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[juillet 1997 - Job étudiant] Quand les choses sérieuses commencent...

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APPRENTI(E)Filière défense
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    Filière défense
AVATAR : Felicity Jones
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SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: en couple avec Sean ♥
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 18 mars 1979 à Londres (UK)
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MessageSujet: [juillet 1997 - Job étudiant] Quand les choses sérieuses commencent... Dim 10 Avr 2016 - 18:50

Ce matin là, Erin se préparait pour son premier jour de travail. L'ancienne serdaigle avait été affectée à l'animalerie magique, où elle allait travailler pendant trois semaines. Lorsqu'elle a reçu la lettre du Ministère confirmant la réussite à son entretien, Erin avait ressenti de la surprise. Elle s'était un peu échauffée sur la fin tandis que les questions du recruteur devenaient de plus en plus intrusives, titillant un nerf sensible qui n'était pas près de s'apaiser. Erin avait néanmoins réussi à obtenir une place, et quel ne fut pas son étonnement en découvrant le lieu de son affectation. Elle avait avoué ne pas être à l'aise avec les créatures magiques, comme en avait attesté l'épreuve de Soins aux Créatures Magiques. Elle ne s'attendait donc pas à y être confrontée au quotidien et pourtant...elle allait devoir les nourrir, les soigner et les garder le temps que les bestioles trouvent un nouveau propriétaire. Cela n'allait pas être chose aisée mais peu importe. Erin aimait le challenge, les défis, elle ne reculait devant aucune difficulté et son esprit ingénieux était là pour l'épauler dans n'importe quelle situation. Ce n'était donc pas une poignée de fléreurs qui allait l'impressionner. Dans ce cas...pourquoi avait-elle autant le trac ? Sans doute parce que c'était son tout premier jour de travail et elle ne savait pas forcément comment il fallait se comporter en de telles circonstances, ni comment s'habiller d'ailleurs. À l'évidence, un tailleur faisait beaucoup trop habillé pour ce genre d'endroit. C'était une tenue qui convenait davantage à un emploi au Ministère. De plus, elle allait travailler avec des animaux, aussi avait-elle tout intérêt à ne pas porter de vêtements neufs ou que l'on pouvait facilement salir. Ce serait bête de faire un accroc dans une veste tout juste achetée. Mieux valait donc porter des fringues confortables et passe partout, mais rien de trop extravagant non plus car il fallait rester professionnel malgré tout. Disons qu'elle n'allait pas se ramener à l'animalerie en tongs et en bermuda, ça, c'était certain ! Elle mit donc une petite robe d'été et un gilet à manches longues pour planquer les affreuses cicatrices qui recouvraient ses bras. Elle attacha ses cheveux en un chignon pas trop strict mais pas trop lâche non plus, mit un trait de maquillage et des sandales. Voilà, elle était présentable pour un premier jour de boulot sans donner l'impression d'être prête à aller à la plage. Elle mit une touche de parfum et la voilà enfin prête. Elle avait tout juste le temps de faire le trajet si elle voulait arriver une bonne demi-heure en avance, aussi décida-t-elle de bouder le petit déjeuner.

« Hey, salut Victor ! » lança-t-elle joyeusement à son jumeau qui était attablé devant un bol de céréales rempli à ras bord.

Tout en marmonnant un bref 'lut, Victor arrosa généreusement ses céréales de lait. Il n'avait pas l'air bavard ce matin et dans ces moments là, Erin savait qu'il valait mieux le laisser tranquille : elle n'obtiendra rien de plus de toute façon, alors, à quoi bon s'acharner ? Tout en soupirant, l'ancienne Serdaigle s'empara d'un scone aux raisins et mordit dedans avant de prendre son panier repas et de le fourrer dans son sac – qui était davantage un bordel ambulant qu'un sac de ville digne de ce nom. Elle regrettait que Victor et elle ne se parlent pas beaucoup ces temps-ci. En fait, ils se croisaient à peine. Victor était rentré de ses vacances avec Alice, et il avait tout de suite enchaîné avec un stage dans l'équipe des Frelons de Wimbourne. Talentueux comme il était, il avait été approché par un des entraîneurs de l'équipe et il était en passe de signer un contrat avec eux. Tout comme elle, Victor s'approchait tout doucement des objectifs qu'il s'était fixé et Erin était très fière de lui. Contrairement à elle, Victor n'avait pas passé ses examens de fin d'année, mais il avait pu bénéficier des sessions de rattrapage et il s'en était sorti remarquablement bien pour quelqu'un qui n'était pas du tout scolaire. Erin adressa à son frère un sourire qui se voulait encourageant puis elle sortit de la maison sans même avoir croisé son père. Avant de claquer la porte, elle entendit un simple :

«  Bonne chance pour ta première journée de taf ! »

C'était du Victor tout craché. Il réagissait toujours tardivement. Mieux vaut tard que jamais, dit-on, en tout cas, Erin appréciait l'attention. Elle pouvait partir le cœur léger. Elle leva les yeux vers le ciel. Aujourd'hui, il faisait beau et la journée s'annonçait chaude. Elle avait bien fait de ne pas trop se couvrir, elle se félicitait d'avoir enfilé une robe légère. Elle respira l'air estival à pleins poumons. On ne dirait pas comme ça, mais des événements tragiques se tramaient en ce moment même dans le monde magique. Les sorciers étaient à l'aube d'une deuxième guerre contre Vous-savez-qui et quelque part, elle enviait les moldus et leur innocente insouciance. C'était fou d'être aveugle à ce point et pourtant, Erin comprenait la nécessité de garder le monde magique secret. Si les rumeurs à propos d'une guerre à venir s'ébruitaient, cela allait créer un mouvement de panique et les moldus allaient devenir ingérables. Entre ceux qui se contenteraient de paniquer, et ceux qui se prendraient pour des cow-boy en allant eux-mêmes à la chasse aux mages noirs tout en prenant des risques inconsidérés...bref, il ne valait mieux pas qu'ils soient au courant. Erin inspira profondément, soudainement anxieuse. Inévitablement, elle devra prendre part à cette guerre, s'impliquer, se mouiller un peu. Elle allait devoir prendre des risques pour défendre ses valeurs, pour ne pas laisser les ténèbres l'emporter. En tant que future Auror, elle signera presque un contrat de son sang, s'engageant à le verser si nécessaire. Était-elle sûre de vouloir faire cela ? Probablement pas. Avait-elle le choix ? Assurément non. Il fallait nécessairement passer par là pour faire cesser la guerre, c'était le prix à payer pour maintenir la paix.

Elle aurait pourtant tellement aimé avoir les mêmes préoccupations que la plupart des filles de son âge mais c'était impossible. Comme de nombreux autres étudiants, lorsque Dumbledore a rendu son dernier souffle, Erin s'était pris une claque dans la gueule, elle avait compris que quelque chose se passait, que le monde était à un tournant et qu'eux, en tant que nouvelle génération avaient une part à jouer dans cette guerre. Fini l'insouciance, fini l'enfance, ils avaient été contraints de grandir d'un coup et ils n'avaient rien vu venir...en réalité, bien sûr qu'ils étaient au courant, Harry Potter n'avait que cesse de le répéter depuis des années déjà mais ils ont préféré fermer les yeux, prétendre jusqu'au bout que tout irait bien. Aujourd'hui, Erin en voulait à ces adultes de leur avoir menti. À vouloir sauvegarder leur innocence à tout prix, ils n'avaient pas été préparés à affronter les drames qui se jouaient alors. Les attentats au Ministère avaient été une véritable tragédie et ce n'était que le début. Poudlard avait été attaqué ensuite. Le monde politique, puis l'éducation...ce n'était pas un hasard si ces endroits avaient été pris d'assaut. C'était par l'éducation que l'on transmettait le savoir, la connaissance, mais aussi que l'on forgeait les opinions. C'était à l'école que l'on trouvait les talents de demain, ceux-là même qui allaient façonner le monde à leur image. Aussi les Mangemorts avaient-ils tout intérêt à s'en prendre à ces institutions pour les avoir en leur contrôle. Le Ministère tenait encore debout malgré les récentes attaques mais pour combien de temps ?

Tout à se laisser aller à ses sombres pensées, Erin avait atteint la petite ruelle abandonnée, là où elle allait pouvoir transplaner en toute discrétion. Tout en s'assurant qu'elle n'avait pas été vue, Erin transplana et arriva au Chemin de Traverse.

x


Une fois sur les lieux, Erin consulta la montre qu'elle avait au poignet. Il était huit heures et demi, comme elle l'avait prévu, elle avait une demi-heure d'avance et elle allait pouvoir prendre son poste sans se presser. Parfait. Malgré la mélancolie qui l'avait saisie dès le réveil, la journée semblait avoir bien commencé. Aucun nuage n'était visible à l'horizon. Tant mieux. C'était autant de stress en moins. Il s'agissait de son premier jour de boulot, et l'ancienne Serdaigle n'avait aucune envie de le gâcher avec ses angoisses. Elle était là pour s'occuper l'esprit, pour ne pas rester seule face à ses pensées délétères. Ce serait un comble que sa quête ait un effet inverse. Bref. Erin s'avançait sur le Chemin de Traverse, d'un pas décidé. Les commerces ouvraient à peine et les ruelles étaient encore désertes, signe que la journée n'avait pas encore réellement commencé. Erin le savait, cela ne durerait pas. Pendant la période estivale, les commerces ne désemplissaient pas, d'ailleurs, pour les propriétaires des boutiques c'était même une véritable aubaine, ils réalisaient sur ces deux mois un chiffre d'affaires exceptionnel. Ils gagnaient plus en une saison que sur le reste de l'année. Dans le fond, Erin était plutôt contente de participer à cette effervescence. Le boulot allait être crevant, elle le savait, mais c'était de la bonne fatigue. Au moins aurait-elle la satisfaction d'avoir fait quelque chose de ses journées. Pourtant, les mêmes pensées revenaient la parasiter par intermittence. Elle se disait que cette année, justement, n'était en rien comme les autres années. Peut-être qu'avec la guerre les gens oublieront de venir faire leurs courses pour se concentrer sur d'autres problèmes, autrement moins futiles. Peut-être que personne ne viendra et qu'elle passera ses journées à s'emmerder comme un rat mort. Peut-être. Tant de peut-être qui n'avaient pas de solution dans l'immédiat. De toute façon, elle n'en saura pas davantage à moins d'y aller franchement. C'était le seul moyen d'être fixée et d'arrêter de faire des plans sur la comète.

En inspirant profondément, Erin poussa la porte de la boutique. Placée astucieusement au dessus de l'entrée, un carillon tinta, indiquant sa présence. Un chien aboya et se mit à grogner en l'apercevant. En s'approchant, Erin vit qu'il s'agissait d'un chien noir, de taille moyenne, qui était en train de hurler à la mort quand un passant quelque peu aventurier osait s'approcher de trop près. Mal à l'aise – Erin n'aimait pas trop les chiens, d'autant plus que celui-ci lui faisait cruellement penser au Sinistros, annonciateur de mauvais présages – Erin s'avança vers le comptoir tout en restant à une distance respectable du molosse. La Serdaigle n'était pas spécialement superstitieuse, mais elle ne put s'empêcher de croiser les doigts discrètement derrière son dos pour conjurer le sort. Ce geste qui lui aurait paru incroyablement stupide à une autre époque la rasséréna. L'ancienne Serdaigle allongea le cou, inquiète de ne voir personne arriver.

« Bonjour ? » lança-t-elle à la cantonade, élevant suffisamment la voix pour couvrir le vacarme du chien et des animaux qui semblaient surexcités. « S'il vous plaît, il y a quelqu'un ? »

Cette absence de réaction était inquiétante, surtout par les temps qui courent. Erin craignait de tomber nez à nez avec un cadavre, ou quelque chose du même acabit. Après tout, ce n'était pas la première fois que des Mangemorts organisaient des raids sur le chemin de Traverse, personne n'était à l'abri nulle part. Un frisson glacé lui dévala l'échine. Instinctivement, la main de la jeune femme chercha sa baguette, prête à en découdre si nécessaire. Elle n'était pas fière, la Van Hall, elle tentait de masquer la terreur qui s'emparait d'elle autant que faire se peut. Les récents événements y étaient sans doute pour quelque chose, mais elle éprouvait d'énormes difficultés à garder son sang froid. Elle se laissait volontiers submerger par la panique et elle peinait à gérer son stress. C'était sur ces deux points qu'elle comptait travailler lors de sa formation pour être Auror. Son objectif ? Sortir de là en étant blindée comme jamais, imperméable à tout stimuli extérieur. Pour mener à bien sa mission, elle allait devoir mettre ses sentiments au placard et apprendre à ne pas se laisser distraire.

« C'est moi, Erin. » continua-t-elle en contournant le comptoir pour se diriger vers l'arrière boutique – avait-elle seulement le droit d'y aller ? C'était un cas de force majeure, non ? « Je...Je suis l'employée que vous venez d'embaucher, vous savez, pour les jobs d'été. »

La voix de la Serdaigle tremblait dangereusement, trahissant sa nervosité. Sur le qui-vive, Erin continuait à avancer, baguette au poing. Son regard vif et curieux détaillait la boutique, à la recherche du moindre indice suspect. Son cœur tambourinait dans sa poitrine tandis que sa respiration devenait erratique. Elle paniquait. Elle laissa échapper un léger gémissement de terreur et s'écarta d'un bon pour ne pas se faire déchiqueter le mollet par le molosse déchaîné.

« Gentil le chien. » disait-elle d'une voix qui se voulait apaisante. « Tout doux. Je ne te veux aucun mal, d'accord ? Je suis même sûre que nous allons rapidement devenir amis. »

Elle n'y croyait qu'à moitié. En fait, elle se disait que si le chien ne se calmait pas, ça n'allait pas le faire. La Serdaigle se mit à chantonner une berceuse que sa mère lui fredonnait quand elle avait peur. Généralement, cela suffisait à la calmer. Espérons que cela ait le même effet sur le gros chien. Erin se trouvait à présent derrière le comptoir. Sur le plan de travail, il y avait de multiples agendas qui étaient ouverts. La jeune femme y jeta un œil. Elle se sentit soulagée lorsqu'elle vit la mention Accueillir Erin Van Hall dans la colonne du jour. Au moins ne l'avaient-ils pas oubliée. Elle ne s'était pas trompée de boutique non plus. On ne sait jamais. La précipitation faisait parfois faire des choses étranges. Erin détourna rapidement le regard. Elle ne voulait pas non plus se faire prendre à espionner. Ce serait dommage de commettre une faute professionnelle dès son premier jour. Où était donc passé son employeur ? N'entendait-il pas tout ce vacarme ou y était-il suffisamment habitué pour ne pas se laisser perturber ?

C'était apparemment la deuxième option.

Erin entra dans l'arrière boutique et baissa aussitôt la garde. Elle trouva un homme aux cheveux poivre-sel, la cinquantaine, qui dormait à poings fermés sur la table où s'entassait un fatras sans nom. Il dormait tellement profondément qu'il ne l'avait pas entendue arriver. Erin allongea le bras pour prendre son pouls. Ses doigts effleurèrent la peau tiède de l'inconnu. Elle poussa un soupir de soulagement. L'homme était encore en vie, c'était déjà ça. Il avait juste avancé l'heure de la sieste.

« Qui est là ? » s'écria-t-il en se redressant brutalement, faisant sursauter la jeune femme.

« Je...C'est moi, Erin. » répondit l'intéressée en planquant sa baguette dans la manche de son gilet – ce serait un comble qu'il pense qu'elle voulait l'attaquer. « Vous m'avez embauchée, c'est mon premier jour et... »

« Oh, bonjour Miss Van Hall ! » salua-t-il en se levant pour lui serrer la main. « Je suis désolé, je me suis endormi, la nuit a été courte. »

« Pas de problème. » couina-t-elle, dans un filet de voix. « Je...Je suis désolée d'être entrée mais...je vous pensais mort alors...je voulais m'assurer que tout allait bien. Vous savez, par les temps qui courent... »

« Vous êtes réactive, c'est bien ! » la félicita-t-il, en invitant l'ancienne Serdaigle à revenir dans la boutique. « C'est une qualité qui vous sera indispensable pour travailler ici. Les animaux ont souvent des réactions imprévisibles, ce sont des créatures qui sont dotées d'une intelligence particulière et ce serait une erreur de croire que leur comportement est linéaire. »

« Je vois ça. » constata-t-elle en baissant le regard vers le chien déchaîné.

L'homme suivit mon regard et parut remarquer le molosse. Ses yeux s'illuminèrent lorsqu'ils comprit ce à quoi Erin venait de faire allusion.

« Oh, j'avais oublié ! Palmito n'aime pas tellement les inconnus. Mais sinon il est gentil hein. Il n'est pas comme ça d'habitude. »

« Je vous crois sur parole. » acquiesça poliment l'ancienne préfète, bien qu'elle n'en croyait pas un mot. « Je vois que nous venons de faire les présentations. »

« Tenez, asseyez vous. » dit-il en désignant le siège qui était apparu juste à côté d'elle.

Erin sursauta en remarquant l'objet. Elle était certaine que la chaise n'était pas là quelques secondes auparavant, le sorcier l'avait probablement fait apparaître à l'instant, pour qu'elle puisse se mettre à l'aise. Momentanément, Erin avait oublié qu'elle était dans une boutique magique et par conséquent, il était parfaitement normal que des choses apparaissent et disparaissent par intermittence. Enfin, elle parut se détendre, trouvant presque son nouvel employeur plutôt agréable. Elle n'était pas certaine d'apprécier les personnalités fantasques mais elle se promettait d'essayer.

« Vous voulez quelque chose à boire ? À manger ? Thé, café ? » proposa-t-il, en faisant apparaître un plateau et des viennoiseries.

« Non merci. » déclina-t-elle poliment. « J'ai pris mon petit déjeuner avant de partir. »

En fait, Erin avait le ventre tellement noué qu'elle était tout bonnement incapable d'avaler quoi que ce fût. Elle adressa un sourire crispé au quinquagénaire qui agita une nouvelle fois sa baguette pour faire apparaître ses documents. Erin le regardait faire, fascinée par la façon qu'il avait de faire tout ça avec aisance. Elle était presque jalouse. Peut-être que dans quelques années elle jetterait des sortilèges comme elle respire. L'homme venait de mettre ses lunettes sur son nez.

« Au fait, je m'appelle Gilles. » se présenta-t-il, avant de porter son attention sur les parchemins qu'il lisait. « Voyons voir. On m'a indiqué que vous n'êtes pas très à l'aise avec les créatures magiques, mais que vous étiez une excellente étudiante à Poudlard et donc que vous étiez capable de vous adapter à toutes les situations. Est-ce vrai ? »

« On ne peut plus vrai. » confirma-t-elle en hochant la tête.

Elle n'osait pas dire qu'elle ignorait pourquoi on l'avait envoyée ici plutôt que dans un environnement où elle serait plus à l'aise, comme le musée ou la librairie, par exemple. Sans doute voulaient-ils la mettre au défi, voir ce qu'elle avait dans le bide, éventuellement la pousser dans ses derniers retranchements. Une bonne Auror était capable de s'en sortir dans n'importe quelle situation, n'est-ce pas ?

« Venez. » dit Gilles en se levant, invitant Erin à en faire de même. « Je vais vous montrer les créatures que nous avons en magasin. J'imagine que vous n'avez pas eu le temps de regarder les présentoirs encore ? »

Non, elle n'avait pas encore regardé. Elle ne prit pas la peine de répondre, car c'était sans doute une question rhétorique. Il fallait dire que son premier réflexe a été de venir à la rencontre de son employeur pour signaler sa présence. Elle obtempéra sans broncher. Elle n'était pas ravie d'avoir à passer devant l'impressionnant chien noir mais ce n'était qu'un mauvais moment à passer. Si elle réagissait ainsi face à un chien, comment allait-elle pouvoir s'en sortir à d'autres créatures beaucoup moins habituelles ?

« Oh, un Augrey! » s'écria Erin en reconnaissant un des oiseaux qui se tenaient sur leur perchoir.

« Vous savez ce que c'est ? » s'étonna Gilles en se tournant vers elle. « D'habitude, la plupart des gens ne savent pas faire la différence entre un Augrey et un vautour alors... »

« On a dû s'occuper d'un spécimen pendant les ASPIC de soins aux créatures magiques. » expliqua-t-elle en haussant les épaules avec fatalité. « Ils aiment bien les insectes et les fées, je crois. »

« Vous croyez ou vous en êtes sûre ? » s'enquit-il, si brusquement qu'Erin sursauta. « Ce sont deux choses radicalement différentes qui peuvent engendrer des effets parfois désastreux. L'incertitude confine souvent à l'erreur, le saviez vous ? Vous connaissez la réponse, alors pourquoi vous êtes si peu sûre de vous ? »

Bonne question. Erin ne crut pas nécessaire de répondre. Encore une question rhétorique. Elle adressa un sourire crispé à Gilles, qui l'emmena voir d'autres créatures. Il passa en tout et pour tout deux heures à lui présenter chacun des pensionnaires de la ménagerie magique, expliquant en long, en large et en travers comment les nourrir, les soigner. Erin écoutait sans rechigner, bénissant ses connaissances théoriques en la matière. Au début, elle avait craint d'oublier la moitié de ce que son employeur lui expliquait tant son débit de parole était impressionnant mais au fur et à mesure, elle s'était rendue compte qu'elle connaissait la plupart de ces détails parce qu'elle les avait appris tout au long de sa scolarité. Encore faut-il transposer la théorie à la pratique et c'était une autre paire de manches. Elle tâchait également de mémoriser l'emplacement de chacune des créatures. Gilles lui disait qu'elle trouvera tous les ingrédients pour les nourrir à l'arrière boutique. Puis, il s'arrêta sans préavis :

« Vous avez des questions ? »

Elle hocha la tête négativement, incapable d'émettre le moindre son. Gilles parut se satisfaire de sa réponse puisqu'il lui donna sa première tâche à effectuer :

« Bien, dans ce cas, allez donc nourrir tout ce petit monde. Vous viendrez me voir quand vous aurez fini. »

Sur-ce, il abandonna Erin pour se réfugier dans l'arrière-boutique. Décontenancée par la brualité de son départ, Erin resta quelques instants les bras ballants, puis elle se ressaisit et se mit au travail.

x

Erin était en train de donner du Miamhibou aux chouettes quand le carillon à l'entrée tinta. Elle se retourna brusquement, oubliant que ses doigts tenaient les friandises pour hiboux. Elle fut ramenée brutalement à la réalité quand elle sentit le bec du volatile se refermer sur ses doigts. Et citrouille. Il a fallu qu'elle soit distraite, même un instant pour que ce piaf particulièrement vicelard vienne l'attaquer.

« Hé, c'est pas loyal d'attaquer par derrière ! » le rabroua-t-elle, en dardant sur l'animal un regard sévère.

Puis, elle lâcha l'affaire quand elle se rendit compte que le hibou n'avait probablement rien à faire de ce qu'elle était en train de dire. Elle emporta le miamhibou avec elle et le déposa sur le comptoir – ce serait bête que les volatiles en profitent pour se ruer dessus comme des voraces sitôt qu'elle a le dos tourné – avant de s'intéresser à son premier client de la journée. Erin adressa un sourire poli à l'homme avant de l'interroger sur la nature de sa demande :

« Bonjour ! Que puis-je faire pour vous ? »

« Bonjour ! » salua l'homme, maladroitement avant de se ressaisir – il semblait extrêmement nerveux. « Alors voilà, ma maison est infestée de bandimons et j'aimerais savoir comment nous en débarrasser. Une poutre s'est déjà effondrée dans le grenier et nous avons peur que notre maison finisse par s'écrouler. »

Mentalement, Erin nota l'information. Bandimons. Cette créature était à classer parmi les nuisibles, aux côtés des cafards et autres termites. Quand elles commençaient à coloniser une maison, c'était souvent la croix et la bannière pour s'en débarrasser. En plus, c'était potentiellement dangereux, les maisons pouvaient s'écrouler et n'attendaient pas nécessairement que leurs propriétaires soient absents. Ces nuisibles étaient ainsi à l'origine de drames humains et les accidents dus aux bandimon venaient s'ajouter à la longue liste des accidents domestiques. Désireuse de venir en aide à son client, Erin tentait de se remémorer comment on se débarrassait de ces choses, mais rien ne lui venait, tout du moins dans l'immédiat.

C'était bien sa veine, tiens.

Comme par hasard, elle avait un trou noir au moment où un client sollicitait son aide. Elle n'arrivait plus à se rappeler du nom des produits utilisés pour se débarrasser de ces trucs, si tant est qu'elle l'ait su un jour, évidemment. Non, Erin ne savait pas tout et oui, il lui arrivait d'oublier des choses.

« Il y a un rayon consacré au traitement de ces fléaux. » dit alors Erin, tentant de masquer le fait qu'elle n'était pas du tout convaincue par ce qu'elle était en train de dire. « Peut-être devrions-nous aller voir ? Vous avez fait venir un dératiseur ? »

« Un quoi ? » interrogea le sorcier d'un air perplexe.

« Un dératiseur. » balbutia Erin, alors qu'elle se rendait compte qu'elle ne connaissait pas l'équivalent de ce métier dans le monde magique. « Ce sont des spécialistes qui s'occupent d'éradiquer les nuisibles dans les habitations. Ils s'occupent bien sûr des rats, mais aussi des cafards, de ce genre de choses. »

Tout en expliquant à l'inconnu ce qu'était un dératiseur, Erin s'était dirigée vers le rayon concerné. Elle se mordilla la lèvre inférieure avant de parcourir du regard les étagères. Elle tentait de repérer les fioles des potions qui pourraient leur être utile.

« Vous avez ici les produits pour traiter les bois usés. » dit-elle avec un grand sourire commercial, tout en s'emparant d'un bidon qui contenait un liquide marron qui avait un aspect peu engageant. « Cette potion donnera une seconde vie à vos charpentes usées jusqu'à la corde, elles seront comme neuves. »

Puis tout à coup, ça lui revint. Mais oui ! Pourquoi n'y avait-elle pas pensé plus tôt ? C'est tellement évident, maintenant qu'elle y pensait. Elle sentit le feu lui monter aux joues tandis qu'elle se rendait compte qu'elle allait donner à ce monsieur un conseil totalement erroné. Cependant, le client ne s'était pas encore rendu compte de l'entourloupe, aussi n'était-il pas trop tard pour rectifier le tir.

« Vous avez pensé à utiliser des sortilèges de récurage pour les faire partir ? » s'écria-t-elle brusquement, tandis que son vis-à-vis fronçait les sourcils d'un air perplexe. « Normalement, cela suffit pour s'en débarrasser, mais vous savez, vous pouvez faire appel à des spécialistes si votre maison est trop infestée. Ils ont un service anti-nuisibles au ministère de la magie. Je peux vous donner leurs coordonnées si vous voulez. »

Erin s'empara d'un morceau de parchemin et d'une plume et commença à griffonner un nom et une adresse de son écriture impeccable. Une fois cela fait, l'ancienne Serdaigle tendit le papier au client.

« Ce service est rattaché au Département de Contrôle et de Régulation des Créatures magiques. C'est au quatrième étage. Ceci dit, comme nous sommes en période de congés, ils tournent peut-être au ralenti. En attendant vous pouvez toujours rafistoler vos planches avec ces solutions. Non seulement elles réparent en profondeur, mais en plus elles déposent un film protecteur pour éviter que ces saletés s'incrustent dans le bois à nouveau. »

« Oh et bien... » hésita l'homme en jetant un regard aux étagères. « Je vais vous en prendre deux, alors. »

Erin se retint de faire une petite danse de la joie. Non seulement elle était retombée sur ses pattes, mais en plus elle avait réussi à vendre un produit à son client. Elle pouvait respirer, elle avait réussi à gérer son premier client même si ce n'était pas une mince affaire. Maintenant qu'elle avait franchi le cap, cela allait être beaucoup plus simple. Elle adressa un sourire à ce brave monsieur puis elle prit deux fioles de produit et raccompagna le client au comptoir pour procéder à la vente.

« Et voilà pour vous ! » s'écria-t-elle joyeusement tout en tendant un sac en papier à son client. « Bonne journée, au revoir ! »

« Bon et bien...au revoir, mademoiselle. »

L'homme s'échappa d'un pas raide. Erin souffla longuement lorsqu'elle fut certaine de ne pas être observée. Elle se rendit alors compte qu'elle avait encore de gros progrès à faire en matière de relations humaines. Elle avait beau avoir été préfète et capitaine de l'équipe de Quidditch de sa maison, il n'empêche que renseigner quelqu'un pour de vrai, dans le cadre d'une véritable relation d'affaires était un tout autre défi qu'elle venait de relever avec plus ou moins d'aisance. Allez, disait-elle pour se motiver. Il lui restait environ une heure et demi de travail, elle allait finir de s'occuper des hiboux et elle aviserait. Peut-être ira-t-elle ensuite récurer les cages et autres litières de la boutique. Ce qui ne serait pas du luxe, soit dit en passant.

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Mais je me lâche la main, je m'éloigne de moi, je me retrouve au matin, sur la mauvaise voie, quand on se perd en chemin, comment venir à bout, de ces efforts inhumains, qui nous mènent à nous?  
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MessageSujet: Re: [juillet 1997 - Job étudiant] Quand les choses sérieuses commencent... Mar 19 Avr 2016 - 10:41



[EN COURS D'ECRITURE]

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MessageSujet: Re: [juillet 1997 - Job étudiant] Quand les choses sérieuses commencent... Mar 19 Avr 2016 - 10:42

Deuxième situation:



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SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: en couple avec Sean ♥
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 18 mars 1979 à Londres (UK)
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: [juillet 1997 - Job étudiant] Quand les choses sérieuses commencent... Mar 19 Avr 2016 - 10:43



[EN COURS D'ECRITURE]

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Mais je me lâche la main, je m'éloigne de moi, je me retrouve au matin, sur la mauvaise voie, quand on se perd en chemin, comment venir à bout, de ces efforts inhumains, qui nous mènent à nous?  
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MessageSujet: Re: [juillet 1997 - Job étudiant] Quand les choses sérieuses commencent... Aujourd'hui à 23:12

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[juillet 1997 - Job étudiant] Quand les choses sérieuses commencent...

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