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I'll never be like I was the day I met you - Charlotte [Juillet 1997]

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SERPENTARD7ème annéeAdmin bisounours
    SERPENTARD
    7ème année
    Admin bisounours
AVATAR : Adam Gallagher
MESSAGES : 1934

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: En couple
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 14 février 1981 - Londres
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: I'll never be like I was the day I met you - Charlotte [Juillet 1997] Dim 21 Fév 2016 - 19:14


I'll never be like I was the day I met you

Rancœur. Dégout. Répugnance. C’était la première fois que Ethan Farell ressentait ça envers lui-même. Penché sur son miroir, le Serpentard examinait minutieusement sa joue gauche. De fines cicatrices persistaient. Elles disparaitront Ethan, avec le temps. La voix de sa mère n’avait jamais été aussi rassurante. Pour une fois dans sa vie, le vert et argent voulait la croire. Il revoyait son expression lorsqu’elle l’avait vu ce soir-là : la surprise, le dégout. Pour la première fois, Ethan l’avait supplié du regard. L’avait supplié de l’aider. Le Serpentard soupira et se détourna de son reflet. Ce n’étaient que de fines cicatrices, mais il avait l’impression d’être défiguré. Ses yeux bleus, froids et fatigués, balayèrent sa chambre impeccablement rangée. Il attrapa sa baguette et se posta quelques instants derrière sa baie vitrée. Londres se dressait devant ses yeux, haute et fière. La peur s’empara une nouvelle fois de lui. Il serra sa baguette pour tenter de calmer son angoisse. Le prolongement de son bras. Sa seule arme contre le monde, là dehors. Son masque se brisa. Les traits de son visage étaient douloureux, son regard angoissé. Il ne cessait de revivre cette fameuse soirée, qui se faisait désormais appeler La bataille de la Tour d’astronomie. Les hurlements de peur et de douleur. L’angoisse. L’odeur du sang. Et parmi eux, ses hurlements, sa peur, sa douleur, son angoisse et son sang. Le regard de reproche, de crainte de Tony Garner. Ils auraient dû être partenaires, au lieu de quoi Ethan l’avait attaqué. Les Mangemorts s’étaient servis de lui tel un pantin obéissant. Et cette idée le terrifiait. Le Serpentard était un maniaque du contrôle. Il obtenait ce qu’il voulait, et s’en donnait les moyens. L’idée que quelqu’un puisse le contrôler si facilement le révulsait. Les remords le rongeaient.


FLASH BACK

Étendu sur le sol, Ethan ne ressentait plus rien, si ce n’était la froideur de la pierre sous sa joue. Ses yeux étaient ouverts, vides. Tout n’était qu’une succession de couleurs floues et informes. Quelqu’un avait joué avec son cerveau, mis à mal son esprit. On l’avait poussé à se retourner contre ses camarades. Sa main serrait sa baguette magique comme si sa vie en dépendait. Où était Sevan ? Absynthe ? Charlotte ? Pendant quelques instants, Ethan ne sut plus où il était. Il entendit vaguement quelqu’un l’appeler, mais la voix semblait loin, tellement loin. Soudain, il sentit des mains saisir ses épaules, puis ses bras pour l’inciter à se lever. Alors, sa bulle vola en éclat. La douleur failli le terrasser, lui faire perdre connaissance. Ses jambes cédèrent sous son poids, et il serait probablement tombé si deux paires de bras solides ne l’avaient pas retenus. Et il y avait l’odeur. Insupportable. Une partie de sa joues et de mâchoire gauche manquaient à l’appel, et la peau de son cou se tendait jusqu’à se craqueler et tomber petit à petit en lambeau. Jamais Ethan n’avait ressenti une telle douleur.

- Un sortilège de décomposition, il faut vite l’amener chez Madame Pomfresh.

Ethan reconnut vaguement la voix de Jason. Il sentait qu’on le trainait à travers le château. Le Serpentard ne parvenait même plus à serrer les dents pour contenir sa douleur. Il voulut appeler son frère, mais lorsque ses lèvres s’entrouvrirent, un filet de sang s’en échappa. Il avait des difficultés à respirer convenablement puisque du sang coulait également de ses narines. Une quinte de toux le plia en deux et lui arracha un cri de douleur. Lorsqu’il se redressa, son monde était teinté de rouge, comme recouvert d’un voile pourpre. Ethan ne souhaitait qu’une chose : que la douleur disparaisse. Ses paupières étaient lourdes, et il désirait par-dessus tout s’endormir pour fuir tout ça. Mais les cris de son frère raisonnaient dans son crâne, le priant de rester avec lui. Soudain, il se sentit basculer en arrière. Deux mains le tenaient fermement plaqué contre le matelas. Dans son délire, le Serpentard se débattit, les yeux fous. On l’obligea à avaler une potion salée et amère, et puis plus rien. Essoufflé, il laissa retomber sa tête sur l’oreiller. Il eut à peine le temps de voir des visages floues, avant de sombrer. Loin de la douleur. Loin de ce cauchemar.

FIN FLASH BACK



Ethan passa une main tremblante sur son visage, comme pour vérifier que tout était bien en place. Il inspira à fond, compta jusqu’à dix pour calmer ses nerfs. Il se rassura en se disant qu’il ne pouvait rien lui arriver de pire. Il allait simplement sortir quelques heures avec Charlotte. Tout irait bien.


***

La nuit était tombée sur l’Angleterre, mais Londres semblait briller plus que jamais. L’air était encore chaud et doux en cette saison, et le ciel dégagée offrait une vue imprenable sur les étoiles. Et pourtant Ethan était tendu. Il ne parvenait pas à se détendre complètement. Ils avaient pourtant l’air de simples jeunes étudiants, flânant le long de la Tamise. Mais ils étaient séparés des autres, des moldus par un climat de guerre. Le Serpentard observa sa petite amie à la dérobée. Elle portait sa veste noire, trop grande pour elle. Mais il aimait la voir dedans. Un sourire léger vint flotter sur ses lèvres. Il sentait encore dans ses doigts le grondement de la sono. Il avait réussi à avoir deux places pour le concert des Bizarr’ Sister, et la musique flottait encore dans son esprit. Il était une heure passée, et les rues étaient presque désertes. D’un calme qui aurait dû paraître suspect. De fils en aiguille, la conversation c’était dirigée vers la plage. Qui disait été disait vacances, et Ethan comptait bien profiter de sa majorité et de son permis de transplanage pour voyager un peu.

- Je te jure, je ne suis jamais allé à la plage. J’ai jamais vu la mer. La plus grande étendue d’eau que j’ai vu c’est le lac de Poudlard.

Ethan haussa les épaules. Chaque fois que sa mère et ses frères partaient en vacances, le Serpentard était envoyé dans le fin fond de la campagne Anglaise, chez ses grands-parents. Ethan lâcha la main de Charlotte pour venir passer son bras autour de ses épaules, et déposa un baiser sur sa tempe. Cette journée lui avait fait du bien. Les vacances lui apparaissaient sous un jour meilleur. L’atmosphère semblait moins sombre, moins oppressante. Déjà le couple dépassait le dernier pâté de maison, la dernière ligne droite avant de se séparer de la demoiselle pour retrouver ses ombres. S’il voulait lui demander, c’était maintenant. Mais bizarrement, il n’osait pas, de peur qu’elle refuse ou se braque.

- On pourrait peut-être y aller un weekend ? Demanda-t-il d’un ton qui se voulait léger.  Enfin, si ça te dit. Peut-être que…

Mais sa phrase resta en suspens. Une détonation déchira le silence de la nuit, et le ciel s’éclaira de vert. Une tête de mort de dessina dans le ciel, ouvrit la bouche, et vomit un serpent géant. Pendant quelques secondes, Ethan resta pétrifié. La dernière fois qu’il avait vu la marque des Ténèbres, elles surplombait la Tour d’astronomie et riait au-dessus du corps d’Albus Dumbledore. Ils devaient à tout prix fuir, se mettre à l’abri. Il n’était pas en état de subir une autre confrontation. Pas maintenant. Pas aujourd’hui. Il entendait encore cette voix dénuée d’émotions lui jeter un sortilège impardonnable. Impero. Ethan cligna des paupières, et fut parcouru d’un violent frisson qui le ramena à la réalité. Il attrapa sa baguette et se tourna vers Charlotte. Il remarqua alors ses yeux épouvantés qui fixaient la maison au-dessus de laquelle flottait la Marque. Il n’eut pas le temps d’ouvrir la bouche que déjà elle le contournait pour courir vers chez elle. Le Serpentards voulut la retenir, mais ses doigts se refermèrent dans le vide, frôlant son poignet droit. Sans réfléchir, il s’élança à sa suite, en l’appelant. Ses cheveux roux flottaient derrière elle comme des flammes ardentes, pleines de vie et d’espoir. Mais Ethan n’était pas dupe, il savait bien ce que signifiait la marque des Ténèbres. Quelqu’un était mort. Et la seule présente dans cette maison en plein cœur de Londres était Leena Wells, la mère de Charlotte.


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MessageSujet: Re: I'll never be like I was the day I met you - Charlotte [Juillet 1997] Dim 21 Fév 2016 - 23:21

Plus rien n’existait. Ni le passé, ni le futur. Le présent était loin, bien loin. Les bras en l’air, Charlotte sautillait comme une folle, ses cheveux virevoltant autour d’elle, dans la pénombre épileptique d’une salle de concert. Elle se mit à rire innocemment lorsqu’Ethan la prit par la taille, saisissant une de ses mains pour la faire tourner et retourner sur des pas de rock improvisé. Elle se laissa entrainer avec plaisir sur le son incroyable des Bizarr’ Sisters, rock psychédélique portée par la voix terrible de la chanteuse. Elle était bien. Juste bien. Pour une fois elle ne pensait à rien, aucune peur ne tiraillait son esprit, elle aurait voulu que ce moment dure toujours, coincée dans une boucle hors du temps, juste elle, Ethan, la foule qui n’était presque qu’un décor et la musique. Lorsque les premières notes de la chanson suivante résonnèrent dans la petite salle, Charlotte reprit son souffle,  reconnaissant une balade qu’elle écoutait fréquemment. Naturellement, les mains glissèrent sur le torse d’Ethan, pour caresser son cou, son pouce effleura les cicatrices qui altérait le visage du jeune homme, le rendait plus beau encore, si possible est, aux yeux de la jeune fille. Les mains du jeune homme se glissèrent dans le dos, la serrant contre lui, tendis que leur lèvres se rejoignaient dans un baisé fiévreux. Charlotte agrippa les épaules du Serpentard d’un bras, si hissant sur la pointe des pieds, tandis que les doigts fins de son autres mains se perdaient dans les cheveux d’Ethan.


Elle a avait eu si peur de le perdre, quelques semaines plus tôt. L’attaque qu’avait subie le château avait été un enfer. Un seul mort, mais bien le pire, la perte de Dumbledore ayant ébranlé le monde magique de manière irrémédiable Mais surtout, un traumatisme profond chez chaque élève s’étant retrouvé dans ses combats sans merci qui s’étaient déroulés dans les couloirs de l’école. Pas de victimes certes, mais des blessures profondes autant sur leurs peaux que dans leurs âmes. Les choses avaient changés. Rien ne serait plus jamais pareil. Et elle ? Des égratignures, quelques coupures, pas grand-chose. Elle était mortifiée.
Elle avait été incapable de protéger les deux personnes avec qui elle s’était retrouvée dans les escaliers mouvants du château, pétrifié comme une parfaite idiote par le mangemort qui avait décidé de jouer avec eux, alors qu’elle cherchait à porter secourt à Eden. Tant d’entrainement pour ça. La jeune fille s’en voulait terriblement. Elle s’était tant surestimée. Si seulement elle avait été plus vigilante. Egg ne serait peut-être pas mort, portant secours à son maitre.
Elle avait trouvé Ethan à l’infirmerie, le visage défiguré. Les plaies, le sang, l’odeur horrible qui s’en échappait, une odeur de décomposition, de mort, l’avait terrifiée. Cette image était restée imprimée sur sa rétine de longs jours. La Poufsouffle, si optimiste, si persévérante, n’avait eu aucun espoir, seulement de la peur, une peur terrible de le perdre qui avait irradié son corps des jours durant. Jours qu’elle avait passé à prier ardemment des dieux qu’elle savait inexistants, assise sans répit au chevet du jeune homme. L’infirmière avait fait de tels miracles. De simples cicatrices, qui partiraient bientôt, avec des soins. Même si d’autres, imaginaires, resteraient gravée en lui. C’était d’autres qui lui avaient raconté ce qu’il s’était passé pour lui, la façon dont il avait été manipulé par un impero, se retournant contre ses camarades. Mais lui dire qu’il ne pouvait pas s’en vouloir était inutile, pour le moment.


Elle pressa encore une fois ses lèvres avides contre celle du jeune homme, oubliant le monde autour d’elle. Lorsque une nouvelle chanson commença, plus dynamique, et qu’ils se détachèrent enfin, la jeune fille plongea son regard dans celui si bleu d’Ethan. Silencieusement, ses lèvres articulèrent le plus distinctement possible « I love you ». La jeune fille sentit sa gorge se serrer et son cœur s’emballer dans sa poitrine, semblant éclater à lui faire mal. Elle l’aimait tant. C’était probablement incroyablement cliché de penser ça, mais les temps de guerre actuel l’avait faite réaliser qu’elle donnerait, sans la moindre hésitation, sa vie pour lui. Elle se fichait éperdument de ses cicatrices, et lui répétait inlassablement, sachant à quel point il haïssait son apparence depuis qu’il s’était réveillé à l’infirmerie. Elle était juste heureuse qu’il soit en vie.
Charlotte baissa la tête, cherchant à se rappeler l’état d’esprit dans lequel elle était seulement quelques minutes plus tôt. Just enjoy the instant. Ethan sembla comprendre presque instantanément. Elle sentit le jeune homme lui prendre les mains et l’entrainer à nouveau sur le rythme qui plongeait à la salle dans une ambiance folle et déchainée. Elle se laissa faire, et rapidement, c’était revenu. Il n’y avait à nouveau plus que Charlotte, Ethan, la musique et la foule qui les pressaient l’un contre l’autre.


Charlotte éclata de son rire cristallin qui brisa le silence de la nuit. Ethan lui avait tendu sa veste, elle enfila sans protester. Les nuits n’étaient pas si chaudes à Londres en ce moment, même mi-juillet. Elle glissa les bras dans les manches et leva les mains pour montrer, toujours souriante, à Ethan, ses doigts qui en dépassaient à peine. De l’extérieur, ils devaient sembler si innocents, adorable, deux adolescents profitant de la vie, comme n’importe qui. C’était si agréable, d’imaginer ça. Qu’ils n’étaient pas des sorciers, juste de moldus en vacances d’été, qui n’avaient jamais rien vécu de particulier, ni n’avaient pas de guerre à mener. Leur conversation était bien loin de quelconques soucis.

- Mais c’est incroyable, quand même, que tu n’ais jamais vu la mer, Londres n'en est pas si loin pourtant, s’étonnait Charlotte en haussant un sourcil.

Elle-même n’y était pas allée si souvent que ça, juste à quelques vacances avec ses grands-parents. A l’époque sa mère n’avait pas de congés mais tentait de les rejoindre ne serait-ce que pour quelques heures le week-end, offrant à Charlotte des longues balades mains dans la main avec Leena les pieds dans l’eau glacé de la manche. Ça faisait bien longtemps qu’elle n’y était pas retournée, à son plus grand regret. Charlotte laissa glisser les doigts d’Ethan entre les siens et se blottit contre lui lorsqu’il la prit par les épaules. Le baisé qu’il déposa sur sa tempe déclencha un frissonnement qui la chatouilla jusqu’en bas du dos. La jeune fille avait ralenti le pas, peu pressée de se séparer de lui, alors qu’ils approchaient de sa rue. La voix d’Ethan réchauffait le silence de la nuit, lui proposant un week-end à la mer lorsque Charlotte se pétrifia. Elle fixait les fenêtres de sa maison, étrangement éteintes. Un frisson nerveux et un mauvais pressentiment lui avaient glacé le dos, lorsque soudain, un bruit comme un coup de tonnerre résonna dans la petite rue Londonienne. La jeune fille se couvrit les oreilles par réflexe, mais c’était déjà fini et une épaisse fumée verte sortait maintenant en masse de nulle part, s’amassant dans le ciel illuminé d’une horrible couleur verdâtre. Le nuage s’aggloméra pour former dans le ciel le signe d’une immense tête de mort déformée, dont la bouche ouverte laissait s’échapper un serpent qui s’enroulait sur lui-même dans un panache de fumée. Mais la jeune fille ne regardait déjà plus le ciel. Elle connaissait ce signe, que trop bien, pour l’avoir fixé une éternité dans le ciel de Poudlard, deux semaines auparavant. L’horreur l’avait saisie, et alors que la raison et la peur lui hurlaient de s’enfuir le plus loin possible, la jeune fille s’élança vers la maison. Sa maison.

La porte, déjà ouverte, claqua contre le mur de l’entrée lorsque Charlotte la poussa d’une violence incontrôlée. Elle avait beau savoir que c’était probablement trop tard, la jeune fille commença à hurler « Maman » dans un espoir désespéré que celle-ci lui réponde. Sa baguette brandie devant elle, Charlotte s’élança vers le salon, sans même voir qu’Ethan l’avait suivie. Elle était comme folle, le cerveau éteint, la panique avait prit le dessus. Sa baguette tremblait si fort que le rayon de lumière qu’elle émettait était flou, éclairant partout comme nulle part, et elle n’y voyait rien. Une nouvelle fois elle cria en espérant avoir une réponse, puis se décida à traverser la cuisine vide pour rejoindre le salon. La petite pièce carrelée de blanc, où Charlotte prenait toujours plaisir à aider sa mère à préparer toutes sortes de choses, était dans un état abominable.  Sous ses pieds, elle pouvait sentir de nombreux morceaux de verre brisé, la table avait été expulsée dans un coin, le résultat d’un sort, probablement, et gisait, brisée en deux. La jeune fille s’était glacée d’horreur. Les pas d’Ethan marchant sur le verre brisé à son tour la firent se retourner, si brusquement qu’elle manqua de le blesser. Le rayon de lumière de la baguette d’Ethan éclaira la porte menant au salon et Charlotte s’y précipita sans réfléchir. Dans la lumière de sa baguette, une main apparue, puis un corps. Et la jeune fille s’effondra. Les magnifiques cheveux roux de sa mère se mêlaient au sang qui s’écoulait de son crane. Elle avait du se cogner en tombant, mais ses yeux grand ouvert, fixant le plafond d’un regard de mort, froids et secs, ne trompaient pas. La bouche de Charlotte s’ouvrit sans qu’un son ne s’échappe de sa bouche. L’horreur et le désespoir l’avaient pétrifiée. La baguette tomba de sa main tandis qu’elle s’affala à coté du cadavre de Leena Wells, sa mère. La personne la plus courageuse et extraordinaire au monde.  Aucune larme ne coula de ses yeux. Un immense blanc et un sifflement  insoutenable résonnait dans son crane.

Quelqu’un la tira en arrière, puis soudainement, la lumière s’alluma, lui brulant les yeux. Ses pupilles mirent quelques secondes à s’habituer à la lumière, puis à faire la mise au point sur la haute silhouette qui se tenait dans un coin de la pièce. Un homme au visage dur, émaillé, lui adressait un rictus dégoutant. Il haussa les épaules d’un air dédaigneux.

- Elle n’avait qu’à pas se défendre,
fit l’homme d'une voix méprisante.
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MessageSujet: Re: I'll never be like I was the day I met you - Charlotte [Juillet 1997] Dim 28 Fév 2016 - 20:09

Charlotte. Son prénom s’étranglait dans sa gorge, refusait de s’échapper de ses lèvres. Il avait l’impression de se mouvoir au ralenti, comme si ses jambes devaient se mesurer à un courant d’eau qui restait obstinément invisible. Il pria pour être prisonnier d’un rêve. Ou plutôt d’un cauchemar. Charlotte lui semblait à des kilomètres, comme s’il l’avait déjà perdue. Il la vit s’engouffrer dans l’encadrement de l’entrée, où la porte avait été détruite. Seule le haut tenait encore par son gonds, qui céda lorsque la Poufsouffle la fit claquer contre le mur. Le couloir de l’entrée était obscur, un silence morbide régnait, simplement troublé par son souffle. Ethan cligna des yeux pour s’habituer aux ténèbres. Son cœur cognait si fort contre sa poitrine qu’il lui semblait impossible que Charlotte ne l’entende pas. Le Serpentard avait perdu ses couleurs, et les rayons de la lune qui filtraient à travers la petite fenêtre lui donnaient des airs fantomatiques. Comme s’il était venu hanter cette maison qui, ce soir, serait le théâtre d’une tragédie. Ethan sentit la panique le gagner. Jamais il ne s’était senti aussi seul. L’angoisse lui enserrait la gorge, comme si une main invisible cherchait à l’étranger. Il eut l’impression que les murs se renfermaient sur lui. Au milieu du chaos qui s’emparait peu à peu de son esprit, une petite flamme s’alluma. Il devait la retrouver.

Ethan rassembla alors toute la raison qui lui restait, et alluma sa baguette d’un Lumos. Ses pieds trouvèrent le moyen d’avancer, l’un après l’autre. Gauche. Droite. Le silence était pesant. Soudain, il entendit Charlotte crier. Appeler sa mère. Son cœur fit un bon dans la poitrine. Ce fut l’électro choque qu’il lui fallait pour reprendre le pas sur ses émotions. Il s’élança sans réfléchir dans la direction d’où venait la voix de la Charlotte. Plus rien n’autre n’avait d’importance. À cet instant, Ethan avait l’impression de n’avoir qu’un but dans la vie : la retrouver et partie. Il la retrouva rapidement, plantée au milieu de ce qui était autrefois une cuisine. Des ustensiles étaient éparpillés sur le sol, la vaisselles brisée. La table avait volé en éclat, détruisant une partie du plan de travail. Sous ses pieds, le verre crissa. Charlotte se retourna vivement vers lui, prête à envoyer un sortilège. Ethan ne bougea pas. Il se contenta de la regarder. De voir ses yeux passer de la haine à l’amour, de la détermination à la détresse. Il la regarda jusqu’à ce qu’elle le reconnaisse et abaisse sa baguette.

- Viens Charlotte, il ne faut pas rester là, il y a peut-être encore quelqu’un.

Ethan tendit une main vers elle, presque suppliante. Il avait parlé d’une voix calme, apaisante, mais pressante. Suis moi. Enfuis toi avec moi. Allons-nous en loin. Loin d’ici. Je prendrais soin de toi. Je te le promets. P.S : I Love You. Mais elle se détourna, et lui échappa, une fois de plus. Tu as dit que tu m’aimais. Si tu m’aimes, pars avec moi. Ethan serait égoïste, jusqu’au bout. Il voulait qu’elle le choisisse lui et non l’inquiétude qu’elle avait pour sa mère. Parce qu’il était évident que c’était trop tard pour cette dernière. Pas pour eux. Eux, ils avaient encore le temps. Non ? Tel un automate, il la suivit dans le salon, et la trouva effondrée devant le corps de sa mère. Ethan resta pétrifié devant ce décors macabre. Il considéra avec horreur les cheveux roux de Leena Wells, si identiques à ceux de sa filles, qui reposaient de part et d’autre de son visage. Elle avait également les mêmes yeux, à la couleur indéfinissable. Vert ? Marron ? Ils fixaient sans le voir le plafond, comme si elle était perdue dans ses songes. Une petite marre de sang s’était formée, souillant le carrelage jadis d’un blanc immaculé. Jamais il n’avait vu une différence si angoissante. Quelque chose se brisa en lui. Sa Charlotte n’aurait jamais dû assister à cela. Elle n’aurait jamais dû perdre sa mère. Pas elle. Il la regarda, impuissant, se glisser à côté de sa mère, Comme le ferait un enfant en quête de réconfort. Il s’attendait à la voir pleurer, mais se fut pire. Il vit la flamme s’éteindre dans ses yeux, et un vide immense s’y installer. Elle lâcha alors sa baguette. Le bois cliqueta contre le carrelage. Ce simple bruit ramena Ethan à la réalité. Un violent frisson le parcourut et tout son corps se raidit. Son instinct venait de reprendre le dessus. Il y avait quelqu’un. Sans ménagement, Ethan attrapa le bras de Charlotte et la tira vers lui. Ce fut alors que la lumière s’alluma, brisant ce moment de deuil silencieux. Au fond du salon, une porte se referma en grinçant, dévoilant un homme à la carrure impressionnante. Son visage était dur, froid, mangé par une barde mal entretenue. Son rictus faisait froid dans le dos, et ses yeux flous traduisaient probablement une ivresse. Ethan le considéra froidement. Leur deux baguettes, pointées l’une vers l’autre, semblaient s’analyser pour trouver un soupçon de faille.    

- Qu’est-ce que vous voulez ? Sortez d’ici.

Son bras gauche barrait le chemin à Charlotte qu’il cachait résolument derrière lui. Le vert et argent faisait de son corps un rempart entre le Mangemort, et sa petite amie. Il la poussa lentement vers la porte qu’ils avaient emprunté pour pénétrer dans le salon, priant pour qu’elle comprenne qu’elle devait partir. Ethan s’obligea à soutenir le regard de l’homme, à ne pas le baisser vers la baguette de la Poufsouffle. Elle devait la récupérer. Mais il craignait qu’au moindre geste, le Mangemort n’en profite pour passer sous sa défense.

- C’est simple, répliqua ce dernier d’une voie pâteuse.  Je veux cette sang-de-bourbe.  

Ethan se raidit un peu plus. Son cerveau s’efforçait de trouver un échappatoire. Mais sous ses airs sereins, la panique menaçait de le submerger une nouvelle fois, à tout moment. Son esprit était encore trop faible, trop choqué. Il se souvint alors de cette fameuse nuit, deux ans plus tôt, pendant la coupe du Monde de Quidditch. Des Mangemort c’étaient amusés avec une famille de moldus. Mais aujourd’hui, le climat était différent. Aujourd’hui, ils ne s’amusaient plus à suspendre les moldus dans les airs. Ils les tuaient pour le simple plaisir. Or, Ethan était prêt à défendre chèrement sa vie et celle de Charlotte. Aussi terrifié soit-il. Pour cela, la meilleure défense était l’attaque. Il devait le surprendre avant de se faire surprendre.

- Stupéfix !

Un éclair rouge jailli de sa baguette, mais le Mangemort le détourna avec une facilité déconcertante. Le sortilège s’abattit sur un mur qui explosa. Ethan eu à peine le temps de lancer le charme du bouclier. Les gravas rebondirent dessus avant de retomber au sol. Le Serpentards toussa, plissa les yeux pour apercevoir le Mangemort à travers la poussière. Il ne vit qu’un éclair bleu ricocher contre son bouclier et le faire disparaître. S’en suivi un échange de sortilège. Stupéfixion, Entrave, Bombardement, Confusion. Pendant un instant, Ethan crut qu’ils étaient à égalité. Sa combativité était revenue, et l’adrénaline le boostait. Il esquivait les sorts, les renvoyait avec une acharnement qu’il ne se connaissait pas. Il avait établi un mur de protection invisible entre le Mangemort et eux, et celui-ci en cherchait les failles. Jamais il n’avait fait de sortilèges si résistants. Leurs pas s’accordaient, gauche, droite. L’homme cherchait à atteindre Charlotte, et commençait à perdre patience. Elle semblait pétrifiée.

- Charlotte, va-t’en ! Cria Ethan en tourna brusquement la tête dans sa direction.

Il avait perdu sa concentration. Une seule et unique seconde. Alors que les sortilèges du Mangemorts rebondissaient jusqu’à présent contre son bouclier, d’un d’eux passa au travers, le frappant en pleine poitrine. Endoloris. Ethan se jura de ne pas crier. Il ne lui donnerait pas cette satisfaction. Mais il ne tint pas plus une micro seconde. Il se retrouva à terre, sans même ressentir la douleur de la chute. Il avait l’impression que chaque parcelle de sa peau était transpercée de lames chauffées à blanc. Sa vue se brouilla, et il se tordit de douleur, hurlant à s’en déchirer les cordes vocales, comme si ça pouvait le délivrer. Il n’avait plus aucune pensée cohérente, si ne c’était qu’il était prêt à tout pour que ça s’arrête.




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MessageSujet: Re: I'll never be like I was the day I met you - Charlotte [Juillet 1997] Sam 9 Avr 2016 - 23:29

Une poupée de chiffon, un mannequin de bois. Charlotte se laissa tirer en arrière comme si elle n’était plus qu’une marionnette. Vide. Son cœur semblait s’être arrêté. Elle ne vit pas Ethan se poster devant elle, entre son corps amorphe et celui de l’homme immense qui avait allumé la lumière. Elle n’avait vu cet homme que sans le voir, n’avait même pas entendu sa voix. Le changement d’éclairage n’avait même pas fait tiquer son esprit, si ce n’est que pour montrer de manière encore plus évidente le cadavre éteint de sa mère. Avachie sur le sol, ses yeux posés sur le visage de Leena, Charlotte regardaient sans voir l’horreur qui avait eu lieu. Plus rien n’existait. Juste ce sifflement persistant dans son crane, qui s’amplifiait de seconde en seconde. Seulement ça. Pas de douleur, pas de cris, pas de larmes qui auraient du lui monter aux yeux par flots continus. Juste l’horreur qui l’avait pétrifiée. Des bribes de paroles atteignirent vaguement son cerveau, elle identifia la voix d’Ethan disant quelque chose qu’elle ne comprit pas. Puis plus rien. Le sifflement s’accentuait encore, et encore, la coupant du monde extérieur. Ses yeux toujours écarquillés commençaient à ne plus y voir, le noir envahissant son champ de vision comme rongé par la moisissure.

Une lumière rouge traversa brusquement ce qu’il restait de sa vision. Puis quelque chose explosa, semblant la tirer légèrement de son état de transe horrifié. Elle abaissa doucement les paupières dans un clignement d’œil au ralentit. Une vive lumière bleu la fit plisser les yeux et sembla achever de remettre son corps en état de marche. Charlotte releva la tête, découvrant alors la scène. Ethan, debout devant elle échangeait à une vitesse folle des sortilèges avec un homme qui se tenait de l’autre coté de la pièce. Il était terrifiant. Son regard surtout, lui donnait l’air d’un fou. Charlotte réalisa soudainement la position extrêmement dangereuse dans laquelle elle avait mit Ethan. Toujours sous le choc, elle mit quelques secondes à comprendre ce qu’Ethan lui cria alors.  Lentement, les yeux cherchèrent sa baguette qui n’était plus dans sa main. Ils la trouvèrent, juste à coté du pied gauche d’Ethan qui continuait à la protéger avec une ardeur qu’elle ne lui avait jamais vu. S’enfuir. Comment pourrait-elle ? Elle l’avait mit dans cette situation où il risquait de se faire tuer, ou plutôt, où tout deux allaient surement mourir, comment pourrait-elle s’enfuir ? Pour trouver plus tard ans le journal un encadré noir avec son nom dedans ? Jamais. Le cœur de la jeune fille semblait être en train de mourir dans sa poitrine. La douleur avait mit un certain temps à arriver, mais elle était maintenant bien là. Une douleur déchirante, qui semblait vivante et animée d’une envie de la tuer. Pourtant, cette douleur lui rappelait qu’elle était justement en vie. Elle sentait à nouveau les membres de son corps, le sang circulait à nouveau dans son cerveau et ses muscles.

Soudainement, Ethan s’effondra sur le sol. Un sortilège avait percé le bouclier invisible qu’il maintenait depuis plusieurs minutes. Dans un reflexe paniqué, Charlotte se jeta sur lui en hurlant son prénom. Elle releva les yeux vers le mangemort qui pointait sa baguette sur Ethan, le bras tendu au maximum, tandis que le jeune homme se mit à se tordre en hurlant de douleur. Elle voyait les yeux de l’homme, comme fou, fou de plaisir de faire souffrir à distance, sans même bouger un muscle. A tâtons, la main de Charlotte trouva sa baguette, ses doigts se refermèrent sur le bois familier et d’un grand geste du bras, la jeune fille fit exploser l’objet le plus proche de l’homme, un cadre accroché au mur, en hurlant un « Confringo » vibrant de peur. Le verre explosa, allant heurter le mangemort, déstabilisant, mettant fin au sort de douleur qui clouait Ethan au sol.
Lentement, Charlotte se releva. Sa baguette était pointée vers le mangemort, au bout de son bras tremblant. Ses jambes semblaient à peine vouloir supporter son poids. Son esprit était embrumé par une peur insoutenable, tandis que ses organes étaient toujours déchirés de douleur. Elle paraissait si faible. Elle était si faible. Etait-ce du courage, ou de la bêtise, de se relever ainsi ? Elle n’en savait rien. Elle avait juste si peur de perdre, après sa mère, celui qu’elle aimait de tout son cœur, que son corps se levait tout seul, dans le désir de le protéger. Elle avait déjà affronté des Mangemorts, il y a d’ailleurs bien peu de temps. Pourtant qu’elle n’avait eu à aucun moment cette peur incroyable. Elle avait toujours eu la sensation qu’elle pouvait les battre, qu’elle ne mourrait pas. Mais en cet instant, Charlotte avait juste l’impression d’être dos au mur. Quel aurait été l’intérêt de fuir, si les deux personnes qu’elle aimait le plus n’étaient plus avec elle après ça ?

L’homme dévia avec une terrible facilité de « Diffindo » qu’elle envoya en tremblant. Le cadre, en explosant, l’avait coupé à plusieurs endroits du visage, et le sang qui en coulait lui donnait l’air encore plus féroce. Elle comprit qu’il allait lancer un sort à son tour et tenta de se protéger au mieux mais son bouclier ne fit que réduire la puissance du sort et elle sentit le sang se mettre à couler à plusieurs endroits sur sa peau. Du liquide coula dans son œil et elle tenta de l’essuyer d’un revers de main qui empira les choses. Charlotte tremblait de plus en plus. Une nouvelle fois, elle tenta d’envoyer un sort que le Mangemort repoussa d’un mouvement de poignet. Il commença à s’avancer vers elle avec un sourire victorieux. Charlotte se tourna une fraction de seconde vers Ethan, haletant toujours à cause de l’endoloris qu’il avait subis de plein fouet. Lorsqu’elle se tourna à nouveau vers le mangemort, il était là. Juste devant elle. Il leva lentement sa main libre et saisie par la gorge. Par réflexe, Charlotte voulu hurler, mais l’air lui manqua et aucun son ne sortit. Les yeux écarquillés, elle vit la baguette de l’homme se diriger entre ses deux yeux. Il ouvrit la bouche pour lentement articuler. Elle allait mourir. Elle avait dix-sept ans, toute sa vie aurait du s’étendre devant elle. Elle voulait devenir auror, voir la fin du règne de terreur de Voldemort. Se marier, et avoir des enfants, surement, avec Ethan, sans aucuns doutes. Mais les lettre qu’articulait l’homme ne trompaient pas. Une lumière verte jailli de la baguette, aveuglante.  « E…than… » articula t-elle en silence. Elle avait échoué. Elle n’avait pas pu le protéger.









Le corps de Charlotte s’effondra. Sa baguette tomba de sa main, tandis que le Mangemort lâchait le cou de la jeune fille. Son corps tomba en arrière. Ses jambes se plièrent, puis son buste heurta le sol, et enfin sa tête. Ses longs cheveux roux se répartirent en cascade autour d’elle. Allongée sur le sol de cette manière, on aurait pu croire qu’elle dormait. Mais ses yeux grands ouverts, vitreux, fixant le plafond sans le voir, ne trompaient pas.
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SERPENTARD7ème annéeAdmin bisounours
    SERPENTARD
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MESSAGES : 1934

INFOS PERSONNAGE
SITUATION AMOUREUSE SITUATION AMOUREUSE: En couple
DATE & LIEU DE NAISSANCE DATE & LIEU DE NAISSANCE: 14 février 1981 - Londres
SANG SANG: mêlé
MessageSujet: Re: I'll never be like I was the day I met you - Charlotte [Juillet 1997] Jeu 21 Avr 2016 - 21:31

Ethan avait vaguement conscience que Charlotte était penchée au-dessus de lui. Ses muscles étaient tendus à l’extrême, comme si ça pouvait l’aider à le libérer de la douleur. Mais il n’avait droit à aucun répit. Chaque centimètre carré de son corps semblait s’être enflammé. Jamais encore le Serpentards n’avait ressenti une douleur si cuisante. Il était persuadé que sa peau était à vif. Il avait beau se cambrer et se plier, la souffrance ne le quittait pas. Il ne sentait même plus ses ongles qui s’enfonçaient dans les paumes de ses mains. Il aurait aimé être courageux. Affronter ce sortilège avec bravoure en souffrant en silence. Mais il en était incapable. Il ne pouvait penser qu’à une chose : Faites que ça s’arrête. Il ne voulait pas se battre contre ça. Et puis soudain, tout s’arrêta. Essoufflé, courbaturé, Ethan fut incapable de faire le moindre geste durant de longues secondes. Sa vue était brouillée, et sa gorge le brulait. Encore sonné, il mit quelques instants à comprendre ce qui se passait. Il trouva soudainement le sol très inconfortable. Dans sa main, sa baguette lui semblait brulante, comme si le bois essayait de le ramener à la raison. La réalité le frappa alors avec la violence d’une gifle. Bien qu’il aurait souhaité par-dessus tout rester allongé là et fermer les yeux, le Serpentard se redressa péniblement. Sous son regard vide, Charlotte se battait courageusement. Mais il voyait bien qu’elle tremblait. Le Serpentard dû faire un effort qui lui sembla surhumain pour se remettre sur ses jambes tremblantes. Il vit alors le Mangemort s’approcher de Charlotte et attraper sa gorge.

- Ne la touchez pas !

Ethan aurait voulu crier, mais sa gorge était enrouée. Comme prise dans un étau. Il tendit inutilement sa main libre. Elle semblait si loin, hors de sa portée. Ses démons avaient fini par l’emporter. Aujourd’hui il n’y avait pas de membre de l’Ordre du phénix pour les protéger. Ni même un camarade de Poudlard pour l’aider. Il était seul avec sa baguette et sa peur au ventre. Il avait subi le sortilège de l’Imperium. Puis celui de l’Endoloris. Le prochain serait le sortilège de la mort, c’était inévitable. Or le Vert et Argent n’était pas prêt. Il était terrorisé à l’idée de mourir. A l’idée de voir s’éteindre la lueur dans les yeux de Charlotte. Mais bien vite, sa peur fut balayée par un sentiment plus fort : le dégout et la colère. Comment osait-il poser ses sales pattes sur Charlotte ? Protego. Un filament scintillant jaillit de sa baguette pour  dresser un mur invisible entre sa petite amie et le Mangemort qui fut contraint de reculer d’un pas. Pas assez rapide. Au même moment un éclair vert jaillit de la baguette du Mangemort. Ethan écarquilla les yeux et regarda, impuissant, les genoux de la demoiselle se dérober. Elle lui lança un dernier regard éteint, sur ses lèvres flottaient encore l’ombre de son prénom qu’elle ne prononcerait plus jamais. Son corps toucha terre et ses cheveux roux encadrèrent son visage de la plus belle des façons, comme si elle s’était tout à coup endormie.

Non.

Non.

Non.

C’était impossible. Tel au automate, Ethan avança de quelques pas sans quitter Charlotte du regard. Une bulle venait de se former autour de lui, hermétique et indolore. Tous ses maux s’étaient envolés, sa tête et son cœur étaient étonnamment légers. Son esprit n’assimilait pas ce que ses yeux voyaient. De toute façon, il refusait de l’accepter. Le Serpentard saisit la main de la jeune femme. Elle était tiède et douce, comme d’habitude. Il s’attendait probablement à se redresser et simplement aider Charlotte à se relever. Puis ils pourraient transplaner loin d’ici, maintenant qu’elle avait récupéré sa baguette. Allé viens, allons-nous en. Mais soudain Ethan sentit une main se poser sur sa tête et saisir impitoyablement ses cheveux. Le Mangemort fit basculer sa tête en arrière sans ménagement, et Ethan fut contraint de lever les yeux vers lui. Il sentit alors la pointe de sa baguette se poser sur sa gorge exposée.

- T’étais pas censé mourir, ricana l’homme. Mais s’enticher d’une sang de bourbe est impardonnable.

Avec un rictus mauvais, il tira sur ses cheveux pour le contraindre à se lever. Ethan se débattit, refusant de se remettre sur pied. Il craignait par-dessus tout de lâcher la main de Charlotte. Il ne devait surtout pas la lâcher, sinon ce serait la fin de tout, elle le laisserait seul pour toujours. Mais ses doigts furent contraints de lâcher prises. Sa bulle vola alors en éclat, et une colère froide s’empara de lui. Comme jamais il n’en avait ressenti. Sans réfléchir, il cessa de se débattre, prit appui sur ses pieds et se leva d’un bond. Dans son élan, son poing s’abattit dans un craquement sec sur le visage du Mangemort. Celui-ci hurla de douleur et prit son nez brisé entre ses mains alors que le sang coulait à flot. Profitant de l’effet de surprise, Ethan leva sa baguette et lança un sortilège d’expulsion. La colère lui faisait perdre la raison, et le sens des réalités. Incapable de réfléchir correctement, il n’avait qu’une idée en tête : éliminer le Mangemort. Mais le tuer ne le satisferait pas. Il voulait le voir souffrir. Sans une once de remord. L’homme s’écrasa lourdement contre le bahut en bois sombre et pesta. Il rampa pour récupérer sa baguette qu’il avait lâché sous le choc, mais Ethan ne lui en laissa pas le temps. Il lui écrasa froidement les doigts, appuyant de tout son poids. Le Vert et Argent savoura le bruit du craquement que firent ses os en se brisant, et son cri de douleur. Ses yeux bleus étaient plus froids que jamais, et dénués de toute expression. Il allait payer. Ethan pointa alors sa baguette vers le torse du Mangemort.

- Asfissio Pauralis.

Les yeux de l’homme s’écarquillèrent d’horreur tandis que ses poumons cherchaient désespérément de l’air. Il ouvrit la bouche, mais aucun son n’en sortait. Ethan le regarda cracher le sang qui s’écoulait de son nez, avec une certaine satisfaction. Personne ne jouait impunément avec sa vie. Personne ne touchait à ses proches. Œil pour œil, dent pour dent. Sang pour sang. Au bout d’une trentaine de seconde, l’homme se mit à suffoquer, se tortillant sur le sol. Son visage d’ivrogne commençait à virer au violet. Le Vert et Argent tenait fermement sa baguette, attendant simplement que le Mangemort rende l’âme. C’était dans l’ordre des choses. Mais soudain, un bruit de verre brisé le fit sursauter. Il se retourna vivement, prêt à lancer un sortilège. Mais c’était simplement une assiette en équilibre précaire qui avait fini par basculer dans le vide et s’écraser par terre. Profitant de cette distraction, l’homme saisit sa baguette de sa main libre et transplana dans un craquement sourd, ne laissant derrière lui qu’un index et un majeur sous la semelle de Ethan.

Le silence qui s’installa alors était dérangeant. Presque insupportable. Ethan reprenait peu à peu son souffle. À chaque respiration l’adrénaline quittait ses veines, et sa raison refaisait surface. Soudain, il se mit à trembler. Sa vue se troubla tandis qu’il se retournait pour faire face à Charlotte. Une fois encore il s’agenouilla près d’elle et posa une main sur son épaule qu’il pressa, comme s’il voulait la réveiller en douceur.

- Charlotte ! Appela Ethan en la secouant un peu plus fort.   Ça y est c’est fini.

C’est fini. Le Serpentard fut alors terrassé par une douleur à la poitrine. Il contemplait les yeux de la demoiselle, ouverts mais désespérément vides. Il grava leur couleur dans sa mémoire, ainsi que son parfum qui flottait encore dans l’air. Il sentit alors les larmes déborder, et couler de long de ses joues, en y traçant un sillon brulant. Son bras glissa dans le dos de la jeune femme qu’il souleva et serra contre lui. Mais ses bras à elle ne l’enlacèrent pas. Il écarta avec une infinie douceur ses cheveux roux pour dégager son visage. Mais elle ne lui sourit pas. Il caressa sa joue et pressa ses lèvres contre son front. Mais elle ne se réveilla pas. Ethan ferma étroitement les paupières et attendit que le cauchemar prenne fin. Son monde venait de s’écrouler, balayé en quelques minutes. Il ne comprenait pas comment il avait pu en arriver là. Une heure plus tôt ils étaient en train de s’époumoner sur les musiques des Bizarr’Sister, et voilà qu’il était maintenant le seul à respirer. Pourtant, Ethan voulait la revoir rire, sourire, faire la moue. Il voulait que ses yeux continuent de le regarder comme s’il était la plus belle chose du monde. Qu’elle rougisse en le voyant, l’aide en métamorphose, fasse des rondes de préfet avec lui. Ils auraient dû commencer leur septième année ensemble et avoir leur ASPIC. Ethan la serra un peu plus contre lui pour essayer de soulager son cœur. Mais ses sanglots ne firent que redoubler.

Les minutes s’étiraient avec une lenteur insupportable. Ethan perdit la notion du temps. Dans un état second, il ne sentait plus son corps engourdi de froid et de fatigue. Ses yeux étaient rouges et cernés, il n’avait plus de larme à verser. Il y avait simplement cette douleur, et le poids des remords. Il prit alors conscience de chuchotements, puis des faisceaux de lumières de baguettes magiques éclairèrent la pièce. Des visages se penchaient vers lui, graves et inquiets. On lui expliqua que tout allait bien, qu’ils travaillaient pour le ministère de la magie et qu’il était hors de danger. Mais rien n’arrivait à capter son attention. Non, tout n’allait pas bien. Qu’on le laisse tranquille, c’était tout ce qu’il désirait. Il sentit des mains qui tentaient de le faire lâcher prise, de lui enlever le corps de Charlotte. Ethan s’y agrippa comme à une bouée de sauvetage. Il voulait qu’on le laisse tranquille, ne pouvaient-ils pas comprendre ? On arracha de ses bras le corps de sa petite amie, achevant ainsi de le briser. Ethan prit aussitôt sa tête entre ses mains, fermant résolument les paupières. Mais derrière ses paupières clauses il revoyait l’éclair vert, et le corps de Charlotte s’effondrer. Elle appelait à l’aide. Tendait la main vers lui. L’appelait. Et il ne pouvait rien.

- Par Merlin c’est Ethan Farell, chuchota une voix féminine. Chris prévient Keira, c’est son fils.

Des chuchotements brisaient le silence auquel Ethan c’était habitué. Un patronus en forme de renard s’élança dans la nuit, porteur d’un message. Les Aurore sécurisèrent la zone et rassemblèrent des indices. Ethan remarqua alors la baguette de Charlotte à quelques centimètres de lui, qu’il s’empressa de ramasser et de mettre dans sa poche. À ce moment sa mère entra dans la pièce et posa sur lui un regard nouveau. Elle avait l’air inquiète. Sans savoir comment il fut tout à coup sur ses pieds. Son esprit était engourdi, et ses yeux semblaient voir à travers un voile. Il entendit vaguement quelqu’un dire qu’il n’était pas en état de transplaner, et proposer la cheminée de la maison sorcière voisine. Son regard flou tomba une nouvelle fois sur le corps de Charlotte, et il esquissa un geste pour la rejoindre. Mais il fut entrainer dehors. Les voix et les couleurs, tous se mélangeaient. Le Serpentard leva alors les yeux vers le ciel d’un noir d’encre, où la marque des ténèbres brillait de son éclat vert. Elle était bel et bien morte. Il n’avait pas su la protéger et il l’avait payé de la plus cruelle des façons. Elle qui aimait tellement la vie. Game over.

Only know you love her when you let her go
Staring at the ceiling in the dark
Same old empty feeling in your heart
'Cause love comes slow and it goes so fast
© Passenger


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MessageSujet: Re: I'll never be like I was the day I met you - Charlotte [Juillet 1997] Aujourd'hui à 2:54

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I'll never be like I was the day I met you - Charlotte [Juillet 1997]

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