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[28 juin 1997] Screwed

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MessageSujet: [28 juin 1997] Screwed Mer 30 Déc 2015 - 18:45


Monter dans le Poudlard Express en juin était toujours morose. À la rentrée, les élèves surexcités zigzaguaient entre les plus anciens qui, ayant le sens des priorités, préféraient trouver un immense compartiment à squatter avant de célébrer leurs retrouvailles. Mais retourner à Londres… Brave serait volontiers restée sur le quai si Carter n’avait pas eu la prévenance de la pousser dans le train bien avant que le sifflet ne retentisse. Lorsqu’on était en quatrième année, on n’avait pas le droit aux privilèges de ceux passant de vrais examens, mais on connaissait suffisamment le train pour savoir où se trouvaient les wagons les plus agréables. Ainsi, Carter et elle ne mirent pas longtemps à dégoter quelque chose de très convenable. Elle s’installa près de la fenêtre. Le voyage allait être long. Elle n’envisageait même pas de se séparer de Carter. Ni de Simon. Et encore moins de Gwenn. Et pourtant, d’ici quelques heures, ils débarqueraient tous à King’s Cross et leur quatrième année serait officiellement terminée. Les plaisanteries étaient terminées. L’an prochain, ils devraient passer leurs BUSEs. Et puis, aussi, l’an prochain, il y aurait certainement la guerre. (Avec un peu de chance, les examens seraient annulés, du coup…) Brave participait passivement aux discussions et aux quelques jeux auxquels la petite bande s’adonnait. Elle essayait de réfléchir. Elle ne trouvait pas d’échappatoire à cet enfer.

Elle refusait de rentrer chez elle, ce soir, et de devoir prendre une décision. Elle n’était pas prête à choisir. D’un côté, il y avait son père, et le magnifique Finn, et la puissante Doraleen, et la très assurée Geny, et la merveilleuse Victoria. De l’autre, il y avait l’horrible Rohan, ces enflures de Nott (père comme fils) et… Oh, comme il serait simple de montrer à tous ses sorciers sortis de Serpentard que la maison Gryffondor ne l’avait ni corrompu ni affaibli. Qu’elle était toujours digne d’être une sang-pur ! Elle pourrait le faire. Elle n’avait pas peur des ténèbres. Par contre… Renoncer à Carter ? Tourner le dos à Simon ? Fermer les yeux quand Waldorf serait exécutée ? Brave était courageuse, mais elle était aussi loyale. Ou, en tout cas, elle voulait l’être.

- Je vais chercher des friandises.

La vérité, c’est qu’elle avait besoin de prendre l’air. Elle refusa qu’on l’accompagne. Elle allait très bien. Sauter sur le chariot de sucreries ? Ah ! Elle l’avait déjà fait au moins un millier de fois ! Le sucre allait l’aider à réfléchir. Quand son estomac déclarerait forfait, elle devrait prendre une décision. Rentrer chez elle et prendre sa place chez les encapuchonnés, ou… Sauter du train ? Ouais. C’était une option. D’autant plus que… Eh ! N’était-ce pas Coughlin qu’elle venait d’apercevoir à travers la vitre de ce compartiment ? Si, c’était bien lui. Et elle venait d’avoir une idée géniale. Sans prendre la peine de toquer, elle ouvrit la porte à la volée. Cela faisait toujours son effet, même chez des élèves plus vieux qu’elle. Elle était Brave. Tout le monde savait cela.

- Dehors. Tout le monde. Maintenant.

Autrement dit, auriez-vous l’extrême mansuétude de déguerpir d’ici avant que je ne sois contrainte de dégainer ma baguette et de vous infliger une dérouillée dont vous devrez vous souvenir jusqu’à la prochaine rentrée ? Il n’y avait pas de quoi s’en vanter, mais Brave avait cessé d’être polie lorsqu’elle ne se trouvait pas en présence de beau monde. Or, autant dire qu’ici, il n’y avait que de la vermine. Elle fixa Kenneth. Nul doute que celui-ci avait déjà compris que l’ordre ne s’appliquait pas à lui. De toute manière, il était bien trop borné pour accepter un ordre sans contester. Brave sortit sa baguette, ferma la porte du compartiment et prit place en face de son camarade Gryffondor.

- J’ai besoin de ton aide. Et, cette fois, je ne te laisserai pas me trahir.

Elle aurait simplement pu commencer par lui demander comment ils avaient pu en arriver là. Comment une simple punition infligée par Ombrage à la suite d’une dénonciation avait pu détruire plusieurs années de partenariat en conneries. Paradoxalement, Kenneth avait été un de ceux qui avait aidé Brave à se sentir à sa place chez les Gryffondors. Il lui avait appris à se débrider, et elle l’avait adoré pour cela. Elle aurait pu tenter de réparer les pots cassés. Le jeu en aurait valu la chandelle. Mais il faisait nuit. Et ils arriveraient très bientôt à Londres. Il fallait faire vite.

- Impero

Brave ne se faisait pas d’illusions. Kenneth allait sans doute lutter pour conserver sa volonté. Mais Brave ne cèderait rien. Elle avait besoin de quelqu’un en qui elle pouvait avoir confiance. Et elle avait trop honte pour révéler son secret à qui que ce soit. Alors elle avait besoin d’une marionnette. Sauf que… rien ne se passait. Apparemment, en plus d’être désespérée, elle était d’une nullité déconcertante. (Et c’était peut-être une bonne chose si elle voulait éviter de se retrouver en prison…) Brave restait là. Assise devant Kenneth. La baguette pointée sur lui. Mais le sortilège n’avait pas marché. Elle était foutue.

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Dernière édition par Brave W. Rosier le Mer 6 Jan 2016 - 1:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [28 juin 1997] Screwed Mer 6 Jan 2016 - 0:31

Kenneth s’ennuyait. Dépité, s’interrogeant sur les prochains événements, il n’arrivait pas à se mêler aux discussions des camarades de son wagon. Pour la plupart d’entre eux, il ne leur avait jamais parlé, les autres… Tout au mieux leur avait-il dit bonjour. Peut-être avaient-ils essayé de discuter avec lui ? Peut-être même avait-il dit quelques mots, mais… Est-ce qu’entendre sans écouter et parler pour ne rien dire avait vraiment un quelconque sens à ce moment-là ? Non pas vraiment, il préférait rester là, regardant par la fenêtre du Poudlard express, fatigué, chamboulé ou peut-être tout simplement déprimé. Il commença à somnoler peu à peu, baillant de plus en plus, ruminant dans son coin sur les derniers événements. Sa mère lui avait demandé s’il comptait retourner à Poudlard l’année prochaine avant de repartir avec son propre moyen de locomotion. Bien entendu, il avait répondu par l’affirmative. Il ne pouvait pas laisser des camarades qui comptaient pour lui endurer une année aussi chaotique que celle qui se dessinait devant eux sans son soutien. Il ne devait pas se laisser abattre par les événements à venir.

C’est alors qu’il entendit un bruit sourd. La porte du wagon s’ouvrait laissant passer un visage bien connu du garçon, celui de Brave W. Rosier, sa camarade de classe, ancienne acolyte maintenant devenue une fille semblant apprécier le détester. Après tout, ce qu’il lui laissait croire était impardonnable et même lui se haïrait s’il ne savait pas que tout cela n’était qu’une farce, une mascarade faite pour qu’elle n’ait pas l’impression d’être trop protégée. La dernière « leçon » donnée par Kenneth lui avait coûté une bonne amitié, mais au moins elle ne risquait pas de culpabiliser pour les punitions suivantes qu’il avait encaissées pour l’A.D, pour ses amis, pour ses idées et pour tout le reste. En tout cas, si elle venait là, ce n’était sûrement pas pour les autres idiots du wagon qu’elle allait sûrement dégager par la peau des fesses avant de venir se confronter à lui. Il fallait qu’il essaie de garder son image, de sourire. Il réussit, la voyant s’énerver sur les autres passagers, comme il s’en doutait. Décidément, elle était bien trop prévisible.

Elle le fixait étrangement en lançant ses invectives, regard qu’il soutint par un sourire narquois quoiqu’un peu forcé. Après tout, il n’était pas dans son assiette comme une majorité d’élèves présents. Pourtant, il ne comptait pas se lever, il n’allait pas se défiler, il ne l’avait jamais fait. Certains de ses camarades lui lancèrent un regard surpris tandis qu’il leur fit un simple signe de la main, exprimant ainsi son désir qu’ils obéissent à la petite lionne.

« Je suppose que ce n’est pas pour partager des chocogrenouilles que t’es là… »

Une fois le wagon vide, elle sortit sa baguette et vint s’asseoir en face de lui. En effet, ce n’était pas pour des sucreries qu’elle était là, loin de là. Pourtant, il ne pensa même pas à sortir sa propre baguette. Il ne voulait pas pour autant la menacer d’un sortilège en représaille, il était trop fatigué pour ça, ce n’était pas son rôle. Lui, il encaissait, il prenait sur lui et souriait ou répondait par des mots en retour. Des fois il agissait sous le coup de l’impulsion mais cela était destiné aux gens qu’il ne connaissait pas ou qu’il détestait. Là, ce n’était pas le cas et ce ne le serait sûrement jamais. Bien entendu, la phrase qu’elle prononça après coup lui noua quelques instants l’estomac. Oui, il l’avait trahi, mais pas de la façon dont elle croyait, celui face auquel il avait été un traître l’année précédente était bel et bien lui-même. Il avait sacrifié son amitié pour qu’elle puisse profiter tranquillement du reste de l’année, ni plus, ni moins.

« Impero …»


Le mage écarquilla les yeux l’espace d’un instant. Un sort interdit ? Avait-il été assez loin pour la pousser dans de telles extrémités ? Pourtant, à choisir, il aurait plutôt cru à un doloris pour lui faire payer quoi que ce soit. Il s’apprêtait à resister, peut-être sans succès, peut-être qu’il était déjà sous l’effet du sort, mais rien ne se passa. Tout était toujours pareil, il était maître de son corps et de son esprit, Rosier pointait toujours sa baguette vers lui.

« Je peux savoir à quoi tu joues ? »


Voilà ce que furent les premiers mots qui sortirent de sa bouche. Il se ravisa de continuer. Il savait qu’elle avait besoin d’aide, sinon elle ne serait pas allée aussi loin pour venir le voir. Le garçon se plongea alors un peu plus profondément dans son fauteuil puis la regarda dans les yeux avec un sourire qui se voulait rassurant. Après tout, son sort avait échoué, donc il n’y avait aucune séquelle. Il bailla encore un coup. Sa baguette n’était toujours pas loin mais il ne sentait pas encore le besoin de s’en servir.

« Y’a quelque chose dont tu veux me parler ? Et si ça peut te rassurer, je vais te dire une petite chose là que nous ne sommes qu’à deux, je n’ai jamais trahit personne… Pas intentionnellement tout du moins. »

Sa fierté bloquait sa gorge, il ne pouvait pas dire qu’il avait dû boire du véritasérum, pas aussi facilement, non. Pour cela, il ne suffisait pas de venir le voir en agitant sa baguette sous son nez. Et puis était-ce vraiment de cela dont la gryffondor voulait parler ou d’autre chose plus grave pour elle. Elle avait toutes les raisons valables de ne pas le croire mais peut-être qu’avec un peu de chance, elle comprendrait ce qu’il disait, ou alors elle s’énerverait ce qui pouvait débloquer la situation d’une manière ou d’une autre.
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MessageSujet: Re: [28 juin 1997] Screwed Dim 24 Jan 2016 - 19:30


Une furieuse envie de chocogrenouille. Brave avait une furieuse envie de chocogrenouille. Les confiseurs et maîtres chocolatiers avaient raison : tout allait beaucoup mieux avec un chocogrenouille. Brave n’aurait pas eu à subir la honte de sa vie si elle était venue dans l’esprit de partager des chocogrenouilles. Mais elle ne s’était pas laissée le temps d’atteindre le chariot des friandises avant de tenter de ruiner l’existence de son camarade Gryffondor. Honnêtement, la honte, elle l’avait bien méritée. Et mieux valait qu’elle ait échoué, en fait. L’amer goût de l’échec qui la possédait tout entière était sans doute bien moins pire que la culpabilité qu’elle n’aurait pas manqué de ressentir si jamais elle avait réussi. À supposer qu’un tel sortilège ne fasse pas sonner une sorte de sonnette d’alarme dans le bureau des Aurors, à Londres, et que ces derniers l’aient laissé vivre suffisamment longtemps. Brave ne connaissait pas vraiment les conséquences d’un tel sort. Aurait-elle été envoyée à Azkaban ? Aurait-elle était tuée sur le champ ? Aurait-elle été tranquillement convoquée au ministère d’ici quelques semaines ? COMMENT SE FAISAIT-IL QU’ELLE NE SACHE PAS RÉPONDRE À DES QUESTIONS AUSSI SIMPLES ?!? Brave était pathétique.

Pathétique. Mais aussi minable, et nulle, et pitoyable, et tout ce qui s’en suit. Et foutue, aussi. Kenneth n’allait pas se gêner pour la dénoncer. ENCORE UNE FOIS. Et il aurait raison, en plus, le sallaud. Brave serra les dents. Devait-elle fuir ? Non. Cela ne résoudrait absolument rien. Elle avait tenté de lui lancer un SORTILÈGE IMPARDONNABLE, BORDEL ! S’il voulait la tuer, ce serait compréhensible. S’il voulait la houspiller, ce serait compréhensible. S’il voulait lui dire qu’elle le dégoûtait, ce serait compréhensible. Kenneth pouvait même se moquer d’elle aussi fort qu’un Poufsouffle éméché s’il le voulait, Brave était prête à tout endurer. Colère, dégoût, mépris. Bring it on. Mais… une question… ? Elle ne s’était pas préparée à cela. Voulait-il vraiment comprendre ou n’était-ce qu’un prélude à un long monologue de réprimandes ? Pff. Brave était stupide. C’était Kenneth. Évidemment qu’il ne voulait pas comprendre. Ce gars n’en avait rien à foutre d’elle. Sinon, voilà déjà des lustres qu’il se serait excusée pour l’avoir trahie.

Brave baissa sa baguette. Elle avait envie de la casser en deux. De lui demander en hurlant pourquoi elle avait refusé de fonctionner. De la jeter par la fenêtre. De la planter dans l’œil gauche de l’autre Gryffondor. De s’asseoir dessus. De la laisser tomber par terre, de ne plus jamais la ramasser, et de se déclarer cracmol. Ce n’était pas si mal comme situation, cracmol. Il y avait des bonnes possibilités d’avenir. Concierge, par exemple ! Si Brave était concierge, elle pourrait s’assurer que Poufsouffle ne gagne plus jamais la coupe des maisons. Et que personne n’embête le tendre Simon. Et que Carter soit tellement collé que les professeurs cesseraient de le considérer comme un élève. Et elle pourrait aussi en profiter pour faire des crasses (encore plus nombreuses) à Waldorf. Vraiment, quelle bonne idée. Brave serait concierge. C’était décidé ! La blondinette commença donc par poser sa baguette sur la banquette. Avant de s’en débarasser définitivement, elle devait rabattre le caquet de l’affreux Kenneth. Le garçon qui avait refusé de succomber au sortilège de l’Imperium. Crasseux.

- Intentionnelle ou non, une trahison est une trahison. C’est presque pire si tu n’avais pas prévu de me trahir. Cela signifie que tu es stupide. Et indigne de confiance. Et faible.

La tendresse n’était pas au programme. Ce n’était pas de la faute de Kenneth. Brave en était consciente, mais cela ne changeait rien. Il était là. Mauvais endroit, mauvais moment. Et, en plus de résister à un sortilège parfaitement exécuté (si, si), il se permettait de déblatérer des conneries encore plus répugnantes que ce que Carter et Waldorf avaient fait dans le lac.

- C’était trop difficile de s’excuser ?

Si les traits de Brave étaient encore crispés, sa voix était quant à elle devenue plus rauque. Gênée, prête à sombrer dans les trémolos du désespoir honteux. D’autant plus que les reproches qu’elle venait de formuler s’appliquaient aisément à elle. Après tout, elle venait quand même de lui lancer un sortilège impardonnable, la gueuse. Mais si Kenneth refusait de prouver sa bonne foi, il pouvait toujours rêver pour recevoir des excuses. Et pour qu’elle lui explique pourquoi elle avait fait cela. De toute manière, plus elle y pensait, et plus elle se disait que cette idée était aussi stupide qu’elle. Mieux valait se taire.

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MessageSujet: Re: [28 juin 1997] Screwed Mar 10 Mai 2016 - 23:47

La jeune lionne baissa sa baguette, une amertume se lisant dans son visage. En temps normal, en des jours plus joyeux, Kenneth se serait sûrement amusé de la situation, mais là… Il était lui-même un lion en cage, prisonnier des mensonges du passé face auxquels on venait maintenant lui demander des comptes. Brave laissa alors sa baguette sur le côté tandis que le jeune homme la regardait fixement, sans sourciller, mais son sourire narquois était tout autant absent que le regard malicieux qu’il avait si souvent affiché auparavant. Bien entendu, elle n’en resta pas là et continua de l’attaquer verbalement. Stupide, indigne de confiance et faible. Voilà les mots qu’elle lui lança, comme des coups de griffes, lacérant sa fierté, le bien le plus précieux d’un Gryffondor. Au moins il savait qu’il avait fait du bon travail, pas une once de venin, pas de sournoiserie, elle l’avait attaqué de face, l’insultait sans bassesse. Elle qui doutait à son entrée à Poudlard d’être tombée dans la bonne maison, il pouvait maintenant le dire sans sourciller, la jeune fille était bien une lionne, quoique tout le monde puisse en dire.

Le regard de son interlocutrice changea, sa voix se fit plus honteuse, plus gênée lorsqu’elle lui demanda si cela était trop difficile de s’excuser. Elle venait de toucher un point assez sensible de toute cette histoire. Longtemps il s’était demandé s’il devait s’excuser, longtemps il pensait qu’il n’en avait pas le droit. Et puis s’excuser de quoi ? D’avoir menti ? D’avoir caché les raisons de sa « trahison » ? S’excuser de l’avoir protégée, elle, à ses dépens ? Et s’il l’avait fait, qu’est-ce que ça aurait changé ? Et si elle avait eu dans l’idée de se venger d’Ombrage. Et si elle avait rejoint l’Armée de Dumbledore suite à ça ? Toutes ces questions avaient torturé l’esprit du jeune homme pendant longtemps. Des questions qu’il cachait derrière des pitreries et des rires. Dissimulant ses blessures derrière un sourire moqueur à chaque insulte qu’elle laissait crachait à son égard devant lui.

« Des excuses ? Ça aurait été plus facile à dire pour moi qu’à entendre pour toi, Brave. »

Il n’eut pas le temps de terminer que le service du Poudlard Express frappa à la porte. S’ils ne répondaient pas dans les circonstances actuelles, nul doute que cela pouvait inquiéter les sorciers présents dans les autres wagons, aussi dit-il à la vieille femme bedonnante d’entrer. Le garçon regarda alors l’étalage de confiseries qui leur était proposées puis décida de prendre quelques caramels dorés, des baguettes magiques à la réglisse et une poignée de fondants aux chaudrons. Il attendit alors que la femme sorte puis s’assura que la porte était bien fermée. Il prit alors un des fondants puis le mangea tranquillement, calmant ainsi ses nerfs.

« Dis, je peux te poser une question… Si tu savais que révéler certaines choses pouvaient faire en sorte que tu sois toujours proche d’une personne mais qu’en contrepartie, tu la mettrais en danger, et si tu ne disais rien, cette personne te détesterait comme la pire des vermines mais serait ainsi protégée de tes propres âneries, tu ferais quoi ? »

La question était sincère, il ne savait plus où il en était, il ne savait pas s’il avait fait une erreur, s’il y avait un autre moyen de tout rattraper maintenant, de faire table rase de ces dernières années pour qu’ils se comprennent à nouveau et redeviennent amis comme à la belle époque. Si seulement elle pouvait lui donner un élément de réponse, si seulement il pouvait donner un indice pour qu’elle comprenne ce qu’il avait sur la conscience. Et pour qu’elle vienne le voir, lui, le Gryffondor qu’elle devait considérer comme une fichue enflure, c’est qu’elle avait quelque chose sur le cœur qu’elle voulait exprimer, mais quoi ? Utiliser un sortilège impardonnable pour se soulager d’un poids n’était pas un acte anodin et prouvait juste une chose : elle avait besoin d’aide. Il se racla alors la gorge puis tendit machinalement le paquet de fondants au chaudron vers Brave.

« Enfin, si tu voulais juste savoir les raisons de cette… Trahison, il suffisait de me faire prendre du véritasérum, c’est plutôt efficace, je t’assure... Je suppose que si tu as utilisé ce sort, c’est que tes problèmes sont bien plus graves que d’être brouillée avec un idiot tel que moi, non ? Alors tu voulais que je te rende quel type de service, si ton sort avait fonctionné ? »

Pour le moment, il pensait ne pas pouvoir en dire beaucoup plus. Il avait lancé le terme veritasérum dans la discussion, il avait posé une question qui pourrait peut-être la faire réfléchir sur les actes du jeune lion. Peut-être allait-elle comprendre d’elle-même, faire le lien, ou peut-être allait-elle le pousser dans ses derniers retranchements, le forçant alors à avouer ce qu’il considérait encore à présent comme sa plus grande défaite face à cette fichue face de crapaud du ministère, cette inquisitrice en carton. Lui, ce qu’il voulait, c’était avant tout savoir pourquoi elle n’allait pas bien, ce qui la tracassait et si il avait un moyen de remédier à la situation. Qu’importe l’image qu’elle avait de lui, il n’allait pas abandonner une amie, quoique cela puisse lui en coûter, même s’il n’obtenait rien en retour, ni aucune rédemption pour ses mensonges répétés à la jeune fille qui avait toujours été sa petite protégée.
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MessageSujet: Re: [28 juin 1997] Screwed Mer 27 Juil 2016 - 0:35

ELLE N’ÉTAIT PAS FAIBLE, CITROUILLE ! De quel droit un félon de son espèce – au sang impur qui plus est (ce n’est pas du racisme, Kenneth est juste trop énervant pour ne pas blâmer la génétique) – se permettait de juger ce qui était facile et difficile pour elle ? ORDURE ! C’était lui qui l’avait trahie. Pas elle. Elle avait toujours été droite, et franche, et reconnaissante, et fidèle, et loyale. ET IL L’AVAIT BALANCÉ AU BOURSOUFLET ROSÉ AVEC AUTANT DE SCRUPULES QUE ROGUE QUAND IL RETIRE DES POINTS AUX GRYFFONDORS. Bla, bla, bla, ce sera plus dur à entendre pour toi que pour moi à dire. Menteur. Mythomane. Esquiveur de problème. Elle était capable de supporter la difficulté. Après tout, cela faisait cinq longues et douloureuses années qu’elle le supportait lui. Et qu’elle supportait Jimmy (c’est méchant, pardon, je t’aime (pas)). Et Isaac (là c’est vraiment pas mérité). Okay, Brave, respire. Du calme. Il fallait qu’elle arrive à persuader ses nerfs de ne pas céder aux piques du parjure et de conserver son sang-froid. Elle n’était même pas venue dans ce wagon pour discuter de cette trahison. Elle avait plus urgent à traiter que de lui faire payer les quelques centaines de lignes – et d’heures de retenue – dont elle avait écopé. Mais, ça, Kenneth ne pouvait pas le savoir. ET ELLE ALLAIT LUI DÉMOLIR SA JOLIE MÂCHOIRE PARCE QU’IL AVAIT PERDU TOUT DROIT DE DIRIGER SA VIE ET DE FAIRE COMME S’IL SAVAIT CE QUI ÉTAIT LE MIEUX POUR ELLE.

Heureusement pour la mâchoire en question (et quand même un peu pour les poings de la blondinette enragée), sa guérilla fut interrompue par le gong du chariot à confiserie. Brave soupira. IL ne perdait rien pour attendre… le chocogrenouille. Tandis que l’affreux-rigolo-qui-n’était-même-pas-drôle-d’ailleurs semblait entamer ses provisions pour l’hiver – d’où cette immonde bedaine repousse-copines (non, ses tablettes de chocolat ne sont pas suffisamment chocolatées façon Kit-Kat, FU.) –, Brave réclama un (régiment de) chocogrenouille(s). Sa furieuse envie de chocogrenouille n’était pas assouvie et elle savait qu’elle avait besoin de sucre pour reprendre le contrôle de ses nerfs. Tu vois, Kenneth,  elle est capable de savoir TOUTE SEULE ce qui est bien pour elle ou non. Si tu avais la science infuse tu serais à Serdaigle. Et encore… Et voilà qu’il lui posait une question consistant à lui demander s’il pouvait lui poser une question. TU VIENS DE LE FAIRE, IDIOT. C’était à se demander comment ce mec n’avait pas été expédié chez les Poufsouffles tellement il était bêta. Sans doute était-ce pour cela qu’il essayait d’intégrer les jeunes lions les plus mal à l’aise : pour se prouver que, lui aussi, il était l’un des leurs. Dès la rentrée, elle s’arrangerait pour faire exclure Kenneth de sa maison. Comment ? Ouais. Bon. Pas de questions difficiles en vacances. En plus, elle n’allait tout de même pas dévoiler ses plans.

D’ailleurs, en parlant de question difficile… L’espace d’un instant, le temps sembla s’arrêter. Brave cessa de machouiller son chocogrenouille avec autant d’appétit qu’un ogre (ou qu’un Poufsouffle) et fit l’effort de s’intéresser à ce que l’autre abruti racontait. C’était étrange cette capacité qu’il avait de pouvoir résumer une situation qu’il n’était pourtant pas supposé connaître. Est-ce qu’elle comprenait qu’il ne pouvait pas tout lui dire pour la protéger ? AH. AH. AH. Et lui ? Est-ce qu’il comprenait qu’elle avait tenté un sortilège impardonnable pour ne pas lui avouer que son père était un mangemort ? Qu’elle était effrayée à l’idée de rentrer chez elle ? D’effectuer ce choix qui s’avérait désormais inévitable ? Pouvait-il le comprendre ? À qui parlait-elle ? Au Kenneth qui l’avait trahie « pour son bien » (précisons que Brave et les multiples facettes de sa personnalité cheloue restent encore un peu perplexes là-dessus parce qu’admettre ses torts c’est pas très swagg, merci) ou à l’autre ? À celui qui avait été son ami, son guide, son mentor ? Et puis c’était quoi cette histoire de Véritaserum ? Impliquait-il qu’il était assez faible pour ne pas y résister ? (Tu devrais traîner plus souvent avec Carter, à force d’ingérer ses potions on finit par ne plus en ressentir les effets.) Décidément, elle n’était vraiment pas à sa place à Gryffondor si les faibles étaient acceptés. Ou le Choixpeau avait voulu lui faire une faveur. Ou son courage avait disparu quand ses premiers poils avaient émergé.

- Il faut être une vraie bouse de dragon pour ne pas être capable de résister au Véritaserum. C’est aussi facile que de lancer un sorti…

Great move, Rosier. Brave se sentit rougir un peu trop intensément à son goût et, évidemment, elle ne trouva rien à dire dans l’immédiat pour camoufler son embarras. D’autant qu’elle n’avait vraiment réussi à résister à du Véritaserum. Elle n’avait pas essayé, certes. Mais force est de constater qu’elle n’était pas à l’abri d’un échec. Comme quoi, même les meilleurs peuvent être frappés par les coups du sort. Foutu sort. Impero. Impero. Impero. Toujours pas ? Ah. En même temps, elle n’avait pas sa baguette en main. Foutue baguette. Citrouille.

- Pardon.

C’était un début. Évidemment, elle n’avait pas l’intention d’étaler sa (looongue) liste de doléances. Pardon pour l’année dernière. Pardon pour cette année. Pardon pour aujourd’hui. Bref. Le paysage se faisait plus urbain, moins campagnard, elle devait se hâter.

- Je peux venir chez toi ? Je ne peux pas rentrer chez moi. Mon père est… spécial. Je pourrais…

Excellente idée de proposer des services en échange d’un service. Encore fallait-il avoir quelque chose à proposer. Les qualités de Brave – sortilèges mis à part (et encore…) – étaient plutôt limitées.

- T’entrainer à résister au Véritaserum. Et je sais… manger du chocolat ? Partager le chocolat ?

C’était ridicule. Mais elle n’avait rien de mieux à offrir. Petite fille choyée habituée à voir ses moindres désirs (même un mangemort trop sexy pour sa santé) se matérialiser dans le vestibule de son manoir, Brave n’avait pas eu l’occasion d’acquérir beaucoup de compétences… décentes. Elle savait torturer les gens et s’occuper des cadavres, mais elle doutait que Kenneth soit ravi de savoir tout cela. En guise de bonne volonté, elle lui tendit le reste de son chocogrenouille fondu. Brave ne se sentait pas encore prête à affronter le regard de son père. C’était triste à dire, mais Kenneth était sa dernière chance.

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