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7 Septembre 1997- Les ailes se froissent et les îles se noient [Stella]

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MessageSujet: 7 Septembre 1997- Les ailes se froissent et les îles se noient [Stella] Lun 22 Aoû 2016 - 22:41

La nuit était tombée sur l’Ecosse, apportant un vent de fraicheur anormal pour la saison. De fortes rafales tentaient de faire ployer les arbres selon leurs volontés. Parmi elles, inaudible, un soupir s’échappa de lèvres entrouvertes. Dans la tour nord du château de Poudlard, seule une fenêtre brillait dans la nuit, indiquant la présence tardive d’un sorcier. Une silhouette floue s’y dessinait, étrangement immobile. Perdu dans ses pensées, Ethan fixait le lac dont les eaux étaient malmenées par le vent. Les vagues s’écrasaient avec force contre la falaise, signe qu’un orage approchait à grand pas. Bientôt la pluie et les éclairs s’inviteraient. Ce serait probablement une nuit agitée pour les Serpentard qui dormaient sous le lac. Assis sur le rebord de la fenêtre, Ethan ne pouvait s’empêcher de replonger dans ses souvenirs, lorsqu’il était avec Charlotte et qu’ils avaient été surpris par un orage. Il tenait une pile de parchemin dans la main, son index marquant la page où il avait achevé sa lecture. Encore des consignes venant des Carrow. Les plannings des prochains jours, les convocations aux premières heures de colles, les nouvelles règles de l’école, les nouvelles consignes, les nouvelles méthodes. Tout ça n’était qu’un ramassis de conneries. Les préfets avaient eu une réunion importante quelques heures plus tôt, encadrée par les Carrow et quelques professeurs. Ils avaient désormais l’autorisation d’user de la magie sur les élèves désobéissant, avaient l’obligation d’informer la direction du moindre petit écart de conduite, et étaient invités à espionner tout ce qui se passaient et se disait au château. L’ambiance avait été pesante. Si Ethan était resté de marbre, il avait surpris le regard inquiet de certains. La grande horloge avait alors sonné l’heure de diner et par la même occasion celle de la réunion. La salle des préfets s’était rapidement vidée, et Ethan avait trainé, prétextant mettre de l’ordre dans le bureau.

Le Serpentard soupira une nouvelle fois et détourna les yeux, retrouvant à regret la réalité. L’heure du diner était passée, sans que la faim ne se fasse ressentir. Ethan desserra sa cravate et remonta les manches de sa chemise pour découvrir ses avants bras, espérant ainsi mieux respirer. Mais l’inquiétude le rongeait. Les punitions corporelles avaient été mises en place par les Carrow, et il était censé dénoncer ses camarades pour ça. Or, il n’était pas certain de pouvoir rester de marbre face à ces pratiques. Ethan serra les dents, tandis que son mal de tête empirait. Il avait été sujet à ces étranges migraines tout l’été. Il les combattait avec acharnement. Parfois il gagnait, parfois c’étaient-elles. Dans ce dernier cas, il perdait conscience, comme s’il avait un moment d’absence. Puis il revenait à lui, avec le sentiment que quelque chose lui échappait. Parfois il avait l’impression d’entendre des voix, qui prononçaient des phrases sans queue ni tête. Or ce n’était jamais bon pour un sorcier d’entendre des voix. Ses yeux se posèrent sur la petite flamme d’une bougie déjà presque consumée. Il l’observa vaciller lentement, sans ne jamais vouloir s’éteindre. Des éclats de rire firent échos dans son esprit, le visage rieur de Charlotte lui apparut. C’était comme ça qu’il voulait se souvenir d’elle. Mais inexorablement un éclair vert apparaissait, et son sourire se figeait. Ses yeux s’éteignaient, et son corps tombait lentement, précédé d’une cascade de cheveux roux. Ethan souffla sur la flamme qui s’éteignit bien trop facilement. Il regarda la fumée s’élever lentement dans les airs, avant de disparaître à son tour. Et si une autre bougie venait à s’éteindre ?

Soudain la porte s’ouvrit, et ses yeux clairs accrochèrent ceux de Stella. Son regard se durcit instantanément, comme gelé. Un à un, les préfets pénétrèrent dans la salle en bavardant. L’heure de la ronde était arrivée, le couvre-feu venait de tomber. Ethan jeta un dernier coup d’œil au planning, comme s’il espérait que celui-ci ait pu changer comme par enchantement. Mais non. Son prénom était bel et bien écrit à côté de celui de Stella. Il avait été décidé que désormais les binômes de préfets changeraient d’un jour à l’autre pour les rondes, afin de favoriser la cohésion et l’entente du groupe. Mais Ethan venait à regretter ce choix, il n’avait aucune envie de se retrouver en tête à tête avec Rowell. Pourtant, autrefois il aimait bien la demoiselle. Il adorait la taquiner et jouer de sa timidité. Mais depuis la rentrée il l’évitait comme la peste. Quelque part, elle lui faisait penser à Charlotte. Discrète, timide, naïve. Ce n’était pas le genre de fille qu’on remarquait tout de suite. Même son nom finissait comme le sien. Quelques élèves avaient osé aborder le sujet avec lui, lui présentant leurs condoléances. Mais Etna  avait l’impression que la plus part voulaient simplement avoir des détails sur les circonstances du meurtre. Bien souvent, ces élèves n’étaient pas bien proches de la demoiselle. Ses vraies amies, il ne les avait pas approchés, il avait trop peur de se sentir un peu plus coupable. De lire dans leurs yeux le chagrin et l’incompréhension, la colère et le reproche de ne pas l’avoir sauvée.

Soudain le Serpentard trouva la pièce trop petite, et trop bruyante. Il parvint à garder son sourire préfabriqué scotché aux lèvres alors que son estomac se tordait. Il rajusta ses manches et sa cravate, s’excusa auprès de Joyce avec qui il discutait discrètement, et s’avança vers la sortie. Il passa devant Stella et Carlie et leur accorda un bref regard.

- On y va, lâcha-t-il à l’adresse de Stella.

Ça n’était pas vraiment une question. Sans même prendre le temps de vérifier si elle le suivait, le Serpentard poussa la porte et sortit dans le couloir. Aussitôt les torches fixées aux murs s’allumèrent, faisant apparaître un spectacle de lumière sur les pierres. Il passa une main tremblante dans ses cheveux noirs, ne sachant pas très bien s’il avait envie de se défouler, ou de s’écrouler. Mais encore une fois, Ethan repoussa cette sensation, malmenant une nouvelle fois ses nerfs, qui allaient finir par rompre, tôt ou tard.  
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SERDAIGLE7ème annéePréfèteADMIN INTERSTELLAIRE
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MessageSujet: Re: 7 Septembre 1997- Les ailes se froissent et les îles se noient [Stella] Lun 12 Sep 2016 - 1:17

Lorsque les Carrow avaient fait comprendre à l’ensemble des préfets le type d’encadrement qu’ils attendaient d’eux à l’égard des élèves, Stella avait senti un frisson parcourir son corps entier, mais cette sensation de froid dans le dos ne s’était malheureusement pas estompée depuis, malgré les heures qui passaient. Stella était inquiète, mais n’osait pas s’opposer ouvertement à leurs méthodes. Elle s’était donc contentée d’observer ses camarades et de guetter leurs réactions. On pouvait en dire beaucoup sur l’avis des gens rien que par leur non-verbal, si on les observait avec assez de minutie et que l’on analysait correctement le peu qu’ils laissaient transparaître. Stella aurait parié le peu d’argent qui se trouvait dans son coffre à Gringotts que la majorité des autres préfets avaient été habités par le même effroi qu’elle en entendant le cadre professoral leur indiquer qu’ils avaient le droit d’user de magie, et autrement dit de punitions corporelles sur les élèves. Il ne lui serait jamais passé par la tête de faire preuve d’une telle cruauté et elle comptait bien tenter de protéger les quelques malheureux élèves qui risquaient d’en être victimes. Mais pour l’instant, il valait sans doute mieux se faire discret, se préparer au pire et étudier le comportement des autres afin de déterminer qui elle pouvait compter comme alliés parmi les autres préfets. D’autant plus qu’on leur avait strictement stipulé qu’il relevait de leur devoir de souligner tout manquement à se plier aux règlements de l’école et tout comportement « problématique ». Elle qui avait été obéissante pratiquement toute sa vie sans même remettre l’autorité en question ne ressentirait, pour une fois, aucune culpabilité à contourner ce qui était prescrit.

Pratiquement tout avait changé à Poudlard depuis l’année dernière, y compris elle-même. Elle avait toujours appréhendé de se retrouver en compagnie d’autres personnes, mais aujourd'hui elle recherchait plus que jamais à fuir la solitude. Non pas par besoin d’attention, mais surtout, car elle croyait fermement que dans une période aussi critique, les gens devaient demeurer soudés les uns aux autres. Malgré tout, elle n’avait pas perdu certaines de ses habitudes et cela impliquait de ne pas faire confiance à n’importe qui.  Elle n’avait juste plus rien à faire de l’opinion que les autres avaient d’elle, car il y avait d’autres chats à fouetter. Certes elle rougirait toujours autant, elle bégayerait, et se sentirait stupide dès qu’elle prendrait la parole, mais elle savait qu’elle allait devoir prendre le taureau par les cornes et ignorer l’anxiété que lui causait la simple idée de faire un pas vers les autres si elle désirait vraiment être utile. Elle n’avait plus rien à perdre et devait apprendre à se tailler une place parce que celui qui l’avait toujours protégée n’était plus là désormais. Elle ne savait pas ce qu’il était advenu de celui qui faisait battre son cœur, mais elle espérait qu’il se porte bien où qu’il soit.

Les sièges vides dans la grande salle avaient arraché un air désemparé aux quelques infortunés qui avaient osé regarder autour d’eux pour constater que plusieurs manquaient à leurs rangs. Certains avaient fui, d’autres s’étaient éteints, et ces derniers étaient sans contredit la raison pour laquelle il était si pénible de se retrouver au sein du château où régnait une atmosphère lourde et accablante.

Parmi ceux qui semblaient au bord de perdre leur âme, il y avait Ethan. Il avait rapidement détourné les yeux lorsque leurs regards s’étaient croisés alors qu’elle entrait dans la salle où les préfets se retrouvaient avant de s'atteler à leurs tâches du soir. Stella ne savait que trop interpréter de son attitude plutôt froide. Il était en deuil de Charlotte, et elle ne pouvait que tenter d’imaginer le chagrin qui devait inonder le garçon. Pourtant, elle aurait juré que ce qu’il dégageait renfermait bien plus que sa tristesse.

Elle discuta à voix basse avec Carlie durant quelques minutes à propos la situation des nuncaboucs en attendant le début des premières rondes, puis fut promptement interrompue par son coéquipier de la soirée. « On y va. » avait-il affirmé d’un ton cassant.

Il avait définitivement l’air importuné par l’idée de se retrouver en sa présence. Elle l’avait entendu échanger avec d’autres élèves un peu plus tôt et était persuadée qu’il ne leur avait pas adressé la parole aussi sèchement. Tous ses détails la poussaient à se questionner.  Elle savait qu’elle ne devait pas avoir de préjugés envers les verts et argents, mais elle ne pouvait s’empêcher de se demander dans quel camp le Serpentard en question se positionnait. Il avait arboré une moue des plus indifférentes durant leur réunion un peu plus tôt, mais elle ignorait s’il s’efforçait de cacher son jeu quant à un quelconque réjouissement ou si sa lassitude n’était que le fruit de la douleur que lui infligeait le décès de Charlotte.

Ne lui laissant pas le temps de répondre, il s’aventura dans le couloir du château d’un pas mécanique avec Stella sur les talons qui s’efforçait tant bien que mal de le rattraper, trottinant derrière lui encore étonnée par le traitement qu’il lui accordait. Ils n’avaient jamais été particulièrement proches, mais partageant quelques amis proches, ils se côtoyaient depuis plusieurs années et il avait toujours été assez gentil avec elle. Elle était parfois mal à l’aise lorsqu’il prenait plaisir à la taquiner, mais savait qu’il n’avait pas de mauvaises intentions. Cela n’avait rien à voir avec son comportement actuel qui l’amenait à se demander s’il n’avait été gentil avec qu’à cause de Dean.

« Ça va ? » finit-elle par lui demander au bout de quelques minutes d’un silence qui rendait inconfortable. « Enfin… je me doute que ça ne va pas, mais… enfin… » Elle s’emmêla dans ses paroles et elle maudit mentalement une fois de plus la maladresse légendaire dont elle savait faire preuve dans ses relations sociales.

Elle sentait qu’Ethan était tendu et, aussi, elle n’hésita pas à prendre les devants lorsqu’ils croisèrent deux élèves qui se retrouvaient encore dans les couloirs malgré l’heure du couvre feu qui allait tomber, au cas où il viendrait l’envie à son coéquipier de les punir aussitôt. « Il faut retourner à vos dortoirs immédiatement si vous ne voulez pas avoir d’ennuis!» les incita Stella en se faisant insistante. Elle doutait de son autorité, mais osait espérer que les élèves, même les plus jeunes, ne seraient pas assez bêtes pour défier les règlements des Carrow. Au plus grand soulagement de la Serdaigle, ils n’eurent pas besoin de se le faire répéter et s’éclipsèrent dans les escaliers mouvants du château sans plus tarder, la laissant à son duo étrange de la soirée.

« Je suis vraiment désolée pour Charlotte… »

Sa gorge se noua et elle n’ajouta rien d’autre alors que son regard s’affairait à suivre la trajectoire de ses pieds sur le sol de l’école. Il n’avait peut-être pas envie de l’entendre, mais elle était sincère et se serait jugée plutôt insensible de ne pas lui offrir une quelconque sorte de condoléances. Elle espérait qu’il voit les choses du même œil, mais n’en était absolument pas convaincue.

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MessageSujet: Re: 7 Septembre 1997- Les ailes se froissent et les îles se noient [Stella] Dim 22 Jan 2017 - 17:42

Les murs froids faisaient répéter en échos le bruit de ses pas, et bientôt ceux de Stella. Ethan l’entendait trottiner derrière lui pour le rattraper. Il était conscient que son comportement pouvait paraître détestable, mais pour le moment il s’en fichait. Plus que jamais le château lui apparaissait comme une prison. Ils étaient surveillés, eux et leurs courriers. La liberté d’expression n’était qu’un lointain souvenir, et leurs geôliers s’appliquaient pour que leurs vies soient un enfer. Bien entendu Ethan n’était pas le plus à plaindre. Les véritables martyres ici étaient les Nuncaboucs, les nés moldus. Ethan ne comprenait pas pourquoi le nouveau ministère les autorisait à étudier à Poudlard, il pensait que ces derniers auraient été renvoyés, et privés de leur baguette. Il ne savait pas ce qui était le pire : les obliger à vivre comme des moldus, ou les autoriser à rester au château dans des conditions aussi épouvantables. Sans parler des élèves en fuite, traqués par les raffleurs. Ethan fut alors tiré de ses pensées par la voix de Stella, qui lui demandait s’il allait bien. Il ralentit le pas pour marcher à sa hauteur, et lui jeta un regard noir.

Bien sûr que ça n’allait pas. Tout allait mal. Tout allait de travers. Ça l’énervait qu’on lui pose la question sur un ton compatissant, comme s’ils s’entendaient à ce qu’il s’effondre. On le prenait avec des pincettes, on chuchotait dans son dos, on évitait de le contrarier. Et même si ça partait d’un bon sentiment, cette situation le rendait fou. Il détestait être faible. Mais avant qu’il n’ait pu répondre, Stella enchaina, se rattrapant maladroitement. Ethan en fut surpris, après tout ils n’étaient pas si proches. Ces paroles, une part de lui voulait les entendre. Que quelqu’un soit assez honnête avec lui pour ne pas faire si de rien n’était. Et en même temps ça l’agaçait. Il en avait assez de tout ça, de ses pensées torturées et de sa tristesse. Il voulait avancer.

- C’est bon, ça va, lâcha-t-il d’une voix à peine plus forte qu’un murmure.

Le Serpentard tourna sa baguette entre ses doigts pour se détendre. Déjà ses épaules et sa nuque étaient raides. Il avait l’impression que ses muscles étaient constamment tendus, comme si son corps était sur ses gardes en continue, prêt à réagir au moindre mouvement suspect. Entre ses cours et son rôle de préfet, il n’avait plus de temps libre pour quoi que ce soit. D’un côté ça lui plaisait, ainsi son esprit était constamment occupé. Sa septième et dernière année avait commencé fort, et les professeurs étaient plus exigeants que jamais. Chaque jour les devoirs pleuvaient, aussi bien la théorie que la pratique. Ethan n’avait jamais été autant à jour dans ses devoirs, et les quelques notes qu’il avait reçu étaient supérieures à celles qu’il avait l’habitude d’avoir. Une partie de lui, ironique, espérait bien que ses professeurs soient satisfaits, eux qui n’avaient cessé de lui répéter depuis six ans qu’il était fainéant et n’exploitait pas ses compétences. Mais Ethan n’était pas fait pour garder cette cadence, tôt ou tard il sortirait la tête hors de l’eau. Il suffisait que son cœur cesse de saigner pour cela. Que la tristesse laisse place à la rancœur, la vengeance. C’était comme cela il était. Il devait avoir le feu à la place du sang, la rage au ventre, et la détermination à l’esprit. Mais pour cela il lui fallait reconstruire une forteresse impénétrable, plus solide encore que la dernière.

Des chuchotements étouffés leur parvinrent alors de l’angle d’un couloir. Probablement des retardataires. Ethan consulta sa montre : le couvre-feu entrait en vigueur dans exactement deux minutes. Certes les élèves n’étaient, pour le moment, pas réellement en infraction, mais ça lui ferait probablement du bien de se défouler un peu. Néanmoins, avant qu’il n’ait pu esquisser le moindre geste, Stella le devança. Il l’observe, curieux de voir comment elle allait s’en sortir, mais surtout persuadé qu’elle ne pourrait jamais faire preuve d’autorité. C’était presque amusant de la voir si peu sure d’elle. Ethan pouvait presque sentir sa peur de devoir sévir. Cependant il n’intervint pas, se contentant de fixer froidement les deux élèves. Deux Gryffondor à en juger par leurs uniformes. Ces derniers évitèrent son regard et tournèrent des talons, disparaissant rapidement dans les escaliers. Ils étaient à nouveau seul, et Ethan ne savait pas s’il préférait rester muré dans son silence, ou lui montrer sa désapprobation. Mais alors que ses lèvres s’entrouvraient pour parler, Stella lui présenta ses excuses pour Charlotte. L’air sembla aussitôt être chassé de ses poumons, et la culpabilité refit surface. Le Serpentard savait que se remettre de ce genre de traumatisme mettait du temps. Mais combien de temps ? Il donnerait cher pour le savoir. Ça faisait déjà deux mois. Encore un ? Six ? Encore un an ? Qu’était-il censé dire ? Merci ? Au lieu de quoi il la fixa, tout simplement. Il fixa son joli visage alors même qu’elle baissait les yeux vers le sol. Peut-être se demandait-elle si elle avait bien fait ? Ethan ne savait pas. Il ne savait plus.

- Moi aussi, lâcha-t-il d’un ton amer. Ça n’aurait pas dû se passer comme ça.

Parce qu’il aurait dû la sauver. Il la revoyait sans cesse, tendre une main vers lui, et articuler silencieusement son prénom pour qu’il lui vienne en aide. Elle n’aurait pas voulu que tu te laisses aller. Cette phrase qu’on lui avait dite, il s’y accrochait comme à une bouée de sauvetage. Il connaissait ses valeurs et tout ce qu’elle défendait, et il s’était promis de poursuivre ce qu’elle aurait aimé faire. Cependant il doutait de lui-même. Après tout il n’était que lui. Le Serpentard se tourna finalement au prix d’un effort qui lui sembla immense, et poursuivit sa route dans les dédales du château. Son pas était plus lent, afin de s’assurer que Stella suivait toujours. Il fit alors le compte de ceux qui manquaient au château, de ceux dont il n’avait plus de nouvelles. Ses amis Dean et Owen, sans qui Poudlard était encore plus fade, ou encore son meilleur ennemi Aloysius. Anna, Arya, May, le binoclard, et la petite Poufsouffle dont il ne se souvenait pas du nom, mais que tous surnommait La Matraque. Même Richester s’était envolée, d’après les rumeurs. Il en oubliait surement, et même s’il connaissait peu ces personnes, ça lui faisait drôle de ne plus les croiser dans le château.

- Tu as des nouvelles de Dean ? Demanda-t-il à voix basse.

Ce n’était pas le moment de se faire entendre. Mais il lui semblait que la demoiselle était proche du Poufsouffle. Non seulement ça lui permettait de changer de sujet, mais il espérait également qu’elle lui apporte une bonne nouvelle. Mais soudain un bruit de ferraille déchira le silence. Ethan sursauta et s’élança vers la source du bruit. Au détour du couloir suivant, deux élèves de Poufsouffle se disputaient à voix basse, devant une armure qui avait été renversée. Et visiblement l’un d’eux pestait contre son camarade pour son manque de discrétion. Ethan se racla la gorge pour manifester sa présence et vit avec satisfaction la peur se peindre sur leurs visages. Ils devaient être en troisième, ou quatrième année, pas plus.

- Bien, qu’avons-nous là ? Demanda Ethan d’un ton doucereux. Vous savez que le couvre-feu a commencé depuis un quart d’heure ?

- On allait rentrer ! Se défendit l’un d’eux. On s’est… perdu.

- Il me semble pourtant que votre salle commune est au rez-de-chaussée, non au quatrième étage ? Peut-être que deux heures passées à décoller des Veracrasse vous aiderait à vous en souvenir ? Disons demain de dix-huit heure à vingt heure ?

Ethan nota leurs identités malgré leur tentative de trouver un arrangement, en s’amusant de les voir jeter des coups d’œil suppliants à Stella. Le Serpentard espérait qu’elle ne soit pas assez stupide pour le contredire en intervenant. À ses yeux, elle devait faire ses preuves, car il n’y avait pas de place pour une petite Serdaigle timide et coincée.  

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SERDAIGLE7ème annéePréfèteADMIN INTERSTELLAIRE
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MessageSujet: Re: 7 Septembre 1997- Les ailes se froissent et les îles se noient [Stella] Dim 4 Juin 2017 - 21:02

Stella osait croire qu’Ethan ne lui en voulait pas d’avoir prononcé le prénom de Charlotte. Il semblait amer, mais soudainement plus malheureux que sujet à lui faire subir ses foudres. Du moins, c’était ce qu’il laissa supposer lorsqu’il ralentit enfin le pas pour marcher à la même hauteur que Stella. Elle ne savait trop s’il avait envie qu’elle fasse un effort pour meubler la conversation ou si au contraire, il aurait préféré qu’elle se taise. À ce moment, Stella ne put s’empêcher de songer qu’elle commençait déjà à se sentir à l’étroit dans ce château qui lui avait toujours parut gigantesque et impressionnant. Froid, sans issue et suscitant un sentiment de nostalgie, c’était désormais le portrait qu’elle se dressait de leur école.

- Tu as des nouvelles de Dean ? lui demanda-t-il finalement.

Elle rapporta aussitôt son regard vers le préfet, surprise par le fait qu’il adresse aussi directement ce sujet, alors que quelques instants plutôt, il semblait d’humeur à lui lancer des piques. Confuse, elle se demande s’il s’agissait d’une manière de lui rappeler discrètement que maintenant que le Poufsouffle n’était plus à l’école, ils n’avaient désormais plus vraiment de point en commun et qu’elle ferait mieux de s’écarter de son chemin. Ou alors, il avait la curiosité de vérifier si elle saurait autant contenir ses émotions à l’évocation de Dean qu’il avait su en faire preuve lorsqu’elle avait abordé le décès de Charlotte. Concentrée à essayer de déjouer toute tentative de piège tendu vers elle, l’idée que le serpentard puisse simplement s’inquiéter pour son ami ne lui avait même pas effleuré l’esprit.

- Non, répondit-elle enfin ne désirant pas soulever de suspicion par son silence. Et c’était la vérité. Une lettre, une seule lettre, c’est tout ce que Dean lui avait envoyé, malgré qu’il en ait promis plusieurs autres. Pendant l’été, au début, lorsque son espoir n’était pas encore dilué par son chagrin et sa désillusion, elle avait même guetté la fenêtre de la cuisine, attendant patiemment qu’un hibou lui apporte une petite enveloppe qui ne révèlerait pas grand chose dans le but de ne pas être interceptée, mais  quand le hibou arriva enfin, ce fut une lettre d’Amaryllis. Puis, une de Carlie, une de Lina, encore une de Carlie. Et la patience naïve s’émietta tranquillement pour laisser place depuis quelques jours à la frustration.

- Enfin… il m’a écrit une seule fois, au début, pour m’annoncer son départ. Il disait qu’il me donnerait des nouvelles, mais je n’en ai pas eu.

Cette lettre, il l’avait cachée dans ses affaires accompagnée de son écharpe Poufsouffle et elle n’avait mis le doigt dessus qu’une fois à bord du Poudlard Express en direction de Londres en juin dernier. Si seulement elle avait pu tenter de l’arrêter à temps. Mais Dean ne se laissait jamais freiner par personne, alors ça n’aurait sans doute eu aucun impact sur sa décision. C’était peut-être la différence fondamentale entre cette première lettre, déposer par son auteur et non envoyée par hibou, conséquemment moins sujette à nuire à l’ancien Poufsouffle.

Quoi qu’il en soit, penser à Dean était toujours un jeu assez dangereux, car cela pouvait la réconforter, tout comme lui torturer l’esprit et remuer le couteau dans la plaie. Elle n’eut pas le temps de relever d’avantage d’indices afin de cerner si la question d’Ethan avait été sincère, qu’ils se retrouvèrent devant deux jeunes poufousffles, catastrophés d’avoir révélé leur présence en faisant tomber une armure sur le sol. Tout se passa alors trop vite pour que Stella n’ait le temps de se décider sur la manière de calmer Ethan sans remettre en question son autorité de préfet-en-chef ou sans s’attirer elle-même des ennuis. Elle se contenta donc de le regarder, à moitié intriguée et à moitié horrifiée, semer la terreur, du haut de son statut le plaçant dans la meilleure position. Du moins, meilleure que celle de Stella, qui se faisait supplier du regard par les deux poufsouffles à l’air de chiens battus. Après tout ce n’était qu’un nettoyage de Veracrasses. Ethan aurait pu leur donner une sanction nettement pire, ce qui l’aurait d’autant plus inquiétée vu l’air amusé s’étirant petit à petit sur son visage jusque là impénétrable.

Elle détourna le regard et attendit que les deux élèves se décident à déguerpir pour tourner elle-même les talons et accélérer le pas, fuyant les remarques d’Ethan qu’elle sentait venir. À son grand découragement, il la rattrapa promptement, presque comme si son humeur venait de s’améliorer. Elle n’eut pas le choix de finir par croiser son regard, et celui-ci aurait très bien pu se traduire par « Quoi!? ». Alors elle n’attendit pas la question.

« C’est bien de faire respecter le règlement, mais tu n’es tout de même pas obligé de prendre plaisir dans le malheur des autres, non? ». Elle fut elle-même surprise par son audace. Quelques mois plus tôt elle n’aurait jamais osé s’adresser de manière aussi directe à Ethan ou à tout autre garçon que ce soit.  Elle sentit son pouls s’accélérer, mais elle s’efforça de maintenir leur contact visuel. Ce n’était pas le temps d’être une trouillarde. Elle leva un peu le menton pour se donner du courage, et attendit qu’il réplique avec mordant, car elle l’en savait capable.

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