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[Septembre 1997] - Une journée de rêve.

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MessageSujet: [Septembre 1997] - Une journée de rêve. Dim 3 Juil 2016 - 1:12

Octave était ENCORE assis sur sa chaise en cuir moelleux, à son bureau –où pouvait-il être de toute manière ?- ; les jambes croisées malicieusement, il lisait le plus naturellement du monde l’Hippias Majeur de Platon. C’était un bouquin qui trainait dans la chambre de son défunt grand-père et qu’il avait emprunté à l’époque, un peu par hasard, un peu pour essayer de comprendre la visée complètement décalée et déjantée que son papy espérait atteindre. Quoi qu’il en soit, c’était sa journée dite littérature moldue. Chose qui devait être très rare ici au château, puisque la bibliothèque ne disposait guère de livres moldus, et qui plus devait être un acte dangereux avec les mœurs instaurées depuis la mort de Dumbledore. Ce fait aurait dû mettre n’importe qui en garde de ce genre d’irrévérencieuse démonstration, mais Octave n’était pas spécialement d’une nature inquiète. Méfiant, oui, mais inquiet, non. Et de toute manière on ne pouvait pas espérer de la part de triviaux sorciers la connaissance d’une œuvre aussi ancienne et aussi...."moldue". En outre, Octave supposait même fortement que les livres eux-mêmes n’intéressaient pas beaucoup les forces du mal. C’est précisément en se basant sur l’absence d’intérêt pour la culture des suppôts de Satan, que le jeune brun se permettait d’être tout à fait calme et complètement détendu.

Il était au beau milieu d’une de ces phrases que l’on relit au moins trois fois pour bien être sûr qu’on a compris ce qu’elle exprime. Les sourcils froncés et les lèvres pincées, il était parfaitement concentré sur sa lecture, à tel point que même l’arrivée d’un élève n’aurait pu le sortir de sa concentration. Et il n’y a avait que peu d’instants comme ceux-là, où il pouvait se consacrer ainsi à ses occupations en toute oisiveté, puisque cela n’arrivait qu’en de conditions très particulières.

D’abord, il faisait un temps tout à fait lovely, il faisait beau et tiède –car pour Octave l’idéal c’était un temps « tiède »-, ce qui était une condition d’une rareté certaine en ces lieux et circonstances. Ensuite, il avait bénéficié d’un sommeil d’une qualité sans égal, avec un réveil en douceur, comme s’il avait passé sa nuit sur un nuage pour se réveiller au paradis, caressé par de chaleureux rayons de soleil. C’était un genre de journée où, une fois ancrée dans la mémoire, on a du mal à faire la différence entre la réalité et le fantasme. Le soleil éblouissait parfois, sans pourtant être brûlant. Un peu comme dans un film dont l’esthétique aurait été sur travaillée. Un type de journée où les impressions se mêlent avec la douceur du fantasme, avec pourtant, toujours dans l’air, à planer, ce sentiment propre au rêve et ce détachement de la réalité.

C’était dans ce genre de journée qu’Octave parvenait à atteindre des sommets de calme et de méditation dignes d’un bonze. Il était donc là, savamment avachi, mais non sans élégance, en feuilletant méthodiquement les pages du bouquin au fur et à mesure de sa lecture soutenue.

Par contre, l’atmosphère du château était exécrable, elle. Quel contraste devait-il représenter, halo d’enthousiasme qu’il était, dans cette brume lourde et dégoulinante de goudron, pleine de la souffrance de ses pauvres âmes en détresse. C’était bien la pire année qu’on pouvait s’imaginer, et pourtant Octave était là. Pour lui, c’était le meilleur moment, justement. Là, où l’action se joue, l’histoire se fait, l’injustice règne, des peuples se déchirent, des esprits sont maltraités et des corps s’effondrent sans vie. Oh, ne vous dites pas qu’il était un personnage lugubre, assoiffé du malheur des autres. Loin de là, même. Toutefois, ça nature était telle, que l’expérience apportée par les événements avait plus d’importance que l’advenir de tous ces gens. Bien sûr, au moment venu, peut-être qu’il défendrait la veuve et l’orphelin, mais pour le moment, tout était calme et la seule douleur ressentie était celle de petits cœurs d’adolescents malmenés par une autorité un peu trop autoritaire. Il avait déjà vu pire. Le fait qu’il soit resté aussi longtemps éloigné des affaires magiques y était peut-être pour quelque chose, mais au final, qu’il s’agisse de moldus ou de sorciers, Octave y demeurait impassible à différents degrés selon les moments. Pour lui, c’était simplement la vie, et il fallait se battre ou rester meurtri au bord de la route, mais certainement pas la prendre en pitié. Raison pour laquelle il commençait généralement par avoir de la curiosité pour les gens avant que cela n’évolue soit en poli intérêt, soit en indifférence austère et peu camouflée.

Alors, aussi détaché qu’il pouvait être des affaires du directeur actuel, il n’était certainement pas une épaule sur laquelle pouvaient venir pleurer les pauvres étudiants. Il était bibliothécaire, tout de même, source de savoir et non de réconfort et de pitié pour des élèves. Enfin, heureusement pour lui, personne n’avait essayé de trouver en lui une étreinte de sollicitude. Peut-être parce que personne n'vaait encore eu vent de son existence, va savoir. Il soupira avec délice ; jusqu’à maintenant, aucun être vivant n’avait osé perturber cette journée parfaite. Pour le moment…
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MessageSujet: Re: [Septembre 1997] - Une journée de rêve. Dim 3 Juil 2016 - 20:12

3 Septembre 1997,
Poudlard, Ecosse

La jeune femme sortait de l'infirmerie au troisième étage, au sein de laquelle elle venait de faire plus ample connaissance avec l'infirmier avec qui elle serait amenée à collaborer durant l'année. Poudlard, elle y était, enfin. Baptisée, voire exorcisée, la Rowle avait l'impression d'avoir sauté à pieds joints dans le bouge infâme qu'était devenu Poudlard. Pourtant, il ne faisait aucun doute que cette école avait été autrefois, un lieu extraordinaire, tant par son aspect esthétique que par l’atmosphère qu'il avait dû y régner. L'impression de s'être fait prendre elle-même à son propre piège. A quoi s'était-elle donc attendue lorsqu'elle avait appris de la missive rédigée par Severus Rogue en personne, que l'école était maintenant aux mains des Mangemorts ? Pourquoi donc n'avait-elle pas reconduit sa demande dépit de cela ?

A l'origine la jeune femme, entamant sa troisième année dans la filière médicale et scientifique en vue de devenir potionniste (niveau post-aspics), au sein du Centre de Formation de Londres, avait ciblé l'école de Poudlard pour réaliser l'un de ses deux stages obligatoires, afin de s'éloigner de l'emprise de son père. Ce centre, créé depuis des décennies et dirigé d'une main de fer par Mrs Goodwinn, restait néanmoins contrôlé et financé par le Ministère de la Magie.
Lors de son stage de seconde année de cursus, les notions théoriques ayant été, pour la plupart, assimilées, la jeune femme avait été sous la responsabilité de plusieurs mentors tels que Arsenius Beaulitron, Damoclès et Golpalott dont elle avait longtemps lutté avant de réussir à comprendre sa troisième loi, tous les trois membres de la Très Extraordinaire Société des Potionnistes, fondée par Hector Dagworth-Granger. Confrontée au quotidien du métier, loin d'être aussi simple que la théorie, mais encadrée par des experts, Cassidy avait énormément appris durant ce stage. C'était par ailleurs lors de la discussion de fin de stage avec Mr Damoclès, que celui-ci l'avait orientée sur son projet de fin d'année qu'elle devrait réaliser durant sa troisième année. Notant l'intérêt certain de la jeune femme pour les légendes tournoyant autour des élixirs éternels, il lui avait suggéré de porter son attention sur l’élixir de longue-vie ; sujet plus ou moins à controverses et délicat à étudier, en particulier depuis que le jeune Potter avait mené à sa destruction à la fois le Seigneur des Ténèbres, mais aussi la pierre philosophale.

Aussi, en cette année, l'apprentie débutait son stage rémunéré de troisième année au sein de Poudlard. Il n'y avait eu aucun autre candidat en raison des rumeurs circulant sur Severus Rogue, qui avait jadis occupé le poste de maître des potions. Beaucoup étaient de ses anciens élèves et rares étaient ceux qui en gardaient un bon souvenir. Ayant effectué sa scolarité en Inde, Cassidy ne l'avait jamais rencontré mais celui surnommé " la terreur des cachots " ne l'impressionnait guère. Les personnalités complexes l'intriguaient plus qu'elles ne l'effrayait. Étrangement, c'était souvent au contact de ces personnes que la Rowle travaillait le mieux.
Finalement, elle avait appris que ce ne serait pas le professeur Rogue qu'elle admirait, qui l'encadrerait, mais Horace Slughorn, un potionniste brillant dont lui avait parlé Damoclès qui avait été, jadis, son élève, et qui était intervenu à plusieurs reprises lors de conférences organisées par le Centre de Formation.

A son arrivée dans la matinée du premier Septembre, elle l'avait enfin rencontré de manière officielle. Après l'avoir testée, il lui avait assigné ses tâches. Ainsi, la jeune femme était désormais responsable des commandes et de la concoction de remèdes et de potions de soin pour l'infirmerie ; effectivement puisque les Carrows foulaient désormais les sols de l'école avec la responsabilité des châtiments, les élèves risquaient d'en avoir fortement besoin. Il allait falloir veiller au risque de pénurie. De plus, elle donnerait également des cours de soutien en potion aux élèves allant de la première à la cinquième année. Enfin, elle assisterait aux cours du professeur Slughorn, durant lesquels elle observerait sa pratique, mais elle participerait également à ses séances de recherche privées tandis qu'il la superviserait sur son travail de recherche universitaire. Après l'avoir informé de ses responsabilités, il l'avait gentiment flanquée dans le cagibi ayant autrefois servi de bureau au professeur Rogue, lorsqu'il enseignait les potions, et situé qui plus est, dans les cachots humides. Visiblement, il n'avait pas choisi de l'encadrer et cela lui avait été imposé par la nouvelle direction... De plus, il était évident pour la jeune femme que son statut de fille de Mangemort ne l'aiderait pas à s'intégrer au sein de l'équipe professorale.

Tandis qu'elle essayait tant bien que mal de comprendre le système de ces maudits escaliers dont elle avait découvert le fonctionnement à la rentrée en se prenant les pieds dedans lorsqu'ils avaient pivoté, Cassidy songeait à cette nouvelle maison récemment crée " Nuncabouc " . C'était purement et simplement une véritable abomination. Ces élèves n'étaient même plus considérés comme des êtres humains. Le double-jeu de la jeune femme allait décidément être mis à rude épreuve cette année... Une fille au sang-pur de Mangemort, voilà ce qu'elle était et était censée représenter. Juste au cas où elle l'oublierait, Peeves, l'esprit frappeur l'ayant pris en grippe à son arrivée au château, se dessina dans les airs.

« Ooooooh ! J' my ferai pas... La Rowle fille maintenant... Fallait déjà qu'on se coltine son père, son oncle et son d'mi-frère y'a quelques années. Maintenant y'a son abruti de cousin et v'la la blondasse pour compléter qui vient envahir le château ! », caqueta-t-il d'une voix aiguë.

Par Merlin pas lui. Ayant prévu le coup, Cassidy rabattit aussitôt la capuche de sa cape noire sur sa chevelure blonde. Comme elle s'y attendait, il leva ses mains bouffies et une pluie de craie colorée abattit sur elle dans la seconde qui suivi. Décidément, il ne se renouvelait pas beaucoup. Néanmoins, la jeune femme fonça dans les couloirs du quatrième étage en direction de la bibliothèque. Cet esprit à la cravate orange et au chapeau à clochettes ri-di-cu-le commençait vraiment à lui taper sur le système, il allait falloir qu'elle se débarrasse de lui. Dans sa course, elle bouscula l'un des trois inspecteurs envoyés pour rôder dans l'école par le Ministère qui, loin d'apprécier de se retrouver les fesses sur le sol, se redressa en fulminant et leva sa baguette tenant en visu le dos de la jeune femme :

« Vous là-bas ! Arrêtez-vous immédiatement ! »

Plutôt mourir, il ne connaissait pas Peeves lui. En parlant de l'esprit frappeur, lancé à la poursuite de sa proie, il ne prêta aucune attention au sorcier, le projetant de nouveau sur le sol d'un coup de fesses.
C'est une silhouette drapée d'une longue cape noire courant habilement perchée sur ses talons, qui débarqua dans la bibliothèque et claqua la porte au nez de Peeves qui, ayant la particularité de ne pas être un fantôme mais un esprit matériel, s'explosa bruyamment sur celle-ci. D'un sortilège informulé, elle verrouilla la porte. Le dos appuyé sur celle-ci, l'apprentie laissa échapper un long soupir... avant de sursauter en entendant les coups violents portés derrière la porte.

« Vous là-dedans, ouvrez la porte immédiatement, sur ordre du Ministère ! »

Spoiler:
 

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Le pessimiste se plaint du vent, l'optimiste espère qu'il va changer, le réaliste ajuste ses voiles.

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MessageSujet: Re: [Septembre 1997] - Une journée de rêve. Lun 4 Juil 2016 - 0:37

Socrate : Ne disons-nous pas de même du corps entier, qu’il est beau, soit pour la course, soit pour la lutte ? Et pareillement de tous les animaux, par exemple qu’un cheval est beau, un coq, une caille ; de tous les ustensiles ; [d] de tous les moyens de locomotion, tant sur terre que sur mer, comme les bateaux de commerce et les navires de guerre ; de tous les instruments, soit de musique, soit des autres arts ; et encore, si tu le veux, des mœurs et des lois ? Nous donnons ordinairement à toutes ces choses la qualité de belles, envisageant chacune d’elles sous le même point de vue, c’est-à-dire par rapport aux propriétés qu’elle tient ou de la nature, ou de l’art, ou de sa position, appelant beau ce qui est utile, en tant qu’il est utile, en tant qu’il sert à une certaine fin, et autant de temps qu’il est utile ; et laid, ce qui est inutile à tous égards. N’est-ce pas aussi ton avis, Hippias ?

Hippias : Oui.

Socrate : Ainsi, nous avons raison de dire que le beau n’est autre chose que l’utile ?

Hippias : Sans contredit, Socrate.

Socrate : N’est-il pas vrai que ce qui a la puissance de faire quoi que ce soit, est utile par rapport à ce qu’il est capable de faire, et que ce qui en est incapable est inutile ?

Hippias : Certainement.

Socrate : La puissance est donc une belle chose, et l’impuissance une chose laide ?


Bon, il n’était peut-être pas aussi concentré que ça finalement, puisque malgré ce qui a été décrit plus haut, Octave entendit parfaitement la furie défoncer la porte et la claquer pour que son poursuivant se la prenne dans les dents. Bim, bam, boum, Bang, ZBLARF ! Un boucan infernal avait soudain envahit la bibliothèque, tout en fracas assourdissants et débauche irrespectueuse ! Un véritable vacarme, une tempête, la fin du monde, de l’univers, même ! Était-ce déjà l’heure de sauver la veuve et l’orphelin ? C’est qu’il n’était pas vraiment prêt pour le moment… Diantre, après-tout, n’était-il pas là pour ça, pour voir la «guerre» de ses propres yeux ? Pour le moment, à défaut de la voir, il l’entendait en tout cas.

Bien évidemment, tout cela était exagéré. Seulement, au vu du délicieux silence qui régnait jusqu’à maintenant dans la bibliothèque, il y avait de quoi s’imaginer des choses avec le contraste pour le moins brusque que représentait l’entré dans la pièce d’un sombre inconnu.

« Entrez… »

Murmura Octave pour bien souligner que l’intrus n’en demanda même pas l’autorisation. Quelle goujaterie. Pour la peine, il ne daigna pas lever les yeux et poursuivit sa lecture là où elle avait été interrompue.

Hippias : Assurément : tout atteste la vérité de cette définition, Socrate ; mais la politique en est une preuve particulière [296 a]. En effet, avoir de la puissance politique dans sa propre ville, est ce qu’il y a de plus beau au monde, comme ne rien pouvoir est ce qu’il y a de plus laid.

Il n’eut le temps de parcourir que trois ligne lorsque des coups firent raisonner la massive porte en bois. Pourquoi diable toquaient-ils puisque visiblement on entrait ici comme dans une maison close, avec autant de facilité que de discrétion. Evidemment, la deuxième partie de sa pensée n’était qu’ironie cinglante. Sachant déjà d’avance que cela ne marcherait pas, Octave opta pour la tactique dite d’indifférence. A savoir qu’il continua à fixer son bouquin comme si de rien n’était et essaya de poursuivre là où il en était. Mais c’était manifestement im-po-ssible. Il était là, à percer la page d'un regard noir, ses mains se resserrant imperceptiblement sur la couverture alors que son visage passait par toutes les moues contrariées qui pouvaient exister et que ses muscles pouvaient reproduire. D’abord, il plissa les yeux et pinça les lèvres avant de les presser vers l’avant en formant une trompette particulièrement crispée avec sa bouche. Il soupira lourdement, l’œil livide et le sourcil froncé.

« Vous là-dedans, ouvrez la porte immédiatement, sur ordre du Ministère ! »

Plait-il ? Sur ordre du ministère ? Déjà ? Les gens de nos jours, ils n’ont plus que ces mots à la bouche : ministère, autorité, domination hiérarchique, supériorité élitiste… En attendant, ministère ou non, personne ne devait avoir le privilège d’être aussi grossier et impertinent. La politesse n'a pas de préférences. Perturbé par tant de mauvaise manière, Octave claqua son livre d’un geste sec et précis pour le refermer, ce qui eut le don de dominer l’agitation ambiante par un bruit tranchant comme un coup de fouet. Par rapport à ça, tout le reste sembla soudain presque silencieux. Un léger sourire déforma un instant ses lèvres. Avec le temps, il avait réussi à développer sa technique ancestrale de claquement de livres, le rendant maître dans cet art inconnu et si sous-estimé. Roi… non, Empereur du claquage.

En toute dignité, il releva la tête, faisant valser sa toison vers l’arrière dans un mouvement parfaitement maîtrisé -encore un art non reconnu par ses pairs…- et regarda d’un air suffisant, les paupières à moitié closes pour parfaire ce genre condescendant qu’il souhaitait se donner. Et pourtant, un coup d’œil suffit pour baisser son nez pointé vers le ciel et froncer ses sourcils en une expression mi agacée, mi dubitative. Cette chose noire, toute en tissus et en longueurs, campait devant la porte, lui faisant dos, ou face, il n’en était pas exactement certain. Ca devait être une fille, vu les tintement de talon qu'il avait entendu. Il devina assez aisément que le claquement était dû à ses soins et que le reste du vacarme était le mérite de ses poursuivants, qui tambourinaient dorénavant avec hargne et détermination à la porte. Avant de dire ce qu’il allait dire, Octave s’avachit à nouveau sur son fauteuil et rouvrit le livre avant de chantonner d’une voix claire et distincte :

« Ce n’est pas une église ici, Esméralda, tu ne peux pas demander le droit d’asile dans une bibliothèque, alors il va falloir ouvrir la porte. Plus longtemps tu la gardes fermée, et plus tu auras de soucis avec les chevaliers qui te poursuivent.»

Et moi, je ne suis pas Quasimodo, aurait-il voulu ajouter mais s’abstint, n’étant même pas sûr que l’inconnue ait comprit le début de sa référence. Moins on s’obstine dans les réactions stupides que notre cerveau nous pond en des moments de panique, moins on a de problèmes. Et fermer la porte au nez d’inquisiteurs était un problème. Bon, où en était-il ?

Socrate : C’est fort bien dit. Et, au nom des dieux, Hippias, n’est-ce pas pour cette raison que rien n’est plus beau que la sagesse, ni plus laid que l’ignorance ?

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MessageSujet: Re: [Septembre 1997] - Une journée de rêve. Lun 4 Juil 2016 - 23:38

« Entrez… »

Au moment où Peeves se prit la porte de plein fouet, la blonde cru entendre une sorte de murmure, ou était-ce un soupir - provenant du fond de la pièce. Le vent n'aurait pas réalisé meilleure performance. Léger, soufflant, à demi-mot, s'envolant...
Consciencieusement, Cassidy plissa les yeux, parcourant avec assiduité la bibliothèque, afin d'en déterminer l'origine. Puis, elle l'aperçu enfin. Perdu entre des piles de cartons à moitié déballés, voire encore totalement scotchés pour d'autres, elle finit par distinguer un petit bureau auquel était attablé, ou plutôt affalé voire avachi, ce qui lui semblait possiblement s'apparenter à un être humain, ou... un mollusque... Une sorte de poulpe en manque d'eau, éclairé par les rayons de soleil tièdes filtrant au travers de la haute fenêtre. Spectacle assez étonnant, car ce poulpe humain lisait.

Devant ce simple mot, émis plus ou moins subtilement afin de la mettre mal à l'aise, la jeune femme haussa les sourcils, sans prendre la peine de répliquer, le souffle encore court. Il n'avait même pas pris la peine de lever son regard afin de connaître son interlocuteur... Et il semblait quémander de la politesse ? Étrange individu. Le... L' homme devait être le nouveau bibliothécaire - quel était son nom déjà ? - et le sarcasme paraissait avoir été taillé sur mesure pour lui. D'une manière étrangement élégante, la Rowle laissa échapper un petit rire dédaigneux. S'il pensait qu'elle avait eu le temps de prendre la peine de frapper à la porte et d'attendre gentiment, avec toute la patience du monde, sa permission pour entrer, il se mettait le doigt dans l’œil. De plus, au vu de sa vivacité... incontestable, Peeves aurait largement eu le temps de lui refaire le portrait. Certes, une entrée aussi... prodigieuse n'était sûrement pas habituelle, et encore moins appropriée, mais la jeune femme avait des circonstances atténuantes avec cet esprit frappeur dont la nouvelle lubie de l'année semblait être de la transformer en un nouveau Picasso.

« Vous là-dedans, ouvrez la porte immédiatement, sur ordre du Ministère ! »

Les coups violents portés à la porte de bois invitèrent la jeune femme à reculer de plusieurs mètres. Un instant, elle fixa la porte. Par Merlin, c'était l'inspecteur. Jamais elle n'aurait cru que celui-ci serait persévérant au point de la suivre jusqu'ici. Elle avait quand même parcouru plusieurs couloirs... Comment avait-il retrouvé sa trace ? Sûrement grâce aux craies balancées par Peeves sur son chemin, tel le Petit Poucet... Saleté. Au vu de sa façon de tambouriner à la porte de bois, l'esprit frappeur avait du prendre la poudre d'escampette. Furieuse, Cassidy grinça des dents. Elle allait trouver un moyen de lui faire sa fête à celui-là... Le problème d'être matériel cher esprit, c'est que l'on peut recevoir toutes sortes de cochonneries en pleine face.
L'espace de quelques instants, la jolie blonde se tourna vers le bibliothécaire afin de voir sa réaction. Dans un premier temps, le sorcier ne bougea pas, paraissant tellement absorbé dans sa lecture qu'elle se demanda même s'il avait entendu l'ordre de l'inspecteur. Étonnante capacité d'abstraction... Surtout si l'on prenait en compte le fait qu'il n'avait pas manqué son entrée spectaculaire. Visiblement, même en ces temps sombres, ce n'était apparemment pas un stressé de la vie. Néanmoins, une aura d'agacement commençait à embraser l'air autour de lui, à un tel point qu'il finit par refermer brusquement son livre dans un claquement si sec que la jeune femme grimaça intérieurement pour le livre. Et Môssieur jouait le délicat... Qu'il apprenne à mieux traiter ses ouvrages pour un bibliothécaire... S'il pensait l'impressionner, c'était complètement raté.

Finalement, la maxime " la patience est une vertu qui s'acquiert avec de la patience ", d' Alessandro Morandotti, se vérifia puisque le sorcier daigna enfin lever son regard vert dans sa direction. Profitant du camouflage que lui apportait la profondeur de sa capuche qui dissimulait son minois, la jeune femme en profita pour le détailler de manière assidue. Observatrice et attentive au moindre détail, elle l'avait toujours été mais elle avait renforcé cette capacité au fil du temps. Un moyen de défense en quelque sorte. En dépit des lèvres fines et pincées lui donnant un air sévère et contrarié, le visage de l'homme, encadré par une chevelure couleur noisette, dégageait une aura de tranquillité impressionnante. Il possédait un certain charme en dépit de l'apparence lourde et molle qu'il se donnait. Soudain, l'apprentie y cru : si, si, l'homme bougea, relevant son menton d'un geste publicitaire faisant voleter ses cheveux, tel un conquérant sur une île déserte. Il avait l'air tellement déterminé et sûr de lui en lui jetant un regard hautain, que la jeune femme cru qu'il allait se lever afin d'aller ouvrir la porte... avant de le voir s'affaler de nouveau sur sa chaise. Estomaquée, Cassidy resta littéralement bouche bée. Mais quelle... paresse ! C'en était juste incroyable. Jamais elle n'avait rencontré quelqu'un comme lui auparavant. Lui donner un âge relevait de l'exploit car, même s'il paraissait relativement bien conservé, son attitude lui faisait prendre mille ans. D'une voix claire et juste, il choisi de pousser la chansonnette :

« Ce n’est pas une église ici, Esméralda, tu ne peux pas demander le droit d’asile dans une bibliothèque, alors il va falloir ouvrir la porte. Plus longtemps tu la gardes fermée, et plus tu auras de soucis avec les chevaliers qui te poursuivent.»

Eglise... Esméralda... Tout en abaissant sa capuche désormais recouverte de tracés colorés digne de l'art moderne, libérant de cette façon une cascade de cheveux blonds aux reflets oscillant entre le doré des blés et l'argenté de la lune, l'apprentie potionniste réfléchit. Ce prénom lui disait quelque chose... Où l'avait-elle déjà vu ? Soudain, la lumière se fit dans son esprit. Ce prénom était celui de l'héroïne de l'un des romans de Victor Hugo, écrivain français moldu. Comment s'appelait-il déjà ? Elle avait dû le retirer de la bibliothèque municipale du chemin de Traverse où elle avait travaillé en tant que saisonnière. En effet, le rayon dédié aux ouvrages des écrivains moldus avait été banni et tous les ouvrages avaient été retirés du libre accès. Censure ; une des nouvelles et oh combien nombreuses, mesures édictées par le Ministère depuis sa chute.

« D' Esméralda, je ne possède pas que les yeux Monsieur. Voyez-vous, cette jeune femme a en elle un atout indéniable de nos jours : l'impertinence, ou l'insolence de se mesurer à plus fort qu'elle, avec un sourire imparable. Ce que je vais m'empresser de faire devant vous. »

Cassidy ne craignait pas l'inspecteur, non. Son nom la protégeait outre mesure : elle le savait pertinemment et comptait bien l'utiliser à bon escient. D'un geste souple, la jeune femme dégrafa sa cape souillée par Peeves et la déposa sur l'un des cartons restés fermés avant de lever son sortilège et d'aller ouvrir la porte... et de se retrouver face à une armoire à glace. Le sorcier devant elle devait mesurer dans les un mètre quatre-vingt, quant à son poids, la Rowle n'osait même pas y songer. Tout en muscles, le visage dur parcouru d'une cicatrice allant de l'arcade sourcilière au côté gauche de son menton. Le contraste entre eux était des plus étonnant : lui, un vrai géant, face à la jeune femme svelte défendant avec hargne son petit mètre soixante trois, miraculeusement atteint grâce à ses dix centimètres de talons s'il-vous-plaît.

« Oui ? Que puis-je pour vous Monsieur ? », demanda t'elle d'une voix claire et posée, tout en souriant.

L'homme renifla bruyamment. Tout à fait charmant.

« Je poursuis un individu m'ayant bousculé en courant dans les couloirs. Cette personne a refusé de s'arrêter lorsque je le lui ai ordonné. Il est de mon devoir de veiller à l'ordre au sein de ce château cette année, aussi, je me vois dans l'obligation de la corriger. Je sais que vous cachez cette personne ici, les traces de craie s'arrêtent devant la porte. »

La jeune femme risqua un coup d’œil sur la porte. Effectivement, celle-ci ne mentait pas. On pouvait aisément voir le contour de la silhouette de Peeves, explosée sur le bois. Cassidy se força à garder son sérieux.

« Cet individu ne se cache pas Monsieur. C'est moi. Si je ne me suis pas arrêtée, c'est parce que, comme vous avez pu le constater, un esprit frappeur prénommé Peeves, s'en est pris à moi. De plus, je ne pensais pas qu'un homme de votre envergure pouvait réellement être bousculé, par quelqu'un comme moi. Me serais-je trompée ? »

« Je... Je... Comment... C'est vous qui... ? » - il dévisagea la jeune femme de la tête aux pieds avant de secouer la tête - Non. Non, vous mentez c'est impossible Miss. Une femme telle que vous n'aurait pas pu... enfin... Peu importe, vous faîtes obstruction au Ministère en vous opposant à moi. Nom, prénom, statut de sang. »

La jeune femme croisa les bras sur sa poitrine, tout en penchant légèrement la tête sur le côté. Agacée. Il allait se rendre compte de son erreur et s'en mordre rapidement les doigts.

« Si vous insistez... Rowle, Cassidy, sang-pur, apprentie potionniste. »

A ces mots, l'homme blêmit. Lentement, la jeune fille vit avec satisfaction des gouttes de sueur perler le long de ses tempes. La peur d'un nom. Elle n'était pas Le Seigneur des Ténèbres, mais les noms des Mangemorts étaient désormais bien connus, et celui des Rowle l'était particulièrement.

« Et je peux vous assurer, que l'homme vivant sur sa chaise au bout de la pièce n'est définitivement pas dans le coup. »

Encore faudrait-il qu'il soit apte à se déplacer...

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MessageSujet: Re: [Septembre 1997] - Une journée de rêve. Mar 5 Juil 2016 - 13:04

Octave était de ceux qui, à force d’expérience et de travail, parvenait à parfaitement maîtriser le langage de leur corps et le timbre de leur voix pour en faire ce qu’ils désiraient et produire exactement l’effet escompté. Il connaissait les gens, il les connaissait bien, et même si la bienséance demandait à ce que l’on perçoive la société comme parfaitement hétérogène, peuplée d’individus les un plus uniques que les autres, Octave n’avait guère de scrupules à cantonner ses ordinaires personnalités aux comportements  semblables dans des castes. En réalité, peu des gens étaient réellement uniques… Tout ça pour dire qu’il ne leva même pas les yeux pour constater l’effet qu’avait eu sa phrase sur la donzelle, sachant parfaitement que, plus ou moins, son but était atteint et le sens était passé malgré l’analogie. Il sentait presque jusqu’ici les rouages de son cerveau tenter de se connecter, grincer dans un lent roulement de mécanique pour se saisir du sens de cette métaphore. Et puis, soudain, l’ampoule s’alluma :

«D'Esméralda, je ne possède pas que les yeux Monsieur. Voyez-vous, cette jeune femme a en elle un atout indéniable de nos jours : l'impertinence, ou l'insolence de se mesurer à plus fort qu'elle, avec un sourire imparable. Ce que je vais m'empresser de faire devant vous».

Il esquissa un sourire tout en lâchant un ricanement sourd, puis releva la tête de sa non lecture. Il n'allait pas la féliciter, de connaître des classique, c'était normal, mais il était tout de même légèrement surpris, juste un peu... Très bien, elle avait choisi d’être courageuse, la brave petite, l’invitant même à être spectateur de sa bravoure ; Octave n’en demandait guère plus. Il se redressa de ton son long, posant ses bras croisés sur le bureau tel un écolier, et fixa la jeune femme pendant qu’elle enlevait sa capuche, un léger sourire narquois toujours dessiné du bout des lèvres. Elle était mignonne et avait de beaux cheveux, mais c’était tout ce qu’il souhaitait en déduire pour l’instant, trop farouche qu’il était des femmes aux apparences envoûtantes mais aux esprits stériles. Elle ouvrit donc la porte et ça y est, le spectaculaire advint : La Belle contre la Bête, David contre Goliath, humain contre Titan, le chaperon rouge contre le loup…

Hu…huu… UAHAHAHAH ! Octave éclata de rire, mais intérieurement. De l’extérieur, il se contenta de se mordre la lèvre inférieure pour n’en rien paraître. Il ne voulait surtout pas interrompre le spectacle, ne ratant pareille distraction pour rien au monde. Panem et circenses. Ce mec était une montagne, un vrai stéréotype. A côté de l’atmosphère et des circonstances, son «Oui ? Que puis-je pour vous Monsieur ?» parût un peu hors de propos. Et là, Octave apprit enfin la raison de tout ce remue-ménage, toute cette véhémente effervescence. Une bousculade ? Vraiment ? Je veux dire… Sérieusement ? Pour le coup, il ne put s’empêcher de lâcher un ricanement, manifestant un amusement tout à fait honnête. Diantre, c’était vraiment la dictature par ici. La dictature de la stupidité oui. Avec un peu de chances, la jeune donzelle n’aurait pas l’idée de pointer son petit doigt sur lui ; d’une part il n’était pas prêt à s’expliquer, et d’autre part c’était moyen comme défense « c’est lui le coupable, non c’est elle ! ».

«Cet individu ne se cache pas Monsieur. C'est moi. Si je ne me suis pas arrêtée, c'est parce que, comme vous avez pu le constater, un esprit frappeur prénommé Peeves, s'en est pris à moi. De plus, je ne pensais pas qu'un homme de votre envergure pouvait réellement être bousculé, par quelqu'un comme moi. Me serais-je trompée ? [...] Si vous insistez... Rowle, Cassidy, sang-pur, apprentie potionniste.  »

Quoi, quoi, quoi ? Octave fronça machinalement les sourcils. Il était désabusé, déçu du plus profond de son être. C’est quoi ça ? L’Impertinence et insolence de se mesurer à plus fort qu’elle ? Ca n’allait pas du tout. Enfin, en bon spectateur qu’il était, Octave ne s’interposa point dans cet échange. En revanche, elle avait bien raison sur un point : l’armoire devait avoir une très haute opinion de lui-même pour se sentir offusqué qu’une petite pareille puisse lui faire perdre équilibre. Les hommes, je vous jure.

L’orgueil et l’air autoritaire de l’inspecteur disparaissaient au fur et à mesure qu’elle parlait. Ce qu’il était pratique, d’avoir le prétexte du sang et d’un nom, tout de même, surtout en face des gens comme lui dont l’esprit était confiné à de sombres concepts de hiérarchie sociale. Après tout, les valeurs n’ont que l’importance qu’on leur donne et c’était un peu de sa faute s’il se tétanisait devant un si petit argument. Rowle… les connections se firent de manière quasi instantanées. Octave connaissait lui aussi ce nom. Grande famille, blah blah blah, sang pur, dignité, réputation. Enfin, « réputation ». Elle était bonne pour un suppôt de Satan. Il avait eu vent que l’un des frère Rowle avait ramené de force sa fille des Indes, ou il s’était marié à une femme il y a bien longtemps ; cela devait être elle, Cassidy. Et alors qu’il se rappelait des détails, la donzelle détourna l’attention des inspecteurs sur lui. Ca, ce n’était pas gentil, même si c’était pour dire qu’il n’avait aucun rapport avec cette histoire. Octave savait déjà ce qui allait suivre : l’armoire saisit cette merveilleuse opportunité pour faire oublier sa méprise et regarda le brun avec autant d’intensité que le permettait ses capacités intellectuelles.

« Nom, prénom, statut de sang ! »

Aboya-t-il en direction du fond de la pièce. Octave esquissa un sourire satisfait. Avec la légèreté et la grâce dont il était capable quand il le voulait, il se leva et contourna son bureau, ce qui laissa enfin entrevoir ses vêtements. Il s’était vêtu d’un jean d’une excellente facture qui tombaient façon « loose » sur des chaussures noires en cuir et à bouts carrés. Pour le haut, il avait opté pour son éternelle chemise blanche, jointe cette fois à un réglementaire gilet et veston noir, tous deux taillées par des mains assurément talentueuses. Octave avait du goût et il n’y avait personne pour le lui retirer, ni les gens, ni la météo. La chemise avec deux boutons ouverts, laissant apparaître un médaillon de l’arbre de la vie irlandais reposant sur son torse, il s’avança sans hésitation aucune vers le groupe de Mangemort.

« Holbrey, Octavius, et mon sang se porte bien. »

Avait-il répondu sur un ton courtois avant d’enchainer tout naturellement sur ce qui lui trottait dans la tête depuis maintenant bien cinq minutes. Il se tourna vers Cassidy et lui dit d’un air boudeur :

« Tu parlais d’opposition à quelqu’un de plus fort que toi mais la seule chose que j’ai vu c'est de l’opportunisme. Tu as lâchement profité de ton statut privilégié au lieu de combattre vaillamment l’ennemi, si ce n’est pas la force, au moins par la parole. Il n’y a pas d’honneur dans la noblesse si c’est pour se défendre avec des acquis douteux. »

Dit-il avec une voix qu’on se croit obligé de prendre pour enjoindre à un petit garçon de ne plus se curer le pif pendant que monsieur le curé lui parle. Mais il n’était pas réellement sérieux. Et comme il savait que le but était surtout de faire oublier à cet être unicellulaire la raison qui l’avait amené à être ici, Octave se tourna à nouveau vers l'inspecteur et poursuivit sur un ton des plus mondain, comme s’ils étaient des mais qui se croisaient au détour d’une ruelle :

«Mais vous savez très cher, je suis triste que votre seule occupations ici soit de poursuivre de si charmantes et jolies jeunes filles dans des couloirs, ça ne fait pas très sérieux tout ça, dites-moi. Vous devriez en parler avec vos supérieurs. Avec votre carrure, vous pourriez faire tellement mieux, comme réprimander de vilains élèves sang-de-bourbe, me trompe-je ?»

Décidemment, Octave avait l’art et la manière. En parlant, il prenait le ton qu’il fallait, quand il le fallait, faisant des pauses dramatiques mais totalement justifiées. Le regard brûlant, perçant son interlocuteur droit dans les yeux, il siphonnait toute son attention avec un flot de parole à l’air étonnamment concerné. Pour finir, il releva les sourcils vers le ciel dans une moue soucieuse tout en continuant à regarder avec insistance l’inspecteur qui devait faire trois fois son poids. Allé, mon gros, craque et mets-toi à pleurer sur tes ignobles conditions de travail ou bombe le torse et casse-toi poursuivre ta chasse aux sorcières ailleurs.

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MessageSujet: Re: [Septembre 1997] - Une journée de rêve. Mer 6 Juil 2016 - 17:22

Elle avait gagné. Intérieurement, la blonde se félicita pour sa subtilité pouvant presque être qualifiée par les experts de... Serpentardienne. Quelle manipulation... Sa mère aurait été fière d'elle, et peut-être même que son père l'aurait été également. Si le sorcier pouvait se féliciter d'avoir réussi à lui faire éprouver un bref sentiment de contrariété, le blonde avait réussi à obtenir de lui un comportement pouvant être jugé comme étant exceptionnel, au vu de l'aura de paresse et de nonchalance qui émanait de lui. Bien évidemment, la jeune femme n'avait pas apprécié que le bibliothécaire ne daigne même pas la regarder en s'adressant à elle, surtout sur ce ton, et encore moins qu'il ne fasse pas l'effort - oh combien surhumain - de se lever pour venir à sa rencontre. Aussi, en l'invitant à observer la scène qui allait se dérouler entre l'inspecteur et elle, Cassidy avait espéré réveiller chez lui un intérêt, même minime, l'obligeant ainsi à enfin lever son regard vitreux de poulpe vers elle. Bon, au final, elle s'était heurtée à un regard vert éclatant, n'ayant rien du poulpe, mais cela restait un infime détail. Microscopique. Un grain de sable qu'elle balaya bien vite de son esprit, telle une brise légère... ou une grosse bourrasque. Cela dépendait des points de vue.

A sa réponse, l'homme avait relevé la tête, accompagnant son mouvement de publicité capillaire semblant néanmoins infiniment douloureux, d' une sorte de ricanement de hyène. Bien, elle avait capté son attention, peut-être même son intérêt... Si, si... Un tout petit peu. Et là... il la provoqua une fois de plus. En tout cas, la jeune femme compris son attitude corporelle comme une provocation ouverte. Une sorte de test. Enfin, s'il pensait être le premier à essayer de la déstabiliser, il se mettait le doigt dans l’œil. Il n'avait qu'à demander à Horace Slughorn. Lentement, le sorcier redressa son buste avant de poser ses bras croisés sur son bureau, tel un gentil écolier modèle devant son professeur. Sauf qu'un rictus insolent ornait ses lèvres fines. Un instant, la jeune femme hésita à venir vers lui et à jouer la scène qu'il semblait lui proposer avec insolence. Elle se vit, debout devant lui, lui dictant d'une manière tyrannique la troisième loi de Golpalott, à toute vitesse, en la complexifiant de manière à ce qu'il ne puisse rien y comprendre, si ce n'est un mot sur deux... Ou un mot sur cinq. Soyons fous.
A l'image de l'écolier se superposa soudain celle du cinéphile moldu au cinéma. L’œil vif, animé d'un éclat indéniable, il semblait dévorer des yeux la scène principale du film qu'il avait attendu pendant environ trois ans, avec une avidité non dissimulée. Cassidy n'aurait pas été surprise de le voir sortir un gros paquet de pop-corn et qu'il se mette à les mâchonner, s'empiffrant devant elle, la bouche bien ouverte, avec un filet de bave dégoulinant, bien entendu.

Lorsqu'elle ouvrit la porte et se retrouva devant l'armoire à glace, du coin de l’œil, la jeune femme distingua clairement le petit mordillement de lèvre de leur spectateur improvisé. Il se retenait visiblement de rire aux éclats. Toutefois, en reportant son attention sur le géant, Cassidy concéda qu'elle ne pouvait définitivement pas lui en vouloir : la situation dans laquelle elle se trouvait aurait été digne d'un grand film, ou d'un best-seller. Si Peeves était resté caché dans un coin, il devait lui, être en train de dévorer la scène avec du pop-corn, ou des craies... A voir. Dès lors qu'elle lui révéla son identité, l'attitude hautaine de l'inspecteur changea du tout au tout. Un instant, il parut même se recroqueviller sur lui-même, se demandant comment se sortir de cette impasse ; impasse dans laquelle il s'était précipité tête baissée sans aucune aide. Vicieusement, Cassidy décida de l'aider un peu en lui offrant une porte de sortie.

« Et je peux vous assurer, que l'homme vivant sur sa chaise au bout de la pièce n'est définitivement pas dans le coup. »

C'était clairement le cas. L'homme paraissait littéralement vivre sur sa chaise, comme si le sortilège de glu perpétuelle l'y condamnait. Enfin, si tel était le cas, il semblait l'avoir accepté sans aucun problème, et même s'y complaire, telle une moule agrippée à son rocher favori, luttant contre vents et marées qui tenteraient de l'en décrocher. Visiblement, il n'en fallait pas plus à l'envoyé du Ministère qui saisit la perche, s'y agrippant de toutes ses forces. Vivement, il détourna son regard en détresse de la petite botte qui l'avait défié avec une délicatesse à laquelle il ne s'attendait clairement pas, et le braqua sur le bibliothécaire. Nouvelle victime, un mec cette fois. Celui-ci ne le moucherait certainement pas comme la fille Rowle. Parfait pour se faire oublier. Conditionné qu'il était par le Ministère, le molosse déclama la tirade qu'il semblait s'être donnée pour principale cette année :

« Nom, prénom, statut de sang ! »

Cassidy esquissa un léger sourire provocant, avec une once de moquerie non dissimulée, à l'intention du bibliothécaire. Si elle avait donné cette occasion à l'inspecteur, de se détourner d'elle en impliquant le poulpe humain, ce n'était pas par pitié ou par gentillesse non. Il s'agissait là d'une nouvelle provocation délibérée de sa part, afin de faire réagir le mollusque et qui sait, peut-être même d'obtenir de lui un nouveau mouvement, avant qu'il ne rende son dernier souffle, épuisé par tant d'efforts. Vous vouliez jouer mon cher ? Voyons voir comment vous allez réussir à vous débrouiller avec cette armoire sur pattes... Les rôles s'inversaient et la jeune femme devint à son tour spectatrice, aux premières loges s'il-vous-plaît. Le poulpe contre le molosse ? Les paris étaient ouverts, et même si l'issue de l'affrontement aurait pu paraître inévitable à n'importe qui, Cassidy décida de laisser sa chance à l'érudit que le bibliothécaire était supposé être. Après tout, ne fallait-il pas ne jamais juger quelqu’un selon son apparence, sans avoir tenté de le connaître plus en profondeur ? Qui aurait pu penser que la jeune femme s'en serait tirée face à l'armoire à glace ? Personne, strictement personne.

Avec une immense satisfaction, mais non sans un étonnement notable, la Rowle constata que le bibliothécaire avait accepté de la suivre, en répondant favorablement à sa petite pique. Pourquoi était-elle satisfaite ? Tout simplement parce que la jeune femme savait apprécier les personnalités complexes, plus ou moins hors normes. Lorsqu'il lui fallait grattouiller et creuser pour réussir à saisir ne serait-ce qu'une esquisse de la véritable personnalité d'un individu, la blonde se trouvait dans son élément, faisant elle aussi partie de ces mêmes personnes. Intrigantes, fascinantes, changeantes voire insaisissables... Il s'agissait là d'un merveilleux et ô combien hypnotique mélange, composé de mille ingrédients, constituant une personne unique et bien souvent des plus intéressantes. Cassidy choisi de faire confiance à son instinct qui lui susurrait que l'homme était possiblement bien plus que le simple mollusque qu'il donnait à voir au commun des mortels. Un bibliothécaire faisant valoir son répertoire moldu en ces temps difficiles où une telle effraction pouvait lui valoir bien plus qu'une légère remontrance, avec cette nonchalance qui ne pouvait qu'être - du moins partiellement - étudiée, ne pouvait décemment pas se contenter de n'être qu'un vulgaire poulpe... Sauf s'il était complètement simplet et que Rogue l'avait embauché après avoir consommé à lui seul, et d'une traite, un tonneau entier de Whisky Pur-Feu.

Oh. My. God. Mesdames et Messieurs, préparez-vous à applaudir. Un subtil sourire éclairant son visage auparavant morne, il se leva. Oui, oui, cette fois était la bonne. Nulle trace d'hésitation. Un mouvement franc, sans craquement d'os ; signe manifeste d'arthrose. Pas de chichis. Il était donc tout à fait capable, lorsqu'il le voulait et avec un peu d'encouragement d'un bon compagnon de jeu, de revêtir autre chose qu'une attitude de poulpe. Avec une certaine grâce qui n'échappa en rien à la danseuse qu'était Cassidy, l'homme contourna son bureau avant de s'approcher d'eux. Un poulpe bien habillé, avec un certain goût. Depuis quand les mollusques étaient-ils capables de s'avérer distingués ? Le sourire de la jeune femme s'accentua à la vue de la chemise légèrement ouverte de l'homme, laissant apparaître un pendentif représentant un arbre de vie ; distingué, avec une once de simplicité. Étonnant mélange. Elle était tellement concentrée à se demander la signification de cet étrange arbre, qu'elle failli manquer la réponse pour le moins constructive du bibliothécaire :

« Holbrey, Octavius, et mon sang se porte bien. »

La jeune femme manqua de s'étrangler de rire, mais se contint tandis que sa paupière droite se mit à tressauter de manière quasiment imperceptible ; signe de l'effort que cela lui coûtait. Elle espérait vraiment pour lui qu'il était de sang pur pour oser se permettre un tel affront envers un représentant du Ministère. Ne laissant pas le temps au molosse de comprendre, et de réagir, il se tourna pour la première fois vers elle, un air... boudeur ? frustré ? ornant son visage :

« Tu parlais d’opposition à quelqu’un de plus fort que toi mais la seule chose que j’ai vu c'est de l’opportunisme. Tu as lâchement profité de ton statut privilégié au lieu de combattre vaillamment l’ennemi, si ce n’est pas la force, au moins par la parole. Il n’y a pas d’honneur dans la noblesse si c’est pour se défendre avec des acquis douteux. »

La jeune femme haussa les sourcils face au tutoiement et à la tonalité répressive qu'elle jugea volontairement surjouée, de sa voix. Elle se tourna à son tour vers Octavius, de manière à lui faire face. Plantant son regard dans le sien, ignorant complètement l'armoire à glace qui dû se sentir délaissée, elle s'appliqua à saisir le sens latent de la phrase. Le tutoiement familier et le ton employé la mettait sur la piste : il n'était pas réellement sérieux. Un interstice de lumière se fit dans l'esprit de Cassidy. Peut-être était-il en train de tenter de l'aider à sa façon ? C'était la première fois qu'elle l'entendait réellement s'exprimer, aussi elle pu être témoin du style distingué et éloquent que l'homme maîtrisait manifestement sur le bout des doigts. Style bien trop complexe pour que l'inspecteur ne puisse en saisir ne serait-ce que quelques bribes. Une sorte d'accord tacite sembla s'installer entre eux en l'espace de quelques millisecondes, néanmoins le fond de sa phrase était réellement intéressant. Pensait-il vraiment ce qu'il déclamait sur un ton quasiment dramatique ? Provocation oblige, la Rowle qui n'était pas une élève, ne se priva pas de lui répondre en miroir, usant non seulement du même ton, mais également du tutoiement :

« Mais mon très cher Octavius, un esprit tel que le tien devrait pourtant avoir connaissance du fait que toute opposition ne se fait pas forcément explicitement par la force et les coups de becs. Esméralda le savait très bien elle. L'impertinence et l'insolence peuvent parfois revêtir un caractère élégant, seulement faut-il être assez subtil pour en saisir le sens. »

Elle lui tourna le dos, faisant voler ses longs cheveux dans le visage du bibliothécaire, comme pour illustrer son propos. Élégante insolence. Se rapprochant de l'inspecteur resté figé sur place, elle poursuivit :

« Pourquoi le combat d'un ennemi devrait-il toujours se faire de front, avec brutalité et sans la moindre parcelle de stratégie ? Je vous le demande monsieur. L'attaque ne se résume pas à la force, ou à la parole. L'attaque ne pourrait-elle pas être invisible, subtile et toute en délicatesse ? »

Le molosse la fixa de ses yeux ronds. Il n'avait strictement rien compris:

« Je... euh... Cessez votre baratin, il ne m'a pas répondu ! Miss Rowle, s'il-vous-plait, écartez-vous. Cet homme n'a pas obéit à un ordre explicite et il doit en payer les frais, d'autant plus qu'il fait preuve d'insolence face à un représentant du Ministère.»

La fleur au fusil, Octavius se tourna de nouveau vers le molosse, daignant lui accorder un soupçon d'attention.

« Mais vous savez très cher, je suis triste que votre seule occupations ici soit de poursuivre de si charmantes et jolies jeunes filles dans des couloirs, ça ne fait pas très sérieux tout ça, dites-moi. Vous devriez en parler avec vos supérieurs. Avec votre carrure, vous pourriez faire tellement mieux, comme réprimander de vilains élèves sang-de-bourbe, me trompe-je ? »

Charmante... On commençait à s'éloigner subtilement du « Entrez... », qu'il lui avait balancé dans les dents quelques minutes plus tôt. Bien, il y avait du progrès. Octavius releva alors les sourcils, dans une parfaite imitation de la contrariété même.

« Je poursuis pas des jolies filles... Enfin, c'est pas c'que je voulais dire Miss Rowle... Pensez-bien que vous êtes... Enfin, c'est pas ce que... Je...  »

Il était totalement perdu, et le regard glacial que lui renvoya Cassidy, afin d'accroître son malaise, ne fit qu'accentuer son trouble.

« Vous trompez pas Miss... Vous êtes, oui plutôt jolie... Mais c'est pas que je... Euh... Monsieur Octopus Hulbrey, votre stat...»

Le jeune femme changea alors son regard froid comme le pôle Nord, en un regard de braise, afin de lui faire totalement oublier comment il s'appelait, où il était, et pourquoi il était ici.

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Le pessimiste se plaint du vent, l'optimiste espère qu'il va changer, le réaliste ajuste ses voiles.

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MessageSujet: Re: [Septembre 1997] - Une journée de rêve. Mer 6 Juil 2016 - 22:14

[…]« Pourquoi le combat d'un ennemi devrait-il toujours se faire de front, avec brutalité et sans la moindre parcelle de stratégie ? Je vous le demande monsieur. L'attaque ne se résume pas à la force, ou à la parole. L'attaque ne pourrait-elle pas être invisible, subtile et toute en délicatesse ? »

Mais c’est qu’elle répondait la petite. Octave tourna la tête, lentement, à tel point qu’on pouvait entendre les vertèbres de son cou se frotter les unes contre les autres dans un grincement caractéristique d’un mécanisme qu’on avait oublié d’huiler. Il tanqua ses yeux dans ceux de la donzelle avec intensité, sans que son sourire ne quitte néanmoins son visage, ce qui donna un mélange assez singulier entre politesse enjouée et la dureté d’un œil éteint. Une sorte de statue sans âme… Cela ne dura qu’un instant fugace car un homme qui a la maître de lui-même, peut mettre fin à un agacement aussi facilement qu’il peut inventer un plaisir. De plus, il voulait faire le bon hôte, être distingué et courtois, si ce n’est dans le fond, au moins dans la forme, pour éviter les « Non, mais ma réflexion était rhétorique, ça ne m’intéresse pas ce que tu penses ». C’était le genre de formulation qu’il aurait pu avoir il y a encore trois ans, pour ne pas perdre de temps ni gaspiller son énergie pour du vide. Parce que bon, la, le but, c’était que tout le monde se casse de la bibliothèque et lui foute la paix. On pouvait venir lire des livres ici, pas de soucis, mais pas pour faire des improvisations ratées avec de mauvais acteurs qui plus est. Bref, il n’était pas impressionné.

« Je poursuis pas des jolies filles... Enfin, c'est pas c'que je voulais dire Miss Rowle... Pensez-bien que vous êtes... Enfin, c'est pas ce que... Je...  Vous trompez pas Miss... Vous êtes, oui plutôt jolie... Mais c'est pas que je... Euh... Monsieur Octopus Hulbrey, votre stat...»

Ahlala, il avait l’air si bête. Dans ses petits yeux d’homme aux horizons moindres, Octave pouvait voir le vide interstellaire que laissait un cerveau absent. Un de ces regards stupides qui semble venir tout droit d’univers où la raison et la logique appartiennent au royaume du mythe. Octopus Hulbrey... Octopus, il voulait bien, mais Hulbrey ? Bah, passons, Octopus avait entendu son nom être écorché de manière bien moins flatteuse que ça par des individus encore plus douteux. Il était d’ailleurs presque prêt à en rire, mais en présence d’inconnus, il ne vaut mieux pas se moquer de soi-même si tôt, prenant le risque d’être mal compris. En général, une fois que l’on s’accorde le loisir de rire de soi, les autres finissent par en faire de même.  

Au lieu de ça, il esquissa un sourire en coin se voulant compatissant mais qui en réalité était profondément mesquin comme il savait si bien le faire. Le genre, mon Dieu, tu me fais pitié mon pauvre, mais je ne dépenserai pas ma salive pour te le faire savoir. Mais comme l’autre insistait, Octopus finit par répondre d’un ton léger, décidant d’y aller au culot :

« Je suis un sang-mêlé. »

En réalité, son sang, ce n’était pas vraiment un problème. Octave avait un long carnet de relations pour ça, il avait corrompu trop de gens par le passé pour que quelqu’un le laisse ne serait-ce que rentrer dans un tribunal. Décidemment, connaître des gens était bien plus pratique en définitive qu’avoir des proches... irréprochables.

Entre le regard brûlant de la jeune femme et l’air tout à fait relax d’Octave, le géant ne savait trop quoi faire, il y avait une visible surcharge du processeur. Il tournait sa tête de droite à gauche, du sorcier impur à la noble sorcière. Encore un peu et ses yeux allaient afficher l’écran bleu de la mort. Ses maigres capacités de raisonnement le lâchaient. A coup sûr, il était en train de se vider intérieurement, fondant dans sa totalité d’un problème impossible à résoudre. A qui obéir ? Octave, las de voir deux neurones se battre en duel dans un crâne trop grand pour eux, trancha la question à la place de l’inspecteur.

« Le directeur est au courant ».

Et bim, une encore plus grande autorité, la main droite de Satan. Oui, tremble petit fonctionnaire de bas niveau. Etait-ce la vérité ? Peu importe.

« Vous ne comptez pas lui demander confirmation, n’est-ce pas ? Je ne pense pas qu’il apprécie qu’on remette en doute ses décisions. Je dis ça pour vous… »

Et pour souligner le fait qu’il était le moins du monde inquiété par cette idée –ce qui était fondamentalement vrai, mais il vaut mieux en faire la démonstration dans le doute-, il se tourna à nouveau vers la jeune sorcière. Sa réponse d’avant titillant quelque peu son esprit, il décida de lui rétorquer :

« Mademoiselle, le mot combat n’était qu’une métaphore. Et la supériorité raciale n’a rien de délicat ni de subtil, c’est même tout le contraire. Ce genre de suprématie est toujours odieuse et paradoxalement à ce qu’elle voudrait, ne répond à aucune grandeur. Ton combat si subtil, si on s’octroie le loisir de supposer que combat il y a eu, était cependant inégal et prévu d’avance. Tu es comme Commode qui poignarde Maximus dans les coulisses pour plus tard être sûr de le vaincre aisément. En ce monde, les sots donnent aux personnes de ton genre un pouvoir tangible et pourtant sans fondement, ayant pour seul appui la qualité de ton sang. C’est l’avantage qu’ils t’accordent sur eux-mêmes. Et tu les encourage dans leur faiblesse et en profites au lieu de les réprimander dans leur erreur. C'est d'une tristesse sans nom. »

C’était long, mais ça lui faisait plaisir, donc peu importe le reste. Oh, les gens pouvaient faire ce qu’ils voulaient, donner à n’importe qui le pouvoir pour n’importe quelle raison extravagante, Octave n’en avait cure ? Mais on ne lui promet pas du spectacle grandiose avec assurance pour au final sortir un pétard mouillé. Son sourire s’était changé en une moue dubitative, un sourcil relevé vers la lisière de ces cheveux. Les mains à présent  dans son dos, il soupira avant de lever les yeux vers le géant.

« Et vous vous laissez faire par une fille… Elle vous a bousculé quand même. »

Tiens, t’avais qu’à pas répondre. Ces jeunes de nos jours…

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MessageSujet: Re: [Septembre 1997] - Une journée de rêve. Ven 8 Juil 2016 - 15:36

« Je poursuis pas des jolies filles... Enfin, c'est pas c'que je voulais dire Miss Rowle... Pensez-bien que vous êtes... Enfin, c'est pas ce que... Je...  Vous trompez pas Miss... Vous êtes, oui plutôt jolie... Mais c'est pas que je... Euh... Monsieur Octopus Hulbrey, votre stat...»

Il s'était interrompu observant alors la jeune femme, l'air interloqué, ce qui lui donna l'air encore plus bête. Oui, oui, c'était tout à fait possible. Cassidy lutta contre le fou rire, se forçant de mettre toute l'intensité dont elle était capable dans ce regard qui était aux antipodes de ce qu'elle pensait en son fort intérieur. Mettre sa fierté de côté, son ego au placard. Ces sacrifices étaient parfois nécessaires. C'était d'ailleurs là les bases pour quiconque souhaitait devenir maître de la manipulation. Serpentarde... Au début, cela avait été réellement difficile pour l'adolescente qu'elle avait été ; l'impression de ne pas être honnête, le sentiment honteux de trahir ses idées, d'être faible en se terrant derrière un masque. Puis, petit à petit, elle avait grandi et son regard sur la manipulation avait évolué. Manipuler était coûteux, et tout le monde n'en était pas capable jugeant en effet que manipuler revenait à se cacher et à être faible, mais pour certains, la manipulation n'était pas une option. C'était le cas de la Rowle. Etre née dans cette famille ne lui laissait pas d'autre choix, si elle voulait survivre, que de laisser croire à tous qu'elle avait abandonné les valeurs inculquées par sa défunte mère, et qu'elle les avait rejoint. Contrainte de devoir user de cette stratégie, la blonde avait alors accepté petit à petit, de développer un point de vue différent sur ce qu'était la manipulation. Manipuler n'était pas être faible et se cacher, refusant d'assumer les idées que l'on défendait réellement. Manipuler revenait à être capable d'être humble ; en acceptant de devenir, ou de laisser paraître autre chose que ce que l'elle était vraiment, Cassidy faisait preuve d'une force mentale à toute épreuve. Laisser son Ego de côté, s'abaisser à des idées arriérées qu'elle ne partageait pas, s'efforcer de laisser glisser les remarques acides le long de ses cheveux blonds, sans que celles-ci ne l'atteignent réellement... Ou Serdaigle ? Rêver de la suite, ce qu'elle se plaisait à appeler en son fort intérieur la post-manipulation, l'avait également beaucoup aidée. Il arrivait en effet souvent à la jeune femme de se perdre dans ses pensées, se plaisant à imaginer la manière dont cette interminable pièce de théâtre à laquelle elle appartenait, prendrait fin. Imaginer le coup de théâtre final, le revirement de situation... Savourer le choc qui se peindrait sur le visage de son père lorsqu'il s'apercevrait bien trop tard, que sa fille n'était pas celle qu'il pensait l'avoir fait devenir.

Le passage du pôle Nord au Piton de la Fournaise, de la glace craquelée au brasier flamboyant. Du cratère éteint de la Lune au cœur brûlant du Soleil... Il y avait de quoi en être perturbé en effet, d'autant plus que Cassidy avait réalisé ce changement en à peine quelques secondes, dans le but que l'inspecteur se détourne du bibliothécaire. Elle tentait, vaguement... de manière très lointaine... à peine esquissée... de lui sauver la peau. Ce poulpe humain qu'elle venait de rencontrer était trop intriguant pour qu'on le lui retire dès le début d'année. La jeune femme avait choisi d'en faire, contre son gré, sa victime, son partenaire de jeu et d'échanges complexes à s'en retourner la tête, avant de se la claquer contre les murs, tel un elfe de maison. De plus... quelque part au fond, c'était elle qui l'avait impliqué et c'était de sa faute si le molosse s'en prenait maintenant à lui. La jeune femme aurait été prête à parier que sans elle, jamais le bibliothécaire n'aurait été remarqué.

Mais le celui-ci ne fut apparemment pas assez subtil pour le comprendre, puisque, malgré le fait que le molosse venait de se détourner de lui, focalisant toute son attention sur la jeune femme qu'il s’efforçait de comprendre, il répondit :

« Je suis un sang-mêlé. »

Mais quel abruti. Lui manquait-il une case finalement ? S'était-elle trompée et Rogue l'avait-il embauché après avoir consommé, en définitive ? Ou peut-être était-il suicidaire ? Cela expliquerait son comportement. Tandis que des images plaisantes d'elle en train de lui sauter à la gorge et de l'étrangler se mirent à défiler dans son esprit, Cassidy conserva son sourire, luttant contre son envie de lui hurler qu'il était vraiment complètement taré.
L'inspecteur, quant à lui, pris de court par la réponse d' Octavius, désormais renommé Octopus pour la forme, sembla contrarié de devoir revenir sur Terre. Finalement, il aurait sans doute préféré que l'homme ne réponde pas, qu'il puisse emballer l'affaire avec la Miss dont il avait pris le regard brûlant pour une invitation. Quelque peu déçu de devoir reporter son regard sur l'impertinent, le géant hésita. Que faire ? Un sang-mêlé insolent... était-ce assez pour faire un rapport ? Mais il l'avait bousculé... Mais s'il notait cela, son écrit contredirait ce que Miss Rowle lui avait dit... Les bras ballants, l'armoire à glace ne savait plus quoi faire. Pourquoi par Merlin, s'était-il laissé bousculer aussi facilement ?

« Le directeur est au courant... Vous ne comptez pas lui demander confirmation, n’est-ce pas ? Je ne pense pas qu’il apprécie qu’on remette en doute ses décisions. Je dis ça pour vous…. »

Bien évidemment qu'il se doutait que le directeur était au courant. L'homme bomba le torse, reniflant dédaigneusement. Pour qui le prenait-on ? Jamais Severus Rogue n'aurait eu l'idée d'embaucher quelqu'un à l'aveugle, sans connaître son statut de sang ! Mais que Rogue l'ait embauché ne le protégeait pas. Son travail à lui, consistait à repérer les fortes têtes, en particulier celles n'étant pas de sang-pur, afin d'en référer au Ministère, et ce indépendamment des décisions de Severus Rogue. Alors qu'il allait répondre, Octopus se détourna de lui, une nouvelle fois, pour s'adresser usant de nouveau de ce langage auquel il ne comprenait strictement rien, à la blonde :

« Mademoiselle, le mot combat n’était qu’une métaphore. Et la supériorité raciale n’a rien de délicat ni de subtil, c’est même tout le contraire. Ce genre de suprématie est toujours odieuse et paradoxalement à ce qu’elle voudrait, ne répond à aucune grandeur. Ton combat si subtil, si on s’octroie le loisir de supposer que combat il y a eu, était cependant inégal et prévu d’avance. Tu es comme Commode qui poignarde Maximus dans les coulisses pour plus tard être sûr de le vaincre aisément. En ce monde, les sots donnent aux personnes de ton genre un pouvoir tangible et pourtant sans fondement, ayant pour seul appui la qualité de ton sang. C’est l’avantage qu’ils t’accordent sur eux-mêmes. Et tu les encourage dans leur faiblesse et en profites au lieu de les réprimander dans leur erreur. C'est d'une tristesse sans nom. »

Wait a minute please. Bon sang, c'était du lourd, il avait été inspiré. Cassidy se frotta les mains intérieurement. Voilà qu'il revenait à la charge, mais en la mettant maintenant dans une situation des plus délicates puisqu'elle concernait directement le point abordé précédemment, à savoir la manipulation exercée par ses soins afin de rester en vie. En plus, il lui parlait de commode et d'un dénommé Maximus... Certainement une fois de plus une référence à un ouvrage moldu, que cette fois malheureusement, la jeune femme ne connaissait guère. Une parade, il lui fallait en trouver une, et une bonne cette fois-ci. Qui lui clouerait le bec une bonne fois pour toute.

« Monsieur, je n'ai pas, initialement, usé de mon statut de sang pour entreprendre ce que je considère en effet, comme un affrontement. Si tu avais l’œil vif, tout comme je pensais que l'était ton esprit, tu aurais identifié sans peine le moment où le combat a été engagé. »

L'affrontement subtil qu'avait mené la jeune femme avait en réalité débuté dès le moment où elle avait pris la décision non seulement d'ouvrir la porte, de ne pas jeter un sortilège mettant l'homme au tapis, mais également d'assumer en plus la responsabilité de sa faute, sans la rejeter sur le mollusque, ce que n'aurait pas fait n'importe quel sang-pur.

« Je n'ai fait qu'ensuite répondre à la question insistante de notre ami ici présent. Mais prends grand soin de noter dans ton esprit, que je n'ai pas choisi d'user de cet argument au moment où j'ai ouvert la porte, et encore moins de te porter responsable, ce que d'autres n'auraient certainement eu aucun scrupules à faire. Même si l'issue était, je le reconnais, presque connue d'avance, je n'ai pas choisi la facilité et ai préféré jouer sur le délicat terrain de l'ego masculin. »

Cassidy aurait aimé rajouter que ce n'était pas la supériorité raciale qu'elle avait jugé subtile, mais l'affrontement en lui-même, mais elle ne pu se le permettre, cela risquant de l'exposer. Le sorcier soupira mine de rien avant de reprendre, les bras mains dans le dos :

« Et vous vous laissez faire par une fille… Elle vous a bousculé quand même. »

« Je... Ce n'était pas vraiment... vous ?... Miss ? Je... sinon je serai dans l'obligation de prendre votre nom. Je m'en excuse, mais on ne bouscule pas ainsi un représentant du Ministère. Je... suis sûr que votre père comprendrait. »

La bouche lui en tomba, littéralement. Voilà qu'il revenait à la charge, usant de nouveau de son arme éternelle ; arme dont elle partageait la passion secrète : la provocation. Voulait-il réellement se débarrasser d'elle ? Au vu de sa réplique, c'était à questionner. Bien, il avait visé juste, à savoir l’Ego masculin. Soit, il voulait la guerre, il allait l'avoir. Des scrupules ? Avait-elle réellement pensé en avoir quelques instants auparavant ? Si tel avait été le cas, ces instants appartenaient au passé. Les délicats échanges de ping-pong étaient terminés désormais. Fin de l'échauffement et début du subtil match de boxe. Oui, ça existe. Il avait prétendu n'avoir pas décelé l'affrontement qu'elle avait décidé de mener ? Ni l'esquisse de protection qu'elle avait tenté de lui fournir ? Soit. Il allait voir ce qu'était une absence totale de combat et d'endossement des responsabilités.

« Bien sûr que... »

Le " non " qu'elle s'apprêtait à prononcer ne franchit pas la barrière de ses lèvres. Elle hésita. Pouvait-elle prendre le risque de le faire plonger ? Même si l'armoire prenait son nom à elle, elle s'en sortirait facilement en raison de la nature de son sang. Mais un sang-mêlé... qui plus est insolent... Il fallait être calculatrice. Que risquerait-il ? Une simple bousculade... Mais une impertinence hors-paire... Un avertissement ? Une insolence du tonnerre... Intérieurement, la jeune femme grimaça. Il risquait plus, surtout qu'en ce moment, le Ministère ne s'encombrerait pas de fortes têtes, pensantes qui plus est.

« ... Si Monsieur. Je ne reviendrai pas sur ce que je vous ai déclaré. Je ne m'amuse pas à faire des blagues et n'oserais pas faire perdre son temps à une personne de votre importance, dont le travail dont être suffisamment compliqué.»

Cassidy battit des cils et l' inspecteur se mordit les lèvres. Visiblement, il avait espéré qu'elle démente.

« Je... Oui, oui je comprends. Mais... euh... Bon, je pourrais peut-être, vous savez... - il baissa la voix en se rapprochant d'elle tournant allègrement le dos à Octavius de manière à ce qu'il ne puisse entendre ce qui allait suivre- oublier ce malencontreux incident... »

Oh Merlin, pourquoi fallait-il que ce soit aussi compliqué avec les hommes. Elle lui offrait l'autorisation de prendre son nom sur un plateau d'argent, non d'or, et il compliquait encore les choses.

« Non Monsieur. Votre devoir vous somme de relever les erreurs commises dans ce château, et je reconnais en avoir commise une. »

L'homme se redressa, quelque peu vexé se d'être fait si joliment rembarré par la demoiselle.

« Très bien Miss Rowle, comme vous le souhaitez. Je relève donc votre nom, et j'en suis navré. - il se tourna vers Octavius - et vous... Je relève également le votre pour insubordination, insolence, irrespect, im... »

Il fut interrompu par un toussotement digne de Dolorès Ombrage. Une fois de plus, la jeune femme avait décidé d'intervenir, mais cette fois c'était clair, elle allait clairement flinguer le poulpe humain pour s'être permis cette insolence étant de sang-mêlé, l'obligeant elle à intervenir afin de lui sauver la peau, puisque c'était elle qui l'avait fourré dans cette situation. Complexe à suivre. Lui jeter un sortilège d' Oubliettes était encore trop risqué en ce début d'année, et de plus ; le bibliothécaire en aurait été témoin. L'inspecteur se retourna, intrigué. Tiens donc, la Miss avait-elle revu son courage à la baisse ? Il s'approcha d'elle, un sourire douteux ornant ses babines.

« Miss Rowle ? »

Elle...

« Finalement, à bien y réfléchir... je pense... »

... Allait...

« ... que nous allons pouvoir trouver...  »

... Le tuer...

« ... Un arrangement. Un dîner ? Ce soir vers 20 heures, aux Trois-Balais. »

Le sourire de la brute épaisse s'élargit.

« Bien. Je vais donc... »

« ... barrer nos deux noms. Deux noms contre un dîner. Cet homme n'est pas responsable, je vous l'ai dit. Il serait déshonorant pour une sorcière de mon rang de ne pas assumer ses erreurs seule. »

Cet argument n'allait de nouveau pas plaire au bibliothécaire, mais le statut de sang était bel et bien la seule chose capable de raisonner un individu aussi limité, et la jeune femme n'avait pas toute la nuit devant elle. Il hésita quelques secondes, avant de déclarer:

« C'est tout à votre honneur Miss Rowle. Très bien, marché conclu. Je vous y attendrai. Venez, sinon le marché ne tiendra plus. »

Et il sortit en claquant la porte. Enfin. Maintenant, l'heure était à la boxe. Un meurtre allait avoir lieu.

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MessageSujet: Re: [Septembre 1997] - Une journée de rêve. Sam 9 Juil 2016 - 0:04

Au fur et à mesure qu’il parlait, Octave voyait, au détour de quelques coups d’œil, la jeune femme se décomposer sur place, perdre ses couleurs, essayant non sans un certain succès à camoufler son énervement que le brun jugeait tout à fait compréhensible. Après tout, ils étaient tous deux dans la même galère maintenant, uniquement grâce à elle, cela dit. Et Octave était en train de méthodiquement tout détruire. Ca desservait indéniablement leur cause commune, et la sienne tout particulièrement, mais ce cher poulpe savait parfaitement qu’il allait se confronter à ce genre de situation tôt ou tard, et autant se manifester le plus tôt possible. Il n’aimait pas remettre à plus tard d’éminentes affaires comme celle-là. Alors il préférait se faire connaître des autorités aussi vite que possible, pour que plus personne ne s’étonne de son comportement à l’avenir. Oh, il savait très bien qu’il arborait une attitude qui en énervait plus d’un, menant même une vaste majorité à le détester –Octave était le type même de personnage qui ne pouvait pas laisser indifférent tant il n’aspirait que des sentiments manichéens. Et c’était tout à fait naturel, du fait de son comportement rarement mesuré, toujours porté vers les extrêmes, qu’il provoque une perception de lui-même toute en démesure et dans l’excès. Cela dit, comme personne ne parvenait jamais réellement à le retenir, du fait de sa tendance naturelle à ignorer les convenances et règlements en tout genre, il préférait faire comprendre aux nouvelles connaissances dès le début que c’était peine perdue. M’voyez, c’est comme ça, et je ne changerai pas pour le plaisir de vos yeux et vos esprits étriqués. En outre, leur opposition sous-jacente l’avait mené à remettre  à plus tard l’accomplissement de leur dessein commun : à savoir, obliger l’inspecteur à partir.

Bref, tout ça pour dire que sa remarque était parfaitement délibérée, dite avec la pleine conscience de ce que cela entraînerait. D’ailleurs, Octave constata que le molosse du Ministère se redressa, l’air de souligner qu’il n’était pas un sombre soldat de dernier rang, mais un membre respecté de son organisation. C’est là que la miss choisit d’intervenir, mettant fin aux tentatives de l’inspecteur d’avoir l’air important, qui se dégonfla comme un gant de laboratoire. Cette fois, Octave choisit de l’écouter attentivement, un sourcil levé de manière circonspecte néanmoins, mais au moins, il ne souriait plus de son air éternellement folâtre.

« […]et encore moins de te porter responsable, ce que d'autres n'auraient certainement eu aucun scrupules à faire. Même si l'issue était, je le reconnais, presque connue d'avance, je n'ai pas choisi la facilité et ai préféré jouer sur le délicat terrain de l'ego masculin. »

Mais ouiiii, ma petite, je vais te féliciter de ne pas avoir sombré du côté obscur de la dénonciation d’innocents. Encore heureux qu’elle ne l’ait pas fait, cela aurait été de très mauvais goût de commencer une rencontre par un tel mensonge accusateur. Il ne répondit rien, la scrutant avec insistance de son regard vert, le visage soudain songeur et presque sérieux. Alors comme ça elle se targuait d’être manipulatrice… Pourquoi pas, mais dans ce cas-là, elle cachait bien plus qu’elle ne le laissait entendre ; on ne devient pas habile manipulateur pour rien.

Puis le molosse se remit à balbutier. Pauvre petite marionnette…  N’était-il pas attendrissant ? L’œil au désespoir, le cœur battant, les jambes molles. Ça aurait touché tellement de gens… tellement de gens, mais Octave, il ne faut pas abuser quand même. D’ailleurs, il soupira… Finirait-il un jour de faire des pauses aussi longues entre chaque mot ? Que c’était agaçant tant d’hésitation. Excédé, il pinça les lèvres, la mine dépitée devant un géant si empli de contradictions. Quant à la donzelle, elle continuait à passer de l’exaspération à la stupéfaction en regardant soit Octave, soit l’agent du Ministère. Elle devait le détester. Les détester tous les deux, et le brun ne le comprenait que trop bien, il se serait aussi détesté à ce moment-là, à tout gâcher de la sorte. Il sentit presque le vent glacial qui émanait de la jeune femme ; elle sembla hésiter un instant avant de répondre au géant d’une voix étonnement maîtrisée. Pour la peine, Octave la salua mentalement d’un revers de la main.

« Bien sûr que... Si Monsieur. Je ne reviendrai pas sur ce que je vous ai déclaré. Je ne m'amuse pas à faire des blagues et n'oserais pas faire perdre son temps à une personne de votre importance, dont le travail dont être suffisamment compliqué.»

Fichtre ! Octave n’en croyait pas ses oreilles. Un Héro était né. Pardon, une Héroïne. C’était un moment purement historique. Il n’osait plus bouger, de peur de briser le rêve. La scène était tout bonnement prodigieuse. Mais ce qu’il ne savait pas, c’est que ça allait devenir encore mieux. L’inspecteur, penaud et visiblement déçu de devoir réprimander une dame si noble, bredouilla quelques mots ponctués de silences incertains, devenus maintenant habituels. Puis il se tourna dans sa direction, pour « relever son nom pour insubordination ». Octave n’était pas contre et continuait à regarder la scène d’un air interdit, sentant que s’il prononçait un mot, cela allait briser cette merveilleuse atmosphère emplie de nobles convenances et de sacrifice de soi. Complètement absorbé, il posa sa main sur sa bouche, le regard émerveillé, et le coude de cette dernière reposant sur son autre bras, qui était lui pressé contre son ventre, juste en dessous du torse. Merveilleux. Il en avait oublié son indignation. Avant de finir sa phrase, l’ogre se tut, visiblement gêné. Oh mais vas-y, il t’est arrivé quoi là ? Tu étais si sûr de toi en rentrant ici et maintenant, regarde toi ! Espèce d’invertébrée limace !

« Finalement, à bien y réfléchir... je pense... que nous allons pouvoir trouver... Un arrangement. Un dîner ? Ce soir vers 20 heures, aux Trois-Balais. »

Au fur et à mesure qu’elle parlait, les yeux d’Octave s’écarquillaient lentement jusqu’à ce que ses yeux ne se transforment en deux assiettes. Un sourire gras et ébahi se dessina sur son visage, derrière ses doigts qui barraient toujours le bas de son visage en un geste pantois. Ses yeux grands ouverts passaient de la Belle à la Bête, suivant les deux visages comme on observait un match de Quidditch. Il avait l’impression de regarder Jésus se sacrifier pour les pêchés de l’humanité. Elle était là, en train de s’offrir à l’employé du Ministère pour pas que lui, Octave n’ait de soucis. Mais c’est que c’était trop mignon ! A tel point qu’il sentit presque son cœur fondre devant tant de bons sentiments. Enfin, son cœur… en tout cas le sable dans ses veines grinça, répandant une chair de poule sur ses avant-bras. Elle allait le trucider. De surcroît, ça commençait à devenir sérieusement ridicule et drôle. La tête d’Octave était belle à voir, un vrai smiley. Il avait l’expression typique de celui qui hésitait à croire ce qui se produisait devant ses yeux. Pincez-moi. Et d’ailleurs, la blonde aussi semblait avoir besoin qu’on la sorte de son cauchemar.

« C'est tout à votre honneur Miss Rowle. Très bien, marché conclu. Je vous y attendrai. Venez, sinon le marché ne tiendra plus. »

Octave attendit sagement que la porte claque, restant figé encore quelques instants dans sa pose improbable de celui qui vient de voir de la magie pour la première fois de sa vie et hésitait à accepter la réalité telle qu’elle se présentait à lui. Puis, doucement, alors que le silence se faisait, il se laissa aller au four rire incontrôlable, le genre pas du tout délicat, qui vous plie en quatre et fait mal au ventre et au visage tellement les muscles se crispent douloureusement dans une joie irrépressible. Octave était justement replié sur lui-même, la tête dans les genoux, le rire allant dans les octaves (ha, ha, ha) jusqu’à l’étouffement. Il se redressa alors qu’une larme coulait le long de sa joue, s’arrêtant à mi-chemin. Magistral, ça faisait bien longtemps qui ne s’était pas amusé de la sorte. En même temps les deux précédentes années avaient été bien pépères ; c’était exactement pour ça qu’il était rentré au pays et qu’il avait choisi de travailler ici, dans ce château. Pour ce genre de divertissement des plus jouissifs.

Se calmant enfin après une, voir deux bonnes minutes à se muscler les abdos, Octave attrapa avec habilité un mouchoir de sa poche interne et s’essuya le coin de l’œil. Ensuite, il jeta l’horreur à la poubelle. Bon, a quel moment est-ce qu’il allait révéler à la blonde que ce n’était franchement pas la peine de se sacrifier pour lui, même si, encore une fois, c’était tout à fait en son honneur. Maintenant ? Non, ce soir, après son dîner avec son prince charmant. Néanmoins, comme il n’était pas non plus tout à fait étranger à la bienséance, Octave exécuta une révérence à la jeune femme, laissant tournoyer son poignet dans les airs pendant que sa tête s’inclinait avec ferveur. Il ne fallait pas être ingrat quand les gens ont de tels actes de bonté envers-vous, et Octave était loin d’être ingrat. Se redressant, il lui sourit en la regardant avec une tendresse qui n’était pas feinte cette fois-ci.

« Ca, c’était d’une noblesse sans égale, je ne l’oublierai jamais. Ca me met de bonne humeur tout ça tiens. »

A croire que c’était lui, la veuve et l’orphelin dans cette histoire. Octave pencha la tête sur le côté et enchaîna d’un ton enjoué :

« Si tu veux, je vais à ton rendez-vous à ta place, il parait que je sais bien me déguiser, avec un peu de chances, il n’y verra que du feu –ou une fille en l’occurrence. »

Il lâcha un petit gloussement rien qu’à cette idée, lui, barbu qu’il était, les lèvres recouvertes de rouge à lèvre, se rapprochant de l’inspecteur dans la lumière tamisée d’un restaurant pour tenter de l’embrasser.

« J’ai vraiment eu de la chance que tu sois la première à me tomber sous la main, j’en espérais beaucoup de cette école et je dois avouer que c’est un très bon début. Il y a manifestement de quoi jouir par ici. »

Yeux en circonflexe et sourire en tranche d'organe oblige...

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MessageSujet: Re: [Septembre 1997] - Une journée de rêve. Sam 9 Juil 2016 - 16:45

Tandis qu'elle avait tenté subtilement de lui expliquer son combat, Octavius avait accepté, pour la première depuis le début de leurs échanges, de l'écouter avec une attention hors du commun pour un poulpe, abandonnant son sourire factice et terriblement agaçant, à trois mille gallions. Bien, il avait l'air moins bête comme ça, plus civilisé, plus... La jeune femme fronça les sourcils. Trop attentif. Bien trop attentif, la dévisageant avec une intensité dont elle ne l'aurait jamais cru capable. Un regard bien trop éveillé pour un mollusque. Oh, oh oh. Alerte. Rendors-toi petit poulpe, retourne sur ton rocher et laisse toi bercer par les douces vagues de l'océan. L'envie de lui abaisser son sourcil droit qui venait de se soulever alors qu'il l'écoutait attentivement, la titilla. Cet homme était décidément dans les extrêmes, n'était-ce pas possible pour lui de se situer dans un juste milieu ? Pourquoi fallait-il qu'il soit complètement endormi et superficiel, soit bien trop éveillé et attentif ? Son regard vert la fixait avec une instance des plus transperçantes, mais il ne daigna rien répondre pour le plus grand bonheur... Bonheur ou malheur ? - elle hésitait - de la jeune femme. Finalement, elle le préférait peut-être lorsqu'il ne réfléchissait pas trop, se contentant de se laisser porter par le courant d'une eau claire. Décidément, il était bien complexe lui aussi... Un véritable phénomène.

Lorsqu'elle avait revendiqué, une fois de plus, sa responsabilité dans la bousculade, Cassidy avait bel et bien noté la réaction du sorcier, la gravant profondément dans son esprit afin de ne jamais l'oublier. Il se foutait d'elle, et royalement en plus. Les bras détendus de chaque côté de son corps, la blonde serra mentalement les poings. Elle pouvait presque ressentir la sensation de ses ongles nacrés venant s’enfoncer dans la peau fine et pâle de ses paumes. Mais les mains féminines aux longs doigts fins, étaient on ne peut plus paisibles, frôlant avec légèreté le doux tissu de la robe qui l'habillait.

Alors que l'inspecteur venait se de détourner d'elle afin de relever le nom du bibliothécaire, la Rowle eu tout le loisir d'observer l'étendue de sa moquerie. Immobile, le visage figé d'un sourire béat, il observait le spectacle qui se déroulait devant lui une lueur de magie éclairant son regard émeraude, qui pétillait au delà du raisonnable. Cassidy réprima avec force son envie de lui mettre les doigts dans les yeux afin de faire taire leur rire qu'elle entendait jusqu'ici. Les prunelles d' Octavius, tout comme les siennes à son plus grand damn, étaient loin d'être silencieuses. En effet, si le regard de la blonde pouvait s'avérer être une arme dangereuse dont elle était tout à fait capable d'user avec intelligence, ce même regard pouvait également être sa faiblesse lorsque son contrôle lui échappait et que ses yeux se mettaient à parler pour elle, sans sa permission.

A cause de son insolence irréfléchie, elle venait d'être obligée de se sacrifier afin de lui éviter un interrogatoire douteux au Ministère, et lui... Silencieux, il l'observait avec des yeux cette fois totalement réveillés, ronds comme des soucoupes, émerveillé devant la scène incroyable, tel un enfant découvrant la légende du Père Noël. Mais... Ce n'était quasiment rien à côté de sa posture qu'il donnait l'impression d'avoir volontairement exagéré à l'extrême. Un air idiot et relativement moqueur ornant son visage, l'homme ne semblait pas croire ce qui se déroulait devant lui. Mais le pire restait à venir.
Lorsqu'elle se retrouva dans l'obligation d'accepter le chantage de l'inspecteur et qu'elle convint de ce rendez-vous qui lui coûtait bien plus sa dignité, les yeux du poulpe semblèrent sortir lentement de leurs orbites tant ils s'écarquillèrent de manière illimitée et grotesque. Furieuse, la jeune femme lui lança un bref regard enflammé laissant présager de ce qui l'attendait une fois qu'elle se serait débarrassée de l'armoire à glace. Elle allait le démonter, lui exploser au visage, le réduire en cendres, ce n'était pas possible autrement. Pourtant, Octavius ne pu retenir et ne chercha pas à dissimuler, le sourire ébahi qui se dessinait derrière ses doigts recouvrant partiellement sa bouche. Seule sa tête était encore en mouvement, alternant entre les visages de l'apprentie potionniste et celui du molosse. L'écrasant de son regard turquoise tel un misérable insecte, la jeune femme resta elle aussi silencieuse. Oh il ne payait rien pour attendre. Ne disait-on pas que le vengeance est un plat qui se mange froid ? Imperceptiblement, la main de la sorcière se rapprocha de la baguette d'aubépine située dans la poche de sa robe. Son contact l'apaisa tandis qu'elle prenait plaisir à imaginer ce qu'elle pourrait lui faire endurer. Elle inspira profondément ; il fallait qu'elle retrouve son self-control afin de ne pas le démonter, et résister à l'envie irrépressible de découper un à un, avec lenteur et sadisme, ses tentacules de sale poulpe.

« C'est tout à votre honneur Miss Rowle. Très bien, marché conclu. Je vous y attendrai. Venez, sinon le marché ne tiendra plus. »

La jeune femme acquiesça d'un signe de tête, puis l'homme tourna les talons avant de disparaître de sa vue. Enfin. Un bref silence suivit le départ du représentant du Ministère. L'esprit tournant à plein régime, les rouages de son plan se mettaient en place à grande vitesse, s'entrechoquant brutalement pour finir par s'encastrer correctement les uns dans les autres. Pas de place à l'improvisation. Oui, elle allait se rendre à ce dîner aux Trois-Balais, oui elle allait souffrir, mais la jeune femme choisi habilement l'endroit de la torture. Les Trois-Balais étaient l'endroit où travaillait Scarlett, son amie apprentie auror, qui serait à même d'intervenir si jamais le rendez-vous avec l'armoire à glace se passait mal. Et puis de toute façon, si les choses se passaient comme prévu, l'armoire à glace ne garderait pas le moindre souvenir de ce rendez-vous plus ou moins galant. Oui parfait, enfin autant que la situation pouvant l'ê... Brutalement, la blonde fut tirée de ses pensées par un bruit parasite venant lui agresser violemment les tympans.

Osait-il vraiment faire ça ? Le regard de Cassidy revint se fixer sur l'étrange mais néanmoins surprenante personne qu'était Octavius Holbrey. Se pouvait-il qu'il soit réellement en train de lui rire allègrement au nez après ce qu'il venait de se passer ? Non, elle devait certainement halluciner tant l'idée de partager son dîner avec le balafré lui donnait l'impression d'avaler une cuillère d'acide dès qu'elle y songeait. Malheureusement pour elle, la jeune femme ne délirait pas et elle s'en rendit compte lorsque les rires de l'homme redoublèrent en intensité. Un instant, la jeune femme resta sans voix devant la goujaterie et le culot dont l'homme faisait preuve. Plié en deux, les bras croisés sur son ventre, il donnait l'impression de n'avoir plus rit depuis mille deux cent cinquante ans, environ. Il s'étouffait littéralement lorsque la jeune femme approcha dangereusement de lui, les dents serrées et l’œil mauvais.

« Ne me dis pas que tu es réellement en train de faire ce que je pense que tu es en train de faire... »

Son ton, plus froid que la glace elle-même, tranchait à merveille avec la blondeur chatoyante aux mille nuances qu'offrait sa chevelure, dans laquelle les rayons du soleil s'amusaient. Le contraste était saisissant. Ses yeux vert d'eau d'une clarté sans égale,   entourés de longs cils maquillés d'une fine couche de mascara, ne suffisaient pas à apaiser, ni à éclairer son regard plus noir que les onyx du professeur Rogue. Tranchant avec la finesse et la délicatesse des traits de son visage, ils envoyaient de redoutables éclairs, traduisant l'intensité de la sourde colère qui bouillonnait en elle depuis déjà de longues minutes. L'atmosphère se chargea d'électricité lorsqu' Octavius finit enfin par se redresser, pleurant de rire. Finalement, il se calma peu à peu et exécuta une parodie de révérence à la jeune femme, faisant tournoyer son poignet dans les airs tout en inclinant sa tête, ses cheveux châtains suivant le mouvement comme ils le pouvaient.

« Ça, c’était d’une noblesse sans égale, je ne l’oublierai jamais. Ça me met de bonne humeur tout ça tiens. »

« De bonne humeur ? Vraiment ? Tu m'en diras tant... »

Cassidy se rapprocha encore plus de lui, sa démarche féline lui donnant l'apparence d'un prédateur se préparant à bondir sur sa proie. La voix calme mais les yeux vibrants de colère difficilement contenue, la jeune femme n'avait pas été en état de s'apercevoir de la tendresse réelle qui se dessinait dans les prunelles d' Octavius.

« C'est incroyable ce qu'un événement peut être vécu de façon différente par deux individus... »

Leurs humeurs étaient-elles condamnées à ne jamais se rencontrer ? Ce qui emplissait la Rowle d'une colère sans pareille semblait amuser le bibliothécaire, tandis que lorsque le ciel était sans nuages pour elle, son horizon à lui semblait des plus sombres.
Penchant légèrement sa tête sur le côté, Octavius en rajouta une couche, en gloussant comme une dinde :

« Si tu veux, je vais à ton rendez-vous à ta place, il parait que je sais bien me déguiser, avec un peu de chances, il n’y verra que du feu –ou une fille en l’occurrence. »

Qu'est-ce qu'il... Cassidy se stoppa à quelques centimètres de son interlocuteur, vrillant ses prunelles dans les siennes. Lentement, la jeune femme se détourna de lui et se dirigea vers sa cape qu'elle avait laissée près de l'entrée sur un carton, sans prêter attention à sa dernière phrase. S'accroupissant, elle fouilla dans l'une des poches intérieures et se redressa, un sourire inquiétant ornant ses lèvres rosées. D'un geste, elle invita le poulpe humain à la suivre dans les rayons de la bibliothèque. Voyons voir... Potions... Oui, voilà c'était la bonne allée. Maintenant il ne restait plus qu'à le trouver. Parcourant les étagères, le bout de doigts frôlant les couvertures poussiéreuses des ouvrages plus ou moins anciens, la jeune femme penchait légèrement la tête, les sourcils froncés, à la recherche du Graal. Introuvable. Du moins, jusqu'à ce qu'elle ne prête attention à la porte menant à la réserve.

« Attends-moi mon cher Octavius, je reviens vite. », murmura t-elle avant de disparaître dans le local interdit aux élèves.

Quelques instants plus tard, la silhouette ressortit, victorieuse. Portant dans ses bras un ouvrage ancien presque aussi lourd qu'elle, Cassidy s'installa à une table et invita le bibliothécaire à découvrir le titre du livre : Les Potions de Grands Pouvoirs, de Phineas Bourne. Avec une lenteur étudiée, et une voix doucereuse qui ne lui ressemblait guère, elle tourna les pages avant d'arriver à celle qu'elle recherchait. Elle pris grand soin de masquer le nom de la potion, ne laissant apparaître à la vue du bibliothécaire que la liste d'ingrédients :

« Hum... Quatre sangsues, des chrysopes cuits pendant vingt-et-un jours, de la poudre de corne de bicorne, du sisymbre cueilli comme par hasard à la pleine lune, de la peau de serpent d'arbre du Cap, deux bottes de polygonum... Oh, mais qu'avons-nous là ? »

Le petit flacon de verre qu'elle tenait entre ses mains contenait une mixture ressemblant à de la vase épaisse.

« Pas facile n'est-ce pas ? Surtout que cette potion n'est pas tout à fait achevée. Il manque un dernier ingrédient à sa composition. Aller Octavius, je sais que tu peux le faire, quel est donc ce fameux ingrédient mystère ? Il permettra à la potion de revêtir son aspect final dont on ne peut prédire l'apparence. »

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Le pessimiste se plaint du vent, l'optimiste espère qu'il va changer, le réaliste ajuste ses voiles.

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MessageSujet: Re: [Septembre 1997] - Une journée de rêve. Sam 9 Juil 2016 - 20:31

« C'est incroyable ce qu'un événement peut être vécu de façon différente par deux individus... »

Il était on ne peut plus d’accord avec cette réflexion. Maintes fois avait-il eu l’occasion de se réjouir d’un malheur pour le plus grand dam des autres, et dépit de tout bon sens et surtout, des bonnes manières. C’était presque le but de sa vie que d’aller contre le courant des protocoles sociaux. Sinon, ce n’était pas drôle. Il aimait déstabiliser les âmes sensibles, les petits cœurs en émois et les esprits médiocres tout autant qu’il excellait à faire tourner en bourrique à peu près n’importe qui. C’est précisément lorsqu’on fait fi des règles, que l’on sort des sentiers battus, que les gens ne savent plus comment réagir, si bien qu’ils finissent perdre toute contenance avant de révéler leur nature véritable et authentique. Technique peu charmante mais d’une efficacité redoutable pour ne pas vous faire perdre votre temps avec quelques individus qui n’en valent point la peine. Et comme Octave n’était pas du tout un personnage qui aimait perdre du temps et de l’énergie pour savoir sur qui il pouvait compter ou non, il usait de ce stratagème de manière méthodique à chaque fois qu’il venait à rencontrer quelqu’un de nouveau. Ca permettait de tout de suite repérer les personnalités sans grand intérêt, coquilles vides qui traînaient un peu dans tous les recoins du chemin de l’existence. Bon, pour le moment, il était content -et ça se voyait-, Cassidy arrivant parfaitement à captiver son intérêt des plus volages.

Mais elle, elle était loin d’être guillerette. Tant qu’elle ne ressentait pas de l’indifférence à son égard, Octave était pleinement satisfait. C’était son côté profondément égocentrique, il lui fallait absolument que tout le monde ait un avis sur lui, bon ou mauvais, mais il ne devait pas passer inaperçu dans cette existence. Ce trait de caractère était toutefois habillement camouflé derrière son extravagance à toute épreuve. Du coup plutôt que de supposer qu’il était en manque d’attention, les gens pensaient en premier lieu qu’il était taré. Ce qui n’était pas faux non plus. Encore la faute à cette mère indigne qu’était la sienne… bouhouhou. Non, ce n’est pas vrai. Il s’était dépravé tout seul, comme un grand.

Du coup, comme elle l’intriguait pas mal, Octave était exceptionnellement curieux de savoir ce qu’elle allait en faire, de toute cette information. A première vue, elle n’avait pas l’air spécialement enchantée, mais au moins elle ne partait pas en courant ; il était sûr qu’elle souhaitait une revanche pour l’avoir mise dans une telle situation. L’électrocutant un bon coup de son regard chargé d’une haine incommensurable, elle se retourna sur un Octave qui continuait à sourire béatement, impatient d’avoir la suite de cette aventure. Elle s’accroupit, fouillant dans sa cape, avant de se redresser pour lui administrer un sourire des plus mystérieux. Une chair de poule lui parcourut le corps, hérissant ses poils et donnant presque du volume à ses cheveux, tellement ce regard et ce sourire l’avaient enflammés. Ca, c’était un sacré out de femme. Pas de quoi l’impressionner cela dit pour le moment, mais certainement assez pour émoustiller son cœur terne et à peine battant.

Elle alla ensuite voguer entre les étagères, manifestement en train de chercher quelque chose –un livre, très certainement. Il l’observait, non sans une pointe d’amusement dans le regard… qu’elle était délicieuse cette enfant. Elle avait une idée en tête, et Octave ne pouvait qu’en jubiler d’impatience. Ne me déçois pas, ma douce, à ton grand dam, j’en attends beaucoup de toi. Cela dit, Cassidy ne semblait pas trouver le sujet de sa recherche et se dirigea tout droit vers la réserve interdite. Octave, grisé et fébrile,  se mit à respirer plus vite.

« Attends-moi mon cher Octavius, je reviens vite. »

Octavius… ça sonnait tellement bien dans sa bouche. Il lâcha un soupir d’aise, sans même essayer de supposer ce qu’elle était en train de faire, préférant laisser la surprise lui fuser au visage. Et il n’allait pas être déçu. Dès qu’elle revint dans la pièce, il reconnut instantanément le livre qu’elle tenait dans les bras, tout d’abord parce que c’était un incontournable, et par ailleurs parce qu’il bénéficiait d’une mémoire exceptionnelle. La jeune sorcière s’installa à table avec l’ouvrage et Octave s’empressa de se rapprocher d’elle pour mieux rentrer au cœur de ce complot dont il ignorait encore la teneur, mais pas pour très longtemps. Mais comme les tables étaient larges et grandes, l’Octopus, au lieu de s’assoir en face, préféra se poser directement sur la table et juste à côté pour avoir une meilleure vision sur le livre, non sans au passage en profiter pour contrôler le contenu et la qualité de son décolleté. S’avachissant sur ses bras vers l’arrière, il croisa malicieusement les jambes. Elle prit grand soin à entretenir le suspense et cachant le titre du paragraphe qui l’intéressait et Octave se laissa gracieusement faire sans tenter de lire ni le contenant de l’article, ni le numéro de la page. Au lieu de ça il regardait amoureusement ses cheveux de blé qui passaient par tant de teintes différentes qu’on pouvait croire que le soleil s’y couchait.

« Hum... Quatre sangsues, des chrysopes cuits pendant vingt-et-un jours, de la poudre de corne de bicorne, du sisymbre cueilli comme par hasard à la pleine lune, de la peau de serpent d'arbre du Cap, deux bottes de polygonum... Oh, mais qu'avons-nous là ? »

Il n’en croyait pas ses oreilles et pourtant c’était vrai. Il la connaissait cette potion, dans les moindres détails qui plus est, ce qui fit qu’il comprit ce qu’elle avait en tête rien qu’au deuxième ingrédient. C’était une potion tellement particulière qu’elle était très facilement reconnaissable et lorsqu’elle lui montra le petit flacon, le doute ne pouvait plus subsister. Cette apparence était unique en son genre.

« Pas facile n'est-ce pas ? Surtout que cette potion n'est pas tout à fait achevée. Il manque un dernier ingrédient à sa composition. Aller Octavius, je sais que tu peux le faire, quel est donc ce fameux ingrédient mystère ? Il permettra à la potion de revêtir son aspect final dont on ne peut prédire l'apparence. »

Un large sourire sournois déforma son visage, un sourire démoniaque de circonstance, un peu loufoque et douteux, bizarre en coin et pourtant déjà trop large. Néanmoins, c’était un sourire aussi léger qu’un poil sur une soupe, épinglé sur son visage d’albâtre figé. Détraqué, de quoi foutre la trouille tellement il laissait entrevoir de quoi Octave était réellement capable. Et en même temps, ses yeux s’emplissaient d’un éclat équivoque très particulier, à moitié indéchiffrable, tellement il était brumeux et gélatineux en surface. Ce regard troublant, ce sourire trop souriant pour être totalement sincère, cet air inquiétant… Octave avait trouvé chaussure à son pied ; ou plutôt, une petite de son niveau. Ses pupilles, noires comme le péché et brûlantes comme l’enfer, étaient perdues dans celles de la jeune femme, la transperçant sans pitié de toute la démesure de sa frénésie. Il était homme à en vouloir toujours plus.  

Il resta immobile quelques secondes qui parurent extrêmement longues tant son visage restait figé et immuable dans cette expression de profonde aliénation. Il finit par briser le marbre en ricanant de manière presque inaudible avant de se redresser, déportant tout son poids sur sa colonne vertébrale. Là, lentement, pour ne pas effrayer l’animal, et toujours sans un mot, il tendit une main vers la jeune femme tout en continuant de la fixer de ses yeux verts pétillants. Ses doigts vinrent s’entremêler dans les cheveux d’or de cette dernière, jouant un instant entre les mèches qu’il faisait glisser habillement entre ses longs doigts. La douceur de sa crinière lui fit détourner les yeux vers sa main pour observer cette texture royale. Manipuler ses cheveux était comme jouer avec des rayons de lumière. Octave aurait pu faire ça très longtemps probablement, mais il était temps de concrétiser. Il trouva sans grand mal un cheveu déjà mort –arracher une si jolie coiffure ? Jamais-, mais encore entremêlé dans la masse et tira dessus en douceur, le faisant sortir de sa cachette. Puis il détourna à nouveau son visage vers celui de la blonde et dit d’une voix distincte et particulièrement enjouée :

« C’est ça qu’il nous manque. »

Il était aussi sérieux qu’une crise cardiaque. Il la regardait sans ciller, le malheureux poil coincé entre deux doigts maintenus bien hauts dans les airs.

« D’ailleurs, c’est Octave, pour les… intimes »

Susurra-t-il du bout des lèvres en appuyant sur le dernier mot qu’il prononça de manière à souligner le caractère particulier de ce dernier. Non, parce que s’il devait devenir elle, ils allaient clairement devenir intimes… Il fondait déjà rien qu’à l’idée de comment il allait passer cette soirée. Elle devait lui faire sacrément confiance pour élaborer ce genre de plans parce que franchement là il avait le loisir de faire n’importe quoi. Comme il était bon joueur et pour l’égalité des privilèges, il passa sa main libre dans ses cheveux châtains, non pas pour les remettre en place, mais pour en sortir à son tour quelques cheveux morts. Il les coinça dans la paume de sa main avant de la tendre devant la jeune femme, desserrant les doigts et laissant apercevoir quelques poils reposant en son sein. Là, il la regarda droit dans les yeux et dit d'une voix mielleuse et pleine de promesses :

« Et toi, ça t’intéresse de savoir ce que ça fait d’être… moi ? »

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MessageSujet: Re: [Septembre 1997] - Une journée de rêve. Dim 10 Juil 2016 - 16:29

Aaaah les potions et la magie de leurs infinies possibilités... Comment ne pas y être accro ? Il en existait décidément pour tous les goûts. Pourquoi la plupart des gens n'y voyaient-ils qu' une sorte de pelote emmêlée de mille fils de logique froide et de rigueur ? Cet art était tellement plus que cela. Plus complexe oui, mais plus passionnant également. Une fois que l'on savait écouter les non-dits et lire entre les lignes afin de saisir le fonctionnement des ingrédients indépendamment les uns des autres, l'engrenage entre eux nous apparaissait d'une logique infantile, et l' on ne pouvait que rester ébahi devant les infinies possibilités découlant des multiples combinaisons s'offrant à nous.

Il avait voulu jouer au plus malin, il allait en faire les frais désormais. Voyons voir s'il pensait vraiment ce qu'il disait quelques instants auparavant alors qu'il lui avait proposé, goguenard, de prendre sa place. N'y avait-il qu'un beau parleur en lui, ou était-il réellement capable d'entrer en action ? S'il se rétractait, tel un escargot dans sa coquille, il était clair que ce n'était pas Cassidy et son pauvre petit mètre soixante-trois atteint uniquement grâce à ses talons, qui pourrait l'y forcer. De plus, quand bien même elle serait en capacité de le faire, pour que l'inspecteur n'y voit que du feu, il fallait que l'homme soit consentant et se prête au jeu correctement. En revanche, s'il acceptait ce qu'elle s'apprêtait à lui soumettre, l'histoire prendrait alors une nouvelle tournure qu'elle s'efforcerait de maîtriser du début à la fin. Il le fallait absolument. Pour sa dignité. Elle ne pouvait pas se permettre de se planter et de se laisser doubler par un poulpe, quand bien même celui-ci lui laissait involontairement entrevoir qu'il était en réalité bien plus qu' un simple mollusque. Un défi. C'était bel et bien de cela dont il s'agissait en réalité. Ce qu'elle s'apprêtait à lui faire vivre relevait une fois de plus du subtil mélange de provocation, de manipulation... avec en bonus une potion cette fois ! Hum... Les trois ingrédients parfaitement compatibles s'ils étaient bien dosés, favoris de l'apprentie.

Une fois les ingrédients énumérés et le flacon de verre dévoilé, la jeune femme leva les yeux vers Octavius qui ne s'était pas assis en face d'elle de l'autre côté de la large table, ni même à ses côtés, comme si la chaise en bois disponible était indigne de son royal fessier, mais s' était une fois de plus, complètement avachi à même la table. Et dire que plusieurs minutes auparavant, il lui tenait quasiment un discours sur la bienséance... Non mais il plaisantait ? Néanmoins il la surplombait, ce qui déplu fortement à la jeune femme qui eu l'impression d'être ainsi dominée, et entièrement à sa merci. Oui, cela semblait peut-être risible et insignifiant comme attitude, mais Cassidy ne se sentait pas à l'aise à devoir ainsi lever les yeux encore plus qu'à l'accoutumée lorsqu'elle s'adressait à lui. Le contrôle, il lui fallait tout contrôler, c'était ainsi. Après tout, qui pouvait le lui reprocher ? Sa vie elle-même dépendait de ce contrôle, pour le coup complètement rigide. Une cérébrale. La Miss ne vivait que par et grâce à son esprit des plus affûtés, sans envisager de faire un jour connaissance avec le lâcher prise. Aussi, soulevant le livre, elle s'installa souplement à ses côtés, bousculant allègrement au passage ses jambes qu'il avait tranquillement croisé sous son nez.

Sa main masquant toujours l'intitulé de la potion, la jeune femme attendait de voir s'il trouvait la réponse à sa question. Elle lui avait glissé subtilement un indice en lui révélant que tant que le dernier ingrédient n'avait pas été ajouté au mélange, l'aspect de la potion demeurait imprévisible. Ce détail était d'une importance capitale puisque très peu de potions possédait cette singularité. L'étrange sourire qui se dessina sur les lèvres du bibliothécaire suffit comme réponse. C'était là clairement l' un des talents incontestables du poulpe : se faire comprendre par le comportement non verbal ; qu'il s'agisse de son regard ou de ses lèvres qu'il savait manier de sorte à leur faire revêtir mille et uns sourires, plus différents mais aussi plus uniques les uns que les autres. En l’occurrence, celui qui émergeait lentement sur son visage était l'un de ceux dont on se souvenait toute sa vie. Non seulement sournois, mais douteux. Douteux ? Pas seulement, une tonalité quelque peu étrange s'en dégageait également, venant fissurer le masque de marbre qu'il revêtait habilement entre ces moments de liberté qu'il s'octroyait. Calmement, la jeune femme l'observa portant cette fois toute son attention vers ses yeux, son regard vert d'eau cherchant à comprendre ce que le regard sombre et démoniaque de l'homme s'évertuait à vouloir à la fois lui dissimuler et lui communiquer. Curieux mélange, qui paraîtrait certainement des plus effrayants pour le commun des mortels, toutefois aucune tension ne se lisait sur les traits de la jeune femme tout simplement parce que l'homme l'intriguait et l'agaçait bien plus qu'il ne lui faisait peur.

Visiblement, il connaissait la réponse à sa question, et Cassidy ne doutait pas que son esprit des plus vifs, lui avait déjà permis de comprendre le défi qu'elle lui lançait. Puis, sournoisement, tel un serpent, l'immobilisme de ses traits se transforma en un ricanement inquiétant. Cette fois, aucun doute n'était possible. Octavius avait bel et bien compris. Sans bouger, Cassidy regarda l'homme se redresser à ses côtés sans ciller. Plus rien ne pouvait la surprendre, à moins que... Les longs doigts du sorcier se rapprochaient maintenant de son visage, et pendant un dixième de seconde, la jeune femme sentit qu'une bribe de surprise avait traversé ses traits. Un léger haussement de sourcils, un imperceptible écarquillement de ses yeux clairs. En moins d'une seconde, elle reprit les rênes, mettant ses émotions au tapis. Cérébrale. Elle ne s'écarta guère lorsque la main de l'homme finit sa course dans sa chevelure blonde, ni même lorsqu'elle sentit que ses doigts s'entremêlaient bien plus longtemps que nécessaire au sein de ses ondulations naturelles. Pas question de se laisser déstabiliser. Elle ne le lâcha pas du regard. Finalement, au bout de ce qui lui parut être une éternité, Octavius sembla renoncer à faire virevolter ses doigts qui tentaient de capturer chacun des reflets, et retira - avec une pointe de regret ? - un seul et unique cheveu. Celui qui allait lui donner accès à un rapport... plus... intime, dirons-nous, avec la Rowle.

« C’est ça qu’il nous manque. »

Ce simple cheveu signait à lui seul le début d'une nouvelle aire, symbolisant l'acceptation du défi par le poulpe, qui n'en n'était définitivement pas un. Il fallait avoir un sacré cran pour réaliser ce qu'il s'apprêtait à faire. Il semblait avoir accepté de lui laisser entrevoir une partie de son jeu secret.

« Bien joué Octavius, bien joué. », répondit-elle en souriant.

Mais de quel jeu parlait-elle vraiment ? Les doubles sens... Un délice. Doucement, la blonde retira sa main du titre qu'elle dissimulait. Polynectar. Un sourire en coin apparu sur ses lèvres rosées tandis qu'elle relevait les yeux vers le sorcier.

« D’ailleurs, c’est Octave, pour les… intimes »

Un murmure léger comme le vent, et pourtant si lourd en sous-entendus. Prononcé quasiment au creux de l'oreille, avec un soin tout particulier à accentuer non seulement le souffle qu'il mettait dans cette simple phrase, loin d'être innocente, mais aussi le dernier mot. Sûrement le plus important.

« Je pense donc que tu as compris ce que j'attendais de toi Octavius... Je suis certaine que ce n'est rien pour un homme comme toi, qui aime apparemment jouer avec les limites. »

Elle pris grand soin à ignorer royalement sa remarque, avec la satisfaction d'une vipère, consciente de le frustrer. Il ne la mènerait pas à la baguette. Elle ne lui ferait pas le plaisir de lui donner la satisfaction d'entendre sa voix et de voir sa bouche s'ouvrir afin de prononcer son diminutif. Hors de question. S'il pensait qu'il suffisait de posséder son corps l'espace de quelques heures pour devenir intimes, il se trompait lourdement. Pour la jeune femme, rien n'était en réalité plus intime que l'esprit et les pensées secrètes s'y cachant, et ça, il n'était pas prêt d'en apercevoir ne serait-ce qu'une esquisse.

« Et toi, ça t’intéresse de savoir ce que ça fait d’être… moi ? »

Mais c'est qu'il plongeait le coco, mordant à l'hameçon, lui octroyant une réciprocité qu'elle n'avait même pas eu l'idée de quémander. Il lui donnait une arme, bien, pourquoi refuser ? Lentement les doigts fins de la jeune femme se saisirent avec délicatesse les quelques cheveux châtains, frôlant tels une brise légère, le creux de sa main. Elle les observa un instant, interdite puis plongea de nouveau ses yeux dans ceux du bibliothécaire.

« Je ne m'en servirai que si tu m'y obliges... Etre toi doit être suffisamment compliqué pour toi, alors pour les autres... En revanche... Garde bien en tête que c'est moi qui tiens les rênes. Fais, ne serait-ce qu' un tout petit, un infime pas de travers en ayant mon apparence, et je te garantis que non seulement je saurai te rendre la pareille en te mettant dans des situations que tu n'imagines même pas, mais tu auras en plus le loisir de découvrir ce que c'est que de vivre dans la crainte de boire ne serait-ce qu'une goutte d'eau. », déclara-t-elle d'une voix lourde et chargée de menaces à peine masquées.

Garder le contrôle.

« Rince-toi l’œil si tu n'es pas capable d'avoir un contrôle sur tes pulsions masculines, je ne pourrai pas t'en empêcher et je m'en moque. Protège mon corps en revanche, et ne t'aventure surtout pas à me mettre dans des situations embarrassantes. »

Tandis qu'elle parlait avec fougue, ses yeux crépitaient férocement et ses cheveux suivaient avec souplesse les mouvements de sa tête, ondulant de plus belle le long de son dos.

« Comporte-toi exactement comme je te le dis. Tu dois agir comme je le ferai. Pas de blague... Ou tu es un homme mort. »

La jeune femme ferma les yeux un bref instant, respirant profondément afin de calmer les battements de son cœur et le débit de l'afflux de sang si pur qui coulait dans ses veines, tandis que ses mains allèrent trouver ses cheveux dans un geste nerveux. Lorsqu'elle les rouvrit, n'importe qui aurait pu y lire une détermination sans faille.

« Ecoute bien très cher Octavius, tu te rendras aux Trois-Balais pour vingt heures précises. Pas de retard, ça ne me ressemble pas. La durée des effets du Polynectar varie selon l'expertise de celui qui le prépare... Aussi, je dirais que tu disposeras de mon corps pendant environ... Hum... - elle grimaça légèrement, n'ayant pas prévu que l'usage de la potion soit destinée à Octavius - quatre à cinq heures trente ; ce qui est bien plus que nécessaire. »

Sautant habilement et légèrement de la table sur laquelle elle était assise, la jeune femme vint se planter face à lui, le fixant de ses iris turquoises, étant pour une fois à sa hauteur. Il allait savoir ce que cela faisait d'être Esméralda finalement...

« Il s'agit d'un simple dîner dans une auberge. Rien de plus. Je me suis engagée à un repas, fais en sorte de t'en souvenir et que lui s'en rappelle également. Détourne la conversation de toi... enfin de moi, garde tes distances, mais avec le sourire et la politesse. Toujours. Repousse le fermement s'il se fait trop entreprenant à ton... à mon égard. Scarlett, une amie à moi travaille là-bas. Au moindre soucis, n'hésites pas à lui faire signe. Ne joue pas au héro : tu seras dans un corps de femme que tu ne connais pas, mesurant un mètre cinquante-trois sans talons. Contrôle ton adrénaline masculine. »

Pensive, le regard de Cassidy se perdit un instant au loin. Il ne fallait pas qu'elle oublie de mentionner des choses capitales.

« A l'apéritif, s'il t'en propose, contente-toi d'une simple Bièraubeurre. Ne te laisse avoir avec ses techniques pour te.. me saouler. Au repas, prends un verre de vin rouge, râpeux, rien de plus. »

Le fait de devoir lui révéler des détails, même les plus insignifiants sur elle et ses habitudes était loin de l'enchanter. Il emmagasinait tout. Elle en était certaine.

« Pour le plat... prends ce qui te plait. Évite juste les tripes. Tu n'auras plus faim pour le dessert, tu verras par toi même. ça te fera d'ailleurs une excellente transition : ne sers pas de dessert ! , lui rappela-t-elle en le fusillant du regard avant de poursuivre, Tu croiseras peut-être des Mangemorts, collègues de mon père. Salue-les simplement avec politesse. Ah oui aussi, paie ta part et puis... Tu seras obligé de rentrer avec lui. Là... ça craint vraiment. Arrange-toi pour qu'il comprenne bien que tu as rempli ma part du marché. S'il tente de... forcer les choses dirons-nous... vise les parties sensibles avec les talons. Je ne vais pas t'apprendre où elles se situent, et n'hésite pas à sortir ta baguette. Je n'aurais pas de problème avec ça. »

La jeune femme jeta un coup d'oeil à la montre ornant son poignet gracile. Dix-sept heures trente déjà. Par la barbe de Merlin ! Il n'était pas au point, loin de là... En une fraction de seconde, Cassidy pris sa décision.

« Je vais chercher des vêtements pour que tu puisses te changer, ainsi que des chaussures. J'espère que tu sais marcher avec des talons ? et... »

Oh par Merlin, elle n'avait pas pensé à ça. Elle allait devoir le maquiller, enfin le maquiller en se maquillant elle-même. Perturbée, l'apprentie potionniste fila de la bibliothèque en direction des cachots. Dans quoi s'était-elle, une fois de plus, fourrée ?

****

Quelques minutes plus tard, Cassidy reparu, portant à son bras un grand sac dans lequel elle avait rangé à la fois une robe, des chaussures taille trente-six, des sous-vêtements même si l'idée que le poulpe puisse avoir un regard sur ses dessous l'avait légèrement tuée, une trousse de maquillage, une cape noire ainsi qu'un sac à main. Avançant vers le bibliothécaire, elle lui tendit le sac, avant de retourner verrouiller la porte d'un sortilège informulé.
Ses longs cheveux volant derrière elle crépitaient d'électricité.

« Voilà, tu mettras ça. Bien que ce ne sont pas mes préférées, ce sont des affaires auxquelles je tiens. Ne t'avise pas à baver sur ma robe, ni à casser le talon d'une de mes chaussures. »

Elle avait littéralement retourné son placard, tel un ouragan, afin de trouver la robe la mieux appropriée. Son choix s'était porté sur une robe on ne pouvait plus simple mais qui restait élégante sans en faire trop. Volontairement, la jeune femme avait sélectionné une tenue ne dévoilant trop sa poitrine. Ne disait-on pas qu'il ne fallait pas tenter le diable ? Au niveau des chaussures, elle avait longtemps hésité. Lesquelles était-elle prête à sacrifier ce soir ? Cassidy avait cherché un long moment après ses talons compensés, avec lesquels il était bien plus aisé de marcher, avant de s'apercevoir qu'elle les avait oublié dans l'auberge au sein de laquelle elle avait logé durant l'été. Quel étrange concours de circonstances... Par dépit, elle avait sélectionné de simples escarpins noirs, la larme à l’œil.

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MessageSujet: Re: [Septembre 1997] - Une journée de rêve. Dim 10 Juil 2016 - 22:28

Elle se laissait faire, ce qui était déjà une très bonne chose. Si elle le détestait vraiment, elle ne le laisserait même pas la toucher du bout de l’ongle, sans parler de fourrer une main entière dans ses cheveux chatoyants dont elle semblait prendre grand soin. Oui, c’était un signe excellent. Excellent car ennemis ou amis, Octave n’en avait cure au final, mais aujourd’hui il était d’humeur à être complice plutôt qu’adversaire, les deux ayant leur charme cela dit. Qui plus est la jeune femme semblait revêtir un caractère tel qu’il était préférable pour lui de l’avoir à ses côtés plutôt qu’en face. Comprenez bien, il était folâtre, mais avec un excédent de fainéantise de manière épisodique, et il voyait déjà que cela serait on ne peut plus épuisant que de devoir se quereller avec une donzelle blonde à l’esprit aussi féroce. Presque aussi terrible que le sien, mais ils étaient trop différents, ce qui rendait presque impossible une complicité harmonieuse, les condamnant à trouver un équilibre dans l’adversité. Même s’il ne le lui dirait certainement jamais, Octave l’adorait déjà, rien qu’à son air sûre d’elle, mais dans la mesure où il était aussi extrêmement suffisant, il ne lui ferait aucun compliment profond et sincère de vive voix sans passer par des métaphores douteuses. En outre, elle transpirait la circonspection à son égard, ce qui rendait un échange authentique pour le moment improbable. Cela allait être un éternel rapport de force, empli de tensions et de discordes, chacun cherchant à avoir le dernier mot, à être le plus fort. C’était tout un art que d’être en amicale compétition.

Ca non plus ce n’était pas nouveau pour Octave, toute sa vie ayant été construite, d’abord par ses parents et proches, sur la rivalité dans le but d’être le meilleur, puis par son métier, ou il lui fallait toujours être dur comme la pierre et intransigeant. Sa personnalité n’aidant pas, il n’avait qu’une quantité réduite d’amis qu’il ne voyait pas très souvent de surcroît. En définitive, très peu de gens le connaissaient vraiment. Ce qui était un inconvénient et un avantage en même temps.

« Je pense donc que tu as compris ce que j'attendais de toi Octavius... Je suis certaine que ce n'est rien pour un homme comme toi, qui aime apparemment jouer avec les limites. »

Octavius… Par rapport à ses proches, cela avait été une manière de réapproprier son existence bien avant que son grand-père ne meurt. Mais c’était le prénom sur ses papiers, ce qui l’obligeait à l'utiliser. Lorsqu’elle prononça son prénom, avec le même ton obligeant et appuyé que sa mère qui plus est, Octave esquissa une moue vexée. Et il l’était vraiment, pour une fois. Décidément, elle était trop fière pour lui tendre le laurier de la paix. Toutefois, comme il comprenait parfaitement cet état d’esprit, il ne lui en voulut guère longtemps. Il lui fallait juste persévérer en douceur pour avoir ce qu’il voulait, comme il le faisait avec toutes les personnes récalcitrantes à lui obéir. Elle ne se doutait même pas à quel point il était obstiné, cette petite. Et pour reprendre sa phrase, il ne faisait pas que jouer avec les limites, il les effaçait complètement. Plus de limites ? Plus de limites.

« Je ne m'en servirai que si tu m'y obliges... Etre toi doit être suffisamment compliqué pour toi, alors pour les autres... »

Et elle ne savait même pas à quel point. C’était très dur d’être lui-même, de se supporter comme ça à longueur de temps… Whatever. Il s’aimait d’un amour fou, tu veux dire. Il faudrait plutôt dire que personne ne pourrait supporter l’amour qu’il se portait à lui-même, passionnément, et ce depuis des années. Oui, c’était dur d’être aussi vaniteux. Elle était juste jalouse et pas assez forte pour être lui, voilà tout. Pfeuh. Tant pis, il avait voulu être équitable et en retour elle a été mesquine. Après avoir exprimé un refus sans même tenter d’arrondir les angles pour lui faire plaisir, la blonde enchaîna sur un long monologue inquisitoire entremêlant menaces à son égard et liste de choses à faire –ou plutôt à ne pas faire. Il avait l’impression d’avoir de nouveau cinq ans, assis sur un tabouret, alors que sa mère lui tournait autour en lui enjoignant tous les dangers que représentait une baguette magique.

Sauf que les menaces, ce n’était pas vraiment son truc. Déjà que lui-même n’en faisait qu’en cas d’extrême nécessité –en mesurant chacun de ses mots en ces instants là-, alors quand ça venait des autres c’était encore pire, principalement parce que les gens ne savaient pas toujours de quoi ils parlaient et leurs menaces étaient de ce fait rarement accomplies. Bon, elle, elle semblait sérieuse. Mais il s’en foutait. Comme ça. Peut-être parce qu’il était inconscient ou trop habitué à ce genre de techniques, mais Octave, et ses deux de tension, s’en moquait royalement. Donc ça lui passait gracieusement au-dessus de la tête ; ou comme disait son grand-père « ça rentre par une oreille et vu qu’il n’y aucun cerveau pour absorber ce qui vient d’être dit, ça ressort sans encombres par l’autre». Comment tant de gentillesse avait réussi à se concentrer en un seul homme ? Mystère.

Blah blah blah. Elle était vraiment déterminée à lui faire toute la liste, dites donc. Et le pire c’est qu’il ne pouvait même pas faire exprès de ne pas s’en souvenir. Mais comme il savait être gentil et docile pour avoir ce qu’il voulait, Octave écoutait avec une ferveur religieuse ce que Sainte Cassidy lui racontait, hochant la tête quand il le fallait, un léger sourire tordant le coin de ses lèvres, sourire comme d’habitude trop monotone pour être sincère.

« Ecoute bien très cher Octavius,…
- Octave. »


Voilà que l’implacable bulldozer de sa détermination se mettait en place. Il l’avait dit à la volée, comme si c’était la suite logique de la phrase de la jeune femme, pour ne pas l’arrêter dans son élan, toutefois assez pour que cela la perturbe. Et dès à présent, il allait le faire à chaque fois sans jamais faillir à cette tâche. Il pouvait être une véritable machine quand cela était nécessaire.

« Il s'agit d'un simple dîner dans une auberge. Rien de plus. Je me suis engagée à un repas, fais en sorte de t'en souvenir et que lui s'en rappelle également. Détourne la conversation de toi... enfin de moi, garde tes distances, mais avec le sourire et la politesse. […] Arrange-toi pour qu'il comprenne bien que tu as rempli ma part du marché. S'il tente de... forcer les choses dirons-nous... vise les parties sensibles avec les talons. Je ne vais pas t'apprendre où elles se situent, et n'hésite pas à sortir ta baguette. Je n'aurais pas de problème avec ça. »

Elle voulait y croire, lui aussi, mais en réalité… Dans la vraie vie de la réalité véritable, elle espérait vraiment qu’il allait suivre ses conseils ? Oui ? Bon. Et bien pas lui. C’est pour ça d’ailleurs qu’il se taisait, réservant les surprises pour des moments où elle n’aurait aucun loisir de pouvoir les interrompre. Soyons honnêtes, Octave ne faisait pas ça par pure charité chrétienne, il était surtout là pour passer un bon moment. Il voulait bien être complaisant, mais dans les limites de son plaisir personnel. Elle ne le savait pas encore mais il était déjà en train d’échapper à son emprise de blonde. Quoi que, il était clairement sous le charme, mais pas sous son talon. Au pire, il profiterait d’un lieu public pour faire le Feu Follet impunément avant de se faire tragiquement assassiner au coin d’une ruelle. Mais au moins, il en aurait profité au maximum. Malheureusement pour lui et sa conscience –plus ou moins insistante-, il retint tout ce que la jeune femme lui avait énuméré de sa langue de froide et frigide vipère, même qu’il ne devait pas manger de dessert. Pour la peine, il se gaverait d’une motte de beurre recouverte de sucre, allongée sur un lit de caramel fondant et saupoudré de chocolat blanc râpé en copeaux. Et pour accompagner le tout, un chocolat chaud pur chocolat mélangé à du lait entier 36% de matière grasse. Le but serait par la suite de ne pas vomir pour que tout ce gras dégoulinant puisse se déposer sur ses hanches et son ventre de coton tige. Om nom nom nom.

Cassidy avait tout prévu dans les moindres détails, tout cartographié avec soin et minutie pour que chaque minute soit réglée comme de la musique jouée sous le joug d’un métronome. Mais alors qu’elle continuait à jouer sa mélodie mesurée et on ne peut plus académique, l’esprit d’Octave était tiré vers le Jazz, à jouer à contre temps. Ou encore mieux, comme Stravinsky, à jouer un air complètement antisymphonique, aux ostinatos tantôt statiques, tantôt dynamiques, mais aux accents toujours déplacés. Elle énonça même avec une certaine réticence l’idée que l’inspecteur puisse vouloir profiter d’elle. Le cœur d’Octave rata un battement. Il n’y avait pas vraiment pensé. Après avoir perdu un peu de ses couleurs, son sourire finit par s’élargir d’avantage. Oui, il n’y avait pas pensé à ça…

Qu’elle lui sembla ennuyeuse à ce moment-là, avec tous ses règlements à la mords moi le nœud, pensa Octave d’un air enfantin. Lui, ne désirait que s’amuser. Aux dépend de la jeune femme, certes, mais c’était de sa faute, elle n’avait qu’à pas accepter. Il finit par soupire avec amusement alors que la jolie blonde s’était enfin tue et regardait sa montre. Son désir de tout contrôler de la sorte l’égayait au possible. Elle voulait continuer à être digne, malgré et contre tout, dans les moments les plus cocasses et improbables, surtout et précisément quand ce n’était pas trop possible. Evidemment, comme il éprouvait une certaine tendresse pour ce petit corps fougueux, Octave allait faire un petit effort pour la satisfaire, mais pas trop quand même. Etre dans son corps n’était pas un prétexte pour être aussi dans son esprit.

« Je vais chercher des vêtements pour que tu puisses te changer, ainsi que des chaussures. J'espère que tu sais marcher avec des talons ? et... »

Et quoi ? Tant pis, il allait le savoir tôt ou tard de toute manière. Comme ils étaient intimes maintenant –lui en tout cas l’était-, il ne se priva pas, sans gêne aucun, d’observer la jeune femme quitter la pièce dans un déhanché somptueux. Dire que ces fesses allaient bientôt être à lui pour quelques temps. Et là ce n’était pas son mâle intérieur qui parlait, c’était sa curiosité. Bien sûr, Octave était un dépravé notoire sans vergogne, mais c’était là une marque d’un esprit pénétrant et libre plutôt que d’un caractère débauché. Et puis c’était sacrément agréable à regarder comme spectacle. Ainsi, sourire aux lèvres et l’œil salivant, il observait le tissu onduler au rythme d’un pas soutenu jusqu’à ce que la jeune femme disparaisse derrière la porte. Seul, il lâcha un semblant de soupir, mi ricanement, mi gémissement, avant de s’allonger sur la table, les bras croisés derrière sa tête. Que le plafond était haut et grand. Que cette soirée était prometteuse. Octave n’eut même pas besoin de prendre un élan que son cerveau était de lui-même entré en ébullition. A son tour, il traçait toutes les possibilités que lui offrait cette expérience unique, dessinant un arbre de toutes les options possibles et imaginables. Il était comme un mathématicien devant une prodigieuse énigme qui ne demandait qu’à se faire résoudre. La blonde revint si vite qu’il n’eut même pas le loisir d’arriver à la moitié de sa propre liste.

D’un bond, il se redressa, plus dynamique que jamais. Ca se concrétisait. Mentalement, il se frottait les mains alors que la jeune femme, plutôt stressée que qu’énergique, lui tendit le sac d’affaires, qu’il saisit pour en regarder le contenu. Ecartant les lanières en cuir, il plongea ses yeux dans les entrailles d’un trou noir. Les sacs des femmes… Comme il n’y voyait rien, il plongea une main et accrocha le premier tissu venu. Une robe aigue-marine, tirant vers le cyan. Il la laissa tomber, impatient de voir ce qu’il y avait d’autre. De sa main transformée en pelle, il retournait le contenu du sac dans tous les sens en repérant les différents éléments qui y étaient rangés. Le cœur vibrant et le souffle coupé, il tomba sur l’ensemble de sous-vêtements qu’il observa plus longuement que le reste… Reprenant contenance en quelques secondes alors qu’un flot d’images salaces lui traversaient l’esprit sans ménagement, Octave sortir de manière définitive la robe qu’il colla sur son torse pour voir l’effet que ça pouvait faire. Sexy tout ça. Et alors qu’il se tortillait, il lança, sans quitter la robe du regard :

« Je sais marcher sur des talons, ne t’inquiète pas, dit-il sans autres précisions. Cela dit ça va être compliqué de suivre toute ta liste de choses à faire ou ne pas faire. Me comporter sagement devant la Bête pour la repousser alors que je lui aurai donné de faux espoirs, ce serait fichtrement cruel de ma part. Ce n’est pas bien de donner de l’espoir aux hommes pour le leur retirer juste après. Au lieu de ça, je pourrai le dégoûter de toi dès la première minute. Sans aller dans le vulgaire, bien sûr. »

Dit-il d’un ton absent, trop occupé qu’il était à constater à quel point il allait être belle. D’ailleurs, il avait lancé sa tirade plus comme une réflexion qu’une réelle proposition. Bah oui, il n’allait pas demander l’autorisation à la donzelle. Puis il finit par se retourner vers Cassidy et releva les yeux sur elle, une touche d’espièglerie dans le regard.

« Et si moi j’ai envie de coucher avec lui ? Ce beau gosse, cette bête de compétition. Ce sera peut-être ma première et dernière chance d’avoir l’occasion de vivre ce genre d’expérience unique. Ca me rendrait plus compatissant et compréhensif envers la gente féminine, et envers toi par la même occasion. Ca ne t’intéresse pas, que je devienne plus gentil et aimant à ton égard ? »

Moue complice de circonstance, mais toujours aussi ironique, loin qu’il était de se voiler la face.

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MessageSujet: Re: [Septembre 1997] - Une journée de rêve. Lun 11 Juil 2016 - 16:29

Affalé, non cette fois allongé, ou plutôt étalé de tout son long sur la table, le poulpe humain se redressa d'un bond avec un dynamisme hors paire. Surprenante agilité, étonnante souplesse. L'espace d'un instant, Cassidy se questionna à propos de son âge. Elle n'avait jamais été particulièrement douée pour donner un âge aux gens, ne faisant que les vexer la plupart du temps lorsqu'elle essayait vainement de s'améliorer dans ce domaine. Aussi, en présence du sorcier, la jeune femme n'allait certainement pas s'y risquer. Son visage était plutôt jeune, mais son regard lui semblait éteint la plupart du temps. Lorsqu'il se tenait correctement, elle pouvait voir que sa carrure était développée et son corps bien conservé, mais la plupart du temps, ces détails pouvaient facilement passer inaperçus en raison de sa tendance à s'avachir où qu'il soit. Enfin, l'heure n'était pas aux devinettes.

Une fois la porte verrouillée, Cassidy se retourna pour découvrir un spectacle des plus étonnants. Penché sur le contenu du sac, les yeux brillants, sa main fouillant et retournant sans ménagement les affaires qu'elle avait soigneusement plié auparavant, Octavius donnait l'impression d'être un gamin ouvrant ses cadeaux de Noël, ou chassant les chocolats de Pâques. Ou plutôt... La jeune femme corrigea mentalement le tir, fronçant les sourcils, une moue dubitative venant se dessiner sur ses lèvres. Un adolescent. Un de ces êtres à tendance acnéique et aux hormones débridées s'envolant dans les tours au moindre contact avec un quelconque objet lié à la gente féminine. Il avait découvert ses dessous. Elle respira profondément. Bien, le plus dur était passé. Au moins son semblant d'intelligence lui avait-elle permis de s'abstenir de tout commentaire verbal. Il reporta ensuite son attention vers la robe cyan qu'elle lui avait apporté. Cette fois, la sortit entièrement du sac, avant de la coller sur sa chemise blanche. Il donnait l'impression d'être... incroyablement à l'aise avec les vêtements féminins. Perturbant. Pire, devant l'air incrédule et désespéré de la Rowle, il se mit à se tortiller d'une manière vulgaire assez inquiétante. Fallait-il vraiment prendre le risque de le laisser y aller à sa place ? En tout cas, une chose était certaine, plus jamais elle ne serait capable de porter cette robe sans avoir l'image terrifiante d' Octavius se dandinant, tentant tant bien que mal de se forger un semblant de déhanché féminin. Après cette soirée, le vêtement allait finir roulé en boule au fond de son armoire et elle ne le ressortait plus jamais. Jamais.

« Cesse donc de te tortiller de cette façon, tu es pathétique. », soupira-t-elle en s'approchant.

Elle avait l'impression de réprimander un gamin particulièrement odieux et immature. Le voir ainsi réjoui ne lui plaisait guère. Trop confiant, pas assez perturbé, alors que cette situation était assez étrange pour effrayer le Seigneur des Ténèbres lui-même. Cela cachait quelque chose. Avait-il réellement écouté les recommandations qu'elle lui avait faîtes quelques minutes auparavant ? Elle n'en était plus certaine à présent. Avait-il considéré ses menaces au sérieux ? Rien n'était moins sûr...

« Je sais marcher sur des talons, ne t’inquiète pas, dit-il sans autres précisions d'un ton absent, fasciné par la robe qu'il maintenait avec un soin tout particulier, collée à son torse. Cela dit ça va être compliqué de suivre toute ta liste de choses à faire ou ne pas faire. Me comporter sagement devant la Bête pour la repousser alors que je lui aurai donné de faux espoirs, ce serait fichtrement cruel de ma part. Ce n’est pas bien de donner de l’espoir aux hommes pour le leur retirer juste après. Au lieu de ça, je pourrai le dégoûter de toi dès la première minute. Sans aller dans le vulgaire, bien sûr. »

Il savait marcher avec des talons ? Vraiment ? Sceptique, la jeune femme se plaça devant lui avant de lui asséner une légère tape derrière la tête. Le geste, ne visait pas à le provoquer, mais simplement à le faire redescendre de son étrange nuage dont les particules ne devaient pas être que composées d'eau. Était-il sous l'emprise d'une quelconque substance ? Marcher avec des talons, lui. Impossible.

« Bien sûr... D'après la démonstration ridicule que tu viens de faire, il y a de quoi s'inquiéter au contraire... Ne t'avise pas à te dandiner de la sorte en présence de l'inspecteur. Quant à marcher avec des talons, permets-moi d'en douter, à moins que tu ne sois une drag queen ? Cela expliquerait bien des choses, en particulier ce tortillement absolument ridicule que tu tentes de faire avec tes fesses. », ricana-t-elle.

Quant à ce qu'il proposait... Hum... Dégoûter l'inspecteur. Oui, au fond pourquoi pas ? L'idée était tentante et de plus, cela le découragerait certainement à lui proposer un second rendez-vous. Avec un peu de chance, il écourterait même celui qu'il avait eu tant de mal à obtenir. Mais... C'était impossible. ça ne lui ressemblait pas. La jeune femme avait été élevée par sa mère en Inde avec un cadre certes plus souple que celui de certaines familles nobles, néanmoins, la bienséance et les bonnes manières faisaient partie intégrante de sa culture.

« Je ne lui ai donné aucun espoir. S'il est assez bête pour ne pas se rendre compte que je n'ai accepté son marché que par intérêt, ce n'est pas de ma faute. »

Cruelle... L'était-elle ? Oh si peu... En revanche, calculatrice, manipulatrice, provocatrice, tout à fait.

« Quant à le dégoûter, ça aurait pu être une option intéressante en effet, cependant je ne te fais pas assez confiance pour cela. Tu as déjà suffisamment vulgaire en te tortillant de la sorte. Arrête ça ! », s'énerva-t-elle en saisissant le poignet de l'homme qui continuait à tenter de se mouvoir de manière féminine le faisant ressembler à un dindon malade.

Ses doigts élancés n'arrivaient même pas à en faire le tour. Frustrant.

« Ce n'est pas mon genre de me comporter de manière à dégoûter les gens. Je sais me tenir, et les gens, notamment le personnel du bar et les habitués, le savent parfaitement. Ce serait trop étrange, et donc trop risqué. De plus, on peut arrêter la marmite qui bout, mais non pas la langue de tout un village.. On s'en tient à ce que je t'ai dit. »

Le regard espiègle qu'il lui adressa en relevant enfin les yeux vers elle ne la réconforta pas, mais ce n'était rien en comparaison aux paroles qu'il prononça par la suite :

« Et si moi j’ai envie de coucher avec lui ? Ce beau gosse, cette bête de compétition. Ce sera peut-être ma première et dernière chance d’avoir l’occasion de vivre ce genre d’expérience unique.... »

Incrédule, Cassidy s'étrangla. Il n'avait rien compris. Il ne l'avait pas prise au sérieux. Elle devait annuler le complot ou il allait tout faire foirer ce gobelin croisé avec un troll. Elle irait au rendez-vous elle même, il n'y avait que ça à faire non ? De son regard vert d'eau qu'elle dardait sur l'homme avec une intensité peu commune, semblèrent sortir de puissantes vagues destinées à le noyer, dans lesquelles tournoyaient des sirènes enchanteresses mais mortelles.
Que pouvait-elle faire ? Si elle se rétractait, Octavius n'en serait que plus heureux et plus provocateur, puisqu'il y verrait là un renoncement de sa part. Or une fois engagée dans un combat, il était extrêmement rare que la jeune femme fasse marche arrière. Était-ce sa dignité ou son goût pour les défis ? Peut-être bien. Certes, elle savait manipuler, et pour cela renoncer à afficher ses idées et accepter de paraître celle qu'elle n'était pas, mais de là à renoncer à un combat qu'elle avait elle-même engagé, il y avait tout un monde.

La potion était tirée, il fallait désormais la boire. Elle ne pouvait pas s'autoriser à renoncer, quitte à prendre des risques. Au pire, elle pourrait toujours utiliser quelques gouttes de potion d'amnésie sur Octavius tout comme l'inspecteur.

« Ça me rendrait plus compatissant et compréhensif envers la gente féminine, et envers toi par la même occasion. Ça ne t’intéresse pas, que je devienne plus gentil et aimant à ton égard ? »

Il fallait qu'elle profite des derniers instants où il avait encore son apparence de poulpe si elle voulait avoir la satisfaction de lui faire ravaler ses paroles... Parce que l'idée de s'en prendre à quelqu'un possédant sa propre apparence ne l'enchantait guère. S'attaquer à elle-même serait bien trop perturbant. En une fraction de seconde, la jeune femme sortit sa baguette d' Aubépine :

«  Lashlabask ! »

Un jet d'étincelles brûlantes en sortit et ne manquèrent leur cible que de peu, en raison de la souplesse incontestable du poulpe qui venait de se contorsionner afin d'éviter le maléfice.
Rapide comme l'éclair, la jeune femme le rejoignit et le bloqua contre un mur en plaçant sa baguette sous le nez du bibliothécaire.

« Octavius, je pense que l'on ne s'est pas bien compris. Je me fiche parfaitement que tu aies des doutes sur ta sexualité au point de vouloir tester ce que ça fait d'être une femme, et que tu deviennes compréhensif à mon égard m'indiffère totalement. »

Elle rapprocha son visage de celui de l'homme, menaçante. On pouvait presque entendre l'électricité crépiter autour d'eux.

« Mes avertissements étaient on ne peut plus sérieux. Assures-toi de t'en souvenir. Maintenant, donne moi mon cheveu pour que je l'ajoute à la potion. »

Lorsqu'elle laissa tomber le fil d'or dans la vase, celle-ci se mit à siffler et à écumer, avant de virer lentement en un violet sombre, à la limite du bordeaux.

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MessageSujet: Re: [Septembre 1997] - Une journée de rêve. Lun 11 Juil 2016 - 23:33

Mais, elle l’avait touché ? Pire, elle lui avait foutu une tape à l’arrière du crâne, comme le faisait sa mère quand il allait voler les pommes dans le verger voisin -qui n’était pas à eux, bien entendu. Ca l’inquiétait un peu tout ça, Cassidy commençait à trop lui rappeler sa mère et ce n’était pas une très bonne chose, cette dernière lui ayant laissé un goût inoubliable dans la bouche : celui de l’indifférence. Pour être tout à fait clair, sa mère ne l’avait pas ignoré, mais elle s’en était occupée comme d’un prolongement de sa propre existence. Il devait être parfait en tout point pour au mieux représenter sa grandeur, perpétrer l’honneur de la famille. Et aussi car depuis son enfance, il avait surtout appartenu à son grand-père, ce qui fit que sa mère ne lui accorda que l’attention qu'elle pu pour ne pas trop l’influencer avec sa culture de la magie, au risque de le voir délaisser les affaires familiales au profit d’une activité plus sorcière. Elle fut donc là, mais absente en même temps, ce qui le précipita peut-être vers les extrêmes dans lesquels il demeurait en permanence. Enfin bref, il allait finir par appeler la blonde « Maman ». Et là, la situation deviendrait vraiment bizarre. Néanmoins il lâcha un « Aïe », plus ou moins franc, plutôt dans le but de faire remarquer le manque de dignité d’un tel geste que de manifester une réelle douleur –celle de son ego, à la limite.

Il ne releva pas cependant les doutes et sarcasmes exprimées par la jeune femme quant à son côté féminin. Elle n’avait pas à le savoir. D’une part parce que ça ne semblait pas réellement l’intéresser ; Octave voyant bien que ce n’était qu’un prétexte à  la moquerie. Et d’autre part parce que ça ne la regardait pas pour le moment. Il était bavard, mais d’une manière très superficielle. Ce n’est que quand vous croyez le connaître que vous finissez par comprendre que ce n’était qu’une couche qui en recouvrait une autre, et une autre, et encore une autre. Oui, comme un oignon. Ou comme un Jawbreaker. Il préférait d’ailleurs cette comparaison, car comme ce bonbon, il était dur à percer, surtout par la force ; il fallait y aller en douceur et avec beaucoup de patience pour en venir à bout, tandis que chaque couche vous brûle les papilles en vous surprenant par un goût nouveau. Mais pour toi, cher lecteur, une explication gratuite que voilà : étant enfant, il avait eu une période de fascination pour sa mère constamment absente et terriblement mystérieuse pour son esprit de môme. Il profitait donc de ses nombreuses escapades pour venir dans sa chambre en fouiller dans ses affaires, revêtant ses habits et se recouvrant le visage de maquillage d’une main maladroite. Heureusement, jamais personne ne le surprit, mais son envoûtement profond pour les femmes ne le quitta pas réellement et il profita de l’âge adulte pour faire, disons, certaines choses, tenter diverses expériences. Mais chut.

« Lashlabask ! »

Il l’avait prévu, mais pas que ça arrive aussi tôt. Les individus aux caractères bien trempés, ne supportant que de manière très sporadique le sien, finissaient par le castagner, lui tirer carrément une balle ou, comme c’était le cas en ce moment, sortir leur baguette. Ca ne l’étonnait ni le surprenait plus vraiment, ce genre de réactions honteusement disproportionnées, à son goût. Et comme il était une personne excessivement méfiante et toujours soupçonneuse que quelqu’un ait l’idée de le poignarder dans le dos, Octave eut la bonne intuition  lorsqu’il vit Cassidy sortir sa baguette. Il se doutait bien que ce n’était pas pour faire apparaître la médaille du meilleur ami de l’année, lui faire la bise et le bénir d’un geste de croix. Dès qu’il comprit le danger, ses muscles se tendirent et il devint tel un ressort de matelas, prêt à esquiver l’attaque. Ce qu’il fit, se soustrayant du sort d’un coup d’épaule vers la droite avec l’agilité et la légèreté qui lui étaient propres en ce genre de circonstances. Chose qui demeurait surprenante au spectateur ignare qui ne le connaissait guère, et c’était là les avantages d’une façade calme, pour ne pas dire à moitié décédée, qui cachait en réalité un plutôt bon sportif au corps vif. C’est qu’elle voulait vraiment le tuer, sacrebleu !

Il n’eut même pas le loisir de reprendre contenance qu’elle le devança, le plaquant déjà contre le mur derrière lui, pointant son arme sous son nez. Comme ce n’était pas un danger imminent de mort, Octave se laissa gracieusement faire, éprouvant presque du plaisir à se faire dominer de la sorte par une jolie minette. Et ça se vit sur son visage. Il l’imaginerait bien toute vêtue de cuir et de corsets finement lacées, les cheveux montés en un chignon blond aussi strictement serré que son porte jarretelle serait tendu sur ses cuisses. Mais passons. Mon dieu, qu’est-ce qu’elle était en revanche sacrément tendue cette petite ! Comme un string, pour citer l’autre. Elle était clairement en train de brûler de l’intérieur d’un feu ardent. Franchement, ça ne doit pas être facile tous les jours d’être Cassidy, qu’en pensez-vous ?

« Octavius,…
-Octave.
- …je pense que l'on ne s'est pas bien compris. Je me fiche parfaitement que tu aies des doutes sur ta sexualité au point de vouloir tester ce que ça fait d'être une femme, et que tu deviennes compréhensif à mon égard m'indiffère totalement. »

Oh, il l’avait très bien comprise. Il était juste en train de gentiment négocier. Et il ne doutait pas de sa sexualité ! Non mais oh ! Il était juste curieux, au point de tout accepter de la vie, même les choses les plus saugrenues ; selon lui, toutes les expériences étaient bonnes à prendre et finissaient par servir un jour. Voyez comme sa capacité à savoir marcher en talons allait lui servir ? Et bah voilà. Il attendit, un sourire des plus charmeurs cloué aux lèvres, que la jeune femme finisse la litanie et retire la baguette de sous son nez.

« Tu sais, pour moi, la seule manière de brûler qui est possible, c’est de brûler de plaisir. Et ton coup de baguette ce n’était vraiment pas ça. »

Dit-il d’une moue boudeuse, avec l’air de celui qui n’avait encore une fois rien écouté. A se demander s’il n’évoluait pas dans une autre dimension tellement rien ne le touchait et qu’il avait réponse à tout, mais toujours à côté de la plaque. Dit comme ça, c’était même fort probable. Lui non plus, ne se sentait pas toujours à sa place, parmi tous ses gens torturés, stressés et tendus à la limite de la fissure. Etrangement, Cassidy, malgré tout, ne sembla pas changer d’avis. Peut-être qu’elle l’aimait bien au final ? (ou peut-être parce que les deux joueuses veulent continuer à délirer, han, je ne sais quelle solution est la plus proche de la vérité, enquêtons !). Sans rechigner, puisque c’était le but ultime de cette journée, il lui tint le cheveu doré qu’il avait gardé soigneusement dans une poche interne. Il était si proche de l’objectif ! Dès que la sorcière laissa tomber le poil dans la potion, il la lui arracha des mains d’un geste fluide, histoire qu’elle n’ait pas le temps de regretter ou de changer d’avis, et l’avale d’une traite.

Horreur, horreur, horreur. Répugnance ! Ou comme disaient les gueux : dégueulasse. C’était comme avaler un verre de morve au niveau de la texture et le goût… C’était un peu comme découvrir une nouvelle couleur. Il avait déjà avalé des choses plus que douteuses, mais jamais des breuvages de ce genre-là. Pourtant ce n’était pas sa première fois, mais cela devait être un mécanisme de défense face aux choses désagréables que d’en oublier l’aspect et le contenu. Octave ne put s’empêcher de grimacer, sachant toutefois parfaitement que cela allait faire jubiler la jeune femme de le voir souffrir. Ca, il pouvait y survivre à la rigueur. Et puis qu’elle n’aille pas faire la maligne parce qu’elle ne ferait certainement pas mieux que lui. Il se tint là, quelques secondes, à attendre que les effets de la potion se fassent, mais rien ne se passait. L’avait-elle ratée ? Et là, il le sentit. Ce fut d’abord presque imperceptible, chatouillant ses entrailles du bout du doigt, ce qui le fit hoqueter. Puis, une vague s’abattit, sans préambules ni ménagement. Et là, c’était le feu d’artifice partout. Mais comme il n’y avait pas de miroirs, Octave ne voyait pas à quel point son visage se déformait monstrueusement, prenant tantôt la forme d’une bouillie avec des poils, tantôt de la surface d’une eau en ébullition. C’était vraiment une impression incomparable, que de sentir son corps, trop grand et robuste, se muer, s’insérer dans la carcasse d’une petite comme Cassidy.

Et soudain, il comprit que sa chemise pendait sur ses épaules alors que son pantalon tomba d’une traite sur le sol, n’ayant plus de hanches masculines pour les retenir. Heureusement pour elle, la chemise d’Octave était suffisamment longue pour recouvrir ses hanches. Il releva les yeux vers Cassidy, qui était maintenant légèrement plus grande que lui, à cause de l’absence de talons. Il se toucha méthodiquement les cheveux, continuant à fixer la jeune femme comme pour comparer la texture entre ce qu’il voyait et ce qu’il touchait. Oui, ça semblait être la même chose. Alors, il baissa son regard vers son torse avant d’empoigner ses deux nouvelles brioches fraîchement acquises à pleine main. Oui, c’est un stéréotype, mais ce n’en est pas un pour rien.

« -C’est super agréable en fait… Bon, je m’habille ou tu me maquilles d’abord ? C’est que mes talents de maquilleur ne sont pas au top et si je le fais, tu vas ressembler à un catin de bas étage.»

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MessageSujet: Re: [Septembre 1997] - Une journée de rêve. Mar 12 Juil 2016 - 22:56

Il avait évité habilement le sortilège, avec une souplesse à faire baver d'envie les contorsionnistes les plus professionnels. Tel un poulpe gluant, une pieuvre insaisissable armée de tentacules hyper-réactifs, il avait été capable d'esquiver agilement les étincelles rougeoyantes et crépitantes qu'elle lui avait envoyé avec une détermination sans faille. Sauvagement, la jeune femme le plaqua au mur tout en le menaçant de sa baguette. Perte de contrôle ? Oui... Peut-être bien. Il ne fallait pas qu'elle le laisse gagner en lui permettant de la mettre dans des états pareils. Si elle se permettait de perdre le contrôle avec lui, comment s'assurer d'être en capacité de le conserver à tout moment et en toute situation ? En même temps... Octavius était un individu unique en son genre. A la fois intriguant, extrême et terriblement dérangeant. A bien y réfléchir, il était bien le seul, avec son oncle Thorfinn, à avoir réussi cet exploit de percer un trou dans sa carapace, de briser scrupuleusement le sourire éclatant qu'elle avait pris grand soin de se confectionner pendant tant d'années, au point de la faire à moitié exploser en le déchirant partiellement. Pourtant, c'étaient de tels affrontements qui lui permettaient de se sentir en vie dans les moments les plus sombres que connaissait le monde sorcier. Faire la guerre au point de verser son sang si pur pour connaître enfin la douceur des voiles translucides de la paix mythique, accepter la souffrance physique et psychique pour gagner le droit d' éprouver du plaisir, qu'il soit charnel ou non... Haïr au point de se ronger intérieurement afin d' être enfin capable d' aimer quelqu'un au point de tout sacrifier pour lui et d'en perdre la raison ? En ces temps obscurs, de telles équations symboliques commençaient à prendre tout leur sens aux yeux de la blonde. Irritée, alors qu'elle le dominait de sa petite taille, l'apprentie baissa sa baguette afin de la ranger dans la poche de sa robe, respirant profondément dans le but de retrouver son calme.

Il n'avait opposé aucune résistance. Traître. Lâche. Ou peut-être fin stratège... Scrutant son visage, Cassidy même sans être légilimens, devina sans peine ses pensées on ne peut plus grotesques. Avides. Terriblement dérangeantes. Imperceptiblement, elle décolla son corps svelte qui s'était rapproché de celui de l'homme emporté dans son élan par sa lancée furieuse et démoniaque. Ses yeux clairs mais pourtant animés d'une lueur aussi sombre que la nuit, plongèrent sans peur dans le regard soudain rêveur mais néanmoins scintillant du poulpe. Elle releva également, avec une facilité déconcertante, le sourire insolent qui se dessinait sur ses lèvres, à peine masqué par sa barbe de quelques jours. Il paraissait tout simplement, à cet instant précis, l'homme le plus heureux que la Terre eut jamais connu. Elle avait, purement et simplement, terriblement envie de lui dévisser la tête. Ce qu'elle ne fit pas, se contentant de renouveler son avertissement précédent.

« Mes avertissements étaient on ne peut plus sérieux. Assures-toi de t'en souvenir. Maintenant, donne moi mon cheveu pour que je l'ajoute à la potion. »

Étrangement conciliant, le sorcier le sortit soigneusement de la poche intérieure de sa veste, avant de le lui tendre dans un geste élégant et parfaitement contrôlé. Tel un magicien. Ou encore un illusionniste. En effet, l'heure était aux illusions. La Rowle s'en saisit, l'observa un instant comme si elle savait parfaitement qu'elle allait sûrement regretter ce qu'elle s’ apprêtait à faire, et le laissa tomber dans la mixture. La vase à la couleur douteuse se transforma alors en un violet sombre, oscillant entre le grenat et le bordeaux. Mentalement, la jeune femme nota cette information dans un coin de son esprit, la teinte que prenait la potion variant selon celui qui fournissait le dernier ingrédient. Dès que la potion eu cessé d'écumer, le poulpe ne lui laissa pas le temps de réfléchir davantage, et lui arracha littéralement la fiole des mains afin d'en avaler goulûment le contenu, manquant de la faire tomber à cause de sa brusquerie.

D'abord estomaquée, le souffle légèrement coupé, un sourire vicieux à la limite de la perversité se dessina secondairement au coin de ses lèvres. Il n'avait aucune idée du goût immonde qui allait bientôt le terrasser. Et... elle en serait la spectatrice privilégiée. Tandis que l'estomac de l'homme commençait à se contracter sous l'effet de spasmes qui devaient certainement, au plus grand bonheur de la jeune femme, être terriblement douloureux, l'apprentie se saisit d'une chaise, et s'y installa confortablement face à l'homme qui se métamorphosait, croisant élégamment les jambes afin de ne rien louper du spectacle. Pop-corns s'il-vous-plait. Cassidy avait déjà assisté à des transformations dues au Polynectar, aussi la métamorphose en elle-même ne l’impressionna guère. En revanche, elle prêta un soin tout particulier à observer, analyser et ancrer au plus profond de son esprit les expressions de dégoût, et de douleur qui traversaient le visage du poulpe humain. Par Merlin, ce que ça faisait du bien ! Elle laissa échapper un sourire de contentement tandis qu'elle soupirait d'aise, son corps acceptant enfin de se détendre, sa sérénité retrouvée. Comme quoi il en fallait peu pour être heureux au final. Le malheur des uns faisait bel et bien le bonheur des autres. Soupirant d'aise, la jeune femme ne pouvait se lasser du spectacle. Grimaçant, se tordant dans tous les sens, il paraissait souffrir comme un beau diable, perdant d'un seul coup sa superbe. Cassidy laissa échapper un ricanement.

« Hum... J'ignorais que tu avais la possibilité de revêtir de telles expressions très cher Octavius et je suis absolument navrée de te révéler qu'elles ne te sied guère. Je n'ai pas bon goût n'est-ce pas ? Voilà qui te permet certainement de répondre à la question qui te brûle intérieurement. »

Sarcastique vipère. Elle avait parfaitement conscience que sa vengeance était maigre et ne serait que de courte durée, ce qui la lui rendit encore plus douce et savoureuse.
Tandis que la métamorphose se produisait, la jeune femme prenait soin d'en savourer la moindre étape, on ne peut plus exquise. Il hoquetait. Bien, étouffe-toi maintenant c'est la prochaine étape. Son visage devint difforme.

« Je ne sais pas pourquoi, mais je ne vois pas de réel changement. » , déclara-t-elle en prenant soin de revêtir un ton blasé, comme si le monstre à poils qu'il était devenu ne changeait guère de d'habitude.

Finalement, le corps robuste de l'homme finit par se tasser et pour la première fois de son existence, la jeune femme fut confrontée à une expérience unique. Le jean de bibliothécaire glissa le long des jambes féminines tandis que la chemise blanche paraissait soudainement avoir été taillée pour un géant. Des longs cheveux blonds, pour le moins familiers, une peau pâle aux nuances ivoires et satinées. Un regard turquoise semblant sortir d'un long sommeil. Cassidy déglutit : se retrouver face à soi-même était une expérience bien plus troublante qu'elle n'aurait pu l' imaginer. La jeune femme se leva en silence, avec la désagréable impression de se retrouver face à son double maléfique. Lentement, elle avança face à Octavius, ses talons claquant sur le sol. Incroyable. Bien entendu, l'apprentie potionniste connaissait son image pour la croiser tous les jours devant son miroir, mais dans ce contexte, se retrouver face à soi-même était réellement perturbant. Jamais elle ne s'était aperçue qu'elle possédait une ossature si fine. Elle paraissait tellement fragile que c'en était dérangeant. Avait-elle réellement ce grain de beauté sur la cuisse gauche ? Elle ne s'en était jamais aperçue auparavant... Ses doigts étaient-ils vraiment si fins ? Ses cils si longs ? Ses yeux si... expressifs ?

Octavius quant à lui, perdit sa main dans sa nouvelle chevelure à la teinte du blé, tout en continuant de la fixer comme pour s'assurer qu'elle n'allait pas s'évaporer devant lui, telle un rêve au réveil. Oui, la copie était bien conforme au modèle d'origine et il eu tout le loisir de s'en apercevoir lorsqu'il empoigna sa nouvelle poitrine à pleine main. Cassidy grimaça, comme s'il l'avait touchée. Elle pouvait presque ressentir ses mains brûlantes parcourir avidement son corps avec cette indécence qui lui était si caractéristique.

« C’est super agréable en fait… Bon, je m’habille ou tu me maquilles d’abord ? C’est que mes talents de maquilleur ne sont pas au top et si je le fais, tu vas ressembler à un catin de bas étage. »

Il avait même sa voix. Saleté. Cassidy reprit contenance. S'avançant vers elle-même, elle laissa échapper un soupir léger comme la brise. Provocante, elle lissa avec soin une mèche rebelle d' Octavius, sachant très bien qu'elle possédait un léger épis à cet endroit.

« On voit bien que tu n'es pas réellement une femme. C'est ce genre de question qui te trahit. Si tu te maquilles avant, lorsque tu t'habilleras le maquillage s'effacera. Réfléchis un peu comme une femme Octavius. »

Elle lui tourna le dos afin de ramasser la robe qu'elle lui avait apporté, ainsi que les sous-vêtements.

« Tiens, habilles-toi maintenant, et ensuite je m'attaquerai au maquillage et à mes cheveux... Enfin, ceux que je te prête. »

Allait-il laisser tomber la chemise devant elle afin de la gêner ? Cassidy déglutit. L'idée d'être confrontée à sa propre nudité ne l'effrayait guère bien entendu, par contre l'idée qu' Octavius ait la possibilité de voir son propre corps dénudé à travers ses propres yeux, la mettait on ne peut plus mal à l'aise. Enfin, il fallait voir le chaudron à moitié plein : au moins, suite à cela, le poulpe n'aurait plus de questionnement à son égard, ni de pensées malsaines puisqu'il aurait eu tout le loisir d'être confronté aux secrets corporels de la jeune femme. Ce serait une expérience éprouvante à passer, certes, mais ensuite elle serait libérée à jamais de ce regard de poulpe pervers. Secrets charnels dévoilés, charme évincé à tout jamais. Enfin, l'espérait-elle...

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MessageSujet: Re: [Septembre 1997] - Une journée de rêve. Mer 13 Juil 2016 - 14:58

Il était outré. Elle avait vilement profité de son incapacité à répondre, tordu qu’il était dans une souffrance accablante, pour lui balancer des obscénités. Mais elle était carrément méchante là ! You ain’t making this easy, my dear… S’il avait pu, il lui aurait répondu quelque chose de bien cinglant, ou au contraire, des sucreries d’un ton mielleux. Comme elle ne se décourageait jamais face à la répartie d’Octave, et que lui non plus ne faiblissait pas d’un poil, il n’était pas certain que ce ping-pong verbal s’arrête un jour. Ils allaient se crêper le chignon jusqu’à ce que l’un d’eux décède. Elle, probablement. Il n’était pas du genre à mourir en premier, question de style. Il se contenta d’en ricaner mentalement, jugeant toutefois inutile de se forcer à faire une quelconque remarque sur ce qu’elle venait de lui dire. Car, doux Jésus, imaginez qu’il fallut faire une remarque sur chacune des répliques mesquines de Cassidy, qui par-là gonflait sa fierté et son pompeux orgueil. On n’aurait jamais plus de soucis avec l’inspiration, c’est moi qui vous le dis ! Quoi qu’il en soit, il ne put même pas froncer les sourcils, tant était-il occupé à plisser des yeux au point de voir des formes lumineuses sous ses paupières. Tout comme l’ennui ou le désagrément, la douleur avait tendance à distordre le temps et celui-ci parut extrêmement long. Le prix à payer pour être belle, comme on dit. Et belle, il le fut.

Quelques secondes plus tard, il se tenait debout à observer son nouveau corps, essayant de s’habituer à sa masse et sa taille. C’était agréable d’être elle. Parce qu’elle était toute en longueur, filiforme et délicate, il se sentait moins imposant, mais surtout beaucoup plus faible. Cette petite enveloppe si inhabituelle lui donnait le sentiment d’être beaucoup plus léger, libre. C’était comme être sur la lune, avec la sensation de pouvoir faire un bond de trente mètres d’un coup avec ses jambes de gazelle.

« On voit bien que tu n'es pas réellement une femme. C'est ce genre de question qui te trahit. Si tu te maquilles avant, lorsque tu t'habilleras le maquillage s'effacera. Réfléchis un peu comme une femme Octavius.
- Octave.»

Scanda-t-il maintenant machinalement sans même lever les yeux vers son interlocutrice, trop occupé qu’il était à peloter ses nouveaux seins à travers les vêtements.

« Tiens, habilles-toi maintenant, et ensuite je m'attaquerai au maquillage et à mes cheveux... Enfin, ceux que je te prête. »

Il réfléchit un peu, sans vraiment l’écouter, perdu qu’il était dans une hésitation intérieure. Puis, tout naturellement, comme si c’était dans l’ordre des choses, il écarta le col de sa chemise qui tomba autour de ses fins mollettes. Ca y est, il était nu. Enfin, elle était nue… Et tout de suite après, la tête penchée, il soupesa sa poitrine à nouveau. Ses seins, ils étaient magiques. Parfaits. Comme des fruits trop murs. Une pomme ou une orange… Non, une mangue ! Oui, c’est cela, une belle et grosse mangue. Une mangue à l’écorce aux âpres senteurs de pin peinant à contenir une pulpe pâteuse si chargée en sucre qu’elle venait à exhaler une lourde et envoûtante odeur de miel caramélisé. Un fruit si longtemps resté au soleil qu’il semblait en être devenu un lui-même, tant il était chaud et doux au toucher. Je vous avais déjà parlé de sa fascination pour les femmes ?

Sorti de sa rêverie par le temps qui filait, il lâcha enfin ses attributs avant de sortir une jambe de l’amas de vêtements, puis l’autre, qu’il dut secouer pour se libérer de l’emprise de son pantalon. Et comme c’était trop tentant pour ne pas déjà en profiter, Octave se hissa sur la pointe des pieds et exécuta bond en direction du sac où se trouvaient les vêtements. Complètement nue, il s’élança avec grâce, telle une nymphe des bois qui serait sortie de son fourré. Sa longue chevelure en bataille ondula le long de son dos gracile, cascadant jusqu’à ses reins. Il savait parfaitement être une femme, Cassidy ne l’avait simplement jamais vu jouer la comédie avec sérieux et application. Au-dessus du sac, il s’accroupit tel le roseau d’Esope qu’il était, l’air sauvage, pour en sortir les sous-vêtements qu’il enfila avec élégance. Il n’eut aucun mal à agrafer le soutien-gorge, tant d’agrafes étant passées entre ses mains qu’il put le faire à l’aveugle. Debout, dans une pause toute lascive, il jeta un coup d’œil dans le sac et sembla réfléchir quelques instants, avant de rentrer le pied dans le sac avec une moue joueuse avant de le ressortir, vêtu d’une chaussure. Il fit pareil de sa seconde jambe et se regarda, se disant que c’était une tenue très séduisante. Cambrant le dos, il passa une main derrière sa nuque, l’autre main pendant oisivement à côté de sa hanche, et fit quelques pas mesurés, pour entendre le bruit des talons sur le sol.

« Tu es très lascive comme ça »

Dit-il à l’intention d’on ne sait qui finalement, lui-même ou Cassidy ? Contrairement ce à quoi semblait s’attendre la jeune femme, il ne prêta aucune attention à ce qu’elle avait en-dessous du nombril, portant une bien plus grand importance à son aspect général. En revanche, il était largement prévisible que son comportement allait être beaucoup plus voluptueux que celui de la jeune potionniste. Mais c’était là quelque chose qu’il admirait chez certaines femmes, raison pour laquelle il s’attela avec un soin particulier à avoir l’air aussi charnel que cela lui était possible sans rentrer dans la vulgarité. Il finit par lâcher un soupir très octavien avant de retourner au sac et faire passer la robe par-dessus sa tête, laissant le tissu tomber le long de son corps. Cela fait, il se retourna vers sa sosie, son origine et ondula des hanches pour faire danser la robe autour de ses cuisses.

« Je suis prête pour le maquillage, ma belle ! »

Autant sa gestuelle avait changée, autant les intonations de sa voix étaient toujours les mêmes, moqueuses et théâtrale. Dans cette tenue on aurait dit qu’il présentait un show télévisé comme dans les années 70, ou un spectacle musical quelque part à Broadway. Puis, voulant partager son excitation, et sachant parfaitement que cela allait faire frémir les nerfs de la donzelle, il continua d’une voix mondaine :

« Je crois bien qu’il va vouloir m’embrasser, ce pauvre bougre. Imagine la scène, il se penche, et pendant qu’on se roule goulument un patin, je reprends ma forme normale ! On aura de quoi le faire chanter jusqu’à la fin de sa vie, à gentiment lui rappeler comment il a séduit un sang-mêlé travesti dans un bar. »

Bon, clairement, Octave n’était pas sérieux, mais comme il était un personnage douteux et tout en contradiction, on ne savait jamais quoi réellement penser avec lui. Ou surtout, ce que lui pouvait bien s’imaginer dans sa tête. Mais clairement, l’inspecteur était laid et le brun respectait beaucoup trop ce joli corps pour le laisser se faire profaner par une bête immonde de son type. Cela dit il était toujours prêt à faire transpirer la donzelle à grosses gouttes…

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MessageSujet: Re: [Septembre 1997] - Une journée de rêve. Mer 13 Juil 2016 - 20:20

L' heure du supplice était venue. Les doigts de sa jumelle maléfique se faufilèrent dans l'interstice du bouton retenant le vêtement, la libérant ainsi de la chemise qui glissa le long de ses épaules, avant de rejoindre le reste des habits. Le monde autour du bibliothécaire disparu. Impunément, il s'enferma à double tour dans sa bulle ; une bulle de plaisir, de bonheur à l'état pur. Ni rien, ni personne n'aurait pu le déranger. Le Seigneur des Ténèbres aurait pu apparaître vêtu d'un tutu rose en dansant la macarena avec des plumes dans les fesses telle une danseuse du Moulin Rouge, qu'il n'aurait sûrement pas réagi. Le temps aurait pu s'arrêter, le monde s'écrouler au plus profond des enfers, qu'il n'y aurait certainement pas prêté la moindre parcelle d' attention. Fasciné, il dévorait du regard ses seins nus, avant de succomber à la tentation de les prendre en main, comme s'il voulait s'assurer qu'ils étaient bien réels. Pendant de longues minutes, il ne daigna plus la regarder. Exécrable. Il était juste exécrable.

Finalement, il finit par se remettre en mouvement. La jeune femme leva les yeux au ciel.

« C'est bon, tu reviens parmi nous sur Terre ? Tu n'as jamais vu de seins pour avoir une telle réaction ? », demanda-t-elle, son accent hindou ressortant légèrement au gré de son malaise naissant.

Voilà qu'il dégageait lestement ses jambes dont les chevilles étaient entravées par le pantalon. La jeune femme le regarda faire, interdite. Elle n'arriverait pas à s'en remettre, c'était impossible. Bien que se donnant une contenance, l'expérience était des plus traumatisantes. Son corps livré en pâture au poulpe humain... Quelle horreur. Mais elle n'était pas au bout de ses peines. Son double maléfique s'élança avec une grâce qu'elle n'aurait jamais pu soupçonner vers le sac. Un pas leste et virevoltant, faisant onduler ses cheveux blonds le long de son dos, masquant pudiquement la cambrure naturelle de ses reins, Octavius se saisit sans hésitation des sous-vêtements qu'il enfila sans difficulté aucune. Cassidy haussa les sourcils. Certes, savoir dégrafer le soutien gorge encombrant d' une amante était une chose, mais de là à être capable de l'agrafer correctement sur soi... Comment était-ce possible ? Une idée lumineuse surgit dans son esprit profondément perturbé par ce qu'il voyait : Peut-être était-il homosexuel et avait-il le rôle féminin dans son couple ou lors de ses aventures ? Une lueur éclaira les pupilles de la jeune femme ; ce devait être cela. Oui... Cela expliquait cet aspect maniéré qu'il pouvait se donner parfois, ce... cette aisance à accepter d'aller à sa place au rendez-vous avec l'inspecteur. Peut-être en avait-il véritablement l'envie au final... Mais trop imbu de sa personne, il n'avait pas été en mesure de se dévoiler. Oui, ça collait parfaitement. Bien sûr... Voilà même qu'il se risquait à se faire valoir dans une pause des plus suggestives, habillé de ses dessous et perché sur ses escarpins qu'il n'avait eu aucun mal à enfiler, comme s'il avait fait ça toute sa vie.

« Tu es très lascive comme ça », risqua-t-il en la provocant de nouveau.

Il avait espéré l'exaspérer mais il n'y parvint pas. Toute tension était retombée. Le calme retrouvé, la jeune femme rassurée le regardait à présent comme si elle observait tout naturellement, avec une innocence des plus réelles, une quelconque personne de sexe féminin. Un éclat compréhensif éclairant son regard, pour la première fois adouci, Cassidy se rapprocha de lui. La légère rougeur qui avait eu la mauvaise idée et l'audace de décorer subtilement ses joues quelques instants auparavant avait soudainement disparu. Elle se sentait désormais beaucoup plus à l'aise, comme si elle s’apprêtait à conseiller sa sœur jumelle sur la meilleure façon de faire un défilé.

« Je pense avoir saisi que tu avais l'habitude d'être... suggestive dans ta vie personnelle, mais ce n'est pas mon cas. Je n'ai pas pour habitude de me tortiller comme ça devant des inconnus, alors respecte ça pour que ça colle à mon caractère. »

Il soupira légèrement, fidèle à lui-même et à son théâtralisme inné, sans donner l'impression d'avoir compris l'idée qu'elle avait tenté de lui communiquer discrètement. Il ne devait plus se cacher derrière une façade hétérosexuelle. Elle avait compris son petit manège. Ondulant des hanches, sa robe voletant dans son sillage, il s'approcha d'elle :

« Je suis prête pour le maquillage, ma belle ! »

" Prête ". Il lui donnait là la confirmation de son hypothèse. Cassidy soupira légèrement avant de l'observer avec un désespoir exagéré, une moue légèrement contrariée ornant ses lèvres. Se penchant de nouveau sur le sac en cuir, elle en sorti sa petite trousse rose poudré. Bien l'attirail était là. Faisant glisser la fermeture, elle s'approcha de sa jumelle maléfique.

« Et pour la coiffure également vu le bazar que tu as semé dans mes cheveux en te baladant comme ça... Je veux bien comprendre ce désir d'être une femme et l'excitation que ça peut te procurer de réaliser enfin ton fantasme mais bon... Assieds-toi sur la table pour être bien stable. »

Sans ménagement, désormais à l'aise, elle écarta ses genoux afin de faufiler entre eux dans le but d'être au plus proche de son visage. La situation était vraiment des plus étonnantes. L'impression d'être face à une tête à coiffer grandeur réelle... Une tête à coiffer à son image comme si la situation n'était pas assez complexe. Hésitant légèrement, Cassidy avança une main incertaine vers Octavius qui la regardait de ses grands yeux turquoises.

« C'est la première fois que je fais ça alors... Ne bouge pas trop si tu ne veux pas finir avec le mascara dans l’œil. »

« Je crois bien qu’il va vouloir m’embrasser, ce pauvre bougre. Imagine la scène, il se penche, et pendant qu’on se roule goulûment un patin, je reprends ma forme normale ! On aura de quoi le faire chanter jusqu’ à la fin de sa vie, à gentiment lui rappeler comment il a séduit un sang-mêlé travesti dans un bar. »

La jeune femme suspendit son geste, et soupira en levant les yeux au ciel.

« Par Merlin, tu es sourd Octavius ? Tu ne le laisses pas t' approcher à plus de quinze centimètres. Si tu veux ensuite toi, obtenir un rendez-vous avec lui, libre à toi d'essayer de le convaincre de se libérer sexuellement... mais bon je t'avoue que j'ai quelques doutes à ce sujet. Maintenant tais-toi un moment, si tu parles je vais en mettre partout. »

Cassidy se rapprocha encore plus de son propre visage. Bon l'avantage c'était qu'elle ne mettait jamais trop de maquillage, préférant relever l'éclat naturel de ses traits le plus subtilement possible. Pas de fond de teint. Une légère poudre afin de matifier ? Humm... Non. Octavius se contenterait du mascara noir. Avec peut-être une légère touche de khôl s'il était sage... Sa main fraîche saisit délicatement la mâchoire de son reflet comme s'il s'agissait d'une sculpture en verre, afin de se stabiliser, tandis qu'elle calait son propre bassin entre les cuisses du bibliothécaire afin de ne pas trembler. Une concentration intense se lisant sur ses traits, elle entreprit soigneusement de répartir le produit sur ses longs cils, accentuant de cette manière son regard de biche.

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MessageSujet: Re: [Septembre 1997] - Une journée de rêve. Jeu 14 Juil 2016 - 1:53

Il voyait bien qu’elle était troublée par sa gestuelle en contradiction totale avec l’image qu’il avait donné de lui-même jusqu’à maintenant. Peut-être pas celle d’un mâle des plus viriles, mais en tout cas celle d’un homme à la masculinité prononcée. Depuis l’éveil de sa conscience, il avait été comme ça, à se balancer sur un fil, entre deux natures opposées, ce qui avait le don de profondément agacer sa mère. Ce qui était assez étonnant, c’est qu’elle n’était jamais contre ses caprices pour des principes moraux dépassés, elle était juste indisposée par les efforts que ça lui demandait parfois, comme quand Octave lui avait demandé de lui faire une permanente. Elle lui avait alors dit d’un ton ennuyé « Mais où vas-tu chercher ses idées là mon fils ? », ou quelque chose d’approchant, en allumant une cigarette d’un air dépité. Et puisque personne n’avait vraiment pris la peine de le décourager ouvertement dans ses tendances, il avait continué à évoluer autant que son cœur le lui demandait. La cause en était probablement le fait qu’il n’avait pas eu de réelle interaction avec des gens autres que ses proches avant ses 15 ans. Sa confrontation au monde réel, après tant d’années de développement personnel sans limites fut déconcertante, mais il sut composer avec, s’adaptant sans vraiment fondamentalement changer. Il n’y avait que la surcouche qui avait mué, laissant intacte sa personnalité explosive et de ce fait instable.

« Je pense avoir saisi que tu avais l'habitude d'être... suggestive dans ta vie personnelle, mais ce n'est pas mon cas. Je n'ai pas pour habitude de me tortiller comme ça devant des inconnus, alors respecte ça pour que ça colle à mon caractère. »

Qu’est-ce qu’elle était rabat-joie celle-là. Octave manqua de soupirer entre deux mouvements lascifs. Parfois elle était reloue la blonde. Il avait l’impression de s’être fait un peu arnaquer au final. C’était comme si elle lui avait donné un million de livres, regardant en silence sa jubilation victorieuse, avant de lui annoncer solennellement qu’il n’avait le droit de dépenser que cinquante centimes par jours. Bon, ça aussi, il le laissa passer, en espérant que moins il répondrait, moins elle parlerait en conséquence. Mais elle continuait à commenter tous ses gestes comme un supporter de foot gueulant sur sa télé alors que personne à part sa femme ne l’entendait.

« Et pour la coiffure également vu le bazar que tu as semé dans mes cheveux en te baladant comme ça... Je veux bien comprendre ce désir d'être une femme et l'excitation que ça peut te procurer de réaliser enfin ton fantasme mais bon... Assieds-toi sur la table pour être bien stable. »

Mon Dieu, mais tais-toi et laisses-moi savourer ce moment de bonheur en silence. D’autant qu’elle parlait sans avoir aucune information tangible sur le sujet, à part le comportement étrange, en de telles circonstances, qu’arborait Octave. Probablement que c’était juste un sarcasme en plus. Elle n’était clairement pas suffisamment dévergondée. Ou justement, trop, va savoir. Bah, fréquenter le poulpe allait lui remettre les nerfs en place. Elle pouvait bien faire les suppositions qu’elle voulait, à condition qu’elle n’insiste pas dessus pour défendre un point de vue, Octave s’en fichait. Tant qu’on ne lui posait pas la question directement, il n’allait jamais expliquer les choses de lui-même, n’ayant pas vraiment besoin que les gens le comprennent. Le fait qu’ils le supportaient suffisait amplement à sa paix intérieure. Il resta donc muet face aux propos de la jeune femme quant à ses fantasmes inassouvis. Mais il pensa néanmoins, un dans un ricanement sourd et satisfait, que tous ses fantasmes étaient toujours assouvis, sinon il ne serait pas aussi relax en permanence. C’était ça son secret de la détente éternelle : il succombait à toute tentation qui se présentait à lui, tant que cette dernière ne mettait pas sa vie en danger.

Bref, impatient comme un gamin, il se précipita pour s’assoir sur la table comme le lui avait indiqué la blonde avec l’autorité d’une maîtresse sado-maso. Autant avait-elle été déconcertée par les agissements du brun au point d’aborder des aspects cocasses de sa personnalité, autant elle semblait plus calme, ce qui était une baisse de régime assez soudaine et étrange. Mais d’une manière ou d’un autre, il avait réussi à stopper la progression de son énervement croissant. Peut-être que ce qu’elle avait vu lui avait fait perdre toute contenance, l’espace d’un instant suffisamment long pour qu’elle puisse redémarrer sur une base plus stable qui sait ? Ca devait être clairement sa forme physique qui troubla la jeune femme, ainsi en présence de son sosie parfait, car elle glissa entre les genoux d’Octave pour venir coller son visage au plus près de celui du sien. Surpris, ce geste lui donna une bouffée de chaleur, remontant un nuage de rougeur sur ses joues pâles. Il la regarda faire, conscient qu’elle n’avait fait ça que pour mieux pouvoir le maquiller, mais tout de même, il y a encore quelques instants, elle ne l’aurait approché que pour lui mettre un poing dans la figure, ou une baguette sous le nez à la rigueur. Lorsqu’elle commença à le maquiller, il se figea, les yeux grands ouverts.

« Par Merlin, tu es sourd Octavius ?
- Octave.
- Tu ne le laisses pas t'approcher à plus de quinze centimètres. Si tu veux ensuite toi, obtenir un rendez-vous avec lui, libre à toi d'essayer de le convaincre de se libérer sexuellement... mais bon je t'avoue que j'ai quelques doutes à ce sujet. Maintenant tais-toi un moment, si tu parles je vais en mettre partout. »

Oh oh oh, ah ah. Qu’elle n’était pas drôle. Et alors qu’elle prenait son menton entre ses mains, Octave en eut le souffle coupé. Elle était beaucoup trop proche là, ça allait plus vite que prévu toute cette histoire. Les boutades, comme celle qu’il s’évertuait à faire en ce moment, revêtaient un caractère superficiel dont le seul but était l’amusement. Ce pourquoi ça ne le gênait pas de courir à poil en sortant des plaisanteries graveleuses qui avaient tendance à mettre en colère plutôt que de faire rire. Mais par ses gestes et sa concentration, Octave avait l’impression qu’elle pénétrait son espace vital. C’était assez perturbant, ce qui l’aida à ne pas bouger les premiers instants, trop occupé qu’il était à constater le changement dans le comportement de la jeune femme. Puis un sourire de circonstance, un peu loufoque et douteux, se mit à flotter sur son visage qui ressemblait soudain beaucoup plus à celui d’Octave tout d’un coup, malgré le fait que ce n’était plus le sien. Bizarrement en coin et trop large déjà. Sa joue suivait le mouvement, indolente, mais comme elle gagnait en relief, elle semblait mettre en valeur ce sourire vil et moqueur. Et pourtant, il y avait de quoi être effrayé quand on le regardait, il y avait une chose indicible… un trait étrange, un truc quoi.

« Mais tu sais que… je ne suis pas homo ? »

Après tout c’était peut-être ça. Ca arrivait souvent avec les filles –ou est-ce encore un de ces stéréotypes ?-, qui se mettaient à l’aise avec des personnes de la gente masculine tout simplement parce qu’ils n’étaient pas du même bord. Ou plutôt, que leurs centres d’intérêts convergeaient en un point unique : les hommes. Il n’avait pas pensé que son air si maniéré aurait pu la mettre sur cette voie-là. Il n’y pensait pas lui-même car cela n’arborait pas un caractère relatif à sa personnalité profonde. C’était un passe-temps, le signe d’un esprit ouvert sur tout, et en même temps, sans aucune gêne. Se déguiser en femme et perfectionner sa gestuelle, c’était pour lui la même chose que de pratiquer un loisir comme le sudoku. C’était certes deux choses totalement opposées, mais il les abordait d’une manière tout à fait identique, cherchant à perfectionner au possible ces activités qui lui faisaient plaisir. Ainsi, il aimait jouer du piano et pratiquait autant que possible pour atteindre le degré d’excellence dont il était capable ; c’était la même chose pour son jeu d’acteur. Car oui, au final, cela n’avait aucun rapport avec les femmes, mais ses qualités d’acteur qu’il avait passé son existence à étoffer. Il ne manquerait plus, qu’après tant d’années, il ne puisse bluffer une petite donzelle comme celle qui se collait à lui.

« Ni trans, d’ailleurs. »

Il avait dit ça non pas pour s’expliquer, mais pour pas qu’elle se sente trop à l’aise avec lui, se lovant dans la fausse idée qu’il était déglingué parce que ça collait bien aux gens de son espèce à la sexualité peu ordinaire à l’époque. Il était bizarre parce qu’il aimait être bizarre, point. Qu’elle était mignonne, à lui prêter de telles tendances. Au moins il avait pu entrevoir qu’elle pouvait être « gentille ». Pour le moment, même ce mot était à mettre entre guillemets, tant il n’était pas sûr si c’était vraiment de la gentillesse ou de la compassion pour un esprit dérangé. Il savait comment la faire bondir en arrière, si ce n’est physiquement, au moins mentalement. Cette réplique-là, elle avait été faite pour ce moment précis de l’histoire, cette occasion particulière. L’alignement des planètes était parfait et l’astrologie favorable pour balancer cette réplique qui n’aurait pu être dite en d’autres circonstances :

« Tu sais, vu comme tu te colles à moi, si j’avais été dans mon propre corps, cela fait longtemps que tu aurais compris que je ne suis pas de l’autre bord… »

Si tu vois ce que je veux dire. Et il savait qu’elle verrait ce qu’il voulait dire, peu coutumier qu’il était de faire répliques dans le vide à un public hébété par un langage trop soutenu –ou pas assez, ça dépendait de son humeur. Et puis comme si ce n’était pas assez, il rajouta, d’un ton enjoué :

« Faut-il que je t’étreigne de mes lèvres pour te prouver le contraire ? Ou tu veux qu’on attende que je redevienne moi-même pour tester ça de manière plus convaincante ? »

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MessageSujet: Re: [Septembre 1997] - Une journée de rêve. Jeu 14 Juil 2016 - 17:04

Un sourire étrange, annonciateur d'une catastrophe imminente. Un sourire des plus octaviens ; en coin, déformant ses traits harmonieux se dessina sur les lèvres de sa jumelle. Décidement, ce mélange des plus étranges ne prévoyait rien de bon. Les sourcils de la jeune femme se froncèrent légèrement. Alerte.

« Mais tu sais que… je ne suis pas homo ?... Ni trans, d'ailleurs. »

Penchée qu'elle était sur son visage, occupée à étaler avec soin et délicatesse le produit noir, le mouvement de poignet de la jeune femme se figea net. Ses yeux vert d'eau s'agrandirent d'horreur et virent se figer dans les turquoises hilares de son reflet. Terrassée par une force démoniaque, l'apprentie se sentit blêmir. Brusquement, le produit de maquillage lui échappa des mains et elle ne la rattrapa qu'au dernier moment alors que celle-ci allait atterrir le plus naturellement du monde, dans le décolleté d' Octavius.

« Tu sais, vu comme tu te colles à moi, si j’avais été dans mon propre corps, cela fait longtemps que tu aurais compris que je ne suis pas de l’autre bord… »

Prise au piège entre ses propres jambes, enfin celles qu'elle avait si gracieusement prêtées au bibliothécaire, Cassidy eu un mouvement de recul, manquant de tomber à la renverse, ne devant son salut qu'au réflexe automatique de se raccrocher au bras gracile de sa jumelle maléfique.

Alors qu'elle s'était glissée entre ses genoux, il y avait pourtant eu un premier signe annonciateur que son inconscient avait perçu mais que son esprit, dans un mouvement défensif, avait fait mine de ne pas remarquer. Pourtant, c'était bel et bien ce léger voile coloré si caractéristique d'un malaise naissant chez elle, qui était apparu sur les joues pâles de son sosie.

La question du genre pouvait être parfois compliquée en dépit de la facilité apparente qu'elle présentait en surface. Facilité, facilité... Quel piège infernal et tortueux. Il s'avérait parfois compliqué de ne pas s'y laisser prendre. Une paire de chromosomes x pour les demoiselles, un mélange xy pour les messieurs. ça c'était en théorie. En pratique, les choses avaient toujours tendance à se compliquer légèrement. Tout homme possédait en lui une part de féminité plus ou moins acceptée et revendiquée, et en toute femme il était bien évidemment possible de déceler une sorte de virilité masculine s'exprimant à divers degrés. Ensuite, tout comme pour les potions, tout était une question de dosage et de précision. Une fille au masculin... Un garçon féminin... Les stéréotypes étaient tellement faciles à créer, d'une simplicité infantile tant leur logique relevait davantage du lavage du cerveau que d'une réelle réflexion approfondie. La jeune femme avait succombé à la facilité de leur utilisation. En était-elle consciente ? Oui, bien entendu. En était-elle fière ? Non, absolument pas. Facilité, facilité... Elle s'était bel et bien laissée prendre au sein de ses filets noueux. Le piège malsain s'était refermé sur elle. Toutefois, il fallait tout de même souligner qu'elle devait sa somptueuse erreur à une maigre tentative de réassurance.

Octavius l'agaçait prodigieusement. ça c'était un fait. La Rowle avait rarement été confrontée à plus énervant que lui dans sa vie. A vrai dire... Il était même fort possible qu'elle lui remette la palme d'or de l'individu le plus à même à faire bouillir le sang pur circulant en toute impunité dans ses veines. En plus de cette capacité hors normes qui le rendait unique en son genre, il possédait également en lui ce don inné de la mettre mal à l'aise allant même jusqu'à parvenir à imposer à ses pommettes de revêtir ponctuellement un léger voile rosé. Comme si cela ne suffisait pas, il l'intriguait en même temps, rendant ainsi leur relation complexe et d'une ambiguïté profonde puisqu'elle devenait un entre-deux, oscillant entre les limites du positif et du négatif, du bien et du mal. Ses mots foudroyants dégoulinant d'élégance - feinte ou non, telle était la question - et son ton légèrement pompeux, rivalisaient avec la langue de vipère bien aiguisée de la jeune femme qui lui permettait ses remarques acerbes et viles. Pourquoi s'était-elle donné la peine de lui éviter une possible convocation au Ministère ? Parce qu'au fond d'elle-même, bien que sa fierté l’empêchait de le concevoir, c'étaient des échanges comme ceux qu'elle partageait avec lui ; houleux, tranchants, qui lui permettaient de se sentir vivante, autre chose qu'un pantin désarticulé, à la limite de la mort. Mélange des plus (dys)harmonieux ne trouvez-vous pas ?

Aussi, alors qu'elle n'avait pas d'autre choix que de supporter l'idée, ô combien infâme, que sa nudité soit ainsi exposée à l'homme odieux, pénible et provocant qu'était Octavius Holbrey, l'esprit de Cassidy avait tenté de trouver une parade, plongeant ainsi dans les méandres de la facilité. L'idée que le sorcier puisse être homosexuel l'avait immédiatement rassurée lorsqu'elle y avait pensé. Et puis, tout sembler parfaitement coller... en surface.

Le sorcier prisonnier d'un corps qui ne lui appartenait pas ne manqua pas d'en rajouter, sadique qu'il était :

« Faut-il que je t’étreigne de mes lèvres pour te prouver le contraire ? Ou tu veux qu’on attende que je redevienne moi-même pour tester ça de manière plus convaincante ? »

Tout en le dévisageant avec horreur, prenant conscience que la position dans laquelle elle se trouvait avait un tout autre sens pour un homme, Cassidy eu l'impression, pendant un bref instant, que les effets de la potion se dissipaient. Octavius redevenait lui-même. Elle pouvait presque percevoir ses traits moqueurs se dessiner sous la peau fine propre visage. Ses bras redevenaient musculeux, sa carrure s'élargissait tandis que les poils de sa barbe naissante recouvrant sa mâchoire semblèrent perforer les pores de sa peau. Mais tout ceci n'était qu'une illusion bien entendu. Devant elle se tenait toujours son propre reflet. Seule son ombre était différente.

« Je... Tu...  »

Voilà qu'elle ne parvenait plus à être cohérente tant ses idées s'emmêlaient, sans suite logique. Sortir d'entre ses jambes, lui mettre une baffe qui lui déglinguerait la tête ? Un sourire mesquin, presque octavien, se dessina au coin de ses lèvres. Oh oui... Elle n'allait pas le laisser avoir la satisfaction de maîtriser la situation. Redescend sur Terre sale poulpe... Lentement, Cassidy referma avec précaution le tube de mascara. Elle releva les yeux, allumés d'une lueur qui ne laissait présager rien de bon. Telle une vipère, elle glissa alors une main fine et fraîche dans les cheveux de sa jumelle tandis que les doigts fins de sa main droite allèrent tout naturellement se placer le long de sa mâchoire, à mi-chemin entre son oreille et la lisière de ses cheveux. Ses lèvres, douces et souples, trouvèrent sans difficulté le chemin des siennes. Dans un souffle léger, elle s'embrassa. Un baiser leste, chaste, quelque peu volage. Le prendre au dépourvu, le choquer, lui faire ravaler son sourire de poulpe.

« Voici un aperçu de ce que tu n'auras jamais. »

Brisant le rêve, elle s'écarta et s'empara d'un rouge à lèvre vieux rose, couleur classique mais élégante.

« Bien, bien, bien... Passons aux lèvres. »

Privé de khôl pour la peine.

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MessageSujet: Re: [Septembre 1997] - Une journée de rêve. Jeu 14 Juil 2016 - 21:20

Aussitôt qu’il eut commencé à parler, Octave put constater le poison s’infiltrer dans les veines, les pensées et l’esprit même de la jeune femme sans que rien ne soit en mesure d’arrêter sa propagation. Rien de bien étonnant, elle avait semblé être tellement sûre d’elle, à le prendre pour une tafiole. Victor Hugo devait se retourner dans sa tombe à voir en quoi ce mot, dont il aimait user l’original dans ses récits, s’était transformé avec le temps. Cela n’avait pas été dit de manière péjorative, car c’était probablement exactement ce que la jeune femme avait dû s’imaginer. Avec son air folichon, ce jeunot à la personnalité débridée ne pouvait être qu’une grande folle qui s’ignore. Et plus les yeux de la sorcières s’écarquillaient, plus Octave comprenait qu’il avait su lire juste dans son comportement soudain beaucoup moins méfiant. Son entendement, ne trouvant pas d’explication rationnelle à la raison qui pouvait bien pousser l’esprit du bibliothécaire à agir de la sorte, finit par raisonnablement lui coller l’étiquette qui lui convenait au mieux, sans toutefois parfaitement lui concorder. C’était là l’adage d’un caractère qui aimait à tout garder sous contrôler, lorsque chaque chose est à sa place et porte le nom authentique qui lui sied. Forcément, pour leur première rencontre, elle avait du mal à le cerner, sans parfaitement parvenir à englober le raisonnement de sa personnalité. Mais quand on connaissait Octave, il s’avérait être quelqu’un de rigoureusement simple. Tellement simple que certains finissaient par lui prêter des desseins qu’il n’avait pas. Comme quand un écolier rencontre, lors d’un examen, un problème de math particulièrement facile, si facile qu’il commence à se demander si ce n’est pas un piège, alors que véritablement, le problème veut bel et bien dire ce qu’il veut dire, sans essayer de tendre une quelconque embûche. Bref, Octave était aussi simple que 1+1. Mais il y avait toujours quelqu’un pour essayer de faire du sophisme avec lui, usant du caractère formel de la logique, qui étudie les mécanismes du raisonnement indépendamment du sens des énoncés qu’elle utilise.

Et plus elle s’étonnait, plus il souriait de son visage féminin. Elle était clairement en train de réaliser sa méprise. Avouons qu’il y avait de quoi être déconcerté. Elle en fit tomber ce qu’il y avait entre ses mains, pour néanmoins rattraper son étourderie avant que celle-ci ne finisse entre les seins fraîchement acquis du bibliothécaire. Et ce fut encore plus cocasse lorsque Cassidy réalisa qu’elle s’était glissée peut-être trop loin entre les cuisses d’un Octave pas mécontent du tout par la tournure qu’avait pris la situation. Il aurait peut-être du continuer de prétendre être gay ? Ce qui était le plus dure, c’était la chute. La chute des suppositions qu’avait faites Cassidy pour se rassurer, et la chute physique qu’elle s’apprêtait à faire. Elle tenta de reculer, mais ses jambes pâteuses la trahirent, faiblissant sous son poids. Avant même qu’Octave ne puisse essayer de la rattraper, la blonde avait déjà saisi son bras, manquant de l’entrainer dans son affaissement. Il tint néanmoins bon, agrippant le bras de la jeune femme de ses longs doigts et en la tirant vers soi pour l’aider à se redresser. Malgré sa dégringolade avortée juste à temps, la jeune femme semblait interdite, continuant à réfléchir à ce qu’elle venait d’entendre. Il l’avait si choquée que ça ? Tant pis pour elle, se dit-il allègrement, elle n’avait qu’à lui poser la question avant de se comporter comme si ses déductions étaient justes.

« Je... Tu...  »

Oui, toi et moi ma belle, rien que toi et moi. Octave rigola discrètement sans la quitter des yeux, dans l’attente qu’elle prolonge cette phrase si habillement entamée. Elle était complètement en train de se décomposer intérieurement, c’était carrément flagrant. Son cerveau n’en pouvait plus, il devait trop serrer, péter un boulon. Le brun devait admettre à contre cœur qu’il y était peut-être allé trop loin avec cette jeune donzelle en détresse. Elle venait d’une famille bien éduquée, aux principes solidement ancrés, et ne devait pas avoir l’habitude qu’on lui parle aussi ouvertement, pour ne pas dire vulgairement. Et vulgaire, il l’avait été sans aucun doute. Juste un peu. Emporté qu’il avait été par les paroles de la blonde, il n’eut pas suffisamment le temps de réfléchir et les paroles avaient été plus grossières que ce à quoi il aspirait en général. C’était très drôle de la voir dans un tel état, mais ce n’était pas pour la meilleure des raisons.

A tel point qu’Octave était presque en train de regretter son geste, se préparant à s’excuser de sa maladresse –vous entendez ça ?! S’excuser… Et alors qu’il aspirait bruyamment l’air par ses narines palpitantes, se préparant mentalement à formuler sa culpabilité, Cassidy referma le mascara. Il se figea, exhalant l’oxygène de ses poumons remplis à ras bord, tendu comme une corde de guitare. Allait-il mourir aujourd’hui ? Là, maintenant ?

Tandis qu’elle entourait le visage du bibliothécaire de ses mains graciles, celui-ci la fixait ; c’était à son tour de s’immobiliser dans une attente palpitante. Finalement, elle s’avança et déposa ses lèvres sur les siennes. Plus par reflexe que par réelle conscience de ce qui était en train de se passer, Octave ferma les yeux et tendit ses lèvres pour aller épouser celles de la jeune femme, en un délicat baiser. Enfin, si on pouvait appeler ça un baiser, car elle s’était contentée de frôler sa bouche d’un battement d’aile. C’est peut-être ce qui le rendit aussi subtil et doux, de quoi lui faire oublier le monde ambiant. Lorsqu’elle recula, Octave la regarda s’éloigner, les paupières mi-closes et les lèvres entrouvertes. Indépendamment de sa volonté, ses joues avaient rougies et son cœur battant un tempo incompatible avec la vie. Elle avait gagné. Diantre, elle avait gagné ! Ou peut-être que c’était lui qui avait gagné ? Réfléchissons, réfléchissons.

« Voici un aperçu de ce que tu n'auras jamais. »

Comme un claquement de fouet, ça le sortit instantanément de sa rêverie. Alors tout ça pour ça ? Elle s’était donnée tant de mal pour ça ? Dans ce cas-là, il avait gagné, indiscutablement. A force de prendre tous ses défis au pied de la lettre, la blonde avait fini par s’enliser très, très profondément dans ce jeu. Jeu qu’elle ne maîtrisait pas, au point de prendre toutes les perches qu’il lui avait tendues. C’était comme s’amuser avec un chat, qui mord et griffe, mais essaye quand même d’attraper son jouet, entièrement concentré sur ce-dernier, sans voir qu’il y a quelqu’un pour tirer les ficelles. Tout du long, elle avait voulu être plus forte que lui, au point de l’embrasser pour lui prouver qu’elle était la plus maligne des deux, sans même remarquer que tout le contraire était en train de se passer. Savoir manipuler, c’était bien, être stratège, c’était mieux, et il avait eu quelques coups d’avance sur elle. Mais ça ne lui plaisait quand même pas, qu’elle l’eut embrassé que pour tenter de le dominer. Ca l’avait même quelque peu froissé. On ne badine pas comme ça avec les baiser, on ne les transforme pas en armes de manipulation sans intérêt ni passion. Ce baiser n’avait pas eu le goût de l’enthousiasme, il se contentait d’être provocant et agressif ; s'il ne l’est pas dans la forme, il l’était dans le fond. Cela dit, ça ne l’avait pas empêché d’être agréable, mais là n’était pas le propos. Octave songea alors qu’il n’avait pas dit son dernier mot, Oh non, croyez moi. Alors que la contrariété commençait à lui monter du bas ventre pour se répandre à travers veines et muscles, il prit une profonde inspiration, esquissa un sourire, et pour se calmer, il redressa la tête d’un geste brusque, faisant onduler ses longs cheveux.

« Pas besoin de rouge-à-lèvre, tu m’en as assez laissée sur la bouche je crois. »

Il avait prononcé d’une manière tellement octavienne ! C’était ironique, c’était pour faire de l’humour, mais comme il était encore un peu vexé et qu’il essayait de ne pas laisser transparaître ses pulsions meurtrières, il l’avait dit avec un ton ferme et sérieux… pas évident de savoir comment réagir du coup. Il avait également un air très grave, le visage soudainement plus adulte qu’à l’ordinaire. On avait le droit de plaisanter sur tout, mais pas user de l’amour pour vaincre l’ennemi. Avec empressement et sans même essayer d’être souple, Octave se défit de l’étreinte de la belle blonde et la contourna pour se diriger vers de la porte.

« En plus, si on continue, on va être en retard. »

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MessageSujet: Re: [Septembre 1997] - Une journée de rêve. Ven 15 Juil 2016 - 0:41

L'amour... Qu' était-ce donc que cela ? Pour certains, notamment les esprits les plus rêveurs et romantiques et donc par définition, les plus libres, il s'agissait là d'un sentiment profond, à la fois inévitable et infernal, terrassant et grisant, extraordinaire et indéfinissable. Des fleurs aux épines mortelles imprégnées de venin, des chocolats dégoulinants de sentiments tortueux, des pétales rouge sang, pire... Des petits cœurs roses à paillettes. Indéfinissable... Voilà qui n'avait guère aidé Cassidy à y voir plus clair lors de ses vaines tentatives de recherche afin de tenter de saisir, ne serait-ce qu'une esquisse de ce qu'était cette... chose lui étant profondément inconnue. La maigre définition qu'elle avait pu reconstituer, au grès de plusieurs mois d'efforts après avoir gaspillé des journées entières la tête fourrée dans les livres plus poussiéreux les uns que les autres, ne lui convenait guère. Parce qu'elle était incomplète. Parce qu'elle ne lui convenait pas, et surtout, parce qu'elle ne la comprenait pas. Alors, elle s'était rabattue sur le discours opposé.
L'amour n'existait pas pour les esprits forts. Ce n'était qu'une illusion, une propagande néfaste au développement harmonieux d'un sorcier ayant des objectifs élevés. A s'illusionner, de grandes personnes avaient elles-même creusé leur propre tombe, se menant à leur propre perte. L'amour était vide, l'amour était plat et rendait faible. Il n'existait pas pour ceux qui ne voulaient pas en être victime. Maîtriser ses sentiments et ses émotions. S'en prémunir, ne jamais permettre à quelqu'un de laisser entrevoir un semblant de son cœur gelé, mais pourtant bel et bien battant, luttant pour passer de la survie, à la vie. De l'ombre à la lumière.

Enfant issue d'une union arrangée, dépourvue de la moindre trace d'amour, Cassidy avait été le stéréotype de l'enfant modèle. Sage, attentive, intelligente, profondément calme hormis quelques débordements passagers inévitables. Sans vie. Bien que sa mère Nila, avait toujours été là pour elle, lui apportant tout ce qu'elle jugeait nécessaire à sa survie, l'amour qu'elle lui portait malgré tout n'avait jamais été exprimé au premier plan. Un amour maternel caché, ravalé, n'ayant pas sa place dans le monde sombre dans lequel les familles de sang-pur évoluait. Nila lui avait appris à survivre, à se cacher mais ne lui avait jamais dit qu'elle l'aimait, et pourtant... Ce traître de sentiment avait eu raison d'elle. Prête à tout pour son enfant, ce sentiment détestable l'avait conduite à sa perte, la poussant à se sacrifier pour tenter de lui donner un semblant d'accès à la vie. Ce fut la seule esquisse d'amour que la jeune femme fut capable de percevoir dans toute sa vie... Et cela tua définitivement toute tentative d'entrer en contact avec cette... chose, qui resterait à l'état d'une simple chose sans vie. L'amour était vil, passionné, manipulateur et provocateur. Comme elle... Avançant sournoisement, il tournait autour de sa victime, lui faisait les yeux doux dans le but de la faire baisser sa garde et de lui faire commettre l'ultime erreur. Puis, brutalement, sans aucun préavis il détruisait.
Quant à l'amour de son père, elle l'avait vainement cherché durant des années, sans le moindre résultat. Père absent et froid, pris par son métier en Angleterre alors qu'elle restait en Inde avec sa mère. Père démon, père tueur. Père Mangemort. Finalement, sa quête d'amour avait été abandonnée, se métamorphosant en une haine intense et une quête de vengeance.

L'amour rendait faible et menait à la mort. Cette théorie avait été clairement illustrée et la jeune femme l'avait on ne peut mieux intégrée. Méfiante, elle avait appris à dompter tout ce qui se présentait sur sa route, mais surtout elle était devenue experte pour éloigner les aventuriers, les preux chevaliers usant des ruses les plus sournoises, qui avaient tenté de s'approcher un peu trop près d'elle. Cérébrale. Amoureuse, elle ? Quelle idée ! Jamais la jeune femme n'avait fait le choix d'écouter ses sentiments. En avait-elle d'ailleurs ? C'était difficile à dire. Bridée, enchaînée au plus profond d'elle-même. Ne jamais écouter son cœur, cette machine rouillée crée pour affaiblir son porteur. Cœur de glace, cœur de pierre, si j'aime, je vais en enfer.

Aussi, lorsqu' Octavius-le-malin, jouant sur le dangereux terrain de la séduction mêlée de provocation, l'avait invitée à jouer, elle avait accepté. Prenant le jeu à bras le corps, elle avait plongé, sans scrupules. Manipuler les sentiments, jouer avec un baiser, danser avec les limites telle une équilibriste. Rien ne la choquait puisqu'elle ne ne voulait rien ressentir, telle une enveloppe charnelle vidée de sa substance. Toutefois... Personne ne s'était déjà aventuré aussi loin que le poulpe humain, et c'était déjà trop. C'était bel et bien cela qui l'avait poussée à dresser ses barrières et à le déstabiliser en jouant au jeu qu'il lui proposait implicitement. Et s'il était vexé ? Mais c'était son but voyons. Il fallait juste le maintenir à distance. Il était le premier à avoir réussi à lui faire perdre son sourire, dévoilant le caractère volcanique qu'elle se plaisait à dissimuler. Le premier à l'avoir faite danser sur un brasier ardent, lui faisant tourner la tête au point de la rendre quasiment folle... de rage. Trop près. Il était bien trop près, avec cette capacité singulière à imposer une coloration à ses joues, à lui faire éprouver des sentiments contradictoires en pagaille ; ce qu'elle ne supportait pas. Pourquoi la fascinait-il alors qu'elle mourrait littéralement d' envie de le tuer à chaque phrase qu'il prononçait de son ton pompeux ? Pourquoi recherchait-elle les échanges complexes et houleux avec lui alors qu'elle aurait pu se contenter de lui balancer un sortilège d' amnésie ? Pourquoi l'intriguait-il en dépit du prodigieux énervement qu'il était capable de lui faire ressentir avec ses sourires Colgate à deux mornilles ? Elle ne voulait tout simplement pas le savoir.

Alors elle avait pris la décision de lui faire perdre sa splendeur. Qui manipulait qui ? Lorsqu'elle était réciproque la manipulation était encore plus complexe et le meneur pouvait être difficile à identifier, et c'était le cas ici. Elle l'avait embrassé pour le provoquer, certes. Mais le stratagème allait bien plus loin. La Rowle voulait l'éloigner, le pousser à ressentir des sentiments moins ambigus à son égard. Repousse-moi, déteste-moi, hais-moi. Je suis une Rowle, fille de Mangemorts au sang-pur, défendant avec ferveur ces idéaux que tu vomis. Je te vexe et je te déteste. Je te provoque, et j'en joue. Que lui fallait-il de plus ? Et puis... Une arme s'était présentée à elle : l'amour. Sachant le culte que l'érudit qu'il était, devait certainement vouer à ce genre de... chose, Cassidy avait sauté sur l'occasion. Dénaturer un baiser, lui enlever toute parcelle de sentiment en le transformant en un objet glacé de corruption, de manipulation et de provocation ; voilà qui devrait le calmer et l'éloigner. Et puis... elle ne l'avait pas embrassé. Elle s'était embrassée. La nuance était importante.

« Pas besoin de rouge-à-lèvre, tu m’en as assez laissée sur la bouche je crois... En plus, si on continue, on va être en retard. »

Il s'éloignait d'elle. Mieux - ou pire -, il s'enfuyait ; presque brutal, avec pour la première fois un air sérieux peint sur son visage. Fine stratège jouant avec les esprits comme avec des cartes, elle avait gagné. Échec et mat.


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Le pessimiste se plaint du vent, l'optimiste espère qu'il va changer, le réaliste ajuste ses voiles.

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[Septembre 1997] - Une journée de rêve.

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