. Il était couché dans un lit, mais il ne se souvenait pas d'avoir eu le temps de rejoindre sa chambre. Il se souvenait seulement de la paume de Felix qui s'était glissée entre les mèches de ses cheveux et disons que cela le refroidit bien rapidement. Il laissa échapper un petit gémissement d'ennui, puis...

« Alors, mon chaton, t’as bien dormi, t’es prêt pour un second round ? »

- Quoi !? Il fixa Octave tout en gardant la bouche grande ouverte. Il n'arrivait pas à le reconnaître et il avait du mal à bien le voir. Sa tête était trop lourde, ce qui l'empêcha de pouvoir la redresser correctement et de réaliser l'ampleur de la situation. Son expression était prise entre le désespoir, l'incertitude et un profond dégoût. Il n'avait pas vraiment levé le ton contre l'inconnu, comme il n'en avait tout simplement pas la force. Après tout, il n'avait même pas été capable de sursauter lorsqu'il avait entendu la voix de l'homme. Ses réflexes l'avaient abandonné. À plusieurs reprises, il essaya de parler, mais le début de ses phrases mourrait dans une plainte craintive. Il ne savait pas quoi dire, car il y avait trop de choses qu'il ne comprenait pas. Qu'est-ce qui est arrivé après la bibliothèque ? Réfléchi Leslie, aller, ça va te revenir. Je ne peux pas avoir oublié ça. Il ne savait pas ce qu'il lui était arrivé et cela fit monter une certaine panique qui l'étouffa peu à peu et le bout de ses doigts commencèrent à trembler. - N-non... Fuck ! Dé... dégage ! C'est quoi encore cette histoire ?! Son corps était encore endormi et c'est ce qui l'empêcha de fuir le matelas. Il appuya donc ses paumes contre le torse du bibliothécaire pour l'éloigner. Il espérait arriver à le repousser. D'accord, Mathewsen ne pouvait pas se lever, mais ce n'était pas le cas d'Octave, non ? Leslie lui donna quelques coups, autant avec ses pieds qu'à l'aide de ses mains, mais s'arrêta en réalisant qu'il n'était pas dans sa propre chambre. citrouille... j'suis où p'tain ? Il se recula du mieux qu'il le pouvait et repoussa les draps pour constater qu'il n'était pas très habillé. Anxieux, il referma la chemise en la serrant contre lui, de sorte à se cacher puis il ravala difficilement sa salive.

- Attends, mais... T'es le nouveau bibliothécaire. Il se força pour se redresser et sentit sa gorge se serrer lorsqu'il aperçut ses vêtements au sol. Il se laissa alors retomber contre le matelas. Non, non, non, non, non, non... - Dis-moi que c'est une blague... Il glissa ses mains contre son propre corps, y recherchant la moindre trace, une marque significative qui prouverait que ce qui était arrivé était vraiment arrivé. Mais rien... Pas de sueur, pas de cheveux trop décoiffés, pas de lèvres gercées, pas de suçons... Enfin, il put y croire jusqu'à ce qu'il effleure un point sensible de son cou. Il y déposa ses paumes puis retourna son attention sur l'adulte qui semblait assez bien habillé. Lui... Cet homme. Octave lui avait fait un suçon ? Oh, il préférait ne pas y penser, parce que ce genre d'idée pouvait électriser le vert et or assez rapidement. - On a rien fait... On a rien fait, absolument rien fait. Tu m'as rien fait et je t'ai rien fait... C'est une bonne blague, ahah, vraiment réussi. dit-il sarcastiquement.

- Sur quel genre de malade j'suis encore tombé ?.. souffla-t-il pour lui-même tout en refermant les yeux.

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MessageSujet: Re: Ce n'est que le nouveau bibliothécaire. [25 Septembre 1997] Jeu 22 Sep 2016 - 2:11

- Quoi !?

Oh oui, il semblait parfait dans le rôle du mec qui se tétanisait lorsqu’il réalisait la méprise. Tu es si crédule mon cher, si facile à entourlouper, si simple à confondre. Enfin, en parlant de fondre, c’est ce qui devait très certainement arriver en ce moment même. La bouche ouverte, le minet était clairement en train de se dissoudre de l’intérieur. Octave ne pouvait que s’imaginer le genre de sentiment qui devait envahir sa jeune victime. Ce torrent de honte et d’impuissance devant l’acte à priori accompli, vous imaginez ? Personnellement, je n’aimerai pas… Plus l’asiate se décomposait en apparence, plus le bibliothécaire souriait en attendant ce qu’il allait encore bien lui sortir, à part ce miaulement interrogatoire aussi interloqué que lui permettait l’atrophie de ses muscles. L’incrédulité se lisait sur son visage enfantin mais Octave ne fut même pas ne serait-ce qu’effleuré par la pitié. Le minet sembla… disons, arriver à ouvrir la bouche, mais uniquement pour lâcher des gémissements plaintifs. Allé, réfléchis mon petit, analyse, c’est bon pour la matière grise. Fais un effort, t’as des neurones, bon beh tu les fais s’accoupler et ca va p’tet engendrer des idées. En réalité il s’amusait beaucoup, le pauvre asiate devait se demander ce qu’il pouvait bien s’être passé, à quel point étaient-ils allés loin ? Il semblait sur le point de péter une durite.

- N-non... Fuck ! Dé... dégage !

Octave mima une larme glissant sur sa joue d’un geste de la main et tira la gueule en une sorte de moue tristounette. La démonstration de force était pathétique, renforçant le sourire narquois du bibliothécaire alors que le minet essayait de le repousser de ses bras. Enfin, si on pouvait encore appeler ces deux spaghettis mollassons et atteint de Parkinson des « bras ». Octave se crispa légèrement pour ne pas basculer vers l’arrière, mais il n’eut pas besoin de faire beaucoup d’efforts pour résister à l’attaque, contrairement au garçon qui devait y mettre toute l’énergie dont il disposait. Le voilà qui essayait de le frapper avec les pieds maintenant, qui avaient la même consistance que de la mousse. Le brun soupira, attendant patiemment que la nouille cesse de se tortiller, se vidant inutilement du peu de vigueur qu’il lui restait. Mais Octave, en parfait tortionnaire, n’avait pas l’intention de lui céder ou de l’aider à se souvenir de quelque chose qui n’était en réalité jamais arrivé, préférant le voir faire ses propres conclusions et vraiment péter un plomb. Ah, l’heure des révélations allait être formidable, les amis. Franch’ment. Lorsque le minot s’arrêta enfin de se débattre, une autre réalisation sembla frapper son esprit de plein fouet. Puis il se recula jusqu’au bord du lit en rabattant les pans de la chemise sur son poitrail, aussi plat qu’un terrain de foot. Octave se mordit la lèvre inférieure pour ne pas rigoler. C’était franchement cruel, mais tellement drôle. Et puis ce petit enfoiré le méritait bien.

- Attends, mais... T'es le nouveau bibliothécaire.

Pour seule réponse, Octave accentua son sourire pendant que le concerné se relevait tant bien que mal, seulement pour être éprouvé par la merveilleuse mise en scène de ses vêtements savamment éparpillés à travers la pièce. Stresse encore mon mignon, c’est bon pour la santé. Le petite était tellement déboussolé que pendant un instant, Octave faillit effectivement lui dire que tout ça n’était que fable et fabulation. Après tout, regardez-le, n’était-il pas attendrissant ? L’œil au désespoir, les mains tremblantes cherchant des preuves tangibles sur son corps imberbe. Heureusement qu’il fut couché. Plus le minot se mourrait intérieurement, plus le bibliothécaire jubilait. Enfin, il tâta le suçon et le regard du brun s’illumina de mille paillettes tandis que les yeux de l’asiate se tournait à nouveau vers lui, probablement pour concrètement faire le lien entre l’adulte et la situation dans laquelle il se trouvait. Non, non, il n’y a personne d’autre dans la pièce, que moi, moi et mes lèvres à faire des suçons.

- On a rien fait... On a rien fait, absolument rien fait. Tu m'as rien fait et je t'ai rien fait... C'est une bonne blague, ahah, vraiment réussi. Sur quel genre de malade j'suis encore tombé ?

Et puis il ferma les yeux. Grossière erreur. Octave en profita pour le chevaucher d’un mouvement vif et rapide. Abandonnant son livre derrière soi, il passa une jambe par-dessus le corps du minot et le monta à califourchon sans ménagement, pas tout à fait de tout son poids mais assez pour lui immobiliser les hanches et une bonne partie des cuisses. Puis il se saisit de ses poignées à pleines paumes et les plaqua au-dessus de la tête du jeune, ce qui l’obligea à se pencher considérablement, mais ça facilitait la communication, pas vrai ? Ca rapprochait les visages et on s’entendait mieux comme ça. Ca lui permit d’ailleurs d’observer un peu mieux sa victime. Diantre, qu’il était jeune. Pas une ride, le visage imberbe, aussi lisse et blanc qu’un vase de Murano, des cheveux d’un noir brillant et quasiment aucun muscle. Il l’avait déjà senti en se saisissant de son corps pour le transporter, mais cette impression se concrétisa alors qu’il s’était emparé de ses fins poignets qu’il enlaça pleinement, en faisant parfaitement le tour. Et puis son torse n’avait rein de robuste, de quoi effectivement s’imaginer qu’il soit une fille. Mais Octave n’avait pas vraiment cette notion de juvénilité, il ne concevait pas que leur différence d’âge puisse t’être un problème. Bien sûr, il s’en rendait parfaitement compte, néanmoins il n’avait qu’une très vague compréhension de l’innocence qu’on prêtait souvent à la jeunesse. Pour sa part, personne n’avait jamais essayé de le couver pour préserver sa candeur enfantine, on ne lui avait pas caché les vérités de ce monde. Non, plus vite était-il propulsé dans le monde adulte, mieux c’était. Sa mère s’était assuré que la sexualité ne soit pas un obstacle dans son évolution en demandant à sa préceptrice de faire son éducation. Il avait perdu sa virginité à treize ans avec une femme qui avait quatre fois son âge, au moins. Enfin, c’est ce qu’il s’était dit à l’époque en voyant ses seins pendre jusqu’au nombril.

Alors, voir le minot aussi perdu et désemparé face à un acte si commun pour Octave depuis aussi longtemps qu’il se connaissait, l’amusait grandement tout en le séduisant. Il avait toujours été charmé par les choses qu’il ne lui était jamais arrivé de vivre à cause de circonstances que le destin lui avait imposées. Enfin, le destin… sa famille, quoi. Le jeune semblait encore à la toute lisière des beautés et plaisirs que la nature offrait au corps humain, ce qui expliquait sa colère pleine d’incompréhension. Octave le toisa encore un peu sans parler, de la pointe de ses cheveux jusqu’à son nombril, serrant fermement l’étreinte autant de ses cuisses que de ses mains, prenant soin toutefois à ne laisser aucune trace sur la peau immaculée. Il huma le parfum du garçon, pas tout à fait celui d’un enfant, mais pas encore celui d’un homme non plus. Une espèce de mélange sucré-amère entre le Lilas et la sueur.

« Voilà ce qui arrive au gens qui s’endorment dans ma bibliothèque après la fermeture. Leur corps m’appartient pour la nuit. C’est le nouveau règlement. T’as raison de supposer que je n’ai rien fait parce que c’est toi qui a tout fais, crois-moi. Un vrai diable. Je suis triste que tu ne te souviennes de rien, mais ce n’est pas surprenant, tu t’es tellement cogné la tête contre le rebord du lit. J’arrivais plus à t’arrêter…  T’étais tellement crevé que tu t’es endormi quasiment tout de suite après, j’ai même eu le temps de me doucher et d’aller manger un bout. »

Il était crus et pervers, si peu touché par le remords de parler de la sorte à un mineur ; de l’entourlouper sans vergogne ni empathie pour ses petits nerfs de petit môme. Octave ne pouvait se résoudre à considérer qui que ce soit comme des enfants, n’ayant jamais été un lui-même. Il abordait tout un chacun tels des adultes censés être responsables et en pleine possession de leurs moyens. Pour parfaire le tableau, il plongea son visage dans le creux du cou du garçon, à l’opposé de l’endroit où il avait laissé le suçon, léchant maintenant sa carotide, de la clavicule jusqu’en bas de l’oreille. Puis il se redressa lentement, les lèvres cramoisies et le regard gélatineux.

« Désolé ma puce, mais malheureusement, ceci n’est pas un rêve, ou plutôt un cauchemar à voir ta réaction, ni une blague. Maintenant t’as dix minutes pour flipper, t’énerver, chialer si tu veux, mais calme toi et redescend sur terre. Désespère donc, mais ne t’apitoies pas indéfiniment, parce que je vais finir par me vexer. J’ai l’intention d’occuper comme il se le doit cette longue nuit… »

Il avait dit cette phrase sur un ton autoritaire mais qui n'était ni sec ni dur. Il y avait tout de même un soupçon d'empathie : je sais c'est difficile, mais il faut que tu sois fort ! Il faut que tu surmontes cette étape mon cher ! Je sais, ce n'est point évident, la vie est cruelle ! Mais c'est comme ça. Deal with it, comme on dit.

« Allons, on dirait que tu es accablé d’un poids si lourd que même Atlas refuserait de le porter. Tu crois que c’est si terrible ? Tu me crois bourreau si cruel ? Arrêtons d’exagérer, tu n’as rien fait de surhumain, rien d’exécrable, rien d’indignant. Se lâcher un peu, ce n’est pas si horrible que ça, non ? Je vais finir par croire que tu ne voulais rien de tout ce que tu m’as fait…»

Bien sûr, c’était de l’hypocrisie totale, si bien camouflée derrière son jeu d’acteur, parce que mettre dans une situation pareille quelqu’un comme ce minet, c’était horrible. Parce qu’il était jeune et encore un peu innocent, pas tout à fait à jour sur les vérités de ce monde et donc incapable de les assumer pleinement. Se retrouver dans le lit de quelqu’un d’autre et se voir prêter un comportement complètement dévergondé alors que cela ne lui ressemblait visiblement pas, c’était humiliant. Mais au fond, Octave avait raison, il pouvait être bien plus terrible et démentiel et vicieux et pervers. Cette petite boutade n’était qu’une farce bien gentille par rapport à ce dont il était réellement capable.

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MessageSujet: Re: Ce n'est que le nouveau bibliothécaire. [25 Septembre 1997] Jeu 22 Sep 2016 - 5:20

Fermer les yeux... C'était ça son erreur, c'était sa mauvaise décision et Leslie ne pouvait que s'en vouloir. Lui qui avait pour habitude d'accuser tous les êtres vivants qui l'entouraient. Maintenant, il allait devoir s'arranger avec ses propres problèmes et accepter ses torts. Il n'y avait rien de mal à fermer les yeux, mais son manque d'attention fit en sorte que l'adulte se retrouvât au-dessus de lui, prenant une pose qui rappelait de mauvais souvenirs au cinquième année. Chevaucher... c'était cette position que Leslie avait prise, lorsqu'il s'était mis à découvrir le corps de Little sans que celui-ci ne lui donne son accord. Il fallait donc dire que Mathewsen vivait ce qu'il avait déjà fait subir à son camarade. Le souffle coupé, Leslie avait, sous l'effet de surprise, échappé une nouvelle plainte. Il avait aussi levé ses mains dans un geste purement défensif. Enfin, ses mains avaient eu une seconde de retard. Décidément, sa sensation de lourdeur ne semblait pas vouloir le lâcher. Le pauvre, il était encore inconscient de ce qu'il lui était arrivé plus tôt. Il ne pouvait donc pas tenir le chloroforme responsable de ses facultés affaiblies. Il n'y avait plus rien qui pouvait l'éclairer sur ce qu'il lui était arrivé. Plus rien, sauf Octave. Est-ce que Leslie était prêt à le croire si celui-ci venait à lui lancer toutes les vérités ou mensonges qui lui étaient possibles d'inventer ? Oui... Le Serpentard pouvait avaler n'importe quoi. S'il arrivait à croire que les moldus étaient inférieurs aux sorciers, alors pourquoi ne pourrait-il pas avaler qu'il avait couché avec le bibliothécaire ? Bref, il ne lui fallait que des mots persuasifs pour le troubler. Le lavage de cerveau était d'une simplicité folle lorsque cela concernait Mathewsen. Il n'était pas assez stupide pour croire à tout, mais à toutes les fois, une bonne partie des informations réussissaient à le faire changer d'avis sur plusieurs réalités. Après, lorsque quelqu'un essayait de le contredire, il se mettait en colère ou ignorait le tout. Et c'était ce qui allait arriver avec l'adulte.

En effet, Leslie venait de se persuader que rien n'était arrivé entre eux. Il voyait tout cela comme une mise en scène, puisque aucune marque trop dérangeante pouvait prouver le contraire. Il s'était réveillé sans problème physique, sans douleurs articulaires et... les draps étaient propres quoi. Il n'avait pas l'impression qu'il avait fait des bêtises et cela lui engendrait une profonde frustration. Comment pouvait-il ne pas se souvenir d'un truc aussi grand ? Ça aurait été sa première fois, alors comment pouvait-il oublier ? Ça ne pouvait pas être possible, voilà la réponse qu'il s'était faite. Il ballota ses jambes et se tortilla dans tous les sens pour essayer d'échapper à son agresseur. Octave lui tenait les poignets et disons que rien ne pouvait l'ennuyer plus que ça. Ne pas avoir le contrôle, cela montait chez le sorcier une profonde rage qui n'allait pas disparaître d'aussitôt. Son regard sombre pénétra celui de l'adulte un instant. Le bibliothécaire semblait se rincer l'oeil et ça l'écoeurait. Non, mais t'es pas sérieux, t'as deux fois mon âge espèce de taré ! Il s'enfonça un peu plus dans le matelas lorsqu'il se rendit compte que l'homme humait même son odeur. Une grimace entre le dégoût et la peur s'éprit de son visage à cet instant. Son coeur battait si fort, au point que ça lui était douloureux. C'était... sale. Il se sentait sali par l'autre con et ça lui donnait envie de vomir.

« Voilà ce qui arrive aux gens qui s’endorment dans ma bibliothèque après la fermeture. » Je me suis endormi ? Voilà qui lui redonnait de bons souvenirs. Il revoyait Felix puis... Qu'est-ce que j'ai fais déjà ? Il s'était levé pour aller au fond de la bibliothèque, parce qu'il en avait marre des autres et qu'il avait hâte de conclure son devoir. Il se souvenait qu'il avait fermé les yeux pour se détendre, mais que finalement, il s'était endormi entre les étagères. C'était logique, mais après, rien ne lui revenait. Perplexe, il arrêta tout mouvement et se calma peu à peu. Ses pupilles voyagèrent contre le visage de l'homme et plus il le fixait, plus sa confusion se faisait ressentir. Je comprends rien... Rien n'expliquait la raison pour laquelle il se retrouvait là. « Leurs corps m’appartient pour la nuit. C’est le nouveau règlement. T’as raison de supposer que je n’ai rien fait parce que c’est toi qui a tout fais, crois-moi. Un vrai diable. » La chaleur monta d'un cran et toutes expressions disparues de contre le visage de Leslie, laissant qu'une leur apeurée apparaître dans ses yeux. Tout en refermant la bouche, il recommença à se débattre. Il était rouge de colère, mais ce fut la panique qui remporta contre celle-ci. Ses mains avaient recommencé à trembler de la sorte, alors qu'il se perdait dans ses propres pensées. Ce qu'Octave énonçait était trop réaliste. Mathewsen le savait, il était entreprenant. Disons qu'il apprenait de ses rêves, mais son expérience avec Cliff ne faisait qu'approuver le tout. Lorsqu'il commençait un truc de ce genre, il était difficile de l'arrêter et il pouvait très bien s'imaginer avoir tout fait, même s'il était certain que le bibliothécaire avait plus d'expérience que lui. Peut-être que celui-ci n'avait fait que le guider.

« Je suis triste que tu ne te souviennes de rien, mais ce n’est pas surprenant, tu t’es tellement cogné la tête contre le rebord du lit. J’arrivais plus à t’arrêter… »

- Arrête ! cria le vert et or sans s'en rendre compte. C'était sorti tout seul. Il ne voulait pas en entendre plus, car il avait peur de ce qu'il pouvait bien lui dire. BORDEL, C'EST TROP CON ! Que ce soit arrivé ou non, il n'en avait plus rien à faire, car la vie lui avait fait cadeau de l'oubli. Non, il ne se rappelait de rien et c'était tout ce qu'il avait besoin de savoir. Le reste, il s'en foutait. Il releva la tête pour essayer de libérer l'une de ses mains. Au moins, il pouvait voir ce qu'il faisait, mais ce fut au même moment que la bouche de l'adulte se rapprocha de sa gorge pour se nicher au creux de son cou. Il serra les poings en comprenant qu'il ne rigolait pas et, histoire de ne pas se faire avoir, il ferma les yeux et pinça les lèvres pour éviter de démontrer le moindre plaisir. Tout va bien, respire. Tout va bien... respire. Il se sentit frémir que lorsque l'adulte atteignit le dessous de son oreille, mais heureusement, il n'y restât pas fort longtemps. Il ouvrit donc les yeux pour lui lancer un regard bien froid. Ce qui l'énervait le plus, ce n'était pas ses gestes, mais bien ce qu'il ressentait. Octave avait une bonne odeur, un beau visage et c'était un homme. Il avait tout pour plaire à Leslie et c'était ce qui enrageait le garçon. Touche-moi encore et c'est ta tête que je vais cogner contre le rebord de ton p'tain lit de citrouille. Il inspira lentement et avec difficulté.

« Désolé ma puce, mais malheureusement, ceci n’est pas un rêve, ou plutôt un cauchemar à voir ta réaction, ni une blague. Maintenant t’as dix minutes pour flipper, t’énerver, chialer si tu veux, mais calme toi et redescend sur terre. Désespère donc, mais ne t’apitoies pas indéfiniment, parce que je vais finir par me vexer. J’ai l’intention d’occuper comme il se le doit cette longue nuit… »

- D'occuper... cette longue nuit ? répéta Leslie en secouant la tête. Il se força ensuite un léger sourire, il était offusqué par le ton qu'il avait pris. Qui était-il pour lui demander ce genre de choses ? Pour qui se prenait-il ? L'autorité, Leslie détestait ça et il avait bien l'intention de ne pas l'écouter. Qu'est-ce qu'il en avait à faire s'il venait à le vexer. En fait, il préférait le vexer plutôt que de lui donner ce qu'il voulait. Tu vas t'occuper tout seul mon grand. Il releva à nouveau son attention pour la poser contre ses poignets et essaya de libérer ses mains. Cette situation devenait trop agressante. Il avait vraiment envie de partir et il se moquait bien du fait qu'il n'était même pas capable de se redresser sans tomber. Ça n'allait pas durer toute la nuit, il n'allait pas rester avec ce cinglé pour le temps d'une nuit. C'était hors de question et il allait crier pendant des heures si ça pouvait le faire sortir de ce trou.

« Allons, on dirait que tu es accablé d’un poids si lourd que même Atlas refuserait de le porter. Tu crois que c’est si terrible ? Tu me crois bourreau si cruel ? Arrêtons d’exagérer, tu n’as rien fait de surhumain, rien d’exécrable, rien d’indignant. Se lâcher un peu, ce n’est pas si horrible que ça, non ? Je vais finir par croire que tu ne voulais rien de tout ce que tu m’as fait…»

L'adolescent libéra l'une de ses mains et foutu directement sa paume contre le visage du bibliothécaire. Il ne cherchait pas à lui faire du mal, parce que lui, il n'avait pas été blessé de la sorte. Il voulait seulement le repousser et si cela ne fonctionnait pas, alors là... il allait utiliser ses ongles. Il n'avait jamais été dans une position aussi délicate. Déjà, sa dernière discussion avec un adulte datait du jour où Rogue lui avait tendu son uniforme féminin. Soit, il n'y avait pas grand-chose à dire. Il ne s'était jamais retrouvé aussi proche d'un homme mature auparavant. Il n'avait jamais eu de discussion aussi intense avec quelqu'un de plus vieux. Tout était nouveau et tout l'inquiétait. Il gardait sa paume contre le visage de l'homme, mais il se sentit faiblir assez rapidement. Il perdit peu à peu ses forces, mais garda tout de même son bras dans les airs et laissa ses doigts glisser jusqu'au menton du bibliothécaire. Sa main allait bientôt retomber et il le savait. J'arrive à rien, c'est pathétique...

- Je n'ai rien voulu de tout ce que je t'ai fait, parce qu'il est clair que j'ai rien fait. Me prend pas pour un con. Il fronça les sourcils puis entrouvrit les lèvres sans savoir quoi dire. Il ravala donc le peu de salives qui lui restait puis se mordit la langue dans un tic nerveux. - Et même si quelque chose s'est... passé entre nous, alors fait... Fait comme moi et oublie, parce que ça ne va pas recommencer. Tu comprends ? demanda-t-il, dégoûté puis il haussa les épaules en détournant son regard. Il jouait sa carte blanche, l'enfant qui fait semblant que tout va bien, que rien n'est bizarre. C'était sa façon de fuir la situation. Il démontrait son innocence et faisait semblant de ne rien comprendre.  

- Maintenant, je te demanderais de te retirer, de ne plus me toucher et encore moins me parler. Tu peux te garder ta voix autoritaire et tes envies. Je t'appartiens pas et si t'es persuadé que oui, alors trouve-toi un psychologue. J'en ai déjà eu un et c'est plutôt utile. Il ricana légèrement à la fin de ses mots en comprenant qu'il disait ça à quelqu'un qui avait beaucoup plus de vécu et d'expériences que lui. Il fixa l'adulte en souriant, sans savoir d'où venait cette soudaine envie de se moquer. C'était sûrement le stresse. - Moi qui croyais que j'étais un cas désespéré... J'ai de quoi pouvoir me redonner confiance, hein ?

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MessageSujet: Re: Ce n'est que le nouveau bibliothécaire. [25 Septembre 1997] Jeu 22 Sep 2016 - 15:45

Il avait l’impression de regarder un film à l’accélérée tant le môme n’arrêtait pas de fluctuer entre la peur, le désarroi et l’incompréhension. Et puis il essayait en plus de se débattre, comme un chat qu’on caressait contre sa volonté, sans pour autant être capable de réellement sortir ses griffes. C’est vrai, ce n’était pas encore un chat, juste un chaton. Une petite et mignonne boule de poils sans griffes ni crocs, à peine capable de feuler, et là encore le chloroforme faisait un certain effet, l’empêchant d’être aussi vigoureux qu’il aurait voulu l’être. Du coup ces miaulements étaient à moitié étouffés, tandis que sa bouche continuait à s’ouvrir sans vraiment savoir ni quoi dire, ni que faire pour contrecarrer cette masse au-dessus de lui. Complètement perdu, le minot se contentait de banalement lutter, comme toutes les victimes saisies par le désespoir de se faire implacablement dominer. Dépravé, Octave ne faisait que se nourrir de cette souffrance enfantine comme s’il fut lui-même un Détraqueur l’espace de quelques minutes. Ce garçon était si irrésistible dans ses veines tentatives de faire barrage, pourtant il y avait tellement de choses plus efficaces, ou au moins plus pertinentes à faire que juste, ça. Mais sa conscience était bien trop occupée à batailler contre la réalité qu’on lui imposait de force. Alors il valsait dans l’incertitude, partiellement incapable d’admettre qu’une telle chose ait pu se produire. A chaque fois qu’Octave sentait le regard du garçon se poser sur lui, il savait que ce n’était que pour jauger la vraisemblance d’une telle possibilité, la concrétiser dans son apparence.  Mais l’émotion le rendait incapable de se contrôler, submergé qu’il était par le flot d’indices contradictoires, et il finit par lui crier d’arrêter. Et Nous savons tous que c’est précisément le genre de chose qui redonne de l’ardeur. Octave voyait là son plan marcher, certes qu’à moitié, mais l’autre moitié sonnait merveilleusement bien. Et puis le principal but était largement atteint.

De sa langue, il remit une couche supplémentaire et reçu un coup d’œil glacial en retour. Parfait, tu joues tellement bien ton rôle mon mignon, j’ai rarement eu si agréable compagnon de jeu. L’adage de la jeunesse, dirons-nous, et surtout du manque d’expérience. Violemment, Octave y palliait à sa manière. Oh bien sûr, il savait aussi préserver la beauté de l’innocence, l’observant de loin, mais là n’était clairement pas le but, et puis sur le moment, il se moquait bien du charme juvénile. Il était déterminé à n’en faire qu’une bouchée, son imaginaire ayant été beaucoup trop stimulé par ce travestissement qui lui, n’avait rien d’ingénu au vu de la manière dont le costume fut porté.

Il voyait bien que le jeunot lui envoyait des éclairs et devait le maudire, mais c’était d’autant plus satisfaisant qu’il ne pouvait très manifestement rien faire. Et puis soudain, à sa seconde réplique, un sourire crispé et béat fleurit sur son visage d’albâtre. Un rictus nerveux, à n’en pas douter, devant tant d’absurdité apparente. Cela dit, peu importait, tant qu’Octave était là pour semer les graines du doute dans son esprit tentant de repousser l’absence de logique. La scène pris néanmoins une tournure plus intéressante lorsque l’adolescent parvint à libérer l’une de ses mains, d’une emprise pas si serrée que ça, il fallait le reconnaitre. Le bibliothécaire le laissa faire, curieux de ce qu’il arriverait à faire avec une seule nouille. Et la réponse fut : pas grand-chose, encore une fois. Il aurait pu lui mettre une baffe, ce qui aurait eu bien plus d’effet sur le moment mais aurait très certainement surtout excité davantage l’assaillant. Mais toute sa force fut consumée dans la tentative de se libérer, et alors que son poignet s’échappait, il ne lui restait plus d’énergie que pour poser sa main contre le visage d’Octave, lui barrant la bouche avec sa petite paume. D’abord légèrement surpris, il finit par sourire derrière la main de jeune, qu’il sentait déjà faiblir, ayant du mal à se maintenir dans les airs et ne parvenant même pas à le repousser concrètement. On aurait plutôt dit qu’il essayait de le faire taire. Oh. Ooooooh, c’était donc ça. Genre, il croyait que ça allait marcher ? Que ce geste désespéré était convaincant ? Admettons, un peu quand même, mais juste un peu, principalement parce que la désolation s’y lisait.

- Je n'ai rien voulu de tout ce que je t'ai fait, parce qu'il est clair que j'ai rien fait. Me prend pas pour un con.

Octave souleva ses deux sourcils en une mine outrée, l’air de dire : moi ? Te prendre pour un con ? Jamais de la vie ! Est-ce que je ressemble à quelqu’un qui prend les gens pour des cons ? Je suis la vérité incarnée, la sincérité même. Comment oses-tu mettre en doute ma parole ? Etait-il possible de transmettre tout ce message par un simplement haussement de sourcils ? Non, bien entendu, mais Octave n’en pensait pas moins, le plus honnêtement possible, bien qu’il fût déjà sur le point de craquer. Entre temps, la main du damoiseau avait malheureusement quitté sa bouche, lui enlevant une cachette pour pouffer discrètement. Maintenant, il n’y avait plus que ses doigts qui touchaient fébrilement sa barbe dans un ultime contact, seule chose que l’adolescent pouvait encore maîtriser ici. Comme si ce toucher allait l’adoucir. Que dalle. Perversement, plus il faisait preuve de faiblesse, plus Octave se sentait fort. Il allait lui remettre les idées en place, à ce minet.

- Et même si quelque chose s'est... passé entre nous, alors fait... Fait comme moi et oublie, parce que ça ne va pas recommencer. Tu comprends ? Maintenant, je te demanderais de te retirer, de ne plus me toucher et encore moins me parler. Tu peux te garder ta voix autoritaire et tes envies. Je t'appartiens pas et si t'es persuadé que oui, alors trouve-toi un psychologue. J'en ai déjà eu un et c'est plutôt utile.

Ben voyons. C’était quoi ce revirement pseudo autoritaire ? Ironiquement, maintenait c’était le jeune garçon qui essayait de dominer la situation en demandant à priori poliment au bibliothécaire de cesser, car il n’était manifestement pas consentant… Consentant. Comme s’il avait besoin de ça. Il avait soudain l’impression d’avoir une véritable demoiselle de bonne vertu sous lui, particulièrement à la manière dont il avait détourné tragiquement son regard sur le côté pour ne plus avoir à regarder son agresseur. Il ne lui manquait plus qu’un bonnet de nuit en dentelle, duquel perceraient des boucles anglaises, et une mouche au-dessus de la lèvre. Une grande dame, à n’en point douter. Mais Octave connaissait cette technique et n’en fut pas le moins du monde déstabilisé. En même temps, il n’y avait pas de quoi, ce n’était pas comme s’il était sujet au doute devant un acte qu’il s’apprêtait réellement à commettre. Tout ça, s’était du flan. Du flan de première classe, bien rebondi et gélatineux, certes, mais du flan quand même.

- Moi qui croyais que j'étais un cas désespéré... J'ai de quoi pouvoir me redonner confiance, hein ?

Octave, voyant que le garçon le regardait à nouveau, non sans sourire qui plus est, et que ses doigts frôlaient encore sa barbe, il en profita tout naturellement. Tout n’était qu’une question de mise-en-scène après tout. Et le décor était idéal. Octave pencha légèrement la tête vers l’avant et, sous le regard médusé de l’adolescent, goba son majeur jusqu’à la base. Il le suçota amoureusement avant de lâcher prise, particulièrement contente que la situation s’y prêtât si bien. Au vu de ce dont était capable le garçon jusqu’à maintenant, le bibliothécaire ne prit pas la peine d’emprisonner à nouveau son poignet ; il lâcha même le deuxième et se redressa. Rien qu’être assis sur lui était suffisent pour l’handicaper considérablement. Au lieu de répondre tout de suite, il continua à imposer sa domination, qu’il voulait implacable et irrévocable, quoi que le garçon s’amuse à faire, lui parler méchamment en gentiment, le repoussant ou l’ignorant. Tout devait lui paraitre vain. Alors il posa délicatement sa large et chaude paume sur le ventre de l’adolescent, juste entre ses propres cuisses. Sans bouger d’abord, pour quand même lui laisser le temps de s’habituer au contact, mais surtout pour mesurer l’étendue de ce qui allait lui advenir. Puis, lentement, il remonta vers le haut, sans prêter attention aux éventuels signes de révolte de la part de l’élève. Son regard suivait sa main qui courbait légèrement sous les formes de l’adolescent, tout en écartant les pans de la chemise dont les boutons s’ouvraient à tour de rôle sans opposer de résistance, comme par magie. Il était si étroit que ses doigts écartés parvenaient quasiment à s’imposer sur toute la largeur de son buste. Sa peau était douce et chaude, légèrement frissonnante, de peur ou de plaisir, peu importait. Sur sa route, du pouce et du petit doigts, Octave frôla ses tétons avant de remonter vers sa gorge, qu’il empoigna sans véritablement étrangler, mais assez pour faire un peu peur. Là, son regard remonta enfin de sa main vers le visage du jeune homme, et il ricana à son tour, en écho semblable. Calant son pouce et son index sous la mâchoire de sa victime, il approcha son visage, un peu trop peut-être.

« N-non... Fuck ! Dé... dégage !... Maintenant, je te demanderais de te retirer, de ne plus me toucher et encore moins me parler. s’amusait-il à le citer du même ton, ses suppliques et indignations. Décides-toi, tu veux être la catin vulgaire et outragée ou la belle princesse au langage fleuri et courtois ? Parce que tu ne peux pas être les deux. »

D’une pression de la main, il obligea le garçon à remonter le menton vers le haut, découvrant son cou où luisait le suçon. Un vague sourire vint flotter sur son visage alors qu’il mettait sa seconde main exactement là où fut tout à l’heure sa jumelle : sur le bas du ventre.

« Pour ta gouverne, je suis aussi psy. Tu veux une séance maintenant ? Allons, dis-moi ce que tu as sur le cœur, que je m’évertue à le guérir de mes doigts de fée, parce que crois-moi, tu es loin d’être un cas désespéré. Il ricana encore une fois avant de changer de sujet : Je ne pourrais jamais t’oublier, t’étais si doué. Tu as surgi de derrière une étagère et tu t’es lancé sur moi, dans ta tenue de fille, enlaçant mes hanches de tes cuisses et grimpant sur mes épaules tel un damné par passer tes mains dans mes cheveux. J’ai cru que c’était une blague, mais tu étais si sérieux et assoiffé… Je ne saurai souffrir que tu ne veuilles pas de moi une deuxième fois. »

Il avait raconté cette fausse histoire telle une litanie, avec ardeur et fièvre, dans un souffle court et haletant comme si de réels souvenirs se pressaient dans son cerveau. Pour accentuer ses propos, il remonta sa deuxième main vers les côtes du garçon alors qu’il relâchait l’emprise sur son cou, mais seulement pour mieux le voir.

« Non seulement je ne t’oublierai pas, mais je vais tâcher de t’offrir de nouveaux souvenirs… Souviens-toi : « Octave », c’est le nom que tu vas crier. Ou gémir, c'est selon ton état d'esprit. »

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MessageSujet: Re: Ce n'est que le nouveau bibliothécaire. [25 Septembre 1997] Jeu 22 Sep 2016 - 19:33

Le jeune Serpentard était passé par tous les sentiments qu'il lui était possible de vivre. Le dégoût, la peur, la colère et même la joie y avait eu sa petite place bien réservée. Son sourire aussi amer que moqueur ne le quittait plus. C'était son nouveau remède pour apaiser ses angoisses. Il faisait semblant que tout allait bien et que cette histoire ne pouvait que se dérouler comme il le voulait. L'adolescent pensait avoir le contrôle sur la situation, mais il n'était que la victime dans cette pièce. Il était pris au piège... Malgré tout, il n'était guère prêt à accepter son sort. Ses pensées se mélangeaient et ça lui donnait mal à la tête. Alors il arrêta... Il ne voulait plus réfléchir. La visualisation n'avait plus sa place dans ce lit. Toutes ses idées, aussi bonnes que mauvaises, furent rejetées du matelas. Maintenant, il ne vivait plus qu'au présent. Cette nouvelle façon d'expérimenter cette situation pour le moins extraordinaire lui permit de réduire ses anxiétés. Il ne s'en tenait qu'à ce qui arrivait et non plus à ce qui allait arriver. Son imagination avait tendance à lui lancer de belles images déplacées qu'il, pour une toute première fois, mises en bas du lit avec ses diverses réflexions. L'adulte voulait jouer, c'était ce qu'il recherchait et Leslie lui avait sûrement offert toutes les réactions qu'il voulait. Après tout, le gamin était assez expressif, maladroit et instinctif. Et on ne parlera pas de son manque de jugement ou encore de sa façon de pouvoir croire à n'importe quoi. Mathewsen était plutôt innocent dans son genre. Il ne connaissait rien du monde des "adultes" et rejetait ceux qui le disaient immature. Pourtant, il était très immature. Certes, il était indépendant et calme, mais sa façon de voir les choses restait un gros problème. Enfin, il n'était qu'en cinquième année, rien de plus normal pour un gamin de son genre que de penser que ses parents ne pouvaient pas le comprendre et que tous les adultes étaient méchants. Mais comment voyait-il Octave ? Cet homme n'était pas ce qu'il pouvait concrétiser comme étant; Horrible. Leslie ne le trouvait pas spécialement agressant, surtout lorsqu'il le comparaît à Shawn. Alors qu'était-il donc à ses yeux ? Personne ne pourra le savoir.

Le Serpentard avait parlé, finissant par proposer à Octave qu'il devait aller voir un psychologue et c'était ce qui l'amusait le plus. C'était la première fois qu'il conseillait quelqu'un. Lui-même, il avait eu plusieurs rencontres avec un psy' et ça lui avait permis d'apprendre à mieux s'exprimer sur ce qui le dérangeait. Il s'était d'ailleurs remis en question sur beaucoup de choses, mais depuis l'été dernier, il était retourné au point de départ. Ses rencontres avaient cessé et ce fut la seule et réelle erreur que ses parents avaient faite. Leslie avait arrêté de parler et il s'était refermé aussi rapidement qu'il avait pu s'ouvrir autrefois. Aujourd'hui, il n'y avait plus que Miller pour le faire parler. Oh, c'était la malédiction d'Elwyn et on pouvait bien lui souhaiter bonne chance à ce pauvre bleu.

Le sorcier fixa le bout de ses doigts, frémissant alors qu'Octave se permit de gober son majeur pour le sucer. Sa respiration se coupa automatiquement à cet instant et il ne cligna pas une seule fois des yeux. Les lèvres entrouvertes, il ne fit que regarder la scène. Son attention était rivée sur la bouche de l'homme lorsque celui-ci eut terminé sa petite activité. Tu viens vraiment de... Il cligna enfin et releva son attention pour que ses prunelles puissent pénétrer celles du bibliothécaire. Une chaleur qu'il connaissait que trop bien commença à se faire ressentir à son bas-ventre, ce qui le cloua au lit. Fuck... Il put retrouver la liberté de ses deux poignets, mais sa deuxième main resta en place, comme si l'adulte la retenait toujours. Mathewsen essayait de rester calme et surtout, d'éliminer son malaise qui se faisait ressentir plus bas. Il ne réagit qu'en sentant cette chaude paume se poser contre lui. Tout son corps s'était crispé et ses doigts qui étaient auparavant contre le menton d'Octave allèrent rapidement retrouver l'intruse sous la chemise. Il posa sa main contre celle de l'adulte, cherchant à lui faire comprendre qu'il allait trop loin, mais rien à faire. Le souffle court, il se dressa légèrement et referma les yeux en comprenant que c'était loin d'être terminé. P'tain, c'est pas juste... pensa-t-il sous cette longue caresse qui lui engendra d'innombrables frissons de plaisir et de dégoût. Il ne lâchait pas sa prise contre la main du bibliothécaire, mais il n'était pas assez fort pour l'arrêter. Un spasme accompagné par une plainte fébrile s'échappa sous la trajectoire du pouce et du petit doigt, lorsque ceux-ci touchèrent une région qu'il ne connaissait pas encore comme étant érogène. Cela lui fit ouvrir les yeux et la confusion le porta à poser un regard accusateur contre l'adulte, comme s'il lui demandait ce qu'il lui avait fait.

Un oz de panique empoisonna son être, pendant que l'homme terminait sa trajectoire autour de la gorge du Serpentard. S'attendant à se faire étrangler, Leslie reprit son souffle, non pas sans trembler. Il serra ensuite les dents, attendant une suite qui ne voulait pas venir. Ce fut à cet instant que son visage rencontra celui d'Octave. Ils étaient si proches et bizarrement, cette proximité lui rappela le malaise qu'il avait ressenti, lorsque Fawkes avait tenté une approche similaire pour lui souffler des mots dérangeants.

« N-non... Fuck ! Dé... dégage !... Maintenant, je te demanderais de te retirer, de ne plus me toucher et encore moins me parler. Décides-toi, tu veux être la catin vulgaire et outragée ou la belle princesse au langage fleuri et courtois ? Parce que tu ne peux pas être les deux. »

- Qu-quoi ? murmura-t-il en fronçant les sourcils. Leslie redressa ensuite le menton, puisqu'il y était forcé. Son souffle saccadé et chaud pouvait sûrement atteindre le visage d'Octave, tant celui-ci était près du sien. Les choses allaient trop vites et ça empêchait Mathewsen de pouvoir bien réagir à toutes ces nouveautés. Il ramena son autre bras, les larmes lui montant aux yeux sans qu'il ne sache pourquoi et se crispa une deuxième fois, au même moment où la seconde paume de l'homme semblait aussi vouloir tracer sa route contre son corps. Il détestait ça... C'pas vrai ! Il recommença à gigoter et posa ses mains contre la nouvelle intruse pour l'empêcher d'aller plus haut.

« Pour ta gouverne, je suis aussi psy. Tu veux une séance maintenant ? Allons, dis-moi ce que tu as sur le cœur, que je m’évertue à le guérir de mes doigts de fée, parce que crois-moi, tu es loin d’être un cas désespéré. »

- Lâche-moi... souffla-t-il dans le vide, alors qu'Octave poursuivit en changeant de sujet.

« Je ne pourrais jamais t’oublier, t’étais si doué. Tu as surgi de derrière une étagère et tu t’es lancé sur moi, dans ta tenue de fille, enlaçant mes hanches de tes cuisses et grimpant sur mes épaules tel un damné par passer tes mains dans mes cheveux. J’ai cru que c’était une blague, mais tu étais si sérieux et assoiffé… Je ne saurai souffrir que tu ne veuilles pas de moi une deuxième fois. »

Le souffle de l'adulte se mélangea au sien, ce qui l'électrisa davantage. Les propos qu'il lui lançait au visage le réchauffait, mais il se refusait le moindre plaisir. Il avait l'impression qu'il allait perdre s'il succombait à ses propres désirs. - Je... je  ne veux pas savoir ce qui est arrivé, citrouille... Tu comprends rien. dit-il en secouant la tête puis il grimaça tout en essayant de repousser la deuxième paume qui ne le lâchait plus. Il voulut d'ailleurs parler, mais se tut en remarquant que l'adulte n'avait pas terminé ce qu'il avait à dire.

« Non seulement je ne t’oublierai pas, mais je vais tâcher de t’offrir de nouveaux souvenirs… Souviens-toi : « Octave », c’est le nom que tu vas crier. Ou gémir, c'est selon ton état d'esprit. »

- Ferme ta gueule ! s'offusqua Mathewsen alors qu'il recommença à se débattre. Son corps lui répondait un peu mieux, mais le problème était qu'il n'était pas assez fort pour se débarrasser de lui et il avait peur de crier et d'ainsi alarmer de mauvaises personnes. Il fit donc la première chose qui lui venu en tête. Il força la main d'Octave à descendre jusqu'à la hauteur de son boxer puis il le regarda droit dans les yeux, plus sérieusement cette fois-ci.

- Vas-y... Dit-il d'un ton sec, relevant son visage de sorte à frôler ses lèvres contre celles de l'adulte. - Si je suis là pour ça... alors vas-y. Arrête de me faire attendre et touche-moi. Fais-moi crier ton nom et fais-moi regretter de m'être endormi dans ta bibliothèque. Qu'est-ce que t'attends bordel ? Il laissa sa tête retomber contre l'oreiller puis il le lâcha en soupirant. Il sentait déjà la frustration prendre place en lui, puisque son corps avait réagi à toutes les attaques de plus tôt. Maintenant, il en subissait les conséquences et il allait falloir qu'Octave se retire pour qu'il puisse se calmer.  

- Je ne suis pas une catin... pas une princesse non plus. J'suis un élève, okay ? Et toi t'es le taré de bibliothécaire qui a deux fois l'âge de l'élève qui s'est endormi dans ta bibliothèque. Il referma les yeux l'espace de quelques secondes pour imaginer des choses déplaisantes. C'est pas du tout le bon moment pour être dans cet état. - J'aurais besoin d'intimité.

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MessageSujet: Re: Ce n'est que le nouveau bibliothécaire. [25 Septembre 1997] Ven 23 Sep 2016 - 1:12

Rien de tel qu’une petite crise cardiaque pour vous revigorer. La majeure se produisit lorsqu’Octave avait décidé de passer à la vitesse supérieure. L’ado était littéralement hypnotisé, trop peu habitué qu’il était aux pratiques de l’amour et probablement surpris qu’on puisse faire ce genre de choses avec un regard lubrique pareil. Ah, les jeunes… Soit ils s’amusaient à s’en péter le frein, soit ils se comportaient comme des pétales de fleurs, dansant au gré du vent printanier, se frôlant à peine. Et Leslie semblait pour le moment plutôt du genre à se liquéfier à la moindre caresse en n’assumant rien plutôt qu’à aller à l’infirmerie parce qu’il s’était choppé des MST. Il avait quoi, une quinzaine d’années ? Il faut se réveiller mon vieux, se dévergonder un peu, sinon tu vas rester à la ramasse jusqu’à tes quarante ans, à te soulager contre ton matelas. Octave soutint son regard sans grande peine, persuadé que cette assurance provocante n’allait que le mettre un peu plus mal à l’aise. Et en effet, bien qu’il fût libre, le garçon ne bougea pas, encore tétanisé à essayer de réaliser ce qui venait de se passer. La bataille interne avait l’air rude, ce qui faisait sourire Octave de plus belle. La seule chose qui le ramena à la réalité fut la main inquisitrice de son bourreau, qu’il tenta de saisir, probablement pour l’arrêter. Mais encore une fois, la tentative était tellement pathétique qu’on ne pouvait pas savoir ce que l’adolescent voulait vraiment en recouvrant ainsi la main de l’adulte par la sienne. L’encourager peut-être ? Intérieurement, Octave ricana, sachant parfaitement que ça ne pouvait pas être ça. Pas encore. Néanmoins, il frémissait sous ses doigts, lâchant même quelques soupirs. Le corps des hommes était si simple. Une caresse par-ci, un mordillement par-là, et le travail était fait. Justement, le jeune oscillait maintenant visiblement entre un plaisir dilué dans beaucoup de dégoût et l’incompréhension. Plaisir qu’il se refusait à reconnaître, vu comme il flippait sa maman. Le regard paniqué et le corps en feu, la peur et la colère se lisaient sur son visage tandis qu’Octave faisait mine de l’étrangler. Une lutte intense faisait maintenant rage dans le corps de l’adolescent et le brun comptait bien profiter de la confusion que cela pouvait créer.

- Lâche-moi...

Oui, vas-y, dis-le encore une fois, pour voir si ça aura plus d’effet que la première ou la cent-vingtième. Franch’ment. Il ne pouvait pas enfin faire quelque chose de plus constructif ? Ca commençait à devenir redondant là, comme une chanson triste en boucle. Quoi ? Lâche-moi ! Arrête ! Je ne veux rien savoir ! Je veux rester pur d’âme et de cœur, bas les pâtes, vieux dégueulasse ! Allons donc, même Lolita avait plus de jugeote que cela, alors qu’elle était beaucoup plus jeune lors de sa rencontre avec Humbert Humbert. M’enfin, était-ce un bon exemple…

- Ferme ta gueule !

Octave s’était arrêté de bouger. Quelle vulgarité. Comme pour souligner son propos, l’adolescent commença à se débattre, avec une peu plus de conviction cette fois-ci. Pour le coup Octave fut presque sur le point de céder et de lâcher prise sur le garçon, mais celui-ci en décida autrement pile au mauvais moment. Pris par on ne sait quelle pulsion fatalement désespérée, l’adolescent guida sa main à nouveau vers son bas ventre avant de le regarder avec tout le sérieux du monde. Le bibliothécaire s’autorisa un léger haussement de sourcils, à moitié surpris d’un tel soudain revirement de situation. Alors ça y est, il abandonnait la bataille ? Se résignait-il à devenir doux et moelleux comme un coussin en duvet d’oie fraîchement battu ?

- Vas-y... Si je suis là pour ça... alors vas-y. Arrête de me faire attendre et touche-moi. Fais-moi crier ton nom et fais-moi regretter de m'être endormi dans ta bibliothèque. Qu'est-ce que t'attends bordel ?

Entre deux mots, il avait même profité de leur proximité imposée pour lui voler un pseudo-baiser de biche effarouchée. Cette tendresse était à l’amour ce qu’une mauvaise bande-annonce était au film. Peu convaincant et ça ne donnait pas forcément envie d’aller voir le contenu en profondeur. Le jeune finit par laisser sa tête retomber sur l’oreiller avec la lassitude de celui qui venait de vivre les instants les plus cathartiques de sa vie et se retrouvait complètement purgé émotionnellement. Un soupir. C’était naze. Voilà ton Razzie Award pour la pire prestation de l’histoire et casses-toi. Octave tira une moue franchement dubitative. Légèrement excédé, il soupira également. Ca servait à quoi qu’il fasse tous ses efforts ? Pour se retrouver avec un morceau de viande acceptant son destin sans aucun plaisir ni passion ? Ben voyons. Sortir d’entre l’emprise du bibliothécaire n’allait certainement pas être aussi simple. Tout le monde pouvait faire la planche.

- Je ne suis pas une catin... pas une princesse non plus. J'suis un élève, okay ? Et toi t'es le taré de bibliothécaire qui a deux fois l'âge de l'élève qui s'est endormi dans ta bibliothèque… J'aurais besoin d'intimité.

La situation était bien résumée. Mais étant un parfait être sans morale, Octave s’en contrefichait. La vertu, c’était franchement surestimé. C’est pour cela que l’école n’était pas une place pour lui. Mais il était là, et empoisonnait tous ceux qui s’approchaient trop près de lui, de son influence plus que néfaste. Sa nature l’avait poussé jusqu’ici, à immobiliser un gamin de quinze ans dans son lit pour le punir de s’être endormi dans la bibliothèque de son école. Dans un coin de sa volatile conscience, il percevait le problème d’un tel scénario, d’un point de vue purement social ; mais son esprit avait par le passé était bien trop exposé aux rudes évidences de ce monde. Au point qu’aujourd’hui il se trouvait incapable de définir de concrètes limites pour séparer la bienséance, l’ostentation et la perversion. Mais pour le coup, il savait que c’était une blague, et cela le sauvait de la véritable perdition, bien qu’il en fût proche tout au long de cette farce. Cette cruauté démesurée et ce sadisme refaisaient surface comme un écho de sa propre enfance, alors il trouvait ça presque normal, ça ne le gênait pas outre mesure. Pour lui, c’était la vie. Intransigeante et sans pitié, elle n’épargnait jamais personne, alors pourquoi devait-il se fatiguer à le faire ? Lui qui aujourd’hui se targuait d’être aussi inné que le premier atome à naître dans cet univers. Il était horriblement simple. Terriblement spontané. Diablement manipulateur. Mais surtout, surtout… sans remords. Jamais aucun remords. Toujours le plaisir en premier. Octave finit donc par abandonner sa mine déconcertée et esquissa un sourire des plus vicieux, comme il savait si bien les faire, alors que son regard promettait mille et une souffrances. Il se redressa et croisa les bras sur son torse.

« Tu crois quoi ? que tu vas profiter de tout, comme ça, sans bouger, en regardant le plafond, en position d’étoile de mer ? T’es naïf, ma princesse écolière. Oui, parce que là, tu te comportes comme une princesse. Dit-il avant de se pencher sur l’adolescent tout en passant un bras dans son dos et susurra dans son oreille : Et puis tu sais, ne vaut mieux pas dire aux tarés qu’ils sont tarés, ça les stimule. »

Il resta là un instant, à observer sa jeune victime, parfaitement calme, comme si ce geste ne présageait rien d’autre qu’une douce étreinte. Mais encore une fois, c’était pour mieux endormir la méfiance. Dans une étreinte puissante, Octave roula sur le côté, entrainant l’adolescent avec lui dans sa valse endiablée. En définitive, c’est le garçon qui se retrouva couché sur l’adulte, le visage plaqué contre son torse par le bras qui le maintenait fermement collé pour ne pas le perdre dans sa roulade. Installant confortablement sa tête sur l’autre oreiller, Octave relâcha sa prise uniquement pour venir saisir les mollets du garçon, qui était alors quasiment dans la même position que l’adulte eut tout à l’heure. Pour le coup, il le sera beaucoup plus fermement pour lui stipuler qu’il avait beau être libre de bouger ses mains et le haut de son corps, mais il était hors de question de fuir. Et puis, en était-il seulement capable pour le moment ? Octave gigota doucement des épaules pour mieux se caler au creux du matelas et regarda sa victime avec anticipation.

« Voilà ce que j’attends. Que tu sois un peu entreprenant. T’es pas là pour que j’te touche, mais t’es là pour me toucher. Tu t’imagines que tu peux t’endormir dans ma bibliothèque et qu’en plus je vais me fatiguer à faire tout le travail ? Tu rêves. A toi de jouer, l’élève. »

Il était calme et légèrement sarcastique, histoire d’être encore un peu plus méchante, des fois que le reste ne suffisait pas. Rien de tel qu’un retournement de situation pour déstabiliser. Le minot s’était cru enfin résigné à son sort ? Changeons de position alors, retournons les rôles, inversons les pôles, imposons une nouvelle obligation, un défi supplémentaire à gérer et voyons jusqu’où était capable d’aller ce Lancelot. Parce que honnêtement, il ne s’était pas beaucoup débattu. Ou plutôt, il avait trop vite abandonné et ce n’était pas très crédible. Visiblement, Octave ne lui avait pas encore suffisamment mis la pression. Ou plutôt, pas tout à fait dans la bonne direction…

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MessageSujet: Re: Ce n'est que le nouveau bibliothécaire. [25 Septembre 1997] Sam 24 Sep 2016 - 5:45


ce gif' ne veut rien dire, mais il est parfait

C'était fait. Leslie avait fait tout ce qu'il avait pu, essayant tant bien que mal de retourner la situation à son avantage. Mais Merlin qu'il pouvait être mauvais dans ce genre de situation. Il réagissait toujours de la même façon, testant la provocation au même principe qu'une arme. D'ailleurs, il fronça du nez en se rappelant que la dernière fois qu'il avait fait ça, c'était avec Shawn. Le plan était simple. Se rapprocher, frôler ses lèvres à celles de l'ennemi et souffler des mots qu'il n'aurait jamais osé prononcer auparavant et tout ça dans quel but ? Le Serpentard voulait une seule chose et c'était gagner un jeu qui n'existait même pas. Tout n'était que dans sa tête. Résultat, il était vainqueur de sa propre défaite. Le garçon apprenait grâce aux erreurs des autres, mais dans une situation telle que de se retrouver dans le lit du bibliothécaire, il fallait croire que ce n'était pas assez récurrent pour qu'il puisse s'en sortir aussi rapidement qu'il le désirait. Déjà, il s'était réveillé sans savoir ce qu'il lui était arrivé. Et il ne pouvait pas crier tout haut qu'il était une victime, après tout, Octave avait raison sur un point; Mathewsen s'était endormi dans sa bibliothèque. Enfin, dès le réveil, l'adulte lui avait soufflé des mots si doux, si pervers, mais c'était si troublant que la surprise engendrée s'était changée en dégoût puis en colère avant de mourir dans l'incompréhension. Oh, Leslie aurait pu apprécier toute cette mise en scène, mais pour cela, il aurait fallu que les histoires d'Octave se soient réellement déroulées. L'adolescent ne pouvait pas contredire ses propos, puisque ceux-ci possédaient une profonde véracité. Il était conscient de ce qu'il pouvait faire et de s'imaginer lui sauter dessus, serrer ses cuisses autour de sa taille pour ensuite lui quémander de lui faire du bien, ça ne lui semblait pas si impossible que ça. Bref, Leslie entra son regard dans celui du bibliothécaire, alors que celui-ci exprimait une bouille presque déçue. J'ai réussi ? Et non.. Le regard de l'adulte retourna malheureusement dans l'amusement et un sourire vicieux s'était emparé de ses lèvres, un sourire qui fit frissonner le vert et or sous lui.

P'tain... La nuit allait être longue. Les prunelles de l'adulte promettaient le pire et le corps de l'adolescent réclamait un minimum d'intimité, une intimité qu'il n'allait pas recevoir. Non, il n'avait pas le droit de faire quoi que ce soit, si ce n'était que de participer ou ne rien faire du tout. Octave se redressa et le jeune homme regarda l'état de ses poignets. Pas une seule égratignure, c'était au moins ça. « Tu crois quoi ? que tu vas profiter de tout, comme ça, sans bouger, en regardant le plafond, en position d’étoile de mer ? » Et pourquoi pas ? Ce n'était pas comme si Leslie allait s'amuser avec lui. Déjà, la position actuelle l'ennuyait. Il haussa donc un sourcil en direction du bibliothécaire. Et tu veux que je fasse quoi ? Tu m'immobilises et après tu me craches au visage que je fais... l'étoile ? Et c'est quoi cette expression au juste ? Et il comprit en visualisant la chose et sur le coup, se sentit presque con de ne pas connaître cette expression ou plutôt, de ne pas avoir fait la liaison dès le départ. L'air pensif, il ajouta le tout à son dictionnaire et haussa les épaules dans un geste las. Il avait bien hâte que tout s'arrête et n'avait pas envie de démontrer la moindre émotion à l'égard des agissements de l'adulte. Il voulait aller jouer dans l'indifférence, peut-être Octave allait-il finir par laisser tomber... L'espoir fait vivre.

« T’es naïf, ma princesse écolière. Oui, parce que là, tu te comportes comme une princesse. » Et j'en ai rien à foutre. pensa-t-il en se laissant guider à nouveau. Qu'est-ce qu'il lui faisait encore ? Une étreinte... Octave était en train de l'étreindre. Il rapprocha ses poignets, appuyant ses avant-bras contre son propre torse tout en pinçant les lèvres. Il était à la limite de sa patience et si cette connerie continuait une heure de plus, alors il allait finir par lui cracher au visage ou l'imiter en allant l'étrangler. Pourquoi pas utiliser toute la force qu'il lui restait, si cela pouvait lui permettre de faire dormir ce malade à tout jamais ? Une amertume remonta dans sa gorge sous ses macabres réflexions, peu avant qu'il ne se décide à mettre de côté cette envie de meurtre. Tuer n'était pas la bonne solution, allons. Il devait mettre son énergie ailleurs. « Et puis tu sais, ne vaut mieux pas dire aux tarés qu’ils sont tarés, ça les stimule. » Le souffle contre son oreille le fit frémir et au même moment, les positions s'échangèrent si rapidement que l'adolescent ne comprit pas ce qu'il lui arrivait. Enfin, pas sur le coup, mais il n'était pas con non plus. Après cette pirouette plus que désorientante, il grogna sourdement et recommença à vouloir se dégager. Il n'eut qu'une demi-seconde pour essayer quelque chose et sa première idée fut portée sur un mouvement de recul. Le tout fut assez brusque, mais bon c'était peine perdue et il revint à l'homme aussi soudainement qu'il s'était dégagé. Un effet élastique, dirons-nous. Il posa alors ses paumes contre son torse pour ne pas s'écraser littéralement contre lui. What the... Il le retenait par les mollets... c'était plutôt bien pensé. L'asiatique se redressa doucement, une lueur de colère apparaissait dans ses yeux. Sa rage pouvait d'ailleurs être agrémentée par ses cheveux en bataille, son souffle court et ses poings qui se refermèrent durement.

« Voilà ce que j’attends. Que tu sois un peu entreprenant. T’es pas là pour que j’te touche, mais t’es là pour me toucher. Tu t’imagines que tu peux t’endormir dans ma bibliothèque et qu’en plus je vais me fatiguer à faire tout le travail ? Tu rêves. A toi de jouer, l’élève. » Un sourire... C'est la seule chose qui se dessina au coin des lèvres du Serpentard, alors que son sourcil s'arqua et qu'un début de rire aisé s'évacua de sa bouche. Alors là... Tout devient trop... Facile. Ses envies reprirent le dessus et toutes ses mauvaises idées se transformèrent en solution. L'aventure ne pouvait que commencer. Il se redressa complètement et replaça ses cheveux d'une main, les glissant ainsi vers l'arrière.

- D'accord. dit-il instinctivement, avant de s'humecter les lèvres et de relever les manches trop longues de la chemise. Voilà que les choses devenaient enfin intéressantes. - T'avais qu'à demander au lieu d'inventer des histoires. Et il se pencha vers lui, sans perdre son petit rictus en coin. Il regarda ses lèvres puis sa gorge, descendant son attention et reprenant parole. - Te toucher, c'est ça ? ... Ça tombe bien... Il y a un tas de trucs qui me font déjà envie.

Il faufila ses mains froides sous le haut de l'adulte et caressa la peau de son ventre. Il avait déjà des petites questions bien stupides qui lui traversaient l'esprit. À quoi ça ressemble un homme mature, est-ce que c'est doux, est-ce que c'est plaisant à l'oeil autant qu'au toucher, qu'est-ce qui leur fait plaisir et qu'est-ce qui peut être sensible ? Ouais, c'était tout ça qu'Octave venait de lui offrir et Mathewsen n'était pas du genre à refuser cette opportunité. Toucher et non pas être touché. Il fallait que Leslie aime pour pouvoir apprécier les caresses de son partenaire et le bibliothécaire, il ne l'aimait pas du tout. Cependant, hors de ce qu'il était mentalement, il y avait le physique et à ce niveau, ça passait plutôt bien. Octave n'était pas laid, hein ? Mathewsen se redressa puis remonta davantage le tissu du chandail.

- On s'en débarrasse. jugea-t-il, prenant un ton presque autoritaire. Ça le gênait de le voir tant habillé et il ne put qu'être content de lui retirer ce t-shirt. Un nouveau rire entre la joie et la nervosité le quitta et l'index de sa main gauche glissa le long du menton d'Octave, allant jusqu'au-dessous de son nombril, suivant une route bien droite. C'était fou de voir à quel point leurs corps pouvaient être différents. Leslie était... Jaloux. Après tout, il ne cessait de se faire prendre pour une fille, chose qui n'allait jamais arriver au bibliothécaire. Enfin, pas maintenant dans tous les cas. Sans gêne, ses paumes se posèrent enfin contre l'adulte et parcoururent son corps, allant de son bas-ventre jusqu'aux côtes pour finalement s'arrêter à sa gorge. Sous ses gestes, le sorcier s'était à nouveau penché. Et alors que certains de ses doigts caressèrent quelques mèches non loin de la nuque du taré maintenant victime, il posa enfin ses lèvres contre sa peau et embrassa sa clavicule tout en humant son odeur loin du sucré, c'était un peu plus sauvage. L'une de ses paumes était d'ailleurs redescendue et il griffa, sans le vouloir, le torse d'Octave avant de retourner à son nombril.

- Quand tu dis... toucher. Il se redressa et s'attaqua au jean à l'aide de la main qui était descendue plus tôt. Il laissa aussi son autre paume couler de sa gorge jusqu'au milieu de son torse.- Je te caresse comme si t'étais un chat toute la nuit où tu t'attends à ce que je sois plus "entreprenant" que ça ? Tiens, c'était amusant de parler ainsi, de faire des comparaisons et d'insinuer des choses qui avaient un double sens. - Et la "princesse" a faim et j'ose espérer que t'as de quoi me nourrir. Et là je parle de nourriture.

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MessageSujet: Re: Ce n'est que le nouveau bibliothécaire. [25 Septembre 1997] Sam 24 Sep 2016 - 18:49

Un sourire vint se dessiner sur le visage de l’impétueux élève à peine Octave eût-il terminé de lui formuler sa demande. C’était donc ça ? Etait-ce réellement aussi primitif ? Il se retrouva complètement pendu aux lèvres de l’adolescent, attendant avec impatience de voir ce qu’il s’apprêtait à exécuter comme tour. Une fois au-dessus, le concerné sembla soudain beaucoup plus intéressé et réceptif que tout à l’heure. La domination, ça ne plaisait pas toujours à tout le monde, mais ça avait néanmoins le don d’intimider suffisamment pour désorienter. Maintenant que la première partie de son plan fut exécutée, Octave se permit d’entamer la seconde, beaucoup plus subtile que la première. Quoi que, tout est relatif, mais vu comme le jeunot ne se rendait pas compte de grand-chose, on pouvait effectivement se permet d’évoquer une certaine habilité d’exécution. Pourtant, il y avait là quelque chose de louche lorsqu’un homme, au premier regard visiblement porté sur le pouvoir et l’autorité, se retrouvait saisi par l’envie de se retrouver en position de faiblesse. Mais cela ne sembla nullement perturber le minet, qui se mit à rire discrètement, savourant cette nouvelle situation. Octave lui ricana en retour, mais pas pour les mêmes raisons. Il n’y avait rien de tel que de faire mine de se laisser faire juste après avoir maintenu le contrôle sur l'action par la force. Ce revirement de situation avait le don de griser l’esprit du dominé qui se voyait soudain offrir une multitude de possibilités, néanmoins toujours dans le cadre de ce que désirait le maître du jeu. Pas de place pour l’improvisation ni l’imagination lorsque le sentiment de contrôle sur le bourreau vous monte à la tête.

- D'accord. T'avais qu'à demander au lieu d'inventer des histoires. Te toucher, c'est ça ? ... Ça tombe bien... Il y a un tas de trucs qui me font déjà envie.

Octave lâcha légèrement prise sur les mollets, les sourcils arqués en une moue faussement étonnée. Un frison saisissant lui parcourut la peau en puissantes vagues lorsque Leslie introduisit ses doigts fins sous son t-shirt. Il y avait quelque chose d’indéniablement agréable dans cette intrusion plus qu’intime, mais Octave se crispait déjà intérieurement, bien que rien dans son apparence ne le laissait deviner. Il se sentait n’être que l’objet d’un appétit opportuniste. Docile, jouant le jeu qu’il avait lui-même instauré, le bibliothécaire se redressa légèrement pour aider le jeune à retirer son haut, découvrant un corps encore plutôt bronzé, même si marqué par des cicatrices qui, elles, restaient immuables blanches. Un énième ricanement se fit entendre, un peu tendu et crispé, alors qu’un fin doigt traçait la courbe de son menton et descendit vers le centre de son ventre. Octave soupira, partagé entre le contentement et le rire qui naissait au fond de sa gorge sous une caresse qui le chatouillait plus qu’autre chose. Mais le môme était tellement sérieux dans son exploration qu’il n’eut d’autre choix que d’étouffer le tout derrière un vague sourire alors qu’il préféra regarder le plafond pour reprendre contenance. Il ne fallait pas tout gâcher de sitôt, voyons. Patient, il faisait la planche à son tour, la parfaite petite planche, sans échardes ni fêlures disgracieuses, laissant le gamin s’amuser et prendre ses aises. Ce qu’il faisait déjà très bien.

Finalement, il cessa ses tergiversations hésitantes et attaqua la découverte à pleines mains, parcourant le corps de l’adulte plus franchement. Les lèvres légèrement pincées, Octave ne broncha pas d’un pouce lorsque la petite main alla rejoindre sa large gorge, entremêlant le bout de ses doigts dans les cheveux à la base de sa nuque. Saisi par un élan de tendresse insolite, l’élève déposa ses lèvres contre la clavicule du bibliothécaire qui sentait déjà un semblant de larme se former à la commissure de ses yeux. Que c’était dur. Pour ne pas lui faciliter la tâche, dans un geste maladroit, le minet lui griffa légèrement le buste, arrachant un soupir contenu de la bouche de l’adulte.

- Quand tu dis... toucher. Je te caresse comme si t'étais un chat toute la nuit où tu t'attends à ce que je sois plus "entreprenant" que ça ?

Sa question avait le ton de la provocation, d’autant qu’il n’attendit pas la réponse pour s’attaquer au jean d’un Octave déjà parti vers d’autres cieux. Les jeunes… Enfin, pourquoi se limiter aux jeunes ? Les gens, qu’est-ce qu’ils pouvaient être élémentaires parfois. A se demander si leur structure interne ne s’apparentait pas grandement avec celle d’êtres unicellulaires tant la logique comportementale derrière était simple. Pardon, j’ai dit logique ? Je voulais parler de réflexe résultant d’une activité nerveuse involontaire répondant à une stimulation extérieure. Leslie, en tant qu’échantillon représentatif cette strate on ne peut plus impulsive de la jeunesse, suivait naturellement la voie de la soif. Octave savait que le minot faisait cela par curiosité, et il aurait apprécié l’initiative à sa juste valeur si les circonstances avaient été autres. Mais la conjoncture des événements rendait le geste désespérément simple et irréfléchi. Aussi instinctif qu’impudent, soulignant un esprit bien trop inconséquent. Octave s’était attendu à plein de cas de figure, mais celui-ci était définitivement le plus grossier. Il avait provoqué un innocent, qui n’avait rien vu, rien connu et se retrouvait avec quoi ? Un adolescent livré sans défense, qu’un premier hommage physique n’avait pas manqué d'enivrer à moitié, et que la curiosité, bien avant l’amour, avait fini par mener sur un chemin déshonorant. Dix autres auraient pu faire le même exploit, visiblement.

Sans répondre, Octave avait lâché les mollets du gamin pour venir recouvrir son visage dans un geste empli de désolation. Doucement, il avait commencé par ricaner, essayant de se retenir, mais ce n’était plus la peine, alors il rigola franchement dans une espèce de fou rire cristallin et une octave plus haut qu’à son habitude, preuve que ce n’était absolument pas feinté. Il se frotta les yeux, récupérant quelques gouttes salées qui avaient élu domicile à la pointe de ses cils. Ses épaules étaient secouées par des vagues de gloussements incontrôlés. Il finit néanmoins par se calmer et passa un bras derrière sa tête pour la surélever et mieux voir l’adolescent par la même occasion. Entre deux soubresauts de lèvres carmin, Octave lui dit avec consternation :

« Mec, qu’est-ce que tu fous ? De quoi tu me parles bon sang ? T’es vraiment sérieux ? »

Et comme il savait que c’était le cas, trop intensément que furent titillés les sens de l’adolescent, l’adulte lâcha un soupir, exaspéré pour le coup, sans aucune once de plaisir pour venir adoucir son ton. Il était certes à moitié amusé, mais la texture de sa voix laissait entendre qu’un agacement mesuré. Humectant ses lèvres, qui étaient devenues sèches à force de soupirs à répétition, l’adulte ne quittait pas la princesse -transformée en catin- des yeux. Sans jugeote, il l’imita :

« Je te caresse comme si t'étais un chat toute la nuit où tu t'attends à ce que je sois plus "entreprenant" que ça ?... Je t’ai à peine touché et t’as déjà la reconstitution intégrale de Pompéi dans ton slibard ? T’as de la fumée qui en sort pour te comporter comme ça ? Aussi subtil qu’un char Tigre dans une cour d’école… »

Et voilà, la chute. C’était facile, aucun honneur, aucune gloire d’avoir gravi la montagne la plus haute de la Grèce antique, simplement un vague sentiment de satisfaction devant le fait accompli. C’était vilain et malsain, mais il avait été saisi d’une folle envie de se défouler en voyant son minois emmitouflé dans sa tenue de fille. Ce genre de comportement l’ennuyait au plus haut point. Comprenez, il avait ca par jeu alors que Leslie semblait prendre tout cela très à cœur, pour ne pas dire au bas ventre, tant il avait suffit de l’émoustiller un peu pour lui faire adopter un comportement totalement à l’opposé de qu’on était en droit d’attendre de sa part. Il s’était tellement mollement débattu, et aucun rapport avec les effets du chloroforme. Surtout lorsque Octave lui avait laissé les reines, il aurait pu essayer de fuir, sauver son honneur, sa vie, lui envoyer un coup de poing sévère dans les dents. Tenter quelque chose. Au lieu de cela, grisé par le frissonnement d’un désir éphémère, une curiosité mal placée et au prix d’un grand désavantage, Leslie avait décidé d’en profiter, au lieu de se calmer. Un adulte, mec, deux fois ton âge, potentiel violeur en apparences, qui t’as drogué, t’es coincé dans sa chambre et le seul truc que tu trouves à faire c’est en tirer avantage ? Le syndrome de Stockholm en accéléré, ou un gros manque de retenue en perspective. Octave regardait fixement le minot, un sourcil relevé et l’air grave malgré le sourire narquois qui flottait sur son visage. Il n’avait pas pris la peine de se rhabiller, ni de refermer son jean à moitié défait, attendant patiemment que l’adolescent gagne un peu en pudeur ou continue dans sa folie vulgaire.

« Rien que le fait que je te donne l’avantage sur moi aurait dû provoquer non pas une explosion d’hormones de ta part, mais plutôt l’envie de tirer fort sur les draps pour essayer de m’étouffer avec ou me les jeter dessus et profiter de la diversion pour tenter de fuir. Dis-moi, tu ne serais pas un gamin à problèmes ? Non, parce que vu ton comportement, ça se devine un peu. Surtout avec tes scarifications au poignet qui viennent parfaire cet air d’adolescent aussi tourmenté qu’un slip dans un lave-linge. Tu aimes bien te faire du mal ? A défaut de copuler, je peux toujours t’aider avec ça. Je te fais couler un bain bien chaud ? »

Petit sourire en parenthèse et yeux en circonflexe.

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MessageSujet: Re: Ce n'est que le nouveau bibliothécaire. [25 Septembre 1997] Mar 4 Oct 2016 - 22:26

La curiosité et l'envie s'étaient épousés et avaient envahi l'esprit avide de Leslie dont les hormones venaient tout juste d'exploser. L'adolescent avait tendu ses mains pour découvrir ce corps qui n'était pas le sien, chose qu'il faisait pour la première fois. Enfin, c'était la première fois, en sachant qu'Octave lui avait donné son accord. Alors que ses paumes partaient à l'aventure, il réalisait peu à peu les différences de son corps à celui du bibliothécaire. Un homme plus vieux, plus mature en soi. Il était beau et au toucher, il était loin d'être déplaisant. Octave lui plaisait et cette simple réalité réussissait à échauffer le petit Serpentard qui continuait de dériver ses prunelles contre le torse de l'adulte, tel un enfant devant sa gourmandise préférée. Il s'était d'ailleurs approché pour aller poser ses lèvres contre sa clavicule, tout en humant cette odeur qui ne le quittait plus depuis qu'il s'était retrouvé dans ce lit. Décidément, il n'y avait rien de trop horrible dans cette situation. D'accord, il s'était réveillé dans le lit d'un taré, sans savoir ce qu'il lui était arrivé. Ça, et il ne fallait pas oublier le suçon qui lui perlait encore le cou. Une marque qui lui faisait presque mal lorsqu'il la touchait, mais était-ce bien ce qu'il pensait ? Ses vêtements qui traînaient au sol, le trou de mémoire et en dernier lieu; ce suçon qui offrait la parfait illusion d'un mauvais coup. Mise en scène ou pas ? La question devait se poser. Après tout, Octave lui avait raconté une histoire, une péripétie qu'il énonçait avec tant d'envie et de vérités. Leslie avait-il en face de lui le dieu des mensonges, un cinglé ou un simple joueur dont l'humour lui rappelait peu à peu celle d'une grande asperge blonde ? Et si Felix y était encore pour quelque chose ? Il n'y avait plus rien d'étonnant venant du blond, mais non, cette idée lui semblait peu probable. Octave était grand, il pouvait tout faire seul, sans personne dans ses pattes. Les adultes ont de l'influence sur les adolescents, pas le contraire, n'est-ce pas ? Enfin, pour vu que Leslie n'apprenne pas à utiliser du chloroforme, puisqu'un certain Serdaigle risquerait d'y passer.

Le jeune homme se redressa et dans une simple provocation, il s'attaqua au pantalon du bibliothécaire tout en lui posant une question qui, au départ, l'amusait. Une question qui n'eut guère de réponse d'ailleurs. Incertain, il relâcha sa prise et remarqua au même instant que ses mollets étaient libres. Les plaisanteries avaient assez duré ? Aller, c'était le retour à la réalité. Il se recula légèrement, intrigué par la réaction d'Octave qui... Riait. Le rire, le son de cette exclamation étaient devenu agressant pour Mathewsen, que ce soit un rire franc ou doux, il n'était pas capable de l'apprécier à sa juste valeur. Il s'était lui-même vu rire une fois et disons que cette image n'allait pas le quitter de sitôt. Ça le répugnait. Un rire comme celui de l'adulte, ça lui rappelait toutes ces fois où les autres s'étaient moqués de lui. Une mauvaise impression monta, ainsi qu'un mélange de honte et de gêne qui le fit pencher la tête vers ses propres mains. Ses paumes étaient toujours posées contre cette peau inconnue qu'il venait de découvrir. Il les retira lentement et ferma doucement les poings en réalisant peu à peu qu'il s'était emporté. Les hormones, quoi de plus merveilleux pour déstabiliser un gamin de son genre, un adolescent paumé qui rêve de luxure depuis quelques mois. Il ravala difficilement sa salive, pinçant ensuite les lèvres alors qu'Octave se détendait enfin. Sa propre question qui fut si amusante au départ se transforma en amertume. Ça lui donnait presque mal au coeur. C'était la première fois qu'il se trouvait vulgaire.   

« Mec, qu’est-ce que tu fous ? De quoi tu me parles bon sang ? T’es vraiment sérieux ? »

Lui qui essayait de se remettre en question, Octave ne fit qu'augmenter son sentiment de honte et ses mauvaises impressions. Nerveusement, Leslie regarda autour de lui. Devait-il se retirer ? Il ne comprenait plus la tournure des évènements. Le bibliothécaire l'avait invité à le toucher et puis maintenant il se foutait de lui ? Il se fout de moi depuis le début... Bravo. Et il secoua la tête pour répondre à la question, mais hocha en même temps avant de finir toute cette confusion dans un simple haussement d'épaules. Il n'était pas sérieux, mais il ne rigolait pas non plus. Il s'était seulement amusé et maintenant, ça le gênait. Il remonta l'une de ses mains à son propre visage, allant se pincer la lèvre inférieure entre le bout de l'ongle de son index et le dessous de son pouce. Qu'est-ce que j'ai fait ? Qu'avait-il fait pour se retrouver dans cette position si désagréable ? Ah, oui, il s'était endormi dans la bibliothèque. Son mal de coeur persistait, alors que l'ongle de son index perça légèrement sa peau. Étrangement, la douleur lui fit le même effet qu'un calmant. Elle le porta à penser à autre chose l'espace d'un instant et d'oublier ses maux de coeur.

« Je te caresse comme si t'étais un chat toute la nuit où tu t'attends à ce que je sois plus "entreprenant" que ça ?... Je t’ai à peine touché et t’as déjà la reconstitution intégrale de Pompéi dans ton slibard ? T’as de la fumée qui en sort pour te comporter comme ça ? Aussi subtil qu’un char Tigre dans une cour d’école… »

Outch... Il releva lentement ses pupilles jusqu'au visage d'Octave. Toutes expressions s'étaient supprimées de son visage de porcelaine. Cette situation n'était pas si horrible que ça ? Il s'était trompé. Il n'y avait plus que cette petite bouche entrouverte, un regard humide de colère ou de frayeur, sans oublier cette respiration aussi brusque que calme. Le cinquième année n'avait pas réellement compris les mots du bibliothécaire, mais les grandes lignes furent bien enregistrés. Et le pire, c'était que l'adulte lui parlait avec ce sourire en coin, un sourire horrible qu'il ne pourra jamais oublier. Il se releva aussitôt et commença à assembler ses affaires. À présent, il ne voulait que partir de cette chambre.

« Rien que le fait que je te donne l’avantage sur moi aurait dû provoquer non pas une explosion d’hormones de ta part, mais plutôt l’envie de tirer fort sur les draps pour essayer de m’étouffer avec ou me les jeter dessus et profiter de la diversion pour tenter de fuir. Dis-moi, tu ne serais pas un gamin à problèmes ? Non, parce que vu ton comportement, ça se devine un peu. Surtout avec tes scarifications au poignet qui viennent parfaire cet air d’adolescent aussi tourmenté qu’un slip dans un lave-linge. Tu aimes bien te faire du mal ? A défaut de copuler, je peux toujours t’aider avec ça. Je te fais couler un bain bien chaud ? »

Telle la gazelle face à son prédateur, il se dressa et fixa Octave un moment. - Comment peux-tu... Son regard s'assombrit et il se rapprocha du lit, prêt à le tuer sur place par tous les moyens possibles, mais une partie de lui le força à s'arrêter face au matelas. Il s'en voulait plus à lui-même qu'à l'homme. Soyons franc, ce n'était pas Octave qu'il voulait tuer. Le regard vide, il secoua la tête. - Ils se foutent tous de ma gueule... Et chaque fois, le coup est réussi. Génial Leslie... T'es génial. s'avoua-t-il en griffant le suçon, arrachant ainsi sa peau. Il se défoulait de cette façon, en s'en prenant qu'à lui-même. Le souffle court, il retourna à ses vêtements au sol et cligna des yeux à maintes reprises, puise que sa vision se flouait sous les larmes. Cependant aucune d'elles n'allait couler. Non, le Serpentard n'allait pas flancher devant le bibliothécaire. Il se trouvait déjà assez pathétique et il n'avait pas envie d'en ajouter davantage.

- Je te fais couler un bain bien chaud ? répéta-t-il dans le vide, le visage crispé et une boule dans la gorge. Tu sers tellement à rien qu'on préfère t'aider à crever plutôt qu'à vivre. pensa-t-il par la suite en continuant d'arracher sa peau. Il se sentait sale et ce sentiment combiné au dégoût qu'il se portait à lui-même l'étouffait complètement. L'odeur d'Octave était encore aussi forte, ce qui l'enrageait un peu plus à chaque instant. Tout en tremblotant, il arracha presque la chemise qu'il portait, voulant au plus vite s'en débarrasser et remettre ses propres vêtements. Lorsqu'il eut terminé de se changer, il s'approcha de la porte, essayant de l'ouvrir. Barrée... La porte était barrée. Il donna donc le premier coup de pied contre celle-ci, se retournant ensuite. - ... Oh, il n'avait pas envie de jouer à "ouvre-moi la porte s'il te plaît". Il ne pouvait pas aller se défouler ailleurs, alors il allait se défouler ici. Il chemina lentement, prenant l'un des deux vases qui, sans se le cacher, embellissait la pièce.

- T'as raison... Dit-il avant de balancer le vase contre la porte.- J'suis un gamin à problème ! poursuivit-il en lançant le deuxième vase au même endroit. - Un slip dans un p'tain de lave-linge qui se change en catin puis en princesse ! Il empoigna la statuette de bronze, l'envoyant à son tour contre la porte avant de lancer tous les livres sur lequel il put mettre la main. - Je suis aussi subtil qu’un char Tigre dans une cour d’école ! Il sourit en coin en jetant une boîte en bois, toujours contre la porte et pris à deux mains un gros minerai qu'il balança non loin de la tête du bibliothécaire sans aucun ménagement. À force d'avoir crié, il avait déjà mal à la gorge, mais ça ne le gênait pas. - J'aime me faire du mal... conclut-il dans un murmure puis il monta sur le lit et se rapprocha de l'adulte, restant debout. Il le fixa avec dégoût. - Mais vu mon comportement, ça se devine un peu... Hein ? Il retourna gratter la plaie à son cou, se rendant compte qu'elle saignait abondamment. Dans un soupir, il essuya ses doigts contre son haut et s'accroupit de sorte à se rapprocher d'Octave. - Ouvre-moi la porte. Avec un peu de chance, je vais crever avant d'atteindre ma chambre. Il lui sourit faussement, la tête penchée sur le côté droit, alors qu'il se retenait d'aller l'étrangler. Enfin, l'une de ses mains s'était redressée, signe que son envie de meurtre était assez présente. - D'accord ?

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MessageSujet: Re: Ce n'est que le nouveau bibliothécaire. [25 Septembre 1997] Ven 7 Oct 2016 - 1:01

Lorsqu’on mettait en lumière de manière aussi parfaitement évidente les travers d’un esprit, la réaction qui s’en suivait n’empruntait généralement que deux chemins spécifiques. Evidemment, la vie en avait pourtant prévu bien d’autres, mais ces deux-là étaient les plus récurrents car prosaïquement banaux, convenant à tous types de caractères. D’abord, l’outré se renfermait, se transformait en pierre comme si Médusa Gorgone l’eusse regardé elle-même. L’esprit se cachait derrière des yeux vitreux, tandis que le cerveau essayait d’analyser sa méprise. Cet état d’huitre pouvait durer autant quelques secondes que de longues minutes, en fonction de la vivacité du concerné, de la qualité et de la quantité de ses neurones. Puis cela mutait en réalisation, toute aussi crue que désagréable, laissant le visage figé, ne se traduisant que par une étincelle dans le creux du regard. Un brusque retour à la réalité de ce monde, impitoyable avec les faiblesses. Et enfin, la réaction. Certains restaient statues de marbre, le visage impassible. D’autres enrageaient contre eux-mêmes, mais surtout contre celui ou celle qui avait osé, avec des mots aussi brutaux, relever cette imperfection. L’adolescent sembla passer par ces deux états, regardant d’abord Octave d’un air interdit, sur le point de basculer dans le sentimentalisme à en juger par les reflets humides de ses yeux. Mais il se retint en se relevant, l’action aidant toujours à maîtriser les émotions. Toutefois, la dernière tirade du bibliothécaire anéantit cet incommensurable effort à néant, comme le coup de vent qui fait tomber un château de cartes.

- Comment tu peux…

Pour dire ça… Je ne sais pas, en ouvrant la bouche et ondulant ma langue, transformant ainsi l’air de mes poumons en parole ? Pas vraiment compliqué en soi, non ? En tout cas, rien d’exceptionnel pour mériter une telle question. Vraiment, cela n’avait rien de mystérieux pour une fois. Bien évidemment, le minet faisait référence à l’inimaginable absence de considération dont il fallait faire preuve pour se comporter de la sorte. Mais comme pour Octave il s’agissait là d’une attitude naturelle, s’aviser à être aussi graveleux ne demandait strictement aucun effort personnel. Il n’étouffait pas sa conscience, n’allait pas à l’encontre de ses principes, ne faisait pas appel à un monument d’impassibilité pour ne pas fondre en larmes devant le bambin qu’il avait si méchamment malmené. Alors il pouvait, simplement, comme ça, sans peine, ni pincement au cœur, sans remords ou regrets. Son caractère était accommodant, se prêtant facilement à ce type de pratiques.

L’adolescent s’approcha, fulminant, le regard prédateur, sur le point d’attaquer, tandis qu’Octave était lascivement allongé, braguette défaite, se disant qu’il n’était pas contre d’être une victime pour une fois. Mais le môme changea encore d’avis, se reprenant en main, probablement pas pour très longtemp, car il semblait être doté de la même stabilité qu’un métronome, penchant tantôt à droite, tantôt à gauche, le poids de ses épaules le faisant inlassablement basculer sans qu’il ne puisse se consolider. Et effectivement, Leslie entama un poignant monologue interne à voix haute. Cette pratique demeurait un mystère pour le brun, qui ne comprenait pas vraiment comment on pouvait s’oublier au point de déverser son cœur directement sur ses lèvres, transformant ce qui aurait dû rester une réflexion en tirade intime. Sentant l’hystérie non loin de ce cœur en peine, Octave se redressa, s’adossant au sommier de son lit. Voilà même qu’il se griffait cruellement, raclant la naissance de son cou, là où de lèvres orgiaques avaient laissé la marque d’une envie fugace. Ces aimables enfants, pleins d’une fièvre que l’âge leur inspire gentiment. Il était perdu le bonhomme, tournant en rond, débitant des fadeurs tragiques pour son cœur, ne sachant pas où accrocher son regard égaré, ne trouvant plus aucun appui dans cette chambre inconnue, rien de familier, rien de rassurant. Rien qu’un mec torse poil, allongé dans un lit, c’est tout. Ce dernier d’ailleurs l’observait, franchement curieux de voir comment cette perdition allait bien pouvoir se terminer.

Manifestement il voulait s’éloigner autant que possible de cette honte qui s’était enracinée d’autant plus profondément dans sa conscience qu’elle avait eu un spectateur. Leslie arracha sa chemise, préférant sa tenue de fille, avant de tenter une échappée. Raté. Octave pencha la tête sur le côté alors que le garçon déversait son ennui sur cette pauvre porte qui n’avait rien demandé d’autre que de faire son travail. Heureusement qu’il n’était pas quelqu’un de matérialiste ni de radin, même s’il appréciait les objets qui décoraient sa chambre selon leur valeur artistique et artisanale. Mais surtout, il était sorcier, et chez les sorciers, quasiment tout se réparait, sauf les cœurs brisés, bien évidemment. Alors quand son prisonnier d’un soir balança son magnifique vase en verre de Murano contre la porte, il se contenta de fermer calmement les yeux. Il les rouvrit sur un massacre coloré, jonchant le sol comme si un arc-en-ciel avait cristallisé sur la pierre. Le Klimt suivit de près, teintant les chatoyants morceaux de verre répandus sur le sol d’une enluminure dorée. Et comme pour donner du sens à ce massacre, le gamin gueulait son malheur, balançant tout ce qui lui passait sous la main sur une porte qui restait tragiquement close. Quelle extraversion fabuleuse ! Encore un qui, au lieu de se remettre en question, employait son énergie à non seulement se détruire soi-même par un tel comportement mais en plus le monde qui l’entourait, comme si cela pouvait arranger quelque chose à sa tristesse.

Juste à temps, Octave roula sur le côté, voyant son précieux Kipushite voler dans sa direction. Ce dernier s’écrasa contre le sommier, y laissant une cavité de bois écrasé. La pierre elle-même se brisa en deux sur la longueur des cristaux, là où la structure présentait des imperfections. Dans son élan, le bibliothécaire s’était assis, jetant un regard flegmatique vers les morceaux de cailloux d’un vert émeraude qui brillaient entre les plis des draps. Cette destruction méthodique ne calma que partiellement l’adolescent, qui monta sur le matelas à plein pieds, la voix défaillante mais tout aussi braillarde, regardant l’adulte avec haine. La hauteur de la couche lui donnait l’avantage d’être plus grand que le bibliothécaire, qui ne releva pas les yeux pour autant, d’une part parce qu’il détestait le faire et d’autre part parce qu’il considérait mélancoliquement les vestiges de ce qui fut il y a encore dix minutes l’ornement de sa chambre.

- Ouvre-moi la porte. Avec un peu de chance, je vais crever avant d'atteindre ma chambre. D'accord ?

Octave tourna lentement la tête, fixant un Leslie maintenant accroupi et sanguinolent d’un regard dépité. Longuement, il soupira avant de se relever. Avec calme et flegme, il reboutonna son jean et de se dirigea vers la porte : comme il était pieds nus, il fit attention à ne pas se blesser. Du bout des doigts, il ramassa quelques morceaux coupants et bariolés au creux de la paume, les recueillant comme si c’eut été de fragiles fleurs séchées. Sans regarder Leslie, il fit d’abord jouer la lumière au travers du cristal craquelé en ondulant sa main sous la lueur des bougies.

« Tu sais d’où il vient ce vase ? De Murano. Travail exécuté par la famille Venini, du verre soufflé et travaillé à la main libre, à une époque où les maîtres verriers étaient les seuls à détenir les secrets de leur technique. Le savoir-faire n’a d’ailleurs pas changé depuis. Il me semble qu’il date de 1723. Une compensation de la part du musée de Venise pour un service rendu. Et celui-là, dit-il en faisant remonter un morceau doré, c’était le travail des mains d’un type complètement inconnu et malade, il me l’avait offert pour qu’au moins son œuvre subsiste quelque part après sa mort. »

Il retourna sa main, faisant chuter les morceaux au sol, les obligeant à rejoindre leurs jumelles dans un joyeux bruissement de verre qu’on secoue. Il ramassa un livre et le feuilleta d’un air pensif alors que des pages se décrochaient de la reliure, la vieille colle ayant du mal à les retenir après un traitement aussi grossier. Première édition des Caractères de la Bruyère. Dans un murmure, il se mit à énumérer à mesure qu’il reconnaissait les cadavres de livres répandus à terre comme des soldats morts sur un champ de bataille.

« Reliure demi-veau à coins, dos orné de fers dorés, reliure pastiche, imprimé à Paris, mors légèrement frotté, 1688… Clause Fauchet, maroquin framboise, trois filets dorés sur les plats, dos à nerfs orné d’un décor orné à la grotesque, coupes bordures décorés, tranches dorées sur marbrures, Paris, 1581… Jeu de cartes du blason, Lyon, 1692… »

Soudain, il prit de l’élan et s’élança vers le lit, enjambant l’espace qui l’en séparait en quelques larges foulées avant de bondir sur le matelas pour se mettre dans la même position que Leslie, en miroir parfait, jusqu’aux cheveux qui pendaient dans le vide alors qu’il penchait légèrement la tête sur le côté. Il le regarda un instant, non comme quelqu’un qui réfléchissait, mais qui désirait pleinement avoir l’attention de son interlocuteur. A chaque fois que les yeux du garçon fuyaient, il les récupérait dans leur débandade d’un coup d’œil perçant.

« Crever. Avec un peu de chances. On ne crève pas avec de la chance. Tu ne sais pas ce que veut dire avoir réellement envie de mourir, au point où tout semble être une opportunité jusqu’au jour tu te décides enfin. Et là, tu ne te rates pas, tu n’essayes pas de faire une overdose au Doliprane, tu ne te coupes pas les veines… Non, tu te jettes du dixième étage, cash, la tête la première. Ou tu te pends avec une bonne grosse corde à une poutre bien solide. Mais toi, t’es un peu différent. Comme une édition limitée. Pas dans le sens où t’es rare et précieux, mais celui où il te manque deux ou trois pages. » Fataliste, il jeta un furtif coup d’œil à la pièce, répertoriant mentalement tout ce que le gamin lui avait pété dans la piaule. Puis il revint au visage du minet, le fixant d’un regard sensé être immobilisant. « Tout le monde se fout de ta gueule parce que t’as le profil pour. C'est écrit sur ton visage de poète maudit. Tu voulais de la copulation suintante ? » Dit-il en bougeant son bassin d’avant en arrière pour illustrer ses propos sans quitter le gosse du regard « Mais on te la refuse en pointant du doigt sur tes grosses lacunes. Frustré et vexé, tu fais quoi ? Tu te venges. Même pas sur moi, mais sur mes affaires. Tu sais ce que c’est tout ça ? Déjà, c’est de l’argent, plein, plein d’argent, plus que tu ne peux t’imaginer. Mais surtout, c’est du travail. Minutieux, beau et rare, premiers témoignages d’une habilité qu’on n’arrive pas toujours à reproduire à notre époque. Le comble, c’est que ce n’est pas mon travail, mais celui de quelqu’un d’autre. Pourquoi tu t’attaques à des objets ? J’ai compris, t’es malheureux, mais couplé à ton égoïsme, au lieu d’attirer la compassion, tu fais juste pitié. » Il passa une main dans ses cheveux, l’air de réfléchir sérieusement cette fois-ci. « Tu vois, tu m’aurais envoyé un poing dans la gueule, je ne t’en aurais pas voulu, mais maintenant que t’as pété des pièces rares et uniques simplement parce que t’es incapable de te contrôler, je crois que t’es bien parti pour venir tous les soirs dans la bibliothèque pour apprendre des sorts de restauration et me réparer tout ce bordel comme si c’était du neuf. Ca t’apprendra la patience, la modestie et ça t’éloignera de toutes ces conneries que t’as dans le crâne qui te font te comporter comme si t’étais le nombril de l’univers. »

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MessageSujet: Re: Ce n'est que le nouveau bibliothécaire. [25 Septembre 1997] Jeu 13 Oct 2016 - 23:59

L'adulte se redressa sous le regard du jeune Serpentard qui détourna ses prunelles pour le voir s'approcher des dégâts. Du verre en éclats, des livres en mauvaises états et il ne savait plus quoi encore qui trônait devant cette porte qui était toujours fermée. Allait-il pouvoir sortir de cette pièce un jour ? Est-ce qu'il en demandait trop ? En fait, cette question, il se l'était souvent posée autrefois. Il ne recevait jamais ce qu'il désirait, même pas une infime partie de sa demande. Non, ce n'était que du vide et de ce vide, on lui demandait toutes sortes de choses en retour. Alors peut-être qu'au fond, il en demandait trop. Peut-être qu'au fond, ses attentes étaient trop hautes et c'était ce qui faisait en sorte que peu importe ce qui allait arriver, il ne pouvait qu'être déçu ou confronté à l'opposé. Et c'était ce qu'Octave faisait dans un certain sens. Leslie était confronté, pris face à une situation qu'il n'aurait jamais voulu vivre, une grande mise en scène dans laquelle il avait mis de sa participation et il était de retour à la première case. Là où il s'était avancé, il n'avait eu le droit que de se brûler. Ce qu'il avait appris en si peu de temps n'était que l'ampleur de son invalidité à pouvoir bien réagir à une situation qui, de loin, était sans doute beaucoup plus simple qu'il ne le croyait. Sa gorge était tachée d'un rouge pourpre qu'il avait pour habitude de voir à présent. Son sang, le sang d'un être impur qu'il déteste depuis si longtemps qu'il en vient à se demander pourquoi il n'a pas été capable d'arracher plus de peau que ça. Partout il ne voyait que des échecs et face à ce bibliothécaire, il avait l'impression d'être l'un de ces cadavres qu'on ramène à la vie, ce cadavre qui avait si longtemps attendu sa mort. Alors pourquoi le ramener à la vie ? Pourquoi devait-il être si durement ramener sur Terre ? Il ne s'était jamais senti aussi vivant avant d'atterrir dans ce lit. Cette nouvelle cage, bien que disgracieuse et maintenant amochée, lui faisait ouvrir les yeux sur certaines choses. Premièrement, les adultes sont aussi bêtes que les adolescents. Deuxièmement, le monde des autres est parfois plus envahissant que le nôtre. Troisièmement, les hormones... c'est puissant. Et quatrièmement, ce n'était pas parce qu'il était persuadé de quelque chose qu'en somme, cela voulait dire que c'était vrai.

Octave avait réussi à lui faire croire un tas de conneries. Un bon menteur en bref, mais d'où pouvait venir ce plaisir à mentir de cette façon. Pourquoi s'amusait-il à chambouler un gamin ? C'était ce que Mathewsen cherchait à savoir. Pourquoi lui ? Ce n'était sans doute pas par hasard qu'il s'était retrouvé là. Après tout, il était impossible pour lui de croire qu'il était le seul élève à s'être endormi dans la bibliothèque depuis qu'Octave était là. Alors quoi ?.. L'uniforme féminin, sans doute. La jupe avait pour habitude de lui attirer un tas d'ennuis, de chercher l'attention d'innombrables êtres malveillants. Mais Felix n'était pas ce qu'il y avait de plus méchant en ce monde. Et Octave avait été, même si c'était dur de l'avouer, très doux avec le Serpentard. Donc... L'adulte faisait tout cela dans le but de s'amuser. Le jeune homme se força mentalement un rire bien sarcastique en se disant que ça n'avait rien de drôle. Oh, règle numéro quatre ; être persuadé ne veut pas dire qu'on a raison. Alors d'accord, c'était peut-être réellement amusant en fait, mais pas pour lui. Enfin, vu sa position, rien n'allait lui être amusant ce soir. « Tu sais d’où il vient ce vase ? » Oh, à peine Octave avait prononcé ses premières paroles que le gamin pris place contre le matelas, s'installant aisément et fixant le bibliothécaire qui lui récitait des choses qui n'avait aucune importance pour lui. Il profita d'ailleurs de son manque d'attention pour reprendre l'un des deux morceaux de Kipushitei en main pour ensuite le jeter au sol, créant à nouveau du brouhaha. Il fit de même avec l'autre morceau d'ailleurs. À quoi bon lui raconter toutes ces histoires ? Qu'était-il censé comprendre ? Découragé, Leslie fit du bruit à l'aide de sa bouche, alors que celle-ci se faisait pâteuse.

« C’était le travail des mains d’un type complètement inconnu et malade, il me l’avait offert pour qu’au moins son œuvre subsiste quelque part après sa mort. » Et il a fini dans ta chambre, c'est tristeuh pour lui. pensa-t-il en soupirant et se forçant un sourire mal à l'aise. L'adulte était définitivement impossible à suivre et le pire, c'était qu'il poursuivait ses dires, passant des vases aux bouquins. Incertain, Mathewsen regarda autour de lui, cherchant à savoir si c'était encore une mise en scène ou si l'homme face à lui était vraiment en train de lui réciter tout ce qu'il avait malheureusement brisé. Et d'ailleurs, oui, il avait tout brisé, mais c'était la faute à qui, hein ? Au moins, ces nouvelles divagations lui avaient enlevé son envie de meurtre. « Reliure demi-veau à coins, dos orné de fers dorés, reliure pastiche, imprimé à Paris, mors légèrement frotté, 1688… Clause Fauchet, maroquin framboise, trois filets dorés sur les plats, dos à nerfs orné d’un décor orné à la grotesque, coupes bordures décorés, tranches dorées sur marbrures, Paris, 1581… Jeu de cartes du blason, Lyon, 1692… » Et la suite des choses fut assez... intéressante. Leslie, les yeux grands ouverts, écouta tout ce que l'adulte avait à lui dire sur la vie. Perplexe, il ne fit que pencher la tête et hocher chaque fois qu'il se sentait blessé par ses mots. Lui, lui il a le profil pour être une victime ? C'était sa logique des choses. Puis après, il parle d'argent ? Mathewsen pinça les lèvres et fronça les sourcils. Il l'écouta attentivement, enregistrant tout ce qu'il avait à dire, parce que c'était ce qu'il faisait toujours et lorsque la fin venue, il prit le temps d'applaudir, frappant ses mains directement devant le visage du bibliothécaire, pour ne pas dire qu'il était à deux centimètres de son nez. Trois tapes et c'était fini. Il secoua ensuite la tête en haussant les épaules.

- Bon... maintenant que c'est toi qui joues la princesse, je vais donc prendre le rôle de la catin, okay ? Il inspira doucement et laissa évacuer un rire, sans jamais perdre de son sarcasme. - Alors, sache que crever avec chance ne veut pas forcément dire que la chance me revient à moi. Non, tu n'y es pas du tout mon grand. Mais comme tu sembles en connaître plus sur le rayon, bah je me demande ce que tu fous encore ici. Tu t'es raté ? Parce que tu vois, à être dans ta peau, j'aurais sans doute eu toutes les pages qu'il me faut pour vouloir crever. Il sourit en coin tout en haussant un sourcil. - Et dans ton cas, il y aurait eu beaucoup de chance. Ouais, ça aurait été une chance pour tous ces gens qui t'ont malheureusement rencontré. Cet homme malade qui t'a donné ce vase en fait partie. ET OH... Après, c'est ma faute ? T'es sérieux là ? Tout en croisant les bras, il chercha dans sa petite tête le meilleur exemple qui lui venait face à cette situation. - Tu vois, t'es tellement taré qu'en fait, t'es ce genre de mec qui chiale tous les jours que les crottes de son chat sentent mauvais. Mais, ce chat, t'es pas foutu de le laisser sortir. Sauf que... Il rapprocha son visage du sien avant de poursuivre. T'es tellement con "Octave", alors tu continues de te plaindre en espérant ensuite que ton chat ramasse sa propre m*rde. Réveilles-toi, ce chat n'en a rien a foutre et va pas dire que c'est de sa faute s'il va chier. Surtout que c'est toi qui l'as fait entrer ce chat, c'est toi qui l'as nourri. Tu t'attendais à quoi en m'invitant ici, hein ? T'es vexé que ta mise en scène m'ait pas donné la réaction que tu recherchais ? Alors tu te venges en voulant que je répare tout ? T'es pas mieux que moi. Il se redressa doucement tout en essayant de comprendre ce que l'adulte lui voulait, mais rien ne lui venait à l'esprit. - Donc, ma princesse, t'as raison, j'suis malheureux et sûrement égoïste et t'as réussi. Oui, bravo, tu m'as donné envie de ba*ser, mais t'es celui qui m'a invité à te toucher. Du coup, j'suis pas vexé, juste frustré et vue la situation, je ne risque pas d'être celui qu'on va pointer du doigt. Entre l'ado qui s'ouvre les veines et le conard qui enferme un élève dans sa chambre en lui citant qu'il lui appartient pour la nuit, j'pense pas être celui qui fait le plus pitié. Alors... pendant que tu te masturbes Il mima deux coups dans le vide de sa main gauche, l'envoyant ensuite vers le visage du bibliothécaire. avec ce qui reste de tes biens matériels, j'aimerais bien que tu laisses le chat sortir. Il se recula et regarda vers la porte en fronçant du nez. - Et peu importe ce que t'as à dire, sache que je suis content d'avoir brisé tes trucs. Ce monde n'aurait rien perdu si je m'en serais pris à ta tête et faut dire qu'en ta possession, ces trucs ne valaient pas vraiment mieux que de la me*de de chat. D'ailleurs, si tu veux vraiment jouer à l'adulte avec moi, t'aurais dû y penser plus tôt, parce que là, c'est pas gagné.

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MessageSujet: Re: Ce n'est que le nouveau bibliothécaire. [25 Septembre 1997] Dim 16 Oct 2016 - 4:04

Il n’était arrivé qu’à la moitié de sa tirade, mais Octave le voyait déjà, ce regard très spécifique, celui qui lui avait été donné de voir tant de fois sur les visages de clients mécontents, orgueilleux ou trop butés. D’abord fâché, il devenait hautain, avant de sombrer dans une antipathie si mal camouflée derrière une mesquine indifférence toute calculée. Leslie, étant un personnage particulièrement irréfléchi, ses tentatives de maîtriser ses émotions furent gâchées par le manque d’expérience et de volonté. Derrière ce masque qu’il avait fini par revêtir, Octave pouvait clairement voir transparaître de discrètes émotions, uniquement traduites par un léger frémissement de la lèvre, un nerf ému battant le rythme du cœur sur la tempe, des yeux fuyants, un clignement de paupières trop insisté, une légère rougeur… Et puis ce regard débile, narquois, celui qui sous-entendait qu’il n’en avait rien à carrer de ce que disait l’adulte. Pourtant il l’avait écouté jusqu’au bout, et Octave savait parfaitement d’expérience que quelqu’un de véritablement indifférent ne se serait jamais donné la peine d’écouter un aussi long monologue jusqu’au bout. D’autant qu’il était bourré de sarcasmes volontairement injurieux. Alors, lorsque Leslie se mit à l’applaudir, avec une lenteur paresseuse pour mieux souligner tout ce qu’il n’en pensait pas, Octave ne broncha pas. Et contrairement à Leslie, rien ne le trahissait, parce qu’il ne cachait strictement rien. Son orgueil n’en fut pas touché le moins du monde, tant il était certain d’avoir, malgré l’apparence détachée du garçon, touché son fond. La tirade en riposte qui suivit ne fit que confirmer son assurance. Ce serait-il donné la peine de répondre s’il n’en avait cure ? Peu sûr, peu sûr… L’indifférence, Octave l’avait connue dans toute sa froide splendeur ; le vide qu’elle engendrait était bien plus effrayant et blessant que cet applaudissement moqueur.

D’ailleurs, Leslie s’en moquait tellement que son monologue fut encore plus long que celui du bibliothécaire. Toute la jeune force haineuse mal disciplinée du garçon creva d’ironie, de méchancetés odieuses et en gestes de mains tordus et insolents. Il tentait de blesser en retour, comme un animal mortifié qui se savait coincé contre un mur, regardant l’adulte de ses grands yeux admirablement hautains, tandis que ses lèvres ciselées comme des pétales d’orchidée se tordaient pour exprimer toute la quintessence du mépris. Manque de bol, Octave était forgé depuis sa plus tendre enfance à ce genre de spectacle. Il en avait subi, des tirades sans broncher. D’abord par servitude, puis grâce au sang-froid qu’il avait développé de façon imposée. Des sermons blessants et offensants très souvent, parfois dédaigneux, déçus, rarement approbateurs et encore moins agréables. Sa mère en avait été la première spécialiste, la plus acharnée et talentueuse, si bien que tous ceux qui avaient suivi sur le chemin du soliloque offensant ne parvenaient jamais à dépasser le niveau de sa génitrice. Probablement qu’à l’époque, il fut trop soumis et faible, en ayant grandement souffert, parce que c’était sa mère et qu’il ne s’aventurait jamais à répondre, ou à questionner son opinion, la prenant humblement comme une vérité. Mais cette époque était révolue, et il s’était évertué à n’en garder que le meilleur, à savoir une capacité à prendre sur soi assez hallucinante. Toutefois la situation était différente, parce que Leslie ne le connaissait pas et ne savait donc pas quoi dire pour lui faire véritablement mal. Quand bien même y parviendrait-il par hasard, son avis ne comptant absolument pas, du fait de la nature de leur relation tout juste naissante, Octave y apportait autant de crédit qu’à un horoscope dans un journal féminin.

Aussi, lorsque la source verbale se tarit doucement, Octave tressaillit faiblement, mais non pas comme Leslie l’attendait très probablement. Un demi-sourire errant passa sur le beau visage fermé, et la tête inclinée de côté, les yeux attentifs, l’arc délicieux de la bouche détendu, il arbora un air odieusement tranquille et plein d’assurance. Il n’avait pas l’intention de se justifier alors que le discours était aussi dénué de fondement que pouvait l’être un pareil amas d’opportunisme et de sophisme irrévérencieux. Il se tut simplement, dans une sérénité imperturbable, sondant le visage du garçon de ses yeux langoureusement mi-clos. Malheureusement pour l’adolescent, la famille d’Octave avait déjà exploré en large et en travers les thèmes chers à son cœur comme sa débilité sans bornes, son inutilité sociale, sa profonde médiocrité, son incapacité à l’extraversion, à la courtoisie rudimentaire… Et avec des mots bien plus rudes que ceux utilisés. L’adulte ne voyait là qu’un enfant révolté, puis soumis, mal enchaîné, incapable d’être libre, tant une insolence juvénile le nouait à une défiance constante. A la moindre occasion, il mordait, et plus fort que ce dont était capable son prétendu agresseur si possible. Là aussi, il avait essayé de frapper aussi fort qu’il le pouvait, de tout son dédain qui déformait son joli visage, tirant ses traits d’une chaste douceur en une expression qui l’enlaidissait.

Octave eut un mouvement étrange. Sensiblement, il se pencha vers le garçon, et comme ils étaient déjà proches, il sembla un instant qu’il s’apprêtait à l’embrasser, d’autant qu’il ne le quittait pas des yeux. Mais il s’arrêta à quelques centimètres du jeune visage, le bras tendu vers le mur que Leslie avait dans le dos. Au-dessus du sommier de son lit, le mortier qui scellait la pierre s’était usé, créant des renfoncements entre les briques. Là, si on y prêtait attention, chose que personne ne faisait jamais tant l’objet se fondait dans le décor, sa baguette logeait entre deux blocs de roche, creusant sa place dans un creux sombre. C’était là qu’il avait pris l’habitude de la mettre, la vie lui ayant appris qu’à défaut de l’avoir sous la main, il valait mieux la garder cachée pour que personne n’ait l’idée de la retourner contre lui. Du bout des doigts, Octave s’en saisit, captant l’attention de l’adolescent de sa respiration paresseuse et d’un regard hypnotisant de calme qu’il gardait fixe. Puis il se redressa et se leva même. Dans une pause de chef d’orchestre, il murmura un « Reparo », et tous les objets au sol reprisent leur forme initiale. Lentement, les morceaux de verre s’agglutinèrent par couleur et allure, les feuilles de papier isolées rejoignirent les couvertures auxquelles elles appartenaient. Dans un bal mouvementé et harmonieux, accompagné du tintement cristallin du verre et du froissement des pages qui se frôlaient en vol, les objets reprirent leur aspect originel, comme si rien ne s’était passé. Pas une fêlure n’était là pour témoigner du récent massacre, le sol était propre, la Kipushite traînait sur le lit, intacte. Un autre mouvement de baguette s’en suivit, silencieux cette fois-ci, et les affaires maltraitées retrouvèrent leur place sur les meubles. Un troisième coup de baguette, et le sommier redevint lisse, le bois se bombant sous la force de la magie, retrouvant un aspect intact. Qu’il était facile d’oublier la valeur des choses lorsque tout était réparable… Sans se retourner, il ricana doucement, baguette abaissée mais toujours dans la main.

« Est-ce que tu viens vraiment de justifier ton comportement en évoquant celui d’un chat ? Accorderais-tu donc si peu de valeur à ta propre intelligence pour te cacher derrière un animal domestique ? »

Un silence morbide s’en suivit, alors qu’Octave, le dos toujours tourné, regardait vaguement par-dessus son épaule, offrant son profil à l’adolescent. Un sourcil levé était là pour témoigner de son scepticisme, mais les mots avaient été dits, alors la question était rhétorique. Probablement que Leslie n’y avait pas pensé sur le coup, trop occupé à trouver la bonne métaphore, et maintenant il était trop tard. Le mauvais choix était fait et Octave n’allait pas manquer de rebondir dessus, puisque c’était la seule chose véritablement tangible sur laquelle il pouvait avoir prise, le reste du discours ne traitant que de lui et de ses travers supposés.

« Tu aurais pu au moins choisir, je ne sais pas, un dauphin. Mais dans ce cas-là la comparaison aurait perdu tout son sens, bien entendu… Mauvaise comparaison d’ailleurs, parce que ça rabaisse tes actes au rang de citrouilles déposées par un sphincter incapable de les retenir… Enfin, en y réfléchissant, peut-être pas si mauvaise que ça, la métaphore. » Octave se retourna enfin, avec le pas d’un danseur de ballet, les pieds en troisième position : talon du pied placé devant sa place au milieu du pied de derrière. Cela lui donna l’air de tourner en gardant les épaules au même niveau, comme s’il fut sur des roulettes. Son regard se fit plus vif, l’idée qui se cachait derrière se concrétisant au point de faire briller ses yeux de jade d’une mauvaise lueur, ne présageant rien de bon. Mais de ses larges épaules, il prenait soin à barrer le chemin vers une quelconque sortie. « Et tu sais ce qu’on fait avec les chats qui ne sont pas bien dressés ? On leur fout la tronche dans leur citrouille. Tu veux être un chat ? V’la ta litière. »

Et sur ses mots dits sur un ton mielleux à en faire frémir, Octave tendit vivement sa baguette vers Leslie, l’animant d’un sortilège informulé. Sabulum fluctus. Ou « Flot de Sable ». Un sort utilisé au Moyen-Orient pour enterrer les cadavres dans le désert plus rapidement. Aussi vite pensé, aussi vite fait. Un jet de sable fin et dur vint se heurter avec force à la poitrine de l’adolescent, le renversant vers l’arrière sous la force du choc. Comme l’éruption était continue et compacte, avant que Leslie n’ait le temps de se relever, son torse et ses jambes furent recouvertes par une épaisse couche qui allait jusqu’au cou. Mais Octave tâchait à ce que la tête du jeune homme ne se fasse pas ensevelir, dirigeant sa baguette vers les fines jambes, dont les mollets étaient encore à l’air libre. Quelques secondes suffirent pour qu’une petite colline recouvre le lit, se répandant maintenant sur le sol, alors l’adulte continuait à tendre sa baguette magique jusqu’à ce que l’amoncellement se stabilise. Il baissa enfin sa baguette, rompant le charme. C’était une montagne à présent, dont les pieds prenaient appui sur le sol rocailleux de la chambre, et montaient sur le matelas, le sommet surplombant le lit d’un bon mètre. Quelques gravillons dévalèrent les pentes, mais bientôt le tout s’immobilisa en équilibre, preuve que Leslie, écrasé de toute part, n’avait pas la possibilité de bouger ses membres. Lentement, Octave passa sa baguette magique derrière son oreille comme il l’aurait fait avec un crayon, et entama de gravir cette colline, sans se soucier du poids supplémentaire que cela aurait sur l’adolescent. En partant du sol, le tout devait bien faire un mètre trente, quarante. D’un pied, il écrasa le sommet, provoquant tout un éboulement, et jeta un coup d’œil de l’autre côté de la montagne de sable. Quelques poussières tombèrent sur le visage toujours émergé du garçon, et Octave lui sourit de toute la hauteur que lui prêtait cet amas. Tranquillement, il s’allongea sur le tas, creusant au préalable une pente confortable. Lentement, il se coucha à l’horizontale sur le corps de Leslie, se moquant bien que son corps puisse appuyer sur le fluet torse de sa victime, sachant toutefois parfaitement que le sable répartirait son poids, ne rajoutant donc qu’une certaine gêne. Maintenant une vingtaine de centimètres de sable séparait leurs deux corps alors que leurs visages se faisaient face, Octave prenant appui sur ses coudes pour avoir une meilleure vue.

Il ne dit rien, ne réagissant pas à ce que pouvait faire l’adolescent dans ses veines tentatives de s’en sortir. Non, profitant de son immobilité totale et du faciès dégagé, le bibliothécaire étendit son bras droit sur la pente sablonneuse de sorte à ce que sa main atteigne le visage de l’adolescent. D’un mouvement langoureusement lent, il posa sa paume sur la tête noire, la caressant d’abord avec gentillesse. Puis, du bout des doigts, il divisa les cheveux de jais en une rée qui s’était effacée avec les mouvements rageurs de sa tête de bélier. D’un ton moqueur, il lâcha néanmoins un « Miaou » aigu et mélodieux. Les asiatiques étaient indéniablement dotées d’une beauté singulière. Enfin, certains d’entre eux. Les longs et fins doigts d’Octave descendirent le long de la tempe droite d’un blanc de faïence, avant de courber l’os marqué d’une pommette bien taillée. La peau était douce et fraîche, regorgeant d’une vive et intarissable jeunesse, où la vie n’avait pas encore eu le temps de creuser son sillon. Dans un geste gracieux, il poursuivit sa route, retournant sa main pour caresser la joue imberbe de son revers. Il descendit jusqu’au menton, qu’il remonta cette fois de l’index jusqu’à rejoindre la commissure des lèvres insolentes. Doucement, il traça le contour de la lèvres inférieure, bombée comme une cerise bien mûre. De la tempe, Octave prenait appui sur son autre bras gauche replié, la mine contemplative, teintée d’une étrangeté onctueuse. Son doigt, ayant fini de courber le bas, poursuivit sa route sur la lèvre supérieure, la touchant plus franchement, mais toujours avec délicatesse, comme s’il frôlait la pétale d’une fleur rare. Pas un instant il ne s’était imaginé se faire mordre, tant sa gestuelle était précieuse et toute en délicatesse maîtrisée, alors il agissait sans crainte ni tension. Et tandis qu’il continuait maintenant son sinueux chemin sur la joue de l’autre côté, il dit, d’une voix légèrement assoupie par tant d’inattendue tendresse :

« Tant que tu ronronnes, ça me va que tu sois un chat. Même s’il faille que tu mordes parfois. Un petit chat battu et perdu, qui ne sait plus qui caresse et qui frappe, alors il griffe tout le temps et tout le monde, pour ne pas qu’on le blesse. »

Sa main butta à la lisière des cheveux et il y engouffra franchement ses doigts, mettant en désordre ce qu’il avait pris soin de coiffer plus tôt. Longuement, il joua avec les mèches épaisses qui ruisselaient entre ses doigts comme de la soie…

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MessageSujet: Re: Ce n'est que le nouveau bibliothécaire. [25 Septembre 1997] Dim 16 Oct 2016 - 8:18

Un rapprochement... Deux êtres parfois si similaires, parfois si différents qui, d'une simple approche, pouvaient apaiser tous les maux que portaient leurs âmes. Leslie n'était pas réellement proche de ses camarades de maison et d'un certain point de vue, il fallait avouer qu'il ne faisait pas que s'éloigner des autres. Non, il s'éloignait aussi de lui-même. Secouant la tête face à l'aide que sa famille pouvait lui apporter, il avait aussi pris cette habitude d'abaisser les yeux devant le miroir et de fixer ses paumes que si une blessure devait y être faite. Il ne s'aimait pas et cela datait de si loin qu'en finale, il lui semblait être impossible de s'en sortir. Du haut de ses quinze petites années de vie, il se croyait déjà damné. Respirer, c'était tout ce qu'il voulait faire, mais il était pris dans un univers où sa simple existence l'étouffait. Ceux qui s'étaient approchés s'étaient d'ailleurs rendu compte d'une seule chose ; que Mathewsen était rendu à ce point de non-retour où il n'avait même plus besoin d'être lui pour se détester. Hors de son corps où à l'intérieur, peu importe sous quel angle il se voyait, l'image restait toujours aussi dégueulasse, toujours aussi impure et imparfaite et il n'avait pas besoin de se voir pour se sentir ainsi. Ce n'était pas pour une question de physique ou même de sang qu'il se trouvait si laid. La haine qu'il se portait était, en grande partie, engendrée par des erreurs qu'il n'arrivait pas à se pardonner. Le reste n'était qu'une goûte de trop dans un vase qui menaçait déjà de briser à chaque instant tant la pression y était forte. Il s'en voulait à lui-même de ne pas atteindre l'image qu'il s'était fait de la perfection, trouvant ainsi le moindre de ses défauts comme étant une bonne raison pour pouvoir se détester davantage. Pendant plusieurs années, il avait été apte à mettre la faute sur les autres, mais depuis que l'été s'était terminé, il voyait peu à peu que celui qui lui faisait le plus de torts, c'était lui-même. La réelle solitude lui avait appris bien des choses. Mais comment pouvait-il s'en sortir ? Lui, le petit Serpentard qui crachait au visage de tous... qui aurait envie de lui faire un câlin ? Même Amelia, sa soeur, aurait passé son tour. Enfin, c'était ce que Leslie pensait.

À force de se détester de la sorte, son estime de lui-même était dans un négatif si profond que tout raisonnement verbal était inutile pour le réconforter. Personne ne pouvait lui remonter le moral à l'aide de bonnes blagues, de compliments ou d'histoires. Il n'y avait que les gestes qui comptaient et le seul qui arrivait, de par ses gestes, à apaiser Mathewsen, c'était un bleu d'une année supérieure. Et plus Leslie y réfléchissait, plus il avait peur de tacher ce Serdaigle en question. Oui, parce qu'il se trouvait répugnant et que son estime était faible, il ne fuyait donc pas que pour être seul, mais surtout pour éviter que les autres se rendent compte à quel point il était pathétique. Mais ça, Octave s'était fait un plaisir à lui rappeler. L'adulte lui avait balancé de cruelles vérités. Faire pitié, c'était ce que l'adolescent redoutait le plus. Il ne voulait rien des autres et ce mot était, pour lui, une façon de dire qu'en fait, il quémandait de l'aide. Cependant, le Serpentard voulait être un adulte avant l'heure. Il voulait faire croire qu'il pouvait tout faire tout seul et encore une fois, cela le ramenait au point de départ. Il était incapable de demander de l'aide, parce qu'il voyait en cette demande qu'une erreur de plus. Il avait surtout la trouille qu'on puisse le voir sans son masque. Pourtant, encore une fois, le bibliothécaire avait réussi à briser ses barrières, à le faire pleurer puis finalement, lui faire faire une crise. Leslie s'humecta à nouveau les lèvres, reculant peu à peu alors qu'Octave se rapprochait de lui. Leurs visages furent assez proches, mais l'adolescent n'y ressentit guère de malaise. Il s'imagina bien évidemment cette scène horrible, ce moment où leurs lèvres auraient pu se rencontrer, mais jamais cela lui était arrivé et jamais cela allait lui arriver. Personne n'avait envie de se laisser empoisonner par un être aussi égoïste et mépris d'un désir charnel, un désir qui s'était d'ailleurs transformé en cauchemar.

Et enfin, Octave se leva, laissant à nouveau le jeune sorcier seul contre le matelas. Dans un sourire qui n'avait aucun sens, Leslie abaissa la tête et ferma les yeux l'espace d'un instant en comprenant que non, le bibliothécaire n'allait pas le laisser partir. Sous certaines pensées bien macabres, il retourna, d'un geste nerveux, gratter sa gorge puis il inspira profondément en voyant la magie réparer tout ce qu'il avait fait, comme rien ne s'était passé. Ne plus exister, c'était ce qu'il voulait, mais le Réparo qui fut si bien exécuté n'allait pas s'en charger, n'est-ce pas ? Ça n'allait pas le réparer lui. De toute façon, il était sûrement irréparable. Enfin, c'était, encore une fois, ce qu'il croyait. Ce rangement spontané qui suivit le sort lui rappela sa propre chambre. Il avait toujours fait en sorte qu'elle soit en ordre, classant tout par ordre de couleur et ne laissant rien traîner au sol. D'une certaine manière, cela avait été sa première façon de pouvoir disparaître. Pour tout dire, lorsque ses parents entraient dans sa chambre, ils n'avaient même pas l'impression que leur fils y était. La pièce ressemblait plutôt à une chambre d'invité, une pièce de trop dans laquelle personne n'aimait y mettre le pied. Sous un fébrile soupir, il croisa les bras et se consola en caressant ses avant-bras. Puis, sans s'en rendre compte, il repartit se perdre dans la noirceur de son coeur, avant de finir par lever les yeux vers Octave qui reprit parole.

« Est-ce que tu viens vraiment de justifier ton comportement en évoquant celui d’un chat ? Accorderais-tu donc si peu de valeur à ta propre intelligence pour te cacher derrière un animal domestique ? »

Le silence qui suivit le cloua sur place. Il garda son attention rivée contre l'adulte un instant, mais cela ne dura pas longtemps, avant que ses prunelles ne dévirent un peu partout. La confusion prit ensuite place et plus il y réfléchissait, plus il constatait que l'analyse de l'homme était vraie. - Je... ce n'est pas ce que j'ai voulu « Tu aurais pu au moins choisir, je ne sais pas, un dauphin. Mais dans ce cas-là la comparaison aurait perdu tout son sens, bien entendu… Mauvaise comparaison d’ailleurs, parce que ça rabaisse tes actes au rang de citrouilles déposées par un sphincter incapable de les retenir… Enfin, en y réfléchissant, peut-être pas si mauvaise que ça, la métaphore. » Leslie secoua la tête à nouveau puis il se redressa légèrement en espérant pouvoir sortir du lit. Malheureusement, lorsqu'il s'approcha du bord, il se recula aussitôt. Il n'avait plus envie de quitter le matelas, parce que de toute façon, il n'allait pas pouvoir sortir de là. Il était un prisonnier pour la nuit et il avait bien compris le message à présent. Tout briser ne servait à rien, se faire du mal ne servait à rien, discuter ne servait à rien... Décidément, Octave était plutôt tenace dans son genre. Retrouvant sa position initiale, il ravala difficilement sa salive puis haussa les épaules en direction du bibliothécaire. Un chat... Était-ce ce qu'il était ? Un animal qui quémande de l'affection et de l'attention que lorsqu'il ne le décide, ce félin qui griffe facilement et qui ne ramassera jamais sa litière. Certaines comparaisons lui semblaient sensées, mais la tortue de mer de son patronus avait plus de sens pour lui.  

« Et tu sais ce qu’on fait avec les chats qui ne sont pas bien dressés ? On leur fout la tronche dans leur citrouille. Tu veux être un chat ? V’la ta litière. » Et la litière lui vint au torse sous forme de sable. Le choc fut assez brusque pour le forcer à se coucher et Dieu savait qu'il n'en fallait pas beaucoup pour forcer un gamin de son genre à se soumettre. Le souffle court, il ne se permit guère de crier, mais seulement de se débattre un peu. Octave avait pour don de le mettre en rogne. Les poings serrés et les yeux fermés, Mathewsen abandonna tout mouvement et attendit que ça s'arrête. Il n'ouvrit les yeux que quelques minutes plus tard, en sentant un poids se rajouter à celui de tout ce sable qui l'empêchait d'effectuer le moindre geste. Il releva la tête à plusieurs reprises tout en laissant échapper quelques plaintes craintives et apeurées. Cette position faisait monter en lui une panique inconnue. Anxieux, il préféra fermer ses paupières à nouveau puis il grimaça lorsqu'une fine partie de tout ce sable atteignit son visage. Il se questionna alors, cherchant à savoir ce que l'adulte pouvait bien pouvoir faire sur lui. Était-ce un nouveau jeu ? Dans tous les cas, il ne trouvait pas cela très amusant. Tremblotant à nouveau, il essaya de dégager l'un de ses bras, sans y arriver. Sa deuxième solution fut donc de penser à autre chose. Se sentir enseveli ainsi, ce n'était vraiment pas une belle expérience pour le Serpentard. Oh, il découvrait à présent une phobie dont il ne connaissait même pas l'existence. La taphophobie. Le souffle toujours aussi court et le visage crispé par cette peur qui lui était encore injustifiée, il finit par ouvrir les yeux et constater que le bibliothécaire avait pris place sur lui.

L'adolescent n'avait même pas la force d'être en colère contre Octave, il voulait juste qu'il le sorte de là, mais il était incapable de parler. La panique le rongeait de l'intérieur et ce fut au moment où allait perdre contrôle qu'une paume se posa contre sa tête. Les yeux mis-clos, il se nourrit de cette caresse pour apaiser son anxiété grandissante. Les spasmes respiratoires furent les premiers symptômes à disparaître. « Miaou » Dégoûté, il gigota à nouveau. Cependant, la suite des choses le calma assez rapidement. Les doigts de l'adulte parcoururent son visage, lui offrant des caresses si douces qu'il était devenu impossible pour lui de les ignorer. Les yeux fermés, il entrouvrit les lèvres et se laissa peu à peu emporter par cette tendresse qu'il désirait depuis si longtemps. Ironie du sort, ce simple rapprochement lui était offert par un inconnu qui n'avait aucune idée du bien qu'il pouvait lui apporter. Du soulagement, du bien-être ainsi qu'une certaine béatitude. Un câlin pouvait être plus réconfortant que tous les mots du monde et c'était la situation de Leslie. Il ne voulait pas se faire dire ses vérités, se faire guider, questionner, raisonner ou il ne savait trop quoi. Il voulait seulement de cette brève attention, ce signe qui lui prouvait qu'il n'était peut-être pas si répugnant que ça. Ça lui avait manqué, tellement manqué qu'en finale, il avait fini par en redouter. Sous la main d'Octave, Leslie retrouvait un profond apaisement et alors qu'une douce chaleur l'engloba, il essaya de retenir ses larmes à nouveau. Et pour une fois, ce n'était pas des larmes de tristesse, mais bien de joie.  

« Tant que tu ronronnes, ça me va que tu sois un chat. Même s’il faille que tu mordes parfois. Un petit chat battu et perdu, qui ne sait plus qui caresse et qui frappe, alors il griffe tout le temps et tout le monde, pour ne pas qu’on le blesse. »

Il laissa échapper un rire anxieux, mais vrai. Pour une toute première fois, il riait sans être sarcastique, sans se forcer. Ce n'était qu'un petit rire timide, franc et habité que par de bons sentiments. Il dégagea ensuite son bras gauche de sous le sable, se surprenant en y arrivant. En fait, sans la panique, il était plus facile pour lui de bouger. Il fixa sa main un bref instant puis la glissa contre celle du bibliothécaire pour reporter sa paume contre sa joue. Ne suivant plus que son instinct, il s'y appuya doucement, sans jamais regarder l'adulte dans les yeux. Il n'en était plus capable à présent. Il le redoutait à son tour, tel un gamin qui prenait les bonbons que les inconnus lui offraient, avant de s'enfuir. - Si je te remercie, est-ce que tu vas retourner mes paroles contre moi ? demanda-t-il entre deux sourires maladroits.

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MessageSujet: Re: Ce n'est que le nouveau bibliothécaire. [25 Septembre 1997] Dim 16 Oct 2016 - 20:18

Il regardait de près les cils brillants, comme mouillés, tantôt rabattus sur la joue légèrement creusée, qui portait les traces d'une fatigue sans bonheur, tantôt relevés, laissant à découvert des prunelles délicieusement dilatés, mais toujours fuyantes. Il ne le regardait pas, alors Octave avait cessé de rechercher la proximité d'une tendre œillade, se contentant à présent de suivre le mouvement de ses doigts aux gestes paresseux. Malgré cela, Leslie sembla s'apaiser à mesure que les caresses détendaient les traits de son visage anxieux. Les tremblotements spasmodiques de son être se tarirent doucement, sous l'action d'une main bienveillante qui, par une tactile volupté, redessinait les courbes d'une peau lisse. Sa bouche fine et menue d'adolescent s'entrouvrit négligemment, comme sous l'assaut d'un invisible soupir et Octave y sourit secrètement, comblé de voir que son pouvoir fasse toujours autant d'effet. Mais au sein de cette voluptueuse félicité auquel Leslie s'abandonnait de bon coeur, semblait-il, l'adulte percevait encore les profondes racines noueuses qui accaparaient son âme et qui le laissaient si désespérément s'égarer sous une câlinerie. Il ne se rendait probablement pas compte que quelque chose demeurait sur son visage, une sorte de palpitation très faible, de douleur attrayante, et que son désir ressemblait à celui qui vient après une crise de douleur.

A la dernière réplique, il eut un rire inquiet, teinté d'une inquiétude si charmante qu'Octave ne put qu'en être touché, flatté de voir enfin une manifestation sincère du'un coeur fondamentalement bon. Discrètement, il s'en égaya au détour d'un sourire qui se faisait tendresse. Il se forçait si peu, pour une fois, ce jeune homme l'ayant séduit par cet instants de sincère pudeur. Il se confortait également dans le fait que cette réaction ne pouvait provenir que d'un esprit fatigué de subir l'assaut d'une parole inlassablement juste. L'adolescent parvint à évacuer son bras de l'étreinte sablonneuse, mais Octave ne s'y opposa pas, sachant maintenant parfaitement que la crise était terminée, qu'il avait eu le bon geste au bon moment. Longtemps dans sa vie avait-il été contraint d'avoir recours à la force brute et sans scrupules pour mater les comportements récalcitrants, la tendresse n'ayant jamais été une option envisageable dans son monde. Ce monde où il fallait paraître faible lorsqu'on était fort, et fort lorsqu'on était faible. Il n'y avait que la crainte qui importait, sans considération pour les souffrances humaines. Tout le monde semblait satisfait tant qu'Octave trouvait les failles et y plantait ses griffes pour en sortir les tripes à l'air libre. Pas besoin de se faire du soucis pour ceux qui restaient sur le rebord de la route, ou ne ressortaient jamais de cette purge que le brun leur imposait par la force d'un mot bien trouvé.

Mais un jour, une rencontre le bouleversa à jamais et de manière irrévocable, amenant une dimension toute autre à son existence, qu'il s'était jusqu'alors farouchement refusé, par habitude et par absence apparente de nécessité. Mais Elle... Elle l'avait compris comme personne, pénétrant son esprit et se saisissant de son coeur pour combler des lacunes dont il n'avait même pas conscience. Elle l'avait aidé à prendre pleinement conscience de soi, le libérant de sa dernière et ultime chaîne. Elle fut un astre fulgurant de beauté tant son passage fut bref mais intense dans la vie du jeune Octave. Et c'est avec le doux souvenir de cette personne qu'il caressait présentement les cheveux de cet adolescent torturé et s'offrant aux affres de la tristesse au point que ses yeux se retrouvent brillants de larmes qui se refusaient de couler. Une petite main vint de saisir de celle, plus grande et masculine, de l'adulte, ramenant sa paume vers la joue pâle d'éphèbe imberbe. Octave avait gardé cette habitude de s'imposer en premier, faire preuve d'une force flegmatique, d'une domination brute autant que la situation le lui permettait. Et lorsqu'il finissait par sentir des faiblesses ou des failles, il s'y engouffrait, comme une fumée opaque sous une porte fermée, se creusant une place moelleuse  et réconfortante dans la douceur d'âme des autres. Il soupira d'aise, subissant les envies de cet enfant, dans lequel se mélangeaient avec tant de charme une puérilité tendre et langoureuse avec une sorte de vulgarité fantasmagorique. Mais gracieusement, il lui caressait la joue de sa large paume chaude et tendre, donnant à Leslie ce qu'un jour, il y a maintenant des années de cela, Elle lui avait donné avec la même douceur. Un peu de réconfort sans paroles inutiles, celui qui vous redonnait de la force pour l'avenir, alimentant tous les côtés d'un esprit fatigué.

- Si je te remercie, est-ce que tu vas retourner mes paroles contre moi ?
Surpris par un pareil revirement de situation verbal, Octave eut un rire discret, légèrement moqueur, mais il finit par murmurer :
« Je retournerai tout ce que je pourrai contre toi. Ca t'apprendra à dire des bêtises. D'ailleurs, récolte les conséquences d'un remerciement jamais prononcé. »

Sur ses coudes, il s'avança sur la colline sablonneuse, jusqu'à se retrouver parfaitement au-dessus de Leslie. Il se pencha sur le petit visage fauve levé vers lui et pressa ses lèvres grenat sur la commissure de la bouche chaude et papillotante. Savamment, il avait visé cet endroit duveteux et voluptueusement bombé où la lèvre se muait en joue. Peut-être n'aurait-il pas dû le faire. Sa conception de l'affection ayant toujours été floutée par des fréquentations étranges et de relations familiales et amicales pas toujours très régulières, Octave se laissait lui aussi guider par un instinct peu conventionnel. Il releva la tête, lèvres luisantes et yeux mi-clos après un longue et aérien baiser au travers duquel il put sentir l'harmonique brutalement suggestive d'une fragrance fraîche. En la matière, il n'avait jamais connu la demi-mesure, tant on lui avait montré de l'attachement qu'à travers de baiser et caresses passionnées, le revers étant une froideur complète et désarmante. Bien évidemment, il connaissait les limites, mais dans son esprit, du fait de son expérience personnelle, elles étaient aussi floues qu'un rivage de bord de mer, où les vagues étaient tantôt basses, tantôt hautes... Sans le savoir, il était souvent maladroit, même si sincère, quoi que les gens à qui il réservait ses douceurs en espéraient toujours davantage qu'une simple caresse, alors il donnait plus que convenu.

Il se redressa, creusant dans le sable pour libérer le corps de ce pauvre étudiant, abandonnant de sa pression un Leslie qu'il venait de sauvagement malmener par une exquise passion. De ses deux bras, il saisit l'adolescent sous les aisselles avant de le redresser, des cascades de gravillons tombant des plis de ses vêtements de fille. Une nuée de poussière s'éleva dans les airs, s'accrochant aux cheveux et à la peau. D'un pas dansant, il s'en alla dans la salle de bain, où il enclencha le robinet de la baignoire, dont il boucha le siphon au préalable. Il se saisit d'un large coton, qu'il utilisait en général pour panser désinfecter des plaies éventuelles, et revint dans la chambre, laissant l'eau chaude remplir la baignoire. D'un pas affable, il revint vers le garçon et pressa l'ouate contre sa gorge encore saignante, mais maintenant en plus incrustée de saletés, si bien que le sang coagulait en un espèce de bourbe marron. Il tapota un peu, histoire de dégager le principal, replia le coton une fois avant de répéter le manège, arborant une expression extrêmement concentrée sur le visage. Satisfait du début, il se redressa, jaugeant l'adolescent avec complaisance.

« Il est tard maintenant, tu peux partir si tu le souhaites, mais je ne t'aiderai pas à jouer les ninjas pour échapper aux inspecteurs et autres rôdeurs nocturnes. Ou tu peux aussi dormir ici. Tu peux aller prendre un bain, je panserai ton cou s'il le faut plus tard. Tu peux prendre mon peignoir, il est derrière la porte, les serviettes sont sous le lavabo. Je t'ai ramené de quoi manger également. Cela dit le choix t'appartient à présent. »

La question était largement boiteuse, proposant d'un côté le choyant confort et de l'autre une fuite périlleuse dans un château froid et sombre. Il testait la détermination véritable maintenant, celle qu'il lui restait après une étreinte aussi tentatrice. Il ne l'avait pas prémédité au départ, mais l'occasion se présentait clairement à lui de mettre au défi son propre pouvoir d'attachement. Un bonus, une satisfaction en plus à avoir. Il s'était relevé, laissant au garçon le temps de réfléchir, alors qu'il jetait le bout de coton noirci dans la poubelle de la salle de bain. Il revint ensuite sur ses pas, s'appuyant d'une épaule contre l'encadrement de la porte, la lumière dans son dos assombrissant son visage par effet de contraste. Il croisa les bras sur son poitrail encore nu et pencha la tête, examinant Leslie d'un air perplexe. Le son de sa voix fut baigné par les bruissements de l'eau qui coulait.

« Pourquoi tu voulais me remercier, en fait ? »

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MessageSujet: Re: Ce n'est que le nouveau bibliothécaire. [25 Septembre 1997] Dim 23 Oct 2016 - 4:18

Le souffle court, Mathewsen s'était peu à peu perdu dans une profonde angoisse qui avait été engendrée par cette lourdeur qu'offrait tout le sable contre son torse. Le poids de l'adulte n'aidait en rien, alors qu'Octave semblait prendre un certain plaisir à s'installer sur la montagne, en prenant tout le temps qu'il lui fallait pour trouver une position confortable. Pour tout dire, les mouvements du bibliothécaire avaient agrémenté chez l'adolescent une cruelle panique qui avait réussi à crisper tout son corps. Pendant un moment, il avait cherché à se retirer, avant de finalement se noyer dans cette phobie si simple qu'était la Taphophobie. Plus jeune, il était impossible pour lui de se cacher sous les couvertures de son lit, sans qu'il ne se sente étouffé. Il était d'ailleurs le dernier gamin apte à se cacher sous un lit, sans en sortir en pleurant. À bien y penser, cette frayeur d'être enterré vivant datait de lorsqu'il n'était qu'un gamin pas plus haut que trois pommes. Son père avait réussi à assembler assez de neige pour en faire une montagne dans laquelle le petit Leslie s'était fait un trou. Ce fut si amusant... Enfin, jusqu'à ce qu'Amelia saute sur la montagne, sans jamais se rendre compte qu'en fait, elle avait enfermé son petit frère dans ce trou qu'il s'était fait. Trois secondes plus tard et le bébé Mathewsen criait si fort, ce fut au point qu'il n'aura passé que dix secondes dans les ténèbres avant d'en être sorti. Ce sentiment de ne plus pouvoir bouger ou même respirer l'avait marqué et ce malaise fut de retour en cette soirée de folie où l'adulte avait cru bon de l'enterrer de la sorte. Et alors que la peur le rongeait sans la moindre pitié, la tendresse trouva tout de même sa place sous une paume chaude et enivrante. Les lèvres entrouvertes, le Serpentard s'était enfui dans les caresses d'Octave, trouvant en celles-ci un apaisement presque malsain tant cette main était efficace. Les tremblotements s'envolèrent et son souffle put reprendre un assaut plus normal, plus serein et moins douloureux.

Le coeur plus léger, Leslie avait ensuite pu retirer l'une de ses mains de sous le sable. Surpris, il avait aussi pris le temps de fixer sa propre paume un bref instant, la contemplant tel un nouveau-né qui prenait connaissance de son corps. Son expression n'eut guère changé, mais il était réellement étonné par cette soudaine liberté, par le fait qu'il avait réussi à se libérer malgré tout. Lui qui se croyait capable de rien, toutes ses réussites, aussi simples qu'inutiles, lui paraissaient comme des exploits. La chaleur englobant son visage qui offrait toujours ce regard humide par une peine qu'engendrait sa joie face à son apaisement s'estompa doucement, jusqu'à ce qu'il puisse retrouver une température moins encombrante. Les rougeurs disparurent puis laissèrent place à cette teinte trop pâle qui donnait l'impression qu'il allait être malade. Leslie en était conscient, il était trop pâle, trop frêle, trop petit, trop maigre, trop faible... Pour ce qui était des points négatifs, il était persuadé par le fait qu'il pouvait facilement battre des records. Après tout, sa jupette et sa nouvelle blessure au niveau de sa gorge en disaient long à son sujet. Et de toutes les raisons qu'il allait prochainement pouvoir inventer pour cacher ces nouvelles marques, il trouvait la vérité plutôt originale; J'avais un suçon et je me le suis arraché... De quoi faire fuir les plus curieux. De sa main libre, il guida la paume de l'adulte jusqu'à sa joue, alors que celle-ci s'était perdue dans ses cheveux. Pourquoi faisait-il ça ? Parce qu'il voulait être touché à nouveau. Cette simple attention qui allait forcément le rendre dépendant lui permettait de se rendre compte qu'il n'était peut-être pas si répugnant qu'il ne pouvait le croire. Oh, Mathewsen le savait, Octave ne faisait rien par obligation. Non, cet homme faisait partie de tous ces gens qui faisaient que ce qu'ils avaient envie de faire. S'amuser, c'était ça ? Alors l'adulte lui offrait des caresses par envie ? ... C'était ce que Leslie jugea et cette idée lui prenait presque la tête.

Sous deux sourires maladroits, le jeune sorcier posa une question qui ne fit que refléter ses nouvelles angoisses. Lui qui se sentait enfin bien, il avait maintenant peur d'être à nouveau confronté aux douleurs de son âme. Octave faisait preuve d'une véracité qui lui crevait le coeur à chaque fois qu'il avait pu ouvrir la bouche. L'adolescent avait réussi à lui répondre, mais d'entre eux, Leslie était le plus instable et le bibliothécaire lui avait dit des choses qu'il ne pourra sans doute jamais oublier. Et de son côté, le Serpentard n'avait fait que cracher son venin, des paroles qui pouvaient facilement être jetées dans l'oubli. Suite à toute cette tendresse qu'il désirait depuis trop longtemps, il avait pour simple envie de le remercier. Mais pouvait-il le faire sans avoir peur d'un mauvais retour plus tard ?

« Je retournerai tout ce que je pourrai contre toi. Ca t'apprendra à dire des bêtises. D'ailleurs, récolte les conséquences d'un remerciement jamais prononcé. » Et à quoi Mathewsen s'attendait-il en voyant l'adulte se déplacer pour se mettre au-dessus de son visage ? À rien... Un bisou dans le vide, un semblant d'amour qui n'existait pas. Aucun contact... Non, il n'y croyait pas une seconde qu'Octave pouvait poser ses lèvres non loin des siennes et ce fut en le voyant se rapprocher qu'il enfonça son derrière de tête au fond du matelas, tout en fermant les yeux d'une manière craintive. Il accepta son sort à la seconde où il sentit les lèvres chaudes du bibliothécaire rencontrer la commissure de ses lèvres et se détendit aussitôt. Il relâcha ensuite pression contre le matelas, ce qui engendra un mouvement vers l'avant et pressa davantage cette étreinte qu'il se permit d'apprécier. Il essayait de tout enregistrer, l'odeur, la chaleur, le goût, le sentiment qui le clouait sur place et qui l'empêchait de tourner légèrement la tête pour en demander plus. Gourmand, c'était ce qui le décrivait le mieux à cet instant, mais la crainte le figeait là, contre ce lit sableux qui n'était pas le sien. Il avait peur d'agir, peur de se faire dire qu'il n'avait pas la bonne réaction. Il ne voulait plus être l'adolescent qui subissait des explosions d'hormones sans être capable de se contrôler.

Le regard fuyant, il ne fut guère capable de poser ses prunelles dans celles d'Octave, alors que l'adulte s'était redressé et avait commencé à creuser dans le sable. Lorsqu'il le prit sous les aisselles, il toussa et se crispa sous un tic nerveux qui le poussa à donner une tape contre le bras gauche du bibliothécaire. Les aisselles, les côtes et le dessous des pieds... Il n'y avait rien de plus sensibles chez lui lorsqu'il était question de chatouillement. Il échappa un rire timide en direction de l'adulte par la suite, histoire de lui faire comprendre que son tic n'était pas un mouvement de recul, de dédain ou de rejet. Il put d'ailleurs le regarder dans les yeux et réaliser qu'il n'avait pas besoin d'être si tendu. Après tout, Octave n'allait pas le manger, hein ? En le voyant se retirer du lit, il pencha alors son attention contre ses propres vêtements et essaya tant bien que mal d'enlever le surplus de sable. Puis, il abandonna cette idée bien vite en constatant que de toute façon, ses vêtements étaient dans un point de non-retour. Un vague soupir s'échappa d'entre ses lèvres et, curieux, il posa son regard contre l'ouate qu'Octave avait en main, lorsqu'il revint vers lui.

- Qu'est-ce que... dit-il en se reculant légèrement, mais il se laissa faire en comprenant que c'était pour nettoyer la plaie à sa gorge. Son instinct le porta à vouloir dire qu'il pouvait le faire tout seul, mais ce fut en le voyant si concentré qu'il se perdit dans ses pensées. Il ne fixait plus que le visage d'Octave, les lèvres à nouveau entrouvertes et une expression entre la stupéfaction et la peur imprimée au visage. Il le contemplait et ce fut lorsqu'il se redressa qu'il referma de suite la bouche et pencha la tête comme si toute cette attention qui venait de lui donner était attirée ailleurs. S'humectant les lèvres, il guida ensuite ses iris vers la porte de la chambre.   

« Il est tard maintenant, tu peux partir si tu le souhaites, mais je ne t'aiderai pas à jouer les ninjas pour échapper aux inspecteurs et autres rôdeurs nocturnes. Ou tu peux aussi dormir ici. Tu peux aller prendre un bain, je panserai ton cou s'il le faut plus tard. Tu peux prendre mon peignoir, il est derrière la porte, les serviettes sont sous le lavabo. Je t'ai ramené de quoi manger également. Cela dit le choix t'appartient à présent. » Tout en croisant les bras, Leslie balaya du regard l'ensemble de la pièce et inspira profondément, ne sachant pas quoi faire. Est-ce qu'il voulait vraiment partir ? Non... Mais au fond de lui, il avait l'impression que l'adulte le mettait au défi et plus il y réfléchissait, plus il se disait que de rester dans cette chambre était, d'une certaine façon, similaire à déclarer forfait. Perplexe, il regarda le bout de ses doigts tout en se penchant légèrement vers l'avant.

« Pourquoi tu voulais me remercier, en fait ? » Surpris, il leva la tête d'un coup et regarda Octave un long moment, avant de finir par... rire. Un rire maladroit prit entre le malaise et l'incertitude. Il essaya de contrôler ses spasmes en appuyant d'une main contre son torse. Pour lui, la réponse était évidente et après tout ce que l'adulte avait pu constater et lui lancer au visage, il avait du mal à se dire qu'il lui posait cette question.

- Je... heum... bafouilla-t-il en s'essuyant le coin des yeux. Il pleurait... encore. Et maintenant qu'il était lancé, ça allait lui prendre un moment avant de pouvoir s'arrêter. Entre le rire et les larmes, il pinça les lèvres et haussa les épaules en direction de l'homme. - C'est peut-être parce que... un nouveau rire brisa le peu de concentrations qu'il arrivait à avoir pour arriver à parler. - Je suis fatigué ? se questionna-t-il en reniflant avant de se lever et de s'approcher de la porte à son tour. Il la regarda un moment et agrippa, pour se tester un peu, la poignée. Confus et anxieux, il regarda sa poigne un petit moment avant de geindre en constatant que sa vision se flouait sous ses larmes. Partir... Comment pouvait-il vouloir partir après tout ça ?

- T'es... vraiment horrible. dit-il en lâchant la poignée de porte tout en laissant un dernier rire le quitter. - Vraiment horrible... répéta-t-il en allant donner un petit coup contre le ventre d'Octave, un coup de poing sans aucune force apparente. Même lui faire du mal, il n'en était plus capable, alors qu'au tout début, il voulait lui arracher la tête.

- Mais sache que si j'aurais eu ma baguette, je serais déjà parti... Ouais, c'était sa façon de se rattraper, histoire de se faire croire à lui-même qu'il ne restait pas là par envie, mais bien parce qu'il n'avait pas le choix. Puis... dans une finale inattendue, il releva ses pupilles sombres pour rencontrer celles de l'adulte et décida qu'en fait, il n'avait pas besoin de lui mentir. - Non... c'est faux... je serais resté quand même. murmura-t-il sans aucune joie apparente puis il se recula en secouant la tête négativement, déçu pour il ne savait trop quelle raison. Marchant sur la pointe des pieds, il se rapprocha ensuite de la salle de bain et hésita à y entrer. Il ne fit qu'écouter l'eau couler et se remémorer de vieux souvenirs qui faisaient remonter en lui un regret dévastateur. Alors que son regard s'abaissa, il fixa le vide et posa une dernière question. - Puis-je vraiment rester ?

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MessageSujet: Re: Ce n'est que le nouveau bibliothécaire. [25 Septembre 1997] Lun 24 Oct 2016 - 19:06

Maintenant que la tempête avait cessé de faire rage dans le cœur de l'adolescent, l'hésitation y prenait place aussi sûrement qu'une reine s'installant allègrement sur un trône qui lui était dû. Nerveux, il ne savait trop que faire, comment réagir pour ne pas paraître toutes ces choses qu'on lui avait reprochés plus tôt. Et en effet, que faire lorsque quelqu'un vous aborde avec une sincérité doucereuse, désarmante, où la lutte ou la vulgarité n'étaient plus des options suffisamment tangibles ? Octave devina bien vite que c'était là le comportement de quelqu'un qui n'avait point l'habitude de subir la gentillesse d'autrui sans rien en retour. Lot de toute ces âmes qui se muraient derrière l'orgueil, la désobéissance et l'outrecuidance. Leur cuirasse était si épaisse que les gens la prenaient non comme une protection d'un esprit en peine, mais une réalité : un caractère dur et suffisant. Personne n'avait, ni ne prenait le temps pour faire fondre ses couches inutiles, qui se construisaient souvent bien trop tôt, avant même que le caractère ait le temps de se former. Cela aboutissait à des gens frustrés, toujours en colères, sans aucune once de confiance pour quiconque. Pourtant, c'était si simple. Mais le temps et la patience sont une denrée rare et précieuse que peu de gens possèdent en quantité suffisante et encore moins en même temps. L'adolescent se laissait maintenant aller à la nervosité, alors que les couches qui le recouvraient tombaient aussi sûrement que le sable ruisselant sur ses vêtements poussiéreux. Le voilà maintenant dénudé, et sans l'aide de ses repères habituels qu'étaient l'arrogance et la facétieuse provocation. Comment donc appréhender le monde sans l'appui de ce qui faisait sa force jusqu'alors ? Il n'y parvenait qu'à moitié, titubant, tantôt secoué par un rire agité, tantôt se laissant aller à la mélancolie incertaine. Et puis la peur. Mais la peur de quoi exactement ?

Soudain, l'indécision à nouveau, alors que son regard jugeait une pièce qu'il devait pourtant connaître maintenant. La porte. Elle était encore fermée, mais Octave était à présent prêt à l'ouvrir. Il n'avait pas voulu relâcher un électron libre dans la nature, ce-dernier s'étant avéré être beaucoup trop instable pour supporter une liberté aussi facilement acquise. Véritablement, ce semblant de blague avait soulevé une marée bien trop boueuse pour que le bibliothécaire puisse s'en détacher sans essayer de calmer le flot, le temps que la vase retombe dans le fond. Il ne s'attendait pas vraiment à jouer un tour à quelqu'un qui était aussi peu sûr de soi. Alors il endossait maintenant la responsabilité jusqu'au bout du tremblement qu'il avait provoqué presque consciencieusement. C'était plus fort que lui en vérité. Dès qu'il tombait sur une faille, une inexactitude, il se devait de venir la chatouiller, comme si cela détournait son regard de ses propres entailles. Bien trop profondément enfouies cela dit, trop bien cachées et savamment gardées pour être rectifiées. Mais au moins pouvait-il se réconforter, à défaut de pouvoir s'aider soi-même, en soulignant les insuffisances d'autrui. Ou peut-être, comme un peintre qui ne percevrait plus les défauts de sa toile à force de la regarder, ne savait-il plus comment soigner ses propres blessures tant il fut habitué à en faire abstraction. Il était néanmoins suffisamment conscient pour savoir qu'il lui fallait un regard extérieur pour parfaitement se mirer et se comprendre. Mais l'une des rares personnes à avoir endossé cette lourde tâche était morte il y a longtemps maintenant. Depuis, il était resté tel qu'Elle l'avait laissé, à moitié guéri, à moitié boiteux. Il n'avait donc pas pu se résoudre à laisser sortir un Leslie à moitié guéri, à moitié boiteux. Au moins se devait-il de le réconforter un peu avant.

A sa dernière question, le jeune garçon eut un rire inquiet, comme s'il n'y croyait pas, ou n'avait pas vraiment envie d'y répondre. Après réflexion, c'était peut-être trop tôt pour une question de front, aussi peu subtile, mais la maladresse était faite. Octave l'avait posée par curiosité, mais surtout pour forcer le gamin à lui-même se poser la question, et pire, y répondre. Mais il avait lui-même entamé le sujet, et c'était un chemin légitime, même si trop directe, que le bibliothécaire avait choisi d'emprunter. L'interrogation sembla toutefois emballer le grêle corps du garçon, qui trouva des difficultés à respirer, les épaules secouées par une nervosité grandissante. Le plus dur, finalement, ce n'était pas de trouver la réponse, mais de la formuler d'une voix audible. Chose qui mit l'adolescent dans tous ses états, au point de mouiller son regard de quelques larmes involontaires. Mais Octave, sans pitié, le regardait, attendant patiemment la justification. Etait-ce si difficile à avouer ? Probablement, pour quelqu'un qui avait pris l'habitude de s'appuyer exclusivement sur son orgueil, doublé d’une provocation incessante, pour dicter sa vie. Tout cela aboutissant maintenant à une autre interrogation. C'est peut-être parce que je suis fatigué ? Tant d'audace jadis pour exprimer sa frustration, et maintenant tant d'hésitations pour ne serait-ce que formuler un semblant de bien-être. Comment proprement avouer que l'on a besoin de quelqu'un d'autre pour se sentir mieux ? Que l'on n'est pas auto-suffisant...

- T'es... vraiment horrible. Vraiment horrible.

Un coup de poing s'en suivit vers un Octave qui n'avait pas bronché d'un cheveu, observant le garçon se distraire de ces sujets qui le gênaient tant. La frappe n'était pas forte en elle-même, si bien que sa frêle petite main heurta le mur de muscles sans les déformer. La peau ne tangua pas, aucun creux ne vint se former pour accueillir les doigts de Leslie qui évacuait faiblement sa colère. Son ventre resta sévèrement figé, semblant ne prendre aucun compte de ce poing mollement serré qui essayait de lui faire mal. Octave n'avait même pas eu besoin de contracter ses muscles pour subir l'assaut, ayant pris l'habitude de le faire tout le temps, d'abord par anxiété adolescente, puis par angoisse, qui le prenait encore parfois aux tripes, le laissant toujours crispé aux abdos. Aussi était-il naturellement contracté. Le petit choc fut absorbé, comme si Leslie avait frappé dans un sac de farine. Ce geste sembla lui donner du courage pour un dernier mensonge que sa stature n'était pourtant pas capable de supporter par un nez relevé fièrement au plafond. Ah, oui, c'est toujours plus facile quand on prétend que quelqu'un d'autre prend les décisions à notre place. Ca dédouane des conséquences, ca enlève la responsabilité, laissant la possibilité, si les choses tournent mal, d'être en colère contre le décisionnaire. Mais Octave n'allait pas lui laisser ce dernier plaisir, sûr que non. Il était prêt à ouvrir la porte maintenant, il avait même amorcé un mouvement vers sa baguette, encore coincée derrière son oreille, mais Leslie se rattrapa au dernier moment.

- Non... c'est faux... je serais resté quand même. Puis-je vraiment rester ?

Octave eut un vague soupir qui secoua ses narines. C'était donc ça, cette tristesse, cette peur. Il n'en avait pas été sûr, mais à l'aube de la dernière question, il ne pouvait plus vraiment y avoir de doutes. Il était habité par la crainte que tout cela ne soit qu'une fumisterie, dédiée à le faire encore plus souffrir. Il s'attendait à ce que Octave lui offre une étreinte avant de le battre, se moquant de cet adolescent qui quémandait pitoyablement un peu de douceur. C'était légitime, après tout, n'était-ce pas ceux qui parvenaient à s'approcher le plus près qui en définitive avait le pouvoir de blesser le plus ? Il lui était quelque peu étrange toutefois de voir que l'adolescent avait décidé de se livrer partiellement à lui, un inconnu, et à personne d'autre. S'était-il tant éloigné de ses proches et de sa famille que son seul recours restait le bibliothécaire de l'école ? Les étrangers avaient toutefois cet avantage de ne rien savoir et donc, de juger que sur ce qui se présentait à eux. A chaque fois que l'on rencontre quelqu'un, il nous est possible de repartir à zéro, de faire abstraction de notre passé pour se reconstruire dans les yeux de quelqu'un qui ne nous avait jamais vu jusqu'alors. Les parents et amis de Leslie avait dû s'habituer à une version de lui-même, et ne comprenaient pas lorsqu'une autre se présentait soudain à eux, la prenant pour une lubie. Jusqu'à quel point Leslie s'était-il caché pour convenir aux attentes que les gens qui l'entouraient avaient de lui ? Visiblement au point où il se trouvait incapable de bâtir son caractère sur les bases qui lui étaient les plus naturelles, mais qu'il avait pris soin de camoufler pour des raisons qui lui appartenaient, sous la pression familiale et sociale.

Sans dire un mot, Octave contourna l'enfant indécis dans ses envies et posa ses deux paumes sur les petites et osseuses épaules du garçon. Il se pressa à peine contre lui, de sorte à lui signifier que ce geste n'avait rien d'hostile, un léger courant d'air chaud circulant maintenant entre leurs deux corps. Quelques frottements de tissu contre sa peau mate étaient là pour témoigner de sa présence aussi proche que possible en une telle situation. Doucement, il exerça une pression sur les frêles omoplates, les guidant à travers la porte ouverte de la salle de bain.

Cet endroit aussi, il avait pris soin à le redécorer, les anciens appartements ayant été partiellement détruits, tout comme la bibliothèque elle-même. Lorsqu'on y pénétrait, on avait l'impression de s'engouffrer dans une grotte sous-marine. Le plafond était resté, fait de pierre sombre et dure, joliment travaillée par le temps et les intempéries. Les murs et le sol étaient recouverts en revanche d'une palette de mosaïque nacrée, allant du bleu foncé au turquoise, jouant sur une harmonieuse composition pour donner l'impression de reflets que les rayons du soleil auraient dans les vagues. Certains carrées s'avéraient être de petits miroirs, réverbérant la lumière des bougies et des autres carreaux, projetant dans la pièce une nuée de lapins étincelants, tantôt bleus, tantôt blancs, jamais de la même couleur, mais toujours dansants au gré de la flamme ondoyante des bougies. Le tout participait à maintenir une luminosité tamisée, mais diffuse, bien que changeante sans cesse. La baignoire trônait au fond de la salle, lourde et stable. Elle était en fonte, peinte en noir à l'extérieur et blanche à l'intérieur, tenant sur des pieds de style pattes d'aigle. Le robinet, haut et ancien, se tenait au milieu, surplombant la baignoire d'une bonne trentaine de centimètres. De son goulot en bouche de lion coulait une eau chaude et une légère buée avait déjà envahi la salle de bain, recouvrant les miroirs d'une couche de gouttelettes. Octave poussa le garçon jusqu'à la baignoire, longeant le large lavabo en faïence à droite et les étroits mais hauts placards en bois de chêne à gauche. Là il lâcha Leslie et vint s'assoir en biais sur le rebord de la baignoire tout en testant de la main la température de l'eau. C'était parfait. Il se redressa lentement avant de fixer un adolescent toujours aussi indécis.

« Pleure un bon coup, tu en meurs d'envie. Mais après, oublies cette indécision qui te ronge. Choisis définitivement ce que tu veux et assumes, même si c'est dur, c'est aussi plus simple en finalité. Tu te comportes comme ces gens, qui se rebellent dès qu'on leur ordonne quelque chose, jugeant déshonorant de se faire commander. Cependant tu es tout autant incapable de prendre les reines de ton propre destin, et te trouves indisposé lorsque sonne l'heure de prendre des décisions pour toi-même. Alors tu fais mine que les choix qui sont faits ne t'appartiennent pas pour ne pas avoir à en supporter la conséquence. Dans ce cas-là, ce sera effectivement toujours la faute à quelqu'un d'autre. Jamais de la tienne. Mais tu te détesteras jusqu'aux tripes de ne pas avoir le courage de t'appartenir à toi-même. Les gens continueront à te déposséder de tes moyens simplement parce que tu n'auras pas la foi d'endosser ta propre carcasse. Et tu te sentiras indéfiniment souillé par tous ces choix qu’on aura fait à ta place. A un moment, ta vie cessera de t’appartenir… Allons, arrêtes de tâtonner et prends à pleine poigne ce qui est à toi. »

Il avait eu l'air involontairement sévère en disant cela. Et aussitôt s'était-il rendu compte de la dureté de son visage qu'il tâcha de détendre sa mâchoire. Bientôt, il esquissa un sourire se voulant bienveillant. Il était horrible. Oui, c'était certain, il l'était, terriblement horrible. A peine tendre, jamais très longtemps, mais toujours honnête avec les autres, surtout quand il ne le fallait pas. C'était dur d'être horrible, mais c'était son rôle ; un rôle qui lui allait bien. Peut-être parce qu'il était plus fort et plus endurci, les gens autour de lui lassaient tomber leurs armures bien plus rapidement qu'il ne l'aurait jamais fait. Ils se dénudaient, et lui restait immuablement stoïque, se donnant cette image qui rassurait ceux qui étaient atteints d'une vague de faiblesse passagère. Octave était cet élément qui semblait ne jamais changer, représentant un appui dans n'importe quel cas de figure. Alors il prenait soin à ne jamais flancher, même lorsque l'envie se faisait sentir. Parce s'il flanchait, comment tous ceux qui tenaient sur lui pouvaient-ils encore rester debout ? Leslie lui avait dit qu'il était terrible, renforçant ainsi son statut de statue de bronze qui avait toujours le bon mot mais jamais une étreinte assez longue et doucereuse. Et c'était tant mieux ainsi, si cela lui permettait d'avancer.

« Profite de ton bain sans te poser de questions, détends-toi, et réfléchis. Après tu me diras définitivement si tu veux rester ou pas, sans hésitations et pointillés cette fois-ci. Il te suffira de demander, et j'ouvrirai la porte. Tu me diras aussi pourquoi exactement tu me remerciais, parce que ce n'était pas une réponse que j'ai eu, mais une question en retours, et je ne suis pas là pour répondre à tes propres interrogations. Ensuite, si tu restes... tu restes. Sans remords. Si après ton bain tu me sors encore une soupe d'imbroglios, je te mettrai dehors moi-même. Je n'ai pas l'intention d'endosser la responsabilité de regrets que tu auras parce que tu auras mal choisi. Alors, réfléchis bien. Je t'offre une seconde chance pour maturer, alors même que la vie n'en aurait pas fait autant. »

Il resta un instant silencieux, jaugeant l'adolescent du bout de ses cheveux ébouriffés, passant par ses vêtements sales, les plis poussiéreux de sa jupette d'écolière, ses socquettes négligemment relevées jusqu'en bas du genou... Décidément, cela ne lui allait pas. Octave se leva et, passant une main dans les cheveux de Leslie comme ultime marque de tendresse pour contraster avec ses rudes paroles, il quitta la salle de bain, prenant soin de fermer la porte derrière lui. Et l'eau continuait à couler...

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MessageSujet: Re: Ce n'est que le nouveau bibliothécaire. [25 Septembre 1997] Mar 29 Nov 2016 - 22:29

L'eau qui coulait dans la baignoire berçait peu à peu les pensées du jeune Serpentard qui, de son regard vide et humide, fixait la salle de bain sans savoir s'il pouvait y entrer. Il écoutait le ruissellement de l'eau, chose qui refaisait monter en lui de vieux souvenirs de son enfance. Il se revoyait chez ses grands-parents, à courir dans le grand escalier dont l'une d'une marche était beaucoup plus courte que les autres. Il descendait toujours le plus rapidement possible pour être le premier à prendre son bain, alors qu'il savait très bien qu'Amelia était toujours la première à y aller, puisque c'était elle la plus vieille. Leslie pouvait d'ailleurs entendre une voix invisible qui accompagnait ce souvenir, des paroles que sa grand-mère répétait si souvent à ces moments de guerre entre lui et sa soeur, c'était au point qu'on pouvait croire qu'elle chantait une comptine pour leur faire la morale. Enfin, le jeune sorcier quitta bien vite ce souvenir lorsque le regret fit surface. Son corps aussi frêle que malmené restait bien droit et étrangement immobile face à cette pièce qu'il ne connaissait pas. Et malgré cette position qui ne reflétait guère ses anxiétés, on pouvait tout de même le sentir craintif et apeuré. Il redoutait les prochaines souffrances qui l'attendaient non loin de cette baignoire qui se remplissait puis, histoire d'essayer de trouver de se raisonner, il creusa dans son propre esprit pour y ressortir toutes les fois où il avait fait confiance aux autres. Plus il y réfléchissait, plus il constatait que ce n'était jamais arrivé, si ce n'était que de toutes ces fois où il s'était appuyé contre l'épaule de Cliff pour se relever, lorsqu'il pouvait encore le considérer comme un ami plutôt qu'une victime de ses propres attouchements. Les sourcils froncés et le regard toujours perdu, il inspira par la bouche et se questionna sur l'ampleur de la situation et de ce qu'il avait fait. Il avait quitté la maison sans rien dire, s'était retrouvé dans le corps de Gwenn, avait craché au visage de sa soeur, s'était retrouvé en jupette rose dans les couloirs et s'était presque fait la malle avec la cravate de Miller. Mais au fond, était-il si tourmenté qu'on pouvait le croire ? En bref, était-il un cas désespéré ?

Il avait consciemment offert à l'adulte ce qu'il n'avait jamais offert à personne auparavant; ses réels sentiments. Mais pourquoi à lui plutôt qu'un autre ? Enfin, maintenant que tout été terminé, il se sentait un peu plus léger, mais son bien-être était aussi accompagné par une profonde amertume qui ne voulait plus le lâcher depuis un bon moment. Octave l'avait démystifié comme s'il était un livre ouvert, au point de croire qu'il était facile de le caser. Ce bibliothécaire était horrible dans tous les points et sa franchise ainsi que ses mots parfois douteux brisaient l'intégralité de la carapace du petit Serpentard qui avait tout simplement fini par faire une crise. La vérité était insupportable. Mathewsen aurait sans doute préféré boire le poison de raisin de couleuvre au lieu de l'écouter. Mais maintenant que le mal était fait et que les vérités avaient été énoncé, il était l'heure pour l'adolescent de prendre une décision. Devait-il partir ou rester ? Enfin, la question était; pouvait-il rester ? De son côté, il savait très bien ce qu'il voulait, même s'il était plutôt du genre à s'y résigner et à faire semblant qu'il ne voulait rien. Il sursauta nerveusement en sentant ensuite les paumes d'Octave contre ses minces épaules. Inquiet par se rapprochement, il tenta un mouvement vers l'avant, mais son instinct le força a s'arrêter aussi rapidement qu'il avait tenté de fuir, alors qu'une petite approche eut lieu. Tout en ravalant sa salive, il cligna des yeux à plusieurs reprises et retourna dans la réalité plutôt que de rester emprisonné dans ses pensées qui, en finale, ne le raisonnait pas du tout. Cependant, il ne fut guère apte pouvoir lever ses prunelles vers le bibliothécaire, chose qui l'ennuyait sans qu'il ne sache pourquoi. Il préféra donc fermer les yeux tout en se demandant si les paumes contre ses épaules réellement aussi chaude qu'elles lui paraissaient ou si c'était tout simplement lui qui était gelé.

Quelques instants plus tard, après que le jeune sorcier ait eu le temps d'apprécier la chaleur de l'adulte, ils s'avancèrent doucement et Leslie ne riposta pas, pour ainsi éviter de démontrer le moindre refus envers Octave. L'indécision se faisait toujours ressentir, mais son envie de la démontrer restait assez négative. Si Octave le poussait à entrer, alors il allait entrer et cela sans se plaindre. Ses pupilles se baladèrent dans l'ensemble de la pièce, allant du lavabo au bain, des bougies aux hauts placards puis du curieux goulot jusqu'à l'eau qui remplissait la bassine. Il se laissa guider par l'adulte, s'arrêtant tout près de la baignoire, reculant d'un pas lorsque le plus vieux prit place contre le rebord et prit soin de vérifier la température de l'eau. Leslie croisa les bras à cet instant et balançant son corps du devant vers l'arrière, sans s'en rendre compte. C'était son petit rituel pour se motiver à aller dans la baignoire quand il était petit. Il faisait toujours semblant d'être sur un tremplin, levant les bras et se balançant en sautillant. Son père le prenait et faisait semblant de le lancer dans l'eau par la suite, pour donner l'impression à Leslie qu'il avait sauté de très haut. C'était la technique de ses parents pour le mettre dans le bain, à l'époque où le petit Mathewsen détestait se laver. Et on s'en doute, cette période n'aura pas duré très longtemps.

« Pleure un bon coup, tu en meurs d'envie. Mais après, oublies cette indécision qui te ronge. Choisis définitivement ce que tu veux et assumes, même si c'est dur, c'est aussi plus simple en finalité. » Leslie leva les yeux vers Octave, le regardant sans vraiment le regarder tout en hochant la tête rapidement. Aucun contacte visuel n'avait lieu. Il pinça d'ailleurs les lèvres et recommença à cligner des yeux en constatant que ses prunelles s'humidifiaient à nouveau. Il voulut ensuite souffler un "Okay", mais la boule qu'il avait dans la gorge l'empêchait de pouvoir prononcer le moindre mot. « Tu te comportes comme ces gens, qui se rebellent dès qu'on leur ordonne quelque chose, jugeant déshonorant de se faire commander. Cependant tu es tout autant incapable de prendre les reines de ton propre destin, et te trouves indisposé lorsque sonne l'heure de prendre des décisions pour toi-même. Alors tu fais mine que les choix qui sont faits ne t'appartiennent pas pour ne pas avoir à en supporter la conséquence.  Dans ce cas-là, ce sera effectivement toujours la faute à quelqu'un d'autre. Jamais de la tienne. Mais tu te détesteras jusqu'aux tripes de ne pas avoir le courage de t'appartenir à toi-même. » Tout en glissant l'une de ses paumes entre les mèches de ses cheveux, Mathewsen continua d'hocher la tête et leva son menton vers le plafond en reniflant. Il soupira durement lorsque la première larme coula contre sa joue. Il en avait marre de pleurer, il avait l'impression qu'il n'avait fait que ça depuis qu'il s'était réveillé. Les paroles de l'adulte le touchait beaucoup, mais il n'arrivait pas à bien les prendre. Pourquoi ? Le déshonneur ou peut-être encore un orgueil mal placé.  

« Les gens continueront à te déposséder de tes moyens simplement parce que tu n'auras pas la foi d'endosser ta propre carcasse. Et tu te sentiras indéfiniment souillé par tous ces choix qu’on aura fait à ta place. A un moment, ta vie cessera de t’appartenir… Allons, arrêtes de tâtonner et prends à pleine poigne ce qui est à toi. » Il inspira profondément et hocha à nouveau tout en penchant la tête et s'essuyant les joues du revers de sa main libre. Ce fut à ce moment qu'il rencontra le dureté du visage de l'adulte, chose qui le renforça un peu, mais son côté sévère le quitta et une bienveillance dévastatrice prise place contre son visage, ce qui fit grimacer Mathewsen qui perdit automatiquement cette mince force qui l'avait habité plus tôt. Il envoya le bibliothécaire bouser de son simple regard, parce qu'il lui en voulait d'être aussi horrible avec lui. Il se lâcha ensuite les cheveux et toussa dans le vide trois fois, tout en tapotant son torse essayer de "digérer" les paroles de l'adulte.

« Profite de ton bain sans te poser de questions, détends-toi, et réfléchis. Après tu me diras définitivement si tu veux rester ou pas, sans hésitations et pointillés cette fois-ci. Il te suffira de demander, et j'ouvrirai la porte. Tu me diras aussi pourquoi exactement tu me remerciais, parce que ce n'était pas une réponse que j'ai eu, mais une question en retours, et je ne suis pas là pour répondre à tes propres interrogations. Ensuite, si tu restes... tu restes. Sans remords. Si après ton bain tu me sors encore une soupe d'imbroglios, je te mettrai dehors moi-même. Je n'ai pas l'intention d'endosser la responsabilité de regrets que tu auras parce que tu auras mal choisi. Alors, réfléchis bien. Je t'offre une seconde chance pour maturer, alors même que la vie n'en aurait pas fait autant. » Son attention s'écrasa dans la baignoire, alors qu'il continuait d'hocher la tête et de s'essuyer les joues en soupirant autant que par désespoir que par bien-être. Lorsque l'ultime caresse atteignit sa frange, il abaissa légèrement ses prunelles et laissa en retour qu'un simple sourire nerveux et maladroit face à un Octave déjà beaucoup plus serein et épouvantable qu'il ne pouvait l'être au départ. Le souffle court et le corps en feu, il s'écroula en entendant la porte se fermer. Se repliant contre ses cuisse qu'il entoura de ses bras avant d'y cacher son visage pour sangloter un bon coup. Il n'avait même pas besoin de réfléchir ou de se remémorer certains évènements pour pleurer. Non, tout sortait tout seul et après quelques minutes, il se redressa d'un bon en constatant que l'eau coulait toujours dans la baignoire.

Tout en toussotant, il ferma les robinets et fixa le goulot à nouveau, avant d'aller y toucher du bout des doigts. Les minutes s'écoulèrent et il restait là, tout près de la baignoire, à regarder le goulot en forme de bouche de lion, sans plus penser à rien cette fois-ci. Seule sa respiration haletante pouvait se faire entendre à présent, cela sans oublier ses reniflements démesurés, mais il avait la flemme d'aller se chercher le papier pour se moucher. Du coup, il ne se mit qu'à renifler d'avantage, sans oser toucher son nez.

Ce ne fut qu'en constatant qu'il ne s'était toujours pas lavé qu'il se décida enfin à se déshabiller et à entrer dans l'eau, position qui fut de suite plus confortable que le plancher. Au départ, tel un enfant, il joua dans la baignoire en tapotant de ses paumes contre la surface de l'eau. L'eau n'était pas trop chaude, elle était même parfaite et cela surprenait la jeune Serpentard, sans qu'il ne sache pourquoi. Décidément, il ne savait plus rien. Prêt à se remettre en forme, il inspira profondément et garda tout l'air dans ses poumons pendant quelques secondes, avant de tout évacuer, lentement. La mise à jour allait pouvoir commencer. Il se glissa entièrement dans l'eau, y restant le plus longtemps qu'il le pouvait, les yeux fermés. Il se détendait et se débarrassait de ses quelques douleurs articulaires qui étaient surtout engendré par son anxiété. Il ne faisait qu'écouter son coeur battre, pour ainsi prendre conscience qu'il était bien en vie et que justement, c'était sa vie à lui, pas celle des autres. Lorsqu'il retira sa tête de sous l'eau, il s'arrangea pour se débarrasser du sable qu'il avait contre lui. Il resta dans la baignoire pendant plus de 30 minutes, à se glisser de l'eau contre lui et à chercher ce qu'il voulait présentement et cela sans vraiment se mettre à réfléchir. Présentement, ce qu'il voulait, c'était de rester. Alors il allait rester et c'est tout. Ensuite, allait-il le regretter ? Non... Il fallait même plutôt avouer qu'il n'en avait plus rien a faire de rester ou pas avec Octave. Alors il optait pour le plus simple, le moins stupide et le choix qui l'emmerdait le moins. Il n'avait pas envie de se promener dans les couloirs à cette heure. Il sortit du bain en soupirant et s'approcha du peignoir pour l'enfiler. C'était un peu... beaucoup trop grand, mais bon. Il ne fit que l'attacher très serré et s'enroula totalement. Il alla ensuite prendre une serviette sous le lavabo pour se frotter la tête à l'aide de celle-ci. Il ouvrit la porte au même instant et chercha Octave du regard, sans arrêter de sécher ses cheveux à l'aide de la serviette.  

- Je reste. dit-il franchement tout en s'approchant du lit. - Et si je te remerciais plus tôt, c'était parce que... Il chercha les bons mots puis il haussa les sourcils en pinçant les lèvres. - J'avais besoin... d'affection. Enfin, je trouve ça con à dire, mais la dernière fois que j'ai eu le moindre contacte humain, ce n'était qu'une simple caresse ou je ne sais trop quoi dans les cheveux. Rien de super réconfortant. Du coup, je ne sais pas. Je ne suis pas le genre de "gamin" qui peut vivre seul, même si j'aimerais ça. Je suis dépendant de tout le monde... Ouais, je n'arrive pas a vivre qu'avec moi-même. Il haussa les épaules en souriant. - Je ne peux même pas dormir seul. J'ai toujours besoin d'une présence humaine à mes côtés alors... voilà. Merci d'avoir été cette présence. C'est pour ça que je te remerciais. Il ne quitta pas Octave du regard et alors qu'un silence se glissa entre eux, il se mit à rire nerveusement. C'était la première fois qu'il avouait tout ça.

- Ça reste entre nous, hein ?

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« Lost »

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Cause I don't think that they'd understand
When everything's made to be broken
I just want you to know who I am...
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MessageSujet: Re: Ce n'est que le nouveau bibliothécaire. [25 Septembre 1997] Sam 3 Déc 2016 - 22:48

Comme il était étrange de constater à quel point les premières années de son existence ne concordaient d’aucune manière exhaustive avec les expériences des jeunes gens qui peuplaient en éphèbes survoltés la forêt ingrate qu’était cette école. Ils étaient tous terriblement semblables, dans les préoccupations qui accaparaient leur juvénile cervelle, et si étranges. Débordants d’une force qu’ils ne parvenaient pas à canaliser, ils s’agitaient, dévorant l’existence avec l’assurance propre à une ignorance qui s’ignore. La vie leur appartenait et ils en savaient tout, redécouvrant le monde comme s’ils étaient les seuls à en saisir l’essence. Ils en dévoraient la pulpe juteuse pensant pouvoir maîtriser les effets du poison, mais fatalement échouaient et finissaient désabusés. D’abord le monde leur offrait tous ses bienfaits, puis il les leur retirait, et plus rien n’avait soudain de sens. Combien y avait-il de mélancolies qui éraient dans ce château comme des ombres sans formes ? Ces âmes pour lesquelles la vie avait révélé tous ses lugubres secrets et qui se gargarisaient tristement du vide universel. A peine avaient-ils le temps de prendre conscience d’eux-mêmes qu’ils s’imaginaient posséder la vie aussi aisément que leurs propres pensées. Et enfin, après en avoir fait le tour comme on contourne le tronc d’un arbre, ils s’allongeaient et étaient prêts à mourir d’une sagesse rudement acquise. Leurs pas foulaient un chemin tout fait, mais qui leur paraissait parfaitement nouveau. Il y avait de quoi véritablement s’émerveiller. Peintures incertaines, inachevées et qui ébauchaient les linéaments de leurs âmes à venir tout en croyant être un art accompli. Tout en eux étaient discordance et combat. Des cœurs d’enfants mais des voix graves, des mains et des muscles d’hommes et de femmes en devenir. Et l’une de cette créature évasive était derrière cette porte, livrée à elle-même, découvrant son indépendance à mesure qu’elle se trouvait froissée. Leslie s’était cru souverain et explorait l’individualisme avec ravissement, jusqu’à ce qu’une contrainte ne le frustre et qu’il ne se rebiffe et ne fasse, par révolte, le contraire de ce qu’on lui demandait. Incurable maladie de l’adolescence que de ne pas savoir ce qu’on veut et de le réclamer cependant à tout prix.

Le silence. L’épaisse porte en bois ne laissait passer quasiment aucun écho et Octave se crut un instant seul dans une pièce où un torrent était passé. Polissons ! Qui savaient aussi parfaitement détruire qu’ils ne savaient jamais rien reconstruire. Une activité plus agréable et surtout plus simple, très certainement. Détruire pour mieux reconstruire ? Pensez-vous donc, détruire pour tout mettre à leur niveau plutôt. Octave s’était adossé à la porte, les deux mains jointes dans le creux de la courbe de son dos et caressait du bout des doigts le bois étroit et dense. Son regardait jaugeait le tas de sable qui recouvrait son lit comme une pyramide égyptienne, monument de son penchant à faire dans l’extravagance et à suivre sa parole par le geste. Un homme de peu de convenance tel que lui pouvait bien se le permettre sans avoir l’air enfantin. Aurait-il pu être comme Leslie, si les aléas de son enfance s’étaient déroulées autrement ? Probablement pas. Son malaise avait toujours été silencieux et discret. S’il avait eu des crises d’identité, elles étaient demeurées taciturnes et latentes. Une sorte de malaise diffus qui ne faisait que se rajouter en couche naturelle à sa frustration de n’être jamais assez satisfait de ce qu’il était. Plus il passait du temps dans cette école, plus il ressentait avec fulgurance la singularité de ses ambitions de jeunesse, dans sa manière d’être et d’agir, de percevoir les choses. Octave s’était inconsciemment imaginé trouver des réponses à ses propres inquiétudes d’enfance dans ce château, que son âge lui permettrait de mieux comprendre ces enfants et par là de saisir avec plus de clarté ses balbutiements adolescents. Mais aucun d’eux ne lui faisait définitivement écho. Le chemin entamé continuait, et plus il avançait, moins il se sentait proche de quoi que ce soit, peu de gens lui ressemblaient ne serait-ce qu’un peu, et jamais rien ne le reflétait parfaitement. Le temps passait et il avait de plus en plus de mal à rester connecté à ce monde.

Finalement, il aurait largement pu, d’un mouvement du poignet, nettoyer les vêtements du jeune homme par la magie et le souci aurait été rapidement réglé. Mais quoi de mieux qu’un prétexte soigneusement choisi pour abandonner cette âme en peine à une solitude qui lui était visiblement nécessaire ? Encore les apparence… mais il y avait véritablement des fois où l’on ne pouvait faire sans. Peu de gens étaient enclins et suffisamment sûr d’eux pour être en mesure d’exposer une faiblesse d’âme sans autre raison que l’abattement lui-même. Cette solitude offerte dans l’intimité d’une salle de bain n’avait en réalité d’autre but que de lui permettre de se ramasser. Se retrouver lui-même et résoudre les contradictions qui naissaient au contact d’une situation jamais vécue et qui révélait des facettes insoupçonnées d’une personnalité encore dormante. Octave se décolla enfin de la porte et alla récupérer un autre t-shirt propre. Le tissu de coton blanc épousait son corps comme une seconde peau. Puisqu’il avait une figure qui le lui permettait, Octave n’avait jamais apprécié les vêtements amples et mal cousus, ceux qui lui donnaient l’air négligé. Il se saisit de sa baguette et fit disparaître les derniers vestiges de cette longue et étrange aventure dont il n’était pas encore certain de saisir les aboutissants. Comme quoi, les évènements pouvaient évoluer bien loin et jamais comme l’on s’y attend. Les draps étaient à nouveau propres mais il préféra les changer quand même, soucieux jusqu’à la nervosité de dormir dans une fraîcheur immaculée. De petits rituels qui rythmaient sa vie, compensant discrètement ses éternels élans de fantaisie. C’était d’ailleurs quelque chose qu’il faisait à la main, comme pour souligner l’importance du protocole. Octave appela un elfe pour emporter le linge poussiéreux et lui quémanda du citron, du thé noir et du sucre. Pas un seul instant ne s’était-il demandé ce que Leslie pouvait bien faire derrière cette porte, s’il s’était décidé à suivre son conseil, s’il s’était effondré sur le sol en larmes ou si la rage coinçait sa mâchoire et son visage dans une crispation peu maîtrisée. S’il y avait bien quelque chose qui ne demandait aucune supposition, c’était cette intimité solitaire qui ne devait souffrir d’aucune curiosité. A dire vrai, peu lui importait si le jeunot avait intégré ses paroles, le principale était qu’il cesse de vaciller d’un bout à l’autre comme un métronome.

Il en était à sa troisième gorgée d’un thé aussi noir qu’un bon café lorsqu’il entendit la porte s’ouvrir. Entre temps, Octave était revenu à ses occupations habituelles, à savoir l’étude hebdomadaire des courriers qu’il recevait à son domicile de Londres et qui traitaient pour la plupart d’actifs bancaires. Il s’était assis dans un fauteuil en cuir beige style Bauhaus et, les jambes croisées, contemplait les mouvements de compte qu’il tenait dans une main, tout en tenant une tasse en verre de l’autre. Ses yeux se relevèrent vers l’adolescent, surplombant à peine le rebord de la feuille qu’il gardait devant son visage. Peignoir et serviette. Leslie semblait le chercher du regard, ayant vraisemblablement quelque chose à dire. Octave replia et posa le papier sur le rebord de la fenêtre, là où trônait déjà une pile conséquente d’enveloppes. Je reste. Son menton se releva, adressant un visage intéressé au jeune garçon qui avait fait une manœuvre d’approche vers le lit. Et enfin, l’aveu. De l’affection. Le bibliothécaire écouta la tirade jusqu’au bout sans broncher, thé à la main, posée sur l’accoudoir, acceptant le silence et les hésitations sans jamais paraître impatient, toujours de marbre face aux sourires et haussement d’épaules nerveux de l’étudiant. Finalement, il rire gêné emplit la pièce, tel un musicien ayant malencontreusement appuyé trop fort sur la touche de son instrument alors qu’il fallait respecter une pause. Un dépendant affectif qui se niait par commodité alors. Octave n’était pas vraiment surpris à vrai dire, mais cette confession avait quelque chose de si profondément intime qu’il s’en trouva troublé. Le besoin d’autrui, en voilà une bien belle faille dont il était si aisé de profiter et que seuls certains s’avouaient. La plupart du temps, cette envie restait sous-jacente et exclusivement exprimée par des désirs détournés. Dans un instant d’oubli ou d’aveuglante lucidité, Leslie avait toutefois décidé de dire les choses comme il les ressentait, et c’était tout à son honneur.

- Ca reste entre nous, hein ?

Octave pencha la tête sur le côté et observa le jeune homme de ses yeux verts à l’iris frémissante. Il avait maintenant l’impression de voir un assoiffé qui, après une longue traversée du désert, était prêt à boire la première eau croupie, sans distinctions, pourvue qu’elle parvienne à étancher son envie au moins un peu. Le désespoir d’une solitude forcée, et renforcée par un comportement qui agissait comme un repoussoir la plupart du temps, parce que tant que l’on prétend ne vouloir s’attacher à rien, personne n’aura l’idée de supposer un terrible besoin de caresses. Octave se leva, sirotant sa tasse fumante du bout des lèvres en rejoignant son armoire. Il l’inspecta avec circonspection avant d’en sortir un t-shirt semblable à celui qu’il portait. D’une main, il alla le déposer sur le lit, à côté d’un Leslie qu’il toisa d’un regard sans émotions.

« Franchement, à qui voudrais-tu donc que je le raconte ? Tu peux mettre ça si tu veux te changer, à moins que tes vêtements de fille ne te plaisent plus. D’ailleurs, d’où vient cette lubie ? C’est quoi, une revendication sociale ? »

Il n’était pas certain qu’il faille aborder la réponse de Leslie. Fallait-il la laisser telle quelle, comme un fait qui se passait de commentaires, un résultat satisfaisant ? Ou le mettre en garde ? Ce qui était en revanche certain, c’est qu’il ne fallait pas gêner le jeune garçon dans son ouverture, ne surtout pas lui faire sentir que cet aveu avait quelque chose de préjudiciable ou de mal venu. Dans tous les cas, Octave avait fait un bon choix en décidant de prendre cette route plus tôt dans la soirée. Pour certains endurcis, il n’y avait rien de tel qu’une touche d’intérêt doucereux pour les faire fondre comme glace sous un soleil brûlant. Véritablement, leur sensibilité tendait avec tellement de désespoir vers un peu d’attention désintéressée qu’ils craquaient sous la première main consolatrice. Un autre ou le bibliothécaire, cela n’aurait probablement fait aucune différence, ce qui constituait déjà un inconvénient en soi. Une main dans la poche et l’autre portant le thé à ses lèvres dans un geste mesuré, il enchaina :

« Je n’avais pas l’intention de te poser la question initialement mais elle s’impose d’elle-même avec ce que tu viens de me dire. Pourquoi tu restes ? Tu espères quoi ? Ca ? »

Octave sortit ça main de sa poche et du bout de l’index, il frôla la gorge blanche et diaphane de Leslie. Son doigt s’était posé avec délicatesse, comme s’il touchait le pétale d’une orchidée, dans le creux de la fausse qui se formait entre les deux clavicules. De là, il remonta doucement, pieusement, la chair veloutée et aussi tendre qu’une vaguelette de chaleur peinant à se retirer un soir d’été. Sa route fut aussi lente qu’une liane cherchant son chemin le long de l’arbre convoité. Il s’attarda sur la pomme d’Adam à peine naissante, comme éprouvé de son ascension, avant de poursuivre sur ce beau chemin laiteux qu’il couvrait de sa caresse éthérée. Enfin, il arriva à la mâchoire, dont il longea la pleine d’une phalange doucereuse, obligeant Leslie à relever le menton, laissant sa main monter en tapinois jusqu’à ce dernier, dont il empoigna la courbe duveteuse entre l’index et le pouce. De ses yeux sereins, il confronta ce regard jadis fuyant au sien. De l’affection réconfortante ? Lascif et emmiellé, Octave maniait avec hégémonie l’art du corps et de ses secrets, probablement d’ailleurs y était-il si sensible aujourd’hui pour n’en avoir rien su durant les premières années de son existence. Une tentative de sa jeunesse à percer les secrets de la douceur interdite, d’un corps qui se découvrait torturé de désirs et horriblement comprimé dans une solitude imposée. Il avait penché sa tête vers l’avant, se mettant dans le même angle que le visage de Leslie, qu’il toisait avec la tranquillité d’un jardinier contemplant le fruit nouveau dont il avait pris soin tout l’hiver. Une malice s’était glissée derrière ses yeux imperturbables de quiétude, tel un reflet lumineux dans une tiède pénombre. D’un regard fauve, Octave tâtait en réalité les règles de ce rapprochement, cette relation qui prenait forme sous leurs mains et qui avait eu un début si démesuré qu’il fallait maintenant tracer les formes de ce lien sans début ni fin. Si lien il y avait, d’ailleurs… D’un instant à l’autre, Leslie pouvait faire le choix de s’enfuir comme un chat ayant entendu le tonnerre. Finalement, Octave relâcha l’étreinte de ses doigts et abandonna cette mâchoire imberbe, non sans l’obliger à relever le nez encore plus haut une dernière fois. Il ricana doucement, mielleusement, sans une once de moquerie toutefois, ce qui rendit son rire étrangement tendre. Une gorgée de thé vint s’immiscer entre eux, comme un retour à la réalité. Et puis finalement, un rictus espiègle, comme pour faire douter du sens de ses propos :

« Détends-toi, pas la peine de me répondre finalement. Je le découvrirai bien par moi-même. Tu as faim ? Soif ? »

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MessageSujet: Re: Ce n'est que le nouveau bibliothécaire. [25 Septembre 1997] Jeu 8 Déc 2016 - 8:08

Ses prunelles restèrent contre l'adulte, alors que celui-ci avait penché la tête sur le côté, le fixant en retour d'un iris que le jeune Serpentard avait appris, que par instinct, à redouter, sans savoir si c'était la bonne chose à faire. Et pourtant, Mathewsen continuait de le fixer, sans rien dire. Mais, il se ravisa bien rapidement à ses mauvaises habitudes, déviant ainsi son regard d'un geste presque craintif. La crainte d'avoir trop parlé, d'avoir dit quelque chose qui ne fallait pas ou celle de simplement faire confiance à une mauvaise personne. Il avait beau essayer de se forcer à se foutre de tout cela, de ne pas regretter d'avoir dit ou faire quelque chose, rien ne pouvait l'empêcher d'avoir peur. Son but qui était de toujours vouloir plaire aux autres et de jeter une bonne image était, chez lui, un problème sérieux. Surtout que ses idéaux étaient fascistes et qu'en finale, il pouvait très bien participer à un génocide, sans avoir de rancune. De ce fait, il ne vivait pas pour lui et ni même pour les autres. Il ne faisait qu'écouter les ordres de ses pensées, quémandant tout sans jamais rien donner et se maudissant par la suite d'avoir obtenu que ce qu'il ne désirait pas, en oubliant que ces avoirs en question étaient ce qui le tenait en vie présentement. Après, il reniait le tout, se reniant lui-même, mais le souci était que ce vide qu'il s'engendrait devait être comblé. Et dans son cas, l'affection et l'attention étaient ce qui lui manquait le plus, qu'elle soit verbale ou physique. Tout en allant se frotter la nuque avec la serviette, il baissa la tête et garda son attention rivé sur le lit, un lit maintenant tout propre à dire vrai. Et malgré toute cette concentration qui se perdait contre le matelas, il put tout de même sentir une soudaine chaleur le prendre, comme quoi la gêne avait maintenant sa place. Avouons plutôt qu'elle était justifiée. Il avait fait tant de bêtises en une seule soirée et maintenant qu'il avait été si bien malmené par Octave, sa coquille s'était brisée et son coeur s'ouvrait à nouveau. Il avouait tout haut certains de ses propres défauts et de ce fait, il en prenait conscience. Du coup, il se sentait gêné par ce qu'il disait et ce fut pour cette raison qu'il demanda au bibliothécaire si tout cela allait rester entre eux. Encore une fois, c'était la peur qui opérait.

Après avoir lancé qu'un léger soupir dans le vide, l'adolescent dressa la tête pour regarder le t-shirt qu'Octave déposa contre le lit. C'était pour lui ? Soucieux, Mathewsen leva à nouveau son regard vers l'adulte, cherchant à voir son expression, mais le dévia aussitôt en rencontrant ce regard sans émotions que lui offrait le bibliothécaire. C'était presque glauque. « Franchement, à qui voudrais-tu donc que je le raconte ? » Qui, là n'était pas la question. Le simple fait que ses mots puissent être entendus par une autre personne qu'Octave angoissait Leslie, que cela tombe sur un parfait inconnu ou même dans l'oreille de Cliff. Tout le dérangeait à ce niveau et c'était d'ailleurs pour cette raison que les parents du sorcier lui avaient pris un psychologue. Mais voyez-vous, cette angoisse de devoir se retrouver sans plus de secrets ne datait pas d'hier. Durant son enfance, Leslie disait tout à Amelia, mais, un jour ou l'autre, sa soeur finissait toujours par tout dire à quelqu'un, que ce soit l'une de ses amies ou Nathan. Alors, on ne s'étonne pas trop à ce qu'il se soit refermé le petit Leslie, même s'il était d'une nature très extravertie, lorsqu'il était enfant. « Tu peux mettre ça si tu veux te changer, à moins que tes vêtements de fille ne te plaisent plus. D’ailleurs, d’où vient cette lubie ? C’est quoi, une revendication sociale ? » Tout en fronçant les sourcils, Mathewsen secoua rapidement la tête et agrippa le vêtement. Sans plus regarder Octave, il approcha le tissu de son visage et alla le sentir, chose qu'il avait aussi faite avec la cravate de Miller. Puis, après un petit instant, il abaissa le t-shirt, sans se douter que cela pouvait être étrange de sa part. Les odeurs étaient devenues intéressantes pour Leslie. Il aimait relier celles-ci à une personne, pour ne pas dire qu'il aura passé de longues heures à essayer de découvrir de quoi était faire l'odeur d'Elwyn. Oui, il aurait aimé trouver un substitut, chose qui lui aurait permis d'être indépendant du bleu, mais il n'avait encore rien trouvé. Maintenant, il essayait d'identifier celle d'Octave, cette même odeur qu'il avait pu apprécier dès son réveil dans ce fameux lit.

« Je n’avais pas l’intention de te poser la question initialement mais elle s’impose d’elle-même avec ce que tu viens de me dire. Pourquoi tu restes ? Tu espères quoi ? Ca ? » Perturbé, Leslie se prépara à questionner Octave sur la profondeur de cette question, mais à peine eut-il le temps d'ouvrir la bouche qu'il se raidit sous une caresse aussi dévastatrice qu'elle ne pouvait être douce. Les doigts d'Octave se posèrent contre lui avec délicatesse, comme celui qui touche le visage d'un nouveau-né. Cette profonde tendresse était horrible dans son ensemble, mais délicieusement appréciée par un receveur qui, pourtant, se refusait ce genre de bien-être par peur d'être blessé. Le Serpentard redouta cette douceur par un léger mouvement de recul, mais il était déjà trop tard pour qu'il puisse s'enfuir. Il était déjà empoisonné, épris par une caresse mielleuse et enivrante. Le souffle court, il pouvait entendre son coeur battre sauvagement dans sa poitrine, lui donnant ainsi signe qu'il se devait de respirer plus amplement, s'il ne voulait pas s'évanouir. Et en prime, quelques étourdissements vinrent l'embêter, ainsi qu'une chaleur tout aussi étouffante que gênante. Tout cela pour une simple caresse. L'effet était pourtant aussi grand qu'une étreinte trop prononcée, mais bien lancé. Leslie n'osait plus réfléchir en cet instant. Enfin, il se répétait surtout; ne pense à rien, ne pense à rien, ne pense à rien... pour éviter que cette situation devienne plus malsaine qu'elle ne pouvait l'être. Et heureusement, Octave l'aida inconsciemment à faire le vide, lorsqu'il le guida à lever le menton et que leurs regards purent se rencontrer à nouveau. Des frissons passagers traversèrent le corps de l'adolescent, traversant sa moelle et se transformant en un rude frémissement qui le fit presque grimacer.

Les lèvres entrouvertes, le sorcier inspira enfin une première bouffée d'air, avant de se voir forcé à lever la tête une dernière fois. Il fut ensuite libéré de son propre caprice et ce fut en cet instant qu'il comprit le sens de la question d'Octave. Ça, voilà ce que ça représentait; cette affection douteuse que Leslie désirait. Mais était-ce réellement ce qu'il voulait de la part du bibliothécaire ? Dans les faits, n'était-ce donc pas ce qu'il avait lui-même dit ? Confus, il serra le t-shirt entre ses doigts. Non, ce n'était pas ce qu'il avait cherché à dire, mais pourtant, il ne pouvait pas se contredire si rapidement, que parce qu'il était choqué. - Je... débuta-t-il en s'approchant d'un pas, pour essayer de se défendre, mais rien ne lui venait. Son regard ne pouvait d'ailleurs pas aller plus haut que le torse de l'adulte, alors qu'il clignait des yeux sans cesses tout en essayant de comprendre pourquoi il se sentait si soudainement choqué et mal compris. Il recula un peu, l'esprit occupé par ce rire tendre qui se faisait aller puis couper par une gorgée de thé.

« Détends-toi, pas la peine de me répondre finalement. Je le découvrirai bien par moi-même. Tu as faim ? Soif ? »

Timidement, Leslie secoua la tête négativement, le regard fuyant et le coeur toujours battant. Après un instant de redémarrage de tout son système, il ravala sa salive et retourna s'enfermer dans la salle de bain pour complètement se sécher et s'habiller. Il en profita aussi pour retirer l'eau du bain et amasser ses vêtements de fille, les plier et les empiler. Il chercha ensuite à ramasser le sable qui trainait encore au sol. Oui, lorsque quelque chose cloche dans sa petite tête et qu'il est perturbé, Mathewsen était du genre à faire du ménage et à replacer tout ce qui n'était pas centré ou bien placé. Lorsqu'il sortit de la salle, habillé du t-shirt, de son boxer et de la serviette de plus tôt enroulée autour de sa taille, il déposa son uniforme sale et plié dans un coin puis il alla à nouveau vers le lit. Bizarrement, il n'avait plus rien à dire. En fait, il était malaisé par rapport à cette question qui ne lui quittait plus l'esprit et il ne savait pas s'il devait y répondre ou non. Il fronça alors du nez tout en prenant place contre le matelas. Enfin, il se leva d'un coup après s'être assis et se donna pour mission de changer l'atmosphère qui avait pris place. Il se tourna vers le bibliothécaire et se lança dans cette mission en posant une question simple; - Je m'installe où ? Je veux dire... Je dors sur quoi ? Il se gifla mentalement, souriant par le bas sans jamais réussir à regarder Octave dans les yeux.

- Et... finalement... Si jamais tu as vraiment de la nourriture, je crois que je vais éviter de passer mon tour. Sur le coup, je n'avais pas faim hein, mais j'ai changé d'avis. Il croisa les bras en tournant le visage vers le lit. - Il n'y a que les fous qui changent pas d'idées, n'est-ce pas ? murmura-t-il pour essayer de se détendre un peu.

Après un certain instant de réflexion, alors qu'il se demandait s'il voulait vraiment manger ou pas, il se mit à rire en comprenant quelque chose. - Me revoilà indécis, c'est génial. avoua-t-il sarcastiquement, déçu par son propre comportement, mais au fond, ça l'amusait de constater à quel point il était incapable de prendre des décisions qui pouvaient être si simples. Une main contre le front, il essaya de garder son calme, malgré son dégoût envers lui-même qui, peu à peu, le guidait à se rabaisser et à se trouver de plus en plus pathétique et inutile. - Fallait vraiment que tu me Et voilà qu'il allait tenir Octave responsable du fait qu'il était déstabilisé et perturbé, mais il se la ferma au lieu de lui mettre la faute sur le dos. Il ne fit que se mordre l'intérieur des joues tout en fermant les yeux pour se forcer à fait le point.

- Je m'enfonce tout seul, c'pas croyable. dit-il pour lui-même, pris en plein combat contre sa propre personne.

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Cause I don't think that they'd understand
When everything's made to be broken
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Ce n'est que le nouveau bibliothécaire. [25 Septembre 1997]

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