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Fighting in perdition [Pv Cassidy N. Rowle]

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MessageSujet: Fighting in perdition [Pv Cassidy N. Rowle] Mar 23 Aoû 2016 - 15:54





« Un flash dans le vent  »


C'était un vadrouilleur, un itinérant, une homme libre qui allait où bon lui semblait. Où le vent daignait l'entraîner pourvu que ce n'était pas entre quatre murs ou même dans le monde moldu. Oh, y aller ne le dérangeait guère tant qu'il n'avait pas à dialoguer avec eux. Étant sang-mêlé, il ne scandait aucunement la suprématie du sang pur et n'en comprenant pas vraiment le sens, ni la réelle utilité. Cela ne faisait que lui rappeler le passé tortueux de ces êtres dénués d'intérêts et la supériorité de la race aryenne. Tout ceci le dépassait et il ne cherchait à guère à s'en préoccuper. Ce n'était pour la pureté du sang qu'il s'était rangé dans le côté obscur, non. L'individu s'était laissé sombrer afin d'acquérir plus de puissance, plus de pouvoir. Une douce vengeance pour ces humains qui avaient osé se mettre en travers de son chemin.

Mais pour l'heure, le norvégien ne songeait pas à tout ceci, à tout ce qui l'avait poussé à devenir ce que le commun des mortels appelaient un paria, un assassin. Un monstre. Son esprit était vide, dénué de toute trace de colère. Haine et Rage étaient solidement attachés dans un recoin de son être et ne semblaient guère vouloir se manifester. C'était d'ailleurs mieux ainsi. Marchant d'un pas leste et habitué entre les arbres, l'homme n'était pas du tout gêné par la brise fraîche ainsi que par les traîtres racines, habitué qu'il était à ce genre d'environnement. Il avait contourné le village de Pré-au-Lard, ne souhaitant croiser les sorciers y vivant.

Était-il donc étrange d'agir ainsi ?

Après tout, pour ces innocents habitants, le malheur était pourtant bien là et les Mangemorts vadrouillaient où bon leur semblait. Alors le voyageur ne devrait pas chercher à se dissimuler, à se cacher de la populace. Mais les très rares personnes le connaissant sur le bout des doigts auraient d'ores et déjà compris qu'il ne s'agissait en aucune façon de se planquer des yeux du monde. Le solitaire était à la recherche de quelque chose de bien précis sans pour autant le trouver. Il ne se frustra pas, habitué à cette situation. Il savait qu'il ne pouvait pas tomber dessus du premier coup. Alors il continua d'avancer, prenant son temps pour trouver le cadrage parfait.

Ce fut à ce moment-là qu'il la vit. L'étranger faillit la confondre avec l'une de ses connaissances, mais se reprit bien vite. Non, ce ne pouvait être lui. Haussant les épaules, il se permit de l'étudier en silence et un léger coup d’œil sur le côté lui arracha un rictus de satisfaction. Oui, ce serait parfait. Dans un geste maîtrisé depuis des années, le vagabond sortir son appareil photo hors de son sac en bandoulière et ne perdit pas une seconde. Il porta l'objet à son visage, cadrant le portrait qu'il voulait tirer. Le visage de la jeune femme tournée vers la Cabane Hurlante. Il nota que son air déterminé également empreint d'une profonde tristesse se mêlait à la perfection avec le ciel mitigé ainsi que la fameuse Cabane Hurlante dont il avait entendu tant de choses.

Son flash ne fut pas des plus discrets et il ne chercha pas à l'être pour autant. Il avait trouvé ce qu'il voulait.

Le travail de toute une vie.


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MessageSujet: Re: Fighting in perdition [Pv Cassidy N. Rowle] Dim 28 Aoû 2016 - 16:39

16 Septembre 1997,
La Cabane Hurlante, Pré-au-Lard, Ecosse.

L'aube. Matinée grisâtre, l'aurore n'avait pas débuté et le Soleil ne s'était pas encore levé. Matinée fraîche. La jeune femme frissonna tandis que d'une main distraite, elle resserrait les pans de sa lourde cape noire autour de ses épaules. Contrairement au vent soulevant la poussière et la faisant tourbillonner dans son sillage, les rayons de lumière n'avaient pas encore percé la fine couche de brume qui dissimulait le paysage au delà de la Cabane Hurlante, noyant cette dernière dans une mer de coton. Mer de brume, mer d'âmes en perdition. Fantômes et autres démons. Horizon inquiétant et blanchâtre.

Perdue dans ses pensées, elle contemplait le paysage morbide devant lequel elle se trouvait, sans réaliser qu'en réalité, son appartenance au tableau ne rendait celui-ci que plus réaliste. L' aurore débutait enfin. Engloutie dans les ténèbres, ses cheveux blonds ne reflétant que la pâle lumière des maigres rayons du soleil filtrant dans l'horizon gris, rendaient la scène fascinante. Le visage tourné vers la Cabane Hurlante, la jeune femme pensait. Le vent était encore là aujourd'hui, cherchant à la faire réintégrer la réalité en faisant virevolter sa longue chevelure devant ses yeux, en vain. Rien ne semblait pouvoir la tirer des limbes son esprit si compliqué. Un voile gris l'empêchait d'admirer la beauté inquiétante du paysage cauchemardesque s'offrant à elle. Glauque. Pourtant, elle ne le craignait pas. Au contraire, elle avait appris à l'apprécier à sa juste valeur. Vieille bâtisse à l'abandon depuis des siècles, réputée hantée par diverses âmes égarée. Pourquoi ne pas y ajouter la sienne après tout ? Cabane Hurlante. La demeure capturant les hurlements pour les faire siens. Arriverait-elle à posséder le sien ? Si clair, empli d'effroi, de rage et de haine si difficilement contenus ? Rien n'était moins sûr. Les lèvres de la jeune femme restaient désespérément closes et tandis que le vent semblait vouloir en forcer l'ouverture afin de laisser le cri tant retenu se libérer, elle le défiait. Provocante. Insolente. Il n'ajouterait pas son hurlement de terreur à sa collection morbide. Cassidy releva le menton ; geste de défiance. Le défi. Ce dernier rythmait son existence depuis toujours, tel un métronome parfaitement réglé. Tic, tac, tic, tac.

Perdue dans sa contemplation, sa main fine vint replacer une mèche rebelle derrière son oreille. Des hurlements, vraiment ? Pourtant, lorsque l'on tendait l'oreille, le seul hurlement que l'on pouvait distinguer était celui du vent faisant grincer les planches en bois de l'antique demeure. Hantée ? Ses iris turquoises toisèrent la bâtisse de haut en bas, animés par une certaine condescendance - quelle histoire à dormir debout. Une légende sombre et terrifiante, destinée aux enfants les plus coriaces refusant d'aller dormir. Si tu refuses d'aller dormir dans ton lit, alors je t’emmènerai dans la Cabane Hurlante et tu passeras la nuit avec des fantômes dont les cris lugubres te glaceront le sang.

Un visage de reine de glace. De longs cheveux aux mille nuance de blond, des cils étonnement longs. Une peau pâle aux reflets ivoires, accentués par la saison. Un regard clair, pouvant virer au noir le plus profond lorsqu'elle était en colère. Des iris turquoises. Fond vert, piqueté de subtiles touches bleutées, le tout ponctué de paillettes dorées. Ou était-ce l'inverse ? Il était impossible de le deviner. Seule particularité la différenciant réellement des membres de sa famille dont les yeux étaient d'un bleu pur et glacé. Poupée maudite au destin tragique ? Personne ne le savait, même Trewlaney semblait hésiter. Plusieurs fois, la professeure s'était retournée sur son passage depuis son arrivée au château. Le Sini... Non. Le Sinis... Ooooh. Mon, mon troisième œil... Je... Pourtant, il est bien là, mais... Tout simplement exaspérant. A un tel point que la Rowle en été venue à lui suggérer d'emmener son troisième œil faire une révision. A ce souvenir, un sourire fugace vint éclairer son visage. La professeure de divination avait été tellement vexée que désormais lorsqu’ elle la croisait au détour d'un couloir, elle prenait systématiquement la direction opposée. Cette nouvelle habitude l'avait une fois précipité en plein fouet dans les bras d'une armure métallisée.

La jeune femme laissa échapper un long soupir, qui sembla aussitôt rejoindre la maison, gorgeant cette dernière d'une profonde insatisfaction. Était-ce là tout ce qu'elle méritait ? Un simple soupir aussi léger qu'une aile de papillon ? Véritablement frustrant. Où étaient passés les doux hurlements dont elle se nourrissait depuis la nuit des temps ? Agacée par si peu de considération pour son aspect terrifiant, la maison abandonna la partie et le vent paru s'affaiblir, se transformant soudainement en une légère brise. Le changement l'apaisa et la jeune femme se métamorphosa. Un doux sourire naquit sur ses lèvres rosées tandis que son regard bleuté s'adoucissait. Un instant, elle se laissa même aller à fermer les paupières, se laissant doucement aller dans l'obscurité. Le visage caressé par le souffle du vent, ses cheveux voletant doucement, Cassidy appréciait enfin le moment présent, sans se poser de question.

Un flash. Bruyant, tel un coup de tonnerre avec la puissance et la luminosité d'un éclair. Décharge électrique venant rompre ce fragile moment de paix, le rendant éphémère. Vivement, la Rowle ouvrit les yeux et tourna la tête vers la source de ce bruit, ses cheveux fouettant son visage la réveillant définitivement. Un moment, son regard vert d'eau balaya l'horizon avant qu'elle ne parvienne à le distinguer. Là, entre les arbres. Elle plissa les yeux afin de mieux distinguer la silhouette qui s'était permis de la déranger dans l'un des rares moments de liberté qu'elle s'octroyait. Un homme. Grand et mince. Le visage dissimulé derrière un appareil photo. La jeune femme blanchi songeant au cliché animé qui lui échapperait. Le contrôle était sa passion, son oeuvre, sa vie. Une simple photographie qui lui échappait lui faisait un effet bien pire qu'un baiser volé à cause de son caractère immortel. Ses sourcils se froncèrent tandis que la colère l'envahissait. Ce n'était pas un simple baiser qu'il venait de lui dérober, mais une partie de son identité. Son reflet. Sa lumière et son ombre. Les subtilités de son visage que peu connaissaient. Son air doux mais déterminé, immortalisé à jamais. La carapace de glace fissurée qu' il pourrait se vanter de posséder. Un instant volé qu'il posséderait à jamais. S'efforçant de contrôler sa rage, Cassidy se détourna de la barrière de bois à laquelle elle s'était accoudée et avança vers le sorcier imprudent qui avait osé la déranger. Dans une lenteur contrôlée, elle descendit la légère bute sur laquelle elle était pour se planter face à lui. Elle ne lui laisserait pas le loisir de s’échapper comme si de rien n'était. Le visage de la jeune femme s'était de nouveau durci, ses traits fins figé dans la glace. Le regard glacial. La reine des glaces était de retour, et cet intrus se trouvait sur son territoire.

« Je peux vous aider ? »

Le vent semblait de nouveau se lever, en accord avec l'état interne de la jeune femme dont le regard glacial et le visage de marbre ne dissimulaient en réalité qu'un feu ardent ne demandant qu'à exploser. Toutefois, éducation oblige, la voix était claire et totalement contrôlée.

« Vos manières laissent à désirer. Ne vous a-t-on jamais appris à demander la permission avant de vous emparer de quelque chose ne vous appartenant pas ? En l’occurrence, je ne pense pas me tromper en affirmant qu'il s'agit de mon image. »

Elle s'avança encore plus près, et leur différence de taille s'accentua malgré le fait que grâce à ses talons, elle dépassait désormais les un mètre cinquante-trois.

« Effacez ce cliché. »

Une voix froide et dure, ne tolérant aucune discussion. La vie lui imposait de se soumettre face à ceux ayant le pouvoir. Acquiescer silencieusement face à son père, soutenir les idéaux des Mangemorts bien malgré elle. Toutefois, actuellement, elle n'avait aucune raison de le laisser s'en tirer. Ses yeux clairs plongés dans le regard sombre de l'inconnu ne laissaient pas de place au moindre doute : elle était prête à l'affronter.
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MessageSujet: Re: Fighting in perdition [Pv Cassidy N. Rowle] Lun 29 Aoû 2016 - 17:27





« Reine glacée vs Soldat funèbre  »


C'était une façon à lui de découvrir le monde sous toutes ses coutures, d'en capturer et d'admirer toute sa beauté. C'était sa manière de rester ouvert à quelque chose, lui qui était aussi fermé qu'une huître bornée. L'adulte n'avait suivi aucune école, fait aucune étude afin de déboucher dans le métier de la photographie. Et, de toute manière, il estimait que c'était trop tard pour lui. Le temps avait passé, trépassé et travailler au service de quelqu'un pour gagner un salaire minable ne lui était guère intéressant. Cette vie d'itinérance lui convenait parfaitement. Le norvégien était libre d'aller où bon lui semblait sans devoir rendre des comptes à qui que ce soit. Un seul homme pouvait, de toute façon, lui donner des ordres, et il s'agissait du seul et unique Lord Noir. Ce n'était pas une obligation, une menace. L'ancien militaire l'avait rejoint de son propre plein gré afin d'en tirer également profit. Chacun servait les intérêts de l'autre et c'était très bien ainsi.

S'il n'avait pas été attiré par le monde des ténèbres et par la puissance, Aslak aurait très bien continuer très bien continuer à faire carrière dans l'armée, en tant que démineur et utiliser la photographie comme hobby, mais voilà. Sa soif insatiable de pouvoir en avait décidé autrement et il avait tué de sang-froid tous ses compagnons d'arme. Le Mangemort ne leur avait laissé aucune chance. Il en avait eu assez. Assez de devoir mentir au monde entier, de devoir continuellement se cacher et de porter ce masque d'être sympathique et soucieux des autres. Car Loikson ne l'était certainement pas. Il n'en avait que faire des états d'âme de son entourage et n'hésitait pas à le faire savoir. Il n'était pas un enfant de cœur.

Il était un meurtrier.
Point.

Le nordique n'avait pas vraiment prévu de tirer un portrait, cherchant plus à trouver le bon angle de la Cabane Hurlante afin de l'immortaliser. Mais la position et l'expression de la jeune femme avait été parfait, semblant en diapason avec le temps et le décor qui les entourait. Alors il n'avait pas hésité une seule seconde. Faisant fi de la politesse, il avait sorti son appareil et prit la photo sans aucune autorisation. Le flash avait été bruyant malgré le vent, mais le photographe s'en moquait éperdument. Il avait alors rangé son trésor dans le fond de son sac ensorcelé, ratant brièvement le regard orageux de la blonde qui le fusillait présentement du regard. Le norvégien la vit s'écarter de la vieille barrière abîmé pour s'approcher d'un pas décidé vers lui. il leva alors le menton, arquant un sourcil presque curieux, mais devinant à l'avance ses intentions.

Un vent plus frais le fit frissonner, mais il le dissimula sous sa couche de vêtement noir, craignant le froid, une épaisse écharpe entourant son cou. Seules ses mains étaient à découvert et avaient tendance à bleuir s'il ne les dissimulait pas dans ses poches. Non, vraiment, Aslak n'était pas le froid, même léger. Il avait été habitué à la chaleur caniculaire, aux hautes températures. Laissez-le à moins de vingt-cinq degré celsius et le voyageur attrapait un rhume. Frileux qu'il était.

- Je peux vous aider ?

Les yeux sombre de Loikson fixèrent la jeune femme qui venait de lui adresser la parole sans une once d'hésitation. Il ne répondit pas. Pas qu'il ne savait quoi répondre, mais il préférait l'ignorer, estiment qu'il n'avait aucun compte à rendre.

- Vos manières laissent à désirer. Ne vous a-t-on jamais appris à demander la permission avant de vous emparer de quelque chose ne vous appartenant pas ? En l’occurrence, je ne pense pas me tromper en affirmant qu'il s'agit de mon image.

Non. Le sorcier ne demandait jamais la permission car il estimait qu'il n'avait pas à le faire. Par ailleurs, cette inconnue ne lui avait guère demandé la permission de lui adresser la parole, si elle voulait jouer à ce jeu-là. Mais c'était une gaminerie auquel Aslak ne s'adonnait guère. Après tout, les photos étaient pour son plaisir personnel et rien d'autre. Alors, pourquoi s'en faire.

- Effacez ce cliché.

Si l'ancien démineur avait su garder un air totalement neutre, ses trains finirent par se teindre d'agacement et il pinça ses lèvres, se demandant brièvement pourquoi il daignait se retenir de frapper l'impertinente. Peut-être parce qu'il lui rappelait quelqu'un. Un jeune garçon plus jeune que lui. Oui, il voyait la ressemblance, savait de qui il s'agissait, mais ne pouvait confirmer l'éventuel lien de parenté. Finalement, le nordique décida d'ignorer superbement l'ordre de la crevette en face de lui pour partir sur un autre sujet qui le titillait beaucoup plus. à cet instant précis.

- Vous êtes une Rowle, me trompe-je ?

Pour ce qui était de la photographie, l'homme refusait catégoriquement de l'effacer. C'était une partie de monde qu'il détruirait et ça, il en était hors de question. Certains diraient qu'il s'agirait là d'une vulgaire sensiblerie, lui répondrait à coup d'Endoloris afin de leur faire comprendre de se mêler de ce qui les regardait.

- Vous êtes la soeur d'Aloïs, fit-il en une question réthorique.

Quelque chose lui hurlait qu'il visait juste et quand bien même, qu'est-ce que cela pourrait lui apporter.

Rien du tout.
Alors il s'en fichait.



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MessageSujet: Re: Fighting in perdition [Pv Cassidy N. Rowle] Mar 30 Aoû 2016 - 19:08

L'homme était grand. Immense même. Il devait facilement approcher les deux mètres. Grand et mince. Toutefois, en dépit de sa silhouette amincie par les vêtements entièrement noirs qu'il portait, l’œil aiguisé de la blonde distingua parfaitement une carrure plutôt impressionnante. Une force physique incontestable. Mais... il semblait grelotter. Cassidy retint un sourire moqueur. Certes, il faisait froid pour un mois de Septembre, mais de là à tressaillir comme une fillette au moindre coup de vent, il y avait tout un monde. Elle aussi était sensible à la morsure du vent glacé, ayant vécu en Inde durant une vingtaine d'années, pourtant l'idée de porter une écharpe lui semblait démesurée. Que dissimulait-il comme secrets derrière sa garde robe à faire pâlir le professeur Rogue d'envie ?

La feuille d'automne, emportée par le vent
En ronde monotone, tombe en tourbillonnant.

Il devait être fort. Puissant. La blonde sourcilla un instant tandis que son regard intrusif transperçait le sorcier prenant soin de détailler tous ses traits. Avait-elle peur ? Non. Était-elle impressionnée devant ce visage dur et ce corps de géant ? Absolument pas, ce qui lui permis de soutenir sans aucun malaise le regard sombre de l'inconnu. Au fond, la force physique était une chose tristement banale et plutôt courante chez les Mangemorts. Qu'était-ce réellement ? Des muscles développés, une taille généralement importante, une carrure travaillée et avantageuse. Tout ce qu'elle ne possédait pas. De qui avait-elle hérité ? La génétique était tout de même un grand mystère. Certes, son appartenance au clan des Rowle était incontestable ; cheveux blonds, peau pâle, iris clairs. On aurait pu lui prêter aisément des origines scandinaves. Personne ne savait que la jeune femme était à moitié indienne. Personne... sauf ceux ayant eu en main son dossier scolaire, et sauf... Octavius. Seul Merlin savait comment le bibliothécaire s'était arrangé pour obtenir cette information. Bref. Les Rowle étaient grands. En revanche, Cassidy était petite. Diaboliquement petite en dépit des talons qu'elle portait. De qui tenait-elle cette particularité qu'elle avait longtemps considéré comme un handicap ? Son père, Andreas, était grand, tout comme sa mère Nila l'avait été, et tout comme son demi-frère Aloïs l'était. Mystère et boule de gomme. Finalement, au fur et à mesure des années, la jeune femme avait appris à en faire un avantage. Tout compte fait, tout était une fois encore, question d'angle de vue. Une petite taille avait ses avantages ; la discrétion à toute épreuve et le fait d'être bien souvent sous-estimée par ses adversaires en étaient les principaux.

L'homme n'était pas beau. Non. Inutile de se mentir. Possédait-il un quelconque charme ? Pas à ses yeux en tout cas, mais cette notion abstraite était des plus subjectives, la jeune femme le savait parfaitement. Peut-être quelqu'un trouverait-il quelque chose de charmant dans son visage qu'elle jugeait plutôt difforme. Un visage mince et légèrement creux, étrangement asymétrique à la manière d' Amycus Carrow. Des traits grossiers, comme le résultat d'un tailleur de pierre inexpérimenté. Des oreilles larges et décollées à peine dissimulées par des cheveux filasses d'un brun quelconque. Un nez épaté et fort. Une immense bouche charnue sur laquelle les autres lèvres devaient avoir peur de se poser, de crainte d'être englouties brusquement. Un regard sombre et vif. Des yeux en amande et expressifs. Noirs. D'un noir profond. Les abysses. Seule chose que Cassidy aurait pu juger attrayante s'ils n'avaient pas été si étrangement rapprochés. Autant la mort pouvait avoir quelque chose de charmeur et étrangement tentant. Une beauté étrange et glauque. Morbide. Autant, cet homme ne possédait rien de cela. Il n'était pas banal, non, mais tout en lui suscitait le rejet, et ce sans la moindre ambiguïté. Du moins, pour Cassidy.

Il avait la force physique. Bien. Il était donc en capacité de donner des coups. Mais attaquer et mordre, un simple chien de garde bien dressé en avait les capacités. La capacité à se servir de son corps et de ses ressources relevait de l'intelligence. La jeune femme le toisa. En possédait-il ? Cela restait à prouver. Donner des coups pour donner des coups n'avait guère d'intérêt si ce n'était pas pensé. Une attaque devait être réfléchie, travaillée, anticipée. Il ne répondait pas à ses questions, peut-être était-ce là le signe d'un cerveau en ébullition ? Ou peut-être était-il tout simplement simplet... Seule sa dernière phrase paru l'énerver. " Effacez ce cliché. ". Une phrase... Non, pas vraiment. Un ordre plutôt. Claquant avec l'intensité et la force d'un fouet, raisonnant dans le paysage figé. Ne tolérant aucune discussion. Visiblement, l'homme n'était pas à même de supporter et de plier face à l'autorité. Ou peut-être l'était-il, mais apparemment pas lorsque ledit ordre émanait d'une simple femme. Sa façade neutre se déforma encore plus tandis que ses lèvres se pincèrent en une moue de mécontentement. L'agacement se lisait sur son visage tandis que celui de la jeune femme restait de marbre.

« Vous êtes une Rowle, me trompe-je ? Vous êtes la sœur d'Aloïs.»

Aucune surprise ne se lut sur le visage de la jolie blonde puisqu'elle ne le fut pas. Des gens qui l'identifiaient dans les rues en se basant sur son apparence, elle en croisait tous les jours. Les Rowle étaient connus désormais et même une personne avec la vue déficiente aurait été en mesure de l'affilier à sa famille.

« Joli tatouage. »

Il avait voulu changer de sujet. Elle ne lui ferait pas le plaisir non plus de répondre à sa question. Mieux même. Elle se fondait maintenant dans l'intimité que pouvait abriter un simple dessin d'encre sur la peau, telle une vipère venimeuse. La jeune femme était des plus observatrices. Qu'il s'agisse d'une personne, d'un objet ou encore d'un lieu, ce qui l'intéressait dans un premier temps n'était guère l'aspect général des choses comme tel était le cas pour bon nombre de personnes. Non. Ce qui la fascinait avant cela - parce que l'aspect général était tout de même important - c'était bel et bien les petits détails. Ces petites choses, particules d'informations, formant un tout et lui donnant tout son sens. Actuellement, elle ne voyait que l'esquisse du dessin. Un tentacule aux couleurs bleutées possédant des reflets violacés, tentant de se dissimuler au creux de sa paume. Provocante, elle poursuivit sa contemplation gênante, poussant la chose à l’extrême en saisissant le poignet droit du sorcier avec une telle rapidité que l'homme se retrouva piégé. Petite... Mais d'une vivacité à effrayer les gros molosses. Sans aucun scrupule, elle remonta vivement la manche noire le long du bras pâle du sorcier. L'intrusion était faite. Impertinente. Insolente.  Il allait payer sa photo volée. Il s'était accaparé un instant de sa vie ? Elle lui volait désormais une partie de son intimité psychique, s'invitant dans son monde sans permission. Faisant exploser la porte blindée d'un sortilège bien placé.

« Un poulpe. », constata-t-elle d'une voix tranquille.

Bon sang... Était-ce ironique ? Un instant, elle fut tentée de chercher Octavius du regard, allant presque jusqu'à croire à une mise en scène de sa part.

« Un simple poulpe. Merlin... Je m'attendais à mieux. Enfin, je suppose que ce mollusque doit avoir une signification particulière à vos yeux... Hum... Laissez-moi deviner. - elle lâcha le bras de l'homme - ... Peut-être une capacité inégalable dans l'art de l'illusion dans lequel il excelle lorsqu'il se sent menacé. Excellent. Vraiment très impressionnant. Dommage que cela ne le relie fatalement et lâchement à la fuite. Vous sentez-vous menacé au point d'incruster ce symbole d'illusion dans votre chair ? Ou peut-être... Tentez-vous de tromper le monde qui vous entoure en dissimulant vos secrets ? Ou bien... La capacité à s'adapter à son environnement ? Hum... Non, cela ne vous correspond définitivement pas, vous qui tremblez de froid au moindre courant d'air. »

Elle était passé à l'attaque. Verbalement. Manier les mots comme jamais était sa passion, à côté de la provocation et de la manipulation. L'art du parler. La rhétorique. L'apprentie potionniste n'était guère partisane de la violence physique, ayant conscience de ses faiblesses et ses limites. En l’occurrence sa taille, et son poids digne d'une plume, ne l'avantageraient clairement pas si elle se risquait à se mesurer à un adversaire dans un combat à mains nues. De plus, selon elle les blessures physiques n'avaient que peu d'effet au final. Un effet à court terme. Les rares fois où elle en était venue aux mains, n'avaient guère été glorieuses comme pouvait en témoigner la cicatrice traversant son omoplate gauche. En revanche, Cassidy se savait douée pour infliger une torture psychique à ses adversaires. Le plus souvent, elle touchait juste, et s'amusait à faire vibrer la corde sensible. Sans laisser de trace visible, les cicatrices existeraient pourtant réellement, invisibles et irrémédiables. Long terme. Telle une pieuvre, elle s'était saisie avec subtilité et force d'une donnée de l'environnement pour parfaire sa flèche empoisonnée. La Rowle s'était invitée là où il ne l'attendait pas. Elle venait de creuser une brèche dans sa chair, en se servant de son tatouage. Comme si de rien n'était, elle repris la conversation.

« Bien vu pour mon appartenance aux Rowle, un aveugle déficient aurait pu faire la même observation. Vous m'en bouchez un coin. , répondit-elle avec une pointe d'ironie dans la voix. Toutefois, tâchez d'être précis quand vous affirmez quelque chose que vous prétendez connaître. Aloïs n'est pas mon frère, mais mon demi-frère. Néanmoins... Vous changez de sujet. Effacez - ce - cliché. »

Bien entendu, le sorcier l'avait intriguée en évoquant le nom de son demi-frère. Toutefois, Cassidy avait vu clair dans son jeu. Il tentait de l'amener là où il le désirait, s'attendant à ce qu'elle le questionne sur la nature des liens qu'il entretenait visiblement avec Aloïs. Et c'était parce qu'elle avait conscience de cette intention qu'elle prit plaisir à ne pas suivre ce chemin qu'il semblait avoir préparé pour elle. Habilement, il avait déroulé le tapis rouge, saupoudré ce dernier d'une pluie de pétales rouges, attendant patiemment qu'elle n'emprunte la voie tracée précautionneusement pour elle. Déviante qu'elle était, la blonde avait esquivé le chemin de facilité piégé, et s'était aventurée sur la piste d'une dangereuse falaise, ponctuée de mille roches plus tranchantes les unes que les autres. Ses doigts fins se refermèrent sur sa baguette d' aubépine au fond de sa poche tandis qu'elle ne le quittait pas de ses iris vert d'eau. Elle l'avait provoqué délibérément, et désormais elle se tenait prête à réagir à la moindre attaque. Choisirait-il les poings ou la magie, telle était la question.
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MessageSujet: Re: Fighting in perdition [Pv Cassidy N. Rowle] Mer 31 Aoû 2016 - 17:38





« Une parole de trop  »


Un coup de vent frais le fit frissonner. L'hiver n'était pourtant pas encore présent, mais cela restait suffisant pour le faire dissimuler son nez dans son écharpe. Cela faisait pourtant déjà quelques années qu'il avait quitté l'armée, mais son corps refusait tout de même de s'adapter à son nouvel environnement. Il était bien trop habitué à la chaleur suffocante du Koweït. Également appelé guerre du Golfe, le régiment du norvégien avait foulé le sol sablonneux grâce à la coalition de trente-quatre États, dont les États-Unis. Mais ce qu'avait su bien plus tard le soldat, c'était qu'en réalité, la Norvège n'avait aucunement accepté d'envoyer ses troupes au combat, seulement un navire de combat dont le voyageur ne faisait pas partie. Le responsable n'était nul autre qu'un général quasi despotique qui n'attendait que d'envoyer ses hommes à la bataille afin d'y périr dans une mort glorieuse. Le gradé avait été sévèrement puni et jugé à la cour martiale. Sa sentence fut quelques années de prison, des dommages et intérêts pour les familles ayant perdu un proche à cause de lui ainsi que le renvoi immédiat.

Mais le fait était resté le même. Aslak avait eu les oreilles emplies de cri de guerre, de terreur, de douleur, le goût du sang et de terre dans la bouche, la vue de morceaux de cadavres carbonisés, les regards fixés sur lui ou vers le ciel. Le sol instable s'enfonçait sous ses pieds tandis qu'il sentait son arme trembler entre ses mains. Inexpérimenté, il ne l'était plus depuis cet instant précis. Encore maintenant, il se demandait comment il avait pu survivre à toutes ces horreurs. C'était flou. Il se souvenait seulement d'une sensation de puissance, d'euphorie et d'impression d'être invincible. Invulnérable. Et pourtant, il avait de très nombreuses blessures sur son corps, dissimulés sous ses couches de tissus, attestant qu'il n'était pas immortel et que les balles pouvaient aisément traverser son corps.

Retournant à la réalité, le sorcier arriva rapidement à la conclusion que cette jeune femme était vraiment des plus agaçantes. Ces feu frères d'armes auraient assurés qu'elle était plutôt agréable à regarder malgré sa taille lilliputienne qu'elle tentait vainement de cacher avec des talons. La blondeur de ses cheveux ainsi que le bleu de ses yeux tranchaient violemment avec ceux plus sombre de l'homme en face d'elle. L'inconnue savait garder son calme à toute épreuve, bien que le nordique pouvait très clairement distinguer de la colère transpirer dans chaque pore de sa peau. Elle n'avait pas apprécié que l'étranger l'immortalise, dérobant insidieusement une partie de son identité. Mais le brun n'en avait cure de tout cela. Seul le Lord Noir avait le droit d'exiger quelque chose de sa part. Le reste du monde, lui, devrait subir son courroux.

- Joli tatouage.

Haine et Rage se cabrèrent violemment lorsque la blonde s'approcha rapidement de lui, envahissant son espace vital et empoignant d'une main ferme, mais dépourvu d'une force quelconque à ses yeux, afin de relever sa manche de quelques centimètres, découvrant un peu plus la tentacule sillonnant son bras droit. Aslak serrait la mâchoire, se retenant très difficilement de la frapper comme il en avait ardemment envie. Il n'avait pas prévu que cette garce se croit tout permit et fasse tout un foi pour un banal cliché, et encore moins à ce qu'elle attaque à son tour. Chihuahua sautillant sous ses propres aboiements.

- Un simple poulpe. Merlin... Je m'attendais à mieux. Enfin, je suppose que ce mollusque doit avoir une signification particulière à vos yeux... Hum... Laissez-moi deviner... Peut-être une capacité inégalable dans l'art de l'illusion dans lequel il excelle lorsqu'il se sent menacé. Excellent. Vraiment très impressionnant. Dommage que cela ne le relie fatalement et lâchement à la fuite. Vous sentez-vous menacé au point d'incruster ce symbole d'illusion dans votre chair ? Ou peut-être... Tentez-vous de tromper le monde qui vous entoure en dissimulant vos secrets ? Ou bien... La capacité à s'adapter à son environnement ? Hum... Non, cela ne vous correspond définitivement pas, vous qui tremblez de froid au moindre courant d'air.

Les poings de l'ancien soldat se serrèrent. Il sentait Rage se débattre fortement, suivit de Haine qui tentait de se défaire de ses solides chaînes. Patience. Patience. Cela n'avait été le fort d'Aslak, trop impulsif. Combien de fois avait-il dut faire des pompes, des tours de terrains jusqu'à en perdre connaissance d'épuisement à cause de son tempérament des plus volcanique. L'impudente impertinente daigna enfin le relâcher, mais l'homme ne recula aucunement, refusant de lui céder ne serait-ce qu'un morceau de terrain. Elle voulait s'immiscer en lui, jouer la carte de l'intelligence glaçante alors qu'elle n'était qu'une vaste face à ses yeux. Après tout, Loikson avait affronté des bombes, des tirs en rafales, des ennemis embusqués, des minuteurs donc les chiffres s'amenuisaient petit à petit, jouant avec ses nerfs déjà à vif alors qu'il titillait l'objet de mort. Alors, non, ce n'était pas cette sorcière qui lui ferait courber l'échine.

Pourtant le photographe refusa de la sous-estimer. Son expérience au Koweït et en Irak lui avait permit de comprendre que même un enfant de huit ans pouvait tenir une arme mortelle et tirer sans somation sur ses ennemis. Alors il n'avait aucun doute que cette jeune femme,  dont il avait quelques doutes sur son identité, puisse être dangereuse, malgré son physique frêle, presque fragile, ainsi que sa petite taille presque ridicule en comparaison de celle de l'homme.

- Bien vu pour mon appartenance aux Rowle, un aveugle déficient aurait pu faire la même observation. Vous m'en bouchez un coin. Toutefois, tâchez d'être précis quand vous affirmez quelque chose que vous prétendez connaître. Aloïs n'est pas mon frère, mais mon demi-frère. Néanmoins... Vous changez de sujet. Effacez - ce - cliché.

Finalement, ses insultes à répétition ainsi que son énième ordre eurent raison du peu de patience dont faisait actuellement preuve d'Aslak. Qu'elle pauvre petite idiote. Si elle n'avait pas insisté ou si elle n'avait pas chercher à l'humilier, il en serait parti comme il était venu. En coup de vent. Mais non. La fierté de la jeune femme avait décidé pour elle, scellant son sort. Alors ce fut avec ravissement que Rage et Haine sentirent leurs liens disparaître, leur laissant enfin le champ libre. Ils pouvaient s'exprimer comme ils l'entendaient. Il ne sortit pas sa baguette, gardant encore ses réflexes moldus. Alors le militaire utilisa ses poings, donnant un violent coup dans le plexus solaire. Ce geste n'avait pas été par hasard. Il savait que la respiration de la garce serait coupé, pliée en deux à cause du manque d'air et de la douleur. Un coup de genou dans le ventre suivit rapidement, tout ceci achevé par un coup de poing sur son joli minois, la faisait durement chuter au sol terreux. Il ne fallait pas...

Il ne fallait surtout pas le faire sortir de ses gonds.

- A quoi cela vous sert d'être une langue de vipère maintenant, dites-moi. Relevez-vous et prouvez-moi que vous valez ne serait-ce quelque chose. Il marcha de long en large, Rage s'impatientant. Dépêchez-vous, aussi étonnant que cela puisse être, je ne frappe pas un ennemi à terre.

Son anglais déjà naturellement rapeux, l'était encore plus à cause de colère, prouvant qu'il n'était définitivement pas un britannique. C'était tellement dommage. Avec plus de politesse et des explications presque larmoyante, le voyageur aurait peut-être pu accepter d'effacer la photographie. Peut-être. Alors il lui donna une dernière chance. De combattre ou de battre en retraite, il s'en moquait même s'il espérait silencieusement la seconde option. Loikson voulait passer ses nerfs sur quelqu'un et il se trouvait que l'agaçante jeune femme se trouvait sue son chemin



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MessageSujet: Re: Fighting in perdition [Pv Cassidy N. Rowle] Jeu 1 Sep 2016 - 19:53

Cassidy Rowle n'était guère idiote, ni complètement aveugle. Au contraire, notamment avec ses études de potionniste, développer ses sens naturellement aiguisés avait été l'une des aptitudes sur laquelle sa formation avait appuyé, allant jusqu'à imposer aux étudiants une épreuve consistant à identifier divers ingrédients les yeux bandés. Aussi, elle l'avait senti venir de loin. Humant son odeur de souffre, identifiant chaque particule le composant. Le danger. Avec ses pas sourds mais insidieux et son allure menaçante. Puissant comme un dragon. Sournois comme une vipère. Observatrice, elle avait clairement vu les narines de l'homme se dilater, ses sourcils se froncer, tandis que ses poings se crispaient et que ses jointures blanchissaient. Une crispation de mâchoire allant jusqu'à faire grincer ses dents lorsqu'elle s'était emparée de son bras. Elle avait gagné, réussissant à le provoquer. Comme bien souvent, sa langue de vipère et ses remarques acérées lui permettaient d'atteindre son objectif. Le combat ne saurait tarder si elle s'évertuait à continuer. Il allait utiliser la force physique, ce qui n'était guère à son avantage. Pourtant, elle ne s'était guère arrêtée. Refusant de plier l'échine, elle avait continuer de parler, consciente qu'elle provoquait là le monstre dormant sous sa peau. Ravagée ? Oui, quelque part elle l'était puisque bien qu'étant parfaitement consciente du danger, elle ne pouvait s'empêcher de l'affronter. Une battante. Oui. La jeune femme adorait se battre, se confronter à un adversaire, qu'il s'agisse d'une danse à armes égales ou pas. Qu'importe les armes ; magie, poings, ou mots, tout semblait lui convenir, bien qu'elle ait une préférence pour l'art de la rhétorique. Se battre lui permettait d'entrer en action. Passer du statut de passive se soumettant à son père à celui de guerrière luttant pour redécouvrir les valeurs qu'elle défendait réellement. Se sentir vivante, redécouvrir ses limites afin de tenter de les dépasser. Perdre des combats ? Qu'importe. L'important n'était pas là. Qu'importe l'adversaire au fond. Qu'il soit géant, nain, difforme, séduisant, Mangemort, abruti, impoli... Tous les combats qu'elle menait dépassaient le champ de la dualité. Une tierce personne s'invitait continuellement ; une partie d'elle même.

Ainsi, inlassablement, Cassidy combattait Nehal. Nehal combattait Cassidy. Certes, la jeune femme était fière et orgueilleuse, mais au delà de ça, combattre lui permettait de sentir qu'elle était encore en vie. Recevoir des coups et en donner - verbaux ou physiques. Les attaques, les parades. Les chutes. Les chocs de magie. Étincelles de lumières. Rien de tel pour percevoir les limites corporelles de son âme, pour sentir son cœur de pierre battre contre sa poitrine, sa respiration s'accélérer, son débit sanguin augmenter, ses veines pulser et ses émotions, enfin naître au creux de sa poitrine. La haine. Le dégoût. La rage. Jamais la peur. Ou rarement, très rarement. Ainsi au delà d'une simple fierté mal placée, la provocation était bel et bien une condition à sa survie. La jeune femme n'en était pas consciente, mais cela la rendait gravement dépendante des autres. Dépendante du danger puisque sa survie ne dépendait que de la haine et de la rage. Certains étaient accro au sexe, d'autres à la drogue. Alcool. Jeux. Sensations fortes. Son carburant à elle était l'affrontement. Le combat, et toutes les sensations qui en découlaient, brisant ainsi son coeur de glace. Cassidy pliait, Nehal sortait des Enfers. Et le combat commençait.

Elle le fixait, concentrée. Un léger rictus au coin de ses lèvres rosées. Il n'allait pas tarder à craquer. C'était inévitable. Lentement, elle prononça sa dernière phrase " Effacez - ce - cliché. ". Un ordre, bouclant la boucle qu'elle avait elle-même débuté. Soudain, elle la vit. La dernière crispation, ultime, se dessinant comme si elle avait été prise au ralenti. Les barrières de l'homme cédaient, les digues lâchaient. Le volcan se réveillait. Sa main refermée sur sa baguette d'aubépine n'eu pas le temps de tirer celle-ci hors de sa poche, déjà un coup de poing magistral la cueillait délicatement dans l'abdomen, au niveau du plexus cœliaque dont la forme faisait penser au rayonnement solaire. La respiration coupée, la jeune femme recula de quelques pas tandis que la douleur l'envahissait, lui rappelant soudain qu'elle était encore bel et bien vivante. L'oxygène ne parvenait plus à entrer dans ses poumons, hachant sa respiration. Merlin, que la vie était si fragile en réalité. C'était dans des moments comme celui-ci, où le danger se présentait enfin face à nous, que l'on se rendait compte que notre existence n'avait pas la résistance du diamant, mais plutôt la fragilité du verre, ou encore de la porcelaine. Pourtant, c'était ce qu'elle recherchait, la mise en danger.

« Il n'aura pas fallu longtemps... », parvint-elle à articuler, relevant vers lui ses iris turquoises.

Sourire sarcastique.

Le reste du menu suivi rapidement. Un violent coup de genou vint heurter ses avant-bras qui s'étaient repliés devant son ventre, afin de protéger ses organes internes. Un réflexe dû à l'habitude, sans doute. Si cela ne permit que d'amortir le choc, seule la contraction de ses abdominaux permit d'atténuer la douleur. Pliée en deux, un autre coup la força à se redresser. Le poing du sorcier vint la cueillir sous le menton, si violent que ses dents s'entrechoquèrent. Avec la grâce et la légèreté d'une plume, elle décolla. Littéralement. Lentement, comme au ralenti, la jeune femme sembla voler dans les airs. Sa silhouette svelte s'arc-bouta vers l'arrière, accentuant le creux naturel de ses reins. Sa tête parti en arrière démultipliant la longueur de ses longs cheveux blonds, le soleil pâle se jouant de leurs reflets. Ces derniers se déployèrent derrière elle, donnant l'illusion d'une chute infinie. Si le décollage pouvait posséder une certaine grâce, voire une certaine beauté, l'atterrissage ne posséda rien de cela. Violemment, le crâne et le dos de la jeune femme heurtèrent le sol de terre en un claquement sourd, la noyant sous une pluie de poussière grise. La terre était sèche. Dure. Il n'avait pas plu depuis plusieurs jours en dépit du froid et des nuages gris. Le choc la fit grimacer, tandis qu'elle sentait un liquide chaud envahir sa bouche. Elle papillonna des paupières, des lumières dansant devant ces dernières. Sonnée. Sonnée mais pas morte. Vivement, trop vivement peut-être, Cassidy se redressa en position assise, sortant sa baguette de la poche de sa cape, avant de dégrafer cette dernière. Le tissu noir chuta sur le sol, dévoilant son ossature fine. Sa robe émeraude s'était légèrement relevée à mi-cuisses, dévoilant sa peau ivoirée. Intérieurement, la blonde grimaça mais elle se retint de porter une main au niveau de son flanc droit. Une côte était touchée, elle était prête à le parier. Pour l'heure, il fallait faire fit de la douleur. Résistante. Lentement, les doigts féminins se portèrent à ses lèvres non plus rosées mais joliment carmin. Des tâches de sang rougeâtre tâchèrent ses ongles. Du sang. Le liquide poisseux emplissait désormais sa bouche, l'obligeant à se détourner sur le côté afin de cracher un filet de sang.

« A quoi cela vous sert d'être une langue de vipère maintenant, dites-moi. Relevez-vous et prouvez-moi que vous valez ne serait-ce quelque chose. Dépêchez-vous, aussi étonnant que cela puisse être, je ne frappe pas un ennemi à terre. »

Un sourire impertinent se dessina sur la bouche abîmée de la blonde.

« Je pourrais vous reprocher d'avoir usé de votre force physique évidente pour frapper une femme, mais je ne le pense pas. Tous les coups sont permis. Pourquoi les femmes devraient-elles être épargnées dans un combat singulier ? Je pourrais également souligner que vous risquez de sérieux ennuis en vous en prenant à une Rowle, mais je pense que c'est inutile. En revanche... Je ne peux que constater un manque de contrôle évident. »

Elle se releva, repoussant les mèches blondes prisonnières de ses cils. Regard haineux. Brûlant.

« Un tel manque de contrôle de soi est tellement pitoyable. Définitivement pathétique. »

Elle avait affronté Octavius ces derniers temps. Un autre style de combat. Plus subtil, entrecoupé de silences entendus et de mots tranchants. Lui possédait l'avantage d'être maître de soi, au moins. Le contrôle de soi. La jeune femme était excellente dans cette discipline étant obligée depuis sa plus tendre enfance à marcher sur des charbons ardents. Danser sur une corde au dessus d'un précipice. Avec de longues années d'entrainement, elle était parvenue à dompter Nehal, cette partie d'elle impulsive et ne demandant qu'à être libérée. Bridée, enterrée sous son apparence de glace, cette dernière ne ressortait que rarement. Très rarement. Seul son oncle Thorfinn et Octavius en avaient eu un aperçu.

« Origines scandinaves ? Votre anglais ne semble pas vraiment au point, et j'aime savoir qui j'affronte. »

Brusquement, avec une vivacité impressionnante, Cassidy passa à l'action. D'un mouvement souple, elle pointa sa baguette vers le sorcier visant la cuisse gauche de ce dernier. Sortilège informulé. Un éclair violet surgit du morceau de bois, frappant violemment sa cible, tordant violemment son adducteur. Une douleur broyant le muscle, le compressant comme si une main de fer était littéralement en train de l'écraser. Maléfice hindou. Profitant du déséquilibre du sorcier, elle ne s'arrêta pas là. Vivement, elle pointa sa baguette sur le sac en bandoulière de l'homme.

« Confringo ! »

Un éclair. Une explosion. Le sac et son contenu volèrent en éclat. Cassidy se redressa. Fière. Sauvage. Toute attaque devait être pensée, anticipée. Si son adversaire était cet étranger, son but lui, n'était pas de s'en prendre à ce dernier. L'appareil photo. Sa pellicule. Détruits.
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MessageSujet: Re: Fighting in perdition [Pv Cassidy N. Rowle] Ven 2 Sep 2016 - 18:38





« Laissons Rage et Haine s'exprimer enfin »


Le cerveau du Mangemort avait totalement fait abstraction des paroles venimeuses de la garce. Ne restait que la douleur à sa cuisse, le forçant à courber l'échine et poser un genou à terre. C'était pourtant quelque chose qu'il pouvait plus ou moins supporter. Souffrir. Il n'y était pas était étranger, après tout. Les entraînements à l'armée n'étaient certainement pas de tout repos et personne n'était à l'abri d'un camarade maladroit tenant mal son arme et tirant sur vous. Mais le champ de bataille restait bien évidemment le pire de tout. On préparait mentalement et physiquement les hommes à la guerre, mais aucun n'était réellement prêt. Il n'y avait véritablement personne pour superviser les hommes, chacun devant se souvenir de chaque instruction tout en visant les ennemis, protégeant leurs arrières et ceux de ses compagnons d'armes. Et avec tout ceci en tête, il fallait courir vers l'objectif.

Le but de la guerre n'a jamais été de rester en vie.

Les chefs de toutes les armées du monde entier se moquaient éperdument des cadavres qu'ils créaient et même des dégâts collatéraux. Une bonne victoire était jonchée de cadavre et de soldats à la retraite ayant un stress post-traumatique. Fort heureusement, Loikson ne faisait pas parti des hommes ayant passé l'arme à gauche et il était assez fort pour supporter ses cauchemars tous plus horribles les uns que les autres. Son entrée dans la Magie Noire l'y avait grandement aidé. Il n'avait pas de Pensine, trouvant cela inutile. Il n'avait rien à fuir, rien à oublier. Une personne de valeur assumait tout. Aussi, l'ancien soldat n'avait aucunement honte de ses nombreuses blessures de guerre causées par les fils barbelées, les balles et autres joyeusetés.

Le nordique n'était pas non plus un surhomme et posait genou à terre lorsque la douleur était beaucoup trop intense. Aussi ne fut-il absolument pas apte à répliquer lorsque le sort de confringo toucha son sac en bandoulière, le détruisant purement et simplement. Avec. Tout. Ce qui il y avait. A l'intérieur.

A l'intérieur...

Elle avait osé annihiler ce qu'il avait de plus précieux. Ce qui le maintenait vivant. Ce qui lui permettait de créer un univers bien à lui où la beauté avait seulement sa place. Le sourire d'une vieille femme. Le coucher d'un soleil. Le rire d'un enfant. Les pleurs d'une veuve. Des moments simple. Des moments poignants. Des rires, des cris, des larmes, des paysages. Un mariage, un enterrement, un représentant de la loi qui faisait la circulation, un Mangemort levant sa sentencieuse baguette. Des instants forts. Des instants d'accalmie. Tout ce qu'il n'avait encore pu développer, dissimuler au fond d'une cache secrète dans son humble demeure -car oui, il était voyageur, mais n'était pas idiot pour autant- ... volé en fumée. Également toute sa maigre retenue ainsi que les chaînes de Rage et Haine qui piaffaient d'impatience.

Le norvégien était certes un représentant de la mort, il ne prenait pourtant par forcément plaisir à ôter des vies. Joindre l'utile à l'agréable n'était pas sa première priorité. Mais, pour cette fois, il ferait une exception. Rage et Haine étaient maintenant libres de toute entrave et décidèrent qu'il était temps de déchaîner les enfers. Aussi, le sorcier se laissa guider par elles. L'ancien démineur se releva non sans une grimace de douleur et difficulté et fonça vers la vipère, la surprenant par cette réaction pas du tout sorcière, et usa de sa force brute pour la déséquilibrer et la faire chuter au sol. Rapidement, utilisant son effet de surprise, il sorti sa baguette comme l'on dégainait une arme et lança le maléfice de saucisson, immobilisant l'ignoble jeune femme. Il avait encore mal et cela ne fit que conforter Rage et Haine dans leur désir de vengeance, mais il ne fléchissait aucunement le genou, supportant la douleur comme le soldat qu'il avait été, il s'approcha vivement de destructrice qui arborait toujours son expression fière et sauvage, l'énervant encore plus. Lorsqu'il prit une dernière fois la parole, ce fut Haine qui s'exprima, chuchotant dangereusement dans son oreille :

- Tout ceci aurait pu être éviter si seulement vous ayez fait preuve de plus de jugeote. Il se recula finalement d'un pas, le regard sentencieux. En fin de compte, vous ne valez rien. Je comprends mieux pourquoi votre famille vous tienne en si piètre estime.

Aslak ne sut pas si ces mots firent mouche ou non, mais il ne s'en occupa déjà plus. Il préféra laisser sa place à Rage qui n'hésita aucunement sur le procédé de sa vengeance. Il ne devait rien lui arracher. Pas d’œil ou de membres en moins. C'était dommage. Mais la garce était une Rowle et son paternel était quelqu'un d'influent, d'important. Alors Loikson rangea sa baguette, décidant qu'elle ne lui servirait à rien dans le moment présent. Il usa à nouveau de ses poings, cognant sans sommation son visage, son dos, son ventre. Il avait normalement pour principe de ne pas frapper une personne à terre. Cette fois, et parce qu'elle le méritait, il y ferait abstraction. Il avait besoin de se défouler, de faire payer à cette vipère la destruction de ses effets personnels. Il n'allait pas la tuer. Oh non. Il briderait Rage et Haine avant que la méprisable n'expire son dernier souffle.

Le nordique savait que la Rowle aurait à coup sûr des bleus, des ecchymoses et des hématomes partout sur son corps, mais cela ne le satisfit pas pour autant. Ce n'était pas assez. Toujours pas assez. Elle lui avait retiré ce qu'il avait de plus précieux, il allait en faire de mal. Nul viol, il n'userait jamais d'une telle bassesse. Non. Que pouvait être le pire pour une combattante telle que cette garce. Ne plus pouvoir se battre. Ne plus pouvoir user de sa baguette. Alors quoi de mieux que de briser le poignet, celle qui maintient encore sa baguette. Dans ce cas, Rage brise les os du poignet, le dislocation, et donne un violent coup de pied afin de voleter la baguette de sa victime plus loin.

Aucune chance.
Aucun échappatoire.

Ce n'était pas la manche droite qu'elle aurait du relever, mais celle de gauche. Ainsi elle aurait découvert à quel genre de personne elle avait affaire. Tant pis, tant mieux. Loikson ne cessa finalement ses coups que lorsque ses poings furent douloureux. Il tremblait de tous ses membres. Il devait s'arrêter maintenant, le militaire le savait très bien. S'il continuait, s'il ne retenait pas maintenant Haine et Rage, cette jeune femme mourrait -même si ce n'était pas pour lui déplaire-.

Alors, l'ancien soldat recula d'un pas, puis de deux. Il devait se calmer, remettre les chaînes sur Rage et Haine, même si ces dernières se débattaient fortement. Il voulut parler, mais abandonna. Il n'y avait rien à dire. Le message était clairement passé. Qu'Aslak ne la revoit pas.

Plus jamais.
Ou sinon il la tuerait.



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MessageSujet: Re: Fighting in perdition [Pv Cassidy N. Rowle] Dim 4 Sep 2016 - 18:28

Aucune réaction sorcière. Rien. Nada. Il n'avait même pas pris le temps de sortir sa propre baguette pour l'affronter dans un duel singulier. Étrangement, il s'était contenté de se jeter sur elle. Violemment. Entravant tout mouvement de part. L'impression de se prendre le Magicobus de plein fouet. En l'espace de quelques secondes, la jeune femme s'était retrouvée de nouveau allongée de force sur le sol de terre, littéralement écrasée par le corps de son agresseur qui devait faire au moins trois fois son propre poids. Étrangement, la première pensée qui lui était venue à l'esprit alors que son crâne heurtait une nouvelle fois le sol, était qu'elle aurait préféré que cela se passe sur un matelas. Sans aucune arrière pensée, bien entendu. Alors qu'elle clignait douloureusement des paupières, il s'était déjà relevé. Sentant le pire arriver, Cassidy avait alors tenté de récupérer sa baguette à tâtons, avant de sentir son corps entier se figer dans une paralysie. Maléfice du Saucisson. Simple, mais efficace. La jeune femme était toujours consciente et pouvait observer ce qu'il se passait, sans pouvoir répliquer. Espèce de lâche. Si elle ne pouvait prononcer ces mots, rien n'empêchait ses yeux de le faire pour elle, aussi ces derniers - très expressifs - n'y manquèrent pas, hurlant ces trois mots au visage grossier du sorcier. Ses traits fins, s'étaient figés dans cette expression qui lui seyait tant. La fierté. Une fierté sauvage laissant entendre à quiconque possédait des yeux pour observer, qu'elle se battrait jusqu'au bout. Si la jeune femme avait réussi à survivre au meurtre de sa mère, et à l'épreuve pour le moins sanglante à laquelle son père l'avait soumise, ce n'était pas pour abandonner désormais. Jamais. Elle le vit s'approcher d'elle, sournoisement. Lentement, il s'agenouilla à ses côtés, releva une mèche de cheveux blonds - la faisant tressaillir de dégoût intérieurement -, avant de chuchoter à son oreille.

« Tout ceci aurait pu être éviter si seulement vous ayez fait preuve de plus de jugeote. »

Elle le vit se reculer, avant de disparaître de son champ de vision. Tragiquement, son regard vert d'eau se mêla aux couleurs grisâtres du ciel. Les nuages étaient gris et paraissaient bien bas aujourd'hui.

« En fin de compte, vous ne valez rien. Je comprends mieux pourquoi votre famille vous tienne en si piètre estime. »

Si seulement il disait vrai... Tout serait tellement plus simple, malheureusement il se trompait, lourdement. Aloïs la tenait en piètre estime et lui vouait une haine incommensurable ; haine que sa demi-sœur lui rendait bien. En revanche, ce n'était guère le cas de son père, Andreas. Ce dernier avait fait le choix de la laisser en vie alors qu'il s’apprêtait à la tuer. Conscient de la force mentale de sa fille, il lui avait accordé la vie, et lui avait permis de poursuivre ses études. Certes, à ses yeux la jeune femme possédait une certaine insolence, mais ce n'en était que plus intéressant. Un diamant brut à tailler, voilà comment il la voyait. Aussi, ses paroles ne l'atteignirent en rien, se contentant de glisser le long de sa peau aussi dure que l'ivoire, tels de mots faibles et dépourvus de sens. Qu'il pense qu'elle ne valait rien si cela lui faisait plaisir et le réconfortait suite à la perte pathétique de son appareil. Elle ne partageait pas son avis. La fierté était tout ce qui lui restait. Elle était son armure, celle qui lui permettait d'avancer. Sans se sentir formidable et toute puissante, Cassidy avait conscience que le fait d'avoir échappé à la mort prouvait qu'elle valait quelque chose, même si cette chose s'apparentait à un grain de poussière. Tous les jours, elle trompait le monde qui l'entourait, se jouant des Mangemorts comme on jouait aux échecs version sorciers. Échec et Mat. Chaque coup était calculé, chaque partie se terminait parfaitement. Ici, la jeune femme avait atteint son objectif. Il avait perdu. Lamentablement. Aveuglé par la colère et la rage, il avait perdu de vue le plus important : protéger son bien. Il avait oublié que l'apprentie ne désirait guère le combattre lui, et lui mettre une raclée pour dire de lui mettre une raclée. Non, tout ce qu'elle désirait, elle l'avait finalement obtenu. Le prix serait élevé, certes, mais elle avait repris ce qui lui revenait de droit. Son image. Sa vie. Une partie de son identité qu'il lui avait lâchement dérobé. La boucle était bouclée, et désormais il lui fallait payer. D'une certaine façon, elle avait sacrifié une partie de contrôle pour en récupérer une autre, plus importante à ses yeux. Le choix avait été rapidement fait. Elle n'aurait pas le loisir de se défendre puisque le sorcier en avait décidé ainsi. Aussi, il lui faudrait subir, en silence, les attaques de l'inconnu.

Il rangea sa baguette. Non, la jeune femme ne le vit pas faire, mais son corps lui donna cette information d'une manière plutôt douloureuse. Un craquement sourd se fit entendre alors que sa botte heurtait son flanc droit. Une côte de cassée. Aux vues de la rage qu'il lâcha sur elle dans les instants qui suivirent, Cassidy su qu'elle avait frappé juste. Non, elle ne se bagarrait pas avec les poings - du moins, rarement - mais avec les mots et l’intuition. Finement, la jeune femme avait compris que pour un photographe, le plus terrible serait de perdre son compagnon de toujours : son appareil. Aussi, en détruisant ce dernier, elle ferait d'une pierre deux coups ; récupérer la photo volée, et laisser sa trace dans sa mémoire en marquant son esprit d'une cicatrice invisible. Elle serait celle qui était parvenue à briser ce qu'il avait de plus précieux. Des remords ? Aucun. L'homme ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même. Délibérément, il avait refuser d'effacer le cliché qu'il lui avait si impoliment dérobé, et quelque chose lui susurrait que quand bien même elle aurait mieux formulé sa demande, il s'y serait refusé.

Le regard figé sur le ciel abominablement bas, Cassidy comptait. Un... deux... trois... Les coups pleuvaient, d'une force démesurée. L'homme était comme un tsunami se déchaînant brutalement. Destructeur, il atteignait chaque parcelle de peau lui étant accessible. Il détruisait son corps, mais son esprit lui, demeurait hors de portée... Quarante... quarante-et-un... Sa lèvre supérieure éclata à son tour tandis que le sang coulait à présent de son nez, l'empêchant à moitié de respirer. Le ciel était toujours aussi gris et bas. Les nuages quant à eux semblaient se rapprocher de plus en plus. Un énième coup de pied porté dans le bas de son dos fit rouler son corps sur le côté. Non ! Non, il n'avait pas le droit de l'empêcher d'observer le ciel. Plic ploc. Le liquide poisseux coulait désormais sur le sol poussiéreux. La jeune femme avait encore les yeux grands ouverts puisque le sortilège n'agissait pas sur ces derniers, aussi ses iris turquoises eurent tout le loisir de constater un phénomène pour le moins étrange. Les nuages semblaient être finalement descendu au ras du sol. Ou était-ce une légère brume ? Si ses sourcils ne pouvaient se froncer, ses yeux se mirent à étinceler. La réflexion, une sorte de contrôle une fois de plus. De dernier ressors, pour ne pas sombrer. Une première goutte tomba sur sa pommette abîmée. Les nuages étaient dans le ciel, et la brume avait disparu désormais. Elle était tout simplement en train de sombrer. Non ! Non, elle s'y refusait. Il fallait qu'elle parvienne à se concentrer.

Le dos... quatrième ou cinquième vertèbre ? Le visage... côté droit ou côté gauche ? Pommette ou mâchoire ? La douleur qui avait d'abord été insupportable, anesthésiait ses sens désormais. Elle ne la ressentait quasiment plus. Il lui fallait se concentrer, le plus longtemps possible. Que savait-elle ? Il pleuvait. Oui. Il pleuvait désormais. Ou étaient-ce les éclaboussures de son propre sang qu'elle sentait couler entre ses doigts depuis qu'un caillou mal placé était venu lui entailler profondément la chair ? Tiens, voilà qu'elle roulait de nouveau sur le dos. Avec difficulté, la blonde ouvrit les paupières qui s'étaient refermées contre son gré. Regard embrumé. Elle se sentait étrangement lointaine au monde qui l'entourait. Le ciel avait viré au noir, se mélangeant avec le regard sombre de son agresseur. Condamnée au silence, elle nota qu' il avait la même couleur que les cheveux de ce dernier, à quelques nuances près. Oui. Il pleuvait. Elle le sentait et le voyait désormais. Quelques mèches de cheveux blonds étaient désormais collées à son front, dans un mélange d'eau, de poussière et de sang. Le sang... Rouge, ou plutôt rougeâtre. De la nuance, il fallait être nuancé. Rouge et noir ; un mélange plutôt foncé. Bordeaux ? Non pas vraiment. Un goût métallique et... Humpf... Un nouveau coup vint la cueillir au creux de l'estomac, interrompant le cours inlassable de ses pensées. Penser, vite, penser. Le tissu de sa robe semblait désormais déchiré par endroits, elle l'avait bien senti alors que les poings osseux de l'homme venaient tout juste de venir s'enfoncer dans son abdomen. Était-ce ce coup là qui l'avait faite se retourner sur le dos ? Probablement. Elle voyait désormais de nouveau le ciel, au prix d'un nouveau craquement. Quatrième ou cinquième côte de fêlée ? Elle avait perdu le compte désormais.

Soudainement, ses yeux sombres comme un puits sans fond apparurent dans son champ de vision. Voilà qu'il s'agenouillait auprès d'elle. Royalement, avec cette fierté qui la caractérisait, elle l'ignora, ne daignant pas lui accorder ne serait-ce qu'un regard. Le ciel méritait plus d'attention que ce lâche qui ne lui avait même pas accordé une chance de le combattre, préférant l'immobiliser avant de déverser sa haine sur elle. Cette attitude ne faisait que renforcer la pitié qu'elle éprouvait envers lui. Avoir besoin d’enchaîner les autres avant de s'en prendre à eux était d'un niveau bas, tellement bas. Manquait-il autant de confiance en lui ? Aussi, ses iris turquoises traversaient le visage de l'homme comme s'il n'avait jamais existé, niant sa réalité. Malheureusement, une sourde douleur vint lui rappeler sa présence, s'imposant à elle de manière à ce qu'elle ne puisse pas l'ignorer. Son poignet droit craqua d'une manière sinistre tandis qu'une décharge l'électrisait brutalement, si bien que son corps entier se cambra vers l'arrière malgré le maléfice. Ses lèvres rougies par le sang étaient closes, collées par ce sortilège, mais ses yeux hurlèrent pour elle. Merlin que la douleur était atroce. Des larmes brillèrent un instant dans son regard clair, mais d'un battement de cils, elle les fit disparaître aussi vite qu'elles étaient venues. Hors de question qu'elles coulent. Contrôle. Elle refusait de lui faire ce plaisir. Elle n'en gaspillerait pas pour lui.
Aussi malheureux que cela puisse paraître, cette douleur aiguë eu l'avantage de réveiller la jeune femme en la tirant de l'atmosphère brumeuse et cotonneuse dans laquelle avait elle sombré quelques instants auparavant. Merlin. Elle était en vie. Toujours en vie. Le poignet cassé, les côtes fêlées, le visage ensanglanté, mais en vie. Elle sentait sa respiration rapide, ses battements de cils - certes plus lents que d'ordinaire. Ses veines battaient contre ses tempes, tandis que dans le bout de ses doigts, les pulsations rythmaient ses expirations. Il pleuvait. Les gouttes d'eau tombaient régulièrement désormais, collant sa robe à sa peau et lavant cette dernière du sang que l'homme avait pris plaisir à faire couler. Il faisait froid. Très froid à présent. Le vent soufflait toujours, et avec l'averse qui tombait, Cassidy était transie de froid. Sous le sang qui recouvrait ses lèvres, celles-ci devaient être d'un beau bleu-violacé.

L'homme s'était remis à taper, inlassablement. Tel un pathétique robot moldu cassé. Rien ne semblait pouvoir le contenter. Ni les lèvres fissurées, ni le sang coulant de son nez, encore moins son arcade sourcilière ouverte. Non. Ni ses côtes fissurées, ou même son poignet brisé. Les hématomes ornant ses bras et les ecchymoses violacées commençant à se dessiner dans son dos ? Pas assez. En réalité, rien n'y faisait. Le sorcier avait probablement des problèmes avec limites lui aussi. Lui aussi... Soudainement, un visage se dessina dans l'esprit de la jeune femme. Un rictus infernal, des yeux d'un vert pétillant. Des cheveux bruns, une barbe de quelques jours aux reflets cuivrés. Le corps figé, trempé et transpercé par la douleur et le froid, la jeune femme sentait qu'elle recommençait à basculer. Vainement, son esprit tentait de se raccrocher à quelque chose, et seule l'image du bibliothécaire lui était apparue. Un sourire se serait certainement dessiné sur ses lèvres si celles-ci n'avaient pas été figées. Le tour qu'elle s’apprêtait à lui jouer était tellement tordu. Rien que pour cela, elle ne désirait pas mourir. Mais... Par la barbe de Merlin, pourquoi son visage était-il la dernière chose qui se présentait à elle alors qu'elle coulait doucement ? Ses paupières s'étaient à présent refermées, et Cassidy ne put tenter de répondre à la question.

Le coton. Doux et moelleux.
Les ténèbres. Douces et salvatrices.
L'inconscience. Tentante et reposante.



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Fighting in perdition [Pv Cassidy N. Rowle]

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