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[Août 97] Vis ma vie

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SERDAIGLE7ème année
    SERDAIGLE
    7ème année
AVATAR : Lily Collins
MESSAGES : 3080

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Plus compliqué que prévu
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE:
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: [Août 97] Vis ma vie Lun 23 Mai 2016 - 23:55

Samedi 30 Août 1997.


Depuis la "démission" de Rufus Scrimgeour au profit de Pius Thicknesse en tant que Ministre de la Magie, bon nombre de choses avaient changé. La Gazette du Sorcier, désormais entièrement dirigée et édictée par les Mangemorts, était devenu un parfait outil de propagande destinée à salir l'image et la réputation de Harry Potter tout en éclaboussant les nés-moldus et l'Ordre du Phénix. De nouvelles mesures contre ces derniers avaient vu le jour. D'abord discrètes et peu influentes, ces réformes avaient rapidement pris de l'ampleur. Les nés-moldus étaient alors apparus comme des usurpateurs, des criminels, de la vermine tout simplement bon à être écartés de la société, parqué puis éliminés. Bien entendu auprès de la communauté magique, toutes ces "nouveautés" n'étaient pas aussi évidentes.

Les gens ne s'étaient rendus compte de rien, ou très peu. Au ministère, Thicknesse mit en place la Commission d'enregistrement des nés-Moldus, créée et dirigée par Dolores Ombrage. La Gazette du sorcier avait alors largement incité les nés-Moldus à se présenter au ministère pour un entretien, qui était en réalité un interrogatoire soumis à la présence des Détraqueurs. Ces moldus n'avaient d'autre choix que se voir confisquer leurs baguettes et emprisonnés à Azkaban pour avoir volé de la magie à de vrais sorciers. Les Mangemorts comme Yaxley ou Travers obtinrent des postes haut-placé au sein du ministère, et ils y installèrent une véritable terreur. Le nouvel ordre fit naître des rumeurs affirmant que Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcé-Le-Nom serait derrière tout cela, mais la peur et l'incertitude qui règnent limitent ces rumeurs à des murmures.

Dans ce contexte étouffant, et cette atmosphère lugubre peuplée de méfiance et de peur, se prépare contre vents et marées une nouvelle année à Poudlard. La dernière en ce qui concernait Maya. Âgée de dix-sept ans, la jeune fille avait longtemps hésitée à poursuivre son cursus. Non pas à cause des derniers événements politiques (Maya comme la plupart des jeunes de son âge s'en fichait royalement), mais plutôt à cause des pertes qu'elle avait subi durant l'été et les remises en questions qui s'en étaient suivies. Finalement, ses parents (enfin surtout son père) l'avaient convaincu de terminer sa scolarité pour bénéficier d'une éventuelle bourse d'étude afin d'entrer en apprentissage dans la très sélective Guilde des Flameliens, une corporation d'alchimistes.

C'est donc pour cela, pour terminer ses études et en débuter de nouvelles, que Maya se trouvait sur le Chemin de Traverse ce samedi là, une liste de fournitures scolaire à achetée. Elle avait transplané à proximité du Chaudron Baveur, et était passé par ce dernier pour se rendre sur le célèbre Chemin de Traverse. L'endroit était aussi sinistre que dans ses souvenirs. Même pire. La quasi totalité de la clientèle avait fuit, probablement à cause des récentes attaques mais aussi à cause du climat actuel. Une fois du côté magique, Maya se figea un instant.

La rue qui habituellement se devait d'être bondée de monde, animée, pleine de vie et de couleurs était... Pratiquement vide. Aseptisée. Dépourvue d'animation, ou d'agitation. La plupart des boutiques étaient fermées, certaines littéralement condamnées voire abandonnées. Les rares encore ouvertes, voyaient leurs vitrines placardées d'étranges affiches rose avec des lettres d'or. En s'approchant de l'une d'elle, Maya sentit son cœur avoir un raté.



'Les Sang-de-Bourbe et les Dangers qu'ils représentent pour une société de Sang-Pur désireux de vivre en paix'


Un kiosque en bois de cèdre, garni de centaines de ces brochures, se trouvait pile sous l'affiche. Maya se saisit de l'une d'elle et commença à la feuilleter en tremblant de colère. Ses yeux sautaient d'une ligne à une autre, d'un mot à un autre. Traître. Voleur. Usurpateur. Danger. Anomalie. De dégoût Maya froissa la brochure et la jeta dans la première poubelle qu'elle trouva. Tout ceci était abjecte. Ignoble. Les nés-moldus n'étaient pas... Non... Ce n'était pas vrai. Maya ne pouvait pas s'imaginer Wayoth en train d'organiser la séquestration de puissants sorciers dans l'hypothétique but de leur dérober leur pouvoirs. C'était ridicule et parfaitement illogique. N'est-ce pas ? N'est-ce pas...


-Allons, tout ceci est grotesque. Vraiment. Je suis là pour une chose. Qu'on en finisse et vite.


Elle fouina dans sa besace et en ressortit une liste de fournitures. Ces dérives ne devaient certainement pas être approuvée par les plus hautes instances. Tout ceci provenaient d'individus isolés, de rebut de la société qui voulaient instaurer à tout prix un clivage entre sorciers et nés-moldus. Maya tenta de chasser de ses pensées ce qu'elle avait vu, mais l'affiche ne cessait de s'imposer à elle. Elle passa devant l'Apothicaire et ne remarqua même pas les rares étudiants retardataires de Poudlard s'y presser. Pas plus que ceux flânant de chez Mme Guipure à la façade abandonnée d'Ollivanders qui avait mystérieusement disparu.


-Alors, il me faut le livre des Sorts et Enchantements niveaux 7 ainsi que..


Une odeur de brûlé vint lui chatouiller les narines. Un frisson de terreur s'empara d'elle et la pétrifia malgré elle. Le feu. Ça sentait le bois, le mortier brulé. Les souvenirs cuisant de sa confrontation en mai avec l'agresseur de Poudlard s'imposèrent à elle. Elle porta instinctivement une main à son œil droit, mort dans son orbite après avoir été bouilli par un maléfice cuisant. Puis elle les vit. D'abord petites, puis de plus en plus grandes. Leur chaleur intenses et mordantes vinrent lécher les cieux. Une boutique était en train de brûler. Un incendie ? Maya aurait voulu bouger, se porter au secours des éventuels occupants mais la peur s'était immiscée jusqu'aux tréfonds de son âme. Non. Elle ne voulait pas les aider. Elle ne voulait plus aider les autres devant le feu. Il s'emparait de tout, il prenait tout sans s'inquiéter du mal qu'il pouvait faire. Le feu était vivant. Le feu était son ennemi. Si des gens étaient pris au piège, alors ils étaient perdus d'avance. Alors il valait mieux qu'ils meurent plutôt qu'on ne leur vienne en aide.

Des hurlements  la sortirent bientôt de sa torpeur, les sorciers quittaient les boutiques et cherchaient à transplaner mais quelque chose les en empêchait. Quelqu'un avait bloqué tout moyen de fuite. Comme si cet incendie était prémédité, organisé et destiné à piéger des individus précis. Comme si, tout dépendait d'un plus vaste réseau. Maya aperçut plusieurs silhouettes se dresser face à la bâtisse en flammes. Elles n'esquissaient aucun geste pour mettre un terme au feu ravageur. Pas plus pour aider les occupants qui s'y trouvaient condamnés. On l'a bouscula brutalement et elle s'éveilla enfin.

Fuir. Courir. Partir. Maya ne comprenait rien à ce qui se passait, elle fût rapidement prise de panique, la terreur qu'inspiraient ses silhouettes s'infiltrait au plus profond des uns et des autres. Dans la cohue, Maya perdit ses repères. Elle se retrouva ballottée d'un bord à un autre et parvint enfin à s'extirper de la masse pour se rendre compte qu'elle s'était égarée dans.... L'Allée des Embrumes. La tristement célèbre ruelle de magie noire était encore plus sinistre que le voulait sa réputation.

Maya tourna plusieurs fois sur elle même dans l'espoir de retrouver son chemin, en vain. Elle arpenta aussi discrètement et rapidement que possible les environs mais ne tomba que sur des boutiques de plus en plus sordides et suspectes. Une fois, elle crut apercevoir un détraqueur flotter au dessus d'un sans abris... Elle n'essaya même pas de s'assurer du bien fondé de cette vision. Elle se remit à courir, en se retournant sans arrêt comme persuadée d'être suivie ou épiée. Finalement, elle heurta de plein fouet une silhouette.

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Maya Livingstone


♥♥:
 
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SERPENTARD5ème année
    SERPENTARD
    5ème année
AVATAR : Lu Han
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INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire - Dégoûté par tout rapprochement
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 12 Avril 1981 - Londres
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [Août 97] Vis ma vie Dim 29 Mai 2016 - 21:11


Samedi, 30 Août 1997

Les rumeurs et les propagandes... Était-ce réellement ces bêtises qui contrôlaient le monde à présent ? Pour tout dire, il n'y avait pas un seul bout de papier vierge de diffamations envers le fameux Harry Potter, mais ce n'était pas tout. Non, les Sang-de-Bourbe y prenaient aussi un coup, ce qui avait réussi à surprendre Mathewsen l'espace d'un instant. Il ne s'attendait pas à ce que cela dérive si rapidement. Toute une classe de personne était visée et jugée comme de futures menaces du monde des sorciers. Enfin, comme la plupart des adolescents, Leslie se laissa un peu influencer par les diverses absurdités qui pénétrèrent sa petite tête comme de l'eau dans une guenille. Lui qui était déjà légèrement raciste dans son genre, à voir le rang de Sang-pur comme la couronne du roi et à croire que tous les autres ne méritaient rien, parce qu'ils étaient des moins que rien. Cette hiérarchie, il l'avait lui-même créé dans un certain sens et il enviait le roi. Un roi qu'il ne serait jamais et cette réalité le fit grimacer de dégoût et d'incompréhension. Il était facile de le berner, surtout en vue de sa faible force psychologique depuis qu'il s'était lui-même mutilé pour des raisons sûrement plus pathétiques que la citation de l'horrible affiche rose bonbon que le Serpentard fixait depuis quelques minutes déjà. À cette vitesse, il n'allait pas faire ses courses à temps, mais au fond, cela faisait partie des choses qu'il préférait oublier. Il était calme, bien reposé sur lui-même à essayer de ne pas s'ennuyer de sa famille. Un gamin de son genre ne pouvait pas quitter la maison bien longtemps sans devoir pleurer le soir tout en se demandant quand il allait pouvoir retourner sous les jupes de sa maman. Même Amelia, elle lui manquait... L'année scolaire ne pouvait pas mieux commencer.

Son attention se perdit contre le kiosque se retrouvant sous l'affiche, mais il préféra ne rien toucher. Il n'avait pas envie de se faire manipuler davantage par cette publicité. Il n'avait jamais considéré les nés-moldus comme des infidèles ou des gens anormaux et il ne voulait pas que sa vision change de cette façon. Pour une fois, il ouvrit son esprit et refusa de gober l'information. Il poursuivit ensuite son chemin, peu avant que Livingstone n'arrive à son tour, mais il ne la remarqua guère. Non, et elle aussi, elle faisait partie de toutes ces petites choses qu'il préférait oublier. Dans les faits, Maya lui rappelait le Break Tabous (BT). Elle ne pouvait donc qu'engendrer de mauvais souvenirs, mais ce n'était pas réellement de sa faute.

Mathewsen s'engagea entre les rues tout en sortant sa liste d'approvisionnements. Il avait beaucoup à faire et heureusement que Cliff lui avait donné de l'argent ainsi que le luxe d'une chambre, parce que sans cela, le Serpentard n'aurait pas eu la chance de se retrouver là présentement. Non, il ne serait jamais retourné à Poudlard sans l'aide de Little. Ça lui aurait été impossible. Il inspira doucement en se rendant compte de l'importance que possédait son ami-pas-ami. D'ailleurs, Cliff l'avait quitté ce matin pour des raisons inconnues. Leslie se demandait bien ce qu'il lui arrivait, mais il n'osait pas lui poser de questions. La paresse et la flemme étaient ses nouvelles amies. Ce n'était pas engendré par le manque d'envie ou de motivation. Non, c'était parce qu'il avait peur des réponses. Rester dans l'ignorance lui semblait être une bonne option. C'était la seule façon fiable pour être certain de ne pas se faire avoir quelque part et de rester fidèle à soi-même.

- Bon...

Avant de se rendre à l'Apothicaire, Leslie entra dans une petite boutique pour y rechercher de l'encre aux mille couleurs, chose qu'il retrouva assez aisément. Il se permit alors d'ouvrir le flacon pour regarder à l'intérieur. Il se sentait bien curieux, mais ce fut à cet instant qu'une odeur de feu attira son attention. Il pensa au départ que ce n'était que dans sa tête. Une certaine panique prit place en lui que lorsque le vendeur lui demanda de sortir et de partir au plus vite. Le Serpentard ne se fit pas prier et bien sûr, il ne prit pas le temps de réfléchir une seconde, alors qu'il s'approcha de la sortie. Il apporta maladroitement la fiole avec lui, toujours ouverte entre ses doigts et il percuta brusquement un sorcier en quittant le lieu. Il n'avait pas fait attention, mais quelque chose l'inquiéta davantage. Il leva la tête vers l'encre qui avait... disparu.  

Tout en se forçant un sourire, Mathewsen se retourna vers l'inconnu qui s'était pris l'encre contre le visage ainsi que sur ses vêtements. Le quatrième année ne savait pas quoi faire pour aider et, au lieu de s'excuser, il prit seulement la fuite pour suivre les autres qui fuyaient. Il laissa le flacon tomber derrière lui, parce qu'il ne lui servait plus à rien. Cependant, il se sentait dangereusement poursuivi par l'inconnu qu'il venait tout juste de percuter et ce fut pour cette raison qu'il tourna dans l'allée des Embrumes, en espérant se sauver. Le Serpentard n'était pas très rapide. Il devait d'ailleurs prendre une pause, chose qui arriva au moment où il percuta quelqu'un d'autre, ce qui le fit presque tomber. Encore une mauvaise journée...  

- Livingstone... ? Il avait comme un soudain doute. Qu'est-ce que Maya faisait dans un endroit pareil ? Il se pencha vers l'avant, posant ses paumes contre ses propres cuisses pour respirer un moment.
- Désolé, je ne voulais pas...
Il ne finit guère sa phrase. Non, il préféra plutôt se retourner pour voir s'il était toujours poursuivi et en comprenant que si, il leva les bras dans les airs, tel un innocent.
- Je suis désolé ! Cria-t-il en direction de...
- Inoue ? J'ai renversé de l'encre sur Zack. Il se mit à rougir, surtout à cause de la honte puis il grimaça, sans comprendre qu'il avait en face de lui le frère jumeau de Zack. Cette information lui passait au-dessus de la tête. Tout son corps lui était douloureux. Courir, ce n'était décidément pas son activité préféré.

Vêtements:
 

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« Lost »

And I don't want the world to see me
Cause I don't think that they'd understand
When everything's made to be broken
I just want you to know who I am...
Iris | Goo Goo Dolls
   

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GRYFFONDOR6ème année
    GRYFFONDOR
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SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: ça se mange ?
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 30 mars 1981 à Glasgow
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [Août 97] Vis ma vie Ven 3 Juin 2016 - 7:50


Le chemin de traverse, lieu du commencement. Toujours bondé, plein de gaieté et de sorciers et sorcières pressés…

Shawn se stoppa au milieu de l’allée : - C’est quoi cette ambiance de dépressif ? Il accompagna sa question en tapotant la suie sur ses épaules, la poudre de cheminette n’était pas le moyen le plus propre pour voyager. Ses joues aussi étaient barbouillées de suie qu’il étala en tentant de la chasser. Son frère avait essuyé toute la crasse à l’aide d’un repulsi’suie qu’il ne comptait pas partager avec son jumeau. Shawn, de toute façon, ne souhaitait aucunement s’abaisser à lui demander son bout de PQ pour se faire propre.

-Maître Shawn, parlez moins fort. Dépêchons-nous de faire les achats et rentro…

-Faites-les sans moi ! J’ai un truc perso à faire.

- Mais nous aurons besoin de votre taille pour faire l’uniforme, Maître.

Il haussa les épaules en reculant prêt à partir, suffit de prendre la même taille que mon frère. On a pas non plus 10 cm d’écart !

Zack le fixa froidement : tu comptes fourrer ton museau où, cette fois ?

-ça te regarde pas !

Zack tourna le dos : en effet et je dirais même que je m’en fiche. Mets-toi pas dans le pétrin, c’est tout. Il ordonna à l’elfe : Allez en avant Ptyra, on l’aura pas dans nos pattes c’est un gain de temps considérable ! Ptyra ne semblait pas vraiment de cet avis, mais Zack la fit avancer d’une pression du genou dans ses épaules.

-Ah ! N’oubliez pas de m’acheter aussi des genouillères pour le Quidditch, les miennes sont foutues ! Et je compte bien venir jouer dans l’équipe à la rentrée. Peut-être même capitaine !

-C’est beau de rêver…

Shawn n’entendit pas la réflexion de son frère, il avait déjà disparu dans un coin de rue perpendiculaire à l’allée principale. Les boutiques étaient quasiment toutes fermées et l’atmosphère qui se dégageait des ruelles était tout aussi sinistre que celle de l’allée principale. Shawn hâta le pas, il savait parfaitement où il devait se rendre. Il était d’humeur relativement guillerette et faisait tache dans le décor mortuaire qui régnait en ce lieu. Les rues étaient désertes et le peu de gens qu’il croisait, traçaient leur route la tête basse. Vivre la tête basse ? Et puis quoi encore. Il ne prêta aucune attention aux affiches anti-moldus placardées un peu partout.

Il se stoppa devant la devanture d’une boutique en bois moisis qui ne payait pas de mine. De l’extérieur, il semblait que la boutique soit fermée, car un rideau noir était tiré et cachait l’intérieur de la boutique. Mais ce n’était qu’un leurre pour éloigner les gens mal intentionnés et se fondre dans la masse. Shawn n’hésita pas même une seconde et pénétra à l’intérieur. Une petite cloche sonna et il referma la porte derrière lui.

-Yooo !

-Hey Shawn, c’est toi !

Il traversa les carcasses d’instruments dans l’attente d’un propriétaire qui reposaient autour de lui et se dirigea directement vers le comptoir où un jeune homme britannico-nigérien qui ne devait pas dépasser la vingtaine d’années l’attendait. Il bidouillait un étrange instrument de musique qui ressemblait à un trombone avec des cordes. Le jeune homme se désintéressa de son travail et fixa l’asiatique en souriant, ils se serrèrent la main.

-J’chuis venu reprendre mes amantes… Ma belle Sober et ma délicieuse Lagoon !

Sober, sa guitare sèche et Lagoon, sa guitare électrique achetée dans ce même magasin il y a quelques années de cela. Une très bonne guitare de couleur bleu ciel et au design épuré. Le jeune homme éclata de rire : pépé doit encore être en train de bosser dessus… Ou de  contempler Sober en pleurant...  Il cria : Papiiiiiie, Shawn est là !

-Ah non hein Shenon, c’était pas dans le contrat ça, plaisanta Shawn.

-À son âge, on peut pas lui retirer ses petits plaisirs. T’sais qu’il veut toujours te la racheter au prix fort ?

-Et c’est toujours  un non ! Shawn demanda alors : -Au fait, ta soeur est pas là ?

-Nope, Sian est sortie avec une pote sorcière, j’chais pas quand elle rentre.

- Ptain, fais chier… J’voulais lui parler de la dernière compo qu’on a fait ensemble.

- ça avance votre groupe… « Cor Leonis », c’est ça ?

- Ouais,  ça avance. On a déjà trois compos là : t’as déjà entendu Dream fighters, I wish upon you, et la dernière elle claque :  Nothing I’ve ever. D’ailleurs, t’sais qu’on cherche toujours un deuxième gratteur, mec, on t’prend quand tu veux… Non en fait, t’as déjà ta place réservée !

-Ahaha, ça me flatte, mais je suis un piètre guitariste, puis j’ai le magasin à tenir.

- arrête avec cette fausse modestie !

Shawn fit claquer sa langue sur son palais :

- Bon il fait quoi ton vieux, il se torche avec mes guitares ? S’il me ramène Sober, j’te joue l’intro en avant-première !

Shenon hocha la tête et beugla en direction de l’arrière-boutique : PApiiiie, tu fous quoi !? Voyant qu’il ne recevait pas plus de réponse, Shenon s’absenta et Shawn en profita pour faire un tour du magasin. Des grattes en veux-tu en voilà, de toutes les tailles, de toutes les couleurs, de toutes les formes… Le paradis sur terre. C’était son eldorado suivi de près par la boutique de quidditch dans l’allée principale et la boutique de farces et attrapes de Fred et George. D’ailleurs, s’il avait le temps il y ferait un tour, il avait vu que la boutique était une des rares ouvertes et ce serait du gâchis de ne pas y jeter un œil. Shawn s’arrêta à hauteur des basses et bifurqua vers les batteries. Il tapota sur une des cymbales or, mais se stoppa quand il entendit du bruit dans son dos.

Il y eut du mouvement vers le comptoir, Shawn trottina vers les deux silhouettes qui venaient d’émerger :- Yo grand-père, quoi de neuf ?

Le vieil homme dévisagea Shawn et déposa prudemment la guitare sèche noire sur le comptoir. Tu devrais prendre plus soin de tes affaires, surtout d’un bijou pareil !

-Ouais, ouais je sais.  Il se pencha vers la guitare. Mon bébé, papa t’a manqué hein ? Tu avais peur dans les mains sales du monsieur. Le grand-père frappa Shawn sur la tête avec un magazine roulé en boule et remit ses lunettes en place : - tu m’as dit que c’est qui, qui a ensorcelé ta guitare ?

- ça fait juste trois fois que je vous le dis, dit-il en caressant le manche de Sober. Mon oncle.

-Travail de génie. Tu pourrais le faire venir ici un de ces jours.  Le grand-père tenait toujours la guitare comme s’il avait du mal à s’en séparer. Ça risque d’être… difficile. Shawn fronça les sourcils. Vous…pourriez lâcher MA guitare deux secondes, j’ai une p’tite démo à vous montrer. L’ancêtre retira ses doigts à contrecœur et Shawn passa la sangle sur ses épaules.

-Au fait, et Lagoon ?

- Lagoon, j’ai pas pu encore m’y pencher dessus, on a reçu trop d’instruments y a deux semaines, mais elle devrait être prête la semaine prochaine.

-D’acc. Bon, vous êtes prêts à entendre le son sorti tout droit des entrailles de dieu ? Il fit craquer ses doigts et le grand-père marmonna dans sa barbe : jeune présomptueux ! Il lança un sort de sourdine pour que l’on n’entende aucun son de l’extérieur, inutile de rameuter les suppôts de sitoire du Dark Lord.

La guitare fit un bruit atroce sans même que Shawn ne la touche : -allez ma belle, j’te promets que c’est pas pour me la raconter… Montre-leur ce que t’as dans le ventre ! Un son ultra aigu en sortit et Shawn leva les yeux au ciel. Tu peux bien me laisser ce moment de gloire ? Sinon je vais jouer avec une guitare de la marque Epiphone que t’aimes tant. Le silence fut.

-C’est parti mon Doxy. Shawn laissa courir ses doigts sur le manche de la guitare, il avait le sentiment d’être libre. Un sentiment indescriptible. C’était pour ça qu’il aimait tant jouer de la guitare, toutefois ce n’était pas n’importe quelle guitare, mais LA guitare de son oncle. Un sourire immense aux lèvres, ses doigts dansaient sur les cordes, les faisant vibrer. Il tapotait avec dextérité la caisse de la guitare donnant ainsi un rythme propre à la mélodie. L’intro ne dura pas plus d’une minute, c’était trop court aux yeux du jeune homme.


-Alors ça claque ?

- Pas mal, mais pas mon genre. dit le vieux à contre cœur.

-Ça déchire tu veux dire… Ptain, c’est génial !

-Ce son fait bander hein !

-Tu gères mec !

-Haha merci, Sober couina, c’est surtout grâce au son ultra mélodieux de la demoiselle ! Il tapota la caisse affectueusement. Et encore, t’as pas vu la chanson complète, enfin j’en dis pas plus ou Sian va me buter. Il déposa Sober doucement et avec tendresse (oui il en était capable, mais qu’avec sa guitare), dans sa housse de transport et questionna alors : j’vous dois combien pour Sober ?

-Comme d’hab.

Shawn sortit son argent de sa poche arrière et se mit  à compter, ah rajoutez moi de la magicocire, j’en ai presque plus ! Il déposa sa monnaie trébuchante sur le comptoir. Et gardez la monnaie, j’ai la flemme de compter. Il attrapa un pot de magicocire qu’il fourra dans la poche frontale de sa housse.

Shenan encaissa le tout et salua Shawn qui partait déjà, la anse de sa housse sur l’épaule : - merci l’vieux.

-De rien jeune con.

-Ah passez le bonjour à Sian de ma part.

-Si j’y pense.

- Je demandais pas à vous, forcément à votre âge, vous allez oub… le magazine vola dans sa direction, mais il l’évita en s’accroupissant au sol à moitié plié de rire.

- Toujours aussi charmant, allez adios ! Il sortit de la boutique et retourna dans l’austère ambiance du chemin de traverse, sa guitare sur le dos. Il s’était décidé à allé faire un tour aux farces et attrapes, mais une fois revenu au chemin de traverse, sa visite de la boutique fut légèrement reportée.

Shawn venait de rejoindre l'allée principale qui semblait secouée d'une grande agitation et confusion. Des sorciers et sorcières couraient de manière désordonnée en emportant leurs enfants. Shawn s'était stoppé au milieu de ce capharnaüm juste en face de la boutique de fourniture. Il tentait de comprendre ce qu'il se passait tout en cherchant des yeux Ptyra et Zack. Bien vite son odora l'alerta d'un incendie. L'allée embaumait le bois calciné et l'odeur infecte du plastique brûlé. Les bribes de conversation qu'il captait parlaient d'une attaque de Mangemort, certaines d'une potion qui a mal tournée, d’autres du Ministère.

-Oh pour ça que les villageois, il voulait dire en réalité "manant" c'était le genre de fautes récurrentes que le jeune homme faisait sur les expressions anglaises, sont affolés.

Déboussolé parmi cette nuée de capes noires et de couvre-chefs excentriques, il hésitait sur la démarche à suivre. Devait-il attendre ici dans l'espoir d'apercevoir son double ? Mais comment retrouver son frère dans tout ce tumulte autant chercher une dragée crotte de nez dans un paquet de Bertie Crochus. Devait-il repartir dans une cheminée ? Elles devaient être prises d'assaut à l'heure qu'il est. Il ne pouvait pas non plus partir sans s'assurer que Zack était sain et sauf. Il se fit tout de même la réflexion que son frère ne se serait pas posé autant de questions. Alors qu'il en était venu à la conclusion de retourner chez lui, une allumette le percuta de plein fouet et un liquide poisseux l'aspergea au visage et sur le torse. Il se protégea comme il put en fermant les yeux et en baissant la tête, mais le mal était fait.


Shawn frotta son visage déjà couvert de suie et découvrit sur son t-shirt un arc-en-ciel de couleur. Il reconnut la fameuse encre de couleurs prisée par les jeunes adolescentes.

-Puuutain ! C'est l'encre de Tiercelieux qui part super difficilement.

Cela ne le gênait pas tant d'être couvert d'encre, mais plutôt que son super t-shirt acheté dans une boutique moldue avec des sous moldus et donc, à ses yeux, unique soit foutu.

Il pivota vers le responsable, histoire de passer ses nerfs sur lui gratuitement.

-Surtout dis pas pard..., le fautif ne s'était pas arrêté, ni même retourné et slalomait entre les gens, HEY, te sauves pas comme un voleur ! Il allait le perdre de vue s'il n'agissait pas rapidement.

La colère ne fit qu'un tour et activa ses jambes. Il partit après l'inconnu, mais sa guitare et la foule paniquée ralentissaient grandement sa course sinon il l'aurait rattrapé depuis un moment. L'inconnu bifurqua en direction de l'allée des embrumes, mais il allait en falloir plus pour stopper cette tête brûlée. Shawn n'hésita pas une seconde et pénétra lui aussi l'allée mal famée.  Sans prêter attention aux rues qu'il traversait ou aux embranchements qu'il prenait, il continuait à réduire la distance les séparant. Il y avait déjà bien moins de monde, voire quasiment plus personne.  Il avait oublié son désir de rentrer, l'incendie, les mangemorts et même l'allée où il se trouvait. Seul le mal poli occupait son esprit. Il venait de s'arrêter dans une impasse aux côtés d'une demoiselle. Cela aurait pu être un guet-apens, qu'il se serait jeté la tête la première dedans. Réfléchir de trop ne servait à rien selon le jeune homme.

-J'te tiens, s'écria Shawn en faisant les dernières enjambées pour le rejoindre.

Il n'était presque pas essoufflé, Shawn possédait une excellente endurance, on ne pouvait pas en dire autant de l'inconnu qui était courbé en deux en train de cracher ses poumons.

Il allait ouvrir la bouche, mais le mal poli le stoppa sur place lorsqu'il prononça son nom de famille. Était-il si célèbre que ça ? L'inconnu était aussi un asiatique, mais en format réduit et il ressemblait à s'y méprendre à une fille.

-Mec, j'espère que t'as aussi acheté le correcteur avec ton encre de petite fille ! Puis d'où tu me connais ? Ta tête me dit rien.

Shawn n'avait pas idée de l'étendue des dégâts, toute la moitié de son visage était colorée de bleu, de vert, de jaune, de rouge et d'orange. Il se frotta le bout du nez et renifla bruyamment sans quitter l'Asiatique du regard. Puis, il s'intéressa de près à la demoiselle qui le dévisageait sans rien dire. Ils étaient en couple ? Cupidon avait parfois de biens drôles d'idées. La fille devait bien faire deux fois la largueur de son mec allumette. Son visage n'était pas désagréable sans pour autant être une beauté fatale, mais elle avait été gâtée par la nature là où il fallait. C'était le plus important, non ? Il ne perdait pas la main le petit gars.

-Tu veux ma photo Miss monde ? Questionna-t-il en la regardant de haut en bas. Faudrait dire à ton mec de regarder où il met les pieds. Ce n'était pas dit spécialement agressivement, mais bien souvent l'aspect brut de décoffrage de Shawn ne plaisait pas.

L'asiatique se retourna pour regarder autour de lui, il était complètement perdu. Il était bien temps de s'en rendre compte. Il ne traînait jamais dans ce coin du chemin de traverse. Il fit un pas à droite, recula, et fit un pas à gauche.

-citrouille. On retourne comment sur le chemin de traverse  ?

Les amoureux semblaient aussi perdu que lui. La rue était déserte, en plus d’être atrocement sombre et glauque. Il y avait une odeur de poubelle en fermentation et de rat crevé qui provenait certainement du liquide verdâtre qui s’écoulait dans le caniveau. Les bâtiments semblaient tous être des habitations insalubres ou des locaux désaffectés.

-Bon, je suis arrivé par là ! Sortons déjà de cette ruelle glauque !

Il revient sur ses pas, dans une allée un peu plus large, mais Shawn ne se souvenait pas pour autant du chemin de retour. Il pivota vers Leslie : - Mec, tu te souviens vraiment pas du chemin ? T'es pire que le petit cupidon ! Il voulait dire "Petit Poucet", un conte moldu qu'il avait découvert dans une poubelle il y a quelques mois de ça, mais sa mémoire étant ce qu'elle est, il avait confondu le nom. Puis, il leva les yeux vers la demoiselle : et toi, comment t’es arrivée là ?

Il y avait un peu plus de monde dans cette rue, mais les gens avaient tous un visage sinistre ou de brigands. Shawn essaya de demander son chemin à quelques personnes, mais il se fit chasser comme un mal propre à plusieurs reprises. Sans se départir de sa bonne humeur, il commenta cet échec d'un : je crois qu'on est entouré d'idiots du village et de Kassos. Il y avait plusieurs boutiques, mais la plus avenante était de couleur pourpre avec de mystérieux pendentifs. Il avait complètement oublié qu’il était barbouillé de couleurs et donc qu’il faisait tache dans le décor corbeau.

-Allez les amoureux, allons voir dans cette boutique avant de pondre un œuf de basilic. Expression Shawnienne qui n'existait pas officiellement dans le monde sorcier. Ils auront peut-être un correcteur en plus. Sans se faire prier, Shawn se dirigea droit vers la boutique et pénétra à l’intérieur. La boutique était on ne peut plus glauque, avec des têtes réduites et des objets qui puaient la magie noire sur des dizaines de kilomètres à la ronde. Tout sorcier avec moins de témérité ou stupidité aurait préféré faire demi-tour, pas Shawn. Il beugla :

-Hello ! Puis il fit une grimace et s’exclama : p’tain ça pue l’vieux marshmallow là’dans. L’odeur le prenait aux narines et l’affectait bien plus que ses camarades.

Il y avait dans les allées tordues des étalages de fioles de sang ou de chairs fraîches qui ouvrirent l’appétit du jeune homme. Au loin, il crut même apercevoir un Demiguise empaillé. Il ralentit pour mieux observer la peinture en mouvement d'un joueur de flûte entouré de rats, résultat la personne de derrière le percuta.

- Navré ! C'est un conte moldu : le joueur de flûte d'hamelin ou un truc du genre... Qu'est-ce que ça fout là ? Y a même des affiches de propagande des chasseurs de loup-garous... ça craiiint ! Il tendit la main vers une étrange boîte qui recula en sifflant comme un serpent à sonnette. Haha venez voir ce truc, on dirait que c'est vivant ! kiririkirikiri viens là ! Shawn entendit la voix de sa mère dans sa tête ou peut-être bien que l'un de ses compagnons venait de lui dire : Touche pas à ça ! Il reprit la route en tête de file abandonnant la boîte à sonnette à contre coeur. La boutique avait de nombreuses cages cachées d’un drap et même un œil de chat dans du formol sur le comptoir.

-Charmant, vraiment. Ça fout les chocottes, plaisanta-t-il. Il  y avait  au fond d’une allée, un squelette de Sombrals, créature que Shawn ne connaissait pas, mais qu’il était en mesure de voir. Sa curiosité et son envie de toucher à tout étant plus forte que tout, Shawn s'était de nouveau stoppé pour triturer une corne de Grapcorne.

Il s'exclama en la soupesant dans ses mains :Pas besoin d'être voyante pour savoir qu'on ferait mieux de demander notre chemin et de vite nous barrer. Il fit tomber la corne qui se brisa au sol. Il se pétrifia sur place certain de voir surgir le vendeur, mais il n'en fut rien. Il regarda alors de tous côtés et d'un coup de pied envoya valser la corne cassée sous une table. Il devait aussi prendre garde de ne rien renverser en faisant un mouvement trop brusque avec sa housse.

Il se retourna vers ses compagnons : bien notre vaine, notre salvateur a dû clapser dans l’arrière-boutique vue l’odeur ! ça vous prend pas au nez ?

C’est alors qu’il y eut un mouvement derrière le rideau menant à l’arrière-boutique. L’instinct du jeune homme lui envoyait des alertes, il avait presque envie de faire demi-tour, mais ce serait perdre la face. Il se stoppa devant le rideau qui puait le renfermé à moitié rongé par les mites et tira dessus en s’exclamant tout sourire : - les dames d’abord. Le but étant uniquement d’embêter la brune, Shawn n'était pas lâche au point de la laisser passer devant. Les jeunes gens n’avaient pas non plus remarqué les deux silhouettes qui les suivaient et venaient de pénétrer dans la boutique.

super fringue moldue:
 

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MessageSujet: Re: [Août 97] Vis ma vie Jeu 7 Juil 2016 - 17:31

HRP a écrit:
Je vais d'abord m'excuser de mon retard absolu D: Déjà que j'ai été absente un ou deux mois, et en plus j'ai dit à Maya que je posterais hier soir ... Je suis impardonnable. Je suis votre esclave pour ... Disons deux jours.
En plus je peine à retrouver mon style d'écriture pour humains. Désolée.

Dégoûtée. Elle était dégoûtée.

Pourquoi étais-ce toujours à Gwenn de faire un ... ménage ... quand sa mère travaillait ? Alors qu'elle n'avait pas de magie à disposition ? Ok, la salle de bains, les chambres, le salon, la cuisine, le bureau, faits, faits, faits ! Mais ... Nom de D... Le GRENIER ! Couvert de poussière ! Réserve d'araignées et de créatures ne tout genre. Le grenier, un lieu qui n'est une picèe que par le nom. Il suffirait à la mère de Gwenn de passer un coup de baguette « Recurvite ! » pour que tout soit parfait ... Ben non, Gwenn doit la nettoyer seule avec ses moyens, sans magie bien sûr ! Avec un balai qui croupit dans un coin depuis des années, un aspirateur bouché qui fait un bruit d'éléphant étranglé et un chiffon plus sale que ce qu'il nettoie.

La jeune fille sortit du grenier, épuisée. Ses cheveux, d'ordinaire un peu ondulés, frisaient au dessus de sa tête. Elle avait un œil au beurre noir (elle s'était mis le balai dans l'oeil), des contusions partout et un t-shirt auparavant bleu ciel maintenant si noir de crasse qu'elle faillit vomir en l'enlevant. Un tour à la salle de bains, douchée, brossée, rhabillée - avec du propre. Elle se sentait tout de suite mieux. Elle finit par concocter une vengeance à sa chère et tendre mère. Elle laissa traîner ses vêtements sale sur la table du salon, le balai et l'aspirateur appuyés contre, et posa ses gants sur le tapis que sa mère adorait. Grrr. Un peu de justice dans ce monde ingrat.

Elle était levée depuis six heures du matin, montre en main, parce qu'elle avait besoin du plus de temps possible pour acheter ses livres de son année des BUSEs et parce qu'elle devait aussi faire un petit nettoyage. Un "petit" nettoyage. Gwenn avait maintenant envie d'étrangler sa mère pour cet adjectif pas du tout approprié à la tâche. Elle prit l'argent qu'Eileen avait posé sur son bureau, destiné à payer les affaires, en prit davantage dans ses Mornilles à elle - au cas où quelques emplettes supplémentaires seraient à acheter - et fila. Soulagée.

Arrivée, la Gryffondor se faufila dans les ruelles pour trouver ce qu'il fallait prendre. Le livre des Sorts et Enchantements ... Niveau 5. Eh oui. La cinquième année. Gwenn en tremblait déjà. Ses BUSEs. La Potion. Et, par dessus-tout. Son père.
Elle avait déjà choisi où elle voulait partir. Quelle direction elle souhaitait prendre. Quel camp elle voulait choisir. Son père. Les ... Les Mangemorts.
Elle balaya les sorciers passants du regard et entra dans la librairie, sans un regard pour les boutiques détruites et dévastées par ... Elle savait par qui. Le camp de son père. Toutes ces lois sur les né-moldus ... Sa mère, née-moldue. Et pourtant, Gwenn choisissait le camp de son père. En toute connaissance de cause ? Pas vraiment. De toute façon, elles avaient parlé de l'avenir d'Eileen. La mère de Gwenn allait attendre que cette dernière entame sa cinquième année, et partirait ensuite à l'étranger avec ses économies. Rejoindre des cousins éloignés en Suisse.

Cependant, Gwenn avait choisi les Mangemorts sans en avertir personne. Elle n'avait pas encore croisé son père. Elle avait hésité à lui envoyer une lettre, renoncé par peur qu'on l'intercepte. Elle le suivrait lui. Jamais les idées de morts sur les né-moldus. Elle en connaissait plein, des comme eux. Sa mère. Dan ? Fawkes. Non. Et si jamais elle en voyait un tricher, elle fermerait les yeux. Je ne suis pas obligée de tout accepter. Non, elle n'était pas obligée.

Un gars lui marcha sur le pied quand elle sortit de la boutique, la conscience éprouvée par ce qu'elle pensait. Un grand gars, costaud, blond, le visage néanmoins terrorisé. Elle se mit à fulminer. « NON MAIS ! Ça va pas de courir comme ça ? Vous voulez m'écraser c'est ça ? Je suis peut-être toute petite, je ne suis pas invisible ! Et ... » Ce gorille aurait été déchiqueté, découpé, torturé par la voix stridente de la lionne si une foule ne les avait pas happés, fuyant, le plus rapidement possible. Gwenn faillit exploser mais se contint et se tourna vers le lieu où elle pensait découvrir la raison de cette agitation : l'autre bout de la rue.
Un feu dévorait une boutique. Un peu choquée, la jeune fille se laissa prendre par le courant de panique et courut sans regarder. Jusqu'à relever les yeux. Et se rendre compte qu'elle était seule.

Dans l'Allée des Embrumes.


MAIS MAIS MAIS OUATE. Elle courait quelques secondes et elle était déjà dans un lieu flippant plein de psychopathes n'attendant que des jeunes filles sans défense pour assouvir leurs pensées d'horreurs de sadiques ? Mais mais mais … C'était trop … Injuste ? Bizarre ? Fou ? C'était quelque chose mais Gwenn buguait tellement qu'elle ne savait pas quoi. Elle fixait une vitrine vendant des crânes - à moins que ce soit les colliers autour des cous supportant lesdits crânes – quand un frémissement absolument terrifiant s'éleva derrière elle. Elle se tourna, rien du tout. Juste un manteau sombre posé sur un portemanteau – en pleine rue ! - que le vent faisait s'agiter. Quand les manches du vêtement se relevèrent, Gwenn faillit faire une crise cardiaque et prit ses jambes à son cou, bousculant tous les vieux sorcier psychopathes bizarres qu'elle voulait éviter afin de mettre la plus grande distance possible entre le manteau sombre et elle.
Sauf qu'elle s'enfonçait dans l'Allée. L'angoisse montant, elle s'arrêta.

_________________
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Je suis égoïste. Je suis égoïste. Je suis égoïste.
Je suis désolée, maman.

Mais ne t'inquiète pas.
J'attendrai la fin de l'été pour assumer mon choix.


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MessageSujet: Re: [Août 97] Vis ma vie Jeu 7 Juil 2016 - 23:28




"Je n'ai pas fait une nuit complète depuis des semaines."



30 août 1997 - Allée des Embrumes - 05:17
- Tu te fous de moi ???!!

D'un geste brusque du bras droit, l'adolescent balaya le tas de livres qui se trouvaient sur le bureau de Swann, les projetant au sol en un bruit sourd. Avec un soupire, le jeune adulte agita légèrement sa baguette pour que les manuels scolaires reprennent leurs places, mais, une fois encore, le décoiffé n'en fit qu'à sa tête et donna un coup violent dans "La Grandes Noirceur de la Magie Noire" qui vola un moment avant de s'écraser contre le mur. Les iris de l'animagus se plantèrent dans celle de l'apprenti qui n'arrivait pas à se contrôler sous la colère et dont les grognements d'animaux venaient en grande partie du fait qu'il essayait de se maîtriser à grand peine. Se transformer était extrêmement douloureux et compliqué, mais il s'avérait que pour le jeune sorcier, garder sa forme humaine était un combat constant. Si Swann comprenait cela, l'envie de lâcher prise et de se pavaner sous sa forme animal, il restait inquiet quand à la discrétion de Wayoth sur ses nouvelles capacités.
Abandonnant toute résistance à sa rage, le garçon ferma les yeux et se retrouva à quatre pattes, les membres tremblants par l'effort et l'épuisement. D'ailleurs, le coyote termina sa crise en se couchant complètement à terre en haletant. Le corps retrouva rapidement  son apparence humaine et Fawkes réprima un gémissement de douleur quand il se rendit compte qu'il venait de se tordre la cheville en se métamorphosant. Son Maître, sans bouger de sa place, leva simplement sa baguette pour la pointer sur le garçon et la douleur disparut. Il y avait eu pire : la première "réussite" de métamorphose s'était soldée par une désartibulation de son bras droit, comme lorsque le garçon s'était entrainé au château pour le transplanage.
Il ne contrôlait plus rien. Swann avait bien compris ses erreurs en notant l'évolution de son élève : le brun avait voulu apprendre trop vite et, à force de s'entraîner seul, il avait développé ses propres tactiques pour faire ressortir l'animal. Il était bien loin le temps où il pouvait étendre ses sens sous sa forme d'homme. Maintenant, il n'y avait plus cette transition : ou il était garçon, ou il était coyote. A chaque essaie de transformation, c'était comme se prendre une gifle part ce qui l'entourait. Tout devenait plus net, son ouïe et son toucher était surdéveloppés, son odorat et son goût devenaient des sources d'informations inestimables, mais la vue restait à peu près la même en plus floutée avec des teintes qui tiraient vers l'ocre : le rouge et le vert n'existaient plus sous sa forme canine. En étant humain, il perdait toutes ces données et se sentait comme perdu. Et terriblement vulnérable.

Wayoth avait beaucoup changé en l'espace d'un été. Physiquement parlant, il avait pris cinq centimètres et atteignait alors le mètre quatre vingt-dix et, s'il avait toujours été grand, il se révélait un peu plus impressionnant maintenant que Swann lui avait fait faire de l'exercice physique. La carrure était la même, une aiguille dont les épaules étaient la tête d'épingle, mais son visage avait perdu le peu de rondeur qui lui restait et à ceci s'ajoutait une pilosité qui se décidait enfin à pointer son nez en venant ci-et-là manger le visage du garçon marqué par les cernes. Aussi incongru que cela puisse paraître, il avait l'air encore plus maigre : les centimètres gagnés en hauteur et l'effort physique dû à son entrainement pour devenir animagus l'avaient privé des quelques kilos que le garçon reprenait normalement avec les plats de sa grand mère. La fatigue était bien présente et son dos lui semblait "lourd" car courbaturé par l'effort et toujours sensible depuis qu'il s'était fait brûler le dos fin juillet. A ça s'ajoutait le stress permanent depuis que le garçon avait vu les premières altercations sur le chemin de traverse entre des passants et des Mangemorts qui ne se cachaient même plus. Wayoth ne comprenait pas ces brusques événements et la Gazette ne lui avait appris qu'un changement de premier Ministre après la démission du dernier. Il se demandait ce qu'il foutait, celui-là, à laisser des criminels et des tarés arpenter les rues sans que la Brigade Magique n'intervienne. Et puis, depuis peu, des affiches roses bonbons à vomir étaient apparues dans des kiosques, sur des vitrines de magasins fermés, partout. Par curiosité, le né moldu y avait jeté un œil et avait bien manqué de se changer à la vue de tous en bestiole poilue. Plié en deux pas la douleur, il s'était contenté de calmer son envie de meurtre envers tous les abrutis qui buvaient les mensonges sur les "Sang de Bourbe" comme s'il s'agissait d'un verre de lait.

- J'veux pas y retourner. geignit le garçon au sol en couvrant son visage de ses deux mains. Je veux rester ici.
- Il y a un monde entre ce que tu veux faire et ce que tu peux faire, mon chat.

Ce n'était pas la peine d'argumenter plus, les deux sorciers le savaient très bien. En ne retournant pas à Poudlard, Wayoth mettaient toute sa famille et ses amis en danger. La lettre reçue pour l'informer de sa réinscription à l'École mentionnait un décret du premier ministre -ce fils de chien qui laissait les Mangemorts faire au calme ce qu'ils souhaitaient- et les Fawkes n'étaient visiblement pas décidés à quitter le pays à cause d'un taré qui prêchait la pureté du sang. Ils avaient leur vie ici et, bien qu’il n’ait pas exposé son problème à sa famille, Wayoth refusait catégoriquement de les priver de leurs terres pour…pour lui ?

- Tu m'avais dit que tu m'apprendrais...

Swann se massa les tempes. Il s'était imaginé cette scène tellement de fois qu'il avait même pensé aux reproches que le jeune pouvait lui cracher à la figure. Insolent et pas reconnaissant, avec ça.

- Et je ne me contrôle toujours pas ! Tu ne pourras plus m'aider quand je serais là bas ! il s'était relevé et appuyait ses mains bien à plat sur le bureau, obligeant son Maître à le regarder dans les yeux. Tu m'avais dit que je pouvais travailler pour toi ! Et tu m'envoies à l'école ??! J'IRAIS PAS !!
- Tu me seras bien plus utile vivant là bas que mort ici. Étant donné ce qui est arrivé à tes camarades l'an dernier... Il parlait de Maya, là ?! ...je pense que tu pourras travailler pour moi à Poudlard. Je suppose que le Boss considère que c'est aussi bon à prendre...il faudrait que je parle de toi dans une prochaine lettre.

Nerveusement, l'apprenti guérisseur pianota sur son bureau en cherchant comment présenter le fait qu'il sous-traitait depuis le mois de juillet. Y avait-il une raison pour que son supérieur les liquide tous les deux ? Après tout, c'était le gamin qui avait trouvé le lieu de l'échange et c'était en grande partie à cause de lui que le musée de sorcellerie de Londres s'était vu privé d'un œuf de Bourtefeu Chinois en début d'août. Mais avoir un élève comme espion, n'était-ce pas un atout dans sa manche ? Swann soupira en glissant une mèche de cheveux trop courte derrière son oreille.

- On reprend. Concentre-toi, et n'utilise pas ta colère. C'est mauvais de lier l'animagie aux sentiments.


Bras croisés, adossé au mur d'une échoppe brinquebalante qu'un sorcier bossu avait installé à même le pavé irrégulier de l'allée, Wayoth guettait un simple moment d’inattention de la part du marchand au noir pour s'emparer d'une amulette qui, selon les dires de Swann, avait bien trop de propriété magique pour se retrouver dans les mains de n'importe qui. Pour autant, ce n'était pas une mission donné par l'animagus, non, mais un bête défis que l'adolescent s'était lancé à lui même. Caché sous sa cape noire, le garçon avait eu l'immense satisfaction, il y avait de cela deux heures, d'avoir réussi une jolie métamorphose sans se casser quoique ce soit. Visiblement, son odeur n'était pas au goût du chat de son Maître car le matou n'avait fait que siffler en faisant le gros dos, le regard meurtrier et le poil dressé et, pour lui répondre, le coyote avait dévoilé ses babines en grognant, oreilles couchée et queue bien droite.
Regard vissé sur l'objet de sa convoitise, le décoiffé rêvassait paisiblement avant que, brusquement, l'échoppe s'ébranle : le vendeur cherchait à plier bagage et Wayoth en comprit la raison en levant le museau. Une foule en panique s'approchait, et ce n'était sûrement pas en raison de la promo "trois bocaux de queues de rats achetés, le quatrième à moitié prix". Rapidement, le né moldu bondit vers l'amulette, la dissimula dans sa manche et profita de l'effet de masse pour échapper au bossu qui lui hurlait de s'arrêter, baguette en main. Tourne à droite, puis à gauche, la ruelle et hop, on escalade les poubelles pour monter sur le toit. De sa cachette, il regardait la place principale du chemin de traverse se vider des rares sorciers qui s'y étaient aventurés en ce début d'après midi. Les acheteurs de dernière minute s'étaient rués dans tous les sens au pont de s'aventurer dans les ruelles les plus malfamées du Londres sorcier.

- C'est quoi, ça...? souffla alors le garçon pour lui mème, ses paupières se plissant pour apercevoir un épais nuage de fumée noire. Mais ils foutent le feu, ces phoking abrutis...?

Trottinant sur son toit, il se jeta à bas du bâtiment en amortissant sa chute à l'aide de sa baguette, évitant de peu d'atterrir sur un clochard édenté qui proposait su sang de chauve souris aux passants. Rajustant sa capuche, il vit alors une gamine s'approcher de lui en courant, slalomant entre les sorciers et sorcières qui cherchaient à savoir ce qu'avait cette "douce enfant". Douce, Wayoth en doutait ; enfant, il en était certain. La gamine n'était nul autre qu'Edelwy et alors que la Gryffondor passait devant lui, il l'attrapa vivement par le col en esquivant les coups qu'elle donnait pour se débattre et lui pointa purement et simplement sa baguette sur la tempe pour la calmer. Autour d'eux, personne ne réagissait. La situation faisait écho à ce qu'il s'était passé le 25 juin, après la découverte du torchon nommé "Break Tabou", lorsque le Serdaigle avait emporté la rouge sans ménagement pour la tirer derrière lui dans un couloir.
Vous voulez savoir comment réussir un bon kidnapping ? Contactez Fawkes !
Les gens n'en avaient tellement plus rien à foutre que leurs voisins se fasses agresser sous leurs yeux que traîner Edelwy avec lui se révéla un jeu d'enfant. Hormis le fait que la naine se débattait toujours.

- Tain, Edelwy, tu te calme, bordel ! grinça le garçon en la plaquant alors contre le mur d'une rue quasi vide. Sans pour autant ôter sa capuche, il continua à voix basse : Mais qu'est c'tu fous là, petite ? Ta mère t'as jamais dit qu'on devait éviter de se promener seule dans des quartiers comme ça quand on est une gonzesse ?

Gonzesse ? Charmant. Se giflant mentalement, il ne pu rien ajouter d'autre : à quelques pas, l'apparition d'une personne bien connue le rendit muet. profitez ! Et puis, après avoir cligné des yeux, l'adolescent se reprit et commença à faire trois pas vers la porte qui venait de se refermer... pour finalement faire demi-tour et tirer Gwenn à lui.

- Reste pas seule, toi ! Allez, viens, vite... Faut pas... Sérieux, comment on peut laisser son gosse seul par ces temps... ajouta-t-il en grommelant comme un grand père sur le ton de "ya plus d'jeunesse, de mon temps c'était pas comme ça !"

Il se faufila alors jusqu'à une boutique dont la devanture pourpre mettait en avant des pendentifs de toutes sortes que sa mère n'aurait jamais voulu porter en dehors d'Halloween. Certains représentaient des crânes de Gobelin aux orbites vides et au large sourire édenté, d'autres semblaient être inspirés de runes incas pas très jolies, et Wayoth ne fut qu'à moitié étonné en voyant un pendentif qui n'était rien d'autre qu'un squelette d'oiseau. Charmant. Il ne fallait pas être diplômé des BUSEs pour deviner que tout là dedans puait la magie noire... Alors pourquoi ? Tous les étudiants de Poudlard avaient perdu la boule, ou quoi ?
A contrecœur, l'encapuchonné poussa lui aussi la porte, tirant Edelwy derrière lui. L'odeur le prit à la gorge, mais ça restait dans le domaine du supportable et, bien que ses poils de bras se dressaient, il tenta d'ignorer la prunelle de l'œil de chat qui s'était brusquement tourné vers lui à son entrée.

- Toi, tu bouges pas et tu touches à rien qui p... Mais il fait quoi ce con, STOP !

Le début de la phrase avait été murmuré à la plus jeune et Wayoth avait haussé le ton pour retenir les trois autres. Petit groupe composé de Math-machin, un Serpentard au genre douteux, d'un pot de peinture ambulant qui se baladait avec une housse de guitare et de Maya. Basculant sa capuche vers l'arrière, Fawkes laissa son regard hébété détailler la tenue vestimentaire des deux présumés garçons qu'il pointa successivement du doigt. Lui même était habillé à la mode sorcière.

- Vous êtes sérieux, là ? Vous êtes au courant que des gens se font arrêter pour moins que ça ? Et vous vous sapez comme des moldus ? Matchinsen, t'es à Serpy ou à Gryffy, bordel ?! Ou : t'es idiot ou quoi ? Il se tourna alors vers le lionceau dans son dos. Sans vouloir t'offenser, Edelwy. Ou peut-être que si.

Il était nerveux et ne pouvait le cacher : comment pouvait-on être aussi inconscient ?
Finalement, son regard se posa sur Maya et une tempête d'émotions ébranla intérieurement le garçon. La colère parce qu'elle n'avait pas donné de nouvelles. L'inquiétude parce que, avec le temps, il avait appris pour les Strauss. Et puis la joie de la retrouver saine et sauve. Puis encore la colère de la voir dans un lieu aussi sordide : elle était plus intelligente que ça, non ? Pourquoi elle avait suivit les Bruce Lee et Jackie Chan ? Il marcha rapidement vers elle pour...pour quoi ? La prendre dans ses bras ? Wayoth, mon vieux, reprends-toi ! Le mouvement fut avorté et il se contenta de poser ses deux mains bien à plat sur les épaules de la brune.

- Maya. Tu vas bien ? T'es pas blessée ? Puis plus généralement : Mais bordel, qu'est ce que vous foutez tous ic...PWAH, c'est quoi cette odeur !?

Sang parvenir à identifier ce qu'il sentait, le garçon savait que ça lui faisait horreur et qu'il détestait le souvenir auquel elle était accrochée. Il s'était rapproché du rideau devant lequel le garçon coloré de partout (ou presque partout aucune vérification faite, Maya s'en chargera) se tenait. Il lui semblait vaguement familier, mais il ne voyait pas où il avait pu croiser sa tête. Et puis, une petite voix lui souffla "le cousin de Cho Chang, peut-être ?" et Fawkes cessa de chercher.
Sans plus de cérémonie, l'aigle tira le rideau miteux pour laisser apparaître un spectacle bien étrange : la pièce complètement vide était éclairée pas de gros cierges placés à espacements réguliers et, à même le sol, des formes tracées avec ce que Wayoth identifia comme étant de la peinture rouge. L'un de ses camarades d'aventure s'avança un peu plus dans la pièce et, bientôt, tous le suivirent.

- C'est quoi, ça...? souffla le garçon en se rapprochant de son amie, le doigt désignant le grand cercle rouge dans lequel un triangle équilatéral chevauchait des tracés divers et variés qui remplissait un hexagone. On se croirait... il jeta un coup d’œil aux autres avant de balayer la salle du regard : à chaque sommet de l'hexagone se trouvait une genre de fiole dont le liquide changeait de couleur à mesure que les adolescents s'approchaient et pénétraient le cercle pour mieux observer et déchiffrer les inscriptions écrites au sol. ...Dans un film d'épouvante ou un vieux Thriller sur des gens possédés...

Et puis, tout alla très vite. Une voix se fit entendre par dessus la sienne, et il se tourna vers l'un de ses cadets qui, tête penché, finissait de lire ce qui était écrit par terre. C'est seulement à ce moment là que l'esprit du Serdaigle fit Tilt. Et pour le coup, ils ne s'étaient pas montrés très malin.


La "peinture" rouge devint alors de bleu et un éclair aveuglant illumina brusquement la pièce, faisant sursauter le décoiffé qui porta un bras devant son visage.

- TAIN !!

Première frayeur passée, il tâta son torse à la recherche de quelque chose d'anormal, palpa son visage, se tourna vers Maya avec des yeux écarquillés pour constater qu'elle n'avait rien et que, par conséquent, il ne devait pas avoir, lui non plus, un troisième œil sortit de nul part. Cette pensée le mit de suite mal à l'aise car les yeux étaient un sujet sensible lorsqu'on parlait de la Serdaigle. De l'autre côté de lui, Edelwy ne lui paraissait pas non plus mal en point et un coup d’œil aux deux crétins à la mode moldu lui confirma que personne n'avait rien... du moins, pour le moment.

- J'pense...ça vous dit, on s'casse ?

Il sortit sans faire attention aux fioles au sol dont les couleurs s'étaient fixées. Celle qui figurait à ses pieds était d'un vert d'eau semblable à la couleur des yeux du garçon. Quand aux autres, elles avaient toute une teinte différente.




HJ:
 

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MessageSujet: Re: [Août 97] Vis ma vie Dim 17 Juil 2016 - 19:55

-Leslie ?! S'exclama Maya en heurtant l'androgyne. Tu m'as fichu une de ses frousses !


Mains sur la poitrine pour contenir les battements affolés de son cœur, Maya fit un pas en arrière pour détailler le visage de Leslie Matthewsen. Ce dernier semblait effrayé mais quoi de plus normal avec un incendie non loin d'ici et des détraqueurs lâchés en liberté. Pour autant, Maya ne se sentait pas rassurée de l'avoir à ses côtés. Elle ne connaissait pas Leslie plus que cela mais elle se souvenait d'avoir écrit en 3e année un article prouvant par A + B qu'il s'agissait d'une fille et non d'un garçon et qu'on devrait la renvoyer du dortoir des garçons où elle se rinçait a fortiori l’œil. Personne ne savait qu'elle était l'auteur de ce plaidoyer (photos à l’appui) mais à l'époque, il avait déjà fait grand bruit (pendant deux journées complètes ! C'est énorme à 13 ans!). Depuis, Maya s'était rendue compte de son erreur et évitait purement et simplement de croiser la route de cet androgyne. Manque de chance, elle venait de se faire percuter de plein fouet par son passé.


- Est-ce que ça... commença Maya avant de s'interrompre en voyant débouler comme un jeune chien fou Shawn.

- J'te tiens !

- Je suis désolé ! Cria Leslie en direction de l'asiatique.


Par réflexe, elle plongea sa main dans son sac pour attraper sa baguette magique mais ne la sortit pas en constatant que Leslie semblait connaître cet énergumène.


- Inoue ?

-Mec, j'espère que t'as aussi acheté le correcteur avec ton encre de petite fille ! Puis d'où tu me connais ? Ta tête me dit rien.


Maya dévisagea longuement Shawn comme pour s'assurer qu'il n'allait pas leur sauter dessus et les mordre. Ça tête ne lui disait rien. Enfin si. C'était un asiatique. Les asiatiques à Poudlard se ressemblaient tous de prêt ou de loin non ? Elle fronça les sourcils en constatant que cette remarque était simplement raciste et le visage d'Elwyn s'imposa de lui même. Lui ne ressemblait en rien aux autres. Et encore moins à cette grande perche multicolore qui détonnait dans ces ruelles sordides. Shawn était couvert d'encres et cela lui donnait un air encore plus grotesque. Tout à coup, il tourna ses yeux bridés vers Maya.


-Tu veux ma photo Miss monde ? Cette dernière sursauta en l'entendant s'adresser directement à elle.


Avec un œil en moins, elle se doutait bien qu'il ne l'appelait pas ainsi en raison de sa grande beauté naturelle.


- Faudrait dire à ton mec de regarder où il met les pieds.


Instinctivement elle se retourna en quête d'Hayden mais comprit trop tard qu'il parlait de Leslie. Maya regarda le Serpentard puis le Gryffondor, choquée et s'empressa d'ajouter bredouillante :


- Hein ?! Mais c'est pas mon mec ! C'est même pas un...


La suite "un vrai mec à tous les coups" la démangea mais fort heureusement pour elle, Shawn l'interrompit une nouvelle fois.


- Citrouille. On retourne comment sur le chemin de traverse  ?


Il semblait tout à fait satisfait à faire la conversation pour trois. A vrai dire, il parlait et n'attendait pas de réponse ou alors il les ignorait. Cette réaction agaça Maya. Elle n'était pas habituée à prendre des vents surtout de la part d'une biscotte taille XXL multicolores. Bien que cela lui coûtait de l'admettre devant un tel énergumène, elle dû se résoudre à avouer qu'elle ignorait comment retourner sur le Chemin de Traverse. Comble de son malheur, ce fût le chien fou qui décida du chemin à suivre pour sortir de là.


-Hey minute qu'est-ce- qui nous dit que tu sais où tu vas !


Une fois de plus, elle parla dans le vent. Voyant les deux asiatiques commencer à s'avancer dans la direction choisie par Shawn, Maya leva les yeux au ciel et poussa un grognement de frustration. Décidément, Mister Paillettes ne lui faisait pas une bonne impression. Mais elle n'avait pas le choix, elle ne pouvait pas rester toute seule au milieu de l'Allée des Embrumes avec d'éventuels Mangemorts dans les parages. L'union était la force non ? Elle devait taire ses émotions et suivre le groupe au moins jusqu'à retrouver son chemin. Maya se mit en marche et dû presque courir pour se mettre à hauteur des deux autres. Elle n'écouta pas un traite mot de leur échange et se contenta de les détailler l'un à côté de l'autre, elle même légèrement en retrait au milieu. C'était juste une impression ou bien tous les asiatiques qu'elle connaissait étaient conçu sur le même modèle ? De grandes perches, minces. Quoi que Leslie dérogeait un tantinet à la règle, le garçon dépassait tout juste Maya mais il ne devait avoir que 14 ou 15 ans. Mais à le voir comme ça, s'il suivait le même chemin qu'un Serdaigle de sa connaissance, il prendrait facile 20 cm avant la fin de sa croissance. Comme elle se sentait petite tout à coup. Petite et dodue. Ils devaient avoir un truc. Quelque chose qu'ils prenaient tous les matins à leur réveil au petit déjeuner, c'était impossible de tous se ressembler à ce point... Quoi que Stan...


- Et toi, comment t’es arrivée là ? Fît Shawn en se tournant vers elle et en interrompant le fil de ses pensées.


-Hein ? Maya revint à la réalité et chassa ses théories du complot alimentaire de son esprit pour se recentrer sur la situation actuelle. Heu... A cause de l'incendie je...


Mais rebelote, il l'ignorait déjà. Elle plia et déplia ses doigts plusieurs fois comme pour tenter de se calmer mais la poudre à doxyde commençait à lui monter au nez. Contrairement à Leslie, ce type ne lui disait rien, il s'agitait, brassait de l'air et n'en faisait qu'à sa tête. Il ne semblait pas vouloir se poser deux secondes. Il n'avait aucun scrupule à aller trouver des gens à l'allure douteuse et à leur demander leur chemin là où Maya aurait tout bonnement fuis la tête basse histoire de ne pas se faire remarquer. Il n'avait aucune notion danger. Et là ce fût le déclic.


-T'es à Gryffondor !!! S'exclama tout à coup Maya au beau milieu d'une ruelle après que Shawn eut tenté en vain de demander son chemin à une 3e personne.


Pour toute réponse, elle écopa d'une remarque cinglante de sa part. Elle se renfrogna en croisant les bras sur sa poitrine pas certaine que cette révélation soit une bonne chose pour la suite des événements. Enfin, ça aurai pu être pire. Il aurait pu venir de...


-Allez les amoureux, allons voir dans cette boutique avant de pondre un œuf de basilic.

- Je t'ai déjà dit qu'on ne sortait pas ensemble ! S'énerva Maya en suivant à contre cœur les deux garçons.


La boutique sélectionnée par Shawn ne payait pas de mine de l'extérieur mais une fois à l'intérieur, était glauque au possible. Peuplée d'étranges créatures enfermées dans des cages, ou de bocaux morbides, on y trouvait un peu de tout. Le sol était curieusement en terre battue, et éclairé par des bougies volantes. Les allées biscornues abritaient divers stands tels que des fioles d'un rouge intense (probablement du sang) mais aussi, non sans arracher un frisson de dégout à Maya, un large panel de morceaux de viandes crues. Maya se rapprocha des deux garçons et leur chuchota :


- On devrait faire demi tour avant de...

- Hello ! Beugla t-il le plus naturellement du monde.

- Non mais t'es malade !! Piailla Maya en lui frappant le bras pour le faire taire. Ce geste eut deux effets contradictoires : d'abord le plaisir intense de pouvoir ENFIN le frapper et ensuite une douleur cuisante, à la main. Il avait la carcasse plus dure que prévue. Et d'ailleurs, ça ne lui fit pas plus d'effet qu'à Dragibus quand elle le rabrouait. Vas y sort ta baguette tant que t'y es et inscris nos noms en lettres lumineuses ! Même si visiblement ce n'est pas ton fort tu pourrais réfléchir deux secondes avant de donner notre position dans une boutique de magie noire !


Maya avait suffisamment observé les alentours pour se faire une idée de là où elle se trouvait. Toutes ces fioles, des bocaux, tout cela sentait la magie noire à plein nez.


- P’tain ça pue l’vieux marshmallow là’dans. Maya ferma les yeux et inspira profondément.


* Ce n'est rien. Juste un jeune chien fou qu'il faut mater. Ah si seulement j'avais apporté la cravache de papa... Lui il sait dompter les bêtes sauvages. Quoi qu'avec celui là, ça ressemble davantage à de la bêtise qu'autre chose *


Maya jetait un coup d’œil aux alentours, certaine qu'un ogre ou un troll allait sortir de nulle part pour les attaquer et ne cessait de réclamer leur sortie de la boutique. Pourtant, et après ces quelques instants passés en leur compagnie Maya aurait dû le sentir venir, Shawn s'engagea le premier dans les allées sinistres suivis de prêt par Leslie. Deux idiots décérébrés. Deux garçons en sommes. Pas un pour racheter l'autre. Maya sautilla sur place en se tordant les doigts, son instinct lui disait de fuir et de les laisser planter là à se faire triturer les entrailles par un mage noir mais sa conscience lui rappelait constamment qu'elle n'était pas ce genre d'individu. Jetant une dernière fois un regard désolé en direction de la porte, elle inspira une nouvelle fois (et le regretta au vue de l'odeur) et rattrapa Leslie. Ce dernier s'arrêta subitement après avoir percuté Shawn.


- Qu'est-ce qui se passe ?! S'alarma Maya certaine qu'ils ne se seraient pas touchés sans une bonne raison.


Baguette sortie, elle se retourna pour s'assurer que personne ne les attaquerait par derrière. Ces allées tortueuses et sombres, lui rappelaient que trop bien l'état dans lequel se trouvait la bibliothèque cette fameuse nuit de mai. Elle se mit aussitôt à trembler sans pouvoir s'arrêter. Elle détestait ce sentiment d'impuissance. Et cette fois, elle ne pouvait pas compter sur Adam. Elle se rapprocha un peu plus de Leslie comme si la chaleur de son corps pouvait l'apaiser et dardait son œil valide partout. Mais contre toute attente, ce furent les enfantillages déplacés de Shawn qui la ramenèrent à elle. Elle sortit de sa torpeur et lança de derrière Leslie un " Touche pas à ça !!" des plus exaspérés.


*Pire qu'un gosse ! On ne peut pas le lâcher une seconde sans qu'il ne...*


Shawn venait de briser quelque chose. Comme les deux autres, Maya se figea sur place certaine que leur dernière heure était arrivée mais rien ne se produisit. Elle profita de l'occasion pour passer devant Leslie, et s'arrêta face à Shawn, bouillonnante de colère.


- T'es sérieux ?! Tu le fais exprès d'être empoté ou bien c'est génétique ?


Rien ne semblait pouvoir calmer le Gryffondor, aussi chercha t-elle de l'aide en direction de Leslie. Tel un vieux couple, elle le prit à témoin :


- Et toi tu ne dis rien ? Aide-moi un peu tu veux ?! On devrait l'attacher et le tirer d'ici museler comme un Nifleur.


Leslie semblait tout aussi impuissant à canaliser Shawn, et Maya se tourna une nouvelle fois en direction du garçon, épuisée d'avance. Il se tenait à présent devant une tenture miteuse qu'il écartait afin de pénétrer dans la pièce adjacente. S'il n'avait pas brisé la corne, Maya s'en serait certainement saisie pour l’assommer.


-Les dames d'abord ! Lança t-il avec un sourire impertinent accroché au visage.


Partagée entre l'exaspération et la colère, Maya ne remarqua même pas qu'elle avait esquissé un léger sourire. Pas plus qu'elle ne remarqua les deux arrivants.


- STOP !! Lança une voix que Maya aurait reconnu entre mille.


Son coeur fit un bond dans sa poitrine et lorsqu'elle se retourna c'était bien Wayoth qui débarquait accompagné de... Gwenn ?! Maya fronça les sourcils en regardant la gamine se demandant ce qui avait bien pu leur arriver pour former un duo si improbable.


- Vous êtes sérieux, là ? Vous êtes au courant que des gens se font arrêter pour moins que ça ? Et vous vous sapez comme des moldus ? Matchinsen, t'es à Serpy ou à Gryffy, bordel ?! Maya lança un grand sourire satisfait à destination des deux huluberlus.


Elle avait enfin trouvé du renfort. Rien de mieux que deux vrais Serdaigle pour dompter la masse d'abrutis. Maya savait que Way ne mâcherait pas ses mots face à Shawn mais alors qu'elle se fît cette réflexion une autre s'imposa à elle. Ils se ressemblaient trop sous certains aspects, cela risquait de devenir explosif entre eux. Way passa devant les garçons pour finalement s'arrêter face à elle. Elle ne l'avait pas revenu depuis leurs jobs d'été il y a prêt d'un mois et demi et elle fût sidéré de l'aspect qu'il avait. Quelque chose avait du arriver, Wayoth n'était plus le même. Il semblait plus sombre, plus squelettique et plus dégingandé que jamais. De fines cernes noirs venaient compléter la panoplie en plus d'une barbe naissante ici et là. La vie n'avait pas été tendre avec lui durant cet été. Que lui était-il arrivé ? Etait-ce à cause de ces affiches sur les nés moldus ? Lui causait-on déjà des ennuis ?

Un nœud se forma dans sa gorge quand il posa ses mains sur ses épaules pour s'assurer qu'elle allait bien. Elle, elle n'en avait pas fait de même cet été en s'enfermant dans sa morosité suite au décès de Catherine. Une fois encore, elle se révélait être une piètre amie. Pourtant, il ne lui en tenait pas rigueur...


-Ca va, t'inquiète, le rassura t-elle en posant ses mains par dessus les siennes comme pour l'apaiser. On s'est paumés et Mister Paillettes, elle désigna d'un mouvement de tête Shawn dont elle ignorait toujours le prénom, n'a rien trouvé de mieux que d'entrer ici pour demander notre chemin.


Elle se retourna vers lui et le dévisagea plus longuement.


-Et toi ? T'as pas l'air en forme...


Pourtant ce n'était ni le lieu ni le moment pour discuter. Maya avait espéré qu'avec la présence de Way à ses côtés elle parviendra à faire comprendre aux deux autres qu'ils devaient sortir d'ici avant de se faire prendre. Surtout après que Shawn eut cassé une corne. Elle doutait qu'il ait de quoi rembourser ce qu'il venait de briser, et ne voulait pas connaître le prix à payer quand on se faisait prendre à dégrader une boutique de magie noire. Seulement, tout comme Shawn, Way semblait bien plus irrité par l'odeur ambiante que les trois autres. Maya jeta un coup d’œil vers Gwenn et Leslie, si ces derniers trouvaient comme elle que la boutique sentait vraiment mauvais à cause de tous les éléments sinistres qui s'y trouvaient, ce n'était rien en comparaison des deux autres.


- PWAH, c'est quoi cette odeur !?


Gwenn, probablement à cause de sa petite taille, décida de s'avancer pour mieux juger de la situation. Wayoth maintenait le rideau miteux en l'air pour observer ce qui se trouvait à l'intérieur mais Gwenn jugea préférable de s'y faufiler rapidement suivie par le reste du groupe


- Mais qu'est-ce que vous faites ! Glapit Maya en entrant à son tour dans la petite pièce. On doit se barrer d'ici tout...


Son regard se porta pourtant sur un grand cercle rouge dans lequel un triangle équilatéral chevauchait des tracés divers et variés qui remplissait un hexagone. Maya frissonna et leva les yeux pour observer le reste de la pièce. Il faisait trop sombre pour percevoir tous les éléments qui se trouvaient ici mais elle avait suffisamment étudié cette discipline pour en avoir un coup de cœur et se décider à en faire son métier à l'avenir : de l'alchimie.


- C'est quoi ça .. ? Lui chuchota Way à l'oreille après s'être rapproché. Lui aussi avait sûrement reconnu les symboles. On se croirait...

- Ça ressemble à un pentacle... Un cercle de ...


Son explication fût noyée sous les cris des autres. Les lignes aux sol s'illuminèrent brusquement et Maya ferma les yeux en se protégeant le visage de ses mains. L'instant d'après, tout était redevenu comme avant.  Maya porta instinctivement les mains à son corps, tout était en place. Elle se tourna vers Gwenn et Leslie mais ne perçut que leurs silhouettes. Ils semblaient indemnes. De même que Shawn et Wayoth. Pourtant, tous avaient eu une belle frayeur. Etait-ce un système d'alarme mis au point par le gérant de la boutique pour l'informer que des intrus se trouvaient au mauvais endroit ? Maya ne tenait pas à le savoir. Aussi quand Wayoth proposa qu'ils décampent au plus vite, Maya approuva vivement en secouant la tête et suivit le Serdaigle qui poussait déjà Gwenn devant lui, en tenant un pan de sa cape et en entraînant à sa suite Shaw et Leslie.


En quelques minutes ils se retrouvèrent tous dehors. Maya dissimula son oeil valide derrière sa main droite pour se prémunir du soleil, ils étaient restés suffisamment longtemps plongés dans les ténèbres pour qu'il lui brouille la vue. Elle ne se serait jamais cru à ce point soulagée de retourner dans l'Allée des Embrumes. Pourtant les environs n'avaient pas changés et se montraient toujours aussi peu hospitaliers. Mais Maya s'en fichait. Face à la Maison Hantée qu'ils venaient de visiter et à la frayeur du pentacle, tout était préférable à ça. Et puis, Wayoth était là, il connaissait les environs. Au moins un visage familier et amical sur qui elle pouvait compter. Elle ne pouvait clairement pas en dire de même de l'androgyne, du chien fou ou de la gamine fouineuse.

Way ne tarda pas à remettre sa capuche sur la tête, Maya haussa un sourcil mais se garda bien de lui demander pourquoi et leur proposa de les guider jusqu'à la grande place. Un soulagement de plus. Le cauchemar était terminé. Elle s'apprêtait à le suivre quand Shawn protesta et déclara qu'il allait partir de son côté. Sur le point de protester et de démontrer qu'il avait autant de jugeote qu'un troupeau de taupes unijambistes, Maya se ravisa. Un boulet en moins après tout. D'ailleurs, avant qu'elle ait pu exprimer cette pensée à voix haute, un Elfe de Maison se matérialisa dans la rue et fonça droit sur Shawn en piaillant :


"Maître Shawn ! Maître Shawn !! Vous voilà enfin ! Je vous ai cherché partout. Mais qu'est ce que qui vous est arrivé Monsieur ?!"


* Il est là. Prends le et mets lui une laisse ! * Pensa très fort Maya en regardant les deux silhouettes s'écarter en conversant avant de disparaître dans un POP sonore.


Ne restait plus que Leslie, Gwenn, Way et elle. Wayoth ne perdit pas de temps et entraîna d'un pas vif les autres dans son sillage. Maya calqua son pas au sien pour se tenir à hauteur de lui :


-Merci infiniment Way ! Sans toi on serait encore paumé dans ce trou à rats. Surtout avec l'autre chien fou...


Il bifurqua de ruelles en ruelles, par Merlin c'était un véritable labyrinthe en réalité ! Pourtant, Way s'orientait le plus naturellement du monde et très vite le Chemin de Traverse leur apparut avec Gringott's au loin. Ils étaient sauvés. Très vite le groupe se dispersa, chacun avait autre chose à faire et d'ici deux jours, ils se retrouveraient sûrement dans le Poudlard Express pour une nouvelle année. Maya s'attarda un peu après le départ de Leslie et de Gwenn pour discuter avec Way.


-Sérieux, tu n'as pas l'air bien. Tu es malade ? Tu ne vas pas me faire faux bond au 1er septembre hein ? Tu viens ! C'est notre dernière année ensemble. Et puis, elle esquissa un large sourire dans l'espoir de lui en arracher un, cette année c'est nous les anciens ! On pourra s'occuper des mioches et leur faire croire ce que l'on veut ! Tu ne peux pas louper ça hein ?


Bien sûr, derrière cette façade enjouée, Maya elle aussi hésitait à se présenter à Poudlard. L'été avait été tellement mouvementé qu'elle était revenue sur sa décision une bonne quinzaine de fois avant d'opter finalement pour un dernier essai. De toute façon, elle était majeure. Si jamais elle ne trouvait pas son rythme, elle partirait tout simplement. Mais il fallait d'abord essayer, au moins pour ses parents, pour ceux qu'elle avait perdu...


- Bon il se fait tard et cette escapade au pays des fous m'a complètement lessivé. Je ne sais pas toi mais je me sens vidée et je n'ai qu'une envie, m'écrouler sur mon lit pour dormir. Dernier jour de repos demain. Allez je file ! Merci encore de nous avoir aidé !


Elle hésita à partir devant sa mine sinistre, elle posa une main sur son bras et le serra légèrement :


-Prends soin de toi Way.


Puis elle fit demi tour pour regagner le Chaudron Baveur, un Magicobus ne devait pas tarder à passer et elle ne se sentait pas la force de transplaner. Pas si elle voulait retrouver son corps en un seul morceau. Le voyage fût pourtant tout aussi déplaisant qu'à l'accoutumée. Une fois arrivée devant le vieux portail qui bordait la propriété des Livingstone, Maya sentit ses yeux se fermaient d'eux et dû lutter pour se maintenir éveillée.

Son père la harcela de questions auxquelles elle ne donna que des réponses évasives. Elle n'avait même pas remarqué que tous ces achats étaient restés dans la boutique d'Apothicaire et que ce dernier les avait expédié par Poudre à cheminette. Un léger bourdonnement emplissait ses oreilles et l'empêchait de se concentrer. Elle jugea préférable de sauter le repas du soir et de filer directement au lit.

Elle se sentait lourde, comme si tout son corps n'était plus qu'une enclume. Chacun de ses pas lui demandait un effort considérable. Elle jeta son sac dans sa chambre, ôta ses chaussures en agitant ses pieds et retira ses vêtements pour enfiler un pyjama à l'effigie des Frêlons de Wimbourne, son équipe de Quidditch fétiche. Et puis elle se laissa tomber comme une masse sur son lit, le faisant trembler sous son poids et faisant fuir Philibert le cabotin ainsi que ses enfants.

Elle s'endormit aussitôt. Les rêves s'entremêlaient aux souvenirs de la journée. Elle se revoyait courir dans une longue allée remplis de morceaux de viandes crues alors que le ciel au dessus d'elle était multicolores et ne cessait de s'exclamer "oh c'est quoi ça ! et ça !!! Heyyyy Oooooh !! Ya quelqu'un ?!!" avec la désagréable voix de Shawn. Elle déboula finalement dans un marshmallow de sac, remplis de guitares, dissimulée sous des capes noires.

Leslie était occupée à coiffer ses longs cheveux blonds et lui dit d'un haussement d'épaules "J'ai des noeuds".

Gwenn, elle, essayait à tout prix d'enfiler une paire de baskets de la taille d'un Magicobus en clamant "mais si c'est ma taille !".

Way, lui, comptait le nombre de fizwizbis dans un tonneau aux dimensions équivalentes à celles de Dragibus "8 676... 8 677... Faut pas que je me trompe... Je veux pas être bouffé... 8 000... Tain ! J'ai perdu le compte... Bon... 1.... 2...".

Quant à Shawn il se tournait sans arrêt vers les autres, en tirant son tee-shirt multicolores comme pour faire apparaître une paire de seins imaginaires "Et là je ressemble à une fille non ? Et là ?!! Allez les mecs !!! Vas-y tu peux toucher, si tu veux c'est des vrais ! Touche ! Mais touche je te dis !!".

Maya fit un pas, puis un autre en arrière pour éviter de toucher le corps de Shawn mais rien à faire le contact semblait inévitable...




Maya se réveilla brusquement et grimaça. Elle avait l'impression qu'on venait de la jeter brusquement sur son lit avec un poids mort. Son corps semblait lourd et courbaturé, comme après ses entraînements de Quidditch. Pourtant, elle n'était pas remontée sur un balai depuis le dernier match de Serdaigle et monter Dragibus ne lui faisait plus rien depuis l'âge de 10 ans. Elle chercha à se redresser sur ses coudes et laissa ses yeux papillonner et s'adapter à la lumière qui perçait entre les rideaux.


-AAAH !!! Cria t-elle en apercevant une drôle de forme se dresser entre ses cuisses.


Elle attrapa la première chose qui lui tombait sous la main et s'avéra être un vieux manuel de Potions qui servait de cale à une lampe bancale et écrasa la chose de toutes ses forces. Une formidable douleur d'une rare intensité lui bloqua la respiration et irradia dans tout son corps en partant de son entrejambe. Courbée en deux, elle se pencha vers la droite et dégringola de son lit pour tomber au milieu d'un tas de vêtements odorants. Elle grimaça et fronça le nez. Elle ne se souvenait pas d'avoir à ce point sué la veille et pourtant le tas informe qui entourait son visage, dont une paire de chaussettes particulièrement sales, lui affirmait le contraire. La douleur qui lui avait coupé le souffle commençait à s'estompait mais demeurait bien présente par pulsation.

A quatre pattes, elle chercha à se redresser mais elle mit la main dans ce qui avait dû être dans une vie antérieure une tourte à la viande. Avec un profond dégoût, Maya regarda l'assiette en se demandant quand est-ce qu'elle avait bien pu apporter à manger dans sa chambre et l'y laisser traîner sans qu'aucun cabotin ne viennent tout dévorer. A proximité de l'assiette une demi douzaine de flacons vides gisaient au sol éparpillés parmi des vêtements, des parchemins griffonné avec des symboles que Maya identifia comme des notes de musiques et des magazines.


- Mais qu'est ce que... Commença t-elle avant d'entendre sa voix. Elle n'avait absolument rien à voir avec la voix douce et féminine.. Un, deux, un, deux.... Répéta t-elle en se raclant plusieurs fois la voix. J'ai un joli lot de noix de coco didibidi qui se suivent comme des numéros...


Non, rien à faire. Quoi qu'elle dise ou fasse, sa voix ressemblait à s'y méprendre à celle d'un garçon style botaniste spécialisé dans le Bubobulb. Peut-être quelque chose qu'elle avait mangé la veille et qui ne passait pas ? Sauf qu'elle n'avait rien mangé...
Une fois debout, Maya fût prise de vertige.


-Oula... Tout doucement... Non d'un pet de crapaud ! Qu'est ce qui est arrivé à MA chambre !


Maya regarda la pièce où elle se trouvait et qui ne ressemblait en rien à ce qu'était sa chambre. Elle avait devant elle un lit qui devait sembler majestueux pour un lilliputien mais qui n'était absolument pas adapté pour un adulte, dépourvu de draps (comme si elle allait faire le lit en prime) mais dont une couette trainait à moitié par terre en tas informe. Le sol, parlons en. Il avait tout bonnement disparu sous l'inquiétante masse de vêtements en tout genre tout droit sortis des commodes dont les tiroirs étaient grands ouverts. On aurait dit que quelqu'un s'était amusé à s'essayer au sortilège explosif au lieu de ranger le linge. Résultat, il y en avait partout. Et vas y que ça pendouillait des tiroirs, et que ça jonchaient les rebords divers et variés de la pièce. Il y avait même une sorte de pyramide à proximité d'une vieille cheminée éteinte, entièrement composée de chaussettes sales.

Mais s'il n'y avait que du linge sale... Et bien non ! Flacons vides par dizaines, des sachets de nourritures et restes périmés dispersés sur les meubles, la cheminée et à même le sol comme l'avait appris à ses dépends sa main droite. Dans tout ce capharnaüm, on apercevait aussi des revues moldus, des parchemins de cours, des manuels scolaires et une étrange malle qui émettait des bruits au pied du lit. Les murs étaient recouverts, et Maya sentit le rouge lui monter aux joues, de posters de jeunes femmes en bikini arborant des poses provocatrices. Les seules choses qui semblaient être traitées avec déférences et soigneusement entretenues et tenues à l'écart de l'immondice étaient des guitares et un splendide balai volant rutilant. A part ça, la chambre était un réel foutoir sans non.


- Non mais c'est quoi ce délire ? Marmonna t-elle en s'avançant vers la fenêtre. Aïe !!! Ouille !! Maya venait de se taper le pied contre ce qui semblait être un guidon de vélo. C'est pas bientôt fini de me casser les scrutoscopes !!


Elle sautilla jusqu'au lit et s'y assit pour se masser le pied. C'est là qu'elle remarqua qu'elle ne portait pas de bas de pyjama... Mais une sorte de slip orange qui formait une protubérance en son centre.  Pétrifiée Maya commença à comprendre et laissa son regard remonter jusqu'en haut.


- MAIS OU SONT MES SEINS !!!! Cria t-elle en palpant son torse lisse.


Elle avait beau le tâter sous tous les angles, aucune trace de l'existence d'une quelconque poitrine. A la place, elle se retrouvait avec un corps athlétique, dont la courbe des muscles se devinait aisément. Un corps d'homme mais pas son corps à elle. Elle se leva d'un bond et se mit à toucher son visage et ses cheveux...


- MES CHEVEUX !!! NOOOOOOON !!!! Plus rien. Coupés courts, elle qui ne les avait plus eu aussi court depuis ses 11 ans, elle se sentait totalement nue.


Elle arpenta la chambre, piétinant les revues de Quidditch et les sachets de chips vides en quête d'un miroir. Peine perdue, il n'y avait là que des posters de filles quasiment à poils. D'ailleurs, aucune d'elles ne bougeaient comme c'était censé être le cas dans le monde des sorciers. Serait-elle morte dans son sommeil et réincarnée chez un moldu ?


-Pourquoi est-ce qu'elles me fixent comme ça...


Maya essayait d'ignorer les regards fixent de ces femmes objets, en particulier celui du plus gros poster dont la demoiselle, outre une pose des plus suggestives, était occupée à lécher un cône de circulation. D'ailleurs, un plot de belle taille trônait juste à côté... Maya préféra éviter de faire un amalgame. Elle commença à arpenter la chambre en quête d'un quelconque miroir de poche mais ne tomba que sur des revues pornographiques. La première fois qu'elle en ouvrit un, elle buga en essayant de comprendre ce qu'elle voyait avant de saisir qu'il s'agissait d'une vue de plein pied de l'anatomie féminine. La page suivante n'arrangeait rien, l'autre non plus surtout qu'il y avait des photos de groupes. Écarlate au possible, elle ferma brutalement la revenue cochonne qu'elle balança à travers la chambre.

Mais où était-elle tombée ?! La chambre était inondée d'objets moldus en tous genre, dont des boules de pétanques qu'elle soupesa en se demandant quelle était leur fonction première. Ses yeux papillonnèrent des posters, aux revues, au plot pour revenir aux boules qu'elle lâcha subitement en s'essuyant les mains sur l'arrière de son slip en imaginant la suite. Elle fouina dans les tiroirs de la commode prêt du lit qui était déjà pratiquement vide et en refermant brutalement l'un d'eux elle remarqua enfin un miroir qui était accroché juste au dessus. Elle comprit pourquoi ce dernier ne lui était apparut clairement de prime abord, il était à la fois poussiéreux et parsemés de marques noirs comme s'il était piqueté de rouilles, preuve de sa décrépitude à l'image du reste de la chambre.


-Mille Milliards de gargouilles galopantes !! S'exclama Maya en contemplant son nouveau visage. Non !!! NOOOOOOOOOOOON !!! PAS CAAAA !!!! PAS LUI !!!


Elle avait beau tiré sur les yeux pour les débridés, relever les mèches brunes sur son front, ouvrir la bouche et tirer la langue rien n'y faisait : elle était Shawn Inoue. Le boulet de service. Le chien fou. Son visage portait encore les traces colorées de l'encre que Leslie lui avait envoyé au visage et de grosses cernes venaient compléter le tableau. Elle passa le reste de ses mains sur son torse en marmonnant des paroles incompréhensibles et porta le regard sur l'immonde slip orange fluo. Alors... Le truc qu'elle avait pris pour une bestiole jaune à son réveil c'était... Elle posa des mains, étonnamment plus grandes que les siennes, de chaque côté de l'élastique du slip en question. Qu'est ce que ça voulait dire ? Que devait-elle faire ? Allait-elle partager le corps de cet face de Nifleur jusqu'à la fin de sa vie ? Et lui ? Ou était-il ? Etait-il dans son corps ?!! Non ! NON !! A tous les coups, il était en train de lui faire subir les pires des dépravations.Ses pensées l'amenèrent automatiquement au seul garçon qu'elle avait déjà vu nu. Coïncidence, il s'agissait une fois de plus d'un asiatique. Ses joues s'empourprèrent à ce souvenir.


*Non, c'est pas possible... Je dois rêver.. Ou plutôt cauchemarder...*


Pourtant, lorsqu'elle s'était réveillée et qu'elle avait vu cette protubérance à travers ses yeux endormis qu'elle avait pris pour une bestiole, elle l'avait assommée avec un vieux grimoire qui traînait. Si ça n'avait été qu'un rêve, jamais elle n'aurait senti une douleur aussi cuisante. Elle ressentait encore de léger picotement à l'endroit en question.


-Nan mais... Ça veut dire qu'il avait une... Ou que moi j'en avais une ?


Elle baissa les yeux sur le slip, les mains toujours rivées de part et d'autre comme avec la ferme intention de le baisser quand tout à coup la porte de la chambre s'ouvrit. Une Elfe de maison qui n'était pas de la toute première jeunesse entra et regarda Maya/Shawn avec inquiétude. Cette dernière, surprise, poussa un nouveau cri et lâcha le slip pour se couvrir une poitrine qui n'en était plus une par réflexe et mettre sa jambe gauche de profil dans l'espoir vain de dissimuler sa tenue.


-Maître Shawn ? Est-ce que tout va bien ? On vous a entendu hurler de la cuisine.


Cette elfe.... Mais oui ! Maya se souvenait vaguement de l'avoir aperçu la veille lorsqu'il était sortit de la boutique de l'alchimiste après... Après l'éclat lumineux !!! Il s'était donc bel et bien passé quelque chose ! Pas de temps de réfléchir à la situation, Maya devait à tout prix se débarrasser de l'Elfe et retourner sur le Chemin de Traverse. Mais comment faire sans éveiller les soupçons ? Elle n'avait aucune envie de finir dans un laboratoire de Sainte Mangouste ou pire en bête de foire au Département des Mystères. Et avec les nouveaux décrets mis en place, ce n'était pas seulement sa propre vie qu'elle mettait en danger mais aussi celles de sa famille et des proches de Shawn. Mieux valait encore faire profil bas et tenter de se fondre dans la masse. Le hic, c'est qu'elle ne connaissait ni de Merlin ni de Morgane ce Shawn. Son père ne cessait de lui répéter que les hommes c'était comme les Abraxans, des êtres tantôt majestueux tantôt empotés avec des besoins primaires. Cette description correspondait bien à l'image qu'elle se faisait de Shawn. Un coup d’œil au slip fluo...


* Le côté majestueux en moins. *


- Heu oui... Je... J'ai juste fait un cauchemar et j'ai dégringolé du lit rien de plus, répondit-elle en se raclant la gorge et en essayant d'adopter le ton léger et détaché de Shawn.

-Oh très bien Monsieur. Je venais vous chercher, le petit déjeuner est prêt, répondit l'Elfe en entrant et en ignorant superbement le foutoir pour se contenter d'ouvrir les rideaux.

-Ah... Mais je... J'ai pas super faim... Cependant l'estomac de Shawn démontra le contraire en émettant un gargouillis dès plus bruyant.

-Très drôle Monsieur, vos frères vous attendent en bas.


L'Elfe se contenta de prendre une assiette ou deux de nourriture qui traînait et ressortit après s'être inclinée plusieurs fois. Maya regarda le reste de la chambre d'un air désemparée. Ou était les vêtements propres dans le tas ? Après avoir enfilé un short en jean et un tee shirt noir, Maya se résolue à sortir de la chambre. Le corps de Shawn était très étrange à contrôler. Plus grand d'une dizaine de centimètre, il était aussi beaucoup plus léger que le sien. Le moindre de ses gestes lui semblait par conséquent plus rapide, plus vif. Ce n'était pas le seul détail qu'elle avait noté. Sa vue était également bien meilleure que la sienne, mais elle mit ça sur le compte de la perte de son œil et du fait que l'autre avait du perte de son acuité dans l'incendie. Elle ne se voyait pas porter un monocle pour autant mais après cette expérience à travers les yeux de Shawn, elle devait bien reconnaître qu'il y avait un certain soucis dans sa vision.

En sortant de la chambre, Maya se retrouva devant sa première épreuve. Par ou aller ? Que ce soit à droite ou à gauche, deux grands couloirs menaient à diverses portes. Maya s'apprêtait à ouvrir l'une d'elle quand elle s'arrêta. Et si elle tombait encore sur un asiatique en train de prendre sa douche ?


- Ah non mais là... C'est bon j'en ai vu assez pour le reste de mes jours, marmonna t-elle en retirant sa main et en tournant la tête de tous les côtés en quête de l'escalier.


Elle le trouva finalement après avoir marché quelques mètres, on ne pouvait pas dire qu'il passait inaperçu.


- Wow... fît Maya en laissant son regard englober l'intégralité du manoir du haut du double escaliers.


La vue la laissa sans voix. Tout cet espace ! A première vue, rien ne laissait deviner que Shawn était fortuné. Contrairement aux autres gosses de riches, il semblait tout faire pour justement ne pas être rattaché à la gloire de sa famille. Gloire qui, à en juger par l'état de décrépitude du manoir, était passée. Le manoir n'en demeurait pas moins spectaculaire aux yeux de Maya même s'il dégageait une impressionnante sensation de froideur et d'abandon. Elle se frotta les bras, prise d'un frisson qui n'avait rien à voir avec la température. Il n'avait pas dû être facile de grandir ici. Plus elle descendait les marches, plus elle se demandait comment la maitresse de maison avait pu laisser les choses se détériorer ainsi. Des toiles d'araignées pendaient un peu partout, il n'y avait pratiquement aucun ornement, aucune touche de couleur, pas de dessins ni de photographie d'enfant joyeux. Comme si la demeure avait perdu son âme, son cœur.

Arrivée en bas, elle hésita encore sur le chemin à prendre mais des fragrances salées et épicées vinrent lui chatouiller le nez et lui mirent l'eau à la bouche. Elle se laissa guider avec une aisance déconcertante par ses odeurs jusqu'à la salle à manger. A l'image du reste du manoir, la pièce était tout sauf chaleureuse. Froide et austère, elle n'était pourvue que d'une petite table et de quelques chaises dont deux étaient occupées. Il y avait là un tout jeune garçon qui ne devait pas avoir encore 10 ans qui le salua à son entrée et...

Maya eut un second choc. Elle avait devant elle, le portrait craché de Shawn qui l'ignora superbement, trop occupé à lire un article de la Gazette. Maya resta bouche bée devant ce jumeau, incapable de dire ou de faire quoi que ce soit.


-Maître Shawn qu'attendez-vous ? Venez vous asseoir et manger tant que c'est chaud, lui dit l'Elfe en écartant une chaise pour qu'il vienne s'asseoir. Maître Zack voulez-vous reprendre du poisson ? Et vous Maître Josh ?


Maya s'assit avec appréhension sur la chaise tandis que Josh refusait poliment qu'on le resserve et que Zack secouait simplement la tête en changeant de page. L'estomac de Shawn/Maya grogna de plus belle mais lorsque l'Elfe déposa devant elle un plateau remplis de divers mets, elle resta bouche bée.


- Heu... Il n'y a pas de pains au chocolat ? Ou des toasts ? Demanda t-elle.


Cette remarque plongea la pièce dans un silence encore plus intense comme si elle venait d'annoncer qu'elle était cracmole et qu'elle renonçait à la pratique de la magie. Même Zack interrompit sa lecture pour jeter un regard d'où Maya perçut très nettement le mépris. Josh quant à lui échangea un regard avec l'Elfe et reprit une bouchée de riz sans plus se préoccuper de son aîné.


- Ah !! Fit l'Elfe dont le visage s'illumina après avoir compris. Ptyra voit ce que Maître Shawn veut dire ! Elle se retourna et déposa en plus dans son plateau un gros morceau de viande ultra saignante avec un immense sourire. Comme vous l'aimez Monsieur !


Maya regarda avec stupéfaction et horreur l'immonde morceau de viande. Elle ignorait ce qui était le pire, se voir servir ça au petit déjeuner dans cet état ou bien la subite envie de le dévorer.


-C'est une blague ? Je ne vais quand même pas manger ça ? Commença Maya en essayant de faire bonne figure.

- Tu as fini de faire ton intéressant? S'impatienta Zack sans pour autant sortir son nez du journal. Contente toi d'avaler ça et de nous faire grâce de ta présence.


Maya en resta bouche bée. Ce qu'elle avait pris pour du mépris au départ laissait en réalité deviner une rivalité bien plus profonde entre les jumeaux. Le petit Josh, lui,  plongea la tête dans son bol de riz et fit mine de ne rien avoir entendu. Que devait-elle faire ? Manger ces trucs ? Elle ne savait même pas ce qu'elle avait sous les yeux. Elle s'était souvent demandée ce que mangeaient tous ces asiatiques pour être à ce point grand une fois leur croissance enclenchée. S'agissait-il de cet infecte bout de viande crue ? Et par Merlin où était passé les couverts ?! Il n'y avait que deux baguettes en bois... Elle essaya d'imiter le plus jeune qui mangeait avec habileté en les maintenant entre ses doigts mais en changeant de corps, elle ne s'était pas débarrassée de sa maladresse habituelle.


Rien ne tenait, rien ne parvenait à quitter les plats. Elle tenta de planter une baguette, telle une fourchette, dans le morceau de poisson mais elle ne réussit qu'à en mettre partout. Josh ricana devant la scène, Maya lui rendit un sourire timide, mais le soupir d'exaspération émanant de sa droite, lui fît rapidement perdre le peu de confiance qu'elle venait d’acquérir. Abandonnant finalement les baguettes, elle dévora le petit déjeuner à la main. Ce n'était pas mauvais mais clairement les sens de Maya n'étaient pas habitués à manger du salée dès le levée du jour. Pourtant son estomac ne semblait pas protester bien au contraire. Et que dire quand elle s'était résolue à prendre le morceau de viande...

Elle essaya de le couper avec ses baguettes, peu désireuse d'avoir le gros pavé dégoulinant dans les mains. Après plusieurs minutes, elle remarqua qu'une fois encore toute activité avait cessé autour d'elle pour l'observer.


- Hum... J'ai lu dans un article qu'il valait mieux couper la viande en petits morceaux afin d'être rassasié convenablement, tenta t-elle d'expliquer maladroitement.

- Parce que tu sais lire ? Toi ? Le boulet de service ? Répondit le jumeau d'un ton mesquin avec un rictus insolent accroché au visage.

- Tu sais ce qu'il te dit le boulet ? Rétorqua Maya piquée au vif en se tournant vers Zack et en donnant un coup dans son journal pour le coucher sur la table et le regarder bien en face.

- Du calme !! Maître Shawn arrêtez maintenant ! S'exclama l'Elfe en réapparaissant dans la salle à manger avec un grand plateau pour débarrasser les reliefs de nourriture.

- Mais c'est lui qui...

- Ne m'obligez pas à en parler à votre père, Monsieur !


Maya/Shawn émit un grognement qui n'avait plus rien d'humain en s'adossant contre sa chaise avec une humeur de chien. En l'entendant, Josh bondit de sa chaise et prétexta devoir ranger sa chambre et fila sans demander son reste. Quant à Zack, il replia soigneusement son journal qu'il laissa sur la table et se leva sans accorder le moindre regard à son jumeau. Si Maya avait trouvé Shawn exaspérant, elle le préférait de loin à son frère jumeau. Avec mauvaise humeur, et sans se soucier de sa répugnance, elle attrapa le morceau de viande et le goba. Elle fût à la fois surprise et dégoûtée de trouver ça exquis.

D'un geste rageux, Maya/Shawn quitta la salle à manger et retourna dans la chambre. Rien n'avait changé mais cette fois, elle savait ce qu'elle cherchait. La baguette de Shawn. Elle devait à tout prix retourner sur le Chemin de Traverse afin de retrouver cette boutique d'alchimiste, elle espérait qu'il en ferait de même de son côté. De toute façon, elle ignorait où elle se trouvait et elle ne savait pas non plus quel âge il avait et s'il était en mesure d'utiliser la magie. Elle ne pouvait pas leur faire courir le risque de se faire attraper par le Ministère.


-Allez... Baguette... Petit, petit... Ou es-tu ?


Elle souleva plusieurs partition de musique et quelques revues sur le Quidditch avant de la trouver finalement entourée de flacons vides. Curieuse Maya saisit l'un d'eux et essaya de décrypter ce que l'odeur lui rappelait. Elle abandonna rapidement l'idée, pour une raison qui lui était inconnue toutes les odeurs se mélangeaient et semblaient exacerbées au point de lui brûler les narines. Et puis, elle avait autre chose en tête. A peine eut-elle porté la main sur la baguette que cette dernière émit plusieurs étincelles rouges.


- Hey la ! Doucement !


Elle renouvela l'expérience. Une fois. Deux fois. Rien à faire. La baguette semblait remarquer qu'elle n'avait pas à faire à son propriétaire légitime et refusait d'être touchée ou utilisée par Maya. Elle s'assit sur le lit et regarda la baguette qu'elle avait lâché juste à côté d'elle.


- Allez soit gentille ! Je ne vais pas me servir de toi promis ! La baguette semblait progressivement se calmer. Je veux juste retrouver ton satané propriétaire et l'empêcher d'utiliser mon corps comme s'il s'agissait d'une poupée gonflable. Tu ne vas pas me dire que tu n'aimerais pas qu'il te reprenne en main hein ? Ok, oublie c'était déplacé !! La baguette lança des étincelles de toutes les couleurs lorsque Maya tendit la main au dessus d'elle. Je te jure, je veux juste que chacun de nous retrouve son corps et qu'on oublie tout de cette histoire. Vraiment tout... Alors s'il te plaît, ne mets pas le feu à mon pantalon quand je te mettrais dedans... Si je dégrade son corps je ne sais pas ce qu'il fera au mien...


Elle ignorait si elle avait réussit à l'amadouer par ses paroles ou bien si elle se fiait uniquement au corps de Shawn, mais la baguette cessa de lancer des étincelles à tout va. Maya la glissa dans sa poche et s'approcha de la fenêtre. De ce qu'elle voyait, le manoir était tout aussi paumé que sa propre maison. Elle pourrait sûrement faire appel au Magicobus pour l'emmener mais elle devrait alors expliquer à l'Elfe de maison pourquoi elle devait s'éclipser. Et avec l'embrouille de ce matin, elle ignorait si on la laisserait sortir aussi facilement. Ne voulant pas courir de risque supplémentaire, elle se mit à réfléchir à un autre moyen de locomotion. Ses yeux se posèrent alors sur la cheminée. Mais bien sûr !

Elle se leva d'un bond et se mit à la recherche d'un petit sac de poudre à cheminette censé la faire voyager jusqu'au Chemin de Traverse. La chose aurait été tellement plus simple si Shawn était mieux ordonné. Il lui fallut prêt de trois quart d'heure pour mettre la main sur le fameux sac. Elle aperçut une ou deux fois son reflet dans le miroir et cela la perturbait toujours autant. Elle savait qu'elle ressemblait à Shawn, mais en même temps elle n'avait rien à voir avec le garçon de la veille. Sa démarche était clairement féminine, bien que le paquet entre ses cuisses la dérangeait à chaque pas et qu'elle était tentée de le remettre constamment en place.

Elle avait gardé sa manie de continuellement passer la main dans ses cheveux longs, sauf que là le geste était forcément raccourci, il n'en demeurait pas moins qu'elle glissait systématiquement des mèches brunes trop courtes derrière ses oreilles. Même ses mimiques faciales étaient plus féminine ! Décidément, Leslie n'était plus le seul transsexuel de Poudlard, à présent il fallait compter sur le Shaya ou le Mawn dans la partie ! Elle s'apprêtait à quitter les lieux quand quelqu'un ouvrit la porte de la chambre... Maya/Shawn se retourna et manqua de se casser une fois de plus la figure en reconnaissant l'individu suivi de prêt par l'Elfe de maison qui se tordait les doigts :


- Leslie ?! Croassa Maya/Shawn.


HJ : .... Oups....  

Spoiler:
 
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SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Célibataire - Dégoûté par tout rapprochement
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 12 Avril 1981 - Londres
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MessageSujet: Re: [Août 97] Vis ma vie Lun 18 Juil 2016 - 9:18


- Leslie ?! Tu m'as fichu une de ses frousses ! Le Serpentard fixa un instant Maya, sans comprendre la raison pour laquelle elle se retrouvait là. Il n'était pas proche de la Serdaigle, pour ne pas dire qu'il aurait presque pu oublier son existence. En fait, ils n'avaient jamais pris le temps de se connaître réellement et c'était sûrement mieux ainsi. Le sorcier avait été confus par la présence de l'adolescente, mais il préféra se concentrer sur la source de toute cette mise en scène ; Inoue. Oui, parce que si ça n'aurait pas été de cette poursuite, Leslie n'aurait jamais été assez con pour retourner dans l'Allée des Embrumes. Sa dernière visite lui avait mérité quelques mèches brûlées et un souvenir horrible, cet instant où il avait croisé Bellatrix Lestrange. Ça en plus d'un moment plus qu'inspirant en compagnie de Rogue. Sérieusement, le jeune homme avait un don pour se mettre dans des embrouilles. Enfin, l'arrivée d'Inoue lui fit bien vite oublier toutes ces pensées. Il ne prit même pas la peine d'écouter Maya qu'il s'excusa en direction du nouveau venu, avant de constater qu'il le connaissait.  

- Mec, j'espère que t'as aussi acheté le correcteur avec ton encre de petite fille ! Puis d'où tu me connais ? Ta tête me dit rien.
Leslie ouvrit la bouche, incertain de ce qu'il venait d'entendre.
- Mec... ? souffla-t-il, dégoûté. J'ai un nom, tu peux l'utiliser, espèce de sauvage. Et depuis quand Zack agissait de cette façon ? C'était une blague comparable à un Severus qui arriverait dans la grande salle, habillé de roses, en amour avec la vie et un grand sourire plaqué au visage. C'était de très mauvais goût, insensé et perturbant. Mathewsen regarda autour de lui sans bouger la tête. Il était figé sur place, à se demander s'il ne s'était pas cogné quelque part. Cela lui semblait être plus probable que cette situation. Ça ne pouvait pas être la réalité, si ? Et alors que l'idiot prit parole en direction de Livingstone, le Serpentard en profita pour détourner son attention. Il avait envie de foutre le camp, mais ;
- Faudrait dire à ton mec de regarder où il met les pieds. Ces paroles choquèrent le vert et or au point que ses épaules se crispèrent dans un sursaut d'horreur. Mécaniquement, son attention se posa contre l'asiatique. Inoue était irritant, une plaie, ce genre de truc insupportable qu'on laisserait couler au fond d'un lac et qu'on oublierait avec joie.  

- Hein ?! Mais c'est pas mon mec ! C'est même pas un... Un quoi ? Un garçon, c'est ça ? T'es aussi conne que les autres. Leslie inspira profondément avant de se frotter le visage à l'aide de ses deux mains. Comment j'suis arrivé là ? C'était désespérant. Chaque fois qu'il sortait, il se retrouvait dans ce genre d'évènement où la corde et le pistolet semblaient être une très bonne idée. Il ignora ses deux complices l'espace de quelques minutes avant de se décider à les suivre. L'envie de se retrouver seul était bien loin derrière lui. - Mec, tu te souviens vraiment pas du chemin ? T'es pire que le petit cupidon ! Tu t'es regardé ? Pour éviter d'être irrité davantage, il resta bien silencieux et pensif. Il sentait déjà qu'il allait perdre patience, mais il n'avait pas envie de s'engager seul dans l'Allée. Depuis le début des vacances, il avait appris que le pire allait forcément arriver, donc, Leslie allait éviter de prendre une chance de se retrouver au mauvais endroit, au mauvais moment. Il décida alors de ne plus se poser aucune question. Inoue est vachement chiant ? Parfait. Maya parle sans cesse, même si elle doit bien se rendre compte que ça sert à rien ? Super, c'est son problème. Sortez-moi d'ici, c'est tout ce que je vous demande. Le reste, il n'en avait plus rien à foutre.

-T'es à Gryffondor !!! SÉRIEUX. Est-ce que tu peux parler plus fort ? Se demanda sarcastiquement Mathewsen. Il se mordit l'intérieur des joues pour reprendre son calme. - Allez les amoureux, allons voir dans cette boutique avant de pondre un œuf de basilic. Si tu continues, tu n'auras pas besoin de le pondre, je vais plutôt te l'enfoncer là où je pense. - Je t'ai déjà dit qu'on ne sortait pas ensemble !

- Arrête de répondre à ses conneries, tu vois bien qu'il t'écoute pas, non ? dit-il en regardant Maya du haut vers le bas, comme s'il jugeait. Ils se retrouvèrent ensuite dans une boutique glauque. Leslie ne porta pas son attention sur l'ensemble de ce qui rendait cet endroit bien lugubre. Il resta stoïque, voire même ennuyé par tous ces signes de magie noire.  

- Hello ! Le Serpentard sursauta, mais il resta sur place pour éviter de faire face à Inoue. Non, s'il le voyait, c'était pour lui arracher un bras et le tabasser avec le bout qui saigne.  
- Non mais t'es malade !!
- P’tain ça pue l’vieux marshmallow là’dans.
- Vous êtes vraiment trop cons tous les deux en fait... murmura-t-il par-dessus le reste de la phrase de Maya, tout en se fichant de ne pas être entendu. Cependant, Inoue n'avait pas tort, l'odeur était horrible. Il continua tout de même à s'avancer, grimaçant un peu lorsqu'il aperçut un mouvement dans l'un des divers bocaux. Si ça bougeait, c'était parce que c'était vivant, non ? Sous ce questionnement, il fonça contre Inoue qui s'était arrêté pour il ne savait pas quelle raison. Qu'est-ce ce qui se passe ? Rien, bien évidemment. Il sentit ensuite une certaine chaleur dans son dos, alors que Maya s'était rapprochée de lui. Sa présence le gênait un peu. Mathewsen ne fit que la regarder un moment, alors que l'autre idiot s'était lancé dans de nouvelles bêtises.
- Navré ! C'est un conte moldu : le joueur de flûte d'hamelin ou un truc du genre... Qu'est-ce que ça fout là ? Y a même des affiches de propagande des chasseurs de loup-garous... ça craiiint !  Haha venez voir ce truc, on dirait que c'est vivant ! kiririkirikiri viens là !
Là, c'était trop. Le sorcier soupira longuement et croisa les bras. Il s'avança à son tour et indépendamment des autres en comprenant qu'il n'y avait personne dans la boutique. Il ne se sentait pas curieux, il avait plutôt l'impression que rien n'était vraiment utile dans la boutique. Il s'humecta les lèvres et se crispa lorsqu'il entendit Inoue briser quelque chose. Enfin, il n'y avait rien de surprenant à tout cela. Il s'y attendait... Il laissa d'ailleurs Maya s'emporter, haussant simplement les épaules et ce fut ainsi jusqu'à ce qu'ils s'approchassent d'une zone de danger qui était cachée par un rideau miteux.
- Les dames d'abord !
- Ferme là, sérieux...
- STOP !!

Et ça recommence. Deux nouvelles personnes s'ajoutèrent dans le groupe. Leslie qui avait toujours les bras croisés ne se détourna vers eux que quelques secondes avant de reporter son attention contre la pièce qu'ils s'apprêtaient à découvrir. Enfin, ce fut ainsi jusqu'à ce qu'il se sente interpellé par Wayoth. - Matchinsen, t'es à Serpy ou à Gryffy, bordel ?!

- Tu devrais penser à ce que toi tu es, avant de me poser ce genre de questions. Parce que oui, Fawkes faisait partie de ces personnes que Leslie ne savait plus comment juger. Était-il un traître ? Personne ne pouvait lui dire le contraire. Il préféra ensuite les laisser parler lui et Maya, même si cette soudaine rencontre le rendait mal à l'aise. Je suis de trop là... Puis, sans grand intérêt, il put enfin pénétrer la nouvelle pièce. Il ne s'attarda guère au décor. Il ne fit que penser à Cliff, parce que Little aurait peut-être su dans quoi ils se retrouvaient. Après tout, la magie noire était très présente dans la vie de son ami-pas-ami. Il se pencha un peu, approchant quelques inscriptions pour lire ce qui était écrit à voix haute. Comme en son habitude, il n'y comprenait rien. Il leva alors son regard vers ses camarades, figeant lorsque la lumière perça l'ensemble du lieu. Il se frotta le torse d'une main pour voir si tout était correct. Sa tête était prise d'un grand vide.

- Oh, citrouille...  
- J'pense...ça vous dit, on s'casse ?

Leslie hocha automatiquement et quitta le lieu. Il haussa un sourcil au départ de Shawn, comprenant ainsi qu'il ne s'agissait pas de Zack. Au moins, l'information était passée... Il prit ensuite route aves ceux qui restaient, avant de se faire retrouver par Mitch qui lui fit croire qu'il se promenait par là alors qu'en fait, l'adulte le cherchait depuis un moment. Le retour à l'hôtel fut assez pénible, mais au moins, il était en 'sécurité'.

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C'est mou. Très mou... Trop confortable. Leslie gigota un peu, ouvrant légèrement les yeux pour entrevoir le matelas du regard. Il ne se souvenait pas que le lit de sa chambre d'hôtel était si agréable. Il tira davantage la couverture, soupirant longuement pour se détendre davantage. Il avait bien dormi... Il ravala sa salive et s'étira un peu, refermant aussi les yeux pour essayer de se rendormir. Cliff ne semblait pas être à ses côtés, mais c'était normal, puisqu'ils n'avaient pas dormi ensemble la veille. Il se gratta la nuque, se surprenant par la longueur de ses cheveux, mais la fatigue l'empêcha de réaliser le problème. Il se rendormit tout simplement...
ROARR
- BORDEL DE !!!
ROARR
C'est quoi ce réveille-matin ?! Il alla éteindre le truc, avant la troisième alerte, comprenant ainsi qu'il n'était pas chez les Litlle. Confus, il regarda autour de lui, grimaçant face à la bannière des Gryffond' qui était collée au plafond. Il s'en approcha alors pour être certain que c'était bien représentatif des rouge et or. En réalisant que oui, il échappa le réveil qui était en forme d'hippogriffe puis il sortit automatiquement de la pièce. C'est horrible. Il glissa l'une de ses mains entre les mèches de ses cheveux beaucoup plus longs que d'habitude. Ne sachant pas ce qu'il devait en penser, il crut donc qu'ils étaient redevenus longs, chose qui ne le surprenait pas vraiment. Ça lui semblait logique. Enfin, étant sorti de la chambre, il se retrouva dans la salle de bain. Ça tombait bien, puisqu'il avait envie de faire son petit pipi. Il remarqua alors le changement de ses vêtements. J'ai encore vidé une bouteille de vin, c'est ça ? Après tout, l'alcool pouvait faire oublier certaines choses.

Ce ne fut qu'à cet instant tragique, ce moment peu viril où, en voulant agripper son membre magique, qu'il sursauta brusquement et réalisa que sa virilité avait disparu. Il garda l'ampleur du choc à l'intérieur de lui, sans regarder plus bas, même si son désir de crier grandissait de plus en plus. Il se tourna ensuite pour se mettre dos à la toilette puis... lentement.... il abaissa sa nouvelle culotte et son short pyjama et combla sagement ses besoins urinaux. Lorsqu'il eut terminé, il pensa alors à Amelia puis il prit soin de bien s'essuyer avant de se redresser, de replacer le tout et d'aller se voir dans le miroir. Tout en tremblotant, il se toucha le visage et réalisa qu'il était Gwenn.
- Okay... Okay... Okay...
Il sortit de la pièce pour retourner à la chambre et se coucher.
- Okay... Okay... Okay... Okay...
Il se leva à nouveau, regardant le léger bordel qui régnait dans la chambre. La première chose qui lui vint à l'esprit fut de faire du ménage. Il y avait une petite étagère avec quelques livres mal posés. Le jeune sorcier replaça les bouquins, y allant par ordre alphabétique avant de s'approcher d'une armoire. Il replaça tous les vêtements en ordre de couleur et de même pour le bureau. La pièce était en bazar. Il fut donc occupé pendant un certain moment, à se demander pourquoi il était dans ce corps et à essayer de comprendre où était Gwenn à présent ? Et si elle se retrouvait dans mon corps ? Cette idée l'assomma. citrouille... Il ramassa tout ce qui traînait et il remit en place l'ensemble de la pièce. Il laissa cependant le réveille-matin au sol, parce que ce truc l'agressait et il avait seulement envie de le briser.

Après tous ces efforts physiques, une drôle d'odeur se rendit jusqu'au nez du Serpentard qui leva le bras pour se sentir.
- J'ai sué... Les filles peuvent suer.
Amelia lui répétait que c'était impossible. Enfin, Mathewsen soupira doucement et retourna dans la salle de bain. Il allait se laver, parce qu'il n'avait pas vraiment le choix. Il se fit donc couler un bain, ajoutant beaucoup de mousses pour cacher ce corps qui ne lui appartenait pas. Lorsque le tout fut prêt, il ferma les yeux, se déshabilla et se lava sans jamais ouvrir ses prunelles.
- C'est trop con... Je peux pas rester ici.
Il sortit du bain et prit le temps de se préparer à sortir. Il imita sa soeur et se sécha les cheveux, après s'être entouré d'une serviette pour cacher le corps. Il toucha la peau de son nouveau visage du bout des doigts, se demandant par la suite s'il devait en prendre soin. Un nettoyant ou un simple hydratant pour la peau pourrait faire l'affaire. Enfin, il n'osa pas chercher et préféra plutôt aller s'habiller. Il ne prit qu'un chandail simple, des sous-vêtements et un pantalon. Il garda la tête bien haute jusqu'à ce qu'il soit complètement habillé. Il prit ensuite le temps de se regarder dans le miroir une dernière fois.
- Okay... Je suis petite, ce qui me change pas vraiment de mon quotidien, mais je suis une fille. Une vraie fille... Enfin... Gwenn a du caractère. Si quelqu'un me pose des questions, c'est ; okay, oui ou non. Les rouges sont les meilleurs... Allons-y.
Il frappa ses paumes contre le comptoir et quitta la maison. Il sortit en passant par la fenêtre de la chambre, pour être certain de rencontrer personne. Sa première idée fut de retrouver son propre corps. Il n'avait pas de baguette en sa possession, puisqu'il n'avait pas envie de toucher des choses qui ne lui appartenait pas et il ne se sentait pas spécialement en danger. Il se retrouva face à l'hôtel des Little après un certain temps. Il alla cogner à la porte, laissant glisser son poing tel qu'il l'avait appris. Cependant, le père de Cliff ouvrit l'entrée, ce qui ne fut guère un très bel accueil.
- Oui ?
- Je... Désolé. Je me suis trompé.
- Alors... partez.
Leslie descendit les marches assez rapidement avant de partir, heureux d'être toujours en vie. J'suis complètement paumé... Il s'avança dans la rue tout en inspirant profondément. Il repensa à la dernière fois qu'il avait vu Gwenn, dans la boutique de magie noire. Peut-être qu'elle était retourné dans cet endroit ? Sous ce coup de tête, il retourna près de l'Allée, s'arrêtant face à celle-ci, sans être capable d'y entrer. Il cherchait du regard une silhouette qu'il lui serait possible de reconnaître. Je suis dans la citrouille...

Hey !:
 

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MessageSujet: Re: [Août 97] Vis ma vie Sam 30 Juil 2016 - 22:27

T'es à Gryffondor !!! beugla Miss Monde alors que le jeune homme essayait pour la troisième fois de demander son chemin.

Il se retourna vers elle en arquant  un sourcil : évidemment que je suis à Gryffondor manquerait plus que je sois chez les intellos, les losers ou les consanguins. Il leva les yeux au ciel, comme si sa réflexion était une énormité à éradiquer.


Las de ce petit jeu, il intima aux amoureux de le suivre dans une boutique, un peu moins glauque que les autres. La demoiselle râla et le transsexuel grommela dans sa barbe inexistante, mais Shawn n’écoutait pas leurs chouineries qui l’agaçaient plus qu’autre chose. S’ils ne voulaient pas le suivre, qu’ils aillent de leur côté. Il pénétra donc dans la boutique qui sentait la magie noire à plein nez (et le vieux marshmallow) et cria une salutation qui n’obtint aucune réponse. Cela aurait été trop simple.

- Non, mais t'es malade !!  La demoiselle le frappa, mais se fit plus mal à elle qu’à lui. Il se retourna et la dévisagea, l’air paisible. Bah quoi ? Vas-y sort ta baguette tant que t'y es et inscris nos noms en lettres lumineuses ! Même si visiblement ce n'est pas ton fort tu pourrais réfléchir deux secondes avant de donner notre position dans une boutique de magie noire !

Il soupira bruyamment et leva les yeux au plafond : si je veux demander mon chemin, faut bien que je signale ma position.  Ah pardon, tu comptais certainement demander ton chemin aux objets inanimés ou au fœtus de sirène dans du formol là-bas ? Ce que les filles pouvaient être chiantes par moment. Il secoua la tête et continua sa route en regardant tous les étranges objets sous ses yeux. Il oublia bien vite l’irritation ressentie il  ya 10 secondes. L’odeur dans la boutique était insoutenable, mais il y avait suffisamment de bizarreries pour détourner son attention olfactive. Shawn aperçut alors une affiche  du joueur de flûte d’Hamelin et se stoppa sur place. L’androgyne le percuta, sans le déplacer d’un millimètre. Après quoi, son attention fut occupée par une corne qu’il soupesait dans ses mains, à dire vrai, il y avait tant de choses fantastiques et étranges à découvrir dans cette boutique qu’il en avait presque oublié la raison de sa venue. Ce qui devait arriver arriva et il fit tomber la corne au sol ce qui la brisa.

- T'es sérieux ?! Tu le fais exprès d'être empoté ou bien c'est génétique ?

- C’est génétique, répondit-il narquois en envoyant valser la corne sous une armoire.

- Et toi tu ne dis rien ? Elle s’en prenait à présent à son mec. Aide-moi un peu tu veux ?! Oh calmos les amoureux, brisez pas votre charmant couple pour moi. On devrait l'attacher et le tirer d'ici museler comme un Nifleur.

Au mot « museler », les muscles de Shawn se contactèrent et il se mit immédiatement en position défensive sans même s’en rendre compte. Il caressa de sa main droite, les cicatrices sur son poignet gauche. Une sueur froide perla le long de sa colonne vertébrale. Une muselière, des chaines, pas de lumière, le froid, l’humidité, la peur, la douleur. Laissez-moi sortir ! Papa ! Maman ! J’ai envie de faire pipi ! Il reprit ses esprits et se détendit la seconde d’après, il était en sécurité et libre.

-Dis donc, t’as tes règles ou quoi ? Il leva les yeux au ciel, un sourire provocateur sur les lèvres tout en la fixant.

Les remontrances de la demoiselle avaient au moins eu un effet : il se souvenait des raisons de sa venue et s’avança vers l’arrière-boutique en soulevant le vieux rideau miteux. Miss monde avait un sacré caractère, suffisamment trempé pour que Shawn ait envie de la titiller un peu pour voir ce qu’elle a ou non dans le ventre. Il lui proposa donc de passer avant lui.

- Stop, s’écria une grande asperge dégingandée.

Et voilà qu’il en surgissait deux autres. Comme si Miss Monde et l’androgyne n’étaient pas suffisants. C’était exactement comme les parasites, suffit d’en croiser un, pour qu’il y ait un nid quelque part. Et sur les parasites, Shawn en connaissait un rayon vu le taudis dans lequel il habitait depuis son plus jeune âge. Gnomes, épouvantards, araignées, cafards, mites, bandimons, boursoufes et cie pullulaient dans l’immense manoir Inoue. La pauvre Ptyra, à elle seule, était bien incapable de les éradiquer. Il suffisait d’en éliminer une dizaine pour qu’une centaine surgissent le lendemain de nulle part. Monsieur Inoue avait même ramené un chartier pour s’occuper des gnomes dans le jardin, mais Shawn avait l’impression de plus souvent le voir se prélasser au soleil en insultant les papillons plutôt qu’en train de chasser les gnomes qui bousillaient les plantations du jardin, à l’abandon.

D’ailleurs, le langage à châtier du jeune Gryffondor ne sortait pas de nulle part. Ce n’était certainement pas son père ou son oncle qui lui avaient appris des mots aussi vulgaires, et d’autant plus lorsque l’on connait la culture japonaise très à cheval sur le respect. Mais Shawn, après son retour au Japon et sa première année, lorsqu’il fut contraint de rester enfermé dans le manoir pendant quatre ans n’avait eu que pour seule compagnie : un elfe, des profs en décrépitude et un chartier. D’ailleurs si le manoir est dans un état de délabrement aussi avancé, c’est comme dirait Shawn parce que « mon paternel n’a pas à y vivre H24, sinon t’inquiètes pas que ça serait rénové ». Les seules pièces « neuves » de la maison sont la chambre des parents et le bureau de leur père.

-PWAH, c'est quoi cette odeur !?

- Du sang, dit-il en lâchant le rideau miteux, et une odeur de chacal, ajouta-t-il en pivotant vers l’asperge.

Visiblement la grande asperge connaissait Miss monde, le gars devait être un sacré stalker pour la suivre jusque dans une boutique délabrée. En plus, accompagnée de sa petite sœur et pour être petite, elle l’était. Un minimoys, même. L’asperge s’adressa à l’androgyne en lui demandant s’il n’était pas fou de s’habiller comme ça. Shawn n’avait même pas capté qu’il s’adressait également à lui. Il bâilla à s’en décrocher la mâchoire en se demandant ce que ça pouvait bien lui foutre la manière dont s’habillait l’autre efféminée. Il pouvait bien porter une jupe que cela ne lui faisait ni chaud ni froid, tant que ce n’est pas lui qu’on fringue de la sorte. L’androgyne répondit sèchement : Tu devrais penser à ce que toi tu es, avant de me poser ce genre de questions. La fatigue de la dernière pleine lune se faisait encore ressentir, il bâilla une deuxième fois, tandis que l’asperge encaissait la remarque et se mit ensuite à bavouiller sur Miss Monde. Elle lui rendait bien, on pouvait même dire qu’elle lui faisait des yeux de biche.

- Chaaarmantes ces petites retrouvailles, dit-il sur le ton de la plaisanterie en se grattant l’intérieur de l’oreille. J’en ai presque la larme à l’œil. Je voudrais pas vous déranger, mais, il imita la voix de Maya : même si visiblement ce n'est pas ton fort tu pourrais réfléchir deux secondes avant de larmoyer dans les bras de ton ami. D’un coup de tête il désigna la boutique, l’air de dire « regarde où on est ».

Il tapota l’épaule de l’androgyne : t’es cocu mec.

L’asperge tirait sur le rideau pour voir à l’intérieur, mais Shawn ne se fit pas prier pour pénétrer à l’intérieur et disparaître derrière le rideau. Son sixième sens lui dictait de fuir, mais il ne pouvait pas se débiner devant ces inconnus et passer pour une poule mouillée. Et puis, il aimait les défis et cette boutique en avait l’allure parfaite. Il ne s’attendait toutefois, pas à ce que les autres jeunes gens le suivent.

À chaque pas, son mauvais pressentiment grimpait en intensité.  Il se stoppa au centre d’un cercle tracé au sang sans s’en rendre compte tout de suite. Ses yeux s’accoutumaient lentement à l’obscurité. La pièce était plongée dans le noir, mais Shawn distinguait plusieurs placards remplis de liquides visqueux et des livres plus anciens que le monde. Pas de trace du moindre être vivant. Le vendeur n’était pas dans sa boutique ou alors, il y avait un passage secret quelques part.

-Faut dég… Il n’eut pas le temps de terminer son avertissement qu’une lumière agressive émanant du pentacle l’obligea à fermer les yeux et à se protéger, mécaniquement le visage.

La lueur l’enveloppa et le traversa de part en part. C’était ça mourir ? Il venait de se prendre un sort de mort ? Ou peut-être que cette lumière provenait du cercle au sol ? Il rouvrit les yeux timidement. Il était toujours dans la vieille boutique, entouré des énergumènes. Il articula ses membres pour être bien certain que tout était en ordre et se redressa, rassuré. Il était entier. Plus de peur que de mal.

J'pense...ça vous dit, on s'casse ?

Shawn ne broncha pas et suivit le groupe jusqu’à l’extérieur de la boutique.
 
-Il s’est passé quoi ? questionna-t-il une fois à proximité de la porte.

L’air frais du dehors lui caressa le visage. Shawn se rendit compte à quel point l’atmosphère avait été étouffante à l’intérieur. Il dévisagea ses compagnons de fortune et à la lumière du jour remarqua enfin que la demoiselle avait un œil vitreux, visiblement, mort. Curieux, il allait lui demander comment elle s’était fait ça (Shawn n’a jamais été très délicat), mais Ptyra le coupa dans son élan avec sa voix de crécelle. Elle venait d’apparaître dans un nuage de fumée.

"Maître Shawn ! Maître Shawn !! Vous voilà enfin ! Ptyra vous a cherché partout. Mais qu'est-ce que qui vous est arrivé, Monsieur ?!"

-Aah Ptyra tu tombes à pic.

-Ptyra pensait que vous allez revenir avec la poudre de cheminette, mais après 15 minutes, Ptyra a commencé à s’inquiéter… Ptyra va vous ramener à la maison maintenant.

Les inconnus étaient déjà en train de s’éloigner avec l’asperge-stalker en tête de file.

-Par contre, t’es sûr que tu peux transplaner avec moi ? Non parce que la dernière fois on a fini au fin fond de la forêt de Sherwood…

L’elfe avait parfois des petits soucis d’orientation lorsqu’elle transplanait, il faut dire qu’elle était âgée, tête en l’air et souvent éreintée. Shawn préférait donc utiliser le plus possible la poudre de cheminette plutôt que la fidèle Ptyra qui perdait, parfois, un peu la boule.

-Ne vous inquiétez pas Monsieur, Ptyra sait où aller..

Il marmonna plus pour lui-même qu’autre chose : bien ça qui me fait peur.
 
-Ptyra a entendu Monsieur. Elle lui agrippa le jambe.

- Et l'autre pas beau ?

-Oui, Maître Zack va bien, c’est lui qui m’a ordonné de venir vous… Elle se mordit le bout des doigts jusqu’au sang.

- Ok, ok j’ai compris. Allez vas-y ramène-moi, inutile de te flageller pour ça. Tout le monde sait à quel point Zack tient à son jumeau. Il éclata de rire et disparut dans un « pop » sonore emporté par Ptyra.

Lorsqu’il rouvrit les yeux, il était au rez-de-chaussée du manoir Inoue.

-Vivement que j’apprenne à transplaner, parce que ça me gave de devoir dépendre de la poudre de cheminette ou d’un elfe.

Ptyra trottina au bas des escaliers et revient avec une marmite remplie de fournitures scolaires.

-Voilà pour vous, Monsieur Shawn. Il y a toutes vos fournitures, sauf les accessoires de quidditch, nous étions en route pour les chercher lorsque l’incendie s’est déclaré.

Shawn libéra les petits bras chétifs de l’elfe et souleva la marmite en faisant une grimace. Les manuels étaient énormes et semblaient ennuyeux à souhait. Ok, pas de soucis. Faut que j’y retourne de toute façon.

-Ptyra doit préparer le repas, elle disparut aussitôt sans demander son reste. Shawn monta dans sa chambre où il balança dans le bordel la marmite, cassant des fioles de potion au passage. Et citrouille ! Il sortit avec précaution Sober de sa housse de transport et la posa sur son trône près de la fenêtre.

C’est à ce moment précis que Ptyra transplana dans sa chambre et le fit sursauter : -Ptyyra, je t’ai déjà dit combien de fois de PAS transplaner dans ma chambre. Pu…tain. Un jour, tu vas tomber sur une scène que tu voulais pas voi…

-Maître Shawn, Ptyra avait oublié de vous dire que Madame votre mère est rentrée.

- Ma mère ? Tu aurais pu le dire plus tôt, s’exclama-t-il un immense sourire aux lèvres. Il déboula dans le couloir et se précipita vers la chambre de ses parents. Sa mère était assise face à un miroir et se repoudrait le nez. Ses interminables cheveux noirs lui arrivaient en bas des reins et une délicate odeur de pamplemousse planait dans la pièce.

- Tu es magnifique, maman.

Sans se retourner, elle fixa le reflet dans le miroir et s’exclama : oh merci mon chéri. Tu as fait tes achats Zack, c’est ce que m’a dit Ptyra.

Il baissa la tête :- C’est pas Zack, maman.

-Oh ! Elle immobilisa son geste et se retourna pour dévisager son fils : Shawn, elle semblait plus crispée, pardonne-moi. Mais que t’est-il arrivé ? Il allait s’avancer vers elle, mais  resta cloué sur place. Qu’est-ce que tu as encore fait pour être couvert de peintures ? Elle prit un ton de reproche en le dévisageant comme une tâche qui refuse de disparaître sur un pull en cachemire.

-C’est pas moi, c’est…

- Va vite te laver avant le repas !

- Oui, maman.

Après la douche et  le repas, il se laissa tomber en slip kangourou orange fluo sur ses draps défaits et ne tarda pas à s’endormir. Il n’était pas arrivé à complètement retirer les couleurs surtout le orange et le rouge, mais s’il avait frotté plus, il se serait arraché la peau. Même faire son lit était trop fatiguant pour le jeune homme qui plongea immédiatement au pays des songes.

☻☻☻


Il se retourna dans son lit pour se coucher sur le dos, des draps le recouvraient à présent, mais peut-être que Ptyra était passée pendant la nuit. Enfin, elle ne le faisait plus depuis plusieurs années, mais cette constatation ne choqua pas plus que ça le jeune homme qui aplatissait l’oreiller pour mieux s’installer. Il ne sentait pas non plus le bout du lit trop petit pour lui ni l’odeur si caractéristique de pieds en fermentation de sa chambre. Il fronça les sourcils, mais son rêve éveillé avait trouvé une explication à ces questionnements : Ptyra avait fait le ménage évidemment. D’ailleurs, il était quasiment sûr de l’avoir entendu ronchonner sur l’odeur de vestiaire pour homme.

Il se gratta les parties intimes en grommelant, c’est à ce moment qu’il sentit que quelque chose n’allait pas.

-Quoii? Elle a rétréci ? Il se redressa paniqué d’un bond et s’assit en tailleur sur son lit. Il se sentait bizarre, différent et à l’étroit. Alors qu’il allait tirer sur l’élastique de son pyjama ? (Pourquoi était-il intégralement habillé ? Il manquait plus que le cache-nez pour compléter le tout), il fut stoppé dans son élan par la découverte d’une chambre qu’il ne connaissait ni d’Adam ni d’Eve. Le genre de chambre pour vieux bourgeois, avec une tapisserie mauve à la Ombrage et d'affreux fauteuils avec des motifs à fleurs.

-C’est quoi ce bordel ? Il écarquilla de grands yeux, c’est quoi c’te voix de tapette ?  Il voulut se lever, mais s’emmêla les pieds dans les draps et s’étala au sol. AiiiiEUUUH. Plusieurs points noirs obscurcissaient son champ de vision et il se sentait incroyablement fatigué. Il se mit sur son séant en attendant que le malaise passe. Il avait beau réfléchir aucune explication sensée n’arrivait à se former. Il se releva d’un coup ce qui lui donna de nouveau le tournis.

-Un miroir, il me faut un miroir ! Il trottina dans toute la pièce à la recherche du saint Graal qui était derrière la porte du fond. Lorsqu’il découvrit son reflet dans le miroir, il poussa un cri et s’auto pointa du doigt : l’androgyne !! Attends, mais ??? QUOIII ? Il tapotait sur ses joues, mais rien à faire c’était bien lui que le miroir lui montrait. Non, non, non, non, non, non, non, non…

-Calme-toi, c’est un mauvais rêve, y a pas d’autres explications ou alors Ptyra t’as préparé un truc avarié hier soir… Il se passa de l’eau sur le visage, mais rien à faire, l’androgyne apparaissait toujours comme étant son reflet. Il avait faim et se sentait complètement lessivé ce qui ne le changeait pas de d’habitude au fond. Toutefois, la différence majeure était que ce nouveau corps avait autant de force et de résistance que celui d’une fillette. C’est quoi ce corps de lâche ! Il se laissa choir au bout du lit et prit sa tête entre ses mains. Il avait également l’impression d’avoir perdu en acuité visuelle et olfactive.

-Réfléchis… réfléchis… Comment c’est possible ? T’as fait quoi hier ? Me suis réveillé. J’ai bouffé. Leçon de piano avec l’autre vieille peau. Achat des four…Le cercle au sol ! L’odeur de sang et la vision de l’étrange boutique le frappèrent au même moment. Bon sang, mais oui ! Faut que je retourne chez moi ! L’androgyne doit être dans mon corps en ce moment même ! Il a gagné au change, tu parles ! Qui sait ce qu’il peut bien être en train de faire à l’heure actuelle ! Il allait sortir de la chambre, mais se stoppa.

-citrouille, comment je vais retourner chez moi au fin fond de la campagne écossaise ? Et faut que je m’habille !  Il chercha une armoire et finit par apercevoir un sac au pied du lit. Il mit une pagaille monstre en sortant toutes les affaires (il envoya valser un carnet et plusieurs autres affaires personnelles) jusqu’à trouver un short et un haut. Alors qu’il se déshabillait, il aperçut des cicatrices sur son bras, ce n’était pas comme les siennes, celles-ci ressemblaient à des scarifications. Un maniaco-dépressif en plus ?

-Leslie ça va, je t’ai entendu… Leslie ? Non seulement ce mec avait un corps de meuf, mais en plus un prénom de gonzesse! Occupe-toi de tes fesses, beugla-t-il.

-Je reviendrai…

-Ouais c’est ça, casse-toi, marmonna-t-il dans sa barbe. Son ventre  poussa un long et terrible grognement. Shawn hésita en fixant la porte et finalement l’entrouvrit  pour passer la tête par l’entrebâillement : - Oh , ATTENDS ! J’ai faim va me chercher à bouffer, s’teup’. De la viande bien saignante !

L’inconnu se retourna, visiblement surpris et demanda alors : - J’ai quoi en échange ?

Ok… Shawn n'était pas d'humeur à jouer à ce petit jeu. Tu veux pas que je te taille une pipe non plus ? Il claqua la porte sans entendre ce que le jeune adulte avait à répliquer.

Shawn avait l’impression d’être un nain, assis ou debout ça ne faisait aucune différence. C’est donc ce que voient les nains de forêt au quotidien ? S’exclama-t-il à haute voix en fixant le mur. Les narines des gens… Il devait rentrer, mais comment ? Si seulement Ptyra était là…

-Ptyra, mais oui ! Il pensa très fort à son elfe et l’appela à haute voix. Elle apparut dans un « pop » sonore.

-Maître pourquoi vous… QUI êtes-vous !? Elle piailla, visiblement sur la défensive.

Il s’accroupit pour être à sa hauteur : Ptyra, comment connaissez-vous le nom de Ptyra, écoute-moi… C’est dur à avaler, mais c’est moi Shawn !

- Ptyra a vu grandir maître Shawn, et vous n’êtes pas lui !

-Ptyra p’tain écoute moi

Au mot « p’tain » elle pencha la tête sur le côté. C’est long à expliquer, c’est comme si, euh…j’ai bu du polynectar, ok ? Ne pas compliquer de trop les choses.

-Ptyra a vu Maître Shawn ce matin et il n’avait pas du tout cette apparence. Si c'est encore un blagues de Maître Shawn, elle n'est pas drôle ! Mon corps est encore au manoir ?

-Ptyra ne vous connaît pas, Ptyra s’en va ! Ne dérangez plus Ptyra pendant son travail !

-Ptyra, reste… ne me laisse pas seul. Reste. Alors qu’elle allait claquer des doigts pour disparaître elle s’immobilisa pour le dévisager. Tu t’en souviens, n’est-ce pas !

- Maître Shawn ? Elle s’avança vers cet inconnu prudemment.

- Mais oui puisque je te dis que c’est moi ! L’elfe fronça les sourcils : - prouvez à Ptyra que vous êtes bien Maître Shawn !

Il poussa un long soupir répugnant à jouer les affectifs ou à devoir ressasser son passé oublié parce que c'est la place qui lui revient : dans l'oubli.

-tu préparais toujours des fraisiers quand j’étais gamin, tu m'as transporté à l'hôpital Saint Mangouste quand je me suis ouvert la tête avec une faucille ensorcelée au fond du garage, tu restais avec moi lors de mes douloureuses transformations à la cave. Qui d’autres pourrait savoir tout ça !?

Une lueur illumina ses prunelles. Un jour je t’ai dit que même si j’aimais ma mère, c’était toi au final qui avais joué ce rôle. Et si tu veux une info’ plus récente, on va bientôt accueillir un de tes fils pour t’aider à la maison : Kabuto. C'est bon, convient à MADAME ?

-Maître Shawn… Elle mit ses mains devant son visage, Oh Ptyra n’a pas écouté Maître Shawn, Ptyra ne l’a pas reconnu. Pourtant Ptyra sentait que Maître était présent, mais les yeux de Ptyra l'ont trompé. Ptyra doit se punir ! Et avant même qu’il ne puisse la stopper (de toute façon, ce corps avait zéro réflexe), elle avait sauté sur la petite table entre les deux fauteuils et se frappait avec la bouteille à moitié vide.

Il l’attrapa - brisant un verre au sol- et la stoppa après plusieurs minutes de combat acharné. Après quoi, ils perdirent encore 10 bonnes minutes avant de transplaner dans le manoir Inoue. Ptyra était tellement déboussolée qu'elle les fit atterrir au pied de Big ben, puis non loin du palais de Buckingham, dans une ruelle glauque de Londres avant d’enfin atteindre leur but. Shawn se précipita dans sa chambre et se retrouva face à face avec lui-même. S’il n’avait pas l’habitude de croiser son reflet en la personne de son jumeau, il serait probablement devenu fou, tant c’était étrange.

- Leslie ?!

Il parlait de lui à la troisième personne ? Récapitulons : maniaco-dépressif, androgyne et fou allié ? Shawn craignait pour son corps.

-Ouais, rends-moi mon corps Leslie et fais pas genre ! dit-il en s’avançant vers lui. Ptyra fixait la scène sans trop comprendre ce qui se passait. Attends ! Je suis aussi beau gosse que ça vu d’un œil extérieur ?, s’exclama-t-il en se contemplant. Vas-y tourne toi que je m'admire de dos !

- Attends, mais si t'es pas Leslie t'es qui ?? Maya ? C'est qui ça ? T'étais hier dans la boutique au moins ?!

-Maître laissez Ptyra punir ce sale sorcier pour qu'il ne recommence plus ses sales blagues !

-Oui, mais non ! Il attrapa Ptyra par le col de la nippe qui lui faisait office de vêtement.

-Maya, c'était laquelle... La naine ou l'autre à forte poitrine ? Questionna-t-il toujours incapable de visualiser qui était la fameuse Maya.

Hey mais, il lâcha Ptyra, ça va... Prends tes aises, coquine va ! s'exclama-t-il en remarquant qu'elle l'avait habillé.

Bizarrement, apprendre qu'une demoiselle de son âge était dans son corps l'amusait plus qu'autres choses.
- Bon, on fait quoi parce que sérieusement, il est hors de question que je reste dans ce corps à vie ! Donc, tu vas gentiment appeler ton mec et lui dire de venir ici ! Mais attends, si toi t'es dans mon corps, ça veut dire que ton mec est dans le corps de qui ??

Il se tint les tempes, une migraine commençait à faire rage. Cette histoire était bien plus compliquée que prévue. Tous les énergumènes de la veille devait être impliqués.

tenue Leslie par Shawn:
 

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It never troubles the wolf how many the sheep may be.

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SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Euh ?
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 9 novembre.
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [Août 97] Vis ma vie Jeu 11 Aoû 2016 - 19:36

Non, en fait, elle ne s'arrêta pas vraiment.

Elle s'est surtout arrêtée parce que quelque chose l'a attrapée. Ce quelque chose la tira en arrière, la faisant tomber sur le c... les fesses, puis la releva sans paraître rien sentir et l'entraîna plus loin.
Le cœur de la jeune fille se mit soudain en tête de battre le record du monde de pulsations par minutes et elle se mit à s'agiter dans tous les sens.

Un, une main la traînait par le col. Une grande main large (en même sur un cou de liliputienne comment voulez-vous comparer autrement). Deux, elle était donc face au quelque chose qui tentait de l'emmener (Où ? Pourquoi faire ? Argh). Ce quelque chose avait d'ailleurs une capuche sur la tête. Noire, la capuche. Ce qui faisait qu'on ne percevait aucun visage sur la tête du quelque chose, raison pour laquelle Gwenn n'était pas sûre qu'il soit humain.

Bon, prenant en compte les points un et deux, elle se mit à bourrer de coups de pied celui qui la traînait sans son accord et qui aurait bientôt de beaux bleus au jambes (quoique, avec ses petites gambettes, pas sûr qu'elle atteignait les jambes … Quoi alors ? HEM). Elle attrapa la main du ququch sur son col et se mit à essayer de se détacher (l'autre main étant occupée à se tenir prête à la réceptionner par terre au cas où il la lâche) mais rien n'y fit. Il ne lâcha pas.

Ils « arrivaient » dans une petite ruelle sombre quand elle eut une inspiration. Prenant son courage à deux mains, elle redressa la tête, se raidissant et s'apprêtant à essayer de l'assommer (tout en sachant pertinemment qu'elle s'assommerait aussi) quand soudain il la plaqua contre un mur et râla d'un ton de voix … Euh … Exaspéré ?

« Tain, Edelwy, tu te calme, bordel ! » Quoi ? Edelwy ? Gwenn comprit aussitôt et cessa de se débattre d'un coup. Il n'y avait qu'une seule personne à sa connaissance qui l'avait affublée de ce nom bizarre, mi-nom de famille mi-surnom. Qu'une seule personne qui se permettrait de la traîner comme ça (enfin, à peu près). Elle retint le « Fawkes » grincheux qui lui était monté aux lèvres qu'elle transforma en un soupir, s'adossant au mur. « Mais qu'est c'tu fous là, petite ? Ta mère t'as jamais dit qu'on devait éviter de se promener seule dans des quartiers comme ça quand on est une gonzesse ? » Elle plissa les yeux, furibonde. « Je ne ... » Elle s'interrompit, agacée. Fawkes avait tourné la tête sur le côté et semblait avoir perdu sa voix. Elle se fit toute petite, se décala d'un pas, d'un autre … Fawkes commença lui aussi à marcher … « Reste pas seule, toi ! » Raté. Il l'attrapa par le bras et recommença son kidnapping-paskidnapping. Elle se dégagea d'un geste brusque, ignorant ses grommellements d'arrière-grand-père bougon. Ok, il pouvait la forcer à le suivre, mais la traîner sur des kilomètres, non merci.

Elle haussa un sourcil quand elle vit le magasin où il venait de s'arrêter, mais s'y invita à sa suite sans rien dire. La boutique semblait sortir de films d'horreur Moldus (sa mère l'avait initiée aux joies du cinéma et de Disney toute petite, mais maintenant qu'elle était à Poudlard et qu'elle voyait de la vraie magie, elle supportait juste ces films-là. Les seuls acceptable questions émotions. Tous les autres …). Des crânes, des squelettes, des crânes, des squelettes, des trucs non-identifiables mais d'apparence pas très ragoûtante … La mieux à faire était de déguerpir le plus vite possible.
Fawxkes la surprit en passant la porte d'entrée sans rien montrer. Réprimant un « BERK BERK BERK, NON IMBECILE DE FAWKES ! PAS DEDANS, P*UTAIN MAIS ... SERIEUX TOUS DES IDIOTS CES PIAFS ! », elle fronça le nez et zigzagua entre les étagères, s'appliquant à ne pas quitter des yeux la cape du Serdaigle pour ne pas péter un câble. Mais citrouille, cette boutique puait le sombre et la violence à la plein nez. Qui vend des potions à base de sang de Sirène et d'yeux de Phénix ? Mélangés à des … cœurs de Niffleurs ? Là, c'était sûr, elle allait partir en courant.
Pourtant elle resta. Elle n'avait que peu accordé d'attention à ce que l'aigle lui avait dit (Mais bien sûr, Maman !) mais sursauta à son cri. Et porta son regard vers les trois adolescents qu'il toisait.

Il y avait d'abord une grande fille brune, dont le visage lui disait quelque chose. La fille la fixait aussi avec étonnement. Elle fronça les sourcils et Gwenn la reconnut : elle avait vu ce visage dans la Gazette et le BT, à la fin de l'année dernière. Livingstone. Aiglonne aussi. Le grand asiatique à côté d'elle, couvert de peinture ou d'encre ou de feutres de toutes les couleurs, se baladait avec une housse de … De violoncelle ? Guitare ? Autre ? Avec une housse. Elle le reconnaissait pour l'avoir vu dans sa salle commune. Un lion, comme elle. Enfin, le dernier était un garçon aussi, quoique, il avait une tête toute aussi féminine que masculine. Mais il portait les cheveux court, et des vêtements de gars. Moldus. Elle penchait donc pour un garçon. Ses traits lui disaient quelque chose. Ah oui, dans le BreakTabou. Mathewsen. Toutes les victimes de cet odieux torchon s'étaient passées le mot ou quoi ?

Fawkes rabaissa sa capuche en arrière, permettant à la lionne de confirmer que c'était bien le grand sixième (actuellement septième) année l'ayant « enrôlée » après de belles remontrances dans une vengeance contre Germainia Lavamachintruc (la Belette). Il fixait les deux garçons avec un air effaré sur le visage. Gwenn se dit que c'était pas habituel de voir un aigle avec une telle expression. «  … sapez comme des moldus ? Matchinsen, t'es à Serpy ou à Gryffy, bordel ?! » Gwenn sursauta et lui envoya un regard noir, ouvrant la bouche pour protester. « Pard .. Sans vouloir t'offenser, Edelwy. » Elle plissa les yeux, se mordant la langue pour ne pas répliquer vertement. Il se détourna et elle ignora ses retrouvailles avec Livingstone. Mais qu'est ce qu'elle foutait là ? Elle se retrouvait encore embarquée dans un 'enlèvement' dont elle ne connaissait ni les raisons ni les aboutissements. Elle jeta un œil vers les deux autres gars. Mathewsen semblait paumé dans ses pensées, le Gryff écoutait la conversation avec un air insolent sur visage. Enfin, elle supposait que c'était à ça que ressemblait un air insolent. Elle leur adressa un signe de tête en guise de bonjour sans savoir si ils l'avaient vu. Fawkes avait ouvert un rideau rongé aux mites, gris cendre, dégoûtant. Elle fit un pas vers lui ... Puis elle sursauta.

« PWAH, c'est quoi cette odeur !? » Le multicoloré fronça le nez. « Du sang ... et une odeur de chacal. » Il regardait le grand aigle en disant cela et la lionne haussa un sourcil blasé. Une odeur de chacal ? Sur Fawkes ? Il fréquentait des meutes ou quoi ? Au fait, c'était quoi un chacal ? Elle trépignait d'impatience devant les autres qui restaient plantés devant ce rideau. Levant les yeux au ciel, elle se glissa derrière le rideau en marmonnant dans sa barbe « Vous attendez le déluge ? », puis se figea devant des formes géométriques tracées au sol avec du feutre rouge. Ou autre. Des fioles en verres étaient disposées un peu partout. Étrangement, chaque philtre, à l'intérieur, était d'un coloris différent. Elle se déplaça pour se rapprocher d'une des fioles d'un rouge pâle. Aussitôt, le liquide fonça, de plus en plus, jusqu'à virer à un rouge sombre tirant sur le violet. Elle recula et il reprit son rouge clair joyeux. Elle fit la même expérience avec une autre, d'un jaune canari, qui changea aussi de couleur quand elle s'en approcha. Quelque chose ne tournait pas rond.
Peinture rouge, odeur de sang .. ? Elle écarquilla les yeux, se tourna vers les quatre autres adolescents qui fixait l'hexagone géométrique pour leur hurler qu'il fallait qu'ils se cassent (ou pour hurler tout court). Une lumière aveuglante lui coupa la parole et elle laissa échapper un couinement de souris écrasée.

Quand elle rouvrit les yeux, Fawkes leur proposait de partir. Elle les suivit, la chair de poule omniprésente, choquée, presque tremblante. Heureusement, ils ne semblaient pas avoir subi quelque métamorphose, donc elle non plus. Ils sortirent de la boutique, abandonnèrent le Gryffondor (qui s'appelait finalement Shawn) à son Elfe de Maison toute angoissée, puis cheminèrent un bout de temps ensemble. Mathewsen partit à son tour, et elle reçu soudain sur la tête Ombre piaillant à tout va suivit du hibou de sa mère, chacun porteur d'une lettre, les deux étant de sa mère furieuse. Elle l'attendait chez le libraire. Soupirant, Gwenn laissa les deux aigles ensemble après un « S'lut, j'y vais » et partit, les deux hiboux sur les épaules.

Retournée chez elle, elle prit son dîner en silence, les oreilles rouges, furieuse. Sa mère l'avait bien engueulée, puis s'était calmée en apprenant l'incendie et la panique au Chemin de Traverse. Elle était toute de même punie et de ménage le lendemain (« Le grenier n'est pas fini ! ») Et menacée d'une énorme punition si elle venait encore à disparaître.
Gwenn fila ensuite se coucher. Elle commençait à 'sentir', mais reporta sa douche au lendemain matin et se jeta sur son lit (énoorme matelas sans sommier) d'un bond, en pyjama. Mmmh, c'est mou.
Elle ferma les yeux et se mit à ronfler.

Ombre, sa chouette, finit par sortir de la chambre de sa maîtresse avec un hululement signifiant « Mais m*rde quoi, comment un truc si petit peut-il faire autant de bruit ? »


~


Gwenn se sentait bizarre. Elle avait mal. Très mal. Un peu trop pour quelqu'un sensé dormir d'un sommeil de plomb. Elle ouvrit les yeux.
C'était bizarre. Elle tourna la tête, passa un bras au-dessus des draps. Elle avait l'impression de regarder de trop près, comme si tout avait brusquement grandit. Et pourquoi son réveil n'avait-il pas sonné ? Elle fronça les sourcils et se redressa.

Il lui sembla que son dos s'ouvrit tant la douleur était forte. Elle poussa un glapissement de surprise et se relâcha en se rallongeant sur son lit. Mais pourquoi avait-elle autant de courbatures ? Elle rouvrit ses yeux, fixa le plafond. Un plafond lisse. Lisse et vide. Il manquait quelque chose. Hum … VIDE ?! Mais où était passée sa bannière Gryffondor ? Elle se redressa aussitôt, et bondit hors de sa couette, stupéfaite. Alors qu'à son habitude, elle aurait fait un bond de lapin sous-vitaminé, elle heurta la … chaise ? Près de son … bureau, se prit la tête entre ses mains et se plia en deux.

Elle était en caleçon. Elle glapit à nouveau, puis regarda ses jambes. Interminables. Poilues ? Et son torse ? MAIS WHAT ? Et par les chaussettes les plus trouées de Merlin, où était passée sa poitrine ? Et ! Il lui manquait les cheveux ! Elle se passa la main dedans. Ils étaient courts. Elle s'en arracha deux ou trois. Tous bruns sombre. Où était passée sa couleur claire habituelle ? Et son pyjama ? Et … C'était quoi, ce poids, entre les jambes ?

Elle avala brusquement sa salive et faillit s'étouffer. Elle se laissa tomber assise sur le lit, grimaçant, les muscles tirés et douloureux. Elle était un mec. Puis elle comprit enfin. Elle était un mec. Pire. Elle était … Elle était …

Elle s'approcha du miroir fixé sur l'armoire qui n'était pas la sienne, dans une chambre qui n'était pas la sienne. Elle shoota dans des vêtements sur le sol, faillit se cogner au miroir. Elle ne contrôlait pas ce corps trop grand. Elle était désorientée. Elle fixa son reflet et dû se tenir au bureau, derrière elle.

P*TAIN DE M*RDE ! JE SUIS WAYOTH !
Elle hurla, avant de se plaquer la main sur la bouche et de jeter un regard éperdu autour d'elle. Si on avait pu regarder dans sa tête, on aurait vu plein de mini-Gwenn hurlant et courant partout dans son crâne en agitant les mains.
Je suis Wayoth. Au secours. C'est un cauchemar. Je suis Wayoth. ARGH. Eh, mais … Si elle était dans le corps de Wayoth, où était-il ?

Elle eut un autre cri, plus faible. Dans son corps. A elle. MAIS Teletubbies ! citrouille ! Elle dû se rasseoir. Elle se sentait beaucoup trop fatiguée, bien plus qu'elle ne le serait si elle avait été dans son corps. Il avait participé à une course d'endurance ou quoi ? Elle avait mal partout. Les jambes, les bras, le dos et le ventre. Elle découvrait des muscles dont elle n'avait jamais soupçonné l'existence. Et depuis quand on peut avoir des courbatures aux ailes du nez, sérieusement ?

OK. Elle était dans le corps de Wayoth. Restait plus qu'à trouver son sosie Fawkesisé. Elle ne savait pas où elle était dans Londres, et elle n'avait même pas de carte de bus Moldue ou d'argent Moldu sur elle. Elle était donc coincée. Wayoth, lui, pouvait transpla... Et non, il ne pouvait pas, elle était mineure jusqu'à preuve du contraire.

Elle devait tout d'abord apprendre à se diriger dans ce corps. Elle avait le vertige. Grandir de trente centimètres d'un coup, et qui plus est hériter de courbatures atroces, est franchement déboussolant.
Elle qui avait l'habitude de pas énergiques et d'un contrôle très réduit de ses émotions, se traduisant par une très grande agitation corporelle, devait se mouvoir avec une enveloppe molle, lente et beaucoup trop forte. La première fois qu'elle voulu sauter, elle faillit s'assommer contre l'armoire. Elle reprit son « entraînement », marchant, courant même, dans la chambre du Fawkes, se cognant partout. Elle finit par réussir à avancer convenablement. Elle s'accorda un quart d'heure de pause allongée sur le dos, complètement épuisée. P*tain, mais qu'est-ce qu'il foutait pour avoir mal partout, cet imbécile ? Un aigle est censé passer ses journées à réviser, quoi ! Surtout les vacances précédant l'année des ASPICs !

Elle allait sortir de la chambre du Fawkes pour quitter la maison (elle avait voulu passer par la fenêtre mais … Il y avait un étage. Citrouille.) … Quand elle capta qu'elle était en caleçon. Elle fouilla dans l'armoire, sortir un caleçon propre, des vêtements à la mode sorcière (elle ne trouva pas sa baguette et eut la flemme de la chercher plus longtemps). Elle essaya de retirer le caleçon d'un coup sec, en fermant les yeux …
Le tissu se déchira d'un coup et elle sursauta, regarda les lambeaux du vêtement puis se rappela qui elle était et referma les paupières aussi sec. S'habiller fut un supplice. Surtout quand elle se coinça la quelquechose dans la fermeture éclair de son pantalon. Argh.

Elle sortir de la demeure Fawkesienne qui était vide, à son grand soulagement. Au vu de la déco, Fawkes était né-moldu … Ce qui confirmait ce qu'elle savait déjà de lui (très peu de choses, à vrai dire). Elle arriva dans la rue, cligna des yeux pour appréhender sa vision un peu floue … Et buta l'épaule dans un arbre quand elle se mit à marcher.

A force de persévérance, elle atteint le Chaudron Baveur, pénétra sur le Chemin de Traverse (seule destination connue à laquelle elle pouvait arriver) et se dirigea vers l'Allée des Embrumes, quand soudain elle aperçut …
Une poignée de cheveux châtains clairs. Une « gamine » maigrichonne marchant d'un pas mal assuré. Elle eut un choc en apercevant son visage. Elle comprenait enfin l'irréalité de ce qui s'était produit. Et elle péta un câble.

« RENDS-MOI MON CORPS ! » beugla-t-elle en se précipitant sur … elle-même. Elle trébucha, se marcha sur ses propres pieds et tomba par terre. Elle se releva les joues brûlantes, maudit ses trois mètres quarante (oui, trois ! C'est qu'il est grand, le Fawkes) et reprit sa course, flamboyante de rage. Enfin, si elle avait été Gwenn dans un corps de Gwenn. Là elle faisait plus tomate maladroite, dégingandée, étrange et rouge. Les trois sorciers et sorcières qui l'avaient entendu(e) crier la(le) dévisagèrent, genre elleestfollecellelà et dégerpirent. Gweyoth arriva à fond la caisse sur Waynn, lui attrapa les cheveux et tira un coup sec. « Qu'est-ce que t'a encore foutu, Fawkes ! » Elle en avait marre. « Hier tu me traînes de force dans un p*tain de magasin flippant plein de trucs morts et sombres, le lendemain je me réveille dans ton Teletubbies de corps plein de courbatures dans ta chambre, je met un temps fou à apprendre à marcher avec ce … ce truc de cinquante mètres de haut, tandis que toi tu squattes ma chambre, mon corps et … et … » Elle se rendit soudain compte que son vrai corps sentait la pomme. L'odeur de son gel douche. Elle pâlit en comprenant que le Fawkes s'était douché dans son corps. « Tu ... T'as prit un DOUCHE ? DANS MON CORPS ? P..P..P-PERVERS ! Tout ça, c'est à cause de toi ! » brailla-t-elle, furieuse. Elle eut une inspiration tremblante (d'ailleurs, il n'y avait pas que ça qui tremblait. Elle ne l'aurait jamais avoué, mais elle était assez angoissée, dans ce corps qui n'était pas le sien, tempêtant d'une voix masculine et bien plus grave que son ton de voix aigu habituel …)
Elle lâcha ses cheveux, enfin les cheveux d'elle-même de son corps, et reprit d'une voix vibrante d'angoisse.
« Imagine je dois rester dans ton corps ! Imagine c'est irréversible ! Je me serais jamais transformée en toi si je ne t'avais pas …. Quoi, comment ça t'es pas Fawkes ? »
HRP : Postéé !

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Je suis égoïste. Je suis égoïste. Je suis égoïste.
Je suis désolée, maman.

Mais ne t'inquiète pas.
J'attendrai la fin de l'été pour assumer mon choix.


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SANG SANG: né(e) de moldus
MessageSujet: Re: [Août 97] Vis ma vie Dim 21 Aoû 2016 - 0:01

J'AI TROP ÉCRIT, OK ???? ! Je fais deux posts car ça dépasse la limite autorisée    Pardon    *se marre*



Traîner Edelwy derrière lui devenait une habitude. Visiblement, cette lionne était faite pour être un sac à main ou le charriot que les grands mères utilisaient pour aller faire les courses, celui où il fallait mettre le pack de lait au fond et les œufs au dessus. 'Fin, un sac qui avait l’inconvénient d'avoir des bras, des jambes, et un QI de moule pas fraiche, vu comment la gamine se débattait alors qu'il tentait de l'aider. Quelle ingrate !
Oui, c'était l’hôpital qui se foutait de la charité. Comme disait Lana, c'était toujours plus facile de faire remarquer à son voisin qu'il avait une goule dans son grenier quand on avait des serpencendres plein la maison.
Avec l'envie d'appliquer la méthode Rondoudou -l'attaque Torgnole-, Wayoth tira de nouveau la petite sur son sillage, l'entrainant dans une boutique dont la devanture laissait deviner qu'on n'y achetait pas ses fournitures scolaires. A cette pensée, le garçon contracta sa mâchoire pour réprimer la colère qui montait furieusement au souvenir de Swann lui collant des plumes et pots d'encre neufs sous le nez. Quel salopard, ce type ! Lui faire ça dans le dos... Demain matin, il viendrait pisser contre la porte, tiens, en aspergeant bien le paillasson !

Si la façade de l'échoppe de disait rien qui vaille, l'intérieur était pire encore. Sans pour autant chercher à identifier les différents éléments exposés sur les étagères poussiéreuses, les brefs coups d’œil à droite et à gauche ne rassurèrent guère le jeune sorcier qui, passant une main dans sa capuche, se gratta la nuque en signe de malaise. A cet instant précis, il savait qu'il puait la trouille : un crâne humain sur sa gauche était étiqueté d'un prix et trois lignes descriptives assuraient qu'il avait appartenu à un moldu et que, trempé dans du sang de dragon, il était devenu un porte-bonheur inestimable. Bien vite, l'adolescent se recentra sur son objectif premier qui était de retrouver Maya : il la trouva à faire les gros yeux à un phénomène haut en couleur... un léger sourire aux lèvres. Sans comprendre son agacement, Fawkes beugla un "Stop" sonore lorsque le type qui lui était vaguement familier invita la demoiselle à passer devant.
Ce qui le frappa ensuite fut la tenue des deux garçons. Ils étaient inconscients ? Même lui n'osait plus arborer des vêtements dits "moldus" et, s'il ne portait pas la traditionnelle robe de sorcier, il évitait de porter des jeans et d'afficher son appartenance au monde moldu en se pavanant avec un tee-shirt. Quels blaireaux, sérieusement... Ne connaissant pas le phénomène peinturluré, il passa son agacement sur une tête connue : le Botruc de Poudlard, Matwesen.

- Matchinsen, t'es à Serpy ou à Gryffy, bordel ?! grogna le garçon en montrant les dents par réflexe, dévoilant le seul couple d'incisive qu'il avait sur sa mâchoire supérieure.

Avant de se tourner brièvement vers la petite dans son dos. Pas contente, Edelwy ? Gentil, le sac à main.
Tout d'abord, l'apprenti animagus pensa que le regard lancé par le nain de Serpentard (plus petit que Wang, c'était pour dire) était dû au fait qu'il lui avait écorché (volontairement) son nom. La suite le cloua donc sur place.

- Tu devrais penser à ce que toi tu es, avant de me poser ce genre de questions.

Se contrôler.
Sa colonne vertébrale vibra, le poussant légèrement en avant, les épaules se voutant, alors qu'il tentait au mieux de retenir l'envie de lui coller une droite.
Parce que, vu le contexte actuel, le décoiffé était devenu légèrement parano. A tord ou à raison, remettre en doute son identité, ses origines, ou quoi que ce soit le visant revenait à lui rappeler qu'il n'était qu'un petit Sang de Bourbe recherché par une panoplie de tarés adeptes des consanguins. Qu'il n'était qu'un usurpateur, un voleur, tout sauf un sorcier digne de ce nom.
Ce que tu es et non pas Qui tu es. Notion de race, de sang. Le sien bouillonnait et son corps ne laissa rien paraitre de plus que sa première impulsion douloureuse. Au contraire, un large sourire vint se dessiner sur son visage creusé par la fatigue qui se pencha légèrement sur le côté droit. Il paraissait sûr de lui, on ne peut plus joueur et fier. En trois pas, il rejoignit la demi-portion et se pencha au dessus de l'asiatique âgée de deux ans de moins jusqu'à ce que leurs nez ne soient qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Wayoth n'aimait pas qu'on lui impose un contact non désiré, certes, mais bordel, ce qu'il aimait perturber la bulle des autres. Il adorait l'idée de mettre Mathewsen mal à l'aise et, avec un ton amoureux semblable à celui de Rogue lorsqu'il parlait de potions mortelles ou de forces du mal, le Serdaigle susurra distinctement :

- Tu tombes bien, minus, j'avais justement besoin d'un vrai sorcier pour lui voler ses pouvoirs. Mes batteries sont à plat, c'est gentil de te porter volontaire. Maman t'a bien éduqué, à ce que je vois.

On avait dit pas les mamans ! Et, comme si de rien n'était, Fawkes se redressa en dardant ses iris claires et dégoûtées sur le Serpentard. Pauvre con. Il se détourna de lui pour faire face à la prunelle morte de Maya. Et elle ? Qu'en pensait-elle ? Est-ce qu'elle aussi le voyait comme un monstre, une vermine à éradiquer ? Après sa prise de bec monumentale avec Bradley, en troisième année, Wayoth avait clamé haut et fort être fière d'être un "Phoking Sang de Bourbe" devant une Salle commune indécise. Le voir exploser de la sorte était assez rare, à Poudlard. Mais il ne savait pas si Maya avait assisté à ce spectacle.
Il ne savait pas trop quoi faire. Il lui en voulait pour le silence des dernières semaines, pour le lapin posé à leur rendez-vous quotidien au déjeuner, mais il était trop inquiet pour lui faire des reproches pour le moment. Quelle gentille attention, quand on les connaissait, lui, sa maladresse, son je-m'en-foutisme et son sale caractère. Avec le temps -presque six ans- sa camarade avait pris de plus en plus de place dans son train-train habituel au point d'évincer aujourd'hui des gens qui prétendaient être ses amis. Et quand je dis qu'elle prenait de la place, ça n'avait aucun rapport avec la largeur de son postérieur.
Inquiet et brouillon, il posa simplement ses mains sur les épaules de la brune et lui balança cette phrase dégoûtante qu'on lançait pour entamer une conversation polie. A la différence qu'ici, la réponse lui importait.

- Ça va, t'inquiète.

Wayoth inspira profondément lorsque les mains de Maya se posèrent sur les siennes. Un nouveau mélange d'émotion l'ébranla de l'intérieur : ce n'était pas gênant, pire, il se surprit à aimer ce contact. Cette constatation le bouscula et, à toute vitesse, son esprit l'abreuva de questions jugées existentielles sur le moment. Était-ce de la joie ? Juste de la trouver là... Ou alors du désir ? Avec Maya ? Phok, lui qui s'était obstiné à penser que Maya n'était même pas une fille, non pas au sens du genre avec la distinction du sexe, mais au sens de cette interaction bien connue, ce petit fourmillement hormonale qui lui mettait le rouge aux joues lorsque Kiarah Garner lui faisait de petits sourires. Il n'avait jamais rien "senti" avec Maya, et pourtant ils se roulaient dessus régulièrement !
Alors quoi ? Il était en hypoglycémie ? C'était arrangeant à penser, au moins.

- On s'est paumés et Mister Paillettes n'a rien trouvé de mieux que d'entrer ici pour demander notre chemin.

Relâchant la pression sur les épaules de son amie, Fawkes se décala pour juger de haut en bas la bombe de couleur qui était à côté de lui. Le sourcil incliné en signe évident d'incertitude, le décoiffé mit les mains sur les hanches en prenant un air mécontent.

- Ya pa de place pour deux Mister Paillettes, mec. C'moi le pro des fluides, tu n'auras que le titre junior, s'tu veux bien. lança le brun, conscient qu'une seule personne pouvait comprendre l'allusion à un certain cours d'Histoire de la Magie où il s'était retrouvé couvert d'un liquide visqueux et pailleté par la faute de cette même personne, autrement dit, Maya.

- Et toi ? T'as pas l'air en forme...
- Siiiiii. affirma alors l'adolescent d'une voix caverneuse et terriblement sérieuse en fronçant les sourcils.

S'il avait voulu ajouter quelque chose, il n'en aurait pas eu le temps : le pot de peinture réclama leur attention. C'était le souci, avec les enfants de bas âges.

- Chaaarmantes ces petites retrouvailles. J’en ai presque la larme à l’œil. Je voudrais pas vous déranger, mais, même si visiblement ce n'est pas ton fort tu pourrais réfléchir deux secondes avant de larmoyer dans les bras de ton ami.
- Hey, tu sais quoi ? Ta gueule, Junior. gronda alors le né moldu, le regard mauvais. Puis : PWAH, c'est quoi cette odeur !?
- Du sang Un haut-le-cœur l'obligea à porter le poing à sa bouche. Il ne supportait ni la vue, ni l'odeur de son propre sang...alors celui des autres...et une odeur de chacal

Le visage de marbre, il pivota complètement face au Gamin qui le fixait. Chacal...? Est-ce que... ? Nan. Seuls les animaux pouvaient sentir l'odeur des gens. Et même si ce gars semblait avoir le QI d'une mouette ou les capacités intellectuels d'une crevette -comme disait Doherty, tout dans la queue, rien dans la tête (à vérifier ici si le cliché sur le caleçon des asiatiques se révélait vrai)-, Wayoth doutait fortement d'avoir un animal face à lui. Avec un sourire mielleux (et faux) à souhait, il rétorqua :

- Nope, c'est le parfum Sang de Bourbe numéro cinq, tu aimes ?

Pour ensuite couler un coup d’œil appuyé au Serpentard, le dévisageant de toute sa hauteur et de tout son mépris. Sur ces bonnes paroles, ce fut Edelwy qui prit soin de le bousculer pour pousser le rideau et entrer dans la pièce adjacente. Ah, ces lions ! La patience n'était vraiment pas l'une de leurs vertus.

- Vous attendez le déluge ? grommela alors Gwenn, arrachant une moue sarcastique au plus âgé.
- Tu grognes ? Faut que j'arrête de te traîner derrière moi, Edelwy, je commence à déteindre. Faudrait pas que tu choppes de mauvaises habitudes, on t'enverrait faire un tour à Azkaban. Il parait que, là bas, ya des beeeeaux gosses qui attendent qu'on leur roule des patins.

Quelle élégance.
L'humeur de plaisantin retomba rapidement lorsque le garçon découvrit, lui aussi, la pièce. Digne des films d'horreurs bas de gamme que Jerry adorait mettre en fin de soirée, pour faire flipper son jumeau. Du sang, des mélanges étranges, des signes d'alchimies... Bizarrement, une discussion littéraire avec ses cadets lui revint en mémoire à cet instant. Le plus turbulent de ses frères lui avait parlé d'un livre dont le titre, Le Parfum, ne laissait pas du tout envisager la folie meurtrière du roman. Et là, tout de suite, Wayoth se demanda si le type qui était le proprio de la boutique avait les mêmes délires malsains que le gars du bouquin.

- Ça ressemble à un pentacle... Un cercle de ...

De ? Il ne sut jamais la suite.
Mathewsen avait lu les inscriptions aux sols et, soudainement, tout s'était illuminé en une lumière aveuglante, la pseudo peinture rouge à l'odeur poisseuse devint d'un bleu très clair et la salle entière disparue dans un flash blanc.
Partiellement aveugle, Wayoth prit légèrement appui sur l'épaule de Maya afin de ne pas se retrouver par terre, mais il se reprit bien vite et proposa une fuite qui fit l'unanimité. Une fois dehors, Wayoth remit bien vite sa capuche, faisant disparaitre son visage dans l'ombre. A tâtons, il vérifia qu'il avait toujours le pendentif volé bien accroché à son poignet et que sa baguette se cachait bien à l'intérieur de sa cape. Une seconde, faite également de charme et d'une plume de phénix, se trouvait dans une poche plus accessible, mais celle-ci n'avait pas la taille requise pour être la baguette idéale pour le garçon. Seulement, avec les contrôles fréquents, Swann avait suggéré à son disciple d'emprunter une baguette similaire à celle de l'adolescent afin que la vraie ne soit pas endommagée.
Sans trop accorder d'intérêt au départ de Junior qui se faisait réprimander par un Elfe de maison (décidément, les Elfes prenaient bien trop la confiance, ces temps-ci !), Wayoth invita le reste du groupe à le suivre.

- Merci infiniment Way ! Sans toi on serait encore paumé dans ce trou à rats. Surtout avec l'autre chien fou...
- Boarf, il a pas l'air bien méchant. Un peu con et survitaminé... 'Tain, c'est dingue, sa fiole me dit quelque chose, mais je vois pas qui. 'Fin bref. C'est pas super bien fréquenté ici... Encore, vous étiez trois, vous aviez plus de chance que... T'ain, Edelwy, si je croise ton père un jour, il va m'entendre. râla le garçon sans savoir que c'était chose faites depuis le 25 juin. On laisse pas une gamine traîner seule ici. Ya des Mangemorts qui trainent partout et ces cons arrêtent arbitrairement les gens. Venez pas ici sapé comme des moldus, phok !

Mathewsen les quitta alors pour suivre un type qui devait être son grand frère, ou que sais-je, le décoiffé s'en battait allègrement les noises. Quand à Edelwy, elle se fit sauter dessus par un hibou -pardon, une chouette, elle n'avait pas les petites pluplumes sur la têtête- et le grand brun en eut un pincement au cœur. Déglutissant péniblement, il baissa les yeux en expirant pour chasser la vision de son propre oiseau de nuit se prenant un morceau de rambarde en plein poitrail. Egg manquait à la famille Fawkes. Et, en vérité, jamais Wayoth n'avait songé être aussi affecté par la mort d'un animal.

-Sérieux, tu n'as pas l'air bien. Tu es malade ?
- Fatigué, seulement... souffla-t-il en cachant une grimace dans sa capuche. Une demi-vérité, un demi-mensonge.
- Tu ne vas pas me faire faux bond au 1er septembre hein ? Tu viens !

Phok. Il ne savait que répondre.
Non, il ne voulait pas venir. Swann voulait, mais lui ? Qu'est ce qui le retenait à Poudlard ? Pas grand chose hormis les rares personnes auxquelles il tenait réellement. Récemment, il avait fait un tri dans ses relations et sa façon de voir les choses avait bien changé. Finalement, ce n'était que logique de ne pas y retourner : il n'avait jamais voulu y aller, il arpentait les couloirs sous couvert d'un masque de petit élève bien sage, il n'était qu'un Sang de Bourbe. Alors quoi, pourquoi cette pointe au cœur ?

- C'est notre dernière année ensemble.

Merci, Maya, de lui trouver une réponse. Il avait passé six ans de sa vie là bas. Il n'y avait pas que des mauvais souvenirs. Alors oui, les derniers événements avaient entaché les fragments de bonheur passés à Poudlard. Était-ce une raison pour tout oublier ? A vrai dire, il aurait aimé, oui, pouvoir enterrer brutalement tous ses souvenirs du château, toutes les rencontres qu'il y avait fait. Dire au revoir, adieu. Il en rêvait.
Pourquoi devait-ce être aussi difficile ?

- Et puis, cette année c'est nous les anciens ! On pourra s'occuper des mioches et leur faire croire ce que l'on veut ! Tu ne peux pas louper ça hein ?
- Ah ! Chiche, on les traumatise dès le train en divulguant des conneries sur la cérémonie de répartition ? Ou, une idée, on organise un tournois dans la salle commune pour savoir quel mec de première année ira le plus haut sur les marches du dortoir des filles ?

Non, vraiment, ça promettait. A voir qui était les préfets, mais pas sûr de faire plus rabat-joie que l'an dernier. Se souvenant de la paire de seins d'Elwyn, Fawkes secoua la tête en ricanant. A quoi bon faire croire à son amie qu'il reviendrait ? Il ne voulait pas lui faire de mauvaise surprise...

- En fait... commença-t-il si bas qu'elle n'avait pas dû l'entendre.
- Bon il se fait tard et cette escapade au pays des fous m'a complètement lessivé.
- Bienv'nue dans mon monde. glissa-t-il avec un sourire malicieux, les sourcils tressautant pour lui donner un air de pervers.
Je ne sais pas toi mais je me sens vidée et je n'ai qu'une envie, m'écrouler sur mon lit pour dormir. Dernier jour de repos demain. Allez, je file ! Merci encore de nous avoir aidés !
- J'avoue... c'était flippant et...crevant. A y réfléchir, il ressentait d'autant plus la fatigue que d'ordinaire. Dors bien, Maya. En espérant que rien ne nous pousse au milieu du front durant la nuit... Si jamais t'as un nouveau membre qui pousse, envoie moi un hibou. Genre, une paire d'oreille ou une queue.

C'est con, elle aurait été un mec, j'aurais pu ajouter "ah non, t'en a déjà une, de queue !". 'Tain, trop dommage...
En tournant la tête de façon à être face à la jeune fille -ou femme, mais là encore, ça se discutait-, sa capuche glissa quelque peu pour découvrir les taches de rousseur sur les joues plus creusées qu’auparavant. Las, il la replaça en un soupire sonore avant de faire un petit signe piteux de la main en guise d'au revoir. Mais au lieu de s'en aller, Maya posa sa main sur son bras et, en une petite étreinte, lui arracha un nouveau soupire, plus court et qui, si elle avait pu le voir dans l'ombre, se termina par un sourire fugace.

-Prends soin de toi Way.
- Oui, maman. plaisanta le garçon qui ne pouvait décemment pas être sérieux quand on lui faisait une marque d'affection.

Il la regarda alors s'éloigner avant de s'en retourner vers l'allée des embrumes, les pensées hantées pas ce "oui, maman" qui lui parut assez adéquate. Si Maya n'était pas sa mère... elle prenait peu à peu la place d'une sœur. Enfin, il ne savait trop comment identifier cette relation, et il était trop fatigué pour. Ce ne fut que rendu devant l'antre de Swann que Wayoth se rappela qu'il n'avait rien à faire ici puisqu'il était censé rentrer chez lui. Sans plus de cérémonie, et malgré la fatigue évidente, il transplana pour atterrir dans la mezzanine adjacente à sa chambre. Dans la cuisine, les jumeaux s’affairaient pour préparer des "amuse-gueules" pour un anniversaire auquel Wayoth n'était pas invité : il ne connaissait pas du tout la fille qui fêtait ses 16 ans, mais il avait cru comprendre que c'était la demoiselle qui trouvait Tomas à son goût.

- M'man est pas là ? gueula-t-il en faisant sursauter ses cadets.

La réponse fut négative et, après une douche et un repas à base de crêpes salées et sucrées qui lui calèrent bien l'estomac, le garçon se mit directement au lit. Assommé par sa journée, il n'eut pas la force d'aller mettre les affaires sales -qu'il avait placé en tas au milieu du passage- dans le bac à linge. Baillant à s'en décrocher la mâchoire, l'adolescent posa simplement sa cape sur son siège de bureau et se laissa choir sur un lit simple. Il s'endormit avant même d'avoir pu se débarrasser de son caleçon. Et pour une fois depuis des semaines, son sommeil fut si lourd qu'aucune forme de rêve n'eut l'audace de venir le réveiller.




Jamais de mémoire de cabotin on avait senti un garçon dans la chambre de la jeune maîtresse des lieux. Oh, il y avait bien eu un jeune mâle chantant aux yeux cendres pour prendre possession de la salle de bain -la grande fierté de ces petites bestioles était d'avoir réussi à le séquestrer quelques minutes dans la pièce avant que leur protégée ne vienne clamer qu'il état un "ami" (Philibert, lui, en doutait fort : cette odeur de testostérone, il la connaissait bien ! Voyez sa descendance !)-, mais le fait étrange de découvrir un garçon à l'intérieur du corps de la demoiselle était un problème qui méritait conciliabule.
Aussi, Philibert avait réuni les plus vaillants de ses guerriers parmi ses fils et ses filles -on les reconnaissait facilement car seuls ceux-ci méritaient le port de la cape rouge ou bleue- et tous entourait la belle au bois dormant dont un filet de bave coulait sur la joue. Faisant frémir ses moustaches, le patriarche des cabotins prit son pic à glace pour picoter une nouvelle fois l'arrière train de ce qui semblait être une jeune fille.

Maya Livingstone était étalée en travers de son lit, la crinière en bataille et les bras écartés à la façon du Christ sur la croix. Faisant office de clous, deux cabotins s'étaient placés dans les paumes ouvertes et reniflaient prudemment les doigts de la sorcière avant de décider qu'il valait mieux ne pas rester là. Un fils d'une des toutes premières portées de ratons s'approcha du visage de la jeune fille, se plaça juste devant la bouche grande ouverte...pour rapidement regretter le choix de sa position et tenter de grimper sur la paille qui servait de chevelure à l'endormie qui grogna dans son sommeil. Avec un couinement, l'aventurier prévint alors ses frères et sœurs que l'haleine de la maîtresse lui avait fait friser les poils du ventre.
Dirigeant l'escouade de cabotin, Philibert redressa son chapeau de mousquetaire et bomba son minuscule torse de la façon la plus digne qu'il soit pour un rat. Maya avait toujours été compliqué à réveiller, ce n'était plus un problème. En revanche, comment réagirait l'étranger qui dormait dans son corps ? bercé par ses "je t'aime-euh" !
Au signal du gros rat noir, les plus jeunes -vêtus de capes de couleurs diverses et variées, parfois même à fleurs- se mirent à tirer sur les rideaux troués qui pendouillaient aux fenêtres et dont le tissu semblait avoir été rongé, non pas par les mites, mais par les rongeurs. Eglantine, la femme dévouée de Philibert, surveillait les trois novices qui se bataillaient pour savoir qui avait le mieux tiré sur le rideau de droite. La dispute tourna court puisqu'un grognement plaintif se fit entendre au milieu du lit et, la main chassant distraitement le chef mousquetaire qui s'entêtait à lui donner des coups de pique à glace dans le derrière, Maya s'étira paresseusement en grommelant des paroles inintelligibles, basculant pour se retrouver sur le ventre, visage dans les bras.

Wayoth eut la brusque sensation d'étouffer. On lui comprimait le torse avec deux coussins qui, il lui semblait, lui appuyaient trop fort sur des possibles bleus qui se trouvaient au niveau de ses tétons tout plat. En toussant et grimaçant, il se repositionna sur le dos pour porter négligemment ses mains sur son ventre. Les doigts froissèrent un vêtement et, en fronçant les sourcils, il se demanda quand il s'était levé pour s'habiller. Quelle idée bizarre ! Il n'avait aucunement froid ! En plus, il avait dû transpirer comme un bœuf : il avait les fesses humides.
Deux secondes... Nan, il ne s'était pas pissé dessus, oh ? Manquerait plus qu'un retour à ses trois ans, tiens ! La dernière fois qu'il avait fait pipi au lit, c'était suite à une sieste forcée par Andrew qui n'avait pas prit la peine de mettre son fils sur le trône alors que le garçon avait réclamé. Puis, ça n'avait pas l'odeur d'urine, nope, plutôt de...

Le sorcier ouvrit brusquement les yeux, mais sa vue était brumeuse et l'une de ses paupières devait être fermée par des croutes. 'Tain, s'il faisait une conjonctivite... génial ! L'odeur du sang le rappela à l'ordre et, en déglutissant et les yeux de nouveau clos, Wayoth chercha à chasser cette douce nausée qui commençait à lui retourner le ventre. Ce n'était pas une envie de vomir normale, il n'avait pas mal à l'estomac mais un peu plus bas, comme lorsque le stress vous empêche de respirer convenablement. Non. Ce n'était pas encore ça. Bordel, qu'avait-il foutu hier pour saigner ce matin ?
Et puis, une sensation bizarre. Comme s'il était plus léger. Vide. Creux. Quelque chose manquait à son anatomie et il devina aisément quoi en resserrant un peu les cuisses. Poussant un râle qui consistait à retenir sa bile, le décoiffé écarta alors les jambes en les pliant comme une grenouille géante. Il identifia un sous vêtement où reposait quelque chose de gênant, d'humide, de poisseux. Il se sentit sale et eut une pensée pour Honey qui vociférait souvent qu'elle souhaitait, qu'un jour, tous les hommes se retrouvent dans la peau d'une femme durant leurs règles. Parce qu'il fallait appeler un chat un chat et une chatte une chatte : Fawkes était loin d'être complètement demeuré et la non-pudeur familiale faisait qu'il était facile d'identifier ce qu'il se passait au plus bas de son corps.
Il avait ses règles. Il avait un sexe féminin.
Et, p'tain, il avait des seins !

C'était donc ça cette horrible impression d'étouffement lorsqu'il s'était mis à plat ventre ? Bordel, c'était des airbags, ces machins là !
Toujours aussi mal à l'aise avec ce nouveau corps, Wayoth se frotta les yeux en cherchant à faire une première micro-toilette pour se débarrasser des potentielles croutes qui lui empêchaient d'ouvrir les paupières. Il ne trouva rien mais s'entêta à se frotter le visage et les joues -pour se décoller les cheveux qui tenaient dans un filet de bave- en réfléchissant à ce qu'il s'était passé la veille.
Ok, bon. Peut-être que cette connerie dans la boutique de magie noire, la lumière bleue, là, avait modifié son corps. Et donc, il se retrouvait dans le corps d'une fille pour...combien de temps ? Quelques heures ? Un jour ? Plusieurs ?
Concentré sur l'idée tout à fait rassurante d'avoir pour lui un corps féminin pour un temps (un corps restait un corps après tout), Fawkes ne fut pas plus choqué que cela de ce qui lui arrivait. Alors certes, ça allait être bien chiant de nettoyer tout ce sang qu'il sentait entre ses cuisses (dégueulasse...), mais la perspective de se retrouver coincé dans un corps du genre opposé ne le perturba pas plus que ça. Il allait trouver une solution, tôt ou tard, et si tôt était préférable, il se disait que, après tout ce qu'il avait vu en découvrant le monde de la magie, plus rien ne pouvait le choquer.
Un corps de fille ? Bah ça réveillait son instinct de Serdaigle. Il avait envie de tester un peu cette nouveauté et l'envie lui prit de noter ça quelque part. 'Fin bon... Et à cet instant précis, il cherchait surtout à analyser la différence au niveau des sensations. Il trouvait son corps moins...réactif. Moins sensible. Rien qu'au niveau de l'entre-jambe, quoi, c'était bizarre de sentir ton appareil génital "à l'abri".
Oh p'tain, comment il allait pisser ??! Est-ce qu'il fallait faire un truc spécial ? Il se souvenait vaguement de sa cousine de six ans s'accroupissant simplement, mais peut-être qu'il fallait une position particulière ? Il ne pouvait pas viser avec ce...truc, si ? Bon non... Ah, phok.
Bon sang, mec, mais à quoi tu penses ?

Sous les yeux en soucoupe de l'armée de cabotins, le corps de l'adolescente se redressa en position assise, les yeux à présent grand ouvert et clignotant à cause de la lumière, sans doute. En réalité, Wayoth ne comprenait pas ce qu'il se passait avec son œil droit. La paupière était bien ouverte, pourtant, alors pourquoi seul son œil gauche répondait présent ? Timidement, le garçon agita ses mains qu'il gardait contre son ventre. Elles étaient moins grandes que les siennes, moins fines aussi avec des doigts plus courts, mais il les trouva toute jolies malgré certains ongles coupés court un peu sales. Sans remarquer que Philibert le dévisageait en le reniflant sur le flanc gauche, le jeune homme bailla à s'en décrocher la mâchoire avant de se gratter une narine en jetant un regard circulaire à la chambre.
Bordelique lui vint à l'esprit, mais ce n'était pas ce qui le dérangeait : lui même l'était et sa mère s'évertuait à dire que les créatifs avaient toujours besoin de foutre la pagaille dans les pièces. Du coup, Wayoth se retrouvait plutôt bien dans ce fourbie. Nan, ce qui était dérangeant, c'était que la chambre devait bien faire le double ou le triple de la sienne. Face à lui, un bureau recouvert de -il plissa l'oeil- parchemins et encres neufs. Une autre fenêtre était difficilement accessible étant donné qu'un meuble couvert de livres -une bibliothèque, donc- trônait juste devant. La simple vision de l'Histoire de Poudlard le fit grimacer : il était chez des sorciers ?
Il attendait que son autre œil se réveille mais, visiblement, ce dernier faisait grève et Fawkes se sentait d'autant plus vulnérable. Ce corps lui semblait bien plus petit que le sien -ses pieds n'allaient pas jusqu'au bord du lit-, moins rapide et son ventre le mettait vraiment mal à l'aise. Une douleur plus vive se fit sentir dans le bas de son dos et le né moldu se retourna pour constater qu'un tout petit bonhomme était en train de lui donner des coups d'épée dans les reins. Éberlué, il le fixa de son œil unique et identifia une panoplie de mousquetaire. Et Porthos se trouvait être, à la grande stupéfaction de l'adolescent, un rat noir qui s'entêtait à lui piquer l'arrière train.

- Mais qu'est ce que tu fais, toi ?

Un sursaut. Le rat perdit l'équilibre et perdit son chapeau et son arme, mais il s'empressa de tout récupérer pour lever le pic à glace dans la direction du visage de sa maîtresse qui tournait la tête de gauche à droite comme si elle cherchait quelqu'un.

- Maya ?!!

Aussitôt, Wayoth plaça ses deux mains devant sa bouche.
Bordel...
C'était comme...avoir Maya à l'intérieur de lui. Et c'était bizarre de l'entendre dans sa tête. De l'intérieur, sa voix e donnait pas du tout la même chose qu'au dehors. Et puis les méninges se mirent en route, très rapidement, et tout doucement, Wayoth porta une main à son visage pour caresser la joue gauche et remonter à tâtons. Son œil... P'tain, son œil...
Bien qu'il n'en avait pas encore la preuve formelle, une réponse vint à sa question silencieuse. C'est en baissant le regard au pied du lit que le garçon constata que le rat mousquetaire n'était pas seul. Une foule de rongeurs dressés sur leurs petites papattes arrières l'attendait en remuant curieusement le museau. Vêtus de capes pour la plupart, ils couinaient en s'agitant un peu et Wayoth eut l'impression de voir une bande qui parlait sur lui. A cet instant, il aurait tout donné pour se transformer en coyote et tenter une discussion avec les bestioles qui le fixaient sévèrement. Lentement, le garçon tira ses jambes hors des draps avec la précaution d'une personne blessée qui s'apprêtait à faire un mouvement peut-être trop brusque. Il posa un premier pied sur le plancher recouvert d'un tapis avant que l'autre ne suive. Les rats ne semblaient pas vouloir s'écarter et leur chef restait dans son dos en continuant à lui donner de petits coups pressant.

- Oh ! ça suffit toi ! grogna la voix de Maya lorsque, agacé, Wayoth avait cherché à se retourné du côté droit. Manque de chance, c'était l'œil aveugle. Frustration.

Assis sagement sur le bord du matelas face à la chorale de rongeurs, le garçon pinça les lèvres en une expression de réflexion. Qu'est-ce qu'il était censé faire ? La sensation d'humidité sous ses fesses le mettait grandement mal à l'aise et la vision de sa mère qui prenait ses douches matin et soir pendant près d'une semaine s'imposa à lui.
Dégueulasse. C'était dégueulasse. Et puis, bordel...c'était Maya.
Ben justement, c'était Maya. Est-ce qu'elle méritait de passer toute la journée les fesses mouillées parce que lui n'avait pas voulu se débarrasser de ce truc qui lui collait aux fesses.

Laissant l'étranger rêvasser à quelque chose qui échappait à leurs petites habitudes, les cabotins l'observèrent soupirer avec lassitude en détaillant les motifs de son pyjama. Un petit sourire vint fleurir sur le visage de Maya, mais il fut bref et l'hésitation vint alors se peindre sur le minois de la maîtresse.
Bien décidé à mettre un terme à ces enfantillages, Philibert bomba son petit torse et brandit le fer vers l'ennemi. La brune bondit du lit en poussant un petit cri de goret et les cabotins en panique se mirent à courir dans tous les sens en évitant de se faire marcher dessus par un Wayoth qui émergeait enfin et faisait tourner les bras qui ne lui appartenait pas en voulant reprendre son équilibre. Ainsi, il réussit à se stopper en une position des plus étranges, le visage près du sol et les genoux fléchis.
Pour sauvagement faire volte-face :

- NAN MAIS CA VA PAS !! T'ES COMPLÉTEMENT TIMB... ré, aiiiieuuuuh...

Cette fois-ci, Mayoth se retrouva face contre terre, le nez dans les moumoutes d'un tapis tout doux qui eut l'effet d'attirer l'attention du garçon quelques secondes avant qu'il ne tente de se relever. Se redressant sur "ses" genoux, Wayoth se massa le menton -cette peau-ci était plus lisse que la sienne, mais il senti un petit bouton sous ses doigts, juste sous la lèvre inférieure. Fawkes cligna des yeux (et se rappela qu'il n'en avait qu'un) et râla en constatant que, en plus d'avoir changé de taille, il avait complètement perdu ses réflexes. Il s'enfonça un doigt dans le bidou, le regardant disparaitre sous un petit bourrelet au niveau du nombril.
Le corps de Maya était plus lent, lui semblait plus lourd. Du moins, il ignorait combien elle pesait, mais en notant la différence de taille entre eux deux, elle ne devait pas trop s'éloigner de ses soixante-huit kilos à lui. Donc ce n'était pas lourd au niveau du poids total, mais il se trouvait si gauche qu'il avait l'impression de tanguer sous l'effet de sa propre masse dès qu'il bougeait. Le fait de ne rien voir du côté droit n'arrangeait rien et le garçon se surprenait à tourner la tête très régulièrement pour pouvoir surveiller les rongeurs qui s'approchaient en reniflant et couinant des menaces qu'il ne comprenait pas.
Pourquoi diable Maya avait-elle un élevage de rat dans sa chambre ? Il n'avait trop rien contre car sa cousine s'était mis dans l'idée d'adopter un rat d'animalerie il y avait deux ans de ça, mais on ne pouvait pas dire qu'une armée face à lui le mettait à l'aise. Sans compter que le chef des rats venait de lui monter sur l'épaule gauche pour lui frapper la tête à l'aide du pommeau de son épée.

- Nan mais toi... 'Tain, tu me gaves, là... marmonna la voix de Maya avant que Wayoth ne vienne saisir le mousquetaire par la queue pour le balancer sur le lit sans ménagement.

La guerre était ouverte. Voyant leur papa adoré faire un vol plané jusque dans les draps, les ratons se ruèrent vers Mayoth alors que celui-ci se redressait difficilement. Il retomba lourdement par terre en se prenant les pieds dans le tapis et, abandonnant le peu de dignité qu'il avait emporté avec lui, le garçon prit l'initiative du quatre pattes. Ainsi, il passa devant une malle énorme et presque vide : seules des cravates bleues et bronze reposaient là tandis qu'un amas de capes et de jupes lui barraient le passage. Écartant les vêtements sales, Wayoth ne se rendit compte qu'il fuyait la porte -et donc la sortie- qu'en étant arrivé à hauteur du bureau. Un rat aux oreilles décollées lui sauta sur la tête et s'accrocha aux cheveux de Maya, un vif d'or volant sur sa cape.

- Descends !! siffla la brune en cherchant à chasser le raton d'une main. Meeeeerde ! Baguette ! Baguette ! 'Tain, elle est où ? Lumos ! Accio !!

Bien évidement, rien ne fonctionna. D'habitude, sa baguette lui répondait toujours, il ne comprenait pas que celle de Maya le boude et ce détail ne lui mit pas la puce à l'oreille. Alors, lorsqu'il la trouva, mit la main dessus et la tourna vers le rongeur qui s'accrochait au col du pyjama, Wayoth fit les yeux ronds en voyant le résultat de son Stupéfix.
Le silence se fit. Choqués, Philibert et sa compagnie de petits dévisagèrent tour à tour les deux billes bichromes de Maya et le petit corps frémissant qui se relevait avec peine. Lissant les plis de sa cape, la cabotine poussa un petit couinement pour rassurer ses frères et sœurs dont certains la dévisageaient avec dégoût.

- Oh Phok... désolé, petit rat. s'excusa Mayoth en la prenant par la queue pour la porter à son visage.

Le rongeur vit alors la couleur trop clair de ses poils. Gris ! Il avait changé sa couleur et avait changé son beau poil soyeux en un gris fade ! Ô rage, Ô désespoir.
Elle lui sauta au visage et martela son crâne de ses petits poings griffus sans parvenir à faire grand mal.

- Bon... Mayoth venait de la suspendre à bout de bras par la queue et menaçait le reste de la petite famille avec la baguette, les sourcils froncés. Ceci est un hold-up ! ... Ouais, ça pète comme réplique, nan ? Bref, vous, là, vous arrêtez de me suivre. Retournez dans votre cage ou votre... commode ?

Sidéré, Wayoth observait les cabotins se mettre en file pour entrer dans le dernier tiroir du meuble. Il n'en croyait pas son œil. Ces bestioles étaient diablement intelligentes, pour des rats ! En revanche, il fallut insister lourdement auprès de Philibert pour que celui-ci daigne lâcher son arme. Il semblait au jeune homme que c'était le comble du déshonneur pour le mousquetaire qui le défia une dernière fois en le regardant comme s'il n'était qu'une vieille crotte avant de rejoindre le reste de sa famille dans la commode.

- PETA* va me sauter à la gorge... bouboussa Mayoth en bloquant la porte du tiroir à l'aide de la chaise de bureau de peur que l'escouade tente de nouveau une attaque.

[*PETA : association de défense animale anglaise, 'me semble]
Il relâcha alors son otage qui continua à pousser de petits cris aigus qu'il ignora royalement, préférant fixer la commode dont un tiroir entre-ouvert laissait deviner qu'il contenait des sous vêtements. Sans gêne -il allait bien devoir s'habiller s'il souhaitait sortir et il doutait que se balader les seins au vent ferait plaisir à Maya (il espérait de son côté qu'elle allait penser à lui mettre un caleçon)-, il le tira et contempla bêtement une culotte géante où voletaient plusieurs vif d'or. A première vu, c'était une culotte de petite fille (celles avec des nœuds, des fleurs, des papillons et autres conneries) en version sorcière. Plaçant le dessous devant lui au niveau de son bas ventre, il dodelina de la tête en se disant que cette culotte était bien trop grande à présent. Puis il vit qu'elle était trouée, comme si quelqu'un y avait découpé un rectangle de tissus.

- Minute...

Son œil fit la navette entre le sous vêtement et la cabotine qui, à ses pieds, tentait de pousser la chaise et libérer sa famille. Il ne put se retenir de pouffer en constatant que la cape de l'animal n'était rien d'autre qu'un morceau de culotte. Reprenant ses recherches, il souleva alors un très joli dessus (du moins, plus portable que les autres selon ses goûts de luxe de mâle) rose où un trio animal semblait danser sur le devant de la culotte. Perplexe, Wayoth plissa la paupière de son œil valide et laissa échapper un gloussement qui n'avait rien de masculin. On pouvait voir deux ratons laveurs qui encadraient ce que Fawkes prit pour un hérisson, mais qui après réflexion se révéla être un porc-épic, et tous trois roulaient des épaules avant d'enchainer une chorégraphie bien plus compliquée qui finissait par la vision des bestioles se tapotant alternativement le cœur, puis l'entre-jambe.
La sélectionnant, il plaça le dessous dont le dos indiquait en lettres d'argents brillantes et pailletées le nom de la marque EXO (EXcalibur Overdosée) dont Lana lui avait parlé : comme quoi leurs soutien-gorge était super confortables et les bretelles se réglaient d'elles même. Il ne savait plus comment le sujet avait été amené, mais sa camarade lui avait également appris qu'une simple pression entre les deux bonnets suffisait à les faire gonfler afin de donner un effet push-up. Baissant le regard sur les deux obus qui lui décoraient le torse, bien au chaud sous le haut de pyjama, Wayoth pensa que son amie n'avait certainement pas besoin de ce petit "plus" et, en se redressant au garde-à-vous pour s'étirer le dos, il trouva que sa poitrine était bien encombrante. C'était lourd, ça gigotait quand il bougeait le buste et il ne pouvait plus croiser les bras sans penser que c'était un attouchement sexuel envers Maya.
Le choix du soutien gorge fut plus expéditif : il se saisit de celui qui allait avec le bas, le blanc aux bretelles roses avec, sur le bonnet gauche, un raton laveur qui caressait son petit torse velu et dansait avec une cane.
Clignement.
C'était quoi le souci de Maya avec les sous vêtements et les animaux ? Ou il avait les idées déplacées et avait des tendances zoophiles, ou la brune avait un certain penchant pour les petites bêbêtes perverse : il n'arriverait jamais à oublier la Fameuse Culotte géante où un lapin courait à la recherche d'une carotte judicieusement placée...

Secouant la tête -ce qui eut pour effet de faire voler ses nouveaux cheveux qui lui fouettèrent le visage-, Wayoth tenta de chasser ses idées peu catholiques pour fouiller le second tiroir débordant de chaussettes et de collants. Bon... non, mauvaise pioche, où étaient les vêtements ? Mordillant paresseusement les lèvres de Maya à l'aide de ses nouvelles incisives (ça aussi c'était bizarre, il avait l'impression que sa bouche était bien plus grande !), il tourna le visage jusqu'à ce que son œil se pose sur le meuble à l'autre bout de la chambre. Après avoir hésité pour un nouveau quatre pattes, Mayoth opta finalement pour une démarche de funambule. Sous vêtement dans une main, il avait étendu ses bras et avançait à petit pas avec l'impression d'être complètement perdu. Il tanguait vers la droite et dû se maintenir un bon bout de temps au lit, puis à la malle pour continuer d'avancer sous le regard incrédule de la rate au vif qui décida de le suivre avec méfiance. L’œil critique du garçon se posa sur des vêtements qu'il avait déjà vu sur Maya et qu'il avait trouvé horrible, comme par exemple ce pantalon où des bouches géantes s'ouvraient et se refermaient en un bruit de sucions dégueulasse qui voulait sûrement imiter un baiser.

- Sérieusement, Maya... C'est quoi cette horreur ? marmonna la décoiffée en grimaçant à la vue d'un chandail couleur peau où des petites taches bleues saphir tournoyaient sur elles-mêmes et voletaient sur le vêtement. Ah c'est des Billiwigs... Nan mais si je mets ça, on va penser que je balade à poil !

Les grommellement continuèrent jusqu'à la découverte d'une chemise blanche qui était peut-être un peu large -sans doute datait-elle du temps où Maya approchait encore les cents kilos- mais tout à fait au gout du garçon qui la posa sur son bras pour tirer à lui un pantalon quelconque qui lui semblait être à la bonne taille.
Un grand fracas à sa gauche le fit alors pivoter. Jouant les innocentes, la cabotine grise se détourna d'un manuel qui venait de s'écraser à terre, et Wayoth la regarda filer vers le bureau où des fournitures neuves attendaient d'être empaquetées. Là, un paquet bleu nuit attira son attention et, avec un mélange de résolution et de dégoût, le sorcier s'en approcha en trébuchant pour en sortir un rectangle plat. Un coup d’œil à l’emballage général lui fit lever l'œil au ciel. "Les serviettes Dracula, le sang elles aiment ça !"

- Mais c'est dégueulasse, 'tain ! Quel slogan de m*rde. A quand, pour les tampons "Dragula aime sucer !" ? C'est ... bwaaark !

Maudissant son esprit tordu d'adolescent qui interpréta ses derniers mots de façon très illustré, Wayoth prit la direction de la porte. Toujours à petit pas, il espérait que la salle de bain ne se trouve pas trop loin -il n'avait pas vu qu'une porte pouvait le mener tout droit dans celle-ci- et sortit dans le couloir sous la surveillance du rat gris dont la cape voletait derrière lui.  

[SUITE DU POST CI-DESSOUS]

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MessageSujet: Re: [Août 97] Vis ma vie Dim 21 Aoû 2016 - 0:02



On ne pouvait pas dire que ça avait été une partie de plaisir.
Wayoth avait passé une grande partie de sa "toilette" à s'attarder sur le visage de Maya qu'il avait nettoyé avec beaucoup de soin, repoussant au plus tard le moment où il allait devoir baisser le pantalon. Après avoir trituré ses cheveux dans tous les sens et conclut qu'il n'allait pas les laver, le garçon avait tenté de les brosser. L'abandon avait été rapide : de sa vie, il n'avait jamais dompté SES cheveux, alors ceux d'une autre personne... Pour sa défense, il plaidait le manque d'habitude, la difficulté de coiffer la crinière de Brousaille -elle ne devait pas ce surnom au St Esprit- et surtout sa vue unique qui le faisait basculer toutes les deux minutes. En fouillant un peu, il avait trouvé de quoi attacher ses cheveux et, imitant les mouvements de sa mère, Wayoth avait monté ses cheveux bien haut, avait pincé le tout en une couette désordonnée pour finalement passer l’élastique plusieurs fois et coincer la masse brune en bataille en un chignon bordelique qui avait donné à Maya l'image d'une fille pressée qui s'était coiffée entre deux occupations bien plus importante. Bon. Il avait recommencé jusqu'à obtenir quelque chose de plus présentable, mais c'était loin de ressembler au chignon stricte de Diana : décalé vers la droite et laissant échapper des mèches brunes, le chouchou tenait on ne sait par quel magie sur le crâne de la sorcière.
Il était passé à un maquillage express. Cette fois-ci, ce n'avait pas du tout été pour rendre Maya présentable ou quoique ce soit du genre, oh non ! Wayoth, par curiosité, avait sorti le mascara pour brosser ses cils. Pour voir. C'était rigolo. Il s'était ensuite amusé avec une petite palette de poudres dont il ne connaissait pas l'utilité, étalant des essais sur le dos de sa main, s'improvisant peintre pour mélanger le tout et créer un résultat dégueulasse qu'il lava en se passant les mains sous l'eau. Il avait retardé le moment fatidique jusqu'à la dernière minute pour finalement prendre son courage à deux mains et baisser le bas de pyjama et la culotte en un même mouvement.

Allez savoir ce qu'il s'était imaginé. Sûrement un torrent de sang rougeoyant et continue qui allait arroser tout le sol (charmant !), ou que sais-je. Mais il n'en fut rien. Les lèvres pincées, Wayoth avait contemplé la partie rougeâtre de la protection et avait inspiré profondément avant de la tirer du dessous pour la rouler sur elle-même comme dans les publicités. S'il s'était attendu à bien plus, c'était à cause de la taille de la serviette qui devait être aussi grosse que sa tête et qu'il compara mentalement aux couches pour bébé. Il s'était alors débarrassé de la protection usagée avec une large grimace, avait retiré les vêtements en levant la tête au plafond pour se donner bonne conscience et, à l'aide d'un gant, avait tenté de se nettoyer au mieux qu'il pouvait. Ce corps n'aurait pas été à Maya, il aurait volontiers baissé les yeux pour détailler ses nouvelles formes et aurait curieusement aventuré ses mains un peu partout. Mais bon. Trop dommage. Pour une prochaine fois.

A présent de nouveau dans la chambre, Mayoth se baladait en sous vêtement à la recherche d'autre chose qu'un pantalon. Non, parce que, il l'avait essayé... mais il avait l'impression que tout le monde voyait la serviette qu'il avait mis ! Avec l'impression d'avoir des flèches clignotant en direction de ses fesses, il soulevait des jupes au hasard en les trouvant toujours trop courtes. En plus, Maya avait eu la brillante idée de ne pas enlever les poils de ses gambettes et il espérait que des collants noirs suffiraient pour masquer ça et ne seraient pas trop chaud. Soufflant comme un bœuf pour couvrir les couinements du dernier placard de la commode, Fawkes se résolu à s'asseoir sur le lit pour enfiler ce qu'il avait trouvé.

- Mais la galèèèère ! Pu...TAIN ! Ah, waaala !

Il commençait à s'habituer un peu mieux et les mouvements devenaient plus naturels, plus fluides. Bref, il marchait à peu près normalement et était enfin habillé...e. Il ignorait quelle heure il pouvait bien être, mais, à la vue du placement du soleil, midi n'était pas encore passé. Il était large !
Et puis, à vrai dire, il avait la trouille de descendre. Il connaissait Maya en tant que personne, mais il ne savait rien d'elle. Enfin, jusqu'à maintenant. On pouvait dire qu'à présent, il la connaissait sur le bout des ongles. Baissant l'oeil sur ceux de sa consœur, il fronça les sourcil en contemplant un verni écaillé  sur les ongles courts. Se saisissant du pic à glace du mousquetaire fait prisonnier, Mayoth commença à se curer le dessous des ongles pour enlever les salissures. Berk. Il avait cru comprendre, en passant la tête à travers les rideaux, que Maya habitait une genre de ferme, mais était-ce une raison pour laisser ses doigts dans un tel état ?
Oui, Wayoth était partiellement coquette sur les bords. Du moins, sa mère était tellement tirée sur quatre épingles qu'il ne pouvait en être autrement de ses garçons, et pourtant, justement, Wayoth était le plus "négligé" des trois. Ne sachant s'il existait du dissolvant dans le monde magique (la petite bouteille rose qui puait la mort quand on versait le liquide sur un coton !), il gratta alors le verni restant avec l'épée du rat. Le grisâtre, courroucé, se mit à lui courir le long de la cuisse pour lui donner un coup de tête dans le ventre où il rebondit.

- Olala, c'est bon, je vais libérer tes potes, crois moi. Mais qu'ils arrête de ...
GROAAAROOOAAAARG
- Tirer sur ma chemise...

D'autant plus agacé que la faim pointait le bout de son nez, Fawkes saisit le rat par la queue et vint le poser sur son épaule gauche en lui tapotant la tête. La bestiole resta anormalement calme le temps de se reprendre et de venir donner un coup de queue sur la joue de Waya.
Saloperie...
Avec un soupire, la brune se dirigea vers la commode et tira la chaise avant d'entre-ouvrir le tiroir. Aussitôt, une flopée de rats s'en échappa pour aller se cacher sous le lit, derrière le bureau, bondir dans tous les coins possibles de la pièce. Le mousquetaire menaça l'étranger en des piaillements ridicules et Wayoth lui tourna délibérément le dos pour inspecter un peu plus en détail la chambre. Maya devait être en train de faire sa valise : rien n'était totalement rangé, mais tout était présenté comme si un voyage se préparait et que les éléments à emporter devaient être cochés avant de sombrer dans la malle. Bah quoi ? Oui, c'est comme ça que lui faisait ses bagages, en tout cas !
Voyant alors un drap qui devait sûrement sécher en attendant le retour de Maya, le garçon se dit qu'il allait faire cette dernière chose avant de se résoudre à trouver la cuisine. Mal lui en prit.

Sous le drap se trouvait en réalité un miroir de plein pied. Bêtement, Wayoth resta à le contempler avant de se décider à plier maladroitement le drap -qui ne semblait pas être si propre...- et s'apprêtait à aller le ranger dans l’armoire lorsque, soudainement, une petite bonne femme grassouillette apparut dans la glace. Non, ce n'était pas Maya. Bande de mauvaises langues, tssss... En réalité, la dame ressemblait à l'idée qu'on se faisait des Nymphes chez les moldus : les cheveux verts, la peau brune semblable à de l'écorce, elle tenait autant de l'arbre que de l'homme.

- Euh ... Bonjour. bredouilla Waya, interdit, se demandant s'il devait balancer un "dis moi qui est la plus belle ?", comme dans Blanche Neige et les sept nains.
- Tu n'as pas trouvé mieux ? le houspilla le miroir d'une voix proche de celle qu'on entendait dans le métro londonien, les paupières lourdes de la chose lui donnant un air hautain.
- De quoi... ? Euh, je dois dire quelque chose en particul...
- Qu'est ce que c'est que ce chignon ? Tu t'es coiffée chez une harpie ?
- Oh, bah je...
- Et cette chemise, hein !? Veux-tu la rentrer de suite !
- Que...je ? Oui !!

Rouge comme un coquelicot, la brune s'empressa de glisser les pans de sa chemise un peu trop large à l'intérieur de la jupe. M*rde alors, lui qui pensait avoir bien fait comme il fallait...

- C'est ce que tu appelle une jupe, ça ? On dirait un sac à foin ! Elle en est bien courte, tu veux avoir la même carrière que Maryou Pornichet ?

Le né Moldu ignorait qui était cette Mary machin en question pour ne jamais avoir entendu parlé de cette sorcière de Glasgow très connue pour avoir la cuisse légère et qui posait pour les magasines masculins.

- Rentre ton ventre ! Souris ! Tiens toi droite ! Mon dieu, mais ce que tu es empotée !

Comment Maya pouvait-elle garder cette horreur dans sa chambre ? De quoi vous saper le morale dès le matin... Coulant un regard à sa gauche pou regarder son épaule, Wayoth remarqua que le cabotin gris s'était figé pour fixer le visage de Maya.

- Tu vas pas t'y mettre toi aussi, hein ? T'es gris ! Et toc !

Joignant le geste à la parole, au "toc", Fawkes déplia le drap pour en couvrir le miroir et étouffer les critiques. Eh beh... Reprenant encore le rat gris par la queue, Fawkes le posa sur le bureau avant de se trémousser en prenant une voix haut-perchée, se donnant en spectacle devant les rongeurs dans leurs cachettes.

- "Tu ressemble à un sac poubelle, toi, dis donc, t'as trouvé ça dans une décharge ?" Mais quelle con*asse, sérieux ! Et gnin gnin gnin gn...
- Ma Mayounette au sucre, tu es réveillée ?

Mamayoukoi ?
Ramassant une cape d'école où le blason de Serdaigle était brodé, Mayoth se la passa sur les épaules et regarda la porte entre-baillée de la chambre comme si un monstre allait en surgir. Sans demander son avis, la bestiole grise lui grimpa de nouveau sur l'épaule et se maintint comme elle pouvait tandis que la main de Maya saisissait le baguette inutilisable. Peut-être qu'il avait juste foiré son sort à cause de son trouble.
Timidement, le garçon fit quelques pas et franchit la porte de la chambre en cherchant d'où venait la voix. Empruntant les escaliers, il se figea lorsqu'il en avait franchi la moitié. Un homme. En pagne. P'tain, mais c'était qui ce malade ??!

- Mon petit Fizwizbiz ! Tu as bien dormi ?
- Euh...
- Ta mère est en bas, elle a fait une nouvelle crise cette nuit.
- Ah. se contenta de lâcher le garçon, la mine bien embêtée : il ne savait pas qui était cet homme qui lui semblait bien vieux. Le papy de Maya, peut-être ? Ou un voisin ? Ouais, enfin, un voisin qui l'appelle Mayounette en se baladant le marshmallow à l'air, il en doutait fortement.
- Tu as faim ? Tu n'as rien mangé hier.
- Une faim de l... de Croup. se corrigea le nez moldu en ignorant si l'expression utilisée par Lana était connu chez Maya. Mais l'homme aux cheveux fou ne sembla rien remarquer.
- Tu sors ? Encore ?
- Euh... Oui, j'ai un rendez-vous.
- Ah oui. Avec Edwin ! souria le sorcier avec un air entendu avant d'agresser à Wayoth un clin d'oeil qui le mit bien mal à l'aise.
- C'est ça. Au... Chemin de Traverse.

C'était qui, ça, Edwin ? Vieux nom de chouette, tiens. Puis, bordel, Maya était pas avec Hayden ? Bon, Wayoth ne voyait pas bien ce qu'il lui trouvait -hormis la belle gueule d'ange- car le Serdaigle qui partageait son dortoir lui avait toujours semblé bougon -la belle blague- et trop peu aimable envers son épaule. Il n'avait pas demandé confirmation sur leur pseudo couple qu'il trouvait tiré par les cheveux, mais Wayoth ne comprenait pas pourquoi les rumeurs voulait que Maya soit une coureuse de Serdaigle. Sean, Hayden, Elwyn, lui même... ça commençait à faire. Si en plus on devait compter cet Edwin, là...

- Quelque chose ne va pas, ma Mayanounette ? s'excama alors la voix dans son dos.
- Pourquoi ? couina pitoyablement Waya en posant sa tartine de Nutelmagic qui, bien qu'il avait très faim, n'arrivait pas à passer.
- Tu n'as pas encore terminé tes trois toasts.
- Ah, ça... C'est que je... J'ai mes ragnagnas.

Piquant un fard, Wayoth se demanda si c'était vraiment une excuse valable chez Maya. L'homme pencha la tête sur le côté en agitant une fiole bleuâtre dans sa main gauche, les sourcils froncés. Oups... sûrement que son amie n'avait pas l'habitude de paler de ça...

- Tes ragnagnas ? Qu'est ce que c'est que ça ?
- Euh...mal au ventre...
- Tu n'as plus de Ratconfortant ?
- ...
- Comme le disait ma grante tante Albertine, rien ne vaut le Ratconfortant ontre les problèmes féminins !

Maman...
Finissant d'une bouchée la tartine et avalant d'un trait le jus de citrouille -dégueulasse...-, Wayoth abandonna l'idée d'aller se brosser les dents et salua en vitesse le sorcier qui semblait occupé avec des mélanges qu'il mettaient desn des petites fioles et plaçait aec précaussion dans un étui. Fawkes manqua de peu de se prendre un truc qui pendouillait au dessus de la porte -encore une fiole ?- et se dirigea à grands pas au dehors.

- N'oublie pas, si tu es trop fatiguée, prends le Magicobus ! Sinon, tu sais où il faut aller pour transplaner. lui beugla l'homme par la fenêtre.

Non, justement, il ne savait pas. Du coup, ce n'est qu'un quard d'heure plus tard que Wayoth eut l'idée de sortir de la propriété sous les hénissements furieux qui émanaient d'une petite batisse. Ne voulant pas savoir quel genre de bestiole habitaient là dedans, le sorcier marchait du plus vite qu'il pouvait, finit par franchir la barrière et, ni une, ni deux, transplana.


ouais, c'est bientôt la fin, no panic...  

- Pardon, désolé, je suis vraiment à la bo... Non mais... Oh P'tain !!

Bordel, c'était à ça qu'il ressemblait, ce l'extérieur ? Fixant le grand machin décoiffé de près de deux mètres, Mayoth se dit que Maya avait eu raison de penser qu'il était malade. Phok, il faisait vraiment peur... MON DIEU, ce qu'il était grand !! Olalalala...
Faisant un pas en arrière pour avoir tout le groupe en vue, il ne pu empêcher son regard de venir se poser une nouvelle fois sur sa silhouette.

- Haaaaanw, mais Honey a raison, j'ai un marshmallow de fille ! geignit la voix de Maya tandis qu'il portait une main à son front, la ride du lion s'y dessinant. Tu as pas eu trop de mal, ce matin ? Je... J'arrive pas bien à garder l'équilibre. souffla alors Wayoth à son corps où Maya se devait de résider. Mais ce fut la voix de Junior qui lui répondit. L’œil unique de Waya se posa tour à tour sur les quatre autres membres du groupe, puis se concentra seulement sur le chien fou.
- Maya ? Tu...es dans Junior ? Enfin, pas dedans genre... voilà, mais tu... Mais bordel...

Ce qui ressemblait à Leslie était en réalité le dénommé Shawn. Mathewsen avait pris une apparence de petite lionne et habitait alors le corps de Gwenn. Quand à cette dernière...

- Oh non... Gwenn tu es... là. Tu devrais mettre ça et cacher mon visage. Il détailla son propre corps de bas en haut et lui lança la cape appartenant à Maya avant de croiser les bras sur son tor...sur sa poitrine, ce qui le fit baisser les bras instantanément. Sur son épaule, le cabotin gris piaillait en direction du corps de Shawn tout en lui tirant sur une mèche brune tombée du chignon.

- Oh, ça suffit toi ! puis, pour le groupe : Comment on va faire... ?

Retourner à la vielle échoppe était en effet une bonne idée, mais un coup d’œil à la devanture explosée laissait deviner qu'on y avait pénétré de force la veille, après leur départ. A l'intérieur, plusieurs objets gisaient à terre et l'odeur terrible empestait à présent d'autant plus. Ils se résolurent à pénétrer le magasin où, un peu gauche, Wayoth n'arrêta pas de se maintenir aux autres pour garder son équilibre. Le rideau miteux gisait au sol, à demi calciné, mais ils furent soulagés de constater que, dans la salle, rien n'avait bougé.

- Vous croyez qu'il faut repr...

Reprendre nos places ? Il n'eut pas le temps de terminer sa phrase : Junior (donc Maya), semblait avoir entendu quelque chose. A entendre les voix, elles semblaient adultes, mais Wayoth ne distinguaient pas ce qu'elles disaient exactement. Ce qu'il saisit du peu qui lui était audible, c'est que les responsables du carnage était de retour. Les yeux en soucoupes, il se tourna vers son corps avant d'agiter les bras pour attirer l'attention à lui.

- On se tire ! Vite, ramassez le plus de truc, les fioles là -il désigna les contenus dont les couleurs s'étaient figés- et aussi le plus de bouquin ! Je vais recopier le dessin si je...

Mais alors qu'il dénichait un parchemin et une plume, il dû se résoudre à les céder à Shaya pour qu'elle le fasse à sa place : il ne voyait pas de son œil droit et la pénombre n'aidait en rien.

- Oublie pas l'incantation... glissa-t-il à la propriétaire du corps qu'il habitait en embrassant la pièce de son œil, voulant tout mémoriser. Mais trop tard, les voix se rapprochaient. Fort heureusement, Shawlie trouva une issue de secours en les poussant dans une nouvelle pièce caché derrière un tableau qu'il avait fait pivoter en touchant à ce qu'il ne devait normalement pas toucher. Les bras chargés de livres sur la magie noire, Mayoth suivait la petite troupe mené par Leswenn qui avait trouvé une sortie direct sur la rue. Haletant en fin de file, Wayoth manqua plusieurs fois de s'étaler par terre et demanda de l'aide pour porter ce qu'il avait dans les bras.
Une fois bien éloignés, ils s’arrêtèrent et la brune plaça les poings sur les hanches en cherchant à reprendre son souffle.

- Hey bah...bon dieu ! Comment...vous faites pour...fuuuuu....courir avec ça ? Wooooh... Heureusement que j'ai un soutif ! pensa le garçon à voix haute avant de rougir sous le regard des quatre autres.
- Je...! EH ! On réfléchit, on perd pas de temps... et après un mouvement circulaire de la tête. Peut-être pas ici, par contre. On va allez du côté Moldu, on nous surveillera moins. Je connais un endroit, à cette heure-ci, ya personne.

Et, en effet, après avoir traversé la place du chemin de traverse, marché sur les ruines du chaudron baveur et être sortis dans les rues de Londres, Wayoth entraina, non pas Edelwy, mais tout le groupe dans un endroit que Maya connaissait à présent. Le Beurre Coeur King, comme elle disait. Le fast-food était complètement vide et les rares employés les regardèrent avec les yeux ronds.

- Salut Fawkes !
- Eh, bien ? Oups.

Le responsable qui l'avait déjà eu pour client de nombreuses fois passa de Gweyoth à Waya avant de laisser apparaitre la surprise sur son visage. Puis le dégoût. Puis il baissa les yeux.
Serrant les dents, Mayoth siffla au plus proche de son groupe d'aller réserver une table à l'extérieur, près de l'air de jeu, et passa commande pour cinq Soda.

- Qui paye ?
- Fawkes. Mais là, il a oublié on porte monnaie.
- Je te mets ça sur ton ardoise, Fawkes. claironna le responsable en évitant de regarder Waya qui prit le plateau de boisson avant de le céder à une autre personne car, au bout de trois pas, il avait manqué de tout renverser.

Une fois installé, Mayoth distribua les boissons avant de souffler à Shaya :

- C'est comme le Billy-Cola, je pense que tu vas aimer. Sauf si le corps de Junior aime pas... Ya des bulles, c'est sucrée. Bref. Qui a le dessin du pentacle, déjà ? Et les fioles ? Et... Quoi, qu'est ce qu'il y a ?


SorryNotSorry:
 

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MessageSujet: Re: [Août 97] Vis ma vie Dim 28 Aoû 2016 - 1:38

Ce n'était assurément pas un rêve mais un cauchemars. Non seulement Maya s'était retrouvée dans le corps d'un parfait inconnu doublé d'un crétin horripilant mais elle devait en plus gérer le fait qu'il avait révélé leur situation à l'Elfe de Maison. Selon les lois de ces petites bestioles, elles étaient tenues de protéger les secrets de leurs maîtres et se devaient de leur obéir au doigt et à l'oeil. Si la créature semblait être aux ordres de Mister Paillettes (momentanément Miss Asperge) rien ne prouvait qu'elle n'allait pas révéler leur péripéties aux parents de Shawn. Après cela, tout était possible. Soit ses parents les emmenaient de gré ou de force à Ste Mangouste pour être auscultés soit ils contactaient le Ministère pour plus de sécurité. Mais sécurité pour qui exactement ? Maya doutait grandement des institutions magiques dernièrement et elle aurait préféré, non elle pensait, que Shawn aurait eu l'intelligence (m^me si le concept est inconnu aux Gryffondor) de faire profil bas.

Grossière erreur. Il s'était tout simplement pointé avec son Elfe de Maison en lui révélant certainement sa véritable identité.


- Leslie ?!

- Ouais, rends-moi mon corps Leslie et fais pas genre ! Répondit le Serpentard en s'approchant d'elle.


Maya fronça les sourcils. Pourquoi Leslie pensait-il qu'elle était Leslie ? A moins que...


- Attends ! Je suis aussi beau gosse que ça vu d’un œil extérieur ?, s’exclama-t-il en se contemplant. Vas-y tourne toi que je m'admire de dos !


Passé le moment de stupéfaction de voir Leslie entrer dans la chambre (après tout Leslie semblait l'avoir reconnue en premier) Maya commença à y voir plus clair et poussa un grognement. Elle ne le connaissait pas, mais cette façon de parler de soi, cette intonation insupportable même si elle sortait de la bouche de Leslie ne trompait pas. Pas plus que ses propos. Shawn était enfermé dans le corps de Leslie. Mais alors... Qui était dans son corps à elle ?!!!!



- Je ne suis pas Leslie ! Et tu peux toujours te brosser pour que je pose devant ton regard de pervers ! Ajouta t-elle avec mordant avant de conclure en croisant les bras sur son torse. Je suis Maya.


- Attends, mais si t'es pas Leslie t'es qui ?? Maya ? C'est qui ça ? T'étais hier dans la boutique au moins ?!


Maya roula les yeux en l'air en poussant un nouveau grognement d'exaspération. Ça y est. Il la rendait complètement folle.


-Maître laissez Ptyra punir ce sale sorcier pour qu'il ne recommence plus ses sales blagues !


La Serdaigle regarda alternativement l'Elfe et Leslie/Shawn et décroisa lentement les bras.


-Oui, mais non ! Il attrapa Ptyra par le col de la nippe qui lui faisait office de vêtement.


La jeune fille inspira profondément avant de soupirer de soulagement. Elle n'avait aucune envie de goûter aux effets de la magie des Elfes.


-Maya, c'était laquelle... La naine ou l'autre à forte poitrine ? Questionna-t-il toujours incapable de visualiser qui était la fameuse Maya.


Le visage de Shawn Inoue piqua un fard monumental lorsqu'il offrit une description assez crue des deux jeunes filles qu'il avait croisé la veille.


- C'est tout ce qui t'a frappé espèce de pet de crapaud ! Ah mais oui suis-je bête, tu étais tellement plus occupé à foutre le boxon et à nous entraîner dans ce merdier pour retenir nos visages.

- Hey mais, il lâcha l'Elfe, ça va... Prends tes aises, coquine va ! s'exclama-t-il en remarquant qu'elle l'avait habillé.

- Quoi encore ? Lança t-elle en regardant la tenue qu'elle portait. Tu préférais que je me balade avec ton si magnifique slip fluo aux yeux de tous ? Sérieux s'il n'y a que ça pour te faire plaisir je peux tout enlever mais j'ai peur de vomir au passage et je m'en voudrais d'embellir ta tanière, conclut-elle en attrapant une fiole et en l'agitant devant lui avant de la rejeter dans le foutoir.


Par habitude plus que par besoin, Maya chercha à passer la main dans ses cheveux pour se calmer les nerfs. Manque de pot, Shawn avait toujours les cheveux courts depuis son réveil. Il n'empêche que le geste était suffisamment efféminée pour faire paraître Leslie plus virile que Shawn.


- Bon, on fait quoi parce que sérieusement, il est hors de question que je reste dans ce corps à vie !

- Parce que tu crois que je prends mon pieds à l'intérieur d'un détraqué décérébré ? Et youpi c'est la fête...

- Donc, tu vas gentiment appeler ton mec et lui dire de venir ici !

- CE N'EST PAS MON MEC ! Par Merlin en quelle langue il faut te le dire pour que ça rentre !

- Mais attends, si toi t'es dans mon corps, ça veut dire que ton mec est dans le corps de qui ??

- Je vais me le faire, je vais me le faire, maugréa Maya en se couvrant le visage de ses mains et en les remontant jusque dans les cheveux. Je ne sors pas avec Mathewsen compris ?! C'est dingue ça, je savais que les Gryffondor étaient lents mais à ce point ça devient Pouffyen !  Et j'ignore où Leslie a pu atterrir. Mais à mon avis, on ne doit pas être les seuls à s'être réveillés ailleurs ce matin.


Maya inspira profondément et grimaça. Un mélange d'odeurs vinrent lui chatouiller le nez et de façon plutôt désagréable. Inspirer profondément dans cette chambre, mauvaise idée. Notée. Elle devait avoir les sinus vraiment bouchés en temps normal parce qu'à travers le corps de Shawn, elle avait l'impression que tout était... plus clair. Plus. Plus affuté. Plus détaillé. Plus précis. Plus intense. Et pas que l'odorat. La vision aussi. Mais pour ça, elle avait l'explication toute trouvée. Elle préféra ne pas s'attarder davantage sur les plus que possédait le corps de Shawn (d'autant que lister ses points positifs lui hérissait le poil en plus de la mettre mal à l'aise) et désigna l'Elfe d'un mouvement de tête.


-On peut lui faire confiance ? Je n'ai aucune envie de voir le Ministère ou Ste Mangouste se mêler de cette histoire. Par les temps qui courent, je ne pense pas que notre situation nous attirera la sympathie des autorités...


Elle revoyait clairement l'affiche désignant les nés moldus et la nuisance qu'ils représentaient pour la société magique. Comment allaient-ils être catalogués eux ? Même si elle préférait mourir plutôt que de le reconnaître devant lui, elle était soulagée qu'il l'ait trouvé. A deux, ça serait sûrement plus facile de retrouver les autres. Et surtout, elle se sentait moins seule.


* Ouais alors ça, c'est exactement le genre de propos débiles que peuvent dire les Gryffondor. On va mettre ça sur le compte du partage de cerve... Mille gargouilles galopantes... Pitié.. Ne me dites pas que je partage son cerveau... *


- On n'est pas seuls dans le coup. Je mettrais ma main, ou plutôt TA main, au feu que tout ceux qui se trouvait dans l'arrière boutique au moment du flash lumineux se retrouvent dans notre situation. J'aurais pensé qu'on s'était juste "alterné" les uns les autres... Genre, toi dans mon corps, Shaya grimaça et frissonna à cette idée, moi à l'intérieur de toi. Mais tu es dans Leslie, cette constatation arracha par contre un sourire ironique à la jeune fille. J'espère qu'il n'est pas trop étroit pour toi.


D'après ce qu'elle avait découvert dans la chambre, y compris les immenses posters de filles en bikini qui la regardaient toujours fixement, Maya était certaine que Shawn aurait préféré se retrouver n'importe ou plutôt que dans le corps frêle et androgyne de Leslie.


- Ça va tu n'as pas l'impression d'être... Diminué ? Ajouta t-elle en retenant à grande peine un rire qui lui secouait les épaules.


Elle se racla la gorge et reprit avec un peu plus de sérieux.


- Bref, c'est pas que te regarder de haut me déplaise, Shaya dépassait de plusieurs têtes Leslie. Mais j'ai vraiment envie de retrouver un corps normal.


Elle fît une pause pour réfléchir pendant que Shawn donna des directives à son Elfe afin de s'assurer de son silence avant de la congédier.


- Il faut qu'on retourne au Chemin de Traverse et surtout dans cette boutique. C'est là que tout a commencé. C'est là qu'on trouvera nos réponses. Je suis sûre que les autres auront le même réflexe. Enfin je l'espère.


Maya et Shawn passèrent les minutes suivantes à se mettre d'accord sur la manière de retourner sur le Chemin de Traverse. Enfin, ils se chamaillèrent plus qu'ils ne discutèrent mais ils finirent par se mettre d'accord sur le fait d'utiliser la Poudre à Cheminette. Maya ne se priva pas de faire encore un ou deux commentaires sur la chambre de Shawn alors qu'elle venait de marcher dans ce qui semblait être un reste de sandwich à mi chemin entre la décomposition et la pourriture extrême. Ils prirent chacun une poignée de la poudre magique et disparurent après avoir énoncé clairement leur destination. Le voyage fût particulièrement pénible pour Maya qui sentait les morceaux de viandes lui remonter dans la gorge à chaque looping. Finalement ils arrivèrent à bon port, Maya manqua de trébucher sur Leslie/Shawn mais étrangement son corps fût plus rapide à réagir que son cerveau. Elle se rattrapa avec agilité et ne vacilla que très légèrement. Une première pour Maya qui avait l'habitude de se vautrer au moindre choc.

Ils ne perdirent pas leur temps à s'attarder sur de pareilles futilités et se dirigèrent droit vers l'Allée des Embrumes. Maya ne cessait de se morigéner. Elle savait que Wayoth habitait Londres et à proximité du Chemin de Traverse. Et malgré le temps qu'ils avaient passé ensemble cet été, jamais elle ne lui avait demandé son adresse exacte. Elle aurait pu aller le trouver directement et... Mais est-ce qu'il aurait bien été lui même ?


- Dis donc, c'est normal que j'ai l'impression d'avoir des poids morts dans les jambes et les bras ? Lança t-elle à l'intention de Leslie/Shawn pendant qu'ils arpentaient les rues désertes à cette heure-ci. On dirait que je sors d'un entraînement de Quidditch particulièrement intense.


Elle passa la main de Shawn sur ses avant bras et les frictionna vigoureusement comme si cela pouvait diminuer l'intensité des crampes qu'elle ressentait. Elle grimaça lorsque ses genoux s'entrechoquèrent. Elle avait gardé une démarche typiquement féminine, et roulait du croupion comme si rien à son entrejambe ne pouvait la gêner. Hors, il y avait quelque chose justement et c'était plutôt imposant.


* Non... Non... Non... Aucune comparaison, ne fais aucune comparaison avec LUI... Et bouse... *


Les joues de Shawn s'empourprèrent une fois de plus sans raison et Maya chercha à passer la main dans ses cheveux mais ne trouva que le vide. Elle soupira en roulant les yeux et dévisagea Leslie/Shawn.


- Quoi ? Oh ça va, si tu t'étais retrouvé dans le corps de l'une d'entre nous, ce qui miraculeusement n'est pas le cas, toi aussi tu serais déstabilisé par le changement de... Sexe. Et pitié épargne moi le passage où tu te serais éclaté si un tel corps était tombé entre tes mains, le coupa Maya avant même qu'il ne dise quoi que ce soit. Je vais déjà devoir vivre en me souvenant de ton corps, je n'ai pas envie de t'imaginer à l'intérieur de moi.


A force de tourner et de retourner en rond, les deux jeunes gens finirent par débouler dans l'Allée des Embrumes. Les boutiques étaient plus sinistres que dans son souvenir mais, ils étaient sur la bonne voie. Maya coula un regard vers Shawn/Leslie et se racla la gorge.


- J'ai rencontré tes frères. Elle fît une pause et se mordit légèrement la lèvre inférieur. Je pense leur avoir fait croire que j'étais toi mais... Elle hésita à en dire plus et finalement se jeta à l'eau. J'ai légèrement envoyé bousé ton jumeau et ça t'a peut-être attiré des ennuis. Enfin je ne sais pas. C'était au petit déjeuner et ton Elfe a menacé d'en référer à tes parents. Si je t'ai mise dans une situation délicate je... Je m'excuse. Mais cette raclure m'avait cherché. Enfin toi. Il te parle toujours comme ça ?


De fil en aiguille ils arrivèrent devant la boutique et restèrent stupéfaits de la découvrir partiellement détruite. Maya sentit la peur lui comprimer les poumons. Tous leurs espoirs étaient anéantis ? Est ce qu'il restait quelque chose ? Allaient-ils rester bloqués à jamais ? Impossible. Non. Pas ça. Au loin, une petite silhouette déambula jusqu'à eux, légèrement égarée. Maya/Shawn plissa les yeux mais cela se révéla pratiquement inutile, elle percevait très bien son visage et ce même de très loin.


- Hey ! Gwenn !! La héla la Serdaigle en lui faisant de grands signes. Par ici !! On est là !! Bon sang ce que ta vue est bonne, ajouta t-elle à l'intention de Shawn.


Rapidement, la petite fille se rapprocha d'eux mais elle ne quittait pas le visage de Leslie/Shawn. Avant qu'elle n'ait pu dire quoi que ce soit, Wayoth déboula de nulle part et se mit à secouer la gamine sans ménagement. Maya allait se précipiter pour les séparer mais ce fût inutile car Wayoth finit par la lâcher non sans s’égosiller. D'après ce qu'elle comprit, Gwenn se trouvait dans le corps de Wayoth.... Et vu les yeux de merlans frits que faisaient Gwenn en louchant sur le corps de Leslie, il n'y avait aucun doute. Leslie était devenue enfin officiellement une fille. Cette pensée arracha un rire nerveux à Maya qui fît un pas en arrière pour essayer de se contrôler. Apparemment, Leslie n'avait eu aucun scrupule à nettoyer un corps qui n'était pas sien, même s'il s'agissait d'une fillette.

C'est seulement en entendant une voix familière, la sienne en l’occurrence, qu'elle perdit son sourire. Si Leslie et Gwenn étaient là, il manquait bien son corps à elle... Et du coup... C'était Wayoth qui était à l'intérieur. Maya blêmit instantanément à la vue de son corps. Gwenn avait compris à l'odeur que Leslie l'avait lavé. Maya contempla Wayoth à travers son corps, il portait des vêtements propres. Il avait essayé de la coiffer, et pire... De la maquiller. Mais ce qui la faisait vraiment paniquer c'était ce qu'elle savait. Et à présent ce qu'elle était sûre de savoir : il savait aussi.


- Bouse de dragon, s'étrangla Maya/Shawn. Way c'est moi Maya ! Ajouta t-elle pour chasser la confusion qui naissait dans l'esprit du garçon.


Elle frissonna quand elle vit son propre regard se tourner vers elle. Elle avait l'habitude de contempler cette pupille morte tous les jours, mais c'était autre chose que de s'observer de l'extérieur, surtout avec une telle hauteur. Par Merlin ce qu'elle faisait petite face au corps de Shawn. Et effectivement, ce qu'on voyait en premier mis à part l'oeil mort c'était cette poitrine voluptueuse qui s'agitait sous le chemisier que Way lui avait mis. Elle ferma les yeux en gémissant. Et voilà que Shawn avait raison.


- Maya ? Tu...es dans Junior ? Enfin, pas dedans genre... voilà, mais tu... Mais bordel.

- Ne m'en parle pas, soupira Maya en rouvrant les yeux. On a tous changé de corps. Shawn est dans Leslie, Leslie est dans Gwenn, Gwenn est à l'intérieur de toi et toi... T'es en moi... Ne répète jamais ces mots dans la salle commune, lui intima t-elle en les entendant officiellement. C'est trop glauque cette partouze.


De petits couinements attirèrent son attention, un cabotin était perché sur l'épaule de Wayoth/Maya. Le corps de Shawn poussa de petits cris et fonça sur celui de Maya. Le cabotin renifla avidement les mains de Shawn et reconnu malgré tout sa maîtresse pour grimper automatiquement sur ses mains et bientôt le long de son bras pour s'arrêter à l'épaule après avoir fourré sa tête dans le creux du cou de Maya/Shawn.


- Brisby ! Qu'est ce qu'il t'a fait ? Mon pauvre petit bébé. Sérieux Way tu lui as fait quoi ? Pourquoi l'un de mes cabotins se retrouve gris souris ?


Elle n'eut pas le temps d'avoir sa réponse les autres s'étaient décidés à entrer une fois de plus dans la boutique pour effectuer le changement de corps. Maya les suivit silencieusement en serrant son cabotin. Tout était sans dessus dessous. Visiblement la boutique avait été vandalisée et pillée.


- Vous croyez qu'il faut repr...

- Chut !! Taisez-vous ! Intima Maya qui fermait la marche et qui s'était retournée en reculant. J'entends des voix approcher, leur chuchota t-elle.

- On se tire ! Lança Wayoth/Maya. Vite, ramassez le plus de truc, les fioles là et aussi le plus de bouquin ! Je vais recopier le dessin si je... [/color]


Ce fût le branle bas de combat. Chacun se précipita sur tout et rien pour emporter un maximum d'objets avant de se faire prendre. Maya entassait aisément les livres dans les grands bras de Shawn, mais constata que Way avait plus de difficulté à gérer la vision, son coup de crayon ne cessait de trembler et il s'arrêtait  trop souvent pour regarder la scène. Abandonnant les livres dans les bras du premier venu, Maya se tourna vers Wayoth et lui prit le parchemin et le crayon des mains :


- Je m'en charge, aide les autres.


Les bruits s'étaient rapprochaient, et la panique habitait chaque parcelle de son corps. Étrangement, elle se sentait plus alerte sous cet état. Ses gestes étaient précis et rapides, elle bondit sur ses pieds et suivit les autres. Elle les dépassa. Le corps des garçons était-il toujours aussi survitaminé ou bien était-ce une particularité de Shawn ? Toujours est-il qu'ils réussirent à quitter la boutique sans se faire repérer ni attraper emportant avec eux plusieurs grimoires et fioles. A bout de souffle, les autres s'arrêtèrent pour faire un topo de la situation.


- Hey bah...bon dieu ! Comment...vous faites pour...fuuuuu....courir avec ça ? Wooooh... Heureusement que j'ai un soutif ! pensa le garçon à voix haute avant de rougir sous le regard des quatre autres.


Maya dévisagea Wayoth à l'intérieur de son corps et inspira profondément.


- Way est-ce qu'on peut éviter de parler de tes découvertes anatomiques je te prie ? Ce n'est ni le lieu ni le moment. Et ça ne le sera JAMAIS.

- Je...! EH ! On réfléchit, on perd pas de temps... et après un mouvement circulaire de la tête. Peut-être pas ici, par contre. On va allez du côté Moldu, on nous surveillera moins. Je connais un endroit, à cette heure-ci, ya personne.


La troupe suivit Wayoth/Maya dans le monde moldus, comme à son habitude Maya observait tout ce qui l'entourait avec appréhension mais reconnue très vite leur quartier général. Le Beurre Coeur King (Burger King pour les initiés), Maya et Wayoth étaient allés y déjeuner pendant leurs pauses au mois de juillet. Il commanda à boire et ils se regroupèrent autour d'une table suffisamment à l'écart des autres clients. Way distribua les boissons et lui glissa à l'oreille :


- C'est comme le Billy-Cola, je pense que tu vas aimer. Sauf si le corps de Junior aime pas... Ya des bulles, c'est sucrée. Bref. Qui a le dessin du pentacle, déjà ? Et les fioles ? Et... Quoi, qu'est ce qu'il y a ?

- Qu'il aime ou non, je vais me le siffler, dit-elle en haussant les épaules et en lançant un regard de défi à l'intention de Shawn/Leslie. J'ai le dessin, articula t-elle après avoir toussé sous l'effet du pétillant.


Elle l'étala sur la table tandis que les autres déposaient ici et là ce qu'ils avaient emporté. Chacun se mit à parler en même temps. Maya se tint coite en les regardant pour certains régler leurs problèmes et soupira. Elle contempla le pentacle et fouilla dans sa mémoire tout ce qu'elle avait lu et retenu dessus. Elle se destinait à entrer dans l'Institut Flamel, le plus renommé en matière de formation d'Alchimiste. Pourtant tout ce qu'elle voyait était du chinois pour elle. Elle attrapa un grimoire pendant que les autres discutaient et se mit à le feuilleter avec avidité. Elle aurait tellement aimé pouvoir le lire entièrement... Il y avait là bien plus d'informations que tous les grimoires qu'elle conservait chez elle. Certains sortilèges étaient pourtant assez répugnants... Mais fascinants.


-Il faut reconstituer le pentacle, lança Maya à mi voix.


Personne ne l'écouta. Ils étaient visiblement trop accaparés par leurs discussions/disputes. Maya haussa le ton, venant du corps de Shawn, sa voix couvrit aisément le grabuge.


- Hey bouclez-là deux secondes. Dans ce bouquin, ils disent qu'il faut obligatoirement un pentacle pour user de l'alchimie et qu'il doit être identique à chaque manipulation. Ce qui signifie qu'il nous faut reconstituer le même pentacle avec les mêmes fioles aux mêmes emplacements que celui de la boutique. A partir de là...


Maya feuilleta les pages et secoua la tête. Elle n'avait pas le temps de tout lire et pourtant la réponse était sûrement là dedans.


- Je pense qu'on devrait réciter la formule une fois tout reconstitué. Il devrait se passer la même chose et on changera une fois de plus de corps... Mais je ne trouve pas comment s'assurer de nous ramener chacun dans notre corps...


Et que se passerait-il si une mouche venait par hasard traverser le pentacle pendant l'opération ? Maya préférait ne pas y penser. Un chien fou, un androgyne, une naine et une asperge ça suffisait amplement en choix.


- Heu... Par contre, il va nous falloir du sang... Beaucoup de sang... Pour le pentacle...


HJ : Promis j'essaie de diminuer la prochaine

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MessageSujet: Re: [Août 97] Vis ma vie Sam 17 Sep 2016 - 5:24

Le cauchemar semblait durer une éternité. Les minutes tombaient aussi lentement que les goûtes d'eau d'un vieux robinet. Plus la journée passait, plus ses heures devenaient agressantes et chiantes. Génial. Casser tout ce qui l'entourait, c'était la seule chose qui pouvait redonner le sourire au Serpentard, mais avec ce corps, il... abandonnait. Ce n'était pas pour une question de force qu'il s'était résigné à rester calme. Après tout, il n'était pas plus frêle, plus petit ou plus fort que d'habitude. C'était seulement parce qu'il n'avait pas l'impression que ça allait changer les choses et avec le peu qu'il en connaissait sur la Gryffondor, il préférait éviter d'attirer l'attention. Comme quoi il avait fini par voler la sagesse de Little à force de le coller au derrière. Bref, les nouvelles angoisses du sorcier n'étaient pas guidées par la peur d'être dans un corps qui n'était pas le sien. Ce qui le rendait nerveux, c'était de devoir être Gwenn. Déjà, la communication n'était pas son point fort, alors la rétroaction... zéro. Si quelqu'un venait à lui parler, pour sûr, il allait engendrer des malaises. Il inspira profondément, toujours dans son petit coin perdu à essayer de démystifier la cause de ses problèmes. Il tenait l'évènement de la veille responsable de la situation, mais comment pouvait-il en être sûr ? Et si Gwenn se retrouvait dans son corps ? Où pire, l'autre bouse qui était dans la même maison qu'elle. Leslie savait qu'il avait changé de corps, c'était une évidence, mais peut-être que l'échange n'était pas aussi simple que cette réalité. Il imagina toutes les possibilités, visualisant son corps sans vie ou possédé par un servant de vous-savez-qui. Son corps pouvait être n'importe où et sous le contrôle de n'importe qui. Ou peut-être que ce n'est que les sorciers dans le cercle qui ont été échangés. Ahlala, pour vu que Gwenn soit dans mon corps... Parce que Fawkes était un traître, que prononcer le nom d'Inoue lui donnait mal au coeur et que Maya lui semblait être trop expressive et impossible à vivre pour l'incarner ne serait-ce qu'une seule minute... Il ne restait plus que Gwenn. Rouge, certes, elle restait la plus stable d'entre eux, psychologiquement. Le vert et or commença à faire les cent pas puis il croisa les bras. Ne pas paniquer, ne pas paniquer... ne

- Hey ! Gwenn !! OH, citrouille ! Se cacher, se cacher, se... Ah, non, c'est seulement Inoue et... moi.  Bon, même de loin, Inoue ne semblait pas normal avec son mouvement de bras trop grand, comme s'il croyait qu'il était impossible pour Leslie de le voir, sans oublier sa façon de crier. Il était donc l'heure de sortir les étiquettes. Inoue, c'est Maya. Mathewsen n'en doutait pas une seule seconde, mais qui se retrouvait alors dans son corps ? Il se rapprocha assez rapidement, prêt à poser toutes les questions qui lui venaient en tête. Cependant, il n'eut guère le temps de prononcer le moindre mot qu'il se fit attaquer par un géant. « RENDS-MOI MON CORPS ! » Gwenn... stable psychologiquement ? Ahah, tu parles d'une connerie. Oui, Leslie eut de suite l'impression qu'il avait fait erreur. De plus, la chute du Serdaigle prochainement rose fesse fut assez impressionnante à voir. Le corps du traître était tombé de bonne volonté, car il n'y avait rien pour le faire chuter... C'est presque pathétique. Pour ne pas avouer que ce l'était et on ne parlera pas des rougeurs qui s'étaient imprimés contre le visage du bleu à qui Mathewsen pouvait y mettre l'étiquette; Gwenn.

« Qu'est-ce que t'a encore foutu, Fawkes ! » Au secours... ?! Leslie avait besoin d'aide. Pourquoi ? Parce que Gwenn le tirait par les cheveux et qui dit Gwenn dit Fawkes et disons qu'il y avait une grande différence de grandeur entre les deux corps. Un brin de colère monta chez le Serpentard qui se demanda pourquoi il avait pris soin du corps de cette folle si c'était pour se faire violenter par la suite. Au fond, il aurait dû briser des trucs et arrêter de s'en faire plus tôt, parce que tout son calme ainsi que sa patience étaient voués à l'échec. Ils sont tous dingues ! Tu parles d'une malédiction.

« Hier tu me traînes de force dans un p*tain de magasin flippant plein de trucs morts et sombres, le lendemain je me réveille dans ton Teletubbies de corps plein de courbatures dans ta chambre, je met un temps fou à apprendre à marcher avec ce … ce truc de cinquante mètres de haut, tandis que toi tu squattes ma chambre, mon corps et … et … » Leslie releva la tête vers lui/elle, se forçant un léger sourire dans l'espoir que tout s'arrête enfin. Comment Fawkes pouvait être aussi grand et effrayant à la fois et cela même s'il n'était pas Fawkes ?
« Tu ... T'as prit une DOUCHE ? DANS MON CORPS ? P..P..P-PERVERS ! Tout ça, c'est à cause de toi ! » Il braille... Par la barbe de Merlin, il est encore plus laid. L'adolescent s'étouffa avec sa propre salive tant la situation l'écoeurait.

- Je ne suis pas Fawkes. Peux-tu comprendre ça ? avoua-t-il dans un mouvement de recul maintenant qu'il était libre. Il put d'ailleurs mettre l'étiquette; Wayoth contre la tête du corps de Maya.
« Imagine je dois rester dans ton corps ! Imagine c'est irréversible ! Je me serais jamais transformée en toi si je ne t'avais pas …. Quoi, comment ça t'es pas Fawkes ? » T'es plus retardée qu'Inoue... Tous les rouges sont vraiment stupides.
- Si tu veux faire mumuse avec ton copain le traître, alors va tirer les cheveux de Livingstone. Et ouais, je t'ai lavé, mais j'ai pas cherché à voir. Il n'y avait rien de pervers et surtout pas avec un corps comme le tien. Ce n'était pas comme s'il y avait quelque chose à découvrir chez Gwenn. Autant la comparer à Stevenson et son torse. Il n'y a rien et répétons-le pour en être sûr, il n'y a ABSOLUMENT RIEN à voir. - C'est trop glauque cette partouze.

- Pas autant que la gueule de Fawkes. souffla-t-il dans un murmure tout en replaçant ses vêtements. Il se déversait contre Way'. Il lui fallait bien une victime. Avec Inoue, la provocation serait trop rapide, Gwenn était déjà folle et Maya était trop... spéciale. Passons-nous de commentaires, la suite des choses arriva assez rapidement. Mathewsen n'était pas vraiment prêt à retourner sur le lieu du crime. Il cheminait nerveusement et entremêlait ses doigts ensemble pour occuper son esprit alors que les autres semblaient aussi calmes que lui. La boutique était dans un état pitoyable comme Fawkes. Tout criait qu'ils ne devaient pas y retourner, mais lorsqu'un groupe possède un idiot, une folle, un cadavre gigantesque et une femme spéciale, il ne faut pas s'étonner que rien ne fonctionne comme le Serpentard voudrait que ça fonctionne.

- Vous croyez qu'il faut repr...
- Chut !! Taisez-vous ! J'entends des voix approcher. Pas étonnant venant de toi. Quelqu'un qui entend des voix, ça ne pouvait que tomber sur elle/lui. Leslie se redressa doucement, restant sur place sans grand intérêt, alors que tout le monde se bougeait pour amasser le plus de trucs possibles. - Je suis pas sûr que ça va nous aider et qu'est-ce qui vous dit que "les voix" viennent dans cette bou... Pas le temps de finir qu'il se fait mettre un paquet de bouquins entre les mains. Okay, on va fuir peut-être pour aucune raison, c'est ça le plan... C'est très intelligent, heureusement qu'on a deux Serdaigle avec nous. Ensuite, si la boutique est dans cet état, c'est que tout ce qui était utile a déjà été volée, nah ? Logique... Ce mot semblait perdu dans le néant. Enfin, Mathewsen ne traîna pas et il partit comme les autres. Il essaya de rester dans sa tête en entendant les commentaires de Fawkes/Livingstone en ce qui concernait sa... poitrine. Maya lui partagea d'ailleurs son point de vue sur le sujet. Pour une fois, elle disait quelque chose de sensée. Ils se retrouvèrent ensuite au Burger King et Leslie réalisa en prenant place que Shawn était dans son corps. Il déposa les bouquins contre la table sans arrêter de se fixer. Il regardait son propre corps, ne le quittant pas des yeux. Shawn l'avait bien habillé, c'était déjà ça. Cependant, ce qui intéressait Mathewsen, c'était ce que le loup avait fait chez les Little. J'espère qu'il n'a pas parlé avec Cliff... ou Mitch. Oh, il n'avait encore aucune idée de ce qui l'attendait au retour. Shawn lui avait engendré un joli problème qui allait être bien difficile à gérer.  

- C'est comme le Billy-Cola, je pense que tu vas aimer. Sauf si le corps de Junior aime pas... Ya des bulles, c'est sucrée. Bref. Qui a le dessin du pentacle, déjà ? Et les fioles ? Et... Quoi, qu'est ce qu'il y a ? Leslie détourna le regard pour voir à qui il parlait. Il se prit ensuite une boisson, la sirotant. La seule chose qui lui rappelait qu'il n'était pas dans son corps, c'était de se voir. À chaque fois, il sursautait et détournait son attention. Il commençait à avoir de la misère à se faire face.

-  J'ai le dessin. Le jeune homme, maintenant jeune fille, haussa les épaules et regarda vers les autres. Il prit ensuite l'un des bouquins et l'ouvrit en soupirant. il écouta ce que les autres avaient à dire, puis finalement, il perdit patience. - Avec vos compétences qui s'approchent du troll, je ne vais pas m'embarquer dans vos conneries de sang-de-bourbe et de Gryffon' sans cerveaux si aisément. Et alors que l'atmosphère se changea peu à peu, Maya finit par tout couper et un silence prit place à la table.

- Hey bouclez-là deux secondes. Dans ce bouquin, ils disent qu'il faut obligatoirement un pentacle pour user de l'alchimie et qu'il doit être identique à chaque manipulation. Ce qui signifie qu'il nous faut reconstituer le même pentacle avec les mêmes fioles aux mêmes emplacements que celui de la boutique. A partir de là...
Leslie la regarda feuilleter le bouquin tout en terminant sa boisson. Enfin, il le regarda...
- Je pense qu'on devrait réciter la formule une fois tout reconstitué. Il devrait se passer la même chose et on changera une fois de plus de corps... Mais je ne trouve pas comment s'assurer de nous ramener chacun dans notre corps...
- Tu penses... Tant que je ne finis pas dans le corps du traître, ça me convient.
- Heu... Par contre, il va nous falloir du sang... Beaucoup de sang... Pour le pentacle...
Le Serpentard croisa les bras et leva les yeux vers le plafond. Il prit le temps de réfléchir un instant.
- Du sang provenant d'un animal ? Un sorcier ou... Il abaissa les yeux vers le corps de Fawkes et grimaça avec dégoût. - Dans tous les cas, le sang de l'un d'entre nous est totalement inutile.

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MessageSujet: Re: [Août 97] Vis ma vie Mar 4 Oct 2016 - 4:58

Il était dans le corps de l’androgyne et se sentait incroyablement à l’étroit, comme un pull en cachemire lavé à la mauvaise température ayant rétréci. Heureusement que son elfe de maison l’écoutait encore, il aurait été dans de beaux draps pour rentrer au fin fond de l’Écosse sans un rond et sans savoir où se rendre pour prendre le Magicobus. Il ne l’avait pris qu’une fois dans sa vie et c’était en compagnie de Connor et Sian. En somme, il n’avait pas la moindre idée de comment cela fonctionnait ni même si ce bus se rendait jusqu’en Écosse. Bref, tout ça pour dire qu’il était bien content d’avoir son elfe de maison sous le coude et en plus d’être arrivé à lui faire comprendre que malgré son physique de minette, c’était bien Shawn prisonnier de ce corps.

Il se retrouva nez à nez avec lui-même. Il n’avait jamais eu l’occasion de se contempler d’un œil purement extérieur (considérant son frère comme étant le prototype raté) et ma foi, il se trouvait tout à fait charmant. Un corps longiline, bien proportionné et tout en finesse. Il demanda à l’intrus dans son corps de pivoter, mais celui répondit avec des intonations un peu trop haut perchées à son goût :


- Je ne suis pas Leslie ! Et tu peux toujours te brosser pour que je pose devant ton regard de pervers !  Shawn éclata d’un grand rire qui ne ressemblait pas du tout à Leslie. D’ailleurs, ce rire lui fit mal à la commissure des lèvres, aux joues et se termina par une toux étouffée. Visiblement ce n’était pas le genre de mimique présente dans le répertoire de l’androgyne, ce qui expliquait le mal fou qu'il eut à reprendre son souffle. Je suis Maya.

Maya ? C’était laquelle, il n’en avait pas la moindre idée. S’étaient-ils même présentés ? Il en doutait ou il avait oublié. Il formula de vive voix le fond de sa pensée à savoir si Maya était la demoiselle à forte poitrine. Voir son visage virer au rouge coquelicot ne lui fit pas particulièrement plaisir, il arqua un sourcil relevant la tête vers lui-même. Ce que ce « Leslie » était petit bon sang.


- C'est tout ce qui t'a frappé espèce de pet de crapaud ! Ah mais oui suis-je bête, tu étais tellement plus occupé à foutre le boxon et à nous entraîner dans ce merdier pour retenir nos visages.

Il était peut-être un gryffondor donc stupide, mais il déduisit que Maya était celle avec la poitrine attrayante.

-Bah quoi ? T’as une poitrine opulente, enfin t’avais, je vois pas où est le souci.  T’aurais préféré que je te dise : la naine ou l’autre avec l’œil mort glauque qui fait flipper ? Il eut un rire sardonique. Tu te serais forcément sentie offensée, et certainement bien pire !  Alors raconte pas de salade, « Maya ». D’ailleurs, tu t’es fait ça comment ?

Shawn n’avait aucune délicatesse et ne prenait pas de pincette, mais on pouvait également voir ça sous un autre angle : il ne jugeait pas la demoiselle ni ne la prenait en pitié ou de haut. Il lui demandait simplement ce qui lui était arrivé comme il aurait pu demander à un camarade avec une attelle ce qu’il avait bien pu foutre pour en arriver là. Pourquoi mettre des tabous là où il n’y en a pas besoin !

Il remarqua au même moment qu’elle l’avait habillé et un sourire immense se dessina sur le visage de l’androgyne.

- Quoi encore ?  Tu préférais que je me balade avec ton si magnifique slip fluo aux yeux de tous ? Sérieux s'il n'y a que ça pour te faire plaisir je peux tout enlever, mais j'ai peur de vomir au passage et je m'en voudrais d'embellir ta tanière.

Elle attrapa une fiole qu’elle secoua sous son nez. L'agressivité, toujours l'agressivité, à croire qu'elle n'avait que ce registre en stock. Il pencha la tête sur le côté :  quoi, il te plaisait pas mon slip orange fluo ? C’est mon slip préféré ! Elle passa une main dans ses cheveux de manière efféminé, trop efféminé : - arrête de faire ça ! On dirait que je suis pédé comme un boursouf.

D’humeur un peu plus renfrognée, il lui fit remarquer qu’il ne comptait pas rester dans ce corps de lâche toute la journée.


- Parce que tu crois que je prends mon pieds à l'intérieur d'un détraqué décérébré ? Et youpi c'est la fête...

- Ouais, mais toi tu risques pas de choir dans les mandragores à chaque mouvement ! Donc, tu vas gentiment appeler ton mec et lui dire de venir ici !

Il n’écouta pas sa réponse. Elle avait pourtant haussé le ton, mais c'était justement ce volume et cette sévérité qui avaient l'effet opposé sur lui. Pour discuter avec Shawn, l'agressivité, l'autorité, le mépris ou hausser le ton résultaient en une seule chose :  c'était comme pisser dans un chaudron ou comme essayer de dresser son chien en lui hurlant dessus, cela ne donnait aucun résultat et dans le pire des cas, une morsure.

- Je ne sors pas avec Mathewsen compris ?!

- Mathewsen, c’est qui ? L’autre asperge rabat-joie ? Shawn-Leslie secoua la tête en soupirant : écoute  tes histoires de couple et ton cœur d’artichaut, c’est clairement pas le moment ! Je me fous que tu mijotes dans tous les chaudrons.

-C'est dingue ça, je savais que les Gryffondor étaient lents, mais à ce point ça devient Pouffyen !  Et j'ignore où Leslie a pu atterrir. Mais à mon avis, on ne doit pas être les seuls à s'être réveillés ailleurs ce matin. Maya dans son corps grimaça.

Leslie-Shawn continua à fixer son propre corps sans dire un mot. C’est vrai qu’il ressemblait à Zack, il ne pouvait le nier et c’est bien ça qui l'embêtait. Il avait l'impression de voir son jumeau, mais avec des mimiques efféminées. Au fond, ce changement de corps ne le choquait pas tant que ça, il avait l'habitude de croiser son double de partout et il avait juste le sentiment que le Shawn face à lui était son frère lui jouant une mauvaise blague. Avant de se souvenir de l'aventure de la veille, bien évidemment. Maya désigna l’elfe de maison d’un coup de menton :

-On peut lui faire confiance ? Je n'ai aucune envie de voir le Ministère ou Ste Mangouste se mêler de cette histoire. Par les temps qui courent, je ne pense pas que notre situation nous attirera la sympathie des autorités...

- Ptyra ? Il fixa son elfe qui tenait le short de Leslie en fixant tour à tour les deux jeunes gens la bouche entrouverte. Bien sûr qu’on peut lui faire confiance !


- On n'est pas seuls dans le coup. Je mettrais ma main, ou plutôt TA main, au feu que tout ceux qui se trouvait dans l'arrière-boutique au moment du flash lumineux se retrouvent dans notre situation. J'aurais pensé qu'on s'était juste "alterné" les uns les autres... Genre, toi dans mon corps, moi à l'intérieur de toi. Mais tu es dans Leslie. Un sourire naquit sur les lèvres de Shaya. J'espère qu'il n'est pas trop étroit pour toi.


- Boarf, ça me court sur le haricot, cracha-t-il. C’est étroit dans tous les sens du terme.


- Ça va tu n'as pas l'impression d'être... Diminué ?

- J’ai l’impression d’avoir été castré, c’est particulièrement désagréable. Surtout que bon, il souleva les sourcils au ciel, t’es bien placé pour savoir qu’y a du matos.

Bim, retour du souafle au poursuiveur. Tu veux jouer, jouons Miss Monde. La provocation, c’est ma seconde nature. Il n’est pas né celui qui me désarçonnera de mon balai.

- Bref, c'est pas que te regarder de haut me déplaise. Leslie eut un petit rictus. Mais j'ai vraiment envie de retrouver un corps normal.


Leslie-Shawn pivota vers Ptyra qui questionna : - Maître ?

-Tu peux nous laisser seul Ptyra ?

-Mais Maître, la traîtresse à forte poitrine a votre corps en otage !

Shawn retint un éclat de rire et tapota sur la tête dégarnie de l’elfe : - T’inquiète, je gère. Fais pas le poireau, allez du vent !

Ptyra s’éloigna en fixant d’un œil mauvais Shaya et en grommelant quelque chose d'inintelligible.

-Et pas un mot à Père… ‘va me gaver sinon.

Dès que l’elfe sortit de la chambre, elle reprit la parole :

- Il faut qu'on retourne au Chemin de Traverse et surtout dans cette boutique. C'est là que tout a commencé. C'est là qu'on trouvera nos réponses. Je suis sûre que les autres auront le même réflexe. Enfin je l'espère.

-ouaip, dit-il en bâillant à s’en décrocher la mâchoire. Fais gaffe, tu viens de mettre le pied dans des restes de citrouille.

Ils se disputèrent à propos de la marche à suivre, mais trouvèrent un commun accord en décidant d’utiliser la poudre de cheminette (Shawn lâcha l’affaire pour qu’elle lui foute la paix). Maya ne manqua pas de relever l’état de sa chambre et le fait que l’on ne risquait pas de trouver la poudre dans ce bazar. Mais Shawn, après plusieurs minutes de recherche, retrouva la fameuse poudre à côté d’un couteau suisse et d'un dentifrice éventré sous une casquette bleue avec un marshmallow en effigie. Shawn n’avait jamais effectué un voyage en poudre de cheminette aussi désagréable, il avait le sentiment d’être secoué dans tous les sens et lorsqu’il atterrit, il s’étala sur Shaya et s’agrippa à son bras. L’irritation commençait à enfler en lui, il ne supportait plus ce sentiment de faiblesse.

Teletubbies, jura-t-il en lâchant Shaya, il avait la tête qui tournait et tituba jusqu’au lampadaire le plus proche. Fort heureusement, il ne vomit rien, mais eut plusieurs nausées. Lorsqu'il reprit des couleurs, il se redressa et suivit le rythme de Shaya tant bien que mal. Maya se retourna vers lui qui avait encore des étoiles noires passant devant ses yeux. Il était plus silencieux qu’à l’accoutumée, ce qui n’était pas bon signe.

- Dis donc, c'est normal que j'ai l'impression d'avoir des poids morts dans les jambes et les bras ?

-Quoi encore ?

- On dirait que je sors d'un entraînement de Quidditch particulièrement intense.

Il se stoppa les sourcils froncés, la migraine n’était toujours pas parti et il n’avait pas l’habitude d’en avoir. Se frottant les tempes, il marmonna : - De quoi « des poids morts » ?

Étant habitué depuis des années à ce poids dans le corps, il ne le sentait même plus. Il n’envisageait même pas ce que pouvait être une vie sans cette fatigue à l’approche de chaque pleine lune et surtout après. Les courbatures douloureuses qui faisaient suite et ce sentiment d'être complètement vidé. Il comprit enfin de quoi elle voulait parler par « poids mort » et conclut :  Oh euh, oui c'est normal. Je fais beaucoup de sport. Il se stoppa au milieu de la ruelle juste avant de pénétrer dans l'allée des embrumes.

-Par contre, arrête de marcher en roulant du fion comme ça ! J’ai pas envie d’avoir toute la gay pride de Londres sur le dos ! ronchonna-t-il.


- Quoi ? Oh ça va, si tu t'étais retrouvé dans le corps de l'une d'entre nous, ce qui miraculeusement n'est pas le cas, toi aussi tu serais déstabilisé par le changement de... Sexe.

Il allait répondre que ça aurait été une excellente expérience, mais elle le coupa net.

-Et pitié épargne moi le passage où tu te serais éclaté si un tel corps était tombé entre tes mains. Je vais déjà devoir vivre en me souvenant de ton corps, je n'ai pas envie de t'imaginer à l'intérieur de moi.

Il arqua un sourcil et sur son visage ronchon naquit un demi-sourire :  à l’intérieur de toi, « Maya » ? Il pencha la tête sur le côté : Oh chaque chose en son temps.

Ils se remirent ensuite en route, Shawn faisait son possible pour ne pas fixer la démarche chaloupée que Maya l’obligeait à avoir.  Elle se stoppa et pivota vers lui, la migraine était toujours présente, mais moins douloureuse.


- J'ai rencontré tes frères. Il s’immobilisa et la dévisagea : et ? Je pense leur avoir fait croire que j'étais toi, mais...  J'ai légèrement envoyé bousé ton jumeau et ça t'a peut-être attiré des ennuis. Enfin je ne sais pas. C'était au petit déjeuner et ton Elfe a menacé d'en référer à tes parents. Si je t'ai mise dans une situation délicate je... Je m'excuse. Mais cette raclure m'avait cherché. Enfin toi. Il te parle toujours comme ça ?

« Raclure », ce mot sonnait tellement bien à ses oreilles. Shawn éclata de rire et haussa les épaules.

-Oui, toujours. Il se croit sorti de la hanche de Merlin. À dire vrai ça ne le choquait même plus, il y était habitué. Ce sentiment d’être un indésirable et ce mépris. Tu as certainement même été trop tendre avec lui.

Ils finirent par arriver à destination, mais la boutique ne fut pas dans l'état escompté. Les deux jeunes gens restèrent estomaqués devant la boutique détruite. Cela ne présageait rien de bon.


- Hey ! Gwenn !!

-Envolée ma virilité, s’exclama-t-il en la voyant sautiller en secouant la main.

-Par ici !! On est là !! Bon sang ce que ta vue est bonne.

Il la fixa en arquant un sourcil, s'était-elle radoucie avec lui ? J’ai surtout mes deux yeux, moi. Maintenant qu’elle en faisait la remarque, c’est vrai qu’il avait l’impression d’avoir perdu depuis qu’il était dans le corps de Leslie, mais il n’arrivait pas vraiment à mettre des mots sur cette perte. C’était de l’ordre des sens. Un changement imperceptible.

Shawn se gratta l’intérieur de l’oreille en soupirant : - on a retrouvé la naine ! Enfin, l'autre naine.

Elle se rapprochait d’eux sans le quitter du regard : - Quoi, tu veux ma photo ? Une allumette déboula de nulle part et se mit à secouer la naine comme un poirier. Shawn fixa la scène en se grattant l’entrejambe. Il réalisa au même moment que l’espèce d’allumette était en réalité l’asperge de la veille : « - Hey, tu sais quoi ? Ta gueule, Junior. : PWAH, c'est quoi cette odeur !? », alias le rabat-joie de service.

Sa première impression n’avait pas été très positive, il avait identifié l’asperge à un cancer, ces gens capables de vous pourrir la vie quand tout va bien. Shawn n’en avait pas conscience, mais le peu d’intérêt qu’il accordait à l’asperge malgré sa personnalité haut en couleur était très simple : l'instinct. Le loup ne fréquente pas les coyotes, c’était dans ses veines, dans son sang.

Dans le règne animal, aucun coyote solitaire ne peut effrayer un loup. Pourquoi donc ? La taille et la puissance. Le loup fait non seulement  trois fois la largueur du coyote, mais il possède en prime une gueule et des pattes atrocement puissantes. C’est pour cela que dans les contrées où coyote et loup sont amenés à vivre ensemble, les coyotes, pour survivre, n’ont qu’une seule chance : rester en horde. Shawn ne se sentait donc pas vraiment menacé par les aboiements du cousin.

Loups et coyotes se haïssent dans le règne animal et les loups sont l’un des plus grands prédateurs de la demi-portion, aucune raison pour que Shawn et l’asperge puissent s’aimer dans celui des humains. Le Gryffondor réagissait à l’instinct, les vieilles guerres ont la vie dure. Et pourtant, si le loup et le coyote s’unissaient, ils pourraient certainement devenir invincibles.


« Tu ... T'as prit un DOUCHE ? DANS MON CORPS ? P..P..P-PERVERS ! Tout ça, c'est à cause de toi ! »

Il semblerait que la naine soit dans le corps de l’asperge et que le fameux pervers soit l’androgyne lui-même.

« Imagine je dois rester dans ton corps ! Imagine c'est irréversible ! Je me serais jamais transformée en toi si je ne t'avais pas …. Quoi, comment ça t'es pas Fawkes ? »

-Hey positive, ce type n’aura jamais été aussi jovial ! ricana Leshawn.

En parlant du yorkshire agressif, on en voit la queue. Il s’approchait d’eux en s’excusant de son retard et il était dans le corps de Miss Monde.

- Je ne suis pas Fawkes. Peux-tu comprendre ça ?

Shawn ne quittait pas Leslie-Gwenn des yeux.

- Si tu veux faire mumuse avec ton copain le traître, alors va tirer les cheveux de Livingstone. Et ouais, je t'ai lavé, mais j'ai pas cherché à voir. Il n'y avait rien de pervers et surtout pas avec un corps comme le tien

Leslie ou plutôt Shawn dans Leslie éclata bruyamment de rire.


-Azkaban qui se fout de la charité. Au final, ça te change pas bien un corps de prépubère pour un corps de fillette.


- Pas autant que la gueule de Fawkes.

Shawn frappa un grand coup dans le dos de la naine, enfin grand coup, il se fit surtout mal au poignet :

-Tu t’es levé de la main gauche ? dit-il en se frottant le poignet endolori. Haha, vous êtes tous des p*tains de rageux. Leslie était le second rabat-joie de service. Les seules fois où, la veille, il avait ouvert la bouche c'était pour geindre, critiquer et balancer son venin. Il découvrit à ce moment les cicatrices sur son poignet et se statufia, il avait également des cicatrices aux poignets et chevilles, mais c’était bien différent. Il releva les yeux vers Leslie-Gwenn : ce type est un suicidaire en prime ? J’ai décroché le gros lot.


- Bouse de dragon. Way c'est moi Maya !

Shawn pivota pour vraiment analyser Miss monde et découvrit qu'elle était maquillée comme une Amélie Poulain de mauvaise vie : -Wouha, une magnifique teletubbies !


- Maya ? Tu...es dans Junior ? Enfin, pas dedans genre... voilà, mais tu... Mais bordel.

- Ne m'en parle pas. On a tous changé de corps. Shawn est dans Leslie, Leslie est dans Gwenn, Gwenn est à…

L’attention de Shawn partit en pause et il s’avança vers la boutique détruite. Les discutailles c’était bien beau, mais ce n’est pas ça qui faisait avancer les choses. Il pénétra dans la boutique en premier suivi de près par les autres jeunes gens. La boutique était sens dessus dessous, quelqu’un avait cherché quelque chose. L’équipe de bras cassés se dirigea vers l’arrière-boutique, le pentacle était dans un sale état. L’une de seules choses qui n’avaient pas bougé c’était un immense tableau sur le mur.


- Chut !! Taisez-vous !  J'entends des voix approcher.

-Les carottes sont cuites !

- On se tire ! lança Wayoth/Maya. Vite, ramassez le plus de trucs, les fioles là et aussi le plus de bouquin ! Je vais recopier le dessin si je...

Shawn se dirigea vers le tableau, laissant ses camarades ramasser les fioles en précipitation. Ce tableau était étrange. Déjà il était vide, les personnages représentés s’étaient fait la malle, il ne restait plus que le décor qui représentait une rue vide avec des poubelles pleines au premier plan. Il avait déjà vu cette rue quelque part…

-HEY, mais ! C’est une porte qui mène sur la rue ! Probablement une rue derrière la boutique.

Après avoir passé ses mains un peu de partout, il découvrit le mécanisme et libéra la sortie. Le Gryffondor se retrouva les deux pieds pataugeant dans un liquide verdâtre malodorant.

-Berk ! Y en a ras la patate !

Il n’eut pas le temps de plus se poser de questions que déjà les quatre autres venaient de le bousculer dans son dos et vu la résistance de ce corps, ils l’envoyèrent valser contre les poubelles. Les poubelles se renversèrent dans un grand fracas qui les firent détaler sans se retourner, Shawn en dernier. Ce simple choc avait fait un énorme bleu sur sa cuisse et il boitillait.

-C’est pas possible, il a été monté par un troll portuguais à la naissance ce corps ou quoi !

- Hey bah...bon dieu ! Comment...vous faites pour...fuuuuu....courir avec ça ? Wooooh... Heureusement que j'ai un soutif !

- Way est-ce qu'on peut éviter de parler de tes découvertes anatomiques je te prie ? Ce n'est ni le lieu ni le moment. Et ça ne le sera JAMAIS.


- C'est pourtant un sujet fascinant.


- Je...! EH ! On réfléchit, on perd pas de temps... Peut-être pas ici, par contre. On va allez du côté Moldu, on nous surveillera moins. Je connais un endroit, à cette heure-ci, ya personne.

Shawn les suivit en traînant les pieds et surtout les mains vides. Il ne portait absolument rien et préférait contemplait les rues moldus d’une pupille morte tout en maugréant sur la douleur irradiant de sa cuisse. Pour le coup, il ressemblait vraiment au vrai Leslie : un dépressif. L’asperge dans le corps de Miss monde les fit pénétrer dans une sorte de restaurant et passa commande de boissons. Leslie sous les traits de la naine le dévisageait et Shawn lui fit un immense sourire et  le salua de la main. Leslie se jeta littéralement sur lui en tendant ses deux mains pour cacher son visage. Il lui ordonna même d'arrêter. Shawn donna une tape dans ses mains en fronçant les sourcils : - Tu m’prends le chou là. Sourire est interdit tu vas me dire ?

-…le siffler. Shawn n’avait absolument rien écouté de leur conversation, mais Shaya le dévisageait : - Oui, la mal commode ? , marmonna-t-il.  

Elle étala un dessin sur la table pendant que Shawn regardait l’intérieur de la boutique en sirotant sa boisson gazeuse, ce n’était pas mauvais. Le ventre de Leslie se mit à grogner et Shawn saliva sur le menu affiché au-dessus des caisses jusqu’à ce que Maya le fasse sursauter en haussant la voix. Il n'avait absolument rien avaler depuis ce matin et la faim se faisait sentir.

-Hey bouclez-là deux secondes. Dans ce bouquin, ils disent qu'il faut obligatoirement un pentacle pour user de l'alchimie et qu'il doit… décrochage du cerveau, mode veille activée. Bon sang que c’était ennuyeux leur histoire.


- Heu... Par contre, il va nous falloir du sang... Beaucoup de sang... Pour le pentacle...

- Du sang provenant d'un animal ? Un sorcier ou...  Dans tous les cas, le sang de l'un d'entre nous est totalement inutile.


Shawn haussa les épaules et bailla, puis il s’exclama : bah suffit de retourner dans la boutique…  Y avait masse de fioles de sang pour les vampires, enfin s’il en reste.

« - Je te mets ça sur ton ardoise, Fawkes. »

-Je reviens deux secondes… De toute façon, c'est bien connu, hein, les Gryffy ont pas de cerveau, je risque pas de vous aider. Et hop, bon débarras.

Il se leva et se dirigea vers la caisse suivi du regard par deux adolescents en train de déguster un hamburger dégoulinant de sauce : - Yo, je veux ça. Il pointa du doigt un des hamburgers, et le plus cher.

-Sur place ou à emporter ?

- Hein ?

-Sur place ou à emporter ?

- peu importe, je veux ce hamburger, et celui-ci également. Il hésita et répéta mécaniquement : mettez ça sur l’ardoise de Flaxkes (de Kellogs). J’ai plus un radis.

-Fawkes ? Ok

-Oh et rajoutez-moi, les bâtonnets jaunes là !

-des frites …ok !

Sur le chemin de retour, Shawn dans le corps de Leslie se fit alpaguer par un des adolescents qui s’exclama de vive voix : charmante la bridée. Alors qu'il chantonnait la musique diffusait par la radio en se dandinant (sous l'oeil mauvais du vrai Leslie) : I thought love was more or less a givin' thing
But the more I gave the less I got
What's the use in trying?
All you get is pain
When I needed sunshine I got rain


Shawn posa bruyamment le plateau à sa place et se dirigea directement vers la table des deux jeunes hommes.

-T’as dit quoi ? Ils écarquillèrent de grands yeux : Eh ouais mec, j’ai une pièce montée ! Pauv’ tâche va !

Il se réinstalla à sa place en jetant un regard mauvais à Leslie et se mit à manger les fameuses frites : - j’ai rien bouffé ce matin, tu permets ? J’ai les crocs. Ou ça aussi c’est « interdit » ? Tu peux pas avoir les dragées surprises de Bertie Crochue, les mornilles et en plus avoir la saveur chocolat. Il accompagna ses propos en pointant du doigt Leslie-Gwenn.


Il n’avait pas capté que Leslie le regardait surtout pour son intervention plutôt que pour le repas.

D’un coup de menton, il indiqua les fioles.

-Les fioles sont toutes de couleurs différentes c’est zarb, s’exclama-t-il en fixant les cinq fioles tout en avalant plusieurs frites. Leslie ne le quittant pas des yeux, il lui tendit le paquet : t’en veux ou c’est de voir à quel point tu ressembles à une gonzesse qui fait battre ton petit cœur ?  Il avait à peine pris une bouchée de son hamburger que déjà il n’avait plus faim et en prime la nausée.

-T’as un estomac de vivet ma parole, j’ai déjà plus faim ! Mais pour en revenir aux fioles, je pense qu’il faudra pas les placer n’importe comment. C’est peut-être un code ou quelque chose comme ça.

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MessageSujet: Re: [Août 97] Vis ma vie Dim 27 Nov 2016 - 22:55


Avant propos a écrit:
Leslie ? ... Pardon '-' (note pour nous : ne pas les enfermer dans la même pièce, risque de retrouver un mort !)


Wayoth observait les traits de son visage avec un mélange d'appréhension et de malaise. Se voir dans un miroir était une chose, mais contempler ce à quoi il ressemblait à travers l'oeil de Maya en était une autre. A cet instant, il aurait voulu prendre ce visage entre ses doigts et tirer sur les cernes qui formaient des poches violacées sous ses yeux vert de gris. A se voir ainsi, il se faisait de la peine. Que s'était-il passé cet été ? Comment avait-il pu maigrir autant, perdre ses joues d'enfants ? Il ne se pensait pas la mine si grave, presque malade. Et, surtout, il ne s'était jamais senti si grand.
Lentement, l'adolescent porta la main de Maya à l'oeil mort pour frotter le coin où un cil la gênait, mais se rappelant qu'il avait du mascara -c'était ça de jouer à la poupée- il s'aida simplement de son index pour essuyer le bord de la paupière en une parfaite imitation de sa propre mère. Les sourcils de la brune s'inclinèrent d'incompréhension quand Junior prit la parole pour se présenter comme étant la propriétaire du corps dans lequel il se trouvait. Wayoth inspira sans pouvoir contenir une certaine panique lorsqu'il apprit que c'était la benjamine du groupe de la veille qui gérait son enveloppe à lui. Bouche pincée en une moue qui donnait un air sévère au visage de Maya, le garçon opina lentement du chef et soupira :

- J'aurais préféré que ce soit toi dans mon corps. C'est...ça aurait été plus juste, en un sens. Pour toi.

Il fit une pause, ne sachant si elle comprendrait ce qu'il voulait dire. Son oeil mort ne lui permettait pas de voir ce qu'il se passait à sa droite et Mayoth tourna alors la tête pour lancer un regard noir au corps de Leslie qu'il détailla de bas en haut. Junior, dans Leslie. Noté. Le terme "partouze" prit finalement son sens dans l'esprit du garçon et le visage de Maya prit une teinte cramoisie. Il n'eut cependant pas le temps de s'attarder sur ce détail car la voix de Gwenn lui parvint en un murmure indistinct mais où il réussit à trouver son prénom. Si le corps de Leslie se mit à rire, celui de Maya dévisagea la silhouette de Gwenn avec un dégoût non dissimulé. Pour autant, Wayoth se tut : à Serdaigle, on lui avait appris à ne pas parler aux abrutis, de peur de les instruire et, par conséquent, de faire imploser leurs petites têtes vides. Image qui n'était pas déplaisante en soit, mais la pauvre Edelwy n'avait rien fait.

- Au moins, on est bien sûr qu’il n’a rien à faire à Gryffondor, lui. C’est qu'un pauvre crétin de lâche. marmonna Maya en obligeant Gwenn à enfiler la cape de Maya tandis que, au dedans, l'apprenti animagus craignait de s'énerver et, par conséquent, se transformer. Le corps de Maya n'y était pas du tout habitué, il risquait de l’abimer...mais c’était plus fort que lui, il ne pouvait pas laisser passer. T'es impatient d'avoir un joli tatouage sur ton poignet gauche, peut-être ? finit-il par cracher, en sachant très bien que ça allait finir par lui revenir en pleine face. En revanche, il ignorait qu'au même moment, Shawn faisait sa découverte des poignets du corps qu'il habitait. Pour parfaire son agacement, le rat se mit à piailler furieusement à son oreille.

- Brisby ! Qu'est ce qu'il t'a fait ? Mon pauvre petit bébé.

Le rat gris couinait en s'accrochant à une mèche brune de Maya, reconnaissant sa maîtresse sous cette apparence douteuse qu'était le corps de Junior. Les moustaches frémissantes, le rongeur décela, sur ce corps, une drôle d'odeur... Néanmoins, elle n'était pas aussi désagréable de celle qui émanait à présent de l'enveloppe charnelle de sa maîtresse : le garçon qui était au dedans devait être diablement malade !

- Sérieux Way tu lui as fait quoi ? Pourquoi l'un de mes cabotins se retrouve gris souris ?
- De... ?

Mayoth cligna plusieurs fois ses paupières dans l'espoir de donner un sens à cette phrase. En vain.

- Pourquoi tu... Mais c'est... Un cabot teint ? Le regard se baissa sur les bottines qu'il avait enfilé en se demandant s'il pouvait, discrètement, décaler le sous vêtement où la protection hygiénique le gênait. Mais il n'y toucha pas, préférant garder ses petits problèmes intimes pour lui. Relevant la tête, il grimaça légèrement en avouant à Shaya : Je ne comprends pas pourquoi tu me parles de chien. Un cabot... C'est un rat, non ? Puis... c'était pas voulu, j'ai utilisé ta baguette, mais elle ne m'obéit pas du tout. Ton escadrille de rongeur m'a attaqué, puis celui avec un chapeau m'a piqué le c*l avec je ne sais quoi. Et puis yavait un... Il s'approcha de son amie dans le corps de Junior et lui fit signe de se pencher pour lui murmurer à l'oreille : Yavait un gars en pagne dans ton salon qui me proposait du Raconfortant pour...tu-sais-quoi. L'index pointé vers le bas, les lèvres pincées, Mayoth évita de croiser le regard de son amie. C'était bien assez étrange de posséder son corps, alors lui parler de menstruations et d'homme à demi nu dans son salon...merci bien, il s'en serait passé. Je me disais bien que tu devais le connaître parce qu'il m'a appelé Mayanounette au sucre, ou dans le genre. Mais il était drôlement vieux et jamais Wayoth dont la mère avait dix-huit ans quand elle l'avait -ah, les accidents de la vie...- n'aurait imaginé qu'un couple pouvait songer à avoir un enfant à l'approche des quarante ans.

Se rendant compte de la proximité de son corps emprunté et du nouveau de Maya (visuellement, Livingstone donnait l'impression de vouloir sauter sur l'aîné des Inoue : perchée sur la pointe des pieds, une main agrippant le tee-shirt du garçon, la poitrine de la demoiselle était à un ou deux doigts du jeune asiatique), Wayoth inspira en reculant. Un léger spasme traversa le bas de son abdomen et, peu habitué à ce genre de douleur, Mayoth croisa maladroitement ses bras autour de sa taille. Un frisson démesurément puissant -dégoût oblige- et typiquement Fawksien ébranla l'enveloppe de Livingstone alors que son œil unique se fixait sur la devanture morbide et défoncée.

- Comment on va faire...?

Investir une boutique dont la vitrine hurlait "eh, ici on fait de la magie noire, les mecs !" n'était pas forcément une bonne idée de base, mais Wayoth ne voyait pas bien comment ils pourraient comprendre ce qu'il leur était arrivé sans revenir sur leurs traces de la veille. Ce qui ne semblait pas au goût de tous, mais l'égoïsme naturel de l'aigle faisait qu'il se fichait bien de ce qu'en pensaient ses collègues d'infortune. Aussi, quand Shaya intima le silence en entendant des bruits de pas, le brun borgne ne fit pas attention au commentaire de Gwenn (oui, il avait déjà oublié que Leslie était dans ce corps, et il valait mieux ça pour le Serpentard) et pressa tout le monde à sortir. S'il avait bien appris une chose à force de passer son été dans l'allée des embrumes, c'est qu'il fallait éviter à tout prix de 1/rencontrer les autres personnes qui s'y aventuraient 2/surtout quand le lieu était plus précisément une boutique de magie noire 3/et que, par les temps qui couraient, les Mangemorts et les traqueurs étaient partout.
La panique n'aidait en rien pour le dessin qu'il tentait de faire. Sa main tremblante et son œil unique furent remplacé par Shaya et, alors qu'elle lui ordonnait d'aider les autres -son corps à lui avait déjà un bon tas de bricole à sa charge et il eut un petit sourire pour Gwenn qui se trouvait dedans- Wayoth ressentit un brusque sentiment de reconnaissance, mais aussi de fierté envers son amie. Depuis fin mai, Maya se baladait avec son handicap sans se plaindre une seule fois. Il revoyait Farell à l'infirmerie, le visage lacéré par un sortilège auquel Pomfresh avait une pommade miracle qui ferait effet sous quelques mois. Les brûlés "graves", mais pas si grave que ça vu l'aisance qu'ils avaient eut pour retrouver un physique "normal".
Et Maya ? Jamais personne ne lui rendrait son œil... Il se rappela ce 25 juin, au matin, lui avoir balancé qu'il la trouvait courageuse pour ce qu'elle avait enduré dans la bibliothèque. Avoir dit qu'il ne voulait pas savoir ce qu'elle y avait vécu. Malgré lui, il avait un aperçu des conséquences de l'accident et, plus que jamais, la bleue et bronze lui semblait avoir plus de courage que dix griffons.
La fuite fut encouragée d’une sortie de secours par Shawlie, mais elle fut on-ne-peu-plus rude pour Mayoth. Déjà, le sprint ne semblait pas être l'exercice de prédilection de Maya, mais deux Problèmes ne l'aidaient en rien : sa poitrine maintenue par le soutien-gorge se balançait gracieusement -l'avis de Wayoth serait "lourdement"- devant lui, ballotant ce qu'il tenait entre ses bras de gauche à droite. Est-ce qu'on pouvait avoir des bleus aux seins ? Tout à coup, cette question lui parut légitime d'être posée, mais étant donné qu'il avait déjà eu un bleu au "tété" vers ses douze ans il supposait que, gonflés ou plats, les seins avaient le même combat.

D'ailleurs, il ne semblait pas être le seul à avoir un problème avec son enveloppe. Shawlie, chaussures couvertes d'un fluide vert et malodorant, boitilla vers eux et, pliée en deux, Mayoth se félicita d'avoir doublé ce gros naze de Mathewsen avec ses bourrelets au bidou. Ben oui, à force de se tripoter de partout, il s'était bien rendu compte que Maya avait bien plus de chair là où lui n'en avait pas.
- C’est pas possible, il a été monté par un troll portugais à la naissance ce corps ou quoi !
- Ha...haha ! Un troll port...ugais ! Hoooou ! Hey bah...bon dieu ! Comment...vous faites pour...fuuuuu....courir avec ça ? Wooooh... Heureusement que j'ai un soutif !
- Way est-ce qu'on peut éviter de parler de tes découvertes anatomiques je te prie ? Ce n'est ni le lieu ni le moment. Et ça ne le sera JAMAIS.

Oups...

- C'est pourtant un sujet fascinant.

On est d'accord, pour une fois, Junior.

- Et si on parlait... des tiennes, Maya ! Hou... C'te gêne pas pour courir ? Le regard de Mayoth passa du visage de Shawn au grand sourire de Leslie. Ah, 'tain, oui, il ferait mieux de se la fermer. Les joues rouges, il tenta de clore le sujet : Je...! EH ! On réfléchit, on perd pas de temps... Peut-être pas ici, par contre. On va allez du côté Moldu, on nous surveillera moins. Je connais un endroit, à cette heure-ci, ya personne.

Londres.
Ou plutôt, le Londres Moldu. Ici, il était chez lui.
Wayoth inspira profondément l'odeur de friture qui s'échappait déjà de l'établissement duquel il s'approchait, menant la petite troupe derrière lui. Sa seule espérance était de ne pas croiser une tête familière qui pourrait lui sauter dessus. En l’occurrence, sauter sur Gwenn. Passer la commande à la place de son propre corps était déjà une épreuve, mais s'il devait, en plus, tenir le crachoir à un ami de ses frères ou à une connaissance de primaire, il était mal barré.
Un sourire en coin, légèrement crispé malgré tout, fleurit sur les lèvres du corps de Maya lorsque celle-ci avoua qu'elle allait vider son soda, et, à la grande surprise de Wayoth, le chien fou de la bande semblait plus ronchon que lui un Lundi matin.

- Oh, le Botruc a récupéré son corps ? s'étonna Mayoth, yeux ronds qui rendaient sa pupille morte d'autant plus effrayante. Il comprit que Junior était toujours dans le corps de l'autre raciste, mais hésita tout de même avant de tendre la paille à Shaya. Je me demandais juste si tu n'avais pas d'allergie ou d'intolérances, histoire de ne pas flinguer ton corps. Genre, Gwenn, je lui conseillerais de ne pas inspirer en voulant boire sinon elle va recracher du coca par le nez. Nan. Edelwy, fais pas ça.

Après avoir fait signe à la benjamine du groupe qu'il la surveillait, elle et son corps, Mayoth posa son derrière sur une chaise et commença à réclamer ce qu'ils devaient rassembler au centre de la table avant de grogner un coup, se redresser, et cacher de nouveau son visage : la capuche que portait Gwenn était tombée. Maya ramena son attention sur le dessin du pentacle sur lequel il se pencha avant de l'abandonner.

- Avec vos compétences qui s'approchent du troll, je ne vais pas m'embarquer dans vos conneries de sang-de-bourbe et de Gryffon' sans cerveaux si aisément.

PU
TAIN
DE SALE DÉBILE DE PAUVRE MEC !!
Le regard que Fawkes leva vers le visage de Leswnn avait tout de celui qu'il avait arboré lors des examens de l'an passé, face au Basilic de l'épreuve de Défense contre les Forces du Mal.

- Oh t'inquiète, j'suis pas sûr que le croisement d'une Povrebine et d'un Veracrasse nous soit d'une quelconque utilité, pauvre con. Rien ne te retiendrait ici si tu n'avais pas volé et il mit l'accent sur ce mot le corps d'Edelwy. Et plus vite on aura terminé, mieux on se portera.

Le rat sur l'épaule de Shawa se réfugia museau contre la peau d'Inoue pour ne pas sentir le fumet maladif qui s'échappait du corps de Maya. La seule chose qui le calma fut que Wayoth se concentra sur l'intérêt qu'avait cet échange pour les futurs animagi : l'animal ne faisait pas partie du corps mais de l'âme et, le choc de l'échange passé, le garçon se rendait bien compte que le coyote était encore là, tapis tout contre lui.
Mort de trouille, certes, mais il était là. En un sens, il n'était pas seul...

- Hey bouclez-là deux secondes. Dans ce bouquin, ils disent qu'il faut obligatoirement un pentacle pour user de l'alchimie et qu'il doit être identique à chaque manipulation. Ce qui signifie qu'il nous faut reconstituer le même pentacle avec les mêmes fioles aux mêmes emplacements que celui de la boutique. A partir de là... Je pense qu'on devrait réciter la formule une fois tout reconstitué. Il devrait se passer la même chose et on changera une fois de plus de corps... Mais je ne trouve pas comment s'assurer de nous ramener chacun dans notre corps...
- Tu penses... Tant que je ne finis pas dans le corps du traître, ça me convient.
- Et moi dans celui d'un trans'. Tu veux jouer ? Jouons.
- Heu... Par contre, il va nous falloir du sang... Beaucoup de sang... Pour le pentacle...
- La récolte se fera sans moi. Il en avait assez vu pour trois mois.
- Du sang provenant d'un animal ? Un sorcier ou...  Dans tous les cas, le sang de l'un d'entre nous est totalement inutile.
- J'aurais pas versé une seule goutte pour ta sale gueule de Kappa.
- Bah suffit de retourner dans la boutique…  Y avait masse de fioles de sang pour les vampires, enfin s’il en reste.
- Comme quoi, vaut mieux deux Gryffons sans cerveaux qu'un serpent à sonnette. chantonna presque gaiement la voix de Maya avant que Mayoth se décide à aspirer un peu de sa boisson, suivant des yeux Shawlie qui prenait sûrement sa pause pipi. Dans l'esprit de Wayoth, Leslie avait forcément une petite vessie. Oui, à l'image d'une petite fille, et alors ?

Ignorant complètement ce que faisait Shawlie dans son dos (à savoir, vider son porte feuille... comme une jeune femme en fleur volant la carte bleue de papa, merci les clichés), Mayoth coula un regard vers Edelwy et détailla son visage avant de détacher sa bouche de la paille.
- T'as pas croisé ma mère, hein... Je veux dire... Normalement yavait personne vu que mes frangins étaient pas à la maison mais... Après tout, si Leslie affichait clairement son animosité envers les nés moldus et les moldus, peut-être qu'Edelwy avait les même idéaux... Il inspira de nouveau en se passant une main dans les cheveux. Les doigts de Maya se prirent dans le chignon que Wayoth avait oublié et le firent basculer d'autant plus sur le côté. La patience n'était pas au goût du jour : il était en jupe, avait une protection hygiénique qu'il jugeait immense (forcément, à côté des protèges slips des magazines, la serviette de nuit qu'il avait pris était plus large), une tension non-identifiée dans le bas du ventre, l'impression de pouvoir exploser à tout moment à cause de l'animal en lui et un estomac qui commençait tout juste à redonner signe de vie alors qu'il avait grignoté le matin-même. D’un geste pressé, les mains de Mayoth s’activèrent pour défaire le chignon qu’elles avaient mis tant de temps à former et la crinière brune qui avait valut à Maya le surnom de Broussaille se mis à l’aise en se prélassant sur ses épaules.

Avec un soupir d’exaspération, Mayoth fit voler l’une des mèches frisotantes qui lui retombaient sur le front en ouvrant l’un des grimoires sur la table. Machinalement, le « garçon » se frotta la joue avant de passer la main gauche sur la nuque de Maya pour jouer avec les fins cheveux à la base de son cou. C’était, chez lui, une pose de réflexion et il se plongea dans sa lecture. Quelques secondes seulement passèrent avant qu’il ne relève le nez pour voir Shawlie se dandiner devant Leswnn, mais Mayoth était bien trop occupé à chercher de quoi noter pour prêter attention à cet étrange spectacle qui ressemblait trop à une parade amoureuse, selon lui. Se munissant d’une plume de corbeau qui devait faire office de marque page, l’adolescent s’appliqua à souligner au ketchup les passages du livre qui l’intéressaient.

- C’est super cool quand on sait pas à quoi ça sert ! s’extasia brusquement la voix de Maya, la joue appuyée contre la main gauche dont es doigts se plaisaient à jouer avec cette nouvelle sensation d’avoir une écharpe de cheveux. C’est dit que les couleurs des potions sont généralement évocatrices de la position de la solution... En gros, si elle est utilisée pour guérir ou alors si elle est nocive, blablabla. Genre, ici… La potion tue-loup est d’un bleu nuit avant qu’on y mette le napel, ce qui veut dire que le mélange de base est censé ne pas guérir comme devrait le faire un bleu plus clair, mais calmer. Là ! Mettre dans un état de torpeur, diminuer des capacités. lu sagement Mayoth en plissant les paupières, la tête dodelinant légèrement alors que l’information prenait son sens. Avec la fleur, le mélange devient prune, or, le violet est la couleur des filtres nocifs qui visent généralement à empoisonner, maîtriser, affaiblir. Mais ! Tout ce qui est dans les teintes foncées touche à l’inconscient : ces filtres cherchent généralement à endormir une partie d’un être, le rendre vulnérable, mais pas le tuer.  Les tons pastel, eux, sont des poisons purs et durs cachés sous une couleur bisounours avec une odeur alléchante et BIM, tu meurs comme un débile. … Génial, on apprend plein de trucs…

Mayoth releva la tête, large sourire aux lèvres et yeux illuminés par la soif d’apprendre, mais cette image se ternit rapidement lorsque la réalité le rattrapa. Lui qui était si heureux de trouver des informations que les livres à Poudlard ne leurs donnaient pas… Il avait toujours maintenu un bon niveau en potion sans pour autant être passionné –ou juste apprécier- la discipline, mais le passage de Rogue à l’autre limace avait été une claque pour ses notes. Sans motivation, Wayoth avait toujours eut  du mal à travailler et faisait généralement n’importe quoi en improvisant souvent (le talant !), mais il trouvait en cette magie noire de quoi lui donner envie de replonger le nez dans ses bouquins pour les ASPICS de potion. Une petite voix lui soufflait que, si Jerry avait été sorcier, il aurait autant aimé que lui connaître cette symbolique des couleurs.
Gêné que tous ne comprennent pas son soudain engouement pour ces informations de colorimétrie –et puis pour de la magie noire-, Mayoth se redressa en grimaçant en balayant ses camarades du regard. Il avait joué les professeurs particuliers de métamorphose et de sortilège un nombre incalculable de fois au cours de ses années au château et il avait appris à ne pas prendre un ton de parfait monsieur-je-sais-tout. Lui le premier détestait entendre Granger les prendre de haut et la voix de la lionne lui donnait des envie de l’emplafonner contre un mur. Mordillant les lèvres de Maya ( ), Wayoth haussa les épaules en plongeant son regard dans le vert de gris de ses véritables iris avant de reporter son attention sur Shawlie qui mordait dans un burger. Chose qu’il ne releva pas : il s’étonna seulement du fait qu’il se baladait avec de l’argent moldu.
- Bref, tout ce blabla, là, ça ne nous concerne pas directement pour notre situation, désolé. Mais ici… on apprend que les couleurs sont également liées aux âmes !  Il laissa un petit temps à son auditoire pour digérer la nouvelle en cherchant du doigt la ligne où il avait trouvé cette précision, puis il tourna le grimoire vers le visage de Shaya tout en lisant à haute voix : Soit dit en passant, une couleur est toujours liée à la conséquence qu’elle do…phok, mauvaise ligne….blablabla, c’est là ! La couleur reflète également la personnalité d’une personne. Par exemple, une personne s’habillant régulièrement de rouge est souvent une personne énergique au caractère bien trempé et a possiblement des sautes d’humeur. Le gris est neutre, discret et convient parfaitement à une personnalité timide qui n’ose pas s’affirmer… blablabla… Des croyances sorcières comme mol… MOLDUES prétendent que chaque être rayonnerait de part une couleur qui émanerait de son enveloppe charnelle. C’est ce qu’on appelle l’Aura. Tout comme le conf- nan, ça on s’en branle, c’est un témoignage. Blablabla… et… C’est à peut près tout. Mais si on met en lien avec ce que vient de dire Maya –Maya dans Junior-, c’est peut-être une explication à…ceci.

L’index pointa alors les cinq fioles de couleurs différentes.

- Peut-être qu’on a chacune la notre... Et puis, sans aucun rapport, alors que Shawlie affirmait être repus, le coyote fut réveillé par une bouffée de colère. Mais t’es sérieux toi ? J’te jure, dis moi que t’as trouvé des livres dans les poches de l’autre nain vert… Mais phok, j’suis pas ta banque, t’es chié !T’aurais pu demander, ‘tain ! Ta mère t’a élevé comment ? On t’a jamais appris à demander avant de te servir ? ‘Tain, mais t’aurais demandé, j’t’aurais avancé. Et se passant une main sur le visage, brusquement fatigué : J’sais pas, c’est une notion de respect, mec. J’ai pas rechigné à vous payer des boissons, même à l’autre con qui m’insulte ainsi que ma famille, depuis hier. T’avais peur que j’te bouffe en demandant juste poliment ? ‘Tain ça me tue. On roule pas tous sur l’or, m*rde. Même mes frangins oseraient pas faire c’que t’as fait…

Plongeant le visage dans les mains, Mayoth tenta de se calmer. C’était ridicule de piquer une crise pour « si peu », mais les Fawkes avaient été élevés ainsi : on demande l’autorisation, on dit merci, on rend la pareille. Peut-être pour ça qu’il n’avait pas du tout résisté au chantage de Stevy, en mai.
Visage entre ses mains en coupe, il lâcha un soupire en fixant Shawlie comme on regarde un chaton qui vient de renverser le vase moche offert par notre belle-mère.

- C'pas "grave" en soit. C'est juste chiant que t'aies pas demandé. C'est pas...polie.

Le sermon passé, Mayoth enfouit son menton sur ses bras croisés en regardant Shaya donner les dernières informations concernant la procédure à suivre pour le rituel. Restait le sang à aller chercher, le pentacle à retracer dans un lieu sécurisé, douze bougies à trouver pour les positionner sur le cercle de magie noire et...trouver quelle fiole allait à qui. Sous l'iris noisette et émeraude de Mayoth dansait cinq fluides colorés dans de petites bouteilles de verre qu'ils étaient censé identifier, puis boire avant de prononcer la même formule qu'à la boutique. Et, comme l'avait précisé (la vraie) Maya, ils ne devaient pas se tromper dans le choix des fioles étant donné que la préparation du filtre qui permettait un autre échange de corps -le liquide était de couleur changeante et devait être disposé sur les pointes du pentacle dans des fioles- pouvait prendre un à deux mois étant donné qu'une pleine lune était nécessaire pour introduire un oeuf de Runespoor, du venin d'acromantule, des écailles de sirène et du sang de Murlap.

- Bizarrement, ce sang là te répugne pas, le Botruc ? C'était gratuit et plein d'amour.

La petite troupe quitta le fastfood non sans manquer de se faire remarquer par certains -et puis, il fallait dire que la tonne de grimoire n'aidait pas non plus- et Mayoth se pressa pour cacher encore une fois son vrai visage, grognant après Edelwy : de l'autre côté de la route, un groupe d'adolescents moldus attirait le regard des passants. Mayoth s'arrêta pour regarder passer devant lui un "joli brun de fille", comme disait son oncle David, sous le bras d'un garçon à la peau ébène et au sourire éclatant. Juste derrière, un garçon partiellement endormis les suivait sagement, les cheveux bruns en bataille et les taches de rousseurs dansant sur le nez. Tomas avait des cernes prouvant que la nuit avait été courte, mais sa copie conforme riait aux éclats et tenait pas la main une demoiselle que Wayoth ne connaissait pas. Les yeux malicieux de Jerry se posèrent un instant sur lui et il vit son cadet plisser les yeux, trahison de la surprise qu'il tentait de masquer. Même en sachant que c'était pour son œil borgne que son benjamin le reluquait, il ne put s'empêcher de relever le menton.

- Oh, les Fawkes ! Magnez-vous ! La voix d'Harmony fit sursauter Wayoth et Jerry et Tomas assena une tape sur la tête de leur cousine.
- Toi même, la blonde.

Ce fut la voix de Junior (donc Maya) qui tira Wayoth de ses pensées et il regarda ses frères, sa cousine, son meilleur ami et l'inconnue disparaitre en direction du Burger King.
Retrouver l'allée des embrumes s'avéra plus facile que de s'en échapper et ils arrivèrent en un rien de temps devant la mare malodorante qui dégueulait sur le trottoir et dans laquelle Shawlie avait marché plus tôt. Cette fois-ci, le mur d'où ils étaient sortis était complètement explosé et il ne restait plus grand chose du meuble le plus proche. Par un heureux hasard (et parce que, phok la logique sinon on va pas s'en tirer), l'étagère sur laquelle se trouvait les litres de sang que Junior avait repérés était encore intacte et c'est munis des poches rubis et de bougies à moitié entamées que les cinq compères (gros pèpères !) se mirent en quête d'un endroit pour passer au rituel.



La suite au prochain épisode...



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[Août 97] Vis ma vie

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