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[13 Septembre 1997] Teach me all you know

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MessageSujet: [13 Septembre 1997] Teach me all you know Ven 8 Juil 2016 - 20:05

13 Septembre 1997
Poudlard, Ecosse

La soif de savoir peut-être ? Ou une volonté de pallier à un manque de contrôle ? En effet, pour la jeune femme, le savoir était une base solide dont elle se servait comme un bouclier défensif. Mais qu'en était-il du sentiment de vide que l'absence de cours, avait creusé en elle ? Hum... Était-ce réellement cela ? Tandis qu'elle montait les escaliers de marbre menant au second étage, l'apprentie réfléchissait profondément sur les raisons l'ayant motivée à prendre ce rendez-vous ; rendez-vous avec une personne que peu de gens s'évertuaient à rencontrer, mais qu'elle admirait au plus haut point. Trente, trente et un, trente deux... Pourquoi y avait-il autant de marches dans ce château ? Qui était l'architecte ? Cassidy avait obtenu quelques jours auparavant, un rendez-vous avec le nouveau directeur de l'école, celui qui avait obtenu autrefois l'honorable titre de " terreur des cachots ", et qui le conservait encore aujourd'hui. Dans la missive qu'elle lui avait envoyé, la jeune femme n'avait pas spécifié le motif la poussant à lui demander un temps de rencontre, mais cela n'avait pas empêché Severus Rogue d'y répondre favorablement, lui indiquant de le retrouver à vingt-et-une heure, dans le bureau qui était le sien depuis peu.

Arrivée au second étage, la sorcière se dirigea vers le passage dont l'accès était gardé par une imposante gargouille dorée, permettant d'accéder à la Tour où siégeait le bureau du directeur. Une fois devant la statue, la jeune femme prononça le mot de passe qu'avait eu l'amabilité de lui communiquer le professeur Rogue et s'engouffra dans les nouveaux escaliers en colimaçon qui apparurent devant elle lorsque la gargouille pivota. De nouvelles marches, youhou.

Une fois devant la porte en bois, la jeune femme qui s'apprêtait à frapper, suspendit son geste. Elle n'arrivait pas à répondre à son interrogation et, contrôle oblige, il fallait qu'elle y parvienne avant de le rencontrer. Pourquoi s'était-elle évertuée à prendre rendez-vous avec lui ?
Certes, l'absence de cours théoriques en cette nouvelle année lui laissait un grand vide puisqu'elle adorait apprendre et n'arrivait jamais à considérer les cours comme acquis. Elle ne se reposait pas sur ses lauriers, ça non. Selon elle, il y avait toujours, et ceci était d'autant plus vrai dans le domaine des potions, quelque chose de supplémentaire à essayer de comprendre pour ceux qui ne se contentaient pas de lire et d'appliquer bêtement le manuel. Certes, réaliser des potions demandait une capacité de rigueur assez importante, mais au delà de ça, il y avait selon Cassidy, une nécessité à être capable de s'accorder une certaine souplesse. Les potions étaient un éternel entre-deux et exigeaient une capacité de jonglage infiniment précise entre rigueur et souplesse. C'était ce qui rendait l'art des potions si subtil et délicat et c'était la raison principale faisant des potions magiques une chose n'étant pas à la portée de tous. La jeune femme avait obtenu un Optimal en Potions en Inde, elle avait ensuite poursuivi ses études dans ce domaine où elle excellait, tout comme son père y excellait également. Toutefois, une différence notable existait entre eux : Andreas cherchait à être le meilleur, mais se limitait lui-même en ne possédant pas assez de souplesse, tandis que sa fille elle, cherchait à se dépasser. Son exigence envers elle-même et ses capacités, était inépuisable. Oui, elle avait appris avec les meilleurs ayant notamment réalisé son dernier stage encadrée par Damoclès, Golpalott et Beaulitron, toutefois même si l'expérience avait été des plus enrichissante, ce n'était pas assez. Rien ne lui permettrait un jour de se sentir experte, puisqu'elle ne le souhaitait pas. Devenir expert supposait savoir, et avoir terminé d'apprendre, et rien ne lui faisait plus peur que cela, excepté peut-être que son double jeu ne soit découvert.
Cependant, en plus de cela, il y avait autre chose... Effectivement, la connaissance venait également lui apporter une réassurance puisqu'elle lui permettait de se sentir contenue, encadrée par quelque chose de quasiment palpable tant la Rowle avait développé, afin de survivre, une nature cérébrale. Comprendre lui permettait d'être apaisée, enfin, autant qu'il était possible de l'être en cette nouvelle année où garder son double jeu allait être particulièrement compliqué.

Bref. Elle ne pouvait pas s'éterniser. La jeune femme toqua et attendit la permission avant d'entrer dans la grande pièce circulaire s'offrant à elle. Soudainement, le léger stress qui l'habitait jusqu'à présent se dilua tel un cheveu dans du Polynectar, remplacé par un calme olympien, et même une certaine excitation. La jeune femme pris le temps d'observer, comme à son habitude, l'environnement dans lequel évoluait son interlocuteur. C'était... bien différent du cagibi sombre dont elle avait hérité dans les cachots, qui lui avait jadis appartenu. Les murs étaient tapissés de portraits d'hommes et de femmes dont l'un d'entre eux, un homme à l'apparence sage, l'observait derrière ses lunettes demi-lunes, un sourire ornant ses lèvres fines. D'étranges instruments de verre étaient posés sur certaines étagères, tandis d'autres abritaient un nombre incalculables d'ouvrages. Un bureau encombré, puis...

Enfin, le regard turquoise de la jeune femme rencontra les onyx du l'homme avec lequel elle avait venue s'entretenir. Debout, trônant en haut des quelques marches de pierre surplombant la pièce, il dégageait une aura particulière, non pas inquiétante, mais captivante aux yeux de Cassidy. La sérénité se dégageant d'elle était des plus étonnantes ; rares devaient être ceux allant rencontrer Severus Rogue avec une quiétude ne relevant pas de la maîtrise de soi, puisque la jolie blonde était réellement détendue. Elle le rencontrait enfin, après avoir passé tant d'années à entendre toutes sortes de choses sur lui. La terreur des cachots, un serpent aigri et injuste, un nez crochu, un vampire... Toutes ces rumeurs ne l'avaient jamais découragée ou fait fuir, bien au contraire. Les personnalités complexes, changeantes, insaisissables et ambivalentes l'attiraient plus que de raison.
Intérieurement, la jeune femme se rendit compte qu'elle venait de mettre le doigt sur une nouvelle raison l'ayant poussée à lui soumettre sa demande à lui, et non à Horace Slughorn. Bon, de plus, celui-ci n'était pas particulièrement chaleureux à son égard, et se méfiait d'elle comme de la peste ; les chances qu'il y réponde positivement étaient plus que minces. Mais en plus de cela, c'était souvent au contact des personnes réputées comme compliquées que la jeune femme parvenait à se révéler et à progresser le mieux. Était-ce l'envie de se dépasser, suscitée par ces personnalités souvent minutieuses mais autoritaires ? Une chose était certaine, la force de volonté de la Rowle était multipliée par cent en présence de ces individus. Et puis... il l'intriguait énormément.

« Bonsoir professeur Rogue. »

La voix de la jeune femme était nette, précise, sans tremblements. Replaçant une mèche de sa chevelure derrière son oreille, elle s'avança, ses talons claquant sur le sol.

« Merci de me recevoir à cette heure tardive. »

Accepterait-il sa requête ? Et si oui, pour quelle raison se donnerait-il la peine de le faire ? Cassidy l'ignorait, mais une chose était certaine pour la jeune femme : Une fois que l'on avait goûté aux délices des potions, c'était comme s'être laissé tenter par des Chocogrenouilles, ou être tombé amoureux pour la première fois : personne n'était capable de se libérer de cette passion.

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Le pessimiste se plaint du vent, l'optimiste espère qu'il va changer, le réaliste ajuste ses voiles.

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MessageSujet: Re: [13 Septembre 1997] Teach me all you know Lun 11 Juil 2016 - 14:48

La rentrée véritable était à peine passée depuis deux semaines et déjà, Rogue ne supportait plus le frère et la sœur Carrow. Autant Severus devait tout faire pour survivre jusqu’au prochain été afin de ne pas ruiner tous les plans du vieux fou et guider Potter lorsque viendra sa propre fin, autant il ne trouverait pas le moins du monde regrettable qu’il arrive un petit… « accident » aux deux mangemorts, du genre définitif. Rogue avait dû convoquer tout son sang-froid pour ne pas leur jeter un sort au passage et remonter calmement sans plus s’en préoccuper, après le repas du soir et une conversation particulièrement éprouvante, qui avait usé une grosse partie de sa volonté à rester dans son rôle et approuver en souriant certaines de leurs idées. Il avait pu sentir les regards glacés de sa très chère collègue de Gryffondor, les regards furieux et méfiants de Flitwick, ceux atterrés et colériques de Chourave. Qui aurait cru que cette petite femme toujours souriante était capable de s’énerver ? Il apprenait bien des choses, sur certains de ses collègues, depuis quelques temps, incroyable. Severus les ignora tous, se contentant de grimper les escaliers capricieux en évitant les pièges habituels, en silence et en vitesse. Il fila ainsi jusqu’à la tour de l’horloge, marchant sur les passerelles en bois avant de s’approcher du bord pour regarder la cour puis le parc, s’arrêtant au bord du vide.

Cette année sera on ne peut plus glaciale et Rogue allait contribuer à la rendre encore plus morose et pesante, si c’était possible. Les élèves et leurs professeurs ne devaient pas s’attendre à des mois chaleureux, emplis de bonne humeur et de jeux avec leurs amis, dans une école sécurisée où chacun se sentira à sa place, oh non. Une année gâchée pour beaucoup, avec des traumatismes sévères à prévoir et pas mal de souffrances. La guerre était bien enclenchée. Poudlard ne ressemblait déjà plus à rien, profondément dénaturée, il faudra des mois avant d’effacer toutes les souffrances. Severus inspira doucement, les yeux fermés, les poings serrés. Il avait besoin de ces moments de solitude absolue pour se reprendre, de temps à autre, cette année plus encore que les précédentes. Des moments sans mangemorts ni membres de l’Ordre du Phénix, sans élèves, sans affaire à s’occuper, des moments où il était entièrement seul. Un peu de courage, il s’agissait de la dernière ligne droite et tout sera terminé. Rouvrant les yeux, il observa longuement le lac noir, où les derniers reflets du soleil couchant venaient briller avec paresse. Son regard glissa ensuite à l’endroit où le vieux barbu était enterré, pinçant les lèvres avec force. C’était dingue, il avait parfois envie de le pleurer comme un enfant, lui qui n’avait plus versé une seule larme depuis la mort de Lily. Ce vieux cinglé en demandait toujours trop.

Rogue soupira encore et se détourna, repartant vers son bureau. Cette partie du château était encore complètement vide et silencieuse, même les tableaux semblaient dormir sur son passage. Le maître des potions avait l’impression d’être un vieux fantôme bien sombre, hantant les murs de cette école, dont tout le monde souhaitait se débarrasser… Par ailleurs, pourquoi ses chers collègues n’avaient-ils encore rien tenté pour l’assassiner ? Ils passaient déjà bien du temps à s’échanger des informations, protéger les élèves comme ils le pouvaient et chercher à nuire aux Carrows, donc pourquoi ne pas tenter également de tuer l’assassin de Dumbledore ? C’était curieux… Bien qu’il ait pris toutes les précautions supplémentaires pour ne pas être abattu avant le moment voulu, il trouvait particulièrement étrange qu’il n’y ait pas encore eu de tentatives. Sans doute attendaient-ils qu’il baisse sa garde ? Si c’était le cas, ils attendront encore bien des mois. Rentrant dans son bureau, il se souvint à ce moment-là qu’il avait accepté la demande de rendez-vous de la petite Rowle, à vingt-et-une heures. Que pouvait-elle bien lui vouloir ? Il était presque l’heure, aussi ne reprit-il pas son travail en l’attendant. Lorsqu’elle arriva, il lança un « Entrez » d’une voix un peu lasse.

– Bonsoir professeur Rogue.

– Bonsoir.

Elle s’avança, le remerciant ensuite de la recevoir à cette heure tardive. Passons sur les formalités et les politesses de ce genre, il voulait simplement savoir ce qu’elle venait faire ici. Ce bureau était devenu le lieu à éviter comme la peste, dans tout le château, il était très rare qu’on lui demande ainsi un rendez-vous. C’était d’ailleurs pour cela qu’il avait accepté, il savait qu’on ne demandait pas à le rencontrer pour rien et qu’il ne perdrait donc pas trop de temps. Il s’efforça donc d’être un minimum polis et lui proposa une tasse de thé, lançant discrètement un regard noir au tableau de Dumbledore, pour le dissuader de sourire ou de faire le moindre commentaire. Être sociable représentait déjà un effort assez important à accomplir.

– Asseyez-vous, miss Rowle, reprit-il en prenant lui-même place puis en servant deux tasses de thé. Pourquoi avez-vous demander à me rencontrer ? Que recherchez-vous ?

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MessageSujet: Re: [13 Septembre 1997] Teach me all you know Mer 13 Juil 2016 - 13:04

Une voix basse, légèrement froide, et peut-être même subtilement imprégnée de lassitude lui avait donné la permission d'entrer. Enfin, l'un de ses rêves cachés se réalisait de manière concrète. Drôle de rêve me direz-vous, mais pour Cassidy, ce souhait n'avait rien de douteux ou de si incroyable. Depuis combien d'années maintenant entendait-elle parler de ce professeur ? Au cours de ses années d'études supérieures au Centre de Formation bien entendu, elle en avait entendu toutes sortes de choses, et non des plus réjouissantes ce qui avait accru son intérêt, mais au commencement, la première fois où son nom lui était parvenu à l'oreille était lors de son cursus scolaire en Inde, à l' Académie de Sïkhanéjadu*. Severus, pouvant être rapproché du terme " sévère " ou encore du verbe britannique " to sever " signifiant rompre, laissait déjà sous-entendre le ton. On racontait que ce professeur avait fait alliance avec les forces du mal, notamment d'après l'accusation publique d'Igor Karkaroff, le directeur de Durmstrang lors du procès de ce dernier. Le professeur Dumbledore l'avait toujours protégé et défendu et désormais... Il était mort, tué de la main de son protégé.

La jeune femme frissonna légèrement. Pour avoir réussi à duper un sorcier tel que Dumbledore, le professeur Rogue devait être un habile manipulateur lui aussi, mais il n'en était que plus intéressant. Que ressortirait-il de leur rencontre ? Elle se le demandait. Peut-être avait-il connu son père Andreas ainsi que son oncle Thorfinn... Si tel était le cas, jamais ni l'un ni l'autre ne lui en avaient parlé. Par contre, Aloïs son demi-frère du même âge qu'elle, ayant terminé sa scolarité à Serpentard depuis maintenant trois ou quatre ans, l'avait connu lui. La jeune femme ne savait rien sur la nature de leurs rapports mais, bien qu' Aloïs avait toujours été l'un des meilleurs élèves, il possédait la même faille qu' Andreas, et quelque chose lui disait que sa manie d'être toujours sûr de lui et sa suffisance innée n'avaient pas dû plaire au maître des potions. Le professeur Rogue se questionnait-il de la venue des Indes d'une fille Rowle jusque là inconnue au bataillon ? S'était-il procuré son dossier scolaire et avait-il cherché à se renseigner à son sujet, par exemple en interrogeant son cousin Elyas ? Si tel était le cas, il ne l'avait pas encore exprimé.

Il avait répondu à sa salutation, bien c'était déjà ça. Elle ne pouvait que relever l'effort surhumain que cela avait dû lui coûter, enfin si elle se fiait aux rumeurs. Elle n'était pas au bout de ses surprises. Lorsque le professeur lui proposa de partager son thé, l'apprentie haussa mentalement les sourcils. Par la barbe de Merlin, elle s'était attendue à tout sauf ça. Quelle amabilité des plus inattendues. La blonde s'étant préparée intérieurement à être envoyée valser sur les roses, n'avait pas prévu d'être accueillie de la sorte par le potionniste.

« Asseyez-vous, miss Rowle, reprit-il en servant deux tasses de thé fumant, pourquoi avez-vous demander à me rencontrer ? Que recherchez-vous ? »

Cassidy monta les marches afin de rejoindre le nouveau directeur et s'assit en face de lui. Bien, il était direct et ne tournait pas autour du pot, ce qui n'était pas pour lui déplaire, bien au contraire. Bien que le geste soit des plus fugaces, le regard noir que le sorcier lança au portait d' Albus Dumbledore n'échappa pas à la jeune femme. Un léger sourire ornant ses lèvres rosées, elle le remercia pour la tasse de thé brûlant qu'il déposa face à elle. Du thé, une simple et innocente boisson aromatique... Était-ce réellement cela ? Rapidement, Cassidy darda son regard vert d'eau sur le contenu de la tasse. On n'allait pas la lui faire. En ce début d'année si sombre, elle n'allait sûrement pas se risquer à boire n'importe quel breuvage sans la certitude qu'il s'agisse bien de ce qu'on lui présentait. A première vue, la boisson n'avait pas l'air suspecte. Sa couleur était habituelle, quant à son odeur... Cassidy saisit délicatement la tasse avant de souffler légèrement sur le liquide afin de le refroidir, en profitant pour en humer les arômes. S'il y avait quelque chose de néfaste dans le thé, ce devait être indétectable. Rapidement, la jeune femme passa en revue les potions néfastes les plus courantes qu'elle connaissait. Poison de sang-dragon ? Non impossible, il aurait dû y avoir une légère teinte violacée qui n'y était pas. Goutte du Mort Vivant ? Non, aucune odeur d'armoise ne s'en dégageait. Humm... Il ne pouvait pas non plus s'agir de poison pernicieux puisque la couleur verte caractéristique n'y était pas. Amortensia ? Impossible, elle ne voyait pas le professeur Rogue tenter de lui faire avaler un philtre d'amour. Non c'était rigoureusement impossible. De plus elle pouvait relever l'absence de la couleur nacrée et des spirales de vapeur si caractéristiques. Un philtre de paix volontairement mal préparé ? Non plus... aucune odeur d' essence d' éllébore pourtant identifiable entre toutes. Philtre du calice de la mort ? Absence de couleur rouge. Potion d'amnésie ? Absence de valériane... Arsenius Beaulitron serait fier d'elle.

« Voyez-vous professeur Rogue, je suis le genre de personne qui aime apprendre. Je ne me repose pas sur mes acquis et je dois bien avouer que l'absence de cours théoriques et pratiques me pose souci... Pas que le professeur Slughorn soit inintéressant, bien au contraire. Je dois reconnaître que c'est un homme passionné mais... disons simplement qu'il ne recherche pas ma présence. »

Elle reposa sa tasse sans y avoir touché. Remettant en place une mèche blonde venue s'emmêler dans ses longs cils, Cassidy vérifia subtilement le contenu des poches de sa cape noire. C'était là l'une de ses habitudes les plus étranges : la jeune femme ne se baladait jamais sans quelques fioles de potions protégées d'un sortilège leur évitant de tourner, sur elle. Antidote aux poisons courants, celui des poisons rares, bézoard... Était-elle parano ? Oh si peu...

« Je suis une personne passionnée et j'aime à considérer que rien n'est jamais acquis. Lire et appliquer mécaniquement un manuel ne me suffit pas. J'ai besoin de m'interroger, de comprendre certaines subtilités que l'on ne nous explique pas forcément en classe. Lire entre les lignes, s'interroger sur les non-dits... Voilà ce qui m'intéresse professeur. »

Professeur... Pas une seule fois elle ne l'avait appelé par son nouveau titre fraîchement acquis dont tout le château usait. Ce n'était pas une tentative de provocation, bien que cela puisse être interprété de cette façon. Pour la jeune femme, il s'agissait tout simplement là une manière subtile de lui signifier que ce n'était pas le directeur qu'elle était venue voir, mais le maître des potions qu'il était.

« J'ai entendu beaucoup de choses sur vous, mais elles n'ont fait que m'intriguer et me pousser à venir vous rencontrer. Je progresse généralement mieux en travaillant auprès de personnes... sensiblement comme vous. C'est donc l'objet de ma requête ; accepteriez-vous de me donner des cours avancés et de m'apprendre ce que vous savez ? »

Veritaserum... Voilà qui était tout à fait plausible. Incolore et inodore... Parfait pour un maître des potions aussi subtil que lui. Même s'il buvait le même thé qu'elle, peut-être était-il en capacité d'en neutraliser les effets ? La main fraîche de la jeune femme se referma sur sa dernière fiole... Antidote au veritaserum. Encore fallait-il qu'elle soit en capacité de l'avaler discrètement.


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MessageSujet: Re: [13 Septembre 1997] Teach me all you know Ven 15 Juil 2016 - 12:13

Severus rajouta un peu de sucre roux dans la tasse de thé, fronçant légèrement les sourcils en se rappelant, il y a déjà longtemps, un autre Rowle qui avait demandé à prendre rendez-vous avec lui, un gamin de Serpentard, Elyas… Lui voulait devenir légilimens et cherchait des informations et conseils à ce propos. La surprise avait été vive mais pas désagréable, il n’était pas courant de voir des élèves de cette école s’intéresser à autre chose qu’aux ragots de couloirs et au prochain match de quidditch. Et encore moins courant de voir des gamins, fussent-ils de Serpentard, venir volontairement le voir dans son bureau pour lui demander des conseils. Une situation parfaitement inédite et unique dans toute sa carrière involontaire de professeur. Qui aurait cru que cela se répéterait ensuite avec un autre membre de cette famille ? Il fallait croire qu’ils étaient les seuls à ne pas être trop rebutés par la façade complète apparence repoussante/ bureau noir et exigu pour le gamin/ aucune politesse ni le moindre effort sociable, sans oublier toutes les rumeurs, histoires et autres, colportés à travers tout le château. Ce genre de réputation avait du bon, Severus était tout à fait certain qu’il ne manquera à personne, une fois mort, personne ne viendra le pleurer. Lorsqu’on ne laissait rien derrière soit, on pouvait partir en toute quiétude, sans regrets.

Il jeta un regard à la petite apprentie, visiblement inquiète qu’il ait mis autre chose que du thé dans sa tasse. Pas cette fois, non… S’il avait accepté sa candidature ici, ce n’était pas simplement pour le plaisir d’agacer Slughorn ou parce qu’il jugeait très important d’offrir à des jeunes la chance de se perfectionner au cours de leurs études, loin de là. C’était une simple affaire de précaution. Si Voldemort en arrivait à attaquer l’école, ce qu’il fera tôt ou tard étant donné l’avancement du projet et les manœuvres de Potter dans sa quête des Horcruxes, il fallait prendre en compte le risque potentiel que Slughorn ou cette fille y passe. Il était essentiel qu’il reste au moins un potioniste de talent pour soigner des élèves en urgence, et, pour la suite, au moins un qui puisse rester quelques temps à Poudlard le temps de trouver un professeur convenable. Il n’avait pas choisi cette fille par pur hasard mais parce qu’elle pouvait être utile, tout simplement, placer ses pions en amont sur l’échiquier était une étape essentielle, si on voulait remporter la victoire. Qu’elle soit pour ou contre les idées de Voldemort, elle était au moins là pour la fin, au cas où Slughorn y passait dans les premiers. Son ancien professeur avait beau être doué en potions, ce n’était pas un des meilleurs combattants qu’on puisse trouver, notamment dans une bataille rangée.

– Voyez-vous professeur Rogue, je suis le genre de personne qui aime apprendre. Je ne me repose pas sur mes acquis et je dois bien avouer que l'absence de cours théoriques et pratiques me pose souci... Pas que le professeur Slughorn soit inintéressant, bien au contraire. Je dois reconnaître que c'est un homme passionné mais... disons simplement qu'il ne recherche pas ma présence.

Exact, ce détail-là était une des petites joies restantes pour cette année. Tout ce qui pouvait secouer un peu le vieux maître des potions dans son petit confort et le garder vif pour les futurs événements était bon à prendre, Rogue ne savait que trop bien qu’il avait tendance à se renfermer et chercher à se protéger. Il ne posait pas ce genre de question pour sa très chère collègue de Gryffondor, par exemple, sachant qu’elle était déjà à pied d’œuvre pour protéger ses élèves et participer le plus activement possible à la lutte pour sauver Poudlard. Rogue n’était jamais parvenu à apprécier cette femme. Elle avait beau être loyale et courageuse, elle s’arrêtait aux apparences et manquait cruellement de la souplesse nécessaire pour mener efficacement une guerre. Lorsqu’on avait des principes très forts, il fallait apprendre à s’asseoir dessus. McGonagall vivait par le principe « Mourir fièrement pour ses principes et rester parfaitement intègre », tandis que Rogue vivait par « Renier tout son être pour arriver à la victoire finale, quoi qu’il arrive au passage ». Deux axes d’idées radicaux, qui reflétaient d’ailleurs bien les deux maisons qu’ils incarnaient. L’archétype caricatural du Serpentard contre celui de la parfaite petite Gryffondor. Plus il y réfléchissait, plus il trouvait cette opposition ridicule. Le combat n’était-il pas le même ? Il but une gorgée de thé et reposa la tasse, son interlocutrice n’y touchant pas du tout, pour le moment. Un peu d elogique, s’il avait voulu l’empoisonner, il l’aurait déjà fait.

– Je suis une personne passionnée et j'aime à considérer que rien n'est jamais acquis. Lire et appliquer mécaniquement un manuel ne me suffit pas. J'ai besoin de m'interroger, de comprendre certaines subtilités que l'on ne nous explique pas forcément en classe. Lire entre les lignes, s'interroger sur les non-dits... Voilà ce qui m'intéresse professeur.

C’était le genre de qualités recherchées chez les personnes s’intéressant aux études de potions, en effet. Bien, au moins, il ne s’était pas leurré en acceptant cette candidature, elle pourra vraiment être utile dans quelques mois. Il avait réfléchi à un autre plan possible en cas d’imprévu, si elle disparaissait du jour au lendemain ou commençait à vouloir empoisonner des élèves. Il allait sans dire que si un des Carrows, elle ou les inspecteurs menaçaient de mort les enfants, ils seront liquidés sans le moindre délai. Severus maîtrisait le sortilège de la mort, plus personne ne pouvait en douter, il n’aura pas d’hésitation à s’en servir en cas de besoin. Il fera ensuite passer cela pour un malheureux accident. Protéger ces enfants ne signifiait pas tout leur éviter comme souffrances, il ne le pouvait pas. La seule chose possible était d’au moins leur éviter la mort, Rogue ne pouvait interdire les actes de maltraitance et de torture sans se compromettre et amener Voldemort à se méfier de lui. Les limites étaient posées.

– J'ai entendu beaucoup de choses sur vous, mais elles n'ont fait que m'intriguer et me pousser à venir vous rencontrer. Je progresse généralement mieux en travaillant auprès de personnes... sensiblement comme vous. C'est donc l'objet de ma requête ; accepteriez-vous de me donner des cours avancés et de m'apprendre ce que vous savez ?

Des personnes « sensiblement comme lui » ? Il ne fallait guère être difficile, Severus n’avait jamais rien fait pour paraître aimable. Il lui lança un long regard, impassible, tenant sa tasse entre ses mains, réfléchissant à sa demande. Prendre quelqu’un en cours particulier n’était absolument pas un créneau qu’il avait prévu dans son emploi du temps, passant surtout une majeure partie de son temps à tâcher de suivre les déplacements de Potter et à préparer la fin… Cela dit, préparer certaines personnes était aussi essentiel, pour cette fameuse fin. Elle était chargée de donner des cours particuliers aux gamins, il fallait qu’elle puisse leur insuffler l’envie de préparer certaines potions nécessaires à leur survie, ainsi que leur apprendre des mélanges indispensables. La plupart de ces petits idiots sous-estimaient gravement tout ce qui se rapprochait des filtres de soin, par exemple, ou de l’importance des antidotes. Si elle pouvait leur inculquer cela… Il ne se faisait pas trop d’espoirs, conscient que la majorité des imbéciles peuplant les quatre maisons étaient tout simplement incapables de saisir l’importance des sorts ou potions qui leur sauveront la vie. Ironiquement, Potter avait lui aussi travaillé à cette prise de conscience avec son « armée de Dumbledore » lors de cinquième année. Pour une fois qu’il avait accompli quelque chose d’utile à Poudlard, ce binoclard naïf et mal coiffé. Un silence assez lourd s’était installé, durant lequel on n’entendait que le léger froissement d’étoffe du choixpeau qui se redressait et, parfois, le léger claquement de bec du phénix.

– Je suppose que vous devez être la seule famille à ne pas avoir de problème avec ma façon d’enseigner, dit-il finalement.

Son ton laissait largement sous-entendre à quel point ce fait, en lui-même, était déjà étrange, et laissait planer un doute sévère quant aux préférences douteuses des Rowle sur leurs fréquentations. Il laissa un sourire un peu cynique se dessiner sur ses lèvres minces durant un bref instant avant qu’il ne s’efface, Rogue retrouvant un air parfaitement impassible, coutumier, seuls ses yeux très noirs révélant une tension permanente face à cette existence.

– Tout dépend de ce que vous entendez par « cours avancés », reprit-il finalement en touillant machinalement son thé. J’imagine que vos précédents cours vous ont déjà donné des bases solides dans cette matière et que toutes les potions vues au cours des années à Poudlard et dans les autres écoles ne sont plus des mystères pour vous. Je peux comprendre l’envie de progresser et s’améliorer, à présent, il faut aussi préciser le but recherché. Apprendre pour apprendre n’est pas une finalité en soit. Engranger des connaissances ne sert à rien sans but par-derrière. A moins d’être un simple rat de bibliothèque.

Bien que, pour certaines personnes, être un rat de bibliothèque servait finalement pour la suite, même si la personne n’aurait jamais pu le soupçonner et n’avait guère travaillé à ce but. Rogue songeait surtout à Granger, cela lui aura finalement beaucoup servi d’être une insupportable petite Miss Je-sais-tout durant sa scolarité à Poudlard.

– Que voulez-vous devenir, au juste ? A quoi cela vous servira-t-il de prendre ce genre de cours particuliers ?

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MessageSujet: Re: [13 Septembre 1997] Teach me all you know Ven 15 Juil 2016 - 20:38

Des personnes " sensiblement comme lui "... Alors qu'elle venait de terminer sa phrase, le professeur resta un moment silencieux, lui lançant un long regard, comme perdu dans ses sombres pensées. Cela devait tellement être inhabituel pour lui d'être abordé parce qu'il était tel qu'il était. D'après ce qu'elle avait compris, c'était justement parce qu'il était ainsi que les gens le fuyaient comme la peste. Il fallait reconnaître qu'il y avait là un certain... culot dans cette phrase. Oui, c'était bel et bien cela : du culot. Mais du respect profond. Une fascination morbide. Son regard impassible ne la fit pas frémir. Elle restait là, tranquillement posée devant lui, soutenant ses yeux d'onyx de son regard clair, le fixant avec une certaine intensité. L' espace d'un instant, elle eu l' impression de revivre l'envoi de sa candidature. Elle devait le convaincre. Silencieuse, la jeune femme observait son visage fatigué, parsemé de plusieurs rides, notant toutes les subtilités de ses traits. Il réfléchissait. Cet air concentré lui était étrangement familier... puisqu'elle avait sensiblement le même, à quelques nuances près, lorsqu'elle élaborait des plans plus ou moins rocambolesques. Il était en train de calculer, de prévoir, de peser le pour et le contre. Un sourire lui échappa. De la rigueur, ça il était certain qu'il en possédait. Et un grand tiroir. Mais serait-il apte à lui enseigner les subtilités et la souplesse des potions ?

« Je suppose que vous devez être la seule famille à ne pas avoir de problème avec ma façon d’enseigner. »

La jeune femme haussa les sourcils devant ses sous-entendus à peine masqués.

« J'ignore tout de vos rapports avec Aloïs professeur, mais à vrai dire je n'imaginais pas qu'ils puissent être, disons... cordiaux. Quant à moi... Je ne vous ai jamais eu en tant que professeur, je n'ai donc aucun problème avec votre façon de faire. Au final peu importe la forme, le plus important n'est-il pas le fond ? Que vous me criiez dessus ne me découragera pas, mais après je peux comprendre que ce soit déstabilisant pour certains. »

Mais peut-être était-il en train de songer à son cousin, plus qu'à son demi-frère... La jeune femme nota l'information dans un coin de sa tête. Elyas et Rogue... Qu'est-ce qui pourrait relier son cher cousin au nouveau directeur ? Hum... Il faudrait creuser la question.

« Tout dépend de ce que vous entendez par « cours avancés », finit-il par reprendre, le regard perdu dans sa tasse de thé, j’imagine que vos précédents cours vous ont déjà donné des bases solides dans cette matière et que toutes les potions vues au cours des années à Poudlard et dans les autres écoles ne sont plus des mystères pour vous. Je peux comprendre l’envie de progresser et s’améliorer, à présent, il faut aussi préciser le but recherché. Apprendre pour apprendre n’est pas une finalité en soit. Engranger des connaissances ne sert à rien sans but par-derrière. A moins d’être un simple rat de bibliothèque. »

La jeune femme acquiesça. Il avait on ne peut plus raison.

« Croyez-moi ou non, je n'ai rien d'un rat de bibliothèque professeur, et je ne compte pas vous faire perdre votre temps. »

« Que voulez-vous devenir, au juste ? A quoi cela vous servira-t-il de prendre ce genre de cours particuliers ? »

La question était pertinente et avait éveilla une étincelle d'intérêt dans son regard. Qu'était-elle réellement ? Une fille Rowle...  Pardon, la question était mal formulée : Qui était-elle ? La réponse était des plus complexes et à vrai dire, la jeune femme n'en savait rien. Si elle avait choisi de poursuivre ses études en potions, après avoir passé ses ASPICS en Inde, c'était tout d'abord par pure stratégie. Oh oui, elle aimait les potions. Plus que tout même. Elle les vénérait. Fascinantes, addictives, sujettes à mille et unes surprises plus variées les unes que les autres. Ce domaine la passionnait outre mesure, mais voulait-elle réellement en faire son métier ? La jeune femme n'avait pas vraiment eu l'occasion de s'interroger là-dessus. Le temps pressait, et son père désirait la marier. Il lui fallait une excuse, un argument dur comme du béton lui permettant d'échapper à cette triste destinée. Elle n'était qu'une fille, elle n'avait pas son mot à dire. Il fallait donc agir en subtilité. Comment échapper à cette triste destinée ? Prolonger ses études, bâcler son adolescence, s'éloigner de l'emprise paternelle en flattant l’Ego du Mangemort. Père, je voudrais être comme vous, si intelligente, si passionnée, si... potionniste. Bien entendu, elle ne lui avait pas dit les choses de cette façon, mais même si la forme avait été différente, le fond était resté sensiblement le même. Et cela avait fonctionné, parfaitement. A un détail près : elle ne voulait pas être comme lui, non. Elle voulait être à son antipode. Oh non, elle ne souhaitait pas devenir meilleure que lui, puisque cela supposait atteindre une limite. Non. Elle voulait se différencier de lui en se surpassant elle-même en allant au delà de ses capacités.

Quant aux potions... Qu'était-ce vraiment ?
De la rigueur. 1+1 = 2. Mélanger des ingrédients au grès de nos envies les plus fantasques afin de parvenir à créer le mélange permettant de nous rendre tristement célèbre ? Cassidy Rowle, fille d' Andreas Rowle, potionniste britannique reconnu et auteur de plusieurs ouvrages, découvre une potion permettant d'empêcher les gamins de se curer le nez ? Non. Ce n'était pas cela. En tout cas, Cassidy ne visait pas cet objectif. Mais que visait-elle réellement ? Cela était difficile à dire, notamment à cause de l'avenir tristement incertain se profilant au grès des jours qui avançaient, de plus en plus sombres. Les potions avaient toujours constitué une sorte de refuge pour l'enfant qu'elle avait été et la jeune femme qu'elle était désormais. Un monde confectionné de toute pièce, avec soin tout particulier et une attention hors normes, presque inquiétante. Une petite bulle de bonheur à la fragilité extrême, venant lui insuffler un souffle de légèreté, un semblant de contrôle dans sa vie tristement terne. Cet art si délicat et complexe venait lui donner une sorte de cadre lui permettant de se trouver, plus ou moins. Connaître ses limites, l'étendue de ses capacités. Sans réelle surprise, elle s'était rendue compte que son esprit semblait être taillé dans de la roche dure et froide. Elle était tout à fait capable de comprendre un énoncé, de respecter scrupuleusement des règles, d'appliquer une logique froide, sans aucune âme. Sélectionner les ingrédients de meilleure qualité, respecter les dosages et les consignes de sécurité, anticiper les possibles effets indésirables... Tout était une question de calcul et d'anticipation. Une rigueur froide. Imparable. Dépourvue d'une réelle intelligence selon certains. On lui avait donné des yeux turquoise pour observer en détail son environnement, un nez fin afin qu'elle puisse humer la moindre effluve de parfum, de longs doigts fins pouvant trancher, toucher, aplatir, une bouche délicate afin de détecter le moindre goût douteux, et enfin de petites oreilles mais ô combien sensibles lui permettant de détecter le moindre bruit suspect. Mais qu'en était-il de son cœur et de sa sensibilité ?

1+1 = 3. Elle avait bien conscience que la rigueur qu'on lui avait enseigné pendant toutes ces années, en Inde comme au Centre de Formation du Ministère, n'était pas assez. Les potions étaient tout sauf rigides. Mouvantes, imprévisibles, sujettes à mille effets indésirables et à toute une panoplie de variables parasites. Fraîcheur des ingrédients, température de l'air ambiant, saison, qualité du chaudron, sensibilité, humeur et précision du potionniste... L'âme du potionniste au travers de sa souplesse d'esprit traduite par sa capacité imaginative. C'était bien là ce qui lui fallait développer et cela n'avait par ailleurs pas échappé à Horace Slughorn. A cette pensée, un léger sourire se dessina sur les lèvres de l'apprentie. Rien ne semblait pouvoir échapper à son mentor. C'était bel et bien cela qui lui manquait et elle en était parfaitement consciente. Pour beaucoup de potionnistes, comme Andreas notamment, la souplesse n'était pas importante. D'un côté, ils n'avaient pas tout à fait tord puisqu'une personne dépourvue de souplesse pouvait tout à fait s'avérer être un brillant maître des potions, mais la jeune femme ne pouvait se résoudre à n'être que dans ce versant au risque de se sentir incomplète... bâclée. Lire bêtement un manuel, réciter une liste d'ingrédients... à quoi bon si elle n'était pas en capacité d'en comprendre les infimes nuances et les subtilités secrètes ? Et elle était certaine qu'en dépit de son aspect austère, Severus Rogue devait posséder une part de souplesse.

« J'ai de la rigueur, et à en revendre. En revanche, je n'ai pas encore réussi à acquérir entièrement la souplesse nécessaire aux potions puisque ce n'est pas ce qu'on m'a enseigné. En Inde, tout comme au Centre de Formation, on m'a toujours appris à lire, comprendre, appliquer. Rien de plus. Or, j'ai conscience que les potions sont un entre-deux, et si j'ai besoin de vous... C'est pour m'aider au niveau de la créativité, de l'imagination. »

Diantre. Non vous ne rêvez pas, Cassidy était bel et bien en train de demander l'aide de Severus Rogue, pour lui apprendre la souplesse. Et non, il ne s'agissait pas de gymnastique.

« Cela me servira à acquérir une ouverture d'esprit, un nouveau regard sur les potions et c'est d'ailleurs ce que m'a conseillé le professeur Slughorn. Je ne veux pas me résumer à être la fille qui sait lire et doser. Je voudrais lire entre les lignes, comprendre les subtilités. »

Perdue dans ses pensées, la jeune femme pausa quelques instants, les yeux dans le vague.

« En fait... J'aimerais que vous m'appreniez ce qu'on ne nous apprend pas.  »

Certes, elle avait habilement évité la question « Que voulez-vous devenir ? », mais elle n'était pas vraiment prête à déclarer au nouveau directeur qu'elle désirait ainsi, au travers du développement de cette souplesse, se trouver elle-même et développer ainsi un certain lâcher prise. Se libérer. S'écouter. Accepter sa part de subjectivité. Cela pouvait surprendre, mais au final c'était parfois chez les personnes les plus inattendues que l'on pouvait trouver la clé permettant de nous faire avancer. 1+1 = 3.

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MessageSujet: Re: [13 Septembre 1997] Teach me all you know Lun 25 Juil 2016 - 20:19

– J'ai de la rigueur, et à en revendre. En revanche, je n'ai pas encore réussi à acquérir entièrement la souplesse nécessaire aux potions puisque ce n'est pas ce qu'on m'a enseigné. En Inde, tout comme au Centre de Formation, on m'a toujours appris à lire, comprendre, appliquer. Rien de plus. Or, j'ai conscience que les potions sont un entre-deux, et si j'ai besoin de vous... C'est pour m'aider au niveau de la créativité, de l'imagination.

La créativité et l’imagination, deux mots très jolis et amenant à de si nombreuses possibilités, dans un sens comme dans l’autre. Rogue n’était pas sûr d’apprécier que la « créativité et l’imagination » que cette fille voulait acquérir servent ensuite à devenir une brave petite mangemort bien obéissante et toujours prête à obéir à son maître, même sans comprendre ou simplement chercher à comprendre. Rogue s’en voudrait quand même de devoir la tuer si elle commençait à exercer ses talents sur les élèves au profit de Voldemort, ce serait du gâchis de faire passer l’arme à gauche à une personne voulant apprendre et progresser. Tuer et assassiner ne le rendait pas malade, cependant… Il tuait uniquement en cas de besoin, même si on pourrait lui rétorquer qu’il n’y avait jamais besoin d’assassiner, ce point de vue se défendait. Cet été, par exemple, il s’était contenté de blesser ses adversaires, lors de la petite chasse contre Potter et ses sosies que Mondingus avait eu la « brillante idée » d’insuffler à Maugrey. Une mission aisée, il n’y avait jamais eu la moindre chance que cette misérable tâche de boue ait appris à se protéger de l’impérium. Dumbledore était, ironiquement, la première et dernière personne dont il avait mis fin aux jours depuis l’instant où il avait trahi Voldemort. Non, tuer ne le lui torturait pas l’esprit, la compassion était également un sentiment qu’il avait brûlé en son âme depuis bien longtemps. Compatir et se laisser aller aux sentiments était dangereux et idiot, d’autant plus au contact de Voldemort. Tout comme pleurer devant son bourreau et le supplier de vous laisser tranquille, c’était à la fois humiliant, dégradant et inutile, une véritable porte ouverte au sadisme de votre ennemi et à sa cruauté.

–  Cela me servira à acquérir une ouverture d'esprit, un nouveau regard sur les potions et c'est d'ailleurs ce que m'a conseillé le professeur Slughorn. Je ne veux pas me résumer à être la fille qui sait lire et doser. Je voudrais lire entre les lignes, comprendre les subtilités.

Dans l’esprit de Rogue, l’étiquette « Espoir potentiel » collé sur le dossier de cette femme se retrouva collée à côté de l’étiquette « Menace potentielle », tandis qu’il tapotait légèrement des doigts sur la table. Il réservait toujours son jugement sur les personnes de ce genre, attendant de voir ce qu’elles avaient dans le ventre et dans le crâne pour se faire une opinion. C’était un jeu à double-tranchant, où elle n’avait pas encore de mauvaises intentions, auquel cas il lui fichera la paix, ou elle prenait le même chemin que les membres de sa chère famille, et là, il l’ajoutait à la liste des personnes qui ne seront plus en vie à la fin de la guerre. Sur cette liste figuraient déjà le frère et la sœur Carrow, l’affreux monstre rose bonbon collaborateur, alias Dolorès Ombrage, une bonne poignée de mangemorts et bien sûr, lui-même. Une liste qui s’allongeait à mesure et qu’il avait établi le soir où Dumbledore lui avait demandé très tranquillement de l’assassiner, aussi naturellement que s’il lui demandait si les copies de BUSES étaient prêtes ou quel temps il fera le lendemain. Ce sera un des souvenirs importants à transmettre à Potter, en espérant qu’il ne fasse pas une crise cardiaque à cause du choc. Rogue craignait, finalement, plus cela que la mort du binoclard par un mangemort. Ce gosse n’avait franchement pas intérêt à se laisser paralyser par le choc. Severus ne pensait pas que ce sera le cas, même si le risque était là.

– En fait... J'aimerais que vous m'appreniez ce qu'on ne nous apprend pas.

– Je vois…

Recevoir cette femme de temps à autre pour des cours particuliers lui permettra aussi de la jauger plus en profondeur et de « lire » en elle. Un exercice long qu’il devra faire en sorte d’accélérer au cours des prochaines semaines car il ‘avait plus de temps à perdre. Observer puis analyser les personnes pour les connaître le plus possible, il avait dû apprendre à le faire pour son travail d’espion, la légilimancie n’était pas la seule arme à disposition. Il fallait surtout beaucoup d’observation, de temps, de suppositions, de tests ci et là, comme s’il devait ouvrir l’âme d’une personne pour y fouiller, trouver les cordes sensibles et s’en servir pour manipuler la personne comme un vulgaire pantin. Trouver ses points faibles et s’en servir. Un exercice plus ou moins aisé selon celui qu’on avait en face. Voldemort était, par exemple, on ne peut plus délicat, comme cible, ses deux points faibles étant la peur de la mort et sa soif de pouvoir et de reconnaissance. D’autres, comme Potter, étaient ridiculement simples à manipuler, au très grand dam de Severus qui devait le traiter de crétin trop naïf au moins une quinzaine de fois par jour depuis le premier instant où il l’avait eu sous le nez. Il reposa sa tasse, le liquide encore fumant laissant échapper sa vapeur en volutes légères et souples.

– J’accepte de vous donner des cours particuliers pour un mois, dans un premier temps, que je sache si je perds mon temps ou non avant de poursuivre. Cela vous laissera aussi du temps pour savoir ce que vous voulez devenir, véritablement. Je ne parle pas simplement de l’image que vous devez rendre, ce n’est pas mon problème. Votre nom à lui seul vous désigne comme mangemort, dans cette école et à l’extérieur.

Menace à éliminer ou instrument utile, Rogue verra cela durant les prochaines heures qu’il passera avec elle. Laissant sa tasse de côté, il regarda la gamine dans les yeux, se demandant si elle disposait de notions suffisantes en duels et en défense contre les forces du mal pour ne pas se faire liquider bêtement par les mangemorts et leurs partisans.

– Vous pensiez que j’allais empoisonner votre thé ? Si je voulais vous assassiner, croyez-le bien, je le ferai de face, je ne tue pas dans le dos.

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MessageSujet: Re: [13 Septembre 1997] Teach me all you know Mer 27 Juil 2016 - 16:57

« En fait... J'aimerais que vous m'appreniez ce qu'on ne nous apprend pas. »

C'était tout à fait cela. Elle n'aurait pas pu trouver une meilleure formulation pour exprimer le désir caché qui s'était développé en elle depuis la venue de ce remplaçant lors du second semestre de sa première année. Il avait été le seul à leur laisser entendre que la rigueur ne suffisait pas, ce qu'elle avait retrouvé avec joie dans le discours d'Horace Slughorn. Se contenter de lire, et d' appliquer de manière stupide un manuel... Quel intérêt y-avait-il de se limiter à cela ? Pourtant, c'était bien cela et uniquement cela que cherchait à leur faire développer le Centre de Formation londonien situé à proximité du Ministère de la magie, au sein de la cité de Westminster. Ce choix d'enseignement du côté purement rigoureux des potions de la filière scientifique et médicale avait été renforcé en ce début d'année puisqu' ayant été créé et financé par le Ministère de la Magie, la directrice Mrs Alexine Goodwinn avait dû se plier aux nouvelles mesures mises en place par la nouvelle direction du Ministère. L'institution ne se contentait plus d'accueillir et de former de bons étudiants, non. Désormais seule l'excellence était acceptée et les étudiants étaient poussés dans leurs retranchements afin d'évincer les plus faibles. L'élite, former de bons petits soldats tireurs d'élite. Faire avorter toute tentative de questionnement et de réflexion personnelle. Les étudiants n'étaient pas formés à réfléchir, non, ils étaient formés à agir avec une précision extrême. ça oui, ils étaient excellents... Pour des machines bien huilées.

« Je vois… »

Silencieuse, la jeune femme ne le quittait pas des yeux. Le silence était d'or lorsqu'une personne réfléchissait, aux prises de ses sombres pensées plus ou moins contradictoires. Cassidy ne frissonna guère tandis que le maître des potions vrillait sur elle son regard d'onyx semblant littéralement chercher à lire au travers elle. Tapotant la table en bois sombre de ses longs doigts devant être tout aussi habiles pour trancher, couper, aplatir, que pour jeter des sortilèges, l'homme dont elle avait tant entendu parler scrutait avec une certaine intensité ses iris vert d'eau, comme s'il était à la recherche de ses véritables pensées les plus secrètes. Transpercée de par et d'autre par ses onyx inquisitrices, elle se sentait jaugée. Serait-elle à la hauteur ? Pourtant, étrangement, la jeune femme se sentait sereine. Oh non, il ne s'agissait pas là d'un excès de confiance en elle, loin de là. L'humilité était une chose très importante pour elle et elle ne se voyait pas comme la meilleure même si elle était capable de reconnaître qu'elle était plutôt douée. Etre la meilleure ? A quoi cela servait-il au juste ? Une fois devenu le meilleur dans une discipline, où allait-on ? Que devenait-on ? Elle préférait mille fois être seconde et se tirer sans cesse vers le haut, sans prêter attention aux autres. Se dépasser elle, c'était tout ce qui comptait. Pour aller où ? Cela demeurait encore un mystère.

D'où venait cette tranquillité alors ? C'était une très bonne question. L'homme n'avait pas, disons, une excellente réputation, elle-même jouait à un double jeu plutôt périlleux, le thé qu'il lui avait si galamment servi contenait possiblement autre chose que de simples herbes aromatiques, alors comment pouvait-elle être si calme ? En réalité elle l'ignorait. Était-ce le contrecoup d'avoir enfin rencontré cet homme si mystérieux ? Peut-être bien... Mais une chose était certaine, sa demande ne cachait rien d'autre qu'une volonté féroce de  s'améliorer et de se dépasser, rien de plus, et rien de moins. Sa requête était des plus sincères et honnêtes, sans aucune arrière pensée. Cassidy décolla son dos du dossier de la chaise et se rapprocha du bureau qui les séparait. Mieux valait-il ne pas l'interrompre, d'autant plus que cela aurait été d'une impolitesse sans pareille. Allait-il accepter ? Rien n'était moins sûr que cela et si par bonheur il venait à accéder à sa requête, ce ne serait certainement pas par pure bonté ou dans un élan de gentillesse sans égale. Elle avait appris qu'il avait effectué sa scolarité à Serpentard, dans la même maison que son père, son oncle, son demi-frère et son cousin... Il n'avait pas été réparti chez les Poufsouffles hein. Tout comme elle, il semblait être n'être qu'un esprit complexe, un cerveau ambulant, programmant, anticipant et calculant le déroulement du moindre petit événement. Avait-il lui aussi ce rempart, que dis-je, cette muraille défensive venant séparer les émotions dérangeantes, les sentiments vils et traites rendant faible ?

Il finit par reposer sa propre tasse remplie de liquide fumant, tandis qu'elle n'avait pas encore permis à la moindre goutte se franchir ses lèvres rosées.

« J’accepte de vous donner des cours particuliers pour un mois, dans un premier temps, que je sache si je perds mon temps ou non avant de poursuivre. Cela vous laissera aussi du temps pour savoir ce que vous voulez devenir, véritablement. Je ne parle pas simplement de l’image que vous devez rendre, ce n’est pas mon problème. Votre nom à lui seul vous désigne comme mangemort, dans cette école et à l’extérieur. »

Victoire, même s'il ne s'agissait là que d'une petite. Le sorcier ne le savait pas encore, mais il pourrait partir avec l'honneur d'avoir permis à une jeune femme de réaliser son rêve en travaillant à ses côtés. Apprendre d'un sorcier tel que Rogue était plus qu'une chance pour Cassidy. Qu'il soit froid, affectueux, grincheux, qu'il crie, susurre... Qu'elle doive venir le voir à minuit, de trois à cinq heures du matin, qu'il fasse glacial ou au contraire que ce soit la canicule, elle serait là. Elle viendrait quoiqu'il arrive et n'abandonnerait pas. Peu lui importait la forme tant qu'elle arrivait à progresser et à développer cette souplesse qui lui était si inconnue. Arriver à trouver un lâcher prise en compagnie d'un homme tel que lui... Voilà qui était un joli défi, mais la blonde appréciait les challenges lorsque l'enjeu en valait la peine, et c'était bel et bien le cas présent.

La joie illuminait son visage, donnant un nouvel éclat à ses yeux tandis qu'un sourire ravi se dessinait au coin de ses lèvres contrastant avec la réponse simple, posée mains néanmoins polie qu'elle lui fournit.

« Très bien, c'est parfait. Merci beaucoup professeur. »

Ses preuves, il lui allait désormais falloir faire ses preuves si elle voulait avoir la chance que ses cours durent un peu plus longtemps qu'un mois. Volontairement, elle avait royalement ignoré la partie de sa phrase visant à lui signaler plus ou moins subtilement qu'il avait noté qu'elle avait habilement évité de répondre à l'une de ses questions. Il ne serait pas simple à manipuler... Loin de là. Si elle voulait éviter qu'il n'entre trop loin dans son intimité psychique, il allait falloir qu'elle fasse preuve d'une grande prudence.

« Je sais très bien comment mon nom me désigne monsieur. Les noms ont un pouvoir assez impressionnant sur les esprits ne trouvez-vous pas ? », demanda-t-elle en tournant la tête afin d'observer plus attentivement le portrait de l'homme aux lunettes demi-lunes qui souriait dans sa barbe.

Albus Dumbledore et sa longue barbe inspirait le respect, et la sagesse. Le nom du Seigneur des Ténèbres quant à lui suscitait tant de peur que peu de personnes osaient le prononcer. Il servait même de tabou depuis peu. Un simple nom était devenu une arme, un piège mortel parce que les gens avaient tellement appris à le craindre que seuls les plus téméraires et les plus résistants s'aventuraient à le prononcer. Un véritable conditionnement psychologique. C'était absolument ridicule et tellement simple. Une simplicité effrayante. Parce qu'elle était une Rowle la majorité des gens l'affiliaient directement aux Mangemorts, sans prendre le temps de la connaître, ce qui l'arrangeait puisqu'en dépit des apparences elle ne partageait pas leurs idéaux mais s'efforçait de le cacher depuis qu'elle était enfant, au point d'en oublier parfois qui elle était réellement.

« A quelle fréquence pensez-vous être en mesure de me recevoir ? »

C'était plus fort qu'elle mais il fallait qu'elle sache afin... de prévoir, et d'anticiper. Lâcher prise allait s'avérer être un travail fort intéressant mais en attendant, ce dernier n'avait pas encore officiellement commencé. Peut-être allait-il lui organiser des séances surprises en venant la lever au beau milieu de la nuit, ou alors pendant qu'elle était sous la douche pour un maximum de sensations ? Après tout, il allait falloir qu'elle apprenne à improviser.

« Vous pensiez que j’allais empoisonner votre thé ? Si je voulais vous assassiner, croyez-le bien, je le ferai de face, je ne tue pas dans le dos. »

Il avait donc noté qu'elle avait abordé sa tasse avec une certaine méfiance. Bien, il était donc un fin observateur, ouvert au monde bien qu'il paraisse enfermé dans le sien.

« Vous me voyez ravie de l'apprendre professeur... », répondit-elle sur un ton doux, dépourvu d'une once d' agressivité.

Faire ses preuves oui, mais il allait également falloir qu'elle parvienne à mieux cerner son futur professeur. Elle voulait apprendre la souplesse certes, mais ce n'était pas pour autant qu'elle comptait abandonner son esprit rigoureux. Il allait juste falloir équilibrer la balance. Qui était Severus Rogue ? Un enseignement était un échange ; un échange de connaissances certes, mais pas que. La manière d'enseigner venait déjà livrer à elle seule des informations sur le professeur. Était-il rigide ? Interventionniste ? Tolérait-il les erreurs et si oui dans quelle mesure ? Dans le cas contraire, on pouvait se questionner sur cette intolérance.

« Pardonnez-moi si je vous ai froissé en prenant mes précautions, mais je ne pense pas que l'on puisse me reprocher d'être prudente ces derniers temps. »

Il ne servait à rien de nier puisqu'il l'avait vu et le faire serait davantage suspect. Toutefois, il avait beau dire ce qu'il voulait, elle n'allait pas se baser sur ses paroles quand bien même il serait prêt à le lui jurer. Cet homme avait tué Dumbledore qui lui avait pourtant fait confiance pendant des années, alors ses paroles... En attendant, elle possédait tous les antidotes nécessaires sur elle. Elle pris de nouveau sa tasse entre ses mains et tandis qu'elle observait le liquide légèrement coloré, une lumière s'alluma dans ses yeux clairs. Oserait-elle lui proposer l'idée qui venait de germer dans son esprit ? C'était terriblement tentant... Et lui, relèverait-il le défi qu'elle s'apprêtait à lui proposer ? Après tout, observer celui qui serait amené à lui donner des cours mettre la main à la pâte était tout à fait légitime.

« Puis-je vous proposer un petit défi ?, demanda-t-elle d'une voix claire, il ne prendra que quelques minutes, normalement. »

Ses yeux turquoises brillaient de mille feux, attendant avec intérêt la réponse qu'il allait lui donner. L'une ou l'autre, qu'importe, cela serait de toute façon très intéressant.

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MessageSujet: Re: [13 Septembre 1997] Teach me all you know Jeu 28 Juil 2016 - 11:10

En seize de carrière forcée de professorat, c’était la toute première fois que Rogue voyait ne personne heureuse d’avoir cours avec lu, même si cela ne commençait que par un simple mois. Il ne savait guère s’il devait trouver cela angoissant ou si ce devait être une joie, à vrai dire, ce n’était pas une situation qu’on pouvait qualifier d’ordinaire. Il ne prit pas la peine de répondre lorsqu’elle releva qu’elle était bien consciente du pouvoir que possédaient certains noms, déclaration accompagné d’un regard appuyé vers le portrait de Dumbledore. Le vieux barbu, lui, s’était beaucoup plu à répéter que « la peur d’un nom ne fait qu’accroître la peur de la chose elle-même », qu’on ne devait pas craindre de nommer les personnes ou les objets. En un sens, oui. Qu’on se refuse ou non à prononcer le nom de Voldemort, il essayera de vous liquider de toute façon. Cependant, il n’y avait pas que le nom qui importait, on comptait aussi sur « l’aura » d’une personne, sur sa réputation. Repousser les autres pour se préserver soi-même ou au contraire les attirer afin de se faire des alliés, tout dépendait de la façon dont on combattait.

Il s’était contenté d’un vague signe lorsque la gamine demanda à quelle fréquence il allait pouvoir la recevoir, ne le sachant pas encore. Il verra bien cela demain, ou cette nuit, peu importe. Son regard fila vers la tasse encore pleine et il retint un sourire cynique. Oh non, il n’avait pas l’intention de la tuer dès ce soir, elle ne lui avait encore fourni aucune preuve qu’elle était une de ces personnes à éliminer pour garantir un minimum la survie des élèves de cette école. Pas encore. Et il n’aimait guère empoisonner, de toute façon. On pourrait croire qu’il s’agissait de l’une de ses armes de prédilection, étant maître des potions, cependant, il persistait à croire que le seul moyen de donner la mort était la façon la plus rapide et indolore qui existe pour le moment, à savoir l’avada kedavra. Un éclat et c’était terminé, aucune souffrance à supporter, la mort simple, rapide, indolore. S’il devait achever cette fille, il ne se dissimulera pas, elle pouvait être certaine de cela. Il ira la trouver face-à-face, elle saura parfaitement que le moment sera venu pour elle, comme ces deux crétins de Carrows le sauront quand leur tour viendra. Severus attendait ce jour avec impatience, ce sera l’une de ses dernières joies, terminer le ménage dans cette école avant de la quitter à jamais.

– Pardonnez-moi si je vous ai froissé en prenant mes précautions, mais je ne pense pas que l'on puisse me reprocher d'être prudente ces derniers temps.

Exact, mieux valait rester sur ses gardes. Il n’avait été en rien « froissé » par son attitude, sachant que bien des personnes dans ce château devaient s’attendre à ce qu’il tente de les empoisonner à un moment ou un autre. Ce n’était pas l’envie qui lui manquait, contre certains, il devait simplement garder patience. Soupirant un peu, il fit disparaître sa propre tasse d’un coup de baguette, songeant qu’il devra bien réfléchir à un horaire pour cette fille dans son emploi du temps. Le soir, peut-être… Ou plutôt tôt le matin, avant le début des cours, il avait bien autre chose à faire le soir. S’occuper de certains de ses contacts, espionner des personnes ciblées, suivre Potter à la trace, revoir les moindres détails des plans de Dumbledore et en discuter avec lui, vérifier que les autres membres de l’Ordre ne fichaient pas n’importe quoi et ne risquaient de tout mettre en l’air dans ce qui était prévu, etc. Il était déjà assez tard, ce soir, enfin, il devait avoir le temps de faire un tour près de Londres. Greyback avait repéré de nouvelles cibles là-bas, des familles lui ayant déplu, Rogue préférait savoir qui il comptait mordre et pourquoi. Il n’était pas à exclure que ce cinglé débarque tôt ou tard à Poudlard avec toute une armée de loups-garous à sa botte, il était suffisamment cruel et avide de sang pour ça.

– Puis-je vous proposer un petit défi ?, demanda-t-elle d'une voix claire, il ne prendra que quelques minutes, normalement.

– A votre premier cours si ça vous amuse, siffla-t-il en se levant. Je vous confirmerai l’heure demain. Bonne soirée.

Il était temps de se mettre en chasse… Et temps aussi de revenir vers Voldemort pour un premier rapport sur la situation à Poudlard, le comportement des élèves et les futurs événements à prévoir. Le jeu ne faisait que commencer.

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[13 Septembre 1997] Teach me all you know

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