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[1er Septembre] Catching Fire [Neville]

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GRYFFONDOR5ème annéePréfète
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AVATAR : Saoirse Ronan
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SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: En miettes.
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 15 mars 1982, à Plymouth.
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MessageSujet: [1er Septembre] Catching Fire [Neville] Mer 13 Juil 2016 - 19:05


Ça y est. Ils étaient en route pour le château. A la gare, les mines étaient sombres, les parents morts d’inquiétude. Les réformes de l’enseignement n’annonçaient rien de bon. Obligation d’aller à Poudlard. Contrôle du sang. Surveillance. Meredith, elle, était tout de suite allée s’enquérir de ses amis, notamment de Gabriel qui n’avait pas répondu à une seule de ses lettres de tout l’été. Elle se rongeait les sangs à son sujet. Il était renfermé. Ne riait plus. Faisait des blagues à contre cœur. Et surtout, il avait perdu cette étincelle, cet éclat de malice et de jeunesse folle qui le caractérisait tant. A peine l’eut-elle aperçu sur le quai, qu’elle courut vers lui le serra dans bras en se retenant de pleurer. Lui-même semblait bouleversé.

Dans le train, étrangement, la pression était redescendue. On se racontait ses vacances. On discutait de l’actualité. Beaucoup avaient l’air grave, car de nombreuses personnes manquaient à l’appel. Mery pensa à Catherine. A Charlotte. Et surtout, à son frère. Aloysius avait disparu deux jours avant la rentrée. Avec Adam. Il avait longuement discuté avec elle de ses projets. Ils partaient rejoindre un groupe de jeunes qui menaient un front parallèle de résistance. Il avait parlé d’une radio, de Lee Jordan, d’entraînements intensifs, de fuite, de dissimulation. Ses parents, après une longue discussion avec lui, l’avaient laissé partir, car ils savaient qu’à Poudlard, il serait sans cesse sous le regard des forces du mal, et ne pourrait agir. Parce qu’ils avaient depuis longtemps renoncé à le dissuader d’être passif. Ils ne savaient rien de ses ambitions, de sa soif de pouvoir et de sa quête intérieure. Meredith avait deviné tout ça : elle lui avait souhaité de réussir. Lui avait interdit de mourir. Et l’avait missionné de veiller sur Adam. Elle se sentait prête à être la taupe qui transmettrait des informations à son frère dans la résistance, alors qu’elle jouerait son rôle de parfaite préfète à Poudlard. Néanmoins, cette rentrée sans lui ravivait encore une fois la boule qui lui rongeait le ventre et qui l’affaiblissait.

Assise près de son meilleur ami, collée à lui-même, la jeune lionne ressassait ses angoisses et tentait de les juguler. Elle devait être forte, pour tous ceux qui ne le pouvaient plus. Soudainement, le train eut un à-coup, et se mit à ralentir brutalement. Mery se retint au dossier du siège en agrippant Gabriel, et se leva, alerte. Quelques minutes s’écoulèrent, durant lesquelles personne ne bougea, en chuchotant précipitamment. Le train ne bougeait plus. La porte du wagon où ils se trouvaient s’ouvrit à la volée, et deux hommes entrèrent. Un garçon les menaça de prévenir son père, indigné. Mais Meredith eut le temps de se rassoir et de faire une légère pression du doigt à son ami. Elle reconnaissait l’un des hommes. C’était un Mangemort, recherché quelques mois auparavant, qui manifestement venait d’arrêter le train à des fins personnelles. Il était très intimidant.

Pourtant, quand il arriva au niveau de Ginny, un jeune homme se leva, la tête haute, l’air méprisant. Neville Londubat. Un ami proche d’Harry Potter et de Luna. Un membre actif de l’ordre, si elle en croyait les dires de son frère. Il fixa un instant le Mangemort, et leur parla d’une voix emplie de morgue.


« Hey, losers. He’s not here. »

Le sang de la jeune fille ne fit qu’un tour, et visiblement, celui de l’homme également. Il tira sa baguette, la plaça sous le menton de Neville et lui murmure quelques mots à l’oreille. Londubat blêmit, et le Mangemort, satisfait, s’éloigna puis sortit du wagon des Gryffondors. Meredith tourna la tête vers son camarade et le détailla. Il ne payait pas de mine, avec sa chemise à carreau et ses joues rondes. Mais il dégageait une aura de force impossible à ignorer. Un courage palpable. Défier des mangemorts ! Elle ne l’avait jamais vraiment remarqué, il était plutôt du genre discret. Mais en l’observant attentivement, elle se disait qu’il serait parfait dans le rôle du révolutionnaire passionné, agissant dans l’ombre et soulevant des foules pour rétablir la justice.

Bien vite arriva l’heure du rendez-vous des préfets. Elle avait passé sa robe remise à neuf, vérifié qu’elle portait bien son insigne, et se dirigea vers le wagon de devant après un dernier regard vers Gabriel. Sa nomination au poste de préfète le faisait beaucoup rire, et elle s’autorisa une grimace amusée pour lui rappeler que maintenant, elle était responsable et importante, avant de se détourner. Elle se rendit compte en arrivant à destination qu’elle n’avait pas la moindre idée de celui qui partagerait son rôle avec elle. Elle poussa la porte, salua les quelques personnes présentes, et sourit en reconnaissant Dan Carter sur le banc des Serpentards. Elle l’aimait bien, mais elle doutait de ses capacités à être préfet. Enfin, elle pouvait parler, elle. Elle s’assit à sa place, et attendit patiemment le début de la réunion, aux aguets. Elle était prête à tout entendre.

En ressortant, Meredith dut se tenir à un siège pour ne pas s’effondrer. Elle avait envie de vomir. Leurs consignes leur avaient communiquées par un homme et une femme, les Carrow, deux nouveaux professeurs mais également des sortes de « surveillants généraux ». Ils leur avaient parlé d’une nouvelle maison pour les nés-moldus, mais les avait menacés de lourdes représailles s’ils en parlaient avant l’annonce. Ils avaient également abordé un tout nouveau système de punitions basé sur le châtiment corporel. Ils avaient balayé un rapide résumé de leur rôle dans l’année à venir, qui consisterait essentiellement à du flicage plus qu’à du guidage. Bien sûr, ils devraient traditionnellement aider les premières années. Mais en plus de cela, ils devraient au maximum les empêcher de faire des remous, les menacer s’il le fallait, parce qu’il n’y a « rien de pire que des enfants braillards et geignards dans les pattes de professeurs compétents ». Meredith ne savait pas à qui s’appliquait ce qualificatif, mais elle doutait sincèrement des capacités de deux enseignants qui détestent les enfants.

Elle reprenait ses esprits quand son partenaire préfet la dépassa d’un pas vif. Elle fut prise d’une idée folle, et sans réfléchir, lui saisit le bras pour l’arrêter. Elle lui fit comprendre qu’elle devait lui parler loin des oreilles indiscrètes, et l’emmena dans un compartiment vide. Ce n’était pas difficile à trouver, au vu du nombre d’élèves qui ne revenaient pas à Poudlard cette année. Elle lança un sort d’imperméabilité sonore avec assurance, et planta son regard dans celui de Neville.


« Tu dois deviner pourquoi je veux te parler. Tu as entendu la même chose que moi. Je t’ai vu t’opposer à eux avant. »

Elle fronça les sourcils, l’air grave.

« Tu dois comprendre que jamais je n’aurais fait confiance à quiconque d’autre que moi-même sur un sujet aussi grave que celui-ci. Mais il faut agir, Neville, il faut s’opposer à eux. Il faut reformer l’Ordre. Organiser une résistance. Se mettre en travers de leur chemin. Seule, je n’y arriverai pas. »

Elle reprit sa respiration, les yeux brillants. La passion l’animait, elle se sentait emplie d’une fougue et d’une rage inhabituelle, explosive.

« Tu as parfaitement le droit de décliner ma proposition – je ne t’en tiendrai pas rigueur. Mais en tant que préfets, nous aurons le pouvoir d’agir, plus que les autres. Il faut le faire pour Harry. Pour ceux qui mènent le combat à l’extérieur. Pour Poudlard. On n’a pas le droit de rester les bras croisés. »

Spoiler:
 

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Au cœur de la nuit
(...)On dit que dans sa cellule - Deux hommes cette nuit-là - Lui murmuraient "Capitule -De cette vie es-tu las" - Tu peux vivre tu peux vivre - Tu peux vivre comme nous - Dis le mot qui te délivre - Et tu peux vivre à genoux - Et s'il était à refaire - Je referais ce chemin - La voix qui monte des fers - Parle pour les lendemains (...) Rien qu'un mot rien qu'un mensonge - Pour transformer ton destin - Songe songe songe songe - A la douceur des matins (...) Louis Aragon

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MessageSujet: Re: [1er Septembre] Catching Fire [Neville] Mer 21 Déc 2016 - 0:46


Il était difficile de comprendre dans quelle époque leur monde avait basculé. Un sentiment d'avant-guerre était né, des murmures se baladaient dans les couloirs, les murs avaient des oreilles. Il était difficile de faire confiance à qui que ce soit et bien entendu, cela était valable pour tout ce qui touchait de près ou de loin à Harry Potter. Neville était resté entouré des personnes qu'il aimait pendant toute la durée de l'été, prenant ça et là des nouvelles de ses amis, tant qu'il était encore possible d'envoyer des hiboux non espionnés. L'an dernier, il avait du affronter des Mangemorts et il en faisait encore des cauchemars la nuit. Un nouveau réflexe quand il était tourmenté était de passer son doigt sur l'arête de son nez, le mauvais souvenir de la brisure qu'il avait subi étant encore présent dans son esprit. La préparation qu'il avait reçu grâce à l'AD lui avait permis de grandir, de développer sa détermination à combattre, si ce n'est à vraincre. Grâce à cet enseignement, il était plus agile qu'avant dans de nombreux domaines, là où sa grand-mère avait toujours cru le contraire.
Et depuis la fin de l'année scolaire, la Gazette du Sorcier avait changé d'ambiance. La noirceur s'emparait des rangs et le frisson d'un danger imminent parcourait l'échine de tous les sorciers et sorcières qui acceptaient de ne pas se voiler la face. Le retour de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom ne faisait plus de doute, bien que certains se voilaient encore les yeux.

C'est alors avec une certaine rancœur cachée qu'il avait pris place dans le train pour Poudlard, la lettre d'admission au poste de Préfet rangée nonchalamment dans sa poche arrière. Il avait lu et relu cette lettre à plusieurs reprises, ne croyant pas à son contenu. Comment au grand jamais le nouveau directeur (assassin) de Poudlard avait pu ainsi songer à son nom pour devenir préfet des Lions. Lui qui avait toujours été méprisé et humilié par l'ex-professeur Rogue. Aucune logique dans ce courrier de rentrée, zéro compréhension. C'était justement l'occasion pour lui de placer un Gryffondor traitre à sa maison, afin de contrôler tous les faits et gestes de cette maison que Rogue avait en horreur. Le Gryffondor avait tourné et retourné ses réflexions dans sa tête, sans jamais trouver de réponses, mais en brassant au passage une certaine colère vis à vis du Directeur.

Tous ces ressentis l'avaient poussé à se lever, quand ces bouseux de mages noires avaient osé faire irruption dans le train, comme si Harry aurait été assez stupide pour revenir dans ce piège béant. Neville était bien content que son camarade ait réussi à fuir. Certains le disaient mort, mais lui était convaincu de sa survie et de son combat dans les coulisses. Il était juste déçu de ne pas pouvoir l'aider à distance. Aussi devrait-il trouver un autre moyen de se préparer à l'invasion de Voldemort.

Il n'avait même pas fait gaffe à qui l'accompagnait dans son rôle de préfet. Trop méfiant, cela lui était impossible d'oser songer à engager une once de conversation à ce sujet avec eux. Trop risqué. Pour peu que tous les autres soient à la botte des nouveaux "gardiens" de Poudlard, il risquait de finir une baguette entre les deux yeux et un filet vert dans la tête. Il fallait rester discret. Tout en réfléchissant à une stratégie de mise au point, Neville assista à la réunion des préfets avec de nouveaux déchets de l'administration forcée, j'ai nommé les Carrow. De vils et infâmes démons qui auraient fait blêmir de dégoût Hermione, il en était certain. Le contenu de cette réunion secrète avait pour but de donner le ton. L'année allait être terrible pour les né-Moldus et tous les considérés "traitres à leur sang". Le temps d'accuser le coup de ces nouvelles ignobles de punitions et torture à tout-va et il était temps de quitter la pièce, en avalant l'arrière goût de colère qui coulait dans sa gorge.

Les points serrés, il retint de toutes ses forces la cri de désespoir qu'il avait dans la glotte. Il fallait se préparer, mais Neville ne savait pas comment s'y prendre. C'était toujours Harry qui prenait les directives et il suffisait de suivre de toutes ses forces, les décisions de son ami étant toujours fiables. Pas forcément les meilleures, mais la fin justifiait toujours les moyens. Mais comment faire sans que personne ne soit blessé ?

Commençant déjà à désespérer de pouvoir mettre au point une stratégie de défense pour sauver ce qui pouvait l'être - il était bien déterminé à ne jamais faire souffrir volontairement un élève - il fut arraché de ses réflexions par une main fine. Entraîné dans un coin par Meredith Breckenridge, il la laissa parler en premier, de nouveau sur ses gardes à l'idée de tomber dans un piège.


« Tu dois deviner pourquoi je veux te parler. Tu as entendu la même chose que moi. Je t’ai vu t’opposer à eux avant. »

Toujours entêté à ne rien avancer comme sujet, il lui laissa le champ libre de continuer de son propre chef.

« Tu dois comprendre que jamais je n’aurais fait confiance à quiconque d’autre que moi-même sur un sujet aussi grave que celui-ci. Mais il faut agir, Neville, il faut s’opposer à eux. Il faut reformer l’Ordre. Organiser une résistance. Se mettre en travers de leur chemin. Seule, je n’y arriverai pas. »

Neville avait l'impression de s'entendre penser en échos et fut surpris par de telle parole de la part de la Gryffondor.

« Tu as parfaitement le droit de décliner ma proposition – je ne t’en tiendrai pas rigueur. Mais en tant que préfets, nous aurons le pouvoir d’agir, plus que les autres. Il faut le faire pour Harry. Pour ceux qui mènent le combat à l’extérieur. Pour Poudlard. On n’a pas le droit de rester les bras croisés. »

Neville la jaugea, prenant tout de même quelques secondes pou juger s'il pouvait lui faire confiance ou non. D'un côté, ce pouvait être un piège pour voir si le premier imbécile venu serait prêt à prendre part à ce type de discussion, alors même qu'ils venaient d'être menacés de vils châtiments rien que s'ils l'ouvraient au sujet de la maison des Nuncabouc. Mais d'un autre côté, c'était risqué pour elle aussi. S'il avait été un préfet docile, lâche et fidèle à sa tâche, il aurait pu rapporter tout ce qu'elle venait de dire sans perdre une minute...

Il scruta son regard et n'y perçut pas de tromperie. Poussant un petit soupir de soulagement, il passa une main dans ses cheveux et détourna le regard avant de lâcher :


« Sache que je n'ai pas attendu que tu le dises pour y penser. »

Fronçant alors les sourcils, il jeta tout de même le doute sur son implication :

« De toute façon, qu'est-ce qui me prouve que je peux te faire confiance ? De mes souvenirs, tu n'as jamais fait partie de l'AD alors qu'est-ce que tu y gagnes ? »




[HJ : pardon pour le retard >.< mais je me rattraperai dans la suite, I promise =)]

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Longue vie aux Rictusempriens !
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MessageSujet: Re: [1er Septembre] Catching Fire [Neville] Sam 14 Jan 2017 - 19:49

Fébrile, Meredith attendait une réponse de son interlocuteur. Elle tremblait presque, non pas de peur, mais de transport – ses mots étaient le reflet de son esprit, indignés et furieux. Ce qu’elle venait d’entendre dans le wagon des préfets lui avaient donné la nausée. Elle capta le regard de Neville, qui la détaillait, pensant trouver des réponses à ses doutes sans rien risquer. Elle lut dans ses yeux la suspicion d’abord, mais surtout l’intérêt et la même colère qui devait briller dans les siens. La jeune femme comprenait ces sentiments, et devait s’avouer qu’elle-même aurait eu des soupçons à sa place. Elle en aurait, s’il se lançait avec elle sans question, sans inquiétude, sans distance. Elle se prit à espérer qu’il la menace, qu’il mette en doute sa parole, qu’il s’énerve même. Un soupir, et il détourna les yeux.

« Sache que je n'ai pas attendu que tu le dises pour y penser. »

Elle fronça légèrement les sourcils, inquiète. Elle ne savait pas comment interpréter cette phrase. Lui donnait-il sa confiance ? Ou était-ce seulement une manière pour lui de lui donner de l’espoir sans trop se mouiller ? Il se reprit bien vite, et enchaîna, une ombre dans la voix.

« De toute façon, qu'est-ce qui me prouve que je peux te faire confiance ? De mes souvenirs, tu n'as jamais fait partie de l'AD alors qu'est-ce que tu y gagnes ? »

La lionne ne put s’empêcher de sourire de soulagement. Ainsi, elle ne s’était pas trompée sur son compte : Londubat était de la même trempe qu’elle. Elle voulut reprendre, mais détailla une dernière fois le garçon avant de se lancer. Il ne payait pas de mine, certes. Joufflu, grand et l’air maladroit, elle l’avait toujours vu comme un élève discret, en difficulté dans un certain nombre de matières. Mais elle ne le connaissait pas. Elle ne savait pas ce qu’il était. Les seules bribes de personnalité qu’elle avait sur lui, et qui l’avaient poussée à lui demander de l’aide, étaient son amitié avec Harry, Luna, et son appartenance à l’A.D. Et son intervention dans le train. Ce n’était rien. Une personne peut changer du tout au tout en deux mois. Mais elle se lança finalement, sans espoir de retour.

« Je vais tout te dire, mais tu dois promettre que ces informations ne quitteront pas le compartiment. » Un regard, comme une supplique, et elle commença.

« Breckenridge. C’est mon nom de famille. Je n’ai jamais fait partie de l’A.D., c’est vrai, mais tu dois connaître mon frère Aloysius. Serpentard. Brillant duelliste. » Les mots commençaient à se coincer dans sa gorge. « Il ne reviendra pas à Poudlard cette année. Il se bat à l’extérieur aux côtés d’autres résistants. Et si je n’étais pas dans l’A.D. c’est à cause de lui. Il ne voulait pas que je prenne des risques. Je n’avais que treize ans à l’époque, je ne connaissais pas les enjeux. »

Elle prit quelques secondes pour calmer les battements de son cœur, reprendre ses moyens et continuer.

« La bataille de juin dernier et cet été m’ont pris beaucoup des personnes que j’aimais. Je ne ferai pas de liste, mais sache que si je te parle aujourd’hui, c’est aussi pour eux qui sont morts ou qui le seront peut-être dans l’année alors qu’ils n’ont même pas vingt ans. »

Encore une fois, elle dut calmer ses pulsations et se concentrer pour garder le contrôle sur ses émotions. Ne pas pleurer. Ne pas hurler.

« J’ai tout à perdre dans cette entreprise, tu as raison. Mais Poudlard est plus qu’une école. C’est le symbole de notre jeunesse, de notre apprentissage, la première étape vers l’avenir de tous les sorciers. Tant de vies, tant d’espoirs sont conservés au cœur de ce château. Je ne défends pas que ma vie et celle de mes proches, mais tout ce qui fait que le monde sorcier et tel qu’il est. Je crois que j’ai été nommée préfète pour ça. Je n’ai rien à faire à cette place, d’autres la méritaient bien plus. Mais je ne supporterais pas de ne rien faire. C’est au-dessus de mes forces. »

Meredith reprit son souffle, consciente d’avoir beaucoup parlé et que ça pourrait jouer en sa défaveur. Mais si par hasard ils étaient écoutés, elle seule risquait quelque chose. Son frère était caché, avait un faux nom, et elle n’avait pas donné d’autre identités. Elle se mettait en danger, mais s’en contrefichait. Elle suivait son cœur et ses opinions.

« Es-tu avec moi ? »

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