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[Sept 1997] Une histoire de tableaux [Pv Octave]

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POUFSOUFFLE2ème année
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MessageSujet: [Sept 1997] Une histoire de tableaux [Pv Octave] Lun 11 Juil 2016 - 23:00




En avant, en arrière. En avant, en arrière. En avant, en arrière.
Sur le tableau, la dame répétait ses gestes en boucle comme si on avait oublié de peindre la suite de son histoire, ses jambes se balançant d'avant en arrière. Assise sur une balançoire et vêtue d'une robe et d'un chapeau de sorcière, le décor sombre accentuait cette lumière nocturne qui mettait en avant le personnage. Un contraste de clair-obscur, répéta fièrement Aurore du peu qu'elle avait pu lire de certains livres. Ce tableau était une réussite, un vrai travail de maître. Elle recula de quelques pas, admirant la multitude de tableaux qui lui faisaient face. La blairelle était certaine qu'ils occupaient tous les murs - ou du moins, la grande majorité - de Poudlard. Sans savoir pourquoi ni comment, Aurore sentait qu'ils avaient une place particulière dans cet endroit. Comme s'ils étaient les preuves que leur époque avaient bel et bien existé. Mais au fait, étaient-ils tous des sorciers ?

Elle descendit prudemment les marches tout en ne quittant pas les peintures des yeux. Depuis qu'elle était arrivée à Poudlard, ils étaient les objets qui l'avaient le plus impressionnée. Étant une passionnée de l'Art, la différence entre les tableaux sorciers et moldus lui avait paru comme extraordinaire. La première fois, elle croyait qu'ils avaient été truqué pour donner l'illusion que le contenu bougeait. Mais après de nombreuses observations, la jaune et noir avait pu constater que sa raison ne dérivait pas, qu'elle ne devenait pas folle : les tableaux bougeaient vraiment. Sa surprise avait alors été plus grande. Comment une image était-elle capable de bouger sans l'aide de la science (allusion aux vidéos-projecteurs) ? Mais après avoir passé plus d'un mois dans l'enceinte du château, elle apprit que, parfois, mieux valait ne pas se poser trop de questions sans prendre le risque de perdre la tête. Entre le Quidditch, les hiboux qui apportaient le courrier le matin au petit-déjeuner, les fantômes et les bougies volantes dans la Grande Salle... La petite Diam n'avait pas été au bout de ses surprises.

Mais aujourd'hui, Aurore en avait, des questions. Sans étonnement, toujours à propos de ces tableaux. C'est pourquoi, en regardant une dernière fois à la volée l'ensemble de ces œuvres d'art, elle tourna les talons et se dirigea vers la bibliothèque. On disait que cet endroit renfermait pratiquement toutes les connaissances du monde sorcier, et si la jeune blairelle avait des interrogations, elle espérait trouver ses réponses dans ce lieu mythique. Après de nombreux couloirs, escaliers, quelques erreurs de navigation aussi, elle trouva enfin la porte qu'elle cherchait. Avec détermination, elle la poussa et pénétra dans la salle immense. Étant rarement venue dans cet endroit, Aurore restait toujours aussi impressionnée par l'ampleur de la pièce, et la quantité de livres qu'elle possédait. Tout ce savoir réuni... Elle avait entendu dire qu'une bataille s'était déroulé ici-même, mais il ne semblait plus y avoir de traces de ce sombre épisode.

La jaune et noir se dirigea entre les rayons à la recherche d'un éventuel livre pouvant lui apporter la réponse à ses questions, effleurant du bout des doigts ceux qui se trouvaient à sa portée. Ce n'était pas très facile de trouver un ouvrage parmi les millions qu'il y avait ici. Celui qui savait où se diriger devait être sacrément fort. Cette bibliothèque était un vrai labyrinthe. Soudain, alors qu'elle regardait les étagères les plus hautes en penchant la tête en arrière, sa petite personne heurta une plus grande personne et... Bon, d'accord, une grande personne tout court. Le choc de la rencontre brutale la fit reculer de quelques pas, grimaçant en se frottant la tête. Puis, voyant qu'elle faisait face au nouveau bibliothécaire, Mr. Holbrey, elle baissa la main et fit une petite moue, désolée.

« Excusez-moi Mr. Holbrey. Je ne vous avais pas vu. »

Elle espérait de tout cœur qu'il n'allait pas lui en vouloir. Aurore regarda discrètement autour d'elle pour voir s'il n'y avait pas ces fameux nouveaux inspecteurs qui devaient sanctionner tous ceux qui ne respectaient pas le règlement à la lettre. Ouf, ils n'étaient pas là. Soulagée, elle reporta son attention au grand homme devant elle, ne sachant pas vraiment quel comportement elle devait avoir en sa présence.

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MessageSujet: Re: [Sept 1997] Une histoire de tableaux [Pv Octave] Mar 12 Juil 2016 - 15:14

Un crime. Un. Meurtre. Un véritable massacre, oui ! Homicide ! Ignominie des plus abjectes. Qui pouvait faire ça ? Qui était assez dément pour commettre une telle vilénie ? Des barbares sans scrupules, cela ne pouvait être que ça ! Des monstres sans pitié ni honneur, sans cœur ni foi. C’est ce qui vint à l’esprit d’Octave lorsqu’il vit pour la première fois la bibliothèque. A l’époque, personne n’avait encore eu le temps –ou l’envie, ce n’est qu’une bibliothèque après tout-  de mettre ne serait-ce qu’un peu d’ordre dans cette... ce… Les mots lui manquaient pour décrire l’horreur inimaginable. Des livres, partout, assassinés, poignardés, en masse et sans scrupules. On aurait dit qu’il y avait eu une explosion, un véritable feu d’artifice, une tornade, ce que vous voulez, qui aurait pu être la cause d’un carnage pareil. Mais ce n’était même pas ça, tout ça, TOUT, avait été orchestré par une petite poignée de gens. Des gens. Un frisson lui parcourut dans le dos. Ce n’étaient pas des individus ça, c’était des enveloppes corporelles vides, dénuées de toute âme. Et puis non seulement les livres avaient été saccagés, mais en plus de cela des étagères s’étaient retrouvées renversées. Il fallait pendre les coupables, les brûler en place publique.

Bon, il exagérait très probablement, mais la vue ensanglantée d’une cinquantaine de livres déchiquetés et de quelques meubles renversés avaient été une vue beaucoup trop insoutenable pour ses petits nerfs. Et surtout, il s’imaginait déjà devoir ranger tout ça. Recoller les pages entre-elles et redresser les étagères, c’était tout de même du boulot ! Mais il y était contraint, il n’allait pas travailler dans de telles décombres ! Surtout que ça risquerait de jeter une ombre sur la réputation qu’il escomptait se faire en ces lieux. Détraqué mais responsable, en voilà deux mots qui n’allaient pas du tout ensemble et lesquels, envers et contre tout, Octave parvenait à faire rimer et même paraître cohérents dans une même phrase. Mais il fallait le voir pour y croire. Comme il était pédant, mais fainéant en même temps, il prit tout son temps pour ranger cette misérable bibliothèque et ce qui n’aurait dû lui prendre que quelques jours s’étira sur toute la durée des vacances d’été, et ce jusqu’à la rentrée. Il en avait profité pour se familiariser avec les ouvrages qu’il ne connaissait pas, ainsi qu’avec le rangement général histoire de mieux se repérer. Bien sûr, tout cela avait été plus facile à faire que ce qu’il laissait paraître, et même qu’il y avait pris plus du plaisir qu’il n’y avait eu de déconvenue. Mais sa propension à dramatiser était telle qu’il ne put s’empêcher de transformer ce petit rangement en la reconstitution de la traversée du désert par Moïse et ses hébreux. Il soupirait, soufflait et fronçait des sourcils avec conviction alors même que son occupation lui était agréable et des plus distrayantes. C’était comme faire un puzzle, ça prenait du temps tout en détendant l’esprit.

Lorsque les cours avaient commencés, il apportait les dernières améliorations à un vieux livre d’un charme archaïque, profitant de l’occasion pour redonner un peu de fraîcheur au cuir et à la colle. Toute la matinée, il avait délaissé son bureau, se cachant à une table dans les tréfonds de la bibliothèque où, la baguette magie sortie, il murmurait au-dessus du livre de sombres incantations qui n’intéressaient personne, étant trop spécifiques dans leur finalité. Lorsqu’il en eut terminé, il longea par l’arrière les rangées d’étagères avant de trouvée la bonne allée. Là, il se posa en face du mur de livres, réfléchissant à quel endroit il devait poser sa dernière création pour que ça ait du sens. La bibliothèque était naturellement ordonnée par thèmes, du plus au moins populaire, et par ordre alphabétique au sein de ces thèmes. Mais ce livre regroupait plusieurs thèmes d’une importance égale en son sein et il devait se décider… Il feuilleta l’ouvrage, sans réel but, puisqu’il le connaissait déjà assez bien, le mouvement des pages l’aidant cependant à mieux réfléchir. Soudain, quelque chose vint se lover dans son dos. Il se retourna, l’air interdit, regarda à droite, puis à gauche et enfin en bas. Une petite. Cette dernière baissa son bras et balbutia :

« Excusez-moi Mr. Holbrey. Je ne vous avais pas vu. »

Mon Dieu, des enfants. Logique, me direz-vous, on est dans une école. Avec on ne sait quel partie de son esprit débridé, il s’était imaginé qu’il n’aurait pas à les rencontrer. Qu’il vivrait seul –ou avec un harem de femmes-, dans cette bibliothèque, sans jamais rencontrer de gamins, ou du moins, sans avoir l’obligation de leur parler, à lire des livres et à percer les mystère de l’univers. Mais elle l’avait touché et lui avait même parlé. Mr. Holbrey. Mhhhh…

« D’où tu connais mon nom, petite ? Mhhh ? »

Dit-il d’un ton suspect alors même qu’un de ses sourcils se soulevait pour rejoindre la lisière de ses cheveux châtains. Il ne lui sembla pas avoir entendu Rogue le présenter au banquet, ce qui était une bonne chose en soi. Et il n’avait pas non plus manifesté le désir de rencontrer le corps professoral pour le moment… Mhhhh, suspect. Il fallait enquêter.  

« Il fallait le faire pour ne pas me voir dans une bibliothèque aussi vide. Enfin, je ne t’avais pas vue non plus donc on va dire qu’on est quittes. Qu’est-ce que tu veux ? »

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MessageSujet: Re: [Sept 1997] Une histoire de tableaux [Pv Octave] Mar 12 Juil 2016 - 17:39




Aurore n'était pas allée très souvent aux bibliothèques moldues qui pourtant s'étaient trouvées à deux pas de chez elle. Simplement par manque de temps. Mais le peu de fois où elle s'était retrouvé dans ces endroits, elle avait été stupéfaite de constater qu'autant de savoir était réuni dans une seule pièce. Ils y avait des livres à perte de vue, de gros comme des petits, et il y avait là n'importe quel sujet. La politique, la science, la littérature, l'histoire, la fantasy et j'en passe. Tout ce que retenais notre petite blairelle, c'était que les livres étaient la clé du savoir. Si elle avait une question, c'était dedans qu'elle devait aller les chercher. Ou alors, il fallait la poser à un érudit. Elle avait entendu dire que certains hommes étaient de véritables encyclopédies humaines et que tout le savoir était stocké à l'intérieur de leur grand cerveau. Aurore n'en avait jamais rencontré, mais elle avait de toute façon encore toute une vie pour ça. Chaque rencontre était enrichissante et elle était déjà bien contente  d'en faire à Poudlard, malgré les récents événements. C'est pourquoi, après avoir longuement hésité, la blairelle s'était dirigée vers la bibliothèque avec la ferme intention d'avoir les réponses à ses questions.

Les tableaux l'avaient toujours intriguée. Alors, profitant de ces heures où elle n'avait pas cours, Aurore en avait profité pour se plonger un peu plus sur ce sujet qui faisait naître en elle des centaines de questions. Après avoir passé la porte de la bibliothèque, elle s'était faufilée entre les rayons, tentant de lire tous les petits titres plus ou moins compréhensibles des ouvrages, en se répétant maintes fois oh combien cette bibliothèque était immense. Tellement immense qu'un petit bout comme elle pouvait facilement se perdre et ne plus retrouver son chemin. Cet endroit était un véritable labyrinthe. Après avoir arpenté de long en large les rayons, elle pénétra dans un des derniers qui restait et leva la tête pour tenter d'avoir un aperçu des bouquins plus haut. Et là, ce fut le drame. Le choc, même, je dirais. Imaginez un petite blairelle percuter un homme beaucoup plus grand qu'elle, se trouvant être le nouveau bibliothécaire de surcroît, et vous aurez le résultat. Aurore s'excusa aussitôt. Importuner les autres était assez désagréable pour elle.

« D’où tu connais mon nom, petite ? Mhhh ? »

La jaune et noir s'était attendu à tout. Des remontrances, des paroles gentilles, une totale indifférence. Elle s'était vraiment attendue à tout, mais pas à ça. À première vue, Mr. Holbrey était quelqu'un d'intrigant. Face à lui, on ne savait pas quel comportement adopter. Aurore releva alors la tête afin de le regarder droit dans les yeux.

« Beaucoup d'informations circulent dans le château, monsieur. La nouvelle du départ de Mrs. Pince et de son remplaçant n'allait pas rester muette. »

En effet, c'est par les bruits de couloirs qu'Aurore avait entendu son nom ainsi que son nouveau poste. Ayant toujours hésité à aller à la bibliothèque l'année dernière de par la présence de Mrs. Pince et de ce qu'on disait d'elle, la jeune Diam s'était d'un qu'un remplaçant était peut-être le signe d'un nouveau départ.

« Il fallait le faire pour ne pas me voir dans une bibliothèque aussi vide. Enfin, je ne t’avais pas vue non plus donc on va dire qu’on est quittes. Qu’est-ce que tu veux ? »

Aurore esquissa un timide sourire. C'était clair que pour ne pas voir un homme tel que lui, il fallait être sacrément dans la lune... Mais bon. Quand on était absorbé par une question, le monde autour s'effaçait aussi simplement que du sable sous le souffle du vent.

« Je me demandais si vous aviez un livre qui parlait des tableaux de Poudlard ? Je veux dire, pourquoi et comment ils bougent ? Je me suis toujours posée la question, et je me suis dit, déclara-t-elle en regardant les livres autour d'eux, que la réponse se trouvait peut-être ici. »

Est-ce que le bibliothécaire allait l'aider ? Rien n'était moins sûr. Vraiment, quel étrange personnage...  

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MessageSujet: Re: [Sept 1997] Une histoire de tableaux [Pv Octave] Mar 12 Juil 2016 - 21:47

« Beaucoup d'informations circulent dans le château, monsieur. La nouvelle du départ de Mrs. Pince et de son remplaçant n'allait pas rester muette. »

Tiens donc, Octave eut un sourire étrange, concentré qu’il était à ne pas trop manifester la satisfaction qui ruisselait par tous ses pores. C’était bien, très bien, parfait même. Maintenant il ne manquait plus qu’à instaurer son propre prestige pour changer son statut de remplaçant à celui de grand manitou des livres, ainsi que d’autres choses peu avouables. Cela dit, commencer par une petite fille n’était peut-être pas la meilleure des idées, les enfants étant tellement sensibles et naïfs, et il avait d’autres choses à faire que de se défendre de parents mécontents, de professeurs outrés ou pire, de subit le joug de l’inspection ministérielle. Il lui serait ô combien compliqué de se défaire d’accusations comme « perversion de l’esprit de mineurs » ou « corruption de la jeunesse ». Devant les enfants, il n’avait plus qu’à briller par son tout profond savoir et son originalité à la limite, mais le second point était bien souvent fait de manière inconsciente. Mentalement, il ricana, se préparant à éblouir les jeunes esprits de sa sagesse socratique.

« Je me demandais si vous aviez un livre qui parlait des tableaux de Poudlard ? Je veux dire, pourquoi et comment ils bougent ? Je me suis toujours posée la question, et je me suis dit que la réponse se trouvait peut-être ici. »

Muahahahaha ! Octave était prêt à mettre ses lunettes de soleil et déclarer « deal with it babe ». Mais il n’en fit rien, d’une part parce qu’il n’avait pas de lunettes de soleil et d’autre part parce que personne à part lui dans cet endroit ne comprendrait la référence. A la place il fit un clin d’œil complice –ou malsain ?- à la petite avant de se retourner vers les étagères qu’il avait observé tout à l’heure. Cette discussion lui avait remis les idées en place et il savait maintenant ou ranger son bouquin centenaire. Prenant un escabeau, il monta dessus pour insérer le vestige de papier sur la plus haute étagère dans un minuscule espace qu’il parvint à récupérer en poussant les livres à côté. Sans descendre, il se retourna d’un geste théâtral vers l’écolière, un sourire malicieux aux lèvres et l’œil pétillant, puis déclama d’une voix claire et enjouée, comme s’il était en train d’interpréter Henri V, de la pièce de Shakespeare portant le même nom.

« Et tu as eu presque raison en te disant cela, car la réponse se trouve effectivement en ces murs, en revanche pas ici, révéla-t-il d’un air mystérieux en balayant d’une main l’horizon de la bibliothèque, mais là ! »

Et il finit par ramener sa main vers lui-même avec un air satisfait. Puis, ayant jugé que sa pause dramatique avait eu l’effet escompté, il descendit de son perchoir, et ce sans l’aide d’un renard pour le faire déchanter, s’approchant de la petite curieuse.

« Les portraits bougent grâce au sort que leur lance l’artiste qui les peint. Lorsqu’il sera en train de dessiner son portrait, le peintre usera bien évidemment de sorts afin de faire en sorte que le personnage du tableau ressemble par son comportement le plus possible à l’individu dans la réalité. Chaque sujet de tableau aura alors rigoureusement la même attitude que son modèle vivant, mais leur degré de capacité à interagir avec le monde réel dépend non du savoir-faire du peintre, mais de sa force magique, ce qui est assez logique quand on y pense. Ainsi, les tableaux sont en mesure d’imiter le comportement général de leur sujet tout en parvenant à ressortir quelques expressions préférées de ce dernier.»

Il fit une pause, essayant de rejoindre la mémoire qui correspondait à ce savoir précis. Il en avait entendu parler il y a de ça très longtemps maintenant et c’était un souvenir quelque peu poussiéreux. Et puis il fallait aussi trouver des exemples concrets pour illustrer l’idée. Une fois le fil retrouvé, il poursuivit, comme s’il était en train de raconter une histoire, donnant à sa voix les nuances qu’il fallait pour intéresser le public.

« C’est pour cette raison que Sir Cadogan a toujours tendance à provoquer en duel tous ceux qui passent devant son tableau. Par contre, son talent à tomber de son cheval et à ne se comporter pas de manière toujours très cohérente dénote le mauvais coup de pinceau de l’artiste. Ou plutôt, un odieux coup de baguette oui. De même pour le tableau de la grosse Dame, qui chante son amour de la nourriture et de la boisson à qui veut l’entendre. Cela dit, elle sait très bien garder les secrets ce qui nous en dit plus sur la personne qu’elle était dans la vraie vie. Certains tableaux, peints par des artistes au talent exceptionnel, parviennent à avoir un niveau d’interaction avec le monde réel beaucoup plus évolué. C’est le cas des tableaux comme celui de l’ex directeur de cette école. En général, leur tableau, une fois peint, est donné au directeur en fonction pour qu’il puisse à loisir apprendre ses mimiques, ses pensées et ses expressions à son tableau pour qu’après sa mort il puisse englober sa personnalité autant que possible. Mais il peut aussi partager du savoir et des bribes de sa mémoire s’il veut que les générations futures puissent en entendre parler à travers son image. »*

Puis il se tut, l’air sérieux et méfiant. Il en avait peut-être trop dit. Plus que ce qu’elle lui avait demandé en tout cas. Il s’était un peu emporté pour le coup. Après un toussotement, il rajouta d’un ton évasif :

« Mais tu ne trouveras pas d’ouvrages explicatifs à ce sujet ici tout simplement car c’est le genre de savoir qui se transmet de bouche à oreille, entre le maître et le peintre apprenti. »**

* Source : pottermore.
** J'ai un peu brodé de ma laine vers la fin.

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MessageSujet: Re: [Sept 1997] Une histoire de tableaux [Pv Octave] Mar 12 Juil 2016 - 23:11



Mr. Holbrey eut un étrange sourire quand Aurore lui annonça qu'elle avait entendu parler de lui dans les couloirs de l'établissement. Était-ce moqueur ? Elle n'était pas bien sûre de ça. Peut-être était-il juste satisfait que l'on parle de lui. Il semblait avoir beaucoup d'amour propre, ce bibliothécaire. Un peu trop, même. Mais bon, certaines personnes étaient comme ça. Il lui demanda alors ce qu'elle voulait exactement, et la jeune blairelle s'empressa de lui répondre. Et encore une fois, la réaction de son interlocuteur ne fut pas celle qu'elle avait prévu. De toute manière, ce qu'il était n'était pas une chose qu'elle avait prévu dans sa vie. Cet espèce de caractère imprévisible qui surprenait à chaque instant... Le bibliothécaire était un sorcier difficile à cerner. Aurore se demande pourquoi Severus Rogue, le nouveau Directeur de Poudlard avec son masque froid et distant, avait pu engager un monsieur tel que Mr. Holbrey. L'homme lui fit un clin d’œil dont la signification restait encore un mystère, fit face aux étagères et prit un escabeau. Une fois monté dessus, il décala quelques livres pour insérer dans le petit espace celui qu'il tenait dans sa main. Cela fait, il se tourna vers la jeune sorcière, les yeux pétillants et un sourire malicieux, et commença à parler.

« Et tu as eu presque raison en te disant cela, car la réponse se trouve effectivement en ces murs, en revanche pas ici, dit-il en montrant d'un geste tous les ouvrages présent, mais là ! »

Il ramena sa main vers sa propre personne, satisfait. Les pensées d'Aurore se confirmèrent alors. Il était complètement imbus de lui-même. Ça en devenait comique. Tel un comédien sur une scène, il descendit de son perchoir et s'approcha de la jeune Diam. Cette dernière leva le tête, étant donné que l'homme était plus grand qu'elle, et écouta ce qu'il avait à dire. Après tout, elle était venue pour ça : chercher les réponses à ses questions. Alors certes, elle avait pensé les trouver dans un livre, comme tout autre sujet concernant le monde magique, mais comme le bibliothécaire avait été sur son chemin, elle n'avait eu d'autres choix que lui demander, pour son plus grand malheur.

« Les portraits bougent grâce au sort que leur lance l’artiste qui les peint. Lorsqu’il sera en train de dessiner son portrait, le peintre usera bien évidemment de sorts afin de faire en sorte que le personnage du tableau ressemble par son comportement le plus possible à l’individu dans la réalité. Chaque sujet de tableau aura alors rigoureusement la même attitude que son modèle vivant, mais leur degré de capacité à interagir avec le monde réel dépend non du savoir-faire du peintre, mais de sa force magique, ce qui est assez logique quand on y pense. Ainsi, les tableaux sont en mesure d’imiter le comportement général de leur sujet tout en parvenant à ressortir quelques expressions préférées de ce dernier. »
 

Les yeux d'Aurore, auparavant ennuyés, virent apparaître une petite lueur de passion et d'intérêt, comme un enfant à qui l'on montre une sucrerie. Ainsi donc, les peintres étaient également des sorciers. De puissants sorciers, qui plus est. C'était incroyable tout le savoir que pouvait contenir Mr. Holbrey. Peut-être qu'il n'était pas si imbus de sa personne, finalement. Peut-être était-ce juste toutes ces connaissances qui avaient un effet secondaire, et que lui-même ne s'en apercevait pas ? La jaune et noir ne savait pas quoi en penser. À la fois, cet homme l'intriguait et le dégoûtait, mais de l'autre il l'impressionnait fortement par tout ce qu'il savait. Avait-il été à Serdaigle étant plus jeune ? On disait que les plus érudits se trouvaient dans cette Maison alors...

« C’est pour cette raison que Sir Cadogan a toujours tendance à provoquer en duel tous ceux qui passent devant son tableau. Par contre, son talent à tomber de son cheval et à ne se comporter pas de manière toujours très cohérente dénote le mauvais coup de pinceau de l’artiste. Ou plutôt, un odieux coup de baguette oui. De même pour le tableau de la grosse Dame, qui chante son amour de la nourriture et de la boisson à qui veut l’entendre. Cela dit, elle sait très bien garder les secrets ce qui nous en dit plus sur la personne qu’elle était dans la vraie vie. Certains tableaux, peints par des artistes au talent exceptionnel, parviennent à avoir un niveau d’interaction avec le monde réel beaucoup plus évolué. C’est le cas des tableaux comme celui de l’ex directeur de cette école. En général, leur tableau, une fois peint, est donné au directeur en fonction pour qu’il puisse à loisir apprendre ses mimiques, ses pensées et ses expressions à son tableau pour qu’après sa mort il puisse englober sa personnalité autant que possible. Mais il peut aussi partager du savoir et des bribes de sa mémoire s’il veut que les générations futures puissent en entendre parler à travers son image. »

Ah oui. Sir Cadogan. Aurore n'aimait pas trop cet illustre personnage. Non pas parce qu'il était mal fait ou qu'il était tout simplement incompréhensible (car, après tout, ces erreurs provenaient d'un mauvais coup de pinceaux, ceci expliquant cela), mais simplement qu'elle n'appréciait pas ses brusqueries. De tous les autres tableaux aux alentours, il était le plus bruyant, celui qui cassait le plus les pieds, alors que les autres étaient la plupart du temps, de nature calme, ce qui était beaucoup mieux pour pouvoir les observer.
Cependant, elle remarqua l'air nerveux de son interlocuteur. Il semblait être dans une mauvaise passe et ne pas vraiment savoir s'il s'était un peu trop emballé ou pas. Dans tous les cas, il rompit ce moment de gêne avec un toussotement et continua, un peu évasif.

« Mais tu ne trouveras pas d’ouvrages explicatifs à ce sujet ici tout simplement car c’est le genre de savoir qui se transmet de bouche à oreille, entre le maître et le peintre apprenti. »

Aurore hocha la tête, l'air de comprendre. Évidemment. Ils n'allaient pas copier ces informations dans un simple livre, alors que ces tableaux étaient fait d'Art, de passion et de magie. Le seul danger néanmoins, était que lesdites informations soient modifiées au cours des années et des siècles. C'est un peu ce qui arrivait pour la plupart des choses. Elle se demanda alors comment lui, simple bibliothécaire de Poudlard, avait pu prendre connaissance de ce sujet et de ses origines. Et la jeune blairelle n'était pas au bout de ses surprises...

« Et pourquoi les tableaux répètent-ils toujours les mêmes gestes ? Je veux dire... Ils n'ont pas une âme propre ? Ils ne peuvent pas décider eux mêmes de ce qu'ils feraient, ou de ce que le modèle aurait pu faire ? »  

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MessageSujet: Re: [Sept 1997] Une histoire de tableaux [Pv Octave] Mer 13 Juil 2016 - 16:23

Voyant qu’elle l’écoutait, Octave esquissait son sourire charmant des plus complices, le sourire spécial petits enfants et autres dadais du même calibre, celui qui mettait tout de suite en confiance les pauvres âmes étourdies. Au moins elle était curieuse, qualité qu’il partageait et appréciait particulièrement chez les autres, jugeant que cela était en général le signe d’un esprit éveillé et ouvert au monde extérieur. Ohlala, ça y est, ça lui montait à la tête tout ce pouvoir. Il se sentait comme un fermier, labourant une terre vierge pour y implanter sa graine ; comme le soleil d’un fruit vert et maladroitement cultivé par une époque sans goût pour le savoir. Avec une certitude quasi inébranlable, et probablement juste, Octave savait qu’en cet instant il était devenu le manitou ultime, celui à qui on pouvait poser n’importe quelle question et recevoir une réponse. Que c’était enivrant. Mais calmons-nous ! Il était bien trop tôt pour s’exciter sur un pouvoir qu’il n’avait peut-être pas encore. Ou s’il l’avait, ce n’était que sur une seule élève. Il fallait donc étendre ses frontières avec finesse.

« Et pourquoi les tableaux répètent-ils toujours les mêmes gestes ? Je veux dire... Ils n'ont pas une âme propre ? Ils ne peuvent pas décider eux-mêmes de ce qu'ils feraient, ou de ce que le modèle aurait pu faire ? »

Il sembla réfléchir, parce que la petite y avait introduit une notion assez complexe : celle de l’âme. Ca, c’était un sujet d’un tout autre degré de complexité. Octave secoua la tête, comme pour faire partir les réflexions que son esprit se hâta d’entamer pour répondre à la question. C’était un thème fort intéressant, mais certainement pas du ressort d’un petit esprit comme celui de l’écolière, qui n’était probablement pas prête à encaisser des termes comme philosophie, psychologie, endopsychique, atomes ou des théories abstraites commencées par Platon et allant jusqu’aux stoïciens. Même lui ne s’y retrouvait pas toujours, alors elle… Il soupira pensivement avant de répondre de la manière la plus simple, contournant habillement le sujet, au lieu de se lancer dans une discussion sur qu’est-ce qu’une âme ? Chose qu’il n’était de toute manière pas censé faire avec une gamine.

« Non, ils n’ont pas d’âme. Regarder un tableau se mouvoir c’est comme regarder une vidéo moldue, si ce terme-là te parle. Les tableaux ne sont limités que par ce qu’ils savent de leur sujet vivant, rien de plus, rien de moins. Ils répètent inlassablement les mêmes comportements qu’ils ont pu apercevoir de leur modèle pendant leur existence, c’est tout. Sir Cadogan n’apprendra jamais à correctement monter à cheval, il est condamné à inlassablement tomber de sa monture et à se battre avec tout le monde parce que c’est tout ce qu’on lui a appris. »

C’était presque triste, mais les tableaux n’étaient que des tableaux. Cela dit, il y avait de quoi être confus quand l’art donne tellement l’impression d’être réalité que l’on pourrait compatir à des êtres aux vies inexistantes. Encore un bon gros sujet de philo sur l’art et la beauté où Hegel trouverait de quoi se satisfaire. Dès qu’on aborde des choses ayant attrait à la métaphysique de près ou de loin, on risque de rapidement s’enfoncer dans la conceptualisation. L’âme… c’était comme la quête de la vie éternelle. Dangereux et impénétrable, jouant avec les limites de la magie noire. Tout comme la science, la magie ne parvenait pas à recréer la vie dotée d’une âme, se contentant pour le moment à des simulacres très éloignés de leur but, et c’était tant mieux, la vie devait continuer à receler des secrets, même pour le monde des sorciers.

Bon, il fallait passer aux choses sérieuses. Aux choses qui l’intéressaient lui. Octave s’accroupit devant la petite, ne lâchant pas son air ingénu et la regarda un instant, avec une expression paisible sur le visage, mais montrant clairement qu’il attendait quelque chose en retour de la part de la jeune fille.

« Dis-moi, ma jolie, qu’est-ce qu’on raconte sur moi dans les couloirs, mhhhh ? »

Il était impératif de se tenir informé sur tout ici. D’une part pour savoir comment agir dans le futur pour rectifier une rumeur insatisfaisante, et d’autre part car c’était là la base de sa stratégie : savoir le plus de choses possibles ici. C’était fondamental pour garder le pouvoir sur tout et maîtriser les éléments l’entourant. Qu’on le déteste ou qu’on l’adule, il ne s’en préoccupait guère, mais il voulait être au courant d’un maximum de rumeurs, détenir le plus de ficelles possibles pour savoir sur laquelle tirer le moment venu.

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MessageSujet: Re: [Sept 1997] Une histoire de tableaux [Pv Octave] Dim 17 Juil 2016 - 18:35



Ah, les délices de la connaissance ! Dans une autre vie, Aurore aurait pu aller à Serdaigle. Mais c'est à Poufsouffle que le Choixpeau avait décidé de l'envoyer. Chose qu'elle ne regrettait pas, par ailleurs. Chaque Maison avait de belles qualités que la jeune Aurore appréciait, même si certains élèves étaient plus abrutis que d'autres. Et alors que Mr. Holbrey réfléchissait à sa question dans un mouvement de tête, question qui sembla le travailler un peu plus que les autres, d'ailleurs, la blairelle se surprit à penser à la scolarité de son interlocuteur. Et même à son interlocuteur tout court. Dans la taille moyenne, Aurore l'estimait être dans le mètre soixante-dix, son visage semblait exprimer l'indifférence la plus totale, comme ennuyé par les événements qui se produisaient autour de lui, alors qu'il n'en était sûrement rien. Dès les premiers échanges, Aurore l'avait trouvé bizarre. Étrange. Atypique. Mais surtout, l'homme semblait avoir une grosse estime de soi, ce qui avait par conséquence de désespérer la jaune et noir au plus haut point, puisque c'était un défaut qu'elle n'appréciait pas vraiment et qu'elle allait apprendre à détester par la suite. De nature modeste, elle ne supportait pas les personnes qui pétaient plus haut que leur derrière, et Octave rentrait dans cette catégorie, avec ses grands airs. Elle se demanda comment avait été sa scolarité, à Poudlard. Avait-il été brillant comme sa prestance portait à croire ? Aurore en doutait. S'il avait fait de longues études, il n'aurait sûrement pas été là, à finir dans une bibliothèque.

« Non, ils n’ont pas d’âme. Regarder un tableau se mouvoir c’est comme regarder une vidéo moldue, si ce terme-là te parle. Les tableaux ne sont limités que par ce qu’ils savent de leur sujet vivant, rien de plus, rien de moins. Ils répètent inlassablement les mêmes comportements qu’ils ont pu apercevoir de leur modèle pendant leur existence, c’est tout. Sir Cadogan n’apprendra jamais à correctement monter à cheval, il est condamné à inlassablement tomber de sa monture et à se battre avec tout le monde parce que c’est tout ce qu’on lui a appris. »

Moldu. Elle n'aimait pas ce terme. Il était utilisé comme pour rabaisser les autres, simplement parce qu'ils n'étaient pas nés avec des capacités magiques. Mais bon, ce mot faisait parti du vocabulaire sorcier depuis des siècles, et ce n'était pas maintenant que ça allait changer. Surtout pas à cette période, où le monde sorcier allait connaître le point le plus noir de son histoire. Pour revenir aux tableaux, Aurore fut un peu déçue d'apprendre que les peintures qu'elle avait maintes fois observées n'étaient en fait que de pâles imitations de leur modèle. Des copies certes très ressemblantes, mais des copies tout de même. Comme quoi, parfois la magie ne pouvait pas tout faire. Il y avait toujours une part de réalité et de mensonge, de faux et de vrai dans tout ce qui nous entourait et ce, même dans des œuvres d'art. La vie était ainsi faite.

 « Merci pour les explications, monsieur. »

La jaune et noir était tout de même forcée d'admettre que le bibliothécaire en savait plus qu'elle. Bon, c'était d'ailleurs pour ça qu'elle s'était tournée vers lui pour lui poser ses questions, n'empêche qu'une partie d'elle était impressionnée par tant de savoir délivré en si peu de temps. Et l'homme face à elle semblait en connaître beaucoup plus que ce qu'il laissait entrevoir. Bizarre. Étrange. Atypique. Mystérieux. Un nouveau mot pour décrire Mr. Holbrey s'ajouta soudainement à sa liste, comme quelque chose qui commençait à devenir automatique. Il s'accroupit alors devant elle, la regardant de ses yeux qui en disaient long. Une faveur, sans doute ? Ou bien il allait gentiment lui dire de dégager ? Dans tous les cas, il le prenait véritablement pour une gamine. Non mais.  

« Dis-moi, ma jolie, qu’est-ce qu’on raconte sur moi dans les couloirs, mhhhh ? »

Elle fut plutôt étonnée par sa question. En fait, plus tant que ça, après quelques instants de réflexion. Il était normal pour quelqu'un qui s'aime autant de savoir quelle image il dégageait et ce qu'on disait de lui à l'extérieur de la bibliothèque. Aurore prit quelques minutes pour réfléchir, les yeux un peu dans le vague. À vrai dire, elle n'y avait jamais vraiment prêté attention. Les rumeurs étant les derniers de ses soucis, elle préférait se préoccuper de choses disons... Plus importantes. Restant tout de même sur ces gardes, elle préféra inventer différentes possibilités en établissant des théories selon ses propres observations. Tout le reste allait être pure improvisation.

 « Et bien... Pour l'instant, peu d'entre-nous sont venus ici, comme ce n'est que le début de l'année. On dit qu'on vous retrouve tout le temps le nez plongé dans les bouquins et que le peu de choses que vous dites sont bizarres. Je n'ai pas d'exemples à donner, s'empressa-t-elle de rajouter avant qu'il ne lui pose d'autres questions.
On dit aussi que vous connaissez énormément de choses. »

Et c'était tout. De toute manière, Aurore n'avait rien d'autre à ajouter. S'il avait d'autres questions, qu'il les lui pose. Mais elle espérait de tout cœur qu'il n'allait pas lui demander son avis. Avec cet homme, on ne savait jamais à quoi s'attendre...  

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MessageSujet: Re: [Sept 1997] Une histoire de tableaux [Pv Octave] Dim 17 Juil 2016 - 23:24

« Merci pour les explications, monsieur. »

Ahlala, si Octave avait eu un éventail sur lui, il l’aurait sorti sur le champ d’un élégant geste de la main et se serait éventé avec d’un air satisfait, faussement humble. Quoi que le « monsieur » était assez mal passé à ses oreilles, à tel point il lui était inhabituel qu’on l’apostrophe comme cela. Le vouvoiement le répugnait, ainsi que toutes les autres distinctions pompeuses, car il trouvait que cela servait à de nombreuses personnes pour se donner une importance qui n’était pas justifiée. Alors il avait depuis le début tenu à ce qu’on l’appelle par son prénom, préférant qu’on le traite à égal en toute circonstance. Mais sa réputation grandissant, cela avait eu un effet pire que la distanciation prodiguée par le vouvoiement. En effet, les gens qui le craignaient ou le respectaient n’osaient guère le tutoyer, trouvant que cela manquait de solennité. En contrepartie, ils ne pouvaient pas non plus le vouvoyer, puisqu’il n’appréciait pas ça. Ce manège participa à créer un brouillard de séparation encore plus dense que s’il avait simplement daigné vouloir accepter quelques marques officielles de politesse. Enfin bref, tout ça pour dire que le « monsieur » l’avait quelque peu surprit. Néanmoins il était en milieu civilisé et ne se contenta que de soulever un sourcil, comme à l’accoutumée.

« Et bien... Pour l'instant, peu d'entre nous sont venus ici, comme ce n'est que le début de l'année. On dit qu'on vous retrouve tout le temps le nez plongé dans les bouquins et que le peu de choses que vous dites sont bizarres. Je n'ai pas d'exemples à donner. On dit aussi que vous connaissez énormément de choses. »

Mhh, mhhh. Octave l’écouta attentivement, le sourire aux lèvres et l’œil concentré sur le visage de la petite, comme on écoute les enfants en train de raconter une jolie histoire. Il n’avait pas connu beaucoup d’enfants et lui-même n’était pas vraiment un exemple d’évolution constante, donc il ne savait jamais véritablement comment se comporter avec des enfants. De quel niveau d’intelligence disposait donc cette créature de quoi, 11 ans ? Au moins, en tout cas. Etait-elle aussi futée qu’un chien ? Qu’un dauphin ? Pouvait-il lui apprendre à faire un tour comme on le fait dans un cirque ? Les enfants, ce mystère… pire que le département des mystères.

Ce qu’Octave pouvait en conclure c’est qu’elle ne savait pas grand-chose, ce n’était donc pas la peine de l’interroger d’avantage, ces informations étant d’un niveau assez basique, le genre de rumeurs qui courent en général sur lui où qu’il soit. Il se redressa avec souplesse, la regardant de haut, une expression d’absence flottant du le visage. Oui, son cerveau s’était fait la malle. C’était ce qui se passait en général quand il finissait par comprendre que la personne en face de lui avait rendu tout son jus, était arrivée au bout de ses capacités, s’était vidée de son utilité. Et comme il ne s’attardait jamais sur les individus qui ne représentaient plus d’intérêt quelconque à sa personne, Octave virevoltait vers d’autres horizons. Il leva la tête, regardant le livre précédemment rangé… était-il vraiment à la bonne place ? Il parut réfléchir comme ça pendant deux bonnes minutes, sans bouger, comme un robot qu’on aurait éteint en pleine action. Soudain, il regarda à nouveau la jeune fille :

« Pas de Monsieur, appelle-moi Octave. D’ailleurs, si tu pouvais faire courir le bruit que tout le monde doit m’appeler comme ça, ce serait chouette, ça m’évitera de perdre du temps. »

Il avait gardé son air pensif, une autre réflexion prenant possession de son esprit à la suite de la précédente. Etait-ce vraiment astucieux que de poser ce genre de question à une gamine, en fait ? Mhhh, les enfants sont réputés pour être de véritables éponges, absorbant les informations comme on absorbe de la flotte avec un sopalin. Pouvat-il se permettre d’odieusement en profiter ? Bien sûr que oui, quelle question. Qui plus est, les enfants sont constamment sous-estimés, raison pour laquelle personne n’hésitait à parler ouvertement devant eux, avec la conviction qu’ils ne comprennent rien. Octave avait alors l’espoir que la petite ait ouï des choses qu’elle n’était pas sensée entendre, sans le savoir. Certains disaient que les mômes étaient naïfs et simples ; peut-être que cette légende faciliterait la tâche. Par contre, d’autres racontaient que c’était des êtres vils et maléfiques. Bon, dans ce cas, ils allaient réussir à s’entendre, entre démons ? Cette fois il s’adressa à la jeune fille de manière bien plus sérieuse que tout à l’heure, voulant souligner l’importance de la chose, dans l’espoir de l’intéresser à vouloir rendre cet importance service à une grande personne.

« Je suis nouveau ici, est-ce qu’il y a des choses que je suis sensée savoir ? Des bruits qui courent ? Des informations pas nécessairement très publiques ? Des pièces secrètes ? Des tunnels inconnus ? Des infos croustillantes ? »

Et à peine avait-il commencé à poser cette question qu’il le regrettait déjà. Il avait eu du mal à ne pas rouler des yeux vers le ciel en pensant à sa propre stupidité. C’était une petite. Une petite. Qu’est-ce qu’il allait bien pouvoir soustraire à cet esprit enfantin. Une chocogrenouille peut-être ? Elle ne faisait pas parti de l’ordre du Phénix, très manifestement. Une fois sa phrase achevée, il soupira, dépité par soi-même. C’était ça, la solitude ? Son métier lui manquait…

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MessageSujet: Re: [Sept 1997] Une histoire de tableaux [Pv Octave] Mar 19 Juil 2016 - 23:35




Le bibliothécaire sembla un peu perturbé suite au remerciement de la petite Aurore. Cette dernière ne comprit pas vraiment pourquoi, étant donné que pour elle, ce qu'elle avait dit était tout-à-fait normal. Du moins, les formules de politesse lorsque l'on s'adressait à un adulte de cet établissement y étaient toutes. C'est pourquoi elle fut intriguée lorsqu'il leva un sourcil, ce qui rendit le visage de Mr. Holbrey encore plus étrange qu'à l'accoutumée. Aurore soupira intérieurement. Quoiqu'elle fasse, le monsieur ne semblait jamais satisfait. Non, en fait il semblait plutôt... Absent. Un peu comme dans un autre monde où il régnait seul en suivant ses propres lois. Les livres, sûrement. Elle s'imaginait bien une grande salle avec des murs remplis de posters... De lui. Posant dans tous les sens, faisant face à la caméra, la transperçant d'un regard mystérieux et indéchiffrable. Il paraderait le regard haut en posant ses yeux sur chacun d'eux d'un petit air satisfait. Ainsi, il serait le centre du monde avec lui-même. C'était sûrement ce qui lui plairait. La petite jaune en rigolait presque, tellement l'image était comique. Bizarre. Étrange. Atypique. Mystérieux. Ridicule. Tiens, un nouveau mot dans sa liste. Décidément, elle n'allait cesser de s'agrandir. La jeune blairelle allait bientôt pouvoir remplir tout un parchemin à la fin de leur discussion... Il y avait tant à dire, sur lui. Juste pour sa manière d'être. Un vrai spécimen. Aurore n'en avait jamais rencontré, des personnes comme lui. Et pourtant, elle en avait vu passer, des cas désespérés... Lui était une espèce à part.

Ses pensées se confirmèrent lorsqu'il lui demanda des informations. Mais n'importe quelles informations. Elles auraient pu porter, je ne sais pas, sur l'ambiance actuelle qu'il y avait au château, les nouveaux professeurs, quelques ragots d'élèves... Mais non, le poulpe Mr. Holbrey avait voulu lui poser des questions... sur sa propre personne. De quoi dégoûter Aurore encore plus. Surtout qu'elle ne savait absolument pas ce que l'on disait sur son étrange personne. Ça n'allait pas elle qui allait être au courant. Carter, peut-être, mais pas elle. Inventant une réponse sur les premières impressions qu'elle avait eu en le rencontrant, un long silence s'ensuit par la suite. Quelques instants auparavant accroupi, la seconde d'après debout, il la regardait de haut, le visage semblable à un trou noir. Mais qu'était donc capable cet homme ? Jusqu'où pouvait-il aller ? Chacune de ses actions semblaient irréelles, comme dans un rêve éveillé. Il ne semblait même pas être dans le bon siècle. Le bibliothécaire pencha la tête en arrière et Aurore suivit son regard. Un livre ? Il regardait tout simplement un livre ? Après quelques secondes, Aurore se demanda combien de temps il allait rester dans cette position-là, à avoir un semblant de pensée sur cet ouvrage qui avait l'air de faire naître en lui des instants de profonde réflexion. Soudainement, il se tourna à nouveau vers elle, l'air d'avoir quelque chose d'important à lui dire.

« Pas de Monsieur, appelle-moi Octave. D’ailleurs, si tu pouvais faire courir le bruit que tout le monde doit m’appeler comme ça, ce serait chouette, ça m’évitera de perdre du temps. »

La blague était drôle. Très drôle, même. Les yeux pleins d'incompréhension, elle fut tentée de rire de nervosité. Mais en voyant l'air sérieux de son aîné, elle se retint vite. Depuis quand un professeur, enfin, un bibliothécaire, mais une personne tout de même hiérarchiquement supérieure à elle, lui demandait de le... tutoyer ? Logiquement, lorsque l'on demandait à quelqu'un de l'appeler par son prénom, c'était que les barrières disposées normalement entre un adulte et un élève était brisées. Tutoyer un adulte à Poudlard... Aurore en était sûre, pour la nouvelle direction ça n'allait pas passer. Elle ne voulait prendre ce risque-là juste pour faire plaisir à Mr. Holbrey. Elle secoua donc la tête d'un signe négatif, pour lui faire comprendre que la demande était refusée.

 « Je suis désolée. Je n'ai pas le droit, et les autres élèves vous diront la même chose... monsieur. »

Aurore avait appuyé ce dernier mot pour bien lui faire comprendre qu'il était inutile d'insister, qu'elle ne changerai pas d'avis. La convaincre était quelque chose d'assez difficile, et la jeune blairelle n'allait pas se laisser faire. Surtout pas par un type aussi bizarre que lui. Ce dernier changea alors son regard. Moins absent, l'homme semblait soudainement très sérieux. Ah ? Une autre chose importante à savoir ? La jaune et noir avait hâte d'en savoir plus...

« Je suis nouveau ici, est-ce qu’il y a des choses que je suis sensée savoir ? Des bruits qui courent ? Des informations pas nécessairement très publiques ? Des pièces secrètes ? Des tunnels inconnus ? Des infos croustillantes ? »

Surprise, Aurore ne pipa mot pendant quelques instants avant de se gratter la tête, pensive. Oh, il y avait bien quelque chose... Comme ce fameux passage secret que Carter lui avait fait découvrir l'année précédente alors que le vil Serpentard s'était caché dans un placard pour échapper à Rusard. Ce chemin menait tout droit dans les cuisines de Poudlard, rempli d'elfes de maisons qu'on disait fins cuisiniers. Et la rumeur était fondée. Après avoir goûté de nombreuses pâtisseries, elle avait été très souvent tentée d'y retourner mais, par la crainte du règlement, ne l'avait jamais fait. Le laissant patienter, Aurore lui répondit enfin.

« Il y a bien ce passage secret là... Au fond des cachots... Qui sait sur quoi il ouvre...? fit-elle mine de se demander, avec un sourire qui en disait long. En revanche... »

Une idée lui était venue en tête. Comme une poussée d'adrénaline. Comme quelque chose de fou qui lui faisait peur mais qui l'excitait en même. Plus personne n'allait la voir comme une petite fille toute sage si on l'apprenait. Elle allait briser cette image que sa mère avait confectionné dès sa naissance, celle d'une poupée sur un nuage, regardant tout simplement le monde tourner autour d'elle sans y jouer le moindre rôle. Tout cela allait changer. Pour être sûre que personne n'allait l'entendre, elle fit signe au bibliothécaire de s'approcher pour lui murmurer, les yeux dans les yeux.

« En réalité, je ne sais pas grand-chose, mais... Puisque les ragots semblent vous intéresser, je vous propose quelque chose. »


Un sourire, une attente. Cet Octave était un vrai démon. Il aurait presque pu la transformer elle aussi, en lui parlant comme une petite fille, comme une enfant. Malheureusement pour lui, elle avait vécu très jeune dans un monde de couleurs et de paillettes. Et d'argent. Mais tout ça était une illusion. Le monde de la mode était ingrat. Et Aurore n'était pas bête. Loin de là. Elle allait le faire prendre à son propre jeu...

« Personne ne peut se douter que la petite Aurore pourrait faire attention à ce qu'il se passe dans le château... Laissez-moi être vos yeux et vos oreilles. Vous en saurez plus que dans les bouts de journal... Monsieur. »

Et voilà. La proposition était faite. Manquait plus qu'à attendre la réponse de Mr. Holbrey. Ses réactions étant imprévisibles, Aurore ne pouvait s'attendre à rien. Soit elle allait repartir satisfaite, soit elle allait soupirer de mécontentement. Au moins, la jaune et noir avait essayé.

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MessageSujet: Re: [Sept 1997] Une histoire de tableaux [Pv Octave] Mer 20 Juil 2016 - 15:36

« Je suis désolée. Je n’ai pas le droit, et les autres élèves vous diront la même chose… monsieur. »

Lentement, avec une irrépressible suspicion, les yeux d’Octave se plissèrent alors qu’il s’évertuait à fixer la petite sans battre des paupières. C’était d’un ennui mortel que de s’attarder sur ce genre de menus détails. Pourquoi personne ici ne voulait se montrer coopératif ? Il passait bien plus de temps à négocier qu’à avoir ce qu’il voulait, et c’était on ne peut plus frustrant et fatiguant parce que franchement, il ne demandait pas grand-chose. Un petit service, de quoi les rapprocher en ces temps difficiles, pour le dérider un peu, lui rendre la vie plus simple et agréable. Mais non, il avait l’impression de proposer quelque chose d’abominable pour les chastes oreilles de ces petits écoliers. Bon sang, ils devaient se décoincer un peu, on n’est pas chez les nones ! Ce n’était pas avec une mentalité comme ça qu’ils allaient gagner la guerre ! En moins de dix minutes, elle avait réussi à le contrarier deux fois, alors que lui, avait fait l’effort de satisfaire sa curiosité. Et un échange à sens unique, ce n’était vraiment pas intéressant.

« Il y a bien ce passage secret là… Au fond des cachots… Qui sait sur quoi il ouvre… ? »

Et elle osait lui sourire d’un air mystérieux, avec l’apparence de celle qui pensait avoir su intéresser son interlocuteur. Mais ce n’était pas le cas. Si la petite ne savait pas où ce passage menait, ça ne l’intéressait pas. Il n’était pas un aventurier, enfin si, disons qu’il n’était plutôt pas celui qui vérifiait les pistes. En général, ses informateurs lui donnaient des informations tangibles et il n’avait plus qu’à décider quoi en faire. Avoir la moitié d’une piste c’était comme recevoir la moitié d’un gâteau : décevant et clairement insatisfaisant. Décidemment, elle ne savait faire que ça, cette petite, le désappointer. Elle avait beau n’être qu’une enfant, Octave n’avait pas l’intention de ménager ses petits sentiments de petite fille. Le monde autour était cruel et méchant et il n’était jamais trop tôt pour s’en rendre compte ; le comprendre tardivement était en revanche un gros manquement. Soudain, la petite l’invita à se rapprocher d’elle, ce qu’Octave fit en se mettant à genoux devant elle à nouveau. Qu’avait-elle donc encore en tête ?

« En réalité, je ne sais pas grand-chose, mais... Puisque les ragots semblent vous intéresser, je vous propose quelque chose. »

Doux Jesus, dans quoi venait-il de s’embarquer ? Elle le prenait pour qui, Hercule Poirot ? Il soutint son regard sans broncher, attendant que la pause théâtralement imposée prenne fin. Tant de suspens, il ne savait pas comment il allait tenir. Cessons d’ironiser, elle était mignonne cette petite, à essayer d’attirer son attention de la sorte. Avec une maladresse notable, cela dit. Avouer qu’elle ne savait pas grand-chose était d’une part un euphémisme, et d’autre part un signe d’amateurisme. C’était comme écrire qu’on n’est pas fait pour le boulot pour lequel on vient postuler. Mais voyons, soyons patients, laissons la finir sa phrase avant de la rejeter telle une clocharde en période de Noël.


« Personne ne peut se douter que la petite Aurore pourrait faire attention à ce qu'il se passe dans le château... Laissez-moi être vos yeux et vos oreilles. Vous en saurez plus que dans les bouts de journal... Monsieur. »

Aurore… très chère Aurore, tu n’aurais pas dû rajouter ton « monsieur » à la fin de cette phrase. Si, peut-être, sa proposition aurait pu lui paraître intéressante en y réfléchissant un petit peu, Octave fut instantanément refroidit par ce « monsieur ». Dieu que c’était laid et guindé. Et puis il n’était pas encore prêt à se faire appeler Monsieur, Jeune Homme aurait été déjà plus acceptable. Ce Monsieur lui donnait un sacré coup de vieux, intensifiant le souvenir de toutes ces folles années qu’il avait vécues, et que certains ne parvenaient même pas à en faire l’expérience durant toute leur existence.

« Tant qu’à être pompeux, autant y aller franchement. Ne m’appelle pas Monsieur, appelle moi Maître. Ca a déjà plus d’effet que ce « monsieur » tout fripé. Maître Octave, ce serait parfait. »

Il l’avait dit d’un naturel déconcertant, comme s’il venait de lui demander un mouchoir de poche pour s’essuyer le front. Il prenait un malin plaisir à transformer en excès toute chose qui lui paraissait engoncée, fruit de règles immuables gravées dans le métal, et non d’une logique perspicace. Si elle lui avait dit qu’elle préférait l’appeler comme ça pour des raisons personnelles, il se serait contenté de rouler des yeux sans piper mot, mais Aurore avait fait référence à une force supérieure, ainsi dévoilant involontairement un caractère paresseux. Le genre qui laisse les autres décider pour elle.

« Sinon, tu fais toujours référence à toi-même à la troisième personne ?»

Il évitait un peu le sujet principal, parce que honnêtement, c’était louche toute cette histoire. C’était quoi, cette apprentie espionne ? Elle voulait vivre l’aventure à ses dépends ? Peut-être cherchait-il trop loin, mais on ne sait jamais, avec ces copies miniatures. Finalement il soupira en levant un sourcil dubitatif et demanda d’un ton qui ne camouflait que trop peu son scepticisme.

« Tu dis toi-même que tu ne sais rien. Pourquoi devrais-je être intéressé par des yeux et des oreilles qui sont à priori respectivement aveugles et sourds ? Tu ne sembles pas très douée et être une enfant ne suffit pas pour savoir écouter. Moi, j’ai besoin d’espions qui savent ce qu’ils font et le font sérieusement. Elles sont où les preuves de ton savoir-faire, mhhh ? »


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MessageSujet: Re: [Sept 1997] Une histoire de tableaux [Pv Octave] Mer 20 Juil 2016 - 18:40




« Tant qu’à être pompeux, autant y aller franchement. Ne m’appelle pas Monsieur, appelle moi Maître. Ça a déjà plus d’effet que ce « monsieur » tout fripé. Maître Octave, ce serait parfait. »

Aurore soupira en levant les yeux. Le Maître Octave revenait toujours à la charge pour se mettre en valeur, comme s'il criait sur tous les toits qu'il était imbus de sa personne. Non mais. D'où est-ce qu'il sortait, réellement, celui-là ? D'un monde parallèle ? Sincèrement. L'appeler "Maître Octave". Et puis quoi encore ? Sa Majesté Royale, tant qu'on y étais ? Octavius le Grand ? Il la prenait légèrement pour une idiote, soit dit en passant. La regardant mi-amusé mi-ennuyé, il avait l'air d'avoir face à lui un objet étrange. Inconnu. Or, Aurore voulait tout, sauf se faire prendre pour une enfant. C'en était assez. Elle n'allait pas se laisser faire. Surtout pas par quelqu'un comme... lui. La blairelle allait lui prouver de quoi elle était capable, foi de jaune. Et s'il n'était pas convaincu, qu'il aille voir ailleurs. Son attitude trahissait sa profonde ennuie à l'entendre parler, et l'agacement d'Aurore ne faisait qu'augmenter. Pour qui il se prenait, celui-là ? Avait-il un minimum de retenue, face à une jeune élève ? Il aurait baillé que l'effet aurait été le même. Mais bon. Autant jouer le jeu jusqu'au bout.  

« Sinon, tu fais toujours référence à toi-même à la troisième personne ? »


De quoi le regarder avec des yeux blasés. Si seulement il savait qu'il faisait pratiquement la même chose sur sa propre personne... Là, avec ses grands airs du dix-huitième siècle, s'était-il une seule fois demandé s'il ne s'aimait pas trop ? Trop comme excessif ? Aurore en était presque dégoûtée. Qu'est-ce qu'il lui avait pris de balancer ça comme ça ? Comme avec Carter. Elle l'avait suivi, et au final elle s'était retrouvée dans les cuisines de Poudlard à manger de délicieux gâteaux. Elle secoua donc la tête de façon négative, les yeux quelque peu provocateurs. Aurore était son exacte opposée. Lui se portait un amour profond, presque fusionnel avec lui-même. Elle était de nature modeste, presque trop. Toujours parler d'elle à la troisième personne ? La jeune Diam n'était pas folle, tout de même. Elle n'allait pas devenir comme le bibliothécaire face à elle, sans façon. L'idée ne lui était jamais venue, de toute façon. En plus, qui serait assez fou pour ressembler à quelque chose comme lui ? Personne, sûrement. À part lui-même. Aurore ne se posait même plus la question tellement la réponse était évidente.

« Tu dis toi-même que tu ne sais rien. Pourquoi devrais-je être intéressé par des yeux et des oreilles qui sont à priori respectivement aveugles et sourds ? Tu ne sembles pas très douée et être une enfant ne suffit pas pour savoir écouter. Moi, j’ai besoin d’espions qui savent ce qu’ils font et le font sérieusement. Elles sont où les preuves de ton savoir-faire, mhhh ? »

Aurore le regarda, réfléchissant légèrement à ce qu'elle allait lui sortir. Il n'avait pas tort. Ce genre de choses ? Elle ne l'avait jamais fait. Et elle n'avait pas de preuves, si ce n'était à part les cuisines de Poudlard. Il allait lui falloir de sacrés solides arguments si elle voulait être embauchée.

« Je connais un élève, un Serpentard. Dan. Dan Carter. Il est en cinquième ou sixième année. Lui, il connait pas mal de trucs. C'est lui qui m'a fait découvrir le passage secret des cachots. Il donne sur les cuisines de Poudlard et il y est allé pas qu'une fois. »

Tout en pensant, elle se tourna légèrement vers les livres à sa droite, les regardant sans les regarder, ne faisant qu'effleurer son regard sur les couvertures de cuir. Carter. Lui-même avait appris tout ça de la part des frères Weasley. De grands farceurs, disait-on. Aurore ne les avait jamais rencontrés, mais ils avaient fait beaucoup parler d'eux. Elle se demanda si le Serpentard avait traîné avec eux, une période.

« Connaissant un peu Carter, je sais qu'il part souvent dans ce genre de choses seul. Il ne le dit à personne. Ou alors, à ses amis qui partent parfois avec lui. Je suis sûre qu'il connaît beaucoup de choses sur ce qu'il se passe ici. Et pourtant, il m'y a emmené, dans ce passage. Je sais que si je lui redemande un jour, il m'emmènera ou il veut. »

Elle se tourna de nouveau vers Mr. Holbrey, le regardant de ses yeux gris clairs presque bleus, lançant le dernier argument sur lequel elle comptait. S'il n'était pas convaincu... Tant pis. Il allait le regretter.

« Les gens me font facilement confiance. J'ai l'air d'une petite fille innocente comme ça, timide et apeurée. Mais je veux briser cette image que quelqu'un a construit à ma place. On fait souvent confiance aux apparences. C'est peut-être mon point fort. On se confie à moi parce que je suis gentille et douce. On me raconte ce qui se fait dans les.. nouveaux cours, même si vous devez être sûrement au courant, et je pense que je pourrai en savoir plus à l'avenir. Se fondre dans la foule, parmi les élèves. »


Aurore ne savait pas si elle avait été convaincante ou pas. Au moins, elle avait essayé. Et si jamais sa réponse se révélait être négative, la proposition allait toujours tenir dans le futur. Un petit message, et la blairelle était là.

« Qu'en dites-vous... Octave ? »

Pour avoir ce qu'elle voulait, autant lui faire plaisir, pour une fois. Le pauvre s'était donné tellement de mal...     

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MessageSujet: Re: [Sept 1997] Une histoire de tableaux [Pv Octave] Jeu 21 Juil 2016 - 20:19

Ce n’était pas une mauvaise idée que d’avoir une poignée d’espions domestiques sous la main. Surtout si c’était des enfants, qui étaient bien plus commodes que des adultes. Dans ce domaine-là, les jeunes esprits étaient fort primitifs, aux envies médiocres et aux ambitions ne plafonnant pas plus haut que leur tête, ils ne pouvaient demander beaucoup en échange de leurs services. Contrairement à un adulte, qui eux, étaient bien plus conscient des avantages auxquels ils pouvaient prétendre sans ciller. Eh oui, une petite comme Aurore n’aurait jamais l’idée de lui quémander une villa en Toscane en échange de quelques juteuses informations. Non, ses envies devaient être simples et faciles à réaliser. Un coussin plus moelleux ? Un nouveau balai ? Des boucles d’oreilles Hello Kitty ? Quoi que, elle lui avait avoué elle-même être novice à ce genre d’occupations, et si Octave ne lui en disait mot, il n’aurait peut-être même pas à lui donner quoi que ce soit en retour. C’était tellement rare les efforts gratuits dans son métier qu’il avait presque oublié que tout n’était pas obligé d’être un rapport de force (n’est-ce pas Cassidy ?). Les gens pouvaient juste vouloir rendre service sans arrière-pensée quelconque… Mais certainement pas dans le monde où il avait vécu jusqu’à il y a peu.

Il écoutait Aurore lui parler de ce Dan, et des cuisines du château, dont il soupçonnait l’existence sans toutefois s’être aventuré à la vérifier. Pour une fois, son visage n’exprimait aucune expression en particulier, sans toutefois avoir l’air complètement figé. Il ne semblait pas spécialement intéressé, mais paradoxalement pas complètement désintéressé non plus. Paisible, il la regardait parler sans être sûr si cette histoire devait vraiment connaître un dénouement. Il avait 33 ans… C’était ce qu’il se disait parfois pour justifier le tressaillement de sa conscience qui faisait apparaître des questions profondément morales dans son esprit : « mais qu’est-ce que tu es en train de foutre ? » Et effectivement, qu’est-ce qu’il était en train de foutre, exactement ? Il avait 33 ans ! Il était trop vieux pour ces trucs. Il était même parti en retraite ! Non, non, il avait l’âge de se marier et d’avoir des enfants, une maison et un âne dans son jardin, et pas de comploter avec une toute petit fille dans une bibliothèque d’un vide lugubre. Et puis son inconscient finissait par répondre, des profondeurs les plus obscures de son âme, que oui, il avait 33 ans et il n’avait besoin ni de femme, ni d’un âne, mais d’une vie qui ne laisserait jamais son esprit s’éteindre et mourir dans l’ennui monocorde d’une existence bien rangée sous tous les angles. C’était cette mentalité-là qui faisait qu’il se retrouvait là, à genoux devant une petite espionne en devenir. Et comme il écoutait toujours l’appel de son inconscient, les apparitions vertueuses se faisaient de plus en plus rares.

« Les gens me font facilement confiance. J'ai l'air d'une petite fille innocente comme ça, timide et apeurée. Mais je veux briser cette image que quelqu'un a construite à ma place. On fait souvent confiance aux apparences. C'est peut-être mon point fort. On se confie à moi parce que je suis gentille et douce. On me raconte ce qui se fait dans les… nouveaux cours, même si vous devez être sûrement au courant, et je pense que je pourrai en savoir plus à l'avenir. Se fondre dans la foule, parmi les élèves. »

Ouhlala, était-il en train d’hériter d’une môme en pleine crise d’adolescence, détestant l’univers, et qui n’aspirait qu’à un changement radical dans sa vie ? Aurore, elle aspirait visiblement à devenir vilaine. Une vilaine espionne pour le compte d’un vilain bibliothécaire. Octave n’était franchement sûr que la fourberie fût quelque chose qu’il devait apprendre à une jeune fille pareille. Pas pour des questions de morale, mais parce qu’elle était un peu trop jeune à son goût pour déjà être pervertie. M’enfin, qui était-il pour refréner les désirs d’une petite comme Aurore ? Cela dit il était tout aussi mal que bien placé pour savoir de quoi il parlait.

« Qu'en dites-vous... Octave ? »

Mais c’est qu’elle avait tout compris, cette tendre et douce enfant ! Cela fit immédiatement sortir Octave de sa torpeur et il esquissa un sourire malicieux et complice, soulignant de la sorte qu’il avait parfaitement saisi cette tentative de l’amadouer. Et son sourire disait « t’as tout compris ma vieille », même si ce n’était pas très discret. Mais bon, en général, on n’avait pas besoin d’être discret pour séduire son interlocuteur, pire, parfois, plus c’était flagrant, mieux c’était, tellement certaines personnes ne comprenaient pas la subtilité d’une habile flatterie.

« Je devrais peut-être engager ce Dan, il a l’air doué… »

Il la taquinait, c’était méchant, mais nécessaire, puisqu’elle semblait vouloir changer. Que c’était existant, il se sentit soudain mentor potentiel pour coordonner la métamorphose de cette petite. Il y avait quelque chose de terriblement captivant à exercer une influence. Surtout sur une âme aussi vierge que celle d’Aurore. Imposer son empreinte, voir la personne copier ses traits et ses manières, retranscrivant les mêmes pensées mais avec ses mots propres… Inspirer quelqu’un d’autre était un plaisir incomparable, il permettait d’insuffler son tempérament propre tel un parfum à quelqu’un d’autre, et le voir se l’approprier en y donnant un souffle nouveau. Cette activité-là, l’intéressait peut-être bien plus que l’espionnage en lui-même. Rendre quelqu’un dépendant de soi par la pensée était bien plus efficace qu’en faire son larbin de service. Il eut un regard singulier pour Aurore et reprit, après un petit ricanement :

« Mais dis-moi d’abord, pourquoi est-ce que tu veux changer ? Et surtout, qu’est-ce que tu veux que les gens voient en toi ? Parce que changer, c’est bien, mais il faut que les motivations soient tangibles si tu veux y arriver. Il n’y a que le manque de volonté qui, en général, nous écarte de notre but. C’est quoi ton inspiration, dans tout ça ? »

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MessageSujet: Re: [Sept 1997] Une histoire de tableaux [Pv Octave] Jeu 21 Juil 2016 - 22:55




« Je devrais peut-être engager ce Dan, il a l’air doué… »

Était-ce de la provocation ? Aurore ne savait pas, mais cela en avait tout l'air. Elle se demanda ce qu'il cherchait à avoir en disant ça. La rabaisser, sans doute. Sous-entendre que Carter était plus doué qu'elle devait être un moyen pour lui de lui faire comprendre qu'elle n'était qu'une novice en la matière, et que ses services ne servaient, à priori, à rien. Quelques phrases sur le Serpentard, et le bibliothécaire était déjà séduit. Une proposition d'elle et il la remettait en question. C'était légèrement du foutage de gueule. Il fallait dire que la jeune fille était un peu déçue. Puis elle remarqua son regard. Un regard qui était légèrement en train de changer, comme s'il pouvait concéder un instant le fait qu'elle pouvait finalement servir à quelque chose. Alors, elle sut qu'il la taquinait comme on cherche un peu une personne. Elle avait été à deux doigts de tomber dans ce piège idiot et de se morfondre intérieurement. L'espace d'un instant, la jaune et noir Diam avait pris cette phrase au premier degré. En même temps, comment faire face à Octave ? Comment fallait-il comprendre la signification de chacun de ses mots ? Quelqu'un aurait dû écrire un dictionnaire rempli de mots définissants Mr. Holbrey. Un dictionnaire où, selon les attitudes et les phrases de cet homme, contiendrait plusieurs significations. La jeune blairelle aurait dû réfléchir un petit peu moins et regarder beaucoup plus. L'étrange bibliothécaire sorti de l'espace eut un petit ricanement avant de poursuivre.

« Mais dis-moi d’abord, pourquoi est-ce que tu veux changer ? Et surtout, qu’est-ce que tu veux que les gens voient en toi ? Parce que changer, c’est bien, mais il faut que les motivations soient tangibles si tu veux y arriver. Il n’y a que le manque de volonté qui, en général, nous écarte de notre but. C’est quoi ton inspiration, dans tout ça ? »  

Le sourire d'Aurore s'élargit. Peut-être allait-il enfin être enclin à lui laisser sa chance ? Apparemment, il donnait très difficilement cette chance-là à quelqu'un. Holbrey était de ces personnes qui voulaient avoir les explications avant, et là seulement ils tranchaient sur une décision. Perfectionniste, le petit. Enfin, le grand. Façon de parler. Dans tous les cas, Aurore allait devoir, encore une fois, sortir des arguments plausibles afin de convaincre définitivement Octave. Tiens. Octave. Voilà qu'elle se mettait à penser avec son prénom. Est-ce que cet homme avait un don d'influence ? Parce qu'il était en train de marcher. Elle secoua la tête pour se concentrer, effaçant ces lettres maudites. Mr. Holbrey. Voilà qui était mieux. La jeune fille se concentra à nouveau sur ces fameuses questions de "Pourquoi tu veux faire ça". Elle se serait crue à un entretien. Motivation. Inspiration. Ces mots ne lui étaient pas inconnus. La jaune et noir en avait dû avoir, de la motivation, pour tous les shootings photo qu'elle avait dû faire. Pas le choix... Pour revenir à son interlocuteur, elle rigola intérieurement. Le fait de vouloir changer d'image, celle que sa mère avait construit de toutes pièces, était vrai. Le reste... Ce n'était qu'un jeu. Juste pour voir ce que cela faisait. Mais bien sûr, elle n'allait pas dire ça, non... Aurore allait le faire marcher un peu. Après tout, qui ne croirait pas une gentille petite blairelle, mmh ?

« J'ai grandi dans un milieu où l'on ne m'a pas laissé le choix. On m'a fabriqué une image, celle de la petite fille toute gentille qui ne se plaint jamais, sans que je puisse me donner mon avis. J'ai envie de briser ça. J'ai envie de créer ma propre image, pas avoir celle du Chat Potté sur le dos alors que ce n'est pas la mienne. »


Ensuite, l'inspiration. Il fallait trouver quelque chose de crédible. Quelque chose que le bibliothécaire goberait comme une mouche car quelque peu séduit par l'idée. Et des idées, Aurore en avait tout plein. Son amour pour l'Art, sans doute. Sa créativité, aussi. Qui sait ? Dans tous les cas, elle allait essayer d'embarquer cet Octave... Heu... Ce Mr. Holbrey.

« Ce que les gens voient en moi ? Mais comme ils me voient d'habitude. Maintenir l'illusion que je reste la même sans qu'ils se doutent un seul instant de ce que je fais réellement. Récolter les ragots. Enfin, sauf si... tu attends autre-chose de moi... Octave. »

Et voilà. Elle en était venue au tutoiement. Une touche de plus pour le séduire au mieux. Allait-il tomber dans le panneau ? Aurore avait hâte de le savoir. Mais vu comment la situation évoluait, la situation risquait d'être prometteuse... 

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MessageSujet: Re: [Sept 1997] Une histoire de tableaux [Pv Octave] Ven 22 Juil 2016 - 11:46

« J'ai grandi dans un milieu où l'on ne m'a pas laissé le choix. On m'a fabriqué une image, celle de la petite fille toute gentille qui ne se plaint jamais, sans que je puisse me donner mon avis. J'ai envie de briser ça. J'ai envie de créer ma propre image, pas avoir celle du Chat Potté sur le dos alors que ce n'est pas la mienne. »

Cette phrase lui inspira un élan de nostalgie. Il ne connaissait que trop bien l’univers familial où tout était codifié, les pensées comme les actes, contrôlé sous tous les angles pour ne surtout pas déroger à des dogmes imposés par des motivations fumeuses, égoïstes parfois, rigoureuses toujours. Il n’y avait jamais vraiment de répit ; tout était fait en sorte que cette apparence imposée devienne le moi véritable avec le temps. Et alors c’était d’autant plus dur de lutter contre l’autorité. Sa famille lui avait imposé l’image du froid calcul, du juge impartial et toujours maître de soi. Du médecin brillant et sûr de lui en devenir, qui savait toujours ce qu’il voulait et faisait tout pour y parvenir. Malgré lui, et parce que cela avait été une influence particulièrement importante dans son enfant, Octave avait gardé une grand partie de ces traits de caractère, ces préceptes fondamentaux, qu’il avait effectivement faits siens tant ceux-ci s’étaient profondément enracinés dans sa personnalité malléable de gamin instable. Probablement que son désordre mental et émotionnel avait facilité la chose.

Aurore avait l’avantage de n’être encore qu’une enfant. Contrairement à lui, elle allait dorénavant passer la majorité de son temps avec des élèves, plus ou moins normaux, de son âge. Côtoyer des gens prosaïques avait ces avantage pour équilibrer un esprit dérangé, le remettre en ordre, et cela aidait beaucoup à compenser le manque affectif que provoquait bien souvent une famille tyrannique. Il y avait encore de l’espoir pour elle ; elle pouvait largement changer sans trop de séquelles. La question était maintenant de savoir si elle devait vraiment changer ? Bien sûr, Octave prenait un malin plaisir à pervertir les esprits faibles, mais malgré les privilèges de sa personnalité difforme, il ne souhaitait à personne de devenir comme lui. Ca demandait beaucoup trop d’effort pour garder une relative harmonie entre tous les traits contradictoires de son caractère.

« Ce que les gens voient en moi ? Mais comme ils me voient d'habitude. Maintenir l'illusion que je reste la même sans qu'ils se doutent un seul instant de ce que je fais réellement. Récolter les ragots. Enfin, sauf si... tu attends autre chose de moi... Octave. »

A ces mots-là, Octave eut un regard absent, comme celui dont le cerveau avait soudainement été aspiré par les oreilles et envoyé dans l’espace cosmique. Ca, ça demandait réellement réflexion. Avoir une formation d’espion, ça permettait d’avoir une vie palpitante, mais ça ne participait franchement pas de manière bénéfique au développement personnel. Surtout à un si jeune âge. Faire semblant d’être ce qu’on n’est pas ne favorisait en aucun cas l’épanouissement personnel, et l’épanouissement, il n’y avait que ça d’important dans la vie. Ne jamais se forcer était la pure voie du bonheur. Sa pupille retrouva un éclat concret, manifestation d’une âme qui retrouvait son corps.

« Et qu’est-ce que ça te donnerait ? Je comprends parfaitement cette envie irrépressible de redevenir maître de son destin, mais ça, c’est la raison, et la raison ne m’explique pas vraiment les motivations qui te donnent l’envie de troquer une image artificielle pour une autre. »

Sur ces mots, dits avec la paisible intonation d’un psy en plein travail sur un patient, il se redressa et toisa la petite Aurore de toute sa hauteur. Déjà parce qu’il avait mal aux genoux et aussi parce que c’était une manière de spécifier que leur différence de taille représentait également leur différence d’expérience, le gouffre qui séparait son bagage empirique de celui de l’écolière. Bref, il n’était pas crédule, et il n’était justement pas crédule parce qu’il allait immanquablement jusqu’au bout des choses. « Le savoir c’est le pouvoir » était sa maxime préférée et en l’occurrence, le pouvoir s’était de connaître son interlocuteur au mieux possible. Et plus il allait connaître Aurore, moins elle aurait de manœuvre pour le mensonge ou la fourberie. Sauf si elle avait l’intention de lui mentir dès le début… mais ça, c’était extrêmement compliqué. Un petit mensonge par-ci, par –là, c’était simple, mais un long mensonge de bout à bout qui se tient, c’était facile à confondre.

« Es-tu au moins une bonne actrice ? Pause. Et puis à quoi ça te servirait d’être une espionne ? C’est quoi le plaisir que tu tires à faire semblant ? »

Question déjà bien compliquées pour un adulte comme Octave, alors ne parlons même pas d’Aurore, mais c’était une étape incontournable lors de la prise d’une décision importante, pour ne pas à avoir l’impression de faire une bêtise par la suite. Vivre sans regrets ça aidait aussi pas mal aussi à être équilibré, mais ça demandait beaucoup de réflexion au préalable. Cet aveu mettait sous un relief tout à fait singulier la personnalité d’Octave. Lui, qui semblait toujours tellement spontané et instinctif, avait en réalité ses faits et gestes régis d’une main de fer par des principes inébranlables. Des principes hédonistes, certes, mais des principes quand même. Après tout, il fallait beaucoup d’efforts et de dévotion pour être pleinement épanoui et heureux. Pour le moment, il y arrivait pas trop mal.

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MessageSujet: Re: [Sept 1997] Une histoire de tableaux [Pv Octave] Ven 22 Juil 2016 - 19:06



« Et qu’est-ce que ça te donnerait ? Je comprends parfaitement cette envie irrépressible de redevenir maître de son destin, mais ça, c’est la raison, et la raison ne m’explique pas vraiment les motivations qui te donnent l’envie de troquer une image artificielle pour une autre. »

Mais c'était qu'il était malin, le Octave. Et pas qu'un peu. Il se posait exactement les bonnes questions, certes légèrement complexes pour Aurore, qui prit quelques instants pour en saisir la signification, mais les bonnes questions tout de même. Sans aucun doute, Aurore en conclut que le bibliothécaire n'allait pas tomber aussi facilement dans le panneau qu'elle l'avait pensé. Plus allait l'interroger, plus il allait en savoir sur sa personne. Un faux pas, et elle serait mise à découvert. Il fallait dorénavant qu'elle utilise un peu plus sa tête et non pas son outil d'improvisation, car seul un massacre l'attendrait au bout. Un échec. Sans faire attention au soudain redressement d'Octave, Aurore fit une petite moue avec ses lèvres, la tête penchée sur le côté, pour faire comprendre qu'elle réfléchissait. Elle fit face aux livres, les effleura de ses longs doigts jusqu'à tourner le dosà  Mr. Holbrey. Et puis elle tomba sur un livre. D'Histoire de la Magie, plus exactement, qui portait sur une certaine guerre entre les sorciers et les gobelins. Cela lui donna une idée, et elle s'arrêta devant, pensive. Oui, elle avait trouvé une motivation. La jeune blairelle se tourna brusquement face à son interlocuteur, les yeux sérieux.

« La première fois que je suis arrivée ici -c'est-à-dire, l'année dernière -, j'y ai vu une possibilité d'échappatoire au monde moldu qui m'avait fait vivre un enfer. Pour la première fois de ma vie, je me sentais enfin libre. »

Elle pencha légèrement ses yeux vers le bas, retirant sa main qui était restée en contact avec les vieux ouvrages de la bibliothèque. Ce début d'histoire était vrai. Sur ce sujet-là, pas besoin de jouer la comédie. En réalité, sa fausse motivation toute trouvée pour ce poste était tirée dans son intégralité sur ses réels sentiments. Sur ce qu'elle éprouvait en ce moment, suite aux récents événements. Et elle allait utiliser ces éléments en sa faveur.

« Ensuite, Dumbledore est mort. Toute une série d'événements est arrivée par la suite, et on en est arrivé là. La prise de pouvoir des Mangemorts sur Poudlard. Aurore leva les yeux vers lui, déterminée. Cette école était pour moi une image de liberté et de paix. Cette image-là a été détruite. »

C'était maintenant réellement elle qui parlait, et non pas un soi-disant jeu dont elle prenait un malin plaisir dès le début à en tirer les ficelles. Sa voix tremblait, l'émotion était forte.

« Si, dans les bruits de couloirs que je récolte, je parviens à trouver une information cruciale que nous pourrions faire retourner contre leur propre camp, et ainsi les détruire à petit feu... Alors pour moi, c'est une motivation. »


Elle s'étonna elle-même. Jusqu'à-là, l'idée de faire du mal à quelqu'un ne lui était jamais venue à l'esprit. L'effet « auréole sur la tête », sûrement. Mais en réalité, une partie d'elle hurlait de dire aux Mangemorts de quitter le camp et de les laisser en paix. Mais elle ne pouvait pas. Trop jeune, trop innocente, trop angélique et pure. Alors, c'était dans l'ombre que la jaune et noir allait agir. Peut-être que... Peut-être qu'au final, ce jeu qu'elle avait orchestré depuis le début commençait à devenir réalité ? Peut-être qu'elle allait finir par réellement aimer cet espèce de double-jeu et d'espion ? De multitudes de questions apparaissaient dans sa tête sans qu'elle puisse les faire taire. Aurore était perdue.

« Es-tu au moins une bonne actrice ? Pause. Et puis à quoi ça te servirait d’être une espionne ? C’est quoi le plaisir que tu tires à faire semblant ? »

Si elle était une bonne actrice ? Elle n'avait que ça, lorsqu'elle était mannequin. Sourire, faire briller les yeux, faire voir ses dents, faire ressortir le côté espiègle de l'enfance ou pas. Aurore avait été éduquée comme ça. Le mannequinat l'avait faite devenir comme ça. Et pour la première fois, elle allait utiliser cet enseignement pour une cause un peu moins superficielle.

« J'ai été mannequin, dans le monde moldu,
commença-t-elle avec amertume. On m'a apprit à jouer la comédie, à sourire à la caméra. À faire semblant. De ce côté-là, pas de soucis à se faire. J'ai quelques années d'expérience derrière moi. »

Elle sourit intérieurement. Pour le coup, Aurore se montrait assez persuasive. Alors que d'habitude, elle ne faisait pas vraiment ce genre de choses. Comme quoi, tout pouvait changer dans une discussion. Les qualités que l'on pensait avoir ou pas se retrouvaient, tout d'un coup, comme bouleversées.

« Le plaisir que je tire à faire semblant ? Il n'y a pas de plaisir. C'est une chose lambda comme une autre. J'ai fait ça tellement de fois... que c'est devenu normal, à mes yeux. Le monde du mannequinat est cruel, on nous utilise comme des objets afin de se remplir les poches. Mais peut-être qu'en fin de compte, je pourrai utiliser toutes ces choses que je trouvais horribles afin de me fondre dans la foule, »
finit-elle en haussant les épaules.

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MessageSujet: Re: [Sept 1997] Une histoire de tableaux [Pv Octave] Dim 24 Juil 2016 - 2:29

Mais qu’est-ce qu’elle était trop chou avec sa petite lèvre retroussée ! Octave avait envie de lui pincer les joues pour les contorsionner douloureusement, comme le faisaient toutes les grand-mère, et il comprenait pourquoi maintenant. Aurore était joufflue comme une brioche et cette lèvre bombée accentuait ce côté de poupard irrésistible, d’enfant bien nourri et soigné. Cette abondance généreuse juvénile avait quelque chose d’irrésistible, comme l’était une pâtisserie recouverte d’un nappage brillant. Le charme d’une bien portance miniature. Elle était mignonne avec son visage rebondi et tout en rondeur ; une petite fille physiquement parfaite sous tout rapport. Cette symétrie dans l’apparence était fort agréable pour le regard, tout en étant perturbante en même temps, tant l’absence de défauts était un défaut en lui-même. Aurore était une poupée, figée dans un idéal inatteignable par le commun des mortels, parce que tout ce qui s’approchait de la perfection était par définition inconcevable. C’était précisément pour cette raison qu’Octave voulait bien la croire lorsqu’elle disait avoir vécu des moments difficiles. C’était le lot de tous ceux qui sortaient du commun, et encore plus lorsque cette particularité était visible à l’œil nu. Longtemps, on n’avait dû l’appréhender que par cette beauté physique sans se donner la peine d’aller plus loin. Et à juste titre, la perfection physique ayant la détestable capacité à reléguer au second plan les qualités intellectuelles. Enfin, si qualités intellectuelles il y avait... auquel cas le détestable devenait seul et unique avantage. Heureusement, Octave avait tout son temps pour labourer ce petite visage aux traits si réguliers…

« Ensuite, Dumbledore est mort. Toute une série d'événements est arrivée par la suite, et on en est arrivé là. La prise de pouvoir des Mangemorts sur Poudlard. Cette école était pour moi une image de liberté et de paix. Cette image-là a été détruite. »

Son regard déterminé insuffla une légère ardeur au bibliothécaire. Il adorait le symbolisme, qui alimentait allègrement son caractère lyrique de poète inconnu. Mais ne vous y trompez pas, ce n’était pas pour l’amour d’un allégorisme vide de sens, au contraire, plus il y avait de concepts derrière, mieux c’était, car plus fort en était le symbole. Et si Poudlard avait été aussi longtemps l’effigie de la liberté et de l’indépendance du savoir et de l’expression dans le monde magique, c’était notamment grâce à Dumbledore et à l’indépendance qu’il avait apporté à cette école. Mais Dumbledore était mort, et tout ce que ce château représentait avec. Octave s’adossa aux colonnes de livres et croisa les bras, l’air sérieux comme jamais. Même son sourire n’était plus là pour représenter la légèreté rassurance avec laquelle il abordait la vie. Cela lui donna un air grave et sévère, assombrissant sensiblement son regard, même si ces sourcils n’étaient pas froncés. C’était dû à la forme particulière de son visage, qui apparaissait austère et sec au naturel. Il n’avait pas étudié ici, rien ne le rattachait à cet endroit sauf les livres ou les diverses lectures qu’il avait parcouru tout au long de sa vie au sujet de cette école. Mais il comprenait parfaitement ce que ces évènements représentaient, en particularité la déchirante atrocité d’un acte d’une barbarie simpliste. Un meurtre, ce n’était rien, mais c’était tout en même temps.

Sans broncher ni dire un mot ou même lâcher un soupire, il écouta très attentivement Aurore parce qu’il sentait que ce qu’elle avait à dire ne subirait aucune interruption de sa part. Il y avait quelque chose d’extrêmement touchant dans cette dure et pénible vie que semblait être celle de la jeune fille, mais également de profondément pathétique. Qu’est-ce que c’était typique. Bon, elle n’avait que douze ans, les épreuves de l’existence n’étant encore pas très loin derrière elle, Aurore réagissait de manière assez saine, mais tellement, tellement commune. Ce n’était pas grave, car Octave n’en attendait pas d’avantage et aurait été surpris que ce joli minois cache un autre secret. Déformation professionnelle probable, mais les gens autour de lui souffraient toujours de malheurs identiques et avaient des réactions parfaitement ordinaires aux événements. Ordinaires ? Je voulais dire immature et téméraire. Voire faible. Personne n’arrivait à s’extirper de son malheur par soi-même, par la force de ses bras et de sa volonté. Bien souvent il leur fallait quelqu’un d’autre pour les pousser du fond du trou, sinon ils y resteraient pour l’éternité à se morfondre et à tourner en rond sans que cela ne leur pose problème en définitive. C’était tellement plus simple d’être une victime que de se battre pour aller mieux. Bref, elle n’avait que douze ans. Octave avait du mal avec les enfants parce qu’il ne pouvait s’empêcher de se comporter comme s’ils étaient de véritables adultes. Et cela était frustrant pour lui et blessant pour les enfants qui ne pouvaient décemment pas répondre à ses exigences.

« Est-ce que tu veux te venger ? »

Parce que c’était l’impression qu’il avait eu à l’écouter raconter cette histoire. Elle avait été visiblement malmenée par ses proches depuis sa plus petite enfance. Pas comme on l’entend en général, une maltraitance peu sujette à l’affliction générale puisque l’opulence ne souffrait pas de pitié. En effet, quel individu sensé pouvait-il plaindre une petite fille qui réalisait à elle seule le rêve de toute une génération : celui de devenir mannequin. Tout le monde en rêve, n’est-ce pas ? Alors pourquoi les plaindre, ces filles riches, baignées par l’attention et allégrement dotées par la nature d’une beauté sans égale ? Une souffrance sous-estimée, comme tant d’autres… L’école lui avait offert un nouveau contexte avec une nouvelle vie, et maintenant cette dernière lui avait été brusquement reprise pour, à la place, lui donner la même chose que ce qu’elle avait connu avant de venir ici. Sa vie n’avait entrevu la félicité que pendant un court instant, et elle semblait vouloir maintenant aider à mettre à bas ce nouveau régime. Tout à son honneur, bien entendu. Mais Octave n’était pas sûr de voir cela du même œil que tout le monde, alors il attendit la réponse à cette question pour prolonger l’interrogatoire. Entre temps, une autre idée lui vint en tête. Il la toisa longuement de toute sa hauteur avant d’enfin esquisser son légendaire sourire. De quoi faire soudainement retomber la tension naturelle de son visage, comme si elle n’avait jamais existé, presque au point de faire croire que son faciès n’était pas vraiment capable d’exprimer la sévérité qu’il avait revêtit jusqu’alors.

« Tu vas me dire trois choses sur toi. Une qui est vrai et deux autres qui sont fausses. Tu peux illustrer ces faits avec un contexte, ou me les balancer de but en blanc, mais attention, réfléchis bien à ce que tu vas me révéler. »

Ce n’était pas très compliqué, pas vrai ? Enfin, je crois…

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MessageSujet: Re: [Sept 1997] Une histoire de tableaux [Pv Octave] Dim 24 Juil 2016 - 18:06



Si elle voulait se venger ? C'était une très bonne question. Oui et non, à vrai dire. La vengeance était quelque chose d'assez inconnu pour elle, et à vrai dire Aurore ne s'était jamais vraiment posé la question... Jusqu'à ce qu'Octave la lui pose. Se venger et retrouver ces instants de liberté qu'elle avait ressenti lors de sa première année ? Oui. Faire face directement au danger et prendre le risque de perdre la vie ? Cette option lui sembla trop périlleuse et trop dangeureuse, non pas sans conséquences. Elle ne pouvait pas prendre le risque d'être en première ligne et courir tout droit dans la gueule du loup. C'était la guerre, ce n'était pas un jeu. Alors oui, ce qu'elle voulait c'était la paix et la liberté. Mais était-elle prête à jouer un rôle là-dedans ? La blairelle voulait-être une image à suivre ? Mmh, elle ne savait pas vraiment. Ce n'était pas vraiment son genre de chose de s'exposer au danger et être un modèle. Cependant, agir dans l'ombre là où personne ne rôdait... Ça, c'était différent. Elle s'en rendit compte à l'instant, il y avait en fait plusieurs moyens pour se venger. Rien ne l'empêchait de cueillir fraîchement des informations et les communiquer à ceux qui combattaient au sens propre du terme. Si c'était ça, se venger, alors oui, elle voulait se venger. Qu'ils soient pris par la surprise de n'avoir rien vu arriver et voir leur visage ahuris comme s'ils n'en croyaient pas leurs yeux. C'était quelque chose de presque jouissif à imaginer. Adieu l'innocence et la pureté ! Aurore était en train de devenir une véritable espionne. Sans qu'elle ne s'en rende compte, elle était tombée à moitié dans son propre jeu. Quelle ironie.

« Je veux me venger, oui. Mais dans l'ombre et l'inconscience des autres. Être dans l'action mais ne pas l'être en même temps. Tu vois ce que je veux dire ? »

Et voilà, elle en était venue au tutoiement, celui qu'elle réservait pour ses connaissances et ses proches. Octave, le bibliothécaire, était-il rentré dans cette catégorie-là ? Aurore ne savait pas et ne voulait pas le savoir. Il s'agissait là seulement de le séduire en faisant ce qu'il lui avait demandée depuis le début. Et apparemment, cela était en train de marcher. Depuis quelques minutes, Octave ne semblait pas la contredire ou lui poser des questions essentielles. Enfin, l'interrogatoire n'était sûrement pas fini pour l'instant. À croire qu'il avait noté d'avance tout ce qu'il avait prévu de dire. Aurore l'imaginait bien marmonner dans sa tête, crayon entre les dents, "Bien, cette question, faite. Passons à la suivante" en cochant des petites cases. Celui-ci se redressa alors, armé de ce fameux sourire auquel elle avait eu plusieurs fois le droit depuis le début de cette conversation. "Ça sent la question", pensa immédiatement Aurore.    

« Tu vas me dire trois choses sur toi. Une qui est vrai et deux autres qui sont fausses. Tu peux illustrer ces faits avec un contexte, ou me les balancer de but en blanc, mais attention, réfléchis bien à ce que tu vas me révéler. »


Bingo, elle avait gagné. Une nouvelle question de plus, et pas des moindres. Il s'agissait là de la tester pour sa qualité d'actrice. C'était un test décisif pour le rôle qu'elle allait jouer à Poudlard. Savoir mentir sur soi était primordial si l'on voulait être un espion. Mentir sans faillir, sans une expression de visage qui pourrait trahir, se comporter comme au quotidien avec ses mêmes mimiques, faire ça tous les jours devait être épuisant, à force. Mais Aurore se sentait prête pour ça. De toute façon, n'avait-elle pas expérimenté le mensonge, dans le monde moldu ? N'avait-elle pas dit à tout le monde, là-bas, qu'elle était heureuse d'avoir cette chance d'être mannequin ? Oh que oui. La blairelle en avait bavé. Mais cette fois-ci, la cause et la motivation était différente. Elle vit une chaise non loin de là et choisit de s'y asseoir, sous les yeux attentifs du bibliothécaire. Une fois mise à son aise, elle commença.

« À part le mannequinat, j'ai grandi aussi dans la musique. Une chose qui me libérait de ce quotidien infernal. »

Premier élément vrai. Ne restait plus qu'à trouver les deux choses fausses. Et elle savait quoi dire.

« Dans la musique, parmi tous ces instruments, j'en ai choisi un : le violoncelle. »

Ses yeux se mirent à briller de passion, comme lorsqu'elle évoquait le violon, son véritable instrument. Ayant de nombreuses fois vu jouer les violoncellistes de son orchestre, elle était capable d'en imiter le mouvement gracieux du bras droit. Aurore se rapprocha du bord de sa chaise, rapprocha sa main gauche de son oreille comme si elle tenait un manche, et plaça sa main droite devant elle, l'air de tenir un archet. Après avoir effectué quelques légers aller-retour de son bras droit, elle reposa ses membres et posa ses mains sur ses cuisses.

« Sa sonorité grave m'a toujours plu, et ce que je retiens de plus plaisant de cet instrument, elle posa sa main sur son cœur, ce sont les vibrations qu'il produit sur ton être entier lorsque le son résonne dans ton corps. Exprimer ce que tu ressens à l'aide du son que tu peux produire avec ton archet, elle leva sa main droite et la regarda, et tes doigts, idem pour sa main gauche,  ce sont des choses incroyables. Mon grand-père maternel, Michel, m'a beaucoup encouragée, étant lui-même un passionné de la musique, » finit-elle en regardant son interlocuteur.

Premier mensonge. Ce qu'elle venait de dire n'était que de simples répétitions de ce que d'autres musiciens avaient pu lui dire sur leurs impressions. Ce n'était pas une chose que l'on oubliait aussi facilement, surtout au vu de l'âme artistique d'Aurore. Elle espérait que sa mise en scène n'avait pas eu de failles et qu'Octave la croyait réellement. Elle reposa de nouveau ses mains pour se lancer sur un deuxième mensonge auquel la jaune et noir avait pris le temps de réfléchir lors du premier. Son visage se ferma alors, comme si elle évoquait des souvenirs douloureux.

« Il prenait souvent ma défense face à ma mère. C'était elle qui orchestrait tout, les castings, les photos, les interviews... Tout. Mon père, lui, restait un peu dans l'ombre. Ses parents à lui habitaient au Sud de la France, ils n'avaient pas voulu nous suivre en Angleterre. En revanche, papi Michel est venu avec nous. Veuf depuis pas mal d'années, il n'avait plus personne à qui s'attacher. Il était un peu... Une forme rassurante, pour moi. Puis un jour, il est parti. Définitivement. Il nous a quitté un soir, et le lendemain il n'était plus. Ma mère n'a pas pleuré, mon père a versé quelques larmes et moi... »


Aurore ne termina pas sa phrase, les yeux rivés sur les livres en face d'elle. Elle souffrait. Du pur jeu d'acteur évidemment, mais elle souffrait. Une boule s'était créée dans sa gorge et la jaune et noir se demanda comment elle avait pu faire pour être aussi émotive. Ses yeux lui brûlaient et sa mâchoire se serrait, comme si elle était réellement tourmentée par la perte de cet être cher. Elle imaginait juste un instant le sentiment qu'aurait éprouvé l'Aurore dans cette histoire inventée. Elle n'avait jamais connu ses grands-parents en vérité, mais dans ce contexte c'était tout comme. L'espace d'un instant, sa vue fut brouillée et la jeune fille sentit une larme glisser sur le long sa joue. Cette larme représentait beaucoup de choses, elle n'était qu'à moitié tirée du mensonge. Aurore l'essuya vite en murmurant un "Je suis désolée...". Elle ne savait plus quoi dire. Une espèce de tension mélangée à de la tristesse se dégageait de leur espace à eux deux, et un long silence vint faire place avant qu'il ne soit interrompu par le bibliothécaire.     

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MessageSujet: Re: [Sept 1997] Une histoire de tableaux [Pv Octave] Lun 25 Juil 2016 - 0:41

« Je veux me venger, oui. Mais dans l'ombre et l'inconscience des autres. Être dans l'action mais ne pas l'être en même temps. Tu vois ce que je veux dire ? »

Il avait créé un monstre qui le tutoyait déjà. Rares étaient les gens qui arrivaient aussi rapidement à surpasser leur passion pour le vouvoiement. En général ça passait d’abord par des vouvoiements forcés, qui finissaient diluées entre des excuses et des hésitations confuses, pour finir par une altération de vouvoiement et de tutoiement, toujours ponctués par des excuses. Le tutoiement assuré ne venait que bien plus tard, juste après un bon moment de tutoiement hésitant. Mais elle, elle passait comme ça, de l’un à l’autre, pouf, sans transitions. Ca avait quelque chose de plutôt perturbant en réalité, et au premier abord ca sonna faux au point qu’Octave tilt sur la phrase en essayant de savoir ce qui n’allait pas. Tu vois ce que je veux dire ? Ouais, il voyait ce qu’elle voulait dire. De toute manière il n’y avait que deux moyens de combattre l’ennemi : ouvertement et de manière dissimulée. Mais fondamentalement, tout le monde finissait par faire un peu des deux, car on ne gagnait pas une guerre en fonçant au front, ni en se contentant de rester en retrait.

Et puis il y avait cette histoire de vengeance. Ayant pour moteur la frustration, la vengeance n’avait jamais contribué au bonheur de son destinateur. Enfin, dans cette histoire, le bonheur était une notion annexe dont Octave se moquait bien pour le moment. Non, ce qui était révélateur en revanche, c’était que la vengeance était l’apanage des esprits instables et perturbés. Le désir de revanche était très souvent accompagné par des sentiments très peu sains pour le bon déroulement des événements, comme la colère, voir la haine, l’impression constante d’inassouvissement même une fois l’acte accompli, parfois la dépression et souvent le regret. Il avait observé maintes fois dans son métier des gens mus par le désir de revanche. Ce sentiment des plus puissant était fondé sur des piliers instables et inconstants, rendant la personne qui nourrissait un intense ressentiment volatile. La seule qualité qu’on pouvait imputer aux gens vengeurs, c’était la détermination haineuse qui régissait tous leurs faits et gestes. Mais de ce fait là, ces individus ne connaissaient ni les principes de loyauté, ni d’honneur, ni de constance. Ils n’étaient dirigés que par leur objectif, sans se soucier des cadavres qu’ils laissaient sur leur route, ni des gens, qu’ils n’avaient aucun scrupule à trahir, à corrompre ou à tuer. Octave avait été vengeur une fois. Une fois. Cette expérience lui avait appris à ne plus jamais l’être car il n’y avait pas de félicité dans le châtiment intéressé. Et surtout, il n’y avait jamais de confiance possible à travailler avec quelqu’un possédé par Hybris. Or, la confiance était primordiale dans cet univers de fourbes ; c’était en fait la seule chose, avec la loyauté, qui faisait que ce monde de pervers tenait encore debout. Et cette réponse ne lui donnait pas vraiment confiance…

Octave écouta attentivement et en silence les trois histoires d’Aurore. Elle avait pris son jeu comme il s’y attendait : une bravade. Et comme l’artiste qui s’apprête à produire sa première œuvre, elle y était allée de toute son cœur, en vidant toutes ses tripes dans le spectacle comme si c’était le dernier, essayant d'écrire sur trois lignes tout ce qu'elle avait à dire depuis sa naissance. Du coup Octave avait l’impression de voir une tragédie grecque. Précisément le moment où, juste après avoir assassiné son père et retrouvé sa mère pendue, Œdipe se crevait les yeux devant l’abomination commise. Monstrueuse catharsis en perspective avec une place toute réservée au panthéon du genre tragique. Ca ne voulait pas dire qu’Aurore n’était pas talentueuse, elle l’était, pas de doutes là-dessus, mais à trop vouloir l’impressionner par sa maîtrise, elle l’avait aveuglé. Encore une histoire de juste mesure, ce même équilibre harmonieux qu’on ne retrouvait jamais chez les gens inspirés par la vengeance. Cela dit, rien d’étonnant à cela, si elle n’arrivait pas à dompter ses aspirations d’un côté, elle n’allait pas y arriver de l’autre. A vouloir en faire trop, on finissait toujours par paraître louche. Il n’y avait rien de mieux que la normalité pour passer inaperçu.

Aussi, lorsque cette pauvre Aurore laisse couler une larme, Octave ne put s’empêcher d’arquer ses deux sourcils en la moue dubitative d’un metteur en scène pas très convaincu. En réalité, la seule chose à laquelle il pouvait penser en la voyant, c’était à cette pauvre larmichette. Elle s’était approchées trop près du bord, voulant faire le grand saut. Encore une suicidaire. Elle finit sur l’index de la petite fille ; éclatée, elle sécha, et mourut : la triste fin de l’enfant larme. Bah quoi, avec tout le dramatisme qu’avait instauré l’écolière, même la larme avait le droit à son moment de gloire quand même ! Encore une fois, elle était plutôt bonne actrice, mais là n’était clairement pas le souci. Nullement touché par sa performance, Octave soupira lourdement, pour justement souligner la grossièreté du spectacle. Il était juge sévère et instructeur intransigeant, il n’y avait pas de doutes à cela.

« Qu’est-ce que tu me fais ma petite ? Tu me prends pour qui, un dramaturge faisant passer des castings pour jouer Andromaque ? »

Il fit une petite pause pour savourer l’effet de sa réplique, mais enchaîna bien vite, sachant parfaitement que ça ne suffisait pas à expliquer sa pensée.

« Un mensonge, ce n’est pas un roman, plus c’est subtil, mieux c’est, et il y a nul besoin de le border de moult artifices pour le rendre crédible. Au contraire, plus il nu, mieux il passe. Enfin, sauf à quelques exceptions. Là, ce qui est très louche avec tes histoires, c’est qu’elles soient intimes et avec plein de détails. Sur le plan du jeu d’acteur, c’est très bien, mais en ce qui concerne le contenu, ça ne passe pas. On ne se connait pas, d’où tu racontes des histoires qui te font pleurer devant un parfait inconnu ? A vouloir paraître crédible, t’as trop forcé sur l’arrière-plan. Alors, je ne sais peut-être pas laquelle des tes histoires est vraie, mais je sais en revanche que tu ne m’inspire pas confiance à te révéler autant à moi. Tu vois, tu aurais pu me dire par exemple : quand j’étais petite, j’avais un poney, ma mère me préparait du chocolat chaud avec du piment et j’avais un vélo bleu parce que je n’aime pas le rose. Et voilà, ça suffit, pas besoin de plus. Même pas besoin de vraiment jouer la comédie, en fait. Je crois qu’on peut presque dire que la majorité du temps, le mensonge n’est pas une question de jeu d’acteur, mais de juste mesure, histoire de ne surtout pas se trahir. »

Ca, c’était du lourd. Un bon gros monologue comme il n’en sortait pas souvent de sa bouche. Et puis il était assez sérieux, ce qui était encore plus rare. Mais elle voulait apprendre visiblement, et savoir se modérer allait lui servir dans tous les aspects de l’existence.

« C’est qui ton violoncelliste préféré ? Et sur quelles notes accorde-t-on les cordes d’un violoncelle ? »

Hop, hop, sans repos ni répit, on passe à une autre notion.

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[Sept 1997] Une histoire de tableaux [Pv Octave]

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