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I do not think it means what you think it means. [22 Septembre 1997]

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SERPENTARD5ème année
    SERPENTARD
    5ème année
AVATAR : Lu Han
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INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire - Dégoûté par tout rapprochement
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 12 Avril 1981 - Londres
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: I do not think it means what you think it means. [22 Septembre 1997] Sam 6 Aoû 2016 - 4:48


Lundi, 22 Septembre 1997

Peu avant le couvre-feu, Leslie s'aventurait entre les couloirs de Poudlard, une main posée contre sa nuque et la tête rivée au sol. Il descendait les escaliers en traversant entre les autres sorciers, comme si ceux-ci n'existaient pas. Il secoua d'ailleurs l'un d'entre eux, un Nuncabouc que le jeune Serpentard se permit de regarder du haut vers le bas, avant de secouer la tête en grimaçant par dégoût. Il ne comprenait pas comment tous ces sangs de bourbes faisaient pour exister, comment ils faisaient pour ne pas ressentir un minimum d'humiliation. - Retourne d'où tu viens... dit-il en continuant sa route avec une forte envie d'enfin retrouver sa chambre. Les nuits se faisaient de plus en plus longues. Il était impossible pour lui de bien fermer les yeux et de se détendre. Rien à faire, il était empoisonné par son anxiété ainsi que toutes ses peurs. Après un long soupir, il s'arrêta puis passa par un autre chemin pour ainsi éviter Cliff qui l'avait interpellé pour lui demander de l'attendre. Cependant, Mathewsen préférait le fuir. Il était incapable de lui faire face depuis ce qui était arrivé. Il avait d'ailleurs vu son ami parler avec Felix Lawford dans la bibliothèque et cette image l'avait bien refroidi à l'idée de l'approcher à nouveau. De toute façon, il n'y avait pas un seul sujet de discussion amusant avec Little. Ce n'était que des prises de tête pour Leslie. Je ne comprends jamais rien à ce qu'il me dit... Teletubbies, ça ne me sert à rien cette relation. Tout en s'humectant les lèvres, l'adolescent releva enfin ses prunelles et se tourna, reculant sans s'arrêter, puisqu'il voulait seulement voir si Little l'avait suivi. En remarquant que ce n'était pas le cas, il alla donc retrouver sa chambre. Le chemin était assez similaire à autrefois, comme la pièce se retrouvait au sous-sol. Contrairement aux maisons, il n'y avait pas de magie pour empêcher les autres d'entrer dans sa chambre. C'était le seul défaut, ça et tous les bruits suspects qui parcouraient la pièce, lorsque la nuit tombait. C'était digne d'un cauchemar...

Bref, sans plus attendre, il prit place contre le matelas de son lit, cherchant d'une main la peluche que Miller lui avait offerte. Cette chose avait peut-être pris trop d'importance pour Leslie. Il ne pouvait pas dormir sans celle-ci. Comme un enfant, les objets les plus inutiles étaient devenus une source de protection. Une douillette, un ourson ou un simple jouet... Pour Leslie, c'était une peluche en forme de lapin. Rien de plus stupide. Enfin, qu'est-ce qui rendait ces objets si importants ? C'est la valeur qu'ils ont aux yeux de l'enfant en question. Leslie ne tenait pas vraiment à la peluche en soi, c'était surtout l'odeur d'Elwyn et la foire qui réussissait à le détendre. Ce crétin avait aidé Mathewsen à plusieurs reprises par le passé. Du coup, la peluche se rapportait à quelque chose de positif, une personne que Leslie appréciait beaucoup plus qu'il ne le croyait. Il se redressa en continuant ses recherches, mais il ne fit que mettre la pièce dans un état assez remarquable. Lui qui était adepte du ménage, il venait de détruire sa chambre en moins de cinq minutes. Bordel, où est-ce que je t'ai mis ?! Il serra les poings, posant ensuite ses paumes contre ses tempes. Je n'ai pas été assez con pour perdre ça... Si ? Il avait envie de pleurer. Cette situation le rendait davantage pathétique, mais c'était l'accumulation qui le rendait si instable. Il tourna sur lui-même à quelques reprises avant de s'asseoir contre le lit. citrouille, c'est sa faute si j'suis comme ça. Sa faute... à lui, à Miller. Il ferma les yeux tout en se levant pour fouiller une dernière fois. Ses recherches ne furent guère très enrichissantes, mais il retrouva sous son lit un étrange petit bout de papier. Il l'ouvrit maladroitement pour y lire les quelques mots qui étaient inscrits; "Retour au propriétaire."

- C'est quoi ce... Il fronça les sourcils puis se détourna vers la porte de sa chambre. Miller avait repris la peluche ? Non, ce n'était pas possible. Il se redressa alors, sortant de la chambre sans bien refermer la porte derrière lui. Il remonta à l'étage et parcourut les couloirs, à la recherche du bleu. Il croisa Felix sur son passage et l'asperge se mit bien évidemment devant lui pour l'arrêter. Leslie se força un simple sourire en cherchant à reprendre route, mais Lawford lui bloqua le chemin. - Qu'est-ce que tu veux ? Le blond haussa les épaules avant de glisser ses mains contre les joues du plus jeune qui le repoussa brusquement. Il chercha alors à repartir, mais ce fut au tour de Felix de le pousser et il ne se gêna pas pour lui montrer qu'il était beaucoup plus fort que lui. Mathewsen se recula de quelques pas, trébuchant presque. - Tu ne réfléchis pas avant d'agir. Fait attention à toi, tu ne tiendras pas l'année à ce stade. avoua-t-il tout en se retirant pour le laisser passer. Sous l'effet de la colère, Leslie ne fit que lancer un rire en direction de son aîné et il se retint de lui cracher dessus, alors qu'il continua de s'avancer. Ce fut à ce moment précis qu'il entrevit son lapin en peluche, entre les bras d'une première année qui tourna le coin, traversant deux grandes portes ouvertes sur un couloir se tenant dans un espace ouvert. Il s'avança donc un peu plus rapidement, s'arrêtant lorsque la jeune sorcière prise place derrière un arbre d'une petite cour extérieure où certains élèves s'étaient retrouvés pour discuter. Le Serpentard mit pied sur le gazon, allant ainsi vers la droite pour se rapprocher de la demoiselle. La jeune fille semblait se cacher, mais de qui ? Leslie dévia son attention et rencontra la silhouette de... Elwyn. La petite fille fixait Miller ? Attends, c'est une blague. Qu'est-ce qu'elle lui veut ? Il associa rapidement les évènements et s'approcha aussitôt du bleu. Dans la tête de Leslie, Miller avait repris la peluche pour la donner à la gamine. Certes, c'était mignon, mais un mauvais ressentiment s'empara de Leslie.

- HEY ! cria-t-il en direction de Miller, l'approchant dangereusement pour aller appuyer son index contre le torse de celui-ci. Il continua d'avancer vers lui, jusqu'à ce qu'à ce que Miller s'accote dans un coin. Il le regarda droit dans les yeux par la suite, se rendant ainsi compte de leur différence de grandeur. - Est-ce que tu te fous moi Miller ? Il inspira difficilement, gardant son index contre Elwyn pour ne pas le laisser fuir. Il avait tant de choses à lui dire que finalement, la première idée qui perça son esprit fut leur dernière rencontre à la serre.

- Okay, déjà, puisque tu sembles si persuadé que je suis une fille, bah laisse-moi te dire que t'as aucun tact. Tu ne laisses pas une fille avec un inconnu, surtout si la fille en question a dit deux minutes plus tôt qu'elle avait la trouille de se retrouver avec cet inconnu en question. C'est pas... C'est pas logique, citrouille. J'avais besoin de toi.
Il se gifla mentalement sous la dernière phrase, mais se reprit rapidement en secouant la tête.
- Et c'est pas la première fois que tu me fais ça. Tu m'as laissé tomber à l'hôtel aussi, quand j'ai été malade et tu m'as laissé une peluche. Une foutue peluche, c'est tout ce que j'avais pour me consoler.
Il serra les poings, retirant son index de contre le torse de Miller. Il essaya ensuite de se détendre. Au moins, il n'avait pas levé le ton, ce qui était un sacré exploit.
- Cette peluche était importante pour moi, elle était... Enfin, c'est compliqué, mais je peux pas dormir sans cette peluche et je peux pas la remplacer, parce qu'il y avait ton odeur dessus et celle de la foire. C'était... apaisant.

Il se recula d'un pas en glissant l'une de ses mains entre les mèches de ses cheveux, sans se rendre compte que la jeune sorcière de plus tôt, celle qui possédait le lapin, s'était timidement approchée d'eux. Que voulait-elle faire ? C'était simple, elle voulait donner la peluche à Miller. Elle avait toujours souhaité rencontrer Elwyn, autre que pour lui demander de l'aide, mais elle ne savait pas comment s'y prendre et elle voulait bien paraître aux yeux du Préfet. Du coup, Felix en avait profité pour lui offrir son aide. Le blond était donc allé chercher la peluche, tout en lui disant avec conviction qu'elle appartenait au Serdaigle et qu'elle pouvait lui rendre. Elle ne pouvait que bien paraître, non ? Comment avait-il fait pour savoir l'existence de la peluche ? Cliff lui en avait parlé lorsqu'ils s'étaient rencontrés à la bibliothèque. En effet, toute cette scène n'était qu'un plan foireux manigancé par Felix qui avait juste envie de donner une leçon de vie à Leslie. La première année se tenait à une certaine distance, attendant le bon moment pour s'infiltrer.

- Et c'est vrai cette histoire du coup... tu dragues vraiment les premières années ? Je veux dire... J'ai un peu de misère à... À y croire. En fait, je n'y croirais jamais. Comme toi, tu ne vas jamais me croire si je te dis que je suis un mec. Il laissa un faible rire anxieux s'échapper d'entre ses lèvres. - Bon sang, j'aimerais vachement pouvoir te parler sans avoir te lancer de la citrouille, tu sais. dit-il pour essayer de détendre l'atmosphère.

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« Lost »

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SERDAIGLE6ème annéePréfetMODO
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MessageSujet: Re: I do not think it means what you think it means. [22 Septembre 1997] Sam 20 Aoû 2016 - 12:02



Le couvre-feu approchait, c’était l’heure pour Elwyn de débuter ses rondes dans les couloirs de Poudlard. Il avait reçu plusieurs directives et notamment de punir plus sévèrement les enfants de moldus. Elwyn ne les appliquait évidemment pas, mais il ne pouvait pas non plus fermer les yeux s’il croisait des élèves ne respectant pas le règlement. Enfin pour le moment, il revenait simplement  de la bibliothèque où il y avait passé sa soirée après le repas. Elwyn à la bibliothèque ? Et oui, il avait besoin d’avoir des réponses à ses questions et n’y a-t-il pas meilleur endroit pour s’instruire que la bibliothèque de Poudlard ?

Grâce à son insigne de préfet, il avait même accès à certains livres ou registres un peu spéciaux, relatifs aux anciens élèves de Poudlard. Il était même tombé une fois sur des bulletins de notes datant de 1956. C’est ainsi qu’il avait fini par trouvé le dossier scolaire  écrit en pattes de mouches de Yong shik Bae, l’inconnu des funérailles (ainsi que celui de son fils Andy). Il apprit que Yong shik était un ex Serdaigle, qu’il avait reçu d’excellents résultats à ses BUSES, qu’il avait fait partie de l’équipe de quidditch, qu’il avait été préfet et que les enseignants ne tarissaient pas d’éloges à son sujet, tout particulièrement en sortilège. Toutefois, le dossier de Yong shik s’arrêtait à sa cinquième année, comme si ce dernier n’était jamais revenu à Poudlard ou peut-être que les pages concernant sa sixième et septième avaient été perdues ou arrachées.

Dans ce dossier, il avait vu le visage souriant de Yong shik de l’époque, qui semblait posséder bien moins de confiance en lui. Il avait juste l’air d’un étudiant comme les autres, avec ses forces et ses faiblesses. Il n’avait pas autant de charmes que le trentenaire qu’Elwyn avait pu rencontrer, il paraissait même relativement effacé et insignifiant sur cette photo en mouvement. Son regard était perdu, presque hésitant. La seule chose qui n’avait pas vraiment changé c’était le sentiment de moquerie qui émanait de ses sourires. Il avait environ l’âge d’Elwyn sur cette photo, légèrement plus jeune. Le Serdaigle avait longuement regardé la photo de Yong shik, comme si elle pouvait apporter les réponses à toutes ses questions.  Yong shik avait  connu, comme Elwyn, un monde dans lequel le seigneur des ténèbres régnait en maître. C’est peut-être pour cela qu’il l’avait si judicieusement  conseillé, il avait lui aussi connu un monde dans lequel le moindre faux pas pouvait vous coûter la vie.

Il avait bien évidemment cherché le dossier de sa mère, mais s’il s’était avéré facile de retrouver celui de Yong shik grâce au nom de famille. Retrouver un dossier sans le nom de famille de sa mère équivalait à chercher une aiguille dans une botte de foin. Il en était à la lettre G et n’avait toujours pas de résultat. Il y avait bien un énorme registre regroupant tous les étudiants, mais c’était quasi illisible et Elwyn voulait trouver son dossier scolaire. D’ailleurs Stanley le voyant squatter la bibliothèque ou la réserve à la recherche de son passé lui avait sorti que : parfois il valait mieux ne rien savoir, que la vérité n’était pas toujours la solution et que vivre dans l’ignorance pouvait également être source de bonheur. Elwyn lui avait répondu qu’il n’avait pas le choix, ce à quoi Stanley avait conclu en disant : dans la vie on a toujours le choix. Celui d’agir ou de fuir, d’aimer ou de haïr, de pardonner ou  de se venger. Je te mets juste en garde contre des vérités, qui une fois révélées, pourraient changer ta vie du tout au tout. Elwyn n’avait pas su quoi répondre et s’était muré dans un silence de plomb.  Stanley avait raison, mais Elwyn ne pouvait pas revenir en arrière ou ne voulait pas. Ses amis s'inquiétaient pour lui, il avait incroyablement maigri depuis la rentrée, sentiment renforcé par sa poussée de croissance durant l'été et en plus, il était encore plus refermé sur lui-même qu'avant.

Après avoir passé plusieurs heures à lire des livres aux pages jaunies, Elwyn avait jugé bon de remonter dans la tour des Serdaigles avant d’entamer sa ronde. C’était sans compter sur une rencontre plus qu’imprévue au détour d’un couloir. Il n’avait  même pas remarqué qu’il était suivi par une première année désireuse de lui adresser la parole. Alors qu’il allait rejoindre un couloir plus large, il se fit apostropher par une voix bien connue :

- HEY ! Il se retourna pour découvrir Leslie qui lui fonçait dessus. Cou…sans qu’il ait le temps de réagir elle avait posé on index sur son torse et l’obligeait à reculer. Cou. Qu’est-ce qui se passe Leslie ? finit-il par demander, déboussolé.

Leur course se stoppa lorsqu’Elwyn sentit le mur contre son dos, il était acculé dans un coin et avait l’impression que Leslie lui en voulait.  Leslie faisait une tête de moins que lui, mais elle l’impressionnait en cet instant. Il ne savait pas ce qui lui arrivait ni pourquoi elle le fixait avec autant de colère et d’amertume.

- Est-ce que tu te fous moi Miller ?

Il ferma les yeux, certain de se prendre une claque. Elle n’avait pas retiré son index sur son torse, comme pour lui intimer l’ordre qu’il serait une bien mauvaise idée de tenter de s’enfuir. La claque ne vint pas, visiblement c’était la marque de fabrique de Stevenson. Il regardait de partout avant de revenir sur la Serpentard se demandant si c’était une blague.

-Que… Quoi ? Qu’est-ce que j’ai fait ? demanda-t-il en fixant l’index de Leslie, car ses yeux lui lançaient des éclairs.

- Okay, déjà, puisque tu sembles si persuadé que je suis une fille, bah laisse-moi te dire que t'as aucun tact.

-Aucun tact ? répéta-t-il.

Ce n’était pas nouveau. Elwyn n’était clairement pas doué avec les demoiselles, il n’avait jamais les bons mots, les bons actes et foirait tout ce qu’il entreprenait. Mais pourquoi lui disait-elle cela subitement ? Le Serdaigle essayait de se souvenir de leur dernière rencontre, en vain. Il ne voyait pas à quel moment, il avait pu manquer de tact. Ou alors il était tellement irrécupérable qu'il ne s'en rendait même pas compte.

Tu ne laisses pas une fille avec un inconnu, surtout si la fille en question a dit deux minutes plus tôt qu'elle avait la trouille de se retrouver avec cet inconnu en question. C'est pas... C'est pas logique, citrouille. J'avais besoin de toi.

Il remonta lentement le fil de ses pensées pour enfin revenir à la fameuse scène. Stanley dans le parc, Leslie qui lui disait avoir peur du Serpentard et lui qui les abandonnait. Il mit ses mains devant sa bouche en fixant la demoiselle.

-Aaaah, je suis vraiment désolé Leslie, je m’en suis même pas rendu compte. Mais ça c’est bien passé au final, non ? Stanley n’est pas quelqu’un de méchant… N’est-ce pas ? Excuse-moi.

- Et c'est pas la première fois que tu me fais ça. QUOI ? Tu m'as laissé tomber à l'hôtel aussi, quand j'ai été malade et tu m'as laissé une peluche. Une foutue peluche, c'est tout ce que j'avais pour me consoler.

-À l’hôtel ? Mais, je t’ai ramené en te portant sur mon dos… qu’est-ce que j’aurais pu faire de plus ? Il la regardait dans les yeux, perdu. Il ne comprenait pas exactement ce qu’elle pouvait bien lui reprocher pour l’hôtel, il n’allait tout de même pas rester avec elle… dans sa chambre et attendre qu’elle ne s’endorme ? Je suis d’accord pour Stanley, j’ai… Ce n’était vraiment pas sympa de ma part et je ne peux que m’excuser… Mais pour l’hôtel, je… ne comprends pas. Tu étais malade ? Il baissa la tête en se mordant l’intérieur des joues, pensif. Elle semblait plus en en détresse que malade, alors oui, peut-être qu'il aurait dû rester pour lui éviter de faire des bêtises, mais finalement elle était là en chair et en os devant lui, alors c'est que ce n'était pas si grave que ça, non ?

- Cette peluche était importante pour moi, elle était... Peluche, peluche ? Il fallut un certain temps au Serdaigle pour se visualiser la-dite peluche lapin qu’il avait offert à Leslie. Il n’aurait jamais cru qu’elle puisse avoir autant d’importance à ses yeux. Sur le coup, il avait juste voulu la consoler et lui redonner le sourire. Enfin, c'est compliqué, mais je peux pas dormir sans cette peluche et je peux pas la remplacer, parce qu'il y avait ton odeur dessus et celle de la foire. C'était... apaisant.

Elwyn qui allait parler fut coupé net. Il baissa la tête en rougissant. Son odeur est apaisante ? Cela lui rappelait vaguement une autre conversation avec une autre demoiselle, Maya qui lui disait qu’il sentait bon en temps normal. À chaque fois qu’il pensait à Maya, il se revoyait nu dans la douche sous ses yeux ce qui engendrait un malaise immense.

-ap..aisant ? Il releva timidement le regard vers la Serpentard. Mais euh, c'était, enfin je veux dire,j'aurais pas cru que ça puisse avoir de l'importance pour toi


- Et c'est vrai cette histoire du coup... tu dragues vraiment les premières années ?

-MAIS NON ! s’offusqua-t-il immédiatement. C’est mon rôle d’aider les premières années ! Je veux dire... J'ai un peu de misère à... À y croire. En fait, je n'y croirais jamais. Comme toi, tu ne vas jamais me croire si je te dis que je suis un mec.

-Un mec ? Elwyn jouait au perroquet visiblement. Il dévisagea Leslie de haut en bas alors qu’un rire brisé s’échappait d’entre ses lèvres. Il ne l’avait jamais considéré comme tel. Leslie n’avait jamais eu un comportement très masculin avec lui, il faut avouer. Mais après tout que signifie un « comportement masculin », y a-t-il réellement une ligne de conduite pour être considéré comme étant bien un homme. Et si, Leslie était vraiment un jeune homme comme lui. Il voulait reculer, mais le mur le coinçait et Leslie bloquait toute retraite par l’avant. Leslie portait une jupe pour couronner le tout. Il le fixait les lèvres étroitement closes ne sachant plus ce qu’il devait dire ou faire. C'était à ne plus rien comprendre.

- Bon sang, j'aimerais vachement pouvoir te parler sans avoir te lancer de la citrouille, tu sais.

Elwyn se gratta la tête, c’est vrai que Leslie n’avait pas toujours été très agréable avec lui allant même jusqu’à lui cracher au visage certaines vérités qu’il ne souhaitait pas entendre, mais il n’avait pas l’impression que le dialogue était si catastrophique. Il y avait pire... pour ne citer aucune Serpentard de sixième année avec qui le dialogue était voué à l'échec.

-Pourquoi tu dis  ça ? Il se redressa la surpassant d’une bonne tête, il n’avait pas remarqué la première année cachée dans un coin du couloir et qui les observait.

Il se racla la gorge :- Mais euh , Leslie par rapport à ce que tu as dit plus tôt là… Tu es une fille, n’est-ce pas ?

Son malaise était palpable et Leslie ne le quittait pas des yeux.


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MessageSujet: Re: I do not think it means what you think it means. [22 Septembre 1997] Dim 21 Aoû 2016 - 21:07

Leslie n'était pas d'humeur à se faire jouer un mauvais tour. Il fallait même avouer que rien ne pouvait lui remonter le moral. Rien ne pouvait l'aider, sauf cette idée stupide qui consistait à retrouver sa peluche lapin. Alors là, il était prêt à tout et une certaine honte ira sûrement le rejoindre lorsqu'il sera plus vieux et qu'il se souviendra de cet instant de panique, ce moment angoissant où la peluche ne se retrouvait plus sous son lit. Horrible situation, certes, il y avait bien pire dans la vie. Cependant, ce lapin était aussi une sorte de remède pour le jeune Serpentard qui s'était lancé entre les couloirs de Poudlard pour retrouver Miller. Bien évidemment, Felix avait eu le droit à sa petite apparition. Ce blond était plus que chiant. Si Leslie aurait eu le droit de lui casser le cou sans qu'il n'y ait de conséquences, il l'aurait fait depuis longtemps. Bref, le meurtre lui semblait être une bonne idée pour se débarrasser de Lawford, mais, heureusement, il n'était pas capable d'agir. Leslie était ainsi. Tout ce qu'il avait en tête lui était impossible à exécuter. Seul son instinct arrivait à le guider. Il ne devait pas réfléchir pour se bouger. De ce fait, ses actions n'étaient toujours qu'un simple coup de tête, des envies soudaines qui pouvaient engendrer des accidents, du regret et de la colère. Cependant, ce manque de jugement ne pouvait que le porter dans le néant. Il ne comprenait plus pourquoi il avait fait certains de ses choix. Il ne pouvait même pas exprimer de raisons valables qui auraient pu justifier son comportement agressif et parfois craintif. Il ne connaissait rien de sa propre personne. Ce n'était donc pas très surprenant d'apprendre qu'il n'arrivait pas à dormir. Ce moment de calme et de vide le portait à se poser des questions qui étaient toujours sans réponses et cela l'angoissait.

Ce fut ainsi, sous un manque de jugement, que l'adolescent aperçut cette gamine qui avait la peluche qu'il recherchait et les liens se firent bien plus rapidement qu'il ne le croyait. La jeune fille en question semblait timidement suivre Miller, comme si elle le surveillait. Qu'est-ce qu'elle lui voulait ? Il y avait tant de réponses à cette question, mais le vert et or se laissa emporter par son instinct. Il ne put que voir ce que Felix voulait lui faire voir; une charmante vision d'amour où le bleu aurait offert la peluche à cette première année pour lui faire plaisir. Et oui, cette situation était possible, mais ce raisonnement ne tenait pas debout. Elwyn n'aurait jamais infiltré la chambre de Mathewsen pour faire un truc pareil, non ? Leslie le savait au fond, à quel point c'était improbable, mais il ne réfléchissait pas avant d'agir et c'était ce que Lawford voulait lui faire réaliser. Le blond l'avait d'ailleurs mis en garde, mais Leslie était passé tout droit, parce qu'il était aveuglé par la haine qu'il possédait envers cette grande asperge. Peut-être l'aurait-il écouté s'il était conscient qu'ils étaient liés par le sang, mais rien n'est certain. Après tout, Leslie était plutôt idiot dans son genre.  

Les secondes tombèrent comme des gouttes d'eau et Leslie suivit la chute pour tomber à son tour. D'un index, il se permit d'entrer dans le petit monde du bleu pour l'écraser dans un coin et lui expliquer quelques trucs. Premièrement, ce Serdaigle n'avait aucun tact. - Aucun tact ? Aucun... Ce n'était pas difficile à comprendre et peut-être que Leslie n'était pas le seul à penser ainsi lorsque cela concernait Miller. Enfin, le cinquième année réalisa d'un coup la réaction précédente du bleu. Il avait... fermé les yeux... Comme un enfant qui s'attendait à se prendre une gifle. C'était plutôt étrange. Leslie ne s'était jamais senti menaçant avant ce jour et il n'appréciait pas l'effet que cela engendrait en lui. C'était toujours lui qui se retrouvait dans un coin et même Cliff arrivait à se faire plus dominant, malgré sa grandeur qui tenait plus du bluet plutôt que de la pomme. Haut comme trois pommes, Nathan disait souvent cela, lorsque Leslie était petit, pour le taquiner. D'ailleurs, Leslie lui répondait toujours que ce n'était pas vrai et Nathan changeait alors de fruits pour le taquiner davantage. Bref, Leslie expliqua à Miller la raison pour laquelle il le jugeait tout haut. Elwyn ne fit que déplacer l'une de ses mains, la posant devant sa bouche en comprenant l'erreur. Sérieux Miller... Je ne sais même plus pourquoi je t'apprécie. Pensa Leslie avec une soudaine envie de retourner dans sa chambre et d'y rester pour l'éternité. - Aaaah, je suis vraiment désolé Leslie, je m’en suis même pas rendu compte. Mais ça c’est bien passé au final, non ? Stanley n’est pas quelqu’un de méchant… N’est-ce pas ? Excuse-moi.

Non. Stanley n'est pas méchant, c'est un fait. Enfin, personne ne pouvait vraiment le savoir et c'était ça qui le rendait si effrayant. Qui est Stanley ? Il est tout ou il n'est rien... Il est méchant ou il est gentil... Il te fixe ou il t'ignore... Il n'y aura jamais d'entre deux, mais il est impossible de savoir où il se situe. Il est celui qui peut tout être sans rien être, celui qui peut être méchant dans sa gentillesse et qui te fixe pour démontrer son ignorance. Pour Leslie, là où il n'y a pas de réponse, il y a une angoisse. Stanley est un être vivant sur lequel il n'y a aucune réponse, mais rien qu'une infinité de questions. Son existence est effrayante. Il ne suffit que de rencontrer son regard pour subir un profond malaise. On se demande ce qu'il veut, mais au fond, il ne veut rien, mais en fait, personne ne le sait. Personne ne sait qui est Wang...

Leslie continuait de tomber, affirmant que ce n'était pas la première fois que ce genre de situation faisait surface. - QUOI Et il poursuivit dans son délire et retourna dans le passé, à côté de ce parc étrange et du vomi. Il retira d'ailleurs son index de Miller, histoire de détendre un peu les choses. - À l’hôtel ? Mais, je t’ai ramené en te portant sur mon dos… qu’est-ce que j’aurais pu faire de plus ? Rien... Il n'aurait rien pu faire de plus et c'était sûrement ça qui ennuyait Leslie, au même principe que de rajouter du lait dans un verre déjà plein, mais que nous savons que notre soif demande deux verres et non pas qu'un seul. - Je suis d’accord pour Stanley, j’ai… Ce n’était vraiment pas sympa de ma part et je ne peux que m’excuser… Mais pour l’hôtel, je… ne comprends pas. Tu étais malade ?

- Je ne suis pas là pour t'entendre t'excuser. Des mots, ça sert à rien. Ne recommences pas, c'est tout... Il secoua ensuite la tête pour répondre à sa question.

- Non, je n'étais pas malade. J'avais seulement besoin de... J'en sais rien. Il glissa l'une de ses mains contre son propre visage tout en inspirant profondément. Il repensa à la situation, se disant qu'il n'avait pas levé le ton contre le bleu et que c'était plutôt impressionnant vu la tournure des choses. Il énonça par la suite la peluche puis... - ap..aisant ? Leslie releva la tête vers Miller, le regardant un long moment. C'est quoi cette tête ? Ces rougeurs, ce n'était pas la première fois qu'il pouvait le voir ainsi, mais là... Là il le trouvait... Attendrissant. Son coeur manqua un bon lorsqu'Elwyn releva la tête vers lui. Cela fit d'ailleurs grimacer Mathewsen qui préféra alors détourner son attention. Me regarde pas avec cet air, bordel... Disons que le côté timide de Miller avait tendance à attiser Leslie. - Mais euh, c'était, enfin je veux dire,j'aurais pas cru que ça puisse avoir de l'importance pour toi

- Et si tu commençais par arrêter d'essayer de savoir ce qui me tient à coeur, ça t'éviterait ce genre de surprise. Et le sujet gamine reprit le dessus. Leslie avait un peu de mal à croire que Miller puisse s'intéresser à des... enfants ? Non, c'était trop glauque et insensé, même s'il était encore persuadé que le bleu avait donné la peluche à la première année qui s'approchait toujours d'ailleurs. C'était peut-être pour une bonne raison que Miller avait fait ça. Enfin, Elwyn avait raison, il avait un rôle dans cette école à présent. Ce stupide rôle que Leslie n'appréciait pas vraiment à sa juste valeur, mais un rôle tout de même. Et finalement, le mot mec sembla rediriger la conversation. Mathewsen partagea qu'il aurait aimé parler normalement avec Miller, chose qui n'était toujours pas arrivé depuis qu'ils se connaissaient. Ils tombaient sans cesse dans de lourds sujets et c'était la faute du Serpentard, bien sûr. - Pourquoi tu dis ça ?

- Tu redonnes le sourire aux premières années, tu accomplis certaines tâches chiantes, tu as essayé de reprendre le dessin malgré ton impuissance et tu as essayé de me faire parler avec Wang... Aussi, tu me laisses te marcher dessus sans rien dire, alors j'imagine pas ce que les autres peuvent te faire subir et moi j'arrive comme ça, un beau jour, pour te remettre une erreur. Une erreur sur l'ensemble de tes efforts et de tes réussites et... Au lieu de te dire, comme un ami ; Bravo Miller, t'es fort, merci d'avoir essayé. Bah, je t'offre seulement cette erreur, je t'accuse et je t'emmerde comme tous les autres, parce qu'on a tendance à en vouloir plus lorsque ça te concerne, mais ce "plus" qu'on recherche, j'le... mérite pas. Tout cela lui rappelait le bureau du psychologue, lorsqu'il divaguait dans l'ensemble de sa tête pour découvrir d'où provenaient certains de ses problèmes. Ça lui avait manqué de parler pour ne rien dire. Enfin, il avait l'impression qu'il ne disait rien du tout, mais au fond, il se libérait de ce qu'il pensait réellement. Étrangement, il était capable de parler ainsi qu'en présence du bleu. C'était sûrement pour cette raison que Leslie passait son temps à lui jeter sa négativité. C'était sa façon de se débarrasser de ses propres problèmes.  

Il pinça les lèvres et se força un sourire. Il recula de quelques pas par la suite, tout en haussant les épaules et croisant les bras. - Donc ouais, j'aimerais te parler sans avoir à te remettre une erreur en face, mais j'suis pas capable et là, il y a la peluche que j'ai perdue et je te remets ça sur le dos.

- Mais euh, Leslie par rapport à ce que tu as dit plus tôt là… Tu es une fille, n’est-ce pas ?

Il releva la tête tout en fronçant les sourcils. Ses prunelles pénétrèrent celles d'Elwyn. Il le fixa un bon moment, laissant un grand vide entre eux. En comprenant que Miller était sérieux, il ouvrit alors la bouche et se pointa du doigt. - Regarde-moi correctement Miller... dit-il en étant persuadé que le Serdaigle allait se rendre compte que non, il n'était pas une fille. Il ressentit alors le malaise engendré par cette interrogation. - Bon... Du coup, tu as quelque chose pour... remplacer la peluche ? demanda-t-il pour changer de sujet tout en se reculant assez pour laisser le Serdaigle respirer un peu. La première année non loin d'eux se distança à ce moment. Elle était incapable de les approcher davantage. Elle hésitait même à quitter le couloir et essayer de redonner la peluche un autre jour. Après tout, Miller semblait occupé.  

- Et oui, ton odeur à quelque chose d'apaisant et crois-moi, j'aurais aimé ne jamais devoir avouer un truc pareil. Sauf que bon... je me sens, dépendant. Il détourna son attention, gêné par la situation. Il avait envie de se cogner la tête contre un mur. Il essayait de ne pas parler trop fort, histoire d'éviter qu'une rumeur soit lancée entre eux.

- Tu n'as pas une autre peluche ? Sinon un... morceau de vêtement. Il rougit, mais se gifla mentalement pour reprendre le dessus. - N'importe quoi peut faire l'affaire. C'est seulement pour arriver à dormir... Ça n'a rien de... sentimental.

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MessageSujet: Re: I do not think it means what you think it means. [22 Septembre 1997] Ven 2 Sep 2016 - 21:37


Coincé entre Leslie et un mur, Elwyn n’en menait pas large. Il avait cru pendant une seconde que ses joues allaient goûter au doux plaisir de la claque, mais il n’en fut rien. Il sentait la pression de l’index de la demoiselle sur son torse et de cette simple pression, il pouvait presque ressentir toute sa colère et rage. Des vents contraires semblaient habiter ses prunelles, elle semblait à la fois incroyablement fragilisée et animée d’une force inconnue. Elle l’accusa de n’avoir aucun tact, il ne pouvait le nier. Elwyn n’avait pas vraiment de tact avec les demoiselles, mais il avait surtout tendance à se diaboliser.

L’Asiatique ne doutait donc pas de manquer atrocement de tact avec la gent féminine, mais avec Leslie, en l’occurrence, il n’avait pas la moindre idée de ce qu’il avait pu faire pour la vexer à ce point. Leslie lui expliqua donc l’histoire avec Stanley et le lâche abandon du Serdaigle. Elwyn se souvint à quel point Leslie avait peur de se retrouver en tête à tête avec Stanley et réalisa, à ce moment, à quel point, il avait merdé ce fameux jour. Il s’excusa et demanda à Leslie comment cela s’était passé. Après tout Stanley n’était pas un monstre et il était certain que si Leslie apprenait à le connaître, il jugerait sa peur irrationnelle.

Leslie n’en avait pas fini avec ses reproches, bien au contraire, elle ajouta que ce n’était pas la première fois qu’il lui faisait un coup pareil. Elle lui en voulait de l’avoir abandonné à l’hôtel lors de cette étrange rencontre dans le parc, mais qu’aurait-il pu faire d’autre ? Passer la nuit avec Leslie en inquiétant ses parents ?


- Je ne suis pas là pour t'entendre t'excuser. Il déglutit, c’était pour le moins direct, presque agressif.  Tu es là pour quoi concrètement, pensa-t-il sans oser le formuler de vive voix. Des mots, ça sert à rien. Ne recommences pas, c'est tout...

Elwyn baissa la tête la gorge nouée. Mm, grommela-t-il sans même la regarder dans les yeux. Pourquoi lui reprochait-on toujours tout ? Il avait l’impression que depuis sa naissance, il avait passé sa vie à demander pardon. Pardon de n’être pas le fils que tu voulais. Pardon d’être gros et moche. Pardon de t'avoir bousculé. Pardon de ne pas avoir tenu ma promesse. Pardon d’avoir échoué. Pardon d’être froid. Pardon de t’avoir espionné. Pardon de t'avoir blessé. Pardon de t'avoir inquiété. Pardon, pardon, PARDON d’être moi. Il fut surpris d’apprendre qu’elle était malade, car dans son souvenir elle avait surtout l’air en détresse.

Il était tranquille, et il fallait qu’on vienne l’agresser sans véritable raison pour lui renvoyer encore et toujours ses échecs. « Les mots, ça sert à rien ». Oui. Les mots c’est comme se tenir devant la tombe de nos promesses, c’est du sable emporté par le vent. Les mots n’ont aucun corps, aucune substance, les mots sont traîtres, les mots sont puissants, les mots blessent. Mais les mots sont addictifs et réconfortants. La bouche est la pire des armes en étant la plus douce des pommades aux blessures de nos cœurs. Ô oui, Elwyn savait à quel point les mots pouvaient être destructeurs et à double tranchant de par l’infini de leurs interprétations. Pour tous les mots qui blessent, il  y a bien évidemment  ceux qui nous réconfortent.

Pour des mots d’amour, Elwyn aurait décroché la lune, juste pour un peu d’amour, et de reconnaissant. Pour qu’on lui tapote sur le sommet de sa tête d’enfant et qu’on lui dise une fois : « je suis fier de toi Elwyn ». Pour que son père lui dise, « tu as fait de ton mieux, ce n’est pas grave si tu as échoué à ce concours de pianiste ». Il aurait tué pour entendre une fois, une seule fois : « je suis fier de toi, tu es bien mon fils ». Il avait commencé à dessiner très jeune, mais son envie de bien faire c’était décuplé en voyant son père travailler des heures sur des croquis de gare. Il voulait lui prouver qu’il était bien son fils, lui aussi savait dessiner ! Elwyn serrait les poings. Tout ça, c’était du vent. Des mots. Des mensonges.

Brisés, éparpillés par le vent de la vie. L’enfant qui espérait avait grandi, il n’avait jamais entendu ces mots. Jamais on ne lui avait dit ce doux remède, il était trop tard pour guérir. La douleur l’avait lentement, mais surement usé, broyé pour ne laisser que la poussière de sa confiance et de son désir d’amour. Un gouffre. Un gouffre insatiable d’amour en lui, à jamais. Un gouffre d’une profondeur inconnue.

Trop tard pour revenir en arrière.

Trop tard ou plutôt, trop tôt pour pardonner à ses parents adoptifs d’être imparfaits.

Il sentait le barrage de ses paupières prêt à céder sous le poids des larmes. Il était las de tout, las d’être lui-même, las de subir autrui. Le Serdaigle soupira, n’écoutant pas la réponse de Leslie à sa question sur sa condition « malade ». Elle se radoucit, peut-être à cause de sa tête basse ou peut-être parce que crier sur plus pathétique l’avait rendue plus légère. Elle lui parla de la fameuse peluche de la foire en disant que son odeur était apaisante. Elwyn, surpris, releva la tête timidement les joues roses et les yeux tristes. Leslie détourna la tête, elle devait lui en vouloir atrocement et ne même pas supporter sa vue. La vue d’un éternel perdant, d’un laissé pour compte.

- Et si tu commençais par arrêter d'essayer de savoir ce qui me tient à coeur, ça t'éviterait ce genre de surprise.

Elwyn baissa de nouveau la tête. Une rage sourde rampait dans ses veines, il murmura entre ses dents :

- Et si toi tu essayais  de comprendre ce qui me tient à cœur, peut-être que tu trouverais les réponses à tes questions et ça t’éviterait d’être déçue.

Elle changea immédiatement de sujet pour parler de sa pseudo attirance envers les premières années et déclara qu’elle voulait lui parler sans l’agresser. C’était mal parti. Elwyn n’y comprenait plus rien, pourquoi vouloir lui parler sans agressivité et l’agresser la minute d’avant ? Quelle prise de tête.

- Tu redonnes le sourire aux premières années, tu accomplis certaines tâches chiantes, tu as essayé de reprendre le dessin malgré ton impuissance et tu as essayé de me faire parler avec Wang... Elwyn releva les yeux vers elle, dans l’attente du couperet. Il allait forcément en avoir un, elle l’avait habitué à ce genre de coup de couteau gratuit suivant une douce caresse.

Aussi, tu me laisses te marcher dessus sans rien dire, alors j'imagine pas ce que les autres peuvent te faire subir et moi j'arrive comme ça, un beau jour, pour te remettre une erreur. Une erreur sur l'ensemble de tes efforts et de tes réussites et...  Comment se faisait-il que Leslie avait souvent les mots qu’il fallait pour expliquer ce que lui-même ne saisissait pas. Oui, ce qui le blessait le plus chez autrui, c’est ce sentiment de ne jamais en faire assez, de ne jamais être à la hauteur ou assez bien. Cette impression que le moindre de ses faux pas sera repris et décortiqué pour être finalement retenu contre lui, sans tenir compte de tout ce qu’il avait pu essayer de bien faire auparavant.

Au lieu de te dire, comme un ami ; Bravo Miller, t'es fort, merci d'avoir essayé. Ces mots enveloppèrent son cœur d’une douce torpeur. 16 ans qu’il avait rêvé les entendre. 16 longues années et pour que cette douce mélopée viennent de quelle bouche ? La bouche d’une presque inconnue. Bah, je t'offre seulement cette erreur, je t'accuse et je t'emmerde comme tous les autres, parce qu'on a tendance à en vouloir plus lorsque ça te concerne, mais ce "plus" qu'on recherche, j'le...

Leslie se força à sourire en reculant et en lâchant enfin Elwyn. Le Serdaigle la dévisageait sans un mot, digérant la longue tirade de la Serpentard.

Donc ouais, j'aimerais te parler sans avoir à te remettre une erreur en face, Il tendit lentement son bras en direction de Leslie et posa sa main sur le sommet de sa tête, ce qui n’était pas difficile vu sa taille, mais j'suis pas capable et là, il y a la peluche que j'ai perdue et je te remets ça sur le dos. Il tapota doucement les cheveux de la demoiselle et bredouilla les yeux humides : merci.

Il stoppa rapidement son mouvement et laissa retomber son bras le long de son corps. Pour un œil extérieur certainement qu’un tel geste aurait semblé complètement ridicule. Mais dans le monde Millerien, il en était tout autre. Elwyn n’est pas quelqu’un de tactile, je pense que tout le monde est d’accord à ce sujet, mais les propos de Leslie l’avaient profondément secoué au point qu’il avait souhaité « montrer » ses remerciements. L’enlacer aurait été trop, les mots pas assez, alors il opta pour ce rebut de geste affectif. Un merci avorté.

Timidement, sans la regarder dans les yeux, car toujours gêné par son geste il questionna : - Quoi ? Mais tu as perdu le lapin ? Et insista sur cette histoire de « mec ».

La Serpentard releva la tête et fixa Elwyn, faisant planer un silence de plomb. Elle se pointa du doigt :

- Regarde-moi correctement Miller...

Elwyn dévisagea Leslie en jupe et questionna : -Oui et ? Que devait-il déduire en la regardant : petite, en jupe, visage de poupée de porcelaine… Y avait-il une once de part masculine dans l’image sous ses yeux : non, aucune.

- Bon... Du coup, tu as quelque chose pour... remplacer la peluche ?

-Remplacer la peluche ?, fit-il écho à Leslie. Mais il ne fournissait pas des peluches sur commande ! Ce qu’elle était capricieuse par moment ! Je..non je ne crois pas.

- Et oui, ton odeur à quelque chose d'apaisant et crois-moi, j'aurais aimé ne jamais devoir avouer un truc pareil. Sauf que bon... je me sens, dépendant.

-Dépendant ? Elwyn écarquilla de grands yeux et ses joues se colorèrent immédiatement.

Était-elle en train de lui avouer ses sentiments ? Non ! Elwyn, tu fabules encore ! Mais c’était la première fois qu’on lui disait cela ouvertement et il n’avait pas la moindre idée de comment il devait réagir dans ce genre de situation. Qu’auraient fait ses amis ? Stanley aurait fixé la personne et aurait conclu par un « bien ». Fay aurait crié hystériquement « je fais souvent cet effet ». Non vraiment ses amis n’étaient pas d’une grande aide.

Et puis, le mot dépendant le frappa de plein fouet. Leslie parlait d'elle au masculin ? Et si elle était bien un homme ?

- Tu n'as pas une autre peluche ? Sinon un...

-Un quoi ? Et non, je me trimballe pas avec des peluches sur moi en général.

Son père avait rapidement éliminé toute forme de doudou ou peluche de sa chambre prétextant qu’il était assez grand maintenant. Elwyn n’était donc pas un grand fan des peluches puisqu’on lui avait rapidement appris à vivre sans. Un garçon, ça n’a pas de peluche, c’est pour les filles ! Voilà ce qu’avait dit son père adoptif en jetant un vieux doudou confectionné à l’orphelinat avec des chiffons et des boutons pour les yeux. Elwyn n’avait pas pleuré, mais son cœur avait souffert en voyant le morceau de chiffon  disparaître, happé par la gueule de la poubelle.


- N'importe quoi peut faire l'affaire. C'est seulement pour arriver à dormir... Ça n'a rien de... sentimental.

-N’importe quoi… Il réfléchit. Ben, je vois pas… J’ai pas de peluche à Poudlard, ni chez moi d’ailleurs. Et je vois pas comment remplacer cette peluche… Il se gratta dans la nuque. Il n’allait tout de même pas lui donner une écharpe ou un t-shirt, ça serait vraiment trop étrange. Mais comment tu as fait pour la perdre ? dit-il en fronçant les sourcils. Une peluche, ça ne marche pas jusqu’à nouvel ordre.

Et surtout une idée trottait dans sa tête comment savoir si Leslie est un homme ou une femme sans le/la vexer ?  Il avait de gros doutes sur ses analyses, mais ne savait pas comment aborder de nouveau le sujet.

- Hé mhm... tu es avec Little dans le dortoir non ?

Faire croire qu'il ne sait pas si les serpentards ont des dortoirs séparés. Check.

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MessageSujet: Re: I do not think it means what you think it means. [22 Septembre 1997] Ven 9 Sep 2016 - 5:15

- Mm Incapable et faible furent les deux seuls mots qui pénétrèrent l'esprit du Serpentard qui ravala difficilement sa salive en constatant que oui, Miller était brisé. Et ce n'était pas que le coeur du bleu qui subissait les chocs, mais bien son âme toute entière. Son regard était vide, l'autre fois... Oh, Leslie commençait à relier certaines choses. Ces instants où il avait pu contempler le Serdaigle et le croire plus fort que tous ces cons lui semblaient n'être qu'une façade, un masque cachant l'injustice et peut-être même une certaine couche de rancoeur et de regret. Il n'en savait rien, mais aux yeux de l'adolescent, Miller se rapprochait du clown triste, de la mariée sous la pluie et surtout... de l'orphelin. Et n'était-ce donc pas ce qu'il était ? Orphelin... Seul et peut-être même délaissé. Oui, Leslie réalisait peu à peu que l'image qu'il s'était faite de Miller était très loin de la réalité. Là où il le voyait dessiner autrefois, Elwyn était... seul. Et dans les couloirs... seul. Proche de la serre... seul. Lors de leur première rencontre... Il était seul. Puis, près du parc où le pauvre avait vu le vert et or vomir... Miller était seul. Et Mathewsen ne pouvait que l'imaginer à la foire, les yeux qui brillaient, mais pas une seule compagnie. Et moi je passe mon temps à lui cracher au visage... Il sentit une pression au niveau de sa poitrine, une mauvaise impression. Lui qui s'était perdu dans l'ensemble de ses propres erreurs, qui avait tombé du précipice avant d'atterrir sur une île où même les arbres semblaient se moquer de lui. Dans ce brouillard qui grandissait, il avait eu la chance de se faire aider et comment avait-il réagi ? Aucun remerciement, rien. Il n'avait rien fait pour démontrer la moindre appréciation envers la gentillesse de Miller. Au contraire, il retrouvait dans ses bonnes actions que cette petite erreur qui changeait alors l'ampleur de sa gratitude en venin.

Qu'était donc Miller ? Non, ce n'est pas ça la question... C'était plutôt ; Qui es-tu Miller ? L'être que tout le monde oublie, le roi des nazes, le pédophile au statut de préfet, le gnome dégoutant, le Serdaigle qui craint la bibliothèque, l'artiste qui ne dessine plus, l'orphelin délaissé, l'adolescent avec une double identité, une victime, le mec qui se tient avec Wang, le fuyard qui n'a aucun tact, celui qui se laisse marcher dessus ou un simple mélange de toutes ces caractéristiques négatives que Leslie ne pouvait guère s'empêcher de détester et d'apprécier à la fois. Retournant à la réalité, le Serpentard préféra détourner son regard et lança une phrase en ce qui concernait l'importance de la peluche. La surprise, c'était toujours ce sentiment que Miller offrait à Leslie, lorsque celui-ci lui partageait ce qu'il ressentait. Mathewsen lui donna donc une idée simple ; Arrête d'essayer de savoir. Savoir ce qui lui tenait à coeur, savoir ce qu'il aimait, ce qu'il détestait... Après tout,  il ne suffisait que de demander à la personne pour connaître toutes ces réponses. Jouer à la devinette lui semblait stupide et il se rendit ainsi compte qu'il n'avait aucune idée de ce que Miller appréciait. Il ne s'était jamais réellement intéressé au côté privé de la vie du bleu, si ce n'était que d'avoir une petite idée de son passé en posant diverses questions à son sujet.

- Et si toi tu essayais  de comprendre ce qui me tient à cœur, peut-être que tu trouverais les réponses à tes questions et ça t’éviterait d’être déçue. Doux fut le pincement au coeur que Leslie ressentit en entendant brièvement ces mots qui se rassemblèrent peu à peu dans son esprit. Il crut mal comprendre au départ, mais ce n'était pas le cas. Comme dois-je faire pour comprendre, alors que je ne suis même pas capable de communiquer avec toi ? Sans s'en rendre compte, un sourire s'éprit de ses lèvres, un sourire qui se perdit dans le vide avant qu'il ne change de sujet. Ses prochaines paroles furent ensuite guidées par une profonde véracité, un ton plus calme accompagné par une certaine envie d'être pardonné. Mathewsen n'était pas le meilleur en relations humaines, mais il connaissait la portée de ses mots et il avait l'impression qu'il était la cause de tous ses propres problèmes. Cependant, il rejetait cette impression et il pointait du doigt tous les gens qui l'entouraient. Pour le cas de la peluche, il avait directement sauté sur Miller pour l'accuser. Il savait que ce n'était pas la bonne chose à faire. Toujours en recherche du pardon, il s'ouvrit donc au bleu, comme s'il était en présence d'un psychologue. Il se dressa dans un sursaut par la suite, en sentant quelque chose de bien étrange. Une paume contre sa tête, une caresse bien futile qu'il ne reconnaissait plus tant ça faisait longtemps. Il eut presque envie de se retourner pour voir qui le touchait, tellement ça lui semblait impossible que cette attention provienne d'Elwyn. Son coeur s'arrêta l'espace d'un instant, assez pour le figer sur place et lui couper le souffle. Le soulagement et la peur se mélangeaient dans sa tête et ça lui donnait mal au ventre. Une chaleur l'engloba entièrement et ce fut avec hésitation qu'il releva son attention pour rencontrer le visage du bleu. Pourquoi est-ce que c'est toi qui arrive à m'apaiser ? Tu me donnes toujours ce qui me manque le plus... Et après tu disparais.

- Merci Arrête de me remercier ! Alors que le bras de Miller retomba, Leslie releva l'une de ses mains dans un geste brusque, touchant presque les lèvres de Miller, mais il rabaissa sa paume aussi rapidement qu'il l'avait levée. Seul le bout de son index effleura le menton du Serdaigle, ce qui le gêna assez pour l'empêcher de poser à nouveau son regard dans celui du sixième année. Ce n'était pas la première fois qu'il l'entendait le remercier ainsi et il détestait ça. Pourquoi ? Parce qu'il n'avait pas l'impression qu'il le méritait. - Quoi ? Mais tu as perdu le lapin ? Il hocha rapidement, sans vouloir en ajouter davantage puis... ATTENDS, QUOI !? Pourquoi lui posait-il cette question ? C'était lui qui avait pris la peluche... non ? Sa bouche devenue bien pâteuse et le sujet retourna au genre non identifié de Mathewsen qui incita au bleu à le regarder correctement. - Oui et ? Non... j'abandonne. Si t'es pas foutu de voir que je suis un garçon, c'pas ma faute. Parce que crier tout haut qu'il était un garçon viendrait à le mettre en colère et il n'avait pas forcément envie d'en arriver là. Il lui demanda alors s'il avait quelque chose pour remplacer la peluche.

- Remplacer la peluche ? Je..non je ne crois pas. Non, bien sûr... À quoi je m'attendais. Il glissa l'une de ses mains entre les mèches de ses cheveux, puis avoua qu'il se sentait dépendant de l'odeur du lapin peluche qu'il possédait. Il voulut d'ailleurs se cogner la tête dans un mur après avoir dit cette bêtise, mais il allait s'en passer. Ce qui est fait est fait. - Dépendant ?

- Arrête de répéter tout ce que je dis, ça devient... gênant. Et il lui demanda ensuite s'il n'avait pas une autre peluche et il ne fut guère capable de quémander un morceau de vêtement. Ces mots ne voulaient pas franchir la barrière de ses lèvres. Morceau de vêtements... Non, c'était impossible pour Leslie de lui demander ça. - Un quoi ? Et non, je me trimballe pas avec des peluches sur moi en général. Le Serpentard lui lança un sourire sarcastique. - Que c'est dommage. Il cherchait surtout à lui faire comprendre qu'il n'était pas con et qu'il savait qu'il ne traînait pas de peluches. Le problème aurait été réglé assez rapidement dans le cas contraire. Il lui précisa donc que n'importe quoi pouvait le satisfaire.

-N’importe quoi… Ben, je vois pas… J’ai pas de peluche à Poudlard, ni chez moi d’ailleurs. Et je vois pas comment remplacer cette peluche… Leslie pinça les lèvres tout en croisant les bras.

- Tu es un Serdaigle, tu vas trouver une solution... J'ai confiance.
- Mais comment tu as fait pour la perdre ? Une peluche, ça ne marche pas jusqu’à nouvel ordre.

Mathewsen pencha la tête en gardant les bras croisés. - Je pensais que tu étais allé la chercher... Il y avait un papier qui traînait dans ma chambre. C'était écrit dessus; Retour au propriétaire. Il fronça les sourcils, ne comprenant plus rien à cette situation. Et si Miller n'y était pas allé... Seuls Little et Lawford connaissaient l'emplacement de sa chambre. Il décroisa les bras en essayant de comprendre. Miller n'était pas responsable de la disparition de la peluche. Alors... Little ? Non... Avec ce qui s'était passé entre eux, il ne pouvait tout simplement pas imaginer Cliff lui faire un coup pareil. De plus, l'écriture sur le papier aurait été trop simple à déchiffrer. Little avait un style particulier.

- Hé mhm... tu es avec Little dans le dortoir non ? Les pensées du Serpentard furent coupées par cette question qui le cloua sur place et le laissa dans un chamboulement inimaginable. Pourquoi Little ? Pourquoi Elwyn connaît ce nom ? Pourquoi est-ce qu'il pose cette question ? Est-ce qu'il sait que je dormais avec lui ? Est-ce qu'il sait ce qui est arrivé entre lui et moi ? Ah, citrouille... Et si c'était une question piège ? Je ne peux pas dire non... Mais je ne peux pas dire oui... Est-ce qu'il ferait une liaison entre moi et lui ? Et s'il me demandait ça par hasard ? Le vert et or se força un rire gêné et maladroit.

- Je... ne suis pas sûr... de comprendre. Il s'humecta les lèvres.
- Je ne suis pas avec Little. Il secoua la tête en comprenant qu'il venait de dire une connerie.
- Je veux dire... je... ne... je ne partage plus... pas... son... Il resta la bouche grande ouverte, à chercher ses mots sans vraiment savoir comment il allait s'en tirer.
- Notre dortoir... ? Une voix lui criait qu'il devait s'arrêter là.

- Ce que je veux dire, c'est que nous... Heum... Nous avions partagé le même dortoir et Il regarda un peu partout avant de froncer les sourcils, plus par inquiétude que par confusion. Il se rapprocha d'ailleurs du bleu et souffla timidement, d'une voix plus douce mais silencieuse; - Bon sang, c'est quoi cette question Miller ? Qu'est-ce que tu cherches à savoir ? Il le regarda droit dans les yeux après ça, à la recherche d'une réponse. Il abaissa ensuite son attention en secouant la tête à nouveau.

- Et... Tu peux me prêter un... un chandail ? ... N'importe quoi je te dis... S'il te plaît.

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MessageSujet: Re: I do not think it means what you think it means. [22 Septembre 1997] Sam 17 Sep 2016 - 9:15


Elwyn fixait Leslie, il se demandait pourquoi cette demoiselle lui rappelait souvent de vieux souvenirs oubliés. Comme un arrière-goût de déjà vu ou des remontées d’acide dans la gorge, c’était relativement désagréable, en plus d’être inexplicable.

Un après-midi d’été, une douce brise et un ciel sans le moindre nuage. C’était ce genre de journée, il en était presque sûr. L’orphelinat avait emmené les enfants au zoo grâce aux bonnes grâces de la mairie qui avait offert des places gratuites à ces pauvres malheureux, histoire de redorer leur blason. Le maire de l’époque souhaitait être réélu et quoi de mieux que de montrer sa bonté envers de pauvres âmes déchues. Les enfants étaient tout excités à l’idée de sortir de l’orphelinat, ils étaient montés dans un bus pour la première fois. Haneul avait d’ailleurs trouvé ce véhicule énorme, comme un serpent sans fin. Les enfants avaient été intenables durant le trajet, ils se chahutaient, grimpaient sur le dossier des sièges, criaient à n’en plus pouvoir au point que les gouvernantes avaient eu un mal fou à les calmer. Une fois sur place, ils avaient vu les magnifiques tigres, les colorés paons, les dynamiques kangourous, les paresseux hippopotames et les amusants singes.

Haneul était aux anges, il aimait beaucoup cet endroit et cela se traduisait par un débit impressionnant de paroles. Pourtant, alors que les gouvernantes recomptaient les enfants dans l’optique de leur acheter une glace, elles se rendirent compte qu’il en manquait un : le petit Haneul. Paniquées, elles s’étaient séparées et l’avaient cherché pendant une dizaine de minutes en criant son prénom. Une des gouvernantes l’avait finalement retrouvé, assis devant l’enclos des singes. Visiblement, il était resté devant cet enclos sans bouger, plusieurs adultes le fixaient en murmurant, mais il ne semblait pas les entendre. La gouvernante s’était penchée vers lui prête à le sermonner, mais fut arrêter dans son élan. L’enfant pleurait, et ce n’était pas des larmes de crocodile, mais bien des larmes de douleur qui déformaient son visage. Ne comprenant pas ce qui se passait elle l’avait questionné en lui demandant : "tu pleures parce que tu ne veux pas quitter cet endroit ?", mais l’enfant était resté muet comme une tombe les yeux rivés sur l’enclos.

Elle se mit à fixer elle aussi l’enclos : il y avait plusieurs singes accrochés à des branches, un énorme singe en train de manger des restes de fruits éclatés sur le sol, une maman singe et son bébé. Rien de particulier en somme, au moment même où cette pensée avait traversé son esprit, elle comprit d’où venait le problème : la maman singe n’avait pas un comportement « normal » avec sa progéniture. Elle le tenait par les pieds avec nonchalance, le secouait dans tous les sens puis à plusieurs reprises, elle l’avait abandonné sur le sol préférant s’occuper des puces de ses confrères.  Le bébé était encore faible et tremblait sur ses membres en criant, incapable de la rejoindre. Il faisait vraiment peine à voir. La sélection naturelle. La nature peut être incroyablement cruelle avec les plus faibles. Probablement que ce bébé singe était trop faible pour survivre et que sa mère le savait, d’où son comportement atypique.

Elle avait pris le petit garçon dans ses bras ne sachant pas quels mots utiliser pour le consoler. Elle en avait vu des enfants abandonnés, brisés, mais cette scène avait effrité la carapace qu’elle avait construite autour de son cœur. Elle avait porté dans ses bras Haneul qui pleurait à chaude larme et qui répétait comme un disque rayé : « il est nul le bébé singe, je l’aime pas. Il est nul. Je l’aime pas ». Il s’était accroché à sa nuque et avait mouillé son t-shirt de ses larmes avant de s’endormir. Elwyn n’aimait pas particulièrement les zoos, probablement une séquelle de sa rencontre avec son reflet.


Depuis son abandon et son adoption, Elwyn avait appris à pardonner (à tout le monde sauf  à lui-même). Ou plutôt, il pensait qu’il avait appris à pardonner, à aimer et à faire confiance à nouveau. Qu’il avait fermé les yeux sur son passé, sur le fait d’être non désiré et son quotidien, qu’il avait tourné la page de cette histoire aux couleurs sépia. Que ses barrières méticuleusement construites année après année étaient indestructibles et qu’à présent, il était une forteresse imprenable avec des convictions et un mental solide, inébranlable. Que se passe-t-il quand le petit monde parfait que l’on s’était créé pour se protéger se fissure, s’effrite et finit par s’écrouler laissant entrevoir l’autre côté du miroir ? La réalité. Yong shik avait joué le rôle du pied de biche s’enfonçant dans la brèche de son cœur pour faire céder ses gonds, il avait réveillé le Léviathan en lui et avait semé le chaos en détruisant l’ordre primitif de son être. Tant de choses étaient cachées en lui, Elwyn était complètement perdu, il ne se reconnaissait plus et ne savait plus qui il était vraiment. Il avait le sentiment d’être enfermé dans une pièce sombre sans la moindre once de lumière, et personne à l’extérieur capable de l’entendre et de le libérer. La pièce de ses souvenirs oubliés. Un désir mordant l’habitait, celui d’être enlacé et protégé, d’être trouvé et d’être guéri par une autre personne. Existe-t-elle sur cette terre ? Probablement que non.

« Je t’aime », des mots si doux à entendre. Un combat a lieu dans son cœur afin d’éliminer ce monstre qui enfle en lui et tente de le transformer. Une bataille perdue d’avance, le monstre est enfoui bien profondément, il fait partie intégrante de son être. Ce n’est pas les médicaments les plus puissants qui peuvent le guérir, c’est simplement l’amour, l’attention, le pardon et la tendresse. Ô oui, c’est cliché, atrocement cliché et pourtant c’est ce qui dicte chacun de nos actes depuis nos premiers cris jusqu’à notre dernier souffle. L’amour et plus précisément, être aimé pour ce que l’on est : un être imparfait.

Stanley avait raison, dans la vie nous avons deux choix : celui de pardonner ou de se venger. D’aimer ou de haïr. Elwyn avait cru pendant de nombreuses années avoir choisi le pardon et l’amour. Il s’était créé cette carapace de perfection, rejetant toutes autres formes d’émotions qu’il jugeait néfastes : la colère, la jalousie, l’envie, la haine, la vengeance, le désir, la rancœur. Et il réalisait, à présent, que tout ce qu’il  avait cru jusqu’à aujourd’hui n’était que mensonges. Dans ses veines coulaient un poison puissant qui, petit à petit, avait empoissonné son cœur pour le refroidir à jamais : la haine. L’émotion des lâches et des faibles, l’émotion des êtres brisés et déchus. Il s’était rendu compte à quel point il haïssait sa mère jusqu’au plus profond de son corps, sous sa peau. Il maudissait cette femme et souhaitait qu’elle souffre, que la vie s’acharne sur elle. L’existence même de cette femme exerçait sur lui une véritable fascination, une fascination morbide. Leslie avait dit à Elwyn que ses prunelles n’avaient plus aucune lueur, ô Leslie avait mal lu. Il y avait bien une lueur qui ne s’était pas éteinte dans les yeux du Serdaigle : la brûlure de la haine, la morsure de la vengeance. Elwyn était enchaîné à son passé et ses blessures d’enfance, il avait laissé ainsi ces immondes émotions pondre en lui, naître et finalement s’emparer de son âme.

Après les mots cruels, Leslie s’arma des mots qui vous caressent. Des mots  qu’Elwyn avait pendant longtemps souhaité entendre au point qu’ils l’ébranlèrent. Il n’était pas du tout préparé à les entendre dans un coin de couloir et de la bouche de cette demoiselle qui plus est. Il souhaitait la remercier, mais ne savait pas comment le faire sans être trop ou pas assez familier. Il vint tapoter sur sa tête tendrement en la remerciant. Leslie fut prise au dépourvu et sursauta. Timidement, elle releva son visage vers lui et il tenta de lui offrir un léger sourire sans que ce dernier ne se transforme en grimace à cause de la gêne qu’il ressentait à présent. Il baissa la tête et au même moment des doigts effleurèrent son menton. Le geste avait été si rapide qu’il eut à peine le temps de voir le bras de Leslie s’abaisser. Qu’avait-elle cherchait à faire ? Elle évitait son regard, visiblement elle ne souhaitait pas parler de cette scène. Elwyn décida de la questionner sur cette  histoire de garçon, mais Leslie lui demanda simplement de la regarder. Ce qui ne l’aidait pas plus à répondre à cette question.

Leslie avait repris du poil de la bête et lui demandait, non lui ordonnait de trouver un substitut au lapin en peluche. Elwyn n’avait bien évidemment aucune peluche sous le coude à offrir à la demoiselle. C’est à ce moment qu’elle lui fit la déclaration la plus étrange qu’il n’ait jamais entendue (après avoir appris être un sorcier tout de même) : elle était dépendante de cette odeur. Les joues du Serdaigle se colorèrent immédiatement d’un rose discret. Qu’est-ce que cela pouvait bien signifier ? Pris au dépourvu, il répéta ce que la Serpentard avait dit, ce qui ne fut pas à son goût.

- Arrête de répéter tout ce que je dis, ça devient... gênant.

Quel caractère ! En plus d’être atrocement capricieuse ! Elwyn avait l’habitude avec sa sœur et ne se laissa pas démonter : - ouais enfin, actuellement … je sais pas qui de nous deux dit les choses les plus… « gênantes ». Sans compter qu’elle venait juste de lui ordonner –ou comme telle-  de remplacer cette peluche. Elle n’apprécia pas sa petite pointe concernant le port de peluche quand il se baladait dans les couloirs et lui fit  savoir d’une réponse aux intonations sarcastiques.


- Tu es un Serdaigle, tu vas trouver une solution... J'ai confiance.

-Mhm, si tu le dis.

Il fit une moue pensive en pinçant les lèvres les yeux fixés sur un point, ça n’avait rien à voir avec les Serdaigles. Jusqu’à nouvel ordre, il n’allait pas  sortir une peluche de son chapeau. À la limite, il pouvait métamorphoser un objet en peluche avec sa baguette, mais ce ne serait pas à son goût puisque cette peluche artificielle n’aurait pas son odeur. Ne sachant pas comment se sortir de ce mauvais pas, il détourna le sujet en lui demandant comment elle avait pu la perdre. À défaut de lui en donner une autre, peut-être pouvait-il la retrouver.

- Je pensais que tu étais allé la chercher... Il y avait un papier qui traînait dans ma chambre. C'était écrit dessus; Retour au propriétaire.

-Je ne sais pas où est ton dortoir, je ne pense pas pouvoir entrer en plus. Mais c’est bizarre cette histoire, dit-il en imitant Leslie et en fronçant les sourcils. Je n’ai reçu aucune peluche ou alors elle est dans ma chambre, peut-être… Je n’y suis pas retourné depuis le repas. Si je la retrouve, je te la rendrai.

Quelque chose le turlupinait et il le fit savoir :

- Qui aurait pu faire ça d’après toi ? Et surtout pourquoi ?

Après quoi, il eut l’idée de lui demander si elle était dans le dortoir avec Little, afin de savoir dans quel dortoir dormait la Serpentard, il aurait pu demander à Stanley, mais la question ne lui avait jamais traversé l’esprit avant. Et puis, Stanley allait se poser des questions s’il en venait à quémander des informations sur les dortoirs des Serpentards et Leslie. Sans compter que son ami lui cachait des choses, il lui avait annoncé avoir reçu une lettre de Stevenson durant l’été, mais ne lui avait pas parlé du contenu. Le Serdaigle avait déduit qu’ils étaient plus intimes que ce qu’ils laissaient croire. Elwyn avait beau être nul en relation humaine, il comprit que sa question chamboulait ou dérangeait Leslie. Elle semblait plus tendue et sur la défensive que d’habitude.


- Je... ne suis pas sûr... de comprendre.

Il allait ouvrir la bouche, mais elle continua sur sa lancée.

- Je ne suis pas avec Little. Elwyn fronça les sourcils et pencha la tête : donc elle était bien dans le dortoir des filles. - Je veux dire... je... ne... je ne partage plus... pas... son...

-dortoir ?

- Notre dortoir... ?  

Dans sa façon de le dire, Elwyn avait l’impression qu’elle lui posait la question à lui. En tout cas, c’était tout sauf naturel, comme si elle réfléchissait à la meilleure réponse.

- Bah euh…  oui ton dortoir, quoi.

- Ce que je veux dire, c'est que nous... Heum... Nous avions partagé le même dortoir. Elle se rapprocha d’Elwyn et murmura : - Bon sang, c'est quoi cette question Miller ? Qu'est-ce que tu cherches à savoir ? Elle le fixa, mais il ne détourna pas les yeux. En effet, il ne comprenait pas du tout les raisons d’un tel comportement et ce qui pouvait la déranger à ce point… à moins que… Little soit son petit copain et qu’ils ont partagé un lit ensemble.

-Je voulais juste savoir si toi et Little étiez dans le même dortoir… je ne pensais pas que cela puisse te poser problème. Je ne connais pas la disposition des dortoirs chez les Serpentards, c’était une simple curiosité d’aigle. MythooOOOOo. Il hésita :- Je ne voulais pas être indiscret… Il avait fini par conclure que Leslie devait sortir avec Little vu sa réaction démesurée à une question toute bête ou alors elle en est amoureuse.

- Et... Tu peux me prêter un... un chandail ? ... N'importe quoi je te dis... S'il te plaît.

Elle le suppliait presque à présent. Elwyn déglutit les joues rouges, impossible de ne pas le remarquer. Il réfléchit en quatrième vitesse, il n’allait pas lui donner un t-shirt, il baissa les yeux sur sa tenue… pas sa cape, ni son pantalon, ni sa chemise et sa … mais oui il tira sur le nœud de sa cravate, toujours rouge coquelicot.

-À la limite, je peux te prêter ma cravate… ça te convient ? C’est pas très gros, mais c’est mieux que rien… Enfin… je comprends toujours pas pourquoi ça a tant d’importance pour toi.

Il défit complètement le nœud et fit glisser la cravate jusqu’à la retirer complètement. Rouge pivoine, il tendit la cravate bleue et bronze à Leslie en fixant  ses pieds : - Tiens ! J'irai vérifier sur mon lit si la peluche est vraiment revenue à son propriétaire.

Il releva les yeux dès qu’elle l’a pris et croisa le regard d’une première année cachée dans l’ombre. Une décharge de panique traversa son corps de part en part, qu’allait-elle penser en voyant Elwyn retirer sa cravate pour l’offrir à Leslie dans un coin sombre ? Et depuis combien de temps était-elle là ? Avait-elle vu également son geste « affectueux » ? Il imaginait déjà les rumeurs qui verraient le jour demain si la petite parlait : Leslie et Elwyn se bécotent dans les couloirs à l’abri des regards d’ailleurs Miller était quasiment nu quand on les a surpris ou alors Leslie collectionne les cravates de ses ex, elle a une sacrée collection.

Il s’écarta brusquement de Leslie, ce qui était encore plus louche.

-Oh euh, coucou !

Il désigna Leslie d’un coup de tête : on discutait avec Mathewsen,haha,  n’est-ce pas ? Il tira sur son col les joues rouges, Tu t’es perdue ?? Tu as besoin d’aide ?

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MessageSujet: Re: I do not think it means what you think it means. [22 Septembre 1997] Mar 20 Sep 2016 - 21:38

- Ouais enfin, actuellement … je sais pas qui de nous deux dit les choses les plus… « gênantes ». Et il avait raison. D'entre eux, Leslie était celui qui avait engendré tous les malaises qui s'étaient présentés jusqu'à maintenant. Miller ne faisait que répéter ses propres paroles, les mêmes mots et c'était ça qui rendait la situation encore plus étrange. Le Serpentard était gêné par tout ce qu'il arrivait à prononcer, alors si Miller devait répéter après lui à toutes les fois... On a pas besoin de faire durer le malaise. L'adolescent préféra rester silencieux suite à la remarque puis ils continuèrent de discuter. Le sujet "peluche" était assez primordial pour Leslie. Il devait la retrouver ou avoir un substitut pour la remplacer, jusqu'à ce qu'il puisse la ravoir. Oui, il avait l'intention de la reprendre, même s'il avait pu voir le lapin entre les mains d'une gamine. Une peluche, ça se vole. Cependant, avant de faire des bêtises, il avait Miller pour l'aider, même si celui-ci ne semblait pas relier les évènements. Le vert et or insista donc sur le fait qu'il avait confiance en lui, parce qu'il était un Serdaigle. Elwyn allait bien pouvoir retrouver la gamine et lui demander la peluche. Ce n'était pas si difficile à exécuter, sauf si la gamine en question s'était attachée à l'objet désiré. - Mhm, si tu le dis. Ouais... Tout dépendait aussi de la volonté du bleu et il fallait croire qu'à ce niveau, c'était plutôt négatif.

La suite des choses fut assez pénible pour Mathewsen. En effet, Miller ne semblait pas être conscient de la disparition de la peluche. Leslie lui partagea donc sa trouvaille, le petit bout de papier qu'il avait retrouvé dans sa chambre. Il ne l'avait pas avec lui, mais il était évident que la peluche avait été retourné entre les mains de son premier propriétaire, puisque c'était ce qui était écrit.

-Je ne sais pas où est ton dortoir, je ne pense pas pouvoir entrer en plus. Mais c’est bizarre cette histoire. Je n’ai reçu aucune peluche ou alors elle est dans ma chambre, peut-être… Je n’y suis pas retourné depuis le repas. Si je la retrouve, je te la rendrai. Okay... Elwyn n'était pas responsable de la disparition de la peluche. Leslie sentit un goût bien amer prendre place dans sa bouche, alors que la tension montait en lui. Ses pupilles rencontrèrent le sol et sa jambe droite commença à gigoter dans un tic nerveux.  

- Qui aurait pu faire ça d’après toi ? Et surtout pourquoi ?
- Tu penses que je serais là si je savais ? demanda-t-il en haussant le ton, mais il se calma bien vite et glissa ses propres mains dans ses cheveux. Il était désespéré. - Désolé. Désolé pour l'avoir agressé, désolé pour l'avoir accusé et pour avoir haussé le ton contre lui. Enfin, le pire était encore à venir et pour une fois, ce fut Elwyn qui posa une question qui embrouilla le Serpentard. Cliff Little était le meilleur ami de Mathewsen. Ironie du sort, Little était aussi la personne que Leslie évitait le plus à présent. Un récent accident avait mis un froid entre les deux jeunes garçons, un froid dont Leslie était le seul responsable. Après tout, Cliff avait tout fait pour reparler à son camarade, mais ses efforts étaient toujours anéantis par l'ignorance de Mathewsen. Finalement, plus le Serpentard essayait de s'exprimer face à la question de Miller, plus le sujet devenait lourd à supporter. Leslie cherchait ses mots et Elwyn concluait ses phrases, ce qui aidait un peu, mais le cinquième année restait perdu dans sa petite tête. Ce fut avec hésitation qu'il finit par se rapprocher pour lui demander ce qu'il voulait réellement savoir. Miller ne lui avait jamais posé ce genre de question auparavant.  

-Je voulais juste savoir si toi et Little étiez dans le même dortoir… je ne pensais pas que cela puisse te poser problème. Je ne connais pas la disposition des dortoirs chez les Serpentards, c’était une simple curiosité d’aigle. Il ne connaît pas... la disposition... des dortoirs. Aller, Miller était innocent dans son genre. Ce fut ce que Leslie pensa pour apaiser son esprit, mais il ne pouvait s'empêcher de juger le bleu à présent. Cette nouvelle information en ce qui concernait les connaissances du sorcier envers les dortoirs lui engendrait un vide de compréhension, ce fut au point qu'il préférait ne pas y croire. Elwyn ne pouvait pas être inconscient de la disposition des dortoirs du côté des Serpentard, surtout pas après cinq années entre les murs du château. D'accord, il n'était peut-être pas le plus aventurier de tous ou celui qui possédait le plus de connaissances sur les dortoirs des différentes maisons, mais c'était un peu... intense. Il était préfet en plus... Un sourire forcé et maladroit se dessina contre le visage de Mathewsen, alors qu'il restait bien droit. L'incertitude englobait tous ses mouvements et ses prunelles descendirent contre le corps du Serdaigle, comme si elles lui demandaient s'il était sérieux. Enfin, à bien y réfléchir, Leslie ne connaissait pas la disposition des autres dortoirs. Alors, peut-être que la question était réellement intéressante. Après tout, ce n'était pas parce qu'il dormait seulement avec les garçons que cela voulait dire que c'était ainsi pour tous. Et son dortoir, il est comment ? Se demanda-t-il en fronçant les sourcils.

- Je ne voulais pas être indiscret…
- Wowoh ! s'emporta-t-il en gardant la bouche ouverte. Il avait aussi levé les mains vers Miller, mimant un X pour désapprouver ce qu'il venait de dire.
- Il n'y avait rien d'indiscret... Moi et Little, on a toujours été dans le même dortoir. Il est arrivé un truc et... Et je ne suis plus dans son dortoir à présent. C'est tout. Il hésita un instant avant de poursuivre. - Mais il n'y a rien entre lui et moi. Son visage s'éprit d'une teinte rouge. Il préféra donc détourner son attention, se détendant un peu puis il reprit en lui précisant que pour remplacer la peluche, tout pouvait lui faire plaisir. Au fond, ce qu'il recherchait, c'était son odeur. - À la limite, je peux te prêter ma cravate… ça te convient ? C’est pas très gros, mais c’est mieux que rien… Enfin… je comprends toujours pas pourquoi ça a tant d’importance pour toi. Ta cravate... Sa cravate, oui. Sous un différent contexte, Mathewsen aurait pu être déçu par cette offre. Passer du chandail à la cravate, ça n'avait rien de très victorieux, mais la signification de la cravate prenait un sens qui le cloua sur place. La cravate, c'est ce qu'on accroche à la poignée de la porte d'une chambre d'hôtel pour aviser qu'on est "occupé". La cravate, c'est plus personnel qu'un chandail. La cravate, on peut faire plein de trucs avec ça... L'image que Leslie s'était fait de cet objet n'était pas très saine. Il avait presque envie d'arrêter Miller, mais rien ne pouvait le faire bouger. Ses prunelles étaient rivées sur les mouvements du Serdaigle. Il cligna des yeux qu'une seule fois puis il sursauta lorsque Elwyn reprit parole.

- Tiens ! J'irai vérifier sur mon lit si la peluche est vraiment revenue à son propriétaire. Leslie prit la cravate entre ses doigts, la pliant avant de l'approcher de son nez. Il avait oublié la présence du bleu. Ça me convient... pensa-t-il en rougissant et abaissant rapidement sa main. Il ouvrit ensuite la bouche pour parler, mais il laissa plutôt s'échapper un léger cri, alors qu'Elwyn s'était brusquement reculé. C'était qu'il venait de lui foutre la trouille à bouger comme ça, pour aucune raison.

- Qu'est-ce que t'as ?

-Oh euh, coucou ! Non, mais à qui tu parles ? Le Serpentard se détourna vers la première année non loin d'eux. - On discutait avec Mathewsen, haha, n’est-ce pas ? Peux-tu être plus louche ? Parce que Miller avait les bons mots et la bonne réaction pour tout transformer cette scène déjà délicate en quelque chose d'immense. Pas étonnant qu'il y avait des rumeurs à son sujet, même lui, s'il aurait été à la place de la gamine, il aurait de suite cru que quelque chose se trafiquait. - Tu t’es perdue ? Tu as besoin d’aide ? La petite se rapprocha rapidement en levant la peluche vers Miller dans un geste craintif. En la voyant faire, Leslie se recula et cacha la cravate sous sa cape pour que la gamine ne puisse pas la voir. - Tiens, c'est à toi ! dit-elle d'une voix trop aiguë et trop forte. Elle semblait encore plus timide que Mathewsen en face de Wang. Elle tenait la peluche à deux mains et gardait la tête penchée pour éviter qu'on puisse voir son visage. Elle n'attendait que Miller prenne la peluche pour repartir, mais Leslie ne pu s'empêcher de lui poser la question avant qu'elle ne parte trop loin; - HEY ! Tu l'as volé ? Comment cette première année avait fait pour avoir la peluche si Miller n'était pas la personne qui lui avait remise ? De plus, elle savait que le lapin appartenait à Elwyn... C'était à ne plus rien comprendre. - Non ! C'est Lolfard qui me l'a donné. Je suis pas une voleuse. C'est méchant de dire ça !

- Lol...fard... Lol... Lawford ! Rawh... POURQUOI ?! La jeune Poufsouffle regarda vers eux avant de secouer la tête. Elle disparut ensuite en tournant dans le couloir tout en criant un joli; - J'te le dis pas !!

La colère monta assez rapidement chez Leslie. Il se tourna vers Miller, le regardant un instant avant de relever la cravate et de la déplier. Il avait l'impression qu'il avait merdé. Pour sûr, il allait devoir discuter avec Felix, mais il n'en avait pas la moindre envie. Non, si cela concernait le bond, alors c'était une cause perdue. Sa colère se changea en regrets puis en tristesse avant de finir dans une profonde honte. - Je crois que... j'en ai pas besoin... Il se rapprocha du bleu en soupirant puis leva ses mains vers lui. Du bout des doigts, il redressa le collet de la chemise de Miller et se rapprocha davantage pour glisser la cravate derrière sa nuque. Il se mit sur la pointe des pieds pour s'aider un peu, sans se rendre compte de la proximité de son corps avec celui d'Elwyn. Il était, encore une fois, pris dans sa tête et là, tout ce qu'il voulait faire, c'était un stupide noeud. Il commença doucement, se concentrant, mais il dut recommencer en voyant qu'il s'était trompé.

- Attends... Je vais l'avoir. Ou pas. En fait, il avait beau avoir fait ça à plusieurs reprises, là, il n'arrivait à rien. P'tain, t'arrives jamais à rien Mathewsen. Vas-y, t'es même plus capable d'attacher une cravate. Sa deuxième tentative fut aussi ratée que la première. Un petit rire entre la tristesse et la nervosité s'échappa d'entre ses lèvres, alors qu'il fixait son oeuvre. Il n'eut même pas la force de le défaire. Il préférait abandonner. - Je... heum. Je suis désolé. Il tapota contre son noeud raté et leva la tête vers lui, se rendant ainsi compte que le vide qui les séparait était assez mince. - Pour le noeud... poursuivit-il en fixant les lèvres d'Elwyn. Ça ne doit pas être déplaisant de l'embrasser... Son coeur manqua un bond et ce fut ce léger choc qui le fit revenir à la réalité. Il pencha donc son attention et laissa sa main glisser contre le torse du bleu avant de la retirer. - Bon... Il se recula.  

- Je vais reprendre la peluche. Je vais savoir sur qui aller crier, si jamais elle disparaît à nouveau. C'est une bonne chose, hein ? Il se força un rire tout en regardant un peu partout autour de lui. - La prochaine fois, je te promets que je vais venir te voir avec le sourire. Je crois que je te dois au moins ça et merci... pour tout. Il sourit en coin, allant lui donner un léger coup de poing contre l'épaule. C'était son petit geste affectueux, quelque chose qu'il rêvait de faire depuis longtemps, mais ce n'était pas avec Amelia ou même Cliff qu'il pouvait faire ce genre de chose. - T'es quelqu'un de bien Elwyn Miller.

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MessageSujet: Re: I do not think it means what you think it means. [22 Septembre 1997] Mar 4 Oct 2016 - 4:57


Leslie était une véritable girouette changeant de direction au gré des caprices du vent. Elle était tour à tour douce, acerbe et agressive avec le Serdaigle qui ne savait plus sur quel pied danser en sa présence. Si au départ cela était assez surprenant, il devait avouer qu'il avait fini par s'habituer et qu'il laissait "couler". Tout comme le marin pris dans la tempête attend sagement qu'elle se calme pour naviguer en toute sérénité. Elle avait le don de l'énerver autant qu'elle pouvait l'apaiser. Elle lui reprocha de jouer au perroquet, Elwyn ne s'était pas laisser démonter pour autant. Il avait l'habitude d'avoir une sœur plus jeune, capricieuse et excessive, d'ailleurs, elle et Leslie devaient avoir pratiquement le même âge. Fronçant les sourcils, il lui fit remarquer que des deux, la personne disant le plus de choses gênantes ce n'était pas forcément lui.

Elle ne répliqua rien et préféra revenir sur le sujet de la peluche qui, visiblement, lui tenait beaucoup à cœur. Elle ajouta que comme il était un Serdaigle, elle lui faisait confiance pour retrouver cette fameuse peluche. Il était un Serdaigle, certes, mais jusqu'à nouvel ordre, il ne pouvait pas créer une peluche avec du vent et il ne comptait pas mener l'enquête auprès de toutes les premières années à Poudlard. Il apprit que la disparition de la peluche avait été accompagnée d'un petit mot informant qu'elle était retournée à son destinataire, sauf qu'Elwyn ne l’avait pas vu depuis cette fameuse soirée au parc. Il demanda naturellement à Leslie si elle avait une idée sur l’identité du fameux « voleur ».


- Tu penses que je serais là si je savais ? Elle éleva la voix, mais Elwyn ne se laissa pas impressionner et continuait à la dévisager, sceptique.

- Oui, puisque tu m'as accusé sans savoir.

Elle s’excusa aussi sec. C'était vraiment une Jean qui rit, Jean qui pleure Elle semblait à bout de nerfs et fatiguée, comme si quelque chose la rongeait de l’intérieur, mais ça ne surprenait pas vraiment Elwyn surtout pas dans le contexte actuel. Enfin, ce n'était pas non plus une raison pour passer ses nerfs sur lui. Ce n'était pas un punching-ball. N’oubliant pas ces histoires de genre, il la questionna sur son dortoir dans l’espoir d’obtenir enfin une réponse, mais le résultat ne fut pas vraiment concluant. Elle passa d’un non, à un oui, à un non, puis à un oui. Peut-être que Leslie et Little étaient en couple ou qu’elle ressentait une certaine attirance, quoi qu’il en soit Elwyn ne comprenait pas pourquoi Leslie semblait aussi mal à l’aise à l’écoute de sa question et il s’excusa pour son indiscrétion. La réaction ne se fit pas prier : la Serpentard tendit les bras devant elle pour former un « X » en s’exclamant :

- Wowoh !  Il n'y avait rien d'indiscret... Moi et Little, on a toujours été dans le même dortoir. Il est arrivé un truc et... Et je ne suis plus dans son dortoir à présent. C'est tout.  Mais il n'y a rien entre lui et moi.

Elle était en train de rougir tout en lui expliquant sa situation chaotique : dans le dortoir, puis plus dans le dortoir. Sa réponse ne l’aidait pas plus à résoudre le mystère Leslie. Pour sûr, il y avait quelque chose de louche dans cette histoire. Son comportement en disait long. Peut-être que Stanley en saurait plus à ce sujet, il pourrait essayer de le questionner de façon indirecte.

La Serpentard changea de sujet en lui redemandant un objet pour remplacer la peluche, elle insista sur l’importance d’avoir son odeur, il n’en fallut pas plus pour le mettre mal à l’aise, enfin il avait connu pire avec Maya dans la douche. Chassant cette vision et surtout ses sensations, il se mit à défaire sa cravate, il ne voyait pas quoi lui donner d’autres et il ne comptait pas se dépoiler pour répondre à son désir (une demoiselle l'avait déjà vu nu, ça lui suffisait dans l’immédiat). Il lui tendit la cravate aux couleurs de sa maison en l’informant de son intention de continuer à faire des recherches sur la disparition de cette fameuse peluche. À ses yeux, seul un autre Serpentard avait pu faire ça, mais qui ? Et pourquoi vouloir rendre la peluche à Elwyn ? Est-ce que Leslie avait parlé de cette peluche à quelqu’un d’autre ? Qu’avait-elle pu dire sur le Serdaigle ?

La Serpentard prit la cravate et doucement l’approcha de son nez pour renifler l’odeur. Tous le corps du jeune homme fut parcourut d’une décharge électrique, il rougit et détourna les yeux de la scène. Ne fait-on pas cela lorsque l'on est amoureux ? C’est à ce moment qu’il croisa deux petites prunelles timides qui observaient la scène, une première année était là dans l’ombre à les dévisager. Le break tabou, les rumeurs et moqueries refirent surface comme un tsunami et détruisirent les barrières de son self-control. Non, il ne voulait plus revenir comme il y a 2-3 ans en arrière lorsqu’on le pointait du doigt et se moquait, il ne voulait plus être la risée ni celui déclenchant des murmures sur son passage. Il s’éloigna brutalement de Leslie.

La Serpentard ne remarqua pas de suite la première année et Elwyn essaya très maladroitement de se justifier, empirant certainement la situation. Il lui demanda si elle avait besoin d’aide. La première année s’approcha prudemment en tendant devant elle une peluche lapin.

- Tiens, c'est à toi !

Elle avait une petite voix et baissait la tête, elle semblait atrocement timide. Elwyn reconnut la fameuse peluche, celle que recherchait Leslie. Il se souvint de la foire, de sa rencontre avec Leslie, de la lourdeur de son corps sur ses épaules. À bien y repenser, cette rencontre semblait surréelle. La petite n'avait pas l'air d'une voleuse, sans compter qu’elle était une poufsouffle et n’avait donc pas pu intégrer le dortoir de Leslie. Le Serdaigle prit une voix douce et attrapa la peluche :

- Merci, tu l’as…

- HEY ! Tu l'as volé ? Leslie ne lui laissa pas le temps de finir sa phrase et questionna la petite. - Non ! C'est Lolfard qui me l'a donné. Je suis pas une voleuse. C'est méchant de dire ça !

Elwyn n’y comprenait plus rien du tout. Et qui était ce Lolfard, il n’avait jamais entendu ce nom avant aujourd’hui.

- Lol...fard... Lol... Lawford ! Rawh...

-Lawford ? Felix Lawford dans mon année ? Mais pourquoi ? Et comment savait-il ?, s’exclama surpris Elwyn. Ça se tenait, Felix était un Serpentard et assez joueur ou espiègle pour faire ce genre de mauvais tour.

POURQUOI ?!

- J'te le dis pas !! cria-t-elle en s’enfuyant.

Elwyn fixait Leslie dans l’attente d’une explication, mais elle semblait habitée par un désir brûlant de frapper dans quelque chose. Tant que ce n’était pas son visage, cela lui allait. Désignant la cravate, elle murmura :

- Je crois que... j'en ai pas besoin...

Elwyn ne quittait pas des yeux le petit morceau de tissu :- Oui, mais comment Felix savait-il pour la peluche ?

Leslie s’avança vers lui et il ne réalisa que tardivement que la distance qui les séparait s’était atrocement amenuisée. Elle toucha son collet de chemise et passa la cravate derrière sa nuque.

-Qu’est-ce … que …

Il avait bien évidemment la réponse à sa question et Leslie était trop concentrée pour daigner lui répondre. Il sentait ses doigts s’activer autour de sa nuque, il pouvait sentir leur légèreté et chaleur. Son souffle était saccadé et il tentait de respirer tant bien que mal par le nez pour reprendre une respiration normale. Des souvenirs revinrent le frapper, il revoyait Maya nue, il sentait à nouveau la chaleur de son corps et ses doigts contre sa peau.  Une gêne bien pire que ce qu'il n'avait jamais pu ressentir.  Il la dévisageait, sans bouger en se demandant pourquoi elle était aussi douce avec lui. « Pourquoi », était la question qui brûlait ses lèvres à l’heure actuelle, mais il n’osait pas vraiment la formuler. Quelque part, il avait la réponse, il n'était juste pas prêt à l'entendre et à l'accepter.

Elwyn analysait les traits de son visage. Elle avait un petit nez, des lèvres très fines et une peau ivoire. Tout le contraire du Serdaigle. Le jeune homme était troublé, dans son imaginaire ce genre de scène était réservée au couple marié. Il avait souvent vu sa mère adoptive faire le nœud de cravate de son père. Ce n’était, à ses yeux, pas le genre de choses que l’on faisait à n’importe qui, n’importe comment et surtout n'importe où. Il y avait une symbolique derrière cet acte : je tiens à toi, tu es précieux. Fay avait déjà essayé de lui faire son nœud de cravate, il avait fait en sorte de se débrouiller pour le terminer. Fay est son amie, il pouvait accepter qu’elle tente de l’aider, mais Leslie, pourquoi se donnait-elle cette peine ? D'ailleurs Fay avait tenté également avec Stanley, mais avait rapidement abandonné l'idée.


- Attends... Je vais l'avoir.

- Non, mais c’est pas grave, sinon… laisse

Il leva la main droite, mais n’osa pas la poser sur celle de la Serpentard et il finit par suspendre son mouvement en l’air. La demoiselle eut un éclat de rire brisé, le nœud de sa cravate était complètement sens dessus dessous.

- Je... heum. Je suis désolé.  Pour le noeud... Elle releva le regard vers lui et le dévisagea ou plutôt ses lèvres. Elle était trop près pour qu’il ne remarque pas la direction que prenaient ses yeux. C’était quoi cette tension entre eux ?  Pourquoi fixait-elle sa bouche avec autant d'insistance ? Il tourna la tête comme pour briser le contact visuel de la demoiselle et bredouilla : c’est pas grave.

Sa main glissa lentement de sa cravate sur son torse. Il déglutit, mal à l’aise. Bon... Elle recula enfin le laissant respirer. Je vais reprendre la peluche. Je vais savoir sur qui aller crier, si jamais elle disparaît à nouveau. C'est une bonne chose, hein ?

-Oh euh, oui… il s’éclaircit la gorge en défaisant lentement le nœud raté de la cravate.

- La prochaine fois, je te promets que je vais venir te voir avec le sourire. Je crois que je te dois au moins ça et merci... pour tout.

Elwyn releva les yeux vers elle ce qui lui permit de découvrir un sourire timide à la commissure de ses lèvres.

- Je n’ai rien fait de spécial, tu sais. Un sourire gêné se dessina sur ses joues tandis qu’il refaisait le nœud de sa cravate. Mais tu as promis un sourire pour notre prochaine rencontre, je ne l'oublierai pas et tu as intérêt à tenir ta promesse.

Leslie vint lui donner un léger coup d’épaule, geste vraiment amical qui le surprit. Il la dévisagea en penchant la tête, encore légèrement déboussolé par les événements : Leslie qui se jette sur lui, l’accuse de vol, lui balance des reproches au visage, le remercie, lui dit qu’il fait toujours trop pour les autres et conclut par une accolade.

- T'es quelqu'un de bien Elwyn Miller.

D’abord pris au dépourvu, un sourire illumina petit à petit son visage et une lueur chaleureuse éclaira ses prunelles ténébreuses. « Devenons amis. Apprenons à faire connaissance », voilà ce qu’il comprenait à travers cette accolade maladroite. Il l’imita : toi aussi.

Il se redressa sans la quitter du regard : - Bon, je vais devoir faire ma ronde. Tout est bien qui finit bien. Fais bien attention à cette peluche à présent. Il fit quelque pas en direction du couloir opposé : bonne soirée et à très bientôt.

Depuis son abandon, il avait eu faim. Faim de quelque chose. Quelque chose qu'il était incapable de définir. Ce quelque chose avait créé un manque, un gouffre sans fond en lui et il avait cherché désespérément à comprendre ce qui lui manquait pour enfin se sentir rassasié et bien. Il avait cherché depuis l’orphelinat de l’aide, une protection, de la compréhension, de l’écoute, de l’amour aussi, que ce soit auprès des gouvernantes, de ses parents adoptifs, ses amis. Un besoin insatiable d’aimer et d’être aimé, de se sentir protégé et soutenu. Il avait eu peur de perdre tout ceci tout en réalisant qu’un jour, il devra se débrouiller seul. Devenir fort, devenir le roseau qui ploie sous la puissance du vent. Ces personnes qui lui sont chères l’ont protégé jusqu’à maintenant, mais leur rôle s’arrêtait ici. Tôt ou tard, il allait être livré à lui-même, comme l’oisillon qui doit apprendre à voler et à quitter le nid doux et protecteur. Lui aussi, il devrait déployer ses ailes vers l’inconnu quitte à tomber. Cette peur d’être livré à lui-même, d’être abandonné, sans protection, il devait y mettre un terme. Après tout, même son ombre l’abandonnait dans les ténèbres les plus denses. Il en serait de même pour les êtres qui lui étaient chers.

Il se retourna et dévisagea Leslie qui s’éloignait. Il avait envie de lui crier de fuir, de ne pas s'attacher avant d'être blessée. Il ne faisait que décevoir autrui. Mais n'était-ce pas déjà trop tard ? Les fils de leur vie sont déjà entremêlés et ils ne se déferont pas aussi facilement.


HRP : merci pour ce rp. À toi de voir si tu réponds une dernière fois ou clôtures.

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MessageSujet: Re: I do not think it means what you think it means. [22 Septembre 1997] Aujourd'hui à 11:29

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I do not think it means what you think it means. [22 Septembre 1997]

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