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Because I Care. [19 Septembre 1997]

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SERPENTARD5ème année
    SERPENTARD
    5ème année
AVATAR : Lu Han
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INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire - Dégoûté par tout rapprochement
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 12 Avril 1981 - Londres
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Because I Care. [19 Septembre 1997] Lun 30 Mai 2016 - 9:25



Vendredi, 19 Septembre 1997

Un cauchemar... Ce mot était synonyme de peur, d'angoisse et de panique. Il profitait d'ailleurs des heures de sommeil de ses victimes pour leur remettre au visage les pires situations inimaginables. La mort d'une personne que l'on aime ou simplement d'arriver en cours sans pantalon. Et oui, les cauchemars n'avaient pas tous la même importance, mais ils reflétaient les inquiétudes de tous, qu'elles soient totalement stupides ou bien réelles. Il ne fallait pas oublier que les cauchemars étaient parfois des souvenirs. Le regret, la honte où un simple orgueil mal placé pouvaient être source de cauchemars, mais cette définition ne représentait guère ce que Leslie surnommait comme étant; un horrible rêve. Parlait-il d'un cauchemar ? Non, puisque cette nouvelle hantise n'était pas engendrée par une crainte. Ses mauvais rêves étaient alimentés par un sentiment beaucoup plus profond, quelque chose qu'il se refusait à lui-même; l'envie. Il désirait quelque chose de bien précis. Tout son corps lui envoyait quelques messages pas très discrets, mais lui, il refusait catégoriquement de calmer ces soudaines pulsions. Ce n'était donc pas choquant d'apprendre que ses rêves déviaient toujours pour lui offrir des scènes pas très catholiques. Comme quoi la puberté lui était très désagréable. Il dormait bien, mais le réveil était similaire à un coup de poing bien placé dans le ventre. Il restait au lit, caché entre les couvertures pour essayer de s'imaginer autre chose, malgré la chaleur étouffante. Le problème, ce n'était pas de passer à l'action, non... L'ennui, c'était surtout les images que le sorcier avait en tête. Cliff s'était permis de le remettre en question concernant son orientation sexuelle, durant les vacances. Depuis ce jour, tout avait changé pour Mathewsen. Enfin, tout avait complètement changé autour de lui.

Amelia n'était toujours pas apparue. Dans les faits, Leslie ne savait même pas si son père avait accepté qu'elle puisse pénétrer Poudlard à nouveau. Les tensions qui avaient pris place dans la famille ne s'étaient pas encore rassérénées, mais le sorcier essayait de rester fort pour ne pas perdre face au jugement de son père. Il ne voulait pas donner raison à Nathan. Le Serpentard voulait prouver à son paternel qu'il n'avait pas besoin de sa famille pour continuer d'avancer, mais cette idée était absurde. Plus il y réfléchissait, plus il se trouvait idiot. Cependant, le dégoût refaisait surface, chaque fois qu'il se revoyait en leur compagnie. Décidément, il n'était pas prêt à revenir de lui-même. Il préférait pleurer sur son propre sort et se consoler en se rappelant que c'était peut-être mieux ainsi. Enfin, il ne s'inquiétait pas pour Amelia. La Gryffondor était capable de se faire transparente... en général. Est-ce qu'elle s'est fait attaquer ? Cette idée fit grimacer Mathewsen qui préféra sortir dehors pour mieux digérer l'information. Il se sentit perplexe l'espace d'un instant, mais l'air frais lui permit de faire le vide. Son corps lui paraissait toujours aussi lourd que le matin où il avait quitté sa demeure familiale. Au moins, les études lui permettaient de se concentrer sur d'autres problèmes. Cela changeait un peu ses humeurs. Les divers manuels et recueils étaient devenus très importants pour lui. Il aimait se perdre dans les bouquins, jusqu'à ce qu'il puisse trouver le sommeil, sans qu'il n'ait nécessairement besoin de Cliff à ses côtés. D'ailleurs, les livres lui étaient plutôt utiles pour surveiller les gens ou pour éviter que Lawford ne lui porte de l'attention. Faire semblant de lire, c'était son activité préférée, surtout si Wang ou Miller se tenaient proche.

Miller... La dernière rencontre entre les deux sorciers n'avait pas été d'un fort succès. Certains détails échappaient à la mémoire de Leslie. Il se souvenait d'avoir vomi, d'avoir dormi et finalement, il y avait toujours une certaine rage qui lui rongeait le coeur, depuis qu'Elwyn avait disparu dans l'escalier de l'hôtel. C'était comme si ce soudain élan de haine ne pouvait pas disparaître. L'histoire de la peluche manquait un peu de sens. Le Serpentard se rappelait du fait qu'il lui avait demandé de lui prêter, mais il ne savait plus comment est-ce que le lapin s'était retrouvé entre ses doigts. Le coup de poing ne lui échappait pas. Il y avait aussi cette phrase où il lui demandait de rester. Mathewsen se souvenait que c'était ce qu'il avait désiré, mais il n'était pas certain de lui avoir demandé. Enfin, toutes ces informations ne lui semblaient pas très claires. Même l'ordre des événements, il en doutait. Oublier tout cela lui semblait être la meilleure solution, mais il ne voulait pas rester dans le doute. Il avait voulu se rapprocher du bleu à quelques reprises, toutefois il y avait quelque chose de différent chez Miller. Leslie avait remarqué que le Serdaigle ne traînait plus ses cahiers de dessins. Non, les cahiers avaient totalement disparu. Peut-être qu'il n'a plus besoin de dessiner. Il prit le temps d'y réfléchir, mais cette réponse ne lui convenait pas. Il n'y croyait pas... Il y avait aussi cette légère distance. La lumière dans les yeux du bleu s'était éteinte. Il n'était pas dépressif, mais quelque chose n'allait pas.

Pour la toute première fois, le Serpentard sentit naître en lui une inquiétude. Il avait regardé Elwyn à maintes reprises, mais il n'avait jamais réalisé à quel point il était différent, lorsqu'il le comparait à la première rencontre. Pourquoi est-ce que je devrais me soucier de son état ? La rage reprenait place, mais ses craintes dominaient sa rancoeur. Ah, citrouille, c'est complètement stupide de s'attacher à ce naze. Qu'est-ce que Miller pouvait bien lui apporter de toute façon ? Il s'arrêta en se posant lui-même la question. De la compagnie... Parce que oui, Miller lui avait apporté un certain apaisement. Ils étaient connectés et il n'y avait rien de mieux pour Mathewsen que de savoir qu'il n'était pas seul, chose qu'il avait pourtant eu le malheur d'oublier. Résultat, il s'était fait du mal.

Il inspira profondément tout en reprenant route. Ses pas le menèrent là où il s'était approché d'Elwyn pour la première fois. Le parc ainsi que son environnement tranquille, proche des Serres. Miller aimait y être pour dessiner. Peut-être qu'il allait y retrouver et ce fut bien le cas. Surpris, Leslie s'arrêta, mais il se lança vers le bleu sans plus attendre. Non, il n'avait pas de patience, mais surtout, il devait lui parler. Lui parler parce qu'il en avait besoin, parce qu'il était dépendant sans même s'en rendre compte. Combien de fois avait-il pensé à lui ? Combien de fois l'avait-il surveillé sans dire un mot ? Je vais devenir dingue avant l'âge... Il essaya de ne pas être trop brusque, alors qu'il se rapprocha du Serdaigle en poussant un petit;

- Hey...
Il s'humecta les lèvres par la suite, sans savoir quoi ajouter. Il avait peur de dire une bêtise. Il agrippa sa propre cape d'une main pour serrer le tissu entre ses doigts, signe de nervosité.
- Je voulais seulement savoir comment tu allais.
Il se força un sourire maladroit tout en détournant son regard un peu partout dans le lieu, pour voir s'ils étaient bien seuls. Il ne voulait pas déranger.
- On ne s'est pas vu depuis... l'incident. Dit-il en pénétrant enfin son regard dans celui du Serdaigle. Il voulu d'ailleurs le remercier, mais il ne voulait pas continuer dans le sujet.
- Sinon, je... Enfin, tu ne traînes pas tes cahiers à dessins depuis un moment et je me demandais si
Il manqua d'air, ce qui l'empêcha de finaliser sa question correctement. Il se frotta la nuque avant de poursuivre tout en gesticulant.  
- Je vais être franc... Je m'inquiète pour toi. C'est totalement stupide, je sais. On ne se connaît pas réellement et d'accord, tout le monde est dépressif, alors bon. Je ne suis pas ici par pitié ou par endettement à cause de ce qui est arrivé la dernière fois.
Il croisa les bras pour se tenir plus calme et pour arrêter de s'agiter.
- Je ne me suis jamais inquiété pour quelqu'un avant aujourd'hui. Je ne veux pas de réponse, je veux seulement... Je veux seulement être là, parce que... Tu le mérites.
Voilà, c'était ce qu'il avait à dire. Il se frotta alors le torse d'une main pour essayer de se détendre.
- Est-ce qu'on peut discuter ? Finit-il par demander pour mieux lancer la discussion.

_________________


« Lost »

And I don't want the world to see me
Cause I don't think that they'd understand
When everything's made to be broken
I just want you to know who I am...
Iris | Goo Goo Dolls
   

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MessageSujet: Re: Because I Care. [19 Septembre 1997] Sam 11 Juin 2016 - 23:25

Leslie & Elwyn





La nouvelle année scolaire sans Dumbledore avait débuté depuis déjà deux semaines. Rogue était le nouveau directeur et des partisans de Vous-savez qui se baladaient librement dans le château. Elwyn avait été nommé préfet des Serdaigles à sa grande surprise et bien que Fay lui répétait que cela ne la surprenait pas : « tu as tout du mec psycho rigide qui ne vit que pour les règlements ». Si sa réflexion l’avait un brin vexé, à bien y regarder ce rôle lui allait plutôt bien. Il tenait d’ailleurs à l’effectuer correctement et dans le respect du règlement. Elwyn aimait beaucoup être le centre d'attention, pas dans le sens qu'on parle de lui ou qu'il soit mis sous les feux des projecteurs, mais plutôt être celui qui guide les premières années. Enfin, c'était très ironique quand on sait que la personne qui a le plus besoin d'être guidé actuellement, c'est bien lui. Mais guider les autres et faire office de repère lui plaisaient particulièrement.

Rien que ce matin, il avait dû aider une première année perdue dans la salle des trophées à regagner la Grande salle pour le petit déjeuner, punir un élève qui se promenait avec un cobra domestique dans l'enceinte de l'école et il avait dû défaire un sortilège de bloquejambe sur un autre élève. On peut dire qu'il ne s'ennuyait pas. Sans compter que chaque soir après sa ronde, il trouvait une première année bloquée devant le heurtoir menant à leur salle commune. Il arborait fièrement son insigne, tout en essayant de ne pas s'attirer les foudres des élèves. Les figures d'autorité n'étaient jamais très bien vues, quoiqu'à Serdaigle ce n'était pas aussi déplaisant que de devoir surveiller des lions toujours prêts à désobéir. Toutefois, ce n'était pas toujours très amusant de jour le rôle de chaperon ou d’empêcheur de tourner en rond tout particulièrement avec ceux qui connaissaient le Elwyn effacé et discret et qui en profitaient. Parmi les premières années, il avait globalement un franc succès de par sa passion, sa douceur et sa bonne volonté. Il occupait bien plus une figure de grand frère que de père Fouettard et cela lui convenait parfaitement. Les punitions pleuvaient déjà bien assez entre les murs de cette école.

Maintenant qu'il avait du temps libre, il aurait pu le passer à dessiner si seulement, il avait encore le goût de dessiner. Au fond, son poste de préfet l'occupait et lui évitait de penser à ce manque grandissant, à ces échecs et questionnements. Dessiner avait occupé une grande partie de sa vie et s'en voir démunir du jour au lendemain lui donnait le sentiment d'avoir perdu quelque chose de très important. Dessiner lui manquait terriblement, mais depuis plusieurs mois se retrouver face à ses feuilles bien aimées équivalait pour le jeune homme à une séance de tortures. Il ne savait pas par quoi commencer, son dessin ne prenait pas les traits escomptés et tous ces obstacles le frustraient atrocement. Plus il était frustré, moins il obtenait ce qu'il voulait. Pas plus tard qu'hier soir, il avait  tenté de représenter une mandragore, une simple et bête mandragore. Mais ce bête et méchant dessin l'avait mis dans tous ces états. Il avait fini par déchirer rageusement le papier, balancer ses crayons et râler contre lui même, tout ceci avec des larmes de colère au coin des yeux.

Fay semblait s'inquiéter pour lui et de ne plus le voir penché dans la Salle commune au-dessus d'un dessin. Vision qu'elle était habituée à voir depuis cinq ans et qui la rassurait. Elle lui avait tant reproché de passer trop de temps sur ses dessins, et voilà qu'à présent, elle regrettait de ne pas le voir dessiner. La vie est parfois très ironique. Elwyn la rassurait en lui expliquant qu'il allait bien et que c'était simplement une mauvaise passe. Mais la pie n'était pas folle et les cartes, inéluctables. Quant à sa relation avec Stanley, bizarrement elle n'avait pas changé d'un pouce. Il ne se parlait ni plus ni moins, et ce malgré les événements dans la demeure Wang. Elwyn avait presque le sentiment d'avoir rêvé ce lieu magique et enchanteur. Elwyn avait été très mal à l’aise face à Stanley, mais voyant qu’il n’avait pas changé avec lui, il avait fini par calmer ses angoisses à propos de sa dette (Stanley ne lui en avait pas reparlé). Il espérait secrètement qu’il oublie. Un Wang n’oublie jamais. Il se sentait plus proche que jamais de son ami et à la fois très éloigné, ce sentiment était des plus étranges.

Le groupe des inséparables cinq amis avait pourtant été sérieusement fissuré. Avec Maximilien et Ama, ils s'étaient plus ou moins perdus de vue au fil des années.  Une distance s'était créée à leur insu et avait eu raison de leurs liens étroits des premières années. Ils n'avaient plus grand-chose en commun, ne partageaient plus les mêmes centres d'intérêt. De plus, Maximilien semblait désapprouver le fait qu'Elwyn fréquentait, même de loin, Stevenson. Ils n'étaient pas en froid pour autant, s’ils se croisaient ils discutaient de tout et de rien, simplement, ils n'avaient plus d'atomes crochus. Leur séparation s'était donc faite naturellement sous la dictature du temps. Les cartes tirées par Fay il  ya quelque temps de ça disaient donc vraies ? Elles avaient prédit la rupture de leur groupe d'amis : « ruine, fin d’une phase, fin d’un travail de groupe ou désintégration d’un groupe social. Ni vous ni les autres ne souhaitez affronter la déception que cette fin engendre. Gérez cette situation déprimante de votre mieux. Si Elwyn avait été terrorisé à l'entente de cette révélation à l'époque, à l'heure d'aujourd'hui, il n'en était rien. Le temps faisait son travail à merveille, faisant passer des ruptures comme découlant d'un lien logique. Peut-être que dans quelques années, il maudira la velléité de l'Elwyn de l'époque, lui reprochant de n'avoir rien fait pour tenter de recoller les morceaux, mais dans le présent, il ne voyait pas d'autre solution que d'accepter ou subir.

Elwyn se dirigeait vers la serre, lieu qu'il aimait toujours autant, l'esprit occupé par toutes ces pensées. Il continuait de s'asseoir près du vieux chêne, simplement il ne dessinait plus et se contentait de fixer le parc et ses alentours d'une prunelle éteinte de toute lueur. La nostalgie avait cela de destructeur qu'elle était à la fois la plus tendre des mélodies et le plus cruel des refrains. La victime était heureuse de se noyer dans le tumulte et le tourment de ses pensées. La nostalgie est la plus virulente des maladies et le plus agressif des acides. Ce sentiment de regret des temps passés, de lieux oubliés et de personnes perdues. Qui n'a pas connu ce resserrement du cœur à l'approche d'une vieille route d'enfance ? Ce picotement de l'âme aux senteurs de notre enfance ? La nostalgie n'est pas un mal en soi, elle est la preuve de notre existence et le sédiment de nos pensées. Il est normal de songer à son passé, tout particulièrement lorsque l'on tourne une page importante de notre vie. L'important est de se mettre rapidement à l'écriture de cette nouvelle histoire, une fois le deuil de l'ancienne page fait.

Elwyn n'y faisait pas exception. Il était assis, à la même place qu'autrefois, mais il était profondément changé, différent. Adossé au chêne, il repensait à ses cinq années passées à Poudlard. Des jours joyeux, tristes, douloureux, mornes. Cela n'avait pas été si terrible au fond. Même les moments difficiles étaient recouverts d'un voile de douceur, comme enrobés dans du coton. Ils avaient été si insouciants. Il se revoyait riant aux éclats à table avec Fay, car il avait avalé de travers son jus de citrouille qui était ressorti directement par ses narines. Il revoyait Stanley en potion en train de râler sur le manque de précision des dosages d'Elwyn. Il y avait eu ces soirées d'hiver passées à faire leurs devoirs près de la cheminée au côté de Fay dans la tour des aigles. Les sorties excitantes à Prè-au-lard dont une particulièrement où Stanley avait perdu la trace de ses amis parce qu'il fixait un échiquier hors de prix dans une vitrine. Et puis, la fois où Fay avait hésité trente minutes entre deux encres de couleur presque identique, suivie par Elwyn qui ne savait pas quel petit troll acheter à Maya et de Stanley qui refusait de mettre les pieds dans un des bars parce que soi-disant il avait trouvé un cheveu dans sa bierreaubeurre la dernière fois (Fay avait affirmé que c’était son propre cheveu). Et la fois où Stanley et Fay s'étaient pris la tête à propos de la date de commercialisation du premier Nimbus. Et le jour où Elwyn avait glissé sur une flaque de bout alors qu'ils se rendaient à un match de quidditch ; il s'était étalé de tout son long et avait passé le match avec de la boue séchée sur son flanc droit. Il se souvenait également de la première fois qu'il était arrivé à faire rire Stanley en comparant Rusard à un strangulot. Et puis, il y avait eu le jour où Elwyn avait formé son patronus pour la première fois. Et le jour où Fay l’avait enlacé en pleurant parce qu’elle allait atrocement mal. Stanley avait simplement posé sa main sur son épaule sans dire un mot. Les trois amis dans un silence de plomb. Unis par leurs souvenirs, à jamais.

Tout.

Tout lui semblait si beau, si précieux. Un sourire naquit sur ses lèvres sans même qu'il s'en aperçoive. Il avait envie de courir à leur rencontre, débouler en plein milieu de la répétition de Stanley, déranger Fay dans une discussion de commérage et leur dire, oui leur dire, ô combien il les aime, ô combien leur existence lui est précieuse, les prendre dans ses bras et les serrer jusqu'à les étouffer. Ne plus les lâcher pour ne pas qu'ils disparaissent de sa vie. S'excuser de ses maladresses, de ses imperfections, de ses défauts et des erreurs qu'il fera à l'avenir. Qu'est-ce qu'il l'en empêchait ? Lui-même, son pire ennemi. Il ne pouvait que se dire que « c'est dommage ». Ses souvenirs semblaient si lointains et ses envies d'encore étaient si fortes, destructrices.

Revenir en arrière, pour profiter des moments avant qu'il ne soit trop tard. Le temps lui était compté comme à tous. Il avait un gros livre à la couverture noire sur ses genoux. Les pages semblaient s'être détachées et fort heureusement une grosse ceinture en cuir usée le tenait fermement fermé. Le titre était effacé et il ne restait plus que quelques lettres en or estompées : un « e », un « s » et un « p ». Il n'avait pas senti la Serpentard s'approcher de lui et sursauta légèrement lorsqu'une voix discrète brisa le fil de sa contemplation.

- Hey...

-Oh, Leslie c'est toi. Il se redressa et lui sourit. Quelque chose en Leslie avait changé, peut-être sa coupe de cheveux ou l'expression sur son visage. Enfin, elle était en âge des changements, en pleine adolescence. Elwyn se souvient au même moment de leur rencontre dans le parc près de chez ses parents et se demanda si elle s'en souvenait clairement ou pas. Il ne comptait pas aborder le sujet de lui-même quoi qu'il en soit. Inutile de faire planer un malaise ou de lui rappeler des mauvais souvenirs, car il était clair qu’elle avait passé une très mauvaise soirée pour finir dans cet état.

-ça faisait un moment.

- Je voulais seulement savoir comment tu allais.

Il frotta son bras droit sans la quitter des yeux. Je prenais un peu l'air, dit-il mollement. Ça va bien et toi ? Il pensait que Leslie venait de balancer la sempiternelle phrase de politesse « ça va » auquel tout le monde se fout bien de la réponse. Il répondit donc rapidement sans dire s’il allait vraiment bien ou non. Leslie regarda autour d’eux, un sourire figé aux lèvres et ramena son attention sur Elwyn.

Il se sentait incroyablement fatigué ou las, voire même vide. Sans la moindre once de force ou volonté, comme si un détraqueur avait aspiré toute sa joie de vivre. Quoique ce ne fût pas impossible, vu que depuis la nomination de Rogue, les détraqueurs n'avaient aucun scrupule à rôder non loin de l'école.


- On ne s'est pas vu depuis... l'incident.

Leslie venait par sa propre volonté de reparler de cet incident. Elle plongea ses prunelles dans le cendre des siennes, Elwyn soutenu son regard en penchant la tête d’un côté.

-Oui en effet. ça doit bien faire un mois. Un mois riche en émotion.

- Sinon, je... Enfin, tu ne traînes pas tes cahiers à dessins depuis un moment et je me demandais si

-oui ?  

Elle aussi avait remarqué qu’il ne dessinait plus ? Fay le harcelait depuis plusieurs semaines à ce sujet, même certains Serdaigles n’en revenaient pas. Il y avait pas de juste milieu chez lui, soit c’est tout, soit c’est rien.

- Je vais être franc...Franc ? Pourquoi tenait-elle tant à se faire passer pour un homme ? Qu’avait-elle bien pu vivre pour se renier de la sorte ? Je m'inquiète pour toi. Elwyn pensa : tu devrais surtout t’inquiéter pour ta propre vie. C'est totalement stupide, je sais. On ne se connaît pas réellement et d'accord, tout le monde est dépressif, alors bon. Je ne suis pas ici par pitié ou par endettement à cause de ce qui est arrivé la dernière fois.

Leslie semblait très agitée, elle bougeait beaucoup ses bras et avait du mal à se stabiliser. Ses propos n’avaient pas vraiment de sens et Elwyn avait des difficultés à comprendre où elle voulait en venir. Il se redressa, le visage impassible, incroyablement calme et relaxé, seuls ses yeux éteints contrastaient avec le reste de son corps. Elwyn ne l’interrompit pas et écouta jusqu’au bout sans la quitter des yeux.

- Je ne me suis jamais inquiété pour quelqu'un avant aujourd'hui. Un sourire timide naquit sur les lèvres du jeune homme. Il ne méritait pas cette attention, mais elle lui faisait énormément plaisir. Je ne veux pas de réponse, je veux seulement... Je veux seulement être là, parce que... Tu le mérites.

Donner sans rien attendre en retour. Y avait-il des sentiments plus purs que cela, hormis peut-être l’amour, avant qu’il se transforme en monstre d’égoïsme.

Elle se tut et reprit son souffle, Elwyn la dévisagea en souriant. Toujours aussi calme qu’une rivière, il resserra l’emprise de ses doigts sur la couverture du livre.

-Simplement être là ? Comme ses amis. Merci alors, dit-il doucement. Il n’avait pas envie de partir dans des explications à rallonge, des questions alambiquées et des remerciements sans fin. Les mots les plus courts étaient toujours les meilleurs. Je suis content de te recroiser ici, malgré les circonstances actuelles.

- Est-ce qu'on peut discuter ?

-Bien sûr. Il se décala : tu as même le droit de te rapprocher et de t’asseoir, sauf si tu préfères rester debout.

Elle voulait certainement parler de la fameuse soirée ou peut-être pas, elle semblait en tout cas décidée. Il ne la quittait pas des yeux, interloqué par son étrange comportement. Enfin c’était de Leslie qu’on parlait, elle avait toujours été bizarre.

-Ça nous ramène à quelques mois en arrière, quand tu m’as surpris en train de dessiner des choses lubriques qui n’en étaient pas.

Il rigola. C’est fou comme le temps passe vite, j’ai l’impression que notre rencontre remonte à une autre vie. Il plongea ses yeux sombres dans le bleu du ciel. Il y avait quelques nuages de-ci de-là, mais le ciel était d’un bleu paisible. Une période très lointaine.

Il pivota son visage vers la demoiselle et lui demanda : - Tu veux parler de quelque chose en particulier ? Ou juste discuter de tout et de rien ?

Il tira sur son insigne de préfet : - Tu as vu ça ? J'ai été upgradé. Un immense sourire se dessina sur ses lèvres.

Probablement que le dessin allait revenir sur le tapis, mais cela ne dérangeait pas Elwyn outre mesure. Il n'arrive plus à dessiner, c'est un triste constat, mais il ne peut pas bien faire grand chose contre ça. Qu'est-ce qu'il pouvait bien faire ? Il se noyait, il avait perdu ses couleurs. Son ciel était constamment gris. Le précipice au-dessus duquel il se démenait venait de l'aspirer. Il ne pourrait certainement plus jamais dessiner de sa vie. Tout du moins, s'il n'arrivait pas à surmonter tout ceci. Cela ne l'empêchait pas de vivre. Dessiner ferait bientôt partie de son passé comme beaucoup d'autres choses. Être le roseau ? Abandonner ces choses précieuses en sachant qu'il ne les retrouverait jamais. On peut se perdre, voire perdre des choses... Ce n'est pas un drame, car on finira toujours par les retrouver. En revanche, abandonner quelque chose ou s'abandonner soi-même est un non-retour. On ne retrouve pas les choses que l'on a abandonnées.

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Dernière édition par Elwyn H. Miller le Dim 12 Juin 2016 - 10:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Because I Care. [19 Septembre 1997] Dim 12 Juin 2016 - 6:40


- Oh, Leslie c'est toi. Ouais, c'est moi... malheureusement. Parce que oui, il aurait apprécié pouvoir offrir à Miller une présence autre que la sienne. Il n'était pas du genre à avoir honte, mais d'entendre la voix du Serdaigle prononcer son prénom fit monter en lui une certaine gêne ainsi qu'un goût amer au fond de sa gorge. Le passé refaisait durement surface et il se revoyait dans ce trou, à imaginer Elwyn alors qu'il était pourtant bien réel. Malgré tout, s'il y avait bien quelque chose qui lui avait fait plaisir lors de cet incident, ce fut de se rendre compte que le bleu ne l'avait jamais quitté et qu'il s'était même rendu jusqu'à la porte de sa chambre. Ce n'était donc pas étonnant qu'il se retrouve préfet du côté des Serdaigles, maintenant qu'il y repensait. Miller était l'une des rares personnes qui possédait la patience et la sagesse pour y parvenir. Après tout, il avait rapporté un élève totalement bourré à sa chambre d'hôtel. Étrange, mais c'était un fait. Enfin pour en revenir au tout début, Leslie aurait aimé ne pas être cet imbécile qui avait vomi la moitié d'une bouteille de vin et de ses peines non loin d'un parc. C'était irréfléchi et très stupide de sa part. Son désir d'oublier dominait toujours sa force de demander pardon, mais une partie de lui abandonna à l'idée d'oublier. Pour tout dire, il y avait tant de choses pour laquelle il voulait s'excuser, que ce soit envers Elwyn, envers Cliff ou envers son père. Il fut d'ailleurs un moment où il s'excusait devant le miroir, parce qu'il avait oublié de prendre soin de lui. Il avait perdu beaucoup de poids et il s'était fait du mal. Cette folie l'avait apporté dans la plus profonde des noirceurs. Le Serpentard n'était pas assez fou pour ne pas se remettre en question face à ses propres agissements. Ce qui lui semblait sensé il y a quelques mois lui paraissait comme les pires conneries du siècle en ce jour. Quitter la maison en était un parfait exemple. Il avait fait ce choix sur un pur coup de tête puis finalement, c'était Little qui l'avait hébergé jusqu'à ce que les cours recommencent. Je crois que je peux le considérer comme un ami maintenant...

Miller n'allait pas bien, comme la plupart des sorciers, mais lui, il était beaucoup plus important aux yeux du Serpentard qui se nourrissait autrefois de sa force pour lui-même survivre entre les couloirs de Poudlard. Au lieu de se cacher dans sa coquille telle la tortue marine de son patronus, il avait plutôt sorti sa tête et du fond de la mer, il avait regardé les rayons du soleil pour y démystifier le porc-épic qui s'abreuvait. Leslie l'avait souvent surveillé ainsi, sans jamais sortir de l'eau, sans jamais annoncer sa présence. À cette époque, c'était toujours Elwyn qui venait à lui, sans réellement le voir. Et lors de leur dernière rencontre, Mathewsen l'avait frappé... Il croyait à une hallucination, ce n'était pas réellement de sa faute. Après tout, ce n'était pas la première fois qu'il rêvait de lui et ça n'avait pas été la dernière non plus, lorsqu'il repensait à son rêve d'il y a quelques jours. Bref, Miller l'avait vu dans cet état pitoyable. Leslie regrettait d'avoir perdu la tête et d'être sorti. Il regrettait d'avoir vomi dans un lieu public et de ne pas être apte de se rappeler de tout ce qui était arrivé. Oh, il regrettait beaucoup de choses, mais ce n'était certainement pas le pire des évènements qui avait fait surface durant les vacances. Non, le moment le plus atroce, ce fut lorsque son corps avait été donné à le plus grand des imbéciles de ce monde. Un Gryffondor taré et sans cerveau qu'il avait éclaboussé d'encre et, pour tout dire, cet accident précis, il ne le regrettait pas. Verser de l'encre sur Inoue, c'était un exploit. S'il avait eu le choix, c'est lui que le vert et or aurait frappé et non pas Miller. Cependant, la vie ne lui laissait jamais ce genre de choix et Leslie l'avait pris pour quelqu'un d'autre, un jumeau qu'il respectait. - Ça faisait un moment.

Cette phrase fit monter une certaine peur chez Leslie. Est-ce que Miller allait lui rappeler les derniers événements ? Il espérait que non, mais la pression monta tout de même dans son petit corps. Il ne pouvait guère prévoir les prochaines paroles du bleu. Il joua avec la base de sa cape par simple nervosité avant de lui demander comment il allait. Et, bien sûr, il n'eut le droit qu'au mensonge habituel. - Je prenais un peu l'air, ça va bien et toi ? Je ne veux pas de réponse sur les raisons qui te pousse à être malheureux, mais tu pourrais au moins me donner droit d'entendre la vérité. Tu ne vas pas bien, tu le dis... ce n'est pas compliqué. Il inspira profondément, un peu blessé pour il ne savait quelle raison, mais il essaya de ne pas trop y réfléchir. Il préférait poursuivre sa lancée dans ce qu'il voulait dire, histoire de ne pas se perdre dans ses idées. La seule chose qui lui venu en tête fut de clouer l'incident pour ainsi éviter qu'il ne revienne les embêter plus tard. Il avoua seulement que ça faisait un moment qu'ils ne s'étaient pas rencontrés depuis cette fameuse histoire.  

- Oui en effet. ça doit bien faire un mois. Un mois, déjà. Il perdit sa concentration l'espace d'un instant, mais il reprit aussitôt, ce qui lui permit de réellement parler avec Miller. Enfin, il fut le seul à s'exprimer, mais il lui avoua tout ce qu'il avait eu envie de lui dire depuis plusieurs jours à présent. Allant de la naissance de son sentiment d'inquiétude jusqu'à son désir d'être présent, parce qu'il le méritait. - Simplement être là ? Merci alors, je suis content de te recroiser ici, malgré les circonstances actuelles. Ta gueule. C'était plus fort que lui de penser ainsi. Pas qu'il ne le croyait pas, mais c'était surtout que ça l'apaisait énormément d'entendre cela et c'était ce soulagement qui lui faisait le plus peur et qui le rendait retissant et agressif. Lui qui s'imaginait que Miller allait peut-être l'éviter... Ah, citrouille. Mais il était trop tard pour fuir. Leslie voulait vraiment parler, que ce soit de tout ou de rien. Il voulait être en compagnie d'Elwyn, même si la présence de l'adolescent le répugnait autant que son désir qu'il soit à ses côtés. Il se mordit l'intérieur des joues puis il lui demanda s'il voulait discuter. - Bien sûr. Tu as même le droit de te rapprocher et de t’asseoir, sauf si tu préfères rester debout.

Surpris par l'invitation, le cinquième année tourna sur lui-même, cherchant une place non loin de Miller, mais assez éloignée pour qu'ils ne puissent pas se toucher. Il voulait surtout éviter tous les contacts possibles. Cependant, comme le pire des idiots, il continua de tourner un bon moment... Puis finalement, il s'arrêta pour fixer le Serdaigle et la place qu'il y avait à ses côtés. Je vais vraiment devoir m'asseoir là ? Non, je peux pas, ce n'est pas une bonne idée. - Ça nous ramène à quelques mois en arrière, quand tu m’as surpris en train de dessiner des choses lubriques qui n’en étaient pas. Puis il rigola. En simple réponse, Leslie se força un petit rire maladroit qui semblait presque sarcastique. Il referma bien vite la bouche en se rendant compte du malaise qu'il allait peut-être engendrer s'il continuait de cette façon. Finalement, il s'installa proche de Miller pour avoir l'air normal. Ses gestes furent pour le moins mécaniques. S'il aurait eu la chance de se voir faire, il aurait sûrement voulu se mettre une gifle. Il pinça les lèvres, repliant l'une de ses jambes contre lui et posant ses mains contre le sol. Il prit alors compte du bouquin qu'Elwyn avait sur ses genoux.

- C’est fou comme le temps passe vite, j’ai l’impression que notre rencontre remonte à une autre vie. Une période très lointaine.
Le Serpentard haussa les épaules tout en fermant les yeux. Il réfléchit aux paroles de Miller, mais seul Cliff lui revint en tête. Il ouvrit la bouche sans dire un mot, mais il décida tout de même de partager ce que son ami lui avait dit. Après tout, Cliff ne disait jamais rien pour rien. Il ouvrit ses paupières et commença à parler, sans vraiment savoir ce qu'il disait.
- Little m'a dit un jour que les souvenirs des moments que nous avons appréciés semblent toujours plus lointain que les souvenirs  douloureux... Que c'est pour cette raison que certaines personnes se laissent emporter par la haine, la tristesse et je ne sais trop quoi encore.
Il essaya de sourire tout en détournant son regard vers Miller, sursautant alors qu'il remarqua la proximité de leurs visages, puisque le bleu détourna son attention en même temps que lui. Pourtant, cette approche lui semblait presque familière. Il l'avait déjà vu d'aussi proche, il avait déjà senti cette odeur inexplicable, mais agréable, pris entre le côté floral et sauvage, mais toujours aussi fraiche et discrète. C'était la même odeur qui s'était imprégné du lapin. Leslie ne se rendit même pas compte qu'il venait de renifler le Serdaigle qu'il détourna simplement ses pupilles.

- Tu veux parler de quelque chose en particulier ? Ou juste discuter de tout et de rien ?
Il se frotta la nuque, ne sachant pas dans quels sujets ils pouvaient embarquer. Il voulait que ce soit intéressant, mais il n'avait rien à dire de bien excitant. Il avait même peur de refaire comme la première fois et d'embarquer dans une lourde discussion.
- De tout et de rien, ça me convient.
Puis finalement, c'est Miller qui débuta et le sourire qui apparut contre son visage fit rire Leslie, sans qu'il ne sache pourquoi.
- Tu as vu ça ? J'ai été upgradé.
Il porta son attention sur l'insigne, souriant doucement à son tour.
- Tu demandes ça à une personne qui te surveille depuis plusieurs années... Bien sûr, je l'ai remarqué.
Il posa l'une de ses mains contre son genou, y accotant ensuite le dessous de sa mâchoire pour être plus confortable.
- Et félicitation...
Il le regarda droit dans les yeux, perdant peu à peu le sourire qui s'était formé contre son visage. Parler de tout et de rien. En fait, il n'en était pas capable. Il ne pouvait pas simplement parler avec Miller.

- Dans dix ans, plus personne ne se souviendra que tu étais le préfet masculin, chez les Serdaigles. Combien de gens sont passés par là avant toi ? Tout le monde peut s'asseoir sur ton siège rouillé. Tu souris pour un truc qui est totalement inutile.
Il secoua la tête tout en fronçant les sourcils. Il n'avait jamais rien accompli depuis qu'il était arrivé à Poudlard. Cependant, c'est en regardant les autres qu'il avait compris que certain titre ne servait à rien. Son désir d'être unique en son genre le portait à avoir beaucoup de jugement envers les autres. Ce qui est important aujourd'hui ne le sera pas forcément le mois prochain. Cliff lui avait appris cela lors du Break Tabou.
- Tu peux perdre ton insigne à tout moment et tu peux aussi le retrouver, mais... Tu ne peux pas perdre ce que tu as construit en dessinant. Enfin, si... tu peux le perdre, mais si cela arrive, alors tu risques de ne plus jamais le retrouver.
Et cela le fit retourner dans le passé. Il se revoyait, assit contre son lit alors que le psychologue lui proposait plusieurs méthodes pour se défouler et faire sortir toutes les mauvaises choses qu'il avait en lui. Entre Nathan qui était prêt à lui acheter le dernier modèle d'un piano et sa mère qui était prête à le faire entrer dans une école sportive, il s'était retrouvé à devoir faire un choix et il avait abandonné avant même de se lancer.
- Mes parents ont essayé de m'aider et de m'offrir la chance de jouer d'un instrument de musique, de danser ou même de chanter. Ils voulaient que je donne une partie de moi à l'art, plutôt que de me sacrifier à la haine et au dégoût. J'ai refusé et maintenant je... Je regrette. - Je n'ai pas de siège pour me soutenir. Je suis dans le néant, alors si tout s'effondre, je vais forcément tomber. D'ailleurs, j'ai chuté et ce jour-là... Ce jour-là, tu m'as retrouvé proche d'un parc et je vomissais comme un imbécile.
Lui raconter tout cela l'écoeurait au plus haut point, mais Leslie avait toujours appris grâce aux erreurs des autres, pour être certain de ne pas les répéter. Voir Miller faire la même bêtise que lui l'ennuyait. Habituellement, il aurait été apte à se taire, mais Leslie se sentait redevable et il avait besoin de parler, plus qu'il ne le croyait.
- Ce n'est pas cet insigne qui fera remonter la lumière que je voyais autrefois dans tes yeux... Tu n'arrives pas à dessiner, alors fait n'importe quoi.
Il redressa la tête brusquement, alors qu'il venait tout juste de comprendre une phrase provenant de Little.
- Il n'y a pas meilleure oeuvre que l'homme qui frappe les notes de son piano, tout comme le peintre qui lance sa peinture et déchire sa toile. Souffla-t-il pour lui-même, choqué de ne pas avoir compris la première fois.

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MessageSujet: Re: Because I Care. [19 Septembre 1997] Ven 17 Juin 2016 - 0:00

Leslie & Elwyn





Leslie venait de surgir sans prévenir. Elwyn qui était perdu dans ses pensées ne l’avait pas senti approcher. Il ne s’attendait pas non plus à la voir, pas après ce qui s’était passé en août. Il avait cru qu’elle ferait en sorte de l’éviter, mais il s’était visiblement trompé. De toute façon, il était vraiment nul pour prédire les réactions des filles en général alors rien de surprenant à ce qu’il se soit encore planté. Elwyn n’avait aucune intention de lui rappeler cette fameuse soirée, il n’était pas sadique au point de mettre le nez des gens dans leur propre citrouille. Leslie avait été dans un piteux état, pour certains le mot « pitoyable » devait s’imposer à leur esprit, mais pour le Serdaigle, le seul mot qui lui était venu était « désespoir » et il n’y a rien de drôle à voir quelqu’un sombrer dans sa propre tristesse et se noyer dans ses larmes.

Il avait connu ça, à l’orphelinat, puis lors de sa première année à Poudlard. Les débuts avaient été difficiles, tout n’avait pas été toujours rose. Sur son passage, les gens s’écartaient ou se moquaient, il avait subi le mépris, l’indifférence, le dégoût, l’abandon et le vide. Il avait eu envie de mettre un terme à cette vie, et puis il s’était redressé. Parce qu’il avait également connu l’amitié, la compassion, la tendresse, l’amour, l’affection. La larve s’était transformée en chrysalide puis en papillon. Sa vie ne faisait que commencer et il voulait y mordre à pleines dents. On ne change pas du jour au lendemain, mais Elwyn comptait évoluer à son rythme, lentement, mais surement.

Elle semblait relativement mal à l’aise, même Elwyn pouvait le sentir alors qu’il la dévisageait en se demandant ce qui avait changé chez elle. À sa question sur comment il allait, il répondit de manière tout à fait bateau sans rentrer dans les détails. Généralement cette question n’appelait pas un étalage de vie, c’était même agaçant d’entendre les épanchements des uns et des autres. Et visiblement, il avait bien vu puisqu’elle n’insista pas plus.

Leslie prit la parole et se lança dans une longue tirade qu’Elwyn écouta attentivement. Elle semblait s’inquiéter pour lui et même s’il ne comprenait pas bien pourquoi, cela lui faisait vraiment plaisir. Elwyn la remercia en souriant, il n’avait pas grand-chose à ajouter. Il fallait aussi avouer qu’il n’avait pas la force pour rentrer dans les détails. Son esprit était vide et son corps atrocement lourd. Il avait le sentiment que le moindre faux mouvement le réduirait en cendres. Leslie prit l’initiative de relancer la conversation en lui demandant s’il voulait discuter. Ne voyant pas pourquoi refuser, Elwyn accueillit sa demande avec un immense sourire et lui proposa même de se rapprocher. Sa présence ne le dérangeait aucunement. Un peu de compagnie lui fera le plus grand bien et puis, ce n’est pas comme si Leslie était insupportable. Il s’étendit de tout son long pour détendre ses jambes engourdies.

Leslie pivota sur elle-même cherchant quelque chose du regard, Elwyn la regarda faire sans trop comprendre ce qu’elle avait. Avait-elle peur de se faire voir ? Fuyait-elle quelqu’un ? Voyant son trouble, Elwyn plaisanta en parlant du dessin qu’elle avait pris pour un croquis érotique. Elle eut un sourire crispé et se décida enfin à bouger pour s’installer à côté de lui, tout en respectant sa bulle privée et il lui en fut reconnaissant. Ça lui changeait de Fay qui avait constamment besoin de se coller littéralement à la personne pour se sentir exister. Il avait fini par s’habituer, mais cela l’agaçait tout de même. Enfin ce n’était pas pire que Stanley qui ne tolérait pas du tout cette proximité avec elle et lui faisait le reproche. Elwyn se souvient d’un jour où Stanley lui avait dit à part : « J’apprécie Fay, mais parfois, elle est agaçante. »

- Little m'a dit un jour que les souvenirs des moments que nous avons appréciés semblent toujours plus lointain que les souvenirs  douloureux... Que c'est pour cette raison que certaines personnes se laissent emporter par la haine, la tristesse et je ne sais trop quoi encore.

Elwyn la dévisagea, ne sachant pas si elle pensait à haute voix ou si ce message lui était dressé, c’était peut-être pour eux deux. Il imaginait parfaitement Little faire ce genre de remarque sortant de nulle part, c’est pour ça d’ailleurs qu’il mettait le Serdaigle mal à l’aise. Ce Serpentard était toujours à vous regarder comme s’il vous disséquait.

- Forcément que les souvenirs douloureux sont ceux qui restent gravés dans notre cœur plus longtemps, l’être humain est ainsi crée. Le bonheur est éphémère. Il poussa un soupir avant d’ajouter : -la tristesse, la haine, c’est ça « être en vie », non ? Il n’y aucune honte à ressentir ce genre d’émotion. C'était lui qui disait ça, quelle ironie. Lui qui a contenu ce type d'émotions sous la lourde chaine de sa pudeur pendant de nombreuses années au point d'exploser. Il se reprit, j’veux dire, tout n’est jamais tout rose… pour personne. Il plongea dans ses prunelles : mais pourquoi tu me dis ça ?

Non, dans cette vie la joie et la tristesse sont si proches. Jamais bien loin l’une de l’autre. Mais était-ce un mal en soi ? Pas pour le Serdaigle, les souvenirs tristes comme heureux étaient tous devenus précieux. Ce qu’il redoutait, lui, c’est de ne pas avoir de souvenir. Se coucher le soir et ne pas fermer l’œil parce que l’on n’a rien. Rien à ressentir, rien à se souvenir. Le néant, profond et sans appel. Plus jamais, il se l’était juré, plus jamais il ne voulait vivre ça.

Ils étaient assez proches, aussi il ne soutint pas longtemps son regard et riva ses yeux sur l’herbe autour de lui. Surtout que Leslie s’était rapprochée de sa nuque, il n’osait pas relever le regard pour deux raisons : de un cette proximité était gênante et de deux, il avait l’impression que Leslie sentait quelque chose. Elwyn était donc occupé à essayer de sentir s’il ne cocotait pas sous les aisselles, mais aucune odeur ne parvient à ses narines. Se faisait-il des films pour changer ? Il décala légèrement son corps, pur réflexe de protection au cas où il puait. Il tenta donc de questionner Leslie sur le sujet de conversation qui pouvait la brancher. Elle éloigna son visage de sa nuque et il redressa la tête pour lui faire face de nouveau. Il était plus à l’aise ainsi, chacun dans sa bulle. Elle se frotta derrière la tête et sembla réfléchir.

- De tout et de rien, ça me convient.

Elwyn sourit et se décida à parler de son insigne, ne voyant pas quoi dire de plus. Il ne connaissait pas assez la demoiselle pour se lancer dans une conversation autre que la pluie et le beau temps. Et puis, Elwyn n’ouvrait jamais son cœur complètement, à personne. Il était constamment sur la défensive, même avec ses amis comme dans l’attente du coup de poignard. Leslie regarda son insigne en souriant.

- Tu demandes ça à une personne qui te surveille depuis plusieurs années... Bien sûr, je l'ai remarqué.

Elwyn baissa la tête et laissa échapper un rire grave qui lui est propre. Pour être sincère et franc, ça l’était.

-Aha où avais-je la tête.

Il ne comprenait toujours pas pourquoi elle s’intéressait à lui depuis tout ce temps. À moins d’avoir des sentiments, de l’intriguer ou de lui rappeler quelqu’un. C’est alors que le flash-back du parc lui revient en mémoire. Et si Leslie était liée à son passé de près ou de loin ? Il avait mis cette possibilité de côté à cause des récents événements (comme se retrouver à poils devant une demoiselle que nous ne citerons pas), mais maintenant cette éventualité rejaillissait de nouveau. Ce n’était pas impossible, mais quelle était la pièce de puzzle qui lui manquait ? Il ne pouvait pas lui demander de but en blanc pourquoi elle l’observait, ce n’était pas dans sa personnalité et puis, elle ne répondrait certainement pas.

La demoiselle se recroquevilla en ramenant ses genoux vers elle.

- Et félicitation...

Elwyn et Leslie se dévisagèrent silencieusement. Il était toujours perdu dans ses questionnements et la réponse n’était pas gravée sur le visage de la Serpentard.

-Merci, répondit-il sans grande conviction. Le sourire de la demoiselle s’évapora lentement pour finalement disparaître.

- Dans dix ans, plus personne ne se souviendra que tu étais le préfet masculin, chez les Serdaigles. Combien de gens sont passés par là avant toi ? Tout le monde peut s'asseoir sur ton siège rouillé. Tu souris pour un truc qui est totalement inutile.

Après la lumineuse Leslie, voilà son ombre. Son double monstrueux, lunatique et cassant. Transperce donc mon cœur d’une lame d’acier, ça m’est égal. C’est encore trop facile de couper mon souffle. Je dois renforcer cette carapace avant de me faire broyer. Leslie fronça les sourcils et Elwyn la regarda calmement sans se départir de son sourire. 10 ans, t’es sympa. Moi j’aurais dit dans 3 ans. Je me fiche qu’on se souvienne ou pas… Il se stoppa, en oubliant, j’oublie aussi ma douleur. Même mes beaux principes semblent si cruels, qu’un dénommé Elwyn Miller a été préfet à Serdaigle. Tant que ceux que j’aime ne m’oublient pas, le reste m’importe peu. Un sourire fané naquit à la commissure de ses lèvres : moi, je n’oublierai pas.

Depuis quelque temps, sa vision a commencé à se troubler. Il ne sait plus ce qui est juste ou non, ce qu’il devrait faire ou non. Il avait peur de tout ce qui est doux et sucré. Pourquoi passait-elle d'un extrême à l'autre avec lui. Cherchant à le consoler, puis à le poignarder. Froidement, il ajouta : il vaut mieux sourire que pleurer. Tu ne crois pas ? Il pencha sa tête de côté en lui offrant un large sourire.

- Tu peux perdre ton insigne à tout moment et tu peux aussi le retrouver, mais... Tu ne peux pas perdre ce que tu as construit en dessinant.

-Oh, je vois c’est là où tu voulais en venir…. Il ricana, le dessin. Il ne comprenait pas pourquoi elle semblait autant agacée, mais maintenant tout s’éclairait, c’était à cause du dessin.

Enfin, si... tu peux le perdre, mais si cela arrive, alors tu risques de ne plus jamais le retrouver.

- Oui, c’est vrai et j’en ai conscience mieux que quiconque, dit-il en se redressant.

- Mes parents ont essayé de m'aider et de m'offrir la chance de jouer d'un instrument de musique, de danser ou même de chanter. Ils voulaient que je donne une partie de moi à l'art, plutôt que de me sacrifier à la haine et au dégoût. J'ai refusé et maintenant je... Je n'ai pas de siège pour me soutenir. Je suis dans le néant, alors si tout s'effondre, je vais forcément tomber. D'ailleurs, j'ai chuté et ce jour-là... Ce jour-là, tu m'as retrouvé proche d'un parc et je vomissais comme un imbécile.

Elwyn la dévisageait sans rien dire. Pourquoi lui livrait-elle des choses aussi privées ? Méritait-il la confiance qu’elle lui accordait ? Il aurait été bien incapable de se livrer à cœur ouvert comme elle faisait, mais il enviait les gens capables de le faire sans arrière-pensées. Il baissa la tête et murmura : - je n’ai pas pensé que tu étais une imbécile.

- Ce n'est pas cet insigne qui fera remonter la lumière que je voyais autrefois dans tes yeux... Lui ? Avoir une lueur dans ses yeux ? Il avait de gros doutes. Tu n'arrives pas à dessiner, alors fait n'importe quoi.

Le Serdaigle fixa ses doigts sans rien ajouter, certain qu’elle n’en avait pas fini. Il encaissait silencieusement, réfléchissant au sens de ses propos. Le dessin était-il si important dans sa vie au point qu’on l’ait identifié à ce dernier. Aussi loin que remonta sa mémoire, il a toujours tenu des crayons entre ses doigts. 10 ans que lui et le dessin vivaient ensemble. 10 ans que le dessin lui permettait de s’exprimer, se libérer et être heureux. Alors oui, il souffrait de cette rupture, de ces adieux. Le dessin avait occupé une place primordiale dans sa vie et son absence était comme un vide. Elwyn se sentait démuni et encore plus inconsistant que jamais. Comme lorsque l’on est enfermé à l’intérieur pendant que les autres enfants s’amusent dehors. Le dessin l'avait aidé, lui, l'enfant brouillon a s'ouvrir aux autres alors qu'il avait tant de difficulté à communiquer. À travers ses dessins, l'on pouvait trouver tout ce qu'il était incapable de dire de vive voix : des mercis, ses faux-pas, ses faiblesses, ses forces, sa colère, ses peurs, ses blessures, de l'amour, du bonheur, sa tristesse, ses espoirs, ses rêves, ses maladresses, ses déceptions... Où étaient parties toutes ces émotions ?  N'avait-il plus rien à exprimer ? Plus rien à dire ? Non, ce n'était pas ça.

- Il n'y a pas meilleure oeuvre que l'homme qui frappe les notes de son piano, tout comme le peintre qui lance sa peinture et déchire sa toile

-Tu ne crois pas que je suis le plus affligé par cette perte ? Il soupira et finit par relever les yeux pour les plonger dans les prunelles de la Serpentard. Il n’était pas énervé, mais son ton restait sec. J’ai essayé de dessiner, tout l’été même, mais le constat est sans appel, je n’y arrive plus. C’est triste, mais je ne peux pas faire grand-chose contre ça. Le temps endurcit de tout, rendant la plus puissante des douleurs acceptables.

Son sourire disparut. Il ne savait pas lui-même d’où venait le blocage. La mort de Dumbledore ? Absynthe ? Les deux ? Rien de tout ça ? Tout ? Il ne savait pas. Il avait perdu sa passion, les couleurs qui éclairent son âme. Il ne savait plus quoi exprimer à travers son dessin. En d'autres mots, il était perdu.

-Je peux m’énerver, crier, pleurer, ça ne changera rien. Alors je me suis résigné, ça finira par revenir, il suffit d’être patient et si ça ne revient pas… eh bien, tant pis. Il regarda ses doigts qui connaissaient si bien les fiançailles de la mine et du papier. Il faut aller de l’avant sans se retourner, continuer. Il serra le poing.

-Vous (par vous, il entendait les filles) êtes quand même bien contradictoires. Je ne dois pas vous dessiner, si je dessine trop j’emmerde le monde, je suis égoïste ou méchant, et quand j’arrête, on me le reproche. C’était injuste de vider son sac devant Leslie qui n’y était pour rien, mais il ne pouvait pas le faire devant les principales concernées, alors elle jouait ce rôle à leur place. Il arqua un sourcil sans la quitter des yeux : faudrait se mettre d’accord. Ouais dessine Elwyn, mais pas tout le temps. Ouais dessine El’, mais pas moi. Pas comme ça. Pas maintenant. Encore, fais autre chose ! Un rire sardonique s’échappa d’entre ses lèvres. Il s'avança vers elle en analysant le visage de la demoiselle : ou alors, me laisseras-tu te dessiner cette fois ? La dernière fois qu’il avait fait ce sous-entendu, elle avait réagi au quart de tour, presque apeurée.

Il recula son buste et d’une voix calme reprit :

-Faire n’importe quoi ? Par exemple ?

Il avait abandonné tant de choses : le piano, ses amis, sa famille… Alors qu’est-ce que le dessin ? Sinon une perte de plus à déclarer dans la bataille Miller.

Assez parlé du dessin, Elwyn fronça les sourcils : - Dis, rien à voir, mais par tout hasard, tu aurais pas dans ton année un gryffondor répondant au nom d’Andy ? Elwyn avait tenté d’entrer en contact avec ce garçon, mais ce dernier prenait soin de l’éviter.

Technique du fourbe pour changer de sujet, activée.

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MessageSujet: Re: Because I Care. [19 Septembre 1997] Ven 17 Juin 2016 - 5:31

- Forcément que les souvenirs douloureux sont ceux qui restent gravés dans notre cœur plus longtemps, l’être humain est ainsi créé. Le bonheur est éphémère. Ces mots... Le bonheur est éphémère. Il avait déjà entendu ça, mais ces paroles ne provenaient pas de Miller. Confus, les prunelles de Leslie se perdirent contre l'asiatique, le regardant du haut vers le bas avant de s'éteindrent dans le vide, comme s'il venait de mourir l'espace d'un instant. Est-ce qu'il avait oublié quelque chose ? Mais comment et pourquoi ? Il arrivait à se souvenir de tout ce que Cliff lui avait dit auparavant et maintenant, il se retrouvait là, dans un espace d'incertitudes. Qu'est-ce que j'ai oublié ? Et depuis quand arrivait-il à ne pas se rappeler de ce que les autres lui disaient ? Enregistrer, c'était toujours ce qu'il faisait. Apprendre des autres, regarder, vivre... La tristesse, la haine, c’est ça « être en vie », non ? Il n’y a aucune honte à ressentir ce genre d’émotion. Non... Il ne se souvenait de rien. Qui lui avait dit ça ? Il revoyait sa chambre, son père puis... Rien. Bon sang. Il reprit son souffle avec difficulté, s'étouffant avec sa propre salive, mais ce fut à cet instant que des paroles traversèrent sa tête dans un murmure qui le dévasta.


Cela lui fit le même effet qu'un coup de tonnerre qui l'aurait frappé de plein fouet. C'était douloureux, autant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Il avait mal au coeur et il était pris de quelques vertiges qui partirent aussi vite qu'ils étaient arrivés. - J’veux dire, tout n’est jamais tout rose… pour personne. Ses iris plongèrent dans celles du Serdaigle un bref instant puis il ouvrit doucement la bouche pour essayer de lui demander ce qui venait de lui arriver, mais... Mais Miller n'avait rien vu. Non, ce n'était que dans sa tête et il avait peur de se faire passer pour un malade. Il avait déjà la sensation qu'il avait perdu la tête et partager ce sentiment lui paraissait inutile. - Mais pourquoi tu me dis ça ?

- Pour rien, je voulais seulement engager la conversation. Avoua-t-il maladroitement alors que c'était totalement faux. Il ne cherchait pas à engager quoi que ce soit. Il avait tout simplement dit tout haut qu'il gardait leur première rencontre comme un bon souvenir et que c'était pour cette raison que ce moment paraissait si loin. Cependant, il n'était pas prêt à l'avouer directement et il n'était même pas conscient de ce qu'il avait réellement cherché à exprimer, lorsqu'il avait dit ces mots que Cliff lui avait répétés les deux premières fois où ils s'étaient retrouvés pour aller dormir ensemble. Leslie n'arrêtait pas de lui dire que la journée était longue et qu'il avait l'impression que ça prenait une éternité avant qu'il ne puisse profiter de la compagnie de son camarade. Tout ce qui nous fait plaisir semble lointain. Retarder un mauvais coup n'aura pas le même effet que de retarder un service. Pourtant, les deux semblent être peu apprécié, mais la deuxième option joue aussi sur la patience du receveur. Leslie pouvait croire que c'était ainsi que l'humain donnait naissance à la frustration. On attend quelque chose qui n'arrivera jamais. Il s'attendait à ce que Miller reprenne le dessin. Il s'attendait à ce qu'il lui dise la vérité, qu'il essaie quelque chose de différent, qu'il comprenne à quel point ça lui était important. Non pas pour avoir l'impression qu'il avait fait sa bonne action du mois, mais plutôt parce qu'il se sentait libre de s'ouvrir sur ses propres problèmes.

Il essaya de se faire croire à lui-même que tous les sujets de conversation lui convenaient. Il se mentait pour la deuxième fois en moins de deux minutes. Il écouta ensuite Miller parler, lui demandant s'il avait vu l'insigne. Bien évidemment, Leslie répondit positivement tout en lui partageant qu'il le regardait depuis un bon moment. Enfin, depuis quatre ans à présent et ces mauvaises habitudes n'allaient pas changer. Ce n'était pourtant pas la première fois qu'il lui disait, mais peut-être qu'Elwyn préférait oublier cette information.

- Aha où avais-je la tête. Puis, doucement, Mathewsen le félicita, parce que c'est ce que les autres auraient fait. - Merci. Et ce mot fut accompagné d'un sourire. Un sourire que Leslie n'appréciait pas. Il hésita un moment pour lui parler plus franchement de ce qu'il pensait de tout ça. Un insigne... Une bêtise de plus. Pourquoi ce truc le faisait sourire ? Était-ce une autre forme de jalousie provenant du Serpentard ? Peut-être bien, mais à quoi bon le savoir. De ses simples mots, il poignarda le bleu, cherchant seulement à régresser l'importance du statut de Préfet. Dans 10  ans, plus personne ne se souviendra de ça. 10 ans, - T’es sympa. Moi j’aurais dit dans 3 ans. Je me fiche qu’on se souvienne ou pas… qu’un dénommé Elwyn Miller a été préfet à Serdaigle. Tant que ceux que j’aime ne m’oublient pas, le reste m’importe peu. Moi, je n’oublierai pas. Leslie sourit en coin en y réfléchissant. Il s'humecta les lèvres et haussa les épaules.

- Il vaut mieux sourire que pleurer. Tu ne crois pas ?
C'était à son tour de se prendre un coup de couteau. Mathewsen sentit son coeur se serrer. Qu'est-ce que tu veux dire ? Il pencha la tête sur le côté droit, le regardant un moment. Miller venait de le blesser. Pleurer... Ce mot était si simple et pourtant, c'était la raison première de leur rencontre. Leslie pleurait...
- Et combien sont-ils ? ... les gens que tu aimes ? Trois... Quatre ? Et eux, est-ce qu'ils t'aiment en retour où ils font partie des gens qui t'ont déjà oublié ? Et il poursuivit en lui disant que l'insigne ne servait à rien et qu'il pouvait le perdre et le retrouver sans problème. Ce qui n'était pas le cas du dessin. Ça, si Miller le perdait, alors il serait très difficile pour lui de retrouver tout ce qu'il s'était forgé. Il restera aussi doué, mais est-ce qu'il se sentira mieux ? Sûrement pas.
- Oh, je vois c’est là où tu voulais en venir… Le dessin. Et il poursuivit en lui accordant sa véracité.
- Oui, c’est vrai et j’en ai conscience mieux que quiconque
Miller se redressa sous le regard de Leslie qui préféra ne pas changer de position. Il l'analysait sagement, lui offrant ensuite une partie de son histoire. Ça l'écoeurait, mais rien ne pouvait l'arrêter dans sa lancée. Il entendit à peine le murmure d'Elwyn, mais il n'y porta pas assez d'attention pour comprendre ce qu'il avait dit. Il s'ouvrit à nouveau, un peu perdu dans ses idées et à la recherche du souvenir qu'il avait oublié. Il avait encore quelques frissons qui le parcourait, mais il n'y avait que du vide. Il manquait d'informations. Rien n'était clair...

-Tu ne crois pas que je suis le plus affligé par cette perte ? J’ai essayé de dessiner, tout l’été même, mais le constat est sans appel, je n’y arrive plus. C’est triste, mais je ne peux pas faire grand-chose contre ça. Leurs regards se pénétrèrent à nouveau. Le ton du Serdaigle surprenait Leslie, mais ça ne le changeait pas trop. Sa liste de personnes qui lui avait parlé sec ou même crié après se rallongeait doucement. Comme quoi j'attire les querelles. Ça lui rappelait sa dernière échange avec Felix. Le blond l'avait mis dans un sacré état psychologique en plus de lui avoir crié un non pour le moins catégorique.
- Tu ne peux pas faire grand-chose... Donc, abandonner, c'est ce que tu as décidé de faire. Souffla Leslie dans un soupir presque incompréhensible.
-Je peux m’énerver, crier, pleurer, ça ne changera rien. Alors je me suis résigné, ça finira par revenir, il suffit d’être patient et si ça ne revient pas… eh bien, tant pis.
- Tant pis ?...

Mathewsen le regarda un moment. T'es pas sérieux Miller... Il ne le quitta pas du regard, fronçant les sourcils en sa direction. Comment pouvait-il abandonner quelque chose de si précieux ?
- Vous êtes quand même bien contradictoires. Je ne dois pas vous dessiner, si je dessine trop j’emmerde le monde, je suis égoïste ou méchant, et quand j’arrête, on me le reproche. Faudrait se mettre d’accord. Ouais dessine Elwyn, mais pas tout le temps. Ouais dessine El’, mais pas moi. Pas comme ça. Pas maintenant. Encore, fais autre chose !
Un rire narquois s'échappa d'entre ses lèvres, ce qui fit frissonner Leslie qui recula rapidement son visage en le voyant s'approcher. - Ou alors, me laisseras-tu te dessiner cette fois ? Il se releva aussitôt, passant proche de s'écraser au sol, mais il réussit à se tenir droit.
- Tu te moques de moi ! Pour commencer, tu n'es pas égoïste et ni même méchant. Tu n'emmerdes pas les gens en dessinant, c'est EUX qui sont emmerdants ! Et oui, quand t'arrêtes, on... JE te le reproche, parce que TU n'es pas le même. Depuis quelque temps, tu es VIDE de sens, t'es FADE et sans couleurs ! Tout est pénible. Dit-il en le pointant du doigt. Il tourna ensuite sur lui-même avant de lui refaire face pour reprendre ce qu'il lui avait dit, parce que pour lui, ça n'avait aucun sens.
- Ouais dessine Miller ! Pas MOI, mais qu'est-ce que t'en a à foutre de MON accord ? Pas comme ça ? Mais je suis qui pour TE dire comment TU dois dessiner ? Pas maintenant ?! Parce que c'est moi qui décide maintenant ? Encore, fais autre chose ? Ouais, FAIS-LE, mais que si tu en as envie, parce que sinon, ça sert à rien...
Il pencha la tête, se calmant doucement et glissant l'une de ses paumes entre les mèches de ses cheveux pour se détendre. Il soupira et repris place contre le sol, là où il était à présent. Il ne voulait pas se rapprocher de Miller.

-Faire n’importe quoi ? Par exemple ?
- Peu importe Haneul. Dit-il, parce qu'Elwyn ne lui était pas revenu en tête et il en avait marre de le surnommer par son nom de famille. Il n'avait pas l'impression d'être en égalité, même si Miller restait plus vieux.
- Dis, rien à voir, mais par tout hasard, tu aurais pas dans ton année un gryffondor répondant au nom d’Andy ?
Leslie haussa les épaules, incertain.
- Je ne suis pas proche des Gryffondor. Tu devrais le demander à Cliff. À moins que tu parles de Bae qui es... en troisième année je crois. Alors là, vu qu'il est asiatique, c'est plus simple à... enfin, tu vois.
Il se frotta la nuque, mal à l'aise. Être d'une différente origine lui avait appris à repérer les autres.
- Et toi... Tu dois connaître Stanley Wang.
Il inspira profondément, ne sachant pas quoi ajouter. Il repensa à Andy un moment, se rappelant un peu de ce à quoi il ressemblait.
- Il te ressemble... Andy. Physiquement je veux dire. Et puis bon... Moi, si on prend le temps d'y réfléchir, je crois que je ressemble à Lawford, Felix. Il en grimaça, mais il n'avait pas tort.

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MessageSujet: Re: Because I Care. [19 Septembre 1997] Dim 26 Juin 2016 - 14:59

Leslie & Elwyn





Elwyn partit dans des explications sur ce qu’est pour lui le bonheur, sur l’importance qu’occupent les émotions comme la haine et la tristesse.  Paye ton débat hautement philosophique. Si la vie était une mère, la tristesse, la joie, le regret, l’amour et la haine seraient ses enfants, sans une once d’hésitation.  C’est vrai, Elwyn avait étouffé pendant de nombreuses années certaines de ces émotions parfaitement humaines, mais elles n’en resurgissaient que plus puissantes, plus pures et plus sincères que jamais. Leslie ne le quittait pas des yeux, même si elle semblait perdue dans ses pensées. Quelque chose la turlupinait, elle était présente physiquement, mais son esprit était loin. Après coup, il lui demanda même pourquoi elle lui avait dit ça, c’est vrai que sa réflexion tombait comme un cheveu sur la soupe, mais c’était un peu la marque de fabrique de Leslie. Ses conversations avec la demoiselle partaient toujours dans une direction imprévue. Il ne discutait jamais de ce genre de sujet avec ses amis par exemple.


- Pour rien, je voulais seulement engager la conversation.

Elwyn détourna son regard pour le plonger vers les montagnes et forêts au loin. Pourquoi engager la conversation sur ce chemin pentu, alors que la quasi-totalité des élèves aurait parlé des profs, de la pluie, du beau temps, des cours, du quidditch. Il n’y avait pas à dire, c’était une bien étrange jeune fille. Il bâilla et mit sa main devant sa bouche en s’excusant. Le Serdaigle était souvent épuisé ces derniers temps, alors qu’il ne faisait rien de particulier. Probablement que quand on n’a pas le moral, tout le reste se détraque. Il était souvent dans la lune, avait des difficultés à suivre en classe et se sentait toujours fatigué, vide.

Elwyn changea de sujet, optant pour une conversation plus légère : son nouveau poste de préfet. Pas le sujet le plus intéressant qui soit, mais c’était mieux qu’un lourd silence, non ? En tout cas, c’était le cas aux yeux du jeune homme. La conversation ne resta pas longtemps sur ce banal sujet, puisque Leslie préféra faire remarquer à Elwyn qu’il était stupide de sourire pour quelque chose d’aussi futile. Était-elle une alliée ou une ennemie ? Elwyn avait encore du mal à se décider la concernant, mais il était certain d’une chose, c’est que l’avenir le lui dira bien assez tôt. Un brin agacé par les remarques agressives passives de la Serpentard, il lui fit remarquer qu’elle était bien optimiste en parlant de 10 ans. Il était certain que dans  trois ans les gens l’auront oublié. Pourquoi les en blâmer ? Lui-même les oubliera. Tous, sauf ses amis. Mais cela ne dérangeait pas le Serdaigle, une simple rose pouvait être son jardin et un seul ami son univers. Il n’avait pas besoin d’une basse-cour pour se sentir exister, bien au contraire. Il fit d’ailleurs part de cette réflexion à Leslie qui hocha les épaules un sourire indescriptible aux lèvres :

- Et combien sont-ils ? ... les gens que tu aimes ? Trois... Quatre ? Elwyn fronça les sourcils : pourquoi était-elle aussi agressive avec lui ? Qu’avait-il bien pu dire ou faire ? Et puis si elle ne le supportait pas, pourquoi venir le voir ? Était-elle maso ? Pas besoin d’aimer des dizaines de personnes pour être heureux, dit-il en secouant la tête comme pour chasser un insecte agaçant. Plus on aime de gens, moins c’est sincère. Les « trois… quatre » personnes que j’aime, il posa sa main sur son cœur, c’est du fond du cœur. Peut-être même qu’il y en a qu’une seule… Il détourna les yeux, un voile éteignit la lueur dans ses prunelles, de personne. Il humidifia ses lèvres, un sourire naquit sur ses lèvres. Qu’importe qu’il y en ait qu’une ou plusieurs. Nous n’avons bien qu’un seul soleil dans notre ciel, ce n’est pas pour ça que les plantes ne poussent pas. Et eux, est-ce qu'ils t'aiment en retour où ils font partie des gens qui t'ont déjà oublié ? En quoi ça te regarde ?? Il entrouvrit la bouche et baissa les yeux tordant ses doigts.  Est-ce que des gens comme Fay ou Stanley pourraient l’oublier un jour ? Oui, certainement avec les années et la distance.

Il revoyait Fay pleurer : « tu sers vraiment à rien. Tu dessines tranquillement alors que je pleure, fais quelque chose ou va-t’en ».

« Alors, je reste ». Elle avait pleuré plus fort, des torrents de larmes avaient mouillé ses joues et la cape d’Elwyn qu’elle serrait entre ses doigts. « Imbécile ».


Si je dessine, c’est parce que je suis incapable de m’exprimer par un autre biais, incapable de communiquer mes sentiments aux autres. Lorsque je vous offrais des dessins, c'était ma façon de vous dire "je t'aime, je tiens à toi". Fay ne l’oublierait pas. Elle était grossière, brutale, envahissante, agaçante, mais elle ne l’oublierait pas.

Et Stan… Elwyn ne savait pas quoi en penser. Il ne savait rien de son ami et les rares fois que Stanley avait ouvert son cœur, c’était par énigme. Pas plus tard qu'il y a une semaine, il y avait eu une bien étrange mise en scène entre lui et le Serpentard. Ils s'étaient retrouvés littéralement collés l'un à l'autre, plus proches qu'ils ne l'avaient jamais été en cinq ans, dans un placard à balais. Tout ça c'était la faute de Peeves. Stanley et Elwyn sortaient de leur dernier cours de la journée, celui d'arithmancie et ils discutaient à propos de l'algorithme de Bommild lorsque des cris d'appels au secours en provenance d'un vieux placard dans une salle de cours vide les avaient interloqués. Ils s'étaient approchés du placard et une fois à proximité, la porte s'était ouverte, Peeves en était sorti et les avait poussé à l'intérieur en refermant la porte derrière eux : "Deux kappas en captivité !". L'esprit frappeur avait retiré leur baguette et les avait posées au sol avant de s'éloigner en chantonnant : "deux kappas, deux kappas, deux kappas, pa, pa, patacitrouille..."

Le placard était exigu, suffisamment étroit pour ne loger qu'une seule personne accroupie. Par conséquent, Elwyn s'était retrouvé collé à Stanley et malgré ses plaintes et ses tentatives pour sortir, rien n'y fit. Stanley finit par lui demander de se calmer et le Serdaigle s'installa dans la position la moins inconfortable possible. C'est à dire sur les fesses de profil, une épaule plaquée contre le bois, les jambes repliées sous lui et le visage de Stanley à quelques centimètres du sien. Elwyn qui n'était pas un amateur du contact physique était servi, mais Stanley était totalement stoïque. Il faisait sombre, mais le Serdaigle distinguait tout de même le visage de son ami et le fait qu'il le dévisageait. Il était atrocement mal à l'aise à cause de cette proximité non souhaitée. Il sentait l'odeur de son ami, une odeur de cannelle mélangée à une autre saveur inconnue.

- On aura jamais été aussi proche, avait plaisanté Elwyn. C'est incroyablement inconfortable.

Stanley n'avait rien répondu et avait fermé les yeux. Après d'interminables minutes, il avait dit d'une voix lente : - Plus qu'à attendre que quelqu'un passe, ça peut prendre du temps. Si quelqu'un daigne passer dans le coin.

Son ami s'était gratté la malléole gauche et avait bougé pour se réinstaller dans une autre position. Les longues jambe d'Elwyn étaient très douloureuses, car il n'avait pas la place de les étendre. Après cinq minutes de silence, Elwyn avait jugé que c'était le meilleur moment pour remercier son ami (s'il ne le faisait pas maintenant, il ne ferait jamais) : - au fait, je ne t'ai pas remercié pour les papiers... Donc, euh, merci.

Stanley n'avait rien dit. Muré dans un silence de plomb, il s'était finalement décidé à rompre le silence. Elwyn sentait son souffle chaud contre son avant-bras. Il imaginait les grands titres des journaux : le squelette de l'héritier Wang a été retrouvé après cinq années de disparition... Il s'avère qu'il était coincé avec son ami dans un placard.

« j’ai fait un rêve cette nuit. » Son ami avait lentement relevé ses yeux plus noirs que la nuit sur lui. « J’ai rêvé que je tombais… sans fin. Le paysage défilait sous mes yeux, j'étais préparé au choc, mais le sol ne venait jamais. C’était angoissant. J’aurais préféré m’écraser. Ça t’est déjà arrivé ? »

Il n'avait pas trop compris pourquoi il lui disait cela maintenant. Après tout, Stanley, la muraille avait elle-aussi ses faiblesses et ses peurs, voilà ce que s'était dit le Serdaigle à ce moment.

Non, pas que je me souvienne. Tu devrais demander à Fay d'analyser ton rêve.... Par contre, j'ai rêvé de toi à poils. Bien évidemment qu'il ne lui avait pas dit cette pensée.

Stanley et Elwyn s'étaient dévisagés, et un sourire naquît sur les lèvres de Stanley qui avait rigolé timidement : - J'ai hâte de sortir pour lui en parler. Ses analyses toujours parfaitement aiguisées, jamais à côté de la plaque... Elwyn avait éclaté de rire.

On les avait fait sortir après 20 bonnes minutes tout courbaturé.

Non, Stanley non plus ne l’oubliera pas. Jamais, car après tout  « il y a des liens qu’on ne coupe pas si facilement, Elwyn ».


Il aurait bien eu envie de renvoyer l’ascenseur à Leslie et de lui demander combien de personnes l’aimaient et si elle avait des amis, mais il n’était pas aussi incisif qu’elle. Le Serdaigle ne souhaitait pas la blesser gratuitement et il était incroyablement las des combats et des prises de tête. Il plongea dans ses prunelles : - ils m’oublieront cert… Non ! Il fronça les sourcils et répondit fermement : ils ne m’oublieront pas ! Il la toisa du regard.

Elle revient sur le sujet qui lui tenait à cœur : le dessin. Pourquoi s’intéressait-elle tant à sa vie ? Pourquoi semblait-elle presque affligée par la nouvelle ? Pourquoi le jugeait-elle de la sorte ? Incompréhensible. Leslie était une énigme à elle seule. Il passa sa main dans sa frange (avec du gel) pour la relever. Elle bredouilla quelque chose, mais il ne perçut qu’un murmure et il continua sur sa lancée. C’était dommage, triste, déprimant et plus encore, mais que pouvait-il bien faire ? Il n’arrivait plus à s’exprimer à travers le dessin, à s’exprimer tout court. Il ne savait plus qui il était, ce qui est bon ou juste et ce qui ne l’est pas. Il était perdu, complètement perdu et tentait de s’accrocher à ce qu’il pouvait pour ne pas sombrer.

- Tant pis ?...

Leslie dévisagea Elwyn, choquée et ce dernier lui confirma ses dires en hochant la tête. Il vida ensuite son sac concernant la contradiction des demoiselles et lorsqu’il demanda à Leslie s’il pouvait la dessiner, elle se leva brusquement. Son soudain mouvement le surprit. Il la fixait de haut en bas dans l’attente de son verdict. Visiblement, cette idée ne lui plaisait pas plus que ça.

- Tu te moques de moi ! Il la regarda, déboussolé. Elle avait haussé le ton. Pour commencer, tu n'es pas égoïste et ni même méchant. Un sourire apparut timidement sur ses lèvres. Tu n'emmerdes pas les gens en dessinant, c'est EUX qui sont emmerdants ! Elle lui enlevait les mots de la bouche. Et oui, quand t'arrêtes, on... JE te le reproche, parce que TU n'es pas le même. Depuis quelque temps, tu es VIDE de sens, t'es FADE et sans couleurs ! Tout est pénible. Elle le pointa du doigt et il baissa la tête, mais la releva bien vite quand elle reprit la parole. C’est vrai, il avait perdu ses couleurs, mais en avait-il jamais eu un jour ?

Il écouta la suite sans la quitter des yeux.- Ouais dessine Miller ! Pas MOI, mais qu'est-ce que t'en a à foutre de MON accord ? Pas comme ça ? Mais je suis qui pour TE dire comment TU dois dessiner ? Pas maintenant ?! Parce que c'est moi qui décide maintenant ? Encore, fais autre chose ? Ouais, FAIS-LE, mais que si tu en as envie, parce que sinon, ça sert à rien...

Elle était hors d’elle, c’était de sa faute. Il ne l’avait jamais vue aussi retournée, elle en tremblait presque.  Elle se rassit en soupirant sous les yeux éberlués d’Elwyn.  Tu es assez… incroyable, dit-il en grattant la paume de sa main. Il ne trouvait pas l’adjectif qui la qualifiait et sortit celui qui se rapprochait le mieux. Ce qu’elle disait lui avait, quelque part, fait plaisir, tout le monde n’avait pas le point de vue d’Absynthe, de Fay et d’autres. Je ne comprends pas bien pourquoi cela te tient tant à cœur ni pourquoi tu es aussi remontée contre moi, mais tu as raison sur un point. Je dois faire les choses si j’en ai envie, sinon ça ne sert à rien. Et actuellement, mon esprit veut dessiner, mais mon cœur n’y arrive pas. C’est tout. Un rire grave s’échappa d’entre ses lèvres : tu es quand même drôlement culottée. Si ça t'inquiète à ce point, rassure-toi ça reviendra Encore un mensonge, hein ? Oui, mais il vaut parfois mieux ça que la réalité. Il voulait clôturer la discussion sur son incapacité à dessiner.

Il lui demanda ensuite ce qu’elle entendait par « n’importe quoi ». Il ne comprenait pas où elle voulait en venir ni ce qu’elle attendait de lui. Il faut dire que la demoiselle avait une façon de s’exprimer assez chaotique. Plus particulièrement ses émotions qu’elle semblait avoir du mal à contrôler.


- Peu importe Haneul.

Son second prénom eut l’effet d’une décharge électrique : - Haneul ? Comment tu connais mon second prénom ? Son visage s’était immédiatement obscurci, « Haneul » cela lui rappelait Yong shik et il ne comprenait pas pourquoi Leslie l’appelait par son second prénom.  C’était à la fois totalement déplacé et beaucoup trop intime. Mon prénom est… Il se tut et détourna la tête en faisant claquer sa langue contre son palais. Dong ? Elwyn ? Haneul ? Teletubbies, c’était quoi mon véritable prénom !? citrouille, je suis qui ? « Tu es toi. » Laisse tomber, dit-il froidement. Ne m’appelle plus ainsi.

Un silence pesant s’installa. Elwyn était encore énervé d’avoir entendu le prénom « Haneul » de la bouche de cette étrangère, c’était comme si elle pénétrait dans sa maison sans retirer ses chaussures. Pourquoi tout le monde s’amusait ainsi avec lui ? Il serra entre ses doigts le gros ouvrage. Qui était-elle au final ? Peut-être qu’elle était un fantôme du passé, une ombre de ses souvenirs ? C’était un peu effrayant. L’image d’Andy s’imposa à son esprit et il lui demanda si elle l’avait dans sa classe. Il voulait entrer en contact avec le Gryffondor, mais ce dernier faisait tout son possible pour l’éviter quand il le croisait, comme accélérer le pas.

- Je ne suis pas proche des Gryffondor. Tu devrais le demander à Cliff. À moins que tu parles de Bae, oui c’est ça, qui es... en troisième année je crois. Alors là, vu qu'il est asiatique, c'est plus simple à... enfin, tu vois.

Non, il ne voyait pas. Elwyn  ignorait totalement l’existence de ce Bae il y a 4 mois de cela. Il ne comprit pas que Leslie parlait de leur origine asiatique.  Elwyn, qui a vécu parmi des « blancs » depuis sa plus tendre enfance, ne s’est jamais totalement jugé différent, même si l’image que lui renvoyait le miroir ou ses camarades étaient l’inverse.  Oui c’est lui. Leslie ne semblait pas pour autant le connaître. L’inverse aurait été assez inquiétant. En troisième année, il nota cette information dans un coin de son esprit. La petite sœur de Fay devait donc être dans sa classe. Il pouvait en tenir deux mots  à son amie, mais avait peur qu’elle fourre son nez dans ses affaires. C’était la dernière chose qu’il souhaitait.

- Et toi... Tu dois connaître Stanley Wang.

- Oui, c’est un ami. Pourquoi ?

Que venait faire son ami dans la conversation ? Leslie le connaissait-elle ? Possible, ils étaient tous les deux à Serpentard et Elwyn ne voyait pas ce que faisait Stan lorsqu’il était dans sa salle commune, bien qu’il le savait en compagnie de Zack assez fréquemment. Enfin selon Stanley, Zack est quelqu’un d’intelligent, mais « je ne l’apprécie pas plus que ça ». La question était : qui appréciait-il ?

-D’ailleurs, faut que j’aille lui demander un truc, à moins qu’il vienne, s’il s’en souvient.

- Il te ressemble... Cette phrase sortit Elwyn de ses pensées : Qui ça ? Stanley ?? s’écria Elwyn. C’est vrai que leur personnalité était assez similaire sur certains points. Ils sont sérieux, calmes, studieux, nés en janvier, mais Elwyn n’avait pas du tout l’impression de ressembler à son ami. Andy. Physiquement je veux dire. Elwyn arqua un sourcil :- Mhm, il revisualisa Andy le visage hermétiquement fermé près de la fontaine du pouvoir et ne voyait pas du tout en quoi ils se ressemblaient.

-Si tu le dis, finit-il par marmonner sans comprendre pourquoi cela l’agaçait de se faire entendre dire qu’il ressemblait à Andy. Peut-être que son visage est commun au point de ressembler à tous les Asiatiques de Poudard ? Ne lui avait-on pas demandé des dizaines de fois s’il est le cousin de Cho après tout ? Le cliché qui veut que tous les asiatiques soient cousins.

Et puis bon... Moi, si on prend le temps d'y réfléchir, je crois que je ressemble à Lawford, Felix.

Elwyn écarquilla de grands yeux. – Felix Lawford, le grand blond qui est dans ma classe ? Il pouffa de rire. Je ne trouve pas.

Leslie et Felix étaient tellement différents du point de vue de la personnalité, mais également au niveau de la taille. Elwyn ne comprenait même pas pourquoi elle faisait le rapprochement. Vous êtes bien différents tous les deux. Le Serdaigle n’était clairement pas la personne la plus physionomiste qu’il soit. Il était incapable de voir la moindre ressemblance entre Leslie et Felix, trop de différences de personnalités. Elwyn appréciait Felix, notamment parce qu'il l'avait protégé dans sa période ingrate, mais ce dernier le mettait assez souvent mal à l’aise.

Le Serdaigle ne savait pas trop quoi ajouter, il faut dire que les reproches de Leslie l’avaient un peu refroidi. Il ne savait pas de quoi parler : un sujet banal, Leslie lui disait qu’il était stupide. Le dessin, elle s’énervait. Que devait-il dire ou faire ?

- Pas tout de suite, mais je compte aller voir Stan’ à la chorale.

Et si tu croisais Absynthe là-bas ? Qu’importe, elle m’ignore totalement et fait comme si je n’existais pas. Je ne vais pas éviter certains coins justes parce qu’il  y a un risque de la croiser.  Tu es sadique et méchant en fait. Oui. Tu dis ça, mais quand tu la croises, tu traces. Lâche. Oui, je sais tout ça. De toute façon, elle n'y sera pas, pas à cette heure. ça t'attriste ? Non. Tu voudrais te faire pardonner ? ... Tu lui en veux ? Peut-être. De quoi ? ...

Tu voudras venir ? Je sais pas si ça t’intéresse, mais il faut avouer qu’il gère sous ses airs.

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MessageSujet: Re: Because I Care. [19 Septembre 1997] Lun 27 Juin 2016 - 11:04


- Pas besoin d’aimer des dizaines de personnes pour être heureux. Plus on aime de gens, moins c’est sincère.
Leslie entrouvrit les lèvres, tout en penchant légèrement la tête vers le bas. Il se posa alors la question, cherchant à comprendre si Miller disait vrai. Combien de gens aimait-il ? Combien de gens l'aimait-il en retour ? Non, Leslie n'était pas quelqu'un qui aimait facilement. Cela pouvait arriver que lorsque la personne possédait cette chose qui l'agressait tant. La bienveillance, le courage ou ce côté immature et démesuré. Le jeune Serpentard devait détester pour apprécier. Shawn, Amelia, Nathan, Felix et Elwyn étaient de bons exemples, mais ces gens ne devaient sûrement pas l'apprécier en retour. Enfin, c'était ce que Mathewsen pensait et il avait tort, comme d'habitude. Nathan et Amelia l'aimaient. Felix l'adorait aussi, pour des raisons inconnues et pour les autres, c'était encore confus. Shawn était-il un ami ou un ennemi ? Et Miller... Qui était donc Miller aux yeux du Serpentard ? Il était passé du parfait inconnu à sa source d'inspiration puis au sauveur, avant de finir en fardeau, parce que oui, c'était devenu lourd pour Leslie de penser au Serdaigle. Ce n'était pourtant pas la faute du bleu. Au contraire, le cinquième année était doué pour se prendre la tête. Il fallait donc avouer qu'il engendrait la plupart de ses malaises. Tous ces mauvais ressentiments, ce n'était que dans sa petite tête à lui. - Les « trois… quatre » personnes que j’aime, c’est du fond du cœur. Oh, épargne-moi ces conneries. pensa-t-il, dégoûté face aux propos d'Elwyn. - Peut-être même qu’il y en a qu’une seule… Il le regarda du haut vers le bas, incertain de ce qu'il voulait dire. Est-ce qu'il lui disait qu'il était amoureux de quelqu'un ? Peut-être qu'il parle de Livingstone... - De personne. Ou pas... Il pinça les lèvres, mais la discussion se poursuivit. Le jeune sorcier lui demanda si ces personnes concernées l'avaient déjà oublié ou s'ils seraient portés à le faire. En simple réponse, Miller baissa les yeux, ce qui fit naître chez Leslie un certain doute sur la méchanceté que pouvaient avoir ses propres mots.

- Ils m’oublieront cert… Non ! finit-il par dire tout en plongeant ses prunelles dans celles du Serpentard qui préféra faire comme si Miller n'avait rien dit. - Ils ne m’oublieront pas ! Et cette fois-ci, ce fut impossible pour Leslie de ne pas comprendre le message. Il hocha simplement, le croyant, parce qu'il n'avait aucune idée de qui il était question et au fond, cela l'intriguait. De plus, il n'était pas du genre à vouloir convaincre les autres que ce qu'il pensait était véridique, il aimait seulement remettre les gens en question. Puis, alors que Leslie sentait déjà une certaine colère monter en lui face à l'abandon du bleu en ce qui concernait le dessin, les mots les plus horribles sortirent de la bouche du Serdaigle. Tant pis... Et bien sûr, Miller continua dans sa lancée pour l'accuser de ce que d'autres lui avaient fait subir. Cependant, Mathewsen ne comprit guère où il voulait en venir. Il resta muet un instant, laissant Elwyn lui balancer tout ce qu'il avait à dire, jusqu'à ce que sa propre patience et tolérance ne débordent. Le bleu s'était approché, l'invitant ainsi à retourner dans le passé, au moment où il avait voulu le dessiner. Est-ce que Leslie était prêt à se laisser faire ? Bien sûr que non, il refusait de se revoir sur papier. Léandre lui avait déjà fait ce tour et il aimerait éviter que ça ne recommence. D'un bon, il se recula et se leva pour, à son tour, déverser tout ce qu'il avait à dire contre Miller. Tout ce qu'il avait sur le coeur sortit l'espace de quelques secondes, dans un mélange de rage et de frustration. Il avait de la misère à tenir en place, mais il finit bien par s'asseoir contre le sol pour essayer de se détendre. Il avait trop parlé et il le savait, mais ça lui avait fait du bien. Il ne comprenait pas les raisons qui poussaient Miller à croire que tout était de sa faute, alors que c'était son entourage qui avait un problème. Cela lui était presque incompréhensible, puisqu'il avait pour habitude de tout mettre ses problèmes sur les autres. Et oui, Leslie se croyait victime.

- Tu es assez… incroyable. Il secoua la tête. - Pas vraiment... Il ne s'était jamais vu de cette façon. Lui, il se trouvait pathétique et dégoûtant. Se faire dire qu'il était incroyable le rendait très mal à l'aise. Il en rougit presque, mais le syndrome du dégoût enterra bien rapidement cette gêne pour la transformer en regrets. Il aurait aimé ne jamais avoir remis les pieds proches de la serre. Enfin, il aurait voulu ne plus jamais rencontrer Miller, même si son coeur lui avait crié que cette résiliation était impossible à respecter. Il se frotta la nuque d'une main, recherchant ainsi un certain apaisement. - Je ne comprends pas bien pourquoi cela te tient tant à cœur ni pourquoi tu es aussi remontée contre moi, mais tu as raison sur un point. Je dois faire les choses si j’en ai envie, sinon ça ne sert à rien. Et actuellement, mon esprit veut dessiner, mais mon cœur n’y arrive pas. C’est tout. C'est tout. Tu t'inquiètes pour absolument rien Leslie, tu t'attaches à ce naze pour absolument rien, tu te lèves le matin pour absolument rien, mais c'est tout. Tout va bien, pas la peine d'en faire un drame. Ton esprit veut disparaître, mais ton coeur lui, il aime battre, pour ne pas dire t'abattre. citrouille, j'suis vraiment qu'un imbécile. - Tu es quand même drôlement culottée. Si ça t'inquiète à ce point, rassure-toi ça reviendra. Leslie haussa les épaules, se forçant ensuite un sourire qui ne tenu qu'une simple seconde.

- Okay... souffla-t-il sans grand enthousiasme, avant de répondre à la question du bleu pour ce qu'il entendait par "n'importe quoi". Il n'avait aucune idée de ce que Miller pouvait dessiner et l'idée qu'il le dessine lui l'ennuyait. Cependant, ça ne le dérangeait pas plus que cela. Il lui transmit le message, le prénommant par son deuxième prénom. - Haneul ? Comment tu connais mon second prénom ? Étonné par ce questionnement, le sorcier releva la tête tout en fronçant les sourcils. - J'ai demandé aux professeurs.

- Mon prénom est… Incertain, Mathewsen releva les mains, prenant ainsi un air innocent. - Est-ce que ça va ?
- Laisse tomber, Mais je ne suis pas sûr de Ne m’appelle plus ainsi.
- Okay... finit-il par dire, alors qu'un lourd silence pesa contre eux.
Le plus jeune croisa les bras tout en pinçant les lèvres puis il marmonna quelques mots en direction de son aîné.
- Tu parles comme un espion qui aurait eu plusieurs identités... C'est vachement glauque et... j'ai sûrement vu trop de films moldu en fait.

Leslie ne voulait plus continuer dans ce sujet et heureusement, Bae intervenu indirectement pour devenir le sujet de cette conversation. Le Serpentard ne l'avait jamais approché. Il ne le connaissait que de nom et ce qui l'avait poussé à en arriver là, c'était les origines asiatiques du petit. Oui, Leslie était du genre à reconnaître les élèves qui, tout comme lui, avaient les yeux bridés. Étrange, mais vrai. Il se rassurait en se disant que Cliff était pareil. Enfin, ce qu'il  ne savait pas, c'était que Little se devait de connaître pas mal de gens, pour ne pas dire tout le monde, histoire de connaître ses amis et ses ennemis. Du moins, cela restait hors de la portée de Leslie qui répondit simplement à la question d'Elwyn pour lui transmettre quelques informations peu pertinentes. - Oui c’est lui. Et qu'est-ce qu'il t'a fait ? Il se le demandait bien, mais il s'évada vers autre chose. Il se tourna donc vers une nouvelle énigme. Est-ce que Miller connaissait Wang ?

- Oui, c’est un ami. Pourquoi ?
Il passa proche de s'étouffer, mais il n'eut guère le courage d'avaler complètement sa salive. Il resta stoïque voire paralysé, suite à la réponse du bleu. Un ami... Parce que Stanley avait des amis ? Il ne le jugeait pas, c'était seulement plutôt difficile à imaginer.
- D’ailleurs, faut que j’aille lui demander un truc, à moins qu’il vienne, s’il s’en souvient.
- Quoi ? Non, en fait, il ne voulait pas savoir ce qui allait arriver.
Il chercha plutôt à dévier cette discussion, avouant simplement les ressemblances qu'il pouvait y avoir entre Elwyn et Andy et entre lui et Felix. La deuxième option fit bien rire le Serdaigle, ce qui poussa Leslie à rire un peu, sans savoir pourquoi. Est-ce que c'est vraiment drôle ? Pourquoi est-ce que je trouve ça drôle ? Disons qu'il était encore secoué par Wang.
- Vous êtes bien différents tous les deux.
- Ou-ouais... Tu as raison.
Un nouveau silence prit place, ce qui permit à Mathewsen de calmer la pression qu'il avait ressentie. Il ne se sentait plus aussi à l'aise que lorsqu'il était arrivé. Il s'étira et inspira profondément. Il avait comme un vide.

- Pas tout de suite, mais je compte aller voir Stan’ à la chorale.
- Aller le voir ? demanda-t-il avant de se coincer un nerf dans le cou. Il gémit timidement, se penchant ensuite vers l'avant pour s'empêcher de bouger. Il se massa d'une main, croyant à présent que quelqu'un en avait contre lui ou qu'il purgeait sa peine pour avoir, encore une fois, pourri l'atmosphère avec la tournure des évènements. C'était la troisième fois qu'il rencontrait Miller et jamais ils n'avaient pu parler d'autre chose que des problèmes.  
- Tu voudras venir ? Je sais pas si ça t’intéresse, mais il faut avouer qu’il gère sous ses airs.
- Je... Heum... dit-il tout en se redressant lentement. Son visage prit d'ailleurs quelques teintes rosées.
- Je ne suis pas sûr que ce soit... une bonne idée.
Il ouvrit grand la bouche, sans savoir quoi ajouter.
- Jeeee... En fait... Wang... Enfin, non, c'est pas lui le problème. Je ne le connais pas vraiment et je préfère... L'éviter ? Il regarda autour de lui. - Il me fout la trouille... sincèrement.
Il n'allait pas lui dire qu'il était fanatique du Serpentard, mais il n'avait pas envie de lui cacher l'entière vérité, même s'il avait l'air complètement débile. Cependant, il ne désirait pas que cette rencontre ne se termine de cette façon. Il n'avait pas pour intention de s'enfuir sur un coup de tête. Au contraire, il allait sagement devoir coopérer...
- Mais ça m'intéresse, hein... Enfin, je veux bien venir. Oublions tout ce que je viens de dire et... Attends, est-ce qu'on doit y aller maintenant ?  
Cette question est vraiment stupide. Il se frotta le visage. Les rougeurs ne le quittaient plus. C'était la première fois qu'il allait se rendre à la chorale, accompagné par quelqu'un qui connaissait Stanley Wang. Ça lui donnait la chair de poule.
- Et... Est-ce qu'on pourrait éviter de faire des présentations ? Au fait, je vais seulement t'accompagner et je te laisserai par la suite. Je ne vais pas rester, ça va être... plus simple pour tout le monde... Surtout pour moi.

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MessageSujet: Re: Because I Care. [19 Septembre 1997] Sam 9 Juil 2016 - 22:35

Leslie & Elwyn




Leslie posait des questions très personnelles, voire intimes, au Serdaigle qui ne savait pas trop comment le prendre. Il ne comprenait pas pourquoi elle semblait aussi hors d’elle, comme une cocotte minute sur le point d’exploser. Il était également en colère contre certains des sous-entendus formulés, comme lui demander combien de personnes il aimait. C’était quoi cette question ? Il lui dit alors qu’il n’avait pas besoin d’aimer des dizaines de personnes pour être heureux, seulement quelques-unes lui suffisaient amplement. Plus on aime des gens, moins c’est sincère. Elle ne répondit rien, mais le dévisagea ce qui lui fit détourner le regard.

Aimé ? Être aimé en retour ? Il  avait cru pendant de nombreuses années que cela n’était bon que pour les autres. Qu’il était exclu de ce monde privilégié dans lequel, de toute façon, il n’avait pas sa place. Pourquoi un sentiment aussi négatif sur lui-même ? Tout simplement parce que l’abandon de sa mère l’avait à jamais marqué, bien qu’il n’en garde aucun souvenir. Un jour, il avait réalisé que sa maman et son papa n’avaient pas voulu de lui. Alors il s’était créé son propre univers, dans lequel il était aimé et dans lequel il s’épanouissait. C’est à cette période qu’il a commencé à dessiner. Son monde à lui tout seul. Il y était bien, protégé et en sécurité contre l’adversité extérieure. Un monde en coton d'une chaleur humaine hors norme. Le soleil de son système solaire. Comme un hérisson se roulant en boule, il s’était complètement refermé sur lui-même, ne se laissant approcher de personne. Il était devenu un enfant triste et solitaire au début de l’orphelinat et après son adoption, bien plus encore.

Mais il a enfin des parents, me direz-vous. Mais dans son esprit d’enfant, l’adoption ne s’était pas du tout passée de la sorte. On l’avait arraché de force à son terreau, au lieu qu’il avait désigné comme étant son chez lui et on l’avait rempoté dans un joli pot tout beau tout neuf qui ne lui convenait pas. L’orphelinat avait été sa maison, les orphelins ses frères et sœurs et les gouvernantes ses parents. Pourtant ce n’était pas faute d’avoir répété aux enfants que l’orphelinat n’est qu’un « lieu de passage », mais Elwyn, lui, en avait décidé autrement. Certains enfants n’étaient jamais adoptés et c’est ce qu’il voulait. Il voulait rester ici « pour toujours ». Son petit cœur d’enfant n’avait jamais vraiment eu la place d’aimer d’autres personnes. Il était un petit garçon possessif, craintif, exclusif et sensible. Son adoption avait donc été vécue comme un deuxième « abandon », une profonde déchirure. Une cicatrice indélébile qui a grandi avec cet enfant pour donner un jeune homme méfiant et brisé. « Tu viens d’hériter d’une vie toute neuve, fais-en bon usage ». Une vie toute neuve, hein ? Et bien, je préférai l’ancienne.

Leslie demanda si ces personnes l’avaient oublié, remuant le couteau dans la plaie. Mais Elwyn affirma à la demoiselle que ces personnes ne l’oublieraient pas, pas eux. Il la défiait du regard, prêt à encaisser une autre de ses remarques mesquines, mais l’inverse se produisit. Elle hocha la tête, sans rien ajouter. C’était tout ? Quelle était donc son intention en posant cette question ? Pourquoi n’enchaînait-elle pas sur le sujet ? La Serpentard était incompréhensible, pour changer. Visiblement, la conversation sur le dessin semblait bien plus l’intéresser puisqu’elle partit dans cette direction et avait l’air très irrité par la nouvelle de son incapacité à dessiner. Évidemment que cela l’affligeait, le dessin avait accompagné sa vie pendant de nombreuses années lui apportant soutien et libération et se retrouver face à son échec n’était pas du tout agréable. Mais il avait fini par se faire une raison, il avait eu tout l’été pour cela. Il aurait juste souhaité que cela ne se remarque pas, mais vu les réactions des gens autour de lui, amis comme simples camarades,  visiblement Elwyn avait été associé au mot « dessin ». Il ne s’était même pas rendu compte à quel point, le dessin occupait sa vie avant aujourd’hui.

Par le passé, il avait toujours ses carnets à la main et des crayons, la plus grande partie de son temps libre avait été consacré au dessin et même parfois, alors qu’il était avec ses amis, il lui était souvent arrivé d’avoir une envie soudaine de dessiner et de ne plus les écouter, au grand dam de Fay. Elle lui avait tant de fois reproché de plus dessiner que de s’occuper de ses amis et maintenant, elle  s’inquiétait de ne plus le voir dessiner. Il y avait de quoi rager. Il chercha à provoquer la demoiselle en lui  proposant de la dessiner, ce qui la fit se dresser sur ses jambes d’un bond. Visiblement, elle était comme les autres, dessine, mais pas moi. Il se réinstalla en soupirant et détourna son regard de la Serpentard qui s’était rassie à côté de lui. Elle partit  dans un long monologue sur  pourquoi, il ne devait écouter que lui-même, dessiner ce qu’il avait envie sans se soucier des autres. Elle avait raison, bien évidemment, et il le savait, mais c’était plus facile à dire qu’à faire. Il était encore très influencé par le regard d’autrui sur sa personne, mais on ne peut pas plaire à tous.

Il ne trouvait pas les mots pour décrire ce qu’il pensait de la demoiselle, alors il lui dit simplement qu’elle était « incroyable » ? Elle secoua la tête en niant, visiblement elle ne se pensait pas si spéciale que ça. Elle devait manquer de confiance en elle  ou alors l’adjectif « incroyable » ne lui avait pas plu. Elwyn avait un don certain pour dire ou faire exactement ce qu’il ne fallait pas avec les demoiselles. Radouci, il lui expliqua pourquoi il ne pouvait pas actuellement dessiner. La rupture entre son cœur et son âme. La demoiselle haussa simplement les épaules, elle avait l’air complètement vidée de son énergie, enfin il n’était pas mieux. C’est alors qu’elle l’appela par son second prénom, le foudroyant sur place.

Haneul. C’était sa vie à l’orphelinat. C’était les sourires de Melissa, l’odeur du pain frais, la poussière, le champ de fleurs, les dessins aux crayolas. Haneul, c’était ouvrir une porte sur une vie lointaine et presque sanctuaire. Elle aurait pu le poignarder que l’effet aurait été tout aussi radical. Son ton se fit plus sec et froid, lui demandant comment elle connaissait ce prénom.

J'ai demandé aux professeurs, dit-elle ne fronçant les sourcils.

Elle était allée jusqu’à se renseigner sur lui ? Il la dévisagea l’œil sombre de haut en bas.
Pourquoi s’intéresser à ce genre de détails ? Pourquoi surgit-elle toujours de nulle part pour lui rappeler des moments de sa vie passée. Elle n’a pas le droit de s’immiscer ainsi dans sa vie et sans son accord. Personne n’a le droit. Personne. Il lui ordonna de ne plus l’appeler comme ça, première sommation du porc-épic. La demoiselle croisa les bras sur sa poitrine, une moue pincée sur le visage. Elwyn avait détourné la tête, la colère et quelque part la peur rampaient dans ses veines et tambourinaient à la porte de son cœur. Personne n’a le droit de savoir. Je ne VEUX PAS QUE QUICONQUE pénètre ce monde. Mon monde. Mon pays imaginaire ! C’est le mien ! Vous m’avez assez souillée avec vos mots, laissez-moi tranquille !

Maintenant tu comprends ce que ressentait Absynthe en te découvrant. Ta gueule, dès le début, je le savais. Tu ne m'apprends rien. Quelque chose le savait au plus profond de ma chair, parce que elle et moi sommes identiques bien plus qu'elle ne peut l'imaginer.  Et tu es quand même allé jusqu'au bout ? Oui...

- Tu parles comme un espion qui aurait eu plusieurs identités... Cette révélation l’électrisa, elle avait raison dans un sens. Certes c’était bizarre qu’elle sache son second prénom, mais tous les autres élèves de Poudlard n’auraient pas réagi de la sorte, parce que pour eux leur second prénom n’a aucun sens. Aucune histoire. Aucune couleur. C'est vachement glauque et... j'ai sûrement vu trop de films moldus en fait.

-La seule chose « glauque », c’est le fait que tu te sois renseigné à ce point sur mon compte, répondit-il sèchement. Deuxième sommation, à la troisième le coup partira.

Il soupira en baissant la tête. Sa réaction prouvait qu’une seule chose : à quel point Leslie avait mis le doigt où il ne fallait pas. Il se radoucit, regrettant de s’être emporté pour des broutilles. Leslie n’était pas au courant pour son passé, pour la place de son second prénom qui était au final son premier prénom. C’était injuste de la traiter comme il le faisait et de passer ses nerfs sur elle. Il tenta de détendre l’atmosphère d’un sourire : désolé, ça m’a tellement surpris que tu saches un truc aussi futile. Haha, j’ai pas l’habitude qu’on s’intéresse à moi, de la sorte. Cette discussion lui fit penser à Andy, peut-être que le Gryffondor se trouvait dans la classe de Leslie. Il la questionna, mais la réponse fut négative. Bae, c’était donc ça son nom de famille. Bae… Yong shik BAE ?

Le Serdaigle n’eut pas le loisir de se poser plus de questions, que Leslie enchaîna en demandant pour Wang. Bien sûr qu’Elwyn le connaissait, c’était son ami. Il plaisanta :

-Tu connais mon second prénom, mais pas le fait que moi et Wang sommes très proches ? Un peu étrange, non…

Oui, cette Serpentard était totalement atypique et décalée.  C’était à ne plus rien y comprendre. Il avait demandé à Stanley de le rejoindre après la chorale ou lui avait proposé de venir. Stanley avait répondu par monosyllabe quelque chose du genre : « je verrai » qui n’avait pas plus avancé Elwyn. Raison pour laquelle, il avait fait un petit détour à la bibliothèque, avait emprunté ce livre et s’était installé dans le parc attendant que les heures tournent. Il informa Leslie de son intention d’aller voir Stanley dans quelque temps. Il ne savait pas bien encore à quelle heure, mais il comptait bien y aller. Leslie semblait plus tendue, bien que le Serdaigle ne comprenait pas la source de ce malaise.  Elle se mit à décrire les ressemblances entre Elwyn et Andy. Elwyn qui était toujours sur sa conversation à propos de Stanley ne comprit pas tout de suite le rapprochement.

Elwyn était à des lieux de faire un rapprochement entre son physique et celui d’Andy. D’ailleurs, ce n’est pas parce qu’ils sont asiatiques, qu’ils se ressemblent forcément. Il n’avait de toute façon qu’entraperçu à deux reprises le gamin et ne se souvenait pas en détails de son visage. Lorsque Leslie se compara à Felix, il ne put s’empêcher de pouffer de rire. Elwyn ne voyait pas la ressemblance physique, principalement parce qu’il comparait surtout leur personnalité diamétralement opposés. Felix était avenant et lumineux, Leslie renfermée et taciturne. Leslie jugea bon de ne rien ajouter de plus et s’étira sous le regard d’Elwyn. Il lui expliqua donc son attention d’aller voir Stanley à la chorale et lui proposa de l'accompagner si l’envie lui disait.


- Aller le voir ? Elle semblait s’être fait mal et massa sa nuque.

Son malaise grimpait en flèche à vue d’œil. Il ne comprenait vraiment pas du tout ce qui pouvait bien traverser l’esprit de la Serpentard. Elle se redressa d’un bon en bredouillant :

- Je ne suis pas sûr que ce soit... une bonne idée.

-Pourquoi ? Je t’oblige pas, tu fais comme tu veux, finit-il par conclure toujours intrigué par la réaction de la demoiselle. Il remarqua alors son uniforme féminin, Leslie à sa connaissance n’en portait pas les autres fois. Elle s’assumait enfin ? Il fixa la jupe maintenant qu’elle était à hauteur de ses yeux depuis qu’elle s’était levée.

- Jeeee... En fait... Wang... Enfin, non, c'est pas lui le problème. Je ne le connais pas vraiment et je préfère... L'éviter ?  Elle regarda autour d’elle comme pour vérifier que personne ne l’écoutait, et notamment Stanley.

- Il me fout la trouille... sincèrement.

Elwyn éclata de rire en cachant sa bouche de sa main devant tant de sincérité. Il la dévisagea l’œil enfin brillant d’une lueur : - Il fout la trouille à tout le monde Stanley, mais il mord pas, s’exclama-t-il entre deux éclats de rire.

- Mais ça m'intéresse, hein... Enfin, je veux bien venir. Oublions tout ce que je viens de dire et... Attends, est-ce qu'on doit y aller maintenant ?  

Ses joues se colorèrent d’un charmant rouge et Elwyn, par pudeur détourna son regard. Non pas tout de suite, t’inquiètes.

- Et... Est-ce qu'on pourrait éviter de faire des présentations ? Au fait, je vais seulement t'accompagner et je te laisserai par la suite. Je ne vais pas rester, ça va être... plus simple pour tout le monde... Surtout pour moi.

-Comme tu voudras. Stanley te fait si peur que ça ? De toute façon, il n’est pas un grand bavard.  M’enfin tu dois le savoir, tu es à Serpentard après tout.

Il lui sourit pour tenter de la calmer. S’il est vrai que Stanley pouvait être impressionnant de par son silence et  stoïcisme de cathédrale ou encore ses regards appuyés, à côté de ça, c’était un élève discret qui ne cherchait jamais querelle et qui était relativement « transparent ». Enfin, Elwyn avait vu ce qui se cachait derrière la montagne paisible. Stanley était tout sauf un être transparent en dehors de Poudlard. Au contraire de lui, qui resterait à jamais, une branche pourrie. À présent, il courrait après son ombre, tentant désespérément de la rattraper. La chasse avait commencé. Wang avait pris sa vie et Elwyn avait pris la leur. Il fuyait loin de cette immense monstruosité ténébreuse dans son dos, certain qu’elle le rattraperait un jour.  Le fil de sa vie était à jamais noué à Stanley, il ne pouvait se débarrasser de ce lien qu’en brisant le fil. Une toile d’araignée, voilà ce qui l’attendait à la sortie de Poudlard. Une immense toile d’araignée au fil cristallin indestructible. Il bailla en baissant la tête et finalement ramena son attention sur la demoiselle.

-Dis, comment aurais-tu réagi… si tu m’avais surpris en train de te dessiner en cachette ?

Une brise légère caressa son visage. Il ferma les yeux pour l’apprécier.  Une silhouette approchait, mais le Serdaigle ne la remarqua que lorsqu’elle brisa le silence.

-Elwyn ? Stanley se tenait face à eux et dévisageait tour à tour Leslie et Elwyn.

-Stan ? Qu’est-ce que tu fais là ? Elwyn se redressa brusquement.

Stanley arqua un sourcil : -tu m’as demandé de venir non ? J’étais certain de te trouver ici.

-Oui, mais je t’attendais pas si tôt. Tu n’as pas chorale ?

-On a eu un léger contretemps. Les Carrows ont débarqué en pleine répét’, ont attrapé Jeff et l’ont traîné sur le sol pour l’emmener chez les … boucs. Visiblement, il avait menti sur son sang. Il fixa un point sur sa droite avant de continuer : après ça, les gens n’avaient plus trop envie de chanter. Tu as de la chance je m’en suis souvenue avant de retourner au dortoir. Il regarda Leslie : salut Mathewsen.

-Pauvre Jeff, s’exclama Elwyn la tête basse. C'est ce qui lui serait arrivé sans Stanley.

Stanley haussa les épaules en soupirant. Il se rapprocha des deux étudiants : je ne savais pas que tu connaissais Mathewsen.

Stanley où la spécialité de parler de la personne comme si elle n’était pas présente.

-On s’est parlé par hasard l’année dernière. Inutile de rentrer dans les détails, pensa le Serdaigle et puis elle avait insisté pour ne pas être présentée. Stanley n’avait pas quitté des yeux la Serpentard, la fixant sans même se rendre compte du malaise qu’il produisait.

-Stan’… tu fixes et je crois que Leslie n’apprécie pas trop ça.

Sans s’excuser, il cligna enfin des paupières et se rapprocha d’Elwyn, analysant la couverture de l’énorme livre que le Serdaigle avait entre les mains. Ça se passe bien dans ton nouveau dortoir ? Questionna-t-il d’une voix douce indescriptible en direction de la demoiselle. Était-ce de l'ironie ? Un reproche ? Ou une simple question ? Aucun moyen de le savoir.

Elwyn le coupa presque au même moment : -Hey tu nous chantes une chanson, on envisageait d’aller te voir, à dire vrai. On parlait de toi, et telle une invocation, tu es apparu.

Stanley fixa Elwyn les lèvres étroitement closes, puis Leslie qu’il évalua également de haut en bas. Il semblait se demander si c'était une blague.

-Stan’, ne prends pas cet air sérieux, s’exclama Elwyn en se grattant derrière la nuque un sourire gêné aux lèvres. Ne m’appelles pas par mon prénom ici ! À cette simple pensée, il se crispa. Tu plaisantes ? Bien sûr que non, tu chantes… ces mots lui arrachaient la bouche, bien. Et tu le sais.

Le visage assombri du Serpentard sembla s’éclairer, un sourire quasi imperceptible apparut à la commissure de ses lèvres. C’est la première fois que tu me le dis.

-Ce n’est pas parce que je ne le dis pas, que je ne le pense pas,  s’exclama irrité Elwyn qui arrachait une brindille sans regarder son ami. L’orgueil, doux et implacable orgueil. Destructeur d’amitié depuis la création du monde.

- Tu ne venais jamais aux répétiti… Bon ça va !
Elwyn releva les yeux. Hypocrite, menteur, méchant, lâche… Je sais tout ça, foutez-moi la paix avec vos reproches à la con. Balayez devant votre porte ! Vous n’êtes pas parfait, vous non plus ! Vous aussi vous blessez autrui en étant vous-même !

Stanley regardait un couple d’oiseaux s’envoler au loin : pourquoi voulais-tu me voir ?

Elwyn regarda Leslie, il ne voulait pas en parler devant elle.

-ça presse pas, viens, tu as qu’à t’installer avec nous pour discuter. Vu que tu es finalement libre.

Stanley hésita, mais finalement s’assit à côté d’Elwyn qui s’était décalé, il releva les yeux sur Leslie toujours debout en plein soleil. Elwyn lui dit : À ta place, je ne resterais pas au soleil vu comme tu es pâle, tu risques de prendre un méchant coup de soleil.

Un silence s'installa qu'Elwyn essaya de briser : - Sinon, vous vous voyez souvent dans votre salle commune ?

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MessageSujet: Re: Because I Care. [19 Septembre 1997] Lun 18 Juil 2016 - 19:48


- La seule chose « glauque », c’est le fait que tu te sois renseigné à ce point sur mon compte. Et en quoi c'est glauque ? Se demanda Leslie alors qu'il détourna son regard pour éviter celui du Serdaigle. Le ton d'Elwyn l'avait un peu choqué, mais seule la confusion prise place dans sa petite tête. Il n'avait jamais vu les choses de cette façon. Il ne se trouvait pas spécialement étrange. En connaître autant sur Miller, c'était normal pour lui à présent. Enfin, c'était devenu son quotidien, autant futile que de se lever le matin et de se coucher le soir. Ce n'était pas si important que ça. Il se mit alors dans la peau du bleu, essayant ainsi de comprendre le jugement du sorcier. Mais les gens n'apprendront rien de moi... Il grimaça, dégoûté à l'idée que quelqu'un s'intéresse à lui autant qu'il s'était intéressé à Miller. Il avait l'impression que c'était impossible, que la personne concernée allait se lasser de lui avant même de connaître le nom de sa soeur. Cette impression était engendrée par un certain manque de confiance. Après tout, Leslie ne s'aimait pas, pour ne pas dire qu'il se répugnait. Il inspira doucement. - Désolé, ça m’a tellement surpris que tu saches un truc aussi futile. Haha, j’ai pas l’habitude qu’on s’intéresse à moi, de la sorte. Aussi futile ? Si ça aurait été le cas, tu n'aurais pas fait cette tête. Le Serpentard haussa les épaules, incertain de ce qu'il devait en penser. Peut-être que Miller avait réellement une deuxième identité. Ce qui était sûr, c'était que le cinquième année avait mis son nez là où le bleu n'avait pas vraiment envie de le voir. Haneul... Il fronça les sourcils, décidant simplement qu'il n'allait pas oublier cette réaction. Au contraire, cette situation augmenta l'importance du deuxième prénom du préfet. Elwyn, ce nom veut rien dire en fait.

La discussion évolua et les porta jusqu'à Wang, Lawford et Bae. - Tu connais mon second prénom, mais pas le fait que moi et Wang sommes très proches ? Un peu étrange, non… Décidément, tout chez Leslie lui semblait bizarre. Mathewsen haussa à nouveau les épaules, incertain de ce qu'il devait en penser. Il savait une seule chose, c'était qu'il fuyait Wang. Du coup, c'était probablement pour cette raison qu'il ne l'avait jamais vu en compagnie de Miller. Il ne se contentait que d'aller le voir chanter en cachette, mais son désir d'être invisible au regard de son camarade de maison avait engendré une certaine peur, une profonde angoisse à la simple idée de le rencontrer. Enfin, il secoua la tête pour répondre. Son problème, c'était qu'il avait oublié que Stanley était, avant tout, une personne comme les autres. Certes, il était un sorcier, il restait tout de même un être humain, chose que Leslie avait complètement oubliée à force d'en être fanatique. Ce fut d'ailleurs à cet instant que Miller proposa d'aller rendre visite au Serpentard qui devait se retrouver à la chorale. Sous le choc, cette invitation lui fit faire un mauvais geste qui lui noua un nerf au niveau de la nuque. Il se pencha automatiquement pour essayer de se détendre tout en partageant son mauvais ressentiment à l'idée de rencontrer Wang. - Pourquoi ? Je t’oblige pas, tu fais comme tu veux. Pourquoi ? C'était évident, non ? Déjà, rien que la jupe en disait long. D'accord, pour Miller ce devait être très difficile à voir, mais Leslie était un garçon et l'idée de se faire voir en jupette l'agaçait. Il allait tuer son image. Il était devenu une fille au regard de beaucoup et il voulait éviter que ce soit au tour de Stanley de croire à ces stupidités. Il chercha donc ses mots pour exprimer sa peur. Stanley lui donnait la chair de poule, mais... Alors qu'il avoua son malaise... Miller se mit à rire. Leslie se retint d'aller le frapper. Une lueur apparut dans les pupilles du bleu, ce qui le soulagea indirectement. Il ne fit que sourire doucement.

- Il fout la trouille à tout le monde Stanley, mais il mord pas. Leslie frémit alors qu'il imagina le tout. Wang... le mordre. Il se donna un léger coup contre le front pour se forcer à voir autre chose. Perplexe, il demanda ensuite au bleu s'il devait partir maintenant ? Quelques rougeurs apparurent contre ses joues alors qu'il visualisait la scène. Il n'était pas prêt à se rendre à destination. Miller détourna la tête, ce qui l'embêta un peu, mais il n'en tenu pas trop compte, histoire d'éviter de se prendre la tête. - Non pas tout de suite, t’inquiètes. Il hocha et poursuivit en lui proposant de le suivre jusqu'au lieu de rencontre, mais qu'il n'allait pas rester. Il lui semblait être plus simple de procéder ainsi. De plus, ils allaient passer par-dessus les présentations, ce qui allait le sauver d'une future crise de panique. - Comme tu voudras. Stanley te fait si peur que ça ? De toute façon, il n’est pas un grand bavard.  M’enfin tu dois le savoir, tu es à Serpentard après tout.

- Il ne te fait pas peur toi ? Je veux dire... Son regard. Lorsqu'il te fixe... Ça ne te fait rien à l'intérieur ? Il croisa les bras tout en retournant un sourire maladroit vers Miller. Il appuya ensuite contre la jupe alors qu'une brise de vent la souleva légèrement. Au moins, elle est confortable... Comme quoi il n'était pas trop à plaindre. Il ne savait pas combien de temps ça allait durer, mais pour l'instant, il était pris avec cette chose jusqu'aux vacances d'hiver. - Dis, comment aurais-tu réagi… si tu m’avais surpris en train de te dessiner en cachette ? Leslie entrouvrit les lèvres, étonné par la question. Ce qu'il aurait fait ? Comme pour Léandre, il aurait été surpris, mais en même temps, ça lui aurait fait plaisir. Cependant, il n'était pas encore prêt d'avouer que ce genre d'attention l'enchantait. En cachette, ça ne le gênait pas vraiment. Il préférait ne pas le savoir. - Je... ne sais pas. Ce qui est sûr, c'est que... J'aurais voulu garder le dessin. Écoute... Tu dessines bien. Je ne peux pas t'en vouloir d'avoir mis du temps sur... Moi ? Il pinça les lèvres, à la recherche des bons mots, mais une nouvelle présence l'empêcha de dire quoi que ce soit.

- Elwyn ? OH, BORDEL ! Tout son corps se crispa. Il garda la bouche ouverte, sans lâcher du regard Wang. Un grand vide lui fit perdre notion de la réalité pour quelques minutes, alors qu'il devenait de plus en plus rouge. La pression était si forte qu'il aurait presque pu saigner du nez, mais il reprit conscience. Son coeur lui avait donné un signe d'alerte pour lui rappeler qu'il devait respirer s'il voulait vivre. Il s'étouffa alors avec sa salive puis il dévia son attention un peu partout. Il avait manqué un bout de la conversation. - Après ça, les gens n’avaient plus trop envie de chanter. Tu as de la chance je m’en suis souvenue avant de retourner au dortoir. Son regard croisa enfin celui de Stanley, ce qui le fit sursauter sur place. Ses pupilles se glissèrent contre le corps du Serpentard puis... - Salut Mathewsen. Il ouvrit grand les yeux, pointant Wang du doigt tout en tournant son attention contre Miller. Pourquoi est-ce qu'il me connaît ? Pourquoi ?! Il abaissa aussitôt son index, sans comprendre la tournure de la situation. - ... Yoh. dit-il maladroitement avant de pincer les lèvres.

- Pauvre Jeff. Jeff ? se demanda Mathewsen avant de reculer à nouveau en voyant Wang s'approcher d'eux. Ce ne fut qu'un reflex. Il se força d'ailleurs un sourire pour essayer de cacher son malaise. - Je ne savais pas que tu connaissais Mathewsen.
- On s’est parlé par hasard l’année dernière. Et la pression fut bien vite de retour, alors que Stanley fixa Leslie qui lui, n'osait pas détourner son regard. Il se perdit dans la profondeur des prunelles de l'ami de Miller, le souffle coupé et pris d'un léger vertige. Arrête, arrête, arrête, arrête, arrête, arrête, arrête...
- Stan’… tu fixes et je crois que Leslie n’apprécie pas trop ça. Wang le lâcha enfin, ce qui permit au cinquième année de pouvoir respirer un coup. Il posa d'ailleurs l'une de ses paumes au niveau de son coeur. Il allait en devoir une à Elwyn sur ce coup. - Ça se passe bien dans ton nouveau dortoir ? Attends, est-ce qu'il me parle ? À moi ?.. Moi ? Il me parle à moi ? Leslie ne fit que rire mécaniquement sous cette question, avant de reprendre son sérieux en remarquant que Stan voulait vraiment savoir. Il détourna alors ses prunelles vers Miller puis contre le sol. - Heeum...

-Hey tu nous chantes une chanson, on envisageait d’aller te voir, à dire vrai. On parlait de toi, et telle une invocation, tu es apparu. QUOI !? Leslie secoua négativement la tête en direction d'Elwyn, s'arrêtant aussitôt que Stanley posa son regard contre lui. C'était quoi cette idée ? Le plus jeune se sentait fondre contre le sol. Comment Miller pouvait être aussi aisé ? - Stan’, ne prends pas cet air sérieux. Ah, citrouille, pourquoi je suis encore ici moi ?

- Tu plaisantes ?
- Bien sûr que non, tu chantes... ...bien. Et tu le sais.
Mathewsen allait ajouter que ce n'était pas nécessaire, mais le visage de Wang prit une forme de vie, une certaine lumière, ce qui empêcha Leslie de pouvoir prononcer le moindre mot. Ils sont vraiment... des amis. Il se perdit dans ses pensées, sursautant lorsque les prunelles du bleu se posèrent contre lui. - Ça presse pas, viens, tu as qu’à t’installer avec nous pour discuter. Vu que tu es finalement libre. Avec nous ? Ça veut dire que je dois rester ?
Il se força un nouveau sourire timide tout en expirant le peu d'air qu'il avait réussi à garder dans ses poumons. À ta place, je ne resterais pas au soleil vu comme tu es pâle, tu risques de prendre un méchant coup de soleil.
- Ah... Heu... Il regarda vers Stanley, incapable de faire quoi que ce soit puis il reposa son attention sur Miller. - Okay... dit-il en se trouvant une petite place près d'Elwyn. Un silence se glissa entre eux, mais le Serdaigle se permit de le briser.

- Sinon, vous vous voyez souvent dans votre salle commune ?
- Non... ! Murmura Leslie tout en secouant la tête. Pose pas ce genre de question ! Il se retourna ensuite, histoire d'éviter tout contact visuel avec Wang. T'es pas sérieux Miller... ? Il se cacha le visage l'espace d'un moment puis il reprit parole.
- On ne se voit pas souvent... Alors parlons d'autre chose.
Il croisa les bras.
- Déjà, pour répondre à la question de plus tôt... J'ai été mis dans une chambre sans genre. Pour ce qui est de la jupe...
Il haussa les épaules.
- Lawford s'est payé ma tête en me lançant le sortilège du cheveux drus. J'ai rencontré Rogue alors que j'avais les cheveux longs... Du coup, il pense que ça cache forcément quelque chose. Donc... Voilà.
Il joua avec la base de sa jupe.
- Au moins, elle est confortable...

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MessageSujet: Re: Because I Care. [19 Septembre 1997] Mar 26 Juil 2016 - 23:40

Leslie & Elwyn





Le sujet Stanley semblait complètement déboussoler la demoiselle qui s’était levée d’un bond les yeux écarquillés. Elle lui révéla que Stanley lui faisait peur, la nouvelle ne surprenait pas vraiment Elwyn. Leslie n’était ni la première ni la dernière personne à trouver le Serpentard flippant. Il avait quelque chose d’effrayant, mais savoir si c’est son regard fixe ou sa froideur qui jouait le rôle de répulsif, il n’en avait pas la moindre idée. Elwyn, au départ, n’appréciait d’ailleurs pas spécialement Stanley. Il y avait eu beaucoup de rivalités entre eux et il y en avait toujours. Mais le Serdaigle avait appris à voir au-delà de son apparence d’iceberg et il avait découvert un Stanley, chaleureux à sa manière et surtout qui lui ressemblait énormément dans le comportement et la personnalité.

- Il ne te fait pas peur toi ? Je veux dire... Son regard. Lorsqu'il te fixe... Ça ne te fait rien à l'intérieur ?

-On s’habitue à tout, dit-il en riant. Il n’était pas certain de comprendre ce qu’elle entendait par « à l’intérieur ». Je dois avouer qu’au départ ça me mettait assez mal à l’aise, surtout que tu ne comprends pas ce qu’il regarde et pourquoi. Alors à chaque fois, je croyais avoir un truc sur le visage ou entre les dents. Il haussa les épaules en souriant. Maintenant, ça m’agace juste quand il fait ça.

Stanley Wang. 16 ans, né un janvier 1981, d’origine chinoise, riche. Il aime le chant, les échecs, les runes et les mem chua. Et ? C’est à peu près tout. Elwyn ne savait pas grand-chose de lui au final (pas grand chose d'important) et pourtant les deux jeunes hommes se fréquentaient depuis 5 ans. Il ignorait totalement comment avait été l’enfance de son ami, dans quel contexte il avait été éduqué, s’il avait des frères et sœurs, comment se déroulaient ses étés, son passé et ses sentiments. C’était des sujets qu’ils n’abordaient jamais, la limite à ne jamais franchir entre eux et ça arrangeait le Serdaigle puisque lui aussi ne disait pas grand-chose sur lui à ses amis. Leur lien était d’une tout autre nature, fait de non-dits et de silences. Mais les silences ne sont-ils pas plus parlant que des longs discours dénués de la moindre sincérité ? Tout comme les élans quasi hystériques d'affections qu'Elwyn avait pu observer chez certaines demoiselles, élans qui au final, mourraient plus vite que les cerisiers en fleur.

Leur relation était étrangement superficielle d’un point de vue extérieur et pourtant solide, incassable. Le Serdaigle n’en avait pas conscience, mais Stanley pouvait être qualifié par l’appellation « meilleur ami ». Il sait garder un secret, à quel moment il doit parler ou se taire, il sait écouter et ses jugements sont toujours justes et impartiales, mais il est également toujours présents dans les moments difficiles et a toujours une main tendue pour aider son ami. C’était ce qu'on pouvait appeler un meilleur ami. Elwyn qui connaissait bien plus Fay et pouvait énumérer tout ce qu’elle aime et ce qu’elle déteste, sa famille, ses points faibles et points forts, n’avait pas une relation aussi solide qu’avec le Serpentard. Un meilleur ami c’est quelqu’un qui vous rend plus fort, meilleur, quelqu’un qui vous soutient et vous accepte tel que vous êtes. C’était Stanley.

Une brise souleva la jupe de Leslie qui dût la plaquer avec ses mains pour éviter qu’on aperçoive sa culotte. Elwyn détourna les yeux par pudeur, légèrement gêné, le rose aux joues. Il manquerait plus que les langues de vipères aient de nouveau du grain à moudre pour créer des rumeurs sur sa pseudo perversité. « Elwyn mate sous les jupes des demoiselles et notamment de Leslie, il utilise même des sorts de vent pour les soulever. Pauvre Leslie, victime de ce pervers, qui, nous le savons déjà adore les jeunes filles. Il nous a d’ailleurs révélé dans une interview que plus c’est jeune, mieux c’est pour les dresser comme on veut. Pas pour rien qu’il convoitait le poste de préfet, il peut à présent guider des petites filles jusque dans son lit. » Horrible ! Elwyn, à cette simple pensée, sentit la colère enfler en lui comme en juin, lorsqu'il avait eu le break tabou entre ses doigts.

Il lui demanda comment elle aurait réagi en le découvrant en train de la dessiner en cachette et tut le « dans un buisson de ronces au fin fond de la forêt interdite ». Il ne pouvait tout de même pas révéler qu’il avait espionné une demoiselle dans des buissons. C’était chercher le fouet pour se faire battre. Je... ne sais pas. Ce qui est sûr, c'est que... J'aurais voulu garder le dessin. Aurore avait également bien pris le fait d’être dessinée et elle l'avait même félicité. Tout le monde ne réagissait pas comme Absynthe. Oui, mais tu sais très bien pourquoi elle a été aussi virulente, ne te trouve pas des excuses !  Écoute... Tu dessines bien. Je ne peux pas t'en vouloir d'avoir mis du temps sur..

Il arqua les sourcils dans l’attente de la suite qui ne vient pas, à la place la voix monocorde de Stanley les interrompit. Elwyn se redressa pour saluer son ami, il ne remarqua même pas à quel point Leslie venait de se crisper sur place à l’entente de cette voix. Sans compter qu’elle avait viré au rouge tomate. Stanley lui expliqua les raisons de sa visite plus tôt que prévu : son cours de chant avait été annulé à cause d’un léger contretemps lié à un né-moldu. Les Carrow ne rigolaient pas avec ça, d’ailleurs, ils ne rigolaient pas tout court. Il salua Leslie, et Elwyn apprit à ce moment son nom de famille : Mathewsen. Il ne lui avait jamais demandé avant. Mathewsen ? dit-il. Il avait déjà entendu ce nom de famille. Mais alors, ta sœur c’est la gryffondor dans ma classe, Amelia ? Au vu de la réaction de Stanley, il le savait déjà et trouvait Elwyn atrocement long au démarrage.

Leslie pointa Stanley la bouche entrouverte en dévisageant Elwyn qui lui intima d’un coup de tête de répondre à son ami. Elle n’avait pas menti en disant que Stanley lui foutait la trouille, Elwyn s’en rendait compte à présent qu’il l’observait en détail. Le malaise était palpable. Seul un « Yoh » arriva à franchir la barrière de ses lèvres alors qu’elle abaissait son doigt. Stanley avait arqué un sourcil : c’est très mal élevé de pointer les gens du doigt. Elwyn aurait mis sa main à couper que c’était ce que pensait son ami à l’heure actuelle. Stanley était surpris de voir Elwyn en compagnie de Leslie et le fit savoir en demandant depuis quand ils se connaissaient. Elwyn prit l’initiative de répondre (de toute façon, Leslie semblait  dériver dans la quatrième dimension ou alors elle faisait de la brasse coulée). Il expliqua que c’était depuis l’année dernière sans entrer dans les détails qui ne regardaient pas son ami. Stanley ne quittait pas des yeux Leslie qui paniquait de plus belle. Elwyn vint à son secours en faisant remarquer à l’héritier Wang qu’il était en train de fixer et que ça mettait sa victime mal à l’aise. Stanley détourna son regard, mais il n’avait pas retiré son masque sérieux et froid. Masque qu’il revêtait avec tous les inconnus et personnes hors de son cadre privé très restreint. Stanley était toujours sérieux et relativement austère, mais avec ses amis proches, il savait aussi retirer ce masque pour opter pour un visage plus doux et avenant. Son véritable visage. Elwyn le connaissait suffisamment pour savoir que sous cette couche de glace se cachait un cœur chaleureux et à l’écoute d’autrui, tout du moins pour ceux qu’il apprécie. Le reste ne comptait pas.

Stanley questionna Leslie sur son dortoir, déclenchant un rire mécanique. Qu’est-ce que ça signifiait ? Elwyn n’était pas au courant qu’elle avait changé de dortoir ? Peut-être que c’était en lien avec sa jupe ? Ou alors, elle avait été envoyée à Nuncabouc ? Impossible, elle avait son uniforme vert et argent. Elwyn était complètement perdu mais n’osait pas poser des questions. Il croisa le regard de la demoiselle, mais elle ne le soutint pas et préféra fixer ses prunelles sur le sol.  Et puis, il n’eut de toute façon pas le temps de poser une question puisqu’il avait pris la parole quasiment au même moment que Stanley pour lui proposer de chanter une petite chanson. Il essayait de détendre l’atmosphère tendue entre eux depuis l’arrivée de Wang.

Stanley semblait aussi surpris par la proposition que Leslie, ses yeux cendre voyageaient d’Elwyn à Leslie et inversement à la recherche d’une réponse. Il lui demanda même s’il plaisantait. Cette question irrita Elwyn qui avoua à contrecœur que son ami chantait bien. À cette simple révélation, le visage de Stanley se détendit, voilà c’était ce genre de visage que connaissait Elwyn. Il voulait discuter d’un certain sujet avec Stanley, mais pas devant Leslie, c’est pourquoi il proposa à Stanley de s’installer avec eux pour discuter. Le Serpentard s’assit à côté d’Elwyn sans un mot, il s’était remis à fixer Leslie toujours debout. Elle semblait ne même pas oser bouger. Elwyn lui fit remarquer qu’elle était en plein soleil et qu’au vu de sa peau elle risquait de prendre un coup de soleil. Sa peau était relativement pâle en tout cas en comparaison à la sienne caramélisée.

Leslie reprit ses esprits et s’installa le plus loin possible de Stanley et donc à côté d’Elwyn. Stanley la regarda faire sans un mot et finalement, détacha son regard pour fixer l’horizon. Elwyn était à présent aussi gêné que ses deux camarades, il essaya de faire la conversation en leur demandant s’ils se voyaient souvent dans leur salle commune.

- Non... ! bredouilla Leslie en secouant la tête. Stanley n’avait pas pipé un mot et regardait toujours un point fixe face à lui. Visiblement sa question ne faisait qu’empirer le malaise de Leslie. Le Serdaigle la regardait tendrement pour essayer d’amoindrir son angoisse avec son calme, mais visiblement ça n’avait aucun effet sur elle.

- On ne se voit pas souvent... Alors parlons d'autre chose.

Elwyn hocha la tête. Parlons d’autre chose, parlons d’autre chose… facile à dire quand tu te retrouves entre une cathédrale et un volcan en éruption. Stanley se réinstalla et ramena enfin son attention sur les deux personnes avec lui. Ses lèvres étaient étroitement closes, ce qui accentuait le côté « fermé » de son visage.

- Déjà, pour répondre à la question de plus tôt... J'ai été mis dans une chambre sans genre.

- Sans genre ? s’écria Elwyn. Pourquoi ça ?  Pour ce qui est de la jupe...

-ça te va bien ! dit-il pour tenter de la rassurer et probablement qu’il venait encore de dire une connerie.

Il y eut comme un imperceptible rire étouffé du côté de Stanley ou alors il s’étouffait avec sa salive ?

- Lawford s'est payé ma tête en me lançant le sortilège du cheveux drus. J'ai rencontré Rogue alors que j'avais les cheveux longs... Du coup, il pense que ça cache forcément quelque chose. Donc... Voilà.- Au moins, elle est confortable...

Stanley fixa la jupe puis Elwyn qui ne comprenait plus rien.

-J’avoue ne pas tout comprendre… Mais c’est quand même pas à Rogue de décider comment tu dois t’habiller ?! Ou alors c’est le nouvel uniforme officiel des Serpentards. Elwyn laissa échapper un rire grave et bouscula amicalement Stanley en se penchant vers lui. Toi aussi, tu vas porter une jupe ?

-Ne parle pas de malheur. J'ai déjà été chauve et ça me suffit amplement, Elwyn se raidit à cette déclaration. Par contre, Flitwick a vraiment des soucis avec ses lunettes.

-Pourquoi ? Elwyn pencha la tête sur le côté en dévisageant Stanley. Ils avaient presque oublié Leslie.

- Je ne sais pas, mais en un coup d’œil ça se voit que Fay est un homme et pas une femme…
Elwyn éclata de rire et se recroquevilla pour se cacher, tandis que Stanley contenait un sourire. De toute façon ses sourires étaient comme des rictus. Flippant à souhait. Finalement, il releva le regard : c’est clair. C’est comme la fois où Fay nous a révélé ne jamais ranger sa chambre et avoir retrouvé une tasse remplie d’un liquide périmé où une famille de champignons venait de se loger.

Stanley grimaça : quelle horreur !

-Fay toute crachée.

Stanley se gratta l’avant-bras en fixant Elwyn, toutefois, lorsqu’il croisa le regard de Leslie son sourire s’atténua. Il n’était pas du genre à montrer cette facette aux inconnus. Enfin la plupart des filles à Serdaigle ressemblent plus à des trolls qu’à des demoiselles… Elwyn ne comprenait pas vraiment de qui Stanley voulait parler et se contenta de le regarder en souriant. Stanley parlait bien évidemment de Maya, Dorothée et cie.

-À choisir, je préfère les trolls, aux gorgones chez les Serpentards.

-Ah ça, pas moi qui vais dire le contraire. Mais visiblement, les gorgones te plaisent quoique tu en dises. Stanley humidifia ses lèvres et replongea dans un silence de marbre. Sa dernière phrase avait été dite d’un ton sec. Elwyn totalement pris au dépourvu ne sut absolument pas quoi répondre. Il était en train de parler d’Absynthe ? Il croisa le regard de Leslie et réalisa son erreur à ce moment.

- Je parlais pas de toi hein Leslie. T’es pas une gorgone, toi, s’écria-t-il paniqué en mettant ses mains devant lui comme un bouclier. Stanley fixait Elwyn et Leslie tour à tour.

-En fait, je voulais dire que… Il se tut, une pensée venait de lui traverser l’esprit et le foudroyer sur place.

Bae, Bae…. Andy Bae. Mais oui ! Elwyn se leva d’un bond. Désolé, je reviens ! Sans se retourner, il trottina en direction du château laissant derrière lui Stanley et Leslie en tête à tête. Stanley pivota lentement son visage vers Leslie et la dévisagea.

-Vous vous connaissez donc depuis l’année dernière ? Comment ça se fait ?

Il écouta la réponse de Leslie  et n'ajouta rien pendant plusieurs minutes.

-Je vais rentrer, il se redressa, mais avant de partir pivota vers Leslie : -tu sais, si ça t’intéresse d’écouter les gens de la chorale ou tout simplement si tu souhaites participer, la porte est grande ouverte. Il plongea dans son regard : Je t’ai plusieurs fois vu. Inutile de te cacher, la prochaine fois viens et installe-toi sur les sièges.

Il fit quelques pas, puis se stoppa et se retourna fixant le Serpentard. Il semblait vouloir lui dire quelque chose, mais finalement, sans un mot, il se détourna et continua sa route jusqu’à disparaître happé par l’horizon.

HRP : si tu as matière je te laisse poster un dernier rp sinon tu peux clôturer. Merci pour ce rp

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MessageSujet: Re: Because I Care. [19 Septembre 1997] Jeu 28 Juil 2016 - 18:41

- On s’habitue à tout. Comment peut-on s'habituer à un truc pareil ? Se demanda Leslie tout en secouant légèrement la tête pour lui-même. Il ne comprenait pas comment Miller avait fait pour s'accommoder au regard de son ami. Un regard aussi froid que chaleureux, aussi vide que garni en émotions... Non, les prunelles de Wang n'avaient rien de conforme ou d'habituel, parce qu'elles n'étaient pas précises en leur cens. Son regard voulait tout dire et rien dire à la fois. C'était perturbant, effrayant. - Je dois avouer qu’au départ ça me mettait assez mal à l’aise, surtout que tu ne comprends pas ce qu’il regarde et pourquoi. Alors à chaque fois, je croyais avoir un truc sur le visage ou entre les dents. Leslie se força un léger sourire en coin tout en haussant les épaules. Alors là, Elwyn n'avait pas tort. Il était vrai que ça pouvait donner cette impression, mais le Serpentard ne le vivait pas de cette façon. Mathewsen se sentait plutôt comme si son camarade de maison regardait son âme et c'était très intimidant. - Maintenant, ça m’agace juste quand il fait ça. J'aimerais être apte à m'habituer aussi. Mais c'était impossible pour lui d'y arriver. Il ne pouvait que s'enfuir en présence de Wang et au fond, peut-être que c'était mieux ainsi. Dans tous les cas, ça réglait beaucoup de malentendus. Depuis la scène du verre d'eau, le sorcier n'avait pas très envie de rencontrer Stanley à nouveau. D'accord, l'évènement datait, mais pour Leslie, c'était comme si c'était arrivé la veille et rien que d'y repenser le faisait frissonner d'angoisse. Il abaissa sa jupe alors qu'une brise de vent l'avait soulevée, sans se rendre compte que Miller avait détourné la tête pour ne pas apercevoir le sous-vêtement du Serpentard. Il soupira par la suite, gardant les lèvres entrouvertes alors que le bleu venait de lui poser une question bien étrange. Comment aurait-il réagi s'il l'aurait pris en train de le dessiner ? Leslie eut du mal à répondre. Il repensa à Léandre puis finalement, il partagea son accord. Oui, il aurait accepté que Miller le dessine, mais il aurait voulu garder le dessin.

Il ne pouvait pas en vouloir au Serdaigle pour avoir pris le temps de faire quelque chose que Leslie ne sera jamais capable de reproduire. Un dessin, quoi de plus unique ? Enfin, il n'eut guère le temps de complètement répondre au questionnement qu'un invité mystère s'incrusta entre eux. Wang... Et oui, comme quoi le cauchemar était de retour. Tout le corps du plus jeune s'était crispé. Qu'est-ce que Stanley faisait là ? La pression monta en Leslie, ce fut au point qu'il ne pouvait presque plus respirer. Enfin, tout allait plutôt bien, jusqu'au moment où Stanley salua Mathewsen, prouvant ainsi qu'il le connaissait. Cette réalité acheva le cinquième année qui ne put que lever le doigt vers Wang, comme s'il l'accusait. - Mathewsen ? Le Serpentard fronça les sourcils, sans comprendre ce qui avait poussé Elwyn à répéter son nom de cette façon. - Mais alors, ta sœur c’est la gryffondor dans ma classe, Amelia ? Ça lui avait pris tout ce temps pour comprendre. Leslie, toujours crispé, ne fit que cligner les yeux à plusieurs reprises, grimaçant un peu en direction de Miller de sorte à lui demander ; "Est-ce que t'es sérieux ?". Et oui, il devait l'être et c'était assez décourageant à bien y penser. Il n'arrivait toujours pas à comprendre ce que Stanley faisait là. Il se rappela alors qu'il était l'ami de Miller et que donc, sa présence était justifiée. Elwyn lui fit d'ailleurs un signe de tête pour le forcer à saluer l'héritier à son tour. Il se força un petit "yoh" assez maladroit tout en arrêtant de le pointer du doigt.

Ses angoisses l'empêchèrent ensuite d'écouter ses aînés. Une nouvelle brise caressa les mèches du Serpentard, mais il ne put guère en profiter pour se détendre, puisque le regard de Wang perça son petit être pour l'écraser au sol comme une vulgaire chaussette. Heureusement, Miller venu à son secours pour avertir Stanley qu'il fixait et que non, Leslie n'aimait pas ça. Enfin, qui pouvait aimer ça ? Il fallait être complètement masochiste pour apprécier ce genre de regard perçant. C'était digne d'un prédateur, pas d'un sorcier. Tout se déroula plutôt bien par la suite, si on oubliait la fameuse question sur le dortoir. Mathewsen n'arrivait pas à lui répondre, mais encore une fois, Miller l'avait sauvé. Le bleu resta son allié un bon moment, jusqu'à ce qu'il l'invite à s'asseoir à son tour. Alors là, Leslie comprit que non, Elwyn n'était pas forcément là pour l'aider à fuir. Ne voulant pas paraître encore plus étrange, il se rapprocha alors et prit place au côté du Serdaigle, pour ainsi éviter Stanley le plus possible. Il joua avec la base de sa jupe, silencieusement, mais Miller ne semblait pas prêt à se taire. Au contraire, il lança un sujet que le jeune Serpentard se permit de directement couper tout en secouant la tête. Hors de question que sa 'liaison' avec Wang ne devienne le sujet de discussion. Il voulait parler d'autre chose, alors il répondit à la question de plus tôt en ce qui concernait son dortoir. Sans regarder les deux autres garçons, il avoua simplement qu'il avait été placé dans une chambre sans genre.  

- Sans genre ? Pourquoi ça ? Il n'est pas au courant... - C'est compliqué... Et alors qu'il voulut parler de la jupe, Elwyn reprit encore parole. - Ça te va bien ! T'es le pire des imbéciles. Pensa Leslie en pinçant les lèvres par colère. Ne voulant pas démontrer sa rage devant Wang, il préféra continuer dans sa lancée en expliquant le jugement de Rogue. - J’avoue ne pas tout comprendre… Mais c’est quand même pas à Rogue de décider comment tu dois t’habiller ?! Ou alors c’est le nouvel uniforme officiel des Serpentards. Tu vas vraiment me faire perdre patience Miller. - Toi aussi, tu vas porter une jupe ? demanda-t-il à Stanley, ce qui fit rager Mathewsen davantage. - C'est pas amusant... dit-il en direction du bleu pour essayer de lui faire comprendre qu'il ne devait pas plaisanter, parce que ça l'ennuyait. Tout ce qui concernait les uniformes avait tendance à le rendre susceptible à présent.

- Ne parle pas de malheur. J'ai déjà été chauve et ça me suffit amplement. Leslie laissa échapper un petit rire, mais il se reprit assez rapidement en voyant Miller se raidir. Il se replia ensuite sur lui-même et détourna son attention pour partir dans son petit monde à lui. Il préféra ne pas les écouter et fermer les yeux pour se détendre un instant. De toute façon, il avait déjà l'impression que les deux adolescents l'avaient oublié. Il ouvrit les yeux pour ne pas trop se perdre dans ses pensées, se détournant l'espace de quelques secondes, mais ce fut à cet instant précis que son regard perça celui de Wang. Il se crispa un peu, mais il y avait eu quelque chose d'assez différent cette fois-ci. Il avait... souri ? - Enfin la plupart des filles à Serdaigle ressemblent plus à des trolls qu’à des demoiselles…

- À choisir, je préfère les trolls, aux gorgones chez les Serpentards.
-Ah ça, pas moi qui vais dire le contraire. Mais visiblement, les gorgones te plaisent quoique tu en dises.

Leslie haussa un sourcil. Il ne comprenait pas du tout de quoi ils parlaient en fait. Il ouvrit la bouche sans rien dire, avant de sursauter lorsque les pupilles de Miller rencontrèrent les siennes à nouveau. - Je parlais pas de toi hein Leslie. T’es pas une gorgone, toi. Mathewsen secoua la tête, confus.

- Gorgone ?
-En fait, je voulais dire que…

Le Serpentard attendit la suite, mais... - Mais oui ! Elwyn s'était levé d’un bond pour partir. Désolé, je reviens ! Attends, quoi ?! Leslie se redressa un peu, voulant partir avec lui, mais il était déjà trop tard. Il resta donc assit, la bouche grande ouverte face au départ du bleu. CE CON ! pensa-t-il tout en serrant les poings. Comment Elwyn pouvait lui faire un truc pareil ? Le laisser seul avec Wang alors qu'il venait de lui dire qu'il avait la trouille en sa présence. Il détourna ses pupilles vers son camarade de maison, avec le coeur douloureux et une certaine envie de disparaître. Il se recula davantage, lentement, s'arrêtant que lorsque Stanley posa l'entière de son attention contre lui. Il se força un petit sourire maladroit, incapable de se calmer à présent.

-Vous vous connaissez donc depuis l’année dernière ? Comment ça se fait ?
Leslie regarda bien rapidement autour de lui.
- Comment... co... comment ? Heum... Un petit rire anxieux s'échappa d'entre ses lèvres. - Il dessinait et... Je ne sais pas, je suis venue lui parler. Ça faisait quelques années que je voulais... discuter avec lui.
Et un silence les traversèrent. Mathewsen se détourna, avalant difficilement sa salive. À plusieurs reprises, il avait ouvert la bouche pour essayer de dire qu'il avait un truc à faire, qu'il devait partir, mais rien... Il n'était pas capable de dire le moindre mot en présence de Wang et il n'arrivait plus à contrôler ses rougeurs.
- Je vais rentrer. Stanley se redressa, mais avant que Leslie ne puisse laisser échapper un soupir de soulagement, l'héritier se retourna. - Tu sais, si ça t’intéresse d’écouter les gens de la chorale ou tout simplement si tu souhaites participer, la porte est grande ouverte. Il s'étouffa avec sa salive, hochant rapidement la tête en levant le pouce vers lui pour démontré qu'il avait compris. Il rabaissa cependant sa main, intimidé par le regard du Serpentard. - Je t’ai plusieurs fois vu. Inutile de te cacher, la prochaine fois viens et installe-toi sur les sièges.

- Aaaaaaaaaah... ...Okay ? Dit-il avec inquiétude et enfin, Stanley sembla partir. Le jeune homme se leva alors, sursautant brusquement en voyant Wang se retourner à nouveau. Il n'osa pas regarder le visage de celui-ci, préférant plutôt fixer le sol jusqu'à ce qu'il sente qu'il était bien parti cette fois-ci. Il posa alors une main au niveau de son propre coeur tout en poussant une longue plainte. citrouille, pourquoi est-ce que ça m'arrive à moi ? C'est trop con. Il resta sur place un bon moment avant de retourner dans le château.

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Cause I don't think that they'd understand
When everything's made to be broken
I just want you to know who I am...
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Because I Care. [19 Septembre 1997]

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