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[19 Septembre 1997] - Du pessimisme, de l’optimisme, du réalisme et de l’opportunité de s’en défaire.

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PERSONNEL DE POUDLARDBibliothécaire
    PERSONNEL DE POUDLARD
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SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Seul...
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MessageSujet: [19 Septembre 1997] - Du pessimisme, de l’optimisme, du réalisme et de l’opportunité de s’en défaire. Sam 3 Sep 2016 - 22:01

Suite de : Polynectar, quand tu nous tiens...



19 Septembre, 7h34.


Il dormait quasiment toujours sur le ventre. La fenêtre ouverte en toute saison, il s’enroulait dans sa couette en duvet d’oie jusqu’au sommet du crâne avec seulement le nez et la bouche qui dépassaient. Ca le faisait ressembler à un sarcophage de pharaon avec une fêlure sur le visage. Parfois une jambe ressortait jusqu’au genou, s’il faisait trop chaud. Mais aujourd’hui, ce n’était pas le cas, les premiers vents frais d’automne ayant déjà commencé à balayer le paysage. Non, en revanche, il y avait un hibou noir sur son dos. Le hibou déambulait avec insistance et mécontentement sur la couverture, trop épaisse pour qu’il puisse y enfoncer les griffes et réveiller ainsi plus prestement le destinataire de la lettre dont il était porteur. Octave finit par pousser un grognement sourd. Il releva la couette, faisant sautiller l’oiseau sur le matelas, et se retourna sur le dos, les yeux d’abord plissés par la lumière du jour. Décidément, il n’arrivait pas à rattraper son manque de sommeil depuis la nuit blanche du 16 au 17 septembre, pendant laquelle il avait passé son temps adossé à un mur froid, s’assurant que personne ne prenne la fuite… Octave passa une main lasse sur son visage. Le seul point positif fut qu’on était vendredi et que le week-end se profilait, et avec lui des journées entières de sieste.

C’est alors que le hibou se présenta sur son torse, ne laissant d’autre choix au bibliothécaire que le considérer. Soupirant, il défit le bout de parchemin attaché à la patte de l’animal et le lut. Plus sa lecture avançait, plus il fronçait les sourcils. Arrivé à la moitié, il se redressa vivement, faisant hululer le hibou de mécontentement. Sur le bord du lit, les mains s’agrippant fermement au papier, il clignait des paupières beaucoup trop souvent, probablement dans une tentative désespérée de chasser ce qu’il prit pour une illusion. Il baissa les bras, balaya la chambre d’un regard dubitatif, puis relut à nouveau la missive :










Machinalement, il passa une main dans ses cheveux. Ca lui arrivait rarement, mais il n’y comprenait rien. C’était comme se réveiller dans l’espace noir et sans fond, avec rien de tangible à quoi s’accrocher. La seule chose qui était certaine, c’est qu’Abel n’était pas du genre à faire des plaisanteries ; de manière générale il n’était pas quelqu’un de drôle. Alors comment faire lorsque deux points de vus fiables vous rapportent deux réalités qui ne concordent pas ? Maintenant, le but était de réfléchir calmement sans laisser à son esprit l’occasion de devenir fou devant une telle divergence insensée. Simplement, il fallait méthodiquement recenser son emploi du temps sur les trois derniers jours pour être sûr qu’en effet, personne ne l’ait drogué à un moment ou à un autre. Le 17 septembre au soir, il était certain de s’être couché tôt, complètement épuisé après sa nuit blanche. Allons donc, peut-être était-il devenu somnambule ? Non, non, pas d’idées désespérés, ce n’est pas encore le moment. D’abord on cherche ses clés dans les endroits évidents, et ce n’est qu’après qu’on peut commencer à regarder dans le congélateur. Il était sûr d’avoir dormi de 19 heures le soir jusqu’à 6 heures 20 le lendemain, impossible pour lui d’être allé à Londres dans un bar gay alors. Et surtout, il n’aurait jamais, JAMAIS, ignoré Manu ou ne se serait conduit d’une manière aussi ostentatoire devant lui. Si c’était le cas, Abel avait parfaitement le droit d’être en colère contre lui. Et puis, un concours de Drag Queen ? Ce qui était le plus gênant au final, ce n’était pas qu’il y ait participé, mais c’est qu’il ne s’en souvenait absolument pas. Bon, et hier… qu’avait-il fait hier ? Il avait pris un bain. Long et parfumé, accompagné d’un verre de vin et de Guerre et Paix. Il fronça les sourcils – si cela était encore davantage possible. Le verre de vin ? Non, la bouteille était en sa possession depuis cinq ans et il était certain d’avoir été le premier à la débouchonner hier soir. D’un bond, il se releva et alla dans la salle de bain pour renifler le goulot de la bouteille à moitié vide. Rien. Que de l’alcool.

Une troisième fois, il relut le message et une curieuse réalisation se présenta à lui, comme une évidence douteuse : ce n’était pas lui. Même bourré ou drogué, il n’était plus le type qui faisait ce genre de choses il y a 10 ans. Et puis, cette absence totale de souvenirs était improbable. Définitivement, ce n’était pas lui. Et alors que cette idée faisait tranquillement son chemin dans son esprit cartésien, elle finit par se présenter comme parfaitement logique. Soudain il écarquilla les yeux en lâchant la bouteille qu’il tenait encore dans la main. Un « oh » raisonna dans la pièce, faisant écho au verre qui se brisait en éclat sur le sol, le tâchant d’un rouge bordeaux. Il venait de comprendre. La conclusion était tombée comme une brique du dixième étage. Elle. Cette femme. Honnêtement, il ne s’imaginait pas qu’elle aille aussi loin, qu’elle fasse autant d’efforts ; il s’était toujours imaginé un vague chantage impliquant sa mèche de cheveux. Mais elle était discrètement passée à l’acte. Finalement, elle ne faisait pas que parler, ce qui dans le fond n’était pas une mauvaise chose. Il ne prit même pas la peine de reprendre contenance et se laissa aller à l’ulcère qui s’ouvrait dans son estomac et à l’anévrisme qui grossissait dans son cerveau. Immobile, ses yeux grands ouverts louchaient dans le vide alors qu’il s’imaginait à quoi toute cette histoire avait dû ressembler. Immanquablement, il allait demander tous les détails de sa soirée de débauche homosexuelle à Manu.

Maintenant, il ne savait pas exactement quoi faire. Rire, ou brûler l’école jusqu’aux fondations. Mais au lieu de ça, il se saisit de sa baguette magique et nettoya calmement les débris de verre. Puis il se doucha en chantonnant un air qu’il était le seul à connaître. Une fois devant son armoire, il aspira un grand coup et l’ouvrit cérémonieusement. Frôlant du bout du doigt ses mille et un costumes, il en choisit un sobrement noir, sans cravate cette fois-ci car aujourd’hui était un jour important. Il se devait d’être prêt à toutes les éventualités, même à celle qui lui chuchotait en second plan que cette histoire n’était pas terminée. Il récupéra une paire de Derby noires et d’un cuir épais dans son armoire à chaussures et finit de s’habiller devant le miroir. Parfait. La chemise légèrement déboutonnée, la barbe taillée de près et suffisamment courte pour faire négligé sauvage mais pas assez longue pour faire bûcheron du dimanche. Les cheveux en désordre organisé, l’œil vif, Octave ajouta même une montre à gousset à son ensemble, qu’il rangea dans la poche de son pantalon alors que la chaînette en or blanc rejoignait un bouton de son veston. Il ne pouvait pas se permettre de perdre son sang-froid devant une situation aussi délicate pour sa réputation. L’agitation ne servait à rien, il lui fallait simplement réfléchir avec clarté et la détermination d’un dictateur communiste. Aspirant un bon coup, il se sourit à soi-même avant de quitter la pièce.

Octave savait qu’il était trop tôt pour aller voir Cassidy. D’abord, il lui fallait résoudre le problème pour se présenter à elle en vainqueur et non en gueux résigné devant un destin imposé. Ca lui ferait trop plaisir, et de toute manière, ce n’était pas encore le cas. Elle était parvenue à le surprendre, mais pas à lui faire perdre pieds.

Avant de rejoindre la bibliothèque, il décida de déambuler dans les couloirs, cherchant l’inspiration dans les tableaux de l’école, qui rappelaient tour à tour un évènement singulier de l’histoire. Peut-être y trouverait-il un moyen parfaitement singulier de dépecer un corps… Ou une nouvelle variante de l’aigle de sang… Mais si, vous savez, ce mode d’exécution norrois, qui consistait à inciser le dos du supplicié pour en séparer les côtes de la colonne vertébrale et les déployer telles des ailes d’aigle. Et puis, éventuellement, on pouvait faire sortir les poumons de la poitrine. Il prenait plaisir à imaginer tout ce sang, sachant néanmoins parfaitement que ce n’était pas la manière dont il voulait régler cette histoire. Non, après tout, d’une part, c’était de sa faute, et d’autre part, ce n’était que la monnaie de sa pièce. Sacrée monnaie cela dit, en comparaison à ce qu’il avait fait subir à Cassidy, mais une vengeance méritée quand même.

Occupé à rêvasser, il ne vit pas tout de suite que quelqu’un s’était engagé dans le même couloir que lui. Mais il dut se rendre à l’évidence lorsque la personne en question se précipita précisément sur lui. Du coin de l’œil, alors qu’il était occupé à contempler une gravure particulièrement élaborée, il vit une tâche colorée trottiner dans sa direction et se retourna vivement pour découvrir que ce n’était autre que la professeure de divination. Interdit, et espérant vaguement qu’il y ait quelque d’autre derrière lui pour qu’elle fonce avec une telle détermination dans sa direction, Octave ne bougea pas. Ce qui s’avéra être une mauvaise idée, car Sybille s’élança vers son cou avant de presser ses lèvres, désespérément ouvertes, contre les siennes, hermétiquement closes et serrées en un fin trait devenu blanc. Il n’avait même pas pris le temps de sortir ses mains de ses poches, serrant avec ferveur la montre à gousset. Mais comme elle ne s’écartait pas, il dut bien se rendre à l’évidence que c’était à lui d’initier le mouvement. Doucement, alors que la vieille folle déposait des baiser sur son visage, il la saisit par les épaules et l’écarta de sa personne.

« Je suis désolée pour ma fougue Octave, mais vous… tu comprends, ta déclaration d’hier soir m’a mise dans tous mes états et je ne pouvais pas attendre ce soir, il me fallait venir te voir plus tôt. Toute ma vie j’ai rêvé d’une telle rencontre. »

Il était prêt. Raison pour laquelle aucun « pardon ? » ne sortir de sa bouche. Néanmoins, son regard devint vague alors que son cerveau faisait les connexions nécessaires pour compléter le tableau. Il en avait fait des choses, ces derniers jours, dites donc… Regardant à présent Trewlaney droit dans les yeux, une lueur aussi doucereuse qu’il lui était possible dans le creux du regard, Octave lui sourit béatement.

« Sybille. Je crains que ce ne fut en aucun cas la réalité, ce que vous avez vu hier soir, mais votre troisième œil. Car en l’état des choses, nous ne nous connaissons absolument pas, donc je ne peux décemment pas éprouver de telles sentiments à votre égard, du moins pour le moment. Il ramena une mèche de cheveux folles derrière son oreille, sur laquelle trônaient déjà les lunettes en marshmallow de bouteille qui agrandissaient au quadruple les larmes qui commençaient à se former dans le coin de ses yeux. Sybille. Ne vous découragez pas, si votre troisième œil vous l’as dit, c’est que cela va arriver un jour, il faut juste laisser le temps aux choses de se produire. En attendant nous pouvons toujours faire connaissance pour… forcer le destin. Mais je vous conseille de remonter à vos appartements et sonder votre boule de cristal, elle vous en dira davantage sur la marche à suivre, j’en suis certain. »

Visiblement déstabilisée, la divinatrice vacilla d’abord, avant que la réalisation n’enflamme ses yeux. Elle hocha prestement de la tête, d’autant plus encouragée que le jeune homme ne la repousse pas parce qu’il fut bourré la veille, mais parce que ce fut une vision prémonitoire. Octave aurait pu être plus expéditif et cruel en la renvoyant tout simplement. Mais d’une part, il allait devoir encore travailler avec cette femme, sans parler du fait qu’ils vivaient dans le même château, et surtout, elle ne méritait en rien de souffrir des plaisanteries qu’ils s’organisaient avec Cassidy. Assez satisfait de la tournure, Octave tapota Sybille sur l’épaule avant de l’encourager, d’un mouvement vague de la main, à poursuivre sa route et faire comme il le lui avait conseillé. Déjà perdue dans ses pensées, elle bredouilla quelque chose en regardant les lignes de sa main avant de tituber d’une démarche rêveuse vers là où elle était apparue. Une fois qu’elle disparut derrière l’angle du mur, Octave fronça les sourcils en croisant les mains dans son dos, écoutant jusqu’au bout les pas du professeur disparaître à mesure qu’elle s’éloignait.



Il passa toute la journée sur le qui-vive, s’attendant que d’autres individus en manque d’amour ne lui sautent à la gorge pour tenter d’atteindre son estomac avec leur langue. Mais la matinée demeura calme, principalement parce qu’on était un vendredi et que personne n’avait l’idée de faire ses devoirs en avance pour la semaine prochaine. Il relut plusieurs fois le parchemin reçu à son réveil de la part d’Abel, tentant d’y dénicher des détails qui lui auraient échappés, mais tout était là. Abel avait été un amant de sa mère et se trouvait donc avoir l’âge d’un père potentiel, rôle qu’il avait vaguement endossé depuis qu’ils se connaissaient. Mais avec les activités d’Octave à l’époque, ils se comportaient tantôt comme des amis, tantôt comme des partenaires de travail, ce qui ne facilitait pas toujours leur relation, mais ce qui était certain, c’est qu’Abel avait toujours été là. Préoccupé, il finit par sortir un morceau de parchemin et griffonna simplement :

« Abel,

Ce n’était pas moi. »

La lettre était bien courte pour expliquer une telle débâcle, mais Octave savait, au vu des choses qu’ils avaient vécues et des aventures qu’ils avaient partagées, qu’il ne poserait aucune question, prenant cette déclaration non pas au sens figuré, mais propre. Bien qu’il n’eût aucun doute sur sa capacité à gérer de telles situations, étrangement, celle-ci l’avait agité plus qu’il ne souhaitait le reconnaître. Peut-être parce que, plutôt que de se jouer de lui ouvertement, Cassidy avait préféré concrétiser son plan à la dérobée, ne lui laissant le loisir que de constater les dégâts. Et maintenant il courrait fébrilement partout en essayant de colmater les trous d’un toit fuyant et qui ne cessait pas de craquer à de nouveaux endroits. Ce n’était pas fair-play.

Se rejetant avec désespoir contre le dossier de son siège, il toisa le plafond comme s’il s’attendait vraiment à ce que ce dernier commence à fuir de toutes parts. Il avait la désagréable sensation que la situation qui se présentait à lui ne demandait de sa part aucune vengeance, mais de fermement subir les répercussions des actes de Cassidy. Après tout, ils étaient plus ou moins à égalité en termes d’agacement maintenant et si Octave décidait, par orgueil blessé, de riposter, ce serait une nouvelle partie qui reprendrait. Et ce n’était pas dans sa nature que de s’obstiner à brandir la hache de guerre en premier. La blonde, ne voyant pas de riposte, s’énerverait peut-être d’ailleurs de voir son acharnement ne recevoir que le silence. Enfin, pour la première fois de la journée Octave sourit sincèrement. L’ignorance était bien la meilleure des réponses, selon certains, et il était assez pragmatique pour ne lui offrir que du vide.

….

20H55.

Le reste de la journée ayant été aussi calmes qu’en période de vacances, Octave rangeait maintenant ses affaires, les alignant méthodiquement sur son bureau, alors même qu’il allait de toute manière les réutiliser demain. Mais c’était là une question de discipline, vestige d’une éducation étriquée. Les plans de travail bordéliques ne sciaient qu’aux artistes, et surtout, ce n’était pas le reflet de son esprit, qui était lui-aussi, parfaitement rangé.  

Alors qu’il tassait quelques feuilles, la porte de la bibliothèque s’ouvrit, obligeant le brun à prestement relever la tête ; il n’était jamais prudent de complètement baisser sa garde aussi tôt. Mais rien ne pouvait prévoir cette visite. Cassidy était allée trop loin. Dans l’entrebâillement de la porte ne se tenait personne d’autre que Dolores Ombrage. Toujours aussi rose et potelée, elle lui souriait d’un air encore plus mielleux que ce à quoi Octave ne serait jamais capable. Il la toisa, interdit, se demandant vaguement si elle était là pour les mêmes raisons que Sybille ou si elle était là pour l’arrêter tout bonnement. Il balaya cette idée, puisque si cela avait été le cas, la vieille mégère ne serait très certainement pas venue seule. Non, il s’agissait probablement d’une affaire personnelle. Un instant, il sentit un nerf faire palpiter nerveusement sa paupière à mesure que Dolores s’approchait de son bureau. L’étonnement n’aidant en rien, Octave s’évertua à se comporter rigoureusement comme si tout ceci était prémédité. Lui rendant son sourire, il posa les feuilles et contourna la table pour prendre la petite main boudinée de la fonctionnaire, dont il baisa le dos. Elle ne sembla pas s’en offusquer, ce n’était donc pas une histoire de sang-mêlé. Pire, ce geste dispersa des plaques roses sur ses joues aussi charnues que deux beignets. Bordel, encore une future concubine ? D’abord irrité, Octave finit par relativiser, se rendant compte que si cette femme le trouvait à son goût, il y avait une nouvelle porte de possibilités qui s’ouvrait à lui. Maintenant, le principal était de ne pas la décevoir, ce qui n’était pas gagné. La sorcière avait tout ce qu’Octave n’aimait pas : un mauvais goût, un corps trapu, un cou inexistant supportant une tête trop grosse pour ce corps… gros aussi, en fait. Dolores gloussa dans son col rose ; flattée par tant de galanterie.

« Ma Dame, je ne puis que vous manifester mon contentement de vous voir ici aussi… »

Il n’eut guère le temps de finir sa pompeuse phrase, car trois types, se toisant d’un air mauvais, déboulèrent dans la bibliothèque. Bon dieu qu’ils étaient moches. Octave ne fut d’abord pas certain que leur présence ait un lien quelconque avec celle d’Ombrage, mais il changea bien vite d’avis lorsque, à tour de rôle, les trois semblèrent le reconnaître. Sans qu’il n’ait le temps de réagir à qui que ce soit, quatre autres gueux entrèrent. L’espace d’un instant, il s’arrêta de respirer, la main d’Ombrage toujours dans la sienne, alors que tous les invités s’observaient avec défiance. Sa paupière se remit à trembler alors qu’il revivait un flashback des soirées mondaines de sa mère où il fallait être assez bon hôte pour que personne ne se sente gêné en présence d’invités bourrés, mal polis ou trop bavards. Comme il le faisait jadis, Octave esquissa un sourire sournois qu’il adressa aux mâles de l’assemblée :

« Messieurs, vous êtes ici à cause de notre rencontre d’avant-hier, je présume ? Ou d’hier ? Lorsqu’ils finirent par acquiescer en silence, il poursuivit : Rassemblez-vous et patientez un instant, car il est possible que vous ne soyez pas encore tous là. »

On ne sait jamais. Sur ses mots, prononcés comme s’ils furent en avance pour une réception de la haute société, Octave revint vers Ombrage, dont la mine exprimait de manière tout à fait transparente la suspicion qui l’habitait. Lui adressant un clin d’œil, comme si tout cela était convenu d’avance, il passa son bras autour du sien et l’obligea à faire dos à la foule de gentlemen, tous visiblement provenant tout droit des quartiers homos de la capitale. Puis, d’un ton complotiste que la coquetterie de la dame allait très certainement apprécier, Octave lui chuchota en biais :

« Ma Dame, je suis navré, mais je vous ai fait venir sous un faux prétexte. Mais pardonnez-moi, je ne voulais surtout pas que quelqu’un puisse prendre connaissance de mon plan trop tôt. Ombrage parût soudain particulièrement curieuse, ce qui encouragea Octave dans son idée folle, qui continua son récit sur le ton de l’aventure : En effet, je me suis rendu les deux derniers jours dans les endroits les plus vicieux de notre chère capitale, encore si déplorablement rongée par la vermine faisant honte aux hautes valeurs de notre société. Les sodomites. Non, ne me regardez pas de cet air étonné, ma Dame, cas nous savons tous deux que le vice n’est jamais solitaire dans le cœur de l’homme. Et j’en ai eu la preuve car, dans un jeu d’acteur qui m’a été particulièrement difficile, je me suis prêté à leur monde et les ai intéressés. Pour m’impressionner, chacun à leur tour s’est adonné à la confidence au creux de mon oreille. Certains prétendaient être des mangemorts, d’autres des inspecteurs du ministère alors qu’il n’en est rien et pire encore, certains m’ont confié savoir où se trouve Potter… »

Il mentait sans scrupules, ne ressentant même pas un frisson de regret ni de conscience. Il abusait sans vergogne, avec tout le talent dont la nature l’avait doté, couplée à un absolu manque de compassion. Cassidy était allée trop loin, le mettant dans une situation bien trop complexe pour qu’il se fatigue, par considération, à tenter de s’en sortir sans blesser qui que ce soit. Qu’elle savoure donc le remords de ses propres actes, si jamais son esprit était habité par une morale quelconque. Pour sa part, il n’avait nullement l’intention de prendre la responsabilité des malheurs qu’elle l’avait obligé à créer. Ombrage gloussa encore une fois dans son veston, alors qu’Octave la gratifiait d’un de ses regards plein de vice et de cruauté, sachant parfaitement qu’il ferait écho dans l’âme noircie de cette sorcière. Que Manu lui pardonne ses paroles…

« Imaginez, ma Dame, je leur ai proposé de me retrouver ici à 21h pour partager le pain et le sel en toute discrétion. Voyez, ces pédérastes n’ont eu aucun scrupule à venir dans notre sacrée école pour s’adonner à la chair sans hésitation, guidés par leurs simples désirs primitifs. Aussi, m’étant assuré de leur motivation, je vous ai fait venir pour que votre pouvoir puisse sévir sur ces individus indignes de fouler la terre de notre nation. Ils sont comme tous ces Sang-de-Bourbe, ces Cracmols et ces créatures à peine à moitié humaines, ils pourrissent l’ordre du Seigneur Noir en son cœur, pervertissant les âmes des jeunes gens. »

C’était un prétexte bidon, mais il n’avait pas eu besoin de creuser plus, sachant parfaitement qu’Ombrage serait intéressée par la moindre manière de faire une démonstration du pouvoir de décision dont elle était maintenant dotée. Lui baisant encore une fois la main, Octave entendit la porte s’ouvrir une nouvelle fois. Se retournant, il constata avec un certain saisissement que ce n’était autre que le Directeur. Bien sûr. Probablement attiré par toute cette foulé d’inconnus circulant dans son école en plein milieu de la nuit, un vendredi qui plus est. Retrouvant contenance, Octave s’empressa, d’un geste de la baguette magique, de sceller la porte avant de déclarer :

« Voilà, maintenant tout le monde est là. J’allais justement dire, Monsieur le Directeur, à Madame Ombrage à quel point vous m’avez encouragé dans cette initiative périlleuse, mais qui, comme vous le voyez, a porté ses fruits. Ces hommes sont les purs ennemis de notre race et en venant ici ils ne font que confirmer la corruption de leur esprit. Ma Dame, voulez-vous de l’aide pour maîtriser ces affreux ? »

Un caquetage sortir de la bouche de la sorcière qui regardait goulûment le groupe d’hommes complètement perdus dans les événements.

« Volontiers, Monsieur Holbrey, et je vous pardonne votre mauvaise conduite. Excellent initiative, Rogue. »

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DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 9 janvier 1960, dans une petite ville moldue sans intérêt
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MessageSujet: Re: [19 Septembre 1997] - Du pessimisme, de l’optimisme, du réalisme et de l’opportunité de s’en défaire. Dim 4 Sep 2016 - 17:16

Quoi de plus agréable que de débuter la journée de cette façon on se le demande. Rogue fit légèrement tourner sa baguette entre ses doigts, parfaitement impassible, en regardant l'homme se tordre de douleur sur le sol et pousser des hurlements déchirants, hurler comme si toute son existence n'était plus réduite qu'à la souffrance, incapable de lutter, se reprendre, ni même fuir. Le Seigneur des Ténèbres ne stoppa qu'un court instant pour lui poser sa question, une seconde fois, et sans doute la dernière. Personne, sinon lui et l'agonisant, ne bougeaient dans cette longue pièce du manoir Malefoy. Qui oserait s'interposer entre le seigneur noir et sa cible ? Cet homme qui se tordait sur le parquet parfaitement lustré et sombre était un sympathisant de l'Ordre du Phénix, qui avait eu le malheur d'être au mauvais endroit au mauvais moment, se trouver sur le chemin d'un mage noir fou de rage n'a jamais été une façon particulièrement  brillante d'assurer sa survie. Rogue regardait le supplicié, son regard noir ne laissant rien transparaître, ni colère ni regret, ce n'était là que du vide. Il savait que cet homme allait mourir et que plus rien ne pourra le sauver, désormais, même s'il se décidait à parler. Severus n'éprouvait rien pour cette mort à venir, ni peine ni quoi que ce soit. En temps de guerre, on ne pouvait sauver tout le monde, il ne pouvait avoir de la compassion pour tout un chacun. Lorsqu'on luttait contre Voldemort, accepter la venue rapide de la mort est une étape essentielle, bien que certains idéalistes naïfs pensent être en mesure d'y échapper éternellement.

Les cris prirent très brutalement fin dans un éclat de lumière verte, le corps sans vie de l'homme retomba au sol comme une poupée de chiffon, les yeux encore ouverts et emplis de terreur et de douleur. Derrière Severus, les deux parents Malefoy restaient en retrait, eux deux ne parvenant plus à dissimuler leurs propres émotions. Si le maître des potions avait encore du respect pour Narcissa, qui protégeait avant tout son fils avant de suivre le pouvoir du seigneur des ténèbres et sa propre survie, il était en revanche parfaitement dégoûté par Lucius. Ce n'était guère plus qu'un homme de second rang, infect et arrogant, incapable de penser à autre chose qu'à sa petite personne et prêt à tout sacrifier pour cela. Aimait-il seulement son unique enfant ou ne voyait-il en lui qu'un jeune héritier qui devra se débrouiller pour restaurer seul l'honneur de sa famille et de leur nom ? Quelle preuve avait-il donné, jusqu'alors,q u'il était capable d'être un père avant d'être un simple serviteur des ténèbres ? Il avait attiré lui-même la haine sur les siens par son incompétence et comptait maintenant sur son fils pour réparer ses propres erreurs, s'en était si pathétique. Un fils qui, merci au ciel, ne lui ressemblait pas. Rogue connaissait bien Drago, sans doute mieux que Lucius lui-même, il savait que cet enfant sera capable de filer de ses propres ailes sans se laisser dévorer par la même amertume que son incapable de père. C'est dommage, Severus aurait bien aimé savoir quel adulte deviendra Drago, une fois la guerre terminée.

Voldemort marchait dans la longue pièce, avec son long serpent près de lui, murmurant des paroles incompréhensibles d'un ton trop bas pour qu'on puisse le comprendre. Il s'arrêta à un moment, caressant sa baguette du bout des doigts, avec un regard signifiant que son esprit était loin, bien loin de ce manoir. Pensait-il à ses horcruxes ? Le directeur de Poudlard se demandait s'il pouvait ressentir la perte de l'un d'eux ou si son âme était désormais trop mutilée pour qu'il puisse le réaliser. La seconde option était la plus probable, une fois qu'on était si enfoncé dans les méandres de la magie noire, comment se rattacher durablement à notre part d'humanité ? Il en avait fait l'expérience personnellement, détruire ses sentiments humains et tout ce qui s'en rapproche est une tâche aisée. Le Seigneur des ténèbres parla en fourchelang à sa bête, sans plus se préoccuper d'eux, durant un long moment, puis se tourna vers lui. Severus hocha la tête en recevant ses ordres, son propre esprit protégé par l'occlumancie, comme un mur rendu infranchissable à la fois par les heures acharnées d'entraînement et la pratique permanente de cet art, dès lorsqu'il n'était pas entièrement seul. Le mage noir disparu ensuite avec sa bête, dans un craquement sonore, laissant la pièce dans une atmosphère lourde et tendue. Rogue ne jeta qu'un bref regard au cadavre en passant à côté de lui, ne s'attardant plus sur les morts comme il ne s'attardait plus sur les personnes en danger de mort, à moins qu'il ne s'agisse d'un de ses élèves.

– Severus, attend.

Narcissa aussi était sortie de la pièce, le rejoignant alors qu'il commençait à descendre les escaliers, une main sur la rampe. Qu'il y a-t-il ? Il était pressé, ayant d'autres affaires à s'occuper avant de devoir retourner à Poudlard, ce vendredi était déjà assez chargé comme cela. Avant cette scène de torture et de meurtre, il avait dû partir avec d'autres mangemorts s'occuper de quelques rebelles, ce qui lui avait pris deux bonnes heures le temps de les traquer. Ensuite, il s'était rendu ici pour y amener cet opposant avec un autre mangemort qui lui avait pu repartir aussitôt, recevoir les ordres de Voldemort, et maintenant, d'autres sujets l'attendaient. Que Narcissa l'excuse donc mais il n'avait guère de temps à perdre en vaines discussions. Heureusement, elle fut brève, commençant par le remercier de ce qu'il avait fait pour son fils en juin, puis demandant comment allait Drago, au château. Il haussa légèrement les épaules en répondant que son fils allait aussi bien que possible. Ce n'était la fête pour personne, dans cette école, et on ne pouvait décemment exiger de Drago de sourire ou se sentir bien après ce qui s'était passé l'année précédente. Détournant le regard, il poursuivit sa route, laissant derrière lui la mère du jeune Serpentard, toujours tremblante et bien plus pâle que de coutume. En sortant du manoir, il transplana à son tour, l'esprit tourné vers la suite de la journée et ses autres "occupations", la main serrée sur sa baguette.

Lorsqu'il fut temps de revenir à Poudlard, la soirée était déjà un peu avancée. Rogue entra dans le parc, dissimulant sa fatigue comme il dissimulait toutes ses émotions, dans une routine coutumière. Avançant sans se presser, il tourna un instant la tête vers l'endroit où se trouvait la tombe de Dumbledore, réprimant son envie d'y stopper. Pas ainsi, en soirée, il ne pouvait s'y rendre qu'a milieu de la nuit lorsque personne ne pouvait le voir. Le château se découpait dans la nuit tombante, apparemment très paisible, sans que rien ne l'agite. Combien de mois encore à suivre un tel rythme ? Ils arrivaient à fin septembre et Severus avait pourtant le sentiment qu'une année entière s'était déjà écoulée. En rentrant dans le château, il fut accosté par le concierge qui lui parle de tous ces "nouveaux inspecteurs qui venaient d'arriver, tous à la même heure, il y a quelques instants, peu de temps avant Mme Ombrage". Pardon ?! Il laissa le concierge sur place, grimpant les escaliers assez vite. Des nouveaux inspecteurs et l'affreux bonbon rose dans son école ? Qu'est-ce que c'était encore que cette histoire ? Il n'eut pas longtemps à marcher avant d'entendre des tableaux outrés parler d'Ombrage qui s'était rendue directement à la bibliothèque. Severus eut un temps d'arrêt puis grogna entre ses dents. Evidemment. Holbrey. Qui d'autre ? Qui d'autre que ce crétin suicidaire aurait pu inviter Ombrage dans ce château ?

S'il devenait impossible de s'absenter une journée sans que quelqu'un ne mette le bazar ici... En chemin, il sortit une petite fiole et avala un petit fortifiant d'une gorgée, un de ceux qu'il avait préparé il y a quelques temps en songeant à des journées comme celle-ci, où tout s'accumulait et où il faudra qu'il reste en forme la journée entière et une partie de la nuit. En entrant dans la bibliothèque, il constata qu'en effet, Holbrey était bien en compagnie de l'affreuse saleté rose et de sept autres hommes, tous plus laids les uns que les autres, avec des airs perdus et légèrement affolés, pour certains. Il survola la pièce du regard pour vérifier que d'autres ne se cachaient pas entre les rayonnages, en se demandant à quoi jouait le bibliothécaire, cette fois. Sil y avait bien une chose dont Severus avait horreur, c'était bien ce genre de type, qui aimait concentrer tous les problèmes en un seul endroit. S'il tenait à déclencher une guerre avant l'heure, il serait bien avisé de fixer son camp auparavant. Il sortit à son tour sa baguette, portant un regard sombre sur leur récent bibliothécaire et la saleté à côté de lui. Il y avait déjà eu des morts ici, après tout, un de plus ou un de moins... Celui-là avait vraiment choisi la journée parfaite pour en rajouter.

– Voilà, maintenant tout le monde est là. J’allais justement dire, Monsieur le Directeur, à Madame Ombrage à quel point vous m’avez encouragé dans cette initiative périlleuse, mais qui, comme vous le voyez, a porté ses fruits. Ces hommes sont les purs ennemis de notre race et en venant ici ils ne font que confirmer la corruption de leur esprit. Ma Dame, voulez-vous de l’aide pour maîtriser ces affreux ?

Étrange, il n'était pourtant pas sous le sortilège de l'Imperium... Accomplissait-il un défi idiot ? Ou avait-il été manipulé par quelqu'un ? Menaces, chantage, pression, piège ? Tout était encore envisageable, à ce stade. Le gloussement de la dinde rose lui vrilla un peu plus les nerfs, si c'était possible, tandis qu'il se retenait de toutes ses forces de ne pas lui jeter tout de suite un sort.

– Volontiers, Monsieur Holbrey, et je vous pardonne votre mauvaise conduite. Excellent initiative, Rogue.

C'est cela, très amusant comme situation, las, Severus était tout sauf d'humeur à faire joujou, la journée avait déjà été bien assez longue et il n'était plus question de "s'amuser" encore avec ça. Holbrey avait plutôt intérêt à disposer d'une excellente excuse pour se justifier, s'il en était capable ! Levant sa baguette, il ne fit pas dans la dentelle, ne pensant même pas une seconde à des sorts classiques mais puisant directement dans les sortilèges de magie noirs, plus expéditifs, appris il y a des années, pour envoyer au sol à la fois les sept hommes et Ombrage, par pur accident bien entendu. Il y eut quelques hurlements de surprise et de peur de la part des hommes, qui tentèrent de se défendre de façon plutôt grossière et inefficace, Severus n'attendant pas que le bonbon rose se bouge. Il y eut un instant de très grande confusion et de cris avant que tout ne s'apaise, les types au sol et la plupart blessés, tout comme Ombrage qui avait été projeté à deux mètres de là, son bras tordu dans un sens très peu naturel, il devait être cassé. Qu'elle s'estime heureuse de s'en tirer avec ça, c'était dommage de recevoir un mauvais sort lorsqu'on se retrouvait pris dans un combat au milieu de ce genre de pièce fermée, n'est-ce pas ? Une fois fait, il tourna le regard vers le bibliothécaire, hésitant entre lui lancer un petit doloris tout de suite ou attendre ses explications.

– Alors ? Avez-vous orchestré tout cela pour vous amuser ou avez-vous simplement été piégé comme un gamin ?

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MessageSujet: Re: [19 Septembre 1997] - Du pessimisme, de l’optimisme, du réalisme et de l’opportunité de s’en défaire. Dim 4 Sep 2016 - 20:21

Avait-il seulement les muscles nécessaires pour une ébauche de sourire ? Ou ne s’étaient-ils jamais développés dans la superfluité de leur fonction ? Enfin, un sourire, on allait loin ; un air neutre aurait été déjà une bonne chose. Au lieu de ça, Rogue arborait sa mine spéciale « toute ma famille est morte à l’holocauste et les nazis ont buté mon chien, Kiki ». Octave sut au premier coup d’œil, à la mine glaciale du Directeur, que ce n’était pas le moment. Mais y avait-il réellement des moments pour ça ? En particulier avec un homme qui ne semblait pas apprécier ni les imprévus, ni le désordre, mots qui décrivaient plutôt bien ce qui se passait à la bibliothèque, et avec la participation de personne d’autre que votre fidèle serviteur. Voyant Rogue sortir sa baguette, il ne douta pas un instant que cela allait être pour le moins explosif et expéditif. Présentant le cyclone, il fit un pas sur le côté, juste à temps. La baguette magique s’abaissa, sifflant dans l’air et faisant valser tous ses pauvres gens, qui n’étaient venus que pour recevoir un peu d’amour et de chair fraîche. Octave n’était pas mécontent de voir quelqu’un d’autre régler ses problèmes. Excepté qu’au vu de la situation, c’était comme voir sa mère ranger sa chambre alors que c’était à lui de le faire… L’avantage ne tenait qu’à un détail : Rogue avait le pouvoir de renverser Ombrage sur les omoplates, alors que lui, non. Enfin, théoriquement si, mais il ne valait mieux pas le faire ouvertement en tout cas. Et voilà que sous ses yeux ébahis, cette représentante exemplaire de tout ce qu’il pouvait détester volait dans les airs, avec la facilité d’un chiffon. Il y avait dans ce spectacle quelque chose de franchement réjouissant et Octave était tel un enfant, regardant le confiseur concocter de la barbe à papa avec une gestuelle dont lui seul avait le secret.

Alors que le corps de la fonctionnaire s’écrasait sur le sol, le bibliothécaire rigola doucement, balayant du regard la pièce, maintenant joyeusement jonchée d’une multitude de corps en souffrance. Ils étaient les seuls à être debout, tels Charybde et Scylla, juste après l’apocalypse, dans le dédale de tourmente qu’ils avaient eux-mêmes créés. Flatté par le dramatisme naturel de l’instant, Octave plongea ses mains dans les poches, adoptant une pause tout à fait décomplexée, comme si tout cela était normal. Il toisa royalement la scène, savourant quelques instants immobiles l’effet de style que prenait l’histoire, oubliant complètement que la poussière allait lui retomber dessus. Et en effet, cela ne tarda pas. Sans équivoque, le Directeur décocha un regard en direction d’un Octave à la mine si peu responsable. Non, non, il était là par hasard, quelle idée.

– Alors ? Avez-vous orchestré tout cela pour vous amuser ou avez-vous simplement été piégé comme un gamin ?

Heureusement qu’ils se trouvaient à une bonne distance tous les deux, sinon Rogue aurait pour sûr aperçu le tressaillement des lèvres du bibliothécaire. Mais il s’abstint de justesse à ne pas transformer son sourire penaud en rictus satisfait et sarcastique. Il était très probablement sur le point d’être viré, ou pire, alors à quoi bon minimiser ? Autant y aller jusqu’au bout, assumer du début à la fin. Alors il pencha légèrement la tête sur le côté, regardant le Directeur sensiblement en biais et répondit simplement :

« Non, comme un adulte consentant. »

Ca, c’était la blague. Celle qui était si culottée qu’on perdait de vue qu’elle pouvait être parfaitement vraie. Mais c’était le but. Néanmoins, tout cela fut dit avec le ton d’un homme quelque peu contrit et à contre cœur résigné à accepter les revers du destin. Si bien que le sens même de la plaisanterie se perdit derrière un fatalisme soumis. Théâtralement, il laissa le silence planer pour donner à son unique spectateur le temps de rire. Ce qui était déjà en soi une ironie. Pour ne pas risquer sa vie inutilement, juste avant que la pause ne s’éternise dans la gêne ou le meurtre, Octave finit par complètement tourner son visage vers Rogue et déclara, comme pour justifier sa blague :

« J’ai voulu être honnête et ai abandonné une part de moi-même à une femme, mais elle l’a utilisé contre moi et je n’ai reçu en retours qu’une poignée de laidrons, comme vous pouvez le constater. »

Et éventuellement une bonne dose de douleur, se dit-il en frôlant du regard la baguette magique du Directeur. Mais c’était là la stricte vérité et comme d’habitude, il était prêt à payer le prix de la vie luxuriante qu’il avait décidé de mener, se tenant néanmoins prêt à esquiver en cas de lumière verte. Dans son dos, Ombrage poussa un meuglement sourd, alors que la douleur la réveillait de son absence imposée. Evaluant la perspective de ses priorités, Octave pivota légèrement le haut de son torse afin d’assommer la fonctionnaire d’un coup de baguette magique, profitant de la confusion qui devait régner dans son esprit. Il valait mieux d’abord régler le souci principal avant de s’attaquer aux subsidiaires. Faisant à nouveau face à son supérieur, il rajouta simplement, avec une note de défi dans la voix :

« Et probablement le pire, c’est que je ne regrette rien. »

Bref, Rogue n’aura pas d’excuses, juste le constat des faits et une décision à prendre en conséquence. Octave n’en rajouta pas davantage, ayant le sentiment que de toute manière il l’avait déjà déçu avec une explication aussi… banale. Les femmes. Les sentiments. Tout ça faisait partie des bandoulières que son esprit flegmatique n’aimait pas et devait probablement prendre pour de la faiblesse. Pire encore si tout cela avait été fait volontairement et avec la pleine conscience de se mettre en danger. Mais chaque seconde en avait valu la peine. Et ce ne serait certainement pas la première fois que la personnalité exaltée d’Octave se heurtait avec violence à l’incompréhension ou le dédain de gens se trouvant au parfait opposé du spectre des émotions. Mais la vie était ainsi mal faite, que le bibliothécaire, dans toute sa folie, ne pouvait qu’assumer la responsabilité de ses actes.


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MessageSujet: Re: [19 Septembre 1997] - Du pessimisme, de l’optimisme, du réalisme et de l’opportunité de s’en défaire. Dim 4 Sep 2016 - 22:23

– Non, comme un adulte consentant.

Piégé donc par qui ? Et surtout, qui dans ce château aurait pu avoir l’idée d’y attirer tout ce monde pour satisfaire une vengeance personnelle ? Dans quel but ? Il se repassa mentalement la liste des adultes présents à Poudlard susceptibles de faire ça, éliminant à mesure ceux qui n’avaient pas les épaules ou qui n’étaient pas assez gamins pour orchestrer ce genre de mise en scène. McGonagall, exclue d’office, elle avait bien autre chose à faire en ce moment que de s’amuser à piéger le bibliothécaire. Chourave, même chose. Flitwick, bien trop sérieux pour ça. Trelawney, non plus, ce serait déjà un miracle qu’elle arrive à lever le nez de sa fichue boule de cristal plus d’une minute. Firenze, non, il se moquait de ce genre d’histoire. Slughorn n’avait rien à y gagner et ce n’était pas non plus son style. Les professeurs d’étude des runes ou d’astronomie… Non, certainement pas. Il pinça les lèvres en songeant ensuite à Rowle, qui elle, en revanche, aurait pu être capable de ce genre de manœuvres. A mettre un tel bazar dans à Poudlard et y attirer la saleté rose dans un seul but de vengeance. Très bien, il saura vite si c’était elle ou non, il s’y connaissait suffisamment en espionnage pour obtenir des preuves.  Et s’il s’avérait qu’il s’agissait bien d’elle, qu’elle se prépare, elle allait en baver, lors de ses cours particuliers. Peu importe ce qu’elle fichait avec Octavius, du moment que ce soit en-dehors de ce château.

– J’ai voulu être honnête et ai abandonné une part de moi-même à une femme, mais elle l’a utilisé contre moi et je n’ai reçu en retours qu’une poignée de laidrons, comme vous pouvez le constater.

Très bien, il avouait de lui-même que Rowle était responsable de ce merdier. Sans doute la continuité de ce que les clients du Chaudron Baveur s'étaient amusés à colporter comme rumeurs dans tout le village suite à la soirée où les deux s'étaient "distingués". Très bien, les deux étaient donc engagés en duel et trouvaient très malin de régler leurs comptes dans la bibliothèque, un vendredi soir, alors qu’ils avaient bien autre chose à faire et sûrement pas de temps à gaspiller en gaminerie ! Et dire qu’il s’était dit que son premier souci sera d’esquiver une tentative de meurtre de la part de la directrice de Gryffondor ou de devoir se débarrasser d’un des deux Carrow pour les empêcher d’égorger un élève… Il n’avait pas songé que ce serait de devoir se confronter aux bêtises de deux collègues s’ennuyant tellement qu’ils gaspillaient leur temps à se chercher des noises et préparer des coups montés. Lamentable. A quoi ça rimait, de se comporter ainsi comme des mioches de six ans dans une cour de maternelle ? Ils avaient oublié qu’ils étaient déjà adultes ?! Ombrage meugla alors qu’il était prêt à reprendre, l’agaçant d’autant plus et le poussant à ressortir sa baguette. Cependant, Holbrey l’assomma avant que Rogue ne décide s’il devait envoyer un sortilège de mort à la saleté rose ou se contenter de la blesser suffisamment pour qu’elle reste évanouie. Les autres hommes, eux, avaient eu la bonne grâce de ne pas se réveiller, parfait, ils n’auront pas à lui servir de défouloir. Restait qu’il lui en fallait quand même un de conscient, pour la suite, qui ne soit pas trop amoché. Voyons voir... Celui qui était juste à côté pourrait faire l'affaire, il n'était pas trop blessé, du moins, pas assez pour avoir besoin d'un guérisseur d'urgence. Quant au bonbon rose, il pouvait bien souffrir, avec un peu de chance, elle aura même du mal à retrouver un usage normal de son bras avant un bon moment, y compris avec les soins de l'hôpital.

– Et probablement le pire, c’est que je ne regrette rien.

– Bien entendu, je ne m'attendais pas à ce que vous ayez une compassion suffisamment développée pour comprendre que vous avez condamné tous ces types à mort, dit-il d'un ton très neutre. Ni vous, ni Miss Rowle.

Sortant une petite fiole remplie d'un liquide très clair de sa poche, du veritaserum, il en fit glisser ne gorgée dans la gorge du type précédemment sélectionné, puis le réveilla avec un sort. L'homme se réveilla et cligna des yeux d'un air absent, toujours allongé par terre. Sur ordre de Severus, il se mit à raconter comment il avait rencontré Holbrey, dans une boîte de nuit homosexuelle. Plus il avançait dans son récit, moins Rogue savait s'il devait désespérer ou être blasé. Comment pouvait-on prendre du temps pour réfléchir à un plan pareil ? Il n'y avait rien de plus direct pour se venger de quelqu'un ? C'était à la fois admirable et hallucinant, il n'en revenait pas de constater à quel point Rowle était partie loin dans son délire. Lorsque le type eut terminé, Rogue l'assomma de nouveau puis tourna le regard vers Holbrey, hésitant toujours entre le torturer un petit peu, lui exploser les dents ou se contenter de lui casser une jambe ou deux. Qu'il fasse joujou avec Rowle, très bien, grand bien lui fasse, mais qu'ils y mêlent l'école et ce résidu rose bonbon, ça ne pouvait décemment pas passer ! La colère de découvrir ça mêlée à la fatigue et l'énervement d'une trop longue journée décida finalement pour lui, il y eut un bref éclat de sa baguette alors qu'il jetait un endoloris sur le bibliothécaire, repoussant au passage d'un coup de pied l'une de ses victimes précédentes. Après tout, ce petit crétin suicidaire n'était pas un élève, il n'avait pas à prendre garde à sa vie. Il leva le sort au bout de deux ou trois minutes, le regard brûlant.

– Faites donc ce que vous voulez, tant que c'est dehors, il y a assez de bazar dans cette école comme ça, siffla-t-il d'un ton glacial. A moins que vous ne soyez vraiment suicidaire.

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MessageSujet: Re: [19 Septembre 1997] - Du pessimisme, de l’optimisme, du réalisme et de l’opportunité de s’en défaire. Lun 5 Sep 2016 - 12:22

Dès la première phrase du récit forcé de l’inconnu, Octave ne put s’empêcher de pouffer de rire. Délicatement, il couvrit sa bouche derrière une rangée de doigts tout en se mordant la lèvre inférieure pour s’empêcher de rigoler, mais c’était irrésistible. Et la retenue s’adonnait à lui avec d’autant plus de difficulté qu’il s’imaginait en parallèle Cassidy le faire. Avait-elle réellement osé faire tout ça ? Elle, si fière et orgueilleuse, avait su faire fi de son caractère particulier pour se venger de lui d’une manière bien intrépide. Rien d’étonnant, finalement, après tout ne dit pas-t-on que l’homme est moins lui-même quand il est sincère, donnez-lui un masque et il dira la vérité ? Et le pire était probablement le ton professoral employé par l’homme pour conter les aventures intrigantes de la soirée de débauche, qui, bien entendu, ne convenait absolument pas à ce genre de récit. Cette contradiction obligea Octave à relever les yeux au ciel pour ne pas avoir à se confronter au regard vide qui décrivait méthodiquement tant de faits, les uns plus lubriques que les autres. Une part de lui-même se sentait flattée d’avoir provoqué la jeune femme à commettre des actes qui lui étaient si contraires, à faire des efforts particuliers dans le seul but de le mettre dans l’embarras. Faire preuve de tant de sacrifices au nom de représailles était le signe d’une rancune profonde. Mais enfin, l’histoire rocambolesque prit fin, alors qu’Octave louchait sur la victime balbutiante, les lèvres pincés et les yeux luisants d’une hilarité jamais sortie que sous la forme de discret ricanement. Merlin seul savait à quel point il avait envie d’éclater de rire. Le visage indéterminé de Rogue n’était pas là pour arranger la tâche.

Il se racla prestement la gorge lorsque le Directeur se tourna à nouveau vers lui et sut en un coup d’œil quel destin funeste l’attendait. A la souffrance ne pouvait-on jamais se préparer, aussi Octave se retrouva pris de court en sentant la première vague de douleur. Il s’était toujours imaginé que le Doloris avait le même goût que la désintégration du Dr Manhattan, dans les Watchmen. La souffrance provoquée était si remarquable qu’on croirait presque sentir la transformation du noyau atomique en plusieurs particules. Mais contrairement à la filiation radioactive, le sort ne prenait fin que lorsque son lanceur se décidait à y mettre fin avec bonté et pitié. Octave avait soutenu le regard du professeur autant que ses forces le lui avaient permis, alors qu’un voile de sueur s’était formé à la naissance de ses cheveux bruns. Un instant de faiblesse et voilà que ses jambes fléchissaient, l’obligeant à mettre un genou à terre alors qu’il courbait sa tête vers son torse, la respiration saccadée accompagnée par de vagues gémissements s’échappant de sa bouche aux dents serrés. Il prit appui au sol d’un poing ferme, plissant les yeux sous la sensation de dissolution qui enflammait ses cellules une par unes. La vie voulait que la souffrance distorde le temps, aussi perdit il complètement la sensation des secondes qui passaient. Comment était-ce possible qu’il soit encore en un seul morceau ? Il aurait dû depuis longtemps se dissoudre dans les airs en de milliards d’atomes de plomb, exploser en une multitude de morceaux sanguinolents, tapissant le mur et le sol. Mais son enveloppe corporelle semblait tenir bon, contenant cette désintégration infinitésimale comme si, à chaque fission, les cellules se régénéraient à l’infini pour se décomposer à nouveau, et cela sans fin. Un flot de jurons en russe sortirent de ses lèvres crispées, cette langue ayant des insultes bien plus fleuries que sa patrie anglaise d’origine. Des tâches de couleur semblables à un caléidoscope se mirent à danser sur la face interne de ses paupières. Non, ce n’était pas aujourd’hui qu’il allait devenir Dr Manhattan. Dommage.

Le sort prit fin aussi abruptement qu’il avait commencé, mais la douleur, elle, s’estompa avec la lenteur d’une chromatographie (oui c’est le post des métaphores scientifiques). Elle raisonna encore un bon moment dans son corps, éloignant toute pensée de son esprit raidi par la torture. Haletant, il finit néanmoins par reprendre ses esprits. Et pour ne rien arranger, il était de ceux en qui la tension provoquait un irrésistible fou rire. Alors, complètement lessivé, Octave pouffa d’abord dans sa barbe tout en continuant à grimacer. Puis, il bascula vers l’arrière et se laissa aller contre son bureau qui, sous son poids, grinça contre le sol, glissant sur trois bons centimètres. Un genou replié, la tête renversée contre le meuble, il se mit à glousser plus franchement de son rire gondolé. Bien, il s’améliorait, la première fois il avait commencé à baver avant de s’évanouir. Mais il n’avait alors que dix-sept ans… Aujourd’hui encore, la sensation demeurait la même, alors que la résistance était toute autre. Peut-être valait-il mieux s’évanouir, après tout, plutôt que de profiter du spectacle jusqu’au bout.

« Haha, aaaah… La compassion… ah… et la compréhension ne sont pas la même chose. Han… Je comprends, mais je ne compatis pas. Héhé… Et vous non plus, ah, d’ailleurs. Alors à quoi bon, aaah, cette saynète ? Cet appel aux sentiments… haaaa, сука… Allez droit au but et exprimez tout l’ennui que vous avez à assumer la responsabilité d’une telle école. »

Cette tirade, entrecoupée par un souffle pantelant, fut prononcée avec une assurance insolente. Il passa une langue fébrile sur ses lèvres blanches avant de lâcher un énième ricanement sourd. Dès lors que ses esprits lui étaient revenus, il n’avait pas quitté le regard flamboyant du Directeur. Il n’y avait que les gens éternellement agacés par la charge qui leur incombait à contrecoup pour faire appel aux bons sentiments et à la morale, simplement pour ne pas avoir à avouer que ça les emmerdait. Octave acceptait de grâce une punition méritée et si peu disproportionnée, mais refusait qu’on le prenne pour une débile. Il s’efforçait d’aspirer l’air à grand coups et cela eut le don de rétablir le rythme mesuré de sa respiration, sans pour autant l’empêcher de ricaner.

« Et Miss Rowle n’a rien avoir là-dedans… héhé… Sur cette terre, c’est probablement la personne qui a le plus d’indifférence à mon égard, je puis vous l’assurer puisque je m’en suis rendu compte moi-même. Et puis, vous commencez à me connaître et devez-vous doute que j’ai plus d’un ennemi en dehors de ces murs. »

Ce n’était pas de la galanterie. Rogue l’avait surpris dans une situation peu accommodante et il en faisait les frais, mais il était hors de question qu’il arpente le château tel un père fouettard pour punir ses employés, qui, aux dernières nouvelles, n’étaient pas encore ses enfants. Entre les aléas d’une dictature et l’indécence morale il n’y avait qu’un pas. Il avait aussi menti par pur rancœur. Octave avait, certes, accepté les règles du jeu en venant travailler ici, mais en de telles circonstances, il ne souhaitait en rien lui faciliter la tâche, quitte à récolter un autre Doloris, voir un os cassé. C’était le principe de la résistance, pas vrai ? Et puis, le mensonge avait été grandement facilité par la part de vérité qui résidait en son sein et qui donna un panache de sincérité mêlée à un dépit si peu camouflé au ton du bibliothécaire. Il passa une main dans ses cheveux moites à la racine pour les aérer quelque peu ; ils retombèrent en sauvagerie capillaire, venant même chatouiller le haut du nez. Tanquant Rogue au travers d’une grille de mèches de cheveux aux reflets cuivrés, il n’eut aucun remord à en rajouter une couche, un sourire narquois en coin :

« Alors vous n’aurez que moi à châtier. Profitez-en, au nom de cette sombre inconnue qui m’a mise dans cette situation. A moins que vous ne soyez déterminé à vous en prendre à une innocente sur la seule base de vos suppositions. »

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MessageSujet: Re: [19 Septembre 1997] - Du pessimisme, de l’optimisme, du réalisme et de l’opportunité de s’en défaire. Lun 5 Sep 2016 - 16:23

Ce type ne réalisait rien et c’était bien ça qui énervait Severus, ce soir. Parmi de nombreuses personnes qu’il ne pouvait supporter, il avait d’autant plus en horreur celles et ceux qui se moquaient de tout. Ces adultes irresponsables qui se comportaient comme de vulgaires enfants, ces adultes idiots, naïfs et dénués de toute conscience, qui agissaient sans jamais réaliser la portée réelle de leurs actes, qui fonçaient dans le tas sans réfléchir avant, qui ne voyaient pas plus loin que le bout de leur nez et ne se souciaient que de l’intérêt de leur propre petite personne. En résumé, les lâches, les faibles, les indécis, les suicidaires, les naïfs, les manipulables, toutes celles et ceux qui ne savaient pas voir au-delà des apparences et qui, en conséquence, se permettaient de ramener d’autres personnes dans leurs complots sans réaliser à quel point l’Histoire elle-même pourrait s’en trouver gravement endommagée. Ce type larvaire était un de ceux-là, présentement occupé à rire entre ses dents, sans doute plus de nervosité que d’autre chose, se laissant aller contre le bureau derrière lui. A quoi bon vivre si c’était pour se perdre dans des querelles aussi ridicules et s’enfermer dans de pareilles petites histoires ? S’il avait tant d’énergie à revendre et de plans à préparer, qu’il fasse au moins l’effort de s’investir dans une cause qui en valait la peine, plutôt quand une histoire aussi ridicule. Si tant est qu’il puisse marcher dans le sens de l’Histoire plutôt que de rester sur le coté à jouer avec ses conséquences.

– Haha, aaaah… La compassion… ah… et la compréhension ne sont pas la même chose. Han… Je comprends, mais je ne compatis pas. Héhé… Et vous non plus, ah, d’ailleurs. Alors à quoi bon, aaah, cette saynète ? Cet appel aux sentiments… haaaa, сука… Allez droit au but et exprimez tout l’ennui que vous avez à assumer la responsabilité d’une telle école.

Il ne croyait pas si bien dire, cet ahuri. Il ne pouvait imaginer à quel point il était profondément gonflant de se retrouver directeur à la tête d’une école de magie lorsqu’on n’avait jamais désiré y être simple professeur, d’autant plus si cela durait depuis des années. Ce rôle, le dernier de son existence, n’était qu’une vulgaire mascarade et tous devraient s’en douter, mis à part les naïfs convaincus qu’il s’agissait là de son but ultime après avoir mis à bas le précédent dirigeant de l’école. Rogue observa Holbrey avec attention, le regard toujours brûlant. Sa rage passée, il se demandait s’il devait le jeter dehors de suite ou le garder entre les murs de Poudlard, malgré les déchets roses qu’il amenait avec lui. Malgré la gêne que ce type faisait peser sur ces lieux, il venait de dévoiler un avantage intéressant, aux yeux de Severus. Pour conduire Rowle à la place prévu pour elle cette année, un petit stimulant du genre de bibliothécaire ne serait pas si mal, ils se tireront dans les pattes et s’acharneront l’un contre l’autre, mais au moins, cela gardera la fille Rowle en alerte, d’autant plus si lui-même veillait à l’obliger à toujours se donner à fond malgré la pression maintenue sur ses épaules. Rogue abaissa légèrement sa baguette, laissant la larve ricaner sans l’écouter, pensant à un autre élément, une autre situation où pourra également servir ce type, pour la fin de l’année. Les pièces s’imbriquaient l’une après l’autre dans son esprit, s’ajoutant à un puzzle déjà gigantesque où chaque personne, chaque lieu, chaque objet, chaque événement avait déjà une place bien défini. L’une de ces pièces s’appelait maintenant Octave Holbrey.

– Et Miss Rowle n’a rien avoir là-dedans… héhé… Sur cette terre, c’est probablement la personne qui a le plus d’indifférence à mon égard, je puis vous l’assurer puisque je m’en suis rendu compte moi-même. Et puis, vous commencez à me connaître et devez-vous douter que j’ai plus d’un ennemi en dehors de ces murs.

C’est cela, oui. Qu’il veuille la protéger ou lui enfoncer la tête sous l’eau, qu’importe, Rogue avait plusieurs moyens de découvrir la vérité, il n’était pas espion pour rien et possédait une longue pratique dans ce domaine. Le sourire narquois que son interlocuteur lui fournit ensuite confirma également à Severus un autre détail dont il voulait s’aviser. Très bien, il était temps de rajouter une autre pièce au jeu, ce type se révélait finalement un tantinet plus utile que ce qu’il n’avait cru en signant le contrat d’embauche. En revanche, il faudra qu’il redéfinisse certaines choses et s’en serve ensuite pour modeler ce qui allait venir… cela dit, ce n’était guère le plus urgent, dans cette affaire.

– Alors vous n’aurez que moi à châtier. Profitez-en, au nom de cette sombre inconnue qui m’a mise dans cette situation. A moins que vous ne soyez déterminé à vous en prendre à une innocente sur la seule base de vos suppositions.

– Vous êtes toujours aussi naïf, au moins une chose qui ne change pas.

Même si ce tas d’hommes par terre l’agaçait, il était en revanche plus détendu et satisfait d’avoir trouvé une utilité à ce type dans ses plans. Cette école était comme un immense plateau d’échecs, avec des pions, des fous, des cavaliers et bien d’autres encore, qu’il fallait bouger en prévision des attaques de l’adversaire afin de l’acculer et de le piéger. Or, avoir une pièce inutile sur un tel plateau ne valait rien, sinon du souci inutile. Cette soirée aura permis à Severus de changer un pion inutile en une pièce à bouger avec les autres. Il regarda Holbrey comme un guépard tapi dans l’ombre à observer sa proie avec une très grande attention avant de lui sauter dessus par surprise et la dévorer, le visage neutre mais le regard brillant d’une lueur d’expectative. Il le jaugeait du regard, misant sur lui comme il avait misé sur d’autres, bien malgré eux et sans qu’ils ne puissent déjà se douter du rôle qui leur reviendra dans quelques mois, quelques jours peut-être, tout dépendait du temps que mettra Potter à accomplir son devoir et finalement en arriver à rentrer dans cette école. Severus fit léviter tous les corps pour les repousser tous sur le côté et libérer l’espace, lançant ensuite un sort informulé sur Ombrage, afin de la convaincre qu’elle avait reçu un sort d’un de ces types, lorsqu’elle se réveillera à nouveau.

– Voilà au moins une autre femme dont vous aurez à vous soucier par la suite, reprit-il en lui jetant un regard froid. Elle ne vous oubliera guère, surtout après une telle « volonté » de l’avoir aidé à piéger de soi-disant criminels. Et au travers d’elle, d’autres seront également au courant, à un autre niveau. Vous êtes capable de comprendre ce que ça signifie ? Si vous n’êtes pas un idiot, ça devrait vous arriver vite au cerveau.

S’il avait du mal, il pouvait bien demander à Slughorn l’effet que cela faisait, d’être recherché à travers tout le pays pour se voir « proposer » un poste chez les mangemorts, que ce soit de gré ou de force. Certains y verraient un tel honneur alors que d’autres prenaient leurs jambes à leur cou. Il n’y avait aucun doute qu’Ombrage allait s’extasier sur la « loyauté et la ferveur » d’Holbrey au Ministère, ce qui tombera dans les oreilles du pantin de Voldemort au Ministère et par conséquent dans les siennes. Rogue retint un soupir, gardant sa baguette en mains.

– Evitez de jouer avec ce qui vous dépasse.

C’était bien là la seule limite qu’il ferait mieux de ne pas franchir, vouloir jouer directement contre Voldemort, d’abord en attisant sa curiosité puis en le décevant. Il ne recevrait pas qu’un simple sortilège de douleur, en pareil cas.

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MessageSujet: Re: [19 Septembre 1997] - Du pessimisme, de l’optimisme, du réalisme et de l’opportunité de s’en défaire. Mar 6 Sep 2016 - 13:47

C’était aussi peu perceptible qu’un grain de riz perdu dans un drap blanc. Mais comme avec tous les détails qui chiffonnent, dès qu’on le remarque, on ne peut plus voir que ça. C’était apparu d’abord pareil à un trouble au fond du regard, une sorte d’étincelle qui faisait miroiter la gélatine de l’œil. Et puis, ça se dispersait, ça prenait de l’ampleur, à la manière d’une goutte d’encre dans un verre d’eau, envahissant l’iris et faisant frémir les rayons colorés. Pour Rogue, qui avait les yeux presque noirs, cela eut le don d’huiler son regard d’un coup de pinceau. Octave connaissait bien cette expression, qu’il voyait apparaître dans les yeux, et même parfois sur le visage, des clients qui lui trouvaient soudain un intérêt particulier. Systématiquement, cela le mettait mal à l’aise, car n’était pas un regard poliment intéressé, mais une avidité égoïste. De celle qui vous donnait l’impression de n’être qu’un objet utile à une cause, l’éternelle pièce de puzzle qui avait la bonne forme pour s’imbriquer dans le paysage des problèmes personnels. La majorité des gens, quand ils le regardaient ainsi, pensaient en fait à eux. Un regard malsain qui semblait vous happer comme la main boudinée d’un enfant se saisissant d’un chiot par la queue. A force, le malaise primaire d’Octave était passé, pour laisser place à un flegme du même goût que l’indifférence portée à son humanité.

Mais voir cela de la part de Rogue était quelque peu surprenant, d’autant qu’il n’avait volontairement rien fait pour. Et surtout parce qu’à l’écouter, Octave ne semblait pas présenter une quelconque utilité sociale, voir simplement relégué au rôle de gêne permanente avec un courant d’air entre les deux oreilles. Alors pourquoi ? Manifestement, il était là question de quelque chose qui dépassait effectivement l’entendement du bibliothécaire, qui ressentait la désagréable sensation de déjà faire partie d’un plan grandiose dont il ignorait tout, jusqu’à sa propre fonction. Néanmoins, le regard gélatineux persistait, donnant au Directeur un air singulièrement captivé. Octave comprenait que ce n’était pas pour ses qualités d’âme, ni physiques, dont son homologue ne savait rien et s’en contrefichait déjà. Certainement le rôle d’un abruti de second plan, le figurant à qui on demandait de simplement maintenir le réalise d’une scène avec un air naturel. Enfin, ne sous-estimons jamais l’avis que les gens ont de nous, n’est-ce pas ?

– Vous êtes toujours aussi naïf, au moins une chose qui ne change pas.

La légère tremblote était passée, il se sentait retrouver son teint naturel et le rire nerveux le quittait à mesure qu’il reprenait contenance. Mais cette réponse lui arracha un sourire dépité. Il n’était vraiment pas le premier à le lui dire, et probablement pas le dernier non plus. Un refuge de plus pour les gens sans curiosité. Il laissa Rogue finir son monologue, qu’il écouta la tête toujours renversée contre le bureau, alors que son regard migrait au fur et à mesure vers le plafond. Ca y est, ça le gonflait. Il s’en était même arrêté de sourire, observant d’un œil absent la voûte en éventail. Qu’était fatigante la sensation de devoir s’expliquer, se justifier, éternellement prouver une valeur que personne ne voulait jamais vous reconnaître dans un élan de mauvaise foi, ou par manque d’intérêt. Octave savait bien que Rogue ne le prévenait pas par considération. Quoi que la nature de cette mise en garde lui échappât quelque peu, tant il était difficile de savoir si elle renvoyait au souci de mener la vie de l’école aussi paisiblement que possible ou à la piètre estime qu’il semblait nourrir à son égard. Peut-être bien que c’était tout cela en même temps. Sentant ses forces lui revenir, Octave se releva d’un mouvement souple, avant de sortir sa montre à gousset et constater qu’il n’était que 21h42. Il espérait surtout ne pas s’être relevé pour rien, et qu’un autre Doloris ne suivrait pas sous peu, pour le remettre à terre. Il releva son regard émeraude vers le Directeur en se rapprochant sensiblement de lui, histoire de pouvoir décortiquer un peu mieux ce visage placide aux yeux étrangement flamboyants d’un feu noir. Ce n’est que lorsqu’il fut à un mètre de Rogue qu’Octave s’arrêta, lui offrant alors son air le plus neutre.

«  C’est intéressant comme vos remarques révèlent davantage sur votre personnalité, mieux qu’elles ne décrivent la mienne. »

Il le jaugea un instant d’un œil vide et terne comme s’il fut le gardien d’un musée, dont il observait les œuvres pour la centième fois.

« Et vous, évitez de jouer avec la poudre, elle pourrait vous péter à la gueule sans prévenir. Vous vous aventurez sur un terrain glissant là où l’issu vous donnera forcément tort. Quitte à vous occuper des affaires de quelqu’un, commencez par les vôtres, je suis certain qu’une personne de votre rang à quelques papiers à classer. Les bureaucrates, c’est bien connu, ça parle trop, toujours de travers, et pendant ce temps, rien n’avance. Et puis comme vous êtes Mangemort, c’est encore pire. La tyrannie forme l’oppression, la servilité et la cruauté, mais le plus abominable, c’est qu’elle forme l’idiotie. »

Dit-il d’un ton désabusé en soulevant un sourcil portant le poids de ses désillusions. Il n’enchaîne pas tout de suite sur le reste de sa pensée, laissant le temps à l’esprit de bien tout imprégner avant la chute, la catharsis. Une fois que son goût pour le tragique fut satisfait, un coin de ses lèvres à nouveau cramoisies se souleva en un rictus joueur.

« Vous voyez, moi aussi je peux faire des suppositions de psychologue arriviste, vous insulter, vous menacer, généraliser sur le peu de choses que je sais sur vous… Je peux même être vulgaire. C’est facile. Ca ne demande jamais beaucoup d’efforts et ça donne un infini sentiment de satisfaction. Quoi de plus grisant que de dominer la situation, pas vrai ? Surtout en apparence, ce qui, dans le fond, importe le plus. Mais la présomption superficielle ne rend service à personne, ni à vous, ni à moi. En définitive, que savez-vous sur moi, à part ce que je vous donne à voir ? »

Ca avait la forme d’une question, ca en avait même le goût, mais ce n’en était pas une. Dans le ton vibrant de sa voix, quelque chose laissait deviner que c’était un constat des plus pragmatique. Rogue avait des secrets, des talents cachés ? Très certainement. Comme tout le monde, comme Octave. Seulement cette éventualité n’avait même pas semblé effleurer l’esprit du professeur, ou si peu. Ils pouvaient passer toute la soirée à se menacer en faisant référence à des choses sur eux qu’ils étaient les seuls à connaître, sans l’intention de le dire à l’autre. Seulement, cela n’avait aucun intérêt. Dans le cadre de son caractère et de ses possibilités, Octave savait ce qu’il faisait, car aucune décision n’était prise à la légère, malgré qu’elle revête bien souvent l’habit de l’insouciance. Il avait simplement une manière bien à lui de gérer les situations, et qui ne plaisaient pas à tout le monde. Malgré toute son extravagance, ses caprices, ses tendances à l’aliénation, Octave n’était pas encore mort. Il n’avait jamais souffert de son caractère, ni perdu le jeu qu’était la vie. Ce n’était certainement pas un Directeur de passage qui allait l’informer sur ses propres capacités.

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MessageSujet: Re: [19 Septembre 1997] - Du pessimisme, de l’optimisme, du réalisme et de l’opportunité de s’en défaire. Mer 14 Sep 2016 - 10:49

Pourquoi fallait-il toujours que les personnes face à lui oublient le danger le plus important de l’affaire ? Que ce soit en tant que directeur ou en tant mangemort, Rogue était bien loin d’être la menace la plus extrême ou la plus dangereuse, très loin de là, il n’avait même jamais été la menace principale de toute cette histoire, peu importe les circonstances. Au jeu du danger, on pouvait mettre Dumbledore et Voldemort sur un parfait pied d’égalité. Voldemort à cause de son pouvoir, les limites de la magie noire qu’il avait repoussé plus loin que personne, son manque de considération totale et complète pour la vie humaine, Dumbledore car il était prêt à se servir de n’importe qui comme d’un vulgaire bout de viande, à cause de ses pouvoirs et des plans qu’il était capable de monter pour la lutte. L’un comme l’autre se ressemblaient plus que quiconque ne voudra jamais l’avouer et Rogue, comme tant d’autres, était un pion dans ce jeu mortel. La seule et unique différence tenait au fait qu’il était un pion sachant le destin qui l’attendait, contrairement aux autres qu’on se contentait de manipuler et remuer à loisir. Le bibliothécaire se levant enfin, se rapprochant même, toujours agité, ce qui en soit était normal, pour un homme venant de se prendre quelques minutes le sortilège Doloris. Scène de plus faite, qu’il soit un pion ou un simple instrument, un outil utilisé par les deux camps, il mourra avec l’image du mangemort fidèle sans cœur. Amusant. Il rêvait, adolescent, de devenir plus puissant, certes, par contre, pas exactement de cette façon-là. Ou du moins, pas en tant qu’assassin du vieux barbu. Il devait bien rire depuis sa tombe, celui-là.

– C’est intéressant comme vos remarques révèlent davantage sur votre personnalité, mieux qu’elles ne décrivent la mienne.

Hum ? Rogue n’avait entendu que la fin de la phrase. Plongé dans ses pensées, il n’avait plus prêté attention au bibliothécaire devant lui, trop occupé à s’imaginer faire revivre Dumbledore pour l’étrangler avec sa barbe. A quoi ça aurait pu servir ? Rien du tout, sinon calmer ses nerfs… D’ailleurs, il y avait très peu de chances qu’il soit le seul à en rêver. Si on considérait le peu d’informations que le barbu avait daigné fournir à Potter, le gamin aussi avait toutes les chances du monde de rêver de massacrer son ancien directeur et lui hurler dessus, demander pourquoi il ne lui avait rien dit avant, durant toutes ces heures passées dans le bureau de cette tour déserte. Comment ce vieux cinglé avait-il pu imaginer qu’un adolescent de dix-sept ans pourrait comprendre seul et en quelques jours à peine ce qu’un vieillard avait mit des années à comprendre puis des années encore à concevoir un plan pour lutter contre ?! Même sans penser à tout cela, ce qui portait le plus sur les nerfs de Rogue était que, au final, il avait protégé ce gosse pour rien. Juste pour qu’il puisse mourir au bon moment. Tout ce qu’il avait fait, tout ce qu’il faisait en ce moment-même, tout ce qu’il s’était juré en la mémoire de Lily… Tout ça, vraiment tout, pour rien. Oh, si, pardon, pour « remporter la guerre » ! Un sacrifice de plus et le monde sera débarrassé de Voldemort. Là était le nœud du problème. Severus ne pleurera pas sur la venue de sa propre mort, en revanche, il serait bien capable de pleurer pour celle, tout autant prévue, du gamin mal coiffé, par lassitude, rage et dégoût.

– Et vous, évitez de jouer avec la poudre, elle pourrait vous péter à la gueule sans prévenir. Vous vous aventurez sur un terrain glissant là où l’issu vous donnera forcément tort. Quitte à vous occuper des affaires de quelqu’un, commencez par les vôtres, je suis certain qu’une personne de votre rang à quelques papiers à classer. Les bureaucrates, c’est bien connu, ça parle trop, toujours de travers, et pendant ce temps, rien n’avance. Et puis comme vous êtes Mangemort, c’est encore pire. La tyrannie forme l’oppression, la servilité et la cruauté, mais le plus abominable, c’est qu’elle forme l’idiotie.

Et ? Oui, tout ça était bien vrai, et donc, la suite ? Il souriait bêtement, à présent, retrouvant son air habituel. Severus avait l’impression d’avoir un de ses élèves, face à lui, tout content d’avoir trouvé une réplique intéressante à dire et profitant de son petit effet. Holbrey pourrait deviner plutôt facilement que lorsqu’on dirigeait à cette école, la première chose qu’on apprenait était justement d’enflammer cette fameuse poudre pour qu’elle explose. Quant au reste, Rogue n’avait pas attendu de rejoindre officiellement les mangemorts pour apprendre la cruauté, la tyrannie, l’idiotie, etc. Ces leçons s’apprenaient sur les bancs de Poudlard. Très utiles dans une vie, par ailleurs.

– Vous voyez, moi aussi je peux faire des suppositions de psychologue arriviste, vous insulter, vous menacer, généraliser sur le peu de choses que je sais sur vous… Je peux même être vulgaire. C’est facile. Ca ne demande jamais beaucoup d’efforts et ça donne un infini sentiment de satisfaction. Quoi de plus grisant que de dominer la situation, pas vrai ? Surtout en apparence, ce qui, dans le fond, importe le plus. Mais la présomption superficielle ne rend service à personne, ni à vous, ni à moi. En définitive, que savez-vous sur moi, à part ce que je vous donne à voir ?

– Ce n’est pas ce qu’on laisse voir qui importe, là est toute la subtilité de l’affaire. Je ne sous-estime jamais qui que ce soit, précisément parce que, comme vous l’avez souligné, je suis un mangemort. Tout le monde peut évoluer avec le temps.

Que ce soit seul ou guidé, par ailleurs, quelle importance ? Tout ce qui comptait, c’était le résultat final. C’était la seule et unique chose qui importait, le résultat final, rien de plus, même s’il devait survenir les pires horreurs en chemin. Severus eut envie d’ajouter autre chose puis se ravisa, se contentant d’appeler ensuite quelques Elfes de maison, qui se matérialisèrent dans un crac sonore. Ils emportèrent ainsi Ombrage sur une civière pour la conduire à l’infirmerie, qu’elle cesse d’empuantir cette bibliothèque, déjà bien mise à mal au cours des mois précédents. Les Elfes s’étaient aussitôt agités pour récupérer le détritus rose, n’ayant visiblement pas trop de dégoût à la toucher. Le directeur, quant à lui, n’avait guère envie de gaspiller du temps et de l’énergie pour la glisser sur un brancard, moins il voyait cette horreur et mieux il se portait. Dès que les elfes furent partis avec le déchet, il se tourna de nouveau vers Holbrey, désignant les types toujours évanouis au sol, qui avaient eu la bonne grâce de ne pas se réveiller prématurément.

– Débrouillez-vous avec eux et Ombrage, pour la suite de votre jeu ridicule. C’est votre niveau, vous devriez pouvoir conclure l’affaire.

Tout du moins, son niveau actuel, il augmentera dans peu de temps, avec de la chance et du travail. Severus tourna les talons sans plus ajouter un mot, sortant de la bibliothèque qu’il déverrouilla d’un bref geste puis filant ensuite dans le couloir. Au tour des autres, à présent, le jeu avançait bien.

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MessageSujet: Re: [19 Septembre 1997] - Du pessimisme, de l’optimisme, du réalisme et de l’opportunité de s’en défaire. Sam 24 Sep 2016 - 13:02

– Ce n’est pas ce qu’on laisse voir qui importe, là est toute la subtilité de l’affaire. Je ne sous-estime jamais qui que ce soit, précisément parce que, comme vous l’avez souligné, je suis un mangemort. Tout le monde peut évoluer avec le temps.

Visiblement, le professeur-mangemort, dans son immense pouvoir clairvoyant, avait tout de même légèrement surestimé la capacité de son bibliothécaire à écouter attentivement ce type de banalités. S’il ne savait pas si bien se tenir, Octave aurait, dès la première virgule, passé une main exaspérée sur son visage, histoire de le dérider un peu. Mais il n’en fit rien, parce que fondamentalement, il s’en contrefichait jusqu’à la racine. Il se prenait vraiment beaucoup trop au sérieux. Comment un homme aux cheveux aussi sales pouvait-il parler de subtilité ? Pareil à la grand-mère qui, en vous regardant d’un air mauvais, disait « s’il n’aime pas la littérature de l’Oulipo, il faut qu’il continue à en lire, il finira par aimer », on trouvait encore énergumènes pour expliquer qui on ne comprenait pas quelque chose, c’était parce qu’on manquait de finesse. Voir qu’on ne comprenait carrément rien à rien par manque de matière grise, trop bête par rapport à l’interlocuteur pour saisir à quel point son propos était objectivement génial et qu’il était impossible de ne pas y adhérer, sous le simple principe de la supériorité. Imparable. Et tout ceci parce que manifestement, il ne s’agissait pas d’un départ ouvert, mais d’un constat énigmatique que le directeur faisait encore une fois sur des savoirs qui n’appartenaient qu’à lui personnellement. Octave aurait pu rétorquer qu’il n’était pas d’accord avec tout, et même citer quelques littéraires pour la peine, afin d’appuyer son propos par un joli phrasé, mais à quoi bon ? A quoi bon essayer de tergiverser sur une base stérile ?

Les yeux d’Octave étaient devenus subtilement vitreux alors que Rogue s’évertuait à débarrasser la pièce du coussinet à épingles rose avec l’aide de quelques elfes de maison. Un Mangemort. Notons tout de même là qu’il venait de sous-entendre que tous les serviteurs des ténèbres ne sous-estimaient jamais personne. Peut-être que si le Lord lui apposait sa marque, Octave saisirait la subtilité de toute ce histoire ? Ou était-ce les cheveux gras et des habits de deuil ? Dans les deux sens, c’était un graveleux syllogisme et Octave commençait déjà à s’en vouloir d’analyser pareilles inepties en profondeur, à extrapoler, en essayant de leur trouver un sens comme on cherche à combler les trous d’un gruyère en le prenant pour du Brie alors qu’il n’y avait rien à faire. C’est du gruyère, Octave. Pas la peine de se prendre pour Zephyr en essayant de remplir les creux avec du vent pour leur donner un semblant de consistance. Aussi, se contenta-t-il de vaguement acquiescer à la deuxième, beaucoup moins subtile, et dernière invective de la soirée du Professeur. Définitivement, plus le temps passait, plus il se désintéressait. Peut-être que Rogue ne donnait à voir que ce qu’il voulait, mais cela en disait déjà long sur l’être qui se cachait derrière. L’homme ne pouvait parfaitement se cacher derrière une apparence totalement trompeuse, c’était impossible, tout comme on ne pouvait indéfiniment avoir l’air intelligent, ou stupide. Le caractère s’inscrit sur le visage des gens et il est impossible de le dissimuler. Les vices cachés n’existent pas, tout comme une tenue faussement naturelle. La personnalité se dissimule toujours derrière les traits du visage, la manière et la tenue du corps. Et plus Octave essayait de creuser, moins il avait l’impression de trouver quelque chose de nouveau. Le corps ressemblait aux mots et la bouche suivait l’esprit. Rien de très mystérieux, en définitive.

Le directeur sortit, enfin. Le bibliothécaire regarda l’amas de corps. Que pouvait-il bien faire de tout ce tas de tapettes à ses pieds ? Faire la fête, c’était chouette, mais ranger sa maison en jetant des bouteilles vides, en essuyant des rails de coke et retrouvant des gerbes de vomis sur le parquet derrière le canapé, ça l’était beaucoup moins. Résigné, Octave sortit sa baguette, soulevant dans les airs sans ménagement cette pelote d’hommes, et resta là, les bras en l’air, la mine penaude, se demandant si c’était la seule chose à faire. Non, il n’avait pas l’énergie pour ça, ni le temps d’arpenter la forêt pour faire dégager ces énergumènes du territoire en les tenant par la main. Il baissa les bras, en même temps que les corps tombèrent au sol, et lança un Enervatum pour réveiller la joyeuse troupe. Octave leur laissa un certain temps pour reprendre connaissance et se relever, tant bien que mal. Lorsqu’ils lui parurent à point, si bien qu’ils commencèrent à se poser des questions à haute voix, le bibliothécaire rejoignit la porte, qu’il ouvrit en grand, attirant par la même occasion l’attention sur lui. Las, il les fixa un instant avant d’envoyer, de son ton le plus autoritaire et guttural :

« Dégagez. Maintenant. »

Le Doloris l’avait passablement fatigué, plus que le reste. Peut-être fut-ce le degré de son épuisement, qui rendait son visage particulièrement sérieux, ou son regard, d’une dureté sans équivoque, mais les invités finirent par se mouvoir vers la sortie, lui décochant toutefois quelques regards mécontents. Octave leur répondit avec un vague sourire fané, les remerciant silencieusement pour cette compréhension. Ils avaient dû se rendre compte que la situation dans laquelle ils s’étaient embarqués les dépassait de loin, et préféraient donc précautionneusement s’effacer avant que quelque chose d’autre ne leur arrive. A peine s’était-il préparé à refermer la porte avec soulagement qu’il se souvint que tout n’était pas encore terminé. En tout cas pas pour lui. Son esprit opportuniste ne pouvait supporter de laisser filer une telle occasion qui, peut-être, ne se représentera jamais. Grommelant quelque chose dans sa barbe tandis qu’il s’avachissait un peu plus sur la porte, Octave prit ce qui lui restait d’énergie entre les mains et quitta la bibliothèque.

Il pénétra dans l’infirmerie en silence. Ce soir là -encore heureux- il n’y avait qu’une bougie pour éclairer la pièce, plongée dans la pénombre. Soupirant un dernier coup, il revêtit son sourire le plus courtois avant de se diriger vers l’unique source de lumière qui se cachait derrière un rideau tiré. Il en trouva la fente et y découvrit Ombrage, souffrant exagérément le martyre, tandis que Madame Pomfresh s’évertuait à guérir sa jambe fracturée. Elle voulut d’ailleurs le chasser, outrée qu’on puisse venir ici aussi tard, mais Ombrage s’interposa, voulant savoir ce qu’il s’était passé à la bibliothèque. D’un commun accord silencieux, ils attendirent tout deux que l’infirmière ait terminé son affaire, ne souhaitant pas, ni l’un, ni l’autre, s’étendre sur l’affaire devant quelqu’un qui n’était pas dans la confidence. Sous la pression, la Dame s’empressa d’achever son œuvre et s’échappa de l’étreinte des rideaux aussi vite qu’elle put. Théâtralement, Octave saisit l’une des mains potelées de la vieille dans un geste compatissant, avant de s’assoir sur le bord du lit, se penchant même au-dessus d’Ombrage pour forcer le ton comploteur qu’il s’apprêtait à prendre. Il lui conta alors que ce fut la faute d’un sort maladroit de Rogue si elle était dans cet état, mais que cela avait permis par la même occasion de capturer les individus récalcitrants. Comme elle fut grièvement blessée, ils l’avaient envoyée à l’infirmerie et s’étaient chargés de vérifier les papiers des concernés, contrôlant tous les détails de leur statut. Mais il s’avéra bien vite qu’aucun d’eux ne valait la peine qu’on s’attarde sur eux, surtout après l’accident arrivé à cette vénérable Madame Ombrage. Octave avait préféré monter la voir au plus tôt pour se soucier de sa santé.

La fonctionnaire pesta quelques instants contre le Directeur, vis-à-vis duquel elle ne pouvait malheureusement rien faire, et même contre Octave, pour son manque de répondant. Néanmoins, sa coquetterie resta flattée par l’intérêt porté par ce jeune homme et elle se radoucit en définitive, ne retirant pas sa main rondelette de l’étreinte masculine. Plein d’ardeur et prêt à mettre son plan à exécution, Octave lui proposa tout naturellement un éventuel dîner, dès qu’elle fut guérie, bien entendu. Il invoqua son désir de se faire pardonner pour cette histoire, voulant mettre de nouvelles bases plus saines à leur récente rencontre. Ombrage sembla réfléchir un instant, pinçant les lèvres dans une moue autoritaire avant d’accepter, parce qu’il fallait encourager la jeunesse à mieux rentrer dans le moule de la nouvelle société. Ils bavassèrent encore pendant de longues minutes, Octave se pliant en gré des désirs de la sorcière pour mieux lui convenir, cernant sa personnalité sans grande difficulté tant la Dame était tout bonnement incapable de la cacher. La teneur de son esprit se lisait dans ses yeux et ses manières, ne laissant aucune place au doute quant à ses intentions. Et comme le bibliothécaire savait être un bon hôte, la discussion dura jusqu’à ce que la bonne femme manque de s’endormir d’épuisement, alors qu’il lui racontait une banalité flatteuse. Il la laissa s’assoupir avant de lâcher ses doigts, heureux que cette épreuve ait enfin atteint son terme. Il n’y avait rien de plus fatiguant que de charmer des gens qui n’avaient strictement rien de charmant. Prestement, il quitta la pièce, tenant son bras éloigné du corps comme pour mettre en quarantaine la peste qui s’était déposée sur sa main.

Fini, c’était fini. Et il avait quand même réussi à en tirer du bon, ce qui était de l’ordre du miracle, au vu des circonstances. Mais après tout, n’était-il pas justement doué pour cela ? Tirer le meilleur du pire, profitant de toute ce qui pouvait bien lui arriver jusqu’au bout et malgré tout ?



-Fin-

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[19 Septembre 1997] - Du pessimisme, de l’optimisme, du réalisme et de l’opportunité de s’en défaire.

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