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[Septembre 1997] - Why does my heart go on beating -Octave

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MessageSujet: [Septembre 1997] - Why does my heart go on beating -Octave Jeu 18 Aoû 2016 - 17:27

Dans chaque nuit, il y avait une cruauté. Un poème comportait une telle phrase, mais Wotan ne se rappelait plus le titre, encore moins l'auteur. Etait-ce danois, anglais, était-ce plus vieux, ou bien d'un quelconque autre pays européen (la poésie américaine l'ennuyait plus qu'autre chose, il en avait toujours lu peu) ? Il avait été jeune en lisant cela, quel âge ? Là encore tout se brouillait. Et le vers lui avait semblé ridicule, absurde. Parce que si la vie était difficile, que la nuit troublait les sens et les émotions par ses ténèbres, même seul, même mélancolique, on avançait quand même. Si on ne se relevait pas, alors on était idiot, paresseux. Lâche.
Il avait pensé tout cela, oui, adolescent sûrement, peut-être sur le point de passer à l'âge adulte, enfant sans ami mais ayant assez de rêves pour toute une vie encore.
Aujourd'hui il ne rêvait plus, peu importe le monde sorcier, le Seigneur Ténébreux et son retour, les injustices, la souffrance...
Il ne rêvait plus parce que cela était impossible tout simplement. Souvenir d'un corps, souvenir de la morgue, un berceau vide qu'il avait fallu démonter, un lit qui ne pourrait plus être que froid. Le deuil, l'absence, les nuits sans sommeil parce que les souvenirs y reviennent....
La cruauté dont il s'était moqué si ouvertement dans sa jeunesse, elle était là, elle le mordait de ses dents, le frappait de ses poings et d'autres choses existaient bien sûr en dehors de la souffrance...
Mais ce n'était plus vivre.
Cela ne le serait jamais plus.

Il ne pouvait plus lire, plus comme avant. Parce que les mots devenaient armes, ceux d'encre et de papiers, parce qu'on cachait des choses entre les pages, qu'on pouvait choisir de faire confiance ou non. La politique, celle des vainqueurs, celle des ténèbres, il ne s'en souciait plus désormais. Aux élèves il continuait d'apprendre, un automatisme quelque chose pour le déshumaniser encore plus, le réduire à une simple fonction incapable de sentiments. Mais entre les heures de cours, il fallait bien s'occuper, non ? Lire. Et sa matière même demandait des connaissances parfois troubles que certains refuseraient de lui voir avoir. Qu'on pouvait lui jalouser. Et les ouvrages qu'il possédait, beaucoup préféreraient les voir détruits ou bien entre d'autres mains.
Cela avait commencé petit à petit : on lui refusait l'achat de certains livres, puis il y avait eu des demandes pour emprunter ceux qu'il possédait déjà. Ceux pouvant être dangereux.
Il avait fallut ruser, trouver des excuses, en perdre, en oublier. En sacrifier un ou deux aussi. Qu'il n'avait jamais revu mais cela ne pouvait plus durer.

Alors il en était là, dans une nuit cruelle différente d'hier, différente de demain, à simplement attendre. Il n'était pas rare après le dîner que Wotan aille se perdre dans une marche silencieuse. Jamais il n'allait vers la forêt, jamais il ne faisait quelque chose capable d'attirer l'attention. Son visage restait de marbre, perdu entre réflexion et tristesse, alors il intéressait trop peu pour qu'on l'espionne. De temps en temps un élève pouvait se joindre à lui, un autre adulte aussi plus rarement, et les discussions ne dépassaient jamais le simple cadre scolaire.
Comme si rien d'autre ne pouvait exister à part l'école même. Il ne comptait donc pas parmi les professeurs à surveiller en priorité pour leurs discours ou leurs implications politiques. Et la nuit était fraîche, pas assez pour des gants cependant. Il en tenait une paire malgré tout, semblant bien petits pour ses mains aux trop longs doigts. Des gants qui n'étaient pas à lui.
Une excuse, une simple excuse pour faire venir Octave, le jeune bibliothécaire. Lui rendre quelque chose lui appartenant ainsi que le stipulait le court message envoyé plus tôt dans la journée. Lui rendre les gants, lui donner ce qu'il ne pouvait plus cacher :
des livres, des livres difficiles à lire pour quiconque ne connaissait pas le norrois et les runes, et bien des sortilèges pouvaient se trouver dedans -certains étaient faux mais qu'importe- . Et puis quelques romans aussi, des fictions sans intérêts, des fictions moldues surtout, ayant appartenu à sa femme. Il les relisait de temps à autre pour sentir le fantôme de ses doigts ur les pages comme une caresse trop douloureuse.
Il était mal vu à présent de posséder des choses moldues, mais les brûler, Wotan ne le pouvait. Alors il les avait emballé avec les autres dans la sacoche qu'il portait également et lorsqu'Octave apparu, il comprit qu'il n'avait pas de mot, aucun, pour expliquer cela. Les livres à protéger, les livres de pouvoir, les autres.

 « L'hiver sera bientôt là, je m'en serai voulu que vous n'ayez plus de gants. Pardonnez-moi, j'avais des cours toute la journée, je ne suis disponible que maintenant.... Marcherez vous un peu avec moi ? »

Et puis la vérité, simplement, parce que certaines choses se devaient d'être dites, qu'il n'avait rien à perdre. Que la nuit était cruelle, le serait toujours.

 « Je vous ai amené des livres... des que je n'ai plus le droit de posséder soit parce que les magies présentées dedans intéressent d'autres, soit parce que les mains les ayant écrites sont simplement moldues. J'aurai aimé les protéger, je pensai faire appel à vous pour cela, je m'excuse de mon égoïsme. »

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MessageSujet: Re: [Septembre 1997] - Why does my heart go on beating -Octave Ven 19 Aoû 2016 - 13:58

La vie nous réservait moult surprises. Parfois, elles étaient d’une banalité telle, qu’on ne les remarquait même pas. Ces événements se déroulaient d’une façon si peu artistique qu’ils rendaient indifférent par leur violence grossière, leur manque absurde de signification, leur carence totale de style. Une telle platitude sans nom et un manque d’intérêt si affligeant qu’ils révoltaient, donnant l’impression d’une pure force brute, sans aucune finesse ni beauté. Et même ceux qui ne parvenaient pas par corruption à percevoir l’absence de charme de tels faits, n’y demeuraient néanmoins pas moins inconsciemment insensibles, tant il n’y avait rien à en tirer. Et comme il n’y avait jamais personne pour les considérer, ces surprises sans attrait passaient inaperçues et par définition, n’existaient même pas.
Parfois, cependant, un hasard pourvus de pures qualités artistiques de beauté traversait notre existence avec la subtilité d’une première brise de printemps. Ici en revanche, il fallait être doté d’une réelle élégance d’esprit pour se saisir de ses instants d’une rareté certaine. Si l’on ne s’en rendait compte pas trop tard, l’ensemble séduisait simplement notre sens de l’effet dramatique. Et alors, il ne suffisait plus qu’à se laisser transporter par l’émerveillement du spectacle, profitant des opportunités pour en élargir les possibilités.

Justement, la vie avait réservé une surprise à Octave, de celles qu’il appréciait tout particulièrement car elles recelaient une suffisante part de mystère pour l’intriguer. Cette fois-ci, la fortune lui tendait un cadeau sous la forme d’une missive.

En fin de matinée, un elfe était apparu dans une détonation sourde devant son bureau à la bibliothèque, la tête penchée religieusement et le corps recouvert d’un haillon à la forme indescriptible. Il tremblait, mais si imperceptiblement qu’il n’y avait que la pointe de ses grandes oreilles qui frémissaient nerveusement, alors qu’il tendait ses bras frêles vers Octave, lui présentant un petit bout de parchemin soigneusement plié. Avec la majesté d’un noble, il le saisit, remerciant généreusement le domestique, avant de se laisser aller contre le dossier de son fauteuil, dont le cuir gaufré grinça sous son poids. La curiosité l’emportant sur son désir d’avoir l’air convenable, surtout qu’il n’y avait personne à impressionner aux alentours, le bibliothécaire ouvrit le bout de papier, pour en découvrir le contenu. Il n’y avait que quelques lignes, dans lesquelles Wotan Nielsen, le professeur de runes, suggérait posséder une paire de gants lui appartenant et qu’il pouvait venir les récupérer le soir, lors de l’unes de ses balades nocturnes. Après avoir relu à deux reprises le contenu du parchemin, Octave releva la tête pour balayer la pièce d’un regard déconcerté. En voilà une curieuse affaire ! Une moue dubitative se dessina même sur son visage alors qu’il triturait le papier d’une main. Il avait failli avoir un doute, car il possédait belle et bien des gants ; une cinquantaine de pairs en fait. Mais il était strictement impossible qu’il en ait égaré ne serait-ce qu’une puisqu’il ne les avait tout bonnement pas encore sortis de leur écrin. Et puis, un sourire illumina son visage alors que l’excitation s’emparait de lui comme d’une jeune femme s’apprêtant à être présentée au monde.

Le reste de la journée, il avait savouré le goût exquis que lui avait laissée cette lettre, convaincu qu’un complot se tramait en dessous de ça. Bien qu’à un moment, il finit par déchanter quelque peu, se disant qu’éventuellement, Mr Nielsen avait effectivement trouvé des gants, mais s’était trompé de destinataire. Et puis l’espoir lui revint, favorisé par son sens inné du dramatisme, le convaincant un peu plus que tout cela n’était pas un pur hasard. Et pour n’avoir définitivement plus aucune incertitude, il était même allé vérifier ses gants, dont définitivement, aucun ne manquait. Impatient de connaître la raison sous-jacente de cette entrevue, il avait été d’une humeur radieuse tout le reste de la journée, se laissant aller à l’anticipation, sans toutefois ne rien imaginer de concret, par peur d’être déçu dans ses attentes.  

C’est donc en chantonnant un air de Queen qu’il dévala la pente qui séparait le château du parc d’un pas léger, scrutant les ténèbres du regard pour retrouver l’intriguant professeur. Il dut parcourir une certaine trotte avant de l’apercevoir au détour d’un buisson de laurier blanc. L’homme était indéniablement charmant ; ses fossettes si saillantes accentuaient l’expression de dureté de yeux à la paupière inférieure étonnement droite, dont l’allure était néanmoins délicatement adoucie par quelques rides en coin. Ses arcades sans sourcils, surplombées par un front dont la hauteur était soulignée par un nez passablement long, lui prêtaient un maintien d’une noblesse que même Octave pouvait envier. Il appréciait énormément les gens de cette stature, dont l’apparence semblait refléter une grandeur d’âme, ou au moins la présence de principes suffisamment rigides pour prêter à son détenteur cet air sublimement digne. Au fur et à mesure qu’il découvrait le professeur, Octave se sentit subjuguer par tant de tenue, ainsi que par ces lèvres à la sinuosité vertigineuse.

« L'hiver sera bientôt là, je m'en serai voulu que vous n'ayez plus de gants. Pardonnez-moi, j'avais des cours toute la journée, je ne suis disponible que maintenant.... Marcherez-vous un peu avec moi ? »

Bon sang, et la parole suivait l’exquise promesse donnée par l’apparence, si ce n’était pas d’une rareté ça ! Octave jeta un rapide coup d’œil vers les gants. Non, définitivement pas les siens. Il revint sur le professeur, s’apprêtant à répondre de son ton le plus mielleux, mais n’eut pas le temps de le faire, car ce dernier enchaîna. Dans son observation minutieuse, Octave remarqua une sacoche pendre à l’épaule du professeur, remplie de ce qui allait s’avérer être des livres. Diantre, que son instinct était bon.

« Je vous ai amené des livres... dès que je n'ai plus le droit de posséder soit parce que les magies présentées dedans intéressent d'autres, soit parce que les mains les ayant écrites sont simplement moldues. J'aurai aimé les protéger, je pensai faire appel à vous pour cela, je m'excuse de mon égoïsme. »

L’air interdit, il mesura l’homme de toute sa hauteur. Un Jean Moulin des livres, tiens donc. Il avait soudain un air de déjà-vu, une réminiscence d’il y a quelques années, quand les gens lui donnaient encore rendez-vous dans des endroits lugubres pour lui remettre un quelconque paquet à garder précieusement. Un sourire lui vint aux lèvres alors que la fibre professionnelle le fit avancer d’un pas d’une aisance assurée vers son interlocuteur. Il s’approcha, trop près, mais avant que Mr Nielsen ne puisse reculer, il ouvrit la sacoche d’un geste n’envisageant aucune résistance. Il en sortit deux volumes de tailles différentes. Bien que ce ne fut pas tout le contenu de la sacoche, c’était néanmoins tout ce qu’il avait réussi à empoigner. Il ne reconnut pas le premier, qu’il feuilleta avec légèreté, constatant que c’était un vieux volume de magie « blanche ». Le second se trouva être un Tolkien, qu’il avait lu étant jeune. La présence de ce livre dans la liste d’ouvrages à sauver l’étonna quelque peu. Les moldus n’avaient aucun souci quant à la reproduction de leur littérature, alors pourquoi s’attarder à sauver quelque chose qu’on pouvait racheter dans n’importe quelle librairie ? Estimant qu’une personne ayant l’audace de le faire venir sous un faux prétexte lui devait maintenant parfaite honnêteté, à défaut de le payer un bon paquet pour ne pas avoir à subir des question, Octave releva la tête du Seigneur des Anneaux et décocha un regard en flèche au professeur.

« Je vous excuserai votre égoïsme si vous me dites pourquoi je devrai me fatiguer à cacher un Tolkien, roman loin d’être en exemplaire unique, du joug des Mangemorts ? »

Et puis, alors qu’il refermait le livre en question, sans quitter l’homme des yeux, il rajouta :

« Et puis qu’est-ce qui vous fait croire que je suis mieux placé que vous pour cette tâche ? Etre bibliothécaire ne fait pas de moi un résistant de qualité. D’ailleurs, vous devez être bien désintéressé de votre propre sort pour me confier une telle responsabilité sans même vous soucier de mon allégeance. Qu’auriez-vous fait, de ces précieux livres, si j’avais été un moi-même un Mangemort ? M’auriez-vous tué avant de fuir ? »

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MessageSujet: Re: [Septembre 1997] - Why does my heart go on beating -Octave Ven 19 Aoû 2016 - 17:19

Un pont à Copenhague, elle debout, les jambes nues, la jupe battue par le vent, belle peut-être, ou bien pas vraiment. Elle, oui, elle simplement, les yeux tristes de mots jamais dits, les mains crispés sur un sac peut-être ou simplement sur la vie, elle qui l'attend, elle qui le pleure, en deuil avant lui, en deuil de l'homme qu'il n'était pas, qu'elle choisissait quand même. Et lui, lui qui ne la voyait pas, qui la prenait sans passion, sans sentiments, pourquoi pas elle plutôt qu'une autre ? Elle avait eu ses manies, des façons de ne jamais le laisser seul, lui. Et Wotan était tombé amoureux finalement, petit à petit, sans passion, sans baisers, juste du bout des yeux et du fond du cœur. Un cou pâle où y déposer ses lèvres, ne pas le faire, y songer simplement, lui tenir la main, lui tenir le ventre, et dans le secret de la chambre elle pleurait parfois, elle qui aimait pour deux. Elle qui aimait un homme, pas un être humain.
Les yeux fatigués parfois, les yeux cernés de lire, lire pour oublier, rêver un amant différent peut-être, un mari comme il aurait du être réellement. Et puis son sourire qui revenait quand même, car elle acceptait, car elle l'acceptait, et Wotan ne pouvait plus souffrir alors, voilà tout.
Un livre qu'elle avait touché, un livre où entre les pages s'étaient glissés ses rêves à elle...
Octave le tenait sans joie, sans pitié, animal mort sur lequel Wotan aurait pu pleurer pourtant. Parce qu'il avait appris, là qu'il était trop tard pour tout, trop tard pour elle, trop tard pour lui. Alors lentement, ainsi que se meuvent les statues, l'homme secoua la tête. C'était le souffle de l'aigle, c'était le frisson du tigre à l'agonie, géant aux pieds d'argile, cœur arrêté

 « Elle.... »

Un prénom caché dans le pronom, un prénom qu'il ne murmurait plus jamais, c'était soit ça, soit pleurer.

 « Elle n'a touché que celui là, n'a lu que celui là. C'était son livre à elle, j'ai bien pensé à le brûler , je n'ai pas pu. Le racheter ce serait avoir simplement...je ne sais pas...quelques pages reliées entre elles, des pâges sans âme. Peut-être que même le texte en serait changé, je ne sais pas. »

Un sorcier et une moldue, ce qu'ils avaient été, souvenir d'un après midi, d'une église aux bancs vides, du blanc de sa robe, du bouquet qu'il avait fait pour elle, pour dire oui. Elle qui croyait à d'autres formes de magie, par le rêve, par l'oubli, elle qui croyait en lui.
Et sur ses lèvres un goût d'océan soudain, il aurait aimé l'imaginer, là derrière lui, là dans son ombre à ses côtés. Ne restait que le vide pourtant, le vide et l'amour, le deuil qu'il ne hurlait pas, qu'il ressentait pourtant. Pardon...

 « Ce que j'aurai fait ? Jeune homme, dans de telles situations il n'y a rien à faire. J'ai joué, j'ai tenté, libre à vous de me trahir, de me blesser, de simplement refuser... Cela est au delà même de l'allégeance, dans une vie nous ne pouvons aider chaque personne que nous rencontrons. »

Face à face comme deux ennemis, comme un père et un fils, comme un condamné et son bourreau, et où était la différence à chaque fois ?

Alu ota

Ces deux runes il avait lié : protège-moi de la peur. D'un doigt triste il en avait tracé le sort sur la couverture des livres, puis sa propre main à lui. Avait-il récité le sortilège cependant, ou bien cela n'avait-il été qu'un simple geste avant de rejoindre le parc et la nuit ? En ce cas, qu'est-ce qu'Octave pouvait ressentir alors, le livre entre les mains, le livre qu'aucune main fantôme ne venait lui reprendre, bien que cela ne soit pas le sien.

Protège-moi de la peur....

 « Hé bien, désirez-vous donc vous amuser de ma chute ? »

Une moquerie presque, douce, affectueuse car la nature chaotique du jeune homme possédait quelque chose de profondément respectable, raison pour laquelle Wotan avait choisit de faire appel à lui.
Il pensa au feu et à la nuit, il pensa aux mots, ceux de sons, ceux de papier, et songea qu'Octave les aimait. Cela condamnait-il le jeune homme à une certaine solitude, lui aussi ? Les mots on les tordait, on les oubliait, on les massacrait également, et parfois il n'y avait rien à faire, pas même les murmurer, pas même les chuchoter.

Je ne pense plus que par la douleur, je n'y arrive pas...

Car il savait rire, ce garçon, car il le pouvait certainement, c'était là, dans le feu de ses yeux et Wotan, lui, ne riait pas.

Elle avait été son rire à lui, elle avait été son cœur aussi.

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MessageSujet: Re: [Septembre 1997] - Why does my heart go on beating -Octave Sam 20 Aoû 2016 - 18:22

La chance -celle uniquement tournée en son avantage personnel- faisait que les mots d’Octave tapaient immanquablement dans le creux de la poitrine, droit entre les côtes, assez fort pour faire perdre le souffle. Il ne le faisait pas toujours consciemment, mais malgré tout, sa bouche était d’une sagacité infailliblement venimeuse. A force d’un empirisme constant, il parvenait à déceler les effets les plus imperceptibles qu’avait son venin, bien que la réaction demeurât, à quelques exceptions près, toujours la même. Wotan arborait en cet instant précis l’un de ces visages qu’il fut si souvent donné d’observer à Octave, puisqu’il se trouvait en être la cause. Il y avait d’abord un détachement à peine perceptible qui se produisait ; une demi-mort vidait la pupille de son éclat lumineux, l’assombrissant pour la rendre aussi sans fond que le ciel étoilé. D’ailleurs, la voûte céleste était comme une queue de paon cette nuit, étoilée d’une myriade d’yeux dorés. Mais les prunelles du professeur étaient d’une opacité à ne rien pouvoir refléter. Et puis, il se passait comme une espèce de renfoncement, une disparition qui éteignait définitivement la dernière lumière qui persistait au creux d’un regard emporté par les flots du souvenir. Celui-ci était tantôt profondément enfoui, tantôt flottait à la surface du cerveau, cela dépendait des gens, et ils avaient alors besoin de plus ou moins de temps pour les atteindre. Celui de Wotan devait être profondément ancré, car il s’absenta longuement de lui-même.

Octave l’observa disparaître d’un regard attentif. Cette blessure-là devait être large et creuse pour réussir à rendre un visage aussi honorable complètement sans vie. Enfin, même dénuée de son essence, sa physionomie revêtait alors l’attrait d’un portrait de Caspar David Friedrich, raisons pour laquelle Octave ne se priva pas d’étudier la composition avantageuse. Il y avait des gens dont l'allure était si remarquable qu’ils dégageaient un charme particulièrement séduisant en toutes circonstances. Et Octave était amateur de jolies choses, de regards mélancoliques et de traits d’une flamboyante beauté. Il se savait loin de ces élus, plus proches de la perfection et de la grâce qu’il ne le sera jamais, mais il n’en était jamais envieux, toujours reconnaissant d’avoir une sensibilité suffisante pour percevoir toute l’étendue d’une telle splendeur.

« Elle.... »

Doucement sorti de sa rêverie, son sourire demeura encore un instant contemplatif. Il n’eut même pas à se forcer, car l’explication du professeur le tira sobrement à la réalité. Elle. Il n’y avait que l’amour pour vous obliger à cacher des livres d’un banalité extrême. Il n’y avait que l’amour pour donner une importance aux choses les plus triviales de la vie. Pris de pudeur, Octave baissa les yeux un instant, écoutant les réminiscences de cet homme encore amoureux d’une entité qui n’existait plus, puisque confinée à vivre au creux d’un simple souvenir, dans un recoin éloigné de l’esprit. La main posée sur la couverture, il faillit sentir les doigts d’un fantôme recouvrir les siens, tant l’évocation éveillée fut retracée avec une intensité des plus sincères. Il toisa le livre, touché jusqu’au cœur par les mots légèrement embarrassés et titubants du professeur, qui lui livrait là un véritable trésor, faisant remonter une légère rougeur à ses joues habituellement pâles. Quelqu’un avait laissé une marque grandiose dans son existence, prodigieusement tenace, comme toutes ses choses qui parvenaient à avoir un tel retentissement sur notre vie qu’elle s’en trouvait changée à jamais.

Le ton changea, l’obligeant à relever à nouveau son regard de braise vers le professeur, sans qu’il daigne toutefois faire un pas en arrière, malgré toute la réserve qui s’était emparée de lui. Il était quelqu’un de beaucoup trop exalté pour reculer devant le charme d’un esprit délicat simplement parce qu’il s’en trouvait troublé. Et au fur et à mesure que cet homme honorable parlait, Octave perdait son sourire, s’abandonnant à une moue soucieuse, les sourcils légèrement arqués. Il n’aurait jamais cru rencontrer quelqu’un comme lui dans cette école. Enfin, sa présence à lui représentait déjà une exception pour beaucoup, alors pourquoi pas une autre. Il réfléchit un instant, ses mains enserrant les deux livres d'une pression délicate qu'il n'arrivait étrangement pas a relâcher. Pourtant, il n'y avait pas a réfléchir, Octave avait déjà pris sa décision. Dès qu'il avait entendu Wotan évoquer Elle, le scepticisme qui l'avait habité l'espace de quelques secondes s'était évanoui dans l'oubli, l'abandonnant au désir ardent de protéger ces objets au péril de sa vie si cela se trouvait nécessaire. Il avait été touché par le dévouement simple que Wotan vouait à ce livre de moldu, qui aurait finalement pu être n'importe lequel, tant qu'Elle l'avait effleurée, il le chérirait comme si c'eut été le plus précieux des diamants. Et maintenant, il était prêt, au nom de la survie de ce vestige d'amour, à le donner à un inconnu, qu'il devait juger pour des raisons qui lui échappaient bien plus apte à en prendre soin que lui. A cette pensée, Octave s'en trouva honoré, bien plus que si la reine d'Angleterre lui avait tricoté un pull pour l'hiver. Car il ressentait une étrange impression que Wotan lui avait de la sorte confié une part de son être. Qu'il tenait entre ses mains des objets d'une intimité profonde. Lentement, il rangea les livres avec précaution dans le sac, avant de se saisir de la lanière, qu'il tira vers soi de l'épaule puissante du professeur. Puis, comme en guise de réponse, il passa la sacoche sur sa propre épaule, avec le sentiment de porter des bouts d'âmes, si bien que le poids lui sembla s'alourdir sensiblement. Mais étrangement la certitude persistait, tenace et infaillible, qu'il avait fait le bon choix, malgré tout ce que sa décision impliquait de mauvais pour lui. Il ne ressentait aucun courage, ni d'envolée lyrique, bien que la situation s'y prêtât à merveille.

- L'envie ne m'en manque pas, car je crois que même dans votre chute, vous seriez capable de faire preuve de la plus grande des noblesse, et votre déclin serait semblable a celui d'une supernova, d'un même éclat et d'une splendeur  sans égale. J'aurais bien aimé voir cela. Mais je crains d'être incapable de le faire à vos dépends. En fait je serai même incapable de vous blesser.

Il lui adressa un sourire enjoué, quoi que un peu dépité, n'étant pas certain qu'il y ait une raison de se réjouir de leur situation, du moins ouvertement, car alors qu'Octave avait toujours une cause à laquelle adresser sa rayonnante joie, Wotan ne semblait pas en faire parti. Comme très peu d'ailleurs.    

- Mais pourquoi maintenant ? Pourquoi ne pas l'avoir fait plus tôt ? Ou plus tard ? Êtes-vous en danger ? Et vous n'avez toujours pas répondu à la question principale : pourquoi moi ?

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MessageSujet: Re: [Septembre 1997] - Why does my heart go on beating -Octave Ven 26 Aoû 2016 - 13:31

Il y avait en ce jeune homme une insolence loin d'être rare dans le genre humain. Un trop plein de cœur peut-être, quelque chose, et les mots étaient vides, les mots étaient oubliés. Pensait-il vraiment pouvoir le blesser par de simples paroles ? Il n'était qu'un enfant, Octave, lorsque Wotan possédait en lui quelque chose de l'animal sauvage que rien n'apaisait. Cela avait commencé bien avant la naissance du bibliothécaire, et l'existence du jeune homme n'avait que peu d'incidence sur celle du professeur.
Par la force des choses ils se rencontraient cependant, essayaient de nouer un lien. Se forçaient, s'obligeaient. Aide-moi, avait demandé Wotan. Ni plus, ni moins. Parce qu'il avait aimé, n'aimerait plus jamais. Parce que des choix devaient être fait, bons comme mauvais. Les élèves, tout ce qu'ils possédaient d'innocence, de méchanceté, il fallait les protéger. Comment faire lorsqu'on ne se souvenait plus de l'amour ?
C'était comme les runes alors, on pouvait les tracer sans pouvoirs, simples symboles, simples dessins. Il nous appartenait de leur donner toute la magie qui était leur, bonne comme mauvaise, alors avec les livres, Wotan faisait la même chose simplement. Simples ouvrages papiers, il leur redonnait soudain une valeur symbolique que rien ne saurait imiter. C'était presque comme la voir elle soudain, sentir son parfum.

Il était une fois

Pourtant, Octave ne savait que demander pourquoi.

 « Et pourquoi pas ? »

Ouvrir le chemin des futurs, des chutes et des élans. Aux élucubrations du jeune homme, Wotan resta muet. La chute était la chute, quoi qu'on en dise, et jamais la beauté ne viendrait d'une telle chose. Il s'agissait au contraire d'une action contre-nature que nulle rédemption ne pouvait apaiser. Quant à infliger cela à un ennemi, que se passerait-il pour nous-même alors ?

«Cela se devait d'être fait. »

les livres de magie blanche, ceux qu'Octave semblait avoir oublié, et puis les autres aussi, porteurs d'un savoir capable d'avilir tant de choses pour peu que l'on sache comment faire. Le pouvoir existait en tout, puissant, par delà les mots et le papier, et Wotan en connaissait la nature liquide et vif-argent à la fois, il se rappelait de mots anodins glissés au détour d'une conversation, qui par la suite pouvaient se révéler capable de destruction. Ne rien négliger, ne rien oublier, et de la manipulation, il y en avait aussi.
Les livres de sa femme, que cachaient-ils en vérité ? Ils apparaissaient comme un défaut puéril de cette bibliothèque parfaite que Wotan désirait cacher. Ils apportaient la preuve que cet homme froid et immobile savait aimer. On pardonnait tout à un amant maudit, ou presque. Pire, on avait envie de l'aimer aussi. Mais le Danois était également politicien avant tout : son image, il savait en jouer. Les sentiments qu'il éprouvait étaient sincères, le seraient toujours, mais il les tressait entre le monde et lui, ses amis, ses ennemis, comme un mur de boucliers s'il avait à porter l'épée, comme une barrière de runes qu'aucun héros ne saurait franchir. Ainsi, la nature profonde du professeur continuait à rester indéfinissable, puisque seul lui acceptait de transformer en lui-même un mensonge en vérité.

Personne ne savait qu'aux dernières jours de sa vie, sa femme l'avait haï.

Il n'était pas le mari parfait, traumatisé que certains voulaient imaginer. Il était un monstre dont la nature même condamnait les personnes désirant s'approcher.

 « Qui pose trop de questions finit sur le bord du chemin. Qui pose trop de questions ne sait plus où chercher et ne maîtrise plus qu'une seule chose : la vulgarité »

Pas un avertissement, pas une menace, simplement l'étendue du gouffre séparant le professeur du reste du monde, lui qui ne savait que l'étude et les silences. La sacoche, la sacoche avec dedans les livres, et une phrase qui partira avec eux : j'ai aimé.

« Ne vous occupez pas des chutes des autres, vous valez mieux que cela. »

Qui était-il alors, d'Odin pendu à l'arbre ou de Loki enchaîné au rocher? Ses phrases auraient pu être épées dégainées, son ombre restait telle que l'homme se définissait: animal, profondément animal. Car Wotan n'acceptait pas sa propre nature d'homme solitaire condamné aux errances, mais la seule personne capable de l'en éloignée pourrissait dans un cercueil. A son enterrement, il n'avait même pas pu pleurer...


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MessageSujet: Re: [Septembre 1997] - Why does my heart go on beating -Octave Ven 26 Aoû 2016 - 17:59

Bon sang, les gens de nos jours. Octave se déconfit d’une manière à peine perceptible. Cette réplique était d’un ennui à vous en faire lâcher moult soupirs. Le genre qui coupe court à la discussion, sans aucun mystère ni charme. Quelle vulgaire façon oui ! Etait-il juste absolument indifférent ou suffisamment sûr de lui pour ne pas user de rudimentaires politesses à l’égard de celui dont on quémandait service ? Un peu des deux peut-être, après tout Merlin seul savait combien de vices pouvaient cohabiter en parfaite harmonie dans un seul corps. Que pouvait-on donc décemment répondre à cela ? «Un « si vous le dites » des plus mondain s’imposait, avec, peut-être, un haussement de sourcil condescendant. Malheureusement, ce n’était absolument pas naturel pour lui que de rester vague et ce genre d’esquive avait le don d’éteindre toute son exaltation. Pareille à une allumette, sauvagement embrasée, il se consuma en un clin d’œil, pour ne plus laisser qu’un fumet de phosphore. Trop vite emballé, trop vite crevé. Pouvait-on bien rêver… Il eut la vague impression d’être un valet à qui on ordonnait sans jamais le considérer, ou juste avec du dédain. Il en vint même à se demander si cette moue professorale si distinguée n’était pas en fait qu’un air mi-chafouin, mi-ennuyé que portaient les gens persuadés d’avoir quelque chose de beaucoup plus intelligent à faire que ce qu’ils étaient en train de faire à l’instant-même.

Puis s’en suivit des paroles encore plus douteuses, qui firent palpiter ses narines finement ciselées avec la vigueur d’un papillon. Mais il y avait de quoi être flatté, puisqu’il se trouvait manifestement sur le point de maîtriser la vulgarité. De quoi allonger la liste de toutes ses activités et sujets qu’il avait élevés au rang de talent. Peu importait de quelle espèce de vulgarité parlait donc le professeur, celle de l’âme ou celle du peuple, elle n’avait qu’un seul but : la dissuasion. Oui, mais laquelle ? Celle qui n’avait pas de réponse, ou celle qui ne souhaitait pas en fournir une ? Dans les deux cas, l’issue n’avait rien de reluisant.

« N’est vulgaire que ce qui nous dérange. »

Finit-il par roucouler. C’était facile, et il le savait, que de tout relativiser de la sorte, mais sa réponse valait bien la teneur qu’avait pris la conversation. Comme tout aphorisme, les leurs ne prenaient appui que sur le vide de leurs opinions respectives ; dépourvus d’arguments, ils valaient à peine un duel au revolver. Du moins, leur échange avait-il revêtu la teneur d’une poignée de balles transperçant l’air avec absurdité. Et Octave savait à quel point ce genre de disconvenus pouvaient éterniser si tant est que les participants continuaient à attiser la flamme avec un nombre illimité de cartouches. Et pour ne pas simplifier les choses, les duels avaient quelque chose de stimulant, probablement dans leur façon très directe de mettre au défi l’amour-propre. Mais bon, qui sait, peut-être que sa maxime réveillera quelque chose d’autre dans l’âme du professeur qu’une simple défiance. Peut-être avait-il raison à un certain degré ?

« Qu’est-ce que je vaux alors ? Ah, pardon, pas de curiosités, je ne voudrais surtout pas me rendre vulgaire une deuxième fois. Ni me retrouver au bord de la route. Cela serait fort ennuyeux en ces temps sombres. »

Avec une certaine espièglerie, il nota la formidable capacité que sa personnalité avait à provoquer de la déception chez toutes ses âmes austères. En un sens, il était pareil, éternellement exaspéré par les individus trop énergies dans leurs mouvements et honnêtes dans leurs désirs, alors que lui, à sa façon, était mesuré et réfléchi en tout. Mais tellement à sa façon que tout le monde le prenait pour pire qu’il ne l’était en réalité. C’était un peu de sa faute, cependant il ne voyait pas d’intérêt à se plier aux désirs des autres, alors que les siens n’entravaient en rien les leurs.

« Mais à vous écouter, je ne vaux aucune explication, seulement diverses réprimandes, les unes moins engageantes que les autres. Ce qui me fait d’autant plus douter sur vos motivations. Quoi que, bien sûr, le fait d’être trivial ne m’empêchera pas d’être un bon gardien. Mais ça, vous ne pouvez pas le savoir. »

Il ne s’étala pas dans ses explications, qui pouvaient être ô combien prolixes, sentant de loin que son cher interlocuteur préférait s’en tenir à des objections aussi énigmatiques que succinctes. Mais surtout, qu’il ne tolérerait pas un trop long bavardage de sa part, sauf s’il s’accorderait le loisir d’être tout aussi mystérieux. Octave comprenait parfaitement que l’on puisse faire appel à lui en connaissance de cause, même avec une parfaite animosité à son égard, soigneusement camouflée cela dit. En revanche, voir quelqu’un l’apostropher pour une tâche aussi intimement importante sans strictement ne rien connaître de sa personne le rendait on ne peut plus curieux. Assoiffé de connaître tous les rouages qui se cachaient derrière une décision qui n’avait en apparence aucun sens. Octave étreignait le monde par la compréhension de ce qui l’entourait et l’absence d’entendement ne laissait jamais son esprit en paix, raison pour laquelle il creusait toujours aussi loin que le lui permettait sa notion de la décence.

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MessageSujet: Re: [Septembre 1997] - Why does my heart go on beating -Octave Aujourd'hui à 19:32

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[Septembre 1997] - Why does my heart go on beating -Octave

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