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[Août 1997] Nouveau maître des potions

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MessageSujet: [Août 1997] Nouveau maître des potions Lun 6 Juin 2016 - 19:22

La rentrée était le lendemain et déjà, on pouvait sentir une sorte de fébrilité nerveuse dans presque tout le monde sorcier. Severus claqua à moitié la porte du bureau directorial puis s'assit sur les quelques marches de pierre, reprenant son souffle alors qu'il n'avait accompli aucun autre effort que de répondre très vite à un journaliste puis de filer. La rentrée, demain... Demain, enfin, ils arrivaient à la dernière ligne droite, les derniers mois avant que tout ne s'arrête enfin. Potter et son idiot de copain étaient partis avec Granger, c'était bon, ils étaient à la recherche des derniers Horcruxes. Rogue devait bien avouer qu'au début, il avait eu mal à les suivre, puis il avait lui aussi trouvé ses repères, s'aidant surtout du tableau de Phineas Nigellus Black. Ironie du sort, c'était un Black qui lui servait aujourd'hui d'allié le plus précieux. Le nouveau directeur étouffa un rire cynique et un peu désespéré en fourrant son visage dans ses mains, songeant que sa vie était devenu encore plus pathétique pour qu'il en arrive à considérer un tableau comme son meilleur allié. Hélas, maintenant que Dumbledore était mort, il ne lui restait plus que cela. Le tableau de Black et le tableau du vieux barbu lui-même. Jamais la solitude ne lui avait autant pesé qu'en cet instant précis.

– On se laisse aller ? lança la voix grésillant de Phineas, derrière lui. Il n'est pas encore temps de dormir.

– Si seulement je pouvais me laisser aller un peu, grinça Severus en se levant. Mais vous avez raison, ce n'est pas encore le bon temps.

Se relevant, Severus inspira profondément, regardant autour de lui, son regard noir et presque fiévreux survolant les fragiles et étranges instruments de verre laissés par Dumbledore, les différents portraits des directeurs et directrices précédents, les centaines de livres, le perchoir où somnolait Fumseck, le choixpeau posé sur une étagère dans un coin, la vitrine contenant la réplique de l'épée de Godric Gryffondor, le bureau encore couvert de quelques documents et lettres abandonnés. Ce bureau avait le don de lui coller des frissons, alors que lui revenaient en mémoire les dernières et terribles conversations qu'il avait eu ici avec Dumbledore. Et dire que le binoclard décoiffé s'activait, dehors, à rechercher les Horcruxes sans même savoir qu'il courait lui aussi à sa propre perte. Il s'acharnait dans une lutte mortelle dont il ne verra de toute façon jamais la fin car il mourra avant de fêter la victoire. C'était risible, on se servait de lui comme d'un vulgaire outil, un outil qui sera jeté dès la victoire obtenue, un outil qui ne servait qu'avant de filer vers sa propres destruction. Severus avait protégé ce gamin pour qu'il meurt au bon moment, rien de plus ! Cette idée lui donnait envie de vomir. Qu'avait-il donc fait pour elle, que pourra-t-il lui dire, lorsqu'il la reverra dans la mort ? Qu'il avait pu protéger son unique enfant, oui, mais dans l'unique but de le regarder mourir lors de la dernière bataille ?

Et ces trois gamins, ils étaient partis sans avoir la plus petite idée des ténèbres qui les attendaient. Cela faisait bien mal à Severus d'admettre cela mais il était soulagé de savoir la fille Granger avec eux, les deux autres ne survivraient même pas une semaine sans elle. Black l'avait informé qu'ils s'étaient réfugiés au Square Grimaud, pour le moment, son tableau avait été décroché de la chambre. Peur d'être espionnés ? Ils avaient parfaitement raison, c'était pour leur propre bien. Severus soupira puis se rapprocha de la Pensine, tendant un peu la main avant de se rétracter. Il avait un rendez-vous, dans peu de temps, ayant fait appeler Slughorn pour lui confier la direction de la maison Serpentard. Une nouvelle preuve qu'une page de l'Histoire était bel et bien tournée et que la fin approchait. Cette école lui manquera tout de même... Il avait été heureux, ici, peut-être bien plus heureux qu'il ne l'avait jamais été dans toute son existence. Il devait encore tenir quelques mois, un an peut-être. Encore une année entière à jouer un double-jeu perpétuel et, désormais, entièrement seul. Il pinça les lèvres pour refouler tout sentiment, avec un regard aussi agacé que triste vers le tableau de Dumbledore. Ce vieux cinglé lui manquait autant qu'il le détestait, ce qui était très perturbant.

– Entrez, lança-t-il en entendant qu'on frappait à la porte.

Severus se recomposa son visage habituel, froid, distant et impassible, en une fraction de seconde, par la force de l'habitude. Droit, glacial, une allure de chauve-souris, cette image ne le quittait quasiment jamais, un masque repoussant destiné à éloigner tous ceux qui voudraient l'approcher de plus près. Dumbledore avait été le seul à le voir afficher la moindre émotion, à le voir pleurer. Il salua Slughorn lorsqu'il entra dans la pièce, à moitié tourné vers lui.

– Poudlard va beaucoup changer, cette année, commença-t-il en guise de préambule. Pouvez-vous reprendre votre poste de directeur de Serpentard, à présent ?

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MessageSujet: Re: [Août 1997] Nouveau maître des potions Mar 7 Juin 2016 - 12:08

L'Histoire a toujours su trouver en ses acteurs des hommes et des femmes singulièrement faits de toutes les nuances possibles. Si bien d'ailleurs que l'on raconte souvent que les hommes font l'Histoire, mais qu'ils ne savent pas quelle Histoire ils font.
En d'autres termes, en de tels moments importants, on avait plus que d'habitude l'impression que les choses étaient d'une normalité affligeante. On ne se rendait pas véritablement compte que le monde connaissait de si grands changements. On comprenait souvent bien trop tard, après coup, que l'histoire ne faisait guère de bons et de méchants. Chaque camp avait son lot d'horreurs ; chaque camp avait sa propre idéologie et l'envie inébranlable de gagner. Mais par dessus-tout, chaque camp avait en son sein des êtres humains qui, s'ils devenaient mythes ensuite, n'en demeuraient pas moins mortels et sujets aux défauts de la condition humaine.
L'Histoire se faisait bien trop souvent à leur détriment, sans qu'ils ne se rendissent totalement compte de ce qui se passait autour d'eux. Pour les plus proches des camps en opposition, voire pour ceux qui les composaient, les choses étaient nettes - du moins, la plupart du temps. On avait la sensation de faire de grandes choses, on se battait quotidiennement, certains mouraient. Dans sa plus grande cruauté, l'Histoire apparaissait nette aux yeux de ceux qui la faisaient, même si elle était devenue une criante banalité. On s'était habitué à elle, si bien que le quotidien était fait de choses exceptionnelles aux yeux de ceux qui étaient le plus éloignés de ces grands moments.
Pour eux, la vie continuait. Parfois, on ignorait même ce qu'il se passait véritablement ; il arrivait enfin qu'on ne se rendît compte de rien, si bien qu'on passait à côté d'un moment fondateur de l'Histoire. Le manque de distance allait de pair avec le manque de réflexion, créant un sensible fossé entre l'Histoire et l'humanité.

Horace Slughorn faisait partie de ceux qui n'avaient pas le choix de voir la réalité en face. Plongé dans une retraite dorée entre 1981 et 1995 - suivie certes d'une année de clandestinité, puis de retour dans un Poudlard sur-protégé et coupé du reste du monde de 1996 à 1997, la mort de son ami Dumbledore lui avait soudainement remis les pieds sur terre. Débarrassé de son lourd secret, il avait comme l'impression de sortir d'une longue léthargie ; comme si, au final, il avait passé bien des années à passer à côté de la réalité du monde, et de sa propre réalité.
A nouveau livré à lui-même, le Maître des Potions apparaissait soudainement plus courageux, sa bonté humaine prenant le dessus sur les peurs idiotes qui l'avaient parcouru toute sa vie durant. Bien qu'il ne fût pas affilié directement à l'Ordre du Phénix, il en épousait les idées. Tout du moins, sa présence à Poudlard laissait entendre qu'un surplus de courage était arrivé au bon moment.
Les choses se faisaient cependant progressivement.
Car, depuis que les Mangemorts et leurs sbires avaient officiellement investi Poudlard, il demeurait cloîtré dans son bureau du sixième étage, empruntant très discrètement l'escalier secret qui le menait directement aux cachots. Amycus Carrow ayant repris le bureau habituellement réservé aux professeurs de Défense contre les forces du Mal, l'ancien bureau de Rogue - et de Slughorn, par conséquent, était resté vide. Slughorn y était même entré, après le déménagement de tous les effets personnels du nouveau Directeur de Poudlard. Les murs étaient à nouveau apparents ; plus aucun bocal ne les cachait. Le vieux Maître des Potions se rappela soudainement de cette soirée en compagnie de Tom Jédusor, soirée désastreuse où il avait commise la plus grande erreur de sa vie. Ainsi dépouillé, le bureau renvoyait à Slughorn sa difficile réalité, le replongeant dans un passé qu'il savait trop violent. Il était alors vite sorti du bureau vide.

Aussi, entre les nombreuses heures passées à faire des recherches en Potions dans sa salle de classe et la préparation de ses cours dans son bureau, Slughorn n'était qu'un nom pour beaucoup. McGonagall, Chourage ou Flitwick se montraient même plus courageux, n'hésitant pas à préparer la rentrée comme si Dumbledore était toujours là, passant outre les potentielles directives de Rogue et des Carrow. Pour beaucoup de professeurs, McGonagall faisait toujours office de Directrice-Adjoint et on avait bien plus l'impression que c'était à la nouvelle direction qu'incombait la tâche de collaborer avec le reste de l'équipe plutôt que l'inverse.
Quant à Slughorn, il ne recevait plus.
Le Ministère, tombé, était corrompu et devenu très ouvertement raciste. Beaucoup de ses relations avaient tout bonnement disparu, soit par le fait de Voldemort, soit à cause d'une fuite soudaine. Il lui était apparu certain que Le Club de Slug' n'avait aucune raison apparente de continuer ses activités. Soucieux de ne pas être accusé de complotisme ou d'espionnage, Slughorn ne souhaitait plus s'investir dans un quelconque groupe. Le plus paradoxalement possible, donc, le vieil homme se coupait du monde alors qu'il n'avait désormais plus aucun secret à porter. Et en vérité, c'était le poids de sa condition sur cette terre qu'il avait soudainement à porter ; car, longtemps reclus dans la mondanité, Horace Slughorn avait fini par se perdre lui-même et à ne plus connaître ses véritables valeurs propres.
Il demeurait certain qu'il n'en était pas moins Horace Slughorn, social, excentrique, jovial. Mais cette jovialité mondaine était arrivée à son extrémité les années précédentes, montrant que le Maître des Potions n'avait qu'une seule idée en tête, aussi inconsciente fût-elle: oublier la difficile réalité.

L'une de ses principales passions n'en avait cependant pas moins été tarie.
Tout au contraire.
Le lendemain, les élèves reviendraient à Poudlard. Le véritablement combat commencerait. Tous étaient d'accords, chacun savait sa mission. Et Slughorn, en Maître des Potions inébranlable, savait dores et déjà comment utiliser certaines potions en cas de graves menaces. A Poudlard, les Carrow étaient en vérité ceux qui étaient les plus menacés. Tout n'était qu'une question de travail sur le long terme. Car il suffisait à Slughorn de verser du poison dans les verres des Carrow et de Rogue pour qu'au moins un des trois mourût, voire deux et si possible les trois - bien que les connaissances en Potions pouvaient s'avérer être très grandes lorsqu'il s'agissait de Rogue. En vérité, les membres les plus proches de l'Ordre du Phénix - voire même ceux qui en faisaient partie, laissaient Potter faire son chemin et s'assuraient des arrières. Il était plus dangereux pour l'Elu de tuer Rogue et les Carrow tout de suite ; cela l'était surtout pour les élèves. Aussi fallait-il redoubler de ruse, de prudence et de double-jeu.
L'enseignement n'en demeurait pas moins une des grandes passions de Slughorn. Et le retour des élèves apportait une certaine joie à des journées devenues bien monotones. En protégeant les élèves, l'ensembles de professeurs s'assurait de la survie des jeunes générations et mettaient en échec Voldemort. La propagande raciste qu'il mettait en place par le Ministère trouverait un rempart solide à Poudlard.

Slughorn s'était ainsi assuré durant toute la matinée que tout serait prêt pour la rentée.
Les bocaux étaient remplis de tous les ingrédients mis à jour, rien n'était périmé et tout était bien propre. Les ustensiles lavés, notamment des chaudrons que tant d'élèves s'étaient affairé à nettoyer sous Rogue - punition que Slughorn jugeait ingrate, humiliante et contre-productive puisque la plupart des chaudrons étaient à reprendre après.
Les élèves seraient donc accueillis dans toutes les conditions nécessaires à leur bien-être, et Slughorn en était plus que ravi. Les potions lui semblaient un art délicat, fait dans la minutie mais également dans une certaine quiétude nécessaire à la concentration et à l'application. La magie intervenait dans cette préparation. Il n'était plus tant question de maîtrise des ingrédients, bien d'une oeuvre d'art que l'on réalisait avec le plus grand soin. Aussi fallait-il une certaine atmosphère accueillante, calme et reposante.
Aussi, une fois la salle apprêtée comme il se devait, le Maître des Potions entreprit sa longue et périlleuse ascension en direction de son bureau, là où il régnait avec la plus grande parcimonie, grand et omniscient démiurge du sixième étage.

Dumbledore, en effet, lui avait aménagé un escalier secret qui reliait son bureau du sixième étage aux cachots, lui évitant de croiser des personnes qu'il ne voulait pas voir et épargnant à ses nombreux et douloureux rhumatismes l'épreuve de la multitude de couloirs et d'escaliers présents dans le château.
Aussi avait-il commencé sa bien délicate montée au coeur de cet étroit escalier en colimaçon - Dumbledore n'avait-il plus assez de talents pour lui installer un escalier un peu plus praticable? - tandis que le vieil homme ne cessait de souffler, pester et étouffer face à la difficulté de la tâche.
Et tandis qu'il avançait toujours péniblement, il fut soudainement stoppé par une petite forme vivante qui lui barrait le passage.

« Sacrebleu ! Vous m'avez fait peur ! s'exclama-t-il en découvrant un petit elfe de maison qui, au vu de l'odeur qui l'entourait et de la farine éparpillée sur son unique vêtement, devait être en train de s'affairer, comme tous ses congénères, dans les cuisines de Poudlard pour la rentrée.
Pardonnez Gikri, honorable Professeur Slughorn. L'honorable Professeur Rogue a demandé à Gikri de donner ceci à l'honorable Professeur Slughorn, pour que l'honorable Professeur Slughorn le lise.
Oui, oui, oui, très bien. Merci.
»

Le Maître des Potions s'empara du morceau de parchemin, tandis que l'elfe disparaissait en un clin d'oeil, pressée de retourner aux cuisines.

Une convocation écrite de la main de Rogue lui sommait de venir le voir dans son tout nouveau bureau directorial.
Slughorn semblait soudainement très concentré, ayant oublié les grimaces causées par la difficile montée des escaliers. Il relut le papier et fut étonné que ce ne fût pas un des deux Directeurs-Adjoints qui le convoquait - la tradition voulait alors que le Directeur fût quelqu'un de très occupé si bien que c'était au Directeur-Adjoint d'effectuer les tâches courantes et de vie scolaire.
Il souffla un instant, soudainement pris d'impatience face à une dure réalité: son escalier ne le menait qu'aux cachots et au sixième étage. Il lui faudrait parcourir un chemin qu'il n'avait pris récemment qu'une fois: la soir de la mort de Dumbledore.

Une fois qu'il eut traversé de nombreux couloirs, il se retrouva face à l'entrée du bureau.
Ses pensées, pendant tout le long de sa marche, avaient pris le dessus.
Il avait mis de côté Rogue pendant toutes les vacances, persuadé au début qu'il ne le reverrait plus à Poudlard et surtout certain qu'il ne se deviendrait pas Directeur de Poudlard. Mais il était bien obligé de s'avouer qu'il s'était trompé. Rogue était de retour, et avait remplacé Dumbledore - et McGonagall, au pied levé.
Il frappa, et il entra.

« Bonjour, Severus, lança-t-il au nouveau Directeur, tandis que ce dernier semblait s'être passé de cette politesse. »

Slughorn avait prononcé le prénom de Rogue avec une certaine froideur, chose peu commune chez lui, comme un professeur qui sermonne un élève bien trop dissipé.
Les deux hommes avaient enseigné la même discipline à Poudlard. Rogue avait même été l'élève de Slughorn, avant de lui succéder. L'élève s'était comme construit en opposition au maître. Rogue était aussi froid que Slughorn chaleureux, portait en lui une rigueur qui contrastait avec l'excentricité de son ancien professeur. Tout jusqu'à l'apparence physique les opposait. Au costume trois-pièces en tweed marron de Slughorn, Rogue opposait un complet noir, cape et veste mi-longue comprise.
Il l'observa quelques instants, puis lui répondit.

« Si personne ne souhaite les prendre, je le ferai volontiers. Mais qu'on ne compte pas sur moi pour les valoriser au détriment des autres. Jamais, au grand jamais je ne l'ai fait durant toute ma carrière. Je ne fais jamais que repérer les élèves qu'à leurs mérites et à leur intelligence. »

Slughorn semblait avoir eu le besoin de rappeler qui il était, de rappeler le Club de Slug', de rappeler cette élite de Sorciers qu'il avait contribuée à faire entrer dans la société. Club au sein duquel Rogue lui-même avait été admis. Le rappel des mérites et de l'intelligence ne tomberait donc pas dans l'oreille d'un sourd.

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MessageSujet: Re: [Août 1997] Nouveau maître des potions Mer 8 Juin 2016 - 15:52

En revoyant Slughorn, Rogue se demanda s’il allait oui ou non accepter d’intégrer l’Ordre du Phénix, à présent que Dumbledore était mort et que l’organisation avait perdu pas mal de membres. Il avait refusé l’année précédente, c’est vrai, et maintenant ? Cela dit, qu’il le fasse ou non, ça ne changera plus grand-chose dorénavant. L’Ordre n’était pas la seule organisation clandestine, très loin de là, même s’ils se plaisaient à croire que oui. Les personnes agissant isolées et dans l’ombre étaient bien plus nombreuses que quiconque voulaient le croire. L’une d’elles, par exemple, était un vieillard assez revendicatif qui avait eu affaire à Voldemort, au temps où il se nommait encore Tom Jedusor, et lui gardait une rancune vivace. Il avait passé sa vie toute entière à rechercher un moyen de le détruire à jamais. En ce moment-même, Rogue savait qu’il avait déjà perpétré plusieurs attaques contre des mangemorts, dont quelques unes avaient très bien réussies. Lui, au moins, avait compris depuis très longtemps qu’agir sans se faire voir sera toujours plus discret que de s’afficher bien comme il faut, comme les membres de l’Ordre. Et dire qu’ensuite, ils s’étonnaient de mourir aussi jeunes et surtout aussi vite. Tous étaient déjà fichés au Ministère et la plupart, comme Weasley, ne réalisaient même pas à quel point ils étaient surveillés. Risible.

– Si personne ne souhaite les prendre, je le ferai volontiers. Mais qu'on ne compte pas sur moi pour les valoriser au détriment des autres. Jamais, au grand jamais je ne l'ai fait durant toute ma carrière. Je ne fais jamais que repérer les élèves qu'à leurs mérites et à leur intelligence.

Il comptait donc continuer ses petites réunions profondément ennuyeuses et inutiles avec des gamins dont la plupart n’y venaient qu’en espérant faire de bonnes rencontres ? Si cela suffisait à devenir un adulte épanoui, beaucoup d’autres élèves se seraient battus pour entrer dans ce fichu club. Rogue se retint de lever les yeux, la colère habituelle face à ce genre de situations revenant au galop. La même envie terrible et brûlante de hurler à tous d’apprendre à se battre, à se soigner, à se défendre, à ne pas agir bêtement, l’envie si féroce de crier à tous d’arrêter de se comporter comme de parfaits imbéciles ! Celui qui veut agir doit se moquer qu’on le considère comme membre d’un camp ou d’un autre, la seule chose qui compte est la victoire, atteindre ses buts, peu importe ce qu’il faudra accomplir sur le chemin, peu importe qui ou quoi il faudra affronter, peu importe ce qu’il faudra sacrifier, peu importe que la terre toute entière vous crache dessus ou vous considère comme le dernier des déchets.

– Tant que vous y êtes, apprenez aussi à tous les gamins la discrétion, la patience, à étouffer sa fierté le temps d’atteindre ses buts, répondit-il d’un ton cynique, avec un mélange de colère et de lassitude. Il n’y a qu’un seul Serpentard qui a commencé à apprendre ça, pour le moment.

Il s’interrompit en entendant le ricanement amusé et étouffé qu’avait lâché par mégarde Phineas Black. Le petit homme sur le portrait avait plaqué une main sur sa bouche mais son regard brillait tout de même d’une ironie mal dissimulée. Il avait de quoi rire, en effet, Drago avait plus ou moins réussi son trajet jusqu’à la fin, seul Rogue et Dumbledore avaient pu suivre correctement ses actes et l’avancée de son projet. Ce n’était qu’à la toute fin qu’il avait perdu ce fil conducteur et que son côté raisonnable et réfléchi avait repris le dessus. Ce gamin pourra se vanter de lui avoir collé pas mal d’insomnies et d’inquiétudes, s’il réalisait un jour ou l’autre les efforts qu’avaient dû déployer Rogue pour toute cette histoire. Aurait-il pu tuer Dumbledore, si personne ne s’était interposée ? Au fond, Severus ne le pensait pas… Drago avait beau être conditionné dès le plus jeune âge, il était pas mal secoué depuis deux ans et son regard avait parlé pour lui, cette nuit-là, il n’aurait pu aller jusqu’au meurtre. Le directeur l’avait su, depuis le début, le jeune Malefoy n’est pas un assassin, contrairement à son abruti de père.

– Il y aussi deux élèves ayant un petit problème avec la pleine Lune, cette année encore, il faudra y faire attention, reprit-il. Je leur ferai leur potion. Et en parlant de potions, vous en avez sûrement préparé quelques unes pour m’empoisonner, ainsi que les Carrow. Vous et la moitié du pays, sans doute. Vous savez que devez être discret, n’est-ce pas ? Ce serait dommage que vous vous attiriez des ennuis avec certaines personnes.

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MessageSujet: Re: [Août 1997] Nouveau maître des potions Mer 8 Juin 2016 - 18:37

Severus Rogue ne parlait pas pour rien dire. Et même si tous les professeurs de Poudlard et tous les élèves s'accordaient pour dire que bien des remarques du nouveau Directeur de Poudlard étaient facultatives, ses paroles avaient toujours la capacité de percer toutes les carapaces.
Grand être en souffrance, pensait souvent Slughorn, bien qu'il ignorât tout des secrets de l'ancien Maître des Potions.
Quoi qu'il en soit, Slughorn avait suffisamment de maîtrise en Occlumancie pour pouvoir repousser les potentielles attaques de Rogue. Dumbledore s'était lui-même heurté à un mur solidement construit depuis les révélations qu'il avait faites à Voldemort. Maîtrise telle qu'il en était arrivé à modifier ses propres souvenirs, chose que peu de sorciers arrivaient à faire. Aussi lorsque l'apparent Mangemort et nouveau Directeur de Poudlard continua sur les potentiels empoisonnements, Slughorn sut que ce n'étaient là que des suppositions bien appuyées de Rogue. Suppositions qui amusèrent quelque peu le vieux Maître des Potions qui, bien que conscient du danger que pouvaient représenter les Mangemorts, ne put s'empêcher de penser que tout cela n'était bien qu'un vaste jeu de dupes.
Slughorn, bien qu'ambitieux et excentrique, n'était pas idiot. A ceux qui se méfient des carapaces froides, il fallait souvent expliquer que les armures bouillantes étaient tout aussi dangereuses. Slughorn avait toujours su se tenir à l'écart des grandes décisions, tout en faisant en sorte de les influencer. De nombreuses fois on lui avait proposé d'intégrer le Ministère. Sous-Secrétaire d'Etat, Président du Magenmagot, toute une série d'offres lui avaient été proposées. Il les avait toutes refusées. Mais cela ne voulait absolument pas dire qu'il n'y connaissait rien en politique. Car, pour avoir fait entrer de jeunes politiciens en herbe dans les cercles de pouvoir, l'actuel Maître des Potions était un fin connaisseur des choses politiques.

Aussi, les mots de Rogue lui apparurent comme une certaine source de faiblesse. La paranoïa n'avait jamais rien crée de bon, si ce n'est destruction des pouvoirs les plus tyranniques. Si Rogue se sentait dores et déjà en danger, alors les choses ne se feraient pas sans douceur, à Poudlard.
Slughorn savait que les accusations de Rogue ne portaient pas sur quelque chose de clairement établi, ni même de vérifiable. Ce n'étaient là que des doutes, qui certes n'étaient pas faux et qui ne dissuadaient pas le Maître des Potions, mais qui montraient que Rogue tentait d'attaquer avant même de prendre la mesure des choses. Il apparut soudainement aux yeux de Slughorn comme un animal blessé, qui ne peut plus qu'attaquer tant il est isolé face à ce qui lui semble être les principales sources de danger.
Il y avait aussi quelque chose de lâche, dans les mots de Rogue. Lâche, un adjectif que l'on avait beaucoup entendu à propos de Rogue, le soir de la mort de Dumbledore. De la bouche de Flitwick, de McGonagall mais même de Potter lui-même, lui qui avait assisté bien malgré lui et impuissant à l'assassinat de Dumbledore.
Lâche, car Rogue savait que Slughorn n'était pas un membre de l'Ordre du Phénix. Il avait lu trop de philosophes stoïciens pour l'être, et manquait sûrement aussi cruellement de courage pour ne pas prendre le risque d'y être. D'autres s'y trouvaient, notamment et surtout en la personne de McGonagall, largement soutenue par Hagrid, Flitwick et Chourage. Quatre professeurs de Poudlard qui, réunis, étaient bien plus à craindre qu'un Slughorn isolé. Le Maître des Potions comprit donc que Rogue tâchait ici de le déstabiliser, s'en prenant au maillon le moins sûr de la chaîne. Or, des mois étaient passés depuis la mort de Dumbledore et Slughorn ne portait plus de lourd secret.

Le vieil homme se battit cependant contre lui-même pendant quelques secondes, cherchant à ne pas céder à la panique totale.
Deux Mangemorts avaient tenté de le recruter, au début de l'été 1994. Bien que peu influents et aux pouvoirs limités, ils avaient engagé un duel contre Slughorn. Si le vieil homme refusait de venir de son plein gré, il fallait l'amener de force. Aussi le Maître des Potions avait du redoubler de puissance pour les affronter tous deux. Se battre contre des Mangemorts ne lui faisait guère peur ; on pouvait même comprendre que c'était une vie clandestine qui l'affolait bien plus. La menace de Rogue lui sembla donc comme lancée pour la forme, histoire de dire qu'elle avait été bien lancée. A n'en pas douter, Slughorn était le premier des professeurs de Poudlard à qui il s'adressait depuis son retour en tant que Directeur. L'ancien Professeur de Potions et de Défense contre les forces du mal tentait donc d'imposer son image. Chose périlleuse, surtout quand on cherchait à le faire auprès de son ancien professeur qui, malgré tout, avait contribué à façonner qui on était.
Slughorn se racla la gorge, resserra son noeud papillon avec une vitesse telle qu'on pouvait y voir une certaine forme de manie, et répondit à Rogue avec une voix sensiblement neutre.

« Allons, Severus, ne sombrez pas si vite dans la paranoïa. Vous savez qu'elle commet bien des dommages quand elle s’immisce dans la tête des dirigeants. Et c'est désormais ce que vous êtes dans ce château, n'est-ce pas? Slughorn eut un petit sourire, qui n'avait cependant rien de sournois. Il lui était difficile d'être malveillant, volontairement ou non. Et puis, je vous sais intelligent. Vous vous doutez que si quiconque cherchait à attenter à votre vie, vous vous en seriez déjà rendu compte. »

Ce qui était absolument vrai.
Ils étaient beaucoup à vouloir tuer Rogue, mais bien plus à vouloir se débarrasser des Mangemorts. Et bien qu'il eût tué Dumbledore, Rogue bénéficiait encore d'un certain effet de surprise. Beaucoup ne comprenaient pas, même si les trahisons sont choses communes en temps de guerre civile. Dumbledore n'en demeurait pas moins quelqu'un d'intelligent, qui avait compris un certain nombre de choses sur ce qui l'entourait et qui avait une confiance en Rogue aussi inébranlable que celle qu'il avait en Potter.
Rogue, et surtout son attitude, faisaient figure de mystère. Certains avaient même peur de mettre à mal les plans de Dumbledore s'ils s'en prenaient à sa personne. Comme espion, Rogue avait une couverture délicate à porter et beaucoup ignoraient tout de l'identité et des motivations réelles du nouveau Directeur de Poudlard.

Rogue aborda également le problème des élèves lycanthropes.
Deux Maîtres des Potions à Poudlard, cela pouvait poser quelques problèmes.
En réalité, Rogue était un sorcier aux facultés extraordinaires. Un jeune Dumbledore, l'ambition du pouvoir démesurée en moins. Aussi, bien qu'il s'était désormais tourné vers l'enseignement des Magies Occultes et de la défense qu'on pouvait - ou devait - adopter contre elles, il n'en demeurait pas moins un potionniste de talent.

« Je préparais celles de l'année dernière. Ne me faites-vous donc pas confiance? Slughorn attendit quelques instants. Dumbledore le faisait, pourtant. Sauf si vous n'avez pas les mêmes certitudes que votre prédécesseur, je ne vois aucun mal à ce que je continue à préparer les Tue-Loups nécessaires à leur bonne santé. Et puis... Slughorn sembla soudainement plus indécis, gêné par ce qu'il avait à dire. Nous entendons beaucoup dire que... que votre Maître a bien besoin des jeunes lycanthropes pour combler ses rangs. Il va sans dire que leurs parents vont craindre un potentiel... empoisonnement. Le Maître des Potions toussota. Mais ce ne sont là que d'humbles observations d'un rompu aux considérations sociales qui entourent bien souvent le traitement de certaines maladies par les potions magiques. »

Selon les informations diffusées et avérées par le Ministère de la Magie, c'était bien Harry Potter qui avait tué Dumbledore. Information d'ailleurs bien soutenue par Dolores Ombrage ; la même Dolores Ombrage qui s'était rendue à l'enterrement du feu Directeur de Poudlard sans s'offusquer publiquement de la présence de Potter et de l'absence de Rogue.
En convoquant la mémoire de Dumbledore, Slughorn rappelait à Rogue cette thèse officielle. Car, en effet, Rogue restait dans la lignée de Dumbledore officiellement. Rien n'avait changé. Un Directeur de Département était devenu Ministre de la Magie, le plus naturellement du monde. Tout n'était qu'une affaire de continuité et c'était là le coup de maître de Voldemort qui avait réussi à imposer une dictature le plus calmement et sereinement possible.

« Mais je comprendrais tout à fait que vous ne fassiez plus que confiance en vous et en vos Directeurs Adjoints. Comme vous l'avez si bien dit, les choses changent. Nous sommes en guerre, et l'Indésirable numéro un a fait partie de mon Club. Tout comme vous, par ailleurs. »

Le Maître des Potions leva la tête et observa les nombreux tableaux de Directeurs de Poudlard.
Celui de Dumbledore était plongé dans la pénombre, comme la plupart des autres, le bureau ayant pris les teintes propres à la personnalité de Rogue.
Pendant un instant, Slughorn eut l'impression que le portrait les écoutait, qu'il se privait de commenter les paroles de son ami. Car si Dumbledore était bel et bien mort, sa voix importait encore, à travers ce portrait de lui. Pourtant, il ne s'était jamais fait aussi discret que récemment. McGonagall n'avait jamais pu le trouver réveillé, et il semblait encore plongé dans un sommeil de titan.

« Quoi qu'il en soit, vous serez aimable de bien vouloir me transmettre l'entièreté des dossiers scolaires des Serpentard. Je n'ai rien trouvé dans votre bureau des cachots, qui a été entièrement vidé il y a peu. »

Slughorn restait professionnel.
Et si Dumbledore avait dû entreprendre toute une mystification pour le faire revenir à Poudlard, le vieux Maître des Potions adorait son métier. Et dès qu'il s'y trouvait à nouveau, il mettait tout en oeuvre pour assurer la bonne marche des choses.
Aujourd'hui, plus que jamais.

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MessageSujet: Re: [Août 1997] Nouveau maître des potions Sam 11 Juin 2016 - 18:00

Slughorn n’allait tout de même pas se vexer pour la question des gamins loups-garous ? Ce n’était pas là une question de confiance, simplement un détail dont le nouveau directeur voulait régler au plus vite la question afin de ne plus avoir à s’en soucier. Pour sa part, glisser un petit somnifère dans la potion pour garantir que les gamins, transformés ou non, restent bien enfermés dans leur coin à dormir, ne lui posait aucun problème de conscience. Cependant, il doutait que son ancien professeur apprécie cette solution. Le vrai nœud du problème arriva cependant bien vite par la suite. Craindre un empoisonnement… Oui, ils avaient tout à fait raison, ils avaient de quoi avait peur de cela, car après tout, Rogue était un mangemort déclaré et on le désignait comme un des plus proches du Seigneur des Ténèbres. C’était là une façade de plus sur laquelle le public pouvait s’angoisser, comme s’il n’y avait déjà pas assez de sujets disponibles. Et il devait les protéger, ces gamins qui arriveront déterminés à combattre ou bien morts de peur, au château cette année. Les protéger contre eux-mêmes, parfois. Le courage était bien beau, cependant, s’attaquer frontalement aux Carrows aura des conséquences bien plus graves qu’une simple retenue. S’il fallait les punir, ce devra être en trouvant des choses assez fortes aux yeux des mangemorts tout en écartant tout ce qui pourra potentiellement causer leur mort.

Cela dit, les autres professeurs aideront aussi, sans aucun doute, pour ce sujet. Que ce soit Slughorn ou la vieille McGonagall, ou d’autres professeurs, membres ou non de l’Ordre du Phénix. Ce sera sûrement McGonagall qui Potter contactera la première lorsqu’il reviendra dans les parages. Dumbledore était convaincu qu’un des Horcruxes était camouflé dans le château même s’ils n’avaient jamais pu savoir lequel et où. Il y avait finalement si peu de lieux importants pour Voldemort et Poudlard en faisait parti, sans aucun conteste. Le vieux barbu parlait d’un des Horcruxes dissimulés alors que Jedusor était revenu demander un poste de professeur, une hypothèse qui n’était, somme toute, pas impossible. Lorsque Potter en arrivera à cette même conclusion, il reviendra à Poudlard et y attirera du même coup Voldemort. Cela risquait très fort de virer au combat général, entre les mangemorts, les membres de l’Ordre, les élèves engagés… Rogue devra trouver un moyen, au milieu du bazar, de tout révéler à Harry, de faire en sorte qu’il l’écoute et surtout le croit. Comment … ? Comment allait-il bien pouvoir faire ? C’était finalement cela qui sera le plus difficile, trouver comment tout révéler au gamin et le convaincre qu’il s’agissait bien de la vérité. Toute reposait là-dessus, sur ces souvenirs qu’il devait lui transmettre, ces heures de discussion avec Dumbledore. Lui avouer qu’il avait aimé sa mort. Trouver un moyen de tout lui dire tout en priant le ciel de mourir juste après, afin de ne pas voir la tête que tirera le gamin une fois qu’il saura tout.

– Mais je comprendrais tout à fait que vous ne fassiez plus que confiance en vous et en vos Directeurs Adjoints. Comme vous l'avez si bien dit, les choses changent. Nous sommes en guerre, et l'Indésirable numéro un a fait partie de mon Club. Tout comme vous, par ailleurs.

Hum ? Severus revint à la réalité et cligna des yeux, une main crispée sur le rebord de la pensine, regardant à nouveau Slughorn, dont il avait presque oublié la présence. De quoi, tout comme lui ? Il n’avait pas écouté. Enfin, peu importe. S’il continuait de s’occuper des potions Tue-Loup, libre à lui, ça laissera plus de temps à Severus pour s’occuper de ses propres affaires. Outre la gestion quotidienne de l’école, il devait aussi s’occuper de son rôle d’espion et de suivre les gamins partis à la poursuite des Horcruxes. Se redressant, Severus croisa brièvement le regard de Black, confortablement assis sur un fauteuil, sur son portrait, parfaitement éveillé, contrairement aux autres tableaux. La majorité des anciens directeurs et directrices dormaient profondément, sans remuer un cil, à moins d’une situation d’extrême urgence. Le portrait de Dumbledore, lui, était aussi pertinent et agaçant que l’homme qu’il représentait. Rogue avait parfois autant d’envie d’étriper ce fichu tableau qu’il avait eu envie d’étriper le vieillard en personne lorsqu’il vivait toujours. Et lui en riait souvent, continuant de donner parfois des conseils et directives. Voilà où on en était, à compter sur des tableaux. Il comptait également sur diverses personnes qui en feraient des attaques si elles savaient que Rogue leur faisaient entièrement confiance.

– Quoi qu'il en soit, vous serez aimable de bien vouloir me transmettre l'entièreté des dossiers scolaires des Serpentard. Je n'ai rien trouvé dans votre bureau des cachots, qui a été entièrement vidé il y a peu.

Évidemment, il y avait eu des choses dans ce bureau qu’on ne laissait pas traîner à la portée de n’importe qui. Severus sortit sa baguette puis l’agita vers une autre table, non loin, pour faire apparaître les dossiers des élèves, tous sauf ceux de première année, bien évidemment. Il n’avait jamais été du genre à compiler des pages et des pages comme Flitwick, les dossiers étaient donc chacun courts, nets et précis, aucun blabla inutile ni d’annotations personnelles sur le travail ou le comportement, comme le faisaient ses collègues. Il n’y avait là que leurs résultats, leurs souhaits d’orientation pour les plus âgés, les coordonnées et quelques informations sur leur scolarité, point final. A quoi bon s’amuser à décrire la personnalité et le comportement de chaque élève ? S’il l’un deux se faisait plus remarquer, il fallait voir cela directement avec lui plutôt que de remplir des lieues de parchemins, pour se donner bonne conscience. Les seuls élèves sur qui Rogue avait véritablement veillé n’étaient finalement que deux, Potter et Malefoy. D’ailleurs, le dossier de Malefoy n’était même pas dans le tas. Rogue l’avait conservé dans son propre bureau afin d’y vérifier certaines informations. Il alla le chercher puis le déposa en plus sur le tas, rangeant ensuite sa baguette.

– Si vous acceptez de vous occuper des petits lycans, libre à vous, ajouta-t-il. En ce qui concerne les Serpentards, il n’y a pas grand-chose à en dire. La plupart seront simples à enrôler mais je n’ai pas pu tous les garder l’œil, certains ont pris plus de temps qu’initialement prévu. Leur niveau a baissé, dans l’ensemble… Vous avez l’intention de poursuivre vos clubs, cette année ?

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MessageSujet: Re: [Août 1997] Nouveau maître des potions Dim 24 Juil 2016 - 15:26

Les clubs?
La question de Rogue tombait à pic. Slughorn avait reçu quelques conseils précis de la part du Ministère de la Magie lorsque Scrimgeour y était encore à la tête. Quelques jours après, il disparaissait, sûrement cruellement assassiné par Voldemort. Quoi qu'il en soit, Slughorn avait reçu l'ordre de ne pas trop exposer les élèves et de ne pas encourager l'ostracisme souvent en vogue lors des guerres civiles. Des formulations bien politiciennes qui laissaient entendre qu'il serait avisé de laisser de côté le Club de Slug'. Un avis bien paradoxal quand on savait que la plupart de ceux qui l'avaient émis connaissaient succès et popularité depuis qu'ils avaient fait leurs armes dans le dit Club.
Qu'importait. Slughorn avait pris acte du conseil qui avait l'apparence d'un ordre et avait réfléchi très sérieusement à la question. Et ce fut plus la peur et l'envie de rester dans ses appartements que le souci de respecter la parole du Ministère de la Magie qui le poussa à ne pas organiser des soirées du Club de Slug, entre élèves, anciens élèves et personnalités célèbres.
Et désormais que Rogue et les Mangemorts étaient à la tête de Poudlard, la question ne se posait plus. Slughorn, en aucun cas, n'avait l'ambition de servir de tremplin aux Mangemorts en prenant le risque d'ouvrir un Club qui pourrait rapidement se transformer en une élite de Sang-Purs. Son nom ne pourrait être utilisé à tort et à travers, aussi valait-il mieux pour lui de ne pas songer à une réouverture.

Rogue devait en avoir conscience.
Celui qu'il avait eu comme élève était bien plus intelligent qu'il ne le laissait paraître. Si son armure de froideur et d'injustice prévalait auprès des élèves, Rogue avait un sens beaucoup plus accru de justice, de bienveillance et d'intelligence humaine qu'il ne laissait paraître. Bien évidemment, tous, Slughorn compris, ignoraient tout de son secret. Seul Dumbledore avait su quelque chose, et il l'avait emporté dans la tombe. Rogue demeurait un mystère pour tous. Un masque qui lui allait si bien qu'il avait fini par se fondre dans le visage même du nouveau Directeur. Rogue se contentait de cette image, de cette aura de noirceur ; elle lui permettait d'échapper à la difficulté de l'existence quotidienne. Être en souffrance, il était surtout l'une des personnes les plus complexes de ce monde. C'était cette complexité même qui le faisait souffrir et qui le poussait à se tenir à l'écart du monde.
Aussi, entrer dans son domaine était toujours quelque chose d'exceptionnel. Profane, on se sentait franchir la limite qui séparait du sacré. Rogue tenait tellement les gens à l'écart de lui et de son intimité que s'approcher de ce qu'il y avait du plus secret en lui tenait du miracle. Le trouver ainsi dans ce bureau si impersonnel, où tellement d'hommes et de femmes avaient vécu entourés des mêmes meubles, des mêmes bibliothèques et des mêmes tableau, le trouver ici semblait étrange. Rogue ressemblait ainsi à un animal sauvage soudainement mis dans une cage, dans un zoo. Une telle image ne donnait guère envie de diriger Poudlard.

« Je ne rouvrirai pas le Club de Slug' et je réfléchis encore aux activités possibles du Club de Science. »

Bien que sa voix contenait toujours une certaine émotion - il était impossible pour Slughorn de mentir, de cacher quelque chose trop longtemps, le vieux Maître des Potions avait répondu à Rogue avec un certain détachement, sans apporter de précisions supplémentaires. Il était évident pour Rogue que Slughorn ne continuerait pas, simplement parce que la plupart de ses anciens élèves avaient fuit le pays et que peu d'élèves ne souhaiteraient rejoindre un groupe où Londubat, Granger, Weasley et surtout Potter avaient trouvé place.

Slughorn s'approcha doucement du bureau de Rogue, pour venir y récupérer la pile des dossiers scolaires. On avait l'impression de voir une quelconque personne s'approcher à tâtons d'un chat qu'il souhaite caresser.
Et tandis qu'il approchait du bureau, il fit un petit sourire de convenance à Rogue, mimique qu'il ne pouvait s'empêcher de faire dès qu'il était dans une position jugée par sa propre personne comme difficile et périlleuse. Cela avait été une véritable mission que de venir près de Rogue pour prendre ces dossiers. Slughorn en aurait transpiré s'il n'avait pas eu une petite once de courage en lui.
Il regarda le premier nom qu'on pouvait lire. Drago Malfoy. Il avait disparu de Poudlard le même soir que Rogue et beaucoup pensaient qu'il avait été de ceux qui, du haut de la tour d'Astronomie, avaient piégé Dumbledore avant de lui donner la mort. Et à l'heure actuelle, le Maître des Potions ignorait totalement si le fils de Lucius Malfoy allait honorer les professeurs de Poudlard de sa présence.
Le vieil en homme en profita.

« Avez-vous des nouvelles de Drago Malfoy? Minerva m'a fait savoir qu'elle n'avait pas reçu sa demande de réinscription. Mais puisque désormais d'autres s'occupent des services d'inscription, Slughorn faisait ici mention des Carrow, pas plus réputés pour leur intelligence que pour leur sens de l'administration d'une école de Sorcellerie, elle n'a pas été en mesure de m'en dire plus. Le pouvez-vous? »

Drago Malfoy était lui aussi une forme de mystère.
Bien plus que son père, d'ailleurs. Lucius, lui, avait toujours suivi le sens de la marche de plus puissants que lui, tout en s'assurant qu'il pouvait lui-même avoir une certaine influence sur de plus faibles que lui. Ne pouvant être le premier d'entre ses pairs, il se contentait d'un rôle de second plan, lui le grand défenseur de l'honneur des Sangs-Purs, qui n'hésitait pas à prendre le dessus quand d'autres dominants se trouvaient en difficulté.
Slughorn avait fait entrer Lucius Malfoy dans son Club, lorsque ce dernier était son élève, à contre-coeur. Ce n'était que par le nom qu'il l'avait fait, le grand-père de Drago ayant une certaine réputation que le fils, puis le petit-fils, semblaient s'être engagés à détruire.
Quant à Drago, il était évident pour le vieux Maître des Potions qu'il était hors de question de songer un seul instant qu'il puisse entrer dans son Club. Un nom entaché par les meurtres des autres Mangemorts, un nom entaché par Azkaban, un nom que Slughorn ne pouvait plus voir dans son propre Club.
Des Malfoy ainsi tombés en disgrâce, puisqu'aucun de leur nom, que cela soit celui du père ou de la mère, ou même du fils, ne se trouvait dans le nouveau gouvernement voulu par Thicknesse. On n'entendait plus parler de lui, lui qui avait tant cherché à faire entendre son nom partout où il passait. Lui si proche de Fudge, il n'était désormais plus qu'un nom que beaucoup moquaient.

« Il est vrai que tous les professeurs ont été étonnés qu'il disparaisse le soir de la mort du professeur Dumbledore. Slughorn feuilletait le dossier de Malfoy, comme si ce qu'il disait était anodin, paroles sorties pour passer le temps. Personnellement, j'ai trouvé ce garçon taciturne, lorsque je l'ai vu suivre mes cours l'an passé. Vous a-t-il dit ce qu'il désirait faire, une fois ses études finies? En tout cas, ce ne sera pas vers les potions qu'il se dirigera ! Je me suis même demandé pour quelle raison il avait décidé de suivre mon cours. Ses résultats étaient honorables, mais sans plus. Le vieil homme referma le dossier. Je n'ai pas vu son nom sur les listes que l'on m'a données ce matin. Je suppose que s'il est revenu, il aura décidé de ne plus suivre le cours de Potions Magiques ! »

Malfoy, ne serait-ce que par son nom, était un pion en plus entre les mains de Voldemort. Et un pion potentiellement présent dans les couloirs de Poudlard représentait toujours un certain danger. Ainsi Slughorn cherchait à en savoir plus, afin de donner quelques informations à McGonagall le plus tôt possible sur la présence de Mangemorts supplémentaires dans l'Ecole.
Il demeurait toutefois certain que Poudlard deviendrait un lieu de passage. Voldemort y enverrait des Mangemorts, en reprendrait d'autres, ne serait-ce que pour provoquer un sentiment de peur chez les habitants de l'Ecole. Face à plusieurs Mangemorts aux visages changeants, les élèves de Poudlard feraient un double constat: celui de l'étendue des membres de l'armée de Voldemort et l'impossible occasion d'échanger quelque chose avec eux, ne serait-ce que quelques mots.

Slughorn fureta encore quelque peu dans la pile de dossiers qui lui avait été donnée, avant de souffler et de regarder Rogue.

« Bien, je pense que j'ai tout ce dont je peux avoir besoin, n'est-ce pas? Slughorn replaça noeud papillon, avant de faire mine de se rappeler de quelque chose. Oh ! Je suis idiot ! J'avais lu sur votre mot que vous aviez quelque chose à m'annoncer, à propos d'une apprentie en Potions Magiques. Vous prenez quelqu'un à votre charge? »

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MessageSujet: Re: [Août 1997] Nouveau maître des potions Mer 27 Juil 2016 - 20:23

– Je ne rouvrirai pas le Club de Slug' et je réfléchis encore aux activités possibles du Club de Science.

Parfait, un souci de moins, Slughorn avait donc bien prit la pleine mesure de la situation et comprenait que ce genre d’activités apparaîtra simplement suspecte. Severus était on ne peut plus satisfait d’être enfin convaincu de ce point, étant donné que son ancien professeur était l’un de ceux dont le nouveau directeur avait fortement douté de la pleine prise de conscience de la situation… Il s’était longuement demandé comment Horace allait réagir, si son goût des manœuvres politiques et de la fréquentation des personnes bien placées allaient influencer son jugement, s’il allait se laisser charmer comme il l’avait été par le passé. Severus avait sous-estimé la haine ou la peur de Slughorn envers les mangemorts, ce rejet le poussait à plus de prudence. Lorsqu’il s’approcha pour prendre les dossiers, le nouveau directeur le jaugea longuement du regard, les bras croisés, un air parfaitement impassible sur le visage. Il serait intéressant, cette année, qu’il oriente une partie de ses cours vers la médicomagie, les potions et philtres de soin, les onguents pour les blessures, ainsi que tout ce qui va relever des nombreuses antidotes contre les poisons, les sérums de vérité et ce genre de choses. Des notions qui pourront leur être utile, car, inutile de se leurrer, bon nombre de gamins risquaient d’avoir des ennuis on ne peut plus graves au cours de cette année, eux ou leur famille. En savoir un minimum pour se soigner, en urgence ou non, était essentiel pour l’année à venir.

Las, il ne pouvait dire cela à son collègue. Très frustrant. Collègue qui s’approchait bien doucement des dossiers, avec un petit sourire crispé. Qu’est-ce qu’il fichait, au juste, il avait peur de recevoir un sort ? Rogue allait lui faire la réflexion lorsqu’il se souvint qu’aux yeux du monde, il était l’assassin infâme de Voldemort, du moins aux yeux de l’Ordre et ses partisans. Se retenant de toutes ses forces de lever les yeux au ciel, il se contenta de le regarder prendre les dossiers, maudissant une fois de plus le vieux barbu et tous les plans qui avaient pu lui passer dans le crâne. Il était là dans son cadre, maintenant, derrière le bureau, à ronfler comme les autres tel un bienheureux. Jolie comédie, Severus savait très bien qu’il ne dormait jamais et ne loupait pas un seul mot prononcé dans ce bureau. Tout comme le tableau de Phineas, celui de leur précédent directeur faisait toujours semblant de ferler l’œil et d’être bien calme, dès lors qu’il y avait en ces lieux des personnes qui n’étaient pas censées les voir très actifs et réveillés. En le voyant sourire dans son « sommeil » avec ses lunettes lui glissant légèrement sur le nez, Rogue eut tout à coup une folle envie de transpercer ce tableau en lui hurlant qu’il en demandait toujours bien trop et qu’il n’était qu’un vieillard grinçant aux idées bien trop grandioses et incapable de comprendre que d’autres pouvaient ne pas suivre sa logique.

– Avez-vous des nouvelles de Drago Malfoy ? Minerva m'a fait savoir qu'elle n'avait pas reçu sa demande de réinscription. Mais puisque désormais d'autres s'occupent des services d'inscription, elle n'a pas été en mesure de m'en dire plus. Le pouvez-vous ?

Drago… Severus ne répondit pas tout de suite, confirmant simplement qu’il avait bel et bien effectué une démarche pour se réinscrire. Ou plutôt sa mère avait fait la démarche car elle jugeait que Poudlard, envers et contre tout, le seul endroit où son fils pourra véritablement être en sécurité. Qui pourrait lui jeter la pierre ? Que ‘école soit envahie ou non, Voldemort ne s’y était encore jamais déplacé en personne et il restait de fidèles alliés de l’Ordre, ici. Rogue savait qu’elle espérait que lui aussi continue de protéger son fils, même s’il n’était plus tenu par le Serment Inviolable, sa mission étant accomplie. Drago… Il était sans doute la seule personne sur cette terre pour qui Severus avait éprouvé un minimum de pitié. Ce gosse était né dans la mauvaise famille, éduqué par un père ignare, trop fier et surtout trop faible, entraîné dans un cycle infernal car Voldemort s’était servi de lui pour punir sa famille. Il avait eu bien du mal à le protéger, bien plus de mal qu’il n’en avait à suivre les traces de Potter aujourd’hui. La différence entre les deux restait, toutefois, assez importante. Potter avançait et ne pouvait pas se débarrasser de l’étiquette du gentil héros blanc qui devra affronter Voldemort tôt ou tard. Une étiquette ayant conditionné sa vie, l’ayant amené à un caractère et à une façon de se comporter que Rogue pouvait prétendre parfaitement connaître. Mais Drago, de son côté, avait tant perdu de repères l’année précédente qu’il était devenu plus imprévisible, comme un animal traqué et acculé. Il devra continuer à le surveiller étroitement.

– Il est vrai que tous les professeurs ont été étonnés qu'il disparaisse le soir de la mort du professeur Dumbledore. Personnellement, j'ai trouvé ce garçon taciturne, lorsque je l'ai vu suivre mes cours l'an passé. Vous a-t-il dit ce qu'il désirait faire, une fois ses études finies? En tout cas, ce ne sera pas vers les potions qu'il se dirigera ! Je me suis même demandé pour quelle raison il avait décidé de suivre mon cours. Ses résultats étaient honorables, mais sans plus. Je n'ai pas vu son nom sur les listes que l'on m'a données ce matin. Je suppose que s'il est revenu, il aura décidé de ne plus suivre le cours de Potions Magiques !

Rien de moins sûr, ce qui arracha un sourire légèrement ironique à l’ancien Serpentard. S’il continuait ses études, il devrait emprunter une branche qui nécessitait l’apprentissage des potions, et ce à un niveau plutôt élevé, pour ne pas dire expert. Un « garçon taciturne l’an passé »… En effet, traverser des mois en se demandant comment commettre un meurtre et employer tous les moyens possibles ne vous rendait pas particulièrement joyeux ou enclin à aller vers les autres. Slughorn continuait de fourrer le nez dans les différents dossiers, agaçant un peu Severus. Il n’y avait pas grand-chose à y trouver sinon les informations de base demandées dans toutes les écoles, qu’elles soient sorcières ou moldues.

– Bien, je pense que j'ai tout ce dont je peux avoir besoin, n'est-ce pas? Slughorn replaça nœud papillon, avant de faire mine de se rappeler de quelque chose. Oh ! Je suis idiot ! J'avais lu sur votre mot que vous aviez quelque chose à m'annoncer, à propos d'une apprentie en Potions Magiques. Vous prenez quelqu'un à votre charge ?

– Non, pas du tout, dit-il en s’écartant pour contourner le bureau. Concernant Malefoy, oui, j’ai pu deviner plusieurs choses concernant les carrières auxquelles il pense. Vous verrez cela avec lui si ça vous intéresse tant et s’il accepte de vous parler de ses projets. Je doute qu’il abandonne les cours de potions cette année, cependant.

Que Slughorn cherche à connaître plus étroitement ses élèves ou non n’était pas le problème de Severus, d’autant plus si l’élève concerné se nommait Drago Malefoy. Tout comme pour Potter, Rogue le surveillait déjà, ne le lâchant jamais véritablement. Plus parce qu’il en avait le serment ou parce que le jeune homme était emprisonné dans un traquenard du Lord noir mais simplement parce qu’il lui inspirait une certaine pitié. Severus avait toujours détesté Lucius, le trouvant aussi pitoyable que pathétique, cet absolu crétin n’avait jamais réalisé tout ce que Rogue avait dû faire pour son fils, tout ça car il n’avait jamais été fichu de l’élever comme il l’aurait dû. Debout près de son bureau, il tira d’une petite pile de papier la lettre reçue de Rowle, ainsi que son CV, accompagné d’une petite photo d’identité, épinglée sur le parchemin. Une candidature sur laquelle Severus était tombé par pur hasard et qui était apparue à point nommé… Cette fille pourra être utile, cette année, son profil correspondait à ce qu’il recherchait. Même si les Rowle étaient clairement une famille de mangemorts, ce n’était pas le sujet de l’affaire.

– Il va bien y avoir une apprentie en potions, cette année, reprit-il. Pas la mienne, cependant, la vôtre. Voici son dossier, elle sera à votre charge pour toute l’année, vous devrez l’aider à consolider ses connaissances. Ses bases sont déjà solides, comme vous pourrez le voir.

Si cette fille avait également la bonne grâce de secouer Slughorn dans son petit train-train quotidien et l’obliger à rester bien vif pour cette année, ce ne sera pas du luxe. Rogue lui donna tout ce qui concernait la petite apprentie, retenant à grande peine un large sourire teinté d’ironie.

– D’autres questions sur cette année ?

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MessageSujet: Re: [Août 1997] Nouveau maître des potions Jeu 4 Aoû 2016 - 11:48

Slughorn s'empara du dossier que lui tendait Rogue aussi vite qu'il fût possible pour lui de le faire. Les mots du nouveau Directeur de Poudlard n'avaient fait qu'un tour dans sa tête. On lui confiait, à lui, une apprentie. Slughorn n'en avait eu que lorsqu'il enseignait avant sa retraite, n'ayant pas souhaité en reprendre à son retour à Poudlard. Il avait justifié sa décision auprès de Dumbledore en invoquant son âge déjà bien avancé et sa volonté de se remettre progressivement dans le bain. Une réponse quelque peu évasive, qui ne fermait la porte à rien mais qui avait été correctement interprétée par Dumbledore.
Mais, visiblement, Rogue avait décidé de prendre une autre direction quant à l'interprétation à faire, estimant sûrement que Slughorn s'était à nouveau habitué à Poudlard et qu'il pouvait donc prendre à sa charge cette apprentie qu'il ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam.
A ce propos, il ouvrit le dossier pour découvrir qui allait le suivre pendant un an tel un enfant auprès de sa mère. Et le premier nom qu'il vit fut un nom qui ne l'encouragea guère à poursuivre sa lecture. Rowle Cassidy.
Rowle. Il avait déjà eu des Rowle, en classe, dont certains étaient même camarades de Rogue. Un nom qui ne signifiait pas seulement, pour Slughorn, d'anciens élèves peu remarquables par leurs capacités intellectuelles et leurs aptitudes à la science des Potions. Désormais, si on prononçait le nom de Rowle, on ne pouvait empêcher celui de Mangemort de suivre. Le visage de l'un d'eux avait même fait office de portraits peu ragoutants sur le Chemin de Traverse lorsque les partisans de Voldemort étaient encore considérés comme de dangereux criminels.

Le vieux Maître des Potions tenta de repenser à ce que venait de lui dire Rogue.
L'aider à consolider ses connaissances... Slughorn en consolidait déjà bien assez ! Ne pouvait-il pas, lui, le Directeur supplanté par deux Mangemorts et Voldemort en personne se charger un peu d'une apprentie? Il n'en avait pas le temps. Ce n'était évidemment pas une question de réputation ou d'envie. Cassidy Rowle, il ne la connaissait pas. Il ne l'avait jamais eue en classe, n'avait pas entendu parler d'elle l'année dernière lorsqu'il avait reçu à dîner le Directeur du Département Potions, Alchimie et Philtres de l'Université Magique de Londres. Elle n'était personne, fichtrement personne, si ce n'était... Une membre d'une famille placée du côté de Voldemort. Une donnée non négligeable aux yeux d'un homme si calculateur et observateur des relations d'influence sociale.
Il regarda à nouveau le dossier de Rowle, comme pour s'assurer qu'il avait tout bien entendu et qu'il était écrit sur ce même dossier que lui, Horace Slughorn, aurait à sa charge cette femme inconnue. Il feuilleta quelque peu, tentant de garder une certaine allure, tentant comme il pouvait de ne rien afficher sur son visage. Mais Slughorn n'était pas Rogue, et il était difficile pour lui de cacher son embarras voire sa franche désapprobation. Mais puisqu'on ne lui demandait guère son avis...
Il vérifia tout de même qu'un document prouvait bien qu'elle serait son apprentie. Un petit quelque chose signé de la main d'un officiel qu'il connaissait... Mais rien. La décision avait sûrement été prise par Rogue lui-même, sans aucune autre forme de procès.

« Une apprentie... Très bien, très bien ! Et puisque Rome ne s'est pas construite en plein jour, je vais... Je suppose... Enfin ! Allons ! Slughorn referma le dossier, chercha du regard les yeux de Dumbledore. Mais puisque les siens propre lui faisaient défaut, qu'il n'avait encore retenu la place exacte du tableau de l'ancien Directeur, mais surtout par peur que Rogue le vît faire, il baissa rapidement le regard. Vous l'avez eue comme élève, je suppose? »

Ce ne pouvait être que ça.
Sa mémoire ne lui faisait pas défaut. Il se souvenait de chaque Rowle qu'il avait eu en cours. Un tel nom ne lui était pas inconnu. Et lui qui retenait tous les noms de tous les élèves qu'il avait pu avoir, Cassidy Rowle ne serait sûrement pas tombée dans l'oubli s'il l'avait eue une seule minute dans sa salle de classe.
Elle devait être une proche de Rogue. Et la jeune fille, se souvenant que l'ancien Maître des Potions avait continué la tradition en prenant des apprentis s'était dit qu'elle pouvait postuler auprès de lui. Mais le poste avait été donné à quelqu'un d'autre, ou redonné à celui qui l'avait eu pendant près de cinquante ans.

Le vieil homme se souvint également que Rogue lui avait répondu, à propos de Malfoy. Une information supplémentaire bonne à prendre, qui semblait cependant superfétatoire au vu de ce qu'il venait d'apprendre.
Il était parfois affligeant de constater que dès que cela touchait ses intérêts personnels, Slughorn pouvait vite oublier la cause commune. Autant l'information de la présence de Malfoy à Poudlard serait capitale pour McGonagall, autant le vieux Maître des Potions ne semblait pas pressé d'aller l'annoncer à l'ancienne Directrice-Adjointe.
Il tenta donc d'y repenser avec le plus de précision possible.
Ses souvenirs et ses pensées se mélangeaient face à tellement d'imprévus. Il ne lui fallait pas perdre le fil de cette pensée qui s'échappait à la première occasion, comme lui l'avait fait pendant des années face à son propre mensonge.

« Je suis bien ravi d'apprendre la venue de Monsieur Malfoy ! Mensonge. Les Malfoy ne méritaient absolument plus le respect du vieux Professeur de Potions Magiques. Espérons qu'il puisse décrocher le maximum d'ASPICs cette année, malgré les délicats événements qui doivent l'entourer. »

A nouveau le vieil homme replaça son noeud papillon.
C'était chose étonnante que de le voir replacer ce foutu noeud dès qu'il avait une once de préoccupation gênante en lui. C'en devenait même un toc qu'il ne réprouvait aucunement. Pour tenter de savoir combien de fois Slughorn avait été mis dans l'embarras pendant la journée, il suffisait simplement de compter le nombre de fois qu'il avait remis ce noeud papillon bien en place.

« Concernant Mademoiselle Rowle, vous n'y verrez pas d'inconvénients que je lui confie les mêmes tâches que j'avais coutume de confier à mes apprentis avant mon départ en retraite? Préparations en infirmerie, suivi de quelques cours, accompagnement de recherches et cours particuliers. Mais je ne lui confierai pas de cours particuliers pour les cours de préparation aux ASPICs. J'ignore de quelle manière vous fonctionniez à votre époque, mais j'ai toujours estimé que si les élèves se trouvaient en ASPIC, c'est qu'ils avaient un niveau tel qu'ils pouvait se passer de quelques cours particuliers. Mis à part quelques rares cas que le professeur peut alors prendre en main, bien évidemment. »

Slughorn reprenait le dessus.
On lui avait imposé cette apprentie, elle ferait ce qu'il voulait lui. Ce n'était pas Rogue qui en aurait la charge, son regard ne faisait ici pas loi. Et il valait mieux pour la jeune femme qu'on laisse Slughorn suivre ce qu'il comptait faire, lui évitant bien des désagréments.
C'était sûrement là une mise à l'épreuve dans l'esprit de Rogue. Le moyen de mettre Slughorn en difficulté. On connaissait sa passion pour les Potions et pour l'enseignement, ainsi que son perfectionnisme ; qualité souvent présente chez les Serpentard et que Rogue pouvait aussi se vanter d'avoir. On savait donc que Slughorn se consacrerait à cette tâche malgré la déconvenue qu'elle avait causée. Une déconvenue transformée en avantage par les soins du vieux Maître des Potions. Mais occupé à cela, activité jointe à ses cours et tout le travail que cela pouvait demander, Rogue s'assurait de tenir Slughorn à l'égard des affaires de Poudlard. Chose d'autant plus paradoxale que ce même Rogue venait de lui confier la direction des Serpentard. Une position au sein de l'école qui le différenciait de certains autres collègues, qui ne se contentaient que d'une simple discipline au sein de Poudlard. Slughorn serait donc associé à certaines décisions de Rogue, de même que les trois autres Directeurs de maison qu'on savait proches de Dumbledore.

Enfin Rogue laissa entendre que le rendez-vous était terminé.

« Non, je n'ai pas d'autres questions. »

Non, il n'en n'avait plus. Qu'importait, au final.
Il avait encore bien du travail devant lui, en cette dernière journée de vacances avant la rentrée. Les cours devaient être prêts, l'ensemble de la salle de classe prête à l'utilisation. Et la pratique des Potions pouvant parfois se révéler dangereuse, il valait mieux que Slughorn aille s'occuper de cette préparation.

« Je vous souhaite une belle journée. »

Et le vieil homme, tout repu de son élégance, tourna magistralement des talons, ses dossiers en main et quitta la tour directoriale.
Une vieille tour qu'il n'aimait pas et qu'il ne troquerait pour rien au monde contre son confortable bureau du sixième étage.
L'entrevue avait été si remuante que Slughorn était pressé de retourner dans ce cocon confortable, chaud et sécurisé. Un lieu de sérénité et d'apaisement pour un vieil homme bien bouleversé par d'inconfortables et dangereux événements.

C'est ainsi qu'au bout de quelques minutes de marche, qui se révélèrent d'ailleurs plus rapides qu'à l'accoutumée, comme si Slughorn faisait en sorte de ne croiser personne, il se retrouva dans son bureau. Bureau toujours plongé dans une chaleur réconfortante et douillette.
Il vit alors sa tortue de terre installée dans son terrarium, dégustant lentement une belle feuille de laitue. Et, après s'être assuré que son bureau était bien fermé à double tour et après s'être débarrassé de ses dossiers, le vieux Maître des Potions s'approcha du petit animal.

« Chère Eglantine, il semble certain que nous aurons bien des ennuis cette année. »

Et cela ne faisait que commencer...

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[Août 1997] Nouveau maître des potions

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