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[Juillet 97 - Job étudiant] Journal de bord

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SERDAIGLE7ème année
    SERDAIGLE
    7ème année
AVATAR : Lily Collins
MESSAGES : 3066

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: Plus compliqué que prévu
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE:
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: [Juillet 97 - Job étudiant] Journal de bord Mar 8 Mar 2016 - 21:29

Il n'est pas de punition plus terrible que le travail inutile et sans espoir
Jour 1 à la Ménagerie Magique


Une fois n'est pas coutume, Maya dû faire appel à ses petits rats cabotins pour être réveillée à l'heure prévue. En ouvrant paresseusement les yeux, elle se demandait encore pour quelles raisons elle s'était décidée à  passer son été à travailler plutôt qu'à flemmarder. L'été s'annonçait particulièrement chaud cette année, et elle connaissait un petit chemin façonnait naturellement dans la falaise qui jouxtait sa propriété pour l'emmener rapidement à l'océan. L'eau y serait nettement plus fraîche que l'air, mais quelle importance puisque c'était les vacances de l'insouciance ?!

Et comme à chaque fois qu'elle se faisait cette réflexion, la réalité la rattrapait et la frappait en plein cœur. Non, ce n'était pas et ça ne serait plus jamais un simple été d'insouciance et de frivolité. Le monde avait changé, elle avait changé. Dumbledore n'était plus, Poudlard risquait de fermer définitivement ses portes et le Seigneur des Ténèbres devenait de plus en plus fort. Qui allait pouvoir lui résister ? Qui en aurait la force  et le courage ? Voilà pourquoi, elle s'était décidée à trouver un travail pour l'été. Pour avoir autre chose à penser que ses idées morbides et sinistres qui lui revenaient sans cesse en tête.

Premier jour de travail oblige, Maya se devait d'être impeccable. Et ça, ce n'était pas une mince affaire. Elle était enfin parvenue à se débarrasser de l'infecte puanteur de bouse d'Abraxan, mais elle gardait un goût amère dans la bouche. Si seulement, elle avait pu se présenter à son entretien vêtue convenablement comme il était prévu sans l'intervention fâcheuse de sa mère, elle aurait certainement hérité d'un tout autre poste que celui qu'on lui avait presque imposé.

La Ménagerie Magique. Oh, bien sûr, Maya avait une affection toute particulière pour toutes les créatures magiques – son père lui même était éleveur d'Abraxans -  mais elle avait imaginé quelque chose de différent. Quelque chose, qui la fasse réellement sortir de son quotidien. Là, elle avait juste l'impression qu'on l'avait cataloguée « paysanne de première classe  prête à l'emploie ». C'est comme si l'examinateur avait vu en elle, une sorcière qui adorait patauger dans la bouse et qui n'avait certainement aucune autre compétence ou qualité professionnelle.

Ce n'était pas très valorisant pour quelqu'un qui aspirait à devenir Alchimiste et qui désirait ardemment suivre les travaux laissés par Nicolas Flamel. C'est donc légèrement morose, que Maya traîna les pieds jusqu'à la porte de la salle de bain, les bras chargés de vêtements. A quoi bon se pomponner pour finir par sentir la crotte de vivet doret ou pour aller récurer les écuelles des Nifleurs ou Fléreurs ? Mais son père avait insisté sur le fait qu'elle devait donner une bonne image à son employeur. Un comble pour quelqu'un qui passait pratiquement toute la journée à se balader nu avec un simple pagne pour dissimuler son intimité.

Après avoir passé plus de temps que de raison dans cette salle de bain, Maya finit par sortir toute vêtue et pimpante (chose incroyablement rare). Vêtue d'une petite jupe cintrée noire et d'un chemisier blanc tout simple, elle était parvenue grâce à une bonne quantité de Lissenplis – une lotion capillaire – à dompter ses longs cheveux bouclés bruns aux reflets auburn. Elle prit soin de dégager son visage d'éventuelles mèches rebelles – la journée allait sûrement s'annoncer mouvementée – grâce à une barrette qu'elle portait depuis sa plus tendre enfance en forme de papillon qui scintillait magiquement. Un léger détour vers sa chambre pour se maquiller légèrement et voilà. Elle ne se reconnaissait plus vraiment. Il faut dire que l’œil mort dans son orbite droite n'aidait pas mais depuis les conseils et remarques de Wayoth, elle l'affichait clairement comme une fierté et non plus comme une honte.




Un léger sourire flotta un instant sur son visage en se remémorant ce souvenir, elle se demandait ce que Way avait bien pu trouver comme job lors de son entretien d'embauche. Elle l'avait croisé lorsqu'elle passait plus tôt dans le mois son examen de rattrapage pour le permis de transplanage. Elle ne connaissait pas les résultats pour son cas, mais pour elle, c'était passé ! Elle avait reçu l'avant veille un hibou lui confirmant a réussite. Autant dire qu'elle avait explosé de joie. Elle n'avait plus besoin de se déplacer par Magicobus (ce qui était une merveille nouvelle étant donné le résultat épouvantable que ce type de  transport pouvait avoir sur son estomac), plus besoin d'avoir à subir un transplanage accompagné (comment se sentir infantiliser en deux secondes), et elle ne se brûlerait plus jamais les fesses avec la poudre à cheminette (elle gardait toujours une marque rose..). Quant au Portoloin, sa famille n'avait pas suffisamment de contact avec qui que ce soit d'important au sein du Ministère pour pouvoir en bénéficier, mais Maya avait suffisamment entendu les avis des uns et des autres pour décréter que ce moyen là était très inconfortable.

C'est donc toute fière, que Maya descendit l'escalier habillée de pied en cape, la tête haute… Jusqu'à ce que sa cheville se torde, trop peu habituée à être engoncée dans des escarpins de cette taille. La Serdaigle poussa un cri strident, tenta vainement de se rattraper à la balustrade mais dégringola pitoyablement le restant des marches sur le croupion. Son père et sa mère déboulèrent dans le vestibule pour découvrir leur ravissante fille unique vautrée dans ses magnifiques vêtements sur le dos, les jambes en l'air. D'abord inquiets, puis stupéfaits, les Livingstone finirent par éclater de rire pour le plus grand malheur de Maya.

Joshua aida sa fille à se remettre sur ses pattes tant bien que mal sans pour autant parvenir à calmer son hilarité, tandis que la jeune fille, écarlate, bougonnait quelque chose au sujet des escarpins plus mortels qu'un cours d'histoire de la magie. Dix minutes plus tard, et après avoir bombardé son père avec la fournée de muffins brûlés pour qu'il cesse de rire, Maya prenait un petit déjeuner léger : rien de bien lourd. Juste un bol de chocolat chaud rempli de céréales, une demi douzaine de toasts grillés, beurrés et tartinés de confiture de fraise, un grand verre de jus d'orange fraîchement pressé, deux muffins vanillés aux pépites de chocolats (ceux qui étaient réussis), un croissant garni de nutellmagic et deux pains au chocolat. Elle devait faire attention à sa ligne maintenant.

L'horloge magique indiquait bientôt 9h00 et la journée de Maya n'allait pas tarder à officiellement commencer. Tout à coup, elle se sentit très nerveuse et angoissée. Et si jamais elle faisait quelque chose de travers ? Et si elle ne donnait pas la bonne nourriture à la bonne créature ? Et si jamais elle ne fermait pas convenablement les cages ? Comment allait-elle gérer la clientèle ? Comment allaient être ses collègues de travail ? Et son patron ? Seront-ils cordiaux et accueillants ou au contraire intimidants, et cinglants ? Allait-elle finir par prendre plaisir dans ce qu'elle fera ? Même si cela consistera probablement aux tâches les plus subalternes et simples de la boutique ?


* j'espère que j'aurais des promos sur toute la boutique* Pensa t-elle en se levant de table.


Elle serra une dernière fois ses parents qui lui souhaitèrent bonne chance et sortit pour se diriger vers le portail qui délimitait la propriété et donc toutes les mesures de sécurité (dont l'anti-transplanage). Sur le chemin, Maya sentit son cœur se serrer de plus en plus, et ses jambes devenir du coton. Pourquoi diable avait-elle décidé de passer sa journée perchée sur ses talons ? Pour impressionner son employeur ? Ses collègues ? Ou simplement pour éviter de se retrouver comme lors de l'entretien la plus mal fagotée du lot ? Elle revoyait encore la tenue que portait Parkinson, ou l'allure décontractée qu'affichait Arya toute coquette. Elle ne l'avouerait jamais, mais elle crevait de jalousie en les regardant. Elles n'avaient pas l'air d'avoir autant de difficulté qu'elle pour paraître aussi jolie et séduisante. Ça en devenait presque naturel chez elles.



Mais ce n'était pas le moment de laisser ses pensées vagabonder de la sorte. Maya venait de franchir les installations magiques posées par son père, et devait se concentrer pour transplaner. Elle inspira à fond et se concentra sur sa destination, le Chemin de Traverse à Londres. Maya dû retenir un sursaut quand elle observa les célèbres ruelles magiques londoniennes. La quasi totalité des boutiques avaient fermés, les fenêtres étaient pour la plupart cloisonnées à la va vite de planches en bois, et les façades jadis si éclatantes étaient à présent ternes et sinistres. La vie avait également quitté les lieux. Maya arpenta le Chemin étonnant désert, en serrant fermement la lanière de son sac en bandoulière prête à dégainer sa baguette. Un pincement au cœur quand elle passa devant le Glacier Florian Fortarôme, laissée à l'abandon depuis la fuite de son propriétaire. On le disait mort depuis plusieurs mois, probablement ensuite dépasser plusieurs autres petites boutiques.

Après avoir arpenter plusieurs minutes le Chemin de Traverse, la jeune sorcière arriva finalement à destination : La Ménagerie Magique.

« La boutique n'était pas très grande et les murs étaient entièrement recouverts de cages. Il y régnait un vacarme permanent, accompagné d'une forte odeur. Les créatures qui occupaient les cages passaient leur temps à piailler, couiner, caqueter, siffler. »

Maya poussa la porte d'entrée, faisant retentir un léger son de cloche. Enfin, ça, c'est ce que l'on aurait entendu sans ce perpétuel vacarme. Maya fît un pas dans la boutique et plissa aussitôt le nez en portant instinctivement une main devant son nez. En plus du brouhaha, il régnait une forte odeur d'excréments et d'autres choses. Progressivement, et peut-être parce que justement elle y était trop habituée à la maison,  elle retira promptement sa main et examina les lieux en s'avançant. Elle devait bien reconnaître que c'était malgré les apparences, un endroit extraordinaire. Il y avait là tellement de créatures incroyables et merveilleuses ! Elle passa devant une cage remplie de bébés cabotins noisettes, blancs, et noirs et eut un véritable coups de cœur pour eux… Philibert accepterait peut-être d'adopter de nouvelles recrues dans son escadron ?

A trop dévisager leur cage, elle percuta par mégardes celle de derrière elle. Un feulement particulièrement meurtrier lui fît dresser les poils. Elle se retourna précautionneusement et découvrit qu'un bébé Fléreur à la fourrure rousse fournie légèrement mouchetée, doté de grandes oreilles et d'une queue semblable à celle d'un lion. L'écriteau passablement effacé disait ceci :  



Créature féline très intelligente : peut détecter les personnes louches ou peu recommandables. Cependant lorsqu'un Fléreur s'attache à un sorcier ou une sorcière, il devient un excellent animal de compagnie. Le Fléreur a une fourrure fournie, de grandes oreilles, et la queue d'un lion.



Maya laissa un « OooOoOh » d'admiration lui échapper en contemplant l'animal et s'apprêta 'tout naturellement' à glisser son doigt à travers les barreaux pour le caresser malgré son air menaçant (et accessoirement le fait qu'il montre déjà ses petites quenottes).


-Malheureuse !! Cria quelqu'un derrière elle la faisant carrément sursauter. Ne faites pas ça où vous y laisserez un doigt !

-Pardon ! Répliqua Maya en retirant à temps son doigt et en cachant ses mains derrière son dos comme une écolière prît en faute (ce qui était le cas). Il est si mignon et je…

-Et vous êtes sans cervelle ? Conclut l'employeur d'un ton sec en tapotant le second écriteau placé en dessous du premier stipulant qu'il était interdit de toucher aux créatures. Vous ne savez donc pas lire ?

-Si, bafouilla Maya en piquant un fard. Je suis désolée je n'avais pas vu…

-M'étonne pas avec un œil en moins, bougonna le vieil homme en lui tournant le dos. Suivez-moi Pimprenelle. Et ne TOUCHEZ A RIEN !


Maya ravala difficilement la réplique cinglante qui lui brûlait la langue, rentra la tête dans les épaules et suivit son employeur qui l'emmenait dans l'arrière salle, interdite au public. En le regardant clopiner à l'aide d'un bâton noueux, les épaules voûtées et sa robe de sorcier d'un gris terne légèrement miteuse, Maya se dit qu'elle faisait vraiment tâche. Elle qui s'était longuement apprêtée pour faire bonne impression, elle avait plutôt le sentiment que…


-Et voilà, ça passe 107heures devant un miroir à se tartiner la figure et ça pense pas, ça réfléchit pas, et ça a un QI d'huître. Même mes doxys sont plus malins, maugréait l'employeur devant elle sans chercher à baisser la voix.


Maya se sentit encore plus mal que mal. Distraitement, elle essuya le peu de rouge à lèvre qu'elle s'était autorisée à mettre et se promit qu'à l'avenir elle viendrait beaucoup plus simplement. Merci qui ? Merci papa. Plus jamais, elle n'écouterait les conseils de ses parents à l'aube d'un entretien, ou d'un premier jour de job. Elle ferait ça à sa sauce. Il l'emmena dans l'arrière boutique, franchit plusieurs volées de portes, et s'arrêta finalement dans ce qui semblait être la salle de détente. Elle était en tout point identique à l'image de son propriétaire : sommaire, miteuse, lugubre et passablement sale. La petite pièce était encombrée de plusieurs casiers métalliques rouillés, la moitié étaient casés et les portes avaient disparues. Au centre se tenait une petite table encombrée de parchemins barbouillés d'une écriture de pattes de mouche, de plumes (cassées), d'encrier, et de quelques reliefs de nourriture. Il y avait deux chaises autour ainsi que quelques tabourets en bois.


-Posez votre popotin là, dît-il en s'arrêtant devant le petit bureau et en désignant une chaise.


Maya obtempéra. Elle détailla son nouvel employeur. Il s'agissait d'un très vieux sorcier aux traits grossiers dont le nez proéminent était semblable à une patate flétrie. De grosses cernes noires encadraient ses petits yeux sombres et ternes. Il avait de longs cheveux d'un blanc irréprochable, ainsi qu'une moustache de taille impressionnante identique. Son visage semblait austère, peu commode et l'air revêche avec lequel il s'adressait aux autres n'aidait pas à s'en faire un portrait joyeux et dynamique. Il plia ses genoux pour s'installer face à Maya, et elle entendit distinctement ces derniers craquer sous le poids des années. Il devait vraiment être TRES, très vieux. Il se mit à fouiner parmi les papiers traînant sur la table.




-Le Ministère m'a envoyé un hibou avec vos papier, aboya t-il à Maya en la faisant sursauter. Rah ça pour faire de la paperasse inutiles et brasser de l'air ils sont bons ceux là… Mais pour ce qui est d'agir, là c'est parle à mon Veracrasse ma Goule est malade… Bougonna t-il en soulevant des masses de poussières. AH ! Voilà ! S'exclama t-il triomphant en sortant un parchemin à l'aspect officiel. Livingstone Maya. C'est bien vous ? Glapit-il en plissant son œil gauche et en écarquillant le droit.

-Heu oui, oui ! S'empressa de répondre Maya en sortant de son sac, son CV et sa lettre de motivation qu'elle avait oublié le jour de son entretien. Voici mes…

-Oui ! Oui ! Oui ! La coupa l'employeur en agitant la main et sans regarder ses documents. C'est bien beau d'écrire tout et n'importe quoi sur un parchemin. Mais de mon temps à moi, on vous les faisait rédiger avec votre propre sang ! Ah ça, ça vous forgeait le caractère c'est moi qui vous le dit ! On ne mettait que l'essentiel ! Pas toutes ses fioritures débiles et sans intérêt de Buses ou d'examens… Comme si vos Optimals allaient vous aider à éradiquer des Ciburines… COMMENT SE DEBARRASSE T-ON DES CIBURINES ?!!! Beugla soudainement l'employeur en pointant son doigt sur Maya.

-Il faut les brûler ! S'écria Maya en sursautant. Elles craignent la chaleur et détestent l'odeur de brûlé, il faut passer au dessus du poil de l'animal de l'encens brûlé et une fois qu'on les voit sautiller et fuir la créature, on les brûle.

-Bonne réponse, approuva le vieillard en de radoucissant légèrement. Si je veux une créature m'alertant d'un danger, dois-je me tourner vers un Clabbert ou un Cerbère ?

-Un Clabbert, affirma Maya sans l'ombre d'un doute. Il est plus petit, plus discret et beaucoup moins dangereux que le Cerbère. Il possède sur le front une large pustule qui devient écarlate et clignote lorsqu'un danger approche comme par exemple à proximité d'un Moldu. D'autant que le Clabbert peut facilement être transporté. Le Cerbère lui, est beaucoup plus imposant. Une fois adulte… C'est plus délicat de trouver une poche assez grande, sans parler de la quantité de déjections que ça produit…

-Ahahaha ! S'exclama l'employeur. C'est bien vrai ça. J'ai eu deux Cerbères, ici… Maya se figea à l'idée de devoir nourriture et promener deux énergumènes de ce type. Mais plus jamais je n'en reprendrais. Ils m'ont à moitié démoli la boutique, et quand ils étaient réveillés c'étaient de vrais canailles…


La jeune fille souffla de soulagement. Elle n'allait visiblement pas avoir à s'en charger.


-Hum… Vous me semblez plus caler sur la question que ce que vous n'y laissez paraître, avoua à contre cœur l'employeur.

-En réalité, mon père est éleveur d'Abraxans, lâcha t-elle rapidement de peur qu'il ne la coupe comme ce fût le cas au Ministère. Depuis toute petite, j'ai été au contact de ces animaux, et j'ai appris pas mal de choses sur comment s'en occuper.

-Des Abraxans…. Votre père ne serait pas Joshua Livingstone ?

-Si… Hésita Maya méfiante.

-Un bon bougre celui là. J'ai connu son grand-père et son père avant lui. Tous cinglés.


Maya en resta coite.


-Bon c'est d'accord ! Décida l'employeur en donnant un coup de tampon sur les parchemins. Je vous prends à l'essai. Mais attention je vous ai à l’œil, Pimprenelle !

-Je m'appelle Ma…

-Vous poserez vos affaires dans un casier de votre choix, la coupa encore le vieil homme, votre uniforme est là bas, ajouta t-il en désignant un tas informe sur une chaise. Changez-vous et venez me retrouver dans la salle principale.


Il quitta les lieux de son pas claudiquant, laissant seule Maya. Elle s'approcha du tas de vêtements et fronça le nez. Il empestait la mort au rat. Visiblement, il n'avait jamais du être lavé auparavant. Maya choisit le casier qui semblait le moins endommagé, l'ouvrit et bondit en l'air en voyant plusieurs araignées en sortir et disparaître sous les autres casiers. Elle suspendit son sac et prit une pince dedans pour accrocher ses longs cheveux après les avoir enroulés en chignon serré. Elle enfila l'uniforme qui se composait (fort heureusement) que d'un simple veston, sans manche et sans bouton à enfiler par dessus sa tenue. D'un jaune passé, il était simplement brodé d'un fil orangé sur la poitrine « Ménagerie Magique ». Maya le passa, l'ajusta et observa son reflet dans le miroir piqueté de rouille accroché dans son casier. Elle essuya plusieurs fois le surplus de maquillage pour qu'il ne reste que les yeux très peu maquillés. Elle se reconnaissait déjà davantage. Puis prenant une grande inspiration, elle referma la porte de son casier et se dirigea vers l'entrée de la ménagerie.

Maya y retrouva son nouvel employeur très affairé à doser plusieurs petites fioles. Fascinée, Maya s'approcha du comptoir.


-Ah ! Vous voilà enfin ! Lança le vieillard. Tenez, ajouta t-il en lui fourrant dans les mains une petite marmite contenant un philtre rouge bouillonnant. C'est du Ratconfortant. Je viens de le terminer. Remplissez les fioles, scellez-les et accrochez les étiquettes puis placez les dans les rayonnages.

-S'il vous plaît monsieur ! Fît Maya en attrapant la marmite in extremis. Comment dois-je vous appeler ?

-Monsieur, ça suffira Pimprenelle, rétorqua le vieil homme en allant accueillir les clients.


Maya se rembrunit. Celui ci n'allait pas être facile à apprivoiser comme bestiole. Mais Maya savait s'y prendre avec les caractères les plus récalcitrants. Elle en avait vue des biens pires parmi le troupeau d'Abraxans et visiblement, celui ci semblait plus proche des animaux que des humains. D'ailleurs, elle avait déjà repérée ses points faibles. Elle n'avait plus qu'un œil valide, mais sa perspicacité, et son sens de l'analyse ne lui avaient pas fait faux bond. Elle comprit que cet homme était seul, isolé, peu enclin à se mélanger avec ses semblables et préférait largement la compagnie des animaux qu'il semblait chérir tendrement. De même, il jugeait la politique du Ministère de la Magie futile et protocolaire sans rapport avec la dure réalité des choses. Pour lui, seuls les actes comptaient. Les mots ce n'était que du vent. Les lettres ce n'était que mensonge. Rien n'avait d'importance dans cette Ménagerie, sauf le talent qui se devait d'être prédominent sur le reste. Il fallait lui prouver qu'elle avait de la valeur. Qu'elle n'était pas juste une jolie petite poupée, écervelée. Elle devait le gagner à sa cause, le charmer autrement que par la flatterie ou par un sourire. Ce qui l'atteignait c'était plus profond, plus simple, plus naturel. Plus vrai. La vérité. C'était le point faible de l'homme. Tout ceci, Maya l'avait enregistré dans son esprit.

Elle accomplit la tâche demandée, en prenant soin de ne renverser aucune goutte du philtre et étiqueta soigneusement chaque fiole qu'elle avait scellés avec un bouchon de liège. Elle transporta l'ensemble vers une étagère et les disposa correctement et soigneusement. Elle sentait par moment le regard du vieil homme se poser sur elle mais elle ne tremblait pas. Elle effectuait chaque tâche qu'il lui donnait avec assurance et détermination.

Parfois, il l'interrompait volontairement dans sa tâche pour lui poser des questions sans queue ni tête et sans rapport avec ce qu'elle effectuait directement puis s'en allait comme si de rien n'était. Parfois encore, il lui tendait des petits pièges en lui donnant une caisse de têtards et en lui disant de les placer dans l'aquarium de mélasse verte contenant des larves de léviathan. Sans le contrer ouvertement, Maya allait les placer dans l'aquarium voisin, sachant pertinemment que les larves de Léviathan grandissaient uniquement si on les nourrissaient de viandes. Durant toute la journée, le vieillard ne cessa pas de harceler Maya sur divers points, il critiquait toujours sa rapidité, et trouvait souvent à redire sur sa façon de nettoyer (trop superficielle à son goût) et ne manquait pas de comparer ses compétences à son allure.

Mais Maya ne se laissa pas faire. Elle encaissait pique après pique sans broncher et effectuait parfaitement les tâches demandées par son employeur. Vers 16h, ce dernier s'éclipsa pour aller on ne sait ou, et laissa à Maya la charge d'épousseter les étagères et tableaux. Elle était justement en train de dépoussiérer un charmant portrait d'une sirène lorsque la cloche d'entrée sonna.




Une silhouette voûtée et voilée entra dans la Ménagerie. Maya l'examina à la dérobée et la vit se diriger vers le stand de créatures d'alertes. Maya hésita un instant et regarda vers l'arrière boutique pour voir si son employeur allait débarquer ou non mais devant l'évidence de son absence, elle inspira un bon coup et se chargea de son tout premier client.


-Bonjour… Est-ce que je peux vous renseigner ? Demanda poliment Maya en s'approchant de la silhouette.

-Hum… Peut-être… C'est pour mon fils. Il recherche quelque chose pour pour sécuriser sa demeure. On m'a parlé de Clabbert, fît la silhouette d'une drôle de voix qui se voulait féminine. Il aurait une loupiote qui clignoterait en cas de danger.  Pouvez-vous m'en dire plus ?

-Bien sûr, répondit calmement Maya.


Les soupçons de la jeune fille sur l'identité de la cliente ne l'empêchèrent pas de se saisir doucement d'une des créatures installées dans la cage après avoir mis des gants en peau de dragon déjà bien usés.




-Vous savez un Clabbert est un étrange animal qui peut repousser ou amuser les regards. Maya referma la cage et maintient l'animal légèrement effrayé solidement contre sa poitrine. Comme vous pouvez le voir, il ressemble à un croisement entre un singe et une grenouille. Sa peau verste est lisse et dépourvue de poil. Ses longs bras, ses mains ainsi que ses pieds sont palmés et lui permettent de se balancer facilement d'une branche à l'autre. Maya caressa le dos de l'animal pour le tranquilliser, et ce dernier se mit à sourire comme un dément. Le Clabbert sourit tout le temps, précisa Maya à la cliente. Mais méfiez-vous, ses dents sont coupantes comme des lames de rasoirs.  Il vaut mieux le manipuler au début avec des gants pour éviter de perdre un doigt ou deux. La « loupiote » dont vous parliez est ici, indiqua Maya en montrant le sommet de la tête de l'animal. Entre les deux petites cornes se trouvent sa luminolulle rouge. C'est cette dernière, qui effectivement, a la particularité de clignoter face à un danger imminent y compris face aux Moldus. C'est un animal docile et facilement domesticable, conclut la jeune fille en rangeant la créature dans sa cage et en la refermant soigneusement. De nombreux sorciers l'utilisent pour être prévenu d'éventuel danger. Côté nourriture, il se nourrit principalement de petits oiseaux et d'insectes. Il est assez autonome et indépendant, donc vous n'aurez pas à vous en soucier si vous le laisser vivre dans un arbre de votre jardin.


Maya déglutit péniblement. Elle espérait avoir tout dit sur la créature et avoir convaincue la « cliente ».


-Hum… Intéressant… Je dois encore consulter mon fils. Mais je prends note de vos propos. Bonne journée.

-Au revoir, fît Maya un peu déconcertée.


Elle retourna vaquer à ses occupations et entendit l'horloge sonner la fin de sa journée de travail. Maya vérifia s'il n'y avait aucun client dans la boutique et s'affaira à mettre la main sur son employeur. Elle le retrouva dans la salle de détente, affairé à remplir un bon de commande. Maya hésita un instant et se dirigea vers son casier pour retirer son veston et prendre son sac à main.


-Heu… Et bien je… C'est l'heure pour moi de… Enfin… Je… Hum… Bonne journée monsieur, bafouilla Maya.

-Irvin, répondit d'un ton bourru le vieillard dans lever les yeux de son bon de commande.

-Pardon ? Fît Maya en s'arrêtant sur le pallier.

-Irvin Malachaï, c'est mon nom, s'impatienta t-il.

-Oh ! Hum… A demain alors Irvin… Heu… Malachaï… Monsieur Malachaï !! S'embrouilla Maya.

-Continue à m’appeler simplement Monsieur, Pimprenelle, lança Irvin en secouant la tête et en lui faisant signe de disparaître.


Maya tourna le dos à son employeur et sortit de la boutique sans remarquer le sourire qui éclairait le visage, étrangement moins sinistre de Malachaï. Pour une première journée de travail, ça avait plus ou moins marché… Elle espérait simplement que ça suivrait son cours tout au long de son contrat.


HJ: Situation 1 pour la Ménagerie Magique tirée au dés.

_________________
Maya Livingstone


♥♥:
 
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MessageSujet: Re: [Juillet 97 - Job étudiant] Journal de bord Dim 27 Mar 2016 - 22:46

Il n'est pas de punition plus terrible que le travail inutile et sans espoir
Jour 16 à la Ménagerie Magique



Travailler ressemblait affreusement au quotidien scolaire, le plaisir de voir ses camarades en moins. Tous les matins, Maya devait se lever horriblement tôt (même si le soleil était déjà haut dans le ciel lorsqu'elle daignait ouvrir les yeux). Tous les matins, c'était le même rituel : passage éclair dans la salle de bain, arrêt plus conséquent devant la table du petit déjeuner et transplanage dans la zone déterminée par le Ministère sur le Chemin de Traverse. Elle n'avait plus qu'à marcher quelques pas avant d'atteindre l'enseigne de la Ménagerie Magique. Comme chaque début de journée, elle déposait ses affaires et revêtait la veste brodée de la boutique et entreprenait de nettoyer l'ensemble des cages des créatures. Ensuite, elle devait les nourrir en respectant divers procédés loufoques de son employeur, et les corvées s'enchaînaient jusqu'à ce qu'elle puisse prendre une pause déjeuner.

Il lui arrivait parfois de retrouver Wayoth quand leurs pauses déjeuners coïncidaient afin de maudire encore et encore leurs employeurs et les stupides tâches qu'on leur confiait en élaborant des plans farfelues pour renverser la vapeur. Mais à chaque fois, ces pauses filaient à une allure folle et ils devaient se séparer pour reprendre leur job. L'après midi était majoritairement consacré aux réapprovisionnent et aux sorties des créatures. Plus d'une fois Maya avait cru sa dernière heure arrivée lorsqu'il lui avait fallu promener les deux Flereurs de la boutiques accompagnés des trois Niffleurs. Une fois tout cela terminé, elle rentrait chez elle pour s'effondrer sur son lit, les cheveux parsemés de crottin de divers créatures.

Voilà maintenant prêt de deux semaines qu'elle y travaillait quotidiennement au sein de la Ménagerie Magique et si elle avait eu l'opportunité de côtoyer des créatures extraordinaires, elle avait du plus d'une fois affronter des camarades de Poudlard la railler dans son rôle de souillon et abuser de leur position à son égard. A chaque fois, elle avait pris sur elle pour éviter de leur lâcher une tarentule du désert sur le visage. Elle était constamment surveillée par son employeur, et elle savait qu'elle ne devait commette aucun impair si elle voulait garder ce job. Les gallions dans la bourse ça ne faisait pas de mal.

Pourtant ce matin là, les choses étaient complètement différentes. Si Maya était bien arrivée à l'heure à son poste, elle n'avait fait aucun effort pour se montrer polie ou agréable avec son employeur ou avec les clients. Pire, elle envoyait bouler copieusement toute personne qui avait la désagréable envie de lui demander « comment ça allait ». Les raisons de ce comportement ? L'annonce du décès de son amie d'enfance, Catherine Strauss, assassinée il y a quelques jours. Maya n'en avait pas cru ses oreilles lorsque ses parents l'avaient réveillé au milieu de la nuit, l'air navré et peiné.
Tout d'abord ce fût le Choc, Maya s'était demandée si elle n'était pas en train de rêver ou plutôt de cauchemarder. A mesure que son père lui résumait la situation, tout en serrant dans ses bras sa femme dévastée, Maya restait sidérée. Ils avaient l'air tellement sérieux, jamais ils ne lui annonceraient ça pour plaisanter.

Mais aussitôt après c'est le Déni qui prit le dessus. C'était impossible. Grotesque. Comment pouvait-on croire à de pareilles absurdités ? Cath n'avait rien à voir de prêt ou de loin avec des Mangemorts, il n'y avait aucune raison pour qu'elle ou sa famille soient donc devenues des proies ! Cath n'était qu'une élève parmi tant d'autres, elle n'avait rien fait pour attiser ou contrer les actions des Mages Noirs. Elle ne pouvait pas être morte. Pas elle. C'était une erreur, une terrible erreur.

C'est pourquoi s'ensuivit rapidement la colère et le marchandage. Maya s'était extirpée de son lit d'un bond et arpentait sa chambre en se prenant la tête dans les mains et en tournant en rond. Elle se mit à crier, à hurler des choses incompréhensibles au visage de ses parents, elle les accusait de balancer ça comme si de rien n'était. Elle était véritablement hors d'elle et s'en prenait à tout un tas d'objets qui tombaient sous sa main pour les déchirer ou les briser. Plusieurs fois, elle se retourna vers ses parents en leur demandant s'ils étaient sûrs de leurs propos, s'il n'y avait pas eu une erreur, s'ils étaient sûrs qu'il était bien question des Strauss et pas d'un autre voisin. N'importe qui d'autre. Mais non. Tout était vrai. C'était la réalité. Après s'être emportée, Maya s'enferma pendant plusieurs jours dans le plus grand mutisme, refusant d'adresser la parole à quiconque ou de répondre aux hiboux d'Hayden. La seule chose qu'elle faisait avec régularité, c'était d'aller travailler. Son employeur ne lui adressait pas souvent la parole, et les créatures ne parlaient pas. C'était parfait pour éviter d'être confronter à ses parents ou aux regards pleins de condoléances des uns et des autres.

Elle oscillait à présent entre cette dernière étape et la tristesse. Il lui arrivait par moments de suspendre ses gestes, d'avoir le regard vague et de brusquement éclater en sanglots sans parvenir à y mettre fin. Cet état de désespérance n'avait pas l'air de vouloir la quitter. La seule façon de tarir ses larmes était d'imaginer comment elle pourrait venger son amie. Mais en réagissant ainsi elle régressait sans cesse sur la 3e étape du deuil sans parvenir à franchir les derniers stades qui étaient la résignation, l'acceptation et la reconstruction.

Ce jour là, elle était bien décidée à ne verser aucune larme. Pour tout dire, elle avait tellement pleuré récemment qu'elle se sentait complètement vidée et qu'elle sentait qu'elle avait épuisée son stock. Cependant ses yeux restaient continuellement bouffis et rougis et son teint était plus cadavérique qu'une nature morte. Hors de question de croiser qui que ce soit en ce moment. Hayden se prenait vent sur vent depuis cette annonce, elle le sentait progressivement lui glisser entre les doigts mais curieusement ça n'avait aucune espèce d'importance face à la perte qu'elle endurait. Une fois encore, après un décès ou une catastrophe, tout ce que l'on pensait important ou vital devenait secondaire, voire inexistant. Maya avait cessé de retrouver Way aux pauses déjeuner, elle ignorait s'il avait accès aux nécrologies du monde magique mais elle ne tenait pas à lui annoncer la nouvelle. Catherine n'avait pas toujours fait l'unanimité envers ses camarades Serdaigle, et elle ne tenait pas à attendre le listing de ses défauts en ce moment. D'autant que délicatesse et finesse n'étaient pas l'apanage de Fawkes.

Maya était en train de réassortir le rayon soins potions pour les créatures vendues par la Ménagerie quand elle aperçut une très étrange scène qui eut le mérite de chasser enfin Catherine de ses pensées. Derrière la vitrine crasseuse (c'était sur sa liste de la nettoyer), elle reconnut Wayoth qui reprenait son service au Musée des Sorciers. Mais il n'était pas seul. Il semblait discuter avec une jeune fille qui semblait droguée au vitamagic et montée sur un ressort. Au bout de quelques secondes, elle sauta carrément dans les bras de Way, et l'embrassa sur la joue avant de prendre la poudre d'escampette et de laisser un Fawkes complètement désemparé et perplexe. Maya suspendit son geste et l'observa faire demi tour et regagner son lieu de travail, les yeux exorbités comme s'il n'en revenait pas.

Depuis quand Wayoth avait une petite amie ? Maya pinça les lèvres. Elle aurait cru qu'il lui aurait dit si jamais il voyait quelqu'un, moldue ou sorcière. Bon d'accord, ils n'étaient pas les meilleurs amis du monde mais dernièrement ils s'étaient beaucoup rapprochés et elle…


*Non mais à quoi est-ce que tu t'attendais sérieux ? Tu voulais qu'il vienne te déballer tous ses faits et gestes, et que tu deviennes soudainement sa confidente ? Ce n'est pas Adam ! Tu ne le remplaceras pas en faisant un transfert de ta relation sur l'autre binoclard de Serdaigle * Fit cette petite voix exaspérante dans son crâne.

*Je ne suis pas débile !! Je le sais parfaitement ! Je n'ai jamais pensé que Wayoth était Adam ou qu'il le remplacerait maintenant qu'il avait décidé d'abandonner Poudlard. C'est juste que..*

*Que quoi ? Qu'il n'a pas le droit d'avoir quelqu'un dans sa vie ? D'être heureux alors que toi ce n'est pas le cas ? Waouh t'es vraiment une amie en or toi !*

*La ferme ! C'est pas du ça ! Je… Je ne vois pas pourquoi il...Et puis bouse de dragon ! Ça ne te regarde pas lâche moi les écailles de dragons et va te faire doxyser !*

*Grâce et Élégance ont certainement dues être invitées à se pencher sur ton berceau mais tout comme Raffinement elles ont du se perdre en cours de route.*



Maya continua à pester contre sa voix intérieur un long moment avant de se rendre compte que la jeune fille qu'elle avait aperçue batifoler avec Wayoth venait d'entrer dans la boutique. Elle tenait une petite cage recouverte d'un drap de protection afin de dissimuler la créature aux yeux des autres, mais on entendait distinctement les petits « piou piou piou » qui s'en échappaient. Maya la dévisagea une seconde avant de détourner le regard en manquant de faire exploser le « Sérum Pousse-Babines » qu'elle tenait dans la main.

La demoiselle était excessivement grande, et incroyablement svelte. Autrement dit, elle arborait déjà la carrure mannequin malgré un visage juvénile. De prime abord, elle semblait parfaitement parfaite. De longs cheveux couleurs des blés, des traits fins, une peau lisse de toute imperfection et de grands yeux noisettes pleins de malice. Maya se mit à la détester aussitôt, elle et sa perfection qui suintait de tous les pores de sa stupide peau légèrement halée par le soleil. Elle portait des vêtements sorciers qui se voulaient à la pointe de ce que l'on pouvait faire en matière d'infiltration chez les moldus mais qui en réalité n'était qu'un arabesque de froufrous aux couleurs de Poufsouffle. Pas bien difficile de deviner dans quelle maison cette grande asperge devait se trouver.

Maya lui tourna aussitôt le dos en soulevant le carton à présent vide afin d'aller de planquer dans la réserve mais Malachaï, son employeur, ne l'entendait pas de cette oreille. Il était lui même très occupé avec une vieille dame et n'avait pas de temps à perdre. Il lui ordonna d'un coup de ses immenses sourcils d'aller accueillir la nouvelle venue. Maya poussa un grognement de frustration en levant les yeux en l'air sans chercher à dissimuler son mécontentement et s'avança vers la donzelle qui lui donnait d'avance envie de vomir. La jeune fille aperçue Maya et s'approcha d'elle avec un immense sourire béat agrafé sur le visage trahissant l'absence total de retenue ou d'intelligence.


- Salut moi c'est Nectarine ! Se présenta t-elle en tendant une main dont les ongles étaient vernis à la perfection. Heu ton visage là..  Maya se rembrunit davantage, elle commençait bien celle là. Heu on ne s'est pas déjà rencontré ?

- Maya, rétorqua la Serdaigle peu amène. Et non, mais tu sors avec Wayoth donc j'imagine que c'est ce qui a valu de te faire inviter à te trimballer dans les parages.

- Ah ben… C'est un plaisir pour moi aussi ! Répondit la jeune fille visiblement déconcertée par cet accueil.


En réalité il s'agissait là d'une simple méprise. Nectarine n'était pas la petite amie de Wayoth, ce dernier ne la connaissait même pas à vrai dire. Par contre la Poufsouffle savait parfaitement qui il était, elle lui vouait même une adoration sans limite. Si Maya avait été un peu plus calme, elle aurait certainement reconnu Nectarine comme étant l'instigatrice du fan club très restreint de Wayoth. La méprise venait surtout du fait que Nectarine avait passé la majeur partie de son début d'été à espionner Wayoth. Elle même vivait à Londres, et très rapidement elle s'était rendue compte qu'il ne lui fallait que quelques kilomètres à pieds pour parvenir à retrouver son domicile.. Oui, ça vous laisse imaginer le degré d'adoration (ou de folie) de la demoiselle. Ce jour là, après avoir assisté une énième fois aux conférences données dans les salles d'exposition du Musée (afin de croiser le regard apathique de Wayoth), Nectarine avait élaboré un plan pour tenter une approche plus physique. Ou une approche tout court. Elle avait repéré son petit trafic entre le Musée et la sandwicherie à laquelle il se servait pour ses repas, et s'était glissé sur son chemin de façon tout à fait anodine. Elle avait fait en sorte de heurter légèrement le jeune homme sur son parcours, de laisser tomber un carnet quelconque arborant les couleurs de Poufsouffle et de poursuivre son chemin comme si de rien n'était. L'indifférence ça marche en drague avait-elle un jour lu dans les chroniques de la Plume Dorée. Et ce fût le cas. Wayoth remarqua le petit calepin et par pure amabilité, il avait hélé la jeune fille puis l'avait rattrapé en lui tapotant l'épaule afin de lui rendre ce qu'elle avait égaré. Cette dernière avait fait de gros efforts pour paraître désintéressée, mais sa nature repris le dessus. Elle avait croisé les yeux clairs de Wayoth, laissé échapper un petit gémissement d'extase et lui avait sauté au cou avant de l'embrasser sur la joue et de prendre la poudre d'escampette. C'était cette dernière partie que Maya avait vu. Pourtant, ça n'était pas venu à l'esprit de Nectarine de dénigrer l'affirmation de Maya. Au contraire, elle se sentait flattée et comblée qu'on puisse penser qu’elle était en couple avec Wayoth. Et puis, ce genre d’affirmation rendait la chose tellement plus réelle de la bouche d'autrui. Nectarine avait menti sur toute la ligne. Elle connaissait parfaitement l'identité de Maya ou de tout individu ayant eu des contacts avec son bien-aimé, mais si elle parvenait à bien se faire voir de Maya peut-être l'invitera t-elle à boire un jus de citrouille à leur table à la rentrée ?


- Bon, c'est pourquoi au juste ? Fît Maya en interrompant les rêveries d'adolescente de la Poufsouffle.

- Ah oui ! Se souvint Nectarine en reprenant de sa superbe face à l'agressivité passive à peine latente que dégageait Maya. J'ai heu… « trouvé » par hasard, ce volatile et je voudrais savoir combien… Hum ! Elle se racla la gorge. Je veux dire comment faire pour le garder chez moi et m'en occuper toussa, toussa.


Maya poussa un soupir et désigna le comptoir pour inciter la jeune Poufsouffle à la suivre afin d'examiner en détail la créature. Une fois à la place d'un vendeur, Maya attendit en tapotant un peu trop fort le comptoir avec ses ongles. Elle remarqua que contrairement à la manucure parfaite de Nectarine, ses ongles étaient rongés, cassés ou tout simplement striés. Maya cessa aussitôt son tapotage et dissimula ses mains sous le comptoir en inspirant profondément. Ne pas laisser la colère prendre le dessus. Non. Nectarine se dandina telle une danseuse étoile jusque vers le comptoir en levant en l'air sa cage pour éviter d'exciter les chats en cages, elle pivota sur la pointe pour faire face à la Serdaigle avec un énième sourire éclatant signé « colgate ». Maya eut une brève image d'elle lui fourrant de la bouse de Fléreur sur ses rangées impeccablement blanches.

Elle s'apprêtait à soulever le drap qui recouvrait et protégeait la cage, quand Nectarine posa immédiatement sa main sur la sienne pour arrêter son geste. Le contact fît frémir de rage Maya, qui lança un regard assassin à sa camarade. Cette dernière, hésita et retira finalement sa main en ajouta sur le ton de la confidence.


- Désolée, mais je ne veux pas qu'il… Enfin, on peut faire ça plus discrètement hein ?

- On va surtout faire ça à ma manière, contra Maya en tirant d'un coup sec sur le drap. Non d'un pet de crapaud en rut ! S'exclama Maya.


La vieille dame dont s'occupait Malachaï hoqueta d'indignation face à la vulgarité de Maya. Son employeur la foudroya une fois encore avant de réorienter l'attention de sa cliente vers une gamme de luxe pour son animal de compagnie. Maya dévisagea plus intensément Nectarine. Cette dernière semblait incroyablement nerveuse, et se tordait les doigts en coulant fréquemment des regards vers les adultes plus loin.

-Chuuuut ! Fît-elle paniquée. Il ne faut pas l'effrayer…

-Non mais attends tu sais ce que c'est exactement comme créature ? Poursuivit Maya indifférente à la nervosité de la jeune Poufsouffle. C'est un vivet doré ! C'est une espèce protégée depuis le XVIIe siècle


Le minuscule oiseau sphérique, très agile voletait à toute vitesse dans sa petite cage.  Ses plumes dorées et ses yeux rouge rubis étaient effectivement magnifiques et Maya comprit pourquoi il avait été tant recherché dans le monde. Une telle splendeur attisait les convoitises.


-Oui,oui je sais ! Répondit Nectarine en baissant d'un ton et en essayant de dissimuler l'oiseau sous le drap. Mais je veux juste savoir deux ou trois trucs pour m'en occuper. Je ne lui veux aucun mal !

- C'est impossible, conclut Maya en secouant la tête. Il faut le remettre aux autorités afin qu'il aille dans une réserve protégée ou…

-Ou dans un laboratoire pour être disséqué vivant ! Contra Nectarine en recouvrant la cage. Tu ne comprends pas ? Je l'ai sauvé ! Ma mère travaille au Département de contrôle et de régulation des créatures magiques au Ministère de la Magie. Je… Je les ai vu ! Ils leur font des choses atroces, je ne pouvais pas le laisser là bas. Tu ne vas pas me dénoncer hein ? Ils le tueront sinon.


Maya analysa la situation aussi calmement et froidement que possible. Ce qui était rigoureusement impossible avec tout ce qui lui arrivait en ce moment. Le décès de Cath, les lettres d'Hayden, le baiser de Wayoth et de la Poufsouffle… Tout s'entremêlait.


-Bouge pas, je vais chercher de la documentation, lâcha la jeune fille en retournant dans la réserve.


Il y avait là une bibliothèque réservée aux créatures magiques de tous horizons. Maya consulta l'index et prit celui traitant des oiseaux. Elle revint dans la petite salle et s'installa sur un tabouret derrière le comptoirs et se mit à le feuilleter rapidement devant Nectarine. Cette dernière semblait rassurée et avait retrouvée sa joie de vivre horripilante. Pensant certainement qu'elle s'était mise Maya dans la poche, elle s'accouda sur le comptoirs comme si elle était chez elle, et tout en dodelinant la tête de gauche à droite elle tâcha de faire la conversation.


- Alors ? Ça te branche la Ménagerie ?


Silence de Maya.


- Faut avoir du courage pour venir travailler ici toute la journée non ? C'est si sale et ça sent tellement fort.


Silence de Maya.


- Enfin je veux dire, c'est pas le genre d'endroit où tu peux rencontrer quelqu'un hein ?


Silence de Maya.


- Mais de toute façon t'es pas en chasse toi ? Il paraît que tu as mis le grappin sur Cornwell !


Silence de Maya mais bref coup d’œil vers Nectarine.


- Waouh ! Nectarine prit son silence pour un aveu. C'est dingue. Quand on pense que t'es hyper loin d'être cataloguée comme une jolie fille tu te retrouves avec le seul demi vélane de l'école quoi ! C'est pas rien.


Maya suspendit son geste alors qu'elle s'apprêtait à tourner une autre page. Elle plia et déplia lentement ses doigts, leur arrachant des craquements sinistres et tout en inspirant une fois encore, elle reporta son attention sur le manuel à la recherche de la section vivet doré.


- Mais perso, je préfère les bruns. Comme Wayoth. Il est trop sexy tu ne trouves pas ? Poursuivit Nectarine les yeux brillants en posant son visage en coupe dans ses mains. Avec son petit nez pointu il me rend dingue ! Et puis, il est tellement cool et drôle ! En plus, il est trop sympas de prendre sous son aile les élèves les plus… enfin les moins populaires. Les asociales et sans amis tu vois ? Un peu comme toi et le petit chinetoque là… Rah je ne me souviens jamais de son nom… Tu sais celui qui a fait les gros titres dans le Break Tabous… Ah ! Elwyn !


En entendant le prénom du Serdaigle, Maya sentit un frisson courir le long de son échine. Mais contrairement à celui qu'elle avait éprouvé lors du contact avec Nectarine, ce n'était en rien en rapport avec de la rage.


- Hey au fait, c'est quoi cette histoire avec Elwyn ?

- C'est une histoire très courte qui s'appelle occupe toi de tes fesses.


Maya voyait très bien où elle voulait en venir avec tout son baratin. Avoir davantage de ragots, d'informations pour faire la commère dès son retour à Poudlard en septembre. Si l'abeille avait craqué à la table des Serdaigle le soir où elle avait reçu le journal et incendié le jeune homme, elle le regrettait profondément aujourd'hui. Elle ne s'aviserait plus de tenir compte des ragots qu'elle trouverait dans les journaux, elle avait bien retenue la leçon. Et Nectarine était bien la dernière personne à qui Maya irait colporter de nouveaux commérages.


- Désolée mais il n'y a rien au sujet des vivets dorés dans ces ouvrages, reprit Maya en refermant d'un coup sec le grimoire. Tu vas devoir me le laisser afin que j'informe Monsieur Malachaï de la situation.

- Non, mais ce n'est pas possible ! S'alarma de nouveau Nectarine.

- C'est tout à fait possible et ça va même arriver incessamment sous peu.

- Tu fais tout ça pour te rendre intéressante et pour me blesser ! Rétorqua la Poufsouffle en encerclant la cage de ses bras comme pour le protéger.

- Quoi ? Arrête donc tes bêtises. Ça n'a strictement rien à voir avec toi. Même si au fond, elle jubilait de pouvoir se venger de toute cette frustration qu'elle avait accumulé sur la pauvre fille. D'ailleurs je ne te connais même pas. Et elle n'avait aucune envie de faire connaissance.

- Tu veux briser mon couple avec Wayoth !

- Hein ?

- Je ne sais pas comment tu as compris que je voulais lui offrir ce vivet doré pour remplacer son perroquet qui est mort mais…

- C'était une chouette, coupa Maya glaciale.

-Ah tu vois !!! Lança Nectarine en pointant son index vers Maya l'air triomphante. Je le savais !! Tu veux m'empêcher de lui offrir comme cadeau ! Tu veux saboter notre relation !

- Bon écoute Clémentine, commença Maya exaspérée en élevant la voix.

- Nectarine !! Cria la Poufsouflle.

- Oui, oui, rétorqua Maya d'un air mauvais en agitant la main comme pour chasser une mouche. Ça reste un fruit de toute façon !

- Mais quel est ce raffut ! Tonna brusquement Malachaï en surgissant de nul part et en se plantant entre les deux jeunes filles.

- C'est Mandarine là, elle me casse les scrutoscopes ! Répliqua Maya qui envoya valser le grimoire sans chercher à contenir sa colère ou sa vulgarité.

- Je m'appelle NECTARINE !!!

- ET ALORS J'Y PEUX RIEN MOI !!!


La dame qui s'entretenait avec Malachaï était tellement outrée par les propos tenus par Maya qu'elle décida de quitter la boutique. Quant à la Serdaigle, elle entendit son patron lui passer un sacré savon devant l'air satisfait de l'autre Aubergine mais cette fois elle ne le laissa pas terminer et l'interrompit :


-Et alors ? Si vous saviez à quel point je m'en tamponne les Bavboules !! Si ça ne vous plaît pas vous n'avez cas me virer.

- Livingstone. C'était bien la première fois qu'il l’appelait par son nom et non pas le sobriquet affectif qu'il l'avait affublé. Vous me décevez profondément. Je n'ai pas le choix. Vous êtes renvoyée.


Un nœud supplémentaire vint étreindre la gorge de la jeune fille. Elle avait agit sous le coup de la colère, de l'impulsion, ça ne lui ressemblait pas ou alors… C'était ce qu'elle était devenue. Elle n'arrivait plus à penser ou à agir convenablement dernièrement peut-être qu'elle n'était pas prête à travailler. Elle inclina brièvement la tête et retira son veston avant de le poser sur le comptoir. Elle récupéra ses affaires et avant de sortir s'arrêta à côté de Nectarine.


- Au fait, pour ton information Wayoth déteste les nectarines.


Elle mit son sac en bandoulière et abandonna la bouche grande ouverte la Poufsouffle. Elle ignorait les goûts culinaires de Wayoth, mais en cet instant précis, elle était sûre d'une chose. Il ne sortait pas avec cette courge.


HJ : Situation 4 pour la Ménagerie Magique tirée aux dés.

_________________
Maya Livingstone


♥♥:
 
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[Juillet 97 - Job étudiant] Journal de bord

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